‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 106 sur 754 · SÉB · texte numérisé non relu

SÉB

usage constant. Mais, si l'on voulait exprimer une circonstance particulière, on emploierait le participe, et l'on dirait : la cour royale de Parti séant, ou siégeant à Versailles, la cour royale séant ou siégeant en robes rouges. Dan» ce cas c'est une circonstance, c'est l'action de siéger en tel lieu, ou avec tel ou tel costume, que l'on veut désigner, la veaux.

— lllST. XII* s. Sur Sun cute i un moine le sainz huem s'apuia, En sun séant s'assist.... Th. te mari. 139. Ilxiu's. En mon séant lores m'assis, Moult angoisseus et moult pcnsis. la Rote, 1786. || xvi* g. Le corps du mort est porte au lieu ou on le veult enterrer, et, là, mis en son séant... mont, m, t30.

a. SÉANT, ANTE {sé-an, an-t'), adj. Qui sied, qui esl convenable. Ils ont pensé que l'orgueil était bien séant à la dignité, balz. 2* dise, de la cour. H. de la Motlie le Vayer fait voir que séant se dit fort bien des habits, il en donne pour exemple : Ce court manteau n'est pas séant à un homme de la sorte, valgel. Rem. Not. Th. Corn. t. n, p. «86, dans pouoens. Oyez si mon esprit conçoit une prière. Séante dans ma bouche, et digne de mon père, hotb. llerc. m. m, i . Il faut [au théâtre] placer les actions où il est plus facile et mieux séant qu'elles arrivent, corn. 2* dise. trag. La mieux séante et la plus jeune d'ans De la cité.... LA PONT. Cal. Uufin.... marcha avec un train plu* superbe qu'il n'élaitséant à un particulier, fléch. Ilist. de Théodose, rv, 80.

— lliST. XIII* S. Dont mandèrent mâchons [maçons] vaiUans Et boins orfèvres bien scans, Flore et Blanch. v. 6B(. || xv* s.... C'est aussi mal séant Quant en amours ung vieil homme foUoye; Chascun s'en rit... ch. d'orl. Songe en compl. [Les Anglois] pouvoient avoir une belle entrée en Normandie qui leur cstoit trop bien séant, froiss. n, II, 26. El y sont bien seans [les gens de robe environnant les seigneurs] quant ilz sont bons; et bien dangereux quant ilz sont mauvais, COHU. u, «•

— ETVM. Seoir 2.

SKAD (sô ; la prononciation populaire est siô; au xïi* siècle, Bèze dit : «on prononce seo, un « fermé s'entend avec o et ne fait qu'un son; ne prononcez pas siau comme les Parisiens), s. m. || I* Vaisseau ordinairement en bois ou en zinc, qui sert à puiser et porter de l'eau. Deux seaux alternativement Puisaient le liquide élément, la font. Fait. XI, 0. Tant de seaux d'eau que j'ai tirés au puits pour elle, mol. Bourg, gent. lU, 9. ô toi [Muse].... Qui, par les traits hardis d'un bizarre pinceau, Mis l'Italie en feu pour la perle d'un seau, boil. tulr. IV. Vous avez proposé de donner aux maisoni de la ville [Paris] l'eau qui leur manque, et de nous sauver de l'opprobre et du ridicule... de voir des femmes enfermées dans un cerceau oblong porter deux seaux d'eau, pesant ensemble trente livres, à un quatrième étage, volt. L'Hom. aux 40 écus. Entretien avec un géomètre. || Seaux de la ville ou seaux à incendie, seaux dont on se sert pour porter de l'eau dans les incendies. H 2* Il se dit de vaisseaux de toute sorte de matière propres à contenir de l'eau. Un seau de faïence, de porcelaine. || Seau à la colle, petit vase de bois dans lequel les colleurs trempent le bout de leur» pinceaux. || 3" Quantité de liquide contenue dans un seau. Un seau de vin. Quelques-uns furent d'avis de jeter deux ou trois seaux d'eau sur les combattants, et le remède eût peut-être réussi, scAR. Rom. com. i, 3. || 4° Familièrement et par exagération. Il pleut à seaux, il pleut très-fort. Les femmes en temps de sécheresse portaient les statues des dieux après avoir jeûné; elles marchaient pieds nus, les cheveux épars, et aussitôt il pleuvait à seaux, comme dit Pétrone, volt. Dict. phil. Idolâtrie, l.

— HIST. XIII* s. Et d'encensiers et do chandelabres et de ceaux et de croix, Ilist. occid. des croisades, t. ii, p. 604. Moult m'engigna à iceleore; El seel entrai sans demorc ; Et la corde se destorteille, Tu ieres jà en l'autre seille, Iten. «4341. Il XIV* s. Deux seaulx pour gecler et recueillir brouets, sausses et choses coulanz, Uénagier, u, 4. Il XVI* s. U m'en est entré [de l'eau] en la bouche plus de dix huit seilleaux, bab. iv, 4 9.

— ETYM. Génev. et Berry, siou; wallon, seya{; picard, «lau; norm. seille; bourguig. lOtiM; provenç. selh. Le français seel, seau vient d'une forme non latine silcUus (le latin est sitella); le prov. selh vient de situlus; et seille vient de iitulo.

SÉBACÉ, ÊE (sé-ba-sé, sée), od;. Qui est de la nature du suif. || Terme d'anatomie. Glandes sébacées, follicules sébacés, petites glandes logées

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dans l'cpaissour de la peau, versant à sa surface un fluide onctueux et destiné à son assouplissement. Il Matière sébacée, le produit des glandes sébacées. Il Terme de pathologie. Tumeurs sébacées, tumeurs contenant une matière sébacée.

fiTYM. Lat. sebaceui, de sehum (voy. suif).

t SÊBACIQUE (sé-ba-si-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide sébacique, acide que l'on obtient en distillant le suif.

— ÊTYM. Voy. SÉBACÉ.

t SfiBASIIDE (sé-ba-mi-d'), s. f. Terme de chimie. Sorte d'amide sébacique qu'on prépare en abandonnant une solution alcoolique de sébate d'éthyle avec de l'ammoniaque concentrée.

t SÉBANIQUE (sé-ba-ni-li'), adj. Terme de chimie. Acide sébanique, acide contenu dans les eaux mères qui ont servi à préparer la sébamide.

t SÉBATE (sé-ba-t'), s. m. Terme de chimie. Genre de sels, composés d'une base et d'acide sébacique.

SÉBESTB (sé-bb-st'), s. m. Fruit du sébestier, sorte de prune.

— HIST. xvi* s. Les tamarins, les scbestes, le syrop de roses laxatif, paré, xviii, 66.

— ÉTYJI. Arabe sebesten.

SÉBESTIER (sé-bè-stié; l'r ne se lie jamais; au

pluriel, r.ç se lie : des sé-bè-slié-z en fleur), s. m. Arbre d'Egypte dont le fruit s'employait autrefois en tisane, cordia sebastena, L. (borraginécs).

f SÊBIFERE (sé-bi-fè-r'), adj. Terme didactique. Oui porte du suif ou de la graisse.

— ÊTYM. I<at. sébum, suif, et ferre, porter. SÉBILE (sé-bi-l'), s. f. il 1° Vaisseau de bois rond 1 très ne sont pas secs. Avoir la bouche, la langue

et creux. La sébile du pressoir. Médor qui.... Entre ! la gorge sèche. La partie sèche du globe que

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FÉN. Tél. Tii. Un morceau de bois bien sec qui ne pèse que trois livres, en jièsera cinq lorsqu'il aura séjourné plusieurs années dans l'eau, buff. llist. nat. introd. part. exp. t. viii, p. S34. || Jusqu'au sec arbre, locution des poèmes du xii* et du xiii* siècle pour dire : jusqu'au bout du monde. Il Familièrement. Sec comme pendu, se dit d'un liomme très-maigre. || Terme d'histoire naturelle. Se dit en général d'un organe qui ne contient pas beaucoup de sucs. || Terme de marine. Banc sec, celui qui découvre au jusant. || Terme de graveur. Graver à la pointe sèche, faire des traits ou des hachures sur la planche sans employer l'eau-forte. Il Substantivement. Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise, Enfin du sec et du mouillé, LA FONT. Fabl. VI, 4. || 2° Qui n'est plus frais, en parlant d'herbes, de plantes et autres objets. Des herbes sèches. Du fromage sec. Des haricots secs. Des roses sèches. La gloire des méchants est pareille à cette herbe.... On la voit sèche et morte aussitôt qu'elle est née, malii. i, 2. || 3° Que l'on a fait sécher, qu'on a rendu moins humide. Des fruits secs. De la morue sèche. || Confitures sèches, fruits confits conservés hors du sirop. Acceptez cependant quelque peu de douceurs.... Les sèches sont dessous, celles-ci sont liquides, corn. Suite du Ment. Il, 6. Il Fig. Fruit sec, voy. fruit (, n" 2. On dit aussi quelquefois par abréviation : Il a été sec à l'école polytechnique, il a mal passé ses examens et est sorti sans être placé. || 4° Qui n'est pas mouillé, qui n'est pas moite. Les rues sont sèches. Il fait sec dans les rues. Les pla-

ges dents sut prendre une sébile. Guider son maître et mendier pour lui, bérano. Slélempsyc. || Il est devenu.rouge comme la sébile d'un pressoir, il

nous habitons a été longtemps sous les eaux de la mer, bl'FF. llist. nat. 2' dise. Œuv. t. i, p. (17 Il [le rat d'eau] ne quitte pas le bord des eaux, ne

a beaucoup rougi. || 2° Terme de marbrier. Vase en s'en éloigne même pas autant que la loutre, qui bois dans lequel on gâche le plâtre pour sceller les I quelquefois s'écarte et voyage en pays sec à plus pièces de marbre, ou dans lequel on met le grès t d'une lieue, id. Quadrup. t. ii, p. 290. || Orage sec.

battu que l'on verse dans la vole de la scie. Il 3° Terme de plombier. Vase en bois servant au lavage des cendrées. || 4° Terme de fabricant de glaces. Vase en bois, servant à déposer ou à verser le vif-argent. || 5" Jatte en bois sur laquelle s'appuient les culs-de-jatte. Ce sont des bossus, des culs-de-jatte assis dans leur sébile, th. Gautier, Feuilleton du Journal officiel, 26 juin (869,

— HiST. ivi" s. Sebille, cotgrave.

— ÉTYM. Peut-être le persan xambil, panier, corheille.

t SÉBINE (sé-bi-n'), s. f. Terme de chimie. Corps analogue aux stéarines, obtenu en combinant l'acide sébacique avec la glycérine.

— ÊTYM. Lat. seburr^, suif.

orage qui n'est pas accompagné de pluie. || Fossé sec, fossé d'une place de guerre, d'un château, où il n'y a point d'eau et qui n'est point destiné à en avoir. || À pied sec, sans se mouiller, en traversant un cours d'eau, un ruisseau, quand il n'a plus d'eau, ou quand il n'en a plus guère. Traverser un bras de rivière à pied sec. || Avoir une toux sèche, tousser sans cracher. || Terme d'ancienne médecine. Un sang sec, un sang où il n'y a pas assez de sérosité. || D'un œil sec, avec des yeux secs, sans pleurer. Il est impossible de le lire avec des yeux secs, sÉv. 401. L'autre, avec des yeux secs et presque indifférents, Voit mourir ses deux fils par son ordre expirants, rac. Ilérén. iv, B. Je verrai

d'un œil sec et d'un cœur sans envie Cet hymen fSÉBORRUAGIE (sé-bo-rra-jie) ou SÉBORRHÉE qui pouvait empoisonner ma vie, volt. Adél. du (sé-bo-rrée), s. f. Terme de médecine. Exagération Guescl. i, i . Il 5° Un vin sec, vin qui n'a rien de lide la sécrétion sébacée se montrant sous forme de ' quoreux. Un vin sec, aigrelet et assez agréable

matière huileuse sortie des cellules, et humec tant la peau du nez ou autres parties du visage.

— ÉTYM. Lat. seiuin, suif, et ^if)Yvu|ii, faire éruption, (Seîv, couler.

SEC, SÈCHE (sèk, sè-ch'), adj. || l" Qui a peu ou qui n'a pas d'humidité. || 2° Qui n'est plus frais

qui tire son origine de Madère, et que consomment les colons riches, haynal, llist. phil. n, 18.116° Qui n'a point d'embonpoint, de graisse. Des gens tout secs de faim et de pauvreté, sKCi, Bible, Job, xxx, 3. Je n'eusse jamais pensé que cette Mme de Charmes eût pu devenir sèche comme du bois.

Il S* Que l'on a fait sécher, que l'on a rendu moins sÉv. 383. [Auteurs].... de qui le corps sec et la humide. || 4' Qui n'est pas mouillé, n'est pas mine afl'amée N'en sont pas mieux refaits pour moite. Il 5* Vin sec, vin qui n'a rien de liquoreux. ' tant de renommée , doil. Sat. i. Bientôt de ce Il 6* Qui n'a point d'embonpoint, de graisse. || 7' Il travail revenu sec et pâle, id. EpU. xi. C'était se dit de ce qui n'est pas accompagné d'un accès- ; [Bouille, président de la chambre des comptes] un snir<> hahitiipl II »• H.nhit s,.,- hahit „ci 11 «• Coup homme sec et sobre autant que son frère était

soire habituel. || 8* Habit sec, habit usé sec. Il 10* Fig. Argent sec. Perte sèche. || If En termes d'art, qui manque de moelleux. || 12* Il se dit d'une prononciation qui n'a pas de mollesse. Il 13° Qui est dénué d'agrément. || 14* Qui n'a point de sensibilité. || 15* Qui a une aridité morale. ||16* Qui est d'une humeur un peu dure. Il 17* Ruiné, privé d'argent. || 18' S. m. Ce qui n'est pas humide. || 19° Le sec, le fourrage sec. Il 80* Tirer des confitures au sec. ||21* Adverbialement. Boire sec. Répondre sec. || 22° X sec, sans eau. Il 23° X sec, sans fournir vin , ni bière. II 24° Tout sec, uniquement, sans rien de plus. 11 26° Martm-sec

!• Qui a peu ou qui n'a pas d'humidité. Sec comme une allumette. Un temps, un froid sec. U rosée tomba sur toute la terre, et la toison seule demeura sèche, saci, HMe, Juges, vi, 4. Vous m avez donné une terre sèche, donnez-m'en une aussi où il y ait des eaux en abondance, m. i6. I, 46. Les grenadiers, les palmier» et tous les arbres des champs sont devenu» tout >ec», id. tb Joel,i, t». Déjà la flamme vole, elle dévore le vaisseau, qui est d'un bois sec et enduit de résine

gourmand, ivrogne et débauché, st-sim. 329, 79. Elle [une vieille dame] était sèche comme le bois d'un vieux violon, et vécut dans cet état près de quatre-vingts ans, sans presque souffrir, volt. Lett. à Urne de Fontaine, 8 janv. <7b6. Ce personnage sec et long qui se promène seul à l'écart, marmontel, Contes moraux, Connaisseur. |] Substantivement. Un grand sec. || Ce chcvcil a la tête sèche, il n'a pas la tête chargée de chair. || Ce cheval a les jambes sèches, il les a nerveuses, peu chargées de chair. || 7* 11 se dit de ce qui n'est pas accompagné d'un accessoire habituel, n Pain sec, pain tout sec, du pain pour tout aliment. Pâtés tous les jours do ma viel J'aimerais mieux du pain tout sec, la fo.nt. Pâté d'anguille. On ne vit pas de pain sec et de gloire, bérang. Trembl. || Fig. Une âme quivitdu pain sec de la tribulation, ne se iasse jamais de chercher Dieu, fén. t. ivni, p. 2B9. Il Le pain sec, punition de collège par laquelle on ne donne dans un repas à un écolier que du pain. On l'a mis au pain sec. || Nourrice sèche, mère ou nourrice qui, par une raison quelconque, ne donnant pas à teter, élève l'enfant au biberon.

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Il Messe sèche, voy messe. || Mur de pierres sèches, mur fait sans plâtre, ciment ou mortier, mais seulement de pierres arrangées les unes sur les autres. Girone d'abord a été une grande entreprise, ensuite on a parlé d'une muraille sèche pour toute défense, maintenon, Lett. au duc de Noailles, 25 janv. 17(1, Les coteaux sont généralement coupés en terrasses soutenues par des murailles sèches, raynal, Ilisl. phil. I, 20. Il On dit de même: construire en pierres sèches, conduit de pierres sèches, ouvrage à pierre sèche. || Consultation sèche, se disait d'une consultation qu'un avocat donnait par occasion sans recevoir d'argent. || Ventouse sèche, voy. ventouse. Il Cale sèche , voy. cale. || Bricole sèche, se dit au billard quand, en voulant jouer de bricole, on manque à toucher. || Terme de marine. Se dit d'une vergue qui, quoique établie en croix, n'est pas destinée à avoir une voile enverguce. Il La panne et la cape sèches sont celles où l'on se tient en travers au vent sans se servir de ses voiles. Il 8° Habit sec, habit usé jusqu'à montrer la corde (locution peu usitée). |l 9° Coup sec, coup donné avec promptitude sans rester sur l'objet frappé. Il Un pouls sec, pouls qui donne un coup sec au doigt qui l'explore. || Au billard, donner un coup sec, donner ua seul coup contre sa bille et retirer la queue à soi sur-le-champ, au lieu de pousser la bille et de la conduire avec la queue. Il Terme de marine. Grain aec, celui qui éclate sans pluie. Il 10° Fig. Argent sec, argent comptant. || On dit de môme: sec et liquide. Quarante mille écus d'argent sec et liquide 1 De la succession voila le plus solide, regnard, le Lég. n, 8. || Perte sèche, perte absolue, sans compensation ni diminution. Il avait mis là vingt mille francs; il n'en retirera guère que le quart; c'est une perte sèche de quinze mille. Une taxe sèche de dix-sept millions, DUCLOS, Œuv. t. V, p. 29. || 11° Fig. Terme de peinture et de sculpture. Qui manque de moelleux, qui est dur et sans agrément. Des contours secs. Un coloris sec. Artiste qui a un faire sec, une manière sèche. Polygnote fut le premier qui varia les mouvements du visage, et s'écarta de la manière sèche et servile de ses prédécesseurs , bartuel. Anach. Introd. part. 2, sect. 3. || 12* Fig. Il se dit d'une prononciation qui n'a pas de mollesse. La double II a deux prononciations en notre langue : l'une sèche et simple qui suit l'orthographe; l'autre molle qui semble y joindre une h, Préf. du Théâtre de P. Corneille, édit. (082. ||13° Fig. En parlant de l'esprit, de ses qualités, et des compositions littéraires, qui est dénué d'agrément, de grâce. Une morale sèche et rebutante. Le pauvre esprit de femme et le sec entrelien, mol. Mis. n, 5. La conversation me parait un peu sècûe, bour- SAULT, Fabl. d'Ésope, m, 3. Les expressions du théâtre, où tout paraît efTectif, où ce ne sont point des traits morts et des couleurs sèches qui agissent, mais des personnages vivants.... boss. Comédie, 4. C'est un auteur sec et aride, toutes ses expressions sont rudes et forcées, boil. Dissert, sur Joconde. On donne aux enfants un petit catéchisme sec, et qu'ils apprennent par cœur sans en comprendre le sens, fén. t. xxi, p.<06. Diogène de Laërce a écrit la vie de Socrale, mais d'une manière fort sèche et fort abrégée, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. iv, p. 347. Notre langue un peu sèche et sans inversions, volt. Épilre à Horace. Ce n'est pas la peine d'envoyer mes magots de la Chine [l'Orphelin de la Chine, qui était d'abord en trois actes]; je ne peux d'ailleurs avoir absolument que trois magots, les cinq seraient secs comme moi, au lieu que les trois ont de gros ventres comme des Chinois, id. Lett. à Myne de Fontaine, 22 août (754. M. Rousseau est éloquent et pathétique, Hobbes sec, austère et vigoureux, mder. Opin. des anc. philos. {Ilobbisme). Il Style sec, style dépourvu d'ornements, sans charmes. |1 Matière sèche, matière qui n'ofTre pas de ressources pour la traiter avec intérêt. Il Fig. J'ai sur certaine femme Jeté, sans y songer, quelque amoureuse flamme; J'ai trouvé la matière assez sèche de soi; Mais la belle est tombée amoureuse de moi, begnard, le Joueur, m, (i. || 14° Qui n'a point de sensibilité, en parlant des dispositions morales. Un coeur sec. Je viens de lui écrire un petit billet |à Mlle de Méry ] pour l'assurer que je ne suis point sèche, et qu'il eût été plus sec de ne se pas soucier de ses plaintes, sÉv. 7 juill. 1680. Qu'il est seci qu'il est brut, et qu'il est ennuyeux I volt. Indiscr. i, 7. Ame» sèches et frivoles, ce n'est pas pour vous que j'écris; âmes tendres et sensibles, lisez-moi et cardon-

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nez-moi, d'alemb. Lettre à Condonet sur Urne Geoffriti. Il 15° Qui a une aridité morale. Ma fille, je vous conseille de suivre toutes vos bonnes résolutions de règle et d'économie; cela ne rajuste pas une maison, mais cela rend la vie moins sèche et moins ennuyeuse, sÉv. 343. La mort de M. de Saint-Komain me fait peur; je n'y vois pas un moment entre sa vie dure et sèche pour la religion et sa mort, iD. 20 juiU. 1694. Ne vous attachez pas à une pratique sèche et sans amour [dans la dévotion]; commencez à aimer la personne; l'amour de la personne vous fera aimer la doctrine, Boss. ilédit. sur l'Évang. 80* jour. Les premiers législateurs de la Grèce ne proposèrent pas à ces peuples des doctrines abstraites et sèches, Diderot, Opin. des anc. phil. {Grecs). Quelle est donc la sèche amitié qui repousse mes confidences? BEAUMARCU. MêrB Coupable, i, lo. || 16° Qui e<t d'une humeur un peu dure. Me laisserai-je éblouir par un air de capacité ou de hauteur,... qui vous rend soc sur les louanges, et empêche qu'on ne puisse arracher de vous la moindre approbation? LA BRUT. IX. Si je veux être austère et sec avec mon élève.... J. J. rouss. Ém. iv. || Il se dit aussi des choses. Quand il était en particulier avec moi, ses manières étaient respectueuses et modérées, mais sèches, fén. Tél. xiv. Pourquoi avoz-vous écrit une lettre sèche et peu convenable à Mme du Chatelet, dans les circonstances présentes? volt. Lelt. Ihiriot, 7 janv. (739. Des interrogations sèches et froides, sans aucun signe d'approbation ni de blâme sur mes réponses, ne me donnaient aucune confiance, i. j. rouss. Confess. u. Vous forcerez le conseil à ne pouvoir plus répliquer que par un sec il n'y a lieu, id. Lett. à Deluc, 7 juill. 4703. Il Mine sèche, mine qui annonce quelque mécontentement, quelque dépit. Une grande femme maigre et menue, dont le visage étroit et long lui donnait une mine froide et sèche, mariv. Jfartanne, 6"part. Il Réponse sèche, réprimande sèche, réponse, réprimande désobligeante et brève. || On dit de même : parler, répondre d'un ton sec. Messieurs, leur dit Mlle Hubert, d'un ton assez sec, je serais fâchée de vous gêner, vous êtes les maîtres, mariv. Pays. parv. 3° part. || Il lui a fait un compliment fort sec, il lui a parlé d'une manière brève et un peu dure. |1 La donner sèche, la donner bien sèche, faire une proposition désagréable, donner quelque alarme sans précaution. Mais lui [un fâcheux], pour le quitter, me voyant ébranlé : Sortons, ce m'at-il dit, le monde est écoulé; Et, sortis de ce lieu, me la donnant plus sèche : .Marquis, allons au cours faire voir ma calèche, mol. les Fdch. i, i. Il 17° Ruiné, privé d'argent. N'est-ce pas une chose rude que de faire six mois de retraite pour avoir vécu cet hiver à Aix.... cette pensée est dure de songer que tout est sec pour vous jusqu'au mois de janvier, skv. à Urne de Grignan, a mai loso. Le marquis : Je suis sec, abîmé, mais parbleu J'ai deux bons appuis. — Cléon : Qui ? — Le marquis : Les femmes et le jeu, destouches, Dissip. i, 9. Il 18' S. m. Ce qui n'est pas humide. Le sec et l'humide. || Tirer au sec, à sec, se dit de l'action de vider un puits. || Terme de marine. Mettre les voiles au sec, les déployer pour les faire sécher. Il 19" Fourrage sec, c'est-à-dire le foin, la paille et l'avoine. Un magasin de sec. Ce cheval est nourri au sec, tandis qu'il faudrait le mettre au vert. Il Fig. Employer le vert et le sec, employer toute espèce de moyens. || 20* Terme d'office. Tirer des confitures au sec, les tirer de leur sirop. || Une corbeille, une assiette de sec, une corbeille, une assiette remplie de confitures sèches, et que l'on sert au dessert dans un repas. || 21° Sec pris adverbialement. Il Boire sec, ne pas mettre d'eau dans son vin, bien boire. Chers amis, voulez-vous vivre Autant que Melchisédec? Dépêchez-vous de me suivre. Et comme moi buvez sec, pannard, Œuvr. t. in, p. 407. J'ai fort mauvaise opinion de cet homme-là; il mange fort, il boit sec, il parle la bouche pleine, picard. Deux Philibert, ii, 4. H Répondre sec, parler sec, répondre, parler sèchement, brusquement. || Peindre sec, peindre sans agrément et sans moelleux. || Filer sec, filer de la laine dégraissée avec du savon noir. || 22° Â sec, loc. adv. Sans eau. Leurs nefs à sec sur le rivage Ne craignaient plus vent ni naufrage, scarh. Yirg. vu. Je suis bien assurée que vous n'avez pas d'eau dans votre petite rivière, puisque notre belle Loire est entièrement à sec en plusieurs endroits, SÉv. 289. Il fallut mettre à sec une rivière si rapide et si profonde, en détournant ses eaux dans un lac immense que la reine avait fait creuser,

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BOSS. Hist. m, 4. Il Un bâtiment est échoué à geo

lorsqu'il reste à découvert sur la côte quand l'eau se retire. || Mettre à sec, se dit d'un vase que l'on vide jusqu'à la dernière goutte. Pour laquelle aussi mainte coupe Fut aussi souvent mise à sec, SCARR. Virg. vu. En moins d'un mois, pour loger ma sagesse. J'ai mis à sec un linneau de vin vieux, BÉRANO. Nouv. Diog. \\ Fig. et familièrement. Être à sec, se trouver à sec, avoir perdu tout son argent, tout son avoir. Cesse-t-on de payer [la pension à M. de la Garde] sans dire pourquoi? un pauvre homme, accoutumé à cette douceur, domeure-t-il à sec sans qu'on lui dise un mot? SÉv. 8 janv. IG90. Ou bien, réduit à sec, d'une âme familière Peut-être il parle au ciel d'une étrange manière, reonahd, Joueur, i, 2. J'allai à mes abbés gascons et à quelques autres do cette classe : je les trouvai à sec, mabmontel, Item. m. || Fig. et familièrement. La bourse est à sec, il n'y a plus rien dedans, ou, dans un sens plus étendu, on n'a plus d'argent. || Mettre à sec, ruiner une personne, lui faire perdre tout ce qu'elle a. Il joue, et, qui plus est, il y fait bien son compte; Car il va mettre à sec un franc provincial, destoucii. Glorieux, I, 3. Il Être à sec, signifie aussi n'avoir plus rien à dire. Sur ce chapitre on n'est jamais à sec, mol. Remerc. au roi. Et partout sur le Wal, ainsi que sur le Leck, Le vers est en déroute, et le poêle à sec, uoiL. Êp'ttre iv. || Terme de marine. A sec, sans l'aide des voiles, sans déployer une voile. J'eus un vent si frais à ma traversée [de Lisbonne au Port-Louis], que je vins à sec, ilém. de Villette-Mursay, )fi84, dans jal. || Ou dit aussi à sec de voiles. || 23° X sec, se dit, en Bretagne, dans les lieux oii l'on donne à manger, quand on ne fournit ni vin, ni cidre, ni bière. || 24° Tout sec, uniquement, sans rien de plus. Son revenu consiste tout sec en cinquante écus de rente. || On dit de même toute sèche avec un nom féminin. Ainsi la cruauté.... paraît officieuse [dire du mal de quelqu'un en paraissant le louer, s'intéresser à lui].... pire mille fois que la médisance toute sèche, balz. b' Disc, sur la cour. || 25° Martin-sec, voy. MARTIN-SEC, à son rang.

— HIST. X' S. E cilg eedre [ce lierre] fu sèche, Fragm. de Yalenc. p. 4C8. || xm* s. Comment que ta parleure soit, ou par rime ou par prose, esgarde que li dit ne soient ni maigre, ni sec, brun, latini. Trésor, p. 482. Il ses deniers sec [argent comptant] me paya, III. et Jeh. 3774. Se li arbres est sec... BEAUM. XXV, (2. Ce n'est pas por ce à entendre qu'il puist le vivier rompre, ne mètre à seques, m. xxxviii, (S. Cil à qui le [la] coze doit estre baiUie ne l'emportera pas.... s'il ne paie tout sec [comptant], ro. xxxiv, 69. Laicns vendent, je vous afi Le patrimoine au crucefi X boens deniers ses et contans, ruteb. n, 72. || xiv* s. Il n'en a marce [marche] ne pais ne régné , Desc'au sec arbre ne tant c'on puet aler, Si m'ait Diex, là où je n'aie esté, Iluon de Bordeaux, v. 3079. Les unes [vaches] sont plus tost letées que les autres, et les unes plus tost sèches; et les joeunes ne rendent pas à tant de leet com les vieilles, Dibl. des ch. 4* série, t. ii ou xi, p. 30». i] xv° s. Et faisoit une très belle saison et sèche, fhoiss. n, n, 211. Et devint [Charles V de France] aussi sec qu'un baston, id. n, 11, 70. Qui veult avoir les avocas, Avant qu'om leur die son cas. C'est un noble office du bec. Où il convient payer tout sec, e. descu. Poésies mss. f° 372. U [Louis XI] parloit aussi sec comme se jamais n'eust esté malade, comm. vi, i2. Le chevalier se defi'end comme preux qu'il estoit, si bien que le roy ne lui donne coup queeelluy ne luy rende tout sec, Perceforest, t. i, f° 28. || xvi* s. Plusieurs ruisseaux tout à sec demeurèrent, marot, m, 297. En la place où il avoit livré battaiUe à pied sec, l'esté venu.... mont, i, 261. Un parler sec, rond et crud, id. i, 292. Diagoras et Theodorus nioient tout sec qu'il y eust des dieux, id. u, 249. Les bergers ayans quitté leurs petits parapets de pierre sèche.... d'aub. Ilist. i, 69. Le sang qui a signé la guerre n'est pas encores sec par les champs ; et aussi peu sèche l'ancre qui vient de signer la paix, id. ib. n, 252. Le reste estoient Portugais, picques sèches et bisongues, iD.ib.n, 391. Il est temps de mettre en veue Dom Jouan, qui emploie verd et sec, id. ib. Ii, 402. St-Luc en cesle ordonnance, aiant gagné le sec de l'isle, fait alte,

ID. 16. m, 12 Auquel est plus commode paier

^es ouvriers à l'argent sec, que d'y ajouster la nourriture, 0. de serres, 59. Les sages font comme les abeilles qui tirent du thym le plus pénétrant et le plus sec miel, amyot. De la tranq. d'dme, 8. Hz

SÈC

sont i seo, et sans grâce ou science Demeure â plat morte leur éloquence, id. LucuU. 2. Un pays aride et sec, ID. Pomp. 47. Il» ne parlent pas sec [nettement], CHARRON, Sagesse, p. 226, dan» lacibnb. Si je ne boy, je suis à »ec, me voilà mort.... en sec jamais l'ame n'habite, hab. Garg. 1, 6.

— ÊTYM. Picard,»^; lierry, ehéche, sec, et aussi té: du Urige se, des draps sét; bourguig. itf ; wallon, seg; norm. tec et au fcm. séque; provenç. lee; espagn. seco ; ital. lecco ; du Ut. siccus; comparez le celtique: gaél. seac; kimry, tygh,sick; bas-breton, seach, sech; racine siTt, qui est dans leianscr. sik-ata, sable; baclricn, hik-us, sec.

SÉCABLE (sé-ka-bl'), adj. Qui peut dire coupé. On suppose que les atomes ne sont pas sécables.

— ErvM. Lat. tecabilis, de secare, couper.

t SÉCAyr, ANTK (sé-kan, kan-t'), adj. Terme de géométrie. Qui coupe. Plant sécant.

— ÊTYM. Lat. ïecare, couper.

SÉCANTE (sé-kan-t'),».^. || 1° Terme de géométrie. Toute ligne ou toute surface qui en coupe une autre. || 2* La sécante d'un arc ou d'un angle est la portion d'un diamètre comprise entre le centre cl le point où ce diamètre rencontre la tangente menée à l'autre extrémité de l'arc; en trigonométrie, sécante* (sécx) est le nombre positif ou négatif qui mesure la sécante de l'angle ou de l'arc », lo rayon étant pris pour unité. On attribue à Rhcticus l'usage des sécantes dans le calcul astronomiquecelui des tangentes avait déjà été introduit parRegiomonlanus, uailly, llist. attr. mod. t. i, p. 3C5.

— ETYM. Sécant.

t SÉCATEUR (sé-ka-teur), s. m. Instrument de jardinage composé de deux branches croisées se terminant en forme de ciseaux courbes, par deux lames, l'une est ovale et tranchante, l'autre en forme de croissant fournit le point d'appui ; ces deux lames saisissent le scion et le coupent net quand il est de la grosseur du petit doigt. On en fabrique de dimensions assez fortes pour couper des branches d'une certaine grosseur, d'autres au moyen de manches de 1 m. 60 à 2 m. permettent d'atteindre les branches élevées.

— ÊTYM. Lat. secare, couper.

t SÉCESSION (sé-sè-ssion), s. f. || f Terme d'histoire romaine. Se dit des trois époques où la plèbe se retira en armes hors de la ville, pour forcer le sénat à reconnaître ses droits. ,1 2* Séparation d'un Etat confédéré d'avec la fédération dont il fait partie. La sécession du Sud dans les États-Unis.

— ÊTYM. Lat. secessionem, de te, à part, et «♦. dere, aller (voy. céder).

t SÊCESSIONiSTE (sé-sè-sio-ni-sf), i. m. Celui qui prend part à la sécession.

t SÉCUAGE (sè-cha-j'), t. m. Action de faire sécher. || Dans les poudreries, action de faire sécher la poudre, soit naturellement, soit artificiellement.

t SÈCHARD (»è-char), *. m. Nom du vent du nord-est à Genève. Un sèchard qui nous poussait de biais vers la rive opposée, j. 1. aouss. Ilél. iv, i «.

— ÉTYM. Sécher.

t SÊCUAUIE (sè-cha-rie), s. f. Femme qui fait sécher les pains de sel.

t . SÈCUE ou SEICHE (sè-ch'), t. f. Nom d'un genre de céphalopodes, dont chaque espèce a dix bras. L'on y distingue la sèche officinale, commune sur nos côte» de la Méditerranée et de l'Océan, dont le corps contient un os spongieux employé autrefois comme absorbant. Divers auteurs anciens et modernes avaient prêté à la sèche la petite ruse de troubler l'eau par l'émission volontaire de son encre.... mais d'autres auteur», moins amis du merveilleux, préfèrent de penser que l'émission de la liqueur n'est que l'effet de la peur qui saisit l'animal, bonnet, Contempl. nat. xn, 27. L'encre de la sèche est une sorte de précipité charbonneux indissoluble dans le plus grand nombre des réactifs, et suspendu dan» une liqueur muqueuse, FOUBCROY, Conn. c/iim. t. x, p. 333.

— HIST. xm* s. Sèche» en charretes doivent quatre deniers, Liv. des met. 286. ||xvi* s. Le principe qu'il prend est comme une sèche, laquelle, en jettant son sang qui est noir comme encre, trouble l'eau d'alentour pour cacher une grande multitude de queues, calv. Inslit. 673.

— ETYM. Prov. sepia; catal. sipia, cipia; esp. sepia , jibia ; it. seppia ; du lat. sepia, du grec ar^ma.

t 2. SÈCHE (sè-ch'), î. f. Il 1» Terme de marine. Vergue barrée gréée sur le mât d'artimon. Il 2* Nom donné à des parties du fond de la mer, qui s'élèvent à une hauteur assez grande pour paraître à découvert au-dessus du niveau de l'eau, à

U. — iZk

SËC

l'époque de la basse mer ou dans des temps caUaes. Nous avons fait le nord-est pour passer entre ladite Ile et Palme, rangeant toujours de fort près ladite Vache à cause d'une sèche qui est presque au milieu de la passe, Journ. de la route du vaisseau le More, «688, dans jal.

— ETYSi. Sec; ital. seeca.

SÉcnlî, ÉE (sè-ché, chée), part, passé de sécher. Rendu sec. Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines T bac. Atbal. I, t. Quelques pleurs.... Versés par le regret, et séchés par la rage, delil. Imag. n.

f SÉCIlfiE faè-chée), t. f. Terme de métiers. Action de faire sécher; temps employé à faire sécher.

SÈCHEiMENT (sè-che-man), adv. || 1* D'une manière sèche, à l'abri de l'humidité. On doit tenir sèchement et à couvert tous les cliarbons; ceux de bois blancs surtout s'altèrent à l'air et à la pluie dans très-pou de temps, buff. Min. t. iv, p. io7. Il 2' Fig. D'une manière froide et peu agréable. Mlle de Méry dit que je lui ai écrit fort sèchement, SKV. 7 juin. 1680, J'ai parlé deux fois au roi des maîtresses d'écolo du diocèse de Sécz; et, les deui fois, il m'a répondu très-sèchement pour vous et pour moi, maintenon, Lett. au cardinal de Noailles, 26 avril <699. La visite se fit [de M. de Chevreuse chez M. et Mme de Chaulnes], et fut très-sèchement reçue, st-sim. 27, 68. {{ 3* Sans agrément, en parlant d'ouvrages d'esprit. Des manœuvres do guerre sèchement racontées, de longs discours au parlement en faveur des jésuites, et enfin la vie du P. Coton forment, dans Daniel, le règne de Henri IV, volt. Mœurs, (74. || Écrire •èchement, avoir un style sec, dénué d'agrément. Il Peindre sèchement, peindre en marquant durement les contours.

— ÊTYSl. Sèche, ei le suffixe ment; provenç. secarr^cns; catal. secament; espagn. secamente; ital. seccamente.

SÉCHER (sè-ché; lasyllabe s^prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je sèche, excepté au futur et au conditionnel : je sécherai, je sécherais), v. a. || 1" Rendre sec. Sécher ses vêtements mouillés par la pluie. Le grand hàle sèche les fleurs. Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché, Ou qu'un souffle ennemi dans sa fleur a séché I HAC. /l(/iai. i, 2. Et j'essuyai mon front que vint sécher la brise, lamart. Jocelyn, Prologue. Il 2* Mettre à sec. Il a changé les fleuves en lieux secs et déserts, et séché les sources et les ruisseaux, SACi, Bible, Psaum. cvi, 33. Nous avons appris qu'à votre sortie d'Egypte, le Seigneur sécha les eaux de la mer Rouge, iD. Josué, n, lo. || Par extension. Déjà l'ardente soif le sèche et le dévore, Ducis, Àbuf. I, 3. Il Fig. Je suis trop embarrassé du mauvais succès de mes an"aire3, et cette inquiétude sèche toutes les pensées de vers, rac. Lett. 20, à Levasseur. \\ Fig. Dans l'argot de certaines hautes écoles, sécher un élève, lui donner des notes par suite desquelles il sera déclaré n'avoir pas satisfait aux examens de sortie (voy. fruit «, n° 2). Il 3* Fig. Sécher les larmes, consoler, empêcher de pleurer. Quels pleurs ai-je séchés? dans quels yeux satisfaits Ai-je déjà goûté le fruit de mes bienfaits? rac. Bérén. iv, 4. C'est moi, mon ami, qui ai apaisé vos premiers cris, séché vos premières larmes, a. duval, Mcn. de Livonie, ni, )i. || On dit de même: sécher les yeux. Cette pitoyable nouvelle n'a pas séché mes yeux, sÉv. ) i6. || sécher ses pleurs, cesser do nleurer. Sèche tes pleurs, Sabine, ou les cache à ma vue, CORN. Ilor. IT, 7. D'Anlin pleurait et disait que.... il séclia et regretta bientôt ses larmes, ST-SIM. 197, 133. La Cuisinière entra, Mlle Hubert sécha ses pleurs, mariv. Pays. parv. 3* part. Il 4' Y. n. Devenir sec. Les arbres séchèrent sur pied. Faire sécher des fruits au four. Au même moment le figuier sécha, saci. Bible, Érang. Matth. xxT, 19. Tout le reste du peuple a séché de soif, m. ib. Isa'ie, y, 13. Qu'on vous couronne de (leurs, qu'on vous compose des guirlandes, ces fleurs ne seront bonnes qu'à sécher sur votre tombeau, FLÉCH. Duch. de Uontaut. Sa justice [de Dieu], indignée que vous employiez contre lui ses propres bienfaits.... renverse vos fortunes, éteint vos familles, .'iit sécher la racine de votre postérité, MASS. Pet. carême, Ticet et tierl. U superbe Carthage n'était point encore un port de mer- il n'y avait là que quelques Numides qui faisaient sécher des poissons au soleil, volt. Princ. de Babyi. lî. Faut-il demander.... pourquoi l'on voit des années qui n'ont ni printemps ni automne, où les fruits de l'année sèchent dans leur fleur?

SÉL

vautewar. Claxomène ou la Vertu malheureuse. Il Par extension. Je vissa femme [du maréchal de Créquy qui venait d'être défait].... elle n'est pas reconnaissable ; les yeux ne lui sèchent pas, sÉv. 28 août (876. Il Se tarir. Cette horrible famine.... funeste aux mères qui voyaient sécher leurs mamelles, Boss. Ilist. II, 8. Il Fig. Les paroles sèchent, la langue sèche, se dit quand on ne peut parler. Que dit-on quand on a tort? pour moi, je n'ai pas le mot i dire ; les paroles me sèchent à la gorge, sÉv. à Dussij, 29 mai 1679. La langue de l'impie sécha toujours devant lui de honte et de confusion, mass. Or. (un. Dauphin, 2* p. ||B° Être frappé d'un dessèchement, en parlant d'une partie du corps. La jambe droite lui a séché. Il Fig. Si j'avais écrit comme on le désirait, j'aurais bien dit d'autres merveilles; mais j'aurais eu peur que ma main n'eût séché, sév. 23 janv. <082. Il 6* Fig. Languir, dépérir. Je crois qu'avant deux jours je sécherais d'ennui, cohn. Galerie, iv, 8. Pouvons-nous être témoins de tant de chutes et de tant de malheurs, et n'en pas sécher de douleur comme le prophète? bourdal. Exhort. char, env. un sémin. t. i, p. 4 61. Mme de Montespan sèche de notre joie: elle meurt de jalousie, maintenon, Lett. à Mme de St Géran, 7 août 4G82. Je me consume do chagrins et de veilles : je sèche à vue, iD. Lett. à l'abbé Gobehn, 29 juill. )670. Que Rohault vainement sèche pour concevoir Comme, tout étant plein, tout a pu se mouvoir, boil. Épît. v. Va maigrir, si tu veux, et sécher sur im livre, id. Lutr. IV. On voit quelquefois des enfants qui sèchent et qui dépérissent d'une langueur secrète, parce que d'autres sont plus caressés qu'eux, fén. t. xvn, p. 36. Rousseau a, de son aveu même, séché souvent six mois sur les strophes d'un cantique, gilb. Lett. à M. Imberl. || Éprouver un sentiment d'impatience, de contrariété. On sèche quand on entend sortir ces discours d'une telle bouche [Fénelon] ; n'aurait-on pas plus tôt fait d'avouer une faute humaine... boss. Préf. Instruct. pastor. 55. La Monsery séchait d'impatience, uamilt. Gramm. 7. Voici l'heure fatale où l'arrêt ( au théâtre, sur une pièce] se prononce! Je sèche, je me meurs; quel métier! j'y renonce, pir. Métrom. V, 4. Je sèche en attendant la consultation des avocats en faveur de cet infortuné [Calas], qui est mort avec plus de courage que Socrate, volt. Lett. Damilaville, 26 juill. (760. Il Sécher sur pied, se consumer d'ennui, de tristesse, ou être en proie à une inquiétude qui cause une sorte d'abattement. La répétition du mariage de Monsieur me fait sécher sur pied, SÉV. 96. Malgré toutes les attentions de mes hôtes, malgré la beauté du séjour de la Haye, je sèche sur pied; il faut que je vous revoie tous, DIDER. Lett. à Mlle Voland, 3 sept. (774. |1 Mme de Sévigné adit : sécher sur le pied. On verra bientôt celte dernière sécher sur le pied, 1 9 août 1 676. || Sécher sur pied, se dit aussi, par plaisanterie, d'une fille qui ne trouve pointa se marier. || 7" Se sécher, V. réft. Se rendre sec. Les feux bien allumés, ils [les soldats] passèrent la nuit à se sécher, au bruit dos imprécations, des gémissements de ceux qui achevaient de franchir le torrent, ou qui du haut de ses berges roulaient et se perdaient dans ses glaçons, sÉouR, Ilist. de Nap. ix, 13. || Devenir à sec. Quelque tempi après le torrent se sécha , car il n'avait point pl;i sur la terre, saci, Bible, Bois, m, xvn, 7. Il 8° Devtnir sec. La main qu'il [Jéroboam] avaitétendue contre le prophète, sesccha, et il ne put plus la retirer à lui, saci, Bible, Rois, m, xiii, 4. Tant de lauriers qui avaient levé leurs têtes jusqu'aux nues, se séclièrent bientôt dans une terre épuisée, volt. Princ. de Babyl. lo. || Fig. Votre main aurait dû se sécher, se dit pour exprimer que pour rien au monde on n'eût dû faire tel ou tel acte. Votre main aurait dû se sécher avant de signer ce papier. Que du ciel sur les rois les arrêts sont terribles!.... Nos mains se sécheraient en touchant la couronne. Si nous savions, mon fils, à quel titre il la donne , ducis, llamlet, n, 8. 19' Cesser de couler. Ce (jiii me parut étonnant, c'est que ses larmes se séchèrent tout à coup, MARIV. Pays. parv. T part.

— HIST. lir s. Ensi perdrai tout fors merci crier, Et sécherai de duel [deuil] et de pesance, Ilist. litt. de la Fr. t. xxiu, p. 576. Tu derumpis les fontaines, tu sccchas les fluvies [fleuves]. Liber psalm. p. 99. Puis avint que la rivière sechad, Tioi's, p.3lo. Il xiii' s.Nule riens ne sèche si tost comme larmes, BRON. latini. Trésor, p. 572. Si com écho.... Qui scicha toto d'ardure. Fors la voix qui cncor dure, Hist. litt. de la Fr. t. xxiii, p. 717. On doit saycr

SÉC

[essayer] pour mi us aprendrc, Piecha c'on dist : qui siet, il sèche, Baudouin de condé, t. i, p. 17, Il XIV* s. Ne jà il ne l'aura sichier. Qu'il ne le face tout sechier. Et qu'il ne li toille [ôte] vigour, MACHAUT, p. 27. || XV S. Pour quoi fait donc dame ne pucelettc Si grant dangicr de s'amour à ami. Qui séchera soubz le pié com l'erbetle? e. desch! Profiter de la jeunesse. Ne laissons pas seicher Lo passaige des vivres; Mais que nous soyons yvres. Nous nous irons couchier, bassel. xlii. || ivi* s. Qu'en dictes-vous, quel dueil, quel ennuy est-ce. De veoir sécher la fleur de tous noz champs? MAROT, ni, 298. Le meilleur conte du monde se seiche entre mes mains et se ternit, mont, m, 37. C'estoient tapisseries que l'on avoit tendues pour les sécher, amyot, Thém. 54. Quoi ! je ne boy que par procuration; mouillez-vous pour seicher, ou seichez-vous pour mouiller, rab. Garg. i , 6.

— ÊTYM. Wallon, sechi ; Berry, c/iécher; norm. séquer ; prov. secar, sechar ; catal. seccar ; esp. secar; ital. seccare ; du lat. siceore, de siccus, sec.

SÉCHERESSE (sè-che-rè-s'), t. f. || 1" État, qualité de ce qui est sec. La sécheresse de la terre fait grand tort aux moissons. La sécheresse de la langue dans la fièvre. || 2° Absolument. Disposition de l'air et du temps contraire à l'humidité. Celte année, la sécheresse fut très-grande, de manière que les terres qui étaient dans les lieux élevés manquèrent absolument, tandis que celles qui purentêtre arrosées furent très-fertiles, montesq. Lett. pers. 41. Ces sécheresses dévorantes qui désolent si souvent les meilleures îles de cet hémisphère [Amérique], raynal, Ilist. phil. ix, 28. 1,3° Absence d'embonpoint, de graisse. Vous me paraissez à peu près dans le même cas que moi : faiblesse et sécheresse, voilà nos deux principes; cependant, malgré ces deux ennemies, je n'ai pas laissé de passer soixante ans, volt. Lett. Mme Fontaine, 8 janv. (766.11 Une sécheresse de pulmonique (voy. pulmonique). h 4° Fig. Manque d'argent, gêne. Peut-on rien voir de plus cruel que cette rigoureuse épargne qu'on exerce sur nous, que cette sécheresse étrange où l'on nous fait languir? mol. l'Av. i, 2. Quelle augmentation de dépenses, et quel temps de sécheresse 1 sév. 8 fév. (C90. Ce qui a causé la sécheresse où j'ai été.... c'est que j'ai donné beaucoup d'argent pour les rachats des terres de Basse-Bretagne, CH. de sév. dans sÉv. t. X, p. 408, édil. RÉGNIER. Il 5° Fig. ÉlBt d'une personne qui manque de sensibilité, d'abandon. Mlle de Méry dit que je lui ai écrit fort sèchement; c'est peut-être en elle qu'est la sécheresse, comme la piqûre n'est pas dans l'épine, sÉv. 7 juil. 4B80. La sécheresse des nouveaux mystiques, qui ne veulent rien demander à Dieu, est confondue dès l'origine du christianisme, boss. Et. d'orais. vi, 48. Autant que nous pourrons, corrigeons les sécheresses, pour ne point dire l'aigreur, qu'on trouve trop souvent dans de tels livres [les livres de controverse], m. Confér. avec Claude, Avertissement. Je vous aime plus que ma sécheresse ne me permet de vous le dire, maintenon, Z.t;». à M. d'Àubigné, 7 sept. 4 683. Cette force de caractère allait quelquefois jusqu'à la sécheresse, l. J. Rouss. Confess. n. La sensibilité extrême exclut la sécheresse, d'alemb. l'ortr. de Mlle de l'E-ipinasse. Il Manque de moelleux. La Rancune l'en remercia autant que la sécheresse de sa civilité le put permettre, sCARR. Rom. com. i, 6. Je sais qu'il règne toujours entre hommes une sécheresse qu'une femme sait mieux adoucir, j. ;. rouss. Uél. i, 66. Il Manière de répondre, de se comporter, froide et dure. Je vis bien à l'extrême sécheresse de ses manières, que je n'obtiendrais jamais sa tendresse, GENLis, Mme de Maintenon, t. i, p. "8, dans poo- GENS. J'ai beaucoup vu en Italie une femme qui vous intéresse particulièrement. — Je ne le crois pas, répondit lady Edgermond avec sécheresse, STAËL, Corinne, xvi, o. || S° Terme de dévotion État de l'àme qui ne sent point de consolation dans les exercices de piété. Vous tirerez tout le fruit que Dieu veut de vos sécheresses, boss. Lett. abb 01. Des sécheresses, des ennuis et c'os dégoûts, bouhd. Dominic. i, Sainteté et force de la loi, 229. Que remporte-t-on de la plupart des conversations? un cœur vide, une imagination égarée, beaucoup d'ir.difl'érence et de sécheresse dans le service de Dieu, id. Retraite spirituelle, 6* jow Aux âmes que Dieu éprouve.... et qu'il livre à tous les dégoûts et à toutes les sécheresses d'une vertu triste et amère, mass. Myst. Àss. || 7° En parlant des ouvrages de peinture, manque de moelleux dans les contours. Cela est peint avec une grand»

SEC

SEC

SEC

S'îchcresse. Il Se dit aussi en parlant des ouvrages de sculpture. || 8' Il se dil de l'esprit et de ce qu'il produit, où manque le ctiariiie, la grâce, l'ornement. Il y a une grande séchcrease de style dans tout ce qu'il écrit. Mon Dieu! quels amants sonlce là? et quelle sécheresse de conversation! mol. Préc. 6. La contrainte des prcceplcs ne fait qu'affaiblir les ouvrages, et leur donner une certaine sécheresse qui les rend maigres et décharnés, noiL. Longin, Sublime, ii. Notre siècle, recommandalile par d'autres endroits, est le siècle de la sécheresse, VOLT. Dict. p/iii. Chant. Il y a près de quarante ans que vous m'avez fait renoncer à la sécheresse des malhéuiatiques, ID. Lctt. d'Argenlal, <7 août (774. En dégageant les sciences de la sécheresse qui en écarte la plupart des hommes, il [Fonlenelle] les rendait agréahlos à ceui mêmes (]ui ne cherchent que l'amuscuient, duclos, Œhv. t. IX, p. 321. La fable de la mort et du bûcheron a été mise en vers par la Fontaine et par Ucspréaui; (ju'on les compare ensemble : la sensibilité respire à chaque vers dans la fable de la Fontaine; chaque vers do celle de Despréaux semble flétri par la sécheresse, d'alemb. Éloges, Despr. Si, d'un cfité, l'emphase, l'enflure, la r-idondance sont un excès contraire à la précision, la sécheresse est l'excès opposé, marmontel, fiiui. t. x, p. 2(4.

— illST. xiii' s. Et la voie est dure et pesans, La secereche est grande sus, om de cambrai, Barl. et Jos. p. 260. En la sccherece del désert il corocierent Dieu par leur mauvesliez, Psautier, (- 93. Pûmes grenales valent à le [la] sekereche de le [la] gorge, alebrant, f°63. ||xiv* s. En esté quant il fait sécheresse, Uodus, f* cxxxn, verso. || xV s. Faute d'humeur, nos choux sont morts En nosjardins par sécheresse, dassel. xvn.

— ÊTYM. Sécher; wallon, segress; Berry, chécheréche; norm. séqueresse; provenç. secaressa.

t sr.CIIKItlE (sè-che-rie), s.f. ]| l-Liou où l'on fait sécher des substances mouillées, des étofTes lavées, teintes, etc. || i" Lieu où l'on fait sécher la poudre. Dans les sécheries artificielles, on fait passer sur la poudre un courant d'air échauffé par la vapeur. || 3° Lieu où les pêcheurs font sécher le poisson ; action de le faire sécher.

— iiiST. xvi* s. Que ceux qui auront poisson à sécher au Seillon, s'ils tombent en différent à cause de la secherio et eslendue [étendage] de leur poisson.... Articles de la charge, etc. de Saint- Halo, dans JAL.

— ETYM. Sécher.

tSF.CHEBON (sè-che-ron), s. m. || 1° Terme rural. Pré situé dans un lieu sec. Les sécherons ont donné cette année à cause des pluies fréquentes <jui sont tombées. |I 2" Fig. et familièrement. Il se ■dit d'une personne très-maigre.

— iilST. xvi" s. Les prez appeliez sécherons sont <Jeffensables, et n'est permis y mettre ne mener besles depuis la nostre dame de mars jusqu'à la my aoust, Coust. gén. t. ii, p. 283.

— KrvM. Sécher.

t SfiCHETTE (sè-chè-f), adj. f. Qui a une teinte de sécheresse. Votre lettre du 3' est un peu séchelte, sÉv. <l juill. (672.

— ÊTYM. Dimin. de sec, forgé par Mme de Sé- ■vigné.

t SÉniECR (sè-cheur), adj. m. Appareil sécheur, DU, substantivement, le sécheur, se dit, dans les machines à vapeur, d'un appareil où circule la vapeur séparée du contact de l'eau bouillante.

\ SÉC.IUOS (sé-kion), s. m. Gcn.e de cucurbitacces, dans lequel on distingue le sechion edule, appelé vulgairement chayote, et dont le fruit est de la grosseur d'un œuf de poule; la chayote est cultivée en Algérie, leooarant.

SftCIIOin (sè-choir), ». m. Endroit où, dans les fabriques, on fait sécher les toiles, les papiers, etc.

— ETYM. Sécher.

SECOND, ONDE (»e-gon, gond'; au xvii" siècle, Marg. Uuffet, Observ. p. 131, regarde comme une faute de prononcer le c comme un j; au contraire, Chiinei, Cramm. p. 225, dit que le c se prononce comme un g ; le d se lie : un se-gon-t avis; Chilflet dit que le d ne se lie jamais, quoi qui le suive ; au pluriel, Vs se lie, les se-gon-z et les combattants), adj. !| 1° Deuxième, qui suit immédiatement le premier. Il n'est pas premier, il n'est que second. Remporter le second prix. Se marier en secondes

noces ô bon Dieu, Nous le sommes si che.-s

qu'entre les créatures. Si l'ange est le premier, l'homme a le second lieu, malh. i, i. Seconde partie : Que l'homme sans la foi ne peut pas connaître le vrai bien ni la justice, pasc. Pens. vm,

1, éd. HA TET. Et quoique le roi d'Angleterre, dont le cœur égale la sagesse, sut que la princesse ga sœur, recherchée do tant de rois, pouvait honorer un trône, il lui vil remplir avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde, Boss. Duch. d'Orl. La princesse Anne n'était point heureuse pour avoir la confiance de Philippe et des deux princesses qui ont fait successivement avec lui la seconde lumière de la cour, id. Artne de Gonx. Utique était la seconde place d'Afrique, fort riche et fort opulente, bollin, llist. anc. Œuvr. 1. 1, p. 627, dans pouGENS. L'impression est le juge naturel du premier moment; la discussion l'est du second, d'alemb. Œuv. t. ra, p. 428. Il Terme do classe. Cet écolier est second, ou, substantivement, le second, il est celui que le professeur a jugé avoir le mieux fait une composition après un autre élève. Il Terme do vénerie. Ce cerf est à sa seconde tète, il prend trois ans. || Se dit, dans certains calendriers, d'un mois erabolismique. || Pain second, voy. PAIN, n* ( . Il En chimie, eau seconde, eau-forte affaiblie. || Causes secondes, les créatures, autant qu'elles sont causes elles-mêmes, comparativement au Créateur qui est la cause première. Dieu agit par les causes secondes; il a voulu que ces causes produisissent leurs effets, et que ces effets devinssent causes à leur tour, bonnet, Causes pretn. n, 8. || Causes secondes se dit aussi des lois irréductibles ou effets généraux auxquels l'expérience conduit. || La seconde main, un intermédiaire. Acheter une chose de la seconde main, l'acheter à celui qui l'a achetée au producteur. Il Fig. Ne tenir une nouvelle que do la seconde main, de seconde main, ne l'avoir apprise que par un intermédiaire. || Erudition de seconde main, érudition qui est puisée non aux sources, mais aux compilations. || 2* Il se dil de celui qui, dans une série de mêmes noms, y est le deuxième. Le second des Césars, le premier des humains. C'est Auguste.... delille, En. vi. || 3' Fig. Autre. Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits, LA FONT. Poés. mêlées, xviii. Élégie pour Fouquel. Qui ne voit combien courtes et fragiles sont encore ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort?Boss.X)uc/i.d'OrJ.Marly sera bientôt un second Versailles, maintenon, Lelt. au cardin. de ffoailles, 19 juil. (698. Qu'ils cherchent dans l'Epire une seconde Troie, bac. Andr. l, 2. Une manière de faire des grâces qui est comme un second bienfait, LA BRUY. X. Il 4* Fig. Qui s'ajoute à. C'est un second crime de tenir un serment criminel. Que Joad mette un frein à sor zèle sauvage, Et ne m'irrite point par un secona outrage, raC. Alhal. ii, 5. Il 5° Inférieur, surtout au féminin. Qu'avec une valeur à nulle autre seconde.... malh. n, (O. Sa gloire à danser et chanter ....X nulle autre n'était seconde, id. iv, 5. Mon cœur vous trouve en vérité Femme à peu de femmes seconde, volt. Ép. 29. Il 6' Poétiquement. Sans seconde, sans pareille. Mais puisque par sa perte à jamais sans seconde, CORN. Pomp. iii, 5. Notre gloire, il est vrai, deviendra sans seconde. Si nous faisons, sans eux, la liberté du monde, id. Sertor. ii, 2. Ah I quelle audace sans seconde De marcher à l'heure qu'il est! MOL. Amph. I, 1 . Notre gloire est sans seconde ; Français, où sont nos rivaux? bérano. Bon Franc. Il On dit de même : N'avoir point de seconde, en parlant d'un objet du genre féminin. Leur fureur n'a point de seconde, la font. Tabl. || On le trouve au masculin, avec un nom masculin. [Chez Marie-Thérèse], do fort beaux cheveux blonds, Une vive blancheur, les plus beaux yeux du monde. Et d'autres appas sans seconds D'une personne sans seconde, la font. Lelt. l. \\ 7* Terme de musique. Epithcte qui, entre deux parties ou voix égales, indique la plus basse. Second violon. Second ténor. || On dil seconde basse pour baryton ou basse moins grave que la basse proprement dite. Il 8° Terme de marine. Second foc, synonyme de faux foc. || Second pont, pont supérieur au premier, pont qui porte la seconde batterie. Il Second entrepont, faux entrepont. || La seconde ancre, celle qui est immédiatement inférieure en grosseur à la maîtresse ancre.||9°S. m. Le second, le second étage d'une maison. Il denieure au second. Lisette : Du côté do la place Mauberl, chez un marchand de café, au second. — Frontin : Une place Maubert, une madame Dorman, un second ! non, mon enfant, je ne connais point cela, et je prends toujours mon café chçj

mol, HAUT. l'Épreuve, te. (3. Il Lei personnes qui habitent col étage. Le second était brouillé avec le troisième. || 10* Terme do jeu de paume. Ouverture do la galerie qui est entre le dernier et la porte. Il 11* Celui qui tient le second rang. Jonathas demandait pour toute grice i David d'être lô second après lui, BOSs. 6* avert. 3H. Jo vous fis.... Le second do la terre, et non pas mon égal, volt. Sémir. u, 7. || Celui qui, dans une partie do paume, tient lo second lieu d'un côté. || 12- Celui qui accompagnait un homme dans un duel ot se battait contre l'homme amené par l'adversaire. Meillancour, écuyer do mon frère qui mo servait ds second, et qui avait été blessé dans lo polit ventre et désarmé, ot lo chevalier du Plessis, second de Praslin, nous vinrent séparer, betz, Mém. t. I, liv. I, p. (2, dans pougens. M. de Nemours estima assez Villars pour le prendre pour second au duel qu'il eut contre H. de Beaufort, ST-siu. 3, &o. Ils [les ducs de Beaufort ot de Nemours] s'appelèrent en duel, ayant chacun quatre seconds, tolt. Louis XIY, 6. Il Aujourd'hui les seconds ne sont plus en usage; dans un duel il y a des témoins qui ne se battent pas. || IS* Celui qui fait société à un autre. L'homme seul est quoique chose d'imparfait ; il faut qu'il trouve un second pour être heureux, pasc. Pass. de l'amour. || li* Celui qui aide un autre dans une entreprise, dans une affaire. Ce sont [les esprits de premier ordre] les seconds des Alexandres et des Césars; ils soulagent le prince dans ses grands travaux.... balz. De la cour, I" dise. Avec de tels seconds rien n'esl pour vous douteux, corn. Nicom. in, 6. Mon fils, dit-il, tout sceptre est un grand poids : Sois mon second, prends la férule, bérano. Denys. \\ Celui qui appuie ou soutient quelqu'un dans une discussion. Mon second, soutenant mon discours, lui dit : Vous feriez bien mon père.... pasc. Prov. iv. Je viens à la hâte vous donner un avis. César, et je mène avec moi un bon second pour vous persuader; c'est Catilina, fén. Dial. des morts anc. Vial. 38. Il 16° Terme de marine militaire. Lo second, ou, plus souvent, le matelot d'un vaisseau, le vaisseau qui est destiné à en soutenir un autre dans le combat. Second de l'avant, second do l'arrière se dit pour marquer le poste que le second doit prendre dans le combat. M. du Quesne, qui avait MM. de Valbelle et do Tourvillo pour ses seconds, était au centre de notre corps de bataille, Uém. d» Villelte, 4676, dans jal. || Le second se dit du second capitaine ou lieutenant. || Terme de marine marchande. L'officier qui commande après le capitaine. Le capitaine et le second. || 16' Terme do musique. Partie secondaire ou d'accompagnement dans un duo. Faire le second. || 17° Mon second, se dit, dans une charade, de la seconde partie du mot décomposé. On dit mieux le dernier : le premier, le dernier et l'entier, à moins que le mot ne soit partagé en plus de deux parties, ce qui est rare. Il 18" En second, lac. adv. qui exprime subordination, infériorité. Il ne tient pas la première place, il n'est qu'en second. L'àme perd sa faculté de juger, et même son empire; elle ne veut plus qu'en second, et souvent elle veut l'impossible, BUFF. Afolure des onim. Il Capitaine en second, le capitaine qui doit commander à défaut du capitaine en pied. || On dit dans le même sens : colonel en second, lieutenant en second. || Signer en second, se dit d'un notaire qui signe avec celui qui a reçu, qui a dressé l'acte.

— UEM. 1. Second se met toujours avant son substantif, excepté quand on parle d'un tome, d'un livre, d'un chant, où l'on peut le mettre avant ou après : le tome second, ou le second tome, le second livre ou le livre second do Téiémaque, le second chant ou lo chant second do l'Iliade. Il 2. Deuxième était peu employé au xvn* siècle; cependant on le trouve dans Balzac : Aristippe, Discours deuxième, édit. (668; dans Descartes: La deuxième objection n'est qu'une supposition.... Réponse aux instances de Gassendi, 4 ; dans la Fontaine : Lo premier [ail] passe, aussi fait ce deuxième. Paysan; et dans Bossuet : Deuxième point, (" sermon sur la Providence. \\ 3. Deuxième ne se dit guère (si ce n'est dans les nombres composés : vir^l-deuxièmo, cent-deuxième, etc.); c'est second qu'on emploie le plus souvent. En faveur de deuxième, on a prétendu qu'il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu'il sera suivi do troisième, etc. Mais celle raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l'usage.

SEC

— lllST. zii' S. L'an secunt que li ber Iccl cissil siifTri, E qu'il out près dous ans esté à Punteigni, Th. le mart. 95. || xiii* s. Simplece ot [la flèche] nom : c'iort la seconde Qui maint homme parmi le monde Et mainte famé a fait amer, la Rose, )745. Li secons cas do quoi le [la] juriditions apar- IJent à sainte Eglise, c'est de mariage, beaum. xi, I. Il xiv s. Car [les pécheurs] point ne se sont perceii D'aquerre la vie seconde, Pour la foison qui lor habonde De teulz [tels] biens [les biens terrestres].... J. DE CONDÉ, t. ni, p. 69. || XV' S. La dame de Coucy qui seconde estoit de la reyne d'Angleterre, FROiss. liv. IV, p. 333, dans lacurne. De li veoir m'appareil. Car second n'a ne pareil, e. descii. Poésies mss. {' 20i. Seconde n'a ne première En biens, en sons, en manière, N'en gentil corps fait à tour, ID. ib, f° 190. Faites ainsi, servez-moi de sogond; Serez-vous point, voisin, de la partie? basse!.. XLi. Nonobstant les privautés et amitiés qui estoient entre ces deux seconds [amis] et compagnonsd'armes, Lomsxi,JVou«.LXii. || xvi's....Esquelz actes Aristides ne fut à nul second, quand à l'effet do mettre vaillamment la main à l'œuvre, amyot, Arist. et Cal. comp. (o. Les nopces secondes que fit Caton... iD.«b.)2.Les tesmoignages humains lors ne seront point vains, quand ils suivront ce tesmoignage principal et souverain, comme aides et moyens seconds pour subvenir à nostre imbécillité, CALVIN, Instit. 4c. À mon avis cela est mal entendre quel est le vray office des seconds en différent d'honneur; j'estime qu'ils représentent les parrains qui se choisissent es duels, langue, 249. Ceux-ci [généraux en chef] ayans de bons seconds, cela leur faisoit moins craindre le danger de leurs personnes, iD. 695. C'est une espèce de lascheté qui a introduict en nos combats singuliers cet usage de nous accompaigner de seconds et tiers et quarts, mont, m, 1 12.

— ÊTYM. Berry, teu; provenç. segon; espagn. et portug. segundo; ital. seconda; du lai. secundus, de sequi, suivre, (voy. ce mol).

SECONDAIUE(se-Bon-dê-r'),odj. || l°Ouinevient qu'en second, accessoire. Ce fut une faction qui perdit Socrate ; on l'accusa au hasard de ne pas reconnaître les dieux secondaires, volt. Dict.phil. Blasphème. Rien no détourne plus de la route qu'on doit suivre dans la recherche de la vérité, que ces principes secondaires dont on lait de petits axiomes absolus, bufp. ilin. t. m, p. t75. Que peut être une femme chargée d'elle-même et devant seule guider.... son existence secondaire? STAËL, Delphine, part, v, fragm. 2. || Substantivement. Un secondaire, une personne qui tient un second rang. 11 [un curé] ne parle aux ecclésiastiques, ni aux paroissiens, qu'en commandant.... il faut qu'un secondaire soit toujours humilié devant lui, s'il veut avoir la paix dans la maison, FLÉCH. Sermons, 8» dijc. synodal. || 2* Terme d'astronomie. Planètes secondaires, les satellites. Il Cercles secondaires, cercles qu'on fait passer par les pôles de l'écliptique, et qui la coupent perpendiculairement ; par leur moyen on détermine la situation de chaque étoile ou de chaque point du ciel, par rapport à l'écliptique. || 3° Terme de physique. Piles secondaires, celles qui no développent pas directement l'électricité. || 4° Terme de géologie. Période secondaire, période relative à des terrains ou dépôts dans lesquels on ne trouve plus rien des roches primitives, mais seulement des matières de transport, des roches pleines de débris d'êtres organisés. Les montagnes qui bordent cette vallée sont toutes secondaires, calcaires pour la plupart, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. m, p. 4fli. || 5° En termes do botanique, les ramifications ou divisions du pétiole commun dans la feuille composée, et du rachis dans les pédoncules; en zoologie, celles des pennes de l'aile qui s'attachent à l'avant-bras. Il 6° Autrefois, écoles secondaires, écoles où l'on donnait un enseignement plus relevé que dans les écoles primaires, distinguée» en écoles secondaires communales ou collège» communaux, et en écoles secondaires privées ou institutions. || Écoles secondaires, écoles ecclésiastiques pour les jeunes gens qui ae destinent au ministère des autels. Il Aujourd'hui, enseignement secondaire, ensei

que, la chimie et la philosophie. L'enseignement public se divise en enseignement primaire, secondaire, supérieur. || Les écoles »econdaire3 ecclésiastiques sont maintenant les petits séminairei, correspondant aux collège» et lycées. || ?• Ter-

SEC

me de pathologie. Se dit do phénomènes subséquents ou subordonnés à d'autres. Les accidents secondaires de la syphilis. J| Fièvre secondaire, affection fébrile qui survient après une crise, après l'issue de quelque matière morbide, et aussi au déclin do la petite vérole et de la rougeole. Il Hémorrhagie secondaire, hémorrhagie survenant après des blessures ou des opérations, non immédiatement, mais quand la perle de sang n'aurait pas lieu si le» parties guérissaient régulièrement. Il Amputation secondaire, amputation qui, dans les cas d'une fracture compliquée ou de quelque autre grave lésion, est reculéejusqu'à ce que les premiers effets de la lésion sur la constitution soient passés et que la suppuration soit établie.

— HiST. XVI" s. Secondaire, oudin, Dict.

— ÉTYM. Provenç. secundari; espagn. secundario; ital. secondario; du lat. secundarius, de secundus, second.

SECONDA lUEMEXT ( se-gon-dê-rc-man ), adv. D'une manière secondaire; accessoirement.

— HIST. XIV* s. Secondairement et moins principalement, OBESME, Thèse de meunier.

— ËTYM. Secondaire, elle suffixe ment; prov. segundariament ; espagn. segundariamente ; ital. secondariamente.

SECONDE (se-gon-d'), t. f. \\ 1° La classe qui précède la rhétorique. Il est en seconde. Il fait sa seconde. Professer la seconde. || Ensemble des élèves qui font leur seconde. || Lieu oùse fait cette classe. Il i" Terme de typographie. Épreuve d'une feuille déjà corrigée. || 3" Terme do chasse. Seconde ou seconde vieille meute, le relais qui se donne après la vieille meute. || On dit des hommes, des chevaux et des chiens qui s'y trouvent, qu'ils sont do seconde. || 4° La soixantième partie d'une minute d'heure. La lumière emploie huit minutes treize secondes à venir du soleil. Je traîne les jours seconde après seconde, épuisant mon esprit à trouver l'art d'éviter le sentiment de

la vie, STAËL, Delph. part, v, fragm. 8 Et ce

que l'homme entend par immortalité. C'est-à-dire un écho qui dure une seconde, lamart. llarm. m, 6. Il La soixantième partie d'une minute do degré. Deux secondes d'erreur dans la seule mesure de l'arc céleste donnent trente-deux toises d'erreur sur le degré; et quel observateur peut répondre de doux secondes? d'alemb. Œuv. t. xiv, p. tea. Ce que nous appelons une seconde, la douze-cenlquatre-vingt-seize-millième partie do la circonférence d'un cercle, est un espace insensible dans le ciel, BAILLY, Hist. astr. mod. t. 11, p. 44 1. Il B° Terme do musique. Intervalle de seconde, ou, simplement, seconde, l'intervallo qui suit l'unisson et précède la tierce, dans la noraenclaturo des intervalles par ordre d'acuité. La seconde est le renversement de la septième. || Seconde majeure, intervalle formé de deux demi-tons; c'est le renversement delà septième mineure. || Seconde mineure, intervalle formé d'un seul demi-ton; c'est le renversement de la septième majeure. Il Seconde augmentée, intervalle formé do trois demi-tons ; c'est le renversement de la septième diminuée. || Seconde diminuée, intervalle formé par deux degrés homophones, mai» représentant en réalité des fonctions différentes. La seconde diminuée est le renversement de la septième augmentée. || Seconde doublement augmentée, intervalle formé de quatre demi-tons; c'est le renversement de la septième doublement diminuée. Il On désigne encore en musique, par le mot seconde, la seconde note du ton, c'est-à-dire la sus-tonique ; c'est une locution vicieuse. Ainsi l'on dit : Un accord de septième de seconde; il faut dire : un accord do septième do sus-tonique, afin de bien distinguer les degrés des intervalles, a. LOQuiN. Il 6° Terme d'escrime. Estocade de seconde, ou, simplement, seconde, botte dite aussi tierce basse, semblable à la botte do tierce, excepté que la lame passe sous le bras de l'adversaire.

— ÊTYM. Second. Pour seconde, division de l'heure ou du degré, on remarquera que les anciens, ayant divisé l'heure ou le degré en 60 partics, les avaient appelées minutx, parties menues, ou minutes; qu'ayant divisé de nouveau ces parties en 60 autres plus petites, ils avaient nommé les premières minuta; primx et les autres minuta; sccund.v; qu'ils avaient divisé ces dernières en 00 autres parties qu'ils avaient nommées de même minutiV tertix, etc. Nous avons abrégé tout cela en disant minute, seconde, tierce, etc.

SECONDÉ, ÉE (se-gon-dé, dée), part, passé de seconder. Je me trompe, ou vos vœux par Esther

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secondés Obtiendront plus encor que vou» ne demandez, RAC. Esth. III, 2.

SECONDEMENT (se-gon-de-man), adv. En second lieu. Les quiétistes, qui rendent premièrement dans certains états la passiveté perpétuelle; qui la rendent secondement fort commune et fort aisée, Boss. Etals d'orais. x, 4 4.

— lllST. XVI' s. Secondement, comme ceulx que presse un furieux désir de guarison se laissent aller à toute sorte de conseils, mont, i, idn. Premièrement.... segondement, bonivabd, Adctset devis, p. (69.

— ÉTYM. Seconde, et le suffixe ment.

SECONDER (so-gon-dé), V. a. || 1° Suivre, venir

en second lieu (emploi qui vieillit). Je ne vanterai point les exploits do mon bras; Votre Majesté, sire, a vu mes trois combats; Il est bien malaisé qu'un pareil les seconde. Qu'une autre occasion à celle-ci réponde, corn. Hor. v, 2. Jusqu'ici les effets secondent sa promesse, rac. Milhr. iv, 4. Il Absolument. Cette puissance royale, qui doit donner le branle dans les autres choses, n'a jamais jugé indigne d'elle de ne faire que seccnder dans les affaires spirituelles, boss. Panég. SI Thomas de Canlorb. (. |1 Répliquer sur le même ton. Il m'aborde en tremblant avec ce compliment: Vous m'attirez à vous ainsi que fait l'aimant. Il pensait m'avoir dit le meilleur mot du monde; Entendant ce haut style, aussitôt je seconde. Et réponds brusquement sans t'taucoup m'émouvoir : Vous êtes donc de fer, à ce que je puis voir, corn. Veuve, I, i. Il 2° Servir do second, d'aide à quelqu'un. Je seconderai Rome, et veux vous introduire, CORN. Nicom. II, 4. Chrysale : Secondez-moi bien tous. — Martine : Laissez-moi, j'aurai soin De vous encourager, mol. Femm. tav. v, 4. Le prince, quelque grand qu'il soit, ne connaît sa force qu'à demi, s'il ne connaît les grands hommes que la Providence a fait naître en son temps pour le seconder, boss. le Tellier. Quoi I madame , est-ce ainsi que vous me secondez? bac. Iphig. V, 2. Il 11 se dit aussi de ce qui seconde, favorise. Tant que sa faveur [du sort] vous seconde. Vous êtes les maîtres du monde, Votre gloire nous éblouit, 3. B. Rouss. Odes, 11, 6. || Par extension. Il prend un nom de chose pour régime. Quand je serai à Paris, nous tâcherons de seconder vos boa< commencements, sÉv. 287. Un sage et intelligen' chancelier seconde les désirs d'un roi zélé poui l'Église, BOSS. le Tellier. Les exemples secondent les préceptes, ID. 4' écrit sur les Max. des saints, I, 4 1. Je suis très-persuadé qu'il n'y a que M. de Malesherbes et M. Turgot capables de seconder vos vues généreuses [au sujet des serfs mortaillable» do Saint-Claude], volt. Lell. Chrislin, i" oct. (776. Il 3" Terme du jeu de paume. Servir de second dans une partie Prenez ce joueur-là, il vous secondera bien. Il Absolument. Il n'est pas bon pour primer, mais il seconde bien. || 4° Se seconder, V. réfl. Se donner mutuellement du secours. Cette disposition à se seconder mutuellement multiplia à l'infini les avantages que donnaient déjà à l'homme isolé son adresse et son intelligence, cnviER, dans le Dicl. de dochez.

— HIST. XVI' S. Frère Jean demanda manière de haulser le tempz en calme ; Panurge seconda soubdain, et demanda pareillement remède contre fascberie. Epistemon tiercea en guayeté de cœur, demandant.... rab. Paul, iv, 03. Lorsque quelqu'un prend fantaisie de s'aller battre, il faut que celui qui le seconde (comme on parle) ou qui le tierce, se batte aussi à outrance contre les seconds et les tiers de la part contraire, langue, 248. Il est vray-semblable que ceux qu'on met au premier rang, sont hommes choisis, et que ceux du second les secondent [les suivent] en valeur, ID. 290. Ccste nouvelle fut secondée [suivie] d'une autre : à sçavoir.... id. 684. J'ai embouché nostre bon amy Saint-André, qui repondra pour vous, ou qui vous secondera, si vous parlés le premier,

CARLOix, I, 35 Pour no se pas vouloir démettre

jusques à seconder [être le second après] seulement un homme romain, qui auroil esté son beaupere, et au demeurant pouvoir estre le premier do tous les hommes, amvot, Pomp. (07. Et »i n'eut jamais le timon ni l'authorité de pilote en main, ains s'attacha seulement à manier les voiles et le cordage, en assistant et secondant ceulx qui avoient plus de crédit et de puissance que luy, m Phocion, 6. Dcmosthenes les secondoit et aidoit de tout ce qu'il pouvoil à solliciter les Grecs de vouloir prendre les armes avec le» Athénien», m. Denwsth. 39. Chassons avec le vin le soin et les mal-

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heurs; Je combas les soucis quand le via me seconde, rons. a73.

~ ETYM. l'rovenç. segondar; catal. secundar; espagn. segundar ; ital. tecondare ; du lat. secundore, de secundus, second.

SKCONDINES (se-gon-di-n'), s. f. pi. || 1* Terme d'obstétrique. Le placenta et les membranes. Il 2* Au sing. Terme de botanique. La secondinc, seconde membrane perforée de l'ovule.

— HIST. XVI* s. L'une [membrane] appellée chorion, autrement dite secondine, arriere-faii ou délivrance, combien que les vulgaires appellent ainsi toutes les tuniques ensemble, paré, i, 35.

— ÉTYM. Lat. secundtT, secondines, do secundus, second.

t SECOUADK (se-kou-a-d'), t. f. Réprimande, paroles vives. M. de la Force, qui craignait les secouados du maréchal de Tallard, st-sim. 509, 247.

— IIIST. XVI" s. Lui donnant telles secouades, qu'il la contraint de bugler, uerun cocaïe, t. ii, p. 4 70, dans lacuhne.

— KiYM. iSccouer.

SECOUÉ, ÊE (se-kou-é, éc), part, passé de secouer. Picard avait découvert le premier en <(!75 que son baromètre, secoué dans l'obscurité, donnait do la lumière, principalement à sa partie supérieure, d'alemb. Éloges, Bernoulli.

SECOUF.MENT OU SECOfiMliNT (se-kou-man), t. m. Il 1" Action do secouer. Ce n'était plus le temps où le langage, les grands airs et les secouements de perruque [de ViUeroyJ passaient pour des raisons, st-sim. (02, <35. ||2'Fig. Action de rejeter loin de soi. Le secouement de l'autorité et le mépris des décisions engagent dans mille erreurs. Sermons de *'*, dans desfontaines.

— HiST. XVI' s. Cela se lait des exhalations de la terre par le secouement ou esbraulement d'icelle, PARÉ, XXIV, 3.

— ÉTYM. Secouer.

SECOUEll (se-kou-é), je secouais, nous secouions, vous secouiez ; que je secoue, que nous secouions, que VOUS secouiez, v. a. || 1° Remuer fortement et à plusieurs reprises. Secouer une porte. Son clieval l'a un peu secoué. Le vent secoue les arbres. Secouer un tapis, une robe. La maladie se joue de nos corps : là elle étend, là elle retire, là elle relâche, là elle engourdit; là elle cloue un corps perclus et immobile, là elle le secoue tout entier par des tremblements, boss. Sermons, hésur. dern. 2. L'Amour, qui vit changer son triomphe en une honteuse défaite, s'éleva au milieu des airs en secouant ses ailes, fén. l'él. vu. Minerve-Papillon, le hibou à qui vous avez fait l'honneur d'écrire a été enchanté de votre souvenir; il en a secoué ses vieilles ailes de joie, volt. Lell. à Mme de Saint- Julien, 3 mars I7C9. ||Fig. Ouvrons, comme lui [le Romain], les portes de nos temples [pour une déclaration de guerre]; qu'un ambassadeur se transporte sur la frontière ennemie, et qu'il y secoue la guerre du pan de sa robe, au son de la trompette du héraut qui l'accompagnera, ravnal, Hist. phil. X, M. Il Absolument. Cette voiture secoue beaucoup. || Il no l'a guère tenu, mais il l'a bien secoué, se dit de ceux qui maltraitent quelqu'un. Il 2» Secouer la tête, faire un mouvement de tête par refus, par improbalion, par doute. [L'âne] Content de ses chardons, et secouant la tête : Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une bête, BoiL. Sat. viii. Son billet que je lus, en secouant la tête, à l'endroit où il me recommandait le silence, mariv. Marianne, 6* part. J ce discours, tous les philosophes secouèrent la tête, VOLT. Micr. 7. Jl Fig. Secouer les oreilles, ne tenir compte de quelque chose, s'en moquer. || Se dit aussi d'un homme qui ne veut point accorder ce qu'on lui demande. X cette proposition il secoua l'oreille, les oreilles. || Fig. et familièrement. Il ne fait qu'en secouer les oreilles, se dit d'un homme qui, éprouvant quelque accident fâcheux ou recevant quchiue affront, témoigne n'y être pas sensible. Il Fig. Il n'y a qu'à secouer un peu l'oreille et cela est passé, se dit en parlant d'une petite peine qu'on oublie bientôt. || 3" Secouer la poussière, faire tomber la poussière de dessus quelque chose. .Secouer la poussière d'un habit. [Le hibou] De ses ailes dans l'air secouant la poussière, boil. ii((r. m. Oui, je secouerai la poussière Qui ternit ses nobles couleurs [du drapeau tricolore], béhang. Drapeau. || Secouer la poussière de ses souliers, 6ter la poussière qui les couvre, et fig. s'en aller avec indignation, douleur, affliction. Secouez, en sortant de cette maison ou de cette ville, la poussière de vos pieds, saq, Bible, Evang. St Uatlh.

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X, U. Eloignez-vous de celles-ci [les lœurs qui no sont pas suffisamment fidèles à leurs obligations]; secouez même contre elles la poussière de vos pieds, comme parle l'Évungile, boss. Lett. Corn. 149. Comme lui [le voyageur], de nos pieds secouons la poussière; L'homme par ce chemin [la vie] ne repasse jamais, lauart. Médit, vi. || i* Se défaire, s'affranchir de quelque chose par un mouvement violent. Ce taureau a secoué le joug. Il Fig. Secouer le joug, s'affranchir violemment d'une autorité qui pèse. Ils [les Machabéos] secouèrent le joug des rois do Syrie, qui les persécutaient pour leur religion, boss. B' avert. 24. Quand on veut secouer le joug do l'autorité divine, et no régler ses sentiments, non plus que ses mœurs, que par sa raison égarée, lo. Ilist. II, (3. Personne n'ignore comme, au seizième siècle, la moitié de l'Europe, lassée des crimes d'Alexandre VI, de l'ambition de Jules II, des extorsions de Léon X..., secoua enfin le joug appesanti depuis longtemps, volt. Fragm. sur l'Iiist. XXI. Il On dit do même : secouer les chaînes. Il se fait une très-grande révolution dans les esprits en Italie et en Espagne; le Nord entier secoue Icschainesdu fanatisme, volt. Lett. Le niche, ("mars 1768. || Secouer le joug des passions, les refréner, les dompter. || Il se dit aussi de tout ce qui est regardé comme pesant, gênant, et qu'on écarte. Le moine secoua le cilice et la haire, boil. Lutr. VI. Mon cœur, enivré d'une folle passion, secouait presque toute pudeur, fén. Tél. iv. Tandis qu'il se croit plus libre en secouant l'obéissance qu'il doit à Dieu seul ... il multiplie ses maîtres, mass. Carême, Lazare. Je vous aime tendrement, surtout quand vous secouez avec moi votre paresse, volt. Lett. Thibouville, 20 nov.

1777. Il II signifie aussi écarter par un effort de l'âme. Secouons, s'il se peut, de mon âme l'impression que cet enfant y a faite, dider. l'ère de famille, n, 5. Le poète.... cherche.... S'il pourra de sa tête apaiser les orages. Et secouer le dieu qui fatigue son sein, a. chénieh, l'Invention, V. 345. 11 5° Fig. Donner une commotion morale. Mes événements sont incroyables; vous en savez une partie, et assurément vous avez cru qu'il ne pouvait plus m'arriver rien qui secouât davantage mon âme, galiani, Lett. à Mme d'Épinay, 25 juill.

1778. Il 6° Fig. et familièrement. Réprimander, gronder. Son père l'a secoué d'importance. Il [le jeune Grignan] n'est que trop sage et trop posé; il faut le secouer par des plaintes injustes, sét. 9 juin IC80. Il Populairement. Secouer les puces à quelqu'un, le battre. || 7' Il se dit des maladies qui remuent tout le corps et tourmentent beaucoup. Cette maladie l'a bien secoué. |1 Être bien secoué, passer par une maladie qui tourmente beaucoup. Si mon état continue, adieu les tragédies; j'ai été vivement secoué, et j'ai la mine d'aller trouver Sophocle, avant de faire comme lui des tragédies à quatre-vingts ans, volt. Lett. d'Argenial, 22 oct. 4 7og. |18° Se secouer, v. réfl. Se remuer fortement pour faire tomber quelque chose qui incommode. Il Fig. et familièrement. Il faut se secouer, il faut prendre de l'exercice, se donner du mouvement. Amusez-vous, secouezvous, occupez-vous, volt. Lett. d'Argental, 30 déc. 1774. Il II faut se secouer, signifie aussi : il faut agir dans cette affaire, il ne faut pas rester oisif. IIS" Familièrement. Se secouer, ne pas se laisser aller à son malaise, ne pas s'écouter.

— IIIST. iiv* s. En eux ainsi sequeuant et joant cortoisement, nu cange, succusatio. \\ xV s. Il fut percé au bras tant que la lance se tint dedans son bracelet; mais il la secout [secoua] tantost sur le sablon, monstrel. t. 11, p. no, dans lacurne. Lors commencèrent à secourrc la neige et le grésil jus de leurs haulbertz, Perceforest, t. iv, f" 33. Quant l'esperit voit ce, il print à se courre l'arbre comme pour le hocher jus; et lors fust le chevalier tumbé sur la roche, s'il ne se fust tenu à une branche, ib, f" 427. Il xvi* s. De mauvais garsons... lesquels ne cessoient faire mille insolences... si que, ung soir, les compaignons de la ville les rencontrarent qui leur secouirent bien leur pellisson, bonivard, Chr. de Genève, 11, 32. Pour eux tombe en abondance Le glan des chesnes secous, bons. 92) . Adonc commencèrent les bœufs à se débattre, et à secouer leurs testes, et, en ce faisant, se couvrirent de feu les uns les autres de plus en plus, amyot, Fab. (7. Il luy osta la dague qu'elle portoit, et secoua ses habillemens, de peur qu'elle n'eust dedans quelque poison caché, id. Anton. 102. Ce que je considère, je l'usurpe, une sotte contenance....

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une forme de parler ridicule; les vices plus; d'autant qu'ils me peignent, ils s'accrochent à moy, at ne s'en vont pas sans secouer, hont. m, 35S. Comme les pals s'enfoncent plus avant et s'affermissent en les branslant et secouant, m. l, 276.

— ÉTYM. Wallon, heure; namur. eheûre; norm. «icouer; provenç. tecodre, (ocodre; catal. espagn. et portug. sacudir; du lat. succutere, de tub, sous, et un radical cutere, frapper. L'infinitif secorre est régulier, du latin »uccu(er«; le participe teeou» l'est aussi, de tuccussus. Quant à secouer, il ne l'est pas; il est probablement une altération pour »eeouir (comme puer pour puiV), qui serait la forme correspondante aux autres langues romanes.

t SECOUEUn (se-kou-eur), t. m. \\ !• Instrument pour rompre les moules après que le métal a été coulé. Il 2* Secoueur, euse, ouvrier, ouvrière qui secoue. || 3° Membre d'une secte des États-Unis, espèce de convulsionnaire.

— IIIST. XVI* s. Secoueur, cotgrave.

SEC.OfiMENT (se-koû-man), ». m. Voy. sbcook-

ment.

SECOURADLE (se-kou-ra-bl'), adj. || !• Qui secourt, qui aime à secourir. Assistez-moi en ce besoin, vous qui m'êtes toujours si secourable, voit. Lett. 25. Jésus-Christ parcourt toute la Judée, qu'il remplit de ses bienfaits, secourable aux malados, miséricordieux envers les pécheurs, boss. Ilist. II, 6. Phéniciens si socourables à toutes les nations, ne refusez pas la vie à deux hommes qui l'attendent de votre humanité, fén. Tél. viu Notre-Dame d'Embrun, soyez-moi secourable 1 c. DELAviGNE, iouis XI, ni, 3. || U Se dit aussi des choses. Nos alliés ont ressenti dans le plus grand éloignement combien la main de Louis était secourable, boss. Mar.-Thér. Sa vertu [de Moïse] toujours secourable aux oppressés, id. Hist. i, 3. Il est vrai que du roi la bonté secourable Va tirer désormais Phébus de l'hôpital, boil. Sat. i. Il 2° Au sens passif, qui peut être secouru. Cette place est si étroitement bloquée qu'elle n'est plus secourable. La place est secourable par mer.

— HIST. iiii* s. Bêle estiez et honorable, Et as besoigneus secourable, FI. et Blancb. 74). ||xvi*s. Homme secourable et qui supporloit les pauvres et petits, AMYOT, Uom. ta. U se monstroit secourable envers les pauvres, et modéré mesme envers ses ennemis, id. Solon, et.

— F.TYM. Secourir.

t SECOURANT, ANTE (se-kou-ran, ran-t'), adj Qui secourt. Poussons encore plus loin, et voyons la faiblesse de celte amitié [l'amitié humaine], lorsqu'elle semble le plus secourante, boss. S* sermon, Passion, 2.

t SECOUREUR, EUSE (se-kou-reur, reii-z'), adj. Qui secourt. 1| S. m. Membre d'une secte presbytérienne fondée en Ecosse en 1765.

— HIST. XV* s. Tu ne me fus pas secoureres. Quant tu regnoies es délices, b. desch. Poésies mss. f* 90.

SECOURIR (sc-kou-rir), v. a. U se conjugue comme courir. 1| 1* Donner à celui qui est dans un cas pressant le moyen d'en sortir. Secourez-nous donc, Seigneur, vous qui êtes notre Dieu, saq, Bible, Paralip. u, xiv, n. Secourir quelqu'un de vivres, d'ablanc. Tac. 200. Plus ils voyaient la place de près, plus il leur semblait difficile et presque impossible d'empêcher qu'elle ne fût secourue, quand les ennemis voudraient, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 282. Ou ils [les amis] se détachent par intérêt, ou ils nous quittent par faiblesse, ou ils nous secourent à contre-temps, selon leur humeur et non pas selon nos besoins, BOss. 3* sermon, Passion, 2. Qu'y a-t-il do plus convenable à la puissance que de secourir la vertu ? ID. Heine d'Anglel. D'un mot ou d'un regard je puis le secourir, bac. Bajaz. I, 4. Les dieux m'ont secourue, et mon cœur affermi N'a rien dit, ou du moins n'a parlé qu'à demi, id. Mithr. 11, t. Ils ont secouru l'État d'environ quatre millions par année, volt. Louis 2/K, 3r,. '! Absolument. Il y a des bienfaits qui doivent être secrets, ce sont ceux qui secourent; il y en a qui doivent être publics, ce sont ceux qui honorent, dider. Cl. et Nér. n, 68. Il Fig. Que vouliez-vous qu'il fît contre trois? — Qu'il moùrijt, Ou qu'un beau désespoir alors le secourût, corn. Ilot, m, 6. || Se disait de l'action d'administrer aux convulsionnaires ce qu'ils appelaient des secours. Il Terme de manège. Secourir un cheval, lui donner des aides à temps et à propos lorsqu'il se ralentit. || 2* Venir en aide à quelque chose. Voici un tarif très-honnête des montres que M. le duc de Praslin abien voulu demander....

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secourez notre entreprise, mci chers anges; nous avons vingt familles à nourrir, tolt. Lett. d'Argental, si mai )77o. || 3* Se secourir, v. réft. Venir on aide à soi-même. Peut-être je saurai, dans ce désordre extrême, Par un beau désespoir me secourir moi-même, rac. Bajaz. i, 3. || Se secourir l'un l'autre. Dans ce monde il se faut l'un l'autre secourir, la font. Fa5i. vi, i6.

— SYN. SECOURIR, AIDER. On secourl celui à qui la détresse ôle les moyens de se secourir lui-même. On aide celui dont les clTorts ont besoin d'être lecondcs par les efforts d'aulrui.

— llibT. XI' s. Succurra nous li reis od son barnet [sa baronie], Ch. de Roi. L.xxxii. || xii' s. Dame, merci : trop [vous] me secorez lent, Couci, xi. E li barun franccis le runt lanl succuru, Bien pout aidier as suens qui là furent venu, Th. le mart. 65. ||xiu' s. Et car me secourez, mère Dieu beiieoite, Berte, xxix. La gent de cascune partie souscouru le sien, Chr. de Rains, p. 7S. Cortoisie est que l'en scqucure Celi dont l'en est au desseure, la Rose, 3293. Miel [mieux] vaut c'on scqueure au commun porfit, qu'à le [la] volentédecii [ceux] qui voelent le tans enquierir (produire un encliérissement], BEAUM. XLix, 2. || xiv S. 11 Veulent bien l'un à l'autre, et secuerent ou obvient as nécessités l'un de l'autre, oresme, Eth. 239. || xV s. Las 1 on ne pense qu'à suyr Le monde.... El quand on cuide qu'il scqueure, Au plus grant besoin vient faillir, cil. d'orl. Tiond. 63. || xvi' s. Je l'ay secouru de gens, d'argent et de conseil, rab. Garg. i, 28. Les grans trésors, en lieu de secourir. Honteusement me menèrent mourir, marot, i, 393. Saûl est contraint de se retirer pour secourir à son pays, calv. Instit. (43. Et pour ce que j'ay trouvé la faulte ne venir point d'eux, j'ay plus voulentiers mis peine de leur secourir, marg. Lett. cm. Elle rend un homme incapable de secourir aultruy, et de se secourir à soy, MONT. I, 225. Je meritois que la mémoire me «ecourust miculx, ID. m, 258. J'ai fait tout ce qui m'a esté possible pour secourir et défendre les loii et la liberté de mon pays, amvot, Solon, 64. X chacun nature donne Des pieds pour le secourir; Les pieds sauvent la personne : Il n'est que de bien courir, Sat. Hén. les Pièces de tapisseries.

— Etym . Prov. soccorre, secorre, secorrer ; espagn. iocorrer ; portug. soecorrer ; ilal. soccorrere; du lat. tuccurrere: de sub, sous, et currere (voy. courir).

t SECOURISTE (se-kou-ri-st'), s. m. Celui qui portait secours (voy. secours, n" 8) aux convulsionnaires de Saint-Médard. Le directeur et deux autres dignitaires lui ont représenté que, pour le secours du gros fer, il fallait un secouriste expérimenté dans la sapience, decourchamps, Sour venirs de la marquise de Créquy, t. m, ch. 3.

SECOUIIS (se-kour ; l's ne se lie pas ; cependant quelques-uns la lient : des se-kour-z habiles), s. m. Il !• Ce qui sert dans un cas pressant pour en sortir. Il ne faut pas tant d'art pour conserver ses jours; Et, grâce aux dons de la nature, La main estle plus sûr et le plus prompt secours, la pont. Fabl. X, 16. Je fis ouvrir ma porte, j'envoyai mes gens au secours [dans un incendie], sÉv. 20. Voyons ce qu'il faut allendre de ceux [les amis] qui semblent les plus assurés : faiblesse, méconnaissance, secours en parole, abandonnement en effet, doss. 3* sermon, Passion, 2. Henriette, d'un si grand cœur, est contrainte de demander du secours; Anne, d'un si grand cœur, n'en peut donner assez, tD. Reine d'Anglet. L'armée victorieuse d'Annibal vint vainement au secours de Capoue, ID. Hist. m, «. Les dieux m'ont donné du courage. Et c'est un

assez grand secours, quin. Cadm. iv, 4 Que

tous les Juifs dans Suse répandus ....Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire, rac. F.sth. i, 3. Le péril des- Juifs presse et veut un prompt secours, ID. ib. m, 8. Il II se dit, au sens actif, du secours que l'on donne. Mon secours vous est inutile. Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours. Et, laissant de ses eaux partager le secours. Va rendre tout un cliamp fertile, HAC. Eslh. II, 9. Je craignais que le ciel, par un cruel secours. Ne vous offrît la mort que vous cherchiez toujours, id. Andr. I, (. J'entrevois vos mépris, et juge àvos discours Combien j'achèterais vos superbes secours, m. Iph. iv, o. ||J1 se dit, au sens passif, du secours que l'on reçoit. Venez i mon secours. J'assurerai les jours, Et mourrai, s'il le faut, moi-mêuio à ton secours, corn. Tliiod. IT, «. l'halante, transporté de fureur, accourait au secours dé son frère, kén. TiJ. xvi. ||Au secours I à mon secours 1 cri par lequel on demande du secours. Il 2* Soins, services qu'on donne ^à un ma-

lade. Il reste une certaine timidité après les grandes maladies, qui ne permet pas qu'on s'éloigne du secours, sÉv. 379. Elle ne fit appeler des secours et avertir ma mère que le quatrième jour de sa maladie, genlis, iléres n't). t. i, p. i88, dans POUGENS. H 3" Il se dit simplement de ce qui sert, qui est utile. Appelez la mémoire ou l'esprit au secours, CORN. Ment, y, 3. Vous me dites des merveilles de votre santé.... la Saône vous aura été d'un grand secours avec sa tranquillité, sÉv. à Mme de Crignan, 23 juin (677. C'est [le mot vapeurs] un secours pour expliquer mille choses qui n'ont pas de nom, m. « juill. 1689. M. de Gèvres, qui a donné du secours à cette horrible action [un enlèvement], m. 28 mars 1689. La vanité deschoses humaines, tant de fois étalée dans celle chaire, ne se montre que trop d'elle-même sans, le secours de ma voix, eoss. Duch. d'Orl. Elle [Elisabeth d'Angleterre] croyait les images d'un grand secours pour exciter la dévotion, id. Var. <o. Le secours de l'absence Est un puissant secours; C'est l'unique espérance Des cœurs qui veulent fuir les funestes amours, quin. Roi. i, 5. Mais bientôt la raison arrivant au secours, boil. Disc, au roi. Mais bientôt de son artemployant le secours.... j. B. Rouss. Cantate, Circé. Le secours de vos sages avis, j. j. rouss. Lett. à Mme de Warens, 29 juin )735. || 4* Au plur. Choses qui servent à secourir, telles qu'argent donné, prêt, aumône, etc. Des familles pauvres ont reçu des secours. Figurez-vous.... quelle joie ce peut être.... que de donner adroitement quelques petits secours aux modestes nécessités d'une vertueuse famille, mol. l'Avare, l, 2. Qu'admira-t-on davantage, ou du secours de la princesse Anne qui vint si à propos, ou de ce qu'il vint d'une main dont on ne l'attendait pas? Boss. Anne de Gotil. Combien de familles, de communautés chancelantes ont été soutenues par les secours que Mme la Dauphine leur donnait! fléciiieh, Dau]ihine. Il 5" Troupes envoyées au secours d'une armée, d'un parti trop faible pour résister à ses adversaires. Un secours de trois mille hommes. Secours étranger. Le secours envoyé par la France aux Étais-Unis était commandé par Rochambeau. Elle vitpérirses vaisseaux et presque toute l'espérance d'un si grand secours, boss. Reine d'Anglet. || Par extension. Ah, têtel ah, ventre 1 que ne le Irouvéje à cette heure avec tout son secours ! que ne paraît-il à mes yeux au milieu de trente personnes ! mol. Scapin, n, 9.||6° L'action de secourir une place assiégée. Si le comte d'Harcourt fut mort après la prise des îles Sainle-.Marguerile ou le secours de Casai, sÉv. à Bussy, 6 août )fl76. Il Le corps d'armée qui vient secourir une place assiégée. Le secours est entré dans la place, jj Porte de secours, porto d'une citadelle donnant dans la campagne, et par laquelle on peut recevoir du secours ou se retirer. |i 7* Église auxiliaire d'une paroisse, dite plus ordinairement succursale. Celte église n'est pas une paroisse, ce n'est qu'un secours. Il 8* Se disait, parmi les convulsionnairos de Sainl-Médard, des coups et des différents supplices que les convulsionnaires réclamaient comme des soulagements. lUclielieu s'est mis à lui porter secours à grands coups de souliers ferrés, de telle sorte qu'elle en jurait entre ses dents, cette convulsionnaire, decourchamps, Sou», de la marquise de Créquy, t. m, ch. 3.

— HIST. XI* s. [à] Nostre parent [nous] devum estre à sueurs, Ch. de Roi. clxxxii. || xii* s. Mais trop vient lent, dame, vostre secours, Couci, vu. Ne n'iert [sera] nus [nul] si hardiz qui lui fasse secors, Sax. xxvn. jl xiirs. Cil poples est plus fiers que lupart ne lion; Envers si laite gent nient ne dureron. Se del Soudan de Perse prochain souscors n'avon, Ch. d'Ant. ii, 9 1 5. y xv s. Le suppliant advisa que l'une d'icellcs femmes avoit de l'argent ou [au] secours [poche, doublure] de sa robe, du CANOË, succursus. Il XVI* s. Ceux du secours d'Argos [les troupes fournies par Argos], amyot. Aie. 33. Et ceulx là rompus et fuyans à val de roupie meirenl en telle perplexité ceulx qui s'estoient ralliez ensemble pour aller au secours, qu'ilz ne sçavoient qu'ilz dévoient faire, m. Aratus, 39. Estant aussi tost arrivé en France si bien à point, et non en secours dePise, comme l'on dit [secours de Pisc, secours qui arrivb trop tard], bhant. Cap. franc, t. m, p. 60, dans lacurne. U n'est secours que de vray ami, LEROUX de UNCY, Prov. t. ii, p. 3i6.

— ÊTYM. Bourguig. secor ; provenç. socort, tecort; espagn. socorro ; portug. soccorro ; ilal. soccorso; du supin îuccursum, de juccurrere, secourir.

SECOURU, VE (se-kou-ru, rue), port, passé de

secourir. Qui a reçu secours. Songez un peu.... i ce que je puis souffrir, n'étant pas secourue d'aucune distraction, sÉv. 4 Mme de Grignan, 4 8 mai <67). M. Chirac offrit au régent d'aller à Marseille [lors de la peste], afin que la ville, qui se verrait secourue par le gouvernement, en prit plus de courage pour se secourir elle-même, font. Chirac. Alors on voit ce qu'on n'avait point vu encore, un empereur allemand secouru par l'Italie, et abandonné par l'Allemagne, tolt. Ann. Emp. Henri IV, 1077.

SECOUSSE (se-kou-s'J, ». /. || !• Agitation, ébranlement, de ce qui est secoué. Il monta dans la voiture d'Amazan, parce que la sienne était dérangée par la secousse, volt. Princ. de Babyl. 8. |; Fig. Par secousses, par saccades. Ne vous contentez pas de faire certains efforts, et d'êlre petits par secousses, fén. Lettres spirituelles, dans jaubert, Glossaire. || Terme de manège. Secousse de la bride, synonyme de saccade. || Terme de musique. Explosion que l'air fait en entrant dans un tuyau d'orgue. Il 2° Il se dit des oscillations du sol dans un tremblement de terre. Jamais il ne se fait une grande éruption dans un volcan, sans qu'elle ait été précédée, ou du moins accompagnée d'un tremblement de terre; au lieu que très-souvent oD ressent des secousses même assez violentes sans éruption de feu, buff. Add. théor. terr. Œuvr. t. xiii, p. 49. Il 3* Il s'est dit, par abus, pour escousse. Proposez à des enfants de sauter un fossé, tous prendront machinalement leur secousse en se retirant un peu en arrière et courront ensuite, VOLT. Mœurs, Sauvages. \\ i' Fig. Atteintes portées à la santé, à la fortune, au crédit, au moral, à l'ordre établi. Je reçois d'étranges secousses, et mon cœur ne tient qu'à un filet, mol. Préc. 12. Je ne veux pas rapporter tous les effets [de l'imagination]; je rapporterais presque toutes les actions des hommes, qui ne branlent presque que par ses secousses, pasc. Pens. m, 3, éd. uavet. Cette opération donna une grande secousse à l'État, montesq. E.^pr. XXII, II. La France ni l'Espagne ne peuvent être en guerre avec l'Angleterre, que celle secousse donnée à l'Europe ne se fasse sentir aux extrémités du monde, volt. Loui'î .IT, 27. Il y a d'anciennes bornes qu'on ne remue pas sans de violentes secousses, id. Louis Xi V, 35. Quels arts se sont perdus, quels se sont conservés, quels autres sont nés dans les secousses de tant de révolutions, ID. Mœurs, Rem. i. Son âme avait besoin d'êlre remplie et non pas tourmentée; il ne lui fallait que des émotions douces; les secousses l'auraient usée et amortie, d'alemd. Portr.de l'aut. Quand les passions nous donnent de violentes secousses, en sorte qu'elles nous enlèvent l'usage de la réflexion, condill. Conn. hum. u, n. Nous contemplons les secousses du monde politique, comme nous contemplons celles du monde physique, bonnet, Palingén. xiii, 6. || Familièrement. Se donner une secousse, faire quelque excès pour changer la disposition où l'on est.

— lllST. xV s. Il ne lui faillit qu'une secousse de verges à netoyer sa robe et ses chausses, qu'il ne fusl prest, louis xi, ^ouv. xxvii. || xvi' s. El t'alloit que la mule, pour boire, se jetast en l'eau, tout de secousse, desper. Contes, xcii. Nous iressuons... aux secousses de nos imaginations, mont. 1,91. Ma veue s'y confond; il fault que je la retire, et que je l'y remette à secousses [reprises], ID. II, <oo. J'en cuidai remourir [d'une chute].... et me sens encores de la secousse de ceste Iroissure, id. ii, 58. Par cette legiere secousse que le» avirons donnent, je me sens brouiller l'estomach, iD.lv, 4. Les Ciliciensesloient devenus un peu forts en bride pour la secousse que les Romains avoient receue des Parlhes, amyot, Cic^ron, 45.

— êty.m. L'anc. participe secout (voy. secodeb à l'historique).

t SECQUIERB (sè-kiè-r'), ». f. Nom de routes dans les forêts. 11 [i'écobueur] abat le plus d'arbres possible, pour former des routes ou secquières... Erirquéte sur les incendies de forêts, 1869, p. 162.

I. SECRET, ETE (se-krè, krè-t'; la prononciation ancienne était segret, segrète; et plusieurs, surtout les vieillards, la conservent encore; plusieurs, au XVI* siècle, écrivaient segret, voy. l'historique à SECRET, 2; au XVII* siècle, Marguerite Buffet, Obterv. p. 128, condamne la prononciation par g; mais Chifflet, Gramm. p. (25, l'approuve; Mme de Genlis, dans Ad. et Th. t. m, p. I79, note segret comme une prononciation nouvelle : • Maintenant nous disons segret pour secret; ■ mais, comme on voit, elle se trompe), adj. || 1* (jui n'est pas divul-

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guS que l'on tient caché. Des agents secrets. Hélas 1 rien aux jaloux ne peut être secret, réonier, Élég. II. On les lient [les chrétiens] pour sorciers dont l'enfer est le maître; Et sur celte croyance on punit du trépas Des mystères secrets que nous n'entendons pas, corn. Pol. iv, a. L'amour aime surtout les secrètes faveurs, mol. Filch. m. l. Il reçut des avis secrets que sa vie n'était pas en sûreté, Eoss. I« Tcllicr. J'ai craint, j'ai soupçonné quelques ordres secrets, rac. ilithr. v, 4. Les discours secrets doivent être regardés comme des pensées, volt. Pol. et lég. Relat. mort de la Barre. Il Sciences secrètes, prétendues sciences, telles que la cabale, la magie, qui n'étaient connues que d'un certain nombre d'adeptes. H Maladie secrète, maladie syphilitique. || 11 se dit aussi de toute maladie alTectant des parties secrètes. 11 [le Seigneur] ne punit les Philistins [qui avaient pris l'arche] qu'en les frappant d'une maladie secrète ressemblant aui hcmorrhoïdes, volt. Pol. et Ug. Si l'intolérance est de droit divin. || Remède secret, voy. remède. || Le Chapelet secret du saint sacrement, petit écrit de trois ou quatre pages contenant des pensées affectueuses sur le mystère de l'eucharistie; il était de la mère Agnes de Portroyal. Il i' 11 se dit des parties d'une habitation qui est fermée au public, qui n'est pas connue de lui. Escalier secret, escalier dérobé par lequel on peut monter dans les appartements d'une grande maison, au lieu de monter par le grand escalier. Il On dit dans le même sens : degré secret. Il Porte secrète, porte dérobée. Ma galère est au port toute prête à partir ; Le palais y répond par la porte secrète, corn. Nicom. v, b. || En un sens analogue. Je vois sourire Mes pénates secrets couronnés de rameaux, a. cbénier, i'ersailles. || 3' 11 se dit des assemblées quand elles se ferment au public. Comité secret, séance où une assemblée délibère à huis clos. |1 Conseil secret du roi, conseil où l'on agitait les affaires les plus importantes, et où certains membres du conseil d'État seulement avaient droit de siéger.|| Sceau secret, ou, substantivement, le secret, petit sceau pour les lettres et expéditions particulières. || 4* Fonds secrets, fonds dont un gouvernement use sans être tenu à en rendre compte ; ils sont destinés surtout à un service de police et de diplomatie. Il 5° Qui ne peut être pénétré. Vous n'aurez point pour moi de langages secrels, rac. Brit. il, 3.|| 6° Qui se cache. Sentant que j'avais des ennemis secrets et puissants dans le royaume, j. J. rouss. Conf. xi. Il Partie secrète, personne qui, agissant, sollicitant contre une autre dans un procès ou dans toute autre affaire, no veut point paraître. C'est sa partie secrète. || On dit dans le même sens : C'est son ennemi secret. |1 7° Il se dit des publications où l'on divulgue des parliculariics sccrèlcs. Que je suis mécontent des Mémoires secrets de Bolingbrokel je voudrais qu'Us fussent si secrets, que personne ne les eiit jamais vus, volt. Lett. d'Argental, 2 mai (754. J'apprends qu'on vienl d'imprimer en Hollande mes Lettres secrètes; je crois en effet que ce recueil sera très-secret, et que le public n'en saura rien du tout, lu. Lctt. à I'. Rousseau., to nov. I7«4.||8° Qui n'est pas apparent, visible. Tout cédait au charme secret de ses entretiens, noss. Reine d'Anglet. C'était [dans la réforme anglaise] un dégoût secret de tout ce qui a de l'autorité, id. ib. Outre le rapport que nous avons du côté du corps avec la nature cliangeanle et mortelle, nous avons une secrète affinité avec Dieu, ID. Duch. d'Orl. Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes, rac. Eslh. m, 4. Il 9" Oui sait se taire, tenir une chose secrète. Au moins en a-t-il appris de meilleure heure à être secret, balz. le Prince, 23. Dom Carlos lui promit d'èlro secret, et entra vite dans le jardin, 8CARR. Rom. corn, i, 9. Vos amis et les miens, jusqu'alors si secrets.... rac. Brit. m, 6. Ces deux capitaines.... n'étaient pas assez secrets dans leurs entreprises, fén. Tél. xvi. Il a une grande fille qu'on appelle Mlle Marianne, qui voudrait bien aussi se marier sans le dire à son père; ils sont fort secrets dans celte famille-là, dancol'ht. Foire Besons, se. (6. || Ironiquement. Il est secret comme un coup de canon, comme un coup de tonner.'e, se dil d'un homme qui divulgue les choses qu'on lui confie. || Qui cache sa conduite. Jeanne que vous voyez, dont on ne parle point. Qui fait si doucement la simple et la discrète, Elle n'est pas plus sage, ains elle est plus secrète, RioNiER, Sal. iiii. || Terme de chasse. Chien secret, limier qui pousse la voie sans ap-

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peter. || Lieu secret, lieu où ce qui s'y dit ne se répète pas. Il a eu l'intrépidité de le dire en pleine académie et dans des lieux tout aussi secrets, J. J. ROUSS. lelt. à il me de Luxembourg, 12 déc. <70ii.

— iiisr. XV' s. En son temps il [le chevalier Guichart d'Angle] ot toules ces nobles vertus que un chevalier doit avoir : il fut sage, secret, large, pieux, hardi, entreprenant et clievaleureux, froiss. u, ii,.li8. 11 [Hue le Dépensier] envoya granl or et grant argent à plusieurs cardinaux et prélats, les plus secrets et les plus prochains du pape, id. I, i, Hi. Se nulz m'en scet dire aucun bien. Je le tcndray [tiendrai] secret corn prestre, E. descii. Poésies mss. f" 247. A[\rès vint la royne et ses secrettes pucelles [confidentes, alfidées], Perccforest, t. vi, f° 05. Il xvi* s. Toutes les secrettes pensées ne se peuvent communiquer aux enfants, mont. I, 207. Le soudard luy confessa, que c'estoit une maladie secrette, qu'il ne luy ozoit bonnement déclarer, amvot. Pélop. i.

— ÉTVM. Lat. secretus, de tecerrtere, mettre à part, do se, indiquant séparation, et cernere, distinguer, séparer, le même que xpivciv (voy. crise); c'est la racine skar, allem. scheren, couper.

2. St:CRET (se-krè; le ( se lie; un se-krè-t absolu; au pluriel, l's se lie : des se-krè-z étranges; secrets rime avec traits, succès, paix, etc.; la prononciation ancienne était segret), ». m. || 1* Ce qui doit être tenu secret; ce qui ne doit être dit à personne. Celui à qui vous dites votre secret, devient maître do votre liberté, larochefouc. ilOm. 41. Rien ne pèse tant qu'un secret : Le porter loin est difficile aux dames : Et je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes, LA FONT, l'abl. viii, 6. Sans cesse il a, tout bas, pour rompre l'entretien, Un secret à vous dire, et ce secret n'est rien, mol. Mis. il, 6. C'était un secret que j'ai forcé, sÉv. 193. Ma belle-fille est charmée de tout ce que vous dites d'elle, dont je ne lui fais point un secret, id. 602. Qu'un secret à garder est un pesant fardeau 1 tu. corn. Feint astrol. I, 3. Je ne suis pas un historien qui doit vous développer le secret des cabinets, ni l'ordre dos batailles, ni les intérêts des parties, boss. Reine d'Anglet. Pendant qu'il tirait le secret du fond des cœurs, il no dis.nit, maître de lui-même, que ce qu'il voulait, iD../e TcUier. Avez-vous un secret important, versez-le hardiment dans ce noble cœur, id. Louis de Bourbon. Un secret échappé ne se rappelle plus, QLiN. Agripp. iv, 3. U n'est point de secrels que le temps ne révèle, rac. Brit. iv, 4. L'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret, id. Bajas- m, 8. Un homme est plus fidèle au secret d'autrui qu'au sien propre ; une femme au contraire garde mieux son secret que celui d'autrui, la bruy. m. Ils peuvent en abuser, et vous tenir ensuite malgré vous par votre secret, chaîne plus difficile à rompre que toutes les chaînes de fer, fén. Tél. x.xiv. Trop et trop peu de secret sur nos affaires témoigne également une âme faible, vauven. Réfl. et max. 104. 11 n'est pas permis de s'emparer d'un secret qui ne nous est pas confié ; il est souvent plus criminel de surprendre à un homme ses pensées que son argent, volt. Dict. phil. Poste. Surtout de vos secrets soyez toujours le maître ; Qui dil celui d'autrui doit passer pour un traître; Oui dit le sien, mon fils, passe ici pour un sot, m. Indiscr.i, (.Les àmcs généreuses Ilespectent le secret des âmes malheureuses, deulle, Imag. viii. Avouerqu'on sait un secret, c'est toujours le trahir à moitié, et souvent le découvrir tout à fait, genus. Ad. et Th. l. I, p. 422, dans POL'GENS. Il Demi-secret, secret à moitié révélé, deviné ou surpris. Ce que j'avais confié à M. de M*** me revenait par ce demi-secret qui est pire qu'une divulgation entière, fénel. dans le Dict. de docuez. || N'avoir point de secret pour quelqu'un, ne lui rien cacher. Je n'ai point de secret pour vous, sachez donc que je suis amoureux, CAMPisTRON, l'Amante amarU, n, 2. || C'est mon secret, se dil à une personne pour refuser de lui donner connaissance d'une chose. || Avoir le secret de quelqu'un, savoir son secret. Vous avez mon secret, j'ai pénétré le vôtre, rac. ifithr. I, s. || Ce ministre a le secret de telle négociation, ou, absolument, il a le secret, il est le seul des ministres employés dans cette négociation qui connaisse les véritables intentions du prince. || Avoir le secret d'une chose, en connaître le motif, la raison. Mais qu'était-ce donc que ces sacrifices que les gentils offraient dans tous les temples? Porphyre en avait trouvé le secret, boss. Uiit. u, 12. jj C'est

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le secret de Polichinelle, de U comédie, c'est su de tout le monde. Puisque je suis à présent enfoncé dans l'historique, permetlez-nioi de vous demander simplement le secret de l'État, qui est le secret de la comédie ; les {espagnols cèdent-iU bien réellement la Floride 7 volt. Lett. d'Argental, 21 nov. 1762. Il Être du secret, dans le secret, avoir pari i quelque dessein caché. Qui diabt* est-ce donc qu'on trompe ici T tout le monde est dans le secret! beaumarcii. Barb. de Sév. m, «l. Il 2* Il s'est dit quelquefois des mystères religieux des anciens. Mais Cérès Éleusine et la bonne déesse Ont leurs secrels comme eux à Rome et dans laGrècejCORN.Po/y.iv, 6. 1| S'il s'est dit pour confidence. 11 faut que je vous envoie la lettre de M. Poussy; no le dites i personne, mais je veux bien vous faire ce secret dont vous n'abuserez pas.... SÉV. à Mme de Guitaul,^ août iiiO.i. En voici encore un autre; c'est le jour des secrets, comme la journée des souhaits, id. (*' janv. ia7o. || 4* Lieu relire, caché. U dort sous l'ombre dans le secret des roseaux et dans les lieux humides, SACi, Bible, Job, XL, 16. Ce bandeau dont il faut que je paraisse ornée.... Seule et dans le secret je le foule à mes pieds, RAC. Esth. i, 4. El Judith dans le secret de sa maison, et la veuve Anne dans le temple..., MASS. Carême, Prière i. || Fig. Il [Dieu] ne sort [par les miracles] du secret de la nature qui le couvre que pour exciter notre foi à le servir avec d'autant plus d'ardeur que nous le connaissons avec plus de certitude, pasc. Lett. à Mlle de Roanrux,i. 115° Ce qu'ily ado caché dans certaines choses. Des choses qui se passent dans un entier secret, pasc. dans coL'siN. La mort a découvert le secret de ses affaires, et le public n'y a rien vu que de modéré, BOSS. le Tellier. || Le secret des consciences, des cœurs, ce qu'il y a do plus caché dans les consciences, dans les^ cœurs. Ne croyez pas que cette constance ait pu naître tout à coup entre les bras de la morl ; c'est le fruit des méditations cl de la préparation de toute sa vie; la morl révèle les secrets des cœurs, BOSS. le Tellier. Dans le secret des cœurs, Osmin, n'as-tu rien lu? rac. Bajaz.i, i. [elle] Dans le secret du cœur pourrait entretenir Doses honneurs passes l'importun souvenir, volt. Scythes, i, 3. || On dil en un sens analogue: le secret de soi-même. Il est consolant do ne pas se reprocher une folle confiance, ou, si l'on peut s'en accuser, d'en rougir seule et dans le secret de soi-même, riccoboni, Œuv. t. iv, p. iso, dans pouGENS. Il 6* Lieu séparé où on enferme le prisonnier, en ne lui laissant do communication qu'avec le geôlier. Le prisonnier est au secret. Ufut arrêté par ordre de la cour, et conduit i la lourde Ségovie, où il fut mis au secret, lesagb, Est. Conx. 60. Il 7* Silence, discrétion sur une chose confiée. Souvenez-vous que vous avez promis de me l'apprendre sur la foi du secret, BOimsault, Lett. nouv. t. ii, p. s29, dans polgens. Pour faire garder le secret, on n'oul jamais besoin de supplices.... le secret se recommandait comme tout seul, et par sa propre importance, boss. Ilist. m, 0. Je vous garderai le secret, id. Lett. abb. no. Tout dépend du secret et de la diligence, bac. Iphig.iy, lo. Des gens vous promettent le secret, et ils le révèlent eux-mêmes et à leur insu; ils ne remuent pas les lèvres, et on les entend; on lit sur leur front et dans leurs yeux ; on voit au traversde leurs poitrines; ils sont transparents, la brut. v. Elle ne se fiait point encore assez à son secrelpour lui confier ses dessijins, fén. Tél. vu. Beringhcn était sur le pied qu'on pouvait se fier à son secret et à sa parole, st-sim. 9, 1 05. || Fig. Commandez à vos yeux de garder le secrel, rac. Andr. ni, i.|| Je vous dis cela dans le secret, sous le secret, en grand secret, dans le dernier secret, je vous le confie à la condition de ne le dire, de ne le révéler à personne. Ce domestique, nommé Timocrate, me vint dire un jour en grand secret qu'il avait découvert une affaire très-dangereuse, fén. Tél. xni. || 8* Dans les arts, dans les sciences, moyen connu d'une seule personne ou de peu de personnes pour faire de certaines choses, pour produire de certains effets. Quelques autres qui n'y entendent rien [à la médecine] que de la charlatanerie, des secrets et de la fourberie, oui patin, Lett. t. ii, p. 201. Vous m'avez enseigné la science terrible Des noirs enchantements qui font pâlir le jour; Enseignez-moi, s'il est possible. Le secret d'éviter les cbarincs de l'amour, QUIN. Amad. u, 2. Ce n'est que par hasard que son père et son aïeul [d'un charlatan], qui avaient le secret [de la panacée universelle], sonl morts fort jeunes, la bbuy. xiv. Caretli, Italien

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i secrets qui avaient souvent réussi, st-sim. 2b, «3. Ce n'est pas que M. Fagon rejetât tout ce qui s'appelle secrets; au contraire, il en a fait acheter plusieurs au roi; mais il voulait qu'ils fussent véritablement secrets, c'est-à-dire inconnus jusquelà et d'une utilité constante, font. Fagon. Tout à coup initié dans les secrets de la chimie, ou plutôt dans une chimie qui faisait gloire de bannir les secrets, mairan, Élog. Lémenj. On était persuadé [à la Chine] qu'il y avait un secret pour rendre les hommes immortels, volt. Maurs, I5S. Nous en serions encore à la recherche des arts les plus simples et les plus importants, si ceux qui Jes ont découverts en avaient toujours fait des secrets, dideh. Peinture en cire, Œuv. t. xv, p. 329, dans POLGENS. Il savait que les secrets des arts, dont une politique peu éclairée rend quelques nations si jalouses, ne sont jamais assez bien gardés pour que le mystère soit utile, et qu'ils servent bien moins à donner à un peuple une supériorité exclusive qu'à tenir la nation tout entière dans la dépendance de quelques artistes, et à opposer aux progrès de ces mêmes arts un obstacle presque insurmontable, coNDORCET, Maurepas. ||Dire son secret, faire connaître comment on s'y prend pour exécuter quelque chose. Le divin architecte qui a bâti cet univers, n'a pas encore, que je sache, dit son secret à aucun de nous, volt. iell. au Pr. roy. de Pr. 26 août <73g. || 9' Fig. Moyen de parvenir à une chose, d'y réussir. Le secret que pratiquèrent les peuples de la Chine pour remédier au même désordre.... fut beaucoup plus gentil et industrieux, o. naudé, Cons. sur les coups d'Ètat,ii. Et s'il n'avait laissé dans de si dignes mains L'infaillible secret de vaincre les Romains, corn. Nicom. m, 2. Le secret d'entretenir toujours une passion, c'est de ne pas laisser naître aucun vide dans l'esprit, en l'obligeant de s'appliquer sans cesse à ce qui le touche si agréablement, pasc. Pass. de V amour. Le secret [au théâtre] est d'abord de plaire et de toucher, boil. Art p. in. Elle avait trouvé le secret de contenter tout le monde, BAMILT. Gramm. lo. Despréaux, entre autres conseils qu'il s'applaudissait d'avoir donnés à Racine, se vantait de lui avoir appris à faire toujours le second vers avant le premier; c'était, selon lui, un des plus grands secrets do la poésie, d'alemb. Éloges, Despréaux, note H. || Par antiphrase, trouver le secret, arriver à un résultat qu'on ne cherche ni ne désire. Il a trouvé le secret de se ruiner. L'inquisition a trouvé le secret d'inspirer de la compassion pour les jésuites, volt. Lett. Richelieu, 27 nov. )7fil. || 10° La partie la plus difficile et la plus essentielle d'un art, d'une science, etc. Les secrets de l'art d'écrire, de l'art de la guerre. Les secrets de la nature. Il ne fallait qu'ouvrir l'entrée des affaires à un génie si perçant pour l'introduire bien avant dans les secrets de la polilique, bossuet, le Tcl- Ker. Lorsqu'on présenta à Voltaire Denys le Tj'ran, première et dernière tragédie de Marmontel, le vieux poète dit: il ne fera jamais rien, il n'a pas le secret, diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 209, dans pougens. On dit que c'est un métier [celui de courtisan] si difficile 1 — Recevoir, prendre et demander, voilà le secret en trois mots, beaumahch. Ilariage de Fig. n, 2. Galilée, qui fut persécuté par les hommes pour avoir découvert les secrets du ciel, stael, Corinne, xvni, 3. Dans la composition, il [Hérodote] cherche, comme par instinct, le nombre et l'harmonie... mais, avec tout cela, il n'a su ce que c'était que le style soutenu et cet agencement des phrases et des mots qui fait du discours un tissu ; secret découvert par Lysias, mieux pratiqué encore depuis au temps de Philippe et d'Alexandre, p. l. COUR. Trad. d'Nérod. préface. \\ Le sens caché. Le SainlrEsprit dit que Dieu oublie les péchés, qu'il ne les impute pas, qu'il les couvre; il dit aussi qu'il les lave, qu'il les éloigne de nous et qu'il les efface; pour entendre le secret de ces expressions... Boss. 4" sermon, Carême, pénitence, i. Il 11* Il se dit de certains ressorts particuliers qui servent à différents usages. Le secret d'un mécanisme, d'une serrure. Il se doute qu'il y a un secret l une de mes boîtes; il a offert dix guinées pour •'en assurer, biccoboni, Œuv. t. i, p. 236, dans POLOENS. J'ouvre le secret qu'on a fait mettre à la porte de la rue, j. j. rouss. Prom. 2. ]| Fig. Le secret a joué, le moyen employé a réussi. Cliton : Voyez, elle se rend Plus douce qu'une épouse, et plus souple qu'un gant. — Dorante:, Le «ecret a joué, cohn. Ment, nr, 1. 1| 12* Cache pra-

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tiquée dans un coffre-fort, dans un secrétaire, dans un cabinet. || 13° Endroit d'un brûlot où se met le feu pour faire sauter ce brûlot, quand il est accroché à un bâtiment ennemi. Il S'est dit, dans la marine, de la lumière du canon sur laquelle on applique une plaque de plomb. || 14° Dans l'orgue, la caisse où l'on réserve le vent pour le distribuer suivant les besoins. || 15° Secret d'État, s'est dit pour coup d'État. Les Florentins, en se réjouissant.... ne commirent pas un secret d'État, mais une action très-blâmable et honteuse, o. naudé, Cons. sur les coups d'État, ch. H, édit. do «667, p. U)9. Il 16° En secret, loc. adv. Ea particulier, sans témoin, d'une manière secrète. Car tu ne seras point de ces jaloux affreux Qui , tandis qu'une épouse à leurs yeux se désole. Pensent toujours qu'un autre en secret la console, boil. Sat. X. La Métrie, dans ses préfaces, vante son extrême félicité d'être auprès d'un grand roi qui lui lit quelquefois ses vers, et en secret il pleure avec moi, volt. Lctt. Mme Cents, 2 sept. t75). Je te dis, mais tout bas : heureux un peuple libre ! Je le s\ii3 en secret dans mon obscurité, ID. Ép. à Horace. Il Fig. Dans le fond du cœur, en soi- même. Quelque orgueil en secret dont s'aveugle un auteur. Il est fâcheux, grand roi, de se voir sans lecteur, boil. Ép'itre i.

— liiST. xn' s. Lai ester les devins segrès. Pense de ce que faire dez. Brut, ms. f* 61, dans LACURNB. Si cum jo l'ai oie [sa confession], e pluisur, en secrei, Th. le mart. ico. |lxiu° s. L'en le pert [l'amour] par orguel, par ire. Par rcproiche , par révéler Les segrès qui font à celer, la Rose, 4952. Neïs [même] Tulles, qui mist grant cure En cerchier secrès d'escripture, ib. 6422. Et quiconques dit à sa famé Ses secrez, il en fait sa dame, ib. < 6BB0. Sache que c'est moult plesant chose, Quant l'on a homme à qui l'on ose Son conseil dire et son segré, ib. 2725. Ysentruz, qui fu veve famé. Religieuse etbone dame, Fu avoec li cinq ans, ce croi, De son conseil, de son secroi, HOTEB. n, <68. Mais Diex, à qui riens n'est celé, Cui tuit secré sont révélé, m. Vie Ste Élisab. p. <83. ||xiv's. Nous avons entendu que plusieurs lettres prudens ont esté ou temps passé scellées de nostre secret [petit sceau pour les affaires secrètes], senz ce que elles aient esté veues ne examinées en la chancellerie; nous avons ordené et ordenons que d'ores en avant aucunes lettres patentes ne soient scellées pour quelconque cause que ce soit dudit scel du secret, mais seulement lettres closes, DU GANGE, sigillum. Lequel curé ou chappellain estoit au secret de sa messe, iD. secrelum. Il XV* s. Chapponaytiraàpartlesuppliantetlui dist à secret, du cange, o seeretis. Le duc de Guyenne lui envoya ung homme de secret, lequel luy apporta.... coMM. ni, 2. |]xvi° s. Déceler un secret à quelqu'un, mont, i, 2)7. Je vous envoyé ung acte fort ample, signé de ma main et scellé de mon secret [sceau secret], contenant l'asseurance que dessus, carloix, ix, 2 Par le secret des rivages, RONS. BI8. Je suis de son segret privé, PALSGR. p. 4-24. C'est mon dernier amour qui tousjours gardera Le segret de mon cœur.... am. JAUTN, IV, Élégies, celui qui.... On ne doibt dire son secret à femme, fol et enfant, leroux de lincï, Prov. t. n, p. 36t. Secret de deux secret de Dieu, secret de trois secret de tous, id. ib. p. 4I4.

— ÉTYM. Provenç. secret ; espagn. et ital. secrcto ; du lat. secretum (voy. secret ) ).

[ SECRETA (sé-kré-ta), s. m. pi. Mot latin employé en hygiène, pour désigner l'ensemble des produits de sécrétion.

— ÊTVM. Lat. sécréta, les choses sécrétées (voy. sécréter).

t SECRÉTAGE (se-kré-ta-j'), s. m. Terme de chapellerie. Action de sécréter les peaux. Vers 1727, lorsque le nommé Dubois, compagnon chapelier, introduisit le secrétage à Paris, on dissolvait trois livres de mercure dans seize livres d'acide nitrique, TENON, Instit. Mém. scienc. tsoa, i*''sem. p. 101. Les accidents qui paraissent dépendre du secrétage sont le tremblement des dents, des bras, souvent de tout le corps, id. ib. p. 107

SECRÉTAIRE (se-kré-tê-r'; la prononciation ancienne était segrétaire; quelques-uns l'ont encore aujourd'hui ; beaucoup de gens prononcent à tort secrétaire ou secrétaire), s. m. I| 1° Anciennement, confident, celui à qui l'on confie ses secrets. Vous [devins], qui des puissants dieux êtes les secrétaires, gombauld, Danaides, 1, i. Tu seras de mon cœur l'unique secrétaire. Et de tous mes secrets le grand dépositaire, corm. Ment, n, 8. || 8° Celui

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dont l'emploi est de faire ou d'écrire des lettres, des dépêches pour une personne à laquelle il est attaché. Secrétaire des commandements d'un prince, n, 6. Avez-vous eu le soin de voir mon secrétaire ? Allez lui demander si je sais votre affaire, RAC. Plaid, n, 8. Il [M. de Créci] avait eu d'abord auprès do Louis XIV une place de secrétaire du cabinet, qui mettait tous les jours le monarque à portée de le sonder et de le juge', d'alemb. Éloges, L. Verjus. || Par extension, être le secrétaire de quelqu'un, servir à quelqu'un de secrétaire, écrire pour lui une lettre ou toute autre chose. M. le chevalier a un peu mal à la main droite, il ne vous écrira pas longtemps, je m'offre d'être son secrétaire, sÉv. 474. Je n'aime point à avoir des secrétaires qui aient plus d'esprit que moi ; ils font les entendus, je n'ose leur faire écrire toutes mes sottises, id. 8 avr. (076. Au rigoureux Boileau j'écrivis l'an passé; Je ne sais si ma lettre avait pu lui déplaire. Mais il me répondit par un plat secrétaire [Clément, auteur d'une réponse de Boileau], volt. Ép. à Horace. || Fig. Celui [Aristote] qu'on a eu raison d'appeler le secrétaire de la nature, vu qu'il semble qu'ellemême lui ait dicté ce qu'il a écrit de toutes ses opérations, la motiie le vater. Vertu des païens, n, Aristote. Quelqu'un [Balzac, d'après MoreriJ a dit que Charron n'était que le secrétaire de Montaigne.... en effet, il a pris beaucoup de sentences philosophiques, mot pour mot, des Essais, Anal, de bayle, t. iv, p. <89. Je ne prétends point avoir d'opinion à moi; je dois être le secrétaire de ceux qui ont des lumières el du goût, volt. Lett. d'Argental, ai août I76i. Il Secrétaire de la main, nom, sous l'ancienne monarchie, de celui qui écrivait ou transcrivait les lettres du roi ou de la reine, en imitant plus ou moins bien l'écriture du prince. || 3° Secrétaire d'ambassade, celui qui est nommé par le gouvernement pour faire et pour écrire les dépêches de l'ambassade. Il 4° Celui qui rédige par écrit les délibérations de quelque assemblée. Les secrétaires du Corps législatif. La fonction du secrétaire [de l'Académie française] est d'écrire les résolutions et d'en tenir registre, signer tous les actes, garder tous les titres et tous les papiers de l'Académie, et expédier des certificats à ceux du corps qui ont besoin de justifier qu'ils en sont, pellisson, Hist. de l'Acad. franc, n. La charge de secrétaire perpétuel n'avait encore vaqué depuis l'établissement de l'Académie que trois fois; et M. Conrart avait succédé à M. de Mezeray, et à celui-ci M. l'abbé Régnier, d'olivet, Hist. Àcad. t. n, p. »2, dans POUGENS. En 17)3 il [M. Halley] fut choisi pour être secrétaire de la Société royale, place dont les fonctions consistent principalement à rassembler et à publier avec choix les ouvrages qui ont été présentes à la compagnie par ses membres, mairan. Éloges, Ilalley. Jean ou John Milton, longtemps maître d'école à Londres, puis secrétaire, pour le latin, du parlement nommé le Croupion, VOLT. Dict. phil. Samson. Le secrétaire d'une académie doit non-seulement avoir une connaissance étendue des différentes matières dont l'académie s'occupe, mais posséder encore le talent d'écrire, perfectionné par l'étude des belles-lettres, la finesse de l'esprit, la facilité de saisir les objets et de les présenter, enfin l'éloquence même, d'alemb. Œuv. t. ui, p. 280. Les éloges historiques sont en usage dans nos académies des sciences et des belles-lettres, et, à leur exemple, dans un grand nombre d'autres; c'est le secrétaire ([ui en est chargé, m. ib. p. 277. Il 6" Secrétaire d'État, titre de chacun des ministres qui ont un département et qui contro-signent les ordonnances du souverain. On l'avait fait ministre et secrétaire d'Etal sur sa mine, iiAMîLT. Gramm. vu. M. de Pontchartrain, qui, en qualité de secrétaire d'État ayant le département de la maison du roi, était chargé du soin des académies, fonten. Jli.it. Acad. sciene. (Fuit. t. ,v, p. 2s, dans polgens. Ils [les secrétaires d'État] se sont fait appeler monseigneur, titre qu'on ne donnait autrefois qu'aux princes et aux chevaliers; et les secrétaires du roi onl été relégués à la chancellerie, où leur unique fonction est de signer des patentes, volt. Mœurs, 98. Cette charge de secrétaire d'État est restée sans interruption dans la famille des Phelippeaux pendant (63 ans, id. Louis XIV, Secrétaires d'Etat. Il Anciennement. Secrétaires d'Etat, officiers de la couronne, au nombre de quatre, dont chacun, dans le mois de son ministère, expédiait les grâces, conduisait i l'audience les dé-

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putation» envoyées au roi ; c'est par ses mains que passaient les dépêches du roi et celles qu'on adressait au roi. Les secrétaires d'État, qui n'ont originairement d'autres droits que de signer les expéditions, et qui ne pouvaient le» rendre authentiques qu'iiutant qu'ils étaient clercs du secret, secréiaires-iiotaires du roi, sont devenus des ministres et des organe» tout-puissants do la volonté royale toute-puissante, volt. Mœurs, 08. || 6" Secrétaire général du conseil d'Etat, d'un ministère, d'une préfecture, employé supérieur qui a principalement ia charge de garder les archives, d'entretenir la correspondance et d'expédier les actes du conseil d'État, d'un ministère, d'une prélecture. || 7° Secrétaire d'une mairie, celui qui est chargé de tenir les registres de la mairie et d'en donner des extraits. || On dit de même, dans les places de guerre: secrétaire de la place; et au palais, secrétaire du parquet. || 8" Secrétaires du roi, olficiers qui dressaient les lettres expédiées en chancellerie. La charge de secrétaire du roi anoblissait. Je t'entends, et je voi D'où vient que tu l'es fait secrétaire du roi, boil. Sat. x. C'est à un édit de cette année [H82, 22 décembre] qu'on doit rapporter la forme du collège des secrétaires du roi, telle à peu près qu'elle est aujourd'hui, DUCLOS, Œuvr. t. ni, p. 3)8. Nicolas Malebranche naquit à Paris, le 18 aoijt 1638, d'un secrétaire du roi, DIDER. Opin. des anc. philos. {MalebraTir chisme). || 9" Secrétaire général do la marine, fonctionnaire placé près de l'amiral jusqu'en 1702, depuis (795 près du minisire, et chargé d'attributions diverses dont la nature et le nombre ont souvent varié. Le sieur de Valincourt ayant été nommé secrétaire général de la marine, l'intention du roi est qu'à l'avenir vous lui adressiez les procédures des prises.... Lett. de Pontcharirain, n déc. 1602, dans j\L. Il 10" Anciennement, par plaisanterie, secrétaire de Saint-Innocent, écrivain public, celui qui écrit pour ceux qui ne savent pas écrire (jadis beaucoup d'écrivains publics se tenaient au cimetière des Innocents, à Paris). Dedans Saint- Innocent il se fit secrétaire; Après, montant d'état, il fut clerc d'un notaire, corn. IUus. com. i, 3. Il 11° Se dit de manuels contenant des modèles de lettres à l'usage des personnes qui n'ont aucune habitude de l'art d'écrire. || 12' Bureau sur lequel on écrit, et dans lequel on serre des papiers. Secrétaire à cylindre. Percer un secrétaire. |! 13' Oiseau de l'ordre des rapaces, dit aussi messager, auquel le nom de secrétaire vient de la longue huppe raide (ju'il porleà l'occiput, ce qui lui donne une grossière ressemblance avec les employés de bureau, qui avaient l'habitude, quand on se servait de plumes d'oie, de placer leur plume & l3ur oreille [falco serpentarius, t.).

— IIIST. xiii° s. Icist sains Jaques fu secrétaires [ami particulier] noslre Seignor, brun, latini, Tr^ sor, p. 71. Il XIV" s. Que mau jour vous otroit [octroyé] le [la] Vierge secrétaire [confidente de Dieu],

Baud. de Seb. 1, 1018 Sire, vous me deîstes,

Quant secrétaire me feîstes, Com nobles princes et entiers, Que vous m'aideriez volenliers. Se j'avoie nécessité, machaut, p. "8. Tous les esclievins, conseiUiers et pairs s'en vont oudit eschevinage en leur lieu secretere [lieu de séance]; et illecques assis ainsi que les siège» déportent.... du cange, secrclum. || xv" s. Son chapelain qui lui estoit moult secrétaire [confident d'un prince], froiss. ni, IV, -'3. En telle manière que vous dicles que je suis Tostre socrc'aire [confident], dis-je que vous estes la mienne dessus toutes aultres, et pour ce vous diray je comment il m'en est, Perceforest, t. VI, f'^ 85. ||xvi" s. Bois tristes et solitaires. De ma peine secrétaires, du bellay, vu, 20, recto. Ces clers du secré furent contraints d'apporter une autre '[ualité au mot do secrétaires, et s'appelèrent »-:cretaire3 des commandements, à la diiïerence des autres; ce qui fut continué en eux jusque vers la fin du règne de Henri II, lorscjne nous traitasmes la paix avec Philippes roy d'Espagne vers l'an (669, parce que ceux qui la negotierent, oyans que les secrétaires des commandemens de l'espagnol s'a[)peloient secrestaires d'tslat; comme naturellement les François sont soucieux de nouveautez, nous quitasmes le mot de commandement on ces secrétaires, et commenceasmes de les nommer secrétaires d'estat, ainsi que nous les appelions encore aujourd'hui, ayans laissé ce qui estoit de noslre creu, pasqlier. Recherches, viii, p. 681, dans LACURNE. Un brevet conlre-signé de deux secrétaires des commandements que l'on appelle aujourd'huy d'estat, carloix, i, ï2. Il [un

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seigneur brefon retiré] oyt parler de ion maistre une fois l'an, comme du roy de Perse, et ne le recognoist que par quelque vieux cousinage que son secrétaire tient en registre, mont, i, 333. Qui le prend en garde [un secret] le doibt tenir religieusement; et, pour ce faire, estre bon secrétaire, CHARRON, Sagesse, p. 4»(,dans lacurne. Escoutoz mon histoire.... voilà Moulton qui a esté mon clerc ; mes successeurs usent de secrétaires, d'autant qu'ils sont du monde, et nous n'en sommes plus, Moyen de parvenir, p. 69, dans laclrne. En cette générale corruption do toutes bonnes façons, comme il n'y avoit jadis que les roys el princes souverains qui eussent des secrétaire», el maintenant ils sont »i abusivement communs à tous qui ont des clerc» pour escrire sous eux, ST-JUUEN, Mesl. hist. p. (54, dans i.acl'rne.

— Etym. Prov. secretari; ital. secretario ; du lat. secretanus, de secretum, secret.

SECRÊTAIHERIE (se-kré-tê-re-ric), ». f. Lieu où le» secrétaires d'un ambassadeur, d'un gouverneur, etc. font et délivrent leurs expéditions. Il Ensemble des employés d'une secrétairerie.'

— ÉTV.M. Secrétaire.

SECRÊTAHIAT (se-kré-ta-ri-a; le ( ne se lie pas), 4'. m. Il 1" Fonction, emploi de secrétaire. Le secrétariat de l'Académie étant venu à vaquer par la mort de Mézerai, il [Régnier Desmarais] fut jugé plus propre que personne à remplir cette place, d'ai.emb. Eloges, Uegnier Vesm. || 2" Temps durant lequel on exerce cette fonction. || 3° Lieu où le secrétaire d'une administration, d'une compagnie, d'une ambassade, fait et délivre ses expéditions, et où sont déposés les registres, les archives, etc. Le secrétariat de l'Institut.

— f.TYM. Secrétaire.

SECRÈTE (se-krè-f), ». (. \\ 1" Terme de liturgie catholique. Oraison que le prêtre dit tout bas à la messe avant la préface. Soit qu'on regarde l'aclion de la liturgie et le sacrifice, ou qu'on repasse sur les hymnes, sur les collectes, sur les secrètes, sur les post-communions, Boss. Et. d'orais. n, ( . || 2" Anciennement. Calotte d'acier qui se portait en dessous du heaume.

— Hisf. XIII" s. Chascun de ciaus ou de celles qui ont Chartres des parties, deivent prier le seignor que il face escrire en la secrète [trésor du prince] les parties si come elles sont escrites en leur chartre, Ass. deJ. i, 227. || xvi" s. Armé à la secrecte, BONivARD, Chron. de Genève, it, 25.

— ÉTYM. Secret 1.

SÉCRÉTÉ, ÉE (sé-kré-lée), part, passé de sécréter. La bile sécrétée par le foie.

SECRÈTEMENT (se-krè-te-man ; anciennement on prononçait se-grë-te-man ; prononciation qu'on entend encore quelquefois), adv. \\ 1° D'une manière secrète, à l'insu de tout le monde. Ce ministre [Richelieu] se crut obligé de l'élever [Mazarin] à la pourpre ; par là il sembla montrer son successeur à la France, et le cardinal Mazarin s'avançait secrètement à la première place, BOSS. le Tellier. La reine, qui accompagne son auguste époux au cœur de l'hiver, joint au plaisir de le suivre celui de servir secrètement ses desseins, id. ilar.-Thér. Thésée avec Hélène uni secrètement, rac. Iph. v, 6. Il 2" Dans le fond du cœur. Ces idoles [les grands] que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées?... ne s'adorentellcs pas secrètement? boss. Duch. d'Orl.

— SYN. SECRÈTEMENT, EN SECRET. Agir Secrètement, c'est faire une chose à l'insu de tout le monde; agir en secret, c'est la faire sans témoins. On trame secrètement un complot; on fait une confidence en secret, c'est-à-dire sans que personne la voie faire ou l'entende faire.

— lllST. xn' s. Le detraiant [celui qui dit du mal] secréement à siin pruisme [prochain]. Liber psalm.p. (44. Il XIII" s. Car se tu meffaisou mesdis. Ou par tes fais, ou par tes dis, Secréement t'en puis reprendre, la Rose, 7046. || xiv* s. S'islerons [nous sortirons] du chaslel, se Diexlenous consent; Puis en irons as très [aux tentes] si très secréement. Ne s'en percheveront, Baud. de Seb. vin, 463. Secrètement il [les Tarquins] faisoient conseils comment il poussent le royaume recouvrer, BERCiiEURE, f" 28, verso. || XV" S. Et venoient souvent au pays.... de Santers prendre prisonniers segretement, fenin, (424. || xvi" s. 11 essaya de les faire secretlement occir paraguet, AMïOT.P^Jop.l l.

— {.l^U. Secrète, el le suffixe men(; provenç. secretamen -. espagn. et ital. secretamente.

t SECRETER (se-kré-lé), V. a. Terme de chapellerie. Faire dissoudre du mercure dans l'acide nilri-

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que, et rrotter des peaux du cAté du poil iivec des brosses trempées dans cette dissolution; cela a pour but de procurer le feutrage de certains poils qui ne se feutrent pas bien. Sécréter des peaux, de» poils.

— ETYM. Secret (d'art, de métier).

SÉCRf:TER (sé-kré-té ; la syllabe cré prend un ao

cent grave quand la syllabe qui suit e»t muette : sécrète, excepté au futur et au conditionnel : sécréterai, sécréterais),!', a. || 1" Terme de physiologie. Opérer la sécrétion. Le rein sécrète l'urine. Il 2° Se sécréter, v. réfl. Être sécrété. La saliva qui se sécrète pendant la mastication.

— ETYM. Lat. secretum, supin de tecernere, séparer, de»e, indiquant séparation, et e^rnere, séparer (voy. crise).

t SECU&fEUR (sekré-teur), ». m. Terme de chapellerie. Celui qui fait le secrétage. Leiccréteur, âgé de cinquante-cinq an», était décharné et sujet à des tremblement», TEROit, Instit. Mim, scienc. (8oe, i" sem. p. I04.

SÉCRÉTEUR, TRICE (sé-kré-tcur , tri-»'), adi. Terme de physiologie. Qui est l'agent d'une sécrétion. Organes sécréteurs.

— HIST. iTi" s. Noslre corps est gouverné de faculté secretice, qui peut tirer et faire choix des matières entièrement confuses et meslées de bon et de mauvais, paré, xv, 62.

— ÊTYM. Sécréter.

SÉCRÉTION (sé-kré-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1" Terme de physiologie. Propriété organique ou vitale des tissus, en vertu de laquelle sortent de leur substance les molécules intérieure», qui, suivant leur nature, sont rejetée» au dehors ou réabsorbées, ou même séjournent dans les cavités de l'organisme. La sécrétion des larmes, de la salive, de la bile. Il ne put retenir se» larmes, et il se sentit alors un peu moins oppressé.... toute sécrétion fait du bien au corps, et tout ce qui le soulage, soulage l'âme, volt. Ingénu, lo. HJ-La matière même de la sécrétion. || 3° Abusivement, les matières qui sortent du corps et surtout l'urine et les excréments. Le sang, gonflé dans tous ses canaux, s'épure de lui-même; c'est un fieuve qui entraine mille immondices; il s'en décharge par la transpiration, par les sueurs, par toutes les sécrétions, par toutes les évacuations, volt. Dict. phil. Fièvre.

— IIIST. XVI" s. Sécrétion, cotosate.

— ETYM. Lat. secretionem, de stcernere (roy. sécréter).

fSECRÉTISTE (sc-kré-ti-sf), ». m. Celui qui possède un secret en quelque art. J'ai été une foi» guéri [d'un cor] à Paris par un emplâtre appliqué par un secrétiste que la baronne et Mme Helvétius m'avaient fait connaître, caluni, Lett. à Urne d'Épinay, 25 avr. (772.

t SECItÉTIVlTÉ (se-krè-ti-vi-té), ». f. Penchant ou faculté affective qui, dans le système de Gall, répond à la discrétion et à la dissimulation.

SÉCRÊTOIRE (sé-kré-toi-r'), adj. Terme de physiologie. Qui a rapport aux sécrétions. Les phénomènes sécrétoires.

— ETY.M. Sécréter.

SECTAIRE (sè-kté-r'), s. m. ||1" En général, membre d'une secte. Religionnaire est bàlard et monstrueux; pour le moins il n'est pa» français, et n'a garde d'être si bon que sectaire, duquel néanmoins on ne se sert pas, balz. 5ocr. chrét. Disc. (0. Les sectaires de Mahomet, l'abbé houte- VILI.E, dans desfontaines. || 2" Particulièrement. Celui qui est d'une secte religieuse coi.damnée par la communion principale dont elle s'est détachée. Les partisans de la bulle se croyaient fondés à traiter les jansénistes comme des sectaires déclarés, d'alemb. Œuvr. t. v, p. 77. || Il se dit surtout d'une secte nouvelle qui s'cITorce de faire prévaloir ses opinions, sa doctrine. Barnevelt favorise un sectaire insensé, lemierre, Barnevelt, l, s. Il Ali;. Un culte sectaire.

— REM. M.ViUemain, dans un discours prononcé à l'académie le 3u juin (842, a dit : ■ Sectaire des vertus de Port-Uoyal, mais juge indépendant des passions qui s'y mêlent, il.... célèbre cet irréprochable asile de la science et de la foi. ■ Cet emploi de sectaire n'est pas juste; il faut sectar leur ou partisan.

— ÊTYM. Secte.

■ SECTATEUR (sc-kta-teur), t. m. Celui qui professe les principes d'un philosophe, d'un docteur, d'un littérateur, les opinioni d'un hérésiarque. François de Chauvigny, sieur de Colomby, était de Caen en Normandie, parent de Malherbe, dont il fui disciple et sectateur, pellisson, llist. Àcad. rv, Co'

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lomhy. Les sectateurs enfin de ce crucifié Vous diront si sans cause ils l'ont déifié, rotbou, 5t Genest, y, i. Calvin fit de grands progrès en France; et ce grand royaume se vit à la veille do périr par les entreprises de ses sectateurs, boss. Var. ix, 76. Compatriote et sectateur de Newton, il [M. Halley] a parlé de Descartes avec respect, mairan, Éloges, Ilalley. Le grand visir d'Allemagne est le fléau de Dieu, envoyé pour châtier les sectateurs d'Omar, MûNTESQ. Lett. pers. fi3. \\ Par eitonsion. La vertu applaudie, honorée, favorisée, ne manque jamais de sectateurs, mass. Myst. Pass. L'auteur de l'Esprit des lois n'est point du tout sectateur de la religion naturelle; mais il voudrait que son critique fiit sectateur de la logique naturelle, montesq. Déf. Esp. lois, part. 1. 1| On peut dire au féminin scctatrice.

— HIST. m* s. Ce parti [l'Académie qui doute] a eu laplus grande suilte et les sectateurs les plus nobles, MONT. II, 230. Luther et ses sectateurs, boni- VARD, Advis et devis es dilformesTe formateurs, p.lfll .

— ÈTYM. Lai. sectatorem, de sectari, fréquentatif de sequi (voy. suivre), ou plutôt de la forme ancienne seco.

SECTE (sè-kt'), s. f. Il 1° Ensemble de personnes qui font profession d'une même doctrine. Si elle me fait être de quelque secte, ce ne sera pas de colle qui maintient que la douleur n'est point un mal, et que le sage est toujours heureux, voit. Lett. 26. En lisant cet auteur [Montaigne] et le comparant avec Epictète, j'ai trouvé qu'ils étaient assurément les deux plus grands défenseurs des deux plus célèbres sectes du monde [le pyrrhonisme et le stoïcisme], pasc. Entr. avec U. de Saci. La secte des philosophes italiques et celle des ioniques la remplissaient [la Grèce] do grands hommes, parmi lesquels il se mêla beaucoup d'extravagants à qui la Grèce curieuse ne laissa pas de donner le nom de philosophes, boss. llist. i, 8. Quand vous dites que le sang circule, que l'air pèse, que les rayons du soleil sont des faisceaux de sept rayons réfrangibles, vous n'êtes ni do la secte d'Harvey, ni de celle do Torricelli, ni de celle de Newton ; vous acquiescez seulement à des vérités démontrées par eux, et l'univers entier sera à jamais de votre avis, volt. Dict. phil. Secte. Secte et erreur sont synonymes : tu es péripatéticien et moi platonicien ; nous avons donc tous doux tort; car tu ne combats Platon que parce que ses chimères t'ont révolté, et moi je ne m'éloigne d'Aristote que parce qu'il m'a paru qu'il ne •ait ce qu'il dit, id. ib. Secte, 2. Elle [la philosophie] fait secte encore, comme elle faisait autrefois chez les anciens, et comme elle faisait chez nous dans les siècles passés, c'est-à-dire que l'on adopte, à quelques variations près, le système entier des opinions d'un philosophe, destutt-thacï, Instit. Uém. se. mor. et pol. t. iv, p. 647. US" Particulièrement. Ensemble de ceux qui suivent une opinion accusée d'hérésie ou d'erreur. Leur secte [des chrétiens] est insensée, impie et sacrilège, CORN. Poly. I, 3. Toutes les religions et les sectes du monde ont eu la raison naturelle pour guide ; les seuls chrétiens ont été astreints à prendre leurs règles hors d'eux-mêmes, et à s'informer de celles que Jésus-Christ a laissées aux anciens, PASC. Pens. XXIV, 41, éd. havet. Le premier qui a fait secte dans l'Église, c'est Bérenger, boss. Var. XV. Faire secte à part, c'est rompre les liens extérieurs do l'unité de l'Église, id. ib. La Hollande elle-même, d'où nous viennent tous ces écrits, s'est-elle bien déclarée en faveur do la liberté de toutes les sectes et même de la socinienne? id. Déf. Var. i" dise. 4. Aussi a-t-on toujours remarqué qu'une secte nouvelle, introduite dans un État, était le moyen le plus sûr pour corriger tous les abus de l'ancienne, montesq. Lett. pers. «5, N'est-ce pas une chose plaisante que Luther, Calvin, Zwingle, tous écrivains qu'on ne peut lire, aient fondé des sectes qui partagent l'Europe, et que MM. Newton, Clarke, Locke, le Clerc, etc. les plus grands philosophes et les meilleures plumes de leur temps, aient pu à peine venir à bout d'établir un petit troupeau? voLt. Dict. phil. Sociniens. L'Angleterre et la Hollande doivent peut-être autant leur tranquillité religieuse à la multiplicité des sectes qu'à leur police, DUCLûS, Œuvr. t. v, p. (go. Jo considérais cette diversité des sectes qui régnent sur la terre et qui s'accusent mutuellement de mensonge et d'erreur; je demandais : quelle est la bonne? chacun me répondait : c'est la mienne, j. j. rouss. Em. IV. On sait que la secte des Druzes a commencé en ÉgyplB vers l'an 400 de l'hégire, sous le

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règne du khalife Abou-Ali-Mansour, silv. de sacv, Instit llém. hist. et litt. anc. t. m, p. 82. || Fig. Faire secte, faire secte à part, se distinguer des autres par des opinions singulières.

— HIST. xv s Généralement n'estoit-ce mie

pour la doute des mauvais qui estoient tous d'une secte, FROiss. Il, ii, loo. ||xvi' s. Dissentions, sectes, envies, homicides, calv. Instit. 604. Ils aideront i repousser les trois assauts, mais puis après firent secte à part, d'ald. Ilist. n, 282.

— ÉTVM.Provenç. etespagn. secta; portug. secta, seita ; ital. setta ; du lat. secta, de sequi , suivre, ou du secare, couper. Les étymologistes varient; mais il est certain que sequi a pu donner, comme on le voit par sectari, et par sectio au sens de poursuite, secta au sens de secte.

SECTKUK (sè-kteur), s. m. || 1» Terme de géométrie. La surface du cercle comprise entre un arc et les deux rayons menés aux extrémités de l'arc. Il Secteur sphérique, le solide engendré par un sectour circulaire qui tourne autour d'un diamètre du cercle auquel il appartient. || 2' Terme d'astronomie. Instrument qui consiste en un arc de 20 à 3o« et une lunette : l'arc est divisé en deux parties égales par le zéro; la lunette est suspendue à un axe horizontal posé sur deux fourchettes. Graham, fameux horloger anglais, construisit un grand secteur avec lequel Bradley reconnut en (737 l'aberration des étoiles, LAPLACE, Exp. v, 4. 1| 3° Terme de fortification. Portion d'une enceinte fortifiée qui est sous le commandement d'un officier. Le sixième secteur de l'enceinte de Paris.

— HIST. XVI' s. Cette section ou portion contenue de deux lignes venans ou sortans du centre, et d'une partie de circonférence, se nomme secteur du cercle ou de cercle, forcadel, Éléments d'Euclide, p. 4, verso.

— ÊTVM. Lat. sectorem, de secare, couper.

t SECTILE (sè-kti-l'), adj. Terme didactique. Oui est susceptible de se diviser. Les masses polliniques sont sectiles, quand les grains, agglutinés par une sorte de résine élastique, peuvent se séparer par une traction. || Oignons sectiles, oignons plantés par quartiers.

— HIST. XVI' s. Porreau sectile, cotgrave.

— ETYM. Lat. sectilis, de sectum, supin de secare, couper.

SECTION (sè-ksion; en vers, de trois syllabes), s. f.\\ 1° Action de couper. Section des tendons. Pourquoi les tyrans n'ordonnaient-ils pas la blessure au cœur ou la section des artères, dont on périt si rapidement? wder. Claude et Kér. i, i4. Il a° Terme de géométrie. Ligue ou surface suivant laquelle se coupent deux surfaces, deux solides, une surface et un solide. || Section plane, celle qui est produite par un plan dans une surface ou un volume. Il Sections coniques, ce sont les sections planes d'un cône droit à base circulaire : cercle, ellipse, parabole, hyperbole. || Section normale, c'est la section plane d'une surface qui contient la normale. || Sections principales, ce sont les sections normales en un point d'une surface, qui contiennent les rayons de courbure minimum et maximum. Il Point de section, endroit où deux lignes s'entrecoupent. || 3° Terme d'astronomie. Section vernale, le point où le zodiaque coupe l'équateur à l'époque du printemps. Section automnale, le point où commence l'automne. || 4° Section d'un cours d'eau, surface qu'on obtiendrait en coupant transversalement son lit par un plan vertical. Il Section d'un bâtiment, le profil ou la délinéation qui se fait dos hauteurs et des profondeurs élevées sur le plan, comme si l'on coupait le bâtiment pour voir l'intérieur. || 5" Division ou subdivision d'un compte, d'un ouvrage, d'un livre, d'un traité. Les chapitres se divisent en articles, les articles en sections; on marque ordinairement la section par cette figure §. Et parce que cet art [la démonstration] consiste en deux choses principales, l'une de prouver chaque proposition en particulier, l'autre de disposer toutes les propositions dans le meilleur ordre, j'en ferai deux sections dont l'une... pasc. Esprit géom. i. Les interruptions, les repos, les sections ne devraient être d'usage que quand on traite des sujets différents, bufp. Disc, de récept. Il 6' Terme d'histoire naturelle. Division d'un genre. Il 7° Chacune des divisions d'une ville, d'un conseil, d'un tribunal, d'un collège électoral, etc. Il Division d'un corps administratif. Les sections du conseil d'Étal. La section du contentieux. Il Sections, s'est dit des divisions électorales de la France sous la république. || Sections armées, la garde nationale, après le (O août. Les tribunes

SÉG

des quarante-huit sections de Paris retentirent de» plus véhémentes attaques, lanfrev, IhsI. de Napoléon /", ch. 2. Il 8" Terme de théorie militaire. La moitié d'un peloton ou d'une compagnie d'in^ fanterie. Rompre par sections. || En artillerie, une section est la subdivision d'une batterie, comprenant le personnel et le matériel de deux bouches à feu. Section de droite, du centre, de gauche. Chef de section. École de section.

— HIST. XVI' s. Le duc de Montmorency alloit en ceci pesamment en besongne, et cherchoit tous remèdes sans faire section [scission], u'aub. Uist. II, 1 15. Du moyen de procéder à la section du membre, paré, X, 21. 11 lut gari par section de veine [saignée], id. xxiv, 24. Les sections ou portions ou parties d'un cercle sont esgalles ou incsgalles, FORCADEL, Éléments d'Fuclide, p. 4.

— F.TVM. Lat. sectionem (voy. sectile).

t SECTIONNAIIIE (sè-ksio-nô-r'), s. m. Habitant d'une section. Le lendemain matin, <3 vendémiaire, lorsque l'armée des sectionnaires déboucha de toutes les rues environnantes.... lanfrey, Wist. de Nap. I", ch. 2.

t SECTIONNEL, ELLE (sè-ksio-nèl, nè-1'), adj. Qui a rapport à une section.

+ SECTIONNEME.\T(se-ksio-ne-man), s. m. Action de sectionner. Le sectionnement d'un district électoral.

t SECTIONNER (sè-ksio-né), v. a. Couper par morceaux. || Diviser par sections.

SÉCULAIRE (sé-ku-lê-r'), adj. || 1° Terme d'antiquité romaine. Qui se fait décent ans en cent ans. Jeux séculaires. Les jeux séculaires avaient été institués par Valerius Publicola, premier consul après l'expulsion des Tarquins; Septime-Sévère fut le dernier qui les célébra. Ces fêtes ou ces jeux qu'on appelait séculaires, devaient être célébrés suivant une prétendue prédiction contenue dans les livres des sibylles, qui annonçaient que l'empire romain se maintiendrait dans toute sa gloire, tant que ces fêles seraient exactement célébrées, du- MARS. Œuv. t. i, p. 46. Il Par extension. Vous n'ignorez pas qu'on vient d'établir une espèce de jeux séculaires en l'honneur de Shakespeare, en Angleterre; ils viennent d'être célébrés avec une extrême magnificence, volt. Lett. Champfort, 27 sept. <769. llPoëme séculaire, pièce de poésie lyrique, qui était composée pour les jeux séculaires. U faut avouer que le poème séculaire d'Horace est un des plus beaux morceaux de l'antiquité, volt. Dict. phil. Oraison. \\ i' Année séculaire, l'année qui termine un siècle. A chaque année séculaire on ouvre la porte sainte à Rome. Il 3° Dans le style soutenu. Qui a ou qui dure beaucoup d'années. Son vieux tronc, par sa durée séculaire, insultant à la fragilité des générations humaines, delille, Trois règ. Disc. prél. Au pied du trône séculaire Où s'assied un autre Nestor [Louis XVIII], De la tempête popuhire Le flot calmé murmure encori lamart. Médit, i, <B. Quand Dieu, las de forfaits, se lève en sa colère, Il suscite un fléau formidable aux cités, Qui laisse après sa suite un effroi séculaire, v. HUGO, Odes, V, 4. Il 4' En astronomie, il se dit de ce qui exige des siècles pour que l'efTel s'en fjisse sentir. Inégalités séculaires.

— HIST. XVI' s. Séculaire, cotgrave.

— ÉTVM. Lat. sjscularis,de ïj;cuJum(voy.siÈa.B). SÉCULARISATION (sé-ku-la-ri-za-sion ; en vers,

de sept syllabes), s. f. || 1' Action de séculariser un religieux, une communauté religieuse. Bulle de sécularisation. Il Se dit aussi d'un bénéfice qui cesse d'appartenir au clergé, d'un lieu, d'un édifice qui cesse d'être sacré. || 2' Acte par lequel on fait passer dans le domaine séculier une principauté, un établissement ecclésiastique. Je ne crois pas qu'il [le roi de Prusse] voulût que la France se mêlât de cette sécularisation [de principauté» ecclésiastiques en faveur de l'Autriche], volt. Lett. Amelot. 8 oct. 1743. || Sécularisation des biens du clergé, leur transformation en biens nationaux pendant la Révolution.

— ÊTYM. Séculariser.

SÉCULARISÉ, ÉE (sé-ku-la-ri-zé), port, passé d» séculariser. Un monastère sécularisé.

SÉCULARISER (sé-ku-la-ri-zé), v. a. Rendre séculier. Les vœux furent déclarés abusifs, les jésuites sécularisés et dissous, leurs biens aliénés et vendus, d'alehb. Œuv. t. t, p. 409.

— ÊTYM. Séculier.

SÉCULARITÉ(sé-ku-la-ri-té), ». f. La jurijjiction

séculière d'une église pour le temporel. |l Etat du séculier.

SÉC

— HIST. XVI' S. Secularité, coTOHAVB.

— ÊTYM. Sécttlier.

SÉCULIKR, IÈRE(sc-ku-lié, liè-r*; au xvu' siècle, ^^hifflet, Gramm. p. 188, dit que séculier se prononce comme hiver), adj. \\ l'Qui n'est pas engagé par des vœux dans une communauté religieuse, en parlant tant des ecclésiastiques que des laïques. Clergé séculier. Vie séculière. Si, en Hollande et en Angleterre, le corps de l'État n'était formé que de barons séculiers et ecclésiastiques, ces peuples n'auraient pas, dans la guerre de (701, tenu la balance de l'Europe, volt. Uceurs, 83. |{ On dit de même : bénéfice séculier. || Juridiction séculière, la justice temporelle. || On dit do même : les tribunaux séculiers. Quand ce sage magistrat renvoyait les alTaires ecclésiastiques aux tribunaux séculiers, ses doctes arrêts leur marquaient la voie qu'ils devaient tenir, Boss. le TcUier. Il Le bras séculier, la puissance de la justice temporelle. La discipline de nos réformés permet lerecoursau bras séculier, BOSs. Var. lo. Louis de Bavière prononça la sentence par laquelle il privait le pape [Jean XXII] de tout bénéfice, et le livrait au bras séculier pour être brûlé comme hérétique, volt. Mœurs, 08. Il a° Mondain. Une vie séculière et nullement chrétienne. Ces désirs séculiers auxquels nous sommes accoutumés, ces images du monde dont nous avons l'esprit rempli, fléchier. Sermons, Transfiguration. Le pape Martin [V] défendit qu'on dit la messe en habit séculier, volt. Mœurs, 72. Il 3' Moine séculier s'est dit quelquefois pour chevalier de Malte. De ses frères [de Talbot] l'un était aumônier de la reine et l'autre était ce qu'on appelle moine séculier, qui n'avait de son ordre que le libertinage et la réputation qu'on leur attribue, hamilt. Gramm. ix. || 4* S. m. et f. Laïque. Les séculiers. Un séculier. 11 [Honoré III] permettait aux religieuses de Port-Royal de donner retraite à des séculières qui, étant dégoûtées du monde, et pouvant disposer de leurs personnes, voudraient se réfugier dans leur couvent pour y faire pénitence, sans néanmoins se lier par des vœux, RAC. Ilist. Port-Roijal.

— lllST. XII* S Jugié ne poez ostre [vous, clercs] par prince seculer, Th. le mart. 73. Il XIII" s. Lors va tout pendre à ung crochet. Et vest sa robe séculière Qui mains encombreuse li ère [était], la Rose, I9CI6. Ge n'en met hors rois ne prelas, Ne juge de quelconque guise, Soit séculier ou soit d'église, ib. BC94. Qui prode famé veut congnoistre, Soit séculière, soit de cloistre, Se travail vuet mètre en li querre. C'est oisel cler semé en terre, ib. 8742. Â ses séculières voisines, Par jeunes et par disciplines, Enseignoit à fuir le siècle. Qui ne va pas à droite règle, huteb. n, 177. Le duc Godcfroi establi deus cours séculiers, Ass. de J. I, 23. Il xvr s. Privilège, usage et jouissance que les dits monastères ont toujours eu de succéder aux biens à leur religieux advenant et qui leur adviendroient, si encores estoient séculiers, en la succession de leur père et mère tant seulement, Coust. gén. t. i, p.449.

— ETYM. Provenç. et espagn. seglar, secular ; ital. secolare; du lat. sxcularis, dérivé de sxculum (voy. siècle).

SÉCCLIÈREMUNT (sé-ku-liè-re-man), adv. D'une manière séculière.

— llisr. XII' s. E cil premiers martyres fu en amendement Des pochiés qu'il oui fait jadis seculerment; Encontre les granz aises sufTri les granz turmenz, Th. le mart. <B0. De Deu [tu, roi] as poesté et tun corunement; De prince ne de lai ne l'as seculerment, ib. 75.

— ÉTYM. Séculière, et le suffixe ment.

t SECUNDO (se-kon-do), adv. Secondement, en deuxième lieu. S'emploie pour désigner le deuxième article d'une série, 2°, quand on a commencé à compter par primo.

— ÈTV.M. Lat. secundo loco, en second lieu (voy. second).

t SÉCURIFORME (sé-ku-ri-for-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a la forme d'une hache.

— F.TVM. Lat. securis, hache, et forme, SÊCURITf. (sé-ku-ri-té), s. f. || 1» Tranquillité

d'esprit bienou mal fondée dans une occasion où il pourrait y avoir sujet de craindre. M. CoefTeteau n'a jamais usé de ce mot; mais M. de Malherbe et ses imitateurs s'en servent souvent: N'avez-vous pas de honte de vous plonger, dit-il, en une sécurité aussi profonde que le dormir même? vaugel. Rem. t. i p. 71, dans POUGENS. M. de Vaugelas a prévu avec raison que sécurité deviendrait fort en usage; on s'en peut servir sans y apporter aucun adoucisse-

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ment, acad. Observ. sur Vauyel. p. 63, dans pou- QENS. Avec cette certitude que mettait Luther de la rémission des péchés, il ne laissait pas de dire qu'il y avait un certain état dangereux à l'àme, (|u'il appelle la sécurité, uoss. Var. i, i2. Les voluptés de Salomon fournissent des blasphèmes et des dérisions aux impies, et dos motifs do sécurité au libertinage, mas.s. Pet. carême. Vices et vert. Calomnié continuellement, pouvant être condamné sans être entendu, je passe mes derniers jours dans une crainte trop l'ondée.... je suis toujours prêta aller chercher ailleurs non pas le repos, mais la sécurité, volt. Lelt. d'Argcntal, f avr. 1707. ù la douce et charmante sécurité que celte qui vient du sentiment d'une union parfaite I J. J. rolss. Ilél. l, 49. 11 faut montrer de la sécurité quand on en jouit; il en faudrait montrer bien davantage si l'on n'en jouissait pas, dideh. Claude et Nér. i, OB. Il 2° Sécurité se prend aussi pour indiquer non pas la tranquillité d'un seul homme, mais celle d'un peuple, d'une association, d'une corporation entière. La sécurité du commerce. La sécurité avec laquelle on est toujours assez riche; la sécurité sans laquelle on ne l'est jamais assez, baynal, Ilist. phil. XII, 14. Il faut à la richesse, pour naître et se développer, des conditions de longue et constante sécurité, REïBAUD, Jér. Palurot, m, I4.

— REM. D'après Chifflet, Gramm. p. 34, sécurité est dû à Malherbe; c'est une erreur; le mol est plus ancien.

— HIST. XVI* s. Une santé pleine, telle qu'autrefois la verdeur des ans et la sécurité me la fournissoienl, mont, m, 3io. Je prends plaisir de veoir.... Brutus, ayant le ciel et la terre conspirez à rencontre de luy et de la liberté romaine, desrobber à ses rondes quelque heure de nuicl, pour lire et breveter Polybe en toute sécurité, m. it, 29fl.

— Ktym. Lat. securitatem. Sécurité a été refait sur le latin (voy. sCreté, qui est la forme ancienne).

SEDAN (se-dan), s. m. Drap fabriqué à Sedan. SÉDANOISB (sé-da-uûi-z'), s. f. Terme d'imprimerie. Voy. PARISIENNE.

SEDATIF, iVE (sé-da-tif, ti-v'J, adj. Terme de médecine. Qui modère l'action augmentée d'un organe ou d'un système d'organes. || Sel sédatif de Homberg, ancien nom de l'acide borique. || Subst. Un sédalif. La digitale est un sédatif de l'action du cœur ou de la circulation.

— lliST. XIV* s. Ces choses sont grandement sédatives, II. DE MQNDEVILLE, f* 84. || XVI* S. Et Si la

partie est vexée de douleur, sera appaisée par médicament sédatif de douleur contrai'ianl à ioelle,

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