‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 105 sur 754 · SEA · texte numérisé non relu

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une certaine grâce. || 8. On dit t'enlendre à une chose, se connaitre à une chose, s'apercevoir d'une chose. Il n'est personne à qui celle laçon de parler ofire un sens duuleui, mais, pour le grammairien, elle esl bien difficile à expliquer. Si on la prend telle qu'elle se présente, on trouve connattre soi, entendre soi, apercevoir soi ; ce qui, manirestement, ae signifie pas ce que l'on veut dire. On voit tout de suite l'explication qui peut être proposée. Entendre, connaitre, apercevoir sont, en ces locutions, des verbes pris neutraleraent : entendre à une chose, connaître à une chose, apercevoir d'une chose. Puis, comme, avec entendre, connaître et apercevoir ainsi employés, une signification réfléchie arrive nalurcllement à l'esprit, naturellement aussi la langue usa de la facullé que le pronom se lui procurait. Le fait est que les anciens textes donnent entendre, neutre, pour se entendre à; on trouve aussi connaître en; on trouve enfin neutre, sinon apercevoir, du moins percevoir, li 10. 11 no reste plus qu'un cas à examiner ; c'est une phrase comme celle-ci : Je me suis coupé le doigt. Là il ne peut y avoir aucun doute; l'auxiliaire Itre y est certainement pour l'auxiliaire oDoir; il faudrait dire: Je m'ai coupe' le doigt, ellai phrase est grammaticalement inexplicable. L'explication que la grammaire refuse est donnée par l'intervention de l'oreille. Quand l'usage se fut bien établi de conjuguer le verbe rélléchi avec être, l'assimilation exerça son influence ; les constructions parurent semblables, bien qu'elles ne le fussent pas, et on leur appliqua la même règle. Dire : je m'ai coupé le doigt parut dur et choquant, à cause que je me suis coupé se disait couramment. De là vint qu'un même niveau passa sur tout cela; ce qui était incorrect grammaticalement devint correct euphoniquemcnl; le solécisme fut imposé.

— HIST. X' s. Elle colpes non avret, por o no s'cuist [ne fut brûlée], Eulalie. E rcpauser se podist, Fragm. de Yalenc. p. 4G8. Quant il se erent convers de via sua mala, ib. \\ xi* s. Entenlivement se pourpensent cil qui les jugomens ont à faire, Lois de Guill. n. Fuit s'en fel Guesnes, Ch. de Roi. p. 183. Il xil* s. Lors se plaignent sans dolor, Couci, I. Puisque mes cuers no s'en veut icvenir De vous, dame, pour qui il m'a guerpi [quitté], ib. IX. Il xiit* s. Comme cil qui se dort, BRUN. LATINI, Trésor, p. 2fi2. Si comme li sages champions et fort qui se combat et vaint, emporte la corone de victoire, ID. ib. || xvi* s. Tout ce qu'il a de damnable, il se l'est acquis en se destournant de Dieu, calvin, Instit. H3. Henri second, pendant le règne duquel plusieurs grandes corruptions en mœurs et en la police se conceurent, et après s'enfantèrent avec une fertilité incroyable, langue, (8. Le peuple, se promettant que ce qui auroit esté aohepté, se vendroit à fort bon marché et que ce qui auroit esté donné, se distribueroit aussi par teste sans en rien faire payer, a.mïot. Cor. »2. Il ne s'osoit trouver es compagnies pour deviser, ID. Nicias, 8. Les autres s'enrichissent en se donnant du bon temps, et ne se faisjmt que jouer des affaires publiques, m. ib. B. Son ambition s'excita et enfiamma, de manière que.... id. ib. là. Allons vistement ; la soupe se mange ; je pindarisc, je cuidois dire : on mange la soupe, Moyen de parvenir, p. 7, dans lacurne.

— Etym. Wallon, si; provenç. catal. espagn. et portug. se; du lat. se; grec, ï; sanscr. sva, qui est invariable et ne s'emploie qu'en composition.

t SE.... préfixe indi([uant mise à part, séparation, dans sé-duire, sé-parer, etc.; c'est le pronom réfléchi latin se, ablatif archaïque sed, par soi, à part soi.

t SÉAMMENT (sé-a-man), adj. D'une manière séante.

— msT. xtii* s. Seamment, Vartonopex, Us. de SI Germain, f* (02, dans lacurne. || xvi" s. Seamment, COTGRAVE.

— ETVM. Séant 2, et le suffixe ment.

SÉANCE (sé-an-s'), s. f. \\ 1" Acte de celui qui est

séant, assistant, présent. Ou si.... tu [toi. Equivoque] veux gagner ta cause. Porte-la dans Trévoux, à ce beau tribunal Où de nouveaux Midas un sénat monacal [les jésuites], Tous les mois, appuyé de ta sueur l'Ignorance, Pour juger Apullon tient, diton, sa séance, poiL. Sat. xii. Los Komains, infiniment sensibles à une si noble générosité, accordèrent i Marseille le privilège d'immunité et le droit de séance aux spectacles entre les sénateurs, ROLLiN, )list. anc. Œuvr. t. ri, p 220, dans pougens. Le discours que le cardiuil Dubois prononça à la première séance de l'assemblée du clergé, à

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laquelle il présida en 1723, était l'ouvrage dei Kontenetle, d'aleub. Œuvr. t. x, p. <2I. La passion se peindrait vainement dans les yeux et dans les gestes de l'orateur; l'aréopage lient presque toutes ses séances pendant la nuit, bahtiiél. Anach. ch. 17. Pour publier la loi nous reprendrons séance, u. J. ciiÉN. Gracq. Ii, ♦. Il Séance tenaille, dans le cours de la séance. || Cette assemblée tient séance, lient sa séance, lient ses séances en tel endroit, elle s'assemble dans cet endroit. [Le parlement ayant été exilé] on créa une chambre composée de six conseillers d'État cl de vingt-un maîtres des requêtes, qui tinrent leurs séances aux Grands-Augustins, comme s'ils n'osaient pas siégerdansle palais, VOLT. Jlist. pari. Lxvi. || La séance est ouverte, est levée, formules par lesquelles le président d'une assemblée annonce que la séance commence ou qu'elle est terminée. |i Donner, accorder à quelqu'un les honneurs de la séance, lui permettre, à titre d'honneur, d'assister à la séance. || 2" La portion de journée pendant laquelle une assemblée, un corps politique, une compagnie, un tribunal est réuni pour s'occuper de ses travaux ; la réunion même des membres de celte assemblée, déco corps. La séance lut remise au lendemain. Suspendre, terminer, lever la séance. Entrer en séance. Ils sonlen séance. Le procès-verbal de la séance. [En Egypte] Le président du sénat portail un collier d'or et de pierres précieuses, d'où pendait une figure sans yeux, qu'on appelait la vérité; quand il la prenait, c'était le signal pour commencer la séance, Boss. Ilist. m, 3. || 3° Droit de prendre place dans une compagnie réglée. Que chacun se range comme il pourra sans préjudice à sa qualité; une autre fois on réglera les séances, d'ablanc. Lucien, Jupiter le tragique. Constantin y prit sa séance (au concile de Nicée], et en reçut les décisions comme un oracle du ciel, BOSs. Ilist. I, <t. Les évêques, les abbés ont séance à la diète d'Allemagne, volt, ilœurs, 83. || Par extension. Sa naissance [de Jésus-Christ], sa vie, sa mort, sa résurrection, son ascension, et sa présence dans l'eucharistie, et sa séance éternelle à la droite, PASC. Leit. sur la mort de son père. On y ôta tout ce qui élail contraire à la séance de Jésus-Christ dans les cieux, boss. Var. f». |1 4° Ancien terme de palais. La séanîe des prisonniers, ou, simplement, la séance, audience que le parlement donnait avant chacune des quatre grandes fêtes de l'année, et qui avait pour objet de prononcer sur les demandes en élargissement des prisonniers pour dettes, et sur les plaintes relatives à la police des prisons. Il 5* Par extension. Temps qu'on passe à table, dans une partie de jeux dans une visite, etc. Nous avons fait une longue séance à table, au jeu. Dans une seule séance il a perdu avant-hier deux mille louis, OENLis, Ad. et Th. t. m, p. 82, dans pougens. Il Ironiquement, il ne se presse pas de lever la séance, se dit de quelqu'un qui fait ses visites trop longues. Il 6° Temps pendant lequel une personne pose chez un dessinateur, un peintre, pour faire faire son portrait. Ce peintre fait un portrait en trois séances.

— HIST. XVI* s. Ils n'allèrent point à la première cérémonie, non plus que les autres ambassadeurs, jusque à ce que leur séance eust esté ordonnée, comme elles furent après ; assavoir, que la première seroit au cardinal Commendonde la part du pape, d'aub. Jlisl. ii, 66. X la seconde séance, les ducs de Guise, arrivez de nouveau, a ians leur séance à l'echafaut des princes devant le roi, un héraut.... 10. ib. II, 247. Sur terre l'admirai n'a nulle séance ny commandement, carloix, v, 27.

— ETVM. Séant 4.

4. SÉANT (sé-an), par(. présent de seoir l. Il 1° Terme de chancellerie et de palais. Qui siège, qui tient séance en quelque lieu. La cour royale séante à Paris. |1 2* S. m. Posture d'un homme assis dans son lit; il ne s'emploie qu'avec l'adjectif possessif: Je me mis en mon séant; ils étaient sur leur séant. En son séant; l'hôlo s'étant levé, LA FONT. Derc. Nous nous levions sur notre séant, et nous nous mettions à crier, j. j. houss. Conf. I. Il Tomber sur son séant, tomber assis.

— RE.M. On n'est point d'accord sur l'emploi du mot séant comme adjectif ou comme participe. Nous pensons que, si l'on veut designer telle cour de judicature ou telle société savante par le pays qu'elle habite, ou par le lieu habituel de ses séances, on doit adopter l'adjectif verbal, et dire : la cour royale séante à Paris, la cour de justice séante au Palais, la société académique séante au Louvre, parce que c'est hik' manière d'être, un

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