‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 108 sur 754 · SED · texte numérisé non relu

SED

loiro N'eût consacré ces demi-dieux, Alexandre aux yeux du vulgaire N'aurait été qu'un téméraire, Et César qu'un séditieux, lamotte, Odes, t. I", p. <*3, dans roDSENS. Les séditieux qui n'ont ni la volonté ni l'espérance de renverser l'État, ne peuvent ni ne veulent renverser le prince, UONTESQ. Esp. T, <•• || 2* Qui a le caractère do la sédition, qui provoque à la sédition. Dans tous vos sujets Ces cris séditieux sont autant de forfaits, CORN. Nicom. V, 7. L'esprit turbulent et séditieux qui avait été conçu et qui s'était conservé dans l'hérésie, noss. s* avert. 3. Il est vrai que tout se tourne en révoltes et en pensées séditieuses, quand l'autorité de la religion est anéantie, id. Reine d'Anglet. Ce prétendu rbgne de Christ, inconnu jusques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté et égaler tous les hommes, songe séditieux des indépendants et leur chimère Impie et sacrilège, id. ib. Lui [Mardochée], fièrement assis et la tête immobile.... Présente à mes regards un front séditinux, rac. Esth. ii, l. Un auteur dont les séditieux écrits respiraient l'austérité républicaine, j. J. nOLSS. *" dial. \] 3* Kig. Il se dit de ce qui trouble moralement comme une sédition trouble un État. Conservez à la raison cet air de commandement avec lequel elle est née; cette majesté intérieure qui modère les passions, qui tient les sens dans le devoir, qui calme par son aspect tous les mouvements séditieux, boss. I" serm. Purifie. 2. Que me sert en effet qu'un admirateur fade Vante mon embonpoint, si je me sens malade, Si dans ce même instant un feu séditieux t'ait bouillonner mon sang et pétiller mes ycux?B0iL. Ép. IX. Ce fruit séditieux [le fruit défendu] Qui le séduit fAdamJ bien moins qu'un regard de ses yeux [d'Eve], delille, Parad. perdu, IX.

— HIST. XIV' s. Grant multitude de peuple requerans la paiz par cri sedicieus, behciieure, f° 4I, verso. Ci lé séditieuse, ohesme, Tlièse de meunier. Il XV* s. Séditieux, troubleurs de paix. uialveiUans, ou CANGE, InbuJore. ||ivi' 1 De laquelle opinion je laisse à penser aux autres combien elle est dangereuse et séditieuse, calv. Inst. 1202.

— ÊTVM. Lat. seditiosut (voy. sédition).

SÉDITION (sé-di-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Trouble contre l'ordre public, contre l'autorité légale, qui est concerté, a des meneurs et n'est pas l'action d'un rassemblement fortuit. Comme, en matière de sédition, tout ce qui la fait croire l'augmente, nous faillîmes à faire en un moment ce que nous travaillions dcpuishuit jours à empêcher, RETZ, Mém. t. I, liv. 11, p. 383, dans pougens. Dans les séditions populaires, un homme qui saura ménager avec art les esprits de la populace irritée, lui fera aisément tourner sa fureur contre ceux auxquels on pensait le moins, boss. 2* sermon. Nativité de la sainte Vierge, 2. Dans de si longues souffrances [les persécutions], les chrétiens no firent jamais la moindre sédition, id. Ilist. 1, Ut. Les chrétiens s'y obstinèrent ; la chose en vint à une •édition ouverte, flécii. Uist. de Théod. m, n2. L'Angleterre, où l'on voit la liberté sortie sans cesse des feux de la discorde et de la sédition, MONTESQ. Lett. pers 4 30.

— SVN. SÉDITION, ÉMEUTE. L'émcutc Se forme dans la rue et commence par un rassemblement fortuit, sans chef, sans dessein préalable. La sédition est concertée, elle obéit à un mot d'ordre,

^le a des meneurs ; c'est l'action non pas d'un rassemblement, mais d'un parti.

— IIIST. XIV* s. La sedicion et l'esmouvemcnt du pueple, bercheure, f* 35, verso. Cause do séditions, ORESMK, Thèse de meunier. || xvi* s. Reprimer les séditions des hommes noiscux et ennemis de la paix, calv. [nstit. )200.

— ÊTVM., Provenç. sedicio ; espagn. sedicion; ital. sedizione ; du lat. sedilioncm, de sed ou te, indiquant séparation, et ire, aller (voy. irai) : proprement, action d'aller à part. C'est là l'opinion des anciens. D'autres (M. Baudry, approuvé par H. Bréal) décomposent le mot en je-di(io; ditio comme en per-dilio, en con-dili'o, venant du radical latin da qui signifie donner, mettre, faire : action de mettre, d'agir en dehors, à pan.

t SEDLITZ (sèd-lits'). Eau de Sedliu (village de Bohême), eau minérale froide et chargée d'une assez forte proportion de sulfate de magnésie, qui la rend purgative. On fait de l'eau de Sedlilz artificielle.

t SÉDOR (sé-dor), t. m. Terme de pêche. Filet dont un bout est dans le bateau et l'autre, qui répond i une bourse, flotte au gré du vent.

SÉD

SÉDUCTEUn, TniCE(sé-du-kteur, klri-s'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui séduit, qui fait tomber en erreur ou en faute. C'est à lui [le corps] principalement que l'âme s'en prend, comme à son plus dangereux séducteur, BOSS. la Valliêre. Te voilà, séducteur. De ligues, de complots pernicieux auteur. Qui dans le trouble seul as mis tes espérances, RAC. Athal. y, 6. De ma faible jeunesse infâme séducteur, VOLT. Fanât, v, 2. Habile séductrice, LEMERC. Frédég. et Br. n, 3. || Fig. L'or est d'un grand secours pour acheter un cœur; Ce métal, en amour, est un grand séducteur, regnard, le Joueur, II, 2. Il Absolument. Celui qui corrompt l'innocence, la vertu des filles ou des femmes. Le Séducteur amoureux, titre d'une comédie. Vous, séducteur renommé de tant de femmes, genlis, Vœux téméraires, t. II, p. 222, dans POUGENS. || 2* Âdj. Un talent séducteur. Des charmes séducteurs. C'est pourtant ce qu'Aricie ose dire dans le sujet tragique de Phèdre; mais elle le dit dans des vers si séducteurs, qu'on lui pardonne ces sentiments d'unccoquette de comédie, voLT.Dict. phil. Style, I. Il L'esprit séducteur, le démon. Voilà.comment cet esprit séducteur s'insinue, comment il introduit le péché dans les âmes, iîourdal. B* dim. après l'Épiph. Dominic. t. i, p. 21 8.

— lllST. XII* s Et alailai Jhesum chrislum,

nostre seignor, Qu'il leneient por seduitor, wace, Vierge Marie, p. 71. || xiv* s. Multitude deceuc par aucuns faulz séducteurs, oresme, Thèse de meunier. Il XVI* s Qui autrement diroit, Seroit menteur et séducteur inique, marot, i, 200.

— ÉTYJI. Lat. seductorem, de leducere (voy. séduire).

SEDUCTION (sé-du-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ 1* Action par laquelle on séduit. Séduction de témoins. La séduction que le serpent fit à Eve, Boss. Déf. delà trad. et des saints Pères, VIII, 23. 11 est une autre sorte de violence, qui n'en a ni le nom ni l'extérieur, mais qui n'en est pas moins dangereuse, je veux dire la séduction, ROLLIN, Ilist. anc. Œuv. t. ix, p. 428, dans pougens. Il 2* Attrait, agrément attaché à certaines personnes. La plus dangereuse de vos séductions est de n'en point employer, J. j. Rouss. Ilél. 1, 13. Pour échapper à sa séduction, Alcibiade et Critiasprirent enfin le parti d'éviter sa présence [de Socrate], BARTiiÉL./l nacA. ch. 07. || Attrait, agrément attaché à certaines choses. Les séductions des plaisirs. La séduction de son style, de son regard. Ces séductions Qui vont au fond des cœurs chercher nos passions, volt. Àdél. m, 3. La palatine m'introduisit dans son boudoir, où tout respirait la séduction et la grJcc, reybaud, .1er. Paturot, u, lo. \\ Au pluriel. Influences fâcheuses. Dirai-je que l'cmpereur Antonin est encore au-dessus d'Epictèto, parce qu'il triompha de plus do séductions, et qu'il était bien plus difficile à un empereur de ne se pas corrompre qu'à un pauvre de ne pas murmurer? VOLT. Phil. Ignor. 46. Vous ne connaissez pas, ignorez-le toujours, Quelles séductions habitent dans les cours, p. lebrun, Marie St. il, 2.

— llIST. xii* s. [un roi] ....del rogne nos a sevrez, E fors chaciez en traison, Par sa laide séduction, BENOIT, II, 1097. De si laide séduction [perfidie] E de si mortau traison Fu grant merveille....

id. II, 32080.

— ETVM. Provenç. séduction; espagn. sediiccion; ital. seduxione; du lat. seduclionem, de scduccre (voy. séduire).

SÊDUIUK (sc-dui-r'), V. a. Il se conjugue comme conduire. Il 1" Faire tomber dans l'erreur; détourner du chemin de la vérité. Au nom de cet amour, daignez suivre mes pas [devenir chrétienne]. — Pauline : C'est peu de me quitter, tu veux donc me séduire? corn. Pol. iv, 3. Expliquera ce nouveau peuple [les protestants après la révocation de l'édil de Nantes] la sainte parole, dont, hélas I on s'est tant servi pour le séduire, boss. le Tellier. U n'y a point d'imposture si grossière qui ne les séduise, ID. Ilist. n, 9. Une femme italienne [dans le XI* siècle] avait apporté en France celle damnable hérésie [le manichéisme] ; deux chanoines d'Orléans, qui étaient en réputation, furent les premiers séduits, ID. Var. xi, (8. jj Fig. Évite un malheureux, abandonne un coupable; Cher Pyladc, crois-moi, ta pitié te séduit, rac. Àndr. m, t. Il II se dit queiquelois des sens qui trompent. Ses yeux ne l'ont-ils point séduite? Roxane est-elle morte? rac. Bajax. y, H. ||i* Faire manquera un devoir, i ce qu'on doit. Si j'ai séduit Cinna, j'en séduirai bien d'autres, corn. Cinna, y, 2. Adam I n'a pas été séduit; mais la femme ayant été

Page 1