‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 115 sur 754 · VOYELLE · texte numérisé non relu

VOYELLE

t SE.MNOPITUEquE (sè-mno-pi-tè-k') , ». m. Nom scientifique du singe dit guenon.

— ÊTYM. leiivè;, vénérable, m6>)xo;, singe. SEMOIR (se-moir), ». m. || 1* Sac où le semeur

porte le grain. || 2* Instrument propre à répandre les grains sur le sol pour les semer. La méthode la plus sûre pour recueillir un peu plus de grain qu'à l'ordinaire est de se servir de semoir.... le semoir no convient ni à toutes sortes de terrains, ni à tous les laboureurs, volt. Dict. phil. Agriculture. Ils [les gens de cour] ont plutôt inventé cela [l'achat de Chambord] que le semoir de Fellenberg, p. L. COUR. Simple discourt.

— HIST. XV* s. Galois semoit sondit blé, et le portoit en une semoiro, du cangb, temeunu. Une scmoere à semer grains, u>. ib.

— f.TYM. Semer.

SEMONCE (se-mon-s"), ». f. jj !• Convocation des personnes et des assemblées, telles que le ban et i'arrière-ban, qui se faisait à cri public, et pour la comparution en justice. C'est une chose agréable que l'attachement et l'amour de toute la noblesse pour lui [M. de Griguan] ; il y a très-peu de gens qui pussent faire voir une si belle suite pour une si légère semonce [de l'accompagner au siège d'Orange], sÉv. 4 déc. 4 673. || Invitation faite dans les formes pour une cérémonie. Faire la semonce d'un enterrement, c'est-à-dire inviter les parents et les amis d'y assister. || En ces deux sens semonce a vieilli. || 2° En général, invitation. Ulysse fît à (ous [les compagnons changés en bétes] une même semonce [de reprendre la forme humaine], LA FONT. Fabl. XII, 4 . De tous côtés se trouvant assaillie, Elle se rend aux semonces d'amour, n>. Orois. Il ne me reste plus qu'à répondre à vos semonces d'écrire à M. leducd'Albe,voLT. Lett.d'Argental, 20 sept. 4 773. || Fig. et par plaisanterie. Nos cailles grasses [de Grignan] dont il faut que la cuisse se sépare du corps à la première semonce; elle n'y manque jamais, sév. à Coulanges, 9 sept. 4694. Il 3* Avertissement mêlé de reproches, fait par un supérieur. M. le Prince crut que Monsieur ne pourrait pas tenir contre une semonce du parlement; il se trompa, retz, tiém. t. m, liv. iv, p. 44, dans P0U0ENS. Je vis venir chez moi mes deux abbés gascons de la rue des Mathurins, et j'en reçus une semonce du sérieux le plus comique, MARMONTEL, Uém. m. Il 4* Terme de marine. Ordre donné, au moyen du porte-voix, par un navire à un autre, de se faire connaître pour ami, pour neutre ou pour ennemi.

— HIST. xn* s. E par celé sumunse les voleit esluignier, K à tuz dizdel tut proscrire e essillier. Th. le mari. S7. |^ xni* s. Grimbert, qui ot fait la semonce. N'en ose Renart escondire, Jîen. S050. Chi commence li capitres des semonces [ajournements], BEAUif. n, 4 . Il XV* I. Et cils répondirent qu'il estoit à une semonce du comte de Uainaut contre le duc de Normandie.... froiss. i, i, 423. Il XVI* s. Ce fut au Péloponnèse que celte semonce [appel i un conseil] fut premièrement rcjettée, AMYOT, l'érie. 37. Et ce qui fut lors introduit par une juste semonce du temps, s'est depuis tourné en police jusques i buy i la grande foule et oppression du peuple, pasquicb, Lett. liv. 6, édit. do

— ÊTYM. Semondre; provenç. »omon»o, temosta, tomoita, tomos.ia. Semonce, pour temonse, est le féminin du participe passé f;moni, de temondre.

SEMO.XCÉ, ËE (!<o-mon-sé, sée), pari, patte d» semoncer. Ce jeune homme semonce par «on père.

SEMONCER (sn-mon-sé ; le e prend une ccdiUe devant a et o .■ semonçant, semonçons), v. a. Il !• Terme fam'.icr. Faire une semonce, une réprimande. Il 2* Terme de marine. Obliger un bitiment à arbore .-ses couleurs ou à mettre en panne.

— REM. Semoncer, usité au xn* siècle, cesse do l'être au xvn', et ne reparaît plus qu'avec le sens de réprimander.

— HIST. XVI* s. Semoncer, cotgrave.

— ÊTYM. Semonce.

SEMONDRE (se-mon-dr*. L'Académie dit qu'il n'est usité qu'à l'infinitif; le fait est que la plupart des temps sont tombés en désuétude; cependant on peut employer le présent au singulier : jo semons, tu semons, il semond; le futur semondrai, le conditionnel semondrais, et l'imparfait je semonnals, avec toutes leurs personnes), v. a. Terme qui vieillit. Il 1* Convier à une cérémonie, à un acte public, à une réunion, à un rendez-vous. Son hôte n'eut pas la peine Do le semondre deux fois, LA FONT. Fabl. V, 7. Quand les rois semonnaient pour le service du fief militaire leurs vassaux directs, cela s'appelait le ban, chateaubr. dans le Dict. de DOCiiEZ. || Semondre quelqu'un de sa parole, de sa promesse, le sommer do sa parole, de sa promesse, Dicl. de l'Àcad. de 4694. || 2* Par extension, exciter. De peurque cet objet, qui le rend hypocondre, X faire un vilain coup ne me l'allât semondre, mol. l'Et. ii, 3. || 3* Réprimander. Aceste, levant son ami. Qui jurait en diable et demi, Se mit tout bas aie semondre, scarh. Virg. t.

— HIST. II* s. Allez sedcir, quant nus [nulj no vus sutnunt, Ch. de Hol. xvii. Charles, semun le» oz [armées] de tun empire, ib. ccxcni. ||xn* s. Si me semonl mes cuers [mon cœur] de joie fairo, Couci, n. Adès amors me semont e alise De li [la] amer..,, ib. xi. Ne remest à semondre chevaliers ne frans homs, Sax. ixv. Et quant nos cez ténèbres de noslre avoglement esgardons soniousement, si somunons noslre pense à ploremenz. Job, p. 409. Il xin* 8. Dont vindrent avant cil qui se descordoient, et semondrent les autres de leur s«remcns, et distrent.... villeh. Lxxxa. Se tu as la voiz clere et saine. Tu ne dois mie qucrre essoine [excuse] De chanter, se l'en t'en semont ; Car bel chanter abelist [plaît] mont [moult], la Hôte, 224 5. Au baillif de Senlis, salut : comme nous t'avons mandé que tous ceus de ta baillie.... semonsisses que il soient à Arras à la quinzaine de la Magdelaine en armes, ledre de Philippe le Bel, dans do GANGE, submonere. || xv* s. Ainsi doit estre vraysemblable que Dieu est quasi efforcé et contraint ou semons de monslrer plusieurs signes et de nous batre de plusieurs verges, comm. t, 48. Ijxvi* s. Tels de mes amis, ou de leur propre mouvement, ou semons par moy comme d'un

office.... MONT, m, 260.

— ÊTYM. Berry, »emouner, »emonner; provenç. temondre, somondre, tomonre ; du lat. submonere, do »ub , sous, et monere, avertir (voy. monitoibe). Semondre s'est fait sur un monëre, rattaché à la 3* conjugaison; il est devenu en anglais to summon.

SEMONNEDR (se-mo-neur), ». m. Terme vieilli. Celui dont la fonction était de porter des billet» pour certaines convocations. Semonneur d'enterrements.

— HIST. xnt* s. Par matinet droit à cler jor Sont monté li semoneor. Et font monter ces c«valiers, Partonop. v. 2899.

— ÊTYM. Semondre.

SEBIOULE (se-mou-ir, II mouillées; c'est la prononciation indiquée par l'Académio et certaineu. — 237

SEN

ment la plus usuelle; mais elle n'esi ,as fondée en raison, puisque l'italien, d'où le mot vient, n'a pas de son mouillé), s. f. || 1* Grains de blé passés au four, puis concassés en grains plus ou moins gros. Il 2° Pâte en grains, faite avec ces grains. Il Semoule blanche, celle qui se fait avec de la farine de riz. || Semoule jaune, celle qui se fait avec la fleur de froment, dans laquelle on ajoute de la teinture de safran, de la coriandre et des jaunes d'œufs.

— HIST. XVI' s. Sémole, cotorate.

— ÉTYM. Ital. letnola, du lat. simila, similago, fleur de farine, qui tient au grec at\iiSaliç. Le génev. dit simolat; on trouve dans le bas-lat. iimella, pain de fleur de farine, et, dans l'anc. français, simle, simenel, sorte de gâteau.

SEMPEtt-VIRENS (sin-pèr-vi-rins'), t. m. Sorte de chèvrefeuille portant, toute l'année, des feuilles et des fleurs, lonicera sempervirens, Ait.

— ÉTVM. Lat. semper, toujours, et virens, verdoyant (voy. vert).

•fsEMPlTERNE (sin-pi-tèr-n'),». ^. Espèce d'étoffe de laine croisée autrement dite perpétuane. Sempiternes croisées [étoffe de laine de Beauvais], Tabl. annexé aux lettr. pat. du 22 juilleH780.

— ÉTYM. Provenç. sempitern ; espagn. et ital. sempiterno; du lat. tempiternus, de semper, toujours : semper-ternus, le suffixe ternus comme dans hesternus. Sempiterne a été employé comme adjectif : Ostentation sempiterne, chastel. Éloge de Charles le Hardi.

SEMPITERNEL, ELLE (sin-pi-tèr-nèl, nè-l'), adj. Il 1* Terme peu usité. Qui dure sans fin. Dieu bénisse les vivants, et qu'il accorde à mes anges [M. et Mme d'Argental] la vie sempiternelle le plus tard qu'il pourra, volt. Lett. d'Argental, 20 nov. (764. Il y a trois sortes de substances, deux naturelles, dont l'une est corruptible, comme les animaux, et l'autre sempiternelle, comme le ciel ; la troisième immobile , dider. Opin. des une. philos. Philos, péripatéticienne. \\ 2* Terme familier. Continuel, qui ne cesse point. Un bruit sempiternel. Des remontrances sempiternelles. || 3» Il se dit aussi, par dédain, au féminin, des femmes qui vieillissent beaucoup. Une vieille sempiternelle. Une nonne sempiternelle Prétend prouver à tout fidèle Que jamais Ver-vert n'exista, gressbt, Omlr. Il On le trouve aussi au masculin. Bartholo : Je n'aime point qu'on regarde ma femme de si près. — Le comte : Elle est votre femme? — Bartholo : Eh quoi donc? — Le comte : Je vous ai pris pour son bisaïeul paternel, maternel, sempiternel, BEAUMARCH. le Barbier de Séville, ii, u. Il Substantivement. Quelle est cette marquise? — Une sempiternelle. Qui passe soixante ans, et se croit encore belle, th. corn. Baron d'Àlbikrac, 1, 8. Je crois que, sans me flatter, je puis compter sur votre amitié, et que vous en avez autant pour moi qu'on en peut avoir pour une sempiternelle, K« DU DEFFANT, Lett. à H. Walpole, t. rv, p. 8, dans pouGENS. Je vais, je vais de ces sempiternelles Tout de ce pas égayer les cervelles, volt. Prude, n, 6.

— HIST. XVI* S. Sempiternel, monet, Dtct. Amsi le lyon guéri se pourmenoit par la forest, à quelle heure une vieille sempiternelle ebuschetoit, rab. n, 15, édit. RATHERY (d'autres éditions ont sempiterneuse).

— ÊTVM. Sempiterne; ital. sempit»rnale.

t SEMPLE (san-pl'), s. m. Se dit d'une certaine disposition de ficelles qui forme une partie du métier à tisser les étoffes de soie. Le semple fait lever la chaîne. || Bâton de semple, morceau de bois sur lequel les ficelles du semple sont attachées.

t SEMPLICE (sèm'-pli-tché), adj. Terme de musique. Mot italien qui signifie simple. Sur les partitions, il indique que le passage doit être joué ou chanté simplement, sans ornement.

— ÉTYM. Voy. SIMPLE.

t SEMPRE (sèm-pr'), adv. Terme italien. Mot italien qui signifie Toujours. Sur les partitions, il t'emploie dans ces expressions : sempre legato, toujours lié; sempre piano, toujours doucement.

— ÉTYM. Lat. semper, toujours. Semper avait donné à l'ancien français sempre ; x« siècle: Ne ule cose non la pouret onque pleier, La poUe sempre non amast lo deo menestrier, Eulalie ; xi' siècle : Adubez vus, sempres aurez bataille, Ch. de Roi.

t SENAIRE (se-nê-r'), adj. Disposé six i. six. Il Terme da versification ancienne. Se dit d'un vers îambiquo de six pieds , et du vers hexamètre ordinaire.

SEN

— ÉTYM. Lat. senarius, de sent, six, dérivé de sex (voy. sn).

S'EN ALLER, voy. aller.

t SÉNARMONTITE (sé-nar-mon-ti-f), ».' f. Terme de minéralogie. Acide antimonieux cristallisé, ainsi dit du nom de M. de Sénarmont.

SÉNAT (sé-na; le { ne se lie pas dans la conversation), s. Jn. ||1* Conseil perpétuel de Rome, établi par les rois et aboli par Justinien. Romains, et vous sénat assis pour m'écouter.... la font. Fabl. XI, 7. Le sénat se défendait [contre les entreprises démocratiques] par sa sagesse, sa justice et l'amour qu'il inspirait pour la patrie.... montesq. Rom. a. Cinéas, ambassadeur de Pyrrhus, interrogé sur le sénat romain, répondit que tous ceux qui composaient cette auguste assemblée lui avaient paru autant de rois, bouchaud, Instit. Mém. se. vn.or. et pol. t. in,p. t93. Mais que sont désormais les pères de l'État? Un fahtôme avili qu'on appelle sénat, x. J. ciién. Tibère, v, 2. ||2" Par analogie. Le premier corps politique d'un État. Le sénat des États-Unis. L'ancien sénat de Venise, de Gênes. Il [le peuple] a besoin, comme les monarques et même plus qu'eux, d'être conduit par un conseil ou sénat; mais, pour qu'il y ait confiance, il faut qu'il en élise les membres, montesq. Esp. II, 2. Dans un sénat fait pour être la règle, et, pour ainsi dire, le dépôt des mœurs, les sénateurs doivent être élus pour la vie : dans un sénat fait pour préparer les affaires, les sénateurs peuvent changer, ro. ib. v, 7. || Sénat conservateur, corps créé en France par la constitution de l'an viii, et qui a été rétabli par le second empire. Un signe était un ordre pour le sénat, qui toujours faisait plus qu'on ne désirait de lui, napoléon, Proclamation du 6 avril 18I4. || 3* Lieu où le sénat s'assemble. César fut tué en plein sénat. || 4" On a donné aux anciens parlements le nom de sénat. Dieu disposa lui-même par une heureuse naissance M. de Lamoignon à exercer ses jugements dans le plus auguste sénat du monde, fléch. Lamoignon. Il 5° Dans quelques pays, assemblée des personnes dont est composé un tribunal qui juge en dernier ressort. C'est ainsi qu'on disait le sénat de Chambéry ; le sénat de Nice.

— HIST. XII' s. Emperere moult orguilloux, Moult fel et moult malicieux. Les honors de Rome gasta. Et la noble gent abaissa, L'ordre du séné abati, Et lor dignité lor toli. Brut, ms. f° 44, dans lacurnb. Il XIV' s. L'ordenance du sénat, berchelre, f 3. Il XVI' s. Les vieux du sénat, memoralifs des mœurs de leurs pères, mont, i, 23.

— ETYM. Provenç. senet, concile ; du lat. senatus, de senex, vieillard (voy. sknile). L'ancienne forme séné est la forme correcte, la finale atus donnant é; sénat a été refait au xiv siècle sur le latin.

SÉNATEUR (sé-na-teur), s. m. \\ 1° Celui qui faisait partie du sénat de l'ancienne Rome. Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs. D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs, boil. Art p. ii. Sénateurs romains qui avaient alors pour tous meubles une robe d'un mauvais drap gris, ornée d'une bande couleur de sang de bœuf, deux petits pommeaux d'ivoire ou plutôt d'os de chien aux bras d'une chaise de bois, et, dans leurs cuisines, un morceau de lard rance, volt. Dict. phil. Antiquité . Cicéron était sénateur; et le sénat était un roi que César avait détrôné, marmontel. Œuvres, t. vi, p. 4)5.112° Il se dit aussi des membres d'un sénat, autre que le sénat romain. Un sénateur de l'empire français, des États-Unis. L'esprit, dit Aristote, vieillit comme le corps: cette réflexion n'est bonne qu'à l'égard d'un magistrat unique, et ne peut être appliquée à une assemblée de sénateurs, MONTESQ. Esp. V, 7. || Familièrement. Un train de sénateur, une démarche lente et grave. Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter. Pour dormir et pour écouter D'où vient le vent, il laisse la tortue Aller son train de sénateur, la font. Fabl. VI, (0. Il Sénateurde nouvelle date, s'est dit, sous le premier empire, de ceux qui furent nommés dans les sénatoreries des pays réunis à la France. Il 3' Dans Rome moderne, le Sénateur (avec une S majuscule), le magistrat qui est à la tête du corps de ville. Rome élisait alors un seul Sénateur comme protecteur de sa liberté ; Mainfroi, Pierre d'Aragon son gendre, le duc d'Anjou, Charles, frère de saint Louis, briguent tous trois cette dignité, qui était celle de patrice sous un autre nom, volt. Ann. Emp. interrégne, < 280-1 266. Le paisible magistrat qui porte à lui tout seul ce nom immense I de Sénateur romain, stael, Corinne, iv, 4. || 4* Il I se dit quelquefois pour magistrat, pour membre

SÊN

d'une cour souveraine. Voyez-le [un grave magistral] entrer dans un sermon où il apporte un zèle tout dévot.... que le prédicateur vienne à paraître : si la nature lui a donné une voix enrouée et un tour de visage bizarre.... je parie la perte de la gravité de notre sénateur, pasc. Pens. m, 3, éd. HAVET. Il B° Mouette blanche, larus eburneus, Gmelin.

— HIST. XIII' S. Il n'a si vaillant homme de Romme jusqu'à Tours, Soit cuens, ou roys, ou dus, princes ou sénateurs, Por qui elles laissassent leur curieux atours, j. de meung. Test. 1310.

— ÉTYM. Lat. senatorem, de senatus, sénat.

+ SÉNATORERIE (sé-na-to-re-rie), s. f. Sous le premier empire, terre dont l'usufruit était affecté à un sénateur. || District dans lequel un sénateur jouissait de certains privilèges.

— ÉTYM. Sénateur.

SÉNATORIAL, ALE (sé-na-to-ri-al, a-l'), adj. Qui appartient au sénateur. Ornements sénatoriaux. X la vérité, Hiéronyme durant son règne, n'avait point cassé l'ordre sénatorial, le p. cathou, dans desfontaines. Peut-être Lycurgue établit-il que le sénat serait composé de vingt-huit membres; ce fut peut-être lui qui fixa l'âge sénatorial à soixante ans, lévesque, Instit. Mém. se. mor. et

pol. t. III, p. 354.

— ÉTYM. Sénateur. Au xvi* siècle on disait senatoire, du lat. senatorius.

SÉNATORIEN, lENNE (sé-na-to-riin, riè-n'), adj. De sénateur. Maison, famille, race sénatorienne.

— ÉTYM. Sénateur.

SÉNATRICE (sé-na-tri-s'), ». f. || 1' Femme de sénateur, en parlant des femmes des sénateurs de Pologne, de Suède et autres pays. Mon sentiment est qu'on place la dogesse et les sénatrices en telle sorte qu'elles représentent un petit sénat, ST-ÉVREîi. Sir Politick, III, 6. Il Par plaisanterie. X propos de chimères, je n'ai jamais su quels acteurs jouaient dans Sophonisbe, excepté le Kain ; je ne connais personne des sénateurs et des sénatrices du tripot, VOLT. Lett. Richelieu, 30 janv. 1774. Il 2° Il se dit aussi de la femme du Sénateur de Rome. Madame la Sénatrice (avec une S majuscule).

— ÉTYM Sénateur.

SÉNATDS-CONSULTE (sé-na-tus'-kon-sul-f), t. m.

Il 1* Décision de l'ancien sénat de Rome. Le sénat avait coutume de confirmer lesplébiscites; mais à présent le peuple s'attribue le pouvoir de confirmer ou de rejeterles sénatus-consulte3,FÉN. t. xxii, p. 400. On fit lecélèbre sénatus-consulte, que l'on voit encore gravé sur le chemin de Rimini à Césène, par lequel on dévouait aux dieux infernaux, et l'on déclarait sacrilège et parricide quiconque, avec une légion, avec une armée, ou avec une cohorte, passeiait le Rubicon, montesq. Rom. l ) . Il 2* Aujourd'hui, décision du sénat conservateur du premier ou du second empire.

— HIST. xiv s. SenatconsuU estoit aucun statu ou aucun droit fet par l'ordenance du sénat, bercheube, f° 3.

— ÉTYM. Provenç. senatconsult , senatusconsult ; du lat. senatusconsultum, de senatus, sénat, et consultum, décision (voy. consulter).

SENAU (se-nô), s. m. Terme de marine. Navire dont le gréement ne diffère de celui du brick ordinaire que par un mâtereau établi derrière son grand mât, et qui porte la corne d'artimon. || Mât de senau, nom donné à ce mâtereau. || On a dit aussi senoc. Ce capitaine a dit, ainsi que tous ses officiers, que, sans ces vingt matelots, il n'aurait jamais pu résister, comme ils firent, à une frégate et à un senoc anglais qui les combattirent pendant trois jours. Affaire de la Reruimmée, 1746, dans jAL.

— ÉTYM. Corruption de l'anglais snou>, qui est l'allem. Schnaue, hoUand. snaauv:.

SÉNÉ (sé-né), s. m. ||1' Nom de petits arbustes de la famille des légumineuses, qui croissent dans la haute Egypte, l'Arabie et la Syrie. || 2° Famille de plusieurs espèces du genre cassia que Linné avait confondues sous le nom de cassia senna ; ces espèces sont le cassia acutifolia, Delile, le cassia obovata, CoUadon, et le cosst'o lanceolata, Colladon, ou ovata, Mérat, ou sethiopica, Guibourt. Il 3* Follicules de séné, gousses des trois espèce» de cassia dont il vient d'être question ; ce sont de! fruits ou gousses planes, allongées, obtuses à leurs deux extrémités, se séparant difficilement en deux valves. On en distingue trois sortes, sous les noms de follicules de la palte, de Tripoli et

SEN

d'Alep. il Tout le séné du commerce nous Tient da l'Egypte, par le grand Caire, où est établi le dépôt général. Dans cette ville on le monde soigneusement; on sépare les follicules pour les vendre à part, et l'on mêle ensemble les feuilles de trois espèces sous le nom de séné de la palte (palte est le nom d'un impôt auquel le séné est assujéti). Il Séné de Tripoli; il est formé presque entièrement de folioles et de gousses du cassia ovata ou «(/uo;)ico. Il 4«iMédicament purgatif qui résulte du mélange, en différentes proportions, des folioles et des gousses, ou follicules de ces arbustes. Plus, du 26', une bonne médecine purgative et corroborative, composée do casse récente avec séné levantin et autres, suivant l'ordonnance de M. Purgon, pour expulser et évacuer la bile de monsieur, MOL. Mal. imag. l. «. L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné, boil. Art p. iv. || Fig. Passez-moi la rbubarbe, et je vous passerai le séné (voy. rhubarbe). || 6* Séné moka ou séné de la pique, séné venant d'Arabie ; il est en feuilles longues de plus de 8 centimètres et très-étroites; sa saveur est mucilagineuse; il est presque inerte et ne doit pas être employé. || 6* Faux séné, séné d'Europe, séné sauvage, voy. baguenaudier. Il T Séné bâUrd, voy. émère. || Séné des prés, gratiole officinale. || Séné des Provençaux, globulaire turbith.

— HIST. xn' s. Des medicamens doux et bénins, comme est la casse, les tamarins, le séné du Levant, paré, xi, < ) .

— ÊTVM. Ital. sena; de l'arabe send, séné.

t SÉNEBlÈRE;(sé-ne-biè-r'), s. f. Genre de plantes formé par une espèce de lepidium et une de cochlearia, crucifères.

— ÉTYM. Dénommée d'après Senebier, savant Genevois, né en 1742.

SÉNÉCHAL (sé-né-cbal), s. m. \\ f Officier qui dans un certain ressort était chef de la justice et commandait la noblesse lorsqu'elle était convoquée pour l'arrière-ban. Le sénéchal d'Anjou. L'intendant ou sénéchal doit être un homme désintéressé, prudent, prévoyant, discret, modeste, doux, de mœurs irréprochables, marchangy, Tristan le voyageur, ixxiv. Le bailli était le premier des officiers subordonnés au sénéchal, m. ib. Il Grand sénéchal,espèce de maître d'hôtel ou d'intendant des princes. || Grand sénéchal de France, titre d'un emploi dans l'hôtel du roi. || 2' Officier royal de robe longue, chef d'une justice subalterne. Avez-vous entendu parler d'un sénéchal de Forcalquier qui, en mourant, a fait un legs au roi de l'Art de gouverner, en trois volumes in-4*? c'est bien le plus ennuyeux sénéchal que vous ayez jamais vu, volt. Lett. Chauvelin, (8 sept. 4763. Il 3' Chef d'une justice seigneuriale. Le sénéchal était, en principe, le lieutenant général du comte, ABBois de jlbainville, Ilist. des ducs et comtes de Champagru, t. m, p. i 25. || Au pluriel, les sénéchaux.

— HIST. xii* s. Après mengier font les napes cueillir; Cil senescal portent partout le vin En copes d'or.... du canoë, senescalcus. X Alain, qui estoit si hom. Livra sa terre en comandise Corne à seneschal et justice, œ.tb. Li arcevesquessistun jor à Sun mangier; Sis seneschauz li vint la novele nuncier Que li rcis out tut fait sun lignage esseillier. Th. le mart. 64. || xiu" s. En la terre le conte deChampaigne se croisa Joffrois de Joinville, qui seneschaus estoit de la terre.... villeh. ni. Car chevance est ses senechaus. Qui d'aquerre est ardens et chaus, la Rose, t (367. || xv* s. Ce gentil et loyal chevalier, messire Thomas de Persy, avoit esté un grand temps souverain escuyer de l'hostel du roy d'Angleterre, c'est à dire en françois maistre et seneschal; car tout l'estat du roy passoit par luy, froiss. liv. iv, p. 274, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. senescal; ital. teniscako, siniscalco; du bas-lat. senescalcus; du german'jjue sim (goth. jinislo, le plus âgé; de même radical que le latin senex, vieillard, et le gaél. sean, vieux), et skalks, serviteur; allem. Schaik.

SGnÉCIIALE (sé-né-cha-1'), s. f. Femme d'un sénéchal. Mme lasénéchalo.

— HIST. im* s. Biatriz dame de Joinville, senschale de Champagne, du cange , senescalissa. Ge Beatris, done [dame] de Joinville, senescalisse do Champagne, id. ib.

SÊNÊCUAUSSÊE (sé-né-chô-sée), ». f. || 1» Étendue de la juridiction d'un sénéchal. La sénéchaussée d'Anjou. Ce ViUars est le père du deuxième de ces deux archevêques et du lieutenant général

SÉN

auprésidial et sénéchaussée de Lyon, st-sih. 4 43, 84. Il S' Tribunal dont le sénéchal était le chef, et lieu où se tenait ce tribunal.

— HIST. XIII* s. Et li empereros li acrut son fief do la senescbaucie de Koumenie, H. de valenc. XXXIII. Il IT* s. Et commandèrent les seigneurs que ceux de Toulouse, ceux de Carcassonne, et ceux de Beaucaire et leurs sénéchaussées assaillissent du matin jusques à midi.... froiss. i, i, 261.

— ÊTYM. Sénéchal; provenç. tenescalcia; espagn. senescalia; ital. senisctlchia.

SENEÇON (sè-ne-son), s. m. Genre de la famille des composées. On y distingue le |seneçon commun, senecio vulgaris, L. qui abonde dans nos champs et que l'agriculture regarde comme nuisible quoiqu'il soit mangé par les porcs, et le senecio jacobxa, commun dans les prés et plus nuisible encore que le précédent. || Séneçon en arbre, joli arbrisseau à feuilles persistantes qu'on nomme aussi baccharide à feuilles d'halime.

— HIST. XVI* s. Senesson, garde sa fueille verte presque toute l'année, fleurit plusieurs fois, croist facilement en tous lieux, mesmes es vieilles murailles, sans nul soin, o. de serres, 6I7.

— ÉTYM. Lat. senecionem, du lat. senex, vieillard (voy. sénile): mot à mot, petit vieillard, à cause qu'au printemps il devient tout blanc en développant les aigrettes de ses graines, en grec fjpiYÉpuv, vieillard du printemps.

f SÉNÉGALI (sé-né-ga-li), i. m. Joli petit oiseau exotique (genre gros-bec).

t SÉNÉGINE (sé-né-ji-n'), ou SÉNÉGUINE (sé-néghi-n'j, s. f. Terme de chimie. Principe particulier, tiré de la racine du folygala senega, L.

t SENÈGRE (sc-nè-gr'), SKNEGRÉ (se-nè-gré), SENEGRâIN (se-nè-grain), *. m. Noms vulgaires du fenugrec.

SENELLE (se-nè-l"), t. f. Voy. cenelle.

SÊNESTRE (sé-nè-str"), adj. \\ l' Terme vieilli. Gauche. La ville marcha après la chambre des comptes du côté sénestre, la cour de parlement et des aides tenant la dextre,ST-siM. 446, 206. ||2*Terme de blason. Gauche. Le côté sénestre. || A sénestre, à gauche.

— HIST. XI* s. Il ceint s'espée al sénestre costet, Ch. de Roi. ccxxvn. || xin* s. X destre et à sénestre moût souvent [elle] regardoit, Berte, xiviii.

Il XVI* s Maugré les fortunes senestres, marot,

VI, 26). La pointe sénestre de leur bataille fut incontinent rompue par les Gaulois, amyot, Cam. 32.

— ÉTYM. Provenç. leneslre, sinestre; du lat. s»nister, gauche. Gauche est nouveau dans la langue; c'était sénestre qu'on disait.

t SÉNESTRE, ÉE (sé-nè-stré, strée), adj. Terme de blason. Se dit d'un meuble de l'écu qui est accompagné à sénestre d'une autre pièce.

fSÊNESTROCUÈRE (sé-nè-stro-kè-r"), ». m. Terme de blason. Bras gauche, représenté sur l'écu.

— ÊTYM. Sénestre, et xt'p, bras.

t SÊNESTROGYRE (sé-nè-stro-ji-r'), adj. Terme de physique. Qui a le pouvoir de dévier le rayon lumineux de droite à gauche. Certaines substances organiques, telles que l'essence de térébenthine, la gomme arabique, le sucre incristallisable, etc. sont sénestrogyres. On dit aussi et plus souvent lévogyre.

— ÉTYM. Sénestre, et lat. gyrare, tourner. SÉNEVÉ (sè-ne-vc), s. m. |1 1* Genre (sinapis) de

plantes de la famille des crucifères. || 2* Menue graine produite par cette plante dont on fait la moutarde. Il est semblable à un grain de sénevé, qui, étant la plus petite de toutes les semences qui sont dans la terre, lorsqu'on l'y sème, monte quand il est semé, jusqu'à devenir plus grand que tous les légumes, saci. Bible, Évang. SI Marc, iv, 3), 32. Les heures qui vous resteront, pourvu que vous les ménagiez fidèlement, seront le grain do sénevé marqué dans l'Évangile, fén. t. xvii, p. 416. L'institut célèbre [l'ordre des bénédictins] dont il jeta les fondements, semblable au grain de sénevé, devint bientôt un grand arbre qui couvrit tout le champ de Jésus-Christ, kass. Panégyr. St BenoU.

— HIST. ïiv* S. Uns grains de seneveil estgrans enmi la prée, Baud. de Seb.xn, 280. || iv* s. Sinapis, semvel, scheler, Gloss. rom. latin, p. 42.

Il xvr s Les eschauffans [les poules] avec du

sénevé, et des soupes en vin, et du pain bl&nc, o.

DB serres, 367.

— ÉTYM. Senevel, teneveil, d'où sénevé, d'une forme fictive sinapillus, de sinapi, grec, olvaiti, oivifiTti; le lat. sinàpi avec l'accent sur no ne peut donner sénevé ; le picard sanvre, le normand senve

SEN

indiquent un changement d'accent : sinâpi, ou une influence da l'accent grec, comme par exemple dans encre (voy. ce mot). Sinive est aussi une forme vulgaire; celle-11 vient directement de lindpi.

t i. SÉNICLE («é-ni-kl"), ». f. Arroche puante, chenopodium vulvaria, L. (chénopodiacées).

t 2. SÉNICLE (sé-ni-kn, ». f. Synonyme vulgaire de venturon, ^rinyiUa ct'trtnctla de Linné, tandis que le serin est la fringilla canaria du même auteur.

— ÉTYM. Bourguig. senicle, serin.

SÉNIECR (sé-ni-eur), t. m. Ancien nom du doyen, du plus ancien dans plusieurs communautés. Le sénieur de Sorbonne.

— ÉTYM. Lat. seniorem, dt senex, vieillard (voy. sénile). C'est la forme savante dont t«i0n<ur est la forme populaire.

SËNILE (sé-ni-1'), adj. Qui a rapport à la vieillesse. Démence sénile. Gangrène sénile. Dans l'existence prolongée de l'homme et des animaux nait peu à peu la cause de la mort sénile et naturelle, dont la lenteur des mouvements est la source nécessaire, et dont un symptôme précurseur est la surabondance et la déviation du phosphate calcaire, FOURCROY, Conn. chim. t. x, p. 405. Dans la mort sénile, le malade n'éprouve que cette difficulté d'être dont le sentiment fut, en quelque sorte, la seule agonie de Fontenelle, cabamis, Inttit. Mém. te. mor. et pol. t. ii, p. I60.

— HIST. XVI* s. Un laboureur, perceant de son coultre profondement la terre, en voit sourdre Tages, demi-dieu d'un visage enfantin, mais de sénile prudence, hont. i, 45.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. «eni'J ; ital. »enit< ; du lat. senilis, de senex, vieillard ; comparez le goth. iintsla, le plus vieux, et le gaél. tean, vieux.

t SÉNILITÉ (sé-ni-li-té), ». f. Néologisme. Affaiblissement physique et moral produit par la vieillesse. La sénilité s'emparant de Louis XIV et de son gouvernement....

— ÉTYM. Sénile.

t SÉNILLE (sé-ni-U', li mouillées), ». ^. Nom vulgaire du chenopodium liospermum,L. (chénopodiacées). C'est une ansérine pour les auteurs qui emploient ce dernier mot comme synonyme générique de chénopode, LEGOARANT. Il Fausse sénille, un des noms vulgaires du poli/yonum aviculare, L.

t SENISSE (se-ni-s'), ». f. Terme de méullurgie. Poussière de charbon entraînée avec la fumée.

SENNE (sè-n'), ». f. Voy. seine.

t SÉNONIEN (sé-no-niin), adj. m. Terme de géologie. Terrain sénonien, vaste banc de craie qui occupe une partie du Sénonais et d'autres contrées de la Champagne.

4 . SENS (san ; l'i se lie : un sen-z actif; il ne faut pas faire entendre 1'», ni dire : les cinq sans', un hon>me de sans'. Au xvn" siècle, Chifflet,Cramm. p. 2H, recommande de toujours prononcer 1'» finale pour le distinguer de sang, c'est ainsi, dit-il, que parlent les plus diserts), ». m. || 1* Appareil qui met l'homme et les animaux en rapport avec les objets du dehors. || 2* Sens musculaire. || 8" Sens interne. || 4* Sixième sens. || 6* Sens moral. ||6*Sens pratique. || 7* Les sens, concupiscence, sensualité, plaisir de l'amour-propre. || 8* La faculté de sentir, en général. || 9* La faculté de comprendre les choses et d'en juger sainement. || !()• Le bon sens. 1111° Sens commun, l'intelligence et la lumière ordinaire avec laquelle naissent la plupart des gens. Il 12* En une autre acception, sens commun, concentration de toutes les impressions et de toutes les idées. || 13* Sens froid. Sens rassis. Il 14* Sens réprouvé. || 15* Avis, opinion. [I 16' Il s'est dit pour idée, pensée. || 17* Signification, manière de comprendre. || 18" Ce qui fait la solidité d'un discours. || 19* Manière, façon, par extension d'acception, de signification. || 20* Un des côtés d'une chose, par extension de manière, façon. Il 21* Direction. || 22'' X contre-sens. || Proverbe.

1" Appareil qui met l'homme et les animaux en rapport avec les objets du dehors par le moyen des impressions que ces objets font directement sur lui. Les cinq sens de nature. Il y a cinq sens, le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue. Pendant qu'un philosophe assure Que toujours par les sens les hommes sont dupés. Un autre philosophe jure Qu'ils ne nous ont jamais trompés, la font. Fabl. VII, 18. Mais aussi, si l'on rectifie L'image de l'objet sur son éloignement. Sur le milieu qui l'environne, Sur l'organe et sur l'instrument. Les sens ne tromperont personne, iD.tb.Ces deux principes de vérités, la raison et les sens, outre qu'ils manquent chacun de sincérité, s'abusent réciproquement l'un

SEN

l'autre ; les sens ahusent la raison par de fausses apparences; et cette m«me piperie qu'ils apportent i la raison, ils la reçoivent d'elle i leur tour, pasc. Pent. m, l», éd. bavet. Parce, dit-on, que yous avez cru dès l'enfance qu'un coffre était vide lorsque vous n'y voyiez rien, vous avez cru 1« vide possible ; c'est une illusion de vos sens, fortifiée par la coutume, qu'il faut que la science corrige, m. ib. ni, 3. Nos sens n'aperçoivent rien d'extrême : trop de bruit nous assourdit.... ro. ti>. i, ). Nous devons observer exactement cette règle de ne juger jamais par les sens de ce que les choses sont en elles-mêmes, mais seulement du rapport qu'elles ont avec notre corps, malebr. Rech. l, 6. Il est évident de tout ceci, que les sens ne nous sont donnés que pour la conservation de notre corps, et non pour apprendre la vérité, m. ib. l, 10. Aujourd'hui même encor, de deux sens affaibli, Retiré de la cour, et non mis en oubli, boil. Èptt. x. C'est lui 1 d'horreur encor tous mes sens sont saisis, rac. Athal. n, 7. On a dit qu'il pourrait bien nous manquer un sixième sens naturel, qui nous apprendrait beaucoup de choses que nous ignorons; ce sixième sens est apparemment dans quelque autre monde, où il manque quelqu'un des cinq que nous possédons, roNTEN. blondes, 3" soir. Un homme à qui ses cinq sens disent sans cesse qu'il est tout, et que les autres ne sont rien, est naturellement paresseux, iltnorant, voluptueux, montesq. Esp. u, B. Toute l'antiquité a maintenu que rien n'est dans notre entendement qui n'ait été dan? nos sens, volt. Dict. phil. Sensation. Il se peut que, dans d'autres globes, on ait des sens dont nous n'avons pas d'idée; il se peut que le nombre des sens augmente de globe en globe, et que l'être qui a des sens innombrables et parfaits soit le terme de tous les êtres, ID. ib. Nos sens, qui sont les seules sources de toutes nos idées, id. ib. Distance. Il nous est impossible de savoir comment nous pensons, par la même raison qu'il nous est impossible d'avoir l'idée d'un sixième sens; c'est parce qu'il nous manque des organes qui enseignent ces idées, ro. Traité de mélaph. 3. Les sens sont des espèces d'instruments dont il faut apprendre à se servir, BUFF. De l'enfance. L'homme, supérieur à tous les êtres organisés, a le sens du toucher et peut-être celui du goût plus parfaits qu'aucun des animaux; mais il est inférieur à la plupart pour les trois autres sens, in. Oit. t. i, p. <7. Je trouvais que, de tous les sens, l'œil était le plus superficiel; l'oreille, le plus orgueilleux; l'odorat, le plus voluptueux ; le goiit, le plus superstitieux et le plus inconstant ; le toucher, le plus profond, wdeb. Lelt. tur les sourds-muets. Toutes nos connaissances viennent des sens; or nos sens ne pénètrent point jusqu'à la substance dos choses, ils n'en saisissent que les qualités, condil. Traité des syst. <o. Chacun de mes sens est en rapport avec la manière d'agir des objets dont il me transmet les impressions; chaque sens a sa fin, et la structure de chaque sens est le moyen ou l'assemblage des moyens relatifs à cette fin, bonnet, (£uvr. mêlées, t. zvm, p. 240, dans pougens. Les sens sont à l'àme ce que les machines sont au physicien, ro. ib. p. <09 Chaque sens par un heureux concours Prête aux sens alliés un mutuel secours, DEUL. Imag. 1. 1| Sixième sens, nom qu'on a donné quelquefois aux sensations de l'amour physique. Il Fi g. Mettre, appliquer tous ses sens, et, familièrement, tous ses cinq sens de nature à quelque chose, y employer tous ses soins, y faire tous ses efforts. || Cela tombe sous les sens, sous le sens, cela se conçoit aisément, cela est évident. U ne tombe pas sous le sens qu'on puisse hai'r la vérité prise en elle-même, boss. 2' sermon, Dimanche de la Passion, préambule. || Terme de théologie. La peine du sens, la peine du feu, dans l'enfer. || Fig. Il manque un sens aux incrédules ; et ce sens, c'est Dieu qui le donne, selon ce que dit saint Jean : il nous a donné un sens pour connaître le vrai Dieu, boss. Anne de Gonx. Tu souffres la louange adroite, délicate. Dont la trop forte odeur n'ébranle point les sens, boil. Éptl. ix. Il 2* Sens musculaire, nom donné improprement, puisqu'il n'y a pas d'appareil propre pour cette sensation, au sentiment de l'action des muscles, & U fatigue, etc. ||Sens de la douleur, nom quelquefois donné, mais improprement, au phénomène physiologique qui a reçu le nom de douleur. Il 8* Sens Interne, nom sous lequel on désigne la faculté qu'a le cerveau de percevoir une foule de modifications produites, dans l'intérieur même de l'organisme, par le jeu plus ou moins régulier des

SEN

viscères. || Sens interne, perception de certains rapports esthétiques ou moraux. Pour distinguer le sens interne des facultés corporelles connues sous ce nom, j'appelle sens interne du beau, la faculté qui discerne le beau dans la régularité, l'ordre et l'harmonie, dider. Rech. philos, sur le beau, Œuvr. t. n, p. 4)B, dans pougens. Le sens interne du beau est une faculté par laquelle nous distinguons les belles choses, comme le sens de la vue est une faculté par laquelle nous recevons la notion des couleurs et des figures, ro. ib. p. 4(3. Il 4* Sixième sens ou sens général, synonyme de sens interne. || Sixième sens se dit quelquefois pour conscience. J'ai toujours cru qu'on ne pouvait prendre un intérêt si vif à Héloïse sans avoir ce sixième sens, ce sens moral dont si peu de cœurs sont doués, et sans lequel nul ne saurait entendre le mien, J. i. hooss. Conf. il. || J. J. Rousseau l'a fait synonyme de sens commun. Il me reste à parler, dans les livres suivants, de la culture d'une espèce de sixième sens appelé sens commun, moins parce qu'il est commun à tous les hr nmes, que parce qu'il résulte de l'usage bien réglé des autres sens, ro. Ém. n. || B° Sens moral, synonyme de conscience. Croire avec Hutcheson, Smith et d'autres, que nous ayons un sens moral propre à discerner le bon et le beau, c'est une vision dont la poésie peut s'accommoder, mais que la philosophie rejette, troER. Salon de (707, Œuv. t. XIV, p. 41, dans pougens. ||6* Sens pratique, habileté qui paraît instinctive et qui résulte effectivement de beaucoup d'expérience jointe à beaucoup de jugement. Le sens pratique d'un médecin. Il T Au plur. Concupiscence, sensualité, plaisir de l'amour-propre. Les plaisirs des sens. U est un autre amour, dont les vœux innocents S'élèvent au-dessus du commerce des sens, corn. Olhon, i, 5. Je permis & mes sens de se laisser chatouiller par le titre de chef de parti, que j'avais toujours honoré dans les Vies de Plutarquc, betz, llém. ii. Les sens n'ont point de part à toutes leurs ardeurs. Et ce beau feu ne veut marier que les cœurs, MOL. Femm. sav. iv, 2. Les sens, indépendants de la raison et souvent maîtres de la raison, l'ont emporté [l'homme] à la recherche des plaisirs, PASC. Pent. xn, t, éd. havet. Cette pensée [la réparation de ses fautes] la sollicite à ne plus rien donner à ses sens, boss. la Vallière. Les hommes portèrent la peine de s'être soumis à leurs sens : les sens décidèrent de tout, et firent, malgré la raison, tous les dieux qu'on adora sur la terre, ro. Ilist. u, < . Un auteur vertueux, dans ses vers innocents. Ne corrompt point les cœurs en chatouillant les sens, boil. Art p. iv. Il est peu d'âmes, quelque plongées qu'elles soient dans les sens et dans les passions, dont les yeux ne s'ouvrent quelquefois, mass. Avent, Épiph. Il ne faut rien accorder aux sens, quand on veut leur refuser quelque chose,!, j. rouss. Hél. m, 18. |! Terme de dévotion. Mortifier ses sens, se priver des plaisirs des sens, s'imposer diverses macérations. Il Familièrement. Avoir des sens, être porté aux plaisirs de l'amour. || 8* Par extension, la faculté de sentir en général. L'autre tout hors du sens.... RÉGNIER, Sot. I. Mais vous perdez le sens, reprenez vos esprits, tristan, Panthée, ii, 3. Us s'enivraient, perdaient sens et raison, la font. Fér. Percé du coup mortel dont vous m'assassinez. Mes sens par la raison ne sont plus gouvernés, mol. Mis. IV, 3. Sauvons-le; nos efforts deviendraient impuissants. S'il reprenait ici sa rage avec ses sens, RAC. Andr. v, 6. Son ami rappela ses sens avec un peu de mauvais vinaigre, volt. Candide, 4. Il 9' La faculté de comprendre les choses et d'en juger sainement. Quelques blasphémateurs.... A qui l'excès d'orgueil a fait perdre le sens, MALii. I, K. Vous êtes insensé, Paul; votre grand savoir vous met hors du sens, sao, Rible, Act. des Ap6t. xivi, 24. Rien ne persuade tant les gens qui ont peu de sens que ce qu'ils n'entendent pas, RETZ, m, 9. Le peuple s'étonna comme il se pouvait faire Qu'un homme seul eiit plus de sens Qu'une multitude de gens, la font. Fabl. ii, 20. Mais il est hors de sens que, sous ces apparences, Un homme pour époux se puisse supposer, MOL. Amph. m, i. Diverses sortes de sens droit.... les uns tirent bien les conséquences de peu de principes, et c'est une droiture de sens; les autres tirent bien les conséquences des choses où il y a beaucoup de principes, pasc. Peru. vn, 2, éd. HAVET. Nous avons un autre principe d'erreur, les maladies : elles nous gâtent le jugement et le sens, m. ib. m, s. Vous agiriez de mauvais sens.

SEN

étant obligé i jouer, de refuser.... ro. iTi. x, l. Je

ne pouvais jamais mieux faire que d'envoyer i M. de Pompone ce que vous m'écrivez de si bon sens sur l'affaire de Marseille, sév. <6 mai <67a U [Turenne] aimait ce berger [qui savait les chemins et le pays], et le trouvait d'un sens admirable, ro. )6 août 1676. Je trouve, à mon petit sens, qu'elle [Bérénice, de Racine] ne surpasse pas Andromaque, m. IB janv. (672. Le sens humain abruti ne pouvait plus s'élever aux choses intellectuelles, BOSS. Ilist. n, 2. Encore que son fonds [de l'idolâtrie] fût une ignorance brutale et une entière dépravation du sens humain, elle voulait se parer de quelques raisons, m. ib. n, 12. N'est-ce pas assez que nous voyions qu'on ne peut combattre la religion sans montrer, par de prodigieux égarements, qu'on a le sens renversé? id. ib. n, 13. Son esprit se trouble, son sens s'égare, bourdal. Carême, II, Enfer, 64. Profite de leur haine [de tes ennemis] et de leur mauvais sens, boil. Èptt. vu, à Racine. Un vieillard qui a vécu à la cour, qui a un grand sens et une mémoire fidèle, est un trésor inestimable, LA BRUY. XI. La duchesse de Chaulnes avait beaucoup de dignité, une politesse choisie, un sens et un désir d'obliger qui tenaient lieu d'esprit, stsiM. 65, 76. Un homme que quelque sens éclaire, LAMOTTE, dans DESFONTAINES. M. de Saint-Lambert est un homme d'un sens exquis; on n'a ni plus de finesse, ni plus de sensibilité que Mme d'Houdetot, DIDEROT, Lett. à mie Voland, lo sept. 1700. Quiconque a quelque critique et un bon sens pour l'histoire.... ciiateaubr. C^ni'e, n, 4,9. || 10° Le bon sens, la saine et droite raison. La puissance debienjuger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes, DESc.^^(h. I, 1. Il avait du bon sens; le reste vient ensuite, LA FONT. Fabl. X, 10. Tout ce qu'elle dit est juste et de bon sens, sÉv. 507. Le bon sens, qui est le maître de la vie humaine, boss. Hist. m, 6. Ayant toujours été convaincu que le bon sens, quelque voie qu'on suive, doit être de tout, bourdal. Dimanches, t. II, p. 21 1 , Sur la prière. Tout doit tendre au bon sens; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir; Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt on se noie, boil. An p. i. Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter, ro. ib Elle avait un confesseur qui ne manquait pas de bon sens, hamilt. Gramm. to. Ce garçon-là me plaît et parle de [bon sens, regnard, Fol. amour. n, 6. Tout écrivain qui ne fait pas son capital du bon sens renonce à l'immortalité, d'olivet, Ilist Acad. t. n, p. 109, dans pougens. Rien n'était plus contraire au bon sens que le combat judiciaire, MONTESQ. Fspr xxvni, 23. N'eût-il pas été contre le bon sens de commencer par se dépouiller? j. j. ROUss. Orig. 2. Le bon sens est la première qualité du génie; et l'à-propos, la première loi du bon sens, mabmontel, Œuv. t. vi, p. 194. Le goût n'est rien qu'un bon sens délicat. Et le génie est la raison sublime, m. j. chénier, la liaison. \\ Être dans son bon sens, jouir de la plénitude des facultés intellectuelles. Est-il dans son bon sens, ou suisje fou moi-même? th. corn. Feint astrol. v, 2. Il 11* Sens commun, l'intelligence et la lumière ordinaire avec laquelle naissent la plupart des gens. Le mot de commun le dégoûta si fort de celui de sens, que dès lors il se résolut de n'en point avoir, et de laisser cette qualité vulgaire aux personnes médiocres, balz. le Barbon. M. Talon est un fort homme de bien, de grand jugement et d'un esprit fort pénétrant; le plus beau sens commun qui ait jamais été dans le palais, gut patin, Lelt. à Falconel, 20 déc. 165J. Riches, pour tout mérite, en babil important. Inhabiles à tout, vides de sens commun, mol. Femm. sav. iv, 3. Si vous n'avez point de sens commun, ie ne puis vous en donner, pasc. Prou. xvi. D'où vient cette expression sens commun, si ce n'est des sens? les hommes, quand ils inventèrent ce mot, faisaient l'aveu que rien n'entrait dans l'âme que par les sens; autrement, auraient-ils employé le mot de sens pour signifier le raisonnement commun? volt. Dict. phil. Sens commun. On dit quelquefois: le sens commun est rare; que signifie celte phrase? que, dans plusieurs hommes, la raison commencée est arrêtée dans ses progrès par quelques préjugés; que tel homme qui juge très-sainement dans une affaire se trompera toujours grossièrement dans une autre, ro. ib. Sens commun.... ne signifie que le bon sens, raison grossière, raison commencée, première notion des choses ordinaires, état mitoyen entre la stupidité et l'espriu

SEN

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SEN

m. (b. Cet homme n'a pas le sens commun est une grosse injure; cet homme a lo sens commun est une injure aussi; cela veut dire qu'il n'est pas tout à fait stupido et qu'il manque de ce qu'on appelle esprit, iD. ib. Je suis de votre avis sur Rodogune; il n'y a pas de sens commun dans toute cette pièce qu'on a regardée comme le chef-d'œuvre de Corneille, id. Lelt. d'Argcntal, ti dcc. «770. De l'esprit, si l'on veut, mais pas le sens commun, GKESSET, le iléch. ni, 8. Il 12" En une autre acception, sens commun, s'est dit quelquefois de la concentration de toutes les impressions et de toutes les idées. Cette faculté qui réunit les sensations en tant qu'elle ne fait qu'un seul objet de tout ce qui frappe nos sens, est appelée le sens commun; terme qui se transporte aux opérations de l'esprit, mais dont la propre signification est celle que nous venons de remarquer, boss. Conn. I, 4. || 13* Sens froid, calme et fermeté. Tout le monde dit du bien de votre fils; on vante son application, son sens froid, sa hardiesse, et quasi sa témérité, sév. à Mme de Grignan, 4 7 nov. (688. {| On dit de même façon : sens rassis. Lorsque, forcé par la rencontre des choses, il revient à son sens rassis, et ne trouve rien en ses mains de celte haute fortune dont il embrassait une vaine image, BOSS. Panég Ste Thér. I. Je hais ces vains auteurs.... Qui s'affligent par art, et, fous de sens rassis. S'érigent pour rimer en amoureux transis , boil. Art p. n. || 14° Sens réprouvé, voy. réprouvé. || 15' Avis, opinion. Chacun fait à son sens, Régnier, Sat. v. Pour ce qui touche les mœurs, chacun abonde si fort en son sens, qu'il se pourrait trouver autant de réformateurs que de têtes, desc. Mélh. vi, 2. Chacun selon «on sens en croit diversement, rotrou, St Gen. n, 8. La reine même donna avec ardeur dans son sens; mais ce sens ne fut appuyé de personne, RETZ, Mém. a. C'était [l'impératrice Justine] une princesse fière, impérieuse, attachée à son sens, et prévenue do toutes les impiétés des ariens, fléch. iiist. de Théodose, ni, U4. La voie la plus courte pour arriver à la faveur des grands, c'est d'entrer toujours dans leur sens, m. Commendon, n, (9. Je voudrais dès demain pouvoir vous satisfaire ; Mais, à mon sens, Pbilis, l'hymen est une affaire Où, plus on est prudent, plus on est empêché, Perrault, Griselidis. Il évite de donner dans le sens des autres et d'être de l'avis de quelqu'un, la brut. v. Il 16* Il s'est dit pour idée, pensée. J'avais corrigé cet article, sans en ôter aucun sens; mais d'Hacqueville aima mieux l'envoyer promptement, sÉv. n oct. 4676. Il 17* Signification, manière de comprendre. Mais de ses derniers mots voyant le sens douteux.... CORN. Rodog. v, 4. L'effet expliquera le sens de la menace, m. Théod. i, 2. Vous prenez tout d'un sens contraire à ma pensée, rotr. Antig. n, 4. La seule résolution que Mme de Longueville prit de se retirer en Berri avec Mme la Princesse, eut autant de sens et d'interprétations différentes qu'il y eut d'hommes ou de femmes à qui il plut d'en raisonner, retz, Mém. t. n, liv. m, p. 504, dans pouGENS. Hormidas l'entendant en un mauvais sens, Jean II l'entendant en un bon sens, pasc. Prov. zvn. J'entends ce mot au sens des molinistes, m. ib. I. Pour entendre l'Écriture, il faut avoir un sens dans lequel tous les passages contraires s'accordent, m. Pens. xvi, 4 0 bis. Les prophéties ont un sens caché et spirituel, dont ce peuple [les Hébreux] était ennemi, sous le charnel, dont il était ami, iD. ib. xv, 7. Les mots diversement rangés font un divers sens, et les sens diversement rangés font différents effets, m. ib. ixv, 4 28. Un même sens change selon les paroles qui l'expriment ; les sens reçoivent des paroles leur dignité, au lieu de la leur donner, m. ib. vu, 32. Ces demandes sont des demandes au sens que tout le monde entendait, BOSs. JVout). Myst. 40. Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre. Mon esprit aussitôt commence à se détendre, boil. Art p, i. Un oracle toujours se plaît à se cacher; Toujours avec. un sens il en présente un autre, rac. Iphig. n, 4. Ses paroles étaient entrecoupées, obscures, et quelquefois elles n'avaient aucun sens, fén. Tél. vu. Il y a toujours un sens dans lequel on peut condamner un écrit, et un sens dans lequel on peut l'approuver, VOLT. Disc. Lisbonne, préf. Toute expression qui ne trouve pas hors de notre esprit un objet sensible auquel elle puisse se rattacher, est vide de sens, DiDEH. Opin. des anc. philos. [Locke). \\ Sens propre. Sens figuré. Les grammairiens distinguent ordinairement deux espèces de sens dans les mots : le sens propre qui est leur signification originaire et primitive, et le sens figuré par lequel on détourne

le premier sens, le sens propre, en l'appliquant à un objet auquel il ne convient pa.« naturellement, d'allmb. Œuv. t. n, p. 249. Il Sens par extension, sens différent du sens propre, mais sans être métaphorique. 11 y a, outre le sens propre et le sens figuré, un autre sens que j'appelle sens par extension, qui tient en quelque sorte le milieu entre ces deux-là, w. ib. || Contre-sens, voy. contre-sens. Il Faux sens, erreur commise dans une traduction; c'est moins que le contre-sens, mais c'est à cAté du sens de l'original. || 18° Ce qui fait la solidité du discours. Perse, en ses vers obscurs, mais serrés et pressants. Affecta d'enfermer moins de mots que de sens, BOIL. /Ir<p. n. Lycurgue voulaitque la monnaie fut fort pesante et de peu de valeur, et, au contraire, que le discours comprit en peu de paroles beaucoup de sens, rolun. Traité des Et. v, 3* part. 2. Mérite non commun, savez-vous, ni facile, de clore en peu de mots beaucoup de sens, p. L. COURIER, Pamphlet des pamplUets. || 19* Manière, façon, par extension d'acception, de signification. 11 faudrait avoir une règle; la raison s'offre, mais elle est ployable à tous sens, pasc. Pens. VII, 4. Les hommes, en un sens, ne sont point légers, ou ne le sont que dans les petites choses.... fermes et constants dans le mal ou dans l'indifférence pour la vertu, la bruyère, xi. Rejetons pour toujours et en tous sens cette puissance [de produire l'imparfait] que l'auteur [Malebranohe] attribue à Dieu, fén. t. m, p. 31 . C'est sans doute un grand avantage, de quelque sens qu'on le considère, vauven. Justesse. Le bon sens consiste à prendre les choses dans le bon sens, id. B. sens Pourquoi la peste, la guerre, la famine et l'inquisition? tournez-vous de tous les sens, vous ne trouverez d'autre solution, sinon que tout a été nécessaire, volt. Dict. phil. Puissance. Il [Guise] était l'idole des catholiques et le maître de la cour, affable, généreux et en tous sens le premier homme de l'État, id. Mœurs, 4 74. || Tourner quelqu'un de tous les sens, le questionner de toute façon pour lui faire avouer quelque chose. || 20* Un des côtés d'une chose, par extension de manière, façon. On a mis cette étoffe du mauvais sens. La poésie tourne autour de son objet comme la sculpture, et le présente dans tous les sens, mar- MONTEL, Œuv. t. IX, p. 409. Sur toi pèse en tout sens sa fluide colonne [de l'air], deulle, Jroû régnes, u. || 21° Direction. La Méditerranée, cette mer si connue, traversée de tous les sens possibles par une infinité de navigateurs, fonten. Delisle. Pourquoi tourne-t-il [le soleil] sur son axe? et pourquoi en un sens plutôt qu'en un autre? volt. Ph. ignor. 4 5. Un aimant attire le fer de quelque côté qu'on le présente, au lieu qu'il n'attire un autre aimant que dans un sens, et qu'il le repousse dans le sens opposé, bufp. Min. t. ix, p. 4 36. Le torrent des préjugés l'entraîne ; pour le retenir, il faut le pousser en sens contraire, j. J. Rouss. Ém. IV. Il 22" A contre-sens, voy. contre-sens. || Proverbe. Oui perd le sien perd le sens.

— SYN. SENS, acception. Sens diffère d'acception en ce qu'il a plus d'étendue. On dit : le sens d'un mot et le sens d'une phrase; mais on dit seulement : l'acception d'un mot, sans pouvoir dire l'acception d'une phrase.

— HIST. xt*s. A bien petit que il ne pert le sens, Ch. de Roi. xxii. Car vasselage par sens [avec prudence] n'est pas folie, ib. cxxix. ||xii* s. Se j'avoie le sens qu'ot Salemons, Couci, xiii. Car g'i met tout, cuer et cors et désir. Sens et savoir.... ib. XIX. Quant Karlcs li cria : Saisne, que pensestu? Cuidcs me tu sorvaincre? tu as le san perdu, Sax. II. Mais ce poez veoir assez Que c'est li drois chemins batuz; Dès que je m'i siii anbatuz. Je ne tornerai autre san [côté], la Charrette, 4 378. Do tûtes terres veneient genz pur oïr le senz le rei Salomun, iloi», p. 244. Jà voir, ces murs ne vos auront garant, Ne ces paies où l'orluist et resplant; Tôt le verroiz [verrez] depecier en mil sens, la Prise d'Orange, v. 4(03. Quant veù unt e esgardé, Que la paiz lor est saluable, E en tuz sens plus profitable, benoît, ii, 4086. || xiii* s. Qui font tant par trop boire Que il en perdent si le sens et la mémoire.... Berte, lxvi. Vers le lion [il] s'en va, ou soit sens ou folie, ib. ii. Se tu me voloies laissieraler, je l'aprenderoie trois sens qui t'averoient grant mestier, Chr. de Rains, 236. Car quant il vit qu'il ne porroit Acomplir ce qu'il desirroit, Et qu'il y fu si pris du sort. Qu'il n'en pooit avoir confort En nule guise, n'en nul sens. Il perdi d'ire tout le sens, la Rose, 4 5lo. Babiloine, si com je pens, Dure vingt Hues de tos sens, Flor. et Bl.

4787 Se on savoit si tost noatre nom, ....por le

petit sens qui est en noz, nostre œvre.... fust mains prisie, BEAUM. Prologue. Quant galiot corent par mer. Et tornent cel sens [de ce côté] por rober, Partonop. y. 4 745. || nv s. La partie qui congnoiit peut estre appcUée sens, et celle qui appelé eit nommée appétit sensitif, oresuk, Éth. 32. Le bon sens naturel que Dieu vous a donné, Ménagier, i, s. Il XV* s. Le sens acquis profite plus, Quant au naturel est unis, b. descii. Poét. ma. f* 242. San* nul delay, sy le querons, Et faisons que le trouverons : Je vous dy que nous ferons sanz [sensément], Résurrect. de H. S. Myst. Et fut celle prise moult honorable ; car grande dcffensc y trouvèrent, parquoy convint de Unt plus grand sens et force & en venir à chef, bouciq. IJisl. t, 4». El ne m'est pas advis que le sens d'ung homme sceust porter et donner ordre à ung si grant nombre de gens.... coMU. I, 3. Si tost que les princes furent venus devant le roy, il les regarda, puis dist : seigneurs, je m'en vois mourir; ung sens [sentence] vous laisse, c'est que nul de vous ne vueille herberger jeunes amours en ung vieil corps; car celluy qui le fait, il hcrbergo sa destruction et sa mort, Perceforest, t. vi, f" 06. Elle y aura employé ses cinq sons de nature. Les 4 5 joies de mariage, p. 83, dans LACURNE. Il XVI* s. La chose est tant abborrcnte de sens commun, que.... rab. Garg. i, 34. Chascun abunde en son sens, mesmement en choses foraines, externes et indifférentes, ro. Pant. m, 7. Prester à un escript un sens qu'il n'a pas, MONT, I, «34. L'usage des parfums, pour nous resjouir, esveillcr et purifier le sens, m. i, 292. Chascun en peult débattre et dire selon son sens, id. i, 309. U n'y a sens qui n'ayt une grande domination, et qui n'apporte par son moyen un nombre infini de cognoissances, m. n, 359. Il eut en grande admiration son bon sens et sa hardiesse, amyot, Thém. 64 . Leur ayant le mal troublé le sens, iU se mutinèrent contre luy, id. Périe. 66. Caton se levant, non comme picqué de soudaine cliolere ny d'envie de contester, ains de sens froid et rassis, id. Cat. d'Utiq. 66. Partout le sens commun est comme un réceptacle universel des sens extérieurs, paré, iviii, 4 i. En amour est folie et sens, cotgrave. u est bien fol qui à fol sens demande, ID. Nul n'a trop pour soy de sens, m.

— ETYM. Wallon, sain; du lat. sensûs. A côté de sens, l'ancienne langue avait san ou sen (provenç. sen; ital. senno), qui vient non du lat. «ensus, mais de l'allem. Sinn, sens, et qui a donné forcené. Sens et sen avaient pris l'un et l'autre le sens de direction, de côté; c'est une extension de la signification primitive, qui alla à manière, mode d'être, ainsi que le latin mens l'a fait dans les compositions adverbiales des langues romanes.

2. SENS DKSSUS DESSOUS (san-de-su-de-sou), SIl.NS DEVANT DERRIÈRE (san-de-van-dè-riè-r'), loc. adv. Il 1* Sens dessous dessous, dans une situation telle que ce qui devrait être dessus se trouve dessous. Cotte boîte est sens dessus dessous. Nos bombes tombaient à tous moments sur ces demi-lunes, et semblaient les renverser sens dessus dessous, rac. Lelt. xviii à Boil. \\ Fig. et particulièrement. En parlant de ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé. Je crois qu'i mon avis tout le monde radote. Qu'il a la tête vide et sens dessus dessous, régnier, Sat. xiv Vous devriez.... Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune. Et vous mêler un peu de ce qu'on fait chez vous. Où nous voyons aller tout sens dessus dessous, mol. F. sav. n, 7. Cette religieuse qui met tout son diocèse sens dessus dessous, SÉV. 74. Je logerai à Époisse, parce que Bourbilly est sens dessus dessous, id. 30 juill. «677. Il Mettre quelqu'un sens dessus dessous, lui causer un trouble violent, une vive émotion. Cet enfant m'avait mis tout sens dessus dessous, TH. corn, le Geôlier de soi-même, ?, 7. || 2* Sens devant derrière, loc. adv. Dans une situation telle que ce qui devrait être devant se trouve derrière. Sa perruque est sens devant derrière.

— HIST. XIII* s. Si vueleni estre plcdceur. Et pensent baras et cauteles, Dont il bestornent les querelles. Et metent ce devant derrière, ruteb. 222. Et bien est voir [vrai] qu'il souloil estre En tel manière ; Mais tout va ce devant derrière, Un dit de vérité. Et ainsi seroit li plais ce devant derrière, BEAUM. n, 3. Leur gloutonie nous fist tel domage que nous en fumes delaié [retardé] huit bones journées, pour ce que le roi fist tourner les nefs ce devant derrière, joinv. 286. || xiv* s. Li jeus est retournés che que derier devant, Baud. de Seo,

SEN

T, 280. Retournez la lamproie ce dessus dessoubz ou [au] pot, Ménagier, i, b. || iV s. On lui tourna [au duo de Lancastre] ses armes ce dessus dessous, comme si il fust traistre, froiss. n, n, H 7. Renverser s'en dessus dessoubz, Est-ce bien fait, je vous en prio?CH. d'ohl. Rondeau, p. 29G. Princes, vous qui tenez les grans estais Sans regarder la façon et manière, Vous courroucez tant de gens en ung tas, Que tout pour vous va cen devant derrière, CGOUiLLART, Bail, contre les princes. Renversez cen dessus dessous La terre... ORlNGoraE, Farce à la suite du jeu du Prince des sots. || ivi' s. Ce petit paillard tastonnoyt ses gouvernantes cen dessus dessous, cen devant darriere, rab. Garg. i, it. Craignant que s'il attentoit de remuer et tourner sans dessus dessoubz tout le gouvernement de la ville.... amyot. Sol. 23. Un tremblement de terre si violent que quelques villes en furent renversées sans dessus dessoubs, id. Fab. e. Bien que voulusse alors dessus dessous Verser les murs de Troye parjurée, du bellay, iv, 38. Cela estoit pour renverser entièrement nostre chasteau s'en dessus dessous, paré, t. m, p. 7H. Plusieurs fois le jour l'on tourne et vire s'en dessus dessous la fueille de meurier, o. de serres, ♦«8. Ceste mayson est transposée cen dessus dessoubz, palsgr. p. 42). Fortune lui a versé sa chance cen dessus dessoubz, id. p. 640. Et ayant presque renversé s'en dessus dessous, straparole, 6* nut», Fabl. )

— ÉTYM. Vaugelas écrivait ionî dessus dessous, saru devant derrière, comme qui dirait soni dessus ni dessous ; Mme de Sévigné suivait cette orthographe, qui avait des précédents dans le ivi* siècle. Chapelain et Ménage écrivaient sens dessus dessous, conformément à l'avis de Pasquier, et cette orthographe a prévalu; sens est supposé avoir ici la signification de direction, décote, comme qui dirait : le sens qui devait être dessus est dessous. Mais on comprend tout d'abord combien une pareille locution serait forcée; au reste, toutes ces hypothèses tombent devant l'historique; la locution est simple et correcte : c'est ce dessus dessous c'est-à-dire ce qui est dessus mis dessous. Au ïV siècle, on a dit c'en dessus dessous : ce qui est en dessus mis en dessous. Enfin, au ivi* siècle, l'intelligence de la locution se perdant, on ne sait plus l'écrire; la prononciation se conserve par la tradition et reste la même; mais l'orthographe se corrompt. La vraie locution est donc c'en devant derrière, c'en dessus dessous; ce qui a exactement le même son que sens dessus dessous. H. Estienne avait bien vu ce que c'était que cette locution. Il appartiendrait à l'Académie, que les imprimeries suivent, de rectifier une aussi vicieuse orthographe, d'autant plus qu'il n'y a rien à changer à la prononciation

t SENSAL (san-sal), s. m. Voy. sansal.

— ETYM. Ital. sensole; de l'arabe timsdr, entremetteur.

SENSATION (san-sa-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il l' Impression produite par les objets extérieurs sur un organe des sens, transmise au cerveau par les nerfs, et aboutissant à un jugement de perception. Les sensations sont passives, lorsque l'organe reçoit l'impression sans l'avoir cherchée ; elles sont actives, lorsque l'attention de l'individu se concentre pour les juger avec plus d'exactitude. La sensation du froid, du chaud. La sensation des saveurs, des odeurs, des couleurs. Nous pouvons la définir [la sensation] la première perception qui se fait en notre âme à la présence des corps que nous appelons objets, et ensuite de l'impression qu'ils font sur les organes de nos sens, boss. Connaiss. i, ). On donne le nom de couleur blanche à la sensation que la neige a coutume de produire en nous, rouaut, Phys. I, 27. Les sensations ne sont rien autre chose que des manières d'être de l'esprit; et c'est pour cela que je les appellerai des modifications do l'esprit, malebr. Rech. vér. i, (. Toutes les facultés du monde n'empêcheront jamais les philosophes de voir que nous commençons par sentir, et que notre mémoire n'est qu'une sensation continuée, VOLT. Dict. phil. Sensation. Nous sentons toujours malgré nous, et jamais parce que nous le voulons; il nous est impossible de ne pas avoir la sensation que notre nature nous destine, quand l'objet nous frappe, m. i6. Berkeley [l'idéaliste] attend encore une réponse : lier l'existence réelle de son propre corps avec la sensation n'est point une chose facile, ower. C(aud« et Nér. n, 3i. Les tensations n'ayant rien qui ressemble essentiellement aux objets.... n>. Letl. sur le: aveug. Distin-

SEN

guons la sensation du sentiment : la sensation n est qu'un ébranlement dans le sens; et le sentiment est cette même sensation devenue agréable ou désagréable par la propagation de cet ébranlement dans tout le système sensible, bukf. Quad. t. n, p. (44. Le mot sensation, pris abstractivement, n'exprime proprement aucune idée; ce mot est seulement une expression commune à toutes les idées que nous recevons par les sens, d'aleub. lîél. de lillér. t. v, §n. Toutes nos facultés viennent des sens, ou, pour parler plus exactement, des sensations; car, dans le vrai, les sens ne sont que cause occasionnelle, condil. (Euvr. t. m, p. 3. La philosophie fait un nouveau pas : elle découvre que nos sensations ne sont pas les qualités mêmes des objets, et qu'au contraire ellesne sont que des modifications de notre âme, id. Traité des sensat, i, n, (.Une suffit pas d'avoir des sensations pour avoir des idées, et nous n'avons des idées qu'autant que nous remarquons nos sensations, id. Art de pens. I, 3. En 1765 il donna un mémoire sur la durée des sensations de la vue, condorcet, d'Arci. La statue [imaginée par Condillac] commence à jouir de l'existence; mais elle ne sait point encore qu'elle existe; une sensation n'est pas une notion; et combien l'idée d'existence est réfléchie! bonnet, Ess. anal, dme, 8. Condillac a exposé un grand nombre des efl'ets de la sensation dans l'entendement, avec une analyse si exacte et si claire, qu'il ne reste plus aucun louche sur l'origine de nos idées, DESTCTT TRACY, Instit. Mém. se. mor. et pot. 1. 1, p. 28». Les sensations répétées souvent nuisent toujours aux sens qui les produisent, en raison de la délicatesse du sens, de l'intensité et de la durée de la sensation, sennebier, Ess. art d'observ. t. i, p. 4)8, dans pougens. ||i° Particulièrement, impression produite par les objets extérieurs sur les sens et aboutissant au plaisir ou à la peine. Nous sommes étonnés de la pensée; mais le sentiment est tout aussi merveilleux; un pouvoir divin éclate dans la sensation du dernier insecte comme dans le cerveau de Newton, volt. Dict. phil. Sensation. || 3* En général, action de sentir, action dévolue à certaines parties du système nerveux périphérique et central, tant extérieur ou de la vie animale qu'interne ou sympathique, c'est-à-dire de la vie végétative. || Sensations externes, celles qui appartiennent au tissu nerveux de la vie animale. Il Sensations internes, celles qui appartiennent au tissu nerveux de la vie végétative; elles font percevoir non plus les propriétés des corps ou les actions des êtres du milieu ambiant, mais l'état où se trouvent certains organes de l'animal même qui perçoit. || 4* Fig. Faire sensation, faire une sensation, produire une impression marquée dans le public, sur une compagnie, etc. On est toujours indigné ici de l'absurde et abominable jugement de Toulouse; on ne s'en soucie guère à Paris, où l'on ne songe qu'à son plaisir, et où la Saint-Barthélémy ferait à peine une sensation, VOLT. Lett. Damilaville, (7avr. (762. Nous sommes dans un temps où rien ne fait une grande sensation ; tous les objets, de quelque nature qu'ils soient, sont efi'acés les uns par les autres, id. Lett. Richelieu, 1 9 juill. ) 773. Il n'y ade bruyantes que les folles ; les femmes sages ne font point de sensation, j. i. Rouss. Ém. v.

— HIST. XIV* s. De toute chose qui ouvre [opère] selon aucun des sens naturelz, la sensacion ou operacion est ou [au] resgart de la chose sensible,

ORESME, Eth. 304.

— ÉTYM. Provenç. sensation; espagn. ser^sacion; ital. sensaxione; du lat. sensationem, de sensatus, doué de sens, de sensus, sens.

SENSÉ, ÉE (san-sé, sée), adj. \\ !• Qui a du bon sons, du jugement. Apprends que les discours dos filles bien sensées Découvrent rarement le fond de leurs pensées, corn. If^d. m, 4. Si vous en consultiez des têtes bien sensées, id. Nicom. n, 3. Cette importante difficulté de la justification, de laquelle leurs premiers auteurs [des protestants] ont fait leur fort, n'est plus à présent considérée comme capitale par les personnes les mieux sensées qu'ils aient entre eux, boss. Exp. de la doctr. de l'Egl. vn. Un sage confident. Conseiller trèssensé d'un roi très-imprudent, BoiL.^ptM. ||i* Conforme au bon sens, à la raison. Un discours sensé. Une réponse bien sensée.

— ÊTYM. Lat. «ensaJus, de sensus, sens. Le mot est nouveau. L'ancienne langue disait séné, de sen (voy. l'historique de sens).

8ENSËMENT (san-sé-man), adv. D'une manière

SEN

sensée. Il parle, il écrit sensément. X l'égard dss vers dont vous me parlez, vous pensez sur cet art aussi sensément que sur tout le reste, volt. Lett. ou Pr. roy. de Prusse, 26 août )736.

— REM. Ne confondez pas ce mot avec le terme populaire censément.

— ÉTYM. .Sensé, et le suffixe tnent.

t SENSIBILISACLE (san-si-bi-li-za-bl ), adj. Terme de photographie. Qui peut être sensibilisé.

tSENSIBlLISATEUR, TRICE (san-si-bi-li-za-teur, tri-s'), adj. Terme de photographie. Qui sensibilise. Le bain sensibilisateur.

tSENSIBILISAT10N(san-si-bi-li-za-sion),s. f. Action de sensibiliser.

t SENSIBILISER (san-si-bi-li-zé), v. a. Terme de photographie. Rendre sensible à l'action de la lumière la surface d'une feuille de papier.

— ÉTYM. Sensible.

SENSIBILITÉ (san-si-bi-li-té), s. f. || !• Qualité de sentir, c'est-à-dire propriété dévolue à certaines parties du système nerveux, par laquelle l'homme et les animaux perçoivent les impressions soit faites par les objets du dehors, soit produites à l'intérieur. Quand la chaleur de la terre s'est assez attiédie pour ne pas ofl'enser la sensibilité des êtres qui nous ressemblent, bufp 6* époque, Œuv. t. xii, p. 293. Je ne saurais douter raisonnablement que je ne sois doué de sensibilité, d'entendement, de volonté, parce que j'exerce à chaque instant ces facultés, bonnet, Œuv. mêlées, t. Tiii, p. 236, dans POUGENS. Exister pour nous, c'est sentir; notre sensibilité est incontestablement antérieure à notre intelligence, j. j. rouss. fim.rv. La source de toutes les passions est la sensibilité; l'imagination détermine leurpente,iD. ib. \\ 2° Sensibilité organique, expression encore fréquemment employée mais tout à fait abusive, par laquelle on désigne l'aptitude des éléments anatomiques à s'assimiler certains principes immédiats et leur inaptitude à en assimiler d'autres. H 3' Il se dit de la susceptibilité à l'impression des choses morales. La sensibilité que j'ai pour tous les intérêts [de ma chère enfant], sÉv. 9 mai )880. Il se forme dans les grandeurs une nouvelle sensibilité pour les déplaisirs, dont le coup est d'autant plus rude qu'on est moins préparé à le soutenir, boss. Mar.-Thér. Une âme faible.... qui n'apporte jamais à l'autel que des promesses cent fois violées, que des sensibilités de dévotion que le premier plaisir étouffe, MASS. Avent, Dispos, à lacomm. Un reste de respect, et une certaine sensibilité pour la vérité, id. Carême, Parole de Dieu. Ainsi votre sensibilité sur les injures, toujours trop écoutée, a poussé votre orgueil à un tel point, que.... id. Carême, Tiéd. 2. Avoir dans la défaillance de l'âge.... la même sensibilité pour le plus léger refroidissement du maître, que dans l'âge le plus vif et le plus florissant, id. Carême, Dang. desprospér. temp. Ainsi la vie se passe, la conscience s'use, la sensibilité au bien s'éteint, id. Carême, Pâques. J'avais apporté de Paris le préjugé qu'on a dans ce pays-là contre la musique italienne; mais j'avais aussi reçu de la nature cette sensibilité de tact contre laquelle les préjugés ne tiennent pas, j. j. rolss. Conf. VII. Il 4° Sentiments d'humanité, de pitié, de tendresse. Ce n'était pas ici une de ces sensibilités de caprice, qui n'ouvrent le cœur à certains maux que pour le fermer à tous les autres, mass. Or. fun. Yillars. Ces sensibilités vulgaires que les faiblesses déshonorent, et où, à force de donner tout à la tendresse, on ne donne rien à la raison et au devoir, id. Or. fun. Madame. La sensibilité fait tout notre génie ; Le cœur d'un vrai poète est prompt à s'enflammer, Et l'on ne l'est qu'autant que l'on sait bien aimer, pircn, Métrom. i, 3. Il y a une espèce de sensibilité vague qui n'est qu'une faiblesse d'organes, plus digne de compassion que de reconnaissance, dlclos, Consid. mœurs, (4. La vraie sensibilité serait celle qui naîtrait de nos jugements et ne les formerait pas, m. ib. La sensibilité n'est jamais sans faiblesse d'organisation, DiDER. Parad. coméd. Mém. t. rv, p. )3, dans pougens. La tendresse se borne au sentiment qui fait aimer; la sensibilité a pour objet tout ce qui peut affecter l'âme en bien ou en mal, d'alemb. Synon. Œuv. t. m, p. 329. lis* Terme de physique. Grande justesse d'un instrument qui le rend capable d'indiquer les diflërences les plus légères. Sensibilité d'une balance. || Sensibilité de la main, qualité par laquelle le cavalier sent immédiatement si les rênes produisent l'efifet nécessaire. || 6° Fig. Qualité d'être senti, c'est-à-dire caractère sensible, matériel. Il faut bien prendre garde à tempérer de

SEN

SEN

SEN

telle manjèrn la sensibilité de ses expressions que Ton ne fasse que rendre l'esprit plus attentif, MALKBR, Recherclie, vi, 3.

— HlST. xiv* s. L'utilité de la scnsibleté de cuir lU que le cors, qui en est avironé, ne fust pas blccié sans le savoir, h. de mondetiile, f" )o, verso. L'excellent scnsibleté que le nerf ot [eut], ID. t* ai, verso. Ce [que l'anatomie est nécessaire] pucl estre prouvé en trois manières: la première par autorités ; la seconde par sensibilité semblable [un exemple semblable]; la troisième par raison, id. f* 7, t'erso.

— ÉTYM. Provenç. sensibilitat; espagn. sensihilidaiJ; ital. sensihilità; du lat. sensibilitatem, de tensibilis, sensible.

SENSIBLE (san-si-W), adj. \\ 1* Qui est doué de sensibiiilé. Les êtres sensibles et les êtres inanimés. Il vaut mieux enlever l'esprit hors de ses réflexions, et traiter l'homme comme sensible, au lieu de le traiter comme raisonnable, montesq. Ltlt. pers. 33. Il 8" Par extension, qui jouit d'une sensibilité exquise, plus grande qu'à l'ordinaire. Un cheval qui a la bouche sensible. En voilà pour tuer une oreille sensible, mol. femm. sav. il, 6. Jamais oreille ne fut plus sensible à l'harmonie, volt. itél. litt. J/m« du Chdtelet. || Sensible à l'éperon, se dit d'un cheval qui obéit à cette aide. || Qui reçoit une impression trop vive des objets. L'œil est une partie fort sensible. Il est sensible aux moindres variations du temps. |I Sensible aux mouches, se dit d'un cheval qui craint beaucoup la piqiire de ces insectes. || Terme de botanique. Se dit des plantes qui ferment leurs feuilles quand on y touche, ou qui ont des feuilles tellement délicates qu'on ne peut y toucher sans les froisser. || 3* Fig. Qui reçoit une impression morale. Puisque Rome le veut, puisqu'il est impossible De la rendre une fois à la pitié sensible, mairet, lfor< d'^sdr. i, 4. Vous ne vous montrez point sensible à cet outrage I corn. Hor. n, 5. Aux larmes de sa mère il a paru sensible, RAC. Théb. II, 3. Peu sensible aux charmes d'Hermione, ro. 4ndr. i, (. À mes périls Atalide sensible, id. Bo;". ii, 5. Quels hommes [les Spartiates], s'écria par admiration l'un des seigneurs persans, qui ne sont sensibles qu'à l'honneur et point à l'argent I bolun, Ilisl. anc. (Eut), t. m, p. 23<, dans POUGENS. Peu de gens aussi sensibles au mérite sont à portée de le favoriser, ou peu de gens à portée de le favoriser y sont aussi sensibles, fonten. Oianam. || On le dit avec à et un infinitif. N'étant guère moins sensible à reconnaître les obligations que j'ai aux autres excellentes personnes... voit. Lett. 60. || Sensible sur. Vous n'êtes que trop vive et trop sensible sur ma vie et sur ma santé, sÉv. à Mme de Grignan, a mai mu. Mes parents sont si peu sensibles à ce que je fais pour eux, et le sont tant sur ce que je ne puis faire, que leur commerce ne me donne que du chagrin, mainten. Lett. à il. d'AuhigrU, \" nov. 1683. Il On a dit, mais on ne le dit plus, sensible en. Trop sensible en tonmal,de regret je me pâme, RÉGNIER, Èlég. II. Il Particulièrement. Etre sensible à quelque chose, en éprouver un vif déplaisir. Docile à la censure quand elle était just^ Moncrif y était pourtant très-sensible, d'alemb. Eloges, Moncrif. Il Absolument. Un plus sensible que moi se plaindrait du monde ; mais je me contente de l'oublier, BALZ. liv. V, lett. î5. il C'est son endroit sensible, sa partie sensible, se dit en parlant des choses dont quelqu'un est le plus touché. Ahl tu sais me frapper par où je suis sensible, corn. Cinno, i, 2. S'il restait encore dans le cœur de Mme la Dauphine quelque endroit sensible, c'était à l'amour de la gloire et plus encore au salut de son époux, FLÉCH. Douphtne. C'est l'attaquer par son endroit sensible, mass. Pet. carême, Gloire hum. || 4* Absolument. Qui est aisément ému, attendri. Son sort que tu plains te doit faire penser Que ton cœur est sensible et qu'on peut le percer, corn. Pomp. iv, i. lia voix rendrait les bois et les rochers sensiblee, botr. St Gen. n, 3. Une personne si sensible et si délicate, qui ne pouvait seulement entendre nommer les maux, a souffert douze ans entiers et presque sans intervalle les plus vives douleurs, boss. Anne de Gonz. Je me croirais un monstre si je cessais de l'aimer passionnément [le duc de Choiseul]; je suis aussi sensible à l'âge de près de quatre-vingts ans qu'à vingt-cinq, tolt. Lett. Mme de St-Julien, ii janv. <772. Les âmes sensibles ont plus d'existence que les autres-, les biens et les maux se multiplient à leur égard, dl'Clos, Consid. moeurs, 4. X la moindre circonstance inopinée, l'homme sensible la perd [la tête]; il ne sera ni un

grand roi, ni un grand ministre, ni un grand capitaine, ni un grand avocat, ni un grand médecin, dider. Parad. coméd. Mém. t. iv, p. ii, dans pou- OENS. Je me connais sensible, je ne me crois pas faible, il"' biccoboni, Œuv. t. iv, p. 60, dans POUGENS. Sois homme sensible, mais sois homme sage; si tu n'es que .l'un des deux, tu n'es rien, J. I. Rouss. Ém. IT. Soyez fermes et non pas opiniâtres; courageux, et non pas tumultueux; libres, mais non pas indisciplinés; sensibles, mais non pas enthousiastes, mirabeau, CoUecticm, i, p. 51. Sensible assez pour être aimante et bienfaisante, mais pas assez pour être le jouet de ses passions, marmontel, Mem. vin. || Particulièrement. Qui reçoit l'impression de l'amour. Hermione est sensible ; Oreste a des vertus, rac. Andr. n, « Hippolyte est sensible et ne sent rien pour moi, ID. Phèdre, iv, 5;|| S* Au sens passif. Qui peut être senti, qui fait impression sur les sens. Les objets sensibles. Le monde sensible. Les qualités excessives nous sont ennemies, et non pas sensibles : nous ne les sentons pas, nous les souffrons, PASC. Pem. I, t, édit. bavet. || Idée» sensibles, idées immédiatement fournies par les sens. Une idée abstraite veut être expliquée par une idée moins abstraite, et ainsi successivement, jusqu'à ce qu'on arrive à une idée particulière et sensible, CONDIL. Traité des syst. i. || 6* Qui cause une impression pénible. Le froid a été très-sensible cette année, {j Par extension, douloureux. Le mal de dents est un mal très-sensible. Un coup de poignard ne me serait pas plus sensible, sÉv. 224. || 7° Fig. Qui fait une vive impression agréable ou pénible, qui est vivement senti en bien ou en mal. Rome avec une joie et sensible et profonde, corn. Ct'nno, V, 3. Les reproches me sont sensibles; il faut qu'ils me le soient beaucoup, puisque j'y ferai céder, s'il le faut, mes plus sensibles intérêts, sÉv. 326. Vous me parlez de la mort de M. de la Rochefoucauld ; elle est encore toute sensible en ce pays-ci, id. s avr. (680. Ce revers est sensible, il faut le confesser, th. corn. Ariane, n, 3. C'eût été un soutien sensible à une âme comme la sienne, d'accomplirde grands ouvrages pour le service de Dieu, boss. Anne de Gom. Encore s'il eût plu à Dieu de lui conserver ce goût sensible de la piété qu'il avait renouvelé dans son cœur au commencement de sa pénitence, m. ib. Je fais cette lecture avec une sensible consolation, ro. Lett. »8. Ceux qui s'abandonnent à toutes sortes de divertissements très-sensibles et très-agréables, ne sont pas capables de pénétrer des vérités qui renferment quelque difficulté considérable, ualebr. Recherche, n, i' part. ch. 8, l . Amitiés sensibles qui font une impression plus vive sur le cœur, qui le touchent, qui l'affectionnent, bourdal. Pensées, t. n, p. 2BB. Laissons aux infidèles ces longues et sensibles douleurs [pour la mort des personnes chères] que la religion ne modère pas, fléch. Lamoignon. Ce qui fut le plus sensible au général carthaginois [Annibal], fut de voir Capoue assiégée par les Romains, rolun, Uist. anc. Œuv. t. I, p. 4B0, dans POUGENS. Ne me serait-il point sensible de vous voir faire une injuste préférence? baron, VHomme à bonnes fortunes, i, 3. Ce n'est pas, grand Dieu I que ces consolations soient toujours sensibles à une âme fidèle, mass. Paraphr. Ps. XV, B. Il 8" Qui se fait percevoir, remarquer aisément, clairement. Mon malheur m'est visible. Et mon amour en vain voudrait me l'obscurcir ; Mais le détail encor ne m'en est pas sensible, mol. Amph. u, a. Pour me servir d'une comparaison qui sera plus sensible, pasc. Prov. n. C'est le cœur qui sent Dieu, et non la raison; voilà ce que c'est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison, ro. Moyens, l , édit. faugère. Si nos cœurs s'endurcissent après un avertissement si sensible [la mort rapide de Madame], que reste-t-il autre chose à la Providence que de nous frapper nousmêmes sans miséricorde? boss. Duch. d'Orl. Le compte est aisé à faire, et la suite le rendra sensible, ID. Hist. 1, S. Dieu se rendit sensible par de continuels miracles, ro. ib. n,' 3. Faits qu'il a rendus sensibles aux plus ignorants, ro. ib. n, < 3. Le premier sujet de vos plaintes [de Fcnelon] regarde l'altération de votre texte imputée à M. de Chartres : En voici, dites-vous, un exemple des plus sensibles.... ro. Rép. d'un théologien, ). Le silence de la nuit, rendant les échos plus forts et plus sensibles, faisait paraître leurs cris comme des cris d'une troupe beaucoup plus grosse que la leur, ROLUN, IHst. anc. Œuv. t. vu, p. b07, dans POUGENS. Les belles fables de l'antiquité ont en-

core oe grand avantage lur l'histoire qu'elles pri- •entent une morale sensible, volt. Dicl. phil. Fabl. Cet exemple suffit pour rendre ma pensée sensible, condill. Conn. hum. n, i, 9. || 9* Appréciable. Presque toute la nation irritée longtemps contre sa propre félicité qui ne lui était pas encore seivslble, volt. Russie, n, <o. En général, l'influence de la nourriture est plus grande et produit deselfets plus sensibles sur les animaux qui se nourrissent d'herbes ou de fruits, buff. Quadrup. t. ra, p. 207. Il suffit de faire chauffer ou geler de l'eau, pour que l'air qu'elle contient reprenne son élasticité et s'élève en bulles sensibles à U surface, id. Uist. min. i' part. Œuv. t. vi, p. U7. Il est certain que Saturne éprouve, dans son mouvement, des variations sensibles, et il est fort vraisemblable que Jupiter est la principale cause de ces variations, d'alehb. Œuv. t. xiv, p. no. La courbure du globe terrestre est sensible à la surface des mers ' le navigateur, en approchant des cdtcs, aperçoit d'abord leurs points les plus élevés, là plaob, Kxpos. 1, I. Il 10* Terme de physique. Qui indique les plus légères différences. Un thermomètre, une balance sensible. M. d'Arci imagina de suspendre un petit canon à un pendule, et de juger de la force de la poudre par l'arc que le recul ferait décrire à ce canon.... pour juger de la supériorité d'une poudre sur une autre, on trouverait difficilement un instrument plus sensible ou plus sûr, C0ND0RCET, d'Arci. Il 11* Terme de musique. Note sensikle, ou, substantivement, la sensible, la note qui est à un demi-ton au-dessous de la tonique Beaucoup de chants populaires, pleins d'expression et de naïveté, sont dépourvus de note sensible, H. BERLIOZ, A travers chants, p. 13. Il y a deux sensibles : la sensible dure, qui produit un effet si majestueux dans le plain-chant, et qui est un peu délaissée par nos compositeurs modernes, et la sensible proprement dite; c'est dans les modes <, 2, 3, 4, 7 et 8 de la tonalité du plainchant qu'existait la sensible dure; M. Hector Berlioz, dans son beau mystère l'Enfance du Christ, a employé à plusieurs reprises ce degré, et toujours avec beaucoup de bonheur, a. loquin. Notions élém. d'harmonie moderne, p. 3. || Accord sensible ou dominant : les harmonistes de l'école de Rameau appelaient ainsi l'accord de septième de dominante. || 12* S. m. Tout ce qui est sensible, susceptikle d'être ému. Vous pouvez dire, i coup sûr, de tout ce' qui excite le sensible dans les comédies les plus honnêtes, qu'il attaque secrètement la pudeur, boss. Comédie, &. Saint François de Sales, qui enseigne que les actes de piété, chassés et comme repoussés de tout le sensible, se retirent dans la haute pointe de l'esprit, IB. Et. d'orais. 1,17. jj Objets des sens. Il y a sensibles communs et sensibles propres : les sensibles propres sont ceux qui sont particuliers à chaque sens; et les sensibles communs sont ceux qui sont communs à plusieurs sens, boss. Connaiss. i, 3.

— HIST. xni* s. Vertuz morel, qui apartient i l'ame sensible; vertuz intellectuel, qui appartient à l'ame raisonable, brun, latini. Trésor, p. 297. Il XIV* s. Icelle Marion, qui est non sensible [intelligente], et ainsi comme toute folastre, du cangb, follis. Nature et je [Vénus] faisons amer Bestes, oisiaus, poissons de mer. D'aiguë courant et de paisible, K'il ont en iaus [eux] ame sensible, j. de CONDS, t. m, p. 30. Les nerfz de la teste sont appelez sensibles, et si ne sont ilz pas du tout sans mouvement, lanfranc, f* 28. H xvi* s. Mon ame ahanne en compaignie d'un corps si tendre, si sensible, «ont. i, I6S. Si nos facultez intellectuelles et sensibles sont sans fondement, id n, 318. Je ne saurois, dit-il, vivre ne converser a?ec un homme qui ait le palais et la langue plus sensible que le cueur, amyot, Cat. (s. L'air se fendit soudainement, sans que l'on eust au paravant apperceu aucune sensible mutation de temps, m. lucuU. 16.

— t.TiM. Ksp. sensible; portug. sensivel ; ital. sensibile ; du lat. sensibilis, de sensus, sens. Dans l'anglais, sensible veut dire intelligent; c'est un sens qu'il tient de l'ancien français.

SENSIBLEMENT (san-si-ble-man), odp. || !• D'une manière sensible, perceptible, appréciable. Songe avant-coureur d'aventure tragique! Combien sensiblement cet accident s'explique I rotr. Vencesl. V, i. Si les grandes [maladies] l'altèrent sensiblement [le sens], je ne doute point que les petites n'y fassent impression à leur proportion, pasc Pens. m. S, édit. havet. On voit fort sensiblement de dedans la lune notre terre tourner sur son centr*.

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TOUT. ilùn4. 3* soir. Quand les temps ont sensiblement change, il y a des lois qu'il faut changer, VOLT. Pol. et Ug. Idées répuhl. i». || 2* D'une manière qui affecte le cœur. 0 Dieu 1 que ce discours sensiblement me blesse I maihet. Mort d'Asdr. ni, 4. Il saura, je le jure. Combien sensiblement me touche cette injure, hoth. Antig. iv, 6. M. de Lamoignon ne fut pas si sensiblement touché des grâces qu'on fit à sa maison, que des secours qu'il obtint pour les hôpitaux, Fiicn. Lamoign.

— HIST. iiv s. Ou [au] corps nous voyons sensiblement ceste contrariété et tel malvais mouvçment, et en l'ame nous ne le voyons pas aussi, OHESME, Éth. 31. Monstrer publiquement sensiblement es escoles selonc ma possibilité l'opération de cyrurgie manuel, ii. de mondeville, f" 4.

— ËTYM. Sensible, et le suffixe ment.

SENSIBLERIE (san-si-ble-rie), s. f. Terme familier. Sensibilité fausse, affectation de sensibilité. Il est ridicule par sa sensiblerie. Je suis obligé d'avoir l'air de comprendre toute cette sensiblerie allemande, de connaître un tas de ballades, toutes drogues qui me sont défendues par le médecin, H. DE BALZAC, la Pcau de chagrin.

— ÉTYM. Sensible, par l'intermédiaire d'un mot factice sensiblier, celui qui fait métier de sensibilité. Ce mot est dû à Mercier, qui dit dans sa Néologie, t. n : J'ai employé plusieurs fois ce mot dans mes rapports, et j'ai toujours vu qu'il y faisait un bon effet.

SENSITIF, IVE (san-si-tif, ti-v"), ad;. || 1* Terme didactique. Qui se rapporte aux sens. La vertu, la faculté seusitive. Nous connaissons notre âme par ses opérations, qui sont de deux sortes : les opérations sensitives et les opérations inlellectuelles, Boss. Connaiis. i, ) . Si la réflexion est jointe au sentiment, l'être possède à la fois la vie végétative, sensitive et réfléchie; l'homme seul, sur la terre, réunit en soi ces trois sortes de vies, BONNET, Contempl. nat. ii, 6. || 2° Qui a la faculté de sentir. L'être sensitif, J. J. rouss. Ém. iv. On ■peut considérer les opérations de la sensibilité comme se faisant en deux temps : d'abord les extrémités des nerfs reçoivent et transmettent le premier avertissement à tout l'organe sensitif.... ensuite l'organe sensitif réagit sur elles, pour les mettre en état de recevoir toute l'impression, CABANIS, Instit. llém. se. mor. et pol. 1. 1, p. 441. Il Dans l'ancienne philosophie, âme sensitive, âme particulière qui avait la fonction de percevoir les sensations. Il faut avouer que c'est une personne toute pleine d'enchantements; et il n'y en aurait pas une sous le ciel si digne d'affection, si elle connaissait ce que c'est, et si elle avait l'âme sensitive, comu'.e elle a la raisonnable, TOIT. Lelt. 49.

— HIST. XIII* s. La seconde [puissance] estapelée sensitive, et est commune de toutes bestes ; car eles ont âmes sensitives, bhln. latini. Trésor, p. 260. Il uv* s. Ceux [nerfs] qui nessent du cerviel sont diz sensitis, h. de mondeville, f' 9, verso. Animal signifie toute chose qui aame sensitive et sent quant on la touche, oresme, Èth. Prol. Raison humaine si veult ung, et l'appétit sensitif veult l'autre tout contraire, le Songe du Yergier, i, 4 64. Il XVI* s. Ceux qui disent qu'il y a plusieurs âmes en l'homme, comme la sensitive et la raisonnable.... CAL.V. Instit. «28. Et y eut quelques uns qui estoyent là, plus sensitifs et impatients que les autres, qui tindrent ce langage, lanoue, 607. S'il est vray ou non, laissons le décider et juger à cculx qui ont le palais plus aigu et plus sensitif que le cueur, AMYOT, Comm. lire les poètes, i. La faculté sensitive consiste en cinq sens extérieurs, paré, Introd. 8. Les proprietez que nous appelions occultes en plusieurs choses, comme à l'aimant d'attirer le fer, n'est-il pas vraysemblable qu'il y a des facultés sensitifves en nature propres à les juger et à les appercevoir?MONT. n, 359.

— ETVM. Provenç. tcnfittu ; espagn. et ital. setvtitivo: dulat. sensus, sens.

SENSITIVE (san-si-ti-v'), ». f. Plante de la famille des légumineuses, qui replie ses feuilles dès qu'on la touche, mimosa pudica, L. La sensitive, qui a plus d'âme ou une âme plus fine que les autres, FONTEN. Fagon. Le sage du Faî, parmi ses plants divers, Végétaux rassemblés des bouts de l'univers, He dira-t-il pourquoi la tendre sensitive Se flétrit sous nos mains honteuse et fugitiveî TOIT. 4* dise. Qui ne croit reconnaître une vierge craintive Dans cette délicate et tendre sensitive 0»', courbant sous nos mains son feuillage honteux, De la douce pudeur offre l'emblème beu-

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reuxf DELiLLE, Trots régnes, vi. || Fig. C'est une sensitive, se dit d'une personne que les moindres choses blessent ou effarouchent.

— ÈTVM. Sensitif.

t SENSITIVITÉ (san si-ti-vi-té), t. f. Suivant quelques auteurs, propriété simple de sentir, inhérente à chaque partie du système nerveux centripète, et qui est distincte de la sensibilité cérébrale.

t SENSITIVO-MOTEUR, TRICE (san-si-ti-vo-moteur, tri-s'), adj. Terme de physiologie. Qui sert au mouvement et à la sensibilité, comme les nerfs mixtes ; qui se rapporte à ces deux actes nerveux.

— ÉTYM. Sensitif, et moteur.

t SENSORIAL, ALE (sinso-ri-al, a-1'), adj. Qui appartient au sensorium. Fonctions sensoriales. Phénomènes sensoriaux.

t SENSORIEL, ELLE (san-so-ri-èl, è-l'), adj. Qui a rapport aux sens. Les trois appareils sensoriels supérieurs sont ceux de l'œil, de l'oreille et de l'organe olfactif.

SENSOUIU.M (sin-so-ri-om'), t. m. Le cerveau considéré comme centre des sensations. || Fig. Il y a un être qui, dans l'espace infini comme dans son sensorium, voit, discerne et comprend tout, VOLT. Newton, i, 2. || On dit quelquefois, en se servant du latin, sensorium commune. Le cerveau est le siège des sensations, le sensorium commune, le premier foyer de la vie, la source générale des fonctions qu'on nomme animales ou spirituelles, FOLRCHOY, Conn. chim. t. ix, p. 293.

— ETVM. Lat. sensorium, de sensus, sens.

f SENSUALISME (san-su-a-li-sm'), s. m. Terme de philosophie. Doctrine dans laquelle on attribue, dans la génération des idées, tout à l'action des sens externes. || Par dénigrement, et comme si sensualisme venait de sensuel, tandis qu'il vient du latin sensualis, principes ou conduite des hommes sensuels.

— ÉTVM. Lat. sensualis.

t SENSUALISTE (san-su a-li-sf), adj. Qui appartient au sensualisme. Doctrine sensualiste. ||S. m. Sectateur du sensualisme.

— HEM. Les philosophes de cette école se plaignent d'être appelés sensualistes, et qu'on abuse contre eux d'un détournement de sens ; et Buckle {Hist. of civil. 1. 1, p. 4 46) demande qu'on dise sensationaliste, sensasionalisme. Le fait est que sensualisme vient, non du français sensuel, mais du latin sensualis,

SENSUALITÉ (san-su-a-li-té), t. f.\\i' Attachement aux plaisirs des sens. La sensibilité du cœur n'est point un crime en elle-même, mais c'est le principe de bien des crimes, car aisément elle se change en sensualité, bourdal. Pensées, t. ii, p. 298. C'est bien moins de la sensualité que de la vanité qu'il faut préserver un jeune homme entrant dans le monde, J. j. rol'SS. Ém. iv. |{ Boire avec sensualité, boire avec un vif plaisir, avec volupté. Il 2* Au pluriel, plaisirs sensuels. Quand il [Jésus-Christ] comparera tous ces principes de détachement do soi-même, de renoncement à soimême, avec nos injustices, avec nos vengeances, avec nos sensualités, bourdal. 4" avent, Jugem. dern. p. 69. Au milieu.... de tous les abus, de toutes les sensualités, de toutes les dissipations que le monde autorise, mass. Carême, Évidence de la loi.

— HIST. XIII* S. Deliz [plaisir] est de natural sensualité, qui est commune as bestes, bhl'n. latini. Trésor, p. 308. || xiv* s. Contrariété en l'ame entre raison et la sensualité qui lui contrarie et obvie, ORESME, Éth. 31. Et il soit ainsi que ledit Pierre depuis un an en ça, par impatience, fragilité ou diminution de son corps et de sa sensualité, soit devenu tout ydiole, du cange, sejuuoli'tos. ||ïv* s. Pense à cecy, mon ame, et y regardes, et clos les huys et portes de ta sensualité, Intern. consol. n, 4 . Il XVI* s. Ce n'a pas esté son appétit inférieur seulement, ou sensualité, qui l'a alléché à mal.... CALV. /nî<i<. 477. Lascher en abandon la bride à toute sensualité et à toute gloutenie, autot, Lyc. 4 5. Où sensualité domine, moult est proche la ruyne, LEROUX DE unct, Prov. t. n, p. 365.

— ÉTYM. Provenç. sensualitat ; espagn. sensualidad ; ital. sensualità ; du lat. sensualitatem, sensibilité, faculté de percevoir, de sensualis (voy. sensuel).

SENSUEL, ELLE (san-su-èl, è-l'), od;. || 1* Qui recherche les plaisirs des sens. Paris est peut-être la ville la plus sensuelle et où l'on raffine le plus sur les plaisirs; mais c'est peut-être celle où l'on mène une vie plus dure, hontesq. Lett. pert. 406. Homme sensuel, ne sauras-tu jamais aimer?

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J. J. nouss. liél. II, 45. Comme elle était peu sensuelle, ID. Conf. V. Il Substantiveniont. Personne sensuelle. Combien de sensuels, esclaves des passions les plus infâmes, en possession d'afl'ecter la pciieté des mœurs, et de la pousser jusqu'à la sévérité! BorROAL. Juijem. dern. 2' avent, p. 359. Il 2" Qui flatte les sens. Les plaisirs sensuels. Une vie sensuelle. Nous ne réparons le scandale de nos désordres que par celui d'une picHc sensuelle, BiASs. Carême, Pécheresse. Le défroùt inséparable d'une félici'c sensuelle, m. Carême, Jeûne. Nos dévots, qui calomnient la terre, ont dit mille fois que la reli^'ion [de Mahomet] n'a réussi que parce qu'elle est toute sensuelle, volt. PicI. pliil. Tolérance. Il On dit également : les appétits sensuels. Les dispositions sensuelles qui viennent en conséquence des choses nécessaires, comme le sommeil, encore qu'on y consente, ne doivent point faire de scrupule, boss. Lcil. abh. 00.

— HIST. XVI* s. Les mouvements ou appétits qu'on appelle sensuels.... calvin, Instit. 477. Hommes dissolus et -ibandonnez à toutes sensuelles voluptez, AMYOT, Comment nourrir les enfants, 4 5. Les autres signes des fractures du crâne sont sensuels, c'est à dire monstrent au doigt et à l'œil telle chose, paré, vin, a.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. sensual; ital. »ensuale ; du lat. sensualis, relatif aux sens, aux sensations, de sensus, sens.

SENSU ELLEMENT (san-su-è-le-man), adv. D'une manière sensuelle. Vivre sensuellement.

— ÉTYM. Sensuelle, et le suffixe ment.

t SENTANT, ANTE (san-tan, tan-f), adj. Qui a la faculté de sentir. Les êtres sentants.

SENTE (san-t"), ». f. Synonyme populaire de sentier. On a cru que les feux [de l'Etna] s'ouvrirent en deux, et, se retirant de part et d'autre, laissèrent une sente à ces jeunes hommes de qui l'audace était à la vérité digne d'un bon événement, MALH. le Traité des bienf. de Sénéque, m, 37.

— HIST. xii' s. Achimas s'en turnad, e curut par sentes e adrecement.... iloii, p. 488. ||xnr s. Lors m'en allai tout droit à destre, Par une petitete sente Pleine de fcnoil et de mente, la Rose, 74 9. ||xy* s. Quand il eust un petit chevauché, il ouit buscher au bois, si ferit son cheval des espérons, et vint celé part, droit à la sente du bois, phoiss. n, III, 4 27. ||xvi*s. Il,y a.... une sente fort estroite au long de l'eau, si mal aisée qu'àgrand'peine.... AMYOT, Flam. 4.

— ÉTYM. Espagn. scnda, du lat. temita. Il y a dans l'arabe tamata, aller, semt, yole, chemin; un mot sémitique aurait-il passé dans le latin?

SENTENCE (san-ton-s*), t. f. \\ 1* Parole qui renferme un grand sens, une pensée morale. Les saints disent en parlant des choses divines, qu'il faut les aimer pour les connaître, et qu'on n'entre dans la vérité que par la charité; dont ils ont fait une de leurs plus utiles sentences, pasc. Géométr. n. N'attendez pas [du prince de Condé mourant] de ces magnifiques paroles qui ne servent qu'à faire connaître sinon un orgueil caché, du moins les efforts d'une âme agitée qui combat ou qui dissimule son trouble secret; le prince de Condé ne sait ce que c'est que de prononcer de ces pompeuses sentences, BOSS. louij de Bourb. A-t-on jamais retenu une seule phrase de trente ou quarante mille discours moraux, et ne sait-on pas par cœur ces sentences admirables, placées avec art dans des dialogues intéressantsT volt. Lett. Àlbergati, 23 déc. 4 700. Il parle peu et d'un grand sens, mais sans affecter ni précision, ni sentences, j. j. rouss. Uél.m, 20. [Dans la tragédie du xvni* siècle] Pour expirer en forme, un roi par bienséance Doit exhaler son âme avec une sentence, Gilbert, Le XVllI' siècle. Cette sentence de Bacon : Celui qui a épousé une femme, et qui a mis des enfants au jour, a donné des otages à la fortune, marmontel, Œuv. t. vm, p. 4 78. Il II ne parle que par sentences, se dit d'un homme qui débite à tout propos des généralités, des moralités. || 2* Jugement rendu par des juges, par des arbitres,^ par une assemblée. Le président du sénat [en Egypte] portait un collier d'or et de pierres précieuses, d'où pendait une figure sans yeux qu'on appelait la vérité.... il l'appliquait au parti qui devait gagner sa cause, et c'était la forme de prononcer les sentences, boss. llist. m, 3. Après que la sentence eut ét4 rendue, ceux d'Ardée, dont le droit était le plur apparent, indignés d'un jugement si inique.... tn. •6. in, 6. Chacun de tes rubans me coûte uof sentence, rac. Plaid. I, 4. L'armée à haute voir se déclare contre elle, Et prononce i Calchas s>

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sentence mortelle, id. Iph. v, «. || Fig. Il se dit de quelque décision comparée à une sentence. Sans être étonné de la dernière sentence qu'on lui prononça [qu'il fallait se préparer à la miirt), il [le prince de Condé] demeure un moment dans le silence, Boss. Louis de tiourb. En vain quelque rieur, prenant votre défense, Veut faire au moins do grâce adoucir la sentence [de noyer les satiriques], BOiL. Sat. IX. Il 3* Dans le langage technique. Jugement rendu par des juges inférieurs. Sentence contradictoire. Faire signifier une sentence. Appeler d'une sentence. J'ai vu le marchand flamand qui, avec les autres créanciers, a obtenu depuis huit mois sentence contre vous, mol. l'ourc. n, 7. Il Fig. Appeler de la sentence de quelqu'un, ne pas s'en tenir à sa décision. J'appelle de votre sentence, ou, simplement, j'en appelle. || 4* En particulier, jugement qui prononce la peine capitale. On lui lut sa sentence. 11 écouta sa sentence avec calme. Une sentence de mort. D'un tranquille visage elle apprit la sentence, p. Lebrun, ilarieSt. T, <. Il 5' 11 se dit des jugements rendus dans les différents degrés de la juridiction ecclésiastique et dont l'appel est toujours recevable, à moins qu'il n'y ait trois sentences conformes. Sentence du primat, de l'évêquc. || 6' Les diverses décisions, les divers jugements que rendent certains tribunaux étrangers. Les sentences de la rote. || 1° Jugement de Dieu sur les hommes. Leur sentence [d'Achab et de Jézabol] leur fut prononcée par la bouche du prophète Élie, BOSs. Ilist. i, e. On ne songe plus à cette terrible sentence de saint Paul : la veuve qui passe sa vie dans les plaisirs est morte toute vive, ID. Anne de Gont. L'humble reine se sentait dans son état naturel, quand elle était comme pécheresse aux pieds d'un prêtre, y attendant la miséricorde et la sentence de Jésus-Christ, m. Mar.-Thér. Phocas, élevé à l'empire par une action si détestable [le meurtre de Maurice], tâcha de gagner les peuples en .honorant le saint-siége, dont il confirma les privilèges; mais sa sentence était prononcée, ID. Hist. i, U. Nous viendrons tout à coup au dernier jour ; la sentence partira d'en haut : la fin est venue, id. ilar.-Tliér. Il n'y a que le diable et ses anges pour qui il ne soit plus permis de prier, parce que leur sentence est déclarée, et leur éternel endurcissement révélé, id. ÉI. d'orais. iv, i. Il s'agira de recevoir de lui une sentence de salut ou de damnation, bourdal. Instruct. Prudence du salut, ExhoTl. t. n, p. 431. || Proverbe. De fou juge courte sentence, c'est faute de lumière qu'on ne motive pas suffisamment une décision.

— HIST. XII* s. Nos péchâmes tuit en Adam, et en lui receumes tuit la sentence de dampnation, ST BERN. p. 623. || XIII' S. Li sages hom ne veult engignier autrui, ne ne puet[peut] estre engigniez; les toes [tes] opinions soient autressi comme sentences, BRUN. LATINI, TrésoT, p. 348. Après prions qu'as jugemens Doinst Dieus tes [tels] acomplisemens. Que la sentensse soit tenue Que sainte yglise ara rendue, Arch. des miss, scientif. 2' série,

• t. III, p. 299. Quant li arbitre ont rendue lor sentence, BEAUM. XLi, )9. || XV* S. Il leur manda que.... autrement il jetteroit sentence contre eux [Philippe de Valois contre les partisans d'Edouard III], FROiss. I, l, (08. Il XVI* s. Et feut cette rude sentence exécutée à Lyon, mont, i, 68. Escornifflant des livres les Eentences qui me plaisent, id. i, 143.

— ÊTVH. Provenç. sentencia, senlenjo ; espagn. sentencia; ital. senlemia; du lat. sententia, de tentire, sentir, avoir une opinion.

SENTENCIÉ, ÉE (san-tan-si-é , ée), part, passé de sentencier. Un homme scntencié.

SENTENCIER (san-tan-si-é), je sentenciais, nous sentenciions, vous sentenciiez ; que je sentencie, que nous sentenciions, que vous sentenciiez, v. a. Terme qui vieillit. Condamner par une sentence, et surtout par une sentence en matière criminelle. Les preuves contre tous ces gens-là (conspirateurs en Lorraine] se trouvèrent complètes; ils furent contumaces et sentenciés, st-sim. 246, 25.

— HIST. xiv* s. C'est chose droiluriere que aucune chose soit qui adresse ceste deiïaute et qui die et sentencie comme celui sentcnciast qui fist la loi, ORESME, Êth. 186. Il XV* s. En ce temps, estoit grand nouvelle en France et ailleurs d'un gage de bataille qui se devoit faire à Paris jusques à outrance ; ainsi avoit-il esté sentencie et arresté en la chambre du parlement de Paris, FROiss. n, m, 49. Il XVI* s. Les avocats et juges ont beau quereller et sentencier, mont, i, 99.

— Etym. Sentence: provenç. et espagn. sentenoar; ital. sentemiare.

SE^TK^CIE^S^:MENT (san-tansl-eû ze-man), adv. D'une manière sentencieuse. Les sentences sont un grand ornement de l'histoire, pourvu qu'elles n'y soient pas proposées sentencieusement, MUET, Oriy. des romans, p. 59, dans rouoEWS. Le maréchal de Villeroy faisait remarquer au roi [enfant] cette multitude prodigieuse, et sentencieusement lui disait : Voyez, mon maître, voyez tout ce peuple, cette afduence, ce nombre de peuple immense, tout cela est à vous, st-sim. 470, 224. || Il ne se dit guère qu'ironiquement et en mauvaise part.

— HIST. XVI* s. Sentencieusement, cotghave.

— Ktvm. Sentencieuse, et le suffixe ment. SKNTENCIEUX, EL'SE (san-tansi-eû, eù-z"), adj.

Il 1° Qui contient des maximes, des sentences. Le style de Térence est pur, sentencieux, mais un peu froid, comme César, qui excellait en tout, le lui a reproché, volt. Vie de iloliére. Ces maximes ont contribué sans doute à rendre sentencieux le langage des habitants de la campagne, bartiiél. Anach. ch. f2. || On dit de même : phrase sentencieuse. || Ton sentencieux, un tonde gravité affectée Un ton sentencieux Cache leur nullité sous

un air dédaigneux, gresset, Méchant, iv, 4. Il 2* Qui s'énonce ordinairement par maximes, par sentences. Un écrivain sentencieux. Il est peu sentencieux, parce qu'il n'a pas à généraliser ses idées, j. J. Rouss. Ém. IV. Lent, posé, réfléchi, circonspect dans la conduite, froid dans ses manières, laconique et sentencieux dans les propos, id. Confess. v.

— HIST. xiii* s. Mais Grammaire la contralie De ses auctors sentencieus. Bataille des sept arts.

— ÉTYM. Lat. sententiosus, de sententia, sentence. On a dit aussi sentential, du lat. sententialis.

SENTÈNE (san-tè-n'), s. f. Voy. centaine 2.

SENTEUR (san-teur), s. f. \\ l' Ce qui frappe l'odorat, ce qui est senti. Ils [Boileau et Racine, à l'armée comme historiographes] disaient qu'encore que le roi craigne les senteurs, ce gant d'Espagne [la ville de Gand prise] ne lui fera point de mal à la tête, sÉv. à Bussy, 18 mars 4 678. X l'odorat appartiennent les bonnes et mauvaises senteurs, boss. Connaiss. i, 1. Ô le sacrifice agréable, 6 l'hostie de bonne senteur! id. Sermons, Nécess. des souffrant. 2. La biche jette loin d'elle son petit faon, afin que les chiens ne puissent le découvrir par la senteur de sa piste, FÉN. Exist. I, 26. Alors.... Que les champs exhalaient leurs senteurs embaumées, v. HUGO, Crép. 32. Il Pois de senteur, voy. pois. || Rat de senteur, nom d'un petit quadrupède. || 2* Composition parfumée. Item peaux de senteur du sieur Frangipani ; Le présent est-il laid? nenni, ma foi, nenni, scarr. Poésies div. Œuv. t. vn, p. 248, dans POUGENS. J'aime toujours les eaux de senteur, et je n'aime ni singe, ni perroquet, maintenon, Lett. à M. de Yillette, 30 janv. (683. Il a la main douce, et il l'entretient avec une pâte de senteur, la bhuy. un. On fait les eaux spiritueuses de senteur en dissolvant quelques gouttes d'huiles volatiles dans l'alcool, foubcroy, Conn. chim. t. VIII, p. 152. Il Aimer les senteurs, porter des senteurs; on dit aujourd'hui de préférence: aimer les odeurs, porter des odeurs.

— HIST. XVI* s. Hz portent des huyles de parfums et des senteurs dedans des phiobs, amvot, Arist. 62. J'en ay veu fuir la senteur de pommes, plus que les arquebusades, MONT. I, 184. J'aime bien fort à estre entretenu de bonnes senteurs, cl hais oullre mesure les mauvaises, id. i, 392.

— ÉTYM. Sentir; wallon, seinteur; Berry, rinteur; ital. sentore.

SENTI, lE (san-ti, tie), part, passé de sentir. Qui a été perçu, éprouvé. Le goût de la vertu, pour avoir été trop souvent senti, est émoussé, mass. Carême, Iruonst. Ces nuances.... saisies par l'homme de génie, senties par l'homme de goût, d'alemb. Œuv. t. i, p. 222. || Terme d'arts. Cela est bien senti, cela est senti, cela est exprimé avec vérité, avec âme. || S. m. Terme de littérature et de beaux-arts. Ce qui est senti, plein de sentiment. Celui qui n'est ni Jean [Racine] ni Pierre [Corneille], qui n'aime pas du tout le raisonné de Pierre, et qui n'approche point du senti de Jean, volt. I.Ht. Thiboui-ille, 10 déc. 1770.

SENTIKU (san-tié, l'rne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des san-tié-z épineux), s. m. Chemin étroit, dans la campagne ou les bois, qui ne sert qu'aux piétons. Les barbares n'auraient jamais pénétré dans l'Attique, si on ne leur eût découvert, dans les montagnes , un sentier que les Grecs avaient négligé de garder, condil. Ilist. ane. 11, 2. Le chemin, qui n'est plus qu'un sentier à mulets, pierreux et rapide, saussurb, Yoy. Alpes, t. tui,

p. île, dans pougens. Que dans vos frais sentiers doucement on s'égare 1 delille, Jard. I. Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire, lahart. Méd. l, 29. Il Par extension. Les poissons de la mer, qui se promènent dans les sentiers de l'Océan, SAQ, Bible, Psaum. vu, ». || Fig. Marchez donc dans lo bonne voie, et ne quittez point les sentiers des justes, SACi, Bible, Prov. de Salom. n, io. Le juste ne peut pas même obtenir que le monde le laisse en repos dans ce sentier solitaire et rude où H grimpe plutAt qu'il ne marche, boss. Beine d'Angleterre. Quelques-uns d'eux [les premiers chr^ tiens] se peidaicnt peut-être dans les sentiers détournés; mais l'Église catholique était la grande voie oii entraient toujours la plupart de ceux qui cherchaient Jésus-Christ, n>. Ilist. n, il. Ames pures qui portez le joug du Seigneur, et qui marchez dans les sentiers de ses commandements, FLÉcii. Sar.-Thér. Et toujours de la gloire évitant le sentier.... rac. Iph, i, 2. Si Marivaux, comme l'a très-bien dit un écrivain célèbre, connaissait tous les sentiers du cceur, il en ignorait les grandes routes, d'alemb. Éloges, Uariv. Ici nous proposons d'ouvrir un nouveau sentier à la critique, ciiateaub. Génie, n, n, 0.

— HIST. XI* s. Il nen i a ne veie ne senter, Ch. de Bol. CLXXiii. Il xii* s. Or me siwez, fait il, seignur franc chevalier; Je vus métrai laicnz par un altre sentier, Th. le mart. 144. Or veit le droit chemin, laissé ad les sentiers, ib. 63. || xiii* s. Tant a fuî la lasse par un estroit sentier, Berte, xxxviii. La première [manière de chemins] de quatre pies, le [la] quelc on apele sentier, beaum. xxv, 2. La teue [ta] parole est lumière à mes piez, et clartez à mes sentiers, Psautier, f* 162. Sathan, plus de sept ans ai tenu ton sentier, ruteb. n, 96. || xv's. Une pièce qui est près le sendier en alant aus Motaiz, Dt) CANGE, îenterium. Il XVI* s. Quand il [un chef de sauvages] visitoit les villages qui despendoient de luy, on lui dressoit des sentiers au travers des bayes de leurs bois par où il peust passer bien i l'ayse, mont, i, 247. Les frères ayants à conduire le progrez de leur avancement en mesme sentier et mesme train, il est force qu'ils se heurtent et choquent souvent, id. i, 208. Un chemin sentier appelle sente se peut clorre et ouvrir d'une herse, et doit contenir cinq pieds, sur lequel l'on peut facilement aller à cheval et à pied, et mener et ramener ses bestes sans amende, Cou.sI. gén. 1. 1, p. 6»7.

— ÊTYM. Bourguig. sen»«'; dauphinois, chenli'er; provenç. semdier, sendier, eendier, serUier ; catal. sender ; espagn. sendero; ital. serUiero ; du bas-lat. semitarium, du lat. semitarius, relatif i une sente, de semita (voy. sente). Le dauphinois chentier estil une altération de sentier; ou bien y faut-il voir un dérivé de chantier, signifiant bord d'une rivière (voy. chantieb 2)?

SENTI.MENT (san-ti-man), s. m. || !• En général, faculté de senti r. Avoir le sentiment exquis, prompt, délicat. Il perd le sentiment, bac. Andr. v, 6. En baignant son visage. Mes pleurs du sentiment lui rendirent l'usage, id. Alhal. i, 2. Nous ne connaissons point de caractère qui distingue essentiellement la plante de l'animal, et nous ignoroni; profondément quel est le degré de l'échelle organique où le sentiment expire, bonnet, Lett. div. Œuv. t. xn, p. 412, dans pougens. || Terme de chasse. Se dit de l'odorat des chiens. Quand un chien ne peut suivre le gibier, on dit qu'il n'a point de sentiment. Au printemps, lorsque les feuilles naissantes commencent à parer les forêts, que la terre se couvre d'herbes nouvelles et s'émaille de Heurs, leur jiarfum rend moins sûr le sentiment des chiens, buff. Quadrup. t n, p. 34. Il 2" Résultat de l'action de sentir. Sentiment douloureux. Sentiment agréable. Le mot de sentiment, pris dans le sens métaphysique, n'exprime que les résultats de l'impression des objets sur la machine et de la machine sur l'âme, en vertu des lois de l'union, bonnet, Bss. anal, dme, 17. || 3* Particulièrement. Sensibilité physique. Il n'y a plus de sentiment dans son bras. || Il se dit aussi de sensations internes, de modifications perceptibles de nos organes intérieurs. Le sentiment de la faim, de la douleur, de la fatigue. || i* Fig. Intérêt pour quelqu'un ou quelque chose. Un homme [Boucard] de cette lenteur et de cette indifférence pour mes intérêts ....je m'en vais tâcher de lui redonner quelque sentiment sur toute» ces choses, sÉv. à Urne de Guitaut, 3 juin 1693. Il 5* Conscience que l'on a de la réalité d'une chose. J'ai un sentiment clair de ma liberté, BOSs. Lib. arb. 2. On ne connaît son âme que par I0

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sentiment Intérieur qu'on en », malebr. Rech. vér. VI, u, 8. Je distingue entre connaître par idée claire, et connaître par sentiment intérieur, m. Rech. vér. Rép. à Régis, ch. 2. || 6' Faculté de comprendre, d'apprécier certaines choses. U n'a pas le sentiment de la musique, des beaui-arts. Sentiment musical. X mesure que le souvenir de nos chutes s'éloigne, le sentiment de notre fragilité s'affaiblit, mass. Carême, ilélange. Uniquement conduits par le sentiment présent du bien et du mal, MONTESQ. Rom. v. Au sentiment do sa faiblesse l'homme joindrait le sentiment de ses betoins, TD. Esp. 1, I. Ému do compassion sur les faiblesses humaines par le profond sentiment des siennes, j. J. aouss. Ém.iy. Ce sentiment des convenances si juste, si délicat, si fin, qui semblait être en elle le pur instinct du goilt, marmontel, Mém. «.Le sentiment du beau physique, soit en architecture, soit en harmonie, dépend essentiellement du rapport des objets avec nos organes, m. (Eut), t. vi, p. 240. Il Choses de sentiment, choses qui appartiennent à l'appréciation du sentiment, non à celle de la raison. Ceux qui sont accoutumés à raisonner par principes, ne comprennent rien aux choses de sentiment, y cherchant des principes, et ne pouvant voir d'une vue, pasc. Pens. vu, 33, édit. HAVET. Il Juger par sentiment, juger par l'impression qu'on reçoit. Ceux qui sont accoutumés à juger par le sentiment ne comprennent rien aux choses de raisonnement; car ils veulent d'abord pénétrer d'une vue, et ne sont point accoutumés à chercher les principes, m. ib. Ils examinaient le Cid par l'exacte raison, et ils ne voyaient pas qu'au spectacle on juge par sentiment, volt. Comm. Corn. Poly. Ép. dédie. || 7* U se dit des affections, des mouvements de l'âme, des passions. Ah I mon père, prenez un plus doux sentiment, CORN. Hor. nr, ). Ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur sont bien heureux et bien légitimement persuadés, pasc. Pens. viii, 6. La raison agit avec lenteur.... le sentiment n'agit pas ainsi, il agit en un instant, et toujours est prêt à agir, m. ib. xxiv, 52, Madame confesse humblement avec tous les sentiments d'une profonde douleur que de ce jour seulement elle commence à connaître Dieu.... Boss. Duch d'Orl. Comme Dieu ne voulait plus exposer aux illusions du monde les sentiments d'une piété si sincère, il a fait ce que dit le Sage, il s'est hâté, ID. tél. 11 n'y a rien de suivi dans les conseils de ces nations sauvages et mal cultivées; si la nature y commence souvent de beaux sentiments, elle ne les achève jamais, m. Hist. m, 3. Bientôt l'amour, fertile en tendres sentiments. S'empara du théâtre ainsi que des romans, boil. Art p. m. Et vous-même, étouffant tout sentiment humain.... HAC. Iph. rv, 6. Je n'ai plus de sentiment que pour la tristesse, fén. Tél. XX. Quand ils virent qu'Idoménée prenait des sentiments d'humaùté et qu'il voulait être leur père, ID. t'b. xiii. e vous conjure surtout de donner aux sentiments :ette juste étendue, nécessaire pour les faire curer dans l'âme du lecteur, volt. Lett. Chabanon, i mai 1768. Sentiment n'est pas simple préjugé; c'est quelque chose de bien plus fort : une mère n'aime pas son fils parce qu'on lui dit qu'il le faut aimer; elle le chérit heureusement malgré elle, ID. Dict. phil. Préjugés. Qui n'ont que des opinions et jamais des sentiments, duclos, Consid. mceurs, 5. On cherche dans le ciel les mêmes sentiments qui ont occupé sur la terre, stael, Corinne, xvni, 5. || 8° Particulièrement, les affections bonnes, bienveillantes, tendres. Les sentiments du cœur me paraissent seuls dignes de considération; c'est en leur faveur que l'on pardonne tout; c'est un fonds qui nous console, et qui nous paye de tout, sÉv. 289. |{ Absolument. Avoir des sentiments, avoir de l'honneur, de la probité, etc. L'éducation fortifie les sentiments. Il Sentiments naturels, certains mouvements qui sont inspirés par la nature. || On dit dans le même sens : Cet homme a perdu tous les sentiments de la nature. Il Familièrement. Grands sentiments, sentiments exagérés de probité, d'honneur, etc. 11 me ^lait des romans à grands sentiments, j. j. rouss. Conf. lï. ||9' Absolument. Le sentiment, l'ensemble des affections tendres qui sont dans le cœur de l'homme. C'était (une dame] l'âme la plus sensible et l'esprit le plus réglé qui fût jamais; tout éuil sentiment en elle, jusqu'à ses pensées, mais sentiment dans un accord parfait avec les lumières les plus pures, staal, Jfrfm. t. ni, p, <8B. Vous savez bien qu'on a du sentiment

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avant d'avoir de l'esprit, Marivaux, ifan'an. 9' part. Il ne nous reste plus pour achever l'homme que de faire un être aimant et sensible, c'est-à-dire de perfectionner la raison par le sentiment, i. 1. Bouss. Èm. m. Des hommes plus faits pour juger Despréaux ont mieux rencontré ce talon d'Achille dans la partie du sentiment dont il paraît avoir été privé ; c'était, qu'on nous permette cotte expression, une espèce de sens qui manquait à cet illustre écrivain, d'alemb. Éloges, Despréaux. Voulez-vous vous assurer d'avoir parlé le langage du sentiment, considérez si votre discours rend les accessoires qu'on devrait lire sur votre visage, dans vos yeux et dans tous vos mouvements, condil. Art d'écr. u, ii. N'y a-t-il pas dans le cœur de l'homme une pitié divine pour les erreurs que le sentiment ou du moins l'illusion du sentiment aurait fait commettre? stael, Corinne, v, (.|iÉtre capable de sentiment, se piquer de sentiment, avoir l'âme sensible, délicate, se piquer de sensibilité, de délicatesse d'âme. || 10° Spécialement. La passion de l'amour. Témoignes-tu pour moi les moindres sentiments? corn. Poly. iv, 3. Son sentiment était si profond, que rien au monde ne pouvait la distraire dos objets qui servaient à le nourrir, la FAY. Princ. deCléves. J'apprends que les Anglais se sont élevés contre quelques-uns de nos poètes, qui, à propos et hors de propos, ont voulu faire les héros galants, et leur font poussera toute outrance les sentiments tendres, BOss. Comédie, I B. Le danger, le malheur ajoute au sentiment, volt. Orphel. n, 7 Je suis à peine en mon printemps, Et j'ai déjà des sentiments. — Vous êtes un petit fripon, id. Poés. mal. 172. Tendres amis, époux fidèles, sans brûler de ce feu dévorant qui consume l'âme, vous vous aimez d'un sentiment pur et doux qui la nourrit, que la sagesse autorise, que la raison dirige, j. j. BOUSS. Hél. m, 18. Il Par plaisanterie. Pousser les beaux sentiments, affecter de dire des choses recherchées et pasiiionnées en matière de galanterie. Héroïnes du temps, mesdames les savantes, Pousseuses de tendresse et de beaux sentiments, mol. Éc. des femmes, i, 6. || !!• Disposition à être facilement touché, attendri. Le théâtre met à profit le sentiment. Feindre, jouer le sentiment. || Mouvement affectueux. Le roi y envoya [chez Luxembourg mourant] quelquefois, par honneur plus que par sentiment, st-sim. 26, 43. || 12" Dans la littérature, la peinture, la sculpture, expression vive, animée, douce. Ce tableau est plein de sentiment. Un morceau rempli de sentiment. Dans les vers de Virgile, tout pense, tout a du sentiment, tout vous en donne, fén. t. xxi, p. 207. U faut s'interdire ce ton didactique; on doit le plus qu'on peut mettre les maximes en sentiment, volt. Comm. Corn. Rem. Pompée, i, ( . Il y a de la naïveté [dans cette romance].... du sentiment même , beau- MARCii. U. de Figaro, n, 4. || Trait de sentiment, vers de sentiment, trait, vers qui exprime un mouvement du cœur. Combien d'excellents vers on peut citer où il n'y pas l'ombre d'images 1 combien même y en a-t-il, comme les ver, de sentiment, que toute espèce d'image affaiblirait, qui n'ont que l'expression la plus simple et qui n'en valent que mieux 1 d'alemb. Œuvr. t. iv, p. (64. Il 13* Manière de percevoir les impressions morales. Comme on se gâte l'esprit, on se gâte aussi le sentiment; on se forme l'esprit et le sentiment par les conversations; on se gâte l'esprit et le sentiment par les conversations, pasc. Pens. vu, 46. Tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment; mais la fantaisie est semblable et contraire au sentiment, de sorte qu'on ne peut distinguer entre ces contraires; l'un dit que mon sentiment est fantaisie, l'autre que sa fantaisie est sentiment, ID. ib. vn, 4. Elles [les lettres de Balzac et de Voiture] sont vides de sentiments qui n'ont régné que depuis leur temps, et qui doivent aux femmes leur naissance, la bruy. i. || 14' Avis, opinion qu'on a sur quelque chose, jugement qu'on en porte.... Le mien [intérêt] ne m'est pas si cher que je ne l'oublie volontiers en cette occasion, et ne sorte de mes sentiments pour entrer dans le dessein de la Providence, Balz. lett. n, liv. vi. Cet avis, qui tombait dans le sentiment de tous les autres académiciens, fut généralement suivi, pellisson, Ilist. acad. I. Parlez-moi franchement, je serai fort aise do savoir votre sentiment là-dessus, hauteroche, Crisp. méd. n, 9. Et je crois, à parler à sentiments ouverts, Que nous ne nous en devons guère, MOL Amph. Prolog. Heurter de front ses sentiments, c'est le moyen de tout gâtei^ ID. l'Àv.

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1,8. Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre. Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments Ne se masquent jamais sous de vains compliments, m. Mis. i, «. Tout cela.... Madame, fut blâmé d'un commun sentiment, iD. ib. m, 5. 11 était lui-même dans ce sentiment, pasc. Prov. i. Je vous pardonne d'avoir cru qu'Aristote ait été de ce sentiment, id. ib. iv. Elle [Mme de Gngnan] a le même sentiment que nous des jolis vers que nous lui avons montrés, sÉv. à Bussy, 4 mai (680. L'Angleterre trop libre dans sa croyance, trop licencieuse dans ses sentiments, boss. Reine d'Anglet. Pour entrer dans les sentiments de ces sages historiens, m. Ilist. m, 6. Ne soyons pas de ceux qui pensent diminuer la gloire de Dieu et de Jésus-Christ, quand ils prennent de hauts sentiments de la sainte Vierge et des saints, m. Sermon. Dévotion à la Ste Vierge, 2. Quoiqu'il ait eu sur la pénitence des sentiments outrés, bouhdal. Avent, Sur la pénit. 201. Voilà l'homme en effet: il va du blanc au noir. Il condamne au matin ses sentiments du soir, boil. Sat. vm. Le courtisan n'eut plus de sentiments à soi, ro. Épît. ix. Avec mes volontés ton sentiment conspire, rac. Esth. Il, 5. Puis-je, laissant la feinte et les déguisements, Vous découvrir ici mes secrets sentiments? ID. Milhr. i, 3. Le sentiment de ceux qui croient les comètes des corps éternels, aussi bien que les planètes, fonten. Guglielmini. Souvenez-vous toujours que je n'enseigne point mon sentiment, je l'expose, J. ;. rouss. Éni. iv. || Au sentiment de, selon l'opinion de. J'ai un certain valet, nommé Mascarille, qui passe, au sentiment de beaucoup de gens, pour une manière de bel esprit, mol. Prée. I. Il Proverbe. Autant de tètes, autant do sentiments, sur une chose il y a autant d'avis qu'il y a de personnes.

— lliST. XII' s. Et ke li amors de la devantriene [intérieure] compassion sormontat en luy lo sentement del corporiien torment, ST bern. p. (43. Il xni' s. Là je choisi [vis] un papegaut [perroquet]. Qui prioil amoreusemenl Et dousement De sentement Une mauvis par douz assaut, Lag d'amours, JUBINAL, t. n, p. <90. Il XIV* s. Il [le nerf] a la nativité du cervel ou de la nuche, portant le sentiment et le mouvement d'iceus à chacun membre, H. de mondeville, f" 9. Bauduins de Sebourc chante joîeusement Une chanson d'amours, faite par sentement, Que Blance li avoit apris novieilement, Baud. de Seb. vi, 393. || xv s. Et là [Philippe d'Artevelle aux Gantois] de grand sentement parla, FROiss. Il, u, 1 55. Prince, selon mon sentement, 11 faut s'acquiter loyaument, ch. d'orl. Bail. 144. Si print à faire balades, rondeaux, virelais, lais et complainctes d'amoureux sentiment, Bouciq. l, 8. Lo roy, qui avoit en grant joye ces nouvelles.... combien que desja paravant en povoit bien avoir eu quelque sentement, mais non pas si ample, comm. IV, 6. Il XVI' s. Si je vous disois que.... le sentement que vous avez du contraire me dementiroit, maro. Lett. xxxin. Elle l'enterra le plus profond en terre qu'il lui fut possible ; si est-ce que les bestes en eurent incontinent le sentiment, qui vinrent manger la charogne, id. iVoue. LVii. Le sentiment [connaissance] de ce qui est, mont, i, (ï. Sans respiration et sans sentiment, id. i, 93. Ces discours [sur l'amitié] me semblent lasches au prix du sentiment que j'en ay, id. i, 218. La sagesse doibt alléger le sentiment des maulx, id. i, 228. Le peuple, qui reçoit oppression des soldats, ne les excusera pas tant, pour ce qu'ils le défendent, comme il les maudira pour ce qu'ils le dévorent, ensevelissant le souvenir du bien dans le sentiment des maux, langue, 190. U avoit fait cette escapade contre le scnlimcnl do ses amis, d'aub. Vie, LVi. Il avoit deux filz et une fille, qui n'avoient pas grand sentiment ny gueres de cognoissance de leur calamité, pour le bas aage auquel ilz estoient, amyot, P. A!m. BO. L'ouye est celui de tous les sentimens, qui plus promptement et plus vivement émeut l'ame et les passions d'icellc, id. Crassus, 44. Au corps sont les sentemenlz interieurz, que sont entiereté, parité, vigueur, puissance, santé, fermeté de corps et le playsir épanché par tout ledit corps, bonivard, Amartigenée, p. (50.

— ETYM. Sentir, et lo suffixe ment (voy. ....ment, n* 2); provenç. sentiment; espagn. sentimieiito; ital. senSimenlo.

SE.\TI.Mi:.\TAI,, ALB (san-ti-man-tal, U-l"), adj. Il 1' Où il y a du sentiment, qui annonce du sentiment. Un ton sentimental. Des vers sentimentaux.

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En style sentimonUI, je pourrais vous dire que je me plais parmi les tombeaux, p. L. cour. Leit. I, 34. Il 8" Oui affecte une grande sensibilité. Un bomme seiilimenlal. Une femme sentimentale. il École sentimentale, celle qui prend pour base le sentiment. ||Au xviir siècle on a dit sentimenté en un sens analogue. Le style de l'élégie doit être doux, naturel, touchant et sentimonté, le p. MOi.'uGUES, dans desfontainrs.

— ÊTYM. Senlimenl.

tSKNTIMENrALEMENT(san-ti-man-ta-le-man),

adt'. Néologisme. D'une manière sentimentale.

t SENTIMICNTALITÊ (san-ti-man-ta-li-té), s. f. Néologisme. Caractère do ce qui est sentimental. Il Affectation d'une personne sentimentale.

t SKNTINATEUR (san-ti-na-teur), s. m. Terme de marine. Celui qui a soin de la sentine.

I. SENTINE (san-ti-n'), î. /■. Terme de marine. La partie la plus basse do l'intérieur d'un navire où les eaux s'amassent et croupissent. Jette-moi à la proue, à la poupe, dans la sentine même, partout où je t'incommoderai le moins, fén. Tél. xv. Il Se dit aussi quelquefois en parlant d'un canot, il Fig. Cette Botany-Bay, sentine d'Albion, Où le vol, la rapine et la sédition En foule sont vomis, et, purgeant l'Angleterre, Dans leur exil lointain vont féconder la terre, delille, Fit. n. || Fig. C'est la sentine de tous les vices, se dit d'un lieu où se rassemblent toutes sortes de gens de très-mauvaise conduite. || On dit aussi : Cet homme est une sentine de vices.

— lllsT. xn* s. Veez ci celuy ki est venus por espurgier nostre sentine, ST behn. p. 631. ||xvi' s. ....Parties qui sont quasi comme un esgout commun de tout le corps, dans lequel toute l'ordure et sentine des humeurs flue et s'arreste, paré, IX, (2.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. sentina ; du lat. sentina, sentine.

t 2. SENTINE (san-ti-n'), s. f. Anciennement, sorte de bateau servant à transporter le sel, ou à passer une rivière. Deux sols tournois peur chacun chaland, bateau, sentine, chargés de marchandises, Àrrél du conseil, 23 juin lues.

— HIST. iiv s. Comme lesdiz poures pescheurs eussent mené en une leur senlaine ou nacelle, amont ladite rivière de Loire, certaine quantité de poissons, du canoë, îenfino. || xv* s. En la rivière y avoit seullement une sentine où il y avoit deux hommes pour passer ceulx qui vouldroient aller d'ung costé à l'autre, comm. iv, 9.

SENTINELLE (san-ti-nè-l'), s. f. \\i' Guet que fait un homme et surtout un soldat; en ce sens il nes'empl-ie qu'avec en, deoafaire. Isabelle Durant notre entretien demeure en sentinelle, corn, le lient, m, 5. Sur la branche d'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois, la font. Fabl. Il, 15. Il Mettre quelqu'un en sentinelle, le mettre dans un endroit d'où il puisse apercevoir ce qui se passe. || Fig. Vos talents (d'un danseur], quels qu'ils soient, n'auriientqu'un faible éclat Sans ce juge subtil, ce tact si délicat Que la nature même, à nos plaisirs fidèle. Pour épier les sons a mis en sentinelle, dohat, la Déclamation thédtrale, iv. || Faire sentinelle, attendre, épier, [l'alouette] ....avertit ses enfants D'être toujours au guet et faire sentinelle, la font. Fabl. iv, 22. Je m'éloigne un moment, faites bien sentinelle, IMDEHT, Jaloux s. amouT, V, I. Il Fig. et familièrement. Relever quelqu'un de sentinelle, voy. relever. Il 2" Soldat qui fait le guet pour la garde d'un camp, d'un poste, d'un monument, etc. Poser des sentinelles. Itelever une sentinelle. Il revenait au fort, quand une sentinelle Dans l'ombre de la nuit reconnut le rebelle, mairet, lUort d'Asdr. m, 3. La nuit finissait .... quand tout à coup les Russes de Doctorof sortent des bois avec des cris épouvantables ; nos sentinelles sont renversées sur leurs postes, les postes sur leurs bataillons, les bataillons sur la division, sÉGun, llist. de ^ap. ix, 2. Il Fig. Le prince est une sentinelle établie pour garder son État; il doit veiller plus que tous les autres, boss. Polit, v, n, 2. De nouveaux citoyens que le premier éveil du patriotisme mit aux mêmes pensées dans toutes les parties de l'empire, et qui, sentinelles les uns des autres, communiquent rapidement toutes leurs espérances et toutes leurs craintes.... mibab. Collection, t. v, p. 3(2. Les êtres sensibles et compatis.sants sont des sentinelles bienfaisantes placées sur la terre pour veiller sur le malheur, oenlis, Jeanne de France, t. n, p. 3i, dans pougens. || Sentinelle perdue, soldat placé dans un poste avancé et pé-

rilleux. Il 9* Tuyau de conduite de l'air dans un appareil do soufflets hydrauliques.

— REM. Quelques poètes ont fait co mot masculin: Sur leurs corps et leurs ailes Brillent des yeux sans nombre, assidus sentinelles, dklillr, Parad. perdu, xi.

— iriST. IV* s. Il vault mieulx près beau feu boire la muscadcUe, Qu'aller sur ung rempart faire la sentinelle, bassel. Fou de Vire, to. Il XVI* s. Ces mille ans devant toy sont comme la journée Qui fut hier finie, ou l'espace ordonnée Pour une sentinelle en sa garde de nuit, DESPonTES, Œuv. chrest. xviii, Prière de Uoyse. Il met en divers endroits sentinelles perdues, fournit le corridour de rondes, et les rues de patrouilles, d'aub. Uist. n, 61. Qui se fasche quand on l'appelle A la porte, à la sentinelle, À la tranchée, et au rampart. Il n'est point de la bonne part, Sat. Mén. p. 4 42. Nous ne serons plus subjets aux gardes et sentinelles, où nous perdons la moitié de nostre temps, ib. p. (77. Poser une sentinelle, «can'core il ventre, OUDIN, Dict. Cependant qu'il [un vieillard maître impérieux et joué] se contente del'espargneetchiceté de sa table, tout est en desbauche en divers reduicts de sa maison.... chascun est en sentinelle contre luy, mont, n, 79.

— ÉTY.M. Espagn. centinela; dol'ital. sentinella. On le tire ordinairement de l'ital. jenttre, entendre; mais, comme le dit Diez, il manque dans la dérivation un intermédiaire: sent-in-ella. Aussi s'eston tourne du côté de Galvani qui y voit un diminutif de sentina, sentine, signifiant le gardien qui veillait à la sentine, d'où le sens se serait élargi en celui de veilleur en général. Cependant, s'il en était ainsi, est-ce que le mot ne serait pas masculin, sentinello, et non sentinella? Puis l'affîie in se trouve dans un mot latin, peu usité il est vrai : sentinus, dieu qui donnait les sens à l'enfant dans le sein de la mère.

SENTIU (san-tir), je sens, tu sens, il sent, nous sentons, vous sentez, ils sentent; je sentais; je sentis; je sentirai; je sentirais; sens, qu'il sente, sentons, sentez; que je sente, que nous sentions, que vous sentiez; que je sentisse; sentant; senti, 1). a. Il 1* Recevoir une impression. |{ 2* Particulièrement, percevoir par l'odorat. || 3° Il se dit des difi'érentes affections que l'àme éprouve. {| 4° Il se dit des impressions que l'âme reçoit de ce qui agit sur elle. || 6° Avoir l'appréciation délicate et instinctive. Il 6' S'apercevoir, connaître. || 7" Éprouver. Il 8° Se sentir quelque chose, sentir en soi quelque chose. Il 9° Faire sentir, faire connaître, faire comprendre. Faire éprouver. Marquer dans le discours, accentuer. Se faire sentir, imprimer sa marque. Il 10° Exhaler, répandre une odeur. Il 11* Avoir telle ou telle saveur. || 12* Fig. Avoir les qualités, l'air, l'apparence de, indiquer, dénoter. Il 13* Terme de marine. Sentir le fond. Sentir la barre. || 14* V. réfl. Se sentir, être *enti. Il 15* Être l'objet d'un sentiment. |] 16* Connaître, apercevoir en quel état, en quelle disposition l'on est. Il 17° Ne pas se sentir, être hors de soi par colère, joie, etc. Il 18* Se sentir, suivi d'un verbe actif qui prend le sens passif. || 19° Se sentir de, éprouver, ressentir. Éprouver quelque mal, quelque dommage, ou, en sens contraire, quelque bien, quelque avantage. Porter la marque de, la trace de. || Proverbe.

1* Recevoir une impression qui vient soit par l'extérieur du corps et par les sens, soit par l'intérieur et les parties profondes. Sentez-vous le goût de vinaigre dans cette sauce? Sentir une grande douleur de tête. Sentir la faim, la soif. Nous ne sentons ni l'extrême chaud, ni l'extrême froid, PASC. Pens. I, I, édit. iiavet. Elle n'a point encore senti son enfant; elle serabienti'it à quatre mois et demi, maintenon, Lett. à d'Aubigné,iO févr. (682. La Mollesse oppressée Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée, boil. Lutr. n. Je sentis tout mon corps et transir et brûler, hac. Phéd. i, 3. J'ai senti tout à coup un homicide acier Que le traître en mon sein a plongé tout entier, m. Ath. II, 5. La fée: Cher Arlequin, ces tendres chansons ne vous inspirent-elles rien? que sentez-vous? — Arlequin : Je sens un grand appétit, mariv. Arlequin poli par l'am. se. m. Ai-je un sentiment propre do mon existence, ou ne la sens-je que par mes sensations? voilà mon premier doute, qu'il m'est, quant à présent, impossible de résoudre, J. J. Rouss. Em. IV. Il Fig. Cette main invisible, ce bras qui ne paraît pas, donnent les coups que le monde sont, balz. Socrate chrétien, Disc. 8*. || Absolument. Quoil le charme de sentir est-il si fort (jue nous ne puissions

rien prévoir T bou. Dueh. d'Orl. Si le bonheur dos dieux est de voir, de connaître. Celui do l'homme est de sentir, lamotte, Odes. t. l, p. 336, danspoD- OENS. Nous ne connaissons l'ime et ses propriétés que par le sentiment intérieur que nous en avons; nous sentons, et mime nous avons un sentiment réfléchi de nos sensations; nous sentons que nous sentons, dumars. (Kuv. t. v, p. soi. La faculté de sentir est la première de toutes les facullis da l'âme, elle est mtme la seule origine des autres, et l'être sentant ne fait que se transformer, coNoa. Traité anim. n, <o. Concluons que, si les bétes sentent, elles sentent comme nous; pour combattre cette proposition, il faudrait pouvoir dire ce que c'est que sentir autrement que nous ne sentons, iD. ib. n, 2. Je ne pensais plus, mais je sentais encore, et je souffrais toujours, oenlis. Mires riv. t. i, p. 347, dans pouoens. || S. m. L'action de sentir. Le sentir ne dépend pas de nous, mais le vouloir en dépend, fén. t. m, p. 325. || Terme de manège. Sentir son cheval, se rendre raison de tous ses mouvements et savoir en profiter. || Sentir son cheval dans la main, le tenir de la main et des jarrets de manière qu'on en soit le maître. || Sentir ne se dit point des simples perceptions de la vue et de l'ouïe. Cependant Corneille l'a employé au sens d'entendre, mais c'est un archaïsme. C'était fait de ma vie, ils me traînaient à l'eau; Mais, sentant du secours, ils ont craint pour leur peau, Suite du lient, iv, 7. |{ 2* Particulièrement, percevoir par l'odorat. Sentir une odeur. Quesens-tu? dis-le moi : parle sans déguiser, la font. Fabl. vn, 7. Il me sentait venir de cent pas à la ronde,

ID. ib. IX, (9 Je l'ai vue avant vous [l'huître],

sur ma vie. — Eh bieni vous l'avez vue, et moi je l'ai sentie, id. ib. ix, 9. Si le petit reste en arrière, elle [la femelle du tapir] retourne de temps en temps sa trompe, dans laquelle est placé l'organe de l'odorat, pour sentir s'il suit ou s'il est trop éloigné, et, dans ce cas, elle l'appelle et l'attend pour se mettre en marche, bupf. Quadr. t. X, p. 6. Il Fig. Sentir de loin quelqu'un, reconnaître quel il est. Je sens un poêle de demi-lieue loin, SCARR. Aom. com. ch. (t. |l Sentir quelqu'un de loin, signifie pénétrer à l'avance ses intentions. Ce diable de beau-père a l'odorat subtil; Il nous sent de bien loin, th. corn. Comt. d'Orgueil, it,8. Il On dit demême : Je le sentis venir de loin. || Fig. Sentir de loin, découvrir, prévoir les choses de loin. Il Flairer. Sentir une rose. Conservez bien vos sentiments, vos pensées, la droiture de votre esprit, repa.ssez quelquefois sur tout cela, comme on sent de l'eau de la reine de Hongrie, quand on est dans le mauvais air, sÉv. 64<. || Fig. et familièrement. Je ne puis sentir cet homme-là, j'ai pour lui beaucoup d'aversion. Il 8* Il se dit des différentes affections que l'âme éprouve. Je sentais tendrement ce déplaisir d'être haïe de Dieu, et je le sentais même, comme je crois, entièrement détaché des autres peines de l'enfer, boss. Annt de Gonj. Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts? boil. Sat. ix. Mais je m'étonne enfin que pour reconnaissance. Pour prix de tant d'amour, de tant de confiance. Vous ayez si longtemps, par des détours si bas. Feint un amour pour moi que vous ne sentiez pas, bac. Bajax. y, 3. Quel penchant, quel plaisir je sentais à les croire I xa. ib. IV, 5. 'Tremblante comme vous, j'en sens quelques remords, id. Phèdre, m, 3. Je vous avoue que je sens déchirer mes entrailles, quand on vient m'annoncer que quelques malades dans une paroisse sont morts sans secours par la faute et la négligence du curé, mass. Disc, lynod. iix, Du soin qxte les curés doivent avoir pour les malades. Tout ce que je sens, je l'exprime ; Ne sens-je rien, je finis, lamotte. Odes, t. i, p. 4fi2, dans pougkks. Je ne suis plus qu'un juge à son devoir fidèle, Et qui ne doit sentir ni regrets ni courroux, volt. Tancr. n, 6. Mais nous [les poètes], pour embraser les âmes. Il faut brûler, il faut ravir Au ciel jaloux ses triples flammes; Pour tout peindre, il faut tout sentir, lamart. Jf<?dit. i, ( i. || Absolument. Or ilfaut, quelque loin qu'un talent puisse atteindre. Éprouver pour sentir, et sentir pour bien peindre, piron, Uétrom. i, 4. Ce sont les passions qui sont l'âme do la tragédie ; par conséquent un héros ne doit point prêcher, et doit peu raisonner; il faut qu'il sente beaucoup et qu'il agisse, volt. Comm. Corn. Rem. sur les dise. Ditcours )•'. Il no jouit plus de rien ; le malheureux ne sent plus, il ne vit plus; il est déjà mort, i. i. Rouss. Ém. IV. Il Sentir quelque chose pour quel-

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qu'un, être disposé à l'aimer, ou l'aimer déjà. Cependant, quoique aimable et peut-être plus belle, Jo la vois, je lui parle, et ne sens rien pour elle, TH. CORN. Ariane, i, i. Hippolyte est sensible, et ne sent rien pour moil rac. Phèdre, iv, t>. ||4' Il se dit des impressions que l'âme reçoit de ce qui agit sur elle. Il ne sent point les affronts. Il sent vivement les services qu'il a reçus. Vous ne sentez pas votre bonheur. Il y a des choses qu'il ne faut que sentir. On n'a tous deux qu'un cœur qui sent mêmes traverses, cobn. Poly. i, 3. c'est dommage de la perte de cet enfant [un enfant né à huit mois] ; je la sens, et j'ai besoin de vos réflexions chrétiennes pour m'en consoler, sÉv. à lime de Grignan, 23 févr. (076. Le prince se souvint do toutes les fautes qu'il avait commises ; et, trop faible pour expliquer avec force ce qu'il en sentait, il emprunta la voix de son confesseur pour en demander pardon au monde, à ses domestiques et à ses amis, Boss. Louis de Dourb. Très-reconnaissante des services, elle aimait à prévenir les injures par sa bonté; vive à les sentir, facile à les pardonner, id. Duch. d'Orl. 11 me semblait sentir la présence réelle de Jésus-Christ, comme on sent les choses visibles et dont on ne peut douter, id. Anne de Conx. S'il [le poète] ne sent pas du ciel l'influence secrète, BOIL. .4 ri p. I. Il sent soudain frapper et son cœur et ses yeux Par l'objet le plus agréable.... PERRAULT, Contes en vers, Grisel. Elle [la Dauphine] a senti jusqu'où va la misère humaine, jusqu'où vont les miséricordes divines, fléch. Dauphine. Quoique Chamillart ne put me raccommoder avec le roi, je ne sentis pas moins cette tentative, ST-siM. 114, 262. Illustres malheureux, que j'aime i voir vos cœurs Embrasser mes desseins, et sentir mes fureurs I volt. Alz. ii, 6. Mon père, en tous les temps, je sais que votre cœur Sentit tous mes chagrins, et voulut mon bonheur, id. Tancr. i, 3. Il Sentir de, avec un infinitif, éprouver un regret, une peine de. Je sens vivement de no plus causer avec le chevalier [de Grignan], sÉv. 22 avr. 1C89. Il [le chevalier de Grignan] a bien fait de choisir la demeure de Grignan pourêtre malade, plutôt que celle de Paris, où l'on sent encore plus de n'être pas comme les autres, lo. * janv. <690. || 5* Avoir l'appréciation délicate et instinctive de ce qui est beau dans une œuvre, dans une personne , dans un auteur ou un artiste. Sentir la musique. Quand je ne vous nomme point Pauline [fille de Mme de Grignan], c'est une faute; car elle est toujours vive sur votre sujet, et sent votre esprit et vos lettres d'une manière qui fait son éloge, sÉv. à Mme de Coulanges, le nov. 1694. Ou il est présenté à une troupe d'ignorants qui ne sont pas en état de le sentir, ou il est senti par quelques envieux qui se taisent, dider. Rech. phil. sur le beau, Œuv. t. 11, p. 465, dans pouoENS. On peut dire sans paradoxe que les Français ne sentent pas les arts, mais qu'ils les comprennent, D. stern, Esquisses morales, p. «46. Il 6* S'apercevoir, connaître. Alexandre dit qu'on le faisait fils de Jupiter, mais qu'il sentait bien qu'il était fait comme les autres, VAUaEL. Q. C. VII, )0. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passion.... il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide, PASC. Pens. xxv, 26, éd. havet. Toute l'armée était en joie, et jamais elle ne sentit qu'elle fut plus faible que celle des ennemis, boss. Louis de Bourbon. Elle vit le monde, elle en fut vue ; bientôt elle sentit qu'elle plaisait, m. Anne de Gonz. Je sens de jour en jour dépérir mon génie, BoiL. Éi'it. VIII. L'endroit que l'on sent faible et qu'on se veut cacher, id. Art p. iv. Britannicus le gène [Néron], Albine, et chaque jour Je sens queje deviens importune à mon tour, rac. Bril. 1,1. Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice Qu'il ne sent point en lui, id. Esth. m, ». Bajaze'., écoutez, je sens que je vous iime, ID. Dajaz. 11, i. Je sentais renaître mon courage au fond de mon cœur à mesure que ce sage »mi me parlait, fén. Tél. 11. Les honnêtes gens veulenlqu'on sente leur droiture, id. ib.xxrv. Le chevalier sentait le dénoûment de l'aventure, bauilt. Cramm. tt.Le mouvement de l'amour-propre nous est si naturel, que le plus souvent nous ne le sentons pas, et que nous croyons agir par d'autres principes, FONTEH. Mondes, )■' toir. La société BOUi apprend i sentir les ridicules; la retraite nous rend plus propres à sentir les vices, iiontesq. Etp. XIX, ï7. Vous sentez sans doute ces vérités (des reproches que Voltaire adresse à Frédéric], »oiT. Lelt.au roi de Pr. ï» rr. (7co. Colin sentit

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son néant et pleura, id. Jeannot et Colin. Malherbe, le premier, sentit quel heureux choix de mots pouvait donner aux vers, français de la pompe et de l'harmonie, uarmontel, Œuv. t. iv, p. 399, dans POUGENS. Vous paraissez trop sentir votre tort, pour qu'il me soit possible de vous le reprocher, genlis, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, m, 9. Il Vous sentez que, il vous est apparent, vous reconnaissez que. Vous sentez que ma fille au sortir de l'enfance Pourrait s'eflaroucher do ce sévère accueil, volt. Tancr. i, 2. || On dit de même : On sent que. On sent assez que je parle des Romains, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. 11, p. 375, dans POUGENS. || 7° Éprouver. Tout notre sang doitil sentir votre colère? rac. Théb. 11, 2. Plus d'un monstre farouche Avait de votre bras senti la pesanteur, ID. Phèdre, m, 6. Ainsi mes ennemis sentiront mon courroux, volt. Fanât, v, 4. Qui n'ose me venger sentira ma justice, id. Oresie, v, 4. Il 8' Se sentir quelque chose, sentir en soi quelque chose. Je me suis senti des forces que je ne me connaissais pas. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs; je me sens un cœur à aimer toute la terre, mol. D. Juan, i, 2. Si jamais votre cœur affligé se sent besoin de ressources qu'il ne trouvera pas en lui-même. j. j. rouss. Lett. à Mme d'Ilondetot, isjuill. 1768. || 9» Faire sentir, faire connaître, faire comprendre. Les rois [d'Angleterre] ont trop fait sentir aux peuples que l'ancienne religion se pouvait changer, boss. Reine d'Anglet. Les bontés que vous m'avez fait sentir me donnent le droit do me servir d'un nom si tendre, fén. Tél. xi. Je faisais même de temps en temps sentir à Protésilas que je supportais son joug avec impatience, id. ib. xiii. Je ne me ferai pas toujours sentir à votre cœur, mass. Or. (un. Prof. 4. Je ne suis qu'une suivante, et vous me le faites bien sentir, Marivaux, Jeux de Vam. et du has. m, 8. Cette victoire d'HoUosin, en comblant Charles XII de gloire, pouvait lui faire sentir tous les dangers qu'il allait courir en pénétrant dans des pays si éloignés, volt. Bussie, i, 10. Comme je l'ai déjà fait sentir, la nature n'a ni classes ni genres, elle ne comprend que des individus, bdff. Hist. anim. ch. 11. Il Faire éprouver. Avant que de frapper, elle [son entreprise] lui fit sentir [à Brutus, meurtrier de César] Plus d'un remords en l'àme et plus d'un repentir, corn. Cinna, m, 2. Après avoir fait sentir aux ennemis durant tant d'années l'invincible puissance du roi, noss. Louis de Bourbon. Tant que la reine d'Angleterre a été heureuse, elle a fait sentir son pouvoir au monde par des bontés infinies, id. Reine d'Angleterre. Ce n'est point au bout de l'univers Que Rome fait sentir tout le poids de ses fers, rac. Uithr. m, 1. La colère des dieux se ferait sentir aux Phrygiens par une cruelle peste, fén. Tél. xxiv. Il fit sentir i. tout le monde le pouvoir sacré des lois, et r.^ rit sentir à personne le poids de sa dignité, VOLT. Zadig, 6. || Marquer dans le discours, accentuer. Il fallait faire sentir cela davantage. || Se faire sentir, imprimer sa marque. La physique est à la poésie ce que l'anatomie est à la pointure : elle ne doit pas s'y faire trop sentir; mais, revêtue des grâces de la fiction, elle y joint le charme de la vérité, marmontel, Œuvr. t. ix, p. 423. || tO* Exhaler, répandre une odeur. Cola sent la fleur d'orange. J'aime nos Bretons, ils sentent un peu le vin; mais votre fleur d'orange ne cache pas de si bons cœurs, sÉv. 83. Vespasien.... ôtant le brevet d'une charge à un jeune homme qui était venu tout parfumé pour l'en remercier, cl ajoutant : j'aimerais mieux que vous sentissiez l'ail, rolun, Traité des Et. v, I" part. 4. D'honneur, il sent la fièvre d'une lieue, beaumarch. Barb. de Sév. m, 11. Il Fig. Cet ouvrage sent l'huile, sent la lampe, il parait avoir coiité beaucoup do veilles, beaucoup de travail à son auteur. || Fig. Cette chanson sentie corps de garde, elle est libre ou grossière. Il Fig. Cette action sent le gibet, la roue, la hart, les coups de bâton, celui qui l'a commise mérite d'être pendu, roué, bâtonné. Savez-vous, mes drôles, Que cette chanson Sent sur vos épaules Les coups de bâton? mol. Sicil. se. 9. || Fig. Sentir le fagot, voy. FAGOT. Il Fig. Sentir le sapin, voy. sapin. Il Sentir la Brinvillicrs, avoir l'air aussi maladeque si on avait été empoisonné par la BrinviUiers (phrase de Mme de Sévigné au moment où l'on s'entretenait des crimes de cette célèbre empoisonneuse, et qui est oubliée avec cet événement). Le prince [chevalier de Lorraine] est d'une maigreur et d'une langueur qui sent la BrinviUiers s£v. m août 4670.11 II s'emploie souvent comme

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neutre. Cela sent bon, sent mauvais. D'où vienj cette puanteur qui confond tous les parfums? c'est sans doute que l'incrédulité et l'ingratitude sentent mauvais comme les vertus sentent bon, sÉv. 661. Il Sentir comme baume, avoir une très-agréable odeur. || Fig. Nous ne vous donnons pas de ces effets véreux [effets de commerce]; Cela seni comme baume, regnard, Joueur, m, 4. || Absolument. Sentir se dit pour sentir mauvais. Cette viande commence à sentir. C'est, dit-il, un cadavre, ôlons-nous, car il sent, la font. Fabl. y, 20. Il Imporsonrtellement. Il sent bon dans cette chambre. Il sent le brûlé dans la cuisine. Il sent mauvais. || Fig. et impersonnellement. Ouais, je ne sais d'où cela vient; mais il sent ici l'amour, MOL. Am. magn. i, 1. Que regardes-tu là? — C'est qu'il sent le bâton du côté que voilà, id. le Dép. y, 4. Il Fig. et familièrement. Cela ne sent pas bon, l'affaire prend une mauvaise tournure, elle peut avoir des suites fâcheuses. || !!• Avoir telle ou telle saveur. Cette soupe ne sent rien. Ce vin sent le fût, sent le terroir, sent un goût. Ce cidre sent le pourri. || Fig. et familièrement. Sentir le terroir, se dit d'un homme qui a les défauts des gens de son pays, ou d'un ouvrage dans lequel se trouvent des défauts qui tiennent à des habitudes de localité. Ragotin, chien picard et sentant le terroir, lamotte, Fabl. y, 4. || 12" Fig. Avoir les qualités, l'air, l'apparence de, indiquer, dénoter. Cela sentirait trop sa fin de comédie, corn. Gai. du Pal. V, 8. Je ne hais point la vie et j'en aime l'usage, Mais sans attachement qui sente l'esclavage, ID. Poly. y, 2. Elles [les lettres patentes de l'Académie française] sont conçues en termes fort purs et fort élégants, qui, sans s'écarter des clauses et des façons de parler ordinaires de la chancellerie, sentent néanmoins la politesse de l'Académie et de la cour, pellisson, Uist.Acad. 1. Je me dispenserai seulement de suivre toujours et pas à pas l'ordre des dates, qui sentirait un peu trop le journal, et m'obligerait à revenir trop souvent sur les mêmes choses, id. 16. Un vieux renard, mais des plus fins. Sentant son renard d'une lieue, la font Fabl. v 5. Quatre siéffes boiteux [chez une devineresse], un manche Je balai. Tout sentait son sabbat et sa métamorphose, id. ib.ra, 15. Cybèle est vieille, Junon de mauvaise humeur; Cérès sent sa divinité de province, et n'a nullement l'air de cour, id. Psyché, II, p. 214. Cela sent son vieillard, qui, pour en faire accroire. Cache ses cheveux blancs d'une perruque noire, mol. Éc. des mar. 1,1. Vous êtes orfèvre, monsieur Josse, et votre conseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa marchandise, id. Am.méd. I, I. La ballade, à mon goût, est une chose fado ; Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps, id. Femm. sav. m, 6. Je trouve que le château de Grignan est parfaitement beau, il sent bien les anciens Adhcmars, sév. co. J'espère que ceux qui sont à Paris vous auront mandé des nouvelles; je n'en sais aucune, comme vous voyez; ma lettre sent la solitude de notre forêt, ID. 28 août 1070. Persuadé que rien ne sentait plus le grand seigneur, boursault, Lett. nouv. t. n, p. 293, dans POUGENS. Les Locriens, venus de la Grèce, sentent encore leur origine, et sont plus humains que les autres, fén. Tél. x. Voici qui sent bien le roman, hamilt. Gramm. 3. Ils [les Anglais] ont un penchant pour ce qui sent le gladiateur, m. tb. 9. Ppllion, d'un goût raffiné et difficile, prétendait découvrir, dans le style de Tite-Live, de la patavinilé, c'est-à-dire apparemment quelques termes ou quelques tours qui sentaient la province, rollin-, Hist. anc. liv. xxv, n, 2. Barbezieux, avec tous ses grands airs, sentait plus l'intendant que le général d'armée, st-sim. 23, 5. Ramener tout à l'amour de Dieu sent peut-être moins l'amour de Dieu que la haine que tout janséniste a pour son prochain moliniste, volt. iîem. Pens. Pasc. 20. De tous ceux qui ont un peu vécu avec M. le cardinal de Polignac, il n'y a personne qui ne lui ait entendu dire que Newton était péri patéticien, et que ses rayons calorifiques et surtout son attraction sentaient beauco ip l'athéisme, ID. Dict. phil. Xewton, 2. Il [le roi de Prusse] vous a envoyé sans doute le petit ouvrage qu'il a composé eii dernier lieu dans le goût de Marc-Aurèle, pendant qu'il avait la goutte; cela sent encore plus son Frédéric que son Marc-Aurèle, id. Lett. d'Alembert, 27 avr. 1770. Qui est-ce qui dit mon père, à la cour? Monsieur, appelez-moi monsieur! vous sentez l'homme du commun! beaumarck. Mire coupable, i, 12. || Cet homme, ce viùct seut

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le vieux battu, sent son vieux battu, Iocu:iOn Vieillie qui signifie : il est devenu insolent, négligent, parce qu'il y a longtemps qu'il n'a été châtié. Il Sentie son bien, avoir do bonnes manières, être do bon ton (locution vieillie, qu'en <o»o Caillières déclarait du dernier bourgeois). Une raillerie noble et galante qui sent son bien et sa personne do condition, pellisson, llist. Acad. t. Vous savez vivre , vous sentez votre bien, et vous avez l'air français, boissy. Français à Lond. se. U. La raillerie do Cicéron a jo ne sais quoi d'honnête et qui sent son bien, gedoyn, Trad. de Quiniil. a. Il 13* Terme de marine. Sentir le fond, se dit d'un bâtiment qui est mouillé sur un fond presque égal à son tirant d'eau. |{ Un navire sent bien sa barre [du gouvernail], lorsqu'il obéit vivement i ses mouvements. || 14* Se sentir, ». réfl. Etre senti, faire éprouver une sensation. Les marbres et les métaux se sentent plus froids que le bois, desc. Météores, 1. 1| 15° Être l'objet d'un sentiment. Les principes se sentent, les propositions se concluent, et le tout avec certitude, quoique par différentes voies, FA.sc. Pens. vni, o, édit. ii\vet.|| 16° Connaître, apercevoir en quel état, en quelle disposition l'on est. Il ne se sentit pas mourir. Il n'est pas étrange que les hommes ne se connaissent pas; il y a des temps mêmes où l'on peut dire qu'ils ne se sentent point, RETZ, ilém. t. m, liv. iv, p. 208, dans POUGENS. ô paroles qu'on voyait sortir de l'abondance d'un cœur qui se sent au-dessus de tout! Boss. Duch. d'Orl. Madame savait estimer les uns sans fâcher les autres; et, quoique le mérite fût distingué, la faiblesse ne se sentait pas dédaignée, ID ib. Au moment où j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle du prince do Condé, je me sens également confondu par la grandeur du sujet.... ID. Louis de Bourbon. L'esprit no se sent point plus vivement frappé Que lorsqu'on un sujet.... BOiL. Art p. m. Jamais je ne me suis senti plus amoureux, rac. Bérén. v, 7. Il y a de la douceur à se sentir vertueux, bariv. Pays. parv. i' part. Réduite au sentiment fondamental, elle [la statue] se sentira comme dans un point, s'il est uniforme; et, s'il est varié, elle se sentira seulement de plusieurs manières àlafois, conuil. Traité sensat. ii, t2. || Je ne me sens pas bien, je no me sens pas à mon aise, j'éprouve quelque indisposition. Il Absolument. Se sentir, se bien sentir, avoir conscience des forces qu'on a, du mérite qu'on possède, de ce qu'on est en droit d'exiger. Petit serpent que j'ai réchauffé dans mon sein. Et qui, dès qu'il se sent, par une humeur ingrate Cherche à faire du mal à celui qui le flatte I mol. Éc. des fem. V, 4. Il faut se sentir, et prendre sur soi certaines choses décisives où l'on ne peut vous conseiller que faiblement, boss. Polit, x, iv, 4. Les ligues et les guerres, au commencement détestées, aussitôt que les protestants se sentirent, devinrent permises, boss. Var. x. Un écrit signé de la main de Persée, qui attestait tout ce qui vient d'être dit, et qu'elle devait remettre entre les mains de lui, Philippe, lorsqu'il serait en âge de se sentir, rolun, //ist. anc. t. ix, p. 223, dans POUGENS. Elle a le noble orgueil du mérite qui se sent, qui s'estime, et qui veut être honoré comme il s'honore, J. J. rouss. Ém. v. {| Se sentir, ressentir les premières impressions de la puberté. Dans les premiers temps où M. le comte de Toulouse commença à être hors de page et à se sentir, elle [Mme d'O] lui plut fort par ses facilités, st-sim. 39, 202. Il 17° Ne pas se sentir, être hors de soi par colère, joie, etc. X ces mots le corbeau ne se sent pas do joie, la font. Fabl. i, 2. Je suis dans une colère que je ne me sens pas, mol. ilar. forcé, 8. Je ne me sens pas, je l'avoue; je jette des larmes de joie ; tous mes vœux sont satisfaits, id. Festin, V, l.||18° Se sentir, suivi d'un verbe actif qui prend le sens passif. Par d'inquiétants transports me sentant émouvoir, corn. Poés. div. Élégie. Ah! je me sens saisir d'horreur, qui- NAULT, Phaéth. I, 8. Mon cœur tremble, soupire et se sent déchirer, id. ib. u, 4. De ses bras innocents jo me sentis presser, rac. Ath. i, 2. De ce discours, ôciell que je me sens confondre! VOLT. vlJï. m, 5. Il Se sentir, se dit aussi avec le participe passif : se sentir ému. Mais cela rentre alors dans le cas du n° <6. || 19° Se sentir de, éprouver, ressentir. U commence à se sentir de la goutte, des incommodités de la vieillesse. Je suis ravie que vous vous sentiez aussi quelquefois de la faiblesse humaine, sÉv. à Urne de Grignan, (9 juin taib. Il Eprouver quelque mal, quelque dommage. U se sentira longtemps de cette blessure. Il se sent ds

s'être exposé au froid, à l'humidité. Comme nous eûmes part à vos prospérilés, Il nous faut bien sentir de vos adversités, haïr. Sophon. ii, 6. U faut que les affaires de M*" se sentent du temps, comme celles de tout le monde, sÉv. I7juil. (bho. Quand il considère qu'il laisse, en mourant, un monde qui ne se sent pas de sa perte, et où tant de gens se trouvent pour le remplacer, la bruy. II. Son éducation se sentit de cette négligence, J. I. ROUss. Cofi^. I. Il En un sens contraire, recevoir quelque bien, quelque avantigo. On a donné tantpourles domestiques; il faut le distribuer entre tous, afin que chacun s'en sente, Pict. de VAcad. Cette marquise a des soins de M. de la Garde, dont vous vous sentirez, sÉv. 473. Le jeune prince se sentira éternellement d'avoir été cultivé par de telles mains, boss. f.ouij de Bourbon. Les ignorants même d'un siècle savant se sentent un peu de la science de leur siècle, fonten. Hist. Thédt.fr.Œuv. t. m, p. 51, dans pol'GENS. Le monde entier se sent de leurs vertus ou de leurs vices [les grands] : ils sont, si j'ose le dire, citoyens de l'univers, mass. Petit, car. Exempt. || Porter la marque de, la trace de. De son orgueil ses habits se sentaient, la font. Court. Mon Dieu, ma chère enfant, que mon loisir est dangereux pour vous! je crains qu'il ne vous fasse mal, il se sent de la tristesse de mes rêveries, SÉv. 543. Le vers se sent toujours des bassesses du cœur, boil. Art p. iv. Heureux si ses discours [de Régnier], craints du chaste lecteur. Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur! ID. ib. II. Vos repas se senlent-ils de la frugalité de ce temps de pénitence? mass. Carême, Jeûne. Un autre ouvrage [la Chronologie réformée] plus à la portée du genre humain [que les Principes], mais qui se sent toujours de cet esprit créateur que M. Newton portait dans toutes ses recherches, volt. Dict. phil. Newton, 3. || Proverbe. La caque sent toujours le hareng, voy. caque.

— REM. Au présent, <'• personne du singulier, dans l'interrogation, on dit : sens-je, qui se trouve dans quelques auteurs, ou est-ce que je sens. Senté-je est un grossier barbarisme.

— HIST. XI* s. Oliviers sent que à mort est ferut, Ch. de Roi. cxliv. || xii* s. Or est amors tornée à fable, Por ce que cil qui rien n'en sautent, Uient qu'il aiment, mais il manient; Et cil fable et mançonge en font, Qui s'an vantent et droit n'i ont, crestien de troies. Cheval, au Lyon, v. 24. [La prison] Qu'ele me fait assaier et sentir, Couci, XIII. Il xiii* s. Adonc m'est vis que jel sente [le vent] Par desous mon mantau gris, dame de FAÏEL, dans Couci. Tel chose [le comte Thibaut] a faite en sa vie. Dont [il] deùst estre apelés [en champ clos]; Il ne se deffendist mie. Car il se sent encoupé [inculpé, criminel], hues de la ferté, Romancero, p. <87. Cil qui cliantent de ffor ne de verdure, Ne sentent pas la douleur que je sent, EIJST. LE peintre, dans Couci. Berte pleure du froit et du mal qu'ele sent, Berte, xlvii. Quant Berte sent le feu, à Dieu grâces en rent, ib. xlvii. Du duel [deuil] que ele en ot, jusqu'au cuer [elle] s'en senti, «6. lxxxix. Cil qui savoit assez de guile [tromperie]. Qui ne volt pas estre veùz. Par ces haies, par ces scùz [saules] S'en va le pas, sentant le vent, Ren. 4920. Il lui fist en tans et c£. lieu Sentir son pooir et sa force, Lai de l'ombre. Qu'est-ce qui si m'a alegié De toute magrant maladie, De mes doleurs? ne les sent mie, Sl-Graal, V. IG80. Il xiv* s. L'utilité de la création des ners ou [au] cors est que tous les membres sentent et aient mouvement par euls, ii. de msndeville, f* 9. La chose qui sent et la chose sensible ou qui est sentue, oresme, Éth. 305. IccUuy exposant dist audit Creton qu'il sentist audit bailly pour combien il donroit son oflico de bailli, du canoë, sentire. Laquelle Marguerite estoit grosse d'enfant sentant, dès six sepmaines avoit, id. ib. ||xv*s. Quand le jeune roi se sentit défié [par Robert Bruce], froiss i, i, 29. U avoit intention de chevaucher contre les Anglois, qu'il sentoit moult efforciement en Cambresis, id. i, i, 84. Par quoi si ceux [gardes et écoutes] senlissent ni ouïssent rien, ils le signifiassent en l'ost, ro. I, *, 43. Si j'ay mon temps mal despendu. Fait l'ay par conseil de folie; Je m'en sens et m'en suis sentu Ez derreniers jours de ma vie, eu. d'orl. Bail. (00. Tanlost après que le comte do Warwyc... sentit ces nouvelles, il se hasia.... comm. m, 7. Ses bienfailz n'estoient point fort grans, pource qu'il vouloit que chascun s'en sentist, id. v, ». || xvi* s. Ce ne sont pas tant remèdes pour adoucir le mal, que venins arrousez de miel, afin de n'offenser

point trop par leur rudesse le premier goust, aini tromper et entrer aux parties cordiales avant qu'es-

tre sentuz, calv. Instit. 499 Qu'il nous falloit

sentir humblement de nous devant Dieu, et avoir neantmointnostre justice en quelque estime, iD.t'b. 696. Vostre halainc me sent le vin. — La tienne me sent la firbvre, rab. Pant. iv, Prol. Mon languaige françois est altéré, et en la prononciation et ailleurs, par la barbarie de mon creu; je ne veis jamais homme des contrées de deçà qui no sentist bien évidemment son ramage, et qui ne bleceast les aureilles pures françoises, mont, m, 3v. Se sentir incapable de.... id. i, 42. Nous sentons nostre corps agité, id. i, 91. L'entrcprinse se sent de la qualité de la chose qu'elle regarde, ID. I, 70. Livia sa femme le sentant [Auguste] en ces angoisses, id. t, <2f). Invention qui ne sent aulcunement la barbarie, lo. i, 344. Je bais i mort de sentir au flatteur, id. i, 292. La plus exquise senteur d'une femme, c'est ne sentir à rien.... c'est puer que de sentir bon, ro. l, 391. Democrites, ayant mangé des figues qui sentoient le miel.... ID. I, 242. J'estime que les anciens avoient encore plus à se plaindre de ceulx qui apparioient Plante àTerence (cettuy cy sent bien mieulx son gentilhomme) que Lucrèce à Virgile, id. Il, (02. Elle nous faisoit sentir tous les plaisirs du monde à

nous festoyer, la boétie, 328 Que, de tous

les actes de récréation, il n'y en avoit point qui sentist moins son homme que la danse, despéb. Contes, XL. Il commencea à user d'une franchise de parler qui sentoit plus son accusateur que sa libre défense, amyot, Cor. 20. Hz se saisirent de la place, avant que ceux de la ville en sentissent rien, id. Pyrrhus, 72. C'estoit un paîs bossu et malaisé pour gens de cheval, en quoy il se sentoit le plus foible, ID. Agés. (6. Adieu ma lyre, adieu fillettes. Jadis mes douces amourettes. Adieu, je sens venir ma fin, rons. 493. Ces ouvrages sentent à l'huile et à la lampe [façons de parler gasconnes, reprochées à Montaigne], paS- QuiER, Lettres, t. ii, p. 380.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. sentir ; iti\. fendre; du lat. sentir e ; comparez l'allem. tinnen. Le participe îend'se conforme à la 4* conjugaison, tandis qu'en latin il perd ce caractère [sensus).

t SENZA (sèn'-lza), adv. Terme de musique. Mot italien qui veut dire sans, et qui s'emploie sur les partitions, dans plusieurs expressions destinées à indiquer les instruments qui se taisent. Senza fagotti, sans les bassons. Scnza sordini, sacs les sourdines. || On dit aussi senza tempo, san« mesure, dans le même sens que à piacere.

— ÉTYM. Ital. sema, sans (voy. sans).

(. SEOIR (soir), v. n. dé(. qui n'est guère usité qu'à l'infinitif, au présent de l'indicatif, je sieds, tu sieds, il sied, nous seyons, vous soyez, ils seicnt; à l'impératif, sieds-toi, seyons-nous, seyezvous; au part, présent séant, et au part, passé sis. Il 1* Être assis. Le Thermodon a vu seoir autrefois Des reines au trône des rois, malii. m, *. U la fit seoir, la font. Court. Comme Jésus-Christ a souffert durant sa vie mortelle, est mort à celte vie mortelle, est ressuscité d'une nouvelle vie, est monté au ciel, et sied à la droite du Père, ainsi "le corps et l'âme doivent souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel et seoir i. la dextre, pasc. Lett. tur la mort de son père. Pas un évèque n'a voulu entrer au conseil, par l'indécence d'y seoir apr6s un homme de second ordre, st-sim. 87, 4 27. Les chevaliers do l'ordre, mandés par le roi, seient en bas, et n'ont point do voix, id. 373, 205. || 2* Se seoir, v. réfl. S'asseoir; peu usité, s'emploie quelquefois familièrement ou en poésie au présent de l'indicatif, à l'impératif et à l'infinitif. Je m'approche, me sieds, et m'aidant au besoin.... régnier, Sat. I. Carlos, y voyant une place vide, s'y veut seoir, corn. Don Sanche, i, 3. Sieds-toi, je n'ai pas dit encor ce que je veux, id. Ctnna, v, ). Il se sied, il lui dit qu'il veut la voir pourvue, ID. <« lient, n, 5. Soyez-vous, et quittons ces petits différends, w.D. Sanche, l, 3. L'heure du souper étant venue, chevaliers et dames se furent seoir à leurs tables assez mal servies, la font. Œuv. Lett. à Mme de la Fontaine, zo août (063. Salut I vois, l'on l'apporte et la table et le pain • Sieds-toi, a. CHÉN. Idylles, le Mendiant.

— iiisr. I* s. Et si [il] sist contra orientem civitatis, Fragm. de Valenc. p. 408. ||xi* s. Sur pâlies blans siedent cil chevalier, Ch. de Roi. vm. Alez sedeir, quant nuls no vos somunt, ib. xvn. || xii* s. Je sui retornez en mon règne, e ai sis sor le siego de mes pères, macuab. i, 40. Que U

SEO

fous enfes [enfant] ki crie Pour la bêle estoile •voir, Qu'il voit haut et cler seoir, Couci, m. Entour lu. [il] vit ses homes scïr et arrangier, Sax. VI. S Hely sedeit sur le chemin devers l'ost, Rois, p. i». Sire, sire, as-tu cumanded que Adonias règne et siesced en tun trône cume reis aprfcs tun decet? «6. 223. Il xiir s. Cis Nullis siet entre Laigni sur Marne et Paris, villeh. i. Cil dame Diex, l'ail ele, qui haut siet et loin voit, Derte, xxviii. Et se tu siez bien à cheval, Tu dois poindre amont et aval, la Rose, 2207. Si vint à l'uis, si visl que c'estoient sis vallet et femes avec eus, et sooientàunetable, BEAHM. LXix, 2(.||xiv's. Laditte confrarie doit seoir [avoir ses séances] le premier dimenche, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 683. Messire Charles de Blois et les seigneurs dessus nommés sirent assez longuement devant la cité de Rennes, Knoiss. I, I, <7). Le chapperon luy eschappa de la main dextre, et s'en alla seoir à l'aide du vc;it assez près d'ung chevalier qui se delectoit à regarder vers les pucellcs, Perceforest, t. vi, f" 40. || xvi" s. ! Comme un pèlerin lassé ou défaillant se sied au ' milieu de la voye pour reposer, calv. Inst. 600. Il [Jésus-Christ] est séant à la dextre du perc, id. ib. HOD. Je veuli que l'esprit s'y seye [au plaisir de la table], non qu'il s'y couche, mont, iv, 295. Jà Dieu ne plaise que je seye jamais en chaire, dont je ne me puisse lever au devant d'un plus vieil que moy, amyot, Lyc. 43. Il voulut que les serfs, es festes de Saturne, se seissent à table pour manger avec leurs propres maistres, id. Lyc. et JVuma, 2. Caton y arriva, que tous les autres cstoient desjà à table, et demanda où il se serroit, m. Cal. d'Utiq. 50. [ô Dieu, est-ce que] Ne partiront jamais du throsne où tu te sieds El la Mort et l'Enfer qui dorment à les pieds? d'Xlb. Tragiques, Misères.

— Erv.M. Berry, se soj/er, au suhj. qu'il siese; provenç. sezer, cextr, seire ; anc. catal. seser, tiure ; catal. mod. seurer ; ilal. sedere; du lat. sedere; comparez le grec S5o;, siège; goth. sitan, être assis; allem. sitzen.

2. SEOIR (soir), V. n. déf. qui ne s'emploie plus guère qu'aux troisièmes personnes suivantes : il sied, ils siéent; il seyait, ils seyaient; il iiéra, ils siéront; il siérait, ils siéraient; qu'il siée, qu'ils siéent; au part, seyant ou séant; il ne forme aucun temps composé, le part, passé sis n'étant pas usité en ce sens. || 1* Être convenable, bien aller. Ces couleurs vous seyant ou séant si bien, vous devez les préférer aux autres. Si près de voir sur soi fondre de tels orages. L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages, CORN. Hor. I, i. Mme de la Fayette lui répondit bonnement: ha! mon Dieu, madame, ne le faites point, cela ne sied bien qu'aux jeunes personnes, sÉv. 37. Mais, hélas 1 en ce temps d'opprobre et de douleurs. Quelle offrande sied mieux que celle de nos pleurs? bac. Àthal. i, 3. H les donnait [ses mémoires] avec une modestie et une espèce de timidité qui seyait tout à fait bien à un homme de guerre transplanté dans une assemblée de savants, FONTEN. Lafaye. Des sociétés qui ne siéent ni à votre rang ni à votre sexe, mass. Carême, Emploi du temps. Ce qui sied bien au corps sied trèsmal à la bourse, montfleubï. Femme juge et part. III, 2. Un peu d'aide souvent sied bien à la beauté, m. tb. IV, 2. la voilà dans un âge où un mari ne lui siéra pas mal, lahottb, Magnipxjue, i, 4. Voici l'âge d'or qui succède à l'âge de fer ; cela donne trop envie de vivre, et cette envie ne me sied point, VOLT. l«((. Dupont, 23 mars <776. Je commence à croire que nous devenons trop Anglais, et qu'il nous siérait mieux d'être Français, ro. Lttt. Richelieu, <0 oct. <769. Elle n'aime point ce qui brille, mais ce qui sied, J. J. Rouss. Ém. v. La marquise : Voilà un drôle de bonnet. — Mlle Ledoux : Je l'ai inventé cl fait cette nuit; il siérait bien à madame, genlis, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, i, 6. || Impersonnellement. Quoi ! vous iriez dire à la vieille Emilie Qu'à son âge il sied mal de faire la jolie? hol. Mis. i, t. Sied-il bien i des dieux de dire qu'ils sont las? id. Amph. prolog. C'est à toi, Lamoignon.... Qu'il sied Lien d'y veiller pour le maintien des lois, boil. Épître vi. Mais siérait-il, Abner, à des cœurs généreux. De livrer au supplice un enfant malheureux? hac. Athal. v, S. Quand je vous traite avec bonté, il vous sied mal de montrer de la hauteur, m"' riccoboni, (Sut). t ni, p. «87, dans pougens. Il vous sied, mon amie, D'être dans mon malheur toujours plus raffermie, V. Huoo, Hemam, n, <4. || Ironiquement. Il sied bien.... Trop aveugle ministre, Il te sied bien d'avoir «n de si jeunes mains, Chargé d'ans et d'hon-

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neurs, confié tes desseins 1 rac. Bajai. iv, 7, Perfide, il vous sied blende tenir ce discours! to.Mithr.iy, 4. Il 2* Concorder, aller ensemble. Avecque la beauté mon humeur ne sied pas, hégnier, Élég. n. Oui, c'est lui qui le dit; et cette vanité. Monsieur, ne sied pas bien avec la piété, mol. Tart. n, 2.

— REM. St-Simon a dit seyé au participe; mais cela est barbare: J'avais avec eux la liberté de leur tout dire qui n'eût pas seyé de même à la dévotion du duc de Charost, 302, 286.

— HIST. XII" s. Bien li sistrent les armes, si s'en sut bienaidier. Soi. iv. || xiil* s. Car quant chascun jadis veoit La famé qui miex li seoit, la Rose, 4 4(12. Grailles li flancs, basses les hance. Moult li siet bien sa destre mance, FI. et Bl. 2907. |l xiv s. Il n'est nul quelconque à qui il siece ou appartienne plus assavoir meilleurs choses et plusieurs, que il appartient au prince, oresme, Prol. || xv* s. El, si Dieu m'aist, le courage m'en sied trop bien que nous en viendrons à notre dessus, froiss. i, i, 47. Il xvr s. Pensez qu'à Ambres bien sierroit. Ou à Carris, qui les verroit Combattre en ordre et équipage, L'un un valet et l'autre un page, marot, vi, 64. Un critique dit là dessus: ....Mais si tu leur bailles ung eschcc Du mot serroit, qui n'est mot grec. Et du latin n'a délivrance; Parle françois, ou cloz le bec. Car serroit n'est receu en France, id. ib. VI, 94. Il siet mal à un homme qui n'a plus de ville ny de maison, de prescher ceulx qui en ont de les abandonner, amyot, Thémist. 2i. 11 avoit la langue un peu grasse, ce qui ne luy seoit pas mal, ID. Aie. 2. Il n'est homme à qui il siese si mal de.... mont, i, 33. La mort la plus muette me semble la mieux séante, id. n, 66. Il vous siéra mieux de vous resserrer dans le train accoustumé, id. n, 3(4.

— ÉTYM. Le même que seoir 1, parce que ce qui est bien assis est séant.

\ SEP (sèp), î. m. Il l' En parlant de la charrue, le même que cep, c'est-à-dire la partie du corps de la charrue à laquelle s'emmanche ou s'ajuste le soc, et sur laquelle reposent l'étançon et l'avantcorps; c'est elle qui glisse au fond du sillon (voy. cep). Il 2* Terme de marine. Sep de drisse, pièce de bois, élevée au pied d'un mât, sur lequel sont plusieurs roues de poulie par où passent les grandes drisses.

— ÈTYM. C'est le même que cep, bloc de bois.

f SÉPALE (sé-pa-l'), s. m. Terme de botanique. Chacune des folioles du calice.

— ÉTYM. Voy. LÉPALE.

f SÉPALOÏDE (sé-pa-lo-i-d'), adj. Qui a la forme d'un sépale.

SËPARABLE (sé-pa-ra-bl'), adj. Qui peut se séparer, qui peut être séparé. Il n'y a pas de corps dont les parties ne soient séparables. L'entendement, de soi, n'est point attaché à un organe corporel, et il est, par sa nature, séparable du corps, Boss. Connaiss. I, <7. On pense avec angoisse [sous le règne du duc de Bourgogne] que le ministère ne sera plus séparable de la théologie, st-sim. 268, 77.

— HIST. XVI' s. Séparable, oudin, Dict.

— ETYM. liai, separabile; du lat. separabilis, de separare, séparer.

f SÉPARAGE (sé-pa-ra-j'), s. m. Terme de métier. Action de séparer; triage.

t SÉPARANT, ANTE (sé-pa-ran, ran-t'), adj. Qui sépare ou peut séparer. Par l'action séparante de la pile voltaïque on a décomposé l'eau, les alcalis.

t SÉPARATEUR, TRICE (sé-pa-ra-teur, tri-s'), adj. Qui a la vertu de séparer.

— HIST. XVI* s. La faculté séparatrice qui sépare les choses qui doivent estre séparées, exemple, comme le laict dans le sang, paré, xviii, h.

— ÉTYM. Lat. separatorem, separatricem, de separare, séparer.

t SÊPARATIF, IVE (sé-pa-ra-tif, ti-v'), adj. Qui cause, qui opère la séparation. La séparation des masses des deux îles [Corse et Sardaigne] est le trait principal, l'accident le plus remarquable de leur forme ; ce trait de discontinuité, cette faille séparative se reproduit dans les chaînes de montagnes.... villeneuve-flayosc, Acad. des se. Comptes rendus, t. Liv, p.20). Il Qui marque, qui indique la séparation. Le mur séparatif de deux propriétés. La ligne séparative de deux héritages.

— ÉTYM. Provenç. separatiu ; espagn. et ital. ««parativo; du lat. separotivus, de separare, séparer.

SÉPARATION (sé-pa-ra-sion ; en vers, de cinq syllables), t. f. \\ l' Action de séparer, de se séparer, résultat de cette action. La séparation des chairs d'avec les os. Il est visible que, puisque la séparation et la révolte contre l'autorité de l'Église a été la source d'où sont dérivés tous les maux, on

SÊP

n'en trouvera jamais les remèdes que par les retours à l'unité, B0S«. fleine d'Angle!. Après la separation du monde, Mme de Montausier, accablée sous le poids de ses infirmités, s'applique à les souffrir chrétiennement, fléch. Duch. de Ment. Jésus-Christ n'a pas prétendu nous prescrire des devoirs faciles, commodes, et qui ne prissent rien sur nos passions : il est venu porterie glaive et la séparation dans les cœurs, mass. Cor^me, Immutabilité. Des crimes, que nous traitons de simples faiblesses, étaient expics par la séparation de l'assemblée des fidèles, id. Conf. Zélé contre les scandales. Quand même, dans cette terrible séparation qui se fera un jour, il ne devrail y avoir qu'un seul pécheur de cette assemblée ilu côté des réprouvés, ID. Sur le petit nombre des élus. Il î' Particulièrement. Action de quitter des ami^ des parents, des personnes chères. Il est fort dangereux de s'accoutumer à une bonne compagnie; la séparation en est étrange, sÉv. 375. C'est une horrible chose que les séparations, m. tb. Je sens la séparation de ma petite [Marie Blanche, fille de Mme de Grignan]; e.st-elle fâchée d'être en religion? m. 29 avr. (67C. L'idée d'une séparation éternelle est sans doute pour moi aussi déchirante que terrible, genlis, Veill. du chat. t. n, p. 4H, dans pougens. ||3° Terme générique par lequel on indique la désunion de quelques éléments. La séparation des métaux. || Fig. Plus l'autorité agitera le vase où les vérités nagent pêle-mêle avec les erreurs, plus elle retardera la séparation des unes et des autres, d'alemb. Éloges, Bossuet. || Ancien terme de chimie. Séparation sèche, opération par laquelle on fait la séparation de l'or d'avec l'argent, en fondant les métaux dans des creusets. j 4' La chose même qui fait séparation, cloison, haie, etc. Otez cette séparation. Mur de séparation. Il Fig. Mur de séparation, cause, sujet de division. Cet intérêt élève un mur de séparation entre les deux familles. Voilà à quoi vous tenez; voilà le mur de séparation qui vous éloigne de Dieu, MASS. Carême, Doutes. || 5' Particulièrement- II se dit de la rupture de l'union conjugale. Ma fille, de semblables séparations ne se font point sans scandale ; et vous devez vous rendre plus sage que lui, et patienter encore cette fois, MOL. G. Dand. m, <4. j'ai trouvé, dans les lettres de Mme de Maintenon à l'abbé Gobelin, qu'il y avait eu une séparation en forme au Châtelet de Paris entre M. et Mme de Montespan, m'"* de CAYLUS, SouDenirs, p. 1 74, dans pougens. Toute séparation volontaire est nulle. Code Kap. art. (443. Il Terme de jurisprudence. Séparation de corps, jugement qui autorise les époux à vivre séparément. La femme contre laquelle la séparation de corps sera prononcée pour cause d'adultère, sera condamnée par le même jugement et sur la réquisition du ministère public, à la réclusion dans une maison de correction pendant un temps détermine. Code Nap. art. 308. || Séparation de biens contractuelle, stipulation qui interdit la communauté de biens entre les époux. I| Séparation de biens judiciaire ou par jugement, jugement qui rompt cette communauté. La séparation de biens ne peut être poursuivie qu'en justice par la femme dont la dot est mise en péril. Code Nap. art. (443. Il Séparation de patrimoines, mesure conservatoire qui empêche la confusion des biens d'une succession avec ceux de l'héritier. || Séparation de dettes, clause par laquelle des épour déclarent exclure de la communauté les dettes antérieures au mariage. || 6' Brouille, froideur. La reine l'accuse [.Mme de Maintenon] de toute la séparation qui est entre elle et Mme la Dauphins, SÉv. 5 juin (680. Il 7"' Abstention, privation. Il est vrai que je suis quelquefois blessée.... du peu de part que j'ai à votre confiance; j'accorde avec peine l'amitié que vous avez pour moi avec cette séparation de toute sorte de confidences, sÉv. à Mme de Grignan, t. v, p. 620, éd. régnier. Plutôt que de demeurer tranquilles dans la séparation de ce divin mystère [la communion], ro. 6 mars (683. — HIST. iiv* s. 0 [avec] celé espreuve [londe] soit faite séparation environ la plaie legierement, II. DE mondemlle, f'4(,t'erso. [La charnalité] Le los donne et le maugré Ainsy comme il vient à son gré. Si qu'elle fait par nacions Conten» [querelle] et separacions, Fauvel, dans Jahrbuch fur romanische literatur, t. vn, p. 4(2. || xv s. Je vous prie que soyez contente que la séparation soit faite de nous deux, Loms xi,A'ouc. txxin. || ivi* s. Il falloil nécessairement qu'il y eust séparation de murailles entre eulx, amtot, Cicéron, (9. L'ulcère

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sers touché d'eau forte eateinte, dite eaa de séparation, PARÉ, n, t«.

— KTYM. Provenç. leparatio; espagn. séparation; ital. separaiione ; du lai. separaiionem, de je;)orore, jéparer. Palsgrave, p. tas.diljeporotsoii; c'est une foime archaïque, le lalin alionem donnant aison.

t SÉPARATISME (sé-pa-ra-ti-sm*),*. m. Schisme des séparatistes. || Tendance dans les dilTérentcs parties d'un même pays à se former une existence séparée.

t SÉPARATISTE (sé-pa-ra-ti-sf) , s. m. Nom donné, dans dilTorentes sectes, à ceux qui se détachent de la communion dans laquelle ils sont nés. y Ceux qui se séparent d'une confédération. Aux Etats-Unis, les séparatistes du Sud.

t SÉPARATOIKE (sé-pa-ra-toi-r'), t. m. Ancien terme de chimie. Vaisseau de figure oblongue et presque uniforme, inventé pour séparer les liqueurs.

SÉPARÉ, ÉE (sé-pa-ré, rée), part, passé de séparer. || !• Désuni , disjoint. Mon Dieu , me quitterez-vous ? que je n'en sois pas séparé éternellement 1 pasc. ilmuIeKe. Ma pensée n'a pas été un moment sépa;:ée de vous; je vous ai suivie partout, sÉv. à Mme de Grignan, U déc. )670. De mes braves amis la moitié séparée A marché sur les pas du courageux Osmin, rac. Bajaz. v, 9. Mais, du sol maternel une fois séparée, Sa feuille se flétrit et meurt décolorée, delille, En. XI. Il Absolument. Séparé se dit des Églises, des sectes séparées du catholicisme. L'erreur est d'associer des sectes séparées à des promesses qui, originairement, ont été données à la tige d'où elles se sont détachées, Boss. 6* avert. 84. || Mener un cheval les rênes séparées, le guider en tenant une rêne de chaque main. || 2° Mis, placé

I part, isolé. Notre bon abbé.... a un commerce tout séparé avec vous, qui roule sur les fruits de rotre bon pays [Semur], sÉv. à Guitaut, 6 mars 1083. Une terre inconnue et déserte, séparée de bien loin du commerce et de la société des hommes, BOSS. 2' sermon, Quinquagésime, Préambule. Dans un lieu séparé des profanes témoins, Je mets à les former [de jeunes filles] mon étude et mes soins, RAC. Esth. i, I. Du reste des humains je vivais séparée, id. ib. || 3* Il se dit des gens qui ne sont pas ensemble. Ces temps de barbarie étaient le siècle d'or, non parce que les hommes étaient unis, mais parce qu'ils étaient séparés, j. j. Rouss. Orig. des langues, 9. || Séparé de corps, séparé de biens, sa dit d'époux entre lesquels est intervenu un jugement de séparation de corps, de biens. Mme deGermeuil est séparée de son mari, et absolument bannie de la société, genlis, Ad. et Th. t. m, p. 343, dans pouoens. La femme séparée soit de corps et de biens, soit de biens seulement, Code Map. art. 1449. || Se marier séparés de biens, convenir par le contrat de mar.dge qu'il n'y aura point communauté de biens entre les époux.

II 4° Différent, distinct. La nature et l'amour ont leurs droits séparés, corn. Ilod. iv, 3. Ce sont deux questions fort séparées, pasc. Prov. xii. Tous les auteurs du temps nous ont montré les vaudois et les albigeois comme deux sectes séparées, BOSs. Yar. ii, 9l. Tombant incessamment sur les uns ou sur les autres de ces barbares qui avaient leurs intérêts séparés, il les défit entièrement, FLÉCH. Uist. de Théod. i, 9. Aucun n'avait d'enclos ni de champ séparé, boil. Sal. xi.

t SÉPARÉMENT (sé-pa-re-man), ». m. Action de séparer.

— HIST. XV' S. Séparément, oudin, Dict.

— ÈTYM. Séparer; ital. separamento.

SÉPARÉMENT (sé-pa-ré-man), adv. X part l'un

de l'autre. De la réflexion ou du pouvoir de disposer nous-mêmes de notre attention, naît le pouvoir de considérer nos idées séparément, condil. Conn. hum. ii, 6.

— HIST. XIV' s. ....Ou se elles sont vers aucunes separéement et par especial, oresme, Eth. 195. Il XVI' s. Il parloit separéement à ceulx qui estoient chefs des parts, amyot, Solon, 1 8.

— ÉTYM. Séparée, et le suffixe ment; provenç. separadamen ; espagn. teparadamente ; ital. separamente.

SÉPARER (sé-pa-ré), v. || o. 1' Désunir ce qui était joint. || 2' ôler les unes d'à côté des autres des choses qui étaient mal rangées. |1 3» Mettre à pari les uns des autres des objets de diflërentes espèces. || 4° Diviser un espace au moyen de quelque chose qu'on place entre les parties. || 6' Kormer être une séparation entre deux choses.

Il (* 11 se dit des obstacles naturels qui sont interposés entre deû pays. || 7* Mettre une certaine distance entre. Il se dit aussi de la dislance dans le temps. Il 8° Il signifie quelquefois simplement diviser. Il 9" Couper les communications entre. Il 10° Kaire que des personnes, des animaux, des choses ne soient plus ensemble. || 11° Renvoyer des troupes militaires. || 12* Faire cesser un combat, une lutte. || 13° Fig. Entretenir l'inimitié. || 14' Séparer de biens, de corps un mari et une femme. Il 15° Prononcer une sentence d'interdiction.

I 16° Considérer à part, meitre à part. |l 17" Uonure distinct. || 18" Dans la chasse, séparer les quêtes. Il 19° Y. réfl. Se séparer, être désuni, disjoint.

II 20° S'éloigner l'un de l'autre, en parlant des personnes. || 21° Se séparer, en parlant du cerf.

22° Cesser de se battre, d'être aux prises. Il 23° Cesser de vivre en commun. || 24' Subir une séparation. Se quitter l'un l'autre. Quitter quelqu'un. Il 25° Rompre des liens qui nous attachent à quelqu'un. Rompre des liens qui nous attachent à quelque chose. Se séparer de soi-même.

1° Désunir ce qui était joint, ce qui formait un tout ou était considéré comme tel. Séparer la tête du corps. Séparer les chairs d'avec les os. Elle [Rome] qui de la paix ne jette les amorces, Que par le seul besoin de séparer nos forces, corn. Sophon. I, 4. Il était juste de la haiir [la mort], quand elle séparait une âme sainte d'un corps saint; mais il est juste de l'aimer, quand elle sépare une âme sainte d'un corps impur, pasc. Lett. sur la mort de son père. || Fig. Ainsi Rome n'a point séparé son estime ; Elle eiit cru faire ailleurs [que dans la maison d'Horace] un clioix illégitime, corn. Hor. ii, i . Il 2° ôter les unes d'à côté des autres des choses qui étaient mal rangées. Voilà des livres qu'on a mis pêle-mêle ; il faut les séparer et les ranger par ordre de matières, Vict. de l'Acad. || 3° Mettre à part les uns des autres des objets de difl'érentcs espèces. Séparer dans la cave le vin vieux du vin nouveau. Sépare tes présents, et ne m'offre aujourd'hui Que ton fils sans le sceptre, ou le sceptre sans lui, corn. Héract. i, 2. Séparez le soldat d'avec le citoyen, mairet, Sophon. m, l . Quelquefois du bon or je sépare le faux, boil. Art p. iv. Quand Dieu viendra juger les vivants et les morts, Et des humbles agneaux, objet de sa tendresse. Séparera des boucs la troupe pécheresse, id. Ép. XII. On mettait non-seulement la mauvaise Soplionisbe de Corneille, mais encore les impertinentes pièces d'Alcionée et de Marianne à côté de ces chefs-d'œuvre immortels [Andromaque cl Britannicus] ; l'or est confondu avec la boue pendant la vie des artistes, et la mort les sépare, VOLT. Louis XIY, Écrivains, iîactne. i| Se séparer quelque chose, mettre quelque chose à part pour soi. Ce grand Dieu.... au milieu de la corruption, commença à se séparer un peuple élu, boss. Uist. 1, 3. Il 4° Diviser un espace au moyen de quelque chose qu'on place entre ses parties. Séparer une cour en deux par un mur. Séparer une chambre en trois par des cloisons. || 5° Former, être une séparation entre deux choses. Le mur qui sépare ces deux maisons. Un sentier sépare ces deux propriétés. Il Fig. La ligne qui sépare le sublime du boursouflé. || 6° 11 se dit des obstacles naturels qui sont interposés entre des pays. Cette rivière sépare ces deux provinces. Les Pyrénées séparent l'Espagne de la France. J'ai couru les deux mers que sépare Corinthe, rac. Phèdre, i, <. Ne vous figurez pas que de cette contrée Par d'éternels remparts Rome soit séparée, ro. Uithr. m, l. Le mont Pindus au levant et le golfe d'Ambracie au midi séparent en quelque façon l'Épire du reste de la Grèce, barthél. Anach. ch. 36. || 7° Meitre une certaine distance entre. Un long chemin sépare et le camp et Byzance, rac. Haj. i, t. Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous. Seigneur, quêtant de mers me séparent de vous? ID. Bérén. iv, 5. || Il se dit aussi de la distance dans le temps. Je parle des cent ans qui se sont écoulés depuis ce temps-là, à peu près comme je parlerais de deux mille ans qui nous séparent des Grecs, fonten. Yie de Corn. || 8° Il signifie quelquefois simplement diviser. Séparer les cheveux sur le front. |{ Terme de manège. Séparer les rênes, en prendre une dans chaque main. || Terme de vénerie. Séparer l'empaumure, se dit d'un cerf dont les andouiUers commencent à paraître. Il 9° Couper les communications entre. Son industrie [d'Alexandre] fut de séparer les Perses des côtes de la mer, et de les réduire à abandonner eux-mêmes leur marine, dans laquelle ils étaient

supérieurs, uontesq. Esp. i, M. || 10* Faire que des personnes, des animaux, des choses ne soient plus ensemble. Séparer des chevaux en dilTérentes écuries. Ensemble nous cherchons l'honneor d'un beau trépas : Vous vouliez nous unir, ne nous séparez pas, corn. Cinna, v, i. Joignez i ces raisons qu'un père un peu sur l'Age.... Ne saurait se résoudre i séparer de lui De ses débiles ans l'espérance et l'appui, 10. Héd. n, «. Le vent en a éKaré et séparé cinq ou six [des vaisseaux du prince d'Orange], sÉv. 2U oct. 1088. On croit que la récoite pourra séparer toute cette belle assemblée [les révoltés bretons] ; car enfin il faut bien qu'ils ramassent leurs blés, id. 24 juill. ((75. La mort ne la sépare de rien, parce que la foi l'avait déjà séparée de tout, hass. Avent, Mort du p^ch. Il me semble que la vertu, l'élude et la gaieté sont trois sœurs qu'il ne faut pas séparer, "volt. Lett. au pr. royal de Prutte, juillet )737. Le sort pourra bien nous séparer, mais non pas nous désunir, J. j. rouss. llél. i, H. Oswald soupirail en admirant Corinne, comme si chacun de ses succès l'eût séparée de lui, stael, Corinne, vi, t. Il 11' Renvoyer des troupes militaires. On n'a point encore séparé ce régiment de noblesse, SÉv. 24 juill. 1689. On va séparer la noblesse [appelée sous les armes en Bretagne] ; voilà un air un peu tranquille, id. 8 août (689. || 12* Séparer des hommes, des animaux qui se battent, faire cesser leur combat en les éloignant les uns des autres. La nuit sépara les combattants. Do nouveau l'on s'efforce, on crie, on les sépare, boil. Sat. m. Ceux qui l'ont séparé d'avec son adversaire, Disent qu'il s'y prenait en brave cavalier, piron, Métrom. IV, ( . Il 13° Fig. Entretenir l'inimitié. Trop de haine sépare Andromaque et Pyrrhus, rac. Andr. n, 5. Il Séparer deux amis, faire cesser leur amitié. Le sang les avait joints; l'intérêt les sépare, la font Fabl. IV, 18. Je n'ai pu encore savoir de Mme de Lesdiguières ce qui les a séparés [elle et M. Trouvé], SÉV. 20avr. 1683. Il II se dit, dans un sens analogue, des intérêts. Pendant qu'à Rome la guerre réunissait d'abord tous les intérêts, elle les séparait encore plus à Carthage, montesq. Bon». 4. Il 14° Terme de jurisprudence. Séparer de biens un mari et une femme, ordonner en justice qu'il n'y aura plus entre eux communauté de biens. || Les séparer de corps, ordonner en justice qu'ils n'habiteront plus ensemble. Je ne me suis fait séparer de corps et de biens d'avec mon pénultième mari, que parce qu'il m'étourdissait tous les jours de quelque barbarisme du palais, dancourt, la Femme dHntrig. i, 7. || Il se dit aussi d'une séparation non judiciaire. Je vous prie de me séparer d'un mari avec lequel je ne saurais plus vivre, mol. G. Dand. ni, (4. Il 15' Prononcer une sentence d'interdiction. Le conjurant au nom de Jésus-Christ de ne les point séparer des sacrements, sans leur expliquer le crime pour lequel on les en séparait, rac. Uist. Port-Roy. 2' part. || 16° Fig. Considérer à part, mettre à part. M. Le 'Tellier s'appliqua à séparer les formalités nécessaires d'avec ces procédures obliques et ces malignes subtilités.... fléch. I« Tellier. On dit mille fois à M. de Monlausier qu'il y avait à la cour un art innocent de séparer les pensées d'avec les paroles, id. M. de Mont. Séparant Genseric de ce qui l'environne. Il ne s'est attaché qu'à ma seule personne, desiioul. Genseric, II, 3. En un mot, séparez ses vertus de mon crime, RAC. Baj. V, 4. Or, je vous demande, et je vous le demande frappé de terreur, ne séparant pas en ce point mon sort du vôtre, uass. Petit nomb. élus. Il Séparer à deux, partager entre deux. Cette duplicité d'action particulière ne rompt point l'unité de la principale ; mais elle gêne un peu l'attention de l'auditeur, qui ne sait à laquelle s'attacher, et qui se trouve obligé de séparer aux deux ce qu'il est accoutumé de donner à une, corn. Ex. du Ment. Il 17* Rendre distinct. La raison sépare l'homme de tous les animaux. || 18* Terme de chasse. Séparer les quêtes, distribuer aux valets de limier une forêt par cantons pour y aller détourner un cerf. Il 19° Se séparer, v. réfl. Être séparé, disjoint. L'écorce de cet arbre s'est séparée du bois. Au lieu de m'abandonner à un ennui, qui ne sa peut pas séparer de la sueur [à Vichy], sÉv. 28 mai (876. M. le comte de Guiche a fait une action dont le

succès le couvre de gloire vous voyez bien que

son bonheur et sa valeur ne se sont point séparés, ID. 3 juill. (672. Il Être partagé en, divisé en. X cet endroit le chemin se sépare en deux. La rivière se sépare en plusieurs bras. || 20° En parlant des personnes, s'éloigner l'une (le l'autre. Après avoir

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causé quelque temps, ils se séparèrent. Il est tard il faut nous séparer. {| Il se dit d'une multitude qui se disperse. De ses parvis sacrés j'ai deux fois fait le tour : Tout a fui ; tous se sont séparés sans retour, bac. Ath. ut, 7. || En parlant d'une compagnie régulière, cesser de tenir ses séances etc. L'assemblée s'est séparée en tumulte. || L'armée se sépara, elle cessa de tenir la campagne, et les différents corps retournèrent à leurs cantonnements. Il 21" Terme de vénerie. Le cerf cherche par des bonds à se séparer de sa voie, ou, simplement, à se séparer, à interrompre la trace, les émanations odorantes qui dirigent les chiens. || On dit encore, lorsqu'un cerf quitte les bêtes dont il est accompagné, qu'il se sépare; et, si alors les chiens abandonnent le change pour suivre sa voie, on dit qu'ils l'ont bien séparé. !|22'' Cesser de se battre, d'être aux prises. Messieurs, messieurs, si vous ne TOUS séparez, je frapperai sur l'un et sur l'autre, et je vous séparerai à bons coups de canne, dancolrt, Déroute du pharaon, se. 25. ||23* Cesser de vivre en commun. Faute de cela [un gouvernement qui les réglât], Abraham et Loth ne peuvent compatir et sont contraints de se séparer, boss. Polit, i, m, t. Alcippe, tu crois donc qu'on se sépare ainsi? Pour sortir de chez toi, sur cette offre offensante. As-tu donc oublié qu'il faut qu'elle [ta femme] y consente? boil. Sat. x. || Terme de jurisprudence. Se séparer de corps ou de biens, se dit d'époux qui obtiennent en justice la séparation de corps ou de biens. Il 24° Subir une séparation. Le moment où l'on se retrouve et celui oii l'on se sépare sont les deux plus grandes époques de la vie, comme dit le grand livre du Zend, volt. Zadig, )8. || Se quitter l'un l'autre. Nous séparer! qui? moi? Titus de Bérénice! rac. Bér. m, 3. || Quitter quelqu'un. Je pense être aux enfers et souffi'ir leurs supplices. Lorsque je m'en sépare [d'une dame] une heure seulement, malh. v, 6. Jésus-Christ : je m'en suis séparé, je l'ai fui, renoncé, crucifié, PASCAL, Amulette. Partez, séparez-vous de la triste Aricie, hac. Phèdre, v, t. || 25° Rompre des liens qui nous attachent à quelqu'un. La conduite réciproque de tous les trois, quand notre commerce eut cessé, peut servir d'exemple de la manière dont les honnêtes gens se séparent, quand il ne leur convient plus de se voir, j. j. rouss. Confess. X. Sois-moi fidèle, 6 pauvre habit que j'aime!.... Mon vieil ami, ne nous séparons pas, bérang. Mon habit. Il Rompre les liens qui nous attachent à quelque chose. Ils ne se peuvent séparer des aflaires, pour les regarder avec quelque liberté de jugement, balz. De la cour, b° dise. Malheur à la créature qui ne se voit point en Dieu, et qui, se fixant en elle-même, se sépare de la source de son être, qui l'est aussi par conséquent de sa perfection et de son bonheur I boss. Concupisc. 24. Séparons-nous du monde, avant que le monde se sépare de nous, bourdal. Serin. 4 7* dirn. après la Pentecôte, Dominic. t. iv, p. 73. || Se séparer de soi-même, cesser d'être soi, d'être homme. Lorsque mon premier maître eut formé le cruel projet de me confier ses femmes, et m'eut obligé, par des séductions soutenues de mille menaces, de me séparer pour jamais de moi-même, montesq. Lett. pers. 9.

— IIIST. XIV* s. [L'office de chirurgie est] séparer les choses conjointes, rejoindre les choses séparées, H. DE MONDEviLLE, f° 34, verso. Incision est œuvre particulere de cyrurgie qui devise et sépare les choses continues o [avec] instrument tranchant, m. f* <0B. Ydée séparée [abstraite]. — Substances séparées [spirituelles]. — Vertu incorporel ou separc'e, obesme, Thèse de meunier. || xvi* s. Mustapha, après avoir fait reposer ses soldats un jour entier, redonna un grand assaut que la nuit sépara, d'aub. llist. i, 344. Une partie de l'os se sépare, corrodé et rongé, paré, vi, 3). Â la fin le combat ayant duré toute la journée, la nuict survint qui les sépara, amvot, Pyrrh. 60. Les testes toutes couppées et séparées des corps, id. «6. 72. Il ordonna des sièges séparez pour les chevaliers romains, de là oii ilz vcrroient des lors en avant jouer les jeux, m. Cicérm, le.

— ÊTYM. Provenç. sebrar, teparar; espagn. separar: ilal. separare, du lat. separare, de se indiquant séparation, et parare, disposer, arranger (voy. pareb). Séparer a été refait sur le latin au XIV* siècle ; la forme ancienne et française était sevrer (voy. ce mot).

t SÊPÉ (sé-pé), t. m. Morceau de fer qui sert à assujettir le canon du fusil dans la coulisse.

— ËTVM. 11 faut sans doute écrire cépé, et le rattacher à cep.

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t SÉPHIROTH (sé-fi-rof), s. m. pi. Terme de la cabale. Nom donné à dix perfections de l'essence divine, dont la connaissance était le plus haut degré de la vie contemplative; c'étaient la couronne, la sagesse, l'intelligence, la force, la miséricorde, la beauté, la victoire, la gloire, le fondement et la royauté.

— ÊTVM. Hébreu, sephiroth, les splendeurs.

SËPIA (sé-pi-a), s. f. Matière colorante que répand la seiche, et qui sert pour le dessin au lavis. Dessin à la sépia. || Dessin fait avec cette matière. Une sépia.

— El VM. Lat. sepia (voy. seiche).

+ SÉPITE (sé-pi-f), s. f. Os de seiche fossile.

— ÉTYM. Lat. sepio, seiche.

t SÉPLOMIilQUK (sé-plon-bi-k'), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel qui contient six foi.s autant d'oxyde de plomb que d'acide.

— ÉTYM. Lit. sex, six, et plomb.

SEPS (sèps'), s. m. Lézard dont les jambes sont si peu apparentes qu'il ressemble à un serpent.

— ETYM. ïf,»}/, de (THTieiv, corrompre, à cause des qualités putréfiantes attribuées à la morsjre du serpent appelé seps par les anciens (voy. lucain, IX. : Le sepe qui dissout et la chair et les

os, BRÉBEUP).

t SEPSINE (sè-psi-n'J, ou SEPTINE (sè-pti-n'), s. f. Terme de médecine. Virus qui se développe particulièrement à la surface des plaies exposées, et qui produit la septicémie.

— ETYM. Siiii;, putréfaction ■ <Dri7CTèi;, putréfié.

SEPT (se; le p ne se prononce jamais; le t se lie : sè-t hommes ; le t se prononce lorsque le mot est pris à part : le nombre sèt', ils étaient set', dix-sept, trente-sept, etc.; on prononce aussi le sèt' du mois, le sèt' de cœur), adj. numéral. Il 1° Nombre impair qui suit immédiatement le nombre six. Je trouve étrange.... qu'un homme aime ainsi sept personnes à la fois; car, pour moi, je n'en ai jamais aimé que six lorsque j'en aime le plus ; et il faut être bien infâme pour en aimer sept, VOIT. Lett. 4 32. Les sept vaches si belles et les sept épis si pleins de grain que le roi a vus en songe, marquent la même chose, et signifient sept années d'abondance, saci. Bible, Genèse, xli, 26. Mme de Montespan a eu sept enfants du roi, M°* DE CAYLUs, Souvcnirs, p. 65, dans pougens. Voyez la Caroline, dont le sage Locke fut le législateur; il suffit de sept pères de famille pour établir un culte public approuvié par la loi, volt. Pol. et lég. Tolérance, si elle est dangereuse. Toute l'Asie comptait par semaine de sept jours; on distinguait la vie de l'homme en sept âges; que de raisons en faveur de ce nombre! m. Dict. phil. Nombre. On peut parier 4 204 5 contre 240, ou un peu plus de 50 contre 4, qu'un enfant de sept ans vivra un an de plus, BUFF. Probab. de la vie, Œuvr. t. x, p. 276. Il Terme de médecine. Mal de sept jours, affection épileptique de l'Amérique du Sud, qui, dit-on, saisit les enfants de sept jours, et qu'on suppose semblable au trismus des enfants dans les Indes occidentales. || Les sept mers, nom que les anciens donnaient aux sept embouchures du Pô. {| La ville aux sept collines ou aux sept montagnes, Rome. Il Les sept électeurs, princes qui avaient le privilège d'élire l'empereur d'Allemagne. || 2° Septième. Chapitre sept. Page sept. Charles sept. || On écrit ordinairement en chiffres romains les noms de princes : Charles Vil. || 3° S. m. Sept multiplié par deux donne quatorze. || On dit de même : le nombre sept. Il 4° Le sept du mois, le septième jour du mois. Il Le sept d'une maladie, le septième jour d'une maladie. Il est [le duc de Rohan] dans le sept d'une fièvre très-mortelle, sÉv. 4i4.||Le sept se dit aussi du septième mois d'une grossesse. Cette femme est dans son sept. || 5 "Le caractère qui marque en chiffres le nombre sept. Le chiffre sept (7). Un sept do chiffre, ou, simplement un sept. Soixante-dix-sept s'écrit par deux sept (77). Il On dit de même : le numéro sept. || 6° Terme de jeux de cartes. Carte marquée de sept points. Le sept de cœur, de pique, d'atout. J'ai tous les sept dans mon jeu. Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, boil. Sat. iv.

— HIST. XI* s. Et li apeleur jurra [jurera] par set homes només que....iois de Guill. te. Set anz tuz pleins ad ested en Espaigne, Ch. de Roi. i. Il xni* s. Et sont en sa compaigne plus de mil et sept cent, Berte, ix.

— ETYM. Provenç. set; espagn. siete ; portug. tttt ; ital. tette ; du lat. teptem ; comparez le grec

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inxà, le sanscr. saptan, le gaél. seachd; le goth. libun, l'allem. sieben, l'angl. seven.

\ 4 . SEPTAIN (probablement se-tin, comme septier), s. m. Sorte de droit qui se prélevait sur le sel. Le septain des sels à nous appartenant en nos salins de Peccais a été vendu à faculté de rachat... nous accordons audit fermier la jouissance dudit droit de septain, Bail Gautier, e mars 4 660.

— ÉTYM. Sept.

t 2. SEPTAIN (sè-tin), s. m. Petite pièce de sept vers.

t SEPTAINE (sè-tè-n'), s. f. Quantité de sept choses semblables.

t SEPTANE (sè-pta-n'), adj. f. Terme de médecine. Fièvre septane, fièvre dont les accès reviennent chaque septième jour.

— ETYM. Lat. septem, sept.

SEPTANTE (sè-ptan-f), adj. num. || 1' Soixante et dix (il a vieilli). Je ne vous dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois, saci. Bible, Évang. Stilath.xvm, 22. Quatre mille trois cent septante-neuf livres douze sous huit deniers à votre marchand, mol. Bourg, ni, 4. Ces septante fameuses semaines où les temps du Christ et la destinée du peuple juif sont expliqués, BOSs. Hist. I, 7. Il [M. de Villars] vient quelquefois dîner à Ferney; mais, tant que j'aurai mes neiges, je n'irai point chez lui.... observez qu'il n'a que soixante ans, et que j'en ai bientôt septante, quoi qu'on die, volt. Lett. d'Argental, 5 janv. 4 763. |j 2° Les septante interprètes, ou, absolument, les Septante (avec une majuscule), les soixante-dix interprètes qui traduisirent d'hébreu en grec les livres de l'Ancien Testament sous Ptolémée Philadelphe, roi d'Egypte. Sous son fils Ptolémée Philadelphe, leurs écritures [des Juifs] furent tournées en grec, et on vit paraître cette célèbre version appelée la version des Septante, boss. Hist. i, 8. || Chronologie des Septante, calcul qui donne au monde 4 466 ans de plus que le texte biblique. 113" S. f. La Septante, la version, la traduction des Septante.

— REM. Septante, quoique bien préférable à soixante-dix, puisqu'il est dans l'analogie de quarante, cinquante, soixante, n'est guère usité que par des personnes appartenant au midi de la France. Il serait à désirer qu'il revînt dans l'usage et chassât soixante-dix.

— HIST. XV* s. Les mestiers qui sont septante et deux, comm. n, 4.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. setenta; catal. setanta ; ital. setlanta; du lat. septuaginta, dérivé de septem, sept.

t SEPTANTIÈME (sè-ptan-tiè-m'), adj. numéral ordinal, indiquant le rang après le soixante-neuvième. En la septantième semaine de Daniel, pasc.

Proph. 4 8, éd. FAUGÈBE.

t SICPTEMANGULÉ, ÉE (sè-ptè-man-gu-lé, lée), adj. Terme de botanique, (jui offre sept angles.

— ETYM. Lat. septem, sept, et angulus, angle.

t SEPTEMBKAL, ALE (sè-ptan-bral, bra-1'), adj. Qui appartient à septembre. || La purée septembrale, le vin.

— HIST. XVI* s. Par trop humer de purée sep tembrale, rab. i, 7.

SEPTE.MBRE (sè-ptan-br'), s. m. Le neuvième mois de l'année. Car la saison approchait de septembre. Mois où le froid et le chaud sont douteux, la font. Remède. Le mois de septembre [en 4 677] ne contrefait ni l'été ni l'hiver, il est le plus beau mois de septembre que vous ayez jamais vu, sÉv. 356. Laisse-moi donc ici, sous leurs ombrages frais. Attendre que septembre ait ramené l'automne, boil. ÈpU. VI. Lui-même [Napoléon à Moscou] sent l'insuffisance de ces moyens, et pourtant septembre n'est déjà plus ; octobre commence, SÉGUR, Hist. de Nap. viii, 9. || Journées de septembre, massacres de septembre, ou, absolument, septembre, massacre des suspects et principalement des prêtres non assermentés (Paris 4 792). Que dis-je? quand septembre, aux Français si fatal. Du massacre partout donnait l'affreux signal, deulle, Pit. III. Il Le 22 septembre 4 792, date de la fondation de la république. Un beau jour, citoyens! la république est née; Salut, vingt-deux septembre, immortelle journée! ponsard, Charlotte Cordaxj, I, 4. Il La purée de septembre, le vin, parce qu'on vendange en ce mois. || Proverbe. Septembre est le mai d'automne.

— HIST. XIII" s. Lors commença l'on à livrer les nés et les vaissiaus pour movoir, dont termines esloit jà tant passés que setembres aprochoit, villeii. xu. Se li sietembres tient le [la] nature d» l'esté, alebrant, f l«.

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— ËTYM. Wallon, septetnp ; bourguig. septambe ; provenç. septembre, setembre; cspagn. ie- Uembre : portug. selembro ; ital. settembre; du lat. seplember, de seplem, sept, parce que, dans l'ancienne année romaine commençant au mois de m&rs, septembre était le septième mois.

t SEPTK.MBRISADES (sfc-ptan-bri-za-d'), s. f. pi. S'est dit des massacres de septembre, et, par allusion, de quelques événements analogues.

t SKP TEMURISEOR (sè-ptan-bri-zcur), s. m. S'est dit des autours des massacres de septembre.

t SKPTEMDIGITÊ, ÉE (sè-ptèm'-di-ji-lé, tée), adj. Terme de botanique. Qui est partagé en sept lobes ou digitations.

— ÉTYM. Lat. septem, sept, et digitus, doigt.

T sEPTEMLOBÉ, ÊE (sè-ptèm'-lo-bé, bée), adj. Terme do botanique. Oui est partagé en sept lobes.

— ÉTYM. Lat. septem, sept, et lobe.

t SEPTEMVIR (sè-ptèm'-vir), s. m. Titre de i^cpt magistrats et prêtres de Rome.

— ÉTYM. Lat. septemvir, de septem, sept, et vir, homme.

t SEPTE.MVIRAL, ALE (sè-ptèm'-vi-ral, ra-1'), adj. Qui appartient aux septemvirs.

t SEPTE.UVIRAT (sfc-ptèra'-vi-ra), s. m. Magistrature, fonction de septemvir.

SKPTÉVAIRE (sè-pté-nê-r'), adj. || l' Qui vaut, qui contient sept. Nombre septénaire. || 2* i'. m. Espace de sept jours. Le premier, le second septénaire dans une fifcvre typlioïde. || 3* Espace de sept ans dans la vie de l'homme. || Adj. Qui dure sept ans. Le bill qui rendait le parlement [anglais] septénaire avait enfin passé, st-sim. 442, 4 64. Sans doute que les Anglais ont découvert qu'il leur était plus avantageux d'avoir un parlement septénaire que triennal; mais j'avoue que je ne devine point leurs raisons, condil. Élud. hist. n, B. Il On dit aujourd'hui plutôt : parlement septennal. Il i' Professeur qui avait enseigné pendant sept ans dans l'université de Paris.

— ETYM. Proveflç. setenari ; espagn. setenario; it. settenario ; du lat. septenarius, de seplem, sept.

t SEPT-EN-GCEULE (sè-lan-gheu-l'), s. f. Nom d'une poire très-petite, dite aussi poire petit muscat. \\Au plur. Des sept-en-gueule.

SEPTKNNAL, ALE (sè-ptè-nnal, nna-l"), adj. Qui arrive ou qui se renouvelle tous les sept ans. L'année sabbatique des Juifs était septennale. Des parlements septennaux.

— ËTYM. Dérivé du lat. septennis, qui dure sept ans, de septem, sept, et onnuv, année.

SEPTENNALITÉ (sè-ptè-nna-li-té), s. f. Qualité de ce qui est septennal. La septennalité d'une chambre législative.

— ÉTYM. Septennal.

SEPTl':NTRtO\{sè-ptan-tri-on), s. m. || l" Le nord,

celui des pôles du monde qui est au nord. Les glaces du septentrion. En certaines occasions, prenons une âme du septentrion, où il entre plus de terre que de feu, et quittons cet esprit d'orient dont le feu est si subtil qu'il semble plutôt être illusion que vérité, balz. De la cour, 2" dise. || Ce pays est au septentrion de tel autre, est plus près du septentrion que tel autre. L'Ecosse est au septentrion de l'Angleterre. || On dit plutôt : Ce pays est au nord de tel autre. || 2' Terme d'astronomie. La Petite Ourse.

— Hisr. XII* s. C'est orient, meridiès, E occident qui vient cmprès, Septemtrion.... benoît, v. b).

— ÉTYM. Provenç. seplentrio; espagn. setentrion; ital. settentrione ; du lat. septemtrionem , de septemtriones, les sept étoiles de la Grande Ourse, de septem, sept, et triones, bœufs de labour. 11 y a d'autres noms d'animaux donnés aux étoiles : le Chien, l'Ours, etc.; et les Grecs avaient un Bouvier, Botimc, tout à côté des Bœufs des Latins.

SEPTENTRIO.XAL, ALE (sè-ptan-tri-0-nal, na-1'), adj. Qui est du côté du septentrion. Les peuples septentrionaux. Les contrées septentrionales du globe ont joui pendant longtemps du même degré de chaleur dont jouissent aujourd'hui les terres méridionales, buff. B' époque, Œuvr. t. xii, p. 230. IlSubsf. Les Septentrionaux, les gens du Nord (avec une S majuscule).

— ÉTYM. Provenç. septentrional; espagn. setentrional ; ital. sellentrionale ; du lat. septemtrionalis, de septemtrio, septentrion.

t SEPT-ET-LE-VA (sè-tè-le-va), ». m. Terme de jeu. Se dit au trente et quarante, et au pharaon, pour exprimer sept fois la première mise. Il remarquait tous les parolis et les sept-et-le-va de campagne {voy. campagne, n* 6), volt. Cand. 22.

t SEPTICÊ.MIE (sè-pti-sé-mie), s. f. Terme de nir.T. niî la lanoiir française.

médecine. Altération du sang par les matièrci putrides.

— ETYM. Septique, et at(iT, sang.

I SEPTICIIiE (sè-pti-si-d'), adj. Terme de botanique. Qui s'ouvre par le dédoublement des cloisons.

— ETYM. Lat. septum, cloison, et cadere, couper.

t SEPTICITÉ (sè-pti-si-té), ». f. Terme didactique. Qualité septique. Septicité urinaire, four- CROY otvAUQUKLiN, Imtit. Mém. tcietic. t. IT, p. 376.

— ÉTYM. Septique.

SEPTIDI (.sè-pti-di), t. m. Le septième jour de la décade républicaine.

— ETYM. Lat. teptem, sept, et dies, jour (voy. diurne).

SEPl'IËME(si-tiè-m'), ad>. Il 1* Nombre cdinal do sept. Le septième jour sera plus célèbre et plus saint que les autres : vous ne ferez en ce jour-là aucune œuvre servlle, saci. Bible, Lévit. xxiii, 8. Enoch, septième homme après Adam, qu'on prétend avoir écrit un livre cité par saint Jude, volt. Diet. phil. Kiie. ||La septième partie d'un tout, chaque partie égale d'un tout qui en a sept. Il Septième ciel, le ciel de la plus haute planète, selon les idées anciennes. || Fig. Le septième ciel, le lieu où l'on jouit du bonheur le plus pur, de la tranquillité la plus parfaite. Le mariage, mon cher, n'est pas précisément le septième ciel, comme tu pourrais le croire, en. de BERNARD, Un octe de t'erlu, v. || Substantivement. Vous êtes le septième sur la liste. Être le septième de sa classe. || 2° S. m. Le septième, la septième partie d'un tout. Prendre le septième d'une somme. || 3* Le septième jour d'une période. Le septième du mois. Le septième de la lune. Le septième d'une fièvre. Le malade est dans son septième. || Le septième mois de la grossesse. Cette femme est dans son septième ou dans son sept. Il ne semble que vous êtes dans votre septième; cela me fait trembler, et d'autant plus que c'est un garçon, sÉv. 83. || 4* i'. f. La septième, la septième classe. Être en septième. Faire sa septième. || C* Terme de jeu de piquet. Suite de sept cartes de même couleur, on dit plus souvent dix-septième. || 6* Terme de musique. La septième, l'intervalle qui suit la sixte et précède l'octave, dans la nomenclature des intervalles par ordre d'acuité. La septième est le renversement de la seconde. L'accord de septième est fondamental sur tous les degrés de la gamme, GHÉTRY, Méth. pour prél. 3* leç. || Septième majeure, intervalle formé de onze demi-tons; c'est le renversement de la seconde mineure. || Septième mineure, intervalle formé de dix demi-tons; c'est le renversement de la seconde majeure. || Septième augmentée, intervalle formé de douze demi-tons; c'est le renversement de la seconde diminuée. La septième augmentée ne figure pas dans le tableau [des intervalles], parce que cette altération, se confondant avec l'octave, ne pourrait être employée, puisqu'on devrait la résoudre sur ce dernier intervalle, FÉTis, Traité de la théorie et de la pratique de l'harmonie, p. 7, note 2 (opinion combattue par M. Loquin, dans son Essai sur la tonalité moderne, p. (31). Il Septième diminuée, intervalle formé de neuf demi-tons; c'est le renversement de la seconde augmentée. || Accord de septième diminuée, accord composé de la sensible, de la sus-tonique, de la sous-dominante, et de la sus-dominante mineure (si, ré, fa, la bémol). || Septième doublement diminuée, intervalle à peu près inusité, formé de huit demi-tons; c'est le renversement de l'intervalle de seconde doublement augmentée.

— HIST. xiii' s. La setiesme bataille [corps d'armée] fist li marchis de Monferrat, villeh. ucz. Li septimes cas qui appartient à sainte Eglise, si est des testamens, beaum. xi, io. Li septismes [commandement] dit : ne faire larrecin, brun, latini. Trésor, p. 78.

— ÉTYM. Sept, et la finale Urne, formée du lat. cst'mus; wallon, selaimtn. Il y avait une forme ancienne sedme, seme,qm répondait au latin septimus.

SEPTIÈMEMENT (sè-tiè-me-man), odt). En septième lieu.

— ETYM. Septième, et le suffixe ment SEPTIER (se-tié), ». m. voy. setier.

t SEPTIES (sè-psi-ês'), adv. lat. signifiant sept fois, et s'employant quelquefois quand on a commencé à compter par semel, bis, ter, quater, quinquies, sexties.

t SEPTIFÈRE (sè-pti-fè-r^, adj. Se dit des valves qui entraînent la cloison avec elles dans la déhiscence.

— ÉTYM. Septum, et ferre, emporter

t SEPTIFORMB (sè-ptl-for-m*), adj. Qui a li forme d'une cloison. Les valves du péricarpe sont quelquefois septiformes.

— ETYM. Lat. septum, cloison, et forme. fSEPTIFRAGE (sè-pti-fra-j'), adj. Se dit d'une

variété de déhiscence du fruit dans laquelle le* cloisons du fruit sont rompues dans leur continuité.

— ETYM. Lat. septum, et frangere, briser.

t SEPTILK (sè-pti-l"), adj. Terme de boUnique. Qui tient aux cloisons du fruit. Le placentaire est septile, quand il est attaché aux cloisons de l'ovaire des plantes.

— ETYM. Lat. septum, cloison.

t SEPTILLON (sé-pti-li-oa),».ni. Sextillon multiplié par (000.

— HIST. XVI* g. Ung septilion vault mille milliers de sixiions [voy. biluom), di lakocub, Àritmetiqu», f 7.

— ETYM. Voy. BILLION.

t SEPTIMO (sè-pti-mo), adv. lat. En septième lieu. Il s'emploie pour désigner le septième objet d'une série, 7*, quand on a commencé & compter par primo, secundo, etc.

— ETYM. Lat. leplimo, sous-entendu loeo, en septième lieu.

t SEPTINGENTESIMO (sè-plin-jin-lé-zi-mo) , adv. loJ.Sept-centièmement. Il s'emploie pour désigner le sept-centième objet d'une série, 700», quand on commence à compter par primo, secundo, etc. On dit ensuite scptingentcsimo primo, secundo, etc.

— ÉTYM. Lat. seplingenlesimo, sous-entendu loco, au sept-centième lieu.

SEPTIQUE (sè-pti-k'), adj. || 1* Qui produit de la putréfaction. Il Poisons septique^, poisons qui déterminent des alTections gangreneuses: tels sont le seigle ergoté, le venin de la vipère ; ou qui déterminent une sorte de décomposition des liquides et des tissus organiques: tel est l'acide sulHiydrique. Il 2° 11 se dit des topiques qui fout pourrir les chairs.

— HIST. XVI* s. Les autres pyrotiques [caustiques] sont septiques; c'est & dire putrefactifs, autrement aussi dits vesicatifs, qui pourrissent la chair au dedans, et eslevent le cuir en vessie,

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