‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 124 sur 754 · SEPT-ŒIL · texte numérisé non relu

SEPT-ŒIL

t SÉTEUX, ECSE (sè-teù, teû-z'), odj. Terme de botanique. Qui est composé de poils roides.

— ÉTYM. Lat. selosus, de seta, soie.

t SÉTIIÉE.V (sé-té-in) ou SÉTUIEN (sé-tiin) ou SÉTIUTE (sé-ti-f), s. m. Membre d'une secte de gnostiques qui rendaient un culte àSeth (2* siècle).

t SÉriCAUDE (sé-ti-kô-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la queue terminée par une soie.

— ÊTYM. Lat. seta, soie, et couda, queue. SETIER (sotié; l'r ne se lie jamais; au pluriel,

l's se lie : des se-tié-z emplis), s. m. || 1" Ancienne mesure de grains de la contenance d'environ iso litres. Le setier de blé, mesure de Paris, vaut toujours chez nous environ vingt écus, volt. Lett. Florian, 25 févr. iin. Le prix du blé a toujours été assez uniforme; et, année commune, un setier de blé a toujours payé quatre paires de souliers depuis Charlemagne, id. Dict. phil. Blé. \\ i" Ancienne unité de capacité qui contenait 8 pintes de

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4B pouces cubes chacune; la même que la vcltc; valant 7 litres. G). |{ Ucmi-sctier, ancienne mesure de capacité, quart de pinte. Qui décrira, qui sentira les charmes do ces repas, composés, pour tout mets, d'un quartier de gros pain, de quelques c*risos, d'un petit morceau do fromage et d'un demisetier do vin que nous buvions i nous deuiT J. J. Houss. Conf. viii. Il Dcmi-setier, se dit à Paris d'un quart de litre. || 3* Un setier de terre, autant de terre labourable qu'on peut ensemencer avec un setier de blé; c'est ce qu'on nomme autrement sctërée.

— IIIST. xii« 8. L'um [l'on] vendid [dans une disette] le chiof de un adae [âne] quatre vinz deniers do argent, e cinc deniers d'argent le sestier de fientedeculums, Rois, p. 309. ||xiirs.EtditRenart: par saint Kichier, Jolveil ainz que buive un sestier Do vin cil qui pis Sonera, lien. 2(524. .N'est nus [nul] qui cliascun jor ne pinte De ces tonncaus ou quarto ou pinte, Ou mui, ou setier ou chopinc, la Hose, 0863. Mesures do vins ne sont pas omnies [unies, uniformes], no poz, quant on conte en cascun mui vingt quatre scsticrs, beal'U. xxvi, 8. Il xvi* s. Quand lo malade aura pris demy seplier de coste potion, paiié, x, 2. Le muid de bled, mesure de Paris, contient douze sestiers; le sestier deux mines, o. de serbes, 41.

— ÉTYM. Wallon, tti; provenç. sestier; espagn. (««(ano; ital. tesiiero ; d\i lat. sextarius, de sex, six.

t SÉTIFÈRE (sé-ti-fc-r'), adj. \\ 1* Qui porte des soios. ||2" Qui produit do la soie. Les bombyx sétifères. || 3* Qui concerne la soie. Industrie sétifère. •

— ÉTYM. Lat. seta, soie, et (erre, porter.

t SKTIFORME (sé-ti-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme de soies.

— ETYM. Lat. seta, soie, et forme.

SÉTON (sé-ton), s. m. || 1* Terme de chirurgie. Longue bandelette de linge fin effilé sur les bords, ou mieux longue mèche cylindrique de coton à broder qu'on passe avec une aiguille à travers la peau et le tissu cellulaire pour entretenir un exutoire. Il Séton animé, séton enduit do basilicum, de vésicatoire ou de tout autre corps gras; dans le cas contraire, il est simple. || Terme de vétérinaire. Séton à rouelle, dit aussi séton anglais, ortie, cautère, fontanelle, séton consistant en une rondelle de cuir ou de feutre qu'on introduit par une incision faite i la peau, chez les animaux. Il %' Improprement, l'exutoire entretenu au moyen du séton.

— IIIST. ivi* s. Puis on passera une aiguille i seton enfilée d'un fort fil par sous l'artère, paré, v, 30. Tant do puants bruvages, cautères, incisions, suées, scdons.... mo.nt. iv, 275.

— ÉTYM. Bas-lat. teto et setaceum, séton, du lat. seta, soie.

t SÊTOPUAGE (se-lo-fa-j'), *. f. Genre d'insectivores où l'on distingue la sétophage rouge [Mexique), de Swainson.

— REM. Lesson a préféré écrire cétophage, du lat. cetonia et du grec fiYit', manger, pour désigner ce genre dont les espèces, fort petites, se nourrissent d'insectes, et principalement de ceux du genre cétoine, legoarant.

SI'X'K. (seuil. Il mouillées, et non seu-ye), (. m. Il 1" Pièce de bois ou de pierre qui est au bas de l'ouverture d'une porte et qui la traverse. Vous, dès que cette reine, ivre d'un fol orgueil, De la porto du temple aura passé lo seuil.,., rac. Ath. y, 3. Ses enfants l'attendaient, et briguaient sur le seuil Et son premier souris, et son premier coup d'oeil, DELILLE, Fit. i. Il Fig. Je les aime encor mieux qu'une bigote altière. Qui, dans son fol orgueil, aveugle et sans lumière, X peine sur le seuil de la dévotion, Pense atteindre au sommet de la perfection. Boa. Sat. x. || Fig. Le seuil de la vie, le commencement de la vie. Et du seuil de la vie enlevés sans retour, castel, les Plantes, i. Il En un sens contraire, le seuil do la vie, la fin de la vie. Nos amis ne peuvent nous suivre que jusqu'au seuil do la vie, stael, Corinne, xx, 6. Il 2' Seuil d'écluse, pièce de bois posée en traven de la porte et entre doux poteaux, au fond de l'eau. Il Pièce de bois ou pierre qui reçoit le pontlevis, quand on l'abaisse. On dit aussi chevet. Il 3* Dalle en pierre ou sole en bois sur laquelle repose un vannage. || 4* Se dit des pièces de boii qui ferment les bateaux, tant à l'avant qu'à l'awière.

— HIST. XIII* s Se li preudons seùst X queil

heure li lerres son suel chaveir [creuser] deûst.... ruteb. l37.Qant Primautle vit, si fu liez | joyeux);

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Soz la soil as mains et as piez Font fosse desoz un degré, Ren. 3084. Jupiter en toute saison A sor le suel de sa maison, Ce dit Omers, deus plains tonncaus, la Rose, 0838. Vinrent quant il fut annuitié, S'ont tant à la paroi luitié Qu'un treu firent desos la sole, Dont l'en peùst traire une mole, Fahl. mss. p. <67, dans lacurne. ||xvi' s. [Couronnes] Que tant de fois, signe d'une main forte, J'allois pendant à l'cssucil de ma porte, RONS. 969. [Chez les anciens] trois [dieux] à une porte, celuy de l'ais, celui du gond, celuy du

seuil, MONT. II, 270.

— ÉTYM. Wallon, soA; bourguig. seuille ; provenç. sol, sulh; ital. soglio; du bas-lat. solium, qui vient du lat. solea, semelle, qui a eu aussi le sens de plancher, d'après Festus, et qui, d'après Cor»sen, Ausspr. 2' éd. i, 485, se rattache à solum, sol, solidus, solide.

t <.SKCILLET(seu-llè, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Seuillet de sabord, pièce de bois qui borde, en bas, l'ouverture du sabord. Le peu de hauteur comparative du seuillet des sabords de ce vaisseau au-dessus de l'eau.

— ÉTYM. Dimin. de seuil.

t 2. SEUILLET (seu-Uè , Il mouillées), s. m. Nom patois du sureau, nommé aussi sulion, seur, suin.

— ETYM. Diminutif de saule.

SEUL, EULE (seul, seu-l'; au pluriel, seuls précédant son substantif, Vs se lie : les seul-z hommes), adj. \\ 1" Qui n'est point avec d'autres, qui est sans compagnie. Il est seul dans sa chambre. Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi, LA FONT. Fabl. vu, )0. Vraiment! voilà qui m'étonne que nous ayons été seules l'une et l'autre tout aujourd'hui, mol. Critique, ). Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables.... on mourra seul ; il faut donc faire comme si on était seul, pasc. Pens. xiv, i, édit. HAVET. Je suis seule, comme une violette, aisée à cacher; je ne tiens aucune place ni aucun rang sur terre que dans votre cœur, sÉv. 008. Ô mon souverain roi, Me voici donc tremblante et seule devant toi, rac. Eslh. i, 4. Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir par l'embarras où l'on est de se trouver seuls, la bruy. iv. Qu'est-ce, Dorante? vous voilà bien seul aujourd'hui ; vous avez pourtant coutume de ne pas revenir sans compagnie, dancourt, Maison de campagne, se. 27. Je suis seul en ce lieu sans être solitaire. Et toujours occupé sans avoir rien à faire, DESTOUCHES, Phil. marié, i, <. Je ne suis à moi que quand je suis seul ; hors de là, je suis le jouet de tous ceux qui m'entourent, J. J. houss. 9" prom. Je suis convaincu qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul, iD. Uél. Il, U. Et, même dans nos plaisirs, nous serions trop seuls, trop misérables, si nous n'avions avec qui les partager, id. Ém. tv. Quand je suis avec mon ami, je ne suis pas seul, et nous ne sommes pas deux, bartiiél. Ànach. ch. 75. Après le rare bonheur de trouver une compagne qui nous soit bien assortie, l'état le moins malheureux de la vie est sans doute de vivre seul, bern. DEST-PiERRE, Paul et Virg. || Seul à seul, en tête-àtête. Hé bien! nous nous verrons seul à seul chez Barbin, mol. Fem. sav. ni, 6. Il est doux, Madame, de me voir seul à seul avec vous... id. Tart. m, a. Je veux de cette affaire, Lui parlant seul à seul, pénétrer le mystère, th. corn. D. César d'Aval, v, t. Il Fig. Vivre seul dans le monde, être seul sur la terre, n'être uni à personne par les liens de l'afl'ection, da l'amitié, vivre dans l'isolement. La pauvre Mme de la Fayette me mande l'état do son âme [au sujet de la mort de M. de la Rochefoucauld] ...elle est seuledans le monde, sév. 9 juin «680. Britannicus est seul, rac. Brit. n, 3. Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même, j. i. rouss. )'* proin.Quelle émulation peut-on éprouver, quand on est seule sur la terre? stael. Cor. xviii, 3. || Dans le langage familier. Ils sont très-seuls, ils voient très-peu de monde, ils reçoivent très-peu de visites, lia* Terme de musique. Voix seule, voix qui chante pendant que les autres se taisent. || 3» Unique. Un seul Dieu. Je veux dans un seul malheur déplorer toutes les calamités du genre humain, et, dans une seule mort, faire voir la mort et le néant des grandeurs humaines, boss. Duch. d'Orl. Ce parfait concert qui fait agir les armées comme un seul corps ou comme un seul homme, id. Louis de Bourbon Celui qui règne dans les cicux, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois

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ID. Reine d'Ànglet. 11 fut seul en butte aux factieux; lui seul, disait-on, savait dire et taire ce qu'il fallait, ID. le Tellier. Elle n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce, ID. Anne de Conz. Tout le royaume pleure la mort de son défenseur, et la perte d'un homme seul est une calamité publique, flécu. Tur. Vous verriez M. de Lamoignon, recevant une foule d'amis comme si chacun eiil été le seul, m. Lamoignon. Y a-t-il un homme de bon sens qui daignât comparer tous les ouvrages d'Ion ensemble au seul Œdipe de Sophocle? boil. Lonrjin, Subi. ch. 27. Il fut des Juifs, il fut une insolente race... Un seul osa d'Aman attirer le courroux, Aussitôt de la terre ils disparurent tous, rac. Esth. ii, i. Je suis, et je serai la seule infortunée, id. Iphig. IV, i . Ce Mars, qui, étant blessé par Diomède, crie, dites-vous, comme neuf ou dix mille hommes et n'agii pas comme unseul,FONTEN. XJtaJ. 6, morts anc. Un seul mot m'accablait, un seul mot me rassure, volt. Adél. du Guescl. i, 4. De toutes les guerres, celle deSpartacusest la plusjuste, et peutêtre la seule juste, id. Dict. phil. Esclaves. Je lisais [dans Tacite] les crimes de Rome, Et l'empire à l'encan vendu. Et, pour élever un seul homme, L'univers si bas descendu, lamart. Médit, le Lézard (1846). Il Un seul.... ne..., pas un. Mille logis y sont, un seul ne s'ouvre aux Dieux, la font. Vhil. et Dauc. \\i' Seul, en parlant d'un privilège affecté particulièrement à certaines personnes. L'enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites, rac. Athal. Il, 2. L'honneur.... D'être seuls employés aux autels du Seigneur, id. Ath. iv, 3. || 6° Qui n'a pas d'aide, de concours, d'appui. Et qu'il vaut mieux souffrir d'être au nombre des fous, Que du sage parti se voir seul contre tous, mol. Éc. des mar. i, ) . [Toi, Louis XIV] Et qui seul, sans ministre, à l'exemple des dieux. Soutiens tout par toi-même, et vois tout par tes yeux, boil. Disc, au roi. J'ai moi seul autrefois plaidé tout un chapitre, ID. Lutr. m. Peuvent-ils de leurs rois venger seuls la querelle? BAC. Athal. i, 2. || Tout seul se dit dans le même sens. C'est une grande folie de vouloir être sage tout seul, larocuef. Ré/l. mor. n° 23). Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui [un auteur], BOiL. Sat. IX. Il faudrait avoir vu naître des hommes et des animaux du sein de la terre et des blés sans germe, pour oser affirmer que la matière toute seule se donne de telles formes, volt. I)ial. 7. Vous devez être assez grand pour aller tout seul; et mon bras malade est un pauvre appui, mirabead, Lett. orig. t. iv, p. 34. 1| Aller tout seul, se dit des choses qui procèdent d'elles-mêmes, se font sans difficulté. Que n'avez-vous un peu de ma grande santé? je ne vous en dis rien, parce qu'elle va toute seule, sév. 25 déc. <679. Que les hommes ne pensent plus que le monde va tout seul, et que ce qui a été sera toujours comme de lui-même, boss. Ilist.u, i. Je gâterais peut-être tout, si je m'en mêlais : cela va tout seul, mariv. Sec. surpr. de l'am. I, <1.||6° Simple, sans rien autre. X cette seule pensée tous mes sens sont glacés. Je tremble au seul récit de la tempête qui..., boss. Reine d'Anglet. Votre seule bonté n'est point ce qui me nuit, RAC. Mithr. iv, 2. Renvoyé dans Paris sur ma seule parole, volt. Zaïre, ii, <.||7" Le seul.... qui.... avec l'indicatif, quand celui qui parle veut rendre l'idée positive. Il [Dieu] a continué par là à montrer qu'il en était le maître absolu [de l'univers], et que sa volonté était le seul lien qui entretient l'ordre du monde, boss. Hist. ii, \ . Ils [les Égyptiens] se vantaient d'être les seuls qui avaient fait, comme les dieux, des ouvrages immortels, iD. t'b. m, 3. L'homme est le seul de tous les animaux qui est droit sur ses pieds, fén. Exist. I, 42. Le jeune comte de Noailles mourut de la petite vérole à Perpignan; de beaucoup de frères qu'avait eus le duc de Noailles, c'était le seul qui restait, st-sim. 284, (05. ||Le seul.... qui avec le conditionnel. C'est le seul danger qu'on pourrait craindre, Dict. de l'^cad. ||Le seul... qui.... avec le subjonctif, quand l'idée n'est pas positive. La seule chose qui dépende de nous c'est de rendre nos souffrances méritoires, mass. Avent, Afflict. Les Marattes, dans ces vastes pays, sont presque les seuls qui soient libres, volt. Louis XY, 29. Il 8' Où il y a peu de monde, solitaire, en parlant d'un lieu. Je suis en peine de savoir où vous irez après votre assemblée ....Grignan est bien froid ; Salon est bien seul, sév. 25 déc. 1872. Il 9- N'avoir pas pour un seul ennemi, logis, etc. avoir plus d'un ennemi, d'un

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logis, etc. (locution que beaucoup rendraient aujourd'hui par la tournure barbare: n'avoir pas qu'un ennemi, qu'un logis, et qui s'interprète par : n'avoir pas ennemi qui soit unique). Moins d'ennemis attaquent leur pudeur [des femmes du monde] ; Les autres [les cloîtrées] n'ont pour un seul adversaire: Tentation, fille d'oisiveté.... LA FONT. Mazet. Il 10° De bons autcursont employé, par pléonasme, seul avec ne.... que. Ce n'est qu'après moi seul que son âme respire, mol. Éc. dct mar. ii, U. Notre sort ne dépend que de sa seule tête, ID. Éc. des f. m, 3. Le roi son mari lui a donné jusqu'à la mort ce bel éloge, qu'il n'y avait que le seul point de la religion où leurs cœurs fussent désunis, boss. Reine d'Anglet. \\ il' S. m. Le gouvernement d'un seul, la monarchie absolue. Le gouvernement d'un seul est celui que l'usage aura introduit le premier; et ce gouvernement se sera conservé, tant que les familles réunies auront eu à se défendre contre des ennemis inconnus, condil. Hist. anc. liv. i, ch. 7. |{ On dit de même : le pouvoir , l'autorité d'un seul. Le principe d'une monarchie ou d'une république n'est ni l'honneur ni la vertu; une monarchie est fondée sur le pouvoir d'un seul ; une république est fondée sur le pouvoir que plusieurs ont d'empêcher le pouvoir d'un seul, volt. Louis IIV, 21. Il Proverbe. Un malheur ne vient jamais seul. Il En sens inverse. Un bonheur n'arrive jamais seul, sÉv. 330.

— REM. I. Seuî suivi du pronom relatif qui, que, où, etc. se met avant son substantif. || 2. Placé avant son substantif, seul a un sens dilTércnt de seul placé après. Dans le premier cas, il signifie qu'entre toutes la chose que l'on considère est celle qui.... etc.; dans le second cas, que la chose toute seule, sans rien autre, est celle qui.... etc. Un seul mot convient ici, c'est-à-dire il n'y a qu'un mot entre tous les mots qui convienne ici. Un mot seul convient ici, c'est-à-dire qu'ici il n'est besoin que d'un mot sans rien autre. Ces deux sens sont bien marqués dansées vers de Boileau : Concluons qu'ici bas le seul honneur solide. C'est de prendre toujours la vérité pour guide.... D'accomplir tout le bien que le ciel nous inspire, Et d'être juste enfin; ce mot seul veut tout dire, Sat. xi. Dans l'édit. de (701, il y a : Ce seul mot veut tout dire; ce qui signifiait : ce mot est le seul qui veuille tout dire; sens bien différent de la pensée du poète. Ainsi il ne faudrait pas dire : Le seul honneur est son guide, mais l'honneur seul est son guide; il n'y a qu'en poésie que cela est admis.

— illST. XI* s. N'i ad paien ki un sul mot respundot, Ch. de Roi. il. Rolans s'en turnet, par le camp [champ] vait tut suis, t'b. CLX. Ne [des nègres] n'unt de blanc ne mais que sul les denz, ib. CXLII. Il xir s. Il [le tribut] ne lor fut requis nés [même] une sole fois, Sax. xviii. || xiii* s. N'en i a un tout seul [qui] n'ait la table guerpie, Berte, II. Dont venez vous si seule parmi ce gaut feuillu? ib. Li. Ennuit me sui el bois toute seule geûe, ib. Li.i En une chambre l'enmenrés Tôt seul à seul privéement, Que il n'ait honte de la gent. Lai de Melion. M'en alai tout seus esbatant, Et les ciselés escoutant, la Rose, 99. Et s'il le requiert, si pot il aler toz seus es besognes de l'execussion acomplir, BEAUMAN. XII, 28. Ce ne les escuse pas, quant il sont trové seul à seul en lieu privé, id. xxx, ios. Et au cief de cinq ans, en un sol jor et en une sole hore, toutes les viles de Lombardie coururent sus à cis qui estoient à l'empereor, id. xxx, 63. l|ïv* s. Le seul parler de saint Augustin [les Soliloques de saint Augustin], Invenl. des livres de Charles Y, dans lacurne. Se j'y allois, vous demeureriez ici toute seule de femme, louis h, Nouv. xxxix. Il XVI' s. Il n'en est pas eschappé un seul, H. est. Conformité, p. <8. Il se trouva roide mort, du seul coup de son imagination , hont. i, 91. Gaignons sur nous de pouvoir vivre seuls, id. l, 277.... de telle façon que l'un ny l'autre ne puisse discerner ne recognoistre ce qui luy appartient en seul, ne ce qui est à l'autre, LABOÉriE, 288. La puissance d'un seul, dès-lors qu'il prend ce tiltre de maistre, est dure et desraisonnable, id. Servit, volonl. Son fils combatit seul à seul contre Brutus, amvot, Publ. 30. Ils tenoient les barbares loing de la Grèce, sans qu'euli contribuassent pour ce faire un seul homme, un seul cheval, ny un seul vaisseau, ains seulement de l'argent, id. Péric. 24. Caton avoit dit ces paroles à Munatius de seul à seul, id. Cat. d'Utiq. 50

— ETY.M. Bourguig. s6, soie au féminin; Berry etnormand, au pluriel, seuls prononcé ïeiJ; wallon.

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leu; provenç. sol; espagn. tolo; portug. ta; lUl. solo; du Ut. solus, anc. lat. tollus; osque, sollo, :omparez le grec ô).o;, lat. talvus, entier, sain, tt sansc. sarva, tout.

SKULEMENT (seu-le-man), ado. || 1* Rien de plus, pas davantage. Trois ou quatre seulement Au nombre desquels on me range Peuvent donner une louange Qui demeure éternellement, malii. III, 2. Sur ce point seulement contente mon désir, CQRN. Cinna, v, t. Il était plein d'esprit, de sens et do raison; Seulement pour l'argent un peu trop do faiblesse Do ses vertus en lui ravalait la noblesse, BOIL. Sat. X. Je vous réponds de vous, consentez seulement, hac. Brit. Ii, 3. Donnez-moi seulement le temps de respirer, m. Àlh. v, 2. Il 2° Uniquement. Je vais au spectacle seulement pour la musique. Monseigneur, ce n'est plus seulement par cette vaillante main et par ce grand cœur que vous acquerrez de la gloire, Boss. Reine d'Anglet. Suis-je leur empereur seulement pour leur plaire? BAC. Bn't. iv, 3. Je me comparerais à ce Troyen qui mérita la protection d'une déesse seulement parce qu'il la trouva belle, montesq. Disc, de réeept. à l'acad. de Bord. || 3° Au moins, du moins. . Si je pouvais, comme je vous ai dit quelquefois, vivre seulement deux cents ans. Il mesenibleque je serais une personne bien admirable, sÉv. 30 oct. < 673. Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmes? BAC. Andr. v, t.||4' Même. Cet homme que l'on disait mort n'a pas seulement été malade. M. le Tellier, renfermé dans les modestes emplois de la robe, ne jetait pas seulement les yeux sur les engagements éclatants, mais périlleux de la cour, BOSS. le Teliier. Il 5* Ne.... que.... Le courrier est arrivé seulement d'aujourd'hui. D'aujourd'hui seulement je jouis de ma gloire, bac. Andr. n, 6. Il 8° À la seule condition que. Parlez librement; seulement respectez les convenances. Il T' Si seulement! locution qui exprime ledésir d'une chose qui suffira pour satisfaire. Si seulement il rendait l'argent. Il 8' Non-seulement, loc. adv. Voy. non. ||9' Seulement explétif avec ne.... que, comme on a vu que seul (n* »), est quelquefois. Ouand j'irai en Provence, je vous tenterai de revenir avec moi et chez moi; vous serez lasse d'être honorée.... vous n'\ perdrez rien, il ne faudra seulement que chanter de ton, SÉV. à Mme de Grignan, 2) juin 1671. Il 10 ' Tant seulement, voy. tant.

— HIST. xii* s. Et mes chançons [je] fais por TOUS solement. Coud, vn. || xiu* s. Je ne chantai fors d'une seulement Oui tant forfist que vengeance en fust prise, quesnes, Romaru:ero, p. 89. Et qu'il n'ont mais nul hoir.... Fors seulement Bertain, Perle, Lxvii. Là la laissasmes nous ens au bois seulement [seule], ib. icv. || xvr s. Non seulement il.... mais il.... mont, i, 25. Vous ne les leur feriez pas seulement regarder en face, m. i, «4. On faict peur à nos gens seulement de nommer la mort, m. i, 72 Lysander ne gaigna seulement que deux baltailles navales, id. m, «56. Par ce moyen il ne fut roy que huit mois seulement, en tout, amyot, Lyc. 3.

— ÉTYM. Seule, et le suffixe men<;Berry, sèment, ï'tnenf; wallon, seuimom; provenç. solamen; catal. solament; espagn. solamente; portug. somente; ital. solamente.

SEULET, ETTE (seu-lè, lè-f), adj. Diminutif de seul, usité seulement dans le style pastoral et surtout au féminin. Ce soir que, vous ayant seulette rencontrée.... voix. Poés. Œuv. t. n, p. 90. Ma chère Annette, Toi si jeunette, Tu vas seulette ! FAVART, Annette et Lubin, se. 2. Je gémis d'être seulette , En prison sous le verrou , bérang. Chatte.

— HiST. xin* s. Je ne 11 ai riens mesfait. Ne riens ne 11 ai mesdit, Fors c'acolleir mon amin goulette, Arch. miss, scientif. V série, t. v, p. 237. Il XV' s. Et dirent les aucuns qui avoient vu passer messire Yvain tout seulet.... froiss. m, iv, 23. Il XVI' s. Laissant sa sœur au logis, la pauvrette, Elpicine, dormir toute seulette, amtot, Cimon, 27.

— Etym. Dimin. de seul; génev. solet, soletle ; provenç. »ole(; espagn. solito; ital. soletto.

SÈVE (sè-v'), s. f. Il !• Terme de botanique. Liquide que les racines puisent et absorbent dans le sein de la terre, pour le faire servir à la nutrition du végétal. La sève ascendante. La sève descendante. De quelque façon qu'on intercepte la scve, on est sûr de hâter les productions des arbres surtout l'épanouissement des fleurs et la production des fruits, buff. Ilist. nat. Intr. Œuv. t. viii p "S3. M. Haies, dans son admirable statiaue iai végétaux, a très-bien prouvé que les feuilles

SÉV

sont les principaux organes de la transpiration; il les a regardées comme les puissances qui élèvent la sève, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 206, dans pouoens. J'ai pu juger, i l'œil, de la rapidité de la sève dans les plantes que j'ai abreuvées de liqueurs colorées, lo. ib. t. v, p. 205. Il En sève, en pleine sève, durant le temps oii la sève est en mouvement dans les végétaux. Arbre en sève. On n'a point observé que ce bois, quoique coupé en pleine sève, ait été piqué des vers, bufp. Expér. sur les végét. 2' mem. Il î' Par extension, certaine force qui rend le vin agréable. Ce vin est trop vieux, il n'a plus de sève. Do vous parler.... d'un vin i sève veloutée, mol. Bourg, gent. iv, ). Oui, je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandri priserait sa sève et sa verdeur [d'un vin], boil. Sat. m. || 3' Fig. Il se dit des choses intellectuelles ou morales qui ont quelque chose comparé à la sève du vin. Il y a de la sève dans cet ouvrage. Ce qui jette ï&me dans un labyrinthe et un entortillement qui ôte toute la droiture de nos actions et toute la bonne sève de la piété, BOSS. États d'orais. v, 9. X quatre-vingt-six ans, M. de Mirabaud avait encore le feu de la jeunesse et la sévo de l'âge mûr, bufp. Rép. à fValelet, Œuv. t. X, p. 32. La première sève do l'enthousiasme créateur, d'alemb. Œuv. t. vii, p. 259. Sa sève, nuit et jour, s'épuisait aux orgies, V. HUGO, Crépuscule, (3. || En mauvaise part. Ici se cache une sève maligne et corrompue sous l'écorce de la politesse, la brut. ix.

— REM. L'Académie écrit fève avec un è, et trêve avec un ê. Pourquoi figurer de trois manières diflërentes une prononciation qui est la même? L'accent grave seul devrait être employé, pautex.

— HIST. XIII' s. Tu trovas ou gastel la fève. Et mois en bûche seiche sève, J. de meung, Test. 234. Pri à ton fil qu'il nous en terde Et nous enlevé De l'ordure qu'aporta Eve, Quant de la pome osta la sève, ruteb. n, 4. || xv s. Au dessoubz de ses ans perfaiz, après les jours d'enfence que la ceve monte contremont la jueune plante, christ, de PISAN, Charles Y, i, 9. || xvi* s. Les petits buissonnets n'ont sève ny puissance; Je voudrois eslre grand comme ces grands forests, bons. 747.

— ETYM. Bcrry, sépe, sive; dans l'Angoumois, îober, donner de la sève ; prov. et esp. saba;dii lat. sapa, suc, jus; comparez l'allem. Saft, suc; dan. sxbe; angl. sap; le grec èitoç, suc (voy. sapin).

SÉVÈRE (sé-vè-r'), adj. || !• Qui impose rigoureusement les choses, qui n'a point d'indulgence. Il est plus sévère pour les autres que pour luimême. Un père sévère envers ses enfants. Oh! qu'il est aisé de se faire dans le monde la réputation d'homme sévère et de la soutenir aux dépens d'autrui 1 bourdal. Pensées, t. i, p. 462. Quiconque est plussévère que les lois, est un tyran, vauven. iS^/Z. etmax. (63. Du plus loin qu'il [mon père] m'aperçut [chargé de prix du collège], il laissa son ouvrage, il s'avança sur sa porte, et se mita pleurer; c'est une belle chose qu'un homme de bien et sévère qui pleure, dider. Lett. à Mlle Yoland, ts oct. (760. Les juges les plus sévères ne sont pas toujours ceux auquels il serait le plus permis de l'être, CONDORCET, Margraaf. \\ Sévère à.... Lejuste, sévèreàlui-mêmeetpersécuteurde ses propres passions, boss. fleine d'idnjief. Rome lui sera-t-elle indulgente ou sévère? rac. Bér. II, 2. Promettez. ...Que, sévère aux méchants et des bons le refuge. Entre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour, juge, id. Athal. IV, 3. Il 2' 11 se dit des choses en un sens analogue. Une punition sévère. La pieté sévère exige son offrande [le sacrifice d'Iphigénie], bac. Iph. V, 3. Mon courroux aux vaincus ne fut que trop sévère, id. Andr. 1, 2. Une loi moins sévère Mit Claude dans mon lit et Rome à mes genoux, ID. Brit. IV, 2. Quand toutes vos actions n'auraient été que sévères pendant quo vous étiez le maître, elles devenaient des crimes affreux dès que vous ne l'étiez plus, montesq. Dial. de Sylla et Eucr. Dans ton courroux sévère. Songe au moins, mon cher fils, qu'il a sauvé ton père, volt. Alz. m, 6. Nous avons, au jour de nos grandeurs, D'un cœur trop complaisant écouté les flatteurs ; Il est juste sans doute, au jour de nos misères, D'accoutumer notre âme aux paroles sévères, p. lebrun, ifoWe Stuart, I, 4. Il Sort sévère, destin sévère, sort, destin qui traite l'homme sans indulgence. Je l'expose aux rigueurs du sort le plus sévère, th. corn. Ariane, iv, 5. Et puissent désormais les destins moins sévères.... tolt. Olgmp.ui, 6. || Climat se-

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vire, climat froid et dur, || 8* Qui exige une exactitude rigoureuse. Ayez pour la cadence une oreille sévère, boil. Art p. i. || Qui est tenu rigoureusement. Un blocus, une quarantaine sévère. La seule chose dont nous puissions répondre, c'est l'assiduité de notre travail et l'emploi sévère de notre temps, o'alehbert, Œuvr. t. 1, p. 382. Il i* Qui marque, qui annonce qu'on est sévère. Un front sévère. Une mine sévère. Je devins plus rouge que le ruban que vous m'aviez envoyé; etcelui devantqui j'ètaisprit unvisagoaussi sévère que si... .VOIT. JLelt. 23. Quel sujet inconnu vous trouble et vousaltère? D'oii vous vient aujourd'hui cet air sombre et sévère ? boil. Sat. m. || 6' Très-régulier, conforme aux règles. Une vertu, une morale sévère. Ses mœurs [de Quesncl] étaient sévères, comme celles de tous ceux qui ne sont occupés que de disputes, volt. Louis J!V, écritaint, Quesnel. || En parlant de robscr\'ance rigoureuse des lois de la pudeur. Car je ne croirai pas que, sans me consulter, La sévère Junie ait voulu le natter, bac. Brit. 11, 3. || Peu sévère, relâché, qui cède facilement aux tentations. Il est peu sévère en affaires d'argent. Mais parlons d'affaires. Beautés peu sévères, bérang. Cocagne. || 6* Terme de littérature et d'arts. Noble et régulier, sans élégance afTeclée, sans ornements recherchés. Un style sévère. Des ornements sévères, d'un goùl sévère. || 7' Il se dit aussi d'une figure qui a plus de régularité que d'attrait. Une beauté sévère. Les femm«s sont grandes, fortes, brillantes de santé, presque toutes fort belles, mais ce sont des beautés sévères et imposantes, barthèl. Anach. ch. 48. Il 8" S. m. Ce qui est sévère. Passer du grave au doux, du plaisant au sévère, boil. Art p. i. Il Populairement et au fém. En voilà une sévère, voilà un fait bien surprenant, et aussi bien révoltant. Il 9" S. f. Espèce de vipère.

— HIST. XVI* s. Si le minois du médecin chagrin, rébarbatif, mal plaisant, malcontent, severe, rechigné, centriste le malade, hab. iv, Ép. au card. de Chastitlon.

— ÊTYM. Lat. severus, d'un radical sec, qui s« trouve dans le grec oiSac, oéCu. S(!e^re paraît être un néologisme du xvr siècle.

SÉVÈREMENT (sè-vè-re-man) , od;. || 1' D'une manière sévère. Punir sévèrement. La politique romaine, qui défendait si sévèrement les religions étrangères, boss. Hist. u, 12. Un diocèse administré très-sévèrement, j. j. Rouss. Confesi. m. Il 2* Avec un goût sévère. Cela est écrit sévèrement.

— ÉTYM. Sévère, et le suffixe menJ.

t SÉVÉRITÉ (sé-vè-ri-t'), s. f. Silicate d'alumine qui provient de Saint-Sever (Landes).

SÉVÉRITÉ (sé-vé-ri-té), s. f. \\ f Qualité de celui qui est sévère, de ce qui est sévère. Et c'est sur quoi il faudra garder une grande sévérité, vauban, Dtme, p. (39. [Le sénat] Vous pressait de souscrire à la mort d'un coupable ; Vous résistiez, seigneur, à leur sévérité, rac. Brit. iv, 3. M. Porcius Caton, ce célèbre censeur connu par la sévérité de son caractère, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. ix, p. (77, dans pouGENS. Tout pouvoir, en un mot, périt par l'indulgence. Et la sévérité produit l'obéissance, volt. Ali. i, (. Il 2" .Au plur. Actes de sévérité. Que la violence de son amour et les sévérités de son père me firent prendre la résolution de.... MOL. Av. v, 5. Les sévérités âpres, pasc. Pens. VI, 31, éd. havet. Pardonne alors. Seigneur, si, plein de tes bontés. Je n'ai pu concevoir que mes fragilités Pussent être l'objet de tes sévérités, CHAUL. Sur la mort. Ces sévérités, qui révoltent nos mœurs, étaient peut-être nécessaires dans un pays où le maintien des lois semblait exiger une rigueur elTrayante, volt, ijiwîie, n, (7. || S' Grande régularité. La sévérité de ses mœurs, de son caractère. Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science, Burrhus, et je forais quelque difficulté D'abaisser jusque-là votre sévérité, rac. Drit. m, ( Il II se dit des mortifications qu'on s'impose, i quatre-vingt-onze ans, ni ses fatigues continuelles, ni son extrême caducité ne le peuvent obliger do modérer la sévérité de sa vie; il fait un carême éternel.... BOSS. Panég. St François de Poule, (. Il 4* La sévérité des femmes, le soin avec lequel elles repoussent les tentations amoureuses. La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté, la rochefouc. Prem peru. 67. Les femmes n'ont pas de sévérité complète sans aversion, id. Max. 333. || 6* Il se dit du goût, des compositions littéraires ou artistiques. lA sévérité du goût. La sévérité de cette

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composition, de ce style. || 6' Il se dit des climats. Les mornes sévérités d'un climat dur et capricieux, ciiEBBULiEZ, Rev. des Deux-MoTid. déc. )8C9, p. 777.

— SYN. SÉVÉRITÉ, RIGUEUR. La sévérité se trouve principalement dans la manière de penser et de juger : elle condamne facilement, et n'excuse pas. La rigueur se trouve particulièrement dans la manière de punir; elle n'adoucit pas la peine et ne pardonne rien. L'usage a consacré les mots rigueur et sévérité à de certaines choses particulières. On dit la sévérité des mœurs, la rigueur de la saison. La sévérité des femmes selon l'auteur des Maximes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté. Dans ce cas le mot de rigueurs au pluriel répond à celui de sévérité, EncycL iv, (32.

— HIST. XVI* s. Et des anges la troupe sainte N'oseroit paroistre, en la crainte De la juste sévérité, DESPORTES, Œuvres chrest. xviii, ode.

— ÉTYM. Lat severitatem, de severus, sévère, t SÉVEUX, EUSE (sé-veù, veù-z'), adj. Terme de

botanique. Qui a rapport à la sève, qui en a les propriétés. Il Vaisseaux séveux, vaisseaux dont on supposait la présence dans les plantes pour expliquer le passage des liquides de l'un de leurs organes dans l'autre. J'ai vu les vaisseaux séyeux tendre en ligne droite vers les feuilles, et y porter en fort peu de temps le suc coloré dont ils étaient remplis, bonnet. Us. feuilles, 6 mém.

— HlST. xvi* s. Seveux, cotgrave.

— ETYM. Sève.

SÉVICES (sé-vi-s'), s. m. pi. Terme de palais.

Mauvais traitement d'un époux envers l'autre, d'un père ou d'une mère envers leurs enfants, d'un maître envers ses seiTiteurs, et qui peuvent aller jusqu'aux coups. Les époux pourront réciproquement demander le divorce pour excès, sévices et injures graves do l'un d'eux envers l'autre) Code cit. art. 23).

— ÊTYM. Lat. sxvitia, cruauté, de sspvire (voy.

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