GOUTE
tSPARSIFLORE[spar-si-flo-f),<»d;- Terme de botanique. Qui a des fleurs éparsesou en petit nombre.
— ÉTYM. Lat. sparsus, dispersé, et flos, fleur.
t SPARSIFOLIÉ, ÉE (spar-si-fo-li-é , ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles éparses ou peu nombreuses.
— ÊTYM. Lat. îparsttj, dispersé, et folium, feuille.
t SPARSILE(spar-si-r), ad;'. Terme d'astronomie. Étoiles sparsiles , étoiles qui ne se trouvent pas comprises dans les constellations formées parles astronomes. On dit aussi étoiles sporades et informes.
— ÊTYM. Lat. sparsilis, de sparsus, dispersé, t SPART (spart'), s. m. Synonyme de sparte.
t SPAUTAMTE (spar-ta-li-f), ». f. Terme de minéralogie. Zinc oxydé, cristallisé.
t SPARTAN (spar-tan) ou SPARTON (spar-ton), ». m. Terme de marine. Cordage fabriqué avec des tiges de genêt.
— ETYM. Sparte.
SPARTE (spar-f), ». m. Plante de la famille des graminées, dont on fait des nattes, des cordages, etc. (lygeum spartum, L.). Le sparte ne se coupe pas , il s'arrache , sans cependant que la racine suive, parce qu'elle est trop tenace, ameil- HON, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. ii, p. .^30. Varron dit que les Grecs n'ont effectivement commencé à connaître le sparte qu'après qu'ils eurent des rapports avec l'ibérie, ID. ib. p. 603. Le sparte, plante textile, que l'on appelle aussi du nom d'alfa en Algérie ...y est utilisé avec succès pour la fabrication du papier, Journ. offie. U août
— ETYM. lAt. spartum; grec, onâptot, ipute, anapTàv, cordet
SPARTRRIR (spar-te-rie), ». f. Fabrique de tissus de sparte. Les Provençaux, qui depuis trèslongtemps font des ouvrages de sparterie, et pour qui ce travail est un objet de lucre assez considérable, ont soin de le faire rouir [le sparte] dans l'eau de mer, ameilhon, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. II, p. 5 12. Il Ouvrage fait avec le sparte. Un chapeau de sparterie. || Nom donné, sur la Méditerranée, k un genre de cordage qui flotte toujours sur l'eau, et pourrit lentement, bien qu'on ne le goudronne jamais.
— ÊTYM. Sparte.
t SPARTIATE (spar-si-a-f),».»!. etf. || l'Homme appartenant ù la classe aristocratique de la république lacédémonienne (les Lacédémoniens en formaient la plèbe) , laquelle avait été assujétie par Lycurgue à une grande rigidité de mœurs guerrières. J'ai vu quelquefois jusqu'à quatre mille hommes dans la place publique [i Lacédémone], et j'y distinguais i peine quarante Spartiates, en comptant même les deux rois, les éphores et les sénateurs, barthél. Anach. ch. 42. Il 2" Fig. Homme rigide tant au physique qu'au moral. C'est un Spartiate.
t SPARTIER (spar-tié). Genre de la famille de» légumineuses, dit aussi spartium, où l'on distingue le spartium jurueum, dit vulgairement genêt d'Espagne et jonc d'Espagne.
— ÉTYM. Sparte.
t SPARTIINE (spar-ti-i-n"), ». f. Terme de chimie. Extrait amer du spartium monospermum, L.
t;SPARTIUM (spar-ti-om'), ». m. Voy. sPARnEK.
j SPARTON, ». m. Voy. spabtan.
SPASME (spa-sm'), t. m. Terme de médecine. • Contraction involontaire des muscles, notamment de ceux qui n'obéissent pas à la volonté. || Spasme cynique, contraction des muscles de la face, qui donne à la physionomie l'aspect du chien qui gronde et cherche à mordre. || Spasme de la glotte, affection des enfants surtout, consistant en contractions convulsives du diaphragme caractérisées par de courts accès de suffocation, survenant tout à coup, sans prodromes.
— HIST. XIII* s. Apopletique, paralilike, espame, alebrant, f* 6. || xvi* s. Spasme ou convulsion est retraction et mouvement involontaire des nerfs, et par conséquent des muscles.... PARÉ, VII, 8. Tel spasme [pâmoison] luy dura tant sans revenir à soy.... Don Flores de Grèce, f* (4«. Un spasme, une foiblesse, un morne estonnement Qui pallit mon visage, desportes, Œuvres, p. 28),
dans LACUBNE.
— ÊTYM. Prov. («»po»Tne; esp. e»pa»mo; ital. spasmo, spasimo ; du lat. ïpo»mu», du grec oTtao- (loç, de TitÔM, tirer, contracter; comp. spontané.
SPASMODIQUE (spa-smo-di-k'), od>. || 1* Terme de médecine. Qui appartient aux spasmes, qui est caractérisé par des spasmes. Mouvement spasmodique. L'usage des odeurs produit ces affections spasmodiques, beaumarch. Barbier, n, <6. || î* Qui est employé contre le» spasmes et convulsions; on dit plus souvent antispasmodique.
— ETYM. Irrégulièrement dérivé de <nia(j(i<iîric, qui vient de uirourtiè; spasme, et ei5o;, forme.
t SPASMODIQDEMENT (spa-smo-di-ke-man), ad». D'une façon spasmodique.
SPASMOLGGIE (spa-smo-lo-jie), ». f. Terme de médecine. Traité des spasmes.
— ÊTYM. Spasme, et ^loyo?, traité.
f SPASTIQUE (spa-sti-k') , odj . Terme de médecine. Synonyme de spasmodique.
— ÊTYM. Snâu, tirer, contracter.
SPATH (spat'), ». m. || 1* Ancien terme de minéralogie. Substance pierreuse qui se trouve souvent unie aux mines. || ** Aujourd'hui, spath, employé seul, ou spath d'Islande, est ce que l'Académie appelle spath calcaire, ou carbonate de chaux crisUUisé. || Spath satiné, calcaire fibreux. Il 8" Spath pesant, sulfate de baryte natif, ou baryte sulfatée. Le spath pesant le plus anciennement connu est la pierre de Bologne, bupf. Kin. t. VII, p. 337. Il 4* Spath amer, dolomie. || B* Spath fluor, un des noms de la fluorine. Les spaths fluors réduits en poudre prennent, par le feu, de la phosphorescence comme les spaths pesants , BUFP. ilfin. t. VII, p. 49). Hlxposé dans un creuset à la chaleur d'un fourneau à réverbère, ou bien à la flamme du chalumeau, il [le fluate de chaux] se fond en un verre transparent ; c'est pour cela qu'on l'appelait autrefois spath fluor, tiienaru. Traité de chimie, t. 11, p. S44, dans pougens. IIS" Faux spath, nom sous lequel on désigne parfois le feldspath. Ij 7* Spath adamantin, nom donné
SPÊ
au corindon, fourcroy, Conn. chim. t. n , p. soi . Il Quelques-uns disent par corruption spar.
— ÊTYM. Allem. Spath.
t SPATUACÉ, ÉE (spa-ta-sé, sée), od;". Synonyme de spathc.
SPATHE (spa-f), t. f. Terme de botanique. Involuore foliacé ou membraneux, propre aux plantes monocotylédones.
-ËTYM. Lit. tpatha ; grec, <riidi6ri, spathe du palmier, proprement instrument de tisserand, et aussi sorte d'épée (voy. épée).
t SPATHÉ, ÊE (spa-té, tée), od/. Terme de botanique. Qui a une spathe, enveloppé dans une spathe.
t SPATHELLE, (spa-tè-l*), s. f. Terme de botanique. Petite spathe qui accompagne cliaque fleur, dans certains assemblages de fleurs enveloppés d'une spathe générale. || Chacune des pièces de la glume des graminées.
t SPATELLULE (spa-tèl-lu-l*), t. f. Terme de botanique. Chacune des pièces de la glumelle des graminées. || Terme de zoologie. Se dit de celles des soies des annélides qui se terminent par une palette.
t SPATHIFICATION (spa-ti-fl-ka-sion), ». f. Conversion d'un débris de corps organisé en un corps de nature pierreuse.
t SPATHIFIEB (spa-ti-B-é), v. a. Terme de minéralogie. Former en spath.
t SPATHIFORME (spa-ti-for-m'), adj. Qui a l'apparence du spath. Cette partie extérieure blanche et spathiforme du calcul était du phosphate ammoniaco-magnésien, fourcroy, tauqueun, Instit. Uém. tciene. t. iv, p. 4 4».
t SPATHIQUE (spa-ti-k'), adj. Terme do minéralogie. Qui est de la nature du spath ; qui a une texture lamelleuse. Le fer spathique est un des minéraux de fer les plus précieux; on en retire d'excellent fer; comme il peut donner directement de l'acier, on rappelle aussi quelquefois mine d'acier, THENARD, Traité de chimie, t. n, p. 364, dans pouQENS. Il Acide spathique. Un autre acide qui, en se combinant avec le calorique, passe sous la forme de fluide élastique, qui est le gaz acide fluorique , ci-devant connu sous le nom de gaz acide spathique, bsisson. Traité de phys. t. n, p. 64.
SPATOLE (spa-tu-l'; Chifflet, Gramm. p. 238, dit espatule), (. f. \\ 1° Instrument de chirurgie et de pharmacie, plat à im bout et arrondi à l'autre, dont on se sert pour remuer ou pour étendre les électuaires, le» onguents, les emplâtres, etc. || Docteur de la petite spatule, s'est dit jadis pour chirurgien. Ces docteurs de la petite spatule s'en font merveilleusement accroire, quand les médecins n'y sont point, cm patin, Lett. t. n, p. 433. Ija* Terme de peinture. Instrument pour délayer et broyer les couleurs. || 8° Terme de peinture et dorure. Outil pour réparer les moulures. || 4' Terme de métallurgie. Espèce de couteau ou de cuiller plate, il Pelle qui sert dans les affineries à jeter les scories et les crasses. || 6* Terme de marbrier. Outil pour gâcher le plâtre. || 6* Oiseau de rivage ainsi nommé à cause de la forme de son bec, famille des échassiers. Les cuillers arrondies du bec de la spatule paraissent propres à ramasser les coquillages, Bupp. Jfore. choisis, p. 260. || 7° Nom donné par les botanistes du xvi* siècle à l'iris fétide.
— HIST. XIV* s. Quant il [un mélange] sera osté du feu et meu longuement de l'espatule, lanfranc, f* «0, verso. Il XVI* s. Faut conduire la queue d'une spatule, PARi, m, 7. Le bout de l'espatule, iD. vni, 3.
— ËTYM. Lat. tpathula, dimin. de spatha (voy. ■pathe).
f SPATULE, ÉE (spa-tu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Se dit d'une partie qui est rétrécie à la base, large et arrondie au sommet, en manière de spatule.
t SPATDLER (spa-tu-lé), v. a. Spatuler du chan- Tre, le battre et le secouer.
SPÉCIAL, ALK (spé-si-al, a-l"), adj. || 1* Particulier à une espèce, par opposition à général, qui appartient i. un genre. Fonds spéciaux. Ne considérons plus la mort comme dos païens, mais comme les chrétiens, c'est-à-dire avec l'espérance, comme saint Paul l'ordonne, puisque c'est le privilège spécial des chrétiens, pasc. Lett. sur la mort de son père. Par un privilège spécial au fils unique de Dieu, ID. dans coLsm. L'action des Uachabécs et des Juifs qui les ont suivis étant extraordinaire et venant d'un ordre spécial do
SPÉ
Dieu, B0S8. 6* avert. 26. || Commerce spécial, commerce ne comptant, pour le pays qui importe, que ce qu'il consomme, et pour le pays qui exporte que ce qui est de sa propre production, par opposition à commerce général (voy. général). Il Terme de collège. Classe de mathématiques spéciales, ou, substantivement, la spéciale, les spéciales, la classe où l'on étudie la haute algèbre et l'application de l'algèbre à la géométrie. 11 est en spéciales. || 2* Se dit, par abus, des personnes. Des hommes spéciaux, des hommes qui ont des aptitudes spéciales, des hommes dont toute l'intelligence est appliquée exclusivement à telle ou telle profession, telle ou telle industrie, science, etc. Il faut, pour les questions de finances, des hommes spéciaux.
— HIST. xin* s. Especiauls moz est cil qui est compris dcsouz un autre ; car cist moz Pierre ou Jehans ou Jaques est bien compris sous cestui gênerai nom, c'est home, brun, latini. Trésor, p. 526. S'il avient que aucuns ne voille mie fere procuration gênerai, ele pot estre fête especial, BEAUMAN. IV, 6. ||xiv* S. De toute ceste doctrine la meilleure et la plus profitable, c'est la science de moralité contenue par especial en un livre, oresme, Prol. Il XV* s. Le plus especial amy qu'il eust, COMM. IV, 4 2. Il XVI* s. Ceste promesse n'estoit pas spéciale à un peuple seulement, mais s'estendoit à toute la loi, calv. Instit. 300. Descendons par degrez du gênerai au spécial, m. ib. 424. De grâce spéciale, ahyot, Brut, et Dion, 2.
— f.TYM. Provenç. et espagn. especial; ital. speziale ; du lat. specialis, de species. espèce.
SPÉCIALEMEPfT (spé-si-a-le-man), od». D'une manière spéciale. La femme est faite spécialement pour plaire à l'homme, J. j. rouss Ém. v.
— HIST. xm* s. Tout soit ce que noz en aions parlé especiaument en aucun chapitre, beauijan. iiiv, 4. Il XV* s. Et [ceux des frontières de Guéries] leur faisoient [aux Brabançons] tous les torts qu'ils leur pouvoient faire, et especiaument ceux qui se tenoient en la ville de Gavres, froiss. ii, m, 94. Il xvr s Elle [l'humaine nature] ne faict que fourvoyer partout, mais spécialement quand elle se mesle des choses divines, mont, u, 255.
— ÉTYM. Spéciale, et le suffixe ment; provenc. especialmeris; espagn. especiolmente ; ital. specialmente.
t SPÉCIALISATION (spé-si-a-li-sa-zion) , ». f. Néologisme. Action de spécialiser.
t SPÉCIALISER (spé-si-a-li-zé), v. a. Néologisme. Indiquer d'une manière spéciale.
— ÉTYM. Spécial.
t SPÉCIALISTE (spé-si-a-li-st'), s. m. Néologisme. Se dit d'un écrivain, d'un savant qui s'occupe de telle ou telle science en particulier, ou de telle branche spéciale d'une science. Dans la science comme dans l'industrie, la perfection n'appartient qu'aux spécialistes; je regrette que ce mot soit un néologisme, mais il. exprime si bien une pensée vraie, qu'il ne périra pas, babinet, Rev. des Deux- Mondes, 4*' juill. 4 856, p. 204. || Particulièrement. Médecin qui se consacre principalement, ou même d'une manière exclusive, au traitement de certaines maladies, telles que les maladies des yeux, des oreilles, des dents, ou de la peau, les affections de l'appareil urinaire, l'aliénation mentale, etc.
SPÉCIALITÉ (spé-si-a-li-té), f. f. \\ 1* Qualité de ce qui est spécial. || Terme de physiologie. Spécialité d'action, action spéciale qu'accomplit un organe ou un tissu spécial. Le grand fait de la spécialité d'action de diverses parties du système nerveux, fait à la démonstration duquel aspiraient depuis longtemps avec tant d'ardeur les plus nobles efforts des physiologistes, flourens, Instit. Uém. scienc. t. u., p. 479. || a* Désignation d'une chose spéciale. || On dit en matière d'hypothèque : Sans que la spécialité déroge à la généralité. Il 3° Terme de finances. Application exclusive d'un certain fonds à une nature particulière de dépenses. Il 4* Branche d'études, de travaux, à laquelle une personne se consacre, dans laquelle un écrivain, un savant se distingue. Mme Paturot cultiva une autre ipécialitc, comme on dit dans l'idiome industriel : elle perfectionna le maillot, REYBAUD, Jérôme Paturot, n, 4. ||Se dit aussi des personnes mêmes qui se livrent à une étude spéciale. Les spécialités médicales. ||6* Abusivement. Branche de fabrication ou de commerce. La spécialité des cotonnades.
— HIST. xin* s. Le [la] procuration générale d'une quercle contient en li toutes les especialités qui naissent de le [la] querele , beadmam. iv, 4 a.
spb
Il XV* s. Ce n'estoit fors que l'amour commun, ainsi que nous debvons tous aimer l'ung l'autre pour l'amour de cdlui qui est nostre créateur, sans spécialité, Perceforest, t. vi, f* 86.
— ETYM. Spécial.
t SPÉCIATIF, IVE (spé-si-a-tif, ti-v'), odj. Terme didactique. Qui désigne une espèce. Sentiments de M. de Heaux sur l'objet spéciatif de la charité, Bosi. 2* écrit sur les Max. des saints, 5.
— ÉTYM. Dérivé du lat. speciatus, déterminé comme espèce, de species, espèce.
SPÉCIEUSEMENT (spé-zi-eû-ze-man), adv. D'une manière spécieuse. Voilà comme mon sainthomme [un quaker] abusait assez spécieusement de trois ou quatre passages de la sainte Écriture qui semblaient favoriser sa secte, volt. Dict. phil. Quakers, 1.
— RTYM. Spécieuse, et le suffixe ment.
SPÉCIEUX, EUSE (spé-si-eû, eû-z'), ad). || f Dans
le sens latin, qui est le sens propre. Qui a une belle apparence. Ce conseil, qui était un nom spécieux, fut réduit à M. le cardinal, au garde des sceaux, à le Tellier et à Servien, retz, Mém. t. n, liv. m, p. 239, dans pougbns. Donner aux conjurés des emplois spécieux Qui, leur faisant honneur, les ôtent de ces lieux, quin. Agrippa, iv, 4. Le citoyen, qui, sous des dehors encore spécieux, cache une profonde misère, mass. Or. fun. Yillars. Tous nos projets les plus spécieux, que l'imagination n'enfante et n'embellit que pour endormir nos peines, les réveillent et les aigrissent, m. Profess. relig. Serm. 4. || Arithmétique spécieuse, s'est dit de l'algèbre proprement dite qui se sert de lettres, par opposition à l'arithmétique qui se sert de chiffres; ainsi dite à cause de la beauté de l'algèbre par rapporta l'arithmétique. || 2* Fig. Qui a une apparence de vérité et de justice. Droit spécieux, botr. St-Gen. ni, 6. Saint Augustin racontait.... les erreurs de sa téméraire jeunesse.... comme il fut pris dans de spécieux raisonnements, auxquels il abandonnait son esprit curieux et vain, boss. finstruct. pastor. 47. Il n'est pas ici question d'examiner si ces idées sont aussi solides que spécieuses, in. Ilist. m, 5. L'un tâche à l'émouvoir [M. de Lamoignon] par des images affectées de sa misère; l'autre travaille à l'éblouir par des apparences de droit et par des raisons spécieuses, fléch. Lamoignon. || S. m. Ce qu'il y a de spécieux. L'homme est né menteur, la vérité est simple et ingénue, et il veut du spécieux et de l'ornement, la bhuy. xv.
— REM. Vaugelas (4 704, in-4*, p. 644) a dit, en parlant d'un mot, spécieux pour apparent, aisé à remarquer : « Cicéron a répété le mot de dolor quatre fois en quatre ou cinq lignes, qui d'ailleurs est un mot si spécieux , sans qu'il y eiit ni nécessité, ni figure. »
— SYN. plausible, spécieux. Ce qui est plausible mérite en apparence d'être applaudi, approuvé; ce qui est spécieux a une belle apparence, une apparence de vérité et de justice. On dit également un argument plausible et un argument spécieux; la nuance est que, dans l'argument plausible, il reste à déterminer s'il contient plus que la plausibilité ; au contraire, dans l'argument spécieux, il est entendu qu'il n'y a que l'apparence.
— HIST. XVI* 8. Les feus rois ont honoré les habitants de plusieurs grands et spécieux privilèges,
d'aub. Hist. 11,2264 Que les estats seroient
obligez et par cause spécieuse amenez à fournir aux frais de la besongne, id. «6. n, 449.
— ËTYM. Lat. speciosus, beau, de species, beauté et aussi espèce (voy. ce mot), de specio, voir (voy. spectacle).
t SPÉCIFICATIF, IVE (spé-si-fi-ka-tif, ti-v'), od;. Qui sert à spécifier. U n'est pas ici question de discuter les motifs de l'amour de Dieu spécificatifs, principaux, immédiats, subsidiaires, ou autres, dont on dispute dans l'école, BOSS. Quiétisme, 4* écrit, I, S. Il Se dit des mots qui restreignent à une partie d'un tout ce qui semblait dit d'un tout dans son entier.
— HIST. xrv* s. Différences plus specificatives,
B. DE HONDEVILLR, f* 73.
— ËTYM. Spécifier.
SPÉCIFICATION (spé-si-fi-ka-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Désignation, détermination des choses particulières. Les Pays-Bas voulaient des secours conformes aux conjonctures sans spécification, ST-siM. 453, 404. La spécification des attributs, BOULAiNviLLiERS , Réfut. dt Spinosa,
SPÉ
SPÊ
SPE
— ÊTYM Spéct/ier ;proyen!;. speeifieation; tsfign. Itpecificacion ; ilal. tpecificaiione.
t SI'ÉCIFICISTE (spé-si-fi-sl-sf), f. m. Nom donné à ceux des médecins qui font reposer l'étude dos maladies principalement sur la détermination de leur spécificité.
t SPÉCIFICITÉ (spé-si-fl-5i-té), f. f. Terme didactique. Qualité de ce qui est spécifique. {| Spécifloité d'un élément anatomique, d'une cellule, d'une fibre, etc. se dit des caractères qui leur sont particuliers. |{ Spécificité d'une maladie, la cause qui, lui étant exclusive, la fait ce qu'elle est. La spécificité de la variole, de la rage, de la morve. Il La spécificité d'un médicament, la propriété qu'il a d'agir particulièrement sur telle ou telle lésion, et d'en faire disparaître ainsi les symptômes. La spécificité du quinquina pour les fièvres d'accès.
SPÉCIFIÉ, ÉK (spé-si-fi-é, ée) , port, passé de spécifier. Louis le Débonnaire lit la liste de ses crimes, parmi lesquels il est spécifié qu'il avait fait marcher ses troupes en carême, volt. Kœurs, ï3.
SPÉCIFIER (spé-si-fi-é), V. a. je spécifiais, nous spécifiions, vous spécifiiez; que je spécifie, que nous spécifiions, que vous spécifiiez. || !• Donner le caractère d'espèce. L'idée objective et divine qui spécifie l'esprit humain et qui le fait exister, boulainviluers, Réfut. de Spinoxa, p. «04. Il 2* Exprimer, déterminer en particulier, en détail. II.... se met sur le propos De Castor et Pollui.... Élève leurs combats, spécifiant les lieux Où ces frères s'étaient signalés davantage, la pont. Fabl. i, U. [Noter] s'il y a abondance de bestiaux et de quelle espèce, et enfin s'il s'y rencontre quelques particularités remarquables, soit du temps passé ou du présent, et les spécifier, vauban, Dime, p. 223. Vous voyez, monsieur, combien, au lieu de spécifier les droits du conseil souverain, il eût été plus utile de spécifier les attributions des corps qui lui sont subordonnés, J. J. Bouss. Lett. de la mont. 7.
— HIST. ini* s. Et doit especifier quele partie ele y demande, si comme moitié, beauman. vi, 7. Et quant tout est especifié, il doitdire.... m. xxiv, 2(. Il XVI* s. Jusques aujourd'hui on ne spécifie point le nombre des personnes qui y furent tuez, AMTOT, Sylla. 3«.
— Etvm. Provenç. et espagn. especificar ; ital. specificare ; du lat. specificare (voy. spécifique).
SPÉCIFIQUE (spé-si-fi-k'), ad}. || 1* Exclusivement propre à une espèce. Qualité spécifique. Quand on demande en théologie quel est le premier et le principal, ou, ce qui est la même chose, quel est l'objet spécifique de cette vertu [charité], on demande quel est l'objet sans lequel elle ne peut naître ni être entendue, l'objet qu'on ne peut séparer d'elle, pas même par abstraction et par la pensée, Boss. 4* écrit, i, 21. Ces propriétés spécifiques des choses sont comme des bornes qui leur sont données pour empêcher qu'elles ne soient confondues, id. t" sermon, Démons, < . || Par plaisanterie. Je suis le cavalier de Franco le plus spécifique pour la consolation des dames, regnahd, Attendei-moi tous l'orme, 40. ||J" Précis, déterminé. Je ne jugeais pas que ce qu'il avait dit de temps en temps fort en général contre les amis de M. le cardinal, fût un fondement assez solide pour avancer et pour soutenir un fait aussi spécifique que celui-là, retz, Hém. t. n, liv. m, p. 471, dans POUGENS. Il 3° Qui a un caractère d'espèce. Quand on dit que, parmi les animaux, l'homme seul est raisonnable, l'homme est là un individu spécifique, DUMABS. Œuv. t. IV, p. 205. Une difl"érence spécifique entre deux races forme assurément deux races différentes, volt. Déf. de mon oncle, is. Les qualités génériques et spécifiques des sensations ont des causes physiques, bonnet, Ess. anal. 23. Ainsi des idées spécifiques de l'homme, du cheval, du bœuf, de tous les êtres qui ont vie et sentiment, a résulté l'idée générique de l'animal et de l'être vivant, barthél. Ànach. ch. 57. Il Substantivement. Nous savons par l'exemple de la brebis, qui peut servir à deux mâles différents et produire également du bouc et du bélier, que la femelle influe beaucoup plus que le mâle sur le spécifique du produit, bufp. Quadrup. t. vn, p. 232. Il Nom spécifique, en histoire naturelle, adjectif ou substantif ajouté au nom générique pour distinguer chaque espèce du genre. Ainsi, le terme noctuelle servant à désigner un genre nombreux de lépidoptères nocturnes, il faut, pour faire connaître chacune des espèces, accoler au nom générique un nom spécifique, et la noctuelle alchimiste est facilement distinguée de toutes les
autres espèces par ce nom spécifique alehimistt, LEOOAHANT. ' Aldovrande conclut.... quele nom de ioroi dans Aristoto est générique, et que celui de kephotesi spécifique, ou plutôt particulier à quelque espèce subalterne de ce même genre, bupp. Oit. t. XVI, p. «71. Il 4' Terme de physique. Pesanteur spécifique, poids spécifique des corps, poids de l'unité de volume de ces corps; le poids spécifique du mercure est de <3 kiî. 5«6 gr., si l'on considère le décimètre cube comme unité de volume, ou de <3598 kil., si l'unité adoptée est le mètre cube. M. Brisson, de l'Académie des sciences, auquel nous sommes redevables de la connaissance des pesanteurs spécifiques de tous les minéraux, BUPP. Jftn. t. VII, p. 402. Lorsque Archimède j trouva la pesanteur spécifique des corps, il rendit service au genre humain, chateaub. Gén. m, m, t. Il Cette expression a élé souvent confondue et l'est encore quelquefois aujourd'hui, à tort, avec la densité, qui est un nombre abstrait indiquant le rapport du poids d'un corps à celui d'un égal volume d'eau distillée à ♦•. En prenant pour unité la densité d'une substance quelconque à une température constante, par exemple le maximum de densité de l'eau distillée, la densité d'un corps sera le rapport de son poids à celui d'un pareil volume d'eau réduite à ce maximum; ce rapport est ce que l'on nomme pesanteur spécifique, laplace, Expos. III, 3. Il Poids spécifique relatif d'un corps, rapport du poids spécifique de ce corps à celui de l'eau distillée et à 4». || Chaleur spécifique, calorique spécifique d'un corps, nombre d'unités de chaleur, de calories, nécessaire pour élever de** centigrade la température de t kil. de ce corps , la calorie étant la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 4» centigrade la température de 1 kil. d'eau. Il Terme de statistique. Population spécifique d'un pays, rapport de sa population au nombre qui exprime sa superficie en hectares ou kilomètres j carrés ou toute autre unité de superficie. On y compte en nombre rond [dans les départements du Calvados et du Loiret] 87 et 62 habitants par kilomètre carré; et les populations spécifiques de ces départements sont entre elles comme 87 et 62, Mathieu, Ann. du bureou des longitudes. || 6° Terme de médecine. Causes spécifiques, agents qui déterminent une lésion et des troubles spéciaux du sang ou des tissus, ou de tel tissu en particulier. Il Médicaments ou remèdes spécifiques, ceux qui guérissent, constamment et par un mécanisme inconnu, certaines maladies, comme le quinquina pour les fièvres intermittentes. Votre médecin, qui dit que mon mal sont des vapeurs, et vous.... n'êtes pas les premiers qui m'avez conseillé de me mettre dans les remèdes spécifiques, sÉv. à Bussy, 6 sept. <074. Guérissez- vous avec votre pervenche.... bien spécifique à vos maux, ID. 5 nov. «684. Il Fig. Elle [la Morale de Nicole] ne m'a encore donné aucune leçon contre la pluie; mais j'en attends, car j'y trouve tout; et la conformité à la volonté de Dieu pourrait suffire, si je ne voulais un remède spécifique, sÉv. 23 sept. 4 674. Il Substantivement. Un spécifique. C'est à lui [Helvétius] qu'on est redevable de l'usage de l'ipécacuanha, et du discernement des maladies où ce spécifique n'est pas à temps ou même n'est point propre, st-sim. 87, 4 35. || Fig. Si nous savons entendre l'état du malade et la nature de la maladie, nous verrons que c'était [la mort de Jésus-Christ] le remède proposé et, s'il m'est permis de parler ainsi, le spécifique infaillible, BOSs. t" sermon, Purification, 4.
— HIST. XVI* s. Pesanteur spécifique : l'origine de cette expression est dans un traité De ponderibus attribué à Archimède. qui a été imprimé, sans nom d'auteur, à la suite de Jordani opusculum de ponderositate, Venetiis, 4 665, in-4*; on lit en tête de ce traité : Duorum gravium unius ad aliud relatio duplici modo potest considerari, uno modo secundum tpeciem, alio modo secundum numerositatem ; secundum speciem, ut si volumus gravitatem auri in specie ad gravitatem argenti comparare ; et hoc débet fieri, supposita duorum corporum auri et argenti xqualitate.... plus tard la locution était pleinement acceptée par l'usage : intensive gravius, seu, ut loqui jam amant, spécifiée gravius, dit, en 4 674, Wallis, Opéra mathematica, t. n, p. 7 4 6, thurot. Rev. archéol. 4 869, t. i, p. 4 4 6.
— ÉTYM. Lat. specificus, de speciet, espèce, et facere, faire.
SPÉCIFIQUEMENT (spé-si-fi-ke-man), adv. D'une
manière spécifique. La vertu d'attirer le fer ap-
' partient spécifiquement à l'aimant. Ces pierres,
devenues dures par la longue chaleur qu'elles ont éprouvée, deviennent en même temps spécifiquement plus pesantes , bupp. Hitt. min. Introd. t" part. Œuv. t. vi, p. »7.
— HIST. XVI* 8. Les savants parlent, et dénotent leurs fantaisies plus spécifiquement et par 1« menu, mont, iv, 24».
— Ëtyn. Spécifique, et le suffixe ment.
SPÉCIMEN (spé-si-mèn'), t. m. Modèle, échantillon. Le prospectus est suivi d'un spécimen de l'ouvrage. De beaux spécimens. Estimant que c'est une chose autant curieuse qu'instructive, d'avoir connu de vue des gens docles qui font tant de bruit dans le monde, et d'avoir un spécimen de leur écriture, st-évrem. Sir l'olilick, m, 2.
— F.TVM. Lat. spécimen, de specio, voir, regarder. Spécimen est un participe passif : chose vue.
t SPÉCIOSITÉ (spé-si-6-zi-té), t. f. Néologisme. Qualité de ce qui est spécieux.
— ÊTYM. Lat. tpeciotitatem, de tpeciotut, spécieux.
t SPECTABLE (spè-ku-bl'), adj. Digne d'être considéré; titre qui a été usité i Genève. Défense de spectable Théodore Rillet contre l'ordonnance du conseil de Genève qui le dépouille de son état de citoyen...., cité dans fr. uiciiel. Argot.
— HIST. XVI* s. Au mesme instant le dit spectable Calvin a soussigné de son seing accoustumè la propre minute dudit testament, bèze. Vie d» Calvin, p. 476.
— étym. Lat. tpectabilit, de tpectare, considérer, dénominatif de spectus, participe de spccio, voir.
SPECTACLE (spè-kU-kl'î, s. m. || 1* Tout ce qui attire le regard, l'attention, arrête la vue. Au spectacle sanglant d'un ami qu'il faut suivre.... corn. Poly. m, 3. Auguste journée on ces deux rois [d'Espagne et de France], avec leur cour d'une grandeur, d'une politesse et d'une magnificence aussi bien que d'une conduite si différente, furent l'un à l'autre et à tout l'univers un si grand spectacle BOSS. Mar.-Thér. Quel spectacle de voir et d'étudier ces deux grands hommes [Condé et Turenne], et d'apprendre de chacun d'eux toute l'estime que méritait l'autre I m. Louis de Bourbon. Ils [les Juifs] nous apprennent à craindre Dieu, et nous sont un spectacle éternel des jugements qu'il exerce sur ses enfants ingrats, ro. Uist. ii, 7. Un indigne empereur, sans empire, sans cour, Vil spectacle aux humains des faiblesses d'amour, BAC. Bérén. v, 8. D'un spectacle si doux ne privei pas mes yeux, id. Iph. m, 4. Ce Dieu ne vous a pas choisie Pour être un vain spectacle aux peuples de l'Asie, m. Esth. i, 3. Ces deux hommes si vénérables furent un spectacle touchant à tant de peuples assemblés, FÉN. 'Tél.x. Qu'il [le prince, Louis XIV] ouvre son palais à ses courtisans.... que, dans des lieux où la vue seule est un spectacle, il leur fasse voir d'autres spectacles, la BRUT. XI. Je ne crois pas que le spectacle change plus de la terre à la lune qu'il fait ici d'imagination à imagination, fonten. Mondes, 3* soir. Je crois que le spectacle du monde serait bien ennuyeux pour qui le regarderait d'un certain œil car c'est toujours la même chose, id. Dial. s. Morts anc. et mod. I.es personnes nées dans l'élévation deviennent comme un spectacle public sur lequel tous les regards sont attachés, uass. Pet. carême. Vices et vertus des grands. Il faut du spectacle et de l'appareil pour rendre les titres qui élèvent les hommes les uns sur les autres, respectables, ro. Confér. Usage des reven. ecclésiast. Je serai bientôt privé pour jamais de ce grand spectacle du ciel.... volt. Lett. Lalande, « févr. 4775. Si, pendant une belle nuit et dans un' lieu dont l'horizon soit à découvert, on suit avec attention le spectacle du ciel, on le voit changer à chaque instant, laplace, Expos, i, 4. Et toi, Byron.... Le mal est ton spectacle, et l'homme est ta victime, lamart. Médit, n. || Être en spectacle, ètreexposé à l'attention publique. Qu'offrirait notre vie aux yeux du public, si elle était en spectacle comme la leur [celle des grands]? «ass. Or. /"un. Dauphin. Mon enfant, nous avons été mis en spectacle aux anges et aux hommes, chateaubr. Atala, épilogue. || On dit dans un sensanalogue : donner en spectacle. Le même rang qui les donne [les grands] en spectacle, les propose pour modèles , MASS. Pet. carême, Exemples des grands. || Se donner en spectacle, s'exposer aux regards et au jugement du public. Il excelle i conduire un char dans la carrière;.... X se donner lui-même en spectacle aux Romains, hac. Bril IT, 4. Sa
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famme se donnait en «pecUc.e par sa danse, haliiLT. firomm. 7. Le crime se cachait du moins autrelois; il fait gloire aujourd'hui de se donner en spectacle, uass. Panégyr. sainte Àgnés. || Faire spectacle, attirer la curiosité de la foule. Or cette voix sera celle d'un homme Oui, né proscrit, vieui, arrivant de Rome, Fera spectacle aux petits écoliers, B^R. Nostrad. || Servir de spectacle, être exposé à la risée, au mépris public. Notre mort n'était retardée que pour nous faire servir de spectacle à un peuple cruel, f£n. Tél. 1. 1| 2* Jeux et combats à Rome Que dirai-je de la pompe des triomphes, des cérémonies de la religion, des jeux et des spectacles qu'on donnait au peuple? boss. Hist. III, e. k propos des spectacles de son temps, qui n'étaient que des exécutions, Sénèque dit : un homme a-t-il volé, qu'on le pende.... mais toi, malheureux spectateur, qu'as-tu fait pour assister i la potence? dider. Claude et Aer. n, t. Les premiers spectacles donnés par César furent des combats d'hommes et d'animaux ; il n'était encore qu'édile, pastoret, Instit. ilém. hist. et litt. anc. t. m, p. 43(. Lorsqu'il [Juvénal] dit que ce peuple qui distribuait autrefois les royaumes, les dignités et les légions, ne demandait plus autre chose que du pain et des spectacles, bernardi, InsUt. Mém. inser. et belles-lettr. t. vni, p. 3U. Il 3' Particulièrement. Représentation théâtrale. Un billet de spectacle. Salle de spectacle. Courir les spectacles. Jeux, conversations, spectacles, rien ne la tira [la Dauphine] de sa solitude, flécr. Dauphine. Un roi [Louis XIV] qui sait.... au milieu d'ennemis couverts ou déclarés, se procurer le loisir des jeux, des fêtes, des spectacles, la bruy. X. Daux célèbres médecins ont prétendu que beaucoup de maladies, surtout aux femmes, commençaient à se former dans nos salles de spectacle, SAiNT-FOii, Ess. Paris, Œuvr. t. iv, p. 2«4. Nous avons eu un chancelier qui a écrit sur l'art dramatique, et on a observé que, de sa vie, il n'alla au spectacle, volt. Comm. Corn. Rem. Cinna, ii, 4. Les spectacles sont une partie de l'administration publique, ni. Mél. litt. Eloge de Crébillon. Ce qui surprit le plus dans la représentation de la Toison d'or, ce fut la nouveauté des machines et desdécolations, auxquelles on n'était point accoutumé ; un marquis de Sourdéac, grand mécanicien et passionné pour les spectacles, fit représenter la pièce en < 660, dans le château de Neufbourgen Normandie, avec beaucoup de magnificence, lo. Comm. Corn. Rem. lois, d'or, Préf. Chez nous la comédie est le spectacle de l'esprit, la tragédie celui de l'âme, l'opéra celui des sens, e'alkmb. Lib. dtlamus. (Eu»r. t. m, p. 368. Nous n'avons pa< besoin d'aller au spectacle pour y apprendre les secrets de notre famille, chateaubr. Génie, ii, n, 8. || 4* La mise en scène. Les machines, les ballets, les vers, la musique, tout le spectacle, la bruy. i. || Il y a beaucoup de spectacle dans cette pièce, beaucoup de pompe, de magniflceni;e est déployée dans la représentation de cette pièce. || On dit dans un sens analogue : une pièce à spectacle, à grand spectacle.
— REM. I .... On va donner enspectar.le funeste De son corps tout sanglant le misérable reste, rac. Bsther, ni, s. On dit absolument donner en spectacle, comme regarder en pitié, et beaucoup d'autres phrases semblables, où le substantif joint au verbe par la préposition en ne peut être accompagné d'un adjectif, » d'ouvet, Rem. Racine, 26. D'Olivet est trop rigoureux pour une tournure poétique et qui n'a rien d'illogique.
— SYN. SPECTACLE, TuélTRE. Le théâtre est proprement le bâtiment, le spectacle est ce qu'on y va voir. Les comédiens vont au théâtre, aussi bien que tous ceux qui y ont affaire. Le public payant va au spectacle.
— HIST. xn* s. Oueiz [quel] sera ciz spectacles, quantcelo très granz besle sera mostrée, Job, p. 49i . Veanz toz serat il trébuchiez.... et les légions des angeles seront presens à cest spectacle, ib. \\ xiv* s. Et pour ce convient et appartient autre despense t'aiio à celi qui est maistre de navire, et autre à celi qui est mestre des spectacles, oreshe, Eth. n s. Comme si fortune les eust yleuc mis [au Capitole, pendant le sac de Rome par les Gaulois] pour veoir le spectacle de la destruccion de leur paîs, berciieure, f' Ui verso. Il ont fait leur moquerie de vous, et vous avez esté i spectacle et i regart de tous les pueples, ro. f* 4«, recto, jjxvi' s. Au devant du pont de la porte de Saint-Thomas estoit un spectacle de verdure tout garny de pommes de grenades et d'oranges, tendu en manière d'une chappelle, I.d'auton, Ann. d* Vomis III, p. 4oa. Ouand on
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présenta i César la teste de Pompeius, les histoires disent qu'K en destourna sa veue comme d'un vilain et mal plaisant spectacle , mont, i,
— ÉTYM. Ital. spettacolo ; du lat. tpectaculutn, qui vient de tp«c(arc, regarder, dénominatif de spectus, part, de jpecio, voir; comparez legrecoxiitroiAai.
SPECTATEUR, TRICE {spè-kta-teur, tri-s'), ». m. et f. Il !• Celui, celle qui est témoin d'une chose, quelle qu'elle soit, qui la voit des yeux du corps ou de ceux de l'esprit. Elle a été spectatrice de tous ces événements. Il y avait beaucoup de spectateurs à cette revue. Enfin, voici un changement extraordinaire; c'est un plaisir que d'être spectateur, sÉv. 80. Des vertus de mon roi spectateur inutile, boil. ÉpU. i. Vous fûtes specUteur de cette nuit dernière.... rac. Bérén. i, 4. Ils [les grands] vivent comme s'ils n'avaient point de spectateurs, et cependant ils sont tout seuls comme le spectacle éternel du reste de la terre, mass. Pet. carême. Tentations des grands. Les spectateurs au jeu ne manquent guère de prendre parti pour le plus fort, de se liguer avec la fortune, dider. Salon de <767, (Eue. t. xiv, p. 25.3, dans pougens. Il Celui, celle qui regarde, observe sans agir. Ne croyez pas qu'on soit innocent en jouant ou en faisant un jeu des vicieuses passions des autres; par là on nourrit les siennes; un spectateur au dehors est au dedans un acteur secret, boss. Concupisc. 3) . Enfin il est entré, sans savoir dans son cœur S'il en devait sortir coupable ou spectateur, rac. Andr. y, 2. Il 2' Particulièrement. Celui, celle qui assiste à une représentation théâtrale. Émouvoir les spectateurs. Les acteurs et les spectateurs. Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, boil. Art p. m. Le spectateur est comme la confidente, il apprend de moment en moment des choses dont il attend la suite, volt. Comm. Corn. Rem. Rodog. n, 2. Les premiers spectateurs [de Cinna] furent ceux qui combattirent à la Marfée, et qui firent la guerre de la Fronde, m. ib. Cinna, v, se. dern. La première convention faite en faveur de l'art dramatique a été que le spectateur serait censé absent, iiARMONTEL, (Eut), t. iH, p. 2)9. Comme j'étais étonnée du nombre des spectateurs [dans un théâtre d'Athènes] : il peut se monter, m'a-t-il dit, à trente mille; la solennité de ces fêtes en attire de toutes les parties de la Grèce , barthél. Anaeh. ch. n. Il Fig. Pour nous, vil peuple assis aux derniers rangs [de la scène du monde]. Troupe futile et des grands rebutée. Par nous d'en bas la pièce est écoutée ; Mais nous payons, utiles spectateurs, j. b. Rouss. Èpigr. 4 8.
— HIST. xvi* s. Quant à la gratitude [des bestes].... ce seul exemple [le lion d'Androclès] suffira, qu'Appion recite comme en ayant esté luy mesme spectateur, mont, ii, 4 92.
— ÉTYM. Lat. spectatorem, de spectare (voy. spectacle).
tSPECTRAÏ.,ALE(spè-ktral,ktra-r),od;'. ||l*Oui a le caractère d'un spectre, d'un fantôme. Les malades prennent des apparences spectrales et des airs de morts, th. gautirh, Journ. offic. 30 aoiit 4 871, p. 3083. Il 2* Terme de physique. Qui a rapport »i| spectre fourni par les rayons lumineux qui traversent le prisme. Etudes spectrales sur les étoiles. Il Analyse spectrale, analyse qui s« fait d'une substance en examinant les raies qu'elle donne dans le spectre.
SPECTRE (spè-ktr'), s. m. || !• Figure fantastique d'un mort, d'un esprit que l'on croit voir. Ahl monsieur, c'est un spectre, je le reconnais au marcher, mol. Festin, v, f>. La croyance que les spectres s'enfuient au point du jour est immémoriale; l'origine de cette idée vient uniquement des rêves qu'on fait pendant la nuit, et qui cessent quand on s'éveille le matin, volt. Phil. Bible, Genèse. ôtez la crainte des spectres, et vous bannirez de la société la superstition, dider. Opin. des anc. philos. {Hobbisme). Un spectre, dit l'un d'eux, paraît vers le grand bois, st-lahb. Sais. iv. || Fig. Elle avait pris une sorte d'horreur pour tous les objets qu'elle voyait en allant et en revenant; ils étaient tous comme les spectres de ses pensées, STAËL, Corinne, xvii, t. Vous n'avez jamais vu le spectre de la faim Soulever en chantant les draps de votre couche. Et, de sa lèvre blême effleurant votre bouche. Demander un baiser pour un morceau de pain, a. de muss. RoUa. Près du ruisseau quand nous marchions ensemble. Le soir, sur le sable argentin, Quand devant nous le blanc spectra du trembla De loin doui montrait le chemin,
SPË
iD. la Nuit toetobre. || Fig. et par axtgération. C'est un spectre, se dit d'une personne maigre, pâle. Il avait depuis longtemps l'air d'un spectre, GRIMM, Corresp. t. i, p. (84. ||2' Terme de physique. Spectre solaire, ou, simplement, spectre, image oblongue, teinte des plus vives couleurs de l'arcen-ciel, et résultant de la décomposition de la lumière blanche qui traverse un prisme de verre; cette image est formée de bandes parallèles diversement colorées et disposées dans l'ordre suivant, en allant de haut en bas : rouge , orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Ces sept rayons de lumière, échappés du corps de ce rayon qui s'est anatomisé au sortir du prisme, viennent se placer chacun dans leur ordre sur ce papier blanc, chaque rayon occupant une portion du spectre, volt. Phil. Newt. II, 8. On conçoit que les diverses couloirs, qui chacune occupent une certaine étendue dans le spectre, doivent se mêler de plus en plus dans leurs limites aux deux extrémités de l'oscillation [lumineuse], BioT, Instit. Mém. sciene. (8)2, (" sem. p. 84. Herschell a trouvé qu'au delà du rayon rouge, hors du spectre, jusqu'à une certaine distance, il existait des rayons plus chauds que le rayon rouge; que ces rayons étaient obscurs.... ihenard. Traité de chim. 1. 1, p. 94, dans pougens. Il Spectre continu, spectre qui émane d'un corps ou solide ou liquide incandescent, et où la lumière règne d'un bout à l'autre; spectre discontinu, spectre qui émane d'un gaz incandescent, et où la lumière, transformée par le prisme en un certain nombre de plans lumineux, offre des lignes séparées par des intervalles obscurs. || Spectres stellaires, spectres fournis par la lumière des étoiles. Il 3" Terme de pathologie. Spectres, affection de la vision dite plus souvent mouches volantes. || 4° Genre de papillons. || Genre d'insectes orthoptères
— HIST. XVI* s. Cettui-là remonstra avec plusieurs exemples tous frais, combien d'affaires on leur faisait moins serreret puis après démordre entièrement sur un spectre de paix, d'aub. Hitt. i, 20».
— ÉTYM. Wallon, sper; du lat. spectrutr., de speeio, voir, regarder (voy. spectacle).
t SPECTROMÈTRE (spè-ktro-mè-tr'), s. m.
Terme de physique. Instrument qui sert à examiner le spectre produit par les rayons émanés d'une source lumineuse quelconque, et qui permet d'en faire la spectrométrie en mesurant la distance qui sépare les raies du spectre.
— ÉTYM. Spectre, et fdtfov, mesure.
t SPECTROMÉTRIE (apè-ktro-mé-trie), ». f. Terme de physique. Méthode d'analyse qualitative qui permet de reconnaître, à l'aide des raies du spectre, la nature des éléments présents dans les sources lumineuses, et, par suite, de déterminer la constitution chimique des corps.
t SPECTROMÊTRIQCE (spè-ktro-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la spectrométrie. Analyse spectrométrique.
t SPECTROSCOPE (spè-ktro-sko-p'), s. m. Tcrma de physique. Instrument analogue au spectromètre, mais moins parfait, avec lequel on examine les raies d'un spectre lumineux, sans pouvoir les repérer aussi exactement.
— ÉTYM. Spectre, et axoitetv, examiner.
t SPECTROSCOPIE (spè-ktro-sko-pie), s. f. Étude de la lumi&re à l'aide du spectre fourni par la prisme. La spectroscopie stellaire.
— ETYM. Spectre, et uxottEïv, examiner.
t SPECTROSCOPIQCE (spè-ktro-sko-pi-k'), adj. Qui appartient au spectroscope. Substituer dans un télescope un oculaire spectroscopique à l'oculaire ordinaire. || Qui appartient à la spectroscopie. Observations spectroscopiques.
t SPECTRO-TUHÉRANTIEL, ELLE (spè-ktro-tubé-ran-sièl, siè-l'), adj. Qui a rapport à l'examen spectral des protubérances solaires. La méthode spectro-tubérantielle a permis de constater.... jANssEN,lfoni»eur um'i). 2 déc. (868, p. (530, 6' col.
SPÉCOLAIRE (spé-ku-lé-r'), adj. || f Terme de minéralogie. Composé de lames brillantes, et qui réfléchissent la lumière. Fer spéculaire. || Pierre spéculaire, dite aussi miroir d'âne, pierre transparente dont les anciens garnissaient les croisées des maisons, les côtés des litières, etc. || 2' Science spéculaire, celle qui enseigne à faire des miroirs (acception vieillie). || Molière a ditspéculoire : Cosmométrie, géométrie, architecture, spéculoire et spéculatoire, Mar. forcé, 6. ||8' S. f. Genre de la famille des campanulacées, dont l'espèce type est la spéculaire miroir de Vénus.
— HIST. XVI* s. Spéculaire, cotgravb.
— ÉTYM. Provenç. specular ; du lat. specuUsris,
SPE
SPE
SPE
(ui vient de spéculum, miroir, dérivé de tpecio,
voir (voy. spectaCxe).
SPÉCULATEUR, TRICE (spé-ku-la-teur, tri-s'), f. in. et f. Il 1" Celui qui observe les astres, les phénomènes célestes. Revenons à l'histoire Do ce spéculateur qui fut contraint de boire [astrologue tombé dans un puits], la font. Fabl. a, <3. Il Vieilli en ce sens. On dit observateur. || 2* Terme de (fuerre usité dans le xviii* siècle, chez les auteurs militaires tels que Maizeroy et Monchablan. Sentinelle, batteur d'estrade. || 3* Celui qui se livre à des spéculations théoriques. Je ruminais encore à ces spéculateurs qui tant de fois ont fait faire à leurs rêveries le plongeon dans la mer, pour découvrir l'origine de son flui et de son reflux, CYHANO, Pédant joué, v, (O. Des phénomènes entrevus par divers savants el spéculateurs, mouhgue, Instit. Mém. scienc. phys. et math. Sav. étrang. t. i, p. 34. Il-Vieilli en ce sens. C'est spéculatif qui l'a remplacé. |l 4* Celui qui fait des spéculations de banque, de commerce, etc. C'est ce qui nous a déterminés à abandonner le projet que nous avions eu de vous proposer une disposition particulière pour les spéculateurs, la définition de ce terme étant très-difficile dans une loi. Décret du 23 floréal, Rapport Cambon, p. »6. Les spéculateurs.... ne seront cependant privés que du bénéfice usuraire qui résultait de leur spéculation, ib. p. toi. Il On dit au féminin : une spéculatrice.
HIST. XVI* s. Le spéculateur d'Ephraïm se
couvrant de Dieu, est un laqs de chasseurs, calv. Instit. 935.
— ÊTYM. Lat. speculatorem de speculari, contempler, de spéculum, miroir, qui vient de tpecio,
voir (voy. SPECTACLE).
SPÉCULATIF, IVE (spé-ku-la-tif , ti-v'), adj. Ijl* Oui a coutume de spéculer, d'observer attentivement. Les philosophes spéculatifs. C'est une tête spéculative. Les mahométans deviennent spéculatifs par habitude; ils prient cinq fois le jour, MONTESQ. Esp. XXIV, H . || Il Se dit aussi des choses. Il avait un air spéculatif et sérieux, hamilt. Gramm. 10. || 2* Plus ordinairement, qui recherche les choses théoriques, qui s'attache à la spéculation, sans s'occuper de la pratique. Esprit spéculatif. Écrivain spéculatif. Ne pensez pas que j'imite ces politiques spéculatifs qui arrangent suivant leurs idées les conseils des rois et compolent sans instruction les annales de leur siècle, Boss. Duch. d' Orléans. \\\\ se dit des choses dans le même sens. Ils savaient par sentiment, par amour.... ce que nous ne savons que par des connaissances froides et spéculatives, nicole, Essais, t. vii, p. (43, dans pougens. Parmi les sciences, les unes s'attachent à la seule contemplation de la vérité, et pour cela sont appelées spéculatives; les autres.... boss. Cmmaiss. i, 46. Ce n'est point, dis-je, par cette haine générale, par cette haine spéculative du péché, qu'il faut juger du mérite de la pénitence, bourdal. Pénitence, 2* avent, p. 467. On prétend que le czar el lui [Charles XII] étaient encore fortifiés par l'erreur spéculative d'une prédestination absolue, fonten. Czar Pierre. Ceux qui sont profonds dans la pratique el dans la partie spéculative de l'art, dider. Salon de 1767, Œuvr. t. XIV, p. 6), dans pougens. || 3" Oui est relatif aux spéculations commerciales, financières. Suivre les besoins journaliers de la consommation, et ne pas faire des achats spéculatifs. || 4* Substantivement, il se dit de ceux qui ne s'occupent que du raisonnement, sans s'attacher aux faits et à la pratique. Ce ne sont pas [les apôtres] des spéculatifs et des curieux qui, ayant rêvé dans leur cabinet sur des choses imperceptibles, sur des mystères éloignés des sens, font leurs idoles de leurs opinions el les défendent jusqu'à mourir, BOSS. Panégyr. saint André, i. Ce n'est pas les partager [les perfections de Dieu], comme le dit trop charnellement ce téméraire spéculatif.... id. Et. durais, u, 23. || Particulièrement, il se dit de ceux qui raisonnent bien ou mal sur les affaires politiques. Les spéculatifs croient que toute cette négociation n'aboutua k rien. Il y a eu des spéculatifs en tout pays ; il y a toujours eu des alchimistes et des souffleurs qui ont distillé les choses humaines, qui ont donné plus de liberté qu'ils ne devaient à leurs conjectures et à leurs soupçons, BALZ. Àristippe, 3. U se trouve toujours, dans les factions, des gens ardents.... qui poussent plus loin que ceux-ci [les chefs] n'espéraient, les moyens imaginés par les spéculatifs, anqubtil, Bspr. de la Ligue, t.
— HlST. im« s. L'uevre [œuvre] ipeculativ» et
de haute pensée est toz jors en pais et en tranquilité, BRUN. LATiNi, Trésor , p. 329.||xiv' s. Il entent par art science pratique, et par doctrine science spéculative, oreshe, Éth. u. C'estoit un philosophe spéculatif qui n'estoit pas expert en vie politique, pratique et active, ro. Thèse de MEUNIER. Il XVI' s. Aucuns esprits spéculatifs ont imaginé que avecqucs l'art il estoit possible d'imiter la nature, lanouf., 46I.
— ÊTYM. Provenç. etpeculatiu; espagn. eipeculativo; ital. tpecolativo; du lat. speculativus , de speculari, contempler (voy. spéculateur).
SPÉCULATION (spé-ku-lasion; en vers, de cinq syllabes), t. f. || l'Action d'observer attentivement. La spéculation des astres. Ces hommes adonnés aux spéculations des choses célestes, flkcii. Serm. pour le jour des rois. Aristote prétond que l'action la plus noble de notre entendement est la spéculation des choses naturelles, fén. Aristote. Il 2' Recherche abstraite. Pythagore, ce philosophe si élevé dans la spéculation, karguer. BUFFET, Observ. p. 95. U n'y avait homme excellent ou dans quelque spéculation ou dans quelque ouvrage qu'il n'entretint.... boss. Louis de Bourbon. Lassé des vaines spéculations de la science, il résolut de ne plus savoir que Jésus-Christ crucifié, PLÉCH. Panégyr. n, 3»3. Une matière qui renferme elle seule presque tout ce que la géométrie a de plus sensiblement utile, et qui en même temps sert assez souvent de base aux spéculations les plus élevées, font. Lahire. Qu'il [un philosophe] croie au plein, qu'il croie au vide, ces innocentes spéculations exercent son esprit, et ne peuvent nuire en aucun temps à aucun homme, volt. Odes, 12, notes. Sans les spéculations des Grecs sur les courbes que forme la section du cône par un plan , ces belles lois [de Kepler] seraient peut-être encore ignorées, laplace, Expos. T, 4. Il 3° Résultat de la spéculation. Il nous a communiqué ses spéculations sur cette matière. Parce qu'il avait été également propre aux spéculations du cabinet et aux soins du gouvernement, fonten. Jugement de Pluton. || 4' Théorie, par opposition à pratique. Cela est permis dans la spéculation, mais je n'en approuve pas la pratique, pasc. Prov. xiii. Le christianisme n'est pas une vaine spéculation, boss. Lett. 24. Quoique j'aie trouvé ce calcul bien juste, néanmoins, comme dans une affaire de cette importance il est à propos de se bien assurer et de voir si ce qu'on croit vrai dans la spéculation l'est aussi dans la pratique.... TAUB. Cime, p. 50. La différence des esprits des hommes... qui fait goiîter aux uns les choses de spéculation, et aux autres celles de pratique, LABRUï. Disc, sur Théophr. Il y a lieu de croire que chez les païens la religion n'était qu'une pratique dont la spéculation était indifl"érente : faites comme les autres et croyez ce qu'il vous plaira, fonten. Oracles, i, 7. Ils l'interrogèrent sur des choses difficiles et le reçurent avec éloge; mais il les étonna beaucoup, quand il leur avoua qu'il ne savait seulement saigner et qu'il n'avait sur la chirurgie qu'une spéculation, id. Poupart. Le dégoiit de tout ce qui n'est que spéculation est la suite presque nécessaire de l'habitude de s'occuper des affaires publiques, condorcet, Maurepas. Il 5* Calculs, projets, entreprises de finances, de banque, de commerce, d'industrie, etc. Une spéculation lucrative. Spéculation, c'est acheter soimême ou faire acheter par quelques correspondants, soit pour son propre compte, soit en participation, certaines marchandises, dans le temps qu'elles sont au-dessous de leur prix ordinaire, pour les revendre ensuite, soit dans le même endroit où l'achat est fait, soit en les faisant passer en d'autres endroits, p. GiHAUDEAU, la Banque rendue facile, p. Y. La finance dent les spéculations, aussi simples que faciles , semblent ne rien donner au hasard , et ruinent le commerce dans son principe parce qu'elles ruinent l'agriculture, coimiL. Comm. Gouv. i, 18. Les spéculations de l'industrie et du commerce , dans un moment où elles se portent avec tant d'activité sur les entreprises métallurgiques, DE VILLEPOSSE, Instit. Mém. scienc. t. ix, p. (80. Il Fausse spéculation, spéculation mal calculée et qui aboutit à une perte. || 6' Coquille du genre cône.
— HlST. xiv s. Si comme ceulz qui tiennent une opinion des mouvemens du ciel ou d'autre speculacion, oresme, Eth. 271. Et de présent il a en sa pensée speculaclons et conslderacions dignes et nobles, id. t'b. 206. || xvi' s. Saint Paul avec ses hautes et profondes spéculations, lanoue, 613.
Tarrutius, homme grand philosophe el mathématicien, et se meslant du calcul de l'astrologie pour le plaisir de la spéculation seulement, amyot, Rom. (8.
— ETYM. Provenç. speculacio; espagn. etpMUlattnn; ital. speculaiione ; du lat. tpeculationem ; de speculari, contempler (voy. spéculateur).
t SPÉCULATIVE (spé-lcu-la-ti-v'), S. f. Partie théorique, dans chaque science. Ce qui est permis dans la spéculative, l'est aussi dans la pratique , PASC. Prov. xiu.
— HIST. xiT' s. En spéculative comme en pratique, ORESME, Thèse de meunier.
— KTYM. Spéculatif.
t SPÊCULATIVKMENT (spé-ku-la-ti-ve-man), adv. D'une manière spéculative. Ils ne défendent pas spéculativemrnt de tuer, mais seulement dans la pratique, pasc. Prov. xiii. Il est assez aisé de persuader spéculativement les hommes de la faiblesse de leur corps et des misères de leur nature, quoiqu'il soit très-difficile de les porter k en tirer cette conséquence naturelle.... nicole, Bss. de mor. ("■ traité, ch. 8.
— ÊTYM. Spéculative, et le suffixe merU.
t SPÉCULATOIRE (spé-ku-la-toi-r'), i. f. Interprétation des phénomènes de la nature d'après les sciences occultes.
SPÉCULÉ, ÉE (spé-ku-lé, lée), part, passé ds spéculer.
SPÉCULER(spé-ku-lé),t). o. || l'Observercurieusement les objets célestes ou terrestres (acception vieillie; on dit observer). U passe la nuit à spéculer les astres. Il Absolument. Il spécule sans cesse. Il 2° Y. n. Méditer attentivement. Spéculer sur les matières politiques. || Créer des théories, par opposition à mettre en pratique. Il importe de savoir l'énorme différence du style de celui qui a pratiqué et de celui qui n'a que spéculé, dider. Lett. sur la chirurg. || 3° Faire des projets, des calculs, des entreprises de banque, de commerce, de finances. On peut spéculer sur toutes sortes de marchandises, P. GIHAUDEAU, la Banque rendue facile, p. 122. Accusé de spéculer avec vous sur ce fragment de Longus, dont je vous faisais présent, p. L. COUR. Lett. à M. Renouard. Jean Choinart, fermier, approchant l'août, va voir ses blés, trouve sa récolte trop belle (il avait spéculé sur la hausse en grains), rentre chez lui et se défait, id. Gazette du village. || Spéculer sur les malheurs publics, se dit des fournisseurs, des entrepreneurs, qui profitent des circonstances difficiles pour s'enrichir en imposant à l'État des marchés onéreux.
— HIST. XIV* s. Operacions qui sont sans tristesse et sans concupiscence, si comme considérer, spéculer, oresmb, Eth. 220. || xV s. Hz prisrent à spéculer sus plus occultes choses, si comme des passions de la lune, christ, de pisan, Charles V, III, 67. J'especule les choses célestes, G. chastk- LAiN, Expos, sur vérité mal prise. ||ivi* s. Quand on parle de la providence de Dieu, ce mot ne signifie pas qu'estant oisif au ciel il spécule ce qui se fait en terre, Calvin, Instit. I3a.
— ÊTYM. Lat. speculari, contempler, de tpecio, voir, regarder (voy. spéculateur).
t SPÉCULIFÈRE (spé-ku-li-fè-r'), adj. Terme de zoologie. Se dit d'oiseaux qui portent sur l'aile une tache appelée miroir.
— ÉTYM. Lat. spéculum, miroir, et ferre, porter, t SPÉCOLOIRE (spé-ku-loi-r'), ». f. Voy. SPÉ-