‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 140 sur 754 · SOUTE (sou-t*), ». f. Voy. sodlte · texte numérisé non relu

SOUTE (sou-t*), ». f. Voy. sodlte

2. SOUTE (sou-t'), ». f. Terme de marine. Chambre ou retranchement fait au-dessous du pont du navire, et servant à serrer différentes provisions. Soute au pain. Soute au vin. Soute aux voiles.

— HIST. xiii* s. Seneschal, je vous commant que vous ne vous couchiez dès or en avant, tant que vous aiez tous les feus de céans esteins, ne mes que le grant feu qui est en la soute de la nef, joiNV. 287. Il XVI* s. Le seigneur d'Auton descendit en la soute de la nef, où là-dedans trouva huit pipes de bière écoulées, Chr. de J. d'Auton, dans jal.

— ÉTYM. Lat. subtus, en dessous, d'après Jal, à cause de la place qu'occnpent les soutes; Berry, soiltre, stoUtre, stotite, fond de bateau, plate-forme, aire de grange.

SOUTENAHLE (sou-te-na-bl'), adj. \\ 1* Qui peut être soutenu par de bonnes raisons. Si le sens nouveau que vous [Fénelon] donnez au concile de Trente est soutenable, boss. Rép. d'un théologien. Préambule. La proposition que M. Régis prétend prouver dans le chapitre 30 du troisième tome de sa philosophie, et par laquelle il le finit, n'est pas soutenable, malebr. Bech. vér. Rép. à Régis, ch. 4. Quoique, à vrai dire, cette opinion soit bien peu soutenable, biot, Inst. Mém. scienc. 4 84 2, 4*'sem. p. 322.112° Qui se peut endurer. Je n'osais penser.... je trouvais partout une sensibilité si vive, que mon état n'était pas soutenable, sév. 4 3 sept. 4 684. Le joug en est-il devenu plus pesant et moins soutenable T bodrd. Pensées, t. n, p. 442. La magnificence des habits n'était pas soutenable avec sa figure, hamilt. Gramm. 7. ||3* En termes de guerre. Ce poste n'est pas soutenable. || On dii plutôt aujourd'hui : ce poste n'est pas tenable.

— HIST. XVI* *. Si paravant ilz l'avoienl esprouvé non soustenable en armes, encore le trouvèrent ilz lors plus redoutable en sa robbe longue consulaire, amyot, Marcell. 37.

— ÊTYM. Soutenir.

I SOUTENANCE (sou-te-nan-s'), ». f. || 1* Action

de soutenir une thèse. Le conseil académique,.... tout en regrettant profondément que la soutenance de cette thèse ait été autorisée.... Monit. uni». 28 mars 4 868, p. 458, 4* col. Il 2* Terme de marine. Plani^he échancrée pour battre et nettoyer le chanvre.

— HIST. xiil* s. Remembre, sire Dieux, quieux [quelle] est la moie soustenance, Psautier, t" 409.

Il XVI* s Hais le dieu supernel Sera des bons

toujours la soutenance, marot, Psaum« 26.

— ÊTYM. Soutenir; Berry, soutenance, soutien, subsistance, entretien; provenç. sosterunsa; ital. sostenenxa.

SOUTENANT, ANTB (sou-te-nan, nan-t'), adj.

sou

Il 1* Oui soutient. Comms disait Darid : • Mas larmes ont été mon pain nuit et jour, ■ pour en faire voir non-seutcment le cours conlinuel [de la peine que cause le péché], mais encore la force soutenante, Boss. El. d'orais. x, 17. || !■ &'. m. Soutenant, celui qui soutient une thèse.

S()UTENKMENT(sou-tè-ne-maii),f.m. ||l"Terme de maçonnerie. Appui, soutien. Si, pour augmenter les chances de stabilité du mur de soutènement, nous négligeons toutes les résistances qu'il oppose à la poussée des terres, oirabd, Ijistit. Mém. scienc. t. viii, p. <8(.||2' Terme de procédure. Raisons que l'on donne par écrit i l'appui d'un compte. Fournir soutènements et réponses.

— REM. Quelques-uns écrivent soutènement, dit l'Académie. Cette orthographe est meilleure, en ce sens du moins qu'elle concorde avec entretcnemenl, et qu'elle représente la prononciation.

— HIST. XII' s. Là ai cumanded i une vedve, que el te Iruisse [trouvât) vitaille e sustencmont. Bois, p. 3l(i. || xiii' s. Li quatre élément qui sont ausKi comme sostenemens dou monde, bbun. latini, Trésor, p. (113. Ausi comme li fondemens Est de la loursoustenemens, BAUDOUIN DE CONDÉ, t. i,p. 287. Ilxvi's. Les soustenements et Testât droit et infloilble du jugement, mont, il, 342. Et quel honneur pour les pères, d'avoir érigé de si belles colonnes pour le soustenement et la gloire de leurs maisons I lanoue, 431.

— ETYM. Soutenir; prov. sostenemen; catal. sosteniment; esp. sottenimiento ; ital. sottenimentn.

SOPTENEUR (sou-te-neur), ». m. ||1* Celui qui soutient, défend. Le parterre était garni de souteneurs; il a été fort claqué, bachaumont, Jfem. tecrets, t. ixxii, p. 205. ||2° Particulièrement, celui qui se fait le champion d'une maison de jeu ou de quelque autre mauvais lieu. Un souteneur de filles.

— HIST. xni* s. [Dieu] qui est sires de toz les rois, et governables de totes les bonnes choses, et soslenerres de toz biens, Merlin, f" H, recto. Il XV* s. El aussy que se vieulx devien, Que ma femme sousleneresse Soit de moy et de ma vieillesse, E. DEgCH. Poésies mss. f" 495.

— ETYM. Soutenir; provenç. et espagn. tostenedor ; catal. sostenidor.

SOUTENIR (sou-te-nir), V. a. Il se conjugue comme tenir. ||1" Tenir par dessous, supporter. Il 2 II se dit des personnes qui supportent quelque chose. Il 3* Donner, dans une action, dans une lutte, un secours effectif. ||4* Donner de la force, en parlant d'aliments. || 6' Donner les moyens de subsister. || 8° Fournir de l'argent. || 7° Fig. Empêcher une personne de fléchir, donner des forces morales. || 8' Soutenir un sentiment en quelqu'un. Il 9° Il se dit d'un sujet, d'une matière qui donne des forces i l'auteur. || 10° Favoriser, appuyer de crédit, de recommandation. || 11* Fig. Porter comme fait un appui. Il 12° Fig. Porter d'une manière honorable. || 13° Correspondre à, être digne de. Il 14* Entretenir. || 15" Rivaliser avec. I| 16° Persévérer dans. Il 17* Fig. Être le porteur de. || 18* Résister à quelque chose dont il est difficile de se défendre. Il 19° Il se dit des choses qui résistent à une épreuve. {| 20° Il se dit de sensations excessives auxquelles on résiste. || 21* Résister aux pleurs, aux instances. || 22° Fig. Endurer avec une suffisante fermeté. || 23* Fig. Pousser jusqu'au bout. Il 24° Il se dit d'une lecture fatigante. Il 25° Défendre quelque chose, se ranger du côté de quelque chose. || 26° Affirmer, attester. || 27° En peinture, faire valoir. || 28° En musique, servir de fondement à une partie. Empêcher la voix de fléchir. || 29' V. n. Endurer (emploi qui n'est plus usité), il 30' F. réfl. Se tenir debout, se tenir droit. Il 31* Etre soutenu, de manière à ne pas tomber ou s'enfoncer. || 32* Se maintenir, subsister, durer. || 83* Maintenir sa puissance, son crédit. Il 34° Conserver sa santé, sa vigueur, sa fraîcheur, au delà du temps ordinaire. || 35' Défendre, maintenir sa situation morale. || 36* Être approuvé, en parlant d'une composition littéraire. Il 37° Persévérer. || 38° Être appuyé, défendu, en parlant d'opinion, de doctrine. || 39° Être supporté, endiré. |{ 40* Se prêter mutuellement aide et secours. Il 41* En termes de marine, se soutenir dans sa route.

1* Tenir par dessous, supporter. Cette colonne soutient tout le bâtiment. Pièce de bois qui soutient la charpente. Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'salle Soutient l'énorme poids de la voiite infernale, boil. iutr. v. || 2* 11 se dit des personnes qui supportent quelque chose. Soutenir un fardeau. Soutiendrez-Tous un faix sous qui

Rome succombe T corn. Pomp. i, 4. Des hommes qui soutiennent facilement le poids de la faveur et de l'autorité, la brut. xi. || Empêcher de tomber. Mes filles, soutenez votre reine éperdue, hac. Bsth. Il, 7. C'est vouloir [les apologistes de la religion chrétienne] soutenir un chêne en l'entourant de roseaux ; on peut écarter ces roseaux inutiles sans craindre de faire tort à l'arbre, volt. Rem. Pens. Pascal, Préambule. \\ Absolument. Vous me quittez, ô ciell mais. Lise, soutenez; Je sens manquer la force à mes sens étonnés, corn. .Suite du Ment, r, 3. {| Fig. Soutenir le faix, le fardeau des affaires, en avoir l'administration principale. Mes frères, nous soutenons pour vous tout le poids d'un ministère pénible, hass. Carême, Parole. Il Fig. Soutenir une maison, une famille, être l'appui d'une maison, d'une famille. Titus, me disait-il, soutiendrait ma famille, volt. Brut, n, 2. Il Fig. Soutenir un État, un empire, en empêcher, en "arrêter la chute, la décadence. Vous avez assez soutenu l'État, qui est attaijué par une force invincible et divine, boss. Reine d'Anglet. || Terme de manège. Soutenir un cheval, lui tenir la bride serrée pour l'empêcher de fléchir. Soutenez votre cheval dans cette descente. || 3* Donner, dans une action, dans une lutte, un secours effectif. J'allais de tous côtés encourager les nôtres. Faire avancer les uns, et soutenir les autres, cohn. le Cid, iv, 3. L'exécution était sûre [d'un complot contre Richelieu] ; le péril était grand pour nous ; mais nous pouvions raisonnablement en sortir, parce que la garde de Monsieur, qui était dans le logis, nous eût infailliblement soutenus contre celle du cardinal, qui ne pouvait être qu'à la porte, retz, Mém. t. I, liv. I, p. 35, dans pougens. On le vit presque en même temps pousser l'aile droite des ennemis, soutenir la nôtre ébranlée.... boss. touis de Bourbon. \\ Particulièrement, en termes de guerre. Soutenir une troupe, l'appuyer pour la secourir au besoin. On a commandé cinq cents hommes pour soutenir les travailleurs. || 4° En parlant des aliments, donner de la force. Elles [les poules d'Inde] font quelquefois deux couvées de suite et sans aucune interruption; mais, dans ce cas, il faut les soutenir par une meilleure nourriture, BUFF. Ois. t. m, p. «98. Il Soutenir la nature, prendre des aliments. || Il se dit en un sens analogue d'une femme qui allaite. J'en ai chargé soudain cette esclave fidèle Qui soutient de son lait ses misérables jours, volt. Orphel. n, s. || Absolument. Je vous disais cela, me répondit-il, pour vous avertir que vous en pourriez boire [du vin] le matin et quand il vous plairait, sans rompre le jeûne ; et cela soutient toujours, pasc. Prov. t. Il Fig. Enfin voilà trois de vos lettres.... c'est une nourriture; sans cela on est en faiblesse, on n'est soutenu de rien, sÉv. 27 sept. <084. Nous lisons : cela nous soutient la vie, id. (o juin t67(. ||Soutenir le cœur, se dit d'une boisson qui réconforte. Notre bon abbé vous assure de son très-humble service ; votre bon vin lui a soutenu le cœur contre les détestables chemins, sÉv. 27 oct. 1073. || Fig. Ce qui nous a soutenu le cœur contre la douleur.... SÉV. <6 mars (883. || 5° Donner les moyens de subsister. Je suis dans un état à plaindre, où j'ai souhaité cent fois que, si un Dieu la soutenait [la nature], elle le marquât sans équivoque, pasc. Pens. XIV, 2, édit havet. Il se trouve qu'à Tourney et à Ferney je nourris cent cinquante personnes; on ne soutient pas cela avec des vers alexandrins et des banqueroutes, volt. Lett. d'Argental, (9 déc. naa. Des plus vils animaux Dieu soutient l'existence ; Ils sont, ainsi que nous, les objets de ses soins, ro. Eccl. Précis. Il emploie tous ses revenus à décorer les églises, à soutenir les ouvriers indigents, et à soulager les infortunés de toutes les classes, genlis. Mères riv. t. 11, p. 358. || 6° Fournir de l'argent. Cette pauvre Bertillac est devenue passionnée.... de l'insensible Caderousse.... il lui a fait mettre en gage ses perles, pour soutenir un peu la bassettc, SÉv. 24 janv. )08O. Quoique vous ayez reçu bien des petites sommes qui devraient vous avoir soutenue, id. à Mme de Grignan, I" avr. I6S9. Il Empêcher une compagnie, un établissement de tomber. De pareils raisonnements aveuglaient le gouvernement, au point qu'il ne se lassait pas de faire continuellement de nouveaux efforts pour soutenir cette compagnie, coNDiLL. Comm. gouv. 11, (7. ||0n dit de même : soutenir le crédit. Il s'est trouvé un homme [M. de Montmartel] qui a soutenu le crédit de la nation par le sien [dans la guerre de (74oJ, crédit fondé à la fois sur l'industrie et sur la probité, volt.

Uél. Utt. Panég. de Louis ir.\\V Pig. Empêcher une personne de fléchir, donner des forces morales. Quand on veut soutenir ceux que le sort accable, corn. Pomp. I, *. Un Dieu te soutiendra, si tu soutiens sa foi, rotb. Sl-Genett, IV, 4. Ces mêmes jalousies qui troublaient la Grèce, la soutenaient en quelque façon et l'empêchaient de tomber dans la dépendance de Tune ou do l'autre de ces républiques, boss. Hiit. m, t. Dans ce dessein vous-même il faut me soutenir, BAC. Mithr. n. II. Est-ce ainsi que vous soutenez Télémaque contre le vice auquel il succombe? FÉN. Tél. vu. Aucun ne me soutient au bord de cet abtme, volt. Mort de César, m, 2. Il n'y a que les goûts et les passions qui nous soutiennent dans le monde, ID. Lett. Mme du Deffant, 42 avr. 4 760. Il On dit aussi dans un sens analogue : Soutenir le coeur, la vertu. Mais, ma chère enfant, soutenez un peu votre cœur contre ce voyage, qui n'a point d'autre nom présentement, sÉv. 5i4. Non, mes frères, rien n'est sûr dans les vertus humaines, si la vertu de Dieu ne les soutient et ne les fixe, mass. Pet. carême. Fausse gloire humaine. \\ Soutenir le courage de quelqu'un, l'empêcher de se laisser aller au découragement. Il soutient sa constance, il l'exhorte au supplice, volt. Orph. m, 5. || On dit dans un sens analogue ■ Cet espoir, cette illusion, cette pensée le soutient. || 8* Soutenir un sentiment en quelqu'un, l'entretenir, le faire durer. Il faut que vous lui disiez toujours [au bon ahbé] quelque petite douceur, pour lui soutenir l'extrême envie qu'il a de vous aller voir, sÉv. 24 juin 4 072. || 9° Il se dit d'un sujet, d'une matière qui donne des forces à l'auteur. Son sujet le soutenait. || Absolument. Je vais, pour sortir d'embarras, me jeter d'abord sur la biographie; c'est un moyen même d'éclairer les questions générales ; et raconter soutient toujours un peu, VILLEMAIN, Litt. franc, xviii* siècle, 2' part. 3* leçon. Il 10' Soutenir quelqu'un, le favoriser, l'appuyer de crédit, de recommandation. Il ne serait plus 311 place, si on ne le soutenait. Vos encouragementî m'ont soutenu. Vous avez soutenu mon frcre du votre crédit. On ne voit point dans ces pourpris Les cabales toujours mutines De ces prétendus beaux esprits Qu'on vit souienit dans Paris Les Pradons et les Scudérys Contre les immortels écrits Des Corneilles et des Racines. VOLT. Temple du Goût. La reine de Suède et le premier prince de France [le frère de I/iuis XIII] ne soutinrent point ce mauvais ouvrage [la Rodogune de Gilbert], comme depuis l'hôtel de Bouillon et l'hôtel de Nevers soutinrent la Phèdre de Pradon, id. Comm. Corn. Rem. Rodogune, Préface. Il [Louis XIV] soutenait Boileau, Racine et Molière contre leurs ennemis, id. Lett. milord llarvey, 4 740. Il Soutenir quelqu'un, prendre son parti. Quoi! vous la soutenez? — En aucune fnçon. — Prenez-vous son parti contre moi? — Mon Dieul non, MOL. Fem. sav. n, 6. Il soutint son ami el justifia Socrate, d'alf.mb. El. Jfon(«(j. || Soutenir une pièce par son jeu. X tant de défauts, l'auteur [Doratl avait joint la maladresse de choisir pour son héroïne Mlle Dubois, très-jolic créature, mais peu faite pour soutenir une pièce, baciiaum. Mém. secr. e mars 4763. ||X certains jeux de cartes, partager le jeu d'une autre personne. || 11' Fig. Porter, comme fait un appui ui noblesse est bien peu de chose, quand elle n'est pas soutenue par de grands biens, lesagr, Bach, de Salam. m, 4 4. Comme Athalie était soutenue par le pathétique de la religion, volt. Mél. litt. à l'abbé d'Olivet. Partout où la leçon n'est pas soutenue par l'autorité, et le précepte par l'exemple, l'instruction demeure sans fruit, 1. l. Bouss. Écon. polit. Il 12' Fig. Porter d'une manière honorable. Ma nièce de Coligny.... soutiendra dignement la grandeur de cette succession, sÉv. à Bussy, 4 4 févr. 4 087. Ils vivaient de leur chasse dans leurs chaumières, et, par une sage économie, ils soutenaient fort bien leur noblesse, lesage, Bst. Gons. *!>. Lorsqu'il fallait soutenir la majesté du prince, MONTEsQ. Lett. pers. 74. Soutenons i l'envi les grands noms de nos pères, volt. Triumv. ▼, S. Il Soutenir son rang, sa dignité, vivre d'une manière convenable à son rang, à sa dignité. Régnez, et de ce rang soutenez mieux la gloire, bac. Alex. IV. 2. Il On dit familièrement dans le même sens : soutenir noblesse. || Soutenir son caractère, être constant avec soi-même. || Soutenir sa réputation, montrer qu'on en est digne. || On dit de même : soutenir l'honneur, la gloire de sa famille, de sçn pays. Endurer que l'Espagne impute à ma mé-

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moire D'avoir mu ioutenu l'honneur de ma malson! CORN. Cid, I. ». Ils ont à soutenir le bruit de leurs exploits, sac. Bajax. I, < . Allez, et, soutenant l'honneur de vos aïeux, Dans cet embrassement recevez mes adieux, ro. Mithr. in, t. Songez plutôt i soutenir la réputation de votre père, fén. Tél. i. Il 13* Correspondre à, être digne de. Othon, dont les hauts faits soutiennent le grand nom, corn. Othon, I, «.Ta gaie humeur soutient ta bonne mine, th. corn. l'Amour à la mode, n, 5, La seule simplicité d'un récit fidèle pourrait soutenir la gloire du prince de Condé, Boss.touts de Bourbon. Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, boil. Lutr. IV. Ses dernières années ne soutinrent pas parfaitement la réputation qu'il s'était acquise, BOLLIN, llist. anc. Œuv. t. v, p. 474, dans pougens. C'était pour examiner si son éloquence [de saint Ambroise] répondait à sa grande réputation, et si ses discours soutenaient les applaudissements que lui donnait tout son peuple, mass. Carême, Parole. Nos manières, nos démarches, notre langage, tout notre extérieur doit y soutenir [dans le monde] la sainte dignité de notre état, ID. Confér. Man. dont les ecclésiast. doivent conrers. \\ 14* Entretenir. La vanité et les médisances qui soutiennent tous les commerces du monde, lui faisaient craindre tous les entretiens, boss. Anne de Gonx. L'une de ces filles, qui a servi à l'opération de M. Marantin, soutenait la chaleur du four dans lequel cuisaient des pommes et de la viande de boucherie pendant l'expérience, buff. Suppl. à l'Hist. nat. Œuv. t. xi p. 202. Il Soutenir la conversation, ne point la laisser languir. Il y a [à la cour d'Espagne] deux nains qui soutiennent toujours la conversation, m"' de viLLARS, Lettr. 26 janv. 4 680. Il 16» Rivaliser avec. Je suis assurée que cette petite personne [Pauline] est jolie.... et qu'elle soutient et même efface des beautés plus régulières, sÉv. 2 mars 4«89. || Faire face à. Vous avez voulu soutenir les extrêmes honnêtetés de M. de Vivonne.... il me semble que je vous vois prendre en votre courage ce que vos forces TOUS refusent, sÉv. 26 mars 4 6»o. J'ai une assez plaisante nouvelle à vous apprendre; voyons un peu comment vous la soutiendrez, oenus. Th. d'éduc. le Méchant par air, m, 3. || Soutenir une dépense, y subvenir, en faire les frais. || 16* Persévérer dans. Pour vouloir soutenir le courroux qu'on me donne, Mon cœur a trop su me trahir, mol. Amph. n, 6. Les pensées pures , qui le rendraient heureux [l'homme], s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent, pasc. Pass. de l'amour. Qu'une femme ne donne point d'atteinte à la foi conjugale, qu'elle ne soutienne pas un jeu outré.... la vuilà calme sur l'affaire du salut, mass. Mystères, Visitation. C'eiit été un effort de dissimulation que je n'aurais pu soutenir, mabmontel, Mém. IX. Il 17° Fig. Être le porteur de. La beauté est partagée en mille différentes manières; le sujet le plus propre pour la soutenir, c'est une femme, pasc. Pass. de l'amour. || 18* Résister i quelque chose dont il est difficile de se défendre. Soutenir un siège. Ce petit bâtiment ne put soutenir le choc d'un grand navire. Le chêne ne put soutenir la force du vent. Enfin, je suis le prodige de Vichy, pour avoir soutenu la douche courageusement, 8ÉV. 283. Secourez la vertu fatiguée du «ombat qu'elle soutient au dedans contre tant de tentations, boss. itein« d'Anglet. Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus ! rac. Mithr. n, 4 . J'ai soutenu une honorable guerre contre Charles- Quint empereur et roi d'Espagne, fén. DtoJ. des morts mod. {Louis XII, François I"). Un jour il [Cyrus] soutint l'attaque d'un ours, et le terrassa, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 4 6B. En vain le fameux chevalier Bayard soutint seul sur un pont étroit l'effort de deux cents ennemis qui l'attaquaient.... VOLT. Mœurs, 4)4. || Résister à des assaillants. Vaincus plus d'une fois aux yeux de la patrie. Soutiendront-ils ailleurs un vainqueur en furie? RAC. Mithr. m, 4. || Soutenir la torture, endurer la torture sans rien avouer. || Terme de manne. Soutenir un combat, avoir affaire à des forces supérieures. || Soutenir une chasse, fuir devant lies forces supérieures, sans perdre aucun de ses avantages. || 18* Il se dit des choses qui résistent à une épreuve. Cet ouvrage n'a pu soutenir le grand jour de l'impression. Cette hypothèse ne peut soutenir un examen approfondi, frf,snel, Inslit. Mém. fcienf. 4 821 et 4 822, t. v,p. 36». || CerUins vins ne peuvent soutenir la mer, ne peuvent être transportés par mer sans perdre de leur qualité. || 20° Il M dit de sensations excessives auxquelles on ré-

siit«. Je ne puis soutenir ces éclats de voix. On dit que l'aigle soutient les rayons du soleil. Tous les chants convenables aux paroles [d'Esther] qui sont tirées des psaumes... sont d'une beauté qu'on ne soutient pas sans larmes, sÉv. 24 févr. 4 889. De longtemps je ne serai remise de la joie que j'eus hier.... j'avais peine à la soutenir, id. 4 4 déc. 4 664. Un rang.... Dont je n'ai pu de loin soutenir la clarté, rac. Brit. n, 3. || Soutenir le vin, ne pas en ressentir les effets enivrants. Breteuil, avec qui j'ai quelquefois soupe, soutenait très-bien le vin, duclos, Œuv. t. vi, p. 1 65. || 21* Résister aux pleurs, aux instances. Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime, rac. Iphig. m, 5. Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats, id. Phèdre, i, 3. Il soutenait leurs larmes sans s'émouvoir, et se sentait flatté de cette espèce de triomphe, montesq. Lett. pers. 64. || 22° Fig. Endurer avec une suffisante fermeté. Plusieurs n'en sauraient soutenir la pensée [d'un précipice] sans pâlir et sans suer, pasc. Pens. m, 3. Le pauvre M*** [Fouquet], qui était ivre de sa faveur, et qui a soutenu Iséroiquement sa disgrâce, sÉv. 348. Que la lie de l'esprit et du corps [la vieillesse] est humiliante à soutenir! ro. 4b août 4 68B. Cette constance par laquelle, n'ayant pu vaincre la violence ds la destinée, elle en a si noblement soutenu l'effort, boss. Reine d'Ariglet. Après cette grande foule d'hommes et d'affaires qui l'environnait, il s'était lui-même réduit à une espèce d'oisiveté et de solitude ; mais il la sut soutenir, id. le Tellier. Les mutins n'oseraient soutenir ma présence, rac. Mithr. iv, «. Misérable! et je vis! et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont je suis descendue ! iD. Phèdre, iv, 6. Comment pourra-t-il [le nouvel enrichi] soutenir ces odieuses pancartes [billets d'enterrement] qui déchiffrent les conditions et qui font rougir la veuve et les héritiers? LA BRUY. VI. Âme infidèle! vous craignez de ne pouvoir soutenir la sainte tristesse de la pénitence, et vous avez pu soutenir jusqu'ici la tristesse secrète du crime! mass. Carême, Pécheresse. Esprits vastes, mais inquiets et turbulents, capables de tout soutenir, hors le repos, id. Petit carême. Fausseté de la gloire hum. Soutenez encore un peu ce temps d'épreuve et de tribulation, que le Seigneur a marqué pour purifier sa victime, id. Paraphr. ps. xxvi, v. 20. La douleur de la honte et l'amour de la patrie prévalurent tellement dans la plupart d'entre elles [femmes de Sparte], que les époux ne pouvaient soutenir les regards de leurs épouses, et que les mères craignaient le retour de leurs fils, barthél. Aruich. ch. 1. 1| Soutenir de, avec un infinitif, avoir la force de, se résigner à. Je ne pourrais pas soutenir de voir mes deux enfants malades, sÉv. 20 oct. 4 680. Je trouve que M. de Sully a plus de courage que ceux qui passeront l'Yssel; il a soutenu.... de voir partir tout le monde, lui jeune, riche, en santé.... ID. 29 avr. 4672. Il 23° Fig. Pousser jusqu'au bout. Soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire, pasc. Pens. xin, s. Un si heureux commencement mérite qu'on le soutienne, sÉv. 22 nov. 4 688. Accoutumées par leur faiblesse même à cacher leurs secrets, elles [les femmes] soutien nent ces rôles singuliers [la possession] avec plus de constance que les hommes, volt. Hist. pari. 39. Il Soutenir la gageure, pousser une entreprise jusqu'au bout. Aussi bien j'ai résolu de ne pas faire une longue lettre; si pourtant je savais quelque chose de réjouissant, je vous le manderais assurément ; car je ne m'amuserais pas à soutenir cette sotte gageure, sÉv. 4 4 mars 4 «72. || 24* Il se dit d'une lecture fatigante. Je n'ai soutenu que cinq ou six pages : je meurs de peur que vous n'en puissiez lire davantage , maintenon, Lett. au duc de Noailles, t. v, p. 29, dans pougens. Ces mêmes ouvrages ne laissaient pas de contenir d'excellentes choses, mais si mal dites, que la lecture en était difficile à soutenir, j. J. rouss. Confess. IX. Il 26* Défendre quelque chose, se ranger du côté de quelque chose. Soutenir le pour et le contre. Soutenir le parti de quelqu'un. Soutenir le gouvernement. Soutenir une discussion. Mille de ses enfants [de Rome], beaucoup plus dignes d'elle, Pouvaient bien mieux que nous soutenirsa querelle, CORN. Hor. n, 4. Le marquis: Quoi! chevalier, est-ce que tu prétends soutenir cette pièce? — Dorante : Oui, je prétends la soutenir, mol. Critique, e. Son imagination [de Pauline, fille de Mme de Grignan] ne l'engage à rien qu'elle ne soutienne avec toute la grâce et tous les tons nécessaires, sév. 23 avril 4 «90. Les conjurés n'a-

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valent formé de plan que pour la conjuration, et n'en avaient point fait pour la soutenir, montesq. Bon». 4 2. Il [Cicéron] soutient en cent endroits la mortalité de l'âme dans ses Tusculanes, après avoir soutenu son immortalité, volt. Dés. Lisbonne, not. Il [Luther] parla devant l'empereur et devant la diète, et soutint sa doctrine avec courage, id. Mœurs, 128. || Soutenir une thèse, répondre, dans une dispute publique, à tous les arguments présentés contre la thèse. Le savant Ramus.... ne se doutait pas qu'il se préparait une mort affreuse en soutenant une thèse contre la logique d'Aristote, volt. Pol. et lég. Comment, délits et peines, ii. On lu. [J. J. Rousseau] reproche de soutenir des paradoxes, bach. Mém. secr. 4B juin 4 7«2. || Soutenir un procès. Je me trouvai auprès d'un Manceau.... qui avait été obligé de soutenir un gros procès criminel, furetière, Bom. bourgeois, p. 266. || 26* Affirmer, attester. Vous avez dit cela, le soutiendrez-vous? Vous m'aimez, vous me le soutenez. Et cependant je pars, et vous me l'ordonnez 1 haC. Bérén. v, 5. Un honnête libraire, nommé G***, s'avisa d'imprimer une histoire générale qu'il assurait être de moi, et il me le soutenait à moi-même, volt. Ifi^i. litt. À l'auteur du Mercure, 4 764. Les hommes n'ont qu'un certain degré de lumière, mais n'ont aussi qu'un certain degré d'audace et de mauvaise foi; ils soutiennent par honneur et par persuasion ce qu'ils ont adopté par prévention ou par fanatisme, d'alemb. Destr. des jés. Œuv. t. v, p. 209. Séraphi»e vient de me faire un mensonge, et de le soutenir de la manière la plus assurée, GENUS, Ad. et Th. 1. 1, p. 4 44, dans pougens. Il Dans ce sens, il se construit avec l'infinitif, ou avec que et l'indicatif. Il soutient l'avoir vue. J'envoie demain des cartels aux Mores de Maroc et de Fez, où je m'offre à soutenir que l'Afrique n'a jamais rien produit de plus rare ni de plus cruel que vous, voit. te«. 40. Veux-tu soutenir que cela n'est pas véritable ? hauteroche, le Coch. se. i. Ta m'oses soutenir que Sosie est ton nom ? mol. Amph . I, 2. Pangloss avouait qu'il avait toujours horriblement souffert; mais, ayant soutenu une fois que tout allait à merveille, il le soutenait toujours et n'en croyait rien, volt. Candide, 30. || Soutenir son dire, persister dans son affirmation. || 27° Terme de peinture. Se dit des parties qui en font valoir d'autres. Les ombres soutiennent les clairs. Il 28° Terme de musique. La basse soutient le dessus, elle lui sert de fondement. |] Les instruments soutiennent la voix, ils l'empêchent de fléchir, de baisser. || Soutenir sa voix, en prolonger le son avec une même force. La durée non interrompue de son ramage qu'il soutient quelquefois pendant vingt secondes, guénaud de montbelliard, le Rossignol. Il II soutient bien les cadences, il fait les cadences longues et égales. || 29° V. n. Endurer (emploi qui n'est plus usité). Jésus cherche quelque consolation au moins dans ses trois plus chers amis, et ils dorment; ils les prie de soutenir un peu avec lui, et ils le laissent avec une négligence entière, pasc. Pens. xiv, 209. |i Faire soutenir, s'est dit pour faire souffrir, faire endurer. Voiture était plutôt [pour Mlle de Rambouillet] un amant de galerie et pour badiner qu'autrement; aussi le faisait-elle bien soutenir, tallemant, Histor. t. n, p. 236, ÉD. de 4834. Il 30* Se soutenir, v. réfl. Se tenir debout, se tenir droit. Arrête, de faiblesse à peine il se soutient, cohn. Théod. v, 8. Il [M. de Sévigné] a un rhumatisme sur une cuisse et sur une hanche, qui lui fait beaucoup de mal, et l'empêche de se soutenir, sÉv. 324. Je ne me soutiens plus; ma force m'abandonne, rac. Phèdre, i, a. L'une des plus bizarres [coutumes chez les Chinois] est de rendre les pieds des femmes si petits, qu'elles ne peuvent presque se soutenir, buff. Hist. nat. hom. Œut'r. t. v, p. 29. || 31° Être soutenu de manière à ne pas tomber ou s'enfoncer. Les oiseaux se soutiennent en l'air au moyen de leurs ailes. Comme si tout à coup j'étais tombé dans une eau très-profonde, je suis tellement surpris que je ne puis ni assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au-dessus, desc. Méd. n, 4. || Fig. Ces fortunes qui s'élèvent sans peine à des degrés éminents, tombent presque toujours d'elles-mêmes, parce que ceux qui ont l'ambition et les qualités propres pour y monter, n'ont pas d'ordinaire celles qu'il faut avoir pour s'y soutenir, rktz, Conjur. Fiesque. || Ce bâtiment se soutient bien, il demeure à plomb et dans son entier. || 82* Se maintenir, subsister, durer. L'amour donne de l'esprit, il se soutient par l'esprit, pasc. Pass. dt {'amour. Il n'y

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a rien de pluj malheureux qu'un ÉUt qui ne se soutient que par les étrangers, où il ne trouve ni zèle, ni siireté, ni obéissance, Boss. Uùt. m, s. Fans, dont on ne peut abaisser l'orgueil, dont la vaiiilé se soutient toujours malgré tant do choses qui la devraient déprimer.... ID. Sermons, Résurrection dern. i. D'un air plus grand encor la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de Tiction, boil. Art poét. m. II n'y a rien qui se soutienne plus longtemps qu'une médiocre fortune ; il n'y a rien dont on voie mieux la fin que d'une grande fortune, la BHUY. VI. Ces grands zèles ne se soutiennent pas, UASS. Carême, Tiéd. i. Ce goiit ne se soutint pas, j. J. Rouss. Confess. iv. || La conversatiou se soutient, elle ne languit pas. |{ Le cours des effets publics se soutient, il reste au même taux, il ne baisse pas. {| Cette étoffe se soutient, elle est ferme, elle ne s'amollit pas. || Cette couleur se soutient, elle conserve son éclat. |{ 33* Maintenir sa puissance, son crédit. Deux fils de Henri IV, César de Vendôme et le grand prieur, veulent se soutenir contre lui [Richelieu], et il les fait enfermer à Vincennes, volt. Uœurs, (76. On a vu quelquefois de petites armées renverser de grands empires : ici 2BO,(ioo hommes attaquent une femme sans défense [Marie-Thérèse], et elle se soutient, iD. Mél. hist. Biam. du test. Alberoni. \\ 34* Conserver sa santé, sa vigueur, sa fraîcheur, au delà du temps ordinaire. Cette personne se soutient bien. Je pense qu'à cet âge-là on peut passer pour vieille; pour moi, je vous avoue que je me regarde comme telle; tout le monde ne se soutient pas comme vous, madame, MARiv. Pays. parv. 3* part. || En parlant d'une convalescence. Le mieux se soutient, le malade continue à aller mieux. || Il se dit d'un mourant dont la vie se prolonge. Mme Larkin s'est soutenue jusqu'au mardi matin, letourneur, Trad. de Clar. BarUnre, Lett. 6B. {| 35* Défendre, maintenir sa situation morale. Quelqu'un traitait-il avec Madame, il semblait qu'elle eût oublié son rang pour ne se soutenir que par sa raison, boss. Duch. d'Orl. Semblable à un criminel pressé par des preuves invincibles, il [Jurieu] ne peut pas.... se soutenir devant ses accusateurs, ID. 2* avert. «0. Le monde, vu de près, ne se soutient pas longtemps contre lui-même, MASS. Prof. rel. serm. *. J'avoueque ces récils m'ont fait souifrir; mais je me soutiendrai mieux dans la suite, MARIV. VHeur. stratag. i, ta. || 36* Être approuvé, en parlantd'une composition littéraire. Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, boil. Art po^<. iv. || Cette pièce de théâtre se soutient, elle est toujours bien accueillie du public. Cette tragédie [Pompée], qui est en effet d'un genre particulier, qu'il serait trèsdangereux d'imiter, se soutient par les beaux morceaux de détail, VOLT. Comm. Corn. Rem. Pomp. m,A. Il Le succès de cet ouvrage se soutient, il continue. Il 37* Persévérer. Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, pasc. dans cousin. Il Ne passe démentir. Votre personnage remplirait dignement une comédie parfaite ; car il ne se dément point, et se soutient toujours également, SËV. 328. Constantin et Irène firent religieusement exécuter les décrets du septième concile ; mais le reste de leur conduite ne se soutint pas, boss. Hist. I, n. C'était là [dans le sénat] que se formaient les desseins qu'on voyait se soutenir par leur propre suite, ID. ib. m, «. Tout se soutient dans cet homme [le nouvel enrichi] ; rien encore ne se dément dans cette grandeur qu'il a acquise, dont il ne doit rien, qu'il a payée, la brut. vi. Il Cet ouvrage, ce discours se soutient bien, toutes les parties en sont bien traitées. || 38* Être appuyé, défendu, en parlant d'opinion, de doctrine. Cette opinion ne peut se soutenir. |{ 39° Être supporté, enduré. Ces pensées ne se soutiendraient pas, si on ne pensait en même temps... sÉv. tl sept. (6N9. Il 40" Se prêter mutuellement aide et secours. Ne vous croyez point mal à la cour ; nous nous y soutiendrons, maintenon, Lett. àU. d'Aubigné, l< mai 4677. Il Fig. Le respect et l'amour doivent être si bien proportionnés qu'ils se soutiennent sansque ce respect étouffe l'amour, pasc. Passions de l'amour. Il 41° Terme de marine. Se soutenir dans sa route, ne pa^ la perdre par l'effet de la dérive et des courants qui peuvent vous contrarier.

— HIST. z* s. Melz [mieux] sostendreiet les empedementr, Qu'elle perdesse sa virginitel, JBuloite. Il XI* s. Chrestientet aidez à sustenir, Ch. de Roi. Lxxxvn. Jen'arai jà qui sustienge m'honor, ib. cciv. Ilzn* s. Ne purel [autre chose] ne fist l'um lenos-

tre ordre cstablir, Kors pur les suffraitus aidier e sustenir. Th. le mart. 96. Se nosavonsles biens recieuz de la mainlo senior, por coi ne sostenrions nos les malz? Job, p. 452. Certes i merveile me vient. Comment la terre me sostient. Que ele desoz mei ne font, Grég. le Grartd, p. 7«. || xui's. Mestre Symon, d'un exemple novel Vous part le jeu, et vous en choisissiez; L'un en prenez et l'autre me lessiez. Et vostre part soustenez bien et bel, Bibl. des ch. 4° série, t. v, p. 3«8. Je veil [veux] bien que ma gent voient que je ne les soustendrai en nulles de leur mauvestiés, ioinv. 209. Bastons ieres [tu étais] por soustenir Le cors ke je voi enviellir; Fils, c'as-tu fait? porpense toi, oui de cambrai, Barl. et Jos. p. <4e. ||xiv° s. C'est plus fort chose de soustenir tristesses ou choses tristes, que n'est soy abstenir de choses delettables, oresme, Élh. 89. Celui qui soustient selon raison les pcrilz des batailles, m. ib. 38. Nul ne soustendroit paciemment que l'en 11 feist moins.... id. 16.257. || iv* s. Or, belle dame, fait il, taisiez vous en, et ne le soustenez pas. Les quinie joyes de mariage, p. 88. Le filz veult entrer en gouvernement plus que devant, car la mère le soustient, ib. Quant les autres justiciers veirent ce, ilz cessèrent de plus faire justice; car ilz n'avoient qui leur soustint le menton, et pour ce dit vray le proverbe : quant le chef est malade, tous les membres s en deuUent, Perceforest, t. 11, p. 44. Tandiz qu'ilz soustenoient nature [mangeaient], ib. t. n, f° <43. Adonc fut trop esbahie, et se doubla que le chevalier ne soustenoit celle cause pour l'amour d'elle, ib. t. vi, f" 83. || ivi° s. Il y en a qui insisteront à l'encontre, en soustenant que cette lecture ne sçauroit que bien peu servir, amyot, Préf. ix, 34. Soutenir des guerres, ID. Numa, 9. Quelque peu de vivres nécessaires à soustenir la vie de l'homme, m. ib. ts. Platon soustint la dépense du voyage qu'il fit en iEgypte, avec l'argent qu'il gaigna sur des huiles qu'il y vendit, ID. SoJon, 4. Et si ne cognoissoient la vertu valeureuse De ce prince lorrain [Guise], qui d'un grand empereur [Charles-Quint] Avoit soustins à Metz la force et la fureur, dubell. m, «6, verso. Je neveux pas que vous le poulsiez ni le bransliez; mais seulement ne le soustenez plus, la boâtie, 24. J'ay soustenu les premiers personnages ez tragédies de.... MONT. I, 498. Ils traversèrent jusques en la Grèce, où les Athéniens les soutinrent [leur résistèrent], ro. i, 234. Les uns et les autres sçavoyent bien qu'ils seroyent soustenus.... après arrivèrent pour le soutien des uns messieurs l'Admirai.... LANGUE, «49.

— ÊTYM. Bourg, sdtentr; prov. et esp. sosterter; catal. sostenir; portug. soster; ital. sostenere; du latin sustinere ; de sublus, sous, et tenere, tenir.

SOUTENU, UE (sou-te-nu, nue), part, possède soutenir. Il 1° Tenu par dessous, supporté. [L'homme] se considérant soutenu.... entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, pasc. Pen». i, 4, édit. havet. Il i° Appuyé, secondé. 11 voudrait pour m'aimer que j'eusse d'autres charmes, Que l'éclat de mon sang, mieux soutenu de biens.... corn, la Suiv. i, 8. C'est leur fantaisie [des maréchaux] de vouloir qu'on les traite de monseigneur ; et ce doit être aussi la vôtre, soutenue de la raison, de ne le point faire, bév. à Bussy, 26 mai 4 684. L'auteur allègue toute l'Écriture, soutenue, comme il dit lui-même, de toute la tradition, boss. 4° écrit, Préambule. Les uns soutenus par leur seule foi, et les autres par leur passion, m. 5* avert. 24. Quel plaisir d'aimer la religion, de la voir crue, soutenue, expliquée par de si beaux génies et de si solides esprits! LA bruy. XVI. Il En termes de guerre. Le général Lahoz, soutenu par une batterie et couvert par une nuée de tirailleurs, montholon, Mém. t. iv, XV, p. 8. Il 3* Qui a par derrière soi. La douleur du héros était celle d'un sage ; elle était profonde, mais sans éclat et soutenue de majesté, marmontel, Bélis. VI. Il 4° Qui est renforcé de. Une soupe à bouillon perlé soutenue d'un jeune gros dindon cantonné de pigeonneaux, mol. Bourg, gent. iv, 4 . Il Terme de blason. Se dit d'une pièce qui en a une autre au-dessous d'elle. || 5° Maintenu, gardé. One sainte résolution formée, soutenue longtemps au milieu du monde même, mass. Profess. relig. serm. 4. {| Constant, persistant. Une bonté soutenue. Une fortune si prodigieuse et si soutenue dans le centre de la tyrannie, au milieu des révolutions, paraît incroyable, raynal, Hist. phil. ni, 30. Des huées soutenues ont empêché d'entendre cette lecture [Blanche et C.uiscard de Saurin|, BACH. Mém. secr. 25 aoîit 4762. || Qui ne se dément pas. On ne saurait imaginer une espiè-

glerie mieux soutenue ni plus heureuse, j. j. rouss. Confess. m. \\ Dans un roman, dans une pièce de théâtre, caractères soutenus, caractères qui restent les mêmes dans tout l'ouvrage. || 8* Un ton soutenu, un ton qui ne se familiarise pas. X la gaieté folle dont elle entremêlait ordinairement ses instructions, succéda tout à coup un ton toujours soutenu, qui n'était ni familier ni sévère, J. ]. ROUSS. Conf. T. Il 7* Terme de littérature. Constamment noble et élevé. Style soutenu. Discours soutenu. || Terme de peinture. Coloris soutenu, coloris vrai et varié partout. || 8* Qui ne la»* guit point, qui ne se ralentit point. Une course, une marche soutenue. Cette fête [à Chantilly] si superbe, si galante, si longtemps soutenue, la iiruy. 4. Comme il [le pigeon] a l'aile très-forte et le vol soutenu, il peutaisément faire de longs voyages, bufp. Oit. t. IV, p. 364. Il Terme de manège. Se dit des allures relevées quand elles sont bien égales et des temps de chaque air. Mouvements soutenus, mouvements cadencés, écoutés.

SOUTERRAIN, AINE (sou-tè-rin, rè-n"), ad). Il 1° Qui est sous terre. Elle va descendre i ces sombres lieux, à ces demeures souterraines, pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre, boss. Duch. d'Orl. De grands physiciens ont fort bien trouvé pourquoi les lieux souterrains sont chauds en hiver et froids en été : de plus grands physiciens ont trouvé depuis peu que cela n'était pas, FONTEN. Oracl. 1, 4. C'est là [chez les Calmouks] qu'on a trouvé en 4 720 une maison souterraine de pierre, des urnes, des lampes.... une statue équestre d'un prince oriental portant un diadème sur la tête, volt. Russie, i, 4 . On a trouvé une grande quantité d'arbres souterrains à Youle dans la province d'York, bufp. Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuvr. t. n, p. 404. La base [de l'Etna], de près de cinquante lieues, ne s'est élevée que par la force des foudres souterraines, m. Min. t. ix, p. 32. Ces formidables monts Dont les feux souterrains vivent sous les glaçons, delille, Imag. m. \\ 2° Terme d'histoire naturelle. Qui vit ou croît dans le sein de la terre. Le rhizome est une tig^ squterraine. Il Guêpes souterraines, voy. ouépe. || 3° Fig. Caché, secret, sourd. Employer des voies souterraines. La honte marche à pas obliques dans des routes souterraines où le soupçon la suit, buff. iforc. choisis, p. 236. Leurs marches souterraines sont trop ténébreuses, pour qu'il soit possible de les y suivre, j. j. rouss. 2' dial. \\i'S. m. Logis, voûte que l'on pratique sous terre. Un peuple nommé les Guanches y habite encore [dans les Açoresj; il a des souterrains qui lui servent de tombeaux; ces souterrains sont fermés, leur entrée est un secret confié à une succession de vieillards, qui se le transmettent, baillt, AtlarUide, p. 4 5. || Synonyme de tunnel. || Fig. surtout au pluriel, menées sourdes pour parvenir à quelque fin. Kpior l'orpheline, Prendre les souterrains, toumevirer Nérine, DUFRESNY, RéconciUat. norm. i, 44. [Les ennemis de Socrate] l'attaquèrent d'abord non à visage découvert, mais par des souterrains et par des voies sourdes et cachées, holun, Hist. anc. (Euvr. t. r», p. 391, dans POUOENS. La duchesse de Lude n'ignorait pas qu'outre le nombre des prétendantes, il y en avait une entre autres sur qui elle ne pouvait espérer la préférence; elle eut recours à un souterrain, st-sim. a», 4 94. Louis XIV, avec la même hauteur, mais toujours soutenue par les souterrains de la politique, voulut donner un électeur à Cologne, volt. Louis II V, 4 4.

— HIST. xni° s. Par une voûte sousterine Entre ens en la cambre perine, Laid'Ignaurés. ||iv's. Us allumèrent fallots, et entrèrent en celle soubsterrine qui estoit belle et nette, et se mirent en chemin, FROiss. II, n, 23. Ilxvi* s. Sousterreines, sont les choses qui sont souz terre, comme les canaux par lesquels oh fait venir les fontaines, palissy, 380. Amestris.... feit ensepvelir touts vifs quatorze jouvenceaux.... pour gratifier i quelque dieu soubterrain, mont, n, 257. Entre nous, ce sont choses que j'ay tousjours veues de singulier accord, les opinions supercelestes et les mœurs soubterraines [l'ascétisme et le vivre vulgaire], m. iv, 306. Les instruments pour tirer des puits les eaux sousterraines, 0. de serres, 506.

— ÉTYM. Provenç. sosterrenh, subterrane; du lat. Tubterraneus, de sub, sous, et terra, terre.

t SOUTERHAINEMENT (sou-tè-rè-ne-man), adv. D'une manière souterraine. Du niveau du Saint- Laurent [dans une mine], nous sommes passés souterrainement au fond du puits Saint-Pierre, Simonin, Aead. dette. Comottt rendus, t. ld, p. »»«

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SOUTIEN (sou-tiin), «. m. || 1- Ce qui tient par dessous, ce qui soutient. Ce pilier est le soutien de toute la voûte. || Point d'appui. Les poids, pour demeurer en équilil)re, doivent être en proportion réciproque avec leurs distances du soutien; c'esti-dire, qu'un poids doit être à l'autre poids, comme la distance qui est entre le dernier et le soutien, est à la distance du premier d'avec le même soutien, MALEBR. Rech. vér. vi, i, 4. |1 Terme de botanique. l<lom collectif des organes qui servent à soutenir les végétaux; tels sont les crampons, les vrilles. Il Synonyme de lever, en équitation. || 2° Ce qui soutient la vie. Cette ambroisie est fade; J'en eus au bout d'un jour l'estomac tout malade ; C'est un mets délicat et de peu de soutien, corn. Illus. com. IV, 4. On n'en voyait point d'occupés X chercher le soutien d'une mourante vie, la font. Fabl. VII, 1. Il faut que le soutien de la vie soit l'unique cause qui oblige de boire et de manger, et le faire dans la seule vue de se conformer à l'ordre de Dieu sur nous, boss. Lelt. Corn. <49. ||3° Fig. Ce qui sert comme sert un soutien, un appui. Je ne trouve de soutien et d'appui contre le triste avenir que je regarde, que la volonté de Dieu, sÉv. 28 mars IC89. Dès sa première jeunesse, Marie-Thérèse fut la consolation et le seul soutien delà vieillesse infirme du roi son père, BOSS. ifar.-Thér. La foi est un soutien, mais des choses qu'on doit espérer, ID. ib. Il souhaitait le rétablissement du ministre [Mazarin], comme un soutien nécessaire de la réputation et do l'autorité de la régence, ID. le Tellier. Si la piété n'avait pas consacré les autres vertus du prince de Condé, je ne trouverais moimême aucun soutien aux louanges que je dois à un si grand homme, ID. Louis de Bourbon. Et vous, l'un des soutiens de ce tremblant Eltat, rac. Athal. i, <. Il 4* Argument, raison. L'esprit le plus borné et le plus rempli de ténèbres ne peut être assez aveugle pour produire de pareils soutiens, boisguillebkrt, Détail de la France, Suppl, || Terme de palais et d'administration. Fournir les pièces au soutien, fournir les pièces justificatives.

— HIST. XVI* s. La cavallerie espagnolle marchoit en trois gros avancez, et en trois autres de soutien, d'aub. llist. II, 68. Nous leur avons à chacun d'eux respectivement octroyé acte de leurs remontrances, soutiens et deffences plus amplement inserez en noslre dit prooss verbal, Coust. gén. t. I, p. 4 084.

— ÈTYM. Nom verbal de soutenir. L'ancienne langue disait soustenance.

S0UTIR.4GE {sou-ti-ra-j'), s. m. Action de soutirer. Pratiquer le soutirage du vin en temps opportun. Cette déduction, destinée à couvrir tous les déchets résultant des ouillages, coupages et soutirages, continuera d'être calculée en raison du séjour des vins en magasin, loi du 24 juin <824, art. i".

SOOTIRÈ. ÉE (sou-ti-ré, rée), port, passé de •outirer. Du vin soutiré.

SOUTIRER (sou-ti-ré), v. a. || 1° Transvaser du vin ou autre liquide d'un tonneau dans un autre, de manière que la lie reste dans le premier. On profite du temps sec et d'une belle gelée pour soutirer du vin, et le débourber, genlis. Maison rust. t. m, p. 29). Il 2° Par extension. Faire sortir l'électricité du nuage orageux. Nous avons reconnu que ces foudres portés autrefois par l'aigle de Jupiter ne sont en effet que du feu électrique; qu'enfin on peut soutirer le tonnerre, le conduire, le diviser, volt. Dict. phil. Tonnerre. Les cerfs-volants venaient de démontrerqu'on pouvait, en quelque sorte, soutirer des nuées orageuses toute la matière électrique qu'elles renferment et qui les rend si redoutables, BONNET, Contempl. nat. v, (4. || 8* Fig. etfamilièrement, se faire donner par adresse ou par importunité. Il s'est laissé soutirer beaucoup d'argent. L'astuce criminelle des chrétiens de Terre sainte, qui, pour soutirer l'argent des croisés et des pèlerins.... legrand d'aussy, Inst. Mém. se. mot.

et pol. t. T, p. 467.

— ÊTYM. Sous, et tirer.

t SOÛTRA (sou-tra), ». m. Commentaire abrégé sur le Véda. || Aphorismesdes philosophes indiens.

— ÊTYM. Sanscr. sûtra, proprement un fil, et fig. un précepte; de même radical que le lat. tuere, coudre.

t SOCTRAIT (sou-trè), ». m. Terme de papeterie. Planche inférieure de la presse. || Endroit de la presse sur lequel portent les poignées de papier.

t SODTRE (sou-tr'), j. m. Se dit, chez les avoués, notaires, etc. , d'une pancarte de papier qu'on met sur son bureau pour écrire et y serrer des notes.

— ÊTYM. Lat. subter, sous; c est re fju'on nomme vulgairement un sous-main.

SOtJ

SOUVENANCE (sou-ve-iian-s'), ». f. Terme archaïque, mais qui n'est pas hors d'usage. Souvenir. Tout m'est à contre-cœur, hormis leur souvenance, RÉGNIER, Dial. J'ai employé le mot de souvenance dans mon Quinte-Curce; cependant ce terme a été depuis condamné comme vieux par l'Académie ; il faut dire souvenir en prose , mais en vers souvenance est bon, vaugel. Nouv. Rem. p. 438, dans pougens. L'âne vint à son tour, et dit : j'ai souvenance Qu'en un pré de moines passant.... la font. Fabl. VII, i. Qu'est-ce que l'homme, ô grand Dieu, que vous en faites état et que vous en avez souvenance ? BOSS. Sermons, Quinquag. \ . Qu'une longue souvenance du passé éclaire un vieillard sur l'avenir, et qu'il la tourne en prévoyance, mar- MONTEL, Œuv. t. X, p. 434. Combien j'ai douce souvenance Du joli lieude ma naissance! chateaubr. Vern. Abenc. J'ai voulu avant de mourir, jeter un regard sur l'Auvergne, en souvenance des impressions do ma jeunesse, ID. Yoy. à Clermont.

— mST. XII* s. Pour souvenance des coses devant dites, TAiLLAR, Recueil, p. 9. ||xiv*s. Moult de gens ne ont mémoire ne souvenance des biens qu'on leur a faiz, oresme, Éth. 274. || xv* s. Le plus près de la vérité que j'ay peu et sceu avoir souvenance, coMM. Prol. Il XVI' s. Encor on se contente en cest esloignement; Car l'esprit s'entretient de douces souvenances, despohtes, Diane, I, 69. Les vieillards, à qui la souvenance des choses passées demeure, et ont perdu la souvenamce de leurs redictes.... mont, i, 36. Ils ont la souvenance assez pleine, mais le jugement entièrement creux, ID. I, 447. Ayez donc souvenance, o tristes amoureux.... Qu'il faut craindre toujours et toujours espérer, marot, vi, 262.

— ÉTYM. Souvenir 4 ; bourg, sôvenance; prov.joeinensa ; anc. catal. sovenenza; ital. sovenenxa.

t SOUVENEZ-VOUS-DE-MOI (sou-ve-né-vou-demoi), ». m. Le myosotis palustre, qui est le myosotis vivace de certains auteurs. || On dit aussi : Souviens-toi-de-moi. Lisbeth veut suivre son amie [qui, entraînée par une avalanche, lui avait jeté une fleur en lui disant : Souviens-toi de moi] ; Au trépas elle veut courir; Maison la retient à la vie; Vivre, ah I pour elle c'est mourir; Elle garda la fleur fidèle, Et depuis cette fleur s'appelle : Souviens-toi-de-moi, MiLLEVOYE, Romauce.

— ÈTYM. Traduction de l'allem. Yergiss-meinnicht; en eflet, dans le mythe allemand sur le myosotis, c'est la fleur qui dit au berger qui va périr, ne s'en rappelant pas le nom : Ne m'oublie pas.

[ 4 . SOUVENIR (sou-ve-nir; d'après Palsgrave, p. 4, au xvr siècle; il lui souvient est prononcé il lui souviant), v. n. impersonnel. Il se conjugue comme venir. || 1* Venir à l'esprit (sens étymologique et primitif). Il m'est souvenu d'un passage qui confirme mon idée. Qu'il te souvienne De garder ta parole, et je tiendrai la mienne, corn. Cinna, v, 4 . Il peut vous souvenir quelles furent mes larmes, Quand Tryphon me donna de si rudes alarmes, ID. Rodog. II, 3. Quoi qu'on m'ait fait d'outrage, il ne m'en souvient plus, id. Serlor. m, 4. Sur ce propos, d'un conte il me souvient, la font.

, Fabl. m, 7. Je vous remercie de vous habiller; vous souvient-il combien vous nous avez fatigués avec ce méchant manteau noir? sÉv. à Mme de Grignan. 24 juin 4 674. Il vous souvient de plus que

! le roi votre père.... — Jodelet : Ma foi, s'il m'en souvient, il ne m'en souvient guère, th. corn. Geôlier de soi-même, ii, «. Ne vous souvient-il plus, seigneur, quel fut Hector? rac. Andr. i, 2. Mon père, il m'en souvient, m'assura de ton zèle, id. Brit. 1, 4. J'ai pu voir Mme de Fontanges; mais ou je ne l'ai pas vue, ou il ne m'en souvient pas, M~" DE CAYLUS, Souvenirs, p. 39, dans pougens. Il Qu'il me souvienne, autant que je puis me le rappeler. De lui je n'ai, qu'il me souvienne, rien à vous dire, imbert, Jaloxucsans amour, n, 7. Il vous souvient de cette fête Où l'on voulut nous voir danser, marmontel, la Fausse magie. \\ Familièrement. C'est du plus loin qu'il me souvienne, se dit d'une chose dont le souvenir est presque effacé. Vous voir I c'est du plus loin qu'il me souvienne, regnard, Joueur, m, 7. Vous vous souvenez, quoique ce soit du plus loin qu'il vous souvienne, que c'est la religieuse qui parle, mariv. Marianne , 9* paru || 2* Se souvenir, v. réfl. Avoir mémoire de quelque chose. Je ne me souviens pas s'il y était. Je ne me souviens pas quand cela est arrivé. Je ne me souviens point que vous soyez venue, Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous, la font. Fabl. m, 4 5. Nous nous souvenons encore très-diiliuctemeut comme

SOU

tout cela passe vite à Paris, sÉv. «7 juin 4886. A la vue du saint viatique, le prince de Condé se souvient des irrévérences dont hélas! on déshonore ce saint mystère, boss. Louis de Bourbon. Hélas ! je m'en souviens : le jour que son courage Lui fit chercher Achille, ou plutôt le trépas. Il demanda son fils.... RAC. Andr. m, 8. Peu de gens se souviennent d'avoir été jeunes, et combien il leur était difficile d'être chastes et tempérants, la broy. xi. Bonsoir, moD très-cher confrère, souvenez-vous de moi avec ceux qui s'en souviennent, voLT.teK. Marmontel, 24 juin 4 774. Il [le P. Thomassin] oublia sur la fin de sa vie tout ce qu'il avait su, et ne se souvint plus d'avoir écrit, ID. Louis XIV, Écriv. Thomassin. Qu'il [Pythagore] avait été, et qu'il s'en souvenait bien, jeune garçon, jeune fille, plante immobile, poisson phosphorique, oiseau léger, puis philosophe, dider. Op. des anc. philos. (Pythagorisme.) || Je me souvien, écrit sans », par une licence poétique qui est un archaïsme. Je me souvien D'avoir eu pour ami, dans mon enfance, un chien, lamart. Joc. m, 4 20. Il Se souvenir de loin, se souvenir de choses arrivées il y a longtemps. || Fig. Il n'est pas vieux, mais il se souvient de loin, se dit ironiquement d'un vieillard qui fait le jeune. || Avec ellipse du pronom personnel. Tous les objets qui se présentent à moi me font souvenir d'elle [une dame], voit. Lett. 42. Le cocher de Mme de Caderousse fait assez souvenir de celui du cardinal de Retz, SÉv. 26. Il [un jésuite portugais] me demanda de l'emploi dans ma maison; cela me fit souvenir de l'aumônier Poussatin [des Mémoires de Grammont] ; je lui proposai d'être laquais, volt. leit. Chauvelin, a5 oct. 4 76 1. n 3' Garder la mémoire soit d'un bienfait, soit d'une injure. Seigneur, ne vous souvenez point de nos ofl'enses. Que tarde la chrétienté à se souvenir et des secours de Candie et de la fameuse journée de Raab où Louis renouvela dans le cœur des infidèles l'ancienne opinion qu'ils ont des armes françaises? BOss. Mar.-Thér. Ne vous souvenez plus qu'il vous ait offensée, rac. Brit. IV, 4. Il faut que sur le trône un roi scit élevé, Qui se souvienne un jour qu'au rang de s-;» ancêtres Dieu l'a fait remonter par la main de ssi prêtres, id. Ath. i, 2. Je sais ce qu'on vous doit. .. Et je m'en souviendrais, si vous n'en parliez pas, VOLT. Sémir. n, 4. || Par forme de menace. Je m'en souviendrai, je l'en ferai repentir. || Il s'en souviendra, il s'en repentira. || On dit de même : Souvenez-vous-en. || 4* S'occuper de, avoir soin de. Souvenez-vous de mon affaire. Souvenez-voua surtout de répondre de lui , volt. Triumv. lii, 6. Il Considérer, faire attention. Souviens-toi que hi n'es que poussière. Elle console le roi, qui lui écrit de la prison même qu'il ne faut craindre de lui aucune bassesse, parce que sans cesse il se souvient qu'il est à elle, boss. Reine d'Angleterre. Souvenez-vous bien Qu'un dîner réchauffé ne valut jamais rien, boil. Lutr. i.

— REM. 1. Souvenir suivi de qne, dans une phrase affirmative ou interrogative, veut l'indicatif; dans une phrase négative, veut le subjonctif: Je me souviens que vous avez dit cela; je ne me souviens pas que vous ayez dit cela. || 2. Faire souvenir quelqu'un d'une chose ou faire souvenir à quelqu'un d'une chose: les deux se disent; cependant la première façon est plus usitée, se rapportant à se souvenir, verbe réfléchi ; la seconde plus correcte, se rapportant à il souvient, verbe impersonnel. Achior tout seul ose parler sans artifice, et faire souvenir à ce chef orgueilleux [Holopherne] que toutes ses forces viendront échouer contre cette ville [Béthulie], mass. Carême, Mélange. Vaugelas admettait ces deux constructions, tout en disant que la première est plus usitée à la cour. L'Académie, dans ses Remarques sur Vaugelas, condamne absolument la seconde ; mais elle se trompe, ne distinguant pas dans souvenir le verbe impersonnel et le verbe réfléchi. || 3. Latin subvenire, venir par-dessous; de là la locution ttm« souvient, la seule dont nos anciens se soient servis. Ce n'est qu'au xvi* siècle que je me soutiens s'est introduit, par un barbarisme égal à un verbe tel que je m'importe, pour tl m'importe. Mais ce barbarisme est désormais consacré ; et il n'y a pas à revenir contre l'usage. || 4. Des grammairiens ont essayé d'établir une nuance entre il »i « souiienJ et;e me soutien», disant que le premier marque une chose qui se présente d'elle-même à la mémoire, et le second une chose que l'on se rappelle à dessein. Cette distinction n'est pas réelle.

— SYN. SE souvenir, SB RESSOUVENIR. Se souveuir, c'est garder le souvenir d'une chote. Se ressouve-

sou

sou

SOL

nir, c'est sa rappeler le souvenir d'une chose que l'un avait oubliée : J'avais oublié cette conversation, vous m'en faites ressouvenir. Ressouvenir suppose une interruption dans le souvenir.

— llisr. x:* f. De grant dolur 11 poùst suvenir, Ch. de Roi. cclv. || xir s. Ne lor sovenoit pas de jeu ne de chançon, Sax. xxil. Et li douz chans des menus oisillons Fait as pluseurs de joie suvenir, Couci, xiu. Il xin* s. Mais un espoir m'a tant reconforté, Que il lui doit de mes maus souvenir, le comte d'anjou. Romancero, p. «î*. Quant [il] me souvient de Berte, à poi que [je] ne m'occi, Berle, cviii. De si lonc tans comme il pot sovenir à homme, BEAUMAN. lïii, 7. Et bien doit nommer et (spécifier en son testament toutes les detes et toz les torfès dont il pot estre souvenans, ID. xii, 58. ||xiv's. Sire dist Bauduins, voeilliez à Dieu penser; Ne vous doit louvcnir fors de Dieu aourer, Baud. de Seb. vm, , :iO. Sire, sovaignes vos de Caton en romant, Qui disoit à son fils.... Girart de Hoss. V, (255. Il XV' s. Je vous envoie ce dont promptement m'est souvenu, COM. Prol. Plusieurs fois avoit esté crié par aucuns des nostres, en combattant: Souvienne vous de Guinegate, ID. vin, 6. Il XVI* s. Soubvenir assez vous peut de la mansuétude dont ilz usarent, rab. Garg. i, 50. Le seigneur Dieu de nous souvenira, Plus que jamais Israël bénira, marot, iv, 328. Nous plorions mélancoliques, Nous souvenans des malheurs de Sion, ID. rv, 334. Souvienne-toi que chacun d'eux disoit : X sac , à sac , qu'elle soit embrasée, ID. IV, 334. Souvienne-nous qu'on ne doit ester de sa gloire [de Dieu] tant peu que ce soit, calv. Inslit. 68. Vous avés eu beaucoup d'amys; mais souvegnés vous que vous n'avés eu que une mère, MARG. Lelt. (54. Il ne s'est point souvenu de dire, ou faire, ou taire cela, mont.i, 34. Il m'est souvenu de mon homme, ID. i, <82. Il me feit souvenir du conte que.... ID. n, 7î. L'ame, par sa faculté, ratiocine, se souvient, juge.... id. i, 295. Je l'ay bien ouy nommer, dit l'eslranger, mais il ne m'en souvient pas, auïot. Sol. 0. Il se prit à plorcr par compassion en se souvenant de la fortune de son ayeul, id. ib. 77. Quand on vous demandera là oii vous avez abandonné votre capitaine, souvenez de rezpondrequeceaesté àOrchomene, m. Sylla, 46. Il failli qu'ilz se souviennent que je n'ai pas pris k escrire des histoires, ains des vies seulement, 10. Alex. i.

— Etym. Provenç. soi-enir; ital. sovvenire ; du latin subvenire, subvenir, de sub , sous, et «entre, venir. Ce sont les langues romanes qui ont donné à ce verbe le sens de venir en mémoire , en le détournant légèrement : $ubvenit mihi, il me subyient, il subvient en ma mémoire.

2. SOUVENIR (sou-ve-nir), j. m. || 1° Impression qui demeure en la mémoire. Ne croyez point, ma fille, que son souvenir [de Turenne] fût fini ici, quand votre lettre est arrivée, sÊv. 266. Il y a des souvenirs agréables ; mais il y en a de si vifs et de si tendres, qu'on a peine à les supporter, id. 57. Et que tout ce qu'il dit, facile à retenir. De son ouvrage en vous laisse un long souvenir, boil. Art poét. m. En vain vous en pourriez perdre le souvenir, rac. Mithr. iv, 4. J'espère que du moins un heureux avenir X vos faits immortels joindra mon souvenir, id. Iph. v, 2. Je vous prie de me maintenir dans les bons souvenirs de Mme de Faiignes, j. j. rouss. Lett. à de Luze, 27nov. «766. La solitude où je comptais nourrir les précieux souvenirs des bontés de M. le prince de Conti et des vôtres, id. Lett. à Mme de Bouf fiers, iB janv. (766. Le souvenir est l'ombre des plaisirs, des- UAHI3, Poés. p. 36, dans pouoens. Le souvenir d'une langue n'est pas uniquement dans les habitudes du cerveau; il est encore dans les habitudes des organes de l'ouïe, de la parole et de la vue, con- DIL. iMg. I, 9. L'esprit ne vit que de souvenirs, et rien de pius naturel que de prendre de bonne foi sa mémoire pour son imagination, marmontel, Œuv. t. IX, p. 266. Tu connais déjà des maux qu'on ignore à ton âge, les regrets amers, les souvenirs douloureux ... genlis, Thédt. d'édue. Veuve de Sarepta, se. i. Et tel que ce serpent que tranche un fer barbare. Fidèle à la moitié dont l'acier le sépare, X ses vivants débris cherche encor do s'unir. Ainsi vers le passé revient le souvenir, de- LILLE, Imag. n. Quant aux souvenirs, il n'est pas douteux que plus ils ont été répétés, plus ils nous reviennent facilement, DESTUTT-TRACY, Instit. Mém. Se. moT. et pol. t. i, p. 439. On rajeunit aux souvenirs d'enfance. Comme on renaît au souffle du printemps, bérano. Souvettirs d'ettfance. Le souve-

DICT. DE LA UINOUB FRANÇA13P

nir d« l'espérance est frère, p. lebrun, Poét. t. i, 1 p. 5. Il Le souvenir de la mort, la pensée qu'on doit mourir. || En termesde civilité. Quand vous lui écrirez [à Mme devins], faites-lui des amitiés pour moi, et tâchez de faire aller un souvenir jusqu'à Pompone, sÉv. 29 nov. (6S4, Je reçois des souvenirs très-aimables de M. de Lamoignon, id. (b nov. <684. Il 3° La faculté même de la mémoire. Je ne saurais effacer cette action de mon souvenir. Je vous assure que, quelque part que je sois, elle [une dame] est toujours dans mon cœur et dans mon souvenir, voit. Lett. 40. Je ferai tous vos compliments; je suis fort assurée qu'ils seront bien reçus ; chacun se fait un honneur d'être dans votre souvenir, sÉv. à Umt de Grignan B juin (675. Parlez; ne suis-je plus dans votre souvenir? rag. Brit, II, 6. Il 3° Par extension, ce qui fait conserver la mémoire de quelque chose, de quelqu'un. Ses blessures sont pour lui de glorieux souvenirs de ses victoires. En souvenir de moi, protégez-la toujours, c. DELAV. Paria, m, (. X ton revers j'admire une reprise; C'est encore un doux souvenir, BÉRANO. Uon habit. || 4' Cadeau que l'on fait en partant, pour laisser le souvenir de soi à la personne que l'on quitte. || 6° Auplur. Nom donné à des espèces de mémoires où l'on raconte ce que l'on se rappelle avoir vu. J'écris des souvenirs sans ordre, sans exactitude, et sans autres prétentions que celle d'amuser mes amis, m" de caïlus. Souvenirs, p. 5. Il 6° Tablettes où l'on écrit ce que l'on veut se rappeler. Voilà un joli souvenir. J'ai écrit cela sur mon souvenir. || 7" Espèce de planchette divisée en sept parties disposées en crans, portant chacune sur une étiquette le nom d'un jour de la semaine, afin qu'on puisse y noter, pour chaque jour, ce qu'on aura & faire ce jour-là.

— IllST. xiii* s. Lors vint Doulx-penser, Espérance, Et Sousvenirs qui moult s'avance, Hist. tilt.

de la Fr. t. xiiii, p. 730. || ivi* s avant qu'on te

voye estre, Jérusalem, hors de mon souvenir, MAROT, IV, 334. D'autre costé, du bien que je poursuis Le subvenir renforce mon martyre, id. vi, 263. Souvent le souvenir de la chose passée. Quand on le renouvelle, est doux à la pensée, rons. 787. Le doux souvenir que j'emporte de toy, id. 7»4. Le souvenir d'un adieu, d'une action, d'une grâce particulière, d'une recommandation dernière, MONT, in, 300.

— f.TYM. Souvenir 4 ; wallon, tofni.

SOUVENT (sou-van), adv. Plusieurs fois en peu

de temps. Ce qu'on ne voudrait pas, souvent il le faut faire, la font. Pianc. Ses fréquentes maladies le mirent souvent aux prises avec la mort, Boss. Je Tellier. Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, boil. Art poét. 1. Quelquefois il vous plaint, souvent même il vous vante, rac. Athal. 1. Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien, id. Bérén. n, 4. Nous serons toujours assez sages. Si nous sommes souvent heureux, bernis, Quat. part, jour, nuit. Souvent notre amour-propre éteint notre bon sens, volt. Vanité. || Le peu souvent que, le peu de fois que. ... Le peu souvent que ce bonheur arrive. Piquant notre appétit, rend sa pointe plus vive, corn. Veuve, i, (, ('• édit. Il Populairement. Le plus souvent, et, par abréviation, plus souvent, pas du tout, jamais. L'événement [un suicide proposé par J. Paturot à sa maîtresse] serait bien plu* dramatique, Malvina, bien plus touchant s'il était orné d'une femme, si nous nous en allions à deux. — Malvina : Plus souvent I reybaud, Jérôme Paturot, i, ii.

— REM. Cette locution très-vulgaire le plus souvent s'explique par une ironie et une ellipse. On propose à quelqu'un ce qu'il ne peut pas faire, et il répond en se moquant : (C'est ce que je fais) le plus souvent.

— SYN. SOUVENT, FRÉQUEMMENT. Il y a dans fréquemment une idée d'habitude qui n'est pas dans souvent. Communier souvent ou communier fréquemment, indique : l'un, qu'il est arrivé que l'on a communié souvent ; l'autre, qu'il est dans les habitudes de communier souvent.

— HIST. Il* s. Chéent i [y tombent] fudres e menut e suvent, Ch. de Roi. cix. || xii* s. Au Mans le troverez, là est il plus sovant, Sax. xxi. || xm* s. Je si sovent me tourmente. Que je n'ai ne jeu ne ris. Dame de Fatel, dans Couci. En larmes et en plours souvent le baiserai [un anneau], Berte, vn. |{ xvi's. Le naturel de l'homme est souvent de faillir, rons. 602.

— ÉTYM. Bourg, sôvan; provenç. soven, soen; cat. îow'n<; ital. sovente; du lat. subinde, successivement, parfois, de sub, sous, et inde, en.

SOCVENTEFOIS (sou-van-te-foi), loc. adv. qui

a vieilli. Maintes fois. L'un perd souventefois ce que l'autre conserve, mairet, Sophon. iv, 4. Souventefois le ciel en ses augures De nos maux i venir crayonne les figures, id. ib. n, 2. \\ On écrit aussi souventes fois.

— HIST. xni* s. Et de le [la] tençon [querelle] vient laide parole, et de le [la] parole mellée, por le [la] quele aucuns reçoit mort souventes fois, BEAUM. XXX, «. Il XVI* t. Souventes fois se adonnoit à.... prier et supplier le bon Dieu, rab. Garg t, as.

— ETYM. Souvent, pris adjectivement, et fois. SOUVERAIN, AINE, (sou-ve-rin , rè-n'; c'est

une faute de prononcer, comme quelques-uns font, sou-vé-rin), adj. || 1* Très-excellent en son genre, qui est au plus haut degré en son genre. Ne ma refusez pas ce bonheur souverain, corn. Pomp. v, 4. Les belles soirées et le clair de lune me donnaient un souverain plaisir, sÉv. <4 août ((78. Qu'y restait-il [dans une ârne incrédule], chrétien», si ce n'est ce que dit saint Augustin? il restait la souveraine misère et la souveraine miséricorde, Boss. Anne de Gonx. Pendant que sa valeur [de Constantin] maintenait l'empire dans une souveraine tranquillité, id. Hist. i, ((. N'est-il pas étrange que, ce règne de Dieu devant être notre souverain bien, nous en redoutions les approches comme notre souverain mal? bourdal. (B* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. in, p. 47. Le roi lui parlait plus sur le siège qu'à H. de Vauban même, qui était trop occupé ; et cet avantage, qui fait la souveraine félicité des courtisans, flatte toujours beaucoup les gens les plus raisonnables, FONTEN. Henau. Cicéron leur était redoutable par cette souveraine éloquence qui le faisait dominer dans toutes les assemblées, vertot, Révol. rom. xn, p. (73. Ce langage sonore [le grec] aux douceurs souveraines, Le plus beau qui soit né sur des lèvres humaines, a. chén. l'Invention. \\ En mauvaise part. Un souverain mépris, un mépris très-grand. Puisque cet enfer que je crains est le souverain malheur, je ne le craindrais pas autant que je dois, si ce n'était pas une crainte souveraine, BOURDAL. Serm. (9* dim. après la Pentec. domin. t. iv, p. aoB. || 2* Il se dit de l'autorité suprême et de ceux qui en sont revêtus. Dignité souveraine. Souverain seigneur. Souveraine maîtresse. Il sait que, si la prudence du souverain magistrat est obligée quelquefois, dans les cas extraordinaires, de suppléer i la prévoyance das lois, c'est toujours en prenant leur esprit, boss. le Tellier. Triomphant et chargé des titres souverains Qu'ajoute encore aux rois l'amitié des Romains, RAC. Bérén. 1, 3. Ma fille ignore encor mes ordres souverains, id. Iphig.tr, 6. ...0 mon souverain roi. Me voici donc tremblante et saule devant toi, ro. Esth. i, 4. Il [Jéhu] me laisse en ces lieux souveraine maîtresse, ro. Athal. n, b. || Prince souverain, prince qui, maître d'un territoire et chef d'un peuple, ne relève d'aucun autre prince. || Cour souveraine, tribunal qui juge sans appel. || Jugement souverain, jugement sans appel. || Juger au souverain, s'est dit pour juger sans appel. || 8* Qui a en soi lessignes, les caractères de la souveraineté. Et l'on eût dità voir ce masque souverain [le visage de Corneille] Une médaille antique à frapper en airain, TH. GAUTIER, leSoulier de Cometlte. || 4* Il se dit de Dieu et de son autorité suprême, La reine se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du plus haut des cieux les rênes de tous les empires, boss. iîeine d'Anglel. Soit qu'il [Dieu] élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à lui-même et ne leur laisse que leur propre faiblesse, il leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne de lui,n>. ib. Ou > s'il est une justice souveraine et par conséquent inévitable, qui nous dira qu'elle n'agisse jamais selon sa nature T id. Annt de Goni. || 6* Il se dit de l'empire que l'on a sur ses passions, sur son âme, sur le cœur d'un autre. Et sur mes passions ma raison souveraine, corn. Poly. a, 2. Croyez que, de tous ces cœurs où vous régnez si bien, il n'y en a point où vous soyez plus souveraine que dans le mien, sÉv. à Mm» de Grignan, (8 sept. («76. En vain certains rêveurs voua l'habillent en reine [la raison],' Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine, boil. Sat. iv. Elle [Agrippine] a repris sur vous son souverain empire, RAC. Brit. IV, 4. Du cœur d'Assuérus souveraine maîtresse, ro. Esth. n, 7. || 6* D'une efficacité sûre, infaillible. L'affection des honnêtes gens m'est un remède souverain contre les maux de cette nature, balz. liv. ti, lett. 7, Ce beau nom

n. — asb

SOU

d'héritière a de telles douceurs, Qu'il devient souverain i consoler des sœurs (qui ont perdu un frère], cohn. Uél. iv, )0. Il [le baume tranquille] est souverain i ces sortes du maux, sév. 23 avr. 1090. Il 7* S. m. Celui en qui réside l'autorité suprême, prince, magistrat, ou peuple. Dans les démocraties, le peuple est le souverain. Il faut obéir aux lois du souverain. Ces petits souverains [les consuls] qu'il [le peuple] fait pour une année, CORN. Cinna, n, i . j'ai une vénération toute particulière pour ceux qui sont élevés au suprême degré, ou de puissance, ou de connaissances; les derniers peuvent, si je ne me trompe, aussi bien que les premiers, passer pour des souverains, PASC. Lett. à la reine Christine. Sylla se rendit souverain sous le nom de dictateur, boss. Ilist. m, 7. Celui-là est souverain qui jouit d'une puissance et d'une liberté telles, qu'il en est autorisé à intervenir aux affaires des nations par ses armes, et à assister dans leurs traités, dider. Opin. des anc. philos. {Leibnitxianisme). \\ Dans le langage politique, l'être abstrait en qui réside le pouvoir souverain. Le souverain, qui n'est qu'un être collectif, ne peut être représenté que par lui-même, I. j. Houss. Contr. toc. n, <. La volonté de tous est l'ordre, la règle suprême; et cette règle générale et personnifiée est ce que j'appelle le souverain, ID. Lett. de la mont. 6. || 8* Particulièrement, monarque, prince souverain. Les Parthes, les Persans veulent des souverains, corn. Cinna, n, 4. Des personnes assez éclairées ne doutent pas que, si le prince d'Orange voulait, osait ou pouvait entreprendre de se faire souverain de la Hollande, le roi [Louis XIV] ne concourait à ce dessein avec lui, PEI.LISSON, Lett. hist. t. i, p. 25i. Je reviens de Versailles.... ce qui plaît souverainement, c'est de vivre quatre heures entières avec le souverain, être dans ses plaisirs «t lui dans les nôtres, sÉv. 9 fév. 4 683. La princesse Bénédicte épousa Frédéric, duc de Brunswick et Hanovre, souverain puissant, qui avait joint le savoir avec la valeur, boss. Anne de Gonxague. Le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain, la bhuy. x. J'ai fait des souverains et n'ai point voulu l'être, volt. Œd. U, 4. Il [Alexandre] voudrait être l'unique souverain de l'univers, et le seul dépositaire des connaissances humaines, barthél. Ànach. ch. 82. L'aspect du souverain porte grâce au coupable, p. LEBRUN, Marie, n, 2. || Petit souverain, prince qui a une domination peu étendue, et même subordonnée & un autre. || Souveraine se dit d'une femme dans le même sens que souverain. Les ordres qu'il a reçus de sa souveraine. Une grande reine, souveraine de trois royaumes, boss. Reine d'jlnjlet. Il 9° Fig. Il se dit de l'autorité exercée soit sur les objets inanimés, soit sur le cœur. Tant qu'ils [les hommes] ne sont qu'amants, nous sommes souveraines, corn. Poly. i, 3. Sultane et, ce qu'en vain j'ai cru trouver en toi, Souveraine d'un cœur qui n'eût aimé que moi, rac. Bajax. v, 4. Élie aux éléments parlant en souverain , ID. Athal. I, <.||10' Nom d'une monnaie d'or d'Angleterre, équivalant à 25 fr. 26 centimes; en anglais sovereign. \\ Demi-souverain, monnaie d'or d'Angleterre, qui vaut )0 schellings ou <2 fr. 60 c.

— REM. Voltaire blâme souverain sur employé par Corneille dans Cinna [Il nous fait souverains sur leurs grandeurs suprêmes, m, 4], mettant en place souverain de, qui est en effet plus usité. Mais cette locution, en soi, n'a rien de vicieux.

— HIST. in* s. K li rois Antiochus aloit par les souveraines [supérieures] contrées, Machab. i, 6. X ton bel cors, à ta figure Bien convendroit tel aventure, Que tu fusses dame del mont [monde], Del souverain et del parfont, Adam, Mystère, p. 23. Dedenz el costé del sud fud l'entrée; après terre a une vis [rscalier] par unt l'um montad al estage meien, e d'iluc al suverain, Rois, p. 247. Aussi cime en la mer est puissanz la baleine. Si est lor poestez en terre souveraine, Sax. xxx. Saint iglise est espuse al soveraing Seignur, Th. le mart. • 28. IJxiii* s. [L'homme] Entendre doit al souvrain bien; Li souvrains biens c'est Dex lassus, 0. DE cambrai, Barl. et Jos. p. 8. Et il virent le lonc et le lé de la vile qui de toutes autres estoit soveraine, villrh. lxi. Mais Diex qui est donneres de joie souveraine, Berte, l. [Elle] Tant fist que Icens n'out [il n'y eut] nul souverain [maître] de li [d'elle], ib. m. En toi les liei que li rois n'est pas nommés, noz entendons de cix qui tienent en baronnie ; car cascuns barons «si souvrains en se [sa] baronnie, beauh. xxxiv, 44 . Et por ce que noz svons dit que sapienc* est le [U] sovraine vertus

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de toutes celes qui doivent estre en bailli, m. i, '4. Il XIV* g. Mais quant Diex fait i princbe une tel courtoisie. Que villes et chastiaux li met par son aïe, £t le fait souverain d'une chité garnie, Baud. de Seb. x, 357. Lothaire s'en retorna en la soveraine [supérieure] France, qui est le royaume d'Austrasie, du canoë, supranus. Souverein prélat, revesque de Chartres, id. ib. ||iv* s. Et donna encore [Edouard III] i Philippe de Cbasteaux, son maistre escuyer et son souverain conseiller [de Jean de Hainaut] cent marcs.... fhoiss. i, i, 27. Et envoya dedans Tournay mcssire Godemar du Fay souverain capitaine et garde de tout le pays d'environ.... id. i, i, 94. Se combattit vaillamment, assez près du roy, monseigneur de Chargny ; si estoit toute la presse sur luy, pour ce qu'il portoit la souveraine baniere du roy, id. I, p. (94, dans LACUHNE. X l'entrée du chastel, par dedans, a une grosse tour qui est maistresse et souveraine de la porte du chastel, id. iv, p. 36. D'amour touché, Pour contempler sa beauté souveraine. Incontinent je m'en suis approché, bassel. xvi. Il estoit si petitement en la grâce des souverains de la feste, qu'ilz le laissèrent aller en sa tente, pour ce qu'il estoit trop bonbancier en ses faitz, Perceforest, t. in, 1* hi. Après l'esbatement de la jeune compaignie, j'entendis que la dame ancienne alla dire à sa souveraine : Madame , gardez que le serain ne vous griefve huimais, ib. t. n, f° 77. Ce jour là furent maintes nopces faictes; mais les souveraines furent de Lyonnel, ib. t. iv, f° ) 58. || xvi's. Ce prince [Alexandre] est le souverain patron des actes hazardeux, mont, i, (33. L'autorité du gouverneur doibt estre souveraine sur lui [le jeune homme], m. i, 166. Cette souveraine et maistresse amitié, id. i, 216. Un souverain remède, id. ii, 32. C'estla perlede prix, c'estlesouv'rainbonheur, rons. 906. Voilà comme d'un mot de souverain qui s'employoit communément à tous ceux qui tenoient les premières dignités de la France, mais non absolument, nous l'avons avec le temps accommodé au premier de tous les premiers, je veux dire au roy, pasquier, Rech. vni, p. 688, dans lacurne.

— f.TYM. Bourg, sôverain; ital. sovrano; du bas-lat. superanus, qui vient du lat. super, sur, au-dessus.

SOUVERAINE.MENT (sou-ve-rè-ne-man), adv.

\\l' Excellemment, parfaitement. Souverainement bon. Souverainement juste. Mandez-moi des nouvelles.... de votre santé, de vos affaires; voilà ce qui me tient à cœur souverainement, sÉv. 30 sept. (67). Il 2' Familièrement et en mauvaise part. Cet homme est souverainement ennuyeux. Il [M. de Gordes] a souverainement deux choses, une grande défiance et une grande incertitude, de sorte qu'il se jette à l'écart à tout moment, sév. 3 nov. (688. Soumis et docile à la critique quand elle lui paraissait juste, il la méprisait souverainement quand il la croyait déraisonnable, d'alemb. El. Marivaux, note 25. Il 3* D'une manière souveraine, sans appel. Il commande souverainement. Les confesseurs sont obligés de se rapportera nous [jésuites] pour les cas de conscience; car c'est nous qui en jugeons souverainement, pasc. Prov. vi.

— HIST. xiv s. Mais adès bien me remembroie. Que li diex dist, se je voloie Venir à mon entendement. Que tousdis souverainement Loiaus, senez en tous cas fusse, maciiaut, p. 39. Selon ce que vertu est bien, elle n'est pas ou [au] moien, mes est très bonne souverainement et contraire à mal, ORESME, Éth. 46. Et Ce appert maismement et advient as poètes, car ilz aiment souverainement leur poèmes ou dittés aussi comme leur ftlz, id. ib. 274. Il XVI* s. U [la Boétie] avoit une autre maxime [obéir aux lois] souverainement empreinte en son ame, hont. i, 22(.

— ÉTYM. Souveraine, et le suffixe ment.

SOUVERAINETÉ (sou-ve-rè-ne-té), j. f. || 1* Autorité suprême. Souveraineté absolue. Souveraineté limitée. Souveraineté héréditaire. Souveraineté élective. Par la même raison que la souveraineté est inaliénable, elle est indivisible, J. J. Rouss. Contr. soc. n, 2. L'on parvint à concevoir qu'une monnaie portant l'empreinte de la souveraineté ou du chef de la nation devait être frappée par des préposés de confiance, et non par des fermiers avides de gain, Mirabeau, Collection, t. v, p. 62. Il a* Qualité, autorité d'un prince. On lui dispute la souveraineté. Rome n'en a repris (de ses droits], au lieu de liberté. Qu'un droit do mettre ailleurs la souveraineté , corn. Othon, III, s. Quand l'Espagne voulut donner au prince de Condé ou Cambrai et ses environs ou le Ltuem-

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bourg en pleine souveraineté, boss. LotUt de

Bourbon. Il 8* Etendue de pays sous la dépendance d'un souverain. Il [le duc de Vcimar] comptait se faire une souveraineté le long du Rhin, volt. Mceurs, (78. ||4* Souveraineté du peuple, doctrine politique qui attribue au peuple le pouvoir souverain. Par ces dernières expressions [l'intérêt et la volonté de la nation] le vainqueur sous-entendait la souveraineté du peuple, cette autre espèce de droit divin qui n'a pas de raisons à donner ni de compte à rendre, et qui peut devenir le plus démesuré comme le plus irresponsable instrument de bien des choses que la justice réprouve, villemain. Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. VII. |l 5° Fig. Autdrité morale, considérée comme suprême. Dans le bouge où il était logé, il [un barbon] ne parlait que de l'empire naturel du sage, que de la souveraineté de la raison, balz. Je Barbon. || La souveraineté du but, se dit d'un but auquel on subordonne, on sacrifie tout. || 6' Fig. Qualité de ce qui est sans appel. Je ne vois aucune chose qui puisse être à couvert de la souveraineté de tes décisions, mol. Crit. 7.

— HIST. xui* s. Si comme on voit toute jor que se cil d'Artois.... pledent ensanble par devant le roy à Paris d'aucuns apiax | appels] qui sunt fet à li par reson de le [la] sovrainêté ou d'autres cas qu'il a sor ses sougès, beaum. lxi, 72. Il sera afermemerE en terre, es souverainetez des monz [in summis montium], Psatitier, f* 86.

— ÉTYM. SoJiverain.

t SOVEREIGN, voy. souverain, n* (0.

SOY (soé), s. m. Voy. souï, qui est plus usité.

t SOYËRE (so-iè-r'j, adj. f. Se dit de l'industrie qui s'occupe de la récolte et de la fabrication des soies. Industrie soyère.

SOYEUX, EUSE (so-ieû, ieû-z'; plusieurs prononcent soi-ieû), ad). || 1* Qui appartient à la soie. Le ver à soie a deux réservoirs de matière soyeuse, oenlis. Maison rust. t. i, p. 405, dans POUGENS. Il 2* Plein de soie, bien garni de soie, en parlant des étoffes de soie. Taffetas, satin soyeux. Quelle fraîcheur et quel éclat dans l'étoffe soyeuse et légère qui flottait à longs plis autour d'elles 1 MARMONTEL, Cont. mor. Laurette. Celui qui.... Sur de soyeux divans se couche avec mollesse, v. hugo. Orient, xv. || 3* Par extension. Fin et doux au toucher. En général, toutes ses plumes [du geai] sont singulièrement douces et soyeuses au toucher, BUFF. Oij. t. V, p. (47. Cette chenille est de celles qui savent se servir de leurs propres poils pour fortifier ou épaissir le tissu soyeux et très-mince de leur coque, bonnet, Obserc. ('*, insectes. || Fig. Souple et soyeux avec les gens en place de qui dépendaient les artistes, il [le comte de Caylus] se donnait auprès de ceux-là un crédit dont ceuxci redoutaient l'influence, marmontel, Mém. vi. Il 4* Terme d'histoire naturelle. Couvert de poils nombreux, mous et brillants comme la soie. Les 4 feuilles du saule blanc sont soyeuses en dessous. " Il U se dit des substances minérales qui ont l'apparence de la soie. Ce coteau renferme dans des lits d'argile beaucoup de gypse cristallisé en filets soyeux, brillants et déliés, Saussure, Voy. Alpes, t. I, p. 65, dans pougens. || 5* S. m. Espèce d'agaric. || S. m. pi. Famille de passereaux.

— ÉTYM. Soie.

t SOYON (so-ion), *. m. Nom vulgaire donné à la maladie du porc appelée soie.

SPACIEUSEMENT (spa-si-eù-ze-man), adj. Au large, dans un grand espace.Étre logé spacieusement.

— ÉTYM. Spacieuse, et le suffixe ment.

SPACIEUX, EUSE (spa-si-eii,eii-z'), adj. Qui est

de grande étendue. Je me bâtirai une maison vaste et des appartements spacieux, saci, Bible, Jérémie, xxii, (4. Que le monde, dit-il [le rat], est grand et spacieux I Voilà les Apennins et voici le Caucase! la font. fabl. vin, 9. Les chemins construits par les anciens Romains étaient plus durables, mais non pas si spacieux et si beaux [que les nôtres], volt. Louiî .XIV, 29. Un petit ruisseau coulant des hauteurs voisines suffit, avec le temps, pour étendre une couche de sable ou de gravier sur toute la superficie d'un vallon, quelque spacieux qu'il soit, BUFF. Hist. nat. 2* dise.

— HIST. m* s. Iceste mer grande e spaciose, tiberpsolm. p. (62. Mult i est li leus [lieu] agraable, Espacios edelitable, benoît, n, ((483. ||xvi's. Ceux qui abondent en ceste passion [la haine] trouveront assez de champs spacieux pour la promener, voire pour la lasser, lanoue, 75. Chascun suyt à leveoir mourir [l'homme] ; pour le destruire, on cherche un champ spacieux, en pleine lumière, mont, m, 3«(.

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SPA

— Ctym. Provenç. espacios ; espagii. etpacioso ; iUl.ipaiia>o;du lat. ipa(iosus,despa(ium, esp&ce.

t SPACIOSITÉ (spa-si-ô-zi-lé), ». f. Qualité de ce qui est spacieux.

— Hisr. XVI* s. La spaciosité et grandeur du logis ne pouvoit suffire à tout recepvoir, J. d'auton, Annales de Louis XII, p. î37, dans lacubne. Les artères s'impiantcnt obliquement près l'orifice de la vessie, et pénètrent jusquos à l'interne spaciosité, PARIS, I, 80.

— f.TYM. Lat. sfatiositatem, de spaliotus, spacieux.

SPADASSIN (spa-da-sin; Chiffiet, Gramm. p. Î38, dit espada-ssin), s. m. || 1' Bretteur, ferrailleur. Il n'y avait que Scipionqui fut un peu spadassin, lesage, Gil IH. X, 2. Vous sacrifiez mon honneur i un faux point d'honneur ; vous diffamez votre maîtresse pour gagner tout au plus la réputation d'un bon spadassin, j. j. rouss. Hél. i, 07. {| Àdj. Adieu, mon chei cousin; Modérez tant soit peu votre esprit spadassin, SCABR. /od«i«( du«It. II, 6. Il l' Assassin gagé. Claudio : Tu m'iras chercher ce soir le spadassin que je t'ai dit. — Tibia : Pourquoi faire? — Claudio : Je crois que Marianne a des amants.... je puis poster un homme derrière la poterne, et me débarrasser du premier qui entrera, A. db MUSSET, Capr. de Marianne, i, l.

— HIST. xvi* s. Ils appellent les descendants de cestuy Anticrates Machseronias, qui vault autant à dire comme spadassins, amyot, Agés. 60. Le seigneur de la Vauldissere.qui avoit espousé la cousine germaine de mon père, et m'avoit cogneu espadazin |habile à manier l'épée] à l'estude de là les monts, BONivARD, Chron.de Genève, m, <2. Il[Cosme de Médicis]entretenoit un nombre de spadazins, avec lesquels il tenoit en crainte toutte la cité, ID. Idolâtrie, p. 54.

— ÊTYM. lui. spadaccino, de spada (voy. épée). t SPADASSINER (spa-da-si-né), v. n. Faire le

spadassin, ferrailler {avec un sens de blâme). C'était grand deuil et grand'pitié de voir un gentilhomme français [le chevalier d'Éon], un chevalier de l'ordre de Saint-Louis, un vieillard employé pour la couronne et connu de l'étranger, qui spadassinait comme sur un théâtre et contre un mulâtre, DE couRCHAMP, Souvcnirt de la marquise de Créquy, t. in, ch. vi.

t SPADELLE (spa-dè-n, ». f. Espèce de ringard employé dans les usines où l'on fond les minerais de plomb, et autres.

— ETYM. Dérivé de l'angl. spade, bêche.

t SPADiCE (spa-di-s'), I. m. Terme de botanique. Inflorescence indéfinie consistant en une espèce d'épi ou de chaton, dont l'aie épais et charnu porte des fleurs unisexuées, enveloppées dans une spathe commune, exemple ; l'inflorescence de l'arum ou pied de veau.

— ÊTYM. Lat. spadicem, branche de palmier, du grec (nrâSiÇ.

t SPADICÉ, ÉE (spa-di-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui est muni d'un spadice.

t SPADICIFLORES (spa-di-si-flo-r') , ». f. pi. Terme de botanique. Groupe de plantes dont les fleur» sont rangées en spadice, et comprenant les aroîdées, typhacées et pandanées.

— ETYM. Spadice, et fleur.

SPADILLE (spa-di-ir. Il mouillées, et non spad ye), I. f. Terme de jeux de cartes. L'as de pique, au jeu d'iiombrc. Bonne plaisanterie!.... donnezmoi spadille, poiNSiNET, Cercle, se. <2.

— ETYM. Espagn. espada, épée, parce qu'en Espagne le pique est marqué par des épées.

t SPADON (spa-don), s. m. Autre forme peu usitée de espadon, poisson (voy. ce mot).

t SPAGIRIE (spa-ji-rie), ». f. Ancien nom de la chimie ou alchimie.

— HIST. XVI' s. Spargirie, cotorave.

— ÊTYM. On donne pour étymologie onâv, arracher, et àYiipeiv, rassembler : l'art qui sépare et unit. Mais en même temps on attribue ce mot à Paracelse, qui peut fort bien l'avoir forgé.

t SPAGIRIQDE (spa-ji-ri-k'), adj. Qui appartient à l'alchimie, qui se sert de l'alchimie. L'art spagirique. L'opérateur Ferdinando Ferdinandi, Normand, se disant Vénitien, médecin spagirique de profession, scarr. Rom. com. ii, *8. || Médecine spagirique, voy. HERMÉTIQUE.

— HIST. xvr s. Autres plus spéculatifs s'appellent spagiriques; devinez qui c'est; car il n'est hebrieu, grec, latin, ne bas-breton, Contes d'Eutrapel, ch. x, f 50, dans pougens.

t SPAGIRISTE (spa-ji-ri-sf), ». m. Secte de médecins qui prétendaient expliquer les changements

qui s'opèrent dans le corps humain en santé et en maladie, de la même manière que les chimistes de leur temps expliquaient ceux du règne inorganique.

SPAHI (spa-i), I. m. \\ !• Nom d'un corps de cavalerie turque, payé par le Grand Seigneur, et ne possédant aucun fonds de terre, comme en possèdent les Timariots. Les janissaires, d'accord avec les spahi», entrèrent tumultueusement dans le sérail à Andrinople, st-simon, 4M, «M. Il 2* Soldat d'un corps de cavalerie indigène formé dans l'Afrique française.

— ÊTYM. Persan, »tp<lht, cavalier, le même que cipaye (voy. ce mot).

SPALMB (spal-m'),». m. Terme de navire. Toute espèce d'enduit.

— ÊTYM. Voy. F.SPALMER.

SPALMÉ, ÉE (spal-mé, mée), part, passé de

spalmer.

SPALMER (spal-mé), v. a. Terme de marine. Le

même que espalmer.

SPALT (spalt'), s. m. Pierre dont les fondeurs se servent pour mettre les métaux en fusion. || Nom donné par les artistes à l'asphalte ou bitume de Judée.

— ÊTYM. Allcm. Spalt, chaux carbonatée testacée, de spalten, fendre.

SPAR (spar), ». m. Corruption de spath.

SPARADRAP (spa-ra-drap'), ». m. Terme de chirurgie. Feuille de papier ou tissu de toile, de coton, de soie, qu'on recouvre uniformément d'une couche médicamenteuse, ou qu'on imprègne de quelque mélange résineux ou emplastique. Le tafletas d'Angleterre est un sparadrap.

— HIST. XIV* s. Sparadrapa est emplastre visqueux, lequel est embreuvé par telle [toile], H. DE MONDEViLLB, f" 80 bis. || XVI* S. En défaut d'iceux, faut user de sparadrap, dont voicy la composition.... PARÉ, vm, 28.

— ÊTYM. Origine inconnue. On trouve aussi spandarapum dans le Lexique de Castelli.

t SPARADRAPIER (spa-ra-dra-pié), ». f. Instrument propre à préparer les sparadraps.

SPARE (spa-r'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Genre de poissons acanlhoptérygicns qui est actuellement détruit, et qui a donné naissance aux genres boopi, cantare, chrysophis, denté, m«n«, pagel, pagre, sargue, smaris, leqoarant.

— ÊTYM. Lat. sparus.

tSPARGANIER(spar-ga-nié),».m. Genrede plantes aquatiques, herbacées, répandues sur presque toute la surface du globe (famille des typhacées).

t SPARGOSE (spar-gô-z'), ». f. Terme de médecine. Distension des mamelles par le lait.

— ÊTYM. £itâpYtûat<, de oTtapifâv, être plein d'un liquide.

t SPARGOCTE (spar-gou-f), ». f. Voy. espar-

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