T-SIM
t SUBALTERNISER (su-bal-tèr-ni-zé), V. a. Néologisme. Mettre dans une position subalterne; placer au-dessous
t SUBALTERNII G (su-bal-tèr-ni-té), s. {. État de ce qui est inférieur; état de subalterne. Il y a des gens pré.sents et puissants.... qu'on préférera toujours à un absent [Ch. de Scvigné] qu'on croit placé, et qui ne fait simplement que s'ennuyer dans une longue subalternité, sÉv. 29 sept. 4675.
— ETVM. Subalterne.
t SUBAPENNIN, INE (sub-a-pè-nnin, ni-n'), adj. Terme de géologie. Couches subapennines, nom donné à des dépôts argileux et sableux remplis de coquilles, qui, de chaque côté des Apennins, des plaines du Pô à la Calabre, forment une longue rangée de collines.
t SUBAPICCLAIRE (sub-a-pi-ku-lé-r"), adj. Terme de botanique. Placé un peu au-dessous du sommet.
— Etym. Sub..., et lat. apiculus, petit sommet, t SCBAOUATIOUE (sub-a-koua-ti-k'), adj. Oui
est sous l'eau. Travaux subaquatiques. Exécuter une descente subaquatique.
tSCBRUAClUEN, lENNE (sub-bra-chiin, chiè-n'), odj. Terme de zoologie. Oui a les nageoires ventrales attachées en avant des pectorales, entre !;lles ou un peu en arrière.
— ETYM. Sub..., et lat. brachium, bras.
t SPBCALCAIRE (sub-kal-kê-r'), adj. Terme de minéralogie. Oui est presque de nature calcaire.
fSCBCARÉNÉ, ÉE (sub-ka-ré-né, née), adj. Qui est garni d'une légère saillie en forme de carène.
tSUBCACDAL, A LE (sub-kô-dal, da-l'), adj. 3ui est placé sous la queue.
t SIIBCLAV1F0K.ME (sub-kla-vi-for-m*), adj. Qui ft presque la forme d'une massue.
t SUBCOMPRIMÉ, ÉE (sub-kon-pri-mé, mée), adj. Qui est légèrement comprimé.
t SDBCONIQUB (sub-ko-ni-k*), adj. Qui est presque conique.
t SUB(:ORIllPOR.MR (sub-kor-di-for-m'), adj. Qui a presque la forme d'un cœur.
t SUBCORTICAI-, ALB (sub-kor-ti-kal, ka-l'), adj. Oui est placé sous l'écorce des arbres.
t SUBCOSTAL, ALK (sub-ko-stal, sta-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui est placé sous les côtes.
— HIST. ivi* s. La tunique subcostale, nommée du vulgaire des anatomistes pleura, pabé, h, 5.
t SUBCVLINDRIQUE (sub-si-lin-dri-k'), adj. Qui est à peu près cvlindrique.
t SUBDÈCURRENT, ENTE (sub-dé-ku-rran, rrant'), adj. Dont les feuilles sont presque décurrentes.
SUBDËLËGATION (sub-dé-lé-ga-sion ; en vers, de six syllabes), î. /■. Il !• Action de subdéléguer. 112" Anciennement, fonctions de certains administrateurs subordonnés aux intendants des provinces, à peu près semblables à celles de nos souspréfets. Il District assigné à ces administrateurs.
— ETYM. Subdéléguer.
SUBDÉLÉGUÉ, ÉE (sub-dé-lé-ghé, ghce), pari. passé de subdéléguer. Officier subdélégué par l'intendant de la province pour informer. || S. m. Celui qu'une personne revêtue de quelque autorité a commis pour agir, négocier en sa place. M. Boistel, qui est le véritable intendant, quoiqu'il n'ait que la qualité de subdélégué de M. de Breteuil, PELLISSON, Leit. hist. t. m, p. 264.
SUBDÉLÉGUER (sub-dé-lé-ghé), V. a. Il se conjugue comme léguer. Il se dit d'un homme investi de quelque autorité publique qui commet quelqu'un pour agir en sa place.
— HIST. ivi' s. Le pape ne peut par luy ni par son légat a lalere , ou par ses subdelegucz , exercer jurisdiction sur les sujets du roy, .... p. PITHOU, 31. Le légat a latere ne peut députer vicaire ou subdeleguer pour l'exercice de sa légation sans le consentement exprès du roy, ro. 68.
— ETYM. Sub, sous, et déléguer.
t SUBDELIRIUM (sub-dé-li-ri-om'), s. m. Terme de médecine. Sorte de délire incomplet, de demidélire, dans lequel les malades, absorbés en euxmêmes et comme à moitié endormis, s'égarent en de perpétuelles rêvasseries.
— ETYM. lat. sub, sous, et delirium, délire : sous-délire.
t SUB DÉPRIMÉ, ÊE (sub-dé-pri-mé, mée), adj. Qui est légèrement déprimé.
t SUBDISCOÏDE (sub-di-sko-i-d'), adj. Dont la forme se rapproche de celle d'un disque.
SUBDIVISÉ, ÉE (sub-di-vi-zé, zée), part, passé de subdiviser. Un sermon divisé en trois points, et chaque point subdivisé.
SUBDIVISER (sub-di-vi-zé), V. a. \\ 1" Diviser quelque partie d'un tout déjà divisé. Il divisa son mémoire en chapitres, et subdivisa chaque chapitre en paragraphes. Il Absolument. Parce qu'on est prévenu que les classes sont dans la nature, où cependant il n'y a que des individus, on croit qu'à force de subdiviser, on en connaîtra mieux les choses, et onsubdiviseà l'infini, condill. Gramm. u, 4. || 2° Se subdiviser, t). réfl. Être subdivisé. Les deux bras de cette rivière se subdivisent en canaux. || On dit aussi sous-diviser. Partager lescljisses en genres, sous-diviser les genres en espèces, et tout cela suivant un ordre dans lequel il entre nécessairement de l'arbitraire, bupf. Hist. nat. 4" dise.
— HIST. XVI' S. Cette partie de l'ame de rechef se soubsdivise en deux autres parties, dont l'une s'appelle corporelle ou végétative, l'autre irascible ou concupiscible, amyot. De la vertu mor. 4. D'un subject nous en faisons mille, et retumbons, en multipliant et subdivisant, à l'infinité des atomes d'Epicurus, mont, iv, 235.
— ETYM. Sub..., et diviser.
SUBDIVISION (sub-di-vi-zion, en vers, de cinq syllabes), s. f. Division d'une des parties d'un tout déjà divisé. La subdivision est ce qui perd presque tous les partis, particulièrement quand elle est introduite par cette sorte de finesse qui est directement opposée à la prudence, hetz, Mém. t. m, liv. IV, p. 63, dans pougens. Un seul article raisonné sur un objet particulier de science ou d'art renferme plus de substance que toutes les divisions et subdivisions qu'on peut faire des termes généraux, d'alemb. Disc, prélim. Encycl. Œuv. t. i, p. 246. De là le parti qu'il [Aristote] a pris d'assurer sa marc+ie par le doute, de l'éclairer par l'usage fréquent dus définitions, des divisions et sub- |
diTisions, barth^l. Anaeh. ch 64. ||0n dit aussi •ous-division.
— llisr. XTi's. En ce peu que j'ay eu à négocier entre no^ princes, en ces divisions et subdivisions qip.i nous deschircnt aujourd'huy, mont, m, a37.
t SUBDIVISIONNAIRK (sub di-vi-zio-nê-r"), adj. Relatif à une subdivision. Les parties subdivisionnacres de la mesure [musicale], cousseuaker, l'Art harmonique, p. 4 4 6.
t SUBELI.IPTIQUE (sub-èl-li-pti-k"), adj. Dont la forme se rapproche de celle d une ellipse.
t SUBÊRATE (su-bé-ra-f), I. m. Terme do chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide subérique avec les différentes bases.
t SUBÉREUX, EUSE (su-bé-reû, reù-z'), adj Terme de botanique. Qui a la lonsistance du liège. Les cellules subéreuses ou péridermiques. La substitution du chêne liège aux résineux, qui s'opérera avec d'autant plus d'activité que les produits subéreux seront plus recherchés.... H. paré. Enquête sur les incendies de forétt, p. 6. || Partie subéreuse ou liège, partie extérieure de l'écorce qui prend une couleur plus foncée, cesse de participer à l'activité vitale, et souvent est complètement desséchée.
— ÉTYM. Lat. suber, liège.
t SUBÉRINE (su-bé-ri-n'), ». ^. Terme de chimie llssu de liège purifié, regardé comme un principe immédiat ayant pour caractère de fournir de l'acide subérique par l'acide azotique.
t SUBÉRIQUE (su-hè-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide subérique, acide qu'on obtient en traitant le liège par l'acide azotique.
t SUBÉRONE (su-bé-ro-n'), s. f. Terme de chimie. Produit de la distillation du subcrate de chaux.
t SUBFOSSILE (sub-fo-ssi-l"), adj. A demi fossile, imparfaitement fossile. L'hippopotame subfossile de Madagascar, Acad. des se. Comptes rendus,
t. LXVII, p. 4(05.
tSUBFUSlFORME (sub-fu-zi-for-m'), adj. Qui • presque la forme d'un fuseau.
t SUBGLOBULEUX, EUSE (sub-glo-bu-leû, leûz'), adj. Qui a une forme presque globuleuse.
t SUBGRONDATION (sub-gron-da-sion), ». f. Ancien terme de chirurgie. Enfoncement d'une portion du crâne au-dessous du niveau de la portion voisine, avec ou sans interruption de continuité.
— ETYM. Lat. subgrundationem, entablement, de sub, sous, et grunda, rigole de toit.
SUBHAST ATION (sub-a-sta-sion ), ». f. Terme vieilli. Vente de meubles ou d'immeubles qui se faisait à cri public, par autorité de justice, au fhiL offrant et dernier enchérisseur.
— HIST. XV* s. Adjoute icy qu'il convendra Que vendue du sien soit faite En plain marchié et pour sa debte Par cris et subhastacions, E. descu. Psésies mss. (° 407.
— ETYM. Lat. subhastationem, de subhastaiê subhaster.
t SUBHASTER (sub-as-té), ». a. Terme vieilli Vendre par subhastation. Quoique le cardinal [Ma zarin] fiit conservé, il ne laissa pas de se plaindre aux princes qu'il avait été subhasté, et qu'il lui fallait restituer ses malles et habits et ses livres vendus par arrêt du parlement, la rochefouc. Mém. 68.
— HIST. XVI* s. Je ne veux oublier les somptueux meubles d'or, d'argent, tapisseries et autrss richesses que nous fismes prendre, vendre et subhaster. Sot. Mén. p. 36.
— ETYM. Lat. subhastare, de »u6, sous, et hasta, lance; à cause que les Romains enfonçaient dans ces occasions une pique en terre dans le lieu où se faisait la vente; la pique était le signe de la conquête et de la propriété.
SUBI, lE (su-bi, bie), part, passé de subir. Des souff'rances subies avec courage.
t SUBIMDRIQUÉ, ÉE (sub-in-bri-ké, kée), adj Qui est presque imbriqué.
t SUBINFLAM.MATION (sub-in-fla-ma-sion), ». f Terme de médecine. Inflammation peu intense à marche lente, avec ou sans œdème et engorgement.
SUBINTRANT, ANTE (sub-in-tran, tran-t'), od;. Terme de médecine. Il se dit d'accès d'une maladie périodique qui empiètent les uns sur les autres, dont le suivant commence avant que le précédent soit complètement terminé. Accès subintrants. Fièvre intermittente ou rémittente, subintranle.
— ETYM. Lat. »ub, et intrani, entrant.
SUBIR (su-bir), ti. O. || 1* Passer, de gré ou de force, sous ce qui est prescrit, infligé. S'il faut subir
SUB
le coup d'un destin rigoureux, corn. Cinna, i, 4. Ainsi, prêt à subir un joug qui vous opprime, Vous n'allez à l'autel que comme une victime, BAC. Mttkr. n, 4. Je n'ai point de leur joug [des Romains] subi l'ignominie, ID. ib. y, 5. Le riche et l'indigent, l'imprudent et le sage. Sujets à même loi, subissent même sort, j. b. rouss. Ode$, I, 3. On assure qu'en travestissant ce grand poëte, il [Scarron] le priait quelquefois de pardonner à sa goutte l'espèce de mascarade qu'il faisait subir à l'Enéide, d'alemb. Êlog. Mariv. note 3. Les enfants [à Lacédémone] subissent un jugement solennel dès leur naissance, et sont condamnés à périr lorsqu'ils sont mal conformés, BAHTHÉL. Anach. ch. 43. Il Subir la question, être mis à la question. || Subir un interrogatoire, répondre aux inlerrogations d'un juge devant lequel on comparait. || Subir son jugement, subir la peine à laquelle on a été condamné par un jagcment. Il Subir examen, un examen, passer à l'examen suivant les formalités ordinaires. || On dit de même : subir une épreuve. || Fig. Cette constitution politique a subi l'épreuve du temps. || 2* Il se dit des objets qui éprouvent changement, modification. Les mœurs subirent une réforme. La tourterelle, comme le pigeon et le ramier, a subi des variétés dans les différents climats, bupp. Ois. t. iv, p. 393. Lorsque ces particules d'argent pur rencontrent dans le sein de la terre les principes des sels et les vapeurs du soufre, elles s'altèrent et subissent des changements divers et très-apparents, id. Min. t. vin, p. 5ï.
— REM. 1. Vous gérez révolté de voir subir des refus, parce qu'on essuyé un refus, et qu'on subit une peine; subir un refus est un barbarisme, volt. Dicl. ■phil. Yers et poésie. \\ %. Subir parait s'être introduit dans la langue au commencement du xvn' siècle.
— ÉTYM. Lai. lubire, de sut, sous, et ire, aller (voy. irai).
SUBIT, ITE (su-bi, bi-t'), adj. Qui survient tout i coup. Accident subit, rotr. Bélis. rv, 7. Ils [les hommes] mangeaient, ils buvaient, ils achetaient, ils vendaient, ils plantaient, ils bâtissaient, ils faisaient des mariages aux jours de Noé et aux jours de Loth, et une subite ruine les vint accabler, boss. Mar.-Thér. Prenez soin qu'à l'instant la trompette guerrière Dans le camp ennemi jette un subit effroi, RAC. Athal. v, 3. Qui peut vous garantir qu'une révolution subite d'humeurs ne vous fera pas expirer sur-le-champ ?uass. Car. Imp. finale.
— HIST. XIII* s. [Elle] Dieu prie qu'avant puist morir. Et que mors soubite ains lui viegne. Roman de Robert le Diable. || iv s. L'un de ceux qui avoient un glaive se vira subit, et le darda en l'estomac du chevalier, louis xi. Août), xcviii.
Il XVI' s En ses lèvres habite Mortel venin qui
cause mort subite, marot, ii, 284. Subit que nous sentons quelque mordication aux intestins, nous nous hastons d'y remédier, paré, i, 23. Nostre changement est si subit et si prompt en cela [la mode], que l'invention de tous les tailleurs du monde ne sçauroit fournir assez de nouvelletez,
— ÉTYM. Ital. subito; du lat. subitus, subit, qui est le participe passé de subire, aller sous.
SUBITEMENT (su-bi-te-man), adv. D'une manière subite. Allons subitement Lui demander [à Néron] raison de cet enlèvement, rac. Brit. i, t. Et jamais on n'a vu la timide innocence Passer subitement à l'extrême licence, id. Phéd. iv, 2. L'amour qui naît subitement est le plus long à guérir, la brut. iv. Il n'est pas vrai qu'il [Louvois] mourut subitement au sortir du conseil, comme on l'a dit dans tant de livres et dictionnaires, VOLT. Louis II r, Secret. d'État.
— HIST. xii* S. Sudement [ils] sajetterunt lui, liber psalm. p. si. Or me dites cum faitement Venu estes tant sodement, wace. Vierge Marie, p. 74. Jazon od [avec] mil homes sobitement entra en la cité, Machab. n, 6. || xiii* s. Soudement les tormenta nostre sire Dieux, et ocist les plusieurs. Psautier, f 94. [elle] Mourut subitement séant sor une sele [c' aise], Berte, lxxxvi. il XIV» s. Lores s'en ala U consuls soudement et assaillit la ville, bercheure, f 39, verso. || xvi» s. Retirez de la dispute, par douleur de ventre, à la garde-robe, touts deux [Arius et Léon] y rendirent lubitement l'ame, uont. i, 249.
— ETYM. Subitt, et le suffixe ment; ital. tubitamente.
SDBITO (su-bi-to), adv. Terme familier. Subitement, tout i coup. Quoi qu'il en soit, goûtex-en
SUB
un petit moment, mon cher ange, et renvoyez-le moi subito, subito, volt. Lett, d'Argental, 4 août 4777. Si du trône, par occurrenco,Un roi tombait, que subito On le ramène en son château, bérang. Sainte Alliance.
— ÊTVM. Ital. subito, soudainement (voy. subit). t SUBJACENT, ENTE (sub-ja-san, san-t'), adj.
Qui est situé, placé au-dessous.
t SUBJECTIF, IVE (sub-jè-ktif, kti-v"), adj. Il !• Terme de philosophie. Oui a rapport au sujet. Il II se dit, par opposition à objectif, de ce qui se passe dans l'intérieur de l'esprit. || Conceptions subjectives, celles qui émanent directement de l'esprit sans mélange notable des conceptions objectives. || Méthode subjective, méthode dans laquelle le point de départ est une conception de l'esprit, qui pose a priori un certain principe métapliysique d'où il tire des déductions. || Subst. m. Le subjectif, ce qui est subjectif. |{ 2* Terme de grammaire. Voix subjective , se dit de la voix active, par opposition à voix objective ou passive. Il Cas subjectif, se dit du nominatif, concurremment avec cas sujet.
— HIST. Lat. subjectivus, qui appartient au sujet, de subjicere , mettre sous, de lub, sous, et jacere, jeter.
t SCBJECTION (sub-jè-ksion), s. f. Terme de littérature. Figure de pensée qui consiste àinterroger l'adversaire et à supposer sa réponse, ou, simplement, à prévoir ce qu'il pourrait dire et à fournir d'avance la réplique.
— ÉTYM. Lat. subjectionem, de tubjicere, mettre dessous.
t SUBJECTIVEMENT (sub-jè-kti-ve-man), adv. Terme de philosophie. D'une manière subjective.
t SCBJECTIVER (sub-jè-kti-vé), V. a. Terme de philosophie. Rendre subjectif; considérer comme tel, faire dépendre du subjectif.
t SUBJECTIVISME ( sub-jè-kti-vi-sm' ), ». m. Propension vicieuse vers la subjectivité. Proposition entachée de subjectivisme.
t SUBJECTIVITE (sub-jè-kti-vi-té), ». f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est subjectif. Il Ensemble de ce qui est subjectif.
SUBJONCTIF (sub-jon-ktif), ». m. Terme de grammaire. || 1' Mode du verbe qui exprime l'existence, l'état ou l'action dans un rapport de dépendance avec un autre verbe auquel il est soumis. Les temps du subjonctif. Le subjonctif exprime l'action d'une manière dépendante, subordonnée, incertaine, conditionnelle, en un mot d'une manière qui n'est pas absolue et qui suppose toujours un indicatif, oumars. Œuv. t. iv, p. 342. Il Adj. Le mode subjonctif. |{ 2* Adj. Qui appartient au subjonctif. Conjonctions subjonctives.
— ÉTYM. Provenç. subjunctiu; espagn. subjunrtivo ; ital. soggiuntivo; du lat. subjunctivus, de subjungere, de sub, sous, etjungere, joindre.
t SUBJUGATION (sub-ju-ga-sion), ». f. Action do subjuguer. Résultat de cette action. Concitoyens, vous n'avez pas d'autre alternative que la victoire ou la subjugation. Proclamation de Jefferson Davis, dans J. des Débats, 25 aoiit 4863.
— HIST. XVI* s. Subjugation, cotorave.
— ETYM. Subjuguer.
SUBJUGUÉ, ÉE (sub-ju-ghé, ghée), port. pa»s^ de subjuguer. Réduit en sujétion. Ils [les Romains] gouvernaient avec équité les nations subjuguées, BOSS. Bist. III, 6. Il Substantivement. Le nombre des subjugués est immense par rapport au nombre des vainqueurs, volt. Mœurs, 93. Il Fig. Je me sens subjugué par cette maxime de toute l'antiquité : rien ne vient du néant, rien ne peut retourner au néant, volt. Phil. ignor. 4 4. J'ai compris par cette aventure qu'il est impossible de ramener un homme subjugué, et que la femme la plus méprisable est celle dont l'empire est le plus siir, duclos, Œuv. t. viu, p. 423. Ma raison subjuguée par ce penchant fatal, riccoboni, Œuv. t. rv, p. 4 4 6, dans pougens. Corinne n'était point une personne frivole; mais elle se sentait chaque jour plus subjuguée par son amour pour Oswald, STAËL, Corinne, vi, 4.
SUBJUGUER (sub-ju-ghé), je subjuguais, nous subjuguions, vous subjuguiez; que je subjugue, que nous subjuguions, que vous subjuguiez, v. a. Il 1* Mettre sous le joug, réduire en sujétion, par la force des armes. Annibal est vaincu, et Carthage subjuguée par Scipion l'Africain, boss. Hist. m, 7. De tous les conquérants qui ont envahi une partie du monde, il n'y en a pas un qui ait commencé ses conquêtes avec autant de troupes rc- I glées et autant d'argent que liOuis eu employa
SUB
pour subjuguer le petit Étal des Provinces-Unies, VOLT, iout» XIV, 40. Le roi [Henri II] alla conquérir l'Irlande; c'était un pays sauvage qu'un comte de Pembroke avait déjà subjugué en partie avec douze cents hommes seulement, id. Mœurs, 60. Tamerlan devait avoir d'autant plus de ce mérite propre à l'ambition, qu'étant né sans Étals, il subjugua autant de pays qu'Alexandre, et presque autant que Gengis, id. Moeurs, 88. || 2* Par extension. Dompter un cheval. || 3* Fig. Il se dit de la possession d'une femme. S'il avait voulu attaquer ces dames, il les aurait toutes subjuguées l'une après l'autre, sans être aimé d'aucune, volt. Pr. de Bab. 7. || 4* Fig. Exercer de l'empire, de l'ascendant. Les hommes, qui sont tous nés imitateurs, prennent insensiblement la manière de s'exprimer et même de penser des premiers dont l'imagination a subjugué celle des autres, volt. Disc, récept. Corneille avait trente ans quand il donna sa Médée; c'est l'âge de la force de l'esprit; mais il était encore subjugué par son siècle, id. Comm. Corn. Rem. Médée. Monseigneur le duc d'Orléans, régent du royaume, me faisant un jour réciter le second chant de la Henriade, me dit : Il faut que le vers me subjugue, is. Lett. Choiseul, juin 4 773. La même crainte qui le fait fuir [le flamant] le subjugue quand il est pris, bufp. Ois. t. xvi, p. 324. Son nom [de Montesquieu, allégué dans une discussion] subjugua tout le sénat britannique, raynal, Hist. phil. xiT, 22. n n'est pas temps encore ; ils sont tous subjugués par lui, beaukarch. Mère coup, i, 2.
— HIST. XII* s. La poesté , la seignorance Del reaime de tute France [il] Suzmist à sei e suzjua, BENOIT, I, 766. Les gens sunt forz e enrichies; Ne les porra riens sosjoer, m. n, 44396. ||iv* s. Veu que nous avons la puissance, La proesse et l'auctorité Pour subjuguer toute la France.... Mistere d'Orlearu, p. 44 6. Après les guerres oii il les avoit vaincuz et subjuguez, coiix. 11, 4.
— ETYM. Provenç. et espagn. subjugar ; ital. soggiogare ; du lat. subjugare, de sub, sous, et iugum, joug.
t SUBJUGOEUK (sub-ju-gheur), ». m. Celui qui subjugue. Louis lui-même, effroi de tant de princes. Preneur de murs, subjugueur de provinces, LA PONT. Poésies mêlées, ilii.
— HIST. XVI* s. Subjugueur, oudin, Dict.
— ÉTYM. Subjuguer; ital. soggiogatori.
t SUBLAPSAIRE (sub-la-psê-r'), ». m. Nom donné à ceux d'entre les calvinistes qui regardent tous les hommes non prédestinés comme voués à une perdition inévitable par la chute d'Adam.
— ÉTYM. Lat. sub, et lapiu», sous, après, chute. SUBLIMATION (su-bli-ma-sion), ». f. Terme de
chimie. Opération par laquelle un corps solide, volatilisé par la chaleur dans un vase clos, arrive contre la paroi supérieure de ce vase, où il repasse à l'état solide et s'y flie. Il [M. Geoffroy le cadet] montra à la compagnie un petit pain de ce sel [ammoniaque], en tout semblable à celui qu'on nous apporte du Levant, excepté qu'il paraissait résulter de la sublimation, comme il en résultait en effet, mairan, Élog. de Lémery. || Action volcanique qui produit diverses substances minérales. Les volcans donnent, par sublimation, des matières ferrugineuses qui ont du magnétisme et des pôles, BUPP. Min. t. IX, p. 4 58.
— HIST. XV* s. Qui enveult médecine avoir Mercuriale, en son vessel Le meslra dedens le fournel Pour faire sublimation. Qui est de Dieu un noble don, la Font. 455.
— ÉTYM. Ital. sublimaxitme ; du lat. sublimationem, de mblimare (voy. subumer). Sublimation de France [élévation de la nation française], Chron, de St-Denii, t. 11, f* 4 2, dans lacurnb.
SUBLIMATOIRE (su-bli-ma-loi-r'), ». m. Terme de chimie. Vaisseau qui sert à la sublimation. Il Terme d'alchimie. Sublimatoire des philosophes, l'œuf des sages, dans lequel la pierre se cuit.
— HIST. XVI* s. Alembic, refrigeratoires, sublimatoires, reverberatoires, paré, t. m, p. 638.
— ETYM. Sublimer.
SUBLIME (su-bli-m'), adj. || 1* Au sens latin et propre, usité seulement en terme» d'anatomis et de médecine. Muscles sublimes, muscles plus superficiellement situés que leurs congénères que l'on désigne alors par le nom de profonds. || Respiration sublime, celle qui est grande , acconapagnée de mouvements des ailes du nez et d'élévation du thorax pendant l'inspiration. || Fig. Les dons que je vous fais. Us ne font point de honte •u rang le plus sublime, corn. Héracl. i, 1. Si vo-
SUB
ire hymen m'élève à la grandeur sublime, id. Sert. I, 3. Voilà par quel cas Tortuit il est arrivé que tint d'Auvergnats ont paru i la cour de France dans les postes les plus sublimes sous Charles VIII, Louis XII et François I", bayle, <■' article tur la famille Amauld. || 2* Fig. Qui s'élève à une grande Aauteur intellectuelle ou morale, en parlant des personnes. On génie sublime. Il faudrait, Xcnoclès, une ime plus sublime, corn. Agésil. v, 5. Saint Augustin, un si sublime docteur, un théologien si exact.... Boss. Avert. repr. d'idol. B. Je ne me pique, mon cher et illustre maître, d'élre ni aussi sublime que Platon, s'il est vrai qu'il soit aussi sublime qu'on le prétend, ni aussi obscur qu'il me paraît l'être; vous me faites donc trop d'honneur de me comparer à lui, d'ai.emb. Lett. à Yolt. 7 août 1763. Sénèqueest ici grand moraliste, excellent raisonneur, et de temps en temps peintre sublime, didkr. Claude et Nér. n, «B. Maître puissant par qui tout génie est formé, Public, sublime auteur qu'on n'a jamais nommé! tiiéopiiiLB GAUTIER, Prol. de réouverture de l'Odéon. Il 3" Il se dit, dans le même sens, des choses intellectuelles et morales. L'hérésie des béguards, qui, se glorifiant d'une sublime et perpétuelle communication avec Dieu.... Boss. lit. d'orais. x, t. Ses ouvrages fde Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, Étinceilent pourtant de sublimes beautés, boil. Art p. II. Il n'y a personne qui ne sente la grandeur héroïque qui est renfermée dans ce mot, qu'il mourût, qui est d'autant plus sublime qu'il est simple et naturel, id. Longin, Sublime, Préf. Il faut savoir que par sublime Longin n'entend pas ce que les orateurs appellent le style sublime, mais cet extraordinaire et ce merveilleux, qui frappe dans le discours, et qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte, id. ib. Tu n'es qu'un conjuré paré d'un nom sublime [ambassadeur], volt. Brutus, v, 2. L'éloquence ne consiste point, comme tant d'auteurs l'ont dit d'après les anciens, à dire des choses grandes d'un style sublime, mais d'un style simple; car il n'y a point proprement de style sublime, c'est la chose qui doit l'être; et comment le style pourrait-il être sublime sans elle, ou plus qu'elle? d'alemb. Mél. Utt. (Eut), t. m, p. 243. Ce tableau de la plus sublime des sciences naturelles [astronomie], toujours croissant au milieu même des révolutions des empires, pourra consoler des malheurs dont les récits remplissent les annales de tous les peuples, laplace, Exp. v, préface. || Style sublime, voy. style. ||4° S. m. Ce qu'il y a de grand, d'excellent dans le style, dans les sentiments, dans les actions. Le sublime se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure, dans un seul tour de paroles, boil. Longin, Sublime, Préf Le sublime est une certaine force de discours propre i élever et à ravir l'âme, et qui provient ou de la grandeur de la pensée et de la noblesse du sentiment, ou de la magnificence des paroles, ou du tour harmonieux, vif et animé de l'expression, id. ib. Réfl. M. Et je hais un sublime ennuyeux et pesant, id. Art p. III. Le sublime ne peint que la vérité; mais, en un sujet noble, il la peint tout entière, dans sa cause et dans son effet; il est l'expression ou l'image la plus digne de cette vérité, la brut. i. Ou'e.st-ce que le sublime?.... tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables?.... ou plutôt le naturel et le délicat ne sont-ils pas le sublime des ouvrages dont ils font la perfection? qu'est-ce que le sublime? où entre le sublime? ID. I. On distingue plusieurs sortes de sublime; il n'est pas toujours véhément et impétueux , hollin, Traité des Et. m, 3. Le sublime doit être dans le sentiment ou dans la pensée; et la simplicité, dans l'expression, d'alemb. Disc. Acad. franc. En général, le ridicule touche au sublime; et, pour marcher sur la limite qui les sépare, sans la passer jamais, il faut bien prendre garde à soi, marmontel, Œuv. t. v, p. (88. Savez-vous ma définition du sublime oratoire? c'est l'art de tout dire sans être mis à la Bastille, dans un pays où il est défendu de rien dire, l'abbé galiani, cité par Sainte-Beuve, Causeries, t. I, p. 44. On n'arrive point au sublime par degrés; des distances infinies le séparent même de ce qui n'est que beau, stael, Corinne, iv, 3. Voyons l'homme non pas qui se complaît à peindre les pieuses douleurs et le sublime de la vertu mais qui pénètre dans une âme perverse et mobile et la dévoile tout entière, villemain, Litt. franc, mu* siicU, *" leçon. || Par plaisanterie. Et fur des tons d'un sublime ennuyeux Psalmodier
SUB
la cause infortunée D'un perroquet non moins brillant qu'Bnée, oresset, Ver-vert, i. \\ 6* Terme de beaux-arts. Le beau i un degré très-éminent en un sujet grave. Si au sublime du technique l'artiste flamand avait réuni le sublime de l'idéal, on lui élèverait des autels, dider. Salon de iTm, Œuvr. t. XIV, p. 4»8. IJ 8* Ce qu'il y ad'exalté dans l'âme et la spiritualité. Fénelon vit Mme Guyon, leur esprit se plut l'un à l'autre, leur sublime s'amalgama, st-sim. 3l, 407. || 7* Familièrement. Ce qu'il y a de mieux. Le sublime de l'administration est de connaître quelle est la partie du pouvoir que l'on doit employer dans les diverses circonstances, montesq. Espr. xii, 2B.
— HIST. XVI' s. Jusques à quand, o Pan grand et sublime. Laisseras-tu cette gcnt tant infime? marot, i, 3<2. Ceste ruse est des plus sublimes, comme on parle aujourd'hui, H. est. Apol. d'Hérod.
p. 2B(I, dans LACDRNE.
— lîTYM. Lat. sublimis. Sublime s'est dit pour sublimé : Je suis lors dissoubs et sublime. Sans marteau, tenailles ne lime. Sans charbon, fumier, baing marie. Et sans fourneau de soufflerie, Nat. i l'aleh. err. 339.
SUBLIME, ËE (su-bli-mé, mée), part, passé de sublimer. || i* Oui est le produit de la sublimation. On y verra les matières calcaires calcinées, le fer et les autres métaux sublimés en safran, en litharge, buff. Min. t. m, p. 72. Chercher dans les crevasses, si elles renferment des cristallisations métalliques ou pierreuses que l'on puisse considérer comme sublimées, Saussure, Voy. Alpes, t. vm, p. 300. Il 2" S. m. Terme de chimie. Le produit de la sublimation. || Il se dit surtout de certaines préparations de mercure. Sublimé doux, le calomel ou protochlorure de mercure ; le sublimé corrosif, deutochlorure de mercure. Comme on a presque toujours préparé ces sels [deutochlorure et protochlorure de mercure] en chimie par la voie sèche, on a nommé les produits sublimés corrosif et doux, FOURCROT, Conn. chim. t. v, p. 333.
— HIST. XV* s. En sublimé dangereux i toucher, VILLON, Ballade. \\ xvi* s. La poudre du sublimé ou de l'arsenic, paré, ix, «.
SUBLIMEMENT (su-bli-me-man), ctdv. D'une manière sublime. Je pourrais faire un ouvrage qui prouvât que les choses les plus sublimement étranges qui nous frappent [dans les écrits du jour] sont un réchauffé des anciens temps, fréron. Année litt. 170), t. IV, p. 34. C'est [une lettre de Diderot à Voltaire] une critique assez sensée de son Tancrède; c'est un éloge de ses ouvrages, surtout de son Histoire universelle, dont ils [Damilaville et Thiriot] pensent que j'ai parlé sublimement, dider. Lett. à Mlle Voland, i" déc. <760.
— HIST. xvi* s Sublimement, cotorave.
— ÊTYM. Sublime, et le suffixe ment.
SUBLIMER (su-bli-mé), v. a. Terme de chimie.
Élever dans une cornue ou dans un espace libre, par le moyen de la chaleur, les parties volatiles d'une substance sèche et les recueillir. Soit qu'étant plein de chaleur et d'esprit [le vin], H le sublime [le quinquina] et donne à sa nature D'autres degrés qu'une simple teinture, la font. Quirir quina, n. Tous les métaux sont susceptibles d'être sublimés par l'action du feu, buff. Jfin. t. iv, p. 2. Il II se dit quelquefois abusivement pour vaporiser. L'évaporation, comme la distillation, ne sublime dans l'atmosphère que de l'eau parfaitement pure, babinet, Revue des Deux-Mondes, i" déc. I8B4, p. 10(0. Il Se sublimer, v. réfl. Être sublimé. Toutes les matières qui peuvent se sublimer, buff. Preuv. théor. Œuv. terre, t. i, p. 337.
— HIST. nv* s. Quand le corps [humeur] meslé est sublimé par adustion, lanfranc, f* 47, verso. Il XVI* s. Distiller, c'est un art... aucuns appellent cet art sublimer, qui ne signifie autre chose que séparer le pur de l'impur, les parties les plus subtiles et déliées d'avec les plus corpulentes, espaisses et excrementeuses, paré, xxvi, ( . Sapience est la perfection., qui enlumine, sublime et affine le discours de la raison par la cognoissance des choses, amïot. Moral. Éptt. p. 3.
— RTYM. Provenç. et espagn. sublimar; ital. sublimare ; du lat. sublimare, élever en haut, dénominatif de sublimis (voy. sublime). Sublimer se trouve dans des textes anciens au sens d'élever en haut; c'est le sens primitif; mais, comme terme de chimie, il a un sens un peu différent.
t SUBLIMISER (su-bli-mi-zé), v. a. Rendre sublime. Il Se sublimiser, v. réfl. Devenir sublime. La même sensibilité qui se disperse et s'atténue sur des bagatelles, d'où elle se résout en sottise
SUB
et en égofsme, peut aisément se concentrer et se sublimiser sur de grands objets. M"' boland, Lett. à Bancal des Issarts, w juin «791.
SUBLIMITE (su-bli-mi-té), t. f. Il !• Qualité de ce qui est placé en haut (sens propre peu usité). Nous honorons leurs reliques (des martyrs], dit .saint Augustin, jusqu'à les placer sur la sublimité du divin autel, BOss. 3* avert. 9. || !• Qualité de ce qui e.st sublime. La sublimité des pensées, du langage. La sublimité de cette science. Montrons dam un prince admiré do tout l'univers ce qui fait le* héros : valeur, magnanimité, bonté naturelle, voilà pour le cœur; vivacité, pénétration, grandeur et sublimité de génie, voilà pour l'esprit, Boss. Louis de Bourbon. Prévenu comme vous l'êtes que le style simple n'est point susceptible de sublime, vous croyez qu'il ne peut y avoir là de vraie sublimité, boil. Longin, Sublime, Réfl.
10. Content d'avoir montré dans un seul genre la richesse et la sublimité de son esprit, vauven. Mas. CCLZV. Il 8° Exaltation dans la spiritualité. Ceux qui recherchent des sublimités exorbitantes, sans preuve, sans témoignage, sans exemple, sans autorité, B0S8. Et. d'orait. m, i>. Dans ces étranges sublimités on (le mystique] passe tranquillement les dix et les vingt ans, sans seulement penser à lui [Jésus-Christ] ni à aucun de ses états, ro. ib.
11, 6. On a pu remarquer ici (chez le nouveau mystique] une autre sublimité, c'est-à-dire une autre ignorance et un autre égarement de sa nouvelle contemplation, ro. ib. Il, 13.
— HIST. xiï* S. Ainssin Girars et Berte en irès grant vilité Deservoient [méritaient] bien du ciel la grant sublimité, Girart de Ross. v. 2449. jj xvi* s. Levay les yeux, et promplement je veis Du grand portail sur la sublimité Le corps tout nud et le gracieux vis De Cupido, marot, i, <70.
— ÊTYM. Provenç. sublimitat; espagn. sublimidad; ital. sublimità; du lat. sublimitatem, de tublimis, sublime. On a attribué ce mot à Chapelain ; il est plus ancien que lui, non pourtant au sens d'excellence dans le beau
SUBLINGUAL, ALE (sub-lin-goual, goua-O, adj. Terme d'anatomie. Qui est situé sous la langue. Il Glande sublinguale, glande salivaire située dans l'épaisseur de la paroi inférieure de la bouche, audessous de la partie antérieure de la langue.
— HIST. ivi* s. Hypoglottides, c'est à dire sublinguales, que l'on tient à la bouche, comme fueillesdevinctte, rouellesde citron.... PARÉ,xxv,t9.
— ÈTYM. Lat. sub, sous, et lingua, langue.
t SCBLOBÉ, ËE (sub-lo-bé, bée), adj. Qui se partage presque en lobes.
SUBI.UNAIUE (sub-lu-nê-r'), adj. Terme didactique. Qui est entre la terre et l'orbite de la lune. Je me crois le plus malheureux Des individus sublunaires, DESMARETs, Yisionnoires, dans richelet. Aristote soutient que les cieux sont incorruptibles, quoique les choses sublunaires soient sujettes à s« corrompre, fén. Aristote. Il [Tycho] prouva que celte comète, bien loin d'être sublunaire, était dans une région très-élevée, baillt, Ilist. astr. mod. t. I, p. 4M. Il Le globe, le monde sublunaire, la terre et son atmosphère.
— HIST. XVI s. Toutes choses sublunaires ont leur fin et période, rab. iv. Ane. prol.
— ÊTYM. I^t. sub, SOUS, et luna, la lune.
t SUBLUXATION (sub-lu-ksa-sion), ». f. Terme de chirurgie. Luxation incomplète d'une articulation.
t SUBLVRÊ, ÊE (sub-li-ré,' rée), adj. Terme de botanique. Qui a presque la forme d'une lyre, qui a des feuilles presque lyrces.
t SUBMENTAL, ALE (sub-man-tal, ta-l"), adj. Terme d'anatomie. Situé sous le menton. Artère submcntale.
— ÊTYM. Sub..., et lat. men(um, menton SUBMERGE, ËE (siib-mèr-jé, jée), part, passé
de submerger. Plongé sous l'eau. Les inondations du Nil durent, pendant des siècles, écarter tous les colons d'une terre submergée quatre mois de l'année, volt. Mceurs, Introd, Ce petit État des sept Provinces-Unies, pays fertile en pâluragss, mais stérile en grains, malsain, et presque submergé par la mer, lu. Louis XIV, 2. Dans le détroit du Sund nos vaisseaux submergés, ducis, llamlet, I, t. Il Fig. Voilà celle pauvre Vibraye submergée dans les plaisirs, sÉv. 3 janv. («80. Toutes les institutions sociales dans lesquelles nous nous trouvons submergés, étoufferaient en lui la nature, et ne mcltraient rien à la place, i. J. Rouss. Ém. I. Il Terme de botanique. Se dit des plantes qui, ordinairement submergées, élèvent leurs fleurs hors
SUB
de re«u au moment de la fécondation, et redescendent sous l'eau aussitôt après.
t SCBMERGEMENT (sul)-mèr-je-man), adv. Action de submerger. Comment un événement aussi terrible que celui du submergcment de toute la terre.... tolt. Dicl. phil. Samothrace.
SUBMERGER (sub-mèr-jé. Le g prend un « devant a et o; je submergeais, nous submergeons], e. o. Il !• Couvrir d'eau. En um il y eut une inondation qui sépara la ville de Dordrecht de la terre ferme, submergea soixante et douze villages, buff. Preuv. Théor. terre, Œuvr. t. ii, p. Aie. Combien de régions ont été submergées par les eaux du ciel! BARTHBL. Anach. ch. 64. || 2' Plonger enlièrement dans l'eau. Submerger un vaisseau. 1-a Hollande est encore plus en sûreté que Venise ; elle submergerait les troupes révoltées, elle les forait mourir de faim, moniesq. Esp. xi, 8. || Kig. Quelquefois la corruption vient à grands flots [par la comédie]; quelquefois elle s'insinue comme goutte à goutte ; à la fin, on n'en est pas moins submergé, boss. Comédie, 8. La douleur l'avait submergé, Bernard, de st-p. l'aul et Yirg. Outougamiz anéanti s'appuyait contre le tronc d'un arbre : il ne parlait plus, sa douleur le submergeait, CHATEAUBR. NaUh. 2' partie, vers la /în. || 8° Se submerger, v. réfl. Aller au fond de l'eau. La manière dont il [le merle d'eau] se submerge pour marcher au fond de l'eau, buff. Ois. t. iv, p. 2)2. ||4*n se dit fig.et familièrement pour se confondre. Le duc de Guicbe se submergeait en bredouillages et en plongeons jusqu'à terre, st-sim. 609, 244.
— HIST. m* s. Voyant tant de grands flots et de vents s'eslever Pour submerger ma barque errante et passagère, despohtes, Œuvres chrestiennes, Sonnets, 9. Et qu'après estre levé suivant sa route, il fut submergé.... Guidon dt la mer, dans jal. Qu'aultresfois ils ont esté submergez par l'inondation des eaux célestes, mont, ii, 33b.
— ÉTYM Provenç. somergir, tubmtrgir, submerger; espagn. sumergir; ital. sommergere ; du lat. tubmergere, de sub, sous, et mergere, plonger.
t SCB.MERS1BLE (sub-mèr-si-W), adj. Qui peut être submergé. || Terme de botanique. Se dit d'une plante aquatique qui s'enfonce dans l'eau après la floraison.
— ÊTYM. Lat. submersum, supin de tubmergere, submerger.
SUBMERSION (sub-mèr-si-on), ». f. \\ i' Action de plonger ou d'être entièrement plongé dans un liquide. La submersion d'un navire. La tradition de la submersion de l'Atlantide, biiff. 6* ép. nat. (Eut), t. xn, p. 278. Il Mort par submersion, celle des noyés. || 3* Grande et forte inondation. La rupture des digues causa la submersion du pays. L'exhaussement du sol de l'Egypte est une suite naturelle des submersions annuelles qu'il éprouve, GIRARD, Instit. Mém. scime. 4 8<7, t. Ii, p. 264.
— HIST.iiv's. Se la submersion qui est faite en l'eau de mer cure morsures ou pointures de serpens et d'escorpions, H. DEMONDEviLLE, f* 88, verso.
— Btym. Lat. submersionem, de tubmersum, supin de submergere, submerger.
t SUBMÉTALLOÏDE (sub-mé-tal-lo-i-d'), adj. Qui a une apparence de métalloïde.
t SUBMISSION (sub-mi-ssion), *. f. Terme vieilli qui est le même que soumission. Il semblait bien qu'une submission si grande devait fermer la bouche à ceux mêmes qui lui étaient les plus mal affectionnés, malh. Le xxxm* livre de T. Live. ch. 4 3. Avec le roi prophète élève ta prière; Kt dis à son exemple avec submission.... cokn. Imil. I, 21. Le rang de l'olTensé, la grandeur de l'olTuiise, Demandent des devoirs et des submissions. Qui passent le commun des satisfactions, m. Cid, ii, t.
— HIST. XIV' s. Submissions ordinaires et extraordinaires, Ordonn. des rois, t. m, p. 680.
— ETYM. Voy. SOUMISSION.
tSUBOCULAlRE (sub-o-ku-lê-r*), adj. Qui est situé sous l'œil.
SUBODORÉ, ÉE (sub-o-do-ré, rée), port, passé de subodorer. Une intrigue subodorée.
SUBODORER (sub-o-do-ré), ». a. Terme peu usité. Sentir de loin à la trace. || Fig. Se douter de
Quelque chose. M. Delisle aura, je m'assure, été chaude dans l'achat qu'il a fait trop prccipiUmment de quelques Ubleaux ; j'en ai subodoré quelque chose, POUSSIN, Lett. 22 juin 1648.
— ÊTYM. Ut. tvbodorari, de »ub, sous, et odorari, flairer.
t SCBOMBILIQUÉ, ÉE (sub-on-bi-li-ké, kéc), adj. Oui offre une eicavatico presque scmlilable à un ombilie.
SUB
SUBORDINATION (sub-or-di-na-sion ; envers, de six syllabes), ». f. \\ !• Certain ordre établi entre les personnes, et qui fait que les unes dépendent des autres. La subordination maintient la discipline dans les armées. L'esprit de subordination. Il n'y aura plus sur la terre ni police, ni sûreté, ni subordination, ni société réglée, ni principes certains de bonnes mœurs, fén. Dial. des morts anc. dial. 32. Il 2' Particulièrement. Dépendance d'une personne à l'égard d'une autre. Il est toujours demeuré dans une grande subordination à l'égard d'un tel. Il [Lysandre] devait se souvenir qu'il n'est jamais permis à un inférieur de sortir des bornes d'une juste subordination, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 260, dans pougens. Rien ne donne plus de force aux lois que la subordination extrême des ciloy;',nsaui magistrats, montesq. Esp. V, 7. Songez qu'il est mon colonel, qu'il serait dangereux de m'exposer à manquer à la subordination, A. DUVAL, Projet de mar. se. <b. Il 8° Dépendance où certaines choses sont à l'égard de quelques autres. La subordination de la pharmacie à la médecine, de la gravure à la pointure. Ce ne sont que des biens subordonnes au premier bien qui est le salut; d'où il s'en suit que je ne dois les désirer qu'avec cette subordination, BOURDAL. Pensées, 1, 40. La subordination des idées est altérée à proportion qu'on se conforme moins à leur plus grande liaison, condil. Conn. hum. n, I, t%. Vous voyez dans une montre une subordination d'effets et de causes : l'aiguille est mue.... iD. Gramm. Préc. des leç. prêt. art. 5. Dans un tableau bien fait, il y a une subordination sensible entre toutes les parties, m. Art d'écr. 11, M. Il 4* Terme de grammaire. La dépendance d'un verbe par rapport à un autre mot de la même phrase. Syntaxe de subordination.
— BTYM. Lat. subordinationem, de tub, sous, et ordinare, ordonner.
t SUBORDINÉMENT (sub-or-di-né-man) , ode.
inusité. En se subordonnant. Nous n'avancions notre travail du côté qui la regardait que subordinément au progrès que nous faisions des deux autres, retz, Mém. t. iv, llv. v, p. 40, dans pougens.
— Ktym. Subordiné, mot fictif formé du lat. subordiniftus, et ment.
t SUBORDONNANT, ANTE (sub-or-do-nan, nant'), adj. Qui subordonne. Conjonction subordonnante, par opposition aux conjonctions qui ne font que joindre deux propositions, sans subordonner l'une à l'autre.
SUBORDONNÉ, ÉE (sub-or-do-né , née), part, passé de subordonner. || !• Qui est dans un ordre de dépendance. C'est aux hommes subordonnés à se contraindre ; les rois ne s'y croient pas obligés, DUCLOS, Œuv. t. n, p. << 9. Il Substantivement. Cet homme est dur envers ses subordonnés. || 2° Il se dit des choses. Il ne faut pas s'Imaginer que le ministre [Jurleu| en veuille seulement aux rois; car son principe n'attaque pas moins toute autre puissance publique, souveraine ou sabordonnée, BOSS. 6' avert. 32. Il y a une prudence humaine qui n'est point contraire à la sagesse évangélique, pourvu qu'elle lui soit subordonnée, bourdal. Instruct. choix d'un état de vie, Bxhort. t. u, p. 438. De grands tribunaux subordonnés les uns aux autres, volt. Mœurs, (96. Tout intérêt est chez vous subordonné à la vertu, ro. Lett. d'Alembert, 8 juin. <76B. Il 3» Terme de grammaire. Proposition subordonnée, celle qui, par la syntaxe, dépend d'une proposition antécédente. Un autre défaut, c'est de construire une suite de propositions successivement subordonnées les unes aux autres, coNniL. Art d'écr. i, 7. || Substantivement. La subordonnée se lie à la principale.... ID. ib. i, 7.
SL'BORDONNÉMENT (su-bor-do-né-man) , odti.
||1* En sous-ordre. Ces messieurs [les protecteurs des couronnes à Rome] veulent se mêler d'affaires, et ne peuvent le faire que subordonnément, stsiM. 260, 23*. Il 2* Dans un rapport de dépendance. Deux causes peuvent agir subordonnément, BOSS. Libre arb. 9.
— ÊTYM. Subordonné, et le suffixe ment.
SUBORDONNER (sub-or-do-né), V. a. || 1* Etablir un ordre de dépendance de l'inférieur au supérieur. Tous les hommes seraient nécessairement égaux, s'ils étaient sans besoins; la misère attachée à notre espèce subordonne un homme à un autre homme, VOLT. Dict. phil. Égalité. Leur système [des jésuites], dont, à la vérité, ils ne se vantent pas trop hautement, mais qui ne parait que trop dans leur conduite et dans leursécrils, serait de réduire ou de subordonner, s'il leur était possible, toute l'auto-
SUB
rite qui est sur la terre, à la seule autorité spirituelle, d'aleub. Œuv. t. V, p. (74. Il 2* 'En parlant des choses, y établir un ordre de dépendance. La syntaxe subordonne certaines propositions à d'autres. C'est subordonner la peinture à la poésie que de la consacrer à des sujets traités par les grands poètes, stael, Corinne, vm, 4. || 3" Se subordonner, «. réfl. Accepter la dépendance d'un supérieur. Il se subordonna volontairement à un officier moins ancien que lui.
— ETYM. Lat. sub, sous, et ordonner.
SUBORNATION (sub-or-na-sion ; envers, de cinq
syllabes), ». f. Action de suborner. Subornation de témoins.
— HIST. ivi* s. La première faute l'accuse tacitement d'un rapt pour le regard de la fille, et de subornation [tromperie] à l'endroit de la mère, maro. A'ou». xliv.
— ÉTYM. Provenç. subornation; espagn. »ubornacion; ital. subornaxione; du lat. iubornotioncm, lie ïuftomore, suborner.
SUBORNÉ, ÉE (sub-or-né, née), part, passé de suborner. D'un devin suborné les infâmes prestiges, CORN. Œdipe, v, i. Ces perfides tous deux se sont dits aujourd'hui Et subornés par vous, et subornés par lui, iD. Nicom. m, 8.
t SUBORNEMENT (sub-or-ne-man), ». m. Le même que subornation.
— HIST. ivi* s. Un bon visage me tente.... j'ois encore, sans rider le front, les subornements qu'on me faict pour me tirer en place marchande, uont.
— ETYM . Suborner ; ital. »u6omom«nto.
SUBORNER (sub-or-né), v. a. Porter i faire une
action contre le devoir, une mauvaise action. Suborner par discours une femme coquette, Régnier, Sat. III. Je les ai subornés contre vous à ce compte? CORN. Nicom. m, 7. Je lui donne ma fille et tout le bien que j'ai, Et, dans le même temps, le perfide, l'infâme. Tente le noir dessein de suborner ma femme, mol. Tart. v, 3. Elle accusa Narbal d'être entré dans une conjuration contre Pygmalion, et d'avoir essayé de suborner les peuples pour se faire roi au préjudice de Baléazar, FÉN. Tél. VIII. Deux sujets du pape et un prêtre de Venise subornèrent deux assassins pour tuer Fra- Paolo; ils le percèrent de trois coups de stylet, volt. Mœurs, (85. ||Fig. On a beau dire, il faut avouer que la religion chrétienne a quelque chose d'étonnant; c'est parce que vous y êtes né, dirat-on; tant s'en faut, je me raidis contre par celte raison-là même, de peur que cette prévention ne me suborne, pasc. Relig. chrét. 48, édit. faugkhe
— HIST. XIII* s. Se li tesmoins voloit dire le contraire de ce qu'il avoit dit devant, il n'enseroit pas oys; car il sanlleroit qu'il en fust subornés, et Il meisme se proveroit à parjure, beaum. xl, 38. Il xiv s. Touz les subjès Girart par grans dons [il] suborna. Et par devers le roi tout à bout les tourna, Girart de Ross. v. (643. Quiconque dudit mestier vendra son euvre à son eslal et à son hostel, et il y vient marchans, ils ne les doivent soubourner ne appelller, s'ils ne sont en leur estai ou maison, ou passons par devant, sur poine de cinq sois d'amende, DU GANGE, ittbomore. ||xv s. Peuples s'esmuet, l'église est subournée; Noblesce (auit , tant est mal ordonnée, E. desch. Souffrantes du peuple. Il XVI' s. Un corps de garde surpris ou suborné feroit entrer les ennemis en la ville, d'aub. Hist. II, »40. Je fauldrois plus tost vers laultre extrémité [ne pas croire ce qui m'est favorable]; tant je crains que mon désir me suborne, mont, iv, («o
— ETYM. Provenç. tubornor; espagn. «obomor; ital. lubomare; du lat. lubornare , proprement pourvoir, équiper, préparer en cachette, enfin suborner, de »t*b, sous, et omare, orner.
SUBORNEUR, EUSE (sub-or-neur, neù-z'), ». m. et f. Il 1 " Celui , celle qui suborne. Suborneur de témoins. Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Et qui lui ressemblait [à l'honneur) de geste et da visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il .est l'honneur, boil. Épit. xi. Vous, messieurs les inconnus, tant présents qu'absents, vous êtes des suborneurs de filles, dancourt. Prix de l'arquebuse, ic. ((. Il Fig. Sachez qu'entre deux personnes du même &ge, il n'y a d'autre suborneur que l'amour, i. 1. Rouss. Hél. m, ((. ||«* Adj. Qui séduit, trompe. N'écoutons plus ce penser suborneur Oui ne sert qu'à ma peine, corn. Cid, i, ». Et je pourrai soufl'rir qu'un amour sut>omeur Sou? un lâche silence étouffe mon honneur! ID. l'b. iil, 3. Un mot suborneur, la font. Faucon. Ce charme
SUB
SlIB
SUB
suborneur, volt. Orph. de la Chine, ii, «. Il n'aima plus que le honteux lioimeur De savoir plaire au monde suborneur, obesset, Ver-verl, m. En lui laissant son véritable titre [m Mariage de Figaro], on eût lu l'Époux tuborrieur, beaumarch. Mar. de Fig. Préface.
— HisT. XVI* S. Il appelloit Jésus novaliste, suborneur, troubleur d'Israël, d'aub. f'ofn. iv, ».
— KTYM. Suborner.
t SUBOSTUACÉ, ÉE (sub-03-tra-sé, sée), adj. Oui se rapproche des huîtres.
t SUBOVALE (sub-o-va 1'), adj. Qui n'est pas tout à fait ovale.
t SCnPARASITE (sub-pa-ra-zi-f) , adj. Plantes subparasites, plantes qui, sans être parasites, s'appuient sur d'autres et sont mieux nommées grimpantes.
t SCBPENTAMÈRE (sub-pin-ta-mè-r'), adj. Qui n'est pas exactement pcntamère. Coléoptères subpentaraères.
SUBPÉTIOLÉ, ÉE (sub-pé-sio-lé, léc), adj. Terme de botanique. Muni d'un pétiole très-court.
SlIBRf.CARGUE (su-bré-kar-gh'), ». m. Terme de commerce maritime. Nom qu'on donne à une personne qui a autorité sur la cargaison d'un navire, qui en représente le ou les propriétaires, et agit au nom de celui ou de ceux dont il a le mandat, jal. Seront aussi de bonne prise tous vaisseaux étrangers sur lesquels il y aura un subrécargue , marchand , commis ou officier marinier d'un pays ennemi de Sa Majesté, Édit du 23 juill. (704, d.i:is JAL. Il On a dit aussi supercarge, volt. Lett. Gilli, 4 70i.
— f.TYM. Espagn. sobrecargo; portug. sobreearga; ilal. sopracarico; de l'espagnol sobre, sur, et cargo, charge.
SUBRÉCOT (su-bré-ko), t. m. || 1° Terme familier. Surplus de l'écot; supplément de dépense. Il 2* Fig. Demande imprévue qui vient par-dessus les autres. Nous étions convenus de tout; il m'a demandé tant de subrécot.
— F.TYM. Provenç. subre, sur, et écot.
t SCBRfiNIKOR.ME (sub-ré-ni-for-m'), adj. Dont la ffirme se rapproche de celle d'un rein.
SUBREPTICE (su-brè-pti-s'), adj. || 1° Terme de jurisprudence. Obtenu sur un faux exposé, à la ! difTérence d'obreplice qui signifie obtenu sur un exposé où l'on a omis quelque chose d'essentiel. Lettres, grâces , concessions subreptices. Cette lettre [des prélats de l'assemblée du clergé] n'approuve pas la doctrine des casuistes; c'en est assez pour être traitée de fausse et de subreptice, quelque authentique qu'elle soit, pasc. i' factum pour les curés de Paris. || 2' Par extension, qui est fait furtivement et illicitement. C'est vous qui m'apprîtes que cette édition subreptice [du Siècle de Louis XIV] était chargée de quatre lettres de la Beaume'le, dans lesquelles il outrage des officiers de la maison du roi de Prusse, volt. Mél. hist. Lett. à M. Roques.
— HIST. xvi* S. La subreptice et cauteleuse façon dont on y avoit procédé, carloix, viii, e. Ils ne doublent point qu'une telle donnaison, si excessive, ne soit faulse, subreptice, ou forcée, ro. viii, 32.
— ÊTYM. Lat. subrepticius, de sub, sous, et ropere, enlever (voy. ravib).
SUBREPTICEMENT ( su-hrè-pti-se-man ) , adv. D'une manière subreptice. Un arrêt.... obtenu par défaut et subrepticement contre MM. de Budé, qui n'en ont rien su, volt. Lett. d'Àrgental, t8 août.
— HIST. xiv s. Nonobstant ordonnances, usaiges, costume et stile en quelconques lettres subreptissement impetrées ou àimpetrer au contraire, Lett. patent. 26 mai (369.
— ETYM. Subreptice, et le suffixe ment. SUBREPTION (su-brè-psion ; en vers, de quatre
syllabes),», f. Surprise faite à un supérieur; grJce obtenue sur un faux exposé. Pour fermer la voie de la subrcption, patru. Plaidoyers, n. || Moyens d'obreption et de subreption, moyens par lesquels on cherche à prouver que des lettres obtenues en chancellerie sont obreptices et subreptices.
— P.TYM. Lat. subreptionem (voy. subreptice). tSUBROGATEUR (sub-ro-ga-teur), adj. Terme
(le pratique. Acte subrogateur, acte qui subroge un rapporteur, un tuteur à un autre.
SUBROGATION (sub-ro-ga-sion ; en vers, de ;inn syllabes), ». f. Terme de jurisprudence. Acte par lequel on subroge. Assurer une hypothèque par subrogation. Subrogation de personnes. Subrogation de choses. La subrogation a lieu de plein droit : 4* au profit de celui qui, étant lui-mime
créancier, paye un autre créancier qui lui est préférable à raison de ses privilèges ou hypothèques; 2" au profil de l'acquéreur d'un immeuble, Code civ. art. (251.
— HIST. XVI* s. Estant decedé l'un des consuls, le peuple fcit appeler Marcellus absent pour le substituer en son lieu, et difTera la subrogation, jusques à ce qu'il fust venu du camp, ahyot, Uarcell. a.
— ÊTYM. Lat. tubrogationem , de subrogare, subroger.
t SUBROOATOIRE (sub- ro-ga-toi-r"), ad;. Terme do pratique. Oui subroge. Acte subrogaloire.
SUBROGÉ, ÉE (sub-ro-jé, jée), part, passé de subroger. Subrogé en la place d'un créancier. Il Fig. Les Juifs, auxquels vous [chrétiens] vous vantez d'avoir été subrogés, volt. Jenni, 40. || Subrogé tuteur, celui qui est nommé par les parents et parle juge pour veiller aux intérêts du mineur en tutelle, et surtout pour défendre ses droits quand les intérêts du mineur et de son tuteur sont opposés. Dans toute tutelle il y aura un subrogé tuteur nommé par le conseil de famille, Code civ. art. 420.
SUBROGER (sub-ro-jé. Le g prend un « devant o et o ; subrogeant, subrogeons), i>. a. Terme de jurisprudence. Mettre en la place de quelqu'un. Je vous ai subrogé en mes droits. Jésus-Christ, se retirant de ce monde, subroge les prêtres en sa place, Boss. Sermons, Satisfact. l . En vain le genre humain, effrayé par le sentiment de son crime, cherche des victimes pour les subroger en sa place, ro. 2* sermon, Passion, 2. || Subroger un rapporteur, nommer un juge en la place d'un autre qui était rapporteur. || Il se dit aussi des choses en un sens analogue. Immeubles qui sont subrogés en lieu et place d'immeubles aliénés. || Fig. Ils [les pyrrhoniens] établissent des principes suivant le besoin qui les presse; et, quand ils se sentent incommodés de ces principes, ils en subrogent de tout contraires, Anal, de Bayle, t. m, p. 399.
— HIST. XIV* s. Un autre consul qui fut subroge à Brutus, dercheure, f° 30, verso. Que celui de vous qui seroit empeschié, eslise et puisse eslire et subroguer en lieu de lui.... Charte, dans Arch. nat. jj86, p. H 6. H ivi* s. Parquoy il estoit besoin qu'ils eussent des successeurs qui fussent après subroguez au lieu d'eux, quand ilsseroyent décédez, CALv. Instit. 1(49.... Qu'on les avoit osiez de la noblesse pour y surroger les vilains, carloix, vr, 7.... X la charge aussi de subroger tousjours de jeunes beufs aux vieils, selon les occurrences, 0. DE SERRES, 298.
— ÊTYM. Lat. subrogare, de sub, sous, et rogare, proposer, demander (voy. rogations).
t SUBSÉCUTIF, IVE (sub-sé-ku-tif, ti-v"), adj. Postérieur, secondaire.
— HIST. XVI* s. Il estimoit tout aultre apprentissage subsecutif à celuy là et supernumerairc, mont. II, 239.
— ÊTYM. Lat. sub, sous, et »eijut, suivre ; mot formé comme consécutif.
SUBSÉQUEMMENT (sub-sé-ka-man), adv. Terme de jurisprudence. Ensuite, après.
— HIST. XIII* s. Et ainsi chacune fois en montant le double de la taxation du pénultième deffault, ou cas toutes voies que subsequemment, sans obéir, aucun d'eulx defl"audroit, Liv. des met. 437. Il XVI* s. Trois jours subsequemment [consécutivement] monsieur l'amiral meit son armée en bataille devant l'ennemi, m. du uell. (oo.
— ÊTYM. Subséquent, et le suffixe ment. SUBSÉQUENT, ENTE (sub-sé-kan, kan-t'), adj.
Qui suit, qui vient après. Un testament subséquent annule le premier.
— HIST. XIV* s. Et par ce appert comme les operacionsqui précèdent vertu et les subséquentes sont semblables comme dit est, oreshe, Eth. 37. Il XVI* s. L'année susequente, il s'y rendit un peu nonchallant, carloix, i, 31 .
— ÊTYM. Provenç. subséquent ; espagn. subsecuent; ital. sussequenle ; du lat. subsequentem, do sub, sous, et sequi, suivre.
t SUBSESSILE (sub-sè-ssi-l'), adj. Qui est presque sessile.
SUBSIDE (sub-si-d'j, s. m. || 1* Secours d'argent que des sujets donnent à leur souverain. Les subsides accordés au roi d'Angleterre par le parlement. On demanda tant au clergé par forme de subside. Ils se trouvent fort chargés par cent mille écus de subside qu'ils payent à l'empereur par mois, PELLissoN, Lett. hist. t. ii, p. I07. Une pareille contribution, si elle est réglée par la nation
même, s« nomme subside ou don gratuit ; et on la nomme impêt, si elle est imposée par le gouvernement, coNDiL.tComm. gouv. i, 28. || 1* Secours d'argent qu'un Etat donne & une puissance alliée, en conséquence des traités antérieurs. Le cardinal Alberoni promettait des subsides i Pierre et i Charles, volt. Russie, ii, li>. 118* Levée de denier* faite pour les nécessités de l'État. Je suis arriré en un pays oii l'on ne parle point de guerre, d'édits, de subsides ni d'emprunts sur le peuple, TOIT. Lett. 88. Consumer en luxe les subsides tirés du travail et de la substance des paurret, PLécH. Panég. St Franc, de Paule. Celle quotité de subside, quoique répartie avec une grande proportion, ne pourrait être poussée plus loin sans ruiner les peuples, vauban, Dlme, p. (28.
— HIST. xiv* s. Il refusent l'un à l'autre aide et subside, obf.sme, Eth. 258. Payer grans rentes ou grans subsides, id. Thèse de meunier. || xv* a. On les vouloit presser en soussides et en aides, si comme on fait en France et en Picardie, froiss. II, m, «3. Ses officiers lui conseillèrent qu'il ordonnast et meisl suicides et tribus sur son peuple, le Jouvencêl, f* 96, dans lacurnb. || xvi* s. Les tailles et suscides qu'ils vous payent ordinairement, CARLOIX, rV, 26.
— ÊTYM. Norm. sucide, impôt; provenç. iu6it'dt, secours, impét ; espagn. »ubstdio ; ital. nusidio; du lat. subsidium, secours, de tub, sous, et sedere, être assis, (voy. seoir «) : ce qui est po94 dessous pour soutenir.
SUBSIDIAIRE (sub-si-di-ê-r'), adj. \\ !• Qui vient en aide à quelque chose de principal. Que si j'unis à ce motif principal les autres motifs très-considérables, mais toutefois subsidiaires et moins principaux, qui ont rapport à nous, Boss. Avert. sur des écrits.... 9. Il faut peser l'autorité de cette multitude de différents titres, et on ne le peut qu'aveo le secours de beaucoup d'autres connaissances subsidiaires, FONTEN. De Lisle. \\ i' Terme de jurisprudence. Qui sert i fortifier un moyen principal; qui est allégué à la suite de raisons déjà employées. Des moyens subsidiaires. || Conclusions subsidiaires, conclusions conditionnelles qu'on prend en second lieu, et pour le cas seulement oi» les conclusions principales ne seraient pas adjugées. || Hypothèque subsidiaire , seconde hypothèque qui sert à assurer davantage la première, et qui n'a d'effet qu'à défaut de l'autre. || On dit dans le même sens : caution subsidiaire.
— HIST. HT* s. Aucunes flottes [troupes] de ses chevaliers subsidiaires, bercheuhb, f* 34, rerso. Il XVI* s. Que la doctrine divine tient mieulx son reng à part, comme royne et dominatrice, qu'ella doibt estre principale partout, point suffraganle et subsidiaire, mont, i, 40o.
— ETYM. Lat. subsidiarius, de tuti»idtum, secours (voy. subside).
SUBSIDIAIREMENT (sub-si-di-é-re-man) , odtî. Terme de jurisprudence. D'une manière subsidiaire, en second lieu. II conclut subsidiai rement à ce que....
. — HIST. XVI* s. Il s'adresse à ce moyen déprime face, lequel les aultres ne prennent que subsidiairement, mont, i, 262.
— ÊTYM. Subsidiaire, elle suffixe ment.
SUBSISTANCE (sub-si-stan-s'), ». f. \\ 1* Nourriture et entretien. Il [Saint-Aubin] fait excuse d'avoir mis son bien à fonds perdu, fondé sur le besoin de la subsistance, sÉv. lonov. 1688. J'avoue que Dieu ne leur a accorde [aux pauvres] aucun fonds copropriété; mais il leur a assigné leur subsistance sur les biens que vous pos.sédez, tout autant que vous êtes de riches, boss. Panég. St Françoit d'Ass. i. Ce corps immense et avide [l'armée des Perses].... consumait tout en peu de temps; et un a peine à comprendre d'où il pouvait tirer sa subsistance, ID. Hist. III, 5. Il fallait envoyer d* tou» côtés des partis pour chercher des vivres, c'est-àdire pour aller ravir à vingt lieues i la ronde la subsistance des paysans, volt, ilussie, i, (7. Comme aucun homme ne peut tirer sa subsistance absolument de lui-même, et qu'on ne saurait l'en tirer de plus près que par son travail, J. J. Rouss. Ilél. I, 24. L'existence de la mouche est nécessaire à la subsistance de l'araignée, dioer. Ess. sur la vertu. Celui-ci.... s'éloigna d'elle et refusa même de lui assurer une subsistance pour un enfant dont il l'avait laissée enceinte, bern. de st-p. Paul et Virg. Il Fig. C'est [vos lettres] tellement la subsistance nécessaire de mon cœur et de mon esprit que je languis quand elle me manque, sÉv. a Mme de Grignan, 30 avr. 1889 || 2* Au plur. ce
SUB
qui est nicesMire pour l'alimentation d'une contrée. La pénurie des subsistances tient moins à l'infécondité des terres qu'aux fautes du gouvernement, TEssiEH, Inttit. Uém. scient, t. i, p. 278. Il 8* Au piur. Tout ce qui est nécessaire à la nourriture d'une armée. La citadelle manquait de subsistances. Le reste de cette campagne ne fut plus que subsistances, st-sim. î3, 4. Dès lors [dans la retraite de Moscou], suivant qu'ils se trouvèrent les plus forts ou les plus faibles, ils arrachèrent violemment ou dérobèrent à leurs compagnons mourants leurs subsistances, leurs vêtements, SÉ- OUR, Hist. de Nap. ii, u.jj Terme d'administration militaire. Mettre un homme en subsistance dans un régiment, nourrir et solder un soldat isolé qui a été recueilli dans un régiment, jusqu'à ce qu'il puisse rejoindre son corps.
— niST. XVI* s. Ce mot [hypostase] emporte subsistence, qui réside en un seul Dieu, CKiy.lnstit. 7ii.
— ÉTYM. Lat. îubst'stenlto, de iubsistere, subsister.
t SUBSISTANT, ANTE (sub-si-stan, stan-t'), adj. Oui subsiste. L'on veut qu'une religion subsistante par un miracle continuel.... ne soit qu'une imagination des hommes, sÉv. 26 juill. 1694. Ce qui P'union de l'ime et du corps] est une espèce de miracle perpétuel, général et subsistant, boss. Conn. ni, 2. Les principes puisés dans la nature sont toujours subsistants, duclos, <Euer. 1. 1, p. 63. Remonter par la seule force des faits subsistants à la vérité historique des faits ensevelis, bupp. Ép. nat. Œuv. t. xn, p. 6.|| S. m. Terme d'administration militaire Un subsistant, un homme qui est mis en subsistance.
SUBSISTER (sub-si-sté), v. n. || 1» En parlant des choses, exister encore, continuer d'être. i.es trois cents statues de Démétrius de Phalène furent toutes renversées de son vivant même; et le tableau où le courage de Miltiade était représenté, subsista plusieurs siècles après lui, rollin, Hist. ane. Œuvr. t. m, p. «65, danspouoENS. Il est évident que les modes d'une substance ne peuvent point subsister sans la substance qu'ils modifient. Anal, de Bayle, t. m, p. 4U. Ces deux grands empires [d'Occident et d'Orient] sont anéantis, et les ouvrages de Virgile et d'Horace et d'Ovide subsistent, volt. L'homme aux quarante écus, Un bon souper. Son livre des synonymes est très-utile ; il subsistera autant que la langue, et servira même à la faire subsister, id. Louis XIV , écrivains , l'abbé Girard. Qu'Oromase, le bienfaisant, et Arimane, le malfaisant, tous deux ennemis mortels, se concilient pour faire subsister ensemble la lumière et les ténèbres, ID. Princ. d'act. 2<.||n se dit des peuples en un sens analogue. Au lieu que les peuples de Grèce et d'Italie, de Lacédémone, d'Athènes, de Rome, et les autres qui sont Tenus si longtemps après, ont fini il y a si longtemps, ceux-ci [les Juifs] subsistent toujours, PASC. Pent. xiv, 4, éd. havet. || Il se dit également des races d'animaux. Les ossements; conservés dans le sein de la terre.... présentent des espèces d'animaux quadrupèdes, qui ne subsistent plus, BOFP. Min. t. vn, p. 220 |1 2* Se maintenir, conserver sa position, son rang Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes. Que pressent de mes lois les ordres légitimes. Et qui, désespérant de les plus éviter. Si tout n'est renversé, ne sauraient subsister, coHN. Cinna, v, t. Pour subsister en cour c'est la haute science, m. Poly. v, 4 . De sorte qu'au lieu que les rois ont une obligation insigne i ceux qui demeurent dans leur obéissance, il arrive, au contraire, que ceux qui subsistent dans le service de Dieu, lui sont eux-mêmes redevables infiniment, pasc. Lett. à Mlle de Roannex, 5. Je me souviens fort bien qu'ils [les Provençaux] ne se font valoir et ne subsistent que sur les dits et redits, et les avis qu'ils donnent toujours pour animer et trouver de l'emploi, sÉv. 3 janv. (68». Ne pouvant subsister sans les soldats, il [l'empire romain] ne pouvait subsister avec eux, hontesq. Rom. 46. Il S* Fig. Il se dit de toutes les choses qui subsistent idéalement. Ma remarque subsiste. Un trône imaginaire Qui ne peut subsister que par l'heurdevous plaire, coBN. Sertor. IT, 2. Las fondateurs d'ordres, en établissant l'esprit de retraite, ont prévu que la dévotion et l'esprit d'oraison ne pouvaient subsister sans le silence, BOss. Strmont, Instruct. sur le silence, t. C'est une faute que j'ai laissée subsister trop longtemps, volt. iMt. dupr. roy de Prusse, 16 avr. 4739. Le culte de ces divinilùs [Apollon et Diane] subsiste dans l'Ile [Délos] depuis une longue suite <le siècles, bar-
SUB
THiL. Àltaeh. ch. 76. || 4* En parlant des personnes, vivre et s'entretenir. La priant [la fourmi] de lui prêter [à elle cigale] Quelque grain pour subsister Jusqu'à la saison nouvelle, la font. Fabl. i, 4. Comme il y a longtemps que vous subsistez sur l'impossible [les dépenses excédant les revenus], il faut prendre encore sur ce fonds miraculeux, sÉv. 626. Que de pauvres, que de familles ruinées pour la cause de la foi ont subsisté, pendant tout le cours de sa vie, par l'immense profusion des aumônes de la reine! BOSs. Reine d'Ajiglet. Bientôt, pour subsister, la noblesse sans bien Trouva l'art d'emprunter et de ne rendre rien, BOiL.Sat. v. Une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, ID. Art p. iv. Il est impossible qu'une ville soit bien peuplée si les campagnes ne le sont pas, à moins que cette ville ne subsiste uniquement du commerce étranger, volt. Mœurs, i93. Il [Turenne] brûla, avec le même sang-froid, les fours et une partie des campagnes de l'Alsace, pour empêcher les ennemis de subsister, id. Louis XIV, 4 2. Ce peuple [les Zaporaviens] sans femmes et sans famille, subsistant de rapines, entassant leurs provisions dans leurs îles [du Borysthène] pendant l'hiver, volt, fluss. i, 4 7. Solon donna tous ses soins à ce que chaque citoyen pût subsister de son travail, condil. Hist. anc. Lois, ch. 4 6. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI' s. Seigneur, si tu prens garde aux iniquitez, qui est-ce qui subsistera? calv. /ns(. 646.
— ÊTYM. Lat. subsistere, de sub, sous, et sistere, fréquentatif de stare, être debout (voy. stable).
t SCBSPHÉRIQUE (sub-sfé-ri-k'), adj. Dont la forme se rapproche de celle d'une boule.
SUBSTANCE (sub-stan-s' ; au xvi' siècle, prononcé sustance, d'après Palsgrave, p. 23), s. f. ||1° Terme de philosophie. Ce qui subsiste par soi-même, à la différence de l'accident qui ne subsiste que dans un sujet. Toute chose dans laquelle réside immédiatement comme dans un sujet, ou par laquelle existe quelque chose que nous apercevons, c'est-à-dire quelque propriété, qualité ou attribut dont nous avons en nous une réelle idée, s'appelle substance, desc. Rép. aux secondes abject. 64. Je soutiens que le temps n'est rien, parce qu'il n'a ni forme, ni substance; que tout son être n'est que de couler, c'est-à-dire que tout son être n'est que de périr, boss Yolande de Monterby. Nous ne connaissons la matière que par quelques phénomènes ; nous la connaissons si peu, que nous l'appelons substance; or le mot substance veut dire ce qui est dessous ; mais ce dessous nous sera éternellement caché, volt. Dict. phil. Ame. Leibnitz disait que les véritables substances étaient nécessairement actives, BONNET, Œuvr. mêlées, t. xviii, p. 78, dans pouoens. Si l'on ne veut parler des choses qu'autant qu'on se représente dans chacune un sujet qui en soutient les propriétés et les modes, on n'a besoin que du mot de substance, condil. Conn. hum. v. L'objet de ce philosophe [Spinosa] est de prouver qu'il n'y a qu'une seule substance, dont tous les êtres, que nous prenons pour autant de substances, ne sont que les modifications; que tout ce qui arrive est une suite également nécessaire de la nature de la substance unique, id. Traité des syst. 40. Dès que les qualités distinguent les corps, et qu'elles en sont des manières d'être, il y a dans les corps quelque chose que ces qualités modifient, qui en est le soutien ou le sujet, que nous nous représentons dessous, et que, par cette raison, nous appelons substance, id. Gramm. Préc. des leçons prél. art. 4 . Quand on a voulu pénétrer plus avant dans la nature de ce qu'on appelle substance, on n'a saisi que des fantômes, id. Gramm. il, 4. Il 2" Par une déduction du sens philosophique, il se dit, avec une épithète ou un complément, des êtres spirituels, par opposition aux êtres matériels. La substance qui pense y peut être reçue; Mais nous en bannissons la substance étendue, mol. Femm. sav. v, 3. Je me trouve fort bien d'être une substance qui pense et qui lit, SÉV. 24 6. Vous nous direz comme vous vous y trouvez [à Grignan], et comme cette pauvre substance qui pense, et qui pense si vivement, aura pu conserver sa machine si belle et si délicate, id. 25 oct. 4 688. Il [Théodoss] ordonnait que par tout son empire, selon la foi du samt concile de Nicée, on reconnût une seule substance indivisible dans la Trinité, PLiCH. Hist. de Théodose, 11, 32. On doit conclure de tout ceci, que les esprits créés seraient peut-être plus exactement définis, substances qui aperçoivent ce iiui les touche ou les mo-
SUB
difle, que de dire simplement que ce sont des substances qui pensent, malebr. Recherc. vér. rép. à lléqis, ch. 2. Pour de l'esprit, continua-t-il, je ne crois pas qu'une substance céleste puisse en avoir plus que votre cousine : en un mot, c'est une personne d'un mérite accompli, lesage, Gil Bl. IV, 6. Y a-t-il des substances dont l'essence soit de penser, qui pensent toujours, et qui pensent par elles-mêmes? volt. Phil. ignor. 29. Qu'il y ait des substances immatérielles et intelligentes, c'est de quoi je ne doute pas, id. Micromégas, ch. 7. Leur substance [des anges], fluide et pure comme l'air, Comme lui peut braver les atteintes du fer, delille, Parad. perdu, vi. Il 3° Matière dont un corps est formé, et en vertu de laquelle il a des propriétés particulières. Sutstance liquide, pierreuse, métallique. Substance compacte. Les substances employées en médecine. Aux plus jeunes guerriers [ils] s'offrent pour aliment, Comme s'ils espéraient, changés en leur substance, Être encore de Rome et l'âme et la défense, du ryeh, Scévole, 11, 3. Si, dans le système de cet univers, il est nécessaire à la conservation du genre humain qu'il y ait une circulation de substance entre les hommes, les animaux et les végétaux, alors le mal particulier d'un individu contribue au bien général, J. J. Bouss. Lett. à M. de Voltaire, Corresp. t. m, p. 234. Bergman observe qu'il faut considérer comme une substance particulière celle qui a des propriétés qui lui sont spéciales et que l'on peut toujours obtenir d'une manière semblable à elle-même, SENNEBIEH, Ess. art d'observ. t. m, p. 40(, dans pouGENS. Il On dit qu'un médicament est administré en substance, quand on le donne dans son état naturel et sans aucune préparation chimique ni pharmaceutique. || Terme d'anatomie générale. Substances organiques ou principes immédiats, corps liquides ou solides, qui ne sont ni cristallisables, m volatils sans décomposition; brûlant avec peu de flamme en se boursouflant; dégageant des produits empyreumatiques ammoniacaux, azotés et d'odeur acre, puis laissant un charbon brillant, volumineux, difficile à incinérer. || Substance fondamentale, voy. fondamental. || 4* Absosolument. Ce qu'il y a de nourrissant, de succulent en quelque chose. Les plantes attirent la substance de la terre. Aliments qui ont peu de sul)stance. La substance de la viande bouillie passe dans le bouillon. || Fig. Qui de nous n'a pas été prodigue? qui n'a pas dissipé sa substance par une vie déréglée et licencieuse? BOSS. 4" panég. St Fr. de Paule, Préamb. Il 6' Fig. Ce qui nourrit l'esprit comme la substance nourrit le corps. Il y a beaucoup de paroles et peu de substance dans ce discours. Il y a plus de substance dans une de ses pages que dans tous les volumes des détiacteurs de Sénèque, dider. Claude et Nér. ir, 34. Son langage était rapide, entrecoupé, plein de substance et de chaleur, harmontel. Contes mer. les Quatre flacons. \\ 6* Ce qu'il y a d'essentiel, d'important dans un écrit, un acte, une affaire, etc. Laisse-moi de ce mot [billet] méditer la substance, HOTR. Bélis. m, 4.11 ne me souvient peutêtre pas des propres paroles; m.iis je suis assuré que c'en était la substance, rktz, Jf^m. t. n, liv. 3, p. 3B8, dans POUGENS. S'ils [les dominicains] sont conformes aux jlésuites par un terme qui n'a pas de sens [grâce suffisante], ils leur sont contraires et conformes aux jansénistes dans la substance de la chose, pasc. Prov. 11. La substance de presque tous les ordres émanés du trône était contenue dans ces mots : car tel est notre plaisir; Louis XVI aurait pu dire : car telle est notre sagesse et notre bonté, volt. Pol. et lég. Édits de Louis XVI. Des révolutions qu'elle [la religion chrétienne] a souffertes, non dans la substance des dogmes, mais dans la manière de les enseigner, d'alemb. Élog. Fleury. || 7* Ce qui est absolument nécessaire pour la subsistance. Ils consument en douleur leur substance et leura jours, PATRU, Plaidoyers, l. On dévore la substance du pauvre, on ruine la veuve et l'orphelin, bourdal. Carême, 11, Richesses, 47. Si ceux qui passent leurs jours dans les travaux rustiques, avaient le loisir de murmurer, ils s'élèveraient contre les exactions qui leur enlèvent une partie de leur substance, VOLT, toutî Xir, 30. Tous CCS vils sénateurs dont l'avarice inique Dévore sans pitié la substance publique, M. J. CHÉN. Gracques, i, 2. ||8» En substance, loc. ode. EIn gros, s^immairement. Voici en substance de quoi il s'agit. Elle [une lettre] contenait en substance quelques particularités de
SUB
la conduite de Dieu sur la vie et sur la maladie que je voudrais vous répéter ici, pasc. LeU. à kiiie Perier, )7 oct. *«8l.l*3 mémoires [des corporations] disaient tous en substance : Conserveznous et détruisez toutes les autres, volt. Babouc.
— HlST. XII' s. E la mcie substance enseuient oume nient devant tei, Liber psalm. p. 5t. || xiii's. Feme sens et sustance trait d'home debonairo, Chastie-musarl, dans ruteb. ii, p. «82. Por ce devons nos croire que ces trois personnes [de la Trinité] soient une sustance qui est touz puissanz et tout sachanz et touz bienveillanz, brun, latini, Trésor, p. so. Nuls ne doit afToiblir sa corporel sustance Par boivre jusqu'à yvre.... j. de melng, Test. 1747. Solempnité n'est pas de la sustance de mariage, Liv. de just. (78. Et encraissié d'autrui sustance, Baudouin de condé, t. i, p. 2(5. ||xiv s. No te chault s'il perdent chevance. Mais que tu aies leur substance; Soies tousjours tout prest de prendre, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 25. Il XV* s. Quant le roy eut ouye la substance de la charge de cest ambassadeur.... comm. v, 2. || xvi' s. Le mot grec [hypostase] emporte subsistence : et aucuns ont confondu le mot de substance comme si c'estoit tout un, calv. Instit. 74. Demetrius prononça le décret, lequel avoit esté ordonné par le peuple, dont la substance estoit telle.... amyot, Timol. 53. Nostre intention est d'escrire et traitter de la vertu que l'on appelle morale : quelle substance elle a, et comment elle subsiste, id. De la Vfrtu morale, 1. Pour l'honneur de Dieu, sustance [maintien] de la reigle et reformation, du canoë, Sustinentia. Pourquoy sous le nom de Dieu ne peut-on changer les substances de toutes choses, veu que sous le nom du roy on en a fait et faiton tous les jours de si estianges métamorphoses et transsubstantiations? d'aub. Conf. de Sancy, x.
— ETYM. Bourg, sustance; provenç. sustancia ; espagn. substancia; ital. sostanzia; du lat. substantia, de suhsiare, de sub, sous, et ttare, être debout (voy. stable) : ne connaissant les êtres que par leurs qualités, nous plaçons sous ces qualités un sujet, que nous disons sub-stans, so tenant dessous.
t SCBSTANTIALISËR (sub-sUn-si-a-li-zé), V. a. Terme didactique. Considérer comme substance. L'ancienne physique substantialisait le froid et le chaud.
t SOBSTANTIALITÊ (sub-stan-si-a-li-té), s. f. Nature substantielle.
— ËTYM. Lat. tubstantialitatem, de substantialis, substantiel.
SUBSTANTIEL, ELLE (sub-stan-si-èl, è-1), adj. Il l" Terme de philosophie. Qui appartient à la substance. La sainteté substantielle et incarnée, boubdal. Jfyst. Passion de J. C. t. i, p. <c>2. Il Terme de l'ancienne école. Formes substantielles, ce qui détermine la matière à être une certaine chose. Les s^olastiques, au lieu de génie ou intelligence, se servent des mots forme substantielle, vertu plastique, etc. mais les mots n'y font rien. Anal, de Bayle, t. iv, p. 26*. ||a* Qui est rempli de substance succulente, nourrissante. Il fallut donner aux hommes une nourriture plus substantielle dans la chair des animaux, boss. Hist. ii, i . Assis sur l'herbe sous un berceau de bananiers qui leur fournissait à la fois des mets tout préparés dans leurs fruits substantiels, Bernard, de ST-p. Paul et Virginie. || 8'Fig. Essentiel, important. Il en avertira diligemment Sa Majesté comme d'un point substantiel qui importe plus à son État que autre qui se présente à ce moment, Mém. de Belliévre et de Sillery, p. 502, dans LACUHNE. Un billet pour moi très-galant, mais très-substantiel, du comte de Fuensaldagne, retz, Mém. t. :, liv. ii, p. -393, dans pougens. A mesure qu'il [Vaugelas] rebutait une foule de tours naïfs, qu'on ne retrouve plus que dans la Fontaine, un grand nombre de tours vigoureux et concis, et do phrases substantielles qui sont perdues depuis Montaigne.... marmontel, (Eut), t. i, p. 426. || 11 se dit, dans le même sens, des ouvrages d'esprit. Je vous dirai ce qu'il y a de substantiel dans ce livre. I.e reste est un extrait substantiel et raisonné de l'histoire de la philosophie par Brucker, d'alemb. Préf. 3* vol. Enqicl. (huv. t. i, p. 381 .
— HlST. xm* 8. Les unes branches sont si substancielz que l'on ne puet riens dire se par eles non, si comme est le fait et la demande, brun. I.ATINI, Trésor, p. 573. || xvi* s. Ailleurs il attribue deité substantielle non seulement à nos âmes, mais à toutes choses créées, calt. /m(i(. 94. Le repos et la santé, qui sont biens effectuels et substantiaux, liONT. I, 320. Le greffier lui va, lire cette sentence
SUB
et ces mota substantiels [en substancel despkk. Contes, Lxiii.
— ETYM. Provenç. et espagn. tubstaneial; ital. tostanxiaU; du lat. tubstantialis, de subitantia, substance. Au XV et au xvi* siècle on disait aussi substancieux.
SUBSTANTIELLEMENT (sub-sUn-si-è-le-man), adv. Il 1* Quant à la substance. Dans le sacrement de l'Eucharistie, on reçoit le corps de Notre-Seigneur réellement et substantiellement. || S* En substance.
— HIST. xvt* s. Le mesrae esprit, estant sub.stantiellement en nous, est aussi une portion de Dieu, CALV. Instit. 90.
— ETYM. Substantielle, et le suffixe ment. SUBSTANTIF (sub-sUn-tiO, adj. \\ 1* Il se dit de
tout nom d'être désigné par l'idée de sa nature, de sa substance. Le nom substantif est un mot qui marque une chose qui subsiste, comme le soleil, la lune, etc.... ou qui est considérée comme subsistante : par exemple, le courage, la beauté, etc.... DUMARS. Œuv. t. I, p. 76. || Finale substantive, finale qui appartient à des substantifs. Anee est en français une finale substantive. || Substantivement. Le substantif et l'adjectif. Les mots, en passant du substantif au verbe, ont rarement la même signification; féliciter, qu'on emploie au lieu de congratuler, ne veut pas dire rendre heureux, VOLT. Dict. phil. Félicité. Vous avez bien raison dans ce que vous dites du style des avocats; ils n'ont jamais su combien la déclamation est l'opposé de l'éloquence, et combien les adjectifs affaiblissent les substantifs, quoiqu'ils s'accordent en genre, en nombre et en cas, id. Lelt. à d'Alembert, 25 mars 4 765. Quand il [Dante] est beau, rien ne lui est comparable; son vers se tient debout par la seule force du substantif et du verbe, sans le concours d'une seule épitliète, rivarol, Trad. de l'Enfer. || Le verbe substantif, le verbe être, qui exprime l'existence par lui-même. || 1' Terme de chimie. Couleurs substantives, celles qui se combinent avec les étoffes en vertu de leur affinité propre.
— SYN. NOM, substantif. Ces deux mots s'emploient le plus souvent l'un pour l'autre; mais, dans la rigueur des termes, le substantif n'est qu'une espèce de nom; car on distingue le nom substantif, le nom adjectif et le pronom.
— HlST. ïvi' s. Saint Paul, en disant : le pain que nous rompons est la communication du corps de Christ, use aussi bien du verbe substantif, calv. Inst. 4 4 43.
— ÊTYM. Provenç. substantiu ; espagn. substantivo; ital. sostantivo; du lat. substantivus, de jubttare, être dessous (voy. substance).
t SUBSTANTIFIÊ, ÉE (sub-stan-ti-fi-é, ée),porJ. pas.-!é de substanlifier. || 1* Transformé en substance. Ce ne sont que des phénomènes substantifiés que nous apercevons ; les véritables substances nous demeurent voilées, bonnet, Œuv. mêlées, t. xvin, p. 74, dans pougens. || 2° Transformé en substantif. Il ne faut pas objecter que l'on dit au-dessus de la tête, au-dessous du genou, etc. parce qu'en ces exemples dessus et dessous et leurs semblables passent pour mots substantifiés, et non pas pour prépositions, vaugel. Kern. t. ii, p. 4009, dans pougens.
t SUBSTANTIFIER (sub-stan-ti-fi-é), V. a. Faire d'un mot un substantif. [Dîner, souper, etc.] quand ces sortes d'infinitifs prennent un article qui les substantifie, Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 47o. L'article substantifie et modifie des mots de toute espèce, d'olivet, Ess. gramm. ii, 2. La destination de l'article est.... de substanlifier les adjectifs, comme le vrai, le juste, le beau, etc. duclos, Œuv
t. II, p. 88.
SUBSTANTIVEMENT (sub-stan-ti-ve-man), adv.
En manière de substantif. Plusieurs adjectifs se prennent substantivement.
— ETYM. Substantive, et le suffixe ment.
+ SUBSTANTIVER (sub-stan-ti-vé), t). o. Le même que substanlifier. Quand nous disons le boire, le manger, nous employons substantivement ces infinitifs, nous les substantivons, leooarant.
— REM. X cause de- substantivement, substantiver vaut mieux que substanlifier, et aussi à cause qu'il est plus simple et plus clair.
— HIST. XVI* s. Use donc hardiment de l'adjectif substantive, comme le vuyde de l'air, du bellat, I, 32, verso.
— ÊTYM. Substantif; provenç. substantivar.
t SUBSTITUANT (sub-sli-tu-an), s. m. || 1* Il se disait autrefois du remplaçant d'un soldat autorisé
SUB
à ne pas servir an personne. Il 1* Aujourd'hui, en termes d'administration militaire, celui qui fait un échange do numéro avec un jeune conscrit appartenant i la même classe.
SUBSTITUÉ, ËB (sub-8ti-tu-é. éc), part, passé de substituer. || 1* Mis en place de. Le changement dans le vivre et une nouvelle nourriture substituée aux fruits de la terre, boss. Uist. i, a. Valère substitué i sa place [CoUatin, consul] au retour d'une expédition.... id. ib. m, 7. Les rois convoquaient les états généraux substitués aux anciens parlements de la nation, volt. Jfosuri, 78. Le parlement est-il substitué aux états généraux? ID. Lett. Servan, 13 janv. 1768. Il 2* nions substitués, biens transmis par substitution. || S. m. Le subslilué, celui qui est héritier par substitution. Si, dans la substitution pupillaire, le te.stateur craint que le substitué ne dresse des embûches au pupille, uonteso. Espr. XIX, 24. Il 3* S. m. Terme d'administration militaire. Celui qui a un substituant dans l'année.
SUBSTITUER (sub-sti-tu-é), je substituais, nous substituions, vous substituiez; que je substitue, que nous substituions, que vous substituiez, v. a. Il 1* Mettre une chose, une personne i la place d'une autre. Vous voulez que je substitue la définition à la place du défini ; cela ne change jamais le sens du discours, je le veux bien, pasc. Prov. IV. Ils [les apôtres] laisseront après eux des héritiers; ils ne cesseront de se substituer des successeurs les uns aux autres, et cette race ne finira jamais, boss. 4" instruct. past.e. Avec quelle confiance le [M. de Montausier] subslitua-t-il [le roi] en sa place dans l'un de ses plus importants et plus indispensables devoirs? fléch. j!f. àeHontaus. Alexandre Sévère, ayant fait rétablir plusieurs ouvrages de Trajan, y fit remettre partout le nom de ce prince, sans soufl'rir qu'on y substituât le sien, rollin. Trait, des Et. 5* liv. 4 " part. Quand les enfants commencent à parler, ils pleurent moins; ce progrès est naturel, un langage est substitué à l'autre, j. J. Bouss. Ém. n. Ce prince [Caligula] faisait transporter de la Grèce en Italie les plus parfaites statues des dieux, auxquelles on coupait la tête pour y substituer la sienne, dider. Cl. etNér. i, 5. || 2" Terme de jurisprudence. Appeler quelqu'un à une succession après un autre héritier ou à son défaut. On y trouva [dans le testament de César] qu'il avait adopté Octavius, fils de la fille de sa sœur, pour son fils et son principal héritier; et qu'il lui avait substitué, en cas de mort sans enfants, Decimus Brutus, un des principaux conjurés, vERTOT, Révol.rom. xiv, 282. || Il se dit de même des héritages qu'on laisse' par substitution. Il avait substitué cette terre aux aînés de sa maison. Si mon bien n'était pas substitué, je serais tout à fait ruinée à l'heure que je vous parle, dancourt, les Agioteurs,il, 43. Il 3" Se substituer, v. réft. Se mettre en place de. Il n'était plus question de se faire i son gré des pasteurs imaginaires; ils étaient tous faits, et Grotius avait reconnu qu'ils se substituaient les uns aux autres par un ordre immuable, Boss. 2* Instr. sur les passages. Dissert, sur Grotius, 22.
— HIST. XIV* s. Et fut, en lieu de li, substituei Marcius Oracius, bercheure, f* 3o, eerio. ||xvi'8. Et au cas que l'un d'eulx ^héritiers institués] vienne à défaillir, je substitue en sa part celuy qui survivra, MONT. I, 240.
— ETYM. Provenç. et espagn, substituir; ital. sostituire; du lat. substituere, de tub, sous, et statuere, établir.
SUBSTITUT (sub-sti-tu; le t ne se Ile pas), s. m. ||i° Celui qui tient la place ou qui exerce les fimctions d'un autre, en cas d'absence ou d'empêchement. Combien d'animaux ravissants, par les griffes desquels il vous faudra passer, sergents, procureurs, avocats, greffiers, substituts, rappon» leurs, juges et leurs clercs! mol. Fourber. ii, 8. Chacun sait ce qui arrive quand le roi se donne des substituts, j. i. rouss. Contr. m, 6. || 1- Particulièrement, magistrat chargé de remplacer au parquet le procureur général, ou le procureur de la république.
— HIST. XIV* s. Pasqual Martin son procureur alloué et substitut gênerai. Charte, dans Arch. nat. jj84, p. 498. Il XV* s. Le substitut ou assesseur de notre procureur, du cange, accessor.
— ETYM. Provenç. tustituit; espagn. substituto; ital. sostituto ; du lat. substilutus, de substituere, substituer.
t SUBSTITUTIF, IVE(sub-5ti-tu-tif, ti-v*), adj. Qui a la propriété de rem-placcr. || Terme de médecine. Médication substitutive, emploi de médicamenia
SUB
irritants qui change le mode de l'inflammation, surtout de l'inflammation chronique, et la rend beaucoup plus facilement curable.
— ËTYM. Lat. tubstitutivut, de tuhttituere, substituer.
SUBSTITUTION (sub-sti-tu-sion ; en yers, de cinq syllabes), s. f. || 1* Action de mettre une cliose, uni personne i la place d'une autre. Une substitution d'enfant. 11 semblerait que la vie est une sorte de substitution qui doit passer de race en race, ». j. Houss. Ilél. vi, 4. Il 2* Terme de jurisprudence. Disposition par laquelle on appelle successivement un ou plusieurs héritiers à succéder, pour que celui qu'on a institué le premier ne puisse pas aliéner les biens sujets i la substitution. Je ne voudrais ni disposition par testaments, ni adoptions, ni exhérédations, ni substitutions, ni emprunts, ni ventes, ni échanges, pén. Dial. des mortt ane. Dial. 43. Les anciennes substitutions faites à l'infini furent limitées au quatrième degré [en (566], VOLT. Hist. porl. xxvn. || Droit attaché à certaines propriétés nobiliaires, par lequel, 1« propriétaire ne pouvant les aliéner, elles passent aui héritiers mâles. Les substitutions qui conservent les biens dans les familles, seront très-utiles dans ce gouvernement [le monarchique], montesq. Espr. V, 9. Les substitutions sont prohibées. Code civ. art. 898. || En droit romain, substitution pupillaire, droit qu'avait le testateur qui instituait héritier un impubère, de lui substituer un autre héritier pour le cas où l'impubère, bien qu'ayant recueilli la succession, mourrait avant la puberté et par conséquent avant de pouvoir tester luimême. Il S* Terme de musique. Artifice d'harmonie qui consiste à substituer , dans un accord de septième de dominante, la sus -dominante majeure ou mineure; cet artifice, que M. Fétis a nommé le premier substitution, était connu bien avant ce théoricien ; d'Alembert en parle dans ses Éléments de musique. \\ 4* Nom donné au remplacement de certains aliments d} distribution par une substance alimentaire qui n'entre pas dans la ration du cheval de troupe. Aliments de substitution. Il 6* Terme d'algèbre. Remplacement d'une quantité par son expression ou sa valeur. (| 6* Terme de chimie. Phénomène par lequel un élément qui fait partie d'une combinaison peut être remplacé par un autre élément, sans que le caractère de la combinaison soit entièrement changé. Il 7* Terme de physiologie. Génération par substitution, condition dans laquelle a lieu la genèse d'éléments anatomiques succédant aux éléments qui préexistaient, mais qui se sont liquéfiés préalablement, en sorte qu'ils se substituent à ceux-ci et en prennent la place. La genèse des corps vivants n'est qu'une série de substitutions dans laquelle des organes temporaires ou caducs servent à la fondation des organes permanents, coste. Éloge de Dutrochet. || Substitution fonctionnelle, hypothèse admise à tort par quelques physiologistes, d'après laquelle toute fonction ou telle fonction en particulier selon les espèces, serait susceptible d'être remplie par plusieurs appareils, de telle sorte que, l'un d'eux disparaissant normalement ou accidentellement, l'autre pourrait le remplacer dans sa fonction. || 8' Terme de pathologie. Substitution fibreuse du poumon, état analogue à celui du tissu lamineux dense, que prend parfois le poumon chez les vieillards, ou autour des dilatations bronchiques et même des corps étrangers du poumon. || Substitution graisseuse, production de principes gras qui prennent la place des substances organiques azotées dans les éléments anatomiques. Il 9° En termes d'administration militaire, action de présenter, lors du tirage pour le service militaire, un homme qui s'offre en place d'un homme tombé au sort.
— HlST. xvi' s. L'un d'eulx [héritiers institués, Charixenus] estant trespassé, la substitution estant ouverte en faveur d'Areteus ... mont, i, ï»6.
— ÊTYM. Provenç. sustitucio; espagn. substitueion; ital. sostituxione ; du lat. substitutionem, de subslituere, substituer.
t SUBSTRACTtON (sub-strak-sion), s. f. Voy. soustraction.
t SUBSTRATUM (sub-stra-tom"), s. m. Terme philosophique. Ce qui existe dans les êtres indépendamment de leurs qualités, et ce qui sert de support i celles-ci.
— ETYM. Lat. tubstratum, de tub, sou», et «rotum, étendu,
SUBSTRUCTION (sub-slru-ksion ; en vers, de quatre syllabes) f. f. Fondement d'un édifice, con-
SUB
struction souterraine, construction sous-jacente. Les ingénieurs [les castors] changent de matériaux : ils renforcent le milieu de leurs substructions hydrauliques de troncs d'arbres entassés les uns sur les autres, chateaubr. Amer. Castors. Il Se dit particulièrement des édifices antiques sur les ruines desquels on en a élevé de modernes.
— 8TYM. Lat substruelionem, de sub, sous , et struere, bâtir (voy. structure).
t SUBSTRUCTURE (sub-stru-klu-r'), i. f. Structure qui est en dessous, qui supporte. La substructure des récifs de la Floride.
SUBTERFUGE (sub-tèr-fu-j'), s. m. Moyen détourné et artificieux pour se tirer d'embarras. L'esprit humain est fertile en détours, en subtilités, en subterfuges, pén. t. xxii, p. 449. La fraude heureuse en subterfuges, j. B. Rouss. Éptt. i, (, aux Muses. Ce roi [Gondebaud] ne laissait aucun subterfuge pour éviter le combat, monteso. Espr. xxvni, 26. Tous ces petits subterfuges [à propos des enregistrements au parlement, en 1753] compromettaient la dignité de la couronne, volt. Uist. pari. Lxvi.
— HIST. XII' s. Que le temporel n'actemptast Au clergié, ne de fait ouvrast Contre luy par nul subtrefuge, E. desch. Poés. mss. (' 466. Je dis toujours la vérité. En plaidoyant devant les juges, Mes raisons, mes susterfuges, m ib. f* .373. Il XVI" s. Il court maintenant aux subterfuges do contre accusation, disant.... M. de bellay, 493.
— ÊTYM. Lat. subterfugium, de subter, par-dessous, et fugere, fuir.
SUBTIL, ILE (sub-til, ti-1'), odj. ||1' Délié, fin, menu, par opposition à grossier, épais. Un feu subtil s'allume, et ses brandons épars Sur votre don fatal courent de toutes parts, corn, itédée, v, t. Pour ceux qui ont le sang si extrêmement subtil, il me semble qu'il ne faut rien pour embraser toute la machine, sév. 9 juill. 1677. Comme un homme que la curiosité a tiré de son élément, et qui ne peut ni respirer, ni vivre dans un air subtil, VAUVEN. ilax. ceux. Euler et plusieurs autres, voulant expliquer mécaniquement les phénomènes magnétiques, ont adopté l'hypothèse de Descartes, qui suppose, dans la substance de l'aimant, des conduits et des porcs si étroits, qu'ils ne sont perméables qu'à cette matière magnétique, selon eux plus subtile que toute autre matière subtile, buff. Min. t. II, p. U7. ||La matière subtile, matière imaginée par Descartes dans les tourbillons. Mais le vide à souffrir me semble difficile, El je goûte bien mieux la matière subtile, mol. Femmes sav. m, 2. L'autre, qui se croyait même son disciple zélé [de Descartes], lui écrivait qu'il avait vu enfin sa matière subtile voltiger aux rayons du soleil, qui donnaient à travers les fentes d'un volet, le p. castel, dans Mém. de Trévoux, I72B, t. i, p. 304. Il Ancien terme de marine. Galères subtiles, galères les plus étroites, surtout à la poupe. Il 8* Oui est de nature à pénétrer, à s'insinuer promptement. Le vif-argent est fort subtil. Un poison subtil. Et la morsure du serpent Est moins aiguë et moins subtile. Que le venin caché que sa langue répand, j. b. rouss. Odes, iv, 1. 1| Terme de fauconnerie. Mal subtil, maladie particulière aux faucons, dans laquelle ces oiseaux paraissent toujours être affamés. || 3* Il se dit des sens qui ont de l'acuité, quand on sent, voit, entend ce que les autres ne perçoivent que difficilement. Avoir la vue subtile, l'œil subtil. Avoil- l'ouïe subtile, l'oreille subtile. Le tact est le moins subtil des sens. Ce sujet si zélé qui, d'un œil si subtil, Sut de leur noir complot développer le fil, hac. Esth. ii, 3. Il 4* Qui est adroit de la main, qui exécute avec une grande dextérité des tours de main, sans qu'on puisse voir comment ils se font. Un subtil voleur. Main subtile pour escamoter. Un joueur de gobelets fort subtil. || On dit à peu près dans le même sens : Le renard est un animal fort subtil; le singe est subtil. || On dit de même : Ce tour, ce vol est subtil, il est fait avec beaucoup d'adresse. Celte fuite et cette course insensible du temps n'est qu'une subtile imposture pour nous mener insensiblement au dernier- jour, Boss. Sermons, Nécess. de la pén. 2. || 6* Qui a dans l'esprit l'adresse exprimée pour la main par subtil. Comment! ce peuple[Athéniens], qui se pique D'être le plus subtil des peuples d'aujourd'hui A si mal entendu la volonté suprême Du testateur I la font. Fabl. II, 20. Il y a du plaisir à voir ce savant casuiste pénétrer dans le pour et le contre d'une même question qui regarde les prêtres, et trou- I
SUB
ver raison partout, tant il est ingénieux et subtil, PASC. Pron VI. Leur subtil conducteur [des révolutionnaires anglais, Cromwell] qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnages divers.... boss. Reine d'Ànglet. Son adversaire était M. Rolle, le plus profond de nos algébristes, et en même temps subtil, artificieux, l'écond en certains stratagèmes, dont on ne croirait pas trop que des sciences démonstratives fussent susceptibles, ponten. Saurin. La philosophie d'Aristote ayant été portée en Occident, elle plut beaucoup aux esprits subtils, qui, dans les temps d'ignorance, sont les beaux esprits, monteso- Esp. XXI, 20. lis. m. Personne subtile. Ces subtils qui croyaient régner dans les assemblées.... n'ont pu se défendre, balz. liv. i, lett. 7. Tout ce qu'il y a de meilleur en nous tourne et dégénère en excès; les simples sont grossiers, les subtils sont présomptueux, BOSS. 4* sermon, Circoncision, 2. Ces faux subtils pensent-ils apprendre au monde.... ID. Et. d'orais. ii, 23. Souvent dans son orgueil un subtil ignorant Par d'injustes dégoûts combat toute une pièce, boil. Art p. iv. || 6* En parlant des choses, fin, ingénieux, adroit. Stratagème subtil, ««AIR. Mort d'Asdr. v, (.Si tu n'as pas de ruse plus subtile.... cobn. Héracl iv, 6. Mais à me tourmenter ma craint* est trop subtile, bac. ïï.<th. II, i. Les lois ne doivent point être subtiles, elles sont faites pour des gens de médiocre entendement, montesq. £spr. XXIX, Ifi. ||7' Trop raffiné, qui échappe à l'intelligence par un excès de finesse, en parlant des personnes et des choses. Ce que vous dites là est trop subtil pour moi. Dn philosophe subtil. La différence est si subtile qu'à peine nous pouvons la marquer, pasc. Prov. i. || S. m. Ce qu'il y a de subtil. Viser au subtil.
— HIST. XIII* s. Ti 1 conseil [je] sai donner qui est bon et soutis, Uerte, lxxv. Pour ce que elle soit plus soutille de son mestier garder et faire, Liv. des met. 384. Renart,qui moult estoit soutis, Hen. <9862. Et disoit que l'ennemi [le démon] es* li soutilz, JoiNv. (97. Il m'apela une foiz, et me dist : je n'ose parler à vous, pour le soutilz senz dont vous estes, de chose qui touche à Dieu, ID. (94. Il XIV* s. Que nuls, par son serement, ne vendra.... aucune marchandise à livre soutive, qui doit estre livrée et pesée à la livre grosse, Ordonn. février (32(. Adonques s'avisa la royne jolie D'un tour assez subtil, dont elle fut moult lie, Baud. de Seb. li, 582.||xv* s. Le roi Charles de France, qui fut sage et soutil, et bien le montra tant que il vesquit, fboiss. ii, ii, i». Lors respnndit philosophie, Qui oncques ne fut assouffie D'arguer par soubtieves voies, id. Buiss. de joneee. Au voir dire, ce François Acreman estoit moult habile.... pour faire de soutives emprises, id. ii, ii, 229. Il n'est paintre, tant soit subtil. Oui sceûst la flour d'un courtil Adroit seulement contrefaire, E. descm. Poés. mss. t" 480. Et par mer avoit en navire sept galées subtiles et deux grosses galées, Boueiq. m, 20. Il xvi* s. Subtil à rechercher les faultes d'aultruy, ahyot, Cimon et Lucull. 2 Us faulsoienl leurs espées, qui avoient les lames fort tenues et subtiles, ID Cimon, 70. Les compresses seront faites de linge mol et subtil, paré, viii, (6. Je suis ennemy des actions subtiles et feintes, mont, i, 96. De quoy se faict la subtile folie, que de la plus subtile sagesse? cnARRON, Sagesse, i, (5.
— ETYM. Wallon, sûli, sage, spirituel; bourg. sutil, suti, au fém. sulie; provenç. subtil, solil; espagn. sutil; ital. soltile; du lat. subtilis, qui, selon Corssen, Ausspr. 2* édit. i, 643, est pour sub-telis, de sub, et (eio, toile : finement tissé, fin, déUcat.
SUBTILEMENT (sub-ti-le-man), adv. D'une manière subtile, très-adroite. Parlons moins subtilement et d'une manière plus populaire, balz. I*' dise, la Cour. Deux artifices que saint Jérôme a subtilement démêlés dans une de ses épitres, bourdal. Avent, Sainteté, 270. Mosé allait prendre la perdrix; mais l'ange lui arrêta la main subtilement, volt. Phil. Bible expliq. Exode. Vous rappelez-vous le conte de ce chirurgien dont la boutique donnait sur deux rues, et qui, sortant par une porte, estropiait les passants, puis rentrait subtilement, et pour les panser ressortait par l'autre? J. J. ROUSS. Lett. àDu Peyrou, s août(76S.
— HIST. xiu* s. Cum la pierre de l'aïment Trait à soi le fer soutilment, la Rose, 4(67. ||zv* s. Les biens que Dieu lui adonnez Elmblent un cœur subtilement, CH. d'ohl. Chans. 29. || xvr s. Escorces de grenades subtilement pulvérisées, pare, vi, 22. Comme on void parmy l'air un esclair radieux
SUB
Glisser subtilement et se perdre en la nue, despoiiiKS, Épitaphe, Diane, 5.
— tr\ a. Subtile, oi le suffixe »n«n»; provenç. subtilmen; espagn. fu(>lm«n(«; ital. totlilment».
SUBTILISATION (sub-ti-li-za-sion), i. f. Ancien terme de chimie. Action de subtiliser certains liquides par la chaleur du feu.
— IIIST. xvi< s. Subtiliation, cotorati.
— ETYM. Subtiliser.
SOIITILISE, ÉE (sub-ti-li-zé, ïée), part, passé de subtiliser. Rendu subtil. Il n'est riun de plus beau.... Que.... ces tendres pensées Du commerce des sens si bien débarrassées; Mais ces amours pour moi sont trop subtilisés ; Je suis un peu grossier comme vous m'accusez, hql. Femm. sav. IV, 2. Soit par le sang échauffé et subtilisé, soit par la poitrine, vous devez toujours craindre le dessèchement, sÉv. à Mme de Grignan, 4 août <677.
SUBTILISER (sub-ti-li-zé), v. o. || 1* Rendre subtil, délié, pénétrant. Je subtiliserais un morceau de matière [pour en faire l'âme des bêtes], LA FONT. Fabl. I, I. Ouc no verrions-nous pas, si nous pouvions toujours subtiliser les instruments qui viennent au secours de notre vue trop faible et trop grossière T fén. Exist. i, 2). Ces tuyaux introduisent dans la plante un air frais et élastique qui prépare la sève, la subtilise, la colore peut-être, et aide encore à son mouvement, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. viii, p. 329, dans pouGENS. Leur suffit-il de subtiliser le corps pour comprendre qu'il est le sujet de la pensée? condil. Art de pens. i, ). || Fig. Ahl si l'on se donnait la même diligence. Pour extirper le vice et planter la vertu, Que pour subtiliser sa propre intelligence. Et tirer la science Hors du chemin battu I corn. Imit. i, 3. Dans certaines matières abstraites et qu'on affecte encore de subtiliser pour embarrasser la matière, il ne faut pas ceindre de répéter ce qui fait la difficulté, Boss t'écrit, te. Raffinez sur tous les plaisirs, subti'isez-les, mettez-les dans le creuset; de toutes ces transformations, il n'en sortira et résultcra jamais que l'ennui, hass. Pet. carême, Ualh. des gr. Nos poètes subtilisent et exagèrent le sentiment, STAËL, Corirtnt, vu, 2. ||2* Familièrement. Attraper, tromper subtilement. Si vous n'y prenez garde, il vous subtilisera. || Populairement. Dérober par un tour adroit de la main. On lui a subtilisé sa bourse. Un homme qui m'a jouée, et qui m'aen quelque sorte.... subtiliséeet dérobéeàmoimême, letournkur, Trad. de Clarisse Harlowe, Lett. 98. !i 3" V. n. Raffiner, chercher beaucoup de finesse dans une question, dans une affaire. De quoi vous avisez-vous de subtiliser sur notre acte? patbu. Plaidoyers, 6. Les saints subtilisent pour se trouver criminels, et accusent leurs meilleures actions, PASC. Pensées sur les Proviru. 8, éd. faugêre. Il est vrai, ma bonne, que saintAugustin....joueet subtilise sur l'amitié d'une manière qui pourrait ne pas plaire, sÉv. 25 juin f69o. Malheureusement c'est un garçon qui a de l'esprit : cela fait qu'il subtilise, que son cerveau travaille, mariv. Serm. indiscr. v, (. ||4 Se subiiliser, «. rpyi. Devenir plus subtil, plus ténu. Des portions d'humeur grossière. Quelquefois comp.-ignes du sang. Le suivent dans le cœur, sans pouvoir en passant Se subtiliser de manière Qu'il naisse des esprits.... la font. Quinquina, i. De même que l'eau, si elle se subtilisait, deviendrait une espèce d'air qui ferait mourir les poissons, FÉN. Exist. I, 1. Rien n'empêchait [dans le paganisme] que l'on s'imaginât que les parties de la matière qui s'étaient le plus finement subtilisées avaient composé des dieux , puisque celles qui étaient demeurées massives et crasses ne laissaient pas de se convertir en hommes, Anal, de Bayle, t. m, p. (05. IIFig. Devenir plus intelligent. Je vous envoie une petite cravate, tout comme on les porte; vous verrez par là que, depuis votre départ, le monde ne s'est pas subtilisé, SÉv. 22 avril <672.
— IIIST. XV s. Le sang espais il [le vin] subtilise, BASSELIN, Lx. ||xvi« S. Les rayons du soleil subtilisent l'air si fort qu'ils l'enflamment, amyot, JVumo, (7. D'icelles [fomenUtions] sort une chaleur et vapeur, laquelle a vertu de subtiliser, atténuer, inciser, résoudre et conforter ladite partie, PARÉ, V, u. 11 sublilisoit [imaginait avec subtilité] mille délais, subterfuges et exoines, Arresta amnrum, p. 482, dans lacurnb. Si [les âmes sont] desliées, elle [la doctrine] les purifie volontiers, clarifie et subtilise jusques à exinanition, MONT, iv 42.
riYJl. Subiil. Eji place de subtiliser, l'ancienne langue avait iouliii«r, subtiller
SUB
t SUBTILISEUR (sub-ti-li-zour), i. m. Personne, écrivain qui aime à subtiliser.
— HIST. xvi* s. Subtiliseur, oudin, Dict. SUBTILITÉ (sub-ti-li-té; prononcé suttilité au
xvi« s. d'après palsgravb, p. «I3), ». ^. || !• Qualité de ce qui est subtil, ou de celui qui est subtil. La subtilité du poison. La subtilité d'un escamoti'ur. Subtilité d'esprit. On dira que je cède i la difficulté, Que je me trouve à bout de ma subtilité, MOL. l'Ét. m, 4. J'admirai sur ces passages de voir que la piété du roi emploie sa puissance k défendre le duel dans ses États ; et que la piété des jésuites occupe leur subtilité à le permettre et i l'autoriser dans l'Église , pasc. Prov. vu. Ces découve;'tes [des satellites] demandent une grande subtilité d'observation et une précision extrême, témoin le P. Rheita, habile d'ailleurs, qui prit de petites étoiles fixes pour do nouveaux satellites de Jupiter, fonten. Cassini. 11 aura le toucher et le goût d'une rudesse extrême, la vue, l'ouïe et l'odorat de la plus grande subtilité; tel est l'état animal en général, J. J. Rouss. Inég. 4" part. Si des liqueurs grasses, comme l'huile, sont admises dans les vaisseaux de beaucoup de plantes, des liqueurs spiritueuses doivent y avoir un accès bien plus facile à cause de leur subtilité, bonnet, Us. feuilles , *' mém. \\ 2* Ruse dans les affaires. La subtilité en affaires est bien voisine de la friponnerie. Il [M. le Tellier] s'appliqua à séparer les formalités nécessaires d'avec ces procédures obliques et ces malignes subtilités que l'avarice a introduites dans les affaires, fléch. le Tellier. \\ 3' Raisonnement, distinction subtile et difficile à comprendre. Ces subtilités admirables qui sont propres à notre compagnie [jésuites], et que nos pères de Flandres appellent de pieuses et saintes finesses et un saint artifice de dévotion, pasc. Prov. X une conversation d'une
après -dinée de chez Gourville, où étaient Mme Scarron et l'abbé Testu, sur les personnes qui ont le goiit au-dessus ou au-dessous de leur esprit; nous nous jetâmes dans des subtilités où nous n'entendions plus rien, M"" de la favette, Lettre à Mme de Sévigné , 4 sept. 4 073, dans sÉv. édit. RÉGNIER, t. ni, p. 229. Que je hais ta vaine science et ta mauvaise subtilité, âme téméraire, qui prononces si hardiment: le péché que je commets est véniel I boss. Mar.-Thér. Faisant admirer à cette nation [l'Italie] une judicieuse sincérité qui valait mieux que ses subtilités et ses adresses, fléch. Duc de Mont. Une cause qui ne saurait se soutenir que par des équivoques et par de fausses subtilités, BOIL. Longin, Sublime, Ré/lex. 40. Quelquefois ils [les Romains] abusaient de la subtilité des termes de leur langue; ils détruisirent Carthage, disant qu'ils avaient promis de conserver la cité, et non pas la ville, montesq. ^oin. e.
— HIST. xil* s. La suptiliteit de la deventriene [intérieure] parole, Job, p. 477. || xur s. Lorsque il [saint Jean l'évangélistej reposa sor le piz [le sein] Jbesu Crist, en but il aussi com d'une fontaine ; ce fu la haute sotilleté de l'évangile, brun, latini. Trésor, p. 70. Car tei [telles] gens vuelent groses choses Sans grant sottiveté de gloses, la Rose, 4 7598. Li vins, quand il vint [vient] en le [la] forcele [estomac], par subtilité ne demeure mie tant qu'il soit cuit, alebrant, f*6. ]| xiv* s. L'en n'est pas tenu assavoir les difficultés ou subtilités de droit, oresmb, Éth. 7S. Par l'ennortement et soutiveté de l'ennemi, Charte, Arch. nation. jj86, p. (54. Il XV* s. Comment on pourroil tous les pilotisosteret traire hors par force ou par soubtilleté, froiss. i, i, 434. Il XVI* S. Les dleux Vengèrent cette perfide subtilité, mont, i, 27. Il avoit échappé mille fois par la subtilité de ses inventions, id. i, 4 37. La subtilité du renard, la stolidité de l'asne, PARÉ, Anim. t.
— ÊTYM. BoxxTg. tutillitai ; prov. niblifitoJ, toti- Icdat; esp.sult7idad;ital. soltilità; du lat. subtilitatem, de subtilis, subtil. On disait aussi tubtillesse.
t SUBTURBiNÉ, ÉE (sub-tur-bi-né, née), adj. Qui a presque la forme d'une toupie.
SUBULÉ, ÉE (su-bu-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme d'alêne, c'està-dire qui se rétrécit insensiblement depuis le milieu jusqu'au sommet.
— ÊTYM. Lat. subula, alêne, qui tient à tu-«re, coudre, tu-bula, l'instrument qui porte le fil à coudre; comparez aceta-bulum.
t SUBDLICOR>E (su-bu-li-kor-n") , adj. Terme de zoologie. Qui a des antennes subulées.
t SUBULIFOLIÉ, ÉK (su bu-lifoli-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles subulées.
SUB
t SDBCLnOOTBB (su-bu-li-ro-str*) , adj. Qui a le beo an alêne.
t SDBCRBAIN, AINB (sub-ur-bin, bi-n'), adj. Qui entoure une ville; qui est presque dans la ville. Les quartiers suburbains de Lyon.
— £TYM. Lat. luburbanut, de rub, sous, eiurbt, ville.
SUBDRBICAIRE (sub-ur-bi-kê-r'), adj. Se disait des villes soumises au gouvernement du préfet de Rome. Les papes romains étaient, i la vérité, regardés comme les évéques de la ville impériale, et comme les métropolitains des villes suburbicaires dans la province de Rome , volt. Arianisme et athanasianitme, 30. || Se dit des provinces d'Italie qui composent le diocèse de Rome et des églises établies dans ces provinces. Provinces suburbicaires. Évêques suburbicaires.
— ÊTYM. Lat. suburbicarius, de rub, sous, et urbicarius, qui appartient à la ville, de urbs, ville.
t SUBUTRAQUISTË (sub-u-tra-ki-sf), t. m. Mem bre d'une secte de hussites, dits aussi calixtins, qui donnaient la communion sous les deux espèces.
— ETYM. Lat. tub, sous, utraque, l'une et l'autre (sous-entendu ejp^ce).
SUBVENIR (sub-ve-nir), v. n. Il se conjugue comme venir. |{ 1* Secourir, soulager. U faut subvenir charitablement aux misérables. || 2* Pourvoir, suffire. U a subvenu i tout. Pour subvenir à tant de frais, il fallut prendre la substance des peuples ; il n'y eut point d'extorsion que l'on n'inventât sous le nom de taxe et d'impôt, volt Charles XII, 8. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI* s.... Nous garder sous sa protection, nous subvenir à tout besoin, calv. Inst. 382. S'il veut avoir de quoy se subvenir à sa nécessité, il faut qu'il sorte hors de soy et qu'il cerche ailleurs son secours, id. ib. 674. Pour obvier aux inconveniens qui en pourroient subvenir, carloix, i, 40. Il faut soigneusement subvenir à tel accident, PARÉ, XXIV, 28. Pour subvenir un peu à la trahison de ma mémoire.... mont, u, 442.
— ÊTYM. Lat. subvenire, qui a donné aussi lotc venir, de sub, sous, et venire, venir.
SUBVENTION (sub-van-sion ; en vers, de quatre syllabes), t. f. || 1° Secours d'argent accordé ou exigé pour subvenir à une dépense imprévue de l'État dans un cas pressant. Si, d'après l'examon des comptes, une subvention nouvelle était indispensable, ils consentiraient que l'imposition en fiit égale sur tous les biens, marmontel, Mém. xii. Il Particulièrement, sous l'ancienne monarchie, nom donné au vingtième denier ou sol pour livre qu'on établit à titre de subvention sur les marchandises. Il 2" Fonds accordés par le gouvernement pour soutenir une entreprise. Ce théâtre vient d'obtenir une subvention. J'étais directeur du Flambeau, journal dévoué au gouvernement, et puisant ses moyens d'existence dans une subvention annuelle, betbaud, Jér. Paturot, i, 44. || Il se dit de tout fonds accordé d'une manière analogue. Nous n'acceptons d'eux que six écus de six francs pour leur part de la subvention qu'ils nous offrent, VOLT. Lett. à M. Dupont, 44 févr. 4778.
— HIST. xiV s. Nous les avons trouvés bons en cette partie, Et sans subvention avoir sur nous haussie. Ne imposicion ne gabele haïe , Guese. 20977. Il XVI* s. Subsides, impositions, décimes, subvention, emprunts et tant d'autres termes exactaires, carl. i, 45. Medeciner est mon invention ; Je suis de tous l'aide et subvention, paré, Préf.
— ETYM. Provenç. tubventio; espagn. lubvencion; ital. tovvemione; du lat. »u!ioenlion«m, secours; de subvenire, subvenir.
t SUBVENTIONNEL , ELLE (sub-van-sio-nèl, nè-l"), adj. Qui appartient i une subvention; qui forme une subvention.
f SUBVENTIONNER (sub-van-sio-né), v. a. Néologisme. Donner une subvention, des secours d'argent. Théâtres subventionnés.
SUBVERSIF, IVB (sub-vèr-sif, si-y*), odj. Qui renverse, qui détruit, au moral. Et que par maints propos subversifs de tout ordre et de toute morale, il [Courier] aurait essayé de troubler.... p. L. cour. A ux dmes dévotes.
— ETYM. Lat. rubvertum, supin de subvertert, subvertir.
SUBVERSION (sub-vèr-si-on), s. f.\]i' Action de subvertir. Ils n'osèrent contredire à cette ordonnance, quoiqu'ils vissent qu'elle allait à la subversion de leurs lois, vaugel. Q. C. x, 2. Uni erreur dans la foi, et encore une erreur tendant*
SUC
SUC
SUC
i l'entière subversion d'un aussi grand sacrement que celui de l'eucharistie, Boss. Var. m, 0). Des princes du sang et de grands officiers de la couronne, jaloux des Guises, commencèrent la subversion de la France, volt. Mœurs, (70. || 2" Action de séduire, d'égarer. Ces prédications séditieuses tondent à la subversion des faibles et des ignorants, BOSS. Var. xi, 79.
— Hisr. xn" s. Chaitivel et maie est lor conversations, mais pitiet doit-om avoir de la subversion de ton peule, ST bern. p. 656. ||xiv*s. Subversions de citez, oresme. Thèse de meunier. |I xv* s. Et tant vers Dieu s'umilierent. Que leurs cuers à lui relièrent, Et pour leur grant contricion Leur remist la subvercion, E. desch. Poésies mss. f° 107.
— ÊTYM. Lat. subversionem, de subversum, supin de siibvertere, subvertir.
SUBVERTI, lE (sub-vèr-ti, tie), part, passé do subvertir. Ma raison subvertie , st-amant, Œuv. p. 14. Tout était subverti, quand on disputait sur des choses inintelligibles, volt. Pr. de Bab. 8.
SUIiVEllTIR (sub-vèr-tir), V. a. Mettre sens dessus dessous, renverser. Ce conflit d'opinions et de cultes^ bouleversait les têtes, s'il ne subvertissait pas l'État, VOLT. Mœurs, <30. Entre toutes les causes qui ont subverti la subordination militaire.... MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 9. L'homme accusé d'avoir travaillé autant qu'il était en lui à subvertir la liberté publique, id. ib. p. 22.
— HIST. xiv s. Les choses du dehors nous sont cause de subvertir nostre jugement et nostre volonté, ORESME, Éth. BO. Subvertir la chose publique, BERCHEURE, f° BO, recJo. |1 xV S. Le juste femme subverti [séduisit]. Le saige et le fol departi De Dieu par sa déception, e. desch. Poésies mss, f" 529. Il XVI' s. Il [Saturne] eut un fils nommé Jupiter, qui le dechassa, et occupa son royaume.... et subvertit tout le simple et sainct mode de vivre du temps de son père, bonivard, Amartigenée, p. 4 27. L'un jugement subvertissant l'aultre sans cesse, MONT, n, 3U.
— ETYM. Lat. subvertere, de sub, en dessous, et vertere, tourner.
, t SUBVEKTISSEMENT (sub-vcr-ti-se-man), s. m. Etat de ce qui est subverti. Le gouvernement de France était alors parvenu à cet excès de subvertissement, que deux mille soldats du pape étaient un secours utile, volt. Mœurs, tas.
SUC (suk), s. m. Il 1" Il se dit de certaines liqueurs qui se trouvent dans les végétaux et dans la viande. Les nerfs de la langue seront touchés et ébranlés par le suc exprimé des viandes, boss. Connaiss. m, 6. Leurs flèches sont trempées dans le suc de certaines herbes venimeuses, fén. Tél. X. De ces observations, M. de la Baisse conclut qu'il y a dans les plantes un suc ascendant et descendant; un suc qui s'élève de la racine à l'extrémité supérieure de la tige, et qui descend de l'extrémité supérieure de la tige vers les racines, par les fibres de l'écorce, bonnet, Us. feuilles, b' mém. La mauve, le dictame ont, avec les pavots. Mêlé leurs sucs puissants qui donnent le repos, A. CHÉN. Idylles, le Malade. Oii, sur un mol amas de coussins fastueux, Le superbe Ottoman, triste et voluptueux, Enivré de ces sucs dont la vertu l'inspire. De ses rêves charmants entretient le délire, delile, l'imag. iv. On peut ranger à la suite de la sève et regarder même comme espèce de ce liquide ce qu'on nomme le suc des plantes, et qu'on extrait soit pour l'usage médicinal, soit comme matière utile aux arts, fourcroy, Conn. chim. t. vn, p. (34. || Kig. Engraisse-toi, mon fils, du suc des malheureux, boil. Sat. viii. La liberté est un aliment de bon suc, mais de forte digestion, j. j. Rouss. Gouverri. de Pot. 6. \\ Suc d'herbes, vulgairement jus d'herbes, nom des sucs obtenus en pilant, dans un mortier de marbre, parties égales de feuilles fraîches de chicorée, de fumeterre, do bourrache et de cerfeuil. || Sucs épaissis, sucs de plantes qu'on a soumis à l'évaporation par le feu. Il Suc de réglisse, voy. réglisse (jus). || Dans les sucreries, jus qui s'exprime de la betterave, et qui contient le sucre crislallisable. || S" Il se dit de certaines liqueurs qui se trouvent dans le corps des animaux et dans la terre. Par cette immense quantité d'eaux que Dieu amena sur la terre, et parle long séjour qu'elles y firent, les sucs qu'elle enfermait furent altérés, boss. Hist. a, t . L'arbre qui no tire presque plus de suc de la terre, peutil larder de sécher et d'ùlrc jeté au feu? mass. Carême, Tiéd. s. Squelettes humains découverts i la Guadeloupe dans une roche formée de parcelles de madrépores rejetées par la mer et unies
par un suc calcaire, cuvier, Révol. p. t40. || Terme de physiologie. Suc gastrique, liquide acide sécrété par la membrane muqueuse do l'estomac, et jouant dans la chymifîcation le rôle de dissolvant. || Suc pancréatique, liquide sécrété par le pancréas et servant à la digestion des substances grasses. |i 3° Fig. Ce qu'il y a de substantiel dans un livre, dans une doctrine. Il a bien profité de la lecture de ce livre, il en a tiré tout le suc. L'esprit doit sur le corps prendre le pas devant; Et notre plus grand soin, notre première instance Doit être à le nourrir du suc de la science, mol. F. sav. ii, 7. D'où venait au P. Bourgoing cette force d'éloquence? c'est qu'il était plein de la doctrine céleste, c'est qu'il s'était nourri et rassasié du meilleur suc du christianisme, bo.ss. Bourgoing. Tantôt elle cultivait son esprit par la lecture des histoires édifiantes, et nourrissait sa piété du suc et de la substance des saintes Écritures, fléch. Dauphine.
— ËTYM. Picard, c/iuc; prov. suc; espag. suco ; portug. succo, sugo; ital. succo; du lat. succus, ou plutôt sûcus.
SUCCÉDANÉ, ÉE (su-ksé-da-né, née), adj.
Il 1° Terme de médecine. Se dit des médicaments qu'on peut substituer à d'autres, parce qu'ils ont à peu près les mêmes propriétés. || Substantivement. Un succédané. 112" Il s'emploie aussi dans les arts. L'aspérule tinctoriale, quoique très-inférieure à la garance, lui sert de succédanée.
— ÊTYM. Lat. succedaneus, de succedere, succéder.
SUCCÉDER (su-ksé-dé. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je succède, excepté au futur et au conditionnel : je succéderai), v.n. || l''Au sens latin et propre, aller sous, entrer dans. Tous les corps contigus résistant à l'eflbrt qu'on fait pour les séparer , quand l'air ne peut succéder entre deux, pasc. Pesant, de l'air, II. Si on met le bout d'un soufflet dans l'eau en l'ouvrant promptement, l'eau y monte pour le remplir, parce que l'air n'y peut succéder, id. ib. 112° Par extension, venir après, prendre la place de. Les psaumes avaient succédé aux cantiques des joies du siècle, boss. Anne de Gong. La colère à l'instant succédant à la crainte, boil. Lutr. m. L'inimitié succède à l'amitié trahie, rac. Bérén. i, 3. Le plus souvent ce n'est point par hasard qu'un goût succède à un autre; il y a ordinairement une liaison nécessaire, mais cachée, fonten. Sur i'/iis{. Œuv. t. IX, p. 376, dans pougens. La plus aff'reuse nuit succède au plus beau jour, volt. Henr. ix. On dit qu'aujourd'hui la jeunesse A fait à la délicatesse Succéder la grossièreté, id. Èp. 4 9. La sagesse d'un règne ne sert jamais de leçon au règne qui lui succède, condil. Élud. hist. ii, 4. || Se succéder, venir l'un après l'autre. Les révolutions qui se sont succédé en France. Ainsi vont les opinions se succédant du pour au contre, selon qu'on a de lumière, pasc. Pbtis. v, 2, éd. havet. Un homme inégal n'est pas un seul homme, ce sont plusieurs; il se multiplie autant de fois qu'il a de nouveaux goûts et de manières difl"érentes; il est à chaque moment ce qu'il n'était point, et il va être bientôt ce qu'il n'a jamais été; il se succède à lui-même, la bruy. xi. Nos idées sont trop vives pour se succéder; elles se présentent toutes ensemble; elles se nuisent mutuellement, i. j. rouss. Hél. iv, 6. Il 3' Succéder à quelqu'un, posséder après lui une charge, une dignité, etc. Le plus grand des maux est les guerres civiles.... le mal à craindre d'un sot qui succède par droit de naissance n'est ni si grand, ni si sûr, pasc. Pens. v, 3. Son frère Jonathas succède à sa charge, boss. Hist. i, 9. Il fut ami de Cassandre, qui avait succédé à Aridée, frère d'Alexandre le Grand, au royaume de Macédoine, la bruy. Disc, sur Théophr. Les rois dont il est parlé dans les différentes dynasties [do l'Egypte] ne se sont pas tous succédé les uns aux autres; mais plusieurs ont régné en même temps dans des contrées différentes, rollin, Hist. anc. Œuv. l. i, p. 4 46, dans pougens. Il fut réglé dans quelques dynasties de la Chine, que les frères de l'empereur lui succéderaient, et que ses enfants ne lui succéderaient pas, montesq. Esp. xxvi, 8. Ce sera l'abbé de Condillac qui succédera à l'abbé d'Olivet [dans l'Académie française] ; je crois que nous n'aurons point à nous plaindre do l'échange, d'alïmb. Lett. à Voltaire, 22 oct. 4 768. Il est des grands hommes à qui l'on succède, et que personne ne remplace, ducis, Discours de réception (il succédait à Voltaire). || Succéder à un royaume,
à l'empire, à la couronne, parvenir après un autre à la dignité royale, à i'empire, à la couronne. Les femmes ne succédèrent ni à la couronne de France, ni à l'empire, parce que, dans l'établissement de ces deux monarchies, les femmes ne pouvaient succéder aux fiefs, montesq. Esp. xxxi, 33. || Impersonnellement. Et il succédera à sa place un homme méprisable et indigne des honneurs de 1» royauté, pasc. Prophéties, 2a, éd. faugère. || Succéder auprès d'une femme à un amant antérieur. Donc vous me succédez? [auprès de Marion Delorme]. — Un peu, sur ma parole, Comme le roi Louis succède à Pharamond, v. hugo, Marion Delorme, m, 7. || 4° Succéder à quelqu'un, le remplacer en capacité, en talent, etc. Si le grand Annibal n'avait qui lui succède,, corn. Nicom. ni, 2. || Succéder au crédit, à la faveur, aux honneurs de quelqu'un, obtenir le même crédit, la même faveur, les mêmes honneurs. || Succéder au zèle de quelqu'un, déployer le même zèle. Voyez si.... succédant au zèle et au ministère des apôtres, ils [les ministres animés de l'esprit de Dieu] n'ont pas succédé aussi à leurs tribulations et à leurs opprobres, MASS. Conf. Zélé contre les scandales. 115° Recueillir l'héritage d'une personne par droit de parenté. Il sortait d'une famille.... où les enfants aiment mieux succéder à la probité qu'à la fortune de leurs pères, fléch. Lamoignon. Madame, c'est un fils qui succède à son père, rac. Brit. m, 3. Pour les filles, comme elles ne succédaient qu'au défaut des mâles, on les mariait plus pour l'alliance que pour les biens, fleurï, Mœurs des Israél. tit. xiv, 2° part. p. 4 63, dans pougens. Chez les premiers Romains, les femmes succédaient lorsque cela s'accordait avec la loi de la division des terres; et elles ne succédaient point lorsque cela pouvait la choquer, montesq. Esp. xxvii, 4. Il Être habile à succéder, être capable de succéder, être propre à succéder. Soixante mille écus d'argent sec et liquide Ont mis notre fortune en un vol bien rapide.... Mon maître est diablement habile à succéder, regnard, Ménechm. iv, 2. Il Fig. Il est habile à succéder, se dit d'un homme ardent au gain, prompt à s'emparer du bien d'autrui. Il 6° Arriver, advenir, sans idée accessoire de bonheur ou de malheur, avec quelque adverbe ou locution adverbiale qui détermine le sens. C'est en la paix que toutes choses Succèdent selon nos désirs, malh. III, 2. De quelque manière que notre libéralité nous succède, ne nous lassons point de la continuer, id. Traités des bienf. de Sénéque, i, 2 Vous répliquez que, si vos vœux eussent succédé à le mettre en peine, ils eussent aussi succédé à l'en tirer, id. ib. vi, 28. Et que notre artifice ait si mal succédé.... corn. Place roy. m, 3. Notre malheur est grand; mais, quoi qu'il en succède, La mort qu'on me refuse en sera le remède, id. Uéracl. v, 6. Quelque chose de bon nous pourra succéder, mol. Dép. m, 4 . Il s'élèvera un roi insolent et fort auquel toutes choses succéderont à son gré, pasc. Prophéties, 20, éd. faugère. Si ton dessein succède au gré de notre envie. Je veux te rendre heureux le reste de la vie, regnard, le Légat. IV, 3. Il 7' En un sens particulier, être favorable, réussir. Il est si beau à l'homme du monde du courage le plus héroïque d'avoir péché par excès de douceur, que ce qui ne lui a pas succédé dans la politique doit être au moins admiré et exalté par tous les gens de bien dans la morale, RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 224, dans pougens. Ces maximes un temps leur peuvent succéder, mol. /'. Gare. II, 4. Tout lui succédait, boss. Hist. i, 9. Tout leur rit, tout leur ouccède, la bruy. xii. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xiv° s. Il n'eurent nuls enfans qui succédassent le royaume, Modus, dans le Dict. de DOCHEZ. Il XVI* s. Luy disant que la douleur seroit brieve ; et la joye, qui toust succederoyt, luy lolliroyt tout cest ennuy, rab. Garg. i, 6. Expérimente comment te succéderont la douleur et.... mont. I, 4 29. Les aisnez succèdent à tout le bien, et n'est réservé aulcune part au puisné, id. ii, 336. En la guerre, les ruses qui n'ont point esté pracliquées, sont celles qui succèdent le raieulx, amyot, Préf. IX, 3S. Et lui estant cesle besongne succédée selon son espérance, il feit donner un assault gênerai à la muraille, id. Cam. 40. La loy exemple et dispense de ceste subjection les enfans qui doivent succéder à la royauté, id. Agésil. 4 .
— ÊTYM. Provenç. succedir, succeiir; cat. tuceir; espagn. suceder; ital. succedere; du lat. succedere, de sub, sous, et cedere. aller (voy. céder).
SUCCENTURIACX (su-ksan-tu-ri-ô}, adj. m. pi.
suc
Terme d'anatomie. Reins succcnturiaux , nom donné aux capsules surrénales.
— ÊTYM. Voy. SUCCENTURIK.
t SUCCENTCRIÉ (su-ksan-lu-ri-é), adj. m. Terme d'anatomie. L'estomac succenturié, nom qui a été donné à l'estomac. || Ventricule succenturié, nom du second estomac des oiseaux, consistant en un renflement à parois épaisses, trfcs-glanduleuses et précédant immédiatement le gésier ou troisième estomac.
— ÊTYM. Lat. suuenturiatus, qui est en réserve, proprement destiné à compléter une centurie, de tub, sous, et centuria, centurie.
SL'CCfiS (su-ksê; l'j se lie: un su-ksé-z éclatant), 1. m. jl 1' Progrès de ce qui se développe. Combien ne goûte-t-on pas de plaisir à observer le succès des arbres qu'on a entés dans un jardin, l'accroissement des blés, le cours d'une rivière 1 Boss. Panég. St Pierre, Préambule. || 2' Ce qui arrive, survient. Un succès malheureux suit une injuste guerre, m\ir. Sophon. m, ). Tous les cœurs trouvent doux le succès qu'ils espèrent, COBN. Pomp. V, 2. Le funeste succès [la mort du cardinal de Retz] n'a que trop justifié nos discours [sur le mauvais traitement de la maladie], sÉv. 25 août 4679. Je veux vous souhaiter un heureux succès à l'affaire que vous demandez, ». à Bussij, I2 juiU. <690. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement, et nous arracher cet aveu qui coûte tant à notre orgueil, boss. Reine d'Anglet. La bonne cause d'abord suivie de bons succès, ID. ib. Tiré d'un poste invincible par l'appât d'un succès trompeur, m. Louis de Bourbon. J'ignore quel succès le sort garde à mes armes, rac. Andr. m, 8. Je [Annibal] dois au moins avoir appris par mes bons et mes mauvais succès comment il la faut faire [la guerre] avec les Romains, ROLUN, Hist. OJW. (Eut), t. VIII, p. 370. Il 3° Résultat. Daignez, je vous conjure, Attendre le succès qu'aura cette aventure, mol. te Dép. m, 7. J'en veux voir le succès, ro. Mis. i, \. Voilà donc le succès qu'aura voire ambassade : Oreste ravisseur ! RAC. Andr. ni, \.\\i° Succès, sans rien qui le détermine, se prend toujours en bonne part et se dit des avantages qu'on obtient. Ce qui l'assurait du succès [à la bataille de Nordlingen], c'est qu'il connaissait M. de Turenne, BOSs. iouts de Bourbon. Le juste n'ayant point d'action, du moins au sentiment des hommes du monde, il ne faut pas s'étonner, fidèles, si les grands succès ne sont pas pour lui, IX). Sermons, 3" dt'm. après Pâques, Providence, i. Sur d'éclatants succès ma puissance établie, rac. Ath. ii, 5. Malgré tous les succès qu'il avait eus dans la guerre contre Adraste, fén. Tél. XXII. C'est un noir attentat, c'est une sale et odieuse entreprise que celle que le succès ne saurait justifier, LA BRUY. XII. L'inexpérience indocile Du compagnon de Paul Emile Fit tout le succès d'Annibal, j. b.rouss. Ode à, la fortune. Les succès suffisent pour la réputation, mais non pas pour la gloire, volt. Vict. phil. Gloire. De succès en succès il marche à sa ruine, saurin, Spartoc. i, i. Il 5" Réussite, dans les salons, dans le monde, auprès des femmes. S'il est vrai qu'on puisse allier les succès dans le monde avec la vertu, ce que pour moi je ne crois pas, J j. Rouss. Conf. v. Mon peu de succès près des femmes est toujours venu de les trop aimer, lo.ib. ii. On croira toujours à la cour que les succès sont les fruits de l'adresse et de l'intrigue, genlis, Urne de ilaintenon, t. i, p. 270, dans pouGENS. En général, après des succès on doit s'attendre à trouver le public plus difficile et plus sévère; c'est une réflexion que je ne faisais pas assez, marmontel, Mém. xi. Il y a toujours dans les succès d'un homme auprès d'une femme quelque chose qui déplaît, même aux meilleurs amis de cet homme, stael, Corinne, x, 6. j| Succès du moment, succès passager, dii surtout i la disposition des esprits dans le moment où on l'obtient. Quand on préfère à la vraie gloire les petits succès du moment, on n'a besoin ni d'instruction ni de grands talents, genus, Yeill. du chdt. t. i, p. 243, dans POUGENS. 11 y a pour les talents deux succès et deux récompenses : le succès du moment et le succès de l'avenir, marmontel, (Eut), t. VII , p. 366. Il 6° Réussite d'une entreprise , d'un objet. Elle fait avec le duo de Lorraine une entreprise pour la délivrance du roi son seigneur dont le succès parait infaillible, boss. Heine d'Anglet. On peut dire que la discipline des mœurs et le succès de la piété dans la cour est en la personne des reines, flécii. Mar.-Thér. Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes na-
t)ICT. DE LA LANGUE FRANÇAISI.
SUC
quit la tragédie antique, uoil. Art poét. m. Croismoi, dût Auzannet t'assurer du succès. Abbé, n'entreprends point mémo un juste procès, id. Èp(t. II. [Il] N'attend pas pour dîner le succès d'un sonnet, ID. Art poét. iv. Parlez, de vos désirs le succès est certain. Si ce suocès dépend d'une mortelle main, rac. Esth. ii, 7. A peine une résolution était-elle prise dans le conseil, que les Dauniens faisaient précisément tout ce qui était nécessaire pour en empêcher le succès, ké.n. Tél. ivi. L'IÎtourdi eut plus do succès que le Misanthrope, l'Avare et les Femmes savantes n'en eurent depuis, volt. Vie de Molière. Quoiqu'on ne sache pas trop à quoi le succès d'une pièce de théâtre est aitaché, id. Lett. Marmontel, fi fév. 1767. || Succès de circonstance, succès dû surtout aux circonstances au milieu desquelles l'ouvrage qui l'obtient a paru. || Succès d'estime, succès sans éclat qu'obtient un ouvrage seulement estimable. Elle [l'Académie] n'a obtenu qu'un de ces succès tièdes qui ont reçu le nom euphémique de succès d'estime, r. SARCEY, Opinion nationale, )3 avril (887. Il Succès de vogue, succès bruyant qui résulte plus souvent des circonstances ou de la mode que du mérite d'un ouvrage. || Succès d'enthousiasme, succès fou, succès très-vif et accompagné de manifestations passionnées du public. Il Avec peu de succès, infructueusement. Cette haute vertu qu'il [l'Ecclésiaste] a cherchée avec si peu de succès, et dont il semble que son siècle n'était pas capable, s'est rencontrée en la personne de l'illustre Julie.... duchesse de Montausier, fléch. Ifme de Mont. || N'avoir pas un grand succès, être assez mal accueilli. Ces deux situations de l'abbé n'eurent pas un grand succès auprès des enfants, genlis, Veill. du chdt. t. II, p. <68, dans pougens. || Proverbe. Rien ne réussit comme le succès.
— ÉTYM. XVI' s. J'ay veu le chameleon devenir jaune, bleu, tanné, violet par succès, rab. Pont. IV, 2. Les faultes et les succez contraires y donnent poincte et grâce [à une intrigue amoureuse], mont.
— ÉTYM. Lat. successus, de succedere, succéder : ce qui arrive après, résultat d'une action.
SUCCKSSEOR (su-ksè-seur), s. m. \\ !• Celui qui succède à un autre dans une place, dans ses biens, dans son commerce, dans sa profession. Quand sa monarchie [d'Alexandre] sera établie, elle périra, et sera divisée en quatre parties.... et ses successeurs n'égaleront jamais sa puissance, pasc. Proph. 26, éd. paugère. Torricelli était mathématicien du duc de Florence, et successeur de Galilée, qui mourut en i 042, rollin, Uist. anc. xxvi, 3, 4. Les grandeurs ont leur cours; vous succédez à d'autres; Mais d'autres quoique jour seront vos successeurs, j. B. ROUSS. Odes, m, 9. On sait assez combien la présence d'un successeur est odieuse, et à quel point la puissance suprême est jalouse, VOLT. Phil. Uist. établ. christ. 20. \\i' Il se dit de l'amant, du mari qui succède à un autre amant, à un autre mari. Quoi I je lui donnerais [à Hector] Pyrrhus pour successeur Ihac. .4 »idr. m, 8. ||3°Fig. Celui qui est capable de tenir la place de l'homme après qui il vient. L'ami, le compagnon, le successeur d'Alcide, rac. Phèdre, ii, 2. Ces vengeurs trouveront de nouveaux défenseurs. Qui, même après leur mort, auront des successeurs, id. Brit.
IV, 3. C'est ainsi que M. d'Alembert s'était montré, à trente-deux ans, le digne successeur de Newton, en résolvant le problème de la précession des équinoxes, condorcet, d'Alembert.
— illST. xii* s. Deus [Dieu] rove les apostles, e que lur successur E tut cil qui laburent el champ nostre Seignur, Ne seient dechacié n'osté de lur tenur. Th. le mart. 77. E coment vus quereie ne mal ne deshonur, Cui jo tienc, e dei faire, pur rei e pur seignur E de tut le reaume e rei e succesur? »6. 429. Il XIV* s. Mes successors, dit-il, te fera droit avoir, Girart de Ross. 298(. Se vous créez homme qui soit digne d'estre successeur à Romulus, BERCHEURE, f" <2, veTso. || XVI* S. Maintenant chacun crolt que vous estes successeur de leur prudence et éloquence, d'aub. Hist. ii, 260. De mesmes apparences, de mesme cerimonie estoit servy mon prédécesseur [roi], et le sera mon successeur, mont, i, 334.
— ÊTYM. Provenç. successor; espagn sucesor; liai, successore ; du lat. successorem; de succedere, succéder.
SUCCESSIBIUTÉ (su-ksè-si-bi-li-té), s. f. Terme de jurisprudence et de droit politique. Droit de succéder. L'ordre de successibilité au trône. L'adopté n'acquerra aucun droit de successibilité sur
SUC
les biens des parents de l'adoptant, Code civ. art. 360. Sans un mot d'assentiment sur la condition de successibilité qu'il (Napoléon] voulait y attacher [à son abdication], villehain, 'Souv. cont. les Cent-Jours, xiv.
— ETYM. Suecestible.
SUCCiiSSIBLB (su-ksè-si-bl"), adj. Terme de jurisprudence. Il se dit d'un degré de parenté qui rend habile i succéder. Parent au degré successible. A défaut de parents au degré successible dans une ligne, les parents de l'autre ligne succèdent pour le tout, Cod. civ. art. 766. Il II se dit aussi des personne». Les dons et legs faits au fils de celui qui se trouve successible i l'époque do l'ouverture de la succession, sont toujours réputés faits avec dispense du rapport, Cod. civ. art. 847. || Substantivement, le successible, le parent au degré succcssible.
— ÊTYM. Lat. niecetsum, supin de succedere, succéder.
SUCCESSIF, IVE (su-ksè-sif, si-v'), adj. \\ 1* Il se dit de certaines choses dont les parties se suivent les unes les autres sans interruption. Mouvement, progrès successif. L'ordre successif des nuits et des jours. Je sais trop bien combien les sciences sont lentes et successives dans leurs progrès, LE p. CASTEL, dans Mém. de Trévoux, 4726, t. I, p. 304. Il Terme de marine. Mouvement successif, contre-marche. || 2* Il se dit de certaines choses qui arrivent à peu d'intervalle l'une de l'autre. Des pertes successives. Des découvertes successives. Il 8* Terme de jurisprudence. Droits successifs, droits qu'on a à une succession. || Fig. Votre feu père, dis-je, eut de l'amour pour moi; J'étais son cher objet, et maintenant je voi Que, comme par un droit successif de famille. L'amour qu'il eut pour moi, vous l'avez pour ma fille, cohn. Veuve, T, 7. Il 4* Terme de pontonnier. Construire un pont par bateaux successifs, ponter des bateaux les uns après les autres à l'emplacement même qu'ils doivent occuper. || Replier un pont par bateaux successifs, faire l'opération contraire.
— HIST. XVI* s. La Gaule françoise faite par Hottoman, premier jurisconsulte de son temps, par lequel il veut prouver que le roiaume de France n'est point successif comme les patrimoines privez, mais électif, d'aub. Hist. u, 4 08. Attendant ses droits successifs [d'héritage], carloix, m, 6.
— ÉTYM. Lat. successiviu, de successum, supin de succedere, succéder.
SUCCESSION (su-ksè-si-on), ». f. || !• Série de personnes ou de choses qui se suivent sans interruption ou à peu d'intervalle l'une de l'autre. La succession de Moïse et des patriarches ne fait qu'une même suite avec celle de Jésus-Christ, boss. Hist. II, 43. Cette succession [dans l'Église catholique] ne convient pas aux calvinistes, qui, dans leurs dogmes particuliers, n'ont pas plus de succession ni d'antiquité que les sociniens, ID. Var. XV, 91. Ceux qui paraissent mépriser l'argument de la succession [des pasteurs] en sentent malgré eux la force, fén. t. u, p. 6. Les voies de la grâce dans la conversion des pécheurs ne sont pas toujours les mêmes, mes frères : tantôt c'est un rayon vif et perçant.... tantôt c'est une clarté plus tempérée, qui a ses progrès et ses successions, MASS. Carême, Samarit. Comme il n'y a point de succession dans Dieu, si l'on admet qu'il ait voulu quelque chose une fois, il l'a voulu toujours et dès le commencement, montesq. Lett. pers. 4 4 3. Je sais bien qu'une succession infinie d'êtres qui n'avaient point d'origine est aussi absurde [que l'idée de néant] ; Samuel Clarke le démontre assez, volt. Phil. ignor. 20. J'avoue que la succession de nos idées est, par rapport à nous, la seule mesure du temps, BUFF. Hist. nat. hom. Œuvr. t. iv, p. 373. Quelque longue qu'on voulût imaginer la suc cession des temps, quelque nombre de générations qu'on admette et qu'on suppose, id. Époq. nat. Œuvr. t. III, p. 39. Moments précieux et si regrettés I ah I... coulez plus lentement dans mon souvenir, s'il est possible, que vous ne fîtes réellement dans votre fugitivesuccession,J.J. ROuss. Conf. Ti, 4'* part. L'être pour qui les temps n'ont point de succession [Dieu], ro. Bel. vi, 6. Les plaisirs de l'oreille consistent principalement dans la mélodie, c'est-à-dire dans une succession de sons harmonieux auxquels la mesure donne différents caractères, CONDIL. Traité sens. 1, viii, 6. || Par succession de temps, par une longue suite de temps. Ces anciennes cités, qui, n'ayant été au commencement que des bourgades, sont devenues, par succession do temps, de grandes villes, desc. Mélh. 11, «-
SUC
Il 2* Hérédité, les biens qu'une personne laisse en mourant. Venir à la succession de quelqu'un. L'ouverture, le partage de la succession. Je crois que Vardes vous mènera le Grand Maître, qui s'en va recueillir une petite succession de quatre cent mille écus, sét. 302. Je vous ai toujours ouï dire que les grandes successions étouffaient les sentiments de la nature : si cela est, tout doit rire dans cett« maison, u>. Lelt. à Bussy, 28 oct. loSB. Contraint de défendre les droits de sa succession contre des prétentions illégitimes, fléch. le Tellier. Les successions s'ouvrent par la mort naturelle et par la mort civile. Code civ. art. 7(8. Toute succession échue à des ascendants ou à des collatéraux se divise en deux parts, l'une pour les parents de la ligne paternelle, l'autre pour les parents de la ligne maternelle, ib. art. 733. On ne peut vendre la succession d'une personne vivante, même de son consentement, ib. art. 4C00. Le mot succession a deux acceptions différentes : il signifie le plus souvent la transmission des biens d'une personne morte à une personne vivante; quelquefois la réunion [l'ensemble] même de ces biens ; les biens sont transmis ou par la volonté de l'homme ou par le seul effet de la loi : dans le le premier cas, la succession est testamentaire ou contractuelle; dans le second, légitime ou ab intestat; cette dernière succession se divise en régulière (succession des descendants, des ascendants et des collatéraux) et en irrégulière (enfants naturels, conjoint survivant, l'État, les hospices), dal- LOZ, Répertoire abrégé de législation, v° succcession. Il Fig. Elle[la mère de M.deLamoignon] crut qu'elle ne pouvait leur laisser [à ses enfants] un bien plus solide que la succession de sa charité, fléch. Lamoignon. Il ne recueillit de ses pères qu'une succession d'innocence et de candeur, mass. Panég. saint Franc, de Paule. || Poudre de succession. Lesage, la Voisin, la Vigoureux et d'autres complices encore étaient en prison, accusés d'avoir vendu des poisons qu'on appelait la poudre de succession, VOLT. Louis XIY, 26. Il Succession à l'empire, à la couronne, prise de possession de l'autorité souveraine par droit héréditaire. Elle allait unir la maison de France à celle des Stuarts, qui étaient venus à la succession de la couronne d'Angleterre par une fille de Henri VU, Boss. Reine d'Anglet. Dans les États où il n'y a point de lois fondamentales, la succession à l'empire né saurait être fixe, MONTESQ. Esp. V, <4. L'ordre de succession n'était point dans l'Asie une loi reconnue comme dans les nations de l'Europe, volt. Mœurs, 194. || 3° Il se dit aussi du mode de transmission des hérédités. Succession directe. Succession collatérale. Succession sous bénéfice d'inventaire. || 4* Guerre de la succession d'Espagne ou, absolument, guerre de la succession, guerre suscitée à Louis XIV par les prétentions de l'Autriche sur le trône d'Espagne. Ce prélat [Belluga] avait rendu les plus grands services à Philippe V dans la guerre de la succession, duclos, Œuvr. t. v, p. 421. || Acte de succession, décision du parlement d'Angleterre qui exclut les catholiques du trône (t70<).
- HIST. xiii* s. Il fut jugié.... qu'il venroiont à le [la] succession du père et de le [la] mère, beaum. xviii, <8. Ilxiv's. Par succession de temps, oresme, Eth. 30).||xv's. Je [France], qui à toy suis par succession, e. oesch. Sur quels points doit durer ce royaume. || xvi' s. Plusieurs successions de vies d'hommes les uns après les autres, amyot, Péric. 26. La succession au royaume appartenoit au filz aine, id. Agésil. I. Une nation en laquelle il n'y a.... nuls contracts, nulles successions, nuls partages.... mont, i, 236. M. CrassusetQ. Hortensius.... ayant esté pour certaines quotitez appelez par un estrangier à la succession d'un testament fauls, id. m, 14.
— KTYM. Provenç. successio; espagn. sucesion; ital. successione ; du lat. successionem, de succestum, supin de succedere, succéder.
SUCCESSIVEMENT ( su-ksè-si-ve-man ), adv. L'un après l'autre. Leurs années [des hommes] se poussent successivement comme des flots, BOSs. Duch. d'Orl. Des planètos dont les différentes parties ne jouissent que successivement d'une lumière empruntée, bufp. Quadrup. t. rv, p. v. Tu m'as vue successivement fille, amie, amante, épouse et mère, j. j. novss. Hél. iv, i. La princesse palatine, successivement galante, incrédule, intrigante et dévote, d'alemb. Éloges, Bossuet.
— HIST. XIV* s. Après trois jours soient faites toutes ices choses successivement par ordre, h. de HONOKVUXB, f> 86. Si montèrent pluseurs autres
SUC
après lui successivement, aidans les uns les autres, BERCHEURE, P" t<4.
— ÉTVM. Successive, et le suffixe ment; prov. successivament ; espagn. tucesivamente ; ital. successivamente.
t SDCCESSIVITÉ (su-ksè-si-vi-lé), ». f. Qualité de ce qui estsuccessif. La successivité et la simultanéité. Les inégalités séculaires [du cours des planètes] dues à cette successivité [de l'action delà répulsion solaire], paye, Acad. des se. Compt. rend. t. lxxiii, p. 887.
t SOCCESSOUAL, ALE (su-ksè-so-ral, ra-1'), adj. Qui concerne les successions, qui y a rapport. Le retrait successoral. Les systèmes successoraux des différentes nations. On pourrait s'étonner que le partage successoral privé [entre les enfants des roisbarbares] n'ait pas incessamment défait ce que la conquête, le langage, les affinités diverses avaient lié et agrégé, dupont-white. Centralisation, p. 222.
— ÊTYM. Dérivé du latin successor, successeur.
SCCCIN (su-ksin), s. m. Substance fossile, bitumineuse, d'une couleur jaune tirant sur le sucre d'orge, acquérant une odeur agréable par le frottement, la trituration ou la combustion, passant à l'état électrique résineux par le frottement, manifestant des propriétés analogues à celles des résines et surtout du copal, mais s'en distinguant par sa composition, qui consiste en une matière grasse, jointe à une petite quantité d'un acide particulier, appelé acide succinique. Le succin, nomme ambre jaune ou carabe, est le plus beau de tous les bitumes par ses caractères extérieurs, fourcroy, Conn. ch. t. VIII, p. 247. Lorsqu'on le frotte quelque temps, il devient électrique et capable d'attirer des pailles; les anciens, qui connaissaient cette propriété, avaient donné au succin le nom d'eleclrum, d'où est venu celui d'électricité, m. ib. t. vill, p. 247. Les plus gros morceaux de succin ne passent guère en poids six kilogrammes, a. bhongniart, Traité de min. t. Ii, p. 6), dans pougens. Le succin se trouve particulièrement dans les dunes sablonneuses qui bordent le rivage de la mer Baltique ; il entre dans la composition des vernis gras, et sert à faire des bijoux recherchés par les Orientaux, THENARD, Traité de chim. t. m, p. 453, dans pougens. Il Huile de succin ou huile pyrosuccinique. Cette huile, qui ressemble aunaphte, est employée comme antispasmodique et emménagogue, et est produite par la distillation du succin à feu nu. Il On donne aussi le nom d'huile ou esprit de succin à une huile volatile blanche qui contient toujours de l'acide succinique, et qui a servi comme médicament. Il Sel volatil de succin, ancien nom de l'acide succinique. 1| 2° Succin noir, nom donné d'après le Dictionnaire d'histoire naturelle de Déterville à une espèce de jayet ou de lignite.
— ÉTVM. Lat. succinum ou sucinum, dérivé de succus ou sucus, suc.
t SUCCINATE (su-ksi-na-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide succinique avec les différentes bases.
SUCCINCT, INCTE (su-ksin, ksin-t'; quelques-uns disent, à tort, su-ksinkt au masculin en faisant sentir le t), adj. Il 1° Qui a peu de paroles, par opposition à prolixe. Un discours succinct. Une relation succincte. Voilà les principales choses dont j'ai cru devoir rendre un compte succinct à Votre Eminence, volt. Lett. eard. Fleuri, 40 sept. 1742. Il Style succinct, celui dans lequel on ne dit que ce que l'on doit dire, en le résumant autant qu'il est possible. Il Fig. et familièrement. Un repas, un dîner succinct, celui où il y a peu à manger. || Son bien est fort succinct, il a peu de bien. || 2* Par extension, il se dit des personnes. Phèdre était si succinct qu'aucuns l'en ont blâmé, la font. Fabl. VI, 1. Ainsi je suis d'avis, quelque ardeur qui vous presse. Que vous soyez succinct en discours amoureux, REGNARD, Ménechm. m, 3.
— ÉTVM. Lat. succinctus, serré, et, par extension, court, de sub, sous, et cinctus, ceint (voy. ceindre).
SUCCINCTEMENT (su-ksin-te-man ; quelques-uns disent, àtort, su-ksin-kte-man), adv. D'une manière succincte, en peu de mots. Il ne me reste plus qu'à rapporter les principales vertus des Romains dans la guerre; je le ferai le plus succinctement qu'il me sera possible, rollin. Traité des Et. Suite de la 3* part, n, a. || Fig. et familièrement. Déjeuner, dîner, souper succinctement, déjeuner, dîner, souper peu largement.
— HIST. xv s. Pourquoy n'est ja besoing de si très: succinctement vous dire les heures ny les saisons, COHM. ni, 4.
SUC
— ÉTYM. Succincte, et le suffixe ment.
t SUCCINÉ, ÉE (su-ksi-né, née), adj. Qui a la couleur jaune du succin.
t SUCCINÉE (su-ksi-née), t. f. Terme de zoologie. Genre de coquilles univalves, dit aussi ambrctte, où l'on distingue lasuccinée amphibie, dite aussi ambrée.
t SUCCINIQUE (su-ksi-ni-k'), adj. Terme de chimie. Qui tient du succin. || Acide succinique, acide retiré du succin, en chauffant cette substance dans des vaisseaux clos.
t SUCCINITE (su-ksi-ni-t*), s. f. Grenat jaune.
t SUCCINGNE (su-ksi -no-n"), s. f. Matière huileuse particulière résultant de la distillation de l'acide succinique avec la chaux.
SUCCION (su-ksion; en vers, de trois syllabes), s. f. Il 1° Action de sucer ou d'attirer un fluide dans sa bouche en faisant le vide dans cette cavité à l'aide de l'inspiration. L'animal qui tette, exerce . la succion sur le mamelon. Il [l'éléphant] est le maître d'attirer par une forte succion les liquides, BUFF. Jforc. choisis, p. 173. La succion ne doit pas être regardée comme un grand phénomène dans l'économie animale; mais son mécanisme ejt très-savant aux yeux du physicien, cabanis, Instit, Mém. se. mor. et pol. t. i, p. 126. || 2° Propriété qu'ont les racines, les feuilles, etc. de pomper les fluides. Il y a un rapport direct entre la transpiration du végétal el la succion qu'il exerce par ses racines, fourcroy. Conn. chim. t. viii, p. 300. Il 8° Il se dit de toute autre action comparée à la succion. La force de succion produite par l'action du feu, BUFF. Add. théor. terr. Œuv. t. xiii, p. 87.
— HIST. XVI' s. Succion, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. succio; d'une forme fictive, suctionem, de sugere, sucer.
SUCCOMBÉ, ÉE (su-kon-bé, bée), part, passé de succomber. Pour un méchant soupir que tu m'as dérobé. Ne me présume pas tout à fait succombé, CORN. Place Roy. iv, 5.
— RÉM. Ce participe, peu usité, est aussi correct que expiré, péri, etc.
SUCCOMBER (su-kon-bé), v. n. || 1* Être accablé sous un fardeau.Ce crocheteur succombait sous le poids. Il 2° Fig. Être accablé par le poids de quelque chose que l'on compare à un fardeau. Il succombait sans moi sous sa propre faiblesse, cohn. Sertor. i, l. Il n'est pas honteux à l'homme de succomber sous la douleur, et il lui est honteux de succomber sous le plaisir, pasc. Pens. div. 47, édit. FAUGÈRE. Je commence à succomber aux reproches amers de M. de la Trousse qui me dit.... sÉv. 19 janv. I6S0. Le roi même que pouvait-il, lui qui succombait à la douleur avec toute sa puissance et tout son courage? BOSS. Duch. d'Orl. J'avoue, messieurs, que je succombe ici sous le poids de mon sujet, fléch. Turenne. Je crains que M. d'Argenson ne succombe à la vie qu'il mène, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 16 fév. 1718. Est-ce ainsi que vous soutenez Tclémaque contre le vice auquel il succombe? fén. Tél. VII. Je me meurs.... je succombe à l'excès de ma rage, volt. Zaïre, iv, 8. Maintenant qu'on veut connaître à fond les nègres d'Angola et les Samoïèdes, le Chili et le Japon, la mémoire succombe sous le poids immense dont la curiosité l'a chargée, iD. Pol. et lég. Fragm. hist. Inde, 31. Depuis Alexandre le Grand, la Grèce asservie paraît sans force; elle succombe sous les révolutions qui se succèdent, et on oublie qu'elle a été libre, conoil. Hist. anc. Ii, 12. Harassé, fatigué, je succombe au sommeil, delille, Coneers. l. Ma santé, à la un, succomba à tant de violentes agitations, genlis. Vœux témér. t. i, p. 207, dan« pougens. || Absolument. J'ai une si grande habitude à être faible, que, malgré vos bonnes leçons, je succombe souvent, sÉv. 5 juin 1675. Les tourments font succomber le vieil Osias, autrefois le soutien de l'Eglise, BOss. Hist. i, 11 . Je croyais ma vertu moins prête à succomber, BAC. Bérén. v, 6. Je suis bien heureux d'avoir un cœur dur, j'aurais succombé, chakpfort, Marchanii, de Smyrne, se. 9. || 8° Ne pas résister, se laisser aller à. Succomber à l'envie de vous entendre discourir, SÉV. 2 fév. 1680. A la tentation succombez donc de grâce, DESTOOCH. GJor. 11, 2. || Succomber à, avec un infinitif, ne pas résister au désir de. Ce contraste [entre les vertus de M. de la Trappe et les désordres de D. Gcrvaise] m'a paru si effrayant et si complet que j'ai succombé à l'écrire, st-sim. 6i, 33. Il 4° Absolument, il se dit d'une femme qui cède à la séduction. Elle a eu le malheur de succomber avec un indigne roi d'Egypte, volt. Priru. de Babylone, obap. 6. Jamais femme ne succombe qu'elle
suc
suc
suc
20fi7
n'ait voulu succomber, s. :. rouss. Hél. iv, o. Oh ! n'insultez jamais une femin* qui tombe I Qui sait sous que fardeau la pauvre ârao succombe ? T. HUGO, Cr^piiic. XIV. Il B* Kig. Avoir du désavanUiKo dans une lutte ou dans ce qui est comparé à une lutte. Mais aujourd'hui qu'il faut que l'une ou l'autre tombe, Qu'Albe devienne esclave ou que Home succombe, corn. Ifor. i, ). Peut-être en ce dessein pourriez-vous succomber, id. Sophon. ii, 3. Le parti do Witt a succombe sous celui de la maison d'Orange, pelusson, Lett. hist. t. i, p. 2(7. Malgré la justice et les lois, le faible succombe presque toujours, BOURDAL. Jugenx. dern. 2* avent, p. 370. Le philosophe grec [Socratej périt par la haine des sophistes, des prêtres et des premiers du peuple; le législateur des chrétiens succomba sous la haine des scribes, des pharisiens et des prclres,voi.T.i'oJ. et lég. Tolérance, si l'intolérante, etc. || 6* Absolument. Mourir, périr. Monsieur Purgon dit que je succomberais, s'il était seulement trois jours sans prendre soin do moi, mol. Mal. imag. m, 3. Doux bocage, adieu, je succombe. Tu m'avertis de mon destin. De ma mort la feuille qui tombe Est le pfésago trop certain, millev. Chute des feuilles. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. Succomber se construit avec les prépositions sous et à.
— HIST. XVI" s. Que nul ne mesure la grandeur d'icelui à mes paroles, qui sont si débiles, qu'elles succombent beaucoup au dessous, c\lv. Instit. (098
— ÊTYM. Lat. succumbere, de sub, sous, et cumbere, s'enfoncer.
t SCCCOTRIN (su-ko-trin), t. m. Espèce d'aloès.
— Etym. Àloe socotorina, de l'île de Socotora. SUCCUBE (su-kku-b'), s. m. Démon qui, suivant
l'opinion populaire, prend la forme d'une femme pour avoir commerce avec un homme.
— ETYM. Lat. succuba, de sub, sous, et eubare, coucher.
t SUCCUI.EMMENT (su-ku-la-man), adt;. D'une manière succulente. Je vis une face ronde qui avait l'air d'être succulement nourrie, mawv. Pays. parv. i" part.
SUCCULKNT, ENTE (su-ku-lan, lan-t') , adj. Il 1° En parlant des aliments, qui a beaucoup de suc, très-nourrissant. Bouillon, potage succulent. La maturité des fruits succulents dont ils [les becfigues] portent le nom, buff. Ois. t. ix, p. 274. Une viande succulente et si bonne qu'elle fait la base de nos meilleurs repas, id. Quadrup. t. i, p. (81. Il î°Terme de botanique. Se dit des organes végétaux qui sont spongieux, gorgés de sucs, et qui ont à peu près la consistance delà chair.jl 3° Use dit quelquefois de personnes bien nourries. Plus de cent dieux de compte fait, Qu'elle a tous nourris de son lait, ô la succulente nourrice I scar. Virg. vi. Vous n'avez point tâché de me faire excommunier [moi, Michel-Ange] pour avoir mis.... de succulents cardinaux nus comme la main en enfer, dans mon tableau du jugement dernier, VOLT. Dict. phil. Envie.
— HIST. xvr s. Si c'est une fille vierge, succulente et sanguine, usant de viandes chaudes, humides et venteuses, paré, xviii, B6.
— ÉTYM. Lat. succulentus, de succus, suc.
SUCCURSALE (su-kur-sa-l'), adj. f. Église succursale, église qui supplée à l'insuffisance de l'église paroissiale. Il Substantivement. Une succursale. Il Par extension, établissement dépendant d'un autre et créé pour le même objet. La Banque est obligée par la loi d'établir des succursales dans tous les départements, de waru. Enquête sur la Banque, taei, p. 235. || Fig. Les pacos ou vigognes sont aux lamas une espèce de succursale, à peu près comme l'âne est au cheval, buff. Quadrup. t. vi, p. 63.
— ÊTVM. Dérivé du lat. ruccurstts , secours (voy. ce mot).
SUCCURSALISTE (su-kur-sa-li-sf), s. m. Desservant d'une succursale. Le corps vénérable des curés et des succursalistes, baron dupin, Au sénat, Êloniteur, a avr. I8t!7, p. 4(2, 3' col.
t SUCCUSSION (su-kku-sion), s. f. Action de secouer. Il Mode d'exploration employé par Hippocrate pour s'assurer de l'existence des épanchements dans la poitrine ; il consiste à saisir par les épaules le malade placé sur son séant et à communiquer une secousse au tronc, pour écouter si l'on entend la fluctuation d'un liquide. I| Il y avait aussi une autre espèce de succussion qui consistait à attacher .solidement le patienta une échelle, et à le laisser tomber d'une hauteur plus ou moins grande contre le sol du côté de la tête ou du côté des pieds, et que les médecins
hippocraliques employaient dans certaines lésions do la colonne vertébrale.
— ETYM; Lat. succustionem , de tuceutere, secouer.
SUCfi, ÉE (su-sé, sée), part, passé de sucer. Il !• Tiré par succion. Le sang des pigeons sucé par les belettes. Il Fig. Ce n'est point une erreur avec le lait sucée. Que, sans l'examiner, son âme aitombrassée,coRN.Poij/.iii, 3. ||2° Fig. et familièrement. Kpuisé, dont les traits sont tirés. Hélène est pile, blafarde, tirée, sucée, l'air d'une catin usée et malsaine, nmER. Salon de 4 76B, Œuvres, t. xiii, p, <f«, dans pougens.
t SUCE-BOEUF (su-se-beuf), t. m. Pique-bœuf.
t SUCE-FLEUR (su-se-fleur), f . m. Espèce d'oiseau-mouche.
SUCEMENT (su-se-man), t. m. Action de sucer. Un regard languissant, un sucement de lèvres, tirer son bas, peigner sa pcnuque, et répondre par un soupir aux choses qu'ils n'ont pas seulement écoutées, BARON, l'Homme abonnes fortunes, iv, ).
— HIST. xiv* s. Le succement du geun (le sucement d'une plaie par un homme à jeun] est meilleur au pacient et pire à cil qui succe, H. de mon- DEVILLE , f» 88. Il XVI* s. La sangsue par son succement attire du profond et parties voisines,