octeuM 'em
employer mon crédit pour obliger le roi i faire taire tout le monde, haintenon, Lett, au cardin. de Noailtet, a avril 4687. Les dieux, qui m'inspiraient, et que j'ai mal suivis, M'ont fait taire trois fois par de secrets avis, hac. Uithr. iv, 2. Qui dirai-je de ce personnage [Bossuet] qui a fait parler si longtemps une envieuse critique et qui l'a fait taire? la bruy. bise, de ricep. Quelques personnes qu'on appelle dévotes s« sont élevées contre les Calas ; mais, pour la première fois, depuis rétablissement du fanatisme, la voix des sages le* a fait taire? volt. Pol. et Ug. Lett. à d'Alemb. sur les Calas. \\ Faire taire le canon de l'ennemi, le mettre hors d'état de tirer. Le canon des ennemis est très-bien servi; mais on prétend que nos batteries, qui seront bientAt en état, le feront taire, pellisson, Lett. hist. t m, p. 383. || Fig. et dans le langage soutenu. Si je n'ai pas fait taire mon âme, si je n'ai pas imposé silence à ces flatteuses pensées qui se présentent sans cesse pour enfler nos cœurs, boss. Mar.-Thér. L'un [Turenne], par de vifs et continuels efforts, eiuporle l'admiration du genre humain et fait taire I'cmvie, lu. Louis de Bourbon. Jules.... Qui fit taire les lois dans le bruit des alarmes, rac. Bérén, 11, i. Un prodige étonnant fit taire ce transport, ID. Iphig. l, 4 . Elles [les paroles de Mentor] étaient semblables à ces paroles enchantées qui tout à coup, dans le profond silence de la nuit, arrêtent au milieu de l'Olympe la lune et les étoiles, calment la mer irritée, font taire les vents et les flots, et suspendent le cours dos fleuves rapides, FÉN. Tél. XI. Il 12* S. m. Le franc taire , la liberté de se taire (mot formé à l'imitation de franc parler). Il n'est pas permis longtemps d'y garder son franc taire ; car ceux qui y parlent ne veulent être écoutés que par des gens qui les applaudissent, b. de st-pierre, dans le Dict. de besciierelle, au mot FRANC-TAiRE. || Proverbe. Qui se tait consent, et, plus souvent, qui ne dit mot consent.
— HIST. XI* s. Respunt li reis : ambdui [tous deux] vos en taisez, Ch. de Roi. xviii. Tais, Oliviers, li quens Rolans respunt, «6. lxxviii. || xii* s. Douce dame, je ne vous os [ose] rover [demander] Ce dont amours ne me rove pas taire. Coud, 11. De peu me sert que me veut conforter D'aulrui amer; mieux me vaudroit taisir, t'b. xx. Ici de Charlemaine [je] me doi ore bien taire, Sax. xxxi. Nefisdunques disscmblant? ne moi touge dunkcs? ne moi cessai ge dunkes? Job, p. 474. || xiii* s. En France se croisa Hevelons li vesques de Soissons.... Enguerrans de Boves, Robers ses frères et maint autre baron dont li livres se taist ores, villeu. v. Que ceste chose soit si teiie et celée, Berte, xvi. Dolente fu la dame, moût fu taisans et mue, t'b. Lxxx. La roïne se tcut atant , et rentra en sa cambre, et pensa com elle poroit faire, Chr. de Bains, 32. Dist en avez vostre plaisir, S'avez perdu un biau taisir, Ren. 8832. Nus fox ne scet sa langue taire, la Rose, 4750. Li oisel qui se sunt teii Tant cum il ont le froit eii,ib. 67. N'en quier plus parler, je m'en tes, t'b. S444. Il est tenu et gardé à droit, que les lois soient abatues par dcsacostumance, non pas solemant par l'aide de celui qui fel la loi, mes par le taire et par le consentement de toz, Liv. de jost. 6. Et si se turent 11 flot. Psautier, {• 433. Tulles [Cicéron] dit que cilqui se taist est semblables à celui qui conforme, brun, latini. Trésor, p. 644. || .xiv's. Pour ce chaicun se devroil taire. Qui ne sceit très bien la matière Comme Bretaigne fut soubmise. Le liv. du bon Jeh. 4025. ||xv' s. Qui de tout se taist de tout a paix, gerson, Harangue au roi Charles VI , p. 4 7. Elle taisoil qu'elle fust cause de la dilasion, louis xi, A'our. lxxxvi. Il xvi's. Je l'ay taise.... quand viendra le temps de le dire, se pourra faire, Lett. de Louis .Xll, t. m, p. 26, dans lacurne. Je vous déclarerai un secret, dont le taire me met en tel estât que vous voyez, MARO. Nouv. xii. Il s'y treuve plusieurs advis qui valeiTt mieulx teus que publiez aux folbles esprits, mont, ii, 34H. Plus apprend qui se taist que qui parle hault et brait, genin, Récréât, t. Il, p. 247. Bien dire fait rire, bien faire fait taire. COTORAVE. Fols sont sages quand ils se taisent, ID. Quand d'autruy parler tu voudras, regarde toy, et te tairas, m.
— ÉTYM. Berry, taiser ; provenç. (oser, taiser ; ilal. taccre ; du latin tacere, qu'on rapproche du germanique : goth. thahan, anc. haut-ail. dagén, suéd. tiga. La forme régulière est taisir, taiser, du lat. tacêre; mais la forme taire indique une très-ancienne accentuation vicieuse tacëre; comparez plaire et plaisir.
TAL
TAISSON (lè-son), ». m. || l" Aulrc nom du blalr reau. || ï* Au Chili, noiii d'un poisson sans arélcs ol fori délicat.
— ilisr. XIII* s. Je devant diz Robcrs, reconnois que li prcvot de Runiigni puist penro en ce bos lièvre ou connin, rcnarl et laisson, du cance, lastus. ||xiv' s. Je n'obs [eus] oncjues solers qui tant me duraisscnt comme ceulx que j'ai eubz ((ui c»lolent de cuir de laisson, Uodas, {' i.x.xv. || xvr s. 0 jflirons, o tessons que le sommeil oppresse, nONS. (ii:t. La prévoyance du fourmy, la négligence du tesson, la fidélité du cliien, PAnÉ, Anim. t. Us dorment comme des tessons, larivky, ictfor/ondu, IV, 7.
— ÉTYM. Wallon, (esson, tasson; messin, (ci/ion; génev. tasson; provenç. tays; espagn. tcjon; portug. texugo, tcixugo; ilal. lasso; bas-lat. laxus et laxo, taxonis, dans des textes du vu* et du »iu' siècle; de l'allem. Dachs, blaireau. Diez, qui admet cette étymologle, remarque pourtant que Dachs aurait donne Jaisson, non laisson., cl qu'il faut supposer une ancienne forme Tahs; le ( existe en effet dans des dialectes, et on trouve en Suisse tâs, tdsen, pour la belette. Il n'est pas impossible que le mot ait aussi été gaulois; car les lexiques ont «oioninus, donné comme mot gaulois et signifiant qui appartient au blaireau.
t TAISSONNIÈUE (tè-so-niè-r'), s. f. Terme de cliassc. T.Tnnière du blaireau ou taisson.
t TALAIRE (la-Iè-r'), adj. Terme d'antiquité. Oui descend jusqu'aux talons. Tunique talaire (du lat. talaris, de talus, talon).
TALAPOIN(la-la-poin), s. m. || 1* Nom donné aux prêtres bouddhistes de Siam par les Européens ; les indigènes les nomment phra. || Par raillerie et dénigrement, moine. Combien avez-vous de soldats?
— Quatre-vingt mille fort médiocrement payés.
— Et des talapoinsî— Cent vingt mille, tous fainéants et très-riches, volt. Dial. 22. || 2' Guenon des Indes.
— ETYM. Taiopal, nom, en siamois, du palmier, dont la feuille fournit la matière de l'éventail que ces religieux portent constamment à la main.
t TALARD (ta-lard), s. m. Espèce de châssis gur lequel on étend les cordes à boyau, pour les faire sécher.
t TALARO (ta-la-ro), s. m. Monnaie qui se frappe en Autriche, mais qui n'a cours qu'en Afrique (Nubie, Cordofan, etc.), en arabe rydl, et qui vaut 5 francs 26 centimes. || Au pJur. Des talari.
— ÉTYM. AUem. Thaler, écu.
t TALAYOT (ta-la-io), s. m. Nom donné dans les îles Baléares à des constructions cylindro-coniques qu'on attribue aux Phéniciens.
t TALROT (tal-bo), s. m. Nom donné dans le Poitou à un billot de bois que les paysans mettent su cou de leurs chiens pour les empêcher de courir trop librement ou d'attaquer les passants, Affiches de Paris, 4janv. <777, dans lacurne.
— IlIST. XVI' s. Trois habitans de ceux qu'ils appelloient huguenots soulfrans , lui apportent les clefs; il laisse sur la porte un corporal qu'on lui avoit donné pour talbot et qui l'importunoit.... d'aub. Ilist. I, 330.
^ÉTYM. Voy. TALEVAS.
TALC (talk), s. m. Silicate do magnésie anhydre, substance verdâlre, blanchâtre ou grisâtre, le plus souvent feuilletée, susceptible de se diviser en lames minces plus ou moins transparentes, qui offrent deux axes de doul)le réfraction : elle est assez analogue au mica, mais elle en diffère chimiquement par l'absence de l'alumine, et physiquement en ce qu'elle est douce et onctueuse au toucher, que ses feuillets sont moins élastiques, BEUDANT, Miner, p. 264. Do tous les talcs, le blanc est le plus beau; on l'appelle verre fossile en Moseovie et en Sibérie, où il se trouve en assez grand volume; il se divise aisément en lames minces et aussi transparentes que le verre, bufp. ilfui. t. I,p. 84. Les couleurs dominantes du talc son! le blanc, le vert pomme et lejaunA tre, a. brongniaht. Trai'WdtmiM. t. i,p. 603. Savon bleu pâle au talc... s-.von recuit au talc, Jonrn. ofpc. 6 nov. )87(, p 4Ïλ, !'• col. Il Talc graphique, synonyme de oié.tite. Il Talc do Montmartre, nom donné improprement au gypse laminaire des environs de Paris. Il Talc de Venise, poudre très-fine et très-douce au toucher, qui enlève les taches do graisse et d'huile, si on les en saupoudre tout de suite.
— HIST. xvi's. Aux plastrieres de Montmartre, il se Ireuve certaines veines d'un piastre qu'ils appellent hif ou miroirs.... il est comme une espèce de talc, PAUSST, 1*4.
— STYH. Esp. et portug. laleo; de l'arabe thalq.
TAL
fTALCAIRE (tal-kê-r'), adj. Oui appartient au talc.
t TALCIQl'E (tal-si-k'), adj. Qui est composé de
talc.
t TALCITE (lal-si-f), ». m. Talc nacré, mica altéré par les feux volcaniques.
t TALCO-MICACÉ, ÊE (tal-ko-mi-ka-sé, sée), adj. Qui renferme du talc et du mica.
tTALCO-pUARTZEUX,EUSE (tal-ko-kouar-tseû, tscù-z'), adj. Qui est formé de talc et de quartz.
TALEI) (ta-lcd), ». m. Voile dont les Juifs se couvrent la léte dans lea synagogues.
TALENT (ta lan; le t se lie : un ta-lan-t extraordinaire ; au pluriel, 1'» se lie : des ta-len-2 extraordinaires), s. m. || 1* Terme d'antiquité. Nom d'un poids, cliez les Grecs, qui variait suivant les pays, qui fut primitivement de t0440 gramiucs, et que la réforme de Solon porta chez les Athéniens à 27000 grammes. || Talent d'argent, talent d'or, valeur de compte qui désignait le poids d'un talent en argent, en or. Le talent en argent de (9440 grammes valait 4)40 francs, et celui de 27000 grammes valait 6760 fiancs. Le talent d'or valait environ seize fois autant que le talent d'argent, rapport qui diminua, l'or étant devenu plus commun. |{ Parabole des talents, parabols dans laquelle un maître, parlant en voyage, donne des talents à ses serviteurs; le premier et le second les font valoir; le troisième enfouit le sien, Év. St Slathieu, xxv, (4 et suiv. La parabole des talents et celle des mines semble avoir été prononcée en confirmation des dernières paroles que nous avons lues de saint Luc : celui à qui on donne beaucoup, on lui redemande beaucoup, Boss. Médit, sur l'Évang. 90« jour. Si votre corps est un talent précieux qui doit profiter entre les mains de Dieu, mettez-le de bonne heure dans le commerce, et n'attendez pas aie lui donner qu'il le faille enfouir dans la terre, id. dans rémusat, Inft. de la scol. sur la langue franc, p. 40(. Il [du Plessis Mornay] fit sa confession, avouant qu'il avait beaucoup reçu et peu profité, et, comme on lui répondait qu'il avait fidèlement employé son talent.... de pélice, Hist. des prot. de France, liv. ni, p. 302. Il Enfouir son talent, ne pas faire valoir les avantages qu'on possède. Mlle Gervaise était fort jolie en sa jeunesse et n'enfouissait pas le talent, car elle se servait admirablement bien de sa beauté, tallemant, dans rémusat, Inft. de la scol. sur la lang. franc, p. 400. || 2° Fig. Aptitude distinguée, capacité, habileté donnée par la nature ou acquise par le travail (ainsi dit, comme l'a montré M. de Rémusat, par une métaphore tirée des talents de l'Évangile). Vous connaissez mon bien , mon talent, ma naissance, la FONT. Fabl. m, l. Ne forçons point notre talent; Nous ne ferions rien avec grâce, id. ib. iv, 6. [Les madrigaux] C'est mon talent particulier, et je travaille à mettre en madrigaux toute l'histoire romaine, MOL. Préc. 10. Ses divins attributs [de Dieu] paraissaient-ils mieux dans les cieui qu'il a formés de ses doigts, que dans ces rares talents qu'il distribue comme il lui plaît aux hommes extraordinaires? boss. Louis de Bourbon. [Mme d'Aiguillon] trouvait-elle des gens de bien inconnus ou négligés, elle leur procurait des emplois selon leurs talents, fléch. Aiguillon. Toutes les fautes de M. de Vendôme sont oubliées, et c'est un héros : il n'aurait aucun talent s'il était malheureux, maintenon, Lett. au duc de Noaill. 27 déc. (710. J'ai cent mille vertus en louis bien comptés; Est-il quelque talent que l'argent ne me donne? C'est ainsi qu'en son cœur ce financier raisonne, boil. Éptt. v. La nature, fertile en esprits excellents. Sait entre les auteurs partager les talents, id. Art p. i. Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent, id. tb. iv. Quoique vous ayez la paix chez vous, vous ne laisserez pas de traiter avec de grands honneurs ceux qui auront le talent 00 la guerre, PÉN. Tél.xiv. D'autres qui placent heureusement et avec succès, dans les négociations les plus délicates, les talents qu'ils ont de bien parler et de bien écrire, la bruy. Disc, de récep. 11 est peut-être aussi rare de connaître son talent que d'en avoir un bien décidé, u'ouvet, Hi'st. Aead. t. ii, p. 243, dans pougens. Voici comme je définis le talent : un don que Dieu nous a fait en secret, et que nous révélons sans le savoir, MONTEso. Peu», dit', p. 207, dans pougens. Un homme à qui il manque un talent se dédommage en le méprisant, id. Lett. pers. (45. On doit se consoler de n'avoir pas les grands talents, comme on i« console de n'avoir pas les grandes
TAL
places : on peut être au-dessus de l'un et de l'autre par le cœur, viuten. Pensées, 68. La vie est courte; il n'y a pas un moment à perdre à l'âge oii je suis; la vie des talents est encore plus courte, volt. Lett. d'Argental, 20 janv. )702. Celui qui n'a qu'un talent peut être un grand génie; celui qui en a plusieurs est plus aimable, id. Lett flerger, 24 avr. (736. Il y avait à Florence un dominicain nommé Jérôme Savonarole; c'était un de ces prédicateurs à qui le talent de parler en chaire fait croire qu'ils peuvent gouverner les peuples, ID. Mœurs, <08. Il est à remarquer que, Racine ayant consulté Corneille sur sa tragédie d'Alexandre, Corneille lui conseilla de ne plus faire de tragédies, et lui dit qu'il n'avait aucun talent pour ce genre d'écrire, iD. Louis XIV, Ecrivains, Racine. Il me semble que ceux de nos talents qui demandent de l'exécution, ne vont pas ordinairement jusqu'à soixante ans dans toute leur force, uuclos, Consid. moeurs, ). Mentir est le talent de ceux qui n'en ont pas, M. I. chénier, la Calomnie. Il Enfouir ses talents, rendre ses talents inutiles ou par modestie, ou par défaut d'haBileté, ou par paresse. Il Fig. et familièrement. 11 n'a pas le talent de vous plaire, se dit par une sorte de reproche à quelqu'un qui a pour un autre une aversion mal motivée. Je sais qu'elle n'a pas le talent de vous plaire, a. duval. Tyran dom. Ii, 4. Il Demi-talent, habileté incomplète dans un art, dans les lettres. L'impossibilité de s'appliquer et le goiit de la dissipation ne lui ont permis d'acquérir que des demi-talents en tout genre, J. i. ROuss. Conf. XI. Cet amour-propre malheureux qui accompagne les demi-talents, condorcet, Trcssan. ||0n a dit en ce sens : mi-talent. Il [le comte de Charolois] a cultivé ce mi-talent en s'enfermant en solitude par incomplaisance et misanthropie, d'argenson, Mém. t. ii, p. 406. || Homme de talent, celui qui a du talent, qui possède un talent. || Homme à talents, celui qui est habile en différents arts. Les singes sont des gens à talents que nous prenons pour des gens d'esprit, bufp. Iforc. choisis, p. 4(2. Ces dernières presque toutes filles i talents, chez lesquelles on faisait de la musique ou des bals, j. i. bouss. Confess. vu. Dans les corps à talents, nulle distinction ne fait ombrage, si ce n'est celle du talent, P. L. coui). à M!U. de l'Aead. || Peintre à talent, celui qui s'applique i quelque genre particulier de peinture, comme à faire le portrait, le paysage, à peindre des tabagies, dos batailles, des animaux, etc. |l 3° La personne même qui possède un talent. Les talents dénués de fortune aspirent tous à Paris, FONT. Lagny. Le sage n'oublie point que, s'il est un respect extérieur que les talents doivent aux titres, il en est un autre plus réel que les titres doivent aux talents, d'alemb. (But), t. ni, p. «9. Jeunes talents qui entrez dans la carrière du théâtre , étudiez la nature , approfondissez l'art, CAHUSAC, Danses anc. et mod. in, iv, 7. Sur leurs premiers talents je m'étais modelé, c. delav. Comédiens, i, 6. Il Demi-talent, celui qui ne possède qu'un demi-talent. Poi;r un homme à talents qui s'élève, dont on est jaloux, et qu'on voudrait perdre, il sort de dessous terre mille demi-talents qu'on accueille pendant deux jours, qu'on précipite ensuite dans un éternel oubli, volt, tôt» de Minos, Épit.
— lllST. XI' s. Fier sunt si hume, n'unt talent [volonté] qu'il li faillent, Ch. de Itol. ccxxvi. Il XII* s. Talent est num de peis.... li Rumain le peis de treis vint livres e duze, e li altre le peis de siz vinz livres apelent un talent. Bot», p. 244. Grant péchez est et grant paine D'amor servir faintement. Si com la fausse gent vaine Qui forti semblant sans talent [passion], Couci, iv. || iiii« s. Car de li [elle] honorer a chascuns bon talent, Berte, ix. || xv s. Ce vous vient de mauvais talent Nourry en couraige félon, ch. d'orl. Bail. 43. 11 m'est pris talent que je fasse A Pilate une requesto Qui ne sera pas deshonneste, la Pass. de N. S. J. C. ||xvi- s. Ils feront semblant d'estre plus joyculx que souvent ne seront, et quelquefoys riront lorsque n'en auront talent, rab. Progn. Pant. R. Talent, ancien mot, pour volonté, H. estienxe, Précellence, édit. peugère.
— ÉTYM. Wallon, dalant, désir, besoin ; provenç. talen, talant, talan, désir, volonté ; espagn. et ital. talento, même sens; du latin talentum, du grec Tiia-ïTov, sorte de poids, balance. Ti)avTov se rapporte à rXito, lollere, racine sanscr. Iu(, soulever, peser. Le sens étymologique est un poids; il n'a pas passé dans les langues romanes; mai*
TAL
TAL
TAL
de ri(U« de poids qui emporte la balance, elles lui ont donne, par une figure remarquable, la signification de volonté, de désir. Ul ne devaient pas s'arrêter les transformations ; au xvii* siècle, talent perdit le sens de désir, de volonté, et il prit celui de don de la nature, d'aptitude; c'est, comme on a vu, une métaphore tirée de la parabole de l'Évangile; métaplioro du reste en usage dans les écoles dés les hauts temps, comme M. de Rémusat l'a fait voir par ce passage d'Abélard : Quasi [Deus] indigiiaretur iUa lilteralis scientiaa talenta, quae utrique nostrum coiiimiserat, ad 8UI nominis honorem non dispcnsari, AB.ei.. Op. p. u», éd. COUSIN (voy. maltalent).
TALER (ta-lèr), t. m. Voy. thaler.
t TALEVAS (ta-le-vâ), t. m. Ancien terme militaire. Grand bouclier carré, employé dans le combat i pied.
— HIST. xn* s. As talevas se sout [sut] bien couvrir et moler [se mouler, se conformer i la grandeur du talevas], Rou, v. 2547.
— ETYM. Ce mot est de difficile discussion. Du Cange a tavolacius, tabolatius; mais ce latin représente seulement l'italien tavolacci», bouclier. Maintenant, est-ce talevas qui vient de lavolaccio, ou tavolaccio de talevas? Ce qui empêche de faire venir talevas de tavolaccio, c'est la haute antiquité du mot en français; au xn* siiïclo on n'empruntait (juère de mots à l'italien; et tavolaccio aurait donné en français tablas ou taulas. Il faut donc renoncer à ce côté de la question. Il faut aussi, ce semble, renoncer à l'autre ; car du français talevas on ne voit pas comment les Italiens auraient fait tavolaccio, dont l'étymologie paraît évidente (de tavela, planche : tavolaccio, grande planche; c'était un bouclier de bois). Toutefois il reste singulier que talevas et tavolaccio aient tant de ressemblance, sans avoir rien de commun. Du Cange a un autre rapprochement; un lexique cambro-britannique lui donne : talbos, clypeus, et talvas, clypeus. Le mot serait d'origine celtique, et fournirait en même temps une étymologie pour talbot. le sens de ces mots étant pièce de bois.
TALION (ta-li-on), s. m. Punition qui consiste à traiter un coupable de la même manière qu'il a traité les autres. Les États despotiques, qui aiment les lois simples, usent beaucoup de la loi du talion, montesq. Bsp. VI, (». Les peines de ces derniers crimes [ceux contre la tranquillité et la sûreté] sont ce qu'on appelle des suijp'ices; c'est une espèce de talion qui fait que la société refuse !a siireté à un citoyen qui en a privé ou qui a voulu en priver les autres, m. ib. xii, ♦. ||Fig. Vous sentez bien qu'ils ont raison. Et qu'il faut punir le coupable; L'heureuse loi du talion Est des loi» la plus équitable, volt. Ép. 73. Condamné à son tour, il [Charles I"] déclara que sa mort était un juste talion de celle de StralToid, ciu- TEAUBR. Stuarts, Ouverture du long parlemerU.
— BTYM. Provenç. toJio; espagn. talion; ital. talione; du lat. talionem, de talis, tel.
T.\LISMAN (ta-li-sman), j. m. Kova qu'on donne à certaines figures ou caractères gravés sur la pierre, ou sur le métal, auxquels on attribue des relations avec les astres, et des vertus extraordinaires, suivant la constellation sous laquelle ils ont été gravés. [Un chevalier] .... que de vieux talismans Firent chercher fortune au pays des romans, la font. Fabl. x, <4. Ne craignez ni les éclipses, ni les signes formés sur les mains ou sur le visage, ni les images nommées talismans, imprégnées de vertus célestes, boss. Polit, v, 3, ( . Le magicien fit un talisman composé des plus puissants caractères de la cabale, lesage. Diable boit. 2. Le fameux talisman de Catherine de Médicis existe encore, volt. Dict. phil. Talisman. Honte au guerrier sans vaillance Qui combat la noble lance Avec d'impurs talismans! v. huco, Odes, IV, 12. Il Talismans astronomiques, ceux qui portent la figure de quelque corps céleste. || Fig. Il y a longtemps que les seuls talismans qui foat aimer sont les charmes de la personne aimée, hamilt. Gramm. H. Un Ulisman fatal plongeait dans le silence le peuple de la nouvelle Alexandrie; ce talisman, c'est le despotisme, qui éteint toute joie, et qui ne permet pas même un cri à la douleur, ciiateaobr. Itin. part. e.
— ETYM. Espagn. talisman; ital. lalismano; de l'arabe lelsam, au plur. telsamdn, figure magique, horoscope; le mot arabe vient du grec TeTeXtuniva proprement choses consacrées, puis nom donné aux statues de» divinités païennes dans le Bas- Empire qui furent considérées comme malfai-
sante». Au ZTi* siècle, talitman se disait dei prêtres idolâtres et de» prêtres musulmans : Les talismans et prestres de toutes sortes, d'aub. Hist. m, «26. Las prestre» de Turquie qui se nommetit talismans, ui Loria, Vise, et hitt. des spectres,
TALKS.MANIQUE (U-li-sma-nik'), adj. Qui appartient au talisman. Une large bande de parchemin vierge, toute marquée de caractères talismaniques, lesage. Diable boit. *.
t TALITKE (U-li-tr'), s. m. Genre de crustacés des côtes de France,
t TALLAGE (U-la-j'), s. m. Quantité de tige» que donne une touffe ou pied d'orge, de blé. Le tallage du blé, de l'orge. En comptant, dans les expérience» que j'ai faites sur la récolte de cette année, la totalité des tiges mortes, grêles ou vigoureuses, j'ai pu en déduire le tallage moyen produit par chaque touffe de blé, pierre, Acad. des se. Comptes rendus, t. LVii, p. 974.
t TALLABET (ta-la-rè), s. m. La petite mouette cendrée.
TALLE (ta-l'), t. f. Il !• Branche enracinée qu'un arbre pousse à son pied. || 2 Nom donné aux branches ou aux jeunes tiges qui s'élèvent, soit de la racine, soit de la tige souterraine des plantes annuelles ou herbacées, et qui forment par leur réunion une touffe plus ou moins considérable. || Ensemble des pousses qui, dans les graminées, entourent la tige principale. Il faudra semer le blé un peu clair, afin que des talles trop drues n'étoufl"ent pas les jeunes plants, genlis, Maison rust. t. m, p. loo, Jans pouGENS. || Pour la vigne, tiges qui poussent plus haut que l'échalas, et que l'on coupe pour éviter la perte de la séve.
— f.TYM. Ital. tallo; du lat. thallus, qui est le grec OaXXèç, branche, ftdXXEiv, pousser du feuillage.
t TALLEMENT (ta-le-man), î. m. Action de taller. {| Succession des phénomènes produisant la talle. Pour peu que le sol soit bon et que les saisons soient favorables au tallement des blés, genlis, Maison rust. t. m, p. 2), dans pougens.
TALLER (ta-lé), V. n. || 1" Pousser une ou plusieurs talles. Il 2' Se dit des plantes dont la nature ou l'art étale les racines, et leur fait produire un plus grand nombre de drageons. Le rouleau que l'on passe sur un jeune gazon en brise les tiges et fait taller les racines. || Il se dit particulièrement des céréales. Les blés tallent, ont bien tallé, c'està-dire poussent ou ont poussé plusieurs chaumes. Le blé arrosé a été constamment d'un vert beaucoup plus foncé que le blé non arrosé ; il est aussi devenu plus "grand, il a plus tallé, et ses épis ont été plus fournis de grains, bonnet, Us. feuill. 6* nWm. Il II se conjugue avec l'auxiliaire ai'otr.
— ÉTYM. Talle.
t TALLEVANE (ta-le-va-n'), s. f. Pot de grès où l'on met du beurre. Des beurres de provision dans de longs pots de grès, qu'on nomme talievanes, genlis, Mais. rust. t. n, p. 49, dans pougens.
TALUPOT (ta-li-po), s. m. Espèce de palmier qui croit à Ceylanet au Malabar, et dont les feuilles sont très-grandes; c'est le palmier talapat (voy. talapoin), corypha umbraculifera, L Les rachis des feuilles servent à écrire les manuscrits bouddhiques de Ceyian, de Birman, etc.
TAL.MOUSE (tal-mou-z'), s. f. Pièce de pâtisserie sucrée, dans laquelle il entre de la crème, du fromage et des œufs. Des talmouses de Saint- Denis. Vous vous portez fort bien aussi, Comme on volt à votre frimouse. Qu'on prendrait pour une talmouse, Première harangue des habitants de Sarcelles à Mgr l'archevêque de Paris [Pièces et anecdotes intéressanle.i, etc. \" part. p. (). ||Fig. et populairement. Soufflet; coup de poing.
— REM. Scarron écrit lalemouse : Il fit lors le premier tourteau. Qu'on nomma depuis talemouse, Virg. V.
— HIST. XIV' s. Pastés de chapon et talmouse, Ménagier, n, 4. ||xv' s. Item à Jehan Raguicr je donne.... Tant qu'il vivra (ainsi l'ordonne) Tous les jour» une talemouze Pour bouter et fourrer sa mouse, VILLON, Testam.
— ÉTYM. Talemouse paraît tenir à laiemeli'er, qui signifiait boulanger. Scheler pense que talemouse, au sens de coup sur la figure, vient d'un mot provincial taler, meurtrir, et mouje, face (voy. museau). Cela parait très-vrai; car la talmouse a aussi été dite casse-museau ; cela du môme coup explique talemelier, qui vient de taler, battre, et mêler.
TAL.MCD (tal-mud;onfait sonner le d),ï. m. Ancien recueil de» lois, de» coutumes, des traditions et
des opinions de* Juifs compilées par leurs docteurs (on met un T majuscule). Le Talmud de Jérusalem. Le Talmud de Uabylone, qui est le plus estimé. Ils ont un livre qu'ils nomment Talmud, c'est-1-dira doctrine, qu'il» ne re»pectent pa» moins qu« l'Écriture elle-même; c'est un ramas des traités et des sentences de leur» arcieii» maître», B0»8. Ilitt. u, 8. Le Talmud contient un million de fables, toutes plus impertinentes les unes que les autres, HUET, Orig. des romans, p. S7, dans pougens. Il y a des chrétien» qui, à l'imitation des juifs, regardent le Talmud comme une mine abondante d'oii l'on peut tirer des trésors in<''ni», dider. Opin. des anc. phil. (Juifs). \)Se dit absoiument du Talmud de Babylone. Le Talmud. de Babylone a été terminé l'année même de la mort de Kakina, chef de l'école de Sura, et mort l'an 5cio; qiielquc»-un» de se» collaborateurs lui ont survécu, notamment le rabbin Acliaï, mort en 5oe; ce qui a pu faire penser que la clôture définitive de cet ouvrage • eu lieu en cette dernière année, le grand rabbiM ULHANN, dan» legoarant.
— ËTYM. Hébreu, talmud, du verbe lamad, apprendre.
TALMDDIQUE (lal-mu-di-k'}, adj. Oui appartient au Talmud. Décision» talmudique». Docteur taliiiudique.
TALMCniSTE (tal-mu-di-sf), ». m. Celui qui est attaché aux opinions du Talmud. Les juifs sont convaincus que les talmudistes n'ont jamais été inspirés, et ils n'attribuent l'inspiration qu'aux prophètes, dideb. Opin. des anc phil. [Juifs).
— HIST. XVI* s. Comme disent les talmudistes, en sort n'estre mal aulcun contenu, rab. Pant. m,
K TALOCHE (la-lo-ch'), ». f. Terme populaire. Coup donné sur la tête avec la main. Je ferai grêler une multiplication de coups, tapes, taloches, horions, CVR. de behg. Pédant joui, i, i. Ils me donnent de» taloches et des coups de pied dan» les os des jambes, dancourt. Loterie, se. n. Tu te cachais pour me flanquer une taloche, Tii. leclercq, Prov. t. V, p. 4 28, dans pougens. || Fig. Mon cher ami, il faut toujours que, de près ou de loin, je reçoive quelque taloche de la fortune, volt. Leit. Thiriot, i" sept. 4 735.
— HIST. XVI* s. Depuis [je] vciz en Escosse Le roy Jacques meurtrir d'espée et de talloce, dumbril, Dict. du patois norm. à talander.
— ETYM. Très-probablement, augmentatif d'un substantif taie, dérivé du verbe provincial taler, meurtrir : Berry, bourg, et Jura, taller; Vosges, tala, comme sac et sacoche.
t 2. TALOCUE (ta-lo-ch'), s. f. Terme de construction. Planche mince, de forme rectangulaire, munie d'un manche sur une de ses faces, et servant à étendre le plâtre frais, pour former un enduit ou un plafund.
— ETYM. Ce terme de métier a conservé l'ancien mot taloche, bouclier. Une hache à son col portoit le bon Bertrand, S'espée avoit au lez qui trancboit roidement Et une grand taloche qui au costé li pent, Guescl. 688.
TALON (ta-lon), t. m. || 1* Partie postérieure du pied de l'homme, et, anatomiqucmcnt, partie du pied formée par le calcanéum. On dit qu'Achille ne pouvait être blessé qu'au talon. 11 a mal au talon. Joignez les talons. Il {Alexandre] lui fit percer [à Bétis, prisonnier de guerre] les talons, y fit passer une corde, et, la faisant ensuite attacher à un char, il le fit traîner ainsi autour de la ville, jusqu'à ce qu'il en mourût, koli.in, Hist anc. Œuv. t. vi, p. 3-.>3. {| Fig. Le talon d'Achille, la partie vulnérable. Quoique Despréaux ne se reposât sur personne du soin de louer se» ouvrages, il a plus d'une fois avoué que, dans tout ce qu'il avait écrit, il restait un côté faible, et, comme il s'exprimait lui-même, le talon d'Acliille, qu'aucun de ses ennemis n'avait pu trouver, d'alemb. Élog. Despréaux. Achille était invulnérable partout, le talon excepté : or tout homme a, dans sa position, son caractère, son esprit ou sa personne, un point qui est pour lui ce qu'était le talon pour Achille; c'est là qu'il faut frapper, cii. DE bkrnard, la Chasse aux amants, g 2. || Fig. et familièrement. Tirer des soupirs de ses taluns, s'efforcer do soupirer pour avoir l'air alfiigé. |A la nouvelle de la mort du grand Dauphin] Le plus grand nombre, c'est-à-dire les sots, tiraienl des soupirs de leurs talons, st-sim. 203, 24 4. || Sur les talons de quelqu'un, derrière lui. En entrant, je vis une grosse porte à barreaux do fer, qui, dès que ■je fu» passé, fut fermés à double tour lur mes
tAL
Ulons, J. }. Houss. Conf. u. || Karailiirement. Marcher sur les talons do qiieUiu'un, lo suivre de très près. || On dit do même : suivre sur les talons. Monseigneur le duc de Bourgogne nous suivait sur les talons, sT-sm. 273, 193. || Fig. Marcher sur les talons de quelqu'un, le suivre de près pour l'âge, la fortune, le succès. Faites difficulté après cola [des exemples pris à l'histoire] d'ôter de votre chemin un homme qui vous presse dans le monde et qui vous marche sur les talons, balz. De la cour, T dise. Tantôt c'est M. de la Harpe, tantôt c'est vous [qui avez le prix de l'Académie]; vous marchez tous deux sur les talons l'un de l'autre, quand vous courez, volt. Lett. GaïUard, S3 janv. (769. Il Être sur les talons de quelqu'un, le suivre de très-près. J'entends venir des gens qui sont sur nos talons, mol. l'Ét. m, <2. La princesse de Modène était sur mes talons à Fontainebleau ; elle est arrivée ce soir, sÉv. 2 novembre <673. Hé! mort de ma vie I voilà votre père sur nos talons! uancourt. Mais, de camp. se. 3. || Être toujours sur les talons de quelqu'un, aux talons de quelqu'un, le suivre partout de manière à l'importuner. Car depuis quinze jours, partout où nous allons. C'est rendez-vous pour elle, elle est à nos talons, iiAUTEROCiiE, Bsp. foll. I, I. Il Montrer les talons, s'enfuir, se retirer de quelque lieu. || Montrez-moi les talons, sortez d'ici, déguerpissez. Il Tourner les talons, se retirer. Allons, cela étant, hors d'ici, tournez-moi les talons avec toutes ces canailles-là! mahiv. Double inconst. i, 9. Dès que le général eut les talons tournés, je voulus aller dire un mot à la belle, P. l. cour. Lett. i, 92. || Voir les talons de quelqu'un, être débarrassé de sa présence. Une autre raison me fait désirer beaucoup de voir, comme on dit, leurs talons, d'alemb. Lett. à Voltaire, 2 mars (764. || Fig. et populairement. U a l'esprit au talon, se dit d'un homme qui, par étourderie ou par préoccupation, ne pense pas à ce qu'il dit. Il Familièrement. Se donner du talon dans le derrière, faire un saut pour partir. Elle ouvrit la fenêtre, mit le petit prince dans un panier, et, se donnant du talon dans le derrière, elle glissa sur les airs, comme elle aurait pu fah'e avec des patins, COMTE DB CAYLUS, Féeries, Œuv. t. viii, p. 209. dans POUGENS. ij Fig. et populairement. Se donner des talons, du talon dans le derrière, donner de grandes marques de joie, et aussi se moquer de tout ce qui peut arriver, ou bien encore, vivre en toute liberté. || 2° Par extension, partie postérieure du pied de quelques animaux. La distance du talon du pied du cerf aux os ou ergots sert à connaître son âge. || Chez le cheval, partie de derrière du bas du pied, qui est comprise entre les quartiers, et opposée à la pince. || Chez le cheval, pied à talons hauts: lorsque les talons sont trop élevés, l'appui se fait principalement sur la pince, et le boulet se redresse; le cheval tend à devenir pinçard ; ce pied est ordinairement accompagné d'une fourchette maigre. || Pied à talons bas: dans ce pied, le poids du corps se porte principalement sur les talons, qui se fatiguent, et sur la fourchette, qui, généralement forte dans cette espèce de pied, est exposée aux contusions. || 3" Partie d'un soulier, d'une botte, d'une chaussure où pose le derrière du pied. Souliers à talons de cuir. Des souliers à talons plats, à talons hauts. Talon de soulier : ohl que cela est bien tourné ! que voilà un habile ouvrier! PASC. Pens. XXV, 80 ter, édit. havet. Les hauts talons sur lesquels elles [les femmes] sont juchées les i font paraître autant de sauterelles qui voudraient courir sans sauter, j. j. rol'ss. Ém. v. Sophie est légère et porte des talons bas, id. ib. Je suis fâchée d'être si petite pour mon âge ; si vous me permettiez de porter des talons, je parie qu'elle me res- ; pecteràit bien davantage, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 8, dans POUGENS. || Fig. et familièrement. Femme de court talon, femme qui se laisse aller aisément. Il *• Talon rouge, soulier à talon rouge que la nobles.so avait seule le droit de porter à l'ancienne cour. Je n'ai pas osé le risquer [le gémissement de l'ombre de Ninus, dans Sémiramis] sur la scène de Paris, qui est plus remplie de petits-maîtres français à talons rouges que de héros antiques, VOLT. lett. Albergati, 4 déc. ilM. Je vous suis caution que le marquis, malgré son élégance et ses talon» rouges, ne remettrait jamais le» pieds dans la maison, poinsinet, Cerole, se. <.||Fig. Homme de la cour. Il vaudrait cent foi» mieux reprendre lo train de» éducations ordinaires, et faire un petit talon rouge, que de.... j. i. rouss. Lett. à U. L. A. Jf. Corresp. t n, p. 4 87, dans pouoens. ||U le dit quelquefois aujourd'hui de ceux qui
TAL
imitent les manières do l'ancienne aristocratie de cour. La Tulipe, homme de cour, a quitté son briquet pour se faire talon rouge.... on n'a pas meilleur ton que monsieur ou monseigneur le comte de la Tulipe, p. L. cour. Lett.x. \\ S" Dans lo for du cheval, les talons sont les extrémités qui font suite aux quartiers et qui se terminent par les éponges. Il Dans le mors, c'est la partie de l'embouchure comprise entre la liberté de langue et les canons. Il 6' Terme de manège. Éperon dont le talon d'un cavalier est armé. Ce cheval entend les talons, connaît les talons, obéit, répond aux talons. Il n'est bon qu'à presser des talons une mule, v. hugo. Orient. 6. || Talon de dehors, le talon du cavalier qui est du côté de la muraille; on dit par opposition talon de dedans. || Ce cheval est bien dans les talons, il est sensible à l'éperon. || Promener un cheval dans la main et dans les talons, le gouverner avec la bride ot l'éperon. |{ Porter un cheval d'un talon sur l'autre, lui faire sentir tantôt l'éperon droit, tantôt l'éperon gauche dans un même manège. || Serrer les talons, pincer des deux talons, appuyer deux coups d'éperon à son cheval. Il 7° Fer qui garnit la partie inférieure d'une lance, d'une pique, etc. Le talon d'une hallebarde. || 8° La partie renforcée de la lame d'une arme blanche, qui s'appuie contre la monture. || Partie inférieure de la lame d'un couteau, d'un rasoir. |1 9° Talon de culasse, partie de la culasse d'une arme à feu portative à percussion, qui est engagée dans le bois, et par l'intermédiaire de laquelle se transmet l'action du recul. || 10° Dans les essieux, saillit] ménagée sur le corps de l'essieu, pour l'empêcher de glisser longitudinalement. || 11° Le talon d'une pipe, la petite saillie qu'on laisse au bas du godet d'une pipe. || 12" Talon de jet, pièce en bois qui se place à la partie inférieure du jet, pour ie coulage des projectiles. || 13° Terme d'architecture. Petit membre composé d'un filet carré et d'une cimaise droite; différent par conséquent de l'astragale, qui est un membre rond. Talon droit. Le talon renversé est celui dont la partie concave est en haut. Il Terme de menuiserie. Le derrière d'une moulure, lequel est arrondi et dégagé. || Terme de serrurerie. Se dit de tous les coudes de peu de longueur que l'on fait aux deux bouts d'une poignée tournante, à l'extrémité d'une bande, au bout d'une plate-bande, d'un harpon, d'une penture. Il 14° Terme de marine. L'extrémité de la quille, vers l'arrière du vaisseau. Nous donnâmes quelques coups de talon, mais si faibles qu'ils n'endommagèrent pas le bâtiment, lapésouse, Voy. t. II, p. U9, dans P0UGE^s. i| Talon des varangues, la partie qui repose sur la quille. || 15° Parlie de la potence qui soutient la verge du balancier d'une horloge. || 16° Dans les instruments de musique à cordes, partie du manche qui est collée sur le tasseau. || 17° Partie du sep de la charrue qui traîne sur le sol. || 18* La partie basse et la plus grosse d'une branche coupée. || Portion inférieure d'une bouture coupée sur du vieux bois. Il 19° Petite feuille échancrée qui soutient la feuille des orangers; c'est un pétiole commun dilaté. Il 20* Terme de zoologie. Sommet de la valve concave de quelques coquilles bivalves. On pourrait les appeler huîtres tronquées, ailées et lisses, parce qu'elles ont le talon aplati, et qu'elles sont comme tronquées en devant, euff. Add. et corr. th. terr. Œuv. t. xn, p. 42). || Terme d'entomologie. Extrémité du tibia qui s'unit avec le tarse. Renflement qui se trouve à la base de l'étui de l'aiguillon chez les hyménoptères. || 21° Outil en fer servant à sculpter les ornements en plâtre. Il 22° Dernier morceau, reste d'une chose entamée. Le talon du pain, du fromage. {| 23° Terme do jeux de cartes. Ce qui reste de cartes après qu'on en a donné à chacun. Le talon est faux. Compter le talon. || 24° Talon de souche, vignette imprimée à l'endroit d'un registre à souche, où l'on coupe les feuillets qui doivent être détaches. Il 25° Terme de boucherie. Talon de collier, partie du cou du bœuf qui longe le paleron, la surlonge, et qui va en pointe jusqu'à l'échiné
— IIIST. xii° s. Sanglanz [il] otles talons de tost esperonner, Sax. xiii. Uns huem, fait lur li rois, qui a munpain mangié. Qui à ma curtvint povres, e mult l'ai eshalcié. Pur mei ferir as denz ad sun talun drescié, Th. le mart. UJ.Que est par lo talun, en cui li fins est del cors, signifiiet se li termes non del œvre? Job, 440. ||xin° s. Les cheveu» ot [Beauté] blons et si Ions, Qu'il li batoient a» talons, (a Jtose, <o)2. Presque tous jours à pié alons; Uoult avons poudreus les talons, t6. 4 2304.
TAL
Il XIV" s. Par foi, ce dit Girars, demain nous ea alons; Et, pourque le voulés, monstrons lor le» talons, Girart de Ross. v. 1931. Vecz cy une telle; elle est moult courtoise de son corps, et a les talons bien cours, et tel et tel se esbat avec elle, le ciiev. de la tour, /ni(r. à ses filles, f° 67, dans LACURNE. Il xv s. Los quarante jours dessus diz Du siège faiz et accompiiz, Dcsloga environ minuit Le roy [anglais qui assiégeait Iteims], et li autres trestuit X Heims montrèrent les talons, e. descii. Miroir de mariage, p. (66. Elle a les talons si cours qu'il ne faut la pousser guère fort pour la faire choir. Caquets de l'accouchée, p. l i8, dans LACURNE. ||xvi° S. Il 36 faisoit marcher sur les talons avant lascher pied devant les régi mens do flrissac et de Goas, u'alb. Uist. j, 281. Le duceust bien voulu ester cette espine de son talon, m. ib. u, 295. Quand l'orgueil va devant, suivez-le bien à l'œil. Vous verrez la ruine aux talons de l'orgueil, ID. Tragiques, éd. lalanne, p. 278.
— ÉTYM. Bourguig. taulon; provenç, foîo; espagn. talon; portug. talào; ital. tallone; d'une forme fictive talonem, dérivée du lai. talus, cheville du pied, talon, que les étymologistes dérivent de taxillus, osselet, comme ala de axilla.
TALONNÉ, ÉE (ta-lo-né, née), part, passé de talonner. Suivi de près. Les ennemi» talonnés dans leur retraite par la cavalerie.
t TALONNEMENT (ta-lo-ne-man), ». m. Action de talonner.
— HlST. xvi° s. Quand il [Alexandre] vil qu'il [Bucéphale] ne domandoit plus qu'à courir, alors il luy donna carrière à toute bride, en le pressant encore avec une voix plus aspre que son ordinaire et un talonnement do pieds, amyot, Alex. 9.
TALONNEU (ta-lo-né), tJ. a. || 1° Suivre de près, marcher sur les talons. Talonne un président, suis-le comme un valet, régnier. Sot. ivi. Et le troisième Diorès Qui le talonne de si près [à la course], scarr. Virg. v. Tu me talonnes quand je sors. Tu m'attends quand je me retire. Tu me poursuis jusques aux bains, j. B. rouss. Èpigr. m, 27. Il la poursuit, la talonne, l'atteint, j. j. rouss. Ém. v. Il 2° Poursuivre de près. De même qu'un lion que vingt chasseurs talonnent, tristan, M. de Chrispe, i, 3. Dans la nécessité ou de forcer ce gué, ou de combattre avec un grand désavantage Philippe, qui le talonnait de fort près, saint- FOix, Hss. î'aris, Œuv. t. v, p. loa, dans pouoens. Il 3» Frapper du talon, de l'éperon. Monte un cheval de bois.... Talonne lo genêt, régnier, Sat. v. Il 4° Fig. Presser vivement, jusqu'à l'imporlunité. Il y a plus de cinq ou six mois que les imprimeurs me talonnent de telle sorte que tout ce que je puis faire ne va pas à revoir les feuilles de la première édition, batle, Lettres, p. 7»o, dans pougens. George, que tous les jours maint créancier talonne, du cerceau, Poés. Épigr. 29. Me talonnant sans cesse pour expédier los dépêches du roi et des ministres, il les signait en hâte, j. j. bouss. Conf. VII. Il Talonner une femme, lui faire la cour
de très-près voyant qu'il talonnait Hébé qui
toujours s'éloignait, scarr. Typh. v. Veuvo d'un illustre époux [le maréchal de l'Hôpital], Vous nous la donnez bonne. Quand vous faites les yeux doux X ce pédant [Omer Talon] qui vous talonne, Docum. inéd. sur l'hUt. de Fr. Journ. d'Ol. Lefèvre d'Ormesson, t. n, p. 25, note 2. || 6* Fig. Il se dit des choses qui nous serrent de près. Laissez-moi mon bavolel, avec mon teint fleuri; je vous laisserai vos cent ans avec la mort qui vous talonne, fén. t. xix, p. 4. Sans le» soixante-dix-huit ans qui me talonnent, volt. Lett. Catherine II, 21 janv. 1770. Il 6° Fig. 11 se dit do ce qui presse, tourmente. Les malheurs qu'elle avait prévus de si loin, commençaient à la talonner, et de toutes parts elle craignait des embûches, voit. Uist. Alcidalis. Un homme, lequel se disant frère de la rosecroix, vous aurait prédit, il y a dix ou douze ans, quelque grand malheur talonner la France, NAUDÉ, Rosecroix, VII, 4. Tant la frayeur les talonnait, scarr. Virg. ii. Que faites-vous dehors, et quel soin vous talonne, Vous à qui je défends de parler à personne? mol. l'Ét. i, 4. Pressé par la faim qui me talonnait, J. J. nouss. Conf. il. || 7° V. n. Terme de marine. En parlant d'un bâtiment, toucher le fond de la mer de l'extrémité de la quille. Le navire a talonné en franchissant la barre.
— HlST. XVI" s. Si la fortune cruelle Et la mort continuelle Me talonnent pas à pas, du bellat, m, 86, recto. Celte troupe estoit talonnée [suivie, soutenue] de deux bataillons do piques, d'aub. Ihst. i, U(. La conclusion du conseil fut de battre l'es-
TAL
trade, et tallonner [llara^;3crJ tant que l'on pourroil les Albanois.... carl. t, b. Son asne taloiinoit le bon vieillard Silène, rons. 8M.
— BTYM. Talon.
t TALONNETTK (U-lo-nè-f), ». f. Morceau de tricot pour renforcer le talon d'un bas.
t TALONNIEK (la-lonic), i. m. || V Ouvrier qui ,'.iit des talons. Les formiers fabriquent aussi des talons.... les faiseurs de talons qui sont ordinairement de pauvres maîtres cordonniers, s'appellent talonniers, Dicl. des arts et met. formier. |{ î" Tonne de marine. Pi6ce de bois qui s'applique sous le milieu d'une varangue qui ne fournit pas de quoi former son talon ou support.
— HIST. XVI* s. Vestement talonnier [qui pend jusqu'aux talons], p. bellier, Iraduct. de Philon, *675, in-l*, p. 27).
TALONNliïHK (ta-lo-niii-r'), t. f. || !• Ailes que Mercure porte aux talons, pour faire ses courses plus vite, en qualité do messager dos dieux. Les ta'.onnières de Mercure. || 2* Morceau de cuir que les religieux des ordres déchausses ajoutaient à leurs sand.iles pendant l'hiver, pour se couvrir les talons. Il 3* Terme de marine. Partie inférieure du gouvernail, coupée en onglet pour ne pas porter sur la saillie que fait la quille au delà de l'étambot.
— HIST. XVI' s. Il [Mercure] noue aux pieds ses riches talonnieres, dobell. it, «3, recto.
— ÊTYM. Talon.
t TALPA, s'emploie quelquefois dans cette locution : exemplum u( talpa, pour signifier un exemple qu'on apporte en lieu de plusieurs autres. Les voilà devenus ours, lions, éléphants, Les uns sous une masse énoime. Les autres sous une autre forme; Il s'en vit de petits : exemplum ut talpa, LA FONT. Fabl. xn, t .
— ETYM. Ces mots qui paraissent signifier : exemple comme la taupe, sont, d'après Diibner, une abréviation : exemplum ut a. l. p. a. lu exemplum ut talpa, et signifiant : exemplumut alferam luco plurimorum aliorum.
t TALPACIIE (tal-pa-ch'), t. m. Soldat d'une troupe légère hongroise, au service de l'Autriche.
t TALPIER (tal-pié), s. m. Un des noms vulliaires de la puce pénétrante (dermatophile pénétrant de Guérin-Méneville), dite aussi chique.
— £TYM. Lat. talpa, taupe; insecte ainsi dit parce qu'il s'introduit sous la peau, comme une taupe dans la terre.
t TALPIFOR.ME (tal-pi-for-m'), adj. Qui a la forme d'une taupe.
— ÊTYM. Lat. talpa, taupe, et forme.
t TALPINETTE (tal-pi-nè-f), ». f. Espèce de musaraigne.
t TALPOÏOE (tal-po-i-d'), ». m. Genre de mammifères rongeurs.
t TALQUEUX, EUSE (tal-keû, keû-z'), adj. Terme de minéralogie. Qui est formé de talc. La composition des serpentines et des pierres ollaircs exige d'abord l'atténuation du mica en filets lalqueux, DUFF. Hin. t. vu, p. 85.
— ETYM. Talc.
t TALUER (ta-lu-é), v. a. Voy. taluter.
t. TALDS (ta-lû), ». m. || 1" Synonyme de ponte, qui s'emploie dans le cas d'une pente assez forte ; se dit spécialement de la surface inclinée d'un terrain. L'Arveiron, alors très-petit, sort, en rampant, de dessous la glace, qui descend en talu-; jusqu'au niveau du terrain, sai'Ssure, Voy. Alpes, t. m, p. 6, dans pougens. |i Tailler, couper une chose en talus, la couper obliquement, en biseau. Ij 2* La surface même qui est en pente. Talus reviHu de gazon. || Il se dit surtout en fortifications. Le talus intérieur. Le talus delà banquette. || Le talus esta deux tiers, se dit d'un talus dont l'inclinaison est telle que le rapport de sa hauteur à sa base est le même que celui de 2 à 3, || 3° Inclinaison qu'on donne aux parements des ouvrages de maçonnerie pour les asseoir solidement; cette incl inaison est plus forte que celle du fruit, et moincl re que celle du glacis. || 4° Se dit de certaines pièces en fer dont une partie a une direction oblique par rapport aux lignes générales. Rosette en talus.
— HIST. ivi* s. Si le lieu de la cisterne est terre ferme, la fosse est c -usée à plomb, à fons de cuve ; si mouvante ou sablon, en pente ou talus, 0. DE SERRES, 7»l. Us Voudront que ces façons de parler qui estoyent en crédit eux estans jeunes, obtiennent réintégrante asçavoir fossé en talul ou talus.... H. EST. l'récell. édit. feugëre, p. 374.
— ETYM. Wallon, tofu; du bas-lat. talutum, avance, projection, du lat. talu», talon. lA t" édition du dictionnaire de l'Académie écrit (aiut ou
OICT. DB LA LANaUC tKkHiÂ.lSa.
TA^r
talus ; c'est talul, qui est la bonne orthographe, comme le montrent i'étyniologieet le verbe (otutsr. t t. TALUS (ta-lus'), adj. m. Terme de chirurgie. Pied talus, espèce de pied bot dans laquelle lo talon seul porte sur le sol et la face dorsale du pied est redressée contre la jambe.
— ÊTYM. Lat. talus, talon.
f TALUSKR (ta-lu-zé), V. o. Terme de marine. Tailler en biseau, en parlant d'une pièce de bois.
— ETYM. roJu».
t TALDTAGE (ta-lu-ta-j'), *. m. Action de taluter. Il État de ce qui est taluté.
TALCTlî, ÊE (ta-lu-té, téo), part, passé de lalulcr. Fossé taluté.
TALCTER (ta-Iu-té), t>. ». Construire ou mettre en talus. Taluter les bords d'un étang. || On a dit taluer. Dont le fer doit être talué des deux côtés, DESC. Diuptr. (0. M. Bourcet préféra un établissement sur bermes, avec un revêtement sans épaisseur, taluant de deux cinquièmes, et appuyant sur un rempart de terres mouillées, battues et comprimées, raynal, Hist. phtl. iv, 30.
— HIST. XVI' s. Les aultres cavoyent foussez, taluyoient parapectes, rad. m, prol. Assujetir le fossé, en le façonnant plus estroit par bas que par haut, non en pente et talussant, ains à plomb cl droite ligne, o. de serres, 70.
— ÊTYM. Talus t, par talut.
\ TAMANDUA (ta-man-du-a), ». m. Nom vulgaire et spécifique du myrmécophago tamandua (mammifères édentés), qui est le fourmilier tamandua de certains auteurs.
— ETYM. Il vient du tupi-guarani, taixi-mondé, piège à fourmi, bcrton, The Highlands of Ihe Brazil, t. I, p. 23.
t TAMANOIR (ta-ma-noir), ». m. Espèce de fourmilier.
— ETYM. Chez les Caraïbes, tamaru>a, caulin, Hist. de la nueva Àndalucia, <779, in-f°, p. 38.
t TAMARICIN (ta-ma-ri-sin), s. m. Mammifère des bords de la mer Caspienne, rangé dans le genre loir.
t. TAMARIN (ta-ma-rin), ». m. || !• Fruit du tamarinier. Il 2' Se dit quelquefois abusivement pour tamarinier.
— HIST. xiii* s. Si donnent aux marcheans à faire et à boire une chose qui a nom lamarandi, qui leur fait aler hors ce qu'il ont ou vensre, marc pol, p. 658. ||xvi* S. La rhubarbe, les myrobolans, les tamarins, les sebestes, le syrop de roses laxatif, PARÉ, xviii, GO.
— ËTV.M Kspagn. et ital. tamarindo; de l'arabe thamar hindi, thamar, fruit, datte, et hindi, indien : datte de l'Inde.
2. TAMARIN (ta-ma-rin), s. m. Petit singe de l'Amérique, du genre des ouistitis.
TAMARINIER (ta-ma-n-nié; l'rne se lie jamais), ». m. Genre de la famille des légumineuses, oii l'on dislingue le tamarinier proprement dit, tamarindus indica, L. qui croit dans l'Inde, l'Arabie et l'Egypte, et dont la gousse renferme une pulpe laxative. On le nomme aussi tamarin.
— ÊTYM. Tamarin l.
TAMARIS (la-ma-ri), TAMARISC (ta-ma-risk) ou TAMARIX (la-ma-riks'), ». m. Arbrisseau à feuilles très-petites et à fleurs en épis, dont l'écorce est employée en médecine comme astringente, tamarix gallica, L.
— HIST. xiir s. Li bariUier puent [peuvent] faire baris de fuz de tamarie et de bresil, Liv. des met. Ki4. Il XVI' s. On fera brusier bois de genest, fresne et tamarix, paré, xxiv, 21.
— ErYM. l'rovenç. tainarisc , du latin tamarice, laniaricum, lamariscus, tamarix. Les jardiniers disent à tort tamarin, ce qui est loin d'être la même chose.
t TAMAUISCINÉES (ta-ma-ri-3si-née), ». f. pi. Famille de plantes dicotylédones dont le geine tamarisc est le type.
f TAMBOL'L (tan-boul), ». m. Arbre de Madagascar, un des noms vulgaires de Vambore tambourissa, monimiacées.
TAMROIIR (tan-bour), s. m. || 1" Ciisse de forme cylindrique, dont les deux fonds sont formés de peaux tendues, sur l'une desquelles on frappe avec des baguettes pour en tirer des sons. Et le peuple, qui tremble aux frayeurs de la guerre, Si ce n'est pour danser, n'aura plus de tambours, malh. ii, t. On dit qu'un tambour couvert d'une peau de brebis ne résonne point et perd entièrement le son lorsque l'on frappe sur un autre tambour couvert d'une peau de loup, desc. Mus. Objet. Qu'on fasse un tambour de ma peau [de Ziskaj, ou fera fuii
nos ennemis au ion de ce tambour, volt. Ann. Emp. Sigismond, m*. Tambour, terme imilalil i|ui exprime le son de cet instrument guerrier in< connu aux Romains, et qui nous est venu des Arabes et des Maures, ID. Diet. phH. Tambour. Chex les Lapons Suédois il y a dans chaque famille un tambour pour combattre le diable, buff. Hitl. nat. hom. t. T, p. 6. Aux longs roulements des tambours, AUO. BARBIER, la Curée. Il Tambour roulant, cais.se roulante, tambour du diamètre des tambours ordinaires, mais plus haut de la moitié environ; il s'emploie dans la musique militaire. || Gros Umbour, se dit quelquefois de la grosse caisse, jj Battre du tambour, tirer des sons du tambour. Apprendre à battre du tambour. || Battre le tambour, donner un signal, un avertissement avec le
I tambour. || Le tambour bat, on bat le tambour.
I Robert s'engagea, sans carte routière, Vers quatre-vingt-douze; il avait vingt ans; Depuis le Pont-Neuf jusqu'à la frontière. Il suivit nu-pieds
I les tambours battants, lauhent-piciiat. Avant le jour. Il Le tambour appelle, le tambour bal pour assembler les soldats. || Tambour battant, au son du tambour. Le roi ayant fait passer les troupes en revue devant lui, tambour battant et trompettes sonnantes, pour aller au lieu de l'attaque, PELLISSON, Lelt. hist. t. i, p. 3<2. Il Fig. et familièrement. Tambour battant, sans donner de relâche. Je ne voudrais pas, ce me semble, solliciter tambour battant, dans une chambre [de tribunal] où l'on est persuadé que vous n'avez que trop de crédit, sÉv. à Urne de Grignan, 3 juill. 468S. M. de Chartres était amoureux de mademoiselle de Uerry, et menait cela tambour battant, st-sim. 83, 219. Il Mener quelqu'un tambour battant, remporter sur lui plusieurs avantages consécutifs, le presser vivement, le malmener. Tambour battant menez-moi votre Agnès, oiierahdi, Thédt. ital. t. n. Naissance d'Amadis, se. 7. || Fig. Faire battre le tambour, divulguer. J'ai soutenu que M. de Guéméné avait bien fait, et les femmes aussi, l'un d'avoir suivi un goût honnête et raisonnable, et elles de n'avoir point fait battre le tambour, gÉv. 390. Il Avoir le ventre tendu comme un tambour, avoir le ventre enflé soit pour avoir trop mangé, soit pour maladie. || Sans tambour ni trompette, voy. TROMPETTE. || 2' Tambour de basque, sorte de petit tambour, composé d'un large cerceau de boii et d'une peau bandée dessus, en forme de sas, garni de grelots et de petites plaques de cuivre dont on joue en le tenant d'une main et le frappant de l'autre. Je donne tous les jours un violon et un tambour de basque à très-petits frais; et dans ces prés et ces jolis bocages, c'est une joie que d'y voir danser les restes des bergers et des bergères du Lignon, sÉv. 283. || 3* Par extension, celui qui bat le tambour. II [le czar Pierre] va s'instruire dans les chantiers de Hollande; il y veut être charpentier pour apprendre la construction, comme il a voulu commencer par être matelot sur ses vaisseaux, et tambour dans ses troupes de terre, pour apprendre à devenir général, coNoa. Stud. hist. ni, 2. X la diane [en )848], le tambour s'éveillait pour agiter tout le long du jour ses baguettes infatigable», retbaud. Jir. Paturot, III, 44. Il Tambour-major, celui qui commande et dirige les tambours d'un régiment; il porte une grosse canne. Le tambour à la grosse canne demande l'honneur de vous être présenté, picabd, Noces sans mar. n, u. Nous, peuple épris en politique Du tapage et des galons d'or. Pour présider la république. Faisons choix d'un tambour-major, BÉRANG. les Tambours. Les hauts tamboursmajors aux panaches énormes, v. Bvoo,Chdliments, l'Expiation. || Le tambour-major est choisi i cause de sa haute taille et de sa belle prestance; d'où vient qu'il est souvent pris pour un type de belle apparence, mais de nullité. Elle se demanda par quelle indigne lâcheté de son coeur elle avait pu aimer cette manière de tambour-major, CH. de BERNARD, la Femme de 40 on», § 8. || Tambourmailrc, tambour qui a le grade décaperai. || 4* Métier circulaire pour broder à l'aiguille. || Broder au tambour, broder à l'aide d'une espèce de tambour, sur lequel la mousseline est tendue, et d'aiguilles crochues avec lesquelles on attire le colon d'un c6té à l'autre. Le Dictionnaire des arts et métiers do I7G7 dit que cette manière de broder est récente et qu'elle aété apportée du Levant. Il Cylindre rembourré pour l'aire et raccommoder la dentelle. Il 5* Terme d'anatomie. Membrane dite aussi tympan, qui sépare de l'oreille moyenne le conduit auditif. Il Chez l'àne enfoncement du carlilaK?
TAM
thyréoîdo, recouvert d'une membrane tendineuse et liclie, qui est posée verticalement et à l'extrémité des lèvres de la glotte ; ce tambour, qui n'existe pas chez le cheval, passe au mulet, herhissant, Kém. de VAead. (763, p. 279. || 6- Terme d'horlogerie. Cylindre sur lequel s'enroule la corde ou la chaîne d'une horloge. || Boîte ronde qui contient le grand ressort d'une montre. || T Terme de serrurier. Cloison de tôle ou de cuivre de forme ronde, qui renferme quelque piJîce, un mouvement ou un ressort; telle est la cloison que l'on place derrière une porte pour qu'elle se ferme seule, et qu'on nomme aussi baril. || 8* Petite enceinte en menuiserie ou en maçonnerie, qui, percée d'une ou plusieurs portes, est placée aux principales entrées d'un grand édifice, d'une église, et empêche lèvent du dehors d'y pénétrer. || Terme de menuiserie. Coffre renfermantquelque saillie dans une piëce. {| 9° Terme de fortification. Petit retranchement en charpente, muni de créneaux, destiné à couvrir des portes d'ouvrages ou des communications d'un ouvrage à l'autre. || 10* Dans certains jeux de paume, avance ou saillie de maçonnerie, faite en biais qui est du côté de la grille, et qui, en détournant le cours de la balle, la rend plus difficile à jouer. || 11" Terme d'architecture. Chacune des assises de pierres cylindriques qui composent le fût d'une colonne, ou le noyau d'un escalier à vis. || Se dit quelquefois de la campane ou cloche du chapiteau corinthien. Il Terme de marbrerie. Masse de marbre rapportée par le haut d'un pilastre de chambranle, dans laquelle sont taillées les moulures formant le chapiteau. || Terme de poêlier. Tambour mécanique, ouvrage en plâtre que l'on fait sous le manteau d'une cheminée pour empêcher qu'elle ne fume. || Endroit où se joignent plusieurs tuyaux. Il 12° Tuyau qui en joint deux autres de diamètres inégaux. || 13° Terme de marine. Assemblage de plusieurs planches pour couvrir la tête du gouvernail, etc. || Tambour d'un bateau à vapeur, la partie qui fait saillie et qui protège les roues, dans un bateau à aubes. || li* Chauffe-chemise. Il IS" Machine à pétrir l'argile. || 16* Couteau à tambour, couteau à gatne dont la mitre est rocde. || 17° Terme de pêche. Filet de forme cylindrique qu'on nomme aussi louve. || 18° Terme de mécanique. Toute roue creus" l| Proverbes. C'est vouloir prendre des lièvres au son du tambour, se dit en parlant d'une entreprise qui a besoin de secret et que l'on divulgue mal à propos avant l'exécution. || Ce qui vient de la flûte retourne au tambour, le bien acquis trop rapidement ou par des voies peu honnêtes, se dissipe aussi aisément qu'il a été amassé. Je ne laissais pas de voir avec une extrême douleur fondre ainsi mon argent d'Italie, et s'en aller au bruit du tambour ce qui venait au son de la flûte, lesage, Gvixm. d'Alf. n, 3.
— mST. XI* s. En Sarraguce fait suner ses taburs, Ch. de Bol. lxvi. || xni* s. Que on ne l'esveillast pas du son d'un tabur, Berte, xli. Et sembloit que foudre cheist des cie^ au bruit que les nacaires, les tabours et les cors sarrazinois menoient.... jomv. SI5. Ilxiv s. Et est la guerre entre eulx [loup et mouton] si naturelle en tout, que aulcuns veulent dire que, si l'on faisoit ung tabour de la peau d'ung mouton et de celle d'ung loup, ilz ne pourroyent estre de bon accord, le Songe du Vergter, i, (64. || xvi* s. Vous pareillement, Trudon, ainsy estoyt nommé son tabourineur, soyez y avecques vostre fleute et tabour, rab. 7>ant. iv, (2. Le tintamarre de nos canons et de nos tambours, MONT, m, 303. Battant un bacin ou quelque mcschant tabourin (faut-il point tambour suyvant la reformation dernière?) noel du pail, Cont. d'Eutrap. ch. xrr. Les pitoiables mères Pressent à l'estomac leurs enfans esperdus, Quand les tambours françois sont de loin entendus, d'aub. Tragiques, édit.
lALANNE, p. 38.
— ÉTYM. Wallon, tabeur; bourguig. tambor; provenç. tabor, tanbor; espagn. tambor; ital. lamburo. On le fait venir de l'arabe thanbour, guitare & long manche et à six cordes de métal. Piban préfère y voir un dérivé de thabal, timbale et aussi tambour. Quant à Scheler, il le tire du verbe «oper. De ces étymologies, taper est écarté à cause uue lé p ne parait nulle part. Reste le choix entre thanbour et «hobol, celui-ci plus approchant par le sens, celui-14 par la forme.
t TAMBODRETTE (Un-bou-rè-f) , i. f. Espèce ne pigeon dont la voix imite le son du tambourin. C'est la colombe tympanistrie, de Temminck • •lia habite la Cafrerie. '
TAHBOnRIN (tan-bou-rin), ». m. || !• Nom d'une
TAM
espèce de tambour, moins large et plus long que le tambour ordinaire, sur lequel on no bat qu'avec une seule baguette, pour accompagner le son aigu d'un galoubet dont on joue de l'autre main. Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin, bérang. Désaug.\\2' Par extension, celui qui joue du tambourin. Le tambourin du village. Il 3* Air ou danse au tambourin. Quand Amazan fut aux pieds des Pyrénées, les magistrats et les druides du pays lui firent danser malgré lui un tambourin, volt. Princ. Babyl. xi. Des tambourins, parce que c'est le genre oii Mlle Camargo excellait, novehre, Lett. sur la danse, p. (64, dans pouGENS. Il 4° Perle ronde d'un côté et plate de l'autre. || 6° Dans les fabriques de soie, machine sur laquelle on porte les chaînes pour les plier.
— HIST. XV* s. Ceste nuict firent nos Ailemans le guet tous ; et leur donna le roy trois cens cscus, et le firent bon, et sonnoient bien leur tabourins, COMM. vm, o.ToutesfoUes accoutumances. Jeux, banquets, tabourins et danses, Abandonner pour à Dieu plaire, BJoson des faulces amours, p. 2Si, dans la- CURNE. ||xvi* s. Le duc [de Savoie], desjà de soy mesmes empainct [à s'emparer de Genève], ne se laissa gueres poulcer pour courir, si que, s'il avoit faict devant sonner le tabourin, il commença lors à dancer, bonivard, Chron. de Genève, i, o. Tabourins à nopces sont ordinairement battus; tabourineurs bien festoyez, battuz jamais, rab. Pant. IV, (5. Jean Zischa voulut qu'on l'escorchast après sa mort, et de sa peau qu'on feist un tabourin, MONT. I, (6. La cavité dite mastoïde ou tabourin [de l'oreille], paré, 4, (O. Il commanda aux deux caporaux de faire venir le tabourin majeur du marquis de Guast.... M. du bell. 627.
— ÉTYM. Diminut. de tambour; bourg, taiborin; provenç. tamborin; ital. tamburino.
t TAMBOURINAGE (tan-bou-ri-na-j'), s. m. Action de tambouriner. || Fig. Mme de Coulanges a des soins de moi admirables.... elle me rend le tambourinage [les éloges, les soins] qu'elle reçoit de beaucoup d'autres, sÉv. 4 sept. (C77.
TAMBOOltLNÉ, ÉE (tan-bou-ri-né, née), part, passé de tambouriner. Un chien tambouriné et retrouvé.
TAMBOURINER (tan-bou-ri-né), ». n. || l°Battre le tambour ou le tambourin. Il joua longtemps de son fifre, De son tambour tambourina, scarr. Virg. I. Il Particulièrement , en parlant des enfants, faire du bruiten battant sur les petits tambours qui leur servent de jouet. Ces enfants ne font que tambouriner toute la journée. Votre fils faisait un tonnerre de diable avec une assiette, dont il tambourinait sur la table, cyr. debero. Pédant joué, \, s. Jetons nos chapeaux et nous coiffons de nos serviettes. Et tambourinons de nos couteaux sur nos assiettes, scarron. Chanson à boire. || Il se dit aussi de tout autre bruit comparé à celui d'un tambour. Il me conta que, le matin, M. le duc de Valois lui avait dit qu'il avait bien tambouriné à sa porte, GENLis, Mém. t. m, p. ( 4 (, dans pougens. Il î* F. a. Réclamer au son du tambour un objet perdu. Tambouriner un portefeuille. || Fig. et familièrement, répandre quelque chose aussi bruyamment que fait un tambour. Il a tambouriné cela par toute la ville. || 3° Se tambouriner, t;. réft. S'annoncer à grand bruit. Tout charlatan se tambourine, BÉRANG. les Tambours.
— mST. XV* s. Ua heaulme paré sur le comble d'un paon faisant la roe par artifice et maistrise, branlant et tabourinant les pennes de la queue les unes contre les autres.... Perceforest, 1. 1, f" (40.
— ÉTYM. Tambourin.
TAMBOCRINECR (tan-bou-ri-neur); s. m. Celui qui tambourine. Elle avait six tambourineurs. Douze fifres et six sonneurs De mélodieuses cymbales, SCARR. Virg. 1. 1| Fig. Il ménage jusqu'au valet du tambourineur, il ménage les personnes les plus viles pour réussir dans ses desseins.
— HIST. XVI* s. Un tabourineur qui fluteroit tout seul, seroit estimé comme un prêcheur qui monteroit en chaire sansassistans, desper. Contes, XL. Lieux estrangers que j'ay cent fois plus aimé pour séjour que celui de ma patrie, estant du naturel des tabourineurs, qui aiment mieux la maison d'autruy que la leur, brant. Capit. franc. t. IV, p. (64, dans lacurne.
— ÊTYM. Tambouriner.
t TAMERLAN (U-mèr-lan), t. m. Se dit, par plaisanterie, d'un homme pacifique, qui , faisant partie de quelque milice bourgeoise, essaye de se donner un air guerrier.
TAM
— ÉTYM. Tamerlan, le célèbre et terrible conquérant tartare.
tTAMIER (ta-mié), f. m. Voy. taminieb.
tTAMIJE (U-mi-j'), TAHILE (ta-mi-n, adj.
Voy. TAMOUL.
TAMIMER (U-mi-nié), i. m. Genre de plantes, dit aussi tamier, de la famille des dioscorées. dont l'espèce ordinaire tamus ou tamniu commuriis, L. est appelée sceau do Notre-Dame.
— ÉTYM. Est-ce un dérivé du latin tamnusP TAMIS ta-mi), J. m. || 1° Instrument qui sert à
passer des matières pulvérisées ou des liqueurs épaisses. Tamis fin. Gros tamis. Tamis en toiles métalliques, en soie, en crins. Tamis à tambour. La nourriture se purifie, comme si on la passait par un tamis, fén. Exist. l, 24. On se sert des tamis pour obtenir en poudre d'une grosseur uniforme les substances que l'on a d'abord broyées ou pilccs dans un mortier, thenard. Traité de chim. t. iv, p. 409, dans pougens. || Fig. Pascal, en épurant la langue, l'a, pour ainsi dire, passée à un tamis trop fin; il n'a pas assez conservé de la substance de Montaigne, marmontel, Œuv. t. x, p. 424. Il Fig. et familièrement, passer par le tamis, être examiné sévèrement. || 2* Terme de pêche. Filet maintenu par un cylindre de bois, en forme de tambour, ajusté au bout d'une perche. || 3° Morceau de bois, percé d'un grand nombre de trous, qui porte et maintient les tuyaux, dans l'orgue.
— HIST. xni* s. Quar on les puet aussi reprendre et chastoicr [les femmes]. Que l'on porroit la mer d'un tamis espuisier, jubinal, Jongl. et trouv. p. 23. Il xv° s. C'estoit la meschine qui des tamis jouoit, louis xi, Nouv. xvii.
— ETYM Bourguig. taimi ; provenç. tamis; espagn. (amii; ital. tomi'gio; vénit. tamùo; baslatin, tamisium, d'origine incertaine. Diefcnbach l'a tiré du celtique lamma, mettre en pièces; mais Diez objecte qu'il faudrait admettre un suffixe itium qui serait rendu en provençal par tamili , non par tamis. Il propose le néerlandais teems, tamis. X son tour, Scheler demande si ce mot teems, dont on ne sait pas l'origine, ne serait pas un emprunt aux langues romanes.
t TAMISAGE (U-mi-za-j'), s. m. Action de Umiscr. Tamisage et emballage, Insir. sur le serv des man. des tabacs, 3o juin (832, art. 2I9.
t TAMISE (ta-mi-z'), s. f. Étoffe de laine lustrée Tamise chaîne double; chaîne : laine doublée retorse; trame : laine simple, Tabl. annexé aux lett pat. 22 juill. (780.
TAMISÉ, ÉE (ta-mi-zé, zée), part, passé de tamiser. Du poivre tamisé. || Fig. Bien souvent fatigués du soleil, nous aimons Boire au petit ruisseau tamisé par les monts, v. hugo, Crép. (9.
TAMISIsR (ta-mi-zé), V. a. || 1 ' Faire passer par le tamis. Tamiser de la farine. Il faut tamiser ce bouillon pour en séparer les effondrilles. || Fig. La zone inférieure [d'un appareil électrique] où cesserait l'argenture, correspondrait angulairement aux bâtiments voisins, et leur tamiserait une lumière adoucie, paye, Acad. des se. Comptes rendus, t. LU, p. 4(6. Il 2° V. n. Passer par un tamis. On sortira les barils de poudre des magasins, et on les radoubera sur des toiles pour recevoir la poudre qui tamiserait, Règl. et instruct. conc. Us poudres de guerre, (7 germinal an vu, p. (e. Il 3* Terme de marine. On dit que les voiles tamisent, quand elles sont vieilles, claires et que le vent passe au travers.
— HIST. XV* s.... J'ai moult souvent Tamisié en une escafote La poudrette parmi ma cotte [étant enfant], froiss. Espin. amour. Il fut affublé de ce bluteau, et puis commence à tamiser, louis xi,
ffoUV. XVII.
— ÊTYM. Tamis; wallon, tammht.
TAMISERIE {ta-mi-ze-rie), s. f. Fabrique de tamis. tTA.MISElR(ta-mi-zeur), s. m. Celui qui tamise, t TAMISIER (ta-mi-zié), s. m. Celui qui fait et
vend des Umis, Tarif des patentes, 1 85S.
t TAMOUL, OULE (ta-moul, mou-1'), adj. La langue tamoule, ou, substantivement, le tamoul, langue dravidienne parlée dans le sud de l'Inde. Il On dit aussi tamije, tamile.
t TAMPAGE (tan-pa-j'), s. m. Pièce de bois qui se place en travers du filon pour soutenir un plancher que le mineur laisse en arrière dans l'exploitation en gradins droits.
— ETYM. Tomper.
j TAMPAIL (Un-pall, I{ mouillées), t. m. Terme de métallurgie. Fermeture en bois qui serl de toit i U sentinelle de la trompe.
TAM
TAN
TAN
tTAMPANK (tan-pa-n'), ». (. Pignon de la cag« d'un moulin, que le grand arbre traverse.
t TAMPE (lan-p'), t. f. Petit morceau de bois qu'on insère de force entre le frisoir et une autre partie du métier à friser le» étoffes.
— ÊTYM. Même radical que tampon.
t TAMPER (tan-pé), e. a. Mettre des lampes à un métier
— ÊTYM. Même radical que tampon.