‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 167 sur 754 · TAF · texte numérisé non relu

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caractère d'une maladie et des moyens qui y conviennent, habileté qui paraît presque instinctive et qui provient d'une longue expérience et d'un naturel heureux.

— HIST. xjv* s. Est il home qui ait le tact si soublil comme l'areigne, qui sent le doit avant que le doit le touche? ïtodus, (' zxv, verso. Il zvi* s. Le sentiment du tact est diminué en ceux qui souffrent douleur, et qui ont la peau calleuse, aspre et dure, paré, Introd. 2(.

— ÉTYM. Lat. lactus, de tangere, toucher.

TAC-TAC (tak-tak), s. m. Mol qui sert à exprimer un bruit réglé. S'endormir au tac-tac d'un moulin.

— HIST. XVI* 8. Faisant jouer les marteaux de nos portes, ils font un tac tac, pasqdier, Jiec/i. vin, p. 67), dans LACURNE.

TACTICIliN (ta-kti-siin), s. m. Celui qui entend bien la tactique. Il y a quelques tacticiens qui s'écrieront à la lecture d'une relation : Oh la belle bataille I p. l. cour. Lett. 11, 210. || Fig. Un habile tacticien, un homme qui sait manœuvrer dans les affaires de la vie, et surtout dans les débats parlementaires.

— ÊTYM. Tactique.

t TACTICOGRAPHIE (ta-kti-ko-gra-fie), f. f. Délinéation des manœuvres militaires; représentation graphique des évolutions de guerre.

— ÉTYM. Tactique, et ypàçEiv, décrire.

TACTILE (ta-kti-l'), adj. || 1' Terme didactique.

Qui est ou qui peut être l'objet du tact. La vue aperçoit la lumière et les couleurs; l'ouïe est affectée par les sons ; le goût, par les saveurs; l'odorat, par les odeurs; enfin le toucher, par les différentes qualités tactiles des objets, dumars. Œuv. t. V, p. 310. 1)2° Qui a rapport au tact, au toucher. Assujétir l'organe visuel à l'organe tactile, J. J. Rouss. Ém. u. La seconde partie oii il [Condillac] examine les sensations tactiles de la statue immobile, destutt-tract, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. ni, p. 496. Les fonctions tactiles, CABANIS, Instit. Mém. se. mor. et pol. 1. 1, p. <9<.

— HIST. XVI* s. L'objecl du toucher ou attouchement est toute qualité tactile, savoir est première, chaud, froid, humide et sec ; ou seconde, rude, poly, léger.... paré, Jntrod. 9.

— ÉTYM. Lat. tactilis, de tactus, tact.

t TACTILEMENT, (ta-kti-le-man) , adv. D'une manière tactile. Tactilement, par une action sur les papilles nerveuses, Acad. des se. Compt. rend.

t. LXXIH, p. 764.

TACTION (ta-ksion), ». f. Terme très-peu usité. Action de toucher.

— ETYM. Lat. tactionem, de tactus (voy. tact).

TACTIQUE (ta-kti-k'), ». f. \\ i' L'art de combattre et d'employer les trois armes principales, infanterie, cavalerie et artillerie, dans les terrains et les positions qui leur sont favorables. La tactique exécute les mouvements qui sont commandés par la stratégie. La tactique consiste à ranger les troupes en bataille, à faire les évolutions, à disposer les troupes, à se prévaloir avec avantage des machines de guerre, volt. Dict. phil. Tactique. || On dit dans le même sens : tactique navale, jj Adj. Le bataillon est l'unité tactique de l'infanterie, l'escadron et la batterie sont l'unité tactique de la cavalerie et de l'artillerie. |i 2° Fig. Manière de conduire ou de diriger les corps délibérants. Sa pensée [de M. de Pontécoulant], comme il l'avouait plus tard, était une pensée de tactique défensive plutôt que de législation, villemai.n, Souv. contemp. Cent-Jours, ch. )3. || 3* Fig. Marche qu'on suit, moyen dont on se sert pour réussir. C'est sa tactique ordinaire. C'est une vieille tactique.

— ÉTYM. TaxTi/:^, de Tâ(j«iv, ranger.

f TADIN (la-din), ». m. Coquille du genre des nérites.

t TADORNE (ta-dor-n'), ». m. Espèce de canard, anas tadoma, L. (tardone, dans Trévoux).

— iiIST. XVI* s. Tadorne, cotgrave, belon. TAEL (ta-èl), ». m. Unité de poids valant uns

once d'argent et servant en Chine de valeur monétaire.

TAENIA (té-ni-a) et ses composés, voy. t^- NiA, etc.

TAFFETAS (la-fe-tâ), ». m. || 1° Etofl'e de soiunie et brillante. Robe de taffetas. Ruban de taffetas. Voyez ce taffetas; l.i mode en est nouvelle, C'est œuvre de la Chine, régnier, Sat. vni. Un tal fêtas de jaune et de rouge barré, baiiikr, I( Cabi net de Quinault, p. 53. || 2" Terme de pharmacie Tissu de fil, très-fin, imprégné d'un principe ag-

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glutinatif ou vésicant, et fréquomment appliqué chez rbomme sur les solutions de continuité ou sur la peau, pour un but thérapeutique. || TafTelas d'Anglelerre ou talTclas gommé, sparadrap préparé en appliquant, au moyen d'un pinceau, sur du taffetas, une couche de colle de poisson dissoute dans U teinture de benjoin à chaud; il sert à rapprocher les bords des petites plaies. || Taffetas vésicatoire ou épispastique, sparadrap agglutinatif rendu vésicant et remplaçant assez bien les emplâtres vésicaloires. || 3* Coquille univalve.

— IIIST. XY* s. Une pièce de taffetas changeant de Levant estroit, contenant neuf aulnes, estimée l'aulne vingt sols, Bibl. des ch. «• série, t. i, p. 347. Il XVI' s. Pourtant la jour de la reveue il bailla ce taffetas [le drapeau blanc du vicomte de Turenne] à garder au vicomte de Lavedan, d'aub. Hist. II, (83. Avec les lances si pleines de tafelas qu'elles portoient ombre, ID. ib. ni, 54.

— ETYM. Bourguig. tailfctar; cspagn. tafetan; ital. talfetà; du persan tdftah, part, passé du verbe laften, tresser, entrelacer.

TAFIA (U-fia), s. m. L'eau-de-vie de cannes, qui se fait avec les écumes et les gros sirops de sucre; les Français l'appellent guildive et les Anglais rhum. L'eau-de-vie qu'on tire des cannes est appelée guildive; les sauvages et les nègres l'appellent taflia, LE P. LABAT, Nouv. 1)0!/. <"** *^ franc. t. m, p. 410.

t TAFON (ta-fon), t. m. Coquille du Sénégal.

t TAFOUILLEUX (ta-fou-Ueù, U mouillées), $. m. Homme dont l'industrie est de ramasser les objets que la Seine charrie, du camp, Rev. des Deiix-Hondes, (887, t. vi, p. 484.

t TAdAL (ta-gal), t. m. Le solen strigillé (coquilles bivalves).

t TAGABOT (U-ga-ro) ou TAGEROT (ta-je-ro), adj. Voy. faucon.

— ÉTVM. Arabe, tdhortt, adj. de Tàhort, ville bien connue (nozï).

t TAGÈTE (ta-jè-f), t. (. Voy. œillet a, n* 3.

t TAGUAN (ta-gou-an), s. m. Nom donné par Cuffon au pteromys pélauriste (mammifères rongeurs), le polatouche laguan de certains auteurs.

TAÏAUT (ta-ift), interj. Cri du chasseur, quand il ar.felle les chiens pour les lancer après la bête. X trois longueurs de trait, taïaut, voilà d'abord Le cerf donné aux chiens, mol. Fdch. \i, 7. Mon étourdi se met à sonner comme il faut. Et crie à pleine voix taïaut 1 taïaut I taïaut 1 ID. ib. ii, 7. Il Substantivement. M. de Marsillao conserve sa tristesse au milieu de tous les taïauts, sÉv. 421.

— ÉTVM. W. Scott, Waverley, Append. to a gênerai préface, il, dit : a loud taiout, et en note : tailliers-hors, et en phrase moderne: tally-ho I Est-ce que taiaut viendrait de tailler?

t TAICOU.V ou TAÏCOUNE (ta-i-kou-n'), ». m. Prononciation chinoise, adoptée en Europe, de shiogoune, nom japonais d'un des feudataires du mikado ou souverain du Japon, qui a fini, comme nos maires du palais, par prendre la plus grande partie de l'autorité souveraine.

t TAÏCOUNAL, ALE (ta-i-kou-nal, na-1'), adj. Qui a rapport au taïcoune. La famille taïcounale.

t TAÏCOUNAT (ta-i-kou-na), s. m. Autorité du taïcoune. L'abolition du taïcounat.

TAIE (tê; plusieurs disent une tête d'oreiller, c'est une grosse faute, née de cette nuisible tendance qui porte à confondre un mot moins connu avec un mot plus connu), s. f. \\ l' Linge en forme de sac qui sert d'enveloppe à un oreiller. Une taie d'oreiller. {| 2° U s'est dit d'enveloppes en forme de taie d'oreiller. Il mit à part la graisse, la queue, et toutes les graisses qui couvrent les intestins, la taie du foie, et les deux reins avec la graisse qui y est attachée, SACI, Bible, Lévit. vin, 25. Il 3° Nom qu'on donne vulgairement aux diverses taches blanches et opaques qui .«e forment quelquefois sur la cornée. Votre médecin ne vous donnera jamais la vue du lynx; mais souffrez qu'il vous ôte une taie de vos yeux, volt. Dial. 26. Il Fig. Laisser tomber les grosses taies que l'enthousiasme étend sur les prunelles d'un auteur, dans la première ivresse d'une composition rapide, volt. Lett. d'Ârgental, 2) nov. (702.

— HIST. XII' s. Là sist U empereressur un cuisin [coussin] vaillant; La plume est d'oriol, la teie escarimant, Voy. de Charlem. à Jérusal. p. (2. Il XIII' s. Trois coussins à deux toies ouvrées, tail- LiAR, Recueil, p. 28(.||xiv's. Ce sont grosses toyes rouges qui leur queuvrent les yeux, Modus, f* ZLTT. Boulir l'escorce de houx en eaue, tant que A taie de dessus se sépare, Ménagier, n. 6.

DICT. DB LA LANODB FRANÇAISE

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Il zv s. J'y V07 trouble ; car es yeulx ay U taye, Et n'y congnois le blanc d'avec le bis, ch. d'okl. Rondel de Jehan CaiUau. || xvi* s. En une hostie qui fut immolée, il se trouva deux bourses du flel enveloppées d'une seule taye, amyot, Arat. 63. L'opération qui se fait lorsqu on abbat la taye ou cataracte, PARi, iv, «. Les tayos [membranes du fœtus], 10. XVIII, 42.

— ETYM. Wallon, ttk, laie d'oreiller; bas-lat. teca, pour theca, caisse, enveloppe, du grec >tft*i\.

t TAILI.ABIL1TÉ (U-Ua-bi-li-té, U mouillées), (. f. État de qui est taillable. Le conseil supprima la taillabilité i laquelle Choudens était sujet, moyennant la somme de 607 livres, volt. Lett. Hennin, 20 déc. (770. [Les serfs de Saint- Claude] soumis à cette infâme taillabilité de servitude qui est l'opprobre de la nature humaine, id. Lett. Chrislin, 30 mars (772.

TAILLABLE (ta-lla-bl', (I mouillées, et non ta-ya-bl'), adj. \\ i' Sujet à la taille. Triplez seulement le nombre des têtes taillables en y comptant les femmes et les filles, vous trouverez près de vingt millions d'âmes, volt. Russie, 1, 2. La taille, la capitation taillable et tous les autres accessoires de la taille, neceeb. Compte rendu au roi, janv. (78(, p. 64. Nous étions la gent corvéable, taillable et tuable à volonté, nous ne sommes plus qu'incarcérables, p. L. cour. Lettre premier*. || Substantivement. [D'après redit de (000] parmi les taillables, tout père de famille qui avait eu dix enfants était à l'abri de toute imposition, VOLT. Louis XIV, 30. Il faut perfectionner la répartition individuelle de la taille.... les proportions sont fixées par les taillables eux-mêmes, necker. Compte rendu au roi, janv. (78(, p. 66. Lorsqu'il [le collecteur] marche sans huissiers, dit un intendant au ministre en (764, les taillables ne veulent pas payer, tocqueville, l'Ancien régime, 11, ch. ( 2. Il 2° Il se disait des provinces et des villes dont les habitants étaient sujets à la taille. Province taillable. Il 3* U se disait encore des terres mêmes et des biens sur lesquels on imposait la taille, dans les pays de taille réelle.

— HIST. xni' s. Bien se gart cil qui jure qu'il raportera tout ce qui se doit partir entre oirs, ou qui jure ce qu'il a vaillant, parce qu'il est taillable à son segneur ou à aucune commune, qu'il die vérité, beaum. ix, (0. Tout chil et toutes chelles qui ne sont pas taillavle, tailliar. Recueil, p. 357.

— ÉTYM. Tailler; provenç. talhable, imposable. TAILLADE (ta-Ua-d', {{ mouillées, et non ta-

ya-d'), I. f. Il 1° Coupure, entaille dans les chairs. On lui a fait de grandes taillades au visage. Il 2' Coupures en long qu'on fait dans de l'étoffe, dans des habits. Les dames portaient vertugade. Les chevaliers collet monté, Pourpoint de satin à taillade. Et longues dagues au côté, ciiaul. Épttre au nom de il. le duc à lime la duch. du Maine, 27 mai (702. Il 3° Incision faite à un arbre. On en pratique deux autres [incisions] semblables du côté du nord [au tronc de l'érable] ; ces quatre taillades sont creusées, à'mesuro que l'arbre donne sa sève, jusqu'à la profondeur de deux pouces et demi, ciiateaubr. Amer. Récolte du sucre d'érable. Il 4' Sorte d'épée tranchante autrefois en usage.

— HIST. XV* s. Guillaume des Jardins, qui tenoit une tailade toute nue en ses mains, frappa Denisot.... du cange, taillada. || xvi' s. Les bestes appellées insectes, pource qu'elles ont des incisions, taillades ou descouppures par dessus le dos ou par dessous, paré, Animaux, 8. Aucuns au lieu des anneaux ne font qu'une taillade au groin du pourceau, 0. de serres, 337. En ce disant, il donna trois coups d'un traict : il s'advanco pour donner une taillade, soudain tire une estocade, puis un revers, MERLIN COCAÏE, t. II, p. 232, dans LACURNE.

— ETYM. Tailler; provenç. taHiada, taillada; espagn. tajada; ital. tagliata.

TAILLADÉ, ÉE(ta-lla-dé, dée, I{ mouillées), part, passé de taillader. Sa constance [de lord Russel], envers les pourpoints tailladés, qu'il a soutenus longtemps après leur suppression universelle, iiahilt. Gramm. 7. Les hommes portaient des habits tailladés, LESAGE, Est. Goni. a.

TAILLADEIl (ta-lla-dé, Il mouillées, et non ta-ya-dé), v. a. Faire des taillades. Taillader un pourpoint. Là des sacrificateurs se tailladaient le corps comme firent depuis les prêtres de Bellone, volt. Mœurs, Circonc. Tandis qu'on le tailladait, il disputait anatomie avec son chirurgien, grimm, Corresp. t. m, p. 4(. || Fig. Faire des coupures, des suppressions dans un écrit. Les comédiens m'ont tailladé assez mal à propos [dans Tancrède]; mais

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tout aéra réparé i la reprise, tolt. Lett. Thiriot,

27 oct. (7eo.

— ETYM. Taillade; gintr. taillader.

\ TAILLADIN (U-lla-din , (1 mouillées), *. m. Terme de confiseur. Tranche mince de citron ou d'orange.

TAILLANDERIE (U-llan-de-rie, It mouillées, et non ta-yan-de-rie), ». f. Métier, commerce de taillandier. Il Ouvrages du taillandier.

— HIST. XT' s. Maistres jurez du mestier de cousturerie et taillanderie [métier de tailleur], Ordonn. fév. (485.

— ETYM. Taillandier.

TAILLANDIER (ta-llan-dié, It mouillées, l'r u se liejamais), ». m. Artisan qui fait toute sorte d'outils pour les charpentiers, les charrons, les laboureurs, comme faux, haches, cognées, serpes. || Taillandier en pierre, l'ouvrier qui chez les anciens hommes fabriquait les haches et les couteaux en silex. X toutes les époques, le taillandier en pierre, quand ila eu à travaillerle silex et quelques autres roches à cassure écaillouse, a agi par pression plus souvent peut-être que par percussion, roulin. Acad. des se. Comptes rendus, t. txvn, p. (2»3.

— HIST. IV' s. L'humble supplication des maistres des mcstiers de taillandiers [tailleurs] et prepoinstiers, Ordonn. mai (48(.||xvi' g. Le rang qui sont les petits mestiers : tourneur de toutes sortes de bois, taillandier ou maistres d'œurre blanche, Édit, avril (597.

— ËTYM. Taillant.

TAILLANT (U-llan, Il mouillées, et non ta-yan), ». m. || !• Tranchant d'un couteau, d'une épée, etc. Ebrécher le taillant d'une hache. Il 2" Terme de métallurgie. Rondelles pour couper les bidons de fonderie. Une chaleur du second dégré.... qui leur permet [aux fers] de s'aplatir et de s'étendre sous les cylindres, et de se fendre ensuite sous les taillants, bufp. ^ti(. min. intr. part. exp. Œuv. t. vii, p. 85.

— HIST. XVI' s. Un fer courbé en forme de faucille, ou plustost de ce qu'au marais de Poitou on appelle un taillant, d'aub. Mitt. n, 372.

— ETYM. Tailler.

TAILLE (tâ-ll', {{ mouillées, et non tâ-ye), ». f. Il l'Tranchant d'une épée. Il y avait des épées longues et sans pointe, qui ne servaient qu'à frapper de taille, comme étaient celles des Gaulois, rolun, llist. anc. Œuv. t. n, (" part. p. S8(, dans pougens. Ils frappent de pointe et de taille, à droite, i gauche, volt. Zadig, (9. ||Arme de taille, arme blanche qui agit du tranchant; ne s'emploie guère que dans l'expression : arme d'estoc et de taille, celle qui agitde la pointe et du tranchant. || D'estoc et de taille, de la pointe et du tranchant. Il Fig. Oui d'estoc et de taille étrillent les auteurs, RÉGNIER, Sot. X. N'importe, parlons-en [d'une bataille] et d'estoc et de taille Comme oculaire témoin : Combien de gens font-ils des récitsde bataille Dont ils se sont tenus loin! mol. Amph. i, I. ||X la taille, se disait autrefois d'un homme dont la tête était mise à prix. Pour sauver un homme qui aura sa tête à la taille, je me mettrai en danger d'y mettre la mienne, malh. le Traité des bienf. de Sénéque, it, (2. || 2* Manière dont on coupe certaines choses. La taille de cet habit ne vaut rien. || Habit galonné sur les tailles, habit galonné sur tous les endroits où il est taillé, sur toutes les coutures. Un temps fameux par cent batailles Mit du galon sur bien des tailles, bérano. Vieux habits. \\ Taille des arbres, opération dans laquelle on coupe aux arbres fruitiers des bourgeons ou des branches, à l'effet de leur donner une forme particulière, de leur faire produire chaque année des fruits, ou de maintenir entre les diverses parties un certain équilibre. L& taille fixe principalement l'attention des vignerons, bah- TiiÉL. Anach. chap. 69. || Taille en vert, taille qui se fait tant qu'il y a du vert sur les arbres, par opposition à taille d'hiver. || Taille des ruches, opération par laquelle on enlève aux abeilles le superfiu de leur miel et de leur cire. || Manière dont on coupe une plume pour écrire. La taille de cette plume ne vaut rien. || 8* Particulièrement, manière dont on coupe la pierre, le bois avec art et selon certaines dimensions. La taille des pierres. Lachaux carbonatée grossière estemployée pour les constructions; la solidité de quelquesunes do ses variétés et la facilité qu'on trouve à la taille lui donnent un grand avantage, a. bron- GNiART, Traité de min. t. i, p. 208. || Terme de marbrier. Taille brute , dressage préliminaire. Taille apparente, taille faite pour profiler ou élé-

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gir. Taille d'épaisseur, équarrissage. || Pierre de taille, toute pierre, dure ou tendre, qu'on a dressée avec l'instrument. La pierre de taille se vend i. la voie & Paris, oenus, liaison ruit. t. i, p. 22, dans POUOKNS. || Kig. X peine me fus-je expliqué, que le pauvre homme [Fontanieu] se prit à respirer tout haut, comme si on lui eiit ôlé une pierre de taille de dessus l'estomac, ST-sm. 508, 208. Il 4* Terme de méuUurgie. Taille de fonderie, plan sur lequel glissent les tenailles. || 6* Terme de bouilleur. Chemin pratiqué dans une veine de houille, dans un massif de minerai. || Chargeur à la taille,, celui qui charge le charbon extrait par l'ouvrier à la reine. || Se dit d'une méthode d'extraction qui consiste à placer un certain nombre d'ouvriers de front suivant toute la longueur d'un massif. || 6" Manière dont on travaille les pierres précieuses. Un lapidaire qui entend bien la taille du diamant, des diamants. On en demandait quatre millions [du diamant dit plus tard le Régent]; mais, faute d'acheteurs, on le donna pour deux, et de plus les rognures qui sortirent de la taille, DUCLOs, Œuv. t. v, p. 323. Il Taille en rose, voy. DUMAMT. Il Taille en brillant, taille dans laquelle on a un diamant i pointes, ou on le ramène à cette forme : on abat un peu plus de la moitié de la hauteur de sa pointe ou pyramide carrée qui est au-dessus, on abat environ un demi-quart de la hauteur de la pyramide d'en dessous, et alors la lumière, entrant par la grande face que l'on a faite en dessus, allant frapper le fond formé par la petite face, revient en avant, puis, traversant les faces de côté, éprouve l'action connue sous le nom d'effet prismatique. || 7° Terme de gravure. Incision faite avec le burin dans le cuivre ou dans toute autre matière. Ce sont les secondes et troisièmes tailles qui donnent à la peau sa mollesse, DiDEH. Salon de <7a5, Œuv. t. iiu, p. 36», dans POUOENS. Il Taille -douce, gravure faite sur une planche de cuivre avec le burin seul, sans le secours de l'eau-forte. Cet ouvrage [deTournefort], qui a conservé sa première forme de lettres adressées i M. de Pontcharlrain, aura 200 planches en tailles-douces, très-bien gravées, de plantes, d'antiquités, FONTEN. Tournefort. Il [Louis XIV] donna mille louis à Banserade pour faire graver les tailles-douces de ses Métamorphoses d'Ovide en rondeaux, volt, louis XIV, 26. Dans la tailledcuce, tout est éclairé , le travail introduit l'ombre et la nuit, dider. Salon de 4 768, Œuv. t. xiu, p. 36*. Une seconde opération du citoyen Gengembre, opération que je n'hésite pas à qualifier de découverte, fut la multiplication des planches pour la gravure en taille-douce, camus, Instit. Uém. litt. et beaux-arts, t. m, p. 476. Anciennement, taille-douce était un terme d'orfèvrerie, et signifiait la gravure au burin et en hachure sur les pièces de vaisselle; ni Robert Etienne, en 4 539, ni JeanNicot, en (606, n'ont admis cette expression; Monet, en 4 636, la prend encore dans le sens de travail d'orfèvrerie, sans application à l'expression : tailler en taille-douce ; c'est dans le ivn* siècle seulement qu'on distingua, dans le commerce des estampes, les épreuves de la gravure en taille-douce de celles que fournissent les travaux de la pointe sèche, les eaux-fortes et les tailles de bois en relief, de laborde, Émaux, p. 640.||Taille de bois, gravure qui se fait sur une planche de bois. || Taille-douce se dit aussi de l'estampe tirée sur une laille-Uouce. Les taillesdouces n'étant faites que d'un peu d'encre, dksc. Dioptr. 4. La taille-douce que Charron mit au-devant du livre de la Sagesse, peut donner matière à des réflexions ; il semble que ce soit une figure favorable aux pyrrhoniens, Anal. deBayle, t. iv, p. 4 90. Il Taille de bois, estampe tirée sur une planche do bois. Il 8' Terme de monnaie. Division d'un mai c d'or ou d'argent en une certaine quantité do pièces égales. Les louis étaient à la taille de trente au marc. Il 9* Terme de chirurgie. Opération par laquelle on extrait les calculs formés dans la vessie. Le duc d'Estrées périt avant cinquante ans do l'opération de la taille, st-sim. 69, 248. Les médecins et chirurgiens, ayant su qu'il [un condamné i mort] était incommodé de la pierre, présentèrent [en 4474] une requête que plusieurs personnes étaient travaillées du même mal; qu'il était fort douteux que l'opération de la taille pût leur sauver la vie ; mais qu'on pouvait en faire l'épreuve sur un criminel, DUCL03, Œuv. t. m, p. 64. || 10° Bois coupé qui commence i repousser. Une jeune taille. Une taille de deux ans. || 11* Longueur du corps humain de la plante des pieds au vertex, «insi dite

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parce que, eu idée, le corps est supposé avoir été taillé à une certaine dimension. Une riche taille. Comme, d'après Quéteiet, l'homme continue à croître depuis vingt ans jusqu'à vingt-cinq ans et mémo trente ans d'environ 42 à 46 millimètres, la taille moyenne du Français [homme] dont la croissance est achevée, serait de 4656 millimètres. Ma taille est deux ou trois doigts au-dessous de la médiocre, voit. Lett. 78. Un fantôme pareil, et de taille et de face. Tandis que vous fuirez, remplira votre place, corn. Médée, iv, 6. Petit de taille, noir, le regard un peu louche, id. Œdipe, iv, 4. Ils [les Apulicns] sont presque de la taille des géants, FÉN. Tél. I. On a exagéré la grandeur des Patagons, qui habitent vers le détroit de Magellan; m.iis on croit que c'est la nation de la plus haute taille qui soit sur la terre, volt. Mœurs, 446. La grande taille pour les hommes est depuis cinq pieds quatre ou cinq pouces jusqu'à cinq pieds huit ou neuf pouces.... la taille médiocre est depuis cinq pieds ou cinq pieds un pouce, et la petite taille est au-dessous de cinq pieds, buff. Ilist. nat. hom. a'.uv. t. IV, p. 328. Le duc d'Orléans était d'une figure agréable, d'une physionomie ouverte, d'une taille médiocre, mais avec une aisance et une gr&ce qui se faisait sentir dans toutes ses actions, DL'CLOS, Œuv. t. V, p. 4 96. || Fig. Ils nous feront une France à leur taille ; Pour ces laquais comptons trois mille francs, bérano. 4 0 ooo /rancs. Les rois fuyaient; les rois n'étaient pas de sa taille [de Napoléon], V. HUGO, Crépusc. 2. || Absolument. Ne pas avoir la taille, ne pas avoir la taille exigée pour le service militaire. || Être de taille à, être assez grand, assez fort pour. Et le mâtin était de taille k se défendre hardiment, la font. Fabl. I, 6 II Fig. Je ne suis de taille ni d'humeur X pouvoir d'une belle essuyer la froideur, mol. Uis. III, 4. Ce n'est pas que nous manquions de postulants pour s'enrôler, mais il ne sont pas de taille, d'alemb. Lett. à Voltaire, 24 mars 4 776. Les partis ont un merveilleux instinct pour découvrir et pour perdre les hommes de taille à les combattre, cuATEAUBR. Stuarts, De l'ouverture du long parlement. \\ Il se dit, dans le langage familier, de la longueur de toute sorte d'objets. Le papier et mon écriture la font paraître [cette lettre] d'une taille excessive, sÉv. 3 juill. I677.||12" Il se dit de la hauteur et grosseur des animaux. Une grenouille vit un bœuf Oui lui sembla de belle taille, la FONT. Fabl. I, 3. La taille de nos animaux quadrupèdes n'approche pas de celle de l'éléphant, du rhinocéros, de l'hippopotame; nos plus gros oiseaux sont fort petits, si on les compare à l'autruche, au condor, au casoar, buff. Quadrup. t. ii, p. 7. Il En vétérinaire, la taille des animaux se mesure du point le plus élevé du garrot au sol. || Un cheval entre deux tailles, un cheval d'une taille médiocre. || Proverbe. De toutes tailles bons lévriers. Il 13° Particulièrement, conformation du corps depuis les épaules jusqu'à la ceinture. Son habit lui prend bien la taille. Outre que sa taille ronde ne lui permettait pas mi'mo de monter sur un âne, quand on en aurait pu trouver d'assez forts pour la porter, scarr. fiom. com. n, 40. J'ai bon air, bonne mine. Les dents belles surtout, et la taille fort fine, mol. Mis. n, 4. Quelle joie de vous voir belle et de belle taille! sÉv. 9 mars 4672. Elle avait la plus jolie taille du monde, hamilt. Cramm. 7. Labranche : Tu peux te servir de ceux [des habits] de mon maître.... Oui, justement, tu es à peu près de sa taille. — Crispin : Peste 1 il n'est pas mal fait, lesage, Crispin rival, 3. Cette taille, comme elle est bien prise! mariv. Pays. parv. I" part. Menues plut6l que bien faites, elles [les Parisiennes] n'ont pas la taille fine; aussi s'atlacheat-ellcs volontiers aux modes qui la déguisent, I. J. Rouss. Ilél. II, 21. Elles se tenaient de maniera que leurs bras étaient entrelacés autour de leurs tailles, genlis. Ad. et Th. t. i, p. 434, dans POUOENS. Quoiqu'elle ait une taille un peu longue et l'habitude, à quarante-cinq ans, de porter des corps bien baleinés, ID. ib. 1. 1, p. 29. || Celte femme n'a point Je taille, elle est grosse et courte. Elle n'avait point de taille, encore moins d'air, uauilt. Gramm. c. || Nom donné , dans quelques provinces, au corsage, en parLint de robes de femmes. Il 14° Terme de boulangerie et de boucherie. Petit bâton divisé en deux parties qui se rapportent et sur lesquelles le vendeur et l'acheteur font des coches ou petites entailles, pour marquer la quantité de pain, do viande fournie et reçue. Prendre à la taille le pain chez le boulanger. Les tailles corrélatives à leurs échantillon* font foi entre les

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personnes qui sont dans l'usage de constater ainsi les fournitures qu'elles font. Code eiv. art. (333. Il Jouer à la taille, se dit de joueurs qui, au lieu de se payer à la fin de chaque partie, notent les pertes et les gains et ne règlent entre eux qu'après un temps plus ou moins long. || 16° Sous l'ancienne monarchie, imposition qu'on levait sur les personnes qui n'étaient pas nobles ou ecclésiastiques, ou qui ne jouissaient pas de quelque exemption (on disait la taille ou les tailles). Feu ma mère m'amena petit garçon à Paris, pour me retirer des champs où la guerre et la taille font trop et trop de désordres, o. patin, Lett. t. n, p. 282. Il est seigneur de la paroisse où ses aïeux payaient la taille, la bruï. vi. Ce mot de taille venait de l'usage des collecteurs, de marquer sur une petite taille de bois ce que les contribuables avaient donné, volt. Mœurs, 84. Il Taille personnelle , celle qui se levait sur chaque personne taillable. Taille réelle, celle qui se levait sur les terres et les possessions taillablés. Il [l'abbé de Saint-Pierre] travailla beaucoup pour délivrer la France de la tyrannie de la taille arbitraire, volt. L. XIV, écrivains, St- Pierre. Indépendamment de la taille réelle et de la taille d'exploitation, qu'on peut répartir d'après des principes fixes, il existe encore une taille appelée personnelle et qui dépend non de la propriété territoriale, mais des autres facultés des contribuables , necker , Compte rendu au roi, janv. 4781, p. 67. La taille entraînait, quand elle était personnelle, c'est-à-dire perçue sur les facultés présumées des contribuables, une série d'inquisitions et d'injustices qui devenaient insupportables pour tout paysan un peu aisé, lavergne, Rev. Deux-Mondes, 46 avril 4887, p. 978. ||Taille jurée, celle que le seigneur imposait sans s'enquérir de la valeur des biens des habitants, par opposition à taille abonnée, par laquelle on se rcdimait au prix d'une somme fixe. || 16* Au pharaon, au vingt-et-un, se dit de la série complète des coups qui se suivent, jusqu'à ce que le banquier ait retourné toutes les cartes du jeu qu'il a dans la main. En faveur du mariage jouoii.i quelques reprises de lansquenet, ou quelque) tailles de pharaon, dancourt, Dér. du pharaon, se. 26. Elle fit donner un siège et un jea de cartes à Candide, qui perdit cinquante mille francs , en deux tailles, volt. Candide, 2-2. Il 17* Terme de musique. Autrefois, partie vocale intermédiaire entre la basse et la haute-contre. Il chantait une méchante taille aux trios, du temps qu'on en chantait, scarr. Rom. com. i, 6. Il Fig. L'humilité chante la basse, disait-il, et l'ambition chante le dessus ; la colère fait la taille, et la vengeance la contre-taille, la modestie tient le tacet, la prudence bat la mesure et conduit le concert, Francion, liv. n, p. 474. Il Taille, nom qu'on donnait autrefois en France à la voix de ténor, fétis, Dict. de musique, taille. Il C'est une bonne taille, une belle taille, se disait d'iu homme qui a une belle voix de taille. || Hautetaille , voix qui approche de la haute-contre. Il Basse-taille, c'est le ténor grave. On distinguait les tailles élevées et les basses-tailles; on donne aujourd'hui ce dernier nom à toutes les basses profondes, plus spécialement désignées au siècle dernier sous le nom de basses-contre. Elle aimait fort honnêtement un brave musicien qui avait une très-belle basse-taille, volt. Les deux corxsolés. Il 18' Basse-taille, en termes de sculpture, se dit des figures de peu de saillie exécutées sur le marbre, sur la pierre, le bronze, etc. On dit maintenant basrelief. Ses pères sont représentés par des médailles jusqu'à saint Louis; toutes ses victoires, par des basses-tailles, couvertes comme sous des tentes dont les coins sont ouverts, et portés par des squelettes, dont les attitudes sont admirables, SÉv. d Russy, 40 mars 4887. || 19* Taille haute, taille basse, certains gestes de la danse des bouffons (Dict. de danse, 4 787).

— HIST. iiu' s. Tuit li pavement du palais cl des chambres sont tuit d'or, de pierres de taille espesse bien deux doie [doigts], marc pol, p. 639. Se il [des usagers] vuelentfou [du hêtre] pour airdûir, il convient qu'il le prangnent tout à taille et à aire, gros et graille, ein.si con il vient, Bibl. des eh. 6* série, t. m, p. 667. Taille et tonlicus [elle] assist au pais par maislric, Berte, lx. La clartei de la nuit ne souffist pas à ouvrer de leur mestier, car leur mestier est de taille, tir. des met. 4 66. Renart maudit la chevauchiée Qui sorlui a fet itel Uille; Fuiant s'en tome, Ren. 206211. ;>i i

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avoit trastout i taille De riches pierrea grant plenté [quantité] Qui moult rendoient grant clarté, la Rote, (072.... Tant orenl aise Qu'oublié orciit la destresce, Et chanta chacuns de Icesce ; O^ar poTres qui a bien sanz faille. Met tout le mal à la viei Uille, rutrd. h, ao3. || nv s. Et sans espandre ou baiUier voslro argent chacun jour, vous pourrez envoler maistre Jehan au bouchier, et prendre char sur Uille, Ménagier, il, 4. Kt seront lailliés [les parlsis] de taille de recours, sans fors .et sans foible, Ordonn. 25 sept. )327. Punicion cl correccion des fais perpétrés et avenus, en ladite ville et taille [territoire] d'icelle, du cange, taWa. Il XV' s. Et devisoit au maistre de ses ouvriers de Caille [sculpture] et de peinture... à faire nouvelles images et peintures, pboiss. m, iv, 44. Il estoit chausselier, et gens de telle taille l'ont [crédit] quant ilz [les gens d'une commune] sont ainsi desordonnez, comm.ti, 7. Par ceste exemple.... puet estre cleremenl entendue la forme el la taille d'un lay à tous ceulx qui les vourront faire. g. DESCH. Poésiei mss. f 400. Uns Ubleaux d'ivoire, en deux pièces, où il y a plusieurs yma^es de haute taille très deliéement ouvrées de plusieurs histoires, de laborde. Émaux, p. sio. Il xvr s. Deux coupes d'argent vermeil doré, de taille douce, pesant ensemble sept marcs quatre onces, ID. t'b. Car mieiilx nous vaut, soit d'estoc ou de taille, Se défendant, mourir en la bataille, J. MAROT, V, 75. Dont pour ce coup Françoys eurent conqueste. Car à l'assault plusieurs misrent l taille, ID. V, 05. Voyla corn d'Alvian desiroit la bataille. Pensant en sa musique faire la contre el taille. Mais luy et tout le camp se trouvèrent deceuz. Quant oultre leur vouloir le roy fisl le dessus, ID. v, 118. Larges fossez, à fons de cuve et taille. Tous remplis d'eau , boulevars et renfors, ID. V, 448. Taille seigneuriale [loyaux-aides ou aides en 4 cas] est le double des redevances, LOYSEL, 90». La plus grande violence des barbares consistoit en coups de taille de leurs espées, AMYOT, Cam. 68. Où le desbat [ e jtre Charles- Quint et François I"] n'estoil que à taille, il [Clément VII] le mettait à poincte, bonivard. Source de Vidolàtrie, p. »o. [Les loups] Semblent se faire honneur, qui premier de la taille (taillis] Sortirolt, pour fuir la meute qui l'assaille. Plaisir des champs, p. 283. Un homme de petite taille, plein do vigueur, mont, ii, 17. X vieil compte nouvelle taille, LEROUX DE LiNCY, Prov. t. n, p. 449.

— ÈTVM. Voy. tailler; wallon, teie, coupure; provenç. lalha, incision , impôt, forme, façon ; catal. lalla; espagn. taja, tala, talla; porlug. lalha; ital. taglia. Championnière, De la propriété des eaxuc courantes, p. 496, sépare taille, impôt, des autres significations, et pense qu'il représente le latin talia (de talis, choses semblables), les rédacteurs d'actes mettant souvent his talia, ou alia talia, à la suite d'énumérations de prestations. .Scheler sépare aussi du reste taille, impôt, le tirant d'un type fictif tacula, qui dérive du bas-lat. tacus, imposition. Mais tailù, impôt, ne paraît pas être autre chose que l'extension de la taille usitée dans certains commerces où l'on fait des coches pour marquer ce qui est dû.

TAILLÉ, ÉE (lâ-Ué, liée, U mouillées), part, passé de tailler. || 1* Dont on a coupé, retranché quelque partie, pour lui donner quelque forme, l'ajuster à quelque usage. Quel colosse de bronze et taillé doctement! Tristan, M. de Chrispe, i, 3. U veut [Jésus] que son sépulcre soit honorable.... il est situé au milieu d'un jardin, taillé tout nouvellement dans le roc, Boss. 1" sermon, Pdques, préambule. Il a paru un natave [Leuwenhoeck] qui, avec le secours d'un verre admirablement taillé, a vu.... tolt. Dial. XXIX, 9. Il Fig. Moi, pierre dure et insensible; moi, qui ne puis être taillé que sous les coups redoublés du marteau, fén. t. xviii, p. 4 54. || Fig. el familièrement. Besogne toute taillée, ouvrage dont les m.ilcriaui sont si bien préparés qu'il «'y a plus qu'à en faire usage. |U° Plume taillée, plume préparée avec le canif de manière à pouvoir écrire. Ah! phit à Dieu que j'eusse des plumes taillées de voire main (je ne sors pas de furie, j'en écrase tous les jours cinq ou six), et qu'avec cette plume si bien taillée, que je n'ai point, je pusse, mon cher monsieur, vous remercier dignement I skv. à du Pletsis, 49 janvier 1094. || Fig. Vous trouvez que ma plume est toujours taillée pour dire des merveilles du grand maître [Louis XIV]; je ne le nie pas absolument, sÉv. 299. Sa plume |du duc de Grammont] n'était pas taillée pour une si vaste

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matière [l'histoire du roi], sT-sm. 43», lo». Enfin tous les yeux .sont éclairés, toutes les langues déliées, toules les plumes taillées en faveur de la raison, tolt. Lett. d'Àrgental, 24 déc. 4 768, Il 8" Terme de marine. Navire taillé, celui dont les foniis sont plus évidcs (ju'il n'est d'usage. || 4° Coupé par morceaux. || Fig. Il fallut forcer le village et le cimetière, ce qui fut exécuté, et il y eut deux ou trois régiments taillés en pièces, pelusson, Lett. hisl. t. II, p. 446. 116" Cote mal taillée, arrêté de compte en gros, sans égard à ce qui peut appartenir i chacun à la rigueur. || 6° Qui a subi l'opération de la taille. Le pauvre Pomenars fut taillé avant-hier avec un courage héroûiue, sÉv. 398. Il T Terme de blason. Se dit d'un écu lorsqu'il est partagé en deux parties égales par une ligne tirée de la gauche du chefà la droite de la pointe. Il Mal taillé, se dit d'un habit qui est représenté de deux couleurs rangées non symétriquement. Il 8" U se dit d'un vêtement que l'on coupe dans une

étoffe Sur la création Hercule promenait

l'éternelle justice, Sous son manteau sanglant taillé dans un lion, a. de musset, Holla. \\ 9° Qui a une certaine forme. Une gorge blanche, ferme, taillée comme celle de la Vénus de Médicis, volt. Candide, 4 4. || Bien, mal taillé, qui a un corps bien ou mal fait, bien ou mal proportionné. Peu de nos gens de cour sont mieux taillés que lui, cobn. le Ment, n, 4. Six laquais bien taillés, la livrée admirable, hauteroche. Bourg, de quai, i, 2. Les bêtes ne s'admirent point ; un cheval n'admire pas son compagnon.... étant à l'élable, le plus pesant et le plus mal taillé ne cède pas son avoine à l'autre, PASC. Pens. div. 76, édit. fauoère. L'homme le plus mal taillé ne cède pas son pain à l'autre ; mais le plus fort l'enlève au plus faible, volt. Rem. Pens. Pascal, 62. || Fig. Être Uillé à, avoir la capacité de. Sont-ce des visions que je me mets en tête, Quand je me crois taillée à pouvoir mériter La gloire de quelque conquête? bol. Psyché, i, 4. Vous êtes taillée à être bien malheureuse, maintenon, Prov. p. 85, dans pouoens. Tu n'es pas taillé pour être le messager de Cecourt, martv. Pays. parv. 6' part.

t TAILLE-CRAYON (ta-lle-krè-ion,JJ mouillées), s. m. Petit instrumenl pour tailler les crayons, formé d'une lime montée sur métal ou sur bois. || iupiur. Des taille-crayons.

t TAILLE-MËCHE (tâ-lle-mè-ch'. Il mouillées), ». m. Instrument ducirier pour couper les mèches d'égale longueur. || Au plur. Des laille-mêches.

TAILLE-MER (tâ-lle-mèr. Il mouillées), s. m. Il 1° Terme de marine. Pièce de bois saillante, appliquée sur le devant de l'étrave, et servant à couper l'eau. Il 2* Goéland brun. || .^u pJiir. Des taille-mer. — ÊTYM. Tailler, el mer; espagn. tajamar; porlug. talhamar; ital. tagliamare.

t TAILLE-PLUME (tà-lle-plu-m', (I mouillées), s. m. Instrument pour tailler une plume à écrire, d'un seul coup et d'un seul mouvement. i| Au plur. Des taille-plumes.

t TAILLE-PRÉ (tâ-Ue-pré, » mouillées), i. m. Un des noms vulgaires de lacourlilière. || Au plur. Des taille-prés.

TAILLER (lâ-Ué, Il mouillées, et non tâ-yé), v. a. Il 1" Retrancher aux arbres certaines branches pour leur donner une certaine forme ou pour les mettre à fruit (sens étymologique). Tailler un arbre. || Absolument. On taille avec la serpette ou le sécateur. Une autre question partage les vignerons : faut-il tailler long ou court? les uns se règlent sur la nature du plant ou du terrain; d'autres, sur la moeile des sarments, barthél. Anach. ch. 59. |l Tailler à mort, tailler les arbres en leur laissant très-peu de branches à fruit et à bois. |{ Dans la Haute-Garonne, tailler la vigne à mort, la tailler à quatre yeu.x. Il 2' Retrancher d'une matière, avec un instrument tranchant ou autre, ce qu'il y a de superflu, pour lui donner une forme, la rendre propre à un usage. Tailler une pierre. Tailler une grotte dans le roc. On employait autrefois les diamants bruts tels qu'ils sortaient de terre ; ce n'est que dans le XV* siècle qu'on a trouvé en Europe l'art de les tailler, bupf. Hin. t. vu, p. 384. Voir broyer tes couleurs el tailler tes crayons, marmontel, Êpit. à Voltaire. S'enfermer pour tailler des plumes, BEAUMARCII. Mar. de Figaro, m, 5. || Fig. Il faut tailler ces pierres spirituelles pour les faire entrer dans l'édifice sacré de l'Église, mass. Or. fun. Villeroy. Voyez seulement les endroits où Racine a taillé en diamants brillants les caillons bruts de Corneille, volt. Comm. Corn. Rem. Perth. i, 4. Il Fig. Donner une certaine longueur à quelque

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cbos«.Taille-t-on vos avis à une certaine mesure T PASC. Prov. n. || 8* Sculpter. Pour vous éterniser sous ces arcs glorieux Qu'une savante main taille aux victorieux, tristan, M. de Chrispe, i, 3. Si le seul Lysippe Fut digne de mouler l'héritier de Philippe. SI nul autre sculpteur ne le tailla que lui, LA fo.st. Leit. xiv. Dinocrate.... avait dit que, de toules les montagnes qu'il connaissait, le mont Athos dans la Trace était le plus propre à être taillé en forme humaine, ROLLin, llist. anc. (Sut. t. VI, p. 679, dans pougens. Phidias sur le tien [le Jupiter d'Homère] tailla son lupiter. Tel que tu peins ce dieu sur le trône de l'air. Bien loin des autres dieux qui devant lui s'abaissent, deulle, Imag. v. César t'eût confié sa cendre. Et c'est loi qu'eût pris Alexandre Pour lui tailler le mont Athos, T. iiuoo. Feuilles d'automne, à David, statuaire. Il Sculpter pour soi. L'art se tailla des dieui d'or, d'argent et de cuivre, BOiL. Sat. xii. || 4' Couper en plusieurs morceaux, en plusieurs pièces, soit avec le couteau, soit avec des ciseaux. Tailler des chemises, un manteau. Tailler du pain par murceaiii. Les travaux de son sexe, comme tailler et coudre une robe, j. J. rouss. Ém. v. || Fig. Se tailler, tailler à soi. Le beau Raoul, d'ordinaire, se taillait dans la conversation une part royale, cil. DK BERNARD, la Peau du lion, vi. ô géant [Charles-Quint]!.... On vend ton sceptre au poidsl un las de nains difformes Se taillent des pourpoints dans ton manteau de roi, v. Huoo, Ruy-Blat, m, 2. Il Fig. Tailler la robe selon le corps, mesurer ses entreprises à ses forces, sa dépense à ses ressources. Aussi selon le corps on doit tailler la robe, Régnier, Sat. vi. || Absolument. Cet ouvrier taille bien. || Fig. Tailler et rogner, disposer des choses à sa fantaisie. Que chacun taille, rogne et glose sur mes vers, régnieb, Sat. xii. Coupez, taillez en maître ; Vous pouvez tout, th. corn. 0. Ces. d'Av. I, 5. Coupez, taillez, rognez en pleine liberté, destouch. Diss. iv, 4. || Tailler la soupe, couper le pain en tranches minces pour les tremper avec le bouillon. || Fig. el familièrement. Tailler des bavettes, se dit de ceux et surtout de celles qui s'amusent à causer, à babiller. || Fig. Tailler une matière, parler d'une chose i tort et i travers. Voilà fort plaisamment tailler celle matière, Et donner à ta langue une libre carrière, corn. la Place roy. i, 4 . || Tailler de l'ouvrage, de la besogne, couper une étoffe de manière qu'il n'y ait plus qu'à coudre. || Fig. Tailler de la besogne i quelqu'un, lui donner beaucoup de chose i faire, et aussi lui susciter beaucoup d'embarras. Il était indubitable que la furieuse révolte qui en même temps s'était faite en Espagne leur avait taillé de la besogne [aux Romains], malh. Le xxxiii* Jt'ire d* Tite live, ch. 19. On me taillait une besogne i laquelle je m'attendais peu, retz, m, 72. J'attends les feuilles de Prault [un libraire]; je lui taillerai de la besogne, volt. Lett. d'Argental, déc. 4760. Tai mis cela dans la télé de madame pour lui tailler de la besogne, TH. leclerco, Prov. t. n, p. 340, dans pougens. || On dit de même ; tailler de l'ouvrage. || Tailler les morceaux, couper le pain, la viande par morceaux, de manière qu'il n'y ait plus qu'à manger. !| Fig. Tailler les morceaux à quelqu'un, lui prescrire ce qu'il doit faire, lui limiter ce qu'il doit dépenser. Mais dites-moi s'il n'est pas charmant de lui avoir taillé ses morceaux de la journée, de façon qu'il passe à rôder, à jurer après sa dame, le temps qu'il destinait à se complaire avec la nôtre! beaumarch. Mar. de Figaro, n, 2. || Tailler un habit en plein drap, couper un habit dans une pièce de drap entière. || Fig. Il taille en plein drap, se dit d'un homme qui a toute liberté de s'étendre, de faire, de dépfr.ser, etc. J'étais l'autre jour en un lieu où l'on taillait en plein drap : on ouvrait des prisons, on faisait revenir des exilés, on remettait plusieurs choses à leur place, sÉv. À Bussy, 27 févr. 4 679. On a beau faire, il faut prendre femme à Paris ; L'on y taille en plein drap, bb- GNARD, le Bal, 8. Il U a taillé en plein drap, il a été en pouvoir de faire tout ce qu'il a voulu. Il B* Fig. Tailler en pièces une armée, la défaire entièrement. Il commença à tailler en pièces ses ennemis, et à devenir célèbre par ses grandes actions, SAO, Bible, Machab. i, ii, 66. Quelques régiments d'infanterie, particulièrement celui des gardes du prince d'Orange, se firent tailler en pièces, sans que pas un soldat quittât sa place et son rang, pellisson, iell. hist. l. m, p. r.n. Deux régiments de ces paysans armés [milices suédoises] taillèrent en pièces le régiment des gardes du

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roi de Dmemark, dont il ne resta que dix l.omme», VOLT. Charltt III, ». || Tailler des croupières

I l'ennemi, le poursuivre vivement et de près, alors qu'il est en fuite. Les ennemis, pensant nous tailler des croupières. Firent trois pelotons de leurs gens à cheval, MOL. Xmph. I, 4.||Fijr Tailler des croupières à quelqu'un, lui susciter des embarras.

II 6' Tailler les mouches, tailler les luclies, enlever une partie des provisions que les abeilles y ont placées. Il ?• Taillera mort, extraire totalement la résine des pins et des sapins. || 8' Terme de marine. Tailler un bâtiment, l'évider par devant, pour lui donner une marche supérieure. || Absolument. Tailler de l'avant, avoir de la vitesse. Il 9"Termedechirurgie. Faire l'opération de la t.aille. Il fit mourir cet enfant par le moyen des médecins, sous prétexte de le faire tailler de la pierre qu'il n'avait pas, et se rendit maître d'une partie du royaume, boss. Hist. i, io. J'appris la mort de l'abbé de Machault, qui s'était fait tailler deui jours aprfcs la première douleur qu'il eût jamais ressentie de la pierre, dangeau, i, 68, 4 oct. )C84. le voyais que c'était un homme charitable qui me taillerait gratis dans l'occasion, volt. Oreilles, ^ . Il 10° Terme de vétérinaire. Tailler un cheval, le ch&trer. || 11° Terme de monnaie. Diviser un marc d'or ou d'argent en une certaine quantité de pièces égales de monnaie. || 12° Mettre à la taille, imposer. Un bruit sourd continue que le ;Mazarin a la pierre dans la vessie; ainsi la taille sera nécessaire à celui qui a si bien taillé le peuple, gui PATIN, Lett. t. n, p. lS6.il 13* F. n. Couper en taillant. L'épée gauloise n'avait pas de pointe, et par conséquent on ne pouvait s'en servir que pour tailler, mongez, Instil. Mém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 527. Il 14° Fig. Terme de jeu. Être banquier, tenir les cartes et jouer seul contre tous les autres joueurs, par exemple, au pharaon, au vingtet-un, etc.; ainsi dit de ce que le banquier fait la taille, c'est-à-dire distribue les cartes qu'il a dans la main jusqu'à ce qu'il les ait toutes retournées. On dit que cet abbé, que je ne connais point du tout... est un homme de fort peu de capacité, qui passa sa vie à tailler à la bassette, BOSS. Lett. quiét. 250. On chassa de Paris plusieurs hommes et femmes qui taillaient au pharaon, ST-siH. 31 s, <7. C'est un si honnête homme, qui taille si honorablement, dancouht, Dér. du pharaon, se. 22. Paris a toujours été à peu près ce qu'il est, le centre du luxe et de la misère; c'est un grand jeu de pharaon, où ceux qui taillent emboursent l'argent des pontes, volt. Lett. Mme de Florian, i" mars 1769. || 15° Se tailler, t>. réft. Être taillé. Cette pierre se taille facilement. Les arbres se taillent au printemps. C'est ainsi que doit être l'âme chrétienne, ni oisive,ni empressée, mais tranquille aux pieds de Jésus.... ohl qu'elle s'est utilement taillée [par allusion à la taille de la vigne], qu'elle a fait une salutaire blessure à «on trop d'activité I boss. Méd. sur l'Év. 2* partie, V jour. Il Se tailler en pièces, se dit d'une troupe qui tourne ses armes contre elle-même. X peine eut-elle [l'armée des Israélites] commencé ce divin chant que les ennemis, qui étaient en embuscade, se tournèrent l'un contre l'autre, et se taillèrent eux-mêmes en pièces, boss. Polit, a, rr, t.

— HlST. XI' S. [Il] Tint Durandal, ki ben trenchet et taillet, Ch. de Roi. cm. (1 xu' s. Si bel lor a 11 cuens [le comte] la parole taillie. N'a baron en la court qui de rien l'endesdie, Sax. xxxii. || xin* s. Hère, de quoi me chastoiez? Est-ce de coudre ou de taillier? Ou de filer ou de broissier? Romaneero, p. 64. Et si taillierent entre els une pais telle que.... H. DE VALENC. XXXII. Del lard il tailla un morsel. Lai del désiré. Et quant la messe fu dite, si fist li rois aporter pain et vin, et fist tailler des soupes et en mangea une, Chr. de Rains, U7. Et à son diner, le siervi li rois Henri d'Engleterre à genous, et tailla devant lui, ib. p. <0. Et le virent biel enfant et bien tailliet, et bien sembloit gentius hom, ib. 84. Et si dois ta robe bailler i tel qui sache bien tailler, Et face bien seans les pointes Et les manches joignans et tointes [jolies], '•a Rose, ai6«. Comment Virginius plaida Devant Apius, qui jugea Que sa fille, à tout bien taillée, Fusl tost à Claudius baillée, ib. 56(2. Et por ce que noz avons veu aucuns gentix homes qui disoient qu'il ne dévoient pas estre taillié avec les homes de poesté... beaum. xlix, 5. Il sunt tei viles où les bestes poent aler es vingnes du tans qu'eles sunt veodengiei dusqu'à tant qu'on les taille au printans, lu. ui, 3. Et maintes foiz vi que il l«ur tailloil leur pîUn et leue doonoit i

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boivre, joint, 2»». || xrv* s. Le cuir est matière ' de celui qui le taille, oreshe, Éth. 25. Bien taillé à courir, id. ib. 27. ||xv' s. Le roi Charles do Navarre n'estoit mie digne ne taillé de tenir héritage au royaume de France, froiss. ii, ii, (9. Les choses se taillèrent autrement si comme je vous dirai, ro. n, n, 226. Et se taillèrent [cotisèrent], chacun selon son aisément, de gens d'armes à pié et à cheval, d'archers, d'arbalestiers... id. i, p. 2)4, dans LACURNE. Gobert, le souverain escripvain, qui composa l'art d'escripre et do taillier plumes, GuiLLEBERT CE METZ, Desmpl. de Parts, p. 84.Espée à haut tailler [sorte de sabre], ducange, taillada. Et moult reputoient ses belles manières sages et gracieuses et toutes telles que noble enfant taillé à venir à grand bien doit avoir, Bouciq. i, 3. Selon qu'il leur sembloit, ce vent n'estoit mie taillé de cesser d'un grand temps, ib. Il, (8. La bonté du prince, lequel tailloit peu ses subjectz, comm. I, 2. Il xvi* s. L'art de peindre et tailler [sculpter] sont dons de Dieu, calv. Instit. 62. Il se fit chastrer (qu'on dit plus honnesteraent tailler), desperr. Contes, cxiii. Ceux qui ont esté taillés et circoncis par commandement de la loy en leur enfance, paré, xv, 32. Les veines des bras qu'il s'estoit faictes tailler à son médecin pour mourir, MONT. n, 9i. L'homme taille les parts aux animaux ses confrères et leur distribue... id. n, 4 58. Ces belles règles que nous avons taillées et prescrites à nature, id. ii, 263. Je ne sceus jamais tailler plume, id. m, 44. Un gentilhomme feut taillé par l'ordonnance des médecins, auquel on ne trouva de pierre, m. m, 3(8. Les coulomnes furent taillées en la quarriere du marbre Pentelique, AMV0T, Publ. 29. Il leur remonstra que les arbres taillez et couppés revenoient en peu de temps, m. Péric. 62. Il fut taillé en pièces bien quinze mille hommes, m. Fab. 6. Il s'en alla avec les despouilles de celle province, laquelle il avoit pillée et taillée à son aise l'espace de quatre ans

durant, m, Sylla, 6( Le nombre effréné des

financiers, qui font leur propre des tailles du peuple, s'accommodent du plus net et plus clair denier, et du reste taillent et cousent i leur volonté, Sat. Ménippée, Disc, de d'Aubray.

— ÉTYM. Wallon, tey ; namur. tè%; provenç. tolar, talhar, taillar; catal. tallar; espagn. tajar, talar, tallar; portug. talhar; ital. tagliare; du latin talea, branche coupée, qui, dans la langue rustique, avait donné intertaleare ou intertaliare, tailler les arbres, et taliatura, taille des arbres.

TAILLERESSE (tâ-Ue-rè-s' , il mouillées), s. f. Ancien terme de monnaie. Ouvrière qui réduit les pièces au poids de l'ordonnance.

— ÉTYM. Féminin de tailleur, comme chasseresse de chasseur.

t TAILLERIE (tâ-Ue-rie, {( mouillées), t. f. Art de tailler le diamant ; lieu où on le taille. La taillerie de diamants établie dans le jardin de l'Exposition, ilonit. univ. 26 mai (867, p. 63(, (" col.

— ÊTYM. Tailler. Dans l'ancienne langue, <oiilerie signifiait le métier de tailleur d'habits.

t,TAII.LEROLE, ou TAILLEROLLE (ta-lle-ro-l', it mouillées),*, f. Instrument pour tondre le velours.

t TAILLET (ta-llè, Il mouillées), t. m. Outil de forgeron.

t TAILLETTE (ta-llè-f, {{ mouillées), ». f. Petite espèce d'ardoise.

TAILLEUR (ta-Ueur ; Il mouillées, et non tayeur), s. m. \\ 1° Celui qui taille. Un tailleur d'habits. Nos tailleurs de pierre de grès sont trèssouvent malades du poumon, quoique cette poussière de grès n'ait pas d'autre mauvaise qualité que sa très-grande ténuité, bufp. Èfin. t. vi, p. 08. Les Tarquins, ô pudeur 1 de ces hommes de guerre Ont fait des balayeurs et des tailleurs de pierre I PONSARD, Lucrèce, v, 4. || Sculpteur. Sublime Michel-Ange, ô vieux tailleur de pierre, auo. barbier, // piarUo. \\ i' Absolument. Artisan qui fait des habits. C'est un chef-d'œuvre que d'avoir inventé un habit sérieux qui ne fut pas noir; et je le donne en six coups aux tailleurs les plus éclaires, MOL. Bourg, gent. n, 8. J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique, montesq. Lett. pers. 30. Jean de Leyde, tailleur, qui fut roi des anabaptistes, volt. Phil. In-^truct. à Rusian. Ahl mon habit, que je vous remercie I Que je valus hier grâce à votre valeur 1 Je me connais, et plus je m'apprécie. Plus j'entrevois que mon tailleur. Par upe secrète magie, A caché dans vos plis un talisman vainqueur, skuaine, ÉpUre à son habit. Il Tailleur pour chemises, chemisier. || Adj.Gir-

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çon tailleur. H. Jourdain, un martre tailleur, un garçon tailleur portant l'habit de M. Jourdain; un laquais, mol. Bourgeois gent. ii, 8. || Il ne faut pas -,c quitter comme des tailleurs, il ne faut pas se quitter sans boire un coup ensemble. H 3- Anciennement. Tailleur pour femme, celui qui ne faisait que les corps de jupe, et qui faisait faire le reste aux couturières. Le tailleur de Mmede Montcsjian lui apporta l'habit qu'elle avait ordonné, sÉv. 326, Peux-tu t'époumonner, t'étoufTer, t'affecter, pour faire entendre raison à un tailleur de corps? MiRAB. Lett. orig. t. ii, p. 376. || Aujourd'hui, tailleurs pour dames, tailleurs qui fontdcs manteaux et autres vêtements de drap pour les dames. |i 4° Ouvrier qui taille le diamant en brillant, et qui taille les cristaux. Il 6» Tailleur général des monnaies de France, nom du titulaire d'une charge créée par Henri II; le tailleur général faisait les coins; on le nomme aujourd'hui graveur général. 116° Chirurgien qui pratique la taille, lithotomiste. Un de mes voisins en a guéri [de la pierre], bien que ce fût pour la troisième fois qu'il fiit taillé; l'adresse de nos tailleurs est si grande, que les malades n'ont plus tant la grande horreur qu'ils avaient autrefois de cette opération, GUI patin, Lett. t. II, p. 227. Il 7° Terme de jeu. Celui qui taille dans une maison de jeu.

— HlST. xn' 8. E enveiad lui mairen de cèdre, e charpentiers, e taillurs de pierre. Rois, p. (37. Il XIII* s. Et furent mandé sans demeur  un mercier trente cendaus. Et les tailleurs avœc aus [eux]; Robes font faire sans délai, Bl. et Jehan, 4C08. Ainz se tendra li frepiers à la freperie, et li tailleres au mestier de la tallerie, Liv. des met. 4(4. Il XIV* s. L'isle de Lesbie,où les tailleurs de pierre ont leur règle de plunt laquele il transmuent selon la figure de la pierre, oresme, Éth. (67. Le talleur de cuir, m. ib. 25. || xv* s. Conseil fut donné et arresté, et ceux nommés qui feroient l'avant-garde, et furent ordonnés vingt et cinq cens tailleurs de bois, do bayes, de buissons, et fossoyeurs, pour remplir et unir les chemins, froiss. m, p. 324, dans lacurne. Et avoit amené de Naples plusieurs ouvriers excellents comme tailleurs [sculpteurs] et peintres [pour les constructions de Charles VllI à Amboise], comm. vi, 48. Les tailleurs de robes de nostre bonne ville de Paris, Ordonn. sept. (46(. Nos officiers de recepte, fermiers, collecteurs, tailleurs, paieursde gens d'armes.... Ordonn. janv. (487. Il ivi* s. Les tailleurs d'images et sculpteurs, AMïOT, Comm. dise, le ftat. 63. Anthoine de la Rue, maistre tailleur d'habits, paré, xv, 27. Jean de Gourmont, tailleur d'histoires (sculpteur), ID. XVIII, 94. Lesdils gardes ou commis et lesdils tailleurs et essayeurs, contregardes et prouvostz des ouvriers et monnoyers de chacune monnoye, Ordonn. (9 nov. (607. Nostre changement est si subit et si prompt en cela [les modes], que l'invention de touts les tailleurs du monde ne sçauroit fournir assez de nouvelletez, mont, i, 370.

— ÉTYM. Tailler; provenç. talaire, talador; catal. tallador ; espagn. tajador, tallador; ital. tagliatore. Taillere dans l'ancien français, et talairt dans le provençal est au nominatif.

t TAILLEUSE (ta-lleù-z'. Il mouillées), s. f. Couturière qui coupe les vêtements de femmes.

t TAILLE-VENT (U-lle-van; U mouillées), s. m. Il 1° Terme de marine. Voile àbourcetqui remplace la grande voile, dans certains bâtiments, quand le vent est fort; se dit aussi quelquefois da la grande voile. || 2* Goéland brun.

TAILLIS (ta-llî, U mouillées, et non ta-yî), adj. m. Il 1° Bois taillis, bois crii sur souches et par rejetons, que l'on taille, que l'on coupe de temps en temps. Une loi portée sous Henri VllI défendait aux propriétaires des bois taillis de défricher leurs terres, raynal, Hist. phil. xvin, 30. || 2* S. m. Va taillis, un bois taillis. Des taillis les plus hauts mon front atteint le faite ; Mes pieds ne me font point d'honneur, la font. Fabl. vi, fl. La gelée du printemps est le fléau des taillis, buff. Expér. sur les végét. 2* mém. Les taillis clairs et eu mauvais terrain, où croissent abondamment la bourgène, la ronce.... id. Quadr. t. u, p. 83. Un taillis uniquement peuplé en chêne croit moins vite que lorsqu'il est mélangé de charme, gen- Lis, Maison rust. t. m, p. (86, dans pougens. Il Fig. Gafe'ner le taillis, se mettre en lieu de sûreté. Mais tu seras armé de pied en cap. — Tan t pis. J'en serai moins léger à gagner le taillis, MOL. le Dép. V, (.IIS" Terme d'eaux et forêts. Mode d'exploitation d'une forêt, qu4 ne donne que des bois de faibles dimensions; jî est op-

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posé à U fuUis On distingue la Jeune taillis (40 ans), le moyen taillis (to i ii ans), et le haut taillis (25 à 30 ans). || Taillis composé ou taillis sous futaie, syslèiuo consistant à laisser sur pied, i chaque exploitation, un certain nombre d'arbres destinés à acquérir tout le développement dont ils sont susceptibles.

— HIST. xin* s. Ne vaques, ne brebis, ne qucvaus, ne qulevres en taillies de bois, porce qu'eles y font damaces en toutes saisons, beauh. lii, 6. Il XIV s. Mener le limier es taillis et parmy le boys, Kodus, C x, verso. || xvi* s. Tranches et taillis do bois sont deffensablcs jusqiies à trois ans et un mois, Coust. gén. t. ii, p. )34.

— F.TYM. Tailler.

TAILLOIR (ta-lloir, U mouillées, et non ta-yoir), (. m. Il 1° Terme peu usité. Assiette de bois sur laquelle on taille, on coupe de la viande. || 8 Terme d'architecture, l'arlie supérieure du chapiteau des colonnes ; tablette sur laquelle pose l'architrave.

— lllST. xiir s. Lors li fist aporter le roy des Tarlarins un grant taillouer d'or chargé de joiaus à pierres précieuses, joinv. 278. ||xiv* s. Le millier d'escuelles et de tailloers, du cange, talliatorium. Il ivr' s. Les pieds des elephans sont ronds comme tailloirs, large de deux ou trois empans, et autour sont cinq ongles, paré, Uonslr. app. 3. Ceste sépulture est en figure carrée; au lieu de colonnes ce sont les vertus approchantes à la moyenne proportion du colosse ; elles soutiennent le vaso et taillouer du chapiteau dessus leurs testes, R. bel- LEAO, Bergeries, t. i, p. 20, dans lacurne.

— ETYM. Tailler; wallon, teyeu.

<. TAILLO.V (ta-llon. Il mouillées, et non ta-yon), s. m. Ancien terme de finances. Imposition de deniers qui était comme un supplément de la taille. Un brave laboureur.... qui, après avoir payé la taille, le taillon, les aides et gabelles, le sou pour livre, la capitation et les vingtièmes, ne se trouvait pas puissamment riche au bout de l'année, volt. Jeannot et Colin.

— HIST. XVI' s. De cette contribution et taillon, l'une partie est employée à bien boyre, l'aultre à bien manger, rab. Pant. rv, Bl. Les gendarmes, se conlenlans des fournitures portées par les ordonnances du taillon, carloix, m, 46.

— ETYM. Taille.

t 2. TAILLON (ta-llon, H mouillées), s. m. Partie taillable ou taillée d'une plume à écrire.

— ÉTYM. Tailler. Au xvi* siècle, taillon se disait pour morceau. Ung gros cervelat, anticipant devant le front de leur bataillon, le voulut saisir à la gorge : par Dieu, dit Gymnaste, tu n'y entreras qu'à taillons; ainsy entier ne pourroys tu, RAB. Pan*. IV, 41.

TAIN (tin), s. m. ||1* Amalgame qui a la propriété d'adhérer au verre, et qui se fait en mettant, sur une glace placée horizontalement , une feuille d'étain qu'on recouvre de mercure. On étend, sur une grande table de pierre mobile et à rebord, des feuilles d'étain laminé ; on les recouvre d'une couche de mercure de quelques centimètres d'épaisseur; on glisse la glace qu'on veut mettre au tain sur le bain de mercure; et on fait écouler le mercure surabondant en redressant la table de pierre, A. brongniart. Traité de min. t. n, p. 387. Il 2° Bain d'étain dans lequel on plonge le fer noir après le décapage.

— ÉTYM. Tain pour estain, étain, comme pasmer pour espasmer.

t TAION (ta-ion), voy. tayon.

TAIRE (tê-r'), je tais, tu tais, il tait, nous taisons, vous taisez, ils taisent; je taisais; je tus; je tairai; je tairais; tais, qu'il taise, taisons, taisez, qu'ils taisent; que je taise, que nous taisions; que je tusse; taisant, v. a. || 1* Ne pas dire, cacher. M. le Tellier seul, disaient les factieux, savait dire et taire ce qu'il fallait, boss. le Tellier. On les croit insensibles [les âmes vertueuses], parce que non-seulement elles savent taire, mais encore sacrifier leurs peines secrètes, m. Idar.-Thér. Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas, m. Louis de Bourbon. En publiant ses magnificences [du Messie], ils [les prophètes] ne taisent pas ses opprobres, m. Ilist. 11, 4. La grande maxime, ou, pour mieux parler, le grand abus de la science du monde, est de taire les vérités désagréables, bourdal. 4' dim. après Pdq. Domituc. t. Il, p. 135. Sénat, j'ai vu le crime, et j'ai tu les complices, volt. Rome sauv. iv, 6. le n'ai pas entrepris mes confessions pour taire mes

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sottises, 1. 1. Rouss. Confest. z. Vous ne pouvez rien taire; un peu de discrétion est bien rare aujourd'hui, p. L. COUR. 2* lett. partie. || %° Se taire, V. réft. S'abstenir de parler. IClle s'est tue; ils se se sont tus après quelques moments. Il est bon de parler et meilleur de se taire; Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés, là font. Fabl. VIII, 10. Quels seront nos gémissements i la vue de ce tombeau, où tous ensemble nous ne voyons plus que l'inévitable néant des grandeurs humaines ? taisons-nous ; ce n'est pas des larmes que je veux tirer de vos yeux, boss. Uar.-Thér. Il y a certaines gens qui apprennent toute leur vie à parler, et qui devraient peut-être se taire toute leur vie, malebr. Rech. vér. v, U. Celui qui ne sait pas se taire sur un secret, fén. Tél. XXIV. Il se tait et fait le mystérieux sur ce qu'il sait do plus important, et plus volontiers encore sur ce qu'il no sait pas, la bruy. viii. Sacrés prélats de nos Gaules, combien de fois le vîtes-vous dans vos assemblées ignorer l'art nouveau de se taire I mass. Or. fun. Yillars. Quand un homme n'a rien à dire de nouveau, que ne se tait-il? HONTESQ. Lett. pers. 68. On peut souvent appliquer ce que M. Roycr-Collard disait d'un orateur maladroit : Il a manqué une belle occasion de se taire, legoahant. || Fig. Quoi I même vos regards ont appris à se taire, rac. Brit. il, 6. || 8° Ne pas exhaler son chagrin. Si tant de mères [qui ont perdu leurs enfants] se sont tues. Que ne vous taisez-vous aussi? la font. Fabl. x, 43. La douleur qui se tait n'en est que plus funeste, rac. Andr. m, 3. || 4° Ne pas divulguer un secret. La femme.... Crut la chose, et promit ses grands dieux do se taire, la font. Fabl. vin, 6. Elle est fort heureuse du parti qu'on lui offre, et dont elle est demeurée d'accord ; c'est de se taire très-religieusement : et, moyennant cela, on ne la poussera pas à bout, sÉv. 44. Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner, fén. Tél. m. Il 6* Se taire de, passer sous silence. On parle d'eaux, de Tibre et l'on se tait du reste, corn. Cinna, iv, 4. Il est assez de geais à deux pieds.... Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui, la font. Fabl. iv, 9. C'est bien la moindre chose que je vous doive, après m'avoir sauvé la vie, que de me taire devant vous d'une personne que vous connaissez, lorsque je ne puis en parler sans en dire du mal, mol. Festin, in, 4. Romains, j'aime la gloire, et ne veux point m'en taire, volt. Catil. V, 2. Il Ne pouvoir se taire d'une chose, céder à un sentiment qui porte à publier une chose. C'est avoir bien de la langue de ne pouvoir se taire de ses propres affaires, mol. Scapin, m, 4. On me mande que Mme de Valavoire est à Paris, qui dit des biens de vous inimaginables; elle ne se peut taire de votre beauté, de votre civilité, de votre esprit, de votre capacité, sÉv. 40 juin 4874. Il 6° Être passe sous silence. Un pareil fait ne peut se taire. Votre infidélité ne saurait plus se taire, th. corn. Ariane, i, 3. || 7* En parlant des animaux et des choses, cesser de faire du bruit. Les oiseaux se taisent dans les airs. Dans ces superbes allées [de Chantilly], au bruit dotant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit, boss. Louis de Bourbon. En même temps les vents se turent, fén. Tél. XXIV. Tout se calme à l'instant, les foudres se sont tus, DELiLLe, Parad. perdu, xi. Maintenant tout dormait sur sa bouche glacée; Le souffle se taisait dans son sein endormi, lamart. Sec. Méditations, 22. Il 8* Kig. Ne pas parler, avec un nom de choses pour sujet. Quoi I l'univers se tait sur le destin d'Égiste! volt. Mérope, 11, 4. Il est vrai que l'histoire se tait sur le partage fait par Clovis du territoire de la Gaule, lévesque, Instit. iléiii. se. mor. et pol. t. v, p. 232. || 9" Fig. Cesser d'avoir do l'influence, de se faire sentir. U faut que les sens et les passions se taisent, si l'on veut entendre la parole de la vérité, malebr. Rech. vér. IV, 41. Placé ainsi sur le trône de l'éloquence, il [Bossuet] vit, ce qui peut-être ne s'était jamais vu entre auteurs, la jalousie de tous ses contemporains se taire devant lui, d'olivet, Ilist. Acad. t. Il, p. 76, dans pouGENS. Le père en lui se tait, et le Romain l'emporte, delille. En. vi. ||10' Se soumettre. Quand vous verrez les rois tomber à vos genoux. Et la terre en tremblant se taire devant vous, rac. Alex, m, 8. Tous les Romains se sont tus devant moi, montesq. Dial. de Sylla. Il 11* Faire taire (avec ellipse du pronom personnel), imposer silence, réduire au silence. Faites taire ce bavard. 11 [Théodose] appuya la religion, il fit taire les hérétiques, boss. Hist. i, 44. Je dois

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