MÉNAGE
— HIST. xv s. Si ardirent la bastille et tous ceux qui dedans esloient, sans nul prendre à merci : oncques depuis nul ne s'y osa ramasser, froiss. n, m, 7. Ilxvr s. Une taille forte et ramassée, mont. m, 43. Us r'amassent tout ce qui vient à leur notice, id. n, 110. Les bruits qu'ils ramassent, ip. n, ni. Ismenias laissa cheoir son anneau à ses pieds, et se baissa pour le ramasser, ce que l'on estima qu'il feist pour s'incliner devant le roy, amyot, Ar(a». 30. Lors ils furent mis en pièces de tous costez; encores dix à dix et six à six ils se r'amassoient pour percer vers leur avantgarde, d'aub. Hist. 1, 168. 11 vint au pas ramasser son infanterie, tout le ba-
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gage et toute sa crosse artillerie, lu.tft. I, («9. Ah! compagnon, ramasse ton courage; La raison soit maistresse de ta rage, rons. 968,
— RTYM. Be..., et amasser.
a. RAMASSER (ra-ma-sé; Va n'est pas long), e. a. Traîner dans une ramasse. On sait que, quand les neiges ont comblé les creux el mis sur le même niveau toutes les inégalités de la pente qui va du haut du mont Cenis jusqu'à Lans-le-bourg , les voya^ïeurs descendentcette pente en cinq ou six minutes sur un traîneau qu'un seul homme assis devant le voyageur dirige avec une hardiesse et une habileté tout à fait extraordinaire ; cette manière d'aller s'appelle se faire ramasser, Saussure, Voy. Alpes, t. V, p. 92, dans pouGBNS. Il Se faire ramasser, se dit aussi pour descendre dans les petits chariots de ce qu'on appelle montagnes russes.
— ÉTVM. Itamasse. 0. de Serres a employé ramasser dans le sens de garnir de branches ; Ce que prevoianl de bonne heure, ferés préparer les rameaux nécessaires à la monlée des vers, pour y vomir leur soie, s'y agrafans; à ramasser les vers (ainsi appelle-on telle œuvre) plusieurs matières sont bonnes, mais non aucune rameure verte, 488.
t RAiMASSE -TON-BRAS (ra-mâ-se-ton-brâ), s. m. Terme familier, signifiant un fanfaron. Le chevalier était un brise-cœur, un matamore, un ramasse-ton-bras, qui avait la beauté, la tournure et la rhétorique d'un tambour-major. Souvenirs de la marquise de Créquy, t. vi, ch. nu.
— ÉTYM. Ramasser, ton, bras.
t RAMASSETTE (ra-mâ-sè-f) , i. f. Léger clayonnage dont on garnit les faux, pour ramasser les tiges à mesure qu'on les coupe.
— ÉTYM. Ramasser t
■)-RAMASSECR, ECSE (ra-mâ-seur, seO-z'), i. m. et f. Celui, celle qui ramasse. Un ramasseur de cailloux. (I Par extension, celui qui fait un ramas de choses quelconques. Ce sont les ramasseurs qui perpétuent les erreurs; le grain et la paille, tout grossit un volume, /. de Trévoux, (726, février, p. 223. M. le duc de la Vallière, qui est ramasseur de rogatons, me prie de chercher cette feuille [Je Sermon du rabbin Akib] que je ne peux trouver, VOLT. lett. Damilaiille, 8 févr. 1762. || Fig. Un ramasseur de petits papiers, un indiscret qui aime à faire scandale par ses révélations. || Adj. Couteau ramasseur, couteau qui ramène constamment la p&te du cacao sous la meule.
— ÉTYM. Ramasser t.
2. RAMASSEUR (ra-ma-seur), s. m. Celui qui conduit une ramasse.
— ÉTYM. Ramasser i.
RAMASSIS (ra-mâ-sl), s. m. jj !• Assemblage de choses ramassées sans choix. Un ramassis de bouquins. Le dialogue n'est qu'un ramassis de calembours usés el de vieux dictons qui courent les rues, LAHARPE, Corresp. t. m, p. 396. || Terme rural. Menues branches ou ramilles qui ne peuvent servir qu'à faire des bourrées. || 2° 11 se dit aussi des personnes, en un sens péjoratif. C'est avec ce ramassis de sac et de corde (la cabale du président d'Oppède, à Aix], qu'on servait Sa Majesté, sfiv. janvier 1874. Ce ramassis de canaille ruine le maître, et corrompt Ips enfants dans toutes les maisons opulentes, J. J. rouSs. Hél. iv, 4 0.
— ÉTYM. Ramasser t.
t RAMASSOIR (ra-mS-soir), s. m. Tringle de bois pour marbrer le papier.
t RAMASSOIRE (ra-mâ-soi-r'), i. f. Planchette pour npttoyer l'eau sur laquelle nagent les couleurs.
RAMAZAN (ra-ma-zan), *. m. Voyez RAUAnAN.
t RAMBADE (ran-ba-d') ou RAMBATE (ranba-t'), s. f. Ancien terme de marine. Construction élevée à la proue d'une galère, au-dessus des canons; elle exhaussait lescombaitanis, et leur offrait un plancher solide, de la hauteur duquel ils dominaient les galères ennemies, jal.
— ÉTYM. Espagn. et port, arrombada.
t ). RAMBERGE (ran-bèr-j'), s. f. Nom d'un ancien bâtiment de guerre anglais.
— HIST. xvi' s. Il y a une espèce de navires particuliers dont usoient nos ennemys [les Anglais], en forme plus longue que ronde, et plus estroite ifieaucoup que les galleres... avecques ces vaisseaux ils contendent de vitesse avecquc les galleres, et les nomment ramberges, h. du bellay, 69».
— ÉTYM. Angl. row-barge, de row, ramer, et barge, barque.
t 2. RAMBERGE (ran-bèr-j'), ». f. Nom, dans les C6tes-du-Nord, de la mercuriale annuelle.
U.VHBOCR (ran-bour), t. m. Belle espèce de pommes vertes d'un côté et fouettées de rougé
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de l'autre, qui se mangent au mois d'aollt »t qui durent peu.
— ÉTYM. Sorte de pomme ainsi nommée de Ranvburet, dans le territoire d'Amiens, où ces pommes ont commencé à être connues; élymologie certifiée par une citation du Seminarium de Jean de la- Ruelle, qui est rapportée dans le glossaire des Noëls bourguignons de La Monnoie , au mot rambor. Antoine Oudin ne les appelle que rambures.
1. RAME (ra-m'), s. f. || 1° Petit branchage que l'on plante en terre pour soutenir des plantes grimpantes, et, en particulier, les pois, les haricots. Les quenouilles du maïs étant destinées à servir de tuteurs ou de rames au légume grimpant, chateaubr. Amer. Moissons. \\i° Instrument pour sécher et tendre les pièces de drap. La rame est un long châssis, ou un très-grand assemblage de bois aussi large et aussi long que les plus grandes pièces de drap, Diet. des arts el met. Drapier. || 3° Outil de faïencier pour remuer la terre dans les baquets.
— HIST. xiu* s. Quatre-vingt milliers de reime, DU CANGE, Constantinople, Chartres, p. ia. La batoit d'un rain d'aiglentier, la Violette, p. 2tu. ....moult a dur cuer qui n'aime. Quant il ot [entend] chanter sur la raime As oisiaus les dous chans piteus, la Rose, S2. || xv* s. Comme deux raims en une tige, a. chaht. p. 827. || xvi» s. La palme et raim de louenge immortelle, i, marot, v, aï). Vous mettrés les olives dans des pots, avec force sel menu, dispersant le fruit et le sel par littées, avec Élu fenouil en rame parmi, o. de serres, 84î.
— ÉTYM. Bourg, rain; picard, raime; prov. ram, ramp ; ital. ramo ; du lat. ramus , branche, qui avait donné raim, et, par altération de genre, raime ou rame.
2. BAME (ra-m'), t. f. || 1* Longue pièce de bois avec laquelle on fait marcher une embarcation. Sa Majesté veut qu'il fasse donner à l'avenir des rames aux vaisseaux qui seront armés contre les corsaires de Salé, seignelay, o de Seuil, 20 juil. (880, dans JAL. Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rames, rac. Iph. 1, 6. 11 fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile, ID. Iph. I, I. Nous fîmes les derniers efforts pour aborder, à force de rames, sur la côte voisine de Sicile, FÉN. Tél. 1. Il faut se souvenir qu'il n'y avait pas un Athénien qui ne dût être prêt à manier la rame dans les plus grandes galères, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 644, dans pûugens. Le bruit égal et mesuré des rames m'excitait à rêver, j. j, ROU8S. IJél. IV, (7. ||Kig. Qui a donné aux oiseaux et aux poissons ces rames naturelles, qui leur font fendre les eaux el les airs? boss. Élév. sur myst. v, (. Il Chez les anciens, navire à deux rangs de rames, à trois rangs de rames, à quatre rangs de rames, à cinq rangs de rames, dit birème, trirème, quadrirème, quinquérème; on ne sait plus comment les rames y étaient disposées. H y avait même des navires à vingt, à quarante rangs de rames. || 2° Dans le moyen âge on se servait de galères qui allaient à la rame, et dont l'usage a subsisté jusque dans le xviii* siècle ; les rames y étaient mues par des forçats. Tirer à la rame. Tirer la rame. Mme d'Aiguillon assiste-t-elle dans un de nos ports ces misérables forçats qui, dans leurs prisons flottantes, gémissent sous le travail de la rame.... flëch. Aiguillon. Il Mettre à la rame, condamner aux galères. La révocation de l'édit de Nantes mit nobles, riches, vieillards, gens aisés, faibles, délicats, à la rame et sous le nerf très-effectif du comité, st-sim. 4(0, (8(. Il Mariniers de rames, dits aussi bonnes-voglies (bonnes volontés; prononcez voile, Il mouillées), se disait autrefois, sur les galères, de ceux qui se louaient pour servir pendant un certain temps, par opposition aux forçats. || Être à la rame, être rameur. Des gens de néant s'emparer de la conduite des grands Etats, et s'asseoir au timon, bien qu'ils ne dussent être qu'à la rame, balz. De la cour, 2* dise. Il Fig. Etre à la rame, tirer à la rame, travailler beaucoup, être dans un emploi très-pénible. Toujours, comme un forçat, il faut être à la rame, RÉGNIER, Épilre 1. M. de BeauviUier avait ramené Desmarets sur l'eau à force de sueurs, de temps et de rames, st-sim. aob, 229. || J'aimerais autant être à la rame, tirer à la rame, se dit lorsqu'on est dans une servitude fâcheuse, ou qu'on est appliqué à un travail fort pénible. J'ai paré de mon mieux les plus dangereux coups; Mais tirer à la rame est un métier plus doux, TH. CORN. Baron d'Albilsrac, i, 9.
— SYN, AVIRON, RAME. Ces mots sont synonymes^ seillement aviron est plus ordinairement employé par les marins français du nord , et rame par les marius du Languedoc et de la Provence, jaLi
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— HIST. xii* s. PÎe nos est remis [resté] quirs es mains De l'angoisse de trnire as reins, benoît, t. i, p. 54. Il .w" s. Dieu merci, à bon port veninies Pur vent, par singles et par rimes, fuoiss. Pvc.s. mss. p. ia3, dans lacuhne.
— ÉTYM. Provenç. rem ;espagn. et ital. remo; du lat. remus; comparez le grec içiit\i.oi elle sanscr. aritra, qui meut. On a contesté cette étymologie, et dit que remus aurait fait rem; mais il a fait rein en effet, comme on voit à l'historique.
3. RAMÉ (ra-m'), 1. f. jj 1° Mesure usitée en papeterie et qui est de vingt mains de papier. La rame de papier contient cinq cents feuilles. Quelques-uns me pourraient objecter que les livres publiés en langage allemand sur ce sujet [la rosecroix] stirpassent en hauteur plus de deux rames de papier, naudS, Rosecroix, vi, 3. || Mettre à la rame, s' disait autrefois pour mettre au pilon, en parlant d'un livre. Il 2° Terme de tapissier. Vingt rouleaux de papier de tenture, jj 3° Réunion de deux perses de la cuve, dans une papeterie.
— HIST. xiv s. Pour quatre raymes de papier pour escrire lettres closes, du cange, romo. || xvi* s. Si je te voulois instruire et t'informer de tous les préceptes qui appartiennent à la poésie héroïque, il me faudroit une rame de papier, rons. 689.
— ÉTYM. Espagn. et portug. resma; ital. risma; dan. rtis; suéd. ris ; angl. ream, holl. riem. D'après Souza, ce mot vient de l'arabe rizma, paquet d'habits. M . Dozy , Gloss. p. 333 , a mis hors de doute cette étymologie , montrant que rixma signifiait ballot en général, et, en particulier, ballot de papier, rame. Dans le passage en Occident, l't s'est perdue en plusieurs langues. X l'objection de Diez qu'il est contre la vraisemblance que l'Europe eût reçu ce mot des Arabes, il oppose que le papier de colon, qui précéda le papier de chiffon, avait en Espagne des fabriques renommées, d'où les chrétiens le tiraient. 11 faut remarquer en outre que l'ancien français est roime, ce qui lève la difficulté de l'a de rame el le met d'accord avec l't de risma; rome est une altération de rayme. Avec cela tombe l'élymologie d'if i6|ji.ôi;, nombre, proposée par Muratori, et appuyée par Diez.
t 4. RAME (ra-m'j, s. f. Terme de rubanier. Nom des ficelles qui traversent les lisserons et dont le jeu est le principal artifice de tout le travail de la rubannerie.
I 6. RAME (ra-m'), s. f. Nom d'un convoi de bateaux, sur certains canaux. La navigation s'y effectue [dans les souterrains du canal Saint-Quentin] par rames ou convois dont le nombre de bateaux est d'ailleurs illimité ; ils sont traversés chaijue jour par trois de ces rames, dont deux suivent la direction de Paris, E. GBANGEZ, Voies navig. de Fr. p. 567.
(. BAME, ÉE (ra-mé, mée), part, passé de ramer 2. Haricots rames, haricots garnis de rames. Il Terme d'artillerie. Balles ramées, balles de plomb jointes ensemble par un fil d'archal. || Boulets rames, boulets réunis par une barre ou une chaîne, etc.
— HIST. XVI' s. Vachoniere aiant les reins couppez d'une balle ramée, d'aub. Hist. 11, 287.
t 2. BAMÉ, ÉE (ra-mé, mée) , adj. Terme de vénerie. Se dit d'un jeune cerf dont le bois pousse. Il Terme de blason. Se dit du cerf dont le bois est d'un autre émail que le corps.
— HIST. xiii' s. Dont vient si bêle dame parmi cesl bois ramé? JBer(e, xlv. S'est plus cornars c'uns cers rames Riches bons qui cuiiie eslre amés, la Rose, 482B. Ijxvi" S. Pourtant teste comme est d'ungccrf, avecques cornes insignes largement ramées, rab Pant. IT, 2.
— ÉTYM. Borne t.
•i- 3. RAMÉ, ÉE (ra-mé, mée), adj. Terme didactique. Vol ramé, vol des oiseaux dans lequel les ailes font l'office de rames, par opposition au vol » voile, où elles font l'office de voiles.
— ÉTYM. Home a.
f HAMÉAIRE (ra-mé-ê-r'), adj. T. de botanique. Qui nait sur des rameaux. Racines raméaires.
— liTYM. Lat. ramas, branche.
f UAMÉAL, ALE (ra-mé-al, a-1'), adj. Terme de botanique, yul a le caractère de branche, do rameau. Il Qni naît ou est placé sur les rameaux.
— ÉTYM. Lat. ramus, branche.
RAMIÎAU (ra-mô), s. m. || 1» Petite branche d'arbre. Les branches et les ramenu.ï. Comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux. Abat 1 honneur naissant des ramcuu.v fructueux, BOiL. Luir. V, À ses rameaux féconds pend un Iruit que colore Un or pur où se joint la pourpre de l'aurore, DBLiL. Parad. perdu, ix. Ces verts rouieau.i: penchent leur chevelure, nucis, OlUello, v, a. A lia-
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vers les rameaux et le feuillage sombre, Je vois leurs yeux élincelcr, v. hugo, Orient, 33. || Terme de jardinage, l'ctile branche qui est une division on une continuation des plus grandes, et qui est le résultat du bourgeon de l'année. || Fig. Rameaux de laurier, gloire, succès militaires. Lauriers, sacrés rameaux qu'on veut réduire en poudre, corn. Hor. v, 3. Ah! que ce rude et dur guerrier [Napoléon I*'] Nous a coûté de sang et de pleurs et d'outrage Pour quelques rameaux de laurier! aug. barbier, l'Idole. Il S" Le dimanche des Rameaux, le jour des Rameaux (avec une majuscule), dit aussi Pâques fleuries, dimanche des palmes, dimanche des baies, le dimanche d'avant Pâques, jour où l'on porte des rameaux en mémoire de l'entrée de Jésus- Christ à Jérusalem. || 3° Rameau d'olivier, rameau qui, chez les anciens, était le symbole de la paix, de la supplication. En achevant ces mots. Mentor leva son bras pour montrer à tant de peuples le rameau d'olivier qui était dans sa main le signe pacifique, FÉN. Tél. XI. Il a présenté un rameau d'olivier comme suppliant, lo. ib. xxi. |{ Fig. Présenter le rameau d'olivier, offrir la paix, la proposer. || Rameau d'olive, voy. olive, n' 2. || i' Le rameau d'or, rameau que portait un des arbres qui entouraient l'entrée des enfers, et qu'il fallait cueillir pour le présenter aux divinités infernales quand on voulait descendre dans leur royaume; à peine arraché; il en repoussait un autre. Ces dernières parties [le jugement, la grâce, etc.] sont du peintre, et ne se peuvent enseigner; c'est le rameau d'or de Virgile, que nul ne peut trouver ni recueillir, s'il n'est conduit par le destin, poussin, Lett. 7 mars <665. Le talent ressemble au rameau d'or; Qu'on le cultive, il renaîtra sans cesse, mahmontel, Polymn. ch. 3. Il Rameau d'or, variété de la giroflée de muraille. Il 5° Rameaux, au pluriel se dit quelquefois du bois d'un cerf. Hélas ! que lui servit [au cerf] son port majestueux, Rt sa taille élégante et ses rameaux superbes. Et .ses pieds qui volaient sur la pointe des herbes? DF.i.iL. Hom. des champs, 1. 1| 6° Terme d'anatomie. Subdivision des vaisseaux, des nerfs. Cette artère, ce nerf envoie des rameaux dans tel organe. Il 7° Terme de géologie. Nom qu'on donne aux massifs qui se détachent d'une chaîne de montagne en suivant des directions diverses. Les Alpes et même les rameaux entièrement séparés de ces montagnes, comme les Apennins, s'abaissent à leurs bords et s'élèvent à leur centre, saussohe, Voy. Alpes, t. I, p. 39), dans pougens. || 8° Terme de métallurgie. Différentes branches d'une mine. Une mine qui a plusieurs rameaux, X mesure que les rameaux de la veine approchent plus de la surface de la terre, le charbon en est moins compacte, buff. Uin. t. n, p. 268. Il 9° Embranchement de voies souterraines. Les catacombes ou Rome souterraine sont là [à Tournai] en petit , pas si petit pourtant que qui aurait mis ensemble tous les tours et détours et tous les rameaux de ces voûtes souterraines ne nt près de deux lieues de chemin, piîllis- SON, Letl. hisl. t. m, p. 274. || Terme d'art militaire. Chemins sous terre, qui communiquent d'un puits à l'autre dans les mines et les contre-mines. Il 10° Terme de généalogie. Division d'une branche ne la même famille. || 11° Subdivision. Les différents rameaux d'une science. 11 saisit d'un coup d'oeil tous les rameaux des choses, vauven. Étendue de l'esprit. Il II se dit aussi des subdivisions d'une secte. Le protestantisme s'est subdivisé en une foule de rameaux.
— HIST. xii* s. Lorsque florissent liramel, benoît, dans raynouard, Lexique, ramel. H xv s. Le roy de France fut avec le pape et les cardinaux, je ne say quants jours en joye, en rameaux [sorte de réjouissance] et en esbatemens, froiss. liv. iv, p. I3. Les festes et les rameaul.t que l'on fist pour resjouir les nobles chevaliers, Perccforcsl, t. ii, f» i43. || xvi* s. La veine lui est baillée par le quatrième rameau de la veine porte, paré, i, 20. Portez rameaux parvenus à croissance, harot, m, 3o2.
— ÉTYM. Bourgulg. raimea; provenç. ramel; du lat. raniellua, diminutif de ramus, rame 1.
HAMÈIC (ra-mée),,'!.f. Ht» Assemblage de branches <iilrelacées soi tnalurellemenl, soit de main d'homme. -Mlons sous la ramée. A ces mots, sous la ramée Je suis ma route, etj'entendsLa voixderaa bien-aimée Me redire : je t'attends, millev. Élég. liv. i. Il 2» Branches coupées avec leurs loulTes vertes. On avait jonché de lamée le chemin. Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée, la font. Fahl. i, 16. Sans appui qu'un bâton, sans foyer, sans asile. Revêtu de ramée ou de quekpies lambeaux, a. chén. Idylles, le Mendiant, || 3" Menues branches coupées
avec leurs feuilles et séchées, servmt de fourrage aux cerfs, daims et chevreuils pendant l'hiver.
I Branches d'arbres garnies de feuilles qui, dans certains cantons, sont desséchées pour servir à la nourriture des bestiaux et principalement des bêtes à laine.
— HIST. xiv* s. Tout ensi que li leus [le loup] qui ist [sort] de la ramée, Baud. de. Seb. viii, I84. Lors a chacun mucie armeOre et espée; X loi de bosquillon ont chargié lor ramée, Guescl. 902.
II XVI' s. Les ramées ou taillis d'arbres aquatiques sont désirables, attendu leur double utilité, 0. de
— ÉT'YM. 'Wallon, ramaie; bourguig. raimée; provenç. et espagn. ramada: Bamée, ramada supposent une forme ramata, part, passif d'un ramare, dénominatif de ramus (voy. rame i).
tRAMENABLE (ra-me-na-bl'), adj. Susceptible d'être ramené, corrigé. Ce jeune homme est encore ramenable.
t RAMENDAGE (ra-man-da-j'), s. m. || 1» Action de ramender, de réparer. ||i' Morceau de feuille d'or avec lequel les doreurs réparent les endroits gercés.
— ÉTYM. Ramender, dans le sens de réparer.' RAMENDfi, ÉE (ra-man-dé, dée), part, passé de
ramender.
RAMENDER (ra-man-dé), v. a. Ul" Terme rural. Amender, fumer une seconde fois les terres. || i' Remettre une étoffe à la teinture. || 3° Ramender un ouvrage de dorure, mettre avec des pinceaux un morceau de feuille d'or aux endroits où il en manque. Il 4* Diminuer le prix (en ce sens il est populaire). Les vignerons ne veulent pas ramender le vin. Il V. n. Devenir à meilleur marché. La vigne a belle apparence ; et le vin ramende. || Il se conjugue avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : Le pain est ramendé ; avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'acte : Le pain a ramendé hier.
— HIST. XV* s. Chevaliers et escuyers armés si très nettement, que rien n'y avoit à ramender,
PROISS. I, i, 93.
— ÉTYM. lie..., et amender; wallon, ramaindé. RAMENÉ, ÉE (ra-me-né , née) , part, passé de
ramener. I| 1° Amené de nouveau, reconduit où il était d'abord. Un enfant ramené à la maison. Il 2° Qu'on a fait revenir à d'autres sentiments ou à un autre état. L'Ëgyple ramenée i son obéissance, RAC. Bajaz. II, t. Peut-être des vainqueurs les esprits ramenés Rendraient enfin justice à deux infortunés, volt. Orph. v, 2. Ramenés nous-mêmes sans cesse par nos besoins et par nos plaisirs, de la sphère des abstractions, vers les êtres réels, dider. Leti. sur les sourds el muets. || 3° Dont on fait revenir en arrière la pensée. Là, sans crainte et sans espérance. Sur notre orageuse existence Ramenés par le souvenir. Jetant nos regards en arrière, Nous mesureroBs la carrière. Qu'il aura fallu parcourir, LAMART. Médit. 1, 25. || 4° Réduit. Il y a des choses qui, ramenées à leurs principes et à leur première institution, sont étonnantes et incompréhensibles, LA BRUY. XIV. Il B" En termes de chimie, qu'on fait descendre d'un certain degré. Le peroxyde ramené à un degré inférieur d'oxydation, THENABD, Irtstit. AUm. xcienc. t. m, p. *7i.
f RAMÈNEMENT (ra-mè-ne-man), s. m. Action de ramener.
— HIST. XV' s. Droits pour le rencorporement et ramenement au premier estre desquels.... jnv.
DES HRSINS, p. 190, dans LACURNE.
RAMICNER (ra-me-né. La syllabe me prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je ramène), v. a. || 1° Amener de nouveau. Le malade fut ramené au médecin. Vous m'avez amené un cheval qui me convient; ramenez-le-moi aujourd'hui. |{ i certains jeux. 11 avait amené un roi ; il en ramena un, quand ce futàlui à donner. Il vient d'amener un sept; s'il le ramène, il a gagné. || i° Être cause qu'on revient. Que veut-il, dira-t-on ? quelle verve indiscrète Ramène sur les rangs encor ce vain athlète? boil. I^pttre X. Sitôt que mon malheur me ramène à sa vue, RAC. Brit. 11, 2. Mais que vois-je? mon fils, quel sujet vous ramène?-iD. A(hal. 11, 2. || Faire venir des gens qui ne venaient plus. Cet acteur a ramené la foule au théâtre. L'approbation de Louis XIV ramena la cour aux pièces de Molière. || 3° Remettre une personne dans le lieu d'où elle était partie, la faire revenir avec soi. Je t'ai ramenée des extrémités de la terre, des lieux les plus éloignés, boss. Anne de Gonx. Zorobabel.... ramena les captifs, qui rebâtirent l'autel et posèrent les fondements du second temple, id. Uist. i, 8. Il employa son
argent et son crédit pour ramener les Officiers qu'abandonnait i leur triste captivité l'indigence ou l'avarice des familles, fléch. Due de Mont. Dans son appartement, gardes, qu'on la ramène, rac. Brit. III, 8. Votre csrrosse est-il là-bas? lui dit-il, voulez-vous que nous ramenions madame? uariv. Marianne, T part. p. Bl . Le roi de Pologne fit tout ce qu'on devait attendre d'un prince qui combattait pour sa couronne, il ramena lui-même trois fois ses troupes à la charge, volt. Charles Xll, 2. il Poétiquement. Quoi! seigneur, se peut-il que, d'un cours si rapide, La victoire vous ait ramené dans l'Aulide? id. Iphig. i, 2. || Il se dit également en parlant des animaux. Ramener les troupeaux du pâturage. Ramener un cheval à l'écurie. || Il .* dit même quelquefois des choses. Je vous prête ma voiture; vous me la ramènerez. || Ramener en arrière, forcer à revenir au lieu qu'on avait quitté. Dieu en avait disposé autrement [n'avait pas permis la chute de la Pologne].... sa main puissante ramène en arrière le Suédois indompté, boss. Anne de Gonx. || Ramener sa main, avancer la main qu'on avait d'abord retirée. Le Seigneur, m'accablant du poids de sa colère, Retire tour à tour et ramène sa main, lamart. Médit, i, 30. || Ramener ses regards, les reporter vers le point d'où ils s'étaient écartés. Il ramena ses regards sur la plaine qui était à ses pieds. || 4" Ramener se dit, en termes militaires, d'une troupe de cavalerie <pii, ayant fait une charge qui a échoué, retourne, poursuivie, à la place d'où elle est partie. La cavalerie chai-gea, mais elle fut ramenée. || 5° En chirurgie, rendre à une partie la direction, la place qui lui convient. Le chirurgien ramena le membre à sa direction régulière. Après une amputation, ramener tes chairs, la peau sur le moignon. |{ 6° Amener avec soi, en s'en retournant. Le charretier vous apporte du bois ; il me ramènera du vin. Retournez chez vous, et ramenez tout ce que vous avez laissé dans votre appartement. Eschine et Démosthène furent du nombre des dix ambassadeurs [en Macédoine), qui en ramenèrent trois de Philippe, Antipater, Parménion, Eurylochus, rollin, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 63, dans POUGENS. Il 7° Ramasser ce qui s'écarte; faire venir devant, dessus ce qui est en arrière, dessous. Il ramenait sur le devant de la tête ses rares cheveux. Ramener le pan de son manteau sur l'épaule droite. Il faut ramener la terre au pied des arbres déchaussés. (] Tirer à soi. En ramenant la serpe, il se coupa. Ramenez i vous l'instrument. Pendant que Pisistrate, ébranlé du faux coup qu'il avait donné, ramenait sa lance, fén. Tél. ix. Telle, pour sommeiller la blanche tourterelle Courbe son cou d'albStre et ramène son aile Sur son œil endormi, lamart. Médit. 11, 24. ||8' Terme de manège. Ramener un cheval, lui faire baisser le nez, quand il porte au vent. |{ L'obliger à bien placer sa tête et à la maintenir dans une belle position. || Son mors le ramène bien, il lui fait bien porter la tête. || 9° Au jeu de la longue paume, recbasser un coup de volée. I! a bien ramené ce coup-là. || Absolument. Ce joueur ramène bien. || 10° Fig. Faire revenir à des lois, à des règles dont on s'était écarté. J'ai su le ramener aux termes du devoir, corn, liicom. y, 2. Et par cet apologue.... [Ménénius] Les ramena dans leur devoir, la pont. Fabl. m, 2. Combien de fois vit-on Marie-Thérèse ramener les courtisans à l'exercice de leur foi parles marques qu'elle donnait de la sienne ! fliîch. Mar.-Thér. C'est Pyrrhus, c'est le fils et le rival d'Achille, Que la gloire à la fin ramène sous ses lois, rac. Andr. 11, 5. On peut dans son devoir ramener le parjure, id. Brit. i;i, 5. Vous ne pourriez plus.... ramener les hommes aux principes de la vertu, après que vous leur auriez appris à les mépriser, fén. Tél. xx. Laissez-mci lui parler ; je veux tâcher de le ramener à la raison, brueys. Grondeur, i, B. N'est-ce pas une extrême folie de croire les ramener (les hommes] à nos dogmes.... en les persécutant, en les traînant aux galères... volt. Polit, et lég. Avis au public, La tolérance peut seuie.... Il Ramener de, faire quitter. Il éclaire les humbles, il les ramène de leurs égarements, BOiRDAL. Pens. t. II, p. iO:i. Il Ramener une personne à quelqu'un, faire reprendre à cette personne de bons sentiments pour quelqu'un. Par un chemin plus doux Vous lui pourrez plutôt ramener son époux, RAC. Brit. m, 3. Flcmraing, son premier ministre [de l'électeur de Saxe].... contribua par son adresse à ramener à son maître une grande partie de la noblesse polonaise, volt. Charles XH, 5. Il Absolument. C'est le propre des malheurs de ramener à la philosophie, comme le joueur qui a tout perdu revient à sa maîtresse, d'aleub. Apolog.
RAM
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de rétud. (Euv. t. IV, 2)8. Il Ramener quilqu'un, changer les sentiments de quelqu'un et lui en faire
f)rendre de meilleurs, le radoucir, le calmer. Tous es jours elle ramenait queli|u'un des rebelles, Boss. Reine d'Anglet. De tels discours [de Paul IV aux imbassadeurs d'Êlisabethj , s'ils sont véritables, n'étaient guère propres à ramener une reine, ID. Var. X, (. Qui n'a pas quelipierois sous sa main un libertin [esprit fort] à réduire, et à ramener par de douces et insinuantes conversations à la docilité? LA BBUY. XVI. Tout ce dont un amour ingénieux |iput s'aviser pour ramener un cœur rebelle, mass. Carême, Fauss. conf. Le goijt dégénère en tout genre, c'est aux Français à ramener les Velches, VOLT. Lett. à Damilavitle, lO avril (767. J'ai perdu l'idée de ramener le public sur mon compte, J. I. Ronss. Prom. r Les bienfaits qui ne ramènent pas un ennemi ne servent qu'à l'aigrir, duclos, (Eut), t. II, p. 262. Il Je le ramènerai bien, je le ferai bien revenir à la raison. || 11° Fig. Ramener quelqu'un à la vie, le sauver de ce qui menace de lui ôter la vie. Vivons, si vers la vie on peut me ramener. Et si l'amour d'un fils en ce moment funeste De mes faibles esprits peut ranimer le reste, BAC. Phèdre, i, b. || Ce médecin a parfaitement ramené son malade, il a rétabli sa santé qui semblait désespérée. || On dit de même : il l'a ramené des portes de la mort. || 12° Ramener une affaire de bien loin, remettre en bon état une affaire qui paraissait désespérée. || Au jeu, ramener. une partie, la rétablir. On croyait qu'il avait perdu ; et voilà qu'il a ramené la partie. || 13° Faire repasser par un état par où on avait passé. La vieillesse ramène quelquefois l'homme à l'enfance. || Absolument. Ce châtiment [le fouei] qui met dans l'humiliation extrême, ce châtiment qui ramène, pour amsi dire, à l'enfance, MONTESQ. Lett. pers. <57. || 14° Il se dit de la pensée que l'on fait passer sur ce qu'elle a déjà parcouru. Ramener sa pensée en arrière. Le sermon que vous fîtes la veille de votre départ ne peut jamais sortir de ma mémoire; mais, comme je ne puis ramener cet endroit sans commencer par vous voir entrer dans ma chambre.... sÉv. 7 août t675. Et des corps enterrés dans leur couche profonde. Le tombeau le ramène au vieux berceau du monde, delille, Trois règn. iv. || Être accompagné de. Parce qu'il [le signe| er] ramèue l'iJée [de l'originall nécessairement à l'esprit, boss. Euch. m, 4. || Réduire. Ramener tout au plaisir. Ramener la question au point véritable. La diversité des lieux où les choses se sont passées et la longueur du temps qu'elles ont consumé dans la vérité historique, m'ont réduit à cette falsification, pour les ramener dans l'unité de jour et de lieu, cokn. Pompée, Examen. Socrate, qui, un peu après, ramena la philosophie à l'étude des bonnes nœjrs, boss. Bist. i, 8. Il ramenait toutes choses à une noble et frugale simplicité, FÉN. Tél. XII. Kux seuls [les justes] n'étudient pas vos penchants pour y accommoder lâchement leurs suffrages, mais ils étudient vos devoirs pour y ramener vos penchants, mass. Carême, Uélange. Il Ramènera soi, donner aux choses un but égoïste. L'entend-on jamais parler sur le ton décisif et important qui veut tout ramener à soi? mass. Panégyr. St Thomas. ||15° Fig. Faire renaîtie, rétablir. Ramener la fièvre. Et, pour éloigner de leur esprit [des matelots] les funestes idées de la mort qui se présentait de tous c6tés, elle disait avec un air de sérénité qui semblait déjà ramener le calme, que les reines ne se noyaient pas, boss. Reine d'Anglet. 11 sut qu'un de ces deux captifs qu'on avait pris pour des Phéniciens avait ramené l'âge d'or dans ces déserts presque inhabitables, fén. Tél. ii. L'histoire ramène souvent les mêmes malheurs, les mêmes attentats, et le crime puni par le crime, volt. Mœurs, 4 69. On a tant de plaisir à ramener la joie sur un visage encore enfant! stael, Corinne, xvii, B. || Ramener une vieille mode, la remettre es vigueur. il 16° Terme de chimie. On dit iju'un réactif ramène une couleur végétale à une autre couleur, quand il fait passer la première à la seconde. Les alcalis ramènent au bleu le papier rouge de tournesol. || On dit de même ; Ramener un peroxyde à un moindre degré d'oxydation. || 17° Se ramener, v. re'/I. Se concentrer. Et, comme notre esprit jusqu'au dernier soupir Toujours vers quelque objet pousse quelque désir, Il se ramène en soi n'ayant plus où se prendre, El, monté sur le faite, il aspire à descendre, COBN. Cinna, ii, ). C'est lorsque j'ai senti mon âme tout entière Se ramenant en soi, faire un dernier effort. Pour braver les horreurs que l'on joint à lamort....cHAUL. dlo/are. ||18° Reprendre le fil d'un discours. L'enchaînement naturel de toutes
ces choses m'empo-le, il faut se ramener, st sim. 327, 2H. N'ayant pas voulu rompre le fil des affaires d'Angleterre, je me ramèue à ce q\ii se passait dans le continent, volt, louis XIV, I6. |1 19° Terme de manège. Ce cheval se ramène bien, i! porte bien sa tête. || Î0° Être ramené à, réduit à. Cette proposition se ramène à cette autre, en découle.
— HiST. XII* s. Li sire mortified et vivified, demeine à enfers e rameined. Liber psalm. p. 23B. Que Dex [Dieu] par sa vertu vous ramaint sauvementl Sax. xxi. ||xin° s. Car Diex maint desvoié bien à voie ramaine, Berte, l Si outrageusement porroient il ordener que le [la] partie i|ui se daurroit [se plaindrait] porroit aller encontre et fere ramener l'ordenance dusqu'à loial jugement, beaum. XLi, 34. Et ensi avéras le [la] contenance de tôt le tonnel par paus [pouces], et ces paus ramenras en pies, Compul, f» 2i.|ixiv° s. Autrement ne sont pas curées les plaies, se les membres ne sont ramenez en leur nature, lanfranc, f° (2. ||xv' s. Se [je] me desprise et rameyne à néant, et que toute propre réputation faille en moy, Inlern. consol.
II, 8. Ijîvi's. Qui vouldra ramener les vestemens à leur vraye fin.... mont, i, H9. Ramener Dieu et la puissance de la nature à la mesure de nostre capacité, m. i, 201. Caton ramena à la raison les Corinthiens, m. Caton, îb. Les assiegeans n'avoient point fait de logis; se contentans de r'amener ceux qui sortoient jusques à la place du moulin, d'aub. Hist. u, 4 38. Par ce moyen tu ramèneras les parties des muscles coupées sur l'os, paré, x, 32. Puis [il] entoisa sa grosse masse, ramenant un coup foudroyant, et bastant à atterrer un éléphant, Alector, roman, p. (, dans LACtJBNE.
— ÊTYM. Re..., et amener; wallon, reminé; bourg. rémené.
t RAMÈNERET (ra-mè-ne-rc), t. m. Terme de construction. Trait au cordeau que le charpentier fait pour prendre la longueur des arêtiers d'un toit.
t RAMENEDR (ra-me-neur), s. m. Celui qui ramène. |1 Il se dit, en plaisantant, de ceux qui, pour cacher leur calvitie, ramènent en devant les cheveux de derrière.
— HiST. XVI" s. Le muscle abducteur ou rameneur des doigts du pied., paré, iv, î2.
t RAMENTACÉ, ÉE (ra-man-ta-sé, sée) , adj. Terme de botanique. Se dit de la tige qui est couverte de petites écailles membraneuses, comme celles du pétiole des fougères.
— ÊTYM. Lat. ramentum, parcelles, raclures.
t RAMENTEUR (ra-man-teur), adj. Qui remet dans l'esprit. Mes mémoires ramenteurs de mes jours passés, CBATEAUBB. Wém. t. xi, p. <I2.
— ÉTYM. Voy. RAMENTBVOIR.
RAMENTEVOIB (ra-man-ie-voir) , je ramentois, tu ramentois, il ramentoit, nous ramentevons, Vvyus ramentevez, ilsramentoient;je ramentevais;je ramentus; je ramentevrai; ramentois; que je ramentoive ; que je ramentusse; je ramentevrais; ramentevant; ramenlu, v. a. Terme vieilli. Remettre en l'esprit, rappeler. Mes sensqu'elle[une infidèle] aveuglait ont connu leur offense; Je les en ai purgés, et leur ai fait défense De me la ramenlevoir plus, malh. VI, 25. Ne ramentevons rien, et réparons l'offense Par la solennité d'une heureuse alliance, «ol. Dép. am.
III, 4. Nous vous ramentevons ici qu'il y a six semaines en çà.... volt. Lett. d'Argental, 10 nov. I76). Comme les vieillards aiment à conter et même à répéter, je vous ramentevrai qu'un jour les beaux esprits du royaume.... ID. Uél. litt. à il. de la Harpe. Il Se ramentevoir une chosa, la ramentevoir à soi. ....Rien n'est si doux en la délivrance, que de se ramentevoir l'appréhension qu'on a eue de n'être jamais délivré, malh. Traité des bienf. de Sénèque, 1, 4 f. Il Se ramentevoir, v. réfl. Être rappelé à l'esprit. La terreur des choses passées, À leurs yeux se ramentevant. Faisait prévoir à leurs pensées Plus de malheurs qu'auparavant, malh. ii, 4.
— HIST. xii' s. Mais ce que [je] n'es por aus [à cause d'eux] ramentevoir, Coud, xviii [| xiii' s. Mainte chose a l'uns l'autre iluec ramenteu, Berte, cxxui. Il XV* s. Le comte de Charolois.... luy ramentevant [à Louis XI] combien il estoit tenu à sa maison durant qu'il estoit fugitif de son père, comm. i, (2. Il XVI* s. Tu le sçais bien, mais je te ramentoy, MAROT, u, 2»3. Le désir que j'ay continuellement de me ramentevoir en vostre bonne grâce ne me peult souffrir passer nulle occasion sans prendre le bien de vous escripre, marg. Lett. 03. Je ne puis avoir plus grant bien que de penser fere chose qui me ramentoive à vostre bonne grâce, lo. ib. 3». Cette opinion me ramentoit l'expérience que nous avons que.... mont, u, Sfta.
— ÊTYM. Re..., d, et m«fnJ, esprit (qui se trouve en composition dans les adverbes), et avoir.
RAMEQUIN (ra-m&-kin), «. m. Pâtisserie faite avec du fromage.
— ÊTYM. Allem. Rham, irème, avec !e suffixe diminutif néerlandais kin, ken, allemand chen.
1. RAMER (ra-mé), v. n. || 1° Faire effort sur une rame pour mettre en mouvement une embarcation, un navire. Je voudrais bien savoir s'il y a quelque astrologue qui eût pu dire en me voyant dans la rue Saint-Denis, que je courrais bientôt fortune de ramer dans les galères d'Alger, voii. Lett. 42. Nous n'avons guère d'exemple d'un gentilhomme condamné aux galères.... vous devez néanmoins, et c'est l'Intention du roi, soulager sa peine autant qu'il se pourra, en lui donnant quelque chaîne légère ou ne le faisant point ramer, Colberl à Arnoul, t juill. 1670, dans jal. Il [un forçat] plaint par un arrêt injustement donné L'honneur en sa personne à ramer condamné, boil. Sut. xi. || Fig. et familièrement. Ramer, prendre bien de la peine, avoir beaucoup de fatigue. Ce n'était pas que l'adroite princesse [Mme de Bourgogne] ne ramât contre le Bl de l'eau [le froid de Monseigneur pour elle et son mari], st-sim. 294, I8. || J* Terme df fauconnerie. Se dit en parlant d'un oiseau qui s» sert de ses ailes comme de deux avirons. || H se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xiii* s. Et ont [les nefs des Indes] si grans avirons, qu'il y convient à chascun quatre mariniers au ramer, marc pol, p. B36. || xvi* s. A qui les puissants rois doivent leurs grand's armées, A qui les mariniers leurs galères ramées, bons. 97b. Ramer il faut, s'il ne vente, lerouxde lincy, Prou. t. u, p. (47.
— ÊTYM. Rame 2; provenç. et espagn. remar; ital. remare.
2. RAMEK tra-mé), e. a. jj 1* Soutenir avec des rames des plantes grimpantes, et, particulièrement, des pois, des haricots. Ramer des haricots. || Fig. et familièrement. Il s'y entend comme à lamer des choux, se dit de celui qui veut faire une besogne insensée, puisqu'on ne rame pas les choux. |{ 2° Se ramer, v. réfl. Être ramé. Les choux ne se rament pas.
— ÊTYM. flame 4.
t ». RAMER (ra-mé), v. a. Étendre du drap sur les rames. Ne pourront les marchands et fabricants ramer les étoffes que pour lesécarrir, et de manière que leur qualité ne soit pas altérée, Letl. pat. 4 juin 1780, art. lo.
— ÉTYM. Rame ) .
RAMEREA0 (ra-me-rô), ». m. Jeune ramier. On m'a apporté plusieurs nids où il y avait deux et quelquefois trois rameraux déjà forts au commencement d'avril, buff. Ois t. iv, p. 366.
— HIST. Tvr s. Deux petits ramerauz je porte à mon Olive, Dénichez d'un grand orme à gravir malaisé, BONS. 74S.
— ÊTYM. Diminutif de ramier.
\ UAMERON (ra-me-ron), s. m. Pigeon du cap.
— ÉTYM. Dérivé de ramier.
fRAMESCENCE (ramè-ssan-s'), s. f. Terme didactique. Disposition en forme de rameaux.
— ÊTYM. Lat. fictif ramescere, se disposer en rameaux, de ramus, rameau.
). RAMETfE (ra-mè-t'),*. f. Terme d'imprimerie. Châssis de fer qui n'a point de barre au milieu, et qui sert à imposer les ouvrages d'une seule page, les affiches, etc.
— ÉTYM. Rame l, par assimilation.
t2. RAMETTE (ra-mè-t'), s. f. Rame de petit papier. Une ramette de papier à lettres.
— ÉTYM. Rame 3.
RAMEUR (ra-meur), *. m. \\ 1° Celui qui rame. Tout à coup elle aperçut les débris d'un navire qui venait de faire naufrage, des bancs de rameurs mis en pièces.... fén. Tél. l. La condition des rameurs était la plus pénible et la plus dure, boliin, llist. anc. Œuv, t. iv, p. 676, dans poooenï. Un soir, t'eo souvient-il? nous voguions en silence; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes [du lac] flots harmonieux, lauart. Méd. i, I3, Le mot rameur s'employait lors du bon temps des galères; mais depuis on dit canotiers, avirons, nager, au lieu de raneurs, rames et ramer, alph. KAiiR, les Guêpes, déc. 1840. || 2° Nom vulgaire du sc.us gallus, poisson. ||S. m. pi. Se dit d'une tribu d'hémiptères comprenant les espèces aquatiques nageant à la surface de l'eau. || 3° Adj. Terme de zoologie. Oiseaux rameurs, oiseaux dont les ailes sont minces, peu convexes, fortement tendues dau» l'état de déploiement.
RÂM
RAM
RAM
— HIST. XIII* S. Oui fait la nef i droit rimer ? Li boins vent et li boin rimeur, bauimjuin de conué,
— ÊTYM. Ramer 1.
t RAMECTEMENT (ra-meu-te-man), i. m. Action de rameuter. || Fig. I! [le régent] voulut toujours favoriser des gens dont le rameutemont ne tendait qu'à le culbuter, st-sim. 483, 278.
t RAMECTICR (ra-mçuté), ». o. || 1° Ameuter de nouveau. ||Fig. Le premier écuyer, vieilli dans les intrigues.... qui les rameutait tous [la cabale attachée à Mme de Maintenon], st-sim. 238, lei. Il 2" Terme de chasse. Arrêter les cbiens qui donnent trop en avant, et les obliger d'attendre ceux qui suivent de loin pour les faire chasser tous ensemble.
— ÉTYM. Jie..., et ameuter.
RAMKUXjEUSE {ra-meû,meû-z'),a<I;.|| 1° Terme
de botanique. Qui est partagé en branches, en un plus ou moins grand nombre de subdivisions secondaires. Tige rameuse. ||a° 11 se ditdu bois des cerfs. Comme un vieux cerf dans une forêt porte son bois rameux au-dessus des têtes des jeunes faons dont il est suivi, FÉN. Tél. v. || 8* Il se dit enfin de toute espèce de ramification. Dans chaque partie de ces atomes vivants, des veines, du sang; dans ce sang , des esprits, des parties rameuses et des humeurs, FÉN. Exisl. ai. Il La matière rameuse, hypothèse imaginée par Descartes sur la configuration de la matière pour en expliquer certains arrangements. Je vous enverrai, pour bâtiryotre ville, toute la matière subtile de Descartes, toute sa matière globuleuse et toute sa rameuse, que je vous ferai porter par Cyrano de Bergerac, volt. Dict. phil. lénophanes.
— HIST. xvr s Et des grands cerfs au large front rameux, bons. «83.
— ETYM. Provenç. ramoi.-espagn. etital. ramoso; du lat. ramosus, de ramus (voy. rame i). L'ancienne langue disait non rameux, mais ramu : Berte fu chez Symon ens al grant bois ramu, Berte, li.
t RAMICORNE (ra-mi-kor-n'), adj Terme de loologie. Qui a des antennes rameuses.
— ÊTYM. Lat. ramus, branche, et corne.
t RAMIE (re-mie), i. f. Plante récemment importée de Java, et qui parait destinée à remplacer en partie le coton dans les plantations de l'Amérique du Sud, Monit. unir. 'U juill. (868, p. 978, 3* col. C'est le bœhmeria nhea, urticées.
«. RAMIER (ra-mié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pa»; au pluriel, 1'» se lie : des ra-mié-z excellents) , t. m. Gros pigeon sauvage qui niche sur les arbres. Je riais de le voir avec sa mine étique, En lapins de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, boil. Sai. III. Il ne paraît pas que le ramier produise avec le biset, puisque tous deux fréquentent le même lieu sans se mêler ensemble , buff.^w. t. iv , p. 362. Il Grand ramier, pigeon ma.ssart, columba poiumbuî, L. Petit ramier, petit massart , pigeon sauvage, columba œnas, L. \\ Adj. m. Pigeon ramier.
— HIST. xiv s. Coulons ramiers viennent de trois ans en trois ans, Uénagier, n, 6. || xvi* s. Amour de ramiere [colombe] , blandissement de chien, le- Boux nE linct, Prov. t. i, p. «98.
— ÉTYM. Prov. ramier, oiseau branchier; de rame I, avec la terminaison ter qui marque la manière d'être : le ramier est proprement un oiseau qui se tient dans les branches; l'usage a particularisé le sens,
t 2. RAMIER (ra-mié), ». m. || 1° Terme rural. Grand amas de branches et de tiges rassemblées pour être mises en fagots. || %° Au plur. Branchages coupés que le gibier à poil ronge dans les bois où Il y a des ventes.
— HIST. XII* s. Les clés des portes vit luinz pendr» à un ramier [branchage] : Erramment les saisi, ne s'i volt rien largier, Th. le mari. 47.
— ÊTYM. Berry, ramier, jeune bois, sommités des arbres; provenç. ramier, ramée; de rame *, avec la terminaison ter qui marque la manière d'être.
t3. RAMIER (ra-mié), s. m. Nom donné dans les galères à l'espace ouvert qui existait entre le pont et l'arbalêtrière.
— ÊTYM. Bamer 4 .
t RAMIÈRE(ra-miè-r'), ». f. Bordure d'arbres de haute ou de demi-futaie entremêlée de cépées et de buissons, sur un sol gazonnant, comme il en est sur le bord des torrent'. Ce qui distingue d'une ramière la haie vive, c'est qu'on ne peut passer dans une haie, tandis qu'on passe dans les ramières.
— ÊTYM. Ramier i.
RAMIFICATION (ra-mi-fl-ka-sion; «n vers, de ■ix syllabes), ». f. |{ 1* Terme de botanique. Division d'une tige en plusieurs rameaux. || Se dit aussi très-
souvent des divisions elles-mêmes. |1 Disposition des branches. La ramification du chêne. || 2° Terme d'anatomie. Mode suivant lequel se divisentles artères, les veines, les nerfs; ces divisions elles-mêmes. Les parties étaient injectées de façon que les dernières ramifications des vaisseaux, plus fines que des fils d'araignée, devenaient visibles, et, ce qui est encore plus étonnant, ne l'étaient pas quelquefois sans microscope, fontbn. Ruysch. On observait des ramifications de vaisseaux d'un blanc argenté qui ne pouvaient être prises que pour des trachées, bonnet, Hist. nat. mém. (Euv. t. ni, p. 27, dans pouoens. Il 3° On s'en sert en parlant des mines. R.imification des filons || 4° Fig. Subdivisions d'une science, d'un sujet, d'uno matière. Suivre son sujet dans toutes ses ramifications || 5° Fig. Se dit d'une secte, d'un complot. Les ramifications de cette secte s'étendaient très-loin. Le» colons découvrirent les traces d'un complot parmi les noirs, et l'on disait qu'il avait des ramifications chez les sauvages, cratbaubr. Natch. liv. ix. Ijl police va découvrir une grande conspiration qui aura, dit-on, de grandes ramifications dans les provinces et dans l'armée, p. l. cour. Livret. [Un complot] dont les ramifications, partant de Rouen... s'étendent jusqu'à Vire.... en traversant.... Falaise, c. delav. Cons. rapp.1,9,
— HIST. XVI* s. Depuis la cinquième vertèbre du dos, l'artère fait telles ramifications qui s'ensuivent... PARfi, I, 22.
— ÉTYM. Voy. RAMIFIER.
RAMIFIE, ÉE (ra-mi-fi-é, ée), port, passé de
ramifier. Artères ramifiées.
RAMIFIER (SE) (ra-mi-fi-é), je ramifiais, nous ramifiions, vous ramilliez; que je ramifie, que nous ramifiions, que vous ramifiiez, v. réfl. || 1° Être divisé en plusieurs rameaux. Le bois du cerf se ramifie comme le bois des arbres. Les filons de cette mine se ramifient beaucoup. Ces canaux se ramifient à l'infini et portent l'air dans tout le corps de l'animal, BERN. DE st-p. Hormoi». liv. n. Il 2° Fig. 11 se dit des notions, des sciences. Ces vérités se divisent, se .subdivisent et se ramifient presque à l'infini, fontenelle, dans desfontaines. || Il se dit aussi d'une secte, d'un complot Les sectes protestantes ont une grande tendance à se ramifier. Ce complot s'était ramifié très-loin.
— HIST. xiv* s. Leijuel tronc [veineux] s'estent ou [au] foie, et là se remette, etse départ en plusieurs branche», h. de mondeville, f' 27, i'er»o. || xvi* s. Tel lieu, tant par le moyen des petites artères qui se ramifient par iceluy, que... pabé, vi, 23.
— ËTYM. Lat. ramus, branche (voy. rame i), et facere, faire; provenç. ramijicar.
t RAMIP ORE (ra-mi-flor'), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs naissent sur les rameaux. Le nerprun est ramifiore.
— ÉTYM. Lat. ramus, branche, et fleur.
t RAMIFORME (ra-mi-for-m'j , adj Terme de botanique. Qui ressemble à un rameau.
— ÉTYM. Lat ramus, branche, et forme.
RAMILLES (ra-mi-ir. Il mouillées, et non ra-
mi-ye), ». f. pl.\\l' Menues branches d'arbres. Il %° Au sing. Terme de botanique. Nom donné aux plus petites et dernières subdivisions des rameaux. Il Bourgeons, produits de la dernière sève, qui ont cessé de eroltre en longueur, et dont l'extrémité est terminée par un œil bien (orme.
— HIST. xiii' s. Lors [il] choisi [vit] un vilain qui taille Ramille por son four chauffer, Ren. 29823. Il XV* s. 11 s'estoit ingéré de aler.... copper, prendre et emporter à son pourfit singulier ramile et tonsture de bos, du cangb, ramilix.
— ÉTYM. Rame ), avec la terminaison diminutif ille; provenç. ramiÙa.
f RAMINAGROBIS (ra-mi-na-gro-bis') ou ROMI- NAGROBIS (ro-mi-na-gro-bis'), s. m. Nom donné par plaisanterie au chat. Les plus beaux chats d'Espagne ne sont que des chats brûlés au prix de lui, et Rominagrobis même (vous savez bien madame, que Rominagrobis est prince des chats) ne saurait avoir meilleure mine, voit. Lett. fB3. Or bien, sans crier davantage, Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis; C'était un chat vivant comme un dévot ermite.... la font. Fo5J. vii, (6. Une jeune souris, de peu d'expérience, Crut fiéchir un vieux chat, implorant sa clémence. Et payant de raisons le Bamina?robis, id. Fabl. xii, 5.
— HIST. XVI* s. Nous avons ici, près la Villaumere, un vieux poète: c'est Raminagrobis, lequel en seconde nopce espousa la grande gourre dont naquit la belle basoche, bab. Pant. m, 24. Cela tenoit plus d'un grand satrape, d'un Soudan, lesquels s'estudient trop à tenir leur gravité et réputation, et à
faire des raminagrobis de guerre.... brant. Capit. franc, t. m, p. 9B, dans lacurne.
— ÉTYM. Dans ce mot on ne connaît que la finale yrobis (voy. qros-bis). Quant à ramina, Le Ducliat y voit raoul, dit pour matou, et hermine ou mtne; Borel, domine grobis; Jaubert, rominer, qui se dit en Berry du murmure de satisfaction des chats. Cette dernière étymologie paraît véritable.
RAMINGUE (ra-min-gh'), ad;. Terme de manège. Cheval ramingue, cheval qui se défend contre l'éperon, ne voulant pas avancer dès qu'il le sent.
— ÉTYM. Provenç. ramène; ital. ramtngo; du lat. ramus, branche. Ramène et ramingo se disent du faucon branchier, jeune encore et ne restant pas en place; de là le sens d'indocile.
t RAMIPARB (ra-mi-pa-r'), od;'. Terme de botanique. Qui pousse des rameaux. || Se dit des, polypiers. Le polype à bras nous a offert un animal qui, multipliant par rejetons, peut être nommé à bon droit ramipare, bonnet, Coniempl. nat. Œuv. t VIII, p. 288, dans pougens.
— ÉTYM. Lat. romu», branche, et parère, produire. f RAMISTE (ra-mi-st'), adj. Consonnes ramiste»,
se dit du ; et du «, qu'on appolait autrefois t consonne et u consonne.
— ÉTYM. Aamu», grammairien du xvi' siècle qui distingua ces consonnes.
t RAMISTES (ra-mi-st'), i. m pi. Les partisans du musicien Rameau, par opposition aux vieux tenants de la musique de LuUi ou lullistes. || On a aussi appelé ramistes les théoriciens qui soutenaient la doctrine de la basse fondamentale inventée par le même compositeur.
t RAMOINDRIR (ra-moin-drir) , v. a. Rendre moindre de nouveau. L'ordinaire était mesquin, on l'a encore ramoindri, Dict. de l'Acad. i696.
— ÊTYM. Re..., et amoindrir.
t RAMOIR (ra-moir), s. m. Outil dont le cofîretier se sert poiir tailler et polir le bois.
RAMOITI, lÊ (ra-moi-ti, tie) , part, passé de ramoitir.
RAMOrriR (ra-moi-tir), v. a. || l' Rendre moite de nouveau. La terre s'était séchèe, cette pluie l'a ramoitie. || Terme d'imprimerie. Ramoitir les balles, les tympans, les humecter avec une éponge imbibée d'eau. On ramoitit aussi le papier, avant de s'en servir pour l'impression. {| 2° Se ramoitir, v. réfl. Devenir plus moite.
— HIST. XV* s. La moislure des palus esveus [aqueux] et terre ramoitie d'icelluy pays qui siet vers les marches de Flandre, christ, de pisan , Charles V, ii, i.
— ÉTYM. ile..., à, et moite.
t RAMOmsSEMENT (ra-moi-ti-se-man) , ». m. Action de ramoitir; résultat de cette action.
— HIST. XVI* s. Ramoitissement, monet, Dict.
RAMOLLI, lE (ra-mo-li, lie), part, passé de ramollir. Il 1* Rendu mou. Terrain ramolli par les pluies. Il Fig. Les Mèdes, autrefois si laborieux et si guerriers, mais à la fin ramollis par leur abondance, comme il arrive toujours, avaient besoin d'un tel général, boss. Hist. m, 4. || 2° Néologisme et fig. Devenu hébété, par allusion au ramollissement du cerveau, qui éteint les facultés intellectuelles. Il est ramolli, et, substantivement, c'est un ramolli.
RAMOLLIR (ra-mo-lir), v. a. || 1* Rendre mou, Ramollir de la cire. || Terme de fauconnerie. Ramollir un oiseau, redresser son pennage avec une éponge trempée. i| 2" Fig. Rendre mou, énerver soit le corps, soit rime. L'oisiveté ramollit les courages, VAiiGEL. Q. C. V, s. On a même écrit que Sésostris fut le premier à ramollir, après ses conquêtes, les mœurs de ses Egyptiens, dans la crainte des révoltes, BOSs. Ilisl. III, 1. Vous avez beau ramollir son corps dans l'inaction, vous n'en rendez pas son entendement plus flexible, J. ;. rouss. Èm. il. Il 8* Se ramollir, v. réfl. Devenir mou. Cette même chaleur a si fortement agi sur les neiges, qu'elles se sont extrêmement ramollies, saissure, Voy. Alpes, dans pougens. || Fig. Que son cœur ne se ramollisse pas en écrivant des choses si tendres, Boss. Lett. 133. Il Son cœur s'est ramolli, se dit d'un homme qui s'est relâché de sa première sévérité. Il 4° Fig. et familièrement. Devenir imbécille, par allusion au ramollissement du cerveau
— REM. Ramollir a pris par l'usage une acception qui le confond avec amollir.
— HIST. XV* s. Ces paroles et autres ramollirent et adoucirent grandement le courage et le mautalent du roi d'Angleterre, froiss, i, i, 2R». || xvi* s. .... Elle a les mamelles ramollies, et son ventre est grandement enflé et plus dur, paré, xviu, S4.
— ÉTYM. B*..., et amollir.
RAM
RAM
RAM
RAMOLLISSANT, ANTE(ra-mo-Il-san, san-t'), adj. Terme de médecine. Se dit des remèdes qui ramollissent, qui relâchent. || Kig. Nous avons traité diligemment ce riche cruel ; que d'huiles ramollissantes, que de fomentations nous avons mises sur ce cœur! boss. Scrrfioiu, Impénii. fin. 3. {| S. m. Un rainollissant.
t RAMOLLISSEMENT (ra-mo-Ii-se-man), j. m. Il 1° État de ce qui est ramolli. Le ramollissement de la cire. L'expérience du ramollissement des os par un acide, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t V, p. 402, dans pouoen.s. || 2° Terme de médecine. Mode particulier de lésion organique, ou plutfll allération parliculibre de la nutrition, caractérisée par une diminiiiion de la cohésion naturelle à chaque tissu. || Le ramollissement du cerveau, lésion grave du cerveau, tantôt aiguë, tantôt chronique; elle s'accompagne d'une altération profonde des facultés intellectuelles.
— ÉTYM. llamoUir.
RAMON (ra-mon), s. m. \\ i° Terme vieilli. Balai. Il 2" Terme de jardinage. Balai fait de rameaux d'arbres, pour nettoyer les allées d'un jardin.
— HlST. XV' s. k tout un ramon de behourl [avec une lancede tournoi], E. descw . Poésies msj. f" 56t. Sa bonne femme, qui menageoit par leans, en sa main tenani un ramon, demanda : qui est cela'?
LOUIS XI, Nouv. 1.
— ETYM. liame l, et la finale on. RAMONAGE (ra-mo-na-j') s. m. Action de ramoner.
RAMONÉ, ÊE (ra-mo-né, née), pari, passé de ramoner. Cheminée mal ramonée.
RAMONER (ra-mo-né) , v. a. \\ i° Nettoyer le tuyau d'une cheminée, en ôter la suie. || Kig. et populairement. Ramoner quelqu'un, le gronder, lui faire une vive réprimande. I| 2° Se ramoner, v.réfl. Ëlre ramoné. Les cheminées se ramonent tous les ans.
— REM. L'Académie ne met qu'une n à ramoner ; dans les mots de ce genre elle en met deux : sermonner, etc. Il faudrait partout suivre l'uniformité ; et le mieux serait de ne mettre qu'une n.
~ HIST. xm* s. II n'i a chambrete petite. Qui ne soit si bien ramonée Que jà poudre n'i erl [sera] trouvée, butebeup, t. ii, p. 234. || xiv* s. X Pierre de Causaing, pour ramonner et netyer le markiet où li fiens avoit esté, caffiaux, Régence d'Aubert de Bavière, p. 68. || xv s. Et s'en vont entretaillor l'ung l'autre aux espées nues, tant qu'ils peuvent ramonner de haut à la force des bras, Perceforesl, t. I, 1^25. Il xvi" s. Une chambrière, qui se disoit Picarde (combien qu'elle fust Normande), de laquelle il avoit prins un peu auparavant que ramon estûit un balai, et ramonner, balier, en la chansonnette : Ramonnez-moi ma cheminée, des pér. Contes, xcviii.
— ÉTYM. Itamon; picard, ramonner, balayer.
f BAMONERIE (ra-mo-ne-rie), s. f. Terme de meunenc. Appareils à brosses fixées tantôt à des plateaux ou dis(|ues honzoniaui tournant au-dessus d'une meule ordinaire, tantôt à des arbres horizontaux oscillant ou tournant d'une manière rapide dans l'intérieur d'un cylindre ou d'un cône fixe ; ils sont destinés à nettoyer les grains.
— ETYM. Ramon.
RAMONEUR (ra-mo-neur), s. m. || !• Celui dont le métier est de ramoner les cheminées. Noir comme un ramoneur. Le chevalier de Buous vous r,jrte un éventail que je trouve fort joli : ce ne sont plus de petits amours, il n'eu est plus question ; ce sont de petit.s ramoneurs les plus jolis du monde, sÉv. H mai 1076. Il 2" Sorte de bateau d'un tonnage entre 80 et 25 tonneaux, sur le canal du Midi.
— ETYM. Ramonir.
t RAMONNETTE (ra-mo-nè-f), s. f. Sorte de brosse. Rosettes ou clous à selliers, ramonnettes, sangles, etc. D^cJ. du rot, nov. (64o, tarif. \\ On trouve aussi raymonnette.
RAMPANT, ANTE (ran-pan, pan-t'), adj. || 1» Qui rampe, en pariant des animaux. Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, boil. Sat. viu. Non, tu n'es pas un aigle, ont crié les serpents.... Et déjà sur le dos de ces monstres rampants Du bec vengeur de l'aigle il imprimait la trace, c. delav. Messéniennes, II, 7, Lord fij/ron II Terme de blason. Se dit, en général, de tous les animnux qui sont représentés debout et s'élevant comme le long d'une rampe : il est opposé à passant. || S. m. pi. Ordre de mammifères, il 2" 11 se dit aussi des végétaux étalés sur le sol. Plante rampante. || Tige rampante, tige qui est couchée sur la terre et qui s'y fixe par des racines adventives. || Racine rampante, celle qui court horizoutalement entre deux terres, en jetant çà et là
des ramifications latérales et des tiges. || Plante rampante, surtout chez les auteurs un peu anciens, signifie aussi plante grimpante. Lorsque les Européens abordèrent aux Antilles, ils les trouvèrent couvertes de grands arbres, liés pour ainsi dire les uns aux autres par des plantes rampantes qui, s'élevant comme du lierre.... raynal, Hist. phil. X, 3. Il 8° PIg. Qui est dans une situation humble, basse. Je n'ai pas eu ce dédain qui empêche de jeter les yeux sur les mortels trop rampants, et qui fait dire à l'âme arrogante : il n'y a que moi sur la terre, Boss. Mar.'TMr. Il accepterait comme une grâce l'état le plus obscur et le plus rampant, uass. Avent, Uort du péch. || 4" Fig. Qui s'abaisse, qui ne garde pas sa dignité devant la puissance, la richesse. Un esprit bas, rampant, qui ne sent que la fange, TH. CORN. D. Ces. d'Av. m, 4. On les voit aussi rampants qu'ils ont été hautains, pên. Tél. xiii. De l'esprit pour s'avancer î Monseigneur se rit du mien ; médiocre et rampant; et l'on arrive à tout, BEAUMAHCH. HaT. de Figaro, m, 5. || Substantivement. Elle [Mme de Coulanges] ne fit nullement sa cour chez Mme de Montespan [des froideurs de Mme de LudresJ, quoique des rampantes eussent été bien aises que.... sSv. 23 oct. <677. || Il se dit aussi des choses. Laissons, seigneur, laissons pour les petites âmes Ce commerce rampant de soupirs et de flammes, cobn. Sertor. i, a. Us restèrent toujours dans une soumission rampante, uamilt. Cramm. 5. La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant, rampant, plus que tout, l'air de néant sinon par lui [Louis XIV], étaient les uniques voies de lui plaire, st-sim. 409,75. Si jo savais louer en face, Et, dans un éloge imposteur, Au ton rampant de la fadeur Faire descendre l'art d'Horace, qhesset, Éptt. P. Boujean/. Il Style rampant, style bas et plat. Son style [de Diodore] n'est point élégant ni orné, mais simple, clair, intelligible; et cette simplicité n'a rien de bas ni de rampant, rollin, Hist. anc. liv. xxv, ch. ii, i, 3. || On dit de môme : termes rampants, prose rampante. Plusieurs sont blessés de certains mots qui leur paraissent bas et rampants, comme chaudron, marmite, graisse, intestins.... qui se trouvei:! dans Homère, aoam, Traité det El. II, t. Il faut éviter en poésie ces termes celui-ci, celui-là, le premier, le second, 'tous termes de discussion, tous d'une prose rampante, volt. Comm. Corn. Rem. Poly. ii, <.|| 6» Terme d'architecture. Incliné, en parlant d'une surface. Voûte rampante. Il S. m. Le rampant d'un fronton, d'une voûte. Il Limon rampant, limon d'un escalier tournant qui n'est interrompu par aucun palier. || Terme de menuisier. Pièce rampante, toute pièce posée dans une situation inclinée. || 8° Terme de chirurgie. Bandage rampant, bandage dont les circonvolutions entourent une partie en manie 'e de spirale. Il 7" S. m. Terme de métallurgie. Rampant, espèce de conduit placé entre la voûte d'un fourneau à réverbère et la cheminée, par lequel s'échappe la fumée.
— HIST. XV' s. Une robe d'escarlale fourrée de rampans [c'est la hôte rampante du blason], avecques ung grant bourt [bâton] de la longueur de la beste, Bibl. des ch. 6' série, t. i, p. 346.
RAMPE (ran-p'), s. f. || 1* Partie d'un escalier qui conduit d'un palier à l'autre (en ce sens les architectes disent aujourd'hui volée). En face d'un parterre au palais opposé. Est un amphithéâtre en rampes divisé, la font. Psyché, i, p. I03. Elle traversa la cour en courant comme une folle, et monta si précipitamment qu'il fallut respirer après la première rampe avant d'achever de monter, i. j. Rouss. Uél. v, 6. Il Rampe courbe, portion d'escalier à vis, suspendue ou à noyau, dont les marches sont posées ordinairement sur une voûte rampante. |{ Rampe se dit aussi d'un plan incliné sur lequel sont établis les degrés ou marches d'un escalier. || 2° Balustrade qui règne le long des marches d'un escalier. Prenez la rampe pour descendre. 118° Rangée de lumières placée au bord de la scène sur un théâtre. Baisser la rampe. Lever la rampe. Allumer la rampe. Ce nom vient de ce que les petitsmaîtres autrefois se plaçaient volontiers sur le théâtre; et, comme ils n'avaient pas toujours la tête libre à l'heure du spectacle, une rampe en fer les empêchait de tomber dans l'orchestre; de là ce nom de rampe donné à cette partie de l'avant-scène, CASTiL-BiAZE, Hist. de l'Ac. de musique, 1. 1, p. 282. Il 4° Rampe de chevrons, l'inclinaison des chevrons d'un comble. || 6° Terrain eu pente servant de voie de communication. Une rampe plantée d'arbres conduit à une belle habitation. On arrivait par une rampe douce au haut du tertre. Une rampe de gazon très-escarpée la séparait d'un vaste parterre, cenlis.
Mères rie. t. n, p. 7«, dans podgews. || En termes de fortifications, la rampe est une pente douce, qui se fait le long du talus d'un rempart, et qu'oii place suivant l'occasion et le besoin. || 6° La pente d'une colline, d'une montagne. On avait pratiqué sur la rampe de ces montagnes une espèce de chemin assez large, dioeh. Salon de (787, (Euv, t. iv, p. (83, dans pougens. || 7° Suite de chandeliers qui accompagnent les cercles d'une cascade et forment une succession de jets. || 8" Terme d'anatomie. Rampes du limaçon, nom donné aux deux cavités du limaçon, dans l'oreille : l'externe ou supérieure est appelée rampe vestibulaire; l'interne ou inférieure est dite rampe tympanique.
— ÉTYM. Voy. ramper; ital. rampa, grilTe, rampo, crochet.
t KAMPEAU (ran-pô), ». m. Partie de quilles qui se joue en un seul coup de boule. || Second coup de la partie qui se joue en deux coups.
— HIST. xvr s. Je luy qianday que je ne voulois pas qu'il fust fait de luy un rampeau du capitaine Arne [qui venail d'être tué|, et qu'il suffisoit d'avoir perdu un brave et vaillant capitaine et une compagnie de gens d'armes, sans en perdre deux, MONTLoc, Mém. t. Il, p. 888, dans lacubne.
RAMPKMENT (ran-pe-man) , t. m. Action de ramper. Sous la figure du serpent, dont le rampe ment tortueux était une vive image des dangereuses insinuations et des détours fallacieux de L'esprit malin. Dieu fait voir à Eve notre mère son ennemi vaincu, boss. Hist. u, i.
— ÉTYM. Ramper.
RAMPER (ran-pé), v. n. || 1* Se traîner sur le ventre, en parlant des serpents, des vers et autres animaux semblables- Les vers qui rampent sous l'herbe. J'ai plus d'horreur de vous que des feux, que des fers Et de tous les serpents qui rampent aux enfers, TRISTAN, U. de Chrispe, m, 4.||Fig. Tu n'as point d'aile, et tu veux voler : rampe, volt. Pauvre diable. || Fig. Ramper sur la terre, y vivre dans un état comparé à celui des animaux rampants. Je sais bien que cette profession [le commerce] est méprisée de nos petits-mattres; mais vous savez aussi que nos petits-maîtres et les vôtres son! l'espèce la plus ridicule qui rampe avec orgueil sur la surface de la terre, volt. Zoire, Êp. dédie, à Falkener. || On a dit substantivement, en parlant de la vipère : Son ramper n'est pas aussi rapide que celui de plusieurs autres serpents. || 2° En parlant des plantes, s'étendre sur la terre, s'attacher aux branches des arbres. Son palais est enrichi de colonnes dorées où rampe tout du long une vigne d'or, VAUGEL. Q. C. vui', 9. Que la vigne en rampant gagne ces colonnades. Monte à ces chapiteaux et pende à ces arcades, delil. Hom. det ch. Yar. et add. ch. iv. || 8° En anatomie, se montrer, se dessiner avec un cours sinueux. L'anatomiste a très-bien démêlé des vaisseaux sanguins qui rampent sur la surface de ces tubules, bonnet, Contempl. nat. (Eue. t. viu, p. 43.114° Il se dit des animaux, de l'homme, qui se traînent sur le ventre. C'était un beau sujet de guerre Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant I la font. Fabl. va, 46. Les Groenlandais assurent que, quand ils veulent sortir pour mettre leurs canots à l'abri, ils sont obligés de ramper sur le ventre, de peur d'être le jouet des vents, bufp. Add. et corr. Théor. terre, (Euv. t. xui, p. 32. U [le chien] vient en rampant mettre aux pieds de son maître son courage, sa force, ses talents, lo. Quadrup. t. i, p. 3io. il arrive [Néron], les pieds et les vêtements déchirés par les ronces, aux murs du jardin de l'affranchi; il y entre en rampant, niDER. Claude et Héron, i, ( 1 2. || Cheminer lentement. Cela [aller dans la lune] vaudrait bien mieux que d'aller d'ici au Japon, c'est-à-dire de ramper avec beaucoup de peine d'un point de la terre sur un autre pour ne voir que des hommes, fonten. Mondes, 3' soir. \\ 6' Être gisant sur la terre. Des théâtres croulants, dont les frontons superbes Dorment dans la poussière ou rampent sous les herbes, LAMART. Médit. 1,48. Il 6" Terme d'architecture. Pencher suivant une pente donnée. || 7* Fig. Être dans un état humble, bas. J'aurais quelque chagrin à vous traiter de reine ....S'il me fallait ramper dans un degré plus bas, corn. Agésil. i, i. Elle [l'âme lidèle] y [sur la terre] voit une sagesse souveraine qui se plaît, ce semble, à se jouer des hommes, en les élevant les uns sur les ruines des autres; eu dégradant ceux qui étaient au haut de la roue, pour y faire monter ceux qui rampaient, il n'y a qu'un moment, devant eux, ukss. Avent, Bonh.des justes. On m'iKUore, et je rampe encore à l'âge
RAM
RAN
RAN
heureux Où Corneille et Racine étaient di'jà fameux, PIR. Métrom. m, 9. Ils rampaient à mes pieds, ils sont ici mes maîtres, volt. Olymp. ii, 6. Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi, bérang. Vocation. || Par extension. Si les sciences se sont trop élevées vers le ciel, s'il a été avantageux de les rappeler vers la terre, il ne faut point les condamner à y ramper, condorcet, DuAameJ. || S'humilier. Il rend honneur au prochain.... il ne refuserait pas, s'il le fallait, de ramper sur la poussière, et sous les pieds du prochain, bourdal. Pensées, t. II, p. i7«. Ils [les premiers chrétiens] ne connaissaient rien de plus grand que de ramper dans la boue, mass. l'et. carême, Caract. de la grand, de J. C. Il 8° Fig. S'abaisser d'une façon abjecte devant la puissance, la richesse. Du même fond d'orgueil dont on s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, l'on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi, la bhuy. vi. Je vous avertis qu'il est fort vain : il aime à voir ramper devant lui les autres domestiques, lesage, Gil. Bl. m, 3. Nous n'avons que deux jours à vivre ; ce n'est pas la peine de4es passer à ramper sous des coquins méprisables, VOLT. Lelt. HelvétiuSf I6 juillet (760. Comme le peuple est également dangereux, soit qu'il rampe devant les autres, soil qu'on rampe devant lui , il ne faut pas qu'il possède exclusive- -ment le droit de juger et qu'il confère toutes les magistratures, babtuél. Anach. ch. «2. Vous rampiez tous, 6 rois qu'on déifie, bér. Le Dieu des bonnus gens. \\ Poétiquement. Beaux-arts, dieux bienfaisants.... Sur le front des époux de l'aveugle Fortune Je n'ai point fait ramper vos lauriers trop jaloux, à. CHÉN. Élég. XVI. Il 8° En parlant d'un écrivain, du style, être bas, sans élévation. Ils [certains poêles] rampent bassement, faibles d'inventions, RÉGNiEit, Sat. IX. Si nous ne nous permettions quelque chose de plus ingénieux que le cours ordinaire de la passion, nos poèmes ramperaient souvent, corn. C>d, Examen. L'autre a peur de ramper et se perd dans la nue, boil. An p. i. Ses vers plats et grossiers, dépouillés d'agrément. Toujours baisent la terre et rampent tristement, m. ib. u.
— HlST. XII* s. À tant la roche passèrent en rampant, flot», p. 46. Iliin's. La mers et toutes les choses rampanz loer doivent Dieu, Psautier, f. 82. Par foi, dist Belin le moion, Je n'apns onques à ramper. Dist Bernars: je ne sai monter, Ren. <339B. Uns des barons de l'ost en contremont rampoit, Et li autre trestout, chascuns d'eus le sivoit, Ch. d'Ant. VI, 254. Ses cuers [son cœur, de l'ambitieux] n'est onques à séjour, Ains tire au ramper nuit et jour Amont, et dist ; je ramperai, Et haut en chicre seray, Baudouin de condè, t. i, p. 47i. || xiv* s. Tant burent de bon vin no gent en assaillant, Qu'il en furent plus fier que nul lyon rampant, Guescl. 201 ;i9. Chascune de ces ulcères sont dites ambulativcs, quant il [elles] rampent et s'estendent d'un lieu en autre, h. de mondevili.e, {' 75, bis, verso. Serpigo est une aspreté qui rampe çà et là, lanfranc, f* 43. Il XV' s. Les Escols eslablis sur deux croupes de montagnes, là où l'on ne peut bonnement monter ni ramper pour eux assaillir, froiss. i, i, 4(. Il XVI* s. Qui rocs et montz comme lyons rampèrent, J. MAROT, V, 27. D'uug sault persoyt ung foussé, montoyt six pas encontre une muraille, et rampoyt en cette faczon à une fenestre de la haulteur d'une lance, rab. Garg. i, 23. Y apparoissoyent, on demy jour, aulcuns liraassonsen ung lieu, rampans sur les raisins; en aultres.... id. Pant. v, 38. Soudain la renommée à l'aile bien agile. Dessus le mur rampée, espouvanta la ville, bons, 672. Et à ceux qui pourront vivement empescher De ramper l'heresie à force de prescher, id. 696. Nostre langue encores rempante à terre, du bell. i, io, verûi. Rampant au limon de la terre, je ne laisse pas de remarquer jusques dans les nues la haulteur inimitable d'aulcunes âmes héroïques, mont, i, 263.
— ÉTYM. Provenç. rapor. On serait tenlé de chercher l'étymologie dans le latin repère. Mais le sens s'y oppose , puisque ramper dans l'historique veut aussi bien dire grimper que ramper. Il faut donc le rattacher, avec Diez, au germanique : flamand, rapen, saisir, attirer à soi (l'italien rompare, signifie donner des coups de griffe); bavarois, rampfen. La série des sens est s'accrocher, grimpée, aller à quatre pattes, ramper.
t B.4MPICHET (ran-pi-chè) , s. m. Grimpereaû.
— ÉTYM Ramper, au sens de grimper.
RAMPIN(ran-pin), adj.m. Cheval rampin, cheval qui présente une défectuosité des pieds, dans laquelle la paroi se trouve redressée au delà de la perpendiculaire, de sorte que le bord supérieur de
la pince est plus avancé que l'inférieur. || On dit de même : pied rampin.
— ÉTYM. Ramper.
t RAMPISTE (ran-pi-st'), i. m. Menuisier qui fait des rampes d'escalier.
t RAMPONEAU (ran-po-nô), s. m. Jouet d'enfant qui consiste en un petit cylindre de moelle de sureau, au bout duquel on a mis un peu de plomb, dont le poids fait relever le jouetquand on le culbute.
t BAMDLE (ra-mu-l') , s. f. Terme de botanique. Rameau avorté ou métamorphoséqui simule une tige. Les asperges, le petit houx présentent des ramules.
— ÉTYM. Lat. ramulus, diminutif de ramus, branche.
fRAMDLEUX, EDSE (ra-mu-leû, leû-z'), adj. Terme de botanique. Divise en petits rameaux.
t RAMULIFLORE (ra-mu li-no-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des fleurs sur les ramules, par exemple : le petit houx.
— ÉTYM. Ramule, et fleur.
t RAMDNCULE (ra-mon-ku-l'), $. f. Petit rameau. Chaque branche, chaque rameau, chaque ramuncule et même chaque feuil'e sont si bien des arbres en petit que.... bonnet, Paling. phil. iv, 3.
— ÉTYM. Dimin. du lat. ramus, rameau.
RAMURE (ra-mu-r'), s. f. || 1* Ensemble des
branches d'un arbre. Jeune, j'aimais les bois; sous leurs vertes ramures Qui des flots de la mer imitent les murmures. J'ai bien souvent erré, non sans quelque douceur, p. lebrun, Poés. t. ii, 4. Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S'emplissent pour vous seul de suaves murmures Et de rayons dorés I v. HUGO, Feuilles d'aut. i9. || 2° Bois d'un cerf, d'un daim. Les valets font cent tours, L'intendant même; et pas un d'aventure N'aperçut ni cor, ni ramure, Ni cerf enfin, la pont. Fabl. iv, 2i.
— HIST. xvr s. Il ne s'en faut que ramures et cors, Que vous, amans, ne soyez aussi bestes [que les cerfs] , MAROT, m, 1 49 . Si on chastre le cerf avant qu'il porte sa rameure, il n'en portera jamais, paré,vi, <8. Lesquelles [branches de mûrier] avec toute leur rameure, ferés porter en la maison, o. de serres, 468.
— ÉTYM. Rame * .
t RAMUSCDLE (ra-mu-sku-l'), t. m. Terme didactique. Très-petite division d'une branche, soit en botanique, soit en anatomie.
— ÉTYM. Lat. ramusculut, dimin. de ramus. branche.
t RANATRE (ra-na-tr"), f. m. Insecte de l'ordre des hémiptères.
t RANCANCA (ran-kan-ka), s. m. Sorte de f ucon d'Amérique
t RANCART (ran-kar), s. m. Locution populaire. Mettre au rancart, mettre de côté, au rebut dans un coin.
— BTYM. Supposera-t-on rang et quart, c'est-àdire au quatrième rang? M. Baudry soupçonne qu'il faudrait écrire rencart pour re écart.
RANGE (ran-s'), adj. \\ 1° Se dit d'un corps gras qui, sous l'influence de l'air, dont il a absorbé l'oxygène, a pris une odeur forte et une saveur désagréable, dues au développement d'acides gras. Du lard, de l'huile rance. |i Substantivement, sentir le rance. || Fig. et famihêrement. Il est temps de venir au procès que d'Antin intenta sur des chimères aussi folles que rances de l'ancienne duché-pairie d'Epernon, st-siu. 288, 4 55. {| 2° Il se dit aussi des confitures devenues trop vieilles. Des confitures rances. || 3° Terme de commerce. Le rance ou rancio, qualité douce et moelleuse que l'eau-de-vie acquiert en vieilUssant, à mesure qu'elle diminue en force et en quantité.
— HIST. ivi" s. La louange de sobriété et de tempérance qu'il vouloit ramener en usage, estoitdesjà chose si rance, par manière de dire, et si desaccoustumée, qu'il n'en estoit plus de nouvelle, amyot, Galba, 3. Quels fumiers, recens ou rances, sont les plus à priser, o. de'serres, (OI. Le bled le plus récent est le plus fertile; et au contraire, le rance est impropre à fructifier, id. t04. Ce capitaine Marche au baston comme les vieillards font. Et d'une voix toute caduque et rance Francus aborde, et en ce poinct le tance, rons. 5»9. Quand ils voyent qu'ils [des grains et semences] commencent à se moisir et à sentir le rance, mont, ii, (86.
— ÉTYM. Provenç. ranc; espagn. rancio; ital. ranctdo; du lat. râncidus; comparez pâle, de pallidus, net de nitidus, etc. On rattache râncidus au grec (5lv, ail. riechen, flairer, et sanscr. ghrâ, avoir une odeur, ghrSna, nez. On trouve au xvi' siècle le latinisme rancide : huiles rancides, PABf, x.\, 35.
t RANGER (ran-sé), e. a. Termede marine. Fortifier un vieux bâtiment en y mettant des rances.
t RANCF.S (ran-s'), s. f. pi. Terme de marine. Se dit des pièces de bois appliquées sur les hauts d'uij vieux bâtiment, pour le consolider. || Pièces de bois servant de chantier pour les futailles.
— KTYM. Le même que ranche.
t RANCESCIBLE (ran-sè-ssi-bl'), adj. Susceptible de devenir rance. Les unes [huiles] sont cérifiables, les autres siccatives, et les troisièmes rancessibles, foubcroy, Conn. chim. t. vu, p. 328.
t RANCETTE (ran-sè-t'), s. f. Tôle qu'on emploie pour faire des tuyaux de poêle.
t RANCUE (ran-ch'), s. f. Nom qu'on donne aux chevilles de bois ou de fer qui servent d'échelons pour monter au haut d'un engin, et qui forment ce qu'on appelle l'écbellier ou le rancher.
— HIST. XV* s. Le suppliant frappa icellui Perrinot d'un baston ou ranche de charrette, du cangk, ranchonum.
— ÉTYM. Lat. ramex, ramicis, pieu, bâton. RANCHER (ran-ché), s. m. Pièce de bois garnie
de chevilles servant d'échelons. || Longue pièce de bois traversée de ranches, qu'on pose en arc-boutant pour monter au haut d'une grue. || Pièce de bois carrée, qui se place sur le devant ou sur le derrière d'une charrette.
— HIST. xiv* s. BostguiUot prist un ranchier de charrette, dd cange, ranchonum.
— ÉTYM. Ranche.
t RANCHEBIE (ran-che-rie), « f. Nom des villages des Indiens indépendants, dans l'Amérique espagnole, LA PÉROUSE, Fot/. t. II, p. 27), dans POtGENS.
— ÉTYM. Esp. ranchtria, endroit où se tient un rancho, qui signifie compagnie, communauté de gens qui mangent ensemble. Diez le rapporte à la même origine que le français rarig.
t RANCHET (ran-chè), s. m. Nom donné, dans les voitures d'artillerie, à des montants en fer qui réunissent les ridelles aux brancards, et qui .port nt des planches de manière à former le coffre de la voiture.
— ÉTYM. Voy. RANCHER.
t RANCHIER (ran-chié), s. m. Terme de blason. Il se dit du fer d'une iaux. || On dit aussi rangier.
— ÉTYM. Dérivé de ranche.
RANCI, lE (ran-si, sie), part, passé de rancir. Devenu rance. Du lard à moitié ranci.
RANCIDITÉ (ran-si-di-té), s. f. Qualité d'une graisse ou d'un corps contenant soit de l'huile, soit de la graisse, devenues rances. Pour peu que la graisse soit rance, on voit qu'elle prend des propriétés très-différentes de celles qu'elle avait avant celte rancidité, pourcroy, Conn. chim. t. ix, p. (82.
— REM. Rancidité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de (762.
— ETYM. Lat. râncidus, rance.
RANCIO (ran-sio), adj. m. \\ 1° Vin rancio, ou, substantivement, le rancio, vin d'Espagne, qui de rouge est devenu jaunâtre en vieillissant. || 2" S. m. Terme de commerce. Le rancio (voy. range, n* 3).
— ÉTYM. Espagn rancio, rance n"3, vieilli. RAN'CIR (ran-sir), v. n. Devenir rance. Du lard
qui commence à rancir. |1 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : L'huile a ranci en peu de temps ; avec l'auxiliaire être, si l'on veut marquer l'état : L'huile est rancie depuis peu de temps. || So rancir, v. réfl. Devenir rance. Les graisses.... en se rancissant, saisissent l'acide aérien, buff. Min. t. v, p. 336. U (le beurre de brebis] se rancit facilement, si on n'a pas la précaution de le laver à plusieurs reprises, oenlis. Maison rust. t. ii, p. 37, dans pougens
— HIST. XVI" s. Se rancir, cotgrave.
— ÉTYM. Rance.
RANCISSURE (ran-si-su-r'), s. (. État de ce qui est rance.
— ÉTYM, Rancir.
t RANCOEUR ou RANCUEUR (ran-keur), s. f. Terme vieilli. Haine cachée et invétérée qu'on garde dans le cœur; même sens que rancune, mais d'un style plus élevé. Arrière, vaines chimères De haines et de rancueurs ; Soupçons de chose» amères, Ëloignez-vous de nos coeurs, malh. ii, %. Excuse par pitié ma jalouse rancœur, régnieh, Élég. II. Rancune est populaire, mais rancœur serait noble et plus fort que ressentiment, marmon-
TEL, ŒUV. t. X, p. 430.
— HIST. xii* s. Li altres geunet [jeûne] par rancor et par iuipascience, st-behn. 565. ||xiv* s. Le suppliant et feu Guillaume buvoient à un escot, sans nulle rancuer ou mauvaise excogitation, du cange, rancor.
— ÉTYM. Berry, rancœur, s. m. dégoût : ça fait rancoeur; prov. rancor; espagn. rencor; port.
RAN
RAN
RAN
ranenr; Ital. raneorê; du lat. rancorem, proprement rancidité, figurément haine couverte.
RANÇON (ran-son), s. f. || 1* Prix qu'on donne pour la délivrance d'un captif. Je donne la liberté, sans aucune rançon, à tous les Juifs qui ont été emmenés captifs du pays de Juda, saci. Bible, ilachab. I, (0. Ses deux fils [de François I"] furent prisonniers à sa place en qualité d'otages; mais il les racheta pour de l'argent; cette rançon, à la vérité, se monta à deux raillions d'écus d'or, et ce fut un grand fardeau pour la France, volt. Mœurs, <24. Il Fig. Et dans ce jour fatal [le jufïement dernier] l'homme à l'homme inutile Ne paira point à Dieu le prix de sa rançon, j. b. rouss. Odes, i, S. De l'immense rançon qu'attend le roi des rois Le fils de 1 Éternel peut seul porter le poids, DELILLE, Parad. perdu, xil. || Mettre à rinçon, rançonner, piller. Des pirates du Nord vinrent vous mettre à rançon, et vous prirent la province qu'on nomme depuis Normandie, volt. Facéties, Disc, aux Yelches. || C'est la rançon d'un roi, se dit d'une somme qui paraît excessive. Il a payé cette terre six cent mille francs, c'est la rançon d'un roi. Il 2° Composition en argent au prix de laquelle un corsaire relâche un biitiment de commerce qu'il a capturé. 11 [Jean Bart] déclare que le 9« aoilt, étant proche le Doggerbanc, il a pris un bAliment hollandais, chargé de planches, et que, 1 ayant gardé jusqu'au H*, il est convenu de sa rançon avec le maître à la somme de dix mille florins argent de Hollande [en <8»ol, dans JAL.
— HIST. xa* s. Por pecheors [pécljeurs] venir à raenson, ^one. p. 48. ||xm" s. Sire, il vous mandent et prient que vous prendés de lor signor raenchon; et il vous en donront tant qu'il vous en
venra en gré, C/ir. de Rains, p. B6. jjxv' s Et
vous laisserai venir à rançon légère et gracieuse [le roi d'Angleterre à messire Hervey son prisonnier], PROlss. I, I, îl4.||xvi« s. En laissant aller francs et sans payer rençon, ceulx qui y avoient esté pris prisonniers, amyot, Démétr. 20. Ils [les vainqueurs chez les sauvages d'Amérique] ne demandent à leurs prisonniers aultre rançon que la confession et recognoissance d'estre vaincus, mont.
— ÉTYM. Prov. reemsos, rezempto; esp. redencion; ital. redenxione; du lat. rédemption em , de redimere, racheter, de re, red, indiquant retour, et emere, acheter. Rançon est une contraction de raençon.
RANÇONNÉ, ÉE (ran-so-né, née), part, passé de rançonner. Mis à rançon. Prisonniers rançonnés. Navires rançonnés. Les habitants, déjà rançonnés par le roi de Suède, le furent encore davantage par Auguste, VOLT. Charles XII, 3.
RANÇONNEMENT (ran-so-ne-man), î. m. || 1° Action de rançonner. || i" Action par laquelle on exige d'une chose un prix exorbitant.
- HIST. XVI* s. Les fermiers ne cessent journellement vexer mes subjects de infinis ranssonemens, pilleries, concussions, marg. Lelt. (69.
— ÉTYM. Rançonner.
RANÇONNER'(ran-so-né), v. a. || 1° Mettre à rançon. Le Prince noir rançonna du Guesclin. || 2° Terme de mer. Relâcher, moyennant composition, un bâtiment marchand capturé. J'ai été fort surpris d'apprendre.... que vous ayez eu la hardiesse d'arrêter et de rançonner des vaisseaux hollandais porteurs des passeporis du roi, Ciiberl à Panetié, 3 sept. «678. De là il se mit à piller ou à rançonner tous les vaisseaux qui sortaient des ports de la Chine, ou qui voulaient y entrer, haynal, Hist. phil. i, 21. Il 3° Exiger de force ce qui n'est point dû. Louis XII fut le premier des rois qui mit les laboureurs à couvert de la rapacité du soldat, et qui fit punir de mort les gendarmes qui rançonnaient le paysan, volt. Mœurs, H 4. Les ennemis avaient tout rançonné du Var à la rivière d'Argan et à la Durance, id. Louis XV, 20. ||4» Exiger de quelqu'un plus qu'il ne faut pour une chose. Sur la route d'Italie, on rançonne assez durement les passagers, j. j. Houss. Hél. i, 23. On voyage avec beaucoup de sûreté dans toute la Grèce : on trouve des auberges dans les principales villes et sur les grandes routes; mais on y est rançonné sans pudeur, barthél. Anach. ch. 34. II ne faut rançonner personne ; mais vous savez bien que le prix des pratiques n'est pas celui des étrangers, genus, Thédl. d'éduc. March. de modes, se. 7.
— HIST. xiif s. Quant li soudans de l'Escamele, et li Soudan de Damas, et cis de Halape sorcut que li soudans de Babylone ot rançonnet le roi sans aus [eux], Ch. de Rains, 20». ||xv' s. [Son cheval l'em-
porta au milieu des Allemands] qui l'enclorrent de toutes parts, le prirent et le rançonnèrent et lui demandèrent dont il esloit, froiss. i, 1, m. Et le rençonna d'une somme d'argent, comm. vi, 9. Il XVI* s. Il estoit contrainct d'aller rodant çà et là le long des costes, suspect à tout le monde, rençonnant les amis, et mesprisé des ennfmis, amyot, Phoc. 18. Et ainsi ne pouvoil, sinon mettre la faute sur la traître fortune, qui rançonnoit une aise si brève par un regret éternel, yveh, p. 536.
— ÉTYM. Rançon; prov. ransonar.
RANÇONNEUR, EUSE (ran-so-neur, neû-z'), s.
m. et f. Celui, celle qui rançonne, qui exige plus que ne vaut une chose. Qu'il ne fallait accoutumer ces rançonneurs de gens [les aubergistes] à leur donner tout ce qu'ils demandent, FtjRETiÈHE, Boman bourg, liv. 11, llist. de Charrosselles, p. 216.
— HIST. XV" s. Pillais et raensonneurs de gens, DU CANGK. ranso.
RANCUNE (ran-ku-n'), t. f. Ressentiment tenace et qu'on n'oublie pas. Do mon côté, moi. J'ai une vieille rancune contre le financier, dancourt, Fotre de Besons, se. i3. Ce qui me retient, c'est la peine que cela vous fera, c'est la rancune que vous en prendrez contre moi, mariv. Marianne, 4" part. Bien rosser et garder rancune est aussi par trop féminin, beaumabch. J/ar. de Figaro, v, 8. Les rancunes de l'amitié sont plus durables que toutes les autres; elles survivent à la colère, genlis, Yœuxlémér. t. m, p. 133, danspouoENS. J'ai de la rancune de prince ; Mon bon roi, vous me le paierez, bé- RANG M. jours gras. || Sans rancune, ou point de rancune, c'est-à-dire oublions le passé, oublions nos sujets de plainte. Amour.... Qui fut (soit dit sans rancune) Si sujet à caution, chaul. Voyage de Vamour et de l'amitié. || Rancune tenant ou tenante, se dit pour signifier qu'on se rapproche tout en gardant son inimitié. Comptez sur moi comme .sur vous-même dans ce moment, mais rancune tenant toujours, volt. Socrate, 11, 8. || Rancune à part, se dit lorsque, n'étant pas bien avec quelqu'un, et ayant néanmoins un intérêt commun avec lui, on oublie de part et d'autre pour un temps les griefs réciproques. || Fig. et en forme de dicton populaire, en parlant d'une étoile, d'un cuir, etc.: C'est de la rancune de prêtre, ou c'est fait en rancune de prêtre, ça durera toujours, c'est inusable.
— HIST. XI* s. Diz cops il fiert par duel [deuil] e par rancune, C/i. de fioJ. clxviii. || xiii' s. Et se descovri lors aparantmonl la rancune, Jlisl. occid. des crois, 1. 11, p. 348. Amors a tele naturs, Que sa joie fait torner à ranciire, Ms. de poésies franc, avant I300, t. 1, p. 5i , dans lacurne. ||xiv* s. Li rois fut de mal cuer et de félon coraige. Et fut pleins de rancune, de corroux et de raige, Girart de Ros.'!. 1. 3191. Il XV* s. Et estoit tenu Piètre du Bois en paix parmi tant qu'il avoit juré qu'il ne Iraiteroit jamais ni ne procureroit nulle guerre ni rancunes des bonnes gens de Gand envers le duc de Bourgogne, froiss. ii, ii, 241. || xvi* s. Ame exempte de vengeance et de rancune, mont. 1, 402.
— ÉTYM Berry, rancure; prov. rancura; anc. espagn. rencura; ital. rancura; du lat. rancus, rance, avec la finale ura ou uno.
t RANCUNEUX, EUSE (ran-ku-neû, neû-z'), adj. Qui est plein de rancune. Si ce garçon-là me recherchait, je ne suis pas rancuneuse, il y aurait du rapatriage, et je prétends être brouillée, mariv. Surp. de i'am. 11, 6. Il est doux, honnête, sensible, et surtout il n'est pas rancuneux, al. duval, le Prisonnier, se. 22, S'il m'était possible de nourrir contre vous une pensée rancuneuse, cb. oe ber.vard, la Peau du lion, § vu.
— HIST. XV* s. Estre ne peult que, après grands guerres, le record rancuneux n'en demeure aux terres blessées, Bouciq. 11, 12.
— ÉTYM. Rancune, et la finale eux qui signifia plein de.
RANCUNIER, 1ÈRE (ran-ku-nié, niè-r'), adj. Qui a de la rancune, qui garde rancune. Dites-lui que je ne suis pas rancunier avec les génies, volt. Lett. au roi de Pr. déc. (769. C'està cette heureuse disposition, je le sens, que je dois de n'avoir jamais connu cette humeur rancunière qui fermente dans un cœur vindicatif, j. j. rouss. Confess, xi. Il ne faut pas être rancunier, et moins avec le patriarche [Voltaire] qu'avec qui que ce soit, ghimm, Corresp. t. I, p. 327. Il Substantivement. Un rancunier. Une rancunière. Il n'y a pas d'apparence que les rancuniers [les ennemis de 'Voltaire] perdent leur rancune, VOLT. Un. d'Alembert, <•' oct. 1756.
— ÉTYM. Hancwie, et la finale ier qui signifie manière d'être.
f RANDANITK (ran-da-ni'f), t. f. Silice gélatineuse de Randan (Auvergne).
t RANDON (ran-don), j. m. Terme vieilli. Course impétueuse, afflux impétueux. L'hiver survint avec grande furie, Monceaux de neige et grands randons de pluie, la font. Poésies mêlées, xxvii.
— HIST. XIII' s. Li sanc li saut à grant randon Par mi le nez à grant foison, flen. 8439. || xvi* s. Quand l'allarme commencea à sonner, les gens de cheval tournèrent tout court, et avec grands cris coururent du grant randon contre les l>arthes, amyot, Anton. 48.
— ÉTY.M. Voy. RANDONNÉE.
RANDONNÉE (ran-do-née), ». f: Terme de chasse. Tour, circuit fait sur un même lieu par une bête qu'on a lancée. || Familièrement. Faire une grande randonnée, marcher longtemps sans s'arrêter (locution vieillie).
— HIST. XII* s. Après lui broiche [pique des éperons] tout une randonnée, H. de Cambrai, ii8. H XIV* s. Bertran du Guesclin s'en va de randonnée Par dessus la jument qui estoit déferrée, Guescl. 268.
— ÉTYM. L'anc. verbe randoner, courir rapidement, qu'on entend encore dire à Paris, et qui vieni de randon, vivacité, violence. Diez tire randon de l'allem. Rand, bord, extrémité; d'où, en provençal, randa, le bout d'une chose, et o randa, près du bord, extrême, pressant. De là vient le reste des significations. Cependant Scheler demande si randon ne viendrait pas plutôt de rade, rapide, avec l'addition d'une nasale; le fait est que l'ancien français a randir, aller de roideur, conservé dans le picard randir.
t RANELLE (ra-nè-l'j, s. f. Genre ne coquilles univalves. On y distingue : la ranelle gibbeuse, dite vulgairement crapaud; la ranelle bourse, appelée aussi grenouille, bourse et raccrocheuse.
— ÉTYM. Diminutif de roTio, grenouille.
RANG (ran ; le g se lie et prend le son du k :
un ran-k élevé; aller de ran-ken rang; au pluriel, \'s se lie : des ran-z entiers), s. m. ||1° Disposition de choses ou de personnes sur une même ligne. Rang d'arbres. Rangs de dents. Ces rois et ces princes anéantis, parmi lesquels à peine peut-on la placer, tant les rangs y sont pressés, boss. Duch. d'Orl. C'est un petit village ou plutôt un hameiiu. Bâti sur le penchant d'un long rang de collines, BoiL. Épttre VI. 11 est vrai qu'en supposant ces rangs de rames [dans les vaisseaux des anciens perpendiculairement les uns sur les autres, il n'est pas aisé de comprendre comment se pouvait faire la manœuvre, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 672, dans pouGENS. En dansant, un petit rang de perles s'est détaché de son habit; je m'en suis emparé, .sans que personne s'en soit aperçu, genlis, Mères riv. t. m, p. 150, dans poiigens. 1| Au théâtre, loges de premier rang, de deuxième rang, premières loges, deuxièmes loges. || Dans les galères, les rangs, les forçats qui les faisaient marcher. Le service des rangs sauva notre galère. || Terme de manège. L'endroit du manège où les élèves sa tiennent l'un à côté de l'autre, et d'où ils sortent pour travailler tour à tour. || Rang d'écurie, nombre de chevaux attachés à un même râtelier. I! Grand rang, le rang le plus nombreux ou les plus beaux chevaux. || Espèce de table que les typographes établissent sur de? tréteaux pour y placer leurs casses. || Terme de maçonnerie. Se dit des assises d'un mur en pierre ou en moellon. || Terme de marine. F.iux rang, vide dans l'arrimage. || 2° Suite de soldats placés les uns à côté des autres. Mettre en rang. Serrez les rangs. Ils avaient rompu les rangs. Quand notre dictateur devanl les rangs s'avance, corn. Hor. i, 4. Dans leurs rangs à ce lâche ils ont donné retraite ! id. ib. m, 6. Aussitôt qu'il eut porté rie rang en rang l'ardeur dont il était animé, boss. Louis de Bourbon. Trois rangs, tirant à la fois et avançant ensuite rapidement, décident aujourd'hui du sort des batailles, volt. Louis XI Y, is. Le premier rang de sa compagnie [du roi de Prusse, père de Frédéric II] était omposé d'hommes dont le plus petit avait sept pieds de haut; il le» faisait acheter au bout de l'Europe et de l'Asie, id. Comm. œuv. aut. Henr. Et nous prenons noi rangs dans un mornei silence, c. delav. Paria, v, 6. Il [Napoléon, à Moscou, passant des revues) déclare que jusqu'alors c'est par erreur qu'on les a rangés [les bataillons] sur trois hommes de hauteur, que deux suffisent; il ne forme donc plus son infanterie que sur deux rangs, séodr, Hist. Nap. VIII, II. On remarqua un bataillon qui, s'étant présenté de flanc aux batteries russes, perdit un rang entier de l'un de ses pelotons par un seul boulet;
RAN
BAN
RAN
vingt-deux hommes tombèrent par le même coup. ID. tft. VI, 4. Il Entrer dans les rangs d'une armée, être admis, être incorporé dans une armée. || On dit de même : j'ai combattu, j'ai servi dans vos rangs; nous l'avons admis dans nos rangs; il fut chassé des rangs de l'armée. || Terme de tournoi et de combat de barrière. Se mettre sur les rangs, paraître sur les rangs, se présenter au combat, montrer qu'on est prêt à entrer en lice. || Fig. Être sur les rangs, se mettre sur les rangs, être, se mettre parmi les prétendants à un emploi, à une charge, etc. Il s'est mis sur les rangs pour la dépulalion. Tant de concurrents Que la soif de régner avait mis sur les rangs, corn. Pulch. ii, t. Que reut-il, dira-t-on; quelle fougue indiscrète Ramène sur les rangs encor ce vain athlète? boil. Épitre x. Il crut qu'il méritait son attention, et s'était mis sur les rangs, HAHiLT. Gramm. 6 || On dit de même: entrer sur les rangs. Phébus même aurait peur s'il entrait sur les rangs, boil. Épître 1. 1| Être sur les rangs, paraître dans le monde avec crédit, faveur, autorité; locution qui a vieilli. Ahl Dieu vous gard' la belle ville. Vous voici donques sur les rangs? st-amano, Rome ridicule, stance ». Rome fut saccagée, jusques à ce que Mucien et Maicellus vinrent sur les rangs, n'ABLANC. Tacite, Hist. II, 42. Il 8° Place qui appartient, qui convient à une personne ou à une chose parmi plusieurs autres. Ils prirent séance chacun selon son rang. Rang d'ancienneté. Rang de taille. Remettre un livre à son rang. L'homme ne sait à quel rang se mettre ; il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver, pasc. Pens. VIII, 12, éd. HAVET. Il [Alexandre Sévère] avait une autre chapelle où l'on voyait l'image d'Achille et de quelques autres grands hommes; mais Jésus- Christ était placé dans le premier rang, eoss. Hist. u, (2. Dans le ciel les rangs ne seront marijués que par les vertus, maintenon, Lelt. à Urne de la Viefville, 9 avr. I7i3. jj Opiner, parler à son rang, opiner, parler selon la place qu'on occupe. || Terme de marine. Se former par rang de vitesse, se dit d'une armée, d'une escadre, dont les vaisseaux se rangent le plus promptement possible sur les divers points d'une ligne de combat, quel que soit le poste ordinaire de chaque vaisseau. (| En termes d'étiquette, avoir rang avant, après, marcher devant, après. Le même traitement fut assuré au duc d'Enghien, et la maison de France garda son rang sur celle d'Autriche, jusque dans Bruxelles, Boss. Louis de Bourbon. Le patriarche de Russie fut dès lors sacré par les évêques russes, non par le patriarche ; Il eut rang dans l'Ëglise grecque après celui de Jérusalem, volt. Russie, i, 2. Il 4° Fig. Il se dit des différentes classes de la société. La distinction des rangs. Tirer quelqu'un des derniers rangs. Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjects Ont voulu s'ennoblir par de si hauts projets, CORN. Cinna, iv, 3. Il ne suffit pas qu'il y ait dans une monarchie des rangs intermédiaires, il faut encore un dépôt de lois, mont/jsq. Esp. ii, 4. Il 5° Particulièrement. Haute position dans la sociélé. Élever quelqu'un au rang de sénateur. Des femmes d'un haut rang. Je t'ai préféré même à ceux dont les parents Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs, corn. Cinna, v, ). Ne manquez pas, d'un haut ton. De les saluer par leur nom. De quelque rang qu'ils puissent être; Cette familiarité Donne à quiconque en use un air de qualité, mol. Remerc. au roi. Plus mon rang a d'éclat, plus l'afTront est s:inglant, iD. Psyché, Prologue. Je suis seule.... je ne liens aucune place ni aucun rang sur terre, que dans votre cœur.... et dans celui do mes amis.... mais vous, dans le rang que vous tenez... sÉv. 60a. Si son rang la distinguait, elle était encore plus distinguée par son mérite, BOSS. Duch. d'Orl. C'est là [dans l'histoire] que les rois n'ont plus de rang que par leurs vertus, ID. ib. Vous y verrez des saints qui ont tenu dans le monde les mêmes rangs que vous y tenez aujourd'hui, BOURDAL. Avenl, Sainteté, 302. Viens briller près de moi dans le rang qui t'est dû, bac. Eittt. m, 7. Mettez au premier rang ceux qui ont une noblesse plus ancienne et plus éclatante, fén. Tél. XII. J'étai.s jeune et superbe et nourri dans un rang Oïl l'on puisa toujours l'orgueil avec le sang, VOLT. Œdipe, iv, <. || S" Fig. Importance d'une personne. Camille, qui ne tient que le second rang dans les trois premiers actes et y laisse le premier k Sabine, prend le premier en ces deux derniers, 30RN. llor. examen. \\ U se dit aussi des choses. Quoi que doive un monarque, et dût-il sa couronne, U doit k ses sujets cucor pliu qu'à personne; U cesse
de devoir quand la dette est d'un rang X ne point l'acquitter qu'aux dépens de leur sang,. ID. Pomp. i, 4. Il Mettre une chose au rang des péchés oubliés, voy. PÉCHiî, n» I II 1' Fig. Place qu'une personne tient dans l'estime des homm'es.... vous tenez encor même rang dans son Sme, corn. D. Sanche, i, ï. Lui qui d'un honnête homme à lacour tient le rang, MOL. Mis. V, I , Donnez-moi la joie de voir que vous êtes persuadé que vousêtes au premier rang de tout ce qui m'est le plus cher au monde, sév. à Amnuld d^Andilly,t{ déc. («72. Chacun avait son rang dans les discours du prince, boss. Louis de Bourbon. En vain aux conquérants L'erreur, parmi les rois, donne les premiers rangs, boil. Éptire i. S peine en sa mémoire ai-je encor quelque rang, bac. Théb. n, 3. Et je ne puis gagner dans son perfide cœur. D'autre rang que celui de son persécuteur! ID. Andr. ii, b. De ce jour-là seulement il prend son rang d'homme de mérite, la brut. xii. Cette célèbre réponse par laquelle il [Annibal] donnait le premier rang entre les grands généraux à Alexandre, le second à Pyrrhus, le trolEième à lui-même, rollin , Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 338 , dans pougens. [Lamotte] prouva que, dans l'art d'écrire, on peut être encore quelque chose au second rang, VOLT. Louis XIV, 32. Il II se dit aussi des choses. Vous savez comme tout cela {les affaires de Mme de GrignanJ se trouve naturellement dans le premier rang de ce qui m'est cher et précieux, sÉv. t3nov. 4689. Je dis ce jour- là ces sottises que vous appelez jolies, et c'est tout ce qu'on peut faire pour les adoucir; vous voulez tirer de ce rang le compliment que je fis ékM. de Richelieu, je le veux bien, ID. 28 janv. <680. La pénitence autrefois tenait un grand rang dans l'Église ; je ne sais dans quel coin du monde elle s'est maintenant retirée, boss. Panég. St Bernard, 2. Dans quel rang mettez-vous ce livre [l'Esprit des lois]? — Dans le rang des ouvrages de génie qui font désirer la perfection, volt. Vial. XXIV, I. Il Perdre son rang, déchoir delà place qu'on occupait dans l'estime publique. À force de vieillir un auteur perd son rang, corn. Au roi. Sur son retour de Flandre. || Mettre au même rang, en même rang, accorder la même estime. Vous voyez qu'il [Jésus-Christ] met en même rang sa résurrection et sa mort, boss. Sermons, Vertu de la croix, 1. 1| Mettre au rang de, mettre au nombre de. Et l'on doit mettre au rang des plus cuisants malheurs La mort d'un ennemi qui coilte tant de pleurs, corn. Cinna, i, i. Je mets la contrainte d ins laquelle vous me mandez que vit cette pauvre femme à Rome [la princesse de VaudemontJ au rang des cruautés de l'inquisition, m"* de grignan, d Coulanges, dans sÉv. t. x, p. ten, éd. béonieh. Vous qu'il a vouiu mettre au rang de ses amis, BOSS. Louis de Bourbon. Mettons nos noms obscurs au rang des plus grands noms, volt. Orphel. iv, «. Il Se mettre au rang de, se mettre au nom lire de. Ce superbe croit s'élever au-dessus de tout et audessus de lui-même, quand il s'élève, ce lui semble, au dessus de la religion.... il se met au rang des gens désabusés, boss. Anne de Gont. \\ Au rang, parmi. Mais j'aimerais mieux être au rang des ignorants, Que de me voir savant comme certaines gens, MOL. F. tav. iv, 3. Il y a tant de jours et de mystères avant que de toucher son argent, qu'on se trouve insensiblement dans le rang des pauvres, sEv. t2 février (694 Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux, Et qui comptait Auguste au rang de ses aïeux, rac. Brit. i, ' . || 8° Terme de marine. Il se dit du degré de force des grands bâtiments. Vaisseau du premier rang, vaisseau à trois ponts. Vaisseaux du second rang, vaisseaux qui n'ont que deux ponts, et qui portent de 80 à ioo canons. Vaisseaux du 3' rang, vaisseaux à deux ponts ne portant que 72 canons. || On distingue aussi des frégatesdu i", du 2«,du 3' rang. |{ Autrefois vaisseaux du second rang se disait, avec moins de précision, de vaisseaux d'une force inférieure. Cette Âotte était composée de douze grands vaisseaux de ligne, de plusieurs du second rang, de frégates et de galères, volt. Russie, n, U. || 9° Terme de marine et dépêche. Rang d'avant, grande soutedans laquelle couche l'équipage, et où l'on serre les cordages. Il Terme de pêche. Grand rang, grande soute dans laquelle les pêcheurs de la Manche mettent le poisson qui ne peut pas tenir sur le pont. || 10° En rang d'oignon , voy. raoNON, n° B.
— HIST. XI* s. Turpins de Reims en est levet del renc, Ch. de Roi. xi>.||xii' s. Quant [il] voit les rens [de guerriers] qui si près sont venu, Roncisv. p. 60. Or U estoient tuit en rang Venu pour veoir la meslée, la Charrette, 37 1 4. |{xiv' s. Moult de gens,
hommes et femmes, se puent [peuvent] déduire el voler de l'esprevier, et faire un granl renc à travers les champs, et voler chascun en droict soy, Modus, f° xcv, lerso. |lxv' s. Et avoit dit Philippe d'Artevelle et fait dire de rang en rang : « Si le comte vient sur nous, gardez-vous bien que nul ne lui fasse mal, » froiss. ii, h, tB6. Et si ay esté sept années de renc en la guerre avec lui... comm. i, 4. La nostre [dame] a eu trois fils de rang et en quatre années, m. vn, 3. Quand il fut saisy de sa lance, il eslongna Neroqui estoit desja à son ranc, attendant ; atanl piquèrent leurs coursiers l'ung contre l'autre, Perceforesl, t. v, l'' 29. Se vont entreferir des lances de tel ranc [roideur],que lestronsonsen bondirent en l'air aussy dru comme mouches, i6. t. IV, f° 89. Il XVI' s. Or ainsi que In nuit tendit ses larges voiles, El qu'on voit dans le ciel les première.'! estoiles Monslrer leur belle veue et de rang se lever, desportes, l^légie,\i, 5, Pyromnnce. L'auctorité de ces tesmoignages n'a pas assez de reng pour nous tenir en bride, mont, i, 203, L'ardeur de jeunesse l'avoit poulsé sur les ennemis un peu avant son reng, id. i, 224. Et aller par ci par là dans la maison se prendre garde si tout est à son rang, la boétie, 4 78.
— ËTYM. Picard, ringue; Berry, raing, le g ne se prononce pas: provenç. renc. et rengua, s. [.; anc. catal. renc; ail. et suéd. rang ; angl. rank ; kymri, rhenge; breton, renk; tri. ranc. Diez le dérive de l'anc. haut-ail. hn'np, cercle, de sorte que rang serait étymologiquement une rangée circulaire. Scheler demande si on ne pourrait pas y voir une forme nasalisée et masculine (ou féminine, car i! y a aussi range, rengua) du lat. rega, primitif inusité de regwia, règle, ligne droite.
t RANGE (ran-j*), s. f. Terme de paveur. Rang de pavés qui sont tous de même grandeur. || Range losange, pavés posés en ligne diagonale. || On dit aussi rangée. |l Pousseur de ranges, ouvrier chargé de poser les premiers pavés joignant les caniveaux et contre-jumelles d'un ruisseau.
RANGÉ, ÉE (ran-jé, jée), part, passé de ranger. Il r Mis dans un certain ordre. Vingt muids rangés chez moi font ma bibliothèque, boil. Lutr.iy. Il était sur son char; ses gardes affligés Imitaient son silence autour de lui rangés, id, Phèdre, v, 6. || Bataille rangée, combat entre deux armées rangées en bataille. Attendrons- nous, seigneur,,. Qu'on descende en la place en bataille rangée? corn. Olhon, v, î. La bataille de Dreux fut la première bataille rangée qui se donna entre le parti catholique et le parti protestant; ce fut en 4B82, volt. Henr. ii, note. Il 8" Qui s'est rangé, mis de cflté. Je me trouvai, par un mouvement naturel et presque involontaire, rangée derrière l'autel que je tenais embrassé, graffigny, Lett. péruv. 1. 1| Terme de marine. Vent rangé à, vent qui a pris la direction de. Le vent étant r.-ingé à l'est, Journal, isdéc. 4888, dans jal. I! 8° Mis dans une certaine disposition. Ahl ma bonne, fallait-il que ma vie fût rangée et marquée si loin de la vôtre! sÉv. 9 août 4 671. || Particulièrement, mis en bon ordre. Aujourd'hui je fais l'entendue dans mon hôtel de Carnavalet, que vous ne reconnaîtrez pas depuis qu'il est rangé, sév, 4B nov. 4677, Vous avez raison, ma bonne, de dire que le sentiment de tendresse qui vous fait résoudre de venir tout à l'heure ici.... me fait mieux voir voire cœur que toutes les paroles bien rangées, id. 8 juil. 1676. Cette lettre [de Mme de Sévigné à M. de Carcassonne] est mieux rangée, quoique écrite impétueusement, et, en la lisant, M. le chevalier en eut les yeux rouges, id, 24 janv. 4 689. || Installé, établi. Je vous conjure une bonne fois de vous tenir pour toute rangée chez moi, comme vous y étiez, sÉv. s juin 4 676. Vous êtes toute rangée à Aix; passez-y votre hiver, id. 22 déc. 4 67B. Ni le mois de novembre ni le mois de décembre ne sont point difficiles à passer à la campagne, quand on y est une fois rangé, id. 7 déc. 4789. Ce matin nous nous sommes trouvés aux Rochers, mais encore tout gauches et mal rangés, iD. 34 mai 4680. || 4» Ajusté, préparé pour tricher, en parlant de cartes. Le cartier.... avoua qu'il faisait ce métier depuis longtemps [ajuster les cartes pour tricher] ; et même cela se répandra plus loin [que lacour], car il y a plusieurs maisons où il fournissait de ces bonnes cartes rangées, .sév. 4 8 mars 1674. || 5° Rangé à, sous, soumis. Cet État de nouveau rangé sous ma puissance, corn. Pomp. IV, 3. Araurat est heureux : la forluneestchangée, Madame, etsous ses lois Babylone est rangée, bac. Bajai. IV, 3. Au dedans de l'État, les grands rangés à leur devoir, fén, Dial. des morts mod. *»'\\ 6° Un homme rangé, bien rangé, hoaiiuc qui a de l'ordre,