XV
— ÉTYM. Re...,el affermir.
RAFFERMISSEMENT (ra-fer-mi-se-man), ». m.
Action de raffermir; état de ce qui est raffermi. Le raffermissement du sol. Le raffermissement des chairs. || Fig. Le raffermissement du crédit public. Le raffermissement du courage. Que leurs dernières espérances [des ennemis] soient tombées par le raffermissement d'une santé qui donnera au monarque [Louis XIV] le plaisir de voir les princes ses petitsfils soutenir ou acoroîlre ses destinées, la bruy. x.
I RAFFES (ra-f), s. f. pi. Rognures des peaux, chez les tanneurs et les mégissiers.
t RAFFILER (ra-fi-lé), u. a. Arrondir le bout des doigts d'un gant. || Dresser le tranchant d'une pierre & fusil.
— ÉTYM. Re..., et affiler.
t RAFFINADE (ra-fi-na-d"), s. f. Espèce de sucre, le plus pur et le plus beau de tous.
— Rtym. Raffiner.
RAFFINAGE (ra-fi-na-j'), ». m. Opération qui consiste à séparer d'une substance les matières étrangères qui en altèrent la pureté. || Particulièrement, la purification du sucre brut au moyen du charbon animal et du sang de bœuf.
— REM. On ne dit plus le raffinage des métaux ; on dit l'affinage. On ne dit plus l'affinage du sucre, du salpêtre, on dit le raffinage.
DiCT. DE LA LANGUE CHANÇAISB.
RAFFINÉ, ÉE (ra-fl-né, née) , part, passé de raffiner. Il !• Rendu plus fin, plus pur. Sucre raffiné. Il En Normandie, à Neuchâtel, on appelle fromage raffiné, du fromage qui a subi une fermentation, par opposition au fromage blanc ou frais. || 2° Fig. Oui pousse loin la subtilité, la finesse. Il faisait pour elle toutes les galanteries d'un amant bien raffiné, scarr. Rom. corn, ii, (9. Je donne aux plus r.iffinésde nos bons esprits à écrire plus finement sur une pareille matière, id. Lett. Œuv. t. i, p. 2i4, dans P0UGEN5. [Cromwell] hypocrite raffiné autant qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout cacher, boss. Reine d'Anglet. Les gens d'esprit ne sont pas des Crotoniates comme toi, mais ce sont des Sybarites encore plus raffinés que je n'étais, fonten. Dial. il. Morts anc. Nous avons vu les testaments des Colbert et des Louvois donnés comme des pièces authentiques par des politiques raffinés qui n'étaient jamais entrés seulement dans l'antichambre d'un bureau de la guerre ni des finances, volt. Mél. hist. Mensonges impr. B. Les Français si délicats en matière de goût et si raffinés sur les plaisirs en tout genre, d'aleivib. Éloges, Régn. Desm. Il Malin, intelligent. Il fallait, en effet, être bien raffiné I MOL. l'Ét. I, 8. Il S. m. C'e-t un raffiné, c'est un homme qui raffine sur les choses. || Raffinés d'honneur, nom qu'on donnait sur la fin du xvi* siècle et dans le commencemetit du xvn« à des gentilshommes qui se piquaient d'être pointilleux et qui, sur le moindre prétexte, se battaient en duel. 1| 3° Qui porte le caractère de la subtilité, de la finesse, en parlant des cho»es. A le bien prendre, la plus raffinée perfection a toujours quelque trait d'imperfection, LA mothe le vayer, Yertu des païens, ii. Avant-propos. Ceux qui trouvent vulgaire tout ce qui n'est pas raffiné, boss. Letl. Corn. 4 52. Un effet de la plus rafnnée politique du prince d'Orange, MAiNTENON, içtf. au card. de fioailles, 2i mai 470), Un orgueil plus raffiné blesse moins, quoiqu'il soit à peu près le même dans le fond, rollin, Hist. anc. Œuv. t x, p. 209, dans pougens. || 4° Qui porte le caractère d'une extrême recherche. La corruption d'une vie impure et du libertinage raffiné, BOURDAL. Myst. Épiphan. t. i, p. 127. C'est de là que devaient sortir les hommes de la vertu la plus haute et de la méchanceté la plus raffinée, hider. Claude et Nér. 1, BO. Comment trouvez-vous ce tour raffiné de vengeance? genlis. Mères riv. 1. 1, p. 299, dans POUGENS.
— HIST. XVI' s. Si je pouvois parvenir à estre conté entre les r'afinez, je serois bien content. — Apprenez moi que c'est, ce m'est un terme nouveau. — Ce sont gens qui se battent pour un clin d'oeil, si on ne les salue que par acquit, pour une froideur, si le manteau d'un autre touche le leur, si on crache à quatre pieds d'eux, d'aub. Fam. 1, 9. Me voudriez-vous bien nommer quelques-uns de ces rafinez d'honneur? m. ib.
RAFFINEIMENT (ra-fi-ne-man), ». m. || !• Action de rendre plus fin, plus pur. Ce qui est une des causes de la distribution et peut-être aussi du raffinement des esprits [animaux], boss. Connaiss. n, 6. Il 2"' Fig. Extrême subtilité, extrême finesse. Un événement manifeste [la ruine totale des Juifs] nous met au-dessus de tous les raffinements des chronologistes, boss. Hist. 11, 4. Les chagrins dévorants et l'infâme ruine. Enfants infortunés de ses raffinements [de la chicane], boil. Lutr. v. Toutes ses vues, toutes ses maximes, tous les raffinements de sa politique [du plénipotentiaiie] tendeut à une seule fin, qui est de n'être point trompé, et de tromper les autres, la bruy. x. Faut-il tant de raffinement pour savoir que le monde est un guide trompeur? mass. Carême, Salut. Je vous dis ici le secret d'un métiei où j'ai vieilli; je vous en fais voir les raffinements, MONTESQ. ielt. pers. 57. Quand on voit, cliez le plus heureux peuple du monde [les Suisses], des troupes de paysans régler les affaires de l'État sous un chêne et se conduire toujours sagement, peut-on l'empêcher de mépriser les raffinements des autres nations, qui se rendent illustres et misérables avec tant d'art et de mystère? 1. }. rouss. Contr. soc. IV, 4. Il 3° Excès de recherche en certaines actions, en certaines habitudes. Tous les raffinements dont nous nous servons pour couvrir nos tables, suffisent à peine à nous déguiser les cadavres qu'il nous faut manjîer pour nous assouvir, boss. Hist. 11, (. La fausse modestie est le dernier raffinement de la vanité, LA BROY. XI. On y supplée par mille raffinements à la simplicité des mets dont il faut user, MAss. Carême, Jeûne. Voilà oii vous en êtes, vous qui prétendez que rappeler les coutumes à la rè gle est un raffinement insensé, ID. Carême, Salut.
Apprenez que mon maître est, en fait de tendresse. Plein de raffinement et de délicatesse, oestouch. Irrésolu, m, 64. On était barbare en «erémonie chez les peuples chrétiens occidentaux, et ce lafflnement d'inhumanité n'a jamais été connu quo d'eux, volt. Mœurs, 94. Le fils [de Crébillon], dans des romans pleins d'esprit et dictés par une connaissance profonde de tous les replis honteux du cœur humain, a tracé du pinceau le plus délicat et le plus vrai les raffinements, les nuances, et jusqu'aux grâces de nos vices, d'alemb. Éloges, Crébillon. Le raffinement le plus odieux du despotisme est de diviser ses esclaves, raynal, Hist. phil. iv, — ÉTYM. Raffiner.
RAFFINER (ra-fi-né), v. a. || 1" Rendre plus fin, plus pur. Raffiner le sucre. Les Vénitiens, à raison de leur commerce si brillant autrefois avec le Levant, ont les premiers reçu et les premiers purifié ou raffiné le borax, fouhcroy, Conn. chim. t. m, p. 329. Il Raffiner le salpêtre, lui enlever les 8 à 10 pour )0» de substances étrangères qu'il contient à l'état brut. Il Raffiner ou affiner le fromage, lui donner un goût plus fin. Il 2° Terme de relieur. Raffiner le carton, coller du cOté du mors une bande de papier plus ou moins large pour le rendre plus propre et plus dur. Manuel du relieur, p. .''37, Roret («27. Il Terme de papetier. Réduire à une plus grande ténuité la matière du chiffon effiloqué. || Terme de verrier. Chauffer fortement le four quand le verre se gâte pendant le travail. || 3" Fig. Rendre plus délicat, plus subtil, plus fin. Les favoris ignorants sont en perpétuel danger de se perdre et de perdre leur paya, lors même qu'ils ont raffiné leur ignorance par l'usage de la cour, balz. De la cour, 2* discours. Ils disent librement que leur expérience A raffiné les vers fantastiques d'humeur, Ainsi que les Gascons ont fait le point d'honneur, REGNIER, Sat. IX. On dit que l'usage raffine l'oreille, par ce qu'il allie plus vite, avec les sons qui la frappent, le jugement que porte l'esprit sur la beauté des accords, boss. Conn. i, 8. Qui ne voit par expérience que la raison , ministre des sens, et appliquée tout entière à les servir, emploie toute son industrie à raffiner leur goût, i irriter leur appétit, à leur assaisonner leurs objets? ID. Panég. St Benoit, 1. Cet art [l'imprimerie], disait Boyer, a troublé les familles; Il a trop raffiné les garçons et les filles, volt. Ép. too. || 4° F. n. Porter un excès de subtilité dans.... Il est vrai qu'en beaucoup de points elle [la justice] dépend des lois positives; mais le langage de la loi. est simple; sans vouloir briller ni raffiner, elle ne veut être que nette et précise, boss. Polit, viu, 3, 5. On concluait qu'il ne fallait pas, en matière de religion, raffiner plus que nos ancêtres, ni entreprendre de changer le monde, id. Hist. n, (2. Mais vous, qui raffinez sur les écrits des autres, De quel œil pensez-vous qu'on regarde les vôtres? boil. Sat. IX. On ne pourrait abolir les duels en établissant des écoles où l'on raffinerait sur le point d'honneur, montesq. Rom. xxii. || Porter un excès de recherche dans. Philippe, déjà vieux, raffine sur la propreté et sur la mollesse ; il passe aux petites délicatesses, la bruy. xi. Il lui suffisait de se relâcher l'esprit, et il n'avait pas le temps de mettre beaucoup de soin à raffinersur les plaisirs, fonten. Cxar Pierre. N'est-ce pa." parmi les grands que la débauche plus affreuse raffine même sur les crimes communs ? MASS. Carême. Immutab: Ils ont le goût trop simple pour raffiner de la sorte, destouch. Fausse Agnès, i, 2. || All*r plus loin que les autres en quelque chose. C'était en menterie un auteur très-célèbre. Qui sut y raffiner de si digne façon Qu'aux maîtres du métier il en eût fait leçon, cohn. Suite du Ment. 1, 6. Je passe pour un homme à pouvoir raffiner Sur les airs les plus fins qu'on se puisse donner, hauteroche. Bourg, de quai. 11, t. Ayant su raffiner sur l'amour conjugal, la font. Matr. Je n'ai point voulu raffiner sur cette discussion des temps, boss. Hist. 1, < . Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine, boil. Sat. m. || Faire des recherches, des découvertes nouvelles (sens qui a vieilli). On a bien raffiné depuis peu dans la mécanique. || 6» Se raffiner, v. réfl. Devenir plus fin, moins simple, plus habile. C'est par l'expérience que les esprits se raffinent, boss. Polit, v, 11, 7, Les nationi d'Europe se raffinent tous les jours, montesq. Lett. pers. t9. Le monde va toujours, dit-on, se raffinant un peu, volt. Dict. phil. Miracles. Il 11 se dit aussi des choses. Voyez, je vous prie, comme tout s'est raffiné sur notre loire [il s'agit d'un voyage en bateau], et combien nou»
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étions grossiers antrefois, sBv. 9 mai idso. La politique s'étant raffinée plus que perfectionnée en Europe, volt. Louis IV, 32.
— ÊTYM. ne..., et affiner.
RAFFINERIE (la-fi-ne-rie). t. m. Lieu où l'on raffine. || Particulièrement, usine où l'on raffine le sucre.
RAFFINECR (ra-fi-neur),».m. || 1° Celui qui raffine. Raffineur de sucre. || On, a dit anciennement affineur de sucre. Il S. f. Rafflneuse, femme qui exploite, qui possède une raffinerie de sucre. |1 2° S. f. Raffineuse, la deuxième pile des moulins à pilons destinés à la fabrication de la pâte du papier. Il 8° Fig. Celui qui porte loin la subtilité, la recherche. Les rafflneurs présument avantageusement d'un homme qui est souvent moins que médiocre,
BALZ. 3' dise, sur la cour donner un tour malin,
même aux affaires de religion ; et, comme c'est celui-làque les rafflneurs du monde aiment le mieux, c'est aussi celui-là qu'on est bien aise de présenter à leur esprit, boss. Rem. Ilisl. conciles, ii, 3.
t RAFFLÉSIACIÉES ( ra-flé-zi-a-sée), s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, parasites sur les racines des végétaux, voisine des aristolochiées.
— ÊTYM. Genre rafflesia, ainsi dit de sir Raffles, qui fut gouverneur, pour les Anglais, de Java.
t RAFFOLÉ, ÉE (ra-fo-lé, lée), part, passé àe raffoler. Devenu fou. Cette lettre de Gervnise était un tissu d'ordures, avec de basses mignardises de moine, raffolé et débordé à faire trembler les plus abandonnés, st-sim. 61, 3i. || Ce participe passé n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie.
RAFFOLER (ra-fo-lé), v. n. Se passionner follement pour quelqu'un, pour quelque chose. 11 raffole de la musique Mme de Miintenon était raffolée du comte d'Ayen malade, et plus qu'importunée de la duchesse de Noailles, st-sim. h 9, 47. M. de Beaumarchais, dont tout le monde raffole aujourd'hui, GBiMM, Corresp. t. m, p. î7. Comment 1 il raffole do vous ; C'est un amant, et non pas un époux, im- BERT, Jaloux sans amour, i, 6. || Il se conjugue avec l'auxiliaire otioiV quand il marque l'action, et avec l'auxiliaire être, quand il marque l'état.
— HIST. XVI* s. Raffoler, cotgrave.
— ETYM. Re..., et affoler.
RAFFOLIR (ra-fo-lir), «. n. Peu usité. Devenir fou. Vous me feriez raffolir.
— ÈTYM. Be..., et fol, fou. ,
t RAFFRANCUIR (ra-fran-cllir), v. a. Terme de jardinage. Rendre franc de nouveau. |1 Améliorer, en parlant des arbres. Poirier raffranchi.
— HlST. XVI* s. Utile telle curiosité, en ce que divers fruits pouvés faire porter à un mesme arbre, par ce moicn r'affranchissant par reentements ceux de vos arbres qui du tout ne vous agréent, o. de
BEBRES, 874.
— ÊTYM. Re..., et affranchir.
] RAFFCHLEH (ra-fu-blé), v. a. AflTubler de nouveau. Étant rafîublé, il partit. || Se raffubler, V. réfl. 11 se rafîubla à la hâte.
— HlST. xni* s. Por ce qu'aucuns nés truisl ensemble [ne les trouve ensemble]. Oui i notast mal ou folie, Ele se rafuble et relie, Moult plorant.et pensive et morne, l'Escoufle.
— ÉTYM. fle..., el affubler.
t RAFFCTAGE (ra-futa-j'), s. m. Façon entière que l'on donne à un chapeau, à des outils.
t RAFFUÏER (ra-fu-té) , v. o. Raccommoder un chapeau dans son entier. || Se dit aussi des outils.
— ÉTYM. Re..., et affilier.
f RAFIAU (ra-fi-ô), s. m. Petit canot à rames avec une petite voile dont on se sert pour la promenade dans les ports.
t RAFISTOLAGE (ra-fl^-sto-la-j'), ». m. Action de raffistoler.
t RAFISTOLER (ra-fl'sto-lé), e. o. Terme populaire. Raccommoder, réparer. Aux pauvres, ses bons amis, En raffistolani ses chaussures. Il disait.... BÊBANG. Turiupin.
— ÉTYM fle..., et affisioler {afistoleur est dans Coquillart : Un tas d'afisloleurs. Droits nouveaux) MM. Dumeril tirent afistoler, du lat. fistula, comme piper, de pipe.
t RAFLAGE (ra-fla-j'), ». m. État d'un pain de sucre qui est raboteux à sa superficie.
— RTYM. Rafle i.
4. RAFLE (ra-fl'), s. f. || 1" Grappe de raisin qui n'a plus de grains. Les oiseaux ont mangé tous les grains ; il ne reste plus que la rafle. On achève d'emplir le tonneau avec des grappes de raisins dont on a flté les grains et qu'on appelle communément rafles, Dict. des arts et met. Vinaigrier. \\ ï' Terme de botanique. Pédoncule central ou axe d'une grap-
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pe, principalement d'une grappe de raism ou d'un épi. Il Quelques-uns disent rafTe, et d'autres râpe.
— HlST. XV* s. Pillez, rongez jusques aux os sans y laisser rifle ou raffla, gerson, Harengue au roi Charles VI, p. )«.
— ÊTYM. Ital. rappa; piémont. rop; de l'allem. Rappe.
t 2. RAFLE (rafl'),ï. f Nom donné, dans quelques provinces, à une maladie éniptive de la vache. On la nomme aussi échauboulure, rave ou feu.
— HIST. xiu* s. Tout aussi tosl si est keUe [tombée] Sa puans rolTe [on lit à tort roffée], s'orde craffe, Com à poissons quand on les craffe, DU cANCE, rufia. Il xv* s. Oindre le visage du seigneur qui estoit mesel [lépreux], et par ce sa raflle lui charroit [tomberait] de son visage, m. raffla. Hélas! j'ai goûte miseraigne. J'ai rifle et rafle et roigne et taigne. J'ai fièvre lente et suis podagre, Mir. de Ste Genev.
— ETYM. HoU. rappe, teigne.
3. RAFLE (la-fl'), s. f. Il 1° Action de rafler, d'enlever. Ville prise d'assaut n'est pas mieux au pillage; La veuve et les cousins, chacun y fait pour soi, Comme fait un traitant pour les deniers du roi; Où qu'ils jettent la main, ils font rafles entières, CORN. Suite du Ment, i, l. Louis de Bade avait calculé sur notre éloignement qu'il aurait le loisir de faire une rafle en Allemagne, st-sim. 23, 6. || Kaire rafle, enlever tout sans rien laisser. Les officiers, dans leurs conquêtes, sont âpres au butin ; ils font main basse d'un côté et rafle de l'autre, gherardi, TMdt.ital. t. m, Fontaine de sapience. Et voilà qu'un moment a fait rafle de tout, th. corn. l'Amour à la mode, i, 5, Vous allez chaque jour d'une ardeur vagabonde, Faisant rafle partout, de la brune à la blonde, regnard, Méneclim. i, 2. Il 2° Terme de chasse. Espèce de filet ou de tramail contre-maillé, pour prendre les petits oiseaux. jl Terme de pêche. Filet garni d'ailes, et ayant plusieurs ouvertures à chaque extrémité. 113° Terme de jeu. Coup où chacun des dés aminé le même point, ainsi dit parce qu'il rafle, gagne. Faire rafle. Je ne suis pas fort eu peine du temps où se tirera votre loterie, et je ne suis pas assez fou pour me persuader qu'en quatre coups j'amènerai rafle de six, BoiL. Lett. à Brossette, i3. Il [Louis XIVJ en faisait des loteries [de bijoux précieux pour les dauies], ou bien on les jouait à la rafle, et Mme de Bourgogne distribuait souvent les lots gagnés, VOLT. Fragm. sur l'hist. xxviii.
— HIST. xiv* s. Icellui Baudet et aucuns autres s'esbatoient à un jeu que l'en dit le poulain ou rafle, DU GANGE, ro/Ia. Il XVI* s. Jector une rafle, COTGRAVE. Lorsque sentez qu'il y a à jouer de la rafle [à prendre], Con(es de Cholicres, f* 87,
dans LACURNK.
— ÉTYM. Voy. RAFLER.
RAFLÉ, ÊE (ra-flé, fiée), part, passé de rafler. Tout ce que je pouvais prendre sans qu'on s'en aperçût était autant de raflé, lesage, Guzm. dAlf.
RAFLER (ra-flé), V. o. || 1" Emporter tout irè.sproraptement. Je suis d'avis de raller les quatre cents pistoles, pour vous épargner la peine de revenir, lesage, Gil B(. vu, I6. Je ne veux, me dit-il, que vous donner seulement une leçon pour lous mettre en état de rafler ce soir tout l'argent
des autres joueurs, id. Guim. d'Âlf. iv, 8 La
prose et les vers de Sa Majesté prussienne; il n'est plus guère Majesté prussienne, attendu que les Russes lui ont raflé la Prusse, volt. Lett. Thiriot, 22 févr (780. Il 2° V. n. Jouer aux dés pour décider la partie par la première rafle.
— ÉTYM. Bourg, rafliai; ital. raffare, dans arraffare, el rafjiare, dans arraffiare; milanais, raffa/ de l'ail, raffen, enlever; anglo-sax. rsefan; sued. raffa; dan. rafle, de même radical que le latin ropere.
t RAFLEUX, EUSË (ra-fleû, tleû-z'), ad). Dont la surface est inégale et raboteuse. Sucre rafleux.
— ETYM. Rafle 2.
— HIST. XV* s. Rongneux, raffleur, Ordonn. avril 1487.
t RAFLODAGE, RAFLOUEMENT, RAFLOUER, voy. RENFLOUAGE, RENFLOUEMENT, RENFLOUER.
KAFRAÎCUI, lE (ra-frê-chi , chie) , part, passé (le rafraîchir. || 1* Rendu plus frais. Le temps rafraîchi par la pluie. || 1' Â quoi on a rendu un air de fraîcheur. Tableau rafraîchi. M. le comte [de Grignan], n'êtes-vous pas bien aise de revoir ce petit chien de visage [de Mme de Grignan], s'il est vrai qu'il soit aussi rafraîchi qu'on me le mande ? sÉv.
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30 juin. 1877. Il S" Qui a recouvré ses forces par la repos. Je me suis remis vite au czar Pierre, afin de perdre de vue la pièce [une tragédie], et delà revoir dans quelque temps avec des yeux rafraîchis et un esprit désintéresse, volt. Lett. Mme de Fontaine, Il juin 1771. Il 4° Qui a reçu des secours, des rafraîchissements, en parlant d'une place assiégée Ia place [Barcelone] conserva une libre communication par un côté avec le vice-roi pour pouvoir être rafraîchie, st-sim. 47, 43. L'armée française fut battue; mais la ville rafraîchie fut manquée, volt. Mœurs, 28. || 5* S. m. Raf.'-aîchi, caisse qu'on place sous des boyaux qu'on ourdit, pour qu'ils ne se salissent pas en traînant.
RAFRAÎCHIR (ra-frê-chir), ». a. || 1* Rendre plus frais. .Une pluie rafraîchira les campagnes desséchées. Et du vent de son aile il mn rafraîcliissait, TRISTAN, M. de Chrispe, m, i . Elle [une terre] est rafraîchie par le vent du nord qui souffle du côté de la mer, fén. Tél. m. Les glaces en été rafraîchissent ses vins, delille, Imag. vi. || Rafraîchir un canon, humecter l'intérieur avec de l'eau et du vinaigre, lorsqu'on a tiré un certain nombre de coups. Il Dans les sucreries, rafraîchir les pains terrés, couvrir l'ancienne terre d'une nouvelle couche. Il Terme de brasserie. Rafraîchir le grain, lui donner de l'eau nouvelle, lorsi|u'il est à moitié treùipé. Il Terme d'imprimerie. Rafraîchir le tympan, enlever, au moyen de feuilles de papier gris, l'eau trop abondante dont il est abreuvé. il 2° 11 se dit aussi de ce qui donne une sorte de fraîcheur à l'intérieur du corps. Pour humecter et rafraîchir les entrailles, mol. Mal. imag. i, <. || Absolument. Celte boisson rafraîchit, jl Rafraîchir le sang, le rendre plus calme par les remèdes, par le régime. Les médecins m'ont pensé tuer, voulant me rafraîchir le sang, p. l. cour. Pamphlet des pamphlets. || Fig. Ral^raîchir le sang, se dit des chose:* qui font plaisir, qui donnent de la tranquillité. Nous trouvions qu'une mauvaise compagnie était bien meilleure qu'une bonne, qui vous laisse affligée quand elle part, au lieu que l'autre vous rafraîchit le sang, et vous fait respirer de joie, sÉv. 31 mai 1880. Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise, la BBUY. XI. Rien ne rafraîchit le sang comme de secourir les malheureux, volt. Lett. Boisgelin, mars 1767. Il Fig. Se rafraîchir la tête, se calmer l'esprit. Je me vais rafraîchir la lêle à écrire à ma fille, SÉV. 494. Il 3° Réparer, mettre en meilleur état. Rafraîchir un mur. Lorsque des imprimeurs huguenots eurent rafraîchi les premières pages d'une vieille édition du R. P. Busenbaumque l'on fit passer pour nouvelle, volt. Mél. litt. Honn. lilt. 7. || Rafraîchir un tableau, une tapisserie, rendre la vivacité des couleurs en nettoyant et vernissant un tableau; refaire une tapisserie aux endroits où elle est gâtée. Il Terme de peinture en bâtiment. Kaire revivre des couleurs ou des vernis en les lavant. {| Terme de maçonnerie. Retailler d'anciens joints ou d'anciens lits de pierre. || Remettre de l'eau ou un lait de chaux dans le mortier qui est devenu trop ferme. ;i Terme rural. Rafraîchir la terre, la remuer, la bêcher de nouveau, lui donner un nouveau labour. Il 4* Rogner, couper l'extrémité. Rafraîchir les cheveux. Rafraîchir le bord d'un chapeau, d'un manteau. || Rafraîchir les racines d'une plante, en rogner tant soit peu le chevelu. || Terme d'hippiatrique. Rafraîchir la queue, couper au bas de la queue tous les crins qui débordent. |! 5" Fig. Rendra frais, jeune. Je remercie Mme de Rochebonne de vous avoir obligée à me faire ce portrait [du petit Rochebonne]; il est charmant; mon imagination en a été toute rafraîchie, sév. 20juill. 1689. S. chaque pas qu'il fait, un souvenir flatteur Rafraîchit sa pensée et rajeunit son cœur, delillb, Imag. vi. Lorsque du renouveau l'haleine caressante Rafraîchit l'univers de jeunesse paré, m. J. chénieh, la Promenade. Il Familièrement. Rafraîchir à quelqu'un la mémoire de quelque chose, lui en rappeler le souvenir. Le chevalier de Grammont était tout plein de ces façons honnêtes de rafraîchir la mémoire de ceuï qui l'avaient un peu tardive sur le payement, hamilt. Gramm. 9. Je crains qu'il ne soit nécessaire de lui rafraîchir le souvenir de la rivière et de moi, FONTEN. Lelt. gai. 3b. || Se rafraîchir quelque chose, s'en rafraîchir la mémoire. Avant de se transporter à Versailles, il fut quatre ou cinq mois à se rafraîchir la botanique avec M. Marchant, son ami et son confrère, fonten. Bourdelin. || Rendre plus vif en renouvelant. Irâi-ie rafraîchir «a honte et mon dommage? RÉGNIER, Elég. u. Il 6" Rétablir par le repos et la nourriture. Rafraîchir des troupes. || Rafraîchir
RAF
RAG
RAG
une place d'hommes et de munitions, ou, simplement, la rafraîchir, la ravitailler, y faire entrer des hommes, des munitions, des vivres. || On dit de même, en termes de marine : rafraîchir une escadre, une flotte. \\ 7° V. n Devenir plus frais. La rivière rafraîchit de jour en jour. Mettez le vin rafraîchira la cave. D'autres carafes qui rafraîchissent dans un seau de faïence, diuerot, Salon de (765, Œuv. t. XIII, p. 124, dans pougens. || 8° Se rafraîchir, V. réfl. Devenir plus frais. Le temps se rafraîchit. Bacchus se rafraîchit dans les eaux des naïades, delille, l'Ilom. des ch. m. || Avec ellipse du pronom personnel. Faire rafraîchir de l'eau dans la neige. |{ Prendre le frais. Vous vous rafraîchirez à l'ombre. Je vis de votre armet la visiÊre haussée, Que pour vous rafraîchir vous levâtes exprès, MAiRET, Sophon. IV, I. Il 9° Se rétablir par le repos et la nourriture. Ces troupes se sont rafraîchies dans de bons quartiers. Ils débarquèrent tous Au port de Joppe, et là se rafraîchirent, la font. Fianc. Sans être touché de la curiosité de voir un pays que je n'avais jamais vu, sans avoir égard aux prières de l'équipage qui voulait se rafraîchir à terre, j'ordonnai aux pilotes qu'on retournât en Italie, fonten. Dial.m, Morts anc. mod. || lO- Boire un coup, manger un peu, se reposer. Je m'en vais te verser de quoi te rafraîchir, tristan, .Marianne, iv,6. Rafraîehissez-vous à la Garde, sÉv. I8 oct. 1688. || Avec suppression du pronom personnel. Faire rafraîchir les chevaux.
— HIST. xii* s. Ne devez rafreschir tant vielle iror [colère], GerarddeRoss. p. 377. || xiii's.Tute verdeur se rafreschit. Et toz li monz [monde] ragouenisi [rajeunit) Por la saison qui estnovele, Partonopex, ms. de St-Germ. f° 124, dans lacubne. Et avaient mis les chevaus hors des huissiers [vaisseaux de trauspori] por rafreschir, villeh. lvi. || xiv's. Ainsi fu prise Vaux com vous oj avez, Là se sont rafreschi nos François honnorez, Cuescl. 18554. || xv s. Et je m'en irai à Bruges et à Ypre apprendre encore mieux les nouvelles; et les rafrescbirai par paroles, FBOiss. II, II, (74. La forte ville de Hainebon, qui grandement estoit rafraischie et renforcée, ravitaillée et pourvue de toute artillerie, m. i, i, I86 Et vinrent à Dinan, et rafiaischirent en l'abbaye, et puis passèrent outre Boucliain, id. i, i, 79. || xvi' s. Faire rafreschir et observer estroitement les anchiennes ordonnances. Souvenirs de la Flandre wallone, juillet et août 1867, p. lia. Une chose qui nuit es assauts, est d'assaillir avecques confusion et desordre; ce qui arrive aisément quand il faut rafraischir les hommes; parquoy, à mon avis, il suffiroit de deux mille hommes, à chascune bresche, & la fois, lesquels estans rafraischis deux fois de pareil nombre, ne faudroit employer pour les trois assauts que douze mille hommes, lanoce, 450. Il se retira à une lieue de là, non pour rafraischir ses gens (comme on parle ordinairement), ains pour les reschauffer à couvert contre l'injure du temps, iD. 060. Ce qui des racines se trouvera escorcé, froissé, ou rompu, provenant du rude arracher ou transport, sera rafreschi et osté avec la serpe, o. de SEBHKS, 646. Mon cher roy [Henri IV], je n'ay vouUu lai.^ser partir ce porteur sans vous rafraischir la menioiie de petite sueur [sœur] qui se meurt d'envie de vous voir. Lettres de Catherine de Navarre, Bibl. des chartes, *' série, t. iir, p. 334.
— ÉTYM. /te..., et l'inusité afratchir, ded,et frais; bourg renfroichi, refroichi ; ■wa.Won, rafrehi. L'ancienne langue di.sait aussi souvent refreschir.
RAFUAÎCUISSANT, ANTE, (ra-frê-chl-san, sant'), adj. Il 1° Qui est propre à diminuer la chaleur atmosphérique, à donner de la fraîcheur. L'ardeur de l'été y est toujours tempérée par des zéphyrs rafraîchissants, qui viennent adoucir l'air vers le milieu du jour, fén. Tél. vin. || 2° Terme de médecine. Se dit de toute substance propre à calmer la soif et à diminuer la température du corps. Les laitues sont rafraîchissantes. || S. m. Donner des rafraîchissants à un malade. || Il se dit par euphémisme de ce qui relâche le ventre.
RAFRAÎCHISSEMENT (ra-frê-chi-se-man), adv.
Il 1° Action de rendre plus frais. Le rafraîchissement du vin dans les caves. Le rafraîchissement de l'atmosphère. Les parties orientales de l'Afrique reçoivent du rafraîchissement par le vent qui leur vient de l'océan Persique, rohault, Physique, dans PICHELET. Il 2° Ce qui rafraîchit, tempère le corps. Prendre du rafraîchissement, avoir besoin de rafraîchissement. Il Rafraîchissements intérieurs, moyens employés pour rafraîchir le corps, comme clystères, doux purgatifs, etc. Dans le cas oii il [un chirurgien barbier] serait obligé de fournir des drogues
ou remèdes, je les lui payerais séparément ; mais tout le reste comme saignées, rafraîctiissements intérieurs, pansements.... mignahd, llisl. des princ. fond, relig. du bailliage de la Montagne, p. I88. Il L'effet de ce qui rafraîchit. Cela vous causera trop de rafraîchissement. || 3" Action de réparer, remettre à neuf. Le rafraîchissement d'un tableau. Il Rafraîchissement du cuivre, action d'allier le cuivre avec trois fois son poids de plomb. || 4° Rafraîchissement de mémoire, souvenir renouvelé. Il On a dit : rafraîchissement de leçon. Cette entreprise [de l'évêque d'Agrigcnte] doit être un puissant rafraîchissement de leçon à toutes les puissances temporelles des monstrueux excès de l'ambition ecclésiastique, ST-siM. 437, 74. || 6° Fig. Soulagement. Nous ne sommes plus si roués [en Bretagne, lors de la compre.ssion de troubles] : un en huit jours, seulement pour entretenir la justice; il est vrai que la penderie me paraît maintenant un rafraîchissement, SÉv. 24 nuv. 1675. Ce saint sacrifice, rafraîchissement de nos peines, expiation de nos ignorances et des restes de nos péchés, boss. ifor.- Thér. Il 6° Recouvrement de forces par le repos, la nourriture. Il a besoin de rafraîchissement. || Quartier de rafraîchissement, lieu où les troupes fatiguées se rafraîchissent. Il mit ses troupes en quartiers de rafraîchissement, rollin, llisl. anc. Œuv. t. I, p. 419, dans poi'GBNS. {| Fig. M. le Prince me mette couteau à la gorge, et voilà Monsieur qui pour rafraîchissement me dit que c'est ma faute, BETZ, m, 280. Il 7° S. m. pi. Vivres dont on rafraîchit une place, une armée. || Terme de marine. Vivres frais que reçoit un bâtiment au départ ou dans les relâches. Prendre des rafraîchissements, c'est prendre du pain frais, de lit viande et de l'eau fraîche, des fruits, des légumes, etc. Nous trouvons un port commode, un pays abondant en rafraîchissements, FÉN. t. XXI, p. 43S. Il n se dit aussi au singulier en ce sens. Ces oies fournirent aux équipages du capitaine Cook un rafraîchissement aussi agréable qu'il le fut aux îles Malouines à nos Français, buff. Ois. t. xv!i,p. 104. Il 8° Mets, boissons, fruits servis dans une fête à une compagnie. Â ce bal on a servi beaucoup de rafraîchissements. Vingt mille pages et vingt raille jeunes filles distribuaient sans confusion des rafraîchissements aux spectateurs entre les rangs des sièges, volt. Pt. de Babtjl. ).
— HIST. xiv s. Bertran de Guësclin fit rafreschir sa gent; Mais petit lor vali lor rafrechissement, Cuescl. (8387. Il XVI* s. Ainsi qu'un doux rafraischissement de nostre vie trop souvent eschaulTée de l'ardeur de tant d'ennuis.... langue, 511. Tant que la meslée dura, cinquante femmes de la ville ne bougèrent d'entre les soldats, leur portant ce qu'ils appellent à la mer des rafraichissemens, d'aub. Hist. II, 44, Il y eut cinq rafraichissemens d'assaut, qui combattirent chacun une heure, id. ib. ii, I49. Chastillon, sans donner un jour de rafraîchissement aux siens, bat aux champs.... m. ib. n, Sii.
— ÉTYM. Rafraiehir. L'ancienne langue disait aussi refreschissemenl.
i RAFRAÎCHISSECR (ra-frê-chi-seur), ». w. Voy.
RAFBAÎCHISSOIR.
t RAFRAÎCUISSOIR ( ra-fré-cbi-soir) , s. m. Il 1° Grand vaisseau de bois qu'on remplit d'eau pour rafraîchir le serpentin de l'alamhic qui sert à distiller l'eau-de-vie. On dit plus.'souvent réfrigérant. Il 2° Vase où l'on fait rafraîchir les li |ueurs et les substances alimentaires. || On dit aussi rafraîchisseur, et, adjectivement, appareil rafraJchisseur. Il 3° Chez les sucriers, vase dans lequel on place le sirop après sa sortie de la chaudière à cuire. Il 4" Chambre close hoisée où l'on transportait la farine moulue en grosse, pour la refroidir.
RAGAILLARDI, lE (ra-ga-llar-di, die, tt mouillées), part, passé de ragaillardir. Je me .sens tout ragaillardi depuis que j'ai rendu cet argent, th. le- CLKRCQ, Prov. t. i,p. 278, dans pougens.
RAGAILLARDIR (ra-ga-llar-dir. Il mouillées, et non ra-ga-yar-dir), v. a. Rendre gaillard. Cette nouvelle l'a tout ragaillardi. Au lieu de la ragaillardir. Vous augmentez son mal, HAUTEROcnE, Deuil, 4. Ils s'aiment passionnément [Mlle Corneille et son mari] ; cela me ragaillardit, volt. Letl. Cideville, 26 janv. 1763. Il II se dit aussi des choses qu'on rend plus gaillardes. Cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s'aiment, ne font que ragaillardir l'alfection, MOL. Méd. malg. lui, i, 3. Je voudrais que vous la pussiez [une chanson] ragaillardir parci par-là, iD. Bourg gent. i, 2. Cela ragaillardit tout à fait mes vieux jours, Et je me ressouviens de mes jeunes amours, id. Femm. sav. iii, 9. Je suis enchanté que vous m'aimiez toujours un peu ; :ela
ragaillardit ma vieillesse, volt. Lett. Saurin, 13 janv. (768. Il Absolument. Je ne vois que des gens heureux : cela ragaillardit, volt. lett. Berger, 36 févr. (765.
— HIST. XV* s. Me voulez-vous, quand je suis en cholere, Ragaillardir le cueur? basselin, xxxvii.
— ÉTYM. fie..., et l'inusité agaillardir, de à, et gaillard; génev. regaillardir ; bourguig. régoiU lardi.
t RA6ANAGE (ra-ga-na-j'), i. m. Opération par laquelle on enlève les dessous et branchages inférieurs des bois.
RAGE (ra-j'), s. f. \\ 1" Terme de médecine. Maladie particulière au genre chien, qui se caractérise par le désir de mordre, des accès de fureur et une salive propre à inoculer la maladie. L'horreur de» liquides n'est pas constante dans la rage. La rage inoculée à l'homme par une morsure ne se guérit, quoi qu'on dise, par aucun remède, sinon par la cautérisation pratiquée aussitôt. On n'est pas toujours attaqué de la rage ou de la peste ; il suffit souvent qu'un ministre d'État enragé ait mordu un autre ministre, pour que la rage se communique dans trois mois à quatre ou cinq cent mille hommes, VOLT. Dial. xxiv, )i. Il Rage blanche, celle où le chien écume et mord. || Rage mue, voy. mue î. Mais parlons de cette sagesse qui me paniît une folie mue, comme une rage mue; c'est un fond de rage muette, un chien ne paraît point enragé, il semble qu'il soit sage, et cependant il est profondément-dévoré de cette rage, sév. 666. || 2- Par exagération. Douleur violente. Avoir une rage de dents. L'ivrogne et le gourmand recevront leurs supplices Du souvenir amer de leurs chères délices ; Et ces repas traînés jusques au lendemain Mêleront leur idée aux rages de la faim, cîsrn. Imit. I, 24. Il 3° Violent transport de colère, de dépit , de cruauté. Mais voyej que sa tfiort mettra ce peuple en rage, corn. Poly. v, l. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage, LA FONT. Fabl. II, n. Il [le coq] aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs, Et, s'exerçant contre les vents, S'armaitd' une jalouse rage, id. «6. vu, 13. Quelle rage aux Messinois d'avoir tant d'aversion pour les pauvres Français, qui sont si aimables et si jolis I SÉV. 28 mars 1676. ô Alger [bombardé par Duquesne], dans ta brutale fureur tu te tourne» contre toi-même, et tu ne sais comment assouvir ta rage impuissante, boss. Mar.-Thér. La colère dans l'âme, et le feu dans les yeux, Il distilla sa rage en ces tristes adieux, boil. Sat. i. Et moi, pour mon partage Je. n'emporterais donc qu'une inutile rage, bac. Andr. m, i. Télémaque.... sortit en frémissant de rage, fén. Tél. xvi. || De rage, par rage. Aimer nos ennemis avec idolâtrie, De rage en leur trépas maudire la patrie, corn. Hor. V, 3. Pour lui [Ver-vertJ soeur Thècle oubliait les moineaux ; Quatre serins en étaient morts de rage, GHESSET, Ver-vert, ch. 1. 1| Fig. et familièrement. Faire rage, faire un grand désordre. Les soldats ont été chez lui, et y ont fait rage. || Faire rage contre, assaillir violemment. Le vent, la pluie et l'orage Contre l'enfant faisaient rage, la font. Imitât. d'Anacr. || En un autre sens, faire rage, se signaler, faire des prouesses, en bien comme en mal. Encore une fois . monsieur, je vous supplie trèshumblement de faire rage [en sollicitant une affaire], VOIT. Lett. 147. Ceux qui font rage de la lyre. J'entends les postes divins, scarr. Virg. vi. Certes, vous faites rage, et payez aujourd'hui D'un jugement très-rare et d'un bonheur extrême, mol. l'Ét. 1, 8. Cléante : L'affaire ne se fera point? — La Flèche : Pardonnez-moi; notre maître Simon, la courtier qu'on nous a donné, homme agissant et plein de zèle, dit qu'il a fait rage pour vous, id. l'Àv. II, I. Toute la musique de l'opéra y fait rage, SÉV. H 3. Par intervalles Le singe faisait rage et cognait ses timbales, v. hugo, Contemplations, i, 22. Il On a dit aussi faire des rages. C'est ga drôle qui fait des rages, mol. Amph. ii, (.||Dire rage de quelqu'un, en dire tout le mal possible. Battre sa femme, et dire au peintre rage, la pont. Rém. Le duc de Rohan descend le degré, disant rage et injure à son intendant, st-sim. I73, 61. ;| On trouve aussi dire des rages. Il disait même des rages de Votre Majesté, et puis tout d'un coup il se radoucissait, mais jamais pour M. le Cardinal, RETZ, Mém. t. m, liv. iv, p. 4), dans pougens. On dit des injures, des mépris.... des plaintes, des rages.... sÉv. 20 oct. (670. {| Rages au pluriel. Qui
n'ouït la voix de Bellone Et, déjà les rages
extrêmes, Par qui tombant ^es diadèmes, Faire appréhender le retcir De ces combats.,., halb. lii,
RAG
RAG
RAG
3. Je porte, malheureux, après de tels outrages, Des douleurs sur le front, cl, dans le cœur, des rages, corn. Suiv. m, *. Déployez toutes vos rages. Princes, vents , peuples , frimas, boil. Od. i. Le songe de Polyeucte a satisfait leurs rages.... Rages ne se dit plus au pluriel ;je ne sais pourquoi; car il faisait un très-bel effet dans Malherbe et dans Corneille, VOLT. Comm. Corn. Rem. Poly. i, 3. || Rage pourrait, dans l'occasion, se dire encore très-bien au pluriel. Il 4° Fig. Goût excessif, penchant outré. Si vous êtes au-dessus de la rage de la bassette, si vous vous possédez vous-mêmes, sÉv. d Bussy, I8 déc. ■•678. .Sans mentir, l'avarice est une étrange rage, BoiL. Sol. IV. Avec la rage de la cour, Mme Dufresnoy ne pouvait être dame et ne voulait pas être femme de chambre, st-sim. 7, 93. U vous a dit qu'il était veuf 1 hé ! parbleu , sa femme m'a dit qu'elle était veuve; ils oni la rage tous deux de vouloir être veufs, lesage, Turcaret, v, io. La. rage de parler est encor plus pressante, destouch. Phil. marié, i , 2. I-a rage d'imprimer ses vers est une étrange chose ; mais ce n'est pas à moi de la condamner, VOLT. iett. Mme du Deffant, 19 avr. (775. La rage des remontrances et des projets sur les finances a saisi la nation, iD.tetf. CItauvelin, (8 sept. ■1763. Il Fig. et familièrement. Aimer à la rage, jusqu'à la rage, aimer avec excès. Ce portrait-là n'est pas fort à votre avantage; Mais, malgré vos défauts, je vous aime à la rage, desto'jch. Phil. marié, II, 2. J'aime surtout les vers, cette langue immortelle, C'est peut-être un blasphème, et je le dis tout bas : Mais je l'aime à la rage, a. de miisset, Namouna, ii. || A la rage, se dit aussi d'autres sentiments violents. Sa femme qui était jalouse à la rage, votr. Candide, 24. || Proverbe. Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage, ou qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, voy. chien.
— HIST. XI' s. Al cors vus est entrée mortel rage, Ch. de Roi. lvii. || xii* s. Par Deu, seigneur, fait-il, moult pensa grant folage. Qui à Charte loa tel conseil et tel rage, Sax. xxvi. || xiii* s. Quant celé rage m'ot si pris. Dont maint ont esté entrepris, la Rose, «63i. Dous-Pensers ainsinc assouage [soulage] Les dolors d'Amors et la rage, ib. 2678. Il XIV* s. Qui le chien veult ochirre, tuer et mehaingnier, La rage le met seure ; se le fiert d'un levier, Baud. de Seb. %i, 746. S'il avenoit que aucun qui eust fait testament se mist il mort par desespoir, par rage de chef, par maladie.... bouteiller, Somme rural, p. 598, dans lacurne. || xv« s. Et lors il est plus que martir; Car son mal vault trop pis que raige, ch. d'orl. Bail. 3. || xvr s. On nous dit que dedans Peronne Florenge a fait et feu et raige, marot, ii, (52.
— ÊTYM. Bourg, raige; provenç. rabia, ratje ; espagn. rabia; ital. rabbia : du lat. rabies, qu'on rattache à la racine sanscrite rabh, agir violemment, désirer. Palsgrave, p. 9, dit que raige se prononce par exception rage.
t RAGENCER (ra-jan-sé. Le c prend une cédille devant o et o), v. a. Agencer de nouveau.
— HiST. XVI* s. Je tends seulement de monstrer que ces vielles reliques de noblesse qu'on laisse traîner en la poudre, si elles estoyent un peu ragencées par bon ordre, aporteroyent du fruict et à l'aventure plus qu'on ne pense, langue, 22t.
— ÉTYM. Re..., et agencer.
\ RAGER (ra-jé. Le g prend un « devant o et o : rageant, rageons), v. n. Terme familier. Être en proie à la colère, à la contrariété. M. de Noyon conduit M. de Paris jusqu'aux degrés, toujours parlant et complimentant l'archevêque, qui rageait de tout son cœur, st-sim. 24, 24. Vendôme s'éloigna dès qu'il put, et bientôt après gagna sa chambre, où il ragea à son loisir, id. 228, 59. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XIII* s. Tous jors mêlent enfant ragier [folâtrer], la Rose, 7644. Hxvi* s. 11 ne fault pas, à mon advis, que le sentiment extérieur vague et rage cl son plaisir, comme une chambrière dissolue et mal apprise, amyot. De la curios. 20.
— ÉTYM. Rage; picard, rabier.
t RAGECR, EUSE (ra-jeur, jeû-z'), s. m, et f. Terme familier. Celui, celle qui se fâche, qui s'irrite aisément, qui est habituellement de mauvaise humeur.
— ÉTYM. Rage. Au xvi* siècle, ragetise se disait d'une femme folâtre.
4. RAGOT, GTE (ra-go, go-t'), adj. Court et gros. Un cheval ragot. Après ce que je viens de vous dire, vous n'aurez pas de peine à croire qu'elle était trcssucculenle, comme sont toutes les femmes ragotes, tCARR. Rom. corn, u, 8. Qu'une fille soit grande ou
qu'elle soit ragote, bi;ssy, Lett. t. i, p. 84, dans PdLGENs. Il Subslanlivement. Celui auprès de qui j'étais était un petit ragot grassouillet et rond comme une boule, hamilt. Gramm. 3. La duchesse de Boukingham était une petite ragote, m. ih. \t. Il Terme de manège. Un ragot, cheval qui a la taille ramassée, la croupe large et les jambes courtes. Il Terme de vénerie. Un ragot, sanglier qui a quitté les compagnies et ciui n'a pas encore trois ans.
— HlST. XV* s. Le suppliant print cinq d'iceulx pourceaulx, c'est assavoir trois petiz raguoz et deux autres un poy plus grans, du cange, ragaxinus.
— ÉTYM. La série des sens paraît être : sanglier de deux à trois ans, jeune pourceau ; de là homme court et gros. Par conséquent ragot tient sans doute au wallon foguin, jeune cochon, et môme au Berry raguin, agneau de l'année. Du reste l'étymologie est inconnue.
t 2. RAGOT (ra-go), s. m. Crampon de fer attaché aux limonières des voitures.
t 3. RAGOT (ra-go), ». m. Terme populaire. Contes, bavardages insignifiants, sans suite et sans liaison. Le chevalier vint me dire hier je ne sais combien de ragots, caraccioli, Lett. récréât, et mor. t. IV, p. *»8, dans pougens.
— HIST. XV* s. Lequel hostellier leur fisl trèsmauvaise chiere, en leur disant pluseurs ragotes et injures, DD CANGB, ragatinus.
t RAGOTER (ra-go-té), v. a. Terme vieilli et hors d'usage. Murmurer souvent et sans sujet con>tre quelqu'un. Elle est fort avare, lui est prodigue; elle rappelle panier percé et le ragote sans cesse sur sa dépense, tallem. des beaux, Histor. t. viii, p. 102, édit. in-42.
t RAGOTIN (ra-go-tin), ». m. Homme contrefait et ridicule. Cest le nom d'un des personnages du Roman comique de Scarron.
— ETYM. Diminutif de ragot t. Cependant le Bourguignon dit raicôti, récôti, de petite taille.
t RAGOULE (ra-gou-1'), t. f. L'agaric du panicaut, dit aussi baligoule.
t RAGOCMINIER (ra-gou-mi-nié), t. m. Voyez
MINEL.
RAGOCT (ra-goû; le t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l'î se lie : des ra-goû-z excellents) , i. m. || 1° Mets qui plaît et qui excite
l'appétit je m'étonne Que d'un mets si plein de
bonté Vous soyez si tôt dégoûté ; Ne vous ai-je pas oui dire Que c'était votre grand ragoûtT la font. Pdié. Ili'En général, mets avec sauce et différents ingrédients. Une langue en ragoût, de persil couronnée, boil. Sat. m. Tout au plus on y mange un peu de grosse viande sans ragoût, fén. Tél. v. U y a bien des ragoûts nouveaux , et la gourmandise est & la mode, maintenon, Lett. au eard. de Noailles, 22 oct. (699. Ragoûts, hqueurs, entrées, entremets, tous mots qui devraient être barbares et inintelligibles en notre langue, la bruy. XIV. J'essaye un" nouveau cuisinier dont les ragoûts sont autant de chefs-d'œuvre, dancodrt, Déroute du pharaoTv, se. 2. Il y avait à votre souper deux ragoûts manques, volt. Facéties, Sur l'encycl. Les dieux ne sont-ils pas des monstres de barbarie d'avoir fait naître un Tantale pour qu'il mangeât son fils en ragoûtT id. Dial. xxix, a. On assure que Dacier et sa femme pensèrent un jour mourir d'un ragoût antique, dont ils avaient pris la recette dans Apicius ou dans Apulée, d'alemb. Éloges, Despréaux, note 29. || Fig. Leur ragoût était la faim, rollin, Histoire ancienne, (Eut), t. u, p. <78, dans pougens. || 8° Au plur. Les ragoûts, en prenant la partie pour le tout, s'est dit pour les dîners, les repas. Je vois d'ici la tranquillité où vous étiez à Lambesc toute seule, pendant que votre cœur se reposait avec le pain et l'eau de la paresse ; vous revoilà dans les ragoûts, sÉv. io février )672. Il 4° Fig. Ce qui excite le désir, ce qui flatte. Nous pourrons recouvrer des devises de Boissière ....et d'autres ragoûts de celte nature, balz. liv. vu, lett. 22. Je vois mes cheveux gris, je sais que les années Laissent peu de mérite aux âmes les mieux nées.... Que les plus beaux esprits, que les plus embrasés Sont de méchants ragoûts, quand les corps sont usés, CORN. Œuvres div. Jalousie. Ce sont de beaux morveux, de beaux godelureaux, pour donner envie de leur peau! et je voudrais bien savoir quel ragoût il y a à eux, mol. Avare, u, 6. On est si lassé de louanges en face, qu'il y a du ragoût à pouvoir être assuré qu'on n'a pas eu dessein de vous faire plaisir, et que voilà ce qu'on dit, quand on dit la vérité toute nue, toute naïve, sév. t9 juin 1675. Cette conduite de ne vous point jeter à la tête et de laisser place aux désirs de vous voir,
c'est ce qui fait' le ragoût de votre amour-propre, m. d Coulanges, 28 mai I6ii5. i la possession d'une femme pleine de charmes, il ajouta le ragoût d'une femme de chambre vieille, i. j. rouss. Conf. vi. Il Quel ragoût trouvez-vous à cela? Quel plaisir y trouvez-vousî || 7' Terme de peinture qui vieillit. Ragoût de couleur, couleur animée. La couleur, la finesse de touche , l'effet, l'harmonie, le ragoût, tout s'y trouve, dider. Salon de i767, Œuv. t. XIV, p. 350, dans pougkns. Ma compo.sition serait pleine de vie, de variété, et de ce que les artistes appellent ragoût, id. t6. p. 9».
— ÉTYM. Voy. ragoûteh.
RAGOCtaNT, ANTE (ra-goû-tan, tan-t'), adj. Il 1° Qui ragoûte, qui excite l'appétit. Des monceaux de viandes les plus exquises et tout ce qu'on pourrait s'imaginer de plus ragoûtant et de plus délicieux, BOIL. Longin, Du subi. chap. 3t. || Fig. Cela est peu ragoûtant, se dit d'une chose de laquelle on craint du désagrément. La commission dont vous me chargez est peu ragoûtante. || 2° Fig. Qui flatte les yeux, qui est agréable, en parlant de l'apparence des personnes. Un époux tel que vous n'est pas ragoûtant, hauteboche, App. tromp. m, 7. Elle [Mme de Soubise] ouvrirait les chemins de l'infidélité [du roi, à l'égard de Mme de Montespan], pour aller à d'autres plus jeunes et plus ragoûtantes, siv. 30 sept. 1676. On dit que mon visage est assez ragoûtant, BOUHSAULT, Fobl. d'Ésope, m, 6. Ses yeux lui parurent brillants et sa personne ragoûtante, HABiLT. Gramm. 4. || S" Terme vieilli de peinture. Qui a du ragoût. Pinceau, tableau ragoûtant. Il a de la couleur, il peint d'une manière ragoûtante et facile, dider. Salon de 1767, Œuv. t. xiv, p. 509, dans pougens.
RAGOCtÊ, ÉE (ra-goû-té, tée), part, pcusé de ragoûter. Estomac ragoûté par la nouveauté des mets
RAGOCter (ra-goû-té), v. a. jj 1° Remettre en goût, en appétit. Ragoûter un malade. || B* Fig. Réveiller ledésir. Ilestdilficile de ragoûter des gens blasés. Il Absolument. Rien ne coûte, quand il s'agit de satisfaire une passion : les difficultés mêmes ragoûtent, piquent, réveillent, mass. Uyst. l'i'jit. || 3° Se ragoûter, v. réft. Se remettre en goût Ils essayent de nouveaux^ remèdes pour se guérir, et de nouveaux mets pour se ragoûter, fén. Dial. des morts anc. 27.
— ÉTYM. Re..., et agoûter, forme inusitée, de à, et goûter; wallon, ragosté.
RAGRAFÉ, ÉE (ra-gra-fé, fée), part, passé de ragrafer. Robe ragrafée à la hâte.
R AGRAFER (ra-gra-fé), v. a. Agrafer de nouveau.
— ÉTYM. Re..., et agrafer.
RAGRANDI, lE (ra-gran-di, die), port, passé do ragrandir. Déchirure ragramlie.
RAGRANDIR (ra-gran-dir), v. a. Rendre plus grand ce qui l'était déjà. Ragrandir un salon, un parterre. || Se ragrandir, t).ré/l. Devenir plusgrand. La plaie mal soignée s'est ragrandie.
— ÉTYM. Re..., et agrandir.
t RAGRÉAGE (ra-gré-a-j'), ». m. Terme de marine. Action de ragréer.
RAGRÉÊ, ÉE (ra-gré-é, ée), part, passé de ragréer. Maison ragréée. Menuiserie ragréée. Navire ragréé.
RAGRËER (ra-gré-é), v. a. || 1° Teime d'architecture. Mettre la dernière main à une construction, en repassant le marteau et la râpe aux parements des murs, et en terminant les corniches et moulures Il Ragréer une maison, une façade, les remettre à neuf. Il Terme de menuiserie' et de serrurerie. Faire disparaître les inégalités d'un ouvrage, lo polir. || 8° Terme de jardinage. Ragréer une biauthe d'arbre, unir avec la serpette l'extrémité d'ujie partie qu'on a sciée. || 8° Terme de marin. Gréer da nouveau. J'avais besoin de M. Marcilly pour m'aider à ragréer mon navire qui était tout désemparé, Saint-Pol d Pontchartrain, 3 juill. 1694, dans jau Il i° Se ragréer, v. réft. Signifie, dans la marine, se pourvoir de ce qui manque. Se ragréer d'une vergue. || Absolument. Le navire se ragrée.
— ÉTYM. Re..., et agréer f
RAGRÉMENT (ra-gré-man), s: m. Terme d'arts. Action de ragréer un ouvrage; résultat de cette action. Faire un ragrément. Le ragrément de ces constructions.
— ÉTYM. Ragréer l.
t RAGRET (ra-grè), ». m. Terme de relieur. Action de mettre la dernière main à une reliure Ensuite examinez si quelque parcliomin Se serait en séchant dérangé de sa place; S'il frise, s'il boursou-
BAI
RÂI
RAI
fie ou faii quelque grimace; Vous feriez en ce cas quelques petits ragrels, iESNÉ, la Reliure, p. 67.
— ÊTYM. Dérivé incorrect de ragréer.
BAGUE, ÉE (ra-ghé, ghée), part, passé de ra-
guer. Câble ragué.
t RAGUEK (ra-ghé), v. o. Terme de marine. Déchirer par le frottement. L'on juge que la grande quantité de câbles et d'ancres qui sont en celte rade sont dangereux, et peuvent couper et raguor ceux qu'on y mouille, desclouzeaux à Seignelay, 26 janv. <682, dans jal. || V. n. Notre câble rague contre le fond de la mer. || Se raguer, v. réfl. Se déchirer, s'user par le frottement.
— ÉTYM. Angl. to rag, mettre en lambeau ; anglo-sax. hraked, déchiré. Diez propose le Scandinave raka, frotter.
t RAGUET (ra-ghè), t. m. Terme de pêche. La morue de rebut ; petite morue.
— ÊTYM. Prqbablement raguer.
+ RAGUETTE (ra-ghè-f), s. f. Un des noms vulgaires du rumex acutus (polygonées).
RAÏA (ra-ia), j. m. Nom des sujets de l'empire turc soumis à la capitation, comme les chrétiens, les juifs, etc. Quand un raïa passe devant une pagode, il descend de son cheval, de son palanquin, et marche à pied jusqu'à ce qu'il ait passé le territoire du temple, volt, Mœurs, 4. De quelque raïa solitaire, De quelque vendangeur voisin L'âne en passant s'y désaltère [dans la fontaine de Castalie], Successeur du coursier divin, p. lebron, Poés. t. II, p. I».
— ÊTYM. Mot turc et arabe qui signifie troupeau, et qui est donné par mépris aux sujets non musulmans.
RAIDE, RAIDEUR, RAIDILLON, RAIDIR, adj.
Voy. ROIDE, ROIDEUR, BOIDILLON, ROIDIR.
4. RAIE (rê ; d'après Richelet on prononçait rée), t. f. Il !• Ligne tirée avec une pointe, avec une plume, un crayon, etc. || Passer une raie sur une phrase, la raturer. Il [Corbinelli] aurait beaucoup à dire sur la petite raie que vous avez faite.... il est persuadé que vous l'effacerez, sÉv. 388. || 2° Toutes sortes de lignes sur la peau, sur les étoffes, etc. Le zèbre a de grandes raies sur le dos. Étoffe à petites raies, i grandes raies. || Étoffe à mille raies, c'està-dire à petites raies égales et pressées. || 8" Séparation des cheveux sur le haut de la tête. 11 n'a pas besoin de peigne pour se faire une raie. Ses cheveux font la raie naturellement. |{ 4° Rainure ou ligne médiane qui sépare en arrière les deux portions latérales du corps humain. La raie du dos. IIS" Raie de misère, espèce de sillon sur la fesse des vieux chevaux. |{ Raie de mulet, ligne foncée s'étendant de la crinière à la queue, chez certains chevaux à robes claires. {| 6° Terme de physique. Raies du spectre, lignes plus ou moins noires, quelquelois plus ou moins brillantes, qu'on observe dans le spectre solaire quand on le regarde au microscope. Il 7° Terme d'histoire naturelle. Ligne longitudinale, de couleur variable, différant de la strie en ce qu'elle n'est pas déprimée.
— HIST. XIII* s. Et s'ai bien mengié deus denrées De novel miel en fresches rées, Ren. (0236. || xv's. Ainsi dura l'assaut jusques à heures de tierce que le jour eschauffa moult fort, et le soleil luisoit à raies et moult ardent, fhoiss. ii, m, 70. || xvi* s. Ce qui est plustost borner Dieu, et lui assigner ses rayes, à ce qu'il soit contraint d'obéir à nos fantasies, CALv. Instit. m 7.
— ÉTYM. Provenç. etespagn. raya ; d'une forme féminine, parallèle au latin radius, rayon (voy. rus).
î. RAIE (ré), s. f. Synonyme de sillon. Dans ce pajs, les raies sont fort creuses. || Se dit aussi de celle qui termine un champ, et à laquelle aboutissent des sillons.
— HIST. tm' s. Il pot bien fera passer se [sa] carue au travers du quemin por labourer se [sa] tere tôt à une roie, beaum. xxv, i i .
— ÉTYM. Bourg, roie; Berry, raiye, r^je.-saintong. rège ; wallon et picard, roie; provenç. rega; du lat. rigare, arroser.
3. RAIE (rê), s. f. Poisson de mer plat et cartilagineux (chondroptérygiens). On distingue : la raie commune ou raie proprement dite; la raie bouclée ; la raie bâtis, connue aussi sous les noms de bâtis et de raie cendrée; la raie oxyrrhynque, dite autrement alêne, bœuf, etc. legoarant. || Raie pécheresse, la baudroie.
— HIST. XIII' s. Nus poisonniers de mer ne puet mètre raie en panier sur autre poisson, liv. des met. 269 II xiv* s. Raye est bonne en septembre et meilleur en octobre, Uénagier, ii, B.
— ilTvii. Ane. cat. roj'o; esp. raya; ital.raxio; du lat. raia.
t RAIETEAU (rè-ie-lô) ou «AIETON (rè-le-ton ; on prononce aussi rêton) t m. Petite raie bouclée.
— ÊTYM. Diminutif de raie * ; à Rouen, ruehon. RAIFORT (rè-for; le t ne se prononce pas et ne
se lie pas), s. m. Espèce de rave (cochlearia armoracia, L). |1 Raifort cultivé, espèce dont la racine est connue sous le nom de radis noir. || Raifort sauvage, voy. CRAN. Il Raifort d'eau, plante dont on mange les feuilles en guise de cresson, nasturtium amphibium.
— HIST. xvi* s. Quelquefois la fracture est faite en raifort : c'est lors que l'os n'est point esclaté, en esquilles, mais est rompu uniment, paré, xiii, (. L'eau de raphan ou raifort sauvage, o. de serres, 923. Des pieds de boeuf rostis lardés de rifort, noël DU FAIL, Propos rustiques, 9i.
— ÉTYM. Berry, réfort; de l'anc. franc, roi*, racine, et fort,
I RAIGUILLER (rè-gui-llé, Il mouillées), v. a. Faire de grands points avec de la ficelle.
— ÉTYM. fle... et aiguille.
t RAIGUISER (rè-gui-zé ; ui comme dans huile), V a. Aiguiser de nouveau.
— HIST. xvi* s. [L'amour] Print l'arc dedans la main et, raguisant ses traits, Pas à pas la suivit par les hautes forests, bons. soî.
— ÊTYM. Re..., et aiguiser.
t RAU. (plusieurs prononcent rail', U mouillées; d'autres le prononcent rèl, à l'anglaise), s. m. Hande de fer sur laquelle roulent les wagons dans lesrailways ou chemins de fer.
— ÉTYM. Angl. rail, barrière, balustre, ornière de chemin de fer; gaélique, rhail, barrière; comparez l'ail. Riegel, barre.
t RAILË, ÉE (rè-lé, lée), adj. Terme de vénerie. Se dit en parlant de chiens qui sont tous de même taiUe. Ces chiens sont bien railés.
— ÉTYM. Voy. BAiLuae, à l'étymologie.
t RAILLE (râ-ir), I. f. Outil pour remuer la braise d'un fourneau. || Râteau i long manche dont on se sert dans les salines.
— ÊTYM. Lat. radula, racloir.
RAILLÉ, ÉE (râ-llé, liée, U mouillées), part, passé Je railler. Un Dieu raillé et moqué dans le palais d'Hérodepar des courtisans impies, bourdal. Myst. Pass. de J. C. t. i, p. ("6. Ne désespérez point le très-vieux et très-raillé solit^iire du mont Jura,
qui vous a toujours aimé volt. Lett. RUhelieu,
♦ févr. (774.
RAILLER (râ-llé, (( mouillées, et non râ-yé), II. o. Il l* Tourner en ridicule avec quelque acerbité. Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue, BOiL. Art p. i. U y a de petits défauts qu'on abandonne volontiers à la censure, et dont nous ne ne haïssons pas à être raillés : ce sont de pareils défauts que nous devons choisir pour railler les autres, la brdy. v. Quand on est sage, on ne raille ni les grands, ni ceux qu'il y a danger de railler, ni ses amis, ni un ordre, ni une nation, tuiers, Des jeux, ch. 4. Vous avez si souvent loué le célibat, Vous avez tant raillé, déploré la folie De tout homme d'esprit qui pour jamais se lie, destouch. Pliil. marié, m, 2. Je sais bien que je suis pauvre; mais il n'est pas nécessaire de m'en railler, non plus que des secours qu'on a bien voulu me donner, mariv. Mariatme, 2' part. || Absolument. U y a une manière de railler délicate et flatteuse qui touche seulement les défauts que les personnes dont on parle veulent bien avouer, qui sait déguiser les louanges qu'on leur donne sous des apparences de blâme, et qui découvre ce qu'elles ont d'aimable, en feignant de le vouloir cacher, la rochefouc. Réfl. div. p. ii8, dans pougens. Votre petit esprit se mêle de railler, mol. F. sav. I, 2. Pour badiner avec grâce et rencontrer heureusement sur les plus petits sujets, il faut trop de manières, trop de politesse, et même trop de fécondité : c'est créer que de railler ainsi, et faire quelque chose de rien, la bruï. v. Et railla bien qui railla le dernier, lamotte, Fabl. iv, 6. Tous ceux que j'ai raillés vont railler à leur tour, destouch. Phil. marié, iv, 4. ||2° F. n. Il se dit des personnes qu'on raille. Vous savez que, dans les triomphes, les soldats ont accoutumé de railler avec leurs empereurs, voit. Lett. 66. De choquer un auteur qui choque le bon sens. De railler d'un plaisant qui ne sait pas vous plaire. C'est ce que tout lecteur eut toujours droit de faire, boil. Sot. ix. Ne raillons point ici de la magistrature, rac. Plaid. II, (3. Il II se dit aussi des choses. Pourquoi railler de la conversion de cet homme? ce qu'il fait, c'est ce qu'il faudra que vous fassiez vousmême un jour, BOURDiL. Pentiei, t. i, p. 385.
Il 8* Ne pas parler sérieusement, badiner. Ns raillez point. Je vous parle sans feindre, et ne sais point railler. Lorsqu'au salut commun il nous faut travailler, corn. Pulch. iv, 4. || 4° Se railler, V. réfl. Se moquer. C'est une méchante raillerie que de se railler du ciel, mol. i). Juan, i, a. 11 n'y a maintenant qu'à nier d'un certain air le péché originel, l'immortalité de l'âme, ou se railler de quelque sentiment reçu dans l'Église, pour acquérir la rare qualité d'esprit fort parmi le commun des hommes, malebr. Rech. vér. ii, m, i. De là vient qu'on s'est raillé de Gorgias pour avoir appelé Xercès le Jupiter des Perses, et les vautours de» sépulcres animés, boil. Longin, Subi. ch. 2. || Se moquer l'un de l'autre. Vous aviez épuisé tout votre voisinage [pour s'en moquer], Et la disette, enfin allait nous obliger X nous railler l'un l'autre, oollin d'hahleville, Malice pour malice, i, 2. ii 5° Badiner, ne pas parler sérieusement. Cet homme se raillait assez hors de saison, la font. Fàbl. III, («. —
— HIST. XV' s. Lequel d'estie plaisant raillarl Eut le bruyt lorsque jeune estoit; On tiendroit à fol et paillart Vieil, si à railler se mettoit, villon, Rail, en vieux langage. Le suppliant et icelui Breton en rasglanl et devisant comme ilz avoienl accoustumé de faire, du canoë, rafl'arde.
— ÉTYM. Diez en rapproche l'espagnol ra/(or, racler; du lat. rallum, racloir; de sorte que railler serait proprement racler, frotter. Cela est confirmé par la forme rasgler. U y avait un substantif rotHe, signifiant moquerie : Se truifller en raille, en moquerie, DU GANGE, trufare.
t RAILLÈRE (râ llè-r', U mouillées), s. f. Nom donné dans les Pyrénées à certains versants abruptes et raboteux.
RAILLERIE (râ-Ue-rie, Il mouillées, et non raye-rie), s. f. Action de railler. Je tourne en raillerie un si fâcheux mystère, Régnier, Sat. x. Et l'amertume enfin de cette raillerie... corn. Théod. m, s. Quittez ces contretemps de froide raillerie, m. Don Sanche, i, 4. La raillerie est un air de gaieté qui remplit l'imagination, et qui lui fait voir en ridicule les objets qui se présentent; l'humeur y mêle plus ou moins de douceur "ou d'àpreté, la rochefouc. Réfl. div. p. 117 dans pougens. Ce qui n'était que jeu doi t-il faire undivorce? Et d'une raillerie a-t-on lieu de s'aigrir? mol. Amph. n, ». Us vous reprocheraient de tourner les choses de la religion en raillerie, pasc. Prov. viii. J'avouerai franchement que, si j'en avais de bons témoignages [d'un miracle], sans faire ni l'esprit fort ni me soucier des railleries de M. Basnage, je le croirais de bonne foi, boss. Déf. Vat, 1" dise. 7. Ne sont-ce pas les railleries qui font les plaies les plus vives, les plus cruelles et les plus sanglantes? BOURDAL. W dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 268. C'était sa maxime [de la Dauphine] que la raillerie ne convient pas à ceux qui sont élevés au-dessus des autres; que les traits qui partent d'en haut font des blessures plus profondes, PLÉCH. Dauphine. Il est convaincu que, quelque scrupuleuse exactitude que l'on ait dans sa manière d'écrire, la raillerie froide des mauvais plaisants est un mal inévitable, etqueles meilleures choses ne leur servent souvent qu'à leur faire rencontrer une sottise, la ehuy. i. Celui qui est d'une éminence au-dessus des autres qui le met à couvert de la répartie, ne doit jamais faire une raillerie piquante, iD. v. Il en faisait des railleries, le traitant de faible et d'efféminé, fén. Tél. xvi. Elle [Mme de Montespan] joignait à cette dureté de cœur une raillerie continuelle, m"' de caylus, Souvenirs, p. 108, dans P0LGENS. Épargnez-vous, marquis, ce» froi'les railleries, destouches, Phil. mar. v, se. dern. Quelques-unes de ces lettres [lettres d'Henriette à Charles I", saisies par les parlementaires] n'étaient que des expressions de tendresse et de douleur ; la chambre les lut avec ces railleries amères qui sont le partage de la férocité, volt. Moeurs, (80. Rousseau ayant montré à son antagoniste une ode à la postérité, celui-ci lui dit: Mon ami, voilà uns lettre qui ne sera jamais reçue à son adresse; cette raillerie ne fut jamais pardonnée, m. Comment, ceuv. aut. Ilenr. La raillerie est l'éclair de la calomnie, Pensée chinoise, dans grimm, Correspond. t. IX, p. 49( . Cette tournure de raillerie qui est le sublime de l'insolence, marmontel, Uém. viii. jj Familièrement. Cela passe la raillerie, se dit d'une raillerie trop forte, d'une chose qui pourrait avoir des suites fâcheuses. Mais tout ceci passait la raillerie, LA font. CotL.rt. 11 a tort; et ceci passe la raillerie, MOL. Èc. des mar. ii, n. || Familièrement, la raillerie en est-elle? c'est-à-dire est-il permis de
RAI
RAI
RAI
riiiller? peut -on railler sans ers nte d'offenser T Il Raillerie à part, sans raillerie, sérieusenipnl, tout de bon. || Entendre la raillerie, entendre bien la raillerie, avoir le talent de railler avec esprit. Il Entendre raillerie, ne point s'offenser des railleries dont on est l'objet. Mais les hypocrites n'ont point entendu raillerie, mol. Tari. Préface. Je ris quand on veut rire, et j'entends raillerie, th. corn. Baron d'Àlbikrac, v, 4. J'ai reconnu en vous une qualité que j'estime fort; c'est que vous entendez très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos petits défauts, bac. Lett.àson fils, 4f. Il [1 n'entend pas raillerie, se dit d'un homme sévère, exigeant, difficile. Us ont accusé M. de Saint-Foix d'avoir mal parlé de la religion; M. de Saint-Foix, qui n'entend pas raillerie, a résolu de leur donner sur les oreilles, volt. Facéties, Pre/ace. Il II n'entend pas raillerie là-dessus, se dit d'un homme sensible, sévère sur une certaine chose. Nous n'entendons point raillerie sur les matières de l'honneur, et nous l'avons élevée [notre fille] dans toute la sévérité possible, mol. G. Dandin, i, «. || Familièrement. C'est une raillerie, c'est une plaisante raillerie, se dit d'une chose qui ne paraît pas vraisemblable. Il C'est une raillerie de nous venir dire que.... C'est une raillerie de croire que.... c'est-àdire c'est une chose ridicule, absurde, de dire.... de croire.... La maison du garde.... réellement nous appartient comme ayant de tout temps fait partie de la forêt; c'est une raillerie de prétendre avoir vendu le pot et non l'anse, p. l. cour. Cnrresp. 6 fév. (8)«. Il 11 n'y a point de raillerie à cela, ce n'est point une raillerie , la chose est sérieuse, ce n'est pas un conte fait i plaisir. Je suis venue ce matin dîner chez Mme de Villars, pour lui dire adieu ; sar il n'y a plus de raillerie, elle s'en va jeudi, sÉv. 3(0. Répondez, mon esprit; ce n'est plus raillerie, boil. Sat. ix. || Proverbe. Cette raillerie passe le jeu, passe jeu, c'ost-.'i-dire elle va trop loin. || On dit dans le même sens ; le jeu passe la raillerie. C'est là que de la fourbe il a fallu m'aider, Et que le jeu pour moi passait la raillerie, TH. CORN. Gai. doubl. m, \.
— SYM. RAii LERiE, MOQUERIE. Ces deux mots sont très-voisins l'un de l'autre ; cependant la nuance est que la raillerie est une aggravation de la moquerie, une moquerie acerbe.
— HIST. xvi' s. Quiconque soit trouvé à peler les chesnes de quelqu'un, ou les taillader par raillerie Jpour s'amuser].... flfouD. cousl. gén. t. I, p. 843.
— ÉTYM. Railler.
RAILLEUR, EUSE ( râ-lleur, lleû-z', Il mouillées, et non râ-yeur), adj. Porté à la raillerie. 'Vous m'accusez à tort, je ne suis point railleuse, HAUiEHOCHE, /es,4ppor. tromp. i, (2. Philippe était naturelleuient railleur, et ne pouvait se contenir, même en traitant les affaires les plus sérieuses, ROLLiN, Hist anc. Œuvr. t. vin, p. 269. || Qui a le caractère de la raillerie. [L'oiseau] ....qui pour chant n'eut en partage Que le talent railleur d'imiter d'autres voix, lamotte, Fabl. i, 6. Il faudrait, avant que de prendre le ton railleur, être bien sûr qu'on a raison , volt. Phil. Newt. ii, 3. Il est vrai qu'à travers la railleuse gaieté du baron, l'on voyait briller dans ses yeux une maligne joie, j. j. rouss. Confess. ix. X considérer ces propos [des salonsj selon nos idées, on aurait tort de les appeler satiriques ; car ils sont bien plus railleurs que mordants et tombent moins sur le vice que sur le ridicule, id. Hél. II, 17. Il Substantivement. Celui, celle qui aime à railler. Une fine railleuse. Sais-tu que les railleurs et les mauvais plaisants D'ordinaire avec moi passent fort mal leur temps? begnabd, les Ménechm. I, 2. Jamais railleur n'a moins souffert la raillerie ; un trait plaisant qui l'aurait effleuré légèrement l'aurait blessé, marmontel, Këm. v. Vous êtes grand railleur, milord ; mais je parie Que vous ne rirez pas de ma plaisanterie, c. delav. Enfants d'Edouard, ii, (. || Familièrement. Vous êtes un railleur , se dit à un homme qu'qn suppose ne pas parler sérieusement. || Proverbe. Souvent les railleurs sont raillés, on se moque souvent de ceux qui voulaient se moquer des autres. Le railleur sera raillé, il aura sur les doigts, mol. Impromptu, ».
— HIST. XVI' s. Railleur, irrisor, sylvius, Gramm. p. 104.
— lïTYM. Railler. L'ancienne langue disait raillarl : Grandgousierestoit bon raillard en son temps, bab. i, '.!.
t RAILLEUSEMENT (râ-lleû-ze-man , Il mouillées), adv. Néologisme. D'une manière raiîif'use. Cet humoriste américain qui fais^iit dire railleusement a un homme d'£tat européen que la vraie, la bonne
distance pour bien juger les affaires coloniales était (le dix-hult cents à deux mille lieues, hohace de LAGARiiiE, Joum. des Débals, ib juill. 1866.
— ETYM. Adverbe formé avec railleur, comme Patleusement avec flalleur.
t RAILROCTE (rèl-rou-f), s. f. Mot qu'on a proposé pour remplacer railway.
t RAILURE (rè-lu-r'), s. f. Petite rainure de chaque côté du trou d'une aiguille.
— ÉTYM. Mot formé probablement d'un raile, qui se trouve dans certains patois (norm. raile, raie), et qui peut se rattacher aux formes anciennes de règle (voy. ce mot).
t RAILWAY "(rè-louè), s. m. Route à rails, chemin de fer.
— ÉTYM. Angl. rail, etway, chemin; Mem.Weg, chemin.
t RAI.MEH ou R'AIMER (rè-mé), v. a. Aimer de noureau. S'il est ainsi, si dans votre misère Vous le raimez, n'ayant pas mieux à faire, De Croupillac le conseil était bon, volt. l'Enfant prodigue, m, 6.
■j- RAIN (rin), s. m. Terme forestier. Lisière d'un bois. Les grands-maîtres, faisant leurs visites, seront tenus de faire mention, dans leurs procèsverbaux, de toutes les places vides non aliénées ni données à titre de cens ou d'affcage, qu'ils auront trouvées dans l'enclos et aux rains de nos forêts, Ordonn. sur les eaux et forêts, titre xxvii, 3. Vous pouvez vous faire rapporter les titres de tous les propriétaires de terres qui sont aux rains et rives des forêts, afin que cela vous serve encore à faire connaître les usurpations qui ont été faites, Lett. tiède Colberl, iv, 4 85.
— HIST. xiv* S. Es termes et ou rain des forez, DU CANGE, raina.
— ÉTYM. Anc. haut allcm. rain, bord; holl. rén. RAINCEAC (rin-sô), s. m. Voy. rinceau.
RAINE (rê n'), s. f. Terme vieilli. Grenouille. On
n'y entendait dans les soirées d'été que la crécelle des raines dans les eaux des fossés, habciiangï, Tristan le voyageur, ch. lxxvui. || Il te dit aussi pour rainette. Les raines ont le corps ovoïde, les cuis.ses postérieures longues et grêles, et des plaques visqueuses en forme de lentilles sous les doigts, BR0NGNIART, Instit. Mém. scienc. ph. et math. Sav. élr. t. i, p. 634. Il Proverbe rural. Il n'est pas cause que les raines n'ont pas de queue, c'est un liomme peu intelligent, peu capable.
— HIST. XIII* s. Et il gist en cel fossé mors. Tôt estendu com une raine, Ri-n. 69SB. || xvi* s. Raiie est latin ; escry donc autrefois Rayne en picard, ou grenouille en françois, marot, vi, 96.
— ÉTYM. 'Wallon, rainn; prov. rana, rayna;espagn. et ital. rana ; du latin rdita, pour racna d'après Corssen, Aussprache, 2' éd. p. S36, d'un radical rac exprimant le coassement.
t RAINEAU (rè-nô), s m. Terme de construction. Pièce de charpente qui lie les têtes des pilotis dans une digue, ou dans les fondations d'un édifice.
f RAINER (rè-né), v. a. Faire des rainures. Après avoir fait les tenons et mortaises,, il raine avec un rabot appelé bouvet pour mettre les panneaux, Dict. des arts et m. Menuisier.
— ETYM. Scheler propose l'ancien français rain, bord (voy. rain).
i. RAINETTE (rè-nè-f), s. f Sorte de grenouille qui habite les buissons, rana arborea.
— ÉTYM. Diminutif de raine : prov. rainela.
2. RAINETTE (ré-nc-f), s. f. Sorte .de pomme (vovez reinette).
t"3. RAINETTE, RAINETTER, voyez rénette, bénetteb.
t RAINOIRE (rè-noi-r'), s. f. Outil servant à rainer. Les layetiers se servent presque de tous les outils des menuisiers, comme d'établi, de ciseaux.... de feuillerets qu'ils nomment des rainoires, Dict. des arts et mit. Layttier.
RAINURE (rè-nu-r'), s. f \\ 1° Terme de menuisier. Entaillure qui se fait en longueur, sur l'épaisseur d'une planche, pour recevoir une languette ou pour servir de coulisse. Les portes à la campagne doivent être simples, mais de bonnes planches de chêne assemblées en rainures, c'est-à-ilire par canal fait dans le bois, genlis, Maison rust. t. i, p. Bi, dans pouGENS. || 2° Terme d'anatoniie. Cavités allongées qui se remarquent à la surface des os. I! Rainure digastrique ou mastoïdienne, échancrure qui se voit au côté interne de l'apophyse mastoïde.
— ÉTYM. Rainer.
RAIPONCE (rè-pon-s'), s. f. Espèce de campanule dont les racines se mangent en salade {eampanula
raptmeulus, L.) (campanulacées). || La raiponse es» aussi la racine qui se mange du phyleuma spiealum, L , même famille. || Familièrement et fig. Manger des raiponces, se ruiner en cautionn.int autrui, par un mauvais jeu de mots entre raiponce et réponse.
— HIST. XV]' s. Quant aux reponces ou raiponces, bien que leur naturel soit de venir d'ellesmêmes sans artifice, près des bonis, buissons, et autres arbustes sauvages.... o. de serres, 53t. Bapuneulus, responses, in RuMium, de Slirpibus.
— ÉTYM. Espagn, reponche, raipmice ; port. raponto ; ital. raperonzo; du latin râpa, rave.
I. RAIRE (rê-r') ou RIÎEU (réé), je rais, tu rais, il rait, nous rayons, vous rayez, ils raient; je rayais; je rairai ; que je raie; rayant; rait; ou je rée, je réais, je rérai ; que je rée ; que je réasse ; réant ; réé, v. n. Terme de vénerie. Il se dit du cri du cerf. Les cerfs ont rait ou réé toute la nuit. S'ils [les cerfs] sont d'égale force, ils se menacent, ils grattent la terre, ils raient d'un cri terrible, BUFF. Quadrup. t. ii, p. 20. La biche a la voix plus faible et plus courte, elle ne rait pas d'amour, mais de crainte, m. ib. t.'ii, p. 62.
— ÉTYM. D'après Riez, un verbe latin ragire sa forma sur le modèle de ragire, mvgire, et donna lieu au français raire, et à l'italiun ragghiare, braire.
t 2. RAIRE (rê-r'), v. a. Mot hors d'usage et signifiant raser, tondre. || X barbe de fou on apprend araire, on devient habile en son métier au péril de ceux qui sont assez fous pour permettre qu'on s'exerce d'abord sur eux. || Ne se soucier des rais ni des tondus, ne se soucier de personne.
— HIST. XI" s. La teste.... jus des espaules raire, Ch. de Roi. cxL.,||xivr s. Avoir fait raire et fausser une date de nos lettres, du cange, radiare. Il XVI' s. Sans est re ne raiz ne tondu. Incontinent on le fait moyne, marot, i, 488.
— ÉTYM. Provenç. raire ; du lat. radere, raser. RAIS (rê), s. m. Il 1° Terme qui vieillit. Rayon.
Qu'ainsi qu'en été le soleil, H dissipe aux rais de son œil Toute vapeur.... Régnier, Hymne. Le soleil.... laisse échapper de longs rais d'une lumière pâle qui nous annoncent la tempête, bern. de stpiERRE. Harmon. liv. ii. Il est midi ; de l'éclat de ses rais Le jour me brûle et mon fusil me pèse, p. LEBRUN, Pois. t. I, 18. Il Au XVII* siècle, quand rais commençait à vieillir, Vaugelas, déclarant qu'il ne pouvait plus se dire des rayons du soleil, admettait qu'il se disait encore très-bien, en vers et en prose, des rayons de la lune. Cela est observé dans les exemples suivants. Comme, les voyageurs qui se lèvent aux rais de la lune, pensant qu'il soit jour, balz. le Prince, ch. ta. Le soleil, qui commence à luire, Ne te brûlera point dans la chaleur du jour; Et, quand la lune aura son tour, Ses rais les plus malins ne pourrorit plus te nuire, CORN. Trad. du ps. 120. La lune avec beaucoup d'éclat Illuminait tout mon grabat. Perçant de ses rais ma fenêtre, scarh. Virg. m. Combien de fois la Inné a leurs pas éclairés. Et, couvrant de ses rais l'émail d'une prairie, Les a vus à l'envi fouler l'herbe fleurie I la font. Adonis. || 2° Pièces qui entrent par un bout dans le moyeu d'une roue, et par l'autre dans les jantes; ainsi dites de leur disposition rayonnée. Les rais de la roue. Un rais est rompu. Il 3° En architecture. Rais de cœur, ornement en forme de cœur. || 4' Ternie de blason. Les pointes qui sortent d'une étoile comme des rayons.
— REM. On devrait écrire raiau singulier comme on faisait autrefois; i's n'a aucune raison d'être.
— HIST. XII' s. L'aiguë lui court du cuer parmi les oilz [yeux] à rais, Sax. xv. || xiii' s. Et quant ele [la lune] a l'umbre passée, Si revient toute enluminée Des rais que li soleil li monstre, Qui d'autre part reluist encontre, la Rose, 4807. || xvi* s. ....D'or estoit le haut tour De chasqueroue; et l'ordre bel et gont De chascun ray fut estoffé d'argent,
— ÉTYM. Wallon, ret (d'une roue); provenç. rot, raig,rait, rach, rah; espagn. raya, radio; ital. raggio ; du lat. radius.
RAISIN (rè-zin), s. m. || 1° Le fruit de la vigne. Grappe de raisin. Fouler le raisin. Raisin sec. Certain renard gascon, d'autres disent normand, Mourant presque de faim, vit, au haut d'une treille. Des raisins mûrs apparemment Et couverts d'une peau vermeille, la font. Fabl. m, 1 1 . || Moitié figue, moitié raisin, voy. figue. || 2° Raisins de caisse, raisins qui viennent du midi de la France ; ils sont trempés avec leurs rafles dans une lessive de soude et séchés au soleil. || Raisins de Corinthe, ainsi appelés parce qu'ils venaient autrefois de cette viiie,
RAI
RÂl
RAI
raisin» secs très-petits, presque noirs, en grains détacliés (les rafles. Ils sont envoyés en tonneaux de Céplialonie et des diverses Iles ioniennes. || Raisins de Damas, raisins secs qui viennent de Syrie; Ils sont très-gros, aplatis, rougeâtres, demi-transparents ; ils ont une saveur de muscat. || 3° Raisin d'Amérique, la phytolaque décandre(pliytolacci!ics). Il Raisin barliu, la cuscute monogyne (convolvulacées) , qui s'attache aux vignes du Languedoc. |l Raisin des bois, 'nom vulgaire de l'airelle myrtille. Il Raisin de corneille, nom donné parfois à la plante, mais surtout aux baies de la camarine à fruits noirs, qui croît sur les hautes montagnes de France et est appelée absolument la canaarine {empetrwn nigrum, t.). || Raisin d'ours, voy. ahbousiEH. Il Raisin de renard, ou herbe paris, pariseite, ports quadrifolia, L., plante qui croît dans les bois ombragés et porte une baie de la grosseur d'un grain de raisin. || Raisin de mars, ribes rubrum, groseiller. |l Raisin de mer, Vephedra distachya, famille des gnétacées. ]| 4° Raisin de seiche, les œufs de cet animal. || Raisin du tropique, voy. sargasse. Il 6° Raisin ou grappe de raisin, projectile appelé aussi mitraille. ||6" Terme de papeterie. Grand raisin, nom d'une sorte de papier qui s'emploie surtout dans les éditions de luxe, ainsi dit à cause d'une grappe de raisin qui servait de marque diaphane à ce papier. Pour chaque rame de papier grand raisin double, du poids de 25 livres et au-dessus.... Wc/. 22 oct. 17(5. Tan/. Il Grand raisin, le plus grand format de papier' dont on se serve pour faire des tentures.
— REM. Cueillir un raisin, manger un raisin : cette locution n'est autorisée par aucun grammairien, ni aucun dictionnaire, un raisin ne se disant qu'en parlant de toute une espijoe : le muscat est un bon raisin ; il faut dire cueillir une grappe de raisin ou cueillir du raisin. De fait, l'usage ne dit guère un raisin pour une grappe de raisin; néanmoins, comme raisins se dit au pluriel pour des grappes de raisins (Voyez ces rai.sins comme ils sont jaunes), rien au fond n'interdit logiquement de dire un singulier en ce sens.
— HIST. XIII* s. Et toute autre manière d'aigrun, dates, figues, et toute manière de reisins, Liv. des
met. 32 Tant que li roisin sont fourme, le .jla]
iespuelle est contée por mueble, beaum. xxiii, 4. (I XVI* s. Raisins nigrier, pivot, pique-poule, meurlûii, foirard, brumestres, piquardant.... la bernelle, et autres inlinis, o. ds serres, 152.
— ËTYM. Berry, ras in ; picard rosiri, roisin; bourg, raain; provenç. raxim , raiain; catal. rahim; espagn. raeimo, grappe; ital. raeenw; du lat. racemus ; comparez ^àj, ^aYoç, grain de raisin, H sanscr. drdkshd, raisin.
RAISINÉ (rè-zi-né), s. m. Confiture faite avec du jus de raisin et des fruits, surtout des poires. Quand le raisiné sera à demi froid, vous le mettrez dans des pots, genlis, Maison rust. t. ii, p. 1.13, dans pouGENS. || Fig. Il ne veut point tâter du raisiné, se disait de celui qu'on pressait inutilement de résigner un bénéfice une charvçe, par un mauvais jeu de mots sur résigné qui se prononçait résiné. ||Fig. Faire du raisiné, saigner au nez, en argot.
— HIST. xii* s. La grappe d'icels, grape de fiel et raisimet mult amer, Liber psalm. (° 246. ||xv* s. On m'a dit que l'evesché est en grand bransie, et qu'il sent bien la résinée, Recueil général des caquets de l'accouchée, édit. de Metz, p. 57, i' journée. Il xvi* s. Nous avons maintenant l'usage de la raisinée (incogneuë des anciens) servant aussi en cuisine; on la fait de raisins noirs, délicats et bien meurs.... elle se conservera longuement, s'endurcissant comme cotignac, o. de sebhes, 236.
— lîTYM. Raisin ; génev. la raisinée.
t RAISINIER (rc-zi-nié), t. m. Arbre d'Amérique.
t RAISINIÈRE (rèzi-niè-r'), ». f. Petite tumeur granuleuse, brune ou noirâtre, qui se forme quelquefois sur la surface de la cornée, à la suite de» ulcères ou des plaies accidentelles de cette membrane. C'est une forme de la hernie ou procidence de l'iris.
— ETYM. Raisin, à cause de l'apparence. RAISON (rè-zon), t. f. \\ 1» Faculté par laquelle
l'homme connaît, juge et se conduit. Puisqu'il est certain que la raison des hommes ne s'étend pas si loin que la vérité des choses, balz. lett. M, liv. i. Vous serez toujours.... un esprit chaussé tout à rebours. Une raison malade et toujours en débauche, MOL. l'Ét. II, 14. Mrntaigne est incomparable.... pour convaincre si bien la raison de son peu de lumière et de ses égarements, qu'il est difficile,
quand on fait un bon usage de ses principes, d'être tenté de trouver des répugnances dans les mystères, PASc. Entretien avec H. de Saci. Notre raison est toujours déçue par l'inconstance des apparences, iD Pens. I, 1, édit. havet. Examinons donc ce point, et disons : Dieu est, ou il n'est pas ; mais de quel côté pencherons-nous? la raison n'y peut rien iléterminer; il y a un chaos infini qui nous sépare, iD. ib. X, 1. Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme, lo. ib. xxv, 183. Instinct et raison, marques de deux natures, to. XXV, 16. L'homme n'agit point par la raison qui fait son être, m. ib, xxv, 27. Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison, m. ib. xin, 7. L'âme, devenue captive du plaisir, devient ennemie de la raison, BOss. la Vallière. Ce serait à nous i condamner notre raison comme aveugle et téméraire, et non pas à notre raison de trouver à redire aux œuvres de Dieu, boukoal. Dim de la Quinquagés. Vominic. t i, p. 448. Qui ne sait qu'elle fut admirée dans un âge où les autres ne sont pas encore connues; qu'elle eut de la .--agessecn un temps où l'on n'a presque pas encore de la raison? fléch. Urne d'Aiguillon. 11 e.st d'autres erreurs dont l'aimable poison D'un charme bien plus doux enivre la raison, boil. Sal. iv. Et quelle âme, dis-moi, ne serait éperdue Du coup dont ma raison vient d'être confondue? rac. Andr. m, i. Cette fière raison dont on fait tant de bruit. Contre les passions n'est pas un sûr remède ; On peu de vin la trouble, un enfant la séduit, deshoul. Poés. t. i, p. 34. Rien ne sied mieux à notre raison que des conclusions un peu timides, fonten. Dodart. La raison nous propose un trop petit nombre de maximes certaines, et notre esprit est fait pour en croire davantage, \t>. Dial. v, ilfort* anc. mod. On se sert de la raison comme d'un instrument pour acquérir les sciences; et on se devrait servir au contraire des sciences comme d'un instrument pour perfectionner sa raison, BOLLiN, Traité des Et. v, 2. La raison peut se définir une faculté de notre âme par laquelle nous découvrons la certitude des choses obscures ou douteuses en les com])arant avec des choses qui nous sont évidemmetit connues, dumabs. (Eut), t. vi,p. 6. Le cceur ne manque guère de trahir la raison, quelque leçon qu'il en ait reçue, staal, Uém. t. m, p. 123. La raison a un empire naturel; ellea même un empire lyranoique ; on lui résiste, mais cette résistance est sou triomphe, montesq. £.-pr. xxviii, 38. M. Looke a développé à l'homme la raison humaine, comme un excellent anatomisle explique les ressorts du corps humain, VOLT Vict.phil. Locke. Le caractère de la raison le plus marqué, c'est le doute, c'est la délibération, c'est la comparaison, buff. Nature des anim. La raison des femmes est une raison pratique, qui leur fait trouver très-habilement les moyens d'arriver à une fin connue, mais qui ne leur fait pas trouver cette fin, j. j rouss. Ém. v. De toutes les facultés de l'homme, la raison, qui n'est, pour ainsi dire, qu'un composé de toutes les autres, est celle qui se développe le plus difficilement et le plus tard, iD. ib. u. La froide raison n'a jamais rien fait d'illustre, et l'on ne triomphe des passions qu'en les opposant l'une à l'autre, id. Hél. iv, 12. On dit communément que les animaux sont bornés à l'instinct, et que la raison est le partage de l'humme; ces deux mots instinct et raison, qu'on n'explique point, contentent tout le monde, et tiennent lieu d'un système raisonné, coniul. rrot(. anim. ii, 6. || Fig. Il n'est que les lumières de votre foi [ô Dieu] qui puissent redresser ses jugements [de l'homme], ouvrir les yeux de son âme, être la raison de son cœur, lui apprendre à se connaître, mass. Arent, Dispos. Il Avoir sa raison, toute sa raison, jouir de la plénitude de ses facultés intellectuelles. || Âge de raison, âge où les enfants commencent à jouir de la raison. De petits enfants avant l'âge de raison , BOss. 3» avert. 12. Il était cher à toute la maison. N'étant encor dans l'âge de raison, gresset, Ker-);«r(, i. Il Un être de raison, voy. être 2, n° 3. || Perdre la raison, devenir fou. Je pense mille fois le jour au chevalier de Grignaii, et ne puis pas m'imaginer qu'il puiose soutenir cette perte [celle de Turenne] sans perdre la raison, sÉv. 201. Il faut qu'il écoute mes détails cruels, qu'il entre dans mes colères, qu'il me dise que j'ai raison pour m'empêcher de la perdre tout à fait, m. à Moulceau, l*'mars 1684, Il Perdre la raison, se dit aussi d'un homme qui fait quelque chose de contraire à la raison, au bon sens. Il faut que vous ayez perdu la raison, pour avoir tenu ce langage. || Terme de métaphysique. Raison pure ou intuitive, se dit par opposition à raison empirique ou connaissances expérimentales.
Son traité [de Kant) sur la nature de l'entendement humain, intitulé Critique de la raison pure, parut il y a trente ans, et cet ouvrage fut longtemps inconnu ; mais, lorsqu'enfin on découvrit les trésors d'idées qu'il renferme, il produisit une telle sensation en Allemagne, que presque tout ce qui s'est fait depuis en littérature comme en philosophie, vient de l'impulsion donnée par cet ouvrage, STAEL, Allem. m, 6 || Culte de la Haison, culte célébré pour la première fois dans l'église métropolitaine de Paris, le 20 brumaire an 11 (10 nov. 1793), et bientôt imité dans toute la France. 2° Raison se dit de la somme de vérités que les hommes admettent uniformément; cette raison est souveni nommée raison impersonnelle, i la vérité, une raison est en moi ; car il faut que je rentre sans cesse en moi-même pour la trouver; mais la raison supérieure qui me corrige dans le besoin et que je consulte n'est point â moi, et elle ne fait point partie de moi-même; cette règle est parfaite et immuable, je suis changeant et impiirfait. ... nous recevons sans cesse et à tout moment une raison supérieure à nous.... c'est elle par qui les hommes de tous les siècles et de tous les pays sont comme enchaînés autour d'un certain centre immobile, FÉN. Exist 55 et 56. Il 8° Maison se dit quelquefois absolument pour logos, Verbe. Au-dessus de notre faible raison, restreinte à certains objets, nous avons reconnu une raison première et universelle.... BOss. Conn. v, 2. Où est-elle cette raison suprême? n'est-elle pas le Dieu que je cherche? féw. Exist. 60. Le philosophe [Lao-tseu], né dans une des provinces centrales de la Chine, à la fin du vu* siècle avant notre ère, admet pour premier principe de toutes choses, comme les platoniciens et les stoïciens, la raison, être sublime, indéfinissable, qui n'a de type que lui-même, abel rëmusat, Instil. Mém. inscr. et belles-leltr . t. vii, p. 5i. || 4* Le bon usage de la faculté de raison, bon sens, justesse d'esprit, sagesse. La raison règle enfin l'ardeur qui les emporte, corn. Cinna, i, 3. Ce discours, quoique même un peu hors de saison. Pourrait avoir du moins quelque ombre de raison, id. Perthar. i, 4. La parfaite raison fuit toute extrémité. Et veut que l'on soit sage avec sobriété, mol. Ifis. i, i. ....Souffrez qu'enfin la raison vous éclaire, BOIL. Poés. div. xxvii. La raison, pour marcher, n'a souvent qu'une voie, id. Art p. 1. 11 savait qu'il ne faut attaquer les passions des hommes, pour les réduire à la raison, i|ue quand elles commencent à s'affaiblir par une espèce de lassitude, fén. Tél. xv. ta raison tient de la vérité, elle est une ; l'on n'y arrive que par un chemin, et l'on s'en écarte par mille, tk BBUï. XI. AIzire au désespoir, mais pleine de raison, En invoquant la mort commente le Phédon, gilb. le Dix-huitième siècle. || Raison écrite, se dit du droit romain dans les pays où on le consulte. Quand la compilationdeJustinien parut, elle fut reçue dans les provinces du domaine des Gothsetdes Bourguignons comme loi écrite ; au lieu que dans l'ancien domaine des Francs, elle ne le fut que comme raison écrite, montesq. Bsp. xxvm, 12. || Parler raison, parler raisonnablement. Combien de gens qui, dans la vie. Se conduisent en fous , et qui parlent raison I IMBEBT, Jaloux sans amour, i, 5. || D'après Bouhours, cette locution était rejetée par quelques-uns; aujourd'hui elle est reçue. || Parler raison, signifie quelquefois devenir raisonnable, traitable. Voilà parler raison. C'est parler raison , cela. || Mariage de raison, mariage où l'on consulte plus la convenance que l'inclination. Ils sont convenus de terminer à l'amiable par un mariage de raison, al. DUVAL, le Prisonnier, se. 14. || Il n'y a ni rime ni raison, voy. rime. ||6* Dans un sens assez récent, raison se dit, absolument, pour exprimer la somme croissante d'idées bonnes et justes qui est dans une société. Le père eût poussé plus loin la sainte haine qu'il avait contre la raison, saint-évremond. Tonfers, du P. Canaye. Il a été plus facile aux Hérules, aux Vandales, aux Goths et aux Francs, d'empêcher la raison de naître, qu'il ne sérail aujourd'hui de lui ôter sa force quand elle est née, VOLT. Ode XII, note. La raison n'est-elle pas le préservatif de l'intolérance et du fanatisme? j. 1. nouss. Hél. II, 18. La raison finira par avoir raison, d'alemb. tell à Voltaire, 23 janv. i767. Vous aimez la raison et la liberté, mon cher et illustre confrère, et on ne peut guère aimer l'une sans l'autre, m. ib. t» janv. 1789. La raison peut se comparer & une montre; on ne voit point marcher l'aiguille, elle marche cependant; et ce n'est qu'au bout de quelque tempi qu'on s'aperçoit du chemin qu'elle a fait, id. Dial, Christ, et Deseart. ... Une raison hardie. De ce ne'U
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univers nouvelle maladie, Calcule ses devoirs, et discutfi vos droits, Sous la pourpre avilie interroge les rois, delille, Pilid, iv. {| La raison contemporaine, la somme de vérités et de principes qui est propre à chaque époque. Il 6° Ce qui est de devoir, de droit, d'équité, de justice. Ahl qu'avec peu d'effet on entend la raison, Quand le cœur est atteint d'un si charmant poison! cobn. Cid, ii, B. Philinte: Mais qui voulez-vous donc qui pour vous sollicite? - Âlceste: Qui je veux T La raison, mon bon droit, l'équité, MOL. kis. I, t. Il ne sera pas hors de raison qu'il donne.... pasc. Prov. v. C'est Je Lopès de Véga que P. Corneille a emprunté le caractère du Menteur, dont il disait avec tant de modestie et si peu de raison, qu'il donnerait deux deses meilleures pièces pour l'avoir imaginé, marmontel, Œuv. t. VI, p. (B7. ||Ce qui est raisonnable, lien est comme avec ceux qui nous ouvrent leur bourse, et nous disent : prenez; nous en usons honnêtement et nous nous contentons de la raison, mol. G. Dand. II, ). Il Avoir raison, être fondé dans ce qu'on dit ou fait. Les Juifs, contraints enfin d'avouer que le Messie n'était pas venu dans le temps qu'ils avaient raison de l'attendre selon leurs anciennes prophéties, tombèrent dans un autre abîme, boss. Hist. II, 10. Tite-Live a raison de dire qu'il n'y eut jamais de peuple oîi la frugalité, où l'épargne, où la pauvreté aient été plus longtemps en honneur [qu'à Home], iD. ib. m, 6. Ce fut depuis le retour de ses bonnes grâces qu'elle [la duchesse de la Ferté] me dit un jour: Tiens, mon enfant, je ne vois que moi qui aie toujours raison, staal, Uém. t. i, p. 269. Celui qui vous amusera le plus en quelque genre que ce soit, aura toujours raison avec vous, VOLT. tett. à Mme duVeffant, 2 sept. )770. |1 Familièrement, la bête a raison, se dit quand on se rend au sentiment d'une personne qu'on témoigne estimer peu. || Donner raison à quelqu'un, prononcer en sa faveur. Nous ne sommes pas ici en France, où l'on donne toujours raison aux femmes, beau- HARCH. Barh. de Sév. il, i5. || Donner toute raison, donner complètement raison. Maurin extravaguait, ot Albert lui a donné toute raison, et avec une sécheresse e.tlrême pour Léocadie, genlis. Hères riv. t. m, p. 123, dans pougkns. || Entendre raison, acquiescer à ce qui est juste et raisonnable. Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison, mol. Festin, II, 5. Elle n'entend ni pleurs, ni conseil, ni raison, RAC. Bérén. iv, 7. || Il n'enlend pas raison là-dessus, se dit d'un homme qui se montre sévère, opiniâtre sur quelque point. Il Kntendre raison, écouter raison, se dit quelquefois d'une femme q>ii se rend aui solliciiations d'un amant. Caliste enfin l'inexpugnable Commença d'écouter raison, la pont. Coupe. Une vertu qui ne voulait pas entendre raison, HAMiLT. Gramm. 9. || Se faire une raison, se .soumeUre à ce qui ne peut être changé. La duchesse de nerry était incapable de se faire une raison, que ce qui venait d'arriver [la mort de Monseigneur] devait arriver tôt ou tard, st-sim. 296,42. Hé! mon frère, ne faut-il pas se faire une raison? legrand. Triomphe du temps futur, m, 2. || Mettre quelqu'un à la raison, l'y soumettre. Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, LA PONT. Fdbl. VI, 7. Les années m'ont tellement mise à la raison, m"' de coulanges, Lett. à Urne de Sévigné, p. i33, dans pougens. || Se mettre à la raison, s'y soumettre. Pour éviter la contrainte, 11 s'est mis à la raison, malh. ii, 2. Votre fils n'est pas si étrange que vous le dites, et il se met à la raison, mol. VAv. IV, 4. Voyez si on peut mieux se mettre à la raison, sév. (87. || Mettre à la raison, signifie quelquefois triompher de quelqu'un, réduire par la force, par l'autorité. 11 mit ces furieux à la raison. Nous savons. Dieu merci, mettre une femme à la raison, HAUTEBOCHE, Crisp. méd. i, 2. Si son sage héros [du Tasse], toujours en oraison. N'eût fait que mettre enfin Satan à la raison, boil. Art p. m. C'est un cbicaneurjje le mettrai à la raison, picard, U. Mutard, se. t. Il C'est raison, ce n'est pas raison, il est raisonnable, il n'est pas raisonnable. C'est la raison de le défendre contre l'injustice et le sort qu'on lui fait, Bussï, Hist. amour, des Gaules, Préf. C'est bien raison que la divine Emilie l'emporte sur ces faquins qui.... volt. Lett. Cideiille, e mai (735. C'était raison, car le fripon pour être Moins bon garçon, n'en était pas moins beau, gresset. Ver-vert, IV. Il C'est bien la raison que, il estbien raisonnable, il est bien juste que. Et c'est bien la raison que pour tant de puissance Nous vous rendions du moins un peu d'obéissance, corn. Rodog. u, 3. Que pour se faire honneur d'un cœur comme le mien, Ce n'est pas la raison qu'il ne leur coûte rien [aux
belles], MOL. Jfts. m, 1. 1| Fig. Contre toute raison, d'une façon excessive. 11 fait un froid et une pluie contre toute raison, sév. ifl juin I680. || U y a raison partout, pour tout, la raison doit mettre une borne, c'est un excès qu'il faut empêcher. Adieu, ma très-aimable enfant, je ne veux pas vous fatiguer, il y a raison partout, SÉv. 3 avr. IÔ7). || Fig. 11 n'y a point de raison, la chose est excessive, déraisonnable. Elle [Mme de la Fayette] est trop malade, il n'y a point de raison, sév. 4 janv. (690. Il n'y a pas de raison à toutes les louanges que vous me donnez, il n'y en a point aussi à la longueur de cette lettre, id. (" avr. I67(. || Comme de raison, comme il est juste. Votre peine sera payée comme déraison. || Plus que de raison, plus qu'il n'est raisonnable. Son vaisseau a péri, il a bu ,de l'eau salée un peu plus que de raison ; cela lui a tourné la cervelle, regnard, Rel. imprévu, 18. IJEn style de palais. Pour valoir ce que de raison, pour valoir ce qui sera équitable. || 7° Compte, explication. Le philosophe ennuyé des équivoques et des méprises du poète, et ne voulant plus entrer en raison avec lui, BALZ. Déf. de la pois. [La dame] Fut un longtemps si dure et si cruelle. Que Minutol n'en sut tirer raison, LA font. Rich. S'il arrivait des années malheureuses, je me fais oien fort que ma mère entrerait en raison pour prendre du temps et des commodités qui vous faciliteraient le payement de votre ferme, CH. DE SÉV. à d'Herigoyen, dans sév. t. viii, p. 70, édit. RÉGNIER. Saint Ignace rendait cette raison de son choix que dans le parti qu'il prenait ... boss. 6* écrit, 4 3. Il crut qu'il en aurait quelque raison en la mettant sur l'amour, hamilt. Gramm. 4. Tout fut confisqué, sans que jamais j'aie eu raison ni nouvelle de ma pauvre pacotille, j. j. rouss. Conf. v. Il Faire raison, expliquer. Faites-moi raison de ce que Selim tua son père, ses frères et ses neveux, balz. liv. I, lett. 9. Ronsard, fais m'en raison, et vous, autres esprits... régmer, Sat. n. Morbleu, fais-moi raison de ce coup effroyable , mol. les Fdch. ii, 2. Il Familièrement. Faites-moi raison d'un tel, expliniinz-raoi les miitif,< pour leinuels il en use comme il fait. Il Demander à quelqu'un raison de quelque chose, lui demander qu'il explique une chose qu'il a dite ou faite. Demander à quelqu'un raison de sa vie entière. D'où vient qu'un fils, vers moi noirci do trahison, Ose de mes faveurs me demander raison? corn. Rodog. iv, «. || Rendre raison de qucUiue chose, en exphquer les motifs. Prêt à rendre raison de tout ce qu'il a fait, corn. Sertor. v, 2. Qui blâmera les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre rais ^n? pasc. Pens. X, (. éd. HAVET. Il Point de raison, point d'explication, [le maréchal d'Hocquincourl qui disait croire à la religion sans s'en rendre raison] Tant mieux, monseigneur, reprit le Père, d'un ton de nez fort dévot, tant mieux; ce ne sont point mouven.pnt.'; humains, cela vient de Dieu; point de raison! saint-évremond. Conversation du P. Canayc. Je ne veux point ici rappeler le passé. Ni vous rendre raison du sang que j'ai versé, m. Athal. II, B. Il Se rendre raison d'une chose, se l'expUquer. || 8° Satisfaction , contentement sur quelque chose qu'on demande. Je vous ferai avoir raison de vos prétentions. Faites-moi raison de la part que j'ai dans cette succession. || 9° Réparation d'un outrage, d'un affront. Sans cela je vous demanderais raison de ce que vous m'accusez de l'extrême envie de sortir de ce lieu, voit. Lett. 36. Pour se venger, par l'avanie qu'il nous suscita, du peu de raison qu'on lui avait fait du valet dont il s'était plaint avec justice, tavernier. Voyage de Perse, i, 7. Et, sur les bords du Tibre, une pique à la main. Lui demander raison [à Sylla] pour le peuple romain, corn. Sertor. m, 2. Au fils de Jupiter on dit qu'ils se plaignirent, Et n'en eurent point de rai.son, la pont. Fabl. iv, (2. |j Tirer raison d'une offense, s'en venger. Demain je suis Médée, et je tire raison De mon bannissement et de votre prison, corn. Mddée, iv, 6. Les lois du monde défendent de souffrir les injures sans en tirer raison, pasc. Prov. vu. |{ Autrefois on disait aussi (ce qui ne se dit plus) tirer la raison, tirer sa raison. Contre le firmament j';ii planté l'escalade Pour tirer la raison de la mort d'Encélade, racan, Épig. pour un capitan. Il fut toujours permis de tirer sa raison D'une infidélité par une trahison, corn. Mél. II, 3. Mourir sans tirer ma raison, id. Cid, i, 9. ;j Faire raison, faire réparation. Il [Flaminius] doit savoir qu'un jour il me fera raison D'avoir réduit mon maître [Annibal] au secours du poison, corn. Nicom. II, 3. Il me fera raison de cette indignité,
rotr. Vencest. i, t. Vous ne daignâtes me faire aucune raison sur les plaintes que je vous avais faites des manirrrs injurieuses dont vous m'aviez traité dans votre répon.^e à mon livre des Idées, arnauld, 4' lett. au P. Malebr. Je m'engage à vous faire faire raison par lui, mol. Festin, m, 4. Une bonne potence, pendard effronté, me fera raison de ton audace, id l'Avare, v, 4.||0n disait autrefois aussi (ce qui ne se dit plus) faire la raison. Sus, sus, brisons la porte, enfonçons la maison ; Que des bourreaux soudain m'en fassent la raison, corn. Médée, v, 7. || Faire raison de quelqu'un, s'en venger. Destin avait eu besoin de toute sa sagesse, pour ne pas faire raison d'un homme qui l'avait outragé si cruellement, SCARR. Rom. com. ii, 4 6. || Avoir raison de quelqu'un, triompher de lui, en venir à bout. || Fig. L'adversité n'aura pas raison de lui || Faire raison, a quelquefois un sens analogue. Sans doute, à le prendre à la rigueur, une petite fosse suffit à tous, et six pieds de terre, comme le disait Mathieu Mole, feront toujours raison du plus grand homme du monde, chateaubr. Itin. 6* part. || Demander raison à quelqu'un, l'appeler en duel. Cette plaisanterie est fort peu de saison. Et sur l'heure, monsieur, j'en demande raison, collin d'harleville. Malice pour malice, m, B. Us lui demandaient raison. Je vois bien, dit-il, que c'est ce qui vous manque, p. l. cour. Lettres particulières,!. Il Rendre raison à quelqu'un, se battre en duel avec lui. |l Se faire raison soi-même, à soi-même, se faire justice par force, de sa propre autorité. Il [le peuple] commence lui-môme à se faire raison. Et vient de déchirer Métrobate et Zenon, corn. Nicom. V, 4. Il Faire raison, rendre justice. L'armée à son mérite enfin a fait raison, corn. Oihon, v, 6. y Se faire raison, se rendre justice. Qui ne vous craindra point, si les reines vous craignent? — Elles -r font raison lorsqu'elles me dédaignent, corn. D. Saruhe, iv, 4. || Faire raison à quelqu'un d'une ianio qu'il a portée, boin'^ avec lui à la .«anté de la personne qu'il a désiciinée; la santé (lu'il DmriM <> elanl cunsidérée comme une provocation. On fit raison, le vin ne dura guère, la font. Rém. A votre santé
Sénantes en fit raison, hamilt. Gramm. 4. Il bu
la santé de chacune des personnes de la comiiagnie, et fit ensuite raison à tous les vingt l'un aprca l'autre, rollin, Hisl. anc Œuv. I. vi, p. 6«9 Kr même temps il versait du vin dans mon verre, et in'excitait à lui faire raison, lesage, Gil Bl. i, 2. ||Vig. Jusqu'au col il se plonge. Lui [âne], le condiicteur et l'éponge. Tous trois burent d'autant : l'ànier et le grison Firent à l'éponge raison [burent autant que l'éponge, se noyèrent], la font. Fahl. ii, to. Il 10" Preuve par discours, par argument. La raison du plus fort est toujours la meilleure, la font. Fahl. 1, (0. Une jeune souris, de peu d'expérience, Crut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence, Et payant de raisons le Raminagrobis.... m. Fabl. XI!, B. Ce sont des gens qui n'entendent point de raison, mol. Fourher. u, n. M. de Roannez disait: les raisons me viennent après ; mais d'abord la chose m'agrée ou me choque sans en savoir la raison, et cependant cela me choque par cette raison que je ne trouve qu'ensuite, pasc. Pens. xxv, 66, éd. HAVET. Il donne pour raison celle-ci de saint Thomas, id. Pror. xviii. J'ai trouvé.... la lettre que VOUS écrit M. de Chaulr.es, fort jolie ; il vous paye de raison ; vous voyez qu'il a fait ce qu'il a pu, sév. B96. 11 m'embrassa mille fois, et me donna les plus méchantes raisons du monde, que je pris pour bonnes, id. 23s. Quand on n'a point de bonnes raisons, il n'en faut dire aucune, id. d Bmsy, 20 juin, 4 678. Je hais les raisons quand je veux quelque chose, TH. CORN. l'Inconnu, li, B. Vous qui dans les détours de vos raisons subtiles.... boil. Épitr» VII. Seigneur, je le vois bien, votre âme prévenue.... Toujours dans mes raisons cherche quelque détour, RAC. Andr. ii , 2. Tu n'as plus d'autres armes à employer que de bonnes raisons, fén. Dial. des morts anc. dial. iv. La France et l'Espagne combattirent d'abord par des écrits où l'on étala des calculs de banquier et des raisons d'avocat, volt. Louis XIV, 8. Je m'ennuie moi-même de répondre toujours par des raisons à des accusations sans raison, j. j. ROUss. Lett. de la Montagne, i. Le sage Fontenelle, qui estimait Boindin à beaucoup d'égards et qui en était respecté, lui ayant demandé pourquoi il se livrait si fort à la contradiction ; c'est, dit Boindin, que je vois des raisons contre tout, duclos, Œuvt. X, p. B9. Il Familièrement. Po^nt tant de raisons! manière d'imposer silence, et de montrer à quelqu'un que ses objections déplaisent. || 11" Cause, sujet, motif. U semble que sa fiamme, en cette
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amour nouvelle, Ne clierclie autre raison que de mïiro inlidèle, racan, tierg. i, 2, Lijciila^. Ainsi votre raison n'est pas raison pour moi, corn, /.'id, 11, 7. C'est donc avec raison que je commence li craindre, ID. Hèracl. i, l,. Celle raison au moins en mon mal me conforte. Que. s'il n'est supportable, il faudra qu'il m'emporte, rotr. Anlig. m, 1^. S'il a manqué à la parole qu'il m'avait donnée, il a ses raisons pour cela, mol. Poarc. m, 9. Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point; on le sait en mille choses, PASC. Pens. XXIV, .•>, éd. havet. Il me semble qu'il ne faut point faire changer de place aux vieilles amours, non plus qu'aux vieilles gens; la routine fait quelquefois la plus forte raison de leur attachement, sÉv. 3o juil. 1677. Les raisons de mon repos ont besoin d'être soutenues de celles de mon devoir, la fay, Princ. de Clives, CEuv. compt. t. 11, p. 253, dans pouGENS. Sans raison il [l'homme] est gai, sans raison il s'afflige, boil. Sal. vin. Il faisait deux pas, et revenait incontinent pour alléguer à Mentor quelque nouvelle raison de différer, fén. Tél. XXIII. On se fait à soi-même des raisons spécieuses pour ne pas s'en éloigner [des occasions mauvaises], MASS. Carême, Pâques. J'entrai dans les raisons de Sayavedra, et nous convînmes qu'il ne se montrerait point dans les rues de Bologne, lesage, Guzm. d'Alf. IV, 7. Je ne justifie pas les usages, mais j'en rends les raisons, montesq, E>p. xvi, iv. Rollin prétend qu'Ale.vandre ne prit la fameuse ville de Tyr qu'en faveur des Juifs, qui n'aimaient pas les 'Fy riens; il est pourtant vraisemblable qu'Alexandre eut encore d'autres raisons, volt. Dicl. phil. Alexandre. Ceux qui exigent qu'on leur donne la raison d'un effet général, ne connaissent ni l'étendue de la nature ni les limites de l'esprit humain, blff. Hisl., min. inirod. 1'" pari. Œuv. t. vi, p. 7. Pour découvrir la raison de ce qui est mal, le moyen le plus simple et le plus sur, c'est de chercher la raison de ce qui est bien, condill. Arl. d'érr. i, 4- Farmi les préjugés, tout ridicules qu'ils peuvent être, il n'en est point qui n'ait sa raison, ou, pour parler plus exactement, son origine, d'alemb. Disc, prêlim, Encycl. Œuv. t. i, p. 224, dans pougens. Suzanne : Elle me déplaît. — Figaro ; On dit une raison. — Suzanne : Si je n'en veux pas dire? BEAUHARCH. Mûr. de Figaro, 1, 1. Raison de plus, monsieur, je reste en mon pays, collin d'ableviLLE, Optimiste, v, 2. || Terme de philosophie. Raison suffisante, se dit, dans le leihnitzianisme, de la cause sans laquelle nous jugeons qu'un fait ne peut avoir lieu. || Dans le langage général, ce qui suffit à opérer, à expliquer. La mousqueteric ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infestaient la surface; la baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quehjues milliers d'hommes, volt. Candide, 3. Il n'y a rien sans une raison suffisante : par conséquent l'ordre dans lequel nos perceptions nous représentent les êtres, a sa raison dans l'ordre'qui est entre les êtres mêmes, condil. Traité des sysl. ch. 8. Il [Uescartes] trouvaitdans l'extinction des corps lumineux la raison suffisante de l'existence des corps obscurs, BAiLLY, Hisl. de l'aslr. mod. t. u, p. 718. || A plus forte raison, par un motif d'autant plus fort. Une infinité de larcins que les juges puniraient, et que vous [prêtres] devriez réprimer à bien plus forte raison, pasc. Prov. viii. A plus forte raison vous saviez parfaitement tout ce qui regarde l'homme, FONTEN. Paracelse, Molière. || Pour raison à moi connue, pour un motif que je ne veux pas faire connaître. || Pour raison à vous connue, pour un motif cpi'il n'est pas nécessaire que je vous explique, que vousconnaisseztouscomme moi. || Familièrement. Conter ses raisons à quelqu'un, l'entretenir de ses affaires, de ses motifs d'agir. || Populairement. Avoir des raisons avec quelqu'un, contester avec lui. || 12» Raison d'État, voy. état, n« 8. Il On a dit {Biogr. aniv. de michaud, art. le P. Joseph) que le mot de raison d'État fut prononcé pour la première fois dans un conseil tenu par Richelieu. Cela est inexact, puisque Régnier l'a employé, comme on voit au mot état. || Raison de famille, considérations d'intérêt qui déterminent la conduite dans une famille. C'est pourtant grand' pitié, qu'on oblige une fille D'épouser un couvent par raison de famille, uauterocue, Appar. Iromp. I, 2. Il 13" Terme de mathématique. Rapport d'une quantité à une autre quantité. Progression qui marche par raison arithmétique, par raison géométrique. La raison de l'attriiction est directe quand on considère les masses, inverse et comme le carré quand on considère les distances. Lorsqu'on augmente dans une raison donnée toutes les lompéra- DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
tures initiales, on augmente dans la même raison toutes les températures successives, fourieh. Inslil. Mém. scienc. 1S19 et 1820, t. iv, p. 202. 1| Fig. La pensée, qui est la raison commune en laquelle les actes intellectuels conviennent, diffère totalement de l'extension, qui est la raison commune des actes corporels, desc. llép. aux troisièmes abject. XV. Il Moyenne et extrême raison, proportion dans laquelle un tout est à une de ses deux parties comme celle-ci est à la seconde. || Premières et dernières raisons, nom d'une théorie célèbre de New- Ion. Il 14° Terme de banque et de commerce. Noms (les associés rangés et énoncés de la manière déterminée par la société. Cette maison est sous la raison Laflilte et compagnie. || Raison sociale, nom sous lequel une société est connue à la bourse et dans le commerce. Manufacture <les glaces et verreries de Montluçon; société française en commandite, raison sociale ; F. Berlioz et compagnie. ||Part d'un associé dans le fonds d'une société de commerce (vieilli en ce sens; on dit : son intérêt, sa mise de fonds est de tant). Sa raison est d'un tiers. Il Livre de raison, registre où un négociant porte ses comptes par doit et avoir (vieilli ; on dit grandlivre). Tous banquiers.... et marchands en gros.... seront obligés de tenir livres de raison en bonne et due forme; et tous marchands, boutiquiers et vendants en détail, des livres journaux. Règlement des 2 juin et 7 juillet 1667. Le grand-livre ou livre de raison doit contenir tous les comptes généraux et particuliers, auxquels les articles qui sont sur le journal doivent être rapportés, soit en débit, soit en crétiit, p. giraudeau, la Banque rendue facile, p v. Il 15° En termes de charpenterie, mettre les pièces de bois en leur raison, les mettre à leurs places respectives. || 16° Terme de pratique. Raisons, au pluriel, se dit des titres et prétentions qu'une personne peut avoir. Céder ses droits, noms et raisons. Il 17° S'est dit, dans la marine, pour ration. Raison ou ration est la mesure de biscuit, pitance et boisson qui se distribue à ciiacun dans le bord, Ms. du XVII' sciècle, dans jal. 1| 18° A telle fin que de raison, /ocu(. adverb. signifiant, en style d'affaires, par précaution, dans la pensée que la chose pourra servir. Il fit faire un état des lieux à telle fin que de raison. || L'ellipse remplie donne : pour leile fin qu'il sera de raison. || Dans le langage familier. A tout événement. || 19» A raison de, toc. prépos. Au taux de. sur le pied de. Sur ce vaisseau la disette de l'eau obligea de ne la distribuer qu'à raison d'un demi-litre par tête. On paya cet ouvrier à raison de l'ouvrage qu'il avait fait. Il fallait que l'homme libre préparât des gens qui fissent ce service, à raison d'un homme pour quatre manoirs, montes^. Esp. XXXI, 25. Il Fig. A raison de, s'emploie comme moyen d'expliquer, de motiver, et est l'équivalent de : à cause de. Il put circuler librement, à raison de son passe-port. Les passions, à raison de l'aveuglement, qu'elles causent, sont dangereuses. Cet employé, à raison de ses bons services, vient de recevoir une gratification. || 20" En raison de, loc. prép. En proportion de. Les corps s'attirent en raison directe de leurs masses, et en raison inverse du carré de leurs distances. |1 En raison directe, en augmentant ou diminuant dans le rapport qu'une autre quantité augmente ou diminue. La vitesse d'un corps qui tombe est en raison directe du temps: l'espace parcouru varie en raison directe du carré du temps. Il En raison inverse, en augmentant ou diminuant dans le rapport qu'une autre quantité diminue ou augmente. Les corps s'attirent en raison inverse du carré des distances. Il y a une estime publique attachée aux différents arts, en raison inverse de leur utilité réelle, j. j. rous. Èm. m. || En raison composée, suivant un rapport dont les termes se multiplient l'un par l'autre. || Fig. En considérant le lu.ve des divers peuples les uns à l'égard des autres, il est dans chaque État en raison composée de l'inégalité des fortunes qui est entre les citoyens, et de l'inégalité des richesses des divers .États, monteso. Ksp. vu, 1. Mon inquiétude est eu raison composée des intervalles du temps et du lieu, J. J. lîoiiss. Hél. 1, 4^- Le budget... a continuellement augmenté en raison composée, disent les géomètres, de l'avidité des gens de cour et de la patience, du peuple, p. l. cour. Lett. x. || Fig. En raison de, vu. en considération de. L'ambition s'accroît en raison des succès que l'on obtient. Il 21" En style d'affaires, pour raison de quoi, à cause de quoi. |1 Proverbes. Où force domine, raison n'a point de lieu. || Selon Dieu et raison, comme cela est légitime.
— HEM. DAlembert a dit : Vous avez toute raison:
mais ces messieurs ne l'entendent pas, Lett. à Volt 26 oct. 1762. Cette phrase pèche contre la règle d'un nom sans article représenté par le pronom le, ta. On peut, il est vrai, ne pas la suivre quand le sens est clair; mais ici la tournure n'est pas bonne.
— HIST. XI* s. Si est raisun que il dunge [donne] dix solz. Lois de Guill. 5. Bien [il] sait parler et droite raison rendre, C'A. de Rot. cclxxxv. || xu* s. Se je vous aim, j'i assez ai rcson, Couci, 11. S'ainors ne vaint raison, j'i doi faillir, ib. viu. Car je n'i voi raison [moyen] de l'eschiver, ib. x. A vous, amans, plus qu'à nule autre gent Est bien raison que ma dolor [je] comploigne, ib. xxii. liaisons dit qu'il me suffise.... ib. p. 119. Guileclins de Sassoigne a sa raison [discours] fenie, Sax. vu. Dune ad fait devant sei venir liveisHenris Lesevesques; sis [ainsi les] ad forment à raisun mis, E volt que il 11 liengnent ço qu'il li unt promis, Th. le mart. t,o. Dame, esgardés à raison; Par le fil sainte Marie, Je n aiin [n'aime] feme, se vos non, crestien DE TROYES.-dans Ms. de poés. franc, avant i3oo, t. III, p. 1264, dans LACURNE. [I xiii° s. Lors revenront toutes gens en char et en os, et leur esconvendra rendre reison de leur uevres. Psautier, f° 196. Mais la raison est si ariere mise. Que cequ'on doit loer, blasme la gent, qlesnes. Romane. p. 90. Et la raison pourquoi il l'a laissée là, Berte, cxxii. U nous samble que vous dites voir, et nousen avés monstre boine raison, Chr. de Rains, p. 3. Et fismes ceste enqueste par les livres des raisons reaulx ieomptes royaux], où la valleur devant dicte esloit escrite de long temps, ou cange, raliocinium. Il ne pot puis mètre resons avant, por quoi il ne soit tenus à repondre, beaum. ix, 3. Et cil à qui 11 fruit dévoient estre pourreson du testament, iD. XII, 12. Ce ne seroit pas resons que 11 exécuteur feissent soier [scier] les blés ou vendengier les vignes au coust de l'execussion, lu. xiii, 22. Et que vous donrriés au souduuc pour vostre délivrance? Ce que nous pourrions faire et souffrir par reson, fist le conte, jomv. 242. || xiv" s. Honneur, prudence et délectations sont de diverses raisons et espèces quant à lour bonté, oresme, Éth. viii, 12. Mais laissiez-moi aler, s'il vous vient à talent; Car vous m'avez lenu prisonnier longuement A tort et sans raison.... Guescl. i3538. C'estoit signe d'aucune grant merveille qui advenir devoit, quant les oiseaux parloient raison humaine, C'ftr. de St. Denis, t. 1, f» 129, dans LAcun>E. || xv" s. Monseigneur Jean de Hainaut qui bien est ramcntu, et de raison, en ce livre.... froiss. Prol. Devant le dieu d'amours puissant. Qui me fera de vous raison, en. d'orl. Bail. 43 Pardonnez aii poure chetif. Et par plus fort raison aux bestes, Qui n'ont nul sens acquis es testes, E. DEscu. Poésies mss. f° 479, Il y en a eu un qui tant luy a ofi'erl de raison [qui tant lui a fait de propositions], qu'elle ne luy a peu refuser, Les i5 joyes du mariage, p. 147, dans lacurne. Une femme qui est bonne galoise, qui ne refuseroit jamais raison qui la luy offriroit, ib. p. io3. Un prince qui pretendist raison au royaume de Naples, COMM. viii, i5. Il xvi* s. Renger à raison [réduire à la raison], mont. 1, 23. C'est un mal duquel j'ay tiré la raison [moyen] de corriger un mal pire, iD- 1, 34. Ce n'est pas sans raison qu'on dict que... in. 1, 35. Demander raison [d'un fait offensant], w. i, 38. De vray, ou la raison se mocquc, ou elle ne doibt viser qu'à.... id. i, 69. S'addresseraux lois pour avoir raison d'une offense, id. 1, 119.... A plus forte raison.... id, ii, 23. Le chemin par terre esloit bien dangereux, à raison des brigands et voleurs qu'il y avoit par tout, amyot, Thés. 6. Mais quand et quand en leur disant ces raisons il prit son pavois dessus son bras, et se meit à marcher devant, id. Timol. 16. Et si envoyèrent des ambassadeurs vers les Syracusains, pour leur remonstrer qu'ils eussent à leur faire la raison, id. Dion, 5i. Us condamnèrent ses adversaires à lui demander pardon, et à lui faire raison de son bien, d'aur. Vie, xxii. Si on eust poursuivy la conqueste de Milan, l'on en eust eu sans doute la raison, carl. 1, t,2. Afin douqucs que nostre père de famille tire la raison (rapport) de ses bleds, il s'estudiera à recercher le vrai poincl de leur vente, o. de serres, 187. Entre bride et esperon, de toute chose gist la raison, génin. Récréât, t. 11, p. 2:8. Affection aveugle raison, leroux de lincy, Prov. t. II, p. 2114. Raison fait maison, id. 16. p. 4ii- Quand celuy auquel on avoit heu ne vouloit faire raison à l'autre, tel est le terme dont usent les bons biberons, pasquieb. Recherches, liv. vin, p. 762, dans LACURNE. Mets raison en toy, ouelle s'y mettra, coTGRAVE. Nécessité est la moitié de raison, id. — ÉTYM. Bourguig. raison; provenç. raro, raxio;
RAI
RAI
KM
catal. rahô; espagD. raxon; ital. ragion»; du lat. rationem, de ratus, compté, déterminé; comparez le sanscrit rïta, vrai.
RAISONNABLE (rè-zo-na-b''), adj. || 1» Qui est
doué de raison. A quoi es-tu réduite, âme raison nable ? toi qui étais née pour l'éternité ei ^jour un objet immortel, tu deviens éprise et captive d'une tleur que le soleil dessèche, boss. la Vallière. Il 2° Qui agit selon la raison, le droit, l'équité. Si vous n'étiez de ces raisonnables violents.... je n'aurais pas si bon marché de votre approbation, balz. liv. VI, lett. S. Le comte est donc si vain et si peu raisonnable 1 cohn. Cid, ii, 6. Le mien [cœur] est raisonnable autant que généreux, lu. Théod. m, B. Il n'y a que deux sortes de personnes qu'on puisse appeler raisonnables : ou ceux qui servent Dieu de tout leur coeur.... ou ceux qui le cherchent de tout leur cœur, pasc. Pens. ix, (, éd. HAvp.T. Non, monsieur, je ne suis point raisonnable, et je n'aime point les gens raisonnables; ils sont froids, insensibles, picard. Ricochets, i, 6. Il FIg. Cela [prendre du lait de vache] vous rafraîchirait, et vous donnerait un sang raisonnable, qui n'irait point plus vite qu'un autre, SÉV. à Mme de Grignan, it juill. 1677. || Familièrement. Cet enfant se conduit, parle comme une personne raisonnable, ses actions, ses paroles sont celles d'une personne d'un Sge mûr. || Substantivement. Maître Jacques fait bien le raisonnable! mol. l'Av. ni, B. Il 8° Qui supporte avec résignation. Votre malheur est grand, mais soyez raisonnable. || 4" En parlant des choses, conforme à la raison, à l'équité. On fera tout ce qui sera raisonnable. Langage raisonnable. Comme je reçois de vous des honneurs qui ne me sont pas dus, il est raisonnable que j'en souffre des plaintes que je n'ai pas méritées, voit. Lett. SB. Quoi! vous appelez crime un change raisonnable? CORN. Hor. I, s. Il 5° Qui est suffisant, qui est convenable. S'il y avait moyen de trouver de si rares pièces [les pantoufles de Turnèhe, les lunettes d'Érasme] dans le cabinet de quelque cuneu.xquil'en voulût accommoder à pri.x raisonnable, balz. le Barbon. Si je suis réduit avec vous à chercher tons lesjours le secours des marchands, pour avoir moyen de porter des habits raisonnables, mol. l'Av. i, 2. 11 me faut un cheval de service, et je n'en saurais avoir un qui soit tan t soit peu raisonnable, à moinsdesoixanlepistoles; 11). Fourber, ii, 8. De bonne foi, j'en écris souvent [des lettres] d'une longueur trop excessive, je veux que celle-ci soit raisonnable, sÉv. 63. Les mitaines sont trop étroites pour un bras si court, les couvre-pieds sontfortraisonnables, MAiNTENON.Z-e//. à MmedeCaylus, t. VI, p. 75, dans pouoens. Si nous ne sommes pas assez riches pour acheter une terre mat,'ni(ique, nous pourrons en avoir du moins une raisonnable, LESAGE, Gil Blas, IX, 9. Nous en serons quittes pour une rançon raisonnable, lamotte, Culendr. des vieillards, se. 12. Il 6» Qui est au-dessus du médiocre. Il a une fortune raisonnable. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son, Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable, la font. Fahl. vu, 10. Messieurs, leur dit le notaire équitable. Vous pouvez prendre un milieu; l'on mettra Qu'au sieur bailleur le preneur donnera, Bon an, mal an, un cochon raisonnable, DU GANGE, ralionabilis.
— HIST. XII» s. Ceste requeste ploul à noslre seigneur, carregnablefud, Rois, p. 235. Deusn'avoit fait mais ke dous [deu,v] nobles créatures ki resnaubles cstoient, st bern. p. 524. Il xiu' s. La tierce [puissance de l'homme] est apeléerationable, et por ceste est li hom divers de toutes choses, porce que nule antre chose n'a ame rationable se li hom non, brun. LATiNi, Très. p. 260. La raisonnable puissance de l'ame est en deux manières.... id. 16. p. 26b. Pren te garde que les despens de ton hostel soient resonnable, ioinv. 3oi. Il xv" s. Le mareschal qui vit bien que la requeste n'estoit mie honorable ni raisonnable, FRoiss. I, I, 189. Il xvi« s. [Dieu] Tu m'as poiirveu de sens, et, plus haut m'eslevant. Me dépars le discours et me fais raisonnable, desportes, Œuvres chresl. xviii. Prière. Il n'est point raisonnable, que celuy qui ne tire point, atlaigne au blanc, AMYOT, P. /Em. 32. J'ay apprins à faire mes journées, ù l'espaignole, d'une traicte; grandes et raisonnables journées, mont, iv, 184. Ces discours-là [sur le mépris de la gloire] sont infiniment vrays à mon advis et raisonnables, m. m, 11.
— Él'YM. Prov. razonable; calai, rahonabte; espagn. razonable; ital. razionabile; du lat. ralionabilis, de raîio, raison.
RAISONNABLEMENT (rè-zo-na-ble-man), adv.
Il 1" D'une manière raisonnable. Parler raisonnablement. Toutes ces choses [les mouveiueuts in-
stinctifs] se font si raisonLoblement, que la raison en excède notre pouvoir et en surpasse notre industrie, BOSS. Conn. v, s. || 2° Suffisamment, convenablement. J'espère qu'elle se trouvera assez laisonnablement logée, sÉv. 26 avril )«80. Karpos le jardinier: J'aime Dieu de tout mon cœur, et je vends mes légumes fort raisonnablement, volt. Dial. il. Il 8° Passablement, ou d'une manière audessus du médiocre. Sa maison est raisonnablement grande. Comblé de trésors dont il ne savait que faire, et raisonnablement chargé de la haine publique, HAMILT. Gramm. D. Comme la correspondance était très-étendue et qu'on était eu temps de guerre, je ne laissais pas que d'être occupé raisonnablement, J. J. Rooss. Conf. VII. Il Par plaisanterie. Elle est raisonnablement laide, elle est fort laide.
— HlST. nu* s. Le conte d'Ango [Anjou], qui tenoit le [la] conteJ de Haynau, et sembla au roi son frère que il ne le [la] tenoit pas raisonahlement, Chr. de Raim, 223. || xiv s. Se incision doie estre faite raisonahlement, 11. de mondeville, I" 101.
— ÊTVM. Raisonnable, et le suffixe ment.
t RAISONNAILLERIK (iè-zo-na-!le-rie. Il mouillées), s. f. Abus du raisonnement. La raisonnaillerie, si l'on peut se servir de ce terme, est semblable au raisonnement , nicole , Ess. de morale (Pensées diverses), t. vi, p. 246. [,e raisonnement, qui se distingue mieux de la raisonnaillerie, que le sentiment ne se distingue de la fantaisie; la fantaisie, de son côté, se sert de la raisonnaillerie pour se défendre et pour combattre le sentiment, ib. p. 246
\ RAISONNANT, ANTE (rè-zo-nan , nan-t'), adj. Qui réplique. Je vou-î trouve aujourd'hui bien raisonnante, MOL. Mal. imag. 11, 7. Vous serez tou jours raisonnante, boss. Lett. abb. m. La trouvant toujours froide, raisonnante et inattaquable par les sens, j. i. rouss. Conf. v. || Folie raisonnante, voy. folie.
t. RAISONNÉ, ÉE (rè-îo-né, née), pan. ;)a.\sé(le raisonner. || 1° Conforme aux règles du raisonnement. Cela est mal raisonné. Bien raisonné 1 || 2 ' Qui est le résultat d'un raisonnement. Vous refusez Mandane avec tant de respect. Qu'il est trop raisonné pour n'Être point suspect, corn. Suréna, iv, 4. 11 faut accorder les contradictions qui ne sont qu'apparentes; il faut faire un choix bien raisonne quand elles sont réelles, font. De Lisle. || 3° Appuyé de raisons. Requête raisonnée. ô vous, fanatiques actifs, qui depuis longtemps troublez la terre par vos querelles raisonnées.... volt. Dial. 28. || 4» Il se dit de toute méthode ou traité qui rend raison des règles. Les raisonnements de la grammaire raisonnée sont très-simple et très-uniformes, comme j'espère qu'on le reconnaîtra dans le traité de la syntaxe. DUMARS. (lEuv. t, », p. 32. || Analyse raisonnée, analyse accompagnée de réflexions.
f a. RAISONNÉ (rè-zo-né), s. m. Emploi habituel du raisonnement. Celui qui n'est ni Jean [Racine] ni Pierre [eorneille], qui n'aime point du tout le raisonné de Pierre, et qui n'approche point du tout de Jean, volt. Lell. Thiboiwille, 10 déc. 1770. Il y aura toujours de l'esprit dans la nation; il y aura du raisonné, et malheureusement beaucoup trop, et même du raisonné fort obscur et fort inintelligible, id. Letl. Richelieu, 8 juin 1772.
RAISONNEMENT (rè-zo-ne-man), s. m. || 1° La faculté ou l'action de raisonner. C'est un homme d'un raisonnement profond, juste, solide. Raisonner est l'emploi de toute ma maison. Et le raisonnement en bannit la raison, mol. Femm. sav. 11, 7. Ceux qui sont accoutumés à juger par le sentiment ne comprennent rien aux choses de raisonnement, PASC. Pens. VII, 33, éd. havet. C'est en vain que le raisonnement, qui n'y a point de part [à la connaissance des premiers principes], essaye de les combattre, ID. ib. vin, 6. La foi est un don de Dieu; ne croyez pas que nous disions que i^'est un don de raisonnement, id. 16, xxv, l,o. || Terme de philosophie. Se dit, en général, d'une opération de l'esprit par laquelle, un jugement ou plusieurs jugements étant donnés, on en fait sortir un autre jugement. Il 2' Enchaînement de divers arguments. C'est un raisonnement bien mauvais que le vôtre, corn. Ilor. m, 4. Pour moi, je ne vois goutte en ce raisonnement, ID. Nicom. III, 4. L'animal chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors, En suppose un plus jeune, et l'oblige par force A présenter aux chiens une nouvelle amorce; Que de raisonnements pour conserver ses jours! la font. Fabl. x, 1. J'attends que ton raisonnement soit fini, mol. D. Juan, m, 1. Je sais que vous parlez, monsieur, le mieux du monde; En beaux raisonnements vous abondez toujours, ID. Mis. v, 1. Je ne viens
point, madame, opposer à vos plaintes De faux raisonnements, ou d'injustes contraintes, th. corn. .iriane, v, 6. Écoutez à ce propos le profond raisonnement non d'un philosophe qui dispute dans une école ; je veux confondre le monde par ceux que le monde révère le plus, boss. Duch. d'Orl. En vain vous étalez une scène savante; Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, boil. Art p. m. 11 se mit à faire quelques raisonnements sur l'état de ses affaires, HAMILT. Gramm. 9. Un syllogisme n'est pas un raisonnement, ce n'est qu'une certaine forme qu'on fait prendre à un raisonnement qu'on a déjà fait, CONDIL. Gramm. Motif des étud. Œuv. t. v, p. cxxxu, dans pouoens. || Familièrement. Des raisonnements à perte de vue, des raisonnements vagues, et qui ne concluent rien. ||3° Paroles, discours. L'ingrat est-il touché de mes empressements? L'amour même entre-t-il dans ses raisonnementsî rac. Baj. ii,'i . || Observation, excuse plus ou moins motivée. Tant de raisonnements offensent ma colère, bac. Andr. iv, ». || Familièrement. Point tant de raisonnements, façon d'exprimer qu'on veut être obéi sans réplique.
— ÊTYM. Raisonner; provenç. raionamen, rezonamen; anc. cat. rahonament; espagn. raxonamiento; ital. ragionamento.
RAISONNER (rè-zo-né), v. n. || i° Faire usage de la raison. Pourquoi ne nous fâchons-nous pas si on dit que nous avons mal à la tète, et que nous nous fâchons de ce qu'on dit que nous raisonnons mal? PASO. Pens. v, to, éd. havet. C'est sans raisonner qu'un enfant qui tète ajuste ses lèvres et sa langue de la manière la plus propre à tirer le lait qui est dans la mamelle, boss. Conn. v, 3. Soutenons bien nos droits; sot est celui qui donne; C'est ainsi devers (Jaen que tout Normand raisonne, BOiL. Ép. n. Dans une nation libre, il est très -souvent indifférent que les particuliers raisonnent bien ou mal ; il suffit qu'ils raisonnent, MONTES!). Esp. XIX, 27. Raisouncr avec les enfants était la grande ma-xime de Locke; c'est la plus en vogue aujourd'hui, son succès ne me parait- pas pourtant fort propre à la mettre en crédit; et pour moi je no vois rien de plus sot que ces enfants avec qui l'on a tant raisonné, i. J. Rouss. Ém. n. || Fig. Lorsque l'on vient à voir vos célestes appas, Un cœur se laisse prendre et ne raisonne pas, mol. Tari, m, 3. || Familièrement. Raisonner comme une pantoufle, voy. Pantoufle. || On dit quelquefois aussi : raisonner comme un tambour mouillé, trèsmal raisonner (jeu de mots entre raisonner et résonner). Il S. m. Manie de raisonner. On a banni les démons et les fées; Sous la raison les grâces étouffées Livrent nos cicurs y l'insipidité; Le raisonner tristement s'accrédite; On court hélas! après la vérité : Ab ! croyez-moi, l'erreur a son mérite, volt. Ce qui plail aux dames. Je suis pour ses tra gédies [de Corneille] ce que la Couture était pour les sermons; il disait qu'il n'aimait pas le brailler, et qu'il n'entendait pas le raisonner, id. Lell. d'Alemb. 19 déc. 1764. || 2' Particulièrement. Parvenir, au moyen de rapports connus, a des rapports qu'on ne connaissait pas. Raisonner, c'est prouver une chose par une autre, boss. Connaiss. 1, i3. Raisonner estse servir de deux jugements pour en faire un troisième, comme, lorsqu'ayant jugé que toute vertu est louable, et que la patience est une vertu, j'en conclus que la patience est louable, duclos, dSuv. t. IX, p, 53. L'art de raisonner consiste à comparer ensemble deux choses par le moyen d'une troisième, d'alemb. Mél. etc. t. v, p. v. L'art de raisonner se réduit à une langue bien faite, condill. Traité des sgst. ch. 3. Raisonner, c'est comparer des idées afin de passer, des rapports qui sont connus, à la découverte de ceux qui ne le sont pas, id. Hist. anc. m, 26. || 3" Chercher et alléguer des raisons touchant une affaire, une question, etc. discourir sur quelque chose. Je suis bien sot de m'amuser à raisonner avec vous, MOL. D. Juan, m, J. Tout en raisonnant, je crois que nous sommes égarés, id. 16. m, 1. Voilà par où commence l'esprit de révolte : on raisonne sur le précepte, et l'obéissance est mise en doute, boss. Hist. II. 1. Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner, D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner, iioiL. Sat. III. Vous devez choisir, non pas l'homme qui raisonne le mieux sur les lois, mais celui qui les pratique avec la phis constante vertu, PÉN. Tél. VI. J'envisage le siècle de Louis XIV comme celui du génie, et le siècle présent comme celui qui raisonne sur le génie, volt. Frag. sur l'hisl. IX. Il 4» Répliquer, alléguer des excuses, au lieu de
RAI
RAJ
RAJ
recetolr docilement des ordres ou de» réprimandes Je suis reine; et qui sait porter une couronne, Quand il a prononcé, n'aime point qu'on raisonne, COBN. SertoT. iv, 2. Ce ne sont pas des conseils que je vous demande; faites ce que je vous dis, sans tant raisonner, genlis, Théât. d'édue. Tendr. matern. se. *. \\ Ne raisonnez pas tant; vous raisonnez, je crois ; si vous raisonnez davantage, phrases qui se disent à un enfant, à une personne inférieure, quand on veut mettre fin à ses répliques. {| 5° Terme de marine. Raisonner à la chaloupe, se dit d'un vaisseau, lorsqu'il est obligé de montrer ses passe-ports i la chaloupe qui vient les reconnaître, et de lui rendre compte de sa route. || Cela se dit aussi, sur les fleuves, des bureau» de péage. Examinez si l'on ne pourrait pas mettre le payement de tous ces péages en un seul droit, pour épargner aux barques qui voiturent sur le RhOne la peine qu'ont les conducteurs de raisonner en tous les bureaux où ces péages se lèvent, Corresp. de Colbert, 11, (3». 1; 8° F. a. Appliquer le raisonnement à quelque chose. Il raisonne tout ce qu'il fait. || Raisonner quelqu'un, chercher à l'amener i une sage résolution. Non, vous avez beau faire et beau me raisonner, Rien de ce que je dis ne peut me détourner, ' BOL. Mis. v, < . Il 7° Raisonner métaphysique, politique, etc. converser sur la métaphysique, la politique, etc. Je voudrais bien raisonner métaphysique avec un Gaulois, volt. Dt'al. xxix, tî. ||8* Se raisonner, V. rffl. Soumettre son esprit à la raison. C'est en vain qu'il veut se vaincre et se raisonner ; un tremblement universel agite tout son corps, gen- Lis, Vœux témér. t. m, p. (70, dans pougens. Il 9° Être raisonné, être soumis au raisonnement. Il y a des idées qui veulent être relevées; il y en a qui veulent que l'image les abaisse au ton du style familier; ce grand art n'a point de régies, et ne saurait se raisonner, marmontel, (Extv. t. vin, p. )8.i.
— HIST. xiu* s. Car la corde en la bouche ne la laisse raisnier [parler], Berie, xix. ||nv* s. Le raisonna par telles paroles [lui tint ce discours], Chr. de St-Denis, t. i, f° 3«, dans lacdrne. ||xv' g. Une chose faisoit à raisonner [à considérer]; l'yver approchoit.... FFOiss. liv. m, f° 348. || xvi' s. S'ils condamnoientou louoient ce personnage ou cefaict, il falloit raisonner leur dire, mont, i, t6i.
— ÉTYM. Raison; provenç. raionar, rasonar; catal. rahonar; espagn. raxonar ; portug. razoar; ital. ragionare. Raisnier , qui est la forme ancienne, avait surtout la signification de parler.
RAISONNEUR, KUSE (r6-io-neur, neû-ï'), t. m. et f. Il 1* Celui, celle qui raisonne, enchaîne les arguments. Ils ont bien de l'esprit, mais ils ne raisonnent jamais; les raisonneurs, qui sontgensdurs, les appellent peuple, sans difficulté; d'autre part, ces gens-ci s'en vengent en tournant les raisonneurs en ridicule, fonten. Mondes, «" toir. Tant de raisonneurs ayant fait le roman de l'âme, un sage est venu qui en a fait modestement l'histoire, volt. i)ict. phil. Locke. Si ces raisonneurs vulgaires confondent la licence avec la liberté, et l'enfant qu'on rend heureux avec l'enfant qu'on gâte, j. j. rouss. Ém. II. Les raisonneurs les plus pressants et les plus l'ortsne sont pas les plu.s sûrs de produire de grands effets, MABMONTEL, Œuv. t. IX, p. Biï. || Particulièrement et en mauvaise part, celui, celle qui importune par de longs, par de mauvais raisonnements. Mèle-toi de donner à toter à ton enfant, sans tant faire la raisonneuse, mol. Méd. malgré lui, v, 2. Je n'aime pas qu'un sot fasse le raisonneur, hamilt. Gramm. 3. Il y a bien de la différence entre un raisonneur et un homme raisonnable: l'homme raisonnable se tait souvent, le raisonneur ne déparle pas, DiDER. Pensées sur la p.einlure, Œuv. t. XV, p (72, dans pougens. \\Adj. Je vous demandais quand vous reverriez la grande, vilaine, triste et gaie, riche et pauvre, raisonneuse et frivole ville de Paris, volt. /,««. Mme de Fontaine, 24 nov. t7B7. Vainement sur votre menton La main de l'aimable jeunesse N'a mis enëor que son coton; Toute la raisonneuse espèce Croit voir en vous un vrai barbon, iD. Ép. xi.ii {à Helvétius). Quoiqu'il nous reste de vrais philosophes ardents à rappeler dans nos cœurs les lois de l'hunaanité et de la vertu, on est épouvanté de voir jusqu'à quel point notre siècle raisonneur a poussé dans ses maximes le mépris desdevoirs de l'homme et du citoyen, j. j. bouss. Théât. Préf. Comme il me faisait quelquefois des arguments très-subtils, je le prenais tout de bon pour raisonnable parce qu'il était raisonneur, id. Conf. VI. Il 2° Celui, celle qui allègue beaucoup d'excuses pour se défendre, qui réplique incessamment. Tu &.is le raisonneur I je te baillerai de ce raisonne-
menl-cl rie mennçnnt il'iiii soufflet] par les oreilles, «OL. rAu. I, ;t. Petite raisonneuse, yui veut parler sur tout et ne dit jamais rien, destouch. G'or. 11, ts. Il Adj. Oui, l'on doit être bien aise d'avoir un valet raisonnable, mais non pas un valet raisonneur, BHUEYS, Grondeur, i, «. |i 3' Terme de théâtre. Personnage grave de la comédie, dont le langage est celui du raisonnement, de la morale. Vous qui jouez les raisonneurs, soyez raisonnable, picard, Coméd. ambul. n, 2.
- ÉTYM. Raisonner; provenç. razonaire, ratonador; espagn. ra*onador; ital. ragionatore
RAJAH ou RAJA (ra-ja), s. m. Prince indien.
— ËTYM. Sanscr. raja, d'un radical qui se retrouve dans le lat. regere, d'où rex, roi.
t RAJANIE (ra-ja-nie) ,s.f. Genre de dioscoréacées.
RAJEUNI, lE (ra-jeu-ni, nie), port, passé de rajeunir. || !• Refait jeune. Ton tyran massacré, ton père rajeuni, corn. Médée, m, 3. Du monde rajeuni l'aspect délicieux, delil. Imag. m. || 2* X quoi on a donné un air de nouveauté. Des locutions rajeunies Sa robe en vain de pièces rajeunie, boil. Sot. x.
RAJEUNIR (ra-jeu-nir), v. a. \\ 1° Refaire jeune. Encore passe si ces messieurs (les pasteurs de Suisse] faisaient des miracles; s'ils rajeunissaient M. Abauzit, s'ils guérissaient M. Bonnet de sa surdité, yoLT. Facéties, Ouest, miracles, I3. Tous les Indiens des Antilles croyaient que la nature cachait dans le continent une fontaine dont les eaux avaient la vertu de rajeunir tous les vieillards assez heureux pour en boire, baynal, JHst. phil. xv, t. ô tac! rochers muets I grottes 1 forêt obscure ! Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, lamart. Médit, xni. Il Absolument. Je sens un soleil capable de rajeunir par sa douce chaleur; nous ne devons pas négliger présentement ces petits secours, mon cher cousin, siîv. à Bussy, I3 nov. t690.||Celane nous rajeunit pas, se dit quand des personnes igées parlent d'anciennes aventures de jeunesse, ou d'enfants devenus grands. Cela ne nous rajeunit ni l'un ni l'autre; mai» nous nous portons bien, picard. Vieille tante, 1, ). \\ i' Dire plus jeune. On me rajeunit ; j'ai soixante ans. || Rendre quelque chose de la jeunesse. Je crois vivre de sa vie, et sa vivacilémerajeunit.j.j. ROUSS. Ém. u. Ses petits enfants entouraient ses genoux, et le rajeunissaient de leur jeunesse, chateaobr. Génie, iv, i, ». || Fig. et familièrement. Faire la barb«. Les barbiers ont pour enseigne : Ici l'on rajeunit. || 3* Par extension. Rajeunir les arbres, les arbustes, couper les branches qui commencent à dépérir. || Tondre, couper, recéper. || Rajeunir une vigne, la renooveler. || On dit de même : rajeunir les prés. || 4' Fig. Donner k ce qui est vieux un air de nouveauté. Rajeunir des mots anciens. Voyons si dans mes vers je l'aurai rajeunie [cette nouvelle], la font. Mntr. L'avocat Patelin, ancien monument de la naïveté gauloise, qu'il rajeunit, volt. Louis Il¥,Écrivain.i, Brueys. Il [un bâtiment] est un peu gothique; Maisje rajeunirai cet édifice antique, colun d'harlev. Chdt. en Espagne, IV, 2. ||8* Fig. Donner une nouvelle jeunesse. En voilà une [lettre] un peu longue, écrite toute de ma main; il y a longtemps que je n'en ai tant fait; je crois que voua me rajeunissez, volt. Lett. Mme du Deffant, 22 avr. iTi*. Votre altesse sérénissime me parle de tragédie : donnez-moi de la jeunesse «t de la santé.... raj''unissez aussi Mlle Gaussin, qui n'a rien à faire, et qui sera fort aise de recevoir de vous cette petite faveur, ro. Lett. Pr. de Pr. au landgrave de Hesse, 7 avril )764. Mais le cœur ne vieillit jamais, Et les désirs le rajeunissent, bbrnis, les Sais. Automne. La liberté va rajeunir le monde, EftHANo. Bon vieill. \\ 6° V. n. Redevenir jeune. Vous remarquerez que le serpent passait pour immortel chez tous les peuples, parce que sa peau muait; or, s'il changeait de peau, c'était sans doute pour rajeunir, volt. Philos. Princ. d'action, 18. L'homme à sa dernière saison Par mille dons peut plaire encore; Ne savons-nous pas que Tithon Rajeunit auprès de l'Aurore? A. duval, le Prisonnier, se. 6. Pour moi, quand le destin m'olîrirait, à mon choix. Le sceptre du génie.... J'en jure par la mort, dans un monde pareil, Non, je ne voudrais pas rajeunir d'un soleil, lamaht. Médit, xviu. || Reprendre l'air, la force de la jeunesse. Le public, enrichi du tribut de nos veilles, Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles.... U veut en vieillissant que nous rajeunissions, boil. ÉpUre vi. || Fig. Reprendre une nouvelle force. X mesure qu'elles [certaines femmes] vieillissent, leur passion pour le jeu semble rajeunir, montesq. Lett. pers. M. \\ Fig. Au printemps la nature rajeunit. || 7* Se rajeunir, v. ré.fl Se l'aire jeune de nouveau. On parla d'un M. de
Saint-Gcrmain qui a cent ciiK|n:m(e à cent soixante ans, et qui se rajeunit quand i! se trouve vieux, DinER. Lett. à Mlle Vnland, 1 5 oct. nr,9. || Se donner l'air jeune. Je trouvai la -onversation occupée par deux vieilles femmes qui avaient en vain travaillé tout le matin à se rajeunir, montesq. Lett. pert. b». Il Familièrement. Se dire plus jeune qu'on ne l'est réellement. Bon, elle se rajeunit de quatre ans, gen- Lis, Thédt. d'édue. Tendresse matern. se. 2. || Fig. Reprendre une nouvelle force. Avec elle [la femme plaideuse] il n'est point dedroit qui a'éclaircisse, Point de procès si vieux qui ne se rajeunisse, boil. Sat. x.
— HIST. xin* s.... La fontaine de Jovent, Qui fet rajovenir la gent, barbazan. Fabliaux, édit. méon, t. IV, p. «80. Tout ine rajovenist li cors. Quant g'i pense et quant gel [je le] recors, la Rose, (3*43. il XIV* s. Dieux a donné au cerf une vertu, que de son sens il se rajoesnit, Modus , f° lu. ... Avarice Qui se diffère d'autre vice Que plus dure et plus rajeunie.... Ne s'envieillist pas en vieillesse, pauvel, da.nsJahrbuchfùrromanischelileralur, t. vu, p. 443. il XVI' s. Chassez la pesanteur qui le rend languissant, Rajeunissez sa vie, 0 (lambeaux salutaires, desportes. Cartels et masquaradet, pour les chevaliers du Phénix. || xvi* s. Nous vivrons et mourrons ensemble, et tous les jours Vieillissans noua verrons rajeunir nos amours, rons. 73 4.
— ÉTYM. Re..., et l'inusité ajeunir, de à et jeune ; Berry, ro;e«nMtr wallon, rojeom; provenç. rejovenir; anc. espagn, rejuvenir; ital. ringiovanir. Au XVI* siècle, on disait souvent «njeunir.
RAJEUNISSEMENT (ra-jeu-ni-se-man), t. m.
' 1° Action de rajeunir; état de celui qui est ou paraît rajeuni. Le rajeunissement d'Ëson par Médée. Le rajeunissement du monde. || 2° Action de couper les tiges ou les branches qui commencent à dépérir; tonte, recépage, coupe. || Action de donner une apparence neuve, moderne. Rajeunissement d'un texte.
— HIST. XII* s ligranz arbres qui faut Deux fois
«n l'an par rajonissement, Bat. d'Aleschant, v. 5986.
— ÉTYM. Rajeunir.
t RAJEUNISSEUR (ra-jeu-ni-seur), t. m. Cslui qui rajeunit, renouvelle. Les rajeunisseurs de procès, Le donnezvous de yurdi- du lemp.t qui court (vers i6i5). i| Celui qui rajeunit un texte ancien, et le rapproche du langage parlé de son temps.
f RAJOUTER (rajouté), v. a. Ajouter de nouveau.
— HIST. XVI" s. Le malade en endurera la chaleur et sueur l'espace d'une heure ou plus, r'adjousiant de rechef des hiehies, après que les premières seront desseichées, paré, xxi, 22.
— ÉTYM. Re..., et ajouter.
RAJUSTE, ÉE (ra-ju-sté, têe), pari, poss^ de rajuster. Mme de Coulanges me mande que la nouvelle Mme de la Fayette était magnifiquement sur son lit.... la salle parée avec des fleurs de lis.... le lit de la chambre rajusté d'un vieux manteau de l'ordre, sév. 28 déc. 4«89. Séchés et rajustés, nous allons rejoindre la mattresse de la maison, 1. i. aouss. Ém. v. || Les poids, mesures et instruments de pesage rajustés doivent être présentés au bureau du vérificateur et poinçonnés.
RAJUSTEMENT (ra-ju-ste-ment), s, m. Action de rajuster; résultat de cette action. Le rajustement de la coiffure. Le rajustement de ces vieilles querelles.
RAJUSTER (ra-j«-sté),w. o: || 1° Ajuster de nouveau, remettre en bon état. Rajuster les cheveux, rajuster un châle. J'ai vu avec douleur que vous n'avez pu faire rajuster un thermomètre en Sicile; que dirait Archimède, s'il revenait à Syracuseî VOLT. Leil. Hamilton, 17 juin 1778. || Rajuster des poids, des mesures, des instruments de pesage ou de mesurage, les rendre justes de nouveau. |i 2- Fig. Apporter remède à. Elle [ma femme] est morte ; cette perte m'est très-sensible.. ..je n'étais pas fort satisfait de sa conduite, et nous avions le plus souvent dispute ensemble; mais enfin la mort rajuate tout, mol. rAmour médecin, i, 1. Quelque baissemenl de tête, un soupir mortifié, et deux roulements d'yeux rajustent dans le monde tout ce qu'ils [les hypocrites] peuvent faire, id. Don Juan, v, 2. Il faut tâcher de se bien porter.de rajuster un peu lesdeuxboutsde l'année, qui sont dérangés, et les jours passeront, sév. 382. Je veux rajuster la dernière journée de l'interrogatoire [de Fouquet] sur le crime d'Etat; je vous l'avais mandé comme on me l'avait dit; mais la même personne s'en est mieux souvenue, et me l'a redit ainsi, id. à Pompone, 9 déc. 1664. || 3' Il se dit particulièrement d'un mécontentement qu'on fait cesser, d'une brouillerie qu'on apaise. Rajuster une brouillerie. || Réconcilier. La cause est bien petite Pour VOUS mettre dehors, et ma fllle a grand tortj
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Mais pour vous rajuster je ferai mon effort, scAAn. Jodflet ou le maître val. :i, 2. || 4° Se rajuster, v. réfl. Raccommoder son habillement qui avait été dérangé. On heurte, rajuste-toi, hauteroche, Crispin méd. II, 14. Mlle de Saint-Ives se rajusta en rougissant, volt. l'Ingénu, 8. {| 6' Fig. Se réconcilier. Après le démêlé d'un amoureux caprice Ils goûtent le plaisir de s'être rajustés, mol. Amph. III, 3. Il 6° Etre rajusté. Ces morceaux ne peuvent se rajuster. || Être redressé, amendé. Il est vrai que ce nez [nez carré, comme celui de Mme de Sévigné, chez une fille de Mme de Grignan] est une étrange affaire; mais il k rajustera, et je vous réponds que Pauline sera belle, sev. 2( ju-il. t«77.
— illST. XIII* s. Et se ele [la mesure] est bone et loiaus, li mesureur doit quatre deniers, pour le rajouster, toutes les fois qu'il la fera rajouster, ne plus ne doit-il du seigneir ne du rajuster, Liv. des met. 23.
— ÊTYM. Re..., et ajuster; wallon, rageuster.
t RAJUSTEDR (ra-ju-steur), s. m. Celui qui fajuste des poids, de instruments de pesage et de mesurage. Les poids, mesures, instruments rajustés doivent porter la marque du rajusteur.
+ RÂLANT, ANTE (râ-lan, lan-t'), adj. Qui râle. Respiration râlante.
1. RÂLE (râ-1'), s. m. Nom d'un genre d'échassiers, dont une espèce est appelée râle d'eau ou râle aquatique, rallus aquaticus, L. \\ Riie de genêt, râle rouge, anciens synonymes désignant la gallinule de genêt, rallus crex, L. Le seul r91e de terre habite dans les prairies; et c'est du cri désagréable ou plutôt du râlement de ce dernier oiseau que s'est formé dans notre langue le nom de râle pour l'espèce entière, bl'pf. Ois. t. xv, p. 223. |1 Râle noir, nom porté par la gallinule noire. || Dans le genre râle on distingue encore le râle porzane, dit petit râle d'eau, fllassier, coquant, K'rardine, hermi, marouette porzane, rallus porxana, L.
— HIST. ïiv» s. L'en peut voler aux raales des champs qui sont roux, Ménagier, m, 2.
— F,T\!il. Picard (St-Valery), reille; allem. Ralle; angl. rat7; bas lat. rallus. Diez, après Buffon, y voit le verbe rdler, à cause du cri de cet oiseau; et Scheler cite i l'appui que le râle est dit en provençal ronfle, du verbe ronfla, ronfler, et en allemand Wiesenschnarcher, le ronfleur des prés; cependant il faut noter qu'au xiv* s. le mot est raale; il faut noter aussi que Regnard le nomme rafle : Poules de Caux, pluviers, une demi-douzaine de rafles (suivant certaines éditions), de lapins de garenne, le Bal, se. u.
i. RÂLE (rà-l'), s. m. || 1° Bruit nui, chez les moribonds, est produit par le passage de {'air à travers les mucosités accumulées dans le larynx, la trachée-artère ou les grosses divisions des bronches. Il i° Terme de médecine. Bruits anomaux qui se développent dans les voies aériennes, et qui, se mêlant au murmure respiratoire, l'obscurcissent ou le remplacent complètement. || Râle muqueux, râlé produit par le passage de l'air à travers un liquide d'une certaine ténacité, formant des bulles qui varient de grosseur et de nombre. || Râle caverneux, râle muqueux ayant lieu dans une excavation des poumons. Il Râle sonore, son qui, léger, ressemble au roucoulement du pigeon, et,. plus fort, .au ronflement. Il Râle de retour, le râle qui se fait entendre dans les points hépatisés du poumon, quand la résolution commence.
— ÉTYM Mot d'origine germanique ; angl.raMie; flam. ratelen; haut-allem. ratsein, faire du bruit.
RÂLEMENT (râ-le-man), ». m. Action de râler. L'ours marin a une sorte d'affreux râlement tel que le bruit des récifs où il cherche sa proie> CHATEAUB. Génie, i, v, 5.
— KTYM. Bàler.
RALENTI, lE (ra-lan-ti), pari, passé de ralentir- Pouls ralenti.
RALENTIR (ra-lan-tir), v. a. || 1» Rendre plus lent. Un mouvement, quelque lent qu'il soit, ne peut il pas être ralenti de moitié, en sorte qu'il parcoure le même espace dans le double de temps? pasc. Pens. part, i, art. 11. La nuit a ralenti les heures; Le sommeil s'étend sur Paris, bérang. Rossignols. Il Terme de manège. Ralentir un cheval, modérer son mouvt;ment. || 2" Fig. Rendre moins vif, moins actif, moins intense. Qn commence à ralenti, l'espérance que l'on avait d'avoir Perpignan si tôt, VOIT. Lelt. i3o. Le sang qu'il a perdu ralenti sa vitjiieur, CORN. Hor. iv, 2. Ce grand feu des Romains en pnrait ralenti, ID. Soplion, i, 1. Assez instruit de vos maximes, et bien résolu de les pousser autant ipie je croirai que Dieu m'y engagera, sans qu'au-
cune considération humaine puisse arrêter ni ra- | lentir mes poursuites, pasc. Prov. xvii. Xa raison alors dans sa force devrait proHuire, mais elle est refroidie et ralentie par les années, par la maladie et la douleur, la bbuy. xi. Le souvenir de l'échec qu'il avait reçu ralentit beaucoup son courage, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 4B. L'absence ralentit les liaisons les plus vives, mass. Àvent, Dispos. La charité opère partout où elle est.... c'est un feu céleste.... il peut être à la vérité quelquefois couvert et -.omme ralenti par la multitude de nos faiblesses, lu. Carême, Fautes légères. Un aveu si terrible et si capable de ralentir la fureur de ces juges, est pour le Sauveur une réponse de mort, m Carême, Passion. |{ 8° V. n. Devenir plus lent, moins vif. Ma mauvaise santé me rend si faible, que j'ai un peu ralenti de mon ardeur pour ces belles- lettres qui m'ont fait une illusion si longue, et qui m'ont souvent consolé dans mes afflictions, volt. Lett. d'Àrgental, 23 sept. (774. ||4" Se ralentir, v. réfl. Devenir plus lent. Le combat s'était ralenti tout à coup,VAUGEL. Q. C. IV, »6. Leur fougue impétueuse [de chevaux ayant le mors aux dents) enfin se ralentit, RAC. Phèdre, v, 6. Le cheval élevé pour la course.... pourra faire une lieue en six ou sept minutes, mais bientôt sa vitesse se ralentit, bufp. Ois. t. I, p. 43. Il B" Fig. Devenir moins vif, moins vigilant, en parlant des personnes. Je ne sais si nous avons aussi remarqué que David s'était un peu ralenti de ce côté-là [du côté de la justice], durant qu'il était occupé de Bethsabée, boss. Polit. IX, m, 6. On se ralentit, on se dérange à l'égard de tous les autres exercices, bouroal. Pensées, t. m, p. 328. Il s'était tellement ralenti sur cette poursuite que.... RAHiLT. Gramm. 4. || Il se dit des choses en un sens analogue. X l'arrivée de la reine, la rigueur de la persécution se ralentit , boss. Reine d'Anglet. Les sentiments humains perdent, par l'habitude, toute leur pointe; ils se ralentissent, et, n'ayant plus de quoi piquer une 9 me, ils viennent enfin à s'amortir tout à fait et à s'éteindre, bouroal. Pensées, l. 11, p. 44. Sa passion ne s'est jamais ralentie d'un instant, la.«otte, Uatr. d'Éph. se. h . Les chaleurs et les malheurs ne font-ils pas un tort horrible au tripot [au théâtre]?... nos souscriptions [au Commentaire sur Corneille] pourraient bien se ralentir, volt. Lett. d'ArgentaX, » aolll I76l. || Avec ellipse du pronom personnel. Il ne songea qu'à profiter de cette première ardeur de la faction, qu'il ne fallait pas laisser ralentir, volt, dans le Dict. de bescherellb.
— REM. Pourquoi l'Académie écrit-elle ralentir par une seule l, tandis qu'elle écrit par deux l rallonger? La bonne règle serait de ne mettre qu'une ( la où la prononciation n'en met qu'une.
— HIST. xvi" s. Si on espiiiit ses passions de prez, on rallentiroit un peu leur impétuosité, mont. 11, 24«. Au moins escoute, et ralente tes pas, bons. 84.
— ÉTYM fle..., et alentir.
RALENTISSEMENT (ra-lan-ti-se-man) , s. m.
Action de ralentir; état de ce qui est ralenti L ralentissement du mouvement. Il y a un air de ralentissement dans tout le mouvement de la guerre qui a paru d'abord, sÉv. aa sept. (688. || Fig. Le ralentissement du zèle.
— ÉTYM. Ralentir.
RÂLER (râ-lé),«7. n. Faire entendre en respirant un bruit qui est produit par le passage de l'air â travers les mucosités accumulées dans les voies respiratoires. Quand les gueux avaient vu la reine tousser, cracher, râler, être sale et radoter un peu, ils ne voulaient plus se charger de ses années, fén. t. XIX, p. 4. En entrant le matin dans la chambre de Mme de Vaudemont, on la trouva râlant, sans connaissance, ST-siM. ï«2, a». Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI' s. Puis commencèrent à raller,
PARÉ, xxvii, p. 663.
— ËTYM. Mie 2; wallon, r6ki.
RALINGDE (ra-lin-gh'), ». f. Terme de marine. Cordes qui sont cousues en ourlet autour des voiles pour en renforcer les bords. || Mettre une voile en ralingue, synonyme de ralingutb, n" 2. || Terme de pêche. On coud aussi des ralingues au bord des filets pour les fortifier.
— HIST. xii's. Por le vent es très [mâts] acoillir Font les privez avant tenir. Et bien fermer es raelingues. Brut, p. I40.
— ÉTYM. Ital. relinga . rilinga ; csp. et portug. relinga; allem. raaleik; de l'anglo-sax. raa, vergue, et lœccan, saisir.
RALINGUE, ÉE (ra-lin-ghé, ghée), port, passé de ralinguer. Voile ralingues.
RALINGUER (ra-lin-ghé), je ralinguaig, nous ralinguions, vous ralinguiez; que je ralingue, que nous ralinguions, que vous ralinguiez. || 1° K. a. Terme de marine. Garnir une voile de ses ralingues. [i 2» F. n. Orienter une voile de telle façon que la ralingue latérale en soit dans le lit du vent. Lorsque nous fûmes sut la passe, les vents sautèrent à l'ouestnord-ouest, en sorte qu'il fallut ralinguer, et même mettre le vent sous les voiles, la hébouse, Voy. t. II, p. <49, dans pouGENS.
t RALLER (ra-lé), v. n. Usité seulement aux temps et aux personnes où aller prend les forme? de vais :je revais tu rêvas, il rêva, ils revoni; rêva, à l'impératif. Aller de nouveau. Il rêva lui parler. Mon cœur vole. Va, vient, rêva, revient toutcomme ma parole, ddfresny, la Béconcil. normande, v, 4. Il Pourtant, rien n'empêcherait de l'employer, comme dans l'ancienne langue, aux temps oil il se conjugue avec aller : je rallais, je rallai, nous rallâmes; mais le futur rirai ne se dit pas.
— HIST. XI' s. De toutes part fils] les revunt envaïr, Ch. de Roi. cli. || xii* s. Baron, râlez vous en, n'aicz de nous regart, Sax. 29. |/ un' s. Et li pèlerin râlèrent encontre les leur i grant joie, villeh. xcii. Quant leur mestier ont fait, si s'en revont arrier, Berte, xi. Il raloit querre de sa gent, et renforçoit ses batailles contre les nostres, jomv. 232.
I XVI' s. Je m'en revois à César, mont, iu, )60.
— 6TYM. Re..., et aller.
RALLIÉ, ÉE (ra-li-é, ée), part, passé de rallier. Enfin, autour de lui ses troupes ralliées, corn. Don Sanche, i, 3. || Fig. Rattaché à une cause, à un parti. C'est un homme rallié au gouvernement. |l Substantivement. 11 est parmi les ralliés.
RALLIEMENT (ra-li-man), s. m. || 1° Terme de guerre. Action de rallier ou de se rallier. Se rendre au lieu de ralliement. Elle [l'armée romaine] est propre aux détachements, aux ralliements, à toute sorte de conversions et d'évolutions, boss. ffi'.d. m , ». Cette discipline et ces manœuvres de ralliement qui décident de la victoire dans un champ de bataille, VOLT. Mœurs, I63. Si le ralliement des troupes françaises pouvait encore arrêter les forces ennemies, alors le retour désarmé de Napoléon et son abdication hâtive l'accusaient de faiblesse, villemain. Soutien, contemp. les Cent Jours, ch. n.
II Mot de ralliement, mot qu'un chef donne à ses troupes pour qu'elles se rallient, en cas de déroute ou de séparation. || Mol qu'on donne après avoir reçu le mot d'ordre. Les mots de ralliement? Dieu, Charles, Médicis, m. i. chén. Charles JX. m, 4. Il i° Terme de m»nne. Action de bâtiments qui, après avoir été séparés, se réunissent. Je fis le signal de i-alliement , et bientôt après je donnai l'ordre d'appareiller, la pF-rousk , Voy. t. m, p. 260, dans pougens. 1I 8" X l'armée, signe de ralliement, certains signes convenus pour se reconnaître. Il Point de ralliement, lieu où l'on doit se rallier, se réunir. Ces deux poiriers.... que Henri IV donna pour ralliement à son armée, lorsqu'il combattit à Ivry, chateaubr. Itin. part. i. Il 4' Par extension. Mot, signe de ralliement, le mol, le signe caractéristique auquel une secte, un parti se reconnaissent, ou par lequel on les désigne. Chaque hérésie a son nom qui est comme le mot de ralliement, montesq. Lett. pers. s». Le nom de Crébillon était le mol de ralliement des ennemis de Voltaire, marmontel, Mém. iv. || Point de ralliement, le lieu où les personnes d'une même société, d'un même parti se rassemblent. Les frères [les philosophes] ne s'entendent point, ne s'ameutent point, n'ont point de ralliement; ils sont isolés, dispersés ... volt. Lett. Damilaville, <2 avr. «764. Il Fig. Point de ralliement, opinion sur laquelle des personnes en dissentiment sont d'accord.
HIST. III' s. Deus par qui [les choses] unt ra-
liementz, Paiz e concorde e tenemenz, ebnoit, ii, (5. Il XVI' s. Puis ayant regret d'avoir laissé huict pièces d'artillerie, ils marchent r'alliez pour les regagner : et pource qu'ils en eussent battu les r'alliemens du prince et de l'admirai.... d'aub. Hist.
ÉTYM. Rallier. On disait aussi raliance.
RALLIER (ra-li-é), je ralliais, nous ralliions, vous ralliiez; que je rallie, que nous ralliions, que vous ralliiez, 17. a. || 1° Rassembler, réunir ceux qui s'étaient disper.sés. Rallier des vaisseaux, une flotte. Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, CORN. Cid, IV, 3. Le? plus vieux officiers furentcharmés de lui voir [A M. de Revel) plusieurs fois rallier son escadron, PELLissoN, Lett. hist. 1. 1, p. I44. On vit presque en même temps le duc d'Enghien çousser l'aile droite des ennemis, soutenir la nôtre ébranlée,
RAL
RAM
rallier le Français à demi vaincu.... Boss. Louis de Bourbon. Ta valeur, arrêtant les troupes fugitives, Rallia d'un regard leurs cohortes craintives, boii.. Lutr. m. Les Suédois furent rompus, enfoncés et poussés jusqu'à leur bagage; Levenliaupt rMliases troiipos derrière les chariots, volt. Charles Xfl,t. Il 2" Terme de vénerie. Arrêter les chiens et les ramener avec ceux qui chassent leur cerf, quand les premiers chassent du change. || 3° Terme de marine. Rallier un vaisseau, le rejoindre. Je ralliai l'Astrolabe qui était beaucoup dans l'ouest, où il avait été entraîné par les courants, la pérouse, Voy. t. II, p. 392, dans pougens. {| Rallier son poste, manœuvrer pour le reprendre, après l'avoir quitté. Il Rallier le veirt, gouverner le plus près possible de la direction du vent. || On dit dans le même sens: rallier au vent. |{ Se rapprocher de. Rallier un port, une terre. Nous ralliâmes, le «9 au point du jour, la côte de Célèbes, et nous la rangeâmes à la distance de trois à quatre milles, bougainville, Voy. t. II, p. 315, dans pougpns. ||4' Kig. Attirer à une opinion, à un sentiment. Nous l'avons rallié à notre cause. Il songea au bien de l'État, et se bâta de rallier tous les gens de bien, pour s'opposer à Astarbé, fén. Tél. viii || Faire concorder. Cette Droposition rallia tout le monde dans l'assemblée Il 6° Se rallier, v. réfl. Se réunir, se remettre ensemble. Les armées romaines, quoique défaites et rompues, combattaient et se ralliaient jusqu'à la dernière extrémité, BO.ss. Hisl. m, 6. Là se voit i ses pieds la bête terrassée.... La meute se rallie, et, hors d'haleine encor. Les chiens font à l'envi retraite au son du cor, bahieb, le Cabinet de Quinault, p. 67. Peut-être, si les migrations de cette dernière espèce [le fou de BassanJ étaient mieux connues, trouverait-on qu'elle se rallie et se réunit avec les autres espèces sur les côtes de la Floride, buff. Ois. t. XVI, p. <5). Il Terme de marine. Se réunir ou se rapprocher les uns des autres, quand on est en escadre ou en armée. || Se rallier à la terre, s'en approcher. || Fig. Embrasser une opinion, un sentiment. Il y a des opinions auxquelles on attache des signes publics, qui sont des étendards auxquels les nations se rallient, volt. Mœurs, Rem. vu.
— HIST. XI* S. [Ilj Sone son gresle [cor] pur les siens ralier, Ch. de Itol. ci. || xii' s. E Judas ralie son host, et vint en la cité de Medolla, llachab. il, a. Il XIII' s. Et li fuiant se ralierent tuit à li, viLLEH. cxLiv. Or VOUS dirons dou roi Philippe, qui estoit à Gysors, et manda sa gent. et les raloia, puis s'en revint en France, Chr. de Rains, p. 72. Si an furent moult les genz Pandragon reconforté; car Uters les rallia avoc la sue gent, Uerlin, f. 5 1, recto. Il XVI' s. Assembler les citoyens et les r'allieraui exercices et jeux, mont, i, (99.
— ÉTYM. Re .., et allier.
RALLO.NGE (ra-lon-j'), i. f. Ce qui sert à rallonger une chose. Une rallonge de table. Une table à rallonges. || FIg. Dans de certains cas, l'instruction et la lumière peuvent servir de rallonge au mal, V. HL'GO, les Misérables, l" part, liv. ii, ch. 7.
— ÉTYM. Voy. RALLONGER ; wallou, ralong. RALLONGÉ, fiE (ra-lon-jé, jée), part, passé de
Mllonger. Des habits rallonges.
RALLONGEMENT (ra-lon-je-man), s. m. Action de rallonger; état de ce qui est rallongé.
— HIST. xv s Pourra bien estre célébré un
autre concile, qui sera chose avenante et plus acceptable que ne seroit, pour le présent, le rallongement de celui concile, monstrel. ji, i06. ||ivi's. Si aucuns font enclos ou ralongement de ville ou de jardin, Coust. génér. t. I, p. 697.
— ÊTYM. Rallonger.
RALLONGER (ra-lon-jé. Le g prend un e devant a eto; rallongeant, rallongeons), v. a. Rendre une chose plus longue. Rallonger un rideau. || Il se dit quelquefois simplement pour allonger. Rallongez cesétriers. || So rallonger,!), réfl. Devenir plus long. Ses griffes [de la chicane], vainement par Pussort accourcies. Se rallongent déjà, toujours d'encre noircies, boil. Lutr. v.
— HIST. XV' s. Si se départirent ces seigneurs de ce parlement, sans rien faire , fors tant que la trêve fut ralongée de deux ans, froiss. i, i, (46.
— ÊTYM. Rf..., et allonger; wallon, rallongi. RALLUMfi, ÉE (ra-lu-mé, mée), part, passé de
■allumer. Une flauime rallumée.
RALLUMER (ra-lu-mé), v. a. || 1° Allumer de nouveau. Ils rallument le feu de leur bougie éteinte, boil. Lutr. III. Et, quand le saint vieillard, au retour du matin, Vint rallumer la lampe éteinte avec l'aurore, lamart. Barold, 3». Un astre dans le ciel i'éleintî tu le rallumes! m. l'b. 24. Éteignons les
lumières, E* rallumons le feu, bérang. Èfiss. \\ Pig. Dieu.... L'a tiré [Joas] par leur main [des lévites] de l'oubli du tombeau, Rt de David éteint rallumé le flambeau, rac. Alh. i, 2. Vous, sire.... qu'il [Dieu] a rallumé comme une étincelle précieuse dans le sein même des ombres de la mort, où il venait d'éteindre toute votre auguste race, mass. Pet. car. Et. des grands. Vous avez trop aimé pour ne pas devenir indifférent ; on ne rallume plus la cendre qui sort de la fournaise, mais il faut attendre que tout soit consumé, J J. rouss. HéK vi, 8. || 2° Fig. Donner une nouvelle ardeur, une nouvelle vivacité. Il rallume en son cœur déjà quelque espérance, CORN. Poly. Il, 5. Il [Corbinelli] a des tendresses pour vous qui rallumeraient les miennes quand je n'y serais pasdisposée. sÉv. à Bmsy, (7 juin i<i70. M. de Lamoignon ne laissa passer aucune semaine, sans rallumer sa ferveur par l'usage des sacrements , FLÉCH. Lamoignon. Et la triste Italie, encor toute fumante Des feux qu'a rallumés sa liberté mourante, RAC. Milhr. m, i. Il semblait que Mars et Bellone allaient de rang en rang, rallumant dans les cœurs la fureur des combats que Mentor tâchait d'éteindre, fén. Tél. xi. Les passions que la grâce n'éteint pas, ne font que rallumer le cœur pour des passions nouvelles, mass. Avent, Délai. L'imagination, dont tout le feu s'éteint, si l'attrait de la nouveauté ne le rallume, genlis. Ad. et Th. t. i, p. 22, dans POUGENS. || 3° Se rallumer, v. réfl. S'allumer de nouveau. A peine le ciel eut-il lancé dessus quelques traits de lumière, qu'on ie vit [le feu sacré] se rallumer à l'instant, et offrir aux yeux le spectacle presque d'un grand incendie, mass. Carême, Fautes légères. ||Fig. La guerre sans lui ne peut se rallumer, corn. Rodog. u, 2. Aussitôt malgré moi tout mon feu se rallume, boil. Sat 11. Tandis que.... de vos jours prêts à se consumer. Le flambeau dure encore et peut se rallumer , bac. Phèdre, 1, ». A la vue d'Idoménée, les alliés sentirent que leur courroux se rallumait, fén. Tél. xi. On devrait niors voir tout votre cœur se rallumer, votre ferveur se renouveler, mass. Carême, Fautes légères. La fièvre se ralluma ; la respiration était gênée, DESESSARTS, liislit. Mém. scienc. t. i", p. 453.
— HIST. xiii" s. Nostre sire Dieux ralume [rend la vue] ceus que deables avoit avuglés. Psautier, f° ) 76. Li vilain est au feu venuz, Por sa chandoile ralumer, Ren. 4516. ||xvi' s. Leur inimitié se ralluma par une occasion nouvelle, amvot, Sylla, 9. [La guerre] ne faisoit gueres que d'y estre assopie, et y falloit bien peu d'emorche pour la rallumer , id. Crasius, i9. Se sentant encores quelque re.ste de vie, ilr'alluma son courage, et s'eslevant en pieds.... mont, u, 33.
— ÊTYM. Re..., et allumer; bourguig. rélemai. RAMADAN (ra-ma-dan) ou RAMAZAN (ra-ma-
zan), s. m. Neuvième mois de l'année arabe, que les musulmans consacrent au jeûne. A-t-il du ramazan rompu le jeûne austère? v. hugo , Orientales, 7.
— ÉTYM. Arabe, ramadan, mois de la grande chaleur, de ramad, être échauffé , ainsi dit parce que, primitivement, il arrivait quand le soleil est dans toute sa force; l'année arabe est vague.
t RAMADE (ra-ma-d'), s. f. Nom donné par les bergers des Pyrénées à une réunion de plusieurs centaines de moutons. Le troupeau était si nombreux qu'on le divisa en trois ramades, dont chacune avait près d'un millier de têtes, legoarant.
t RAMADOUER (ra-ma-dou-é), v. a. Radoucir (|uelqu'un en le cares.sant.
— HIST. XVI' s. Ramadouer, cotgrave.
— ÊTYM.- fie..., et amadouer.
I. RAMAGE (ra-m.i-j'), s. m. \\ 1° Rameau, branchage (vieilli en ce sens) . Dans ce parc un vallon secret, Tout voilé de ramages sombres, Théophile, Œuvres, 3" part. p. )72, dans lacurne. || Terme de vénerie. Branches des arOres. || 2' Terme de droit coutumier. Faculté dont jouissaient quelques sujets de couper des branches ou des rameaux dans les forêts de leur seigneur. || 3" Il s'est dit pour branche du bois des cerfs. Des ramages d'un cerf la marque ineffaçable, nouguier. Odyssée à la mode, p. (47. Il 4" Aujourd'hui, représentation defeuillages, de fleurs, etc. disposés en long sur une étoffe. Le carrosse est doublé d'un velours à ramage, haute- ROCHE, Bourg de qualité, 1, 2. Et.... ne doit-on pas craindre de voir un jour un simple abbé en velours gris et à ramages comme une éminence? la bhoy, XIV. Peste I la belle robe de chambre ! voyez ces grands ramages, a. duval, le Souper impr. se. 9. Il 5° Le chant des petits oiseaux qui se tiennent dans les rameaux. Oi.^eau gui chante toutes sortes de
roninges, vaugel. Q. C. viii, 9. La tendre mélodie et \n variété douce et brillante du ramage de nos oisoau.\ clianleurs, boss. Ois. t. xvii, p. 87. || Par extension, il se dit du cliant de tout oiseau. Sans mentir, si votre ruinage .Se rapporte à votre plumage, i.A PONT. Fabt. I, 2. L'oiseau [le cygn«], prêt à mourir, se plaint en son ramage, id. ib. m, 12. Car à peine les coqs, commençant leur ramage, Auront de cris aigus frajipé le voisinage, boil. Sa/. VI. U est parbleu! grand jour; déjà de leur ranjagc Les coqs ont éveillé tout notre voisinage, regnard, le Joueur , 1, 4. || Fig. et familièrement. Babil des enfants. || Fig. Se dit du chant d'un cbanteur qui ne plaît pas. || Fig. Discours dénué de sens. Pour vous soulager un peu de ce ramage barbare des grammairiens, diderot, Lett. à Gai.
— HIST. xvi* s. Le doux ramage des oiseaux, DD BELL, m, 1 9, tJerso. Et rossignols au gay courage ....Chantent leur joly chant ramage, marot, i, < 17. On connoist tousjours de quelle nation est un homme, ou par le langage, ou par sa façon de vivre ordinaire, ou par l'habillement, ou bien par quelque trait naturel de son ramage [race], qui lui eschappe quand il s'oublie, pour quelque dépaysé qu'il soit, CARL. II, t. L'on a dit autrefois, qu'où ramage [les descendants] défaut, lignage [les ascendants] succède, loysel, 342. On s'abstiendra d'y planter des saules, peuples et autres bois aquatiques, bien qu'abondants en ramage, pour le mauvais goust qu'ils rapportent à la chair des connins [lapins], o. DE sïRREs, 411. Mou langage françois est altéré et en la prononciation et ailleurs, par la barbarie de mon creu; je ne veis jamais homme des contrées de deçà qui ne sentist bien son ramage, et qui ne bleceast les aureilles françoises, mont, m, 39.
— ÊTYM. Berry, ramage, branchage ; provenç. ramatge, ramée; espagn. ramage ; du lat. fictif romaticum, de ramus, branche (voy. rameau). Dans l'ancienne langue, ramage est adjectif, etsignifiesauvage, branchier. Au sens de chant, l'historique montre qu'on a dit chant ramage, chant des branches, chant sauvage.
j 2. RAMAGE (ra-ma-j'), s. m. Action d'effacer les plis des draps et de donner une largeur uniforme à toute l'étoffe, en la mettant sur la rame.
— ÉTYM. Rame 1 .
t RAMAGE, ÉE (ra-ma-jé, jée), adj. Orné de ramages. Le vif-argent aux fleurs fantasques. Dont les vitraux sont ramages, th. gautier , Emaux et camées, Symphonie en blanc majeur.
— ÉTYM. Ramage 1.
RAMAGER (ra-ma-jé. Le g prend un e devant o et 0 ; ramageant, ramageons), v. n. Il se dit des oiseaux qui font entendre leur ramage. Ils [les anis] se tiennent sur les branches des arbres, tout le plus près qu'il leur est possible les uns des autres; ils ramagent aussi tous ensemble et presque à toutes les heures du jour, buff. Ois. t. xii, p 92. || Il se conjugue avec.le verbe ai;ntr.
— HIST. XVI' s. Me suis trouvé avec des damoiselles qui se lavoient la gorge des baguenauderies que leur avoient ramagez leurs courtisans. Conte» de Cholièrcs, f° 220, dans lacurne.
— ÉTYM. Ramage t.
RAMAIGRI, lE (ra-mè-gri, gne), parf. passé io ramaignr. Bœuf engraissé, puis ramaigri.
RAMAIGRIR(ra-mè-grir),». o. 1| 1° Rendre maigre de nouveau. 11 avait engraissé, de grandes ifatigues l'ont ramaigri. {| i° V. n. Redevenir maigre. U ramaigrit tous les étés.
— HIST. XVI' s. Ramaigrir, cotgrave.
— ÉTYM. Re..., et amaigrir.
■h RAMAlGRISSEMENT(ra-niè-grise-nian)..t. m. Action de ramaigrir; état de celui qui est ramaigri.
— HIST. XVI" s. r^riaigrlssement, ouniN. Dicl.
f RAMAILLAGE {ra-ma-llo-j". Il mouillées), s. m. Action de ramailler; son effet.
+ RAMAILLER (ra-ma-llé, Il mouillées), v. a. Donner à une peau la façon nécessaire pour la passer en chamois; ce qui ne se fait qu'après l'avoir passée à l'Iuiile.
f RAMAIRE (ra-mê-r'), adJ. Terme de botanique. Qui nait sur les rameaux, qui appartient aux rameaux.
— ÉTYM. Lat. ramus, branche.
j- RAMANDOT (ra-man-do), s. m. Croûte formée par le poussier qui s'attache aux tonnes, dans le lissage de la poudre.
RAMAS (ramé), s. m. || 1° Action de ramasser, de recueillir. Sans doute qu'il [Sénèque] croyait qu'en ne disant rien d'incompatible.... il ne pouvait être blâmé au choix ni au ramas qu'il faisait îles bonues pensées de ceux qui avaient philosophé de-
RAM
vont lui, snns s'engager servilement à loiiles leurs fantaisies, la MOTrtE i.E vayer. Vertu des païens, ii, Sénèque. || Terme de forestier. Enlèvement non iiiilorisé (le feuilles mortes, de glands, etc. || 2" Assemblage d'objets divers, mais, en général, sans grande valeur. Un ramas de vieux livres. || Fig. Mon livre n étant qu'un ramas de sottises, j'espère que chaque sot y trouvera un petit caractère de ce qu'il est, SCAHR. Rom. com. i, ». C'est pe Talmud] un ramas des traités et des sentences de leurs anciens maîtres [des Juifs), boss. Hist. n, 8. Un vieil inforliat, Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat, Inutile ramas de gothique écriture, boil. t«(r. v. C'est [la Gazette ecclésiastique] un ramas de petits faits concernant des bedeaux de paroisse, des refus de sacrements.... volt. Russe à Paris, notes. Après avoir bien réfléchi à soixante ans de sottises que j'ai vues et que j'ai faites, j'ai cru m'apercevoir que le monde n'est que le tliéâtre d'une petite guerre continuelle, ou cruelle, ou ridicule, et un ramas de vanité à faire mal au cœur, id. Lett. Mme du Veffanl, s mars (7«i. Les langues ne sont pas un ramas d'expressions prises au hasard, ou dont on ne se sert que parce qu'on est convenu de s'en servir, condil. Lang. cale. Préamb. || 3* 11 se dit de troupes, d'hommes en un sens péjoratif. Il était difficile de régler sous de mêmes lois ce ramas de tant de peuples différents , cléch. Hist. de Théod. II, 34. Mais de nos saints autels qu'elle tienne éloignée D'un ramas d'étrangers l'indiscrète fureur, rac. Athal. v, s. Les Ukraniens, qu'on nomme Cosaques, sont un ramas d'anciens Roxelans, désarmâtes, de tartares réunis, volt. Rus», i, (. Ils [les flibustiers] eurent toutes les aventures heureuses et malheureuses que pouvait attendre un ramas d'hommes sans loi, venusde Normandie et d'Angleterre dans le golfe du Mexique, in. Jfœurs, t6î.
— HIST. XVI' s. Ramas, cotorave. '
— ÉTYM. Voy. RAMASSER I.
t RAMASSAGE (ra-mâ-sa- j'), t. m. Action de ramasser. Le ramassage du bois, des épis, des feuilles.
— ETYM. Ramasser t.
RAMASSE {ra-ma-s'; on remarquera que l'a n'est pas long, et qu'on ne dit pas ra-mâ-s'), s. f. Espèce de traîneau dans lequel un homme dirige les voyageurs qui descendent des montagnes couvertes de neige. Après une heure de marche, on arrive aux premières granges de la ramasse, saussuhe, Yoy. Alpes, t. v, p. 92, dans pougens.
— ÊTYM. Ital. ramazia, du lat. ramus, branche : ustensile fait de branches.
(.RAMASSE, ÉE (ra-mft-sé, sée), part, passé de ramasser t.\\ 1" Recueilli çà et là. Mais qui pourrait compter le nombre de haillons.... De chiffons ramassés dans la plus noire ordure, Dont la femme, aux bons jours, composait sa parure ? boil. Sat. X. Il Fig. La belle chose de faire entrer, aux conversations du Louvre, de vieilles équivoques ramassées parmi les boues des halles et de la place Mauberl, mol. Critique, ). Nous croyons avoir entrevu [chez Mme de Marans] l'épisode d'un jeune prince (le duc de Longueville, avec qui elle prétendait paraître bien].... et toutes ses paroles ramassées nous confirmaient cette vision, sâv. 3 juin I67a. Il 2° Mis sous un seul coup d œil. Si.... vous prenez soin d'observer un certain nombre d'événements principaux, qui, quoique arrivés en des temps assez éloignés, ont une liaison manifeste ; les voici ramassés ensemble pour une plus grande facilité, BOSS. Hist. m, 7. Voilà tout ce que je sais, ramassé et parfaitement exprimé dans la croix comme par une seule lettre, m. Lett. .sur l'aiior. de la croix. \\ 3° Réuni, rassemblé, en parlant des personnes. Romulus.... bâtit {tome qu'il peupla (lu gens ramassés, bergers, esclaves, voleurs, boss. IIi<t. m, 7. L'Église sera sur la terre toujours iminiiable et invincible, jusqu'à ce que, ses enfants étant ramassés, elle soit tout entière transportée au ciel, qui est son séjour véritable, id. 16. 11, i3. Avec des barbares ramassés, je [Sertorius] me jouais de ces deux capitaines et de leurs légions [Métellus, Pompée], FÉN. Dial. des morts anc. Sertor. Mercure. Il 4" Resserré. Ils [les yeux] doivent juger un objet plus ramassé et plus petit, quand il est dans un éloignement où quantité de traits de son image se confondent, condil. Traité sens, m, 3. || Terme de Ijotanique Se dit des parties qui sont serrées en grand nombre les unes contre les autres. || Fig. Concejitré. yu'on rêve avec plaisir, quand notre âme blessée Autour de ce qu'elle aime est toute ramassée ! CORN. Pulch. 11, i. La coutimie fait toute l'équité, par celte seule raison qu'elle est reçue.... elle [la
RAM
loi] est toute ramassée en soi ; elle est loi, et rien davantage, pasc. Pens. m, 8, éd. havk i . || 5" Dont les formes sont épaisses, trapues. Ces hommes petits de taille, mais forts et ramassés, PLécH. Hisl.de Théodose, I, 48. Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur. Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, boil. tufr. i. Elle était ramassée un peu dans sa taille, j. j. rolss. Conf n. La tête assez arrondie, et le corps ramassé, bifb-. Ois. t. ix, p. 3(«. Il On dit de même : avoir la taille ramassée. C'est un jeune homme qui a les épaules larges et la taille ramassée, la broy. m. || Par extension. La démarche du lion n'est ni lourde comme celle du brpuf, ni ramassée comme celle de l'ours, bufp. ilforcpau:r c/ioists p. si 7.
2. RAMASSÉ EE (ra-ma-sè, sée), part, passé de ramasser 2. Ramassé trois fois dans la soirée. I. RAMASSER (ra-mâ-sé), V. a. || 1° Amasser en y mettant soin et ppine (seule nuance que mette la particule re entre amasser et ramasser). Ramasser du bois. Ramasser les épis. Et que plus je parcours Paris, plus il me semble Que l'on a ramassé trente villes ensemble, hauterochr, Espr foU. i, t. A ses mAnes errants je rendis le repos; Je fis seul son biicher, et ramassai sa cendre, quinault. Agrippa, 1, 5. Les voyageurs ne manquèrent pas de ramasser l'or, les rubis et les émeraudes, volt. Cand. 1 7 Il Terme de jeu. Ramasser les cartes, les rassembler. Il Ramasser l'émail, le prendre chaud et liquide, dans la cuiller de fer, pour en faire des filets appelés canons. || î° Prendre, relever ce qui est à terre (amasser ayant eu le sens de relever de terre, sens qui a passé à ramasser). Mon gant vient à tomber, et pour le ramasser.... roth. Bélis. iv, 2. Quand j'avais tué quelque oiseau pour ma nourriture, il fallait que je me traînasse contre terre avec douleur pour aller ramasser ma proie, pén. Tél. xv. Votre passion pour elle, dit la marquise, a commencé en ramassant son mouchoir; je veux que vous ramassiez ma jarretière. De tout mon cœur, dit Candide, et il la ramassa, volt. Cand. 22. Le peuple, en ramassant un écu qu'on lui jette, c. delav. Louis XI, ui, 5. Il Absolument. 11^ a dans les remarques [d'une édition d'Olympie] une faute impardonnable : on a mis Jeanne Gray pour Marie Stuart ; ramasse, Fréron, VOLT. Lett. d'Argental, t> mai 1763. || On ne ramasserait pas cela, se dit d'une chose qui n'a aucune valeur. On ne ramasserait pas les bardes qu'elle a, mabivaux , Marianne, 9« part. Ij Celte chose ne vaut pas le ramasser, elle ne mérite pas qu'on y songe (ramasser est pris ici substantivement). Il Ramasser une personne, relever une personne qui est à terre. Il tomba lourdement, il fallut le ramasser. || Familièrement. Ramasser son paquet, ses bardes, etc. s'enfuir. || 3° Mettre ensemble ce qui est épars. Si Crassus est défait, Rome n'est pas détruite ; D'autres ont ramassé les débris de sa fuite, corn. Sur IV, 3. M. de la Feuillade est allé ramasser les débris de l'armée du maréchal de Créquy [qui avait été battu], sÉv. t« août 1676. Elle ramasse quelques vaisseaux qu'elle charge d'officiers et de munitions, et repasse enfin en Angleterre, boss. Reir\e d'Angleterre. 11 [Constantin] se fait reconnaître empereur au fond de l'Angleterre... quelque temps après, il vient en Gaule, et ramasse des soldats chrétiens attachés à son père, volt. Philos. Ex. Bolingbr. xxviii. || Rechercher pour mettre ensemble. Il est souvent défendu aux clercs d'assister aux spectacles, aux pompes, aux chants, aux réjouissances publi(]ues; et i! serait inutile d'en ramasser les règlements qui sont infinis, boss. Coméd. ts. On ne peut trop ramasser, trop comparer de journaux de pilotes et de routiers, fonten. De iisle. i Ramasser (le l'argent, gagner de l'argent et le mettre en réserve. Tu n'auras pas plutôt ramassé un écu, que tu ne pourras t'empêcherde vouloir le reste, MARivADX, Snrpr. de l'amour, 1, 2. || Recueillir des idées, des passages, des citations. Lisez saint Augustin.... lisez l'Abbaclie.... ramassez donc toutes ces idées, et ne jugez point si frivolement (le manège d'un conclave], sèv.àCoulanges, 26juill. t69i. Ramassera-t-on tous les passages qui sont pour et contre? MALEBR. Rech vér. éclaire, liv. vi, t. iv, p. 299, dans l'ouGENS. Le saranl Gassendi a ramassé avec beaucoup il 'exactitude tout ce qui se trouve sur la d(}Ctrine et sur la personne d'Êpicure dans les anciens livres, HOLi.i.s, Utst. une liv. .vvvi, r" pnrt. ch. III, II, 4. Il En un sens préjoralif, f.nire un rainas de ce qui se dit. Ramasser une méchanceté qui traîne dans les rues. Il vous mande les nouvelles qu'il ramasse dans les antichambres. || 4" Réduire le volume. Ramassant son corps en boule. Elle.... En écartant le feuillage mobile.... Ne peut qu'à
RAM
peine en ce petit asile Trouver sa place, et craint de se montrer. Ne se meut pas et n'ose respirer, Sait ramasser son corps souple et facile, malfil. {farcisse, n. || Fig, Concentrer, résumer. J'enseigne [moi Dieu] à me chérir d'une ardeur sans égale, J'enseigne à ramasser en moi tout son désir, corn. Imil. Il, 43. Et je mérite enfin, pour punir cette audace. Que contre moi votre haine ramasse Tous les traits les plus furieux ; Mais mon cœur vous demande grâce, mol Amph. 11, 6. M. l'abbé Molanus reconnaît que ces choses sont contenues dans les écrits authentiques du luthéranisme; et, pour les ramasser en peu de mots.... boss. Réunion det protest. Réfl. écrit Molanus, i, i, 2. Il ne faut pas s'étonner si la passion des richesses est si violente, puisqu'elle ramasse en elle toutes les autres, m. la Vallière. || 5° Fig. Réunir, rassembler pour quelque effort ou action. Ramassant un reste de vigueur, rotr. Antig. m, 2. Jésus ramasse ses forces épuisées, boss. 2* sermon, Poss. 2. Quand il ne faut être grand que certains moments, la nature ramasse toutes ses forces, mass. Pet. carême, Triomp/ie. Votre camarade le quinze-vingt, madame, ramasse le peu de force qui lui reste pour vous écrire, volt. lett. Mme du Deffant, 11 févr. i77i. Il 6* S'est dit au commencement du xviii* siècle pour faire monter dans son carrosse une personne que l'on rencontre à pied. || 7° Se charger d'une personne qu'on a trouvée dans l'embarras, dans la misère. Elle a ramassé cet enfant, je ne sais où. Où avez-vous ramassé cet homme-là? ||8° Fig. et populairement. Ramasser quelqu'un, le maltraiter de coups ou de paroles. Qu'il prenne garde à lui ; s'il continue à tenir ces pmpos, on le ramassera de la belle façon. || 9° Se ramasser, v. réfl. Former groupe, réunion, rassemblement. Ils se ramassèrent en grand nombre sur la place publique. || Être réuni, rassemblé. Dans ces lieux [hôpitaux] où se ramassent toutes les infirmités de la vie humaine, fléch. Aiguillon. \\ 10' Se replier sui soi-même, se pelotonner. Le hérisson se ramasse en boule. Il se ramassa sous son bouclier. || 11° Populairement. Se ramasser, se relever après une chute. {| lï" Être réuni en un point central. Aussitôt que celui qui sait le secret vous le fait considérer [un jeu d'optique] par le point de vue, aussitôt, les lignes se ramassant, la confusion se démêle, boss. Sermons, Providence, ï. || Fig. Se concentrer, en parlant des personnes. Lorsque, me ramassant tout entier en moi-même, J'ai conçu, digéré, produit un stratagème Devant qui tous les tiens, dont tu fais tant de cas. Doivent sans contredit, mettre pavillon bas, «OL. l'Ét. II, <4. Je prie Dieu, lorsque je sens que je m'engage dans ces prévoyances, de me renfermer dans mes limites ; je me ramasse dans moi-même.... PASC. lett. à Mlle de Roannet, 7. Il ne faut pas nous imaginer que nous avons évité cette maladie, quand nous avons méprisé l'estime des hommes; car c'est alors que, nous renfermant et nous ramassant en nous-mêmes, nous sommes ordinairement encoieplus livrés à notre amour-propre, boss. Serm. pour la prof, d'une demois. que la reine aimait, 11. C'est alors que, se ramassant en soi-même, on apprend à se soumettre à Dieu tout entier et à (deurer ses égarements, m. Lett. au mar. de Bellefond, 29 sept. 1674. Il II se dit aussi des choses. Toutes les vertus que la princesse palatine a pratiquées se ramassent dans cette dernière parole et dans le dernier acte de sa vie, boss. Anne de Gom. Son activité principale se ramassera vers l'oJorat ; il aura presque toute son âme dans le nez, dider. Sur le liv. de l'Esprit,
— REM. On dit aujourd'hui ramasser dan.« le sens où l'on disait au xvii* siècle amasser: i On se sert mal de ce mot. Une dame de la ville, ayant laissé tomber sa coiffe ou son masque, ne manquera jamais de dire à son laquais: Ramassez ma coiffe, ramassez mon masque; au lieu qu'une dame de la cour dira : amassez ma coiffe, amassez mon masque, »