ID. I, I
— ETYM. Dimin. de tarU; provenç. (anfet.
I TANTIÈME (tan-tiè-m'), od;". Qui représente tant d'une grandeur déterminée. La tantième partie d'un nombre, Log. de Port-Royal. \\ S. m. Tant sur uno quan'ité déterminée. Voyez dans Paris l'imprtt mobilier, comme il monte plus vite dans ses tantièmes que les différentes catégories de loyers, dupont-white, Liberté politique, p. 230.
— HlST. XVI* s. Us cottoient seulement que c'estoit le premier, le second, le troisième ou 1*
TAN
tantième qui «• trouvoit en ordre, de ceulx qui «'cstoicnl présentés, amyot, Lyc. 66. Quand il y havoit plus de sepinaniors que de jourz en la sopinaine, ils estoient remis au tantiesme du moj's, iioNiVARD, Source de l'idoldlrie, p. 79.
— ÊTYM. Dérivé de tant; ital. tantesimo. TANTINKT (tan-ti-nè; le ( ne se lie pas), ». 'm.
Terme familier. Une très-petite quantité. Je n'en veux qu'un tantinet. || Un tantinet se dit aus^i adverbialement. Quant à son Salluste que j'ai persiflé un tantinet, mihabeau, Lett. orig. t. n, p. 45i.
— HIST. XV* s. Combien qu'il n'ayme bruj t ne noise, Si luy plaist-il ung tantinet, villon, Testam. Il XVI* s. Si de mesme vous aultres beuvez un grand ou deuzpelitz coupz en robbe,je ney treuve inconvénient aulcun, pourveu que du tout louez Dieu ung tantinet, rab. Pant. m, Prol.
— ÉTYM. Dimin. de tant, par l'intermédiaire de tantm, qui s'est dit et qui se trouve dans l'italien tantino. On disait aussi tanlelet : xv* siècle. Ce tantclet do bonnes gens qui demeurez sont en ton royaulme. Perceforest, t. ii, f* 43.
TANTÔT (tan-tô), adv. \\ 1* Bientôt. Vous en verrez tantôt la suite en nos lambris, la pont. Phil. et Baucis. ||0n dit de même, avec le présent. Ce bâtiment est tantôt achevé. Il est tantôt nuit. J'en suis tantôt quitte. Le corps n'est tantôt plus que feuillage et que bois, la font. Ph. et Bauc. Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer, boil. Sal. VI. Me voici donc tantôt au comble de mes vœux, HAC. Théb. IV, s.|| Tantôt plus, avec une négation, bientôt. Je ne sais tantôt plus à qui je dois penser, RACAN, Berg. Àrténice, i, 3. Donnez-vous du repos ; Vous n'avez tantôt plus que la peau sur les 03, HAC. Plaid. I, 4. Il 2' Particulièrement. Dans peu de temps, peu après, en parlant du jour où l'on est. Je l'ai vu ce matin, et je le reverrai tantôt. La personne qui est venue chez moi de sa part doit revenir tantôt pour savoir la réponse, mariv. Fauss. confid. n, 2. || Substantivement. Incessamment agité de remords intérieurs, il disait, pour les calmer en quelque manière, tantôt, tantôt; mais ce tantôt "ne venait pas, et il le remettait toujours au lendemain, bourdal. Pensées, t. i, p. 281. Il X tantôt, loc. adv. X un autre moment du même jour. Au revoir, à tantôt. || Sur le tantôt, dans l'après-midi. Je viendrai sur le tantôt. || 8° Peu auparavant, il y a peu de temps, en parlant du jour où l'on est. J'ai vu tantôt l'homme dont vous me parlez. Qui m'épargnait tantôt ose enfin m'accuser! corn. Rodog. v, 4. Une affaire pareille à celle de tantôt N'est pas assurément ici ce qu'il nous faut, mol. Tart. iv, 6. Quoi I ne m'avez-vous pas Vous-même, ici, tantôt, ordonné son trépas? BAC. Andr. v, 3. || 4° Tantôt, avec un nombre de jours, de mois, etc. à peu près. Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous? Voici tantôt mille ans que Tonne vous a vue, la font. Fabl. m, ib. De grâce, à quoi bon tout ceci? Dit une abeille fort prudente; Depuis tantôt six mois que la cause est pendante.... id. Fabl. i, 2). Il y a tantôt cinquante ans qu'on se plait à mettre sous mon nom beaucoup de sottises qui, jointes avec les miennes, composent en papier bleu une bibliothèque considérable, VOLT. Lett. Cramer, s nov. <768. || 5* Il se répète pour exprimer l'alternative, la succession. Rodrigue dans mon cœur combat encor mon père, U l'attaque, il le presse, il cède, il se défend. Tantôt fort, tantôt faible et tantôt triomphant, CORN. Cid, m, 3. Tantôt on les eût vus côte il côte nager, Tantôt courir sur l'onde et tantôt se plonger, la font. Fabl. ni, <2. Eh bien! que gagnez-vous, dites-moi, par journée? — Tantôt plus, tantôt moins, m. ib. viii, 2. Les autres sectaires, pour la plupart, sont dos chrétiens qui, n'ayant pu porter toute la hauteur et, pour ainsi dire, tout le poids de la foi, ont cherché à décharger la raison tantôt d'un article, tantôt d'un autre, boss. Yar. xv, (22. Tantôt migraine, tantôt occupation, souvent paresse, maintenon, Lett. à M. d'Àubigné, 1 mars (68). Tantôt à cette reine il vous peint redoutable, Tantôt voyant pour l'or sa soif insatiable.... ukc.Athal. 1, 4. L'Aurore: Près de Procris il est fort empressé ? — Phylacte : Tantôt oui, tantôt non, madame, dancourt, Ciph. et Procris, m, ». Un Africain [saint Augustin], tantôt manichéen, tantôt chrétien, tantôt débauché, tantôt dévot, tantôt tolérant, tantôt persécuteur, volt. Dial. S«. Tantôt artisan, tantôt artiste, quelquefois homme i talents, j'avais partout quelque connaislance de mise, i. J. rovss. Ém. v.
— HIST. xn* s. Et tant lost alerent U, Machab. i, t. U rois s'usist tantost que fînée ot s« vois, Sax.
TAP
xxxm. Il XIII* s. Il escria as siens qu'il le meissent
à terre vistciiient, ou, se ce non, il feroit justice de leur cors; et il firent tantost son commandement, viLLEH. lxxviii. Tout tantost li rois Flores son oirre [voyage] apareilla, Berte, cxxn. Si tost com j'en parole, tantost sa couleur mue, ib. cxxiv. De mon lit tantost me levai, Cbauçai moi, et mes mains lavai, la Rose, 89. || xiv* s. Et de ces passions ai je parlé tantost devant, oresme, Èlh. 42. Il XV* s. Si en fit prendre vingt de ceux qui le feu y avoient bouté, et les fit tantost et sans délai pendre, afin que les autres y prissent exemple, FRoiss. I, I, 274. Le plus des chevaliers et de leurs maistres estoient encore à la cour, qui de ce ne savoient rien; et, tantost qu'ils ouirent nouvelles de ce butin, ils se trairent au plus tost, id. i, i, 31. Faites justice, nous le voulons, et n'épargnez homme ; car vous voyez bien que les cas qu'avez monstres le demandent, et tantost, id. iv, p. 335, dans LACURNE.On parlai aucuns, qui tantost après furent bons serviteurs du roy, comm. v, i). Il XVI* s. Et avec gros raisins estuvoient les jambes de Forgier mignonement, si bien qu'il fust tantoust guary, bab. Garg. i, 2C. Et voyant encores tantost [bientôt] qu'on menoit son fils à la mort, mont, i, 6. Maudissant tantost le cervelat, tantost le jambon, id. i, 2(i. Nos dames, ainsi molles et délicates qu'elles sont, s'en vont tantost entr'ouvertes jusqu'au nombril, iD.ii, (63. Ce sera tantost, fois je [je fais, je dis], ou demain, ou quand il me plaira, id. m, 288.
— ÉTYM. Tant, et tôt; Berry, tantoût; à Genève et dans plusieurs provinces, le tantôt, l'après-midi ; on se verra ce tantôt, il pleut tous les tantôts.
t TANTOUILLÉ (tan-tou-Ué, Il mouillées), s. m. Se dit, en Saintonge, des résidus de la préparation du porc qu'on tue dans les campagnes à la Saint- Jean; les restes du sang des boudins sont cuits ensemble et forment une sorte de bouillie épaisse et noire qu'on donne aux enfants sur des tartines pendant les jours qui suivent.
— ÉTYM. TantouiUer, au sens de souiller, était employé au xvr siècle : Plusieurs fentes et crevasses [aux pieds] toutes tanlouiUées de sang et de grosses cloches, sullt, Mém. t. ii, p. 2)8.
TAON (ton , d'après l'Académie ; mais plusieurs prononcent tan, comme pan pour paon), s. m. Il 1° (nsecte diptère, de la famille des tabaniens; les femelles sont avides du sang des animaux, les mâles se contentent de butiner sur les fleurs. Comme un taureau vainqueur dans cent pâturages.... supporte avec impatience la piqûre du taon, sous les ardeurs du midi, chateaubr. Uart. liv. VI. Il Fig. Et le taon des guerres civiles Piqua les âmes des méchants, Qui firent avoir à nos villes La face déserte des champs, malh. vi, 29. Il a* Nom, dans les environs de Paris, de la larve du hanneton. || Proverbe. La moindre mouche qui le piquera sera un taon, le moindre malheur qui lui arrivera sera un grand malheur.
— HIST. XII* s. Toz jors doit puir li fumiers, Et taons poindre, et maloz [frelons] braire. Et félons enuier et nuire, crestien de troies, Cheval. au lyon, p. (ta. ||xvi* s. Hz alleguoyent le tesmoignagc de Aristophanes en la comédie intitulée les Tahons ou Mousches guespes, rab. iv, 58. Nos loix sont comme toilles d'aragncs; les simples mouscherons y sont prins, les groz taons maïiaisans les rumpent, id. v, I2. On dit que le talion qui tourmente les taureaux se fiche auprès de leurs aureilles, amyot, Com. discer. le jtatt. 22. Hanetons et tavans, du bartas, dans raynouard, Lex.
— ÊTYM. Génev. tavan ; patois des Fourgs, lova» ; provenç. tavan; eut. lavd, labd ; espagn. tdbano; portug. tabào; ital. lafano; du latin tati(!'ms. L'accentuation espagnole fait penser qu'il y a eu une forme labànus. Ascoli {Journ. de Kuhn, XII, 437) rapproche tabanus du sanscr. tapana, brillant.
t TAP (tap), t. m. Terme de marine. Nom qu'on donne à des pièces de bois qui servent à soutenir les pierriers.
— ÉTYM. Le même que tapt i.
TAPABOR (ta-pa-bor), s. m. Terme vieilli. Nom d'une sorte de bonnet pour la campagne, dont on peut rabattre les bords, pour se garantir de la pluie et du vent. Il est temps d'avancer ; baissons le tapabor, corn. Keui'i', m, 9.
— ÉTYM. Taper, et bord. D'après Richelet, c'était une sorte de bonnet à l'anglaise qu'on portail à la mer, et qui était en usage au siège de la Rochelle, sous Louis ,\ni.
TAPAGE (U-pa-j'), ». m. || 1* Terme familier. Dé-
TAP
sordre accompagné d'un grand bruit. Mme de U VriUiîre qui vint ici faire tapage avec Mme de Listenai, volt. Utt. en vers et en prose, 6. Au milieu de la nuit! quel tapage vous faites I collin d'hablev. Malice pour malice, m, 9. Quel tapage dans ce Paris 1 picard, Proo. à Paris, i, 3. jl Faire tapage , se disait autrefois parmi des jeunes gens débauchés pour tout briser dans un mauvais lieu. || 2' Fig. Terme de beaux-arts. Se dit de l'cfl'et d'un tableau dans lequel il y a trop de mouvement, trop de contrastes. On dit plus ordinairement fracas. || 3* Fig. Bouleversement. Les Français arrivent tard à tout; mais enfin ils arrivent; la lumière s'est tellement répandue de proche en proche, qu'on éclatera à la première occasion; et alors ce sera un beau tapage, volt. Lett. Chaurelin, 2 avr. (704. || 4* Reproches faits avec bruit, criailleries. || B» Grand bruit qu'on fait d'une affaire. Bien des gens veulent que tout le tapage fait par le parlement ait été le résultat des intrigues de ce prélat ambitieux, bachau- MONT, Mém. secrets, t. xxxvi, p. lo.
— ÊTYM. Taper.
TAPAGEUR (ta-pa-jeur), ». m. Celui qui fait du tnpage, qui a l'habitude de faire du tapage. On ne so iffre plus de tapageurs dans les troupes, caraccioLi, Lett. récréât, t. n, p. 49, dans pougens. Ah I ah I c'est le tapageur qui s'est fait arrêter à l'émeute de vendredi, ch. de Bernard, Un homme sérieux, ivi. || Adj. Enfant tapageur. Quand on l'animait, il était bruyant et tapageur en paroles , j. I. Houss. Confes. vn. || Fig. Toilette tapageuse, toilette où une femme affecte les modes les plus caractérisées et les couleurs les plus voyantes.
— HEM. L'Académie ne donne pas le féminin ; mais il est usité : tapageuse.
— ÉTYM. Tapage.
t. TAPK(ta-p'), ». f. Coup de la main. Elle [la princesse d'Harcourt] prit une femme de chambre forte et robuste, à qui elle distribua force tapes et soufflets, st-sih. ((3, 236. Est-ce ici la journée des tapes? beaumarch. Ifar. de Fijaro. v, 8. Ou.ind ça vous a donné une tape, en riant d'un gros air bête, TH. LECLERCQ, Proverb. t. n, p. 2» 9, dans POUGENS. Il Fig. Vous ne me dites rien.... de l'évèque limousin qui va succéder dans l'Académie à.... et qui aura sa tape s'il pompignanise [est partisan de Lefranc de Pompignan] , volt. Lett. Thiriot, 8 août (760.
— HIST. IV* s. Et se laiens [dans la maison] il avient tel [dégât], Que bien j'en ai [moi chien] toutes les tapes, froiss. Cheval et lévrier.
— ÉTYM. Voy. TAPER I.
t 2. TAPE (ta-p'), ». f. Il f Bouchon de linge i l'aide duquel on ferme le trou pratiqué à la pointe d'une forme i sucre. || 2" Raton qui bouclic le fond de la cuve du brasseur. ||3' Terme de m:irine. Bouchon de bois ou de liège dont on se scri pour fermer la bouche d'une pièce d'artillerie, uc écubier ou le nable d'une embarcation.
— ÊTYM. Voy. TAPER 2.
TAPÉ, ÉB (ta-pé, pée), part, passé de Uper. Il 1* Oui a reçu une tape. L'enfant tapé par son camarade. || 2* H se dit de certains fruits aplatis et séchés au four. Poires tapées. |! Fig. Je deviens plus que jamais pomme tapée ; ne comptez jamais de ma part sur un visage, volt. Lett. d'Argental, 19 déc. (768. Il 3* Anciennement. Sucre tapé, espèce de cassonade blanche, que l'on faisait passer aux Antilles pour du sucre raffiné ; on remplissai l de cette cassonade d«s formes dont l'intérieur c'ait mouillé, et on foulait à différentes reprises avec ui;c espèce de pilon. || 4* Laines tapées ou repoussées, jeunes laines maigres et élancées qui croissent avant que la vieille soit tondue. || S* U s'est dit d'iine ancienne manière d'arranger les cheveux dans la coiffure des femmes. Il y a des boucles sur la tête; cela est jeune et joli, cela est peigné, quelquefois un peu tapé, bouclé, chiffonné, taponiic, et selon que cela sied au visage, sÉv. 6 mai <C7i. Il 6* Terme de graveur. Vernis tapé, vernis étend ,i bien également sur la planche. || 7* Fig. et populairement. Réponse bien tapée, mot bien tapé, réponse faite à propos, mot vif et piquant. Aussi a-t-on fait plusieurs couplets sur tous les ministres dont le portrait est bien tapé. Journal de Barbier, en (742. JITerme de peinture. Tableau tape, tableau fait avec beaucoup de liberté et de hardiesse. Le tableau tapé exige, pour produire son effet, qu'on le voie d'un peu loin, boutard, Dict. des arts du d«<»tn, taper. || 8* Pièce tapée, vof.
PIfiCB.
TAP
TAPKCD (ta-pe-ku), t. m. || 1* Espèce ds btlan- ;oire en b&scule. || Bascule, jeu où deux personnes, placées chacune sur le bnutd'une poutre mise •n équilibre, s'amusent & se faire hausser et baisser. Jouer à tapecu. || 2* Par dérision, voiture trfcsdure, qui cahute beaucoup. Nous partîmes dans un méchant tapecu. ||8* Nom donné, par plaisanterie, i la poche que les capucins portaient par derrière , sous leurs habits. |{ 4* Bascule qui s'abaisse par un contre-poids, pour fermer l'entrée d'une barrière. || B* Terme de marine. Voile établie sur la poupe d'un navire; l'cfTct en est do porter le bâtiment au vent, et de lutter ainsi contre la dérive. || Mât de tapecu, le màt qui porte le tapecu des embarcations. {| Chaise de sanj^lcs dans laquelle sont assis les ouvriers qui travaillent le long du bord des vaisseaux.
— REM. Nous ne comprenons pas pourquoi il faut écrire tapecu et torche-cul. Deux différences (un tiret et une I) dans la manière d'écrire ces deux mots 1 fautez. Beaucoup de dictionnaires et d'auteurs écrivent tapecul.
— lllST. XV* s. Les portiers avoientavalé et fermé le tapecul de la porte, du canoë, lapare. \\ xvr s. Ce qui eschappa se sauva dans Congnac, pressez jusquesdans le tappe-cul, d'aub. Hist. i, 282.
— ÊTYM. Taper, eul.
t TAPÉE (ta-pée), t. f. || 1* Terme populaire. Grande quantité, grande réunion. Quelle tapée d'enfants! Il 2" Terme de menuisier. Un ou plusieurs bouts de planches qu'on colle les uns sur les autres pour former une saillie qui doit être débiUardée ou sculptée.
t TAPEMENT (ta-pe-man), ». m. || !• Action de taper. Son génie théâtral avait deviné toutes les contorsions, les convulsions, les tapemenls de pied et les cris terribles que l'on a tant applaudis depuis à Paris, oenlis, Mém. t. i, p. 34, dans pougens. Il 2" Terme do gravure. Action d'étendre également le vernis sur la planche.
— ÉTYM. Taper t.
4. TAPEU (la-pé), V. o. ||1* Donner une tape, des tapes. Tapez ce petit drôle. || 2* Taper les cheveux, les relever avec le peigne, les crêper; locution vieillie; on dit crêper. Dites à Montgobert qu'on ne tape point les cheveux, et qu'on ne tourne point les boucles à la rigueur, comme pour y mettre un ruban ; c'est une confusion qui va comme elle peut, et qui ne peut aller mal, sév. 4 6 avril 1671. Il Taper un cheval, lui relever les crins, l'approprier, l'arranger. Il 8' Kig. Terme de peinture. Exprimer ses figures d'une manière hardie et négligée, en donnant çà et là quelques coups de pinceau. || Terme de peintre en bâliment. Frapper plusieurs petits coups de la brosse pour faire entrer la couleur dans tous les crcui de la sculpture. || Terme de peintre et doreur. Coucher les blancs d'apprêt pour la peinture et la dorure. Il Terme de gravure. Taper le vernis, l'étendre également sur la planche. ||4* Fig. et familièrement. Porter à la tête, en parlant d'un vin capiteux. Quand le vin tape L'époux qu'on drape. Que sur la nappe II s'endort à point, bérano. Cocag. || Absolument. Ce vin tape fort. Ce vin tape à la tête. Il 6* F. n. Porter des coups. 11 faut taper sur le cousin, Taper sec, laper dur, et si bien qu'il le sente, du cerceau, les Deux cousins, n, 9. || Taper du pied, frapper la terre, le plancher avec le pied. Je suis dans la chambre de M. le chevalier, il est dans sa chaise, qui tape du pied gauche, sÉT. 28 janv. (689. Comme elle [Mlle Corneille, jouant la comédie] était naturelle, vive, gaie I comme elle était maîtresse du théâtre, tapant du pied quand on la soufflait mal à propos ! volt. Lett. d'Argental, 8 mars (702. |1 Populairement. Taper sur les vivres, bien manger. || Fig. Taper sur le ventre à quelqu'un, prendre un ton de familiarité excessive. || 6* Fig. et populairement. Taper de l'œil, dormir. Il y avait près d'une heure que je tapais de l'œil au mieux, quand je m'entends éveiller, comte de caylus, Ilist. de il. Guill. Œuv. t. X, p. 60, dans pouoens. || 7° Se Uper, v. réft. Se donner des tapes l'un à l'autre. Us se sont tapés à qui mieux mieux.
— HIST. IV s. Et tapoient ces viretons [flèches] si au juste parmi ces testes que.... qui en estoit alleint, ilavoit fait pour la journée, nioiss. ii, ni 24. Les quelz orent un grant hutin Entr'eulx pour la force du vin, Qui en cervel les ot tappez, Tant que l'un dist : vous y mentez, e. desch. Poét. mss. f° 408. Il xTi* s. Frappez dessus comme sus seigle verde, ne les espargnez ; tappez, doublez, frappez, je vous en prye, rab. Pant. iv, (2. si bien qu'en
DICT. DE LA LAMSin FRAMÇAISE
TAP
peu de temps toute cette corne de t'anoés turquesqu* quitte le combat, tappe i terre [gagne la rive], pour sauver les hommes comme ils purent, d'aub. Ilist. II, 84. Il fallut paier d'autre monnoie, quand l'amiral et Haumont lapperent à bord et cramponnèrent de haut en bas, lo. ib. n, 308.
— ÊTYM. Provenç. taparel, battoir. Dicz le tire du bas-allcm. tappe, patte.
t a. TAPEB (la-pé), V. a. Enfoncer des bouchons avec la tapette. || En sucrerie, taper une forme, boucher la forme avec un bouchon de linge, pour que le sirop ne puisse s'en échapper. || Terme de marine. Mettre la tape i un canon, A un écubier, etc.
— HIST. zv* 8. Il flst mettre sur le lieu où il avoit esté frappé ung petit de mousse pour cuiJer tappir et faire cesser le sang, du canoë, tapare.
— ETYM. Esp. tapar, boucher, couvrir; du germanique : ail. lapfen, boucher; isl. tappi; suéd. lapp. L'ital. iaffo, bouchon, est de même origine.
t TAPEIIELLE (ta-pc-rè-l'), t. f. Nom, en Bourgogne, d'un jouet que font les enfants avec un bout de sureau et qui lance par compression et avec une petite explosion un tampon d'étoupe.
— ETVM. Taper i.
t I. TAPETIE (ta-pè-f), I. f ||1' Petite tape. Il 2* Jouera la tapette, taper une bille contre un mur.
— ETYM. Tape i.
t 2. TAPETTE (ta-pè-f), .'. ^. || !• Espèce de tampon dont se servent les graveurs. || 2* Espèce de palette de bois dont les tonneliers se servent pour enfoncer les bouchons.
— ETYM. Dimin. de tape î.
TAPI, lE (ta-pi, pie), part, passé de tapir. Qui s'est caché eu resserrant son corps. Cet animal [la fourmi], tapi dans son obscurité. Jouit l'hiver des biens conquis durant l'été, boil. Sat. viil. Je reste dans la banlieue de Genève, tapi dans les neiges comme un blaireau, volt. Lett. d'Argental, <» janv. 4764. || Fig. Mais, tapi danï vos voluptés, Vous ne songez qu'à votre affaire, VOLT. Leit. en vers et en prose, 4 46.
t TAPIACA (ta-pi-a-ka), t. m. Voy. TAPIOCA.
t TAPIER (la-pié), J. m Arbre de l'Amérique du Nord à écorce astringente et à fruit comestible, appartenant à la famille des capparidées {cratasva tapia).
t TAPIN (ta-pm), » m. Populairement. Celui qui bat le tambour.
— f.TYM. Taper t.
TAPINOIS, OISE (ta-pi-not, noi-z*), f. m. et f. Il !• Celui, celle qui se cache pour faire quelque chose (vieilli en cet emploi). Et vous venez dans l'ombre, en fine tapinoise. Eprouver si mon cœur aisément s'apprivoise, TH. corn. Comt. d'Orgueil, ir, 4. Il 2* En tapinois, Joe. adv. Sourdement, en cachette. La pauvre amante approche en tapinois, LA FONT. Courlis. M. l'Impuissant marchait en tapinois à nos câtés, Gilbert, le Carnav. des aut. Il 3* Fig. D'une manière rusée, dissimulée. Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur, mol. Préc. 40. Que vous semble de ce mot tapinois? n'est-il pas bien choisi?... tapinois, en cachette ; il semble que ce soit un chat qui vient de prendre une souris, tapinois, m. ib. 40. Un blondin favori Qui prend en tapinois la place du mari, destouch. Irrésolu, v, 40. Mais, sous un autre nom, ma muse, en tapinois. Se fait, dans le Mercure, applaudir tous les mois, piron, Uétrom. ii, 4 .
— HIST. zvi' s. Dissimulation tapinoise, larcin tapinois, laporte, Épithêles. En tapinois, babel.
p. 33, dans LACURNE.
— ÉTYM. L'ancienne langue ne connaissait pas tapinois; il paraît né au xvi* siècle; on disait en tapinage, à tapin, qui se dit encore en Normandie. On est très-tenté de dériver tapinois, tapinage, tapin, de (api, et d'y rattacher le provenç. tapin, tapi, caché, obscur, et l'ital. tapino , misérable, infortuné, sens qu'avait aussi lopin en français [xu* siècle : Toute France a cerchie corne tapins truans, Sax, v]; mais comment du participe tapi tirer des mots en n? Cette objection, très-grande, force à se reporter vers tapmus , humble , topinositas, humiliation, qui avaient eu quelque usage dans le latin du moyen âge, et qui viennent du grec Taiteivo;, humble, chélif, misérable. En tapinage a voulu pliis d'une fois dire en chétif appareil, et ce sens s'est rapproché de celui de tapinois assez facilement, surtout avec influence de tapir.
I TAPINOSE (ta-pi-nO-z'), s. f. Figure de rhétorique, plus connue sous le nom d'exténuation, litote, euphémisme.
— ETYH. Ta«uvwst(, bumihalioo.
TAP
TAPIOCA OQ TAPIOKA (U-pi-o-ka), t. m. Fécule de racine de manioc, bien lavée et bien léchée, dite aussi sagou blanc. || Un tapioca, un potage au tapioca. || Tapioca-bouillon, sorte de conserve qui fait un excellent bouillon. || QuelquM auteurs écrivent tapiaca.
— ETYM. TipioJIca, nom tupi-guarani du jiu ténéneux qui sort de la racine de manioc quand on la presse, burton, ii, 39, d'après le Voy. au Brésil du prince de Wied-Neuv>ied, i, 4 4».
t TAPION (ta-pi-on), f. m. Terme de marine. Nom donné aux taches ou marques blanches qui s'aperçoivent sur les mornes ou rochers, et qu'on prend de loin pour des voiles ou des navires. Il Certain espace où la mer, étant moins agitée, t une couleur plus mate que celle des eaux avoisinantes.
4. TAPIR (SE) (U-pir), v.réfl geeaener en se tenant dans une posture raccourcie ou resserrée. Enfin, me tapissant au recoin d'une porte... Régnier, Sat. xin. Je me tapis d'aguet derrière une muraille, m. ib. xi. À ces mots sort de l'antre un lion grand et fort; Le pâtre se tapit, et dit à demi-mort.... la font. Fabl. n, 4. Nous avons essuyé dans le bateau, à cent pas de ce pont [d'Amboise], un petit orage, qui était assez poétique; mais nous nous sommes tapis contre le rivage, sÉv. 18 sept. 4684.
— SYN. SE TAPIR, SB BLOTTIR. Il y a dans se tapir l'idée de se cacher, qui n'est pas dans se blottir. Un enfant se blottit dans son lit, pour avoir moins froid, mais il ne s'y tapit pas.
— HIST. XII' s. Qui dune veïst ses clers e ses moine fuir, E nevels [neveux] e parens e mucier e tapir.... Th. It mart. 463. Va t'en d'ici vers orient, si te tapis à la rivière. Bois, p. 310. || ziii' s. Enfans, qui les flors aies querre Et les freses naissans sus terre, Li mau serpent refroidissant. Qui se vet ici tapissant.... Pensez, enfans, de l'eschever, la Rose, 46800. Ne puet [peut] virlu tapir en umbre, Edouard le conf. t. 3»76. || xiv's. Les membres qui ne sont pas convenables à Heure [bandage] artificiel sont ceux qui ne sont pas fermes, et qui sont tapissans [bouchant] et contraignans, si comme les paupières, les leivrcs, le col, le pis, ii. de mondeville, (' 6». ||zvs. Là estoit le sire de Saint-Py.... car il estoit au premier chef, et alloit tout en tapissant voir et imaginer le convenant [des Flamands], FROiss. u, II, 484. Entrèrent à la couverte, afin qu'ils ne fussent apperceus, en un petit aunoy, et là se capirent, id. it, p. 207, dans lacurne Adonc dit l'ung d'eulx : tapissons [cachons-nous], et voyons qu'il fera, Pereeforest, t. vi, 1* 47. Il XVI* a. Ce proverbe clost la kouche à ceulx qui d'eulx mesmes ne valent rien, et se vont tapissans sous les vertus de leurs ancestres, amtot, Àrat. 4. On y passe par-dessus une claie pesante, pour affermir la terre : croians aucuns que la terre ainsi tapie, voire endurcie, est plus propre pour les millets, 0. DE serres, 419. Les pluies tombans violemment dessus la terre de nouveau ensemencée la tapissent si fort, que les semences n'en peuvent lever ne sortir, par tel endurcissement s'y estouffant, iD. 63 t. U se vouloit taper, afin que les autres qui le poursuivoient ne le peusscnt voir, brant. Capit. franc, t. ni, p. 399, dans lacurne. C'est le roolle de la couardise, non de la vertu, de s'aller tapir dans un creux, soubz une tumbe massifve, pour éviter les coups de la fortune, mont, ii, 27.
— ÊTYM. Berry, je capir : ce lapin s'est capi derrière un mur. Du Cange le tire du lat. talpa, taupe; mais nulle parti'/ caractéristique ne parait. Frisch y suppose le radical allemand xapf, tapon; par conséquent ce serait le même verbe que taper 3, Diez l'approuve ; et en effet c'est la vraie étymologie. X l'actif, dans l'historique (voy. aussi l'exemple rapporté à taper 2), ce verbe signifie boucher, fermer; et l'on conçoit sans peine comment, au réfléchi, il a pris le sens do se tapir. On remarquera la forme se capir, qui est dans Fioitsart et dans le parler du Berry.
2. TAPIR (U-pir), s. m. Quadrupède qui se trouve en Amérique ; son nez est en forme de p»tite trompe, laquelle n'a pas, comme celle de l'éléphant, la faculté de s'allonger et de se raccourcir; toutefois le tapir s'en sert pour saisir des branches d'arbres et les attirer à lui. Le tapir est le plus gros de tous les quadrupèdes de l'Amérique méridionale, et il y en a qui pèsent jusqu'à cinq cents livres ; or ce poids est dix fois moindre que celui d'un éléphant de taille ordinaire, BUFP. Quadrup. t. x, p. a. || Le tapir indien a été appelé maïba par P. Cuvier.
tu-am
TAP
fTAPIRER (la-pi-ré), ». o. Faire prendre artlfleiellement aux plumes des perroquets la couleur jaune ou rouge. Tapirer des perroquets. Us [les sauvages] frottent du sang de cette grenouille [la rainette] le perroquet à demi plumé; les plumes qui renaissent après cette opération, au lieu de vertes qu'elles étaient, deviennent d'un beau jaune ou d'un très-beau rouge; c'est ce qu'on appelle en France perroquets tapirés, bufp. Ois.
t. XI, p. 331.
— ÊTYM. F,n galibl, lapiré, rouge, biet, Voy. de la France ('quinox. en iisU de Cayenne, p. 428. Desmarets, Dict. des se. nat. t. zxxix, p. 6, conteste ce qu'on dit du sang dejla rainette ; mais M. Roulin pense que, avant de nier, il faut s'informer.
TAPIS (ta-pi; l'jne se prononce pas, même devant une voyelle, dit Chifflet, Gramm, p. H6), s. m. Il !• Pièce d'étoffe dont on couvre une table , des murs ou un parquet. Un tapis de pourpre, de velours. Tapis de table. Tapis de pied. Tapis de Turquie. Tapis de Perse. Conservation, battage, remise à neuf et pose des tapis. Sur un tapis de Turquie, Le coilvert se trouva mis, la font, f obi. I, 8. On a beau faire tirer le canon des sept tours de Topana pour de prétendues victoires; la vérité perce à travers la fumée du canon, et vient effrayer Houstapba sur ses tapis de zibeline, volt. Lett. Catherine 11, i» Dov. 4 76». M. de Montigni s'occupa d'établir à Aubusson une fabrique de tapis de pied supérieurs aux tapis de Perse et de Turquie, non pour la durée ou la solidité des couleurs, mais pour l'agrément et le bon goût des dessins, condorcet, Montigni. On me dira peutêtre que rien ne prouve que les tapis dont il est question dans Pline, étaient des étofTes à poils, comme les tapis de pied de la Savonnerie, des- HARETS, Instit. Métn. scienc. )806, 2* sem. p. 4 62. ||Tapis de haute lisse, tapisserie qu'on tendait sur les murs des appartements, véritables tableaux tissés sur une chaîne de chanvre avec des laines nuancées qui produisent, par la juxtaposition des couleurs, tous les efTets et toutes les difficultés de la grande peinture ; les fils de la chaîne sont perpendiculaires, l'ouvrier travaille à l'envers; la manufacture des Gobelins exécute exclusivement les tapisseries de haute lisse, de LADORDE, iÉmou*, p. 644.||Tapis de basse lisse, tapisseries dont on faisait les tentures, les coussins, et généralement tout l'ameublement d'une chambre ou salle de tapisserie; c'est le même travail que la haute lisse; seulement les dimensions en étant moins grandes permettent d'étendre horizontalement sur un métier les fils de la chaîne, et l'ouvrier travaille i l'endroit, son modèle devant lui; la manufacture de Beauvais s'est conservé cette spécialité, n>. tb. p. 64 4. || Les tapis velus, appelez plus tard tapis de Turquie et façon de Turquie, sont formés, de même que le velours, de fils de laine, qui, après s'être noués autour de la chaîne, la dépassent en longues mèches juxtaposées; ces mèches, coupées également à l'extrémité, offrent à l'œil l'intérieur et le velu de la laine, id. tb.|| Tapis de muraille; lorsqu'on cessa de joncher les salles, lorsque les tapis velus, presque tous de Turquie, eurent remplacé les herbes et les feuilles, on appela tapis de murailles les tapisseries à personnages qui les couvraient et qu'il fallait distinguer des autres tapis étendus sur le sol, n>. tb. || S' Tapis d'un bureau. || Fig. Mettre une affaire, une question sur le tapis , la proposer pour l'examiner. Aussitôt que les conseils furent en exercice, la première affaire qu'ils mirent sur le tapis fut le département des provinces, HALH. Le zzxni* liv. de Tile-Live, ch. 25. On a mis sur le tapis d'établir un conseil, oui PATIN, Nouv. Ult. t. I, p. 237, dans poucens. Un édit pour légitimer vos mariages [des protestants] a été mis trois fois sur le tapis devant le roi i Versailles : il est vrai qu'il n'a point passé, TOLT. Lett. des Monts, 26 déc. 4 767. || Amuser le tapis, décider de petites affaires. Ces petites affaires particulières dont on ne fait qu'amuser le tapis dans les conseils royaux des finances, voy. d'aroenson, Mém. p. 47B, dans pougens. || Amuser le tapis, signifie aussi entretenir la compagnie de choses vaines. Noirmoutier veut amuser le tapis, mais je le ferai parler français, retz, iv, 294. Beretti conseillait de rendre des réponses plausibles, d'amuser le tapis et de gagner du temps ST-siH. 4»«, 2*3. Il Amuser le Upis se dit aussi d'actions qui tendent i atermoyer. Et tout cela pour donner des jalousies, et tenir les confédérés dans l'incertitude, et seulement afin de les em-
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pécher de faire un gros d'armée d'une partie de leurs garnisons, et amuser le tapis, sÉv. 260. Il 3* Tapis d'une table de salon. C'est un bruit commun qui court maintenant le tapis de toutes les compagnies.... nauoé, Rosecroix, m, 4. || Tapis à housse, tapis servant de housse. Il [la Fontaine] se glissa dans la chambre à coucher de la dame, et se cacha sous une table couverte d'un tapis à housse, walkenaer, Hist. de la Font. p. 7. Il Fig. Tenir quelqu'un sur le tapis, mettre quelqu'un sur le tapis, s'en entretenir avec détail, soit en bien, soit en mal. Il faut, à quelque prix et de quelque façon que ce soit, qu'ils satisfassent à leur malice, et que, pour avoir l'applaudissement de ceux qui leur ressemblent, puisqu'ils n'ont rien à dire contre votre vie, ils trouvent en votre prospérité de quoi vous mettre sur le tapis, ualh. à M. de Luynes, trad. du xxxm* liv. de tite live. Les mauvais moines étaient mis sur le tapis, boss. Var. 14. Il Être sur le tapis, se dit aussi d'une personne dont on s'occupe pour quelque affaire. Il n'est plus question de cette comtesse ; il en a maintenant une autre sur le tapis, legband. Galant coureur, se. ». Il Fig. Être sur le tapis, être l'objet de l'entretien. Le pauvre Destin, qui avait été si bien sur le tapis, scarr. Rom. com. i, b. De l'air dont elle parle en ma propre présence. Dieu sait comme en secret je suis sur le tapis, boursault, Fabl. d'Ésope, II, 3. Il Mettre sur le tapis, être sur le tapis, se dit aussi d'une affaire, d'une question dont on s'occupe. On a encore remis sur le tapis le mariage de sa nièce l'aînée [de Mazarin] avec le duc de Mercœur, gui patin, Nouv. lett. t. i, p. 230, dans pougens. Plusieurs visites, où l'on ne manque jamais de mettre sur le tapis une question galante, qui exerce les esprits de l'assemblée, MOL. Préc. B. Il y a assez de nouvelles ici sur le tapis pour faire parler le salon, maintenon, Lett. au duc de Noailles, 42 janv. 47H. || Revenir sur le tapis, se dit d'une chose dont s'occupe de nouveau. Je crois.... que je m'en trouverai bien [du bain de vendange pour les mains]; si je suis trompée, Vichy reviendra sur le tapis, sÉv. 24 sept. 4 676.114'" Tapis vert, ou, simplement, tapis, table de jeu. J'entends; autour d'un tapis vert, Dans un maudit brelan, ton maître joue et perd, REGNAHD, le Joueur, i, 2. Que l'aube au tapis vert surprend à son retour, Veillant toute la nuit, se plaignant tout le jour, delille, Trois régnes, m. Il Le tapis brûle, se dit, au jeu, lorsque quelqu'un a oublié de déposer sa mise. || Au vingt et un, le banquier dit : le tapis compte pour dix, quand il donne une carte au lieu de deux à chacun des joueurs qui sont censés alors avoir chacun dix en main. || B* Tapis vert se dit aussi quelquefois du lieu où s'assemblent des administrateurs, etc. On a discuté cette affaire au tapis vert. || 6' Tapis de billard, le drap vert qui recouvre la table d'un billard. || 7* Fig. Tapis vert, ou, simplement, tapis, nom donné en horticulture à des étendues couvertes de plantes basses et gazonnantes. Le tapis vert de Versailles. || On dit de même : un tapis de verdure, de gazon, de mousse, de fleurs. Et les pasteurs, couchés sur de riants tapis, Réveillent par leurs chants les échos assoupis, roucher, les Mois, n. Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienne Sur ces tapis de fleurs, lahart. Méd. n, 24. Vénus se lève à l'horizon; A mes pieds l'étoile amoureuse De sa lueur mystérieuse Blanchit les tapis de gazon, ro. Médit, le Soir. || 8" Terme de manège. Cheval qui rase le tapis, cheval qui, aux diverses allures, n'élève pas assez les pieds au-dessus du sol. Il 9" Terme d'anatomie. Portion de la choroïde qui n'est pas noire mais brillante, à reflets métalliques changeants selon les incidences de la lumière. || 10° Se dit des couleurs qu'on fait flotter sur l'eau, pour marbrer le papier. || !!• Tapis franc, cabaret, auberge où se réunissent les voleurs. || H* Tapis de Perse, une coquille bivalve. — HiST. xir s. Il fiert Gerart l'espanois au fier vis, De sor son elme qui est à flor de lis; Li cercles d'or ne li vaut un tapis, Raoul de C. 4 3b. Juste un pilier s'asist en la terre entaiez; N'i fu suz lui tapiz ne oreiller culchiez. Th. le mart. 4S2. Il xiii* s. Je ne sui pas de ces povres prescheurs ne de ces povres herbiers.... qui portent boites et sachez, et si estendent un tapiz, ruteb. 25o. Il XIV* s. Pour douze tappis veluz du pais de Turquie, dont il y en a dix petits et deux moyens, DE LABORDE, Êmaxix, p. B(3. || XV* S. Les murs de la Ville et les tours estoient pavoises de tapis mouillés pour résister contre le trait, proiss. m, IV, 4». X Pasquier Grenier, marchant tapissier.
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demeurant à Toumay, pour plusieurs pièce» de tapisserie, ouvrées de fil, de laine et de soye, garnies de toile, franges, cordes et rubans, contenant en tout vij cent aulnes ou environ; c'est assavoir: six tapis de muraille, pour parer une salle, faiz et ouvrés de l'istoire du roy Assuere, de laborde, Emoux, p. B(2. Un tappis velu blanc, de l'ouvrage d'Espaigno, id. tb. p. 51 4. || xvi* s. Le roi, devenu plus soigneux par son aage et par les defaux essuiez, monstra qu'il n'estoit point seulement capitaine le cul sur la selle, mais aussi sur le tapis, d'aub. Hist. m, 338. Quand, voyant un homme audessous de toutes affaires, nous le disons estre réduit au tapis, manière de parler que nous empruntasmes des joueurs, lesquels jouans sur un tapis verd, quand ils n'ont plus d'argent devant eux pour mestier mener, ils sont contraints desemparer la table, on les dit estre réduits au ta» pis verd, pasquier, Rech. vu, p. 728, dans lacurne. Nostre roi Charles, qui avoit tant de debtes, et qui devoit à Dieu et au monde, esloit au tapis et au saffran sans ceste bonne guerre, brant. Capit. franc, t. m, p. 200, dans lacurne.
— ÊTYM. Provenç. tapit, tapi; anc. cat. tapif, espagn. et portug. tapiz; ital. tappeto; du lat. tapetem, tapetum, qui vient du grec Timr,;. Le prov. tapit représente tapetem; mais le franc, lapts ou tapix représente le bais-lat. tapecius.
TAPISSfi, ÉE (ta-pi-sé, séc), part, passé de tapisser. Garni de tapis. Quand cette femme [une devineresse] aurait dit vrai Dans une chambre tapissée, LA font. Fabl. VII, 4 6. ||Par extension. La promenade, la collation dans un lieu tapissé da jonquilles, tout cela fut i souhait, sÉv. 47. Le fond de l'œil étant tapissé par la choroifde aussi bien que par la rétine, malebr. Rech. vér. Éclair, sur l'opt. t. IV, p. 443. Les temples étaient en grand nombre [au Mexique] et la plupart magnifiques, mais teints de sang et tapissés des têtes des malheureux qu'on avait sacrifiés, raïnal, Hist. phil. VI, 4 2. Une géode tapissée de cristaux de strontiane sulfatée, becquerel, Instit. Mém. acad. se. t. xi, p. 3.
TAPISSER (U-pi-sé), V. O. || 1* Revêtir, orner de tapisseries les murailles d'une chambre, d'une salle, etc. Tapisser un salon. Les rues étaient tapissées. Tapisser un appartement à neuf. || 2* Par extension, il se dit de tout ce qui revêt ou couvre les murs d'un appartement. Tapisser une chambre de papier peint. Les fidèles viennent tapisser de leurs offrandes les murs de la chapelle. || On dit aussi : Ce mur, ce coin de rue est tapissé d'affiches. Il 3* Par une autre extension , il se dit de ce qui revêt, recouvre une surface. Le printemps tapisse de fleurs les gazons. La membrane séreuse qui tapisse les parois thoraciques. Elle [la grotte] était tapissée d'une jeune vigne, qui étendait ses branches souples également de tous côtés, fén. Tél. I. Il 4* V. n. Faire de la tapisserie à l'aiguille. Au reste elle n'avait au monde sa pareille A manier un canevas, Filait mieux que Clolhon, brodait mieux que Pallas, Tapissait mieux qu'Arachne.... la font. Coupe. || 6* Se tapisser, v. réfl. Être tapissé. Les prairies se tapissent de fleurs.
— HIST. XVI* s. Et que Flora, qui de tous bien* estplayne,Voyst [aille] tapissant de fleurettes meslées, j. LEMAiRE, Éplt. de l'amant vert. Un eschafauld.... royalement tapissé et orné de fleurs et de parfums, mont, ii, 35. Un siège plus bas, tappissé, pour les gentilshommes, carloix, iv, 20.
— ETYM. Tapis.
TAPISSKRIE (ta-pi-se-rie), f. f. \\ 1* Ouvrage fait i l'aiguille sur du canevas, avec de la laine, de la soie, de l'or, etc. Pantoufles en tapisserie. Pendant son travail [du roi d'Espagne], la reine travaillait en tapisserie, ou elle écrivait, st-sim. 467, 203. Les tapisseries i l'aiguille s'appellent tapisseries de point, i cause des points d'aiguille, volt. Vict. phil. Tapisserie. Il y choisit une aiguille d'or, s'empare de la soie, et voilà mon colonel qui fait de la tapisserie, poinsinet. Cercle, se. 2. Iris, dans le in* livre de l'Iliade, trouve Hélène occupée à représenter en tapisserie les maux que les Troyens et les Grecs avaient soufferts pour elle dans les combats, lévesquk, Instit. Mém. lett. et beaux-arts, t. i, p.. S86. || Tapisseries échantillonnées, commencées pour servir d'ocUantillon, de guide. ||i* Grandes pièces d'ojvrages de laine ou de soie servant i revêtir les murailles d'une chambre, d'une salle, etc. On avait tendu de tous côtés des tapisseries de fin lin, de couleur de bleu céleste et d'hyacinthe, qui étaient soutenues par des cordes de fin lin teintes en écarlate,
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«AO, Bible, Stth. I, «. Si j'éuis en voir» pUoe, j'tc&èlerais une belle tenture de lapisserio de verdure, ou à personnages, que je ferais mettre dans sa chambre pour lui réjouir l'esprit et la vue, mol. Am. méd. i,t. Je m'amuse i faire abattre de grands arbres; le tracas que cela fait représente au naturel ces tapisseries oii l'on peint les ouvrages de l'hiver : des arbres qu'on abat, des gens qui scient, d'autres qui font dos bûches, d'autres qui chargent une charrette, et moi au milieu, voilà le tableau, sÉv. 20 nov. 4«7». Les tapisseries au métier sont de haute ou de basse lisse; pour fabriquer celles de haute lisse, l'artiste regarde le tableau placé i côté de lui ; mais, pour la basse lisse, le tableau est sous le métier, et l'artiste le déroule à mesure qu'il en a besoin, VOLT. Dict. phil. Tapisserie. Les ouvrages en tapisserie sont quelquefois des tableaux précieux, IKVESOOE, Instit. Mém. litt. et 6eoi«t-arU, t. i, p. 383. Il Garnir une tapisserie, la doubler de toile. Il Être derrière la tapisserie, être derrière un paravent garni de tapisserie. Ne soyez point du tout en peine de moi, je Us et je m'amuse; j'ai des affaires que je fais devant l'abbé, comme s'il était derrière la tapisserie, sÉv. Mi. Néron, qui se cache derrière une tapisserie pourécouter [dans Britannicus, de Racine].... volt. Comm. Corn. Rem. Btfrtfn. Préf. || Fig. Être derrière la tapisserie, connaître les secrets rouages des affaires. Je voudrais au moins avoir été derrière la tapisserie, sÉv. 60. Avec quel art ne feront-elles pas [les personnes du parti dressé contre le duc de Bourgogne] jouer tous leurs ressorts de derrière les tapisseries? ST-sm. <»B, 4(3. Il Faire tapisserie, assister à un bal ou à quelque autre grande réunion sans y prendre part; ces personnes sont ordinairement rangées le long des murs de la salle. Encore ne faul-il pas se mettre comme celles qui ne vont au bal que pour faire tapisserie, picard, Manie de briller, n, U. Il 3* Il se dit aussi de toute sorte d'étoffe, de tissu servant à couvrir ou à orner les murailles d'une chambre. Tapisserie de cuit doré. Tapisserie de brocatelle. || Le papier de tenture d'une chambre. || 4' Art, métier du tapissier.
— HlST. XIV* s. L'office des femmes est de faire provision de tapisseries, de ordonner à les tendre, ilénagier, n, 4. || iV s. Flacons pleins de malvoisie Seroicnt ma Upisserie, bassel. ixxii. || xvi* s. Puisque vous allez à Lyon, je vous prie de me faire faire une pâtisserie, je voulais dire ime tapisserie, de quelque nouvelle invention, d'aub. Fœn. iv, <8. X chaque costé de la salle il falloit trois pentes de tapisserie. Ta. ib. n, n. Le prince fut contraint d'aller vers Strasbourg vendre toute sa vaisselle d'argent, sa tapisserie, ses meubles, ID. Uist. i, 340. La tapisserie dont ladite salle estoit tendue, en douze pièces ou environ, sembloit estre moderne, et faicte exprès, richement estoffée à haute lisse. Sot. Mén. les Tapisseries.
— ÊTYM. Tapisser ; bourg, taipisserie.
TAPISSIER, lËRE (U-pi-sié, siè-r'), t. m. et f.
Il !• Celui, celle qui fait ou qui vend toute sorte de meubles de tapisserie et d'étoffe, et qui se charge aussi de tendre les tapisseries dans une maison, de garnir les fauteuils. Dans les grandes maisons il y a des valets de chambre tapissiers. || Fig. Le prince de Conti appelait le maréchal de Luxembourg le tapissier de Notre-Dame [à cause des drapeaux ennemis qu'il prenait et qu'on y suspendait], VOLT. Louis XIV, 4 6. Il Tapissier-décorateur, celui qui peso les tapisseriesoutentures d'appartement, les rideaux, les dais de lit, les portières, recouvre les meubles, tend les tapis sur le parquet, et s'occupe, en un mot, de toutes les parties de l'ameublement. Il 2-' S. f. Tapissière, ouvrière qui fait de la tapisserie, qui travaille en tapisserie àTafguille. Ainsi ....Se plaignait l'araignée autrefois tapissière, Et qui lors, étant filandière, Prétendait enlacer tout insecte volant, la font. Fabl. x, 7. Il 3' Tapissière, voiture légère ouverte de tous côtés qui sert principalement au transport des meubles; on l'emploie aussi pour les déménagements, pour le transport do certaines marchandises; elle s'emploie aussi pour les promenades populaires dans les environs de Paris. || 4* Adj. Maître tapissier. Garçon tapissier. || Marchand tapissier, celui qui vend des tapis. La communauté des marchands tapissiers est très-ancienne à Paris; elle était autrefois partagée en deux : l'une sous le nom de maîtres marchands tapissiers de haute lisse, l'autre sous celui de courtepolntiers, Dict, des arts et m. Tapissier. Jean Poquelin, marchand maître tapissier et bourgeois de Pacis, tapissier
TAQ
ordinaire de la maison du roi, iod. aovui, Becherchet sur Moliire, inverttaire, f. 4 3U.{| Terme de zoologie. Abeilles tapissières, abeilles qui coupent les pétales des fleurs pour en tapisser leur nid. Il S. f. pi. Tapissières, tribu de 1» lamille de* arauéides.
— HIST. xm* s. Ouiconques veut estre tapicier do tapiz sarrazinois i Paris, estre le puet franchement, pour tant que il euvrc as ui et aus coustumes del métier, Ltv. des met. ne. ||xv t. Estienne Boutet, tappicier de la feue royne, Bibl. des ch. «• série, t. i, p. 36».
— ÊTYM. Tapisser.
TAPON (ta-pon), i. m. || f Etoffe, linge, etc. qu'on bouchonne et qu'on mot en tas. Cette robe est toute en tapon. || 2* Terme de marine. Morceau de toile qui sert i boucher un trou dans une voile. Il Bouchon du nable d'une embarcation. || S* Gros tambour en usage dans les Indes. || 4* Bouvreuil.
— HIST. ivi* s. Le derrière de mes chenelles sera fermé, au bout, d'un lapon, qui aura un nombre intiny de petits trous, et par tel moyen le canal distillera l'eau, comme une amiable rosée,