‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 180 sur 754 · FEN · texte numérisé non relu

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tenu en ceci a été tel : premièroment.... desc. W^th. »i, 3. Quel temps devons-nous prendre, et quel ordre tenir T corn. Pomp. it, ). Cet empire que tient la raison sur le^ sens Ne fait pas renoncer aux (Inuceurs des encens, mol. t'em. sav. I, l. Il i6" Kiécuter, effectuer, en parlant de ce qui est promis. Vous commencez à tenir ce que vous m'avez dit, que TOUS ne seriez bonne qu'aussi longtemps que la fortune me serait mauvaise, volt. Lett. 60. Et reconnaissez-vous au front do vos amis Ou'ils soient prêts i tenir ce qu'ils vous ont promis? cofiN. Cinna, l, 3. Un étranger, Fatimo, un captif inconnu. Promet beaucoup, lient pou.... TOLT. Zaire, i, i.\\ Kig. et familièrement. Sa mine promet peu et tient beaucoup. Une vogue qui promettait tant et tenait si peu, iiamilt. Gramm. o. Il Tenir sa parole, sa promesse, y rester fidèle. Tant s'en faut que les vents aient emporté ma promesse, ils m'ont donné lieu do la tenir; il y a déjà huit jours qu'ils m'arrCtent ici, voit. Lett. 49. Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses, corn. Nicom. m, 7. Valère a votre loi ; la tiendrez-vous, ou non? mol. Tart. I, 6. J'ai fait vœu d'être veuve, et je le veux tenir, reonahd, le Bal, *. Il Tenir un traité, un marché, une convention, exécuter un traité, un marché, une convention. Il 27* Persister dans. Nous nous jurâmes amitié, je la tiendrai tome ma vie à sa famille avec tendresse et reconnaissance, retz, Mém. t. m, liv. IV, p. 36, dans pougen». Klle m'a répondu, tenant son quant-à-moi : Va, va, je fais état de lui comme de toi, mol. le Dép. iv, 2. Vous tenez votre -gravité.... démontez votre sérieux, SÉv. à Bussy, 9 juin IB89. Le roi, tout accoutumé qu'il était à représenter, eut peine à tenir son sérieux, comte DKCAYLUS, Féeries, Œuv. t. viii, p. 238, danspouoENS. Il Tenir sa colère, persifler dans sa colère (locution qui a vieilli). Les femmes aiment la vengeance; mais elles ne tiennent pas toujours leur colère, hamilt. Gramm. 9. || Tenir sa morgue, alTectcr d'avoir une mine (ière et dédaigneuse. || Tenir rigueur i quelqu'un, repousser les avances qu'il fait pour se réconcilier, ou continuer de lui refuser quelque chose. || En musique, cet instrument tient l'accord, ne tient pas l'accord, il ne reste pas longtemps accordé. On dit aussi neutralement : il tient, il ne tient pas d'accord. || 28* Il se dit dos affections, des passions, des maladies du corps et de l'esprit, qui s'emparent de quelqu'.un. La fièvre et la goutte m'ont tenu longtemps, chacune à leur tour, et je n'en suis pas encore tout à fait dehors, VOIT. I.ett. (70. Quelle mauvaise humeur te tient? MOL. Ilourg. cent, m, lo. Voilà sa folie qui le tient, m. Iféd. malyré lui, i, «. Dieu vous envoie des secours.... qui devraient bien vous empêcher de vous pendre, si cette envie vous tenait encore, SÉV. 490. Pour les douleurs, elles tiennent Vàme et le corps; la vue de Dieu les fait souffrir avec patience.... mais elle ne les adoucit pas, m. 4 mai tB72. Il Qu'a-t-il? qu'est-ce qui lo tient? quel sujet, quelle raison a-t-il d'agir ainsi? || On dit de même : je ne sais ce qui le tient. || 29° Tenir de, être redevable à. Zéthès, et Calaïs, et Pollux, et Castor, Et le charmant Orphée, et le sage Nestor, Tous vos héros enfin tiennent de moi la vie, corn. Méd. n, S. Rome a reçu des rois ses murs et sa naissance; Elle tient des consuls sa gloire et sa puissance, m. Cinna, n, <. Oui, je tiens tout de vous; et j'avais lieu de croire.... rac. Hajaz. n, t. On fait gloire d'être ingrat envers les dieux, de qui on tient la vie et tous les biens qu'elle renferme, fén. Tél. xvin. Nous tenons dos Arabes, les Arabes des Indiens, et peut-être les Indiens de quelque autre peuple, ces dix caractères 1,2, 3, 4, 6,fl, 7, 8, 9, n, conimll. Lang. talc.l, (5. Il Ceux dont ou de qui je tiens la vie, mon père et ma mère. || Ne tenir rien de quelqu'un, ne lui avoir aucune obligation, ne pas dépendre de lui. Il Tenir une femme de la main de quelqu'un, la recevoir conduite, présentée par lui. 11 épouse, dit-il, Hermione demain; Il veut, pour m'honorer, la tenir de ma main, rac. Andr. m, t. |l Tenir un domestique de la main de quelqu'un, avoir un domestique par l'entremise de quelqu'un, rt puis c'est de ma main que l'on tient la soubrette, lu- Bert, Jaloux tant amour, v, 1. 1| Tenir une chose de race, de naissance, apporter ^n naissant une chose qui s'est transmise par le sang des ancêtres. Ils sont tous braves, d.ans cette maison, ils tiennent cela de race. Je crois tenir un peu de Rome où je suis née, corn. Othon, m, 3. || Absolument. Tenir de race, avoir les habitudes, les mœurs communes à une famille. J'ai tous les sentiments que taon devoir m'ordonne, Je tiens de votre sang et

de votre couronne, roth. Àntig. iv, «. || Tenir quelque chose de son père et de sa mère, leur ressembler en cette chose. Il voit uno jeune personne qui lui veut du bien (car il tient cela de vous, d'être aimé de toutes les femmes), mol. Fourber. I, «. Je vous avertis, ma très-chère, que vous n'aimez point à lire, et que votre fils tient cela de vous, SÉV. 608. Elle [la chienne mulet d'un chien et d'une louve] tenait du chien par sa queue qui était courte et émoussée, au lieu que le mile tenait sa queue de la louve, buff. Quadr. t. xii, p. 210. Il Absolument. Tenir de son père, de sa mère, leur ressembler soit do figure, soit de caractère. Je vous dis qu'elle tient de son père, bac. Plaid. II, 6. Vénus l'imita bien [Jupiter] : chacun tient de son père, volt. Dimanche. Madame et mademoiselle avaient voulu lui faire un mystère.... mais il a deviné; il tient do vous, picard. Alcade de Kol. IV, 4 0. Il 11 a de qui tenir, se di4 d'un enfant qui ressemble en quelque chose à son père ou à sa mère. Il a de qui tenir, répondit un autre bourgeois qu'il appelait son compère, caillères, non et mauv. uf. Couvert, i. || Fig. Tenir quelque chose de, participer en quel(]ue chose à la nature de. Comme une étincelle a quelque chose de semblable au soleil, et une goutte d'eau tient quelqu» chose du vaste océan, volt. Dial. 23. j|30° Tenir do, avoir appris de quelqu'un, en parlant d'une nouvelle, d'un récit, d'un l'ait. Mais de qui tonezvous la mort de D. Garcie? corn. D. Sanche, v, 3. Il vous a dit qu'il tenait cela de ma bouche? mol. Princ. d'Èl iv, ♦. El c'est de Lycarsis qu'elle tient la nou\jlle? m. Mélic. n, t. Je tiens du célèbre Cheselden, le plus grand chirurgien de Londres, que c fut lui qui commença de faire fabriquer à Londres, en (7(B, les instruments de son art, VOLT, touis A/V, 33. ||31' Réputer, croire. Et je tiendrai toujours mon bonheur infini, Si les miens sont vengés, et le tyran puni, corn. Héracl. m, ). Néarque : Je tiens leur culle impie [des païens]. — Polyeucte : Et je le tiens funeste, m. Poly. n, fl. Et moi, moins populaire. Je tiens indifférent d'être craint ou de plaire, hotr. Antig. n, 4. Leur espérance est aux troupes de Brandebourg.... on les tient fortes de quatorze ou quinze mille hommes, PELUSSON, I.ett. hist. t. n, p. (7i. En cela j'ai pour guides Tous les maîtres de l'art, et liens qu'il faut laisser Dans les pliis beaux sujets quoique chose à penser, la font. Fabl. x, t5. Parmi ces louis.... J'en ai, sans y penser, mêlé que je tiens faux, MOL. ièt. Il, 6. Je tiens cette comédie une des plus plaisantes que l'auteur ait produites, m. Critique, 3. Je tiens que, hors de Paris, il n'y a point de salut pour les honnêtes gens, id. l'réc. 4(1. Je tiens impossible de connaître les parties, sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître les parties, pasc. Pens. i, ), édit. HAVET. Thaïes tenait que la vie et la mort ne différaient en rien, fén. Thaï. Je tiens que les gens qui sont auprès de nous nous communiquent, malgré que nous en ayons, leur joie ou leur tristesse, BRUEYS, Grondeur, il, 4 8. Je tiens nos philosophes très gens de bien, volt. Utt. Hme du Deffant, 4 5 janv. 4 704. Je tiens les hommes de tous les siècles pour ce qu'ils sont, faibles, fourbes et méchants, trompeurs et dupes les jns des autres, d'alemb. (Jiuv. t. IV, p. 485. || Tenir à, regarder comme. Estimantque ton cœur, par douceur diverti, Tiendrait les lâchetés à quelque conscience, RÉGNIER , Élég. II. Je tiens à grand honneur de lui avoir des obligations que j'aurais honte d'avoir à tout autre, voit. Lett. 60. Ils [lus Germains] tiennent à grandeur d'être bornés par des déserts et des terres inhabitées, d'ablanc. Guerre des Gaules, vi, 2. Mais si tu ne les perds [tes pas et tes discours], je le tiens à miracle, CORN, la Veuve, i, l. Il n'est pas naturel de craindre et fuir l'honneur. De tenir les mépris à souverain bonheur, m. Imit. n, 42. Il (lo cardinal do Richelieu] tiendrait à injure le mépris qu'on ferait de sa protection, pellisson, flist. Acad. i. Le magistrat, tenant à mépris et irrévérence celle réponse, le fit mener en prison, la font. Vie d'Ésope. 11 n'y apersonne sins doute qui ne tînt à beaucoup de gloire do loucher à un tel ouvrage, MOL. Sicil. 4 2. Ils doivent tenir à grand ■ grâce qu'il ait tellement.... Boss. I.ib. arb. 4. || Tenir pour, même sens. Les jugeincnls de ceux que j'ai tenus pour mes amis, desc ilélh. vi, 6. On les [chrériens] tient pour sorciers dont l'enfer est le maître, CORN. Poly. IV, 6. Saint Basile tenait ces écrits pour ariens, PASC. Proo.xvii. Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais

qu'il n« lui est pas permis d'être surpris, boss. I.ouit de Bourbon. Si je n'ai mis douze brodeurs après [un habit), qui n'ont fait que travailler jour et nuit, tenez-moi pour un infâme, hamilt. Cromm. 7. L'antiquité tenait pour axiome que rien n'est rien, que de rien ne vient rien, volt, le Pauvre diable. Je tiens pour impossible que les grandes monarchies de l'Europe aient encore longtemps à durer, ]. I. Rouss. Ém. III. Il Je me le tiens pour dit, il n'est pas besoin que vous m'en avertissiez davantagc. Son cousin ne se le tint pas pour dit, hamilt. Gramm. 9. || Tenez-vous pour dit, soyez assuré que, ou souvenez vous que. || Tenir comme, réputer pour, traiter comme. Je le loge et le tiens comme mon propre frère, mol. Tart. v,3. || Tenir en estime, estimer. L'estime oii je vousticnsncdoit pas vous surprendre, mol. Kit. i, 2. ||8J' Professer, être partisan de. Hais je suis généreux, et tiens cette maxime Que..., malh. iv, fi. C'est une opinion orthodoxe; tous les thomistes la tiennent, PASC. Prov. I. Vous et ceux qui tiennent cett» doctrine, id. ib. xiii. Jean, évéquc de Jérusalem, accusé de tenir les huit propositions d'Origèae, id. ib. xviii. Leur but principal est de savoir au vrai les opinions qu'ils ont tenues, sans se mettre beaucoup en peine de ce qu'il on faut tenir, malebr. Rech. vér. n, ii, 4. || 33* Tenir des discours, un langage, parler d'une certaine manière. Ce sont les discours que vous teniez, avant que nous eussions parlé à votre femme, hai;ter. Crisp. méd. i, 4. Ahl monsieur, sur mon compte on tient bien des propos, destoucu. Hom. sing. i, 4. Deux amis, par exemple, qui ne se sont pas vus depuis longtemps, se rencontrent : l'attention qu'ils donnent à la surprise et à la joie qu'ils ressentent, leur fait naître aussitôt le langage qu'ils doivent se tenir, coNDiL. Art de pent. i, 5. On m'a prêté des discours que je n'ai jamais tenus, et que je n'aurais rien gagné à tenir, d'alemb. Lett. à Voltaire, 8 déo. 4703. Il Molière a dit : tenir des paroles. J« vous trouve fort bon de tenir ces paroles, Fdcheux, 1,8. Qui ose tenir ces paroles? je crois connaître cette voix, Don Juan, v, 5. || 34* Être chargé de gérer la caisse, do faire les écritures des livres, chez un banquier, chez un négociant. Tenir la caissechez un banquier, chez un receveur. Tenir les livres chez un banquier. || On dit de même : tenir un registre, des reglslres. || Tenir registre de quelque chose, inscrire quelque chose dans le livre, dans lo registre. || Tenir note de quelque chose, en prendre note pour s'en souvenir. Je vous dois déjà quelques ports de lettres; ayez la bonté de tenir une note de tout cela jusqu'au printemps, j. j. Rouss. Lett. à Jfoultou, 43 nov. (703. || Fig. Cet homme tient registre de tout, il remarque tout exactement, et il s'en souvient. || Tenir compte d'une somme i quelqu'un, lui passer cette somme en compte. || Fig. Je vous tiendrai compte de cela, je chercherai les occasions de reconnaître les obligations que je vous ai. || Fig. Tenir compte, ne pas tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, voy. COMPTE, n" o. I| 35* Soutenir, en parlant d'un pari. Tenir uno gageure. || Tenir vingt francs, parier vingt francs. || Je n'en voudrais pas tenir vingt écus,jo ne donnerais pas la chose dont il s'agit pour vingt écus. En quelle impatience Suis-je de voir mon frère, et lui conter sa chance!... Je n'en voudrais pas tenir vingt bons écus, mol. Êc. des mar. m, 2. || Absolument. Vous pariez ceijt francs, je tiens. || Terme de jeux. Tenir jeu i quelqu'un, continuer à jouer contre lui tant qu'il veut. || Dans les jeux de renvi, comme dans ceux où la mise n'est pas réglée, accepter un renvi, y aller de tout l'argent dont un autre y va. Vous y allez de cinq francs, je les tiens, je tiens tout. || Absolument Vous y allez de tant, je liens. || Absolument. Au trictrac, tenir, n'être pas forcé par le dé de rompre son plein, ou continuer à jouer sans lover les dames. |t Tenir le jeu, à la paume, être du côté de la grille, pour recevoir et jouer le service. || 38* Fig. Tenir tête à, voy. tête. || Tenir pied a boule, voy. HOULE. Il Tenir la main i quelque chose, vojr MAIN, n* 4 4. Il Tenir l'œil à, voy. ŒIL, n* 6. || 87* Saisir intelloctuellement. Je tiens le mot de l'énigme, le sens de ce passage, la solution du problème. Il 38* Faire tenir, faire en sorte que certaines choses soient remises, transmettre. Je vousenvon un livre de Mlle de Gournay, qu'elle m'a donné pour vous le faire tenir, voit. te«. 420. Ce pauvre garçon était attaché à M. Fouquet, il a été convaincu d'avoir servi à faire tenir une de ses lettres à sa femme, sÉv. 4. Je vous conseille de faire tenir un petit compliment par d'Hacqueville i Mme de U

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Fnycilc mit cette aMiaye, ID. 23». Je ne doute point de» ili incultes (le tniuverde l'arKcnl et de le fnire leiur, MAiNTKN'iN, l.ett. à Mme des Ursins, 4 juillet I70«. Boni il y a dix ans qu'il est séparé de sa fcuiinc, à ijui il fait tenir une pension à Valugnes, alin de rompéclier de venir à Paris, lesage, Turcaret, iv, 2. Ils n'avaient point do fusils à baïonnette; même quand on leur en fil tenir de Londres, la plupart des Corsos no purent s'en servir, VOLT. Louis XV, 411. On no recevait plus de nouvelles de la Suède, et on ne pouvait y en faire tenir, ID. Charles XII, 4. 1|39" V. n. ftlre attaché à. Danioclès nageait dans la joie [à la table de Denis].... il aperçoit malheureusement, en levant les yeux, la pointe d'une épée suspendue sur sa tête, et qui ne tenait au plancher qu'avec un crin de cheval, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 23(i, dans POUGENS. || Fig. Ne tenir qu'à un fil, à un filet, être près de se détacher. Sa vie ne tient qu'à un fil. Pour moi, je reçois d'étranfjes secousses, et mon cœur ne tient plus qu'à un filet, mol. l'réc. 42. Il Fig. Ses pieds ne tiennent pas à terre, il ne tient pas à terre, se dit d'un enfant, d'un jeune homme vif et toujours en mouvement, ou d'une personne qui marche, qui danse fort légèrement. Il Tenir ensemble, être joints l'un à l'autre. Vous me dites des merveilles de votre santé, c'est-àdire que vous êtes belle, car votre beauté et votre santé tiennent ensemble, sÉv. à Mme de Grignan, 44 juillet (080. Il paraît qu'autrefois l'île de la Grande-Bretagne faisait partie du continent, et que l'Angleterre tenait à la France, bufp. Ilist. nat. preuv. th. terr. Œuv. t. n, p. 44 9. Le 2a octobre )7ui, il est né à Tzoni, en Hongrie, deux filles qui tenaient ensemble par les reins; elles ont vécu vingt et un ans, id. Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 41). Il 40" Être difficile à ôter, à arracher, à déplacer. On ne saurait arracher ce clou, il tient trop. L'emplâtre tenait fortement à la peau. Ces pierres tiennent fortement. Mais il n'a pas prévu Que je saurais souffler de sorte Qu'il n'est bouton qui tienne.... la font, l'abl. vi, 3. Il Cela tient comme poix, cela tient très-fortement. Il On dit aussi : cela tient comme teigne. || Cette porte tient, on a peine à l'ouvrir, jj Fig. Il n'est..., il n'y a qui tienne, quelque résistance que la chose oppose. 11 n'est ordre qui tienne; Je prie, et ce doit être assez..., th. corn. l'Inconnu, v, divert. se. f . Il n'est pas à la mode. — Il n'est mode qui tienne, montfleury, Femme juge et part, m, 2. Si, par un long abus du pouvoir, le despotisme s'établissait à un certain point [en Europe], il n'y aurait pas de mœurs ni de climat qui tinssent, et dans cette belle partie du monde la nature humaine souffrirait, au moins pour un temps, les insultes qu'on lui fait dans les trois autres, montesq. Espr. viii, 8. || 41° Ne tenir à rien, ne tenir à guères, se dit d'une situation fort précaire. Je crois (jue vous savez que Mademoiselle a chassé GuiUoire; le pauvre Segrais ne tient à guères, sÉv. .■»(. Il est certain que soit cela, soit autre chose aurait enfin renversé cette fortune qui ne tenait plus à rien, id. 392. Ma condition présente ne tenait à rien, mariv. Marianne, 6* part. La conduite du général Ides jésuites] était d'autant plus maladroite, qu'il savait que le crédit de son ordre ne tenait presque plus à rien, VOLT. Hist. pari. 67. || Ne tenir à guères, avoir peu de force, en parlant de sentiments. Ma colère ne tient à guère, et ma tendresse pour vous deux [M. et Mme de Grignan] tient à beaucoup, sÉv. H mars l«7l. || Ne tenir à rien, être sur le point de se faire. Cet aveu ne tient plus à rien, nous le ferons peut être demain, peut-être ce soir, mariv. Marianne, iw part. || Me voilà prêt à partir, je ne tiens à rien, rien ne m'arrête, rien ne m'en empêche. Il On dit à peu près dans le même sens : Je vous payerai quand vous voudrez, votre argent ne tient à rien. || 42° Fig. Tenir au cœur, se dit des personnes que l'on affectionne, auxquelles on porte un vif intérêt. J'embrasse les Grignan; l'alné me tient bien tendrement au cœur, sÉv. 470. M. l'abbé de Langeron et M. du Puis ne lui tiennent guère moins au cœur que M. de Cambrai ■aintenon, Utt. au cardin. de Noailles, 7 août l«e«. IjU se du des choses auxquelles on s'intéresse vivement. Cela te tient donc bien au cœur? MOL. PTxnt. d'Bl. v, 2. Toutes ces choses me tiennent fort au cœur, sÉv. 5««. Diantre I l'amour vous tient au cœur de bon malin, hac. Plaid, i, 6. Cette acquisition vous tient-elle bien au cœur? LAMOTTE, Magnifique.i, 4. ||.Se dit aussi, d;ms un •eu» défavorable, de ce qui inquiète. Argante :

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Aht maudite galère! — Scapin, i part : Celte galère: lui tient au cœur, MOL. fourh. ii, H.jj Cette injure lui tient au cœur, il en a du ressentiment. Il 43' Fig. Être attaché par des liens moraux. Il tient à ce parti-là par dos raisons de famille. Pour moi, je ne liens plus à vous par aucun attachement du monde, mol. Don Juan, iv, 9. Un homuio de bien ne sera pas étonné dans les approches de la mort ; son âme ne tient presque plus à rien, elle est déjà comme détachée de ce corps mortel, Boss. 2° sermon, l'urific. ï. Il n'y a rien à quoi l'on ne tienne, quoiqu'on ne le sente pas toujours; de même qu'on ne sent pas toujours que son âme est unie, je ne dis pas à son bras et à sa main, mais à son cœur et à son cerveau, malebr. llech. vér. IV, (3. Les rois aiment que l'on tienne à leur personne, et ils se défient avec raison de leur dignité, FONTEN. Dangeau. Il ne tenait à rien par son goût, et se livrait à tout par celui des 'autres, duclos, Œuv. t. viii, p 408. Tout est occasion de chute à qui ne tient plus à rien, j. j. houss. Ilél. VI, 6. M. DarailaviUe a de l'amitié pour moi, et il sait l'intérêt que je prends à M. de Saint-Géni et à tout ce qui vous tient par le fil le plus léger, niDER. Lelt. à Mlle Voland, 3 nov. 4 7ao. Angélique : Vous croyez que je suis nièce de la baronne? — Sainville : Comment? — Angélique : Il n'en est rien, je ne tiens à personne, la chaussée, Gouvem. u, «. Le plus grand des malheurs est celui de ne tenir à rien et d'être isolé, genlis, Vœux témér. t. m, p. i35, dans pougens. || En termes de dévotion, il ne tient plus à la terre, il est détaché des choses du monde. Un Jhiéticn qui achève son sacrifice, qui fait le dernier effort, afin de rompre tous les liens de la chair et du sang, et ne tient plus à la terre, boss. le Tellier. Il 44° Fig. Être pris par une opinion, une affection, une passion. Tenir à son opinion. Il tient à l'argent. Mais , hélas! qu'on tient à la vie. Quand on tient si fort à l'amour! rac. Théb. V, 4. Lié par l'amitié, jamais par les choses, et tenant plus à mes sentiments qu'à mes intérêts, J. J. Rouss. Lett. à l'archev. de Par. On tient à ses propres résolutions par ce sentiment de liberté qui résiste àcellesdesautres, marmontel, Cont. mor. Fem. corn. peu. || 45° Fig. Avoir des rapports, des relations de famille ou autres. Et puisqu'il tient encore à nous, comme il l'avoue, par ma belle-fille.... sÉv. 670. Que ceux qui achètent soient comme ne possédant pas, et qu'ils cessent de s'imaginer que ce qui tient si peu à eux soit véritablement en leur puissance, boss. Ifed. sur VÉv. dern. sem. du Sauv. 40« ;our. Par la loi du corps, je tiens à ce monde qui passe ; par l'espérance et par la foi, je liens à Dieu qui ne passe point, FLÉcii. Dauphine. Je tiens, par le bonheur de ma naissance, à un grand nom [Corneille] qui, dans la plus noble espèce des productions de l'esprit, efface tous les autres noms, à un nom que vous respectez vous-mêmes, fonten. Dise, récepl. Il [l'athée] ne regarde les hommes que comme les tristes fruits d'un assemblage bizarre et fortuit, auquel il ne tient que par des liens passagers, MASS. Carême, Vérité de la relig Nous tenons tous à un certain monde qui nous environne, m. Carême, llesp. hum. Le parlement, dont les familles, tenant à toutes les familles de Paris, formaient aisément la voix publique, volt. Hist. pari. 67. Pourvu que je ne parle en mes écrits.... de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs, BEAUMARCH. Mar. Fig. v, 3. ||46* Fig. Avoir pour but, désirer. Je liens à vous convaincre. Ne tient-il qu'à marquer de cette ignominie Le sang de mes aïeux qui brille dans Junieî rac llrit. i, 2. Il 47° Être conligu. Son parc tient à la forêt. Sa maison tient au presbytère. Le czar.... voulait savoir quelle était sa situation à l'égard de l'Amérique, si elle tient à la Tartarie, ou si la mer de Septentrion donnait un passage dans ce grand continent, ce qui lui aurait encore ouvert, le nouveau monde, fontfn. Pierre l". \\ 48* Fig. Résulter, provenir de. Ces événements tiennent à dos causes inconnues. Avez -vous de la peine à concevoir que les bonnes qualités d'un homme tiennent à d'autres qui sont mauvaises, et qu'il serait dangereux de le guérir de ses défauts? fonten. Pial. l, Morts mod. Cette corruption était d'autant plus dangereuse, qu'elle était plus ancienne, et tenait plus, en quelque sorte, à l'abus des mœurs qu'à l'abus des lois, monteso. Esp. XXXI, a. Jedirai que la chaleur de J. J. Rousseau me parait tenir plus aux sens qu'à l'âme, n'ALEMB. (tut), t. V, p. 377. jj Dépendre de. Enfin Dieu

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soit loué et remercié mille et mille fols, puisque ma chère comtesse .se porte bieni ma vie tienl a cette santé, sÉv. 23 févr. 4078. A quoi tiennent, mon Dieu! les vertus politiques? Combien doivent leur faute à leur sort rigoureux. Et combien semblent purs, qui no furent qu'heureux! v. utco, Cromwell, l, 4. !| Impersonnellement. Il se dit des obstacles, des considérations qui empêchent une chose de se faire. X quoi tient-il? de quoi dépendil? 11 ne tient pas à moi, il ne dépend pas de moi. S'il n'exige qu'une visite de ma pan, qu'à cela ne tienne. Je désire avec tant de pa.ssionque vous ayez tout ce que vous méritez, que, s'il ne tenait qu'à cela que vous eussiez un royaume, sans mentir je crois que j'y consentirais, voit. Lett. 46. \ moi ne tiendra pas que la beauté que j'aime Ne me quitte bienti'it pour un autre moi-même, coiiN. Place roy. i, 4. Il ne tiendra qu'à vous, beau sire. D'être aussi gras que moi, lui repartit le chien, la font. Fabl. i, B. Vous auriez pu sans peine y puiser [à une somme d'argent] i toute heure. — X toute heure ! bonsdieui! ne tientil qu'à cela? L'argent vient-il comme il s'en vaT ID. ib. IV, 20. Enfin, si dans ces vers je ne plais et n'instruis. Il ne lient pas à moi; c'est toujours quelque chose, m. tb. v, 4. Nous vous trouvons errants, dispersés et plus faibles (Jue nous; il ne tiendrait qu'à nous de vous égorger, pén. Tél. X. A quoi tient-il donc... que la vérité ne triomphe dans votre cœur? mass. Carême, Évidence de la loi. C'est une justice à rendre au jeune prince; il a tenu à peu de chose qu'il ne fiit maître de l'Angleterre, a. duval, Edouard en Ecosse, m, 6. || Il ne lient pas à une personne que telle chose ne se fasse, signifie quelquefois, non-seulement qu'elle n'y apporte aucun obstacle, mais même qu'elle y contribuera de tout son pouvoir. Il ne tint pas aux empereurs que Jésus- Christ même, dont ils persécutaient les disciples, n'eût des autels parmi les Romains, boss. Hist. n, 42. Je sais seulement, et toute l'Europe le sait comme moi, qu'il ne tient pas à Votre Majesté que l'humanité ne respire enfin après tant de malheurs, d'alemh. Lett. auroide Pr. 22 déc. 4 762. {| 49° Avoir de la ressemblance, participer. Pour être bon poëte, il faut tenir des fous, régnieb, Sat. iv. Le voyage de Blois qui tient plus du roman que de l'histoire, balz. 2* kisl. Mais votre fermetc^ tient un peu du barbare, corn. Uor. n, 3. Quelle sœuri cette sœur ne lient guère de vous, hauterochb. Bourg, de quai, m, 7. Je liens de feu ma femme; cl je me sens, comme elle. Pour les désirs il'autrui beaucoup d'humanité, mol. Mélic. i, 4. Sa l'ermelé [de Corbinelli] tient un peu du barbare, SÉV. 10 sept. 4C8I. Un coup imprévu qui tenait du miracle délivra la princesse des mains des rebelles, BOSS. Duch. d'Orléans. Laissons ces circonstances, qui tiennent encore un peu du monde, et passons de ces vertus civiles aux vertus chrétiennes qu'elle a pratiquées, fléch. Mme de Morv taus. L'espril, la galanterie, la inngnificcnci', quand il [M. le Prince, fils du grand Coij^éJ était amoureux, réparaient en lui une fi^rure qui tenait plus du gnome que de l'homme. M*' de caylus. Souvenirs, p. 402, dans polgens. Il y aura toujours, dans noire nation, de ces âmes qui tiendront du Goth et du Vandale; je; ne connais pour vrais Français que ceux qui aiment les arts et le» encouragent, volt. Mél. litt. A un premier commis. L'art le plus innocent tient de la perfidie, m. Zaïre, iv, 2. || S0° En parlant d'un corps délibérant, d'une compagnie, être assemblé. L'Assemblée nationale tient tous les jours. L'Académie française lient les jeudis, il En parlant des foires, des marchés, des spectacles, avoir lieu. Les théâtres tiennent. Le marché tienl tous les mercredis et samedis. {I 61* Persister, se maintenir dans le même état. La neige tient. La frisure ne tient pas. Les nouvelles de celle année ne tiennent pas d'uu ordinaire à l'autre, sÉv. 48 févr. 4874. || Cet instrument ne tient pas d'accord, voy. au n° 27. || Celle couleur ne tient pas, elle n'est pas solide. || Le temps ne tiendra pas, ne re.stera pas longtemps comme il est. ' 62° Subsister sans aucun changement ni altération, en parlant d'un traité, d'une convention, d'un marché. Mais si le pacte lient.... HOTR. Antig. Il, 4. Je t'ai promis ma fortune et ma nièce; c'est notre traité, et il lient, dider. Père de famille, m, «. || B3° Se maintenir dan» une situation. Je n'ai rien appris des démarches de l'empereur; apparemment elles soroni lentes , et nous pourrons tenir ici loQglcmps, si nous attendons la fin, pellisson, Lett hisL

I. I, p. SI». Voltaire, de retour de Berlin, d'oii il avait fait chasser le maliuniroux d'Aniaïul, et oii il n'avait pu tenir lui-nifttne , makmon- TEL, Mém. V. Il Continuer les afTaircs. On est persuadé que cette maison ne tiendra pas. || 64* Tenir pour, se ranger du côté de, donner son assentiment à. Aristie.... à qui.... Je rapporte avec joie et ma main et ma foi ; Je ne dis rien du cieur, il tint toujours pour elle, cokn. Sert, v, 7. Mais, madame, mon sens ne s'est point démenti, Kl je ne puis tenir pour un mauvais parti, botr. Aniig. 1, 4. Il lient pour l'injustice, et moi pour la rai.son, ID. ib. u, î. M. l'évêque de Chartres tient pour les vœux absolus; il e.st le seul de son sentiment, MAiNTENON, Ult. à Mme de Saint-Céran, 2 juillet 488». Ce qu'il (le prince d'Orange devenu roi d'Angleterre) devait appréhender, c'était le ressentiment de plusieurs rois qu'il outrage en la personne d'un seul roi ; mais ils tiennent pour lui, i.a BRUY. XII. Ceux qui tenaient encore pour le plein do Descartes, pour les prétendus effets de la matière subtile, VOLT. Phil. Ncwt. m, i. Les médecins qui tenaient pour les anciens iiilenlferent un procès à ceux qui démontraient la circulation du sang, ID. Sixgul. nat. Ifl. Devant ma tonne on ne viendra point dire ; l'our qui tiens-tu, toi qui ne tiens à rien? bkhang. Nohv. Oiog. \\ 55° Résister, tant au propre qu'au figuré. Ni grilles, ni verrous ne tiennent contre moi,C0BN. Méd. îv, 6. Sa confiance n'a jamais tenu un quart d'heure contre sa peur, retz, Jftfm. t. II, liv III, p. 44B, dans pouoens. Ce qu'il y a de constant, c'est qu'en s; retirant au château, le comte de Nassau pouvait encore tenir six jours au moins, pellisson, Lett. hist. t. ii, p. 3(i). Déjà l'armée est assez forte Pour faire corps et battre aux champs; La voilà tantôt qui menace Gouverneurs de petite place. Et leur dit qu'ils seront pendus. Si de tenir ils ont l'audace, la font. Coupe. Quelque ressentiment qu'un outrage nous cause, Tient-il contre un remords d'un cœur bien enflammé? MOL. Amph. u, 8. Enfin je ne comprends pas la noirceur de ces vapeurs, de tenir contre tant de bonnes choses, sÉv. 56B. La mort du roi d'Angleterre n'a pu tenir contre la jeunesse avide des plaisirs du carnaval, ID. 28 févr. 1685. Ceu.x-ci [les Brutiens et les Samnites].... furent forcés à subir le joug des Romains; Tarente les suivit de près; les peuples voisins ne tinrent pas; ainsi tous les anciens peuples d'Italie furent subjugués, boss. Hist. I, 8. Les ouvrages des Égyptiens étaient faits pour tenir contre le temps, id. ib. m, 3. Les mœurs corrompues de la nation les entraînaient bientôt dans les plaisirs, contre lesquels nulle éducation ne peut tenir, id. ib. m, 5. L'idolâtrie même sentait dans notre religion une force victorieuse contre laquelle les faux dieux ne pouvaient tenir, ID. ib. II, 12. Je ne m'en défends point : mes pleurs, belle Ériphilc, Ne tiendraient pas longtemps contre les soins d'Achille, bac. Iphig. ii, 3. La place [Jérusalem] tint trois mois entiers, et aurait encore tenu autant, et peut-être obligé les Romains à abandonner leur entreprise, sans la rigueur superstitieuse avec laquelle les assiégés observaient le sabbat, rollin, llist.anc. Œuv. t. ix, p. 460, dans poiioENS. Tienne qui voudra contre de li graniles extrémités (les misères du peuple], je ne veux être, si je le puis, ni malheureux ni heureux ; je me jette cime réfugie dans la médiocrité, la bruy. Tl. Il faut avouer ma faiblesse; je n'ai pu tenir contre le pâté de perdrix dont vous m'annoncez l'agréable arrivée par votre lettre, ciiaul. Autre répnMe à M. i'abbé C. Si elle s'avise de laisser tomber quelques feintes larmes, en conscience, croyez-vous tenir un seul moment devant elle? BHUEVS, Huel, I, 4. La statue de sel [la femme de Lot changée en sel] ne pouvwtpas tenir à la pluie, ^OLT. Quest. de Zapata, 18. Peu de cœurs comme vous tiennent contre l'absence, id. Tancr. i, o. Les seuls champions qui pussent tenir devant les chevaliers de France, étaient les chevaliers d'Angle- .irre, chateaubr. Ginie, Vf, v, 4. (| Terme de guerre. Les ennemis ne tiennent pas, ils n'attendent pas qu'on aille à eux, et ils se retirent. || Tenir bon, tenir ferme, résister, se défendre. Si je n'eusse point lui pour la mort de Pélie, Si j'eusse tenu bon dedans la Thcssalii',C0HN. Mé:lée,i, 5. L'arbre tient bon; le roseau plie, la font. Fahl. i, 22. U ne reste plus désormais sinon que vous teniez terme parmi ses ruines [de l'Étatl, boss. Reine d'Anglrt. Tantôt, sur les rives de Loire, suivi d'un petit nombre d'officiers et de domestiques, il court à la défense d'un pont, et tient ferme contre une armée.... fléch. Turenne. Sa suite (de Charles

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XII] commençait à désespérer; lui seul lir.t ferme, et ne parut pas abattu un moment, volt Charles XII, B. || Tenir lion, tenir ferme, 110 pas céder aux instances, aux offres, etc. Tenez bon, et vous aurez cette terre pour le prix que vous offrez. Gros-Uené à Eraste : N'ayez pas le dernier. — Marinette à Lucile :Tenez bon jusqu'au bout, mol. Je Uép. IV, 3. Il Cet homme ne tient point contre la raillerie, contre la plaisanterie, dés qu'on le raille, qu'on le plaisante, il s'einbarra.ssc, il se décontenance. Il 56" Terme de chasse. Les perdrix ne tiennent pas, elles partent sans qu'on puisse en approcher. La marouette, comme tous les râles, tient SI fort devant les chiens, que souvent le chasseur peut la saisir avec la main, ou l'abattre avec un bâton, BUFF. Ois. t. v, p. 244. Il Une bête lient aux chiens, quand elle est sur ses fins et qu'elle se défend contre eux. || 67" Terme de marine. Tenir à la mer, tenir contre les vagues, se dit d'un bâtiment qui supporte une grosse mer. En hiver, le port de Cocliin est inabordable, et il ne peut en sortir aucun vaisseau, parce que les vents y soufflent avec une telle inipé'uosité, que les bàliments ne peuvent pas tenir à la mer, dlff. Uist. nat. preuv. th. terr. Œiii\ t. 11, p. 252. H Tenir au vent, naviguer avec le vent presque contraire. || Tenir sous voiles, avoir toutes les voiles appareillées et être prêt à faire route. || Tenir en travers, naviguer en présentant le côté à la lame. || Tenir sur ses ancres, c'est n'être pas arraché de la place qu'on occupe ni par les efforts du vent, ni par les chocs violents des lames. I! Tenir, en parlant d'une ancre, rester immobile à la place où elle s'est attachée. Il Tenir bon, c'est à la fois tenir ferme, et cesser de haler sur un cordage qu'on tire. || 68* Ne pas tenir à, contre, être irrité, impatienté de. Quelle sécheresse de conversation! on n'y dure point, on n'y tient pas, mor. l'réc. B. Aratus, qui était plein de probité et d'honneur, ne put tenir contre une injustice si criante, et s'en plaignit hautement, rollin, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. H), dans POL'GENS. Je hais si fort les pédants, j'ai tant d'horreur pour les hypocrites, je me mets si fort en colère contre les fanatiques, que je ne pourrais jamais tenir à Paris plus de deux mois, VOLT. Lett. Mme du De/Tant, ib janv. 1701. On se lasse à la longue d'être brûlé; il n'y a patience de saint qui puisse y tenir, ID. facéties, l'ut finurri. Le moyen de tenir à ces répliqucs-là? uoissï, Deh. ifromp. II, 4. Cet ami si modéré et si philosophe 'pour supporter les maux d'autrui, se vil peu do temps après, pour quelque sottise qu'il fit, le sujet d'une niaiivaise épigramme; sa philosophie n'y tint pas, d'alemb. Éloges, ilariv. || Ne pouvoir plus y tenir, être hors de soi. Je n'y puis plus tenir, j'enrage; et mon dessein Est de rompre en visière à tout le genre humain, UOL. Mis 1, 1, Julie : Mais la décence. - Le Marquis : Encore I on n'y peul plus tenir. Et ce terme est ignoble à faire évanouir, LA NOUE, Coquette corr. m, b. || On dit de mêm ■ : C'est à n'y pas tenir. La compagnie est trop mauvaise, e'esl à n'y pas tenir. || 59" En tenir, avoir reçu de<< coups, du plomb ou autre chose. Avez-vous atteint celte perdrix? je crois qu'elle en tient. || A la campagne, quand on mène la vache au taureau, on dit qu'elle en lient, quand l'opération réussit. || Kig. En tenir, éprouver quelque chose de fâcheux, de désagréable; être trompé , dupé Vous en tenez, monsieur, CORN, le Ment, v, G. Voyf.i;i qu'il nous prenait pour d'autres. Et que nous étions Phrygiens, U s'écria : j'en liens! j'en tiens, scahr. Yirg. m. Tant pis pour vous : c'est justement le cas. Vous en tenez, ma commère, ma mie, La font. Sert;. En quelle impatience Suis-je de voir mon frère et lui conter sa chance! U eu tient le bon homme avec tout son phébus, mol. Éc. des mar. m, 2. Il Croire quebiue bourde. Que dis-tu de l'histoire, el de mon artifice? Le bonhomme en lienl-il? m'en suis-je bien tiré? corn, le tient. 11, 0. Il Etre fou. Il en lient un peu là; sa présence d'esprit X chaque instant du jour me charme et me ravit, REONARD, le Distr. 11, B. || Etre ivre. Il a bu plus que de raison, il en tient. || Aimer d'amour. Tircis : Tu crois donc que j'en liens? — Cloris : Fort avant, corn. Mél. n,4. C'est-à-dire, .son cœur en tient déjà pour moi? th. corn. Comt. d'Org. I, 2. Mon cher maître, di.s-je àdon Christoval, vous éles bien épris de doua Anna; la dame, de son côté, en tient aussi apparemment, lehaoe. Est. Coni. 23. Laquais, me regarde-l-cUe? — Oui da, monsieur. — ^^Ellr en tient, la Comédie deschansons, I, S. Il 60° Etre contenu Tous vos meubles ne

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pourront tenir dans cet appartement. Dieu merci, nous avons l'hôtel de Carnavalet; c'est une affaira adminible; nous y tiendrons tous, s£v. 386. U [Huet| prétendait que tout ce qui fut jamais écrit depuis que le monde est monde, pourrait tenir dans neufou dix in-folio, si chaque chose n'avait clé dite qu'une fois; il en exceptait les détails de l'histoire, d'olivet, Hist. de l'Acad. t. 11, p. S78, dans POUCENS. Ses démonstrations anatomiques [de M. Hunauld] lui attirèrent un si grand concours d'étudiants, qu'ils ne pouvaient tenir dans l'amphithéâtre où elles se faisaient, tout spacieux qu'il est, mairan. Éloges, llunauUl. Environ cent hommes tenaient dans ces bâtiments (les banjucs de Louis le Débonnaire], volt. Uifurt, 26. |j Populairement. Je n'en ai non plus qu'il en pourrai tenir dans l'œil, d.ins mon œil, je n'en ai point du tout. Il Impersonnciicnient. Il tient tant de veltes dans le baril. || Fig. Jamais dessus le Irôn on ne vil plus d'un maître; Il n'en peul tenir deux, hac. Théb. IV, 3. Votre mère, c'est bien cette France féconde Qui fait, quand il lui plaît, pour l'exemple du monde. Tenir un siècle dans un jour, v. huoo, Crépusc. I. Il 61* Se tenir, v. réfl. Se prendre, s'attacher à quelque chose. Se tenir à une branche. Si elle [l'àinc] n'avait pas oublié Dieu, si elle avait toujours songé qu'elle est son image, elle se serait tenue à lui comme au seul appui de son être, Doss. la Vallière. \\ Se tenir à cheval, être i cheval. Le duo d'Anjou et le duc de Guise lui aidèrent à monter à cheval, oii elle se tenait avec une grâce admirable, la faï. Princesse Montpensier, Œuv. t. 11, p. 3ou, dans pougens. Montons vite à cheval, quoique je ne puisse me tenir que sur une fesse, volt. Cand. 9. ||Se tenir bien 1 cheval, y être ferme el de bonne grâce. |i Dans It sens oppose, s'y tenir mal. || 62" Se tenir l'un l'autre. Se tenir par la main; se tenir bras dessus, bras dessous. Vous êtes, 6 vallon, la retraite suprême, Où nous avons pleuré, nous tenant par la main, V. HUOO, Hayons et ombres, 34. || Fig. Se tenir par la main, être d'intelligence, se secourir l'un l'autre. Le parti <les sages ne laisse pas d'être considérable... je vous le répète, mes Irères, si vous vous tenez tous par la main, vous donnerez la loi, volt. hett. Ilelrétius, v> déc. t700. || Fig. La disgrâce "et la faveur se tiennent parla main, maintr- NON, lett. à M. d'Aubigné, 10 août, t. I, p. 12$, dans POUGENS. Les beaux-arts, qui se tiennent comme par la main et qui d'orilinaire périssent et renaissent ensemble, volt. Maurs, 82. Toutes les sciences sont sœurs, a dit un ancien ; elles se tiennent toutes comme par la main, cambacérès, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. m, p. ». || Fig. Être dans une dépendance- réciproque , en parlant de choses. Toutes les choses de la nature se tiennent et se prouvent les unes les autres, halebr. Rech. vér. IV, 2. Le vrai, le bon el le beau se tiennent de bien près, dideb. JS«ot sur ia pcVnt. ch. 8. Tout se tient dans la nature cl dans la politique, ray- NAL, Hist. phil. IX, 27. Il 63° Fig. Se lenir ou s'en tenir à une chose, ne vouloir, ne faire rien de plus, se borner à. Chacun le dit, et chacun s'en tint là, LA font. Fauc. Je puis fermer les yeux sur vos flammes secrètes. Tant que vous vous tiendrez aux muets interprètes, mol. Fem sav. 1, 4. Philinle : Et pour voire procès, dont vous pouvez vous plaindre. Il vous est en justice aisé d'y revenir. Et contre cet arrêt.... — Alcestc : Non, je veux m'y tenir, id. Mis. v, 4. Nous ne nous tenons jamais au temps présent, pasc. Pens. m, 5, éd. havet. Tenez-vous-en là, mon père, si vous m'en croyez, ID. Prov. iv. C'est ainsi qu'on raisonne (voir en tout la main de Dieu] quand on lève les yeux ; mais ordinairement on s'en tient aux pauvres petites causes secondes, sÉv. 26 mai (680. La reine d'Espagne se lient au traité des Pyrénées, qui est de ne point accabler ses alliés, id. 20 févr. 1672 Tenons-nous-en à croire fermement que personne n'est heureux, 10. <6 juin 1680. Je m'en tiens i ma première maxime : quand on a affaire i un homme aussi violent et aussi brouillonque vous l'étiez, assassiner est le plus sûr, fén. Dial, des morts mod. (Charles VU, Jean duc de Bourgogne). Qui change une fois, jeul bien ne pas s'en lenir là, LAMOTTE, JlinutolOj sc. ï. La philosophie, sire, respecte qui elle doit, estime qui elle peut, et s'en tient là, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 29 avril I7(i3. Il Savoif àquoi s'en tenir, n'être nullement incertain. L'Angleterre a tant changé qu'elle ne sait plus elle-même à quoi s'en lenir, boss. Heine d'Anijl. Moyennant l'embarras où je vas jeier le marquis, il faudra bien qu'il p.irlc ; cl je veux

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savoir à quoi ui en lunir, uaiuv. le Legt, se. <■ || X certains jeux de caries. Je m'y tiens, je suis conleiit des cartes que j'ai ; je n'en demande pas d'autre<. Vous y tenez-vous, ou voulez-vous d'autres caitesTIIS'en tenir à son mot, s'arrêter, se fixera ce qu'on a annoncé d'abord. ||.S'en tenir i son mot, en parlant d'un marchand, ne vouloir rien rabattre du prix fixé tout d'abord. || Se tenir à peu de chose, se tenir à pou, ne pas conclure une affaire, bien qu'il s'agis.se de peu de chose pour qu'on soit d'accord. Us se tiennent tous deux à peu de chose. Il se tient à vingt francs sur un marché de mille francs. || On dit dans le même sens : Se tenir à rien, se tenir à très-peu de chose. |j 64° Être, demeurer dans un certain lieu. Le chamois se tient sur les montagnes. La mère de Jésus et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, Marie Madeleine, se tenaient auprès de sa croix, saci, Bible, Év. St Jean, xix, 26. Je ne prends aucune pai't dans ses affaires; qu'elle se tienne de son côté et moi du niien, bourd. (2* dim. après la Penlec. Dominic. t. m, p. 287. Je suis né, disait-il, dans une ville fort petite; et, pour l'empêcher de devenir encore plus petite, j'aime à m'y tenir, rollin, Hist. anc. xxv, ch. ii, l, 2. Elle ne se tenait chez elle que pour passer sa vie dans une oisiveté contemplative, mariv. Pays. parv. 4* part. Les hommes ne sont pas bons à grand'chose ; fripons ou sols, voilà pour les trois quarts ; et, pour l'autre quart, il se tient chez soi, volt. Écuss. n, 5. il est une race de rossignols beaucoup plus gros que les autres , laquelle se lient et niche dans les charmilles, buff. Ois. t. ix, p. H3. Et vous aussi, monsieur de Montmorency, tenez-vous quelques moments dans celle pièce-ci, COLLÉ, l'art, de chasse de Henri IV, i, 6. Il avait reconnu le roi, qui, en traversant la cour, lui ordonna de lui faire éviter les antichambres où se tenaient les domestiques, genus, Mlle de la Fayette, p. 225, dans pougens. || Kig. Se tenir à sa place, rester, comme il convient, dans la situation qu'on occupe. Il ignore quelle est la place des autres ; mais il sent la sienne et s'y tient, J. J. aeuss. Ém. m. || Un tel se lient six mois à la campagne, et six mois à ta ville, il passe six mois a la campagne et six mois à la ville. || S'il est bien, qu'il s'v tienne, se dit, par dépit, d'un homme dont on entend vanter le bonheur. || Quand on est bien, il faut s'y tenir, il ne faut pas changer légèrement, pour peu qu'on se trouve passablement dans son étal. Il On dit de même : Éles-vous bien, tenezvous-y. Te voilà bien, cadet, tiens-y-loi, th. corn. Comte d'Org. v, 9. || On dit aussi et mieux : tienst'y. Un seul serment suffit à la vie d'un homme ; tu en as déjà prêté un; tiens-t'y, cii. de Bernard, Genlilh. campag. n, 28. || 65° Être, demeurer dans une certaine situation. Se tenir à ne rien faire. Se tenir debout, à genoux. 11 se tienttoujours propre. Se tenir à l'écart. Se tenant assise en votre maison, elle pleurera son père et sa mère un mois durant, saci. Bible, Deutéron. xxi, 13. Nous n'avons point voulu, de peur du personnage, Risquer i nous tenir ensemble davantage, mol. Éc. des femmes, iv, 6. À chaque attaque [de la mort] il se tient prêt, et il attend le moment de sa délivrance, Boss. le Tellier. Allons, mademoiselle, tenez-vous droite, PICARD, Coxisin de tout le monde, se. ♦. Il Se tenir bien, se tenir mal, avoir un bon, un mauvais maintien. Voilà qui va le mieux du monde, et vous vous tenez à merveille [un peintre, à la personaedont il fait le portrait], mol. Sicil. H. Je ressemblais assez à une aimable petite fille, toute fraîche sortie d'une éducation de village, et qui se tient mal, mais dont les grâces encore captives ne demandent qu'à se montrv, hariv. Uariann», «" part. Sa taille eût été grande et belle, si elle se fût mieux tenue, i. i. rouss. Confess. viii. || 11 ne sait comment se tenir, il ne sait quelle attitude prendre. || Tenez-vous en repos, se dit à une personne qui importune pardes gestes incommodes ou trop libres. || Fig. Tenez-vous en repos, soyez sans inquiétude. Pour nous, qui n'approfondissons pas tant les choses, tenons-nous en repos sur le tout: voulons-nous être plus savants que nos maîtres ? PASc. Prov. ni. Ehl ma sœur, lui dit l'autre, tenez-vous en repos ; et vous, monsieur , ajouta-t-elle en m'adressant la parole, allez-vous-en, je vous prie, MARiv. Pays. parv. 6' part. |i Kig. Se tenir les bras croisés, rester i ne rien faire quand il faudrait travailler || Absolument. Se tenir, rester debout. Je voudrais bien me pou\oir dire à moimême que je suis quelque chose, un grand Buuune . mais qui n'a dit que je me lieudrau.

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ti j'étais plus haut? uoss. Due. vie cachée. || Se tenir, signifie aussi demeurer tranquille. Le petit doigt de tatan lui dira que tu n'as jamais voulu te tenir pendant qu'on le fi sait, 3t c(uc tu as fait enrager la coiffeuse, genjs, T-Mtre d'éduc. Lingére, i, 6. || Familièrement. Vous n'avez qu'à vous bien tenir, se dit par forme d'avertissement ou de menace à une personne qui a quelque mauvaise affaire Vous l'avez offensé, il est vindicatif, vous n'avez qu'à vous bien tenir. Tu me parais une bonne pièce de ménage ; et le drôle qui t'aura n'aura qu'à se bien tenir, legranu. Philanthrope, se. U. Il On (lit de même : Tenez-vous bien, prenez garde, prenez les moyens de vous défendre. || 66" Il se dit de certaines dispo-sitions morales ou intellectuelles. Tenez-vous gailLird; pour moi je me trouve depuis quinze jours plus mal que je n'ai jamais fait, scabr. Lett. Œuv. t. i, p. <94. Quand nous avons quehjue différend, ma sœur et moi, si je fais la froide et l'indifférente, elle me recherche; si elle se tient sur son quanl-à-moi , je vas au-devant, la font. Pysché, u, p. <4o. Mais, puisque sur le fier vous vous tenez si bien. Je garde ma nouvelle, et ne veux dire rien, mol. Uéiic. 1, 3. Mais je les vois, monsieur, qui passent par ici; Tenez-vous ferme au moins, iD. Dép. iv, 2. Dans les fortunes médiocres, l'ambition encore tremblante se tient si cachée qu'à peine se connait-elle elle-même, boss Je Tellier. On sent qu'il se tient presque à regret dans les détails où son sujet l'entraîne, et que son esprit prend son vol dès qu'il le peut, et s'élève aux vues générales, fonten. Leibnitx. Le seul remède à ses caprices [de la fortune]. C'est de s'y tenir préparé, J. B. ROUss. Odes, 11, 4. Mon esprit s est toujours tenu dans l'indépendance, MONTtsQ. /,e(f. peri. <0l. || 67° Avoir lieu, en parlant d'assemblées, de réunions. La foire se tient tous les ans ici. Le marché se tiendra demain. L'histoire courut si bien que, dèa le lendemain, chacun sut dans le voisinage que le sabbat se tenait chez M. Noiret, j. J. ROUSS. Conf. vi. L'assemblée commence de très-grand matin, elle ae tient au théâtre rie Bacchus,ou dans le marché public, ou dans une grand»" enceinte voisine de ia citadelle, et nommée l'nyx. barthél. Anach.cb. 44. U s'est tenu ici une assemhlée générale, ID. ib.ch. 82. Il 68° Se tenir, se conlcni.. retenir quelque mouvement de passion. J'ai peine à me tenir, et la main me démange, MOL. Tari, v, 4. || Se tenir de, s'empêcher de. X peine se purent-ils tenir de pleurer. VAUGEL. (?. C. 298. Je veux bien que vous sachiez, car je ne me saurais tenir de vous apprendre toujours quelque chose..,, voit. Lett. «93. Elle [Mme de Sévigné] est brusque et ne se peut tenir de dire ce qu'elle croit joli , quoique assez souvent ce soient des choses un peu gaillardes, tallehant des RÉAUx, llistorietles, Sévigny et sa femme. Acante ne se peut tenir de réciter certains couplets de poésie, LA pont. Psyché, i, p. 4 3. Monsieur, je vous demande pardon ; mais vous êtes si plaisant, quejene saurais me tenir de rire, mol. Bourg, gent. m, 2. Je ris incognito d'abord que je le vois; Je ne puis m'en tenir, quelque effort que je fasse, boursault. Fables d'És. i, 1. 1| U se dit avec que et le subjonctif. Votre mari ne se tiendra jamais Qu'à sa mai-" son des champs, je vous l'assure, TantAt il n'aille éprouver sa monture, la pont, ilagnif. || Fig. et familièrement. Se tenir à quatre, faire un grand effort sur soi-même pour ne pas éclater, pour ne pas se mettre en colère. || 69" Terme de marine. Se tenir au vent d'un navire ou d'un point quelconque, gouverner et manoeuvrer de manière à se maintenir dans la position du vent, relativement à ce navire ou à ce point. i| Se tenir en travers, présenter le côté à la lame ou au vent, ou prendre la panne. || Se tenir à la cape, se mettre et rester à la cape. Il 70° Se réputer, se croire. Ils sont morts, mais pour Albe, et s'en tiennent heureux, corn. Ilor. v,3. L'arbre tombant, ils seront dévorés; Qu'ilss'entiennentpourassurés, LAPONT./aW. 111,6. Cet attachement dont la délicatesse de mon cœur se tenait offensée, mol. Festin, i, 2. Et malgré nos malheurs je me tiens trop heureux D'avoir paré le coup qui vous perdait tous deux, rac. ifithr. v, 4. J'ai fait mon profit de cette ode [du roi, sur la patience, à M. de Keiserling].... le remède opère sur moi tout aussi bien que fur votre goutteux ; car je me tiens tout aussi philosophe que lui, volt. Lett. au pr. roy. de Pr. 8 mai-s 4738. Je vous avoue que je me tiendrais bien malheureux, si je mourai» avantd'avoir vu.... iD. Leil. au pr. roy. di Pr. nov 4 736. Puisque la fière et redoutable mailoa d'Autriche a la modestie de se tenir pour bat-

tue, d'aleub. Lett. au roi de Pr. aa déc. 4 7«». Il 71* Être dit, prononcé. Les discours qui se sont tenus en cette occasion. Il s'est tenu beaucoup de propos sur son compte. ;| 72° Être accompli, en parlant d'une promesse, d'un vœu. Mon vœu doit se tenir. || Proverbes. Un tiens vaut mieux que dsux tu l'auras, la possession d'un bien présent est i référable à la promesse d'un bien plus considéraMe. Sans te piquer d'honneur, crois qu'il n'est que do prendre, Et que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre, corn, le Ment, iv, 6. Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras : L'un est siir; l'autre ne l'est pas, la pont. Fabl. i] 3. Il Quand on est bien, on ne s'y peut tenir, le désir du changement fait qu'on s'ennuie de tout. || 11 vaut mieux tenir que quérir, proverbe altéré souvent en : il vaut mieux tenir que courir, c'est-à-dire la possession actuelle vaut mieux que la peine d'aller chercher. || Serrez la main, et dites que vous ne tenez rien, se dit à quelqu'un de qui on se moque, en faisant semblant de lui vouloir donner une chose qu'on ne lui donne pas. || Promettre et tenir sont deux, souvent on manque à ce qu'on • promis. || Il fait bon aller à pied quand on tient son cheval par la bride. |l Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans, ou au» tant vaut celui qui tient le veau que celui qui l'écorche, les complices d'un crime sont aussi punissables que l'auteur.

— IW.M. 1. Quand il lient impersoimel est suivi de que, il veut le subjonctif: 11 tient à moi que cela se fasse, que cela ne se fasse pas. U ne tiendra qu'à lui que le différend se juge par une bataille. ' a. Il tient, dans une phrase négative ou interrogative, veut ne après le que ■ U ne tint pas à eux que la ville ne fut démolie. U ne tiendra qu'au roi qu'aux effets je ne passe, corn. A'ic.i, 3. Voltaire, dans son Commentaire, dit, à tort, que le second n* est fautif; mais ce ne peut être supprimé; on tiûuve un eiemiile de cette suppression dans Voiture (voy. le n" «8).

— HIST. XI* s. Cil qui tenent lur terre à censé, Lois de Cuill. 40. Li reis Marsilie la tient [Saragosse], ki Dcu nen aime, Ch. de Roi. i. X St Michel [il] tendrat mult halte feste, ib. iv. Puis [il] recevrai la loi que nus tenum, ib. xv Laissum les fols, as sages nus tenuns, ib. xv. L'estreu {étrier) lui tint ses oncles Guinemer, ib. xxvi. Tenez, bel sire, dist Rolans à sun oncle, ib. xxvin. Ne l'orrai [ouïra] hume [qui] ne l'en tiengel por fol, «6 CLZVU. Gcifreid d'Anjou ki l'enseigne teneit, t'b. eux. N'escul ne bronie ne pout son colp tenir [résister au coup], »6. ccxLiii.

— XII' s. De vos (il) lenra Espagne à governer, Ronc. p. 7. Dever» Espaigne ont lor voie tenue, ib p. 69. Par cui il est aiuez et cher tenuz, ib. p. 84 Tenez mon gage, empeiere puissant, ib. p. 487 Bien se tiennent andoi [tous deux], moult so» preu li vassal, ib. i>. 4 9». Que celé où j'ai uio» cuer et mon penser, [je] Tiegne une foiz entre met bras nuele, Court, vi. Dame, nul mal que j'ai [je, Ne tieng fors à léger, ib. viil. Merci, amois de ce qu'ele me deingne Tenir à sien.... ib. ix E'. si l'aira [je l'aime] tant de fin cuer sans feiulise, Que Ije] ne me puis tenir de li [la] prier, ib XI Car fine amours tient mon cuer et maistroie, ib XVI. Grant péché fait qui son homme veut prendre Par biau semblant monslrer, tant que bien tient, ib. XXI. Je ne tieng pas l'amor à droit partie Dont il convient morir ou trop amer , ib. xxi Prendre mari est chose à remenant; N'est pas marchés qu'on laist quant [on] se repenl; Tenir l'esleut, soit lait ou avenant, Romartcero, p. 7» Le premier roi de France fist Dex par son commant Couronner à ses anges dignement en chantant. Puis le commanda estre en terre son sergent. Tenir droite justice et la loi mettre avant, Sax. I. Li dux Miles se tint devers un cimilire [cimetière], El voit environ li ses chevaliers occire, ib. X. Au jour du jugement, quant Dex lama se» plais, ib. XV. En pais [nous] tenons nos terres, ses [si les] faisons gaaigiiier [cultiver], ib. ivi. X Loon tint sa corl Charles, nostrejustise [justicier], ib. xxiii. Vers nous ne se lenra forteresce ne touis, ib. xxvii. Qui que le tiegne à sens, je le tiei; a folor, ib. XXVII. Car lost [nous] en scricns blasnié et vil tenu, ib. xxviii. X cest conseil se sont tuit li prince tenu, ib. xxviii. Dune ad fait devant sci venir li reis Henris Les evesques, sis [si les] ad (ofment à raisun mis, E volt que il li liciigent ço qu'il li uni promis, Qu'il tendrunl les cuslumes e les leis del Jiais, ÏVi. le mari. 40. E nis [même] li reis de France, ù il ol greignur

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f«i, De ses beaU oilt phira e ne tint tut en sei, ib. ("H. Tis pcres nus tint mult dur e en granl lics- Iresoe, Rois, p 2hi. PaOrs moi liniict et tremlilors, et totes mes osses furent cspaiirics, Job, p. 4Hi.

— XIII* s. Mipiis vaut un tien ne font deu» qu'on •tent, ADAM nK oitenci, dans l'//is». Itl(. de la Fr. t. XXIII, p. ^■Ju. Cil quens [ce comte] Hues lenolt un caslei à sa vie, qui avoit non le Uiinol, villeii. cxxxvi. l.i quens (le Blois etii quens de Saint-l'ol, et toutes les autres gens qui à aus {eux) se tenoient, alercnt à l'assaut, ID. lxxvi. Quant li Venicien virent le gonfanon Saint-Marc à terre, et la galie leur seigneur qui ot prise terre, si se tint chascun à bonis s'il ne (aisoit ausinc, lo. lxxix. Tant tenoient li Grieu nostie gens près, qu'il ne pooient dormir ne reposer, ne mangier, ne boire. se armé non, ID. i.xxvi. Il estoit preslre et tenoit la paroisce de la ville, ID. i. El li distrent que 11 vint en Constantinoble pour tenir la pais telo corne 11 deviseroient et eiiisi conie il avoit asseuré, m. cxxiv. Et leur donneroienl pooir [aux messagers] par leur letrcs, que ce qu'il feroient seroit pleinement tenu, ID. viii. El à tous les jors de sa vie il tendra cinc cens chevaliers en la terre d'outremer à sa (lespense, qui garderont la terre, m. LI. Nus [nul] qui vous a veiie n'esgardée Ne se porroit de vous louer tenir, vidame de charthes, Romane, p. H5. X po [peu] tint que pecliié m'encombra, Psautier, (' ««. Adonc temienl Franc les Tyois pour amis, Berle, v. En son poing [il] tenoit nu le brant fourbi d'acier, if>. iix. Puisqu'ele est escbapée, au meilleur nous tenons [tenons-nous à ce qu'il y d de mieux], ib. xxiii. [Pinçon] Qu'espervier fameilleus tient saisi en la groe, ib xx.xill. Un vœu que je tenrai à tous jours, sans fausser, ; ib. XLiii. De ces noveles ci [je] me tiens à mal ! paie [satisfaite], ib. lixii. Lors [il] ne se tenist mie, qui le deiisl tuer [quand on devrait le tuer]. Que son pooir [il] ne fasse de s'amour conquester, ib. ; cxii. Adont fu si liés qu'il ne vosist mie Dieu tenir par les piés, C/ir. de Rains, iso. Que vos avez fait ' mainte guiche X maint oisel, à mainte biche, C'on ne se set à coi tenir, lien. 1737. Estes-vos [voilà] un garçon coranl, Deus lévriers tlnl en unelesse,iî). (2»7. Trop s'est do toi Honte eslningnie, Si ne s'esl mie bien poignie [peinée] De toi garder et tenir court, la Rose, me. Envie est de tel cruauté, Qu'ele ne porte leauté X compaignon ne à conipaigne, N'ele n'a parent, tant li tiengne, À cui el ne soit anémie, ib. 266. Si n'avoit el [Largesse] joie de rien, Cum quant el poolt dire, tien, ib. lis». X Dedalus prennent exemple. Qui fist eles à Ycarus, Quant par art, non mie par us, Tindrent par mer voie commune, 16. B246. Sous piés si cort les tient et donte.... ib. B227. 5227. N'encor pas à tant ne s'en tiennent, Mais par tous les leus où il viennent, Blasmant les vonl et diffamant, ib. 4931. Que nus ne soit si hardis qu'il die mot, et que tuit se taisent et tiengnent coi, BEAUM. Lxiv, M. Et comme se [sa] feme li eust donné en son testament se [sa] partie à tenir se [sa] vie [durant], et l'en pooit tel don fere par le [la] coustume de Biavoisis.... id. xii, (o, S'aucuns est semons por aidier lor signeur contre ses ennemis, il n'est pas tenus, s'il ne veut, à issir hors du fief ou des arrière fiés son seigneur, id. Il, H. Ce qu^ Il [au roi] plaist à faire doit cstre tenu por à loi, id. xxiv, 29. Nos prions à tos que l'on noz en veuille tenir por excusez, m. Cuncl. Un cuncil gênerai tenir, Edouard le conf. v. lOlB. : Or t'e.st il cheii ambes as. Or te tien à ce que tu a», RLTEB. Il, 9S. Et le Sarrazin avoit ostée sa touaille de sa leste, et osta son anel de son doy l>our asscurer que fl tenroit la trêve, joinv. 237. ', J'ai veu en cest pais aucuns desloiaus crcstiens : qui tenoient la loi des Beduyns, id. 230. Se lo roy ou les Icgaz vouloienl envoler troiz cens chevaliers en Constantinoble, nous y estions tenu d'alcr par nos sercmens, m. 212. El sachiez que, au jour que je parti de noslre païz pour aler en la terre sainte, je ne tcnoie pas mil livres de terre, id. 2UH. X la paroy du cloistre oii le roy mangoit, qui estoit environné de chevaliers et de serjans qui tenoient granl espace.... id. 205. Du conte d'Anjou qui estoit en sa nef, se plehignoit aussi à moy, qui nulle compaingnie ne li tenoit, id. 263. Se tu vels savoir de un toiiiiel combien il tient, Compiit, f" 21. ... Cil est fox [fou], par saint Germain, Qui ce que il tient en sa. main Giete à ses piez en non chaloir, fabliaux mss. p. 221, dans lacuhnë.

— xiv* s. Et a esté [la doclrinc]... tenueen grant mtorilé dès devant l'avenoment de noslre .Seigneur Jexuchrist, ohksme, Prol. Et Socrates se tenoit fort

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en cest argument, m. Éth. »ï. Et le juge est le prince ou celui qui tient le lieu du prince et qui le représente, id. 16. («2. Et aucuns excellens el bien besoignans selon vie atlive tiennent que félicité est honneur, m. 16. v, 9. En sont venu à lui et se vont escriant : Amis, tenez-vous bien, sicours arez poissant, Gucfcl. ifiHKi. Bertran, ce du li princes, beaux sire, ce sera Tanlost, se vous volez : fors qu'à vous ne tenra, t'b. (3607. Et je mis mon doy sur le bout do lavoinetrenchéo, et la tins si fort que riens ne yssoil, lanphanc, f* M, verso. — XV* s. Se femme as, qui soit apparens, Juene ou autre, qui ait parens. Et tu la veulz de près tenir, e. descii. Miroir de mariage, p. 67. L'un veult couchier [au jeu], l'autre tenir. Jouer à beau ou à lait gieu, m. Poésies mss. f° 272. Vous, monseigneur duc d'Alanson, Vos gens et vostre artillerie, Y serez là pour tenir bon, Myst. du siège d'Orléans, p. 721. Il ne tient pas à nous, mais au roi et à son conseil... pnoiss. 11, m, is. (Après la bataille de Crécy, Edouard félicite son fils:] Vous estes mon fils, car loyalement vous vous estes hui acquitté; si estes digne de tenir terre, id. i, i, 294. Le roi de France manda ses frères.... pour savoir à laquelle élection de ces deux papes (Urbain et Clément] il se tenroit, id. ii, 11, 4». El fil [Charles V] un commandement especial par tout son royaume que on tenist Clemenl à paye, m. 11, 11, 48. La bonne cité de Vennes, qui fcrincment se tenoit à la comtesse, ID. i, i, 178. Si richement vestue et atournée que chascun .s'en esmerveilloit, et ne se pouvoit tenir de la regarder, et de remirer à la grande noblesse de la dame, id. i, i, 166. Les deux mareschaux de l'ost passèrent si près de lacilé de Bauvais et des faubourgs, qu'ils ne se purent tenir qu'ils n'allassent assaillir el escarraoucher à ceux des barrières.... id. i, i, 275. Je tiens tant de vostre noblesse et de vostre loyauté que, se vous l'entreprenez, n'y faudrez nullement, id. i, i, 47. Le siège qui fut devant Tournay fut grand el bien tenu, ID. I, l, 139. Les soudoyers de Bouchaing ardirent l'autre partie de la ville d'Ascon qui se tenoit françoise, id. i, I, H 3. Contre tous deux ne pourroil pié tenir; Amour aussi est de leur aliance ; Nul ne tiendroit contre telle puissance, CH. d'orl. Bal. 4. S'en toy ne tient, pas ne tendra à moy Que ne soyons désormais en requoy, id. Chanson (6. Quant ung amoureux escrira Son dueil, qui trop le tient de rire. Au plustost envoyé l'aura X celle qui est son seul mire, id. Bail. 2(. J'aimeroyc, pour le cueur mien. Mieux que tu l'auras, un tien, id. Rondeau. Mais ne tint pas le dit voyage, Boudq. l, 13. Faisons leur assez mal souffrir, Tandis que nous les tenons, Nativ. de J. C. Quand Troylus vit le chevalier qui ne laissoit aller la damoiselle à la bcsongne, il luy en fist iiial, et disl : Sire chevalier, vous n'estes pas bien courtois, que ne laissez aller la damoiSello. Beau sire, dist le chevalier, que tient il à vous? Il en tient tant à moy, dist Troylus, que vous la laisserez aller, vueillez ou non, se occasion n'avez raisonnable, Perct'fnrest, t. 11, f" 05. Si tostque le roi sceut ce, il dit : Malle chose est de malle femme; car aussi bien est deceu le riche que le poure; je m'en sccz bien à quoi tenir [je sais bien quel parti je prendrai], ib. t. v, f* ici. Entra en jalousie, pour ce que on disoit que le duc do Brabant son mary tenoit une gentille femme, LE fevre de st remy, llist. de Ch. VI, p. 1 52, dans LACUHNE. Et aussi telle opinion tiennent les Anglois, COMM. I, 3. Le conte de Charolois vouloil dire que de son vivant le roy ne les devoit rachapter, luy ramenlevant combien il estoit tenu à sa maison durant qu'il estoit fugitif de son pore, id. i, 12. Le chasteau tint deux ou trois jours, id. m, 3. Luy priant qu'il tint la main que son maislre acceptast ce party,lD. 11, I5. Pour le tenir en cralncte et en humilité, ID. v, I8. La vertu de ceul.\-là fit tenir bon à ce peuple, ID. vi, 0. On avoit tenu parolles à ce duc de Cleves et autres de ce mariage, qui tous furent couroucez [le mariage ne se fit pas], ID. V, 17. Et qu'il [Louis XI] ayme plus nalurellement ceulx qui luy sont tenus, qu'il ne fait ceulx à qui il est tenu [dont il a reçu des services], id. III, 12. Estimoient ceste œuvre, et la tenoient à louenge, ID. m, (2. Kist serment au roy, luy promettant tenir son party, id. i, 2. El ne m'est pas advis que le sens d'ung homme sceut donner ordre.... ne que les .choses tinssent aux champs comme elles sont ordonnées en chambre [il s'agit (le b.ataille]. H), i, 3. Ceste opinion fut tenue [adoptée], m. n, 2. Jamais homme ne tint plus grande desloyaulé, id. m, 4. Tant vaut tien que chose promise, villon, Bail

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— xvi* g. AInsy s'en vont joyeusement, tenant le chemin de la.Saullaye, rab. Garg.i,it. l'icrocolla tint conseil inute la nuyct, m, 1, 43. Aulcuns lui tindrent compaignie (à boire], id. 1,41. Noé, unquel tant sommes obligez el tcnuz de ce qu'il nous planta la vigne, lu. Pant. i, I. Je vous ay jà dict tant de foys que vous ne me tenissiez plus ti lie» paroles, id. ili. n, ai. Voyant FanUgruel que il s'amusoyt à tirer M dicte masse, qui lenuyt en terre entre le roc, luy courut sus, id. l'fc. 11, 2». Et croyez, que de ce cousté ne falllons de nous tenir sur nos gardes, car nou« sommes souvent menasses, marg. lelt. cix. Telles actions tiennent plus d'oultrecuidance que de... mont, i, 23. Nous ne pouvons estre tenus au delà de nos forces, lo. 1, 30. Nous ne tenons les uns aux aultres que par la parole, id. i, 38. Le roy avoit advisé d'y tenir prer ilu duc un gentilhomme, id. i, 3h. Et ne teint i guRies qu'il n'en perdist la vie, m. i, 39. Je ne liens plus si fort aux commodités (Je la vie, m. 1, «I. Je tiens plus hazardeux d'escrire... ID. 1, ms. S'il lient (le mon humeur, il... id. i, ««7. Cette isie [l'Atlantide] tenoit plus de pals que l'Afrique et l'Asie ensemble, œ. I, 23t. Quand on ordonna que nous teinssionsla teste descouverte en présence de* dieux... ID. 1, 260. SI nous tenions à Dieu par l'entremise d'une foy vifve.... id. ii, I4o. Platon dict tenir de Pind.are cette croyance, id. ii, an». La meilleure règle que nous pussions tenir en ce fait, est d'Imiter notre Seigneur Jésus Christ, lanoub, 78. Cette nation tenoit encore de l'ancienne férocité des Huns, id. 3os. Père Vaiad jésuite l'avoit tint long temps enfermé pour cette inslruolion, d'aub. Hist. m, 299. Samuel tient son rang, juge et prophète sage, X qui ce peuple sot, frianiî de son dommage, Deraan(ie un roi, id. la Chambre dorée. Le langage qu'elle luy a teint encores i ce matin, carl. vi, 38. H [l'historien] est comme un greffier tenant registre des arresls de la justice divine, amvot, Préf. xii, 39. Je t'ay descripl les moyens qu'il faut tenir pour administrer un* chose publique, m. ib. xxii, 5o. Les premiers habltans qui tindrent le pais d'Alllque, id. Thés. 3. Les brigands, pendant qu'il passoii par les lieux où ilz se tenoient, se cachoieiil de peur, id. ib. 7. Amy, tu tiens sans propos beaucoup de bons propos, ID. Lyc. 42, A cela ne tienne, que je ne déclare moy mesme au rqy ce que j'ay i luy dire, ID. Thém. 49. S'il ne tient qu'à cela.... m. Coriol. 28. Le marché se tient à Rome de neuf en neuf jours, iD. ib. 29. Celuy peut hardiment nager, à qui l'on tient le menton, cotobavk. Qui lient se tienne, id.

— f.TVM. Berry, iiendre, tienre, linre; wallon, It'ni, (uni, t<r, ter; prov.tener. tenir; calai, tenir; espagn. tener; port. 1er; ilal. lenere;du lat. lenere.

t TfiNITE {té-ni-t'), I. f. Terme de miiiéralogie. Combinaison ferrugineuseentrant danslefcr météorique et se présenlanl en bandelettes minces.

— f.T'VM. Toiviot, bandeletle.

TENON (le-non), t. m. || 1* Terme d'arts. Extrémité d'une pièce de bois ou de mêlai taillée de manière à s'ajuster dans une entaille ou mortaise pratiquée dans une autre pièce. {| Tenon passant, tenon qui traverse de part en part la pièce mortaisée. Il Tenon en queue d'aronde, celui qui, resserré à sa naissance, s'élargit jusqu'à son extrémité en affectantla forme d'une queue d'hirondelle. Il Tenons croisés, seditquand chacune des pièces assembléesprésentejolntivementun tenon et une mortaise. Il Terme de charpentier. Tenon à renfort, celui auquel on a conservé un épaulement à son collet. Il 2* Terme de maçonnerie. Saillie ronde ou carrée pratiquée dans le bout d'une dalle, pour entrer en encastrement dans une entaille faite dans le joint de la suivante. || Terme de marbrier. Partie dégagée par chaque bout d'une colonne, pour entrer dans les socles et chapiteaux. || Terme de sculpture. Se dit des morceaux de marbre qu'on laisse derrière des parties qui paraissent détachées, afin do soutenir celles-ci et d'empêcher qu'elles ne se cassent pendant le transport. Quand les statue! sont en place, on scie les tenons. || 8* Terme d'arquebuserle. Dans les fusils dont le canon n'est pas réuni au bois par des boucles, les tenons sont de petits mentonnetfi en fer soudés au-dessous du canon, et qui servent à le fixer au bois. || La partie postérieure de la grande capucine d'un fusil de munition , qui est percée pour laisser passer la baguette (vieilli dans ce sens). ||4* Terme d'artillerie. Tenon de manœuvre, pièce cylindrique en fer fixée aux affûts, sous laquelle on engage la pince d'un levier pour la manœuvre. || 6- Terme

if. marinn. Ti^norn de l'ancre, esphce d'oreilles placée» à la vorgo île l'ancre près de l'orgaricaii ; elle» cnlniil dans le jas, qu'elles relieniicnt à sa place.

— lllST. X»' s. Se meltront yceux couplez en tonon sur les corbeaux, Mém. de la soc. des antiq. de Nnrm. l. xxiv, p. 036. || xvi* s. Puis le chirurpien joindra les lèvres de l'ulcère, lesquelles seront pincées et serrées avec cest instrument noEiimé tenon, auquel sont trois trous, par lesquels on mettra des aiguilles au travers, paré, XV, 49. Si comme la nef est gouvernée par les tenons, ainsi est la cité menée par le sens et sçavoir du juge, Rozier historial, i, 7.

— CTYM.. rcnir.

t TENONNKIl (te-no-né), v. a. Garnir de tenons. Tenonner des pièces de menuiserie ou de charpenterie

TENOR (té-nor), ï.~ m. || l" Terme de musique. Ténor a remplacé l'ancien nom de taille, ou plutôt de haute - taille. La voix naturelle de l'homme aiiparlient ordinairement à cette partie que l'on appolle ténor, choron, Uanuel de muïiV/ue, section ii, oh. 4. Par celte expression {ordinairement) l'autour entend ici la voix virile la plus ordinaire ; mais il se trompe en donnant cette qualité au ténor; elle appartient à la moyenne taille ou baryton, Note de Lafage sur cette assertion de son maître. En effet les voix d'homme se ilivisent ainsi : tailles : la haute-taille ou lénor va du premier u( de l'alto au deuxième sol du violon; la moyenne-taille ou baryton part du la au-dessous; la basse-taille, part du fa, une tierce au-dessous du baryton ; la basse-contre fait encore une note au-dessous, et la haute-contre une ou deux notes au-dessus du ténor, choron, ib. t. iv, p. 7). Parce que la voix du roi [Louis XIIJ était propre pour le ténor, Josquin [musicien célèbre d'alors] lui donna cette partie, mersknne. Traité de la voix, i, 35. || i' Chanteur qui a le genre de voix qu'on nomme lénor, et en général celui qui chante la partie virile la plus haute. Romance à deux voix pour dessus et ténor, pour ténor et basse. Quatuor pour premier et second dessus, ténor et basse. {| On distingue aujourd'hui fort ténor ou ténor de grand opéra et ténor léger ou d'opéra comicjue. Le premier a la voix plus forte et se sert exclusivement de la voix de poitrine; le deuxième l'a plus faible et se sert de la voix de tête et sait faire des roulades, etc.

— HIST. xv* s. Jehan Aies que on dist estre chorial et teneur en l'église de Noslre Dame de Chartres, Dtj cange, ténor. Jehan Troaielin tenour de la chapelle de Monseigneur, w. ib. Et font joyeuse chanteiie De contres, deschans et teneurs, eu. d'or- LÉANS, Hondeau. Commencèrent trois petits enfants d'église [enfants de chœur] avec un teneur une très-douce chançon, math, de coucy, Hist. de Charles ¥11, p. 609. ||xvi' s. Mais le roi congnoissant que la musique entière Fournie n'estoit pas, transmis! tost à l'enconstre Ses flusles de teneur pour faire basse contre, j. marot, v, ib3. .... et ce qui plus me griefve [d'aller à pied]. C'est que je n'ay cuisse, jambe, no grève Qui sur plain champ puisse faire teneur; Quelque dessus je ferois de bon cueur Sur ung courtault de moyenne valeur, ID. v, 264.

— ÉTY.M.Bas-lat ténor; ital. tenore ; proprement teneur, mode, façon (voy. teneur t). Le terme de ténor, qui veut dire teneur, vient du latin tenere, parce que, dans la musique chorale, c'était cette partie qui le plus souvent tenait le plain-chant, cuoRON et Lafage, Uanuel de musique, t. i, p. 99.

tTfiiVORISANT, ANrK (lé-no-ri-zan , zaïi-t'), adj. Oui se rapproche du ténor. Baryton ténonsant.

tTÉNORlSÉ, ÉK (té-no-ri-zé, zée), adj. Morceau lénorisé , morceau chanté par un baryton ténori- »anl. ||Fig. II s'est dit autrefois pour proclamer avec éclat. J'ai surtout dans l'esprit celte accusalion si grave, si odieuse, si lénorisée, si répétée, que les témoins avaient osé intenter aux magistrats de cette société, bonnet, l'aling. xix, 2.

1TÉNORRHAPI11E (té-no-ra-fie), î. f. Terme de ehinugie. Suture des tendons.

— f.rvM. Tévmv, tendon, et fo?^, suture.

tTÈNOTOME (lé-no-to-m"), s. m. Torme de chirurgie. Instrument qui sert à pratiquer la ténotomie, surtout par la méthode sous-culanoe. ||Ténolome droit, petit scalpel à lame courte et très-étroite, qui sert i frayer le [lassage du ténolome courbe, avec lequel on divise le tendon.

— ÊTYM. Voy. TÉ.NOTOMIE

t TËNOTGMIE {lé-no-lo-mie), ». f. Terme «c

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chirurgie. Opération qui consiste à pratiquer la section d'un ou de plusieurs tendons. || Kn un sens plus général, toute opération dans laciuclle on coupe une partie trop tendue ou trop courte, quelle qu'elle soit d'ailleurs.

— RTYM. Tivwv, tenilon, cl to|iti, section.

f TENSEUR (tan-seur),o<ij. m. Terme d'anatomie. Oui tend. |1 S. m. Tenseur de l'aponévrose crurale, muscle du fascia lata. || Tenseur de la choroïde, muscle qui naît de l'anneau sclérotical osseux des oiseaux et s'unit à toute la circonférence antérieure de la choroïde.

-- F.TYM. Tendre 2.

I TENREC (tan-rèk), s. m. voy. tanrec.

t TENSIF, IVE (tan-sif, si-v'), adj. Qui est accompagné de tension. La douleur ressentie pendant la formation d'un abcès est tensive.

— HIST. XVI* s. Une très grande douleur tensive, pongitive et bruslanle, paré, vi, 2:i.

— ETYM. Voy. TENSION.

TENSION (tan-sion; en vers, de trois syllabes), s. f. Il l" Etat de ce qui est tendu. Ces membianes, pour se soutenir dans leur état de tension.... ont besoin d'être toujours remplies en partie, buff. Quadrup. t. ii, p. (82. Si des cordes sonores sont tendues, la tension étant la même , plus ces cordes seront longues, plus les sons qu'elles rendront seront graves, dider. Musiq. des anc. Ses accès lui prenaient par des éclats de rire involontaires ; au rire succédait une tension dans tous ses membres, maumontel, àlém. m. Il Bruit de' tension, son rendu par la vibration de toute membrane passant subitement de l'étal de flaccidité à celui de tension. || Tension d'une trajectoire, voy. TRAJECTOIRE. {| 2' Augmentation du volume d'un corps par l'effet de l'écailemenl ou du tiraillement de ses molécules. || Tension artérielle, énergie de la tendance au mtrail des artères distendues. Il 3" Terme de physique. Tension d'un liquide, la force avec laquelle il tend à se réduire en vapeur, et qui varie selon la tempéiature. Il Tension des vapeurs, force avec laquelle les vapeurs pressent de dedans en dehors et en tous sens les parois des vases qui les contiennent. Il Tension électrique, manifestation de l'électricité statique, caractérisée par un effet répulsif et attractif de corps légers chargés d'électricité. Il 4" Terme de pathologie. État des parties vivantes qui n'ont plus leur souplesse naturelle, les tissus étant distendus par l'afflux d'un liquide ou par l'accumulation de gaz, ou leurs fibres étant tirées en sens opposé par une cause quelconque. || 5° Etat d'un canon de fusil qui est bien dressé. || 6" Fig. Tension d'esprit, grande application. Us passent leur vie dans une tension d'esprit continuelle, vauven. Vivre en paix avec les hommes. || 7° Fig. Défaut de style que l'on compare à une corde trop tendue. Vous concevez qu'une tension continuelle et une hauteur monotone devaient être le défaut des écrits de Thomas, mahmontel, Mém. xi.

— HIST. XVI* s. La douleur, chaleur, tension, rougeur, nous signifie l'humeur estre sanguin, PARÉ, V, 3.

— ÊTYM. Lat. tensionem, de tendere (voy. tendre 2).

TENSON (tan-son), s. f. Terme de poésie du moyen 4ge. Dispute sur une question de galanterie, dans laquelle deux ou plusieurs poètes soutenaient des partis différents. Ces pièces de poésie avaient parfois aussi pour objet des plaintes langoureuses ou des reproches amers.

— RF,M, On ne voit pas pourquoi l'Académie fait tenson du masculin. Ce mot n'est masculin ni en français ni en provençal, ni au sens propre de querelle, ni au sens figuré d'espèce de poésie.

— HIST. XIII* s. Or nos uietons en loial jugement, Si e.st la tençon de nos deus dcfinée, Tenson du duc de Brabant et de Cillebert, dans ravnouabd. Lexique. || xvi* s. Les lensons cstoyent disputes d'amours qui se faisoient entre les chevaliers et dames poètes entreparlans ensemble de (pielque belle et subtille queslinn d'amours, i. de nostrad. Poés. provenç. p. <5, dans lacuhne.

— ETY.M. Provenç. tenso; ital. lenxont; du lat. tensionem, action de tendre (voy. tendrb 2). Tenson était fort employé par l'ancienne langue au sens de querelle.

t TENVACULAIRE (tan-ta-ku-lé-r'), adj. Qui a rapport aux tentacules. La couronne lenlaculaire d'un polype.

TENTACDI,F> (tan-U-ku-1'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Appendice mobile non articulé et très-diversement conforme, dont beaucoup d'ani-

maux sont pourvus, et qui, ta plupart du temps, sert d'organe tactile. Spallanzani renversa les oursins pour voir s'ils se redressent par le moyen de leurs pi(|uants ou de leurs tentacules, et il vit que les piquants n'avaient d'autre action que celle de s'écarter pour laisser aux tentacules la faculté de se mouvoir, sennebieh, Ess. art d'obterv. t. ii, p. i, dans pouGKNS.

— ETYM. Lai. tzntare, titer.

t TENTACULE, ÉE (lan-te-ku-lé, lée), adj. Tenu* do zoologie. Oui est muni de tentacules.

t TENTACUL1FOR.ME (tan-ta-ku-li-for-m'j, o^'. Oui a la forme d'un tentacule.

TENTANT, ANTE (tan-tan, tan-t'), adj. Qui tente, qui cause une envie, un désir. Cela devrait être bien tentant pour vous, et je ne sache guère autre que vous qui voulût .s'avi.ser de n'être point tenté de tout cela, baron, llom. à bonnes fort, i, H. Auxdéités, fables des vieux empires, Nou'î opposims des diables peu tentants, bébano. Fin de Chypre.

TENTATEUR, TRICE (tan-ta-teur, tri-s'), t. m. et f. Celui, celle qui tente. Nous devenons à leur égard [des serviteurs] des tentateurs domestiques, MASS. Avent, h^piph. Cette Lucrèce des Asluries, à qui la mauvaise mine de son tentateur prêtait de nouvelles forces, fil une vigoureuse résistance, LESAGE, Gil nias, I, 3. Il En Krmes de l'Kcrilure, le tentateur, le démon. Le tentateur, s'approchant de lui, lui dit : .Si vous êtes le Fils de Dieu, ditei que ces pierres deviennent des pains, saci, Rible, Èvang. S. Matth. iv, 3. Craignez d'exercer l'emploi du tentateur en voulant donner à l'innocence la connaissance du bien et du mal, j. j. BOtiss. Ém. II. Il Adj. Beauté tentatrice. Je chante l'homme en proie aux pièges tentateurs, delille, l'arad. perdu, I. Il L'esprit tentateur, le démon. La malice de res|irit tentateur, et son apparition sous la forme du serpent, Boss. Hist. i, i.

— ETYM. Provenç. temptaire, tentador ; espagn. tentador; ital. tentatore ; du lat. tenlatorem, de tentare, tenter. Dans le provençal, temptaireesl le nominatif, et tentador, le régime.

tTENTATIF, IVi: (tan-ta-lif, li-v'), ad;'. Terme didactique. Méthode tentative, selon l'Encyclopéilie, méthode imparfaite que l'on lâche de perfectionner par des essais et des expériences. || S. m. Le lentatif, nom d'un syllogisme. Quel est l'hypothétique [syllogisme], quel le lentatif, quel le dialectique ou probable, DioJ. d'Or. Tubero, t. ii.p. ii.

— ETYM. Lat. tentativus, de tenlore, tenter. TENTATION (tan-ta-sion ; en vers, de quatre

syllabes), s. f. \\ i° Mouvement intérieur par lequel on est porté à des choses soit indifférentes, soil mauvaises. Je n'ai jamais eu de si basse tentation que celle du gain, balz. liv. ii, letl. 4. Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote, mol. G. Dan 1. il, 4. Je suis un peu étonnée que l'air du menuet ne vnu; donne pas la moindre tentation; quoi! pas une seuie agitation dans les jambes? sÉv. 4 4. Avouons de bonne foi qu'il n'y a point d.; tentation égale i celle de la puissance, ni rien de plus difficile que de se refuser quelque chose, quand les hommes vous accordent tout, boss. Polit, x, o, 4. Ces idoles que le monde adore, à cou en de tentations délicates ne sont-elles pas exposées! id. Duch. d'Orl. J'ose dire que de toutes les tentations dont les princes ont le plus à se garder, ce sont celies qui les poussent à tirer tout ce (ju'ils peuvent de leurs sujets, VAUB. Dtme, p. 23o. l'homme est pius libre d'éviter les tentations que de .e.i vaini;ie, ;. i. Rouss. Hél. VI, 6. Ignores-tu qu'il est des tentation» déshonorantes qui n'approchèrent jamais d'une âme honnête, qu'il est même honteux de les vaincre, el que se pn'xaulionner contre elles est moin» s'humilier que s'avilir?iD. «b. iv, (3. N'exposez plu» votre vie aux tentations de la misère el du désespoir, ID. Ém. IV. Il n y a point de tentation sans espoir, ID. Gouv. de Polog. ch. viii. || 2' En matière de religion, sollicitation au mal par la suggestion du diable ou par celle de la concupiscence. La flamme est l'épreuve du fer. La lentalion l'est des hommes, corn. Imit. i, (3. Vous êtes donc bien tendre à la tentation, mol. Tart. m, 2. Tant de tentations qui accablent la nature humaine, boss. Ilein4 d'Anglet. Jésus-Christ trouve pour nous tant de tent,ilion3 et une telle malignité dans tous les plaisirs, qu'il vient Iroubler les plus innocents dans ses élus, m. Mar.-Thér. Toutes les créature» sont un piège el une tentation i l'homme, lo. Comédie, (O. Le dépouillemcnl religieux y met i couvert de la tentation des richesses.... et quand je dis la tentation des richesses..., que de lent»-

TEN

tloTH renfermée! dans colle-là seule I ua»s. Fto- /(•.«. rcUfi. Serin, 'i. \\ ratliculièreuienl. Iji ten- Uition d'Kve et d'Aduui par le serpent. L'exemple cl la complaisance forlifiant la tentallon, il [Adam] entre dans les sentiments du tentateur si Lien secondé [par l'.ve|, boss. Ilist. n, (.

— IIIST xn* s. Sulunc le jurn de temptacium el désert, Liber psoJm. p. I3(i. Si la lemptiicions ra- V!!t aiilciine foiï la pense juske al délit [plaisir], Job, p. *!>i. Avient î la Tois ke al tens de temptation fiert si granl folie nostre savoir.... l'b. p. 60S. Ilxni's. Ne nos moine mie on tentation, mes delivre nos de mal, l'snittier, C «98. ||xiv' s. Les •toyciens disoient que celui qui est vertueux ne sent nulle passion ne temptacion de ire ne de concupiscence, OHESME, Éth. .18. Il XV' s. Temps de doleur et de temptacion ; Age de plour, d'envie et de tourment, k. dkscii. Du temps présent. || xvi' s. Le despit est la plus forte tentation de toutes les autres, marg. ffouv. xviii.

— F.TYM. Wallon, temmtdssion , provenç. tempt(uio,tentacio; espagn. (en(ocion; ital. tentaxione; du lat. tentationem, de tenture, tenter.

TKNTATIVK (tan-ta-ti-v'), t. /". H 1* Action par laquelle on lente, on essaye de faire réussir quelque chose. L'oflice de bouffon a ses prérogatives; Maifi souvent on rabat nos libres tentatives, mol. Princ. d'Èl. i, 2. Vous voyez que tous vos amis vous ont conseillé cette tentative; quel plaisir n'auriez-vous pas, si par vos soins et vos sollicitations vous obteniez cette petite grâce! siiv. 27 •epl. IG84, il [César] faildivcrscstenlativesf ourvoir si lesJRomains pourraient s accommoder au nom de roi : elles ne servent qu'à le rendre odieux, Boss. Ilist. m, 7. Alfred est le premier auteur de ces tentatives hardies [pour naviguer au nord] que les Anglais, les Hollandais et les Russes ont laites dans nos derniers temps, volt. Mœurs, 20. 11 y a bien loin des opérations minutieusement exactes do l'astronomie aux premières tenlatives que fit Éralosthène pour évaluer la grandeur de la terre d'après la longueur des ombres du gnomon observées à Syène et à Alexandrie, biot, tnslil. Mém. Hcad. sciene. t. m, p. lxxiv. || || ï» Terme d'école: Acte public, par lei|uel celui qui aspirait à être reçu bachelier de la faculté de théologie, faisait preuve de sa capacité.

— KTYJl. Tentalif.

t. TKNTE (tan-f), s. ^. || 1" Pavillon de peau, de toile et autres substances dont on se sert pour ■e mettre à couvert. Il (Louis XIV] est venu camper dans un guéret, sous des tentes môme assez petites, les grandes étant demeurées à Grave l'année dernière, pf.llisson, Lett. hist. t. i, p. 270. Nous allons faire planter au bout de la grande allée, du cf>té du mail, une petite espèce de tente, «Êv. 435. Elles font des tentes, dont les unes sont de peaux cirées, les autres d'écorces d'arbres, »ÉN. Tél. vin. Chaque famille, errante dans ce beau pays, transporte ses tentes d'un lieu en un autre, ID. ib. Toute l'armée des alliés dressait déjà »e» tentes, ro. i6. xn. Ces tentes [des soldats], pour l'ordinaire, étaient de peaux; d'où vient celle expression fort usitée dans lei auteurs : sub pellibus habitare [loger sous les peaux], rollin, Hist. anc. t. XI, 2* part. p. 42), dans pocgens. On lui présenta [à Charles XII], de la part du Grand Seigneur, une large tente d'écarlate brodée d'or, volt. Char- Its XII, 7. Il Fig. Un seul jour, ô mon Dieu, passé dan» votre maison sainte, s'écriaient-ils.... console plus le coeur que les années entières passées dans les plaisirs et dans les tentes des pécheurs, mass. Caféme, Besp. dans les temples. Il habitera sous des tentes de siireté et de confiance, id. Profess. rtli§. Serm. 2. Et qu'est-ce que la terre? une prison flottante, Une demeure étroite, un navire, une tente, lajiart. Uarm. m, ». || Fig. Se retirer sous sa tente, cesser, par contrariété, de prendre part à quelque chose, par allusion àAchiUe, qui, irrité contre les Grecs, cessa de prendre part aux combau. Il Chez les Juifs, fête des Tentes, voyez scénopÉoiE. Il 1' Au plur. Les tentes, le camp, les troupes. Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes (l'Achille, RAC. Iphig. v, 2. Le ciel qui m'a conduit dans les tentes du Maure, volt. Tancr. m, 2. H 3° Fig. La guerre, à cause que c'est surtout en campagne que l'on se sert des tentes. Il étudiait la géométrie jusques dans sa tente, eonten. l'Hôpital. Il [Bonaparte] fit du glaive un sceptre et du trône une tente. Tout son règne fut un combat, V. HUGO, Odes, I, <<.||4" Tente-abri, petite tente légère que les soldats peuvent dresser instantanément en réunissant ensemble plusieurs des mor-

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ceaux de toile dont chacun d'eux est muni. ||4u plur. Des toutes abris. || 6* ferme de marine. Toile tendue sur une partie d'un navire, ou sur ce navire dans toute son étendue, pour mettre le pont à l'abri du soleil. || Tente de nage, tuile que l'un tend au-dessus des bancs lans quelques embarcations. Il 6' Terme de chasse. Sorte de filet que l'on tend pour prendre des bécasses et autres oiseaux de passage. || 7' Dans quelques provinces, barrage en menues branches soutenues par des pieux que l'on fait dans une rivière, et auquel on adapte, devant un petit passage laissé exprès, la gueule d'une nasse pour prendre du poisson. Il 8* Terme d'anatomie. Tente du cervelet, repli de la dure-mère tendu entre le cerveau et le cervelet.

— HIST, im* s. Al jardin orent fait dresser la maistre lente, Berte, x. Il chevauchent tant ije il furent venu en plain là ù les enimis estoient à tendes, marc pûl, p. 743. ||xiv s. Comme fait l'yraigne qui prend les mouches en ses rets et en ses tentes, le chev. de la tour, Instr. à ses filles, (* 26, dans LACURNE. Il ivr s. Les Arabes que l'on surnomme Sceniles (comme qui diroit Tenteniers), pour ce que c'est un peuple va^'abond, qui n'a point d'autres maisons que des tentes qu'il porte tousjours quant et soy , amyot, LucuU. :w. Sçavoir au vray les devis qu'il [Brutus] tenoil en sa tente à quelqu'un de ses privez amis, la veille d'une bataille, mont, ii, I07.

— Etym. Tendre 2; provenç. tenda; espagn. tienda; ilal. tenda.

2. TENFE (tan-t'), s. f. Terme de chirurgie. Faisceau de chffrpie longue, dont les filaments sont disposés parallèlement et liés par le milieu avec un fil, et dont on se 'sert pour les plaies, pour dilater certaines ouvertures, etc.

— HWT. xiv s. Médecine ne tente ne doit loucier sans moien le nerf blecié, fors vin eschaufé, H. de mondeville, !' 48. Il XVI' s. Et sera mis en la playe une tente d'or ou d'argent... paré, vi, 12. Faut mettre une tente de linge délié en quatre ou cinq doubles, trempé en syrop rosat, id. vhi, (6.

— ETYM. Tenter. La tente est proprement une sonde, el l'on disait tenter une plaie pour la sonder : XV' s. Et luy tentèrent ses playes, et vont mettre sus ce qu'elles sceurentque bon feust, Perceforest, t. I, f° 47.

TENTÉ, ÉE (lan-té, tée), part, passé de tenter ). Il 1° Mis en usage pour faire réussir. Une entreprise tentée infructueusement. || i' Sollicité à quelque péché. Femme tentée et femme vaincue, c'est tout un, mariv. Arleq. poli par l'amour, se. ). Un homme tenté résiste une fois, parce qu'il est fort, et succombe une autre fois, parce qu'il est faible, J. j. rouss. Conf. ix. Ce qui nous est défendu par la conscience n'est pas d'être tentés, mais de nous laisser vaincre aux tentations, id. Èm.. v. Il 8° Oui éprouve le désir de quelque chose. Ces sollicitations furent bien reçues d un prince déjà tenté de cette conquête, volt. Charles XII, (. Il Être tenté, être bien tenté de faire quelque chose, en avoir envie, une extrême envie. Je serais tentée de vous envoyer une grande lettre de Mme de Moussy, sÉv. 433. Télcmaque fut tenté de s'en réjouir, pén. Tél. vu.

t TKNTEMKNT (tan-te-man), s. m. Terme d'escrime. Mouvement qui consiste à battre deux fois le fer de l'adversaire.

— ETYM. Tenter.

(.TENTER (tan-té), v. o. || 1' Mettre en usage quelque moyeupour faire réussir ce qu'on désire, ce qu'on entreprend. Il est beau de tenter des choses inouïes, Dùt-on voir par l'effet ses volontés trahies, CORN. Serliir. iv,2. J'ai tenté les moyens d'acquérir son suffrage, la font. Fabl. v, t. Dans l'âme, elle [une prude] est du monde, et ses soins tentent tout Pour accrocher quelqu'un, sans en venir à bout, MOL. Mis. m, 3. Les nations septentrionales, qui habitaient des terres froides et incultes, attirées par la beauté et par la richesse de celles de l'empire, en tentent l'entrée de toutes parts, BOSS. Hist. m, 7. La mort se déclare, on ne tente plus (le remède contre ses funestes attaques, id. le Tellier. [Un homme] qui se mesure avec ses forces, qui entreprend les choses difficiles, et ne tente pas les impossibles, fléch. Turenne. Us eurent fait en peu do jours trois mille barques, et tentèrent le passage en divers endroits, lu. Ilist. de Théodose, m, 03. D'abord il a tenté les atteintes mortelles Des poisons que lui-même a crus les plus fidèles, HAC. Mithr. v, 4. L'admission de M. Diderot à l'Académie ne me parait pas du tout impossible; mais, si elle est impossible, il la faut tenter, volt

Lett.d'Àtembert, J4 juillet <7«o. Nouss' mmes dans un teiiipf où l'on tente le* ouvrages les plus singuliers, mais non pas ou ils réussissent, lo. Mél. liU. Obt. MUT Tristram Shandy. || Tenter de, avao un infinitif. Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant, Boss. Duch. d'Orl. || On le construit quelquefois avec à. Est-ce un crime de tenter à sortir d'esclavage? beauhàrch. Itarb. de Sév. I, s. Il Tenter la fortune, tenter fortune, voy. fortune, n" I et 2. Il 1' Hasarde!', mettre au hasard. Peut-être que je [moi sceptique] pourrais trouver quelques éclaircissements dans mes doutes.... mais... en traitant avec mépris ceux qui se travailleront (le ce soin, je veux aller sans prévoyance et sans crainte tenter un si grand événement [la mort, la vie future], paSC. Pent. ix, <, éd. ha>bt. |ll] laisse sa destinée éternelle entre les malus <lu hasard, et va tenter mollement un si grand événement, MASS. Carême, Vérité d'un avenir. Le czar, incertain s'il tenterait le lendemain le sort d'une nouvelle bataille, volt. Russie, ii, 1.113' Dans le langage soutenu, tenter un lieu, essayer d'y pénétrer; tenter une route, la suivre au loin. L'autre [le renard] fit cent tours inutiles.... Partout il tenta des asiles. Et ce fut partout sans succès, ut. font. Pabl. IX, (4. Pourquoi tenter si loin des courses inutiles? raC. Uithr. m, i. C'est Dieu, pensais-je, qui m'emporte.... Quels cieux ne tenterons-nou* pas? lahaht. Ilarm. m, 9. Je tentai du désert les routes incertaines, c. delav. le Paria, m, 4. Il 4° Dans le style de l'Écriture, éprouver la foi, la fidélité. Dieu tenta Abraham et lui dit : Abratiam, Abraham, saci. Bible, Genèse, Xiu, <. Ils souffrent; mais la même main qui les éprouve les soutient, et ils ne sont pas tentés au delà de leurs forces, MASS. Carême, Dégoûts. || Absolument. Il y a bien de la différence entre tenter et induire en erreur; Dieu tente, mais il n'induit pas en erreur, pasc. l'ens. xxiii, 10. Il Tenter Dieu, lui demander des miracles, de nouveaux effets de sa toute-puissance. Vous ne tenterez pas le Seigneur votre Dieu, comme vous l'avez tenté au lieu de la tentation, 8ACI, Bible, Deutéron. vi, )6. || Fig. Tenter Dieu, se jeter dans des périls, dans des embarras dont on ne peut sortir sans miracle. Quoi 1 monsieur, vous voulez lenterDieu? quelleaudacelMOL. le Dép. v, 4. Savez-vous qu'un si grand retardement donne le temps à tout le royaume de parler, et que c'est tenter Dieu et le roi qtie du vouloir conduire si loin une affaire si extraordinaire?sÉv.l2.La Providence est la commune mère; Fiez-vous-y, mais ne la tentez pas, lamotte, Fabl. ii, la. Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ; Suspendez votre marche, il ne faut tenter Dieu, alfhed de viony, {e Cor. Il On dit de même en parlant des païens : tenter les dieux. Pourquoi tenter les dieux? pourquoi vous présenter Aux coups qu'il vous faut craindre et qu'on peut éviter? volt. Oreste, i, 6. Il 6° Solliciter au mal, au péché. Et les occasions tentent les plus remis, corn. Poty. III, 6. Alors Jésus fut conduit par l'esprit dans le désert pour y être tenté par le diablj, saci. Bible, Evang. .S'» Ùatth. iv, I. Qde nul ne dise, lorsqu'il est teiilé, que c'est Dieu qui le tente ; car Dieu est incapable de tenter, et de pousser au mal , id. ib. St Jacq. ÈpU. cath. i, (3. |i Avec de et un infinitif Us méprisèrent l'argent et toutes les richesses artificielles, qui ne sont richesses que par l'imagination des hommes, et qui les tentent de chercher des plaisirs dangereux, téa. Tél. xii Il 6° Essayer de séduire. Il y en a même qui ont pris cette occasion de tenter ma fidélité; vous ne sauriez croire, monseigneur,, quels avantages on m'a offerts pour me faire promettre de quitter votre parti cet hiver, voit. Lett. 82. Comme on ne lui laissait argent ni pierrerie. Le geôlier fut fidèle, elle eut beau le tenter, la font. Coupe. On tenta le gouverneur hollandais, qu'on savait avare; le marché fut conclu, et il introduisit l'ennemi dans la ville en <e4i, batnal, Uist. phil. Il, M. Ii 7' Mettre à l'épreuve, en parlant de la patience, de la colère. J'ai cent fois, dans le cours de ma gloire passée. Tenté leur patience el ne l'ai point lassée, rac. Brit. iv, 4. VA tenter un courroux que je retiens à peine, id. Phèdre, iv, 2. || E.ssayer de faire impression sur. Tenter sa pitié, à mesure qu'il était plus inejurable, monteso- Lett. pers. (67. || 8" Donner désir, envie. Cependant un sanglier, monstre énorme el superbe. Tente encor notre archer, friand de tels morceaux, la font. Fabl. viii, 27. Je suis leniée de sa proposition [de Mme de Vins, l'invitant à aller chez ^Ue], de sorte que j'ai la mine de ne

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m'en aller que dimanche à la messe de Livry, SKV. -il août H170. La fausse gloire ne le tentait pas, Boss. Louit de Hourbon. Combien le tirtne tente un cœur ambitieux I hac. Bojax. v, 4. Pour fixer de certaines gens, il est bien aussi sûr de les tenter que de leur plaire, marit. Marianne, t' part. Espérant tenter les gens par le bon marché, en me mettant à leur discrétion,;. J. Rouss. Conf. II. Il Tenter, de, avec un substantif. Les millions ne me pouvaient tenter d'une mésalliance, ni la mode, ni mes besoins me résoudre à m'y ployer, st-sim. <b, (67. ||Tenter de, avec un i .initif. Quand j'irai en province, je vous tenterai de revenir avec moi et chez moi, sÉv. à Urne de Grignan, 2) juin <07l.||Se laisser tenter, céder. Vous m'avez trop écrit, ma très-chère; TOUS vous laissez tenter à l'envie de causer, sÉv. 3 fév. (680. Il 9" Inspirer des désirs amoureux. Le copur se gagne , on tente, on est tentée, volt. l'rude, II, 6. Il Sa peau ne me tente guère, sa personne ne me plaît pas, ne me touche pas le cmur. Et je vous verrais nu du haut jusques en b.is, Que toute votre peau ne me tenterait pas, MOL. Tart. III, 2. Il 10° Terme d'escrime. Faire un lentement.

— HIST. xm* s. Esprueve mei, Diex, si me tante. Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 277. Et quant li archevesque le sot, si le fist tempter en moult de manières, par quoi il relaissast çou [ce] qu'il avoit entrepris, Chr. de Hains, 24;). Mes toutevois sunt il tenté D'user de franche volenté, Jo Rose, U298. ||xiv' s. Ils temptoient secrètement les courages des nobles jouvenceaux, par quelle manière les royauls peussent estre receuz dedens la ville, BERCHKUHE, f° 28, verso. Or convient il tempter à déclarer ceste chose plus plenement, ORESME, Êlh. vni, «4. Pource que il a peu veu d'expérience, et si est plus tempté des désirs corporels, ID. ib. TV. Orgueil , ire et desdaing l'allerent si tenter. Que par despit li dit: faites ci «mener Bertran du Gussclin ; je m'i veil acorder, Guescl. M421. Il XV* s. Adonc va leurs playes tenter |sondei), comme celle qui bien s'en sçavoit ayder, l'ircefnrest, t. I, t' H. || xvi' s. Non que le vol de ma plume animée Soit pour tenter un vol icarien, DUBELL. V, .14, recto. Les bons escripts me lenteiit et remuent quasi où ils veulent, mont, ii, 329. Si d'adventiiro tu te rends et es las de plus tenter la fortune, amyot. Cor. 35. Pour avoir failly le chemin, et n'avoir pas bien tenté le guay en traversant le fleuve de Lycus, lo. Démétr. 66. Il fut si outiecuidé, ou, pour mieux dire, si tenté du vin, ainsy qu'il le confessa, brant. Cnp. franf. t. m, p. 69.

— f.TYM. Wallon, (emm(^, tourmenter; provenç. temptar; espagn. tentar; ital. tenlare ; du lat. tentare. On a cru que tentare était un fréquentatif de tenere ; mais, d'après les dernières recherches des érudits, il paraît que la forme certifiée par les manuscrits et les inscriptions est temptare, ce qui exclut .soit tenere, soit tendere. Cependant Cors- «en, Auspr. i, (23, 2« édit. maintient tentare, regardant temptare comme une très-ancienne faute d'orthographe.

t 2. TK.NTKR (tan-té), V. a. Couvrir d'une tente. Les pêcheurs couchent presque toujours dans leurs chaloupes après les avoir tentées , c'est-à-dire conbiiié avec les mâts et les voiles une tente qui les abrite parfaitement. Journal of/iciel, <5 oot.

488», p. (349, ("col.

— ETYM. TerUe t.

t TENTGI (Un-toi), s. m. Barre qui, dans les métiers de haute lisse, sert à tourner les rouleaux pour tendre la chaîne de l'ouvrage.

TENTURE (tan-tu-r'), s. f. \\ !• Nombre de pièces de tapisserie qu'il faut pour tapisser une salle, un appartement, et qui sont ordinairement de même dessin et faites pour se servir de pendants. Géronte : Et ma belle tapisserie qui me coiitait prés de deux mille écus, qu'est-elie devenue? — Lo marquis : Nous en avons eu dix-huit cents livre»; c'est bien vendre. — Géronte : Comment, bien vendre! une tenture comme celle-là, regnard, Het. imprév. in. Plusieurs pièces qui tapissent un appartement s'appellent une tenture; on les tend, on les détend, on les cloue, on les décloue, volt. Dict. phil. Tapissier. Pans surpassa les tapis de Perse et les tentures de Flandres par ses dcs.sins •t .se» teintures. aAYNAL,;/i((. phil. xix,8. || Ce mot désigne le plus souvent les pièces d'élofTe de deuil

3ui sont tendues, lors d'un convoi ou d'un service, an» l'intérieur et i l'extérieur de l'église ainsi 3u'à la maison mortuaire. || Fig. On avait besoin 'effort pour ne pas trouver i redire ai'il n'y eût

point de tenture et d'appareil funèbre [chez Chamillarl à sa chute], st sim. 237, us. || 2- Élofîc, cuir, papier peint, etc., servant à tapisser une chambre. Une tenture de cuir doré. Une tenture de damas. Une tenture de papiers peints. Papiertenture. Il 3° Action de tendre des tapisseries.

— ftTYM. Tendre 2.

TKNU, MJE (le-nu, nue), part, passé de tenir. Il 1* Qu'on a entre les mains. Un livre tenu négligemment. \\i° Il se dit d'une assemblée. Dans un parlement tenu en 829, à Aix-la-Chapello, volt. Mœurs, 23. || 3* Bien tenu, mal tenu, en bon ordre, en mauvais ordre. Quand on arrivait avant l'heure.... on allait se promener dans un jardin assez agréable et bien tenu, fontkn. I.ouvilk. Rien n'est plus beau, à mon gré, qu'une vaste maison rustique.... cinquante vaches proprement tenues occupent un côté avec leurs génisses.... volt. Mél. litt. à M. Dupont. \\ i' Bien tenu, mal tenu, se dit de marchandises dont les prix se soutiennent, ne se soutiennent pas. Les sucres sont bien tenus cette semaine. || 5° Qui est obligé à quelque chose. Je ne suis pas tenu de cela, a cela. Je ne suis pas tenu de croire aux yeux d'autrui, RÉGNIER, Sot. XIV. Si le mari la désavoue aussit('it, elle ne sera point tenue à sa parole, saci, Bible, Nombr. xxx, (3. restitution nul n'est tenu, si.... PASC. Prov. vin. Les médecins d'Egypte qui [n'ayant pu guérir Darius] avaient tous été condamnés à être pendus.... comme s'ils eussen; été tenus de répondre du succès, rollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. 59, dans pougens. Dans quel temps les anciens habitants [de la Hongrie] commencèrent-ils à être tenus en conscience d'être serfs des descendants d'Attila? volt. Dict. phil. Droit. Le tribunal indiquera la maison dans laquelle la femme sera tenue de résider, Code civ. art. 2118. Le mari est tenu, pour la totalité, des dettes de la communauté, ib. art. (484. || 6" Être tenu à quelqu'un, lui avoir de l'obligation, lui être redevable. Que je vous suis tenu de ce qu'il n'en sait rienl corn. l'Illus. com. i, 3. Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant, Qui m'épargne un grand trouble et me rend mon argent, mol. l'Ét. I, 7. Il 7° Estimé, réputé. Par son mari chère tenue Tout de même qu'auparavant, la font. Coupe. Un jeune hermite était tenu pour saint, id. //crm. || Prov. Tant tenu, tant payé, tant tenu que payé, se dit d'une personne q^j'on paye juste en raison du temps qu'on l'a employée, du service qu'elle a rendu. Je vous conseille de le prendre à l'oa^fti ; quand vous le trouverez sous votre patte, servezvou»*n :tant tenu, tant payé, sév. 22 février (695. J'aime tant que l'on m'aime, et n'ai point d'inconstance; Mais, quand par un caprice on songe à me quitter. Je suis trop mon ami pour m'en inquiéter.... Ainsi je vis heureux, tant payé que tenu, TH. corn. VAmnur à la mode, i, 3. || X l'impossible nul n'est tenu.

TÉNU, NCE (té-nu, nue), adj. || !• Qui est fort délié, qui est peu compacte. Un fil ténu. Elles [les plantes] dans leur nutrition ne tirent pas les parties grossières de la terre ou de l'eau; il faut que ces parties soient réduites par la chaleur en vapeurs ténues, buff. Quadrup. t. il, p. (r.3. Il n'y a que cette divi.sibililé en parties extrêmement ténues qui puisse être prouvée par l'expérience, BRissoN, Traité de phys. t. i, p. 5. || 2" Presque aqueux, en parlant d'un liquide, de l'urine, du pus. liS" Terme de médecine. Qui est peu nourrissant. Mettre un malade à une diète ténue.

— HiST. xn' s. De Cantorbire aveie l'jrchediaconé... N'iere [je n'étais pas] del tut si tenves cum tu as ci mustré. Th. le mart. 87. || xiii* s. S'ele [la femme] a lais piez, tous jors se chance, A grosse jambe ait tenvre chauce, la Rose, 13546. Ses deux levretes [petites lèvres] ne sont pas Tenves, mais par raison grossctes, Bl. et Jeh. aoo. ||xvi* s. Lacholere [bile] est de consistence tenue et subtile, PARÉ, Introd.e. Ordonner une diète tenue au patient, id. viii, ^^. C'est lui qui maintenant redonne aux pastoureaux La g, ace de jouer du tenve chalumeau, am. jamin, Poésies, p. 69.

— ETYM. Wallon, tenn; Maine, tarve, teurve, mince, pâle, chétif; provenç. («un, («unn«; espagn. et ital. tenue: du lat. tcnuis; san.scrit, tanu, du radical tan, étendre. Tenve est encore dans la t" édit. du Dict. do l'Académie; et Ménage a conservé *ert!«, comme se disant dans l'Anjou. Tenve représente tén-uU, qui, comme on sait, se disait à côté de ti-nU-ls.

TKNL'K (te-nue), ». f. || !• Tenue de la plume, manière de tenir la plume. || I* Assiette ferme d'un

homme à cheval. Il n'a point de tenue i cheval. Il Cette selle n'a point de tenue, il n'est pas aisé de se tenir ferme sur cette selle. |1 8° Terme de marine. La tenue d'un mit, son a.ssujettisseinent convenable. || i'Termc de marine. Qualilé du fond sur lequel est mouillée une ancre. La tenue est bonne quand le sol résistant retient l'ancre, que le vent, le courant ou la marée pourrait entraîner; elle est mauvaise quand il est facilement labouré par l'ancre, jal. Nous y avons mouillé le même jour par les vingt-quatre bras.scs d'eau, fonds sableux, y ayant bonne tenue. Journal de la route du vaisxeau le More, (688, dans jal. Nous travaillâmes à appareiller; on ne nous avait pas trompés en nous assurant que la tenue était forte dans ce mouillage; nous fûmes très longtemps i faire avec le cabestan des eiïurts inutiles, bougainvii.le, Voy. t. ii, p. 278. Le port n'est ouvert qu'aux vents de sud-ouest; et la tenue y est si bonne, que je crois qu'on y serait sans aucun danger pendant la mousson où ils régnent, lapérouse, Voy. t. II, p. 338, dans pougens. || B" Temps pendant lequel certaines assemblées tiennent leur* séances. Une tenue d'états, ou les chaïubres assemblées pour une affaire très -capitale, n'offrent point aux yeux rien de si grave et de si sérieux qu'une table de gens qui jouent un grand jeu, LA BHUY. VI. Chacun y disjiuta [au cuncile de Constance, en 1414] de luxe et de magnificence; on en peut juger par le nombre de. cinquante orfèvres qui vinrent s'y établir avec leur» ouvriers pendant la tenue du concile, volt. Mirurs, 72.116" Tenue de table, temps qu'on demeure i taille. Ils [la cabale opposée au duc de Bourgogne] exagérèrent quelques tenues de table trop longues et quelques parties de volant, st-sim. 20», 68. i|7" La tenue d'une école, d'une classe, la manière dont on y maintient la discpline. j) Terme de marine, l'enuc d'un navire, ordre, propreté, discipline, réfrularité du service établis à bord de ce navire. Il 8° Maintien, manières. La tenue de ces personnes est excellente. || Manquer de tenue, n'avoir point de tenue, manquer de maintien dans le monde. Il 9" Continuité, durée. Cet été, la chaleur n'est pas de tenue. || Le temps n'a point de tenue, il est fort variable. || 10° Fig. Constance, consistance. Une tenue incroyable dans les idées avec toute la grâce et la légèreté possible de l'expression, DiDEH. Lett. à Mlle Voland, 16 juin 4774. Autre esprit inégal, sans aucune tenue, gresset, le Méch. V, 6. Il N'avoir point de tenue, changer souvent d'avis, être léger. Vous n'avez point de tenue : vous m'avez interrogé sur la forme de notre gouvernement et vous me parlez de musique, volt. Dial. 22. Il 11" Manière d'être habillé. La tenue exigée pour paraître dans un salon. || Avoir une bonne tenue, être propre et soigné dan» »e» habits, sans recherche. 1| Tenue de rigueur, tenue dont on ne peut se dispenser en certaines occasions. Il Tenue se dit particulièrement îles militaires. Tenue d'hiver, d'été. La tenue d'un régiment, d'une troupe, d'un soldat. Ce régiment a une belle tenue. On dit que vous faites des sacrifie « pour la tenue de votre régiment, qui est superbe, PICARD, 7'rofs quartiers, ii, 4. || Etre en grande tenue, être en habit de parade. || Être en petite tenue, n'avoir que la tenue exigée pour le service ordinaire. |{ On dit quelquefois simplement : être en tenue. || 12° Terme de jeu. Action d'un joueur qui pourrait s'en aller et qui ne le f.iit pas. Scissac fit une tenue à II. de Lorge, et qu'il [M. de Lorge) jugea contre toutes les règles du jeu, ST-siM. 55, 168. || 13° ToDue des livres, science de tenir les livres, fonction de celui qui les tient. Il 14° Terme de musique. Note ou accord soutenu pendant plusieurs mesures, ou, dans un mouvement lent, pendant plusieurs subdivisions de temps. Le» tenues sont impossibles sur le piano. Le célèbre Lulli a eu presque toujours une extrême attention à ajuster son chant à la bonne prononciation; par exemple il ne fait point de tenue sur les syllabes brèves, dumahs. Œuv. t. iv, p. 52. Que si l'on chante gloi-reu, cette désinence acquiert tou» l'S droits des voyelles, modulation, tenue, port do voix, d'olivet, Proi. franc, ii, ï. Il» [les chanteurs] font ce qu'ils peuvent pour sauver la longue tenue de cette finale désagréable [Ve muet], et ne |ieuvenl souvent en venir à bout, volt. Mél. litt. À Vabbé d'Oliret. La tenue du son ne variera point, si la tension des cordes demeure la même à différentes ouvertures de la glotte, bonnet, Conr templ. nat. t. viii, p. 35, dans pougens. Le rossignol déploie 9* voix.... ce sont <Us cadences ou

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des tenues i perte d'iialeiue, dider. Lui. A Mil» Voiand, 2" oct. I7Û0. Nous citerons la tenue des flûtes et de» clarinettes, pendant que le» instrumenu i cordes s'agitent dans le grave.... H. bkruoz, i travers chants, p. :ia. || 16* Terme de ticl's. Tenue noble, liefqui relève d'un autre flef. || 16- Dans leBeny, portion de territoire d'unecoiumuiie coinprenant desiiropiiotés de même nature. || 17 Tout d'une tenue, loc. odi). Sans séparation, sans interruption, tout d'un tenant.

— ilisr. xm's. La propriété de le [la] coze lui •era acquise, parce que tenue de dix ans li sera contée, DEAUM. XVI, ♦. || xv* s. Ils desobeyrent à (•.aradûs, disant que la terre qu'ils avoient en tenue esloit nuement à eulx, Perrefurest, t. iv, ^ («. ||xvi' s. Quand quelque evesque ordonnoit un successeur, cela n'avoit point de tenue, sinon qu'il fust ratilié par le peuple, Calv. inst. ««6. Car j'ay espoir leur donner tel venue. Que devant mcjy n'auront point de tenue, J. marot, t, (31. La sagesse rrani;oise a esté en proverbe pour une sagesse qui prenoil de bonne heure, et n'avoit gueres de tenue, mont, i, *8t. Vraiment I vous estes femme do promesse et de tenue, desper. Contes. VIII, La tenue ne fut pas comme la charge, ains lurent lesdits légionnaires repoussez de l'arcbuserie espagnullc, m. du hell. 3B0. S'eboulant la terre sablonneuse à cause de sa légèreté sans avoir tenue, o. de serres, 4ii7. L'histoire arresle le flux de nostre mémoire, qui autrement aurnit trop peu de durée et de tenue, amïot, l'réf. ii, 27.

— ÊTYM. reriu; provenç. tenguda; espagn. et ital. tenuta.

i TÉNDEMENT (té-nû-man), odt). D'une manière ténue.

— HIST. nr s. De ses mervilhoses oevres pensons nos petit et Lenuement, Job, p. «79.

t TÉNUICORNK (lé-nu-i-kor-n'), adj. Qui a des «ornes ou des antennes grêles.

— RTYM. Lat. tenuis, ténu, et cornu, corne.

t TfiNUIFLORK (té-nu-i-flo-r'), ad;. Terme de botanique. Se dit de la calalhide, quand elle est composée de fleurs trè.^-petites.

— ÊTYII. Lat. tennis, ténu, et floi, fleur.

t Tfi.MJIKOHÉ, ÊE (té-nu-i-fo-li-é, ée), adj. terme de botanique. Qui a des feuilles ou folioles grêles.

— ITYM. Lat. Jenuts, ténu, et folium, feuille.

;- TÉNCIROSTKE (té-nu-i-ro-str'J, adj. Terme de loolugic. Quia un bec grêle. ||S. m. pi. Les ténuirostres , famille de passereaux, ayant pour caractère essentiel un bec grêle et long, dont le peu de force les oblige à se nourrir de larves cl d'insectes mous. Genres principaux : huppe, grimpereau.

— ETYM. Lat. tenuis, ténu, et rostrum, bec. TÉNUITÉ (té-nu-i-té), s. /. Qualité do ce qui est

ténu. Le feu et l'eau peuvent également réduire toutes les matières à l'homogénéité, le feu en dévorant ce qu'elles ont d'impur, et l'eau en séparant ce qu'elles ont d'hétérogène et les divisant jusqu'au dernier degré de ténuité, buff. iBtn. t. vi, p. 8ii. .Soit à cause de l'extrême ténuité de la lumière, soit parce que cet astre [le soleil] répare la perle qu'il éprouve, par des moyens jusqu'ici inconnus, il est certain que depuis deux mille ans la substance n'a pas diminué d'un deux-millionième, la place, Expos. IV, )6.

— HIST. XVI" s. I.ii ténuité des vaisseaux, paré, I, H. Pour latenuilé de la maison, qui est de petit revenu, du cange, tenuitas.

— ÊTYM Lat. tenuilatein, de Jgnuw, ténu. L'ancienne langue disait tenuesse.

I. TKNURE (te-nu-r'), s. f. ||1° Terme do féodalité. Mode suivant lequel on tenait une terre. L'imperfection de cette tenure [ne pouvoir disposer du bien tenu en mainmorte] n'est pas le seul vice qui afîecte l'héritage mainmortable, volt. Pol. et U(j. Coutume de Franche-Comté. \\ Mouvance d'un fief. Cette terre était dans la tenure de tel duché. || Mode ou condition de la possession d'un fief, d'un bénéfice militaire. || Tenure féodale, fief noble, en général. || Tenure de chevalier, fief noble qui imposait la condition de suivre son seigneur à la guerre. || Tenure de rolure, mode de possession qui existe encore en Angleterre, el pour laquelle le tenancier doit un service déterminé. Il 2° Il se dit quelquefois jiour terre donnée à ferme. Ce n'est pas que je veuille faire l'apologie des grandes tenures d'après le système qui • est introduit en Angleterre; mais je liens seulement à l'opinion qu'une ferme un peu considérable est mieux cultivée qu'une de moindre étendue, MOËL, Inst. Mém.sc. i>liys. el math, sav élr. 1. 1, p. 342.

— RRM. Bernardin de .Sl-l'ierre a dit tenure dans le sens de tenue : Qu'il J'avait sondé; que la tenure et le mouillage en étaient très-bons el que le vaisseau y était en parlaite sûreté, i'uul el Viiginie. Hien ne parait justifiercet emploi;il y a confusion de termes.

— HIST. xii* s. Dam Hébert de Saint Liz fu de grant teneijre [possessions], du canue, (enere. Il xiu* s. Et de tant de tcns come il fu mcime [mineur] d'aage, la leneure de son aversalre ne li gnegc, Àss. de J. I, «6. Se uns bons demande héritage à aucun, el cil met avant Icnuie de dix ans pesible, beauu. vili, 8. ||xvi' s. Fidélité et félonie sont nciproques entre le seigneur et le vassal; el, comme le iief se confisque [est perdu] par le vassal, ainsi la tenure féodale [le droit féodal] par le seigneur, loïsel, mv.

— ÊTYM. Tenu.

t 2. TENURE (te-nu-r'), i. f. Trou fait dan» un bloc d'ardoise pour recevoir le coin.

— ÊTYM. Tenir.

t TENUTK (lo-nu-t'), ». f. Sorte de fiel dans l'ancien royaume de Pologne. Les biens royaux appelés starosties, teuules ou advocalics, condil. Ltud. hist. Il, 2.

t TÉOOALLI (té-o-kal-li), ». m. Espèce de pyramide qui servait de temple chez les Mexicains.

TÉORBE ou THÉOKBE (té-or-b"), J. in. Instrument à cordes pincées, de la famille des luths, inventé au commencement du xvi' siècle par un musicien italien, nommé Bardella. Le téorbc est plus grand que le luth, et a deux têtes, l'une pour les cordes qui se doigtent sur le manche, l'autre pour les grosses cordes qui servent pour les basses el qui se pincent à vide, eétis, Dicl. de musique. 11 vous faudra trois voix, un dessus, une haute-contre et une basse, qui seront accompagnées d'une basse de viole, d'un téorbe et d'un clavecin, uoL. Bourg, gent. n, (.

— KEM. Du temps de Ménage on disait de préférence tuorbe ; quelques-uns aussi disaient tiorbe. Scarron le faisait féminin.

— ÊTYM. Ital. liorba.

t TÉPALE (té-pa-l'), ». m. Terme de botanique. Chacune des pièces d'un périgone ou enveloppe florale.

— RTYM. Mot fait sur le modèle de lépaU, par Aug. Pyrame de CandoUe.

t TÉPUKOMANCIE (té-fro-man-sie), ». f. Esiuce de divination dans laquelle on se servait de la cendre des sacrifices.

— ÊTY.M. Teçp», cendre, el liavteia, divination. t TÉPUROSIK (té-fro-zie), ». f. Genre de la

famille des légumineuses papilionacces, tribu des lotées. Le tephrosia tinctoria, Persoon, galega tincloria, t. donne l'indigo de Ceylan. || Les feuilles du tephrosia tenna, Kunth, de Popayan, ont les propriétés du séné. || La racine du tephrosia lefilostachya, DC. du Sénégal, est purgative. || Le tephrosia toxicaria, Per.soon, sort à empoisonner le poisson sans le rendre vénéneux.

t TEPIDAUIUM (té-pi-da-ri-om'), ». m. Chambre des thermes romains oii l'on prenait les bains tièdes.

— RTYM. Lat. tepidarium, de tepidus{yoy. tiède). I TÉPIDITÉ (té-pi-di-té), s. f. Qualité de ce qui

est tiède. || Fig. Manque de ferveur. El bien loin de tâcher qu'une chaleur si belle Prenne de jour en jour une force nouvelle. Nous laissons attiédir son impuissante ardeur. Qui de tépidité dégénère en froideur, corn. Imit. i, H.

— HIST. IV* s. Négligence et tépidité pour punir les meffaits, Hitt. de la Toison d'or, 2' vol. ^ <27.

— ÊTYM. Provenç. tepiditat ; ital. (ie;)iditd ; du lat. tepiditatem, de tepidus fvoy. tiêue).

•f TER (ter), adv. latin. Trois fois. 11 s'emploie quelquefois en français après bis, deux fois. || On s'en sert en musique pour indiquer qu'un passage doit être répété trois fois. || Dans les paroles des chansons, il indique qu'un vers ou un fragment de vers doit être répété trois fois.

t TÉHABDELLE (té-ra-bdè-l'), t. f. Sorte de machine pneumatique opérant à volonté la saignée locale et la révulsion par l'intermédiaire de tubes allant de la machine à des ventouses.

— RTYM. Tripeiv, prendre, et pôéXXa, sangsue.

t TÉRATOGÉNIE (té-ra-to-jé-uie), ». f. Mode de production des nionslruosilcs.

— ÊTYM. Tsoa;, monstre, et Y<viia, naissance.

1 TÉRATOLOGIE (té-ra-to-lo-jie), ». f. Partie de la pathologie dans laquelle se trouvent décrite» el classées les monstruosités.

— ËTYH. Tifon, moastrs, et X6ifO(, traité.

t TfiRATOLOGlOUK (té-ra-lo-lo-jl-k"), Odj. Qui a rapport à la tératologie.

t TÉRATOLOGISTE (lé-ra-lo-lo-ii»-t'), ». m. Celui qui s'occupe de tératologie. IJAuteur d'une tératologie.

t TÉKATOSCOPIE (l«-ra-U>-«ko-pio), f. f. Sorte de divination qui consistait dans l'observation des phénomènes dits prodiges, tels que les accouchements monstrueux, les pluies de pierre, de sang, etc. les combats d'armées aériennes.

— ÊTYM Tép«;, ripaxo;, monstre, merveille, el OX01HÎ-., examiner.

\ TERBIUM (tèr-bi-om'), ». m. Terme de chimie. Nouveau métal découvert par H. Mosander dans l'yllria.

TKRCÉ, ÉE (tèr-sé, sée), part. pa$té de terccr. Vigne lercée.

TEKCER ou TERSER (tèr-sé), o. o. Donner un troisième labour, une troisième façon à la vigne.

— BTYM Lai. tertius, troisième.

TKRCKT (tèr-sè ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, 1*» se lie : de tèr-sè-z harmonieux), ». m. Couplet ou slance de trois vers. Et qu'ensuite [dans le sonnet] ïii vers artistcment rangés Fussent en deux tercets par le sens partagés, BoiL. Art p. II. Pétrarque eut honte de se» divins tercets, parce qu'ils étaient italiens, et depuis ne reprocha-l-on pas à Machiavel d'avoir écrit l'histoire autrement qu'en lalin? P. L. cour. Trad. nouv. d'Hérod. préface. || Au xvii' siècle, on disait aussi tiercet. Enfin les quatrains sont admirables tous deux; Venons-en promplement aui tiercets, je vous prie, mol. Fem. sav. m, î.

— ÊTYM. Ital. lerzetto, dimin. de ttrxo, troisième, du lat. tertius.

t TERCINE (lèr-si-n"), ». f. Terme de botanique. Troisième membrane de l'ovule; c'est le chorionde Malpighi ou niicelle (de tertius, troisième).

t TÉRÉBE.NTIir:NK(té-ré-ban-tè-n'),». m. Terme de chimie. Essence de térébenthine, déviant i gauche le plan de polarisation. || Hydrates de térébenthène, composés cristallisés, solides, qui se produisent quand le térébenlhène est exposé longtemps à l'air.

TÉRÉBENTHINE (té-ré-ban-ti-n'), ». f. Nom collectifTlcs résines liquides, qui sont des sucs odorants, demi-liquides et glulineux découlant d'arbres de la famille des conifères et de celle de» térébinthacées. IITérébenhinc de Chio, celle qui vient du térébinthe. || Térébenthine de Venise, celle qui est fournie par le mélèze; on la nomme gomme d'Orenbourg, dans le nord de l'Europe. Il Térébenthine commune de Bordeaux, de France, de Strasbourg, celle qui provient des piniu picea et maritima. || Térébenthine de la Mecque, de Judée, de Gilead ou du Caire, térébenthine qu'on obtient par incision de l'écorce des fcolsomodcndroi» opohalsamum et gileadente, Kunth, famille des térébinthacées burscracées. || Térébenihine cuite; on la prépare en faisant bouillir la térébenthine de Venise dans de l'eau, et arrêtant l'opération lorsqu'un peu de cette résine, jetée dans de l'eau froide , y prend une consistance plastique. || Térébenthine liquide ou de soleil, celle qui a été épurée par le tamisage ; térébenthine compacte, celle qui est obtenue en faisant fondre la résine molle après en avoir retiré la térébenthine de soleil. |! Essence de térébenthine, liquide incolore, plus léger que l'eau, d'une odeur forte et désagréable , qui diminue sensiblement par des distillations réité rées et se rapproche alors de celle du citron. L'es sence de térébenthine noircit les couleurs, gâte l'effet du tableau, et en rend la touche aride, dideh. Peint, en cire, Œuv. t. xv, p. 354, dans poucen». ||ï' Champignon malfaisant du genre agaris.

— HIST. iiV s. Une once de tercbentine blanche, lanfranc, f" III, fer»o.

— ÊTYM. Génev. (urbentine; provenç. terebentina, terkentina; espagn. trementina; portug. 1ermenlina; ital. IremenJino; du lat. terebinthina, de terebinthus, térébinthe.

t TÉRÉBINTHACÉES (té-ré-bin-U-sée), ». f.plur. Famille de plantes doni le térébipthe est le type.

TÉRÉBINTHE (té-ré-bin-l*), ». m. Nom vulgaire et spécifi(|ue du pistachier térébinthe qui sert de type i la famille des térébinthacées. C'est au pied de quelques-uns de ces térébinihes, aïeux du térébinthe qui me couvre, que le poète sacré [David] venait sans doute attendre le souffle qui l'inspirait si mélodieusement, lamabt. Voy. en Orient, Jérusalem.

— ETYM. Prov. terrbinte : esp. et ital. terebinlii du lat. terebittthus, qui vient de TtptCiv&o«.

TER

t TfiUfiBINTlIINlî, ÉE (tc-ré-bin-ti né, née), adj. Oui contient île la térébenthinH, qui en a les qualités.

t rfiRfiBINTIJINIQUE (lé-ré-binti-nl-k'), TfiRÉ- BIMyUK (lé-ré bi-ni-k'), ou TÉliÉlIVLIQUE (téré-bi-li-k'), adj. Terme de chimie. Acide térébintliiiiii[ue,etc. produit de l'action de l'acide azotique sur l'essence de térébenlnine.

tTÊRfiBKAPrr, ANTE (té-ré-bran, bran-t'), adj. Il 1" Qui perce ou perfore. ]| Terme de zoologie. Se dit des coquilles bivalves dont les animaux ont la fa utlé de percer les pierres. || S. m. plur. Famille d'iiisrctes hyménoptères. || 8* Terme de médecine. Se dit de la douleur, quand il semble que la partie soulTianle soit percée par un corps qui cherche i s'y introduire.

— RTYM. Lat. terehrare, percer (voy. tarière).

t TCRÊBRATECII (té-ré-bra-teur), ». m. Synonyme de perforateur.

' lÉRÊBRATION (té-ré-bra-sion), s. f. Action de percer. La térébration du crâne dans le trépan, dos côtes dans la thoracocenlèse. || Particulièrement. Action de percer un arbre pour en tirer un suc résineui, ou gommeui, ou gommo-r.jsineux.

— KTYM. Lat. terebrationem, de terebrare, percer.

tTÉRÊBRATCLE (té-ré-bra-tu-l'), s. f. Terme de zoologie. Genre de coquilles bivalves.

— ETYM. Dimin. du lat. terebratus, percé, perforé, de terebrare (voy. téhébrant).

t TÉltÉBRATULITE (té-ré-bra-tu-li-f), s. f.Térébratule fossile.

— ETYM. Térébratule, et la finale minéralogique i(e, qui indique fossilité.

t TEIIEC (lé-rèk), s. m. Ancien nom du goudron. Tarif, <8 sept. )66i.

— ETYM. Ce mot se trouve dans le composé enterquer, goudronner, du cange, intrirc, et dans le normand iarquer , qui tient peut-être à l'anglais ttarck, empois.

t TÊKÉNIiBIN (té-ré-ni-a-bin'), s. m. Sorte de manne liquide qui vient de P^rse (du persan terengobin).

t TKRÉTICACLE (té-ré-ti-kô-l'), adj. Terme de botanique. Qui a une tige arrondie.

— ÊTYM. Lat. teres, teretis, arrondi, et caulis, tige.

t TERGAL, ALE (ter gai, ga-l'), adj. Terme de zoologie. Qui a rapport au dos des insectes.

— ETYM. Lat. tergum, dos.

t TERGÉMINË, ÉE (tèr-jé-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Qui forme trois couples. Se dit d'une feuille composée, dont le pétiole commun se termine par deui pétioles secondaires, portant chacun une paire de folioles vers le sommet, tandis que le pétiole commun lui-même en porte une troisième paire à la naissance des deux pétioles secondaires.

— ETYM. Lat. tergemintu, de ter, trois fois, et geminui, double.

t TERGIVERSATEUR (tèr-ji- vèr-sa-teur), s. m. Celui qui tergiverse. Il reconnut le cardinal pour tergiversateur et ennemi des grands plus que jamais, voYEB d'argenson, Uétn. p. 375, dans pou-

CSNS.

— Hisr. XVI' s. Tergiversateur, cotgrave.

— ETYM. Lat. tergiversatorem (voy. tergiverser).

TERGIVERSATION (tèr-ji-vèr-sa-sion ; en vers, de six syllabes), *. f. Action de tergiverser. Les chambres assemblées au parlement après beaucoup de tergiversations, Gui patin, Ifouv. lett. t. i, p. 33), dans pouGENs.

— iiiST. XVI* s. Toute tergiversation nous est ostée, CALV. Inst. 2b.

— ETYM. Lat. tergiveriationem, de tergiversari, tergiverser.

TERGIVERSER (tèr-ji-vèr-sé), v. n. Prendre des détours, des faux-fuyants. Il y aurait la plus extrême lâcheté à l'un de nous deux d'abandonner l'autre, de tergiverser, de craindre un scélérat qui offense un ami, volt. Lett. Thiriot, <9 janv. 173». Rousseau fait une autre chicane au Misanthrope; il lui reproche de tergiverser d'abord avec Oronte, LAiiARPK, Cours de lilt. t. vin, p. »57. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

• msT. xvi" s. Tant qu'il leur est possible, ils tascbent lousjours de tergiverser contre le jugement de Dieu, CALV. Inst. 263.

— ETYM. Génev. tragiverser, trégiverser; du lat. tergivertari, de tergum, dos, et versari, tourner, fréquenUitif de e«r(«re (voy. version).

t TERGUM (tir-gum'), (. f. Ttrme d'eatomolo-

TER

gie. Dos de chacun des trois segments du thorax des insectes.

— EiY.M. Lat. tergum, dos.

TERME ftèr-m'; au xvr siixle, terme rime le plus souvent avec des mots en arme], s. m. || 1° Borne, limite de la carrière. J'ai à voir devant Dieu quel est celui qui me paraîtra le plus avantageux pour arriver à mon terme, qui est toujours le salut, uouRDAL. Instruct. Choix d'un état de vie, Exhurl. t. II, p. 446. Le vulgaire est content s'il remplit son devoir; Il faut plus au héros; li faut que sa vaillance Aille au delà du terme et de notre espérance, VOLT. Tancr. v, 3. Il faut plus de force pour s'arrêter au terme, que pour le passer par la violence de l'impulsion, DtCLOS, Consid. mœurs, )3. Il 2' Chez les Komains, divinité dont la représentation en forme de borne servait de limite aux héritages et à l'Etat (il prend une majuscule). Lorsque Tarquin voulut bâtir le Capitole, il trouva que la place la plus convenable était occupée par les statues de beaucoup d'autres divinités ; il s'enquit par la science qu'il avait dans les augures, si elles voudraient céder leur place à Jupiter : toutes y consentirent, à la réserve de Mars, de la Jeunesse et du dieu Terme; là-dessus s'établirent trois opinions religieuses : que le peuple de Mars ne céderait à personne le lieu qu'il occupait; que la jeunesse romaine ne serait point surmontée; et qu'enfin le dieu Terme des Romains ne reculerait jamais; ce qui arriva pourtant sous Adrien, MONTESQ. Rom. 15. Il Terme de statuaire. Figure d'homme ou de femme dont la partie inférieure se termine en gaine, et qu'on place ordinairement dans les jardins, au bout des allées et des palissades. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous De ne bouger non plus qu'un terme, la font. Fabl. IX, <9. Il Être planté comme un terme, rester longtemps debout à la même place. Eh bienl tu restes là comme un terme à me regarder; va me chercher une voiture, picard. Deux Pkiliberts, i, <6. Il Terme marin, celui auquel on donne, au lieu de gaine, deux queues de poisson entortillées. Il Terme rustique, terme dont la gaine, ornée de bossages ou de glaçons, porte la figure de quelque divinité champêtre. || Terme double, celui dont la gaîne porte deux demi-corps, ou deux bustes adossés. || 3° Fin dans le temps ou dans l'espace. Il n'y a rien autre chose par quoi nos sens soient touchés que cette seule superficie qui est le terme des dimensions du corps qui est senti ou aperçu par les sens, desc. Rép. aux 4" obj. 71. Quels termes n'a franchis ma course vagabonde? ROTR. Herc. mour. i, t. Nos termes sont pareils par leur courte durée ; Qui de nous des clartés de la voûte azurée Doit jouir le dernier? la font. Fabl. XI, 8. Le voyage d'Auvergne n'aura ni fin ni terme, sÉv. 384. Que si le temps comparé au temps, la mesure à la mesure, et le terme au terme, se réduit à rien, que sera-ce si l'on compare le temps à l'éternité, où il n'y a ni mesure ni terme T Boss. le Tellier, Je n'entreprends pas, chrétiens, de vous dire la destinée des hérésies de ces derniers siècles, ni de marquer le terme fatal dans lequel Dieu a résolu de borner leur cours, id. Reine d'Anglet. Alors nous le vîmes.... comme un sage pilote.... aller droit, comme au terme unique d'une si périlleuse navigation, à la conservation du corps de l'État et au rétablissement de l'autorité royale, id. le Tellier. Cette mort dans la paix et dans l'espérance du Seigneur qu'il [M. le Tellier] a regardée comme la fin de son travail et le terme de son pèlerinage, pléch. le Tellier. Les vainqueurs fatigués.... Publiant à la fin le terme du carnage, volt. Orphel. i, 3. L'homme qui ne meurt pas de maladies accidentelles, vit partout quatre-vingt-dix ou cent ans ; nos ancêtres n'ont pas vécu davantage, et depuis le siècle de David ce terme n'a point du tout varié, buff. W;.st. nat. Uom. Œuv. t. IV, p. 368. Il Être à son dernier terme, être près de mourir. La reine touche presque à son terme fatal, hac. Phèdre, i, a. Vous seul [Dieu] voyez si je suis encore loin de ma course, ou si je touche déjà au terme fatal, au delà duquel est la mort et le jugement, mass. Carême, Impén. fin. Le roi [Louis XI], voyant que son terme n'était pas éloigné, duclos, U!av. t. m, p. 310. Il 4" Fig. Il se dit dans l'ordre intellectuel et moral. Aller jusqu'au terme où la bonté paternelle finit, MONTESQ. Esp XXIV, )3. Tel a été le dernier terme de son ambition, J. ). Rouss. Ém. iv. La I considération que les Indiens ont pour ces animaux est si grande qu'elle a dégénéré en supersti- I lion, dernier terme d4 l'kveugle respect, buff.

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Quadrup. t. T, p. 00. |; 6° Anciennement, en chronologie, les termes des fêtes mobiles étaient certains jours fixes, d'où l'on commençait à compter pour trouver les fêtes mobiles. Le terme de la Septuagésime était le 7 de janvier, etc. Ce calcul n'est plus en usage depuis la réformalion du calendrier. Il 6* Temps préfix. Ayant fait cet hiver un effort pour m'échapper [de la cour d'Espagne] devant ce terme [dix ou douze mois], voit. Lett. 34. Elle n'a que fureur et que vengeance en l'âme ; Mais, en si peu de temps, que peut faire une femme? Je n'ai prescrit qu'un jour de terme à son départ, corn. Méd. iv, 2. {| Particulièrement, temps préfix d'un payement. Emprunter à long terme. Payer dès que le terme est échu. Somme payable en six termes. Le terme diffère de la condition, en ce qu'il ne suspend point l'engagement, dont il retarde seulement l'exécution. Code civ. art. (186. Le débiteur ne peut plus réclamer le bénéfice du terme lorsqu'il est en faillite, ib. art. 4 188. Le terme de grâce n'est point un obstacle à la compensation, ib. art. (292. || Terme de rigueur, terme passé lequel il n'y a plus de délai à obtenir. ||X la bourse, opération à terme, opération dont le règlement n'a lieu qu'à une époque plus ou moins éloignée du moment de la négociation, mais cependant toujours fixée d'avance. Il 7° Espace de trois mois de loyer d'une habitation. Nous sommes restés trois termes dans ce logement. Il Somme à payer au bout du terme. Un tailleur, à qui Mme d'Alain louait quelque;- chambres dans le fond de la maison, vint un quart d'heure après lui apporter un reste de terme qu'il lui devait, mariv. Pays. parv. 3' part. Enfin cette femme m'a payé son terme, picard, Provinc. à Paris, ni, 3. ||La fin du terme. Je déménage au terme. || Demi-terme, la moitié du terme d'une location. Payer un demi-terme. Il nous a fallu déloger à mi-terme, regnard, Ret. imprévu, )3. Il 8' Époque naturelle de l'accouchement. Enfant venu à terme. Elle approche de son terme. Elle menaçait d'accoucher avant terme, hamilt. Gram, 7. Il Fig. Vous devez enfanter un homme; et cet homme que vous devez enfanter, et à qui vous dovez donner une vie nouvelle, c'est vousmême; votre heure est venue, vous êtes à terme, BOSS. Sermons, Tristesse des enfants de Dieu, 2. i. Demiterme, mi-terme, la moitié du temps ordinaire d« la grossesse. Faire une fausse couche à mi-terme. Il Demi-terme, sorte d'ajustement que portent les femmes arrivées au demi-terme de leur grossesse. Il Terme se dit aussi des femelles de quelques animaux, jument, vache, chienne, etc. Une -vache qui n'est pas encore à terme. Une lice étant sur son terme, la font. Fabl. ii, 7. || 9° Mot, expression (la scolastique ayant donné à lenninus, qui en latin ne signifie jamais que borne, le sens de détermination, de définition, et la transition étant naturelle de définition à expression). Mais peut-être que vous avez Jugé que cotte fortune [recevoir une lettre de vous, Balz.ic] était tellement au delà dece que je devais espérer, qu'il vous fallait avec loisir chercher des termes pour me la rendre croyable, VOIT. Lett. t. Elle a.... insulté mon oreille Par l'impropriété d'un mot sauvageet bas Qu'en termes décisifs condamne Vaugelas, mol. femin. soc. 11,0. Que ce soit de cet état même [le scepticisme] qu'il [un incrédule] fasse le sujet de sa joie et de sa vanité, je n'ai point de termes pour qualifier une si extravagante créature, pasc. Pens. ix, (, édit. havet. Tant il est vrai que tout meurt en lui [l'homme], jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ces malheureux restes, boss. Duch. d Orl. Il ne s'agit pas de termes, mais de choses, ni de manières d'expliquer, mais du fonds, id. ( •"' avert. e. Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir, boil. Art p. I. Elles [li's femmes] sont heureuses dans le choix des termes, qu'elles placent si juste, que, tout connus qu'ils sont, ils ont le charme de la nouveauté, la bruy. i. Les colères sont plus éloquentes, et l'on se dit des injures plus poliment et en meilleurs termes, id. ix. Atticus ne rougit point d'avouer qu'un matelot lui avait appris la véritable signification d'un terme de marine, qu'il avait longtemps ignorée et sur laquelle il s'était trompé, rollin. Traité des Et. i, 3. Une infinité de termes antiques se conservent dans des canton» éloignés, tandis que les capitales et les grandes villes varient dans leur langage de siècle en siècle, VOLT. Mél. hist. Ment, imprim. eonspxr. Piémont. Quand il faut représenter des idées qui n'ont pas encore été exprimées, on est obligé de se servir de termes qui paraissent contradictoires; et c'est

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f^r celle rai'ion que les philosophes onl souvent einployé, dans CCS ca% des termes tliangcrs, afin d'éloïKiicr de l'esprit l'idée de contradiction qui peut se présenter en se servant de termes unités, et qui ont une signification reçue, bufk. llist. anim. ch. II. On lui reproche |.i llubbes] d'avoir mlroduil dans sa philosophie des termes nouveaux; mais, ayant une façon particulière de considérer les choses, il était impossible qu'il s'en tînt aux mots reçus, dider. Opin. des anc. p/iil. [hobbisine). Dire que la cause est égale à son effet, c'est dire, en d'autres termes, que la force est égale au mouvement, conuil. Art d« rais, n, 3. Il Je lui ai dit cela en propres termes, dans les mômes termes que je viens de rapporter. || S'exprimer en termes propres, employer lesti'rmcs convenables à la chose dont on parle. || Mesurer, peser, composer SCS termes, s'exprimer avec réserve, circonspection. Il Parler de quelqu'un en bons leriiios, en mauvais termes, en dire du bien, du mal. On jiarla fort de vous à plusieurs reprises, el en très-bons termes, SKV. 44. Il Ne p.is ménager ses termes, dire avec dureté des choses désagréables. Le duc d'Estrées poussait tin peu loin les reproches et les menace», el ne ménageait poinlles termes, sév. 28 mars (089. Il 10" Expression particulière à un art, à une science. Un terme scientifique. C'est un terme de métier. Terme didactique. Termes de droit, de médecine. Un dictionnaire des termes de la marine. Ses mœurs sont inégalement égales, pour parler en termes de notre Aristote, corn, le Cid, Avertissement. Aiu termes de l'Écriture, l'aumône est une justice; ce que nous appelons un don, le sage le nomme une dette , fléch. Duc de Montaus. ||ir Un des éléments de la proposition. Le sujet est le terme essentiel de la proposition. Des deux termes que l'on compare dans une proposition, l'an s'appelle sujet et l'autre attribut, condil. irl d'écr. i, 3. || Terme de comparaison, de relation, chacun des deux objets que l'on compare, qui ont du rapport entre eux. Ce terme de comparaison n'esl point exact. Père et fils sont deux termes de relation. || Fig. L'àme, qui est le terme entre le Père et le Fils, c'est le Saint-Esprit, CTUTKAUUB. Génie, l, l, 3. || 1>* En logique, tes termes d'un syllogisme, les trois termes dont les idées combiné s deux à deux forment les trois propositions. || Le moyen terme, le terme intermédiaire dans le syllogisme. || IS" En mathématiques , termes d'un rapport, d'une proportion, d'une progression, chacune des quantités qui composent le rapport, la proportion, la progression. Il Fig. Si nous suivons le progrès de l'inégalité dans ces différentes révolutions, nous trouverons que l'établissement de la loi et du droit de propriété fut son premier terme, l'institution de la magistrature le second, ]. i. Rouss. Irtég. 2* part. Il 14' En algèbre, terme ou monôme, expression telle que ab, entre les parties de laquelle il n'y a signe ni d'addition ni de soustraction. Les termes dont il s'agit sont ceux qui dépendent de la distance du soleil à l'apogée de la lune ; je crois être le premier qui les aie calculés exactement, d'alemb. (Muv. t. xiï, p. «7. Il 15* Condition. Les affaires de Home ne vont pas trop bien.... on a envoyé par l'ordinaire les termes que l'on a choisis, et je doute qu'on .s'en contente, sÉv. septembre looo. || 18° Au plur. Élat où est une affaire, position d'une personne àl'égard d'une autre. Voilà à quels termes je suis réduit et comme quoi je vis, balz. liv. I, lett. 8. Mais parlez à son père, et bientôt son pouvoir Remettra son esprit aux termes du devoir, cohn. l'Illus. corn. Il, 8. On avait espéré que les propositions des députés des états généraux (de Hollande], qui étaient arrivés le même jour, mettraient les choses en tels termes qu'il ne serait pas besoin de leur envoyer des troupes, peli.i.sson, Lett. hist. t. I, p. 187. Il lui dit que, quoique deux visites lui fussent pardonnables dans les tonnes où il était avec elle.... scahr. /lom. coin, i, 22. La chose eu est aux termes de n'en plus faire de secret, mol. Festin, lu, ♦. En quels termes sommes-nous rédiiiLs, s'il n'y a que les jansénistes qui ne se brouillent ni avec la foi ni avec la raison? pasc. Prov. n. En vérité, mon père, s'il fallait que le soupçon de calvinisme tombât sur eux [jansénistes] ou sur vous [jésuites], je vous trouverais en mauvais termes, m. t'b. ZTi. Comme ma connaissance n'allait pas jusque-là, je me vis en termes de ne lui pouvoir répondre, m. ib. xvit Et ne présume pas que Vénus ou Satan Souffre qu'eUo en demeure aux termes du roman, boil. .S'aJ. x. Quoique peu accommodé des biens de la fortune, il se

i>i<;t. os la languk raANÇAibs

tint toujours dans les termes d'un désintéressement parfait, ne prenant rien de ceux qui venaient l'entendre, xk»iel. Socrate. Protestants et premiers chrétiens étaient précisément dans les mêmes termes; on ne peut trop le répéter; ils étaient également innocents ou ég.ilement coupables, volt. Mœurs, Rem. xvi. Il [Pierre le Grand] voulut apprendre de près en quels termes était le régent do France avec l'Angleterre, et si ce prince était affermi, id. Russie, il, 8. Je ne suis pas ici en termes de pouvoir faire le modeste ; un accusé sur la sellette , qui voit que son affaire va mal, se recommande par où il peut, p. l. coi/R. Lett. à M. Rennuard. \\ Proverbes. Qui a terme ne doit rien, on ne peut pas contraindre au payement d'une dette qui n'est pas échue. || Le terme vaut l'argent, quand on a du temps, on a le moyen de se créer des res.sources.

— SYN. 1. TER.SIE, LIMITES, BORNES. Lo terme est un point; les limites sont une ligne; les bornes un obstacle. Il 2. termes, mots, expressions. Les termes sont distingués des mots, en ce que ces derniers sont de la langue, et que les premiers sont du sujet, ainsi que les e.\pi'e3sion3 sont de la pensée. L'usage décide des mots, la convenance avec les choses fait la bonté des termes, le tour fait le mérite de l'expression, laveaux. || 3* termes propres, propres termes. Les termes propres sont ceux que l'usage a consacrés, pour rendre précisément les idées que l'on veut exprimer. Les propres termes sont ceux mêmes qui ont été employés par ^ personne que l'on fait parler ou par l'écrivain que l'on cite.

— HIST. xi« s. S'il le pot truver dedenz le terme. Lois de Guill. 4. Vendrai li jurz, si passerai li termes, Ch. de Roi. iv. || xii' s. Le terme [je] vous dirai de vous apareiller : D'ui cest jour en un an soiez prest d'osloier (entrer en campagne], Sax. XVI. Si mclomcs un terme prochain, ne demort guaire; Puis seroiues ensemble pour faire au roi cûiiliaire, ib. xxxi. || xiii* s. Li lermcs est près que vos eu devés aler, et la compaignie de vos et des Veniciens ne doit durer ijue jusques à la -Saint-Michel, villeh. lxxxvhi. Dedcns le termine del couronnement, cspousa li marchis de Monllerrat l'empereris qui le:ne l'empeicour Kyrsac avoit esté, ID. CXI. D.imc vaillans, pleine de courtoisie, Jugiés se cil doit jà d'amor joïr. Qui met respil en son plus grant désir, Et si ne scet le terme de sa vie, llist. lin. de la Fr. t. xxill, p. 063. Sa mcrc [elle] a tost mandée, n'i fu lonc terme mis, Uerle, Lxxv. Et jura li rois devant tous que, se li castiaus ne estoit rendus devers le lierme des trivcs et il les pooil prendre par force, il les feroit tous ocire et mettre à l'espée, Chr. de Rains, 177. Li diex d'amours sans terme mètre Do leu, ne de tens en sa letre, Toute sa baronie mande, la lluse, lii4"«. Quant aucun acate [achète] en lele manière qu'il paiera le pris de le [la] vente à termes, beaum. XLiv, 37. Car tout se pert souvent par dés ou par luxure. Ou il se monteplie par terme ou par usure, J. DE MEUNG, Test. 38(i. Il xiv* s. Li cevaliers fust trais à fin, Si croi (je crois] ses tiermes fust moult cours.... J. de condé, t. ii, p. 2:ih. Il (l'hermite] disl : Girars, as-tu en Dieu créance ferme? El ciz dist : oïl, sire, non tos jours, mais à terme [par inlervalle|, Girart de Ross. v. 2079. Il convient souvent user de termes ou de mots propres en la science, qui ne sonlpas communément entemlus necongnus de chascun,ORESME, l'rol. Et, tout cecy fait, tient ses termes (plaids, assises] le maire chascun jour, environ heure de tierce devant disner et à relevée après disner, du canoë, terminus. \\iV s Que les offres que le roy de Navarre niettoit en termes faisoyent bien à recueillir, FBOiss. II, p. 23, dans lacurne. La fin, qui est le terme de tout œuvre, rend conclusc et close toute chose à terme establie, ciir. de pis. Charles V, I, 12. El ses termes et façons qu'il tenoil [Louis XI, à propos de son talent à gagner les gen.s] luy ont saulvé la couronne, comm. i, 10. J'entendz tenans termes honncstes comme on tient à ambassadeurs [il s'agit d'envoyés chargés d'observer ce qui se passe chez l'étranger sous prétexte d'ambassade], id. m, «. Congnoissoil bien que ledit seigneur de Cran tenoit de mauvais termes audit prince d'Orange, id. v, 17. Et pour ce avoit elle tenu ces termes [ce langage], affin que le chevalier fust deceu, Perce foresl,i. v, ftr,. Et à cause de l'effroy qu'il fist, y eut plusieurs femmes qui en accoiicliercnt avant terme, J. de TnnvFS, Chrnn. 1405. Et pour ce qu'il pourroit sembler à aucuns que il ne «ul'list mie de dire en

termes si généraux... que aicsui soit bon i qui bien en sait user.... Rnuciq. 1,7. Luy lient les plut cstranges termes (façons d'agir] que jamais ; car, quand elle le veoit, ne s'en fist que moquer, Aresta amorum, p. iso, dans laci.rne. || xvi* ». Après marchoit Bourbon, qui tenoit termes (air, allure] D'un Scipion, quand va donner alarmes.... I. UAROT, T, 3&. Auprès du feu, couards tiennent gros termes, id. v, 43. L'argent par terme [à diverses échéances] recueilly Peu de profit souvent ameine, harot, ni, 3u. Qui t'a eslabli les termes de tavie?iiONT. I, 7S. Quand Usera venu au terme de l'aage où je suis, to. i, iib. Aussitosl que l'amour entre aux termes de l'amitié, le désir s'esvanouit, ID. I, 200. Terme vaull autant i dire comme borne; c'est le dieu des confins, ahyot, Numa, 28. U ne luy resioit plus qu'à coucher l'edicl en bons termes, ID. Solon, 26. Les femmes grosses enfantoient leurs enfans presque, tous défectueux, el n'y en avoit pas un qui vinsl à terme, lo. Publ 38. Ce pendant que la bataille estoit en lelz termes, on dit qu'il s'apparut en l'air une grande fiaiume, ID. Thém. 29. Luy mesme aussi de son costé estoit bien desplaisant de les voir rdduils i si mauvais termes, iD. Aie. 40. Dedans le terme du temps qu'il avoit prefix, ta. Nicias, 13.

— ETYM. Provenç. el cat. terme; du lat. terminus, qui tient au grec lépixa, borne. Jfr-mt'niM est un participe moyen de la racine tar, pénétrer: ce qui va au delà , ce qui limite. Tertne est U forme française; au ziii* siècle on refit sur 1« latin (crmine, qui n'a pas duré.

t TEll.MKH (tcr-mé), e. o. Terme d'eaux el forets. Tcrmcr une vente, assigner le lieu et le jour de son adjudication.

— HIST. xvi* s. Vienne sur champs, mais avec son armée. Vous présenter la bataille Icrmée, Il la perdra... marqt, ii, 305. Leur destin. Eternel ou terme selon l'arrest divin, baïf, Œuv. p. iOH.

— f.TVM. Terme.

TKRMP-S (tèr-mès') ou, plus souvent, TKR.MITE ( tèr-mi-t' ), s. m. Nom d'un genre de névropicres dont les différentes espèces sont appelées par les Arabes ccri'a ou karia : elles portent aussi le nom vulgaire de poux de bois et de fourmis blanches. Dans ce genre on distingue le termes destructeur, qui s'est introduit à la Kochelle et ailleurs daim l'ouest de la France. Le termit.; ronge les pièces de bois, sans attaquer l'extérieur, de sorte qu'elles paraissent intactes, alors qu'elles sont déjà tout à lait détruites. || Kig. Un travail de termite, un Ira» vail destructeur el occulte.

— ETYM. Lat. larmes, ver rongeur, déjà éorM termes dans Isidore de SéviUe.

\ TF.Il.MIN (tèr-min), t. m. Haut lermin, faux 1ermin, nom deschauffoirsqui se succèdent dans la fa< brication du sel, Enquêtes sur les («U, t. l, p. 61«

t TER.MINAIRK (lèr-mi-nô-r'), ». m. Quêteur ot prédicateur d'un couvent, d'un ordre mendian. qui devait se renfermer dans les limites assigné* à sa communauté.

— ETYM. Lat. termirtut, terme.

TER.M1NAIS0.\ (lèr-mi-nè-zon), s. {. \\ 1* EU

d'une chose qui se termine, qui cesse, qui finit. La terminaison d'une affaire, d'une maladie. La terminaison de la crise. || 2* En anatomie, le bout ou !a disparition des nerfs, des vaisseaux, etc. La terminaison d'un nerf. l*s terminaisons artérielles. Il 3" Terme de grammaire. Désinence. Terminaison féminine. Terminaison ma.sculine. L'arrangement des mots français fait entendre en quel sens ils sont pris, au lieu qu'en latin c'est la terminaison des mots qui détermine le rapport sous lequel le mot doit être considéré, dumars. A'ue. t. I, p. 7. Avouez, monsieur, que la prodigieuse variété de toutes ces désinences [dans la langue française! peut avoir quelque avantage sur les cinq terminaisons (o, e, t, 0, u] de tous les mots de votre langue [l'italien], volt. Lett. Tovazii, 24 janv. 1701.

— HIST. xiv s. Couples [couplets] d'un meisme nombre de sillabes el de semblable terminaison, ORESME, Thèse de meunier. || zvi* s. Qu'il croyoil fermement, que ce juge devoil faire la terminaison de sa vie, cabl. vu, <i. Je viendray à des exemples de diminutifs ayans autres terminaisons, H. est. Pricell. éd. feuoère, p. »9. Leur langage [de certains sauvages d'Amérique], c'est uo langage doulx et qui a le son agréable, retirant aux terminaisons grecques, mont, i, 240.

— ETYM. Lat. terminationem, de terminare, terminer. L'ancienne langue disait terminatice ; et aixvi' siccleonavait sur le latin, refait termination.

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TKKMI.NAL, ALE(tèMni-nal,na-n,od/.|| t'Terme d'histoire naturelle. Il se dit de ce qui termine une partie, de ce qui en forme l'extrémité. || Kn anatomie, fil ou filet terminal, filament creux qui termine la dure-m&ro rachidienne. {| 2" Se dit, en botanique, de tout organe qui naît au sommet d'un autre. Bourgeons terminaux. {| 3* Terme d'antiquité romaine. Qui concerne les limites. Loi terminale.

— Rtym. Prov. lermenal; esp. terminal; ilal. terminale ; du lat. terminalis, de terminus, terme.

tTEItMINALII';K(tèr-mi-na-li6), J. m. Synonyme de badamier.

t TKRMINATKUR, TRICE {lèr-mi-na-tcur, tri-s'), adj. Oui termine. Tracez sur votre toile le cercle terminateur de la lumière et de l'ombre, didkr. Pensées sur la peint. Œuv. t. xv, p. 214, dans POUGF.NS. Ainsi trois sortes de lignes préliminaires : la ligne terminatrice de la lumière, la ligne de la balance des figures, et les lignes de la perspective, iD. ib. p. a<2.

— Rtym. Lat. terminatorem, de terminare, terminer.

tTKKMINATIF, IVE (tèr-mi-na-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire. Qui forme la terminaison

— ËTYM. Lat. terminare, terminer.

t TERMINATIONNEL, ELLE (tèr-mi-na-sio-nèl, nè-l'), adj. Terme de grammaire. Étal agglutinatif ou terminationnel, état des langues où deux ou plusieurs racines sont unies ensemble pour former des mots, de manière qu'une des racines demeure immuable, tandis que les autres peuvent changer.

— RTYM. Lat. terminatio (voy. terminaison). TERMINÉ, ÉE (tèr-mi-né, née), part, passé de

terminer. |{ !• Borné, limité. Par ce bruit je vous ai donné Un renom, qui n'est terminé Ni de fleuve, ni de montagne, malh. vi,4. 112" Terminé de, se dit d'une couleur qui est terminée par une autre. Les pennes de la queue noirâtres, terminées de jaune, bufp. Ois. t. n, p. ui9. |t Traits, contours terminés, traits bien arrêtés, qui n'ont rien de vague, d'indécis. Des images faibles et mal terminées, b0fp. Hist. no», hom. Œuv. t. iv, p. 618. Une de ces peaux [des léopards] coiite huit ou dix louis, lorsque le fauve en est vif et brillant, et que les taches en sont bien noires et bien terminées, buff. Quadrup. l. m, p. 288. || 3* Achevé, fini. Dès lors on admira ce règne fortuné, Et commencé trop tard et trop tôt terminé, volt. Henr. x.

TERMINER (tèr-mi-né), v. a. || i* Borner, limiter. Par le corps, j'entends tout ce qui peut être terminé par quelque figure, qui peut être compris en quelque lieu, et remplir un espace en telle sorte que tout autre corps en soit exclus, DESC. Médit, n, (. Alger, qui termine l'empire des Turcs en Afrique, est l'ancienne Numidic, volt. Mœurs, i««. Au delà se présente la presqu'île de Pallène; et, dans le lointain, le mont Athos termine cette superbe vue, bariiisl. Ànach. oh. 36. Il Fig. Borner, arrêter dans une limite déterminée. Ainsi, ma sœur, du moins vous avez dans vos plaintes Où porter vos souhaits et terminer vos craintes, corn. Hor. m, 4. || t' Achever, finir. Souffre qu'avec honneur je termine mes jours, corn. Hor. II, 8. On ne pouvait assez louer l'incroyable dextérité de Madame i terminer tous les différends d'une manière qui conciliait tous les intérêts opposés, Boss. Duch. d'Orl. Il termina plusieurs guerres par sa valeur, et n'en entreprit aucune par ambition, pléch. Hist. de Théodose, i, l. Termi- Dons des regrets qui pourraient trop s'étendre, Oi'W. Hol. I, 4. Ainsi fut terminée la seconde guerre punique, après avoir duré dix-sept ans, BOLLIN, Traité des El. i' part. ch. 1. 1| Terme de manège. Terminer des courbettes, des voltes, les finir selon les règles. i| 3° Mettre un terme. La mort termina les conquêtes d'Alexandre. || Être au bout, à l'extrémité de quelque chose. Toute la force d'une phrase se réunit quelquefois dans le mot qui la termine, coc«DiLL. Conn. hum. ri, i, (2. Ces dieux, ces demi-dieux, cette famille immense. Que termine César, que Jupiter commence, dbulle, Géorg. m. \\ 4» Se terminer, ». réfl. Étr^ achevé, terminé. L'affaire se termina par un traité de paix •olennel. Le public aime asseï; que chaque acte se termine par quelque raorcenu brillant qui enlève les applaudissemenU, volt. Comm. Corn llérén. m. t. L'histoire de l'Académie française publiée par Pellisson et d'Olivet se termine au commencement du siècle où nous vivons, d'alemb. Œuv. t. VI, p. n. IjB* Aboutir. Vous serez surpris quand TOUS apprendrez à quoi se termine un si grand

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éclat, PASC. Prnv. i. Un amour ardent et sensible pour les vérités de la foi, soit pour celles qui regardent la soumission de l'esprit, soit pour celles q.ii regardent la pratique dans le monde; à quoi toute la leligion se termine, u" péiiieh. Vie de l'ascal. Aux premiers siècles, toutes les inlricne» du conclave se terminaient à choisir entre les prêtres celui qui paraissait avoir le plus de zèle ri de force pour soutenir le martyre, sév. 20 jnill. )69<. Si ses enfants [de l'Eglise] inclinent la télé devant le livre de l'Évangile,... s'ils le baisent avec respect, tout cet honneur se termine à la vérité éternelle qui nous y est proposée, boss. lixii. de la doctr. de l'Êgl. 6. Puisque ses crimes [de Jérusalem] recommencent sans cesse, que toutes mes miséricordes sur elle se terminent à de nouvelles ingratitudes, mass. Carême, Inconst. \\ 6° Être borné. La fécondité de notre esprit ne se termine pas à cette parole intérieure , à cette pensée intellectuelle, à cette image de la vérité qui se forme en nous, boss. Hist. Ii, 6. Car enfin le Tout- Puissant n'aurait fait que des ouvrages peu dignes de lui, si toute sa magnificence ne se terminait qu'à des grandeurs exposées à nos sens infirines, m. ib. Il ?• Terme de grammaire. Avoir telle ou telle désinence. Les verbes de la )'• conjugaison se terminent en er à l'infinitif.

— HIST. XII* s. Tuit ti homme [tous tes hommes] mal te terminent, Mal te veulent, mal te destinent, Moult te heent [haïssent], moult te menacent, Mal tequierent, maltepouichaccnt, Roman de Brut, f" 68, dans LACUBNE- Il xui* s. Or [elles] le truevent de biau confort.... Et tost parl'ostel s'cspandi Que Jehans csteit terminés [guéri], Bl. et Jeh. 1 4 1 2. !| XIV' s. Fini, c'est chose terminée, limittée et certaine, oresme, Élh. 40. Or est garie [la langueur d'un chevalier] et ticrminnée , j. de coNDÉ, t. n, p. <93. ||xv'8. Environ nonne que le dit enfant fut terminez [mort], du cangb, terminare. Fin de compte, la chose termina en paix, comm. vil, 3.||ivrs. Comment pouvoyent ils terminer leurs afflictions à une minute de temps, veu qu'ils estoyent affligez toute leur vie? calv. Instit. 330. Ceuli de qui ny les bornes qui séparent l'Asie de l'Europe ne peuvent terminer l'insatiable convoi lise d'avoir, comment se contenteroient ils du leurT AMïûT, Pyrr. 23. Il le supplia bien humblement de vouloir terminer ceste guerre, id. Sylla, ♦8. C'estoit un amour se terminant en amitié, MONT, i, 212. Par laditte coustume un père ou mère est hoir de son enfant terminé [décédé] sans hoir procréé de sa chair en leal aariage, à la charge de payer les debtes, Cousl. gén. t. i, p. 76B.

— ËTYM. Provenç. termenar, lerminar ; espagn. lerminar; ital. terminare; du lat. terminare, de terminus, terme.

f TERMINIS (Of) (in'-tèr-mi-nis'), loc. latine usitée en termes de jurisprudence. Une décision in terminis est celle dans laquelle le juge a atteint les limites du mandat qui lui est confié.

— ÊTYM. Lat. in, en, terminis, termes.

t TERMINISME (tèr-mi-ni-sm'), t. m. Doctrine des terminisles.

t TERMINISTE (tèr-mi-nisf), s. m. Nom que l'on donne à ceux qui croient que, dans l'Eglise et hors de l'Église, Dieu a fixé dans la vie do chaque homme un terme de rigueur, au delà duquel il ne lui accorde plus aucun moyen de repentir ou de salut, quoique son existence se prolonge encore sur la terre.

t TERMINOLOGIE (tèr-mi-nn-lo-jic), s. f. jj 1° Ensemble des termes techniques d'une science ou d'un art. La terminologie chimique. Cette prétendue science n'est qu'une vaine terminologie. Il 2° Langue particulière que se fait chaque auteur.

— Rtym. Mot hybride fait du lat. terminus, terme, et Xoyo;, traité.

TERMITE (tèr-mi-f), ». m. Voy. termes.

\ TEK-MITlP-RE (tèr-mi-tiè-r'), s. f. Fourmilière de termites.

t TERNAOE (tèr-na-j'), t. m. Nom vulgaire du lupin.

TERNAIRE (tèr-n*-r'),od;'. || l'Quiestcomposéde trois unités. L'idée que nous avons de l'entendement divin ne me sepible poinldifférer de celle que nous avons de notrepropre entendement, sinon seulement comme l'idée d'un nombre infini diffère ilu nombre binaire ou du ternaire, dksc. Rt'p. aux i" obj. (4. Il Arithmétique ternaire, système ia numération qui exprimerait tous les nombres pa' le moyen de trois caractères, tels que i, i et d !| >* Qui est distribué trois par trois || 8* Terme de

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minéralogie. Qui est produit en vertu d'un décroissemcnt par trois rangées. || 4* Terme de chimie. Compo.se ternaire, composé qui résulte de la combinaison de trois corps simples, ou plutôt de deux composés binaires ayant un principe commun. Il 6° Terme de musique. Divisé par trois. Temps ternaire. Mesure ternaire.

— RTY.M. Provenç. ternari; espagn. et ital. ternario; de temarius, trois (voy. trois).

t TERNATE (tèr-na-t'J, ». f. Genre de plante» légumineuses, créé par Tournefort et réuni depuis au genre tUtoria de Linné.

t TERNAUX (tèr-nô), adj. invar. Cachemire Ternaux, cachemire fabriqué par la maison de commerce fondée par Ternaux, à l'imitation de ceux des Indes. On dit aussi substantivement : un ternaux.

t TERNE (tèr-n'), adj. Qui n'a point ou qui a peu d'éclat. Les yeux ternes ne disent presque rien, J. J. Rouss. Ém. i. Le poli terne, gras et savonneux de tous les jades, bufp. Jfi'n. t. vu, p. 52. Il Terme de peinture. Coloris terne, coloris sans éclat. Il Kig. Un style terne, un style sans couleur. Cette image est brillante, mais jure au milieu de son entourage terne, comme de l'argent plaqué sur de l'étarn, sainte-beuve, Critiques, i, p. 2uo, J. B. Rousseau, cdit. de I84i.

— HIST. XV s. Et quant le roy eust ouy ceste nouvelle, si fust tant courroucé qu'il en perdit toute la couleur et devint aussi terne que cendre, Lancelot du lac, t. III, f" 29, dans lacurne.

— ËTYM. Voy. TERNIR.

2 TERNE (tèr-n'), ». m. jl 1° Terme de loterie. Réunion de trois numéros qui ne doivent produire de gain qu'à condition de sortir tous trois au même tirage. Ma fortune est faite, mon terne est venu.... il y avait longtemps que je guettais ce tcrne-là, florian, les Deuxbillets, i. J'ai poursuivi un terne pendant longtemps; mais j'y ai renoncé ; c'est une ruine que la loterie, picard. Manie de briller, n, < 1. 1| Terne sec, trois numéros qu'on ne joue pas séparément, c'est-à dire qu'on prend sans jouer ni l'extrait ni l'ambe qu'ils contiennent. Au dernier tirage de la loterie, nous gagnons un terne sec de vingt-quatre mille francs, picard, Voy. interr. i, <.||Fig. et familièrement. C'est un terne à la loterie, se dit d'un bien, d'un avantage que le hasard seul procure. || 2* Tenue du jeu de loto. Trois numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale. ||3' Terme de jeu de dés. Les deux trois. U me faudrait un terne. U amena successivement deux ternes. || On dit aussi sans article, et au pluriel : amener ternes.

— HlST. XV* s. Abusé m'a et faict entendre D'ambesas que ce fussent ternes, villon, G. testam. Double ballade. || xvi* s. Un Senequc, un Burre, un Trazée, ceste terne de gens de bien.... la boétie, 09.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. terna; du lat. t*rnus, triple, de ter, très (voy. trois).

TERNE, ÉE (ter-né, née), adj. Terme de botanique. Il se dit des parties qui sont rapprochée» trois par trois. Les feuilles du trèfle sont ternées, c'est-à-dire composées de trois folioles.

— F.TYM. Lat. ternus, triple.

TERNES (lèr-n'), ». m. Voy. terne, n* 3. TERNI, lE (tèr-ni, nie), port, passé de ternir.

Rendu terne. D'où vient qu'elle a l'oeil trouble et le teint si terni? C'est que sur le calcul, dit-on, de Cassini, Un astrolabe en main, elle a dans sa gouttière X suivre Jupiter passé la nuit entière, BOIL. Sot. X. Elle couvre ce front, terni par les douleurs. De baisers maternels, entremêlés de pleurs, k. CHÉN. le Jeune malade. \\ Fig. Tous me» plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie, corn. Cid, 1, 7. Si, quelques années après votre mort, vous reveniez, hommes oubliés, au milieu du monde, vous vous hâteriez de rentrer dans vos tombeaux, pour ne voir pas votre nom terni.... BOSS. le Tellier. Dans la guerre si malheureuse dont ils [les Français] sortent, j'ai vu leurs auteurs et leurs philosophes soutenir la gloire du nom français, ternie par leurs guerriers, j. j. rouss. Confest. v.

t TERNIER (tèr-nié), ». m. Grimpereau.

t TERNIFOLifi, ÉE (tèr-ni-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles verticillées trois par trois.

— ÊTYM. I.at. ternus, triple, et folium, feuille. TERNIR (lèr-nir), v. o. || 1" Ôter ou diminuer

l'éclat d'une chose. Le centième décembre a le» plaines ternies. Et le centième avril les a peinte» de fleurs.... malii. ii, <2. Ils entrèrent dans Rome.... par un temps gris qui ternit et confond tous I<:«

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objets, STAËL, Corinne, i, ♦. Je vous revois, cl le temps Irop rapide Ternil ces yeux où riaient les amours, bérano. Déesse. Le suir retient ici son haloin' expirante, De crainte de ternir la glace transparente Où se mire le firmament, lamaut. Horm. I, 10. L'Archipel tout à coup frappé d'umbre, Comme un vaste miroir qu'un soulflc aurait terni, p. lebrun, Yotj. de Grèce, m, 2. || Fig. Un seul doute, un seul mot la blesse [la foi] ; un souffle, pour ainsi dire, la leriiit, mass. Carimt, Vériti! delà relig. || 2° Par extension, éclipsir, obscurcir. X peine tu parais les armes à la main. Que tu ternis les noms du Grec et du Romain, conN. Remerc. au Roi. Et comme ami je le prie et conjure, S'il veut ternir un ouvrage immortel. Qu'il fasse mieux, 10. Rond«au. Si la gloire de César a terni celle de prosijuo tous les grands Cipilaincs de la république, UELVÉTius, De l'espril, discours iv, 1. 1| 3" Fig. Diminuer, rttcr l'éclat des choses morales ou intellectuelles. Jamais personne n'a été mieux persuadé que lui, que l'avarice, la sécheresse et l'orgueil ternissent les plus belles qualités des grands hommes, retz, Conjur. Fiesque. On voudrait, à quelque prix que ce fiit, ternir la beauté de son action [la retraite du cardinal de Hel/.], sÉv. 209. La fin de son règne [de Clovis] ternit la gloire des commencements, boss. Ilist. j, u. De peur que la contagion du siècle ne ternît, en quelque façon, la pui'eté de son innocence, pléch. Panégyr. Franc, de Paule. L'hymen de Soliman ternit-il sa mémoire? rac. Bajat. ii,a. Sa mère Pénélope l'avait nourri malgré Mentor dans une hauteur et dans une fierté qui ternissaient tout ce qu'il y avait de plus aimable en lui, vétt. Tél. XVI. [Louis XIV] n'ayant point encore éprouvé les malheurs qui ternirent les dernières années de son règne, d'aleub. Apolog. de Clerm. Tonn. L'ignorance a terni tes lumières sublimes [de l'Kvangile], lamart. llarm. m, 5. \\K' Se ternir, v. Téft. Devenir terne. On approche un miroir ou une lumière de la bouche du malade : si le miroir se ternit, ou si la lumière vacille, on conclut qu'il respire encore, bufp. Hisl. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 378. Il Fig. C'est d'ordinaire ainsi que ses pareils agissent; X suivre leur devoir leurs hauls faits se ternissent, corn. Aïcom. il, t. Que tout ri:tat périsse. Avant que jusque-là ma vertu se ternisse, id. Suréna, m, i.

— HIST. IV* s. Toute la couleur luy ternit, l'Àmartt ressuscité, p. 54o, dans lacurne. J'ay deuil que vieulx villains tarnys Soient d'or et d'argent si garnis; Et mignons en ont tant besoin! TILLON, Baillev. et Malep. \\ xvi' s. Il n'y a que cette seule tache en tous ses haulls faits d'armes, qui ternisse un peu son honneur, amyot, Alex. (00. Pourquoy est-ce que tu as les yeux si agus à voir le mal d'aulruy, et si ternis à voir le tien propre? ID. De la Iranq. d'dme, U. Comme à ceste fleur, la vieillesse Fera ternir vostre beauté, rons. 384. Cet aspect lui fit paslir la conscience et ternir le teint, d'aub. Ilist. i, 259 Je ne sçais ny plaire, ny rcsjouir, ny chatouiller; le meilleur conte du monde se seiche entre mes mains et se ternit,

MONT, m, 37.

— Etvm. D'après Diez, de l'ano. haut-ail. tarni, caché, tarnjan. cacher, obscurcir. L'anglais la larrtish vient du français.

t TKRNISSIvMEiNT (tèr-ni-se-man), t. m. Action oe ternir.

- HIST. xvr s. Ternissement et enfoncement des yeux, grisonnement de poil, o. de serres, 303.

\ TERNISSKUR (tèr-ni-seur), s. m. Celui qui ternit.

— llisr. XVI' s. Ternisseur, cotgrave.

TERNISSURE (tèr-ni-su-r'), s. f. État de ce qui

est terni. La ternissure d'une cuirasse, d'un miroir.

— HIST. rvi* s. Pasieur au visage, lividité ou ternisseure aux ongles, paré, xx, t7.

— ËTYM. Ternir.

t TERNO ANNULAIRE (lèr-no-a-nu-lé-r'), adj. Terme de minéralogie. Se dit d'une substance cristalli.-iée en prismes, dont chaque base offre un anneau de facettes dues à un décroissement par trois rangées.

I TERNO-SINGULAXE (tèr-no-sin-gu-la-ks*), adj. Terme de cristallographie. Voy. sinoulaxe.

t TERNSTROE.MIACf.KS (tèrn-strè-mi-a-sée), s. f. pi. Terme de botaniciue. Famille de plantes dicotylédones, ainsi dite du genre principal dédié par I.inné au botaniste suédois Ternstrcem.

t TfiROULLK (té rou-l'), t. f. Terre noire et légère qui, dans la recherche des mines de charbon de terre, est considérée comme un indice de l'approche de ce minéraL

t TERPINR (tèr-pi-n'), t. f. Terme de chimie. Un des hydrates du térébentliène.

j TERI'LVOLE (tèr-pi no 1'), ». f. Terme de chimie. Essence qui se forme par l'action des acides sur l'hydrate d essence de térébenthine.

t TERPODIU.M (tèr-po-di-o;u'), f. m. Sorte d'instrument de musique. Terpodiums, mèmci droits que les forte-piano, selon leur forme, Tarif des douanes de («41, p. (uo.

t TERPSICIIORE (tèr-psi-lio-r'), ». f. || !• Nom d'une des neuf Muscs, celle qui pré-iide à la danse. Il Fig. Une Terpsichore , une danseuse qu'on vante, ou, ironiciuemcnt, dont on se moque. || 2* La 8 1 • petite planète, découve rtc par M. Tempcl en 1 804 .

— ÉTYM. TéfiJ/K, amusement, et x'?"^! l'anse.

t TERRADE (tè-ra-d'), ». f. Boue des rues qu'on piirte sur les terres

(. TERRAGE (tè-ra-j'l, ». m. Anciennement, droit seigneurial, qui se levait en plusieurs points comme la dime de dix ou douze gerbes l'une.

— HIST. XIII' s. Micx [mieux] vault uns jai.ins qu'uns pages. Et deux dismes que uns terrages, Ane. poés. franc. Vatic. dans lacurne.

— f.TYM. Terre.

2. TERRAGE (tè-ra-j'), ». m. || 1' En sucrerie, action de terrer, d'enlever le sirop adhérent aux cristaux du sucre. Le refroidissement détermine bientôt la crislallisalion du sucre; à cette époque, on débouche le trou des formes, et le sirop s'écoule; après quoi l'on procède au terrage, THENARD, Traité de ehim. t. m, p. (as, dans pougens. Il 2° Terme rural. Synonyme de colmatage.

— ETVM. Terrer.

t TERRAILLE (tè-ri-ll', U mouillées), ». f. Sorte de poterie fine, jaune ou grisâtre, qui se fabrique à Escrome, près le Pont-Saint-Esprit. Porcelaines, faïence et tcrraille, peyssonnel, Traité sur le comm. de la mer Noire, t. i, p. (09.

t TERRAILLER (tè-rà-ilé, U mouillées), v. a. Terme rural. Répandre de la terre sur les prés, pendant l'hiver.

TERRAIN (lè-rin), t. m. Voy. terrein, orthographe meilleure, le mot venant de terrenits.

TERRAL (tè-ral), t. m. Terme de marine peu usité. Brise de terre, vent qui soufllc de la terre vers le large, par opposition à brise de mer, celle qui, venant du large, pousse vers la terre.

— 6TYM. Terre

t TER RAMA RE (tèr-ra-ma-r*), t. f. Terme de géologie. Sorte de terre ammoniacale qu'on exploite comme engrais en différents points de l'Italie. Il Nom donné à l'emplacement de stations humaines du nord de l'Italie, qui appartiennent aux temps préhistoriques; la terramare est formée dos débris de toutes sortes provenant des hommes qui y habitaient. Les terramares de l'Emilie, amas contenant de la cendre, du charbon, des silex et des 08 travaillés, des ossements d'animaux dont la chair parait avoir été mangée, des tc'ssons de poteries et divers autres restes de l'industrie des premiers âges, offrent également une grande analogie avec les kjoekkenmoeddings, alfred mauhy, Bel), des Deux-, il ondes, ("av. (867, p. 653.

t TERRA-MEUITA (tèr-ra-mé-ri-ta), ou TERRE MERITE, ». f. Voy. terre, n" 27.

t TKRRAN, ANE(tè-ran, ra-n'), od;. Terme d'histoire naturelle. Qui se loge daiis la terre. Il y a un tanyrliynque terran, coléoptères.

TERRAQUG, ÊË (tèr-ra-ké, kée), adj. Composé de terre et d'eau; usité seulement dans ces locutions et analogues : globe leri-aqué, masse terraquée. J'ai bien peur que notre petit globe terraqué ne soit précisément les petites maisons de l'univers dont vous me faites l'honneur de me parler, VOLT. Memnon

— REM. Au xvni' siècle. Voltaire et les autres écrivaient terraquée au masculin.

— ETYM. Adjectif singulier pour lequel il n'y a pas d'historique et qui parait formé de lerro, terre, et aqua, eau ; car l'adjectif latin (erraceus n'aurait pu donner terraqué.

\ TERRAS (té-rà), s. m. Résine qui tombe au pied des arbres et s'y mélange de terre.

— ETYM. J'erre.

t TERRASSANT, ANTE (tè-ra-san, san-t'), adj. Qui terrasse. M. de Buffon demeure aussi attaché à ses corps jaunes qu'à ses molécules organiques, malgré t;int d'objections terrassantes qu'on a accumulées contre son système, bonnet, t'onsi'd. cor})S oTflon. Œuv. t. VI, p. -395, dms pouokns. Notre pieux académicien, en opposant à l'impiété les raisons les plus terrassantes que son zèle pouvait lui fournir, d'aleub. Éloges, Destouches, noté ».

t. TERRASSE (tèr-ra-s'), ». f. ||l'Uvée de tcrr» ordinairement soutenue par de la maçonnerie, pour la promenade ou pour U vue. Votre terrassa doit être une fort belle chose; je .luis souvent avec vous tous, et mon imigination sait bien où vous trouver dans cette belle et grande principauté, SÉv. 43e. Il Ce jardin est en terrasse, il est clere en forme de terrasse. || Ce jardin est tout en terrasse. Il est composé de plusieurs terrasses plus élevées les unes que les autres. Il I' Travaux de terrasse, tous les travaux qui se font en remuant des terres. || 3* Ouvrage de maçonnerie en forme de balcon, de galerie, au-devant d'une habitation. Les fenêtres de sa chambre ouvrent sur une terrasse. Il 4* Couverture d'un édifice en plate-forme Dans l'Orient on passe les nuits sur les terrasses l.es toits de celte ville sont en terrasse. Ces têtes couronnaient, sur les créneaux rangées. Les terrasses de rose et de jasmin en fleurs, v. hloo, Orient, les THes du sérail. \\ B* Terme de peinture. Premier plan des paysages. |i 6' Terme de sculpture. Surface du socle, sur laquelle reposent les pieds de la figure. || Terme d'architecture. Contreterrasse, terrasse élevée au-dessus d'une autre. Il 7* Terme de blason. Se dit de la pointe de l'écu, faite en forme de champ plein d'herbe. || 8' Se dit de parties tendres qui se trouvent quel(|ucfuis dans les marbres; défaut qui se répare avec de petits éclats et un mastic de la poudre du même marbre. || 9' Partie d'une pierre précieuse qui ne peut soulTrir le poli. JllO" Cuvette où l'on chauffe l'argent que l'on veut dorer.

— UIST. xv's. Les verrières y sont [au réfectoire] de belle face. Et de menuz quarreaux par la terrace [le sol] Est tout pavé, CHB. de pisan,Di( de Puissy. Et sur la seconde porte estoit ung drap qui couvroit depuis hault sur la tarrachc jusques à la bée de la porte [lors d'une entrée royale à Rouen], viriville, Chron. normande, ch. 68. Firent ceux de Naples grant joye parmy la ville, et allumèrent feuxetchandelles parmy les rues et sur les terrasses (les maisons, monstrel. t. i, ch. (03, p. 24 1, dans lacurne. Ainsi que le suppliant fut venu de besongner de certaine terrasse ou torchis en certain endroit de son hostel, du cangk, terralia. \\ xvi' s. ...Qu'on porteroit des matériaux à la porte neuve, pour, sous couleur de la vouloir fermer de murailles, en oster les gabions et terrasses dont elle estoit condamnée, b'aub. Hist. m, 335.

— ÉTYM. Bas-lat. terroci'o, de l'adjectif latir terraceus, de lerro, terre.

2. f TERRASSE (tèr-ra-s'), ». f. Terrasse de Hollande, tuf volcanique des environs d'Andemach qu'on cuit et qu'on réduit en poudre, al. brongniart, Ttaité de min. t. l, p. 228.

— ETYM Coiyuption du mot Jra»».

TERRASSf;, ÊE (tè-ra-sé, séc), part, passé de

terrasser. Jeté à terre. Un lion d'immense stature Par un seul homme terrassé, la font. Fabl. m, (o. Il Fig. Toute son audace a paru terrassée, rac. Alhal. Il, 2. Il Terme de blason. Se dit d'un arbre, d'une plante représentée Sur un écu, avec la terre qui couvre sa racine. || Se dit aussi de la pointe d'un écu qui représente un terrain.

TERRASSEMENT (tè-ra-se-man), s. m. || 1° Action de terrasser, de remuer et transporter des terres. Ces déblais et ces remblais, ainsi que leurs transports i ies distances déterminées, sont désignés généralement sous le nom de terrassements, GIRARD, Instit. Mém. seienc. t. viii, p. 203. La dépense des terrassements nécessaires à l'établissement d'un canal de navigation diminue dans un plus grand rapport que le carré de la chute des écluses au moyen desquelles la pente entière de ce canal est rachetée, id. i6. p. )7(. || 2' Action de terrasser, de renverser.

— HIST. ivi' I. Ceux qui se sont séparez de nostre religion tendent principalement au' terrassement du saint siège de Rome, pasquier, Rech. ra, p. 200, dans lacubne.

— ÉTYM. Terrasser.

TERRASSER (tè-ra-sé), c. o. || 1' Appuyer un amas de terre derrière une muraille pour la fortifier. Terrasser un mur. Terrasser un chemin. Il 2* Creuser, fouir la terre. Paul-Louis, sur les hauts de Véretz, fait des choses admirables, c'est le premier homme du monde pour terrasser un arpent de vigne, p. L. couB. Gax. du vill. n* 4. Il 8" Dresser et régler les terres pour faire un pavage. || 4* Renverser, jeter à terre avec violence. Il terrasse lui seul et Gulbert et Grasset, Et GoriU Ion la basse et Grandin le fausset, boil. tulr. v. Ce n'est pas assez néanmoins pour obtenir la cou-

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ronnc [du combat à la lutte] ; il faut que le vainqueur terrasse au moins deux fois son rivât, et communément ils en viennent trois fois aiu mains, bahthkl. Anaeh. ch. 38. || 5" Fig. Faire perdre courage, consterner. Il est presque impossible que do oareils coups fassent la môme impression sur le coupable et sur l'innocent ; l'un est terrassé malgré lui-même par le témoignage de sa conscience ; l'autre en est soutenu et relevé, FONT. Mnrsigli. Terrasser l'insolence , lamotte, dans nESFONTAiNES. Ma générosité le terrassa, l'anéantit devant moi, mariv. Marianne, »• part. Il 6" Mettre quelqu'un dans l'impossibilité de repondre. Il [Corbinelli] me parait étourdi et terrassé de votre esprit et de votre vivacité, sÉv. 29 janv. 1686. Quoique M. Guglielmini avoue qu'il n'était pas encore entièrement sorti des sections coniques, il terrassait en géométrie son adversaire, fonten. Cuglielmini. Pourquoi me harceler par des prodiges, quand tu n'as besoin pour me terrasser que d'un syllogisme? dider. Pens. philos, n- 50. || 7° Se terrasser, ». rifl. X la guerre, se couvrir d'ouvrages de terre.

— HIST. ivi* S. Les ennemis estonnez et pressez fermèrent leur porte, par laquelle ils ne firent aucune saillie depuis, tant que dura le siège, mais fut dès lors terrassée et condamnée, beaugué. Guerre d'Escosse, i, 7.

— Etym. Terrasse t, dans le sens de sol, terrein.

; TERK.ASSEl'R (tè-ra-seur), s. m. Se dit des ouvriers qui tiourdent le sol et les cloisons.

fTEURASSEtlX, KUSE (tè-ra-seii, seû-z'), adj. Se dit d'un marbre, d'une pierre qui contient des terrasses. Plusieurs de ces marbres sont sujets à un très-grand défaut : ils sont terrasseux, c'est-àdire parsemés de plus ou moins grandes cavités remplies d'une matière qui ne peut recevoir le poli, BUFF. Jfm. t. II, p. 17.

— f.TYM. Terrasse.

TERRASSIER (tè-ra-sié; l'r ne se lie pas; au pluriel, l'ï se lie : des tè-ra-sié-z actifs), s. m. Entrcpr.neur de terrassements. || Ouvrier qui travaille à remuer, à transporter des terres.

— HIST. XVI' s. Et toi, qui n'es qu'un terracier dcsnué de toutes langues, sinon de celle que ta mère t'a apris, oses-tu bien.... palissy, 227.

— KTYM. Terrasser.

t TERRA SSO.V (tè-ra-son), s. m. || f Terme de construction. Petite partie de couverture en plateforme. Il 2* Motteui.

f TERRAT (tè-ra), s. m. Auget plein d'eau où le potier trempe de temps en temps ses mains pour empêcher que la terre glaise ne s'y attache.

TERRE (tè-r'), j. f. || 1» Sol sur lequel on marche et qui produit les végétaux. || 8* Terre, en termes de terrassement, de fortification. || 3* i terre. Il 4* X plate terre. || 6° Par terre. || 6* Terre à terre. Il 7° Donner du nez en terre. ||8' Sous terre. || 9° Entre deux terres. || 10° Terre se dit par rapport à l'action d'inhumer. || 11° La couche qui produit les plantes, la substance même d'un sol arable. Il 12" La terre considérée relativement à sa composition et comme une matière ou substance particulière. Il 13" Terre à sucre. || 14° Terre à pot ou à potier. Il 15° Nom donné par les anciens philosophcsàl'undesquatre éléments descorps. ]| 16° Nom donné pendant longtemps par les chimistes à un certain nombre de substances qu'ils n'avaient pu décomposer. |1 17° La terre, planète. |; 18° Il se dit, surtout au pluriel, de parties du globe, d'étendues de pays. 1; 19" Il se dit, tant au singulier qu'au pluriel, (les pays. || 20° Domaine, fonds rural. Il 21° La terre qui est sur le bord de la mer, d'un (icuve. Il 22° La terre ferme, partie du globe distinguée des eaux, soit continent, soit île. || 23° La Terre, divinité. || 24° Fig. Les habitants de la terre. Il 26° Fig. et par grande hyperbole, toute la terre, les gens d'un pays, d'une ville, d'une société. Il 28° Fig. La vie présente. || 27° Terre rouge de la neige. Terre mérite. || Proverbes.

1* Sol sur lequel on marcke, et qui produit les végétaux. Un tremblement de terre. Les veilles cesseront aux sommets de nos tours; Le fer mieux employé cultivera la tern^, malii. u, t. Dieu donna & l'élément aride le nom do terre, et il appela mers toutes les eaux rassemblées, SAO, HibU, Genèse, i, 10. Alors Jonalhas déchira SCS vêtements, se mit de la terre sur la tête et fit sa prière, id. ib. Machab. i, n, 7t. On jetle enfin do la terre sur la têlc (du mort), et en voilà pour j.imais, pa.sc. Pens. xxiv, 58, éd. OàVET. Uimme il |Éplctète] était terre ot cendre,

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après avoir si bien compris ce qu'on doit... id. ICntrel. avec Saci. Si l'origine qui nous est commune soulTrail quelque distinction solide et durable entre ceux que Dieu a formés de la même terre, Dos"!. Duch. d'Orl. La terre et l'onde, expression trop commune en poésie pour signifier l'empire de la terre et de la mer, volt. Dict. phil. Terre. Il est prouvé par des expériences directes que ce qu'une plante tire de la terre pour sa nourriture est très-peu de chose, et qu'il n'entre que quelques onces de terre pour fournir à l'accroisscmunt d'un arbre du poids de l&o ou 200 livres, bonnf,t, Contempl. nal. v, ta Cèile-moi la terre, dit l'orgueilleux Sicambre. - La terre que je te céderai, s'écria le Gaulois, tu la garderas éternellement, chateaubr, Mart. vi. Voilà donc le séjour d'un peuple, et le murmure De ces innombrables essaims Que la terre produit et dévore à mesure, lamart. Harm. 1, ^^). ô terre, 6 mer, 6 nuit, que vous avez de charmes I id. ib. i, (O. |1 Kig. Il n'a pas travaillé inutilement, la terre qu'il cultivait lui ayant donné avec abondance des fruits de bénédiction et de grâce, Boss. Bourgoing. \\ Mettre pied à terre, descendre de cheval, de voiture, de quelque endroit élevé. Le duc mit pied à terre pour la secourir, hamilt. Gram. lo. Un écureuil pourrait parcourir une bonne partie de la Kussie sans mettre pied à terre [en passant d'arbre en arbre, BERNARD. DE ST.-p. Étude V. {| En parlant des chevaux, courir ventre à terre, galoper avec une extrême vitesse. Il [M. Millin] écrit à Paris qu'on lui envoie, ventre à terre, par une estafette, ses autres habits habillés, p. l. cour. I.ett. 11, fls. Il Mettre un genou ea terre, s'agenouiller. Parvenue sur le champ de bataille, la légion s'arrête, met un genou en terre, et reçoit de la main d'un minisire de paix la bénédiction du Dieu des armées, chateaubr. Mart. vi. || Fig. Reprendre terre, reprendre de nouvelles forces, par allusion à la fable d'Antée qui reprenait des forces quand il touchait la terre. L'attachement paraît plus grand qu'il n'a jamais été [entre le roi et Mme de Montespan]; ils en sont aux regards; il no s'est jamais vu d'amour reprendre terre comme celui-là, SÉv. 30 juill. 1077. || Fig. Baiser la terre, raser la terre, être dépourvu de toute élévation. Ses vers plats et grossiers, dépourvus d'agrément. Toujours baisent la terre et rampent tristement, boil. Art p. II. Il Fig. Ra.s-terre, iiiême signification. Il [le vieux Beaujon] est au-dessous d'une épigramme; il est si ras-terre et si platement benêt, que personne n'a le courage de s'en moquer; ce serait grêler sur le persil, decouhchamp. Souvenirs de la marquise de Créquy, t. v, ch. 8. || Kig. Faire de la terre le fossé, voy. fossé. || Remuer de la terre, fouir et transporter de la terre pour des travaux de toute nature. || Il a bien remué de la terre, se dit de quelqu'un qui a fait transporter beaucoup de terres d'un endroit à l'autre, dans un parc, dans un jardin. || Terres rapportées, voy. rapporté. Il 2° En termes de terrassement, la résistance qu'une certaine terre oppose au travail s'évalue par un nombre qui indique dans quelle proportion il faut unir les piocheurs aux pelleteurs pour la remuer; dans ce nombre, le pelleteur est toujours représenté par une unité. En conséquence une terre est dite à ) homme, quand un pelleteur suffit pour la remuer, à 2, 3... hommes, quand il faut joindre au pelleteur i, 2... piocheurs; à 3 hommes */2, quand il faut 5 piocheurs pour 2 pelleteurs, etc. Il En termes de fortification, sac à terre, petit sac en forte toile, qu'on remplit de terre et qu'on utilise, dans certains cas, pour la construction des batteries. || Remuer de la Icrre, remuer la terre, se dit des travaux que l'on fait à la guerre pour attaquer ou défendre une place, pour élever des retranchements. || On dit aussi : se couvrir de terre. Ouvrage de terre. || 3° X terre, se dit par extension de ce qui est ou de ce qui tombe sur le sol à nos pieds, quel que soit ce sol, la terre ou le plancher d'une chambre, le carreau, un parquet, un lapis; avec cette idée que ce qui tombe ne touchait pas le sol auparavant. Cette draperie touche à terre. Ce couvreur est tombé à terre. || Fig. Cela n'est pas tombé à terre, cela a été remarqué, relevé Je ne sais si vous avez celle [l'intention] de m'écrire dos endroits admirables; vous y réussiriez, mais aussi ils ne tombent pas à terre, sév. 22 sept. 1677, Il laissa échapper quelques paroles qui ne tombèrent point à terre, LKSAGB, Ci( Bl XII, 3. Il On dit dans le même sens: Il ne laissera pas tomber cela à terre. || Ne pas toucher k terre, courir si vite qu'il semble qu'on

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ne touche pas la terre. Le voyez- vous ce conquérant [Alexandre], avccquelle rapidité il s'élève de l'Occident comme par bonds, et ne touche pas à terre? BOSs. lAjuis de Bourbon. || Fig. Cette afTaire n'a pas touché à terre, elle a passé sans difficulté. Il Cet homme ne laisse pas toucher du pied à terre, il ne donne pas le temps de se reconnaître. Il Regarder à terre, avoir les regards fixés sur le sol. Mme Dorsin, morne et pensive, regardait à terre, mariv. Marianne, 8° part. || 4° À plate terre, sur la terre, sur le pavé, sur le plancher. En ce temps, on était ravi d'être à plate terre dans la paroisse du Montagu, SÉv. 2C janv. («83 La perdrix rouge ne construit point de nid, mais pond se» œufs à plate terre, sur un peu d'herbe ou de feuilles, BUFF. Ois. t. IV, p. 200. Ils dorment à l'air i plaie terre, 1. i. rouss. Ém. v. || 6° Parterre, se dit de ce qui est ou de ce qui tombe sur le sol à nus pieds, avec cette idée que ce qui tombe, louchait le sol auparavant. Il est tombé par terre en courant. Elle a vu deux Horaccs par terre, et le troisième en fuite, corn. Ilnr. Examen. Us ont été vaincus sur le bord de l'Euphrate, ils ont été renversés par terre, saci. Bible, Jérémie, xlvi, 6. Ma fille n'ayant pas voulu jeter tous les appartements [de Grignan] par terre, sÉv. 9 sepL <094. Ces grands édifices que l'effort d'une main ennemie ou le poids des années ont portés par terre, Boss. 3° sermon, Pâques, 3. || Mettre par terre, renverser par terre. Se jetant à ces mots sur le vin et l'encens. Après en avoir mis les saints vases par terre, corn. Poly. m, 2. Il Fig. Jeter par terre, anéantir, renverser. Un même instant conclut notre hymen et la guerre. Fit naître notre espoir, et le jeta par terre, corn. Hor. i, 3. Il vous a élevé aux yeux du monde; il vous a porté par terre, boss. Lett. H. || Fig. Tenir à terre, tenir dans l'abaissement. Pendant que les armées consternaient tout, il [le sénat romain] tenait à terre ceux qu'il trouvait abattus, uontesq. nom. 0. Il Fig. Être à terre, être renversé. Pourquoi ont-ils attendu que la Société [les jésuites] fût à terre pour l'écraser? d'alkmb. Œuv. t. v, p. 206. Il Battre quelqu'un à terre, abuser de l'avantage que l'on a contre quelqu'un hors d'état de se défendre. Il On dit de même : tuer à terre. Je me suis rendu dans la réplique que je vous ai fkite ; je vous ai demandé la vie, vous me voulez tuer à terre, cela est un peu inhumain, busst, à Hme de Sév. 31 août 1688, dans sÉv. t. i, p. 526, édit. Régnier. Levez-vous, comte, je ne veux point vous tuer à terre; ou reprenez votre épée pour recommencer le combat, sÉv. à Bussy, ♦ sept. )668. Il Fijr. Tomber par terre, tomber à terre, être renversé, détruit. Et, n'eût été Léonce, en la dernière guerre. Ce dessein avec lui serait tombé par terre, CORN. Hdracl. i, t. Allez, honneurs, plaisirs qui me livrez la guerre : Toute votre félicité. Sujette à l'instabilité. En moins de rien tombe par terre, ID. Poly. IV, 2. Tous vos raffinements tombent par terre, pasc. Prov. xvi. Platon : Ta tyrannie [Denys] n'a pas été plus solide que ma république ; elle est tombée par terre, fén. t. xii, p. 227. || 6° Terme de manège. Ce cheval va, travaille terre à terre, son galop est de deux temps et de deux pistes. Il Fig. Terre à terre, d'une manière dépourvue de toute élévation. Comment, cet impertinent ne veut pas que les femmes aient de l'esprit! il condamne toutes nos expressions élevées, et prétend que nous parlions toujours terre à terre I MOL. Impromptu, 3. Je demande pardon à votre bel esprit de cette lettre toute terre à terre, mais il en faut quelquefois de cette façon, SÉv. à Bussy, )2 juill. 1691. Ma philosophie est terre à terre, m"' du deffant, Lett. à H. Walpole, t. iv, p. 31.1, dans pougens. || Fig. Aller terre à terre, avoir des vues peu élevées, des idées communes. Le mien [esprit] est fait, ma sœur, pour aller terre à terre, mol. Femm. sac. i, ). U faut en ce monde une philosophie qui aille plus terre à terre, FÉN. Dial. des morts anc. dial. 17. || Aller terre à terre, faire peu de progrès. Je vois avec douleur que vos progrès sont très-lents, et que vous n'allez que terre à terre. Anal, de Bayle,t. n, p. 66. Il Substantivement, le terre à terre, allure du cheval qui consiste en une succession de petits sauts, près de terre, faits de côté et le cheval avançant toujours; c'est un air relevé. || Terme de danse. Le terre à terre, pas qui s'exécute sans sauter, en rasant la terre avec les pieds. Les mouvements des bayadèrcs sont plutôt bizarres que gracieux ; leurs pas, peu élevés et peu hardis, sont plutôt des terre à terre ou des pas à l'anglaise, que les pas relevés et hardis de nos belles dan-

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reu.ie», LÊSCAI.UF.B, Inslit. Uém. k. mor. et pol.

%. IV, p. 311. Il KiK- Le Icrre à lerru rfu slylo, des pensées. Il y a dan^ le talent une force motrice qui a horreur du terre à terre, CH. de Bernard, Un homme sérieux, ivm. |1 7'Ponncr du nez on terre, tomber sur la face. || Fig. Echouer dans une aff^iire. Il 8» Sous terre, sous la superficie de la' terre. Creuser une habitation sous terre. Mettre des conduit? sous terre. H 11 y a longtemps qu'il est sous terre, qu'il est mort. Elle est mal pleurée, le père et le mari voudraient qu'elle fût déjà sous terre, &4». 400. Il Par exagération. Je voudrais être cent pieds sous terre, se dit quand on a quelque chagrin violent, quelque honte, quelque confusion. Joiini aurait voulu être cent pieds sous terre, volt. Jenni, 7. Il Kig. Sous terre, par intrigues cachées. Le I'. le lellier, qui faisait tout sous terre, n'imitait en rien le C. de la Chaise, st-sim. ï8<, 64. || Sous terre, dans un endroit très-caché. Je trouvai au bout du mail lo frater [Ch. de Sévigné], qui se mit à deux genoux aussitfit qu'il m'aperçut, se sentant si coupible d'avoir été trois semaines sous terre & chanter matines, qu'il ne croyait pas me pouvoir aborder d'une autre façon, sÊv. 235. || Sous terre, d'une manière sourde. Ce secret [la haine entre Mme de Montcspan et Mme de Miinleiion] roule sous terre depuis plus de six mois, sÉv. 7 août I07B. || De dessous terre, d'un endroit très-caché. Hommes noirs d'où sortez-vous? Nous sortons de dessous terre, béhang. Ilévér. p^r«ï. || Fig. Il est tant de traitants qu'on voit depuis la guerre En modernes soigneurs sortir de dessous terre, regnahd, Joueur, T, 6. Quand ces gens-là viennent à se manifester, vous voyez des vertus qui sortent de dessous terre, MARiv. Pays. part), ("part. || 9» Terme de culture. Couper entre deux terres, aller, à quelques pouces au-dessous de la surface du sol, trancher une .-acine pivotante avec un fer de bêche, sans d'ailleurs soulever la motte ni arracher la plante. Couper les chardons entre deux terres. || Fig. Entre deux terres, par intrigues cachées. M. du Maine n'allait jamais qu'entre deux terres, et on veriaqu'il me ménagea toujours, st-sim. ans, 35. Il 10- Terre, se dit par rapport à l'action d'inhumer Bénir la terre d'un cimetière. Ouvrir la terre. Oh paye tant dans cette paroisse pour l'ouverture Jr la terre. Je me plains seulement do ce pays I^Thare Qui de six pieds de terre à son prince est £ vara, BOTR. Anlig. iv, 3. Et s'il faut, poursuivit la vieille charitable, Que votre cruauté lui refuse un secours. C'est un homme à porter en terre dans deux jours, mol. Éc. des femmes, il, 6. Paul.... Est curé maintenant et met les gens en terre, bOIl. Épigr. XX. n Terre sainte, terre bénite et consacrée i l'inhumation des fidèles. Etre enterré, inhumé en terre sainte. Le refus qu'on a fait à Voltaire et à Molière de les enterrer l'un et l'autre dans ce que nous appelons terre sainte, d'alemb. Lett. au rot de Pr. 9 oct. (778. || Que la terre te .soit légère, ancienne formule pour les sépultures des Grecs et des Romains. || Fig. Faire rentrer enterre, remplir de crainte, de confusion. [Harliy avait] des yeux qui, fixés sur un client ou un magistrat, étaient pour le faire rentrer en terre, st-sim. il, iw. Il 11' La couche qui produit les plantes, la sub- •tance même d'un sol arable. Terre forte, légère, grasse. Terre à blé. Si M. de Grignan ne vous donne quelque repos, comme on fait à une bonne terre.... SÉV. 80. La terre, cette bonne mère, multiplie ses dons selon le nombre de ses enfants qui méritent ses fruits par leur travail, pén. Tél. v. S'ils [les labours] doivent être multipliés dans les pays froids, où les terres trop compactes ont besoin d'être divisées, il faut les économiser dans des pays chauds, où le soleil pénétrerait trop facilement jusqu'aux racines, tessier , Instit. tiém . scienc. t. i, p. 2fl0. Le soleil cuit la terre pendant les grandes chaleurs, PABMENTIEH, Cu((ur« des grains, t. i, p. 223. Les le— es engraissées avec la chaux ne peuvent enrichir que les vieillards, ro. ib. p. .lOfl. Plus tôt en terre, plus K'it hors de terre, m. ib. t. ii, p. 430. Il Terre végétale, terre naturelle, répandue partout en épaisseur inégale, et propre à la végétatinu, dite aussi terre franche. I^ terre végétale, presque entièrement composée des détriments et du résidu des corps oiguiisés, bufe. Jfin. t. vu, p. .»<I2. Les agricole^ q'i: ont voulu suppléer aux enirrais par des labours trop fréquemment répéli» ..ont vu leur terre s'appauvrir graduellement, fit leurs champs devenir stériles par la destruction de la terre végétale, Saussure, Yoy. A Ijies, t. V p. 20H, dans polgkns. || Terre vierge, terre qui n'a pài encore été cultivée, jj Terre neuve, terre

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qui n'a pas été retournée depuis longtemps. Il Terre de bruyère, terreau acide formé de débris de plantes riches en tanin. || Terre usée, terre à laquelle on a trop fait produire. || Terres froides, terres argileuses et humides ou terres marneuses. || Un arbre en pleine terre , ou un arbre di' pleine terre, un arbre qui n'est pas planté dans une caisse. || 11* I.a terre considérée relativement à sa composition et comme une matière ou substance particulière. Terre calcaire. Terre siliceuse. Il Terre d'Almagra, terre ocreuse rouge, usitée dans la peinture à fresque. || Terre blanche de Cologne, terre de pipe. || Terre brune de Cologne, sorte de lignite employé comme matière colorante dans la peinture en détrempe et même dans la peinture à l'huile ; on s'en sort aussi comme combustible. {| Terre de la Chine, terre à porcelaine, le kaolin. || Terre à foulon, espèce de glaise onctueuse au toucher qui sert à préparer les draps. Il Terre du Japon , cachou. || Terre jaune, argile ocreuse. || Terre do Lemnos, substance argileuse qui ne diffère pas essentiellement de la sanguine ou argile ocreuse rouge graphique de Haûy. On en formait de grosse pastilles sur lesquelles on imprimait le sceau du Grand Seigneur, ce qui lui a lait aussi donner le nom de terre sigillée. Il Terre de Lemnos, se disait aussi d'une substanse solide, rougeitre et légèrement astringente, préparée en Egypte, suivant Prosper Alpin, avec la pulpe du fruit du baobab. || Terre de Nocera, nom de la terre d'ombre (Nocera est une ville de l'ancienne Ombrie). || Terre d'ombre, argile ocreuse, d'un beau brun foncé, qu'on tirait autrefois de l'Ombrie (d'où son nom), mais qui existe dans plusieurs autres lieux de l'Italie, et que le commerce nous apporte de l'ile de Chypi;p quelquefois sous le nom de terre d'ombre du Turquie. Elle sert en pointure (legoabant). {| Terre de pipe, variété d'argile blanche. || Terre à pisé, nom donné, à cause de son emploi, au limon jaune ou lehm. Il Terre pourrie d'Angleterre, sorte de tripoli léger et friable, très-estinié pour polir. || Terre de Sienne, minerai de fer oxydé, employé en peinture. || Terre de Vérone, matière colorante employée dans la peinture à l'huile et dans le stuc. {{ 13* Terre à sucre, argile blanche qu'on emploie pour le terrage, et qui possède la piopriété de se charger d'eau et de la laisser échapper peu à peu. || 14* Terre à pot ou à potier, ou, simplement, terre, argile blanchâtre, compacte, molle, qui se cuit dans les fourneaux, et dont on fait les tuiles, les briques, les pots, la faïence. De la poterie de terre. Un plat do terre. Il Terre blanche, terre de pipe, terre anglaise, noms donnés aux faïences fines. || Terre vernissée, celle qui, en sortant de la roue du potier, reçoit un couche de plomb calciné. Vaisselle de terre vernissée. || L'argile dont les sculpteurs se servent pour modeler leurs ouvrages. Un très-habile artiste de ce pays-ci, nommé Houdon, déjà connu par plusieurs beaux ouvrages, a fait en terre, en attendant le marbre, un magnifique buste du patriarche [Voltaire], d'a.lemb. Lett. au roi de Pr. 10 août 1778. Il Terre cuite, cette même terre façonnée en statues, en vases, etc. et durcie au Icu. Un buste, tm médaillon de terre cuite. || On dit dans le même sens : une terre cuite. En général, les terres cuites de Le Moine valent mieux que ses marbres, dider. Salon de 1767, Œuv. t. xv, p. 4 10, dans pougens. || 15" Nom donné par les anciens philosophes à l'un des quatre éléments qu'ils supposaient dans les corps. La terre, l'eau, l'air et le feu. La terre pure est la base ou le fond de la composition des solides; le chimiste la retrouve dans tous les corpr, dont il J'ail l'analyse, bonnet, Contempl. nat. m, t.\\\6' Nom donné pendant longtemps par les chimistes à un certain nombre de substances qu'ils regardaient provisoirement comme simples, aucun des agents connus ju.squ'alors n'ayant de prise sur elles, mais qu'on est parvenu depuis à décomposer et à ramener à la classe des corps oxygénés. I^ chaux, la strontiane étaient des terres. Ce sont ces oxydes qu'on a connus jusque dans ces derniers temps sous le nom générique de terres ou de bases salifiables terreuses, et sous les noms spécifiques de silice, zircone, thorine, alumine, yttria, glucine et magnésie, thenarii, Traité de chim.l. n, p. 38, dans pouGENS.||Teries métalliques, les oxydes métalliques. || Terre absorbante, le carbonate de chaux, de magnésie. || Terre animale, phosphate calcaire qui entre dans les os. Il Terre foliée, voy. folié. || Terre pesante, la baryte. Il Terre de Sedlitz, mai;;ié-sic. || 17" l'ianclc qui fait sa révolution annuelle autour du soleil en

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trois cent ioixante-<:inq jours, su aeurvs et quelques minutes, et qui tourne sur elle-même oa vingt-quatre heures. Que l'homme contemple la nature entière dans sa haute et pleine majesté..., que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre [le soleil] décrit, pasc. Pent. I, 1, éd. iiavkt. La terre elle-même est emportée avec une rapidité inconcevable autour du soleil, LA BHUY. XVI. La terre est soumise, comme les autres planètes, aux lois des mouvements, montesq. Lett. pers. 4I3. Il n'est plus possible de douter que celte même terre si grande et si vaste pour nous ne soit une aasez niédiocre planète , une petite masse de matière qui circule avec tes autres autour du soleil, iilfp. Théar. terr. part. hijp. Œuv. t. u, p. 302. La terre est un globe d'environ trois mille lieues de diamètre; elle est située à trente millions de lieues du soleil, autour duquel elle fait sa révolulion on trois cent soixante-cinq jours, lu. Hist. nat. preuv. th. terr. Œuv. t. i, p. 185. Le premier résultat que l'on peut admettre comme vérité, c'est que la terre a été originairement fluide; ses parties, animées par la pesanteur et liées par la cohésion, n'auraient pas obéi à la petite force centrifuge, si elles n'avaient été molles ou plutôt liquides et capables de glisser facilement ou da couler les unes sur les autres, bàillt, Uitt. atlr. mod. t. m, p. 42. On observe que les corps tombent plus lentement sous l'équateur; Newton en conclut que la terre a la figure d'un sphéroïde aplati par ses pôles, lo. ib. t. Ii, p. 628. Une autre entreprise plus extraordinaire , plus délicate et plus difficile que la détermination de l'ubliquité de l'écliptique, fut celle de la mesure de la terre; elle a immortalisé Eratosthène, lo. ib. 1. 1, p. 35. M. Cassini estime qu'un homme à pied, marchant, par un beau chemin et du même pas, douze heures par jour, ferait le tour de la terre en deux ans, lo. llist. astr. anc. p. 146. Tout porte à croire que la masse intérieure du globe est encore douée maintenant de sa iluidité originaire, et que la terre est un astre refroidi , qui n'est éteint qu'à sa surface; ce que Dcscarles et Leibnitz avaient pensé , cordier , Instit. Mém. scienc. t. vu, p. 638. || Le globe terrestre. Cieuz, écoutez ma voix; terre, prête l'oreille, hac. Athal. m, 7. L'ouverture du siècle présent se fit, à l'égard de la géographie, par une terre presque nouvelle que M. Delisle présenta, font. Delisle. Que savons-nous si la terre entière n'a pas des causes générales, lentes et imperceptibles da lassitude 1 uontesq. Lett. pers. lis. Une partie du globe se prend au figuré pour toute la terre ; on dit que tes anciens Romains avaient conquis la terre, quoiqu'ils n'en possédassent pas la vingtième partie, VOLT. Dict. phil. terre. || Être sur terre , vivre, exister, n Enfant de la terre, homme. Malheur i l'enfant de la terre Qui, dans ce monde injuste et vain, Porte en son âme solitaire Un rayon de l'esprit divin I V. HUGO, Oiiei, le l'.énie. || Tant que terre nous pourra porter, aussi loin que nous pourrons aller. || Elliptiquement. Tant que terre. Nous irons tant que terre. |{ Fig. Aussi longtemps qu'on voudra. Je suis d'une paresse digne de la vêtre par la chaud; je vous tiendrais compagnie à causer sur un lit, tant que terre nous pourrait porter, sÉv. 24 juin 1070. Il On ne voit ni ciel ni terre, se dit quand on est dans une profonde obscurité. {| Fig. et familièrement. Remuer ciel et terre, employer toute espèce de moyens pour arriver à son but. Il 18* Il se dit, surtout au pluriel, de parties du globe, d'étendues de pays. Terres inhabitées. Les terres arctiques. Je méditais ma fuite aux terres étrangères, rac. Bajai. m, 2. Kempfcr a très-bien remarqué que tous les peuples situés i l'orient de l'Asie donnent le nom d'Indes à toutes les terres australes , dider. Opin. des anc. philos. {Asiitiques). Je me portai sur le 37* parallèle, pour chercher la prétendue terre découverte par les Espagnols en 1610; je ne crois point i l'existence de cette terre, lapérouse, Yoy. t. nr, p. ifls, dans POUGENS. Il Fig. Je m'en vais gager qu'ils n'ont jamais vu la carte de Tondre, et que Billets-Doux, Petits .Soins, Billets-Galants.... sont des terres inconnues poui oux, MOL. Préc. 5. || Terre de Labrador, conlri'e située an nord de l'Amérique, près de la baie de iladsuii. ||ierre de Labour, contrée de l'Italie, ainsi nommée à cause de sa fertilité. Il Terre des Papous ni Nouvelle-Guinée, île située près des Moluques. 1, 19* Il .se dit, tant au singulier rju'au pluriel des pays. Les terres du Turc, du Mogol. Soit que.... Tu passes comme un ouare

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V(»ri/t, K^it. t. M, i>, *i>t, Clun a* |inla-j«, |<oilé Hiir In oliur lin r«nri>rn, V«KUn nlijnl itn nmn vxiiii, in'AInnr.ni Jnniiu'A UnT Hur l« Inrrn 'l'niil |,i/uri|u(n Mialnr «ni',or«r II n'nnl nnn (In i><ininun nntin la tnrrn ni (nul, i.aMawT. U^iltl, i. Ijl?" Tnrrn ruu|/« ()n l« linl^n, lin ilnan'inia vull/nirna auua Inaniinla un »(li*al«u/! In prnlur.iir.r.ai ntiinln, liy^l l<i r«iullln ilnn (iliynAnn, a|i|,nlA miaal i,.

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"Ui ilna Inilna uu niir- " nn |iu>i'lin liHtuiieni Inrr* iiinrlli un i',oui'.uiiinn , K*"iln, KAimntroll*, Iniir, i/iln, pnur la Mntur», m intrn (n7t, «rt, H7I| Tnrrn ninrita n M\ »\U;ri: nn liilinnrllal, Itnniln, nunlinnllln, UlinarlUI, liuiirm iln oli/iyrn, lUillmn, lur Ul mnnuf, aoAl («nu, 7Vin<ur<«rf m («(/Kl, «ri, ft. Il l'ruynrlni», Il a pnii, «un la Uirrn na lui niiini|iin, «n dit d'un liuninm iiviirn rtliiiil'la i|iil ninliil lunjuura iiiin In n('> nanuirn nn vinnnn A lui lun(ii|unr ||I4I| |il«>ln iln tnrrn aulllannl pour la |iliii Kriiiiil liuniinn, In inurt rniul AxHlnn Uiulnn lai cuinlIUuiin, Il lliiiinn tnrrn, niniivnla nlinnilna, ilnn» Ina Innnn Krannnn Inn olminlna nont (n«uv«la, ||Uul Inrrn « «iiurm a, i|ul « ilu liInn nat aujnl A avulr ilnn (irui'.ha || Tnnl vaut l'Iiumnin, tant vaut la tnrrn, o'nal la ivi|ninltA ilii iiru|ulAl«lrn ipil («Il la vulniir lin In tnrrn. I,iinln XIV rmnuil ulianrvnr nur lit l'.iirln A l'un (In nnaniiurllnniin ipial |intlt napnc* la Krnnitn ui:i'ii|ittll dnnn In luuuiln ; Vrulninui, airn, illl In ruiiillann, tnnl vaut l'Iiuninm, tniit vunt na tnrrn, MAHMuN'rKi,, (/inii, \, vil, |i. «on, || Tnri« Itinn niilllv(in. niulaniin na|iAr/<n, || lin tiuiinn vin Innina lin, l)n iiunnn l»rrn liun |in|ilii, || Il vaut minui nu Inrrn (|ii'nn |irA, «n dit d'un linin(nn dont on rvfni* tnrnlt |i«u In inurl,

— III1T, II* a, Klnlialn fnininn A tnrrn |Nnir falra lui fumn, 1,11111 ilf (iuill, l«, Janmla an Inra |aur Icrm) |i;iinrlna| nn purinrat ourunn, i:h. d« Uni. Mmi, 1,1 nunna Kullmia vnll l'«rnnvrai|nn A Inrn, il). i;i,«|y. Il »ll* «, Kl urn yiia, rnla, niilnndni, nnin/, niirla, vun <|Ul JiiHinit la tnrrn , l'iauliKT, daun Arrlt. lin minium innnl. t. v, p, Mft, l)n pinna tnrrn nnt anllllu! nn l'arxun, Huiu'. p, kl, Clul Iranluiil ((Innnt pur Inrrn an«AiiKlitiiln«, iii. \t, tui, Tiurn iln Kraiii'n, il), p, h7, Alnr in'naliint |ni« Tniil nllnil inuurir nn (nnn nntrnlKun |Alrnii)('<rnj, T'ouri. ««Il, (lliuanun plurn na Inrrn ni auii iinla, Oiianl II «n piirl lin nna ouriiun ainln |«nila un oiiiur|, iti, «mv, Aunal iiuin nn In ninrnat pulnaani la linlnlnn, SI nnllur piin^ilnx, nn Inrrn aiiynrnlnn, ,V(MI, >l> Hitnl iiiiina n Mu|{|nrn pur aninlm Inrrn alnrnnl. Th. U mari. M, \\ lill' «, ,Sa nuun nn nluiia A tnrrn rnriua. In Inrrn nnt Kniniln ni Iiii'H",., vii,i,Kn i.iii. Kl una nulrn pnrlln l'un nnililn pai Inirn, (|u| liInn l'an ■luliliinlui nninniiiniii p«r Knclnvuriin, m. i,iv. Kt la liai niuiill liunurnlilninniit nnvnlirniiininnninpnrniiur nt innllrn nn (nrni, tn.icvili. Kl tuut II l,Alln i|iil nnliilnnl linlinritlA nn (^innlnnllnulila, dn i|u«l<|iin tarin (|un II ruatnnt, n'I uamniit piila dninurnr, m. litl, t.l niujinrnrna Alnila l'apnln nn mm oliani' Inn, iiiila In tfaljnlnr A Inrrn, nt II liai Iralrn Ina Inla riirn dn latnnln, iiliiiv. Ilnrln iliirt nna «u Inila ilnaïuiaU tnrrn diirn, ll»rtt, ||,||, .,,, NI nuinnin larna (/«iKiinliIna, Inila, piAa, viKiina, K«rdlii«,. . Imilnn tli |lnl|na| i^iima auiil linrllNKn, nKAiiM. Itlll, I, Tratult Hriiiilnl pnlll nn nn nlnnl aua nulrn oliunn i|un lu* U Inrrn, ni dlniil ipin,.,. nnuir nnn la Inrrn nal ninuK liuunuraliln nlinnn, piiuri)ni|un nunanuinnina (uUda (nrrn, n( A la Inrrn ilnvuna rutuiirnnr, mahi; roi.. |i. (III. (t'ant |(rnnl tnnrvallln ilna ni!linanna i|ul y ninil Innn ilna tlnn|, il'ui, dn plurrnn ni dn tiinlna nnp|. nnrinn j innla nllna «uni ai IiiIiimh dn tnriii Inrina iiun A K'niil painn y puni l'nii alnr, m p. «kl. il iiv n. J'nl puur l'amuiir do lui Kiant pninn ranlinlln ICI nn tnrrn nt nu ninr; m«l« Dlni m'a «noo. iiin, /litnd (la .Vdti. ni, iiti,||iv* a, l'npn OrnKolr* inunla nn innr nn Mnranllln,.,. nt prit Inirn A i\»nnna, rauinn, ii, ii, w. Ri |lna Aii|(liUa|, vnnun nu la plann ni ilnvanl In inuuallnr, lia mlrniil l«nlu«l junil A Inrrn «l «iiipulKiininnl Inurn lannna, m. n. Il, «lu, Hl nn uiioirniil ni nilrnnt par tnrrn Kmnil riilaun, nt lililn rntuurnnrnnl |dniliiiin Aiiliniitcui, lu. I, 1, nul. ICI «mal dimiiniil «l'Iiiilaun Aiii nniiniiili d'null ninllrn A Innn |v«liiiiin|, - i.. k. ,■ /•,n| ii#l iMia. f «u, KxaplA i|u'll un 4 . |>uur

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