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sont trop fréquents, volt. Jfœur», 26. 0 le bon temps que ce siècle de for! w. Mondain. Algues- Mortes, qui est actuellement à plus d'une lieue et demie de la mer, était un port du temps de saint Louis, buff. Hist. not. preuv. th. terr. Œuv. t. Il, p. 436. Dans tous les temps il y a eu la raison du peuple et la raison des sages ; dans tous les temps il y a eu le goût du vulgaire et le goût d'un monde plus cultivé, haruontël, Œuv. t. z, p. 28. Il Presser les temps, resserrer les dates, les espaces chronologiques. Sans trop presser les temps. Il est aisé de voir qu'elle [Jocaste] n'a pas plus de trentecinq ans, volt. Œdipe, lett. 5*. || Les hauts temps, les temps reculés dams l'antiquité. Les hauts temps de l'ancien français, le xi* et le in* siècle. Il La nuit des temps, les siècles écoulés dans lesquels l'histoire se tait ou bien n'est qu'une vague tradition. || L'abîme des temps, les siècles lointains dans lesquels tout se perd, tout s'oublie. Les jours, les mois, les années s'enfoncent et se perdent sans retour dans l'abîme des temps, la bruy. xm. .... L'âme des chrétiens, prête à quitter le corps, De l'abîme des temps voit déjà les deux, bords, LAMART. Joe. T, 188. ||En termes de l'Ecriture sainte, dans la plénitude des temps, dans le temps auquel Jésus-Christ est venu accomplir les prophéties. Il A la consommation des temps, à la fin du monde. || Dans le cours des temps, dans la suite des temps, dans un temps futur très-éloigné. || Le Livre des Temps, s'est dit des Parallpomènes. || Au temps jadis, autrefois. La génisse, la chèvre et leur soeur la brebis. Avec un fier lion, seigneur du voisinage. Firent société, dit-on, au temps jadis, LA FONT. Fabl. I, 0. Il Familièrement. Dans le temps, jadis, autrefois. Cela m'a coûté mille francs dans le temps. || Au temps, du temps que les bdtes parlaient, dans le temps des choses fabuleuses. Du temps que les bêtes parlaient, la font. Fabl. iv, 4. Il Populairement. Du temps du roi Guillemot, du roi Dagobert, du temps qu'on se mouchait sur sa monche, se dit pour marquer des siècles éloignés, dos siècles grossiers. |{ 13° Le bon temps, le vieux temps, le temps de nos pères. C'est l'amour du vieux temps, il n'est plus à la mode, tii. corn. l'Amour à la mode, iv, 4. Tu sais que d'un peu de bêtise Le bon vieux temps est accusé; Mais dans ce siècle plus rusé J'ai grand regret à la franchise De l'âge d'or si méprisé, dehnis, ÉpU.vin. Lo dîner, après la toilette, fut animé d'une gaieté du bon vieux temps, marmontel, Mém. x. Chez vous. Français, nul bûcher n'est dressé. On ne rompt plus : le bon temps est passé, m. i. chén. Épigr. 8. Il Par ironie, être du bon temps, être crédule, arriéré, etc. Pour une jeune déesse, vous êtes bien du bon temps! mol. Amph. Prologue. Il 14* Il se dit des différents âges de la vie. La Providence nous conduit avec tant de bonté dans tous ces temps de notre vie, que nous ne les sentons quasi pas; cette pente va doucement, elle est imperceptible : c'est l'aiguille du cadran que nous ne voyons pas aller, sév. Lett. au président de Moulceau, 27 janv. 4 687. Il y a des temps dans la vie où les forces épuisées demandent à ceux qui ont un peu d'honneur et de conscience de ne pas pousser les choses à l'extrémité, m. 20 sept. 4684. Le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie, boss. Anne de Gonx. Il n'y a personne qui, dans le cours de sa vie, n'ait quelques événements heureux, des temps ou des moments agréables, font. Du bonheur. || Le jeune
temps, le temps de la jeunesse Dans mon
jeune temps, le suivant [l'aigle] sur ces cimes, Mon pied comme mon œil se jouait des abîmes, la- MART. Jocel. II, 73. il De vieux temps, depuis longtemps. Son père, de vieux temps, est grand ami du mien, corn, le Ment, il, 3. || De mon temps, alors que j'étais jeune. Il me semble que de mon temps il y avait encore une espèce de générosité et de franchise dans les malices mêmes de l'envie, HAiNTENON, Lett. OU duc de Noailles, 3 sept. 47(0. Il dit en voyant de fort belles pêches qu'on avait servies: de mon temps, les pêches étaient bien plus grosses qu'elles ne le sont à présent; la nature s'affaiblit de jour en jour, lesacb, Cil Blas, IV, 7. Il En son temps, pendant qu'il vivait. Ce fut un sot, en son temps, très-insigne, la font. Mandragore. Il Le premier temps, le second temps, le bon temps d'un artiste, les phases diverses de son talent. Votre sœur [Mme Denis, dans Hérope] a joué comme Mlle Duménil; je dis comme Mlle Duménil dans son bon temps, volt. lett. Mme de Fontaine, 6 nov. 4 75». Il IB'Une grande époque prévue. Le temps prédit par l'état du peuple juif, p«r l'état
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du peuple païen, par l'état du temple, par le nombre des années, pasc. Pent. xvm, 3, édit. iiavet. Le temps était arrivé que notre sage ministre devait être montré à son prince et à sa patrie, uoss. le Tellier. Les temps sont accomplis, princesse, il faut parler, rac. Athal. i, 2. Les temps prédits par la sibylle X leur terme sont parvenus: Nous touchons au règne tranquille Du vieux Saturne et de Janus, j. b. rouss. Odes, ii, 4. Un temps viendra que tous les hommes, soumis à la seule pensée, se conduiront par les clartés de l'esprit, CHATEAUBR. Mart. XVI. Il On dit dans le même sons : les signes du temps, certains signes qui annoncent la gravité des événements. || Les dernlen temps, les temps très-voisins du jugement dernier. Oh I disaient les peuples du monde, Les derniers temps sont-ils venus? Nos pas, dans une nuit profonde. Suivent des chemins inconnus, v. hugo, Odes, I, 9. Il 16° Il se dit par rapport à l'état où sont les choses pour le gouvernement d'u'. pays, les manières de vivre, les modes, etc. Espé rons en des temps meilleurs. Le socialisme est li question du temps. Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour, boss. le Tellier. Hélas I qu'est devenu ce temps, cet heureux temps Où les rois s'honoraient du nom de fainéants? boil. Lutr. II. Vous, ministre de paix dans les temps de colère....rac il(/ioJ. n, 5. Non, non, le temps n'eil plus que Néron, jeune encore. Me renvoyait les vœux d'une cour qui l'adore, m. Brit. i, >.\\û temps, ô mœurs, locution exclamative pour se plaindre des temps et des moeurs. Voilà donc les pauvres Sirven déboutés de leur demande; ô temps, 6 mœurs! d'alemb. Lett. à Voltaire, 4 8 fév. 4 768. Il Les temps sont durs, il y a de la gêne, de la souffrance. Le moyen d'estimer un contemporain autant qu'un homme mort il y a plus de deux cents ans!.... personne n'ose convenir franchement des richesses de son siècle; nous sommes comme les avares, qui disent toujours que le temps est dur, volt. Aux auteurs du Nouvelliste. Les temps sont durs ; accordez-lui le délai qu'il demande, cmER. Père de famille, n, 4.||Le temps qui court, le temps qu'il fait, les circonstances telles qu'elles se comportent. C'est entre les dévots un étrange commerce. Un trafic par lequel, au joli temps qui court. Toute affaire fâcheuse est facile à la cour, régnier, Sat. xm. Les hommes sont chers par le temps qu'il fait, et comme vous les demandez surtout, dancolrt, la Gaxette, se. 4. Il Être de son temps, avoir les idées du temps où l'on vit, et aussi se conformer aux usages de son temps. Il Le temps des scélérats, des délateurs, lo temps qui leur est favorable, où il y en a beaucoup. Il 17° Délai. Accorder du temps. Obtenir du temps. On vous donne du temps; El jusques à demain je ferai suiséance, mol. Tart. v, 4. Il faudrait prendre du temps, deux ou trois mois pour le moins, boss. Lett. abb. i63. ||Ne chercher qu'à gagner dj temps, différer. En vain [l'orateur qui reste court], pour gagner temps, dans ses transes affreuses. Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses, boil. Lutr. VI. Il 18° Intervalle suffisant, loisir. Revenez plus tard, je n'ai pas le temps de vous écouter. Mais ne leur donnez pas, tardant trop à punir. Le temps de se remettre et de se réunir, corn. Iléracl. III, 4. Ils ont leurs temps où ils se rendent inaccessibles, fléch. Panég. taint Louis. Afin que Télémaque eût le temps d'acquérir plus de gloire et plus de vertu, fén. Tél. xvii. |{ 19° Conjoncture, occasion propre, moment adieu,
l'amour vous presse. Et je serais marri qu'un soin officieux Vous fît perdre pour moi des temps si précieux, corn. Méd. i, 4. Le temps de chaque chose ordonne et fait le prix, ro. Pomp. i, 3. Vous le saurez quand il en sera temps, mol. Ptychè, m, 3. J'ai pris le temps de sortir pendant que vous dormiez, m. G. Bond, m, 8. Elle [Mme de Grignan] est dans un temjis de mauvaise santé, à quoi elle est accoutumée, sÉv. 9 fév. 4 683. Vous savez qu'il faut prendre les temps à propos, id. 43 mars 4 680. Voilà tout ce que je vous puis dire; vous saurez le reste dans son temps, id. 27 juin 4 672. Dans un temps où tout un royaume se remue pour la conversion des hérétiques, BOss. Louis de Bourbon. Fidèle dans leurs disgrâces, il osa les louer et les servir [ses amis] en des temps où les autres n'osaient presque pas les plaindre, Fiicii. Due de Mont. S'il en est temps encor, cours et sauve la reine, rac. Milhr. v, 4. Et juge s'il est temps, ami, que je repose, n>. Iphig. i, 4 . Il [Télémaque] attaque 1m Dauniens par derrière, dans
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an temps où ils eroyaient Pannes des alliés enveloppée, f^n. Tél. itii. Elle cachait ses vrais sentiments, et faisait semblant de ne vouloir vivre que pour lui dans le temps même oii elle ne pouvait le souffrir, ID. ib. m. Ce qu'on appelle un fâcheux est celui.... qui choisit le temps du rcp.-i3 et que le potage est sur la table pour dire qu'ayant pris médecine.... labbut. Théophr. ix. Semblable à cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage, ID. XI. Sa mère [de Thaïes] le pressant de se marier, il répondit d'abord qu'il n'était pas encore temps; et, quand plusieurs années se furent écoulées, il répondit qu'il n'était plus temps, rolun, llist. anc. Œuv. t. ii, p. 6M. Prince, il est temps, marchez à notre tète, lo. Adél. du Guescl. i, i. || Un temps viendra, il arrivera une circonstance, une conjoncture favorable. |{ Prendre son temps, prendre bien son temps, prendre mal son temps, saisir le moment favorable ou défavorable pour faire quelque chose. Le mulet prend le temps, réonier, Sat. m. Oui peut, sans s'émouvoir, supporter une offense, Peut mieux prendre à son point le temps do sa vengeance, corn. Méd. i, 5. Un temps bien pris peut tout, pressez l'occasion, ID. Sophon. l, 4. Aucun n'aide aux chevaux i se tirer d'affaire; Le moine disait son bréviaire : Il prenait bien son temps! LA FONT. Fabl. vu, ». Bonjour et bon an, mon cher cousin; je prends mon temps de vous demander pardon après une bonne fête, sÉv. à Bussy, 3 janv. (68). Est-ce bien prendre son temps que d'aller troubler par des larmes la joie d'un festin? mass. Panégyr. Ste Magdel. Franchement, vous ne pouviez pas prendre plus mal votre temps, la hotte, Minutolo, se. 3. Je sais quelle est votre bonté et votre indulgence, et qu'on prend toujours bien son temps avec vous, VOLT. leK. d^Ârgental, 20 fév. < 736. Pour réussir en France il faut prendre son temps, id. ib. s mars 1772. || Prendre son temps que...., saisir le moment où.... Le malheureux prend son temps que Damon.... la font. Coupe. Mme de Langcron, prenant son temps qu'il [le prince de Condé] avait les pattes croisées comme le lion, lui fit mettre un juste-au-corps avec des boutonnières de diamants, sÉv. 389. || Absolument. Prendre son temps, guetter et saisir l'instant favorable. Dans l'abord il [le moucheron] se met au large, Puis prend son temps, .'ond sur le cou Du lion qu'il rend presque fou, la font. Fabl. il, 9. Ayant pris leur temps, ils se jettent sur lui, lui dtent son épée, et, avec sa propre ceinture, ils lui lient les mains derrière le dos, rollin, Hist. anc. Œuv. t. vn, p. (52. Il Prendre jon temps sur quelqu'un, attaquer quelqu'un au moment où on a l'avantage. Deux ennemis secrets.... Qui, dans leur juste haine animés et constants. Sur l'ennemi commun sauront prendre leur temps, corn. Héracl. v, 6. || Prendre son temps, taire une chose sans se presser. Il Prendre le temps de quelqu'un, attendre le moment qui convient i quelqu'un dont on a besoin. S'il s'agit de vous faire une remontrance.... vous croyez avoir droit d'exiger qu'on prenne votre temps, qu'on entre dans votre esprit, bourdal. Car. n. Zèle, «69. ||Prepdre quelqu'un sur le temps, saisir une occasion subite et favorable auprès de quelqu'un, ou ne pas lui laisser le temps de la réflexion. Je te prends sur le temps; Pour rendre à mon égard ta conduite louable. Emploie en ma faveur le crédit favorable, boissy, Deh. Iromp. n, 40. || 20° La saison propre à chaque chose. Le temps de la moisson, des vendanges. Les temps des plaisirs absorbent ceux des devoirs, FLÉCH. Panég. St Louis. || En médecine et en chirurgie, on distingue le temps de nécessité et celui d'élection : le temps de nécessité est celui oii l'on est forcé d'employer tel ou tel médicament, de pratiquer telle ou telle opération, pour empêcher la maladie de s'aggraver; le temps d'élection est celui où l'on se décide à agir, parce qu'il est plus convenable à la nature de la maladie et à l'état du malade. || Le temps do Pâques, le temps pascal, les jours pendant lesquels les fêtes de Pâques se célèbrent. || Le temps des vacances, l'époque de l'année on les tribunaux, les collèges, etc. sont fermés. Il Ouatre-Temps, voy. quatre-temps. || Terme de liturgie. Le propre du temps, voy. propre, n' 18. Il 21" Eut de l'atmosphère. Le temps est couvert. Etre exposé aux injures du temps. Temps calme, serein, variable. Que falsiez-vous au temps chaud T Dit-elle i celte emprunteuse, la font.
Fabl. s, i certain soir qu'il faisait un temps
fort brun, a. Berc. Le beau temps et la pluie, et
le froid et le chaud Sont des fonds [de eoDTersatlon] qu'aveo elle on épuise bientôt, mol. Mis. II, 6. Le temps et mes humours ont peu de liaison; j'ai mes brouillanls et mon beau temps au dedans de moi, pasc. Pens. n, 47. 11 a fait un horrible temps ces jours passés, sÉv. 473. Il fait un temps épouvantable, id. 477. J'aime les temps bas; mais, quand ils sont si bas qu'ils tombent sur notre nez, et qu'il pleut, et qu'on no voit goutte, j'ai envie de pleurer, id. a déc. («84. Il s'échappe seul i pied, toutes les nuits, par toute sorte de temps, à toute heure, dider. Père de famille, i, 5. Un temps gris, qui ternit et confond tous les objets, STAEL, Corinne, xvi, 8. Aussi vous aidals-je i. semer, ou à serrer vos gerbes, quand le temps menaçait d'orage, p. L. cour. 2» lelt. partie. || Fig. et familièrement. Faire la pluie et le beau temps, avoir un grand crédit dans une maison, dans un pays, etc. || Fig. Prendre le temps comme il vient, s'accommoder à tous les événements. Il faut prendre le temps comme il vient, et je sens que je suis de cet heureux tempérament, sÉv. À Bussy, U mai 4686. Disposé à prendre toujours le temps comme il viendrait, fonten. Dial. morts anc. 4. Il Couleur du temps, couleur bleue. Oiseau bleu, couleur du temps, Vole à moi promptement, comtesse d'aulnoy. Oiseau bleu. \\ Fig. La couleur (lu temps, la nature des circonstances. Selon l'amant du jour et la couleur du temps, gressei, le Méchant, i, 2. || Il fait un temps de demoiselle, ni pluie, ni vent, ni soleil. |{ Le temps est haut, les nuages sont élevés. || Fig. Haut comme le temps, plein de fierté, très-hautain. || Fig. Hausser le temps, voy. hausser, n' 2. || 22" Gros temps, temps d'orage en mer ou sur une rivière. Ils se mirent ensuite dans un petit bateau le long de la rivière, où ils essuyèrent un si gros temps, qu'ils ne savaient où se mettre, SÉv. 24 déc. \ 688. Les deux jours suivants, le gros temps ne nous permit pas de faire voile, bougainville, Yoy. t. I, p. 2)1. De gros temps, assez ordinaires en hiver, dans ces parages, raynal, Hist. phil. xi, 3. Il Terme de marine. Coup de temps, coup de vent. Il 23' Terme de vénerie. Voie de vieux temps, vole d'un jour ou deux. || Aller de temps, se dit du chien quand la vole n'est pas ancienne et qu'il en remontre. Cette voie n'est pas de temps, elle est vieille. Il Revoir de bon temps, trouver une vole fraîche et de la nuit. || Tirer sur le temps, tirer au moment favorable. || Fig. Tirer sur le temps, profiter de l'occasion favorable. Comme il [Piiysieux] avait beaucoup d'esprit et de connaissance du roi. Il s'avisa de tirer hardiment sur le temps, st-sim. (41, 6). Il 24* Terme d'escrime. Se dit du moment favorable que l'on doit choisir pour fondre sur son adversaire. || Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement. || Fig. et populairement. Voir le coup de temps, s'apercevoir d'un contre-temps assez tôt pour le déjouer. || Prendre sur le temps, frapper son adversaire d'une botte au moment où il s'occupe de quelque mouvement. Il Tirer sur le temps, pousser une botte, au moment où l'adversaire se prépare lui-même à en tirer une. || 25° Terme de manège. Se dit de chaque mouvement accompli, de quelque allure que ce soit. Cet exercice se fait en trois temps. Un temps de cheval. || S'applique aussi â quelquesunes des aides que donne le cavalier. Un temps de jamkes. || Temps d'arrêt, action de la main pour ralentir le mouvement. || Fig. Temps d'arrêt, ralentissement, suspension dans quelque opération. Il Temps de langue, appel de la langue. || Temps de galop, voy. GAI.OP. Il 26" Dans l'art militaire, en instruction de détail, l'action d'exercice qui s'exécute à un commandement, et qui se divise en mouvements pour en faciliter l'exécution. || 27* Terme de marine. Intervalle que l'on met après chaque coup de canon d'un salut. || Partie d'un signal de nuit. Il Subdivision des divers commandementsde l'exercice des bouches à feu. || 28' En chirurgie, on appelle temps les opérations simples dont la réunion constitue les opérations composées. || Opérations en deux temps ou en plusieurs temps, celles qu'on cesse après avoir fait certaines parties, pour les reprendre une ou plusieurs fols et les terminer plus tard. Il 29' Terme de danse. Moments précis pendant lesquels il faut faire certains mouvements divisés par des pauses. Si les temps de l'entrechat ne sont ni coupes ni battus, et qu'ils soient au contraire frottés et roulés l'un sur l'autre, il n'y aura pas de clair qui fasse valoir les ombres, NOVERRE, Lelt. sur la danse, p. 305, dans pouoens. L'élégance de sa taille et la longueur de ses mem-
bres s'associaient i merveille aux temps développés et aux pas hardis de la danse, id. ib. p. 34'i. Il 30* Terme de musique. La division la plus imméillate de la mesure, constituant une unité de durée divisible et subdivisible elle-même en deux et en trois parties. Mesure i deux temps. Mesure à deux temps ternaires. Mesure 1 trois temps binaires. Il Dans les mesures i deux temps et à quatre temps, temps forts, temps frappes ou tempi impairs; temps faibles, temps ievésou temps pairs. Il Appuyer sur les temp3 forts, les faire sentir Il Par extension. Dans l'accent naturel de la parole, ainsi que dans celui du chant, dans la quantité prosodique et dans la mesure vocale. Il y a des temps forts et des temps faibles, haruontel,(Euv. t. viii, p. 4(8. Il Demi-temps, durée de la moitié d'un temps. || 81* Durée qu'on emploie à prononcer les syllabes. Il y a à observer le temps que l'on met à prononcer chaque syllabe ; les unes sont prononcées en moins de temps que les autres, et l'on dit de celles-ci qu'elles sont longues, et de celles-là qu'elles sont brèves; les brèves sont prononcées dans le moins de temps qu'il est possible; aussi dit-on qu'elles n'ont qu'un temps, c'est-àdire une mebure, un battement; au lieu que lei longues en ont deux, duuars. (Euv. t. iv, p. 46. Il 32» Dans la déclamation, pauses qu'on observe entre certaines phrases, entre certains mots. Souvenez-vous de ne rien précipiter, d'animer tout, de mêler des soupirs à votre déclamation, de mettre de grands temps, volt. LeK. Mlle Gamsin, décembre (730. ||33* Terme de grammaire. Différentes inflexions qui marquent dans les verbes le moment auquel se rapporte l'existence, l'état ou l'action. Le temps présent. Les temps passés. Temps dérivés. X l'égard des temps, il faut observer que toute action est relative à un temps, puisqu'elle se passe dans le temps; les rapports de l'action au temps sont marqués en quelques langues par des particules ajoutées au verbe, du- MARS. Œuv. t. IV, p. .143. || Temps primitifs, se dit des temps des verbes qui servent à former les autres. Il Temps seconds, temps dérivés des temps primitifs. Il Temps seconds, se dit, dans la grammaire grecque, d'une seconde forme de certains temps. Il 3i* X temps, loc. adt;. Assez tôt, ni trop tôt, ni trop tard.... pourvu qu'il [le bonheur] nous vienne, Il vient toujours à temps, hégnier, Élég. 11. Dans cette confusion on ne pouvait se mouvoir de concert; les ordres ne venaient jamais à temps, Boss. Uist. III, 5. |{X temps de..., avec un inrinltlf. À temps d'agir. Vous qui ne différez de vous convertir que parce que vous croyez que vous serez assez à temps, au lit de la mort, de vous donner à Dieu, MASS. Carême, Impén. || Pour un temps limité. Travaux forcés à temps. Le mal était que cet emploi n'était qu'à temps, mais il mettait en état de chercher et d'attendre, i. 1. rouss. Confess. iv. Ses membres [d'un corps politique], participant à la constitution des deux extrêmes, seront partie à temps et partie à vie, id. Gouv. de Polog. 8. On ne peut engager ses services qu'à temps et pour une entreprise déterminée, Code cio. art. (780. || 35* Sur le temps, au moment même. Je fais d'excellents impromptus à loisir ; mais, sur le temps, je n'ai jamais rien fait ni dit qui vaille, J. J. rouss. Confess. m. || 36* En même temps, au même temps, à la même heure, dans le même moment, ensemble. Jésus-Christ est venu enseigner sa loi i tous les hommes, et leur donner au même temps les exemples de l'accomplir, flkch. Panég. i, 247. Il Descartes a dit : à même temps. Si la quantité de ces vapeurs n'est à même temps augmentée, Pass. 131. Il 37* Dans le même temps, sans tarder, incontinent. Si par hasard il a appris ce qui aura été dit dans une assemblée de ville, il court dans le même temps le divulguer, la brut. Théophr. vil. Il 38* Tout d'un temps, aussitôt, sans tarder. Et tout d'un temps on le voit y voler, corn. Uot. IV, 2. Bonsoir, car tout d'un temps je vais me renfermer, MOL. Ec. des mar. 1:1, 2. En arrivant, j'allai recevoir cette lyre, et tout d'un temps je la vendis, haruontel, Mém. u. || En même temps. II lui sera facile D'apaiser tout d'un temps les mânes de Camille, corn. Ilor. v, 3. Emmenez avec vous les souffleurs (alchimistes] tout d'un temps, la font. Fabl. II, (3. Mais je voudrais qu'on cherchât tout d'un temps.... boil. Èpigr. ixx. ||89* De tout temps, de tous temps, toujours. Et mon desseina été de tout temps de plaire à peu de personnes, balz. Lit). I, lett. 2. Tu sais que, de tout temps à l'amour opposée. Je rendais souvent grâce à l'injuste Thésée, RAC. Phid. u, ( . |! 40" De temps en Umps,
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do tempa i autre, de fois & autre, quelquefois. Le Dieu, dont vous parlez, de temps en temps sé- Tère, COBN. Attila, v, 3. Et c'est pour m'affranchir de cette dépendance Que.... de temps en temps, j'irrite ses ennuis, bac. Brit. n, î. || 41* En temps et lieu, dans le temps et le lieu convenables. Je te remercie de ta protection, et je ne manquerai pas de la réclamer en temps et lieu, picabd, Deux Philiberts, i, H. || 42* Suivant ou selon le temps, suivant ou selon les temps, conformément aux circonstances. || 43° Dans le temps que, au temps que, Joe. conj. Dans le temps oii, pendant que. Vous les avez poursuivis l'épée à la main au temps de leur affliction, au temps que leur iniquité était à son comble, saci, Éiéchiel, xxxv, 5. Jésus-Christ est venu surprendre la reine dans le temps que nous la croyions la plus saine, dans le temps qu'elle se trouvait la plus heureuse, Boss. Mar.-Thér. \\ 44' Au même temps que, et, plus rarement, à même temps que..., justement dans l'instant où. Et à même temps qu'avec la houssine il renversa les marmouse's dans le bassin, l'armée navale des ennemis fit naufrage, balz. I« Barbon. || 46° Entre temps, dans l'intervalle. Entre temps il alla dîner. || Proverbes. Le temps perdu ne se répare point, ne se recouvre point. Il Le temps est un grand maître. Le temps est un grand maître, il règle bien des choses, cohn. Sertor. n, ♦. Il Chaque chose a son temps, il y a temps pour tout. Dame il y a temps pour tout, mahiv. Pays. port). 6* part. Il y a quelque temps qu'on ne parlait que des jésuites ; et à présent on ne s'entretient que des escargots; chaque chose a son temps, VOLT. Colimaçons, ). || Qui a temps a vie, quand le terme où l'on doit satisfaire à une obligation est éloigné, on a du loisir pour s'y préparer. Il Qui gagne du temps gagne tout. || Le temps est i Dieu et à nous, nous avons le loisir de faire ce dont il s'agit, ou, en général, de faire ce qu'il nous plaît. Il II y a temps de rire et temps de pleurer, temps de parler et temps de se taire. Il II est un temps pour s'en aller et prendre congé, se dit des importuns. || Après ce temps-ci il en Tiendra un autre, se dit pour se consoler dans la misère du temps. || Il viendra un temps où les chiens auront besoin de leur queue, un temps viendra où l'on aura besoin des gens ou des choses qu'on néglige maintenant. || Tout vient à temps pour qui peut ou qui sait attendre, il faut attendre l'occasion pour en profiter, sans la provoquer. Il Du temps faut parler pour propos renouveler. Il Changement de temps, entretien de sot. || Autre temps, autres mœurs. || Après bon temps on se repent, se dit aux prodigues qui se préparent un avenir malheureux. || Il n'y a point de temps perdu, les uns ont le bon, les autres le mauvais. — HIST. XI* s. II est mult vielz, si ad sun tens uset, Ch. de Roi. xxxix. Morz est li quens [le comte], de sun tens ni ad plus, ib. eux. Oemorent trop, n'i puent estre à tens, ib. cxxxvi. Cuntre païens [il] fut tuz tens campiuns, ib. CLxm. Dist î'emperere : tens est del herberger, tj». clxxvii. ||xn* s. E cel jor [il] ne li dist rien; mais, quant il vit son tens, appelé à conseil, il respondit.... Machab. ii, 4i. Li noviaus tanz et mais et violete, Couà, n. Encor viendra lieus et tens De ma très grant joie avoir, id. xn. Quant [je] voi venir le bel tanz et la flor, id. xvn. X la douzor del tens qui raverdoie. Chantent oisel et florissent vergier, D>. zxi. Guiteclins de Sassoigne, quant ce vint à ■on tans, De sa première feme ot deus vaslez enfans, Sax. T. N'i [en une belle femme] perdi pas nature ses uevres ne son tans, ib. || xiir s. Car à nos tans est perdus li sains lieus, quesnes. Romancero, p. »4. On n'aime pas dame pour parenté [sa famille], Ains quant ele est bêle, courtoise et sage ; Vous en saurez par tens la vérité, ib. p. no. X l'issue d'avril un temps dous el joli, Berte, i. Grant temps [ils] furent ensemble, car ainsi plut à Dieu, tb. III. Cil jour [il] fit moût lait temps et de froide manière, >6. xx. Devant la mienuit li temps un peu s'escure, tb. xui. Lors [elle] se musse au buisson; si lait le tans [le mauvais temps] passer, tb. xun. Si avint, un tans après la^ mort de Godcfroi et le roi Baudoin, son frère, qu'il ot un roi en France qui ot nom Loeys li Justicieres , Chr. de Rains, p. J. U lui fist en tans et en lieu Sentir son pooir et sa force, Lai de l'ombre. Si cum vous le verrez en tons, la Rose, «837. Je me fais apeler Oiseuse, Dist ele, i tous mes congnoissans ; Si sui riche famé et poissans; S'ai d'une chose moult bon tens ; Car i nule riens je ns pens Qu'i moi joer et solaeier, tb. »g&. Et
TEM
est désormais bien tans, Qu'ele ait o li un esenier, Bl. et Jeh. <93. Il soloit estre k'on se vengeoil, par droit de guerre, dusqu'au septisme degré de lignage, et ce n'estoit pas merveille el tans d'adont, beaum. lix, 20. La seconde [cause de servitude] si est parce que el tans cba en arrière, par grant dévotion, mdult se donnoicnt aus [eux] et lor oir et lor cozes as sains et as saintes, m. xlv, (9. Onques homme lay [laïque] de nostre temps ne vesquit si saintement, joinv. toi. Ausi parole il del jor dou joïse [du jugement] comme se il fust passez; car Escriture met un tens por autre assez sovent, Psautier, C ui.\\ xiv's. Comme une aronde seule ne signifie pas le temps de ver [printemps], ne un seul biau jour ne le fait pas, OBESME, Bth. X, ie. Bonne delettacion qui se devroit ensuir ou temps à venir, id. ib. i 32. Baron, ce dist U rois, je vous tien à sachans; Veilliez moi conseiller; car il en est bien tamps, Guescl. 8452. Si vous prions chèrement, que en le temps moien [dans l'intervalle] vous vouliez conforter, du cange, tempus médium. \\ xv« s. Quand le roi vit sa sœur que grant temps n'a voit vue, froiss. i, i, 6. Et ils ne pouvoient bonnement plus avant hostoyer, ni guerroyer pour l'hiver temps qui entré estoit, ID. i, i, <57. Ceux du chastel virent bien que le faix leur estoit grand, et, si le roi David maintenoit son propos [de les assiéger aussi vivement], ils auroient fort temps, id. i, i, 183. Quant ces gens d'armes [du duo d'Anjou] se trouvèrent en ce pays [de Calabre] si bon et si gras et rempli de tous biens, ils se tinrent tout aises et s'en donnèrent du bon temps, id. n, ii, <37. On a vu le temps que il ne l'eust pas fait pour nul avoir, id. ii, ii, 206.11s perdoient là leur temps, m. II, n, 230. On doit le temps ainsi prendre qu'il vient; Tous dis ne puet durer une fortune : Un temps se pert, et puis l'autre revient, m. Poésies mss. p. 337, dans lacukne. Je veuil laisser aux autres faire Leur temps, car le mien est passé, al. chart. la Belle dame. Quand tout vray et tout clair est que la chose va ainsi, et non de nouvel, mais de tout temps, chastel. Exposit. sur vérité. Prince qui veult que le bon temps reviengne, Les trois estas en bonnes meurs repringne, e. desch. Souffr. du peuple. Seez vous, beau sire. Il est bien temps de le vous dire : Mais je suis ainsi
gracieux. Patelin et tenoit le roi pour
homme craintif, et estoit vray que par temps il l'estoit, COMM. m, 12. Ceste maladventure ne luy advint pas seulle, car tout en ung temps fut prins le conte de Roussy son filz, id. iv, 4. Autant estimé et requis de ses voisins ung temps a esté que nul prince qui fust en chrestienté, ro. v, «. Au moins celluy qui aura bonne cause et la pourchassera bien et deffendra largement, à longueur de temps aura raison si.... id. v, <8. Hz ont le meilleur temps de France, Sans soucy, sans melencolye, Rec. de farces, p. 292. ||xvi's. Car ils prennent pour grand' louange Quand on les estime inconstants; Et disent que le tans se change. Et que le sage suit le tans, desportes, Diverses amours, xli. Chanson. Je laisse au philosophe et aux gens de loisir X mesurer le tans par mois et par journées ; Je conte, quant à moi, le tans par le désir, id. Cleonice, iv. Temps c'est la différence du verbe selon le présent, prétérit, futur, rahbs, dans livet, Gramm. (ranç. p. 225. Non qu'ilz feissent ce grand voyage tout d'une tire, mais à plusieurs reprises, marchans tous les ans sur le temps nouveau [printemps] plus avant en païs, de sorte que par long traict de temps ilz traversèrent ainsi toute la terre ferme de l'Europe, amyot, ifarttu, )8. Au temps que les bestes parloient, il n'y a pas trois jours, rab. Pant. ii, 4 5. La rose à la parfin devient un gratecu , Et tout avecq' le temps par le temps est vaincu, rons. 4 64. U sçavoit par sur tous laisser courre et lancer. Bien demesler d'un cerf les ruses et la feinte. Le bon temps, le vieil temps, l'essuy, le rembuscher, id. ï40. Vostre appréhension et vostre seul penser Un temps furent àmoy ; or' vostre amour me laisse : Le temps peut toutes choses à la fin effacer, n. 374. Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame ; Las, le temps, non, mais nous, nous en allons, id. Poés. diverses. Le temps corrige tout, quand on le conduit bien, gabn. Hippol. m, 269. On ne doit contraindre le temps, ne sur Dieu haster le pas, OÉNIN, Récréât, t. ii, p. ï46. Au temps qui court, PALSORAVE, p. 81 1. Oui prévient les temps, fort souvent il s'en plaint, sollt, Mém. t. ii, p. 478,
— Rtym. Wallon, loin; provenç. temps; espagn. tiempo; portug. et ital. ttmpo; du Ut. tempus,
TÉN
temps; comparez l'angl.linw, l'angl.-SM. Jtmo, le gaél. (tm, ttom.
t TÉMDLENCB (té-mu-Un-s'), s. f. Terme de médecine. État semblable à l'ivresse.
— Rtym. I^t. temulentia, ivresse.
TENABLE (te-na-bl'), adj. || !• Où l'on peut s.
tenir, demeurer. La campagne n'est pas tenablc. On avait cru y être un jour de plus, pour aller voir le lieu de la bataille ; mais les chemins sont si peu tenables qu'on a changé d'avis, pellisson, Leti hist. t. m, p. 264. Quand vous viendrez, les caui seront grandes, et la place ne sera plus tenable, sÉv. 4 0oct. 4 673. La place n'était pas tenable pout un jaloux, il sortit furieux, montesq. Lelt. pers. 144. Six mois de l'année la place publique n'est pas tenable, j. j. Houss. Contr. m, 4 5. || 2* Terme de guerre. Il se dit d'un poste où l'on peut se défendre. Elles [les lois de la guerre] ne permettent pas de se défendre contre une armée dans une place ou un château qui n'est pas tenable, saint- Foix, Sss. Paris, (Eut), t. v, p. 386, dans pougens. Jérusalem est dominée de toutes parts; pour la rendre tenable contre une armée régulière, il faudrait faire de grands ouvrages avancés, à l'ouest et au nord, cbateaubr. Itin. part. 4.
— HIST. XII" s. Paiz fine e entière e tenable, Certaine, seùre e estable, benoît, ii, 12056. |lxni« s. N'est-ce donc chose bien provable. Que sa roe [de la fortune] n'est pas tenable? la Rose, 6648. Car Platon dist, c'est chose voire. Que plus tenable est la mémoire De ce qu'on aprcnt en enfance, De quiconques soit la science, tb. 43094. ||xv' s. Et disoit bien que ce n'estoit pas forteresse tenable contre un ost, froiss. i, i, 437. ||ivi' s. Aucun douaire n'estoit tenable, quand il surpassoit la moitié du vaillant de celui qui doue, loysel, 4 39.
— ÉTYM. Tenir.
TENACE (te-na-s'), adj. \\ !• Terme de boUnique. Il se dit des plantes qui s'attachent, s'accrochent. Une tige, une feuille tenace. || 2* Qui s'attache à, pour ronger, serrer. L'intrépide lion dans un piège surpris S'irrite du danger, et de sa dent j tenace Ronge, en grondant, la toile où lui-même ^s'enlace, gilb. le Poète malh. \\ 3' Il se dit d'un I corps dont les parties adhèrent fortement les unes aux autres. Du chanvre très-tenace. L'eau chaude et surtout bouillante peut prendi-e plus de sucre en dissolution que l'eau froide, et former un liquide plus épais, plus tenace que le sirop, four- CROY, Conn. chim. t. vii, p. 465. || Métal tenace, métal qui supporte une pression, un tiraillement considérable, sans se rompre. Quoique l'or soit le pluscompacte et le plus tenace des métaux, il n'est néanmoins que peu élastique et peu sonore, bufp. I Afin. t. IV, p. 256. Il Roche tenace, roche qu'on a de la peine à détacher, à casser. || 4* Dont on ne peut se défaire, qu'on ne peut écarter, en parlant I des personnes. Ce diable-là est furieusement tenace; c'est celui qui possède ordinairement les femmes, quand ellesont le diable au corps, regnard. Retour impr. se. 4 3. Non, je ne vis jamais d'ani- I mal si tenace [un créancier] , id. Je Joueur, m, 7. Ce fade médecin est un amant tenace. Et qui ne s'aperçoit jamais qu'il embarraisse, legrand, Aveugle clair-voy. se. >. Reste encore un neveu, mais un neveu tenace, collin d'harlev. Vieux célib. i, 6. Il 5° Fig. Qui est attaché opiniâtrement à ses idées, à ses prétentions. Homme tenace. || Il se dit des choses. Préjugé tenace. On tient beaucoup aux choses dont on est continuellement occupé, témoin l'obstination tenace des mahométans et des juifs, et la facilité qu'ont de changer de religion les peuples barbares et sauvages, montesq. Sspr. xiv, 2. Il Avoir la mémoire tenace, ne point oublier ce qu'on a appris. || Terme de jeux. Demeurer tenace, à l'hombre, avoir deux cartes, l'une inférieure et l'autre supérieure à la plus haute carte de l'adversaire, et cependant faire les deux levées, parce que l'adversaire doit jouer le premier. || 6* Fig. Qui ne donne qu'avec peine, avare. Sa fille est riche; mais l'oncle, qui est tuteur, est tenace, dancouhi, Yert-galant, se. 3. || Il est d'une humeur fort tenace, on ne saurait en rien tirer.
— HIST. XVI* s. La pituite se rendant plus tenace et visqueuse, paré, xx, 27. C'est une maladie [l'absence d'un bon jugement] qui n'est jamais où elle se veoid; elle est bien tenace et forte, MORT, m, 64.
— ÉTYM. Lat. tenacem, de tenere, tenir.
t TENACEM ENT (te-na-se-man), adv. D'une ma» nière tenace; avec ténacité.
— HIST. XVI* s. Tenacement, cotgrave.
TÊNACITfi (té-na-si-té), ». f. || 1* Qualité de ce
TEN
TEN
TEN
qui «9t tenace. La ténacité de la poix. Cette liqueur n'avait qui' peu de ténacité, buff. Hùt, aniin. Ti. |{ t* Résistance que les corps opposent aux efforts qui tendent a les rompre, soit par choc, soit par pression ou traction. La ténacité du chanvre. || Propriété qu'ont les métaux ductiles, réduits en fils d'un petit diamètre, do supporter un certain poids sans se rompre. Tout alliage diminue ou détruit la ténacité des métaux; celle de l'or est si forte qu'un fil de ce métal, d'un dixième de ligne de diamètre, peut porter, avant de se rompre, cinq cents livres de poids, buff. Uin, t. IV, p. 234. La ténacité est la résistance que les molécules d'un métal ductile offrent à leur désunion; on l'estime par le poids que peut porter, sans se rompre, un fil métallique d'un diamètre déterminé, a. bbongniart, Traité de min. t. ii, p. 79. Il Liaison et enchaînement des parties dont sont composés les différents terrains. || 3" Résistance de certains animaux de service à la fatigue, aux privations, Rev. des Deux- Mondes, 15 janv. <872, p. 387. Il 4» Fig. Attachement invariable à une idée, à un projet. On n'a jamais vu pareille ténacité. Il Sa mémoire est d'une grande ténacité, il retient, sans l'oublier, ce qu'il a mis une fois dans sa mémoire. La mémoire a plus de ténacité.... BONNET, Ess. anal, dme, 26. || B° Avarice.
— HIST. ivi' s. Ténacité, cotgbave.
— ÊTYM. Lat. tenacitatem, do tenax, tenace.
t TENACCLUM (té-na-ku-lom'), s. m. Terme de chirurgie. Aiguille courbée au bout, attachée à un manche, et destinée i tenir les artères qui doivent être liées.
— ÊTYM. Lat. tenaculum (voy. tenaille).
TENAILLE (te-nâ-U', Il mouillées, et non te-
li&-ye), s. f. Il 1* Instrument de fer composé de deux espèces de mâchoires qui s'ouvrent et se resserrent pour saisir. Apportez la tenaille. || Plus Msité au plur. Arracher un clou avec des tenailles. Le parlement condamna Poltrot à être déchiré avec des tenailles ardentes, tiré à quatre chevaux et écartelé, supplice réservé aux assassins des rois, TOLT. Hist. pari. xxiv. || Mors de la tenaille, les deux demi-cercles qui sont à un de ses bouts. Il Tenailles justes, celles avec lesquelles on saisit un lopin peu volumineux; tenailles goulues, celles qui sont plus ouvertes et avec lesquelles on forge quelques instruments. || 2" Instrument de maréchalerie avec lequel on tient le fer pour le travailler sur l'enclume. On distingue la tenaille à mettre au feu, qui sert à tenir le fer placé dans le foyer, et les tenailles à. main, plus petites, avec lesquelles on tient le fer pour le frapper et lui donner la forme convenable. || 3° Terme de serrurier. Tenaille à chanfrein, espèce de mordache. || Tenaille à vis, petit étau à main, qui sert pour tenir une clef, pour en arrondir la tige. ||4* Terme de treilla^eur. Outil de fer acéré ayant deux branches avec tCte aplatie, servant à couper les pointes et à ployer les tringles. || 6° Dans les manufactures de glaces, on appelle tenailles un cadre de fer avec lequel on embrasse les cuvettes qui tiennent le verre en fusion pour le verser sur la table de cuirre. || 6* Instrument de chirurgie dont on se sert pour couper des esquilles ou des cartilages; c'est une espèce de pince dont les mors ont beaucoup de force, et sont tranchants dans l'endroit où ils se touchent. ||7' En fortification permanente, petit ouvrage bas, situé en avant de la courtine des fronts bastionnés, i deux faces qui présentent un angle rentrant vers la campagne. Deux grandes places d'armes rentrantes, ayant chacune un bon réduit, et, derrière elles, de bonnes tenailles, avec caponnières et poternes de communication au corps de la place, raynal, Uist. phil. xni, 32. || Double tenaille, celle qui a un angle saillant au milieu, entre deux angles rentrants. || En fortification passagère, combinaison de quatre droites formant un angle rentrant entre deux saillants obtus. || Lignes à tenailles, ligne de fortification dont les éléments présentent cette combinaison. || 8° Terme d'entomologie. Nom donné aux crochets recourbés qui terminent l'abdomen des labidoures ou perceoreilles, et chez les mâles de certaines libellules ou demoiselles. || 9' Poisson des Indes. || 10° Ancien terme de marine. Dans les galères, tenailles de poupe, deux pièces en forme d'arceau surbaissé, dont l'une est à l'entrée do la poupe et l'autre k son extrémité.
— 1II8T. xiii* s. Ansois [auparavant] fu martez (marteau] et tenaille, Que nefu li fevres sans faille, Ilist. lut de la Fr. t. xxiii, p. 743. || xiv' s. Pour une tenaille, unes pincettes, et un tirtifeu. db la-
BORDB, Émaux, p. 6<6. Il XV* ». Dan NIchodem, venez o mei, Alum despendre notre rci [Jésus attaché à la croix] ; Nel refusum, tut seit il mort.... Tanailles et martel portez, Dunt li clou serunt dérivez, la Besurreetion du Sauveur, p. is. Il XVI* s. Dandelot fit rcconnoislre la brccho par le capitaine Normand, lequel ayant fidellement rapporté les retranchements, faicts en tenaille dans le ravelin et un plus grand dans la courtine.... d'aub. Hist. i, 231. Us sautèrent le fossé environ les deux tiers, et viennent meslcr dans la tenaille que nous avons descritte [il s'agit d'un ordre de bataille], ro. ib. il, <8i. Une tenaille ou pincette bien acérée, faitte presque comme celles que les Parisiens et Lyonnois sont curieux d'avoir en leur foyer, id. ib. n, 37». Le labourage se croisera, non à angles droits, ains à obtus et aigus ou en tenaille, comme on dit, o. de serres, 92. Quand nous oyons, en Joscphe, cet enfant tout déchiré de tenailles mordantes et percé des alesnesd'Antiochus.... mont. II, 2). Si tost quede te voir je n'ay plus le bonheur, Aussitost ce cruel me met à la tenaille D'un regret importun qui toujours me travaille Sans donner tant soit peu de trêve à ma douleur, r. belleau, Perger. 1. 1, p. 58, dans lacurne.
— ÊTYM. Prov. (eno/Aa; esp. tenaza; it. tanaglia ; du lat. tenacula, lien , attache, pluriel neutre pris en forme de nom féminin, de tenere, tenir.
TENAILLÉ, ÉE (te-nâ-llé, liée. Il mouillées), part, passé de tenailler. || l* Un criminel tenaillé. Il Fig. Voilà encore quatre ou cinq jours que je serai tenaillée, déchiquetée, maintenon, Lett. à Mme de Brinon, (680, t. ii, p. (85, dans pougens. Il a* Fortification tenaillée, système de fortification, dû à Montalembert, dont le tracé général est feit suivant une série de triangles équilaléraux réunis à angle droit; le flanquemcnt est obtenu par des casemates placées dans les rentrants.
t TENAILLÉE (te-nâ-Uée, Ji mouillées), s. f. Quantité de tronçons d'épingles que l'empointeur prend pour les porter sur la meule.
tTENAILLEMKNT (te-nâ-lle-man. Il mouillées), j. m. Action de tenailler. Le Bourguignon qui tua le prince d'Orange, après avoir pleuré quand on lui coupait sa perruque frisée, se mit à rire au milieu des tenaillements, voyant tomber quelque chose sur la tête d'un des spectateurs de son supplice, Dial. d'Orat. Tubero, t. ii, p. 2(5. Les tortures, les roues, les tenaillements, le fond des cachots, dider. Lett. de Ramsay.
— HIST. XVI" s. Tenaillement, cotgrave.
TENAILLER (te-nâ-llé , 1( mouillées, et non pas
te-nâ-yé), f>. a. Supplicier avec des tenailles ardentes. Il [Damions] fut tenaillé avec de grosses pinces ardentes aux bras, aux cuisses et à la poitrine, volt. Hist. pari, lxvii. L'cvSque [de Munster], après l'avoir quelque temps montré [Jean de Leyde, le chef des anabaptistes] de ville en ville, comme on fait voir un monstre, le fit tenailler avec des tenailles ardentes, id. Mœurs, (32. Il Fig. C'est me faire beaucoup de bien, en me reprochant que je ne le mérite pas; et cela est proprement me baiser la main, en me tenaillant le cœur, VOIT. Lett. 6. Maudit soit l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve, boil. Êpigr. xiv.
— HIST. XVI* s. Et le poignant regret qui tenaille mon ame, desportes, Diane, ii, 8. Pour alléger mon esprit languissant, Qu'amour tenaille à secrcttes atlaintes, id. Cléoniee, xxxiv. Poltrot mené à Paris est tenaillé et tiré à quatre chevaux, d'auu. Hist. i, (8). Ils ne vouloient point attaquer le logis du siège, tant pour estre les trenchées bien tenaillées, que d'autant que la principale force des Affricains estoit en cavallerie, id. ib. i, 487.
— ETYM. Tenaille.
TENAILLON (te-nâ-llon, (t mouillées, et non te-nâ-yon), s. m. Ouvrage de fortification qui se trouve quelquefois placé sur chacune des faces d'une demi-lune, dont il laisse le saillant découvert. Ils [les assiégés dans Lille] repoussèrent par deux fois 7000 hommes qui attaquèrent leur chemin couvert et un tenaillon, st-sim. 2I0, 78.
— ÊTYM. Dimin. de tenaille.
t TÉNALGIE(té-nal-jie), s. f. Terme de chirurgie. Ténalgie crépitante, synonyme d'aï (voy. aH).
— ÊTYM. TévMv, tendon, et à).fo(, douleur. TENANCIER, 1ÈRE (te-nan-sié, siè-r'), ». m. et/".
Il 1* Terme de féodalité. Celui, celle qui tenait en roture des terres dépendantes d'un fief. || Franc tenancier, celui qui tenait des terres en roture, mais qui en avait racheté les droits. || 2* Il se dit aujourd'hui quelquefois d'un petit fermier qui
tient une métairie dépendante d'une grosse ferme — ÊTYM. Tenant t.
TENANT, ANTE (te-nan, nan-f), adj. jj 1* Qui tient ; usité dans très-peu de locutions. Séance tc« nante, dans le cours de la séance. || Je vous remercie, mais rancune tenante, c'est-^-dire sans renoncer à ma rancune. || Anciennement, les plaids tenants, & l'audience. || Les gens tenants la cour do parlement. Les gens tenants la cour des comptes. Il Cet emploi de tenants au pluriel est un reste de l'ancienne grammaire qui accordait toujours les participes présents. || %' S. m. Celui qui, dans un tournoi, entreprenait de tenir contre tout assaillant. Les tenants sont ceux qui ouvrent le carrousel, et qui font les premiers défis par les cartels qu'ils font publier par les hérauts, avec les conditions des courses et des combats, le PÈRE ménestrier, Des tournois, p. t»4, dans lacurne. Les quatre tenants parurent au bout de la lice, avec une quantité do chevaux et de livrées qui faisaient le plus magnifique spectacle qui ciil jamais paru en France, la vay. Princ. Cléves, Œuv. t. II, p. (95, dans poucens. ||Se dit dans les courses de chevaux ou de bagues. || Fig. Mon silence est troublé tous les jours par l'éloquence d'autrui, et il faut que, pour mes péchés, je sois le tenant de tous les compliments de France, balz. liv. I, lett. (0.||3* Fig. et familièrement. Celui qui soutient une opinion contre ceux qui la combattent. Je suis persuadé que le plus grand nombre des lecteurs ne se souviennent plus de la réplique de l'un des tenants, lorsqu'ils lisent la dernière de l'autre tenant, batle, Lett. à Des Maizeaux, 21 sept. (706. Je trouvai, en y entrant, qu'on y traitait un point de métaphysique, et que Freret et Boindin étaient les tenants de la dispute, duclos, Œuv. t. x, p. 67. ||4* Celui qui, dans la conversation, dans le monde, prend pai .i pour une personne. Il est le tenant d'un tel. Le duc de Charost était un des premiers tenants du petit troupeau [des quiétisles], ST-sm. 68, «»3. IIS" Familièrement. Amant d'une femme qui en a plusieurs l'un après l'autre. Quand Ninon se lassait du tenant, elle le lui disait franchement, et en prenait un autre, st-sim. <64, 202. || 6* Il est le tenant dans cette maison, se dit d'un homme qui a le plus d'influence dans une maison, qui y tranche du maître. Il 7* Terme de blason. Se dit des figures d'hommes ou d'anges qui soutiennent l'écu, sans le lever. || 8* Il s'est dit pour tenancier. Celui qui n'aurait été homme ni tenant du seigneur ne lui payait qu'une amende de 60 livres, monteso. Esp. xxviil, 28. Il 9* Les tenants, les terres qui bornent une propriété. Ces deux chemins sont les tenants de cet héritage. || Les tenants et aboutissants d'une pièce de terre, les terres qui y sont adjacentes, qui la bornent. |1 Fig. Connaître tous les tenants et aboutissants d'une affaire, bien connaître tout ce qui s'y rattache. || Fig. Il me disait souvent les tenants et aboutissants des maitresses de son mattre, comte de caylus, Hist. de M. Guill. Œuv. t. X, p. 28. Il 10" Tout en un tenant, tout d'un tenant, ioc. adv. En parlant d'héritages, sans interruption, d'une même continuité. Avoir cent hectares tout d'un tenant. Sur nos rives du Cher où tout est divisé, où se trouvent & peine deux arpents d'un tenant, f. l. cour. Gaz. du village, n° 4.
— HIST. in* s. Enz el tenant [par où on tient] [il] l'a bien fet reondcr [son bâton]. Bat. d'Alcschans, v. 3664. || xiii* s. Large d'avoir et tenans [avare] de merchi, Ms. de poésies franc, av. <3'^'i, t. m, p. 999, dans lacurne. La grant dolor me rcnovele De mes plaies de maintenant; Trois fois me pasme en ung tenant, la Rose, 4R40. Il li demande aucun héritage ou aucuns muebles dont il est
tenans, beadm. i, 4& Par soufrance de segneur,
qui ont baillé lor héritages à cens et à renies anciennement, et les livrèrent par convenence à lor tenans, à plus petite mesure que.... id. xxvi, «2. Il XV* s. Et dura la gelée soixante et six jours en un tenant, fenin, «407. Après ce que tous les barons et tenans du royaume lui eurent faict feaulé et hommage [à Philippe de Valois], froiss. i, i, 5). Ni onques les Gascons, trente ans d'un tenant, ne furent fermement à un seigneur, id. n, m, 24. Il XVI* s. Pour joindre l'Espagne, la France et les Pays-Bas tout en un tenant. Sot. Mén. p. ivi. Disant qu'il avoit esté marié de nouveau, qu'il avoit espousé une telle, laquelle il cottoit par tenans et aboutissans, J'i4monl ressuscité, p. 488, dans lacurne. Terres tenantes, glueuses ou visqueuses, comme celles de quoy on faict les pots, rAUssi,»6i
TEN
TÉNARB (tè-na-O, f. m. L'enfer des païens (avec un T majuscule). Elle invoque à grands cris tous les dieux du Ténare, Les Parques , Ncmésis, Cerbère, Phlégéthon.... J. B. i^ovss. Cantate, Circé.
— ÉTYM. Lat. Txnanu. Taivapoç était le nom d'un cap de^Laconie; il s'y trouvait un temple do Posidon [Neptune], et, dans ce temple, un trou qu'on croyait être une bouche des enfers
f TEN'DABLE (Un-da-bl'), adj. Qui peut être tendu.
— IIIST. XIV' s. Tendable, do cange, tensibilis. TEXDANXE (tan-dan-s'), s. f. || !• Terme didacli-
que. L'action, la force par laquelle un corps est porté à se mouvoir. Si la lune perdait toute l'impulsion, toute la tendance qu'elle a pour aller d'occident en orient en ligne droite, font. Newton. Si elles [les étoiles] n'étaient balancées de toutes parts et à l'infini par des tendances réciproques, elles se réuniraient toutes incessamment autour d'un centre commun, mairxn, Éloges, llalley. Il y a une attraction évidente entre le soleil et les planètes, une tendance mutuelle de tous les corps les uns vers les autres, tolt. Phil. Nevot. ii, 7. Ce qui achève de démontrer l'identité de la tendance de la lune vers la terre avec la pesanteur, c'est qu'il suffit, pour avoir cette tendance, de diminuer la pesanteur terrestre, suivant la loi générale de la variation de la force attractive dos corps célestes, i.APLACE, Exp. IV, I. Il Fig. Débarrassé de mille sottises qui me tiraillaient en tous sens, je reprends aussitôt ma tendance naturelle vers le lieu que vous habitez, p. l. cour. Lelt. i, 313. || î« Direction du mouvement. || 3' En chimie, tendance à l'union, expression qu'on emploie quelquefois pour désigner l'attraction de composition, poubcroy, Conn. chim. t. i, p. 68. || 4' Fig. Direction vers, intention de produire un effet, d'établir une doctrine. Ce livre a des tendances panthéistiques. Il Procès de tendance, procès non pourcequi est dit expressément dans un écrit, mais pour la direction qui y est sensible, jj B* Fig. Pente vers quelque chose. Cet homme a une fâcheuse tendance, de fâcheuses tendances. La règle avec une inclinaison à l'anarchie, et l'anarchie avec une tendance à l'ordre et à l'harmonie, monteso. Esp. xxx, \. Une tendance vers le bien, que nulobslaclene dérange, MARMONTEL, BéHs. 13. Il y a en France une tendance invétérée à exproprier les citoyens au profit de la fociété, LANFREY, Hist. de Nap. t. ii, p. «29.
— HIST. XIV' s. Aucune foiz volonté signifie le fait et mouvement principal de la puissance dessus dite, et est désir et tendence à aucune fin, oresme, Eth. 69. Sa dame où avoit sa tendance Kt son confort et s'esperance, Chastel. de Couct, t. 7692.
— ETYM. Tendant.
TENDANT, ANTE (tan-dan, dan-t'), adj. Qui tend, qui va à quelque fin. Des discours tendants à prouver que.... Une erreur tendante à la subversion du sacrement, boss. Var. m.
t TENDE (tan-d'J, s. f. Terme de boucherie. Tende de tranche, dans le bœuf, morceau placé à la région interne de la cuisse, et comprenant surtout le muscle vaste interne et les adducteurs.
t TENDELET (tan-de-lè), s. m. \\ !• Petite tente. Il lui donna un palanquin à tendelet de soie cramoisie, BEHN. DE ST-p. Chaum. ind. Préamb. Il 2* Terme de marine. Espèce de dais que l'on place au-dessus de l'arrière de certains canots, pour abriter ceux qui s'y trouvent placés. Un peu en arrière du milieu de la longueur [de la gondole] est un tendelet, sous lequel on peut mettre trois personnes à l'aise, ou quatre un peu gênées, FORFAIT, Instit. Ilém. scienc. t. v, p. 269. || Ancien terme de marine. Petites tentes de poupe que l'on mettait aux embarcations dos officiers généraux ou supérieurs, dans la marine du Levant. Je n'ai jamais vu un si grand feu de canon que celui que les Turcs firent sur nos chaloupes.... nous avions seuls des tendelets, ce qui fit croire aux ennemis que c'étaient les généraux qui s'assemblaient pour se parler, Uém. de Villette, attaque d'A Iger, p. 65, dans JAL. Il 3' Terme d'horticulture. Petite tente dont on se sort pour mettre certaines plantes délicates à l'abri des rayons du soleil de midi.
— ETYM. Dimin. du bas-lat. lenda (voy. tente). ;■ TENBELIN (tan-de-lin), ». m. Sorte de hotte de
lapin, pour le transport de la vendange.
t TENDEn (tin-dèr), t. m. Terme de chemin de fer. Mot anglais employé pour désigner un chariot d'approvisionnement qui porte l'eau et le cbar- Imn nécessaires i la locomotive.
— ETYM. Angl. tender, de (o tend, être de service, apocope du franc, attendr*.
TEN
t TKNDERrR (tar-dc rie), t. f. Chasse où l'on tend des pièges pour attraper des oiseaux ou d'autres animaux.
t TENDEROLLE (tan-de-ro-l") , ». f. Terme de marine. Synonyme de marquise.
— ETYM. Dimin. du bas-lat. tenda (voy. tente). TENDEUR, EUSK (lan-deur, deù-s'), ». m. et f.
Il 1° Celui, celle qui tend quelque chose. Un tendeur de tapisseries. || i* Terme de chasse. Braconnier qui tend des lacs, des tirasses, des traîneaux, des collets, etc., pour prendre le gibier. || Nom, en fauconnerie, de ceux qui prennent les oiseaux de proie au passage, parce qu'ils tendent, pour cela, un filet, accompagné d'un duc dressé, qui appelle les oiseaux et les fait tomber dedans. || 3" S. f. pi. Terme de zoologie. Les tondeuses, tribu d'aranéides, comprenant celles qui font des toiles à réseau régulier, composées de cercles concentriques que coupent des rayons partant du centre.
— HIST. XIV* s. Lesdits marchanz tendeurs [de filets] et pesoheurs, Ord. detroUde Fr. t. n, p. 208.
— ETYM. Tendre 2.
TENDINEUX, EUSE (tan-di-neû, neû-z'), adj. Il 1' Terme d'anatomie. Qui a rapport aux tondons, qui est de la nature des tendons. Tissu tendineux. Fibre tendineuse. Insertions tendineuses. |{ Muscle demi-tendineux, muscle de la région postérieure de la cuisse. 112° Il se dit des viandes qui ont beaucoup de fibres tendineuses. La cuisse ordinairement dure et tendineuse dans le canard, buff. Ois. t. xvii, p. 288.
— lllST. XVI' 8. Laquelle couleur est donnée à ces muscles par le meslange de la tunique blanche ou aponeurose tendineuse avec leur chair rouge, PARÉ, i, 8.
— ÉTYM. Bas-lat. tendo, tendinis, tendon.
t TENDOIR (tan-doir), t. m. ou TENDOIRE (tan-doi-r'J, s. f. || 1* Bâton, dit aussi tendoi, qui fait partie d'un métier de tisserand et qui empêche la poitrinière de se dérouler. || 2* Se dit des perches sur lesquelles on étend des étoflTes pour les faire sécher. Tous les draps et serges étant pour l'usage des troupes et le commun du peuple, ne seront tirés ni aramés [allongés à l'aide do rames] en longueur ni en largeur, et seront mis sur les tendoires pour sécher, sans aucune extension, Lett. pat. 21 aoiit <74B.
— ETYM. Tendre 2.
TENDON (tan-don), s. f. || !• Terme d'anatomie. Cordon ou faisceau fibreux plus ou moins long, quelquefois rond, plus ordinairement aplati, d'un blanc luisant, distinct du muscle par la nature de ses fibres et parce qu'il n'est pas contractile. Elle mourut d'une saignée qui lui fut faite, où on lui coupa le tendon, st-sim. 329, 59. Le tendon est la corde immobile par elle-même qui, tirée par les muscles raccourcis, fait mouvoir les os les uns sur les autres, fodhcroy, Conn. chim. t. ix, p. 239. Il Tendon d'Achille, gros tendon aplati, formé, à la partie postérieure et inférieure de la jambe, par la réunion des tendons des muscles jumeaux et soléaires, et s'attachant à la partie inférieure de la face postérieure du calcanéum; ainsi nommé parce que la fable raconte qu'à cet endroit Paris blessa Achille. || l' Terme de vétérinaire. Chez les chevaux, la j corde formée, derrière le canon, par les tendons des muscles perforant et perforé. Le tendon doit être sec, net et dur. Il Tendon failli, c'est-à-dire manqué, celui qui, à sa naissance au genou, est trop rapproché de la colonne osseuse; cette conformation est mauvaise, parce que la corde tendineuse doit toujours s'écarter, autant que possible, du levier osseux sur lequel elle agit. || Tendon féru, celui qui est blessé.
— HIST. XVI' s. Les uns [muscles] produisent de leur ventre plusieurs tendons, comme ceux qui fiechissent les doigts, paré, i, 8.
— ÊTYM. Ital. tendine, d'un latin fictif tendo, tendinis ou tendonis, dérivé de tendere, tendre (voy. TENDRE 2). D'Aubigné a dit tendons pour lisières : Les tendons de l'enfance, Hist. m, 545.
1. TENDRE (Un-dr'), odj. || 1* Qui peut être facilement coupé, divisé. Du bois tendre. Une pierre tendre. Le plomb et l'étain sont des métaux tendres. Une certaine plante [d'Irlande] dont la tige est tendre, et presque aussi douce, diton, que celle de la canne à sucre, buff. Ou. t. XV, p. 400. Il 2* Viande tendre, viande qui se divise facilement avec les dents. On me demanda si j'étais pour le mouton noir ou pour le mouton blanc; je répondis que cela m'était fort indifférent, pourvu qu'il fût tendre, volt. Scarmentado. On le chasse
TEN
[le faisan] * l'oiseau le proie; et l'on prétend que ceux qui sont pris de cette manière sont plus tendres, et de meilleur goût, buff. Oi». t. iv, p. 92. Il Familièrement. Celte viande est tendre comme rosée, elle est très- tendre. || Tendre se dit aussi des légumes et des herbes. || 3* Pain tendre, pain nouvellement cuit, et qui cède sous la pression des doigts. Rincy ne s'en émut point; il protesta que personne ne mangerait qu'il n'eiit du pain tendre, scarr. Lett. Œuv. t. i, p. 2H, dans pougens. Ili'Qui ressent fortement ce qui agit physiquement. Des membres tendres et délicats. Oserat-elle [l'âme] toucher à ce corps si tendre , si chéri, si ménagé? boss. la Valliire. Que du Seigneur la voix se fasse entendre. Et qu'à nos cœurs son oracle divin Soit ce qu'à l'herbe tendre Est, au printemps, la fraîcheur du matin, rac. Athal. m, 7. Je suis comme un enfant dont les organes encore tendres sont vivement frappés par le; moindres objets , montesq. Lett. pers. 48. N'est-ce point offenser, appauvrir la nature, que de détruire ainsi ses tendres germes dans les espèces que nous ne pouvons d'ailleurs multiplier? buff. Ois. t XV, p. 83. Marcher avec des pieds trop tendres sur des épines, letourneuh, Trad. de Clar. Ilarlowe, Lett. 88. || Ce cheval est tendre à l'éperon, il y est très-sensible. || Il a la bouche tendre, il a la bouche délicate. || Il est tendre aux mouches, il est extrêmement sensible aux piqûres des mouches. Il Fig. et familièrement. Il est tendre aux mouches, il ne peut supporter les moindres incommodités, et aussi il s'offense des moindres choses. En vérité, la vie est triste quand on est aussi tendra aux mouches que je la [le] suis, sÉv. 2i sept. 1676. Il On dit dans le même sons au propre et au figuré : il a la peau tendre. || Avoir la vue tendre, les yeux tendreS; avoir la vue délicate, faible. ||B' L'âge tendre, la tendre jeunesse, l'enfance, la première jeunesse. Nous nous aimions tous deux dès la plus tendre enfance, rac. Théh. ii, 4. Qu'as-tu fait de mon fils? Je te l'ai confié dès l'âge le plus tendre, iD. Phèdre, v, 6. Hippias, d'un âge plus avancé, semblait devoir accabler Télémaque, dont la tendre jeunesse était moins nerveuse, pÉN.Kt. XVI. Il Dès ses plus tendres années, dès son enfance. La passion dominante de Thémistocle était l'ambition et l'amour de la gloire, qui parut en lui dès ses plus tendres années, ROLLIN, Ilist. anc. (Eue. t. m, p. I34, dans pou- GENS. Il 6° Fig. Qui ressent vivement ce qui agit moralement. Je crois, monsieur , que vous n'avez pas l'imagination si tendre qu'il vous faille consoler de cela, toit. Lett. 36. Comme en cette matière il a le cerveau tendre, m. cohn. Berger eitrav. I, 3. Je connais votre cœur; vous devez vous attendre. Que je vais le frapper par l'endroit la plus tendre, rac. Bérén. m, 3. || Avoir la conscience tendre, être délicat sur les choses qui intéressent l'honneur. Sa pureté [de la langue française] va jusqu'au scrupule, comme celle des personnes qui ont la conscience tendre, et auxquelles l'ombre même du mal fait horreur, bouiiours, Entret. d'Ar. et d'Fuj. 2. Il 7* Qui touche à des intértts délicats. Ce qui rendait la querelle sur les images si vivo, et fil que, dans la suite, les gens sensés ne poi*vaient pas proposer un culte modéré, c'est qu'elle était liée à dos choses bien tendres; il était question delà puissance.... montesq. Rom. 22. ||8"Fig. Disposé aux sentiments afl^cctueux, et, plus particulièrement, au sentiment de l'amour. Un père tendre. Un tendre amant De bonne fortune pour nous, elle est plus tondre pour ses amis [que pour ses amants], voit. Lett. 25. Quand je pense que la vie, et principalement la mienne, se passe dans l'éloigncment et dans l'inquiétude, je plains ceux qui sont aussi tendres que moi, sÉv. i" déc. 1079. Les hommes sont pour l'ordinaire moins tendres que les femmes, maintenon. Avis à la duchesse de Bourg. 0 Dieux 1 à quels tourments mon cœur s'est vu soumis, Voyant des deux côtés ses plus tendres amisl rac. Théb. 11, ). Vous qui êtes tendre jusqu'à n'oser parler à Idoménéc [do votre départ de peur de l'afOiger], vous ne serei plus touché de ses peines dès que vous serez sorti de Salente, fén. Tél. xiiii. Vous connaissez son cœur, il est aussi tendre pour ses amis que terrible pour ses ennemis, volt. Jenni, 6. || Tendre à, avec un infinitif. Ils [les premiers chrétiens] sont fermes dans les périls, mais ils sont tendres à aimer leurs frères, BOss. 2' sermon, Pentecôte, a. Il Familièrement. N'être pas tendre, être sévère, rigoureux. Quand une fois je m'y mets, je ne suis pas tendre, cohti db catlus, Hist. de M. GuiU,
TEN
TEN
TKN
*;ui'. t. X, p. 3», dans pouoens. || 9* Qui a le caractère de l'alTcction. Croyons ilonc avec sainl Jean en l'amour d'un Dieu; la foi nous paraîtra douce en la prenant par un endroit si tendre, Boss Anne de Cimi. Dieu ne demande pas aux personnes de son sexe une sublime raison, ni une science Taslueusc, mais une dévotion tendre, Fi.KCii. Daiqthiiu. Rappelez on votre mémoire avec quelle tendre et sensible joie il recueillit ce qu'il avait semé ilans l'àme de ce jeune vainqueur [le tiU de Louis XIV|, m. t)uc de tlonl. Ob dieux I tant de respects, une amitié si ii-ndrc. Que de raisons pour moi, si vous pouviez m'cntcndrol rac. Andr. n, 2. Nous lomnics seuls cncor; bâtezvous de' répandre Des pleurs que vous arracUe un intérêt si tondre, lu. I)ihig. I, 5. Toujours de vos bontés je vais m'cntretenir, Cbérir de vos vertus le tendre souvenir, volt. Zaïre, ii, 2. || 11 se dit particulièrement de l'amour. Un tendre aveu. .... J'en vois qui sont faites X pouvoir insjiirer de tendres sentimenis, mol. Bis. w, 6. Zaïre est la première pièce de lliéitro dans laquelle j'aie osé m'abandonner à toute la sensibilité de mon cœur; c'est la seule tragédie tendre que j'aie laite, VOLT. Zaire, IMt Que j'aime à trioiiipbcr de ce tendre embarras! ID. ib. m, C De cet csimir trop tendre elle était occupée, ID. ib. v, 4v. \\ 10- Attendrissant. Qui ne serait loucbé d'un si tendre spectacle? COBN. Poly. V, G. Il 11- Oui se laisse lacilement aller à.... en b.mne et en mauvaise part. Vous pensiez bien trouver qucbiue jeune coquette. Friande de l'intrigue, et tendre à la fleurette, mol. Ec. des mar. Ii, 9. Vous êtes donc bien tendre à la tentation, id. Tart. m, 2. Moi qui suis tendre aux larmes, skv. <•' juill. <fi7'J. Un cœur mênie tendre pour le bien, mass. Carême, ilol. de conv. J'ai un peu lait le nigaud avec le prince, parce que je iuis tendre à la peine il'aulrui ; mais le prince est tendre aussi, et il ne dira mot, mauiv. Double inconst. ni, 6. || lî* Toucliant, gracieux. Le tendre cbant des oiseaux. Que leurs tendres écrits [de Théocrite et do Virgile] par les GrAces dictés.... BOIL. Art p. II. De celte fleur si tendre et si tut moissonnée, haC. Athal. iv, 3. Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, m. Eslh. i, ). Il commençait à n'avoir plus ces grâces si tendres qui sont comme la fleur de la première jeunesse ; son teint devenait plus brun et moins délicat, ses membres miiins mous et plus nerveux, fkn. Tél. xvii. Ma flile, tendre objet de mes dernières peines, volt. Zaire, n, 3. Les Grâces, dont les soins ont élevé Racine, Aiment à répéter ses écrits cnclianteurs, Tendres comme leurs yeux, doux comme leurs laveurs, A. ciiKN. Frag. de l'art d'aimer. || Avoir le son de la voix tendre, un son de voix tendre, avoir le son de la voix toucbaiil et gracieux. Enfants, car votre voix est enfantine el tendre, a. CHÉN. l'Aveugle. Il me semble déjà dans mon oreille entendre De sa toucliante voix l'accent touchant et tendre, lamart. Jucclyn, l'rol. || En musique, un air tendre, un air toucliant, respirant l'amour. Que chanteronl-ils?.... je veux quelque chose de tendre et de passionné, mol. Sicil. t. Il 13* En peinture, touches tendres, coups de pinceau extrêmementdélicats. || Pinceau tondre, pinceau délicat. IJ Celle acception a vieilli. || 14* Couleur tendre, couleur délicate, qui ne fatigue pas la vue. Le pic que M. lirisson a décrit sous le nom de pic blanc a le plumage du corps d'un jaune tendre, buff. Ois. t. xiii, p. *». |1 On le dit, dan» lo même sens, de la lumière. La lumière tendre de la lune adoucit encore la blancheur de leur peau, DinF.K. Salon de (765, iKuv. t. xiii, p. t", dans POL'GKNS. Les rideaux des fenêtres n'étaient qu'entr'ouverts; un jour tendre se glissait dans l'appartement à travers des ondes de pourpre, uahuontel, Contes mor. Alcib. Tu parus au milieu de nous comme un soleil levant, dont la tendre lumière prépare la sérénité d'un beau jour, grafficnï, Leli.périiv.2. || 16° S. m. Le tendre d'une pierre, dit aussi la moye, la couche tendre qui se trouve dans la pierre. || 16' Fig. Ce qu'il y a d'afl"cctucui, de sensible. C'est me faire une plaie au plus tendre de l'âme, mol. l'Ét. m, *. || 17" Penchant. J'ai un furieux tendre pour les hommes dëpée, mol. l'réc. 4 2. Il Familièrement. Tendresse d'amour. Elle ma fait entendre Tant seulement, qu'elle a pour nous du tendre, volt. iVon«n«, i, ». La fllle [Ophelia] de cet officier de la couronne, qui avait du tendre pour Hamiet, devient réellement folle, w. Ucl. litt. À MU. de l'Acad. franc. || En termes des romans amoureux du xvii« siècle, le pays de Tendre, nom allégorique d'un royaume imaginaire, représen-
PICT. DE LA LANGUE rHANÇAlSB.
t.int les diverses circonstances d'une inirifu» amoureuse. Puis hienlrtt en gr.indo i-au sur ie fleuve de Tendre Nitvigiier à s<iuh.tit, luiii dire cl tout entendre, boil. Sat. x. N'aviv- vous jamais vu la carte du Tendre dans Clélif * jo suis pour eux à Tendre -sur-Entbousia-sme »oLr. I.ell Jfme du DelJant,tn mai *Tii.\\ 18 Le .cndrc de tr.mche, voy. TENDE. Il Proverbe». Uivu vous assiste, notre pain est tendre, nos couteaux .>onl rouilles, nous ne pouvons rien vous donner. || Jeune femme, pain tendre, bois vert, mettent la maison au désert.
— HiST. XI* s. Karles respunt ; trop avc« tendre coer, Ch. de R»l nii. || xii' s. Jamais sti ieuz |je] ne verrai asciiMs De regarJer la bêle face ■.ei'.dre, Coud, v. || xill* g. Selmw ce qu'elc' crt [étaitj tendre et jeune creaiuic, llerte , xlii. il XIV* s. Icelle femme estoil tendre [délicate] à son enfantement, car clic avoil eu plusieurs de ses enfans morts-nez, ou cahoe, afcord're. || xv* s. .Messire Jean Loustree, qui estoil plus tendre [tranchait plus au vif] en ses paroles que nul des autres, fboiss. ii, ii, (42. Le froid pais de Flandre, Dont le peuple est mouvant, rebelle et tendre [cliangoant|, e. desch. ]'oésies mss. f* 2)3. Adonc parla le maiy et dist : Canifre, je vous ay à femme prinse pour le bien que j'ay trouvé en vous; mais je vous voy trop tendre [légère]; si allez oii bon vous semble; car de vous n'ay que faire, Perceforest,i.ïv, f' H3. Le cueur est seul, desarmé, nu et tendre. Et les yeulx sont bien armez do plaisirs, CH. d'orl. Bail. 4. Le jouvencel Bouciquaut ne ressembla mie ceulx lesquels, après lo grand travail, fuyent tant qu'ils peuvent au repos el aise, si comme font les nouveaux et tendres, Bouciq. I, 9. Il xvi" s.... Ou trompe moy en me faisant entendre Qu'elle a le cueur bien ferme, et, fusl-il tendre, marot, i, 347. Ains, Seigneur, viens estendre Sur moi ta pitié tendre, lo. iv, 236. Dez sa tendre enfance, mont, i, )6t. Mon aine ahanne en compaj,'nie d'un corps si tendre, si sensible, id. t, <05. Ne croyez point si par inadvertance il m'eschappe quelque mot qui puisse desplaire ausdits seigneurs, si d'aventure ils estoient tendres des oreilles, m. du bell. 228. Marins avoit en ce quartier là une fort belle maison, où il y avoit des moyens de délices plus tendres et plus efl'eminces, qu'il ne semblent cstre convenable à un liommo qui.... AMYOT, J/arius, Ui Tendre à pitié, jusqiies à pleurer l'acilemenl, id. Syila, 84. Ces coups de n<sches perçoien; lout ce qu'ilz rencontroieiit, autant le dur que I» tendre, lu. Crassus, 45. Tendre affection, id. S'TI. 28. Trop tendre fait briser ou fendre, Leroux dk uncy, l'rov. l. ii, p. 429. C'est mollesse poltronne et délicatesse indigne d'un honneste homme qui nous rend incommodes et désagréables en conversation, et tendres au mal, au cas qu'il faille changer de manière de faire, CHARRON, Sage.^se, i, 39.
— ÈTYM. Picard, tète; wallon, teinr ou tir; bourg, tarre; provenç. tenre, tendre; espagn. tierno ; portug. tenro; ital. tenero; du lat. Je"erwm, qui lient sans doute au radical tan, lat. tendere, grec xeivu) : qui se laisse étendre.
2. TENDKK (lan-dr'), je tends, tu tends, il tend, nous tendons, vous tendez, ils tendent; je tendais; je tendis; je tendrai; je tendrais; tends, qu'il tende, tendons, tendez; que je tende, que nous tendions; que je tendisse; tendant; tendu, v. a. Il 1' Tirer el bander quelque chose. Tendre les chaînes qui ferment un port. Tendre des toiles pour le sanglier. Tendre des filets. Tendre un ressort. De sorlequ'ils [des gens qui bernaient] demeur.reiit longtemps en bas tendant la couverture, et regardant en haut, sans se pouvoir imaginer ce que j'étais devenu, voit. Letl. ». Un ancien oracle avait ordonné que Formosante ne pourrait appartenir qu'à celui qui tendrait l'arc de Nemrod, VOLT, l'rinc. de Babyl. i. Semblable à l'insecte insulieui qui fabrique ses filets dans l'obscurité, la politique lendit sa toile au milieu de l'Europe, et l'attacha en quelque manière à toutes les cours, KATNAL, /fist,;>Jiil. XIX, 3 Dansles cieux, à mavoix, la nuit tendra ses voiles, delille. En. iv. || Absolument. Tendre aux bécasses, aux oiseaux, tendre les filets pour les prendre. X la Saint-Jean je tends aux grues, hégnier, ^p.lil. ||Tendre le jarret, rendre la jambe aussi droite que possible sur !a cuisse. Comme en dansant le menuet, Vous tendîtes le jarret ! désaugiehs, M. et Mme Denis, chanson. Il Fig. Je tendis tous les ressorts de mon esprit pour chercher comment on pouvait guénr d'un polype au cœur, résolu d'entreprendre cette merveilleuse cure,j. j. Rouss Confess. vi. || Fig. Don-
ncj' trop de tension, mettre les choses au point i|u'ellcs semblent prêtes i se rompre Ce rappor' des lois avec ce principe tend tous les ressorts du gouvernement, hontesq. Stp. y, l.||On dit dans un sens analogue : Cela tendit la situation, il 2' Tendre une lente, l'établir, la dresser. Il fit tendre son pavillon. || On dit dans un sens analogue : tendre un lit. Hé bien donc, dit Julie, qu'on lui tende un petit lit dans ma chambre, j. j. Roi;ss. Ilél. »i, H. 3* Tendre un piége, le disposer pour qv'an animal puisse s'y prendre Ils ont voulu lu* faire périr dans le piége qu'iU m'ont tendu en secret, SACi, Bible, Psaum. xxxiv, '. || Il se dit de toute espèce de pièges, même de ceux dont on ne tend aucune partie. Tendre une souricière. Tendre des gluaux. || Kig. Tendre un piége, un panneau i quelqu'un, chercher à abuser, à tromper quelqu'un. Tendre à l'innoeente les pi-gcs les plus inévitablesdu péché, bol'RLial. l'énilence, 2'avent, p. 2i>H. Un traître y tend pour vous un piége inévitable, voLT..S(,'mirom. v, 4. || On dit aussi '.tendre des embilches. Mercure tendit des embijclics à Proinélhée, le surprit, el le jeta dans le fond d'un oaclioi, DiDER. Oi'in. des anc. phil. ((.'recj). || 4* Tapisser. Tendre une pièce, un appartement. L'église éi.iit tendue de noir. Enfin le pauvre homme cul beau faire, il fut convaincu d'être mort, on tendit sa porte de noir, el on vint pour l'enterrer, votT. Lett. Fischer, t avr. I70». {| Absolument. Ce jour-li on tend dans toutes les rues. || 5' Présenter en avançant. Tendre les mains aux chaînes. Tendre son chapeau pour recevoir quelque chose. Tendre la joue. Tendre les mains au ciel, vers le ciel. Laisse à de làcbes cœurs verser d'indignes larmes. Tendre aux tyrans les mains el mettre bas les armes; Toi, tends la gorge au fer, vois-en couler tu» sang, Et meurs sans t'éhranler, debout et dans ton rang, rotrou, Sainl-Oenest, n, 2. Je saurai, s'il le faut, victime obéissante. Tendre au fer do Calchas une tête innocente, bac. Iphig. iv, 4.i peu de distance suivaient ses enfants [de Persée mené en triomphe à Rome] avec leurs gouverneurs, leurs précepteurs et tous les ofliciers de leur maison, qui, fondant tous en larmes, tendaient leurs mains au peuple, roll. Ilist. anc. (Kuv. t. IX, p. ma, dans pougens. Il tend en souriant un morceau de son pain à une vaclu: blanche qui s'avance vers lui, dider. Salon de I7fi7, (Euv. t. XIV, p. 499, dans pouoens. L'un »«nd ses petits bras au papilKin qui vole. IiEULle, Imag. m. Mais il [un aveugle] entend leurt pas, prête l'oreille, espère, Se trouble, et tend déjà les mains à la prière, a. chén. l'Aveugle. \\ Fig. Cn réclamant son litre de (lentilhomme ordinaire de la chambre ilu roij il [Vjitaire] tendait lui-même la bout de la chaîne avec lequel on l'aurait attaché si on avait voulu, marmontel, Mém. v. || Tendre la main, avancer la main en signe d'amitié. Septime se présente, et, lui tendant la main. Le .salue empereur en langage romain, corn. Ponip. n, i. Il l'enilre la main, demander l'aumi'ine. Est-ce i un homme qui a servi vingt ans sa patrie, qui s'est retiré couvert de blessures, et qui depuis n'a cessé de travailler sans relâche, csl-ce à lui de tendre la main? marmontel, C'unt. mor. Laurel. J'ai moi-même été pauvre et j'ai tendu la main, A. CHÉN. Idylles, le Mendiant. || On le dit, par extension, de celui qui mendie des places, des grâces. Cette façon de demander harmonieusement l'aumône, commence, si je ne me trompe, à Pindare; on ne peut tendre la main pius emphatiquement, VOLT. l)ict. phil. Flatterie || Fig. Tendre la main, se reconnaître vamcii, demander la paix. Et dans ce triste état il faut que le? Romains Ou nous tendent la gorge ou neus temlenl les mains, DU RYKR, Scévole, III, 2. || Fig. Tendre la main à quelqu'un, lui ofl^rir du secours, le secourir. Elle courut lui tendre une main favorable, bac. Bojax. I, 4. Si tout dresse des pièges à la jeunesse des rois, tout leur tend les mains aussi pour leur aider à les éviter, hass. Pet. carême, Ualh. des gr. Ha famille me persécute ; on ne me tend la main dans mon désastre que pour me désho» norer, volt. Ingénu, (7. Maître des nations, tendez la main à Cérès [favorisez l'agriculture], relevez ses autels, niDER.SoJon dt iia', (Kuv. t. XIT, p. <63, dans POUGENs. C'est en France, dans la pays de la politesse, des sciences, des arts, du bon goût, de la philosophie, qu'on nous persécute [nous encyclopédistes] I et c'est du fond des contrées barbares el glacées du Nord qu'on nous tend la main, id. Lett. à Mlle Voland, 3 oct. t7ax Il Fig. Tendre la main, faire signe de venii 4
TfiN
nous. Sailli Paul tend les mains aux gentils, Boss. Hisl. II, 7. Il Tendre Us bras, les ouvrir pour recevoir quelqu'un. Mon fils n'est plus? tic quoi I quand je lui tends les bras, Les dieux impatients dit hâté son trépas? rac. Phèdre, v, o. H Fig. Si nous voulons servir, Sylla nous terni les bras, com. Sertor. i, <. Un tel homme, dégagé du siècle, qui a mis toute son espérance en la vie future, voyant approcher la mort, ne la nomme ni cruelle ni inexorable; au contraire il lui tend les bras, BOSS. Bourgoing. Voilà, lui dit-il, la Sicile qui nous tend les bras, et vous savez île quelle importance est celle île, hollin, Ilist. anc. Œuv. t. VII, p. 3flB, dans pougens. || Dans un sens tout différent, tendre les bras à ou vers..., implorer du secours. Le pape, à qui il [Charles Martel] était nécessaire, lui tendait les bras, montesq. Esp. XXXI, n. Il 8* Avancer trop, on parlant de certaines parties du corps. Cette personne tend le cou, tend le ventre. Faut-il tendre toujours le dos, quand vous marchez? Présentez mieux la gorge et baissez celte épaule, reonard, Distr. i, 4. Il Terme de manège. Tendre le nez, porter le nez au vent, en parlant du cheval. || 7» Terme d'escrime. Se dit absolument pour allonger le bras raide, au lieu de parer les coups, afin do blesser son adversaire, au risque d'être blessé soi-même. Il 8» F. n. Aller vers (ce sens neutre dérive du latin qui a dit tendere gressum, et, absolument, tendere, diriger ses pas). Il [l'arc-en-ciel] ne procède que de la façon que les rayons de la lumière agissent contre ces gouttes [d'eau], et de là ten dent vers nos yeux, desc. Méléor. 8. Où tend Mascarille à cette heure? mol. le Dép. I, 4. Celaient de toutes parts des bruits confus de gens.... qui couraient .sans savoir où tendaient leurs pas, pén. Tél. i. L'homme est né pour l'action, comme le feu tend en haut et la pierre en bas, volt. Hem. Pens. Pasc. 23. Où tend ce tourbillon rapide. Et quel conducteur intrépide Vole sur un char lumineux? malfil. Ode, Élie aui deux. Je vois bien que vous tendez vers le nord, que vous allez m'y conduire sans que je m'en aperçoive, bailly, Atlantide, p. 4)2. Il Fig. C'est un homme qui tend à ses fins, il va constamment, avec adresse, vers le but qu'il s'est proposé. Il Aboutir. Où tend ce chemin-là? || Cette nr iladie tend à la mort, elle est mortelle. || Le mal&ae tend à sa fin, il est bien près de sa fin. Il 9° Terme de mécanique. Avoir une tendance vers. M. Huyghens avait prouvé que, selon Descartes, les corps pesants auraient dà tendre, non au centre de la terre comme il» y tendent toujours, mais à différents points de l'axe de la terre, FONT. Saurin. \\ Fig. C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir, J. J. Bouss. Contr. soc. il, H. Il 10" Fig. Avoir un but, un terme. À quelque heureuse fin que tendent ses projets, Jamais jl [un roi] ne fait rien au gré de ses sujets, rotrou, Veneesl. I, ). L'autre vit où tendait cette feinte aventure: Il rendit le fer au marchand, Qui lui rendit sa géniture, la font. Fabl. ix, 4 . Pour moi, je crois qu'au ciel tendent tous vos soupirs, Et que rien ici-bas n'arrête vos désirs, mol. Tart. m, 3. La fausse gloire ne le tentait pas, tout tendait au vrai et au grand, boss. Louis de Bourbon. Les livres sacrés des Romains.... ont péri par les mains des Romains mêmes, et le sénat les fil brûler comme tendant à renverser la religion, id. Ilist. n, <3. Je ne sais quelle disposition inquiète et vague au plaisir des sens, qui ne tend i rien et qui tend atout, m. Comédie, 8. Nous passons notre vie i tendre au bien et à faire le mal, maintenon, Lettre à Mme de Glapion, 3 mars 1 703. Le trône où vous tendez, rac. rhfb. i, t> (locution blâmée, à tort, par L. Racine). Où tendait ce discours qui m'a glacé d'effroi ?iD. Phfdre, m, 6. Le métier et l'exercice des Lacédémoniens était la guerre; tout tendait là chez eux, ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. n, p. 529, dans pouGENS. Peu occupé des grâces légères du discours, et quelquefois même négligeant les règles gênantes de la pureté du langage, il [Bosquet] tend au grand, au sublime, au pathétique, ID. Traité des Et. m, î. Tout animal est toujours entraîné par un inttinct invincible à tout ce qui peut tendre à sa conservation, VOLT. Traité de métaph. 8. Tout ce qui peut tendre à élablir la tolérance chez les hommes, doit être protégé bien fortement par vous, volt. LeU. (fArgental, 27 févr. «76». Le talent d'un es-
Pril fin, «•'est de persuader qu'il ne tend pas à être; el cet artifice est au comble, quand la finesse a l'air de la naïveté, marmuitel, (Bue. t. vu,
TEN
p. 486. Il 11» Se tendre, v. réft. fttre tendu. Ce papier se tend mal. I.a peau s'e^t tendue. Ici , du tiaut des monts une colonne d'eau Se précipite en masse, ou se tend en rideau, delillr, Trois tég.m. Il Proverbe. Il vaut mieux tendre la main que le cou (montluc, la Comédie des proverbes, m, «), il vaut mieux demander l'aumrtne que voler et se mettre en danger d'être pendu.
- HIST. XI* s. Li emperercs lent ses mains envers Deu, Ch. de Roi. ix. Dunez 11 l'arc que vos avez lendut, ib. lx. || xii* s. Lors me souvient d'une douce dolour Et du douz lieu où mes cucrs [mon cœur] lent et bée, Covci, xvn. E li sainz coniença mot à mol à prover Où li reis par ces leis voleil tendre e aler. Th. le mart, 67. Tu qui es si crual e fier, Orrible et faus e miscrin, Tens si chasconjorà ta fin, benoît, ii, 6274. ||xiii*s. &l s'escriercnt tuit à une vois et tendant leurs mains en haut, villeii. xvn. Je croi qu'à moi requerre [ils] ont mont petit tendu, Berte, li. Et alla tant par mer et par terre, que il vinsl à Orliens oùli rois Philippes estoit, et li tendi la lettre, sans saluer, Chr. d ■ liains, p. 69. Car tout ainsi comme uns homs lent Un oisel pour autre oisel prendre. Tout autressi convient-il tendre S'amour pour autre amour avoir , Bl. et Jch. 3303. Et s'a povreté le voit tendre. Il no doit mie tant atendre Que cils'aîdc li requière, Jo flose, 4725. Li clerc teniii s'arbaleslre, et traïl, el en feri lui parmi le cœur, joinv. 209.Miels[mieux] vousvenistavoir lendu[des filets] Ou as bich»s ou as coulons, Fabliaux mss. p. 33ii, dans LACURNE. Il xiv s. Puis après il [les nerfs optiques] se dessevrenl [séparent), et lent chascun à sa propre partie, H. de mondeville, f" I7. Car puis c'uns bons en femme voet mettre son argu, Ains devondroit diables avoecques Bregibu [BelzébulhJ, Qu'il n'en vigne à s'entente; mais tels i a tendu Oui i a esté pris.... Baud. de Seb. viii, BU. || xv s. C'est la fin que médecins tendent toujours que avoir grands salaires et profils des seigneurs et des dames, de ceux et celles qu'ils visitent, froiss.
III, IV, 30. Ne vous chaille de tendre à amasser, Mais ne pensez qu'à mener bone vie, E. desch. Poésies mss. (° 36.... le saige homme Par son sons et par sa clergie Qui sçara l'art d'astronomie, Et qui tend jusques làses voiles.... id. t'b. ^ 47). Si n'y ot cely qui ne lendist les oreilles, et qui no meist toute son entente à l'escouter, i. chastel. Chr. du duc Philippe, ch. 7. || xvi" s. Or en mon chemin je troyay ung compaignon qui tendoyt aux pigeons, RAB. Pant. II, 32. Leur pied mesme s'est venu prendre Au filé qu'ils ont osé tendre, marot,
IV, 243. La raison doibt tendre en somme à nous faire J)ien vivre, mont, i, 69. Un manteau en escharpe, un bas mal tendu, id. i, 192. Celtuy cy se peine, se roidit et se tend, pour.... id. ii, <05. Ils faisoienl tendre celte immense capacité de voiles de pourpre, id. iv, 44. jEgeus lui ordonna qu'à son retour il lendist la voile blanche, si son filz estoit oschappé, amyot, Thés. 20. Pirithous, tendant le premier la main à Theseus, luy dit, id. l'b. 38. Ce n'estoit pas la fin ny le but auquel tendoit Lycurgus, que de laisser sa cité commandant à plusieurs, :d. lyc. es. 11 ne feil que tendre et roidir davantage son austérité naturelle, id. Sylla, 64. Plus justice n'estoit aux hommes familière Comme elle souloit eslre, et ne vouloit hanter Le peuple qui desjà tendoit à se gasler, bons. 870. Qui à aise tend, aise luy faut, cotgrave.
— ETYM. Wallon, tamd, tendre des filets ; provenç. tendre; cspagn. tender; ital. tendere; du lat. tendere; grec, Ttlvew; gaél. teann; bas-bret. tenna ; sanscr. tana.
tTENDRELET, ETTE (lan-dre-lè, lè-t") ou TEN- DRET, ETTE (lan-drè, drè-l'), ad}. Un peu tendre.
-- HIST. XVI' s. Ses pieds sont lendielets et ne va point touchant La terre.... dubellay, iv, 73, recto.
— ÊTYM. Uirain. de tendre i.
t TENDRELLE (tan-drè-l'), 1. f. Nom, à Saint- Lô, du nombril.
— 8TYM. Dimin. de tendre 4.
TENI)RE.MENr(tan-dre-man), aàv. \\ 1* Avec tendresse. Tout le respect et toute la vénération que j'ai pour elle [une dame], ne peuvent empêcher qu'avec cela je ne l'aime tendrement comme la meilleure personne qui soit au monde, voit. Lett. 25. Puisque vous les lisez [nos lettres] avant votre coucher, nous vous empêchons tendrement de dormir trois fois la semaine, sÉv. 626. Il n'est pas possible que je [Platon] ne sois pas aimé de quelqu'un [Xénocrate] que j'aime si tendrement, bar- TUÉL. Anach. 7. i{ S° Avec une expression tendre. Les héros chez Quinaull parlent bien autrement.
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Et jusqu'à : Je vous hais, tout s'y dit tendrement, boil. Sat. III. Il faut plus tendrement prononcer ce mot-là, REGNARD, le Distr. m, 3. || 3* Délicatement. Peindre tendrement.
— HIST. xii* s. [11 n'est aucun] Qui de pitié moult tcnrement ne plore, Rone. p. 4 07. Tant teadrement les fols ama, que reddement [rigidement] nés [ne les] chastia. Rois, p. 9. || xv* s. Et quand le gentil chevalier eut ouï complaindrc la roine si tendrement, et que toute fondoil en larmes et en pleur», FRoiss. 1,1, 44. ||xvi*s. Agesilausavoilcela, entre autre» choses, qu'il aimoit fort tendrement ses enfants, auyot. Agés. 42.
— fTYM. Tendre, elle suffixe ment.
TENDRESSE (lan-drè-s'), s. {. \\ 1" Qualité de ce
qui est tendre ; il se dit du jeune âge. Une jeune reine, dans laquelle se rencontrent ensemble l'avantage de l'expérience avec la tendresse de l'âge, le loisir de l'étude avec l'occupation d'une royale naissance.... pasc. Lett. à la reine Christine. Il 2* Délicatesse des formes. Nul ciseau, nul tour, nul pinceau ne peut approcher de la tendresse avec laquelle la nature tourne el arrondit ses sujet», BOSS. Connaiss. iv, 2. || Terme de beauxarts. S'est dit autrefois de la douceur, de la délicatesse el de la légèreté du pinceau, du ciseau. S. f. pi. Terme de gravure. Endroits légers et qui doivent paraître éloignés. || 3° Fig. .Sensibilité exquise pour les choses morales. Celte première tendresse d'une conscience innocente, ah! que vous l'avez endurcie! la pénitence, la communion, vous avez appris à les profaner, boss. Sermons, Nécessité de la pénit. 2. A mesure que l'esprit religieux s'en va, une certaine crainte de Dieu s'efface, une certaine tendresse de conscience diminue, bourdal. Pensées, t. n, p. 387. || 4* Sentiment tendre d'amitié, d'affection. 11 me déplaît seulement de penser qu'avec toute cette tendresse que vous me témoignez, il y a quelque occasion pour laquelle vous voudriez que je fusse pendu, voit. Lett. 40. J'ai une tendresse de coeur pour ceux que Dieu m'a unis plus étroitement, pasc. Pens. XXIV, 69, édit. havet La tendresse que j'ai pour vous, ma chère bonne, me semble mêlée avec mon sang, et confondue dans la moelle de me» os; elle est devenue moi-même, je le sens comme je le dis, sÉv. 8 nov. 4 680. .Madame ne veut plu» sentir de tendresse que pour le Dieu crucifié qui lui tend les kras, BOSS. Duch d'Orl. Sensible jusqu'à la fin à la tendresse des siens, il [Condé mourant] ne s'y laisse jamais vaincre, m. Aoui't d« Bourbon. Contez.... Que plus d'un grand m'aima jusques à la tendresse, boil. Épit. x. Pour le sang de ses rois vous voyez sa tendresse, rac. .^lhal. V, 2. La tendresse a sa source dans le cœur; la sensibilité tient aux sens el à l'imagination, d'alemb. Synon. Œuv. t. m, p. 329. La tendresse ne se manifeste pas toujours au dehors; la sensibilité se déclare par des signes eslérieurs, id. ib. JlXuplur. Peut-être que nous la verrons un jour rentrer d'elle-même dans les voies de la nature, el reprendre ces tendresses, ces affections autrefois si violentes, et qu'un zèle ou un dépit inconsidéré a, ce semble, comme étouffées, patru, Plaidoy. 11. Je vous vois accabler un homme de caresses, Et témoigner pour lui les dernières tendresses, MOL. Mis. 1, 4.11 n'y a que vous qui ayei la bonté d'entrer dans mes extrêmes tendresse» [pour ma fille], sÉv. à d'Hacquerille, 4 7 juin 4674. Je n'ai pas tout à fait oublié le monde ; j'en connais les tendresses et les bontés, pour entrer dans les sentiments des autres, id. 30 oct. 4 673. L'heureux vieillard jouit jusqu'à la fin des tendresse» de sa famille, BOss. le Tellier. 116* Particulièrement, l'amour. Et même pour Alcesle elle a tendresse d'âme, mol. Mis. m, 3. Parmi tant de beautés qui briguent leur tendresse. Ils [les sultans] daignent quelquefois choisir une maîtresse, rac. Bajai. i, 3. Ma bouche a fait l'aveu qu'un autre a ma tendresse, volt. Ali. nr, 2. L'homme passionné.... Donne aux fleurs la gaîté, donne aux mers leur courroux, La mémoire aux rochers, aux myrtes la tendresse, delille, Imag. rv. Il jIu plur. Les tendresses de l'amour humain y font (dans Polyeucttf] un si agréable mélange avec la fermeté du divin, que sa représentation a satisfait tout ensemble les dévou et les gens du monde, corn. Poly. examen. Tu sais combien de fois ses jalouses tendresses [de Mithridate] Ont pris soin d'a,ssurer la mort de ses maîlresses, RAC. Mithr. I, 4. Il 8* Attendrissement. On me fit là [chez les Pompone) des répon.'ies si tendre», qi)« ie ne DUS les soutenir sans une eitréire
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tendresse, siy. « déc. (679. || 7' Tondre et piom penchant. Vous lui avez donnf' [à Mlle do Gii|,'n.in qui voulait entrer en religion] do la tindrcss.0 [mur de plus grands desseins et de plus hautes vues, ssv. H sept. l«8(i.||8" Ohjctd'im tindrc attachement. Vous êtes la véritable et la sensible tendresse de mon cœur, sBv. à Mme dt Grignan, ui août («80. ||9*Aup'ir, Tarolos tendres, témoignages d'affection. Ik jM. et Mme d« Grignan].... me dirent adieu avec des lcndrts»cs et des remercluients infinis, sÉv. I" aoù'. t685. J'ai reçu et baisé votre lettre, et lu vos tendresses avec des sentiments qui ne s'expliquent point, id. à Mme de Grignan, t. m, p. <87, édit. héonieb. Vin;.'l siècles do vie ne me suffiraient pas pour répondre aux tendresses des grands, baintenon, Lelt. à Mme de Dmigeau, 2ï nov. n09. Vous savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses, hac. Mithr, i, 5.
— REM. Vaugelas voulait qu'on dît tendresse, en parlant des viandes tendres : t Tendreté ne vaut rien, tendreur encore moins; il faut dire tendresse >, Nouv. rem. p. 47o, dans pouoens. Artichauts, mes beaux artichauts, toute la tendresse, toute la verduresse, cri qu'on entendait autrefois dans les rues de Paris ; cela était conforme à Vaugelas.
— HIST. xrv* s. Ouquei temps de nostro tendresse [enfance], du canoë, (encriludo. || xvi' s. Dureté, mollesse, douleur, tendresse, renitence, pabS, v, 3. Les jeunes gens, pour la tendresse et mollesse de leur aage, sont aisément trompés, facilement croient et reçoivent impression, charron, Sagesse, p. 4(0, dans lacubne.
— Etym. Provenç. tendreia, lenreia; espagnterneza :ita\. tenerezza; de tener (voy. tendre i). L'ancienne langue disait tendror, au ivi" siècle tendreur : Il nous fault fortifier l'ouie, et la durcir contre cette tendreur du son cerimonieux des paroles, MONT. IV, 37.
TENDRETE (tan-dre-té), s, f. En parlant des ▼landes, des légumes, qualité de ce qui -est tendre. On doit estimer ce fruit à cause de sa tendreté, LA QUiNTiNYE, dans WCHELET. Les harmonies animales du blé consistent.... dans la souplesse et dans la tendielé de ses tiges, Bernard, de st-p. Uarm. liv. I, labl. gén.
— HIST. XIV" S. Les blés et les viandes qui sont tendres; par quoy, pour la tendreté.... Modus, f° vni. Il xvr s. Leurs os, pour leur tendreté et mollesse.... paré, viii, )0. Difficilement souffrentils le transplantement, pour la tendreté de leurs racines, o. de serres, k»5.
— ETYM. Wallon, teinristé, teinrsuté ; du lat, teneritatem, de tener, tendre ^ .
t TENDR E TTE (tan-drè-f), s. f. Rave ou radis long.
— ÊTYM. Dimin. de tendre i.
fTENDHEUR (tan-dreur), ». f. Synonyme inusité
de tendresse. Cette tendreur qui empêche de reconnaître les défauts de ses enfants spirituels [livres], Di'oJ. d'Or. Tubero, t. ii. Lettre.
TENDRON (tan-dron), ï. m. || 1" Bourgeon, rejeton tendre de quelques plantes, de quelques arbres. Il %' Fig. et familièrement. Une jeune fille. La voyageuse académie Recommande à l'humanité Comme à la tendre chanté Un gros tendron de Laponie, volt. Lett. en vers et en prose, 62. Voyageurs à dévaliser, tendrons à croquer, tout leur est bon, picard, Conteur, i, 8. Seuls nous chasserons, Et tous vos tendrons Subiront l'honneur Du droit du seigneur, béhano. Carabas. !| 3' Cartilages qui sont à l'extrémité des os de la poitrine de quelques animaux. Unefricassée de tendrons de veau.
— HIST. xiii* s. Cievres qui ne mapguent fors tenrun de brankes , alebrant, I* 86. | xvi* s. La vigne, par ses tendrons ou capreoles tort lOS, embrasse toutes choses, paré, Anim. 21. Il l'avoit sceu gaigner la bonne grâce d'un tendron qu'il pourchassoit, mont, m, 383.
— F.TVM. Diminutif de tendre I.
TENDU, CE (tan-du, due), part, passé de >.;udro. Il 1* Oui est tiré et bandé. Nos enneniis plus forts viennent les arcs tendus, maibet, Soliini v, 6. Us découvrirent lin vaisseau qui venait droit à eux, voiles tendues, lesage. Diable boit. 16. Plus loin, non sans frayeur, dans les airs suspendue, Eglé monte et descend sur la corde tendue, dklille, Ilom. des ch. i.|| Terme de balistique. La trajectoire d'un projectile est plus ou moins tendue suivant qu'elle s'approche plus ou moins de la ligne droite. Il Canon de fusil bien tondu, canon bien dressé, sans ondulations tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il 2 Distendu. Il aperçut qu'une espèce de poche Irès-Iarge que portait l'hermite paraissait
tendue et enfléo, volt. Xaitig, ïo. || 8' 0"' est en état de ferme extension, en parlant désarticulations du corps. Jarret tendu. Il [un danseur] est arqué; il a tiré de ce défaut un avantage qui annonce l'habile homme : il est tendu, il est en dehors, il est vigoureux, mais il est adroit, noverhb, Lett. sur la danse, p. 3H, dans pouoens. || 4" Disposé do manière à servir, en parlant d'un piège. El, s'il avait affaire à quelque maladroit, Le piège est bien tendu, cobn. Pult/. v, <.||B* Drossé et mis en état de servir. Un pavillon tendu. Il n« nous reste plus Que notre chambre où deux lits sont tendus, la pont. Berc. \\ 8" Tapissé. Après dixhuit ans de prison.... Marie eut la têto tranchée iliins une chambre de sa prison tendue de noir, VOLT. Maurs, >c,». || Fig. Tout l'univers aussi s'en vit tendu do deuil, rotr. St Gen. ii, 8. Le ciel, tendu et fermé de toutes parts, n'offrait i nos yeux qu'une voûte ténébreuse que la fiammc pénétrait, et qui s'appesantissait sur la terre, bar- TutL. Anach. cb. 59.117° Présenté en avançant. Le cou tendu, l'œil fixe et le cœur palpitant, volt. Gertrude. les frères, ces martyrs égorgés à mes yeux. T'ouvrent leurs bras sanglants tendus du haut dos cleux, volt. Zaïre, ii, 3. || 8* Fig. Qui vise à. F.lles[Mme et Mlle de Lillebonne] se trouvèrent à Marly avec un entregent, une politesse à tout le monde qu'on voyait toute tendue à obtenir tolérance et silence, st-sim. 59, 247. |{ 9" Fig. Fortement appliqué. Et s'il ne s'abaisse à cela et qu'il veuille toujours être tendu, pasc. dans cousin. Un travail si long et si tendu, id. dans cousm. Voilà de quoi sans doute avoir l'esprit tendu, pir. Métrom. I, 8. Il 10° Fig. Où l'on voit l'effort. Style tendu. Il ne faut pas guinder l'esprit; les manières [de raisonner] tendues et pénibles le remplissent d'une sotte présomption, pasc. Espr. géom. 2. Corneille est plus tendu, plus inégal, moins ordonné que Racine, lévêque. Science du beau, t. ii, p. 25). Il 11" Situation tendue, situation des affaires où les choses menacent de se rompre comme une corde trop tendue.
t TENDUE (tan-due),«. f. Terme de chasse. Canton où l'on a tendu des pièges pour attraper des oiseaux. || Action de tendre des pièges, des filets. Il Pièges fixes ou mobiles que l'on tend aux oiseaux pour les prendre.
— HIST. XV* s. Grand maistre de la fauconnerie et des tendues, États des offic. des ducs de Bourg,
p. 152, dans LACURNB.
— ÉTYM. Tendu.
TÉNÈBRES (té-nè-brO, s. f. pi. || 1* Obscurité, absence de lumière, ô combien d'actions, combien d'exploits célèbres Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres I corn, le Cid, iv, j. Étendez votre main vers le ciel, et qu'il se forme sur la terre de l'Egypte des ténèbres si épaisses qu'elles soient palpables, saci. Bible, Exode, z, il. Mille oiseaux effrayants, mille corbeaux funèbres De ces murs désertés habitent les ténèbres, boil. Lutr. ni. Le fils d'Ulysse, l'épée à la main, s'enfonce dans ces ténèbres horribles [de l'enfer], PÉN. Tél. xvin. Mon penchant naturel est d'avoir peur des ténèbres, i. i. Rouss. Confess. xi. Je ne sens rien là de ces ténèbres visibles avec lesquelles la lumière se mêle, et qu'elle rend presque lumineuses, dider. Salon de noT, Œuv. t. xiv, p. 454, dans pouGENS. Il 2* Obscurcissement de la vue, qui se manifeste dans les défaillances. D'épaisses ténèbres lui couvrent les yeux; les mains lâchent les rênes ; il tombe de son cheval, rollin, Hist. anc. Œuv. t. vii, p. 424, dans pougens. || Les ténèbres de la mort, l'obscurité qui s'empare du mourant. Aussitôt ses beaux yeux noirs s'éteignirent et furent couverts des ténèbres de la mort, FÉN. r^J. XX. Il 3° En termes de l'Écriture, la sombre malfaisance des démons. Les temps de trouble arrivaient; c'était l'heure de la puissance des ténèbres; les apAtresétaientdéjà commeau milieu de ces troubles, boss. Méd. sur l'Év. la Cène, 78* jour. Ces esprits lumineux [les anges tombés] devinrent esprits de ténèbres, ID. Uist. ii, t. Qu'a fait le démon, ce prince des ténèhres, ennemi de Dieu et jaloux de sa gloire? bourdal. Myst. Pent. t. i, p. 444. Et l'enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres. Sur les yeux les plus saints a jeté ses ténèbres, RAC. Ksllt. Prol. Il Fig. Œuvre de ténèbres, œuvre aussi méchante que les œuvres du diable. Cet ouvrage de ténèbres [Histoire duministère du cardinal de Richelieu], plus flétri sans doute parle mépris public que par l'arrêt qui le condamne, volt. Mensoivjes impr. test. Richel. ix. Celte production du touèbres est l'ouvrage uu d'un diable en trois
personnel ou d'une personne en trois diables, u'alemh. l.ett. à Voltaire, <i>oct. )7i!4. ||J. J. Rousseau a dit dans un sens analogue : L'immense édifice do lénèbrcs qu'ils ont (levé autour do lui, n« suffit pas pour les ra!»urcr, 3* dial. || 4* Dana le langage biblique, les ténèbres extérieures, U per» dition, la damnation. Liez-lui les pieds et les mains, dit le roi [dans la parabole de l'Évangile], Atez-lui la liberté dont il a fait un si mauvais usage, jetez-le dans les ténèbres extérieures, boss. Méd. sur l'Éiarm. La dem. $em. du Sauveur, 34* jour. Ah I si le serviteur inutile est jeté dans les ténèbres extérieures.... mass. AvetU, Jugem. unit. Il B' Fig. Ce qui est comparé aux ténèbres. Prcnct garde que Dieu ne vous laisse dans les ténèbres, PASC. Prov. n. Jésus-Christ même se voyait contraint de chercher d'autres voiles et d'autres ténèbres que CCS voiles et ces ténèbres mystiques dont il so couvre volontairement dans l'eucharistie, Hoss. Reine d'Anglet. Ce fait nous montre de quelles ténèbres la prétendue sages.se des païens était accompagnée, rolun, Uist. anc. Œuv. t. m, p. 34), dans POUOENS. Comme le monde entier est dans l'erreur et dans les ténèbres sur les devoirs de la foi, mass. Carême, Inconstance. L'homme plein de ténèbres et do passions depuis le péché, ID. Carême, tiéd. (. Des systèmes établis dans des temps de ténèbres doivent disparaître dans notre siècle, VOLT. Lett. Prost de Roger, (*' oct. (763. 11 [Fréret] avait fait dans les langues orientales et dans les ténèbres de l'antiquité autant de progrès qu'on en peut faire, ID. Mél. litt. Lelt. au prince de '", 7, Fréret. Ténèbres de l'entendement humain, quelle main téméraire osa toucher à votre voile 1 1. >. iiouss. Ém. m. Souvent aussi cette lumière de l'Eglise [Bossuet] porte la clarté dans les discussions de la plus haute métaphysique ou de la théologie la plus sublime; rien ne lui est ténèbres, CHATEAUBR. G^Tite, III, IV, 4. || 6* Dans la liturgie catholique, matines qui se chantent l'après-dinée du mercredi, du jeudi et du vendredi de la semaine sainte (il s'écrit avec une majuscule). J'ai trouvé de la douceur dans la tristesse que j'ai eue ici; une grande solitude, un grand silence, un office triste, des Ténèbres chantées avoo dévotion.... ssv. 26 mars «671. L'autre.... Pense être au jeudi saint, croit que l'on dit Ténèbres, boil. Lutr. IV. Jeudi saint )9 avriH685 : à Ténèbres le roi entendit pour la première fois Qiiare fremuerunt do Lulli, qui fut fort loué, danqeau, i, 167.
— HIST. XI* s. Cuntre midi ténèbre» i a granz, Ch. de Bol. cix. Il xu* s. De cez ténèbres soi vit avironeit li prophètes, /o6, p.469. || xiii* s. Saint Matheus dit: Se ta lumière est ténèbre, les ténèbres do loi que seront? BBt:N. latini, Trésor, p. 339. Et par la joie convient lors Que li cuers oblit ses dolors Et les ténèbres où il iere [était], la Rose, 2756. || xiv* s. J'estoie toute nue, vous m'avez fait vestir; Je vivoie en ténèbres, fait m'avez esclacir [sic, lisez : esclarir], Guescl. 8866. Il XV* s. Car, ce disoit Socrate, la pensée des mortels est enveloppée de très espaisses ténèbres, Bouciq. IV, 3. Il XVI* s. La ténèbre obscure, j. marot, V, 295. Toute, l'eaue de la mer neseroit suffisante à effacer ceste tache, ne toutes les ténèbres du monde pour la cacher, m. du bell. 227. Tout ainsi que la lumière Les ténèbres devant soy chasse,. Tout ainsi doulx regart defface Les ténèbres où le cueur gisl, palsgr. p. 877.
— ÉTYM. Provenç. tenebras; espagn. linieblat; ital. tenebra, lenebria; du lat. tenehr.r. L'ancienne langue avait formé un substantif lenebror, beaucoup plus usité que ténèbres. Tenebrie est rattaché par les étymologistes au sanscr. tamas, obscurité,avecmchangé en n à cause du b suivant.
t TÉNÉBREUSE.MENT (té-né-breû-ze-man), adv. D'une manière ténébreuse, perfide. D'Artagnan se poussa ténébreusement à la cour par l'intrigue, ST-siH. 248, 47. Je ne laissais pas d'être surpris qu'il [Pontchartrain] pilt être touché de l'accroître [son pouvoir] de ma dépouille, jusqu'à l'avoir si adroitement, si longuement, si ténébreusement ménagée, id. 304, 2I8.
TÉNÉBREUX, EUSE (té-né-breû, breû-z"), adj. Il 1° Où il n'y a aucune clarté. Fussiez-vous dans ces terres ténébreuses dont il est parlé dans l'Écriture.... BOSS. Anne de Gonx. Du plus saint appareil la ténébreuse horreur. Les autels, les serments, tout enchaîne Séide, volt. Fanal, lu, ». J'ai couru m'enfoncer dans ces bois ténébreux, LECOUV. Épichar. et N. i, 3. || Poétiquement, le séjour ténébreux, l'enfer. || Fig. L'audace d'une femme, arrêtant ce concours. En des jours léné-
TÊN
breux a changé ces beaux jours, bac. Athal. I, i. Quel espoir si flatteur, ou quels heureux destins, De vos jours ténébreux ont fait des jours sereins? TOLT. Zaïre, l, ). ||2* Fig. Oui est enveloppé comme sous des ténèbres, qui ne porte aucune lumière i l'esprit. Ce sont ceux qui ont le plus d'esprit, qui se rebutent le plus aisément des méthodes ténébreuses, DUMARS. Œuv. t. I, p. (04. Nos ténébreuses querelles théologiques ne bornent pas au dedans du royaume le tort et le mal qu'elles nous causent, d'alemb. (Euv. t. v, p. 134. Rien n'est plus ténébreux que l'histoire de celle immense contrée [Afrique] ; le chaos commence à se débrouiller à l'arrivée des Carthaginois, raynal, llist. phil. XI, 4. Il Z' Il se dit des auteurs qui rendent obscur le sens de leurs pensées. On appelait Heraclite le philosophe ténébreux, parce qu'il ne parlait jamais que par énigme, fén. Uéracl. Il i Qui est devenu obscur par le temps. Ceux qui, avant que son livre [de Guérin du Rocher] parût, ont été d'un avis différent du sien sur quelques points de la ténébreuse antiquité, volt. Mél. litt. Hist. temps fabul. || Les temps ténébreux de l'histoire, les temps où l'histoire est incertaine, peu connue. Il 6° Fig. Difficile à pénétrer, ô promesse I 6 menace! 6 ténébreux mystère! raC. Athal. m, ». La part que j'ai prise, messieurs, à cette affaire qui n'a jamais été ténébreuse pour moi, volt. l'ol. et lég. Procès «orangiès, i' lett. En parais- «ant dormir le gouvernement veille ; Ténébreux dans sa marche, il poursuit son chemin, Ducis, Othello, II, 7. Il 11 est sombre et ténébreux, il a l'air sombre et ténébreux, se dit d'un homme sombre et mélancolique. || 6" Fig. 11 se dit des actions mauvaises qui s'enveloppent de ténèbres. L'infâme calomnie, avec perversité, Répand ses ténébreux scandales, volt. Jean qui pleure, etc. Demeurez; écoutez leurs complots ténébreux, m. Triumv. I, ». Les preuves les plus ténébreuses, les témoignages les plus suspects leur onl suffi poui se décider en mal sans autre vérificalion, J. J. rolss. »• dial. Il Fig. Un coquin lénébreux, un bomme qui cache avec soin ses manœuvres coupables. Ce n'est plus qu'un cœur bas, un coquin ténébreux, BOiL. Ép. IX. Celui-là.... N'est pour moi qu'un maraud sinistre et ténébreux, v. hugo, ftuy lilas, I, 2. Il Dans le style soutenu, l'esprit ténébreux de discorde, le démon de la discorde. Souvenez-vous de ce temps de désordre et de trouble, où l'esprit ténébreux de discorde confondait le droit avec la passion, le devoir avec l'intérêt, la bonne cause avec la mauvaise, fléch. Tur. || 7" S. m. Le beau Ténébreux, dans les romans de chevalerie, ■e dit d'Amadis, qui, désespéré des rigueurs de la belle Oriane, vécut comme un sauvage dans une solitude. || Il se dit, par plaisanterie, des amoureux qui ont quelque raison de cacher leurs entreprises galantes. Je n'ai qu'une chose à faire c'estd'entonnerlà[prèsd'unefemme peu contente de •on mari] la cantilène consolatrice aue gazouille depuis un an ce beau Ténébreux, ch de Bernard, l/n acte de vertu, § vi.
— REM Cette personne a le visage ténébreux ou brun; l'un et l'autre sont bien re^us, marg. BUFFET, Observ. p. 32, 4668. Cette locution n'est plus d'usage.
— HIST. XI» s. Hait sunt 11 pui, e li val tenebrus, th. de Roi. lxiii. Turnez ses oilz [ses yeux font tournés], mult li sunl tenebros, tb. cciv. ||xrv*s. Une fosse.... Obscure, ténébreuse, mâchonnée, efifortie, Baud. de Seb vi, 27. || xv" s. Et faisoit si noir, si brun et si ténébreux, qu'on ne veoit devant soi un arpent loin, froiss. ii, m, »». Il iTi* s. Le patient a les yeux ténébreux, n'oyant point... paré, vni, <2. Mes yeux estoieht couverts d'un voile ténébreux, rons. 8)o. Ay je pas veu en Platon ce divin mot, que nature n'est rien qu'une poésie enigmatique, comme, peult cstre, qui diroit une peincture voilée et ténébreuse? mont. II, 280.
— Etym. Prov. tenebros; esp. et ital. tenebroso; du lai. tenebrosus, de tenebrx, ténèbres.
^ Tf.NÊBniCOLE (té-né-bri-ko-r), adj. Terme do xoologie. Oui vit dans les ténèbres.
-- KTYM. Ténèbrit, et lat. rotere, habiter.
t TÊNfiBRION (lé-né-bri-on), j. m. || f Ami des ténèbres intellectuelles (emploi aujourd'hui inuiili). Ces ténébrioDS et anacriliques frères de la rosecroix, ttJiUhi, Rosecroix, no, a. ||3'Genre de coléoptères, dont une espèce, i, l'état de larve, TU dans la farine. On dit aussi blatte.
— ETYM. Lat. tenebrionem, ami des ténèbres, de ItiKbrit, léuèbrus. Au xvr «lècla on disait len«>
TEN
brion pour esprit follet, el comme injure contre les hérétiques.
t TfiNÉBROSITIÎ (té-né-brô-zi-té), i. f. Qualité de ce qui est ténébreux. Avec ton nez bridé de ta coiffe importune. Ta léiiébrosité m'en pourrait bailler d'une, th. corn. Galant doublé, l, 2.
— ËTYM. Lat. tenebrositatem, de tenebrosus, ténébreux.
t TENELLE (te-nè-l'), s. f. Variété d'orge à épi court, large et fourni (nom spécial au Cotentin, d'après chomel, Dict. économ.).
TÈNEMENT (tè-ne-man), s. m. |l 1" Terme de féodalité. Métairie dépendante d'une seigneurie. Il 2" Aujourd'hui, un lènemenl de maisons, maisons qui se tiennent. Vendre un lènement de maisons.
— HIST. XII* s. E que li arcevesquos e li sucn ensement Tiengent bien e en pais e honurablcmcnl E terres e iglises e allie tenement, Th. le mart. (49. Il XIII* s. Oil, ce respondi Raison; Mes n'eutens pas champ ne maison. Ne robe, ne tex garnemens. Ne nus terriens lennemens, la Rose, 5344.
— f.TYM. Tenir; provenç. tenement.
TÉNESME (Ic-nè-sm'), s. m. Terme de médecine. Sentiment douloureux de tension et de constriction à la région de l'anus avec des envies con-tinuelles et presque inutiles d'aller à la selle. IJTénesme vésical, envie continuelle et douloureuse d'excréter l'urine, avec chaleur et cuisson, dont le siège paraît être au col de la vessie.
— HIST. xiv s. Aux fistules du fondement advient souvent lenesme, que nous appelions espreinles, par acrimonie de la matière, paré, xi, 24.
— ETYM. Lat. tenesmus, de T£ivtu(i.oç ou ttivê- «(iéç.
TENETTES (te-nè-t"), ». f. pt. || 1» Terme de chirurgie. Espèce de pinces que l'on introduit dans la vessie pour en extraire les calculs dans l'opération de la cystotoraie. || 2* Petites tenailles, qui servent pour l'étamage.
— ETYM Tenir.
4. TENEUR (te-neur), s. f. \\ 1* Ce que contient mot à mol un écrit, texte littéral. Elle me lia le pouce avec de la soie, quoi que son mari lui pût dire ; elle m'en tira du sang avec le bout d'une aiguille, et elle m'en fit signer de cette teneur.... RETZ, Mém. 1. 1, liv.ii, p. 384, dans pougens. La propre teneur [delà lettre] est bonne à garder, Boss. Lett. qui ' 4 62. Je pense comme vous, que la teneur des lettres de l'électeur et du maréchal de Turenne [au .sujet de l'incendie du Palatinat] est supposée, volt. Lett. Colini, 21 oct. 4767. || U se dit surtout en style de pratique. L'arrêt fut exécuté selon sa forme et teneur. || 2° Continuité, suite. Les esprits continuent à se mouvoir d'une même teneur dans le cerveau, desc. l'ass. tau. Une même et constante teneur de bon gouvernement, Dial. d'Or. Tubero, l. 11, p. 2fl9. Hasarder une opinion qui tende à blanchir un personnage illustre, contre des autorités que contredisent la teneur de sa vie, de sa doctrine, et l'estime générale dont il a joui, dider. Cl. et Nér. i, 36. Il 3* Terme de minéralogie. Ce que contient de substance principale ou accessoire un minerai, la fonte, un composé chimique. X part sa teneur en eau, la serpentine peut être rapprochée des météorites du type commun, daubhée, Acad. des se. Comptes rendus, l. lxii, p. 663.
— HIST. XII* s. Quand il esgardeit si le hanap tut entur, E vit le vin si truble qu'il en oui grant hisdur, Dous iraignes vit surdre del funz d'une tenur, Th. le mart. 4 06. || xiii* s. Et qu'il aillent ou plel segonl la ténor des premières lelres, Liv. de jost 48. Lettres desquelles la teners an coiumance et est an telle manière.... Bibl. des ch. 4* série, t. m, p. 64. || xiv* s. Continuement et tout d'une teneur, bercheure, f* 42, verso. Au roy il a baillé ces lettres proprement; Lors uns aragonnoiz lui lisi bêlement; Quant la teneur choisi [il vit], s'ot le cuer moult dolent, Guescl. 7092. Il xvr s. Je loue le benoist servateur, lequel vous conserve en ce long teneur de santé parfaile, ras. Pa't. IV, 4. Continuer des actions si diverses d'une si pareille teneur qu'il ne s'y sente point d'interruption, MONT. I, 39«.
— ETYM. Provenç. et espagn. ténor; portug. teor; ital. tenore; du lat. Icnoriim, de tenere, tenir.
2. TENEUR (teneur), *. m. || 1* Celui qui tient. Il 2* Terme de commerce. Teneur de livres, celui qui, chez un négociant, écrit régulièrement sur les livres ce qui entre et ce qui sort, ce qui est acheté et ce qui est vendu, ce qui est payé el ce qui est dû. Il 8' U se dit de celui qui tient toute espèce
TEN
de registres. Je crois que les ecclésia.stiques doivent être payés et bien payés, comme serviteun du public, précepleurs de morale, teneurs des registres des enfants et des morts, volt. Dict. phil. Symbole. || 4* Terme de fauconnerie. Se dit du troisième oiseau qui attaque le héron dans son vol.
— HIST. XV s. Et pour estre teneur de la place et juge de ceste bataille, je seroye content. .. que ce fust le roy mon souverain, Ilouciq. a, 34.
— ETYM. Tenir.
t 3. TENEUR (te-neur), ». f. Terme de plainchant. Partie de la psalmodie qui en est comme la dominante. La teneur.... qui joue un rôle extrêmement important, puisque c'est autour que dans chacun des modes se développe la méthode à laquelle elle sert comme de point do rappel, la page, Cours complet de plain-chant, b° 88.
— HIST. XIV* s. Les plus grands chantent la teneur. Les autres lacontreteneui',GACEDE labuigne, dans Hist. lill. de la France, t. xxiv, p. 754.
— ÉTYM. Tenir. C'est le même mot que teneur 4. t TÉNEVIÈRE (té-ne-viè-r'), ». f. Nom donné,
en Suisse, à des monticules de pierres, à des empierrements.
TÉNIA (lé-ni-a), » m. Genre d'entozoaires cestoïdes, dont le corps, plat et composé d'un grand nombre d'anneaux articulés, a souvent plusieurs mètres de longueur. || Absolument, le ténia, le ver solitaire. Pline parle de ténia de trente pieds; et un auteur plus digne d'être cru, l'illustre Boerhaave, a assuré en avoir vu un de trente aunes, BONNET, Hist. nat. Èlém. Œuv. t. m, p. 97, dans pougens. Le ténia, que nous nourrissons malgré nous, et le monstre qui vit ignoré au fond de la mer, s'élèvent contre cette prétention [que le» animaux soient faits pour l'homme], m. Contempl. nat. v, 4 6.
— HIST. ivi' s. Le ver large, qu'il [Aétius] appelle taenia, paré, vi, 23.
— ÉTYM. Lat. txnia, ver solitaire, proprement bandelette, de Tiivi'a, bandelette.
t TÉNIADÉ (té-ni-a-dé) ou TÉNIOÏDE (té-m-0i-d'), s. m. Famille de vers cestoïdes.
t TfiNIKRS (té-nié), s. m. Tableau peint par Téniers. Acheter un Téniers (avec un ( majuscule).
t TÊNIFUGE (té-ni-fu-j'), adj. Terme de médecine. Médicament ténifuge, et, substantivement, un ténifuge, spécifique contre le ténia.
— ETYM. Ténia, et lat. fiigare, mettre en fuite.
t TÉNIOPTÈRE (té-ni-o-ptè-r'), s. m. Nom donné par Ch. Bonaparte à un genre d'oiseaux insectivores, où l'on distingue le ténioptère pepoaza (rives de la Plata), le tyran pepoaza de Vieillot, dit pepoaza.
— ETYM. Tomo, bandelette, et TtTepèv, aile. TE.MR (te-nir), je tiens, tu tiens, il tient, nous
tenons, vous tenez, ils tiennent; je tenais; je tins, nous tînmes; je tiendrai; je tiendrais; tiens, qu'il tienne, tenons; que je tienne, que nous tenions, que vous teniez, qu'ils tiennent; que je tinsse; tenant; tenu, V. a. \\ 1" Avoir à la main, ou entre les mains. Il 2" "Tenir quelqu'un, le retenir, contenir, soutenir. || 3" Tenir, en termes de manège. || 4" Posséder, occuper. Il 5* Occuper, remplir, en parlant de l'espace. Il 6* Tenir une maison, un appariement, les occuper, y loger. 117° Occuper militairement. Il 8* Tenir, en termes de marine. || 9° Avoir dans sa composition. Il 10° Contenir, renfermer, ou être susceptible de contenir, de renfermer. Il 11° Occuper -.ertains lieux, exercer certains métiers, certaines professions pour l'utilité ou la commodité du public, ij 12° Tenir maison. || 13* Mettre, garder en quelque lieu. || 14° Avoir autorité sur certaines choses. || 16° Faire qu'une personne ou une chose demeure dans un certain étal, dans une certaine situation. || 16* 11 se dit de l'ordre où sont placés les hommes el les choses, soit efl"ectivement, soit dans l'opinion. ]| 17° Tenir, en terme» de musique. || 18* Remplir une fonction. || 19* hennir en séance une assemblée, une compagnie. Il 20° Arrêter, fixer. 1| 21" Réprimer, empêcher de. Il 22° Tenir quelqu'un, être maître de son esprit, de son cœur. || 23* Donner une occupation durant quelque temps. || 24° Suivre, aller dans, en parlant d'une route, d'une voie. || 25° Observer comm<- règle. Il 26° Exécuter, efTectuer, en parlant de ce qui est pmmis. || 27° Persister dans. || 28* Il se dit des affections, des passions, des maladies du corps et de l'esprit qui s'emparent de ([uclqu'un. jj 29" Tenir de, être redevable à. || 30* Tenir de, avoir appris de quelqu'un, en parlant d'une nouvelle, d'un récit, d'un fait II 31* Réputer, croire. ||32' Professer, être partisan de. || 83* Tenir des discours, un Uo-
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piRe. parler d'une certaine manière. || 34* Elre cliarpé de gérer la caisse, de faire les écritures des livres, chez un bamiuier, clicz un néjcocianl. Il 35" Soutenir, en pailant d'un pari. || 36' Tenir tête, tenir pied, tenir la main, tenir l'œil. |i 37* Sai sir intellecluelleinent. || 38* Faire tenir, faire en »orte ()ue certaines choses soient remises, transmettre. Il 39» V. n. Être attaché à. || 40" Être dilficilu à fltcr, à arracher, à déplacer. || 41" Ne tenir à rien, ne tenir i guères. Il 4Î" Fig. Tenir au cœur. Il 43* filre attaché par des liens moraux. || 44" Klre pris par une opinion, une affection, une passion. Il 45° Avoir dos rapports, des relations de famille ou autres. ||46* A\oir pour but, désirer. 1147- Klre contigu. Il 48" Kcsullcr, provenir île. Dépendre. Il 49°Àvoir de la ressemblance, participer. || 50" Ktrc assemble, en parlant d'un corps délibérant, d'une assemblée. || 61° Hersisler, se maintenir dans le même étal. || 52 Subsister sans alléialion, en parlant d'un traité, d'une convention, d'un marché. Il 53" Se maintenir dans une situation. || 64" Tenir pour, se ranger du côté de, donner son assentiment à. Il 56* Résister, tant au propre qu'au figuré. Il 66" Tenir, en termes de chasse. 1| 67° Tenir, en termes de marine. || 58° Ne pas tenir à, ne pas tenir contre, être irrité, impatienté. Ne pouvoir plus y tenir. || 59° En tenir, avoir reçu des coups, du plomb ou autre chose, et fig. éprouver quobjue chose de fâcheux, être ilupé; être séduit, épris. Il 80° Être contenu. || 6i° V. réfl. Se tenir, se prendre, s'attacher à quelque chose. || 62" Se tenir l'un l'autre. Il 63" Se tenir ou s'en tenir à une chose, ne vouloir, ne faire rien de plus, se borner à. || 64° Être, demeurer dans un certain lieu. || 65° Ktre, demeurer dans une certaine situation. || 66° 11 se dit de certaines dispositions morales ou intellectuelles. Il 67° Avoir lieu, en parlant d'assemblées, de réunions. Il 68" Se contenir, retenir quelque mouvement de passion. Se tenir de, s'empêcher de. ||69" Se tenir, en termes de marine. || 70" Se réputer, se croire. || 71" Être dit, prononcé. || 72" Être accompli, en parlant d'une promesse. || Proverbes.
1" Avoir à la main ou entre les mains. L'autre lenfant] sortit aussitôt [du sein de sa miTeJ, et il tenait de sa main le pied de son frère; c'est pourquoi il fut nommé Jacob, saci. Bible, Genèse, xxv, 26. Ne tiens-je pas une lanterne en mainT hol. imp/i. i, 2. En vain Monsieur, en vain le roi même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements, Boss. Duch. d'Orl. Où me cacher? fuyons dans la nuit infernale ; Mais que dis-je? mon père y tient l'urne fatale, hac. fhédre, iv, « Ce qu'on ne s'imaginerail pas, il [La Fontaine] faisait ses délices de Platon et de Plutarque; j'ai tenu les exemplaires qu'il en avait, d'ouvet, Hist. Acad. t. n, p. 340, danspouGENS. Il [Charles XII] tenait lui-même sa jambe avec les deux mains, re^'ardant les incisions qu'on lui faisait, comme si l'opération eijtété faite sur un autre, volt. Charles Xll, 4. Que diable aussi, l'on tient ce qu'on tient, beaumarch. Barb. de Sév. I, 3. Il F"ig. Rendre les papes assez puissants pour tenir en maîtres la balance de l'Italie, TOLT. Mœurs, tHS. {| Fig. Tenir en ses mains, avoir en sa puissance. Dieu tient le cœur des rois entre «es mains puissantes, rac. Eslh. i, \. Vous tenez dans vos mains plus d'une destinée, volt. Orphel. V, 4. Il On dit de ifiême : tenir en sa puissance. Je tiens le fils des rois, le vôtre, en ma puissance, TOLT. Orphel. v, 4. ||Se tenir, tenir à soi. Il se tenait la tête dans ses mains. || Familièrement. Se tenir les côtes, et, plus rarement, les côtés de rire, rire démesurément. On rit beaucoup à Versailles de la conversation du roi avec le marquis Simon le Franc; on en aurait ri sous Louis XI; comment voulez-vous qu'on ne se tienne pas les côtes sous Louis XV, le plus indulgent et le plus aimable des souverains? volt. Letl. Dnmil. H mars (763. Je quitte la plume pour me tenir les côtés ; il faut que je satisfasse mon envie de rire, letourneur, C(. Harlowe, Lelt. 99. || Terme de jeux. Tenir les cartes, les mêler et les donner ensuite. || Fig. Cet homme tient le bon bout, il est nanti, il a ses siiretés. || Fig. Tenir le fil d'une intrigue, en avoir saisi le nœud, le secret. || Au jeu deilés, lenirles dés, avoir le cornet en main, avoir la main pour jeter les dés. || Fig. Tenir le dé dans la conversation, être, dans une conversation, celui qui la dirige et qui a la parole. || Fig. Tenir la plume, faire les fonctions de secrétaire. || Cet li-'iome tient bien ce qu'il tient, il n'est pas facile de lui faire lâcher prise, et aussi il est avare. Il Fig. Il ne tient rien, se dit d'un houua* oui
manque à réussir en quelque chose. Et, quand il a goiité d'un si doux entrelien, Je puis dire dès lors que je ne liens plus rien, corn, la Suiv, II, 7. Tu me dis des injures exprès pour voir si je me mettrai en colère ; mais lu ne tiens rien, bour- SAiiLT, UU. nouv. t. lit, p. )«9, danspouoENS. l'renez-la dans l'emporlemenl, ou vous ne tiendrez rien, baiion, Homme à bon. fort, m, 4. Si vous' joue/, toujours votre personnage aussi mal, nous ne tenons rien, mariv, J'Wcur. siratag. i, (3. ||En un sens analogue. Comment peut-on savoir ce qu'on tient avec lui? Jamais ce qu'il vous dit n'est ce qu'il veul vous dire, ORESSET, le Méch. i, 5. || Absolument. Tiens, tenez, prends, prenez. Tiens, voilà de quoi vaincre cl taureaux et gens d'armes, corn. Toi*, d'or, iv, 4. Tiens, liens, sans y chercher plus de façon, voilà Ton beau galant de neige avec ta nonpareille, mol. Dép. iv, 4. Tiens, perfide, regarde et démens cet écril, rac. Ilaj. v, 4. Il [Rosimond] retourna chercher la fée dans les bois : Tenez, lui dit-il, votre anneau, fén. t. xix, p 29,fJosimond et Brammte. || Se dit aussi à une personne que l'on frappe, qui subit quelque mauvais traitement. Tiens, tiens, voilà le cou[i que je t'ai réservé, hac. Andr. v, 5. || Il s'emploie uniquement pour attirer l'attention. Tenez, je vais tout vous dire. Tenez, tousvos discours ne me touchent point l'âme, Horace avec deux mots en ferait plus que vous, mol. Éc. des fem. v, 4. Tenez, cet animal, qui débute par me dire une injure, mariv. Serm. indiscr. i, 3. || Familièrement. Tiens ! je ne m'y attendais pas. || Il se dit quelquefois avec le sens de : voyez. Tenez, le voilà qui passe dans la rue. Il 2' Tenir quelqu'un, le retenir, contenir, soutenir. Tenir quelqu'un par le bras, par le corps. Tenir un enfant par la lisière. Ah! c'est à ce coup que nous le tenons, pondard, hauter. Cocher, se. (9. Je te tiens écumant sous mon talon de fer! V. HUGO, Ruy Blas, v, 3. || Fig. Tenir quelqu'un par les lisières, le gouverner comme un enfant. || Tenir par la main, prendre avec sa main la main, le bras de quelqu'un. Elle tenait son enfant par la main. || Tenir quelqu'un à la gorge, voy. gorge. Il Fig. Tenir quelqu'un au cul et aux ihausses, voy. chausses. Il Fig. Tenir quelqu'un le bec dans l'eau, voy. bec. || Fig. Tenir quelqu'un, quelque chose dans sa manche, voy. manche 2, n° 4. || Fig. Tenirquelqu'un do court, ne pas laisser de liberté. L'évêque de Chartres n'aimait pas les jésuites, les tenait de court el bas, st-sim. 78, (3. || Fig. Tenir de près, surveiller avec soin. J'ai élevé votre sœur, je suis sans inquiétude, je l'ai tenue de si près, GENLis, r/i^<!». d'éduc. la Cloison, se. 8. || Il faut le tenir à quatre, se dil d'un fou, d'un furieux qui ne peut être contenu que par les efforts de plusieurs hommes réunis. || Fig. Il faut le tenir à quatre, se dil d'un homme emporté dont il est difficile d'empêcher les violences. || Fig. Se faire tenir à quatre, faire le difficile dans une affaire, dans un accommodement. Et pour Junon qui fait la folle, Et se fait à quatre tenir. Vous la verrez bien revenir, scarr. Virg. i. || Fig. Ne pas se faire tenir, être tout disposé à. Bartholomé, ayant ses hontes bues. Ne se fit pas tenir pour demeurer, LA FONT. CoJend. Il Fig. Je tiens mon homme, je le tiens, je l'ai amené dans le picge, il ne peut plus ra'échapper. || Tenir un enfant sur les fonts, ou, simplement, tenir un enfant, le présenter au baplèruc, en être le parrain ou la marraine. Le Dauphin [Charles VIII] fut tenu sur les fonts par Charles de Bourbon, archevêque de Lyon, et par Jeanne de France, duchesse de Bourbon, duclos, Œitv. t. II, p. 4)8. Le directeur de la douane s'avisa de me prier de lui tenir un enfant, i. j. rouss. Conf. v. Il FiK. Tenir quelqu'un sur les fonts, voy. fonts. Il Fig. Tenir quelqu'un sur le lapis, voy. tapis. Il 8* Tenue de manège. Tenir un clieval, le maintenir dans les différents exercices auxquels on le soumet. Tenir un cheval en bride, en talons. || Fig-. Tenir quoiqu'un en bride, l'assujettir, l'arrêter, le conduire malgré lui. || Tenir un cheval dans la main, en être toujours le maître. || Tenir la main, tirer la bride. Il Tenir les hanches, faire marcher par des pas de côté, en sorte que la jambe de dehors chevauche sur celle de deilans. || Tenir les chevaux au filet, les attacher avec un filet dans la bouche pour les empêcher de manger. || Fig. Tenir quelqu'un au filet, voy. filet, n* 2. || Tenir la bride haute, tenir la bride de manière à empêcher le cheval de se livrer à son ardeur. || Fig. Il [un galant homme] doit tenir la bride aux grands empressements Qu'on a de faire éclat de tclsamusemenu [faire des vers], mol. Hit. l, i. || Terme de '
courses. Tenir la corde, faire courir ion cheval le plus près possible de la conle qui détermine l'hippoilronie,ce quiesl un avantage, et fig. avoir l'avanla;;e, être supérieur. Pour me servir d'une comparaison do jockey, mon rival avait l'avance et tenait la corde, ch. de Bernard, Un acte de vertu, § vi. Il 4° Posséder, occuper. Tenir un pays en souveraineté. Tenir une terre en fief. Ces autres peuples des Indes qui tiennent un pays vaste el inhabité, VAUOBL. Q. C. &3«. Elle marche comme un général à la tête d'une armée royale, pour traverser de* provinces que des rebelles tenaient presque toutes, BOSS. Reine d'Anglet. Nos seigneurs les castors tenant le Canada Se piquent d'être un peupla libre, LA MOTTE, Fabl. m, 6. Sextus Pompée tenait la Sicile et la Sardaigne, montesq. /loin. IS. L'Kglise y trouvait cet avantage, que ceux qui avaient reçu de ces biens [pris sur elle] ne les tenaient plus que d'une manière précaire, lo. Esp. XXXI, n. Ce fut alors que saint Pierr» vint établir son siège i Rome, après l'avoir tenu sept ans à Antioche, condill. Ilist. anc. xv, 6. Il Cet officier, ce commandant lient telle ville, telle place de guerre pour le service de tel prince, il y commande, il la garde pour les intérêts de ce prince. || Cela se dil surtout en temps de troubles, de droits contestés. Il se jeta dans la place, et la tint pour le roi. || Tenir une terre par ses mains, la faire valoir soi-même, au lieu de l'affermer. Il Tenir une terre à foi et hommage de quelqu'un, posséder une terre qui relève do quelqu'un. || Absolument. Tenir de quelqu'un à cause de quelque terre. Il tenait de tel seigneur. || 5° Occuper, remplir, en parlant de l'espace. Il tient en voiture la place 'de deux personnes. L'armée tenait deux lieues de pays. Ces tableaux tiennent trop de place. Les épisodes tiennent la moitié de ce poème. Il tient le milieu en se promenant avec ses égaux, LA BRUY. VI. Il II se dit aussi du temps J'ai lu la Vie de M. d'Épernon, qui tient presque un siècle, SÉV. 27 avril (689. 1| Fig. Tenir lieu d'une pei». sonne, d'une chose, la remplacer. Vous qui me tenez lieu d'Agrippé el de Mécène, corn. Cinna, n, ). Tous les hommes, de quelque condition qu'ils soient, nous tiennent lieu de prochain, BOUHDAL. F.xhort. sur l'observ. des régies, l i, p. 225. Une servile peur tint lieu de charité, Le besoin d'aimer Dieu passa pour nouveauté, BOIL. Lutr. VI. Vous i qui cependant je consacre mes jours, Muses, tenez-moi lieu de fortune et d'amours, PiRON, Métrom. v, (2. ||6* Tenir une maison, un appartement, occuper une maison, un appartement, y loger. || Tenir le lit, tenir la chambre, demeurer dans son lit, dans sa chambre. || Terme de pratique. Tenir prison, demeurer en prison. Il 7° Occupor militairement. Il destina les gros navires à tenir le fleuve, et à tomber avec impétuosité sur les ennemis, fléch. Ilist. de Théodose, m, '14. Il Tenir la cam|)agno, voy. campagne n* ». Il 8° Terme de marine. Tenir la mer, restera la mer, en naviguant sans relâche. Nous passâmes deux mois à tenir la mer, Mém. VilUtte-Mursai, dans JAL. Mylord Herbert a attaqué M. de Gabaret, qui tenait la haute mer avec une partie de notre flotte, SÉV. 25 mai IC89. || Tenir la mer, être maître de la mer. Le» Romains tenant la mer, il n'était plus possible d'envoyer ni vivres, ni secours aux armées de Sicile, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. I, p. 340, dans pougens. Il restait aux Suédois une armée navale avec laquelle ils tenaient la mer, VOLT. Russie, n, 6. || Tenir la côte, la ranger de près. Il Tenir le large, naviguer à une certaine distance de la côte. || Tenir le plus près, naviguer au plus près du vent. || On disait autrefois : tenir au plus près. Us [les ennemis] tenaient au plus près du vent, pour tâcher de nous le regagner, Kém. de Yillette, dans jal. || Tenir le vent, synonyme de tenir le plus près. Les Français ont presque tout fait [à une bataille navale contre les Hollandais], y ayant eu cinquante vaisseaux anglais qui n'ont fait que tenir le vent, pellisson, Lelt. hist. t. I, p. 198. En partant de l'Ascension, je tins le vent pour ranger les côtes du cap Vert d'aussi près qu'il me serait possible, bougainville, Voy. t. n, p. 407. Il Tenir la cape, c'est rester à la cape pendant un certain temps. || Tenir un objet, un autre bâtiment par son travers, le laisser sur le côté. Il Tenir deux objets l'un par l'autre, apercevoir deux objets sur une même ligne. || Tenir un bâtiment, n'être point gagné de vitesse par lui. || Tenir sous son pavillon, tenir ralliés autour du vaisseau que l'on commande et sur lequel est artor* te signe distinctif de son commandement, les na-
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vires que l'on escorte, le convoi que l'on est chargé do piotéger. Il Tiens bon! tiens bon, làl commandoment à des hommes qui agissent sur un cordagu, sur un cabestan, etc. de suspendre leurs efforts, ou, selon les cas, d'amarrer le cordage dont il s'agit sans en rien lAcher. || 9" Avoir dans sa composition. En général, les mines de plomb tiennent presque toutes une petite quantité d'argent, BUFF. Hin. t. V, p. 255. Le mines de cuivre tenant argent sont bien plus communes que celles qui contiennent de l'or, ID. ib. p. 72. || 10» Contenir, renfermer, ou être susceptible de contenir, de renfermer. Cette salle lient mille personnes. Cette bibliothèque tient mille volumes. Tenir pour pouvoir contenir est fort nouveau en notre langue; on ne le voit point dans les anciens auteurs; et en effet on ne trouve point tenir en cette manière dans le Dictionnaire de Nicod, vaugel. Nouv. Refn Observ. de M.'", p. 95, dans pougens. || Ce baril, ce Beau tient bien le vin, l'eau, le vin, l'eau qu'on y met ne s'enfuit point. Un mastic avec lequel j'ai fait enduire, il y a trente-six ans, un assez grand bassin au jardin du roi, qui depuis a toujours tenu l'eau, BUFF. Hin. t. m, p. U. || Fig. et familièrement. Tenir beaucoup de vin, boire beaucoup sans devenir ivre. Vous mettez votre gloire à tenir bien du vin, reunard, le Distr. i, 8. 11 [Vaillac] tenait beaucoup de vin, enivrait la compagnie et s'enivrait après, st-sim. <82, 19). || 11° Occuper certains lieux, exercer certains métiers, certaines professions pour l'utilité ou la commodité du public. Tenir boutique. Tenir pension. Tenir une auberge. Tenir une académie d'équitation. On eût dit presque qu'il imitait les anciens gymnosophistcs qui menaient leurs disciples dans les déserts où ils tenaient leur école, fonten. Tournefort. Il Tenir école, être à latéted'une école, enseigner. Il Fig. Rousseau [Jean-Baptiste].... écrivit que j'étais venu en Hollande prêcher contre la religion, que j'avais tenu école de déisme chez M. 'SGravesende, volt. Lett. en vers et en prose, 82. || Tenir des marchandises, avoir un assortiment de certaines marchandises, en vendre. Tenez-vous de la mercerie? Madame sera contente, je l'espère: vous aussi, mesdames; je tiens de tout et à bon compte, PICARD, *onie de briller, ii, )3. || 12° Tenir maison, voy. maison, n"(8. || Tenir table, voy. table, n" 7. Il 13° Mettre, garder en quelque lieu. Il tient son argent en son cabinet. Il faut tenir cela à la cave, dans le garde-manger. On le tient en prison. Qu'on la tienne en lieu siir, en attendant sa mère, cohn. Héracl. iv, 2. 11 faut tenir la couveuse [faisane] dans un endroit éloigné du bruit et un peu enterré, afin qu'elle y soit plus à l'abri des inégalités de la température et des impressions du tonnerre, bufp. Ois. t. iv, p. 8S. || Cet homme tient sa femme à la campagne, dans un couvent, il l'oblige de demeurera la campagne, dans un couvent. Depuis deux ans mon oncle me tient éloigné du monde, dans ce triste château, PONT DE VESLE, Somnanih. se. 1. 1| Il tient son fils dans un collège, au collège, il l'a mis au collège, afin qu'il étudie. Il Tenir des écoliers en pension, les avoir en pension chez soi. || Tenir quelqu'un chez soi, le loger chez soi, lui donner sa table. Il Tenir quelqu'un, l'avoir près de soi, sous sa main. Et, puisque je vous tiens, voua souperez ici, HÉGNiEH, Sat. X. Ahl si nous le tenions ici, que je prendrais de joie à venger, sur son dos, tous les pas inutiles que sa jalousie nous fait fairel mol. Sicil. 5. || Ce prince tient un ambassadeur, un résident auprès de tel prince, dans telle cour, il entretient un ambassadeur, un résident, etc. Il Tenir une garnison dans une ville, y entretenir une garnison. Il Tenir garnison dans une ville, y être en garnison. || On dit en un sens analogue : tenir des troupes en un lieu. Tous les lieux où il ILouis XIV]est obligé de tenir des troupes, pellissoN, l.cU. hitt. t. II, p. 8. Il 14° Avoir autorité sur certaines choses. Pouvions-nous le surprendre, ou forcer les cohortes Qui de jour et de nuit tiennent toutes ses portes? corn. Héracl. iv, 8. Songez-vous que je tiens les portes du palais? rac. Baj. ii, i. Il Fig. C'est le Dieu des chrétiens, c'est le maître des rois. C'est lui qui tient ma foi, c'est lui dont j'ai faitchoii, cobn. Théod.m, 3. || 16* Faire qu'une penonne ou une chose demeure dans un certain état, dans une certaine situation. Il nous a tenus debout pendant deux heures. Tenir les esprits en suspens. Tenir quelqu'un en échec. Qui.... Tinrent fidèlement mon enseigne debout, RtioNiER, Èpit. i. Mais une juste peur tient son tme effrayée, corn. Cintra, u, 4 . Tenei toujours divisa* les méchants.
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la pont. Fabl. vii, 8. Henriette me tient sous son aimable empire, mol. tem. sav. i, *. Je vous ai mandé tout ce que je savais pour vos jamlies; si vous ne les tenez chaudement, vous ne sejez jamais soulagée, sÉv. 382. C'était le dessein d'avancer dans cette étude de sagesse, qui la tenait si attachée à la lecture de l'histoire, qu'on appelle avec raison la sage conseillère des princes, Boss. Duch. d'Orl. Pendant que la nature nous tient si bas, que peut faire la fortune pour nous élever? ID. ib. Dieu promet de tenir son peuple dans une durable et parfaite tranquillité, id. Hisl. ii, 5. Philisbourg qui tint si longtemps le Khin captif sous nos lois, lu. Louis de Bourbon. Ceslieux sombres et retirés où la honte tient tant de langueurs et de nécessités cachées, fléch. Aiguillon. Mais de nos saints autels qu'elle tienne éloignée D'un ram^ d'étrangers l'indiscrète fureur, rac. Ath. v, 2. Ne point boire trop frais, ni de vin que fort tremiié; du reste vous tenir l'esprit toujours gai, ID. Leit. à Boileau, 24 mai 1687. L'art que j'avais de tenir toujours les hommes dans quelque nouvelle espérance, fén. Dial. des morts mod. Richelieu, Maiarin. Je viens vous tenir un cheval tout prêt, en cas de semblable malheur, afin qu'on ne vous coupe pas la tête, HAMILT. Gramm. B. Afin que l'idée de la présence de Dieu aux pensées les plus secrètes de l'ïme obligeât les hommes à tenir leur cœur, non moins que leurs mains, dans une grande pureté, R0LLiN,//ùt. anc. ixvi,)"part. ch. l. Quelqu'un de ces génies supérieurs qui sont faits pour gouverner les esprits médiocres, et les tenir toujours dans la situation dont on a besoin, lesage, Turcar. i, «o. Pour tenir les grands princes toujours faibles, ils [les Romains] ne voulaient pas qu'ils reçussent dans leur alliance ceux à qui ils avaient accordé la leur, montesq. Rom. 6. Les églises se partageaient entre les héritiers; et, quand elles étaient tenues d'une manière indécente, les évèques n'avaient d'autre ressource que d'en retirer les reliques, ID. Espr. XXXI, M. J'ai tenu, pendant quarante-huit heures, sept milliers de fonte en fusion dans mon fourneau, buff. Min. t. iv, p. )3(. Vous avez tenu vos amis en peine, j. j. Rouss. Ém. v. Il ne faut ni tenir la main fermée ni l'ouvrir tout à la fois; il faut ouvrir les doigts l'un après l'autre; la vérité s'en échappe peu à peu, sans faire courir aucun risque à ceux qui la tiennent et qui la laissent échapper, d'alemb. (Eut), t. iv, p. 88. Adieu, mon cher maître : le ciel vous tienne en joie 1 id. Lell. à Voltaire, 9 janvier (773. || Bien tenir, mal tenir sa maison, la bien, la mal administrer. || Il tient bien sa classe, il y maintient la discipline; il ne sait pas tenir une classe, il ne sait pas y maintenir la discipline. || Cette place de guerre tient le pays en respect, tient le pays en crainte, tout le pays est sous la domination de cette place. Il Ce corps de troupes a tenu les ennemis en respect, il était tellement posté que les ennemis n'ont pu faire aucune entreprise. || Cet emploi tient en sujétion, il ne laisse pas de temps libre. || Tenez cela secret, gardez le silence là-dessus. On convint de tenir l'affaire secrète, mariv. Marianne, 3* part. Les Chaldéens tenaient leur science secrète pour se faire plus respecter des peuples, volt. Dict. phil. Ciel matériel. || Familièrement. Il nous a tenu le cas secret, il a affecté de n'en point parler, il en a fait mystère. || Tenir en exercice, en haleine, exercer souvent. || Tenir une chose en état, en bon état, la maintenir, l'entretenir. || 16* Il se dit de l'ordre où sont placés les hommes et les choses, soit effectivement, soit dans l'opinion. Les livres reliés tiennent le premier rang de ces tablettes. Des bois tiennent le haut du coteau. Je t'ai préféré même à ceux dont les parents Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs, corn. Cinna, v, «. Je me trouve assez de bien pour tenir dans le monde un rang assez passable, mol. Bourg, gent. m, )3. Après avoir tenu dans le monde des rangs honorables, BOURDAL. Myst. Ascens. de J. C. t. l, p. 4u3. Le voilà donc mort, ce grand ministre [Louvois], cet homme si considérable, qui tenait une si grande place, SÉv. Lett à de Coulanges, id juillet «coi. La reine, qui dans Sparte avait connu ta foi. T'a placé dans le rang que tu tiens près de moi, rac. Iph. I, 4. Il Tenir le haut bout, le haut du pavé, occuper le plus haut rang. || Tenir sa place, figurer avec honneur. Soyez persuadé que, par mon goût, vous seriez tout le beau premier à la fête [le mariage de Mlle de Sévigné]; bon Dieu, que vous y tiendriez bien votre place! SÉv. iett. à Bussy, 7 janv. I o«9. Par son savoir et ses lumières tenant bien sa place au milieu d'eux, }. ;. rolss.
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Confe.is. nu. || On dit de même familièrement : tenir bien son coin. || Tenir bien son rang, sa place, son poste, occuper dignement l'emploi oij l'on est. Il 17° Terme de musique. Tenir sa partie, la chanter ou la jouer. || Fig. et familièrement. Tenir bien sa partie, bien remplir les fonction» dont on est chargé. || Tenir l'orgue. M. Chauvot, l'habile organiste, tenait le grand orgue, Journ. offie. 4» mars I87u, p. 402, »• col. || 18» Remplir une fonction. Quand le chancelier tenait le sceau. Au nom de l'empereur dont vous tenez la place, corn. Foly.in, 3. Jesuisnéde parents, sans doute, qui ont tenu des charges honorables, mol. Bourg, gent. m, 4 2. || Au théâtre, tenir un rôle, le remplir. Les autres rôles sont honnêtement tenus, mais pas davantage, fh. SARCEY, Opin. nat. du 20 mai 48«7. || 19» Réunir eu séance une assemblée, une compagnie. Tenir audience. C'est dans cette salle que l'Académie tient ses séances. Tenir les plaids. C'est tel président qui tient cette année la chambre des vacations. Le lion tint conseil, et dit : mes chers amis.... la font. Fabl. vn, 4 . L'écrit portait Qu'un mois durant le roi tiendrait Cour plénière.... id. ib. vu, 7. U [l'empereur Rodolphe] aimait beaucoup mieux s'instruire avec le fameux Ticho-Brahé que tenir les états de Hongrie et de Bohême, volt. Mœurs, 478. Irène.... parla elle-même dans le concile [2° deNicée]; c'est le seul qui ait été tenu par une femme, id. Dict. phil. Conciles. Le roi lient actuellement son lit de justice pour cette belle affaire du parlement et du clergé, d'alemb. Utt. à Yoltaire, 43 déc. 47B6.|1 Tenir chapelle, voy. CHAPELLE. || Les gens tenant le parlement, se disait, sous l'ancienne monarchie, des membres du parlement. || Par plaisanterie. Si j'avais un conseil à donner aux gens tenant la comédie... volt. Lett. Damilaville, 29 avr. 4766. || 20* Arrêter, fixer. On ne peut le tenir. Il est fort léger; on ne sait comment le tenir. || 21» Réprimer, empêcher de. Madame la Dauphine ne put tenir plus longtemps les éclats de rire, sÉv. 602. J'ai peine, en le voyant, à tenir ma colère, regnard, le Distr. v, 7. Si vous me promeniez de tenir votre langue, je vous conterais.... mais non; car vous iriez tout dire, p. L. COUR. 2* lett. particulière. || Je ne sais qui me tient, je ne sais qui m'empêche de sévir. Je ne sais qui me tient, infâme. Que je ne l'arrache les yeux, ID. Amph. II, 3. Pour vous conduire au but où pas un ne parvient, Et quand enfin?... allez! je ne sais qui me tient, piron, Uétrom. u, 4. || 22* Tenir quelqu'un, être maître de son esprit, de son coeur. Je suis si attachée à vous, et vous me tenez par tant d'endroits, que je sens plus que les autres la peine de la séparation, sÉv. 27». Je donnais des plaisirs aux gens débauchés et de la dévotion aux dévots pour les tenir tous, fén. Dial. des morts mod. Henri III, la Duch. de Uontpensier. || 23° Donner une occupation durant quelque temps. Cette lecture m'a tenu longtemps. J'ai eu une visite qui m'a tenu une heure. Cet avocat a tenu toute l'audience. Je ne vous tiendrai guère. U nous a tenus deux heures à ne rien faire. || 24' Suivre, aller dans, en parlant d'une route, d'une voie. Je l'ai rencontré, il tenait le chemin de Lyon. Ces marchands faisaient leur route, tenant à peu près le quarantième degré de latitude nord, montesq. Esp. XXI, 46. Il Fig. Il faudra tenir la voie qu'ont tenue tous vos pères [il faudra mourir], mass. Avent, Mort dupéch. Il Fig.Tenir unchemin, une route, agir dans une certaine direction. Le chemin que je tiens pour les expliquer [les questions de Dieu et de l'âme], DESC. Médit, préf. 4. Je vais de toutes parts où me guide ma veine, Sans tenir en marchant une route certaine, boil. Vise, au roi. Tout doit tendre au bon sens; mais, pour y parvenir. Le chemin est glissant et pénible à tenir, 10. Art p. i. Comme on croit d'ordinaire que la route qu'on a tenue était la seule qu'on devait prendre, volt. Œdipe, lettre 6. La meilleure manière d'instruire les autres, c'est de les conduire par la route qu'on a dû tenir pour s'instruire soi-même, condil. Conn. hum. 11, 2. jj Fig. La conduite à tenir en tel cas, la façon dont il faut s'y comporter. || Tenir une bonne ou une mauvaise conduite, se conduire bien ou mal. || Tenir le milieu dans une affaire, prendre un tempérament, un expédient entre deux choses opposées, entre deux extrémités. Le milieu entre l'ampoulé et le familier est difficile à tenir, volt. Comm. Corn. rem. Héracl. I, 4. Il Fig. Tenir le parti de quelqu'un, être de son parti. Il Terme d« vénerie. Tenir la voie, suivre bien la voie. Tenir les abois, se dit lorsque l'animal s'arrête au milieu des chiens qui crient de»sus. Il 26° Observer comme règle. L'ordre que j'ai
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