ST-SIM
— HIST. XVI' s. AUans à la rangette [l'un après l'autre], Moyen de parvenir, p, 3»o, dans lacurne.
— ÉTYM. Ranger.
tKANGEUB, ECSE (ran-jour, jeû-z'), s. m. et^ Celui, celle qui range, aime àrauger. Cette femme est rangeuse. Il Uangour Je ballots, homme de peine qui, dans un magasin, range les sacs, les ballots, etc. soit à la main, soit au crochet.
t KANGIER (ran-jié), s. m. Voy. ranger i.
t KANGIl'ÈRE (ran-ji-fè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Cerf rangifère, ou, substantivement, le rangifère, le renne. La nature n'a mis les rennes ou les rangifères que dans ces contrés [la Laponie], VOLT. Mœurs, <)9.
— HIST. XVI* s. Et les oreilles semblables à celles d'un rangifère, paré, Licorne, 4.
— ÉTYM. Mot créé par les latinistes du xvi» siècle; faut-il y voir un dérivé irrégulier de rancher, bâton garni d'échelons, par comparaison au bois du renne, et lat. ferre, porter?
t RANGDILLON (ran-ghi-llon , U mouillées), s. m. Petit crochet qui fait partie d'un hameçon. |1 Petite pointe de fer qui avance sur le tympan d'une presse typographique, et qui fait la pointure.
RANIME, ÉE (ra-ni-mé, mée), part, passé de ranimer.
RANIMER (ra-ni-mé), v. a. \\ 1° Rendre à la vie. La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre, rac.
Athal.iv, 6 Par nos regrets les ranimerons-nous?
Ducis, Rom. IV, (. Il 2° Par extension, redonner de la vigueur, du mouvement. Par tes conseils flatteurs tu m'as su ranimer, rac. Phèdre, m, ). L'esprit qui règne dans la lettre de Bruxelles du 25 de novembre, ranimerait le pauvre hibou [Voltaire], si quelque chose pouvait le ranimer, volt. Lctt. Prince de Ligne, i3 déc. I77a. Et moi, quand le midi de .ses feux bienfaisants Ranime par degrés mes membres languissants... lamart. Médit, i, 24. Il Réveiller les sens, tirer de la langueur. Sa vue a ranimé mes esprits abaltus, rac. Athal. ii, 5. Dieu, ranime mes sens trop faibles pour ma joie I volt. Zaïre, ii, 3. || Fig. Il est bien plus aisé de modérer les excès de piété que de ranimer sa langueur et sa paresse, mass. Carême. Mort. \\ 8° Redonner du courage. M. de Montausier ranima les citoyens par sa présence [en une peste] , les excitant à s'aider mutuellement par des offices réciproques, fléch. Duc de Mont. || 4' Donner plus d'activité, en parlant de choses intellectuelles et morales. La conversation tombait, il la ranima. N'importe, en l'attendant, préparons sa victoire; Dans l'esprit d'un rival ranimons sa mémoire, corn. Tite et Bérén. i, 3.' Renouvelons-le dans nous, ce désir si salutaire ; ne cessons point de le réveiller, de le ranimer par la fréquente méditation de l'importance infinie du salut, BOURDAL. Pensées, t. i, p. 52. Je voudrais vous marquer ce zèle avec lequel Mme d'Aiguillon ranimait la charité en un siècle où elle est nonseulement refroidie, mais presque éteinte, fléch.
Aiguillon. Mais ne craignez-vous point que
Je ne ranime encor ma satirique audace? boil. Épigr. XXXV. Pour exercer leur vertu, ou ranimer leurvigi lance, mass. Carême, Lazare. Iln'a remarqué de votre rêve que ce qui ranimait ses douleurs, j. j. Bonss. Hél. V, 10. Il Ranimer à, exciter à. Mais craignez avec moi que ce choix ne ranifhe Cette haine mourante à quelque nouveau crime, corn. Rod. m, 4. Il 5° Donner plus de force, plus d'éclat, en parlant d'objets physiques. Ranimer le feu qui s'éteignait. L'arrivée de troupes fraîches ranima le combat. Ranimer les couleurs d'un tableau. La joie a ranimé son teint. Une pluie douce ranime les plantes. |] 6° Se ranimer, v. réfl. Revenir à la vie. Ces ossements se rejoindraient et se ranimeraient pour me dire : Pourquoi viens-tu mentir pour moi qui ne mentis jamais pour personne? pléch. Duc de Montaus. Les morts se ranimant à la voix d'Elisée, rac. Athal. i, i. || T Fig. Reprendre de nouvelles forces, une nouvelle activité. Aussitôt Télémaque, dont les forces étaient épuisées, commence à se ranimer, fén. Tél. xvi. Je sentirai mon cœur encor se ranimer, volt. Tancr. i, (.11 se ranime à parler de son ancien temps, de ses umours, de ses campagnes, des combats où il s'est trouvé, du courage de ses compatriotes, j. j. rouss. }lél. ¥, 2. Je ne sais par quel hasard une superstition de
mon enfance s'est ranimée dans mon coeur, stael, Corinne, xi, ).
— ÉTYM. Re..., et animer.
] RANIN, INE (ra-nin, ni-n'), adj. || !• Terme didactique. Qui tient de la grenouille, il 2° Terme d'anatomie. Artère ranine, artère qui s'avance jusqu'à la pointe de la langue, ainsi dite parce que c'est là que se forme la ranule.
— ÉTYM. Lat. rdna, grenouille.
RANULAIRE (ra-nu-lê-r), adj. D'après l'Académie, c'est un terme d'anatomie qui se dit des veines et artères qui sont sous la langue. Il y a là quelque méprise; car ranule, d'où proviendrait ranulaire, ne signifie qu'une lésion pathologique, une tumeur; c'est ranin qu'on dit en anatomie.
RANULE (ra-nu-l') , s. f. Terme de chirurgie. Synonyme de grenouillette.
— ÊTYM. Lat. ranula, diminutif de rana, grenouille; dit par assimilation.
RANZ (ran; plusieurs prononcent rans'), ». m. Ranz des vaches, nom donné à des airs suisses ayant un caractère particulier, que les bergers et les bouviers jouent sur leur cornemuse en gardant leurs troupeaux dans les montagnes, et qui se répercutent d'échos en échos. J'ai ajouté.... le célèbre ranz des vaches, cet air si chéri des Suisses qu'il fut défendu, sous peine de mort, de le jouer dans leurs troupes, parce qu'il faisait fondre en larmes, déserter ou mourir ceux qui l'entendaient; tant il excitait en eux l'ardent désir de revoir leur pays, J. J. Houss. Diet. de mus. art. musiqxie. Il y on a [des ranz] d'historiques dans chaque canton; mais les musiciens du pays en composent chaque jour , fétis, la Mus. Dict. art. Ranz des vaches.
— ÊTYH. Originaire de Fribourg (ail. Jtanx, course). t RAOUT (raouf), s. m. Voy. rout.
RAPACE (ra-pa-s'), adj. \\ 1° Avide et ardent à
la proie. Le vautour est rapace. || S. m. pi. Les rapaces, premier ordre des oiseaux, renfermant tous ceux que l'on désigne vulgairement sous le nom d'oiseaux de proie. On divise cet ordre en deux familles : les nocturnes et les diurnes. || Famille d'insectes hyménoptères. || i' Kig. Disposé à la rapine. Une favorite dissipatrice et rapace dépose un ministre économe de la finance, bayn4L, Uist. phil. vu, 3. Une troupe d'archers, troupe agile et rapace. De cette triple armée occupe chaque flanc, MASSON, Uelvét. vu. || 3° Terme de métallurgie. Se dit des substances qui non-seulement se dissipent par l'action du feu, mais encore qui contribuent à enlever les autres substances. Les mines chargées d'arsenic sont rapaces.
— HIST. xiii's. Pastor d'ames défissiez estre, Mes vos estes li plus rapiax. Oui fet à tôt son pooir max [maux], Ren. 26797. ||xv* s. Telz loups rapaux valent pis que gabelle, e. desch. Poésies mss. f" 232.
— ËTYM. Provenç. rapati; espagn. râpai; ital. rapace; du lat. rapacem,de rapere (voy. ravir).
RAPACITÉ (ra-pa-si-té), s. f.\\V Avidité avec laquelle l'animal se jette sur sa proie. La rapacité des oiseaux de proie. || 2° Fig. Avidité de s'emparer du bien d'autrui. Il volait avec une rapacité furieuse, et donnait libéralement, volt. Zadig, (6. La rapacité des gouvernements est inconcevable, HAYNAL, //i5(. phil. V, 5.
— HIST. xvi* s. Ils sçavent bien que le roi, ses frères et sœurs sont incoulpables Je tous les malheurs qui sont causez par l'insatiable rapacité de ces princes estrangers [les Guise], condê, Mém. dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Prov. rapacitat; espagn. rapacidad; ital. rapacilà,àu lat. rapacita.tem,de rapax, rapace.
t RAPAGE (râ-pa-j'), s. m. Action de râper. Le râpage des betteraves. || Terme de pharmacie. Action de réduire en pulpe, avec la râpe, les tubercules et racines dont on veut extraire le jus ou la fécule, ou que l'on veut mêler à d'autres aliments avant de les administrer.
t RAPA1SEMENT (ra-pê-ze-man), ». m. Action de rapaiser; état de ce qui est rapaisé. Le rapaisement des inimitiés.
— HIST. XV* s. Attendant le rapaisement de son dit mari, qui, à l'heure du conte, estoit encore mal content, louis xi, Nouv. lxviu.
t RAPAISER (ra-pê-zé), II. a. Apaiser, calmer de nouveau. De quels ruis.seaux de pleurs le rapaiserezvous [Dieu], Pour faire détourner de vos coupables têtes Les traits de son courroux? racan, Psaume 11. Je viens prendre le temps de rapaiser Alcmène, MOL. Amph. n, 4. Vous me rapaisez.... en me disant que vous voulez.... venir loger chez moi, sév. 18 sept. 1677. Vous reposez- vous ? il faut un peu rapaiser votre sang, qui a été terriblement ému pen-
dant le voyage, id. 27 sept. 1679. || Se rapaiser, v. réfl. Se calmer. La mer se rapaise après la tourmente.
— HIST. XII* s. Par maintes fois m'esmaie [me trouble] Amors et fait pensant [pensif], Et souvent me rapaie, Et done cuer [cœur] joiant, Coud, viii. Il xiv* s. Et ainsi monslroit bien qu'elle l'aimoit, et sagement le rapaisoit, Ménagier, i, 9. ||xvi* s. Aussi n'estoit-il point cholere ny prompt à se cour roucer; mais, depuis qu'une fois il l'esloit, on avoiV beaucoup affaire à le rappaiser, amtot, Cat. d'Ut. 1. Tout cela n'a aulcune vertu à rappaiser les trenchées d'une verte cholique, mont, i, ï28.
— ÉTYM. Be..., et apaiser; wallon, ro/pahté, rapauhlé.
RAPATELLE (ra-pa-tè-l'), s. f. Grosse toile, qui se fabrique avec du poil de la queue des cheraux, et qui sert à faire des sacs, des enveloppes, des tamis. Rapatelle ou toile faite de queue de cheval pour faire sacs, le cent pesant estimé 7 livres 10 sols, Décl. du roi, nov. 1640, tarif.
— ÊTYM. Origine inconnue.
RAPATRIAGE (ra-pa-tri-a-j'), ». m. Action de
rapatrier, de réconcilier. Veux-tu qu'à leur exemple ici Nous fassions entre nous un peu de paix aussi, Quelque petit rapatriage? mol. Amph. 11, 7. Je sais taire les faveurs des vieilles maîtresses avec qui je renoue; ce rapatriage ne durera pas longtemps, par la raison que je m'affaiblis tous les jours, voLT. Lett. d'Alemb. I9 août (770.
— ÉTYM. Rapatrier 2.
1. RAPATRlfi, P.E (ra-pa-tri-é, ée), part, passé de rapatrier i. Ramené dans sa patrie. Matelots rapatriés. || Substantivement. Les rapatriés.
2. RAPATRIÉ, ftE (ra-pa-tri-é, ée), part, passé de rapatrier 2. Réconcilié Les voilà donc rapatriés, si bien qu'il n'y paraissait non plus que s'ils avaient toujours été en pleine cordialité, comte de caylds, Écosseuses, Œuv. t. x, p. 520, dans pougens.
t i. RAPATRIEMENT (râ-pa-tri-man), s. m. Renvoi, dans sa patrie, d'un marin naufragé ou resté en pays étranger, par les soins des agents consulaires il Rentrée de troupes employées dans une expédition lointaine.
— ÉTYM. Rapatrier t .
2. RAPATRIEMENT (ra-pa-tri-man), ». m. Synonyme de rapatriage. Point de rapatriement, th. COBN. Comt. d'Orgueil, v, i.
I t. RAPATRIER (ra-pa-tri-é), je rapatriais, noui rapatriions, vous rapatriiez; que je rapatrie, que nous rapatriions, que vous rapatriiez, v. a. Ramener dans la patrie. Ces matelots ont été rapatriés par les soins du consul français. || Faire rentrer des troupes employées dans une e.xpédition lointaine. Il Se rapatrier, v. réfl. Revenir en sa patrie. Le capitaine était un renégat qui s'était rapatrié, J. 1. ROUSS. Ém. V. Il On dit aussi repatrier (voy. ce mot).
— ÈTYM. Re..., à, et patrie.
!. RAPATRIER (ra-pa-tri-é). je rapatriais, nous rapatriions, vous rapatriiez; que je rapatrie, que nous rapatriions, que vous rapatriiez, v. a. Réconcilier, raccommoder des personnes qui étaient brouillées. Je me charge du soin de les rapatrier, BOURSAULT, Mots à lamode, se. (5. Pour les rapatrier, ce manège secret, Comme vous l'allez voir, était très-nécessaire, dufrény, Réconc. norm. 1, 8. Il Se rapatrier, v. réfl. Se réconcilier. Pour couper tout chemin à nous rapatrier, 11 faut rompre la paille, MOL. le Dép. iv, 4. Les affaires du duc d'Estrées sont accommodées avec M. de Gêvres ; son nez s'est aussi rapatrié avec les nez des Béthune, sÉv. tt avr. (689.
— HIST. xvj* s. Monsieur, estant repatrié à la cour, abandonna tout à coup les affaires des refformez, d'aub. Hist.'i, 233. Ils se repatrierent avecques luy, carl. il, (6.
— ÉTYM. Génev. repatrier ; wallon, rapatrié. Rapatrier ou repatrier est le même que rapatrier t ; ce verbe, partant de la signification de ramener en sa patrie, a pris celle de remettre en son ancien état, réconcilier, comme dans l'exemple de d'Aubigné, où repatrier signifie aussi bien revenir que se réconcilier.
f »APATHONNAGE(ra-pa-tro-na-j'), s. m. Terme de forestier. Réunion qui se fait du tronc d'un arbre coupé à une souche qui est restée en terre, pour vérifier si l'un est sorti de l'autre ; rapprochement d'un bois coupé, de son patron , de son modèle.
— ÉTYM. Be..., à, et patron.
I. RAPE Irâ-p'), ». f. Il 1° Ustensile de ménage, fait d'une plaque de métal hérissée d'aspérités, qui sert à mettre en poudre du sucre, de la croûte >U-
SAP
RAP
RAP
pain stc. (I F!g. Donner de la râpe douce, flatter un peu. Il i» Râpe à tabac, râpe plate dont on se sert pour râper le tabac. || 3° Sorte de lime dont les sculpteurs et certains ouvriers se servent. Après quoi il prend la râpe, espèce de lime qui met l'ouvrage en état d'être poli, Pict. desariset met. Sculpteur. Il 4' Terme de métallurgie. Outil dont on se sert pour ôter le sable attaché ou brasé aux objets soudés en métal. || 6° Terme de maçonnerie. Morceau de tôle ou de fer plat piqué que l'on passa sur la pierre après qti'elle est taillée. || 6° Petite râpe, espèce du genre agaric. || V Terme de médecine. Bruit de râpe, en auscultation, bruit ressemblant au frottement d'une râpe sur du bois ; on l'entend dans quelques rétrécissements des orifices du cœur.
— HIST. XVI* s. Une râpe à râper du formage, AMTOT. Dion, 73, On dit mesme qu'elle [Cléopatrej avoit du poison caché dedans une petite râpe ou estrille creuse qu'elle portoit entre ssif oheveui, ip. Anton. 109.
— ÉTYM. Voy. BÂPER.
2. RAPE (râ-p'), ». f. Grappe de raisin dont tous les grains sont ôtés. Un de ces feux sans lumière que je ne concevais point d'autre nature que celui
. qui fait bouillir les vins nouveaux lorsqu'on les laisse cuver sur la râpe, desc. Méth. v, 4. || En général, partie de la tige des épis et des grappes qui soutient les graines. || On dit aussi rafle.
/ — HlST. XVI" s. Les râpes de leurs raisins bruslent et calcinent les lamines d'airain, et les réduisent en vert de gris, palissy, 20.
— ÉTYM. Ail. Rappe, grappe (voy. rafle i)- 'Cependant remarquez le prov. raspa, ital. raspo, qui paraissent indiquer une comparaison avec raspa, la râpe â râper.
4. BÂPÉ (râ-pé, pée),pon. passé de râper ). Usé par la râpe. Le freux a le bec moins gros, moins fort et comme râpé, bukf. Ois. t. v, p. 7a. J'ai du bon taliac dans ma tabatière; J'en ai du fin et du râpé, LATTAIGNANT, Chanson. \\ Fig. et familièrement. Des vêtements râpés, vêtements usés jusqu'à la corde. Au lieu d'habits râpés et superbes comme en Italie, on voit ici des habits plus simples et toujours frais, J. J. Rouss. Hél. ii, 2). || Se dit populairement d'une personne qui porte des habits vieux et usés, qui a l'air fort misérable. 11 est bien râpé.
2. RAPÈ (râ-pe), s. m. \\ 1° Boisson obtenue avec de l'eau jetée sur le marc , sur la râpe. Faire un ..Ipé. Boire du râpé. || Fig. Usage qu'on fait d'une chose après qu'un autre en a eu les prémices. Boire sur le râpé. || 2" Maisin nouveau qu'on met dans un tonneau pour raccommoder le vin quand il se gâte. Il Râpé de raisin, râpé-raisin, vin ainsi rac- . commode. Il 3° Râpé de copeaux , certaine quantité de oopeaui, que l'on met dans un tonneau pour
éckiircir le vin Défende.... aux cabareliers
avoir d'un muid de vin râpé-raisin, s'ils n'ont 40 muids de vin dans leurs caves.... les râpés ont toujours été étroitement défendus à cause de leur faculté d'éclaircir les vins.... l'article ix.... interdit l'usage de ceux de copeaux, de paille et tous autres, ledit article x tolère seulement ceux de raisin comme moins dangereux, afin de faciliter la vente des baissières du vin, ArrU du cons. du roi, 6 août 4720. Il 4° Autre vin qu'on fait en mettant des sarments ou des branches de chêne sous le pressoir, entre les lits de raisin. Il y a des marchands de vin qui, au lieu de copeaux de bois de chêne, emploient des grappes de raisin séchées.... le vin qui a subi l'une ou l'autre de ces opérations se nomme vin râpé, Dict. des arts et met. Cabaretier. || 6° On nomme aussi râpé, dans les cabarets, un mélange des restes de toutes sortes de vins, qu'on rassemble dans un tonneau, pour ne rien perdre. || 6" Nom donné sous l'ancienne monarchie à l'état^ d'officiers des ordres du roi qui ganlaient leurs charges peu de temps, puis les reverKlaient, en conservant le droit de se parer de l'ordre et de se faire appeler commandeurs des ordres du roi; ainsi dits, d'après Saint Simon, du râpé de vin. X la mort de M. Louvois, Boucherai eut le râpé de chancelier de l'ordre, dont M de Barbésieux eut la charge, st-sim 69, 4 32. Chamillart vendit sa charge de graml trésorier de l'ordre en conservant le cordon ; Desmarets en eut le râpé, Ib. 351, 4 20.
— HlST. XIV' s. Saulce rappée : eschauder trois ou quatre grappes de vert jus.... Ménagier, u, 6. Il XVI' s. Aucuns font ce vin qu'on appelle rappé [fait avec les raisins égrumésj, dans des to neaux défoncés d'un costé. Ajouster à ce vin -nippé la vingtiesme partie de ses raisin», du bois vert de fousteau.... o. iik serres, 222.
— ETYM. Mpe i.
BAper (râ-pé), V. a. || 1» Mettre en poudre avec la
DICT. OS LA LANOUB VRANÇAISK.
râpe. Râper du sucre. || 8* User la surface d'un corps avec une râpe. Râper un morceau d'ivoire. 1| Fig. Le temps, au bruit des fiStes enivrantes, Râpait, râpait l'habit du chansonnier, bkrang. Ém. de Br.
— ÉTYM. Wallon, rtp^;espagn. raspar ; ital. raspare, de l'ancien haut ail. raspôn, râper.
rÂpKS (râ-p'), s. f. pi. Terme de vétérinaire. Crevasses transversales qui se forment au pli du genou d'un cheval.
— ÉTYM. Ital. rappa, qui signifie aussi crochet, flocon, grappe. L'assimilation a été avec une grappe, à en juger par l'italien rappa, qui provient de l'ai-, lemand Bappe, grappe, et qui engage à rapporter à râpe '^ le français rdpes.
t RAPETASSAGE (ra-pe-ta-sa-j') , t. m. Action de rapetasser, chose rapetassée. || Fig. Se dit d'un ouvrage qui a été corrigé plusieurs fois, qui paraît fait de pièces prises de côté et d'autre. Il ne s'agit plus que de copier ces rapetassages [corrections pour Rome sauvée], volt. Lett. d'Ârgental, sept. 4754.
RAPETASSÉ, ÉE (ra-pe-ta-sé, sée), part, passé de rapetasser. Ses souliers grimaçants, vingt fois rapetassés, BOIL. Sat. X. Pourquoi M. de Richelieu imau'ine-t-il que je lui envoyais un exemplaire,rapetassé? volt. Lett. d'Argental, 3i juillet 4755.
RAPETASSER (ra-pe-ta-sé), i;. a. Terme familier. Il !• Raccommoder grossièrement de vieilles bardes, de vieu.x meubles, en y mettant des pièces prises de côté et d'autre. Rapetasser un vieil habit. Il Fig. et absolument. Non, messieurs, nous n'avons rien inventé : nous n'avons fait que rapetasser, VQLT. Oreilles, b. \\ 2° Fig. Corriger, remanier en y ajoutant des morceaux pris de tous côtés. Polissant les nouveaux, les vieux rapetassant, Je fais des vers.... Régnier, Sot. xv. Enfin, à force de reprendre Et d'avoir bien rapetassé Le discours déjà commencé. Il se fit assez bien entendre, scarr. Poés. div. Œuv. t. vil, p. 281, dans pougens. Je vous avoue que je ne suis guère en train à présent de rapetasser une tmgédie amoureuse, et que le czar Pierre a un peu la préf rence, voit. Lett. d'Argental, 19 août 4 757. C'est [M. Schœffer] un fort habile homme; aussi l'ai-je suivi en beaucoup d'endroits où j'ai rapetassé Amyot, P. l.cour. Lett. ii, 4.
— HlST. xvi* s. Je veidz Alexandre le Grand qui rapetassoyt des vieilles chausses, et ainsi guaignoyt sa paoure vie, hab. Pant. il, 3o. Nous seuls, entre toutes les autres nations, faisons profession de rapiécer, ou, pour mieux dire, rapetasser nostre éloquence de divers passages, pasquieb, Lett. t. ui, p. 446.
— ETYM. Re...., à, et bas lat. petaeia, lambeau (voy. PIÈCE) ; génev. repetasser; wallon, rapesté.
t RAPETASSEUR, ECSE (ra-pe-ta-seur, seù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui rapetasse. || Rapetasseur de vieux souliers. Savetier. || Fig.. Compilateur, arrangeur.
t RAPETISSANT, ANTE (ra-pe-li-san, san-t'), od;. Oui rapetisse, rabaisse. Au lieu de ces exprès-, sions amples et véritablement augustes [de Pascal], Fontenelle, en parlant de l'ordonnance céleste, n'emploie volontiers que des images et des comparaisons rapetissantes, saint e-beuve, dans le Diet. de
DOCHEZ.
RAPETISSÉ, ÉE (ra-pe-ti-sé , sée), part, passé de rapetisser. L'espèce humaine parait agreste, contrefaite et rapetissée dans les climats glacés du nord, BUFF. Quadrup. t. i, p. 334.
f RAPETISSEMENT (ra-pe-ti-se-man), s. m. Action de rapetisser ; état de ce qui est rapetissé.
— HlST. xvi' S. Rapetissement, cotgrave. RAPETISSER (ra-pe-ti-sé), v. a. \\ 1° Rendre plus
petit. Rapetisser un habit. Nous ne devons pas dissimuler que, si la nature a rapetissé dans le nouveau monde tous les animaux quadrupèdes, elle parait avoir maintenu les reptiles et agrandi les insectes, BUFF. Quadr. t. m, p. 205. Il [l'homme] s'est vu rapetisser en même raison que l'univers s'agrandissait, ID. Théor. lerr. part hyp. Œuv. t. ix, p. 302. Il Fig. En voyant l'un agrandir de petites ch ses, on sent que l'autre en rapetisse de grandes, didkkot. Salon de 4765, Œuv. t. xiii, p. 158, dans pougens. Vile et basse flatterie, soins séducteurs, insidieux, puérils, qui, à la longue, rapetissent l'âme et corrompent le cœur, i. i. houss. Narc. Préf. Il est temps de montrer que, loin de rapetisser la pensée, il [le christiani.sme] se prête merveilleusement aux élans de l'âme, chateaubr. Génie, i, i, 4. || 2° Faire paraître plus petit. Il nous demanda si la machine qui grossit les objets était plus grosse que celle qui les rapetisse, oiderot, Leit. sur les aveugles. Il 3° F. n. Devenir plus petit. Les Jours rapetissent. Il 4° Se rapetisser, v. réfl. Deveuir plus petit. Il se
rapetissait pour passer par cette ouverture étroite. Il Fig. I.a vraie grandeur sait se rapetisser sans s'avfiir. Dict. de l'Acad.
— ÊTYM. fle...., à, et petit.
t RAPETTE (râ-pè-f), *. f. Plante borraginéf qu'on nomme aussi porte-feuille. Les bestiaux mangent volontiers la râpette couchée {asperugv procumbens, L.).
— ÉTYM. Diminutif de rdpe (, k cause des poils qui la rendent âpre.
t RAPEUK (râ-peur), ». m. Ouvrier employé à râper une substance. || Se dit particulièremenl dans les manufactures de tabac.
t BAPECX, EUSE (râ-peû, peû-z'), adj. Qui a le caractère du bruit d'une râpe, ou le loucher d'une râpe. Bruit râpeux. Surface râpeuse. |
— HlST. xvi* s. On la juge, au toucher quand on la sent râpeuse. Sans lustre, sans polly, sous le doigt grumeleuse, h. bellkau. Poésies, t. i, p 4 2, dans lacobne.
t RAPHAËL ^ra-fa-èl), ». m. Un des archanges. Raphaël, Gabriel, Michel et Uriel présidaient aux quatre points cardinaux. '
— ÉTYM. Hébreu, rapha-el, remède de Dieu.
t RAPHAÉLESQUE (ra-fa-é-lè-sk'), adj. Terme de beiux-arts. Qui a le caractère correct, la pureté de dessin et l'harmonie de couleur de Raphaël, peintre italien du xvi" siècle.
t RAPHANIE (ra-fa-nie), s. f. Nom donné par Linné à une maladie convulsive assez fréquente en Allemagne et en Suède, et qu'on attribue au raphanus raphanistriim, L. plante crucifère dopt les semences sont mêlées avec le blé.
t RAPBÉ (ra-fé),i. tn. || 1° Terme d'anatomie. Nom donné à certaines lignes saillantes qui ressemblent à une couture; tel est le raphé qui divise le ' scrotum et le périnée en deux parties latérales. I) 2' Terme de botanique. Prolongement des vaisseaux du funicule dans l'intérieur des tuniques d'une graine. || Il vaudrait mieux écrire rhaphé.
— IITYM. "Po9:J|, suture, ^iitTO), coudre.
\ RAPHIDE (ra-fl-d'),s. f. Terme de botanique. Faisceau de cristaux en aiguilles qu'on trouve dans les cellules de quelques végétaux , caryophyllées, orchidées, etc. || Il vaudrait mieux écrire rhaphide.
— ÊTYM. 'Poçiç, aiguille à coudre.
t RAPHILITHE (ra-ri-li-t')t s. f. Silicate multiple originaire du Canada, qui se présente sous forme de masses aciculaires d'un éclat soyeux.
— ÉTYM. PayU, aiguille, et lieoç, pierre.
RAPIDE (ra-pi-d"), adj. \\i' Qui parcourt beaucoup d'espace en peu de temps. Et l'eau grosse et rapide et la nuit assez noire, corn. Cinna, iv, 2. L'un des deux chevaliers saigna du nez : si l'onde F.sl rapide autant que profonde, Dit-il.... la font, t'abl. X, 4 4. Assez d'autres sans moi d'un style moins timide Suivront au champ de Mars ton courage rapide, boil. Épttrei. Le mouvement des roues de son chariot était si rapide.. . fên. Tél. v. Ces rapides coursiers qui sous eux [les F.spagtiolsJ font la guerre, VOLT. Ali. Il, 4. Il 2° 11 se dil du temps, comparé à un mouvement rapide. Ces rap des moments d'où dépendent les victoires, boss. tom'» de Bourbon. Rapide est le jour du peuple qui os e lever la lance contre Fingal, CHATEAUBR. Dufhono. Loug souvenir de deux rapides jours! p. lebbun, Voy. de Grèce, viii, 7. ||3"0uivaenpente. Un coteau rapide. ||4" Fig. Qui agit avec rapidité. Rapide conquérant, il [Adrien] égala César par ses victoires; mais il n'imita pas sa clémence, BOSS. Uist. i, lo. U paraît toujours doux, toujours libre et tranquille, toujourj appliqué à donner des ordres.... mais il est prompt et rapide dans l'exécution, fén. Tél. ivn. || 6° Oui est fait avec rapidité. Cet enfant fait des progrès rapides. Une lecture rapide. Prononciation rapide. Plus ces conquêtes furent rapides, mollis elles eurent un établissement solide, MONTESQ. Rom. 20. || 6° Terme do littérature. Qui a du mouvement. L'ïambe, pied rapide. Pensées rapides. || Style rapide, style oi'i les idées, les mouvements se succèdent sans interrup-
iion Ne vous piquez point d'une folle vitesse; Un
style si rapide et qui court en rima'nt Marque moins trop d'psprit que peu de jugement, boil. Art p. l. Fénelon veut peindre Pygmalion tourmenté.... voilà, je pense, l'ordre des idées; elles ne sauraient être trop rapprochées; c'est surtout dans ces descriptions que le style doit être rapide, condil. .irl d'écr. m, 2. Il Narration rapide, narration dans laquelle les faits se pressent. {| Éloquence rapide, éloquence animée et entraînante. || 7° H se dit des facultés intellectuelles qui s'exercent promplement. Imagination rapide. Une conception rapide . || 8° S. m.. Un rapide .courant, dans un fleuve, causé par uU9
tt. — 18b-
RAP
pente' si grande, que l'eau forme de gros bouillons. Du Kentucky aux rapides de l'Ohio on compte à peu près quatre-vingts milles; les rapides sont formés par uneToche qui s'étend sous l'eau dans le lit de la rivit're; la descente de ces rapides n'est ni dangereuse ni difficile, la chute moyenne n'étant gu're que de quatre à cimi pieds dans l'espace d'un tiers le lieue; la rivière se divise en deux canaux par des tles groupées au milieu des rapides, cuATEAtiBH. Amer. Journal sans date.
— Hisr. xiii* s. Une eve rade descendoitparenki, Ogier de Oanem. 7207. Li Juis [les Juifs] qui ausi comme aiguë rade couroient entour. Psautier, f 23.
— ETYM. Wallon, reu; du lat. rapidus, de ro,pere, ravir. Rdpidus, avec l'accent sur ra, adonné l'ancien français rade, et le wallon reu. Rapide a été refait sur le latin.
RAPIDEMENT (ra-pi fle-man), adv. Avec rapidité, d'une manière rapide. Les combats, l<>s trêves, les négociations, les trahisons se succédèrent rapidement, VOLT, moeurs, (I6. Ce fut par la charité que les apôtres g.ignèrent si rapidement les cœurs, et séduisirent saintement les bommes, chateaubr. Génie, iv, vi, 2.
— HIST. xiii* s. i merveille estoit grans et parfons, et couroit trop radement, et si avoit bien une grant archie de lé [large], h. de vaienc. xiv.
— ËTYM. llapide. et le suffixe ment.
RAPIDITÉ (rapi-di-té), «. f. \\ 1» Qualité de ce
qui parcourt beaucou|i d'espace en peu de temps. Comme il n'y a point de foiitaine dont la (îburse soit si tranquille, à laquelle on ne fasse prendre par la résistance la rapidité d'un torrent, Boss. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. Le voyezvous, dit-il [Daniel], ce conquérant [Alexandre], avec quelle rapidité il s'élève de l'occident comme par bonds, et ne touche pas à terre? id Louis de Bourbon. Dans la rapidité d'une course bornée, j. B. BOLSS. Odes I, Épode i". Mes braves compagnons, sortis de leurs asiles, Avec rapidité se sont rejoints à moi, volt. Scythes, 1, (. || 2° Il se dit du temps. Héla<! tout ce temps ne passera que trop vite; je commence à soupirer douloureusement de le voir courir avec tant de rapidité, j'en vois et j'en sens toutes les conséquences, sév. i" déc. (8»o. Il 3° 11 se dit des pentes, La rapidité de la pente les entraîna. || 4* Fig. Promptitude avec laquelle quelque chose agit, se fait. Le poison agit avec une extrême rapidité. Après avoir achevé le rude sii^ge de Besançon et avoir encore une fois réduit la Franehe-Comté avec une rapidité inouïe, boss. Louis de Bourbon. Cette rapidité incroyable de conquêtes [d'Alexandre] qui étonna l'univers, bollin, Traité des Et. liv. v, a», part. '2. Rien ne donne mieux l'idée du génie anglais que la rapidité des révolutions, duclos , Œuv. l. 11, p. 44.1. || 5° Terme de littérature. Mouvement rapide des idées, des expressions. La rapidité du style, d'une narration. La rapidité de son éloquence entraîna l'auditoire, Dict. de l'Acad.
— ÉTYM. Lat. rapiditatem, de rapidus, r.ipide. flopide, rapidement, rapidité paraissent des néologismes venus en usage au commencement du ïvii* siècle.
RAPIÉCÉ, ÊE (ra-piè-sé, sée) , part, passé de rapiécer. 11 n'y a que lui [Charlet le peiritre] qui n'ait pas peur de l'habit rapiécé, et qui sache faire sentir sous les. baillons ce qui y est l'homme étouffé plutôt que dégradé, le pauvre diable à peu près résigné à .son sort et qui n'en penseras moins, CARBEL, ŒuvT. t v, p. 369. || Fig. Sans que cela ait empêché son Encyclopédie, rapiécée de toutes sortes de guenilles, de se débiter, grimm, Corresp. t. I, p. ^<8.
t RAPIÈCEMENT (rapiè-se-man), *. m. Action de rapiécer; résultat de cette action.
— ^ HlST. XVI' s. L'homme, en tout et partout, n'est que rapiècement et bigarrure, mont, m, 87,
RAPIÉCER (ra-piè-sé. Le c prend une cédille devant o et o : rapiéçant, rapiéçons; la syllabe pié prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je rapièce ; excepté au futur et au conditionnel : je rapiécerai, je rapiécerais), v. a. Mettre des pièces à. Rapiécer du linge. |1 Fig. Car de ces pièces-là, si j'ai bonne fortune. Je compte au saint empire en recoudre plus d'une, Et, si quelques lambeaux m'en étaient arrachés. Rapiécer mes états d'îles et de duchés, v. hl'go, Hemani, i, 3.
— SYN. RAPIÉCER, BAPIÉCETER, RAPETASSER. Rapiécer c'est mettre des pièces, ou mettre une pièce, sans modification. Rapiéceter c'est mettre sans cesse de nouvelles pièces, ou mettre beaucoup de petites pièces,. e( marque dans ce verbe la rédupU-
RAP
cation ou un diminutif. Rapetasser c'est mettre grossièrement des pièces (RouBAun).
— HIST. xv s. Pour bien savoir argent desfaire, Si bien qu'on ne le scet refaire, Rapiecier ne remettre ensamble, FHOiss. Le dit dou florin. \\ xvi"s. lie meschantes robbes rappiecées de drap de couleur, AMTOT, Agés. 49. Les inventions anciennes, rappiecées par cy par là, mont, i, )57. Que sont ce icy [les Essais] que Grotesques et corps monstrueux, rappiecez de divers membres, sans certaine figure?