‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 20 sur 754 · IIJ. I. 20B · texte numérisé non relu

IIJ. I. 20B

— Ktym. Re..., à, et pièce; wallon, rapessi. RAPIÉCETAGE (ra-piè-se-ta-j"), s. m. L'action de

rapiéceter. || Chose rapiécetée. Ce n'est que du rapiécetage.

RAPIÉCETÉ, ÊE (ra-piè-seté, tée),part. passé de rapiéceter. De vieux souliers nipiécetés pour les faire paraître encore plus vieux, saci, Bible, Jusué,vs., 5.

RAPIÉCETER (ra-piè-se-té. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: je rapiécète, je rapiécèterai), v. a. Mettre de petites pièces à quelque chose, pour le raccommoder. Rapiéceter des meubles, des habits. || Fig. J'ai besoin d'une inspiration de quinze jours pour rapiécer ou rapiéceter mon drame, volt. Lett. d'Argental, octobre I76B.

— ÊTYM. Re..., à, et piécette, dimiiiutif de pièce.

RAPIÈRE (ra-piè-r'), s f. \\ 1° Êpée longue et affilée; elle porte comme garde une coquille hémisphérique percée de trous dans lesquels peut s'engager la pointe de l'épée de l'adversaire; c'est une arme de duel. Messieurs les campagnards sont gens, sur ces matières, S ne s'en rapporter qu'à leurs longues rapières, hactf.roche, Nobles de prov. 1, 6. Les plus petits hidalgos venaient tous les jours au château avec le plumet au chapeau et la longue rapière au côté, les \ge. Est. Goni. 27. Lés manteaux relevés par la longue rapière, v. hugo. Voix intér. xvi. || 2° Il ne se dit plus aujourd'hui que pour jeter le ridicule sur celui nui la porte. Il a mis une rapière à son côté. Un traîneurde rapière.

— HIST. XV* s. Pierre donna au suppliant de ladite espée rapière sur la teste, otj cange, rapperia. Il XVI' s. Ung Espaignol luy rua un coup dé raspiere le long de sa pique, qui luy tomba sur la main senestre tellement que les deux maistres doits luy fist voiler à terre, i. d'auton. Annales de Louis J/f, f" 64, dans lacurne, au mot maislre. Rengainez vostre rapière, vous estes homme hardy

assez. PAI.SGR. p. 676.

— ÊTYM. Bourg raipeire, dans un texte de laio ; lias-lat. rapperta, dans un texte de (6H; allem. floppier. Origine inconnue. Diez, s'attachant au sens méprisant qu'ace mot aujourd'hui, y voit, avec le P. Labbe, un dérivé de rdpe ; une lameébréchée et devenue comme une râpe ; mais les anciens textes n'ont pas ce sens méprisant que rapière a pris plus tard. Scheler croit que rapière appartient à l'allemand rappen, raffen, arracher.

t RAPIFORME {ra-pi-for-m"), adj. Terme didactique. Qui est en forme de rave.

— f.TYM. Lat. râpa, rave, et forme.

f RAPILLONS (ra-pi-llon, ({ mouillées), s. m. pi. Nom donné aux vers à soie afTecté.'i de gattine.

t RAPIN (ra-pin), s. m. Terme familier. Se dit, dans les ateliers de peinture, d'un jeune élève que l'on charge des travaux les plus grossiers et des commissions. Il appartenait k la classe des rapins chevelus, et professait sur l'esthétique des doctrines qui se rapprochaient beaucoup des miennes, rey- BAUD, Jér. Pttlurot, II, I. Il Se dit, par extension, d'un peintre dépourvu de talent et d'études.

RAPINE (ra-pi-n'j, s. f. || l'Action de ravir quelque chose par violence. Des brigands réunis que la rapine assemble, volt. Triumv. m, i. De voleurs déterminés, ils [les chats] deviennent seulement, lorsqu'ils sont bien élevés, souples et flatteurs comme les fripons; ilsont la même adresse, la même subtilité, le même goût pour faire le mal, le même penchant à la petite rapine, buff. Quadrnp. t. i, p. 373. Il Ce qui est ravi. Des guerriers très-grossiers vivant de rapine, volt. Lois de Minos, notes. !| î» Volerie, larcin, concussion. Les rapines des impies serons leur ruine, parce qu'ils n'ont pas voulu agir selon la justice, saci, Bible, Prov. deSalom, 21, 7. Les Germains, comme eux [Romains], deviendront Gens de rapine et d'avarice, la font. Fabl. XI, 7. La rapine et l'orgueil sont les lois de la terre, volt. Agathocle, \n, 2. Aristophane peignait fortement l'insolence et les rapines de ce Citron qu'il haïssait, et qui était à la tête de la république, HARTHÉL. Anach. ch. 7(.

— HIST. xii* 8. Ne voilez [ veuillez] fesperer en

RAP

iniquité, et ravines ne vous chielt [chaillel àenvm. ter, Lrber psalm. p. 80. || xiii* s. Et l'escriture ui.i que Diex ne voet pas iestre siervis de tolte ou do rapine, Chr. de Bains, p. IU8. Aprèsle'^ grans don-i viennent les rapines ; car, quant li hom devient poures et besoignous par doner, il est consireinz de prendre de l'autrui, hrun. lat.ni, Trésor, p. 4)8. Lor mestier défaut et décline ; Li plusor vivent de rapine, hdteb. 224. || xiv* s. Ceulx desquels il esperoit povoir aquerre aucun proufitparpraie et par rapine, BERCHECRE, (" 23, verso. Li Seconde branche d'avarice si est rapine, iténagier, l, 3.

— ÉTYM. Provenç. et Ital. rapina, du lat. rapina, de rapere, ravir.

RAPINE, fcE (ra-pi-né, née) , part, passé de rapiner. Argent rapine de droite et de gauche.

RAPINER (ra-pi-né), ». n. Prendre injustement, en abusant des fonctions dont on est char^'é. Ce fournisseur rapine sur tout ce qu'il achète. |! Activement. C'est un malhonnête hnmiue, tout ce qu'il a a été rapine. Il aimait mieux les [ses sujets] voler lui-même, et eiit été marri que l'on les eût remlus si pauvres qu'il n'eût plus eu de quoi rapiner, f'roncion, liv. vm, p. 339.

— HIST. XVI' s. Ne cuidez pas que vous veuille affiner. Ou cautement vostre argent rappiner, j. ma-

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