LARIGOT
TIRE-LIGNE (ti-re-li-gn'), ». m. || 1° Petit instrument de métal dont on se sert pour lirer, tracer des lignes. || Outil du plombier, pour tracer une raie sur le plomb qu'il veut couper. || 2° Kig. et familièrement. Architecte dépourvu d'invention, qui ne sait que lirer des lignes pour copier les modèles. || Au plur. Des tire-lignes.
TIRELIRE (li-re-li-r"), ». f. Petit vaisseau en forme de tronc, i la partie supérieure duquel est
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pratiquée une fente par où l'on fait entrer des pièces de monnaie, sans pouvoir les retirer autrement qu'en brisant la tirelire. Sa tirelire est pleine. Il Kig. Vos Indes, vos galions, votre Pérou, étaient de pauvres tirelires, au prix d'un budget discuté, volé par de bons députés [Louis XVllI au roi d'H^pagnel, p. l. colr. Pièce diplomatique.
— lilST. xiu* s. Et embourser tiei choses e mètre en tirelire. Oui à ung grant besoin porroient bien suffire, J. de meung. Test. 409. Et embourser tels choses et mettre en Urenlire, Qui à un grant besoin pourroient bien suffire, l.e dit des femmes. N'i aura [dans une maison] chevron ne cheville; Toute tenra [tiendra] à tirelire, Nouv. rec. de fabliaux, t. i, p. 207.||xvi' s. Il n'avoil qu'un petit escabeau devant luy couvert d'une vieille serviette, et dessus une tirelire, Sat. Uén. p. ».
— ÉTYM. Scheler le tire de l'italien tirare, tirer, et lire, livres; le mot n'est pas italien, une tirelire se dit salvadenajo. Tirelire, indécomposable en éléments réels, est un mot de fantaisie, confirmé par la variante tirenlire et par celte promesse d'une maison qui tiendra à »tVeJi>c (il s'agit d'une moquerie). Tirelire est le pendant de turelure.
t TIRE-LISSE (ti-re-li-s'), ». f. Pièce du métier à gaze.
t TIRELLE (li-rè-l'), ». f. Se dit ae petites co. . des employées au montage des chaînes, dans les métiers de soierie.
t TIRE-LOPLN (ti-re-lo-pin), ». m. Parasite, pauvre hère.
— HIST. xv s. Hume-brouet mené i la dense Le maistre de tirelopins, Martyre de saint Denis.
f TIREMENT (ti-re-man), ». m. Action de lirer.
— HIST. xiv s. Lesquels Pierre et Jebannot Baillet prindrent ledit Fremin par la barbe et par la poitrine en lui tirant et lâchant, et pour le tirement. ... du CANGE, (trafor.
— ÊTYM. Tirer .provenç. tiramen; espagn. tiramiento; ital. (iramenlo.
TlUE-MOELLE (li-re-moi-l'), ». m. Petit instrument d'argent de la forme d'un manche de cuiller, mais creusé en gouttière dans sa longueur, dont on se sert à table pour tirer la moelle d'un os. Il Au plur. Des tire-moelle.
t TIRE-PAILLE (ti-re-pà-U', U mouillée»), ». m. Ancien nom du succin.
— ÉTYM. Tirer, et paille, à cause que le succin frotté devient électrique et attire les pailles.
I TIUE-PAVÊ (ti-re-pa-vé), s. m. Jouet d'enfant, qui est une sorte de ventouse qu'on fait adhérer aux objets. || Au plur. Des lire-pavés.
f TIRE-PIËCE (ti-re-piè-s'), ». m. Outil de raffineur de sucre.
TIRE-PIED (ti-re-pié), ». m. Courroie, lanière de cuir dont les cordonniers se servent pour tenir leur ouvrage sur leurs genoux. |{ Se dit quelquefois pour chausse-pied. || Au plur. Des tire-pieds.
t TIRE-PLO.\IB (ti-re-plon), ». m. Rouet dont le vitrier se sert pour allonger le plomb.
f TIRE-POIL (ti-re poil), s. m. Voy. tire-barbb.
f i. TIRK-POINT (ti-re-poin), ». m. Tringle dont le cirier se sert. !| Terme de marine. Sorte de ceinture de bois dans l'intérieur d'un bâtiment.
t 2. TIRE-POINT (li-re-poin), ou TIRE-POINTE (tl-re-pjin-t'), s. m. Instrument pointu qui sert 4 piquer. || On dit aussi tiers-point.
TIRER (ti-ré), t). o. || 1° Attirer, mouvoir vers soi, quand on est soi-même immobile. || 2'Mouvoiraprès soi, vers soi, en marchant. || 8' Tirer àsoi, amenerde son côté. Tirer à soi la couverture. || 4* Tirer les yeux, faire mal aux yeux. 115' Ce navire tire tant d'eau. 116" Tirer le pied, la jambe. Tirer sa révérence. Il 7' Faire sortir une chose d'un endroit ou d'une autre chose. || 8° Tirer du vin, de l'eau. Tirer au clair. Il 9" Tirer la langue. Il 10" Tirer les bas, les bottes à quelqu'un. || 11' Tirer pays. j| 12' Tirer du sang. Il 13* Tirerles vaches || 14' Faire sortir, au ba.sard, des billets, des numéros, des noms. || 15° Faire venir d'un lieu plus ou moins éloigné certains produits. Il 16' Faire sortir en suçant. || 17* Extraire par voie de distillation ou d'expression. || 18' Tirer la racine d'un nombre. |{ 19° Faire sortir quelqu'un d'un endroit, l'éloigner de quelque chose. Il 20' Délivrer, dégager quelqu'un soit d'un lieu où il est mal, soit de quelque état comparé à ce lieu. Il 21' Élendre, allonger. Il 22° Tirer l'or, l'argent, les étendre en fils déliés. || 23* Tirer au sec. 1124° Tirer un coup, l'assener. || 25* En escrime, tirer des feintes, l'estocade. || 26° Lancer des armes de trait. || 27° Décharger une arme à feu. || 28' Viser avec une arme. I| 29° Creuser en suivant une certaine direction. || 80' Tracer, || 81* Faire U
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portrait de quelqu'un. || 32* Tirer copie. || 8S' Faire plusieurs exemplaires de ce qui est composé en caractères d'imprimerie. || 34" Tirer une Icllrc de change. || 35' Taire qu'une personne inlcrrogée parli'.||36" Kecueillir, percevoir, obtenir, recevoir, jl 37" Tirer tout, faire la vole. ||38- Fig. Puiser, em prunier. || 39* Faire sortir de, faire produire à. Il 40* Inférer, conclure. || 41' f. n. Exercer une traction. 1142" Aller, s'aelieniiner. |1 43* Tirer do long. 1144* Tirer à la mer. || 46' Remettre à la décision du sort. Il 46* Tirer des armes. || 47* Tirer d'une arme de trait ou d'une arme à feu. || 48* Il se dit de l'arme à feu qui part et fait explosion. || 49" Faire éprouver une sensation de tiraillement. ||B0" Tirer au volume. Tirer à la ligne. || 61" Tirer en longueur, se prolonger. || 52' Tirer à sa fin. || 63" Tirer à des conséqu jnces, amener, entraîner certaines conséquences. || 54' Tirer à, avoir de la ressemblance avec. Il 65" Tirer sur, avoir quelque rapport , quelque ressemblance. || 66" V. réfl. Se tirer, se délivrer, sortir. S'en tirer. || 67" Être ôlé d'un lieu, en parlant d'un objet. Il 68" Ivtre mis hors. || 69" Etre extrait de, par distillation ou expression. |1 60' Être extrait de, par la mine, la pioche ou la pelle. Il 61* Être obtenu, recueilli. || 62° Être l'objet d'un tir. Il 63" Être imprimé. || 64" Être conclu comme conséquence. || Proverbe.
1° Attirer, mouvoir vers soi, quand on est soimême immobile. Tirez celle porte. Il lui tirait les cheveux. Comme un enfant qui est tiré par les voleurs d'entre les bras de sa mère, qui ne le veut point abandonner, pasu. lîxtr. des lettres à Mlle de Roannez , 8. Ce fut un spectacle bien étrange de voir tirer un tribun ignominieusement par des licteurs et des affranchis hors de son tribunal, ST-RÉAL, Conjur. des Gracques. Il [le hocco] devient familier au point de heurter à la porte avec son bec pour se faire ouvrir, de tirer les domestiques par l'habit lorsqu'ils l'oublient.... BUFF. Ois. t. IV, p. (39. Sa sœur cadette a beau la tirer par son vêtement, elle n'entend rien, diderot. Salon de )765, Œuv. t. xin, p. t78, dans pougens. Il Fig. Kst-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie Sauva des ennemis votre empereur Décie, Oui leur tira mourant la victoire des mains, Et fit tourner le sort des Perses aux Romains? corn, l'oly. i, ï. Sa grâce et sa vertu sont de douces amorces, Qui, pour tirer le» cœurs, ont d'incroyables forces, MOL. l'Ét. m, 2. H Tirer le verrou, fermer une porte au verrou. || Tirer la porto sur soi ou après »oi, ta fermer après l'avoir traversée. Mon père est sorti brusquement, il a tiré sur lui la porte du cabinet, oenlis, Théât. d'éduc. la Cloison, se. 8. Il Tirer l'échelle, voy. échelle. Il Tirer l'oreille, les oreilles à quelqu'un, et fig. Se faire tirer l'oreille, voy. oreille. Il Populairement et fig. Tirer une dent, escroquer. || Tirer la laine, voy. laine. Il Tirer le diable par la queue, voy. diable, n° 2. Il Tirer l'eau, se dit de ce qui pompe l'eau par ablorption. Ce morceau d'aubier a repris de l'eau, et a continué d'en tirer pendant six jours, en lorte qu'au lo ^jvil il avait tiré Ui7 grains et demi d'eau, sut" '//«(. nat. Inlrod. Œuv. t. viii, p. 138. Il Ce cUir tire l'eau comme une éponge, il l'en imbibe beaucoup, || 2 Mouvoir après foi, ver» soi, en marchant. Tirer un cheval par la bride. Dans un chemin montant, Aiblonncux, malaisé.... Six forts chevaux tiraient un coche, U FONT. Fabl. vil, 9. Le champ est labouré, on B'a plus besoin des bœufs qui ont tiré la charrue, et on ne se soucie pas de les nourrir; j'ai lire, sire , la charrue le mieux que j'ai pu, d'a- LBMB. Lel(. au roi de l'r. 8 nov. <77i. En général, pour tirer uc fardeau sur un terrain inégal et raboteux, comme ils le sont presque tous, il est plus avantageux de tirer un peu en haut, BHissoN, Traité de phys. t. i, p. 380. || Tirer un criminel à quatre chevaux, l'attacher par les pieds et par les mains à quatre chevaux qui le tirent chacun d'un ci'ité et le démembrent. || Par extension. Je ne savais point du tout la manière dont était mort ce vieil Évreux ; je vois Dieu qui tourne les volontés de ce bonhomme d'une manière extraordinaire , pour lo conduire à être dtetiiré et massacré, et tiré enfin à quatre chevaux [dans un accident de voiture), sÊv. it,b. Il Fig. et familièrement. Tirer quelqu'un à quatre, lui faire les plus grandes instances pour le décider i quelque chose. || Fig. Se faire tirer, se faire prier, ge faire faire des instances. Ce valet de pied se fit tirer d'abord, puis se laissa faire [se mil à table], st-sim. 129, «76. || Absolument. (1 (l'éléphant) tire également, continùmenl et
sans te rebuter, pourvu qu'on ne l'insulte pa> par des coup» donnés mal 4 propos, bl'FF. Qua drup. t. IV, p. 22.'». Deux buffles atlolé» ou plu- Iflt enchaînés à un chariot tirent autant que quatre forts chevaux, m. Quadrup. t. v, p. H 2. il Fig. et familièrement. On aura bien & tirer dans cette affaire, on aura bien de la peine i la faire réussir. || U a encore bien i tirer pour en venir là, il a encore bien de la peine i avoir avant do parvenir à son but. || Terme de manège. Ce cheval tire à la main, il résiste & l'action de la bride. || 3° Tirera soi, amener de son cAté. Tirer à soi la couverture. || Fig. et familièrement. Tirer la couverture à soi, prendre plus que sa part. Il Fig. Tirer à soi, s'arroger. Emilie ; La mienne [gloire] se flétrit, si César te vent croire. — Cinna : Et la mienne se perd, si vous tirez à vous Toute celle qui suit de si généreux coups, CORN. Cinna, v, 2. L'un soutient son oracle, et l'autre sa statue; chacun veut tout tirer à soi, lamotte, Fabl. IT, «6. Il On dit de même : tirer de son côté. Chacun les tire de son côté [les volontés des lestateursl, el les interprète de sa manière, je veux dire selon ses désirs ou ses intérêts, la bhuy. xiv. Il 4° Tirer les yeux, faire mal aux yeux, en les forçant (expression provenant d'une fausse sensation : il semble que cette douleur tire les yeux hors de la tête). Celte écriture est trop fine, elle tire les yeux. Fermez les volets, le soleil me tire les yeux. |{ En un autre sens. Cela tire l'œil, cela attire le regard. || B" Terme de marine. Ce navire tire tant d'eau, tant de pieds (l'eau, il enfonce dans l'eau de tant. Un vaisseau de 50 à 5« pièces qui tire seize à dix-sept pieds d'eau, SEiGNELAY, à de Seuil, 2) déc. ioia, dans JAL. Les navires des Indes, qui étaient de jonc, tiraient moins d'eau que les vaisseaux grecs ou romains, qui étaient de bois, et joints avec du fer, MONTESQ. Espr. xxi, 6. || 6° Tirer le pied, la jambe, les porter en arrière de soi pour faire une révérence. Il y avait plus de politesse dans l'air ouvert et humain de son visage [d'un quaker], qu'il n'y en a dans l'usage de tirer une jambe derrière l'autre, et de porter à la main ce qui est fait pour couvrir la tête, volt. Dict. phil. Quakers. Lubin tire le pied et Ole son chapeau avec les grâces naïves de la nature, marmontel, Cont. mor. Ann. Lub. On veut être quelque chose : dès qu'un jeune homme sait faire la révérence, riche ou non, peu importe, il se met sur les rangs; il demande des gages, en tirant un pied derrière l'autre : cela s'appelle se présenter, p. l. cour. 2" lettre au Censeur. || Tirer sa révérence à quelqu'un, le saluer. Moi j'étais en train de tirer une révérence que je laissai à moitié faite, hariv. Pays. parv. 2* part. || Tirer la révérence, se dit aussi pour saluer en s'en allant, s'en aller. Je lui dis ma façon de penser, et je lui lirai ma révérence. Il Fig. Tirer sa révérence, exprimer un refus. Ce que vous me proposez ne me convient pas, et je vous tire ma révérence. || 7° Faire sortir une chose d'un endroit, ou d'une autre chose. Tirer une épine du pied. Tirer sa bourse de sa poche, une pièce de monnaie de sa bourse. Tirer de l'eau d'un puits, du vin d'un tonneau. Tirer l'or de la mine. Ces dieux qu'ils honorent sont semblables à des pierres qu'on tire d'une montagne, 8ACI, Bible, Baruch, vi, 38. Il tire après ces mots une brillante épée, hotr. Antig. i, 2. Vous êtes de l'humeur de ces amis d'épée Que l'on trouve toujours plus prompts à dégainer Qu'à tirer un teston, s'il fallait le donner, mol. l'Ét. m, 6. Elle [Mlle de Guinée] eut des convulsions, on la crut morte ; on lui voulut tirer le cœur, pour le mettre dans un couvent qu'elle aimait; elle cria quand on commença.... sÉv. 20 juill. 1(194. Et que du sein des monts le marbre soi l tiré, HAC. Esth. tu, ». Après avoir tiré du trésor quatre mille cent trente livres d'or, et quatrevingt mille livres d'argent.... il [César] se mit en état de poursuivre Pompée el ses partisans , VEHTOT, Bévol. rom. xiii. Nous avons au Cabinet du roi un fœtus de rhinocéros qui nous a été envoyé de l'île de Java, et qui a été tiré hors du corps de la mère , BUFF. (Juadrup. t. iv, p. 347. || Fig. Ils ont tiré cet art du nombre des vertus, rfgnier, Sat. IV. Un de ces hommes en qui Dieu met ses dons d'intelligence et de conseil, et qu'il tire de temps en temps des trésors de sa providence pour assister les rois et pour gouverner le» royaumes, FLÉCH. le Tellier. || Tirer sa montre, regarder à sa montre l'heure qu'il est. Dans l'impatience de me voir à son aise, elle lira sa montre à plusieurs re-
prises, et dit l'heure qu'il était, pour conseiller honnêtement la retraite i no» convives, mahit. t'ays. parv. i' part. || Tirer l'épée contre (lueU i|u'un, se battre contre lui. || Faire tirer l'épée i quelqu'un , le forcer i »e battre. || Fig. Tirer l'épée, prendre les arme», en venir aux arme». On ne sait qui défendre, ou qui bl&incr dos doux, Oui des doux a tiré plus justement l'épée : Les dieux servent César, mais Caton suit Pompée, BRÉUKUF, Phari. i. Des Espagnols lui ont dit • la Haye que le roi avait pris bien de* places, mai» que, pour eux, sans tirer l'épée, il» en avaient prit trois qui en valaient bien d'autre», Macstricht, Bréda et Uolduc, pelli&son, Lelt. hisl. l. i, p. I6.t. Il Tirer l'épée contre son prince, se révolter contre lui. Il Fig. Tirer son épingle du jeu, voy. épinolk. Il Fig. Tirer i quelqu'un une épine du pied, voy. ÉPINE. Il Fig. Tirer les marrons du feu, voy. MAa- RON. Il Fig. et familièrement. Tirer pied ou aile, arracher quelque chose d'une personne, peu ou beaucoup. Il Fig. Tirer k quelqu'un le» vers du nez, voy. VER. Il Fig. Tirer une plume de l'aile à quelqu'un, voy. pluhb. Il Fig. Tirer d'un sac deux moutures, voy. SAC. Il Tirer des son» d'un instrument, lui faire rendre des sons. || Tirer du feu d'un caillou, en faire jaillir du feu en le frappant. || Tirer lie» larme» des yeux de quelqu'un, le Coucher au point de le faire pleurer. Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez, boil. Art p. m. Nous nous en voulions, Mme Doni» et moi, d'avoir tiré des larmes des plus beaux yeux qui soient actuellement à Turin ; ces yeux sont ceax de Mine de Chauvelin l'ambassadrice, vûlt. Lett. à Mme de Fontaine, -i* nov. (767. ||0n dit dan» le même sens : tirer des soupir». L'image de l'empire en de si jeune» mains H'a tiré ce soupir pour l'Étal que je plains, corn. Pulch. Il, *. Il 8° Tirer du vin, tirer de l'eau, faire venir du vin d'un tonneau, de l'eau d'un puil». U fait tirer du meilleur [vin] cependant, la font. Oraii. Il On dit dans le même sens : tirer bouteille. Faites-moi toujours tirer chopine, je vous prie, DANC0URT, Uaison de camp. se. «2. Va- t'en m'attendre, ici près , aux Barreaux verts, et faire tirer bouteille, reonard. Sérénade, I3.|| Tirer du vin au clair, le transvaser après l'avoir laissé reposer. Il Fig. Tirer une affaire au clair, l'éolaircir, la débrouiller. Rien n'est, ce me semble, si facile, tout serait alors tiré au clair, sans que de» personnes qui peuvent beaucoup me nuire eussent le moindre prétexte contre moi, tolt. Lett. d'Arqental, a nov. i7R7. Je supplie très-insiammeni me» anges de vouloir bien parler i le Jeune, et de tirer la chose au clair, m. ib. h janv. 1773. J'attends qu'un de mes amis.... soit de retour de la campagne, pour tirer au clair celte histoire abominable, d'alemb. Lett. à Voltaire, 9 nov. 4769. || 9" Tirer la langue, avancer sa langue hors de la bouche. Le médecin lui dit de tirer la langue. Les chiens, quand ils sont échauffél}' tirent la langue Pour perdre la moitié de leurs dents [ dans la salivation mercurielle] , en tirant la langue d'un demi-pied, el pour mourir de la poitrine au bout (le six mois, volt. l'Homme aux 4U écus, Entretien avec un c/iirurgien. || Tirer la langue à quelqu'un, est une sorte de manifestation d'injure et de moquerie. || Fig. el populairement. Faire tirer la langue i quelqu'un d'un pied de long, le faire languir dans l'aliente de quelque chose. Il Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d'eau, se dit en parlant d'une personne pour qui on n'a aucune compassion. || 10" Tirer les bas, les bottes à quelqu'un, les lui ôler dos jambe». Il On a dit de mémo tirer un diadème. Il lui faudrait du front tirer le diadème, corn. Nie. v, 7. Il Tirer son chapeau, l'ôter pour saluer. Il ne m'a pas tiré son chapeau. || Fig. et populairement. Tirer ses chausses, tirer ses grègues, i'enfuir. Le galant aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut. Mal content de son stratagème, la font. Fabl. II ,■ <6. Donnez-moi vilement quelque» coups de bftlon. Et me laissez tirer me» chausses s-ins murmure, mol. le Dép. i, 4. || It" Tirer pays, tirer chemin , s'en aller, s'enfuir (c'est, comme gagner pays, mettre du pays, de l'espace derrière soi). Vu que la fuite en est la fin la plus heureuse [d'un duel]. Et qu'il faut que, l'un mort, l'autre lire pays, corn. Sun:, iv, 5. Ma foi, si von» ne tirez pays, j'irai chercher le commissaire, iiauteroche, Crispin méd. m, t3. El sans plus m'écouter, ila tiré chemin, th. corn, le Galantdoublé, in,3. Il 12" Tirer du sang, saigner. Je lui conseille de s«
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faire lirerdusang, etlui prninetsdene lo lui échauffer jamais par mes façons de parler trop libres, SCARR. Lett. Œuv. t. I, p. 258. || l'ar e^agcralion. Je tremble comme une feuille; on ne me tirerait pas une goutte de sang, th. leclercq, Ptov. t. n, p. <7l, dans pouGENS. Il IS" Tirer les vaches, les traire. || l*" faire sortir, au hasard, de la boîte qui les contient, des billets, des numéros, des noms. Tirer les billets, les numéros d'une loterie. Le président a tiré au sort lés noms des jurés. Ce jeune homme a tiré un mauvais numéro. Le sort, dit le prélat, vous servira de loi ; Que l'on tire au billet ceux que l'on doit élire, boil. Lutr. 1. Tout était tiré rigoureusement au sort, raT- NAL, Uist. phil. X, 40. Il Absolument. Il tourne le bonnet; l'enfant tire, et Brontin Est le premier des noms qu'apportele destin, boil. Lutr. i. || Tirer une loterie, tirer les numéros d'une loterie, faire sortir par le sort les numéros. || Tirer quelque chose i la courte paille, en décider par le hasard de la plus courte paille. Tirez votre réponse à la courte paille, MAHiv. Sttrpr. de l'amour, m, 4. || Tirer le gâteau des Rois, ou, simplement, tirer les Rois, distribuer au hasard les parts d'un gâteau dans lequel il y a une fève, afin que celui à qui elle échoit .soit le roi de la fête. |1 15* Faire venir d'un lieu plus ou moins éloigné certains produits. On tire beaucoup de tabac de l'Amérique. Ce négociant tire ses étoffes de Lyon. Nous tirons encore aujourd'hui d'Alhcnes esclave du coton, de la soie, du riz, du blé, de l'huile, des cuirs, volt. Dict. phil. Espr. des lois. Pour juger s'il y a du luie dans l'usage des choses , il suffirait souvent de considérer l'éloigncment des lieux d'où on les tire, CONDIL. Comm. gouv. I, 87. H16° Faire sortir en suçant. Les sangsues ont tiré beaucoup de sang. L'enfant tire le lait de la mamelle. || 17° Extr»ireparvoie de distillation ou d'e.xprcssion. Tirer le suc des herbes. Tirer de l'huile sans feu. Tirer cette huile sans feu, comme on tire l'huile vierge, GeNLis, Maison rust. t. u, p. 293, dans pougens. Il Fig. On se nourrit des anciens et des habiles modernes ; on les presse, on en tire le plus que l'on peut, on en renfle ses ouvrages, la bruy. i. Il Fig. U tire la quintessence de tout, il est habile, adroit, et fait d'une chose tout ce qu'on en peut faire. Il U Urerait de l'huile d'un mur, voy. huile, aux proverbes. || 18° Terme d'arithmétique. Tirer la racine carrée, cubique d'un nombre, trouver, par le calcul, la racine carrée, cubique de ce nombre. Il 19* Faire sortir quelqu'un d'un endroit, et aussi de quelque emploi. Je voulais avoir lieu d'abuser Emilie, Effrayer son esprit, la tirer d'Italie, corn. Ct'nna, v, 3. Jeux, conversations, spectacles , rien ■ne la tira [Mme la Dauphine] de sa solitude, fléch. fauphine. J'appelai de l'exil, je lirai de l'armée Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus, Qui depuis.... BAC. Brit. iv , 2. Que les fonctions saintes du ministère fassent tout mon plaisir, comme elles font toute ma gloire; que tout ce qui me tire de l'exercice de ces fonctions, me soit insupportable, MASS. /'orop/ir.ps. xxv,v. )2.... Pour fuir un éclat, monsieur, je vous conjure, De me t^rer d'ici dès demain, dès ce soir. Pour que Valère et moi nous cessions de nous voir, des- TOUCH. Glor. I, 9. Il Tirer à part, voy. part 2, n* 10. Il Fig^. On ne peut le tirer de là, il se tient attaché à son idée, ii répond toujours la même chose. Il Fig. Tirer quelqu'un d'un mauvais pas, le dégager d'une affaire difficile, ficheuse, embarrassante. FA, loin de le tirer de ce pas hasardeux. Ha bonté ne ferait que nous perdre tous deux, COBN. Polij. V, I. Il Fig. Tirer quelqu'un de la boue, de la poussière, le faire sortir d'un état misérable et bas. Il 20' Délivrer, dégager quelqu'un soit d'un lieu où il est uial , soit de quelque état comparé à ce lieu. Tirez-moi de ce trouble, ou souffrez que je meure, cokn. Rodog. v, 4. Vous donc, mes vrais amis, qui me tirez de i)eine, lu. lU'racl. m, 4. Vous ne les craindrez point, parce que le Seigneur votre Dieu, qui vous a tirés de l'Egypte, est avec vous, saci , Bible, Deutéron. xx, i. Eh! mon ami, tire-moi du danger; Tu feras après ta harangue, LA font. Fabl. i, 19. Cet Anglais [Talbot, qui donnait le quinquina] vient de tirer de la mort le maréchal de Bellefond», sÉv. 387. M. de la Trousse aurait pu nous tirer, avec un peu d'amitié et de conduite, de l'embarras où nous sommes, id. 4M. Cette duchesse [de Chaulnos) ne cesse de me dire que la belle comtesse sera ravie qu'elle m'ait tirée de ce mauvais air des Rochers, id. 3o juill. ifina. Les ennemis sont poussés partout; Oudenarde est dé-
livrée de leurs mains ; pour les tirer eux-mêmes de celles du prince, le ciel les couvre d'un brouillard épais, Boss. Louis de Bourbon. Us tremblent qu'un censeur.... N'aille du fond du puits tirer la vérité, BOIL. Disc, ou roi Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur, hac. Phidre, u, 6. U fa.it que sur le Irône un roi soit élevé. Qui se souvienne un jour qu'au rang de ses ancêtres Dieu l'a fait remonter par la main de ses prêtres. L'a tiré par leur main de l'oubli du tombeau.... 11). Athal. i, 2. Si je reviens si craint et si peu désiré, ô ciell de ma prison pourquoi m'as-tu tiré? lU. Phèdre, m, 5. II ne rougit pas de leur raconter quand et de quelle manière il a tiré cet homme des ennemis, et l'a apporté dans sa tente, la bruy. Théophr. XXV. Cent écus que feu votre épous, mon intime ami, me prêta pour me tirer d'une affaire d'honneur que j'eus autrefois à Bruges, lesage. Diable boit. 4. Cet abbé | Desfontaines] est un homme que j'ai, en 1724, tiré de Bicêlre, où il était renfermé pour le reste de ses jours, volt. Hél. litt. aux aiit. Bibl. franc. Ce fut Gustave Wasa qui, en tirant les Suédois de l'obscurité, anima aussi les Danois par son exemple, m. Mœurs, I (7. Tire-moi, par pitié, de mon doute terrible, id. Ali. iv, 5. Voilà comme vous êtes : une plaisanterie vous tire d'affaire, quand vous n'avez pasde bonnes raisons à donner, GENLIS, ï'/iidJ. d'dduc. Fausse délicat, i, 2. Il 21° Etendre, allonger. Tirer du linge sur la platine. Tirer une courroie. I' Fig. Tirer la courroie, et, absolument, tirer, employer beaucoup d'économie pour soutenir une dépense jusqu'à une certaine époque. 11 faut qu'il tire bien la courroie pour gagner le bout de l'an. Il a bien à tirer pour suffire à son ménage. || Tirer une corde, la tirer ferme, la bander le plus qu'on peut. |1 Tirer bien ses bas, ses gants, les étendre bien sur la jambe, sur le bras, de manière qu'ils ne fassent point de plis. Elle [Mlle Temple] rougit d'abord, pâlit ensuite.... tira ses gants l'un après l'autre jusques au coude, iiAMiLT. Gram. to. \\ Tirer le cordon, se dit du portier qui ouvre la porte extérieure de la maison au moyen du cordon placé dans sa loge. Il Tirer à poil une étoffe de laine, de soie, de coton, en faire sertir, en faire paraître le poil, en le tirant avec Une espèce de carde. || Tirer les rideaux, les ouvrir ou les fermer. || Fig. Tirer le rideau, écarter ce qui empêche de voir, d« savoir. En un mot, le petit démon qui nous tirerait les rideaux, nous divertirait extrêmement, sÉv. 4 97. Il Fig. Tirer le rideau sur quelque chose, et, absolument, tirer le rideau, ne plus s'occuper d'une chose, la mettre en oubli. Sur les noires couleurs d'un si triste tableau II faut passer l'éponge, ou tirer le rideau, corn. Rodog. ii, 3. || Fig. Tirer en longueur, prolonger, allonger. L'attention de l'auditeur déjà lassée se rebute de ces conclusions qui traînent et tirent la fin en longueur, corn. Hor. exam. Ce général du sénat [Pompée], qui voulait tirer la guerre en longueur pour avoir le temps d'amasser de plus grandes forces, passa d'Italie en Épire, vertot, Révol. rom. xiu.|| Tirer une affaire en longueur, en éloigner la conclusion. Elle me dit franchement que, ses intentions étant conformes aux miennes, elle n'avait pas dessein de tirer les choses en longueur, lesage, Gu:m. d'Alf. IV, 6. Il 82° Tirer l'or, tirer l'argent, les étendre, les allonger en fils déliés. || Tirer l'épingle, faire passer le laiton par la filière. || Tirer le cierge, le fabriquer à la main. || 23*Tirer au sec, faire sécher une confiture. {{ 24° Tirer un coup, le porter, l'assener (emploi qui vieillit; cette acception provient du sens que tirer a d'étendre, allonger). Le mulet prend le temps, et du grand coup qu'il tire Lui enfonce la tête, régnieb, Sat. in. || Terme do manège. Tirer la ruade, ruer, en parlant d'un cheval. Il 25° Terme d'escrime. Tirer des feintes, faire des mouvements simulés, pour tromper son adversaire. || Tirer une estocade, un coup d'estocade, pousser une estocade à celui contre qui on fait des armes (pbra.se qui a vieilli). || Fig. Tirer l'estocade, une estocade à quelqu'un , lui demaiuler de l'argent à emprunter, sans avoir l'intention de le lui rendre (phrase qui a vieilli). || 26° Uinccr des armes de trait (cette acception provient de l'emploi de tirer un coup). C'est pourtant maintenant qu'il se faut assurer. Et lui tirer des traits qu'il ne puisse parer, mairet, Sophon. m , i. Je tirerai contre eux toutes mes flèches, saci. Bible, Deutéron, xxxii, v. 23. || 27* Décharger une arme à feu. Tirer un coup de fusil. Tirer des salves d'artillerie. Héli, capitaine de Livry, ayant voulu tirer un fusil chargé depuis longtemps, le fusil
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lui creva dans la main, et on a été obligé de lui couper le bras, sÉv. 8 nov, 1(188. U [un navire] tire du canon pour demander du secours; car la mer est bien mauvaise, bf.rn. de st-p. Paul et Virg. En Europe, nous tirons le canon en signe d'allégresse pour .mnoncer la destruction de plusieurs milliers d'hommes, chateaubr. Génie, iv, VI, 3. Il On dit dans un sens analogue : tirer un feu d'artifice, tirer des pétards, des fusées. || Bien tirer le pistolet, être très-adroit au tir du pistolet. Il Pour les armes portatives, on dit: tirer le fusil, la carabine, le pistolet, et tirer au pistolet, au fusil, i la carabine. || Dans les bouches i feu, on emploie toujours le régime direct: tirer le canon, le mortier, l'obusier; avec cette nuance toutefois que tirer le canon a une signification tout à fait universelle, tandis que, dans le cas généial, on dira plutôt pour les autres pièces : tirer des bombes, des olius. Il Pour les projectiles, on dit : tirer des boulets ou à boulets, tirer des obus ou à obus, tirer des bombes. || Fig. Tirer sa poudre aux moineaux, perdre sa peine et son temps. Force godelureaux à vendre. Devant Héro faisant les beaux. Tirèrent leur poudre aux moineaux; Ce que ne faisait pas Léandre, scabr. Poés. div. Œuv. t. vu, p.28u ||28°Diriger unearmeà feusur. La ville était prise.... ce petit chevalier [de Longueville] monte sur le revers de la tranchée.... un soldat veut tirer une bécassine, et tire ce petit garçon; il en est mort le lendemain, sev. 8 nov. 4688. Il [un oiseau] est difficile à tirer, biiff. Oit. t. vi, p. 4 40. Allons tirer des grives, c'est assez pou»ser d'arguments, J. J. Eouss. Hél. v, 7. ||Fig. Je lui dis : Vraiment, madame, vous avez tiré de bien près ce bon père, vous aviez peur de le manquer, sÉv. 284. Le voilà pourtantce seizième [d'août] que nous avons suivi depuis deux mois; je pars demain; je n'eusse jamais cru.... qu'un jour visé de si loin pût être tiré si juste, u>. 16 août 4077. Il Fig. et familièrement. Pour lui parler, il faut le tirer au vol, le tirer en volant, il est difficile de le joindre et de trouver le moment de lui dire un mot. || 29° Creuser en suivant une certaine direction. Les canaux que l'on tire pour arroser des pays qui en ont besoin, fonten. Cuglielmini. Bientôt après, il [Pierre le Grand] tira ce canal qui joint la mer Caspienne au golfe de Finlande et à l'Océan, volt. Russie, n, 4 1. Au delà était un marais, et derrière le marais les Busses avaient tiré un retranchement d'un quart de lieue, ID. ib. i, 46. ||30» Tracer. Jirer une ligne. Tirer un« allée au cordeau. Tirer un plan sur du papier. Tirer une raie sur ce qu'on a écrit. Il Tirer en ligne de compte employer, comprendre dans un compte. || On dit plus oi'dinairement : mettre en ligne de compte. || 31° Faire ic portrait de quelqu'un, soit en peinture, soit en scylpturi (emploi qui vieillit). On l'a tiré en cire, en plâti't. le vous enverrai celui [le portrait] que vous me demandez; je faisais difficulté d'y faire comine.-.ier sitôt; car cette absence m'a tellement changé, quj, si l'on me tire bien, je ne serai pas reconnaissable. voit. Œuv. t. il, p. 232 II n'y a pas longtemps (|ue je me suis fait tirer par Rigaud, me dil-il, c'est un des meilleurs peintres de Paris, et tous ceux qui voient ce portrait, disent que j'y suis fort bien tiré: — un homme du monde.... ne se serait pas servi du mot tirer qui n'a aucun usage dans ce sens que parmi la bourgeoisie, caillières. Du bon et mauvais usage, convers. i".~On sait que ce prince [Alexandre] avait défendu.... à tout autre peintre qu'Apelle de tirer son portrait, rolun, Hist. anc. Œuv. t. ii, 4" part. p. 97, dans pougens. De se faire tirer certain homme eut envie; Chacun veut être peint une fois en sa vie, lamotte, Fabl. iT , 4. Il Fig. Tirer en exemple, proposer pour modèle. Ces choses qu'il faut souffrir au théâtre, parce qu'elles ont un éclat dont la surprise éblouit, et qu'il ne ferait pas bon tirer en exemple pour conduire une action véritable sur leur plan, corn. Héracl. Exameri. On a vu des génies extraordinaires passer tout d'un coup de la méditation du cabinet aux charges les plus difficiles; mais ces gens-là ne peuvent être tirés en exemple, st-evbemond. De l'étude et de la conversation. Il 32* Tirer copie, tirer une copie, tirer la copie, copier. Tirer copie d'un acte. Un fan'.eux grammairien nommé Tyranninn, qui /lemeurait alors à Rome, ayant grande envie d'avoir les œuvres d'Aristnte, obtio' du bibliothécaire de Sylla la permission d'ep tirer une copie, rolun, Hist. anc. Œuv. t x, p. 4 75, dans pougens. D'après son grand tableau, lorsqu'elle fut sortie, Vous fîtes
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l'autre jour tirer cette copie, dorât, Feint» par amour, i, 4. || Tirer les p&rtios d'une |iarlitiun, les extraire et les copier, pour que chaque concertant ail la sienne, tandis (]ue le chef d'orchestre a la partition complète sous les yeux. Réellement cela m'occupait, et beaucoup, pour rassembler la musique, les concertants , les instruments, tirer les parties, j. j. rouss. Confess. v. ||3S° Faite plusieurs exemplaires de ce qui est composé en caractères d'imprimerie. Tirer une feuille, un volume, une gravure. Cet ouvrage a été tiré à cinq cents exemplaires. Attendez.... c'est depuis vingt ans. On en tira cent exemplaires, BOIL. Epigr. 5. Il [Louis XV) fil imprimer au Louvre un petit livre de la géographie pour le cours des lleuves, qu'il composa en partie sous les leçons de M. de Lisie, et dont on tira cinquante exemplaires, volt. El. fun. lA)uis XV. la planche d'étain ne saurait tirer proprement beaucoup plus de huit à neuf cents exemplaires, camus, Instit. iléiti. litt. et beaux-arts, t. v, p. 297. || Absolument. Bon à tirer. Il faut mettre de l'encre et tiier avec soin ; dites cela à voire imprimeur, p. l. coub. Lett. vi. Il Un bon à tirer, voy. bon, n" <». || 34° T«rine de commerce. Tirer une lettre de change, faire un billet qui doit être payé au porteur par un correspondant. Tirer une lettre de change payable à deux mois de vue, à vue. || Tirer une lettre de change sur quelqu'un, ou, absolument, tirer sur quelqu'un, lui adresser une lettre de change. L'on tire sur les pays étrangers pour les payer [ces dépenses], montesq. Esp. XXII, <o. Ou'àParison me charge de l'aire passer àAmsterdam mille onces d'argent, lorsque l'échange est à six pour cent au-dessus du pair, et supposons qu'alors il soit de quatre pour cent au-dessus du pair de Paris à Londres et de deux pour cent audessous de Londres à Amsterdam ; dans une pareille circonstance, on voit qu'il y a un bien plus grand profit à tirer d'abord sur Londres, pour tirer en.<uite de Londres sur Amsterdam, qu'à tirer directement de Paris sur Amsterdam, condil. Comm. giiuv. I, <7. Il On ditde même : tirer une somme sur quelqu'un. Vous pouvez tirer sur moi de petites sommes, Boss. Lett. quiét 2U. || Tirer une lettre de change par première, seconde, troisième, la tirer en deux ou plusieurs exemplaires, soit afin que, l'un étant perdu, l'autre puisse le remplacer, soit afin que, l'un étant envoyé à l'acceptation du tiré, l'autre puisse être négocié pendant ce temps-là. Il 35' Faire qu'une personne interrogée parle. Cinna vient, et je veux en tirer quelque chose, corn. Cinna, m, ). Donnez-vous la peine de tirer la vérité, et de m'empêcher d'être trompée, sév. 2( déc. I602. Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un pas.sant ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas, Boss. Louis de Bourbon. Feignons ; et de son cœur, d'un vain espoir flatté. Par un mensonge adroit tirons la vérité, RAC. mthr. III, 4. Elle tira le secret de ses compagnes, »" de caïlus, Souven. p. U4, dans POUOENS. Tout ce que je pus tirer de lui ne fut que des conjectures vagues, aussi propres à confirmer qu'à détruire mes craintes, graffignï, Lett. péruv. 2». Il Ne pouvoir tirer un mot de quelqu'un, ne pouvoir rien tirer de quelqu'un, n'en pouvoir obtenir de réponse, d'éclaircissement. Valère : Que t'a dit Marine? — Scapin: Marine? rien du tout; c'est une fille dont on ne saurait tirer une parole, regnard, Sérén. 5. C'est une petite fille si niaise qu'on n'eu peut rien tirer, genlis. Vœux téméraires, t. I, p. 25, dans POUOENS. || Tirer de la bouche, faire dire. Je pense qu'il vaut mieux que de sa propre bouche Je tire avec douceur l'afTaire qui me touche, MOL. Èc. des f. II, i. Luther n'en a jamais tant dit, et tout ce que ses emportements lui ont tiré de la bouche n'approche pas de ce que Calvin dit froidement de lui-même, boss. For. ix. || On ne peut parvenir à tirer la vérité de sa bouche, se dit d'un accusé qui ne veut rien avouer. || Tirer un éclaircissement de quelqu'un, faire en sorte qu'il donne l'éclaircissement qu'on désire de lui. || 36° Recueillir, percevoir, obtenir, recevoir. Il tire dix mille francs de rente de sa terre. On a tiré beaucoup d'argent du nouvel impAt. On peut tirer du fruit de tout ce qui fait peine, corn Pulch. m, 4. M. le Prince n'a de force contre Votre Majesté que celle qu'il tire de la haine qu'on a contre M. le cardinal, RKTZ, Mém. t. II, liv. III, p. 364, dans pougen^. Je tirai l'autre jour à Rennes, dumilieudu tourbillon, une heure de conversation avec M. deChaulnes, sÉv. tn ioiX 4680. Ceux qui tirent des pensions, gages, appointements et dons du roi, vauban, IHme, p. 70. Je suis ravie qu'il n'ait tiré aucun avantage da
OICT. Dl LA LAMOUI rnA.-4CAiai.
son artifice, lbsaop.. Diable boit. 4. On lire peu de service des vieillards, vauven. Max. lxxx. Les registres de la chambre des comptes des Pays-Bas, ([ui sont actuellement à Lille, dépusint que Philippe Il ne tirait pas (|uatrc-vini{t mille écus des sept Provinces-Unies, volt. Lot. et Ug. Idées républ. 17. Vous trouverez que la cour de Madrid tire annuellement 65 084 450 livres de ses provinces du nouveau monde, raynal, llist. p/ii'l. viii, 2H. Il Tirer race, faire couvrir des juments pour en avoir des produits. || Tirer de l'argent de quelqu'un, se faire donner de l'argent par supercherie ou par sollicitation. Fais-nous un peu ce récit, qu'on m'a dit qui est si plaisant, du stratagème dont tu t'es avisé puur tirer de l'argent de ton vieillard avare, HOL. Scapin, m, t. Ijl duchesse de Lude le ir donne cinquante écus tous les ans : n'en saurait-on tirer davantage? icaintenon, ielt. à H. de Caylus, t. VI, p. 97, dans pougens. Vous aviez trouvé là une nouvelle manière de tirer de l'argent des princes, eonten. Auguste, Àretin. Pour deux ou trois personnes qui voudront bien payer, il y en aurait cin(|uante dont je ne tirerais jamais un sou, dancourt, Désol. des joueuses, se. 9. Henri 111 tira d'Aaron, juif d'York, quatorze mille marcs d'argent, cl dix mille pour la reine, montesq. Esp. xxi, 20. Il Tirer quelque grâce de quelqu'un, en obtenir quelque grùce par adresse ou par in.stance. lia tiré de lui une donation. || Tirer promesse, tirer parole de quelqu'un, faire en sorte qu'il promette, qu'il donne sa parole. || On ne saurait tirer raison de cet homme, on ne peut obtenir de lui qu'il fasse ce qu'il doit. || Tirer raison, tirer satisfaction d'une injure, d'une offense, faire réparer l'injure, l'ofl^ensc. Mourir sans tirer ma raison I... Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison, CORN. Ci'd, i, ». Il Tirer vengeance, .se venger. Je vous déclare que ma santé est assez bonne.... pour tirer de vous la vengeance la plus complète, volt. Diatr. du docteur Akakia. |l Tirer parti de quelqu'un, de quelque chose, en tirer des services, (le l'avantage. || Tirer avantage d'une chose, la tourner, l'inlerpréter à son avantage. || Tirer vanité d'une chose, s'en prévaloir. Ne rougissezvous point de mériter si peu votre naissance? Ètes-vous en droit, dites-moi, d'en tirer vanité? MOL. Don Juan, iv, 6. || On dit dans le même sens: tirer gloire. On exposait une peinture Où l'artisan avait tracé Un lion d'immense stature Par un seul homme terrassé ; Les regardants en tiraient gloire, LA FONT. Fabl. lu, to. Il 37' Terme de jeux. Tirer tout, faire la vole. || 38" Fig. Puiser, emprunter. Le pouvoir tire son droit de la nation. Les mots que nous avons tirés du latin. L'mstruction qu'on tire de l'histoire. La maison de France, la plus grande sans comparaison de tout l'univers, et à qui les plus puissantes maisons peuvent bien céder, puisqu'elles tâchent de tirer leur gloire de cette source, boss. Duch. d'Orl. Fontenelle ne le traduisit pas |le livre de Van Dale sur les oracles); mais il en tira ce qu'il crut de plus convenable à sa nation, qui aime mieux les agréments que la science, volt. Dict. p/iit. Oracles. Ce n'est guère qu'à Paris que je pourrai trouver ces immenses recueils dont je tire quelques goutles d'élixir, id. Lett. au roi de Pr. novembre <742. Il C'est de là que cette ville, cette rivière lire son nom, elle doit à telle circonstance le nom qu'elle porte. Ce vin tire son nom du territoire qui le produit. || Tirer son origine, tirer sa source de, provenir. Cette rivière tire sa source de telle montagne. 11 tire son origine de telle famille. Il On dit aussi : Les généalogistes tirent l'origine de cet homme de telle maison, ils prétendent que cet homme provient de telle maison. || 39° Faire sortir de, faire produire à Quelque sinistres qu'ils [les événements] nous paraissent , nous devons espérer que Dieu en tirera la source de notre joie, si nous lui en remettons la conduite, pasc. Lett. Sur la mort de son père. La manière dont il [Dieu] produit l'âuie est beaucoup plus merveilleuse : il ne la tire point de la matière; il l'inspire d'en haul; c'est un souffle de vie qui vient de lui-même, boss. Hist. 11, I. On tirait un autre chef d'accusalion contre lui des forls qu'il avait bâtis près de la ville de Byzance, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 51. Pythagore croit que Dieu est une âme répandue dans tous les êtres de la nature, et dont les âmes humaines sont tirées, id. llist. anc. liv. xxvi, ch. m, I, 2. Savant dans cet arl enchanteur de tirer de la plus petite situation les sentiments les
plus délicats, tolt. Orestr, Ep. || 40* Inférer, conclure. Kl de là nous pouvons tirer des conséquences, Qu'on n'acquier' point leurs cœurs sans de grandes avances, mol. ifii. m, &. Ils [les anciens] doivent être admirés dans les conséquences qu'ils ont bien tirées du peu de principes qu'ils avaient, et ils doivent être excusés dans celles oii ils ont plutât manqué du bonheur de l'expérience que de la force du raisonnement, pasc Préface sur l» traité du vide. Il aurait pu encore tirer cet autre argument, volt. Dict. phil. Vérité. || On dit da même : tirer une conjecture de. Tirer un bon, un mauvais augure, un bon, un mauvais présage de quelque chose. Les présages qu'on tira du vol des oiseaux et des entrailles des victimes, FÉN. Tél. xxiii. Il Tirer l'horoscope d'une personne, faire son horoscope en vertu des préceptes d( l'astrolog'e judiciaire, jj Tirer les cartes à quelqu'un, lui prédire sa destinée d'après l'arrangement fortuit des cartes que l'on consulte. || Absolument et familièrement. Je ne tire pas les cartes, je ne me mêle pas de prédire ce qui adviendra. Il 41" V. n. Exercer une traction. On tirait fortement sur la corde pour amener le lourd fardeau. Il Cette corde tire, elle est bandée eilrêmemcnl ferme. || Terme de vénerie. Tirer sur le trait, se dit en parlant du limier qui trouve la voie e( Vf ul avancer. {| Terme de manège. Tirer au renard, se dit du cheval qui se jette violemment en arrière, lorsqu'il est attaché. || Terme de fauconnerie. Faira tirer l'oiseau, le faire becqueter en le paissant, el surtout en lui donnant un pât nerveux pourexcitei son appétit. || Dans une corderie, tirer au premier brin, peigner ou travailler le chanvre de manière à en obtenir les fibres du premier brin. ||4Ï* Terme familier. Aller, s'acheminer. Nous sominei découverts, tirons de ce côté, mol. l'Ét. m, 13. Quel caquet est le vôtre I Tirez de cette part; et vous, tirez de l'autre, id. Tart. n, 4. M. de Bouillon tira droit en Bourgogne d'où il était venu, st-sim. 2on, 176. Nous primes congé d'eux le lendemain matin après avoir fait un partage égal de nos espèces, e' nous tirâmes vers Valence, lesaoe, Gil. Bl. vi, 2. Pour arriver à son pied [d'une montagne), je tirai plus à l'ouest que je n'avais fait la veille, saussuke, Voy. Alpes, t. m, p. isc, dans pougens. || En tirant vers, à, sur, se dit en parlant des localités, pour en designer la direction. L'Arabie s'étend du désert de Jérusalem jusqu'à Aden, vers le quinzième degré, en tirant droit du nord-est au sudest, volt. Dict. phil. Arabes. Au delà do ces Iles, en tirant sur les Holuques, il y en a d'autres.... id. Mœurs, 149. || Tirer au large, s'enfuir. || Tirez, allez-vous-en, n'approchez pas, éloignez-vous. Tirez, tirez, vous dis-je, ou bien je vous assomme, mol. r^(. IV, 8. Tirez, tirez, monsieur le bailli, et rengainez vos procédures, le dé.f'unl n'est pas mort; le voilà que je vous amène, dancourt, Mari retrouvé, se. 23. Il Tirez, tirez, terme dont on se servait autrefois pour chasser un chien. Dandiu : Tirez, tirez, tirez. — L'Intimé : Notre père, messieurs... — Dandin : Tirez donc I quels vacarmesl Ils ont pissé partout. RAC. Plaid, m, 3. || Terme de vénerie. Tirez^ lirez, cbiensi cri donton se sert pour faire suivre les chiens quand on les appelle. {| 43" Tirer de longou le long, se dit de la bêle qui s'en va sans s'arrêter. || Dans le langage général, tirer de long, s'enfuir. La colombe l'entend, part et lire de long, LA FONT. Fabl. u, 12. Il Tirer de long, signifie aussi apporter des délais dans une affaire. {| 44° Terme de marine. Tirer à la mer, prendre le large. !i Tire avant I commandement qu'on adresse aux rameurs pour qu'ils nagent avec plus de vigueur. |{ 4S* Remettre à la décision du sort. On les fit tirer au sort. Ils tirèrent tous deux à la courte paille. On les fit tirer au doigt mouillé. Tenez donc, voici deux biicheltes; Accommodez-vous, ou tirez, la font. Fabl. m, a. || Tirer à qui..., décider par la voie du sort qui.... J'admirais la brutalité de quelques Anglais, de ces marauds sans doute qui tirent au billet pour un lésion à qui sera pendu; monsieur, ils fumaient nonchalamment dans un si grand danger, st-evhem. Sir Politick, n, t. N'avez-vous point trouvé qu'il [l'historien Josèphej jouait d'un grand bonheur dans celte cave où ils tiraient à qui se poignarderait le dernier? sÉv. I2janv. 1670. Il Tirer à la conscription, et, absolument, tirer, prendre un des numéros qui, à la conscription, décident si on sera soldat ou non. il tire cette année. Il Terme de jeu. Tirera qui fera, décider par le sort qui jouera le premier. || Fig. el familièrement. Tirer au bâton, tirer au court bAton avec quelqu'un, contester avec lui d'égal à égal (locution vieillie,
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10 disant d'un homme qui était iiifiniuni lians la chose dont OD conteste, i celui avec qui il cunlesle).
11 ne vous appartient pas de tirer au bâton avec lui. Il 48° Tirer des armes, ou, simplement, tirer, faire dos armes, s'exercer au maniement du fleuret, de l'épée, du sabre. Tirer au mur, à la auraiUe. Tirer de tierce, de quarte. Tirer en tierce, en quarte. 11 tire bien. Et moi, je leur ■outieiis i tous deui que la science de tirer des armes est la plus belle et la plus nécessaire de toutes les silences, mol. Bourg, gent. Ii, 4. Après trois mois de leçons je tirais encore à la muraille, hors d'état de faire assaut, i. J. rouss. Conf. v. Les fers une fois engagés, je n'ai plus songé qu'à ma besogne; car Daligiiy tire au moins de ma force, CH. DE BERNARD, la Pcau du Uon, XII. Il Tirer la main plate, enlever la main avec les ongles en l'air. Il Tirer dans le fer, tirer dans le côté oii l'adversaire est couvert. || Tirer dans les armes, allonger un coup d'épée entre les bras de son adversaire, ou, ce qui est la même chose, du côté gauche de son épée. || Tirer hors les armes, allonger un coup d'épée hors des bras de son adversaire, ou, ce qui est la même chose, du côté droit de son épée. Il Tirer sur les armes, porter une botte à son adversaire, dehors ou dans les armes, en faisant passer la lame de l'épée par-dessus son bras. || Tirer sous les armes, porter une botte à son adversaire, dehors ou dans les armes, en faisant passer la lame de l'épée par dessous son bras. || Tirer sur le temps, tirer au moment où l'adversaire va tirer. Il Fig. Tirer sur le temps, profiter prestement de l'occasion. || 47"Tirer d'une arme de Irait ou d'une arme à feu, la faire partir. Tirer de l'arc, de l'arbalète. Tirer de l'arquebuse. Tirer aux perdrix, au blanc. Tirer en l'air. Tirer juste. Tirer A boulet, à boulet! rouges, à coups perdus. Tirer à poudre, à balle, à plomb. Poudre à tirer. En parlant des bouches à feu, tirer d'écharpe, d'enfilade, à revers, de plein fouet, à ricochet, à toute volée, sur plateforme, à embrasure. Sur mer, tirer à fleur d'eau, en plein bois [dans le corps du navire]. Ils [les Hollandais] doivent avoir plus de monde tué que nous, d'autant qu'au lieu qu'eux tirent à démâter, nous tirons au corps du vaisseau. Relation du combat de Lipari, <8 juin (676, dans jal. Fais les avances; nous serons de moitié du prix, et je tirerai pour ton compte, dancourt, le Prix de l'arquebuse, se. 17. C'est de là, des fenêtres d'une maison qui subsiste encore [hôtel qui avait appartenu au connétable de Bourbon], qu'un jeune monarque... tira, la nuit de la Saint-Barthélémy, sur ses propres sujets qui passaient l'eau pour se sauver au faubourg Saint-Germain, saint-foix. Bss. Paris, Œw>. t. m, p. 25, dans pouoens. U avait appris à tirer chez les Bulgares, et il aurait abattu une noisette dans un buisson sans toucher aux feuilles, VOLT. Candide, (6. Il [un habit simple] l'empêchait d'être remarqué et d'être choisi par les ennemis, qui eussent tiré i sa personne, volt. Charles XIl, i. On a vu les Suisses au service de la Hollande tirer sur les Suisses au service de la France, ID. Diet.phil. Bala. Tirant de temps en temps sur quelques oiseaux, et souvent tenté de tirer sur lui-même; mais il aimait encore la vie, à cause de Mlle de Saint-Yves, ID. l'Ingénu, vu. Le canon tirait sur eux à cartouche ; mais le roi, qui se découvrait davantage, était le plus exposé, id. Charles XII, 8. Mes amis, fâché do la peine ; Surtout ne tirez point trop bas, bérano. Vieux caporal. Ils [les Husses] tirèrent mal, i! «st vrai la plupart en l'air et comme des gens troublés, mais de si près, que la fumée, les feux et le fracas de tant de coups épouvantèrent les chevaux wurtembergeois et les renversèrent pêle-mêle, ségur, Ilist. de .Vap. Ti, 2. Il Fig. C'était (l'évêque d'Avranches].... un saint évêque qui avait si peur de mourir hors de son diocèse, que.... il n'en sortait point du tout; il y en a d'autres qu'il faudrait que la mort tirât bien juste pour les y attraper, siy. « mai <68«. 11 faudrait voir comme on [une coquette] tira sur tout, sans distinction et sans choix, :d. ï6 mai ««7». || Tirer de loin, lâcher un coup à une grande distance de l'objet. || Fig. Le jour viendra, je l'espère, que nos discours seront un peu plus justes; on tire de si loin, qu'il est impossible de Uror droit, siv. 8 sept. i6»o. || Tirer au vol, ou an volant, tirer sur un oiseau lorsqu'il vola. Et quand un gentilhomme .. Sait tirer en volant, boire et signer son nom.RKONARO, Uénechm. m, 8. Il Fig. Il [le duo de Kichelieu] a de beaux éclai'rs, quand la rapidité des affaires et des plaisirs lui laisse des moments pourtireren volant «ui choses de litté-
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rature et de goût, vult. l.etl. d'Aryenlal, 28 janv. 1773. Il Tirer au juger, faire feu sur le gibier sans le voir, mais en jugeant par certains indices la place qu'il occupe. H Tirer à l'oiseau, chercher à iibaltre un oiseau de bois placé au haut d'une perche. Il Fig. Tirer sur, jeter ses vues. Il y avait un paient de l'abbé Bayanl, qui était avec nous à L^mglar; s'il y eût été en même temps que la duchesse, il eût été fort digne qu'elle eût tiré dessus, sÉv. 28B. Il Fig. Tirer sur quelqu'un, dire du mal de quelqu'un, ou bien en faire l'objet de plaisanteries. La satire entraîne toujours plus loin qu'on ne veut; c'est un si doux plaisir pour certaines gens de tirer sur d'autres, m"* de puisieux, Ridic. à la mode, p. 24u, dans pouoens. Notre intelligence n'échappa pas au marquis ; il n'en tirait pas moins sur moi : au contraire il me traitait plus que jamais en amoureux trzmsi, martyr des rigueurs de sa dame, J J. kouss. Conf. vi. || Fig. Tirer à cartouches, à boulets rouges sur quelqu'un, en dire les choses les plus ofTensanles. || Fig. Tirer sur quelqu'un à bout portant, lui dire en face des choses dures, ou lui lancer des épigrammes. Il Fig. Vous tirez sur vos troupes, .sur vos gens, sur vos pigeons, vous attaquez ceux qui sont dans vos intérêts. || 48* Il se dit aussi de l'arme à feu qui part et fait explosion. Son fusil vint malheureusement à tirer. Les cloches sonnent, le canon tire, cent mille voiilui répondent, volt. Amabed, l.ett. ib.|| Fusil qui lire juste, fusil qui ne fait pasilévier la balle ou le plomb dont il est chargé. || 49" Faire éprouver une sensation de tiiailleiucnt. La peau du visage me tire; El je ressens par tout le corps Certains frémissements que je ne saurais dire, dancoubt, Céphale et Procris, ii, b. H 60° Tirer au volume, se dit d'un libraire, d'un auteur qui grossit un ouvrage pour avoir un plus gros volume, ou plus de volumes. On tire au volume, non pas pour la raison qu'en donne Pline, qu'il en est d'un bon livre comme de toute autre chose, et que plus il est grand, meilleur il est ; mais parce que les plaideurs, dit-on, mesurent le prix du plaidoyer à son étendue et à sa durée, marmontkl, Qiuv. t. v, p. 318. Il Tirer à la ligne, allonger un article, un écrit, pour qu'il contienne plus de lignes et soit plus payé. Il 61' Tirer en longueur, se prolonger, ne pas sa terminer. Il me paraît que cette affaire va tirer en longueur, et prendre un tour assez désagréable, MAiNTENON, ùu. OU card. de Noailles, i janv. 4 696. Le siège tirant en longueur, duclos, (Eut), t. III, p. s. Il B2' Tirer à sa fin, être près de finir, d'être terminé. Cet ouvrage tire à sa fin. On espère que la maladie tire à sa fin. Ayant dîné ce )our-là fort sobrement à mon auberge, pour mieux ménager ma pistole qui tirait à sa fin, lesage, Guxm. d'Alf. III, 4. Il Ce malade tire à sa fin, à la fin, il est près de mourir. Trois neveux qui se sont assemblés chez lui, dès qu'ils ont appris qu'il tirait à sa fin, id. Diable boit. (2. Je ne sais si Votre Majesté est informée que U. Thiriot, chargé de sa correspondance littéraire, tire absolument à sa fin, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 9 oct, (772. Il 53° Tirer à des conséquences, amener, entraîner certaines conséquences. Laissez-moi ce discours [sur l'âge] ; quand vous le faites, il me pousse trop loin, et tire à de grandes conséquences, sÉv. à Urne de Gn'jnon, «7 juin (685. || Tirer à conséquence, se dit d'une chose qui peut avoir des suites graves, dont on pourrait s'autoriser, se prévaloir pour quelque chose de pareil. C'est une grâce que vous pouvez lui accorder, elle ne tire pas à conséquence. Il assura la fée que les bontés qu'il avait témoignées à Canadine ne tiraient point à conséquence, comte de caylds, Œuv. t. ix, p. 250. Il 64° Tirer à, avoir de la ressemblance avec. Et l'air de son visage a quelque mignardise Qui ne tire pas mal à celle de Dorise, corn. dit. n, ». Il Avoir le caractère de. Vous avez grande raison de ne me point mettre au rang de ces oncles trop oncles, et je n'ai pour vous que des sentiments qui tiient droit au paternel, boil. Lett. à la Chapelle, 3 janv. (700. Le monument ne me semble pas de fort grand goiit, et a une pesanteur, à mon avis, tirant au gothique, ID. Lett. à Brosseite, *t mai <707. Le style de Marguerite [Reine de Navarre] n'était pas des meilleurs, il s'en faut de beaucoup; il est lâche, difTus et embarrassé , tirant i la manière et au précieux, quand il n'est pas tendu, lourd et mystique, nodikr, Beii. des Deux-Mondes, 1839, p. 351. Il S'approcher de, en parlant d'une teinle Mlle de Scudéry était laide; son teint surtout, tirant au noir, ôiail à sa nguru toute prétention à la beauté,
T. COUSIN, Journ. des sav. avril 1868, p. 34t. Il 65° Tirer sur, avoir quelque rapport, quelque ressemblance. Un peu tanné, sauf votre honneur, Ut tirant sur le rainonneur, scarh. Virg. iv. Un portier rustre , farouche, tirant sur le Suisse, la BHUY. VI. Crosat revint à la cour avec une physionomie entièrement changée et qui tirait sui !• niais, st-sih. 67, Itn Délicats sentiments tirant sur la fadeur, dukrénv, Jfor. fait et rompu, m, 4. Je remarquai qu'il écoutait le récit qu'on lui taisait, d'un maintien froid pensif et tirant sur l'austère, mariv. Pays. parv. 2° part. || Il se dit particulièrement des couleurs, des nuances. Couleur de marron tirant au gris cendré, buff. Ois. t. V, p. 192. Un brun tirant sur le roux, id. ib. t. V, p. 440. Il 66° Se tirer, v. réfl. Se délivrer, se dégager, sortir. Il s'est tiré de prison avec beaucoup de peine. Il sait bien se tirer d'un pas si hasardeux, corn. Hcn'. iv, 2. Ma foi, quand j'y songe, j'ai fait fort sagement de me tirer de cette affaire, mol. Har. forcé, ib. Je retiens toujours ce que vous m'avez mandé : on se tire de l'ennui comme des mauvais chemins; on ne voit personne demeurer au milieu d'un mois, pour n'avoir pas le courage de l'achever : c'est comme de mourir, vous ne voyez personne qui ne sache se tirer de ce dernier rôle, sÉv. à Mme de Grignan, 28 aoilt 4675. Vivent les gens d'espriti ils se tirent de tout, th. corn. D. Ces. d'Àvalos, i, t. Pour se tirer de peine Chacun promet assez : Mais la promesse est vaine Lorsque les périls sont passés, Qum. Thés, m, 6. J'ai su par adresse me tirel des mains du duc de Bourgogne , kén. i>tal Louis XI, Ixntis Xll. C'est un calme dont voui aurez plus de peine à vous tirer que de la tempct< même, mass. Àvent, Délai de là corm. Il [d'Anbigné] se tirait des réprimandes qu'elle lui faisait, par des plaisanteries qui réussissaient presqu» toujours avec Mme de Maintenon, quand elles étaient faites avec esprit, m"' de Caïlus, Souven. p. 263, dans POUOENS. Comme il n'y avait que ma conduite qui pût dépendre de moi, et que d'ailleurs je savais que les princes se tirent toujours d'affaire, staal, Mém. t. ii, p. 4 25, Je ne me tirai pas mal du rôle ^e vieillard [dans une tragédie], attendu que malheureusement je le joue d'après nature, VOLT. Lett. Tressan, 3 févr. 4 768. Croyez-vous do bonne foi que, si vous eussiez eu un compte rapide à rendre d'un aussi grand nombre d'artistes et d'ouvrages, vous vous en seriez mieux tiré que lui? DiDER. Lett. à Falconet, sept. 4 766. De quoi ne se tire-t-on pas avec des distinctions? iD. Opin. des anc. philos. [Chinois]. Klle avait tous les talents nécessaires pour se bien tirer d'une négociation, J. J. ROUSS. Confess. iii.||Il se tirerait d'un puits, se dit d'un homme qui vient de sortir de quelque d.inger, de quelque embarras très-giand, et, en général, qui est ordinairement très-heureux ou très-habile. || Familièrement. S'en tirer, s'en bien tirer, sortir heureusement d'une maladie, d'une affaire fâcheuse. Oue dis-tu de l'histoire et de mon artifice? Le bonhomme on tient-il T m'en suis-je bien tiré? corn, le Ment, n, e. Je crains bien que ce ne soit ton maître. — Qu'importe? il s'en faut tirer, hauteroche, Crisp. médec. ii, 7. L'autre aussitôt de s'excuser, Alléguant un grand rhume : il no pouvait que dire Sans odorat ; bref, il s'en tire, la font. Fabl. vu, 7. Vous ai-je mandé que la bonne marquise d'Uxelles a la petite vérole? on espère qu'elle s'en tirera : c'est un beau miracle à nos âges, SÉv. 30 sept. 4676. || On dit de même : il s'est fort bien tiré de là. Vous aurez quelque peina à vous tirer de là. || S'en tirer mal, ne pas sortir heureusement, avec habileté, d'une affaire, d'un embarras. U oublie de dire ce qu'il sait, ou de parler d'événements qui lui sont connus; et, s'il le fait quelquefois, il s'en tire mal, LA BRUï. VI. Il Gemment vous en tirez-vous? comment s'en tire-t-il, se dit pour s'informer comment on mène quelque affaire, quelque occupation. El le jeu? comment vous en tirez-vous? sÉv. 455. Il Se tirer de la presse, de la foule, se mettre hors du rang des autres. Quelques hommes importants à la cour qui s'étaient persuadés que Son Altesse Sérénissinie [le comte do Clermont] ne pouvait paraître à l'Académie sans y occuper une place qui le tirât, disaient-ils, de la foule, dont il se lirait bien mieux en cherchant à s'y cacher, d'alemb. Ofuo. t. XI, p. 440. Il Se tirer du pair, sa lirer de pair, s'élever au-dessus des autres, avoir quelque avantage particulier. || 57" Être ôté d'un lieu en parlant d'un objet, il couchait dans une cha;ubre haute où l'on montait par une échell»
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qui, apparemment, se tirait quand 11 y était entré, ROLi-ra, Hitt. ont. (Eue. t. t, p. 432, dans poo- OKNS. Il 58° fttre mis tior». Les enfants des dieux, pour ainsi dire, se tirent des règles de la nature, et eu sont comme l'exception, la brut. ii. Il 69* Être extrait de, par distillation ou expression. L'huile se tire de» olives. || 80* Être extrait de, par la mine, la pioche ou la pelle. Ce marbre le tire ds telle carrière. || 61' fitre obtenu, recueilli. Tire le bien du mal, lorsqu'il s'en peut tirer, Régnier, Sat. xv. C'est principalement de ce concile (de Trente] que se tireront des cclairrissemenls qui devront contenter les protestants, Boss. Projet de réunion, Lettre *o. Louis Xlll avait prédit à mon pèr-î le grand parti qui se pouvait tirer dcBlaye, sT-sm. ï, H2. || 6J* ftlre l'objet d'un tir. Tout le monde est rassemblé dans les avenues où se tire le prix, dancolrt, le Prix de l'arqueb. se. n. ||63" Être imprimé. Cet ouvrage se lire à mille exemplaires. || 6i' Être conclu comme conséquence. I.a grandeur de l'homme est si visible, qu'elle se tire mémedesa misère, pasc. Pens. i, 4. Il Proverbe. On tirerait plus tôt un pet d'un âne mort qu'un sou de sa bourse, se dit d'un avare duquel on ne peut rien obtenir. || On dit de même : On tirerait plutôt de l'huile d'un mur, que de tirer de l'argent de lui.
— HiST. XI* s. [Il] Tiret sa barbe cum hum ki est iret, Ch. de Roi. clxxiii. || xii' s. Bien savez e veez à quei il [le roi] tent e tire. Th. le mart. 38. Tant ont crret et lor voie tirèrent, Qu'à Ribuemont i quinze jors revinrent, Raoul de C. 26). Il ira' 8. Si tost com l'achoisist, a sa resne tirée, Berte, xm. Après le roi mon père si fort II çucrs [coeur] me tire, i6. Lxxxviii. Mainte paume Batue et mains cheveus tirés, ib. cxxxii. Lors a pris s'espée à tirer Du fuerre [fourreau], si l'en volt ferir, B«n. 4227. Et sa femme vers soi le tire. Qui bien voit qu'il est à mesaise, la Rose, I8602. Ces nefs, qui vont amont ce flun, se font tirer, pour ce que l'aiguë court trop fort; car autrement ne pourroient-ellei monter, marc pol, p. 478. X ce lirons «or tote rien, Ou'el se marit et bel et bien, Portonop. V. 653.1. Tant comme la chose est plus pesanz, tant se tire ele plus vers abisnie, bbun. latini. Trésor, p. ti3. Seigneurs, ne regardez qu'à main senestre, pour ce que chascun i tire, joinv. 224. Vous orrez tout en un tirant [vous entendrez tout de suite], Hist. du trois Maries, ms. p. 74, dans LACURNK. Il xiv S. En la ville |de la Rochelle] n'i ot si petit ne si graul. Qui à estre françois n'alast moult désirant; A sa nature va Ii lieux tousjours tirant, Guesel. 18770. || xv* s. Après ce que les barons du royaume lui eurent faict feauté et hommage, excepté le jeune roi d'Angleterre, qui encores ne s'estoit tiré avant, fhoiss. i, i, 5(. [Jacques d'Artevelle voulait s'échapper par derrière] mais son hostel estoit jà rompu et effondré par derrière, et y avoit plus de quatre cents personnes qui tous tiroient à l'avoir, m. i, 1, 248. [Je] deis la cause qui me menoil et le désir qui me tiroit de servir et plaisir faire à sa haultece, CHRIST. DE piSAN, Charles V, i, 2. Le menu peuple tire tantosl la vie des souverains en exemple, Bouciij. IV, 8. Le suppliant aperçut des oultardes, esquelles il se adressa pour y tirer, du cange, cavalcare. Au partir de la porte, il n'avoit que six lances, mais tout le monde cominencea à tirer après luy, llist. d'Àrtus lll, p. 700, dans lacurne. Atant picquerent les deux chevaliers l'ung à l'enoontre de l'autre tant que les deux chevaulx povoienl tirer, Perceforest, t. vi, f" 63. Le cheval sur quoy Lancelot estoit monté estoit ung pou trop tirant, si le portoit oultre sa volonté mainleffois, Laruelot du lac, t. i, f <27, dans lacurne. Et lors madame, tout en riant et par manière de farce, tout àpart le tira, et puis coiement luy dit.... Jeh. de Saint, ch. ix. Lors tira son chemin devers Noyon, comm. i, 2. Disant que l'on estoit en péril, et conseilloit tirer à l'aube du jour le chemin de Bourgongne, m. i, 4. Il (Louis XI] tyra en Noi^ mandie pour assembler ses gens, 10. i, 5. Le cueur leur tyra plus à la paix que à la guerre, id. iv, 0. Et croy que il disoitvray, se les choses se fussent tirées oultre, m. iv, «. Leurs conseils estoient longs; et cependant le roy tiroit avant, ro. vu, 16. ||xïi« g. Tant teslonné, Unt bien tiré, tant bien espousseté, hab. Garg. 1, ib. Et lor» ceasoil de manger quand le ventre luy tiroit, id. ib. i, 21. Tirans les langues comme lévrier», m. ib. 1, 33. L«s coupz d'artillerje que l'on liroyt du chasteau, id. ib. I, 34. Le froc tire à soy les opprobres, comuie le vent dit cecias attire les nues, id. 16. i, 40. Je
vous envoyé son pourtraict tyré sur le vif, id. Bp. ». Les plus ordinaires occasions se tirent de cette practique, mont, i, 25. A quoy faire y reculez vous, si vous ne pouvez tirer arrière? m. 1, 80. J'advisay d'en tirer quelque usage, 10. I, »R. Quoy qu'il en soit, nature tirera cependant son train, ro. 1, M. Il tire le bonnet [il salue].... m. I, 4(>a. Ils tirent seurement de leurs arcs en nageant, id. i, (12. Tirer une promesse de quelqu'un, id. i, <2o. De» chariotes tirées par des bœufs, id. i, 2S8. Tirer à quelqu'un force coups de traicts, id. i, 23b. Un parler sec, qui tire un peu vers le desdalgneui, ID. I, 292. Il tira le ver du nez à un certain ambassadeur que.... id. n, (3. Quand les peintre» nous tirent, aprez le naturel, un subiect qui nous est familier, in. 11, 282. Du sang tiré soubs l'aile droite d'un pigeon, m. 11, 2)3. Tout le plaisir qui se peult tirer de leur art, m. il, )04. Les brigands, pendant qu'il passoit par les lieux où ilz se tenoient, se cachoient de peur et »e tiroienl arrière, amyot. Thés. 7. iEgeus tira au sort les autres enfans qui dévoient aller quand et luy, id. ib. i9. Lll police de Lycurgus estoit austère et plus tirant au gouvernement de la noblesse, id. Lyc. et Num. comp. 4. Sans s'arrestcr aux larmes des passagers qui se tourmentent d'elTroy et tirent du cueur... id. Péric. 03. Tirer une guerre en longueur, ID. Fab. 20. Il tiroit un vent impétueux et linislant comme un estourbillon de foudre, ID. ib. 32. E^'alcus luy tira un coup d'cspée.... et Pyrrhus tout aussitost luy tira un coup de javeline, dont... ID. Pyrrh. ^o. Le roy luy feit mener après luy quatre vingts vaches pour les tirer, et en avoir le laict frais par chacun jour, id. Artax. 3). Quelques vaisseaux qui tiroient moins d'eau passent entre la terre et Barbarico, d'aub. Hist. 11, 80. Tu estimois la mort en liberté plus chère Que tirer en servant une haleine précaire, id. Tragiques, éd. LALANNE, p. ))6. Et quand dans les ruisseaux jusqu'à la rive pleins Les hommes tiraient l'eau dans le creux de leurs mains, bons. 935. Calvin.... le laissa comme tirant à la mort et ne parlant plus, BKZE, Vie de Calvin, p. 9). Les petits enfants à la mamelle de leurs mères allangouries, tirants pour néant et ne trouvants que sucoer, Sal. Mén. p. )(0. Il a dutoutperverty et tiré au poil [tiré par les cheveux) les passages de l'Escriture, Dialogues de Ta/iureau, p. )29, dans lacurne. Bref, qui veut en tableau tirer la poésie, Déesse qui du ciel tombe en la fantaisie. Qu'il tire de Ronsard seulement le portrait, ah. jamin, Poésies, p. 234, verso, dans lacurne. Ce qu'assemble pille pille, desassemble tire tire, cotgrave. On touche tousjours sur le cheval qui tire, ID. Il [Charles IX] prist une grande harquebuze de chasse qu'il avoit, et en tira tout plein de coups à eux [aux protestants], mais en vain, car l'harquebuze ne tiroit si loin, BRANTÔME, Hommes illustres, Charles IX.
— ETYM. Berry, tirer, teter; tirer sur, se diriger vers; provenç. e»pagn. et portug. tirar ; ital. lirare; du germanique : goth. tairan; anc. hautail, xeran; néerland. téren; angl. tear, déchirer, rompre; sanscr. dar; grec, 8i(p<o.
t TIRERIE (ti-re-rie), s. f.\\l' Atelier où l'on étire le flj de fer. La tirerie des fils d'acier et de fer. Il 2* Échange prolongé de coups de fusil entre deux troupe».
— HIST. XVI* s. Le lundy en après, renforchent leur tirrie X la tour Nostre Dame sans faire grand turie, MOiuN, Siège de Boulogne, p. 37.
— ÊTYH. Tirer.
t TIRK-SAC (ti-re-sak), s. m. Nom, dans les moulins, d'un mécanisme employé à monter ou descendre le» sacs de blé, de farine, etc. || iu plur. Des tire-sacs.
t TIKK-SÉVE(ti-re-sè-v'), ». m. Branche garnie de bouton».
t TIRE-SOU (tire-sou), ». m. Terme populaire. Usurier. || Importun qui demande sang cesse de l'argent. || .4u plur. Des tire-sous.
TIRET (ti-rë; le I ne se lie pas ; au pluriel, l't se lie : les ti-rè-z et les papiers; tirets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. \\ 1" Petit morceau de parchemin long et tortillé, servant à enfiler et i attacher des papiers. Et aussi les deux tirets de parchemin pendants sur le pli ne peuvent pas faire voir qu'il y ait jamais eu de scel , Procès-verbal du 12 août )ae5, du greffier de l'ileetion de Laon. Il On disait aussi queue. || 2* Petit trait horizontal dont on se sert pour joindre certains mots qui proprement sont cen.sés n'en faire qu'un, comme tout-pijissant, belles-lettres, etc. || En ce sens, les grammairiens disent trait d'union, et les
imprimeurs division. || S' Ce même trait sert aussi, placé au bout de la ligne, i indiquer qu'un mot n'est pas flni. ||4* Terme de typographie. Ligne qui indique un nouvel inlerlorulcur dans l"- dialogue ou une suspension dan» le discours. ||S*Pi«c« de bois qui sert d'arc-boutant dans un moulin.
— HIST. XVI* g. Lettre qui n'avoit point (ité leue, encor que le tiret en eust esté rompu, gULir, Mém. t. IX, p. 120.
— f.TYM. Tirer.
TIRETAINE (tl-re-tè-nl, ». f. Sorte de droguet de drap grossier, moitié laine, moitié fil. Tire- ■taines larges; cbatne : lin ou chanvre; trame : laine du pay» cardée, Tatit. ann. aux Ittt. pat. du •l'îjuill. )78<', Orléans.
— HIST. XIII* s. Reubes qui ne soient trop caiides ni trop froides, si com de tiretaines, de dras de coton, alebrant, f* 24. Je le vi [Louis IX| aucune foiz en esté, que, pour délivrer sa gcnt, il venoit ou jardin de Paris, une cote de chamelol [camelot] vestue, un seurcot de tyreteinne sanx manche», jomv. )99
— 6TYM. Origine inconnue ; génev. tredaine, tridaine. On écrivait aussi (ir(atn«, Àrrtt duConseil, 12 févr. )7)8.
t TIRE-TF.RRB (ti-re-té-r^, ». m. Outil du carrier pour enlever la terre qui retient les pierres. 't TIRE-TESTON (ti-re-tè-ston), ». m. Se dit de tout jeu de cartes oii l'on convient que celui qui gagnera le coup tirera seulement une pièce de monnaie de la masse. Jouer an tire-teston, i tircleston. Il On dit dans un sens analogue tire-sou.
TIRE-TËTE (ti-re-tê-f), ». m. Terme d'obstétrique. Instrument pour extraire la tête de l'enfant mort dans la matrice. || Au plur. Des tire-tétes, selon l'Académie, qui pourtant écrit des serre-tête.
t TIHETOIRB (ti-re-toi-r'), ». f. || 1* Outil du tonnelier. || 2* Instrument dont les dentistes se servent pour extraire les incisives et les racine» de la mâchoire inférieure.
t TIRKTTE (ti-rè-f), ». f. \\ 1* Cordons fixés aux coutures des lés d'une jupe de robe de femme i l'envers, se réunissant i la taille et servant à relever celte jupe symétriquement. || 8° Long sarment de vigne contourné. || 8° Plaque de fer qui sert à boucher le tuyau de la cheminée du fourneau de distillateur. || i* Morceau de cuir dont on se sert pour remettre l'escarpin sur la forme.
-- KTYM. Tirer.
TIREUR , EUSE (Ii reur, reû-z");, ». m. et f. Il 1* Celui, celle qui tire. Bpurgelat,... c'est un de» meilleurs tireurs de la voiture philosophique, d'alemb. Lett. à Volt. 29déc. )703. || 2" Dans les fonderies de plomb pour les armes i leu, ouvrierqui tire de la chaudière le plomb fondu et qui le verse dan* les moules. || Ouvrier qui applique le mordant sur les toiles peintes. I.o mordant coloré dont on doit se servir est conlenu dans une terrine ; un ouvrier, qu'on nomme tireur, prend ce mordant avec une maniette.... Diet. des Arts et met. Toiles peinte». Il Tireur, euse, ouvrier, ouvrière, chargés de tirer les ficelle» des scmples dans une manufacture d'étoffes. Il Nom de jeunes ouvriers qui tiennent les deux extrémités d'un rouleau de papier de tentur» pendant qu'on l'imprime. || 8" Tireur d'or, ouvrier qui tire, bat et file l'or, l'argent ou l'argent doré. On a fait ici une capture de voleurs de grand chemin.... il y en a un de Paris, fils d'un tireur d'or de la rue Saint-Denis, gui patin, Lett. t. 11, p. 248. Il Ouvrier épingller. |i 4* Tireur de mine, ouvrier qui travaille dans les mines. Un morceau de mina de fer cubique, semblable à celui de Sibérie, que mes tireurs de mine ont trouvé dans le territoire de Montbard, bukp. Wi.vl. min. Introd. Œuv. t. vin, p. )02. ||5* Homme qui lire le bois de» trains de bois. Il 8" Tireur de laine, se .lisait anciennement d'un filou qui volait le» manteaux de laine. Ce pillage [des troupes], qui éuit trouvé tout aussi mauvais au parlement que celui des tireurs de laine sur le Pont-Neuf, rftz, iv, )35. Il 7* Aujourd'hui, »n terme» d'argot, tireur, voleur à la tire. || 8* Celui, celle qui tire du vin d'un tonneau. L'une pourtant des tireuses de vin De lui sourire au retour ne fit faute, la font. Rémois. Il 9° Celui qui extrait par voie de distillation ou autrement. Appelons-les, s'il vous plaît, des tireurs d'essences; ils mettent leurs avis à l'alambic..., balz. De la cour, 3* dise. || Fig. Tireur d'éclaircissement, s'est dit de celui qui veut qu'une personne s'explique sur quelques paroles qu'elle a dites. Je vois bien que H. le Maistre est un lircur d'éclaircissement, balz. liv. vi , lell. -i. Je conjure mon bon génie De me tirer de la manie Des ti-
TIR
nan d'éclaircissements, mainard, dans RicitELET. 1110" Tjreiise de caries, prétendue devinereise qui prédit l'avenir, d'après les diverses combinaisons des caries. Elle fait des livres, elle est hardie, tranchante, romanesque, athée, et tremble devant une tireuse de cartes, picard, l'rovinc. à Paris, II, «. Il 11 y a aussi des tireurs de cartes. || Tireur d'horoscope, en un sens analogue. Après les tireurs d'horoscopes, marchaient les scribes des choses sacrées, DIDER. Opin. des anc. philos. {Égyptiens). Il 11* Celui qui s'exerce au tir; celui qui tire, qui chasse au fusil. C'est un bon tireur. Victoire, victoire 1 Salut, honneur Au bon tireur! dancourt. Prix d» l'arqueb. se. 22. || Absolument, chasseur qu'on entretient pour tuer du gibier. || Se dit aussi en parlant de ceux qui, dans une battue, sont chargés de tirer, tandis que d'autres font la battue. Il 12* Il se dit de .soldats envoyés pour faire des décharges d'armes à feu. On disposa des tireurs sur plusieurs points. || 13* Anciennement, tireur d'armes, celui dont la profession est de montrer à faire des armes; on ditaujourd'hui maître d'armes. Tout beau, monsieur le tireur d'armes; ne parlez de la danse qu'avec respect, mol. Bourg, gent. ii, a. Bussy-le-Clerc, l'un des Seize, qui, de tireur d'armes, était devenu gouverneur de la Bastille et le chef de cette faction, volt. Henr. iv, ffotes. || Absolument, il se dit aujourd'hui de celui qui fait des armes. C'est un bon, un médiocre tireur. Il Terme d'escrime. Arrêter un tireur, prendre un coup d'arrêt sur une marche avec opposition. Il Tireur d'armes, coquille univalve. || 14° Terme de commerce. Celui qui tire une lettre de change »ur quelqu'un. || 15* Tireur de prime, se disait au jeu de prime. Ce qui y est y est [dans un événement dont on ne connaît pas encore l'issue] ; et l'inquiétude, non plus que les façons des tireurs do prime, ne fait rien à l'affaire , sÉv. )4 août i'ia.
— HIST. xv* s. L'umble supplication desmaistres ouvriers du mestier de tireur de fil de fer de nostre ville de Rouen, Ordonn. mai U85. || xvi' s. Un rude tireur le floret an poing, mont, i, 164. Les coucons ainsi préparés attendront le loisir du tireur, 0. DE SERRES, 403. Coupeurs de bourse et tireurs de laine, Brantôme, Hom. ill. Charles IX.
— ETYM. Tirer ; prov. et esp. tirador ; it. tiratore.
+ TIRE-VKILLE (ti-re-vè-U"), s. f. ferme de manne. Corde servant de rampe à l'esc.ilier extérieur d'un navire; il y en a une de chaque côté de cette échelle. Il Par extension, les ganle-tuus ou sauvegardes tendus sur le beaupré.
— ÊTYM. Tirer et veille ; veille à ce que la corde ne casse, et tire sur celte corde, pour t'aider i monter, jal.
t TIRE-VERGE (ti-re-vèr-j'), ». m. Outil de fabricant de bas.
t TIRICA (ti-ri-ka), s. m. Perroquet d'Amérique.
t TIRIT (ti-ri), s. m. Il !• Un des noms vulgaires de Vaecentor alpin (insectivores) de Vieillot, dit aussi moucbet. || 2* Un des noms vulgaires de Vembérise miliaire (granivores) de Gmelin, appelée autrement proyer, lbooarant.
TIROIR (ti-roir), s. m. || 1* Petite caisse emboîtée dans un meuble au moyen de deux coulisses, et qui se tire par un bouton, un anneau ou une clef. Ouvrir, fermer un tiroir. || Fig. La mémoire I i ce nom se troublent tous nos sages : Quelle main a creusé ces secrets réservoirs? Quel dieu range avec art tous ces nombreux tirojrs, Les vide ou les emplit, les referme ou les ouvre î de- ULLE, Imag. i. \\ Fig. E^ termes de théâtre, pièces i tiroir, comédies .sans nœud et sans dcnoùment, et qui ne sont qu'une suite de scènes. Ces sortes de pièces s'appellent familièrement pièces à tiroir, LAHARPE, Coufî de litt. t. IV, p. 469. || J* Il se disait des lanières qui s'attachent aux fermoirs de livres. || 3' Pièce essentielle des machines à vapeur, formée d'une caisse que divise en deux parties une cloison perpendiculaire à la longueur du cylindre. Le tiroir est mobile dans des coulisses placées surce cylindre, et animé d'un mouvement de va-et-vient au moyen d'une tige mue elle-même par l'arbre de couche. Les tiroirs, en distribuant alternativement la vapeur en dessus et en dessous du piston, font communiquer en temps convenable le haut ou le bas du cylindre avec le conden- •eur, LEGOARANT. || 4' Cylindre de la machine à friser les élolTes. || 8" Morceau de fer plat qui serl à fixer le canon sur le fût du fusil. || S- Fig. et familièrement, en théorie militaire, le second rang d'une troupe formée sur trois rangs. Les hommes (te petite taille sont ordinairement placés dans le tiroir. Il 7* Terme de fauconnerie. Objet propre à
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attirer l'olsoaii, pour le rcpremlrc au poing' jn ^e sert d'aili'S de chapon ou de coq-d'inde
— HIST. xiv S. Celui qui tendra [tiendra] le faulcon luy doit osier le chaperon par la liroire, Jfodui, f" Lxxxiii. Un très bel messel, bien escril et bien enluminé, qui est pour le roy en son oratoire, à deux fermoirs d'or, hachiez i. fleurs de lys, et les tiroirs des chaincttes d'or à un petit lis au bout, DE LABORDE, Émaux, p. 5)0. ||xv"s. Un certain engin à relier tonneaux, appelé tirouer, DU CANGE, tiratorium. || xvi' s. Je m'en voys après mon tirouer. Quel tirouer, dist Gargantua, entendezvous? Mon bréviaire, dist le moyne,RAB. Gorg.i, 4i.
— F.TVM. Tirer; Berry, (trouer, ttroutf. tTIIiOLE(ti-ro-l'), «./'.Terme de pêche. Filetàtrès-
pelites mailles en tramail, ayant cinq ou six pieds en carré et monté sur une perche de douze pieds.
TIRONIEN, lENNE (li-ro -niin, nié- n'), odj. Terme d'antiquité romaine. Oui appartient à Tiron. Il Notes tironiennes, sorte de sténographie. L'art de ces notes (notes tacliygraphiques, dont chacune exprimait soit une association de mots, soit un mot, soit une syllabe). Introduit, suivant Isidore, chez les Romains par Ennius, fut tellement perfectionné et pratiqué par Tiron, l'affranchi de Cicéron, qui l'employait à relever ses plaidoyers et ses discours prononcés au sénat, que ce genre d'écriture fut appelé notes tironiennes, nom qu'il a conservé, feuillet de conches , Causeries d'un curieux, ii, 7. || Alphabet tironien, table alphabétique et explicative des notes tironiennes.
t TIROT (ti-ro), s. m. || 1' Voy. tireau. || %' Raie bouclée.
t TISAGE (ti-za-j'), s. m. Action de chauffer le four dans une verrerie.
— ÉTYM. Tiser.
TISANE (li-za-n'), s. f.\\ 1* Boisson qui ne lient en dissolution qu'une petite quantité de substances médicamenteuses, et que l'on administre dans les maladies pour aider l'action des médicaments plus actifs. Une tisane dont un jésuite d'ingolsladt lui avait donné [à Leibnitzj la recette lui causa des convulsions et des douleurs excessives, dont il mourut le U novembre 1718, dider. Opin. des OTic. philos. {Leibnilzianisme). || Tisane purgative, celle où l'on a mêlé quelque purgatif. || ï° Tisane de Champagne, vin de Champagne plus doux, plus sucré, moins spiritueux.
— HIST. XIV" s. Tizanne doulce : prenez de l'eau et faites boulir, puis mettez pour chascun sextier d'eau une escuel.t d'orge largement, Ménagier, II, 5. ||xvi' s. Plisan^ qu'on appelle communéement tisane, H. est. Précei.,ence, p. 2)8.
— ÊTYM. Prov.lixono, tipsana; esp.etit. tisana ; du lat. ptisana, de Tt-riiivri sous-entendu xplB»), orge broyée (de r.Ttaoïo, piler), parce que la ptisane était une décoction d'orge broyée.
t TISANERIE (ti-za-ne-rie), s. f. Lieu d'un hôpital où se font les tisanes.
f TISARD (li-zar), s. m. En métallurgie, ouverture principale par où les fourneaux tirent l'air.
— ÊTYM. Tiser.
t TISER (ti-zé), V. a. Introduire du combustible dans un four de fusion.
— ÊTYM. Voy. TISON.
fTISEUR (ti-zeur), s. m. Ouvrier chargé de chauffer le four d'une verrerie.
t TISIPHONE (ti-zi-fo-n'), s. f. L'une des trois Furies. || Fig. Ai-je offert à tes yeux ces tristes Tisiphones, Ces monstres pleins d'un fiel que n'ont pas les lionnes? boil. Sat. x (Voltaire ne veut pas de cette rime, il prononçait 6ne, Lett. Laus, ï déc. <770).
— ÊTVM. Tiui(fôvT„ rie tlffii, punition, et çévo«, meurtre : celle qui venge le meurtre.
t TISOIR (li-zoir), s. m. Instrument pour attiser le feu d'un four do fusion.
TISO.N (ti-zon),.ï. m. Ill" Reste d'une bûche, d'un morceau de bois dont une partie a été consumée. Je trouve des tisons du feu de la Saint-Jean, Régnier, Sal. XI. J'agace mes tisons; mon adroit artifice Reconstruitde mon feu le savant édifice, delille, Trois rég. l. Faisons, comme un tison qu'on heurte audur chenet, Étinceler la vie, v. uugo, Crép. a». || Familièrement, on dit que les tisons se baisent, quand ils sont à peine rapprochés et font un maigre feu. Nous ne retrouvions au logisque le feude quelques tisons qui se baisaient sous la marmite, il auxquels à peine tour à tour nous était-il permis de dégeler nos doigts. MARMONTEL, Mém. i. || Familièrement. Garder les tisons, être toujours sur les tisons, avoir toujours le nez sur les tisons, se tenir constamment près du feu. Il Fig. et familièrement. Cracher sur les tisons.
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se dit des gens âgét qui ne quittent pas le coin de feu. Il Fig. Les tisons, le foyer, le logis. On n« peut s'amuser à rien ; quand on est loin de ses ti« sons, il faut courir, sÉv. 22 nov. 1671. || Fig. Prendre le tison par où il brûle, commencer une affaire autrement qu'il ne faut. || Terme de mythologie. Tison de Méléagre, tison auquel était attachée la vie de ce héros ; les Parques entrèrent dans la chambre d'Althaea, sa mère, et lui dirent que son fils vivrait jusqu'à ce que le tison qui était au feu fût consumé; Méléagre ayant tué les frères d'Althaea à cause des querelles suscitées par les dépouilles du sanglier de Calydon, celle-ci conçut un tel courroux qu'elle jeta au feu le tison fatal; et Méléagre mourut. Il 3" Fig. Ce qui allume, enflamme, comme fait un tison. Oui, je suis votre honte et le fatal tison Qui remplira de feu toute votre maison, DESMARETS, Visionnaires, iv, «. Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette. Le malheureux tison de ta flamme secrète, mol. Sgan. 6. 1| Tison de, la discorde, personne qui porte le trouble, la dissension, la sédition (la Discorde est représentée un tison allumé à la main). Tison de la discorde et fatale furie. Que le démon de Rome a formée et nourrie, rac. Withr. v, t. || Tison de discorde, «a dit aussi d'une ch^se qui est une matière de di-> coriie, un sujet de dissensions. L'indigence, qui es; le tison de la discorde, comte de catlus, Acad. d* ces dames, Œuv. t. xii, p. 95. || Fig. Un tison d'enfer, personne perverse, dign» de brûler en enfer. Adieu, tison d'enfer, fesse-mathieu femelle, re- GNARD, le Joueur, v, io. Les jésuites aussi criaient contre Pascal, et l'eussent appelé pamphlétaire; mais le mot n'existait pas encore; ils l'appelaient tison d'enfer, la même chose en style cagot, p. L. COURIER, Pamphlet des pamphlets.
— iiisT. XII" S. De trois tisons [morceaux de bois] est faite ceste sente, por ceu ke li piet de ceos [ceux] ki à lei se vorronl apoier, ne puist glacier [glisser] en la voie, st bern. 5C8. || xiii* s. Lors le» ont mises sor la brese Qui des tisons lor fu reniese, flen. 928. Toutevoiz trouva l'en par le» quatre plungeurs, que, au froter que noslre nef avoit fait au sablon, en.avoitbien osté quatre taises [toises] du lyson [quille] sur quoy la nef estoit fondée, jomv. 283. Quar on puet [peut] de legier esprendre Sans painne et sans aatisson Un auques enarse tisson [un tison déjà un peu briilé], MousKES, ms. p. 149, dans lacurne. || xv" s. Assez esteint est en moyie tison De sot désir.... CH. d'orl. Bail. 121. Sur le Noël morte saison.... Et qu'on se tient en sa maison Pour le frimas, près du tison, VILLON, Vet. testaM. || xvi" s. Chascun buschet fait son tison, liroui de lincy, Prov. t. ii, p. 267. Tison brusle tison, id. «b. p. 42fl. Vieilles amours et vieux tisons s'allument en toutes saisons, id. t'b. p. 434. Le tison qui l'esveille et l'embrase et la lue Lui faict pour le plaisir mespriser bruit et veue, d'aub. Tragiques, éd. lalanne, p. HO.
— ÉTYM. Prov. tizo, tuxo; cal. tiô; esp. Kioji; portug. tiçdo ; ital. tiizo, tizxone ; du lat. litionem.
TISONNÉ, ÉE (ti-zo-né, née), adj. Nom donné à la robe blanche ou grise sur laquelle se trouvent des taches noires allongées, qui semblent avoir été faites par le frottement d'un tison charbonué Cheval tisonné. Jument gris-tisonnée.
— HIST. xvi" s. L'autre met dextrement >i tigres aux attaches, Tizonnez sur la peau, b. bei/ leau. Polîtes, t. I, p. 18, dans lacurne.
— ÊTYM. Tison.
TISONNER (ti-zo-né), t». n. Remuer les tison» sans besoin. Et même en raisonnant on aime À tisonner, du cerceau, Pois, les Pincettes. Chaque saison a ses plaisirs ; celui de tisonner en philosoph.int vaut au moins la promenade, caraccioli, Lett. récréât, t. ii, p. 38, dans pouoens. || Il se con-" jugue avec l'auxiliaire o»o»r.
— ÊTYM. risorv.
TISONNEUR, EUSE (li-zo-neur, neû-r'), t. m. C f. Celui, celle qui aime à tisonner. Il dit entre se» dents : peste du tisonneur, du cerceau, Poés. Itt Pincettes.
— HIST. xiT*8. Tisonnier ou foier, du cangb, titionarium.
— ÊTYM. ÎYîonn«r.
TISONNIER (li-zo-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l't se lie), s. m. Instrument de fer étroit et long, qui sert à attiser le feu de la forge et à en retirer le mâchefer.
— ETYM. Tisonner.
t TISRI (ti-sri), s. m. Premier mois de l'année civile des Hébreux, le septiène de leur anm'* sacrée; quelques-uns écrivent thisri Ce œcis com
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mençait l l'équinoie d'automne pour finir ver» 1« su octobre.
TISSAGE (li-sa-j'), ». m. Action de tisser, ouvrage do celui qui lisic. Ti«age lourd, demi-blanc, pour grand» drap», Joum. off. « fév. iH7î, p. «2», J» col.
— ETYM. Tisser.
TlSSfi, F.E (ti-3i,sée), fart, passé Ae tisser. Toile bien tissée. || Il ne se dit pas au figuré ; on se sert alors de tissu.
TISSER (ti-sé), V. a. Faire de la toile ou d'autres étoffes en croisant ou en entrelaçant les fils de la chaîne et de la trame. Une machine à tisser. Il II ne s'emploie pas au figuré.
— iilST. ivi' s. Cleante après venoit, lequel tissa La JK'lle toyle.... baron u'oppÈnE, les Triomphes de Pétrarque, (" 80, dans lacukne.
— f.TYM. Forme moderne qui a remplacé l'ancien verbe tistre (voy. ce mot).
TI.>;SKRAND (ti-se-ran), t. m. || f Ouvrier qui fait de la toile. Tisserand en basin. Nous ignoroiK qui a inventé la navette; le premier tisserand, le premier maçon, le premier forgeron ont ét6 sans doute de grands génies, volt. CicJ. p/iiJ. Antiquité. Aujourd'hui les tisserands travaillent, assis, sur une chaîne tendue horizontalement, et ils se servent d'un peigne perpendiculaire pour serrer le tissu; au contraire, les premiers tisserands, c'està-dire ceiu dont il est fait mention dans les plus anciens écrivains, travaillaient debout, sur une chaîne tendue perpendiculairement avec des poids, et ils frappaient sur la trame, pour serrer les lissu», avec une forte règle de bois horizontale , mongez, Uém. hist. et litt. anc. t. iv,p. 2*). H Fig. Vous n'ignorez pas, monsieur Bourdillon [pseudonyme de Voltaire lui-même], qu'un roi est comme un tisserand continuellement occupé à regarder les fils de sa toile qui se cassent, volt. Lett. ou rot deTologne Poniatowski , e déc. I7(17. || Ouvrier qui fait des étoR'es de laine ou de soie. || Tisserand en drap ou tisserand drapant. || 2° Nom spécifique du létranyque tisserand (arachnides trachéennes), appelé par Geoffroy tisserand d'automne, et qui a fait paitie du genre acare, legoabant.
— HlST. iiii* s. Peintres sont de trop grant aleur ; tl n'est tissèrent ne laveur, Ne gcnl de teinturerie Qui ne leur doivent faire honneur, Dit des peintres. Nus ne puet [peut] estre toissarrans de lange à Paris, s'il n'achate le meslierdu roi, Liv. des met. n3. || xv* s. Le comte de Flandre s'en vint i Ypre,et là fit il décoller meschan» gens tel» que tisserands qui avoient mis à mort ses chevaliers, PROiss. 11,11, 83. Il XVI' s. Quatrième rang, qui sont les mesliers d'£ntre les médiocres et petits ; tisseranl en draps, ou drapier drappant, tUs-iranten toiUe, Êdit, avril (597.
— F.TYM. Provenç. Jeisseron; ital. tesscrandolo ; de l'anc. franc, tessier, avec le suffixe and, ant, qui répond au suffixe anc. haut-allem. ing, tnc, exprimant un métier (on trouve aussi écrit teisserenc, qui existe en outre comme nom propre). L'ancien tessier se retrouve dans les noms propres et dans les patois : Berry, tessier, texer, lissier. Le wallon dit tehen, qui ■•époiid à l'ancien teissant : iW s. Trenchede est ensemenl, cum de teissant, la meie vie, l.iber psaim. p. 233.
TISSKRANDERIE (ti-se-ran-de-rie), s. f. Profesiion de ceux qui tissent, ou de ceux qui vendent les ouvrages des tisserands.
— lllST. XIII* s. Nus toisscrans de lange ne autres ne puet ne ne doit avoir mestier de toisseranderie dedanz la banliue de Paris, se il ne set le mestier fere de sa main, Liv. des met. <)♦.
t TISSEOR (ti-seur), s. m. Celui qui tisse.
— liisT. in* s. Goliath ki lance fud tele cume ■ublc de tissurs, Rois, p. 204.
I . TISSC (li-su), s. m. Il !• Il se dit de certains petits ouvrages tissus au métier. Un tissu d'or et de soie. Tristement dégarni du tissu de cheveux Dont la main d'un barbier coiffa son front crasseux, volt. MarseiU. et Lion. \\ Par extension. Un long tissu de fleurs, ornant sa tresse blonde, LA FONT. Adonis, Le temps n'a pas encor bruni l'étroite pierre. Et sous le vert tissu de la ronce et du lierre On distingue un sceptre brisé , LAMART. Médit, u, 7. Il S- Étoffe tissue. Des tissus de laine. Et toi, fatal tissu, malheureux diadème.... FAC. Milhr. V, t. Les fils et les tissus de chanvre, de lin et de soie doivent être regardés comme des composés de fibres blanches unies à une certaine quantité de matière colorante, tiiknard. Traité de cliim, t. m, p. 3M, dans pouoens. Puis c'étaient des bijoux, des colliors, des merveilles.... Des
tissus plus légers que de» ailes d'abeilles, v. nnoo. Orient. 33. || Fig- Ainsi le grand vieillard, en images hardie», Déployait le tissu des saintes mélodie», A. ciiÉNiEB, l'Aveugle. \\3' Dan» le moyen âge, le galon, le ruban, ou le niorc/'au d'étoffe qui formaient le corps et la partie résistante d'une ceinture, d'une jarretière ou d'un tiroir de livre; sur ce tissu on fixait, soit i l'aiguille, soit avec des clous, les pièces en or, queliiuefois i charnières, gravées, niellées ou éiiiailléos, qui en faisaient l'ornement et le prix; alors le tissu éuU dit ferré d'or ou d'argent, de laborue, Êmoux, p. 5(7. Il 4" Il se dit par extension pour tissure, texture, le tissu de cette étoffe est liche. |1 8* F.spèce de corde plate, dont on fait de» sangles pour les bêtes de somme. || 6" Terme d'anatomio. Parties solides du corps formées par la réunion d'éléments anatomiques enchevêtrés, ou simplement juxtaposés. Tissu musculaire. Tissu fibreux. J'ai observé le tissu extérieur d'une langue de mouton, MONTESQ. Esp. iiv, 2. Il Tissu dartoîque ou dartoïde , nom donné à toutes les parties de l'économie se contractant sous l'influence de certaines impressions morales, du froid, du chatouillement, etc. comme fait le dartos. Il est reconnu aujourd'hui que c'est non un tissu particulier, mais le tissu lamlneux ou le tissu dermiijue contenant des fibrcs-ccllulcs, à la contraction desquelles est dû le phénomène. || Tissus accidentels, tissus qui se développent et vivent dans l'économie animale, quoiqu'il» ne fassent pas partie de la composition du corps, dans les circonstances normales. Il En botanique, tissu se dit aussi en parlant de? différentes parties qui constituent les végétaux. Le tissu végétal, fourcroï, Conn. chim. t. I, p. cxxxvi. Il U se dit aussi, en minéralogie, de la manière dont les particules sont disposées. Fn général, les grès les plus purs et les plus durables sont aussi ceux qui ont le grain le plus fin et le tissu le plus serré, bl'FF. Min. t. i, p. 207. Il 7* Fig. Il se dit de ce qui est comparé à un tissu. Laissez-nous faire à loisir le tissu de notre roman, mol. l'réc. 5. Un s^int Justin, un saint Irénée.... tant d'autres qui passaient les jours et les nuits à méditer l'Écriture sainte, dont leurs écrits ne sont qu'un tissu, Boss. i" avert. I8. Je pourrais me joterdans une plus haute contemplation du tissu des Écritures que Dieu a voulu composer exprès d'obscurité et de lumière , ID. Jï.r;)Iic. de la proph. d'isaie, 3' lettre. Un tissu d'énigmes leur serait une lecture divertissante [ à certains esprits amoureux d'une excessive brièveté], la brut. i. Ce [la tragédie] n'est pas un tissu de jolis sentiments, de déclarations tendres, d'entretiens galants, de portraits agréables, de mots doucereux, iD. i. Il est d'une nécessité absolue que nous sachions démêler queUest, dans le tissu d'un discours, l'emploi grammatical de chaque mot, d'olivet. Essai gramm. i, 3. Les pièces espagnoles étaient des tissus d'aventures incroyables, volt. Comm. Corn. Cid, Préf. Comment. \\ 8* Fig. Suite, enchaînement de diverses choses. Quel tissu de malheurs forme ta destinée I TRISTAN, i/. de Chrispe, v, b. Il lira seulement l'histoire de ma vie ; Là, dans un long tissu de belles actions, II verra comme il faut dompter des nations, corn. Cid, i, 6. Comptez, ma bonne, que cette année et toutes celles de ma vie sont à vous; c'est un tissu, c'est une vie tout entière qui vous est dévouée jusqu'au dernier soupir, sÉv. 8 janv. 1674. L'histoire de l'empire grec, c'est ainsi que nous nommerons dorénavant l'empire romain, n'est plus qu'un tissu do révoltes, de séditions et de perfidies, montesq. Rom. 21. Je n'envisage pour le reste de ma vie qu'un tissu d' douleurs qui ne sera adouci que par ma patience à les supporter, VOLT. I.ett. Mme de Dernières, octobre (724.
— insr. xni* s. Bien le ceint Blonde d'un tissu Qu'elo meîsmes ot tissu, Ul. et Jehan, 3984. Il xiv* s. Deux tissus [ceintures] ferrez d'argent, DU CANGE, texus. \\ XV' s. Le tiers coup d» la jouste fut bel.... de ce coup tous deux se deheaumcrent si nettement, que les tissus des heaumes rompirent, et volèrent jus sur la prée par derrière les croupes des chevaux, fboiss. iv, p. 64, dans la- CURNE. Fins tissus. Petit J. de Saintré, p. (40, dans LACURNE. Fins cuevrechicls à or batus, X pierres et perles dessus, Tyssu» <le soie et de fin or, E. UESCH. Miroir de marwijr, p. 20. || xvi' s. Mauldil et malheureux tissu [diadème], ne me serviras-tu point à ce triste service [s'étrangler| ? AHÏOT, Lucul. 32.
— ETVM. Tissu 1.
». TISSU, HE (ti-su, su.), part, passé de tistie. les lambeaux mal tissus de la robe grossière, (X)RM, />ni(. I, 24. Autre toile tissue {par l'araignée), autre coup de balai, la pont. Fabl. m , 8. Songez qu'en portant un lacet tissu par la main qui traça les devoir» des mère», c'est s'engager i le» remplir, j. t. Rouss. Lett. i Mlle d'Ivemois, t. xix, p. 423, édit. musset-patiiat. Il Fig. De notre hymen les lien» mal tissus.... corn. Œd. v, (. Je mène une vie tissue d'infirmités et de chagrins, maintenon, Lelt. à Mme de StGéran, ("nov. (6«ï. Gonsalve de Cordoue, qui mérita si bien le titre de grand capitaine, et non de vertueux, lui qui disait que la toile d'honneur doit Ctre grossièrement tissue, volt. Mœurs, (((. Une chose me persuade qu'il [Spinosa] a pu être lui-même la dupe de se» propres raisonnements, c'est l'art avec lequel il lei a tissus, condil. Traité dettysl. ch. ((. "Tes jour» furent tissus de gloire et d'infortune, LAMART. Médit. 14.
t TISSULAIRE (ll-ssu-lé-r*), adj. Terme d'anatomie. Qui concerne les tissus. Anatomie tissulaire, anatomie des tissus, histologie.
— ÊTYM. Dérivation arbitraire de Jiiîu (. TlSSl'RE (ti-su-r"), s. f. Il 1' Liaison de ce qui
est tissu. La tissure de celte toile est inégale. Cet variation» viennent de ce que les pores et la tissure d'un corps ne sont jamais également distribués, VOLT. Feu, n, m, 8. Il (le crêpe anglais] comporte l'emploi de la soie de Bengale et de Chine, tandis que les plu» belles soies de France forment la tissure de notre crêpe, Tarif des douanes, (809, p. (52. Ilï' Fig. La disposition, l'ordre de ce qui est comparé à un tissu. La tissure de ce poëme [une tragédie], corn. Androm. argument. L'ingénieuse tissure des fictions avec la vérité, où consiste le plu» beau secret de la poésie, ID. Poly. abrégé du mart. 0 la belle chaîne, 6 la sainte concorde, ô la divine tissure que nos nouveaux docteurs [les protestants] ont rompue 1 BOSs. VI, Vêture, i . Je ne suis pas aussi content du fond de votre allégorie et de la tissure de l'ouvrage, que je le suis des beaux vers qui y sont répandus, volt. Ult. Cideville, e nov. (733.
— lilST. XVI' s Tant plus nous entrons en ce propos, et plus ces bons seigneurs draperont sur la tissure et tous à nos dépens, haro. A'ouv. ix. Je n'ayme point de tissure où les liaisons et les coustures paroisscnt, MONT/n, (92. Ce débat les poussa à en croire de Irè» doctes personnage», lesquels, ayant demandé de voir la tissure do l'œuvre pour en bien juge r7 approuvèrent l'invention, d'aub. Tragiques, Préface.
— ETY.M. Tisser, comme gravure de graver; Maine, titure.
t TISSDTKRIE (ti-su-te-rie), i. f. Art du passementier, du rubanier.
— ÊTYM. Tissutier.
TISSUTIER (ti-su-tié; l'r ne te lie jamais; au pluriel I'» se lie : desli-su-tié-z-habiles), j. m. Ouvrier qui fait des tissus, des rubans, des ganses, etc, La déclaration du 4 avril (707 rendue en faveur de la communauté dos maîtres tissutiers, rubaniers, frangers.... Arrêt du conseil, 3» julU (738.
— ÉTYM. Tissu (, par l'anc. partie, tissut.
TISTRE (cet infinitif, aujourd'hui inusité, se prononçait sans doute tî-tr'), v. a. 11 signifie tisser et est usité seulement au participe passé tissu, et aux temps qui en sont composés. Elle a tissu ellemême celle toile.... L'accable de baisers, et pour comble lui donne Un bracelet de façon fort mignonne, En lui disant : il est de mes cheveux. Je l'ai tissu, LA PONT. Joe. Il Fig. Oui, c'est moi, cher amant, qui t'arrache la vie; Roxane ou le sultan ne te l'ont point ravie : Moi seule j'ai tissu le lien malheureux Dont tu viens d'éprouver les détestables nœud», RAC. Bajax. v, (2. ||Fig. C'est lui qui a tissu cette intrigue, c'est lui qui l'a conduite. La pièce est délicate et ceux qui l'ont tissu».... CORN. Nicom. Il, 3.
— HIST. xiii* s. Pour moi, las, dolereux chetist Qui sait se je forge ou je tis, Ou se je sui ou mor* ou vis [vif]î la llose, 8B32. Li gieus fet ce que l'en ne cuide: Qui que tisse, chascuns desvide, ROTEB. 32. Il XIV' s. Et sans toy, qui sers et ministre. Je ne puis seule l'œuVre tistre, Nat. à l'alch. (048. Chà [çà], dist le chevaliers, sire, n'aleiidez plus; Achatcz ce drap chi [ci], qui est si bien tissus, Bcaud. de Seb. m, 68. La vessie est tissue de deux peaulx dont chascune est nerveuse, lanfranc, f" 36. Il xv* s. Ceuls-ci tissent la sainte toile De religion et le voile, E. descii. Poésies niss. (• 545. l|ivi's. Ou à tissir, pour fromages former, Panier
TIT
d'osier et fiicelles de jonc, marot, t, sw. L,Bniignée nou» a apprins à tistre et à coudre, l'arondelle i bastir, mont, ii, 74. La nuicl, d'autres dosfaisoient tout ce qu'elles avoient faict et tissu le jour, amyot, Bon», m. J'en ay tissu une narration qui ne sera point, ce me semble, inutile, 10. A'tcias, ». Jamais homme no se mettra à vouloir tixlre un drap ou ourdir une toile qu'il ne l'ait auparavant appris, m. Que la verlu se peut apprendre, î. Voilà comment sur le mestier humain Non les trois sœurs, mais amour de sa main Tist et retist la toile de ma vie, du bellay, m, at recto.
— ETVM. Wallon, teh; prov. teisser; cat. texir; esp. tejir : port, teeer ; i t. lessere ; du lat. texere, tisser.
TITAN (ti-tan), i. m. Nom des géants qui, selon ta fable, voulurent escalader le ciel et détrôner Jupiter. Jupiter foudroya les Titans (avec un T
majuscule) Contre son beau-père [César] ayant
besoin d'a.sile, Sa déroute orgueilleuse[de Pompée] en cherche aux mêmes lieux fÉgyple] Où contre les Titaiî» en trouvèrent les dieux, corn. Pompée, I, 4.||Fig. Dans l'histoire où tu luis comme en une fournaise, Reste seul à jamais, Titan quatre-vingt-treize, v. hugo, Chdtim. Nox.
— HlST. XVI* S avoir pour tout guide un désir
téméraire, Et, comme les Titans, au ciel vouloir monter, despohtes, Amours d'Hippolyte, xliv.
— F.TYM. Ti-riv.
t TITAN ATE (ti-ta-na-f), s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide tita- Dique avec une base.
t TITAN-COTTE (ti-tan-ko-t'), s. m. Arbre de l'Inde, strychnos potalorum, L. de la famille des loganiacées. Le fruit de cet arbre a la singulière propriété de purifier et de clarifier l'eau impure, de manière à la rendre non-seulement potable, mais mime agréable à boire.
t TITANE (ti-ta-n') ou TITANIUM (ti-ta-ni-om'), ». m. Terme de chimie. Métal découvert par Gre-. gor en «784. || Titane silicéo-calcaire de Haiiy, dit aussi sphène et titanite.
— ÉTVM. Tkavoç, terre blanche, plâtre.
t TITANE, ÊE (ti-ta-né, née), adj. Oui contient du titane. {{ Fer titane , combinaison de sesquioxyde de titane avec du protoiyde de fer.
t TITANICO-AMMONIQDE (ti-ta-ni-ko-a-mmonl-k'), adj. m. Se dit d'un sel titanique combiné avec un sel ammonique. On dit semblablement titan ico-calcique, titanico-cuivrique, etc.
t TITANIDES (ti-U-ni-d'), s. m. pi. Famille de substances minérales qui se compose du titane et de ses combinaisons.
t TITAMFËRE (ti-U-ni-fé-r'), adj. Qui renferme du titane.
— ÊTYM. Titane, et lat. ferre, porter.
t 4. TITANIQUE (ti-ta-ni-k"), adj. Qui appartient aux Titans. Orgueil, entreprise titanique.
— HIST. XVI' s. Titanique, cot«ràvb.
— ÊlYM. Titan.
t a. TITANIQUE (ti-U-ni-k'), adj. Terme de chimie. Se dit d'un acide et d'un oxyde de titane. Il Se dit aussi des sels produits par cet acide. Sels titaniques. Il Qui appartient, qui a rapport au titane. Sulfure titanique.
— F.TYM. Titane.
t TITANISME (ti-ta-ni-sm*), ». m. Esprit de révolte et d'usurpation. Conserver à la maison régnante l'éclat de sa prérogative si uniquement distinctive, et la tranquillité intérieure de l'État, du péril du titanismc et des dangereuses secousses qu'il ne peut manquer d'en recevoir, st-sih. 3B7, 4 74 ,
— ÊTVM. Titan.
t TITANITE (ti-ta-nit*), ». m. Terme de minéralogie. Synon. du titane silicéo-caloaire de Haiiy.
t TITANO.MACHIE (ti-t,i-no-ma-chie), ». f. Combat des dieux contre les Titans.
— ÊTYM. Titan, et |iixin, combat.
t rrruONICITÉ (tl-to-ni-si-té), ». f. Force chimique inhérente aux rayons du spectre, force dont la photographie est un des effets.
— ÊTYM. Tithon, époux de l'Aurore, dont le nom a été donné à l'agent chimique qui réside dans les ravons solaires.
TIt'hYMALE (ti-ti-ma-n, ». m. Terme de botanique. Un des anciens noms de l'euphorbe cyprès. Les gueux qui se font enfler les jambes avec du tithymale et qui se couvrent d'ulcères pour arracher quelques deniers aux passants, volt. Dict. phil. ausUritét.
— HIST. XIV 8. La tige de l'herbe i la culeuvre, qui en médecine est appelée tintinmale, Modut, f* cxiv, eerjo. i; XVI* s. Aussi les guérit [les myrnecies] le jus de chelidoine, ie lait de lithymal,
TIT
rARÉ, T, H. Les abeilles mortes de flux de ventre, acquis par avoir trop mangé des fleurs de tithymale et d'orme, o. de serres, 4154.
— ÊTYM. Lat. tithymaliu, de Ti8û(ia)ioç.
t TITI (ti-ti), «. m. Nom populaire donné à Paris aux jouncs ouvriers des faubourgs, {j Sorte de déguisement de carnavaU jj Se dit aussi de ceux qui portent ce costume.
TITILLATION (ti-til-la-sion; envers, de cinq syllabes), ». f. Léger chatouillement qui ne produit qu'une sensation agréable.
— RF.M. Outre le sens de chatouillement, l'Académie donne à titillation celui de légère agitation qui se remarque dans certains corps (mouvement de titillation; la titillation de la fibre). Ce sens, qui est étranger au latin, paraît étranger aussi aux ouvrages didactiques, les seuls qui emploientce terme.
— HIST. xvi* s. La ridicule titillation de ce plaisir, MONT, m, 358.
— ÊTYM. Prov. titillacio ; esp. titillacion ; it. titillaxione ; du lat. titiUationem, de titillare, titiller.
TITILLÉ, ÉE (ti-til-lé, lée), part. passé de titiller. TITILLER (ti-til-lé), v. a. Causer la titillation. Ce vin titille agréablement le palais.
— HIST. xn* s. Cum la char ki tetille [palpite] après l'entameûre, 77». le mart. 4r.8. ||xvi* s. Afin qu'elle soit aiguillonnée et titillée, paré, xviii, 4.
— ÊTYM. Lat. titillare.
t TITIRI (ti-ti-ri), s. m. Tyran matinal (oiseaux insectivores), de Vieillot; il se trouve à Porto-Rico.
t TITIT (ti-ti t'), ». m. Nom donné, d'après son cri, à Vaccenlùr modulaire (oiseaux insectivores), dit aussi fauvette d'hiver.
t TITRAGE (ti-tra-j*), s. m. Terme de commerce. Action de titrer, de désigner la qualité d'une marchandise, d'une substance. Nitrate de potasse : réfaction pour corps étrangers, au delà de 4 p. 400 au titrage. — Salpêtre, en simple emballage; frais de titrage partagés. Tableau annexé à la loi du 4 3 juin 4 866, sur les usages commerciaux.
— F.TYM. Titrer.
4. TITRE (ti-tr'; au xvi* s. écrit tiltre, mais prononcé titre, PALSGRAVE, p. 23), ». m. |i 1° Inscription en tête d'un livre, indiquant la matière qui y est traitée, et ordinairement le nom de l'auteur qui l'a composé. Nous voulons faire un livre qui aura pour titre : Le» peines légères et salutaires
de l'amitié, sÉv. 634 tous ces vains amas de
frivoles sornettes, Montre, Miroir d'amour. Amitiés, Amourettes, Dont le titre souvent est l'unique soutien. Et qui, parlant beaucoup, ne disent jamais rien, boil. Éplt. ix. Les titres des livres sont comme ceux des hommes aux yeux du philosophe ; il ne juge de rien par les titres, volt. Èlél. hist. Ex. test. pol. Alberoni. \\ Fig. Toute secte, comme on sait, est un titre d'erreur; il n'y a point de secte de géomètres, d'algébristes , d'arithméticiens, parce que toutes les propositions de géométrie, d'algèbre, d'arithmétique sont vraies, volt. Dict. phil. Tolérance, 2. || Il se dit également des inscriptions placées au commencement des divisions d'un livre. || Terme d'imprimerie. Faux titre, premier litre abrégé, imprimé sur le feuillet qui précède celui ou est le titre entier de l'ouvrage.
Titre courant, titre qui est écrit au haut des pages, pour indiquer le sujet d'un livre et quelquefois des chapities. Il Titre-planche, nom qu'on donne au titre d'un livre, lorsqu'il est gravé en taille-douce ou lithographie-, avec des ornements historiés et relatif» au sujet de l'ouvrage, jj 2* Nom de certaines subdivisions usitées dans les codes des lois, dans les ouvrages de jurisprudence. Le titre des Successions, dans le Code civil. Un long titre. Un titre difficile. Nous avons dans les Décrélales le titre fameux De frigidis et maleficiatis qui est fort curieux, volt. Dict. phil. Impuissance. Par extension. Traiter comme Senaut toutes les passions, Et, les distribuant par classes et par litres, Dogmatiser en vers et rimer par chapitres, boil. Sat. viii. Il 8* Marque que l'ouvrier met au chef de chaque pièce de sa fabrique || 4* Nom exprimant une qualité honorable, une dignité. Il a le titre de duc, de marquis. Cette terre portait le titre de comté. Du nom de dictateur, du nom de général, Qu'importe, si des deux le pouvoir est égal? Les titres différents ne font rien à la chose, corn. Sertor. ni, 2. Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes, m. Sicom. ni, 4. Je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître, à se parer aux yeux du monde d'un titre dérobé, à se vouloir donner pour ce qu'on n'est pas, moi.. Bourg, gent. m, 42. Celui [le
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nom] d'Estrées est comblé de tous les titres qui peuvenlentrer dans une maison, sÉv. 3 avr. 4684. Charlemagne se fit couronner roi d'Italie, et prit le litre de roi des Français et des Lombards, Boss. Hist. I, II. Sans s'en laisser éblouir [de la dignité de chancelier], le modeste ministre disait seulement que le roi, pour couronner plutAt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille, ID. le Tellier. Ses rois [de la Grèce], à vous ouïr, m'ont paré d'un vain titre, bac. Iphig. iv, 6. Il ne reste au sénat qu'à juger sous quel titre De Rome et des humains je dois être l'arbitre, volt. M. de César, i, 3. Être Bonaparte et se faire sire! Il aspire à descendre : mais non, il croit monter en s'égalant aux rois; il aime mieux un titre qu'un nom, p. l. cour. Lettre de.... mai 4804. || Fig. Je suis homme et soldat; ce sont là tous mes titres, nuCLS, Othello, i, 7. Exempte d'un culte hypocrite, La raison ne connaît de rangs Que ceux que donne le mérite El de titres que les talents, gresset, ÉfU. Égal. Il 5" Il se dit de certaines qualifications données par honneur. Le titre de Sire, de Majesté se donne aux rois ; celui de Sainteté se donne aux papes. Le titre d'Altesse. On donne aux cardinaux le titre de Votre Éminence. || Il se dit aussi de certaines églises de Rome et des environs dont les cardinaux prennent le nom. Cardinal du titre de Sainte-Subine. Cardinal du titre de Saint-Pierreaux-Liens. Il 6* Il se dit, en général, de qualificatiens bonnes ou mauvaises, par comparaison aux titres de dignité. Le titre de bienfaiteur. Et, si je n'en obtiens la grâce tout entière. Malgré le nom de père et le titre de fils. Je deviens U plus grand de tousses ennemis, corn. Héracl. i, 4. Quelques titres honteux que partout on lui donne. Son misérable honneur ne voit pour lui personne, MOL. Kis. I, 1. Notre malheureuse reine, donnonslui hautement ce titre, dont elle a fait un sujet d'actions de grâces, BOSs. Reine d'Anglet. || 7" Propriété, exercice de certaines charges, de certaines professions. Il eut celte charge en titre, après l'avoir exercée longtemps par commission. Sa commission érigée en titre d'office. || Fig. et familièrement. C ,1 un fripon en titre d'office, c'est un grand fripon (phrase vieillie). |{ Professeur en titre , par opposition à professeur suppléant. || Commis en titre, se dit par opposition à surnuméraire. |[ Fig. En titre, se dit d'une position qu'on occupe comme par un titre. Je fus aussitôt reconnu dans la société pour l'amant en titre , c'est-à-dire pour le maître de la maison, duclos, Œuf. t. vni, p. 4 68. Ou, sans honte, on voyait une maîtresse en titre Des intérêts des rois devenir seule arbitre, a. duval, Man. des grand, m, 8. i, 8* Il se dit de certaines professions qui ne peuvent être exercées qu'en verlu d'un brevet, d'un diplôme, etc. Il attend son titre. Il a le titre de notaire, mais il n'exerce pas encore. Il n'a pas encore reçu son titre de médecin, d'avocat. || Titre nu, charge, par exemple, de cotamissaire-priseur, achetée sans clientèle qui y soit jointe. || 9" En droit, la cause qui rend une possession légalement efficace. Il n'y a point de servitude sans titre. Qui, les places d'autrui par armes usurpant. Le titre disputaient au premier occupant, RÉGNIER, Sot. X. Tout le titre par lequel vous possédez votre bien n'est pas un titre de na» ture, mais d'un établissement humain, pasc. Disc. cond. des grands, i. Toutes les occupations des hommes sont à avoir du bien; et ils ne sauraient avoir de titre pour montrer qu'ils le possèdent par justice; car ils n'ont que la fantaisie des hommes; ni force pour le posséder sûrement, ID. ib. ill, 42. En fait de meubles, possession vaut titre, Cod< etc. art. 2279. Il On acquiert i titre universel, par succèssion; à titre particulier, quand l'acquisition, par exemple un achat , porte sur un objet particulier. Il On acquiert à titre entre-vifs par donation entrevifs; à titre à cause de mort, par testament; le premierest irrévocable, le second révocable. |l On acquiertà titre lucratif, quand l'acquéreur ne fournit pas d'équivalent, comme dans la donation, le legs, la succession ; à titre onéreux, quand l'acqucreurfournit un équivalent, comme dans la vente. 1| 10* Titre de rente, reconnaissance d'une rente annuelle que l'État paye au porteur du litre. Les litres dr rente sont nominatifs ou au porteur, suivant (]u'il3 portent ou ne portent pas le nom du propriéiaire. Il 11" Acte écrit, pièce authentique qui établii un droit, une qualité. Il a reçu le titre de baron signé du roi. Leitilreset papiers. Les titres de noblesse. Ce titre a été tiré des archives de telle abbaye Titr« de propriété. lia proiluitdes titres autheniciues,
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de^ litre» ftiu. C\-si un licritierciui trouve les litres de sa maison ;dira-t-il peul-('lre qu'ils sont faux, et négligera-t il de les eianiincrî pasc. A'oles écrites pour la préf. génér. édil. kaigèhe. La noblesse n'existe pas sans litre, cl les simples gentilslioiiimes d'autrefois, ceux qui font partie de ce (jue nos cliartcs ont appelé l'ancienne noblesse, ont le droit de prendre celui d'ccuyer, biston. De la fausse noblesse, p. 7. Colbert l'employa [MabilUin] à recliercher les anciens titres, von. Louis XIV, Écrivains, Mabillon. Le monde et les courtisans ne croient pas aisément aux vieux titres qu'on ne retrouve que lorsqu'on fait fortune, gknlis, Vlill. du chilt. t. I, p. 467, dans pougens. I| Fig. Apprenez qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature; que la vertu est le premier titre de noblesse, mol. Festin, iv, 6. Il [Montesquieu] présente à la nature humaine ses titres, qu'elle a perdus dans la plus grande partie de la terre; il combat la superstition, il inspire la morale, volt. Pol. et lég. Idées républ. 51. || Titre nouvel, titre par lequel un nouveau possesseur, un héritier s'engage à payer la rente ou la redevance servie par l'ancien. Passer titre nouvel. || Titre nouvel se dit aussi du nouvel engagement que l'on est en droit d'exiger du débiteur originaire, lorsque le temps de la prescription approche. {| En ces emplois, on ne dit pas nouveau. {| Titre se dit au sens de document. Il faut peser l'autorité de cette multitude de différents titres [documents géograpli'ques], FONTEN. De Lisle. || 12* Au plur. Il se disait des provisions d'un office ou d'un bénéfice, et se joignait quelquefois au mot capacités. Il a produit ses titres et capacités. || Titre clérical, contrat par lequel on assignait une recelte annuelle, ordinairement de cinquante écus, pour la subsistance de celui qui voulait embrasser rétat ecclésiastique ; il ne pouvait être saisi, ni aliéné. |{ 13" Droit sur lequel on s'appuie pour demander, pour faire, etc. X quel titre faites-vous cette réclamation? De son sort qui t'a rendu l'arbitre? Pourquoi l'assassiner? qu'a-t-il fait? à quel titre? rac. Andr. v, 3. Il Fig. Faux titre, mensonge, fausseté. L'honneur qui sous faux titre habite avecque nous, régnier, Sot. n. Quoique je ne fisse pas profession de mépriser la gloire en cynique, je faisais néanmoins fort peu d'état de celle que je n'espérais point pouvoir acquérir qu'à faux titres, desc. )léth. i, 13. Oh t cœur rempli de feinte, Tu masques tes désirs d'un faux titre de crainte; Un sceptre est l'objet seul qui fait ton nouveau choix, corn. Uéd. lu, 3. Et l'orgueil, d'un faux titre appuyant sa faiblesse. Maîtrisa les humains sous le nom de noblesse, boil. Sat. v. Il X bon titre, à juste titre, avec fondement, avec droit ei raison. Oui, l'honneur que reçoit la vôtre [fimille]par ce choix. En pouvait à bon titre immortaliser trois, corn. Uor.n, t. Je pourrais vous citer cent autres traits... qui lui ont aoquis à bon titre la réputation d'être un homme d'esprit, scarr. Rom. com. i, 13, || En un autre sens, à bon titre, foncièrement, avec un caractère réel. Comme vous agissez en monarque prudent. Elle agit de sa part en cœur indépendant. En amante à bon titre, en princesse avisée, corn. Œd. i, 4. || X tant de titres, pour tant de justes motifs. S'il osait profaner ce qu'il doit honorer à tant de titres, J. j.rolss. Hél. VI, 6. Il X titre de, loc. préposit. En qnalité de, sous prétexte de. Il possède à titre d'héritier. 11 s'est introduit dans cette maison & titre de parent. Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux, corn. Poly. iv, 2. Prétendez-vous longtemps me cacher l'empereur? Ne le verrai-je plus qu'à litre d'importune? raC. Brit. i, 2. || X titre de grâce, à titre de dette, comme une grâce, comme une dette. || On dit de même : à titre de don, à titre de prêt. || X titre d'office, en vertu de sa qualité, de sa charge. Présider à titre d'office. Il 14* Par extension, qualités, capacités, services, travaux qui donnent droit à quelque chose. De tous les candidats, c'est vous qti. avez le plus de titres. Je n'ai point vu Mme de Longueville, on ne la voit point ; elle est malade : il y a eu des personnes distinguées ; mais je n'en ai pas été, et n'ai point de titres pour cela, sÉv. (49, Il [un miroir] est è vcas par bien des titres, m. à Mme de Grignan, (3 juin )085. Ce sera, dans nos jours, s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince de Condé, et comme un titre pour commander, de l'avoir vu faire, Boss. Louis de Bourbon. D'autre part un galant.... Condamne la science, et, blâmant tout écrit, Croit qu'en lui l'ignorance est un titre d'esprit, boil. Sat. iv. Qui
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peut prétendre aujourd'hui au salut par un titre d'innocence? MASS, Cardne, Élus. Vous faites donc de votre faiblesse le tilro de voire sécurité, ID. Carême, Tiéd. 2. Voltaire est bien ingrat d'avoir calomnié un culte i|ui lui a fourni ses plus beaux titres à l'immortalité, cuateauur. Génie, il, il, 7 ||1S' Terme de monnaie. Degré de fin de l'or et (le l'argent monnayés. Les monnaies françaises sont au litre de neuf dixièmes de fin, et d'un dixième d'alliage (ce qui se dit aussi titre droit). Le prince établit le poidset le titre dechaquo pièce de monnaie, montesq. Esp. xxii, lo. Un métal est très-propre à être une mesure commune , parce qu'on peut aisément le réduire au même titre, ID. ib. Chaque État y met son empreinte [sur la monnaie] , afin que la forme réponde du titre et du poids, et que l'on connaisse l'un et l'autre par Ik seule inspection, ID. ib. Nous ne pouvons employer l'or qu'à dix-huit karats sur cette frontière, attendu que la ville de Genève n'en a jamais employé d'autre, et que l'or de l'Allemagne et de tout le Nord est encore à un plus bas titre, volt. l'ai, et lég. au roi en son conseil. On dit de ces alliages qu'ils sont à un titre d'autant plus élevé qu'ils contiennent plus d'argent; ainsi un lingot qui, sur (000 parties, contient 060 d'argent, est au titre de 950, iiienard, Traité de c/tiinie, t. I, p. 480, dans pougens. || Titre se dit aussi de lavaisselle et des matières d'or et d'argent non fabri» quées. Pour ouvrages d'or et d'argent, la loi du 19 brumaire an vi (9 nov. 1797), encore en vigueur, reconnaît trois titres pour l'or : 920, 84(i et 750 millièmes de fin; et deux titres pour l'argent , savoir : 950 et 800 millièmes de fin. || 16° Terme de chimie. Poids fixe d'un réactif qui contient une liqueur titrée (voy. titré). Titre alcoolique. Titre saccharimétrique. 1117° Terme de chasse. Lieu, relais où l'on poste les chiens, pour courir la bête à propos, quand elle passe. || Mettre les chiens à bon titre, les bien poster pour courre.
— MlST. xiir s. Ce ne pot estre que Jehans tiengne un ceval par tille d'acal et par tille d'emprunt, BEAUX. VI, 20, Il xv«s. Etvouloient...,qaeonenvoyast suffisans hommes devers le roi de France, à savoir si il avoil accordé ni consenti àardoiren Hainaut,... ni à quels litres cils [les soudoyersj l'avoicnt fait, pourtant qu'on n'avoit point défié le comte ni le pays, FROlss. I, I, <oi. Hoi, tu sais comment ton frère, sans nul titre de raison, a mort mon fils et mon héritier, ID. il, il, 2:15. Usiirpcrcnt ou eurent à bon lillre, je ne sçai lequel, comm. i, 3. ||xvi' s. Lorsqu'il eut ordonné ses gens d'armes de cheval et mise son artillcrye en lillre [qu'il l'eut braquécj, j, d'auton, ms. S' 74, dans laCurne. Celluy-ci, soubs litre de la science, se donna loi de choisir aullrement, mont, i, ou. Je l'appelle [mon valet] un badin, un veau, je n'entreprends pas de luy coudre à jamais ces tillres, ID. l, 27u. L'achat donne tiltre au diamant, et la difficulté à la vertu, m. I, 312. Nos qualitez n'ont lillre qu'en la comparaison, ID. IV, <:i4. Home, confédérée de si longtemps et par tant de tillres à notre couronne, in. IV, 140. Les uns cntendoient à tendre toillcs, autres à mettre gros lévriers à tiltre, et la plus parla buissonner et à regarder s'ils vcrroienl point des premiers quelque besle au repos, D. Flores de Grèce, (" vu, dans lacurne. Le litre ne fait pas le maislre, loysel, Instil. n' 775.
— ET-HM. Prov. tiltre, titol; esp. tt'tulo ; ital. litulo; du lat. titulus, titre ; altéré en liclus par le peuple (Appendix Probi, dans keil, v, 102); ticlus aurait dti donner (eit; mais, l'Église ayant conservé ti(u(uj, d'où title, le peuple en fit litre, bhachet.
2. TITRE (ti-lr'), I. m. Petit trait que l'on met au-dessus d'une ou de plusieurs lettres pour marquer qu'il y a une abréviation ; par exemple vre, écrit quelquefois pour votre.
— ÉTYM. Catal. (i(Ua ; espagn. tilde, petit trait, accent; portug. til; d'après Covarruvias, du lat, titulus, signe, marque; ce que Diez approuve, ajoutant que entre l'espagn. tilde et le lat. titulus est la même inversion qu'entre cabildo etcapitulum.
TITRÉ, ÉE (ti-tré, trée), part, passé de titrer. Il 1° Qui porte un titre de dignité, de noblesse. Les princesses n'en sont pas encore venues en (741 à déclarer qu'elles ne visiteraient plus même les femmes non titrées, st-sim. 129, 173. Des femmes titrées se montraient courageusement sur le devant du carrosse de sa femme et de sa fille [de Law], DUCLOS, Œuv. t. vi, p. 5. || Kig. [Un poêle] Etre.... le jouet titré des petits et des grands, Plron, Uétrom. v, 4. || Terre titrée, terre qui a le titre de duché, de marquisat, de comté, etc.
TIT
Il 1' Terme de chimie. Liqueur titrée ou normale, liquide contenant, pour un volume donné, un punis fixe d'un réactif en dissolution, de sorte qu'on détermine, par le nombre de centimètres cubes de la liqueur qui sont décomposés au contact d'un autre liquide, la quantité en poids de ce réactif existant dans le liquide qu'on examine.
t TITREC (ti-trèk), s. m. Motteux.
t TITBE-PLA.NCHB (ti-tre-plan-cb'), t. f. Vojr.
TITRE, n' 4.
1 1TRKR (ti-tré), V. a. || !• Donner un titre d'honneur à une personne, i une terre. Les voyageurs et les missionnaires qui ont titré de royaume le petit pays de Travancor [Indes], volt. Pol. et lég. Fragm. hist. Inde, *u. || Donner à une personne les prérogatives attachées i certaini titres. Il 2* Terme de Chimie, Titrer une liqueur, y mettre CM dose ilélerminée une certaine subslaiice qui sert à doser d'autres substances. || 3" V- n. Prendre le titre de. De petits capelans et de petits tondus qui titrent d'abbés, Anti-Ménagiana, p. laO, || 4* Se titre', prendre un titre de dignité, de noblesse. C'est une gueuse Qui gagne ^es habits au métier de coureuse, V.i qu', poussant le leurre autant qu'elle pourra, Se titrera marquise et vous attrapera, TH. CORN. Calant doublé, i. 4.
— HIST. XV s. Oui me honore, grandement me difTaine. Quant je vois droit, lors est que me duvoye ; Pour loz ei pris, je tiltre ac diffame; Grief desplaisir m'est excessive joye, ch. d'obl. Bail. lot. Il XVI* g. Le roy l'appelloit son cousin, et le titroit amiral de France et gouverneur en chef do Rouen, SULLY, SIém. t. n, p. (77.
— £lV.M. Titre.
TirRIER (ti-trié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des ti-tri-é-z habiles), i, m. || 1" Anciennement, religieux chargé de veiller à 1» conservation des titres du monastère. i| 2" Aujourd'hui, en mauvaise part, falsificateur de titre.s, fabncateur de faux titres,
— ÉTYM, Titre.
t TITUBANT, ANTE (ti-tu-ban, ban-t'), adj. Qui titube, qui chancelle.
— HIST. XVI' s. Jamais instruction ne feut titubante et rien asseverante, si la sienne [de Platoii] ne l'est, mont, ii, 240.
TITUBATION (ti-tu-ba-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. |{ 1' Action de chanceler. || Terme do médecine État de celui qui titube. La titubation est le symptôme ordinaire de toute lésion cérébelleuse. Il i' Mouvement de nulation de l'axe terrestre. ...Son balancement annuel dans l'écliptique était dégénéré alors en une titubation journalière, Bernard, de st-p. Étude 4.
— HIST. XVI* s, Titubation, cotgrave,
— ETYM. Lat. titubalionem, de titubare, tituber.
t TITUBER (ti-lu-oé), V. n. Terme de médecine. Chanctler debout et en marchant.
— HIST. XVI* s. Leur main ne doit tituber ne varier la balance de justice, llist. de laTois. d'or, l. n, f* 120, dans lacurne. Car quant un peu chopper Me voyent et tituber, Soudain seresjouissent, carthe- NT, Voy. du cheval, errant, f°(04, dans lacurne.
— Ety.m, Lat, titubare, chanceler.
TITULAIRE (ti-lu-lê-r'), adj. || 1* Qui a rapport
à un titre, à une inscription. || Patron titulaire d'une église, le saint dont cette église porte le nom. Il Terme de diplomatique. S'est dit des caractères avec lesquels on écrit des titres d'ouvrages ou de chapitres. || S° Qui i. le titre et le droit d'une dignité, d'une fonction, sans la possession et l'exercice Les princes de la maison de Savoie ont été longtemps roii titulaires de Jérusalem. Le coadjuteur avait un régiment qu'on nommait le régiment de Corinthe, parce que le coadjuteur était archevêque titulaire de Corinthe, volt. touis XIV, 4. Il 3* Qui est revêtu d'un titre, soit qu'il en remplisse, soit qu'il n'en remplisse pas la fonction. Professeur, chanoine titulaire. Les membres titulaires d'une société savante. || Substantivement. Le titulaire est en congé. Il n'est que le gérant de ce bureau de tabac ; une telle en est la titulaire. Quand le choix est fait [de la femme assez riche pour que sa dot paye une charge de notaire], on attaque à la fois le père et la fille; l'ancien titulaire se charge de l'un, le nouveau titulaire se charge de l'autre, et, au bout d'un mois, le contrat se signe, reybaud, Jér. Paturot, l, «ï. Il II se disait de même autrefois de charges, d'offices, de bénéfices. Le titulaire et le survivancier. Mettre le titulaire en possession du bénéfice. Comme il n'y a pas de raison au'une digaila tu*
TOG
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loi
celui qui s'en trouve rev6lu.... ce n'est pas un événement fort rare à un titulaire d'enlerrur son
lUCCOS.'iCUr, LA BRUY. XII.
— iiisr. xvr s. Par ce moyen estant despouillc do son essence, il (le Fils) sera seulement un Dieu titulaire, calv. Inst. «a. L'evesque [de Genève] fit rosponse... Que voulez-vous que je y face ? je ne s lis que evesque titulaire, bonivard, Cliron. de (;en<!we,in,«. Au regard de la nouvelle invention des superlatiTs latins en issimt, comme illustrissime, que nous pouvons appeler superlatifs titulaires..., MKioRET, dans livet, la Gramm. franc, p. 73. Elle [la fortune] m'a faict quelques faveurs venteuses, honoraires et titulaires, sans substance, mont. IT, m;i.
— Etym. Lat. lilularis, de lilulùs, titre.
I TITULAUIAT (ti-tu-la-ri-a), s. m. Néologisme. Charge, fonction qui donne un litre à celui qui la remplit.
t TITULATURK (ti-tu-la-tu-r'), s. m. Ensemble des titres que porte une personne. Pour ne pas avoir l'air de jouter en titulature avec la femme do M. Le Normand d'ÉlioUes [Mme de Pompadour], j'avais ordonné qu'on eût soin de ne marquer aucune autre du mes qualifications que celle de marquise douairière de Crcquy, Souv. de Urne de Créquy, t. in, p. 23. On remplirait quatre grandes pages avec la titulature et les majorais de cette puissante maison d'Egmonl, ib. t. ii, ch. 8.
t TITUS (ti-tus'), s. m. Coiffure à la Titus, coiffure où les cheveux sont courts, avec de petites mèches aplaties appliquées sur la tète; ainsi dite parce qu'elle est imitée de la coiffure- des bustes et statues de l'empereur Titus.
t TITYE (ti-tie), s. m. Géanl fils delà terre, dont deux vautours rongent le foie dans les enfers.
t TIVEL (ti-vèl), t. m. Nom de la venus Lucine, coquilles {bivalves).
t TLA (tia), s. m. Coup donné sur un tambour, des deux baguettes presque simultanément, avec mollesse de la première, et en frappant un coup «ec de l'autre.
f TMÈSIÎ (tmè-z'), t. f. Terme de grammaire grecque et latine. Division des parties d'un mot composé, par l'intercalation d'un ou de plusieurs autres mots; exemple : Puis donc qu'on nous permet de prendre Haleine.... rac. Plaid, m, 3.
— EIVM. T(iT,o'.;, de xétivtiv, couper.
TOAST (tôsf), s. m. Voy. toste.
TOASTER (tô-sté), V. a. Voy. toster.
t TOC (tok'), interj. || 1* Onomatopée d'un bruit, d'un choc sourd. Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mère-grand ; il heurte, toc tocl CH. PERRAULT, le Petit Chaperon rouge. Lundi dernier, à cette heure-ci à peu près, j'entends à ma porte, toc toc, genlis, Mères riv. t. ii, p. )02, dans pouoens. ||2° S. m. Espèce de sonnerie sourde d'une montre à répétition sans tiiubre. Une montre à toc. || 3" Jeu qui se joue sur un trictrac, et qui n'est qu'un diminutif du vrai jeu. On convient de jouer en un, ou deux ou trois trous; et l'on marque un trou chaque fois qu'on gagne deux points. La partie est donc très-vite finie. {| 4° Terme de marine. Courir à toc de voiles, faire roule en forçant de voiles autant que possible.
t TOCADE (to-ka-d'), t. f. Voy. toquade.
— f.TVM. Voy. TOQUER.
t TOCAGE (lo-ka-j'), t. m. Terme de métallurgie. Action de jeter le combustible par la toquerie.
t TOCAN (tO'kan), (. m. Saumon qui a moins d'un an.
TOCANE (lo-ka-n'), «. f. Vin nouveau de la mère goutte. Tocane de Champagne. L'auteur m'a fait boire aujourd'hui de la tocane; c'est un bon virant, DANCOUBT, les Trois Cousines, l'rol. se. B.
— Etym. Origine inconnue.
t TOCANTE (to-kan-t'), s. f. Voy. toquante.
■f TOC-FEU (lok-feu), ». m. Grille à feu que l'on descend dans les mines pour en faciliter l'aérage.
t TOCOLOGIE (to-ko-lo-jie), ». f. Théorie des accouchements; traité des accouchements.
— f.TYM.Tôxo;, accouchement, et )ioyoç, traité, doctrine.
t TOCOIvOGIQUE (to-ko-lo-ji-k'), od). Qui a rapport à la tocologie.
TOCSIN (tok-sin), I. m. ||1' Bruit d'une cloche qu'on tinte i coups pressés et redoublés, pour donner l'alarme. J'entends sonner le tocsin. Le bruit du tocsin. Je ne conçois pas comment uu n'a point ionné le tocsin contre eux [les commis des fermes] dan* loua le* village*, «t comment on &• le* k pa*
exterminés, volt. LeU. Unie de SI- Julien,, u déc. 1775. Il Kig. Cet arrêt [prononce par la nation soulevée contre les juges d'Arras] est Icur.seul châtiment; c'est un tocsin général ipii éveille la justice endormie, volt. l'ul. et lég. i!é\irise d'Arrax. En France, on laisse en repos ceux qui mellent le fou, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin, CHAMFOKT, Maximes et pensées, vin. || Kig. Sonner le tocsin, donner l'alarme. || Fig. Sonner le tocsin, signifie aussi exciter un soulèvcmeiit, exciter, enfiammor les passions. Le même .laricu, qui a condamné les guerres civiles comme contraires à l'esprit du christianisme, sonne maiiileiiant le tocsin, et n'oublie rien pour montrer que ces guerres sont légitimes, Boss. Var. di'f. l" dise. U. Vous verrez aussitôt le peuple féminin S'élever à grands cris et so-nier le tocsin, la chaussée, Préj. à la mode, IV, (l.lJSonner le tocsin contre, sur quelqu'un, exciter contre lui le public. Ces titres ne coûtent rien aux réformés, pourvu qu'on ait sonne le tocsin contre Home, boss. Var. 44. Autant que les anabaptistes méritaient qu'on sonn.'it le tocsin sur eux de to;i3 les coins de l'Europe.... volt. Mœurs, (3.1. Les sermons, ou plutôt les tocsins qu'on sonne à Versailles contre nous en présence du roi , d'alemb. Lett. à Voltaire, <( janv. 4758. Voilà les cuistres de l'université qui viennent de sonner un nouveau tocsin, ID. ib. 26 déc. 4771. || 2' Dans quelques villes, la cloche du tocsin, ou, simplement, le tocsin, la cloche destinée à sonner le tocsin. Le tocsin est placé dans cette tour.
— Hl.ST. xiv s. Bieutost en oyrent nouvelles par le touquesaint de ladite ville, qui est accoutumé de sonner par la guette d'icelle ville, quant nos annemis y survainent, du cange, touquassen. Il XVI' s. Ils avoient sonné le toxsainct, carl. m, 1 2. Les ungs vindrent aux clochers pour battre le tocsainct, m. vin, I2. On dit sonner le tocsin.... mais il vaut mieux escrire toquesin; el encore, si en adjoulant un g, on escril tuquesing, on approchera plus près de l'étymologic ; car c'est un mot gascon, composé de toquer, au lieu de ce que nous disons toucher o\x frapper, et de sing qui signifie cloche, et principalement une grosse cloche, comme vdulentiers en effroy on sonne la plus grosse, H. est. Précellence, p. 4 se.
— Etym. Toquer, et le lat. signum, pris, au moyen âge, dans le sens de cloche.
t TODDY (to-di), s. m. Nom du jus qui exsude d'incisions pratiquées au cocotier. || Liqueur spirilueuse que l'on tire d'une espèce de palmier; elle est obtenue par incision des spathes du cocotier, lkgoarant. Il Espèce de boisson forte, mélange d'eau chaude et de liqueurs spiritueuses, qui est en usage parmi les Anglais.
f TODIER (to-dié), ». m. Genre d'oiseaux de l'ordre des passereaux. Le motteux ou cul-blanc niche, comme le todier, sous terre, mais d'une manière différente et avec des précautions que le todier n'est pas obligé de prendre, bonnet, Contempl. nat. xi, 28.
TOFFANA (toff-a-na), voy. aqua toffana.
TOGE (to-j'), ». f. l'erme d'antiquité romaine. Robe de laine qui était le vêtement propre des Romains, et qu'ils mettaient par-dessus la tunique. Ce Romain qui, portant la guerre dans les plis de sa toge, menace de secouer, en la déroulant, tous les fléaux de la guerre, mihab. Collection, t. m, p. 320.
— HIST. xiv s. Togue estoit aucune robe honneste de quoy Roumain usoient en temps de paiz, BERCHEURE, f° 3. Il [Clncinuatus] commanda à sa femme que elle apportas! sa togue de leur mesonnete, lo. f" 69, verso. \\ xvi* s. Luy estant vestu de longue togue, marot, ii, 303.
— KTY.M. Lat. toga, de tegere, couvrir (voy. toit) t TOHU-BOIIU (to-u-bo-u), s. m. Nom que l'on
donne, d'après la Genèse, au chaos primitif. La terre était tohu-bohu, et le vent de Dieu était sur les eaux, volt. Phil. llibl. expl. Cen. || l'ig. Désordre, chaos. C'était un tohu-bohu à ne pas s'entendre.
— ÉTYM. Voy. Genèse, i, 2, en hébreu; la Vulgate traduit ces mots par : terra erat inanit et vacua.
TOI (toi), pron. pers. Vcy. ▼•
t TOILAGE (toi-la-j*), ». m L«. 4UI lorme le dessin d'une dentelle.
TOILB (toi-r), ». f. Il 1" Tissu de fil de lin, ou de chanvre, ou de coton. Grosse toile. Toile fine, toile de ménage, toile de batiste, toile de Hollande, do Normandie, de Bretagne. Je détruirai et les colliers et les toiles si déliées, ces vaines couvertures qui n* cachent rien, boss. la Valliére. La côte de Coro-
inandel fournrt 'es plus belles toile; de coton qu'il y ait dans l'univers, baï.nai., Ilist. phil. 1, 4 5. Pline nous apprend que les Égyptiens employaient les mordants pour teindre ces toiles en diverses couleurs dans un seul bain, mongez, Instil. Méin. hist. et lin. anc. t. iv, p. 202. C'était de l'ibéric, aujourd'hui l'Espagne, que les Romains tiraient la plus grande partie de leurs toiles, et surtout do celles qui devaient être mises â la teinture, ameil- HON, Inslit. Mém. litt. et beaux-arts, t. i, p. 57'- Il Toile de compte, toile fine. || Familièrement. Û va se mettre dans les toiles, il va se coucher. Il Toile cirée, toile enduite d'une matière qui la rend imperméable à l'eau. Les années coulent sur elle [duchesse du Lude, qui restait belle], comme l'eau sur la toile cirée, m"' de coulanges, 3 mars 1704, dans sÉv. t. x, p. boo, édit. Régnier. || Toile perdue, se dit dans le commerce, quand on ne rend pas le sac. || Toile de mai, ainsi dite du beurre de mai (voy. beurre), sparadrap qu'on prépare avec des bandes de toile trempées dans une matière emplastique. |) Fig. Toile de Pénélope, œuvre qu'on ne finit jamais, qu'on fait et défait sans cesse, par allusion à Pénélope, qui, ayant promis aux prétendants d'en choisir un pour mari quand elle aurait fini une certaine toile, défaisait la nuit ce qu'elle avait fait le jour. Cet ouvrage (le Dictionnaire de l'Académie] est une toile de Pénélope, dont on défait en un jour ce qu'on a fait en un autre, furetière, Factums, t. i, p. 4 85. || Fig. En termes militaires, déchirer la toile, faire un fou de peloton successif, et non instantané, dont la son traîne, au lieu de faire entendre une seule explosion. || 2° Toile se dit par opposition à coton Je déteste le linge de coton; je n'aime que la toile. Il 3" Toile peinte, toile de coton qui est peinte de diverses couleurs. || Il S( dit d'une toile peinte aux Indes, ou à la manière des Indes, avec des couleurs solides et durables. On y a établi [ Montpellier] plusieurs fabriques d'indiennes ou toiles peintes, p. giraudeau, la Banque rendue facile, p. 394. Il Toile imprimée, toile peinte par impression. On y achète des toiles imprimées, dont les procédés, d'abord servilement copiés en Europe, ont été depuis simplifiés it perfectionnés par notre industrie, raynal, Hist. phil. m, 24. |j 4° Il se dit aussi de quelques autres tissus. Toile de crin. Toile d'amiante. || Toile métallique, toile faite avec des fils de métal. Pour prévenir ces accidents [l'inflammation du feu grisou], il suffit de placer la lumière destinée à éclairer le mineur dans une petite lampe dont les jours sont recouverts d'une toile métallique très-fine, thenard. Traité de chim. 4" part. li\. IV, i» 84 bis. Il Toile d'or, toile d'argent, certains tissu.s légers dont la trame est d'or ou d'argent, et la chaîne do soie. || Toile de soie, espèce de gaze ou toile très-claire fort à la mode au commencement du xvir siècle. Que vous vendez de ces toiles de soie! corn. Gai. du Pal. I, 4. Il 5" En toile, en pièce (les pièces de drap sortent de la fabrique enveloppées dans une toile). La première colonne contiendra la date du jour auquel ladite pièce [il s'agit d'étoffes de laine] aura été présentée en toile au bureau de visite.... Lett. patentes, 4" juin 4780, art. 10. || 6" Terme d'emballage. Toile grasse, toile enduite d'une sorte de goudron, avec laquelle on enveloppe les caisses; toile maigre, toile non goudronnée qu'on met par-dessu; la toile grasse. || 7° Terme de peinture. Toile imprimée, toile clouée sur un cadre et enduite d'une teinte ordinairement blanche ou grisâtre sur laquelle on peint. Où serait l'homme qui osât dire qu'une servante barbouillant au hasard cette toile avec un balai, les couleurs se seraient rangées d'elles-mêmes? fén. Exist. VIII. Il Par extension, tableau. La toile est animée, et le marbre respire, volt. Benr. vu. Fuyant parmi les morts sa patrie asservie, Sous sa main [de L. David], rivale des dieux, La toile s'enllammait d'une éloquente vie, A. cuén. le Jeu de paume, à Louis David. Plusieurs autres statues du genre pieux montrent que le christianisme ne saurait pas moins animer le marbre que la toile, ciiATEAUBR. Génie, lu, i, 5. C'est par lui [le peintre David] que notre grandeur Sur la toile respire encore, BÉRANG. Convoi de David. [\8' Tapisseries. Seule au milieu des filles de sa cour, Elle [la reine .Mathilde] animait ces toile» immortelles. Doux monument.... p. lebhun, Poés. t. i, 5. ii»*'Ms3u que font les araignées pour prendre les insectes. L'aragne cependant se campe en un lambris.... Travaille à demeurer : voilà sa toile ourdie, Voilà des moucherons de pris, la font. Fabl. m, i.
TOI
TOI
TOI
Rentrons au centre, coiiiiiie l'intccte >u milioi de sa toile, J. f. luiiiss. F,in. n. Ceux qui noufi l'ont transmise (riiisloiic) rossemblent i îles naturalistes (jui décriraient avec complaisance les combats des araignées qui se dévorent, et qui outilleraient de noua faire connaître l'industrie »vec laquelle elles fabriquent leur toile, n'ALF.Mii. 0?HD. t. IV, p. )»7. Partout les salles étaient détendues, et l'araignée filait sa toile dans les couches abandonnées, chateaubk. René. || Kig. I^ P. Tellior ne tarda pas à embarrasser dans ses toiles le cardinal de Noailles comme une aralKnée fait une mouche, st-sim. 4t5, Î2I-. ||Toile d'araignée, toile i matelas, coquilles univalves; c'est le cône aranéeux. Il 10" Particulièrement, rideau qui cache la scène d'un théâtre. Au bruit que la tuile fit à mon oreille en se levant, mon sang se gela dans me» veines, marmontel, Mém. m. Ne fût-ce même que pour cacher le besoin qu'on a quelquefois de baisser la toile, il serait à souhaiter qu'en la baissât toujours dès qu'un acte serait fini, id. (Kuv. t. VII, p. -liu. Il 11" Tente (acception qui vieillit). 11 y a tant d'hommes sous la toile, jj L'armée est sous la toile, elle est campée. || 12" Se dit, en termes de marine, pour l'enseuible des voiles. Porter beaucoup de toile. || Charrier de la toile, porter autant do voiles que possible. || Mettre de la toile dehors, déployer des voiles. || 13° Les toiles d'un moulin à vent, les toiles tendues sur les ailes d'un moulin pour le faire aller. || 14' Terme de chasse. Grandes pièces de toile, bordées de grosses cordes, qu'on tend autour d'une enceinte et dont on se sert pour prendre les bêtes noires. Nous avons trouvé deux sangliers dans nos toiles. Il Grands filets que l'on tend pour prendre des cerfs, des biches, des chevreuils, etc. || Capitaine des toiles, officier qui tend les toiles bordées de fortes cordes, pour prendre le gros gibier, surtout quand on veut l'avoir vivant. || 15" Rideaux dans un jeu de paume qui descendent depuis le toit jusqu'à la muraille pour préserver du soleil. Tirer les toiles. La balle a donné dans les toiles. Il 16° Feuille de métal qui se forme entre les pièces d'un moule. || Proverbe. Vous parlez trop, vous n'aurez pas ma toile, se dit pour refuser quelque chose, par allusion à un conte d'une bonne vieille qui avait recommandé à son fils, très-simple d'esprit et chargé de vendre une pièce de toile, de ne pas la vendre à quelqu'un qui parlerait trop.
— HIST. xiii* s. La toile de l'iraigne, qui contre lèvent n'a durée. Psautier, f' Hu. Si aurez un bon conl'enon 0 langues tresques à l'arçon. Chances, teles [toiles de fer, sorte d'armure], hauberc et haume, Partonop. ms. deSt-Germ. C 152, dans LACURNE. Il xiv s. Icellui Denaing fust alez boire en une taverne de cer\'olse en ladite ville de Valenciennes avec un tellier de toiles, pour à lui marchander de toiles tistre, du cange, telarius. Il XV' s. Au milieu de la lice avoit une toile pour conduire les chevaux, pour les courses de lances,
O. DE LA MARCHE, Ifrfm. I, p. 268, dauS LACUBNK.
Joustes furent faictes et criées par Jehan monsieur de Cleves, Jacques de Lalain et moult d'autres; et furent joustes sans toile, sans fiens [fumier] ou sablon, en un lieu devant l'hostel du prince que l'on appelle les bailles, m. iJi. p. 237. || xvi* s. Dix aulnes teille d'argent, frizé ■ d'or, pour faire bas de soye, capparasson et harnoys de cheval, à 26 escus soleil l'aulne, Bibl. des ch. 6* série, t. I, p. 497. Puis sur tout le ventre sera appliquée cesle toile Gautier, pabé, xviii, 3*. Et les draps en provenans en toile [en pièce], envolera au foulon pour y eslre desgraissés, o. de serres, 883. Ou si i'estois assez subtil Pour animer par un outil La toile muette, ou le cuivre. Mon art t'ofl'riroit ces presens, bons. 5«*. X toile ourdie Dieu mande le fil, COTORAVE. Toille, femme laide ni belle Prendre ne doibs i la chandelle, leroux de lincy, Prov. t. H. p. 420. Faire avec les piedz la toyile soubz la table et touttes autres petittes muguelteries, lesquelles les amoureux hont accoustumé de faire avec leurz dames, bonivahd, Advis et devis, p. tôt.
— f.TYM. Wallon, teûU, teule; bourguign. theule; génev. avoir la toile sur les i/eui, être agonisant; provenç. fela, tella ; espagn. tela; portug. lela, tea: Ital. lela; du lat. tela, contraction de texela, de lezere (voy. tistrk).
t TOILE (tol-lé), ». m. Fond de la dentelle. Il Blonde d'un point très-serré.
TOILERIE (toi-le-ric), ». f. \\ 1° Commerce de toile. Il Atelier où l'on fabrique les toiles. || Magalin oii l'on vend des toiles. || 2' Nom collectif par lequel on désigne tous les tissus de coton, de
DtCT. OE LA LANDUB FRANÇAIS!.
chanvre et de lin. To^ites espèces de toiles et toileries de lil (le lin, de chanvre, de coton, ou mélangées desdiles matières, Lett. jiat. 3U sept. 47ho. r.'idlnru. Ils piirtcnt du riz, de la gomme-laque. lies toileries dans le golfe l'ersique, d'où ils retirent des fruits secs, de l'eau rose et surtout de l'or, iiAYNAL, Hist. phil. m, 3ii.
— Ilisr. XV' s. Haoul le parcur ouvrier du mestier de telci ie en telles, uu cangk, (elartut.
— ETYM. Toile, par l'intermédiaire de toilier. TOILETTE (loi-lè-f), s. f. || 1' Petite toile. || Se
dit des batistes ou toiles de lin très-fines. Fabricant de toilettes. Lingerie de toile de lin neuve, comme draps, toilettes, chemi.scs, collets.... Tarif, 4 8 sept. 4 664. il 2' Morceau de toile qui sert à envelopper certaines marchandises, pour les garantir ou pour les porter en ville. Les marchands d'étoffe et les tailleurs se servent de toilettes. Défenses de les envelopper.... dans des enveloppes qui puissent marquer une autre qualité.... savoir les draps de la première qualité dans des toilettes de tafTctas, ceux de la deuxième dans des toilettes moitié taffetas et moitié canevas ou treillis ; et ceux de la troisième dans des toilettes de treillis. Arrêt du conseil, 45 mai (676. Il 3» Grand morceau de linge ou de taffetas qui est ordinairement embelli de quelque dentelle de fil d'or ou d'argent, qu'on étend sur une petite table, et sur lequel on met la trousse garnie de peignes, de brosses et de tout ce qui est nécessaire à l'ornement et à l'ajustement des hommes et des femmes. Toilette unie. Toilette à dentelle. Qu'elle ait, comme un piquier, le corselet au dos, Et tout ce qui de jour la fait voir si doucette, La nuit comme en dépôt soit dessus la toilette, I ÉONIER, Sat. ix. || Toilette de point, point préparé pour servir de toilette. Elle acheta une belle toilette de point d'Angleterre. || Fig. et anciennement, plier la toilette, prendre quelque chose dans un logis et s'enfuir. Cela se disait principalement d'un valet volant les bardes de son maître. Il 4° Il se dit plus particulièrement des flambeaux, des boîtes, des flacons, des carrés qui servent à une femme quand elle se pare. Toilette d'argent. || Dessus de toilette, pièce de velours, de damas, etc. bordée de dentelle ou de frange, avec laquelle on couvre tout ce qui est sur la toilette. Il 5" Tout ce qui couvre et garnit le meuble devant lequel une femme se place quand elle veut se parer. Belle toilette. Riche toilette. Mettre la toilette. Il 6° Le meuble même garni de tout ce qui est nécessaire à la parure et à la coiffure d'une femme. 11 dit : faisons le contrat; on y consentit, et puis il dit : mais qui nous empêche de les marier demain? chacun dit : mais des habits, mais une toilette, mais ilu linge; il se moqua de ces sottises, sÉv. 557. Attends, discret mari , que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, BOIL. Sat. x. || Voir une dame à sa toilette, l'entretenir à sa toilette, la voir, l'entretenir pendant qu'elle se coiffe. J'avais ce matin un Provençal, un Breton, un Bourguignon à ma toilette, sÉv. (3t. Troisville fréquenta les toilettes: le pied lui glissa; de dévot il devint philosophe, ST-SIM. 133, 222. Il savait par cœur tous ces petits propos de toilette, tous ces jolis mots qui ne disent rien, marmontel. Cent. mor. lionne mère. Il II y a eu toilette à Versailles, se disait quand la cour voyait la reine ou Madame à sa toilette. Estil possible que vous n'entendiez pas, quand j'ai dit : il y a eu toilette, que cela veut dire que la cour a vu la reine d'Angleterre et Madame i sa toilette? CAILLIÈEES, Mots à la nwde, convers. i. Il i'ilier de toilette, homme qui assiste assidûment à la toilette d'une ou plusieurs femmes (locution qui a vieilli). {| Revendeuse à la toilette, marchande à la toilette, femme qui porte dans les maisons des bardes, des bijoux, des étoffes pour les vendre. Aurais-tu deviné que M. Turcaret eût une sœur revendeuse à la toilette? lesage, Turcaret, IV, (3. Il On dit de même : vendre à la toilette, revendre à la toilette. Je revends à la toilette, et je me nomme madame Jacob, lesage, Turcaret, IV, (2. Il 7° Action de se parer, de s'habiller, pour paraître en public, pour aller en société ; il se dit des hommes et des femmes. Faire sa toilette. La toilette de cet homme n'est pas longue. Elle aime la toilette. J'y fus avec Mme de Chaulnes et Mme de Carman; elle [la Dauphine] était à sa toilette, sÉv. 4(9. Votre tante n'est encore qu'éveillée; et, entre le réveil et la sortie d'une demi-vieille, il y a bien des cérémonies de toilette, DUi'RESNy, le Double veuvage, i, 2. Elle était éblouissante en sortant de sa toilette; je trouvai qu'elle ne savait
pas moins elTacer la plus brillante parure qu'orner la plus simple, j. j. Rooss. Héi. t, i. Et, sans être coquette. Il faut que Vnn s'occui»e un peu de sa toilette, A. outal, Tyran domett. il, «. J'ai .111 depuis qui payait sa toilette, bébano. le (.renier. Dernier, assis dans un fauteuil, assistait à la toilette de celui qu'il nommait son cher maître, cil. DE bkbnard, JJn Homme sérieux, iv. || Ensemble des ajustements dont on se pare pour aller dans le monde; en ce sens, il se dit aussi des hommes. Riche toilette. Toilette de bon goût. Dans ces lieux d'un concours général où les femmes se rassemblent pour montrer une belle étoffe , et pour recueillir le fruit de leur toilette^ la brdy. vu. jj Cabinet de toilette, petite pièce ou l'on s'habille. Le doux parfum d'un cabinet de toilette n'est pas un piège aussi faible qu'on pense, i. i. rouss. /?m. II. Il 8* Dans la lingerie, toilette ou parure, un col de femme avec les manches pareilles. Acheter une toilette brodée. Quand une dame achète un col, la marchande lui demande si elle veut la toilette complète, il 9° Toilette de propreté, soins que l'on prend pour se laver, se nettoyer. || 10" Nom qu'on donne aux apprêts auxquels on soumet le condamné à mort, avant de le conduire à l'cchafaud. Il 11° Toilette se dit queliiuefois des choses. La toilette préparatoire des bûches d'un train de bois. Il 12' Bleu de toilette , espèce de teinture bleue dont on se sert pour donner une teinte bleuA'tre au linge blanc qu'on empèse avant de le repasser. || 13' Membrane graisseuse et claire dont on se sert dans la boucherie et la charcuterie pour couvrir certaines pièces. || 14° Dans les papeteries, nom donné à un tamis de crin qui est place sur les ouvertures d'une plaque de bois où passe l'eau des piles d'un moulin à chiffon.
— llisr xvr s. Un petit coffre de nuit, de broderie d'or, doublé par dedans de satin, prisé xxx escus; dans lequel s'est trouvé une thoillelte de thoile d'or en broderie de mesme et son sac de nuit de mesme avec des franges et crespines à ladite thoillette et sac garny de ses houpes ; ladite thoilette et sac doublé de satin de Bruges, prisés ensemble xxx escus, DE labohde Émaux, p. 5(fl. Pour une toilette jaulne pour envelopper une robbe à une nayne de ladicte dame [la reine), id. ib. Ces membranes sont fort déliées, ressemblans à petites toilettes d'araignées, paré, xviii, 7.
— irrvM. Dimin. de lotJ«; provenç. teleta, pellicule. On appelait toilette la toile qui servait à envelopper des vêtements ou objets précieux, celle aussi qui contenait tout ce qui était nécessaire à l'ajustement d'une femme.... on étendait celte toile ou petite toile sur une table qui en prit le nom , ainsi que l'ensemble du vêlement qu'on ajustait devant elle, de laborde, Émaux, p. &(«.
TOII.IER, ËRE (toi-lié, liè-r'), ». m. et f. \\ 1" Marchand, marchande de toile en gros ou en détail. Il 2° Ouvrier qui fabrique de la toile. Il 3° Adj. Qui a rapport à la fabrique de la toile. Industrie toilière.
— f.TYM. xtv s. Un tellier de toiles, du iungk, telarius.
— l^TYM. Toile; provenç. (eltcr, catal. teler. TOISE (toi-z'), t. f. Il 1* Mesure longue de six
pieds. La toise vaut en mètres 4",»49. L'Arabe, échappé des sables brûlants où il s'estimait heureux d'enfermer une ou deui toises d'ombre sous une tente de t>eaux de brebis, cet Arabe a élevé presque sous nos yeux des cités gigantesques, ciiATEAUBB. Génie, i, iv, 2. Il Toise du Pérou, ou toise de l'Académie, toise emportée par les astronomes qui allèrent mesurer au Pérou des arcs du méridien; elle est devenue l'unité fondamentale des mesures géodésiques, adoptée partout e.\cepté en Angleterre. || Toise de Laponie ou du Nord, toise emportée par les astronomes pour y mesurer des arcs du méridien ; elle fil naufrage et s'altéra par le séjour momentané dans la mer. || Fig et familièrement. Des mots longs d'une toise, de grands mots. Us me font dire aussi des mots longs d'une toise, RAC. Plaid, m, 3. \\ Fig. Mesurer les hommes à la toise, avoir plus d'attention à leur taille, à leur extérieur qu'à leur ijiérite. || Fig. On ne mesure pas les hommes à la loise, c'est par leur mérite qu'il faut les apprécier. || Fig. Mesurer les autres à sa toise, les juger d'après soi. || Fig. Se mesurer à sa toise, ne pas avoir des prétentions au-dessus de sa condition. Oh 1 monsieur, point du tout, je suis une bourgeoise Qui sais m» mesurer justement à ma toise, regnard, le Jouiur, ii, I4. Il 2° La longueur de six pieds. Il y a tant de toise» de muraille. || Toise courante, la mesure en lon-
TOI
gueur de quelque otiose que ce soit, «lont la hauteur ou la largeur est supposée partout la mémo. Il Toise carrée, surface carrée donl le côté est une toise. Il Toise cube, cube donl chaque face est une toise carrée. || Par extension, quantité de matière équivalente à celle qui est renfermée dans un corps cubique de six pieds. ||8' Terme de menuiserie. Toise mouvante, espèce de règle creuse dans toute sa longueur pour y placer une autre règle mobile. || 4° Terme d'horticulture. Toise Iraçoir, instrument qui permet de tracer i la fois, selon le besoin, trois ou quatre lignes parallèes.
— HIST. xni* 8. Quant 11 rois englois entendi que il venroient l'ourmiel [ormeau] copper, si fist fierer le tronc dcsous de bondes de fier toul entour, et avoit bien cinq toises de gros, Chr. de Rains, p. 63. Et cil s'en vont tout arouté Après corant, et font graiit noise; Ne finerent de corre i toise [à grand train] Qu'il sont entré en la fo- /•est, lien. 552.1. Ja fussent fors au.s chans no François retourné. Quant Tangres [Tancrèilc] li Puillans a celui encontre Qui sire ert de la ville; le chief li a copé; Une toise et demi a la teste volé, Ch. d'Ant. m, 36). || xiv s. En alant ayez la teste droite, les paupières basses et arrestées et la veue d cite flevant vous quatre toises et bas à terre, Hénagier, l, 2. ]| IV s. En court les faitz poise, juge il est, à chascun rend sa toise [ce qui lui appartient], Perceforest, t. v, f° 4 42. || xvr s. Nous usons en ce pays de deux toises, dont l'une est toise de charpentier et icelle a cinq pieSs et demy, et l'autre est toise de masson, et icelle a six pieds pour faire la toise carrée, thaumassièhe, Coût, de Berry, ch. 92, p. 278, dans lacuhne.
— ÉTYM. Wallon, (siUs; ital. tesa; bas-lat. (eitia, thaitia; du lat. tensus, tendu, de lendere, tendre : corde tendue.
TOISft, fiE (toi-zé, zée), part, passé de toiser. Il 1" Mesuré à la toise. Muraille toisée. || Fig. et populairement. C'est un homme toisé, c'est un homme dont on connaît le peu de valeur. || C'est une afTaire toisée, l'affaire est finie, manquée, il n'y a plus à y revenir. || 2° S. m. Le toisé, mesurage à la toise. Ce toisé n'est pas juste. Faire un toisé. || Évaluation des travaux faits ou à faire. || Mémoire ou dénombrement des toises de chaque sorte d'ouvrages entrant dans la composition d'un bâtiment. || 3" Terme de mathématiques. L'art de mesurer les surfaces et les solides et d'en exprimer l'étendue ou le volume en parties de certaines unités convenues.
TOISER (toi-zé), v. a. ]| !• Mesurer à la toise (on dit maintenant métrer, parce qu'on mesure par mètres). Toiser des bâtiments. Toiser des travaux. S'il estime la hauteur d'un clocher, qu'il le toi.se avec les maisons, i. j. Rocss. Ém. n. || Toiser à mur, réduire de légers ouvrages de maçonnerie en toises de gros mur, en les mesurant. || Toiser à toise bout avant, mesurer les ouvrages sans retour ni demi-face, et les murs tant plein que vide, sans . avoir égard aux saillies. || Toiser aux us et coutumes, mesurer tant plein que vide, en y comprenant les saillies. || Toiser la taille de pierre, réduire la taille de toutes les façons d'une pierre à la toise courante d'un pied sur six. || Toiser le bois, le réduire par 3 pieds cubes ou )2 pieds de longueur aura pouces d'équarrissage. || Fig. Son esprit régulier [d'un géomètre] toisait tout ce qui se disait dans la conversation, montesq. Lett. pers. (28. Nous n'y choisirons point pour guide Cette raison froide et timide Qui toise impitoyablement Et la pensée et le langage, gbesset, ÉptI. P. Bougeant. Tout versificateur doit savoir à propos Toiser une pensée et combiner des mots, favart, Acajou, i, 4. Il 2', Toiser un soldat, mesurer sa taille. || Fig. Toiser quelqu'un, le regarder attentivement, pour apprécier son mérite, on pou' lui témoigner du dédain. Il l'a toisé de la lite aui pieds. Aussi connais-je bien mon monde ; et je défie. Quant j'ai toisé mes gens, qu'on m'en impose en rien, gbesset, le Méch. m, m. || 8" Fig. Se toiser, v. réfl. Se regarder l'un l'autie avec dédain. Ils se sont toisés sans se dire un seul mot.
— HIST. xnr s. Cest assavoir que tous marehan» et maistres ouvriers des marchandises et mestiers cy après nommés toisent et portent pour vendre leurs dites denrées et marchandises es halles de Paris, Lie. des met. 437.
— RTYM. Toise.
TOrSKDR (loi-zeur), t. m. Celui dont le métier
est de toiser. Ordonne que les dits mesureurs, .. toiseurs, et porteurs da chaux et pUtre.... seront
TOI
tenus de représenter leurs lettres de provision, Arrêt du conseil, 2( mars (674.
— HIST. xvi- s. Toiseur, cotghavb.
— ETYM. Toiser.
TOISON (toi-zon), s. f. Il 1" Fourrure du mouton,
ou ensemble de tous les brins de laine qui recouvrent son corps. Alors, pour se couvrir durant l'Apre saison. Il fallut aux brebis dérober leur toison, BOIL. Éplt. m. Chaque mouton était enveloppé d'une couverture de peau ; celle pratique, empruntée des Mégariens, garantit la toison des ordures qui la saliraient, et la défend contre les haies qui pourraient la déchirer, babthél. Anach. ch. 59. Il y a des personnes qui enlèvent les toisons, avant d'avoir lavé les moutons; mais celle méthode est fort mauvaise, genlis. Maison rust. l. r, p. 252, dans pouGENS. La toison enlevée doit être exposée à l'air, afin qu'elle sèche, ID. ib. p. 264. Et tu vois tes brebis, sur le jeune gazon, Épaissir le tissu de leur blanche toison, a. chén. Hymne à la France. On peut stipuler que le colon délaissera au bailleur sa part de la toison à un prix inférieur à la valeur ordinaire. Code civ. art. (82S. Il Terme de blason. Peau de mouton garnie de sa laine. || i° Pelage laineux de plusieurs mammifères. On chasse ces lamas sauvages pour en avoir la toison, bufp. Quadrup. t. vi, p. 62. || 3" Ironiquement, grande quantité de cheveux. Quelle toison il a! || 4" La toison d'or, la toison du bélier sur lequel, selon les anciens poêles, Phryxus et Hellé passèrent la mer. Les Argonautes allèrent à la conquête de la toison d'or. La position d'Orchomène près de l'Hellespont, de la Propontide et du Pont-Euxin fait naturellement penser qu'elle tirait ses richesses d'un commerce sur les c6tes de ces mers, qui avait donné lieu à la fable de la toison d'or, MONTESQ. Esp. XXI, 7. L'histoire de la toison d'or est bien moins fabuleuse et moins frivole qu'on ne pense... il s'agissait d'ouvrir un commerce de la Grèce aux extrémités de la mer Noire, volt. Comm. Corn. Rem. Toison d'or, Préf. || Terme d'alchimie. Toison d'or, matière par le moyen de laquelle on fait les ouvrages de la pierre philosophale. Il 5" La toison d'or, ou, absolument, la Toison (avec majuscule), ordre de chevalerie institué en 1420 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne; il fut composé d'abord de trente chevaliers, donl ce prince fut le chef, et dont l'objet était de défendre la foi , au péril de leur vie , comme les Argonautes exposèrent leur vie pour la conquête de la toison d'or; ils portent au bas de leur collier la représentation d'un mouton; le roi d'Espagne est demeuré chef de cet ordre, en sa qualité de duc de Bourgogne. Le roi trouve très-bon, monseigneur, que le comte d'Aycn reçoive l'ordre de la Toison, maintenon, LeU. au card. de Noailles, 3 mars (706. Il 6° Terme ue tannerie. Plier une peau en toison, la plier régulièrement, de manière qu'elle ne forme qu'un carré d'un ou deux pieds.
— HIST. xii* s. Resa li reis de Moab out mult pecunie, e rendeil cume Ireud par an al rei de Israël cent mille aignels e cent milie multuns od tûtes les tuisuns, Rois, p. 35t. || xni* s. Tu iez Raohel la désirée, Tu iez la droite Sarray, Tu iez la loison arouzée. Tu iez li bouchons Synay, ruteb. ii, ((. Avoir à clers, toison à chien. Ne pueenl [peuvent] pas venir à bien, iD. i, 229. En un bos [ilj truva un mutun Craserefet sous la toison, marie, Fabl. 73. Il XIV s. Ansçois que [avant que] Troie fust assise [assiégée]. Ne ains p'Iercules ne Jelzon Alaissent querrele [la] toizon, j. decondé, t. n, p. 98. |]xvi's. Le maislre ou le propriétaire peut faire abbatre le bois croissant et qui est sur son bien affermé, sans que le fermier y ait aucun droit ny à la toison ou aux branches, Nouv. coust. gén. 1. 1, p. (034.
— ÈTYM. Prov. tois,toisos; anc. cal. tuso; esp. tuson, toison; poH.tOiâo, tuzào ; il. tosone; du lat. tonsionem, action de tondre, de tondere, tondre; le sens abstrait s'est changé en sens concret.
TOIT (toi ; au plur. l's se lie : des toî-z hospitaliers), î. m. Il 1' Partie supérieure des bâtiments, des maisons, qui sert à les couvrir, à les abriter. Contraindre les papistes à embrasser la réforme par taxes, par logements, par démolitions de leurs maisons et par découverte de leurs toits, Boss. 6* avert. 5. L'un croit que le tonnerre est tombé sur les toits. Et que l'église brûle une seconde fois, BOIL. Lutr. IV. E:n approchant de Parme et de toutes les villes qui sont sur cette route, on a de loin le coup d'oeil pittoresque des toits en forme de terrasse qui donnent aux villes d'Italie un aspect oriental, staki., Cortnn* , xix, «. 11 faut se souvenir que les t'iiis des anciennes mai-
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sons ég;ypticnnes étaient plats comme le sont ceux des maisons modernes du Caire; c'est là que, da nos jours encore , les femme» ont coutume de s'entretenir, de voisine à voisine, des petits scandales et des bruits du jour; on comprend le chemin rapide que font les nouvelles de ^oit en toit; je viens au conte, les Femmes et le secret.... L. de ronchaud, dans Corresp. littér. 5* année n* (6, 25 juin (H8(, p. 370. Il Fig. C'est le dernier ouvrage ; c'est le toit i l'édifice, bufk. Uist. anim. v. Il Habiter, coucher sous le même toit, loger dans la même maison. Ce ne sera pas sans beaucoup de peine que je perdrai l'espérance d'être sous un même toit avec vous, sÉv. 23 juill. («77. L'impie qui suppose le grand Être jaloux, orgueilleux, malin, vindicatif, est plus dangereux; je ne voudrais pas coucher sous le même toit avec cet homme, volt. Dict. phil. Impie. Pour votre Germcuil, je vous avertis que nous ne pouvons plus loger lui et moi sous un même toit, bider. Père de famille, m, 7. {] Fig. Publier, prêcher sur les toits, locution de l'P^vangile {ui signifie annoncer une chose, la divulguer, et qui vient de l'habitude orientale de causer sur les toits. Ce que vous avez dit à l'oreille dans les chambres sera prêché sur les toits, saci, Hible, Évang. St Luc, xii, ». En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville. Le publier, le prêcher sur les toits, la font. À femme avare. L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les chaires; et la doctrine ancienne, qui, selon l'oracle de l'Évangile, doit être prêchée jusques sur les toits.... boss. Rein* d'Angl. || On dit aussi familièrement : Dire, crier une chose sur les toits, la répandre, la divulguer partout. C'est ià ma véritable profession de foi [de reconnais-sance envers le duc (le Choiseuljqueje fais entre vos mains; c'est là ce que j'ai crié sur les toits, volt. Lett. Mme de St-Julien, 22 janv. (772. || 2" Par extension, maison, demeure. Le royaume en proie à des nations ennemies, personne en siircté sous son propre toit, MASS. Carême, Aumône. Je reconnais Numa, prêtre saint et roi juste. Qui, créateur du culte et fondateur des lois. Passa d'un toit obscur dans le palais des rois, delille, En. vi. Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage Passe de mains en mains troqué contre un vil prix. Comme le toit du vice ou le champ des prescrits ! lamart. Harm. m, 2. || Le toit paternel, la maison paternelle. Et du toit paternel le seuil ou ia fumée, lamart. riarm. ii, (2. ||Un toit hospitalier, un toit protecteur, maison oii l'on reçoit rhospitalité, où l'on trouve un refuge. II Un humble toit, une maison de peu d'apparence, une chaumièrequ'habilent de pauvres gens. Cependant l'humble toit de; vient temple, et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs, la tont. Phil. et Baucis. L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste [les soucis des grandeurs], m. ib. \\ 3'Terme de jeu de paume. Les ais en forme de toit qui couvrent la galerie. Quand on joue partie à la paume, il faut servir la balle sur le toit de la galerie. Il y avait aussi une manière de petit toit au jeu de la longue paume , pour servir la balle. Il Fig. Servir quelqu'un sur les deux toits, lui faciliter les moyens de réussir dans ce qu'il souhaite, ou lui donner l'occasion de paraître, de se faire valoir. || 4" Toit à cochons, à porcs, la petite loge où l'on enferme ces animaux. || Fig. C'est un toit à cochons, c'est une chambre malpropre. ||B' Terme de raines. Partie supérieure d'un filon, d'un banc, d'une couche. Ce grès sert de toit à la seconde veine [de charbon] qui a dix à quinze pieds d'épaisseur, bupf. Jfin. t. n, p. 322. Il 6° Toit chinois, toit persique, espèces de coquilles.
HIST. xin* s. La bone dame du mesnil A overt i
l'uis de son corlil, Que vespres ert [car il était soir], et si voloit Ses gelines mètre en son toit, Ren. (624. Il xvr s. Comme toutes choses dites à ! l'oreille sont preschées sur le toit quelque temps après, la vérité lut connue, marg. Nouv. viu. Et ne vil rien qu'un tect à pourceaux, où il se traiua le mieux qu'il put, ro. ib. xxiii. Eschylus assommé d'un loict de tortue, mont, i, 7».
— ÊTYM. Wallon, «eu; bourguig. <fJoi; Berry, Ut , étable à- renfermer du bétail ; provenç. Ug, tet; espagn. techo; porlug. tecto; ital. Mtto; du lat. tectum, de tegere, couvrir.
TOITURE (toi-tu-r'), *. f. Ce qui compose le toil d'une maison, d'un bâtiment. On travaille à la toiture. Faire des réparations à la toiture. Outre . quelques autres indices, celui-ci démontre que l« temple de la Concorde (ut couvert '('une loitur»
TOL
•t d'un plalond, qOàtremèrb ub ovinct, fntlti. ileiii. Hist. et lilt. anc. l. m, p. 33». {| Terme de manno. Toiture mobile, toit ou couverture que l'on emploie dans le» arsenaux.
— EIYM. Lai. tectura, enduit, do tectum, tegere. t T0K.A1 ou TOKAY (to-kè), ». m. Vin de Bon
grie que l'on place au premier rang parmi les vins doux. Pour comhledc félicité, Vous possédez, dans votre cave, De ce tukai dont j'ai tàté, volt. Leit. roi de Pr. s» qct. (743.
TÔLK (tft-l'), *. f. Il 1" Fer battu réduit «n plaques minces. Tuyaux de tâle. J'ai fait de la trèsbonne tôle avec de vieilles ferrailles; néanmoins le fer ordinaire, pourvu qu'il soit nerveux, bien sué et sans pailles, donnera aussi de la bonne tôle en la faisant au feu de bois, buff. Min. t. iv, p. ICO. Il Tôle -émaillée, pla<|ue de tôle enduite d'émail. || %' Plaque servant à faire chauffer le» pièces à émailler. || Tôle de fer, espèce de canal par le moyen duquel les lamineurs transmettent leur plomb de la chaudière dans l'auge.
— f.TYM. L'origine est donnée par l'ancienne orthographe qui est taule : Fer en taule, pour un baril de 45o feuilles, 3 livres, 42 sols, Arch. des finances. Mil, abrégé des droits perçus à Bordeaux, p. ft2, verso. Taule est, dnm la langue des bords de la Garonne et au delà, l'équivalent de table. La tôle est donc du fer en table.
t TOI.ÈNE (to-lè-n'), s. m. Terme de chimie. Produit de la distillation du baume de Tolu avec l'eau.
TOLERABI.E (to-lé-ra-bl'), adj. Qu'on peut supporter, tolérer. Cela n'est pas tolérable. Avant que l'Kgypte piit devenir une habitation tolérable, VOLT. Déf. de mon oncle, (7.
— HiST. xiv s. Vices grans et non tolerables, ORESME, Thèse de mf.unifr.
— ÊTYM. Prov. toUerable; esp. tolérable; it. <olhrabile ; du lat. tolerabilis, de tolerare, tolérer.
t TOLÉRA BLEMENT ( to-lé-ra-ble-man ) , adv. D'une manière tolérable, supportable. Un homme qui avait quelque sens et qui raisonnait tolérablement sur d'autres sujets, volt, l'hil. Ex. mil. Bolinybr. 2«.
— HIST. xvi* Tolerablement, cotorave.
TOLÉRA^•(;E (to-lé-ran-s'), *. f. \\ !• Condescendance, indulgence pour ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas empêcher. Leurs premiers succès que j'ai favorisés par ma tolérance, bai.z. liv. v,lelt. lO. Notre surprise.... necessa que pour faire place à l'étonncment que nous donna la tolérance de cette proposition [de mariage] par Mlle d'Alerac, sÉv. 4 5 aoiit 4B85. Sans vouloir examiner si on ne pourrait pas soutenir qu'en effet il (David] était roi de droit, et que Saûl ne régnait que par tolérance , boss. 6* avert. 28. Qu'est-ce que la tolérance V c'est l'apanage de l'humanité; nous sommes tous. pétris de faiblesse et d'erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de nature, volt. Dict. phil. Tolérance, i. L'amitié doit avoir infiniment plus de tolérance que l'amour, OENLis, Vœux téméraires, t. m, p. 2) , dans POUGENS. Il i' En matière de religion, tolérance théologique ou ecclésiastique ou religieuse, la condescendance qu'on a les uns pour les autres touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L'Église latine a toujours usé de tolérance pour l'Église grecque «ur le mariage des prêtres. || Tolérance civile, la permission qu'un gouvernement accorde de pratifjuer d'autres cultes que le culte reconnu par l'Klat. La tolérance civile, c'est-à-dire l'impunité accordée par le magistrat à toutes les sectes.... est lice nécessairement avec la toléranee ecclésiastique, BOSS. «■ avert. lu, h.||3' Au point de vue philosophique, admission du principe qui oblige à ne pas persécuter ceux qui ne pensent pas comme nous en matière de religion. Si vous souffrez l'erreur qui attaque ces deux attributs divins [la ipiritualité et l'immutabilité], de l'un à l'autre on vous poussera sur tous les points; et, dussiezvous en périr, il vous faudra avaler tout le poison de la tolérance, Boss. 6' avert. 409. Introduire parmi eux la confusion de Babel et l'indifférence des religions sous le nom de tolérance, id. I" insir. past. 4». Comme il s'y déclarait ouvertement pour la tolérance universelle, décidant nettement qu'on^avait eu tort de brûler Servet, liote de la
Ùlt. 73 de BATLE, du 24 févr. 4689, t. l, p. 255.
Je ne crois pas que je parvienne jamais à faire établir de mon vivant une tolérance entière en France; mais j'en aurai du moins jeté les premiers fond<^menli, volt Utl. UarioU, 18 min
TOL
4 7<«. L'esprit <!• tolérance commence enflii à s'introduire chez les Français, qui ont passé longtemps pour aussi volages que cruels, m. Sitrm. Josias llossette. La tolérance est aussi nécessaire en politique qu'en reli^'ion ; c'est l'orgueil seul qui est intolérant, id. Pol. et lég. Idées républ. 54. La douceur de ce gouvernement [Hollande] et la tolérance de toutes les manières d'adoier Dieu, dangereuse peut-être ailleurs, mais là nécessaire, peuplèrent la Hollande d'une foule d'étrangers, lo. Jfofur.s, 487. Je ne viens pas prêcher la tolérance; la liberté la plus illimitée de religion est, à mes yeux, un droit si .sacré, que le mot tolérance, qui voudrait l'exprimer, me paraît, en quelque sorte, tyranni(|ue lui-même, puisque l'autorité qui tolère pourrait ne pas tolérer, uiiiarkau. Collection, t. li, p. 64. Il 4' Disposition de ceux qui supportent patiemment des opinions opposées aux leurs. Or connaissez-vous en France Certain couple sauvageon, Prisant peu la tolérance. Messieurs La Harpe et Naigeon? H. J. chén. les Deux missionnaires. Il 6" Maison de tolérance, se dit, à la police de Paris, d'une maison de prostitution. 116* Ternie de monnayage. Ce que la loi permet >de donner aux monnaies d'or et d'argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel. La tolérance de litre en dessus ou en dessous du titre droit de 900 millièmes est de 2 millièmes pour les pièces d'or comme pour les pièces d'argent; la tolérance de poids en dessus ou en dessous est également de 2 millièmes pour les pièces d'or; quant aux pièces d'argent, elle est de 3 millièmes pour celles de 6 francs et plus forte pour celles de moindre valeur, legoarant. || 7° Différence que la loi tolère dans le poids légal des denrées (pain, viande, etc.). || S. f. plur. Limites en plus ou en moins, dans les proportions ou dimensions d'armes, de projectiles ou autres objets. || 8' Terme de médecine. Faculté qu'ont les malades de supporter certains remèdes. Au bout de quelques doses la tolérance pour le tartre stibié s'établit d'ordinaire.
— HIST. XIV* s. Par tolérance, oresme. Thèse de MEUNIER. Il XVI' s. Ce précepte qui ordonne un maintien desdaigneux et posé à la lolleiinice des maulx, HONT. III, 4 9». La matière des Estais estoit la tolérance ou non tolérance de deux religions, d'aub. Jlist. II, 236. L'Escriture loue les saints de tolérance, quand ils sont tellement affligez de la dureté de leurs maux, qu'ils n'en sont pas rompus pour deffaillir, calv. Instit. rybb. Le chancelier de l'Hospital fist permettre par tollerance aux ministres de faire presches publiques, CONDÉ, Mém. p. 009.
— KTVM. Prov. tolleransa ; esp. tolerancia: ital. toUeranza ; du lat tolerantia, de tolerare, tolérer.
TOl.fiUANT, ANTE ( to-lé-ran , ran-t' ), adj. Il 1* Qui tolère. || Il se dit principalement en matière de religion. Un zèle tolérant. La religion catholique, c'est-à-dire la plus sévère et la moins tolérante de toutes les religions, BOSS. •• avert. 3' part. 9. [Le gouvernement turc] exemple bien frappant d'un gouvernement tolérant sur la religion, quoiqu'il fûit sanguinaire sur le reste, volt. Mœurs, 4 94. La religion protestante est tolérante par principe, elle est tolérante essentiellement; elle l'est autant qu'il est possible de l'être, puisque le seul dogme qu'elle ne tolère pas est celui de l'intolérance, j. j. rodss. Lett. de la Mont. 2. La philosophie ne retrouvera pas aisément un prince' tolérant comme lui par indifférence, ce qui est la bonne manière de l'être, d'aLëmb. Lett. à Foitaire, 27 janv. 4 762. Il n'y a point de peuple plus tolérant que les Romains, ils sont accoutumés à ce qu'on ne vienne chez eux que pour voir et pour observer, stael, Corinne, x, 2. Il Substantivement. Je lui appris que M. Freind était tolérant, et qu'il descendait de la fille de Guillaume Penn, le premier des tolérants, et le fondateur de Philadelphie, volT. Jenni, ch. 3. Je vois qu'on ne tolère ni la tolérance ni les tolérants [la police avait arrêté un écrit de Voltaire sur la tolérance], id. Lett. d'Alembert, 34 déc. 4763. Il Les tolérants, nom donné dans le xvii* siècle à ceux qui parmi les protestants toléraient les sectes dissidente». Les tolérants, peuple immense dans la reforme, qu'il [Jussieu] appelle les indifférents, parce qu'ils vont à la tolérance universelle des religions sous la conduite d'Episcopius et de Socin, boss. 6* avert. a* part. 6. Apologie pour les vrais tolérants, où l'on fait voir, avec la dernière évidence, la pureté de leurs intentions et la vérité de leur dogme , pour opposer aux fausses idées que M. Jurieu en donne dans quelques-uns de ses
TOL
éerila, par 0. Huât, oit* dans «avlk, Lett. 7> du 24 févr. 4«8», t. I, p. IM. IJLes non-tolérants, nom donné dans le xvn* siècle i ceux qui, parmi les protestants, ne toléraient pas les sectes dissidentes. Les non-tolérants se sont élevés contre lui [Jurieu] d'une terrible manière, boss. s* aterl. l. Il 2* Indulgent, facile dans le commerça de la'vie. Il est fort tolérant de son naturel.
TOI.ËRAIiTISMK (to-lé-ran-U-sm'), i. m. Néologisme du xviii* siècle. || t* En théologie, opinion de ceux qui étendent trop loin la tolérance théologique. Il S* N«m donné par dénigrement au système de ceux qui croient qu'on doit tolérer dans un Ktat toutes sortes de religions. Vous flétrissez l'indulgence, la tolérance du nom de tolérantisme, comme si c'était une hérésie, comme si vous parliez de l'arianisme et du jansénisme, volt. iett. Hénaut, 26 févr. 4768. Qu'a-t-il (lo siècle] produit pour qu'on le loueT sottises de toute espèce : la liberté de penser, l'attraction, l'électricité, le tolérantisme, l'inoculation, le quinquina, l'Encyclopédie et les drames, beaumarch. Barb. de Sév. I, 3. Il Au sens favorable. Et dans l'Europe enfin l'heureux tolérantisme De tout esprit bien fait devient le catéchisme, volt. Êp. 97. En 4755 parut le mémoir^ imprimé de M. de Montclar en faveur du tolérantisme , bachaumont , Mém. ttcreli, t. XXXIV, p. 228.
— KTYM. Tolérant.
t TOLJÎRATEUR (to-lé-ra-teur), t. m. Celui qui tolère. Le tacite approbateur, plus que le tolérateur, et par conséquent le complice, babceuf, Pièces, I, 4 68.
t TOLËBATION (to-lé-ni-sion), (. f. Action de tolérer.
— HIST. XVI* Donnant l'occasion de toutes les misères du roiaume au mespris des choses sacrées, à la toUeratioD des nouveautés, d'aub. Hist. ii, 247.
— ÊTYM. Lat. tolerationem, de tolerare, tolérer.
rOLÉRÉ, ÉE (to-lé-ré, rée), part, possède tolérer. L'ouvrage sur la tolérance ayant été trèstoléré des ministres et des personnes plus que ministres, VOLT. Lett. d'Alemb. 4 5 déc. 4 763. Ce captif ennemi, toléré parmi nous, c. delav. Paria,
TOLÉRER (to-lé-ré. La sytlabe lé prend un accent grave quand lasyllabe qui suit est muette : je tolère, excepté au futur et au conditionnel : je tolérerai, je tolérerais), v. a. \\ 1° Avoir de l'indulgence pour des choses qui ne sont pas bien, ou que l'on ne croit pas bien. Je ne puis tolérer que cela se passa ainsi. L'usage des billets de la première sorte ne peut être toléré qu'entre marchands et pour fait de marchandises seulement, vauban, IHme, p. 88. On lui tolère |i Jurieu] de dire qu'on se peut sauver dans une communion socinienne, boss. c* avert. in, 70. L'on tolère quelquefois d;ius un Etat un assez grand mal, mais qui détourne un million de petits maux ou d'inconvénients qui tous seraient inévitables et irrémédiables, la BRUT. z. Vous savez que vous m'avez permis d'aimer monsieur votre fils et que je l'adore. — Moi, mademoiselle 1 je ne vous ai point permis ce petit commerce, je l'ai toléré, volt. Jenni, 4. Il n'y a de véritable gloire que pour les artistes qui atteignent la perfection ; le reste n'est que toléré, ID. Zulime, Lettre. Une des premières vertus sociales est de tolérer dans les autres ce qu'on doit s'interdire à soi-même, duclos, Consid. mœurs, 3. L'algèbre ne tolère pas, comme les autres langues, des discours inutiles, condil. Long. cale, ii, 8. Il On le dit aussi en parlant des personnes. Tolérer quelqu'un. || 1° Exercer la tolérance religieuse. Plusieurs de ses domestiques avaient été malheureusement nourris dans l'erreur [le protestantisme] que la France tolérait alors, boss. Luuit de Bourbon. || 8* En termes de médecine, avoir de la tolérance pour un médicament. Le tartre fUbié ne fut pas toléré. {| 4* Se tolérer, c. réfl. Avoir de la tolérance les uns pour les autres. Que l'on ne doit pas condamner les gens sur des eipressioni dures, quand les sentiments dans le fond sont innocents, et qu'on doit se tolérer dans ces expressions, JURIED, dans boss. 2* avert. 2. Je vous prie de me faire savoir.... s'il [l'évéque de Salisbury] a déclaré que les difficultés [entre calvinistes et arméniens] sont si grandes, que l'on ne peut raisonnablement condamner aucun des deux partis, mais qu'ils doivent se tolérer réciproquement, BAVLE, Lett. à des Maiieaux, 24 sept. 4 706. Lorsque les lois d'un État ont cru devoir souffrir .plusieui-s religions, il faut qu'elles les obligent à i. tolérer entre elles, MOMTEsg. Esp. xxxv. ». Noa»
TOM
devons nous tolérer mutuellement, parce que nou» •iimuieslous faibles, inconséquents, sujets à la mutibilité, à l'erreur, volt. Dict. phil. Tolérance, 2.
— SYN. TOLÉREB, SOUFFRIR. On tolère les choses lorsque, les connaissant el ayant le pouvoir en main, on ne les empêche pas; on les souffre lorsi]u'(m ne s'y oppose pas, faisant semblant de les i^'norer, ou ne pouvant les empêcher. Dans tolérer il y a un fonds d'indulgence; dan» souffrir il y a un fonds de patience.
— HIST. XIV' s. Elle admonestoit son mary à, tolerer et dissimuler son injure, Ménagier, i, 9. (I XVI' s. Nous avons prins la principale raison de bien tolérer la croix, de la considération de la volonté de Dieu, calv. Inslit. B6«. Jusques à ce que l'œil puisse bien tolérer la clarté sans douleur,
PARÉ, XT, 23.
— KTVM. Provenç. tollerar; espagn. tolerar; ital. lollerare; du latin tolerare, radical toi, qui est dans tollere, prendre et qui se trouve dans le grec TiXàv, supporter, le goth. thulan, supporter, «anscr. tuJ, prendre, enlever, (uld, balance; comparez TALENT.
t TÔLKRIK (tô-le-rie), s. f. Art du tôlier. 1| Fabrique de tôle. Il Objets en tôle. Tôlerie noire et galvanisée.
t TOLET (to-lè), s. m. Terme de marine. Cheville (le fer ou de bois plantée verticalement dans le plat-bord du navire, ou, pour parler plus rigoureusement, dans une planche clouée sur ce platbord, JAL. C'est au tolet qu'on accroche l'estrope de l'aviron.
t TOLKTIÈUE (to-le-tiè-r'), s. f. Terme de marine. Planche clouée sur le plat-bord et portant les toiftts.
t TÔLIER (tô-lié), s. m. Celui qui fabrique de la tôle.
t TOLLE (to-1'), s. m. "Nom qu'on donne au sarment dans les vignobles du Jura.
TOLLfi (tol-lé), s. m. Cri d'indignation. Il s'éleva un tollé général contre l'orateur. || Crier tollé sur quelqu'un, contre quelqu'un, crier afin d'exciter l'indignation contre quelqu'un.
- iiisT. XV!' s. Je laisse à penser au lecteur comme on cria toile après luy, tellement que tout ce qu'il put faire fut de s'absenter du pays, paré,
XVIIl, 54.
— ETYM. Impératif du latin (oUcre ; ôte, enlève. Ce mot vient de toile hune, que se mirent à crier les Juifs contre Pilate pour qu'il fît mourir Jésus- Christ. Tollere a le même radical que tolerare (voy. tolérer); il avait donné tolUr 0[i toudre, verbe très-usité dans l'ancienne langue.
t TOLOMAMÎ (to-lo-ma-n'), s. f. Fécule de tolomane, fécule extraite, aux Antilles, de la racine du canna roccinea (amoiriacées), alimentaire.
t TOLU (to-lu), s. m. Baume de Tolu, dit aussi baume de Carlhagène, d'Améri{iue ou du Pérou, baume usité en pharmacie, qui découle d'un arbre, Itmijrospermum toluiferum, légumineuses.
— ÉTVM. Tolu, ville et port de la Nouvelle- Giennde.
t TOLCIFftRt 'to-lu-i-fè-r'), adj. Qui produit le baume de Tolu.
— RTYM. Tolu, et lat. ferre, porter.
tTOMAHAWK(to-ma-ôk), «.m: Hache de guerre
dont se servent les sauvages de l'Amérique du Nord pour casser la této à leurs ennemis. Les chefs de guerre, le tomahawk à la main.... prennent la gauche , chateaiidr. Atala, le Récit, les Chasseurs, TOMAISO.N (to-mê-zon), s. f. Terme d'imprimerie. Indication du tome auquel appartient chaqwi feuille d'impression dans les ouvrages qui ont plu- ■ieurs tomes.
— KTYM. Tome.
TOMAN (to-man), ». m. Somme de compte en usage dans la Perse, et qui vaut environ 50 francs.
— HIST xni* s. Le sel rend, chascun an, en «iptnme mi vingts tommans d'or, et chascun tomuian vault Lxx mille saies d'or (ital. saggio, sorte do monnaie), si que les nii vingts tommans montent en somme : cinq mille et six cens pois d'or, cl chascun pois d'or vault plus d'un flourin d'or,
marc POL, p. 6111.
— ETYM. Mol lurc-mogol, passé dans les langues • rabe el persar.e sous cette forme tômiln, et signifiant • la somme ou quantité de dix mille,