‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 193 sur 754 · PAUTHIER · texte numérisé non relu

PAUTHIER

TOMATE (to-ma-f), ». f. Plante qui porte des fruit» d'un rouge vif, tolanum lycopersicum, i. dite aussi pomme d'amour. Un plant de tomates. Il Kniit de cette plante. Sauce aux tomates, ou, par abréviation, sauce tomate.

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— KTYM. Espagn. tomate, du mexicain toinatl.

TO.MBAC (ton-bak), ». m. Métal factice, composé de cuivre et de zinc. L'homme qui a le secret du tombac qui se file n'est pas seul ; mais je crois qu'on n'en peut filer que très-peu et qu'il se casse, VOLT. Lett. IHoussinot, mai <737. Des tabatières de bois, de laiton et de tombac, pevssonnel. Traité sur le comm. de la mer Noire, i, 106. Quelquesunes [îles], comme colle de Bornéo, donnent l'alliage connu sous le nom de tombac, a. bron- GNIAHT, Traité de min. t. ii, p. 24(>.

— ÉTYM. Espagn. tumbage; portug. tambaque; ital. tombacco; du malais tambaga, cuivre.

fTO.MBAL, ALE (ton-bal, ba-l'), adj. Terme d'archéologie. Qui sert aux tombes. Pierre tombale.

— ETYM. Tombe.

TOMBANT, ANTE (ton-ban, ban-t'), adj. || 1° Qui tombe. J'espérai qu'en lui Votre trône tombant trouverait un appui, corn. Rod. ii, 3. || Cheveux tombants, cheveux longs qui ne sont pas rattachés. Il II se dit, dans un sens analogue, de la crinière, des plumes. La queue est étagoe , un peu tombante et entièrement rousse, bukf. Ois. t. V, p. 450. Il Étoile tombante, se dit quelquefois pour étoile filante, il En botanique, tige tombante, tige qui penche vers le sol; calice tombant, calice dont la chute a lieu au moment de celle dos pétales. Il Terme de conchyliologie. Ouverture tombante , ouverture d'une coquille univalve lorsque, ne suivant pas la direction de la spire, elle s'abaisse d'une manière subite. Il 2* Nuit tombante, fin du jour, approche de la nuit. X la nuit tombante. || 8° Qui est en décadence, qui va vers sa fin. C'était une étrange chose de comparer la synagogue tombante, au point où son endurcissement et sa réprobation était marquée clairement par les prophètes, avec l'Eglise chrétienne, qui ne doitjamais tomber, Boss. Confér. avec Claude, 2. 11 [FénelonJ savait l'état tombant du roi, il savait ce qui le regardait après lui, st-sim. 380, U3. Il Jour tombant, fin du jour. Donnez-lui cette lettre, il la portera à son adresse, mais au jour tombant, genlis, Thédt. d'éduc. l'Intrigante, i, 3. l|i" Se dit d'un son qui faiblit. Lui, d'une voix tombante, offrant ce don fatal.... corn, l'omp. m, I. Les Italiens avaient peu de mots dont la finale se soutînt, et ils en avaient un nombre infini dont la finale était brève et tombante, mahmo.ntkl, Œuv. t. vm, p. 456. 115" Terme d'asimlogie. Maison tombante, se dit de la 3', de la li», de la 9' et de la < 2', parce qu'elles sont les dernières de chaque cadran.

TOMBE (ton-b'), s. f. Il 1° Grande table de marbre, de pierre, de cuivre, etc. dont on couvre la fosse qui contient un mort. Mes cheveux uns me font déjà frémir; Dessous la tombe il faut toujours dormir; Elle est un lit où jamais on ne veille, MAINARD, dans richelet. Que des plus nobles fleurs leur tombe soit couverte, corn. Hor. m, 8. Avant qu'un peu de terre, oljtemi par prière. Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, BOIL. Êp. VII. Le comte de Tessin.... après avoir été comblé d'honneurs pendant le cours d'une longue vie et avoir paru le plus heureux des hommes, a ordonné qu'on mît sur sa tombe : Tandem felix, DUCL08, Œuv. t. x, p. 247. Il î° Par extension, tombeau. Ma flamme par Hector fut jadis allumée; Avec lui dans la tombe elle s'est renfermée, rac. Andr. m, i. Je meurs, et sur ma tombe où lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs, oilb. Ode imitée de plusieurs psaumes. Sa mère, peu de temps, hélas! Vint tous les soirs dans la vallée Visiter la tombe isolée , Et son amante ne vint pas, millev. Chute des feuilles. Moi bien portant, quoi ! vous pensez d'avance X m'ériger une tombe à grands frais, bérang. Mon tomb. Quel est sur moi le froid qui tombe ? C'est le froid du soir de mes jours; Promettez un rêve à ma tombe ; Muses, restez; restez, amours, ID. Sciences. Il 8° Fig. et poétiquement. La mort. Ta gloire est en danger, ta tombe est entr'ouverle, volt. Fanât. IV, ). Nous [chrétiens] demandons des sourires au berceau el des pleurs à la tombe, chatf.aubr. Génie,i, 1, <. ||La tombe, pour le mort même. Qu'un vaste empire tombe. Qu'est-ce, au loin, pour ma tombe, Qu'un vain bruit qui se perd? ducis. Stances.

—HIST. XIII' s. Et li fu faite tombe biele et riche, tele qu'il afferoit à roi, Chr. de Rains, 82. Dame, fait-il, car me menés X sa tombe [de ma mie], se le savés, /■'(. et Bl. 705. Et ordonnons et prions el commandons e»'roitement à nos exécuteurs, que

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eus ne- mettent pas plus de cliquante livres tournois en toutes choses à fere tombe sur nostre cors, ne plus de trente livres tournois à faire tombe sur nostre cuer, de laborde, Emaïuc, p. 517. De saint Robiert enquist la vie. Si en a la tombe ravie ; L'oissemente qu'il i trova , Plus d'avoir n'en porter rouva, du cange, tumba. || xiv s. Si celu éprouvé est tel qu'il doive estre orfèvre.... le sera ; mais il n'ouvrera ne fera ouvrer jamai d'autre métal que de bon or et de bon argent, si ce n'est en joyaux d'eglise, comme tombes, chasses, croix, du cange, tumba. X Thibaut do la Nasse, marguillier de Saint Innocent, pour dix tumbes dont l'on a faict marches en la grand viz [escalier] neuvt dudit Louvre, achetée de li chaque tumbe, prise au cimetière dudit .Sainl-Innocenl, DE labokdb, Émaux, p. 534. Il XV' s. Y a forsbours moult grans [à Paris] comme se ce feust une ville à part, si y demeuroientouvriers de divers mestiers, especiaulemcnt bouchiers, tainluriers, ouvrieit de tombes et de lames et autres, id. ib. p. 517.

— ÉTYM. Berry, tumbe ; provenç. tomba ; espagn. tumba ; ital. tomba ; du latin, tumba, qui vient, avec changement de genre, de tûh6o;, tombeau.

TOMBÉ, I5e (ton-bé, bée), port, passé de tomber. Il 1° Qui a été entraîné de haut en bas. Un fruit tombé. Un sceptre si tôt tombé d'une royale main, noss. Mar.-Thér. On lui a souvent [à Louis XIV] ouï parler des temps de son enfance avec amertume, jusque-là qu'il racontait qu'on le trouva un soir tombé dans le bassin du jardin du Palais-Royal à Paris, où la cour demeurait alors, st-sim. 4tio, 74. On dit que [à la représentation de Tancrède] Satan était dans l'amphithéâtre sous la figure de Fiéron, et qu'une larme d'une dame étant tombée sur le nez du malheureux.... volt. Lell. d'.irgental, sept. I7«0. Il Fig. Un jour, qui n'est pas loin, elle verra tombée La troupe qui l'assaut et la veut mettre bas, malk.

I, 4. Et la fille d'Achab dans le piège tombée, rac. Athal. y, o. || 2" Tombé des nues, survenant à l'improviste. De quelle façon tu recevrais un gueux qui, tout à coup tombé des nues, viendrait te saluer au milieud'une rue, lesage, Gusm d'Alf. m, l. || 3° Déchu. L'homme ne sait à quel rang se mettre; il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu, sans le pouvoir retrouver, pasc. Pens. viii, 12, éd. ha- VET. Elle [Mme de Vins, après la disgrâce do Pompone] est plus tombée qu'une autre, ne peut plus souffrir tous ces pays [la cour] où elle n'est plus, sÉv. 25 mai leso. Il est permis de dire que la nature tombée a des forces pour faire le bien jusqu'à le pouvoir commencer.... ce qui rétablit en honneur le semi-pélagianisme, boss. 6' avert. m, 94. Les grands hommes, qui ne peuvent former et mûrir une nation naissante, ne sauraient rajeunir une nation vieillie.et tombée, raynal, Uist.phil. xi, 4, L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux, LAMART. Médit, i, 2. || 4' Que l'âge a affaissé. Je suis furieusement tombé, cl il n'y a plus de société pour moi, volt. tett. d'Argence, 3 sept. 4 779.11 6" Quia péché. Pourrions-nous nous plaindre, nous trop justement punis, tandis que vous, Eve encore non tombée, vous souffrez les persécutions des hommes? chateaubr. Mart. xx. || S'est dit, substantivement, des chrétiens qui, effrayés par les tortures, consentaient à offrir de l'encens aux idoles. Il 6' Un auteur tombé, auteur dont la pièce n'a pas réussi. Figaro : Mais les efforts de la cabale.... — Almaviva : Ah I la cabale, monsieur l'auteur tombé ! beauuarch. Barb. de Séo. i, 2. || H se dit, dans le même sens, d'une pièce de théâtre. Voilà donc Athalie encore tombée I le malheur, poursuit tout ce que je protège et que j'aime, maintenon. Lett. au duc de Noailles, t. v, p. t, dans j pouGENS. Ce fut vingt-quatre ans après la chuta j des Nuées que Socrate fui jugé et condamné; croi ra-t-on qu'après un terme si long, une pièce tombée ait pu avoir quelque influence sur l'espril | du peuple et des juges? lévesque, Instit. Mém litt. tt beaux-arts, t. i, p. .155. || 7» Humilié. Voili ' mon glorieux bien tombé 1 sa hauteur Avait, ma I foi, besoin d'un pareil précepteur, destouch. Olor.

II, 15. Il 8" Se disait d'une montre, quand elle ' avait filé toute sa chaîne. || 9' Pas tombé, ou, substantivement, un tombé, pas que l'on exécuta en s'élevant d'abord sur la pointe des pieds et pliant après le pas.

TOMBEAU (ton-bô), ». m.

à la mémoire d'un mort au enterré. Que ce tombeau nous convainque de notre néant, pourvu que cet autel nous apprenne en , même temps notre dignité, Bosà. Vuch. d'ihrl. Que le monde voit peu de ces veuves qui s'eoM- ]

1 1* Monument élevé lieu même où il est

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rrli'sent, pour ainsi dire, elles-mAmei dan» U louibeau de leurs épouil lo. Anne de duni. Nu peniez point le temps que vous lai»se leur fuite (des Romains] X rendre à mon lomlieaii des soins dont je vous quitte, hac. Mithr. v, 5. Les morts, après huit ans, sortent-ils du tombeau T ID. Àth. I, 4. Si tu (Darius) veux nous (Scythes] forcer au combat, viens attaquer les tombeaux de nos pères, et tu sentiras qui nous sommes, bolmn. Ht»*, ane. Œuv. t. III, p. «8, dans pougkns. La dépense du superbe tombeau que ce prince [Alexandre] fit bâtir à l'honneur d'Kphestion, jointe i celle de toute la pompe funèbre, mohta à plus de douze mille talents, c'est-à-dire à plus de trente-six millions, id. l'b. t. vi, p. 580. En <m«( on découvrit, dans l'abbaye de Saint-Germain des Prés, le tombeau de Childcric II ; et l'on y trouva un baudrier, des épées.... saint-koix, Ess. Paris, Œuv. t. lï, p. t4(, dan» pouoENS. Comme les lois de Sicyone défendent avec sévérité d'enterrer qui que ce soit dans la ville, nous vîmes, A droite et à gauche du chemin, des tombeaux dont la forme ne dépare pas la beauté de ces lipux, bartiiél. Ànach. ch. 37. Qu'importe alors que ces édilices aient été des amphithéâtres ou des sépulcres? tout est tombeau chez un peuple qui n'est plus, CHATEAUBR. Itin. 8* part. Non, la lyre aux tombeaux n'a jamais insulté, lamart. Souv. Médit. Bonaparte. Il faut cacher sa vie, et même son tombeau , p. LEBRUN, Poés. t. II, 8. || Les tombeaux sont sacrés, il faut respecter les lieux où les morts sontenterrés. || Tombeau de famille, tombeau dans lequel les membres d'une famille se font enterrer. || Cette famille a son tombeau à tel endroit, on enterre ordinairement à tel endroit les membres de cette famille. || Vain tombeau, s'est dit quelquefois pour cénotaphe. || 2" Par extension, lieu où l'on péril. Et Rome, unique objet d'un désespoir si beau, Du fils de Mllhridate est le digne tombeau, rac. Ilithr. m, 4. Le Milanais, source intarissable de guerre et le tombeau des Français, volt. UiKurs, (25. Sans parler de la croisade du nord et de celle contre les Albigeois, ou trouvera que l'Orient fut le tombeau de plus de deux millions d'Européens, id. ib. 58. Si ma détention à la Bastille avait duré huit jours encore, elle aurait été mon tombeau, marmontel, Uém. VI. Il Faire un tombeau d'un pays, en exterminer les habitants. C'est ce fier Gengis-kan, dont les affreux exploits Font un vaste tombeau de la superbe Asie, volt. Orphel. i, <.||3' Fig. La mort. Et que mon souvenir jusque dans le tombeau Attache à son esprit un éternel bourreau, corn. Médée, i, ♦. Il y a peu d'actions plus belles, et j'en conserverai avec tendresse la mémoire jusqu'au tombeau, RETZ, Uém. t. m, liv. iv, p. 28, dans pouGENs. Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour, Boss. Duch. d'Orl. Ceux qui sont morts sont morts; Le tombeau contre vous ne peut-il les défendre? BOIL. .Snt. IX. Il On dit poétiquement dans un sens analogue : l'horreur du tombeau, la nuit du tombeau. Prince aimable, dis-nous.... Ou si dans la nuit du tombeau La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre? rac. Athal. iv, o. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière, Instruite que Joas voit cncor la lumière, Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger, ID. ib. iv, 3. Il Descendre, entrer au tombeau, mourir. Ce sang pour vous servir prodigué tant de fois, Ce bras jadis l'effroi d'une armée ennemie, Descendaient au tombeau tout chargés d'infamie, corn Cid, ii, 0. Mais qu'un sceptre est pesant, quand on entre au tombeau ! Ducis, Hamlet, ii, 6. || Tirer quelqu'un du tombeau, lui sauver la vie. Le médecin me veilla, ne me quitta pas, il me retira des portes du tombeau, cf.nlis, Vaux lémér. t. ii, p. l»B, dans pouoens. || Mettre, conduire, mener au tombeau, causer la mort. Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau, La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau, CORN. Cid, m, 3. Les beautés que son absence allait mettre au tombeau , hamilton , Cromm. il. || Suivre quelqu'un au tombeau, mourir peu de temps après lui. Sa femme n'a pas tardé à le suivre au tombeau. || i' Fig. Lieu sombre, prison comparée à un tombeau. Suis-je de mon tombeau remontée à la vie? p. lebrun, Marie St. m, 4. Il 6- Fig. En parlant des choses, fin, destructfbn. Cette douleur pressante Que la mort d'un amant jette au cœur dune amante. Quand, près d'être éclairés du nuptial (lambeau. Elle voit avec lui son espoir au toçbcau, cobn. Ilor. v, a. Trouvez, •i vouj le pouvez, U même sûreté dan» les vertus

humaines; nées le plus souvent dans l'orgueil et i dans l'amour de la gloire, elles y trouvent, un | moment après, leur tombeau, mass. Petit carême, fausse gloire /lum. L'opinion est le tombeau de la vertu chez les hommes, j. J. rouss. Bm. v. || 6'Lit i tombeau, ou en tombeau, vuy. ut. || 7" Chaudière en tombeau, espèce do chaudière i basse pression.

— HIST. III* s. E il mostrerenl le temple de Dagon qui ars [brûlé] estoit, c les homes oscis, e les tombcause les 08 des ars [des brûlés], Machab.i, <t. [Il] Venuz est à merci al saint à sun tumbel. Th. le mart. 53. Respundi Achimas : Un grant tumbel vi, quantJoab clià m'ciiveiad, et el (autre] ne sai, Roi», p. 489. (I xni* s. Car faisons faire un lomblel gent. De marbre fait et de cristal, f'I. et Bl. v. 544. Ele prist ladite Adeto en ses bras qui einsi estoit malades, et la porta au tombel du benoiet saint Loys, Miracles St Ixtys, p. 433. ||xv's. Kt avoit un petit tombel de marbre sur lui [le sire de Mauny, tué par des meurtriers], que ses varlets y avoient fait mettre, froiss. i, i, 244. ||xvi« s. Du ventre des tombeauii Naissent des enterrez les visages nouveaux, d'aub. Trayti/ues, Jugement.

— RTYM. Dimin. du bas-Iat. lumbuî, tombe.

t TOMBECORNE (ton-be-kor-n"), J. m. Genre de plantes composées, voisin des centaurées.

TOMBÉE (ton-bée), J. f. Ij 1* Se dit de ce qui tombe en masse. La dernière tombée de neige, Jbum. oflïc. 8avr. 4872, p. 2434. (j 2'" En parlant du jour, déclin. A la tombée du jour. || En parlant de la nuit, approche. X la tombée de la nuit. 1| 3* Espèce de pas, voy. tombé, n« 9. || 4' Terme de marinier. Tombée de la mer, se dit de la mer qui se calme. Il 6* Ce qui fait tomber entièrement le bassin de la balance où se trouve la marchandise. || 6* Masse de houille abattue à l'aide de coins.

— HiST. XV' s. La selle tumba à terre, et [il] print tel coup, qu'il fut tout estourdi dudit coup et tumbée, du cange, tombare. || xvi* s. Au dresser du moulin, avec la Commodité de l'eau, est requise la tumbée du bled, o. de serres, 44T.

— F.TYM. Tombé.

TOMBELIEK (ton-be-lié ; l'r ne se lie jamais), s. m. Celui qui conduit un tombereau.

— ÊTVM. Voy. tombereau.

t TOMBELLE (ton-bè 1') , ». f. Tombe formée d'une éminence de terre.

TOMBER (ton-bé), V. n. \\ 1* Aller de haut en bas, en vertu de son propre poids. || 2" Avec pluie, neige, grêle, brouillard, etc. tomber s'emploie le plus souvent à l'impersonnel. || 3° Mourir. 114" Succomber. Il 6* Ne pas pouvoir se soutenir. IIS" Tomber aux pieds, aux genoux de quelqu'un. Il 7" Tomber sur, se jeter sur, à l'improviste, attaquer avec violence. || 8* Faire rencontre inopinée. Il 9* Être jeté dans, fortuitement ou malgré soi. Il 10* Arriver à l'improviste chez quelqu'un. Il 11* Passer d'une rue, d'un quartier dans un autre. Il 12° Tomber sur un vers, sur un passage, le trouver sans le chercher. || 13" Recevoir du hasard telle situation. Tomber au sort à la conscription. 1114" Tomber en ou dans, être affecté de telle maladie. || 15" Terme de chasse. Tomber en défaut. Tomber en arrêt. || 16" Tomber en, dans, être réduit à, être jeté dans. || 17" Tomber de.... en, éprouver successivement, passer par. 1| 18° Tomber en, dans, faire quelque chose qui mérite blâme. || 19" Tomber dans, se laisser aller à. Il 20" Perdre une haute position, possession. Il 21* Absolument, pécher. || 22° Décroître, perdre de ses forces, de son mérite. || 23° Eprouver une chute au théâtre, en parlant d'un auteur. |{ 24" Tomber d'accord. Il 25" Tomber .à quelque chose, s'y conformer. || 26° Tomber dans, être sujet à quoique prescription. || 27° Tomber, avec un nom de chose pour sujet, ne plus se soutenir. || 28° 3e détacher, en parlant de parties du corps vivant. || 29* Tomber sur, se dit d'objets qui sont entraînés sur d'autres. Il 30" Être vaincu, se rendre. || 31" Déchoir, en parlalit d'institutions, d'empires, de familles, etc. Il 32° Perdre en autorité, en crédit, en vogue. Il 33° Ne pas réussir, en parlant d'ouvrages dramatiques. Il 34° Cesser, être discontinué, abandonné. Il 35° Laisser tomber, ne pas donner d'attention à, ne pas s'occuper de. || 36° Arriver, s'approcher, en parlant de la nuit, du jour. || 87* S'apaiser, se calmer. || 38" En termes de marine, on dit qu'un mât, (^u'un navire tombe sur l'avant, sur l'arrière. Il 39° Etre pendant. ||40" Des regards tombent sur quelqu'un, quand on le regarde comme d'en haut. Il 41° Tomber sous le vent, en parlant de navires. 1142° Il se dit d'un coup qui vient d'en haut.

1148' Céder, disparaître. || 44° Faiblir, manquer. Il 45" Tomber en, arriver i, avec une idée de déchéance, de détérioration || 46* Dégénérer en. Il 47" Devenir l'objet, la possession. || 4i' Échoir. Il 49" Tomber sous la main, se présenter fortuitement. Il SO* Tomber dans l'esprit, dans la tête, s« présenter i l'esprit. Il 51* Se tourner fortuitement sur un sujet. || 62» Tomber sur, avoir son point principal en. Il S8" Tomber sur, être porté sur, comme par une attaque. || 64* Tomber sur, s'appliquer à. Il 66* Tomber bien ou mal, arriver i propos ou â contretemps. || 56* Faire jonction, aboutir. Il 67* Coïncider par le temps. || 68" Terme d'imprimerie. Faire tomber les pages les unes sur les au> très. Il 6'9* Tomber sous, appartenir à la cla.sse de. Il 60* Ne pas garder la même élévation, en parlant de la voix. || 61° Tomber construit avec l'auxiliaire OFoir. Il Proverbes.

1" Aller de haut en bas, en vertu de son propre poids. VoilA la pluie qui tombe. Il frappe, et le tyran tombe aussitôt sans vie, corn. Iléracl. v, 7. Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge I ID. Rodog. IV, 4. Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui paraissais si brillant au pont du jour? tACi, Bible, Isaie, xiv, 4 3. La maison tomba sur tous les princes et tout le reste du peuple qui était avec lui , m. ib. Juges , xvi, 30. Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme; Vu gland tombe : le nez du dormeur en pâtit, LA FONT. Fabl. IX, 4. X qui la bourse? — Ohl dieux I elle m'était tombée, mol. CÉt. i, 7. Il (M. de Grignan] était tombé à Sorgues sur un degré, et s'était tellement cassé le nez et un peu la tête, et avait de si grands emplâtres, que jamais la Rapinière ni le Destin [personnages du Uoman comique de Scarron] n'en portèrent de plus remarquables, sÉv. Lett. à Coulanges, 4» oct. 4 694. J'ai vu sa main défaillante chercher encore en tombant de nouvelles forces pour appliquer sur ses lèvres le signe de notre rédemption, Boss. Duch. d'Orl. U ne leur reste plus (au roi et à U reine de Pologne] qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre [la Pologne], ébranli par tant de mains et frappé de tant de coups à sa racine, ro. Anne de Gonx. Une plume dans le vide d'air doit tomber aussi vite que du plomb, MALEBR. Rech. vér. Éclair, sur la lum. t. iv, p. 442, dans POUGENS. Il est beau qu'un mortel jusque» aux cieux s'élève; Il est beau même d'en tomber, OUINAULT, Phaéthon, iv, 2. Il tombe sur son lit sans chaleur el .sans vie, rac. Brit. v, 5. X ce discours (|ue l'on n'attendait pas, Robert glacé laissa tomber ses bras, volt. Ce qui plaît. Au nom du baron et de Pangloss les deux forçais poussèrent un grand cri, s'arrêtèrent sur leur banc, et laissèrent tomber leurs rames, id. Cand. 27. De ma mort U feuille qui tombe Est le présage trop certain, MiLLEV. Chute des feuilles. Tombez, tombez, feuilles légères. Et pour la plus tendre des mères Cachez quelque temps ce chemin, m. ib. Quel est sur moi le froid qui tombe? C'est le froid du soir de mes jours, bérano. Sciences. Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, lamart. Méd. i, 4. Quand la neigea minuit, lente, silencieuse. Tombe aux toits endormis, ste-beuve, J. Dtiormê, p. 186. ]| Impersonnellement. Ohl ohl dit-il, je saignel et que serait-ce donc, S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde ? la pont. Fabl. ix, 4. |{ Tomber à bas, tomber par terre. Ils vous ont vu courir, tomber le mort à bas, corn. Suite du Ment, m, 4. Il Par extension. Tomber à bas de, être renversé de. Tomber à bas d'un trône est un sort rigoureux, corn, la Tois. iv, 4. || Sa tête tomba sur l'échafaud, il eut la tête tranchée. U [le roi] a trop d'intérêt lui-même en ma personne. Et ma tête en tombant ferait choir sa couronne, corn. Cid, ii, 4. Il Faire tomber une tête, faire périr quelqu'un, surtout par la main du bourreau. Quel bras fera tomber cette superbe tête ? la fosse, Marins a Mint. I, 4. Il Tomber d'épilepsie, du haut mal, être épileptiquB, chaque accès causant la chute du malade. || Fig. Tomber de la poêle en la braise, tomber d'un mal dans un pire. Je tombai par malheur de la poêle en la braise, Régnier, Sot. x. Il Familièrement. Cet homme est tombé les quatre fers en l'air, il est tombé sur le dos, et, figurémcnt, il est frappé d'étonnement. |{ Tomber mort, tomber raide mort, mourir tout d'un coup en tombant. Judas lui-même tomba mort, et tous les autres s'enfuirent, SACi, Bible, Machab. i, ix, 4». J'aime bien le bon naturel de ce fils qui tombe mort en voyant son pauvre père pendu; cela fait honneur aux enfants : il rayait longtemps que l«i

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pères avaient fait leurs preuves, sév. m. || Tomber do son haut, de loule sa hauteur, tojiiber, étant debout, par terre. || Fig. Tomber de son haut, être dans le plus grand étonnement. C'est un méchant; il me tint l'autre fois Propos d'amour, dont je fus si surprise Que je pensai tomber tout de mon haut, la font. Coc. KiUigrew pensa tomber de son haut, en apprenant son dessein, ha- MiLT. Grain. ». |1 Tomber de bien haut, être •aisi d'un profond étonnement. X vous dire le vrai, je tombe de bien haut, corn, le Ment. I, 6. Il On dit de même : tomber d'élonnement. Ce monsieur qui iii'fl apporté cette robe de chambre a pensé tomber d'étonnement de la beauté et de la ressembl mce de votre portrait, sév. 270. Il Dans le même sens : Les bras m'en tombent, ou me tombent. À celte nouvelle (les bâtards déclarés princes du sang], les bras me tombèrent, st-sim. 359, 24). Il Fig. Tomber des nues, être très-étonné. Ce qui s'appslle tomber du haut des nues, c'est ce qui arriva hier au soir aux Tuileries [rupture du maiiage de Mademoiselle et de Lauzun], sÉv. <» déc. 1670. Il En un autre sens. Cet homme semble tomber des nues, il est embarrassé de sa contenance, il ne sait à qui s'adresser dans la compagnie où il se trouve. || Tomber des nues, signifie aussi n'être connu ni avoué de personne. Qu'on juge de celui qui tombe là des nuesl il lui est presque impossible de parler une minute impunément, J. J. Rouss. Conf'is. III. Il Cet homme est tombé des nues, il est <rrivé sans être attendu. Il Par extension. Tomt ;r des nues, être mal ament, mal préparé, on parlant d'un incident, d'un personnage dans un ouvrage d'imagination, d'un sujet ans une conversation. Ce dénoùment tombe des nues. Cette matière avec elle ne peut tomber que des nues, mariv. le Legs, se. 3. || Fig. Tomber du ciel, se dit d'une chose qui arrive inopinément. Elle [la duchesse de Chaulnes] avait une si sincère envie de me faire tomber du ciel ces mille écus.... sÉv. 6 nov. 1689. || Tomber sur ses pieds, tomber debout, tomber de manière qu'on reste debout. || Fig. Tomber sur ses pieds, se tirer heureusement d'une circonstance critique, se trouver dans la môme situation qu'auparavant. Il tombe toujours sur ses pieds. Il ne peut tomber que sur ses pieds. || On dit de même : Il ne peut tomber que debout. || Tomber par terre, se dit de ce qui, touchant à terre, tombe de sa hauteur; ainsi un homme tombe par terre, un arbre tombe par terre. Êles-vous ici près, monsieur, tombé par terre? volt, le Dépositaire, m, 2. || Fig. Tomber par terre, n'avoir aucun effet, se perdre. Mais leur gloire tombe par terre , El, comme elle a l'éclat du verre. Elle en a la fragilité, godeau. Oie au roi. Toute votre félicité, Sujette à l'instabilité. En moins de rien tombe par terre, corn. Poly. IV, a. Une vertu sort de la croix, et toutes les idoles sont ébranlées; nous les voyons tomber parterre, quoique soutenues par toute ia puissance romaine, Boss. Hist. u, 44. |î Tomber à terre, se dit de ce qui, étant élevé au-dessus de terre, tombe d'en haut; ainsi un couvreur tombe à terre, le fruit d'un arbre tombe à terre. Les javelots s'entre-choquaient en l'air, de sorte que la plupart tombaient à terre sans effet, vaugel. Q. C. m, **■ De bonne fortune, il ne faisait point du tout de vent; car, s'il y en eût eu, la nuée en cheminant m'eiit porté de côté ou d'autre, et ainsi je fusse tombé à terre, voit. lett. 9. Là, près d'un Guarini, Térence tombe à terre, boil. Lutr. v. jl Fig;. Tomber à terre, ne. pas être relevé, ne pas avoir d'effet. Sans qu'aucune de ses paroles soit tombée à terre, saci, Ilible, Josué, ixx, 14. Vous voyez que notre aventure ne tomba pas à terre, bussy-rabu- TiN, Lett. t. m , p. 320, dans pougens. Je ne sais si vous avez celle [intention] de m'écrire des endroits admirables, vous y réussiriez; mais aussi ils ne tombent pas à terre, sÉv. 300. Le saint-père.... dit... qu'il fallait qu'elle [Mme de Coulanges] vînt il Rome... cela ne tombera pas à terre, m. 27 nov. 4 889. Il Fig. Les armes tombent des mains, le désir des combats s'apaise. Il fit la paix, et les armes Lui tombèrent de la main, malr. 11, 2. Les Manduriens, si irrités , sentaient que leurs armes leur tombaient des mains, fén. Tél. xi. Il Faire tomber les armes des mains de quelqu'un, le vaincre, le fléchir, l'apaiser. Ses pleurs [do Roxane] ne m'onl-ils pas découvert sa tendresse? Peut-être elle n'attend qu'un espoir incertain Qui lui fasse tomber les armes de la main, rac. Bajaz. tl, 6. Il Fig. La plume me tombe des mains, je n'ai pat le courage d'êcrirt. J'étais, comme tout le

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monde, dans une perpétuelle crise, et la plume me tombait des mains dès que je voulais former une pensée et une lettre, SÉv. à Bussy, 29 juin 4 886. La plume tombe des mains quand on voit un homme sensé proposer sérieusement de semblables expédients, j. j. Bouss. Polysyn. Jugement. Il Faire tomber la plume des mains, dégoiiter , décourager d'écrire. || Fig. Le livre me tombe des mains, je n'en puis soutenir la lecture. Tous les gens sincères m'ont avoué que le livre leur tombait des mains, volt. Cand. 25. || Fig. Tomber du côté où l'on penche, se laisser aller à son penchant. On finit toujours par tomber du côté où l'on penche. L'un et l'autre [des princes] fait voir un mérite si rare. Que le souhait confus entre les deux s'égare. Et ce qu'en quelq...es-un3 on voit d'attachement, N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement: Ils penchent d'un côté, prêts à tomber de l'autre, corn. Hodog. n, 2. || On dit qu'un rhume tombe sur la poitrine, quand, quittant la gorge, il gagne les bronches, le poumon. || Terme de marine. Laisser tomber une voile, la laisser aller à son propre poids, lorsqu'on détourne les rabans qui la retenaient pliée contre la vergue. || %° Avec pluie, neige, grêle, brouillard, etc., tomber s'emploie plus ordinairement à l'impersonnel. Il tombe une pluie froide. 11 est tombé ce matin beaucoup de grêle. Il tombe de l'eau. || 3" Tomber, mourir. (X partir de là on peut distinguer le sens de tomber, suivant qu'il a pour sujet une personne ou une chose.) Sauve-moi de l'affront de tomber à leurs pieds, corn. Rodng. v, 4. Merci tombe aux pieds du prince, digne victime de sa valeur, Boss. Louis de Buurb. Le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie, id. Anne de Gonx. Hector tomba sous lui [Achille], Troi» expira sous vous, rac. Andr. i, 2. Je tomberai comme une fleur Qui n'a vu qu'une aurore, ID. Esth. I, 5. Hélas I sous le couteau d'une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois? ID. Ath. IV, 6. Nestor, qui voyait tomber ses plus vaillants capitaines sous la main du cruel Adraste, comme les épis dorés tombent pendant la moisson, sous la faux tranchante d'un infatigable moissonneur, FÉN. Tél. XX. Une victime amenée à l'autel Y tombe sans défense, et son sang plaît au ciel, volt. Fanât, m, 7. || 4' Succomber. Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger.... boss. Mar.-Thér. Quoi! vous allez combattre un roi.... Sous qui toute l'Asie a vu tomber ses. rois, rac. Alex. I, 4. Là il attendait chaque jour que les dieux justes, quoique patients, fissent tomber Adraste, fén. Tél. xxL Lorsque du fier Anglais la valeur menaçante.... Satisfit en tombant aux lis qu'ils ont bravés, volt. Zaïre, 11, 3. Qui tombait avec art ne tombait point sans gloire. Et souvent le vaincu remportait la victoire, delille, [mag. v. Il &• Ne pas pouvoir se soutenir. Trente femmes.... qu'il fallut baiser au milieu de la poussière et du soleil, et trente ou quarante messieurs me fatiguèrent beaucoup plus que le voyage n'avait.fait; Mme de Carman en tombait, car elle est délicate, SÉv. 550. Il Fig. 11 [l'homme] tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc. Aujourd'hui dans un casque, et demain dans un froc, boil. Sat. viii. Il Tomber de faiblesse, d'inanition, être dans une extrême faiblesse, être près de se trouver mal, faute de nourriture. || Tomber de sommeil, avoir un besoin extrême de dormir. Il est minuit; je tombe de sommeil, dider. Lett. à Mlle Voland, 28 sept. 4767. 118" Tomber aux pieds, aux genoux de quelqu'un, s'y jeter poussé par un sentiment de respect ou de crainte. Et je ne réponds pas avant la fin du jour. Que.... Rome, avec lui [le sénat] tombant à vos genoux. Ne vous demande un choix digne d'elle etde vous, hkC.Bérén. 11, 2. Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir, ID. Iphig. m, 5. ||7°Tomber sur, se jeter sur, à l'improviste, attaquer avec violence. Il tomba sur lui avec fureur et le frappa. Cette place [Ypres] est farcie de, gens de guerre, quoiqu'il en soit sorti deux mille nommes pour aller à Bruges, parce qu'on ne sait jamais où le roi tombera, SÉV. 1 8 mars 4 678. U précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés [à Rocroy], boss. Louis de Bourb. Le comte Arbétion, qui commandait ces escadrons ennemis, était prêt à tomber sur Théodose.... pléch. Hist. de Théodose, IV, 58. Comme les barbares tombaient tout à coup sur un pays, n'y ayant point chez eux de préparatifs après la résolution de partir, il était dilficile de faire des levées à temps dans les pro-

I' vinces, MONTESQ. Rom. 48. p'est ainsi que tout se balançait, et que tous les Étata tombaient les uns

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sur les autres, la Perse sur la Turquie, la Turquie sur l'Allemagne et sur l'Italie, l'Alleuiagiie et l'Espagne sur la France, volt. Mwurs, 124. Beaumont, maréchal de Bourgogne, à la tête de la noblesse et des milices du pays, tomba sur ces brigands et les défit, duclos, Œuv. t. u, p. 42. Il On dit de même : Jean Bart avec ses vaisseaux tomba sur une flotte marchande. L'armée, aprèf le gain de la bataille, tomba sur telle place. || Fig. Tomber sur, attaquer en paroles, blâmer. Je suii bien loin de vouloir tomber sur Mme de Beauvilliers; mais, entre nous, il me semble qu'elle ne doit point se mêler de la conduite de M. de Beauvais, maintenon, Lett. à Mme de Vaugeau, t. vu, p. 4 20, dans POUGENS. Je suis un peu lâché qu'on soit tombé depuis peu si rudement sur Rapio Thoiras.... je regarde cet historien comme le meilleur que nous ayons, volt. Lett. Hénault, 4 2 mai 4 754. Après avoir traité de la mort et de la brièveté de la vie, il [Sénèque] tombe sans ménagement sur les puérilités de la dialectique de son école, dider. Cl. et Nér. u, 68. || On dit dans le même sens, familièrement : tomber sur le corps à quelqu'un, tomber sur sa friperi» Les Frérons et toute la canaille de la littératu.. vont me tomber sur le corps, volt. Leti. Bichelieu, 4" févr. 4773. || Fig. et familièrement. Tomber sur un plat, sur un mets, en manger avidement. || 8° Faire rencontre inopinée. Ces navires marchands tombèrent dans une (lotte de vaisseaux ennemis. Il tomba au milieu de gens qui lui étaient inconnus. Les fuyards tombaient dans les troupes du roi ; et ceux qui gardaient les chemins en tuaient un bien plus grand nombre que ceux qui étaient envoyés à la poursuite des ennemis, HOLLiN, Hist. anc. Œuv. t. vni, p. 227, dans pougens. Il Ne tomber que sur, faire rencontre à chaque pas. La Pologne se voit ravagée par le rebelle Cosaque, par le Moscovite infidèle, et plus encore par le Tartare qu'elle appelle à son secours dans son désespoir; tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts, boss. Anne de Gom. || Tomber entre les mains, dans les mains, aux mains de quelqu'un, devenir son cap|tif, devenir sujet à sa volonté, à son autorité, à son empire. En Afrique, c'était la coutume des rois de porter toujours sur eux du poison trèsviolent, pour s'épargner la honte de tomber vivants entre les mains de leurs ennemis, corn. Sophonisbe, Ejcam. Ce vainqueur enflé de tant de titres tombera à son tour entre les mains de la mort BOSS. Duch. d'Orl. C'est une chose horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant, entre ces mains où tout est action, où tout est vie, m. Anm. de Gonz. Dieu fait naître Moïse.... et le fait tomber entre les mains de la fille de Pharaon, id. Hist. I, 3. Le sort, dont les arrêts furent alors suivis. Fil tomber en mes mains Andromaque et son fils, rac. Andr. 1, 2. Le cruel dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi; Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, id. Ath. 11, 5. J'ignore.... Si la reine est tombée aux mains de l'oppresseur? volt. Orphel. 1, 4. Nous sommes tombés, s'écriat-il, entre les mains de l'ennemi. — Et pourquoi ne serait-il pas tombé entre les nôtres? répondit le général, barthél. Anach. ch. 4. || Tomber sous la main de quelqu'un, ou familièrement, sous sa patte, se trouver sous sa dépendance, ou à portée de sa colère, de son ressentiment. Allez, vous êtes une ingrate : Ne tombez jamais sous ma patte, la font. Fa,bl. m, 9. |! Familièrement. Tomber sous la coupe de quelqu'un, tomber en son pouvoir. || Tomber sous les lois, sflus la dépendance, sous le joug, perdre sa liberté devenir assujetti. ||9° Être jeté dans, fortuitement, ou malgré soi. Tomber dans une embuscade, dans un piège. Tomber dans les fers. Le trop d'attention qu'on a pour le danger Fait le plus souvent qu'on y tombe, la font. Fabl. xii, 4 8. On sait avec quelle rage les peuples anciens faisaient la guerre ; que souvent, dans le siège d'une ville, hommes, fem mes, enfants, tout se jetait dans les flammes, plutôt que de tomber au pouvoir du vainqueur, raï- NAL, Hist. phil. XIX, 9. Il 10' Arriver à l'improviste chez quelqu'un. Marquez-moi à peu près le jour de votre arrivée, et venez tomber chez moi : vous y trouverez votre chambre prête, J. 1. rouss. Lett. à Moultou, Corresp. t. vi, p. 34, dans pougens. Il Tomber sur les bras, attaquer, causer du dommage. Il [Datame] s'était posté de telle sorte qu'ils ne pouvaient pas l'envelopper; qu'au moindre mouvement qu'ils faisaient, il leiM- tombait s.<r les bras, et les incommodait considérablement, rol-

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UN, nist. ane. (Euv. t. iv, p. 342. H le considérait comme un fléau qui allait leur tomber sur Ifts bra.s, ANCILLON, Mél. de litt. t. ii, p. lo, dans l'ou- OKNS. Il Tomber sur les bras de quelqu'un, arriver inopinément chez lui et l'incounioder. Tu m'as abandonné dans un grand embarras; Un malbeureux neveu m'est tombé sur les bras, bkonard, le Uyal. m, 4. {| Kig. et familièrement. Tomber sur le:t bras de quelqu'un, se trouver inopinément à sa charge. || 11" Passer d'une rue, d'un quartier dans un autre. De là je vins tomber au faubourg Saint- Germain, BoissY, Babillard, se. 3. |{ IS' Fig. Tombe.- sir un vers, sur un passage, le trouver sans le chercher. Le feuilletant [un livre de casuistique] avec négligence et sans penser à rien, il tomba sur son cas et y apprit qu'il n'était point obligé à restituer, pasc. Prov. viii. Nous tombons sur le chapitre quinzième [de Bélisaire) ; c'est le chapitre de la lolér.mce, le catéchisme des rois, volt. Letl. UarmmUel, )o févr. )707. || Tomber sur un • ijel de convor.-iation, y arriver sans le chercher. Lorsqu'oi les lisait [les annales] devant lui [Assuérus], on tomba sur l'endroit où il était écrit de quelle sorte Mardochée avait donné avis de la conspiration de Bagathan, saci. Bible, Bslher, VI, ). Et puisque nous voici tombés sur ce sujet, L* FONT. Fabl. IV, (0. Ayant ddnc mis à part les entretiens frivoles, Et beaucoup raisonné sur l'homme et sur l'esprit, Ils tombèrent sur la morale, ID. ib. vm, 26. Je tombai sur l'expérience d'un Parisien ingénieux qui, pour se réjouir, avait fait labourer son parterre quinze fois, volt. L'hom. aux 40 écus, lettre. |l ■'omber dans l'e-xemple, citer un exemple. Et, pour tomber dans l'exemple, il y avait l'autre jour des femmes à cette comédie.... qui ... MOL. Critique, a. || 13° Recevoir du hasard telle situation. N'ai -je pas dit à Votre Majesté, en entrant ici, que l'on est tombé dans un temps oii un homme de bien a quelquefois honte de parler comme il y est obligé? rktz, Uém. t. ii, liv. m, p. 367, dans pouGENs. || Tomber bien ou mal, faire une bonne ou mauvaise rencontre. Vous ne pouviez jamais mieux tomberque chez moi,HOL. Sicil. tT. Vousêtes bien tombée, nous vous ferons grandchère, LEGRANu, Roi de Cocagne, i, i. Et vous êtes, pour rire, on ne peut mieux tombée, pir. Uétrom. Il, ). Il Tomber au sort, tomber à la conscription, être désigné par le sort pour faire partie de la conscription. Il 14' Tomber en ou tomber dans, être affecté de telle maladie. Monsieur, j'ai une fille qui est tombée dans une étrange maladie, mol. tid. m. lut, II, 3. Celte nuit Mme la princesse de Cunli est tombée en apoplexie, sÉv. ne. La reine, qui se trouva grosse, tomba en langueur; et tout l'État languit avec elle, boss. Reine d'Anglet. Enfin U tomba dans une apoplexie, dont il mourut le leiideiuain 2 février, âgé de 43 ans, fonten. VIIôpital. Charles IX, dévoré de remords et d'in(iuiétudes, tomba dans une maladie mortelle, volt. Hist. pari, xxviii. On a dit que j'étais tombé en jeunesse ; mais on n'a pas encore dit que je lusse tombé en enfance , volt. Lett. au roi de Pr. h avr. (771. Il Tomber malade, devenir malade. Si je tombais malade ici, ce que je ne crois point du tout assurément, je vous prierais d'y venir en diligence, SÊV. a7H. Je trouve (jue, dès qu'on tombe malade à Paris, on tombe mort; je n'ai jamais vu une telle mortalité, ID. 7;). 1| Par extension, tomber amoureux, devenir amoureux. Mais la belle est tombée amoureuse de moi, regnard, le Joueur, in, <(. Croirai-je que vous êtes tombé subitement amoureux de moi?MABiv. t'£preut)e, 4. || 15" Terme de chasse. Tomber en défaut, se dit des chiens qui perdent la piste de la béte. || Tomber en arrêt, se du du chien qui arrête un gibier. Le chien tomba en arrêt sur une perdrix. || 16" Fig. Tomber en, dans, être réduit à, être jeté dans. Tomber dans la pauvreté, dans la misère. On homme tel (]ue moi voit sa gloire ternie. Quand il tombe en péril de quelque ignominie , corn. Ilor. v , 2. Qu'un homme prenne querelle avec un autre, et que, l'ayant tué, il vienne à le reconnaître pour son pire ou pour son frère, et en tombe au désespoir, lu. 2* dise] Il faut demeurer d'accord, à l'honneur de la vertu, «que les plus grands malheurs des hommes sont ceux où ils tombent par leurs crimes, la rochefouc. Réft. mor. n" <8j. C'est par là que nous tombons dans la plus basse servitude, bouRiial. Hesp. Kum. 2' avent, p. 3«4.|| Tomber au point de, être réduit à l'extrémité de. Puissent tant de malheurs accompagner la vie , Que tu tombe» au point de me porter envie I corn. Hor. 1». 6. iriomber en disgrâce, dans U disgrâce.

n'être plus dans les bonnes grâces de quelqu'un, n'avoir plus de part à sa bienvi^illaoce, à sa faveur. Depuis que je suis tombé dans la disgr&oe, je n'ai jamais osé écrire à Sa Majo té pour me plaindre de mon malheur et lui faire voir mon innocence, scarr. I.ett. Œuv. t. l, p. 268, dans pouoENs. Il Tomber dans le mépris, devenir un objet de mépris. Et je tombais dans le mépris des honnêtes gens, lf„saoe, Turcaret, l, ». || Faire tomber quelqu'un en confusion, lui causer une grande confusion. Il 17' Fig. Tomber de.... en, éprouver successivement, passer par. Les esprits, une fois émus, tombant de ruines en ruines, se sont divisés en plusieurs sectes, Boss. Reine d'Anglet. X chaque expérience, je tombais de surprise en surprise, BUFF. Ilist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. r>i«. lA Harpe. .. Oui, sifflé pour ses vers, pour sa prose sifflé, Tout meurtri des faux pas de sa muse tragique. Tomba de chute en chute au trône académique, GiLD. Mon apolog. \\ Tomber de Cbarybde en Scylla, en voulant éviter un mal tomber dans un autre. Il Tomber de fièvre en chaud mal, tomber d'un étal fâcheux dans un pire. || 18° Fig. Tomber en, danj, faire quoique chose qui mérite blâme. Tomber dans le galimatias. Cet auteur tombe dans l'afl'ectation, dans le précieux. Ce peintre tombe quelquefois dans la manière. C'est pour éviter ces miracles et ces prédictions que les impies sont tombés dans toutes les absurdités qui vous ont surpris, boss. Hist. n, <3. L'incrédulité où elle était enfin tombée, m. Anne de Gonx. Le respect humain fait tomber l'homme dans des apostasies, peut-être plus condamnables que celles de ces apostats des premiers siècles, bourdal. Respect hum. 2* oi'enJ, p. 30i. Isocrate, dans son Panégyrique, par une sotte ambition de ne vouloir rien dire qu'avec emphase, est tombé, je ne sais comment, dans une faute de petit écolier, boil. Longin, Subi. ch. 3(. On s'aperçoit que c'est le pocto qui parle, et non la princesse; c'est un défaut dans lequel Corneille tombe toujours, volt. Comm. Corn. Rem. Pulchér. Préf. Menacer, m'emporter, quelle imprudence extrême I J'en avertis Ambroise, et j'y tombe moi-même, coll. d'harlev. Vieux célib. rv, 6. || Tomber en faute, tomber dans le crime, tomberdans le péché, commettre une faute, un crime, un péché. ||Tomber dans l'erreur, danslacontradiclion, en contradiction, se tromper, se contre dire. Il [Woodward] tombe, aussi bien que Buinet, dans des contradictions évidentes, blfp. Hist. nat. Pr.th. ter.Œuv.l. i, p. 277. || Tomberdans le ridicule, dans quelque inconvénient, faire quelque action ridicule, faire quelque démarche qui a des suites fâcheuses. || Dans le style de l'Ecriture. Tomber dans l'aveuglement, dans l'endurcissement, devenir aveugle, insensible aux vérités de la religion. Il 19° Fig. Tomber dans, se laisser aller à. Cette conversation nous est si naturelle que nous y tombons insensiblement; c'est un penchant si doux qu'on y revient sans peine, sÉv. 43. Avouez que le jour ne vous eût jamais jeté daïis une rêverie aussi Tlouce que celle où je vous ai vu prêt de tomber tout à l'heure à la vue do cette belle nuit, ponten. Mond. *" soir. Je pleurai d'aise, je criai de joie, je tombai dans des transports de tendresse, de reconnaissance, mariv. Marianne, a* part. Bélise ne répondit point; elle était tombée dans une rêverie profonde et dans un sérieux glacé, mar- MONTEL, Contes mor. Scrup. || Tomber dans la dévotion, devenir dévot. Il 20° Fig. Perdre une haute position, possession. Ce désir [du bonheur] nous est laissé, tant pour nous punir que pour nous faire sentir d'où nous sommes tombés, pasc. Pens. viii, tu, édit. havet. Afin qu'ils ne tombentpas d'un si grand bonheur et d'un si grand honneur que Dieu leur a faits, ro. Lett. à Mlle de Roannex, ». Quand je viens à penser que ces mêmes personnes peuvent.... être au nombre malheureux des jugés, et qu'il y en aura tant qui tomberont de la gloire.... m. ib. 3. Hélas! qu'elle [l'âme] s'est trompée, et que sa chute a été funeste ! elle est tombée de Dieu sur soi-même, boss. la Yallière. \\ 21° Absolument. Pécher. Le juste tombe sept fois le jour. Voici ce que dit le^^eigneur : Quand on est tombé, ne se relève-t-on pas? saci. Bible, Jérémie, viii, 4. David tombe, devient adultère, il y ajoute l'homicide, BOURDAL. »• dim. après la Pentecôte, l)ominie. t. m, p. 149. On ne peut rien voir de plus éloquent que son épilre [de saint Basile] à une vierge ijui était tombée, fén. t. xii, p. <(4. || 22° Fig. Décroître, perdre de ses force.s, de son mérite. Je n'admiie point l'excès d'une vertu , comme de la valeur, si je ne vois en même temps l'excès de la

vertu opposée, comme pn Bpamlnondai, qui avait l'extrême valeur et l'extrême bénignité ; car autrement ce n'est pat monter, c'est tomber, pasc. Pem. VI, 21, édit. havet. Elle [l'âme] ne peut pas demeurer en cet état, tout triste qu'il est: il faut qu'elle tombe encore plus bas, boss. la faillie. Sans avoir besoin de ces divinités qui tombent de vieillesse, fonten. Sur la poéi. en gén. Œuv. t. vin, p. 297, dans pouoens. Que verrs-t-on par ce commentaire? que nul auteur n'est jamai.% tombé si bas, tolt. Comm. Corn. Rem. Théod. i, t. Il C'c«t un homme qui tombe, qui e« bien tombé, il e^t aflTaibli de corps et d'esprit. || Perdre son crédit. Cet homme-là n'a pas été longtemps en crédit, il est bientôt tombé. || 23° Absolument. Éprouver une chute au théâtre. Tenez ; si vous tombez, je parle sans pitié, piho.-», Métrom. iv, «. Qui sait, grand Dieu! quel sort m'attend ce soirT .Sous l'elTort des sifflets si ma pièce succombe. C'en est fait, je vous perds; je guis mort si je tombe, c. delav. Comédiens, n, 2. Un pauvre auteur qui tombe est-il une merveille? lo. ib. v, s. Il 2i° Tomber d'accord avec quelqu'un, convenir avec lui. i Absolument. Tomber d'accord, avouer, confesser. Je tombe d'accord de cela. Je tombe d'accord que cela est ainsi. Non, messieurs, disaitil, je ne m'en dédis point. Et tomberai d'accord de tout, hors de ce point, mol. ift't. iv, l. || Tomber dans le sens, tomber dans le sentiment de quelqu'un, être de même avis que lui, se ranger i son avis. Vous êtes tombé dans ma pensée; mais il n'était pas, ce me semble, de la dignité de ma politique de m'ouvrir le premier, st-évrem. .Sir l'olitick, I, 3. Il Ils l'ont fait à la fin tomber dans leur sens, ils lui ont enfin persuadé de se ranger de leur avis. Il 25°Tomber à quelque chose, s'y conformer, y atteindre. Quant au principal but qu'Ésope se propose. J'y tombe au moins mal que je puis, la font. Fabl. V, I. Il 26° Fig. Tomber dans, être sujet à quelque prescription. François II fut le premier qui tomba dans le cas de l'ordonnance de Charles V [pour la majorité des rois], boss. Déf. Var. t ' dise. 37. Il 27° Tomber, avec un nom de chose pour sujet, ne plus se soutenir. Ces bâtiments tombent de vétusté. Un ouvrage humain pourrait tomber après cent ans, comme après mille ans, boss. 4" instr. past. 30. Quand tout cédait i. Louis, quand les murailles tombaient au bruit des trompettes, m. Mar.-Thér. Vous voyez tomber de toutes parts les temples de l'hérésie, ID. le Tellier. L'arche qui fit tomber tant de si;perbes tours, rac. Athal. v, i. Après avoir traversé une très-petite pièce qui tombait en ruine, genlis, Mme de la Fayette, p. 238, dans POUGENS. Il 28 Se détacher, en parlant de parties du corps vivant. Depuis sa fièvre les cheveux de cet enfant tombent beaucoup. La gangrène fit tomber les orteils. L'eschare ne tomba que le vingtième jour. Après avoir dit : je ferai tomber leurs cheveux, je détruirai, poursuit le Seigneur, les colliers et les bracelets, boss. la Valliére. Malgré tous mes soins, je n'ai pu empêcher que le troisième doigt du pied ne soit tombé sur la fin de juin, bonnet, 2« mém. reprod. salam. Il 29* Tomber sur, se dit d'objets qui sont entraînés sur d'autres. Assez souvent, dans le gros temps, ces navires tombent sur les navires voisins, et les entraînent dans des bas-fonds où ils périssent misérablement ensemble, raïnal, llist. phil. XI, 3. Il 30° Etre vaincu, se rendre Mais aujourd'hui qu'il faut que l'une ou l'autre tombe, Qu'Albedevienne esclave ou que Rome succombe.... CORN. Wor. I, t. Quatre batailles perdues font croire que Rome allait tomber, boss. Hist. i, 8. Toutes les villes [après Fontenoy] tombent devant lui [Louis XV], devant lesprinces de son sang, devant tous les généraux qui les assiègent, volt. Panég. Liiuis IV. \\ 81° En parlant des institutions, des empires, des cités, des familles, etc. déchoir, diminuer, périr. Telle fut la mort de Saùl et de ses trois fils ; et toute sa maison tomba avec lui, SAU, Bibl. Paralip. i, x, 6. Babylone est tombée ; elle est tombée cette grande ville qui a fait boire à toutes les nations le vin de sa prostitution, m. ib. St Jean, Apocal. XIV, 8. J'ai vu tomber ton temple, et périr ta mémoire, volt. Zaïre, n, 3. Je vis tomber l'empire où régnaient mes ancêtres, m. Alx. m, 6. Le culte de Tyr et de Carthage est tombé avec ces puissantes villes, ID. Philos. Profes. foi théistes. Un seul homme [Pierre 1"], parce qu'il avait un génie actif et ferme, éleva sa patrie ; et un seul homme [leschah de Perse], parce qu'il était faible et indolent, fit tomber la sienne, m. Russie, ii, 4i>. Vous avez vu tomber la gloire D'un llion trop insulté.

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BKBANo. Mon dine.\\9i' l'ordre en aiHonto, en créd't, (in vogue. Celte mode commence à tomber. Cette llicorie, ce système tombe devant los faits. Je voii mes honneiirs croître, et tomber mon crédit, HAC. Brit.t, t. Encore .serait-il à soutini 1er ([u'on laissât tomber le commerce à l'égard de toutes les choses qui ne servent qu'a entretenir le luxe, la vanité et la mollesse, fén. Tél. xix. Vous avez laissé choir le tripot de la comédie de Pstris; je m'y intéresse fort raédiocrçment; mais je suis fâché que tout tombe, excepté l'Opéra-Comique, volt. Lett. Ilichelieu, 88 nov. «737. On dit que le grand théâtre tragique est tout à fait tombé depuis la retraite de Mlle Clairon, ID. Lett. à flarmonlel, -u oct. (771. Les livres qui tombent à Paris sont la fortune des libraires de province, J. J. rouss. IIH. 2' préf. Sous l'empire des peuples grossiers les lettres tombèrent, les théâtres furent détruits, conml. Conn. hum. ii, i, 6. La culture tomba; il y eut moins de terres ensemencées, et il survint des années de disette ; le prix du blé fut excessif, id. Comm. gouv. il, (2. || Tomber de haut, éprouver une grande décadence. J'ai été indigné que le siècle fût tombé de si haut, volt. Lett. Mme du Deffant, 23 oct. 4772. || Cela est bien tombé aujourd'hui, se dit d'une chose qui n'est plus en faveur. Le service, autrefois de tant d'honneur suivi, Est bien tombé, imbert. Jaloux sans amour, i, i. (I Ces études sont tombées, on les néglige beaucoup aujourd'hui. || 33" En parlant des ouvrages dramatiques, ne pas réussir. On venait de jouer sainte Agnès d'un Pugetde la Serre; elle était tombée ; sa chute donna mauvaise opinion de saint Polyeucte à l'hôtel de Rambouillet, volt. Comm. Corn. Rem. Poly. i, 1 . Zaïre, Oreste, Sémiramis, Mahomet, Tancrède, l'Orphelin de la Chine, tombèrent à la première représentation; elles furent accablées de critiques, elles ne se relevèrent qu'avec le temps, m. Lett. Richelieu, 27 mai (767. Il [Voltaire] donne la tragédie de Marianne en 1722 ; Marianne était empoisonnée parHérode; lorsqu'elle but la coupe, la cabale cria : la reine boit, et la pièce tomba, ID. Comm. Œuv. ou». Henr. Le même préjugé qui avait fait tomber le Festin de Pierre, parce qu'il était en prose, avait fait tomber l'Avare, id. Vie de Molière. La musique de Rameau ne saurait jamais tomber, id. Lett. en vers et en prose, 43. Il Cette pièce de théâtre est absolument tombée, on ne la joue plus du tout, on n'en fait plus aucun cas. Il 34" Cesser, Are discontinué, abandonné. Mais un de.s3ein formé n ; tombe pas ainsi, corn. Nicom. V, 4. La requête civile tombe quasi toute seule ; après ce jugement, il n'est plus question du Conseil, toute chicane est finie, sÉv. 631. La conversation tombait d'abord qu'on ne buvait plus, hamilt. Gramm. 4. Us étaient également embarrassés et contraints l'un et l'autre, et la conversation tomba plusieurs fois, oenlis. Vœux témér. t. III, p. 82, dans pouGENS. Il Tomber de soi-même, cesser sans intervention étrangère. Il ne s'agit pas de réfuter ces rêveries des platoniciens, qui aussi bien tombent d'elles-mêmes , Boss. Hist. II, 12. Les uns eurent le plaisir de voir tomber de soi-même ce qu'on avait fait sans bux^fléch. Hist. de Théodose, ii, 85. Il vaut mieux approfondir une bonne fois ce qui a rapport à la doctrine ; après quoi tout le reste tombera de lui-même, UAiNTENON, Lett. au duc de Beauvilliers, t. ii, p. 207, dans poi:gf.ns. Heureusement la plupart des opinions des philosophes tombent d'elles-mêmes, et ne méritent pas qu'on en parle, condil. Art de pens. I, < 2. n 36* Laisser tomber, ne pas donner d'attention à, ne pas s'occuper de. Je vous quitte, en TOUS priant.... de faire jaser Pauline, si vous avez envie de répondre à mes causeries ; sans cela, laissez-les tomber, sÉv. 8 avr. 4 089. Le banquier ne laissa pas tomber cette parole, et lui demanda en riant si lui et son frère seraient d'humeur à gagner une grosse somme d'argent et à faire fortune, ROLUN, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. 601, dans POUGENS. (Il) Ne laisse rien tomber, pas la moindre parole, Registre tout sur son journal, du cerceau. Poésies, Remerc. au roi. Le Cramer que vous voyez à Paris avait offert de donner quarante mille francs du produit des souscriptions et de la vente de l'édition, et ensuite il avait laissé tomber cette offre, volt. Lett. d'Argental, I5 févr. 47C3.il 11 faut laisser tomber cela, il faut, pour empêcher qu'on n'y fasse attention, paraître n'y pas faire attention soi-même. Ma foi, laissez tomber tout cela de soi-même, gbesset, le Méch. iv, 7. Il Ces bruits commencent à tomber, on commence i n'y plus donner autant d'attention qu'on faisait

a'abord. || 86° Arriver, s'approcncr, en parlant de la nuit, ilu sdir. La nuit tombe. Le soir tomb.'iil, la lutte était .irdenle et noire, v. iiuGO. Châtiments, l'Expiation. || La nuit est tombée, il est nuit close. Il faut que je vous quitte, mon aini; la nuit est tout à fait tombée, gkni.is. Vœux témrr„ t. m, p. )7!i, dans POUGENS. || Bais.ser, approcher de sa fin. Le jour commençait à tomber ; nous ne laissions pas ipie d'avoir du chemin à faire jusqu'au château, Diiifti. Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. 488, dans pougens. Quand le jour tombe , il y a de grandes ombres dans la campagne qui semblent les replis de sa robe traînante, stael, Corinne, xx, 5. || Substantivement. Ou plutôt que ne puis-je, au doux tomber du jour.... lamart. Méd. i, 20. || 37° S'apaiser, se calmer. La fièvre tombe. J'ai vu de son courroux tomber la violence, rac. Âthal. v, 2. Croyez-vous que des passions que vous nourrissez depuis l'enfance, qui sont devenues comme votre fonds et votre tempérament, tomberont, s'évanouiront en un instant? mass. Carême, Impén. fin. Il a bien fait do laisser à la haine de ses camarades le temps do tomber, diueh. Salon de I7>!7, Œuv. t. XV, p. 4fi3, dans polgens. || Son goût pour les tableaux, pour la musique, etc. est bien tombé, il est devenu bien moins vif. || Terme de marine. La mer tombe, quand l'agitation en diminue, et que les lames s'abaissent. La mer, comme disent les marins, était tombée, et le ciel s'était éclairci, CHATKAUBii. Itin. part. 2. || On dit que le vent tombe, quand il perd de sa force, quand il tend à se calmer. Dès que les vents furent tombés, Bomilcar pnit le large pour mieux doubler le cap, rol- LIN, llisl. anc. Œuv. t. x, p. au, dans pougens. Il 38° Terme de marine. Un mât, un navire tombe sur l'avent ou sur l'arrière, lorsque, au lieu de conserver la position verticale, il a une inclinaison du côté de la proue ou du côté de la poupe. Il 39" Être pendant. De beaux cheveux lui tombent sur les épaules. Son içanteau lui tombe sur les talons. || 40' On dit que des regards tombent sur quelqu'un, quand on le regarde comme d'en haut. Tous vos regards sur moine tombent qu'avec peine, bac. Iphig. ii, 2. Ses yeux.... Verront autour de vous les rois sans diadème. Inconnus dans la foule.... s'honorer d'un regard Que vous aurez sur eux fait tomber au hasard, ID. Brit. ii, 2. Ses regards inquiets n'osent tomber sur moi, volt. Marianne, m, 4. || Laisser tomber un regard de pitié sur quelqu'un, prendre intérêt à sa misère, le secourir dans sa détresse. || Son regard tomba sur cet objet, sur cette personne, il regarda fortuitement cet objet, cette personne. || 41° Terme de marine. Un navire tombe sous le vent d'un point quelconque, lorsque, loin de s<j rapprocher de ce point, placé plus près que lui de l'origine du vent, il s'en éloigne. |142* Il se dit d'un coup qui vient d'en haut. Le coup lui tomba d'aplomb sur la tête. Le coup qu'on m'a prédit va tomber sur ma tête, RAC. Brit. V, 7. Il Fig. M. de Poiupone n'était pas de ces ministres sur qui une disgrâce tombe à propos pour leur apprendre l'humanité, qu'ils ont presque tous oubliée, sÉv. 22 nov. 1079. î| 43° Céder, disparaître. Grand prince, lui dit-il, tout va manquer, et il n'y a que votre présence qui puisse faire tomber les difficultés, mass. Or. [un. Conti. Il Fig. Les portes tombent, ce qui empêc'nait l'accès, l'entrée, disparaît. Mais d'être dans la foule, après avoir vu tomber les portes devant lui, c'est une chose qui le pénètre toujours [Pompone disgracié), SÉV. 408. Il 44° Faiblir, manquer. Ces délicats à qui la moindre peine fait tomber le courage, BOSS. 4" sermon sur les démons, 2. Ce prince, si intrépide devant ses ennemis, sent toute sa fierté tomber devant le prophète, mass. Carême, Mélange. || 45° Tomber en, dans, arriver à,avec une idée de déchéance, de détérioration. Les lois sans le secours des armes tombent dans le mépris ; les armes qui ne sont point modérées par les lois tombent bientôt dans l'anarchie, betz, Mém. t. i, liv. II, p. 128, dans pougens. Quelques États, sans avoir reçu d'échec qu'on puisse remarquer, tombent dans une faiblesse dont les voisins sont surpris, et qui étonne les citoyens mêmes, montesq. Esp. V, 8. Il Tomber en putréfaction, en pourriture, se pourrir. Il Tomber en poussière, être réduit eu poussière. Il Tomber en loques, se dit d'un habit qui se déchire partout. || Dans le même sens, tomber par pièces. Il avait un habit noirplutôtusé que vieux, et qui tombait par pièces, j. j. HOUss. Cotif. Ml. Il Tomber en désuétude, cesser d'être en usage. Il Cela est tombé en oubli, on ne s'en souvient plus. Il Terme de cbimie. Tomber en déliques-

cence, en deliqiiium, se dit d'un corps solide qui, au contact de l'air, se remplit d'humidité et se fond. Il 46; Dégénérer en. Cela tombe dans le maniéré. L'Epoux sacré ne dit pas toujours qu'il aime l'épouse ; à la fin, cela tomberait dans le froid, BOSS. Explic. de la messe, 2r>. || Cette maison est tombée en quenouille, il n'en reste que de? filles. Il Cett'î couronne, cette souveraineté tombe en quenouille, les femmes peuvent en- hériter. Il Tomber à rien, se réduire à très-peu de chose. Toutes ces grandes promesses sont tombées à rien. Il Cette dépense tombe en pure perte, elle ne produit rien, || 47° Devenir l'objet, la possession. J'ose m'imaginer qu'à ses moindres exploits Les royaumes entiers tomberont sous ses lois, cobn. le Cid, II, .1. En vous de tout l'Etat j'ai défendu la cause. Quand je lai fait tomber dessous votre pouvoir, ID. Agés, v, 7. Je verrai sans regret tomber entre ses mains Tout ce que lui promet l'amitié des Romains, BAC. Mithr. I, 4 . Il Les biens de cette maison sont tombés dans telle autre par un mariage, ils y sont passés. Antoine de Bourbon.... chef de la branche des Bourbons, ainsi appelée d'un fief de ce nom qui tomba dans leur maison par un mariage avec l'héritière de Bourbon, volt. Ess. guerr. civ. France. || Tomber dans le domaine public, se dit d'une propriété privée qui cesse de l'être. Cet ouvrage est tombé dans le domaine public. Il Fig. Tomber dans la conversation, devenir un sujet commun de conversation. Une science vaine, aride, dénuée d'agrément et d'utilité, qui ne tombe point dans la conversatiçn, qui est hors du commerce, la bruï. i. jl 48" Échoir. C'est à cette extraordinaire et admirable piété, madame, que la France est redevable des bénédictions qu'elle voit tomber sur les premières armes de son roi, corn. Poly. à la reine régente. Jeviensremercier et mon père et mon roi.... D'avoir choisi mon bras pour une telle gloire, Et fait tomber sur moi l'honneur de sa victoire, m. Nicom. II, 2. Et faire, par des choix judicieux et sains. Tomber le ministère en de fidèles mains, rotr. Vencesl. I, 4. Seigneur Harpagon, vous jugez bien que le choix d'une jeune personne tombera sur le fils, plutôt que sur le père, mol. l'Av. v, 6. Nous espérons d'apprendre que le régiment de M. le chevalier [de Grignan] tombera à son neveu, sÉv, 16 nov. 1689. Mais, si quelque vertu m'est tombée en partage, 6eigneur, je crois surtout avoir fait éclater La haine des forfaits qu'on ose m'imputer, rac. Phèdre, iv, 2. La paix de Ryswick ne fut point faite dans la vue de faire tomber la monarchie d'Espagne à un fils de France, comme on l'avait toujours cru, volt. Fragm sur l'hist. xxix. Il y a même un duché dans sa maison qui pourrait lui tomber un jour, saurin. Mœurs du temps, (2. Il Le sort tomba sur lai, ce fut lui que le sort désigna. || 49° Tomber sous la main, se présenter s fortuitement. Les papiers me tomberont sous la main quand j'y songerai le moins, boss. lett. abb. 247. |j Tomber entre les mains, venir fortuitement en la possession. Le hasard a fait tomber entre mes mains une pièce fort curieuse. Le Poussin, né aux Andelys en 4 595, n'eut de maître que son génie et quelques estampes de Raphail qui lui tombèrent entre les mains, volt. Temple du goût. Il Impersonnellement. Il m'est tombé entre les mains une petite pièce de vers d'un jeune Courlandais ou Courlandois qui est venu dans mon ermitage[une Ode de Voltaire lui-méme|, volt. Lett. à Catherine II, I2 févr. 1772. Il nous est tombé entre les mains un exemplaire anglais de Clarisse, accompagné de réflexions manuscrites, dider. Éloge de Richardson. \i bO' Tomber dans l'esprit, dans la tête, se présenter à l'esprit. Je pensais être le premier à qui il fût tombé en l'esprit de sanctifier la poésie pax un ouvrage si précieux, CORN. Imit. préf. éd. 4 654. Cette sentence n« , pourrait tomber que dans l'âme d'un homme.... PASC. Prov. XV. Il ne me tombe jamais dans l'esprit que ce soit votre faute; je connais votre soin, SÉv. 228. 11 n'est pas tombé dans la tête d'aucun dévot qu'elle jràme de Turenne] ne fût pas en bon état [au moment où il futtuéj,iD. 4 6 août 4 07B. Le maître de l'éloquence, accusant un gouverneur de province d'avoir fait crucifier un Romain, représente cette action comme la plus noire et la plus furieuse qui puisse tomber dans l'esprit d'un homme, noss. 4" sermon, Exalt. de la croix, préambule. \\ Cela ne me serait jamais tombé dans l'esprit, je ne me serais jamais avisé de cela, je n'aurais jamais conçu un tel soupçon, formé une telle conjecture, || Cela ne peut tomber que dan«

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l'esprit, que dam la tête d'un fou, il n'y a qu'un l.>u qui puisse lUiaRiner telle chose. ;i Tomber au cœur, être imaginé, deviné parle cœur. Vous coiiaai.ssant comme je fais, il me tomba un cœur que vous ne voudriez point quitter M. de Grignan, SKY. m nov. 167(1. Il 61' Klre tourné fortuilemcnl sur un sujet. L'entretien tomlm sur un tel. I.a conversatiiin tomba sur la tranquillité do sa profession, MONTKSQ. Utt. pers. 0). L.i conversation tombe sur votre ennemi, cknlis, Veill. du chdJ. t. II, p. 2Ï1, dans POUOENS. || Faire tonilicr la conviusation sur, l'amener sur. En un lieu, l'autre jour, où je faisais visite, .'c trouvai (pielques gens d'un liès-iare mérite, 0"'. parlant des vrais soins d'une âme qui vit bien, Firent tomber sur vous, madame, l'enlictien, mol. Mis. m, R. || Faire toinlier quelquç chose, l'amener dans le discours. 11 y a un mois qu'elle [Mlle du l'iessis] joue la fièvie quarte, pour faire justement tomber qu'elle la quitte le jour que ma mère va dîner au Plessis, ru. DE sÉv. dans sÉv. f) janv. < 670. || 52° Tomber sur, avoir son point principal en. On s'étonnera peutêtre (le ce que j'ai donné à cette tragédie le nom de Rodd .une plutôt que celui de Cléopatre, sur qui Idii.Ijc toute l'action tragique, cohn. Rodug. préface. || ihre à la charge de. Je souhaite qu'il donne quelque chose à la petite de Lévi, afin que tout ne tombe pas sur le roi, maintenon. Ml. à Mme de la Viefville, 28 nov. <706. jj Avoir pour objet. L'interdiction du feu et de l'eau chez les Romains tombait sur des choses nécessaires à la vie; celle-ci tombe sur tout ce qui peut la rendre supportable, J. J. Houss. <" dioi. || S3' Tomber sur, être porté sur, attaquer. La haine sur Titus tombera tout entière, hac. Bérén. m, 2. C'est sur ceux qui partagent le gouvernement que tombe la rigueur du despotisme, volt. Mœurs, 93. Les critiques, les sercasmes, les injures même tombèrent sur lui de toutes parts , d'alemb. Éloges, Moncrif. \\ Le soupçon tomba sur lui , on le soupçonna de la chose dont il s'agissait. |{ 64° Tora- Der sur, s'appliquer à. Cela [un dire de la princesse de Tarente, qu'elle avait le cœur comme de cire) tombe sur le général; mais le monde en a fait des applications particulières, sÉv. n déc. l«7B. J'ai un grand dégoût pour les conversations inutiles qui ne tombent sur rien du tout : des oui, des voire, des lanternes où l'on ne prend aucune sorte d'intérêt, ID. (Ojuin (G80. Il Faire tomber sur, rejeter sur, imputer à. Rpnferiiiez-vous à lairc tomber la tromperie sur l'intérêt, siiv. IH déc. (689. Il 55* Tomber bien ou mal, arriver heureusement ou malheureusement, à propos ou à contretemps. Cela tombe bien. Madame de Moreuil.... je vous conjure de lui faire tomber mes compliments à propos, sÉv. sjuill. 1685. || 66* Faire jonction, aboutir. Ce chemin tombe dans tel autre. Le roi descendait le degré qui tombait dans la salle du souper, sT-siM. H, 129. Le Nil ne reçoit aucune rivière qu'à plus de cinq cents lieues de son embouchure; la dernière qui y tombe est le Morala, et, de cet endroit jusqu'à sa source, il reçoit environ douze ou treize rivières, buff. Ilist. nat. jireuv. théor. terr. Œuv. t. ii, p. 76. Il 57" Coïncider par le temps. Son retour en Espagne doit touiber à l'an tB80, vers la fin de Tété, COMTE DR caylOs, Mém. Aead. de Troyes, Œuv. t. XII, p. iU3. Je ne me suis pas aperçu que votre silence tombât précisément au temps de l'arrivée de notre chère sœur , dider. Lett. à Mlle Voland, 6 sept. 1782. Cette cérémonie se fait avec solennité dans la fête des Apaturies, qui tombe au mois pyanepsion, et qui dure trois jours, BAHTiiÉL. Ànach. ch. 26. Il Celte fêle tombe au jeudi, elle arrive, on la chôme le jeudi. Il 58 Terme d'imprimerie. Faire tomber les pages ics unes sur les autres, faire que la page du recto et celle du verso se correspondent exactement. Il 59° Tomber sous, appartenir à la cla.sse de. Je ne parle pas ici des vérités divines, que je n'aurais garde de faire tomber sous l'art de persuadi'r, pa.sc. Art de persuader, édit. paugère. Il Tomber sous les sens, être perceptible par les sens, l'ous les corps qui tombent sous nos sens, DRiss Traite dephyx. t. i, ch. 2, n" «. Dieu, il est vrai, ne tombe p.is sous les sens; mais il a imprimé son caractère dans les choses sensibles, CONDIL. Lag. i, 5. || Tomber sous le sens, être évident, incontestable. Les sujets qui tombent sous le sens ou sous le raisonnement, pasc. Vide, Préf. Il Cela ne tombe pas sous le sens, se dit d'une thûse qui paraît absurde, qui blesse le sens commun. Il 80- Ne pas garder la méi e élévation en

parlant de la voix. Il lallait pour l'image, qu'après avoir peint la promptitude avec laquelle on fut frappé de cette nouvelle, la voix de l'orateur tombât avec ces mots : Madame se meurt. Madame est morte, condil. Art d'icr. H, M. || Laisser tomber la voix, ne pas la souU'nir là où il le faudrait, il Laisser tomber ses paroles, parler négligemment, avec indolence. || Dans un sens un peu différent : se décider à parier. Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ce» mots, LAMART. Jf<!((i(. le Lac. || Terme de musique. Se dit d'une phrase musicale qui finit brusquement, qui n'est pas carrée. || Se dit absolument d'un vers dont la césure est défectueuse. || La voix tombe, se dit aussi d'une voix qui devient plus faible. Heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administralion, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint I Boss. touiïd* Bourbon. Il 61° Tomber, qui se construit d'ordinaire avec l'auxiliaire itre dans les temps composés, peut aussi recevoir l'auxiliaire ocoir. Les poêles disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour entier ; ce grand courage a tombé tout à coup, Dict. de l' Aead. Indépendamment du christianisme, les oracles ne laissaient pas do déchoir beaucoup par d'autres causes, et à la fin ils eussent entièrement tombé, FONTEN. Oracl. ii, 6. Où .serais-je, grand Dieu 1 si ma crédulité Elit tombé dans le piège à mes pas présenté? vqlt. Orph. ir, 3. Jamais Voltaire n'avait été plus brillant que dans Alzire, et l'on a peine à concevoir qu'il ait tombé de si haut jusqu'à Zulime, laharpe. Cours de Utt. 3' part. III, 8. Le Malheureux imaginaire, comédie en cinq actes de M. Dorai, a tombé depuis le premier acte jusqu'au dernier, id. Corresp. littéraire, l.ett. 56. Les pièces du Théâtre italien ont tombé encore plus indécemment, id. t6.|| Terme de fauconnerie. L'oiseau a tombé sur la perdrix, il a fondu tout d'un coup sur elle. || Bien que l'auxiliaire éire soit le plus fréquent, cependant de ces exemiUes on conclut qu'il est des cas où avoir est absolument nécessaire pour rendre la nuance de la pensée. Celle phrase : mon enfant est tombé, ne peut signifier tout à la fois : mon enfant est par terre, et il a fait une chute tout à l'heure. Il faut dire dans ce dernier cas : mon enfant a tombé. Il Proverbes. Quand la poire est mûre, il faut qu'elle tombe, quand, les affaires sont venues à un certain point, il faut qu'elles éclatent. {| Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prfses, se dil à ceux qui fonldes suppositions impossibles.

— REM. 1. Vaugelas condamne la locution tomber aux mains, et veut qu'on dise tomber entre les mains. 11 a été réfuté par l'usage des meilleurs écrivains. Il 3. On ne donne jamais aujourd'hui le sens actif à tomber; ce qui .se faisait dans le xvi* siècle et dans l'ancien français, ce qui est resté dans le langage du peuple, et ce qui revient présentement dans un certain usager : Que M. de Persigny - pour nous servir d'une expression triviale mais très-énergique — tombe M. Rouher, rien de mieux I et la galerie ne peut qu'applaudir, L. JOUBDAN, le Siècle, *5 juin t8fl9. C'est un emploi tiré de l'argot des lutteurs, où l'on dit : tomber son adversaire, le renverser. || 3. Tumber était encore en usage au xvii* siècle : Tomber ou tumber, l'un ell'aulre peuvent être reçus, étant en usage, MAHO. BUFFET, Observ. p. 137.

— HIST. xiii* s. Et fu li vaissiaus bien cousus et poiés, et fu assis en l'aiguë, en tele manière qu'il ne pouvoil Ihumcrne afondrer, Chr. de Rains, 95. Mais tel cuide saillir qui tume, Bl. et Jeh. v. 430. Mes la contraire [fortune] et la perverse, Ouanl de lor grant estât les verse Et les tumbe autor de sa roe Du sommet envers dans la boe.... la /iose, 49H. Dansent, tumenl [sautent] espringhent et baient, Ben. t. iv, p. 223. Je sei'virai de mon mestier La mère Dieu en son moustier; Li autre servent de causer ; Et je servirai de tumer [danser], DU CANOË, tombare. || xiv s. Icellui Giraut donna audit Manson un si gr.inl coup sur l'espaule que il le tomba par trois lois en la charriere, DU CANOK, tombare. || xv s. Les autres commencèrent à eulx esbalre, à saillir et thumor ou Ihumber sur une autre table, du cange, tombare. Les François et Gascons estoienl montez sur bons et forts chevaux, vistes et bons à la main, et pour ce abbatoienlet tumboient toutse qu'ils Irouvoient à eulx contraire, a. chart. Hist. de Ch. Yl et Vil, p. 46. H XVI' s. Marquet tombit de dessus sa jument, BAS. Garg. i, 36, Peu de temps après, le bon Pan-

tagruel tumba malade, m. Pant. li, M. L'un des enfans sur lesquelz tumba le sort, i stoit son oepveu, AHTOT, Théi. 20. Il est meilleur de se tenir quoy, quand on sent comme un accès du bault mal qui nous veut prendre, de peur que non» n'en tombions, id. Comment refréner la colère, ». I^ langaige qu'il avoit tenu de Villebon ne tomba pas i terre; car,... [il fut rapporté à Villebon), CARLOiz, u, 5. Une tempeste qui fist trembler presque loute la ville, qui tomba par terre toutes les maisons prochaines, paré, ix, l* diie. Il n'a pas l'Italie en poste traversé Sur un cheval poussif, suant et harassé, Qui a cent fois tomlté son maistre par la course, rons. 607. La couleur blanche tombe , et la couleur brunette Est toujours en saison et ne se flestrit pas, œ. 743. Tumber de l'eau (uriner), mont, i, )«. Ceulx à qui je lumberai en charge, id. i, IR. Tumber roide mort, ■>. I, 62. Tumber en défaillance, id. i, 94. Tout ce caprice m'est tumbé présentement en main sur le conte que.... ID. i, nio. Il m'advint, l'aullre jour, de tumber sur un tel passage, m. I, 4 56. Celui qui tumbe [meurt] obstiné en son courage, ID. I, 243. Celuy qui met la nappe tumbe toujours

des despens, id. i, 366 [Larmes] qui peuvent

tomber des yeux sans que la vertu tombe du cœur CHARRON, Sagesse, l, 32. Il n'y a pas longtemps qu'un homme et une femme tombèrent en dispute s'ilfalloil dire tomba ou tombit; celuy qui contestoit contre elle, tenoil résolument que Jombo estoil bien meilleur; elle lui repliquoit à tous les coups : c'est vetre opinion, mais quant à moi j'aimerois mieux tombit, bouquet, Serées, liv. i, p. H4, dans LACURNE. Ce qui ne tomba p.is en paille, mais fut bien relevé, des accords. Bigarrures, p. 32, dans LACURNE. Qui chope et ne tombe adjouste à ses pas, cotgrave.

— EtyM. Berry, tomber, tumber, timber ; tomber sur une pierre cornue, être mal avec sa femme; wallon, tourné; lorrain, teumei; champ, tumer; provenç. et espagn. tumbor; ital. lomare , tomber la tête la première, culbuter. Diez faitdeux verbes différents de tumer et tumber; il rattache «umber au Scandinave tumba , tomber la tête en avant, ou bien au latin tumba, tombe, qui a signifié aussi monceau. Il rattache (urner à l'ancien haut-allem. (umon,- anglo-sazOn, tumb;an; suédois, tumla; allem. mod. taumeln; angl. (o lumble , verbes qui signifient tournoyer, trébucher, sauter. Il ne parait pas qu'on puisse séparer ainsi lumer et lumber; dans l'ancienne langue c'est iiimer seul qu'on trouve, avec le double sens de tomber et de sauter. Plus tard les deux .se disent, et enfin tumber exclut absolument tumer, qui est resté dans quelques patois. Or tumer, par l'intercalation d'un b à côté de l'm, a pu facilement devenir tumber; mais lumber n'a pu également devenir tumer; c'est en effet l'ordre que l'historique présente : il faut donc admettre que la source de notre verbe est dans la seconde étymologie indiquée par Diez, qui l'a été aussi par Pott.

TO.'VIBERKAU (ton-be-rô), s. m. || 1" Charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc. ; on le décharge en trébuchant. Le sable de rivière à Paris se mesure au tombereau contenant vingt-sept boisseaux, gf.nus. Maison rust. 1. 1, p. d), dans pouQËNS. Comme le manant enlève dans son tombereau les boues et les ordures de nos cités, CHATEAUB». Ci'm'e, IV, n, «. i| 2° Ce qui est contenu dans un tombereau. Un tombereau de sable. || 8° Par extension, voiture lourde et grossière. Thespis fut le premier qui.... Et, d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Amusa les passants d'un spectacle nouveau, boil Art p. m. |l 4° Charrette sur laquelle on menait au supplice les grands coupables. X six heures on l'a menée Tla Brinvilliers) nue. en chemise et la corde au col, à Notre-Dame, faire l'amende honorable, et puis on l'a mise dans le même tombereau, où je l'ai vue, jetée i reculons, sur de la paille, sÉv. a»e. Ceux qui ont eu la lâcheté barbare de le conduire [Lally] à la Grève dans un tombereau d'ordures avo« un bâillon à la bouche, volt. Lett. Mme du Deffant,! sept. 1774. Il Le fatal tombereau, la charrette qui conduit les condamnés au lieu de l'exécution. Non, je ne verrai point le tombereau du crime, Ces licteur.', ce vil peuple, outrageant leur victime, delille, PU. m. Il 6° Terme do pêche. Sorte de relianchcuienl que l'on pratique derrière la bonde d'un étang, pour y pêcher, quand la bonde perd de l'eau. Il 8° Petite claie avec laquelle on prend les oiseaux, en hiver.

— H|ST. ïlll' ». Et tuuijeiaui [machine» de

u. - iSi

TOM

guorru] y avoit six, et luiicut lo chaste) moult destroit, o. de tyk, Continuation, p. shu. Qu'il orent assez mangoniaus, Kt trebiikfcs et tumeriaus, MousKES, dans du canoë, tumbrellum. || xiv* s. El chemin à un lait pas vint.... Et fist un si lait tumberel, Qu'il se rompi le haterel [cou], J. de condé, t. m, p. »6. Toute l'estendue de la verge d'un tuxnbercl, Kodus, ^ lxjci. lUec seront tendus pluseurs engins, à quoy on prent les faisans : c'est assavoir à une caige, à ung tombertl, ib. f'cxxvii. Philippon estant en la compaignie d'un sien charreton qui menoit un tumcrel à un sien cheval ; liquel tumeriaus versa, du canoë, (umbretJum. Il XV* s. Or refault aler aux charrons Pour roes et pour tumeriaui, E. desch. Miroir du mariage. Henri de Maltrait fut mené par les quarefours de Paris en un venel ou tombereau, et après rendu à l'evesque, et illec mourut en la chambre que l'on dit oubliette, du canoë, tumbrellum. \\ vn' g. Chasser aux oiseaux à l'amorce, à la pipée, à la passée, au tombereau, à la tonnelle, au feu, au glu....

— ÊTYM. Tomber , un tombereau étant une charrette disposée de manière à pouvoir trébucher ; de là encore un tombereau en termes d'oiicleur est une sorte de trébuchet; de là aussi le sens de chute qu'a ce mot dans les anciens textes.

t TOMBKRKLLE (ton-be-rè-1'), t. f. Grand filet avec lequel on prend des perdrix.

— RTY.M. Voy. TOMBEREAU.

t TOMBEDR (ton-beur), s. m. Nom donné aux ouvriers qui opèrent les démolitions.

t TOMBISECR (ton-bi-zeur), S. m. Terme de fauconnerie. Se dit du premier des oiseaux qui attaque le héron dans son vol.

— ÉTYM. Tomber, au sens actif.

t TOMBOLA (ton-bo-la), s. f. Espèce de loterie de société, qui se joue comme le loto, et dans laquelle on distribue en lots un certain nombre d'objets de valeur ou d'agrément Pour gagner la tombola, ce qu'on nomme aussi faire tombola, il faut que tous les numéros d'un carton soient sortis de l'urne; le tirage de ces boules ou de ces numéros s'appelle tirer la tombola. Hier au soir j'ai vu gagner deux tombolas consécutives.

— ÊTYM. Ital. tombola, jeu de loto, qui tient à tombolare, culbuter.

TOME (to-m'), î. m. Il 1° Volume qui fait partie d'un ouvrage imprimé ou manuscrit. Ma plume. Ici traçant ces mots par alphabet, Pourrait d'un nouveau tome augmenter Richelet [dictionnairel, boil. Sol. X. Dominique de Soto expliqua ces décrets [sur la prédestinalion] en faveur de l'opluion des dominicains, en trois volumes in-folio ; mais frère André Vegales expliqua en quinze tomes à l'avantage dés cordeliers, volt. Muiurs, (72. || 2'' 11 s'emploie quelquefois simplement pour volume, c'est-à-dire livre relié ou broché. Il a fait imprimer tous ses ouvrages en un tome. ||3" Fig. Partie. Croyait-elle [Mme de Maintenon] qu'on piit toujours ignorer le premier tome de sa vie? sÉv. 7 juill. (Oho. Elle [Mme de Mouci] me choisit plutôt qu'uneautre pour me faire part de sa conduite-, elle a raison; ce second tome est digne d'admiration pour ceux qui ont lu le premier, ID. 12 juin )08u. Vous me ferez à loisir un second tome de vos aventures, lo. à U. du Plessis, 'Ai sept. <«89. ||Kig. et familièrement. Faire le second tome de quelqu'un, lui ressemhler en quelque chose; cela se dit souvent en mauvaise part. Vous faites son second tome. || On dit : faire le troisième tome, en parlant de trois personnes. Je ne veux pas être le troisième tome de la Fayette et Dumouriaz, Corrcsp. du général Klinglin, I, t2. Il Faire le second tome, se dit aussi d'actions qui se ressemblent. Mme de Saint-Simon rencontre la princesse d'Harcourt dans la rue seule, en grand habit, tenant sa queue dans ses bras; c'est que ses gens l'avalent abandonnée, et lui avaient fait le second tome du Pont-Neuf [joué ie même tour], st-siu. 4 4 3, 236.

— SYN. TOME, VOLUME. Volume représente un objet soit unique et complet, soit détaché et d'une division souvent arbitraire. Tome, répondant à seclion, exprime toujours division, et une division ra-

ionnelie. Ainsi un tome peut former un traité spé- ;ial compris dans un ouvrage plus général, mais jamais un ouvrage complet; il n'y atome que s'il y a division. On met d'ailleurs un tome en plusieurs volumes, ou plusieurs tomes en un volume, i voloaté; ce n'est qu'une aflalre de commodité.

— ETYM. Lat. tom^s, tome; de ti|M(, section, d' ,i(iveiv, couper.

TOMBNTEtJX, ED8E (to-mu-taO, teù-i'J, a<ij.

TON

Terme de botanique. Il se dit en parlant des organes (tige, feuille, etc.) dont la surface offre un assemblage de poils longs, mous, entre-croisés et crépus, analogues au coton. || S'emploie aussi en zoologie. Il En anatomie, qui est recouvert de villosllcs. On sait que la lame interne de la plèvre, du péritoine, du péricarde peut s'épaissir, devenir tomenteuse, et revêtir certains caractères des membranes muqueuses, serres, Instit. Uém. Àcad. scienc. t. xi, p. 7)7. ,

— RTYM. Lat. tomentum, bourre.

t TOMEU (to-mé), V. a. Terme de librairie. Diviser un ouvrage par tomes. || Indiquer le chiffre des tomes au bas des feuilles.

t TOMME (to-m'), s. f. Nom, sur les deux versants des Alpes du Dauphiné, d'un fromage tendre et blanc comme celui du Mout-Dore, qui, en vieillissant, subit une fermentation plus intense, se durcit et prend alors le nom de fromage

t TOMOTOCIE (to-mo-to-sie), s. f. Terme d'obstétrique. Opération césarienne.

— ETYM. To(i»), incision, et tôxo;, accouchement. tTOM-l>OCCE(tora'-pou-s'), s. m. Nom d'un nain

dont il est question dans un conte de fée. || It se dit, par extension, d'un homme de très-petite taille.

— i;tvm. Angl. Tom, abrév. de Thomas, et pouce, t. TON (ton; devant une voyelle et une h

muette : to-n ami, to-n homme) au masculin; TA (ta) au féminin ; TES (tê, l'« se lie : tê-z amis) au pluriel pour les deux genres. || 1' Adj. possessif qui répond au pronom personnel (u, toi. Ton ami, ta femme, tes affaires. Prends du repos, ma fille, el calme tes douleurs, cohn. Cid, ii, 9. Ton oncle, dis-tu, l'assassin. M'a guéri d'une maladie, boil. Épigr. XXI. || 2* Par un solécisme qui s'est Introduit au xiv siècle et qui dès lors a pris force d'usage, ton, au masculin, précède les noms etles adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou par une h muette. Ton heureuse audace. Quoique ton ennemie. Je ne puis te blàmor d'avoir fui l'inrainle, corn. Cid, m, 4. || L'ancienne langue disait ta et élldait l'o, comme dans l'article la; t'ame, t'espée. || 3° Ton, ta, tes placés devant les adverbes comparatifs font superlatif. Ton plus fidèle ami.

— HiST. XI' s. Qu'il devendra, jointes ses mains, tis homs [ton homme], Ch. de Roi. xiv. Dame, dist ele, jo i ai si granl porte 1 Ore vivrai en guise de turtrele; Quant n'ai lun filz, ensemble ot tel vol! estre, St Alexis, xxx. || xiil' s. Vilain, fist Renart, je n'ai cure De les pou«iii»; qu'il soient ton, Ren. 53;i2. Garde ton cor, panse de t'arae, Fabl. et contes ane. t. m, p. 48. || xiv s. Et s'il y a femme qui gise [soit en couches], .Soit lantost ton enseigne mise Sur le sommet de la maison, machaut, p. 4 1 F.. La quarte branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu parjurer, Ménagier, i, 3. ||xVs. Amis, t'amour me contraint, A. chart. (fc'un.

p'. 773. Il ivi' s quand jamais elle ne l'escrlroit,

Ja pour cela t'amour ne periroit,MAROT, i,325. Pour ton amour j'ay souffert tant d'ennuis, iD. m, 3:14.

— ETYM. Picard, ten, tin, t'n devant une voyelle; provenç. tos au nom. sing. et au régime pluriel, ton au régime singulier, la au féminin, tiei, tei, au nominatif pluriel; du lat. tuu.f, qui dérive do tu, tu, toi. Dans l'ancien français tis est le nominatif masculin, ton est le régime; Ji le nominatif pluriel, tet le régimo pluriel. Ton représente tuun».

2. TON (ton), t. m. |!1* Etymologiquement et proprement, tension; de là l'emploi de ce mot en médecine oii il signifie : état de rénitence el d'élasticilé de chaque tissu organique dans l'état do sanlé. Un cordial qui donne du ton à l'estomac. Si je n'avais pas, le moment d'après, reçu une lettre de M. le chancelier, qui a remis mes nerfs à leur ton, et rélabli l'équilibre des liqueurs, volt. Lett. Richelieu, 3 juin 4774. || 1* Terme de grammaire. Pour les anciens, élévation de la voix sur une syllabe d'un mot (ce qui est une sorte de tension). Il 8° Certain degré d'élévation ou d'abaissement de la voix. Ton de voix. Un ton aigre. Un ton doux. Ton plaintif. Le ton de la pltl'é, delà colère. De sa sœur tout exprès j'ai pris l'image entière. Mon visage a même air, ma voix a même ton, corn. 7'ois. d'or, ii, 4. Vous détruirez toujours mes conseils par les vôtres ; Le seul ton de ma voix vous en inspire d'autres, lu. Othon, v, 2. Et, m'écriant d'un ton qui t'aurait fait horreur. J'ai dissipé mon songe , et non pas ma terreur, roth. Venceii. iv, 4. Vous me marquez si bien les divers tons de ceux qui m'ont souhaitée dans ma chambre, fue je les ai tous reconnus, siv. 4 févr.

TON

4 886. Je ne trouve point qu'il les faille entièrement bannir [les contes] quand ils sont courts et tout pleins de sel, comme ceux que vous faites.... personne ne peut atteindre à vos tons et à votrt manière de conter, id. à Èussy, 'lu déc. 1675. Quoi I madame, un rival.... — La comtesse : D'un ton plus bas, de grâce, th. corn, rinconnu, ii, 5. Je n'ai ni le ton ni la voix assez forte, boil. Disc, au roi. J'en suis sorti.... la poitrine beaucoup plus dégagée.... et même mon laquais m'ayant demandé quelque chose , je lui al répondu un non à pleine voix qui l'a surpris luimême.... il est vrai que je n'ai pu depuis rattraper ce ton-là, mais, comme vous voyez.... c'en e'I assez pour me remettre le cœur au ventre, ic. Lett. à Racine, 23 août 4687. Dandin : Avocat, De voire ton vous-même adoucissez l'éclat. -L'intime : Oul-da, j'en al plusieurs, RAC.^loid. m, at. Monsieur, dit-il , haussant le ton. Je ne suis plus de mon opinion, delille, Convers. ii. || 4° Par extension, manière de la voix , par rapport à la nature des discours. Le ton de la sincérité. Parler d'un ton de maître. Il rebat sans cesse les même.s choses. Il est toujours sur le même ton. Le rieur alors, d'un ton sage , Dit.... la font. Fabl. viu, 8. F^t ses roulements d'yeux et son ton radouci N'Imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici, mol. Mis.i, 4. Uestvral que d'Hacqueville ne laisse rien à désirer ; je n'ai jamais vu des tons et des manières fermes et puissantes pour soutenir ses amis comme celles qu'il a, sÉv. 4 8 déc. 4 675. Vardes m'a filé toute l'inquiétude que j'aurais pu avoir, en ma disant, avec tous les bons ions du monde, que le fond de votre telnl est tranquille et blanc, id. 43 sept. 4877, M. du Maine est un prodige d'esprit; premièrement aucun ton et aucune finesse ne lui manque..., ID. 7 août 4676. Un esprit ni sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, boil. Sol. ii. Mais la gloire , madame. Ne s'était point encor l'ait entendre à mon cœur Du ton dont elle parle au cœur d'un empereur, rac Bér. iv, 5. Elle le suppliait de ne lui plus parler sur ce ton, hamilt. Gromm. 4. J'avais laissé prendre à Protésilas un certain ton décisif, auquel je ne pouvais presque plus résister, fén. Tél. xiu. La plupart du temps, elles [les paroles] ne signifient point par ellesmêmes, mais par le ton dont on les dit; souvent, en redisant les mêmes paroles, on ne rend pas le même sens, montesq. Esp. xii, 4 2. J'enverrai bientôt quelque chose à mes anges de fort sérieux; car je ne laisse pas de l'être quelquefois ; vous savez que mon patron est tJnlimé qui avait plusieurs tons, volt. Lett. d'Argental, 4 9 fév. 47G3. Kl de ce ton qui de\ail aller chercher l'àme, j. j. Rouss. Hél. vi, 4 4. Prenant le ton d'un homme instruit de mes anciennes erreurs, mais plein de confiance dans ma droiture, il me parla comme un père à son enfant, m. ib. IV, 6. Le ton de la conversation y est [à Paris) coulant et naturel; il n'est ni pesant ni frivole ; il est savant sans pédanterie, gai sans tumulte, poli sans affectation, id. ib. n, 44. L'impératrice le crut fou et en parla sur ce ton à ses lamlliers, DIDER. Sur la princ. d'Askow. Dans le langage, on appelle ton le caractère de noblesse, de familiarité, de popularité, le degré d'élévation ou d'abaissement qu'on peut donner à l'élocutlon, depuis le bas jusqu'au sublime, harmontel, (£uv. t. X, p. 253. 11 est ridicule.... — infiniment, cela est vrai, parce qu'il a toujours avec les femmes un ton léger ou méprisant, genlis. Ad. et Th. t. III, p. 25, dans POUGENB. Elle a de la grâce et de la douceur dans ses manières, un ton fort noble, tD. Th. d'éduc. Ennemis génér. i, 5. ||Êlre sur un ton, dire des choses d'une certaine espèce. Pendant que nous sommes sur ce ton-là [parler des intrigues amoureuses de la cour d'Angleterre], je vous dirai, avec la permission de la sagesse de M. de Grignan.... sÉv. i28. {jLe prendre sur un ton de, parler comme, en qualité de. Le prenant sur un ton de tuteur, uamilt. Gram. 4 0. || Le prendre sur un ton bien haut, trop haut, tenir un langage qui dénote de trop hautes prétention.-». U allait sans doute s'engager dans une mauvaise affaire pour l'avoir pris d'un ton trop haut, scaRR. Rom. corn, u, 4 5. Luther le prit d'abord d'un ton bien haut, boss. Var. iv, 22. Quoi 1 fallait-il fulminer et le prendre d'un ton si haut, pour abattre si peu de chose? ID. la Vallière. || Le prendre sur un ton bien haut, signifie aussi avoir de hautes prétentions. Vous menez donj; la vie des sage.i; vous vous retirez du monde ; vous êtes bien

TON

TON

TON

jeune, mon ami, pour 1« prendre d'un ton si haut, stv. (i M. du Plfssis. 26 juin «BK9. C'est le pren- <tre d'un ton bien liaut pnur des hommes faillies ci mortels , bobs. 3* di'rri. apréi PAq. l'rovid. l'réamb. || Le prendre sur un ton, d'un ton, s'ex primer ou se comporter d'une certaine manière, le prenez-vous sur ce ton? Sur quel ton le prenez-vous? Si vous le prenez sur ce ton, Monsieur, je n'ai plus rien à dire ; Et vous aurez toujours raison, mol. Àmph. il, ). Vous me payez de raison, et vous le prenez sur un ton qui mérite qu'on vous pardonne, s8v. 66. Vous le prenez là d'un ton qui ne vous convient guère, hamilt. Gram. ♦. Puisque vous le prenez sur ce ton-là, monsieur, je ne veux pas vous le montrer [un brillant], LESAOE, Turc, il, a. || rtmilièrement. Prendre un ton, prendre des airs de supériorité. Elle me fait trembler dès qu'elle prend son ton ; Je ne saison me mettre, et c'est un vrai dragon, mol. Fem. sav. Il, ». Il Familièrement. Parler à quelqu'un du bon ton, lui parler d'une manière propre à s'en faire écouter. || Changer de ton, changer de langage, de conduite, de manière d'être. J'ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon , Et je croyais toujours qu'on changerait de ton, mol. Tart. iv, 7. Il Faire baisser le ton & quelqu'un, l'obliger à rabattre de ses airs de supériorité, de ses prétentions. Il 6 ■ En musique, et par la même idée étymologique de tension appliquée aui cordes, le son, par rapport à son degré de gravité ou d'acuité. La différence des tons ne vient point de la force des vibrations de l'air, mais de leur promptitude, malebr. Rech. vér. éclaire, sur la lum. t. iv, p. 33», dans POiiGENS. Il n'y a point de tm dans un son simple; un coup de fusil, un coup de fouet, un coup de canon produisent des sons différents qui cependant n'ont aucun ton, buff. Hist. nat. hom. ffluii. t. IV, p. 472. Du rapport combiné des différents tons naît l'harmonie, bonnbt, Conlempi. nat. v, )4. Il 8° Ton signifie aussi l'intervalle entre deux notes, ce que Choron proposait de nommer un diaton (voy. ce mot) ; alors le ton est précisément l'intervalle de la quinte à la quarte qui s'exprime par le rapport » : 8, c'est-à-dire que sol à la quinte d'ut fait 9 vibrations, pendant que fa ou la quarte en fait H. Ce rapport se retrouve exactement de l'ut au ré, ou de la tonique à la seconde, It du la au si, ou (le la sixte à la septième. Du ré au mi et du sol au la l'intervalle est seulement de < Il : 9; ce qui fait nommer ces deux tons, des tors mineurs, tandis que les trois précédents sont des tons majeurs.ll Fig. et par plaisanterie, en parlant de coups plus fortement assenés. Ah 1 qu'est-ce ci, grands dieux ! il frappe un ton plus fort, mol. Amph. I, 2. Il Demi-ton, ou semi-ton, intervalle d'à peu près la moitié d'un ton. Il faut chanter cet air d'un demiton plus haut. Il y a dans la gamme un demi-ton du mi au l'a, et un autre du si à l'ut. Il y a douze demi-tons dans la gamme, grétry, Méth. prél. vi. Il Demi-ton majeur, différence de la tierce majeure à la quarte. || Demi-ton mineur, différence de la tierce majeure à la tierce mineure. || Demiton diatonique, celui qui existe d'une note à l'autre, comme d'ut à ré bémol. Il Demi- ton chromatique, celui qui existe d'une note à la même note subissant une altération, comme d'ut à ut dièse. Il 7° Ton pris dans le sens de mode. || Ton majeur, gamme oii la distance de la tonique à la tierce est de deux tons; ton mineur, gamme où cette distance n'est que d'un ton et demi. || Tons relatifs, les modes ou tons majeurs et mineurs qui ont à la clef le même nombre de dièses ou de bémols comme ut majeur et la mineur qui n'en ont pas ; sol majeur et mi mineur qui ont un dièze; fa majeur et ré mineur qui ont un bémol, etc. || Sons adjoints ou conjoints, les modes qui ont le plus d'affinité avec le ton principal, c'est-à-dire qui conservent le plus de notes semblables, par exemple à l'égard du ton d'ut, celui de fa, ou sa quarte qui n'a qu'un bémol de plus, et celui de sol ou sa quinte qui n'a qu'un dièze. || 8» Gamme que l'on adopte pour la composition d'un air, d'un morceau, et qui prend son nom de la première note de cette gamme. Il y a un dièse dans le ton de sol, deux dans le ton de ré, trois dans le ton de la. Ce musicien sort du ton. Changer de ton. || Le ton d'ut, le ton de sol, le ton ayant pour tonique la noté ut, la note sol. Il faut avouer en général que le ion de la plaisanterie est, de toutes les clefs de la musique française, celle qui se chante le plus ai- «êmenl, volt. UU. du Deffant, 21 nov. 1768. I Donner le ton, indiquer par la voix ou par un instrument le ton d'un morceau. || Fig. On doit... El

se donner le ton autant qu'on a d'haleine, «foNiKR, Sal. VI. Il Fig. Donner le ton, faire par influence que les autres prennent nos manières, tiennent notre langage. Il ne faut quelipiefois i|u'un homme d'esprit pour donner le ton à tout son siècle, la- MOTTB, dans despontaines. l.orsi|ue la France donnait le ton à toutes les nations de l'Europe, volt. lett. Richelieu, 4 juillet I77ï. Ce qui donne le ton chez ce peuple léger [les Français], c'est un certain nombre de femmes charmantes, dider. Kém. Promen. teept. Donner le ton au public, qui ne demande pas mieux que de le prendre, caiiusac. Pans. anc. et mod. m, m, 3. Elle donne le ton à toutes nos dames, picard, Duhautcours, i, 5. || 11 se dit aussi des choses qui exercent une influence de même genre. La nature et le climat dominent presque seuls sur les sauvagw; les manières gouvernent les Chinois; les lois tyrannisent le Japon ; les mœurs donnaient autrefois le ton dans Lacédémone; les maximes du gouvernement elles micurs anciennes le donnaient dans Rome, mon- TESQ. Espr. XIX, 4. Il Fig. et familièrement. Je le ferai bien chanter sur un autre ton, je .'obligerai à parler, à se conduire autrement qu'il ne fait. Il Fig. Chanter sur un ton, tenir un certain langage. Qu'il essaye un peu de chanter sur ce ton, principalement sur le soin de votre santé, sÉv. 380. Il Proverbe. C'est le ton qui fait la musique, c'est le ton , c'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit. Il 9° Ton d'église, mode du plain-Chant. Il y a huit tons d'église, quatre authentiques et quatre plagaux. Le ton de l'épitre, de l'évangile, .de la préface. Souffrirez-vous toujours qu'un orgueilleux m'outrage.... et, s'égalant à moi. Donne à votre lutrin et le ton et la loi, jboil. Lutr. 1. 1| lO" Degré d'élévation du son des instruments. Le diapason règle le ton. Son violon était monté sur ce ton-là. Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu et joue quelque pièce, afin de mieux prendre mon ton, mol. Mal. imag. Intermi'de, i, 4. Il Fig. Il semble.... Oue Phébus à leur ton accorde sa vielle, réonier, Sat. a. || Fig. Être monté sur un ton, avoir telle ou telle disposition. Mon esprit n'est pas monté présentement sur ce ton-là, SÉV. 71 Pour monter les âmes au ton des âmes antiques, j. j. rouss. Pelog. 3. \\ Fig. Sa maison est montée sur ce ton-là, telle est la manière dont on y vit. || Fig. Se mettre au ton de quelqu'un, se conformer à ses idées, à ses mieurs, à son langage. || 11' Terme de vénerie Ton pour les chiens, air que l'on joue sur le cor de chasse. Il 12" Au plur. Se dit des corps de rechange du cor et de la trompette, parce que c'est à l'aide de ces corps de rechange que ces instruments peuvent jouer dans différents tons. || Tons ouverts, se dit de ceux qu'on obtient sur le cor sans introdu^e la main dans le pavillon, ila différence des Ions bouchés. Il IS" Il se dit, dans le même sens, de la manière, de l'expression dans le langage écrit. Qui ne croirait que des gens qui parlent de ce ton-là [dans un écrit], eussent sujet de se plaindre? pasc. Prov. XV. Toutes mes pensées me faisaient mourir; j'écrivis à M. de Grignan, vous pouvez penser sur quel ton, sÉv. 14. Que ne trouve-t-on point dans les huit dernières lettres [Provinciales], qui sont sur un ton tout différent? ID. «07. De quel ton, de quel cœur, car les tons viennent du cœur, de quelle manière m'y parlez-vous de votre tendresse ! m. d Mme de Grignan, b mai 1689. Mes pauvres lettres n'ont de prix que celui que vous y donnez en les lisant comme vous faites; car elles ont des tons , et ne sont pas supportables quand elles sont ânonnées ou épelées, id. 24 juill. 1691. J'aime fort ce que me mande Montgobcrt; elle me plaît toujours, je la trouve salée, et tous ses tons me font plaisir, id. 6 oct. 1675. Je finis le ton des reproches pour vous dire.... id. mars 189U. Il y eut un tel bruit avant-hier , comme je finissais ma li'ttre, que je ne vous dis pas la moitié de ce que je voulais ; et c'est un bonheur que je vous aime constamment trois jours de suite pour pouvoir reprendre le fil de mon discours sur le même ton, id. 17 déc. 1688. Pourquoi entend-il [M. de (irignan) des tons ironiques sur les louanges que je lui donne? m. sodée. 1688. Il a pris le ton plaintif et opprimé, Boss. Ult. quiét. 134. Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'Amour dictait les vers que soupirait Tibulle, boil. Art p. ii. Prenez mieux votre ton; soyez simple avec art, ID. t'b. I. Tout a l'humeur ga.sconne en un auteur gascon ; Calprenèdo et Juba parlent du même Ion, III. ib. m. La géométrie n'a qu'un ton ; mais

peut-^tre ferait-elle bien elle-mfme d'en changer quelquefiiis un peu, puisqu'elle parle à des hommes, fontki». Rolle. Vous m'envoyee de Irè»jolis vers.... voilà un bon ton, rien n'est plus rare, VOLT. Un. à Mme du Deffant, 2li juin 1774. CetI» harmonie des mots ne fait ni le fond ni le ton du style, et se trouve souvent dans des écrits vides d'idées; le ton n'est que la convenance du style i la nature du sujet, buff. Disc, de réception. X l'égard des lettres de Claire, de Wolmar et d'Edouard [dans la Nouvelle Hélolse], je ne conçois pas comment on peut les trouver du même ton que celles des deux personnages principaux, u'alemb. Œuv. t. T, p. S69. Ton se dit aussi des autres carsiclèrcs que l'expression reçoit de la pensée, de l'image, du senlimtint. : le Ion triste de l'élégie, le ton galant du madrigal, le ton léger de la plaisanterie, le ton pathétique, le ton sérieux, mabhontei., Œuv. t. I, p. 2ii4. Les mœurs, le goût et les usages du grand monde ont passé dans la bourgeoisie, il n'y a presque plus que deux tons, et il n'est plus permis à celui du peuple de dominer même dans la comédie, id. ib. t. vin, p. 378. Simple et grand , fort et doux, Unissez tous les tons pour plaire à tous les goilts, delille, Jard. I. Si j'eusse commencé : chrétiens, après les attentats inouïs d'une infernale révolution.... une fois monté sur ce ton, il m'était facile de continuer et mener à fin mon volume, p. l. cour. Pamphl. des pamphl. \\ 14" Les manières en général. Le ton de la ville. Le ton du collège. Un ton de corps de garde. Il n'y a point de règle générale pour les tons et pour les manières, et il n'y a point de bonnes copies, larochb- Fouc. Réfl. dit), p. 133. Le chien prend le ton de la maison qu'il habite, buff. Iforc. choisis, p. 125. Elle l'avait priée de former mes manières et de me donner le ton du monde , i. J. Rouss. Confess. VI. Votre esprit plaît et doit plaire par bien des qualités, par l'excellence de votre ton, par la justesse de votre goût, par l'art que vous avez de dire à chacun ce qui lui convient, d'alemb. Portr. d* Mlle de l'Espinasse. Mais à présent, mon cher habit. Tout est de mon ressort, les airs, la suffisance ; Et ces tons décidés qu'on prend pour de l'aisance. Deviennent mes tons favoris, sedaine, Êp. à mon habit. Le ton, le style du beau monde sont ce qu'il y a de moins poétique dans le monde, p. l. cour. frad. d'Hérodote, l'réf. || 15' Le bon ton, le lan Ba(»e, les manières du monde poli, des gens bien élevés. Le bon ton, dans ceux qui ont le plus d'esprit, consiste à dire agréablement des riens, et à ne pas se permettre le moindre propos sensé, si l'on ne le fait excuser par les grâces du discours, duclos, Consid. mœurs, a. Ce prétendu bon ton qui n'es» qu'un abus de l'esprit ne laisse pas d'en exiger

beaucoup, ro. ib votre excessive sensibilité sur

ce qu'on nomme le bon ton dans les manières et dans les discours; le défaut de cette qualité vous jiaraît à peine effacé par le sentiment le plus tendre et le plus vrai qu'on puisse vous marquer, d'alemb. Portr. de Mlle de l'Espinasse. Zélis, qui, par bon ton, à la philosophie Joint tous les go&ta divers, tous les amusements. Rit avec nos penseurs, pense avec ses amants, gilb. Le IVlll' siècle. Du bon ton qu'ils n'ont pas se croyant les arbitres, DORAT, Feinte par amour, n, 2. Le bon ton, dans ce qui s'appelle la bonne compagnie, est un système de convenances qu'elle s'est fait à ellemême et qui lui est particulier; il interdit en général une familiarité déplacée, et par conséquent tous les mots, tous les tours de phrase qui supposent, dans celui qui parle, la négligence des égards qu'il doit à la société, marmontel, Œuv. t. x, p. 256. Le bon ton n'est autre chose que le bon goût mis en pratique, id. ib. p. 255. La maréchale était l'oracle du bon ton, genlis, Mém. t. I, p. 383, dans pouoENS. || On dit dans un sens contraire : le mauvais ton. Un homme de mauvais ton. Une familiarité de mauvais ton. Joignant au mauvais ton d'une ironie perpétuelle la prétention de penser philosophiquement, genlis, Veill. du chdt. t. I, p. 347, dans pougens. || Absolument. Le ton. ce qu'on regarde comme le bon ton par excellence. Ce qu'on appelle le ton, cette espèce d'impudence qui ne doute de rien et qui ne permet pas la réplique, MARQUIS d'argenson, Mém. iv, p. 132. Il Ton, absolument, se dit aussi pour grand ton et luxe. Je ne veux pas fréquenter cette personne; il y a trop de ton dans sa maison. || 16 Le haut ton, le grand ton, les manières du plus grand monde. Des propos libres, des maximes du haut ton, J. i. ROUSS. Ém. IV. Fi des coquettes maniérées! Fi des bégueules dti grand ton ! bSrano. Jeannette. || 17" La

TON

disposilion de l'opinion, à un moment donne. Le U)n d'aujourd'hui, c'est l'Innocence des nommées îdans l'affaire dos poisons) et l'horreur du scanll.ile, SKV. 34 janv. 488«. La dévotion était le ton de lons'ièclc [deLouisXI], uuclos, Œuv t. m, p :ifio. :| Disposition individuelle. Je parlai l'autre jour do lui [M. Trouvé] à notre comtesse de Fiesque, la croyant pour lui sur le même ton que vous ; mais je me trouvai repoussée.... bév. 20 avr. 468:). Il n'y a point d'endroit [à Livry] où je ne me souvienne de ma fille, et qui ne soit marqué tendre- Dient dans mon imagination; car je n'y vois plus •icn que sur ce ton, ID. 27 sept. 4 679. || 18' Façon l'agir, de se comporter. M. de Luxembourg s'est mis volontairement à, la Bastille [.iffaire des poisons], et se croit assez innocent pour prendre ce ton, sÉv. 24 janv. 4 680. Elle me marque tant d'erùpressement et tant d'amitié , que j'en suis tout embarrassée ; quand on ne jpcut lire sur le même ton, on ne sait que répondre, ID. 4 5 avr. 4 085. Nous mangeons ensemble, nous sommes dans une parfaite intelligence, et il est vrai que plus on connaît M. le chevalier [de Grignan] sur ce ton-là, plus on l'aime, m. 6 oct. 4 688. || 19° Terme de peinture. Nom des différentes teintes relativement à leur force, à leur éclat (par extension du sens de série des tons musicaux à la série des nuances). Des tons clairs. Tons faux. Tons blafards. Des tons sombres. Cette huppe est de même ton de couleur que le reste du corps, buff. Ois. t. vra, p. 4 43. Les anciens ont compté cinq espèces d'améthystes qu'ils distinguaient par les différents tons ou degrés de couleurs, ID. Min. t. vi, p. 4 5o. Et, le pi^isme à la main, l'audacieux Newton Des diverses couleurs distingua chaque ton, delille, î'rot.srèg. IV. On retrouve chez les Romarns ce ton des chairs auquel le-., pemtres ont donné le nom de couleur historique, cuateaubr. Italie, à M. de Fontanes, 40 janv. 4804. || Tons vigoureux, ceux qui ont beaucoup d'intensité; tons chauds, ceux qui, à une gramle intensité, joignent un certain éclat procédant de la couleur de feu; tons fins, ceux qui résultent de nuances légères, qui ont peu d'intensité, et se succèdent par des passages doux, BOUTARD, Dicl. des arts du dessin, ton. Le ciel (à Smyrne], moins pur que celui de l'Attique, avait cette teinte que les peintres appellent un ton chaud, c'est-à-dire qu'il était rempli d'une vapeur déliée, un peu rougie parla lumière, chateaubr. /tin. 2* part. {| Fig. Elle [la religion, par rapport à la peinture] donne des tons plus sublimes à la figure humaine, chateaubr. Génie, m, i, 3. || Ton de couleur, degré de force du coloris. Ce paysage est d'un beau ton de couleur. Le ton de couleur de ce tableau tire sur le rouge. || Couleur qui domine dans un tableau. Du reste, sans détails de nature et rouge de ton, dider. Salon de 4 765, Œuv. * XIII, p. 79, dans pougen«. || Se dit, dans une. estampe, des passages du blanc au noir. || Broder ton sur ton, broder couleur sur couleur. || Dans la gaxme des couleurs établie par M. Chevre'ul, le ton est la couleur elle-même considérée dans son intensité ou sa légèreté, par opposition à la nuance, qui est due au mélange de couleurs situées dans le voisinage. Ainsi le bleu est foncé ou clair, c'est le ton; il estvioleté, c'est la nuance.

— REM. 1. Le mot ton est employé quelquefois, à tort, comme synonyme de son ou de note : Le chanteur a de bons tons dans la voix; locution qu'il faut éviter. || 8. Se donner des tons, est une locution née pendant la Révolution, d'après genlis, j;em. t. V, p. 94.

— HiST.zii* s. Et s'escria clerement à haut ton, Bonc. p. 69. Ce dist Tierris d'un ton moût avenant, ib. p. 487. Il XV* s. Quant le ton [bruit] de l'escu et du palais fut passé, les chevaliers se dressèrent tout esbahis, l'erceforesl, t. iv, f" 62. Il ouyt bannir ung cheval d'une forte voix et grosse : Dieu des foresls, dit le jouvenceau, où est ce cheval de tel ton? il ne peult qu'il ne soit de grant valleur, ib. f" 4 4 3. || xvi« s. L'accent ou ton en prononciation est une loi ou règle certaine pour eii:ver ou abaisser la prononciation d'une chacune syllabe, hf.igbf.t, dans livet, Gramm. fianf. 7. 404. Ces pauvres baudets de village, Lourdauts, «ins cœur et sans courage. Qui jamais ne prenno'it leur ton Qu'à la mesure d'un baston, Sat. Hin. l'Âne ligueur.

— ETYM. Provenç. (tin; lat. to; espagn. ton, ono; portug. tom; ital. (uono; du lat. tonut, qui vient de tovo;, signifiant proprement corde, tenilnn, action de tendre les cordes de la lyre, puis Ion, de uiviiv, tendre (voy. ce verbe).

TON

tS.TON (ton), J. m || 1" Terme de marine. Partie supérieure d'un mât, comprise eiitie le capclage et l'extrême sommet (\i) ce iii.H. || 2° Dans le métier du rubanier, grosse noix percée de plusieurs trous par lesquels passent deux cordes que l'on liande à l'aide de cet appareil.

— ÊTYM. On disait au commencement du xvu* siècle tenon, dont ton serait une altération, jal.

t TONAILLE (to-nà-ll', U mouillées), s.f. Terme de pêche maritime. Nom des pièces qui composent la charpente de la plate-forme couverte ou chafaud(voy. AnniT. et correct.) que les pécheurs construisent sur le bord de la mer. || On trouve aussi tenaille. L'établissement ae la pêche consiste dans le chaufaiid, ses orgages et les tenailles.... iiAUTEPEUiLi.R, Code de la pêclie maritime, p. 248. t TONAL, AI.K (to-nal, iia-l'), adj.\\l' Terme de musique. Qui a rapport à une tonalité. Après la grande transformation tonale qui .s'était opérée par l'harmonie dissonante, fétis. Traité de la th. et de la pr. de l'harmortie, préf. p. xix. || 2° Particulièrement. Oui a rapport à la tonalité moderne. Une fugue tonale. Cet accord n'est pas tonal. Cette résolution est parfaitement tonale. On en est venu aujourd'hui à se servir généralement du mot tonal pour désigner cette propriété inhérente aux degrés de notre musique d'avoir chacun un caractère particulier, saugeon et Anatole, Lett. tur l'enseignement pop. de la mus. v.

t TONALEMENT (to-na-le-man), adv. D'une façon tonale. Un compositeur mjderne doit, avant tout, écrire tonalement.

t TONALITÉ (to-na-li-té), s. f. \\ 1° Propriété caractéristique d'un ton. L'auscultation fait entendre dans un muscle contracté un son d'une tonalité déterminable qui serait, d'après Wollaston, trèsvoisin de l'ut de 32 vibra; ions, Acad. des scienc. Comptes rendus, t. lxii, p. mt || 2" Terme de musique. Autrefois, synonyme de ton au sens du n" n. Ainsi on disait : la tonalité de ré. On dit aujourd'hui et on doit dire : ton de sol, ton de ré. || Aujourd'hui, l'ensemble des intonations, ou résultat d'un assemblage de sons graves et aigus disposés de telle sorte que, dan.- la composition de l'échelle des sons, les tons et .es d»mi-tons se succèdent d'une manière déterminée. Les tonalités sont comme les langues, elles varient et se modifient selon les temps et les lieux, loquin. Par le mot tonalité, nous n'entendons plus la prédominance d'un accord sur un autre accord, ni d'un ton sur les autres tons, mais la prédominance de tel ou tel système de musique sur tout autre système dans l'oreille et l'organisation humaines, d'ortigue, Dict. de plain-chant, tonalité. \\ Tonalité grecqiie, système de musique fondé sur l'emploi ot, 'étracordes ou d'échelles de ciuatre sons, dont les anciens Grecs se servaient; il a été usité chez les Latins jusqu'à la chute de l'empire romain. || Tonalité du plain-chant, système de musique fondé sur l'emploi d'hexacordes ou échelles de six sons, réglé définitivement au vi' siècle par le pape saint Grégoire le Grand ; il régna généralement dans tout l'Occident civilisé jusqu'à la fin du X'-i' siècle. La tonalité alors en usage [à l'époque qui a précédé l'introduction de rharinoni« dssonante dans l'art] était celle du plain-cnant ; cette époque s'est prolongée jusqu'à la fin du xvi" siècle, fétis. Traité de la th. et de la pr. de l'harmonie , § 243. Le système de tonalité dans lequel ces hymnes [chantées à l'église] sont écrites.... est susceptible de rencontrer fréquemment d'admirables applications , h. berlioz, À trarirs chants, p. 43. || Tonalité moderne, système de musique dans lequel on écrit aujourd'hui, inauguré d'une manière inconsciente et partiellement dans les dernières années du xvi" siècle par le compositeur Monteverde, et fondé sur les rapports admis dans la gamme. La tonalité moderne, c'està-dire la langue musicale dans laquelle écrivent nos compositeurs, et la seule qui soit familière aux musiciens de nos jours, est do formation récente; elle ne date pas même de trois cents ans, LOQmN, Tonalité moderrte, p. i.|i3" Qualité d'un morceau écrit dans un ton bien déterminé, qui fait que l'oreille n'est pas contente si un morceau écrit dans un certain ton ne se termine pas par la tonique.

TOVARION (to-na-ri-on), s. m. Terme d'antiquité. Flûte avec laquelle on donnait le ton aux orateur».

— ETYM. Tovàptov, do TÔvo;, ton.

t TONGA ou TONKA (ton-ka), s. m. Arbre de la fami'Ve des légumineuses papilionacées qui croit

TON

dans les forêts de la Guyane et dont la graine porte le nom de fève tonka,coumarouno oditrata, Aublet, dipterix odorata , Wildenow, dit aussi gaîac de la Guyane. |l La lève tonca, ou, simplement, le tonca, dit aussi tongo et noix de gaïac, sert à aromatiser le tabac. Avoir une f&ve de Umka dans sa tabatière.

t TONCIQUE (ton^si-k'), adj. Terme de chiini.'. Acide toncique, acide de la coumarine.

tTONDAGE (ton-da-j), t. m. || 1" Action de tondre !e poil des chevaux et d'autres animaux; il s'emploie de préférence à tonte, quand on parle du cheval. || 2' Action de tondre les draps.

t TONDAILLE (ton-dâ-U', Il mouillées), t. ,'. Dans le centre de la France, tonte des bêtes à laine. {| Fête, repas qui accompagne la tonte. Conservez la fraîcheur de vos rieuses grisettes, dan! les campagnes la joie de vos bourrées, le festin des tondailles avec ses galettes et sa fromentée, 11. db I.A touche, le Déshérité, dans jauhert, Gloss.

— HIST. xvr 's. Tondailles, mestivaiUes, bab. v, 47.

— Etym. Tondre.

TONDAISON (ton-dê-zon), t. f. || 1* Action de tondre les troupeaux. || i° La laine qu'on en retire. Il 3° Temps où l'on tond.

— HIST. xiv* s. Depuis tondisons jusques à le [la] S. Remy, du cange, tondero \\xvf s. Tondoi-

SOn, COTGRAVE.

— ETYM. Tondre.

t TONDANT, ANTE (tOii-i.<m, dan-t'), adj. Terme de médecine. Qui fait tomber les poils. Teigne «mdante.

TONDEUR, EU.SE (ton-deur, deii-z'), ». m. et ^. Il 1° Celui, celle qui tond. Un bon tondeur peut tondre 30 à 4ii bêtes communes en un jour, ou 4 s à 20 bêtes mérinos. Tondeur de draps. Toutes [les victimes], comme un maigre troupeau. Dont le tondeur a pris la toison blanchissante. Portaient du rouge sur la peau, barbier, ïambes, les lietimes. Il i° Nom que l'on donne dans quelques provinces à celui dont la profession est de recueillir le miel des ruches. || 3° Celui qui retranche les branches superflues. Tondeur de buis. Tondeur de palissades. ||4° S. f. Tondeuse, nom donné à différentes machines destinées au tondage des draps. En plein xix' siècle on a pu voir, à Sedan, la première tondeuse automatique brisée par les tondeurs à la main qui formaient encore une corporation puissante, E. DE montagnac, ilonit. univer. 20 sept. 4866. Il 5' Les tondeurs, nom qui a été donné à un genre d'aventuriers qui désolaient la France et qu'on nommait aussi écorcheurs.

— lllST. xiv" s. Sur les grans fraudes.... qui sont avenuz.... es draps mouilliez et tonduz é. Paris.... nous avons fait venir.... la plus grant et plus saine partie des tondeurs de draps à table sèche, Ordonn. déc. 4384.||xvi« s. Guillaume d alençon tondeur de draps, d'aub. Hist. i, 77. Escornifleur, autrement tondeur de nappes, H. est. Apol. d'ilérod. p. 70, dans lacufjje.

— ETVM. Tondre; pro> tondeire, tondedor ; esp. tundidor. On trouve dans le ■!• siècle tunterier.

f TONDIN (ton-din), t. m. ferme d'architecture. Astragale au bas des coionnes. || Cylindre de bois dont les plombiers et les facteurs d'orgues se servent pour former et arrondir leurs tuyaux.

— ÉTYM. Ital. tondino, dimin. de tondo, rond, du lat. rotundus, par aphérèse (voy. rond).

4. TONDUE (ton-dr'),je tonds, tu tonds, il tond, nous tondons, vous tondez, ils tondent; je tondais; je tondis; je tondrai; je tondrais; tonds, qu'il tonde, tondons, tondez; que je tonde, que nous tondions; que je tondisse; tondant; tondu, V. a.\\i° Couper la laine ou le poil à certaines bêtes. Tondre un barbet. La chair des bétes que j'ai fait tuer pour ceux qui tondent mes brebis, saci. Bible, liois, i, xxv, 4 4.||Fig. et familièrement. Se laisser tondre la laine sur le dos, souffrir avec patience les vexations. || Fig. Tondre la brebis de trop près, mettre des impôts trop lourds sur le peuple. La dame d'honneur, se mêlant de la conversation, dit que très-souvent ce mot de berger étai; appliqué aux rois; qu'on les appelait bergers, parce qu'ils tondent de fort près leur troupeau, VOLT. Pr. Babyl. 2. Il est vrai qu'on nous tond un peu trop près, en attendant qu'on nous égorge, M— DU DEFFANT, Lett. à H. Walpole, L 11, p. 269, dans pouOENS. || Ou dit dans le même sens: tondre une province. Monsieur l'évêque de Munster, Vous tondez donc votre province? volt. Ép. 65. |] Fig. et tamilièrement. Tondre quelqu'un, l'attraper, le tromper. Ceux qui nous chicanent, nous nous efforçont de les tondre, et nous ne les épargnooi

TON

point, MOL. G. Dand. ii, (. Ces moiitnns il dciu pieilH qui contemplent les hommes d'Ktat dans une lourde stupéfaction, el, s'étonnant de se voir tondre si lestement, »e regardent el se disent : Voilà de fiers hommes! et que nous sommes bien tondus! G. SAND, Leltret d'un voyageur, viil. || Absolument et fig. 11 tondrait sur un œuf, se dit d'un homme très-avare qui veut épargner les plus petites choses. Us font de grandes et belles actions, et cependant ils tondraient sur un oeuf, M" d'k- PINAY, Kern. t. m, p. «21. Il Tondre sur tout, tirer de l'argent de qui que ce soit et de quoi que ce soit. 11 faut tondre sur tout, bkgnier, Sat. xui. ||S° Familirremont. Couper les cheveux do près. 11 est tondu de frais. || Tondre un homme, le faire moine. Je n'ai point oublié ces ciseaux que vous montriez à tout le monde, disant que vous les portiez pour me tondre, vkn. Dial. des morts mod. (Henri lll, la duchesse de Monlpensier.) La crainte qu'il (Louis le Débonnaire] en eut [de ses ennemis] le déti'rmina à faire toiulreses frères, montesq. Esp. xxxi, 2o. i| Je veux qu'un me tonde, je veux être tondu, si je fais cela, se dit par une sorte d'imprécation pour affirmer qu'on ne fera pas ce dont il s'agit; locution née de l'ignominie qu'il y avait autrefois à être tondu. Il Fig. Il a été tondu sur le peigne, et, plus ordinairement, il a été tondu, son avis n'a pas été suivi, il a échoué dans ses prétentions (locution qui vieillit et qui provenait aussi de la dégradation infligée aux gens qu'on faisait moines malgré eux). 11 y est venu pour tâcher de soutenir sa thèse; lui et sa cab.ile antimoniale y ont été tondus, gui patin, Kouv. lett. t. a, p. l'o, dans pougens. Sans toi j'étais tondu, je le dois avouer; J'aurais reçu sans doute un affront efTroyable, hauterocue , Souper mal apjrr. se. lo. Que M. de Grignan se garde bien du monsieur [de dire monsieur à un maréchal, au lieu de lui dire monseigneur] ; il ferait mai sa cour; le roi s'en est expliqué; il sera tondu, sÉv. 49 août to75. 11 [Jurieu] a produit diverses causes de récusation contre M. l'iélat et même des dépositions de témoins ; mais il a été tondu : le consistoire les a déclarées nulles, bayle, Lelt. 24 aoiit ievi. Il 3' Tondre des draps, des feutres, en couper les poils pour les rendre unis, ras. || 4* Tondre une haie, couper les branches qui débordent. || Ou dit i peu près dans le même sens : tondre les buis, le gazon, etc. Il Par extension. Pour en former l'emplacement [du nid), elle se contente de tondre à fleur de terre un petit rond dans -l'herbe, qui bientôt se flétrit à l'entour par la chaleur de la couveuse, BUFF. Ois. t. XV, p. 83. Il 5" Il se dit de l'action des animaux qui broutent l'herbe. Les brebis ont tondu ce pré. Je tondis de ce pré la largeur de ma langue, la font. Fabl. vu, i.||6" Terme de construction. Enlever une faible épaisseur du parement de la pierre.

— Hisr. XII' s. Li clers porte sun mero en sum le chief adès, Tunduz est cumme fous e de luins e de prè.s. Th. le mart. 3o. Cum ço oïd David, el désert, que Nabal fist tundre sun fuie [troupeau], Rois, p. 96, Une feiz par an fist tundre ses chevaïs [ses cheveux], quant sa chevelure li fud à grevance, t'b. <7(.||xiii' s. Tout tes chaviaus (tonds tes cheveux], si va al roi. Tes vestemens change por haire, oui de cambrai, Barl. et Jos. p. 18. Onques Trislans, qui fu à force Tundus corne fous por Yseut, iai de l'ombre. Devant que li dras soit tondus, Liv. des met. l:i3. Et si dist on un proverbe que cil qui à une fois escorche, deus ne- trois ne tont, beaum. xlv, 37. Diex les confonde. Qui sires est de tout le monde ! Et je r'otroi que l'en me tonde. Se maus n'en vient, ruteb. 202. (j xiv's. .... Se li sires ne tont Bien sovent ses subjès et puis tont et retont, Girart de Ross. v. ))47. Mais aussi grant journée paie Chcvaus tondus, c'est chose vraie, Souvent que chieus [celui] à Ions cheviaus, j. de comdé, t. m, p. 34. || xv* s. Pour ce eisme [schisme] est tout le monde perdu ; Guerre en descent entre foibles et fors; Kn grant pcril en sont prestre et tondu, e. descii. Poésies mus. f 248. Il xvi* s. Et dont pour vray le moindre et le plus neuf Trouveroit bien à tondre sur un œuf, marot ', 249. Sans estre raiz ne tondu. Incontinent on le fait moyne, id. i, m». Les clercs, en tondant un touppet de cheveux, monstrent qu'ils se sont desmis de l'abondance des biens terriens, calv. Instit. 44S1. Lui et tous ceux qui debatirenl ce tmnporisement furent tondus, pour user du terme de ce temps, d'aub. Hist. m, (4». Averti de Rommo (|u'(in devoit tondre le roi i la fin des estats, in. iij. m, «9o. Cequi^st rais ne se peut lohdre, lkboux de UMCT, Ptov. t. n, p. aeo. Nous usons encore d une

TON

signification de ce mol tondre contre celuy qui a perdu sa brigue, ou est descheu de son entreprise, quand nous disons qu'il a esté tondu de sa brigue ou de son entreprise, pasq. Rcch. vin, p. «7«, dans LACUBNK. Toulesfois fut le pré tondu, cotgrave.

— ETYM. Wallon, <oud; provenç. «ondre; cal. tondrer; espagn. («ndi'r; ital. tondere, du lat. Jotvdère. Le français et le provençal viennent d'une accentuation barbare, toruiére.

t 2. TONI)RK(lon-dr'), ». f. || 1* Bois pourri sec, amadou naturel. || 2* Terme de marine. Nom par lequel on désigne de la toile brûlée, renfermée dans une boite bien close,pour servir d'amadou. Ce moyen do se procurer du fou était fort en usage chez les marins avant l'invention des allumettes chimiques.

— Ktym. L'ane. franc, tondre, amadou (xui* siècle : Et li tondres od le galet, Parton. v. 5C69) , du germanique : anc. scandin. (undr; anglo-sai. tijnder; angl. tinder; allem. Zunder, amadou, de zûnden, allumer.

TONDD, UE (ton-du, due), fart, passé de tondre. Il !• Dont on a coupé le poil, la laine. Brebis tondues. Il Proverbe. A brebis tondue Dieu mesure le vent (voy. brebis). || 2° De qui on a coupé les cheveux. Son front nouveau tondu, symbole de candeur, Boii.. Lutr. l. J'aime assez saint Benoît ; il prétendit du moins Que ses enfants tondus, chargés d'utiles soins. Méritassent de vivre en guidant la charrue, volt. Èp. 83. || Suhstantivement et fig. 11 n'y avait que trois tondus el un pelé (voy. pelé). || 3° 11 se dit des arbres, des herbes dont on rogne l'excédant. Ses petits salons verts bien tondus, bien soignés, delille, Jard. i. Il 4* Terme de diplomatique. Lettres tondues, espi-co de caractères du xiii* siècle, dépourvus de toutes les pointes ou saillie? dont les lettres gothiques ordinaires sont su, chargées.

t TONDUKE (ton-du-r'), s. f. Ce qui tombe quand on tond le drap. Tondures de drap, le cent pesant^payera comme bourre rouge, *3 sols, Tarif, (8 sept. 4 6(Î4.

f TONGO (ton-go), t. m. Voy. tonca.

t TONICITÉ (to-ni-si-té), t. f. Terme de médecine. État de ce qui est tonique, consistant soit dans une manifestation particulière de l'élasticité inhérente à certaines parties, soit dans des modes de la contraction des muscles à fibres striées sous certaines influences nerveuses.

t TONILIÈRE (to-ni-liè-r'), s. f. Espr^ce de râteau dont la tête est garnie d'une poche de filet, et qui sert à pêcher certains coquillages.

TONIQOE (to-ni-k'), adj. || 1° Terme de médecine. Qui ofîre rénitence et élasticité, en parlant d'un tissu organique. Force tonique. || Terme de pathologie. Spasmes toniques, s'est dit des crispations régulières encore soumises i la volonté, par opposition à spasme cloniquc. || 2" Terme de médecine. Se dit des médicaments qui ont la faculté d'exciter lentement et par des degrés insensibles l'action organique des divers systèmes de l'économie animale, et d'en augmenter la force d'une manière durable. || Substantivement. Faire usage des toniques. Le quinquina est un tonique. Il 3" Terme de grammaire. Accent tonique, ton plus marqué dont on prononce dans un mot une syllabe particulière , caractérisé dans les langues anciennes par une plus grande élévation de la voir, et dans les langues modernes, par une plus grande intensité. Anima, qui est à la fois latin et italien, donne un bon exemple de la différence : l'a, dans le latin, est accentué et bref; dans l'italien, il est accentué el long. || 4° Terme de musique. La note tonique, le son principal auquel, dans chaque mode, il serait impossible d'en substituer un autre, sans détruire ou altérerle sens do la phrase, el sans lequel on ne pourrait clore la plus simple période. || Substantivement. La tonique et la doiiiinanlc. La tonique finit communément tous les airs, principalement à la basse et au chant. Il 5° Kcho tonique, celui qui ne répète que certains sons, ou qui modifie ceux qu'il transmet, de manière à en altérer sensiblement la nature.

— ETYM. l'on 2.

t TONKA, s. m. Voy. tonca.

t TONKAV (lon-kè), t. m. Voy. thé.

TONLIEU (ton-l.e>:), ». m. Droit qui se payait pour les places où l'on étalait dans un marché.

— HIST. xu* s. Se lui devons chevage, costume ne tonliu, Sax. xxiv. || xiil* s. Taille et tonlieus [elle] assist au pais par maistrie, Berle, is.

— ÉTY.M. Provenç. lolieu; du lat. te^0T^eum, qui vient du grec teXwviîov, douane, de Te>a>yTi{, fermier, de TéXo;, tribut, et ùvcïaftai, acheter.

TON

TOffNAGE (to-na-j*), ». m. Il !• Port d'un bâtiment exprimé en tonneaux. Navire d'un fort tonnage. Il Tonnage net, dit de registre, poids de marchandise qu'un navire porte par jauge , tonnage brut, la capacité totale du navire. || 2* Évaluation en tonnes d'un commerce. Le tonnage français. Il 8* Droit de tonnage, ou, simplement, tonnage, droit payé par un navire en raison du nombre de tonneaux qui en exprime la capacité. Tous les fr.iis de port concernant le navire, tels que tonnages, ancrages, pilotages et autres (hors ceux de Marseille et de Toulon) seront i la charge de la marine, Contrats d'ajfrètemtnt, sept. ih->8, arl. i».

— IIIST. xiv* s. Tonnage de vin , ou cangk , (unna.

— ETYM. Tonne.

TONNANT, ANTE(to-nan, nan-f), odj. (j !• Qui fait entendre le tonnerre. Vos tonnerres sont bon» à Crignan, ils ont un éclat et une majesté audessus de tous les autres c'est un Jupiter tonnant, comme du temps de Sémélé, sÉv. ;ir.3. |{ Poétiquement, l'airain tonnant, le canon, l: 2* Fig. Oui fait un bruit comparé au tonnerre, li [le peuple] appelait à son secours la voix tonnante des tambours, des trompettes et de tous les autres instruments de musique, rolun, Uitt. anc. xxv, \. Du nom tonnant de Dieu j'effrayais tous ces vices, LAMAHT. Joe. vin, 20». Il Voix tonnante, voix forte, éclatante. || 8* Terme de blason. Avec feu el fumée. || 4* S. f. pi. Terme de musique militaire Tonnantes, timbales qui imitent te tonnerre.

TO.V.VE (lo-n'), ». (. Il 1* Vai.sseau de bois plus grand que le tonneau et plus renflé par le milieu. Tonne reliée de fer. Le vin charme tous les esprits; Qu'on le donne Par tonne, bérang. Gr. orgie. || Ce que contient une tonne. Une tonne de vin. || Le jus de la tonne, le vin. Recourons quelquefois au doux jus de la tonne ; Mais qu'il .sene à nous réveiller, PANNAHD, Œuv. t. lU, p. 424. || 2' Terme de marine. Tonne qui sert de bouée, et, par extension, nom donné i certa nés grosses bouées, coniques, ovales, ou d'autres, formes, qu'on fait en cuivre ou en bois. || Droit de tonnes, rétribution que perçoit l'autorité sur tous les navires qui louchent son territoire, pour l'entretien des tonnes vides que l'on place au-dessus des rochers et bancs de sable, afin de les indiquer aux navigateurs. L'amiral jouira des droits d'ancrage, tonnes, balises, Ordonn. d'août I08(,i, i, H. || Ancien terme de tnarine. Tonneau défoncé par un bout qu'on mettait sur la tête d'un mit pour l'abriter de la pluie. X l'é^rard des tonnes qui ont été mises jusqu'à présent sur les mâts, il doit examiner avec soin si cet usage n'est d'aucune utilité, skignelat, à Yauvré, 20 avr. <08o, dans jal. || 3" Terme de pêche. Espèce de tonneau pour transporter le poisson d'eau douce. || 4° Tonne d'or, somme d'une valeur difTérente en Hollande etcn Allemagne; la tonne d'or vaut cent mille florins en Hollande, el cent mille thaiers en Allemagne. Jamais commerce ne fut plus avantageux aux Portugais que celui du Japon; ils en rapportaient, à ce que disent les Hollandais, trois cents tonnes d'or chaque année, et on sait que cent mille florins sont ce que les Hollandais appellent une tonne; c'est beaucoup exagérer, volt. Jfœuri, 442. En 1772, l'État devait six cent trois tonnes d'or, ou S0 450 0oo livres, baynal, Hist. phil. v, 9. ■; Fig. 11 a des tonnes d'or, il est très-riche. Un mari, de ceux-là que l'on perd sans pleurer. Vieux barbon qui laissait d'écus plein une tonne, la font. Gascott. || Il a épousé une tonne d'or, il a fait un mariage très-riche. Il Cette affaire a coûté des tonnes d'or, elle a coûté beaucoup. || 5* 11 se dit, dans la marine française, d'un poids de mille kilogrammes. Une tonne de fer. Cent tonnes de houille. || Selon Bonnefoui, dans la marine la tonne a seulement la contenance d'un demi-tonneau, environ 600 kilogr. || Terme de chemin de fer. Unité de poids équivalant à mille kilogrammes ou à dix quintaux métrii|ues. Il 8" Terme d'histoire naturelle. H sert à désigner plusieurs coquilles univalves de forme arrondie. Tonne sphérique. Tonne bigarrée, etc. || 7* Il s'est dit pour tonnelle. Mon Louvre est sous ces belles tonnes. Un bois est le temple où j'écris ; Des arbres en sont les colonnes. Et des feuillages les lambris, bernis, Quatre sais. Print.

— IIIST. XIII" S. Je voz donrai vingt livres rendus à tel terme, por douze tones de vin, se mon père s'i acorde, beaum. xxxiv, 58. || xiv s. Je congnois le vin i la tonne, villon. Bail. || xvi* s. El en veit on évidemment descendre entre les deux batailles un grand corps enflammé, dont la forme

TON

•t figure estoil eomm« d'une tonne, et avoll couleur d'argent fondu, amïot, LucuU. «6.

— BTYM Bour^. tenne ; provenç. tona; bas-lat. (unna. On le trouve dans tous les idiomes germaniques : suéd. tonna; anc. suéd. lynna ; angl. Ittn,' allem. Tonne; mais Diez croit qii.'il y est d'importation étrangère. On le trouve aussi dans le celtique : gaél. lunna ; irl. tonna. Il est possible que toutes ces formes ne soient que des variations du lat. tina, cuve.

TONNEAU (to-nô), s. m. || !• Grand vaisseau fait de douves de bois assemblées, entouré de cercles et fermé par deux fonds, pour mettre des liquides et des marcbandises. Un tonneau d'huile. Dans un canton [de la Suisse], sur treize tonneaux de vin or. en donne un [pour l'impôt], et on en boit douze; dans un autre canton, on paye la douzième partie, et on en boit onze, volt. l'Hom. aux *o écus, Bntret. avec un géomètre. Les Gaulois habitants des Alpes avalent inventé les vases de bois appelés tonneaux, comme l'atteste Pline, mongez, Instit. hém. hitt. et litt. anc. t. m, p. 64. {j Fig. Si on ne lui donne de la fumée, il s'enfume lui-même, et s'enivre pour ainsi dire à «on tonneau, Anti- Ménagiana, p. 62. || Fig. et familièrement. C'est un tonneau; se dit quelquefois d'un ivrogne. Il %' Grand vase en terre cuite, employé chez les anciens, et auquel les modernes donnent le nom de tonneau en certaines locutions. || Le tonneau de Diogène, tonneau dans lequel Diogène faisait sa demeure. Est-il vrai que tu étais heureux dans ton tonneau ? pén. Dial. des morts anc. Diogène, Denis l'ancien. Il est vrai que, quand tout le monde se ferait Diogène, comme Rousseau, il faudrait parcourir bien de» tonneaux avant de rencontrer un Diogène comme celui-là, d'alemb. Œuv. t. v, p. 375. Il Fig. Rouler son tonneau, se livrer à quelque travail sans objet, par allusion à Diogène, qui, pour ne pas paraître oisif au milieu des Corinthiens se préparant à soutenir un siège, se mit à rouler son tonneau. Diogène, sous ton manteau. Libre et content, je bois et ris sans gêne, Diogène sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau, bérang. /Voue. Diag. || Les deux tonneaux' de Jupiter, tonneaux qui, suivant Homère, sont placés à côté de Jupiter, et contiennent l'un les biens, l'autre les maux. Des deux tonneaux de Jupiter, le plus gros est celui du mal; or pourquoi Jupiter a-t-il fait ce tonneau aussi énorme que celui de Ctteaux? VOLT. Lett. Mme du Venant, 5 mai «766. Votre Majesté a bien raison de dire que le mauvais tonneau de Jupiter, celui qui verse les maux sur les hommes, est plus grand et plus plein que celui qui verse les biens, d'alemb. Lett. au roi de Pr. * l oct. 1782. Il Fig. Tonneau des Danaîdes, voy. da- NAÎDES. Il 3° Le contenu du tonneau. I| Toute marchandise renfermée dans un tonneau. ||4° Tonneau rempli de terre servant dans les sièges et les fortifications. |X Suze] Louis XIII escalada les retranchements, poussé par les épaules pour escalader sur les roches et sur les tonneaux et sur les parapets, ST- •IM. 8, 96. jl 6° Sorte de demi-tonneau dans lequel certaines marchandes se tiennent au marché pour leur commerce. Mme de Luxembourg ressemblait i ces grosses vilaines harengères qui sont dans un tonneau avec leurs chaufferettes sous elles, st-sih.. 97, 27. Il 6° Dans le commerce des vins, des cidres, mesure plus grande que le muid. Notre province de Normandie.... savoir, du tonneau contenant trois muids mesure de Paris à raison de 288 pintes de clair sans marc ni lie pour chacun muid; de la pipe qui est la moitié du tonneau; du muid qui e.it le tiers et du demi-muid qui est le sixième, Lett. pat. juin. teei). ||7° Appareil qui sert de but pour tirer à la bombe. || 8' Baril défoncé, sur lequel les argenteurs posent la chaudière, afin qu'elle soit plus àportéede l'ouvrier. || 9° Terme de marine. Anciennement, poids de deux mille livres, ei, en volume, espace de 40 pieds cubes. Après la paix de (763, la Grande-Bretagne a envoyé nssez régulièrement, tous les ans, aux côtes de Guinée, ta navires, formant ensemble 23 0uu tonneaux, et montés de 7 ou sooo hommes, baynal, Hist. phil. XI, 20. Il Aujourd'hui, le tonneau de mer, ou tonneau métrique, est du volume d'un mètre cube, et du poids de lOno kilogrammes (eau distillée). Navire de 600 tonneaux, de (ooo tonneaux. Il Tonneau de jauge, totalité des tonneaux que la jauge a'tsigne ; tonneau de déplacement, le volume d'eau qu'un navire déplace. || 10* Tonneau de pierres se dit d'une quantité de pierres de quatorze pieds cubes, qui pèse environ la moitié d'un Vioneau de aavir*. || 11* Nom donné en Flandre i

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fengrals provenant des fosses d'aisance. || II* Espèce de jeu, table percée de trous, qui répondent à autant de castes marquées i», 2o, 30, BO, (OO, etc. ; on tâche de loin d'y faire entrer des palets de fer, de cuivre ou de plomb, après être convenu du noml<re qu'il faut atteindre pour gagner la partie. Jouer au tonneau.

• mST xii's. 11 i ont mis du fu tout rasé [ras] un tonel, Sax. ix. Mes hummes [ils] "unt batuz, mun somier escurcié ; Mes tuneius e mon vin tolu e esforcié, Th. le mart. U2. |{ xiir s II pristrent dix sept grans nés [nefs], et les emplirent de grans merriens et d'estoupes et de pois et de tonnants vuis [vides], villeh. xcv. Nus jaugeur ne puet ne ne doit prendre de un tonnel jaugier, quelque li lonniax soit, petit ou grans, que deux deniers, Liv. desmét. 27. Jupiter en toute sai.son A sorle suel de sa maison. Ce dit Omers, dcus plains tonneaus, (a Rose, n839. Ou le tonnel sans fons ira Emplir, ne ja ne l'emplira. Si cum font les Belidiennes Por lor folies anciennes, ib. (9501. Ne vont pas après Dieu tel gent le droit sentier; Ainz [onque] Diex ne vout avoir tonel sor son chantier, Ne denier l'un sor l'autre, ne blé, ne pain entier, ruteb. 177. j| xvi's. Les traits, les lances et arbalestes à feu, les tonneaux meurtriers, pabé, ix, Préf. Item est à entendre que les noms des chargements sont différents, combien que qui l'entend tout revient à ung; car en ponent parlent à tonneaux, et en Provence et levant parlent à bottes : ung tonneau vault deux bottes, et doit poiser le tonneau de dix neuf à vingt quintaux peu plus peu moins, et la botte nenf qiiintauli et demy, ant. de gonflants. Faits de la marine, dans jal. C'est ressembler aux tonneaux qu'on perce : l'on n'en peut rien tirer qu'on ne leur donne du vent, charron, Sagesse, i, 2). Â savoir le tonneau contenir 504 pots, la pipe ou queue 262 pots, la barique ou demie queue <26 pots; le hambourt ou le demi ponçon 84 pots; le baril de cervoise 72 pots, le baril d'huile 64 pots, Ordonn. des assises de Caudebec, du 30 janv. «684, homologuées par Lett. pat. a sept. <B8B.

— ÉTYM. Dimin. de lonne; wallon, tonai ; bourg, tonea ; provenç. et espagn. tonel.

tTONNE-GUENOIR (to-n'-gre-noir), s. /'.TONNE- LISSOIR (to-n'-ii-soir), ». f. Tonnes employées pour grener et pour lisser la poudre de guerre.

t TONNELAGE (to-ne-la-j'), ». m. Marchandises de tonnelage, celles qu'on met en des tonneaux.

TONNELÉ, ÉE (to-ne-lé, lée), part, passé de tonneler. Perdrix tonnelées.

TONNELER (to-ne-lé). L'J se double quand la syllabe qui suit est muette : je tonnellerai, t). a. Terme de chasse. Prendre des perdrix à la tonnelle. Il Fig. Amener à son avis. Saintrailles, ami du duc de Villeroy, l'avait tonnelé alléguant l'exemple du duc de Sully, st-sim. 220, 225.

— HIST XVI* s. Ceux qui en eschaperent [de la Saint-Barthélémy] en blasmerent mondit sieur de Biron, et luy en donnèrent toute la coulpe, disant qu'il les estoitallé tous amadouer et appasterpour les mener tous au marché de la boucherie; et pour ce commencèrent à debagouler contre luy; les uns l'appeloient tonneleur, parce que, comme fait un tonneleur avec sa tonnelle aux perdrix, il les avoit tous avec sa parole tonnelez et amassez pour les faire tous mourir.... brant. Cap. franc, t. m, p. :<3B.

— ETYM. Tonnelle.

*. TONNELET (to-ne-lè ; le ( ne se lie pas; au pluriel, r» se lie : des to-ne-lè-z emplis), ». m. Il 1" Espèce de petit baril pour mettre du vin, de l'eau-de-vie, etc. Le tonnelet d'un fantassin, d'une vivandière. Veuillez m'envoyer un tonnelet, et je vous le ferais remplir le plu» promptement possible, Corresp. du gén. Klinglin, i, 589. || a* Dans le moyen âge, vase à boire en forme de petit tonneau, DE LABORDE, ÉmaUX, p. 54 9.

— HIST. XIV* s. Pour redrecier et rebrunir le tonnelet d'argent ouquel maistre Jehan le fol du roi boit, de laborde, Émaux, p. si 9. Que il celle partie qu'il lesseroient, il meissent en petiz tonnelès, BERCHEUHE, f* 442. ||xv* S. Et aussi ront qu'un tonnellet; Dieu le me sauve ce varlet, CH. d'orl. Bail. 4 35.

— Etym. Dimin. de tonneau, par l'ancienne forme (onne(.

2. TONNELET (to-ne-Iè), t. f. Terme de l'ancien costume de théâtre. Habit romain que portaient les acteurs tragiques- quand ils représentaient Achille, Auguste, Pompée, etc. d'après Richelet; d'après d'autres, la partie basse d'un habita la romaine, qui contenait les lambrequins, ordinal-

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rement de toile d'or ou d'argent, avec de grandes bandes de broderie. Dès lors tous les acteurs furent forcés de se vêtir sur ce modèle : plus de paniers peur les dames grecques et romaines, plus de chapeaux à grands panaches pour MIthridate et pour Auguste, plus de tonnelets aux cuirasses, plus de manchettes, plus de gants à frange, plus de perruques volumineuses pour les héros de l'antiquité, MARHONTEL, ŒuV. t. VI, p. 354.

— HIST. XIV s. Un pourpoint nommé tonoUet, DU CANGR, tonacella.

— Etym. Ce paraît être un dérivé du latin luniea, tunique, par l'intermédiaire de formes comme tonacella, que donne du cange.

TONNELEUR (to-ne-leur), ». m. Chasseur qui prend des perdrix à la tonnelle.

— étym. Tonneler.

TONNELIER (to-ne-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : des to-ne-lié-z habile»), ». m. Ouvrier qui fait et répare les tonneaux. Jean Chauvin, dit Calvin, fils d'un tonnelier db Noyon, fit briller dans Genève, à petit feu, avec des fagots verts, Michel Servet de Villa-Nueva; cela n'est pas bien, volt. Dict. phil. Trinité. || Terme de marine. Celui qui a soin des futailles embarquées.

— HIST. XIII* s. Cil qui vendent eschaudés ens haies de Paris au samedi, par devers les tonneliers, doivent chascun demie d'eschaudés de halage, Liv, des met. 34 4. || xvi* s. Il est fils de tonnelier, il a une belle avaloire, oudin, Curioi. franc.

— ETYM. Tonneau,' par l'intermédiaire de tonnel ; bourg, tonnelé; wallon, tonnli.

TONNELLE (to-nè-l'), ». f || 1° Treillage en berceau couvert de verdure. Un jour dans un verger, au fond d'une tonnelle, Damon aperçoit Lise et Lucas auprès d'elle, st.-lahb. Sais. u. Mais aux buveurs sous la tonnelle U dit.... bérano. Av. de Bagn. || 2" Terme de chasse. Filet pour prendre les perdrix. Le maître de ces lieux en ordonne autrement ; Il nous prend avec des tonnelles. Nous loge avec des coqs et nous coupe les ailes, la pont. Fabl. X, 8. Il 3* Figure de bœuf ou de cheval, de bois ou de carton peint, dite aussi tonnelle, que le chasseur pousse devant lui, pour s'approcher des perdrix sans les effrayer, et les faire avancer vers le filet. || 4* Terme de pêche. Sorte de rets, que l'on tend au bord de la mer. Il 6* Se dit, dans les verreries, de deux larges ouvertures voûtées communiquant à l'intérieur du fourneau de fusion à l'allemande.

— HIST. XIV* s. P'jur tenir en bon estât et convenable des grans préaux, traillies et tonnelles et pavaillons que nous et nostre très chiere compaigne la royne avons fait faire pour nostre esbatement.... Charte de Philippe de Valois, mars 4340, dans Arch. nat. 1res, des ch. 4473, f* 103, V*, pièce 422. IJxv s. Comme les perdris qui, en fuiant à despourveue négligence le perdrieur qui les chevale, cheent en sa tonnelle, alain chaht. Espér. ou consol. des trois vertus. || xvi* s. Cestuy arc finissoit en une belle et ample tonnelle, toute faicte de cepz de vignes, bad. Pant. v, 34. U se tenoit assez loing d'eux pour ne les effrayer, assez près pour les pousser dans la tonnelle, d'aub. Hist. i, 404. Tout cela fit entrer Alphonse et Fabrice bien avant en la tonnelle [piège], cabloix, V, 4 0. Ceux-ci se mettent dans une tonnelle de laurier, où on eust trouvé de l'ombrage et du frais au plus fort de l'esté pour se garentir de la violence du soleil. Pèlerin, d'amour, t. i, p. 4 48

— Etym. ronneou, à cause de la ressemblance de construction ; la tonnelle, berceau, étant soutenue par des cercles en bois, qui entrent aussi, comme soutiens, dans U tonnelle filet et dans la tonnelle figure.

TO.VNELLERIE (to-nè-le-rie), t. f. || 1* Profession dutonnelier. || Atelier oùl'onfaildes tonneaux. Il Dans la marine, atelier des tonneliers, et magasin où sont gardés les pipes, futailles, tonneaux, etc. dont on a toujours une provision pour les besoins des naviies armés ou en armement. || 2* Chex les chartreux et quelques autres religieux, lieu du couvent où sont les cuves et les futailles où l'on cuve le vin, etc.

— ETYM. Tonrulier.

TONNER (to-né), v. n. || 1* Retentir, en parlant du bruit de la foudre. U a tonné cette nuit. On se forge la foudre, il ne tonne jamais, bernis, Relig. veng. v. || Il s'emploie impersonnellement en cette acception. || 1" Faire entendre, faire éclater le tonnerre. Verras-tu concerter i ces âmes tragiques Leurs funestes pratiques, Et tonneras-tu point sur leur impiétéT malh. vi, 28. Quoi 1 dira-trOn, ce

TON

TON

TON

^rnmd Dieu qui déracine par lun sounie les cèdr«s du Liban, tonne pour abatlre les feuilles des ai^ bres?Boss. la Valliére. Dieu tonne du plus haut des cieiii, et la Polo)<ne est délivrée, ID. Anne de Gonx. Piiur moi qu'en sanlù luôme un autre mundo étonne. Qui crois l'&uie immortelle, et que c'est Dieu qui tonne, boil, Sal. i. Il JBoileau] croit que c'est Dieu qui tonne; mais il tonne comme il grêle, comme il envoie la pluie et le beau temps, comme il opère, comme il fait tout; ce n'est point parce qu'il est fâché qu'il envoie le tonnerre et la pluie, volt. Dict. phit. Ton nerre, t. || Fig. Dans ce moment eiicor le fils de Jupiter A fait sur moi des dieux tonner l'ordre suprême, DKLILLK, En. IV. Il On n'enleiilirait pas Dieu tonner, scdit en parlantd'un très-grand biuil dont on est assourdi. Dieu pour s'y faire ouïr tonnerait vainement, boil. Sal. vi. ||. Fig. Tonner sur les choux, exercer sa force, son autorité sur ce qui est sans résistance. [Un jeune diable... ] Et qui n'avait encor tonné que sur les choux, la FONT. Papef. Il 3" Par analogie. Faire un bruit semblable à celui du tonnerre. Cent pièces de canon tonnèrent sur elle à son arrivée, BOSS. Heine d'Anglet. Ces foudres de bronze que l'enfer a inventées pour la destruction des hommes tonnaient de tous ci'ités, flkch. Turenne. Peindre Iieilone en feu tonnant de toutes paris, boil. Sat. u || i° Fig. Parler, s'élever avec beaucoup de véhémence contre quelqu'un, contre quelque chose. Le 1'. Bourdaloue tonne à Saint-Jacques de la Boucherie, SKV. à Bumiy, 27 févr. <87». Celui-là sera d'un naturel doux, ennemi du trouble et de l'injustice : tonnez tant qu'il vous plaira, ô divin Sauveur, contre les rapines et les violences, il applaudira à votre doctrine, boss. Serm. Soumission à la parole, 2. La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce. Dans les airs cependant tonne, éclate, menace, boil. Lutr. m. lï harangue le peuple, il tonne contre vous, LEGouvÉ, Épichar. et N. iv, 7. Montremoi cette Athènes Où méditait Platon, où tonnait Démosthènes, deulle, Imag. iv. C'est Mirabeau tonnant contre la cour; Sa voix nous crie : encore une bastille, BÉnANO. u juill. || Proverbe. Quand il tonne en avril, le laboureur se réjouit. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HisT. xn* s. E sur els [les méchants] es ciels tonerad li sire, Liber psalxn. p. 2a6. Nus [nul] hom de char n'i oîst Deu tonant, Ronc. p. <B8. Il an* s. Il espartoit [éclairait] forment, et durement tonna, Berte, xxv. || xvi* s. U disoit que jamais sa femme ne l'embrassoit, sinon quand il tonnoit bien fort, et pour ce avoit il accoustumé de dire en se jouant, qu'il esloit bien heureux quand Jupiter tonnoit, amyot, Cat. 35. Et oiiit incontinent tout à l'entour bruire et tonner un grand nombre de tabourins, ID. Crass. 6U. Après qu'il eut beaucoup tonné, il failloit qu'il pleusl, qu'il greslast, voire qu'il foudroiast pour desoharger le temps, Bo.NiVARD, Ane. et rtouv. police de Genève, p. 48. Tant tonne qu'il pleut, Leroux de lincv, Prov. t. "1, p. 134. Quand il tonne en mars, nous pouvons dire helas, cotgrave. Tout ce que tonne ne nous estonne, id.

— ETYM. Provenç, et espagn. tronar ; portug. troar ; ital. tiumare; du lat. tonare, que les étymologisles rattachent au sanscrit ttan, tonner.

TONNERRE (to-nê-r'; d'après Palsgrave, p. 7, au xvi" siècle, la première syllabe se prononçait ton, comme dans le substantif ton), s. m. || 1" Bruit plus ou moins fort et plus ou moins prolongé qui accompagne la foudre. Un jour, un jour viendra que par toute la terre Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre, corn. Hor. m, 6. Je veux suivre l'Ecriture de mot à mot et de parole i parole ; il ne faut point que l'homme parle, et je ne veux pas ici contrefaire la voix de Dieu, ni imiter le tonnerre, boss. 3" sermon pour le premier dimanche de l'Avent, Préambule. 0 nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte! id. Duch. d'Orl. Ma voix ferait sur eux les effets du tonnerre, volt. Mahom. ii, 5. [X l'Opéra] le tonnerre est une lourde c"harrette qu'on promène sur le cintre, et qui n'est pas le moins touchant instrument de cette agréable musique, j. j. rouss. IlëL. u, 2:1. La voix du tonnerre lointain, p. lebhun, Voy.de Grèce, m, t. Il Fig. Voix de tonnerre, voix très-forte, trèséclatante. N'allez pas dès l'abord.... Crier i vos lecteurs d'une voix de tonnerre : Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre, boil. Art p. m. U a un teint basané, une voix de toimerrp,

a. duval, les Héritiers, se. i7.||Fig. C'est un tonnerre, se dit d'un homme dont la voix est assourdissante. Il Fig. Un coup de tonnerre, coup fatal. Trône, à t'abandonner je ne puis consentir; Par un coup de tonnerre il vaut mieux en sortir, corn. Hodog. y, t. M. de Pompono demanda s'il ne pourrait point avoir l'honneur de parler au roi, et savoir de sa bouche quelle faute avait attiré ce coup do tonnerre (la disgricc], sÉv. 22 nov. 407». || En un autre sens, événement étonnant. Quand je vois des gens fort heureux, je suis au désespoir : cela n'est pas d'une belle ftme : mais le moyen aussi de soulTrir des coups de tonnerre de bonheur comme il y en a, dit-on, pour les iiiclinationsT SÉV. àBitssy, (9 déc. (87o. || Familièrement. Il est fait en coup de tonnerre, il est mal bàli, tout de travers, par allusion à la forme en zigzag des traits de la foudre qui éclate. || i' Par extension, la foudre. Le tonnerre est tombé sur l'église. [Dans la Fable] Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre. C'est Jupiter armé pour effrayer la terre, boil. Art p. m. Dieu fil choix de Cyrus avant qu'il vit le jour.... Le fit naître et soudain l'arma de son tonnerre, bac. Ksth. m, 4. Le tonnerre n'est qu'un grand phénomène électrique; Franklin le force à descendre tranquillement sur la tel re ; et, s'il foudroya Ajax Oïlée, ce n'est pas assurément parce que Minerve était irritée contre lui, VOLT. Dict. phiL Tonnerre, <. Il y a des grands seigneurs dont il pe faut approcher qu'avec d'extrêmes précautions; le tonnerre est do co nombre; on sait que le professeur de mathématiques Richiiian fut tué à Pétersbourg, en »7fi3, par la foudre qu'il avait attirée dans sa chambre, 10. j'b. 2. Avant les expériences de Franklin sur l'électricité, on se faisait des idées bien fausses du tonnerre, senneuier, Ess. art d'obs. t. m, p. 7, dans POUGENS. || Fig. Attirer le tonnerre, attirer les malheurs, et, en particulier, ceux de la guerre. Seigneur, n'attirez point le tonnerre en ces lieux ; Rangez-vous du parti du destin et des dieux, cohn. Homp. i, (.||8° Image du tonnerre. Il sera dieu; même je veux Qu'il ait en sa main un tonnerre, LA PONT. Fabl. IX, 8. Les anciens peignaient Jupiter prenant le tonnerre composé de trois (lèches brûlantes dans la patte de son aigle, et le lançant sur ceux à qui il en voulait; la saine raison n'est pas d'accord avec ces idées poétiques, VOLT, /hct, phil. Tonnerre, t. \\ 4" Poétiquement, le séjour, la région du tonnerre, le ciel. || Le maître du tonnerre, le dieu qui lance le tonnerre, Jupiter. C'est le pur s«ng du dieu qui lance ;« tonnerre, bac. Iphig. v, 4. J'ai vu [à l'Opéra] le maître du tonnerre. Attentif au coup de sifflet. Pour lancer les feux sur la terre. Attendre l'ordre d'un valet, panard. Description de l'Opéra. || L'oiseau qui porte le tonnerre , l'aigle, oiseau de Jupiter. Regardez dans Denain l'audacieux Villars Disputant le tonnerre à l'aigle des Césars, volt. Ilenr. vu. || 5- Par analogie et poétiquement, canon. Cent jtonnerres de bronze ontdonné le signal, volt. Fonterwi. || 6" Fig. Il se dit de tout ce qui renverse comme la foudre. Mélanchthon l'avait pris du beau côté, et voulait croire au commencement que, pour réveiller le monde, il ne fallait rien moins que les violences et le tonnerre de Luther, boss. Kor. v, 3. Et sur le couple pâle et déjà deiiii-mort Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre [ un énorme in-folio], boil. Lutr. v. Ahl c'est ici seulement, au milieu de tant de scandales, qu'il fallait faire retentir la parole sainte dans toute la force de son tonnerre, bridaine, cité par maury, Bloq. de la chaire, xx. || 7" Partie renforcée du canon des armes à feu portatives, qui correspond à l'emplacement de la charge. || Dans certains obusiers, la partie qui est autour de la chambre. || 8* Pierre de tonnerre, sorte de pierre qu'on croyait tomber avec le tonnerre, et qu'au xvii* siècle on appelait carreau. || 9" Un des noms du malapterurus ekctricus, poisson électrique. || Proverbe. Toutes les fois qu'il tonne, le tonnerre ne tombe pas, c'est-àdire des menaces ne sont pas toujours suivies d'effet. — HIST. XI* s. Orez [orages] i ad do tuneire e de vent, Ch. de Roi. cix. || xiii' s. Cel jour [il] fist moult mal temps de tonnoirre et d'ecliste, Berte, xcii. N'il ne cort niie doucement, Ains descont si hideusement. Qu'il tempeste l'air en son oire [sa marchel Plus que nul orrible tonnoire, (a Rose, 6or.4. F,t quant espar [éclair] vient en tonnoire, Si repuet l'en sovent veoir Des vapeurs les pierres cheoir. Qui ne montèrent mie pierres, ib. «6304. Chascun de ces deux anemis A l'un de cels sur

son col mit; D'ilucc s'en tornerent gnnt oire; I-or petit pas sanble tonoirre, ruteb. 322. || xv s. Lors, comme sa le tonnoire cheist du ciel.... CHASTKL. Expos, sur vérité mat jtrise.

— ETYM. Wallon, «onir , bourg, tonnarre ; namur. tonfrire ; prt)V. toneire, tonedre ; du lat tonitru.

TONNKS (to-n'), t. f. pi. Terme d'histoire naturelle. Voy. TONNE, n* «.

t TONOTECHNIE (to-no-tè-knie), t. f. Terme de musique. Art de noter des airs en général. || Particulièrement. Art de noter , sur Ic.t cylindres des orgues de Barbarie ou des machines de cette espèce, les airs qu'on veut leur faire jouer.

— ETYM. Ton 2, et t«x»1, art.

fTONOTECHNIQUE (tb-no-tè-kni-k'), ad). Qui

appartient à la tonotechnie.

t TONSILLAIRE (ton-sil-lfr-r'), adj. Terme d'analomie. Qui a rapport aux tonsilles ouamygdales. Angine tonsillaire.

t TONSILLR (ton-si-l'j, t. f. Terme d'anatomie, synonyme d'amygdale.

— HIST. zvr s. Les tonsilles ou amygdales, lesquelles font la salive pour humecter toute la bouche, FARi, I, 7.

— ETYM. Lat. tonsillx, amygdales, et aussi »usillse, diminutif d'après Festus de tôles ou tolëc, amygdales, qu'Isidore dit être un mut gaulois.

t TONSILLITCME (ton-sil-li-to-m'), 1. m. Terme de chirurgie. Instrument aussi appelé sécateur des amygdales, ou amygdalotome, qui sert à exciser les amygdales tuméfiées chroniquemenU

— ETYM. TonsUle, et Ti|ivtiv, couper.

TONSURE (ton-su-r'), s. f. ||1- Cérémonie de l'Église catholique, par laquelle l'évêque, intruiuisant un homme dans l'état ecclésiastique, lui donne le premier degré de la cléricature en lui coupant une partie des cheveux. Recevoir la tonsure. Lettres de tonsure. || Prendre la tonsure, entrer dans l'état ecclésiastique. || Bénéfice à simple tonsure, bénéfice que l'on peut posséder n'ayant que la tonsure et sans être obligé de prendre les ordres sacrés et de résider sur les lieux. || Fig. Un docteur, un médecin, un avocat à simple tonsure, un docteur un médecin, un avocat qui n'est pas fort habile. || Par extension. Gentilhomme i simple tonsure, un petit gentilhomme, un pauvre gentilhomme (locution vieillie). Il [le cardinal de Bouillon] trouva un gentilhomme romain fort i simple tonsure, qui, avec de l'argent , s'était fait faire prince par le pape, st-sim. 53, Mo. ||I' Couronne que l'on fait sur la tête aux clercs, sousdiacres, diacres, prêtres, etc. en leur rasant de» cheveux. Il a fait faire sa tonsure. U n'était pas permis jsous Charlemagne] de porter la tonsure sans appartenir à un évêque, volt. Mœurs, 20

— hi.st.xï's. u disposa aussi de ses bénéfices, qui n'estoient qu'à simple tonsure, louis xi, Nouv. Lxvii. Il xvi' s. Les uns font la première ordre de la tonsure cléricale, la dernière de l'evesché, calv. Instit. H 79. U sentoyt ung doulx prurit des ongles et desgourdisscment des bra/, ensemble tentation véhémente en son esperit de battre ung sergent ou deuz, pourreu que ilz n'eussent tonsure, RAB. IV, 49.

— ETYM. Prov. esp. et ital. tonsvra; du lat. tonsura, de tonsum, supin de tondere, tondre.

TO.NSURf!, ÉK (ton-su-rc, rée), part, passé de tonsurer. Je demande un petit bénéfice au roi pour un fils de Mme de Montchevreuil qui a quinze ans, qui est tonsuré, maintenon, LeU. à l'abbi Gobelin, 4 676, t. n, p. 67, dans pougens. Permettez-moi de vous faire une petite remarque sur l'intelligence entre les rois et les prêtres que l'auteur du Système [de la nature] reproche aux fronts couronnes et aux fronts tonsurés, volt. iett. ou roi de Pr. 27 juiU. 1 770. || Substantivement. Un tonsuré. Un simple tonsuré.

TO.NSURER (ton-su-ré), v. a. Donner la tonsure. Tonsurer un diacre. Il [mon oncle] est résolu de me mener à Mmes ou à Avignon, pour me faire tonsurer, bac. ietl. « juin 4 662.

— ETYM. Provenç. et espagn. lonsurar; ital. tonsurare ; du lat. tonsurare, de tonsura, tonsure.

TONTE (ton-f), ». f. || !• Action de couper les poils ou la laine qui recouvre le corps des animaux. Il 2 "La laine qu'on retire en tondant un troupeau. La tonte de son troupeau lui rapporte beaucoup. Il 8* Temps où l'on tond les troupeaux. ||4" Action de couper les branches des arbres.

— ETYM. Substantif verbal de tondre.

TONTINE (ton-ti-n'), s. f. |f 1° Réunion d'individus dont chacun convient de jouir viagèrcment d« l'intérât de son capital et <de l'abandonner ensuite

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aux survivants, qui se partageront les rentes. Enfin je ue me plaindrai plus De l'étoile qui me domine; Il me reste encor cent écus Que je vais niuUre à la tontine, uenseraue, Sur la tontine. Liiurcnt Tonti supplie très-humblement V. M. de considérer qu'il a été obligé, et qu'il l'est encore maintenant, de faire beaucoup de frais pour l'avanci'inent et établissement de la tontine, Documcnls inédits sur l'histoire de France, Correspondance administr. sous le règne de Louis XI V,X. m, p. <6, Lett. de Tonti au Roi. M. Trousse-Galant a mis dix mille francs à la tontine sur la tête de ce garçon-là.... voilà pourquoi nous nous intéressons pour lui, LESAGE, la Tontine, 24. M. de Parcieux, de l'Académie des sciences, nous a donné un excellent ouvrage qui servira de règle à l'avenir au sujet des tontines et des rentes viagères, bu*f. Ihst. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 383. {| 2" On étend aussi ce nom à toute opération financière fondée sur la durée de la vie humaine. || 3 " On appelle aussi quelquefois tontine la rente que chaque actionnaire reçoit de la tontine. Je n'ai pas encore touché ma tontine. || 4° Adj. Rentes tontines, liapporl Hontesquiou, 27 aoit (790, pièces justificatives. Il B° Sorte de jeu de cartes auquel peuvent prendre part douze, quinze et même vingt personnes.

— f.TVM. Tonti, Napolitain inventeur de ces sortes d'établissements (xvii' siècle). '

TONTINIKK, lÈRK (ton-ti-nié, niè-r'), s. m. et f. Celui, celle qui a des rentes de tontine. Il nous suffira seulement de prouver quelle a été la perte de l'État, d'après l'ordre de mortalité des tontiniers, Rapport Cambon fur le décret du 23 floréal an II, p. 92.

— ËTVM. Tontine.

TONTISSE (ton-ti-s'), adj. || !• Qui vient de la lonture des draps. Bourre tontisse ou tonture. Il 2° S. f. Tenture faite de toile, sur laquelle on a appliqué des tontures de draps pour figurer des étoffes. Il 3' Papier-tontisse , papier de tenture fait de la même manière. Papeterie de tontisse.

— ETYM. Tonte.

t 4. TONTON (ton-ton), ï. m. Oncle, dans le langage enfantin.

— Etym. C'est le corrélatif de tatan.

f 2. TONTON (ton-ton), s. m. Altération fréquente et barbare de toton, voy. ce mot.

TONTURE (ton-tu-r'), s. f.\\i' Poil que l'on tond sur les draps. Seront Icsdits draps tondus de bien pies, et les tondeurs et apprêteurs leur donneront tous les apprêts et toutes les tontures nécessaires, lléglem. des manuf. 22 oct. 1097. Il 2* Terme d'horticulture. Branches et feuilles que l'on coupe aux palissades , a.\ïx bordures. || 3° Action de tondre un gazon. || Le foin que cette opération produit. Il 4» Terme de marine. Courbure des ponts d'un navire et de son bordage extérieur, dans le sens de la longueur, les extrémités se relevant plus ou moins, relativement au milieu. Comme l'Étoile tirait beaucoup plus d'eau de l'arrière que de l'avant, nous la mimes rapidement en tonture, bougainville, Voy. t. i, p. )84.

- HIST. xm" s. Lesdiz boys, la propriété et la tonture d'iceulx, Bibl. des ch. 5" série, t. i, p. 79.

— ÊTYM. Tonte.

t TONTCRER (ton-tu-ré), e. a. Terme de marine. Donner une certaine tonture à un navire.

t TOPARCHIK (to-par-chie), i. f. Terme d'antiquité. Petite souveraineté ou principauté. || Nom donné aux difîérentes provinces de la Palestine sous les Romains. Elle [Joppé] devint une des onze toparchies où l'idole Ascarlen était adorée, CHATEAUBR. /(in. part. 3.

— ÉTYM. Tonapxia, de xéito;, lieu {voy. topique), •t ipytiv (voy. archonte).

t fOPARQUE (lo-par-k'), ». m. Terme d'antiquité. Chef d'une toparchie.

— ETYM. ToitipxrlC (VOy. TOPARCHIE).

TOPAZE (to-pa-z"), s. f. Pierre précieuse d'un jaune doré, généralement composée de beaucoup d'alumine, de silice, d'acide fluorique et de fer, qui est la chrysolithe des anciens, et que l'on confond avec les quartz hyalins jaunes, qui offrent les mêmes nuances sans qu'il y ail rien de commun entre cette pierre précieuse et ces cristaux de roche colorés en jaune. Topaze orientale. Topaze d'Inde. Topaze du Brésil. L'analyse de la pierre connue sous le nom de lapis-lazuli, à laquelle M. Margraaf a joint depuis celle de la topaze de Saxe, est le premiei»mod(;le de l'analyse complète d'une pierre dure, condohcet, Margraaf. Quand ks topazes sont d'un jaune pur et sans gl&çures,

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elles ont quelque valeur; mais, en général, les joailliers en font peu de cas, a. dhononiart, Traité de min. t. i, p. 423. La vraie topaze est un prisme à huit pans striés; sa pesanteur spécifique est semblable à celle du diamant, elle est plus dure que le cristal de roche et que l'émeraude, moins dure que le rubis, de laborde, Émaux, p. 6t9. Il Topaze limpide, topaze qui n'a pas de couleur, il Topazes briilées, celles qui ont pris une teinte rosâtre. || Topazes occidentales, ou fausses topazes, topazes qu'on trouve en Bohême, en Suisse et autres contrées de l'Europe. On a mal à propos donné le nom de topazes à ces pierres qui se trouvent en Bohême, en Auvergne et dans plusieurs autres provinces de l'Europe, et qui ne sont que des cristaux de roche colorés d'un jaune plus ou moins foncé et souvent enfumé, bupf. Afin, t. VI, p. <5(.

— HIST. ïi* s. Pierres 'i ad, ametiste e topaze, Cft. de Roi. cxiii. Il XII' s. Empur ice [pour cela] amai je les tuens comandemenz sur [plus que] or e topaze, Liber psalm. p. 193. [Charles] Qui des rois crestiens est toupace et rubis, Sax. xxvi. ||xin' s. Et li topasse et li bericle, Blancandin, V. sssn. I

— ÉTYM. Provenç. topaxi; catal. topad; esp. topacio ; ital topasio ; du lat. topaxius, qui vient de ToTraÇo;, île de la mer Rouge.

t TOPAZOLITHE (to-pa-zo-li-f) , s. f. Grenat d'un jaune de topaze.

— ÊTYM. Topaxe, et WOoç, pierre.

t TÔPE (tô-p'), s. m. Sorte d'édifices religieux, propres à l'Inde bouddhique; ce sont des chapelles avec dômes, renfermant des reliques.

— ETYM. Forme altérée, dans l'Inde moderne, du sanscrit stûpa, amas, monceau, t6pe.

tOper (tfi-pé; plusieurs prononcent to-pé), V. n. Il 1° Terme de jeu de dés. Consentir à jouer autant que met au jeu l'adversaire. Us [les rouques, sorte d'escrocs anglais] jouaient à la chance à deux dés; et, comme celui. qui tient le dé à ce jeu en a tout l'avantage, les rouques avaient fait cet honneur au chevalier de Gramont [venu parmi eux pour jouer] de préférence; les rouques

poussaient contre lui comme des f^uries;il topait partout, HAMILT. Grom. xi. || Elliptiquement, tôpe, je tôpe, ou j'accepte votre offre. L'un des joueurs ayant dit : masse dix pistoles, l'autre a dit tôpe. Il On dit aussi : tôpe et tingue, je tôpe et je tiens. Il Tôpe et tingueest aussi le nom d'un jeu de dés. Un point ou de Venise ou de quelque autre mode Serait d'un tôpe et tingue une suite incommode, TH. CORN. Gai. doub. v, 3. || 2" Par analogie. Adhérera une offre, à une proposition. M. d'EIbœuf, qui ne cherchait que de l'argent, topait à tout ce qui lui en montrait, retz, ii, 290. Le dépit est passé; vous enragez d'avoir tôpé, dancourt, la Parisienne, se. U. Il [un voiturier] propose son prix, on y tôpe ; il demande à voir la malle, elle était à l'ordinaire, dider. Lett. à Mlle Voland, 25 nov. <760. Il Je tôpe à cela, et, absolument, tôpe. Nous rîmes fort de tout cela, et avec mon fils même; car il est de bonne compagnie, et dit tôpe à tout, sÉv. 22 avr. 167). . X la santé de M. l'ambassadeur ; à la santé de Mme la duchesse de Chaulnes. — Tôpe à notre cher gouverneur; tôpe à la grande gouvernante. — Monsieur, je vous la porte ; Madame , je vous fais raison. • Enfin, tant a été procédé.... m. au duc de Chaulnes, 15 mai 1691. Il me dit à l'oreille :à tel endroit, demain. Tôpe, lui répondis -je en lui serrant la main, PH. POISSON, Procureur arbit. se. 5.

— REM. La Fontaine a écrit top; Allons, sire Oudinet, X Jeanne top, Troq. Et aujourd'hui des gens prononcent tope et non pas tôpe. Au contraire plusieurs auteurs du xvir siècle écrivent tauper.

— ETYM. Bourg, taupi; It. toppare ; ail. ioppen, consentir à une offre ; d'après Scheler, de la racine top, onomatopée exprimant le bruit de mains qui se frappent pour confirmer le consentement.

t TOPHACÉ, ÉE ( to-fa-sé, sée), adj. Terme de médecine. Qui est de la nature du tophus. Concrétions tophacées.

— ETYM. Lat. tofaceus, de tofus (voy. tophus).

f TOPUET (to-fèt'), s. m. Nom d'un endroit particulier de l'ancienne Jérusalem, que quelques-uns croient n'avoir été que la boucherie de la ville, où l'on entretenait aussi un feu continuel pour réduire en cendres les carcasses des animaux et d'autres immondices qu'on y apportait de tous les quartiers.

t TOPHUS (lo-fus'), s. m. Terme de médecine. Dépôts de substance dure, comme osiieuse, qui se

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forment soit dans l'Intérieur des organes, soi! aux environs des articulations^ ils sont composé», dans le premier cas, de phosphate de chaux ; et, dans le second, d'urate de soude, lorsqu'ils tiennent à la goutte.

— HIST. XVI' s. Tophes ou nodus, paré, xvi, 4.

— ETYM. Lat. tophus ou tofus, tuf, de tôçoc tTOPIAIRE (to-pi-ê-r') , s. f. Terme d'antiquité. Art d'orner les jardins et de donner aux arbres des formes diverses. || Adj. Qui se rapporte à l'art d'embellir les jardins.

— HIST. xv!" s. Ung barrault d'or terny, couvert d'une vignette de grosses perles indicques , en ouvraige topiaire, rab. Pont, iv, i. Jardins bien cultivés et façonnés en parterres, labyrinthes et topiaires, yveh, p. 523.

— ETYM. Lat. topiaria, de tôhio, paysage, qui vient de loito;, lieu.

TOPINAMBOUR (lo-pi-nan-bour),». m. Il l' Plante de la famille des composées, genre hélianthe, helianthus tuberosus , t. || Tubercules que produit cette plante, alimentaires pour l'homme et les animaux, et dont le goiit est analogue à celui des fonds d'artichaut, mais plus sucré. || 2° Nom donné, aux Antilles, à une zingibéracée féculifère. Il 8° Topinambours blancs, nom sous lequel on mange, au cap de Bonne-Espérance et à Haïti, les racines de Vaistrœmeria edulis (amaryllidacées) de Tussac.

— ÉTYM. Topinombou*, du pays desquels la plante est originaire.

+ TOPINAMBOUX (to-pi-nan-boû), f. m. pi. Nom d'un peuple du Brésil, qu'on a quelquefois employé pour désigner des gens grossiers et ignorants. Voire chez les Grecs, qui pour nous Sont pires que Topinamboux, scarr. Virg. v. J'ai traité de Topinamboux Tous ces beaux censeurs, je l'avoue. Qui, de l'antiquité si follement jaloux, Aiment tout ce qu'on hait, blâment tout ce qu'on loue, BOIL. Épigr. xxv. || Boileau en a fait un adjectif : Et l'Académie, entre nous, Souffrant chez soi de SI grands fous. Me semble un peu topinamboue, Épigr. 25.

TOPIQUE (to-pi-k'), adj. || 1° Qui a rapport aux lieux. Dans vos travaux de physique et d'histoire naturelle, vous ne sauriez mieux faire que d'insistor le plus qu'il vous sera possible sur les curiosités topiques du diocèse [de Béziers] et de la province, Lett. inédite de Xairan, 13 août 1739, dans Bull, de la soc. arch. de Béziers, 2' série, t. I, p. 69. Il Divinité topique, divinité qui présidait à un lieu. Si un schisme s'élevait entre les sectes protestantes, aucun des partis ne trouverait à détruire dans l'autre aucun objet sensuel des superstitions; point de divinités topiques ni de saints tutélaires à briser ou à monnoyer, bayle, Dict. art. Mdcon. |l 2° Terme de médecine. Il se dit des médicaments qu'on emploie à l'extérieur. Noailles prit le fer à la main, retrancha les chairs inutiles, et appliqua quelques remèdes topiques, montesq. Lett. pers. 138. ||S. m. Les emplâtres, les onguents, les cataplasmes sont des topiques. Il 3° Fièvres topiques ou locales, variété de fièvres intermittentes anomales. Il 4° Fig. Qui se rapporte exactement à ce dont il s'agit. Il résume, dans un langage éminemment substantiel et topique, les réformes que demande encore l'institution, u. ladet. Je Temps, 22 mars 1868. {| 5° Terme de rhétorique. Lieux topiques, synonyme de lieux communs. Il 6' S.f.ùi, topique, la doctrine des lieux topiques, l'art de les trouver. Les sceptiques ont inventé une topique particulière , et se sont servis de dix moyens av«c lesquels ils examinent tout ce qu'on leur propose, la mothe le vayer, Vertu des paient. n, Pyrrhon. \\ 7' S. m. pi. Les topiques, certain» chefs généraux d'où l'on peut tirer de quoi s'étendre dans un discours. |{ Traité sur les lieux communs. Les Topiques d'Aristote. Les Topiques J de Cicéron contiennent la méthode de trouver les arguments par le moyen de certains termes qui s les caractérisent, et qu'on appelle lieux de rhéto-1 rique ou lieux de logique, rollin, Hitt. anc. Œuv. t. XI, 2' part. p. 689, dans pougens.

— ÉTYM. XVI' s. Il nous faut descrire les remèdes locau.t, ou particuliers.... et premièrement noteras, que les remèdes topiques apportent.... paré, XXI, 20.

— ÉTYM. Toiiixi;, de TOKOc, lieu, et, au sens de lieux communs, ta toinxà.

t TOPOGRAPHE (to-po-gra-f), s. m. Celui qui s'occupe de topographie. || Peintre topograph», celui qui représente des églises, des palais, des ville», etc.

TOQ

— RIST. iTi*s. n nous fauldroit des topographea qui feisscMit des narrallons «les endroits où ils ont rslé, MONT. I, l-U.

— f.TVM. Tonofpiço; , de TÔno«, lieu, el ypiçiiv, décrire.

TOI'OGRAPIIIK (to-po-gra-fie), ». {. \\ 1' Description détaillée d'un lieu particulier. La topographie moderne de ces contrées-là [KUiiopie] n'est pas fort connue, et celle du temps de Céphée encore moins, corn. Andrum. argument. La topographie était si confuse, Ique, la veille de la bataille de Koiitenoy, on examina toutes les cartes du pays, et on n'en trouva pas une seule qui ne fut entièrement fautive, volt. Dict. phil. Ciingraphic. La première chose qui frappe on comparant ces descriptions |de volcans], c'est qu'on doit renoncer à transmettre à la postérité la topographie eiacte et conslaiito de ces montagnes ardentes; leur forme s'altère et change , pour ainsi dire, chaque jour, buff. Àdd.th. terr.Oiuv. t. xiii, p.67. IITopo^-raphie souterraine, description des gîtes houillers et métallifères. H 2" Art de représenter sur le papier la configuration d'une portion de terrain avec tous les objets qui sont à sa surface.

— ÉTYM. Lat. topographia ; du grec loitOYpaçia (voy. topographe).

TOPOGRAPHIQUE ( to-po-gra-fi-k'), adj. Qui appartient à la topographie. Description topographique. Il Carte topographique , représentation exacte et détaillée d'un lieu, d'un canton.

t TOPOLOGIOUK (to-po-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la connaissance des lieux. || Système topologique, système qui consiste à rattacher une suite d'idées abstraites à des objets sensibles, familiers.

— ÊTYM. Tonoç, lieu, et i.oyo:, doctrine.

t TOPON'OMASriOUE (to-po-no-ma-sti-k'J, i. f. L'onomastique des lieux.

— F.TYM. ToiToç, lieu, et onomastique.

t TOPOSYMIK (to-po-ni-mie);s. f. La désignation des localités par leurs noms. Le système de la toponymie ibérienne.

— ËTYM. To;;o;, lieu, et {voiia, nom.

tTOPO.NVMIOUE (to-po-ni-mi-k'), adj. Relatif

aux noms des localités. D'ingénieux rapprochements toponymiques.

t TOPORA.MA ito-po-ra-ma), s. m. Panorama d'un endroit particulier; vue d'optique.

— f.TYM. Tôito;, lieu, et ipiiD, voir.

t TOQUADE (t(vka-d'), t. f. Terme populaire. Manie pour, forte inclination. C'est sa toquade.

— ETYM. Toquer.

\ TOQUAGE (to-ka-j*), t. m. Terme de lypogra phie. Action de remplacer momentanément un ouvrier dans son travail.

t TOQUANTE (to-kan-f), s. f. Terme populaire. Une montre, par allusion au tic-tac de la montre. Il avait, la semaine. Deux fois du linge blanc, Et comme un capitaine La toquante d'argent, Chanson populaire : Dans les gardes françaises.

— KTYM. Toquer.

TOQUE{lô-k'), s. f. Il !° Sorte de chapeau à petits bords, plat par-dessus, plissé tout autour, et couvert de velours, de satin. Une toque de juge, de professeur. Cette femqie avait une belle toque. Là-dessus, il 6ta sa loque, scahr. Virg. vi. Toque lu lieu de chapeau, haut-de-chausse trqussé : La barbe seulement demeure au personnage [il s'agit d'un homme qui s'habille en page], la font. Petit chien. Défense aux bonnetiers-chapeliers de faire fuuler les bonnets cl toques au moulin, .IrnU du parlem. 8 fév. (694. Zélie : D'abord on commence par ni'établir sur la tête un énorme coussin.... — Rosine: Un coussin?— Zélie : Oui, ils appellent cela une toque, genli.s, Thédt. d'éduc. la liolombe, se. 3. || 2° Au turf, coifTure des jockeys; ou ne dit jamais casquette. || 3° Sorte de coiffure en usage au ivr siècle. || 4» Linge de chanvre ou de gros lin, qui couvre les épaules et l'estomac des religieuses du Saint-Sacrenienl. || 5* Nom vulgaire du scutellaria yalericulala, t., plante labiée commune dans les prés marécageux, jj 6* Espèce de •inge.

— MIST. XVI' S. tJne tocque de velours noir sur laquelle cstoit le chappeau de conte fait de grosses perles orientales, de labobde, Emaux, p. 207.

— ÊTYM. Espagn. »oco; porlug. louca; ital. tocca ; du celtique : bas-bret. tok ; kymri, toc, chapeau, coiffure en général.

t T(H.>UÉ, ÉE (lo-ké, kée), port, passé de toquer. Il Kam. et fig. 11 est toqué, il a le cerveau un peu dérangé.

TOQUER (to-ké), je toquais, nous toquions, vous toquiez ; que je toque, que nous toquions, que

OICT. BB L.\ I^NGUE PKANCAI3B.

TOR

TOUS toquiez, v. a. || 1- loucher. J'en al ru [des filuus] d'adroits i toquer une carte.... Dial. d'Orat. Tulero, t. ii, p. 291. || Ce mot, vieilli, reste usité dans cette locution : Qui to(|ue l'un toque l'autre, qui offense l'un offense l'autre. 112" Fig et populairentent. Rendre fou, comme en touchant le cerveau. La politique l'a toqué. || 3- Terme de typographie. Uemplacer un ouvrier dans un travail.

— IIIST. XV s. B. Laissons les là. — M. Ho je n'y toque; Il n'est point de pire défroqué Que de malheur à malheureux, vill. liaillev. et Kalepaie.

— RTVM. Autre forme de toucher (voy. ce mot); génev. tourner, tiquer, battre, frapper; Berry, le cceur me loque, cette montre ne toque plus.

t TOQUKRIE (to-ke-rie), s. f. Chaufferie ou endroit du foyer d'un fourneau de forge.

TOQUET (to-kè ; le ( ne se lie pas ; au pluriel, 1'* se lie : dos to-kè-z élégants), s. m. Coiffure, espèce de bonnet de femmes et d'enfants. Ses mules (l'un côté, de l'autre son loquet, Régnier, Sat. xi. Je lève les yeux au ciel, je baise le louis devant lui [un enfant]; el, pour lui faire entendre mieux encore l'impoilanco de la pièce sacrée, je lui bégaye de la voix, je lui désigne du doigt tout ce qu'on peut acquérir, un beau fourreau, un beau loquet, un bon biscuit, diderot, le Neveu de Rameau. Il Populairement. En avoir dans le loquet, être ivre. || Terme de musique. Voy. coquet.

— ETY.M. Dimin. de loque.

t TOQUEUX (lo-kcij), s. m. Sorte de fourgon à l'usage des laffineurs de sucre.

t TORAII.LE (lo-râ-ll ; Il mouillées), ». f. Espèce de corail brut.

t. TORCliE (tor-ch'),i.f. Il 1° Étymologiquement, chose roulée, tortillée; sens inusité, mais qui se retrouve dans tout ce qui est désigné par le mot torche. Il 2' Linge roulé que les femiues se niellent sur la tète quand elles portent un vase. ; 3° Selle bourrée en paille el recouverte en grosse toile, qu'on met sur le dos des mules, des ânes ou des chevaux. || 4" Poignée de foin, roulée dans l'argile, dont on garnit le tour des tuiles qui forment les ouvreaux du four de glaceric. || B" Échevcaud'or coupé par aiguillées, pour broder. || Paquet de fil de fer ou do laiton plié en rond. On dit aussi torque. || Un ou plusieurs tours que le vannier fait imiiiédialemenl en différents endroits d'une hotte. || 6" Flambeau consistant en un bâton de sapin ou de queliiuu autre bois résineux entouré de cire et de mèche, et, par suite, (lambeau grossier fait de résine ou do cire. Torches funéraires. Torches ou flambeaux résineux pour pompiers, chemins de fer, etc. Ce criminel fut condamné à faire amende honorable la torche au poing. Boisselleries et raclerics : pour une voie de 52 bottes de torches et manches de balais, entrant par eau, e»t dii 3 livres 13 sols <i deniers. Déclarât. 22 oct. iTH, tarif. 11 [François I"j fit indiquer, au commencement de (626, par Jean du Bellay, évêque de Paris, une process.on générale à laquelle il assista une torche à la main, comme pour faire amende honorable des prolanalions des sectaires, volt. Ilist. pari. xix. 1| Fig. el poétiquement. Les torcfios d'hyménéc, les torches nuptiales, le mari.igo. X peine, depuis l'heure à ce noeud destinée, A-l-elle vu flamber les torches d'hyménée, rotr. St Gen. n, 8. Il [Massinissa] avait allumé les torches nuptiales [mariage avec Sophonisbe] devant les dieux domestiques de Syphai, cHATEAUBii. flm^r. part. 7. Il Fig. Les torches de la Discorde. || 7° Terme de botanique. Cierge épineux. ||8° Terme de vénerie. Se dit des fumées qui sont à demi formées. || 9" Terme de jardinier. Fourchée de fumier pliée en deux servant à border une couche.

— lllST. xiv s. Il se fuist combatus à toises alumans, Baud. de Seb. x, 3(2. la lorsse pas tant ne vaudroil; Car sa clartés souvent faudroit, J. nt CONDÉ, t. III, p. 298. X Jehan Boinevie, pour frais d'arsures de torses à faire les presens de vin de nuit.... caffiaux, Régence d'Aubert de Bavière, p. r.«. Une poignée de chaiideilles de cire, ou une torse de chambre, du cange, tcrsa. || xv» s. Torche de fcurre ardanl, Perceforest, t. i, f" 61 Je serois bien heureuse d'avoir un tel jeune galant, qui n'auroit cure de moi, qui me depcndroit tout le mien, et, se j'en sonnois mot, encore aurois-jo la torche [c'est-à-dire on me donnerait tort; allusion aux amendes honorables], louis xi, Kouv. lui. Il XVI* s. De chacun cent de torches d'ouzier, quatre torches. — De la charlée de basions de raquette, torches et flambeaux, huit deniers parisis, Arrêt du parlem. (« sept. (677. Sachets, coussins.

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