‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 227 sur 754 · XXX · texte numérisé non relu

XXX

— ETYM. Lai. uteriTLUs, de utérus (voy. utérus). t CTÉRINITJ5 (u-té-ri-ni-lé), t. f. Droit, état,

position d'un parent utérin, t DTËBO-LOUBAIRE (u-té-ro-lon-bé-r') , adj.

un

Terme d'anatomie. Qui se rapporte à l'utérus et aux lombes.

fCTÉRO OVARIEN, IENNE(u-té-ro-o-va-riin, rièn'), adj. Terme d'anatomie. Qui se rapporte à l'utérus et à l'ovaire.

t UTÉRO-PLACENTAIRE (u-té-ro-pla-sin-tê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui concerne l'utérus et le placenta.

t UTÉRO-SACRÉ, ÉE (u-té-ro-sa-kré, krée), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'utérus et au sacrum. || Ligaments utéro-sacrés ou utéro-lombaires, expansion du tissu fibreux sous-péritonéal qui se fixe sur l'aponévrose pelvienne elle sacrum, et qui est un des plus puissants moyens de fixation de l'utérus.

t CTÉROSCOPIE (u-té-ro-sko-pie), s. f. Terme de médecine. Examen, à l'aide d'instruments, de l'utérus pendant la grossesse et lors de l'accouchement, au point de vue de la situation absolue ou relative du fœtus.

— ÊTYM. Utérus, et uxoheiv, examiner.

t UTÉROTOME (u-té-ro-to-m'), s. m. Terme de chirurgie. Instrument employé pour la section du col de l'utérus.

— ÉTYM. Utérus, et to(i:^, section.

+ nTÊRO-VAGlNAL, ALE (u-té-ro-va-j i-nal, na-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'utérus et au vagin.

UTÉRUS (u-té-rus"), ». m. Terme d'anatomie. La matrice. |{ Utérus mâle, voy. utricule prostatique. Il Terme de médecine. Utérus irritable, condition inflammatoire et névralgique de l'utérus, dans laquelle il y a beaucoup de souffrances, surtout dans la station et la progression, ainsi qu'aux époques menstruelles.

— HIST. XVI' s. L'enfant a besofn quasi d'estre comme recuit et retenu dans l'utérus jusques à deux ou trois mois après, paré, xviii, i b.

— ÊTYM. Prov. esp. et it. u^ero, du latin utérus, matrice; comparez le sanscr. udara, ventre.

UTILE (u-ti-l'), adj. \\ l' Qui sert à quelque chose. Il faisait connaître au roi les hommes les plus capables de remplir les grandes places; que peut faire de plus utile un zélé ministre? boss. le Tellier. Ce sont ces hommes qui deviennent humbles pour pouvoir dominer, utiles afin de se rendre nécessaires, PLÉCH. Lamoignon. Mais [moi] qu'une humeur trop libre, un esprit peu soumis De bonne heure a pourvu d'utiles ennemis, boil. ÉpU. vu. Je veux même que.... il ne vous ait été ni utile ni même honorable d'en relâcher une partie [de votre autorité] en faveur du peuple, vertot, Révol. rom. Il, p. «B6. Douze mille sujets du roi très-utiles [les serfs de Saint-Claude], enchaînés par vingt chanoines très-inutiles, volt. Lett. Christin, fév. «77<. La vie courte de l'homme utile ressemble au plus précieux des métaux, qui a beaucoup de poids sous un petit volume, sénèque, dans dider. Claude et Nér. II, 34. Il 2' Terme d'administration et de procédure. En temps utile, dans le temps prescrit, déterminé. Il Jours utiles, les jours qui sont comptés dans les délais accordés par les lois et dans lesquels les parties peuvent réciproquement agir en justice. Il Ordre utile, le rang des créanciers qui, d'après la date de leur hypothèque, seront payés sur les biens du débiteur. || Domaine utile, les fruits, les revenus d'une terre. Les papes eurent des domaines utiles dans la Pentapole comme ailleurs; mais ils ne furent souverains ni sous Pépin, ni sous Charlemagne, qui eurent la juridiction suprême, VOLT. Mél. hist. Incurs. sur Sonotte , 28. Il Seigneur utile, celui qui possédait les revenus et non le fonds. || 3° S. m. Ce qui est utile. Nous y rencontrerions l'utile et l'honorable, tristan, Ponthée, I, B. Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile. Et le beau souvent nous détruit, la font. Fabl. VI, 9. La satire en leçons, en nouveautés fertile. Sait seule assaisonner le plajsant et l'utile, BOIL. Sat. ix. Ses parents, suivant la coutume des parents, voulaient qu'il songeât à l'utile, et que, puisqu'il était médecin, il en tirât du profit, ponten. Homberg. Si l'on n'imprimait que l'utile, il y aurait cent fois moins de livres, volt. Louis XIV, écrivains. Urne de Maintenon. L'utile circonscrit tout; ce sera l'utile qui, dans quelques siècles, donnera des bornes à la physique expérimentale, dider. Interprét. de la nat. n* 6.

— HIST. xir s. Bien le sai que tu es prudum e utle e profitable à mun os [armée]. Rois, p. H3.

— ETYM. Provenç. et espagn. ultJ ; ital. utile; du latin utilis, de u(i, se servir. Vile est la forme ancienne et correcte, Otllis ayant l'accent sur u; lUiU a été refait sur le latin.

un

UTILEMENT (u-ti-Ie-man), aav. D'une manière utile. Les mauvais succès sont les seuls maître» qui peuvent nous reprendre utilement, boss. Reine d'Anglet. La fioite des Pays-Bas, arrêtée par les vents contraires, fournit aux croisés l'occasion d'employer utilement leurs armes vers !'& pagne, volt. Ann. Emp. Frédéric //, 4 2)7. RoUin un (les hommes qui ont travaillé le plus utilement pour l'éducation de la jeunesse, d'alemb. Œuv. t. m, p. 4 03. Il Terme de procédure. Être utilement colloque, être colloque en ordre utile.

— ÊTYM. Utile, et le suffixe ment; provenç. uJtJment: espagn. et ital. utilmente.

t UTILISABLE (u-ti-li-za-bl'), adj. Qui peut être utilisé. Des observations utilisables.

t UTILISATION (u-ti-li-za-sion), t.f. Action d'utiliser.

UTILISÉ, ÉE(u-ti-li-zé,zée),port.pos«é de utiliser. UTILISER (u-ti-li-zé), v. a. Tirer de l'utilité, tirer parti d'une chose. Utiliser son temps.

— ÉTYM. Utile. Ce verbe parait avoir été créé depuis la révolution.

t UTILITAIRE (u-ti-li-tê-r'), odj. Néologisme. Qui vise à l'utilité. || Se dit d'une école fondée parBentham au commencement de ce siècle; elle ne reconnaît pour principe du bien que l'utilité générale. Il Substantivement. Un utilitaire. Les utilitaires.

t UTILITARIANISME (u-ti-li-ta-ri-a-ni-sm') , et UTILITARISME (u-ti-li-ta-ri-sm'), t. m. Système des utilitaires.

UTILITÉ (u-ti-li-té), s.f. Il 1' Qualité d'être utile, de servira quelque chose. La cupidité faitque, dam l'administration des choses spirituelles, on met sa fin principale dans l'utilité temporelle qui en revient, PASC. Réfut. de la rép. à io 4 2' lett. La fondation des filles de la Croix, qui instruisent des jeunes filles, et dont on reçoit en plusieurs villes une fort grande utilité, sév. 8 avr. 4674. Ceux auxquels saint Augustin a dit ce beau mot : Vous perdez l'utilité de vos souffrances, BOSS. 2' sermon pour le dim. des Rameaux, 3. Et [.M. de Lamoignon] ne voulut, dans toutes ses actions.... d'autre but que l'utilité publique, d'autre récompense que la gloire de bien faire, fléch. Lamoignon. L'utilité générale et le consentement commun doivent être les deux grandes règles de nos actions, dider. Opin. des anc. philos. [Épicurisme). || Cela n'est d'aucune utilité, cela n'est d'aucun usage, ne sert à rien. || L'utilité de..., au sens actif, ce à quoi sert une chose. L'utilité de l'histoire n'est affaiblie que par ceux qui ne savent pas l'écrire, et n'est méconnue que de ceux qui ne savent pas la lire, barthél. Ànach. ch. 65. . Il L'utilité de, au sens passif, l'avantage retiré par. Ne promettez-vous vos soins à l'Eglise qu'à ce prix-là? ce n'est donc pas son utilité que vous vous proposez, c'est la vôtre, hass. Conférences, Àmbit. des clercs. || Au plur. Voilà ce qui m'est venu en pensée touchant le but, les utilités et les parties du poëme dramatique, corn. 4" dise. Cette suite des empires, même à la considérer plus humainement, a de grandes utilités, principalement pour les princes, Boss. Hist. m, 4. Cet esprit de charité pure, toujours prête à renoncer à soi-même pour servir aux utilités et au salut du prochain, ro. Panég. St Pierre Nolasqxu. Il 2* En économie politique, faculté qu'ont les choses de pouvoir servir à l'homme, de quelque manière que ce soit. Il 3' Au plur. Terme de théâtre. Les emplois, les rôles utiles et non brillants de la pièce.

— HIST. xn* s. Quel utilitet el mien sanc, dcmentres que [pendant que] je descent en corruptiun? Liber psalm. p. 35. Non mie por acusier sa cité, mais por traitier la comune utilité, Machab. n, 4. Lo deseier [désir] d'utiliteit. Job, p. 454. Il xiv s. Les utilités pour quoi les mendibles [mâchoires] desous se meuvent sans celés desus, H. de mondeville, f* 4 9, verso. X l'utilité du commun, laquele doit cstre devant selonc le philosophe, ID. f" 4. Pour le profist de l'utilitei et l'accroissance de la ville, Bibl. des ch. B- série, t. la, p. B94. Il xvr s. Ces utilitez [de l'histoire] si notables sont partout accompagnées de delectatioa singulière, amïot, Préf. xni, 40. D'abondant m'invitez à la continuation de l'histoire pantagrueline, alléguant les utilités et fruictz perceus en la lecture d'icelle, rab. Pant. iv, Anc. prol. Tout fut juré et conclud, à la charge que la moitié dat utillitez du gouvernement appartiendroit à la BouUoie (bien qu'absent), pcurce qu'il faisoit la plus part des frais, d'aub. Hist. n, 3B9.

— fiTYH. Provenç. utUitat ; espagn. utilidad; itiil. ulilità; du lat. xttilitatem,ie utilis, utile.

UTR

UVA

UXO

\ UTirnBT (u-ti-né), ». m. Maillet du tonnelier. Il Escabeau de la dentellière.

t OTI POSSIDETIS (u-ti-po-ssi-dé-tis") , I. m. Mots latins qui s'emploient surtout en diplomatie pour dire : coiume chacun possède. La base du traité fut l'uti possidetis, c'est-à-dire que chaque puissance conserverait ce dont elle était en possession.

— HIST. xiï* s. Action de nouvellcté, comme vous tenez, que les clercs appellent uti possidetis, BOUTEILLER, Somme rural, titre xxvii , p. tm,

dans LACURNE.

— Etym. Lat. u(t, comme, possidetit. vous possédez. Uti possidetis est le commencement de la formule de l'interdit qui répond en droit à notre action possessoire. Uti nunc possidetis, quominus ita possideatis, vim fieri veto, gaids, iv, trutit.

DTOPIE (u-to-pie), I. f. Il !• Pays imaginaire où tout est réglé au mieux, décrit dans un livre de Thomas Morus qui porte ce titre. Chaque rêveur imagine son Utopie (avec majuscule). || l' Fig. Plan de gouvernement imaginaire, où tout est parfaitement réglé pour le bonheur de chacun, et qui, dans la pratique, donne le plus souvent des résultats contraires à ce qu'on espérait (avec une minuscule). Se créer une utopie. De vaines utopie». Il Projet imaginaire.

— HIST. XVI' s. Finablement arrivarent au port de Utopie, distant de la ville des Amaurotes par trois lieues, rab. Pant. n, 24. La malice que bavons de Adam pour héritage s'est treuvce tousjours à Genève comme ailleurs.... si qu'il ne fault chercher ronds et entiers plaidoieurs qui par cavillations ne prolongent les procez, sinon en utopie, BONIVARD, Ane. et nouv. police de Genève, p. 37.

— ÊTYM. Nom forgé par Thomas Morus de où, non, et tono;, lieu, c'est-à-dire chose qui ne se rencontre en aucun lieu.

t UTOPISTE (u-to-pi-sf), ». m. Celui qui croit à une utopie. || Créateur d'une utopie. || Celui qui prend ses rêves pour des réalités. || On a dit utopien. Le zèle de nos modernes utopiens, rivahol, dans le Dict. de dochez.

t CTRAQUISTES ( u-tra-kul-sf), t. m. Nom donné à des sectaires de Bohême, qui regardaient comme indispensable la communion sous les deux espèces (sub utraque specie) ; dits aussi caliitins.

t UTRICCLAIRE (u-tri-ku-lê-r'J, adj. || 1» Qui a la forme d'un utricule. || Terme de botanique. Tissu utriculaire , tissu cellulaire des plantes.

Glandes utriculaires , petites loges qui ont la forme d'ampoules et contiennent un fluide aqueux; on les trouve à la surface de certaines plantes ; exemple : la glaciale. || Terme d'anatomie. Glandes utriculaires, follicules du gros intestin ou du col de l'utérus dont l'extrémité en cul-de-sac est ren- (lée. Il 2° S. f. Utriculaire , genre de plantes qui sert de type à la famille des utriculariées ; on y distingue l'utriculaire vulgaire, commune dans les eaux stagnantes.

— ETYM. Utricule.

t DTRICULAniÉES (u-tri-ku-la-ri-ée), f. f. pi. Terme do botanique. Famille de plantes habitant les eaux douces stagnantes, voisines des scrofularinées.

t UTRICULE (u-tri-ku-P) , I. m. || 1* Terme d'anatomie inventé par Boerhaave pour Ruysch. Petite poche. |{ Renflement du labyrinthe membraneux de l'oreille. || Utricule prostatique, organe en forme de poche piriforme, situé sur la ligne médiane entre les deux canaux déférents , à la face uréthrale de la prostate. || i' Terme de botanique. Chacune des cellules du tissu cellulaire des végétaux. Il Petites outres pleines d'air servant à soutenir dans l'ea • les feuilles et les racines de quelques plaines. C'est Malpighi qui avait donné le nom d'utricules à la substance vésiculaire qui remplit les intervalles que laissent entre eux les vaisseaux longitudinaux, bonnet, Contempl. nat. z, 26. Ces grands utricules découverts par Malpighi et Grew |dan3 les parenchymes des feuilles], m. Lett. div. Œuv. t. xn, p. 43e, dans pougens. Il Nom donné par quelques botanistes à certaines espèces de fruits. || Cavité remplie de fluide fécondant que forme chaque grain de pollen. || Utricules mères poiliniques, utricule» mères du pollen, les ovules mâles des phanérogames.

— REM. C'est à tort que quelques botanistes le font féminin : Utricule primordiale, utricule azotée qui tapisse certaines cellules végétales et est appliquée contre leur paroi de cellulose.

— ÊTYM. Lat. u(rtc«Ius, dimin. de uter, outre.

t UTRICULEUX, EUSE (u-lri-ku-leû, leù-z'), adj. Terme de botanique. Qui est garni de petites outres, comme les racines, les feuilles radicales et les rameaux des utriculaires.

t UTRIFORME (u-tri-for-m'), adj. Qui ressemble à une outre.

— ETYM. Lat. uter, outre, et forme.

t UVAGE (u-va-j'), ». m. Glacis de terre cuite, qui forme l'encaissement d'une chaudière à sucre.

t CVA URSI (u-va-ur-si), ». m. Terme de botanique. Mots latins qui signifient raisin d'ours, et dont on se sert parfois pour désigner l'arbousier raisin d'ours (éricacées), arctostaphylni uva urti.

t CVE (u-v'), ». f. Ovaire en grappe. La femelle [des poissons à ouïe] contient des uves, qui sont des amas d'œufs renfermé» sous une enveloppe commune, et qu'elle laisse tomber au temps du frai, BONNET, Contempl. nat. zii, 27.

— ETYM. Lat. uva, grappe de raisin, de même radical que urere, être plein d'humidilé.

UVÉE (u-vée), ». f. Terme d'anatomie. Nom donné autrefois tantôt i la choroïde, tantôt i la face postérieure de l'iris. || Aujourd'hui, le système de parties représenté par la choroïde, les procès ciliaires et l'Iris.

— HIST. XVI' s. La 8' tunique appelée uvée, pour la similitude qu'elle a en couleur avec un grain de raisin noir.... aucuns l'appellent choroïde, à raison qu'elle est tissue abondamment de veines et artères, comme l'arriere-faix ou secondine des femmes, paré, iv, ».

— ÊTYM. Dérivé du lat. uva, grain de raisin (voy. uve).

t UVÉITE (u-vé-i-t'), ». f. Terme de médecine. Inflammation de la face postérieure de l'iris.

— ETYM. Uvée, et la finale médicale ite qui indique inflammation.

t UVETTE (u-vè-t'), ». f. Genre de plantes conifères dont les baies sont douces et bonnes à manger. Il Ëphèdre ou raisin de mer.

t UVIFORME (u-vi-for-m'), adj. Qui a la forme d'une grappe de raisin.

— ÊTYM. Lat. uva, grain de raisin, et forme.

t UVIQUE (u-vl-k') , adj. Terme de chimie. Acide uvique, synonyme d'acide tartrique.

— ÊTYM. Lat. uva, raisin.

t UVULAIRE (u-vu-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la luette.

— ETYM Lat. uvula, luette, proprement petit grain de raisin, dimin. de uva, raisin.

t UWAROWITE(ou-va-ro-vi-t'),ï. f. Nom donné à un minéral vert, trouvé à Bissersk, gouvernement de Perm en Sibérie, et qui est une espèce de grenat.

t UXORIEN, lENNK (u-kso-riin, riè-n'), adj. Qui est du c(!té de la femme, en parlant de descendance. M. Meliaud veut obtenir des avancements pour ses neveux uxoriens , d'abgenson , Mém. t. Il, p. 298. Il Latinisme inusité.

— ÊTYM. Lat. uior, femme mariée.

VA

V(vé, ou, suivant l'épellation moderne, ve), f. m. Il 1' La vingt-deuxième lettre de l'alphabet. On l'appelait autrefois u consonne. Un V majuscule Cn petit v. || 2° Dans les chiffres romains V vaut 5; VI, 6; VII, 7; VIII, 8 ; IV , 4. Avec un tiret danscette forme V, il signifiait cinq mille. || 3' Dans les observations météorologiques, signifie Vent. Il 4° Terme de musique. Sur les partitions, indique quelquefois la partie de violon. || Signifie aussi volti, tourne. V. S. volti subito. ||8° V ou f, dans les livres d'église, signifie verset. || 6' En termes de libraire et d'imprimeur, V signifie folio verso. Il 7* Dans le commerce, v/c, veut dire votre compte, il 8* V. A., Votre Altesse. V. E., Votre Excellence, etc. V. V. Vos. Il 9» Terme d'anatomie. V lingual, nom donné à deux rangées de papilles qui sont sur la langue et qui se rencontrent en forme de v.

— ETYM. V latin, qui représente le f grec.

4. VA (va), 3' personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe alier. |1 2' personne du singulier de l'impératif. || Pour va-t'en, et va construit avec en et y, voy. aller , aux Rem. ( et 4. || Vat'en voir s ils viennent, voy. voir, aux Prov.

— ETYM Voy. VAIS (je).

2. VA (va), ». m. X certains jeux, la bassette, le pharaon, ce qu'on met au-dessus de la vade. Sept et le va, etc. sept fois la vade; quinze et le va, quinze fois la vade. || Au pharaon, paix de sept et le va, de quinze et le va, etc. manière de jouer

VAG

qui consiste à plier une carte pour annoncer qu'on joue sept et le va, quinze et le va, etc.

— ÊTYM. Va, 3' personne d'aller.

VACANCE (va-kan-s'), ». f. \\ 1" Temps pendant

lequel une fonction, une dignité n'est pas remplie. La vacance du saint-siége. Chaque vacance du trône est suivie d'une affreuse guerre civile, MONTESQ. Esp. V, (4. ||2° Au plur. Temps durant lequel les études cessent dans les écoles, dans les collèges. Le temps des vacances. || Par extension. Vous êtes, vous ma fille, dans de véritables vacances, vous faites un usage admirable du beau temps; dîner dans votre château est une chose extraordinaire , sÉv. 368. || Fig. Il me semblait qu'il était ravi à Vichy d'être en vacances [séparé d'une mauvaise liaison], comme vous dites, sÉv. 368. Il II se dit aussi quelquefois au singulier : un jour de vacance. || 3' Temps, dit aussi vacations, où les tribunaux interrompent leurs fonctions. Je vous retire encore les vacances de la chambre de l'Arsenal ; ils se sont remis à travailler au bout de quatre jours, sÉv. 408. Les vacances de la chicane font partir bien des gens, ID. 26 août (675.

— ETYM. Lat. vacantia (quicherat. Addenda), de vacans, vacant.

VACANT, ANTE (va-kan, kan-f), adj. || !• Qui n'est pas occupé, qui est à remplir. Maison vacante. N'est un siège vacant au premier qui l'occupe, RÉGNIER, Sat. z. Idoménée, persuadé par

VAG

Mentor, se hâta de distribuer les terres vacantes, PÉN. Tél. XII. Pour lui ôter [à Denis] l'ennui de son palais doré, le mettre dans mon tonneau vacant depuis ma mort, id. Dial. des morts anc. (Diogène, Denis l'Ancien). \\ i' Fig. Il se dit des emplois, des places, des dignités. Le bénéfice n'était pas vacant, mais il n'était pas desservi; M. de la Rochefoucauld était en possession, mais il était en Poitou, RETZ, Jf^m. t. I, liv. n, p. 263, dans POUGENS. Jules II ne déclara-t-il pas que, par son excommunication contre Louis XII, le trône de France était vacant, et qu'il le donnait au premier qui pourrait s'en emparer? saint-foii, Est. Paris, Œuv. t. iv, p. 325. Le moine Jacques Clément.... ne voulut entreprendre son saint parricide que lorsque soixante et onze docteurs eurent déclaré unanimement le trône vacant et les sujets déliés du serment de fidélité, volt. Facéties, Prophétie de Sorb. Heureusement la place qui vous est promise n'est point encore vacante; on aura tout le temps de faire valoir vos droits si bien établis, ID. Lett. Damilaville, 23 nov. (787. || Terme de jurisprudence. Succession vacante, succession que personne n'a réclamée, ou à laquelle on a renoncé. Il Curateur aux biens vacants, curateur établi pour la régie et conservation des biens qui n'ont point de propriétaire certain. || Anciennement, cette compagnie est vacante, ce régiment est vacant, le grade de capitaine, de colonel n'est

VAC

pu rempli. Il Èvéque vacant, ancienne expression pourévéque sans église, ah. Thierry, Rev. de» Deux- Mond. )" avr. )872, p. b*%. || 3' S. m. Le vacant, dans l'ordre de Malte, le revenu entier d'ane commanderie, après la mort du commandeur, pendant l'année qui suit; il appartenait au trésor de l'ordre.

— HIST. uv s. Biens vacans sont biens d'avent'ire, comme ung cheval eschappé que l'on ne sceit i qui il est, une bourse trouvée en un chemin.... BO CANGE, rocand'o. Il XV' s. Ledit gentilhomme, ses parens et amis avoient mis el employé tout leur vaillant pour payer le vacant d'une abbaye pour un de leurs parens, Chron. seand. de LouU XI, p. 268, dans LACURNE

— F.TVM. Voy. VAQUER. Rabelais a dit vacque : Estables vacques, Garg. i, ^2.

VACARME (va-kar-m'), s. m. \\ 1" Grand bruit, grands cris. Celle-ci fune veuve] faisait un vacarme. Un bruit et des regrets à percer tous les cœurs, LA FONT. Matr. d'Éph. La nuit, ni son obscurité. Son silence el ses autres charmes De la reine des bois [la lionne qui avait perdu son petil] n'arrêtaient les vacarmes, m. Fabl. x, (3. Et qui donc es-tu, toi, Qui fais tant de vacarme, et parles de la sorte 1 mol. Amph. ni, 2. Je ne puis soutenir le vacarme de mon cabinet : il y a plus de cinquante femmes à Marly, maintenon, Letl. au duc de Noailles, t. v, p. 9o, dans pougens. Un lutin que l'enfer a vomi sur la terre. Pour faire aux gens dormant une éternelle guerre, Commence son vacarme et nous lutine tous, reonard. Fol. am. 1, 2. Il 2° Grand bruit fait dans une querelle. Quel malheur est le mieni ainsi donc sans sujet J'ai fait ce grand vacarme à ce charmant objet I corn. le Kent, m, 2. Monsieur, point de vacarme; Songez que vous mettez le quartier en alarme, hauteroche, Appar. tromp. i, 6. Ce sont souvent les maris qui, avec leurs vacarmes, se font eux-mêmes ce qu'ils sont, UOL. G. Dand. u, 4. || Il est allé faire du vacarme dans cette maison, il y est allé quereller quelqu'un, faire du bruit. |i 3* Fig. Clameur publique. L'édition [d'un ouvrage de Voltaire] qui a fait tant de vacarme, volt. Letl. Formant, i juin (734. Il n'était nullement probable qu'après le vacarme fait à Genève par le conseil, et à Neuchàtel par la classe, il voulût m'administrer tranquillement la cène dans son église, J. J. Houss. Conf. XII.

— HIST. XIII' s. Flament seut[il sut le flamand), si cria waskarme, Ren. t. iv, p. 239, v. 2882. ||xiv*s. Cil qui sont de mort entouchiez. Sont entre les autres couchiez 0 les morz ; nul ne les desarme ; En criant wacarme, wacarme. Qui vaut autant corn dire hclas. Gisent aucun.... G. guiart, Roy. lignages, t. ii, p. 378. || xv* s. Et encor me faisoit pis Wacarme, alarme et les cris Des Flamans.... e. desch. Poésies mss. f» 473. |lxvi' s. Interrogé quelle fin il pretendoit par le tumultuaire vacarme, rab. i, 46.

— KTVM. Flamand, wach-arme, composé de vtach, malheur à, qui est le weh des Allemands, et orm, misérable.

VACATION (va-ka-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Profession, métier (vieilli en ce sens). Quelle est sa vacation ?|| 2° Espace de temps que les gens de loi consacrent à une affaire. U nous a multiplié le.s vacations. || 3' Honoraires des hommes d'affaires et des gens de loi. On lui a taxé ses vacations. Et mes vacations, qui les paiera? personne? rac. Plaid, u, 43. ||4° Au plur. La cessation des séances des gens de justice, dite aussi vacances. Le temps des vacations du tribunal. Le lendemain qu'elle fut publiée et enregistrée, qui fut le 24 octobre 4648, le parlement prit ses vacations, hetz, Sém. t. i, liv. u, p. 22B, dans pougens. Il Chambre des vacations, chambre chargée de rendre la justice pendant les vacations. || Par extension. L'Académie employa près de trois mois à examiner ces stances [de Malherbe]; encore n'acheva-t-elle pas ; car elle ne toucha point aux quatre dernières, parce qu'elle eut d'autres pensées, et que le» vacations de cette année-là survinrent bientôt après , pelusson , Uist. Acad. lu. Il 5' Au ting. Vacance, tn parlant des choses non occupées. La vacation de ce bénéfice arrivant.

— REM Les numéros 4, 2 et 3, ont un sens diamétralement opposé au 4' et au &*. On retrouve le même lait dans vaquer (voy. ce mol).

— HIST. iiv s. Il semble que félicité est en vacacioii, ORBSME, Élh. 340. Hxv s. Ung mary en vacation, Voyant que le temps estoil bel. S'en, alla en commission, Veoir sa belle ante, ce diton, coguiL. i)rottf nout). Ilzvi* g. Non seulement

VAC

chasque pais , mais chasque cité a sa civilité particulière, et chasque vacation [profession], mont, i, 62. La forme propre de la noblesse en France, c'est la vacation militaire, ID. ii, 67. Ils s'en acquiterent fort chrestiennement , sans en vouloir tirer aulcun salaire pour leurs vacations, CARLOix, VI, 24. Deux mois de vacations de parlement, exceptée la Tournelle ou le criminel; vacations de la cour depuis le neufieme jour de septembre jusques à la Sainct Martin, robert estienne, Dicl. français latin, 4B49, au mol vacation. Quand un François demande au pape un bénéfice assis en France, vacanl par quelque sorte de vacation que ce soit, le pape.... p. pithou, 47. Je suis miré et recogneu par dessus ceux de ma vacation [profession], paré. Au lecteur.

— ETYM. Provenç. vaccatio; du lat. vacationem, de vacare, vaquer.

VACCIN (va-ksin), s. m. Virus particulier, doué de la propriété de préserver de la variole, ainsi appelé parce qu'il a été recueilli primitivement dans des pustules qui surviennent quelquefois au pis des vaches, et qu'on appell»- cowpox. De bon vaccin. Prendre du vaccin sur u — vache, sur un enfant. Il Vaccin jennérien, vaccin ."-'.s de bras à bras, par opposition à vaccin degéii.dse. || Adj. Le virus vaccin. Les boutons vaccins se sont développés avec les apparences ordinaires, halle, insfi<. Mém. scienc. 4 807, 4" sem. p. 30.

— ÊTYM. Lat. vaccinus, qui appartient à la vache, de vacea, vache.

t VACCINAL, ALE (va-ksi-nal, na-l'), adj. Qui a rapport à la vaccine. La conformation du bouton vaccinal, berthollet, percy et hallé, Instit. Uém. scienc. 18(2, 2' pari. p. 278. || Phagédénisme vaccinal, extension de la pustule vaccinale franche sous forme d'ulcère rongeant.

t VACCINATEUH (va-ksi-ua-teur), t. m. Celui qui vaccine.

VACCINATION (va-ksi-na-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Inoculation de la vaccine, opération qui consiste à mettre le virus vaccin en contact avec les vaisseaux absorbants de la peau.

VACCINE (va-ksi-n'), «. ^. ||1° Maladie éruptive et contagieuse propre à la vache; Jcnner, médecin anglais, découvrit que, communiquée à l'homme, elle le préserve de la petite vérole. Dans le cas où le développement de la vaccine concourt dans un mime sujet avec la contagion variolique actuellement contractée, le vaccin peut être inoculé, et transmettre une véritable vaccine, sans transmettre en même temps la petite vérole, hallé, Uist. Uém. scienc. (807, (" sem. p. 38. ||2° L'opération même par laquelle on inocule le vaccin. Propager la vaccine. Comité de vaccine. Jenner, qui trouva la vaccine, eût été un franc scélérat d'en garder une heure le secret, p. l. coua. Pamphlet des pamphl. || Fig. Aux amis de la liberté, Bonaparte montrait [dans le concordat] une victoire définitive de l'esprit philosophique, une soumission de l'Église à l'État : c'est la vaccine de la religion, disait-il à Cabanis; dans cinquante ans il n'y en aura plus en France, lanfrey, Uist. de Napoléon, t. n, p. 20(. || 3" Vaccine du cheval ou équine, maladie éruptive et contagieuse du cheval qui est la même que le cowpox.

— ÉTYM. Vaccin.

VACCINÉ, ÉE (va-ksi-né, née), part, passé de vacciner. Un enfant vacciné. || Substantivement. Les vaccinés.

t VACCINELLB (va-ksi-nè-l') ou VACCINOÏDE (va-ksi-no-i-d'l, ». f. Terme de médecine. Nom donné à des éruptions cutanées pustuleuses, de nature et d'apparence vaccinales, que l'insertion du virus vaccin produit quelquefois chez des individus qui ont eu précédemment la petite vérole ou qui ont été déjà vaccinés.

VACCINER (va-ksi-né), ». o. Inoculer le vaccin.

t VACCINIACÉES (va-ksi-ni-a-sée) ou VACCI- NIËES (va-ksi-ni-ée), s. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones, dont le vaccinier a fourni le type, détachée des éricacées.

t VACCINIOE (va-ksi-ni-d'), ». f. Synonyme de vaccinelle.

t VACCINIER (va-ksi-nié), s. m. Petit sous-arbrisseau, dit aussi vaciet, de la famille des vacciniacées, vaccinium myrtillus, L.

t VACCINIFÈUE (va-ksi-ni-fè-r'), adj. Se dit du cheval, de la vache et de l'enfant qui fournissent du vaccin pour l'inoculation à d'autres. Génisses vaccinifères. Reconnaître si le sujet vaccinifère est sain. || Substantivement, le vaccinifère.

— ETYM. Vaccine, et lat. ferre, porter.

VAC

t VACCINIQUE (va-ksi-ni-k*), adj. Terme de chimie. Acide vaccinique, acide que l'on obtient quelquefois par saponification du beurre, au lieu des acides butyrique ou capronique.

— ETYM. Vaccin.

t VACCINOÏDE (va-ksi-no-i-d"), ». f. Voy. VACa-

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