‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 228 sur 754 · NELLE · texte numérisé non relu

NELLE

— ETYM. Vaccine, et elSoç, forme.

VACHE (va-ch'), s. f. || 1' La femelle du taureau.

Traire les vaches. Le roi revient aujourd'hui à la Fère.... au moins, si l'on n'a pas pris beaucoup de villes, on a bien tué des vaches et des poules à de pauvres gens qui sont innocents, oui patin, Lelt. t. II, p. (97. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable. Vu le prix dont il est [le cochon vendu], une vache et son veau ? la font. Fabl. va, (0. La vache est à dix-huit mois en pleine puberté, et le taureau à deux ans, buff. Quadrup. t. i, p. (97. On dit que les vaches noires sont celles qui donnent le meilleur lait, et que les blanches sont celles qui en donnent le plus, id. ib. t. I, p. 2(4. Un paysan suisse qui se croyait le plus riche des hommes, et à qui l'on lâchait d'expliquer ce que c'était qu'un roi, demandait d'un air fier si le roi pourrait bien avoir cent vaches à la montagne, j. J. Rouss. Èm. iv. || Fig. Voir vaches noires en bois brûlé, se forger d'agréables chimères, comme un vacher qui, se chauffant au feu, y croit voir des vaches noires qui sont réputées les meilleures (locution vieillie). || Fig. Chercher vache noire en bois brûlé, chercher une chose impossible ou très-difficile à trouver (locution vieillie). Il Vache laitière, vache beurrière, vache fromagère, vache nourrie à l'effet d'en tirer du lait, du beurre, du fromage. || On disait que les soldats couraient la vache, quand ils allaient à la picorée, à la maraude. || Ranz des vaches, Toy. RANZ. ||Roux comme une vache, très-roux. || Poil de vache, poil roux. || Vache rousse, vache dont le sacrifice était ordonné aux Juifs, afin de faire de ses cendres une eau d'expiation destinée à purifier " ceux qui seraient souillés par l'attouchement d'un mort. Il Les sept vaches grasses et les sept vaches maigres, vaches grasses et maigres que le roi d'Egypte vit en songe, et qui, d'après l'interprétation de Joseph, annoncèrent sept années d'abon- S! dance et sept années de disette. || Populairement, " pleurer comme une vache, pleurer abondamment. Qu'il tremble de peur comme un lâche; Qu'il en pleure comme une vache, scarr. Virg. iv. || Fig. La vache est à nous, nous avons gagné, nous sommes les maîtres, nous sommes sûrs de réussir. S'il ne tient qu'à battre, la vache est à nous, mol. Méd. malgré lui, i, 6. || Porter à la vache morte, se dit dans un jeu d'enfants, quand on porte quelqu'un sur son dos avec la tête pendante en bas. || Terme de manège. Ce cheval rue en vache, il rue du pied de derrière en le jetant en avant, comme s'il voulait se frapper le ventre. || Se coucher en vache, se dit d'un cheval qui appuie le coude sur la partie de dedans. || 2° Se dit, par extension, de la chair même de l'animal préparée pour servir d'aliment. Les Indiens haïssent les mahométans parce qu'ils mangent de la vache ; les mahométans détestent les Indiens parce qu'ils mangent du cochon, montesq. Esp. XXIV, 22. Il Fig. Il mangera de la vache enragée, il sera réduit à manger même de la viande d'une vache mordue et devenue enragée, il éprouvera beaucoup de privations et de fatigues. Nous avons voyagé ensemble et mangé de la vache enragée, lesage, Guim. d'Alf. v, (.||8' Le plancher des vaches, la terre, par opposition à l'eau, à la mer. Il n'est rien tel, rien de tel que le plancher des vaches. Loin du benoît plancher des vaches, SCARR. Virg. v. || Le pavé des vaches, même sens. Il verra M. de Seignelai dans son bord, .M. le maréchal d'Estrées sur le pavé des vaches à Brest, sÉv. 30 juill. 4689. Il 4' Fig. et familièrement. Parler français comme une vache espagnole, parler très-mal français. || En ce sens, vache est, dit-on, une corruption de basque (dont un ancien nom est vace). Comme il y a des Basques en Espagne et d'autres en France, on a dit d'abord : Parler fran- j çais comme un Basque espagnol ou comme uns | Basque espagnole, legoahant. ||6' Vache à lait, vache à laquelle on a enlevé son veau, et dont le lait est employé pour les besoins de l'homme. Il Figurémenl et familièrement, vache à lait, se dit d'une personne et, par extension, d'une chose dont on tire un profit continuel. Cette affaire est une vache à lait pour ce procureur. Ce monsieur Fleurant-là et ce monsieur Purgon s'égaient bien sur voire corps ; ils ont en vous une bonne vache i

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lait, MOL. Kal. im. i, i. Cet homme-li fait de vous une vache à lait, id. Bourg, geni. m, 4. Un homme riche est toujours gracieuse des grande, quand il se rend leur vache à lait, lesage, Diable boit. )». Je jugeai par là que le public était une bonne vache à.lail qui se laissait aisément traire, id. Gil Bl. VII, 13. Il 8" Bassement et par moquerie. C'est une vache, une vraie vache, une grosse vache, se dit d'une femme qui a trop d'embonpoint. || Elle devient vache, elle prend trop d'embonpoint. Il 7° Se dit aussi d'une nourrice qui a beaucoup de lait. Elle a du lait comme une vache. C'est une vraie vache. Ce fut un plaisir de la voir teler; elle n'avait jamais teté de cette sorte; sa nourrice avait peu de lait; celle-ci en a comme une vache, sÉv. 8 avril U17I. US" Peau de vache corroyée et dont on fait des chaussures, des harnais, etc. Des souliers de vache. Vache d'Angleterre. Vache de Russie. Vache de pays. || Vache à grain, cuir de vache dont la superficie est devenue grenue par l'effet de différents apprêts. || Souliers de vache retournée, souliers faits avec de la peau de vache dont a mis en dehors le côté qu'on a coutume de mettre en dedans. || 9" Par dénigrement, la vache i Colas, le protestantisme. Il est de la vache à Colas. Il 10" Panier revêtu de cuir, qu'on place sur les voilures de voyage et qui a les dimensions de l'impériale. Mettre des habits dans la vache. || On donne quelquefois le nom de vache au seul couvercle de cuir qui ferme le grand coffre de l'impériale. Il 11' Terme de marine. Placer un canon en vache, le serrer le long du bord du bâtiment. Il Nœud de vache, nœud plat qui se trouve manqué. Il 12' Dans les salines, pile ou meulon de sel. Il 13" Vache ou biche de Barbarie, l'antilope bubale. || Vache blanche, l'antilope cervicapre. || Vache «rognanle ou de Tartarie, le yak. || Vache marine, le morse, le lamantin, le dugong. || 14" Dans les Vosges, vache, nom vulgaire de l'agaric lactiflue doré de Hoffmann, et vache blanche, nom vulgaire de l'agaric poivré. || 15° Vache est le nom spécifique d'un insecte coléoptère, l'anthophage vache. |i Vache à Dieu ou bête i bon Dieu, la coccinelle. Il 16° Les marchands appellent vache le tnlon fémoral et la turbinelle rhinocéros, laquelle est dile aussi rhinocéros (mollusques). Il 17 En ternies d'imprimerie, les vaches, les cordes qui arrêtent le train de la presse ; elles s'arrêtent au ciiffre et à l'assemblage de derrière. Il 18" Terme de chasse. Vache artificielle, machine qui sert à la chasse aux perdrix. || 19" Terme rural. Cadre en bois servant au battage des grains. Il 20° Terme de métallurgie. Branloire d'un soufflet. || 21° Blé des vaches, mélampyre. || Arbre à vache, le galactodendrum. \\ 22" Côtes de vache. Us [les fers fendus] se vendent communément en bottes, et servent à des travaux grossiers, tels que fanions et côtes de vache, que l'on place sur les entretoises afin de faciliter le hourdis du plancher, CH. OARNIER, Ifonit. unit). 10 aoiit 1867, p. 1093, 2* col. Il Proverbes. Quand chacun fait son métier, se mêle de son métier, les vaches sont bien gardées, toutes choses vont bien lorsque chacun ne se mêle que de ce qu'il doit faire. || Bonhomme, garde ta vache, se dit pour avertir quelqu'un de prendre garde qu'on ne le trompe, ou pour le railler de ce qu'il s'est laissé attraper. || Il a pris, il a eu la vache et le veau, se dit d'un homme qui a épousé une femme grosse d'un enfant dont il n'est pas le père. || Le diable est aux vaches, le diable est bien aux vaches, il y a du vacarme, du désordre, de la brouillerie. || C'est le grand chemin des vaches, se dit pour exprimer qu'une chose est connue, publique, commune. || La vache a bon pied, se disait chez les sergents et les procureurs, quand ils avaient fait une saisie dans une maison où il y avait moyen de payer. || Il est sorcier comme une vache, il n'y a point de sortilège, d'habileté dans ce qu'il fait. || Une vache ne sait que lui vaut sa queue, jusqu'à ce qu'elle l'ait perdue. Il 11 viendra un temps où les vaches auront affaire de leur queue, on peut avoir besoin quelque jour de ceux qu'on néglige. || Aussitôt meurt veau que vache, les jeunes sont comme les vieux exposés à mourir. Il II mourrait plutôt la vache d'un pauvre homme, se dit d'une personne peu recommandable qui est revenue d'une maladie grave. Il 11 est bon à vendre vache foireuse, se dit d'un homme qui dit sans rire et sérieusement des choses plaisantes. || Qui mange la vache du roi, icent ans de là en paye les os.

— KEM. La vache i Colas. On prétend que, au village de Bionne près Orléans, il y avait un prô-

I che, qu'un jour la vache d'un nommé Colas Pan- I nier y entra et fut tuée et mangée par les calvinistes. De là procès et condamnation des huguenots à payer le prix de la vache, vasse, le Légat |legs| de la vache à Colat, p. 8. L'aventure pa.ssa en dicton; les catholiques et les protestants se l'appliquèrent. Les protestants rejetèrent la vache à Colas sur les catholiques, comme on le voit par le titre de cette chanson : > Chanson fausse [mensongère] faite par un certain calomniateur touchant la vache à Colas, laquelle il dit avoir été massacrée par les huguenots dans leur prêche, • VASSE, t"i>. p. 2. Dans le Légat de la vache à Colas, qui est une satire protestante, la vache à Colas est catholique : Pour solennellement Faire mes funérailles, Je laisse entièrement Mes boudins et tripailles Au clergé de la France, Dont on fait si grand cas. Pour avoir souvenance De la vache à Colas (vASSE, ib. p. 30). Mais définitivement les catholiques l'emportèrent dans le dicton, et la vache à Colas est restée l'appellation des protestants. L'Estoile, Journ. du règne de Henri IV, nous apprend, septembre (605, que, le to de ce mois, il fut défendu, sur peine de la hart, de chanter à Paris la chanson de Colas, à cause des grandes querelles qui en arrivaient tous les jours.

— HIST. xn' s. Ne remist [resta] buef ne vache ne chapuns ne geline.... Th. le mart. <20. ||ini's. Tuit li ménestrel audit mestier peut ouvrer de vache ou de buef, et de cheval, et de ane et de veel, Liv. des met. 4 64. Vingt paires de sollers de vache, RDTEB. 229. Ne jamais nuns ne s'entremete De bareteir, que il ne sache Que baraz li rendra la vache, ID. 287. Il XIV" s. Si vault donc mieli les assaillir. En assaillant tretouz mourir. Que com vaches cy nous estandre, Liv. du bon Jeh. 2332. Il XV" s. Lesquelz se prindrent à jouer aux vaches, au plus de blanches ou de noires, du cange, vacca. Je veuil avoir mon enfant; vostre maistre aura la vache, mais j'aurai le veau, louis xi, Nouv. xxii. ||xvr s. Par dieu, Panurge le veau, Panurge le plourart, Panurge le criart, tu feroys beaucoup mieulx nous aydant ici que là plourant comme une vache, rab. iv, 49. Une vache avec un pet en abatroit plus de six brasses [des murs de Paris], m. II, (5. Ladite platte forme sert pour mettre de grands monceaux de sel qu'ils appellent vaches de sel, PALissY, 253. Les moutons d'or de France, la vache de Foix, la toison d'or d'Espagne, monnoies qu'on void encores de nos ancestres, o. de serres, 2b». Les bœufs de labourage paistront avec les vaches brehaignes; les vaches pleines seront séparées d'avec celles à laict, id. 28<. Qui se mesle de autruy mestier, il trait sa vache en un panier, COTORAVE. Qui ne retire de sa vache que la queue ne perd pas tout, m. Il est advis à vieille vache qu'elle ne fut oncques veau, leroux de LiNCY, Prov. t. i, p. 204. Ouaille cornue et vache pançue, ne la change et ne mue, id. ib. Ru de vache, certain mouvement de jambe dans les danses du VI" siècle.

— ETVM. Picard, vake; wallon, vag ; Berry, ahl il a eu nouvelles de ses vaches, se dit d'une personne qui est prise tout à coup de gaieté; prov. et esp.Baco; ital. vacca; du latin eacca, vache ; sanscrit vaçl, vache, rattaché au védique, vâçati, mugir.

t VACHELIN (va-che-lin), t. m. Sorte de fromage de Franche-Comté. Fromage d'Auvergne, d'Hollande, vachelins, fromages en boulettes. Tarif 18 sept. 1684. Il On a dit aussi vacherin. Les vacherins que vous m'envoyez seront distribués en votre nom dans votre famille, j. j. rouss. Lett. à d'Iverru)is, 29 déc. (704.

— ÊTVM. Dérivé de vaehe.

VACUER, ÈRE (va-ché, chè-r'), s. m. et f. Celui, celle qui mène paître les vaches et qui les garde.

— HIST. XII* s. Cil conçut Anseys en la fille au vachier, Sax. iv. ||xiii" s. Et ce avons noz moult de fois veu que, se uns vaquiers ou uns porquiers ou uns berquiers maine les bestes son seigneur.... BEAUM. xxix, 4.

— RTV.M. Vache; wallon, vagit, vacher, vaglir, vachère; provenç. vaquier, au fém. vaquiera.

VACUERIE (va-che-rie), s. f. Logement spécialement destiné aux vaches. || Â Paris, maison où il y a des vaches et où on vend du lait trait sur place. Je préfère prendre mon lait à la vacherie plutôt qu'aux laitières qui viennent de la campagne.

— HIST. XIV" s. Tout le droit des commendises... vacherie [droit sur les vaches], pasturages des bestes à laine, du cange, vaccaticum.

— £tym. Bas-lat. vaccaria, de vacca, vacbe.

t VACHKRIl» (va-che-rin), ». m. Voy. VACHELm.

t VACHKTTK (va-chè-t'l, s. f. || 1" Cuir de petite vache. Vachette» de l'Inde, en balles, poids net; les peaux servant d'emballage réduites à la moitié de leur valeur, Tableau annexé A la loi du ii juin <86« eojuernant les usages commerciaux. 200 vachettes sèches de Java à fr. 123 <i/4; et 82s peaux sèches do chevaux de Russie, à fr. I3 t/t pièce, l' Indépendance belge des lo et <7 août (868. Il 2° Lavandière, oiseau (Orléanais).

— HIST. xvr s. Vachette, petite vache, rob. e«- TIENNE, Dict. franc, latin.

t VACIET (va-si-è), t. m. Autre nom de l'arbuste dit airelle, ou vaccinjer. || Nom vulgaire du muscari chevelu.

— HIST. ivi" S. On cueille du baciet la fleur toute noirelte ; Le liz, qui est tout blanc, tombe souvent à bas, rons. 743. Couleur d'hyacinthe ou vaciel, Nature d'amour, f" 270, dans lacubne.

— ETVM. Ce paraît un dérivé irrégulier du lat. vaccinium, airelle.

VACILLANT, ANTE (va-sil-lan, lan-t'), adj. Il 1" Qui vacille. Démarche vacillante. Des flambeaux suspendus la clarté vacillante, angelot, Fiesque, v, 4. || Terme de manège. On dit que les jarrets du cheval sont vacillants lorsque, au moment de l'appui, ils éprouvent quelques oscillations latérales; mouvement qui indique toujours peu de force dans cette articulation. || Terme de botanique. Se dit des anthères, quand elles sont oblongues, attachées par le milieu de leur longueur et oscillant à l'extrémité du filet staminal. Il 2° Fig. Qui n'est pas siir. Dans cette vie nostre raison vacillante se met souvent du parti de notre cœur dépravé, boss. Sermons, Jugement dernier, 2. Ma santé est très-vacillante ; mais ma foi no l'est pas, et je suis toujours très-ferme papiste, maintenon, Lett. à Urne de Glapion, 26 sept. t. ni, p. 1 93, dans pouoENS. || 3" Fig. Irrésolu, changeant. Esprit vacillant. Tant d'autres des anciens qui ont. ... discouru de toutes choses avec l'incertitude vacillante, dont elle [la sceptique] fait profession, Dial. d'Orat. Tubero, t. i, Dial. i.

— HIST. XVI" s. En ce que je dis, je ne pleuvis [garantis] aultre certitude, sinon que c'est ce que lors j'en avois en ma pensée, pensée tumultuaire et vacillante, mont, i, «88.

VACILLATION (va-sil la-sion; en vers, de cinq syllabes), t. f. |{ 1" Mouvement de ce qui vacille. Vacillation d'une barque, d'une lumière. ||2' Fig. Irrésolution, variation. Vacillation des témoins. J'ai dit mon credo avant que d'ouvrir l'Écriture; vaut-il mieux en commencer la lecture dans un esprit de vacillation et d'incertitude, que dans la plénitude de la foi? boss. 2" instr. past. )2«.

— lilST. Xïi" s. La vacillation de l'esprit humain autour de toute matière, mont, ii, m.

— ETVM. Lat. vaciUationem, de vacillare , vaciller.

t VACILLATOIRE (va-sil-la-toi-r'), adj. Néologisme. Qui est de la nature de la vacillation. Le mouvement vacillatoire qui se manifeste quelquefois dans l'anthère attachée par son milieu sur le filet, MIRBEL, Instit. Uém. scienc. <«08, p. 3.19.

VACILLER (va-sil-lé), V. n. || 1° N'être pas bien ferme. Cette table vacille. [Dans la vieillesse] les puissances musculaires perdent leur équilibre, la tête vacille, les jambes sont chancelantes.... buff. UistTnat. hom. (Euv. t. rv, p. 30i. || Par extension. Une lumière, une clarté qui vacille. Le cerveau des enfants est comme une bougie allumée dans un lieu exposé au vent; la lumière vacille toujours, FÉNEL. Édue. filles, b. C'en est donc fait : déjà la perfide espérance Laisse de mes longs jours vaciller le flambeau, gilb. te Poète malheureux. || 2° Il se dit de la langue, quand on a de la peine à prononcer ou qu'on prononce un mot pour un autre. Moi qui n'aime à débattre en ces fadaises-là. Un temps, sans lui parler, ma langue vacilla, bkgniç:r, Sat. VIII. Il 3° Fig. Devenir faible, peu sur, en parlant de certaines facultés de l'âme. Il conjurait ses enfants de l'avertir de bonne heure, quand ils verraient sa mémoire vaciller ou son jugement s'affaiblir, BOSS. le Tellier. Quand la mémoire vacille, la langue balbutie, j. j. rouss. Èm. 1. 1|4* Fig Être incertain, irrésolu. Nos résolutions ne vacillent plus; la mort ou plutôt la grâce de la persévérance finale, a la force de les fixer, boss. Duch. d'Orl. Si l'ivresse de quelque passion m'eût fait vaciller encore, j'aurais fait autant de chutes que de faux pas, j. j. houss. Ilél. iv, )2. Si le glaive de la loi ne se promène pas indifféremment partout, s'il vacille, s'il s'élève ou s'abaisse selon la têt»

VAD

qu'il rencontre dans son passage, la société est mal ordonnée, haynal, «tst. phil. vi, (3. || Vaciller dans ses réponses, répondre tantôt d'un manière, tantùl de l'autre. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. HlST. ïiv* s. Il [les Veiens] envaîrcnt fortement la bataille romaine vacillante et doubteuse, BERCUEunE, f° 88. VOUS veez que il doubtent et vacillent plus que il ne résistent, ID. 1*71. Le neiz [coupé en partie et retenu par un bandage] vacillera OU se remuera, H. demondev. f' B8. ||xv" s. [Saint Louis] Vrais justiciers sanz vaxiller. Les choses fist à droit aler, e. desch. Miroir de mariage, p. 4 23. Et les yeuli de ta pensée intérieure vacillent en l'élection des clioses différentes, jehan LEMAiRE, Pallas parlant à Paria. || xvi' s. Le sens et l'entendement de l'homme, s'il n'est bien confirmé et fortifié par la raison, vacille facilement, AMYOT, Timol. 8. Â peine cessa il de vaciller et trembler de peur, lors que son éloquence estoitja parvenue à sa (leur, ro. Cicér. 44.

— F.TYM. Prov. vacillar, vas.Hllar; esp. vacilar; ital. vacillare, vagellare; du latin vacillare.

t VACILLITÉ (va-sU-li-té), s. f. Qualité de ce qui vacille, défaut de fermeté et de constance. Ce n'est pas que quelques-uns n'aient échappé à cette vacillité si ordinaire ; mais ces personnes n'ont été que des exceptions, st-sim. 44 3, 4 7B.

— Etv.m. Vaciller; ital. vacillità.

t VACUISMK (va-ku-i-sm"), s. m. Se disait, dans l'ancienne physique, du système qui admettait le vide dans la nature.

— ÊTVM. Lat. vaeuus, vide.

VACUITÉ (va-ku-i-té), s. f. L'état d'une chose vide. La vacuité de l'estomac.

— HIST. xiv s. Vacuités qui sont raemplies de .char mole et blanche, h. de mondev. f» 23. |{ xvr s. Voylà comment cette innocente et candide surseance et vacuité de résolution est un grand moyen à la vraye pieté, chabron, Sagesse, n, 1.

— ÉTYM. Provenç. vacuitat; espagn. vacuidad; ital. vacuità; du latin vaouitatem, de vaeuus, vide.

tVACUOLE(va-ku-o-r), s. /'.Terme didactique. Interstice, petitespace vide. Lescristauxde tel minéral laissent entre eux des vacuoles plus ou moins grandes. Il Petite cavité d'un tissu ou d'un élément anatomique pleine de gaz ou de liquide, et paraissant vide par rapport au tissu solide qui l'entoure.

— ÊTVM. Lat. vaeuus, vide.

t VACUUM (va-ku-om'). Mot latin, qui signifie vide, et que les physiciens emploient quelquefois pour signifier un espace sans matière.

VADE (va-d'), s. f. Il 1° Terme du jeu de brelan et autres jeux. Somme avec laquelle un des joueurs ouvre le jeu. Lavade est de cent francs. || 2" Il s'est dit, en termes d'affaires et de commerce, de la part ou intérêt, que chaque personne d'une compagnie a dans une entreprise. || 3* Fig. L'intérêt propre de chacun, la mise de chacun dans le monde. Elle [Mme de Vins] m'aime un peu pour ma vade, sÉv. 6 déo. 4 679. Bezons fut outré d'être joué de la sorte, et ne le laissa pas ignorer à Mme la duchesse de Berry; Mme de St-Simon, pour sa vade, lui dit son avis du procédé, st-sim. »37, 4 73. Afin de donner au régent un garde des sceaux en sa main, ferme, hardi, et qui, pour sa propre vade, se trouverait intéressé à ne pas ménager le parlement, lo. 480, 24 2.

— HIST. xvi« s. Le roy, le pape et le prince germain Jouent un jeu de prime assez jolie : D'arme est leur vade, et l'envy l'Italie ; Et le roy tient le grand poinct en sa main, st gelais, 66.

— ÊTYM.Ital. vada. C'est l'impératif italien cado, qu'il aille (voy. vais [je]).

t VABE-IN-PACE (va-dé-in'-pa-sé), ». m. Prison des moines (voy. pace).

— ÊTYM. Lat. vade, va, in, en, pace, paix. VADEMANQt'E (va-de-man-k'), s. f. Ancien terme

de banque. Diminution du fonds d'une caisse.

— ETYM. Yade, mise, et manque.

VADE-MECUM (va-dé-mé-kom'), t. m. Ce qu'on

porte ordinairement et commodément sur soi. j| Se dit surtout d'un livre portatif destiné à rappeler en peu de mots les notions principales d'une science, d'un art, etc. || On dit aussi veni-mecum.

— HIST. XVI' s. Sa femme allant à la messe avec son vade-mecum de chambrière. Contes d'Eutrapel, dans le Dict. de dochez.

— ÊTYM. Lat. vade, va, me, moi, et cum, avec. t VA-DE-PIED (va-de-pié), i. m. Domestique à

pied. Déclaration du 4 4 février 4729 qui charge le cardinal Fleury de la surintendance des postes, et interdit le port des lettres à tous les voituriers, coquetiers.... et va-de-pied, i peine de....

VAG

— mST. XVI* s. Les pages et les laquais, jemulateurs, arrachoicnt leurs pendans d'oreille», si bien qu'un va-de-pied donna jusques à vingt escus, d'aub. llisl. 1, 228.

t VA-DEVANT (va-de-van), s. m. Terme vieilli. Vin fait avant les au>res. Défense d'aller cueillir des raisins avant les vendanges ouvertes, le ban donné et publié, pour faire du vin dit avant-vin ou va-devant. Arrêt du parlein. 44 aoiit 4787, Pays de Testmilon.

tVADROUM-LE (va-drou-11', U mouillées), s. f. Terme de marine. Tampon de laine attaché à un long manche, qui sert à nettoyer le pont des bateaux ou des vaisseaux.

VA-ET-VIENT (va-è-viin ; quelques personnes prononcent va-tè-viin), s. m. || 1° Partie de machine qui va et vient d'un point à un autre, lorsque la machine est en mouvement. || On dit de même : Mouvement de va-et-vient. Il 8" Petit bac qui sert à traverser une rivière étroite, un ruisseau. || 3° Dispositif employé dans certains cas pour traverser une rivière. Le va-et-vient consiste en un corps flottant attaché à deux cordages, à l'aide desquels des hommes, placés sur l'une et l'autre rive, le tirent alternativement. Il 4' Nom donné à un cordage établi d'un navire à terre ou à un autre navire, à l'effet de faciliter le voyage des embarcations et des hommes entre ces deux points, quand la mer est assez mauvaise pour empêcher le libre batelage au moyen des avirons. Un va-et-vient établi entre la terre et un navire. || Terme de pêche. Cordage attaché à un filet, pour le retenir quand on le jette dans l'eau, et pour le ramener à soi plus tard.

VAGABOND, ONDE (va-ga-bon, bon-d'; au xvn' siècle, Chifflet, Gramm. p. 227, dit qu'on prononce vacabond, prononciation que Marguerite Buffet, Observ. p. 4 29, rejette), adj. || 1° Qui erre çà et là. Qu'il coure vagabond de province en province, CORN. Médée, l, 4. Vous serez fugitif et vagabond sur la terre, saci. Bible, Genèse, iv, 4 2. Fuir vagabond [Cain] dans le monde pour éviter le remords de sa conscience qui ne lui donnait point de repos, nicole, Ess. mor. 2* traité, ch. 40. Saint Justin comptait déjà parmi les fidèles beaucoup de nations sauvages, et jusqu'à ces peuples vagabonds qui erraient de çà et de là sur des chariots sans avoir de demeure fixe, boss. Hist. u, 7. Il II se dit aussi des choses. L'astre du jour a vu ma course vagabonde Jusqu'aux lieux.... volt. Alz. u, 4. Ainsi, précipitant leur course vagabonde, La vague suit la vague et l'onde pousse l'onde, de- LILLE, Trots régnes, m. || Terme de zoologie. Polypes vagabonds, polypes qui sont entièrement libres, jl a* Fig. Déréglé, sans ordre, en parlant des personnes. M. de Sainte-Beuve a laissé beaucoup de pauvres âmes errantes et vagabondes sans conducteur et sans gouvernail dans les orages de cette vie, SÉV. 23 déc. 4 677. Il II se dit des choses. Règle, règle mieux tes pensées. Mets plus d'ordre en tes actions. Réunis tes affections Vagabondes et dispersées, corn. /nii(. i, 23. Où allez-vous, cœurs égarés? quoil même dans la prière vous laissez errer votre imagination vagabonde ! boss. Mar.- Thér. Dans leur course vagabonde Les mortels sont entraînés, volt. Ecclés. Précis. Ces transports déréglés, vagabonde manie. Sont l'accès de la fièvre et non pas du génie, a. ciiénier, l'Invention. ]\ 3° Terme dépêche. Courtines vagabondes, se dit de certains parcs dont l'enceinte est formée par des filets tendus au fond de l'eau, que l'on change souvent de place. || 4° Substantivement, celui, celle qui erre, qui court le monde. J'ai justement reçu ici [à Nantes].... la lettre où vous me croyez une vagabonde sur le bord de l'Océan, sÉv. 20 sept. 4675. Dans la solitude de Sainte-Fare.... où les vestiges des hommes du monde, des curieux et des vagabonds ne paraissaient pas, boss. Anne de Gonz. Il Fig. Mon esprit est un vagabond qui se plaît à s'égarer, et qui ne saurait encore souffrir qu'on le retienne dans les justes bornes de la vérité, desc. Méd. II, 8. Il 5° Particulièrement, et en un sens péjoratif, personne sans état, sans domicile, sans aveu. Délivrez nos climats de cette vagabonde. Qui vient par son exil troubler un autre monde , corn. Serlor. ii, 4. Tu me quittes pour une vagabonde, pour une aventurière, volt. Ècoss. iv, 4. La croisade ayant été prêchée en France avec plus de succès qu'à Plaisance, Gautier sans Avoir, l'ermite Pierre et un moine allemand nommé Godescald prennent leur chemin par l'Allemagne, suivis d'une armée de vagabonds, id. Ann. Emp. Henri IV, 4096.

— REM. Corneille a dit miroirs vagabonds, en parlant des ondulations de la mer où l'on se voit.

VAG

se mire. Telle, dis-je, Vénus sortit du sein de l'onde. Et promit à ses yeux la conquête du monde. Quand elle eut consulté sur leur éclat nouveau Les miroirs vagabonds de son flottant berceau, cobn. Arulroméde, i, 4 .

— HIST. XVI* s. Une telle conception qu'on a de Dieu vagabonde et erronée, est ignorance de Dieu, CALvm, Instit. 44. Misérables travaux, vagabonde pensée. Soucis continuels, espoirs faux et soudains, DESPORTES, Cleonice, lxxxv. Il y debvroit avoir quelque coerction des loii contre les escrivains ineptes et inutiles, comme il y a contre les vagabonds et fainéants, mont, iv, «o.

— ÊTYM. Berry et norm. vacabond; provenç. vapabon; espagn. vagabundo; ital. vagabonda; du latin, vagabundus, de vagari, vaguer.

VAGABONDAGE (va-ga-bon-da-j'), ». m. Habitude de vagabonder.

VAGABONDER (va-ga-bon-dé), V. n. Être vagabond, faire le vagabond. Une Mme de Valençay.... vagabonde depuis trois ans d'abbaye en abbaye, sÉv. 22 nov. 4 692. Il On dit aussi vagabonner, Dict. de l'Acad. \\ Use conjugue avec l'auxiliaiie avoir.

— HIST. XVI* s. Mon style et mon esprit vont vagabondant, MONT. IV, 4 37. u m'estoit bien fâcheux de me résoudre à prendre Le chemin de l'exil... Le royaume laisser que j'allais attendant. Pour, pauvre et sans moyens, aller vagabondant, de brach, Btemsalem, f" 33, recto.

— ÊTYM. Vagabond.

t VAGAL (va-gal), s. m. Nom que donne Adanson à la telline strigosa de Lamarck ; on la trouve sur la côte occidentale d'Afrique.

t VA GANT (va-gan), ». m. Terme de marine. Nom donné aux vagabonds et voleurs qui pillent les objets que la mer jette sur son rivage.

— ÊTYM. Vagtier.

VAGIN (va-jin), ». m. Terme d'anatomie. Canal qui conduit à la matrice.

— ETYM. Lat. vagina, gaine. Voy. gaîne.

VAGINAL, ALE (va-ji-nal, na-l'), adj. Terme d'anatomie. || 1° Qui est en forme de gaine. || Apophyse vaginale, lame saillante qui embrasse la base de l'apophyse styloîde de !'os temporal. || Tunique vaginale, membrane séreuse qui enveloppe le testicule. || i' Qui a rapport au vagin. Ligaments vaginaux.

— ÊTYM. Lat. vagina, gaine (voy. ce mot).

t VAGINANT, ANTE (va-ji-nan, nan-f), odj. Terme didactique. Oui enveloppe comme une gaîne.

— FTYM. Lat. vagina, gaîne.

t VAGINÉ, ÉE (va-ji-né, née), adj. Terme didactique. Qui est embrasse par une gaîne.

— ÊTYM. Lat. vagina, gaîne.

t VAGINELLE (va-ji-nè-1'), s. f. Terme de botanique. Petite gaîne ou stipule embrassant la base des feuilles de pin.

— ÊTYM. Dimin. du lat. vagina, gaine.

t VAGINIFORME (va-j i-ni-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à une gaîne.

— ÊTYM. Lat. vagina, gaîne, et forme.

t VAGINITE (va-ji-ni-f), ». f. Terme de médecine. Inflammation du vagin.

— ÊTYM. Vagin, et la finale médicale ite, indidiquant inflammation.

t VAGINO- LABIAL, ALE (va-ji-no-la-bi-al, a-l'), od;. Terme d'anatomie. Qui appartient au vagin et à ses lèvres. || Hernie vagino-labiale , celle qui descend entre l'ischion et le vagin jusque dans les grandes lèvres de la vulve.

t VAGLVO-PËRITONfiAL, ALE (va-ji-no-pé-ri-toné-al, a-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au vagin et au péritoine. || Conduit vagino-péritonéal, canal séreux qui établit une communication temporaire chez le foetus et accidentellement permanente chez l'adulte, entre le péritoine abdominal et la tunique vaginale.

tVAGINO-RECTAL, ALE (va-j i-no-rè-ktal, ktal'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au vagin et au rectum. || Fistule vagino-rectale, fistule existant entre le vagin et le rectum.

t VAGINO-LRÉTURAL, ALE (va-ji-no-u-ré-tral, tra-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au vagin et à l'urèthre. || Fistule vagino-uréthrale, fistule entre le va^in et l'urèthre.

t VAGINO-VÉSICAL , ALE (va-ji-no-vé-zi-kal, ka-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au vagin et à la vessie.

t VAGINULE (va-ji-nu-l'), ». f. Terme de botanique. Petite gaine membraneuse qui entoure la base du pédicelle de l'urne des mousses.

— ÊTYM. Dimin. du lat. vagina, gaîne.

t VAGIB (va-jir), v. n. Crier comme un enfant

VAG

qui vient de naître. || Se dit aussi d'une cerUine façon de crier qui est particulière au lièvre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire a Doir.

— MIST. xw' s. Je retournasse en enfance, et recommençasse à vagir et crier au berceau, l'Amant ressuscilé, p. 633, daiu lacubnb.

— Etym. Lat. vagire.

t VAGISSANT, ANTK (va-ji-san, san-f), adj. Qtii vafjit. Une voix vagissante.

VAGISSEMENT (va-ji-se-manl, *. m. Cri des enfants nouveau-nés. La langue latine a un mot propre pour exprimer le cri des enfants, vagitus.... je ne sais pas pourquoi notre langue.... ne dirait pas vagissement, qui est dans la même analogie [que mugissement et rugissement] ; ce mot choquerait d'abord par sa nouveauté ; on s'y accoutumerait peut-être insensiblement, comme on s'est accoutumé aux autres, rollin, llisl. anc. t. xi, ï* part p. 026, dans pouge.ns. Il faudrait que le cri de chaque animal eût un terme qui le distinguât.... le mot do vagissement, dérivé du latin vagitus, aurait exprimé très-bien le cri des enfants au berceau, volt. Diet. fihil. Langues, 3. Il Se dit aussi d'un cri particulier au lièvre.

— HEM. Vagissement n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de I7B2. C'est à ton que RoUin et à sa suite Voltaire le regardaient comme un néologisme; il avait été employé anciennement.

— HIST. XV' s. Ecoutez.... les cris, pleurs et vagissemens de l'enfant, Triomphes de la noble dome,dan3 le Dict. de dochez.

t VAGON (vagon), s. m. Voiture employée dans les trains de chemins de fer.

— ETYM. Angl. waggon; ail. Wagen, voiture; suéd. vagn; comparez le lat. vehere (voy. véhicule).

t VAGO.NET (va-go-nè), s. m. Terme de chemin de fer. Sorte de petit vagon.

t VAGONNIEK (va-go-nié), J. m. Conducteur de vagons. Un vagonnier a été tué.

t VAGUAGE (va-ga-j'), s. m. Opération du brassage, dans la fabrication de la bière.

— F.TYM. Vaguer 2.

i. VAGUE (va-gh'), s. f. || 1" Masse d'eau de la mer, d'une rivière ou d'un lac, qui est agitée et soulevée par les vents, ou par une autre impulsion. Tel qu'à vagues épandues Marche un fleuve impérieux, MALB. n, 2. Comme par une vague une vague s'irrite, mairet, Sophon. rv, t. Ses troupes feront un bruit comme les vagues de la mer, saq, Bible, Jérémie, vi, 23. 11 était alors soleil couchant, le vent se calma, en sorte que le courant et les vagues nous jetaient sur la côte [Palerme], du- QUESNE d Seignelay, n août <680, dans jal. La reine , toujours aussi intrépide (fie les vagues étaient émues [dans une lempéle] , Boss. Reine d'Anglet. Nous le vîmes comme un sage pilote, sans s'étonner ni des vagues ni des orages, aller droit, comme au terme d'une si périlleuse navigation, à la conservation du corps de l'État, ID. le Tellier. Je voyais les vagues qui venaient battre le pied de la tour où j'étais prisonnier, yen. Tél. n. La vague s'aplanit, et l'humide séjour. Comme un vaste miroir, renvoie au loin le jour, deulle, Farad, perdu, XI. || Par extension. Les ailes des oiseaux et les nageoires des poissons sont comme des rames qui fendent la vague de l'air et de l'eau, FKN. Exisl. (9. IIFig. Une pensée, une aflaire, une occupation pousse ce qui est devant elle ; ce sont des vagues, la comparaison du fleuve est juste, sÉv. (3 juin )68B. Il i' Fig . Ce qui est comparé à une vague. L'air, chargé de ces sons, qu'il emporte sur l'onde.... Semble, comme une mer où la tempête gronde, Rouler des flots de voix et des vagues de bruit, lamart. Harm. l, )0. |13' Terme d'architecture. Se dit d'un ornement qui semble imiter les flots de la mer.

— HIST. xvi* s. La mer, qui estoithaulte et courroucée, les jetta à grands coups de vagues contre la coste en lieux aspres et pierreux, amyot, Pyrrh. 11. Cette vague de Dieu enfondrera nostre nauf, fcAB. Pant. IV, 1».

— K.TVM. Anc. haut-allem. vdg ; angl. leotie; alleni. Woge ; goth. vêga, de vigan, agiter.

2. VAGUE (va-gh'), adj. || !• Qui est vide, et particulièrement qui est vide de culture. En revenant de rilissus, M. Fauvel me fit passer sur des terrains vagues, où l'on doit chercher l'emplacement du Lycée, chateaubr. Itin. part. i. La plupart des concessions faites, aux monastères dans les premiers siècles de l'Eglise étaient des terres vagues, que les moines cultivaient de leurs propres mains, li>. Génie, rv, vi, 7. || On dit souvent en ce sens :

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