VEX
Il XVI* a. Voudroi»-tu bien d'un etanal veuvage User ainsi la fleur de Ion jeune aage T dubku.. iv, 7, recto. Ainsi baignolt de larme s«n visage l'onolopé, en plorant lo veufvage Do son espouz tout joignant d'elle assis, amyot, &«ia verlu morale, a. KrvM. Veuf. Borry, vevage. L'ancienne langue disait vevelé, vevré.
t VKXA.NT, ANTK (vèksan, Itsan-t'), adJ. Populairement. So dit d'une chose qui fait de la peine, i|ui contrario. Cela est vexant.
f VKXATKUR (vè-ksa-teur), >. m. Celui qui cause des voiations, qui commet dos vexations.
— llisT. XVI* s. Vnxateur, cotuuavï.
— Kl YM. lat. veiatorem, de mare, vexer. VKXATION (vè-k»a-sion ; en vors, de quatre
syllohes), f. f. Action do vexer, do tourmenter. El pour la seconde table [du UécalogueJ qui regarde le prochain, nous attaquona tous les Jours son bonnoiir par nos médisances, son repos par nos vexations, son bien par nos rapines.... boss. Sermons, Fond. vcng. div, 1 . Je n'ai connu que vexations, et j'espère bien en essuyer jusqu'à mon dernier jour, VOLT. Lttl. d'Àrgental, 25 avr. 1784. Ce fut là le gorme do colle haine inexlmguiblo qui se développa depuis dans mon cœur, contre les vexations ({u'éprouve le malheureux peuple et contre ses oppresseurs, J. j. HOU88. Conf. iv. Pausanias, accusé de vexations enven les alliés, soupçonné d'intolligonco avec les Perses, bahthki.. Anach. Introd. part. 2, scct. 2. || Au sons passif, la vexalion (le, la vexation éprouvée par. Il est assez ordinaire à ceux qui sont en place, d'être peu touchés des vexations des personnes faibles ot sans crédit, et do se rendre sourds à leurs plainlos, ROLLIN. ff if(. aric. Œuv. t. IV, p. MO, danspouoENS.
— IIIST. xili* s. Cou est à «avoir des vexations e des injures e des vilanies faites aux nonains do la Bademoriero, Itibl. des ch. 4* série, t. iv, p. 7«. ||xv's. Vexation donno entendement, dit le saga, Jourencel, f" 20, dans i.F.noux de lincy, t. 11, p. 4im. Il XVI* s. Il no se peut l'aire que nous ne soyons agitez d'une morvcilleu.se vexation en pensant à cola, CALv. Instit. 472. L'esprit se tenant lousjours en repos et en santé, non pas sans action, mais sans vexation, sans passion, mont, iv, 152.
— Rtym. Piov. vexatio; esp. tejacion ; ital. vessaiione : du lat. texationem, de rexare, vexer.
VKXA'rOlIU-; (vè-ksa-toi-r"), adj. Qui a le caractère de la vexation. Il est fort à désirer que les nitrièrcs artiliciolles puissent suppléer à cette recherche [dunilre dans les maisons) plut vaiatoira qu'un iiiipAl, iiupi'. Min. t. m, p. 430.
— f.TYM. l.at. vexalnr, vexateur.
VKXlî, ÉK (vè-ksé, kséc), jmrt. patsé de vexer. Il [Voltaire] voit avec doulour sa colonie vexée et dégoûtée, VOLT. Letl. Yeymerange, a l'évr. I77«.
VKXKR (vèksé), V. a. || 1* Ca.iser du tourment. On ne saurait croire combien il importe, pour le bien de la paix, do ne pas se laisser trop vexer, iiucLOS, (bnsid. sur les mœurs, v. On reproche à Lcjuis XI d'avoir vexé ses sujets, ii>. fA'ur. t m, p. 352. 11 se contenlo do faire tuer assez de gibier pour (|ue le cultivateur no .soit pas vexé, orimm, Corresp. t. I, p. 41). Il l'ojiulairoinont. Cela me vexe, cela me fait de la peine, me contrario. || On dit do mémo : je suis vexé do cela. |l !■ So vexer, r. réfl. Itcssontir du mécontontomenl, do l'humeur. Il se vexe facilement.
— SYN. VK.xi'.ii, MOLE»TP.a. 'Vexer mariuo d'ordlnaiif un ahus d'autorité. Ce qui est à charge, ce qu'il est dilficili' de supporter nous molosio.
— iiisr. XI' s. !•; si do ço me vioscez que pur pour do mort ncl leissc, de ço m'espurgcrai, Ïmis de Guill. 38. Il XIV* ». Que... il no vexassent ne feissont cemoiidro aucuns des bourgois.,,. Bibl de» cliart. année <fi7l. p. 303. || iv* ». Dieu permol qu'il soit vexé par guerre, on laquelle chercher une scintille de justice est soy abuser, al. ciiARr. Quadril. intectif. || xvi* ». Un chacun seroit vexé de doute, puis après accablé de désespoir, calv. Irutit. «o«.
— ETYM. Provenç. vexar; espag. rêjir. ilal. r«snre; du lat. vexnri, qui est le f'é(|uentatlf do vlierf, vectum, avec le sens do traîner, tirailler. Viescer était de formation populaire; veter a été refait sur lo latin.
t VKXILI.AIRK (vè-ksil-16-r'), «. m. || 1* Chez les Romains, soldats (vétérans ou éméntes pour la plupart) détachés près d'une légion ou formant un corps à part. || 2* A'Ij. Oui appartient aux étendards. Il Terme de marine. Si>;naux vexillaircs, signaux d'enseigne ou do pavillon. || S* Terme do botanique. Oui a la forme d'un étendard, qui
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ottre une asp^ee d'étendard. || Préfloraison vexiU lalre, celle de la corolle des papilionacées.
— RtïM. Ijit. vfiillarius, de vrziUum, ét«adard, dimin. de vectum, chose portée.
<. viADiLirf. (vi a-bi-ll-té), I. f. Taroie de ffl4' ilecine. Etat d'un fuetus né viable,
— r.TYM. iial'lt.
t 2. VIABILITÉ (vit-bl-li-té), f. f. Don éUt dw
chemins.
— F.TYM. Ut. viare, cheminer.
VIADI.K (vi-a-bl'), adj. Terme de inédacina. Oui
présente, au moment de la naissance, une conformation assez régulière ot ass^'Z de développemont fiour que las fonctions néecssaln^s à l'entrotien d« a vio puissent s'exécuter d'une manière plus ou moins durable. Foetus viable. L'enfant est né via* ble. Il Par extension. On a toujours pensé que let fomnios étaient plus viables que les hommes, molh- OUE, fruli'f. Uém. se. phys. et math. Sav. étr. t. 1, p. 72.
HIST. XTi* ». Viable, cotorave.
— ÉTVM. Lat vUm hahilu, apto k »i»T<>. \ VIADUC (via-duk), s. m. Terme do pont» «t
nhaussée». Construction qui, dans un chemin da for ou dans toute autre voie, sert à traverser un bas-fond, un chemin, un cours d'eau.
— P.TY.M. Mot formé sur le modèle d'aqu«due, da lat. via, voie, et duclus, conduit.
VIAdKIt, ÈHK (vi-a-jé, jk-r"), adj.\\f Qui a»t à vio, qui ne doit durer qu'autant que la vie. La duchesse de Lesdiguières laissa «niiu livres viagères à la ioeur da Vertamont, st sim. 434, ai. Il ma semble que ja vous avais conseillé de vivre, uniquement pour faire enrager ceux nul vous payent des rentes viagères; pour moi, cest presque le seul plaisir qui me resto, volt. I.elt. Mm* dit Delfant, 23 avr. I78t. Il voul me faire un-' pension viagère, et je ne m'y oppose pa», j. i. roum. Conf. II. On doit entendre par rentes viagères celles qui restent entièrement élaintes à la mort de ceux sur qui elles sont constituées, Décret du 23 fîor. an 11, Itapp. Cambon, p. M. Afin de régler d'une manière équitable le taux de l'intérêt viager, «6. La réflexion très-simple quo nos besoins durent autant que notre vie et flnitscnt avec elle a fait naître sans doute l'idét des rentes viagères, ib. Il Pig. Ceux-ci, pour assurer leur gloire viagère, Dévouant au faux goût leur Apollon vulgaire. Do la philosophie arborent las drapeaux, oaii. Mon apologie. Il 2" Il se dit do ceux qui ont des rente» viagères. Ia majeure partie des rentiers viaKers do la républiquo, Décret du 23 ftor. an 11, llnpporl Cam' bon, p. »4. lia* .S", m. Le viager, revenu viager. Lt conversion du viager en perpétuel. Décret du 33 flor. an II, llapp. Cambon, p. »4. Tout mon bien est ea viager, A. ddval, Ifaif. à vendre, so a. Je ferai couper mes bois, démolir mes bJtiments, je placerai tout en viager, picard. Vieille lanlt, iv, 3. || Kig. En viager sur un ciBur si fidèle Plaçons gaiement l'argent de mon tombeau, biSrano. Ifon Tomb.
— IIIST. XVI* ». Douairière doit entrcicnir le« lieux de toutes réparations viagères qu'on dit d'antrelenemcnt, ix>T8EL, <53. Lo viager [l'usnfruitiar] conserve la possession du pnipricliire, lu. 742.
— RTYM. Ane. franc, viage, cours do la vie, revenu viager, comme on voit par ce passagi: d'K. Deschamps : Nous vaons souvent que II sulge Kont leur acquest à heritaige; Kl Ii aver javaros) la font 1 vie; Lo premier lionnenl leur linaige, Kuix trespassés; mai* lo vlage .Se départ quant II homs dcsvie; Ses hoirs n'y succéderont mi«, Poésies mss. f" «0. Malgré lo sons de vie que contient le mot vinge , ce n'est pas aulro chose que le lat. viatieum, pris niélaphori(|uenient (voy, vovaok).
f VIAIiF:ilK..tlKNT (vi-ajè-re-man), adr. O'UM maniera viagère, pondant 1^ via. Jouir viagèr*mant d'une maison.
t VIAfiP.lIKTË (vi-a-jè-re-té), t. f. Qualité da ce qui est viager. La viagèreté d'une renia, d'una propriété
Vl.t.MiK (vian-d' ; Itegnler dit vi-an-d" ; c'est l'ancienne prononclalion), s. f, \\ 1* T'.iule tspèca d'aliment, tout co qui est propre i loutei.ir la via (sens primitif dont il reste |<lus:<u:i traces dans la langue). Oui nous a donné coUa jiversilé de viandes qui so succèdciil l'une ( ."autre selon las saisons, on telle quanlilé qje ceux méinesquine veulent rion faire trouvent de quoi vivie en co qua la terre produit forluitinn'nlT malii. Tmité dtu bienf. de .Sénéi/ue, iv, 5. Celui n'est déUntté qui â Dieu |Miur son père; Il ouvre i tous la main, Il nourrit les corbeaux, Il doniir la viande aux (lulits passereaux, néhkb, U Trumphr dt la t.'yue, M, 4,
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4«07. Pour mol je me nourris d'une viande invisible et d'un breuvage qui ne peut être vu des hommes, »xa, Bible, Tobie, xil, <». Cela suffit, sans être amoureux, pour ne pouvoir dormir, sans manger presque autant d'opium que d'autre viande, scarh. Épit. dédie. Œuv. t. i, p. 4 6). Un ragoût, une salade de concombre, des cerneaux et autres sortes de viandes, sÉv. 9 août <889. Le dîner de M. de Valavoire effaça entièrement le nôtre, non pas par la quantité des viandes, mais par l'extrême ddlicatesse, m. 4 mars <072. Le roi mangeait souvent hors de chez lui, comme chez la reine, chez M. le maréchal de Villeroy, son gouverneur, au palais Brion, où il faisait toujours porter une partie de sa viande, de laborde, Émaux, p. b4(. Le corps vide de nourriture en a besoin, et l'âme aussi la désire.... les viandes frappent l'œil ou l'odorat, et en ébranlent les nerfs, boss. Connaiss. m, u. Prenezvous, comme Esther, Dieu à témoin de votre nécessité, et de la haine qu'a votre âme pour les viandes'profanes et pour les repas des incirconcis? MASS. Carême, jeûne. || Fig. Car c'est une viande en esprit consommée. Légère à l'estomac ainsi que la fumée, REGNIER, Sal. ni. || Viande de carême, le poisson salé, la morue, le hareng, le saumon, etc. et aussi les fruits secs, les figues, les raisins, etc. Il Chez le roi, la viande est servie, se disait les jours maigres comme les jours gras. On nous annonça M. Voisin, en même temps que le capitaine des gardes avertit pour la viande, mainp^n. Lett. au duc de Noailles, 26 janv. )7(l. Les sommiers du garde-manger portent pour un repas la viandu du roi allant par pays, piganiol de la force, Introduction à la description de la France, t. i, p. 288. Il On y disait aussi : aller à la viande, aller chercher les plats qu'on devait servir sur table. Il Viande creuse, mets, repas peu nourrissant. La crème fouettée est une viande creuse pour un homme de bon appétit, Dict. de l'Académie. \\ Il se dit aussi des divertissements qu'on propose à une personne qui a besoin de manger. La musique est une viande bien creuse pour un homme qui a faim, Dict. de l'Académie. |1 Fig. Viande creuse, chose qui n'a point de résultat, qui ne satisfait point. Ma foi, si vous songez à nourrir votre esprit, C'est de viande bien creuse, à ce que chacun dit, MOL. Fem. sav. u, 7. Elle [l'âme] se jette avec avidité sur l'objet des choses créées qui se présentent à elle, espérant se rassasier; mais ce sont viandes creuses, qui ne sont pas assez fortes, boss. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. Je suis aussi peu curieux de vers que de prose ; tout cela est devenu viande creuse pour moi, fén. t. xix, p. <4).||Fig. Se repaître de viandes creuses, se remplir d'imaginations chimériques. || Fig. Ce n'est pas là ma viande, ce n'est pas là ce que j'aime, ce que je désire. || Fig. Ce n'est pas viande pour ses oiseaux, se dit d'une chose à laquelle un homme ne peut prétendre. || Fig, Ce n'est pas viande prête, se dit d'une chose qu'on désire, mais qu'on ne peut espérer d'obtenir de longtemps. || C'est unmangeur de viandes apprêtées, se dit d'un homme fainéant qui aime à faire bonne chère. || 2" Partiouliùrement. En général, toutes les chairs, soit des animaux terrestres et des oiseaux, soit des poissons qui servent à la nourriture. Le saumon n'est pas une viande de malade. |{ S" Plus particulièrement encore, la chair des animaux dont on se nourrit, la portion rouge des muscles qui est la partie la plus nutritive de tous les tissus animaux. Viande de boucherie. De bonne viande. La viande est chère. U se réjouissait à l'odeur de la viande Mise en menus morceaux et qu'il croyait friande, la font. Fabl. I, t8. Samedi 9 février (688 : le roi dîna et soupa chez lui en particulier, parce qu'il mange delà viande et qu'il n'en veut pas manger en public, quoique malade, dangeau, i, 203. Quinze livres de viande à b sous la livre, 3 livres 15 sous, maintebon, Lett. à Urne d'.iubigné, t. i, p. <75, dans pol- OESS. Il ne se sert à table que de ses mains, il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire, LA BRuy. XI. U [Porphyre] remontre à Firmus qu'en ('abstenant de la viande et des liqueurs fortes, on conserve la santé de l'âme et du corps ; qu'on vit plus longtemps ctavec plus d'innocence, volt. Dict. vhil. Viande. Est-il quelqu'un qui ignore que nous (paysans] ne mangeons presque jamais de viande T Mlasl il est prouvé que, si chaque personne en mangeait, il n'y en aurait pas quatre livres par mois pour chacune, lu. 7'ot. et lég. Requ''le aux magittrats. On sait que <oo kilogrammes do viande contiennent, terme moyen, ho kilogrammes de eh*ir, ao kilogramme* d'o«, et qu'ils douoeoi dans
les hospices 400 bouillons d'un demi-litre chacun, et BO kilogrammes de bouilli, thbnard, Traité de chim. t. III, p. 687, dans pougens. Le peuple en France se nourrit beaucoup de grains et consomme très-peu de viande ; le peuple d'Angleterre mange beaucoup de viande et consomme peu de grains, TOULONGEON, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. m, p. 104. Il Viande neuve, viande qui est .servie pour la première fois. Ce hachis est de viande neuve. Il Viande blanche, viande de volaille, de lapin, de veau, etc. || Viande noire, viande de lièvre, de bécasse, de sanglier, etc. || Grosse viande, viande de boucherie et aussi viande des gros animaux que l'on tue à lâchasse. 3 décembre (C8B : Au retour de la chasse. Monseigneur nous donna un grand souper excellent, et rien que de grosses viandes, dangeau, I, 202. Il Menue viande, la volaille, le gibier. || Viande faisandée, hasardée, viande de gibier qui est près de se gâter. |1 4* Populairement et grossièrement, montrer sa viande, se décolleter. || 6° Fig. En termes de dévotion, l'eucharistie. L'eucharistie était son amour; toujours affamée de cette viande céleste, et toujours tremblante en la recevant, boss. Mar.-Thér. Voilà pourquoi, dit saint Augustin, il nous a donné ce sacrement comme une viande, boubdal. Dim. oct. du St-Sacrement, Dominic. t. II, p. 293. Il 6° Terme d'alobimie. Viande du cœur, le mercure philosophai. || Viande des morts, le mercure hermétique. || Proverbes. La viande prie les gens, se dit de mets appétissants. El bien que nos dîneurs mangeassent en sergents, La vt-ande pourtant ne priait pas les gens, hegnier. Sot. X. Il II n'est viande que d'appétit, l'appétit fait trouver tout bon. Toujours manger et boire ! Dans la profusion le goût se ralentit, Il n'est, mes chers amis, viande que d'appétit, legrand. Roi de Cocagne, 1, 3.
— SYN. VIANDE, CHAIR. Le mot de viande porte avec lui une idée de nourriture que n'a pas celui de chair. De plus, chair ne se dit que des parties molles ; viande se dit d'une portion de substance animale mêlée de parties molles et de parties dures (Encycl).
— HlST. XII' s. Dune comença sun cors durement à grever, E les grasses [grossières] viandes, cbous enes [navets] à user, Th. U mart. 97. ||xiii" s. Tuit cil qui deveurent mon pueple ausi comme viande de pain, Psautier, ^ 20. Nulle viande ne nous peut venir de la mer que les Sarrazins ne nous tollissent, qui osloient plus forts que nous n'estions, lOiNV. 274. Moult est en enfermete grande Homs qui abosme sa viande [a en dégoût sa nourriture], du cange, abominatio. \\ .\iv s. Toutes viandes sèches sont bonnes à tout homme, ORESME, Éth. (97. Des amis qui sont pour delettacion, peu en soufflsent en la manière que es viandes souffist un peu de salse, ID. ti». 287. Le pain, qui est le principal et la plus noble viande pour sustentaccion de corps humain, de labop.de, Émaux, p. 54(. Il XV s. Jamais à table ne mange que d'une seule viande, c'est à savoir de la première à quoy il se prend, soit bouilly, ou rosty, ou poulaiUe, ou grosse viande, Bouciq. IV, (7. Pour ce dit ung commun proverbe : Du médecin non congnoissant en son art, de viande deux fois cuite, et de la mauvaise femme, Seigneur Dieu, veuilles nous délivrer, Nef des fols, (' n, dans lacurne. Il XVI* s. Dieu donne viande à toute chair, calv. Instit. HO. On adcfendu de manger chair, comme si c'oust esté une viande polluée, id. ib. <oo(. Viande creuse, à savoir force beste à deux pieds, h. est. Apol. d'Hérod. p. 430, dans lacurne. Touchant la viande des bœufs, de deux sortes principales s'en trouve, de verte et de sèche, dont on les paistra, sous la distinction des temps, o. de serres, 293. Ne m'achète point de chair. Car Unt soit elle friande. L'esté je hay la viande, bons. 4)7. Viande et boisson, perdition de maison, lerohx de uncï, Proo. t. II, p. 434.
ÊTYM. Provenç. vivenda, nourriture; ital.
«jii-ando ; du bas-lat. vivenda, ce qui sert à vivre, de vivere (voy. vivre).
VIANDER (vian-dé), t). n. En parlant des cerfs et autres bêles fauves, pâturer, manger. Dans cette saison, comme les cerfs ne trouvent pas à viander dans les forts, ils en sortent, buff. Quadrup. t. ii, p. 2B. Il Viajider de couche, se dit d'un cerf, quand il est si las qu'il ne peut plus se tenir debout pour brouter. |1 II se conjugue avec l'auxiliaire oeoir.
— HlsT. xiv* s. Ouanl à la vénerie des cerfz et de toutes austres bestes rouges, on doit dire viander, Uodus, f*vi, i-erjo. || xv s. Catulle tendis vianda Les menialres i pance plaine, Uart. de St Eit.
VIB
S'il estoit venu tard, il mettoit peine d'aeonsuir les autres qui le mieux avoient viande, louis il, Nouv. Lxiv II XVI* s. Selon Aristote, les cerfs muent leurs testes tous les ans au mois d'avril, et se tiennent en lieux ombrageux et espais pour éviter les mouches ; ils viandent lors la nuict, jusqu'à ce que leurs testes soient refaictes, CHARLES IX, Ch<iM«roy. 8.
— ÉTYM. Viande.
VIANDIS (vian-dl), «. m. Terme de vénerie. Pâture du cerf et des autres bétes fauves ; brout de la superficie du jeune taillis. Pour le chasseur, les ombrages frais ne sont que des viandis, des forts, des remises, i. :. rouss. Ém. iv.
— Hisr. XVI* s. Les grands cerfs ont toujours plus de jugement de choisir et prendre le viandis oii il y a plus de substances, charles ne. Chasse roy. 24.
— fiTYM. Viander.
VIATIQUE (vi-a-li-k'), s. m. || 1* Cheï les religieux, l'ar^'ent qu'on leur donne pour leur dépense en allant d'un lieu à un autre. Charlemagne, apprenant la mort d'un évêque, demanda combien il avait légué aux pauvres en mourant : on répondit, deux livres d'argent ; un jeune clerc s'écria : C'est un bien petit viatique pour un aussi long voyage; le prince, très-content de cette réflexion, dit au clerc : Sovez son successeur, mais n'oubliez jamais ce mot, d'alemb. Élog. Mast. note H. H Par extension, arpent donné pour un voyage à une personne quelconque. Je l'aurais gardée très-volontiers pendant six mois, et je lui aurais donné un petit viatique pour Paris, volt. telf. d^ArgenUU, 24 nov. 1770. Il lui remit l'argent destiné i.our mon petit viatique, i. J. ROUSS. Conf. il. ||Fig. Moyen de parvenir. Dès ce moment, M. Chevassu visa à la députation, cet indispensable viatique de tout homme qui tient à faire son chemin, ca. DE BERNARD, Un homme sérieux, iv. || %• Fig. Sacrement de l'eucharistie administré aux malades en danger de mort, afin de les disposer à passer de cette vie à l'autre. Elle [la reine] reçut hier au soir Notre-Seigneur comme viatique ; ce fut la plus magnifique et la plus triste chose du monde, sév. lett. à Pompone, 18 nov. (664. Le saint viatique était excepté [lors de l'excommunication de Philippe Auguste], comme le baptême des enfants, de cette privation des choses saintes, volt. Dict. pMl. Tvetot. L'usage des paroisses de Paris est de porter, pendant la semaine sainte, la communion à tous les malades, sans qu'ils soient dans le cas de la recevoir en viatique, duclos, Œuv. t. y, n 394 II U a communié en viatique, sans avoir besoin d'être à jeun. || 3* Viatique est souvent confondu, mal à propos, avec l'extrême-onction. On entra à sept heures, et on le [M. Le TourneuxJ trouva comme mort; on ne put que lui donner l'extrême-onction, ne lui jugeant pas assez de connaissance pour le viatique, ste-beove, P«rl- Royal, 3* édit. t. v, p. 227.
— HI8T. XV* s. Chascun qui puet prant, bape et pique, Pour avoir grant estât et aise ; C'est un périlleux viatique : Tout se pert, le monde et i e- Klise, E. DESCT. Poésie» m«. f* 337.
— ÉTYM. Ut. viaticwn, provision de voyage, et aussi viatique (voy. Quicheiat, Addenda), de rta, voie chemin.Ona là l'exemple de la différence entre un mot calqué sur le latin et un mot remanié à l'origine par la bouche française: viatique et vouaqe ont exactement la même étymologie.
t VIBICES (vibi-s'), s. f. plur. Terme de médecine. Synonyme de vcrgetures. , , .
ÉTYM. Ut. vibieem, marque de coups de fouet, meurtrissure. . -,.„„„
VIBOR (vi-bor), ». m. Terme de manne, onwse planche posée de champ qui sert de parapet à un
vaisseau. , . , ...
— KT^■M. Angl. waistboard; de icaist, milieu,
et board, planche. • , ., ,^ •
VIBRANT, ANTE (vi-bran, bran-t'),ad;. ||1* Qui vibre, qui est mis en vibration. Le problème des cordes vibrantes et tous ceux qui appartiennent a la théorie du son ou aux lois des oscillations de l'air, ont été soumis à l'analyse par les nouvelles méthodes dont il enrichit le calcul des différences partielles, condohcet, Euler. Ce fut d'Alembcri qui résolut le premier, d'une manière générale, le problème des cordes vibrantes, dont Taylor avait donné auparavant une solution qui n'était que particulière, POISSON, Instit. Hém. Saenc. t. vin, p 358. Il Voix vibrante, voix puissante, qui communique une sorte de vibration. H »* Terme de zoologie. Mouches vibrantes, les icbneumons, par.;e qu'ils agitent continuellement leurs antennes.
vm
Il Corpuscules vibrants, dils aussi de Cornalia, petits corps ronds qui, se trouvant dans le ver & soie, indiquent qu'il est malade de la pébrine. || 8" Terme de médecine. Se dit du poul.^ qui est à la fois grand, dur, tendu, prompt et fréquent.
t VIBRATILE {vi-bra-ti-l'), odj. Hl" Terme didactique. Oui est susceptible do vibrer. ||2' Terme de physiologie. Cils vibratiles, très-petits filaments qui sont doués, chez certains animaux et dans certains tissus, d'un mouvement sponlané alternatif. Il Mouvement vibratile, mouvement de ces cils.
— F.TYM. Vibrer.
t VinUATIHlR (vi-bra-ti li-té), s. f. Faculté de produire, d'épruuver des vibrations.
VIBRATION (vi-bra-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f.\\l° Terme de physique. Mouvement très-rapide qu'une verge élastique et rigide, fixée i l'une de ses extrémités, ou une corde tendue par les deux bouts, exécute en oscillant, la première de part et d'autre de sa position fixe, la seconde entre ses deux points fixes, quand une cause quelconque écarte instantanément l'une ou l'autre de la position où elle se tient en équilibre. Les vibrations d'une corde sonore, d'un diapason. Nous entendons par la durée d'une vibration sonore l'intervalle du temps qui s'écoule entre deux retours consécutifs du corps vibrant en même état, poisson, Instit. Mcm. scienc. t. viii, p. 4|9. Ha» Il se dit aussi d'un mouvement semblable qui anime les particules d'une membrane tendue et, en général, d'un corps quelconque. Les vibrations de la membrane du tympan. |l 3» Il se dit enfin de l'air et des fiuides élastiques. Le nombre des vibrations d'une colonne d'air est en raison inverse de sa longueur. Le son ne se fait entendre que par le moyen des vibrations de l'air qui ébranlent le nerf de l'oreille, malebr. Bech. vdr. Éclaire, sur la lum. t. IV, p. 338, dans pougens. Les vibrations de l'air produisent les sons, qui, suivant la promptitude ou la lenteur des vibrations, sont aigus ou graves, LAPLACE, Ex]i. I, t4. L'air.... est mis en vibration de deux manières difl'érentes : lorsque ia force d'ébranlement agit directement sur l'air même, comme dans la fliite, le cor et quelques autres instruments à vent; ou lorsqu'il partage et propage les vibrations isochrones des corps sonores, tels que les instruments à cordes ou ceux qui sont dits de percussion, busset, }Iusique simplifiée, t. I, p. 3. l[4* Par extension, vibration de la voir, qualité d'une voix vibrante. Ce n'est pas uniquement à la douceur de l'italien, mais bien plutôt à la vibration forte et prononcée de ses syllabes sonores, qu'il faut attribuer l'empire de la poésie parmi nous, stael, Corinne, m, 3. Sa voix de l'évêque] prit la colère et la vibration Du prophète lançant la malédiction, lamart. Joc. v, 4 87. Il 5* Synonyme d'ondulation, en parlant de la lumière et de l'éther. La lumière résultait des vibrations d'un fluide universel extrêmement subtil, agité par les mouvements rapides des particules des corps lumineux, de la m?me façon que l'air est ébranlé par les vibrations des corps sonores, pbes- NEL, Instit. ilém. scienc. «821 et (822, t. v, p. 340. Il 6* Mouvement d'oscillation d'un pendule; en ce gens, le mot d'oscillation se dit d'ordinaire et convient mieux à cause de la lenteur du mouvement. On appelle oscillation ou vibration des pendules, le mouvement d'un corps lourd, attaché par un fil ou par une verge à un point fixe autour duquel il décrit un arc, brisson. Traité de phys. t. I, p. 212. Ouand vous voudrez avoir les vibrations deux fois plus lentes, il fauilra que le pendule soit quatre ibis plus long; et, au contraire, il faudra qu'il soit quatre fois plus court, quand vous voudrez que '.es vibrations soient deux fois plus rapides, confliL. Art de raii. ii, H. Ils [les Arabes] donnèrent une attention particulière k la mesure du temps par des clepsydres, par d'immenses cadrans solaires, et même par les vibrations du pendule, laplace, Bapos. v, 3.
— ÉrVM. Lat. vibrationem, de vibrare (voy.
yiBBER).
t VIBRATOIRE (vi-bra-toi-r'), adj. Terme di dactique. Oui a le caractère d'une suite de vibrations. Mouvement vibratoire. Les effets vibratoires d'un ctioc.
t VIBRÉ, ÉE (vi-bré, brée), port, passé de vibrer. Lancé comme par une vibration. Quand tes accords, vibres en sons courts et rapides, lamart. Horm. iv, 3.
VIBRKR (vi-bré), v. n. Terme de physique. Exécuter des vibrations. Une corde qui vibre. Il Par extension. Ton àme [d'une chanteuse] dont iécbo vibre dans chaque oreille, lahakt. Harm
Vie
VI, 8. Il Kig. Faire vibrer les cordes sensibles de l'ime, toucher, émouvoir. || Néologisme. La voix vibre, faire vibrer la voix, sorte d'euphémisme, sous lequel les chanteurs fatigués ou qui ne peuvent pas tenir la note, déguisent le battement qui en résulte, qui n'est au (ond qu'un chevrottement. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÊTYM. Lat. vibrare, être brandi, s'agiter, vibrer, qui se rapporte au sanscrit védique jivri, vacillant, branlant.
t VIBRION (vi-bri-on), t. m. Terme de zoologie. Genre d'infusoires d'un» figure linéaire, tnbrvi Kneola, /,.
— RTVM. Vibrer.
+ VIBRIOMENS(vi-bri-o-niin),i. m.pJur. Terme de zoologie. F, mille d'infusoires qui s'offrent, aux plus forts grossi.sst-ments , sous l'aspect de simples filaments ; on pense que ce sont des algues.
t VIBRISSES (vi-bri-s'), s. f. pi. \\ 1- Nom donné aux poils qui se trouvent en dedans de l'orifice dos narines, et dont l'état pulvérulent est quelquefois un signe utilisé en pathologie pour le diagnostic, celui de la dothiénentérie, par exemjile. Il Terme do zoologie. Se dit de longs poils i.solés qui pou.ssent dans les narines, sur divers points de la face, parfois aussi au côlé interne des pieds de (levant des mammifères. i|J° Se dit, dans les oiseaux, dos plumes tout à fait simples et piliformes, sur les c6tés desquelles on n'aperçoit que des barbes rares et très-courtes.
— f:TYM. Lat. vibrissx, poils de l'intérieur des narines.
VICAIRE (vi-kê-r'), S. m. || 1° Celui qui est adjoint à un supérieur pour le remplacer en certaines fonctions. Les comtes assemblaient les hommes libres et les menaient à la guerre; ils avaient sous eux des officiei-s qu'ils appelaient vicaires, MOMTESQ. Ksp XXX, 17. Il[Boniface VIII] fait venir en Italie ce Charles de Valois, et le nomme vicaire de l'empire en Toscane, volt. Ann. Emp. Albert I, <300. L'arciievêque de Guesne, primat de Pologne, vicaire du rovaumedans les interrègnes, et la première personne de l'Etat après le roi, volt. Charles XII, 2. || Terme d'antiquité. Gouverneur d'un diocèse, qui exerçait son autorité au nom dos préfets du prétoire. || Nom que l'on donnait autrefois au champion qui, dans le combat singulier, se battait pour un autre. || On donnait aussi te nom à celui qui subissait pour un autre l'épreuve de l'eau froide, de l'eau bouillante, etc. Il i* Ecclésiastique qui assiste un évêque ou un curé dans ses fonctions. Réunissant M. Gâtier avec M. Gaime, je fis de ces deux dignes prêtres l'original du vicaire savoyard; je me flatte que l'imitation n'a pas déshonoré ses modèles, >. 3. rouss. Conf. m. Il Grand vicaire ou vicaire général, celui qui représente l'évêque dans l'administration ecclésiastique. Fléchier ne profita pas de ce délai, comme beaucoup d'autres auraient pu faire, pour se dispenser d'aller résider dans son diocèse ; il partit pour Lavaur, et y travailla jusqu'à l'arrivée de ses bulles, sous le titre modeste de vicaire général du chapitre, d'alemb. Élog. Fléch. note «o. I Se dit aussi des curés qui desservent les cures dépendantes d'un chapitre, d'une abbaye, ou d'un prieuré, et qui ne reçoivent pour cela que la portion congrue. || 3' Dans l'Église catholique, le vicaire de Jésus-Christ, le pape. || Vicaire apostolique, titre que le pape confère à un ecclésiastique, dans des pays hérétiques ou infidèles, pour veiller sur la religion. || X Rome, cardinal-vicaire, le cardinal à qui le pape a confié particulièrement l'administration ecclésiastique de la ville de Rome. || Vicaire perpétuel, titre que s'attribuent certains archevêques, en le considérant comme synonyme de légat. Il 4° Dans certaines communautés, le père vicaire, le vicaire général, le religieux, qui, en l'absence du supérieur, en fait les fonctions. Il se servit, pour cet effet, du vicaire général des Augustins, qui lui était très-confident, hetz, Êtém. t. Il, liv. in, p. 225, dans pougens. |1 5* Adj. Terme de théologie. Satisfaction vicaire, celle que le Sauveur a offerte à Dieu en notre lieu et place. Il Proverbe. Le curé ne chante pas mieux que son vicaire, se dit quand on n'obtient pas plus d'un personnage puissant que de son subordonné,
— HIST. xii* s. Plus est ferms que la piere qui siet survive mole. Vicaires est saint Piere.... Th. le mort. 80. Il xni* s. Li fust 11 roiaumes donnés. Dont il fu puis rois couronnés. Et vicaires de tout l'empire, la Rose, 0760, || xv s. Prestre fermier ou vicaire de l'église parrochial dudit Croissy, du GANGE, vicarius. \\ xvi* s. Il se faut contenter de ce
Vie
gros latin de vicaire, duquel use H. le converlitseur en disputant, d'aub. Conf. ii, vm.
— ETYM, Provenç. vieari; espagn. vieario; portug. oiffoiro: ital. oicono; du latin vicariiu, qui vient de vix, lins, tour, alternative (voy, vice ï). Vtcarius avait aussi donné viguior.
VICAIRIK (vi-kê-rie), t. f. || 1" Fonction do t|. caire, d'une paroisse (moins usité que vicariat). Il S* Eglise établie dans une grande paroisse, pour la commodité des paroissiens, qui ne pourraient se rendre ou tenir tous dans l'église principale ; dite aussi annexe ou succursale. ||8* Nom donné à des bénéfices dans certaines églises cathédrales.
— IIIST. XIII' s. Cil sert 4 riche vicairie,Oul sert à la vierge Marie, du canoë, vicaria. || xiv* s. Pour l'aine d'icellui prestre, Loys Baille doit fonder do sa rente une vicairie ou chapelle, ou canoë, ib.
— ÊTYM. Wallon, ct«otrrei«; du latin vicaria, de vicarius, vicaire.
VICARIAL, ALE (vika-ri-al, a-ip, aij. Qui a rapport au vicariat. Les devoirs vicariaux. Les fonctions vicariales. Les chapelles qui ont un titre légal sont des chapelles vicariales, Jfonit. univers. ta juiJl. <8fl7, p. 934, 2' col.
VICARIAT (vi-ka-ri-a ; le < ne se lie pas), ». m. Il 1* Fonction, emploi du vicaire. Le vicariat d'une paroisse. Le grand vicariat du diocèse. L'empereur Louis, qui s'était repenti d'avoir donné le vicariat d'Italie à un roi de Bohême, guerrier et paissant, se repent d'avoir donné le vicariat d'Allemagne à un roi plus puissant et plus guerrier, volt. Ann. Emp. Louis V, <340. Hï- Territoire sur lequel s'étend le pouvoir du vicaire. || 8* Le temps pendant lequel on a été vicaire d'une paroisse. || 4* Logement du vicaire d'une paroisse. || 6* Synonyme de succursale ou vicairie. Chaque année s'augmente le nombre des chapelles qui, sous le litre de succursales ou de vicariats, prennent part i la distribution du crédit, Monit. univ. )3 sept. «8«". p. 934, 2* col.
— HIST. iv* s. Le vicariat [procuration], conte. nant la puissance baillée par l'arcevesque de Tour» à maistre Jehan de Plains son officiai, et au moyen duquel a esté par ledit de Plains, comme vicaire, fait collation d'icelle cure.... du canoe, vicariatus. Il XVI* s. .,,Entreprise qu'on a parfois dissimulée et tolérée en la personne du pape, mais non d'autre, quelque délégation, vicariat ou faculté qu'il eust de sa sainteté, P. pithod, B5.
— ÊTYM, Vicaire.
VICAUIER (vi-ka-ri.é), je vi cariais, nous yfe» riions, vous vicariiez ; que je vicarie, que nous vicariions, que vous vicariiez, r, n. || 1" Faire le» fonctions de vicaire dans une paroisse. Il avait vicarié pendant dix ans. Sortez d'ici, allez vicarier dans votre village, mohellet, Mém. t. ii, p. 27;. dans pougens, ||i* Fig, et familièrement. Être réduit à une place subalterne. Je suis las de vicarier. Il 3° Se disait des musiciens d'église qui allaient de ville en ville, pour offrir leurs services temporaires. [Venture] se présente d'un air aisé.... s» donnant pour un musicien français que le raauvai» état de ses finances forçait de vicarier pour passer son chemin, j. j. kouss. Conf. m. Comme il nS avait point là de maîtrise où je pusse vicarier, e' que d'ailleurs je n'avais garde d'aller me fourre» parmi les gens de l'art, a. ib. iv, || Il se conjuga* avec l'auxiliaire oroir,
— HIST, xv« s, Faifcu estoit tant gai, gentil v noble, Que, bien souvent n'ayant escu ni noble Vicarioit en maint lieu et contrée, Faifeu.
— ËTVM. Vicaire.
4, VICE (vi-s'), $, m. Ijl* Défaut, imperfectior. grave (ce qui est le premier sens de «i(ium, e» latin). Vice de forme. Il y a un vice considérable dans cet acte. Il est étrange que Corneille ai: senti le vice de son sujet, et qu'il n'ait pas seni le vice de sa diction, volt. Comm. Corn. Rem. Théod. i, 4. En général, on peut réduire tous las vices de la musique ordinaire à trois classes principales, j. 3. rouss. Dissert, sur la mus. mod. Ce fut un homme de grande pénétration ; personne ne saisissait plus rapidement et plushùrement le vice d'un raisonnement, dider. Opin. des ave. philos, {pyrrhomsme philos.). Je remarquerai qu'ils [ces chiffres] n'ont pas le même vice que ceux qui se trouvent dans la feuille de contrôle. Déposition de Oudart, expert en écritures, dans Débats relatifs à un faux quaterne, p, 44, Paris, an vu, in-8*. Il C'est un vice de clerc, cette locution a vieilli , on dit c'est un pas do clerc. I| S'^Terme de médecine. Vice de conformation, mauvaise disposition d'une partie du corps. || On dit de même : vice de etto»
Vie
•titulion. lx>ra(Tu'un enfant n'a point de vices de eonstitulion, il doit vivre, la nature le veut, oentis, Maitnn rutl. t. D, p. 240. || Un vice dans le •ang, locullon vague par laquelle on distingue vulgairement quelque dialhëse. Le vice scrofuleux. Il Vice cancéreux, pour les uns, qualité malfaisante inhérente aux divers tissus dits cancéreux; pour les autres, propriété de génération dans plusieurs points de l'économie, successivement ou simultanément, do nutrition énergique et de développement rapide, qui fait que ces produits déterminent la résorption des tissus normaux dont ils prennent la place. || Terme de vétérinaire. Vices rédhibitoiras, maladies ou défauts qui donnent à l'acheteur le droit de réclamer l'annulation de la vente d'un animal et de s'en faire restituer le jirix. La garantie que le vendeur doit à l'acquéreur a deux objets : le premier est la possession paisible de la cliose vendue ; le second, les défauts cachés de cette chose ou les vices rédhibitoires, Code civil, art. ) 625. || 3° Disposition habituelle au mal ; en ce sens il est l'opposé de vertu. Tant y a qu'après avoir rempli les limbes de ses parricides et enseigné soixante ans le vice, elle [une vieille courtisane].... balz. liv. iv, Leit.io. Quand les vices nous quittent, nous nous flattons de la créance que c'est nous qui les quittons, la rocherooc. Max. au mot vices. Esprits oisifs, que le vice possède, ROTH. Vencesl. i, i. Mais si, toujours vousmême et toujours serf du vice, Vous ne prenez des lois que de votre caprice, iD. tb. Le vice nous est naturel, pasc. Pens. xxiv, 61 ter, éd. havet. Ils ne pensent jamais à Dieu : les vices ont prévenu leur raison, iD. Prov. iv. Elle seule [la satire].... Va jusque s^ousle dais faire pâlir le vlce,B0iL. Sal. ix. Un jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices, Est prêt à recevoir l'impression des vices, ID. Art p. ui. Le vice grossier fait horreur, fén. Tél. VII. Comme les hommes ne se dégoûtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de le leur reprocher, la bbut. les Caraelères. Les vices des Romains ont vengé l'univers, volt. Catilina, I, 6. La modération des grands hommes ne borne que leurs vices, vauven. Iléfl. et max. 72. Il [Aristophane] attaque le vice avec le courage de la vertu, la vertu avec l'audace du vice, chamfobt, Élog. de Mol. || 4" Disposition habituelle à faire un certain mal moral particulier. Mais craignant d'encourir vers toi le même vice [l'indiscrétion] Que je blâme en autrui.... regnier, Sat. viii. Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes. Là rochefouc. Max. )82. On peut dire que les vices nous attendent dans le cour.'! de la vie, comme des bâtes chez qui il faut successivement loger, id. i6. 49<.Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice, est que nous en avons plusieurs, ID. ib. <95. Il y a des gens qu'on approuve dans le monde qui n'ont pour tout mérite que les vices qui servent au commerce de la vie, ID. ib. 273. On croit n'être pas tout à fait dans les vices du commun des hommes, quand on se voit dans les vices de ces grands hommes [tels qu'Ale.xandre], PASC. Peits. VI, 80, éd. HAVET. Quand les passions sont les mai- Iretses, elles sont vices, iD. tb. xxv,(04. Il n'y a point de vice qui n'ait une fausse ressemblance avec quelque vertu, et qui ne s'en aide, la brut. iv. Tous les vices politiques ne sont pas des vices moraux, et tous les vices moraux ne sont pas des vices politiques, MONTESQ. Esp. XIX, (I. 11 est très-vrai que la société bien gouvernée tire parti de tous les vices ; mais il n'est pas vrai que ces vices soient nécessaires au bonheur du monde : on fait de trèsbons remèdes avec des poisons; mais ce ne sont pas les poisons qui nous font vivre, volt. Dict. phil. Abeilles. Peut-être n'avons-nous plus les mêmes défauts ; mais le nombre de nos vices n'est point diminué, condil. Étud. hist. m, 2. Les lois contre le jeu ont été insuftisantes, comme toutes celles qui ont pour objet, non de véritables crimes, mais des vices dangereux dont l'éducation seule peut préserver, condorcbt, Maurepas. Tous les vices sont, en général, plus exaltés dans le grand monde qu'en province, i l'exception de l'envie, oen- Li», Mères riv.l.i, p. «04, dans pouoens. |1 Demivice, vice peu saillant. L'homme ordinaire, avec ■es demi-vices et ses demi-vertus, about, Ikv. des Dnu-Mond.iMl, t. u, p. «s. || Ironiciuement. Ce n'est pas ton vice, ce n'est pas sa vertu favorite. U peut te dire vrai, mais ce n'est pas son vice, cohn. Ment. V, «. Il II n'a qu'un vice, se dit d'un homme qui les a tout. || Populairement, un cheval qui a du vice, un cbeva rétif, trop ardent, jj 6* Particu-
llèrement. Habitude de la débauche, du libertinage. Une de ces régularités tardives.... qui n'ont presque de la vertu i|ue la seule impuissance d'être encore vice, mass. Or./un. Villeroy. L'ordre des religieuses pénitentes.... relirait du vice de malheureuses filles exposées à périr dans la misère, après avoir vécu dans le désordre, chateaubh. Génie, IV, VI, 2. Il Vice contre nature, la pédérastie. Il 6' Il se dit des personnes vicieuses. Flatter le vice en crédit. Cliâtier le vice. || Le vice personnifié. Le vice autorisé, Le vice qui. pompeux, tout mérite repousse. Et va, ccninie un banquier, en carrosse et en housse, regnier, Sat. xi. || Proverbe. Nul sans vice, il Pauvreté n'est pas vice, il ne faut reprocher à personne sa pauvreté. || Pauvreté n'est pas vice, mais c'ast une espèce de ladrerie, c'est-à-dire qu *flï-j<in la fuit. || Le vice l'a quitté, mais il n'a r;.^ quitté le vice, se dit d'un homme qui conserva ses inclinations vicieuses, quoiqu'il n'ait plus le moyen de les satisfaire.
— SYN. vice, défaut. Le vice est une Imperfection morale grave; le défaut est une Imperfection légère, mais soit morale, soit intellectuelle. On a dit de César qu'il avait tous les vices, et pas un seul défaut.
— HIST. XII» s. Li visce s'entrafient dezoz la semblancedes vertuz, Job, p. 453. Assez distrent delroi vices [reproches] et maudichons, du cange, vitius. Il XIII* s. Maintes foiz li vice entrent souz le nom de vertus, brun, latini, Trésor, p. 3C6. Escharsetez [avarice] est une vice.... Ren. I9(. Haus homs ne puet avoir nul vice. Qui tant 11 griet cum avarice, la Rose, iti6. || zv* s. Cuer sans vertu, c'est visce lait, e. desch. Poésies mss. f°67. Il xvi* s. Nul vice sans supplices, nuls vifs sans vices, LEROUX de lincy, Prov. t. n, p. 358.
— ÉTYM. Cat. vici, vice, visi; esp. vicio ; ital. vilio ; du lat. vitium.
t 2. VICK.... élément qui se met entête d'un mot pour signifier suppléance, et qui représente le latin vix, vicem, tour, alternative; les étymologistes rattachent vix à l'anc. haut-allem. wëhsal. allem. Weclisel, changement. Vice a eu aussi dans l'ancienne langue un emploi indépendant: xiii* siècle. Li evesques commist ses vices [fonctions] àSl Vincent; car il avolt la langue empeschée, du cange, vices.
VICE-AMIRAL (vi-sa-mi-ral), s. m. || !♦ Anciennement, officier général qui représentait l'amiral et qui avait la seconde dignité dans la marine. Les vice-amiraux prendront rang après les maréchaux de France, Ordonn. de 1786, titre iv, dans JAL. Il 2* Aujourd'hui, officier qui a le rang du général de division de l'armée de terit, et qui porte les mêmes signes dlstinctif. que lui. 3° Nom donné au vaisseau que monte dans une flotte ou dans une escadre l'officier général qui a le titre et la fonction de vice-amiral. Le marquis de ViUette, vice-amiral du corps de bataille, arrivait en même temps sur le vice-amiral d'Angleterre, Méiii. de Villctte, p. 422, dans jal. || 4" Coquille univalve. || Au plur. Des vice-amiraux.
— HiST.xiv" s. Mons. Guillaume de Cohem, visamiral de France, dans jal.
— ETYM. Vice 2.... et amiral.
■VICE-AMIRAUTÉ (vi-sa-mi-rô-té), î. f. Charge,
grade de vice-amiral. U fallait augmenter l'émulation, en ne soufl'rant plus que les vice-amiraux devenant maréchaux de France conservassent leur vice-amirauté, st-sim. 399, 200. || ^lu plur. Des vice-amirautés.
VICE-BAILLI (vi-se-ba-lli. Il mouillées, et non bâ-yi),s. m. Ancien officier de robe courte, qui faisait les fonctions de prévôt des maréchaux et qui jugeait les cas de prévôté. Il faut voir sur-le-champ si les vice-baillis Sont si francs du collier que vous l'avez promis, regnard. Joueur, m, 0.
— msT. XVI' s. Nous avons puis nagueres relglé la charge et exercice desdi Is pievo is, vibaillifs, viseneschaux, greffiers et archers, ^di(, mai ) 681 .
— KTVM. Vice 2, et bailli.
tVIGE-CAMÉRlER(vi-se-ka-mé-rié),«.m.Terme
de chancellerie romaine. Lieutenant du camérier.
— ÊïYM. Vice 2, etcaniener.
t VICE-CARDINAL (vise kar-di-nal), s. m. S'est dit, dans le moyen âge, d'un suppléant de cardinal.
— Hisr. xui s. Sire, c'est lor evesques, un vicescardonaus. Oui lor fait le service le main [le matin] aus ajournaus, Ch. d'Ant. viii, 390.
— ETVM. itce 2, et cardinol.
VICE-CHANCELIER (vi-se-chan-se-lié),».m. Celui
qui fait la fonction de chancelier, en l'absence de ce dignitaire. || Au plur. Des vice-chancelicrs.
— BIST. Xï* t. Pour 1« duc de Bretaigne y avolt
Vie
avec ledit conte pour ambassadeur le vicbanceller de Bretaigne, COHU. i. 2.
— RTYM. l-ice 2, et e/ionceiter.
■VICE-CONSUL (vi-se-kon-sul), ». m. || !• Celui
qui supplée le consul ou homme chargé des affaires commerciales d'un pays en son absence. Il 2° Celui qui dans une résidence où il n'y a point de consul en remplit les fonctions. || itu plur. Des vice-consuls.
— K.TYM. Vice 2, et consul.
VICE-CONSULAT (vi-se-kon-su-la), t. m. Emploi
de vice-consul. || Au plur. Des vioa-oonsulats.
t VICE-DIEU (vi-se-dieu), s. m. ||1° Être divin qui remplace un dieu supérieur. Leurs trois vicedieux ou sous-dieux [des Indiens], Brama, Visnou et Routren, le formateur, le restaurateur, l'exterminateur, ne sont-ils pas l'origine des trois Parques? VOLT. Lelt. Bailly, 27 févr. 1777. || 2° Se dit, par dénigrement, du pape. Un prêtre, roi de Rome, un pape, un vice dieu, volt. Ep. 4 02.
— ETYM. Vice 2. et Dieu.
t VICE-GÉRANCE (vi-se-jé-ran-s'), 1. f. Fonction de vice-gérant.
— iiisT. XVI' s. Il le trouva en la vicegercnce d'Avignon, oiiil s'estoit retiré chez un sien cousin,
CABL. I, 18.
VICE-GÉRANT (vi-se-jé-ran) , s. m. Celui qui remplace le gérant ou qui le seconde. Thomas Cromwell fut celui que le roi établit son vicaire général au spirituel en 4 635, incontinent après sa condamnation, et qu'en 4B36 il fit son vice-gérant dans sa qualité de chef souverain de l'Eglise, par où il le mit à la tête de toutes les afl"alres ecclésiastiques et de tout l'ordre sacré, boss. lor. vu, 5. ]| Par extension. Celui qui remplace une personne quelconque. De son vice-gérant [l'amant de sa femme] il [un mari] apprend tous les soins, la font. Petit chien. || Fig. Qui ne voit quece mot [pronom] signifie un vice-gérant, dont le devoir consisteà figurer àlaplace d'un autre? giraru, Princ. lang. franc. 6' DiiC. \\ Au plur. Des vice-gérants.
— HlST. xvi* s. Cela n'empesche point qu'il n'y ait un chef dessous lui, quant au ministère, lequel soit comme son vicegerent en terre, calt. Instit. 889.
— ÉTYM. Vice 2, et gérant.
VICE -GÈRENT (vi-se-jé-ran), s. m. Celui qui tient la place de l'official en son absence.
— HIST. xvi* s. Jean CapcUe, prestre, curé de Wlllecourt, Anthoinede Bussu, prestre, vicegerend de Forceville... Coust. gén. t. i, p. 735.
— ÉTYM. Le même que vice-gérant ; et, comme dit Pautex, il n'y a aucune raison pour ne pas l'écrire par un a. On trouve souvent vice-régent au lieu de vicegerent.
VICE-LÉGAT ( vi-se-lé-ga ) , t. m. Prélat qui exerce les fonctions de légat en l'absence de celuici. \\Au plur. Des vice-légats.
— HIST. xvi* s. Et estant arrivé devant Avignon, demandaàparlementeraveclevicelegat,CARL. 1, 4«.
— ÊTVM. Vice -2, et légat.
VICE-LÉGATION (vl-se-lé-ga-sion), s. f. Emploi
de vice-légat. La vice-légatlen d'Avignon vaquait, st-sim. 488, 66. || Au plur. Des vice-légations.
VICEN.\AL, ALE (vi-sè-nnal, nna-l'), adj. Qui est de vingt ans, qui se fait après vingt ans. Prix vicennaux.
— ETYM. Lat. ctcennaJi», de vicies, vingt fois, et annus, année.
t VICK-PRÉFET (vi-se-pré-fè), s. m. Vice-préfet apostolique , dignitaire ecclésiastique dans certaines colonies.
— ETYM. Vice 2, et préfet.
VICE-PRÉSIDENCE (vi-se-pré-zi-dan-s'), s. f. Les
fonctions, la dignité du vice-président. || Au plur. Des vice-présidences.
VICE-PRÉSIDENT (vi-sc-pré-zi-dan) , s. m. Celui qui exerce la fonction du président en son absence. {| Au plur. Des vice-présidents.
— HIST. XV" s. Maistre Jacques de Coictier, Tipresident d'icelles, Édit, 24oct. 4 483.
— ETYM. Vice 2, et président.
t VICE-PROCUREUR (vi-se-pro-ku reur) , ». m. Celui qui remplaçait le procureur de l'ordre de Malte en cas d'absence.
— ETYM. Vtc^ 2, cl procureur.
t VICE-RECTEUR (vi-se-rè-kteur),». m. Celui qui, en l'absence du recteur, remplit ses fonctions. || Aujourd'hui, dansl'administration universitaire, l'Académie de Paris a un vice-recteur à sa tête (comme si le titre de recteur était réservé au ministre).
— ETYM. Vice i, et recteur.
VICE-REINE (vi-se-rê-n'), ». f. || f U femme da
vie
vie
vie
UTi
Tice-roi. I|I* Princesso qui gouverne avec l'autorité cl'un vice-roi. || Au plur. Des vice-reines.
— FTYM Vice 2, et reine.
VICK-ROI (vi-soroi), J. m. || 1° Gouverneur d'un État qui a ou qui a eu le titre de royaume. Il i' Gouverneur de quelques provinces, quoiqu'elles n'aient pas eu le titre de royaume. Vice-roi de Catalo^'ne. Ii S" K^pice de canard. || Variété de tulipe. Il Au plur. Des vice-rois.
— f-TVM. Vice 2, et rot.
t VIC.K-nOVAL, AI.E (vi-se-ro-ial, ia-1'), adj. Oui appartient à un vice-roi. Le trône vice-royal de l'Inde britannique, B.f».rf«îDeiii- Ifond. 16 juil. 1870, p.306.
VICK-KOVAUTÉ (vi-se-ro-iô-té), s. f. Dignité de vice-roi. || Pays gouverné par un vice-roi. \\Àuplur. Des vice-royautés.
VICE-SÊ.NÉCUAL (vi-se-sé-né-chal) , t. m. Officier de robe courte, qui faisait la fonction de prévôt des maréchaux, et qui jugeait les cas prévôtaui. Il Au plur. Des vice-sénéchaux.
— f.TVM. Viee 2, et sénéchal.
t VICE-SÉ.NÉCHAl'SSÉE (vi-se-sé-né-chôsée), I. f. Emploi, fonction de vice-sénéchal. Il R.Miment où il résidait. || Au plur. Des vice-sénéchau^sées.
t VICÉSIMAL, ALE(vi-sézi-mal, ma-l'), adj. Qui dépend du nombre vingt, qui l'a pour base. || Système vicésinial, celui où un chiffre devient vingt fois plus fort en reculant d'un rang vers la gauche. Notre langue, dans la nomenclature des cent premiers nombres, suit le système décimal de 20 à 00, et le système vicésimal de l à 20, de 80 à 8», et de 80 à 100, puisqu'on y emploie les mots onze, douze, treize, quatorze, quinze, etc.
— REM. M. Ampère, dans son Uist. littér. de France (ch. Il), a écrit:» Le système vigintétimal a dû naître de la considération simultanée des doigts des mains et des dix doigts des pieds. ■ C'est un barbarisme. Ces adjectifs se forment des ordinau,x latins par le changement de la finale us en at: decimus, décimal, cenlaimus, centésimal ; sexagesimus, (exagésimai ; les Latins n'ont pas dit vigintesimus,
— ETVM. Vicesimus, vingtième, de tîijint:', vingt. VICE VERSA (vi-sé-vèr-sa) , loc. adv. Kécipro-
quement. Lorsque l'œil passe brusquement d'une grande clarté à une lumière beaucoup plus faible, et vice versa, on ne distingue rien dans les premiers moments, Inslit. Mém. scienc. (807, (•• sem. p. 224. La b.issesse est une médaille dont le revers est l'insolence, et vice versa, boiste.
— REM. On écrit versd, avec un accent circonflexe; mais cet accent est inutile: c'est une invention des grammairiens modernes pour distinguer l'ablatif latin, laquelle ne mérite pas d'être conservée.
— Etv.m. Lat. eice, tour, alternative (voy. vice 2), et versa, tourné.
t VICIIKT (vi-chè), s. m. Ascidie rayonnée.
t VICHNOU (vi-chnou), s. m. Une des principales divinités du brahmanisme, celle qui, dans la trimourti ou trinité de cette religion, personnifie le pouvoir conservateur.
t VICIABI.E (vi-si-a-bl'), adj. Oui peut être vicié, corrompu.
— IIIST. XV* s. Vicieuse non viciable, E. desch. Poésies mss. f* (7.
t VICIATKUR, TRICE (vi-si-a-teur, tri-s'), adj. Oui vicie, corrompt. Les agents viciateurs de l'air.
t VICIATION (vi-si-a-sion), ». f. Action de vicier. Les temps nécessaires à produire un même degré de vicialion, dans un même volume d'air, sont évidemment en raison inverse des activités respiratoires, pasteur, Ètonit. univ. 7 nov. (868, p. U55, )'• col.
VICIR, ÉE (vi-si-é, ée), part, passé de vicier. Il y aura dans une grande ville vingt yeux viciés qui verront vert et jaune ce qui est blanc , juhied, dans Boss. c aven, in, 39. L'Europe était un corps vicié jusque dans les principes de la vie, CON- BiLLAC, Dise, de réception.
VICIER (vi-si-é), je viciais, nous viciions, vous viciiez; que je vicie, que nous viciions, que vous viciiez, e.o. lll'G'iter, corrompre. Que n'a pas gâté la concuiiiscence? elle a vicié même l'amour paternel [en mettant les enfants dans les couvents], B0S«. Pensées chrét. el mor. 42. || 2° Terme de jurisprudence. Rendre nul, rendre défectueux. Celte omission ne vicie pas l'acte. || Absolument. C'est une règle de droit que ce qui abonde ne vicie pas. Il Inversement et par plaisanterie. Et malheureusement ce qui vicie abonde, l'iRON, iliitrom. 1,3. Il 3° Se vicier, v. réfl. Être vicié. Comme se perfectionner ou se vicier est la même chose relativement à la nature, bufp Quadrup. t. vu, p. aoa.
— msT. xiii* s. Il [les bois taiUéi vers le septentrion] deviennent vicié [var. corrompus] plus legicrement, brun, latini. Trésor, p. 177.
— f.TVM. Provenç. et espagn. eieior; ital. vixiare ; du lat. riliare, de ridum, vice.
VICIEl'SKMKNT (vi-si-eil-ze-man) , adv. D'une manière vicieuse.
— HIST. XIV" s. Oue li magistraz avoient esté créez vicieusement, brrciieure, f" «03. ||xvi* g. J'apperçeois, en ces dcmembremens de la France et divisions où nous sommes tumbcz , chascun se travailler i deffendre sa cause, mais, jusques aux meilleurs, avec desguisementet mensonge; qui en cscriroit rondement, en cscriroit témérairement et vicieusement, mont. IT, i34.
— f.TYM. Vicieuse, et le suffixe mervt. VICIEDX, EUSE (vi-si-eû, eii-z'), adj.\\i' Oui a
des défauts, des imperfections graves. Conformation vicieuse. Contrat vicieux. Il [un des personnages] ne semble commencer i l'aimer [une femme] que quand il lui a donné sujet de le haïr; cela fait une inégalité de miEurs qui est vicieuse, COBN. Place royale, examen. Il est aussi vicieux de faire trop que trop peu, fonten. Doutes sur les causes oecas. Elle [la compagnie hollandaise] adopta dans ses chantiers une construction vicieuse qui lui fit perdre beaucoup de .navires et de très-riches cargaisons, raïnal, llist. phil. i, 24. Il Terme de grammaire. Locution vicieuse, locution contraire à la règle et au bon usage. || Terme de logique. Cercle vicieux (voy. CERCLE, n" 10). || 2' En parlant des chevaux et autres bêtes de voiture, etc. méchant, rétif, ombrageux. On dit qu'il avait fait pendre un cheval vicieux dans son écurie , pour servir d'exemple aux autres , dioeh. iett. à Mlle Voland, 8 oct. <70». ||3°En parlant des personnes, adonné au mal, à la débauche. Je croirai qu'il n'est rien au monde qui guérisse Un homme vicieux, comme son propre vice, Régnier, Sat. XI. Vertueux sans mérite, et vicieux sans crime [dans la doctrine de la fatalité], CORN. Œdipe, m, s. L'exemple de la chasteté d'Alexandre n'a pas tant fait de continents que celui de son ivrognerie a fait d'intempérants ; il n'est pas honteux de n'être pas aussi vertueux que lui, et il semble excusable do n'être pas plus vicieux que lui, pasc. Pens. vi, 30, édit. havet. L'horamfi le plus dangereux dans nos mœurs est celui qui est vicieux avec de la gaieté et des grâces, duclos, Consid. mœurs, 8. || Substantivement. Les vicieux qu'il [l'honneur du monde] engendre, ne sont pas de ces vicieux abandonnés à toutes sortes d'infamies, boss. Sermojis, Honneur du monde, 2. Les vices des rois encouragent les vicieux, et rendent pusillanimes les gens do bien qui les approchent , dider. Cl. et fier. I, 83. Il <• Qui tient du vice, qui a rapport au vice. Les Cdupables esprits ont toujours mille craintes. Lorsqu'il leur faut quitter ce vicieux séjour, THÉOPHILE, Œuvres, p. 306. Nos actions ne sont ni si bonnes, ni si vicieuses que nos volontés, VAUVEN. Réfl. et max. 3)4. Les générations des opinions sont conformes à celles des hommes, bonnes et vicieuses tour à tour, id. ib. 33. Comment auraitil [Sénèque] fait pour dérober à ses entours la connaissance de sa vie privée vicieuse? de quel front aurait-il prêché la vertu à son élève? dider. Cl. et Nér.i, t04.
— HIST. xii* s. Quant nos tornons les vitiouses penses es vertus. Job, p. 456. || xm* s. Te convient.... que tu ne dies à tart chose qui te soit profitable ; ce est hors de ton devisemenl [plan] ; car ce est mal dire et vicions, brun, latini, Tresi.r, p. 620. Pou en y a ou nulz, soit moines ou prieus, Ou abbés ou evesques, qui ne soit vicieus, j. de meung, Test 720. Il XIV* s. Et en cestes choses superhabundance estvicii'use, et dcffaute est vitupérée et blasmée, oresme, ft'(/i.44.||xvi's. Dcuxextreiuesvicicux, mont. III, (3. Combien avons-nous de mestiors et vacations recoues, dequoy l'essence est vicieuse [immorale], m. i, 397. Philippuscommandaquel'onleremmcnastlUucéphale] comme besle vicieuse, sauvage et du tout inutile, amyot, Alex. ». Cetuioy [d'Aubigné], assez vicieux en grandes choses, et qui peut estre n'eust refusé ce service [porter des paroles d'amour à une femme] par caprice à un sien compaignon.... d'aubigné, tfém. p. 38.
— ÊTYM. Provenç. vicios; espagn. vieioso; ital. vixioso; du lat. vitiosus, de vitium, vice.
VICINAL, AI.E (vi-si-nal, na-l'), adj. Usité seulement en cet emploi : Chemin vicinal, chemin qui met en communication plusieurs villages. L'entretien des chemins vicinaux.
— HIST. XVI* g. Doivent lesdits grands chemini avoir seize pieds de large, et le voisinai huit pieds, Coutt. gén. t. II, p. g.
— ETVM. Lat. vicinalii, de n'cinui (voy. voisin). t VICI.NALITÊ (vi-si-na-li-té), ». f. Qualité d'un
chemin vicinal. || Voies de grande vicinalité, chemins destinés soit i relier les communes entre elles, soit i le* rattacher aux routes nationales et départementales ou aux chemins de fer.
VICISSITUDE (vi-si-ssi-tu-d'), ». f. || 1* Changement de choses qui se succèdent. Cette vicis-^itude continuelle qui fait la beauté de l'univers, naleui. Hecher. vér. Éclaire. I. vi, t. iv, p. ïsn, dans poo- GENS. Méditons, méditons, fidèles, cette grande et terrible vicissitude : le monde se réjouira, et vous serez tristes ; mais votre tristesse tournera ea joie, et la joie du monde sera changée en un grincement de dents éternel, BOgs. t" sermon. Providence, 2. Ya-t-il rien de plus admirable que celte va» riété et celle vicissitude du jour et de la nuit, da la lumière et des ténèbres? bolun, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 3811, dans pougens. Votre vie n'a plus été qu'une triste vicissitude de lumières et de ténèbres, MASS. Carême, Inconstance. J'aime mieux [dit l'atbéc] admettre la nécessité de la matière et des générations et des vicissitudes éternelles, qu'un Dieu qui aurait fait librementdes malheureux, VOLT. P/ii{. newt. I, I. fi 1" Variation. Si ces vicissitudes de l'air sont, comme le prétend un grand philosophe, les principales causes de la destruction des êtres vivants, buff. Hist. anim. ch. » Hémoires donnés par feu U. de Mairan en <7<«, «722 et 1706.... où il examine avec une attention scrupuleuse les causeg de la vicissitude des saisons dans tes différents climats, ID. Théor.terr. part, hypoih. l. ix, p. 36». Saunderson avait de commun avec l'aveugle du Puiseaux d'être affecté de la moind.'e vicissitude qui survenait dans l'atmosphère, dider. iett. sur les aveugles. Les vicissitudes des composés ne sont que des modes du mouvement, id. Opinion des anc. phil. (Épicurisme) . || Il y a beaucoup de vicissitude en son humeur, se dit d'une personne très-changeante. || 8* Instabilité des choses humaines, disposition qu'elles ont à changer. Lu guerre est journalière, et sa vicissitude Laisse tout l'avenir dedans l'incertitude, corn. Sophon. i, a. Telle est la vicissitude des choses humaines , que de ce fameux traité des Pyrénées il n'y a pas deux articles qui subsistent aujourd'hui, VOLT. loia'î XIV, «. Quand on apprécie cet homme extraordinaire [Napoléon] dans toutes Ks vicissitudes de sa vie, villemain , Souv. conlemp. let Cent-Jours , viii. ||4* Le changement morne dii à l'inslabilité des choses. Les vicissitudes de la mode. Pisistrate usurpa dans Athènes l'autorité souveraine, qu'il sut conserver trente ans durant, parmi beaucoup de vicissitudes, et qu'il laissa même à ses enfants, boss. Uist. I, 7. Menzikoff, homme qui a connu les plus extrêmes vicissitudes de la fortune, ayant été garçon pâtissier, générai et prince, ensuite dépouillé de tout et rélégué en Sibérie où ii est mort dans la misère el dans la désespoir, volt. Charles Xlï, 5.
— HIST. XIV* s. La vissitude ou égal interpoUation de seigneurir, bercheure, f* 03, verso. Il XVI* s. Ils s'allèrent réfugier en Angleterre, où ils furent receus et maintenus, jusques à ce que le temps , qui porte toujours avec soy vicissitude, les ramena en Escosse avec nouvelles guerres, CASTELNAU, <88. [Polycrate] estimant que, par ce malheur apposlé [jeter son anneau à la mer], il satisfaisoit à la révolution et vicissitude de la fortune, MONT. II, 259. Aucuns Ont dit que le monde est de toute éternité, mortel et renaissant à plusieurs vicissitudes, charron. Sagesse, p. 239.
— ÉTYM. Lat. vicissitudinem, dérivé de vix, vicis, tour, alternative (voy. vice 2).
t VICLEEIS.'IIE, VICLÉFISTE, voy WICLÉfisme, wicléfiste.
I VICLIN (vi-klin), ad}, m. Nom, en haute Normandie, du cotret. En ce qui concerne l'exception des bois blancs , bourrées et bois viclini, ledit arrêt ordonne que ladite exception ne pourra t'tre entendue que du bois mort cl du mort bois, connu sous la dénomination de saules, épines, aune, genêt, genièvre, ronces cl autres broussailles propres au chauffage des pauvres et i l'usage des boulangers, Àrrét du cons. d'État, 16 août 4774.
t VICO (vi-ko), s. m. Nom, en Normandie, da la bécasse.
— ÊTYM. Guernesey, video; picard, videcoq; de l'angl. wood-cock, de wood, bois, et eock, coq.
Vie
t VICOMTAL, ALK (vi-kon-tal, ta-I'), adj. Qui tppartiont, qui a rapport à un vicomte. Un château vicomtal. Une terre vicomtale. Les droits Ticomlaux.
VICOMTE (vi-kon-t'),«. m. || l'Dans les temps mérovingiens et carlovingicns, officier nommé par le roi, pour gouverner un comté en l'absence du comte, Il a* Dans les temps féodaux, seigneur d'une terre qui avait le titre de vicomte. || 8" Aujourd'hui, titre de noblesse au-dessous du comte et audessus du baron. Le fils d'un comte, le frère puîné d'un comte portent le titre de vicomte. Le commandeur voulait la scène plus exacte; Le vicomte indigné sortait au second acte, boil. hp'U. vu. Il 4° Sous l'ancienne monarchie, en quelques lieux, vicomte n'était qu'un titre de judicuture, et se disait d'un magistrat qui jugeait les procès d'une seigneurie, qu'elle eût, ou non, le titre de vicomte.
HIST. x;' s. E les forfaiz le roi qui afierent
[appartiennent] el vesounte. Lois de Guill. 3. Il xir s. Frères [il] fa al visconte Garin de Toartois, Sax. XXXIII. Se cil fust teus [tel] que nul ne l'o-sast acuser, Dune l'esteùst revescjue al vescunte mustrer, Th. le mort. î.9. || xm" s. Cume vescunte al eschecker |à l'échiquier], Il set [il siège] pur deners akunler, Edouard le conf. V. 4493. Il XV' s. Jaçoit ce que par les ordinations royalles et par les sermens que font les receveurs, vicomtes, trésoriers et autres officiers.... monstrel. t. 1, ch. 99, p. <ao, dans lacurne. |] xvi* s. En tout le pays de Normandie les vicomtes sont les mesmes qu'ailleurs les prevosts et viguiers, pasquieh, Recherches, ix, p. 860, dans lacukne.
— ÊYTM. Vice 2, et comte. VICOMTE (vi-kon-té), s. f. || 1° Titre de noblesse
attaché à une terre. Le roi érigea la vicomte de Rohan en duché-pairie en faveur de ce Henri de Roban en 4803, st-sim. <06, 497. || 2° Le ressort et l'étendue de la juridiction des juges qu'on nommait vicomtes. La vicomte de Paris. || X Rouen, vicomte de l'eau, la juridiction relative au fleuve.
— ÉTYM. Yicomte. Les mots duché, comté, qui étaient primitivement féminins, sont devenus masculins: seul, vicomte a gardé le genre ancien.
VICOMTESSE (vi-kon-tè-s'), s. f. La femme d'un vicomte ou celle qui de son chef possédait une vicomte.
— ÉTYM. Vice 2, et comtesse.
t VICOMTIER (vi-kon-tié), adj. m. Chemins vi-
comtiers, se disait des chemins différents des chemins rovaux.
VICTIMAIRE (vi-kti-mô-r') , t. m. Terme d'antiquité. Il 1° Celui qui faisait les apprêts du sacrifice, et qui frappait les victimes. X peine le coup est-il frappé, que le victimaire, saisi d'horreur, laisse tomber la hache, et prend la fuite, bakthél. Ànach. cb. 24. J'aimais à voir.... le victimaire qui puisait l'eau du sacrifice, ckateaub. Mart. vi. ||8*.4dj. Oui a rapport aux victimes, aux sacrifices.
— Hisr. XVI' s. Victimaire, cotgrave.
— ETY.M. Lat. viciimarius, de victima, victime. VICTIME (vi-kti-m'), s. Ml !• Chez les païens et
les peuplades sauvages, créature vivante offerte à la divinité. Demain auCapitole il fait un sacrifice; Qu'il en soit la victime ! cobn. Cinna, i, 3. Je saurai, s'il le faut, victime obéissante, Tendre au fer de Calchas une tète innocente, bac. Iphig. V, 4. Pylhagore disait que les dieux avaient en horreur des victimes sanglantes , et que cela était capable d'attirer leur indignation sur ceux qui prétendaient les honorer par de tels sacrifices, FÉN. Pythagore. Les Germains avaient à peu près les mêmes mœurs que les Gaulois, sacrifiaient comme eux des victimes humaines.... volt. Jfœurs, Axant-propos. 11 est sûr que c'est dans cette classe infortunée [le peuple, à Taïti] qu'on prend les victimes pour les sacrifices humains, BOUOAiNv. Vo!/. t. II, p. 4 08. Quand la lune présente un certain aspect.... ils [les Taïtiens] sacrifient des victimes humaines, id. ib. t. ii, p. 85. Il Kig. Nous sommes des victimes condamnées toutes à la mort; nous ressemblons aux moutons qui bêlent, qui jouent, qui bondissent en attendant qu'on le» égorge, volt. Lett. Urne du Delfant, 7 août 4769. Il l Chez les Juifs, animaux qu'on immolait en lacrificc. Victime propitiatoire. Victime d'expiation. Il» immolèrent des victimes pacifiques au Seigneur, •avoir dos veaux, saCI, Biblr. Exode, xxit, 6. || Fig! La justicedivinc s'élève, il [le pécheur] prend son parti coolresoi-mèmc,ilconrosse qu'il mérite d'être ■a victime, boss. Sermons, KechuU, i . Le prix de la victime augmente le prix du sacrifice, bouhoal.
Vie
time offerte pour le salut des hommes, Jésus-Christ Souvenez-vous, 6 sacré pontife, quand vous tiendrez en vos mains la sainte victime qui 6te les péchés du monde... boss. Anne de Conz. ||4° Fig. Celui qui est frappé de quelque coup, comme l'était la victime des anciens. Lui, qui de tous les miens fit autant de victimes, corn. Héracl. i, 2. .Sous des formes différentes, je vis une affliction sans mesure ; mais je vis aussi des deux côtés [chez Louis XIV et Marie-Thérèse] la foi également victorieuse, et deux victimes royales immoler d'un commun accord leur propre cœur, boss. ilar.-Thèr. Et vous, pauvres de Jésus-Christ.... vous premièrement, pauvres volontaires, victimes de Jésus- Christ, religieux, vierges sacrées, ID. ib. Il faut que Merci tombe aux pieds du prince, digne victime de sa valeur, id. Louis de Bourbon. Il mande à ses agents qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté soit retardée davantage à sa considération.... ah! quelle grande victime se sacrifie au bien public! id. ib. Désespéré d'avoir manqué son crime. Sans doute il a voulu prendre cette victime [il a tué Roxane], rac. Bajaz. v, 40. Triste jouet des vents, victime de leur rage, Le pilote effrayé.... L. RAC. Belig. ch. li. || 5° Fig. Celui qui est sacrifié aux intérêts, aux passions d'autrui. Il fut la victime de la calomnie. De ses propres forfaits serai-je la victime? rac. Théb. iv, 3. Je fus la victime d'une négociation amoureuse et d'un traité que les soupirs avaient f.iit, montbsq. ieM. pers. 9. Puisque me voilà la victime des jansénistes, je dédierai Mahomet au pape, et je compte être évêque in partibus injidelium, attendu que c'est là mon véritable diocèse, volt. Leit. d'Argental, 22 août 4742. Ces tristes victimes de nos fantaisies et de nos caprices [les prostituées] m'ont toujours offert l'image du malheur et jamais celle du plaisir, DUCLOS, Œuv. t. viii,p. 4 29. || Celui à qui ses propres passions sont funestes, ou à qui sa propre vertu devient fatale. Il a péri victime de ses excès. Victime de son dévouement. Elle [l'àme religieuse] voit tant de mondains se faire les victimes de leur ambition, les victimes de leurs intérêts, bourdal. Pensées, t. II, p. 427. Nous serons en mourant les victimes de la vérité, fén. Tél. ni.||6" S'est dit, absolument, des personnes qui périrent condamnées par les tribunaux révolutionnaires. Il Cheveux, costume à la victime, coiffure, habillement qui rappelait la toilette des condamnés montant à l'écbafaud et qui devint à la mode dans quelques salons, lors de la réaction dont le 9 thermidor fut suivi. || Bal des victimes, bal oii l'on n'était admis qu'en prouvant qu'on avait une victime dans sa famille. || 7° Familièrement, une victime, un souffre-douleur, une personne objet deplaisanteries(voy.viCTiMER). il 8''Termedecui3ine. Côtelette à la victime, celle qui est cuite entre deux autres côtelettes qu'on sacrifie en les posant sur la braise, de sorte que tout le jus des deux côtelettes victimes passe dans celle du milieu.
— HIST XVI" s. Que je sois ta victime, o céleste beauté, Blanche fille du ciel, flambeau d'éternité [la Vérité], d'aub. Tragiques, éd. lalannk, p. 81.
— ÉTYM. Lat. victima. Les étymologistes latins varient: les uns le tirent de vincire, lier, parce qu'on liait la victime ; les autres, de vincere, parce que la victima était sacrifiée au retour de la victoire, tandisquel'/iostto l'était en allant à l'ennemi; d'autres enfin, de vigere, être fort, parce que la victima était une grosse bête, tandis que Vhoslia était une petite bête. Corssen {Ausspr. 2' éd. t. I, p. B09) est favorable a cette dernière opinion.
f VICTIMER (vi-kti-mé), v. a. Néologisme. Rendre victime. ||Fig. Immoler à des plaisanteries.
VICTOIRE (vi-ktoi-r'; prononcé viloire au ivi' siècle, Palsgrave, p. 64), s. f. \\l' Avantage remporté sur les ennemis dans une bataille, dans un combat. Sparte, pour qui j'allais de victoire en victoire, CORN. Agésil. m, 4. Un homme qui a de l'esprit disait l'autre jour à Rennes qu'il n'avait jamais vu, ni entendu parler d'une pleine victoire sur la mer depuis la bataille d'Actium, et que tous les combats s'y passent en coups de canon, en dissipation de vaisseaux que l'on croit avoir coulés à fond, et qui se retrouvent au bout d'im mois, skv. 677. Il avait remporté l'année précédente une victoire signalée sur le général Essex, boss. Reine d'Anglel. Je ne vous raconterai pas la suite trop fortunée de ses entreprises [de Cromwell], ni ses fameuses victoires dont la vertu était indignée, id. ib. Si jamais le prince de Condé parut un homme I extraordinaire, s'il parut voir tranquillement toutes
Pinséet, t. u, p. «î4 . Il 8* Terme de théologie. U vie- 1 choses, c'est d'ans ce» rapides momenud'où dépen"
Vie
dent les victoires, id. Louis de Bourbon. Qu'est-ce à dire, à votre avis, que parcourir les provinces par des victoires? n'est-ce pas porterpartout le carnage et la pillerie? id. Sermons, Bonté, t. Un jeune prince du sang qui portait la victoire dans ses yeux, ID. Louis de Bourbon. Quelques-uns le félicitant [Pyrrhus] sur sa victoire, il répondit : Si nous en remportons encore une autre pareille, nous sommes ruinés, rollin , Ilist. anc. Œuv. t. VII, p. 395, dans pougens. Et sous le beau nom de victoire Le meurtre usurpe les lauriers, LAMOTTE, Odes, t. I, p. «9, dans pougens. Quand on lit l'histoire moderne, la victoire de Lépante fait souvenir de celle de Salamine, et on compare don Juan d'Autriche et Colonne à Thémistocle et à Eurybiade, volt. Hél. hist. Pyrrh. hist. 7. Il [Charles XII, dans sa campagne contre les Moscovites], disait que c'était aller à la chasse plutôt que faire la guerre, et se plaignait de ne point acheter la victoire, id. Charles XII, 3. jj 2° Il se dit de l'avantage remporte dans un combat singulier, frop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire [sur Rodrigue], corn. Cid, ii, 2. Son vainqueur [un coq] sur les toits S'alla percher, et chanter sa victoire, la font. Fabl. vil, 43. || Fig. et familièrement. Chanter victoire, se glorifier du succès. Touti's les espérances de vendredi [pour un malade] étaient augmentées; oa chantait victoire, la poitrine était dégagée, la tète libre, la fièvre moindre,sÉv. 443. || 3 Fig. Triomphe quelconque. On a vu des chrétiens, après avoir enduré pour l'Évangile de cruels supplices.... s'oublier eux-mêmes à la vue d'un ennemi, et, sur le point de consommer la victoire, céder à un ressentiment, et perdre avec la foi la couronne du martyre, bourdal. Dominic. i*' dim. après la Pentec. Pardon des injures. || Remporter une haute, une grande victoire, faire beaucoup, obtenir beaucoup. Seigneur, c'est remporter une haute victoire. Que de rendre un amant capable de me croire, corn. Nicom. v, 2. Tu ne remportais pas une grande victoire. Perfide, en abusant ce cœur préoccupé, Qui lui-même craignait de se voir détrompé, rac. Baj. IV, B. Il Gain d'un procès. Nous avons remporté ce matin une jolie victoire; c'est en votrenom, ma chère fille, que nous avons combattu et battu vos ennemis, sÉv. 534 . || Avantage remporté sur un rival» sur un concurrent, etc. C'est peu qu'il ait sur moi remporté la victoire, rac. Esth.m, 4.||4' Fig. Action de faire céder ses passions, ses sentiments à quelque devoir, à quelque obligation. Qui veut vaincre est déjà bien près delà victoire; Se faisant violence, on s'est bientôt dompté. Et rien n'est tant à nous que notre volonté, rotr. Yencesl. n, 3. S'il y a quelques difficultés à surmonter et quelques victoires à remporter sur moi, j'en serai bien dédommagé par l'onction divine qu'on y goûte, bourdal. Dominic. H' dim. après la PerUec. Pardon des injures. \\ S" Divinité des païens, représentée sous la figure d'une femme ayant des ailes et tenant une couronne d'une main et une palme de l'autre; en cette acception il prend un grand V. Statue de la Victoire. |1 Fig. et par personnification, mais sans V majuscule. Enchaîner la victoire. Et lorsqu'il est tombé sanglant sur la poussière. Les mains de la victoire ont fermé sa paupière, TRISTAN, Pon(/iee, v,4.Avoir le prince de Condé entre ses mains, c'étaity avoir la victoire même, qui le suit éternellement dans les combats, boss. le Tellier. Il 6" Pierre de victoire, sorte de talisman chez le» anciens peuples Scandinaves. Les talismans ou pierres de victoire des sagas Scandinaves n'étaient probablement pas autre chose que des serpentines, a.demmin, Journ. o/'/ic. 20 fév. 4869, p. 222, 4'«coi. Il 7- Victoire de Maestricht, variété d'œillet.
HIST. XI' s. Averum nu» la victorie del
champ? Ch. de Bol. ccLvi. || xn* s. Mis pères [mon père] ad la terre trublée, e la victorie dcsturbée, ilois, p. 49. Il xui' s. [Au jugement dernier] Forche de mort sera perdue. Et sa victoire iert [sera] dont vaincue, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. 62. Ge te di bien que tu ne puez pas longuement durer après cesto. victoire que tu auras eue de ceste bataille, Merlin, f» 89, verso. Dames si cortoises seront, Que bien nous en aquiteront, Jà n'i querés autres victaires, la Rose, 40939. ||xiv' s. Et tel bien en médecine ce est sanité, en chevalerie vittoire, en édification la maison estre faite, oresme, Éth. vu, 4 J. L'exposant regardoit à jouer à la folesuye le jour d'une victoire [réjouissance publique], du cange, nctoriojii*. Il XV' s. La»! s'il plaisoit ore i ma chiere dame. Au mal qui m'entame Envoiier violore [guérison], raoïss. Poésies mss. p. 8S7, dan»
vie
VID
lACURNE. ||iTi" S. Emporter la victoire, amïot, Euménet, 35.
— 6TYM. Provenç. et espagn. ricloria; it&l. vittoria; du lat. Victoria, de Victor, vainqueur, dérivé du radical rie, et tor, qui fait les noms d'agent (voy. vaincre).
tVICTOUIA (vi-kto-ri-a),!./'. |1 1° Planète télescopique découverte le 18 septembre toso, à Londres, par M. Hiad. 1| 2" Très-belle plante de la famille des nymphéacées qui croît dans les lacs de l'Amérique méridionale ; elle est nommée par les uns Victoria regia, et par d'autres t'ictono regina.
— ÉTYM. Ainsi dite en l'honneur de Victoria, reine d'Angleterre.
t VICTORIAT (vi-kto-ri-a), J. m. Terme d'antiquité romaine. Pièce de monnaie d'argent valant cinq as, à l'effigie de la Victoire.
— KTVM. Lat. victoriatus, de Victoria, victoire, t VICTORIENNE {vi-kto-riè-n"), adj. f. Période
victorienne, multiplication de deux cycles, le solaire de vingt-huit ans et le lunaire de dix-neuf, qui fait cinq cent trente-deux ans, inventée par Victorius d'Aquitaine, au V siècle, pour la fête de Pâques.
VKrrOBIEUSEMENT (vi-kto-ri-eû-zeman), odti. D'une manière victorieuse, avec un tiès-grand avantage. Il l'a réfuté victorieusement.
— HIST. XIV' s. En celui an ha l'en à Rome triumphé victorieusement, bercheure, f° 38, lerso.
— F.rvM. Victorieuse, et le suffixe ment.
VICTORIEDX, ECSE (vi-kto-ri-eii , eii-z' ; prononcé vitorieux au xvi« siècle, Palsgrave, p. 6(), adj. Il !• Qui a remporté la victoire. J'honore tant la palme acquise en cette guerre. Que si, victorieux des deux bouts de la terre, J'avais mille lauriers de ma gloire témoins, Je les priserais moins, MALii. v, 4. On vit le prince presque en même temps rallier le Français à demi vaincu, et mettre en fuite l'Espagnol victorieux, Boss. Louis de Bourbon. Tantôt la bouche collée sur ces mains victorieuses [les mains du prince de Condé mourant] et maintenant défaillantes, id. ib. Alors, cher Cinéas, victorieux, contents. Nous pourrons rire à l'aise et prendre du bon temps, boil. Èpit. i. Un conquérant, enivré de sa gloire, ruine presque autant sa nation victorieuse que les nations vaincues, FÉN. Tél. v. Il Substantivement. Vous n'en trouverez point [différence parmi les hommes] de mieux marquée, ni qui vous paraisse plus effective, que celle qui relève le victorieux au-dessus des vaincus qu'il voit étendus à ses pieds, boss. Duch. d'Orl. Les longues guerres entraînent toujours après elles beaucoup de désordres; les victorieux mêmes se dérèglent pendant ces temps de confusion, fén. Tél. v. ||î" Fig. Qui donne l'avantage. Des preuves victorieuses. Moyens victorieux. On vient d'imprimer .... une Réponse de M. de Cambrai.... ses amis répandent partout que c'est un livre victorieux , et qu'il y remporte sur moi de grands avantages, boss. Avertiss. sur les écrits.... 4. US» Fig. Qui triomphe de. L'Église, victorieuse des siècles et des erreurs, ne pourra-t-elle pas vaincre dans nos esprits les pitoyables raisonnements qu'on lui oppose? boss. Hist. Il, )3. Illustre protecteur des Filles de mémoire.... Colbert dont les travaux, des ans victorieux, De miracles divers enrichiront l'histoire, DESHom,. t. I, p. 8. Retracez-lui d'Esther l'histoire frlorieuse. Et sur l'impiété la foi victorieuse, bac. Bsth. Prologue. Il faut que nos résolutions aient toujours été victorieuses des occasions, mass. Panégyr. St Benoit. || 4* S. m. Victorieux, variété d'oeillet. || B* S. f. Victorieuse, variété d'anémone.
— HIST. xui* s. Souvieiigne vous de vos ancestres et de leurs victorieuses batailles, iirun. latini. Trésor, p. 595. |i xivs. Ainsi le dittateur ramena à Rome son ost riche et victorieux, bercheure, f° 87. ||xv' s. Dont avez sur ces anemis Ainsi esté viclorieux, Myst. du siège d'Orléans, p. fi82. || xti' s. Aulcuns [parmi les Mexicains] choisissants plus tost de se laisser défaillir par faim et par jeusne, estants prins, que d'accepter le vivre des mains de leurs ennemis [les Espagnols] si vilement victorieux, MONT. IV, 1». Je vous ai fait assembler.... pour me mettre en tutelle entre vos mains, envie qui ne prend gueres aux rois, aux harbes grises et aux victorieux, iienri iv, Discourt à l'Atsemblée des notables de Rouen.
— Rtym Prov. vietorios; esp. victorio^.o ; H. vit- Urriosn; du lat. victorio^ut, de Victoria, victoire.
t VICTOUINS (vi-kto-rin), t. m. pi. Chanoines réguliers de Saint-Victor, dont le chef-lieu est l'abbaye de ce nom fondée à Paris par Louis le
Gros, ea 4 H 3. De dormir deux tien de sa vie, Sans distraction, sans envie. Dans un dortoir do victoriii. Ou sur la couche rebondie D'un procureur génovéfin, ohesset, les Ombres.
VICrUAILLE (vi-k.lu-ft-ir. Il mouillées, et non vi-ktu-à-ye), ». f. || !• Provisions servant i la nourriture. On donna arrêt de faire surseoir la conférence jusqu'à l'ouverture des passages, non-seulement pour le blé, mais même pour toutes sortes de victuailles, betz, ii, 3(7. Qu'aperçois-je 1 dit-il; c'est quelque victuaillel Et, si je ne me trompe à la couleur du mets, Je dois faire aujourd'hui bonne chère, ou jamais, la font. Fabl. viii, s. Il >' Il se disait autrefois des vivres qu'on chargeait sur un navire.
— HIST. xiu" s. Et puis s'en alerent vers Provins, mais la vitaille lor aloit aukes [un peu] falajit, Chron. de Bains, p. <86. Selonc ce qu'il auront vitaille Soit de poisson ou soit de char, la Rose, (3808. Il XIV* s. Toute manière de grains et de vitailles, nu cange, vitalia. ||xv' s. La vitaille doit cstre dispersée et distribuée par sages gens, christ. DE pisAN, Charles V, ii, 30. || xvi' s. [Dans la bassecour] la gouvernante accomodera do la vicluaiUe et de l'eau, o. de serres, 359. [Les mariniers portugais] qui.... les amusèrent sur mer [les Juifs préférant l'exil à l'apostasie] tantost avant, tantost arrière, jusqu'à ce qu'ils eussent consommé leurs victuailles.... mont, i, 298.
— ÉTYM. Génev. vitaille ; provenç. vitailla, vitalha,vitoalha; espagn. vitualla; portug. vilualha; ital. vittuaglia, vittovaglia ; du latin viclualia, vivres, aliments, pluriel neutre transformé, comme d'habitude, en singulier féminin par les langues romanes. Viclualia vient de m'ciuoiw, alimentaire, qui dérive de rictus, nourriture ; et «ictus luimême vient de victum, supin de vivere (voy. vivre) .
t VICTUAILLEUR (vi-ktu-â-Ueur ; Il mouillées), s. m. Ancien terme de marine. Celui qui fournissait les victuailles dans un bâtiment.
t VICTUS (vi-ktus'), adj. indccl. Ce mot, consacré dans les disputes scolastiques pour designer l'écolier qui, après avoir longtemps disputé le terrain, était obligé de s'avouer vaincu, avait passé dans l'usage général; il n'est plus usité. Je suis victus, je le confesse, la font. Chose imposs.
— HIST. ivi* s. Us sont capables de rendre victus tout le monde, tant docteur soit-il, Moyen de parvenir, t. I, § 2.
— ÊTYM. Lat. victus, vaincu, de vincere, vaincre (voy. vaincre).
t VIDAGE (vi-da-j'), s. m. || 1* Action de vider. Le vidage d'une chaudière. || i° Bourrelet formé de la terre extraite pour le creusement d'un canal et rejetée de chaque côté.
VIDAME ' vi-da-m'), s. m. \\ 1* Celui qui tenait des terres d'un évêché, à condition d'en défendre le temporel, et commandait ses troupes. Je portai le nom de vidarae de Chartres, et je fus élevé avec grand soin, st-sim. f,20. || Il y avait aussi des vidâmes dans les abbayes. || 2* Celui qui possédait quelqu'une de ces terres érigées en fief héréditaire.
— HIST. xin* s. Quant 11 rois entendi teus [telles] paroles, si en fu moult courouciés et manda le comte de Chartres, le comti; de Sansoirre, qui prudome estoit, le vidame de Cassiadun.... Chr. de Rains, p. 62. || xvr s. Le mariaige du roy d'Hespaignc avec Madame, duquel ledit duc d'Alve devoit estre vidame, carl. vu, 23. Et ne dormirent ni luy ni le vidomne Consilii, Bibl. des eh. 2* série, t. II, p. 387.
— ÊTYM. Vice 2..., et, dame, s. m. qui représente le lat. dominus, soigneur : proprement vice-seigneur. Pour le changement de l'o en a dans le mot, voy. DAMOISEAU , DAME , etc. Le bas-lat. dit tice-daminus.
VIDAME (vi-da-mé), s. m, ou VIDAMIE (vi-damie), s. f. Dignité de vidame. Mon père acheta ce fief [la Fcrté-Arnauld] dans Chartres qui est le vidame, et m'en fit porter le nom, que j'ii fait après porter à mon fils, st-sim. B9, 242.
VIDANGE (vi-dan-j'), s. f. \\ t' Action de vider. La vidange d'une fosse. || Les immondices qu'on retire d'un lieu qu'on vide ou nettoie. Les vidanges d'une fosse. [Un vautour] se nourrissant plutôt de chair morte et de vidanges que de chair vivante, buff. Ois. t. I, p. 248. || 2' État d'un vase qui n'est pas plein. Bouteille en vidange. || Il se dit aussi de la liqueur. Du vin en vidange. || Terme de jaugeage. Distance qu'il y a entre la surface de la liqueur et la surface interne du fond, si le tonneau est debout dans ime position verticale; et, s'il est
dans une position horizontale, distance entre la surface de ta liqueur et la surface interne de la douve du bondon. || 8* Action d'enlever les matières léoalesd'une fosse d'aisance. Il Au piur. Le produit de la vidange. ||Scdit aussi dus excréments de (ilusieurs espèces d'animaux. || Nom donné en Flan- (li'O à l'engrais tiré des fosses d'aisances. || 4* Terme do maçonnerie. Transport de terres fouillées. Il 6* Tous les matériaux inutiles dont il faut débar^ rasser une ardoisière. |l 8' Il se dit du bois coupé qu'on enlève d'une furet. Les entrepreneurs de l'exploitation se conformeront i tout ce qui est prescrit aux adjudicataires pour l'usance et la vidange des ventes. Code forestier, art. 82. L'obranchemenl est inutile pour les arbres qui doivent tomber sur les endroits trop peuplés, ou sur les clairières, ou sur les chemins de vidange, dralet. Traité des forêts d'arbret résineux, p. i »3. || 7' Nom de petits fossés creusés en pente le long des routes et (les chemins vicinaux, et qui servent àégoutter les eaux des terres et de ces chemins. || 8* Terme de médecine, peu usité aujourd'hui. La vidange des eaux de l'amnios, l'écoulement des eaux de l'amnios. || Au plur. Les évacuations que les femmes ont après l'accouchement; on dit aujourd'hui lochies.
— HIST. XIV* s. La saignie de la veine qui est sus le garret [jarret] lait grand widenge de tout le cors, et afoiblist moult, h. de uondevili.e, f 32. Corps joints sans vieudenge [vide], oresmk, Ihis» de ueunirr. || zv* s. Us estoient deux cens Angloii en ladite place, lesquels s'en allèrent, leurs corps et leurs biens saufs, à Chierebourg, et eurent huict |ours vuidange, al. chart. Uist. de Charles VI et Vll,p 201. Il XVI* s. Pourtant, en laissant toutes ces contentions, prenons des paroles du S. Esprit la décision et vuidange de la question, calvin, Iristit. 933. Vous voyez souvent des hommes sains faire un grand vuidange d'excréments sans besoing aulcun précèdent, mont, ili, 209. X cause de cette vuydange industrieuse [du fossé] que fit M. le mareschal, carl. ix, 29. Ceux qui achètent bois taillés en doivent faire la coupe dans le premier mai, et la vuidange dans la madelaine ensuivant, loysel, 244. Si le travail e.st long et laborieux, à cause que les vidanges sont sorties longtemps avant l'enfantement, PAHK, xviii, 18.
— ÊTYM. Vider; provenç. roiansa.
t VIDANGER (vi-dan-jé. Le g prend un e devant a et o : vidangeant, vidangeons), v. a. Évacuer, faire sortir. Ce qui se passe . dans une arme à vent bien confectionnée, c'est-à-dire dont la soupape vidange l'air de façon à ébranler le projectile par un souffie léger, et à lui imprimer sa plus grande vitesse par une émission croissante se terminant par une espèce de bouffée finale, séuuieb, A Cad. des se. Comptes rendus, t. lx, p. 8U9.
VIDANGEUR (vi-dan-jeur), s. m. Celui qui vide les fosses d'aisances. Maîtres vidangeurs, Arrétdu conseil, <i sept. t(i7U.
— ETYM. Vidattger.
t VIDAHT (vi-dai), adj. m. Se dit d'un cheval qui a des diarrhées fréquentes.
— ÉTYM. Vider.
VIDE (vi-d'j, od;'. Il 1* Qui ne contient rien, ou qui n'est rempli que d'air. Sa bourse est vide. Il a l'estomac vide. La cruche au large ventre est vide eu un instant, boil. Lutr. i. Bradley a découvert que la lumière qui vient de Sirius à nous n'est pas plus retardée dans son cours que celle du soleil; si cela ne prouve pas un espace vide, je ne sais ce qui le prouvera, volt. Utt. au roi de Pr. 16 avr. I739. On peut démontrer que le volume de la substance même la plus dense contient encore beaucoup plus d'espace vide que de matière pleine, buff. Ilist. min. Inirod. Œuv. t vi, p. 409. Galilée observa les effets des pompes aspirantes, et, s'étant assuré qae l'eau n'y monte qu'à trente-deux pieds, et qu'au delà le tuyau demeure vide, il conclut qu'on n'avait point connu la vraie cause de ce phénomène, condill. Traité des syst. ch. 16. Il Avoir le cerveau vide, se dit de la faiblesse de tête qu'on éprouve par le défaut de nourriture. Il Jument vide, jument qui ne porte pas, qui n'est pas pleine, jj Un habit brodé tant plein que vide, un habit où les parties brodées occupent autant d'espace que les parties vides de broderie. || En ar^ chitecture, tant plein que vide, voy. plein t, n- 4A. Il Vide se dit en parlant des massifs de maçonnerie dans lesquels on a pratiqué des cavités ou des chambrettes. || 2* Par extension, qui n'est pas occupé. Théâtre vide. Place vide. On noua place près de la porte sur un banc qui se trouva vide.
VID
OBNLis, Àd. et Th. t. n, p. ««, dan» poooeks. ||Fig. Laisser la place vide à, laisser liberté de. Heureux père et mari, ma fuite et leur tombeau Laissent la place vide i ton hymen nouveau, corn. Uéd. V, 7. Il En parlant des piècei dramatiques, le théâtre, la scène est vide, reste vide, se dit quand les acteurs d'une scène sortent, avant qu'aucun de ceux de la scène suivante soit entré. || Terme de jeux. Faire vide, se dit quand un joueur blouse toutes les billes qui sont sur le tapis, ou les fait sauter hors du billard. || Les mains vides, les mains dégarnies, ne portant rien. Tout le monde sait sa réponse à ceux qui lui reprochaient [à Bias] de sortir les mains vides de sa ville abandonnée au pillage des ennemis : J'emporte tout avec moi , dider. Opin. des ane. phil. (Grec*). Il Mains vides, mains dégarnies d'argent, en parlant de celui qu'on laisse aller sans lui rien donner. Vous ne laisserez pas aller les mains vid's celui à qui vous donnerez la liberté, saci, Bible, Deuléron. xv, <3. || Mains vides, mains dégarnies d'argent à donner, de présent à faire, quand il s'agit de solliciter ou d'obtenir quelque chose. Il ne vient jamais les mains vides. On ne parait point aux Indes les mains vides devant les personnes constituées en dignité, bern. de st-pierre, Chaum. indienne. \\ Fig. Allons à Dieu et n'y allons pas les mains vides, bourdal. lUyst. Épiphan. t. I, p. 421. Il Fig. Les mains vides signifie aussi sans faire de profits illicites ou non. C'est un honnête homme, il est sorti de hautes fonctions les mains vides. || 3° Dépourvu de. Un autel vide d'offrandes. L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné, boil. Art p. iv. Que dis-je? en quel état croyez-vous la surprendre [Rome]? Vide de légions qui la puissent défendre, bac. Uithr. m, t. Allez ; et dans ses murs [de Troie], vides de citoyens. Faites pleurer ma mort aux veuves des Troyens, m Iphig. ï, 2. Il 4* Fig. Où il n'y a point d'occupation, d'affaires, d'événements. Tout ce qui est vide dans les temps de faction et d'intrigue, passe pour mystérieux à tous ceux qui ne sont pas accoutumés aux grandes affaires, betz, Mém. t. n, liv. m, p. 482, dans POUGF.Ns. Qu'importe à l'histoire de diminuer ou de multiplier des siècles vides, où aussi bien l'on n'a rien à raconter? Boss. Uist. i, 42. Il Un temps vide, un temps libre d'occupations. Pour remplir des moments que la variété des plaisirs laisse encore vides, mass. Carême, Prière, ». Il 5* Fig. Qui manque de, au moral, en parlant des personnes. Je ne pense qu'à vous; si par un miracle.... vous étiez hors de ma pensée, il me semble que je serais vide de tout, sÉv. 8 avr. 4 671. Jusque-là mon cœur, plein de vains désirs et vide de biens solid s , sera toujours dans l'agitation et dans le trouble, bourdal. Sur la récompense des saints, i" avent, p. 20. Vide de vous et rempli de lui-môme, Son amourpropre extrême, Au plus touchant récit, au trait le plus brillant, A l'éloquence la plus vive Refuse de prêter une oreille attentive, delille, Convers. II. Il Vide de soi-même, exempt d'araour-propre. Plus nous sommes vides de nous-mêmes, plus nous avons de disposition à être remplis de Dieu, balz. Soer. chrél. 6. Toujours vide de lui-même et plein des autres, son amour-propre [de CurhincUi i est l'intime ami de leur orgueil, car il ne les offense point, SÉv. <t sept. 4080. || Ab>olument. Qui manque des vrais biens. Si la reine avait été plus fortunée , son histoire serait plus pompeuse ; mais ses œuvres seraient moins pleines, et avec des titres superbes elle aurait peut-être paru vide devant Diou, uoss. Reine d'Angl. C'est elle [l'avarice] qui, trouvant l'àme pauvre et vide au dedan'i, la pousse au dehors, lo. la Vall'ére. || Avoir la téie vide, avoir peu d'idées Ma tête est vide comme une lanterne, m"' ne l'espinasse, Lell. t. i, p. 2IA, dans pouGENS. Il Avoir le cœur vid', manquer d'affections et de sentiments . || 6" Kig. Qui manque do certaines conditions intellectuelles ou morales, en parlant des choses. Quand je vous ai dit que la grandeur et la gloire n'étaient parmi nom que des noms pompeux, vides do sens et de chos««, Boss. Duch. d'Ort. Que pouvons-nous entendre par ces mots- voir tout en Dieu? ou ce sont des pjrolci vides de sens, ou elles signifient que Dieu nous donne toutes nos idées, volt, l'hiiot. Comm. fur Ualibranehe. |l Scène vide, acte vu! •cène, icie sans événement, sans action, sans incident. Que l'action, marchant où la raisun la guid ', Ne se perde jamais dans une scAne vide, boil. An p. m. Il 7* Fig. Qui offre des lacunes. Rien n'est vide, tout M toucbe, tout se tient dans 1^ nature ;
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il n'y a que nos mûlhodes et nos systèmes qui soient incohérents, buff. Ois. t. xiv, p. 27. Il 8' Fig. Sans vertu, sans efficacité. Ce ne sont plus ici des temples vides, semblables à celui de Jérusalem, où tout se passait en ombre et en figure, MASS. Carême, Temples. 11 [Dieu] ouvrira vos cœurs à nos instructions, et sa parole ne retournera pas à lui vide, m. ib. \\9' S. m. Espace vide. Il est défendu de laisser du vide dans la minute d'un acte. Le vent a abattu des arbres et fait des vides dans vos allées. Il [un homme riche devenu gêné] emprunte de tous côtés pour se cacher à lui-même sa misère, il remplit par ce moyen en quelque façon le vide de sa maison, BOSS. la Talliére. Comme vous n'avez pas tous les jours des livres nouveaux qui méritent votre examen, ces petits morceaux de littérature rempliront très-bien les viilos de voire journal, volt. Mél. lut. Cons. à un journ. Piéc. de poés. L'on peut démontrer que l'or, qui est la matière la plus dense, contient beaucoup plus de vide que de plein, BUFF. Quadr. t. iv, p. xlii. Les vides et les cavernes n'ont pu se former que dans la croûte extérieure, [de la terre] ro. Not. just. Ép, nat. t. xiii, p. 249. Il 10° En architecture, toute ouverture ou baie dans un mur, tout espace entre les poteaux d'une cloison ou les solives d'un plancher. || Les pleins et les vides, voy. plein 4, n° 4 0. || Ce mur pousse au vide, il perd son aplomb. || 11* Terme de métallurgie. Vide d'un fourneau , la cuve. Il 12* L'espace vide qui est entre les corps célestes. Comment percer des airs la campagne profonde? Percer Mars, le soleil et des vides sans fin? la font. Fabl. vm, I6. La constance du mouvement des astres, qui subsiste depuis des million» d'années sans altération, a persuadé à Newton que ces grands corps nagent dans le vide, bailly, Uist. astr. mod. t. n, p. fl09. Qui dirige la course éternelle et rapide Des mondes emportés dans les plaines du vide? st-lamb. Sais. 1. 1| 13* Terme de physique. Espace qui ne contient point d'air. Sur le sujet du vide, ils fies anciens] avaient droit de dire que la nature n'en souffrait point, parce que toutes leurs expériences leur avaient toujours fait remarquer qu'elle l'abhorrait et ne le pouvait souffrir; mais, si les nouvelles expériences leur avaient été connues, peut-être auraient-ils trouvé sujet d'affirmer ce qu'ils ont eu sujet de nier par là que le vide n'avait point encore paru, pasc. Frag. d'un traité du vide. Qu'y a-l-il de plus absurde que de dire.... que des corps inanimés ont des passions, des craintes, des horreurs?... de plus, que l'objet de celte horreur ftit le vide ? qu'y a-t-il dans le vide qui puisse leur faire peur? ID. Pens. xxv, 207. édit. havet. Torricelli, son disciple et son successeur [de Galilée], im.igina la fameuse expérience du vide, qui a donné naissance à une infinité de phénomènes tout nouveaux, FONTEN. Prrf. Aead. des sciences. Ce n'est que depuis l'invention de la machine du vide et les expériences des pendules, ([u'on est assuré que la matière est toute également posante; on a vu, et peut-être l'a-l-on vu avec surprise, les corps les l'ius légers tomber aussi vile que les plus pesants dans le vide, buff. B.vs. arithm. m<>r. t. x, p. 209. Les animaux qui n'ont qu'un ventricule au cœur, comme les reptiles et les passons, soutiennent sans péril un vide de plusieurs heures, BRissoN, Traité de phys. t. Ii, p. 42.1. || Vide pnejmalique, ou vide d' Boyle, celui qui est produit au moyen de la machine pneumatique. || Vide de Torricelli , ou vide barométrique , l'espace compris entre le sommet de la colonne mercuriclle et l'extrémité close du tube. || 14" Vide absolu, o,i, simplement, vide, espace supposé vide de toute matière. Je ni'accoiiiniode assez, pour moi. des petits corps; Mais le vide à souffrir me semble diificile, MOL. hem. sav. m. i. Parce, dil-on, q .e vous ave/, cru dès rciifance qu'un culfre était vide, lors'iue vous n'y voyiez rien, vous avez cru le vide possible, pasc. Pens. m, 3. L'attraction et le vide, bannis de la pliysiq le par Di scarles et bannis pour jaiiiai» selon les apparence<, y reviennent ramenés par M. Newton, aruiés d'une force toute nouvelle dont on ne les croyait pas capables, et seulement pciii-êlre un peu dcKuisés, font. A'firlon. Zùnun d'illée voulut qu'il n'exis l!n pas de vide dans la nature, LiivK.s0UK, Inxlil. Urm se. mnrripiil. t. I, p. l'iU. Leucippe aduietlait le ville; il imagina des atomes, principe-i conslituanla de tout ce qui existe, lu. ib. p. 2iii-. Il 15" Action d'écarter les personnes. Cet homme est méprisé, on lait le vide autour de lui. || l'aire
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le vide dans une contrée, en emmener '.es habitants, les bestiaux, les provisions. En 4 812, l'armée russe fit le vide devant les Français. 1| 18' Fig. Absence, interruption dans ce qui occupe ou cha-me. Ces quinze livres quatre sous ne le mèneront pas fort loin, à moins que son industrie ou quelque commerce particulier ne remplisse les vides du temps qu'il ne travaillera pa». vaub. Dtme, p. 9». Pour ne laisser aucun vide dans les plaisirs, ha- MiLT. Gram. 40. Le métier de la guerre a de» vide» fréquents et quelquefois considérables, abandonné» ou à une oisiveté entière ou à des plaisirs qu'on se rend témoignage d'avoir bien mérités, font. Marsigli. Bile [l'étude] remplit utilement les vides de la journée qui pèsent si fort à tant de personnes, ROLLiN , Traité des Et. t. i, Disc, prélim. Mettre à profit les vides que laissent les affaires, ID. flist. anc. Œuv. t. i, p. 580, dans pouoens. Ma détestable santé me met quelquefois dans l'impuissance de penser et d'écrire ; cela met dan» ma vie des vides effroyables, volt. Lett. en vers et en prose, 32. 11 avait beaucoup plus à remplir le vide de son temps que celui de son âme, CON- DORCET, Maurepas. Plus les plaisirs ont été vifs [dans la jeunesse], plus le vide qu'ils laissent, lorsque l'habitude en a flétri les premiers charmes et dissipé les illusions, devient difficile i remplir, ID. Courtanvaux. Ce vide qu'éprouvent les ministres déplacés, lorsqu'ils n'ont rien à substituer ni aux grands objets qui les ont occupé.s, ni à ces agitations qui fatiguent et qu'on préfère à l'ennui, ID. Maurepas. || 17° Fig. Lacune. 11 n'y a point de vide qu'on ne doive regretter dans une vie dont les moindres particularités ont eu quelque chose de divertissant, hamilt. Gram. 5. N'y a-t-il pas visiblement un vide entre le singe et l'homme? volt. Dict. phil. Chalr^f des êtres. Ce vide que nous remarquons entre le végétal et le minéral, .se remplira apparemment quelque jour ; il y avait un semblable vide entre l'animal et le végétal, bonnet, Conlempl. nat. Œuv. t. viii, p. 4 97, dans pouoens. Les découvertes br.Uantes laissent presque toujours entre elles et les vérités qui les ont précédées, un vide qu'il faut remplir, condorcet, d'Arci. Il 18° Fig. Il se dit par rapport aux choses ou aux personnes donton vient d'être privé. La pauvre Mme de la Fayette ne sait plus que faire d'ellemême; la perte de M de Larochefoucauld fait un si terrible vide dans sa vie , qu'elle en comprend mieux le prix d'un si agréable commerce, sÉv. 416. Vous trouverez un grand vide dans la maison, BOSS. Lelt. quiét. 473. 1.a perte qu'elle [Mme des Ursins] fit du cardinal de la Trémoille ne laissa pas de lui faire un vide, st-sim. 389, 2.'.8. X peine eus-je perdu mon mari que tu remplis le vide qu'il avait laissé dans mon cœur; de .son vivant, il en partageait av c toi les affections, J. l. Rouss. lié'.. IV, 2. Vous n'avez que trop raison, sire, sur la décadence où tout est tombé, et sur le grand ville que laisse la mort de Voltaire, d'alemb. Letl. au roi de Pr. 49 sept. 477». ||19 Fig. État d'une â.iie sans attache. Le secret d'entretenir toujours une passion, c'est de ne pas laisser naître aucun vide dans l'esprit en l'obligeant de s'applic|uer sans cesse à ce qui le touche si agréa» bleiiicnl, PASC. l'ass. del'amonr. Rien n"esl si insup|iortable à l'homme que d'être dans un plein repus... il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son i.iipiiissance, son vide, ID. Pens. xxv, 20. Elle [l'àme] trouve en soi-même un vide infini que Dieu seul pouvait remplir, boss. la Val'iére. En clias-anl Dieu de notre cœur, qui le remplissait tout entier, le péché y a laissé un vide affreux et une indigence extrême, mass. Profess. relit/. Serm. 3. Quelle proportion ont-ils pu concevoir entre le vid supposé de notre cœur et un objet infini ? uoullainviLi.iKBS, néfut. de Spinosa, p. i»a. M 80' Kig. Vide do, inani|ue de. Ne doil-il pas (le mauvais prêtre] on clieiclier la cause (du peu de succès de son niinisirre) plus dans sa tiédeur, dan» le relâchement de sa piété, dans le vide de l'esprit de Dieu, qu'il a laissé éteindre en lui... que dans l'endurcissement de son p'-uple? Mass. Cunf. Reir. pour dei curés. Ce vide d'idées et ce vain bruit de paroles, si onlinaire dans les ouvrages de cotte espèe, n'ALEMB. Éloges, Mon'iin. 21° Vanité, Il illilé, néant. Moin» vous êtes hcureuï dan» votre tiévalinn. plus vous devez sentir le vide de tout ce qui fait l'atiilation et l'empressement des autre» hommes, MASS. Oiréine, l'msp. te 'p. Elie jl'âme] uiit ce qu'elle n'avait jamais vu. se> devoirs, ses espérances.... le vide de luulosle* créature», l'abu»
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de tous les plaisirs, ro. Carême, inconstante. Sentant ce vide affreux do ma grandeur suprême, TOLT. Sémiram. m, <. ||Se dit avec le même sens en parlant de personnes. [Villeroy) nulle lecture, nulle instruction ; force vent et parfait vide , 8T-SIM. 3»a, 64. Il 22' X vide, ioc. adv. Sans contenir rien, sans rien porter, sans rien recevoir. La voiture s'en va i vide. Jusqu'à ce qu'il finisse par tout jeter et retourne i vide, i. J. ROuss. Êm. m. Aucun ne sortait de chez elle avide, iD. Confess. V. Il Fig. Quoil ce bienheureux logement, Dont je me montrai tant avide. Me fut donc promis vainement, Et j'ai fait malheureusement Tant de remerciements & vide? scarr. Œuv. t. vu, p. 26». Vous êtes plaisante avec vos remerciements.... c'est être à vide de reconnaissances, comme vous l'étiez, il y a un an, de désespoirs, sÉv. 8 mai 1871. ;| Terme de musique. Corde à vide, celle qu'on fait résonner dans toute sa longueur. On dit de même : Jouer à vide. On peut donner à la première corde à vide le nom qu'on veut, DiDER. jlfusiVj. des oni;. Il .Mâcher à vide, remuer les mâchoires sans rien avoir dans la bouche. [Il] alléguait Simonidc, Qui dit, pour être sain, qu'il faut mâcher à vide, regnif.ii, Sat. x. Ne pouvant trouver des pensées nouvelles, ils [les auteurs •des discours académiques] ont cherché des tours nouveaux, et ont parlé sans penser, comme des gens qui mâcheraient à vide, et feraient semblant de manger en périssant d'inanition, volt. Lelt. sur les Anglais, H, sur les Académies. || Par extension. Parlez haut, parlez haut, sans tant mâcher avide, scarr. D. Japhet d'Arm. m, 16. Il Fig. M'icher à vide, se repaître de vagues espérances, et aussi n'avoir que des idées creuses et sans réalité. Écrire vaguement et sans avoir rien à dire, c'est mâcher à vide, c'est parler pour parler, volt. Lelt. iîme du Delfant, i juin <7U4. Il Fermer une serrure à vide, tourner le pêne, mais sans le faire entrer dans la gâche. En passant contre la petite porte de communication, je m'aperçus qu'elle était entr'ouverle ; Brégi avait fermé à vide la serrure, genlis, if Ue de la Fayette, p. 82, dans pouGENS.IJ Terme de métallurgie. Frapper avide, frapper sur l'enclume, non sur la pièce.
— HIST. XI' s. Que mort [il] l'abat en une voide place, Ch. de Roi. cxiii. || xii' s. Fait Robert : la '.erre est voide del traîtur Qui voleit la corune lolir à Sun seignur. Th. le mort. 156. || xm* s. Le chief ai vuit et estoné Du duel [deuil], et de l'ire et del pens Dont tôt est devoiez mon sens, Ren. 4 6898. Et por ce est il bon aie [la] dame, se ele met les teres wides d'une part et les plaines d'autre, que ele face retenue que li oir ou li exécuteur prennent les terres plaines, beaum. un, 24. Ou li manniers [meunier] par malvese garde lait courre son molin à wit.... ID. xxxvm , 4». Mais s'il le sentent vuit de science et de mors [mœurs], j. de meung. Test. 70). Celé foi est vuide qui est sans œvre, brun-latini. Trésor, p. 46). Cil qui ira à borse vuide Est bien fols, se tro\er i cuide Biau geu, biau ris ne bêle chiere , ruteb. n, 4). Il x:v' s. Le vieu qui est es corps est cause de Icgiereté, oresme. Thèse de meunier. || xv s. Le pays estoit tout vuide et despourvu de gens d'armes de la partie des Anglois , froiss. ii, ii, )0. Quand ils ont tant mangé de chairs mal cuites que leur estomac leur semble estre vuit et affoibli, ID. I, J, 34. X vuide main fait on le sourt, Nulz n'a ce <ju'il a demandé. Qu'on ne lui die : ostende, B. DESCH. Poés'es mis. f" 625. 0 homme vain et vuid de tout bien, de quoy te peuz-tu complaindre? /nlern. consol. n, )3. ||xvi' s. Uses hardiment de l'adjectif substantivé, comme le liquide des eaux, le vuide de l'air, du bellat, i, 32, verso. Nos coffres sont quasi tousjours aussi vuidcs d'or, que la teste d'un amoureux passionné est vuide de raison, lanoue, I84. Pour employer le temps qui me demeuroil vuide, je me suis mis à revoir ce que j'avois traduit, amyot, ÉpH. Voyans qu'il falloit ainsi retourner les mains vuides en leurs maisons, id. Cam. )9. Celles [fourmis] qui sont vuides font place à celles qui sont chargées, à fin qu'elles passent à leur aise, paré. Animaux, 8. L'ambition n'a point de. borne; c'est un gouffre qui n'a ni fond ni rive; c'est le vuide que les philosophes n'ont encores pu trouver en la nature, charron. Sagesse, i, ii. De mains vuides prières vaines, cotgrave.
— ÊTYM. Wallon, nid; bourguig. vende; picard, uide: génev. vuide; provenç. voig, vuei, vureh, roh.-catal. puyd; du lat. m'duui, qui veut dire veuf.
VIDÉ, ÊK (W-dé, dée), part, passé de vider.
DiCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
Il 1* Rendu vide.Tonneau vidé. || Enparlantd'uncheval, jarrets vidés, jarrets qui ne sont pas pleins, qui ne sont pas gras. On dit plutôt maintenant jarrets secs. Il Terme de blason. Se dit d'une pièce principale dont la partie intérieure est vide, et dont il ne reste plus que les bords pour en faire connaître la forme {|Se dit aussi des croix et autres pièces ouvertes, au travers desquelles on voit le champ do l'écu. ||î* Fig. Réglé, terminé. Ahl si vous aviez vu comme elle m'a grondée I Elle me va chasser, l'affaire en est vidée, corn. Jfenl. v, 6. Et les affaires non plaidées Sans avocats étaient vidées, scarr. Virg. i. Voilà le chapitre du carême vidé, sÉv. )9 fév. )890.
VIDE-BODTEILLE (vi-de-bou-tè-U", U mouillées), ». m. Il 1" Petite maison avec un jardin près de la ville. Il avait quitté depuis longtemps son palais.... pour se livrer au libertinage et à la crapule dans un vide-bouteille à l'extrémité de la ville, BACHAUMONT, Mém. t. xxxv, p. 309. Il %• Un vide-bouteille, un ivrogne. Votre vide-bouteille. Votre grand fainéant, votre chien de valet, scarr. Jodelet duelliste, n, 4. || 3' Espèce de pompe ou de siphon pour vider une bouteille sans la déboucher. \\Au plur. Des vide-bouteilles. Au contraire Lavaux veut qu'on écrive des vide-bouteille, le pluriel tombant sur le mot maison sous-entendu.
— ÉTYM. Vider, bouleille.
t VIDECOO (vi-de-kok), t. m. Un des noms vulgaires de la bécasse.
— HIST. xiv's. Esprevierd'yverprent, quantilest bon, la pie, le videcooq.... Modus, (• xcv, verso.
— ETYM. Voy. vico.
t VIDELLE (vi-dè-l'), s. f. || 1* Instrument dont le confiseur se sert pour vider certains fruits. Il 2* Instrument de pâtissier composé d'une roulette et d'un manche, pour couper la pâte.
— ETYM. Vider.
t VIDEMENT (vi-de-man), s. m. Action de vider ; résultat de cette action. La réplétion et le videment des oreillettes du cœur.
— ETYM. Vider; wallon, vûdmain, vûnnmain, dévoiement.
t VIDE-POCHES (vi-de-po-ch'), i. m. Petit meuble dont on se sert pour y déposer les objets qu'on porte habituellement dans les poches.
t VIDE-POMME (vi-de-po-m'), t. m. Outil pour ôter le cœur d'une pomme sans la couper.
VIDER (vi-dé), V. a. \\ 1° Rendre vide. Vider un tonneau, un sac, un étang. || Fig. Vidons notre cœur de toute autre chose; car, si le Père seul nous suffit, nous n'avons pas besoin des biens que nos sens goûtent par eux-mêmes, encore moins des richesses qui.... Boss. Méd. sur V Év. la Cène, 83' jour. Il Vider un verre, une bouteille, boire la liqueur qui y est contenue. || Fig. Vider les bouteilles, les pots, les verres, boire beaucoup, faire la débauche. || Fig. Vider son coffre-fort, débourser beaucoup d'argent. 112' Vider une volaille, du gibier, un poisson, en ôter les entrailles. Il Vider des terres, emporter des décombres, ôter de la terre d'un lieu, pour abaisser une place. Il Terme d'eaux et forêts. Vider les ventes, enlever tout le bois abattu. || 8* ôter ce qui est au milieu d'une chose, y faire des ouvertures. Vider une clé, un canon etc. || Enlever d'une chose ce qui l'empêche d'avoir une forme régulière. Vider une roue, un cercle. |{ Vider un peigne, rendre égaux tous les trous qui sont aux pieds des dents du peigne, et qui tiennent au dos. || Vider du drap, du satin, du velours, le figurer en le découpant, en le perçant à jour. Il 4" Faire sortir des personnes hors d'un lieu qui les renferme. Vider une prison. Vider un hôpital. Il Par extension. Faire périr les personnes renfermées en un lieu. Le typhus a vidé cet hôpital. Il S* Sortir d'un lieu, d'une contrée , par crainte ou par autorité de justice. Et si, sur un édit des pâtres de Nubie, Les lions de Barca videraient la Libye, boil. Sat. vui. Il [le sultan] vous avait ordonné de vider la Podolie ; vous avez fort mal obéi ; j'ose me flatter à la fin que vous lui ordonnerez de vider Constantinople, et qu'il vous obéira, volt. Lett. à Catherine U, 3t août )77). Le phénix, affligé du mal que l'indiscrétion du merle avait causé, fit ordonner à tous les merles de vider le pays ; et c'est depuis ce temps qu'il ne s'en trouve plus sur le bord du Gange, ID. Pr. de Babyl. 4. Il Absolument. Vidons, vidons sur l'heure, mol. l'Ét. IV, 8. Ce n'est rien seulement qu'une sommation. Un ord'"! de vider d'ici, vous et les vôtres, ID. Tort. V, 4. Madame de Maintenon, qui ne vidait point pour couler dans le grand cabinet à l'ordinaire, eut parmi son trouble.... st.-sih. 27<, 466.
Il Terme de vénerie. Vider l'enceinte, se dit d'un animal qui, après y avoir été détourné, ne s'y trouve plus. Il Terme de fauconnerie. Kaire vider le gibier, le faire partir quand les oiseaux sont montés et détournés. || 6* Purger. Et Je ne voulais plus qu'une douzaine de médecines pour vider le fond du sac, MOL. Jfal. imag. ui, 6. || En termes de fauconnerie, vider un oiseau, le purger. || Terme d« maréchalerie. Vider un cheval, passer la main dans son fondement pour en retirer les crottins. Il 7' Évacuer, rendre par le haut ou par le bas. U se fit une évacuation si extraordinaire.... qu'ellemême [la reinci dit tout haut.... que c'était e« qu'elle avait vidé qui lui avait donné ces convulsions, sÉv. 24 nov. 4604. Il Cette médecine lui a fait vider beaucoup de oile, elle lui a fait évacuer par les selles beaucoup de bile. || 8' Vider les ar- Cons, voy. arçon. Il 9* Vider une pièce d'étoffe, la laisser trop longtemps à la foulcrie, de sorte qu'elle perde de la largeur prescrite. ||10* Terme du palais. Vider ses mains, remettre à une personne désignée par la justice l'argent qu'on avait entre les mains. i| 11* Vider les lots, expression dont se servaient à Paris les crieuses de vieux chapeaux, pour signifier partager entre elles les vieilles bardes qu'elles avaient achetées en commun. Il 12* Fig. Régler, terminer, décider. Seigneur, quand par le 1er les choses sont vidées, La justice et le droit sont de vaines idées, corn. Pomp. i, 4. Le roi parut d'abord ne s'en vouloir pas mêler, et souhaiter que les maréchaux des logis vidassent la question sans la faire aller jusqu'à lui, pelusson, Lett. hitt. t. I, p. 1. Petits princes, videz vos débats entre vous ; De recourir aux rois vous seriez de grands fous, la font, f obi. iv, 4. Laissez-moi, madame, je vous prie. Vider mes intérêts moimême là-dessus, mol. Uis. v, 6. Adieu, videz sans moi tout ce que vous aurez, m. Fdch. m, 4. U faut que par le sang l'affaire soit vidée, m. le Dép. v, 9. Si vous prenez le chemin de vous éclaircir avec l'archevêque [d'Aix].... vous viderez bien des affaires en peu de temps, sÉv. 47 janv. 4689. La fin de la querelle fut, qu'ils résolurent de vider leur différend à la pointe de l'épée, et deux contre deux, lesage, Est. Gonx. 48. Le roi commit des membres de son conseil d'État pour vider les procès en dernier ressort, volt. Louis XV, 30. || Vider ses comptes, les terminer. || 13" Se vider, v. réft. Devenir vidi>, se désemplir. La bouteille se vide à la ronde. La salle se vidait lentement. Plus le vase versait, moins il s'allait vidant, la pont. Phtl. et Bauc. Comme, chemin faisant, sa bourse [d'un archimandrite] s'emplissait plus qu'elle ne se vidait, il craignait peu les détours, i. i. bouss. Conf. iv. || Se vider, se dit d'un cheval qui rend fréquemment «es excréments. || Ce chien se vide, il rend ses excréments.
— HIST. xn* s. Remembrere seies, sire, des fiU Edom, el jurde Jérusalem, chi dient : voidez, voidez desqu'al fundamcnt en li. Liber ptalm. p. 24». Et ces dix livres li convenra il paier, u le [la] vil» widier dedens quinze jors , tailliar. Recueil, p. 493. [X] Set Arabis [il] fait les arçons voider, Ronc. p. 73. Car ainceis ne l'osast nuls escumenicr. Mais qu'um li peùst bien faire iglise voidier, Th. le mort. 64. || xiil* s. U vous donra volentiers de son avoir, par tel covent que vous li vuiderés sa terre, villeh. lxm. Vostre chambre [je] ferai de toutes pars vuidier, Berte, xi. Si m'ait Dix! aineois auroitCil qui me veut, la mer vidie. Que il ait jà ma compagnie, Bl. et Jeh. 2244. Qui cointes est, il en vaut miez : Por quoi il soit d'orgoil vuidiés. Qu'il ne soit fox n'outrecuidiés, la Rose, 2449. Pies fu à Creil d'un home qui voloit widier le païs, et devoit à plusors persones, beaum. xxznr, 62. [Frédéric] affama la cité de Venise, si que li citoien s'en vinrent al apostole [au pape] et li distrent que il amoient miex que il vidasi la cité que il morussent de faim, bbdn. latini. Trésor, p. »o. Il xiv* s. Et quant i Saint Mur vindrent, si se sont escriez : Vuidez trestous de ci, Guetcl. 48567. Pour vider la cambre privée [latrines) de la prison Barriane, dite aussi aisemance, Compt. de Yalenciennes, (comm. par M. Caffiaui). || xv* s. Si fut ledit messire Philippe d'Artois comte d'Eu et connestable do Fra:.ce, après ce qu'il fut mort, vidé et embaumé et en tel estât en un sarcus rapporté en France, proiss. m, iv, 68. Et savez vous où elle [une allée souterraine] vuide, n'où elle aborde? dist messire Gaucher. Ouy, monseigneur, dit-il, elle vuide en un bois qui n'est pas loin d'icy, FROISS. m, p. 72, dans lacurne. Ce premier coup ils se consuyvirent sur les heaumes; mais les cout>»
VID
Tuiderent ; il» passèrent outre, et firent leur tour, ID. iT, p. 68, «ians LACUHUB. Je me vuiderai du chastol celéement au plus tost que je pourray, Perceforat, t. n, t° <♦«. Je tiens ce point pour vuidé, COMM. Ti, ConcUttion. || in* s. Quand il fut à micbemin, il fut pressé de vider son clystere, des- PEB. Contet, xcir. Si furent les Grecs assemblez au lieu mesme, pour vuider ce difl°erent, auyot, Aritt. 4f). Les villes se vulderent toutes pour aller au devant de luy, id. Pomp. ei. Celuy qui vuide ma chaise percée sait bien qu'il n'en est rien [que je ne suis pas fils du soleil, paroles d'Antigonus], uoNT. I, 328. Il avoit prié que ses enfants vuidassent, par armes, la succession de son estât, id. 1, 404. Vuider et desmunir la mémoire, m. n, 2)8.
— ÉTYM. Vide; wallon, vûdi; provenç. voiar, voyar, vueiar,vuiar, voidar ; cat. vuydar.
t VIDEUR (vi-deur), t. m. Celui qui vide. Videur de volailles.
VIDIMC, ËK (vi-di-mé, mée), part, patte d« Tidimer. Copie vidimée de lettres patentes de déclaration de Sa Majesté du to nov. idt8,Bibl.duténat, mt. Recueil eoncern. le parlem. i" vol. t. ii, p. <9.
VIDIMKR (vi-di-mé), v. a. Terme de pratique. CoUationner la copie d'un acte sur l'original, et certifier qu'elle y est conforme.
— RTYM. Voy. VIDIMUS.
VIDIMCS (vi-di-mus'), t. m. Terme de pratique. Ifention qui indiquait qu'un acte avait été collationné sur l'original. Le juge a mis le vidimus à cet acte. Voulons que au vidimus fait sous scel royal.... foi soit ajoutée comme au présent original. Déclaration durai, « avril 4 696. || Familièrement. Donner à quelqu'un son vidimus, le congédier, le renvoyer.
— HIST. xrv* s. Que li vidimus de ces présentes, souz aucun de nos seeaulz royaulz, valle et soit tenus comme originaulz, Ordonrt. des roit, t. n, p. 505. Il XV* s. Faisant rattification Ledit notaire le rapporte. Par sa certification, Ainsi que ce vidimus porte, CB. d'obl. Bail. 79.
— Etym. Lat. vidimut, avons vu, de ««"dere, voir.
t VIDOMNE (vi-do-mn'), ». m. Titre d'une ancienne dignité de Genève, où elle répondait, avant la réformation, à celle de vidame en France.
— ÉTYM. Le même que vidame.
VIDRECOME (vi-dre-ko-m'), t. m. Terme tombé
en désuétude. Grand verre que les Allemands emploient pour boire dans leurs festins de cérémonie.
— ÊTYM. Allcm. wiederkommet), , revenir, de wieder, de nouveau, et kommen, venir.
VIDUITÉ (vi-du-i-té), ». {. Veuvage. || Il se dit plus ordinairement des femmes. Et lui octroyer nos lettres de vétéran sur ce nécessaires.... pour jouir par l'impétrant sa vie durant, et sa veuve pendant sa viduité, des privilèges, exemptions et immunités dont jouissent les autres vétérans de ce royaume. Lettres patentes, )4 juillet )627. Voilà l'état d'une veuve chrétienne, selon saint Paul, état oublié parmi nous, où la viduité est regardée non plus comme un état de désolation, mais comme un état désirable, Boss. Anne de Gonz. Renonçant d'abord à toute sorte de vanités et de plaisirs, pour vaquer, dans une triste et laborieuse viduité, aux affaires de sa famille, et contenant, sous les lois d'une austère vertu et d'une exacte modestie, une grande beauté et une florissante jeunesse, nicii. Duc de Montant. || Terme d'ancienne coutume. Droit de viduité, droit que possédait un veuf de jouir da l'usufruit des biens de la défunte, lorsqu'il en avait eu un enfant né vif. || Fig. Dans cet état de solitude, qui est la viduité de l'àme, il [d'Alembert] avoue que son courage ne suffit point ison malheur, mahmontel, Œuv. t. ivii,p. 50.
— HlST. XVI» s. Servilia depuis sa viduité, AMTOT, Cat. d'Utiq. 70. Il ordonna que les femmes vefves demeurassent en viduité dix . ns pour le moins, aprîs le décès de leurs maris, 10. Numa, 2u. X cotte perpétuité d'amour, je voue une viduité perpétuelle, debracr, Œuvr. t. n, p. xcix.
— ÊTYM. Provenç. viduitat; cat. viudedat; espagn. tiudedad; ital. vedovità; du lat. ctduttol«m , de ttduui (voy. vgu»).
t VIDCRE (vi-du-r*), ». f. \\ !• Ouvrage à jour. Il !• Ce qu'on ôt« de quelque chose. De» vidures de poulets.
— HlST. XTi's. S'aydoient de belles arquebuses et fournimens da Milan, dédaignant ceux qui se faiaoicnt ailleurs, disant qu'au lieu de France jamais ouvrier n'avoit peu atteindre à la perfection de faire bien un fourniment i sa vuideure ny i sa charge comme i Milan, biart. Cap. (t.l.tr, p. l«7.
— ETYM. rider.
VIE
t. VIE (vie), ». f. Il !• En générât, «at d'activité de la substance organisée, activité qui est commune aux plantes et aux animaux. Chez les plantes, la vie est constituée par deux fonctions, la nutrition et la génération ; chez les animaux, il y a en plus la contraction e' ia sensibilité. Et la vie? vous me direz bien ce que c'est. — C'est la végétation avec le sentiment dans un corps organisé, VOLT. Dial. 7. La vie commence i s'éteindre longtemps avant qu'elle s'éteigne entièrement, bup- PON, De la vieillesse et de la mort. Plus la vie des animaux est courte, et plus leur production est nombreuse, id. Qaadrup. t. iv, p. 226. On distingue dans les êtres terrestres trois sortes de vies : la vie végétative, la vie sensitive et la vie réfléchie, BONNET, Causes prem. vi, tt. ||Ce qui a vie, ce qui a eu vie, se dit des animaux. Voyez ces pieux solitaires qui s'abstiennent de tout ce qui a eu vie, buff. More, choisis, p. 49. Les brames ne mangent rien de ce qui a vie, raynal, Hist. phil. I, 8. Il Cet animal, cet homme a la vie dure, il est difficile de le tuer. || Terme de physiologie. Vie organique, l'ensemble des fonctions purement végétatives; vie animale, l'ensemble des fonctions de relation. || 8* En particulier, la vie de l'homme. Pour moi, je vous confesse ma poltronnerie; je suis acoquiné à la vie; et, quelque mauvais lieu que j'habite, quelque incommodité que j'y reçoive, j'aurais peine à déménager, balz. Lett. à Conrart, 2( juin. 4653. Voilà le style de ces grandes âmes [les premiers chrétiens] qui méprisaient la mort comme si elles eussent eu un corps de louage et une vie empruntée, id. Socr. chrétien, s. La vie est peu de chose, et le peu qui t'en reste Ne vaut pas l'acheter par un prix si funeste, corn. Cinna, IV, 3. Vous n'avez pas la vie ainsi qu'un héritage, ID. Poly. rv, 8. La vie est bonne en soi et le plus grand bien du monde, mais le plus mal ménagé, LA ROCHEFOUC. Max. au mot Fie. Le temps de notre vie n'est qu'une ombre qui passe, et après la mort il n'y a plus de retour, saci. Bible, Sagesse, 11,
5. Ne quittons pas cet amour que la nature nous a donné pour la vie, puisque nous l'avons reçu de Dieu; mais que ce soit pour la même vie pour laquelle Dieu nous l'a donné, et non pas pour un objet contraire, PASC. Lett. sur la mort de son père. Entre nous et l'enfer ou le ciel, il n'y a que la vie entre deux, qui est la chose du monde la plus fragile , id. Pens. IX, 3, édit. HAVET. Quand je considère la petite durée de ma vie absorbée dans l'éternité précédant et suivant, m. P*nt. xxv, 4«. Nous perdons la vie avec joie, pourvu qu'on en parle, id. ib. 11, 2 bis. Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être ; nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, ID. ib. Il, 4. La honte d'avoir entrepris sur la vie d'une princesse si bonne et si généreuse, Boss. Reine d'Anglet. Dans ses premières guerres il [Condé] n'avait qu'une seule vie à lui off'rir[au roij ; maintenant il en a une autre [celle de son fils] qui lui est plus chère que la sienne, id. Louis de Bourbon. Ne lui dites pas que la vie d'un premier prince du sang, si nécessaire à l'Etat , doit être épargnée, ro. ib. J'entre dans la vie avec la loi d'en sortir; je viens faire mon personnage, je viens me montrer comme les autres; après, il faudra disparaître, id. Sermons, Fragment sur la brièveté de la vie. Pyrrhus rend à l'autel son infidèle vie, RAC. Andr. v, 3. Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie, id. Brit. v, 6. Je vois de quel succès leur fureur fut suivie, B^ que dans les tourments
ils laissèrent la vie, ro. Ésth. n, 3 Le ciel,
dit-il, m'arrache une innocente vie, id. Phèdre, v,
6. On est maître de la vie des autres quand on ne compte plus pour rien la sienne, pén. Tél. ix. ôtez-moi la vie que je ne saurais supporter, id. ib. l. Ce qui me perça Je cœur fut que je crus que Mentor avait perdu la vie, id. ib. iv. La vie est un sommeil ; les vieillards sont ceux dont le sommeil a été plus long : ils ne commencent à se réveiller que quand il faut mourir, la brdy. xi. Il n'y en a pas un à qui la vie n'ait manqué, avant qu'il en eût fait l'usage qu'il en voulait faire, FONTEN. Dial. 6, jforti mod. Les grands intérêts sont tout ce qui remue fortement les hommes ; et il y a des moments où la vie n'est pas leur plus grande passion, ro. Réfl. poét. 8. Notre vie, pour ainsi dire, nous est moins chère que nous, que nos passions, KARiv. Marianne, 5* part. La vie m'a été donnée comme une faveur ; je puis donc la rendre lorsqu'elle ne l'est plus, monteso. Lett. pers. 76. Il faut avouer que la vie ressemble au festin de Damoclès: le glaive est toujours suspendu.
VIE
VOLT. Lett. d'Argental, 4 8 août 4787. Quand je vous aurai répété que la vie est un enfant qu'il faut bercer jusqu'à ce qu'il s'endorme, j'aurai dit tout ce que je sais, id. Lett. Mme du BeIJant, 22 juin. 4764. Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, La vie est un opprobre, et la mort un devoir, id. Mérope, 11, 7. Rarement le dernier âge de la vie est-il bien agréable; on a toujours espéré assez vainement de jouir de la vie, et à la fin tout ce qu'on peut faire, c'est de la supporter, id. Lett. Mme du Deffant, 6 janv. 4 784. Il [le président Hénault] a vécu quatre-vingt-deux ans; ce n'est qu'un jour; on aime la vie, mais le néant a du bon, id. ib. 4" nov. 4769. Il faut du temps pour vous exposer tout ce que je pense sur le sort de l'homme et sur le vrai prix de la vie, j. j. Rouss. Ém. IV. Quand une fois l'ennui de vivre l'emporte sur l'horreur de mourir, alors la vie est évidemment un grand mal, id. Bel. m, 24 . Il est défendu de quitter son poste sans la volonté de celui qui commande ; le poste de l'homme est la vie, dider. Opin. des anc. philos. [Pythagoriîme). Dans ton sein [de la nature] qu'est-ce qu'une vie ? Ce qu'est une goutte de pluie Dans les bassins de l'océan, lamart. Barm. iv, 9. Quand tous les dons que l'homme envie, X son gré semblent accourir, (Juand de la fortune asservie Ou n'a plus rien à conquérir. C'est alors qu'on aime la vie. C'est alors qu'il faudrait mourir, p. Lebrun, Jfort de Nap. rv. Il Aimer plus que sa vie, aimer passionnément. Mme de Guénegaud, qui a non-seulement perdu son cadet à Bonn, mais son fils aîné qu'elle aimait plus que sa vie, sÉv. 9 nov. 4689. || Terme de jurisprudence. Vie naturelle, le cours de la vie selon la nature. || Vie civile, état que tient dans l'ordre politique celui qui n'en est pas déchu. La vie civile n'a pas plus à craindre [que la physique] de cet esprit-là [le pyrrhonisme] ; car les sceptiques n'ont jamais nié qu'il ne faille se conformer aux coutumes de son pays, Anal, de Bayle, t. m, p. 404. || Être entre la vie et la mort , être dans un extrême péril , soit par maladie, soit autrement. 0 Dorido, mon fils, dit le vieillard, ma fille est entre la vie et la mort, LESAOE, Guz. d'Alf. IV, 2. Il Fig. Sa vie ne tient plus qu'à un fil , il est moribond, il est à toute extrémité. Il Fig. Il n'a qu'un filet de vie, qu'ua souffle de vie, se dit d'un homme infirme, qui n'a point de vigueur. || Donner la vie, mettre au monde. Elle a donné la vie à une fille. || Donner la vie à son ennemi, lui accorder merci, ne pas le tuer, quoiqu'on le puisse. || Le prince a donné la vie, a accordé la vie, a fait grâce de la vie à ce condamné, il a empêché, en vertu de son autorité, que l'arrêt de condamnation ne fût exécuté. Télémaque obtint des rois qu'on lui donnerait la vie [à l'auteur d'un complot], parce qu'il la lui avait promise, fén. Tél. xx. || Demander la vie, implorer la pitié d'un ennemi vainqueur. Il criait : la viel la vie! Il a honte de demander la vie, et il ne peut s'empêcher de témoigner qu'il la désire, fén. Tél. XX. Il II ne donne plus signe de vie, il est mort. Il Fig. Ne pas donner signe de vie, ne témoigner par rien qu'on existe. Il [le gouverneur de Lerida] nous laissa faire les approches de la place, sans donner signe de vie, hamilt. Gram. 7. Sans lui donner le moindre signe de vie sur sa dette, id. ib. 9. || Il doit la vie à cet homme , il lui est obligé de la vie, se dit de celui à qui un homme a sauvé ou conser>'é la vie. i| On dit de même: Après Dieu, il ne tient sa vie que d'un tel. Il Par exagération, y mettre sa vie, soutenir quelque chose en se déclarant prêt à mourir si la chose n'est pas. En ce cas-là volontiers gagerai. Reprit Guillaume, et j'y mettrais ma vie, la font. Orais. || Revenir de mort à vie, revenir, contre toute espérance, d'une maladje très-grave. || Aller de vie à trépas, mourir. ||3*l L'espace de temps qui s'écoule entre la naissance et la mort. La moitié de la vie se passant en sommeil, pasc. Pent. nu, t. La vie est trop courte, et la mort nous prend que nous sommes encore tout pleins de nos misères et de nos bonnes intentions, siv. Lett. à Butsy, 27 juin 4679. La vie est courte, mon cher cousin : c'est la consolation desmisérables et la douleur de» gens heureux, et tout viendra au même but, id. ib. 4 5 déc. 4685. La vie, déjà raccourcie, s'abrège encore par le» violences qui s'introduisent dans la genre humain, boss. Bist. n, 4. Aussitôt qu'on cesse décompter les heures et de mesurer notre vie par les jours et par les années, id. Duch. dOrl. Nous avouerons franchement, à l'exemple de notre abbesse, que nous devons mesurer la vie par le»
VIE
actions, non par les années, boss. Tolandede Monterby. Hélas I si jeune encore, Par quel crime &i-je pu mériter mon malheur? Ma vie à peine a commencé d'éclore, ràc. Esth. I, b. La vie est courte et ennuyeuse ; elle se passe toute à désirer ; l'on remet à l'avenir son repos et ses joies.... La bruy. XI. Nous ne songeons point & la mort, parce que nous ne savons oii la placer dans les différents âges de notre vie, uass. Carême, .Sur la murt. La satire ment sur les gens do lettres pendant leur vie, et l'éloge ment après leur mort, volt. Leil. de Bordes, to j,anv. «76». J'ai vécu; j'ai passé ee désert de la vie Où toujours sous mes pas chaque fleur s'est flétrie, lamart. Jft'd. i, <8. ||Ce n'est pas le plus bel endroit de sa vie, ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Ce ne sera jamais là le plus bel endroit de sa vie, mariv. Marianne, 8' part. Il Élixir de longue vie, nom donné a une sorte d'éliiir. || Eau-de-vie, Toy. bau, n" <9. Il Vie moyenne, la part de vie qu'on moyenne peut espérer un nouveau-né. La vi« moyenne desenfantsd'unanest de trente-trois ans; celle d'un homme de vingt et un ans est aussi à peu près de trente-trois ans, buff. Prob. de lavie, Œuv. t. X, p. 257. On sait que la longueur moyenne de la vie des hommes, à compter depuis le moment de lanaissance, est d'environ vingl-sept ans, d'alemb. Œuv. t. IV, p. 298. Il Si Dieu lui prête vie, si la volonté de Dieu est qu'il vive. Petit poisson deviendra grand. Pourvu que Dieu lui prête vie, la FONT. Fabl. V, 3. Il 4^ Une partie considérable du cours de la vie. iTêst estropié pour toute sa vie. Nous passons près des rois tout le temps de nos vies À souffrir des mépris et ployer les genoux, MALH. I, 3. Avez-vous Cependant une pleine assurance D'avoir assez de vie ou de persévérance? CORN. Poly. I, <. Quand i! l'uuït ronfler comme s'il n'eût fait autre chose toute sa vie, scarr. Rom. tom. I, 0. La vie de l'homme est misérablement courte; on la compte depuis la première entrée dans le monde, pasc. Pass. de l'amour. La vie est pleine de choses qui blessent le cœur, sÉv. 2(2. La Champmeslé [célèbre actrice] est quelque chose de si extraordinaire, qu'en votre vie vous n'avez rien vu de pareil, m. <" avr. 1072. Au lieu de l'histoire d'une belle vie, nous sommes réduits à faire l'histoire d'une admirable, mais triste mort, BOSS. Duch. d'Orl. Est-on, disait-il, dans les pla- ■ces pour se reposer et pour vivre? ne doit-on pas sa vie à Dieu, au prince et à l'État? m. le Tellier. Bassien ou Caracalla.... passa sa vie dans la cruauté et dans le carnage, m. Hist. i, (O. Dieu tonne du plus haut des cieui; le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie, ID. Anne de Goni. Embrassez la belle pratique où, sans se mettre en peine d'attaquer la mort, on n'a besoin que de s'appliquer à sanctifier sa vie, ro. Mar.- Thér. Mais vous savez trop bien l'histoire de ma vie. Pour croire.... rac. Uithr. m, i. PourAntiope, ce que je sens n'aricnde semblable.... c'est goût, c'est estime, c'est persuasion que je serais heureux si je passais ma vie avec elle, fén. Tél. xxu. Une vie est souvent heureuse ou malhejr-ei.se Par les endroits qu'on n'en voit pas, lamotte, Fabl. 11, 6. Du courage : il faut bien s'amuser dans la vie, COLLIN d'harleville, Halice pour moJice, i, 5. [16^ L'existence terrestre. La vie présente. Ils pass5?ent de cette vie à une autre meilleure, G. naudé, Apologie, p. 449. La vie de l'Iiomme sur la terre est une guerre continuelle, et ses jours sont comme les jours d'un mercenaire, saci. Bible, Job, vu, <. Cette vie est le temps de croire, comme la vie future est le temps de voir, boss. Concupisc. t . Si cette vie est le champ fécond dans lequel nous devons semer pour la glorieuse élcrnité.... ID. Yolande de Monterby. Vous exigez des gens de bien une exemption de tout défaut et un degré de perfection qui n'est pas de cette vie, MASS. Carême, Injust. du monde. || Fig. En termes de spiritualité, la vie des sens, les sentiments terrestres et mondains. Tout ce qui plaît, tout ce qui flatte, tout ce qui nourrit la vie des sens, devient un besoin dont vous ne pouvez plus vous passer, MASS. Carême, Prospér. temp. || S^L'exislence de l'àme après la mort. La vie future. L'espérance d'une autre vie. Hésiode garde constamment le silence sur une autre vie, et revient plusieurs fois sur les promesses de récompenses et de peines temporelles, lévesque, Instit. Uém. se. mor. et pol. t. n, p. 18. Il La vie éternelle, ou, absolument, la vie, état des bienheureux dans le ciel. Simon Pierre lui répondit : k qui irons-nous, Seigneur? TOUS avez les paioles de la vie éternelle, saci,
VIE
VIE
Bible, Év. SI Jean, vi, 89. Jésus-Christ a dit dans son Evangile : Combien est étroit le chemin qui mène à la vie I boss. Reine d'Angltt. || Le livre de vie, voy. livre t, n" s. |[TjFig. Renaissance spirituelle, communion, bS^me. Nous avons fait à Dieu mille promesses en approchant du tribunal sacré où nous avons trouvé une nouvelle vie, màss. Carême, Pâques. Un pontife sacré viendra jusqu'en ces lieux Vous apporter la vie et dessiller vos yeux, volt. Zaire, m, 4. || Se nourrir du pain de vie, communier. || En termes de dévotion. La grlce est la vie de l'àme. La charité qui est l'&me et lavie de la grâce, pasc. Prov. v. || Vie spirituelle, voy. SPIRITUEL, n* 2. Il 8j( Fig. Vie de r&putation, seconde vie, rcputâïïon qui dure après la mort. Mais peut-être que, prêt à mourir, on comptera pour quelque chose cette vie de réputation, ou cette imagination de revivre dans sa famille qu'on croira laisser solidement établie; qui ne voit, mes frères, combien vaines, mais combien courtes et combien fragiles sont encore ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort? BOSS. le Tellier. |[9^Principe d'existence et de force. Il y a bien ocla vie dans ce vieillard, dans ce malade. Si toutefois, après ce coup mortel du sort. J'ai de la vie assez pour chercher une mort, CORN. Poly. n, 2. Dans les cruelles mains par qui je fus ravie Je demeurai longtemps sans lumière et sans vie, rac. Iphig. n, (.||Fig. Donner, redonner, rendre la vie, se dit de ce qui rassure, ranime, réconforte. Par votre lettre qui me donne la vie, nous voyons votre triomphe quasi assuré, SÉv. 175. Pour cet hiver, l'espérance de vous avoir me donne la vie, ;id. 28 mars 1676. Ah! je respire, Arsacc, et tu me rends la vie, rac. Bérén. m, 2. Il Fig. Rendre la vie à une institution, à une corporation, en ranimer le principe, la force. La mort de Lalli ne rendit pas la vieàlacompagnie des Indes; elle ne fut qu'une cruauté inutile, volt. Pol. etlég.Fragm. hist. Inde, 20. || 10°JCequlestdans les compositions des lettres ou dèsbeaux-arts comme la vie dans un corps. Le coloris donne la vie à un tableau. Des vérités audacieuses, des expressions pleines de vie que la réflexion solitaire n'aurait pas fait naître, stael, Corinne, m, 3. || Il y a bien de la vie dans ce tableau, il y a de l'action, les figures en sont fort animées. || Ce style, ce discours est sans vie, il est sans force, sans énergie. Il Dans le sens contraire : Ce discours, ce style a de la vie, est plein de vie. || Terme de peinture et de sculpture. Caractère, expression naturelle dans les visages et les gestes des figures; apparences de la vie. Ce portrait est plein de vie. ||lHCe qui regarde la nourriture et la subsistance. Il a trè.s-peu de bien, il n'a que la vie et le vêtement. Les ouvriers qui gagnaient leur vie en faisant de petits temples d'argent de la Diane d'Éphèse, boss. Hist. II, (2. Ils [les Parisiens assiégés par Henri IV] voyaient devant eux ces piques formidables... Ces lances qui toujours avaient porté la mort... Au bout d'un fer sanglant leur apporter la vie, VOLT, llenr. x. || Demander sa vie, demander l'aumône. Ceux qui subsistaient par leur travail sont réduits à la honte de mendier leur vie, Boss. 3' sermon pour le jeudi de la Passion, Intégr. 3. || Être de grande, de petite vie, manger beaucoup, ne manger guère. || La vie est chère, la vie est à bon marché dans ee pays, les denrées y sont à un prix élevé, à bas prix. Je reçois mille présents de tous côtés; c'est la mode du pays, 011 d'ailleurs la vie ne coûte rien du tout : enfin, trois sols deux poulets, et tout à proportion, siiv. 278. I>a vie n'est pas chère à Rome pour quelqu'un de domicilié, duclos, Œuv. t. vu, p. 90. La vie est à bon marché à Saint-Germain, genlis, Veill. du ehdt. t. i, p. ut. Il ta*) La manière dont on se nourrit, dont on se traite, dont on se divertit. Venez souper chez moi ; nous ferons bonne vie, la FONT. Fabl. i, «t. La galande fit chère lie, Mangea, rongea : Dieu sait lavie, ID. ib. ni, 17. Dansant, chantant, menant joyeuse vie, m. Jfar» confess. J'avais une véritable envie de le voir, et de lui conter la bonne vie que nous avions faite à Langl.ir, sÉv. 304. De la manière dont les jeux et les plaisirs sont à votre suite, c'est propremeni le carnaval que la vie que vous faites, ID. 400. Je vous envoie le Mondain; c'était à vous de le faire: j'y décris une petite vie assez jolie; mais que celle qu'on mène avec vous est au-dessus! volt. Lett. en vers et en prose, 50 (ou comte de Tressan), || Absolument. Faire la vie, se livrer à toutes sortes d'amusements, mener une vie débauchée. Et
quand on en médirait, Tant que l'hiver durerait. Elle passerait son envie, Et ferait jour et nuit la vie, SCARR. Virg. it. || Faire une terrible vie, s« livrer i des excès. Mais vous-même, i propos, Vous avez fait tant^>tune terrible rie, la font. Joe. Il IS'jManière de vivre. Mener une vie douce. Il clStlTe doucement sa vie, ou, familièrement, il roule doucement sa vie. Vous ne sauriez imaginer combien la vie que j'y fais [en Espagne] est différente de la mienne passée, toit. Lett. 23. Ces vies brutales où je vois que plusieurs personnes d« votre condition se laissent emporter, pasc. Condition des grands, 3. Les pensées pures.... le fatiguent et l'abattent [l'homme]; c'est une vie unie à laquelle il ne peut s'accommoder, id. Pass. d* l'amour. M. de Pompone aura besoin de toute sa raison pour oublier parfaitement ce pays-li [la cour], et pour reprendre la vie de Paris, S£v. 398. Vous voyez ma vie ces jours-ci, ma chère fille; j'ai de plus la douleur de ne vous avoir point, id. 15 avril 1072. L'on y fait [à Bourbon] lavie des eaux, qui est tout uniforme et tout appliquée i la santé, ID. 16 sept. 1687. Nous faisons une vie si réglée, qu'il n'est pas quasi possible de se mal porter, n). 19 juin 1689. La simplicité d'une vie particulière qui goûte doucement et innocemment ce peu de biens que la nature nous donne, BOSS. Duch. d'Orl. Il [Abraham] mena toujours une vie simple et pastorale, id. Hist. i, 3. Jusquelà ils avaient mené une vie sauvage et brutale, fén. Tél. II. Il sera impossible de s'imaginer une vie de courtisan plus brillante et plus délicieuse, FONTEN. Dangeau. Si j'étais i Pans, j'y mourrais bien vite de la vie qu'on y mène, volt. Lett. Vaines, 6 nov. 1776. Je m'imagine que la vie de château est une triste chose, gknlis, Thédt. d'édue. n, 4. Elles s'en allaient avec leurs époux, prêles i recommencer le lendemain une vie qui ne différait de celle de la veille que par la date de l'alraanach et la trace des années, stael, Corinne, XIV, 1. Il Faire vie qui dure, ménager son corps, sa santé, ses ressources. On tâche de régler les rangs, afin de faire vie qui dure avec des gens si loin d'être rétablis, sÉv. 506. jj Tourmenter sa vie, se donner beaucoup de mouvement, s'agiter. || Rendre la vie dure à quelqu'un, le tourmenter, le chagrinera tout propos. Larochefoucauld aimait moins que médiocrement ses enfants, il leur rendait lavie fort dure, sT-siM. 229, 7l.||ljyjLa vie considérée au point de vue moral. RicnnVst si difficile, selon le monde, que la vie religieuse; rien n'est pi us facile que de la pas.ser selon Dieu, pasc. Pens. xiiv, 27. Tous les grands divertissements sont dangereux pour la via chrétienne; mais, entre tous ceux que le mondea inventés, il n'y en a point qui soit plus'i craindre que la comédie, id. ib. XXIT, 64. Il (le cardinal de Retz] se porte très-bien, et fait une vie très-religieuse, SÉV. 31 juill. 1675. On n'a ici nulle attention àlavie,et on compte pourtout de recevoirles sacrements à la mort, MAINTENON, Lett. d Mmt deBrinon, 1. 11, p. 249, dans POUGENS. Il Certificatdebonne vieet mœurs, certificat constatant qu'une personne a une conduite régulière. Vos actes de foi et informations de vie et mœurs n'arrivèrent que le propre jour qu'on tenait le premier chapitre, et par conséquent trop tard, sév. 514. De sa vieet moeurs il faut faire d'abord quelque information, dancoi'RT, Enf. de Paris, v, 1. 1| Familièrement. Faire vie de garçon, mener une vie libre et peu régulière. Il Familièrement. Mener une vie de bohème, vivre comme un bandit, comme un homme qui n'a ni feu ni lieu. || Femme de mauvaise vie, prostituée. Lorsque dix ou douze chiens qui suivaient une chienne de mauvaise vie, vinrent à la suite de leur maîtresse se mêler parmi les jambes des musiciens, scarr. Rom. com. i, 16. ||Un homme de mauvaise vie, un homme débauché, sans mœurs. Il est allé loger chez un homme de mauvaise vie, SAO, Bible, Evang.St Lue, xix, 7. || Populairement. Mener une vie de coctjon, vivre dans la crapule, dans la débauche. || 1S311 se dit par rapport aux occupations et aux pîolessions différentes de la vie. Une vie active, laborieuse. Vie active. Vietontemplative. La vie des champs. La vie des camps. Nous avons vu qu'Abraham suivait le genre de vie que suivirent les anciens hommes, Boss. Hist. n, 2. Ceux qui de Dominique ont embrassé la vie, VOLT. Henr. v. La vie religieuse est un combat, et non pas un hymne, stael, Corinne, i, 5. H^finAbsolument. La vie, la manière dont se comporte le monae. Que voulez-vous? c'est la vie. Un caractère essentiel de la langue française, celui qui la rend si propre aux sciences, aux affaires, i la vie.
VIE
celui qu'elle ne peut perdre sans changer tout i fait, la clarté.... villemain, Dict. de l'Acad. Préface. Il Dans la vie, dans l'usage habituel. Dan» la vie, le jour est l'intervalle de temps depuis le lever'jusqu'au coucher du soleil, laplace, lixp. i, 3. Il 17'':Kig. 11 se dit de ce qui fait la principale affeclion, la principale occupation. L'étude est sa vie. La moitié de ma vie [mon amant] a mis l'autre [mon père] au tombeau, corn. Cid, m, 3. Votre amour est ma vie, et ma vie est i vous, va. Sertor. ni, ♦. Je suis toute à vous, ma trèschère, et cette amitié fait ma vie, sÉv. 292. Vous devez passer votre vie à aimer et à penser; c'est la véritable vie des esprits, volt. Hicromégas, 7. L'Indien s'enfonça dans la cyprière, non sans tourner la têle vers le lieu où reposait la vie de sa vie [son ami], chateaubr. Satch xn. Il 18*! Histoire, réci» des choses remarquables de Ta" vie d'un homme. Les vies des saints. Js me divertis à faire la vie de mon exempt, qui était aussi fripon que Lazarilles de Termes, retz, iv, 283. Il [l'évéque du Puy] a fait la vie de ma grand'mère, sév. 406. On appelle Histoire auguste celle de six auteurs latins qui ont écrit les vies des empereurs romains depuis Adrien jusqu'à Carin, rollin, Ilist. anc. liv. xxv, ch. II, 2. Presque toutes les vies dos hommes célèbres ont été défigurées par des contes, volt. ilél. lilt. Leit. sur Rabelais, i . L'occupation pour ies jours de pluie, fréquents en ce pays, est d'écrire ma vie: non ma vie extérieure comme les autres; mais ma vie réelle, celle de mon âme, l'histoire de mes sentiments les plus secrets, J. j. rouss. Lett. d milord Maréchal, Corresp. t. ii, p. 80, dans pouGENS. || On met un grand V, quand il s'agit d'un ouvrage portant ce titre. Les Vies de Plutarque. Avez-vous lu la Vie du grand Théodose, par l'abbé Fléchierî je la trouve belle, sÉv. 29 mai <67». Il II nous a raconté toute sa vie, il nous a fait le récit de tout ce qui lui est arrivé. || On dit dans le même sens : mémoires de sa vie. ||l^|Familièrement, vie, avec quelque épithète, cnerie qu'on fait en querellant, en réprimandant. Ce sont des vies continuelles dans cette maison. Mais vous pensez en vain chercher une défaite; Demandezlui, monsieur, quelle vie on m'a faite, corn. Suite du Ment.iu,3. Dieu sait lavie.... elle tance Isabeau, LA FONT. Cloch. Il [un enfant malade] dit qu'il veut seulement le faucon De Frédéric, pleure et mène une vie X faire gens de bon cœur détester, ro. Faucon. Votre frère est à Saint-Germain ; il est entre Ninon et une comédienne, et Despréaux sur le tout; nous lui faisons une vie enragée, sév. 29. Bon Dieul si j'en avais fait autant [se baigner dans une rivière], quelle vie vous me feriez ! id. ) 9 août • 676. Il M^Arbre de vie, thuya. ILil^'j Terme d'alchimie. Vie et mort, le soufre et le mercure des philosophes. || 28^ Par forme de serment. Sur la vie, très-certainement ou très-expressément. Je vous en déferai, bon homme, sur ma vie, la font. Fabl. IV, 4. Gardez-vous sur votre vie. D'ouvrir que l'on ne vous die. Pour enseigne et mot du guet : Foin du loup et de sa race, id. Fabl. iv, <s. Il Merci de ma vie! espèce de jurement populaire. Ebl merci de ma viel il en irait bien mieux, Si tout se gouvernait par ses ordres pieux, mol. Tart.ï, i. Il Vertu de ma vie! autre jurement. Vertu de ma viel à tout moment il me prend envie d'aller en Poitou, scarr. Œuv. t. i, p. <80. || asJEn Tie, Joe. adv. Vivant. C'est par là qu'on pubTie Ce prodige étonnant d'Héraclius en vie, corn. Héracl. n, 4. On croit que, quand on leur arrache le cœur faux vipères, pour en faire du bouillon], c'en est fait, qu'on n'en entendra plus parler; pointdutout; elles sont encore en vie, elles remuent encore, gÉv. 382. Ton oncle, dis-tu, l'assassin. M'a guéri d'une maladie: La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin. C'est que je suis encore en vie, boil. Êpigr. XXI. Il faudrait que je fusse mort pour être indifférent ; il est vrai qîie je ne suis guère en vie, et qu'on peut même, dans sa quatre-vingttroisième année, n'être pas fort exact à écrire, quand on est accablé de maladies comme je lé suis, VOLT. l.eU. Delille, )4 mars (778. Vous êtes en vie; mais comment? vous n'en saurez jamais rien, m. l.eU. M. L. C. 1768. Aimer un mari mort! fi doncl quelle folie 1 On a bien de la peine à les aimer en vie, leohand. Famille extrav. se. n IIItlToul en vie, plein de vie, d'avenir, dé force. Ce prélat [l'évéque d'Angers].... hormis Ift vue, est encore tout en vie à quatre-vingt-douze •ns pa-»és, ttf. H mars «68» Un abbé de la Uothe.... est mort tout en vie en deux jour», lors-
VIE
qu'il se vantait de sa santé, m. 24 mars 4681. Bai^ bezieux mourut tout en vie avec fermeté au milieu de sa famille, st-sih. 86, 403. || Terme de menuisier. Tout en vie ou à vif, se dit d'une planche qui entre dans une autre ou dans un bâti, sans qu'on ait rien diminué de son épaisseur; se dit semblablement d'une porte, etc. || 25^ De la vie, de ma vie, de sa vie, etc. loc. adv. avec la négation, jamais. De ma vie je n'ai vu pareille chose. Vous n'avez de votre vie été si jeune que vous êtes, et je vois des gens de vingt-cinq ans qui sont plus vieux que vous, mol. VAv. ii, «. Des notions que vous, n'effacerez de la vie, j. j. rouss. Ém. i. ||26]^i|Pour la vie, à la vie et à la mort, pour toujours. Je suis son ami pour la vie. Ils se séparent pour la vie. Je suis aise, messieurs, de vous déclarer à tous que j'aime Rosny plus que jamais, et que, entre lui et moi, c'est à la vie et à la mort, collé. Partie de chasse de Henri IV, i, e. || Pour la vie, signifie aussi pour longtemps. Catte étoffe est excellente, on en a pour la vie. || ilHX vie, loc. adv. Pendant tout le temps qu'on a a vivre. Une pension à vie. Bail à vie. Emploi à vie. Je ne sais point faire marché à vie; c'est un métier trop périlleux, REGNARi), Sérénade, se. 4. || On dit dans le même sens : Ma vie durant, sa vie durant. Il a la jouissance de cette maison, sa vie durant. 1 1 28i Frères de la vie commune, société fondée par (jerard Groot en )384,où des personnes de savoir et de piété , vivant en commun de leur apport, s'occupaient à instruire la jeunesse. || Proverbes. Telle vie, telle fin, ou telle vie, telle mort, c'est-à-dire on meurt de la même manière qu'on a vécu. Il Vie de cochon, courte et bonne, vie passée dans la crapule, et abrégée par les excès. || Oui a temps a vie, on a chance de sauver sa vie, ses biens, quand on a devant soi du temps, du loisir. || On a toujours plus de biens que de vie, se dit comme leçon aux avares qui se tuent pour en amasser. Il C'est une vie de chien, se dit d'une vie mesquine, chétive, malheureuse. Il On dit chienne de vie, dans le même sens. Quel chien de train, quelle chienne de vie I ;. s. rouss. Épigr. iv, 5.
— HIST. XI* s. La mortel vithe 11 prist mult à blasmer; De la céleste li mostret veritet, St Alexis, xiii. La vithe est fraile, n'i ad durable honur, ib. XIV. Out [il eut] pais de vie et de membre, lots de Guill. I . En Saragoce menez vostre ost banie ; Metez le sege [assiégez] à [pendant] tute vostre vie, Ch. de liol. xiv. N'aurez mais guère en tute vostre vie, ib. XLin. Si calengez e vos morz e vos vies, ib. CXLI. Deux! dist li reis, si penuse est ma vie, «6. ccxciii. || xri' s. Dj mort à vie [tu] suscitas Lazaron, Ronc. p. 48. Jamais en vie un seul ne reverrez, ib. p. 4 0». Fors seul itant qu'ele ne me fait don De li [1'] aimer pour alonger ma vie. Coud, II. En vostre amour, qui donra mort ou vie, ib. XXI. i prendre li convient [il lui faut] vie d'home sauvage. Et gésir mainte nuit al vent et al orage, Sax. xxvi. Mult sovent le blasmeient que tel vie meneit, Kar il ert [é.ait] granment fiebles, e trop se destreigneit, Th. le mart. 93. || xiii' s. Gloire done au preudome une seconde vie, c'està-dire que après sa mort la renomée qui remaint [reste] de ses bones oevres fait sembler que il soit encore en vie, brun, latini. Trésor, p. 4B0. La vie active est l'innocence des bones oevres, id. ib. p. 458. L'un ot non Carloman, qui fu de bonne vie, Berte, li. Car nus [nul] ne vient à vie [que] ne conviene finer, ib. m. Se j'avoie cent vies.... ib. ILVI. Se Diex lui donnoit vie, qui sur tout a pooir, ib. Lxv. Et ainsi [elle] nous formaine par sa mauvaise vie, ib. lxxii. Dont [donc] ne li faites mie du cor la vie oster, ib. xcvil. Ne porquant il emporte le [la] saiszine, dusqu'à tant que li engagemens à vie sera provés, beaum. xxiv, 4. Touz crioienl à nostre Seigneur que il li donnast bone vie et longue, joinv. 202. |! xiv' s. Li tournoys commencha, à chascune partie; Qui veîst chevalier démener gaie vie.... Beoud. de Seb. m, 7B3. Nourrie avoit [elle] esté de petite vie, comme du labour de son père, Ménagier, 1, 6. Item que toutes les filles de vie [filles publiques].... facent leurs bouticles es lieux à ce ordonnez d'ancienneté, du GANGE, vila. Il XV s. Et pour ce que de jone vie Te voi [je te vois].... froiss. Espin. amour. Disoyent bien entre eux : certes se le comte peut, il nous destruira tous; il nous aime bien, il n'en veut que les vies, id. liv. n, p. 8l, dans lacurne. Nous nous vendrions chèrement, tellement qu'on en parleroit cent ans après nos vies, in. liv. i, p. 4 10. Et luy fut (lit et deflenduile par le duc de Glocestre. qu'il ne s'embesongnast plus, si cher comme il àimoit sa
VIE
vie, des besongnesdu roy d'Angleterre, ro.liv. m, p. 226. Et je et tous ceux que je pourrai prier, v mettrons les vies [nous exposerons notre vie pour cela], m. i, i, 4. Ung malade s'en gueriroit. Et ung mort reviendroit en vie, en. d'orl. flondeou. Il ne fit nulle exécution contre ces malfaiteurs, jusqu'à ce qu'il pust prouver leur vie [conduite], monstrel. I, 47. Nulz ne puet estre parfait, Ne mener joieuse vie, S'amour joieux ne le fait, Qui soutient chevalerie; Elle seroit tost perie.... Il n'est vie que d'amer, e. desch. Poésies mss, t° 4 63. Se cean» aucun parle de Bruyant devant luy, il maine telle vie que à peine le peult on appaiser, Perceforest, t. IV, f" 27.' Il XVI* s. La vie est une fleur espineuse et poignante. Belle au lever du jour, seiche en son occident, despobtes , Œuvres chrestiennes, sonnets, 4 2. L'humaine vie à bon droit se compare Aux vaines fleurs dont le printans se pare, id. Épitaphes, Diane, complainte. Vous avez pris le secret sur votre vie, et sur votre vie tombera la punition, marg. Nouv. lxx. Par vostre lectre j'ay receu une nouvelle vie, dont je vous proumets, Monseigneur, j'avois besoing, id. Lettre civ. Il gaigne sa vie à se faire voir, mont, i, 109. Je suis d'advis que tu quittes cette vie là, ou la vie tout à faict, ID. I, 2B4. C'estoit un mangeur excessif; car il dcvoroit la vie de neuf ou dix personnes pour le moins, à un repas, desper. Contes, lxxv. Montluc travailla si bien, et fit si bien travailler l'evesque de Dax, Bazin de Blois, qui sçavoit sa vie [son métier] à ce jeu là, et autres émissaires, que.... d'aub. Hist. 11, 6B. Ou bien qu'il participoit au butin, car il en estoit de grand vie [grand coureur de filles], carloix, vi, 4. L'oye, entre tous les oyseaux de rivière, et qu'on appelle de l'une et l'autre vie, pour se nourrir en terre et en eau, est celui qui désire le moins l'humidité, o. DE serres, 372. Joyeuse vie père et mère oublie, GÉNIN, Récréât, t. Il, p. 244.
— ÉTVM. Wallon, veie; provenç. vita, vida, via; espagn. vida; ital. vila; du lat. vita (voy. vivre); gaél. bith; bas-breton, buez.
f 2. VIEfvie), s. f. Chemin dans un marais salant.
— ÊTYM. Lat. via, chemin (voy. voie).
VrÉDASE (vié-da-z'), s. m. || 1* Terme injurieux
et grossier. Un imbécile. Si son allesse'avait une aussi parfaite connaissance de tous nos viédases de beaux esprits, scarr. Œuv. t. I, p. 204. S'il venait quelque viédase. Qui vouliit avec emphase Parler ab hoc et ab hac, panard, Œuv. t. m, p. 407. Il 2* Nom provençal de l'aubergine.
— HIST. XVI* s. La court s'est contentée de vous condamner seulement à perdre la teste. Cambaire, ayant oui ce dicton, respondit incontinent en son gascon : Cap de Dieu, be vous douni lou reste pour un viet d'aze, desper. Contes, t. n, p. 420.
— ÊTYM. Prov. viet, le pénis (du lat. vectis, qui a ce sens dans le bas-lal.), et oie, âne.
VIEIL ou VIKUX, VIEILLE (vieil. Il mouillées; vieil; vié-U', U mouillées; vieil s'emploie devant une voyelle ou une h muette : vieil homme , vieil ami; vieux s'emploie dans les autres cas; il s'emploie a»ssi devant une voyelle ou une h muette : un vieux homme. Vieil devant une voyelle ne se dit que précédant son substantif ; dans une autre construction, même devant une voyelle, c'est vieux que l'on dit : vieux et usé. Au plureil c'est toujours vieux. L'x se lie : les vieu-z amis. Toutefois vieux devant une voyelle ou une h muette a quelque chose de familier et de populaire. Déjà, dans la xvi* siècle, le peuple tendait à effacer la distinction entre vieil et vieux, et H. Estienne (Bu noue, long. p. 445) remarque que «ieur homme appartient aux plus rustaui. D'un autre côté , les écrivains de la première partie du xvn* siècle avaient de l'inclination à dire partout vieil ; aujourd'hui vieil ne se dit plus qu'aux cas indiqués plus haut), adj. Il 1* Oui est avancé en âge. Un vieil homme. Un vieux homme. Vieux renard. Vieux singe. Vieil oiseau. Galba, vieil et cassé , qui se voit sans enfants. Croit qu'on méprise en lui la faiblesse de» ans, CORN. Olhon, l, 2. Le plus dangereux ridicul» des vieilles personnes qui ont été aimables, c'est d'oublier qu'elles ne le sont plus, la rociiefooC. Max. 408. Peu de gens savent être vieux , m. ib. 423. Si on est trop jeune, on ne juge pas bien; trop vieil, de même, pasc. Pens. ui, 2 bis, édiL havet. César était trop vieil, ce me semble, pour s'aller amuser à conquérir le monde, m. ib. vt, 44. La perte qu'on fait des vieilles gens n'empêch» pas qu'elle ne soit sensible, quand on a de grande» raisons de les aimer, et qu'on les a toujours vus, SÉV. 3 sept. 4 687. Vous êtes vieux , vous n'ave»
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point d'enfant, vous ttes infirme ; que tous fautil? du repos, de la liberté, do la piété, haintenon, Leit. à d'Aubigné, 7 août *B83. Tel dit : Je suis ignorant, qui ne sait rien; un homme dit: le suis vieux, il passe soixante ans, la brut. xi. Bientôt, mêlant les complaisances d'un vieux mari avec toutes les faiblesses d'un vieux roi, il (Louis le Débonnaire | mit un désordre dans sa famille qui entraîna la chute de la monarchie, montrso. Esp. ixxi, 20. Anacréon moins vieux fit de moins jolies choses, VOLT, ioui's ,17 F, Écrivains, SaitU-Àulaire (à quatre-vingt-quinze ans). La colère du vieil Horace supposait le malheur de Rome, au lieu que le jeune Hor.ico ne se met en colère que contre une femme qui pleure et qui crie, ID. Comm. Corn. //or. iv, 5. Un vieux poète, un vieil Jiiant, un vieux chanteur et un vieux cheval ne valent nen, ID. iett. d'Argenlal, S7 oct. 4"5o. Trois années [durée moyenne qu'on a devant soi aux différents âges de la vieillesse] ne sont-elles pas une vie complote? ne suffisent-elles pas à tous les projets d'un homme sage? nous ne «nnimes donc jamais vieux, si notre moral n'est pus iiup jeune, BVtf.Suppl. à l'Ilist. nat. Œuv. t. xi, p.UI. f'ontcnclle disait d'une vieille femme qui avait encore de la grâce et de la sensibilité : on voit qjie l'amour a passé par là, marmontel, Œuv. t. VII, p. 465. Il Vieux comme les rues, très-vieux, en parlant des personnes et des choses. Te dire adolescent, toi vieux comme les rues, ciiampmkslé, let Grisettes, se. 3. Linguet est en effet arrêté ; mais je ne sais où il est; au reste tout cela est vieux comme les rues, mirab. Lett. orig. t. iv, p. 51. Il On dit de même: Vieux comme les chemins, vieux comme Hérode. ||Se faire vieux, vieillir. Ce médecin se fait vieux. || Cet homme ne fera pas de vieux os, ne fera pas vieux os, il ne vivra pas jusqu'à la vieillesse. Je tremble que le frère du doyen ne soit encore du nombre des morts ou des blessés, tous ses braves frères ne sont pas vieux os, sÉv. 582. || Fig. Ne pas faire de vieux os quelque part, n'y pas demeurer longtemps. Il y a bien des intrigues à ChcUes pour lui [un médecin]; je crois qu'il n'y fera pas vieux os, SÉV. 312. || Être vieux avant l'â^'e, avoir l'air vieux sans être ûgé. |1 11 se fait plus vieux qu'il n'est, il se dit plus avancé en âge qu'il n'est réellement. Il Terme de vénerie. Vieille meute, premier relais de chiens courants que l'on fait donner après les chiens de meute. || Vieux loup, nom du loup après deux ans. || Vieil ermite ou solitaire, nom qu'on donne au sanglier lorsqu'il est très-vieux. || Eu termes de turf, un cheval est considéré comme vieux et dénommé lel, quand il a plus de cinq ans. |l 2" Les vieux jours, les vieux ans, la vieillesse. Ce peu que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur Se consume sans fruit.... corn. Cid, m, S. J'aurais pu voir en vous l'appui de mes vieux ans, VOLT, l'anat. i, 2. Vous serez cette femme rare, vous serez la gloire de notre vie et le bonheur de nos vieux jours, j. j. rouss. Ém. v. 113" Avec les adverbes piujf. moins et autres semblables. Il exprime les différences d'ùge. Il est plus vieux que moi de deux ans. Il n'est pas si vieux que vous. Il n'a que vingt ans, vous en avez vingt-cinq; vous êtes plus vieux que lui de cinq ans, Dict. de VAcadémie. \\ i" Qui a l'apparence de la vieillesse. Je le trouve vieux. 11 a un air vieux. Il 5° Oui exerce depuis longtemps une profession, un métier. Vieux soldat. Vieux magistrat. C'était un vieux routier, il savait plus d'un tour, LA FONT. Fabl. m, 48. L'année ennemie est composée de ces vieilles bandes wallonnes, italiennes et espagnoles, qu'on n'avait pu rompre jusqu'alors, Boss. Louis de Bourbon. L'Espagne ne savait pas que le prince qui lui fit perdre tant de vieux régiments à la journée de Rocroy, en devait achever les restes dans les plaines de Lens, m. ib. || Dans l'ancienne armée, vieux corps (voy. corps, n°lo). Il Les vieux, nom donné à certains régiments, voy. BÉGiMENT. Il Vieilles bandes, noms que portèrent d'abord les régiments de Picardie, Navarre, Champagne et Piémont. {| 6» Oui possède depuis longtemps une certaine qualité. Un vieil ami. Nous sommes de vieux mariés. D'un et d'autre côté l'accès étant permis. Chacun va renouer avec ses vieux amis, cohn. Ilor. i, 4. Je ferai avec les lettres ce que l'on fait avec une vieille maîtresse, pour laquelle on change son amour en amitié VOLT. Lett. Cideville, 27 déc. i/S.i. || Une vieille fille) une fille qui a passé sa jeunesse sans se marier. Il Ou dit dans un sens analogue : un vieux garçon. Il 7* Qui a d'anciennes habitudes, surtout en
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parlant d'habitudes vicieuses. Un vieil avare. Vieil ivrogne. Vieux pécheur. || Il s'emploie quelquefois en des paroles de dénigrement. Vieux radoteur. Un vieil enfant. Vieux relire. Vieille folle. Vieille sorcière. || 8° Il se dit par respect en parlant d'un homme qui a laissé une grande renommée. Le vieux Caton. Le vieil Homère. Vive donc notre vieil ami Corneille; pardonnons-lui de méchants vers, en faveur des divines et sublimes beautés qui nous transportent, sSv. 126. || 9* Qui existe depuis longtemps, qui remonte à une date reculée. Le bon vieux temps. De vieux parchemins. Un vieux proverbe. Un vieil arbre. Un vieux tableau. Un vieux peuple. L'or de cet âge vieil où régnait l'innocence, MALH. vi, lo. Pères des siècles vieux, exemples de la vie, regnier, Sat. v. Et se promettant tout de leur vieille amitié.... corn. Pomp. I, 2. Et cette vieille erreur que Cinna veut abattre.... ID. Cinna, il, t. L'honneur qu'on rend aux morts est une vieille loi, rotr. ^nlt'^. ii, 5. C'est la vieille question, qui a déjà été agitée plusieurs fois, RETZ, Mém. t. ii, liv. m, p. 12, dans pou- GENS. Elle a été élevée au fond d'un vieux château, GENLis, Ad. et Th. t. R, p. 452, dans pougens. Il traversait l'Italie pour sa santé en faisant beaucoup d'exercice, en chassant, en buvant à la santé du roi George et de la vieille Angleterre, STAËL, Corinne, vi, 4. || Qui a duré longtemps. Ah ! c'en est trop enfin, et ma gloire blessée Uéfiouille un vieux respect où je l'avais forcée, corn, lléracl. v, 3. Il Turquoise, homme de la vieille roche, voy. ROCHE. Il Terme de vétérinaire. Vieux mal, affection ancienne chez un cheval. Claudication intermittente de vieux mal, vice rédhibitoire qui consiste en une boiterie intermittente due à un mal ancien. || Terme rural. Vieille écorce, se dit des arbres qui ont été successivement réservés pour baliveaux pendant cinq coupes successives. || 10° Qui n'est pas nouveau , qui n'est plus nouveau. La ville vieille. De vieux livres. Je crains que les lettres que vous m'aviez données soient trop vieilles ; si vous avez encore conservé quelque Intelligence en ce pays-là, je crois qu'il serait à désirer pour moi que vous m'en donnassiez d'autres, VOIT. Lett. ts. C'est une belle chose qu'une vieille lettre ; il y a longtemps que je les trouve encore pires que les vieilles gens: tout ce qui est dedans est une vraie radolerie, sÉv. 50. Pourquoi ces meubles recherchés, ces vins plus vieux que vous? DIDER. Cl. et Nér. u, 7l. || Vieil argent, argent auquel le temps a donné une apparence qu'on rocher he. Médaillons, imitation de vieil argent, Aluianach Didot-Bottin, (872, p. 697. || Fig. et familièrement. Raconter ses vieilles guerres, parler eniiuycusement de ses actions passées. || Tour de vieille guerre, voy. guerre, n" 4. || Vieux jeu, voy. JEU, n''22. Il Le Vieux Testament, lesécritsde Moïse, de David, etc. On dit plutôt l'Ancien Testament. Il Vieux style, voy. style, a' 8. || Dans le langage mystique, le vieil homme, voy. homme, n' 7. Notre vieil homme périt, dit saint Paul, et se renouvelle de jour en jour, pasc. Lett. à Mlle de Hoannex, 3. Chaque personne qui, en se convertissant, détruit le vieil homme en elle, m. ib. 9. || On dit aussi en ce sens : le vieil Adam. || 11" Suranné. Vieille mode. Vieille méthode. || La vieille physique, la vieille chimie, etc. se dit de l'état imparfait des connaissances physiques ou chimiques dans les temps précédents. || 12" Qui est hors d'usage, en parlant des mots, du style. Ce terme est vieux. Une vieille locution. Le vieux langage. La rime n'est pas riche, et le style en est vieux (d'une chanson], mol. àlis. I, 2. || Il se dit aussi des écrivains. Balzac, pour les termes et pour l'expression, est moins vieux que Voiture, la brut. i. || 13" Usé, par opposition à neuf. Vieil habit. Vieux linge. Vieux chapeau. Vieux souliers. Vieille tapisserie. Il Vieux habits, vieux galons, cri des fripiers ambulants qui offrent d'acheter de vieilles hardes. Tout marchands d'habits que nous sommes, Messieurs, nous observons les hommes.... Dans les changements qui surviennent. Les dépouilles nous appartiennent : Toujours en grand nous calculons : Vieux habits, vieux galons, bérano. Vieux habits, vieux galons. \\ 14° Terme d'exploitation. Vieil homme, nom donné par les mineurs allemands aux pierres qui proviennent d'une ancienne exploitation. Il 18° Substantivement. Un vieux, une vieille, un homme, une femme dans le dernier âge de la vie. Un pauvre vieux. Les jeunes et les vieux. Il y a bien des intrigues à Chelles pour lui [un médecin] ; Madame [l'abbesse de Chelles] le soutient, les jeunes le baissent, les vieilles
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l'approuvent, stT. «e sept. )«7C. Une telle visite convient-elle i une vieille retirée dans un couvent? MAmTENON, Lett. au duc d» Koailles, 6 mai <7)«. Et, bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons, bAhano. Bonne i>iei(l«. Il Populairement. Un vieux de la vieille (sous-entendu garde), un soldat qui a appartenu i la vieille garde de Napoléon I". || Paire le vieux, prendra le ton, les habitudes de la vieillesse. || Populairement. Mon vieux, terme d'affection. || Viouj de la montagne, nom du chef des Ismaélites de l'IraL persique. Vers le Levant, le Vieil de la montagne Se rendit craint par un moyen nouveau, la font. Féronde. On a quelquefois confondu les Aisauins avec les Druzes et les Nosaîris; H. Vcnture,dans un mémoire sur les Druzes, dit que, suivant toutes les apparences, le Vieux de la montagne n'était autre chose que le chef de la nation des Druzes, silt. db SACY, Instit. Mdm. hist. et lilt. anc. t. i», p. «9. Il Demi-vieille, femme qui est près de la vieillesse. Votre tante n'est encore qu'éveillée; et, entre la réveil et la sortie d'une demi-vieille, il y a bien des cérémonies de toilette, dufresnt, Double teuvage, i, 2. || Contes de vieille, fables absurdes, indignes de toute créance, comme en débitent les vieilles femmes ignorantes et crédules. U faisait des vaudevilles, inventant des contes de vieille, hamilt. Gram. 7. J'ai regret aux contes do vieille. Quand un docteur dit qu'à sa voix Les morts lui viennent à l'oreille De la vie expliquer les lois, BÉRANO. Sciences. || Tête de vieille, se dit de la tête du cheval qui est longue, sèche, qui aies salières profondes et qui présente des saillies osseuses très-prononcées. || 16° S. f. Vieille, nom, sur les côtes du Finistère, d'un poisson alimentaire, mais de qualité médiocre. || Vieille ridée, plusieurs coquilles. Il 17° S. m. Ce qui est vieux, usé. Coudre du vieux avec du neuf. Cordonnier en vieux. 1 18° Goijtde vieux, dit aussi amertume, maladie des vins qui leur donne un goût amer, qui est caractérisée par la production d'un ferment organisé, et qui s'attaque surtout aux vins fins. || 19° Vieux pris adverbialement. Elle s'habille plus vieux que son âge. Les bols doivent être vieux coupés et bien secs, quand on les emploie, afin qu'ils ne se déjettent point, genlis, Maison rust. t. i, p. 49 dans POUGENS. || Proverbes. Les vieux amis et les vieux écus sont les meilleurs, ou, plus brièvement, vieux amis, vieux écus. || Jeune chair e» vieux poisson, les bêtes jeunes, qui sont plus tendres, et, au figuré, les femmes dans leur jeunesse, le poisson quand il est gros. || Pour vivre longtemps, il faut être vieux de bonne heure, il faut se ménager tandis qu'on est jeune.
— REM. Au xvn* siècle on pouvait dire vieil dans toutes les positions. 0 que pour avoir part en si belle aventure Je me souhaiterois la fortune d'Eson, Qui, vieil comme je suis, revint, contre nalure. En sa jeune saison ! malh. ii, )2.
— HIST. XI' s. Ço est l'amirail le vlel dantiquitet; Tut survesquiet.... CH. de rol., cixxxv. || xin* ». Tout se plaignent de li, el viel et jouvencel, Berle, Lxxxv. Dame, ce dist la vielle, ne tous chaut d'esma- 1er, ib. xi. Et avec ce il n'est pas viex. Ains est jeunes, dont il vaut mlex, la Rose, 3463. Et ainsi il croient le Vieil de la montagne, cil qui nourrit les Assacis, joinv. 22». Viel qui culde assez vivre, Tieg [je tiens] à fol et à ivre. Ce dit Salemons, JfarcouJ et Salemon,ms. de St-Germ. f° 29, dans LACURNE. Quant Ulfins oî ensinc parler ce vieil home, si se merveilla moult, et li viaux bom li dist.... Jferlin, f* 81, recto. ||xiv* s. Je croi bien que Bertran jà viel ne vivera ; Car il est trop hardis; occire se fera, Guescl. IS822. Car jone dame à viel mari A maintes fois le cuerniari, j. decondâ, t. Il, p. 39. Il XV" s. Et se ses habis estoit viez, Qu'il ne soit ors [sales] ne descousus, Taichiez, soilliez, ne desrompus, E. descii. Poésies mss. f 518. Je veiz le bon homme vieil présenter le gage à son filz [le provoquer en combat singulier], COMM. IV, t. Sire, dist la dame, besoin fait vieille trotter, Perceforest, t. iv, f" 50. Tousjours vieil singe est desplaisant, villon. Autre ballade en vieil lanjoge. Il XVI" s. Veux-tu, vieille ridée, entendre Pour quoi je ne te puis aimer? Amour, l'enfant mol, jeune et tendre. Toujours le vieil sang trouve amer; Le vin nouveau fait animer Plus l'esprit que vieille boisson; Et puis l'on n'oit bien estimer Que jeune chair et vieil poisson, ma- ROT, m, t79. Pour estre antique il faudroit qu'il y eust mille ans; ancien, deux cent; vieil, plus de cent, Moyen de parvenir, p. t42, dan» LACURNE. Vin vieux, ami vieux, or vieux, h. est.
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Préeell. p. «7». Il n'est miracle que de vieux saints, ». Apol. (TUérod. p. 6S1, dan» lactone. Les vieux du sénat, mont, i, îs. Dionysius le vieil, •yaot prins la ville de Regge, m. i, 3. Enfant, homme, vieil, j'ay tousiours creu.... id. i, <»». Comme le vieil Crassu» qu'on ne veit jamais rire, ID. m, 3<*- Monsieur d'Acier, jeune gentilhomme de cette grande maison d'Acier et Cursol, mais pourtant vieux capitaine et soldat, brant. Capit. fr. t. IV, p. <98. Vieux péché fait nouvelle honte, COTGBAVE. C'est grand peine que d'estre vieux, mais il ne l'est pas qui veut, id. François le Ceindre de 47 ans, Jacques de Lannoy de 46 ans, vieux eschevins dudit pays, iVou». cousJ. gén. t. i, p. 376. — Etym. Wallon, et, vieux, vill, vieille ; bourguign. »etiJ«, vieille; provenç. vel, reUi, vielh, vilh; cat. vell; cspagn. viejo ; portug. velho; ital. vecchio; du lat. populaire veclus pour vetulus {vetulum, non veclum, dit VAppendix Probi, dans Keil, V, 4G2). Vétulus est le diminutif de t'ctus, qui tient au grec ëtoi;, éolienfÉTo;, année, sanscr. vatsa, année, et signifie par conséquent proprement annuel. Les deux formes vieil et vieux s'expliquent par l'ancienne langue : vieil est le cas du régime, vieils ou vieux est celui du sujet ; ces deux sont restées dans la langue moderne, qui ne s'en est plus servie que pour des usages de prononciation. i côté de t!t«J, l'ancienne langue avait aussi viex, pour les deux genres; viei vient du lat. leJus. Yiez se dit encore dans les campagnes de Normandie. VIEILLARD (vié-Uar; M mouillées, et non viéyar; le d ne se lie pas ; au pluriel, l's ne se lie pas; cependant quelques-uns la lient : les vié- Uar-z amoureux), s. m. || 1" Homme qui est dans le dernier âge de sa vie. Il y a trois sortes de personnes que mon âme hait, et dont la vie m'est insupportable: un pauvre superbe, un riche menteur, et un vieillard fou et insensé, saci. Bible, Ecclésiastique, xxv, 3 et 4. Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples, LA ROCHEFOuc. ilux. 93. Vieillard, lui dit la Mort, je ne t'ai point surpris; Tu te plains sans raison de mon impatience, LA font. Fabl. vin, (. Ce que M. le Tellier avait vu arriver à tant de sages vieillards qui semblaient n'être plus rien que leur ombre propre, le rendait continuellement attentif à lui - même , boss. le Tellier. C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux, la bruy. xi. Ce n'est pas le besoin d'argent où les vieillards peuvent appréhender de tomber un jour, qui les rend avares, ID. XI. Le souvenir de la jeunesse est tendre dans les vieillards; ils aiment les lieux oii ils l'ont passée.... m. xi. Une trop grande négligence, comme une excessive parure, dans les vieillards, multiplient leurs rides et font mieux voir leur caducité, id. xi. Un vieillard qui a vécu à la cour, qui a un grand sens et une mémoire fidèle , est un trésor inestimable : il est plein de faits et de maximes... id. xi. L'âge faisait encore une grande distinction; et le nom de vieillard, dans l'Écriture, marque ordinairement de la dignité, fleohy. Mœurs des Israël, tit. v, part. 2, p. 48. Les femmes vivent un peu plus que les hommes, c'est-à-dire qu'en une génération on trouve plus de vieilles que de vieillards, volt. Dict. phil. Femme. Je suis si vieux que je ne peux plus jouer les vieillards; c'est un grand dommage; car je vous avoue modestement que je jouais Lusignan beaucoup mieux que Sarrazin, id. Lett. Villette, 8 juin. 478B. Je n'ai point cette raideurd'esprit des vieillards, je suis flexible comme une anguille, et vif comme un lézard, et travaillant toujours comme un écureuil : dès qu'on me fait apercevoir d'une sottise, j'en mets vite une autre à la place, D). Lett. d^Argental, 22 oct. 4759. Ces deux vieillards dont il est fait mention dans les Transactions philosophiques, dont l'un avécu ta ans, et l'autre 444, BOFP. Hitt. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 356. Rien de plus commun qu'un vieillard qui commence à vivre; rien de plus commun qu'un vieillard qui meurt avant que d'avoir vécu, dider. Claude e( Nér. n, t. Pourriez-vous médire pourquoi il y «de beaux vieillards et point do belles vieilles? DIDEH. Utt. à Mlle Volond, 3< juUl. <782. Il y a bien de la difTérence entre être un beau vieillard et avoir une belle vieiUoMe ; peut-être n'est-on pas un beau vieillard sans avoir une belle vieillesse.... mais on peut certainement... avoir une belle vieillesse et n'être pas un beau vieillard, id. ib. IB août «7ej. J'aime les enfants et les vieillards; je regarde ceux-ci comme des êtres singuliers que le
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sort a épargnés, m. ib. 19 août 47B9. Sur l'âge des vieillards c'est en vain qu'on se fonde; Ils sont très- obstinés à rester dans ce monde, a. duval. Fille d'ftonn. n, (2. || 1° Il se dit des personnes avancées en âge, tant hommes que femmes. L'âme s'échappe du vieillard sans effort ; elle est sur le bord de sa lèvre, dideh. Cl. et Nér. u, 7. Les vieillards, qui, devenus par leurs infirmités et par leurs besoins, plus personnels et plus concentrés dans ce qui les touche, éprouvent quelquefois, en perdant leurs amis même, la consolation secrète de jouir encore de la vie, et de subir quelques moments plus tard la loi commune de la nature, d'alemb. Élog. St-Àulaire. |{ 3* Fig. Calendrier des vieillards, prétextes tirés du repos des fêtes par un vieux mari à l'égard de sa jeune femme, LA font. Calendr. Tu te moquerais de moi, et tu m'enverrais pour étrennes le calendrier des vieillards, en. DE BERNARD, Un acte de vertu, § v. |{ 4° Au fiJm. Vieillarde (employé seulement avec une nuance de mépris dans le style moqueur et satirique). Décider cette sensible vieillarde à quelque équipée folâtre et romanesque dans le goût des pèlerinages de Gretna-Green, ch.de Bernard, le Gentilhomme compaj/nord, §xix. || 5° Vieillard, oiseau d'Amérique ainsi nommé parce qu'il a sous la gorge une espèce de duvet blanc ou plutôt de barbe blanche, bupf. Ois. t. xii, p. B9. Il B" Terme d'alchimie. Vieillard des sages, le mercure.
— HlST. xin* s. Mes pères m'a à un rieillar donnée, Qui en cest mois [logis] m'a mise et enserrée, Romancero, p. 37. Je le vos di por Ysengrin Et por un prestre dant Martin; Vieillarz estoit auques li prestrcs, Ren. 7388. || xiv* s. Et tele amisté utile est mesmement en gens villards et anciens, OHESME, Éth. 233. || XVI' S. Il fut faict loup, et la marque conforme Retient encor de sa première forme; Tel poil vieillard et tel frayeur de vis Encores a....MAR0T,iv, 24. D'un pas vieillartson allure hasloit, DU BELLAY, IV, 24, verso. Nul samedy sans soleil, nul vieillard sans estre jaloux, nulle belle femme sans amours, sadval, Hist. de Paris, t. in, p. 4 2, dansLACURNE. Mieux vaut l'ombre d'un sage vieillard que les armes d'un jeune coquard, cot-