VEILLE
f VIGIKH (vi-ji-é), v. n. Terme de marine. Etre en vigie, en observation.
t VIGIGRAPHE (vi-ji-gra-n, t. m. Espèce de télégraphe des vigies. || Celui qui le fait mouvoir, qui l'observe.
— ÉTYM. Vigie, et ypiif'w, tracer, écrire. tVIGIGRAPHIE(vi-ji-gra-fie),i./'.Ob3ervationpar
le moyen du vigigraphe. || Étude du vigigraphe.
t VIGIGRAPHIQUE {vi-ji-gra-fi-k'), adj. Qui soncerne le vigigraphe et la vigigraphie.
VIGILAHMENT (vi-ji-la-man), adv. Avec vigilance.
— HIST. ivi's. Vigilamment, cotgrave.
— ÊTYM. Vigilant, et le suffixe ment.
VIGILANCE (vi-ji-lan-s'), s.f. Qualité de qui est
vigilant. Alors, sans mon amour, qu'eût fait votre vaillance? Eût-elle du dragon trompé la vigilance? CORN. Kédée, I, t . Redoublez votre vigilance à l'égard de la fille qui ne détourne point la vue des hommes, de peur qu'elle ne se perde elle-même, si elle en trouve l'occasion, saci. Bible, Ecclésiastique, xivi, 13. Mme de Chaulnes, qui est la vigilance même, partira à la pointe du jour, sÉv. 4 2avriH689. Ni la hauteur des entreprises ne surpassait sa capacité [du secrétaire d'État, fils de le Tellier], ni les soins infinis de l'exécution n'étaient au-dessus de sa vigilance, boss. Je Tellier. Les généraux de l'armée du roi étaient Condé et Turenne ; Luxembourg commandait sous eux; Vauban devait conduire les sièges; Louvois était partout avec sa vigilance ordinaire, volt. Louis XIV, (O. J'ai pour toi la tendresse d'un amant, la franchise d'un ami, et l'inquiète vigilance d'un père, marmontel, Cont. mor. Bon mari. H Terme de blason. On nomme vigilance une grue tenant une pierre dans une de ses pattes, comme on croyait que fait cet oiseau pour s'empêcher de dormir.
— HlST. XVI* s. Il est besoing, au temps des grands mouvements qui se préparent [< B93], d'user de nos vigilances ordinaires, Bibl. des ch. 1* série, t. i, p. 503. La vigilance estoit telle en luy [l'empereur Julien], qu'il despartoit la nuict à trois ou quatre parties, dont la moindre estoit celle qu'il donnoit au sommeil, mont, m, 82. Il n'est rien qu'on doibve tant recommander i la jeunesse, que l'activité et la vigilance : nostre vie n'est que mouvement, m. iv, 277.
— ÊTYM. Lat. vigilantia, de vigilant, vigilant. VIGILANT, ANTE (vi-ji-lan, lan-t'), adj. Qui
veille avec beaucoup de soin à ce qu'il doit faire. Rien n'est égal à l'amitié de cette bonne duchesse pour moi, et aux vues qu'elle a pour me faire plaisir ; c'est une bonne et solide et vigilante amie, sâv. K7*. On ne fait qu'ajouter à la louange de grand magistrat et de sage ministre celle de sage et vigilant père de famille qui n'a pas été jugée indigne des saints patriarches, boss. le Tellier. Merci, que le prince de Condé et le vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier, m. Louis de Bourbon. C'est ce qui fit faire à Charlemagne, prince le plus vigilant et le plus attentif que nous ayons eu, bien des règlements pour empêcher qu'on ne dégradât les fiefs en faveur de ses propriétés, montbsq. Esp. xxxj, 8. Egisthe.... Vigilant, soupçonneux, par le crime éclairé, volt. Oresie, i, î. || Il se dit aussi des choses. Rien ne peut arrêter sa vigilante audace [de Louis XIV] : L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace, boil. Lutr. ii. On m'élevait alors, solitaire et cachée. Sous les yeux vigilants du »age Mardochée, rac. Bsth. i, t. C'était des tristes Juifs l'espérance dernière Que mes soins vigilants cachaient à la lumière, id. Âthal. v, 2. Une clef vigilante a, pour celle journée. Sous le cèdre enfermé la robe d'byménée. a. cuén. la jeune Tarentine.
— HlST. XVI' S. Le bon chevalier, qui estoit vigillant, Tint en la basse cour du chasteau, et demanda où e»loit son prisonnier, le Loyal serviteur l, 20. '
— ÊTYM. Lat. vifiilantem, de vigilare, veiller.
VIGILK (vi-ji-n, f. f. Il !• Dans l'Église catholique, veille ou autre jour qui précède une solennité, et pendant lequel on observe l'abstinence et le jeAne. L'un dit que vous faites imprimer des almaaacbs particuliers, oii vous faites doubler les quatre-temps et les vigiles, afin de profiter des jeûnes où vous obligez votr« monde, mol. t'Ar
VIG
Ht, 6. X quoi bon ce dégoût et ce zèle inutile? Estil donc pour jeûner quatre-temps ou vigile? boil. Lutr. i. Il Vigiles des morts, nom donné aux matines et aux laudes de l'office des morts, que l'on chante aux obsèques d'un défunt, ou au service que l'on fait pour lui. || 2* Abusivement, on a étendu le nom de vigile à de simple» jours d'abstinence; ainsi, on dit des trois jours qui précèdent l'Ascension, que ces trois jours il est vigile.
— HlST. xn* s. [Ils] Chantent vegiles et font les sautiers lire, Bonc. p. <B8. || xiii* s. Et se partirent du port Corfol la vegile de Pentecouste, villeh. Lix. ||xv«s. Quand... Piètres du Bois le sçut [la mort de François Acreman à Gand], il ne le plaignit que un petit et dit : je l'en avois bien avisé et chanté toutes les vigiles avant que je m'en partesisse de Gand, froiss. ii, ni, 38.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. vigilia ; du latin, vigilia, veille. Vigile est le même mot que veille ; mais il est passé du latin de l'Église dans le français sans modification, tandis que, dans veille, vigilia a été modifié par la bouche française.
VIGNE (vi-gn'), s. f. || 1* Terme de botanique. Genrede la famille des ampélidées. || 2* Particulièrement, la plante à tige ligneuse et tortue qui porte le raisin, litis vinifera, L. Le produit de sept arpents de vignes par an est de 6300 sesterces, c'est-àdire de 787 livres 1 0 sous, rollin, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 4B2. Domitien, prince timide, fit arracher les vignes dans la Gaule, de crainte sans doute que cette liqueur [le vin] n'y attirât les barbares, comme elle les avait autrefois attirés en Italie, MONTESQ. Esp. XXI, i6. Une vigne nouvellement fumée est plus sujette à être endommagée de la gelée qu'une autre, buff. Expér. sur les végét. 4" mém. n. Il existe en Bourgogne plusieurs vignes dont la plantation date de plus de quatre cents ans, gbnlis. Maison rust. t. m, p. 285, dans pouGENS. L'Italie eut des vignes énormes ; elles étaient si hautes en Campanie, qu'on avait établi comme règle que le propriétaire du domaine ferait enterrer ou brûler à ses frais l'ouvrier qui, en les taillant, tomberait et mourrait de sa chute, pastoret, Instit. Mém. inser. et belleslettres, t. V, p. 92. Si la vigne peut passer fleur et ne point couler, on ne saura où mettre tout le vin cette année, p. L. cour. Gax. du village. Brennus disait aux bons Gaulois : Célébrez un triomphe insigne ; Les champs de Rome ont payé mes exploits, Et j'en rapporte un cep de vigne, béraho. Brennuf. Il Feuille de vigne, voy. feuille, n' i. Il 8* Étendue de terre plantée de ceps de vigne. Une vigne d'un hectare. Je vais faire un tour dans les vignes, et je me rends ici dans un moment, dancouht, Impromptu de Suresnes, se. ) . La vigne célèbre dont le vin est appelé Lacryma Christi, se trouve dans cet endroit, et tout à côté des terres dévastées par la lave, stael, Corinne, xi, 4. Il Vignes pleines ou en plein, celles qui sont plantées en quinconce. || Vignes en tailles, vignes développées en surface, sans profondeur. || Raisin de vigne, raisin propre à faire du vin, par opposition à raisin de treille ou chasselas, raisin qu'on sert sur les tables. || Pêche de vigne, fruit du pêcher venu en plein vent dans les vignes. ||4° La vigne du Seigneur, vigne qui fait le sujet d'une parabole, Évang. St Matth. xx. || Fig. Travailler à la vigne du Seigneur, s'employer à l'instruction et à la conversion des âmes. || Fig. Faire provigner la vigne du Seigneur, ou, simplement, faire provigner la vigne, faire réussir une doctrine, une opinion. Il est venu des adeptes immédiatement après votre départ ; ils cultiveront la vigne du Seigneur d'un côté, tandis que vous la provignerez de l'autre, volt. Lett. d'Argence, 4o oct. 1764. Adieu, monsieur; faites provigner la vigne tant que vous pourrez ; il me semble qu'on nous fait manger à présent des raisins un peu amers, volt. Lett. Condorcet, i" sept. <772. Il Fig. Être dans les vignes du Seigneur, ou, elliptiquement, être dans les vignes, être ivre. Le roi : Où suis-je ? — Zaconin : Par ma foi, vous êtes dans les vignes. — Le roi : D'où peut venir cela? — Zaconin : C'est que vous avez bu, LEGRAND, Roi de Cocagne, u, (5.|| Mettre le pied dans la vigne du Seigneur, s'enivrer. || 6* Fig. La vigne de l'abbé, la vigne de l'évêque, une vie de
délices Ce couple si charmant, Toujours d'accord,
de plus en plus s'aimant... Se promettait la vigne de l'abbé, la font. Aveux indiscrets. ||8° Anciennement. Maisons de plaisance aux environs de Rome et de certaines villes d'Italie ; aujourd'hui on dit villa. La vigne Borghëse. La vigne Aldobran- Idine.ll?' Visne blanche, un des noms vuleaires
VIG
de la bryone. || Vigne vierge, nom vulgaire du cittus quinquefolia, Desf. cultivé en berceaux. Il Vigne de Judée, vigne sauvage, douce-amère. Il Vigne noire ou taminier, deux noms vulgaire» du taminier commun, asparagées, dit aussi couleuvrée noire et sceau de Notre-Dame || Vigne du Nord, houblon. || Poire de vigne, nom d'une poire d'automne. || 8* Terme d'alchimie. Vigne des sages, la pierre du premier ordre réduite en eau rectifiée. Il 9* Ancienne machine de guerre, consistant en cabanes faites en claies et portées sur des roues, pour établir des communications abritées entre les ouvrages de l'assiégeant. || Proverbes. Un mariage de Jean des vignes, voy. iear, n* 9. || Quand nous serons morts, fera les vignes qui pourra, nous ne nous embarrassons point de ce qui se fera après notre mort. i| Il ne se soucie pas qui fera les vignes après sa mort, se dit d'un homme sans souci. Il La vigne i mon oncle, voy. oncle, n* t.\\ Vigne double, si elle est close.
— HlST. xn' s. Naboth de Jezrael out une vigne voisine e mult près del paleis lu rei Achab, Rois, 329. Il xin* s. Et mirent tout le pays en feu et en flame, et prendoient proies, et gastoient blés et vingnes et gardins, Chr. de Rains, p. 74. Les demandes reeles sont quant on demande héritage, terres, bois, prés, vingnes, yaues, justiches... beau- MAN. VI, 32. Je sai de reisins a plenté [il y a abondance de raisins] En une vine près de ci, Ben. 23i 55. Il XV' s. Et sailloient de vigne en vigne et de fossé en fossé pour eux sauver, proiss. ii, m, loo. En la vigne jusqu'au peschier Estes bouté, mon filztrès chier. Dont, par ma foy, suis très joyeulx. Quant de rimes vous voy songneux, ch. o'orl. flondeJ 72. Il xvi* s. Les machines desquelles les anciens usoient pour forcer les villes, comme sont béliers, chevaux, vignes, tortues, balistes, etc., paré, ix, Préf. Se mettre dedans la vigne jusques au pescher, COTGRAVE. Et y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu'à la plaider, mont, m, 48.
— ÉTYM. Picard, «aine ; Berry, veigne, veingne; bourguig. tietgine; wallon, veign; provenç. tinha, vinna ; catal. vinya ; espagn. vina; portug. vinha; ital. vigna ; du latin vinea, qui vient de vinum, vin. Â côté de vigne, l'ancienne langue avait vit, de vitis : xiif siècle. Comme viz babundans es costez de ta meson. Psautier, f° 4 60.
t VIGNEAU (vi-gnô), s. m. || l'Nom, en Normandie, d'un tertre construit artificiellement dans les jardins, avec une allée en hélice, et sur lequel on plantait des treilles de plaisance en forme de cabinet de verdure. || i' Terme de pêche. Banque ".ei pour faire sécher les morues. || S' Nom, sur les côJes de Normandie, d'un petit coquillage, trochus ànereus, turbo littoralis. || On trouve aussi vignot.
— ÊTYM. F»jn«. Le coquillage a été dénommé d'après le vigneau des jardins, à cause de son hélice.
VIGNERON, ONNE (vi-gne-ron, ro-n'), *. m. et f. Il 1° Celui, celle qui cultive la vigne. La disproportion qu'on croit voir entre la naissance de Sixte» Quint, fils d'un pauvre vigneron, et l'élévation . la dignité suprême, augmente sa réputation, voit. Moeurs, <84. Un jour le vigneron, sur ces coteaux paisibles [où s'est livrée la bataille de Granson], Mariant les ormeaux et les vignes flexibles. Roulera sous ses pas des ossements blanchis, masson, Helv. m. Il 2" Vigneron ou vigneronne, colimaçon.
— HIST. xiii* s. Iluec se débat et abaie, Et Ii vingnerons sanz délaie Vint, qui des vingnes estoit garde, Ben. (8530. ||xiv' s. Ainsi com vigneron se tiennent ou pais. Quand il doivent aler es vignes du pourpris, Guescl. 3746. Hxvi* s. Après la cloche du vigneron [cloche qui avertissait les buveurs de quitter les tavernes], Coust. gén. t. n, p. 924. Quand le chou passe le sep, le vigneron meurt de soif, cotgrave.
— ÊTYM. Bourguig. vaingneron ; de l'anc. verbe viner, cultiver la vigne ; ce verbe vient de vigne.
t VIGNETER (vi-gne-té), v. a. Terme d'art du moyen âge. Faire un travail de vignettes.
VIGNETTE (vi-gnè-f), *. f. || 1' Ornement qu'on met au haut de la première page d'un livre ou d'un chapitre ; c'étaient autrefois des branches de vigne ; mais on en faut aujourd'hui de divers dessins. Il Par extension, toutes les petites estampes d'un livre, soit qu'elles soient au haut des pages, soit qu'elles ornent le frontispice et le bas de page à la fin des chapitres. || Enfin on donne ce nom aujourd'hui aux estampes mêmes qui occupent toute une page, quand elles sont entourée» d'un cartouche. Dans l'impression de ses Apologies, il met pour vignette une espèce de devise singulière oui a rapport à son aventure.... fonte».
VIG
Uarsigli. On a vu le polytypage des vignettes décrit par un Allemand dès 1 74o ; ainsi ce procédé n'est pas nouveau, camus, InttU. Mém. litt. el beau»arts, t. m, p. 8I3. ||4* Dessins, ornemenlsqui servent d'encadrement pour les tableaux, les couvertures de livres, etc. || 3° Ornement du même genre mis autour d'un mouchoir. Un mouchoir i vignette. ||i* Papier à vignettes, papier à lettres dont les bords sont ornés de petites guirlandes coloriées.
— HIST. xui* s. Et toutes ces choses estoient fleuretées de ambre ; et estoit l'ambre lié sur le cristal à bêles vignettes de bon or fin, JOINV. î60. Il XV' s. Un hanap d'argent blanc ciselé, et une vignette autour et compas doré, Lett. pat. 14 janv. <♦!«. Il XTi* s. Une belle espéo de Vienne avecque» le fourreau d'or, faict i belles vignettes d'orfebverye, hab. Garg. i, 46.
— ETVM. Dimin. de vigne, parce qu'à l'origine cet ornement représentait dus branches et des feuilles de vigne.
t VIG.VETTISTE (vi-gnè-ti-sf), i. m. Artiste qui fait des vignettes. La vignette se faisait en même
temps que la page et c'est pourquoi cet art
charmant des vignettistes d'alors, des Johannot, des Deveria, de Jean Gigoux et de Céiestin Nanteuil est encore un art tout à fait à part, asseu- NEAU, Mélang. tirés d'une petite bibiioth. romantique, préf. p. 17.
t VIGNETURE (vi-gne-tu-r'), t. f. Terme du moyen âge. Ornement de feuilles de vignes qui couvrait les bordures des miniatures, dites alors vignetées, de laborde, Émaux, p. 542.
— HIST. XV* s. Une coupe d'or , poinçonnée, en façon de vingneture, et dedans ung petit esmail de marguerite, de laborde, Émaux, p. 542.
VIGNOBLE (vi-gno-bl'), s. m. || 1" Étendue de pays planté de vignes. On observe en France que la grande quantité de vignobles y est une des grandes causes de la multitude des hommes, montesu. Esp. XXIII, 14. La plus grande partie du vignoble d'Agde était, il y a quarante ans, couverte par les eaux delà mer, buff. i/isf. nat. Pr. th. terr. Œuv. t. Il, p. 435. Ce vignoble [de Constance], où l'on cultive des plants de muscat d'Espagne, est fort petit, B0U0AINV. Voy. t. n, p. 399. [\ i' Adj. Pays vignoble.
— HIST. XIII' s. Il est sires de tout l'avoir Monseigneur noble. Et de la Brie et du vignoble, ruteb. (96. Il xiv s. Biax ahans [champ cultivé] et moult biel vignoble, J. de condé, t. n, p. 230.
— ÊTYM. Fifline. La finale oftJeestcontroversée. Le bas-lat. a cino/ium, qui est un diminutif de einum; vignoble en pourrait être une altération. 11 a aussi i/inobre dans une charte de <063; Scheler est disposé à y voir vini opéra. Au contraire Diez considère vignoble comme représentant vini opulens, riche en vin, la finale cru ayant disparu comme dans serpe de serpens.
t VIGNON (vi-gnon), ». m. Un des noms vulgaires du ^enêt piquant.
VIGOGNE (vi-go-gn'), t. f.\\ l' Animal de la taille d'un mouton, du genre lama, appartenant aux ruminants sans cornes, section des chameaux. La vigogne ne se trouve qu'au Pérou ; elle a une laine très-fine. Louviers, drap de vigogne de 5/4, laine de vigogne du Pérou cardée, Tabl. ann. aux lett. pat. du i" mars I7&i, Rouen. On fait 4e très-beaux gants, de très-bons bas avec cette laine de vigogne ; l'on en fait d'excellentes couver turcs et des tapis d'un très-grand prix, buff. Quadrup. t. VI, p. 04. Il 2' Laine de cet animal mise en œuvre. Un chapeau do vigogne. || 3° 5, m. Un vigogne, un chapeau fait de vigogne. Un bon vigogne.
— ETYM. Espagn. vicuHa; du péruvien vicunna, nom de l'animal.
t yiGOTE (vi-go-f), s. f. Planche percée de plusieurs trous, représentant les calibres des pièces d'artillerie, et dont on se servait pour assortir les boulets.
VIGOOBECSEMENT (vi-gou-reû-ze-man), adj.
Avec vigueur. Le jésuite Bertier a combattu vigoureusement dans le Journal de Trévoux en faveur d'OIopuen et de son aventure [prétendu apôtre du christianisme en Chine], volt. Mél. litt. Lett. chinoises, 4. Elle [l'ondrosace ciliata] végète vigoureusement dans des situations bien plus froides encore; je l'ai recuciliie couverte de fleurs au haut du glacier de Tuquerouye, ramond, Instit. Mém. scienc. 1S23, t. vi, p. ttb. || Terme de peinture. Tableau vigoureusement colorié.
— IIIST. xiir s. Et nostre gens les alerent ferir moult viguereusement, villeh. lxv. L'en ne s'i doit pas lessier prendre. Mes viguereusement det-
VIG
fendre, la Rose, B098. || zvi< s. Il les chargea bien vigoureusement, mais c'estoit avec trop de desa- ^ntage, amtot, Crassut, 48.
— ÊTïM. Vigoureuie, et le suffixe mtnt; provenc. vigorosament ; espagn. ut ital. vigorosamente.
VIGOUREUX, EUSE {vi-gou-reii, reù-z'), adj. Il 1° Oui a de la vigueur physique. Homme, cheval vigoureux. Les troupes, aussi vigoureuses que disciplinées, n'attendaient que les derniers ordres do ce grand capitaine et l'ardeur que ses yeux inspirent, Boss. le Tellier. Ces sages d'Egypte avaient étudié le régime qui fait les esprits solides, les corps robustes, les femmes fécondes et les enfants vigoureux, id. Hist. m, 3. C'est un vieillard assez vigoureux ; j'ai demandé quel homme c'était, f£n. 7^1. VI. Mon tempérament, quoique vigoureux, n'avait pu soutenir les combats de tant de passions contraires, J. j. Rouss. Conf. iz. || Végétation vigoureuse, état des végétaux qui croissent avec force. La végétation était encore plus vigoureuse que dans les baies où nous avions abordé, lapé- RousE, Voy. t. m, p. so, dans poucens. || 8° Qui a de la vigueur morale. Je sais que vous êtes aussi vigoureux ami que je suis, balz. liv. vi, lett. 7. Douce, familière, agréable autant que ferme et vigoureuse, la reine savait persuader et convaincre aussi bien que commander, BOSs. Reiru d'Ànglet. J'aime les gens vigoureux qui savent se rendre maîtres des autres, fén. Dial. des morts mod. Dial. te. Il 8' En parlant des choses. Qui se fait avec vigueur, où il y a de la vigueur. Ces haines vigoureuses Que doit donner le vice aux âmes vertueuses, mol. Jfjs. i, 4. Et l'on m'a vu pousser dans le monde une afl'aire D'une assez vigoureuse et gaillarde meinière, id. ib. m, t. La chaleur de quelques médecines un peu vigoureuses qu'il [Ch. de Sévigné] avait prises à Paris, sÉv. 8 sept. 1680. Sans dire que l'on redoutait davantage les conseils de celle [maison] d'Autriche, ni qu'on trouvait quelque chose de plus vigoureux dans les armes et dans le courage de celle de France, boss. Har.-Thér. M"' de Bernières, mon ancienne amie, outrée du libelle [de l'abbé Desfontaines], m'écrit, il y a huit jours, une lettre pleine de cette amitié vigoureuse dont votre cœur est si capable, volt. Lett. Helvétius, janvier 4 73». Toutes les fois que Corneille a quelque chose de vigoureux à traiter, on le retrouve, id. Comm. Corn. Rem. Théodore, m, 3. Tout le mal qui a résulté de la détestable invention des billets de confession, et tout le bien qu'a fait la chrétienne et vigoureuse résistance du parlement de Paris, id. Facéties, Mandement d'Alexis. Il 4° Terme de peinture. Qui a force et fermeté. Pinceau vigoureux. Une touche vigoureuse. Des tons vigoureux. Un des jolis tableaux du Salon, si les têtes étaient vigoureuses, dider. Salon de 4 767, Œuv. t. XIV, p. 378, dans focgens. Il Dessin vigoureux, se dit quand le crayon accuse les formes d'un trait ferme. {| Coloris vigoureux, se dit quand les teintes et les tons formentdes oppositions vives avec les clairs. {| Se dit d'un tableau où les lumières sont fortes, où les ombres arrondissent bien les objets.
— HIST. xiu* s. La quinte vertus si est qu'il [le bailli] doit estre hardis et viguereux, sans nule parece, leaum. i, 6. Cil qui tient en baronnie doit estre durment vigreux de faire tenir les choses dont li jugemens a esté fais autrefois en sa cort, ID. Lxvi, 5. Il iiv* s. Nous voion que, par nature, la main dextre est la meilleur et la plus vigoureuse, ORESME, Éth. (56. || XVI' S. tA Vertu, ne plus ne moins qu'une forte et vigoureuse plante, peut prendre pied et racine en tout lieu, auyot, Demoslh. \.
— ÊTYM. Wallon, vigreu, jovial, gai; provenç. vigoros ; espagn. et ital. vigoroso; du lat. vigorosus (quiciierat. Addenda), de vigor, vigueur.
VIGUERIE (vi-ghe-rie), s. f. Charge, fonction de viguier. || Territoire soumis à la juridiction du viguier. Une viguerie de vingt mille habitants, d'itoe médiocre étendue territoriale et d'une faible contribution, a autant de députés qu'une viguerie de deux cent mille individus et d'une grande richesse, MIRABEAU, Collection, t. i, p. 28.
-~ ETYM. Viguier.
VIGUEUR (vi-gheur), f. f. || 1* Force pour agir. Ce peu que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur.... CORN. Cid, m, 5. L'oisiveté d'un camp consume leur vigueur [des soldats], rac. Alex, i, 2. Il était encore dans toute la vigueur de la jeunesse, FÉN. Tél. V. Il faut que ceux qui ont encore la vigueur du bel âge aient pitié de ceux qui l'on perdue, volt. Ie((. Richelieu, 27 nov. <77(. Ce qui
VIG
est arrogance dans les faibles est élévation dans les forts, comme la force des malades est frénésie, et celle des sains est vigueur, tau'kn. Rrfl. et max. 14. Il 11 se dit en parlant des végétaux. Les plantes ont repris leur vigueur. || Kig. [Les vertus en la jeunesse) Qu'on doit laisser mùiir sans beaucoup de rigueur. Afin que tout i l'aise elles prennent vigueur, REGNIER, Sat. 1. 1| 1° Force avec laquelle on fait, on exécute quelque chose. Pousser une affaire avec vigueur. Répondre avec vigueur. On croit qu'il expose les troupes; il les ménage en abrégeant le temps des périls par la vigueur des attaques, boss. Louis de Bourbon. Harcellus, qui fit lever le siège de Noie et prit Syracuse , donnait vigueur aux troupes par ces actions, u>. Uitt. I, 8. J'ai eu de bonnes intentions, j'ai donné de bons exemples, j'ai eu même quelquefois assez de vigueur, FÉN. Dial. des Uorts mod. Dial. 2. Courage, allons, marquis, montre de la vigueur, recnaio, le Joueur, m, tt. || S' Activité , force, en parlant des choses. Une grande vigueur do pensée. Mais cette même grâce en moi diminuée.... Agit aux grands effets avec tant de langueur, Que tout semble impossible à son peu de vigueur, COHN. Poly. II, ('. Que ceux qui veulent croire que tout est faible dans les malheureux et dans les vaincus, ne pensent pas pour cela nous persuader que la force ail manqué à son courage [de Charles I"], ni la vigueur à ses conseils, boss. Reine d'ingtet. Dieu confondit la politique et l'orgueil de ceux qui crurent par leur éloquence.... éteindre un tel feu dans la première vigueur de l'embrasement [ta révolte des paysans en Allemagne au commencement de la reforme], id. Var. ix, 98. Pour maintenir cette loi dans sa vigueur. Moïse.... 10. Ilist. Il, 3. Louis XII, trahi par le pape Alexandre VI, et violemment outragé par Jule II, avait rendu toute sa vigueur à cette loi du royaume [la pragmatique sanction ] , volt. Ilist. pari. x». Il Être en vigueur, en parlant des lois, des coutumes, etc. avoir de l'autorité, être admis, suivi. Ces premiers arts que Noé avait conservés, et qu'on voit aussi toujours en vigueur dans les contrées où se fit le premier établissement du genre humain, boss. tlist. i, 2. Pour répandre dans tous les lieux et dans tous les siècles de si hautes vérités, et pour y mettre en vigueur, au milieu de la corruption, des pratiques si épurées, il fallait une vertu plus qu'humaine, m. llisl. n, 7. Les sept années de noviciat chez les brachmanes, la loi du silence pendant ces sept années étaient en vigueur du temps de Slrabon , volt. Uaurs , 4. Il 4* Terme de peinture. Qualité propre au coloris ou au dessin vigoureux. La vigueur et l'éclat du coloris sunt deux choses diverses; on est éclatant sans vigueur, et vigoureux sans éclat, oioer. 5aion de (787, Œuv. t. xiv, p. 323, dans pol'oens. \\Au plur. Les vigueurs, parties de brun opposées à des parties claires, touches vigoureuses que l'on ménage à dessein, ou que l'on donne après coup, pour ajouter à l'efTet d'un tableau. || 6* Il se dit du style en un sens analogue. Sans tous ces ornementa le vers tombe en langueur, La poésie est morte, ou rampe sans vigueur, boil. Art p. m
— UIST. XI' s. Franc unt féru de cuer el de vigur, Ch. de Roi. ex. Repaire [àj lui vigur e remembrance, ib. cclxiv. || xii' s. Mais estez vous à force et à vigor, Roru. p. 25. Mais biauz samblanz me remet en vigour, Couci, xvii. Cis ol un fil qui fu bon poigneor; Raoul ol nom; molt par avoit vigor, Raoul de C. 2. || xiu' s. Mai» demorez [en la terre sainte], si ferez grant vigour, Tant que France ait jà recouvré s'bonour, quesnes, Homanc. p. 40(. Li chemins [de chevalerie] est si fais et tcus [tel].... On prcnt son chemin à vigour Et de vigour i seùrté, Baudouin de condé, t. i, p. 6». Il xiV s. Pluscurs.... qui sont de petite vigueur, et ont peu de rcsistence, oresme, Éth. 208. Il XV* s. Adonc se remit la bataille du roi en vigueur, qui avoit, du commencement, un petit branlé, froiss. ii, h, (97. || xvi' s. Des la fleur et vigueur de sa jeunesse, il.... amyot, Pomp. ». La guerre servile y estoit encore en sa plus grande vigueur, id. ib. 3o. Quelques plus vigoureux et qui mieux se maintiennent, Jusqu'à quatre-vingts ans aucunes fois parviennent; Encor ceste vigueur Et le mieux de leur tans n'est rien que fascherie, desportes. Œuvres chrest. xviii. Prière de Moyse.
— ETYM. Provenç. et espagn. vigor; iul. wgore; du lat. vigorem; comp. le sanscr. ugra, fort, zend, t'oz, fortifier, grec ùif'ri;, sain.
VIGUIER (vi-ghié;rr ne se lie jamais; au pluriel, 1'* se lie : des vi-ghié-z actifs), s. m. \\ 1' Juge qui.
dans les provinces du Midi, faisait les fonctions de prévâl royal. || 8" Plus anciennement, officiers à qui les comtes déléguaient une partie de leur autorité, et qui administraient une portion du comté.
— MlST. an* s. Et quant nostre sires s'en râla es ciex, il laissa saint Pierre son viguier (vicaire] enleu de lui, brun, latini. Trésor, p. 80. ||xiv s. Grans mercisl dit li rois, qui se fu ravisez; Je vous fais mon viguier, et le mien lieu tenez, Guescl. 8504. Il XV s. Ainsi que les Anglois chevaucboient, ils trouvèrent un chastel qui s'appelle Langon, dont le viguier de Toulouse estoit capitaine.... FBOISS. I, I, 223.
— RTYM. Provenç. viguer, viguier, du lat. e»tarius (voy. vicaire).
VIL, ILE (vil, vi-l'), adj. Il 1* Qui est de peu de valeur. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? rac. Ath. m, 7. || Une chose de vil prix , une choss de peu de valeur. || Cette marchandise est à vil prix, elle est à beaucoup meilleur marché qu'à l'ordinaire. || Vendre, acheteràvil prix, vendre, acheter fort au-de^îsous de la valeur. On prit la croix à l'envi; les églises et les cloîtres achetèrent à vil prix beaucoup de terres des seigneurs, volt. Mœurs, 64. || 2" Fig. Bas, abject, méprisable. L'on a trouvé (par orgueil] le moyen de distinguer les naissances illustres d'avec les naissances viles et vulgaires, Boss. Gornay. Un vil amour du gain, infectant les esprits. De mensonges grossiers souilla tous les écrits, boil. Art p. iv. Mardochéc à ses yeux est une âme trop vile.... rac. Esth. ii,).Ou'importe qu'au hasard un sang vil soit versé?iD. Alhal. n, B. Loi terrible qui mettait entre les mains de ces personnes viles [les dénonciateurs] le soin de la vengeance publique, domestique et particulière, UONTESQ. Esp. XXVI, i9. Vous citez Dion Cassius, vil Grec, vil écrivain, vil flatteur, vil ennemi de Cicéron,voLT. Lett. HénauU,io févr. 1708. Une esclave chrétienne, et que j'ai pu laisser Dans les plus vils emplois languir sans l'abaisser, id. Zaïre, iv, 6. Il S. m. Ce qui est vil, bas, honteux. Cette prudence qui lui fit discerner le vrai d'avec le faux, le vil d'avec le précieux, fléch. Ifme d'Aiguillon.
— HIST. XI' S. Cels ki ci sunt, devum aveir mult vil, Ch. de Roi. xau. || xW s. Car tost [nous] en «eriens blasmé et vil tenu, Sax. xxviii. Cument, sire, je sui vils cume chiens à ces de Juda, cume cil ki est chief des fols ki abaient vers David, Rois, <29. Cil siet al fembrier [au fumier], ki vis choses et despites sent de soi meismes, Job,p. 4B0. ||xin' s. 11 [les barons] sont plus vil qu'oncques mais ne vi si, quesnes. Romane, p. vu. N'en doit pas estre viols tenue, Partonop. v. <328. Povres et viols fu et caitis, ib. v. 2BB(. Quant Adans fu en aage de neuf cens ans et trente, il morut, si comme 11 plot à celui qui l'avoit fait de vil terre, brun. LATINI, Trésor, p. 28. Les mors cuers [cœurs] pereceux et vieux. Ane. poésies franc. Vatic. dans la CURNE. Il XVI* s. Les propriétaires les abandonnoient à bien vil prix, amyot, Crassus, 3. Bon citoyen estoit il, non point bas, ne vil de cueur, m. Nicias, 7. Une personne de vile condition, id. ib. 21. J'ay toutes mesaultres parties viles et communes, mais en celle-là [la mémoire, qu'il avait très-mauvaise].... MONT. I, 33
— ETYM. Provenç. vil, vtlh; espagn. «tl/lta). vile; du lat. vilis.
VILAIN, AINE (vi-lin, lè-n'), ». m. et f. || l*Dans le langage féodal, personne qui appartient aux gens de campagne, aux gens de roture. Riche vilain vaut mieux que pauvre gentilhomme, regnier, Sat. XIII. Us affectaient de paraître toujours bottés, pour qu'on ne les prît pas pour des vilains, saint- »oix. Est. Paris, Œuv. t. ui, p. «4, dans pougens. Un seigneur allemand ordonna qu'après sa mort on le mtt debout dans une colonne qu'il avait fait creuser et attacher contre un des piliers de sa paroisse, afin, disait-il, qu'il ne puisse arriver que quelque bourgeois ou vilain me marche sur le corps, ID. ib. l. IV, p. 334. Les gentilshommes se battaient entre eux i cheval et avec leurs armes; et le» vilains se battaient à pied et avec le bâton, MONTKSO. Bsp. XXVIII, 20. Le vilain, qui n'a point d'honneur, est puni en son corps, m. »b. vi, lo. 11 n|est vilain qui, pour se faire un peu décrasser, n'aille du roi i l'usurpateur et de l'usurpateur au roi, ou qui, faute de mieux, ne mette du moins un d« i son nom, p. l. cour. Ult. à l'Acad. des irucr. H* quoi I j'apprends que l'on critique Le de qui précède mon nom ; Ètes-vous de noblesse antique ? Moi, noble? ohl vraiment, messieurs, non.... Je suis viiain et très-vilain, bérang. le Vilain. 1| Savonnette i vilain, se disait d'une charge qui
anoblissai 1. 1| 2° Ancien terme de monnayage. Vilains, nom donné à un certain nombre d'espèces qu'il était permis de faire plus ou moins pesantes que le poids de l'ordonnance. || 8" Adj. Terme d'ancienne coutume. Rente vilaine, terre vilaine, celle qui n'est pas tenue par un noble. || Vilain lieu, celui qui ne possède aucune franchise. || 4* En parlant des personnes, des paroles et des actions, sale, déshonnête , fâcheux, méchant, par extension du sens de non noble qui est le sens propre de vilain. Il est encore plus vilain de faire le fin avec ses amis, balz. liv. v, lott. 7. Ces vilains hommes firent marcher le brancard plus vite que les méchants chevaux qui le portaient n'en avaient envie, scarh. Rom. com. i, (4. Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines. Dont par toute la ville on chante les fredaines, mol. Èc. des f. m, 2. Cela est fort vilain à vous, pour un grand seigneur , de prêter la main, comme vous faites, aux sottises de mon mari, id. Bourg, gent. IV, 2. Aimeràlire.... lajolie, l'heureuse disposition! on est au-dessus de l'ennui et de l'oisiveté, deux vilaines bêtes, sÉv. 14 déc. IC89. Il était condamne à dix sous d'amende s'il était gentilhomme, et à cinq sous s'il était serf, pour les vilaines paroles qu'il avait dites, montesq. Esp. xxviil, 27. Elle [Ninive] ne sera point détruite, com-ne le voulaient ces vilains génies, volt. Babouc. Déclarer des dettes qu'il n'avait pas, et pour avoir de l'argent, cela est vilain, geni.is, VeiU. du chdt. t. Il, p. 366. Il Terme de fauconnerie. Se dit d'un oiseau qui ne suit le gibier que pour le dévorer et qu'on ne peut afîaiter; tels sont les milans, les corbeaux, qui ne combattent que des poulets. |i Substantivement. Vilain, vilaine, celui, celle qui agit mal. Allez vous cacher, vilaines, allez vous cacher pour jamais, MOL. Préc. 4 9. Voyez comme raisonne et répond la vilaine 1 id. Éc. des mar. v, 4. Il est bien vrai que son mari est un vilain qui pardonne fort peu de chose, dancourt. Bourg, à la mode, m, 9. J'en demande pardon aux successeurs des Desfonlaines, aux petits beaux esprits, aux cuistres.... ils ne savent pas, les vilains, que ni ma croix, ni ma clé, ni ma pension ne me touchent, volt. Lett. d'Argental, 45 mars 475). {| Mon vilain, se dit d'une personne de qui on parle et dont on se plaint comme faisant une vilenie. Qui est étonné à présent et confondu? c'est mon vilain [un libraire qui retenait un manuscrit du roi de Prusse, et auquel Voltaire rendit inutile ce manuscrit], volt. Lett. au roi de Pr. 20juill. 4740. Là-dessus je tourne le dos à mon vilain, dider. Lett. à Mlle Voland, 4 9 sept. 4762. Il C'est un vilain; fi le vilain! se di.wnt d'un homme sale et déshonnête en paroles, en actions. Il Populairement. C'est une vilaine, c'est une prostituée (acception qui a vieilli). || Petit vilain, se dit moitié colère , moitié plaisanterie, d'un homme pour qui on n'a aucun mauvais vouloir. C'est le plus orgueilleux petit vilain que vous ayez jamais vu; il lui semble qu'il n'y a personne au monde qui le mérite, et que la terre n'est pas digne de le porter, mol. Princ. d'Él. m, 3. Aimera-t-on toujours ces petits vilains-là? begnard, le Distr. 1, S-WS" Avare, qui vit mesquinement (extension plus particulière du sens de vilain, non noble). Il a un père qui , quoique riche, est un avaricieux fieflë, le plus vilain homme du monde, MOL. Scapin, m, 3. Je devenais vilain par un motif très-noble ; car, en vérité, je ne songeais qu'à ménager à maman quelque ressource dans la catastrophe que je prévoyais, j. j. rouss. Confess. v. Il Populairement. Il est vilain comme lard jaune. Il Substantivement. Jamais on ne parle de vous que sous les noms d'avare, de ladre, de vilain , et de fesse-mathieu, mol. l'Av. m, 6. Oui, Géronte, justement; voilàmon vilain; je l'ai trouvé : c'est ce ladre-là que je dis, id. .Scapin, m, 3. || S" Incommode, désagréable (ce qui est une suite du sens défavorable donné à vilain non noble). Vilain gîte. Vilain jeu. Vilaine voiture. Vilain temps. Que mon maître couvert de gloire Me joue ici d'un vilain tourl mol. Amph. i, 4. Je veux leur ôter la peine de venir à Livry, dont les chemins sont déjà vilains, sÉv. 380. Je n'ai que de vilaines terres qui deviennent des pierres au lieu d'être du pain, id. 603. || Il fait vilain, le temps est désagréable. || 7' Qui déplaît à la vue (par un passage rare du sens moral au sens physique). Vilaine maison. Vilaine jambe. Vilain pays. Nous avons trouvé.... deux grands vilains pendus à des arbres sur le grand chemin, sÉv. 44 sept. 4675. Belle princesse, venez voir votre beau mari , qui a tué sou vilùn rival, volt, le Blanc et U noir. J'allai
VTL
loger i l'hôtel Saint-Quentin rue des Cordiers, proche la Sorbonne, vilaine rue, vilain hfttel, vilaine chambre, mais oii cependant avaient logé des hommes de mérite, j. j. rouss. Confess. vu. Il 8° Dangereux. Voilà un vilain rhume. Un vilain verglas. Je me souviens qu'il y a un grand vilain précipice que l'on côtoie fort longtemps, et qui me faisait mal à l'imagination, sÉv. 523. |i 9" S. m. Vilain, vautour de Malte ou vautour fauve. || Vilain, synonyme de rougeole du porc. || 10° S. f. Vilaine d'Anjou, espèce de poire. || Vilaine de la réale, poire qui vient dans les premiers jours du mois d'aoiit. Il Proverbes. Oignez vilain, voy. oindre. Il Peine de vilain n'est à rien comptée. || Jeux de main, jeux de vilain, ou, au singulier, jeu de main, jeu de vilain, il n'y a que les gens mal élevés qui se divertissent às'entre-frapper. || Il n'est chère que de vilain, lorsqu'un avare se résout à donner un repas, il y met plus de profusion qu'un autre. || Graissez les bottes d'un vilain, voy. botte 2. Il C'est la fille au vilain, voy. pille. |t"X vilain, vilain et demi, quand quelqu'un nousfait une vilenie, une ladrerie, il faut lui en faire une encore plus grande. || Tous vilains cas sont reniables.
— HlST. XI* S. Li vilains avéra de forfetuie il deners. Lois de Cuiii. 4 7. || xii* s. Ainsi fièrent [frappent] de haches com vilain de flael, Sax. ix. U nous orent jugié à mort laide et vilaine, ib. tsj' Li clerc qui erent [étaient] pris à si vilain mesfait. Th. lemart. 27. Mult faitl'amours que vilain. Qui comence por faillir, Couci, iv. Par le conseil de fausse gent vilaine, :d. xiv. ||xra* s. Se vous ma volonté et mon bon voulez faire. N'a [il n'y a] home en mon pooir, s'il en vouloit retraire Vilain mot, cui les ieus [je] ne lui feîsse traire [arracher les yeux], audeproi le bast. Romancero, p. 22. On m'apeloit fille d'empereor ; Et or ai fait d'un vilain mon seignor [mari], ib. p. 70. Et Symons fait le feu, n'ot pas le cuer vilain, Berte, xlix. Kn mi sa voie [elle] encontre un paîsan vilain, ib. Lxxn. Chevaliers, ne bourgeois, vilain ne paîsant, tb. cvn. Sarteurs ne charbonniers ne vilains ahanant, tb. cvn. Et si i avoit vilains qui à nostre gent jeltoient des pierres en grandes fondes, qui moult merveilleusement lor grevoient, 11. de valenc. xxxiv. De parler [il] ne fu pas vilains. Tout premerain le rei salue, Lai del désiré. Je respons que nus [nul] n'est gentis [noble]. S'il n'est as vertus ententis. Ne n'est vilains fors par ses vices, la Rose, 4 8817. Duc est la première dignité, et puis contes, et puis vicontes, et puis barons, et puis chastelains, et puis vavassor, et puis citaen, et puis vilain, Liv. de jost. 67. Et sache bien, ko selon Dieu tu n'as mie pleniere poesté seur ton vilain; dont, se tu prens du sien fors les droites redevances, tu les prens contre Dieu et seur le péril de l'ame et come robierres; et ce k'on dit, toutes les coses ke vilains a, sont son seigneur, c'est voirs à garder, du cange, n'I/oni. En vilain lieu [opposé à franc lieu], id. ib. |l xiv* s. Laquelle Margeron print en sa main un chandellier, appelé unvillain, 10. tb. Comme.... aucun soy disant nobles.... ayant usé de envayr bonnes gens paisibles desdites cités et conté [de Cambresis], iceulx ochir, navrer et de leurs biens persécuter et despouiUer, disant qu'il leur loist [est licite] contre tels que il appellent, de leur volenté téméraire, villains.... iD.tb. L'on dit communément que qui a le viUain a son beuf. Je Songe duvergier, i, 47. Le faucon lannier est dit viUain, pour ce qu'il se paist de toutes chars, Ménagier, m, 2. {j xv* s. U fit, par les vilains du pays, acharier et. apporter grand foison de busches et j de velourdes, froiss. i, i, 233. Et là fut atteint du ] jet d'une grosse pierre et vilaine.... vilain horion, 1 ID. I, I, 4 02. Bonnes gens, les choses ne peuvent] pas bien aller en Angleterre et n'iront, jusques à| temps que biens iront tout de commun, et qu'il | ne sera ne villains ne gentilshommes, id. liv. u, I p. 433, dans lacurne. Les laboureurs ouvrent des] mains Pour les roys et leurs souverains, Etleurj paient leur redevance; Tous les jours sont aux] champs empains. Comme bestes, clamez villains,] Et telz gens ont moult de mcschance, e. desch.'] Poésies mss. f'39. Yver, vous n'estes qu'un villain; ' Esté est plaisant et gentil, eu. d'orl. Chans. 85. U ressemble le villain, dont on ne peut avoir service s'il n'est battu, Perceforest, t. 11, f* 101 On dit d'ung homme chiche qu'il est vilain et fait contre l'honneur de gentillesse, U Jouvencel, (" 40. Il XVI* s. Vous sçavez que la coustume de Haynaut est que qui tue un villain, puisque il est chevalier ou filz de chevalier dessous xxvi ans, il est quictes pour xxvB blancs, ce sont zxx tournois, du canck.
tillani. Lettres par lesquelles yl [le duc de Savoie] se conjouissoil au roy d'Angleterre de ce que leur ennemi commun [François l") esloit abattu et pris, et pourtant avnil espérance que le règne des villains prendroit fin, ce que cliascun entendoit bien des Souysses, bonivart, Chron. de Ccn^ve, IV, 4. D'un vilain font leur duc et gouverneur.... Sur chef vilain fut mis chappeau d'honneur, J. ma- ROT, T,24. Et gardez bien que la vilaine tache D'ingratitude en voz cuers ne s'atache, lo. T, 204. Tyranniques et vilains deportements, mont, i, 3. Un paysan et un roy, un noble et un vilain, ID. i, 326. Ce sénat vilain, servile et corrompu, m. ii, 91. Où le noble seroit convaincu d'un vilain cas, il sera puni comme vilain, loysel, 849. La cholere, enflant et estondant le visage viUainement, jette encore une plus villaine et mal plaisante voix, AMYOT, Comment refrén. la colère, lî. C'est un double vilain, c'est un vilain tout outre [avare], H. EST. Précell. p. 78. En cestuy-ci [ proverbe ] pareillement, qui est aussi touchant le vilain, nous avons un bel advertissement: 11 n'est danger que de vilain [il faut redouter le liche] ; et vilain, en ces proverbes, est, qui ha le cœur vilain, veu mesmement qu'un autre proverbe dit : Nul n'est vilain, si le cueur ne luy meurt, iD. «6. p. 2)0. Il n'est vilain qui ne faict la villenie, Leroux DE UNCY, Prov. t. Il, p. )00. Là recouvrerez argent à taz ; car le villain en ha du content : villain, disons-nous, parce que ung noble prince n'a jamais ung sou ; Ihesaurizer est faict de villain, BAS. I, 33.
— ETYM. Prov. vilan, vila; caX. vild, villd; esp. villano; portug. i'iIiâo;ital. villano, dubas-lat. villanus, de villa, maison do campagne (voy ville).
t VILAINAGE (vi-lè-na-j'), s. m. || 1° Terme de féodalité. Condition qui succéda au servage et qui fui celle du serf affranchi. || 2° Tenue de rentes, héritages ou possessions non nobles. || Fief tenu à cens et à rente. || Habitation des serfs ou vilains.
— HlST. XIII' s. Se tes vilains [ton vilain] acheté un fief, qui tient de toi franchement, et il lieve et couche en ton villenage, du cange, rillenayium.
VILAINEMENT (vi-lè-ne-man), adv. D'une vilaine manière. S'enfuir vilainement. 11 fait toutes choses vilainement. Il s'est logé vilainement. Il mange vilainement. Cette somme.... promise à mon fils et à moi, sur quoi nous avons été si vilainement trompés par La Jarie, sÉv. 8 fév. 1687. Longepierre, avec tout son art, montra vilainement la corde, et se fit honteusement chasser, sx-
SIM. (00, 61
— HlST. XIII* S. Ensi se départi li os [l'armée] assés vilainement pour l'occoison des Flamens, Chr. de Hains, p. 231 . Il est establi que cil qui jurent vilainement de Dieu et de nostre Dame doivent estre mis en l'esquele [échelle, sorte de punition], une hore du jour, beaum. i, 39. ||xv*s. Le connestable desmentit viUainement ledit seigneur, COMM. m, H. Le comte Jacques qu'il prit et fit mourir vilaii.emcnt et horriblement, ID. vu, ii.
— ÊTY.M. Vilaine, et le suffixe ment; provenç. vilanamen; espagn. et ital. villanamenie.
t VILAYET (vi-la-iè), s. m. Nom donné aux grandes provinces en lesquelles l'empire ottoman est divi-é, Journ. o/'^c. 28 mars (869, p. 426,3' col.
VILEBREQUIN (vi-le-bro-kin), ». m. 1| 1° Outil d'artisan servant à faire des trous au moyen d'une mèche qu'on fait tourner par une manivelle. Les anciens parlent souvent d'un Dédale d'Athènes auquel ils attribuent les plus importantes découvertes des arts et des métiers, la scie, la hache, le vilebrequin, la colle de poisson, les voiles, les mâts des vaisseaux, etc. barthél. Anach. ch. 37, note 25. Il î" Terme de mécanique. Espèce d'arbre coudé. Il 3° Vermet.
— HlST. XV' s. Un coutelier qui faisoit couteaux et canivetz à la marque du wibrekin, qui en françois est appelle un foret à percer vin, cl. de la HARCHE, Kém. I, p. 373, dans lacurne. || xvi' s. Avec le foret ou vebrequin, ente on aussi en plusieurs endroits, o. de serres, 072. Un bon gros vibrequin de menuisier, id. )94. Un virebrequin, b'aob. F,vn. III, 3.
— ÊTYM. Picard, biberkin; génev. virabouquin, tirebouquin, virebrequin ; Berry, virebrequin, vireberquin ; du flamand wiriborekcn, non pas, comme Teui Ménage, de voein, vin, et bohren, percer, mais de winden, tourner, et bohren, ainsi que le prouve la forme allemande correspondante Windelhohrer.
VlLEiMENT (vi-le-man), ado. D'une manière Tile. Du mém4 fond3 d'orgueil dont on s'élève fiè-
rement au-dessus da ses inférieurs, l'on rampe vilement (levant ceux qui sont au-dessus de soi, la