‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 248 sur 754 · BRUT. VI · texte numérisé non relu

BRUT. VI

— HlST. xii' s. Mais Deus ne volcit pas qu'il fust traitez vilment. Th. le mart. 149. ||xin's. Si porroit [Narcisse] savoir et entendre Quel duel [deuil] ont li loial amant Que l'en refuse si vilment, la Rose, t47«. Il xiv s. Gaigner vilement et laidement, ORESHE, Éth. m. Il xvi* s. Ils sortent arrogamment hors des gonds en prosperitez, et se resserrent vilement en adversité, amtot, Trariq. d'dme, 7. Tout empesché de servir vilement à la moindre femmelette, la boétie. Servit, volont.

— ÊTYM. Vile, et le suffixe ment; provenç. »ilmen; espagn. et ital. vilmente.

t VILENÉ (vi-le-né), adj. m. Terme de blason. Se dit du lion dont on voit le sexe, et dont la verge est d'un autre émail que son corps.

— ÊTYM. Vilain.

VILENIE (vi-le-nie), i. f.\\l' Action vile et basse, action de vilain. Quelle vilenie que tout un grand peuple commette impunément.... un si effroyable solécisme, balz. le Uarbon. L'enfant prodigue, après qu'il eut dépensé toute sa substance en débauche, en vilenie, en péché, le p. SIM. MARS, Myst. du roy de Dieu, p. 4, dans pougens. Ils [les hommes] croient qu'elle [la vertu) est à leur disposition, et qu'on devient honnête homme du jour au lendeniain; ils gardent leur linge sale, tant qu'ils ont des vilenies à faire, et ils en font toute leur vie, dider. Lett. à illle Voland, W oct. (759. || 2° Parole injurieuse, grossière. Il lui a dit mille vilenies. || 3- Obscénité. Ce livre est plein de vilenies. || Terme de blason. Lion sans vilenie ou éviré, lion qui ne montre point de verge. ||4' Avarice sordide. Il faut convenir que le vôtre [père] animerait contre sa vilenie le plus posé homme du monde, mol. l'Avare, ii, (. On croit que c'est plutôt par vilenie que par inadvertance que tu n'as pas eu le courage de donner la moindre bagatelle à ta maîtresse, hamilt. Gram. 4. |{ Acte d'avarice. Les parents font toujours quelque vilenie à leurs pauvres enfants, hamilt. Gram. 3. Je ne vous demanderai point les frais comme on m'a fait; c'est une vilenie de mes alliés, p.-l. cour. Pièce diplomatique. \\ 5° Ordure, saleté. Maison pleine de vilenie. || 6° Nourriture mauvaise, malsaine. Cet enfant est malade pour avoir mangé toutes sortes de vilenies.

— Hisr. XII' s. [.Mon cœur] qui vous prie Que vostre soit sanz point de vilanie, Couci, ii. jj xiii's. Et l'autre ot nom Pépin , qui fu sans vilenie , Berte, ii. Il doit requerre que le [la] vilonie li soit amendée et li damaces rendus, beaum. vi, 9. Le Temple li manda que il leur feroit grant vileinnie, quant il devoit aler après eulz et il aloit devant, joiNV. 224. 11 [l'homme magnanime] ne loe pas soi et po [peu] les autres, et ne dit vilenie de nului, neis [même] de ses enemis, brun, latini. Trésor, p. 288. Il XIV' s. Se tu sueffres sans vengier la vieille villenie, tu semons à la nouvelle, iténagier, I, 9. Il XV' s. [Le duc de Bretagne] mal reconnoist le bien qu'il a de nous; si lui devrions pareillement remonstrer sa vilenie, fboiss. ii, ii, <34. Et cryoient par dessus les murailles et nous disoient villenies, comm. ii, 3. |1 xvi' s. Exerçant d'autres forces et villanies envers les femmes, carl. m, 12. Ils [les gens du peuple] savent leurs noms [des favoris des rois], ils deschiffrent leurs vices, ils amassent sur eulx mille oultrages, mille vilenies, mille mauldissons, la boétie. Servit, volont.

— KTYM. Vilain; provenç. vilania, espagn. et ital. villania.

VlLETfî (vi-le-té) ou VILITÊ (vi-li-té), J. f. Il 1° Bas prix d'une chose. Vileté des denrées. || On dit de même : la vileté du prix. La vileté du prix des grains. || 2' Le peu d'importance d'une chose. La vileté de la matière. |l 3* Basseise, abjection. On les regarde comme le rebut du monde, comme réduits à l'extrémité de la vileté et de la bassesse, NICOLE, Essais, t. vi, p. 64, dans pougens. Par quelle vanité voulons-nous que, dans la nôtre [langue], tout ce qui est à l'usage du peuple contracte un caractère de bassesse et de vileté? màrmontel, (Eut), t. X, p. i38.

— iiiST. XI' s. Là murrez vus à hunte e à viltet, Ch. de Roi. xxxii. || xiil' s. Jà [que ma dame] ne m'ait en grant vuilté Pour la fièvre qui m'est prise, AUBOiNS DE SEZANNE, Romanccro, p. )27. Chi vous lairons des prisons qui estoient à grant viuté et à grant mesaise en prison à Cahaire, Chr. de Rains, p. tue. Il XV s. En amour vivre, Tousjours ensuyvre Charnalité, C'est vilité, Pénalité Et beaucoup

pis que d'un homme yvre, U blason des fauUet amours, p. 320, dans lacurne. il xvi* s. Mais j'ai tant veu de vileté, Tant cognu d'infidélité, st-oe- LAis, p. 37. Combien ensçavons-mius.... qui sesont jcctez à l'abjection, vilité et mespris du monde I MONT, I, 3<t. En représenter [du mensonge] l'horreur, la vilité et le desreglement, id. m, 78.

— ETY.M. Provenç. viltat, viutat; ital. viltà; du lat. vililatem, de ci(i(, vil.

VILIPENDIÎ, P.E (vi-li-pan-dé, dée), part. j>ass4 de vilipender. L'autorité de saint Augustin autrefois tant vilipendée par certaines gens, aoss. Lett. quiét. 70. Corneille, vilipendé par Scudéri, daigna faire un mauvais rondeau contre le gouverneur de Notre- Dame de la Garde, volt. Kèl. litt. à Jf. de la Harpe.

t VILIPENDE.MENT (vi-li-pan-de-man), s. m. Action de vilipender.

— HlST. xvi* s. Et puis ne faire exécuter U sentence reallement et de fait, seroit une entreprise frustraloire, qui tourneroit au grand mépris etvillipendement dudit Saint-Siège, u. du sellât, 193.

— ETYM. Vilipender. On trouve au xv* siècle vilipendance.

VILIPENDER (vi-li-pan-dé), r. o. Traiter de vil, traiter avec beaucoup de mépris. Tantôt il [J. J. Rousseau] a justifié certains prêtres contre l'Encyclopédie, et tantôt il les a vilipendés, volt. Facéties, Quest. mir. 1 9. || Absolument. Il est maintenant fort à la mode, parmi les rhéteurs qui prennent la place des orateurs révolutionnaires, de décrier, de vilipender, morellet, Mém. t. i, p. 159, dans POCGENs.

— RF.M. Fureti're donne vilipender comme un terme vieux et populaire.

— HlST. xv s. Adjoing des deux, sans que nul vilipende. Je fcstie l'un, à l'autre fais la moue, CH. d'orl. Bal. 405. Il XVI* s. Il est horriblement hastyf en son courroux, il me vilipendoyt comme si je eusse esté ung chien, palsgr. p. 690. L'on tient pour reigle générale que les choses ausquelles nous aspirons sont fort estimées pendant le pourchas; mais, après les avoir mises en nostre pouvoir, elles sont tenues à peu et vilipendées, L'amant ressuscité, p. 52 1, dans lacl'rne.

— ETYM. Lat. vilipendere, de vilit, yil, à bas prix, et pendere, payer, estimer.

VILITÉ, s. f. Voy. vileté.

VILLA (vil-la), I. (. Il t* Maison de plaisance aux environs des villes d'Italie. J'habitais avec Augustin et Jérôme la villa de Constantin, bâtie sur la penchant du mont Pausilippe, chateaubr. Mart. V. Corinne conduisit Oswald dans la villa Mellini, jardin solitaire et sans autre ornement que des arbres magnifiques, stael, Corinne, v, 3. || 2* Par extension, se dit aujourd'hui, dans toute l'Europe, d'une maison de campagne élégante, de construction nouvelle et moins étendue qu'un château. U possède une viila élégante. || ^u plur. De belles villas.

— ETYM. Lat. villa, maison de campagne (voy. ville).

VILLAGE (vi-la-s'), s. f. Grande ville mal peuplée et mal bâtie. Je soupçonne que vous êtes actuellement dans cette grande villace de Paris, volt. lett. Cidevilte, )2 janv. (759.

— HIST. XVI* s. Il s'est vanté estre issu non seulement de l'Italie, mais aussi de cette grande villasse ou ville gaste de Rome, pasquier, Recherches, p. 899, dans lacurne.

— ETYM. Ville, et la finale péjorative ace. VILLAGE (vi-la-j'), t. m. || i* Lieu non fermé da

murailles, composé principalement de maisons da paysans. On prend les modes au village quand on les a quittées à la ville ; et il n'y a que la pauvre noblesse qui se pare de clinquant usé et de peluche pelée, BALZ. hv. viii, lett. 8. Le terrain le plut vulgaire gagne un certain lustre à devenir champ de bataille; Auslerlitz et Marengo sont de grands noms et de petits villages, v. Huoo, Orientales, Préface de la 14* édition. || Une noce de village, une noce sans éclat ni magnificence. Son cœur [de Mme de Moussy] se venge par les bienfaits ; car sans elle c'était [la noce de M. de LavardinJ une noce de village, sÉv. 433. j|Fig. Cet homme est bien de son village, il est bien mal instruit de ce qui se passe dans le monde. || Fig. Le coq du village, celui qui a le plus de crédit dans le village. Il Fig. Faire regarder à quelqu'un le grand chemin de son village, le bannir de sa présence, le congédier. Mais, si j'osais me hasarder Avec vous au moindre pillage. Vous [une dame] me feriez bien regarder Le grand chemin de mon village, coaii.

Pois. div. Stances. || Village royal, se disait, au moyen âge, d'un bourg qui comprenait une habitation royale. |1 2' Les habitants du village. Assembler tout le village. || 8- Terme de jeux. Se dit, au romestecq, de deux dames, deux valets, deux dix ou deux neuf de même couleur. |t Proverbes. A gens do village, trompette de bois, voy. irom- PKTTE <. Il II ne faut point se moquer des chiens, qu'on ne soit hors du village, voy. chiek.

— HIST. XV* s. Et ils [les serfs anglois] entrèrent ens par les portes [à Londres], par assemblées de Tillages, FROiss. n, n, «07.

— ÊTYM. Bourguig. villaige, prov. vilatge ; esp. village ; ital. viUaggio ; du bas-lat. villaticum, dérivé de villa, maison, de campagne (voy. ville).

VILLAGEOIS, OISE (vi-la-joî, jot-z'), s. m. et f. Ijl' Habitant de village. De petites villageoises blondes, fraîches, avec du linge bien blanc, de petits chapeaux de paille, et proprement chaussées, qui vendentdu gibier, des légumes, desfleursetdu fruit, HAWLT. Gram.iO. Heureux villageois, dansons ; Sautez, fillettes Et garçons, béhang. tout* XI. Il 2* Adj. Qui appartient au village, qui est propre aux gens de village. Quelle âme villageoise ! KOL. Femm. sav. ii, 6. Pour moi, j'y goûte fort [dans la comédie du iviii' siècle], car j'aime la nature, Ces héros villageois, beaux esprits sous la \)UTe,OTLB. Le XV IJl' siècle. Le temps où dans la poésie champêtre il a fallu non-seulement distinguer l'idylle de l'églogue, mais l'une et l'autre du genre villageois, marmontel, Œuv. t. vni, p. f36.

— HIST. ivi' s. Ces grosses villageoises, marot, n, 75. Posant sa main sur la hanche, ainsi que les villageois la mettent quand ils dansent, paré, xiii, 8.

— ÊTYM. Village.

\ VILL.\N (vil-lan), adj. m. Coton villan, sorte de coton venant d'Alep.

VILLANELLE (vil-la-nè-l'), s. f. || 1° Sorte de poésie pastorale dont les couplets finissent par le même refrain. || 2" Ancienne danse rustique accompagnée de chant. || 3» Villanelle ou passacaille, mélodie, air d'instruments composé sur le modèle de cette danse.

— HIST. XVI' s. La poésie populaire et purement naturelle a des nalfvetés et grâces, par où elle se compare à la principale beauté de la poésie parfaicte selon l'art, comme il se veoid ez villanelles de Gascoigne, mont, i, 390.

— ÊTYM. Lat. villanus, paysan, (voy. vilain). VILLE (vi-l"), s. f. Il 1° Assemblage d'un grand

nombre de maisons disposées par rues, souvent entourées de murs d'enceinte, de remparts, de fossés. Elle [la paix] met les pompes aux villes. Donne aux champs les moissons fertiles, malh. m, î. C'est une ville de guerre fort pauvre, les maisons mal entendues et malpropres, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 380. Au milieu de la première guerre punique, Théodote, gouverneur de la Bactrienne, enleva mille villes à Antiochus appelé le dieu, fils d'Antiochus Soter, roi de Syrie, Boss. Ilist. I, 8. Une grande ville fort peuplée d'artisans occupés à amollir les mœurs par les délices de la vie, quand elle est entourée d'un royaume pauvre el mal cultivé, ressemble à un monstre dont la tête est d'une grosseur énorme, et dont tout le corps exténué et privé de nourriture n'a aucune proportion avec cette tête, fén. Tél. xxii. n y a une chose qu'on n'a point vue sous le ciel, et que, selon toutes les apparences, on ne verra jamais, c'est une petite ville qui n'est divisée en aucuns partis, où les familles sont unies, et où les cousins se voient avec confiance, la bruy. v. Les voyageurs cherchent toujours les grandes villes, qui sont une espèce de patrie commune à tous les étrangers, montesq. Utt. peri. 23. On peut avoir TU toutes les villes du monde, et être surpris en arrivant à Venise, ID. ib. 3(. Paris est peut-être la ville du monde la plus sensuelle, et où l'on raffine le plus sur les plaisirs; mais c'eit peut-être celle où l'on mène une vie plus dure, id. ib. toe. Entrez dans une petite ville de province, rarement vous y trouverez un ou deux libraires; il en est qui en «ont entièrement privées, volt. Dict. phil. Goût. Je vais rasant de, ville en ville, beaumarch. Mar. de Figaro, v, 3. Ébloui, mais lassé de l'éclat de nos villes, Souvent il «'écriait : rendez-moi mes forêu, delille, Jard. n. Les grandes villes seules conviennent aux personnes qui sortent de la règle commune, stael, Corinne, xiv, a. Le silence est profond dans cette ville (Venise] dont les rues sont des canaux; et le bruit des rames est l'unique interruption i ce silence, m. ib. xix, 7. || Par la Tille, en parcourant les rusa d« la ville. Suivez-

moi, que j'aille un peu montrer mon habit par la ville, MOL. Bourg, gent. m, ). Prêtez-moi tout doux votre style, Et je ferai des vers galants Que l'on chantera par la ville, volt. Lett. en vers et en prose, 17. Il La ville est bonne, on y trouve aisément ce dont on a besoin. || Anciennement. Bonne ville, qualification honorable donnée par les rois de France à certaines villes plus ou moins considérables. Il Être en ville, n'être pas actuellement chez soi. Mais de vous rencontrer il n'est pas bien facile : Car vous dormez toujours, ou vous êtes en ville, MOL. Fdch. m, 2. D'être en ville si tard ils n'ont pas l'habitude, a. duval. Tyran domest. iv, it. Il Dîner, souper en ville, dîner, souper dans une maison où l'on est invité. Qu'on ne m'attende point, je vais dîner en ville, regnier, Sat. viii. Estimé de ses amis, voyant bonne compagnie, soupant en ville ou chez lui avec qui il lui plaisait, M"' DE puisiEux, Ridic. à la mode, p. 20l, dans pouGENS. Il Habit de ville, toilette de ville, habit, toilette que l'on prend pour faire ses visites dans la ville. Le roi leur dit [à Racine et à Boileau] : Je suis fâché que vous ne soyez venus à cette dernière campagne, vous auriez vu la guerre... Racine lui répondit : Sire, nous sommes deux bourgeois qui n'avons que des habits de ville; nous en commandâmes de campagne : mais les places que vous attaquiez furent plus tôt prises que nos habits ne furent faits; cela fut reçu agéablement, sÉv. à Bussy, 3 nov. 1677. Trois Muses, en habit de ville, Y président à ses «fltés, boil. Poés. div. iv. On s'étonna de le voir paraître en habit de ville, hamilt. Gram. 1. \\ En typographie, ouvrage de ville, impressions destinées aux usages bourgeois, telles que billets de faire part, étiquettes, etc. Il Fig. Avoir ville gagnée, se dit de toute difficulté surmontée. L'arrogant croit déjà tenir ville gagnée, CORN. IHusion, II, 9. Il La grande ville, Paris. Si le roi m'avait donné Paris, sa grand'ville, mol. mis. l, 2. Il Poétiquement. La ville étemelle, la ville de Rome. || Villes saintes, Jérusalem, Médine et la Mecque. || Terme de numismatique. Médailles des villes, celles qui ont été frappées dans les villes autonomes de l'antiquité, et qui en portent le nom ou les emblèmes. || Terme d'ancienne coutume. Ville d'arrêt, ville où un créancier pouvait procéder par saisie et voie d'arrêt sur les biens de ses débiteurs forains qui y étaient trouvés. Il Terme d'ancienne coutume. Perdre la ville , être banni ; rendre la ville, rappeler de l'exil. Il 2* Absolument. La ville, dite par opposition à la campagne. Belleau ne parle pas comme on parle à la ville, regnier, Sat. ix. Une demoiselle habillée moitié ville, moitié campagne, scarr. Rom. com. I, 1 . Perrette, sur sa tête ayant un pot au lait Bien posé sur un coussinet. Prétendait arriver sans encombre à la ville, la font. Fabl. vu, 10. Je fuis les chagrins de la ville, boil. Épiire vi. J'ai fui la ville aux muses si contraire, a. ciién. Elég. xiv. Il Être à la ville, n'être point à la campagne. Il II se dit aussi par opposition à la cour. Damon, ce grand auteur dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville, boil. Sot. I. La cour, ou ne connaît pas la ville, ou, par le mépris qu'elle a pour elle, néglige d'en relever le ridicule, et n'est point frappée des images qu'il peut fournir, la bruy. Disc, sur Théophr. \\ Il se dit de la capitale par opposition à la province. Notre siècle est fertile en sots admirateurs; Et, sans ceux que fournit la ville et la province. Il en est chez le duc, il en est chez le prince, boil. Art p. I. La ville dégoûte de la province, la bruy. viii. Il 3* Les habitants d'une ville. Assez de sots sans moi feront parler la ville, Disait, le mois passé, ce

marquis indocile, boil. 5at. viii verras-tu d'un

esprit bien tranquille Chez ta femme aborder et la cour et la ville ? m. ib. x. La ville est partagée en diverses sociétés, qui sont comme autant de républiques, LA BRUY. vii. Il 3ruit de ville, nouvelle incertaine ou fausse. ||4' Le corps de ville, ou, simplement, la ville, les officiersmunicipaux. Messieurs de ville eurent en vérité bonne part de l'honneur en cette illustre fête, la font. Lettres, i, à Fouquet. La ville, mais sans le gouverneur, alla saluer M"' de Lorraine au Palais-Royal, st-sim. 62, 40. || L'hôtel de ville, la maison de ville, l'hôtel, la maison où se réunit le conseil municipal. || Elliptiquement. La ville, l'administration municipale, l'>ôtel de ville. Il On dit de même : Emprunt de la ville de Paris, etc. Il II avait une partie de son bien sur la ville, il avait une partie de son bien en rente sur l'hôtel de Tille de Paris. || Sergent de ville, voy. sergent. Il Proverbes. Les maisons empêchent de voir la

ville, voy. MAISON. Il Ville qui parlemente est i moitié rendue, voy. parlementer.

— KEM. 1. Il faut distinguer en ville et à la ville. Être en ville, c'est n'être pas actuellement chez soi ; être à la ville, c'est n'être pas à la campagne. Il 2. M. un tel est en ville, il est allé en ville, il est en cour, il est allé en cour, il est bien en cour ; il faut dire M. un tel est à la ville, il est à la cour, il est bien i la cour, caillières. Bon et mou», ut. convert. I. Ces observations de Caillièresne sont plus reçues aujourd'hui, mais M"* de Sévigné s'y conformait dans le passage suivant : Il lui dit [à la comtesse de Boissons impliquée dans l'afTaire des poisons] qu'il fallait sortir de France, ou aller à la Bastille, elle ne balança point.... l'heure de souper vint; on dit que M*' la comtesse soupait à la ville, 2t. janv. 1080.

— HIST. XI* s. Quatre hommes ou de burt [bourg] ou de vile. Lois de Guill. 43. || xii* s. Venu sont à Hauteme, s'ont la vile brisie, Soi. vu. || xiii* s. Ensi se hebergierent devant la tour, en la Juierie, qu'on appeloit Lestanor, où il [y] avoit moult bone vile et riche, viLLEH. Lxxil. Lavile [villa] seoitenun bos, Moult i otgelineset cos. Anes [canes], malarz et jars et oes, Ren. 1271. Lesbones viles de commune, et celés meismes là ù il n'a point de commune.... doivent estre gardées en tel maniire, que.... beaum. l, 1. L'autre manière de compaignie qui se fet par reson de communauté, si est des habitants es viles où il n'a pas communes, k'on apele viles bateices, id. xxi, 27. || xiv s. Quicunques est présent, aidans ou confortans à occire homme ou femme dedens la ville et banlieue [de Tournay], et li occiz murt sans parler ne accuser le malfaiteur, tous les presens sont encoulpé du fait et perdent la ville [sont bannis] à tousjours mais, DU GANGE, villa. \\ xv* S. Il ardirenl Une bonne ville, c'on dist Creci-sur-Selle, qui point n'estoit fremée, PROiss. I, 8«, éd LUGE. Il rendit à plusieurs bannis la ville, MATHIEU de couct, Ilist. de Charles VII, p. 682, dans LACURNE. Les autres bonnes villes, et citez fermées, et villes champestres [villages] et chasteaux, monstrel. ch. 158, p. 238, dans lacuRNE. Ils posèrent une enseigne du roy sur la muraille, et firent sonner par les trompettes le cry de ville gagnée, saligny, Ilist. de Charles VIII, p. 32, dans LACURNE. Il XVI' s. Selon la ville les bourgeois, cotgrave. A l'entrée de la ville est le commencement des maisons, id.

— ÊTYM. 'Wallon, veii ; bourg, velle ; provenc. vila, maison de campagne, et aussi ville ; espagn. et ital. villa ; du lat. villa, maison de campagne, qui est le diminutif de vicus, archaïque veicus, village; sanscr. vêça, maison; comp. oïxo;, qui est pour f oîxo;. Beaucoup de maisons de campagne latines étant devenues l'origine de villages, de bourgs, de cités, villa a dans le français pris 1» sens de %-ille.

t VILLÉGIATURE (vil-lé-ji-a-tu-r'), t. f. Néologisme. Séjour que les personnes aisées font à la campagne, pendant la belle saison.

— ÊTYM. Ital. villeggiatura, de villeggiare, séjourner à la campagne, de villa, maison de cam^ pagne (voy. ville).

VILLETTE (vi-lè-f), s. f. Très-petite ville. Que si je ne sais combien de viUettes et de bourgades s'étaient rendues à lui, il n'en avait tiré ni otages ni aucune autre assurance, malii. Le J.ÏJ///' livre de Tite Live, ch. 22. Thouy se voulut trouver à la bataille qui fut appelée de ViUaviciosa d'une villette fort proche, st-sim. 283, 98.

— HIST. XII' s. Dès la roial citeit où il cuidarent troveir lo roi, furent tramis en Belleem, une petite vilate, ST bern. p. 650. || xiirs. X une vilete s'en vint : Si entra en une meson Qui n'estoit pas mult de seson, ruteb. ii, )94.||iv's. J'ay veu la soif si grande, qu'un monde de gens de pied beuvoient aux fossés de ces petites villettes où nous passions, COMM. VIII, 7.

— ÊTYM.Dim. defille; prov.vikJo, petite ferme; espagn. et ital. villeta. On disait aussi villote.

t VILLKUX, ECSE (vil-leû, leû-z"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est chargé de poils; velu. Il Terme d'anatomie. Membranes villeuses simples, les séreuses qui pourtant n'ont point de villosités, et membranes villeuses composées, les muqueuses. Il Terme de vétérinaire. Tissu villeux ou velouté du pied, partie du derme sous-ongulaire portant des villosités pour son union avec la sole el la fourchette.

— HIST. xiv's. Le panicle dedens [l'estomac] est villeux et nerveux, lanfranc, f 83, verso.

— ETYM. Lat. villosut, velu, de riWut, poil, U

VIN

VIN

VIN

même que l'allem. WolU, angl. teool, toison, sanscr. ilma, peau, toison, laine, de var, vft, couvrir.

t VlLLlFÈRK (viUi-fè-r"), adj. Oui porte de longs poils.

— ETYM. Lai. villut, poil, et ferre, porter.

t VILLIFORME (vil-li-for-m"), ad}. Terme didactique. En forme de villosité.

— ÉTYM. Lat. tiiJIu», et forme.

t VILLOSITÉ {vil-l(^-zi-te), ». ^, || 1* Terme d'histoire naturelle. Assemblage de poils couoliés, membraneux et un peu mous. || 2° Terme d'anatomie. Petits prolongements fins et filifurmes, donnant à une surface l'apparence du velours. Villositès cboriales ou placentaires. Les villosités des membranes muqueuses de l'appareil digestif.

— ÊTYM. Lat. villosut, velu.

VIMAIRE (vi-mê-r'), ». f. Terme d'eaux et forêts. Dégâts causés dans une forêt par les accidents naturels, comme le vent, la grêle, l'ouragan, etc.

— HlST. XIV' s. Les arbres arrachiez et brisiez sans vimaire.... vimaires est quand l'en puet voir cinq arbres chaieiz [tombés] tout d'une veuc, du CAKGE, vimarium. |{ xv* s. Les autres [navires] se lont perdus par vimaire, tormente et tempeste de mer, Lett. juillet <4»8. ||ivi' s. Qu'il n'y avoit homme ny femme qui ne fust subject à ccste vimere et à ce climat, bouchet, Serées, liv. i, p. î». dans laci;rne.

— ÊTYM. Norm. vimar, nom d'accidents morbides chez les nouveau-nés; du lat. vis, force, el major, qui, comme on sait, avait donné mot're (voy . ce mot) ; force majeure. C'est un cas très-remarquable de la conservation d'une très-ancienne forme dans le langage technique; l'intelligence s'en était tellement perdue que, même dans le un* siècle, onavait traduit vimaire par rimarium.

f VLMBRE (vin-br'), ». m. Poisson du genre cyprin. Il Poisson du genre salmone.

t VIME (vi-m'), f. m. Nom de l'osier dans l'Angoumois et ailleurs.

— ÊTYM. Lat. tJtmen, osier.

t VIMINAL (vi-mi-nal), ». m. Une des sept collines de l'ancienne Rome.

— ÉTYM. Lat. viminalit, de Bi'men, osier.

VIN (vin; Vn ne se lie pas : du vin excellent), f. m. Il 1* Liqueur alcoolique résultant de la fermentation du jus de raisin, et servant de boisson. Vin de Bourgogne. Vin loyal et marchand, vin de primeur, vin prompt à boire, vin de l'arrière-saison, vin rassis, vin cuit. Celui [feu sans lumière] .jui échauffe le foin lorsqu'on l'a renfermé avant qu'il fût sec, ou qui fait bouillir les vins nouveaux lorsqu'on les laisse cuver sur la r&pe, desc. Méth. V, 4. L'homme faible et léger sans un secours divin S'enivre de faveur comme on le fait de vin, THXSTAN, Panthée, m, 6. Le vin pris avec tempérance est une seconde vie : si vous en prenez modérément, VOUS serez sobre, saq, Bible, Ecclétiastiq. xxzi, 32. Quel est le cabaret honnête Oii tu t^es coiffé le cerveau? Était-ce un vin à faire fête? Était-il vieux ou nouveau? mol. Àmph. m, 3. Qu'est devenu ce teint.... Où la joie en son lustre attirait les regards, Et le vin en rubis brillait de toutes pai-ts? BOit.. Sat. m. Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie, m. ib. Les hommes peuvent conserver leur santé et leurs forces sans vin; avec le vin ils courent risque de ruiner leur santé et de perdre les bonnes mœurs, pén. Tél. viii. Un grand aime la Champagne, abhorre la Brie ; il s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le seigneur et l'estafier, la bbut. ii. On croit que c'est aux Gaulois établis le long du Pô que nous devons l'invention utile de conserver le vin dans des vaisseaux de bois exactement fermés, rollin, llùt. anc. Œuv. t. x, p. 43», dans pougens. Le couvert est mis, le vin rafraîchi, on se mettra à table quand vous voudrez, DANCOUBT, Vert galant, se. 12. Lorsque la Hollande faisait presque seule le commerce du midi au nord de l'Europe, les vins de France, qu'elle portait au nord, ne lui servaient en quelque manière que de fonds pour faire son commerce dans le nord, montesq. Esp. xx, 6. On a planté plus de vignes, et on les a mieux cultivées ; on a fait de nouveaux vins qu'on -ne connaissait pas auparavant, tels que ceux de Champagne, VOLT. Louis IIV, 30. Les vins renfermés dans les caves dont la température est a-^sez constamment i. dix degrés, se conservent sans altération, pour- CBOY, Conn. chim. t. vm, p. t87. Le vin est un excellent remède pour les personnes qui n'en font pas habituellement usage; c'est un tonique, un

stomachique, un corroborant, un cordial très-puissant, 10. ib. p. 441. Les vins délicats tournent i l'aigre ou au gras avec une telle facilité que ce n'est qu'avec les plus grandes précautions qu'on peut les conserver plusieurs années, genljs, Maison rust. t. III, p. 3ui, dans pougens. Et de Beaune el d'Aï les rives fortunées... Sous leurs bruyants pressoirs font couler en ruisseaux Des vins délicieux, miiris sur leurs coteaux, a. cuénieh. Hymne à la tyatue. C'est avec le jus de raisin qu'on fait le vin; ce jus est formé de beaucoup d'eau, d'une assez grande quantité de sucre, d'une matière particulière, très-soluble dans l'eau, el d'une petite quantité de mucilage, de lartrate acide de potasse, de tartrate de chaux, de sel marin, de sulfate de potasse, thenahd. Traité de chim. t. m, p. 4)7, dans pougens. Les vins rouges proviennent du moiil des raisins noirs avec l'enveloppe de leurs grains; et les vins blancs, des raisins blancs, ou bien encore du moût des raisins noirs fermenté sans cette enveloppe, id. ib. p. 449. Venez tous, passants, venez lire L'épitaphe que je me fais; J'ai chanté l'amoureux délire. Le vin, la France et ses hauts faits, hÊtLAtia tÉpitaphe. || Fig. La raison une fois livrée à l'attrait des sens el prise de ce vin fumeux, Boss. Sermons, Amour du plaisir, 4 . Le péril est comme le vin, il monte la léte, STAËL, Corinne, XII, 2. || Fig. Quels mets à ce cruel, quel vin préparez-vous? Le sang de l'orphelin, les pleurs des misérables... C'est son breuvage le plus doux, RAC. Esth. m, 3. || Les grands vins, les vins des crus les plus renommés. Les grands vins de Bourgogne. || Vins frais, vins qui n'ont pas beaucoup d'alcool. || Vins de propriétaires, vins vendus par les propriétaires eux-mêmes. || Faire jambes de vin, bien boire pour être en étal de bien marcher. Il Ce vin se laisse boire, il est passable; il se-failboire, il est bon. || Vin en cercles, le vin qui est dans les futailles. || Vin de deux feuilles, de trois feuilles, etc. voy. peuille n" 4. || Vin de copeau, vin dans lequel on a fait tremper des copeaux pour l'éclairciret le rendre plus tôt buvable. U Vin de goutte, voy. goutte 4, n°57.||Vin du cru, vin recueilli dans l'endroit même oii on le consomme. Il Proverbialement. Il faut se défier du via du cru (parce que beaucoup de crus sont mauvais), jj D'un bon vin, on dit qu'il rappelle son buveur. || Du vin à faire danser les chèvres, vin très-aigre, jl Du vin bon à laver les pieds des chevaux, très-mauvais vin. Il Vin d'une oreille, de deux oreilles, voy. oreille, n' 6. Il Vin de l'étrier, vin que l'on boit au moment de monter à cheval. || Vin de veille, vin qu'on met dans la chambre des princes en cas qu'ils en aient besoin la nuit. {{ Vin d'honneur, ou vin de ville, vin que les officiers municipaux offrent à de hauts personnages, lorsque ceux-ci font leur entrée en certaines villes. En attendant que vous veniez faire votre entrée dans votre nouvelle ville qu'il est si difficile de fonder.... avant que je vous présente le vin de ville, le plus détestable vin qu'on ait jamais bu, volt. Lett. Mme de Choiseui, 9 avril 4 770. || Mettre de l'eau dans le vin, l'étendre d'eau, afin qu'il ne porte pas à la tète. Il Fig. Mettre de l'eau dans son vin, modérer ses paroles, ses prétentions. || Vin de singe, s'est dit autrefois d'un vin qui mol en gaieté. L'ayant fait mettre en ses goguettes par le moyen de deux ou trois verres d'un vin de singe, qu'il lui avait fait boire, Prancion, vi, p. 242. Il 2° Vin doux, vin nouveau qui n'a pas encore cuvé. Qu'avec son écharpe il (notre maire] vendange. Et de vin doux on la barbouillera, bérang. Fendonge». Il Vin bourru, vin nouveau qui n'a guère cuvé et qui se conserve doux. || Vin coupé, vin mêlé, vin mêlé avec d'aulievin. i peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, boil. Sat. m. || Vins plâtrés, voy. plAtré. || Vin tourné, vin qui a subi une fermentation nouvelle portant surtout sur ses tartrates el résultant soit de ce qu'il a été soumis à des variations de température, en été surtout, soit de ce qu'il a été mis dans des vases ayant contenu déjà du vin tourné. Du vin qu'a fait tourner l'orage Un vin nouveau bientôt consolera, BÉHANG. Vendanges. || 3" Vin de cerneaux, vin rosé qui est bon à boire dans la saison des cerneaux. Il Vin de teinte, ou vin de teinture, gros vin qui donne de la couleur à des vins fabriqués. Marchand de vin de teinte. Tarif des patentes, 4858. Il Vins d'imitation, vins produits par différents mélanges el qui imitent certains vins naturels. Les vins d'imitation fabriqués à Cette. || Vin de liqueur ou vin liqueur, vin très-alcoolique qu'on

boit, en petite quantité, i l'entremets et lu dessert. Il Demi-vin ou pelit vin, eau passée sur la marc de raisin, piquette. Les demi-rins, vins dfl refoul, piquettes et autres boissons tirées à clair, Arrêt du conseil d:État, t" et *s août 4744. Il 4* Fig. Ivresse. Je respecte le vin; va-t'en, retire-loi, mol. Amph. m, a. Le vin au plus muet fournissant des paroles. Chacun a débité set maximes frivoles, boil. Sat. m. Trop sujet au vin, il avait perdu son emploi, comte di catlds, Œuv. t. X, p. 234, dans pougkns. Rentrez donc, Rosine, cet homme parait avoir du vin, beaumarcii. Barb. de Sév. II, 43. Les trois grands défauts, le vin, le jeu et les femmes, picard. Deux Philib. ii, 4». De mes vieux compagnons de gloire Je viens de me voir entouré ; Nos souvenirs m'ont enivré, Le vin m'a rendu la mémoire, béramo. Vieux drapeau. Il Entre deux vins, dans un état où l'on est excité sans être ivre. Adieu, ma fille, en voili assez pour des gens entre deux vins, set. 29 août 4 «77. 11 y a un temps infini qu'on ne voit plus de bourgeois ivres dans les rues, ni de petits maîtres entre deux vins rendre hommage au beau sexe dans les bosquets des Tuileries, dancoubt, Impromptu de Sur. se. 6. Il ne serait même pas mal que vous eussiez l'air entre deux vins, beaumarcii. Barb. de Sév. t 4. Il C'est un sac i. vin, se dit d'un grand ivrogne Ivrogne que tu esl... sac à vin! mol. JT^d. malgré lui, I, 4 . Il Le vin lui sort par les yeux, se dit d'un homme extrêmement ivre. || Avoir le vin bon, mauvais, gai, triste, avoir une ivresse douce, querelleuse, gaie, sombre. Je n'ai pas le vin bon, je vous en avertis, el je viens d'en boire copieusement, DANCOURT, Loterie, se. 27. Pour peu que j'eusse le vin furieux, je l'aurais déjà tué plus de trente fois, ID. l'Opérât. Borry, se. 44. || Être en pointe de vin, commencer à être mis en gaieté par le vin. Quand ils furent un peu en pointe de vin, il leur fit signer que l'âme de l'empereur Marc-Aurèle resterait in statu quo.... volt. I7/om. aux 40 écus, Grande querelle. \\ Être chaud de vin, commencer à être ivre. || Être pris de vin, être déjà ivre. || Porter bien le vin, son vin, boire beaucoup sans qu'il y paraisse. || Tenir kien du vin, boire beaucoup. Vous vous faites honneur d'être un franc libertin; Vous mettez votre gloire à tenir bien du vin, rb- GNAHD, le Distr. l, «. || Cuver son vin, dormir afin de laisser passer son ivresse, et fig. se donner le temps de revenir à la raison. || Fig. S'enivrer de son vin, s'infatuer de ses propres idées. 1| 5° Quelquefois, la force même du vin. Ainsi on dit en parlant d'un vin fort ou faible : il a beaucoup devin, il a peu de vin. || 6* Élevage des vins, l'ensemble des différents soins que l'on prend pour amener les vins par le progrès de l'âge à leur plus grande bonté. Il 7* Pot de vin, voy. pot, n* 4ï. (X pot, le Dict. de l'Académie met des traits d'union, po^dcvin; à vin, il n'en met pas, pot de vin.) || Le vin du marché, le vin que souvent ceux qui viennent de conclure un marché boivent ensemble. Boire le tin du marché. |1 Fig. Charost brusqua ce dernier point du roi à lui, comme le vin du marché sans lequel il ne pouvait le conclure de bon cœur, st-sim. 34», 84. Il 8* Tache de vin, tache rouge que quelques personnes ont, de naissance, sur quelque partie du corps. Il 9' Vins médicinaux, médicaments officinaux, liquides, résultant de l'action dissolvante du vin sur les diverses substances médicinales. Du vin de quinquina. Vin d'absinthe. Vin anlimonié ou vin émétique. Quoil vous ne croyez pas au séné, ni à la casse, ni au vin émétique? mol. D. Juan, m, 4. Il 10° On a étendu le nom de vin à toutes les liqueurs fermentées el spiritueuscs que l'on tire des végétaux, soit en en exprimant le suc, soit en les faisant macérer dans l'eau. || Vin de cannes, suc de cannes i sucre qu'on a laissé fermenter. Il Vin chinois, liqueur fermentée que les Chinois préparent avec le millet ou le sorgho. || Vin de palme, boisson produite par la sève sucrée du cocotiei et de différents autres palmiers, laquelle, obtenue par incision, éprouve bientôt la fermentation alcoolique par suite de la chaleur habituelle aux lieux où croissent ces végétaux. || Vin de prunelles, vin que les paysans font avec des prunelles ou prunes sauvages. Il Fig. Vin de prunelles, mauvais vin, vin aigre et faible. || 11* Poire de vin , variété de poire. || U* Terme d'alchimie. Vin des sages, le mercure. || Proverbes. X bon vin point d'enseigne , ce qui est bon n'a pas besoin d'être prôné. Il Après bon vin, bon cheval, quand on a bu un coup, on fait aller son cheval plus vite. || Le vin est tiré, il faut le boire, se dit d'une affaire où l'on esl trop engagé pour reculer. Ohl le vin est tiré.

VIN

monsieur, il le faut boire, begnahd, le Joueur, tn, n.||Le vin trouble ne casse point les dents. Il Un Terre de vin avise bien un homme, se dit à ceux qu'on invite i boire un coup avant de commencer i discourir. || On ne connaît pas le vin au cercle. || Ctiaque vin a sa lie, ou nul vin sans lie. Il Vin, fille, faveur et poirier, sont difficiles à con- •erver.

— REM. Commerce de vin et non de vins.

— HiST. xr s. [Les corps des morts] Ben sunt lavez de piment e de vin, Ch. de Roi. cclx. || xii" s. Présent lor envoia, vin froit et bon poisson, Sax. ixii. Il XIII* s. X la nuit de l'Ascension, quant crieur portent vin, et la veille de la Pentecoste, Liv. des met. tSi. Plus a arpole en un setier de Tin que en un mui d'iau, ce dit li vilains. Proverbes du vilain, ms. de st Germ. f* 75, dans la- CURNE. Il xiv s. Quant aux vins, sachiez que, s'ils deviennent malades, il les convient garir de maladies par la manière qui s'en suit, Uénagier, ii, 3. Lors fis tant que j'eus du pain, Et si prins du vin aux chevauli [de l'eau], bruyant, dans Uénagier, t. Il, p. 38. Tout homs qui tient feu et lieu [à Maçon] etveult paiervin d'ost au roy [taxe de guerre], DU CANGE, vinum hostis. L'exposant prist trois los de vin de tainte du pris de huit sols ou environ, ID. vinum tinctum. || xv s. Quatre flacons pleins de blanc vin aussi bon que j'en avois point bu sur le chemin, froiss. ii, m, 9. Que aucun dudit mestier [de buffetier] ne mette en besongne lye puante, ne vin bouté ou puant, du cange, vinum betatum. Car, puis ce jour, il doubta tant Sa femme, son plet et sa noise Que, s'elle deïst de cervoise Que ce fust vin, il l'accordast, e. desch. Miroir de mariage, p. 4 6. Et il dist qu'il [un courtier] sceust se il en pourroit trouver [une maison] à louer en la vielz rue du Temple entour l'ostel de la royne, et il lui paieroit bon vin [bon prix], hibl. des ch. 6* série, t. i, p. 243. Vin perd mainte bonne maison, villon, Testam. Se aucun avoit perdu quelque chose, elle se mesloit de le renseignier; et qui eust à faire d'aucune fille secrète, elle en eust fait pour gracieux vin, Les évang. des quenouilles, p. 73. Il xvi* s. Ce diable de Pantagruel, qui ha convaincu touts les resveurs et bejaunes sophistes, à ceste heure aura son vin [sera battu], HAB. Pant. Il, «8. Tout le bon vin d'Aurelians poulsa et se guasta, m. ii, 7. Si quelquefois elle dai- ■jno'.ten passant prendre son vin [se rafraîchir], elle no js feroit plaisir et honneur, marg. ffouv. xuv. Le curé, qui connoissoit sa complexion, avoit appresté un petit tendron, pour son vin de coucher, desfER. Contes, XXXVI. Vin de marché n'entre point en :ompte du prix pour en prendre droit de vente, sinon qu'il fust fort excessif, loïsel, 4(5. Les grands vins blancs d'Orléans, o. de serres, 2I0. Par le séjour du poiré dans un tonneau à vin de vigne, m. 25(. Celle est la façon de toutes sortes de vins fruitiers, estans les pommes et les poires guides des autres fruits, id. ib. N'estant jamais tant salutaire le vin bas [baissière] que l'autre, id. 830. Le vin râpé pour les valets. — De l'usage des musquats, vin-cuits et vin-violets, autre chose ne s'en peut dire, id. 830. Les trempés ou vins de despense, id. 834. Vin sur lait est souhait; laict sur vin est venin, henr. est. Précell. p. 4 7o. .... Nous en parlerons Sur le vin [le verre en main], et nous trouverons, Ce croy-je, de bien près parens, Bec. de farces, p. 46). Je mettray de l'eaue en ton vin, génin. Recréât, t. n, p. t!40. Vin d'asne, qui rend la personne assoupie; vin de cerf, qui fait pleurer; vin de lyon, qui rend querelleur; vin de pie, qui fait cajoler; vin de porc, qui fait rendre gorge ; vin de singe qui fait sauter et rire,

LEROUX DE UNCT, ProV. t. II, p. 2(9.

— ÉTYM. Provenç. vin, vi; catal. ri; espagn. vino; portug. vinho; ital. vino; du lat. wnum; grec, olvo;. Des étymologistes rattachent olvo;, rinum au sanscrit védique vena, aimable, amical; d'autres, à vitis, mais «id'f aurait donné vitinum et non cinum. Il est bien plus naturel d'y voir l'hébreu tïn, vin : de toun, faire effervescence, les Sémites ayant précédé les Indo-Européens dans la connaissance du vin.

t yiNAOE (Ti-na-j'), ». m. || !• Action de viner les vins. Vous voulez nous obliger i boire vos fins; mais vous oubliez donc qu'ils ne peuvent supporter le transport sans vinage, et que le vinage ne peut se pratiquer qu'en payant un droit do »» francs par hectolitre d'alcool, à moins que vous ne viniez en fraude, DF.S rotours, St'ance du 4 a ;uiJI. 4887 du Corps législatif. \\t' Terme d'ancienne coutame. Droit seigneurial qui %e prenait

VIN

en divers lieux sur le vin, à bord de cuve, c'està-dire, avant qu'il en fût tiré, et qui tenait lieu de ceasives.

— ETYM. Viner. Dans l'ancienne langue, vinage était une redevance en vin.

VINAIGRE (vi-në-gr"), s. m. || !• Produit de la fermentation acide du vin ; liqueur, qui contient, outre l'acide acétique, de l'acide malique, du tartrate acidulé de potasse et de chaux, et une matière colorante. Ajouter & une sauce un filet de vinaigre. Les cantiques que l'on chante devant celui dont le cœur est corrompu sont comme le vi • naigre qu'on met dans le nitre, saci. Bible, Prov. de Salom. xxv, 20. Il est vrai qu'il ne faudrait s'attacher à rien... il faut donc toujours avoir cette Morale [de Nicole] dans les mains, comme du vinaigre au nez, de peur de s'évanouir, sÉv. 20 sept. 4 674. Le vinaigre nourrit de très-petites anguilles, sur lesquelles vous pourrez pousser plus loin vos expériences, bonnet, Lett. div. Œuv. t. xii, p. 406, dans POUGENS. Il existe dans le commerce deux sortes de vinaigres : le blanc, qui est fait avec le vin blanc ou le vin rouge aigri sur du marc de raisin blanc, et ie rouge qui provient de l'acidification du vin rouge, thenabd, Traité de chim. t. m, p. 435, dans pougens. || Fig. M. le premier président y trouva trop de vinaigre [dans le style de M. le Prince], mais il y mit du sel, retz, m, 350. Il Fig. et populairement. Habit de vinaigre, habit trop mince pour la saison. || Fig. Populairement. Quand on fait sauter des enfants à la corde, donner du vinaigre, c'est accélérer le mouvement de la corde. Il Au bon vinaigre, cri qu'on fait en portant un enfant sur le dos par manière de jeu. ||a° Vinaigre rosat, vinaigre surard, à la framboise, à l'ail, à l'estragon, vinaigre dans lequel on a fait infuser des roses, de la fleur de sureau, des framboises, de l'ail, de l'estragon. Dont l'huile de fort loin saisissait l'odorat. Et nageait dans des flots de vinaigre rosat, boil. Sol. m. ||3" Vinaigre de cidre, de bière, sorte de vinaigre qu'on obtient avec le cidre, avec la bière. || 4* Vinaigre de bois, dit aussi acide pyroligneui, vinaigre que l'on obtient en distillant le bois dansde vastes tuyaux de fonte qui aboutissent à un réservoir commun, dans lequel se rend tout l'acide acétique dit pyroligneux. || 6" Vinaigres médicinaux, préparations pharmaceutiques officinales, résultant de l'action dissolvante du vinaigre sur les substances médicinales. || Vinaigre de magnanimité , ancienne préparation pharmaceutique dont l'acide formique faisait la base. Il 6° Vinaigre radical, acide acétique concentré, qu'on obtient par la distillation de l'acétate de cuivre cristallisé. On le remplace aujourd'hui par l'acide acétique tiré du vinaigre de bois. || ?• Vinaigre de toilette, vinaigre dans lequel on a mis macérer des substances aromatiques. || 8* Vinaigre des quatre voleurs, vinaigre très-fort et très-aromatisé. On doit à des assassins de Toulouse, pendant la peste de cette ville (4 720), la composition connue sous le nom de vinaigre des quatre voleurs, dont l'ail et le camphre font la base, lemontey, Œuv. t. V, p. 327. Il 9* Sel de vinaigre, sel qui est extrait du vinaigre, et qu'on respire pour se garantir de l'évanouissement. (| Vinaigre de Saturne, acétate de plomb. || 10° Terme d'alchimie. Vinaigre trèsaigre des philosophes, mercure qui dissout l'or sans violence. || Proverbes. Le bon vin fait le bon vinaigre, on ne peut tirer une bonne chose que d'une chose qui l'est déjà. || On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, on réussit mieux par la douceur que par la dureté.

— HlST. xiv* s. Pour ester la tache, pernés.... vyn egre, p. meter, Rapports, ("part. p. 408. Il XVI* s. Aucun.... ne pourra faire vinaigre, vin de buffet, ne presurer lyes pour vendre., aucun ne pourra achepter les vins aigres ne rappez à faire vinaigre pour les revendre, pour en faire vin de buffet ou vinaigre. Statuts des buffetiers, virutigriers et moutardiers de Paris, Lelt. sept. 4 54 4. Le froit m'assault, et m'est un peu bien esgre ; Mes habis sont tous doublés de vinaigre, ROGER de collerye, Œuv. p. 4 49, dans LA- CURNE. Quelques meschantes baissieres pour le vinaigre, RAB. II, 28.

— ETYM. Vin, elaigre; wallon, ctnaiilc;bourguig. vingnaigre; provenç. et «spagn. vinagre ; ital. vinagro.

VINAIGRÉ, F,E (vi-nè-gré, grée), port, passé de vinaigrer. Sauce trop vinaigrée. || Se dit des leltres que l'on passe au vinaigre, de crainte qu'elles ne communiquent la piste. Mes parents ont eu bon espoir [que je mourusM], lorsque j'etois en Pouille ;

VIN

mes lettres arrivaient percées et vinaigrées, p. i. COUR l.ett. l, 207.

VINAIGRER (vi-nè-gré), V. a. Assaisonner avec du vinaigre. Vous avez trop vinaigré la salade.

— ETYM. Vinaigre.

t VINAIGRERIE (vi-nè-gre-rie), s. f.\\l' Usine où l'on fabrique le vinaigre. || Lieu à température uniforme où l'on a disposé des étagère» destinées à recevoir des barriques de vin. || i- Dans une raffinerie, laboratoire pour la distillation.

VINAIGRETTE (vi-nè-grè-f), s. f. || 1* Sauce froide faite avec du vinaigre, de l'huile, du persil et de la ciboule. Du boeuf à la vinaigrette. Il Viande apprêtée avec cette sauce. Manger une vinaigrette. || 2* Vinaigrette ou roulette, petite voilure à deux roues , traînée par un homme, et servant à porter des personnes, dont on attribue l'invention au fameux abbé de Saint- Martin, surnommé la Calotte. Mme d'Aiguillon se fit ajuster à sa porte une housse rouge sur sa vinaigrette, ST-siM. 142, 74. Il 8* Par analogie, petite voiture de place. || 4* Nom donné à une espèce d'amarante.

— HIST. XIV* s. Vinaigrette de poucins en un plat, Uénagier, ii, 4. Une vinaigrette : prenez la menue haste d'un porc... ib. Il, 6.

— ETYM. Vinaigre.

VINAIGRIER (vi-nè-gri-é ; l'r ne se lie jamais, au pluriel, Vs se lie : des vi-nc-gri-é-z habiles), t. m. Il 1* Artisan qui fait et vend du vinaigre. Le P. Mabillon n'a jamais tant fait de recherches que vous daignez m'en envoyer ; il y a surtout un Corneille, vinaigrier dans le xiii* siècle, qui est un point d'érudition assez rare; n'est-ce point ce vinaigrier-là qui a faitSurénaet Pulchérie? volt. Lelt. d'Argental, 2 avr. 4 763. || 2* Vase à mettre du vinaigre. Il 3° Carabe doré. || Scorpion aquatique. Il 4° Sumac des corroyeurs.

— HIST. XVI* s. Un vinaigrier d'argent vermeil, doré, poisant un marc, quatre onces et demie, db LABORVE, Émaux, p. 643.

— ÊTYM. Vinaigre.

VINAIRE (vi-nê-r'), adj. || 1° Qui appartient au vin, au commerce des vins. || 2° Destiné à contenir du vin. Vaisseaux vinaires, les cuves, les tonneaux, etc.

— ÉTYM. Lat. tîtnortui, de cinum, vin.

t VINASSE (vi-na-s'), ». f. \\ 1* Se dit familièrement d'un vin très-faible. Ce n'est que de la vinasse. || 2° Résidu de la distillation des vins. On fait passer dans les chaudières les vinasses des vaisseaux ovales, pour en extraire jusqu'au dernier atome du principe spiritueux que fournit le vin, CHAPTAL, Instit. Kém. scienc. 4808, p. 4 8n. Il II se dit aussi des résidus de la distillation alcoolique des betteraves. îUploitation industrielle des vinasses de mélasse de betteraves.

— ÉTYM. Provenç. vxnaci (masculin) ; du latin vinacea, marc de raisin, de vinum, vin.

t VINATE (vi-na-f), ». m. Terme de chimie Sel que forme l'acide vinique avec les bases.

t VINCENT (vin-san), s. m. Saint-Vincent, nom d'un saint. X la Saint-Vincent le vin monte au sarment; et, quand il grêle, il en descend.

tVlNCRE (vin-kr'), ». m. Pervenche.

— KTYM. C'est le latin vinca, pervenche, avec une r épenthétique.

VINDAS (vin-dà), ». m. || I* Treuil vertical qui se manœuvre à l'aide de leviers horizontaux croisés. Il 2* Terme de gymnastique. Machine à l'aide de laquelle s'exécute l'exercice appelé course volante.

— ÊTYM. Allem. tcinden, guinder.

t VINDENNE {vin-dè-n'), ». f. Corde fixée sur la signoUe d'un moulin.

VINDICATIF, !VE(vin-di-ka-tif,li-v'),od;. || l'Qui est enclin à la vengeance ; désireux de se venger. Votre sexe est fort vindicatif, Tristan, Marianne, n, 6. Ces gens [les faux dévots].... Qui savent ajuster leur zèle avec leurs vices. Sont prompts, vindicatifs, sans loi, pleins d'artifices, mol. Tart. i, 6. Il était trop fier pour être vindicatif, J. J. rol-ss. Confess. vii. Il [Boileau] était aussi réservé que son caractère pouvait le permettre, à l'égard de cette sociéié vindicative [les jésuites], alors trèspuissante et très-dangereuse, d'alemb. Êlog.Despr. Il Substantivement. En vivant de la sorte, peux-tu nier que lu ne sois choqué de Jésus?... oui, Jésus t'est un scandale, 6 vindicatif, parce qu'il a pardonné les injures, Boss. Sermons, Jésus objet de scandale, 3. Où est le vindicatif qui ne se fait pas un triomphe de sa vengeance? bourdal. Mysl. Concevt. de la Vierge, U n, p. 46. H 2* Il se di»

VIN

•usai des choses. Teus, il est vrai, la fierté vindicative de dépenser presque autniit d'argent qu'il m'en avait voulu donner, J. J. houss. Cunfes. xii. Il Justice vindicative, celle qui punit les crimes. La justice vindicative de Dieu, nALZ. Socr.ehrét.e.

— HIST. XV* s. Le sens de ccsle paciencc fait moult à noter aux vindicatifs, qui, sans viser aux incouveniens qui en peiient venir, de tous mesfais •c viiolcnt vencier, christ, be pisan, Charles V, I, a». Il XVI' s. Ils le cognoissoient vindicatif, car- Loix. VIII, ». Ceulx qui disent avoir raison do leur passion vindicative, mont, iv, toi. Lts plus l'oiMcs aines sont les plus vindicatives OS malicieuses, charron, Sagesse, i, an.

— Etvm. Lat. vindicare, venger (voy. ce mot). tVINDir.ATIVEMKNT(vin-di-ka-ti-ve-man),adiî.

D'une manière vindicative.

— Hl.sT. ivi* s. Vindicativement, ahtot, Corn. il faut lire les poêles, lO.

VINDICTE (vin-di-kf), t. f. Terme de jurisprudence. La vindicte pulilique, la poursuite d'un crime au nom de la société. Lors même qu'il braverait la vindicte publique, dider. lf((. Valconet, sept. (70fl.

— HisT. XVI* s. 11 y va de la vindicte de son propre sang, carloix, v, io. La razer [une ville Irczpied rez-terre, en vindicte deTherouanne, m.viii, \ 5.

— ETYM. Provenç. rendcta; cspagn. vindicla; ital. «endeKo; du latin lindicta, qui a même radical que l'indicore (voy. venger).

VINÉK (vi-ncc), s. f. \\ l' Récolte de vin. Us curent bonne année. Pleine moisson, pleine vinée, la font. Fabl. VI, 4. Il 2* Lieu destiné à placer les cuves de fermentation dans un vendangeoir. Il doit y avoir près du pressoir une pièce qui s'appelle vinée, destinée à mettre les cuves et le vin au sortir du pressoir, genus, Maison rust. t. i,

p. (59, dans POUGENS.

— HIST. XIV s. A Tudelle et ailleurs irons, s'il vous agrée ; Des biens y trouverons et de bonne vinée, Guescl. (2B46. || xvi* s. ...Ceux qui ont grand année Do froment et bonne vinée, marot, iv, 232. Que les vignes ne promettent grande vinée avenir, pour l'injure des saisons, o. de serres, 244.

— F.TYM. Vin.

t VISELLE (vi-nè-l'), s. f. Se dit quelquefois pour piquette, petit vin.

— ETVM. Dimin. de vin.

I VINER (vi-né), ». a. Additionner d'alcool les I tins, pour les conserver, pour les faire voyager, pour les préserver d'une fermentation ultérieure et nuisible. La commission a demandé la réforme de la loi de (864 sur le vinage; le droit de too fr. par hectolitre d'alcool employé à viner les vins est évidemment trop élevé; et le département de l'Ain, qui pourrait viner avec profit les vins qu'il livre au commerce, trouverait dans l'abaissement de ce droit un avantage certain, Cnurrierde l'Ain, n* (49.

— HlST. xvi* s. Tirer souvent du vin de la cuve par la guille ou espine, pour, en le 1 islant d'heure i autre, prendre avis du terme de le viner [faire prendre couleur et qualité], o. de serres, 2ib.

— ETYM. Vin. Dans l'ancienne langue »iner signifie cultiver la vigne, débiter du vin.

t VINERIE (vi-ne-rie), s. f. Lieu où l'on fait le vin, Joum. offic. 6 juin (872, p. 3792, 2* oA.

tVlNETIER(vi-ne-tié),ouVINETTIER(vi-nè-tié), I. m. Genre de la famille des berbéridées, où l'on distingue l'cpine-vinetle, berberis vulgaris, L.

— HlST. XVI* s. Ici sierra bien le groseiller ou vinetier, appelé aussi espine benoite.... le fruit, appelle groselle, est appétissant, servant en plusieurs viandes de cuisine, o. de serres, 66(.

— ETYM. Vinetle, petite vigne, à cause de ses fruits en grappe.

t VINETTE (vi-nè-f), ». f. || 1* Piquette, petit ?in. Il 4* Nom du bec-figue en Bourgogne. || 3* Se dit en quelques provinces pour oseille.

— HlST. xm* s. Chastaignes, coinz, figues, vinetes [fruit de l'épine-vinette), la Rose, 8254. ||iv' s. Les salades sont bonnes de câpres, laitues, sicorée, pimpenelle, vinette [oseille].... Ces triomphes de la noble dame, C lis, dans lacurne. Il XVI* s. ...Ayant eu l'argent qu'elle pretendoit; o'estoit autant de vinette cueillie, Moyen de parvenir, p. ne, dans lacurne.

— ETYM. Vin, vigne.

t VINETTIER (vi-né-tié), ». m. Voy. vinetier.

VINEUX, ECSE (vi-neù , neû-z"), adj. \\ i' Qui a beaucoup de force, en parlant du vin. Ce vin est très-vineux. Lorsque la liqueur [le moût] ne bout plus, qu'elle a pris une saveur forte et vineuse, et qu'elle est devenue parfaitement claire, on regarde le vin comme fait et on le tire, thenahd. Traité de

VIN

chimie, t. m, p. 4(«, dans podgeks. || I* Oui a un goût, une odeur do vin. Une pèche vineuse. Oui du gosier exhale une vineuse baleine, oesmarkts, lïjionnoircs, i, 4. Et lorsque, tout fumant d'une vineuse haleine, Sur vos pieds chancelants vous vous tenez à peine. Sur un théitre alors vous venez vous montrer, reonabd. Distrait, i, 6. || 8* Fertile en vin. Mais la nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses, noiL. Lutr. m. Elles derniers soleils sur les côte» vineuses Achèvent de mûrir les grappes paresseuses, delille, Gcorg. il. Nous visitons les bois et les coteaux vineux, a. ciién. l'iég. vi. |{ Année vineuse, année qui produit beaucoup do vin. Il 4° Se dit, dans quelques vignobles, dos sarments qu'on laisse de presque toute leur longueur, afin de leur faire produire une plus grande quantité de grappes. || 6* Qui est de couleur rouge comme du vin rosé. Couleur vineuse. Un rouge tirant sur

I ■ vineux. Les pennes de la queue brunes, bordées en dehors d'un rouge vineux, blef. Oi». t. vu, 2!)7. Il On ajoute, en extérieur, chez le cheval, cette cpithèle aux différentes nuances de la robe grise, lorsque, vers certains points, elle pré.scnle un aspect rougeâtre; exemple: gris clair vineux, gris foncé vineux, etc. || Rouan vineux, cheval rouan chez qui le bai domine. || 6° S. m. Vineux huilé, espèce d'agaric.

— HIST. xvi* s. Laissez à part vos vineuses tavernes. Museaux ardans , de rouge enluminez, MAROT, II, 232. En tcUes vineuses dcsbauches, carl. VIII, 29. Le vin vieil est tout vineux, il a fort peu de parties aqueuses et séreuses, paré, xx, 21. Do plusieurs couleurs de violetcs y a-il, de blanche, de jaune, do vineuse et de violetc, o. de

— ETYM. Prov. vinos; esp. vinoso; port, vinhoso ; ital. vinoso ; du lat. vinosus, de ti'num, vin.

f VINGEON (vin-jon), s. m. Canard sifdcur.

II Espèce de canard de Madagascar.

VINGT (vin ; le g ac se prononce jamais ; le I se lie: vin-t hommes, vin-t et un, ou vin-t-un; au pluriel, l's se lie : quatre-vin-z hommes; le t se fait sentir dans : vingt-deux, vint' deux, vingt-trois, vint' trois, vingt-quatre, vint' quatre, vingt-cinq, vint' cinq, vingt-six, vint' six, vingt-sept, vint' sept, vingthuit, vint' huit, et vingt-neuf, vint'ncuf; mais le I ne se prononce pas quand on compte de la sorte avec quatre-vingt : quatre-vin un, quatre-vin deux, etc.), adj. numéral des deux genres. || 1* D- .x fois dix. Vingt-deux chevaux, etc. Cent vingt ans. Vingt mille francs. Cent vingt mille francs. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats, Elle passait pour un oracle, la font. Fabl. vu, (5. Voici le fait : depuis quinze ou vingt ans en çà, Au travers d'un mien pré certain ânon passa, rac. Plaid, i, T. On peut parier (Occ7 contre (24, ou un peu plus de 80 contre (, qu'une pcrsimne de vingt ans vivra un an de plus, bufp. Prob. de la vie, Œuv. t. X, p. 308. On peut parier 9976 contre (42, ou 70 -^ contre (, qu'une personne de vingt-cinq ans vivra un an de plus, m. ib. p. B(9. ||2* Dans un sens indéfini, beaucoup. Et ma chute, aux dépens de quelques meurtrissures, De vingt coups de bâton m'a sauvé l'aventure , mol. Éc. des femmes, v, 2. Représentez-vous que chacun n'ayant rien à faire, et me disant un mot, me faisait répondre à vingt personnes à la fois, sÉv. (74. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, boil. Art p. i. El si dans la province II se donnait en tout vingt coups de nerf de bœuf, Mon père pour sa part en emboursait dix-neuf, rac. Plaid, i, 6. Vous savez que, dans la société, on dit du bien et du mal du même individu vingt fois par jour, VOLT. Lett. d'Alembert, (*' mars (T64. Et si, dans ma patrie ingrate. Tu rencontres quelque Socrate, Tu trouveras vingt Anitus, ID. Odes, (4. || 8* Vingtième. Chapitre vingt. Page vingt. L'an mil huit cent vingt. || Le vingt du mois, le vingt de sa maladie, le vingtième jour du mois, de sa maladie. Il** S. m. invariable. Le nombre vingt. Vingt muiliplié par dix. Dans ce jeu de loto les vingt sont peu marqués. || On dit de même : le nombre vingt, le numéro vingt. |1 Le denier vingt , voyez DENIER, n* 8. Il 5* Quatre-vingts, quatre fois vingt. Quatre-vingt-deux ans. Quatre-vingt-quatre soldats. De l'autre part se sont trouvés quatre vingts docteurs séculiers.... qui ont condamné le» propositions do M. Arnauld, pasc. Prov. i. Il est fort égal de mourir sur un échafaud ou sur une paillas.se, pourvu que ce soit à quatre-vingt-dix ans, VOLT. Lett. Schomberg, 3( oct. (769. || 6* Autrefois on disait aussi six vingts, *ept vingts, huit

VIN

vingts, pour o«nt vingt, cent quarante, cent soixante. Le temps de l'homme no sera plus que de six vingts ans, saci. Bible, Genèse, vi, s. Je ne me souviens point que le» Romains en aient vu un tel [le spectacle d'une revue]; car leurs armid* .l'ont guère passé, ce me semble , quarante ou tout au plus cinquante mille hommes; et il y avait hier six vingt mille hommes ensemble sur quatre lignes, RAC. Lett. à Boileau, 2( mai ttn. On j voit des vieillards de cent et six vingts ans, qui ont encore de la gaieté et de la vigueur, f£n. TU, VIII. Ce garçon si frais, si Hcuri et d'une si belle santé, est seigneur d'une abbaye et de dix autres bénéfices; tous cnscmblo lui rapportent six vingt mille livres de revenu, dont il n'est payé qu'en médailles d'or; il y a ailleurs six vingts familles indigentes qui no secbaulTcnt point pendant l'hiver, LA nRLY. VI. Il 7* Le» Ouinze-Vingt», voy. QUINZE. Il 8* Le vingt et un, sorte de jeu de hasard qui se joue avec des cartes, et où le nombre de vingt et un points est le plus avantageux. || Vingtquatre , espèce d'impériale où le premier qui atteint vingt-quatre points a gagné. {| 9* Les vingtquatre heures, l'espace entier d'un jour. Monseigneur [Choiseul] a un nouveau royaume.... à gouverner, et force petits menus soins qui prennent vingt-quatre heures au moins dans la journée, VOLT. Lett. M" de Choiseul, a juill. (76». Il Dans les vingt-quatre heures, dans l'espace d'un jour révolu. Lundi dernier on a publié en haute Alsace l'ordre aux nombreux scmcstricrs de partir dans les vingt-quatre heures pour rejoindre leur» bataillons, Corrcsp. du général KUnglin, i, (27. Il Les vingt-quatre heures, règle qi.i a longtemps prévalu dans le théâtre français, cl qui veut que l'action dramatique ne dure pas plus de vingtquatre heures. Si nous ne pouvons la [l'action] renfermer dans ces deux heures [le temps même de la représentation], prenons-en quatre, six, dix; mais ne passons de beaucoup les vingt-quatre, de peur de tomber dans le dérèglement, corn. 3* dise. Mon fils a eu un accès de fièvre; il espère qu'elle sera, comme l'année passée, dans la règle des vingt-quatre heures, sÉv. 7 juill. (080. || 10" Les vingt-quatre, nom donné aux vingt-quatre violons qui étaient officiers du roi, et qui étaient tenus d'aller jouer tous les jeudis et tous les dimanches au dîner du roi. || il" Terme de typographie. Invingl-qualre, formai qui présente quarante-huit pages à la feuille d'impression. || 12* Les vingtcinq, nom d'un corps politique dans la république de Genève. Quiconque, à Genève, est aux gages de la république, cesse à l'instant même d'être citoyen ; il n'est plus que l'esclave et le satellite des vingt-cinq, prêt à fouler aux pieds la patrie et les lois sitôt qu'ils l'ordonnent, j. i. Bouss. Lett. de lailontagru, «.

— REM. Vingt prend une i au pluriel quand on le multiplie par un autre nom de nombre cardinal. Quatre-vingts hommes, six vingts écus. Il prend aussi l's quand le substantif est sous-entendu. Ce vieillard a soixante-dix ans, et l'autre en a quatrevingts. L'» ne se met pas quand vingt précède un autre nombre auquel il est joint. Quatre-vingtdeux hommes. Quatre-vingt mille hommes. Enfin \'s ne se met pas quand vingt suit cent ou mille. Cent vingt hommes. Mille vingt hommes.

— HIST. XI* s. vil vinz liverez et un. Vois d» Guilt. 3. Il xn* s. Vint mil combatanl, Ronc. p. 27 Li un apelentle peis de cinquante livres un talent, e li Rumain le peis do treis vinz livres e duze. Rois, p. 244. Il XIII* s. Et cis quensTbiebaus estoit jeunes bons et n'avoit pas plus de vint-dui ans, viLLEH. II. Vingt ans avoit Pépins; ainsi [je] l'oî esmer [estimer], Berte, m. Elm'avinl ainsi que, quant je arivai en Cypre, il ne me fu demouré de remenant que xn vins [240] livres de tournois, joinv. 2(i. Le Temple, ainsi comme l'en me dit, y perdit xmi XX [quatorze vingt, 280] homes armez, et touz â cheval, id. 2ï&. || xv* s. Avecques environ huyl vingts hommes d'armes, comh. v, 8.

— ETVM. Wallon, veintt; provenç. tin(;espagn. veinte; porlug. vint»; du latin viginli; dorien, tlxaTi, laconien, piixoxi, grec, »lxooi; sanscr. wnçati, qui est pour dvi-daçati, deux fois dix.

t ( . VINGTAIN (vin-lin), ». m. Terme de féodalité. Droiten vertu duquel le seigneur, fondé enti* Ire, prenait la vingtième partie dufruitde la terre.

t 2. VINGTAIN (vin-lin), adj. m. Se dit d'un drap dont la trame est composée de vingt fois cent fils, c'est-à-dire 2000.

VINGTAINE (vin-tè-n"), s.f. || 1* Terme collectif. Vingt ou environ. Jamais on n'imprimera de mo*

VIO

que celle viiislainc de lignes, Mahiv. Mnriavne, \" pari. Il 2" Petit cordage dont Ips maçons se servent pour conduire les pierres, en les élevant avec le câble, afin d'empêcher qu'elles ne s'écornent contre le mur. || Moyen cordage dont on se sert pour faire les écharauds et les verboquets.

— RTYM. Vingt; provenç. vinglena; espagn. veintena ; ital. vinlena.

t VINfiT-DEUXAIM (vint'-deû-iin), od;. m. Se dit d'un drap i trame composée de 2200 fils.

VINOTIÈ.ME (vin-tiê-m'), adj. \\ !• Adjectif ordinal de vingt. Il est dans sa vingtième année. Le vingt et unième, le vingt-deuxième, le vingt-troisième, etc. Arnauld (Antoine), vingtième fils de celui qui plaida contre les jésuites, volt. touiiA'/ 7, Écrivains, Arnauld. || î* La vingtième partie, chaque partie d'un tout divisé en vingt parties égales. Il On a dit dans un sens analogue : le vingtième denier. || 3° S. m. Le vingtième, la vingtième partie. Il est héritier pour un vingtième. Il 4" Le vingtième du mois, le vingtième jour. || On dit de mémo : le vingt et unième ou vingtunième, le vingt-deuxième, le vingt-troisième, etc. du mois. Il 6* Ancien impAt établi sur les biens-fonds etqui était la vingtième partie de leur revenu. Apres avoir payé le sou pour livre, la capitation et les vingtièmes, volt. Jeanrut. M. Damilaville, premier commis du vingtième, quai Saint-Bernard, à Paris, ID. Lelt. la Chalotais, it mars 1763. || 6" S. m. et/'. Celui, celle qui occupe la vingtième place dans sa classe. Être le vingtième. Elle est la vingtième. Il 7" S. m. 'Vingt-quatrième, dans la marine, degré d'avancement d'une construction neuve, laquelle se divise habituellement en vingt-quatre parties. Ce vaisseau est aux huit vingt-quatrièmes.

-^ HlST. xin* Ou [au] vintiesme an de mon aage. Ou point qu'Amors prend le paage Des Jones gens, couchiez estoie Une nuit.... la Rose, 24.

— ÊTVM. Vingt; wallon, «einlatmm; provenç. vinten; cat. vinté; espagn. vinteno.

t VINGT-QUATRAIN (vint'-ka-trin), adj. m. Se dit d'un drap à trame composée de 2400 fils.

t VINGT-SIXAIN (vint'-si-zin), adj. m. Se dit d'un drap à trame composée de 2600 fils.

t VINGTCPLER (vin-tu-plé). v. a. Multiplier par vingt. Vingtupler un nombre.

t VIMCOLE (vi-ni-ko-r), adj. Voy. viticole, qui est meilleur.

t VINICCLTURE{vi-ni-kul-tu-r'), $. f. Voy. viticulture, qui est meilleur.

t VINIFERE (vi-ni-fè-r'J, adj. Qui produit du vin.

— f.TVM. Lat. vinum, vin, et ferre, porter.

t VINIFICATEUR (vi-ni-fi-ka-teur), ». m. Appareil propre à faire du vin.

— ETVM. Voy. VINIFICATION.

VINIFICATION (vi-ni-fi-ka-sion), s. f. || !• Art de faire le vin, de le conserver, de l'épurer. || 2" Fermentation qui produit le vin.

— ÊTVM. Lat. etnitm, vin, et facere, faire. tVlMQUË (vi-ni-k'), adj. Terme de chimie.

Acides viniques, série d'acides analogues à l'acide sulfo-vinique. Us sont un des produits constants de l'action des acides sur l'alcool ordinaire. jlQui provient du vin. Alcool vinique. Éther vinique.

t VINO-BENZOÏpUE (vi-no-bin-zo-i-k'), adj. Terme de chimie. Ether vino-benzoîque , produit de la réaction de deux parties d'alcool, une d'acide benzoïque et six d'acide chlorhydrique.

tVINOMÈTRF. (vi-no-mè-tr'), t. m. Voy. œno- HÈTRE. qui est meilleur.

t VINOSITIÎ (vi-nô-zi-té), ». f. Qualité des sub- Itances vineuses.

— RTYM. Lat. vinosilatem , ievinotxu, vineux, t VINOUS (vi-nou), ». m. Champignon de

couche.

t VIOCIIE (vi-o-ch'),(.^. Clématite ordinaire ou viorne.

— Etym. Au ivi* siècle, vioge était un adjectif signifiant vif. Hommes joyeux, contents, gais, vioges, DESPF.R. Contes, xv.

VIOL (vi-ol), ». m. Violence faite à une femme que l'on prend de force. On imagine assez tous les excès, toutes les barbaries oii s'emporte alors [dans la prise d'une ville] le soldat, qui n'a plus de frein, et qui regarde comme son droit incontestable le meurtre, le viol, l'incendie, la rapine, VOLT. Pot. et Ug. Fragm. hitt. Inde, I4.

— REM. Au iTii' siècle, viol commençait à s'introduire. Les grammairiens le combattaient, disant qu'il n'y avait de franç&is que violemenl. Viol est en usage; le rapt et le viol sont des crimes qu'on punit de mort, Acad. observ. sur Vaugel. p. 40g.

— filTM. Nom verbal de n'oler.

VIO

t VIOLA (vi-o-la), I. f. Voy. quinte t, n* 3.

t VIOLABILITÊ (vi-o-la-bi-li-té), ». f. Qualité de ce qui peut être violé. Leur violabilité [des lettres] était-elle admiseT delahont. Poste attz lettres, p. i.i3.

t VIOLABLE (vi-o-la-bl'), adj. Qui peut être violé.

— HIST. XVI' s. Violable, oudin, Diet.

— Etym. Lat. violabilis, de violare, violer. VIOLACÉ, ÉE (vi-0-la-sé, sée), adj. \\ !• Qui tire

sur le violet. La peau avait pris une teinte violacée. Il i° Terme de botanique. Qui ressemble à la violette. || S. f. pi. Les violacées, voy. violariées.

— Etym. Provenç. violacé; espagn. violacée; du latin violaceus, de viola (voy. violette).

t VIOLACER (vi-o-la-sé. Le c prend une cédille devant a et 0 : violaçant), r. n. Tirer sur le violet. Les carnations opaques, dont le ton violacé ne pouvait choquer des yeux habitués aux carnations également violaçantes des émaux de basse taille, de LABORDB, Notice des émaux du Louvre, t. i, p. 125.

f VIOLANT (vi-o-lan), adj. m. Ancien terme de teinture. Tirant sur le violet. Le gris violant sera aluné et fait de bois d'inde, Réglem. sur les manufact. août loco. Teinturiers en laine, art. 27.

— ETYM. Lat. viola, violette. On trouve ce mot écrit aussi violent, et on a interprété gris violent comme gris foncé; mais ce qui détruit cette explication, c'est l'emploi du mot dans cette phrase : Pour les couleurs de fleur de pommier et de pêcher, afin de leur bailler l'œil requis pour la perfection (qui doit estre un peu violent).... Règlem. sur les manuf. (669, teinturiers en laine, art. 23.

t VIOLARIÉES (vi-o-la-ri-ée), ». f. pi. Famille de plantes voisine des polygalées; elle est dite aussi violacées; le type en est le genre violette.

VIOLAT (vi-o-la), adj. m. Usité seulement dans ces expressions : sirop violât, sirop qu'on fait avec des violettes ; miel violai, miel où l'on a fait infuser des violettes.

— HIST. XVI* s. Gargariser de lait avecques sucre et huile d'amendes douces, ou violât un peu tiède, paré, vi, 8.

— Etym. Prov. vieulat; catal. violât; espagn. violado; ital. vtoJato; du latin viola, violette.

VIOLATEUR, TRICE (vi-o-la-teur, tri-s'), ». m. et f. Il 1* Celui, celle qui viole les droits, les lois, les traités, etc. Je ne me puis assez plaindre de ce violateur du droit, des gens, balz. liv. iv, lett. 7. L'Jme des violateurs de la loi est pleine d'iniquité, SACi, Bible, Prov. de Salom. xni, 2. Pour parler avec dignité et avec fruit de la sainteté de la loi, pour jeter la terreur dans l'âme de ses violateurs, MASS. Confér. Excell. du sacerdoce. Saint Grégoire de Nazianze, habile versificateur, fit près de quatrevingts épigrammes contre les violateurs de tombeaux, afin de les couvrir de honte et d'ignominie, SAINTE-CROIX, Instit. Ilém. hist. et lilt. anc. t. n, p. 666. Il Adj. La puissance violatrice des lois, M0NTESQ. Esp. XXIX, 6. ||2° Celui qui a commis un viol. Je n'entends pas non plus le justifier d'être un violateur de filles, un monstre de débauche, un petit filou, J. i. Rouss. 2» dial.

— HIST. XVI* s. Destourner la vengeance du courroux des dieux, à cause de la paix injustement violée, sur la teste de celuy seul qui en estoit violateur, AMYOT, Crass. et Nie. 7.

— ETYM. Prov. fi'otair, «t'olador; esp. violador; it. violatore ; du latin violatorem, de violare, violer.

VIOLATION (vi-o-la-sif^n ; en vers, de cinq syllabes), ». f. Action de violer un engagement, de porter atteinte à un droit, de profaner une chose sacrée , d'enfreindre un règlement. La violation d'un domicile. La violation des règles du langage. Pour juger de la violation des mœurs, il faut en avoir, montesq. Bsp. x, 7. On verra par une loi des Visigoths sur la violation des sépultures, que les tombeaux de ce peuple étaient un amas de richesses enfouies, legrand d'ausst Instit. Ilém. scienc. mor. et pol. t. ii, p. 434. La violation du traité de Paris [par Napoléon, revenant de l'île d'Elbe], le péril de cette violation, l'épreuve du passé attestant ce péril, villem. Souv. cont. les Cent-Jourt, viii.

— HIST. XVI* s. Violation, cotosavb.

— ETYM. Prov. t'i'oloci'o; esp. violacion; ital. t'ïolaiione; du latin fiola(ion«m, de violare, violer.

VIOLATRE (vi-o-lâ-tr'), adj. Qui tire sur le violet, qui est d'un violet pâle. Celui qui copiera d'après Greuze, sera gris et violâtre, dider. Ess. sur la peint, n. Leurs doigts[des soldats, dans la retraite de Moscou] violâtreset raidis laissent échapper le mousquet dont le toucher briile, cratsaubr. Mém. t. VI, p. (OK.

VIO

— ÉTYM. Viol... radical de violet, et la finale péjorative d(re.

VIOLE (vi-o-l'), ». f. Il 1* Nom générique de toute la famille des instruments à archet. Les monuments gothiques du moyen âge et particulièrement tes portails d'église du x* siècle sont les plus anciens où l'on trouve des instruments de l'espèce générique qu'on nomme viole, fétis, la Musique, II, 16. Il 2° Viole, ancien instrument de musique, qui avait six cordes de grosseurs inégales et huit touches divisées par demi-tons; il était de la forme du violon, mais beaucoup plus grand et plus gros, et il se touchait avec un archet. Unissez en votre musique La flûte à la viole, et la lyre aux tambours, corh. Trad. du p». cl. || 8* Première viole, haute-contre de violon. Seconde viole, taille de violon. Troisième viole, quinte de violon. Petite viole, dessus de viole. || Par-dessus de viole, petite viole dont les dames jouaient en la tenant sur leurs genoux. Il 4° Basse de viole, voy. basse t, n° S. Avant lui [Battistini] on ne se servait [ au lieu de violoncelle] que de la basse de viole, qui était montée de sept cordes , pour accompagner le chant comme pour la musique instrumentale, fétis, la Musique, xvm. || 5° Viole d'amour, instrument à archet, monté de sept cordes accordées en accord parfait de ré majeur; il a en outre sous la touche et sous le chevalet cinq ou six autres cordes d'acier ou de laiton qui vibrent lorsqu'on joue à vide les autres cordes; les sons de cet instrument ont quelque rapport avec ceux de l'harmonica, et sont agréables à l'oreille, fétis, Io Musique, Dict. Viole d'amour. La viole d'amour a un timbre faible et doux; elle a quelque chose de séraphique qui tient à la fois de l'alto et des sons harmoniques du violon ; elle convient surtout au style lié, aux mélodies rêveuses, à l'expression des sentiments extatiques et religieux; M. Meyerbeer l'a placée avec bonheur dans la romance de Raoul au premier acte des Huguenots, BERLIOZ, Grand traité d'instrum. et d'orchestr. p. 40.116" De toutes les anciennes violes, on n'a conservé que celle qu'on nomme proprement viole, ou alto , ou quinte, et qu'on a réduite à quatre cordes accordées une quinte plus bas que les cordes du violon, fétis, la Musique, u, t» (voy. quinte 4). Il 7° Jeu d'orgues de tuyau à bouche, ouvert de quatre pieds, qui sert d'unisson à l'octave. || 8* Viole noire, nom que l'on donne, au Canada, à la perche ocellée [poisson].

— HIST. XIV* s Et voyant cuire telz breuvages Dedans tes vaisseauli et fioles Plus creuses que ne sont violes, JVa(. àialch. err. 570. || xv* s. Or et argent sont dieux en terre. Las ! com faulx dieux et decepvans. Qui tiennent prins en leur geôle Par convoitise maintes gens Que diable endort i sa viole, E. DEScn. Poésies mss. f* 433.

— Etym. Prov. viula, viola ; esp. port, et it. rioto;bas-lat. vitula,vidula, que Diez rattache au lat. Ditulari, se réjouir, littéralement gambader comme un veau, lequel vient de vitulus (voy. veau).

VIOLE, ÉE (vi-o-lé, lée), pari, possède violer. Il 1* Qui a été enfreint. Ciel off'ensé, lois violées, filles S(^d ites, mol. D. Juan, v, 7. La majesté [des rois] ï;i;.oe par des attentats jusqu'alors inconnus, Boss. Beine d'Anglet. Les dieux protecteurs de leur ville et vengeurs de la sainteté des temples et des tombeaux violés indignement par ces barbares, rol- LiN, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 208, dans pougens. || 2* X qui on a fait violence, en parlant d'une femme. On voit de tous côtés nos femmes dérobées. Nos soldats égorgés, nos filles violées, mairet, IforI d'Asdrub. I, 3. Il Fig. et trop librement. Il [le P. Tellier] voulait se lier avec moi, j'eus beau m'écarter poliment, je fus violé, st-sim. 2)7, 18).

ViOLEMENT (vi-o-le-man), ». m. || 1° Infraction i une loi, contravention à un traité, etc. Elles ont pris leur plaisir et leur passe-temps du violement de la justice, balz. 7* ditcours sur la cour. Les violements de la charité que vous faites, pasc. Prov. XI. Le violement et le mépris de cet avis de l'apôtre, nicole. Essais, t. n, p. 307, dans pougens. Ils s'éUient punis eux-mêmes du violemenl des traités, rolun, HUt. anc. Œuv. t. i, p. »8, dans PonOENS.Tout impôt levé dans une autre vue que celle du bien public est un violement des droits essentiels de l'humanité, fén. t. xni,p.38e. Lera.sement des bâtiment» (de Port-royal], le violement de» sépulcres excitèrent l'indignation publique, st-sim. 416,221. Il 2* Violence qu'on fait à une femme, à une' fille qu'on prend de force. |1 En ce sens, on dit aujourd'hui plus ordinairement viol.

— HIST. XVI* s. Le violement du droit, aktoi.

VIO

i^ftss. et Sicias, 7. Quelques violemens que le m«letchal avoit soufTerls [tolérés], d'aud. Ihtt. i, Wi. On rioil au nez de ceux qui dcniandoienl justice pour les violemens de l'edict, id. Ilitt. t, ao8. Le Yiollement de la foi, m. l'b. ii, 3i7.

— ETVM. Violer; ital. violamento.

VIOLEMMENT ( vi-o-la-man), ado. || 1* Avec

fiolence, avec impétuosité. Le vent souffle violemment. Ney venait d'emporter violemment le passage de la Stubna, séour, llist. de .Vop. vi, 7. Ces couches [roches] violemment inclinées et presque perpendiculaires, dufp. Uin. t. I, p. «81. H»' Avec ardeur. Haïr violemment. Si je suis dieu, vous cesserez de m'aimer, ou du moins vous ne m'aimerez plusavec tant d'ardeur; car il s'en faut bien qu'on aime les dieux aussi violemment que les hommes, la font. Psyché, i, p. 5*. Il S» Très-fortement. L'abbé Télu a été violemment occupé pour le mariage de M. de Chapes et de Mlled'Humières, siv. 22 juin (090. Un homme violemment soupçonné d'un crime qui méritait la mort, montesq. Esp.

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