‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 249 sur 754 · XXVIII · texte numérisé non relu

XXVIII

— msT. nv* ». En l'ostant violentemcnt [l'os corrompu], lanfhanc, f I7, verso. || xvi* s. Nous avons été violcntement et contre les loix ravies par cculx à qui nous sommes de présent, amvot, Boni. 2». Satan a incité la force des hommes, pour par icelle opprimer violentement la vérité commençant à venir, Calvin, Instit. I2U.

— ETVM. Lat. Yiolfns, et le suffixe nicn(;protenç. violenmen. Violentement, de Yiotentut.

VIOLENXE(vi-o-lan-s'),s./". Il l'Oualilé de ce qui agit avec force. Comme un enfant que sa mère arrache d'entre les bras des voleurs, doit aimer, dans la peine qu'il souffre, la violence amoureuse et légitime de celle qui procure sa liberté, pasc. Pens. XXIV, 61 ter, éd. havet. Sa constance [de la reine d'Angleterre] par laquelle, n'ayant pu vaincre la violence de la destinée, elle en a si noblement soutenu l'effort, Boss. iieine d'Anglet. 6 mort, éloignetoi do notre pensée, et laisse-nous tromper pour un peu de temps la violence de notre douleur par le souvenir de notre joie, id. Duch. d'Orl. Hé bien I de leur amour tu vois la violence, rac. Bril. n, ». Ce mal dont vous craignez, dit-il, 1» violence, A souvent sans péril attaqué son enfance, id. ib. V, 5. Un style clair, noble, simple, éloigné de l'affectation, de la violence qui caractérise aujourd'hui l'esprit du siècle, volt. Letl. Brenellerie, 7 mars (777. La violence du feu dépend presque en entier de la rapidité du courant de l'air qui l'anime, Burp. llist. miri. introd. Œuv. vi, p. 88. La violence des désirs du roi [Fnilippe V] faisait la force de la reine, diclos, Œuv. t. vi, p. n3. La ville du Cap.... est composée d'environ mille maisons, toutes bâties de briques, et, à cause de la violence des vents, couvertes de chaume, raynal, Hist. phil. II, )8. Il 2' Emportement, irascibilité. Un peu de violence M'a fait de vos raisons combattre la puissance, raC. ^ndr. ii, 4. Je sais quelle est sa violence: Il est fier, implacable, aigri par son malheur, VOLT. Oreste, i, 5. H [Socrate] eut de la reine à réprimer la violence de son caractère, soit i,te ce défaut paraisse le plus difficile à corriger, soit qu'on se le pardonne plus aisément, BARTHiiL. Ânach. ch. 67. || 3° Force dont on use contre quelqu'un, contre les lois, contre la liberté publique, etc. La violence est juste où la douceur est vaine, CORN. Iléracl. i, ). Je vous l'ai dit ailleurs, et je vous le redis encore, la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre, pasc. ProB. xviii. Qui ne sait les violences que la reine de Navarre [Jeanne d'Albret] exerça sur les prêtres et les religieux? BOSS. Vor. x, 52. Quelque haut qu'on puisse remonter pour rechercher dans les histoires les exemples des grandes mutations, on trouve que jusqu'ici elles •ont causées ou par la mollesse ou par la violence des princes, id. /leine d'Anglet. Je vous dis de ne point repousser la violence par la violence; mais, M quelqu'un vous frappe sur la joue droite, présentez-lui encore la gauche, c'est-à-dire souffrez sans bruit, sans animosité, sans fiel, bourdal. Kxhort. sur le soufflet don. à J. C. 1. 1, p. 493. Des violences dans le pouvoir, qui enfantent d'autres violences dans le peuple, volt. Lett. Bastide, 1758. Je puis, je le sais trop, user de violence, ID. Orphel. m, I. Il FIg. Et la nature souffre extrême violence, Lorsqu'il [le ciel] en fait (des femmes] d'humeur à garder le silence, corn, le Jfenl. i, 4. Les violen CCS dont l'art y opprime |à Versailles] la pauvre nature, sÉv. tt, juin («7(1. Ainsi la vérité gémissait captive sous une telle contrainte, et souffrait violence en eux [les philosophes païens], boss. Pa-

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nég.d* iaintt Cathtr. a. Cuc Kiutei les occasions

où la nature souffre violence, boisguillebert, faclum de la hyance, xii. || Faire violence à une femme, la prendre de force. Un livre classique de la Chine regarde comme un prodige de vertu de se trouver seul dans un appartement reculé avec une femme sans lui faire violence, hontesq. Esp. XVI, 8.11 Fig. Faire violence à la loi, à un texte, y donner un sens contraire i son véritable esprit. 11 [Basnago] soutient que toutes les guerres des prétendus réformés sont justes ; et en même temps Il fait violence i toutes les histoires, pour nous faire accroire que la religion n'y u point de part, uoss. Déf. Yar. <" diîc. 15. Il me semble que par là il fait violene à bien des passages des anciens, coNDiL. Conn. hum. u, i. || 4* Terme de jurisprudence. Contrainte exercée sur une personne pour la forcer à s'obliger. Violence morale. Violence indirecte. || 5' ylu ;)(ur. Actes, paroles de violence. Un amant dédaigné ne voit pas de bon œil Ceux qui du môme objet ont un plus doux accueil. Et, pour peu qu'on le pousse, il court aux violences, corn. Suiv. ii, (3. Finissons toutes ces violences, lui ai-je dit, letourneu», Trad. de Cl. Varl. lett. 63. ||6° Terme de spiritualité. Ardeur incessante de la dévotion. Les maximes crucifiantes, la violence, l'humilité, le renoncement à soimême, MASS. Carême, Uot. de conv. Sa grâce [du Seigneur], comme son royaume, est le prix de la seule violence, m. Carime, Prière a. || V Effort qu'on fait sur soi ; combat intérieur. L'amour que j'ai pour vous a commis cette offense, Lui seul à mon devoir fait cette violence, corn. Hicom. ii, 2. Il Se faire violence, faire des efforts pour se vaincre. La violence qu'on se fait pour demeurer fidèle à ce qu'on aime, ne vaut guère mieux qu'une infidélité, la rochefouc. Réfl. mor. n* 381. Je l'ai juré, ma fille, je vais finir [ma lettre]; je me fais une violence pour vous quitter, sÉv. (•' juin. f(î7). C'est que la vraie sévérité, la sévérité chrétienne, doit consister à se faire violence, et à contredire la nature et l'amour-propre, bourdal. Sévérité éiang. 2' avent, p. 447. Combien s'cst-il [Ulysse] fait de violence pour ne se point découvrir [à son fils] 1 FÉN. Tél. xxiv. || Familièrement. Une douce violence, action d'insister pour que quelqu'un accepte, fasse quelque chose qu'il refuse d'accepter, de faire, et qui pourtant lui est agréable. C'est me faire une aimable et douce violence, BOissY, Deh. tromp. i, 6. || Faites-vous une douce violence, se dit pour faire accepter à quelqu'un une chose qu'il refuse par façon.

— HIST. XIV' s. Que les fassics [bandes] puissent estre ostécs sans violence, ii. de mondeville, f*4(, verso. Le quatrième jour le desliay [un blessé], et estoit la médecine toute seiche, et ne la povore avoir sans violence, lanfranc, 1° a, verso. \\ xv* s. Tantost furent appareillées les nourrices qui dévoient les enfans garder au temple par six jours, et la chevalerie qui le temple devoit garder, lesquels n'y firent violence [ne s'y refusèrent pas], Perceforest, t. l, f° 103. Il XVI' s. Estant averty que ses soudards faisoient quelques violences par les chemins, amyot, Pomp. 17. Par l'insolidilé du fondement'ct violence des eaux, l'artifice se déserta dan» quelque temps, o. de serres, 7EG.

— ETVM. Lat. violentia, de violentus, violent. VIOLENT, ENTE (vi-o-lan, lan-t'), adj. \\ !• Qui

agit avec force. Vent violent. L'orage est violent.... TH. CORN. Essex, 1, 2. || Qui se fait sentir avec force. Une douleur violente. Une fièvre violente. Un violent mal de dents. Pouvons.... craindre.... un plus cruel rabat-joie que la douleur sensible de songer & se séparer.... cette pensée est violente, SÉV. «5 août 1685. Il a° Qui épuise les forces. Cet exercice [être berné] est un peu violent, pour un homme aussi faible que je suis, voit. Lett. 9. Je vous vois dans une dépense si violente.... sÉv. )5 juin 1089. Suivant le |irincipe des philosophes que tout ce qui est violent ne peut durer, iioisguillebeiit, Foc(um de Ja France, xn. Respectez un jeune chas.scur Las d'une course violente, j. B. Rouss. Cantate de i éphale. On supporte un état violent, quand il pa-se ; six mois, un an ne sont rien , on envisage un terme et l'on prend courage ; mais quand cet état doit durer toujours, qui est-ce qui le supporte ?J. l. rocss. Ilél. vi, «. Quel étal violent! 6 ciel ! quedois-je faire? iioissT, Deh. tromp. Il, 1. Un si violent effort [l'attaque de SmolenskJ lui paraissait inutile [à Murât], puisque les Russes se retiraient d'eux-mêmes, ségur, llist. de Nap. VI, 4. Il 8° Qui se livre à des violences, en parlant des personnes. Je sais quel est Pyrrhus, violent

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mais sincère, rac. Arulr. ir, t . Chez c«f nations violentes, rendre la justice n'était autre chose qu'accorder 1 celui qui avait fait une offense sa protection contre la vengeanc* de celui aui l'avait reçue, montesq. Bsp. iix, ao. Il [Socrate] était né violent; il est à présent le plus doux et le plus patient des hommes, baitiUl. Anaeh. ch. 7. || Il se (lit des choses au même sens. Quand, emportés par leur humeur violente, ils [les princes) ne gardent plus ni lois ni mesures, aoss. iteine d'Anglet. Vous dépendez ici d'une main violente Que le sang le plus cher rarement épouvante, tAC. Mithr. it, 1. Excuse les transports de ce cœur offensé ; Il est né violent, il aime, i! est blessé, tolt. Zaïre, m, 7. Il Substantivement. En style de spiritualité, les violents, ceux qui sont épris d'une extrême ardeur do dévotion. Notre Seigneur a dit que, depuis la venue de Jean-Baptiite.... le royaume de Dieu souffre violence, et que les violents le ravissent, pasc. Lelt. à U" de Roannet, 4. || 4* Où l'on emploie la violence. Les grâces pudiques de la reine Esther eurent un effet aussi salutaire, mais moins violent [que l'action de Judith], boss. Reine d'Angleterre. Les moyens violents ne conviennent point & la cause juste, I. J. noLss. Letl. de la Kont. ». |l Mort violente, mort causée par force, par accident, et non par une cause naturelle. ||6' Fig. Il exprime l'intensité, la force. On a de violents soupçons contre lui. Que n'ose et que ne peut l'amitié violente I LA FONT. Fabl. XII, <6. Il faut que la force du proverbe soit bien violente , s'il est bien vrai que vous ne soyez pas prophète en votre pays , sÉv. à Coulanges, 28 mai <696. Le» imes fortes ont des sentiments bien plus violents que les autres, quand elles sont tendres, volt. Ingénu, aO. Pour moi , j'ai des doutes violents, mais je les écarte, je me mets un bandeau sur les yeu», U). Amobed, 6- lettre. \\ Il se dit des personnes en un sens analogue. Il [Lavardin, l'cvéque du Mans] était connu pour un des plus violents esprits forts du siècle de Louis XIV, volt. Dict. phil. Ordination. || 8' Qui ne garde pas la mesure, en parlant du stylo. Celui [style] de Itousscau [Jean- Baptiste] me paraît inégal, recherché, plus violent que vif, et teint, si j'ose m'expriuier ainsi, de la bile qui le dévore, volt. Lett. en vers et en prose, 8. Il 7° Oui fait violence i un texte Que de violents correctifs ne faut-il point apporter i ses propositions [de Itusbroc, mystique] pour les rendre supportables ? boss. Et. d'orait. i, 5. |i 8* Fig. et familièrement. Qui sort de la mesure ; qui ne s« peut tolérer. La proposition est violente. Allons, des sièges ; holàl laquai.», laquais, laquais 1 en vérité, voilà qui est violent, de ne pouvoir pas avoir un laquais pour donner des sièges, mol. Comtesse, 4. l.e parallèle de monsieur le Prince et de M. de Turcnne est un peu violent; mais il [Bo»siiet] s'en excuse en niant que ce soit un parallèle, SÉV. (i Bussy. 25 avril (687. Vous m'avouerez que cela est violent, locution de la cour, Dg CAiLLiÈRES, 1690. M. Thciiiasseau : Un litdedamasl cela est violent, dancolbt. Vend. Surine, se. aa.

— HIST. XIV' s. Médecines corrosives cl violentes, II. DE MONDEVILLE, f» 92. || xv 8. Pou dure chose violente, B. desch. Poésies mis. (' 26o. Bon vin, fai moi raison d'une soif violente, Dont je suis au gosier très ardemment espris, basselin , vin. Il XVI' s. Mort violente, mont, i, 8I. Si la douleur est violente, elle est courte, ID. l, 304. J'ois impatiemment gémir un lièvre soubs les dents de mes chiens, quoyque ce soit un plaisir violent que la chasse, iD. ii, tao. Homme violent, cruel et insatiable de guerre, AMYOT, Agét. 6t.

— ÉTYM. Wallon, violain; provenç. violent; espagn. et ital. violenta; du lat.no/frUuï.demême radical que violare, violer.

VIOLENTÉ, ÉE (vi-o-lan-té, tée), part, passé de violenter. L'unité de jour n'a rien de violenté. CORN, lli'racl. Exam. Tout est violent et violenté dans vos affaires, tout est pressé, tout est nécessaire, SÉV. 15 févr. 1690.

VIOLENTER (vi-0-lan-té), c. a. || l' Faire faire par force. On l'a violenté pour quitter l'échafaud, CORN. Poly. m, 5. Et sans violenter et les corps et les âmes On ne peut vaincre le péché, id. Imit. i, 22. Je n'ai jamais cherché à violenter votre inclination, boursault, letl. nouv. t. n, p. <2i, dans pouoENS. De quoi se mêlent les théologiens de tyranniser les esprits, et d'exciter les prince» i employer la force pour violenter la croyanceT marmontel, Hém. viii. || Fig. Rien n'y est violenté [danscette pièce] par ies incommodilés de la roprcsenUtion, corn. Cinna, Sxam. || a* Se violoO'

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ter, ». réfl. Se faire violence. Mai» ce qui m'en déplaît et qui me désespère, C'est de perdre la sœur pour éviter le frère. Et me violenter à fuir ton entretien, Puisque te voir encor, c'est m'eiposer au sien, CORN, la Place roy. i, i.

— f.TYM. XVI* s. Ce qui l'avoit faict ainsi violenter [agir violemment] en sa charge, et renverser toutes le» anciennes ordonnances, carloix, v, «8. J'en avoi» fait serment; vfiiis je n'ai le pouvoir D'eslre seigneur de moi ; tant mon triste courage, Violenté d'amour et conduit par usage [habitude], Y reconduit mes pieds.... rons. Amours, liv. ii.

— f.TYM. Violent.

VIOLKR (vi-o-lé), V. o. || f Enfreindre, agir contre. Esdras, prêtre, se levant, leur dit : Vous avez violé la loi du Seigneur, et vous avez épousé des femmes étrangères, saci. Bible, Esdras, i, x, «0. C'est [ne pas faire rébellion contre les puissances établies] l'ordre de Jésus-Christ et la règle que les chrétiens n'ont jamais violée par aucun attentat, boss. 4* avert. 2. Il [Jovien] ne put consentir à aucune proposition do rupture, et ne voulut point violer la foi que le malheur du temps l'avait forcé de donner, flécii. Ilist. de Théodose, n, 6B. Je viole en un jour les droits des souverains. Ceux des ambassadeurs et tous ceux des humains, RAC. Andr. v, 4. J'ai violé l'amour conjugal, FÉN. Tél. XV. La religieuse crainte qu'avaient alors [dans le siège de Jérusalem par Titus] les Juifs de violer la loi, s'ils se défendaient le jour du sabbat, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. vu , p. 92, dans pouoENS. Ne nous rebutons point do ces remarques grammaticales; la langue no doit jamais être violée, VOLT. Comm. Corn. rem. Iléracl. i, l. Le prétexte manquait pour violer le serment.... le légat n'eut d'autre ressource que de persuader i Ladislas, aux chefs hongrois et aux Polonais, qu'on pouvait violer ses serments, m. ilceurt, 89. Ninon Lenclo» , qui gardait les dépôts religieusement, tandis que les plus graves personnages les violaient, m. Dict. phil. Enfer. L'analogie est ici violée, duff. Hist. anim. ch. 6. N'outragez pas ainsi la nature, ne violez pas la sainte hospitalité, I. J. Rouss. Lév. d'Éphr. n. Les successeurs de Jean sans Terre ne songèrent qu'à violer les deux chartes que la nécessité lui avait arrachées, CONDIL. Éludes hist. ii, s. Il [Destouches] s'était marié en Angleterre avec une personne aimable ; mais ce mariage exigeait alors le secret, et le secret fut violé, d'alemd. Élog. Destoxtches. \\ Violer un asile, violer les droits et les privilèges d'un asile. Il Violer une scpullure, la dégrader ou y fouiller dans des intentions coupables. Les jésuites persécutaient.... la mémoire do Pascal, Arnaud fugitif, les débris do Port-Royal détruit, et les cendres des morts dont on violait les sépultures, VOLT. Jf^l. litt. Avert. d'une éd. des Pens. de Pascal.[CherAca Grecs] cette vénération profonde pour les tombeaux, et les lois sévères contre ceux qui les violent, dartiiél. Anach. 8. || En un sens analogue et poétiquement, violer une porte, la franchir malgré les interdiction». Rien ne peut violer la porte inviolable , delille, Parad. perdu, ii. Il 2* Faire violence à une femme. Son fils Swctus [de Tarquin] , en violant Lucrèce, fit une chose qui a presque toujours fait chasser les tyrans d'une ville ou ils ont commandé, montesq. 7?om. (. Il fut prouvé qu'en brillant les bourgs de Menndol et de Cabrières, les exécuteurs violèrent jusqu'à des filles de huit à neuf ans entre les bras do leurs mères, VOLT. Hist. pari. t». || Absolument. Le» soldats pillèrent cl violèrent.

— MIST. XI* s. Los castels pris, les citez violées, (gh. de Roi. LIV. 11 viola le temple Salomon, ib. cxvn. Hzirs. Einsi fu sainte iglise bunie e violée; Ne matines, ne vespres, messe n'i fu chantée. Th. le mart. ua. Absalon ne parlad ne poi ncgrant à sun frère Amon ; kardo cuerle haïd pursa sururThamarqu'il out violée. Rois, p. los. || xiii*s. Se aucuns viole les murs de la cité por i mal fere, il doit eslre puniz l la volenté le roi, Liv. de just. Ob. Par mains péchiez te violas; Hais de coulpeen grâce volas. Quant Dieu te volt faire veiller Et repentir et traveiUer, I. DE MEUKO. TV. 880. || XIV S. Le premier homme viola le commandement, lanfranc, f" ). || xv* s. Et ardirent la ville, et violèrent l'abbaye, froiss. I, I, «îo. El cinq églises arscs cl violées, id. i, i, «79. Il XVI* ». EschaulTcz de la feslo, ils complottcrent d'aller violer une maison pudique, mont, i Ï45. Tout y fui passé au fil do l'esncc, femme» et fille» forcée» : une entre autres de laquelle la more ayant racheté par rançon la pudicité, le »oldat viola la fille et la foi, d'aub. Hitt. i, «ai).

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— ÉTYM. Prov. et esp. violar; it. violare; du lat. violare qui a mime radical que ^ia, force, violence.

VIOLKt; ETTE (vi-o-lè, lè-t'), adj. || 1* De couleur de la fleur qu'on nomme violette. Le rouge de garance et l'oxyde de fer déposés sur l'étoffe y déterminent la couleur violette, ciiaptal, Instit. Mém. seienc. t. m, p. «03. || violet rouge. Violet pâle, la teinte lilas. Violet foncé, le pourpre noir. Violet bleu, la teinte d'améthyste. || Fig. Voir des anges violets, se disait d'un coup reçu à la léte, qui cause (les éblouissemcnls. || Fig. Contes violets, des contes qui n'ont pas de vraisemblance, des chopes qu'on n'a vues que dans les éblouisscmenls. || Fig. Faire du feu violet, faire feu violet, se disait pour signifier ce qu'on nomme aujourd'hui feu de paille, c'est-à-dire témoigner en quelque chose une grande vivacité qui ne tarde pas à se démentir. || 2* 11 se dit de la coloration de la peau par le froid ou par la stagnation du sang. Par la faute du valet l'argent tomba sur la chaise, et de la chaise en bas; la Rappinière en devint toulviolet, SCAHR. Itom. com. i, 4. Je vois de petits polissons jouer sur la neige, violet<i, transis, et pouvant à peine remuer les doigts , ;. j. rouss. Ém. u. Il 3* Terme de physique. Rayon violet, ou, substantivement, le violet, une des sept couleurs primitives du spectre solaire, la dernière en commençant par le rouge. Scheele a démontré que le rayon violet était de tous les rayons de la lumière celui qui avait le plus d'action chimique; et Sennebieravu que ce rayon jouissait également plus que tous les autres de la propriété de développer la couleur verte dans les plantes, tiienard. Traité de chimie, t. i , p. o« , dans pougens. H 4* ÉcaiUeux violet, espèce de petit hanneton. Il 5* S. m. Le violet, couleur violette. Les rois de France porlaient le deuil en violet. Le violet clair et pur qui peint la queue do ce colibri, bl'ff. Ois. t. XI, p. 78. Il 6* Par dénigrement, un violet, un évoque, vêtu de violet. Il [le pape] doit posséder l'univers entier do droit divin, lui répondit un violet ; et même il a été un temps où ses prédécesseurs ont approché de la monarchie universelle, VOLT. Princ. Babijl. 9. ||7* Violet évêque, le papillon mirs ou iris changeant. || Violet d'évôque, espèce d'agaric. Violet pourpre, espèce de champignon qui se trouve sur les feuilles pourries

— HIST. XVI* s. La couleur naturelle de la partie est changée, à sçavoir jaune, violette, livide ou noire, paré, ix, 2.

— ÉTYM. Voy. violette.

t VlOLF.TEll (vi-o-le-té. Le I se double quand la syllabe qui suit est muette : je violette, je violottcrai), V. a. Terme de teinture. Donner une teinte violette. L'usage, actuellement si répandu, de l'outremer artificiel a engagé les fabricants de couleurs à violetcr la cendre bleue [sorte do couleur], ciiEVREUL, Acad. des se. Comptes rendus, t. LUI, p. 214.

VIOLETTE (vi-o-lè-f), S. f. || 1» Terme de botanique. Genre de la famille des violacées. || 2* Particulièrement. Petite fleur printanièro, d'une odeur agréable, d'une couleur mêlée de rouge et de bleu foncé, viola odorata, !.. Il y a des violettes blanches. Et la timide violette Se cache encor sous les gazons, j. B rouss. Cant. (8. L'humble violette qui, dans la forêt, croît au pied des grands arbres, dider. Cl. et Sér. ii, «2. Ainsi des violettes, sous des buissons épineux, exhalent au loin leurs doux parfums, quoiqu'on ne les voie pas, BERNARD. DE ST-p. Pouî et Virginie. \\ Fig. Elle [Mlle de Fontanges] est toujours languissante, mais si touchée de la grandeur, qu'il faut l'imaginer précisément contraire de cette petite violette qui se cachait sous l'herbe [Mlle de la Vallière], et qui était honteuse d'être maîtresse, d'être mère, d'être duchesse, sÉv. I" sept. ««HO. || Fleur de la violette. .Sachet de violettes. || Collectivement. De la violette, c'est-à-dire des violettes. Tant qu'il y a de la violette. || Violette de chien, viola cani'na, 1. 118* Fig. Les violettes, la teinte livide de la mort. Les violettes livides en ont chassé [du visage d'une femme morte] les roses, . j. ROUSS. Lév. d'Éphraïm, u. Les pâles violet! ^ de la mort se confondaient sur ses joues avec les roses de la pudeur, Bernard, de st-p. Paul et Virginie. || 4* Violette Incolore , pensés. || Violette mariane, et, par corruption, violette marine, la campanule i grosses fleurs, campanula médium. L'épithète mariane, changée en marine, vient de ce que cette plante a été appelée par Dodoens «t'ola j^ariana, uooaiunt. || Violette de la Chan-

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deleur, perce-neige. || La violette de» sjrcier», nom, en Normandie, de la petite pervenche. Il Violette du Pérou, bcUe-de-nuit. ||5*Uois de violette, sorte de bois de la couleur de la violette. Il 6* Variété de figue, de pêche et de pomme. Il 7* Genre de coquilles. || Une couleuvre. || Petite violette, papillon diurne.

— HIST. xn* s. Li nouviauz lanz et mai» et violeto, fouci, VI. Il xin* s. Car la biaulez de» bêles choses, Soient violctes ou roses, Sont en eux cl non pas o» dames, la Rose, 8930. |j xiv* s. Bien piert scsvioletlesquidevantciens[chiens] les rue, Baud. deSeb. iv, 1 17. || xv*s. Estoient les violettes au mois de janvier, bleues et jaunes, plus que l'année devant n'avoient esté en mars. Journal de l'aris sous Charles VI et VII, an «420. || xvi* s. Les violeltes produisent leurs Heurs bientôt après que les premiers des violiers [giroflées] ont paru ; ce qu'on les appelle de mars, vient de la France, oii devant ce moi5!-là n'en void-on que bien peu. — Violettes d'automne [pensées], o. de serres, 6T3.

— ÉTYM. Dimin. de l'ano. franc, uioie, violette, du lat. viola, violette (comparez le grec ïov, violette) ; bourguign. violôte; provenç. et espaga. vtoieta; ital. violetta.

t VIOLEUR (vi-o-lcur), ». m. Celui qui viole le» femmes.

— HIST. XIV* s Infractours ou violeurs de paix publique, Bibl. des ch. «871, p. 392. || xv s. Comme fracteurs et violeurs do paix, du cange, fraiterius. Feront telle et si hastivc justice des vyoleurs et mespreneurs en ce, Preuves sur le meurtre du duc de Bourg, p. 330, dans lacl'rne. ||ivi* s. Violeurs de filles et de femmes, carl. x, 9.

VIOLIER (vi-o-lié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des vi-o-lié-z en fleurs), s. m. Plante à fleurs jaunes qui vient sur les murs, dite aussi giroflée, cheiranihuî cheiri, L. Les marches étaient déjà couvertes de mousse ; le violicr jaune croissait entre leurs pierres déjointes et tremblantes, ciiateaudr. René. \\\io\ier d'été, la giroflée ([ua rantaine, cheiranthus annuus, i. || On appelle aussi violicr la giroflée des jardins, cheiranthus incanus, L.

— HIST. XV* s. Où a foison de violiers.... froiss. Espmelle. Il XVI* s. Parmi chardons et espineui halliers Naissent les fleurs des tendres violiers, AMYOT, Comment il faut ouir, I9. Violiers.... celte plante se plaist contre les murailles es vieille» mazures, où, s'cstant une fois attachée, difficilement l'en peut-on doscngcancer, o. db serres,

— ÉTYM. Dérivé de l'ioie, ancien nom de la violette (voy. ce mot); gcnev. vieulier, vieuliet.

t VIOLINE (vi-oli-n'), t. f. Terme de chimie. Base qui existe dans la violette. || On a donné aussi ce nom à un produit pourpre foncé résultant de l'action de l'acide sulfurique sur l'aniline.

t VIOLIXISTE, voy. VIOLONISTE.

t VIOLIQUE (vi-o-li-k'), adj. Terme de chimie. Acide violique, acide blanc, cristallin, extrait des I>ttales secs de violette.

t VIOLISTE (vi-o-li-sf), ». m. Celui qui joue de la viole.

VIOLON (vi-o-lon), ». m. || 1* Instrumeni de musique à quatre cordes accordées de quinte en quinte (sol, ré, la, mi), et dont on joue avec un archet. Les acteurs laissant le masque antique, Le violon tint lieu de chœur et de musique, boil. Art p. m. Un violon faux qui jure sous l'archet, n». Sat. ni. Lulli, qui n'avait point encore le privilège de l'opéra, fit la musique du ballet de Pourceaugnac; il y dansa, il y chanta, il y joua du violon, VOLT. Vie de Molière. Un grand chanteur est un être essentiellement nerveux; c'est le tempérament contraire qu'il faut pour bien jouer du violon, stendhal. Vie de Rossini , p. 200, éd. Michel Lévy. Ver» le xv siècle, il paraît qu'on réduisit en France la viole à de plus petites proportions, pour en former le violon tel qu'on le connaît aujourd'hui, et pour borner cet instrument à quatre cordes; ce qui peut faire croire que celte réforme se fit en France, c'est que te violon est indiqué dans les partitions italiennes de la fin du xvi* siècle sous le nom de petit violon à la française, fétis, la Uusique, n, «8. Le violon, destiné à l'exécution des parties aiguës les plus importantes de rinstrumenlalion, m. Manuel du compas, u, «.|| Violons d'auteur, violons des plus habiles facteurs, et qui se sont améliorés en vieillissant. || Symphonie de violon, concerto de violon, symphonie, concerto où le violon exécute la partie principale. || Un solo, un accompagne-

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ment de violon, un solo, un accompafjnemenl exécuté par le violon. || Donner les violons, donner une sérénade, payer les violons d'un bal. Le G*** (gouverneur] rao donna les violons, que je trouvai trfcs-bons, SKV. 157. C'est moi qui donne les violons dans ce canton des Champs Élysées, dan- COURT, Ffte du Cours, se. (6. || FiR. Se donner les violons, être content de soi, s'applaudir, se vanter. ||Fig. Se donner les violons, avoir les violons de quelque chose, en tirer vanité. Il est cruel pour nous d'être en but i la maudite intrigue de gens qui, peut-être sans faire des choses merveilleuses, veulent avoir les violons do tout, Corresp. de Klinglin, t. Il, p. 208. || Fig. Payer les violons, faire les frais d'une chose dont les autres ont tout le prolît, tout le plaisir. Je ne suis point d'humeur à payer les violons pour faire danser les autres, «OL. Comtesse, il. Nous verrons s'il me faut, avec ces scélérats, Payer les violons quand je ne danse pas, poisso.N, Les fous divert. dans leiioux, Dict. corn. On ne danse guère que dans la paix; il est vrai que vous avez fait payer les violons à quelques puissances voisines; mais c'est pour le bien commun et pour le vôtre, volt. Leit. aurai de l'r. 15 mai t74î. Il Fig. Il paye les violons et les autres dansent, ou les autres ont dansé et il a payé les violons, se dit quand quelqu'un fait les frais d'un divertissement où il a le moins de part. || On dit simplement aussi : Il a payé les violons. || Couteau manche violon, couteau dont le manche est en forme de manche do violon. || 2° Famille du violon; ce sont les violons, les altos, les violoncelles et les contre-basses, dont la forme est exactemeni semblable sous des dimensions très-différentes. La forme un peu bombée des deux tables, l'àme qui communique les vibrations do l'une à l'autre, la pression du chevalet, tout concourt à donner à ces instruments une sonorité, une puissance que n'ont pas les autres instruments à cordes. Les violons, violes et basses (comprenant les violoncelles €t contre-basses) sont restés et resteront toujours le fondement des orchestres, fbtis, la ilusiq. xvm. Il 3° Violon d'amour, violon ordinaire auquel on ajoute quatre cordes de laiton. || Violon harmonique, instrument d'invention récente. ||4* Celui qui fait professiou de jouer du violon. Ferme, ô violons de village! mol. l'récicus. 13. Qu'on fasse venir les violons du village, et que la journée finisse par desdanses, uakiv. l'Épreuve, se. 21. On fit entrer les violons, et l'on dansa, diuer. Lett. à mu Voland, I5 sept. (7C0. Ce violon fameux que nous devons entendre, boissy, Deh. tromp. m, 6. Paganini, le premier violon d'Italie et peut-être du monde, Stendhal, Vie de Ilossini, p. 200. Il ne faut pas entendre Paganini lorsqu'il cherche à lutter avec des violons du Nord dans de grands concertos, iD.t'b. p. 267. Il Fig. Toutes nos langues modernes sont sèches, pauvres et sans harmonie, en comparaison de celles qu'ont parlées nos premiers maîtres, les Grecs et les Romains; nous ne sommes que des violons de village, volt. Lett. Hme du Deffant, 49 mai )7S4. Il Fig. Premier violon, deuxième violon, violons jouant la première, la deuxième partie. {| Les vingt-quatre violons du roi, la grande bande de violons, sous Louis XIV et Louis XV. Quand le cardinal Mazaria fit venir chez nous J'opéra, nous n'avions que vingt-quatre violons discordants qui jouaient des sarabandes espagnoles, VOLT. Lett. Mme du Deffant, a aoiit 4 774. Il Anciennement, le roi de tous les violons, maîtres à danser et joueurs d'instruments, celui qui était à la tête de la communauté et qui la gouvernait avec les maîtres de la confrérie. Les aspirants devaient faire expérience devant le roi des violons. |) B" Jeu d'orgues de tuyaux à bouche, ouvert de deux pieds, qui sert d'unisson au principal. || 6° Prison contiguë à un corps de garde dans laquelle on dépose provisoirement des gens arrêtés le soir pour qu'ils y passent la nuit, en attendant que la justice prononce le lendemain matin si leur emprisonnement doit être ou non maintenu. Il fut mis au violon. || 7" Anciennement, homme de rien, mauvais sujet. Godeau : CoUetet, je vous trouve un gentil violon. — Colletet : Nous sommes tous égaux, étant fils d'Apollon, saint- ÉVHEMOND, les Académiciens, i, 2 Cet hommelà [le grand Corneille], malgré son Apollon, Fut naguère cité devant cette police Ainsi qu'un petit violon. Gazette rimée de Kobinet, citée par u. éd. rouRNiEH, dans son Paris démoli, 2« éd. 1856, p. 185. On roua avant-hier un violon, qui avait commencé la danse et la pillerie du papier timbré, eÉv. 2J9. Dans le» nouveaui dialogues on lui

donne un caractère aussi bas qu'au plus misérable 1 violon qui ait jamais été, fonten. Jugem. de l'iulon. Il II est comme les violons qui n'ont point de pire maison que la leur, se dit de celui qui n'est guère à sa maison. Il Sentir le violon, être sur le point de devenir misérable, oudin, Curios. franc. Il 8' Terme de marine. Poulie à violon, poulie dunt la caisse a quelque chose de la forme d'un violon. Il Se dit de bordages épais, placés do chaque c6té du beaupré pour le maintenir et découpéi en forme de violon. {] Violons, nom donné, sur les paquebots, aux cordes disposées parallèlement d'une extrémité de la table à l'autre, pour permettre aux assiettes, aux verres, aux bouteilles, etc. de se tenir sans trébucher malgré les mouvements du navire. || 9* Outil du treillageur, espèce de touret. Il Ustensile de chapelier. Il Terme de typographie. Longue galée sans coulisses pour mettre en pager. Il 10" Nom que les habitants de la Guyane ont quelquefois donné aux tatous || Proverbe. Du proverbe : sec comme rebcc, nous avons fiit : sec comme un violon, castil-ulaze, Molière musicien, t. I, p. 9.

— Hisr. XVI* s. Au son de la bourse, commencèrent tous les chats fourrés jouer des gryphcs, comme si fussent violons desmanchés, rab. v, (3. Riz [Rizzio], chantre, joueur de lut et fils d'un violon de Thurin, d'aub. Hist. i, 250.

— ÉTYM. Dérivé de viole ; provenç. violon; catal. violi ; espagn. violon ; ilal. violino. Quant à violon, prison, Génin, Récréât, t. i, p. 220, dit que, dans le xiv siècle, psaltérion, sorte d'instrument de musique, avait pris le sens de prison, parce que mettre au psaltérion, c'était mettre en pénitence pour chanter les psaumes avec le psaltérion, et que, le psaltérion ayant passé de mode, on y avait substitué le ut'oîon. D'autres ont dit que le tiolon était un local de la Conciergerie où l'on enfermait les perturbateurs pendant les audiences, en leur laissant la liberté de jouer du violon. M. Kastner, dans sa Parémiolngie, remarque que le psaltérion était un cep en bois où l'on passait les pieds des gens que l'on condamnait à cette punition : Robert le fournier, pour le soupçon d'avoir robe Colin le varlet, rompu sa huche, et y prins onze solz tournois, fut mis ou cep dit salterion dcsditos prisons, Lett. de rémiss. 1377. Il remarque en outre qu'on allemand Fiedel ou Geige, qui signifie violon, a aussi le sens du cep des anciennes prisons. Il en conclut que violon a été dit, à l'imitation des Allemands, pour cep, qu'il a remplacé le psaltérion, et que du sens de cep le violon a passé au sens du lieu où était le cep. C'est de ce sens de cep que violon a pris celui de mauvais sujet.

t VIOLOXAR (vi-o-lo-nar), s. m. Nom donné par Castil-Blaze à la contre-basse. Pour avoir un langage plus clair, plus logique et plus régulier, j'appelle violonar l'instrument désigné sous le nom do contre-basse, castil-blaze, Acad. imp. de mus. t. Il, p. 340.

VIOLONCELLE (vi-o-lon-sè-l', OU, en approchant de la prononciation italienne, vi-o-lon-chc-l'), t. m. Il i' Terme de musique. Instrument dit autrement basse, à quatre cordes accordées de quinte en quinte (ut, sol, ré, la], beaucoup plus grand et de même forme que le violon. Berthaud, né à Valenciennes, au commencement du zviii* siècle, doit être considéré comme le chef de l'école française du violoncelle, fètis, la Musiq. xviii. Rien n'est plus voluptueusement mélancolique et plus propre à bien rendre les thèmes tendres et langoureux, qu'une masse de violoncelles, jouant à l'unisson sur la chanterelle, h. berlioz. Grand traité d'instrum. p. 49. Le violoncelle est susceptible de produire de grands effets dans les solos comme dans Torchestre, fétis, la Musique, m, 20. || 2* Celui qui joue de cet instrument.

— f.TYM. Ital. violoncello, dérivé de tnolon.

t VI0L0NCF,LL1STE ( vi-o-lon-sè-li-st' ), s. m. Musicien qui joue du violoncelle. Franciscello, violoncelliste romain, fut le premier qui se rendit célèbre dans l'exécution des solos, fétis, la Musique, ivni.

t VIOLONET (vi-o-lo-né), t. m. Nom donné par Castil-Blaze à un instrument à cordes et à archet inventé par M. Battanchou, artiste de l'Opéra, et tenant le milieu entre l'alto et lo violoncello.

VIOLONISTE (vi-o-lo-ni-sf), S. m. et f. Artiste qui joue du violon. Un des premiers violonistes de Paris. Cette dame est une excellente violoniste. Tout violoniste peut jouer de la viole [alto], fétis, la Musigue, xvm. || On dit aussi violiniste. Lorsqu'un violiniste démanche, sa main change de

position sur toutes les cordes, comme sur la cbaoterelle, féti.s. Manuel des compoiit. li, t.

t VIONNIER (vi-o-nié), ». m. Cépage du département du niiône ; il sert i faire, avec la serine, le vin rouge de Côte-Rôtie.

VIORNE (vi-or-n"), i. f. Terme de boUniqae. Genre de la famille des capri foliacées. || ParticulitTemont, arbrisseau dit aussi bardeau, It (leur* blanches, qui porte des baies d'un beau rouge réunies par bouquets. Un antre plus hanlé d-^s démons que des hommes, Qu'une riorne épaiisï enclôt tout à l'entour, c'est de ce lieui devin l'ordinaire séjour, racan, Berg. Lycidas, l, iv Il t' Viorne des pauvres, la clématite des baies. Il Clématite-viorne, espèce de clématite.

— REM. L'Académie donne à viorne le genre féminin; mais i obier elle dit : l'obier est un vis-ae. L'usage des botanistes est pour le masculin.

— HIST. XVI' s. Prenez l'intérieur de l'escorce de viorne, paré, xxi, î».

— F.TYM. Berry, viborne ; du lat. tiburnum.

t VIOTE (vio-t'), I. f. Autre forme do vclle, sorte de jauge. Que lesdites pièces de vin soient jaugées.... avec la viote,tout ainsi qu'il se pratique dans les autres endroits. Bail Saunier, 9 juin («T».

t VIOULTE (vioul-f), t. f. Voy. ébïtiiroxe.

VIpEuk (vi-pè-r^, t. f. Il l* Terme de zoologie. Genre de reptiles ophidiens, dont les espèces sont non pas vivipares, mais ovo-viviparcs. Fontana, de Florence, prouve que la liqueur vénéneuse de» vipères sort du trou de deux dents, sennebier. Est. art d'obs. t. m, p. 60, dans pougens. |1 On y distingue la vipère commune, dite vulgairement vipère, appelée aspic dans plusieurs cantons de la France, et dont une variété est la vipère grise. Pour U morsure de la vipère on en prend [de l'alcali volatil] depuis cinq jusqu'à dix gouttes, dans un peu de vin, d'heure en heure, pour exciter une sueur abondante, genlis. Maison rust. t. ii, p. 2lii, dans pouOENS. Il La vipère cherséc, dite aussi petite vipère, vipère rouge en Suisse, et qui porte le nom (l'i-rsping en Suède; c'est une variété de cette espèce qu'on appelle vipère noire. || La vipère céraste, nommée vulgairement céraste et aussi serpent cornu. Elle est appelée en égyptien aeg. i| La vipère haje, commune en Égjpto et que l'on croi» être l'aspic de Cléopatrc, lf.gûarant. 1! 2* L'ancienne pharmacie avait diverses préparations de vipère. .Mme de la Fayette prend des bouillons de vipères, qui lui redonnent une i.^le et lui donnent des forces à vue d'œil, sét. 20 ocl. 4 679. On prétend qu'on a vu une lettre de vous i l'impératrice de Russie, dans laquelle vous disiez : La France ressemble à une vipère, tout en est bon hors la tête, volt. Lett. d'Alcmbert, 8 juill. 1765. La tête de la vipère, desséchée, devait combattre tous les venins et particulièrement celui de l'animal même, FOURCHOT, Conn. ehim. t. x, p. 319. ||3' Fig Personne méchante, aussi dangereuse que l'est une vipère. Dans toutes les fureurs des siècles de te» pères. Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien, Que l'inhumanité de ces cœurs de vipères Ne renouvelle au tien? malh. h, t2. Serpent couvert de lleurs, dangereuse vipère. Jeune fille.... tristan, Jfarianne, v, t . Heureuse contrée [les pays protestants] où l'hérétique est en repos aussi bien que l'orthodoxe, où l'on conserve ces vipères comme les colombes et le» animaux Innocents.... boss. Déf Hist. variât. 3. || Langue de vipère, ou, simplement, vipère, personne fort médisante. Ahl je t'arracherai ta langue de vipère, regnard. Fol amour, ii, ♦. Ma maîtresse pauvret qui vous a dit cela, langue de vipère ? ma maîtresse est très-riche, VOLT. Écoss. I, 4. Il 4' Vipère fer de lance, un trigonocéphale. || 6' Vipère marine, plusieurs poisson».

— REM. Au XVII* siècle, et même au commencement du XVIII*, le genre de vipère n'était pas fixé; quelques-uns le faisaient masculin : La patrie, indulgente mère. Ouvre son sein i ce vipère, LAorange-chancel, I" Philippiqfte. Aujourd'hui il est toujours féminin, excepté dan» le» patois, qui ont conservé le» deux genres.

— lUST. XIII* s. Vipre est une manière de serpent.... brum. latini. Trésor, p. 494.|lx:v*s. Philotecles qui avoit esté mors d'un serpent appelle vipère, oresme, Éth. 2IO.|livi* g. Ainsi qu'aspicx et venimeux visperes, De vos gueulles vomissex improperes, J. marot, v, 285. Il y entra do la chair de vipère, qui est un serpent venimeux, paré,

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