ID. VI
— ÊTYM. Génev. raréfier; prov. et espagn. rareficar; ital. rarificar ; du lat. rarus, rare, exfacere, faire.
RAREMENT (ra-re-man), adv. Peu souvent. Qui veut mourir ou vaincre est vaincu rarement, corn. Hor. u, 1. Les événements plus rares qui nous étonnent, sont-ils moins dans la nature, parcequ'ils arrivent rarement et que nous en ignorons la cause ? DDMARS. Œuv. t. v, p. 370. Les grands, les gens en place ont des intérêts, et rarement des opinions, coNDORCET, Vie de Voltaire. \\ Il peul se mettre en tète d'un membre de phrase. Rarement l'amitié désarme sa colère, hac Mithr. i, 5. Rarement les Anglais haïssent sans conspirer, volt. Uœurt, <I5. Il En ce cas on met quelquefois le sujet après le verbe, i|uand le sujet est un pronom. Trop occupés à multiplier les fonctions de nos sens, rarement faisons-nous usage de ce sens intérieur qui sépare de nous tout ce qui n'en est pas, buff. De l'homme.
— HlST. ivi' S. Le millet de Turquie veut estre semé rarement, un grain loin d'autre, o. de serres, tio.
— ÉTYM. Rare, et le suffixe ment; Berry, ralement, rasemi'nt; provenç. rarament; espagn. et ital. raramente.
t RARESCENCE (ra-rè-ssan-s'), s. f. Terme didactique. État de ce qui est raréfié.
— ÉTYM. Voy. RARF.SCENT.
tRARESCENT, ENTE (ra-rè-ssan, ssan-t'), adj. Terme didactique. Qui se raréfie.
— RTYM. Lat. rarescere, de rarus, rare.
t BARESCIHILITÉ (ra-rè-ssi-bi-li-té), s. f. Propriété par laquelle les corps sont susceptibles d'occuper un plus grand espace.
— ETYM. Voy. RARESClirlT.
fKARESCIBLE (ra-rè-ssi-bl') , adj. Qui est doué de rarescibiUté.
RARETÉ (rare-té), s. f.\\i' Petit nombre, petite quantité, par opposition à abondance La rareté de l'argent. La rareté des hommes après une longue guerre. I^ rareté des orateurs. La rareté de la pluie. Il 8" Qualité d'un objet qui ne se trouve pas souvent, qui n'est pas commun. Ce petit nombre d'élus, chéri de Dieu pour son innocence et remarquable par la rareté d'un don si exquis, Boss. Ifar.- Thér. La rareté d'une chose sans aucune espèce d'utilité ne peut mériter d'estime, uuclos, Consid. moeurs, I6. \\ Chose rare. Je sui^ravi de te voir [Néron], tu es une rareté ; on a voulu nie donner de la jalousie contre toi en m'assurant que tu m'as surpassé | moi, Caligula) en prodiges, fén. t.xix.p. 324 Quand ies petits Savoyards montrèient pour la première fois la rareté, la curiosité, rien n'était plus rare en efl'et; c'était un chef-d'œuvre d'optique in venté, dit-on, par Kircher, volt. Dict. phil. Bare. Il II se dit aussi lie ce qui n'arrive pas souvent. C'est une rareté de vous voir. Ce n'est pas une ra-
DICT. DS LA I.ANaUB FRANÇAISE.
reté que de rencontrer... C'est un des avantages que les méchantes personnes ont sur celles qui ne le sont pas, que toutes les bontés qu'elles ont sont beaucoup mieux reçues, et qu'il semble que la rareté donne encore quelque pri.x à l'action, voit. iMt. 30. Il Par extension et faniilièreinent. Vous êtes, vous devenez d'une grande rareté, on ne vous voit plus que très-rarement. || Pour la rareté du fait, pour la singularité de la choe. Je veux bien t'écouter pour la raieté du fait, mol. Princ. d'Él. interm. m, 2. Il laut, pour la rareté du fait, vous le pardonner, maintenon, Lett. à it. d'Aubigné, IB mars 4693. Il Par rareté, comme une rareté (locution vieillie). On fallait voir par rareté, la font. Matrone. 11 [un tour de perles] vient de l'ambassadeur de Venise, notre défunt voisin, qui en donnait par rareté, sÉv. 9 mars (672. || 3° Àuplur. Objets rares et curieux. Cent raretés à voir. || 5° Terme de physique. État rare, opposé à densité. La nature n'a point fait l'homme pour ces hautes régions; le froid et la rareté de l'air ''in écartent, saussure, Voy. Alpes, t. vil, p. 342, dans podoens. Il est nécessaire que le ressort du fluide atmosphériquediminue.dans un plus grand rapport que le poids qui le comprime, et qu'il existe un état de rareté, dans lequel ce fluide soit sans ressort, laplace. Expos, iv, lo.
— HIST. XVI' s. Bref, ingrate, j'eslois tant tien, Que je mettois mon plus grand bien X te peindre en ma fantaisie Pleine de tant de rareté/., Que mesme les divinitez S'en esmouvoient de jalousie, dÉspob- TES, Diverses amours, xxi, Ode. La rarité du cuir de la face.... paré, Introd. )8.
— ÊTYM. Provenç. raritat, raretat; espagn. ran'dad;, ital. rarità; du lat. raritatem, de rarus, rare.
t RARIKEUILLÊ. ÉE (ra-ri-feullé, liée, Il mouillées), adj. Terme de botanique. Qui a peu de feuilles.
— ÉTYM. Lat. rarus, rare, et feuille.
t RARIFLORE (ra-ri-flo-r'), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs sont peu nombreuses,
— ÉTYM. Lat. rarus, rare, et fleur.
RARISSIME (ra-ri-ssi-m'), adj. Terme familier.
Très-rare. Vous êtes devenu Arissime. Médaille rarissime.
— ÉTYM. Lat. rarissimus, superlatif de rarus, rare.
.*. RAS, RASE (râ, râ-z'), adj. || 1° Tondu de près, coupé jusqu'à la peau. Une barbe rase. Ils sont tellement accoutumés en Italie à la cabale des moines, qu'à peine peuvent-ils rien faire ou entreprendre sans le ministère de quelque tête rase, gui PATIN, Lett. t. Il, p. 200. Il y a près d'elle [dans un tableau] une vieille femme ou peut-être un eunuque, la tête rase, didebot, Lett. Falconet, mai 1768. Il Adverbialement. Tondre ras. Couper ras. Tondre ras une chienne. || 2° Qui a le poil fort court. Les chevaux des pays chauds ont le poil plus ras que les autres. Elle [la nature] est encore venue au secours des animaux en les couvrant de robes à poil ras, bern. de st-p. Étude v. ||3° U se dit de la peau, du cuir qui est sans poil. Il [l'éléphant] n'est pas revêtu de poil comme les autres quadrupèdes, la peau est tout à fait rase, buff. Quadrup. t. IV, p. -276. Il 4° Par extension, rase campagne, campagne fort unie, où il n'y a ni éminences, ni vallées, ni bois, ni rivières. Les Assyriens s'étaient campés en rase campagne, et , selon leur coutume, que les Komains imitèrent depuis, ils avaient epvironné et fortifié leur camp d'un large fossé, ROLLiN, Hist. anc. Œuvr. t. ii, p. )73, dans pougens. Urbain II tint vers Plaisance un concile en rase campagne, où se trouvèrent plus de trente mille séculiers, outre les ecclésiastiques, volt. Mœurs, 64. |{ 5° Table rase, voy. table. || 6° Mesure rase, mesura remplie de manière que le contenu n'excède pas les bords. Des douze futailles, six sont mesurées comble, et les six autres rases, genlis, Maison rust. t. i , p. 3( , dans pougens. || Verser du vin à ras de bord, emplir le verre jusqu'au bord. Il 7° Terme de marine Bâtiment ras, bâtiment qui est moins élevé au-dessus de l'eau que ceux de son espèce. Il Bâtiment rjus comme un ponton, bâtiment quva perdu tous ses mâts. || 8° Au ras, à ras, loc. adv.. .\a niveau de. Au ras de l'eau. Au ras l'eau. Madame d'Heudicourtétait auprès du roisurun petit siège tout bas et presque au ras de terre, st-?im. 97, 26. Il Être mis au ras, se dit chez le bœuf, quand le bord des incisives caduques se nivelle. || 9" S. m. Ras, étoffe croisée et unie, dont le poil ne paraît pas. Sa seule robe en pierrerie Valait plus d'une métairie; Elle était de ras de Châlons, scarron, Virg. IT. Ras ou rases, ras drapés, rases dites de
seigneur, doubles croisées, blanches et mêlées, Tabl. annexé aux lett. patent, du is sept. <780, Aueh. Il 10° Ras, filière par laquelle on fait passer le lingot qui sort de l'argue. Le tireur d'or les fait passer par trois différentes filières, dont la première s'appelle ras, la 2» précaton ou prégaton,et la dernière fer à tirer..,, l'opération du ras se nomme le dégrossi du trait.... Dict. des arts et met. Tireur d'or. || 11° Ra» de métal, extrémité de la tulipe d'uneobouche à feu.
— HIST. XVI" s. On ha desmoly et abbattu plusda deuz cens maisons, et troys ou quatre ecclises raz terre, rab. Ép. s. Du demeurant, avoyent la barbe rase et piedz ferratz, iD. Pant. v, 37. Des chappeaulx, les ungz sont raz, les autres à poils, id i, 1 3. Porter la teste et la barbe rase, mont, m, 92, Une camfiagne rase et unie, amyot, P. /Em. 27. Les gregues et provensalles ne sont venues en usaige que depuis que les bas de soye, raz de Millau et d'estame ont eu le cours et la vogue en ce royaume, carl. iv, 27. Vouloir prendre un homme ras par les cheveux, cotghavb.
— ÉTYM. Prov. ras; ital. rasa, du lat rasus, de radere, raser.
\2. RAS ou RAT (ra), s. m. Terme de marine. Ras de carène, ou simplement ras, nom du plancher flottant dont on se sert pour calfater, nettoyer et chauffer les carènes des navires. Le feu qui a pris à un ras à calfater qui était proche du Pompeux, Seignelay à de la Cornière, 4 déc. 1 678, dans jal:
— ÉTYM. Ancien français rat, radeau, qui vient du latin r'atis (voy. radeau). D'après l'étymologie, rat est la meilleure orthographe.