‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 26 sur 754 · RAS (râ), s. m. Ras de marée, voy. raz · texte numérisé non relu

RAS (râ), s. m. Ras de marée, voy. raz

RASADE (ra-za-d'), s. f. Vase rempli jusqu^ui bords. J'ai bien bu cette nuit> et, sans fanfaronnades, X votre intention j'ai vidé cent rasades, regnard, le Ûistr. m, 2. Cinq ou six rasades aplanissent bien des difficultés , destouch. Fausse Agnès, ii, 9. Dès qu'elle eut vidé sa tasse (et c'en était une), je la remplis d'une rasade de vin pur, HAHiv. Pays. part), i' part. Mais à sa table un financier Me verse-t-il rasade, bérang. El. de la rich.

— ÊTYM. Raser.

t RASAL (ra-zal), v. n. Sur le canal du Midi, pièce de bois de 12 à 14 mètres de longueur.

RASANT, ANTE (ra-zan, zan-t'), adj. \\ 1° Terme de fortification. Flanc rasant, ligne rasante, endroit de la courtine ou du flanc, d'où les coups que l'on tire rasent la face du bastion opposé, et vont le long de cette face. || Feu rasant, cdups de canon tirés dans la direction d'une ligne de défense rasante. 112° Il se dit aussi des défenses (jui s'élèvent peu au-dessus du sol. Les foriificaiions hautes et menaçantes n'en étaient que plus exposées à être foudroyées par l'artillerie; plus il [Vauban] les rendit rasantes, moins elles étaient en pri>e, volt. Louis XIV, 8. Il Terme d'artillerie. Tir rasant, tir horizontal Il 3° Terme de paysage. Vue rasante, vue qui s'étend à proximité sur un pays uni. 1] 4° Qui rase la terre. Ses petits vols courts et rasants [du macareux], buff. Ois. t.xviii, p. 33.

t RASCETTE (ra-sè-f), s. f. Nom, en chiromancie, d'une partie de la main où quelques lignes se trouvent disposées transversaUment. || On trouve aussi écrit rassette : Voie de lait, c'est une petite ligne qui prend du côté des rassetles, et monte vers le petit doigt de la main , thicasse, 5" chap. de la chiromancie.

— ÊTVM. C'est l'ancien français racheté, paume de la main, (voy. raquette (, â l'historique).

t t. RASE (ra-z'), s. f. Sorte d'ancienne étoffe, voy, ras 1, n° 9.

t 2. RASE (ra-z"), s. f. Terme de marine. Composition de résine, de soufre, de verre pilé et d'huile de baleine dont on enduit la carène des vaisseaux .pour la préserver des vers. U faudra aussi, dès que l'hiver sera venu et que la saison ne permettra pas que les éalères sortent souvent du port, leur donner la rase, Correspond, de Colbert, m, », »*

— ÉTYM. Lat. rasis, poix.

RASE, ÉE (ra-zé, zée), part, passé de rasei. Il 1° Dont le poil est coupé tout près de la peau. Les nègres se rasent la tête par figures, tantôt en étoiles, tantôt à la façon des religieux, et plus communément encore par bandes alternatives, en laissant autant de plein que de rasé, buff. Hist. nat. hom. t. iv, p. 308. Il Dont la barbe est faite. Je vous dirai une nouvelle la plus grande et la plus extraordinaire que vous puissiez apprendre, c'est que monsieur le Prince fit faire hier sa barbe ; il était rasé : ce n'est point une illusion, ni de ces choses qu'on dit en l'air, c'est une vérité ; toute la cour en fut' témoin, sÉv. 4 7 janv. «880. Il Fig. et populairement. Ruiné, sans

O. — ise

RAS

RAS

RAS

ressources. Celui qui est rasé, comme on dit en argot de l'endroit, quitte dise rèlement sa place, les mains dansses goussets vides, th. Gautier, Feuilleton du Moniteur universel, J juin )867.||a« Démoli à ras terre. La ville [TbèbesJ fut rasée : Alexandre ne conserva que la maison des prêtres et celle de Pindare, condil. Hist. anc. ii, lO. {| 3» Se dit d'un navire qui a perdu tous ses mâts par un mauvais temps ou dans un combat. Il 4° Terme de vétérinaire. Oui a éprouvé le rasement. || 6° Terme de chasse. Perdrix rasée, faisan rasé, perdrix, faisan, qui s'étend à ras terre pour n'être pas vu.

t RASÈLE (ra-zè-1*), r. f. Voy. tribule.

RASEMENT (ra-ze-man),*. f. || 1° Action de raser, de couper la barbe, les cheveux. Le rasement des personnages politiques se pratiquait souvent dans le Ittoyen âge. || 2° Action de raser une fortification, une place, un édifice ; résultat de cette action. Le rasement des bâtiments de Pon- Royal, le vinlement des sépulcres excitèrent l'indignation publique, stsiMON, 4<6, 22(. Il 3" Terme de vétérinaire. Usure progressive des incisives du cheval, qui fait disparaître la cavité du cul-de-sac externe de ces dents; quand cette cavité est effacée, on ne peut plus reconnaître l'âge. Il Se dit aussi du bœuf.

— HIST. XVI' s. Ledit avocat se laissa corrompre, •t conclut au rasement de Maillezais et de Doignon, d'aub. Vie, cxxïiu. Servira tel razementà faire renaistre le poil, o. de serres, V70.

— ÉTYM. Raser.

RASER (ra-zé), v. a. || 1° Couper le poil tout près de la peau. Raser la tête. Ils ne se rasent jamais le menton. Une des plus difficiles entreprises du fondateur [le czar Pierre I"] fut d'accourcir les robes, et de faire raser les barbes de son peuple; ce fut là l'objet des plus grands murmures, volt. Russie, Anecdotes. || Absolument, raser se dit pour raser la tète, en parlant des personnages politiques qu'au moyen âge on enfermait dans les couvents. Après cette réponse favorable [du pape]. Pépin fut sacré roi à Soissons par le» évêques, avec le suffrage unanime des grands et du peuple, et Childéric rasé et mis dans un monastère, dumars. Œuv. t. vu, p. 121. Les vainqueurs se contentèrent de faire raser l'impératrice, de la mettre en prison en Lombardie.... volt. Mœurs, 23. || Familièrement. Ruiner, anéantir. Toute.s ces belles espérances ont été rasées par une dyssenterie, ooi patin, Nouv. lett. 1. 1, p. (69, dans pougens. lia- Il se dit particulièrement de la barba, et alors il se dit sans le mot barbe. Que le prédicateur vienne à paraître; si... et que son barbier l'ait mal rasé, pasc. Pens. m, 3, éd. HAVKT. Il sollicitait l'autre jour à Rennes avec une grande barbe; quelqu'un lui demanda pourquoi il ne se faisait point raser.... sEv. as. || Absolument. Un perruquier qui rase bien. Ce rasoir, rase mal. Il 3° Abattre, démolir une construction rez terre. Si vous ne me remettez Judas lié entre les mains, je raserai jusqu'en terre ce temple de Dieu, sali, Bible, Machab. a, u, 33. Rien ne fut plus capable de flatter ce peuple [romain] que la promptitude avec laquelle le consul Publicola fit raser dans une nuit sa maison, sur quelques murmures qu'on faisait contre sa situation élevée, roliin. Traité des Et. v, m, 2. Il On dit de même : raser une place. On lui impose [au landgrave de Hesse] pour condition de venir embrasser les genoux de l'empereur, de raser toutes ses forteresses, à la réserve de Cassel ou de Ziegenheira,... volt. Ann. Emp. Charles- Quint, 1547. Il 4" Il se dit du canon qui démolit les parties supérieures d'une fortification. Ceux qui raisonnent croient communément qu'on sera sur la contrescarpe la nuit du samedi au dimanche, après avoir rasé avec le canon une partie des ouvrages, PELLissON, Lett. hist. t. m, p. ». || Terme de marine. Raser un navire, lui enlever une certaine partie de ses œuvres mortes pour l'allégar. Il Lui abattre ses mâts ilans un combat. || 5° Passer tout auprès. Harlay rasait toujours les murailles pour se faire place avec plus de bruit, st-sim. (7, 198. Il [Cassini] avaitpris ses mesures si justes, que la méridienne alla raser, les deux dangereuses colonnes qui avaient pensé faire tout manquer, font. Cassini. Je les y menai en rasant la muraille,

MARiv. Pays. parv. &• part Une lame de couteau

ou de verre dont la pointe est rasée par les rayons du soleil dans une chambre obscure; on sait que les rayons s'infléchissent, se portent vers cette lame.... volt. Nat. du feu. \, 4. Les rayons du soleil levant rasaient déjà les plaines, j, ). rouss. Ém. iv. D'abord un bruit léger rasant le sol de la terre comme l'hirondelle avant l'orage, beaumarch. Barb. de Sév. u, 8. Il Raser la c6te, naviguer le long de la

côte. Montons sur ma tiarque légère. Que ma main guide san.s efforts, Ct de ce golfe solitaire Rasons timidement les bords, lauart. Médit, i, 24. {[ n'ig. Raser la terre, se tenir dans une condition humble et retirée. Je ne fais que raser la terre, et je m'en console, caraccioli, t.eit. recréai, et mnr. t. i, p. 27, dans POUGhNS. || 6" Passer toutauprés avec rapidité. Ce cocher a rasé la borne. La b*ile du joueur a rasé la corde. Une balle lui rasa le visage, et, familièrement, lui rasala,moustache. [Mercure] Vient, rasant le bord lybien, Fondre où le prince phrygien. Avec Didon d'amour ravie, Menait une fort laide vie, SCARR. Virg. iv. Boi rude fuit le coup: le volume effroyable Lui rase le visage, bOil. Lutr. v. Sur l'herbe tendre elles formaient leurs pas. Rasant la terre et ne la touchant pas, volt. Ce qui plaît, etc. Les hirondelles qui rasent la terre annoncent la pluie, iD. IHet. phil. Augure. Je demande s'il n'est pas probable qu'il tombe de temps à autre des comètes dans le soleil, puisque celle de (680 en a, pour ainsi dire, rasé la surface, bufp. (" ép. nat. Œuv. t. s», p. 7.9. [Un oiseau qui] Base tantôt la rive et tantôt les prairies, delille, En. xii. || Terme de fauconuerie. Raser l'air, se dit de l'oiseau qui plane. L'herbe l'aurait portée ; une fleur n'aurait pas Reçu l'empreinte de ses pas; Elle semblait raser les airs, à la manière Que les dieux m.jrchent dans Hoinère, la font. Pnés. tnêl. Lxv. {j 7" Terme de manège. On dit qu'un cheval rase le~ tapis, lorsque, dans ses allures, il ne relève pas assez les pieds et semble glisser à la surface du sol. {{ 8" Terme de métallurgie. Faire ra-er la tuyère dans un fourneau, en diminuer l'inclinaison. || 9° Dans l'argot des artistes actuels, raser, contraindre quelqu'un à vous écouter en lui tenant des discours ennuyeux ; la métaphore est prise du barbier qui vous tient dans son fauteuil et vous force d'entendre ses bavardages pendant qu'il opère. || 10° V. n. En teimes de vétérinaire, on dit qu'un cheval rase ou a rasé, lorsque la cavité de ses incisives s'efface ou est déjà effacée; alors on ne pe it plus connaître son âge à ses dents. || 11° Se raser, v. réft. Se faire la barbe. Savoir se raser. Scipion Êmilien fut le premier romain qui se rasa tollç les jours, pastoret, Inst. Méip. hisl. et litt. anc. t. m, p.x334. || Il signifie quelquefois se faire raser. U se rase rarement. Quand voulez-vous vous raser? Je ne veux me raser que demain. || 12° Terme de chasse. Se raser, se dit du gibier qui s'étend à ras le sol pour n'être pas vu. Il II se dit d'une semblable attitude chez tout animal. Il [le tigre] avait pris l'attitude que les chasseurs de tigres et de panthères appelleitt se raser; il était resté immobile sous les branches, les yeux fixés sur son ennemi, et le corps aplati contre terre, ANAÏs sf.GALAs, Feuilleton de l'Éclio d'Oran, du ta mai (867. Il 13° En termes de construction de chemin de fer, se raser, suivre le niveau du sol. Quand on se rase au niveau des vallées, on ne trouve certainement ni tunnel, ni viaduc à faire, Moniteur upiversel, 5 juin (868, p. 776, 4« col. || Proverbe. Un barbier rase l'autre, se dit de gens qui se snutennent et se louent réciproquement.

— HiST. xu" s. Cil rasarentlor barbes. Job, p. 4*6. Il i out mis du feu tout rasé un tonel [un tonneau plein de feu à ras] ; Les douves sont emprises, si rompent li cercel, Sax. ix. Moût [ils] ont lOr ennemis rasez etdamagiez; Moutferirent bien tuit[tousJ de bonne volenié, Rou, ms. p. 6h, dans lacubne. Il-xiii" s. Le fort haiibert [il] lui dessartit, L'espée lui rase au cosié. Si que du cuir lui a osté, Bl. et Jeh. 4t5(.||xiv* s. [X] ung chevallier [il] donna De l'espée telcop que le bras ly rasa, Hugues f'apet, v. 3799. Sire, dit un bouijois, qu'on nommoit lolomer, Avez-vous si tost fait telle ville raser? Guescl. 2(416. Il XV* s. De venir les queues [tonneaux] raser [racler], e. desch. Poésies mss. f° 474. Et fit razer toutes les tours et murailles, comm. ii, i. Le suppliant, pour doute que icellui Jouel ne lui fist pis, se rasa de lui [se rangea], et sacha son espée du fourreau, du cange, rasare. \\ xvi' s. Et ne convient que le los on me rase [enlever, faire perdre]. D'avoir passé le haut mont de Caucase, marot, iv, 129. Aultrement le coup, qui ne lui raza que le dessus de la teste... mont, i, 60 On leur rasoit les cheveux, on les faisoit aller deschau», amyot, ij/c. 34. Eu parlant des venus royales, il met ceste-ci au nombre, de ra>er les meschans de la terre, calv. Inttxt. 1(99. Lansac faisant lever ses ancres' fit contenance de descendre en Ré, et en rasant l'isle.... d'aub. Hist. II, 491.

— ËTYM. Ras (; wallon, re;;^. Radere avait donné raire.

tRASETTE (ra-zè-f), ». f. Terme d'org«niste

Fil de fer qui sert à accorder les jeux d'anche, en haussant ou en baissant les tons.

t RASEUR (ra-zeur), s. m. Employé de la gabelle dont l'office était de raser les mesures de sel.

KASIBUS (ra-zi-bu), prép. Terme populaire. Tout contre, tout près. La balle me passa rasibus de l'oreille, champmeslé, le Parisien, iv, 2.

— HIST. xv 8. Comme il passoit rasibus du chastel, cohm. i, 4. || xvi* s. 11 prend son arc et sa flesche, et vous descoche rasibus l'image du saint, DESPER. Contes, cxxiv. Il a demoly son chasteau rasibus de terre, palsgr. p. 522.

— ETYM. Ras (, avec une désinence latine.

t RASIËRE (ra-ziè-r'), s. f. Ancienne mesure de capacité employée à Lille, en Picardie, en Normandie, pour le grain, les fruits, le charbon, etc. ; elle valait 70 litres (4 centilitres. Sa Majesté a pareillement modéré les droits d'entrée de la waghe et perée de gros charbons de houille, à 2 sols, et de la rasière du petit charbon mesure de l'isle, à 3 sols. Arrêt du Conseil d'État, 34 juillet (669 (Flandre).

— HIST. xiv s. X Jehan de Lille le carbenier, pour XLi rasiere de carbon de bos, CAFPiAtnt, Rigenced'Aubert de Bavière, p. 37.

— ËT/M. Ras t, ainsi dite parce qu'on y mesurait les grains à ras.

RASOIR (ra-zoir),î.m. || 1° Instrument d'acier qui a le tranchant très-fin, et avec lequel on rase la barbe, les cheveux. Vous enfanterez un fils, sur la tête duquel le rasoir ne passera point, SitCi, Juges, xiii, S. En supposant l'acier très-dur, le premier degré de recuit, celui qui est propre aux rasoirs, canifs, burins, lui donne la couleur paille, al. bhongniart, Traité de min. t. 11, p. 3»i, dans pougens. || Couper comme un rasoir, couper très bien. || Pierre à rasoir, espèce de pierre sur laquelle on passe les rasoirs pour les rendre plus coupants. On trouve de ces pierres à rasoir dans presque toutes les carrières dont on tire l'ardoise, buff. Min. t. vu, p. (44. Il Cuir à rasoir, cuir préparé sur lequel on '' passe les rasoirs pour en refaire le fil. |{ Fig. Marcher I sur des rasoirs, faire quelque chose de très-dil'ficile. : Tout était enlevé [à un sermon de Bourdaloue], et disait que c'était marcher sur des charbons ardents, sur des rasoirs que de traiter cette matière [un sujet controversé entre les jésuites et les jansénistes].... sÉv. 6 mars (683. || 2° Fig. et populairement. Un rasoir, un homme ennuyeux, fatigant Quel rasoir I

— HIST. XII* s Que par ta pitied eusse fiz,

durreie le tei [je te le donnerais] à tun servise, e rasur ne li munterad le chef, Rois, p. 3. || xiir s. tu es si comme rasoirs aguzqui est tranchanz. Psautier,

j f* 63. Car lor langhe [des femmes] est plus esmolue I Que n'est rasoirs ne fans ague, gui de cambhai, j Barl. et J"S. p. 236. Barbier sans rasoir, sanz cisailles. Oui ne sez rooigner ne rere. Tu nas ne bacins ne toailles. Ne de quoi chaufer ewe clere, RUTEB. 2(4. Il XIV* s. [Une espéej Tranchant com rasoer que porte barbieur, Guescl. (62(3. ||xv*s. Je vous délivrerai à Jousselin [le bourreau] qui vous fera vos barbes sans rasouer, proiss. ii, m, 8. Quand ces seigneurs bourgoignons oyrent ainsi parler le roy d'Angleterre dont les mots tranchoient comme rasoirs, g. chastelain, Chron. du duc Phil. ch. (O. Il XVI' s. Tu conduiras une droite ligne avec ton rasoir [scalpel] depuis làoii tu as laissé l'incision du cuir du ventre inférieur, jusqu'au menton, pake, u, 2.

— ETYM. Raser; wallon, reieu;, Berry, razouer, raioué; provenç. raxor; anc. cat. rasô ; ital. rasoio.

t RASORISME (ra-zo-ri-sm') , s. m. Doctrine médicale italienne ainsi appelée du nom de son auteur, 'Rasori (voy. contre-stimulisme). ^

RASSADE (ra-sa-d'), s. f. Espèce de petit'és perles de verre, ou d'émail, dont on fait diverses sortes d'ornements, et dont se parent les nègres d'Afrique. Quelques-uns de nos messieurs ont remarqué que deux des plus jeunes avaient de ces grains de rassade dont on fait des colliers, bougainviLLE, Voy. t. I, p. 245, dans pougens. || On a dit aussi rasse. Verres, rasses, coupes et bassins cristallins de Venise ou d'ailleurs, le cent pesant estimé 4& liv. Décl. du roi, nov. (640, Tarif.

— ÉTY.M. Ital. ranare, briller, raxtato, fait <?n forme de rayon, de raxio, rayon, du lai. radius. U y avait dans le français semblablement un verbe raser, rendre brillant: xiv s. Nul ne peut raser ne teindre amatitre (améthyste], ne quelconques pieri-es fausses, par quoy elle se doive montrer autre qu'elle n'est de sa nature, Ordonn. du roit, t. 111, p <<

RAS

RAS

RAS

t RASSAILLIR (ra-sa-Uir, U mouillées),» a. Il se conjugue comme assaillir. Assaillir de nouveau.

— HIST. rv s. Et puis on fist faire des eschielles plus longues et des martiaux de fer pour les rassailiir, p. DE FENIN, (420. Il XVI' S. Ainsi de mille et mille flots voûtez, Oui rassailloient la nef de tous

COSteZ.... RONS. 609.

— ÈTYM. Re..., et assaillir; ital. rassalire, RASSASIANT, ANTE (ra-sa-zi-an , an-t'), adj.

Qui rassasie. Viandes rassasiantes.

RASSASIÉ, ÉE (ra-sa-zi-é , ée), part, passé de rassasier. Il 1° Oui a mangé suffisamment pour apaiser sa faim. Ouand une nation a un certain nombre de bons ouvrages, tout ce qu'on lui donne au delà fait l'effet d'un second service qu'on présente à des convives rassasiés, volt. Lett. d'Àrgental, I7 janv. <76B. Alphonse, rassasié de miel, se remit gaiement en route, genlis, Yeill. du chdt. t. ti, p. (2, dans POUGENS. Il Fi;;. Malheur à ceux qui rient et qui sont rassasiés, mass. Carême, Dang. des prosp. \\ l' Fig. Dont les désirs sont satisfaits. Un philosoptie vous dira en vain que vous devez être rassasié d'années et de jours, boss. le Tell. Leurs cœurs sont rassasiés de la vérité et de la^^vertu, fén. Tél. xix. Rassasié de gloire et comblé de biens et d'hpnneurs, le maréchal de ViUars désira de joindre à toutes ses dignités le titre de notre confrère, d'alemb. Élog. duc de Villars || 3° Oui éprouve la satiété, le dégoût. Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant; L'esprit rassasié le rejette à l'instant, boil. Art p. i. Je suis rassasié de disputer et de quereller, J. J. Hoi'ss. lett. sur la législat. de la Corse, lett. s. Il Rassasié de chagrins, etc. qui en est accablé, etc. Rassasiés de trouble et fatigués d'orages, volt. Scyth. 1, 5. L'homme vit un jour sur la terre Entre la mort et la douleur ; Rassasié de sa misère, 11 tombe enfin comme la fleur, lauart. Méditations,

RASSASIEMKNT (ra-sa-zi-roan), s. m. \\ 1° État d'une personne rassasiée pour avoir mangé pleinement. Le rassasiement dépassé cause le dégoût. il 2° Fig. Se dit de l'âme qui éfirouve ce qu'éprouve le corps rassasié. Pourquoi sortez-vous (du théâtre] content du rassasiement de ces passions [amour, amliitionj dans les autres, si ce n'est que vous croyez que l'on est heureux ou malheureux par ces choses? BOSS. Concupis. 9. Nos dégoûts de la vie sont des dégoûts de nos passions.... sont un fassasiement de toutes les créatures don/ nous avons abusé, MASS. Mystères, Assotnpt. \\ 3° Dans le langage de la dévotion, état de l'âme qui se rassasie de l'amour divin, de la contemplation divine. Ils se souhaitent, avec de grands élans, le rassasiement éternel dans le sein de Dieu, muret, Cérém. funèbres, p. 2<8, dans pougens. Le bienheureux rassasiement d'une âme affamée de la vue de Dieu, boss. 2" instr. sur les passages, 6* passage. Le parfait rassasiement sera dans le ciel, où la justice éternelle nous sera donnée avec la plénitude de l'amour de Dieu, m. Médit, sur l'évang. Sermon sur la montagne, 6' jour.

— HIST. XV* s. 0 coronne précieuse, dyademe de nostre salut, tant est douls et enmiellé le rassadyement que tu donnes, christ, de pisan, Charles V, m, 7). Il XVI' s. Rassasiement, cotgbave.

— ÉlYM. Rassasier; provenç. rassaciament. RASSASIER (ra-sa-zi-é), V. a. Je rassasiais, nous

rassasiions, vous rass.isiiez, que je rassasie, que nous rassasiions, que vous rassasiiez. || 1° Satisfaire pleinement le besoin de manger. Ils mangeront et ne seront pas rassasiés, SACi, Bible, Osée, iv, <0. C'est là que la faim est rassasiée, que la nudité est revêtue, flécii. Lamoignon. || Il est bien rassasié de la grâce de Dieu, se dit de celui qui ne mange point, étant à une bonne table. || Fig. La foule des méchants rassasiera l'enfer, Alors se fermeront ses cent portes de fer, delil. Parad. perdu, m. || i° Fig. Satisfaire les désirs, les passions, liassasiez votie cupidité. Ces hommes charnels ne pouvaient être contents qu'ils ne fussent rassasiés, bourdal. 9' dimanche après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 9. Comment rassasier une âme qui, en se faisant une habitude des vertus utiles à la société, s'en est fait un besoin, ettrouve tous les jours un nouveau plaisir à les pratiquer ? barthél. Anach. ch. 78. Eile a rassasié ma flamme et mes regards, a. chén. Élèy. II, 9. Il Rassasier ses yeux, se satisfaire à regarder, à contempler. Leur ver ne mourra point, et leur fou ne s'éteindra point, et ils seront exposés à tous les hommes, qui rassasieront leurs yeux par la vue de leurs supplices, saci. Bible, Haie, Lxvi, 26 Je ne pouvais ras.sasier mes yeux du spectacle

magnifique de cette grande ville [Tyr], fén. Tel. III. Les Grecs faisaient grand cas du paon ; mais ce n'était que pour rassasisr leurs yeux de la beauté de son plumage, buff. Ois. t. iv, p. 48 {| 3° Satisfaire jus(|u'S la satiété, jusqu'au dégoût. On le rassasia de bonne ch&re. || Fig. On le rassasia de fêtes, de musique. || Absolument. Même beauté, tant soitexqui.se. Rassasie et soûle à la fin, la font. Pâté. Ce n'est pas tant la possession que l'assujettissement qui rassasie, j. }. Rouss. Ém. y. || Rassasier quelqu'un de dégoûts, d'opprobres, l'en accabler. Le prophète Jérémie , parlant de ce divin Sauveur et de ses souffrances, se servait d'une expression bien propre et bien énergie; ue, savoir qu'il serait rassasié, bodhdal. Exhort. sur le soufflet donné à J. C. t. 1, p. 504. On veut qu'il soit rassasié du pain de l'ignominie et de la coupe, de l'opprobre, ]. j. Rouss. i"dial.\\i° Se rassasier, ». réfl. Contenter sa faim. Cet affamé ne pouvait se rassasier. || 5° Fig. Se donner pleine satisfaction en quelque désir ou passion. Venez, rassasiez- vous, grands de la terre; saisissez-vous, si vous pouvez, de ce fantôme de gloire, à l'axemple de ces grands hommes que vous

admirez, boss. Louis de Bourbon Quand mon

âme, à soi-même rendue, Vient se rassasier d'une si chère vue, Je n'ai pour tout accueil que des frémissements, BAC. Phèdre, in, 5. Ces trois personnes, charmées de se voir réunies après une si longue absence, ne peuvent se rassasier du plaisir de s'en donner des marques, lesage, Diable boit. 8. ||Se satisfaire en quelque chose jusqu'à la satiété. Ton système se vérifie très-bien ici; les deux sexes gagnent de toutes manières à se donner des travaux et des amusements différents qui les empêchent de se rassasier l'un de l'autre, i. i. rouss. Hél. vi, b.

— HIST. XII' s. Par feil fait il, resazier Ne me puis pas de merveiller [de m'étonner].... benoît, ii, 7296. ||xiu' s. Aussi comme se cefust d'eve qui issist de parfont puis, il les rassazia plenteïvement. Psautier, f° 93. Fols se fait en toi herbregier ; Cuers [le cœur] ne s'i peut rassasier, les Vers du monde. Il xv s. Tholûmée Philadelphe, lequel lu homme de grant estude, et plusama livres que autres quelconques choses, ne estre n'en povoit rassadié, christ. DE PISAN, Charles V, ui, )2.

— ÊTVM. iie..., et l'anc. verbe assasier: Li cuers avariscieus acquiert ne li caut comment, et ne pot estre assasiés d'avoir, beaum. i, 7. Assasier vient du lat. ad, à, et satiare, rassasier. Provenç. rasaiiar, rasaciar, resaciar. La forme resasier représente re , et satiare.

f RASSE (ra-s'), ». f. Panier à charbon, dans une forge. Le charbon est porté dans des paniers plus grands que ceux de la casline; les paniers à charboh sont faits en manière de vans, on les nomme resses, rasses; chaque rasse contient environ le quart d'un sac de charbon, Dict. des arts et met. Forges.

— ÉTVM. Bas-lat. rassa, qui veut dire un faix; origine d'ailleurs inconnue.

t RASSÉE (ra-sée), s. f. Quantité de charbon contenue dans une rasse.

RASSEMBLE, ÊE (ra-san-blé, blée),port. passé de rassembler. Mis ensemble. Les Persans cassemblés marchaient à son secours [deBabylone], rac. Baj. i, 4. Les hommes les plus anciennement rassemblés en corps de peuple, volt. Mœurs, Introd. Inde. \\ Province rassemblée, provincedont les représentants sont réunis en assemblée. Je ne crois pas qu'il y ait une province rassemblée, qui ait un si grand air que celle-ci, stv. 73. || Fig. Tout ce que peuvent faire non-seulement la naissance et la fortune, mais encore les grandes qualités de l'esprit pour l'élévation d'une princesse se trouve rassemblé, puis anéanti dans la nôtre, boss. Duch. d'Orl.

RASSEMBLEMENT ( ra-san-ble-man ) , ï. m. Il i' Action de rassembler ce qui est épars. Le rassemblement des pièces pour l'instruction d'une affaire. Il 2* Il se dit particulièrement de la réunion de troupes en un lieu déterminé. Se rendre au lieu du rassemblement. Le point de rassemblement. 11 8" Grand concours de personnes, attroupement. Des rassemblements se forment dans tous les quartiers. Dissiper les rassemblements.

— ETYM. Rassembler.

RASSEMBLER (ra-san-blé), v.a.\\ 1° Assembler de nouveau. Ils s'étaient dispersés; nous avons eu beaucoup de peine a les rassembler. Le vent avaii éparpillé les feuilles; i! fallut les rassembler. Eussiez vous pensé, pendant qu'elle versait tant de larmes en ce lieu [à l'oraison funèbre de sa mère, la reine d'Angleterre], qu'elle dût sitôt vous y rassembler pour la pleurer elle-même? boss. Duch. d'Orl Il 2° Mettre ensemble, réunir ce qui était épars.

Rassembler les débris d'un parti. Combien de foi* ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses petits sous sis ailes I saci. Bible, Évang. St Luc, xiii, 34. Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse.... Rassembla les humains dans les forêts épars, boil. Art p. iv. Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières. Rassemble ici les chats de toutes les gouttières, lo. Sat. vi Laissons les cloches rassembler les fidèles ; car la voix de l'homme n'est pas assez pure pour convoquer au pied' des autels le repentir, l'innocence et le malheur, chateahbr. Génie, iv, i, < . || Rassembler des troupes, les mettre en corps d'armée. Pendant que le conquérant suédois rassemble de nouvelles forces, boss. Anne de Gonx. Les Coréens, dit-on, rassemblaient une armée, volt. Orph. i, 1. 1| Il se dit aussi d»"» choses. Rassembler ses livres, ses bardes. Le cabineide M. Adanson, où il a rassemblé les productions les plus rares du Sénégal, bupf. Quadiup. t. V, p. 43«. Il 3° Terme de menuiserie et de charpente. Remettre dans leur état des pièces qui étaient démontées. Démonter les pièces d'une charpente, et après les rassembler. || 4° Fig. Mettre ensemble, en parlant de choses iniellectuelies ou morales. J'ai su dans mes écrits, docte, enjoué, sublime. Rassembler en moi Perse, Horace et Juvénal, Vers mis au bas d'un portrait de Boileau. Le ciel s'est fait sans doute une joie inhumaine i rassembler sur moi tous les traits de sa haine, rac. Iphig. ii, t. Tout ce que, dans un cœur sensible et généreux, L'amour au désespoir peut rassembler d'affreux, m. Bérén. m, 3. Mais enfin je commence, après tant de traverses. Madame, à rassembler vos excuses diverses, m. Mithr. 1, 3. Le cœur hlimain rassemble souvent la politique, l'ambition, les faiblesses de l'amour, les sentimenis de la religion, volt. Louis XIV, la. Il Rassembler ses idées, réunir toutes los idées qu'on a d'un objet. {{ Rassembler ses forces, mettre en action tout ce qu'on a de force morale. || 6° Terme de manège. Rassembler un cheval, le mettre ensemble, agir simultanément des mains et des jambes, de manière que le cheval, s'asseyant sur les hanches, ait le devant plus libre pour l'exécution des mouvements. Il Rassembler les quatre jambes, se dit du mouvement qu'un cheval faitpourse préparer à sauter une haie, un fossé, etc. || 6° Se rassembler, v. re'/I. Se mettre ensemble. Tribus captives, Troupes fugitives, Rassemblez-vous des bouts de l'univers, rac. Esth. m, 9. Pensant à la contrariété des esprits, des goûts et des sentiments, je suis étonné de voir sept ou huit personnes se rassembler sous un même toit, la brut. XI. 11 faut bien, quand on se ressemble, Dit la chanson, qu'on se rassemble , bachaumont , Mém. seer. t. XXXVI, p. <40. Il Fig. Son bel esprit [du chancelier Séguier], sa prodigieuse mémoire, sa naturelle éloquence, sa haute piété se sont rassemblés aux derniers jours de sa vie, sév. s fév. «672.

— HIST. xvr s Ne vault il pas mieulx que nous luy donnions le temps et le loisir de rassembler une autre fois les forces de son royaume? amyot, tucul. 26.

— ÊTYM. Re..., et assembler; picard, rassaner. RASSEOIR (ra-soir), v. a. Il se conjugue comme

asseoir. || l'Asseoir de nouveau, replacer. Rasseoir un enfant. Rasseoir une statue renversée. || 2° Fig. Reposer, calmer. C'est ce qui doit rasseoir votre âme effarouchée, mol. Jfts. ii, t. Mon seul soin devait être de gagner du temps, pour raffermir mes sens et rasseoir mon imagination, i. i. rouss. Ëm. v. Il 3° Se rasseoir, v. réft. Se remettre assis. Rasseyezvous. Rasseyons-nous. || Avec ellipse du pronom personnel. Il s'était levé, on le fit rasseoir. || 4° Fig. Se reposer, se calmer, revenir à une situation tranquille. Ses discours insolents m'ont mis l'esprit en feu. Et je veux prendre l'air pour me rasseoir un peu, mol. lart. II, 2. Il me semble que tout commence à se rasseoir ici, dideb. Père de famille, v, 7. Le malheureux.... ne Cl nnait pas.... Une âme où, dans ses maux, comme en un saint asile. Il puisse fuir la sienne et se rasseoir tranquille, a. chén. Élégies, 23. Le peuple ne se ra,ssoira pas qu'il n'ait abattu ses ennemis, babœdf, Pièces] i, i38. || Avec ellipse du pronom personnel. Je suis trop ému, laissez rasseoir mon esprit. If S" S'épurer en se reposant. Le vin se rassied par le repos. Pour donner le temps à la fécule bleue [de l'indigo] de se irécipiter au fond de la cuve, où on la laisse se rasseoir jusqu'à ce que l'eau soit totalement éclaircie, raïwal, Hist. phil. VI, (7. Il Avec ellip,se du pronom personnel. L'eau de pluie, lorsqu'on la laisse rasseoir en quelque vase, DESC. Météor. 7.

— HIST. xiu' S. Bonnes [bornes] esràcier [arracher] et puis rasseir, eu autrui déshéritant por soi

RAS

RAS

RAT

aheriter, beadm. xxx, 27. ||xiv' s. Quant le miel sera bien cuit et esciimé, si le laissiez rasseoir, Uenagier, il, 6. Barai [le dol] s'est delez moy assis, Et commença par mos rassis X parler altren^péement„BBDYANT, dans Ménagier, t. a, p. 24. |]xv* s. Et se délogèrent les Anglois.... et se mirent sur les champs, et trouvèrent les terres rassises et le beau temps venu, fboiss. ii, m, 43. Je François Villon escolier, Considérant de sens rassis.... Qu'on doit ses œuvres employer, villon, Petit test. \\ xvi's. Mais jamais ne sut rien de sa contenance chose où pust rasseoir jugement, uafg. Nom. x. Au plus rassis, la peur engendre de terribles esbiouissements, mont. i,6(. Je l'ay veu [mon père] démonter sa selle, la reaccommoder, et s'y rasseoir, fuyiint tousjours à bride avallée, vS. i, 368. Craignant que, s'il attentoit de remuer sans dessus dessoubs tout le gouvernement de la ville, il n'eust. pas puis après assez de puissance pour la rasseoir et restablir en la forme qui seroit la meilleure, amyoi, Soion, 23. Après que sa frayeur fut un peu rassise.... ID. P. ^m. 38. Aratus, avec un visage rassis et une parole doulce, leur dit qu'ils se rasseissent en leurs places, id. Aratus, 50. Que le pain ne soit trop rassis ne trop tendre, mais moyen entre deux, pabé, xxiv, 22 Et Platon [dit] qu'en vain un esprit rassis et sain frappe aux portes delà poésie, charbon. Sagesse, i, ib.

— ÊTYM. Re..., et asseoir; wallon, rasstr; picard, rassir.

RASSËRËNË, ÉE (ra-sé-ré-né, née), part, passi de rasséréner. Le calme rayon du jour ne se mêle point à la tempête ; il attend que les cieux soient rassérénés, CHATEAUBR. Goul. || Fig. Je l'ai trouvé tout rasséréné. .

t RASSÉRÈNEMENT (ra-sé-rè-ne-man), 1. m.

Action de rendre ou de devenir serein.

RASSÉRÉNER (rasé-réné. La syllabe r^ prend un accent grave quand la syllabe qui suit estmuette : je rassérène, excepté au futur et au- conditionnel : je rasférénerai),». a. || 1* Rendre serein. Monarque souverain dont la force inconnue Rassérène les cieux ou fait grossir la nue, bbébeup, Phars. iv. || 2° Fig. Rendre la sérénité morale. Tant bien sut dire et prêcher, que la dame. Séchant ses yeux, rassérénant son ime. Plus doux que miel à la fin écouta, LA PONT. Hiehard. |{ RasséréneT le visage, mettre la sérénité sur le visage. Aux pleurs de la pitié j'ai trempé mon couiage ; Cette source, nouvelle à mon front étonné, A lavé sa souillure et l'a rasséréné, PONSABO Lucrèce, 11, r||8' Se rasséréner, v.réfl. Devenir serein. Dès que le ciel se fut rasséréné. |{ Fig. Le duc de Beauvillier se ras.séréna, et se mit à me parler de la conduite que le duc de Bourgogne devait se proposera l'armée, st-sim. 495, nb.

— HIST. XIII" s. Qwant la saison del dous tens s'asseiire. Que biaus estes se rasraine et esclaire, Coud, p. 425. Il XVI* s. Comme lesté rassérénant le ciel.... DU BELLAY, IV, 69, recto. Mais le son de ma voix se change en la voyant [sa dame] , Mon œil se rassérène et n'est plus larmoyant, despobtf.s , les Amours d'Hippolyte, Ll. La belle Bradamant.... Rassérène sa face et rallume -ses yeàx, ID. Rodomont.

— F.TVM. Re..., à, et serein.

t RASSIÉGER (ra-sié-jé) , v. a. Il se conjugue comme assiéger. Assiéger de nouveau.

— HlST. XVI* s. L'obstinée défense des chrestiens, qui, estans rassiegez deux fois en la mesme année, donnèrent moyen à Ferdinand de s'avancer, o'aub. Hist. I, 33.

— ÊTYM. Re..., et assiéger.

t RASSIGNER (ra-si-gné), v. a. Assigner de nouveau. '

— HIST. XVI' S. Sarrion demanda le nom de celui qui parloit; de quoi estant refiué, ils r'assignerent leurs propos au mesme lieu au lendemain, o'aub.

Hist. II, 4B5.

— ÊTYM. Re..., et assigner. L'ancienne langue disait rassener, qui est le même mot.

RASSIS, ISE (ra-sî, si-z'), porl. pass^ de rasseoir. Il 1° Assis de nouveau. Etant rassis. || 2" Pain rassis, pain qui n'est plus tendre, ainsi dit parce qu'il est, pour ainsi dire, rassis, cessant d'être chaud et soulevé. || Mangeur de pain rassis, se dit, par plaisanterie, d'un boulanger qui a peu de pratiques, à cause qu'il est obligé de manger le pain, devenu rassis, qu'il n'a pas vendu. || 3° Kig. Rendu au calme moral. D'un espritplus rassis.... CORN. Ctd,v,6. || Unhomme rassis, un homme dont l'esprit est calme, mûri par la réflexion. || Projets rassis, projets suggérés par un esprit calme. Voili mes projets.... ceux de mon fils me paraissent tout rassis et tout pleins de raison, sév. 12 avr. 4680. Il De sens rassis, sans êlre ému ou troublé. X l'entendre [Fénelon], je de suis jamais de

sens rassis, boss. Relat. sur lequiét. i, 3. Je hais ces vains auteurs.... Qui s'affligent par art, et, fous de sens rassis, S'érigent pour rimeren amoureux transis, BOIL. Art p. II. Il 4* S. m. Prendre son rassis, se dit des eaux-de-vie qu'on laisse se reposer après qu'elles viennent d'être faites par la dislillaiion. Il 5" Terme de maréchalerie. Fer de cheval i|u'onrattache avec des clous neufs, qu'on rassied. Deux rassis valent un fer neuf.

— REM. On K'ouve aussi écrit : de sang rassis ; et, pour distinguer les deux locutions, on a dit qu'il fallait employer de sens rassis quand 11 s'agit d'un trouble d'esprit, et de sang rassis quand il s'agit d'une émotion morale .• C'est un homme qui divague sans cesse ; il n'est jamais de sens rassis. Il est dans une grande coït re, il faut attendre pour lui parler qu'il soit de sang rassis.

t RASSORTIMENT (ra-sor-ti-man) , s. m. Action de rassortir. || Nouvel as.sorliment de marchandises.

t RASSORTIR (ra-sor-tir), v. a. Assortir de nouveau, f

— ÊTYM. Re..., et assortir.

RASSOTfi, ÉE (ra-so-té, tée), part, passé de rassoter. Il parait que votre nation (les Français] n'est pas si aimable que vous ; elle esi toute rassotée de vos lits de justice, de vos parlements qui ne veulent pas obtempérer, volt. len. Richelieu, a juin i763.

t HASSOTEMENT (ra-so-te-man) , s. m. Action de rassoter. État de celui qui est rassoie.

— HIST. XVI* s. Rassotement, corcRAVE.

RASSOTER (ra-so-té), v. a. Terme familier.

Faire devenir sot; rendre fou de.... Ou l'a rassoté de cette fille. || Se rassoter, v. réfl. Devenir rassoté. Se rassoter d'un nouvel amour.

— liisT. xui* s. Ele avoit esté sage et gent, Quant ele iert [était] en son droit aage ; Mais je cuit [pense] qu'ele n'iert [ne sera] mes sage, Ains iert trestote rassotée, la Rose, 307. || xiv* s. Et dist ly uns à l'autre : Dieus est tout rasotis, Qu'ensi av.inche ung homme et donne telz profis, Et ung aultre est adez [présentement] et en tout tamps catis [chétif], UugueS Capet, v. 3374. || xv s. Plaisans paroUes sont estaintes En moy qui deviens rassoty, CH. d'orl. Bal. 74. Il XVI* s. Et par mon serment, je ne sçay comment ce vieuli rassoté [radoteur] n'a honte, desper. Cymb. I23.

— ÊTYM. Re..., à, et sot.

■j- RASSOCRDIR (ra-sour-dir), v. a. Assourdir de nouveau, ou, simplement, assourdir. Ha! parlez doucement ; Vous me rassourdissez, la peste I comme il crie! scarr. P. Japhet d'Arin. ni, 4.

— ÊTYM. Re..., et assourdir.

t RASSURANCE (ra-su-ran-s'), s. f. Qualité de ce qui est propre à rassurer, à rendre la confiance La réponse du roi est un véritable refus ; le ministère ne l'a regardée que comme une simple formule de rassurance et de honte, mirabeau, CoLlcriion,

— ÉTYM. Rassurant.

RASSURANT, ANTE (ra-su-ran, ran-f), adj. Qui rassure, qui donne de la sécurité. L'état du malade n'est pas grave; le médecin est rassurant. Cette rassurante nouvelle.

RASSURÉ, ÉE (ra-su-ré, rée), port, poss^ de rassurer. X qui sécurité a été rendue. Rassurés par Pharnace.... Ils [les Romains] reprennent courage, ils attaquent le roi, rac. Mithr. v, 4. Vous allez au tribunal rassuré contre vous-même , mass. Carême, Jnconst.

t RASSUREMENT (ra-su-re-man), s. m. Action de rassurer ; état de celui qui est rassuré.

— HIST. xii* s. Mais U rasseUiemens Des biens que j'en cuide avoir. Méfait doubler mes talens [désirs] De servira [selon] mon pooir, Couci, xii.

RASSURER (ra-su-ré), v. a. || 1° Redonner sécurité, assurance. Jugez si vos discours rassurent mes esprits, corn. Pomp. m, 2. Elle, toujours intrépide autant que les vagues étaient émues, rassurait tout le monde par sa fermeté, boss. Reine d'Anglet. Ce lieu couvert d'un bois et d'une rivière, c'est le poste où i-1 rassurait ses troupes effrayées après une honorable retraite, fléch. Turenne. Sa beauté la rassure ; et, malgré mon courroux. L'orgueilleuse m'attend encore à ses genoux, rac. Andr. ii, b. [Pour le labyrinthe] Un fil n'eiit point assez rassuré votre amante, m. Phèdre, ii, 5. Vous, nourri dans

les camps du saint roi Josaphat Qui rassurâtes

seul nos villes alarmées, id. Athal. i, i. Je ne voyais plus d'hommes sur la terre dont la vertu pût me rassurer, réu. Tél. xiii. || Absolument. Il suffit d'aimer pour qu'aucun don de la nature ou du sort ne puisse rassurer entièrement, stael, Corinne, xwi, 2. Il Rassurer de. redonner assurance contre. «Rassu-

rez-moi de ma crainte; car, sans mentir, j'en ai besoin, VOIT. Lett. 24. Pour le rassurer [le pécheuri de cette crainte, boss. 4* serm. pour le i" dim. de carême, préambule. \\ Rassurer les capitaux, rendre confiance aux gens qui possèdent des capitaux, qui font des affaires. 11 faut, avant tout, protéger le commerce, l'industrie, rassurer les capitaux, Ifonttenr du 29 marsi867,p. 378, 2* col. |1 2° Rendre plus ferme Cet événf^ment rassura son pouvoir. Rassurer un homme dans sa foi. II s'élevait cependant un homme qui semblait devoir rassurer la fortune de la France; c'était le maréchal duc de Villars, VOLT. [,ouis XIV, 4 8. Il 8° Rendre solide, par un passage, peu ordinaire, du sens moral au sens physique. Rassurer un pont ébranlé. || 4" Terme de fauconnerie. Panser le bec d'un oiseau de proie, quand cette partie est fendue. ||5° Se rassurer, v. réfl. Se remettre d'une crainte, d'un trouble. Mon cœur tant soit peu se rassure, Et je pense que ce n'est rien, liOL. Amph. I, 2. Non, non, rassurons-nous : trop d'amour m'intimide, rac. Bajaz. m, 7. Je vois que chacun se rassure sur son voisin, mass. Carême, Élus. Il Le temps se rassure, il se remet au beau.

— HIST. xiii* s. Quant Blonde voit la revenue [retour] De celui dont ele ot eUe Si grant paour et si grant doute, Ele est rasseùrée toute, Bl. et Jeh. 442». Il xvi* s. Crassus se rassseura bien tost de ceste peur, quant il sceut qu'il y avoit débat entre

eulx, AMYOT, Cross. 19 et qu'elle sceyt leurs

noms, puisqu'elle a rasseuré [vérifié] leurs signa tares, CARL. X, 26. Deucalion, comme moins estonné, R'asseure après, et doucement console La femme simple, avec telle parole, mabot, iv, 33. J'ay bien à faire à me r'asseurer en cette créance, mont, ii, 4 02. Celuy à qui SCS gents qui l'armoient, voyant frissonner la peau, s\ssayoient de le rcisseurer...,

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