‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 257 sur 754 · VIV · texte numérisé non relu

VIV

tion, BUFP. llist. oni'm. ch. n. I| 18» Le vivant, l'homme, l'animal Unt qu'il vit. Portrait fait sur le vivant. Celle [une planche] de M. Edwards qui k été faite et retouchée à loisir d'après le vivant [il s'agit d'un faisan], buff. Ois. t. iv, p. (07. Il 19* Il se dit pour la vie, mais avec la préposition de. Ne désespère point du vivant de Caton, corn. Pomp. II, S. On doit avertir les jeunes gens d'être sur leur garde quand ils lisent les histoires écrites du vivant des princes dont il est parlé, parce qu'il est rare que ce soit la vérité seule qui les ait dictées, ROLLiN, Traité des Et. v, 3* part, i, 2. Il [Bacon] a été, comme c'est l'usage parmi les hommes, plus estimé après sa mort que de son vivant, volt. Dict. phil. Fr. Bacon. Il [Newton] a eu l'avantage singulier de voir sa philosophie généralement reçue en Angleterre de son vivant, d'alemb. Œuv. t. I, p. 281. Racine avait été enterré à Port-Royal, et le comte de Roucy dit : De son vivant il ne se serait pas fait enterrer là, condil. Art d'écr. n, <o. Il On dit dans le même sens : en son vivant. Au décès d'un lion, En son vivant prince de la contrée, LA FONT. Fabl. ïi, 6. Il En son vivant se trouve aussi dans d'anciennes épitaphes. Ci-gtt un tel, en son vivant bourgeois, conseiller, etc.

— HIST. XI* s. Ne l'amerai à trestut mun vivant, Ch. de Roi. xxiv. || xii« s. Curuz de rei n'est pas jus [jeu] de petit enfant ; Qu'il comence à haïr, scit pur poi u pur grant, Jamais ne l'amera en trestut Sun vivant. Th. le mart. 38. || xiii' s. Li daerrains vivans, soit li feme, partit contre les hoirs moitiet à moitiet, à droite parçon, tailliar, Recueil, p. «SI. N'a entour la forest remès [resté] homme vivant, Berle,cvii. Se le [la] dame fust morte au vivant de son fil, deauman. xiii, <6. ||xvi's. Le pays estoit purgé de tous turbulants et malvivants, CAHL. X, te. Theseus en son vivant fut défenseur des oppressés, amyot, Thés. 46. 11 la feit transporter, qu'elle estoit encore vivante, en une autre maison, ID. Sylla,7*. Donne de l'eau vivante à ma bouche altérée, desportes, (Eue. chrest. xvm, Plainte. Tu ne meurs pas de ce que tu es malade; tu meurs de ce que tu es vivant, hont.

— ÊTYM. Vivre; wallon, vikan.

VrVAT (vi-vaf), interj. || 1" S'emploie pour applaudir une personne ou une chose. Vivat, madame, la fortune et l'amour sont pour la jeunesse; et le tuteur est pris pour dupe, dancourt. Tuteur, se. <3. Ah I vivat, j'ai gagné ma cause, id. Bourg, à la mode, V, (2, Je dis pour lui [Malesherbes] vivat avant de mourir ; c'est tout ce que je puis faire, VOLT. Lett. Chabanon, 3 août <775. || 2° 5. m. Acclamation par laquelle on souhaite longue vie et prospérité à quelqu'un. Et le vivat, et la risée. Emurent si bien l'assemblée, Que le plus triste du troupeau N'eût quitté la part du gâteau, scarr. Tir g. viii.

— REM. L'Académie écrit des vivat, sans s. Mais beaucoup mettent l's, et avec raison.

— ÉTYM. Lat. vivat, qu'il vive, de vivere (voy. ▼IVRE <).

VIVE (vi-v'), ». f. Poisson de mer très-allongé, comme une anguille, avec une gueule longue et aiguS. Permettons de faire la pêche des vives avec des mailles de < 3 lignes en carré, Ord. août 4 681.

— HIST. xiti* 8 Lors dit la vivre : Dame

bresme, vos dites voir.... barbazan, Fabliaux, t. rv, p. 84. Il xiv s. Vive a trois lieux périlleux à touchier, c'est assavoir les arestes qui sont sur le dos près de la teste, les deux oreilles, Ménagier, II, 5. Il XVI' s. La vive a eu ce nom à causç de sa grande vivacité, car, estant tirée de la mer, demeure longtemps en vie, paré, xxiii, 4o.

— ÉTYM. Vive, qui paraît venir de vif, comme dit Paré , n'en vient pourtant pas. L'historique montre que la forme primitive est vivre, qui représente le lat. vipera, vipère (voy. guivre) ; et en effet ce poisson avait été nommé dragon par les Latins.

t '• VIVRLLE (vi-vè-1'), ». f. Petit réseau fait à laiguillc pour boucher im trou dans une toile, au lieu d'y mrtlre une pièce.

t a. yiVELLK (vi-vfe-l'), *. f. Un dos noms vulgaires de la scie, poisson.

VIVEMIOTT (vi-ve-man), odw. M f Avec vivacité, avec ardeur, avec vigueur. Réprimander quelqu un vivement. Il s'inUresso vivement à votre succès. Le roi que le Romain poussera vivement CORN. Nicom. I, 6. Quanto (Mme de Montespan] eî son ami (le roi] sont plus longtemps et plus vivement ensemble qu'ils n'ont jamais été , skv. 1 juill. i «77. (I Allons, vivement I se dit pour exciter

quelqu'un à presserson travail, à se hâter. || 1 Sensiblement, profondément. Je sais qu'un fils qu'on perd afflige vivement, rotr. Àr\tig. n, 7. Tous les traits en seraient plus vivement tracés, th. corn. i4none,ii, 7.Elle[MmelaDauphine]sentitvivement la charité de Jésus-Christ, flech. Dauphine. Tous les détails de l'expression [chez un acteur], toutes les nuances de la pensée et du sentiment sont aperçus et vivement sentis, marmontel, Œuv. t. X, p. 31».

— HIST. XII* s. Qui grant ovre embrace e enteise. Si la face si vivement.... Quepru i ait honor e pris, benoist, n, 3590. || xiii* s. Cil dist à l'empereour Baudouin moût vivement le message son seigneur, villeh. cxxin. || xvi* s. Mais allons vivement [marchons vite] , afin qu'il ne nous trouve sur notre larcin, marg. Nouv. La. La beauté do Stratonice trop vifvement empreinte en son ame, MONT. I, 92. Il assaillit la ville, si vivement que d'arrivée il forcea les gardes et le guet, amvot, Philop. 7.

— ÊTYM. Vive, et le suffixe ment; Berry, vifement; prov. vivamen; esp. et ital. vivamente.

t VIVEUR (vi-veur), ». m. Néologisme. Celui qui aime à jouir de tous les plaisirs, de tous les agréments de la vie. ||0n dit viveuse au féminin.

— ÊTYM. Vivre.

VIVIER (vi-vié; \'r ne se lie jamais; au pluriel, l't se lie: des vi-vié-z étendus), ». m. Il 1* Pièce d'eau courante ou dormante, dans laquelle on nourrit du poisson. Viviers et réservoirs lui payaient pension (à un cormoran], la FONT. Fabl. X, 4. Les seuls riches ont, au mois de mars, des légumes dans leurs serres et du poisson dans leurs viviers, volt. Pot. et lég. Requête aux magistr. 1. 1|2" En Normandie, pièce d'eau poissonneuse et alimentée par des sources de fond. || 3° Terme de pêche. Bateau muni d'un réservoir d'eau dans lequel on met le poisson pour le conserver vivant.

— HIST. XII* s. Le fosé passent par delez le vivier, Raoul de C. 68. || xiii* s. Vivier et sauvoir et fossé où poisson se poent norrir et fruitefier, BEAUMAN. xxvii , 20. Or m'en vieng par chevalerie, Oui au jord'ui est esbahie. Je n'i voi RoUant n'Ollivier, Tuit sont noie en un vivier, ruteb. 224. Il XIV* s. En laquelle nasselle avoit un vaissel nommé vivier, dans lequel vivier avoit certaine quantité de menue peschalle, du cange, eieierium. Il XVI* s. Au vivier, suivant l'etymologie de son nom, le poisson ne fait que vivre, pour la petitesse du lieu, inventé seulement pour le tenir ; afin d'y en prendre à toutes les fois qu'on veut, à telle cause dict aussi, reposoir et serve. — Le vivier se convertit en pescher, et le pescher en estang, amplifiant leurs limites, o. de serres, 42).

— ÊTYM. Wallon, tiii'i, vivier; du lat. vivarium, de vivus, vif, vivant (voy. vif).

VIVIFIANT, ANTE (vi-vi-fi-an, an-t'), adj. Qui vivifie, qui ranime. Les rayons qui partent du trône n'échauffent que ceux qui en approchent; ils éblouissent au loin, et n'y portent point cette chaleur vivifiante qui anime une nation, duclos, Œuv. t. V, p. <89. Il U se dit en théologie dans un sens analogue. La foi vivifiante. Mais dans l'obscurité tu rends l'œil clairvoyant, El joins du haut du ciel à la lettre qui tue, L'esprit vivifiant, corn. Imit. ni, 2.

— HIST. XII* s. E l'um les apelout à cel ure Cerethi e Phelethi, ço espeit en franceis ocianz e vivifianz. Rois, p. 449. jjxvi's. Baiser vivifiant, nourricier de mon ame, bons. ÉUg. 4 8. La chaleur vivifiante, paré, vi, 23.

VIVIFICATION (vi-vi-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), ». f. Action par laquelle on ranime, on vivifie.

— HIST. XVI* s. La mortification de la chair et la viviflcation de l'esprit, calvin, 57.

— f.TYM. Lat. vivificacio; espagn. vivificacion; ital. vivificazione; du lat. vivificationem, do vivificare, vivifier.

VIVIFIÉ, ÉE [vi-vi-fi-é, ée), part, passé de vivifier. Des plantes vivifiées par un chaud soleil.

t VIVIFIEMENT (vi-vi-fi-man), î. m. Action de vivifier.

— HIST. XIV* s. En quelque lieu que la vaine tende pour norissement, là tent l'artère pour vivifiement, H. de mondeville, ^ 22, verso.

VIVIFIER (vi-vi-fl-é), jovivifiais, nous vivifiions, vous vivifiiez; que je vivifie, que nous vivifiions, que vous vivifiiez, v. a. || 1* Donner la vie et la conserver. L'intelligence infinie de l'être nécessaire, de l'être formateur, produit tout, remplit

tout, vivifie tout de toute éternité, volt. Dial. 25. C'est l'esprit qui non-seulement vivifie le corps, mais qui le renouvelle en quelque sorte, j. j. ROUBS. Em. V. Il a° Par extension. Donner de la vigueur, de la force, en parlant de certains agents naturels. Un trait de lumière lancé du globe du soleil et absorbé dans le plus infect des cloaques, ne peut laisser aucune souillure dans cet astre ; ce cloaque n'empêche pas que le soleil ne vivifie toute la nature dans noire globe, volt. Philosophie , Comment, sur Malebr. Dieu inséparable. (| 3* Fig. Donner de l'animation, de la vie. Son cœur vivifie tous ceux qui l'entourent, et leur donne, pour ainsi dire, un nouvel être, I. J. Rouss. Hél. iv, 2. L'abbé Prévôt, homme très-aimable et très-simple, dont le cœur vivifiait les écrits, id. Conf. vin. |l Absolument, en termes de théologie, il se dit des effets de ta grâce, de !a prière. La grâce vivifie. || La lettre tue et l'esprit vivifie, voy. lettre., n* 8. || 4* Fig. Donner du mouvement, de l'activité à un pays. Ces établissements industriels ont vivifié le canton. Je bâtis des maisons, je vivifie un désert, volt. Lett. Richelieu, 4 4 juill. 4 770. Il 5" Terme de plombier Vivifier ou adoucir le plomb, le couvrir, pendant sa fusion, de cendre et de braise. || 6* Se vivifier, V. réfl. Prendre de la vie, de la force Partout où les rayons du soleil peuvent échauffer la terre, sa surface se vivifie, se couvre de verdure et se peuple d'animaux, buff. Quadrup. t. iv, p. xxii

— HIST. XII* s. Li sires mortefie e vivifie, e en enfer meine e remeine, flots, p. 7. [Que] li sire le purguast e vivifit lui, liber psalm. p. 54. || xiv* s. X icellui membre mesmes vient une artère pour le vivifier, lanfranc, f' 30, «erso. |l xvi* s. Nuls accidents ne font tourner le dos à la vifve vertu.... les menaces des tyrans, les géhennes et les bourreaux l'animentet la vivifient, mont, n, 26.

— ÉTYM. Provenç vivifiar, vivificar; espagn. vivificar ; ital. vivificare; du lat. vivificare, de vivus, vif, vivant (voy. vif), et facere, faire.

VIVIFIQUE (vi-vi-fi-k'), adj. Qui a la propriété de vivifier.

— F.TYM. Lat. vivificus (voy. vivifier).

VIVIPARE (vi-vi-pa-r'), adj. \\ 1° Terme de zoologie. Il se dit des animaux dont les petits viennent au monde vivants. Parmi les reptiles, les uns sont ovipares , les autres vivipares. 1| Substantivement. Les vivipares sont moins féconds que les ovipares, buff. llist. anim. 9. || 2* Terme de botanique. Il se dit des plantes dont les graines germent dans le péricarpe, ou qui produisent des bulbilles axillaires ou se développant à la place des fleurs.

— F.TYM. Lat. Dit'tparus, de vivus, vif, vivant (voy. vif), et parère, enfanter.

t VIVIPARIE (vi-vi-pa-rie), ». f. ou VIVIPA- RISME (vi-vi-pa-ri-sm'), s. m. Terme de zoologie Condition de l'animal qui produit des petits vivants.

■)■ VIVISECTEUR (vi-vi-sè-kteur), ». m. Celui qui pratique des vivisections.

t VIVISECTION (vi-vi-sè-ksion), ». f. Nom donné aux opérations pratiquées sur des animaux vivants, soit à titre d'expériences physiologiques, soit pour juger la valeur d'une opération nouvelle à pratiquer sur l'homme, soit pour habituer les élèves vétérinaires, ou en médecine, à conserver le sang-froid nécessaire pendant toute opération à la vue du sang.

— ÊTYM. Lat. vivus, vivant, et seetio, action de couper.

VIVOTER (vi-vo-té), e. n. Terme familier. Vivre petitement, avec peine. Il [un certain auteur] vivotait ici d'une petite pension que lui donnait le clergé, GUI patin, Lett. t. ii, p. io3. Vous croyez en dire du mal, en disant que cela [le lait] est bon pour faire vivoter une pauvre pulmonique; vraiment, c'est une grande louange; et, s'il fait vivoter une mourante, il fera vivre fort agréablement une personne qui se porte bien, sÉv. 4 9 févr. 4 690. X l'exception d'un certain nombre de riches et de gens à l'aise, que je réduis au tiers, le reste vivote, ou est aux expédients, caraccioli, Lett. récréât, t. m, p. 86, dans pougens. || Il se conjugue avec l'auxiliaire otioir.

— HIST. XVI' s. En vivotant e me entretenant honestement comme j'ay fayt jusques à présent, Lett de Rabelais, dans Journ. des savants, 4 842, p. 45. C'est tout ce que la noblesse peut faire maintenant que de s'entretenir, vivotant en sa maison, lanole, 4 59. Le bon citoyen doit avoir zèle aux choses publiques, et regarder plus loin

qu'à ylTotter «n des servitudes honteuses, m. 70». Que si ces Essais estoient dignes qu'on enjugeast, il en pourroit advenir, imonadvis, qu'ils ne plairoient gueres aux esprits commun» et vulgaires, ni gueres aux singuliers et excellents.... ils pourroientvivoler en la moyenne région, mont, i, i»o. — ETYM. Dimia. de vivr*; wallon, vigoté; génev. vicoler.

t. VIVRE (vi-vr'), je vis, tu vis, il vil, nous vivons, vous vivez, ils vivent; je vivais; je vécus, nous vécilmos; je vivrai; je vivrais; vis, qu'il vive, vivons, vivez ; que je vive, que nous vivions, que vous viviez; que je vécusse; vivant, vécu, V. n. Il 1* Etre en vie. Les oiseaux vivent dans l'air, et les poissons dans l'eau. Les chênes vivent fort longtemps. Il n'y a rien qui exhorte tant à savoir bien mourir, que de n'avoir point de plaisir & vivre, voit. Lell. 7(. Mes crimes, en vivant, me la pourraient ôter [la vie céleste], corn. Poly. 11,8. Mécénas fut un galant homme; Il a dit quelque part: qu'on me rcnJe impotent, Cul-de-jalte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme Je vive, c'est assez, je suis plus que content, la font. Fahl. I, )6. L'homme, sourd à ma voix comme à celledu sage, Ne dira-l-il jamais: c'est assez, jouissons? Hâle-tei, mon ami, lu n'as pas tant à vivre, iD.ib. VIII, S7. Je dis toujours que, si je pouvais vivre seulement deux cents ans, je deviendrais la plus admirable personne ;du monde, sÉv. l.ett. à Bussy, 27 juin (070. La dernière heure [pour un vieillard] n'en sera pas moins insupportable, et l'habitude de vivre ne fera qu'en accroître le désir, Boss. le Tellier. Indigne également de vivre et de mourir, On l'abandonne aux mains qui daignent le nourrir, rac. Baj. I, t. Cette expression : elle ne vit plus, ne lui ôtait que la vie, et ne lui donnait pas les laideurs de la mort, mamv. Marianne, 7" part. J'ai vécu, c'est-à-dire, souffert trop longtemps, volt. Lett. Vaines, <2 août 1777. Il me semble que je vous avais conseillé de vivre, uniquement pour faire enrager ceux qui vous payent des renies viagères, id. Lett. Ifme du Deffanl, 23 avr. (7B4. Une raison pour vivre, est d'avoir vécu ; cela esl évident dans les sept premières années do la vie, où le nombre des jours que Ton doit espérer va toujours en augmentant, BUFK. Prob. de la rie, t. x, p. m. Plus on vit, plus on aime è vivre, même sans jouir de rien, J. J. rouss. Ilél. vi, n. J'échangerais ce qu'il me reste à vivre Contre un des mois qu'ici Dieu m'a comptés , bérano. Grenier. J'ai vécu, j'ai passé le désert de la vie, lahart. Méd. I, <8. l|Ame, personne qui vive, avec une négation, personne. Ce grand et rare effet d'une Imaginative Qui ne cède en vigueur à personne qui vive, BOL. VÉt. Il, u. Il Faire vivre, prolonger l'existence. Le régime rigoureux qu'il suit, le fait vivre. Le médecin a fait vivre ce malade dont la poitrine est menacée. || Fig. V«us y devez [dans la langue] avoir une souveraine puissance, et faire vivre ou mourir les paroles c»rame il v»us plaît, VOIT. Lett. 63. Il Dans le style élevé. Il a vécu, il est mort. N»n, non : avant ce coup Sabine aura vécu, CORN. Hor. n, 6. Au moment où je parle, ils ont vécu peut-être, volt. Brutus, v, 6. || Fig. J'ai vécu, ma vie est finie, touche à son terme. C'en est fait, madame, et j'ai vécu, rac. ilithr. v, 5. |[11 n'a que trop vécu, se dit d'une persenne qu'on menace de faire mourir. Bajazet est un traître et n'a que trop vécu, rac. Bajax. iv, 8. Il Vis, vivez, se dit à une personne à qui l'on fait grâce de la vie. Vis donc, Horace, vis, guerrier trop magnanime; Ta vertu met ta gloire au-dessus de Ion crime, corn. Hor. v, 3. || Par exagération. Ne pas vivre, être dans des inquiétudes continuelles qui troublent la vie. Mme votre mère ne vivait pas, et nous vous trouvions bien phis en danger que pendant la petite vérole, MAiNTENON, Lett. au duc de Noailles, 28 mai <706. ||0n dit dans le même sens : ce n'est pas vivre. Il est toujours malade, ce n'est pas vivre. Vivons-nous, chrétiens, vivons-nous? cet âge que nous comptons el où tout ce que nous comptons n'est plus à nous, est-ce une vie 1 boss. Mar.-Thér. Il 2" Dieu vit de toute éternité, vit dans les siècles des siècles, vit par lui-même, se dit pour exprimer la vie de Dieu infinie, éternelle, indépendante. Il Les bienheureux vivront éternellement avec Dieu dans la gloire, ils jouiront de la Vue de Dieu pendant l'éternité. || En termes de dévotion, il se dit par rapport à la disposition de l'âme qui est en état de grâce. Un pécheur converti vil de la vie de grâce, vit d'une vie nou-

vrv

velle. Représentez-vous un véritable juste qui vit de la foi, uass. Carfm», Vérité de la relig. Il 3* Passer sa vie en un certain temps. Ceux qui ont vécu avant l'ère chrétienne. Joinville a vécu dans le xiii* siècle, el est mort au commencement du ziv>. Il II se dit aussi par rapport au gouvernement, aux usages, aux lois du pays où l'on demeure. Les lois, les coutumes sous lesquelles nous vivons. Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, mol. Tart. v, 7. || En termes de galanterie, vivre sous les lois d'une femme. ||i* Passer sa vie. Si c'est un aveuglement surnaturel de vivre sans chercher ce qu'on esl, c'en esl un terrible de vivre mal en croyant Dieu, pasc. P$n*. ixiv, 57 6i», édit. nAVET. Est-on dans les grandes places pour se reposer et pour vivre? BOSS. le Tellier. Jouissons de la vie; ne nous refusons aucun plaisir; le temps est court, hâtons-nous de vivre, parce que nous mourrons demain, et tout mourra avec nous, MASS. Carême, Doutes. Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir, vAuvEN. Réflex. et max. (42. U résultait de ses observations [de Montesquieu] que l'Allemagne esl faite pour y voyager, l'Halle pour y .séjourner, l'Angleterre pour y penser et la France pour y vivre, d'alemd. Élog. Montesq. Il D'une façon emphatique et absolument.Employor savie. Contre de telles gens [les stoïciens, qui ôlent les passions], quant à moi, je réclame: Ils ôlenl à nos cœurs le principal ressort; Us font cesser de vivre avant que l'on soit mort, la font. Fabl. xii, 20. Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais, PASC. Pens. m, s. Quand il n'en faudrait retrancher [de la vie] ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, m les maladies où l'on ne vit point.... BOSS. le Tellier. La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre, VAUVEN. Réfl. et max. u». La plupart des hommes meurent sans avoir vécu; vous vivez beaucoup, puisque vous pensez beaucoup, volt. Lett. d'Uzès, 4 déc. 47B(. L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années, mais celui qui a le plus senti la vie ; tel s'est fait enterrer à cent ans, qui mourut dès sa naissance, J. J. ROUSS. Ém. I. Vivre ce n'est pas respirer, c'est agir; c'est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nousmêmes qui nous donnent ile sentiment de notre existence, id. ib. Ceux qui.... N'ont connu qu'une oisive et morne indifférence.... Ils n'ont fait qu'exister, l'am.int seul a vécu, a. ciién. Élég. XXVI. Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front, v. iiuoo, Chdtim. iv, 9. || Avoir trop vécu, s'être livré à des excès dans sa jeunesse. Ceux qui ne meurent jamais que parce qu'ils ont trop vécu. M"* DB puisiEUi, iliJic. à Ca mode, p. (61, dans pouGENS. Il S" Vivre pour, consacrer sa vie à. Ne vivre que pour servir Dieu, que pour son pays, que pour l'élude. Ce cœur qui n'a jamais vécu que pour son époux, boss. Reine d'Ànglet. Moi, j'aimerais Roxane, ou je vivrais pour ellel rac. Baj. ni, 4. Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont à son égard comme s'ils n'étaient pas, la bruy. xi. Ouo je le voie, plein de mépris pour moi, ne vivant plus que pour ma rivale, fén. Tél. vu. Oui no vit que pour soi n'est pas digne de vivre, boissy. Sage étourdi, II, 3. Il On a dit dans le même sens : ne vivre qu'à. Mon cœur gêné d'amour n'a vécu qu'aux ennuis, REGNIER, Élég. I. Ainsi des plus grands saints la sagesse profonde Pour ne vivre qu'à Dieu fuyait les jeux du monde, corn. Imit. i, JO. || 6* Vivre avec une femme, avoir avec elle des rarporls conjugaux. Pour éviter la fornication, que chaque homme vive avec sa femme, etchaque femme avec son mari, saci, Bible, St Paul, ('• ép. aux Cor. VII, 2. Savez-vous seulement [vous, Œdipe] avec qui vous vivez? volt. (Ed. ni, ♦. {| En un sens défavorable. Vivre en état de concucinage. Elle vil avec un jeune homme. La surprise avec laquelle j'appris par lui que ■personne ne doutait dans le monde que je n'eusse vécu avec Mme d'E pinay, comme Grimm y vivait maintenant, ne peut être égalée que par celle qu'il eut luimême en apprenant combien ce bruit était faux, J. J. ROUss. Conf. I. On épouse une femme, on vit avec une autre, l'on n'aime que soi, bauniN, Mœurs du temps, B. || Vivre avec le public, vivre dans la prostitution. Cette Rosten, qui vil avec le public, fille d'un acteur, hihab. Lett. orig.

t. IT, p. (*7. ||T*I1 se construit avec certains nom* de temps et d'une manikre qui pourrait ûira croire qu'ils un régime direct; mais il n'en est rien: c'est une ellipse de pendant, durant. Oui c'est moi qui voudrais elTacer de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie, corn. Ment. MI, B. Le regret qu'ont les hommes du mauvais emploi du temps qu'ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur resto à vivre, un meilleur usage, la aatiT. xi. L'homme, qui esl trente ans à croître, vit ({uatre-vingt-dis ou cent ans; le chien, qui ne croit que pendant deux ou trois ans, ne vit aussi que dix ou douM ans, BUPF. Jliit. nat. hom. t. iv, p. 364. Nous trouverons dans la table qu'à l'iga de 26 ans on n'a vécu que le quart da «a rie, qu'à l'âge de M ans on n'en a vécu que la moitié, et que ce n'est qu'à l'âge de 68 ans qu'on a vécu les trois quart* de sa vie, m. Hist. nat. hom. t. iv, p. 424. Akl si l'on peut vivre mille ans en un quart d'heure, i quoi bon compter tristement tous les jours qu'oo aura vécu? J. j. ROUSs. Ilél. I, (o. Similis, courtisan de Trajan, ayant, sans aucun mécontentement personnel, quitté la cour et tous ses em' plois pour aller vivre paisiblement à la campagne, fit mettre ces mots sur sa tombe : J'ai demeure soixante-seize ans sur la terre, et j'en ai vécu sept, ID. lett. à M. de Maletherhrs, 3. \\ 8* Se nourrir. Les animaux qui vivent de proie. Il fait cher vivre dans cette ville. Il a fait meilleur vivre cette année que l'année dernière où les récoltes avaient souffert. Jean était vêtu de poil de chameau ; il avait une ceinture de cuir autour des reins, et vivait de sauterelles et de miel sauvage, sàci, Bible, Évang. St Marc, i, 6. On ne vil ni d'air ni d'amour, la font. Fianc. Je vis de bonne soupe, et non de beau langage, mol. Femm. sav. n, 7. Le roi a très-bien dormi; il a grand'faim, et est bien las de ne vivre que de bouillons, danceau, i, 420, 23 nov. (080. Parmi des tas de blé vivre de seigle et d'orge, boil. Sat. viii. Sa nourriture était simple ; il vivait comme les soldats, pour leur donner l'exemple de la sobriété et de la patience, pén. Tél. xvii. Les Tartares de l'Asie et les Patagons de l'Amérique vivent également de la chair de leurs chevaux, bufp. Suppl. à l'hiil. rtat. t. xi, p. (30. Il [Sommanocodom] vivait avec un grain de riz par jour; il arracha un de ses yeux pour le donner à un pauvre auquel il n'avait rien adonner, RAYNAL, Hist. phil. n, 13. Il Familièrement. Il vit de rien, il mange très-peu, il dépense Irè»peu pour sa nourriture. La bouche pleine, osexvous bien Chanter l'amour qui vit de rien? bIrano. Gourmands. || Fig. Je me renferme avec eux, et je vis de sentiments, de douleurs, et de chagrins, maintenon, Lett.àVabbé Co(/eIin,(674, t. il, p. (I. La riche fiction est le charme des ver»; Nous vivons du mensonge, L. rac. Relig. ch. iv. || Vivre de régime, suivre un régime, vivre avec beaucoup de règle pour cause de santé. Il vivait de régime et mangeait à ses heures, la font. Fabl. vu, ♦. Il Vivre à table d'hôte, manger habituellement i une table commune où chacun paye tant par repas. Il Ils vivent en commun, se dit de plusieurs personnes qui n'ont qu'une table tenue à frais communs. Il 9* Vivre sur sci-méme, seditd'une personne d'embonpoint, qui mange peu, et qui semble se sustenter de sa propre substance. || Fig. Nous sommes dans un profond silence.... dans un entier éloignement de toute sorte de nouvelles, el vivant enfin sur nos réllexiorfs, sÉv. (2 mai (680. || Fig. Vivre de sa réputation, vivre sur sa réputation, garder son crédit, son influence non par ce qu'on fait, mais par le souvenir de ce qu'on a fait. Nou» vivons [nous Français] encore un peu do notre ancienne réputation littéraire; mais cette vie précaire no durera pas longtemps, d'alimb. Lett. au roi de Pr. 20 nov. (772. ||10* Se procurer les moyens de vivre, de se soutenir. Vivre de son travail. Vivre de ses revenus. Apprenez que tout flatteurVil aux dépens de celui qui l'écoute, la pont. Fabl. I, 2. Il est juste que ceux qui servent à l'autel vivent de l'autel, pasc. Prov. vi. Au lieu que ce devrait être de l'argent pour vivre, c'est dé l'argent peur avoir vécu, sév. S3». Ces malheureux [les gredins du Parnasse] cherchent à penser pour vivre, el moi je n'ai vécu que pour penser, volt. Lett. Panckouckt, (3 févr. (76». La basse littérature cherche toujours, à tout empoisonner; elle ne vit que de ce métier, n>. Lett. Lebrun, 9 décemb. (7C0. U faut bien que je vive, disait l'abbé Desfontaines 'à un ministre d'État; le ministre eut beau lui dire qu'il n'en voyait pas la né-

eesiité; Desfontaines vécut, m. Lett. .ilhergati, 13 déc (700. Il Avoir de quoi vivre, posséder un revenu surflsant pour la manière dont on vit. Non, mor" leu, il n'y aura plus moyen de vivre avec mol; car je n aurai bientôt plus de quoi vivre, DANCOURT, Maison de camp. se. M. || En mauvaise part, vivre d'industrie, vivre par des moyens peu honorables. || Vivre de ménage, vivre avec économie, et fig. par plaisanterie , vendre ses meubles pour subsister. Martine : Un homme.... qui me vend piëce à pièce tout ce qui est dans le logis I — Sganarelle : C'est vivre de ménage, mol. Kéd. m. lui, i, 1. 1| Vivre au jour le jour, au jour la journée, vivre avec ce qu'on gagne chaque jour. Il Fig. Vivre au jour le jour, vivre sans prévoyance, sans s'inquiéter du lendemain. || Fig. Il vit de la grJce de Dieu, se dit d'un homme à qui on ne coimait aucune ressource pour subsister. Il se dit aussi d'un homme qui mange très-peu, et à peine assez pour se soutenir. |! Kig. Vivre d'espérance, vivre dans l'attente de quelque bien, et se soutenir par cette attente. 1| 11° Terme d'administration militaire. Se procurer les aliments nécessaires à une armée. Il [le marquis de Resnel] prétend qu'on n'a pas de quoi vivre une campagne, si l'on n'a en divers magasins de quoi en vivre deux, pellisson, l.ett. hist. t. ii, p. 204. Ce jour-là même, il [Napoléon] interpella hautement un administrateur par ces mots remarquables : Pour vous, monsieur, songez à nous faire vivre ici [Vitepsk] ; car, ajouta-t-il à haute voix, nous ne ferons pas la folie de Charles XII, ségur, Ilist. de Kap. V, i. Nos longs et lourds convois auraient appesanti notre marche; il était plus à propos de vivre du pays, lû. ij>. m, 2. || Vivre à discrétion, se dit des soldats qui se font traiter à leur gré par les habitants du pays envahi. || 12° Se dit par rapport à la dépense que l'on fait, à l'état que l'on tient. Vivre splendidement, honorablement, noblement, grandement, largement. Vivre en prince, en grand seigneur. Vivre misérablement, mesquinement, petitement. Je sais que la vengeance Est un morceau de roi; car vous vivez en dieux, la FONT. Fabl. X, 12. Il Vivre noblement, vivre d'une façon qui ne déroge en rien à la noblesse (locution qui vieillit). Que dites-vous tous les jours vous-mêmes de ceux qui lui ressemblent? un tel vit noblement; il mange son bien avec honneur, HASs. Carême, Mauv. riche. || Vivre noblement, vivre en gentilhomme, vivre sans rien faire. Chacun d'eux résolut de vivre en gentilhomme, Sans rien faire, la font. Fabl. ni, 2. || 13° Mener une certaine existence, un genre de vie quelconque. Vivre dans le célibat, dans le mariage. Vivre dans la joie, dans la tristesse. Il vit content. Les prêtres et les religieux, zélés et infatigables pasteurs de ce troupeau affligé, qui vivaient en Angleterre pauvres, errants, travestis, boss. Reine d'Anglet. Si je n'ai pas vécu la compagne d'Achille, bac. Iphig. V, 2. Je vis dans une retraite profonde auprès de la dame la plus estimable du siècle présent, et avec les livres du siècle passé, volt. ielt. au pr. roy. de Pr. 27 mai (737. Les hommes éclairés, qui sont en grand nombre, gémissent tout bas en Italie; le reste vit dans les plaisirs et l'ignorance; le bas peuple, dans la superstition, m. Koeurt, UO.il Vivre paix et aise, passer sa vie tranquillement dané l'abondance (locution vieillie). Il II faut laisser chacun vivre à sa mode, que chacun règle sa vie comme il l'entend. || On dit de même : Chacun vit à sa mode. || 14* Être en contact, en commerce habituel. Ah! mon enfant, qu'il estaisé de vivre avec moi! sÉv. c nov. (080. La condition des comédiens était infâme chez les Romains, et honorable chez les Grecs ; qu'est-elle chez nous? ou pense d'eux comme les Romains, et on vit avec eux comme les Grecs, la BRUT. xn. Il [Charlcmagne] aimait à vivre avec les gens de sa cour, monteso. Esp. ixxr, 18. Le maréchal de Vivonne, connu par son esprit et par son amitié pour Despréaux, allait souvent chez Molière, et vivait avec lui comme Lelius avec Térence, volt. Vie de Uoliére. Pythagorc, qui régnait sur tout le corps [de ses disciples] avec la tendresse d'un père, mais avec l'autorité d'un monarque, vivait avec eux comme avec ses amis; il lessoignaitdans leurs maladies, et les consolait dans leurs peines, BARtnéL. Anach. ch. 75. || Vivre avec lei vivants, se conformer aux mœurs, aux usages. Il faut solliciter, il faut se familiariser, il faut vivre avec les vivant*, sét. m. Quand je fais autrement, ce n'est pai ma faute ; je sais bien qu'il faut vivre avec les vivants, carhontelle, Prov.

lei Braconniers, se. 2. |] Vivre avec soi-même, vivre dans la retraite, sans communication avec le monde. 11 faut être bien avec ceux avec qui l'on vit, et bien avec soi quand on vit avec soi, FONTEN. Ressons. Il Vivre bien, vivre mal avec quelqu'un, être en bonne, en mauvaise intelligence avec lui. Quoiqu'elle vécût parfaitement bien avec lui, il n'était pas entièrement heureux, la fay. Princ. Clêves, Œuv. compl. t. ii, p. 31, dans pou- GENS. Il Vivre bien avec quelqu'un, signifie aussi se comporter à son égard convenablement, décemment, ne pas manquer aux égards de convenance. Je désire, madame, dit le roi, que vous viviez bien avec Mme de Montespan, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. 32, dans pougf.ns. La Fare [amant de Mme de la Sablière] était l'ami du marquis do la Sablière, qui vécut toujours bien avec sa femme, id. ib. t. i, p. (5l.||0n dit dans le sens contraire : vivre mal avec quelqu'un. Ce jeune homme vit mal avec ses parents. || Cet homme est aisé.commode à vivre, il est d'un commerce facile, on vit facilement avec lui. || D.ans le sens contraire : C'est un homme difficile à vivre. II On ne saurait vivre avec cet homme, il est d'une humeur à laquelle on ne saurait s'accommoder. Il 15° Se conduire d'unecertaine manière par rapport aux mœurs, à la religion. Vivre saintement. Vivre mal. Ma ûlle, c'est ainsi que l'on vit à Paris, bégnier, Sat. xiii. On les voit [les vrais dévots], pour tous soins, se mêler de bien vivre, mol. Tan. i, 6. Votre fille ne vit pas comme il faut qu'une femme vive, id. G. Dandin, i, 4. Et je me vis contrainte à demeurer d'accord Que l'air dont vous vivez vous faisait un peu tort, id. Mis. ni, 4. Les conditions les plus aisées à vivre selon le monde sont les plus difficiles à vivre selon Dieu, et au contraire, pasc. Pens. xxiv, 27. Je ne vous rapporterai que l'exemple d'une femme qui, pratiquant tous les jours la dévotion des images de la Vierge, vécut toute sa vie en péché mortel.... et qui ne laissa pas d'être sauvée par le mérite de cette dévotion, lo. Prov. ix. C'est avoir envie de vivre chrétiennement avec la fortune, que de lui pardonner la conduite qu'elle a eue avec vous, sÉv. à Bussy, 26 août 1088. Je vis enfin comment meurt un chrétien qui a bien vécu, FLÉcn. Duc de Montaus. Je ne suis pas peureuse de mon naturel : qui vit bien ne craint rien, ma- Riv. Pays. parv. 3' part. Nous ne commençons à vivre moralement que quand nous commençons à ordonner nos pensées, à les tourner vers un certain avenir, et à prendre une espèce de consistance, BUFF. Ilist. nat. hom. t. iv, p. 424. || 16° Se conformer aux usages du monde. Ils [les faux dévots] sont trop politiques pour cela, et savent trop bien vivre pour découvrir le fond de leur âme, mol. Tari. Préface. Nous fûmes ensuite chez M"* Colbert, qui est extrêmement civile, et sait très-bien vivre, sÉv. t2 janv. t074. Il est vrai que ces messieurs, qui savaient mieuxvivre que lui [Ménage], raccommodaientlout, faisant signe qu'ils se garderaient bien d'accepter les offres qu'on leur faisait, .inti-Miinagiana, p. 80. Hélas I on n'a plus rien à craindre 1 Les vices n'ont plus de censeurs ; Le monde n'est rempli que de lâches flatteurs : Savoir vivre, c'est savoir feindre, desuoul. t. i, p. (33. Oh! monsieur, il sait trop bien vivre pour en user si familièrement avec vous, lesage. Crispin rival de son maUre, 7. 11 faut prendre le parti de la vérité; mais faut-il blesser pour cela l'humanité? faut-il renoncer à savoir vivre, parce qu'on se flatte de savoir écrire? volt. Mél. litt. Sur la satire. Congédie honnêtement cet homme estimable et grossier, qui sait donner et qui ne sait pas vivre, m. Écoss. ii, 5. Je le verrai, madame, je sais vivre, et l'on peut se fier à moi sur l'article des procédés, mabmontel. Contes mor. Quatre flacons. || Apprendre à vivre, enseigner comment il faut se conformer aux usages du monde. Faut- il que la jeunesse Apprenne maintenant à vivre à la vieillesse? begnard, le Distr. iv, 2. Tu es un gentilhomme français si zélé pour la politesse de ton pays, que tu es venu exprès à Londres pour l'y enseigner publiquement, et pour apprendre à vivre à toute l'Angleterre BOissT. Français d Lond. I. |{ Familièrement. Je lui apprendrai à vivre, je lui apprendrai à agir plus convenablement; je le corrigerai, je le punirai de sa faute. Il faut apprendre à vivre à ce sexe volage, «OL. le Vép. iv, 2. Et qu'enfin, si quelqu'un parlait mal de Tcutatès, il lui apprendrait à vivre, voix. Zadig, 12. || Apprendre à vivre, acquérir la connaissance des usages du monde.

Il Le savoir-vivre, voy. savoir-vivre. || 17* Fig. Avoir une seconde vie, demeurer dans le souvenir, dans l'affection, en parlant des personnes. ....oui, j'aime mieux, n'en déplaise à la gloire. Vivre au monde deux jours que mille ans danf l'histoire, mol. Princ. d'Él. I, 2. Il [Alexandre] vit dans la bouche de tous les hommes, sans que s« gloire soit eff;icce ou diminuée depuis tant de siècles, noss. la ValUére. ô prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets, vous vivrez éternellement dans ma mémoire, id. Louis de Bourlion. Si l'espoir de régner et de vivre en mon cœur Peut de son infortune adoucir la rigueur, RAC. Bérén. m, ). Quel homme d'i'Uat osera se répondre de vivre dans l'histoire, quand on voit des médailles de plusieurs rois dont les noms ne se trouvent dans aucun historien? OCCLOS, Consid. mœurs, 6. Combien d'années Caton a-t-il vécu? Caton vit encore, il s'adresse à nous, ii s'adresse à nos neveux, il a lai.ssé le modèle impérissable de l'homme vertueux, sénèque, dans DiDER. Claude et Kér. ii, 3». |! Il se dit des choses dans le même sens. Ce cantique portera contre eux un témoignage, qui vivra dans la bouche de leurs enfants sans qu'il puisse jamais être effacé, SACi, Bible, Deutéron. xxxi, 2). Quoi ! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée Flatte encor leur valeur, et vit dans leur pensée? rac. Bajax. i, t. Et qu'à jamais mon nom vive dans leur mémoire, ID. Esth. m, 7. Leurs usages, leurs lois, leurs noms vivent encore, delille, En. v. || Cet ouvrage vivra, il passera à la postérité. || Les mauvais ouvrages ne vivent pas longtemps, ils tombent bientôt dans l'oubli. || 18° Vive, vivent, expression qu'on emploie pour indiquer qu'on souhaite longue vie et prospérité à quelqu'un. Vive le roi t Il s'élève un grand bruit, et mille cris confus Ne laissent discerner que Vive Hcraclius! corn. Iléracl. V, 7. Le temps vient, dit le Seigneur, qu'on ne dira plus à l'avenir: Vive le Seigneur, qui a tiré les enfants d'Israël de l'Egypte; mais Vive le Seigneur, qui a tiré les enfants d'Israël de la terre d'aquilon saci. Bible, Jérémie, xvi, 16. Le sage dit selon les gens : Vive le roi I Vive la ligue ! la FONT. Fabl. II, B. Au moment où il arriva à l'Académie, il trouva plus de deu.v mille personnes dans la cour du Louvre, qui criaient en battant des mains : Vive M. de Voltaire 1 d'alemb. Lett. ou roi de Pr. I juil. 1778. Les soldats prenaient le pas de course ; les tambours battaient la charge; l'air retentissait des cris mille et mille fois répétés : En avant I en avant! Vive la république' GÉNÉRAL FOY, Guerre de la Péninsule, i. || Par extension. Vive le roi , cri de ralliement des royalistes. || On dit de même : Vivent les braves! Vive la liberté! ma main brise vos fers, VOLT. M. de Ces. m, 7. Vive le vainqueur, disent leurs habitants à l'exemple des Italiens, passant et repassant d'un joug à l'autre dans une seule campagne, raynal, Ilist. phil. xn, 48. [I II se dit familièrement pour marquer qu'on estime quelqu'un, qu'on fait grand cas de quelque chose. Vive le vin ! Vivent les sots pour donner de l'esprit ! LA FONT. Comm. Vesjjr. Vivent les provinces pour les manières; on se pique à Paris d'un petit air aisé, qui est la grossièreté même, destouches. Fausse Agnès, i, 7. Vivent les grands esprits pour former les grands cœurs ! piron, Métrom. v, î. Malgré tout le jargon de la philosophie, Malgré tous les chagrins, ma foi, vive la vie ! gbess. Sidney, m, 5. Où je ne vois pas de profit, je veux au moins du plaisir; et vive la joie! beaumarcu. Barh. deSév. III, 8. Il Substantivement. Un vive-la-joie, un homme joyeux, sans souci. || Vive Dieu! sorte d'affirmation tirée de l'Écriture sainte. Vive Dieu! ahl j'ai pitié de votre aveuglement: je veux ôter de dessus votre dos ce fardeau qui vous accable, et meltre devant vos yeux cette vérité qui vous éclaire, bobs. Sermons, Vaines excus. despéch. i. Si je les rencontre demain, vive Dieu ! ils verront ce qui leur arrivera, lesagb. Cil Blas, v, 4. Il 19° Qui vive? voy. qui-vive. ]] vivre se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 20° Il s'emploie quel. juefois activement, avec le mot vie ou un nom de temps pour régime. Cette distance infinie que vos crimes avaient mise entre le Seigneur et vous, et que des siècles de pénitence, quand vous les auriez vécus, n'auraient pu remplir eux-mêmes, mass. Confér. Jubilé. Beaucoup n'auront vécu leur vie chélive.... K. littré. Bévue de la philosophie positive,t. IV, p. 319. Il 21° Le vivre, l'état d'être en v:e. ô douce volupté , sans qui dès notre enfance Lo vivre et le mourir nous deviendraient égaux.

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LA yoNT. Psyché, n, p. m. En sorte que [suivant les casuistcs] le simple vivre est plus malaisé que le bien vivre [la bonne conduite), pasc. Prov. IX. Il Manière de vivre. Je pense, quant il moi, que cet homme Tut ivre. Qui changea le premier l'usage de son vivre. Et, rangeant sous ses lois les hommes écartes, Bâtit premièrement et villes et cités, régnieh, Sat. vi. On est nourri, vêtu, logé bien mieux qu'on ne l'était, et les mœurs s'améliorent avec le vivre physique, p. L. COUR. Letl. VI. Il Donner aux soldats pour le bien vivre , se disait d'une certaine somme qu'on donnait aux soldats dans les garnisons, pour les obliger à ne rien exiger de leurs hôtes au delà de ce que prescrivaient les ordonnances. II22'' Vivre s'est dit pour usage du monde. Oh! madame, M. le chevalier .sait trop bien son vivre, dancourt, le Chevalier à la mode, m, 8. Il Proverbes. On ne sait qui meurt ni qui vit, il faut mettre ses afTaires, sa conscience en ordre, pour être préparé à la mort. || Qui vit à compte, il vit à honte. || Qui plus vit, plus a à souffrir. Il Qui a honte de manger, a honte de vivre. Il Assez jeûne qui pauvrement vit. || Item il faut vivre, la nécessité de pourvoir à sa subsistance fait faire bien des choses qu'on ne ferait pas autrement et qu'on doit excuser. || S'il vit, il aura de l'âge, se dit pour exprimer qu'un enfant, un jeune homme avec l'âge acquerra de l'expcricuce. || Il faut que tout le monde vive, il faut permettre à chacun de pourvoir à son existence, à ses goûts. Ceux qui ont des organes grossiers cherchent des plaisirs où l'âme n'entre pourrien; et ceux qui ont un sentiment plus délicat, veulent des plaisirs plus fins ; il faut que tout le monde vive, volt. Rem. Pens. Pascal, 68, Il Le prêtre vit de l'autel, se dit quand on veut faire entendre que chacun vit de son métier. [| Suivant le dire d'un ancien, il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger, mol. Avare, lu, B. Il Cet enfant a trop d'esprit, il ne vivra pas, se dit pour se moquer des enfants trop précoces, d'après cette opinion que la précocité est un danger. Quand ils ont tant d'esprit, les enfants vivent peu, c. DELAV. Enfants d'Edouard, i, 2.

— REM. ). Il faut dire : les années qu'il a vécu, €t non qu'il a vécues. En cITet années n'est pas complément direct de vivre; mais il faut entendre les années pendant lesquelles il a vécu. Ainsi vivre un long temps, c'est vivre pendant longtemps. Il 2. Dans le .xvii' siècle, l'usage et les grammairiens n'étaient pas fixés sur la forme du prétérit : je vécus ou je véquis, et de l'imparfait du subjonctif : je vécusse ou je véquisse. La corruption de la raison paraît par tant de différentes et extravagantes moeurs; il a fallu que la vérité soit venue, afin que l'homme ne vcquit plus en soi-même, pasc. Pens. xxv, ou, éd. iiavet. Jamais prince ne véquit si bien dans son domestique, FLÉcn. Hist. Théodose, iv, 80. Ce fameux conquérant, ce vaillant Sésostris, Qui jadis en Egypte, au gré des destinées, Véquit de si longues années. N'a vécu qu'un jour à Paris, rac. Epigr. sur le Sésostris de Longepierre. Aujourd'hui on ne dit plus que : je vécus, je vécusse. || 8. A la première personne du présent de l'indicatif, Malherbe a dit : je vi au lieu de je vis. Le peu qu'ils ont vécu leur fut grand avantage. Et le trop que je vi ne me fait que dommage, malh. i, 4. C'est un archaïsme; dans l'ancien français les premières personnes de ce temps, aux verbes où l's n'est point au radical, ne prenaient point li's. Cet archaïsme doit être admis quand la rime l'exige.

— HIST. XI' s. E s'il ne volt [veut], ou s'il ne vist.... Lois de Gttill. 45. Quant tu es mors, dolur est que je vif, Ch. de Roi. cxlix.

— xii* s. Se Deu plaist et je vif, je vous métrai à mal, Ronc. p. loa. Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès ore en pais tout mon aé [âge], Couci, m. Puis fu morte la dame, ne vesqui que six ans, Sax. V. Gardez bien ces messages [ces messagers] ; car lor vivres ert cors [sera court], ib. xxvii. Li bieneurous Job viscat entre les félons, Job, p. 441.

— iiif s. Ne vivoit que de pain et d'eve au samedi, Berte, ux. Tout aussi com d'un enfant qui, quant on le trouve de bon engien, si dist on que il ne vivra mie long tans, llist. litt. de la Fr. l. xxiii, p. 725. Ce est par une tel nature que tozjors li maindres [le moindre] est viande dou grai- Cnor [du plus grand] ; et ainsi li uns vit de l'autre, BRUN. LATi.Ni, Trésor, p. (83. L'amor des frères est lussi comme amor de compaignons, por ce que il •ont vcsqu et norri ensemble, iD.tb. p. 314. Po» ité fait homme despire Et haïr et vivre à martire, El

toit au sage ncis [même] le sen, ta Rose, snïo. Si sai bien certainement Que, se loial amor ne ment, Se vous vivez et je morroio, Tousjors en vostre coeur vivroie, ib. 8182. Le prélat qui le corone, et toz les autres dient en latin par trois fols : Vivo le roi en bone prospérité, Ast. de Jér. i, 3((. La manière de leur vivre estoit tele ; car il ne mangoicnt point de pain, et vivoient de char et de let, JOINV. 204. Les orges, et les ris, et tout ce de quoyen peut vivre, ID. 2(a.Le comte de Dretaingneapisfaitauroyque nul hommequi vive,in. 203.

— XIV* s. Et dit li uns à l'autre à la fois et souvent : Vive ce Bertran, vive, qui règne tellement I Guesd. 18073.

— xv« s. Nous n'avons qu'un petit vivre, froiss. Fspinette amour. Donc dirent ils que ils vouloicnt que il vesquisist, car il estoit trop durement bel, ID. II, III, 27. Il faut, qui veut vivre en ce monde et avoir honneur, avoir du bien et du mal, id. ii, II, 218 Aussi en y a maint de ceauls [ceux] Qui gourmandcnt, boivent, manguent Sans faim, sans soif, si se tuent, Et veulent vivre pour mangier. Non manger pour vie allongier, B. desch. Poésies mss. (' ili. En pillant et robbant nostre pauwe peuple, se vivent sur iceluy en dcgastant leurs biens, et font plusieurs autres grans dommaiges, maulx et excès, monsthel. 1. 1, ch. )U6, p. (76, dans LACURNE. Lyonnel mon cousin vit, ce m'est advis, d'amours; car il ne luy souvient de manger, Perceforest, t. II, f» 97. [Louis XI] en sa jeunesse, et vivant le roy Charles septiesme son père, se y vint retirer, comm. v, 9.

— XVI' s. Les artisans vivans de leurs bras, AMYOT, Solon, 60. Il vescut toute sa vie en trèsestroitte pauvreté, id. Arist. i. Ainsi vescut il, comme Nestor, presque trois aages d'homme, id. Calon, 31. Encore la laissa il [Athènes] libre, franuhe et vivante à ses loix, id. Sylla et Lysand. 10. Nous vivons, mon Bolleau, une vie sans vie, RONS. 815. L'homme ne vit pas tant de l'air tiré des cieux. De pain, do vin, de feu.... id. 904. Assezsçait qui vivre sçait, génin. Récréât, t. ii, p. 2.14. Je veux mal aux destins dont les loix adversaires M'ont si tard fait sentir vostre aimable rigueur; Le tans vescu devant ne m'esloit que langueur, DESPORTES, Cléonice, Lxviii. Il vesquit jusques à la la mort, en despit des envieux, rab. Garg. i, 21. Nul ne vit plus desordonnément, que celui qui vit à soy, et ne pense qu'à son profit, calv. Instit. 3(3. C'estoit ores, c'estoit qu'à moy je devois vivre, Sans vouloir estre plus que cela que je suis, DUiiELL. VI, <3, recto. Mais il n'a pieu aux dieux me permettre de suivre Ma jeune liberté, ny faire que depuis Je vesquisse aussi franc de travaux et d'ennuis.... id. vi, (3, recto. Leur vivre solitaire, ID. VI, s 5, recto. Tout œuvre qui doit vivre, il a dès sa naissance Un da;mon qui le guide à l'immortalité, ID. VI, 38, verso. L'homme est né pour une meilleure fin que pour vivre, c'est pour bien vivre, LANOUE, HO. Ils [les vaudois] vesquircnt sans persécution sous les ducs de Savoye, d'aub. Hist. I, 08. La belle moitié de leur vie, ils [Annibal et Scipion] la vescurent de la gloire acquise en leur jeunesse, mont, i, 408. J'ay vescu en assez bonne compaignie poyr n'ignorer pas... ID. i, B2. Le longtemps vivre, id. 84. Cicero disoit que, quand il vivroit la vie de deux hommes... id. i, (79. Adorant un Dieu qui vesquit aullrefois homme, id. II, 330. Vive liberté, la boétie. Servit, volonl.

— ËTYM. Prov. viure, vieure ; catal. viurer ; esp. vivir: portug. viver; ital. cii'ere; du latin vivere; comparez legrecpio;, vie ; le gaél.bco, vivant ; kimry, byw, vivant ; sanscr. jii;, vivre. Le wallon dit viké ; au xii' siècle on trouve une forme viscat.

2. VIVRE (vi-vr'), s. m. || !• Nourriture. Cent neuves épars Qui dispersaient le vivre aux gens de toutes parts, régnier, Épit. i. Il fit tant, de pieds et de dents. Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage Le vivre et le couvert : que faut-il davantage ? LA font. Fabl. vii, 3. La loi, qui n'accorde que le simple vivre aux banqueroutiers, et non pas de quoi subsister avec honneur, pasc. Prov. XII. Une chose folio, et qui découvre bien notre petitesse, c'est l'assujettissement aui modes, quand on l'étend à ce qui concerne le goût, le vivre, la santé et la conscience, la bruï. xiii. La solitude lui a préparé [à l'oiseau] le vivre et le couvert, ciiateaubr. Génie, i, y, 7. HJ-.^u plur. Toutes les choses qui servent à la nourriture. Les vivres sont fort chers, et le vin est hors de prix. On donnait à ces sauvages des bonnets roiigos, des grains de verre, des épingles, des couteaux, des sonnettes, et ils donnaient de l'or

et des vivres, raynal, llist. phil. \l, 6. Ces vivres consistaient en un gros pain de seigle, un petit fi'omage, un morceau de lard et deux ou trois livres de boeuf; ma mère y avait ajouté un< douzaine do pommes, marmontel, Jfi^m. l. Il [l'empereur] tentait bien qu'il ne pouvait Atcr ni reprocher i ses soldats ce fruit de tant de travaux [butin qu'ils emportaient de Moscou dans des chariots]; d'ailleurs les vivres cachaient le butin; et lui qui ne pouvait pas donner aui siens Jet subsistances qu'il leur devait... ttovn, llist. dt Nap. IX, I. Quand l'armée passa ce fleuve [Vistule], elle reçut l'ordre de prendre, sans s'arrêter, pour vingt-cinq jours de vivres, mais de ne s'en servir qu'au delà du Niémen, id. ib. m, 1. 1| Couper les vivres, intercepter les approvisionneiaenU d'une armée, d'une ville, etc. Memnon voulait qu'on leur disputât [aux Grecs] tous les passages, qu'on leur coupât les vivres, «oss. llist. m, 5. Il Pig. Couper les vivres, supprimer l'envoi d'une pension alimentaire. || 3' En termes do marine, provision des choses nécessaires i la nourriture de l'équipage d'un navire ou des équipages d'une flotte. Il Vivres de campagne, les vivres composés de vinndes salées ou en daube, de légumes secs et de biscuit. Il 4' Entreprise delà fourniture du pain et de la viande pour les armées. Faire forlune dans les vivres. L'administration des vivres Les vivres-pain. Les vivres-viande.

—r MiST. xii* S. Clere e de dete e d'el [d'autre chose] aurunt e curt e lei, E tuit cil qui d'aumosne unt e vivre e conrei. Th. le mart. 62. || xiif s. L'enfant... deit aveir son vivre convenablement de son fié, Ass. de Jér. I, 26<. Li créanciers li doit livrer [au débiteur incarcéré] son vivre, beaiik. L, 7. Il xiv s. Car des vivres [ils] avoientplus qu'on n'aloit pensant, Guescl. )928. || xv' s. Allons, allons, on se doit aventurer pour son vivre, froiss. n, II, 06. & la charge de tel portion de quint et vivre naturel [pension alimentaire], du canoï, victus. Il XVI* s. En toutes choses... la mutation est à craindre, la mutation des saisons, des vivres, des humeurs, mont, i, 339.

— f.TVM. Vivre I.

t 3. VIVRE (vi-vr'), s. [. Terme de blason. Serpent tortueux.

— Ktym. Le même que guivre (voy. ce mol).

f VIVRE, f.E(vi-vré,vrce), adj. Terme de blason. Se dit de pièces disposées comme la vivre, c'est-àdire, formant une ligne tortueuse.

— ÊTYM. Vivre 3.

t t. VIVRIER (vi-vri é), t. m. Anciennement, employé des vivres; fournisseur. 11 y venait des commerçants, des financiers, des vivriers, mais polis, honnêtes, et de ceux qu'on distinguait dans leur métier, j. j. rolss. Confess. vn.

— Etvm. Kiï're 2.

t 2. VIVRIEB,lÈ:RE(vi-VTi-é, iê-r'), adj. Term» des colonies. Qui produit les substances alimentaires. Cultures vivrières.

— F.TVM. Vivre 2.

VIZIR (vi-zir), s. m. Nom des principaux officiers du conseil du Grand Seigneur. Les janissaires ont été souvent dangereux aux sultans ; mais il n'y a pas un exemple d'un seul vizir qui n'ait été aisément sacrifié sur un ordre de son maître, volt. Russie, II, I. Il Grand vizir ou vizir azem, le premier ministre de l'empire turc, qui, en recevant le sceau impérial pour marque de son emploi, est revêtu de tout le pouvoir de l'empereur et jouit d'une autorité presque absolue. Dans le gouvernement despotique, le pouvoir passe tout entier dans les mains de celui à qui on le confie; le vizir est le despote lui-même, et chaque officier particulier est le vizir, monteso. Esp. v, 16. La place de sultan est quelquefois la plus oisive de la terre, et celle du grand vizir la plus laborieuse; il est à la fois connétable, chancelier et premier président, volt, ilœurs, 93. || Fig. et familièrement. C'est un vizir, un homme absolu, impérieux. Saint-Pierre appela les secrétaires d'Etat [sous le dernier règne] des vizirs, et leurs départements des vizirats, ST-sm. 484, (o. || On dit d« mémo : il parle en vizir.

— ÊTYM. Arabe, ouaxir, vizir, proprement porteur.

VIZIRAT(vi-zi-ra) ou VIZIRIAT (vi-ïi-ri-a), f.m. Dignité, fonction de vizir ; durée de cette fonction. La politique de la cour ottomane parut toute changée dès les premiers jours de ce viziriat [de Jussuf], VOLT. Ch. III, 6.... ainsi du grand viziriat: sans les confiscations, cette dignité produirait plus d'honneur que de fortune, id. Mœurs, iBS.

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— REM. Le mot arabe étant outittrat, M. Pihan dit cjue viriiiat est tout à fait fautif

fVLAAU (vla-ô). Terme de chasse. Ce que l'on crie pour la vue du sanglier, Alman. du chasseur.

t VLAUIKA (vla-di-ka), s. m. Chef chez les Monténégrins.

t VLAN (vlan), ». m. Mimologisme dont on se »ert pour représenter une action subite, et particulièrement un coup donné avec la main. || On dit aussi vli, vlan. Vli, vlan, taisez-vous. Lui dis-je, ou que je vous entende, dérang. Troisième mari.

t VLAOO(vla-o-o), s. m. A la chasse, ce que l'on crie pour la vue du loup, Alman. du chasseur.

t VLI, VLAN (vli-vlan), s. m. Voy. vlan.

t VOCABLE (vo-ka-bl"), s. m. || 1° Terme de grammaire. Mot, partie intégrante d'un langage. || 2° Patronage, en parlant d'un saint. Il existe à Vienne, sous le vocable de saint Pierre, une église élevée sur la place d'une basilique des premiers siècles, LEBLANT, luscript. chvét. de la Gaule, t. ii, p. n •'.

— HiST. XV* s. Le vocable [proverbe] que on dit, que : à celai à qui il meschiet, chascun lui mesofTre, FROi.ss. Il, II, <59. ||xvi* s. Vous dictes en vostre monde que sac est vocable commun en toute langue, rad. v, 46. Ignorant des frases et vocables qui servent aux choses plus communes, HONT. 1, 103. Dieu par nature a constituez les vocables pour les choses, non les choses pour les vocables, BONivABD, Advis et devis des lengues, p. 66.

— ÉTYM. Provenç. vocable; espagn. vocablo ; ital. vocabolo; du latin vocabulum, de vocare, appeler (voy. voix).

VOCABULAIRE (vo-ka-bu-lê-r'), t. m. || i° Synonyme de dictionnaire; en ce sens, il n'est plus guère usité. Je ne défendrai point l'Académie française par l'exemple vulgaire de celle délia Crusca, qui employa près de quarante ans à son vocabulaire, dont à la fin elle a tiré beaucoup de gloire, et la langue italienne beaucoup de profit, pellisson, Ilist. Acad. ni. Abandonnez votre grammaire, Laissez votre vocabulaire. Vous n'en êtes qu'à Va, b, c Depuis plus d'un lustre passé, ménage. Requête des dict. La France manque d'un bon vocabulaire; l'Espagne et l'Italie en ont ; tous les mots y sont marqués avec leurs étymologies, leurs significations propres et figurées, avec des exemples tirés des meilleurs auteurs dans les différents styles, volt. Lett. Guyot, 7 aoiit <767. || 2° Aujourd'hui et plus particulièrement, liste de mots, communément dans l'ordre alphabétique, et accompagnés d'explications succinctes. || 3° Par extension, ensemble des mots qui appartiennent à une science , à un art. Le vocabulaire de la chimie, de la médecine. Dans un sujet totalement neuf, et dont par conséquent le vocabulaire n'existe pas encore , je suis forcé do m'en faire un, le- GRAND d'aussy, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. II, p. 564. Il On dit à peu près dans le même sens : le vocabulaire d'un peuple, le nombre des mots dont il se sert. Le vocabulaire des Australiens est peu étendu. Resserrez le plus qu'il est possible le vocabulaire de l'enfant; c'est un trèsgrand inconvénient qu'il ait plus de mots que d'idées, j. j. rouss. Ém. i. S'il est vrai que le vocabulaire d'une nation puisse être considéré jusqu'à un certain point comme le tableau de ses connaissances et le miroir de son génie, abel ré- «USAT, 7ns(it. Mém. inscr. et belles-lett. t. viii, p. 29. Il 4' Adj. Qui appartient aux vocables. L'accent vocabulaire , l'accent que porte chaque mot.

— HiST. XVI" s. Il n'y faut ne vocabulaire ne commentaire, desper. Contes, i.

— ÉTYM. Lat. vocabularium, de vocabulum, vocahle.

VOCABULISTE (vo-ka-bu-li-sf), s. m. Terme peu usité. Auteur d'un vocabulaire.

VOCAL, ALE (vo-kal, ka-1'), adj. || !• Qui sert à la production de la voix. Les organes vocaux. Il S* Oui s'énonce, qui s'exprime au moyen de la voix, par opposition à mental. || Oraison vocale, voy. ORAISON. Il II se dit aussi par opposition à écrit. Une preuve vocale mise par écrit n'est jamais qu'une preuve vocale, montesq. Esp. xxviii, 4*. Il 8" Musique vocale, celle qui se chante, à la différence de musique instrumentale. Comme la musique vocale a précédé de beaucoup l'instrumentale, celle-ci ■ toujours reçu de l'autre ses tours de chant et ta mesure, j. j. aouss. Lett. sur la miu. franc. \\ Compositeur vocal, celui qui compose des morceaux de chant. La déclamation, l'exacte ponctuation des paroles doivent être le premier plan du compositeur vocal, grétry, Méth. pour prél. p. 83. Il 4* S. m. et f. Dans quelques communautés, vocaux, voealei, ceux ou o«Uw oui

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ont droit de suffrage. Il me suffit, pour justifier mes confrères les docteur»[de la faculté de Paris], de raconter sans déguisement, et comme tout Paris l'a vu, l'histoire de leur signature.... on peut bien assurer que les délibérations les plus solennelles n'ont guère été composées de tant de véritables vocaux, Boss. Signature» des docteurs.

— HIST. XIV' s. Voieul,devoix,DU CANGE, uocaJis. Il XVI* s. Il est des termes de trois vocalz [voyelles] lesquels sont de une sillabe, comme Dieu, lieu, fieu, etc. FABRi, Art de rhélor. t. n, f° 6, dans LACURNE. Cette correction voyelle et auriculaire, devotieuse, tira droit à l'ame [à propos de l'effet produit sur un débauché par le nom de Marie], MONT. I, S46. Que la philosophie condamne hanliement au mal cette lascheté voyelle [les cris], m. m, 200.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. vocal; portug. vogal; ital. vocale; du lat. vocalis, de vox, voix. Paré a dit vocable : Un des nerfs vocables, viii, 20.

t VOCALIQUE (vo-ka-li-k'), adj. Terme do phonétique. Qui a rapport aux voyelles. L'altération vocalique de o.

t VOCALISATEDR, TRICE (vo-ka-li-za-teur, tris'), s. m. et f. Terme de musique. Celui, celle qui vocalise avec grâce et légèreté.

t VOCALISATION (vo-ka-li-za-sion; en vers, de six syllabes), ». f. || 1° Terme de musique. Action de vocaliser. La vocalisation de Mlle Patti.... est dépourvue du moelleux que donnent à l'organe humain des exercices patiemment exécutes, scudo, la Musique en 1882, p. "5. ||2* Terme de grammaire. Changement en voyelle. La vocalisation d'une consonne.

— ÉTYM. Vocaliser.

t VOCALISE (vo-ka-li-z'), s. f. Terme de musique. On nomme vocalises des leçons ou exercices de vocalisation, i. quiciierat. Traité de musique, p. H B. L'air de dona Anna non mi dir [dans Don Juan] est chargé de fades vocalises, qui prouvent que les plus beaux génies sont obligés de payer un tribut aux caprices du mauvais goiit, scudo. Critique et littér. music. 3* éd. t. i, p. 22i.

— ETYM. Voy. vocaliser.

VOCALISER (vo-ka-li-zé), v. a. Terme de musique. Chanter sur une voyelle sans articuler des paroles et sans nommer les notes comme on fait quand on solfie ; on a choisi les voyelles a, é, comme les plus favorables à l'émission de la voix, L. quicherat. Traité de mus. p. h7 et ns. J'ai fait vocaliser à mon élève la troisième leçon de Bordogni. Il Absolument. Cette personne sait vocaliser.

— ÉTYM. Vocal.

t VOCALISME (vo-ka-li-sm'), s. m. Terme de grammaire. Théorie qui rend compte du rôle des voyelles et do leurs permutations, soit dans la formation et la dérivation des mots d'une même langue, soit dans la comparaison des langues appartenant à une même famille. || Système des voyelles d'une langue. |{ Ensemble des voyelles d'un mot.

t VOCALISTE (vo-ka-li-sf), s. m. et f. Synonyme de vocalisateur, vocalisatrice.

VOCATIF (vo-ka-tif), s. m. Terme de grammaire des langues qui ont des cas. Cas dont on se sert quand on s'adresse à quelqu'un. || En français, où il n'y a pas de cas, le vocatif est exprimé par la construction, le nom qui serait au vocatif en latin, répondant à un verbe à la seconde personne, sans en être le sujet. Malheureux, que fais-tu? ô toi que j'implore, mon Dieu, mon sauveur.

— ETY.M. Provenç. vocatiu ; espagn. et ital. vocalivo; du lat. vocativus , de vocare, appeler (voy. voyelle). Vocatif se trouve au xv* siècle dans le sens de qui s'appelle, putatif: Li maris pères vocatif, E. DESCII. Poésies mss. f" B08.

VOCATION (vo-ka-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action d'appeler, qui ne se dit qu'au figuré et en parlant des appels que Dieu fait à l'homme. Jésus-Christ n'a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n'avaient pas vocation, mais de Dieu et de Jean-Baptiste, pasc. Pens. XXIV, 23 bis, édit. havet. Il pose les fondements de son Église par la vocation de douze pêcheurs, BOSS. }list. il, 6. C'est dans la vocation qui nous prévient et dans la persévérance finale qui nous couronne, que la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et toute pure, id. Duch. d'Orl. Vocation peu sincère qu'ils [les auteurs de la réforme] attribuaient à Dieu, lorsqu'il appelait, à l'extérieur, ceux que, dans le fond, il avait exclus de sa grâce, les prédestinant au mal, id. Var. xiv. Il Terme de l'Écriture. La vocation d'Abraham, le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le «ère des croyant*. Les fausses divinilcs se multi-

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pliaient : et c'est ce qui donna lieu & la vocation

d'Abraham, boss. //t»t. i, 2. || La vocation des gentils, la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile. Il [Dieu] lui découvre [à saint Paul] le secret profond de la vocation des gentils, boss. Hist. ii, 7. La vocation des gentils substitués à la place d'un peuple autrefois si chéri et si privilégié, bollin, Trailt des Et. v, 2* part. I, *.\\i' Ordre extérieur de l'Église par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes. La vocation extérieure. 11 ne suffit pas d'avoir la saine doctrine, et il faut outre cela do deux choses l'une: ou des miracles pour témoigner une vocation extraordinaire de Dieu, ou l'autorité des pasteurs qu'on avait trouvés en charge, pour établir la vocation ordinaire et dans les formes, Boss. l'or, i, 28. Il II se dit dans le même sens chez les protestants. Les oppositions qu'il [Jurieu] a faites à la vocation de M. Basnage pour ministre ordinaire de cette ville [Rotterdam].... bayle, Lett. à Minutoli, 27 aoiit < 691. Il 8* Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à quelque genre de vie. Il ne faut pas examiner si on a vocation pour sortir du monde, mais seulement si on a vocation pour y demeurer, pasc. Lett. à Mlle de Roannex, ». Un état qui est établi de Dieu est de la vocation de Dieu, c'est-à-dire qu'il y en a plusieurs que Dieu destine à cet état, bourdal. Pensées, t. i, p. 77. C'est que rien n'a tant de rapport au salut que la vocation à un état, et que souvent c'est à l'état qu'est attachée toute l'affaire du salut, ro. Domin. t" dim. après l'Épiph. Devoir des pères envers leurs enfants, p. 1 6. || Particulièrement. Mouvament intérieur par lequel on se sent porté à la vie religieuse. La princesse Bénédicte, la plus jeune des trois sœurs, fut la première immolée à ces intérêts de famille.... malgré une vocation si peu régulière, la jeune abbesse devint un modèle de vertus, BOSS. Anne de Gonz. La peur de m'en repentir [d'être entrée au couvent] m'a fait passer par-dessus des mouvements que mille autres auraient appelés vocations, maintenon, Leit. à l'abbt Gobelin, 4 678, t. ii, p. Bf, dans pougens. Si Tonne le voyaitde ses yeux, pourrait-on jamais s'imaginer l'étrange disproportion que le plus ou le moins de pièces de monnaie met entre les hommes? ce plus ou ce moins détermine à l'épée, à la robe ou à l'Eglise: il n'y a presque point d'autre vocation, la brut. VI. Religieuse sans vocation, elle chercha un amusement convenable à son état, m'"* de cayll's, Souxenirs, p. 9B, dans pougens. || 4°Uncertaiiiordre des choses auquel on doit se conformer. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables. Elle [Marie-Thérèse] suivit sa vocation; et jamais vie ne fut plus pure, flécii. Mar.-Thér. On ne travaille que pour jouir; cette alternative do peine et do jouissance est notre véritable vocation, j. j. nouss Hél. IV, n. Les femmes n'ont d'autre vocation parmi nous que les devoirs domestiques, stael Corinne, XIV, 1. Il B" Inclination que l'on se sent pour un état. Une vocation contrariée. Il se sent de la vocation pour le commerce, pour le barreau Un rien détermine souvent la vocation d'un écrivain, d'ouvet, hist. Acad. t. it, p. )50,dans pougens. Granville : Te souvient-il, mon cher, qu'autrefois dans la classe Tu te mêlais déjà de déclamation? Ton instinct t'y portait — Belrose : Dis ma vocation, c. delavig. Com^d. i, 4. || 6* Disposition, talent. Il a une vocation décidée pour la peinture. La petite d'Heudicourt est jolie comme un ange ; elle a été de son chef huit ou dix jours à la cour, toujours pendue au cou du roi; cette petite avait adouci les esprits par sa jolie présence : c'est la plus belle vocation pour plaire que vous ayez jamais vue; elle a cinq ans; elle sait mieux la cour que les vieux «ourtisans, SÉV. 4 déc. (673.

HIST XIV* s. Les vocations [apptls en justice]

et les ciUtions, Chron. de St-Denyx. t. ii, f" <93, dans laclrne. || xv* s. Guillaume Erambourt doublant que le mary de sa fille ne s'aperceust do telles vocations [appels, signes], du cange, vocalio. Il XVI* s. Jésus Christ, au commencement de sa prédication, n'a pas voulu faire ouverture aux gentils, mais a différé leur vocation, calv. Inslil. 350. Mesiue Jesus-Christ ne s'y est point ingéré soymesma, mais a obéi à la vocation de son père, id. ib. M 55. Les pères en ceci ne peuvent mieux pourvoir, que d'aviser de quelle profession ils veulent que leurs enfants soyent, à fin d'accommoder les esludes à la vocation, lanole, tn. Ils font d'une telle profession [la guerre] (qui doit cstr» cooiuie oxlraordinaiit) une vocatiou poniclueli».

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