VOE
VOC
laquelle ils exaltent par dessus toutes autres, id. «79. L'une et l'autre [déclaration], après avoir déclarée illégitime la vocation [des états] , remetloient les diferens de TK^lise à un concile, d'aub. Jlist. III, 278. Des personnages qui tiroient d'escrire et leurs tiltres et leur vocation [à qui le la- .ent d'écrire formait titres et vocation], mont, i, 288.
— RTYM. Provenç. voeatio; espagn. vocacion; )tal. vocaiione; du lat. vocationem, de vocare, appeler (voy. voyelle).
t VOCEM (vo-sèm'), ». m. Terme de liturgie. Nom qu'on donne au 5* dimanche après Pâques, parce que l'introït commence par ce mot latin.
t VOCERO (vo-tché-ro), t. m. Nom donné, en Corse, aune sorte de chant populaire composé pour l'inhumation de certains défunts. || Au plur. Des voceri. La traduction des Toceri par M. A. Fée.
t VOCUYSI ACÉES (vo-ki-zi-a-sée), s. f. pi. Terme <le botanique. Famille de plantes, comprenant des arbres ou arbrisseaux de la Guyane et du Brésil, k racine tubéreuse, à sucs résineux.
t VOCIFfiRANT, ANTE (vo-si-fé-ran, ran-t'), ad}. Qui crie, qui vocifère. De tous les habitants de la basse-cour, aucun n'est aussi vociférant ni plus bruyant, buff. Ois. t. xvn, p. C5.
t VOCIFÉRATEUR , TRICE (vo-si-fé-ra-teur, tri s"), s. m. et f. Néologisme né pendant la révolution. Celui, celle qui vocifère.
— ETYM. Lat. vociferatorem, de vociferari, vociférer.
VOCIFERATIONS (vo-si-fé-ra-sion ; en vers, de six syllabes), (. f. pi. Paroles accompagnées de clameurs.
— MisT. xn* s. Gantez à lui novel cant, bien cantez à lui envociferatiun, iifterpsoli». p.39. ||xvi*s. Vocifération, cotorate.
— ETYM. Lat. vociferationem, de vociferari, vociférer.
VOCIFlîRER (vo-si-fé-ré. La syllabe /ï prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je vocifère, excepté au futur et au conditionnel : je vociférerai, vociférerais), v. n. Parler avec colère, pousser des clameurs. || Activement. Vociférer des imprécations, Rev. des Deux-SIondes, \" août 1872, p. 03(1.
— IlF.M. On a dit que ce mot était né dans les clubs durant la révolution; l'historique montre qu'il est bien plus ancien.
— illST. XVI* s. Que veult il dire que ces hommes et bestes là vocifèrent ainsi?PALSGBAVE,p. 501.
— ÉTYJI. Lat. vociferari, de vocem, voix, et férus, farouche : rendre la voix farouche.
t VODAMUM (vo-da-ni-om') , s. m. Terme de chimie. Métal récemment découvert.
t VOÉTIEN (vo-c-siin) , s. m. Membre d'une secte calviniste (xvn" siècle), dont le chef était Gisbert Voet, théologien hollandais.
VŒU (veu), «.m. Il 1* Promesse faite au ciel par laquelle on s'engage à quelque œuvre non obligée ; il se dit dans toutes les religions. Semblables à ces vœux dans l'orage formés. Qu'efface un prompt oubli quand les flots sont calmés, corn. Rodoy. il, 1. Trois papes ont décidé que les religieux qui sont obligés par un vœu particulier à la vie quadragésimale, n'en sont pas dispensés, encore qu'ils soient faits évêques, pasc. l'rov. vi. Selon la maxime de la théologie, le vœu est un acte de la volonté, et d'une volonté libre, bouhdal. Pensées, t. Il, p. 4(1. Il [Idoménée] remerciait Neptune d'avoir écouté ses vœux; mais bientôt il sentit combien ses vœux lui étaient funestes, fkn. Tél. V. Les vœux sont enfants de la crainte, lamotte, Fabl. I, 8. Philippe mourut à l'âge de soixante et onze ans, dans ce vaste palais de l'Escurial, qu'il avait fait vœu de bâtir en cas que ses généraux gagnassent la bataille de Saint-Quentin, VOLT. Mœurs, (08. Vous avez prononcé d'irrévocables vœux, ID. OUjmp. n, 2. || En termes d'Église. Les trois vœux, ceux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Il s'est trouvé des filles qui avaient de la vertu, de la santé, de la ferveur et une bonne vocation, mais qui n'étaient pas assez riches pour faire dans une riche abbaye vœu de pauvreté, la brut. xiv. Saint Basile, au commencement du iv* siècle, dans une province barbare vers la mer Noire, établit sa règle, suivie do tous les moines de l'Orient; il imagina les trois vœux, auxquels les solitaires se soumirent tous, volt, ilœurt, (39. ||Par ironie. Vous m'avez réjouie, en toe parlant de ces carmélites, dont les trois vœux sont changés en trois choses tout à fait convenables à des filles de Sainte-Thérèse, l'intérêt, l'orgueil et la haine.
tiv. 25 mai *«R0. Il II so dit par exagération quand on s'adresse à un mortel. Chacun tremble sous toi, chacun t'offre des vœux, corn. Cinna, v, I. Il Vœux du baptême, les promesses que fait un catéchumène, lorsque, avantd'étre baptisé , il renonce à Satan, à ses pompes et i ses œuvres. || Vœu de stabilité, engagement de quelques religieux à demeurer toujours dans la même couvent. Il Vœu solennel, vœu fait en face de l'Église avec les formalités requises par les canons. Il faut des vœux solennels si l'on veut de la stabilité, hain- TENON, Lett. à Mme de Urinon, ss oct. t. ii, p. 236. ilans POUQENS. || Vœu simple, vœu qui n'est pas fait en face de l'Église. J'écrirai à l'évêque de Québec ; il a les pouvoirs nécessaires pour vous relover de vos vœux, qui ne sont que des vœux simples, cha- TKAUBR. Atala, le Drame. \\ Fig. et familièrement. Je n'ai pas fait vœu de faire telle chose, j'ai la liberté de la faire ou de ne la pas faire. \\1' Auplur. Profession solennelle de l'état religieux. Au concile de Trente, les généraux d'ordre représentèrent que, si l'on ne permettait pas de pouvoir faire les derniers vœux monastiques à seize ans, et si on les retardait jusqu'à vingt-cinq, il y aurait très-peu de religieux et de religieuses, saint-foix, Est. Poriî, fflue.t. IV, p. 2)6, dans pougens. On sait que, chez les jésuites, les derniers vœux ne se faisaient qu'à trente-trois ans, âge où l'on prétend que Jésus-Christ a été mis en croix, et que ces pères avaient pris pour s'attacher à la leur, d'alemb. Élog. d'Olivet, note 3. Elle [Amélie] me mandait seulement qu'elle avait obtenu les dispenses du noviciat, et qu'elle allait prononcer ses vœux, chateaubr. René. || Renouvellement des vœux, la commémoration annuelle de la profession. || 3° Offrande promise par un vœu. Sire Jupin, dit-il, prends mon vœu; le voilà, la font. Fabl. ix, ts. Il Vœu rendu, nom qui se donnait à des tableaux que l'on pendait dans les églises et qui contenaient une représentation du péril auquel on avait échappé par l'intercession du saint. || On dit aussi en ce sens ex-voto. || 4° Promesse qu'on s'est faite à soi-même, résolution ferme qu'on a prise. Je fis vœu celte nuit de ne me coucher point, régnier, Sat. XI. Si vous n'êtes fatiguée de ce récit, vous avez une bonne santé ; je fais vœu de n'en faire jamais un si long, sév. 58. Quand le temps commence à changer, je demeure dans ma chambre.... car autrefois c'était un sot vœu de sortir tous les jours, ID. 8 janv. (690. Je condamnai les dieux, et, sans plus rien ouïr, Fis vœu, sur leurs autels, de leur désobéir, rac. Iphig. i, *.\\S° Consentement. L'hymen qui sans mon vœu le nomme votre époux, LEMERCIER, Frédég. et Bruneh. ii, 3. Il Suffrage en certains lieux, dans certaines élections et délibérations. Donner son vœu. Refuser son vœu. Écrire son vœu. Le vœu de la nation. Les supérieurs [des jésuites| consultèrent les gros bonnets à quatre vœux, et le résultat fut qu'il fallait céder à l'orage , sT-siM. 4 5, 20. Il 6* Souhait, désir ardent. Le vœu général. Roi du ciel, conservez le roi de la terre, c'est le vœu des Églises, c'est le vœu des évêques, boss. le Tellier. \\ En ce sens, il sodit très-souvent au pluriel. En ce combat Rodrigue a tous mes vœux, corn. Cid, v, 5. Si tant de gens de cœur font des vœux pour ta mort. . . . ID. Cinna, iv, 3. Ils [les chrétiens] font des vœux pour nous qui les persécutons, id. l'oly. iv, 6. Par des vœux importuns nous fatiguons les dieux. Souvent pour des sujets même indignes des hommes, la FONT.fobJ.viii, 5. Enfin, fléchi par ses vœux et son humble patience [de la reine d'Angleterre], il [Dieu] a rétabli la maison royale, boss. Reine d'Anglet. Comment eût-elle fait des vœux pour sa fortune, elle qui n'en faisait presque pas pour saguérison? fléch. Urne de ilontaus. Je suis si accoutumé de voir tous mes vœux éconduils en toute chose, que j'ai tout à fait cessé d'en faire, j. j. BOLSs. te», à du Peyrou, (5 nov. (769. L'innocence des vœux n'en fait point le succès, le- MERC. Frédég. et Bruneh. i, 5. || 7* Désirs amoureux, soins galants. Pour la même beauté nous faisons mêmes vœux, corn. Rodog. t, 5. Je verrais à mes vœux d'autres vœux préférés, TH. corn. Ariane, ii, 6. Malgré mes vœux, seigneur, honteusement déçus, BAC. Andr. it, 3. Du prince, en apparence, elle reçoit les vœux. Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxano, ID. Bajat. i, ) . Son cœur (de Gabriello d'Estrées], né pour aimer, mais fier et généreux, D'aucun amant encor n'avait reçu les vœux, VOLT. Jfenr. ix. || Fig. Il m'est aisé de croire Que do la liberté vous feriez votre gloire, Que votre âme en secret lui donne tous ses vœux.
CORN. Sertor. m, ». || 8' Fig. Ce qui ett demandé, exigé par. Le vœu d« la loi. Tromper le vau de la nature. Là sont les vceux du luxe, ici ceui du besoin, uelille, tmagin. ii.
— Hisr. XII* «. Sacrifice 1 Deu Mcriflce de loenge, e rent al altisme les tuens voz, Liber psalm. p. 66. Il XIII* s. Veux t'ai fait, «i les tendre [tiendrai]. Psautier, t* 67. Et li mien vou rendu seront Devant ccus qui te douteront [craindront], Psaumfs en vers, dans Liberpsalm. p. 276. Je veus.... ici vouer Un vœu que je tenrai , Berte, xliii. Ne briseroit son veu pour soufrir discepline, ib. Lvi. X icel jor lor veu faisoient, Et sachiés bien k'il le gardoient, Lai de kéiion. \\ xv s. Un veu d'or ouquel a une dame esmaiUée qui tient un oisellet, DE LABORDE, ^maiu , p. Mi.X Jehan Cillant, orfavre, demourant à Tours, pour dix marcs d'argent par luy mis et employé à faire ung veu, à faczon d'une jambe, que la dicte dame a donné et envoyé à N. D. du Carme de Rennes, id. t'b. Il xvi* s. Ce que nous appelions promesse entre lea hommes est nommé vœu au regard de Dieu, calt. Instit. 4007. En luy montrant au temple force vœux et tableaux, mont, i, 46. Les vœux et offrandes qui sont pendues aux voultes et parois du sanluaire, ahyot, TimoJ. (o. Que si Dieu piend i gré ces prémices, je veux. Quand mes fruits seront meurs, lui paier d'autres vœux, d'adb. Trag. éd.
LALANNE, p. (6t.
— ËTYM. Provenç. vot; espagn. et ilal. voto; du lat. votum, part, passé de vovere, qui se rattache au golh. vôpjan, invoquer.
VOGCE (vo-gh'), I. f. Il l'Ancien terme de marine. Allure d'un bâtiment à rames. Avoir de la vogue, bien marcher. || Nom donné quelquefois à la partie du plat-bord d'un navire à rames. |l 2* Fig. Réputation, crédit d'une personne, comparés à la vogue puissante d'une galère. La plupart des gens no jugent des hommes que par la vogue qu'ils ont ou par leur fortune, la rochefouc. Max. 2(2. Le rile de Roxelane l'avait mise en vogue [une actrice], iiAMiLT. Gram. 9. X peine fut-il [le médecin Chirac] fixé à Paris, qu'il y eut une vogue étonnante, font. Chirac. Vous pensez que toute la gloire d'une femmeconsiste à faire une dépense folle, à se servir de la marchande de modes le plus en vogue, GENLis, Thédt. d'édue. la Bonne mire, ii, ». Il II se dit des choses. C'est souvent du hasard que naît l'opinion. Et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue, LA FONT. Fabl. vii, (6. L'indifférence des religions avait la vogue en Angleterre, quand les dispersés [les protestants chassés par la révocation de l'édit de Nantes] y sont arrivés, boss. 6* arert. 3' part. 9. Cette manière de billet a été mise en vogue par les gens d'affaires, pendant la dernière guerre, pour mettre leurs effets à couvert des recherches qu'on pourrait faire contre eux, valb. D(me, p. 88. L'une des grâces de la nature, l'une de ces choses qui embellissent le monde, qui est de tous les temps, et d'une vogue ancienne et populaire, LA BRUT. XIII. Notre langue a autant de vogue qu'en avait autrefois la langue grecque, voLT Lett. Chabanon, » mars 4 772. Telle fut l'origine de ces contes moraux qui ont eu depuis tant de vogue en Europe, marmontel, ilém. v. || 8* Nom, à Genève, en Savoie , en Dauphiné , en Provence, en Languedoc, dans le Forez, dans la Bresse, de la fête annuelle d'un village. On fut contraint de dresser des fouillées par les rues comme on fait aux vogues de villages, rubis, Ilist. de Lyon , cité dans le Joum. de Trévoux, juin. 4 733, p. ((97. Telle est la tenue dans laquelle on les voit aux vogues; c'est ainsi qu'ils [les Bressans] appellent ces fêtes rustiques désignées par les Bretons sous le titre d'assemblées, FRANCIS WET, Article sur le Bressan, dans la Galerie des Français peints par eux-mimes. Province, t. n, p. 322.
— HIST. xvi* s. Puis donqiiesque la malédiction de Dieu s'est espandue haut et bas, et a la vogue par toutes les régions du monde, à cause de la coulpe d'Adam, calt. Instit. (72. Le premier des capiuines athéniens qui appcrceul de la terre ceslo grosse flotte qui venoit à pleine vogue pour les investir, ce fut Conon, amyot, Lysand. 20. Encore fut il plaint et regretté de tout le peuple, comme s'il fust en la plus grande vogue de son crédit, ro. Lucullut, 87. Depuis que les bas de soye ont eu le cours et la vogue en ce royaume, CARL. IT, 27. Quand il se présente à nous quelque doctrine nouvelle, nous avons grande occasion de nous en desfier, et de considérer qu'avant qu'elle fcusl produicte, sa contraire estoil en vogue
VOI
MONT, n, 330. Charles-Quint se servoit principalement do Flamans et Bourguignons qui avoienl la vogue, BRANT. Buren.
— ETYM. Voy. voguer; wallon, vok.
VOGUER (vo-ghé), je voguais, nous voguions,
vous voguiez ; que je vogue, que nous voguions, que vous voguiez, v. n. || 1° Etre poussé sur l'eau à force de rames. Les galères commençaient à voguer. Il i° Ramer, faire aller avec la rame (emploi qui a vieilli, et pour lequel on dit aujourd'hui ramer, nager). Les forçats de cette galère voguaient vigoureusement. || Vogue avant I commandement pour mettre en mouvement les rameurs de la vogue. Il On disait de même: vogue tribordl vogue bâbord I comme on dit aujourd'hui : nage ou avant tribord 1 nago ou avant bâbord 1 || S. m. Vogue-avant , rameur qui tient la queue de la rame et lui donne le branle ; le rameur le plus de l'avant. || 3* Dans une acception plus générale, naviguer de quelque manière que ce soit (emploi pour lequel les marins disent aujourd'hui plutôt marcher, aller de l'avant). Voguer à pleines voiles. 11 vogue vers Bysance, volt. Irène, i, 2. Eh ! vogue ma nacelle, Nous trouverons un port! BÉRANG. Nacelle. Mais, Dieu ! le vaisseau trop rapide Déjà vogue vers d'autres cieux, id. M. Stuart. || Fig. Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d'un bout vers l'autre, PASC. Pens. I, t, éd. havet. On parla des passions : Ah 1 qu'elles sont funestes 1 ditZadig.— Ce sont les vents qui enflent les voiles du vaisseau, repartit l'hcrmile : elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer, volt. Zadig, 20. || Fig. Voguer à pleines voiles, avoir toute sorte de succès. Lorsque sur cette mer [de la fortune] on vogue à pleines voiles, Qu'on croit avoir pour soi le vent et les étoiles. Il est bien malaisé de régler ses désirs, la font. Éléy. pour Fouquet. || Fig. Vogue la galère, arrive ce qui pourra. Vogue la galère ; le bon temps n'est que pour ceux qui le peuvent prendre ou attraper, gui patin, Leit. t. u, p. 12, dans pougens. Je pars le jour même de la Toussaint par Bagnols, de Bagnols à Rouanne, et puis, vogue la galère, m"' de couLANGES, Lctt. à M" de Sévigné, p. I4, dans pougens. Adieu, madame; faisons tous deux comme nous pounons; vogue la galère, volt. Lelt. il" du Dejfant, 6 juin 1772. || 4* Terme de chapellerie. Faire voguer l'étoffe, faire voler sur une claie les matière." aont on veut faire les capades. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi° s. Les mathelots sur l'un et l'autre banc D'un ordre égal voguent de ranc en ranc, dobell. vin, 15, reeto. Les Romains courans au devant de ceste galère, et marchans coste à coste d'elle à mesure qu'on la voguoit tout bellement.... amyot, p. vEm. 69. L'empereur Caligula, voguant avecques une grande flotte en la coste de la Romanie, mont, ii, 180.
— ÉTYM. Provenc. vogar ; espagn. bogar ; portug. cogar ;ital. vogare; de l'anc. haut-allem. vag6n, altéré en wogôn, se mouvoir, d'où l'allem. moderne wogen, flotter (voy. vague, t. (.).
VOGUEUli (vo-gheur), s. m. ||1" Ancien terme de marine. Rameur. || 8" Appareil à l'aide duquel un homme qui ne sait pas nager se maintient sur l'eau.
— HIST. XIV* S. Lequel suppliant fu retenu en nostre service pour la guerre de mer, [où il là nous a servi comme vauguour en l'une de noz galées, DU GANGE, fojhmt. || XVI' s. Ils s'embarquèrent en deux barques chacune quatre vogueurs, et tommencerent à voguer environ les vingt quatre heures, u. dubëll. 483.
— f.TYM. Voguer.
\ VOI (voi), interjection d'impatience. Chicaneau: Si vous parlez toujours, il faut que je me taise. — La comtesse : Ah 1 que vous m'obligez ! je fie me sens pas d'aise. — Chicaneau : J'irais trouver mon juge et lui dirais.... — La comtesse : Oui. — Chicaneau: Voi ! Et lui dirais : monsieur.... KAC. Plaid. I, 7.
— HIST. x\- s. Voy pour le sang que Dieux raya, 8era»-tu asncs, Birrea, e. desch. Poésies mss. r *iT. Il xn-s. Vol, madame, hél vrai Dieu, qu'estce que ceci ? quoi 1 vous voulez donc me fascher de gaycté de cœur pour esprouver ma pafînce tinxT, Jr^m. t. m, p. «13.
— FTYM. C'est l'impératif du verbe eoir. VOICI (voi-8i. Veci ^it par quelques-uns au
xvii* siècle cl condamné par Chifllct, Cramm.
' p.ioi),loe.prépos.c\\ii n'est autre que l'impératif
lu verbe voir avec l'adverbe et : vois ci. || !• Il sert
VOI
à désigner une personne ou un objet proche de la personne qui parle. Me voici. Monsieur que voici. Mais le voici qui vous dira le reste, corn. Poly. III, 2. Voici votre roi, peuple, et voilà votre reine, ID. Rodog. V, 3. Le voici qu'à propos sans suite et sans défense Le sommeil m'abandonne et livre en ma puissance, rotr. Béliî. a, 8. Voici votre Mathan ; je vous laisse avec lui, rac. Alh. 11, 4. || Il se dit aussi de la proximité dans le temps. Voici l'instant affreux qui va nous éloigner, volt. Brutus , iv, 3. Il 1' Il se met avant l'infinitif du verbe venir, pour exprimer arrivée, approche. Comme il continuait cette vieille chanson, Voici venir quelqu'un d'assez pauvre façon, régnier, Sat. viii. Tiemhlez, tremblez, méchants, voici venir la foudre, corn. Pomp. II, 2. Mais les voici venir, mol. VEl. v, 14. Des maux que j'ai prédits voici venir le temps, delille, Parad. perdu, vi. Cependant les tonnerres se taisent, et voici venir une voix : Écoute, ô toi Israël, CHATEAUBR. Génie, i, 11, 4. || 3° Il annonce qu'on va exposer, détailler quelque chose. Jamais vous ne cesserez de prétendre; ce que vous croyez la fin de votre course, quand vous y serez arrivés, vous ouvrira inopinément une nouvelle carrière ; la raison, messieurs, la voici : c'est que votre humeur.... Boss. 2* sermon, Impénit. 2. Mais voici ce qui glacera le cœur, ce qui achèvera d'éteindre la voix, ce qui répandra la frayeur dans toutes les veines : je m'en vais voir comment Dieu me traitera, id. Anne de Goni. Voici dans un jeune prince victorieux quelque chose qui n'est pas moins beau que la victoire : la cour, qui lui préparait, à son arrivée, les applaudissements qu'il méritait, fut surprise de la manière dont il les reçut, id. iouis de Bourion. Je m'en rapporte à vous, écoutez, s'il vous plaît. Voici le fait ; depuis quinze ou vingt ans en çà... rac. Plaid, i, 7. Voilà tous mes forfaits ; en voici le salaire.... id. Bril. iv, 2. || Familièrement. En voici d'une autre, en voici bien d'une autre, se dit en parlant d'une chose inattendue, singulière. Mais en voici bien d'une autre.... que diable fait là ma sœur? genlis, Théâi. d'éduc. Tendresse matern. se. 8. ||4" 'Il exprime un étal actuel, ou une action qui a lieu dans le moment même. Nous voici arrivés. Voici la fin de nos souffrances. || Voici que, même sens. Voici que de notre heur la fortune jalouse Vient arracher l'époux du sein de son épouse, mair. Soliman, l, 6. || Ironiquement. Nous voici bieni Quelle chose, quelle sottise nous dit-on làl Vraiment, nous voici bienI lorsque je suis à jeun, Tu me viens parler de musique ! LA FO.NT. Fabl. IX, )8. Mais voici bien une autre fête, id. ib. u:, 28. || Fig. M'y voici, je suis arrivé au point où je désirais arriver. Est-ce assez? dites-moi; n'y suis-je point encore? — Nenni. — M'y voici donc?— Point du tout.... la font. fabl. I, 3. Il Fig. Nous y voici, la chose arrive comme je l'avais prévu. || Nous y voici se dit aussi pour exprimer qu'on arrive à la question. Comme te voilà fait 1 je t'ai vu si joli ! Ah ! vraiment, nous y voici, Reprit l'ours à sa manière; Comme me voilà fait 1 comme doit être un ours,
LA FONT. Fabl. XII, 1 .
— UEM. 1. Il ne faut pas confondre, comme cela se fait souvent, voici avec voilà. Voilà se rapporte à quelque chose d'antécédent ; voici, à quelque chose de subséquent. Voilà ce que vous avez fait, voici ce qui vous reste à faire. U y a entre voici et voilà la même différence qu'entre ci et là. Il 2. Dans les cas où l'on peut les employer l'un pour l'autre, on dit voilà pour voici ; mais on ne dit pas également voici pour voilà. || 3. Voltaire {Comm. Corn. rem. Uor. n, ï) a condamné la locution voici venir; mais à tort; en efl^et elle est correcte ; car voici est pour vois ci, et voir se construit avec l'infinitif. De plus elle est appuyée par l'usage des bons auteurs. || 4 Ne dites pas le voici qu'il vient, mais le voici qui vient, ou voici qu'il vient. Racan a fait cette faute : La voici qu'elle vient plus belle que l'aurore, BACAN, Berger, le Sat. n, 2. La raison en est évidente. Voici équivaut à vois ci. On peut dire vois le ci qui vient, ou vois ci qu'il vient, mais non vois le ci qu'il vient.
— HIST. XI' s. Dreiz eraperere, veiz me ci en présent. Ci. de Bol. xxii. j| xii* s. Vez-ci mon gage, je voil qu'il aille avant, Boru. p. I8i.||xiir s.
Sire, voici l'ost près de vos, en Venise villeh.
XLTii. Nous vous en rapportons le cuer, etve le ci, Berte, xxiii. Vez-ci lelcs nouveles dont Diex loés sera, ib. cixn. || iv s. Armez vous tost et appareillez, car vez-ci gens d'armes qui approchent ccslo forteresse, froiss. i, i, I3l.||ivi*s. Je luy
VOI
cède ceste mestyrie : voyez ci le contract de la transaction, rab. Garg. i, 32. Voicy ce que il me falloyt, ID. ib. l, 84. Voyez cy de nos ennemyz qui accourent; mais je vous les tueray ici comme bestes, id. Pant. 11, 25. Voicy de la vertu la pénible montée. Voilà de l'autre part le grand chemin battu, Où au séjour du vice on monte sans échelle, dubell. vi, 45, recto. Voici venir un homme assez âgé. Nuits de Straparole, t. i, p. 221. Voici marcher de rang par la porte dorée L'enseigna d'Israël dans le ciel arborée, d'aub. Tragiques,
édit. LAIANNE, p. 183.
— f.TYM. Vois à l'impératif, et ci; wallon, vocial, voci; Berry, voi le ci, le voici, voi les ci, lei voici ; bourg, veci; nivernais, voiqui; prov. vec, ve.
i VOIDE (voi-d'), s. (. Voy. guéde.
VOIE (voi), s. f. Il 1' Chemin, route d'un lieu un autre. Leur bagage étant prêt.... Nos galants se mettent en voie, LA font. Joe. || Fig. La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie, boil. Art p. i. Il Par voie et par chemin, par les divers chemins qui se présentent, sans s'arrêter en aucun endroit. L'ambitieux, ou, si l'on veut, l'avare, S'en va par voie et par chemin, la font. Fabl vu, 12. Enfin, ma chère fille, me voilà par voie et par chemin, par le plus beau temps du monde, sÉv. 4 04. Si vous n'étiez pas venu ce matin, j'allais cette après-midi mettre tous mes amis par voie et par chemin, mariv. Pays.parv. 3' part. I.jlll est toujours par voie et par chemin, il est toujours en course ou en voyage. Il était toujours par voie et par chemin, et lui-même a fait ainsi son épitaphe, LAHARPE, Corresp. t. m, p. 280, || Absolument. La voie publique, les rues, les places, les chemins publics. N'embarrassez pas la voie publique. || La grande voie, se dit quelquefois pour grand chemin. || Fig. Ce qui obligea M. de Longueville de reprendre la grande voie, et de se servir de l'occasion de la conférence de Ruel pour entrer dans un traité, retz, Mém. t. 11, liv. m, p. 29, dans POUGENS. Il 2° u se dit spécialement des grands chemins des anciens Romains qui allaient de Rome aux extrémités de l'empire. La^ voie Appicnne, l'Aurclienne, la Flaminienne, l'Émilienne, la Trajane subsistent encore, volt. Dict. phil. C/iemi'ns. Corinne et lordNelvil suivirent d'abord ce qu'on appelait autrefois la voie Sacrée ou la voie Triomphale, stael, Corinne, iv, 4. || 3° Il se dit de tout ce qui est assimilé à une route pour aller d'un lieu à un autre. Autre qu'un dieu n'eût pi» nous ôter cette proie; Autre qu'un dieu n'eût pu prendre une telle voie [la route de l'air] , corn. Androm. ni, 4. || 4° Terme de chasse. Trace laissée dans le chemin par où la bête a passé. Mettre les chiens sur les voies. Les chiens ont empaumé la voie. Je ramène les chiens à ma première voie, Qui vont, n me donnant une excessive joie , Requérir notre cerf.... mol. Fdch. 11, 7. Nos chiens, presque tous hors d'haleine. Perdent la voie, et chassent avec peine, dancouht, Céphale et Procris, I, 2. Le pied du cerf est mieux fait que celui de la biche; sa jambe est plus grosse et plus près du talon; ses voies sont mieux tournées, et ses allures plus grandes, buff. Quadrup. t. n, p. I8 Il Brouiller la voie, se dit de l'animal qui cherche à tromper les chiens. [Le cerf] a mis ses efforts X confondre et brouiller la voie, la font. Fabl. x, l. Il Être à bout de voie, se dit des chiens qui s'arrêtent et ne trouvent plus la voie. || Fig. Être à bout de voie, avoir épuisé tous ses moyens de réussite. Il Fig. Mettre quelqu'un sur les voies, sur la voie, lui donner des indications propres à le faire parvenir à son but. J'eus beau imaginer, je ne devinai point; il me mit charitablement sur les voies, volt. Voy. de Scarmentado. Faites -lui quelque question qui le mette sur la voie, J. J. Rousseau, Ém. m. Il Fig. Remettre sur les voies, faire reprendre la suite de quelque affaire. Voici une lettre toute propre à nous remettre sur les voies, et à reprendre le fil interrompu de notre commerce, sÉv. à Bussy, I2juill. lom. |i Voie de bon temps , la voie d'une heure ou de deux heures. Il Voie chaude, fumante, vive, celle de l'animal qui vient de passer. || Voie de relevé, la voie déjà vieille. Il Voie de hautes erres, la voie de la veille. Il Voie doublée, celle sur laquelle l'animal est revenu. || Sentiment laissé au lieu de leur passage par les bêtes douces et généralement par les autres gibiers. Pour les loups et les sangliers on dit la trace et pour les loutres la marche. Il Fig. N'avoir ni vent ni voie d'une personne, d'une chose , n'en rieii savoir, n'en avoir aucune nouvelle. || 6' Trace que la voiture fait en mar-
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«hant. On a suivi la voie du carrosse. La voie des charrettes. || Pig. Laisser une chose en voie, la laisser sans la serrer. |] On dit plus ordinairement : laisser une chose en vue. || 6* Terme d'astronomie. La Voie lactée, la Voie de lait, grande trace de lumière blanche et dilTuse que l'on compare à une voie, à un chemin. La Voie lactée s'appelle populairement le Chemin do Saint-Jacques. N'étaientils pas excusables [les anciens] dans la pensée qu'ils ont eue pour la Voie de lait, quand, la faiblesse de leurs yeux n'ayant pas encore reçu le secours de l'artiflco, ils ont attribué cette couleur i une plus grande solidité en cotte partie du ciel qui renvoie la lumière avec plus de force? pasc. Fragm. d'un TraM du vide. Vous voyez cette blancheur qu'on appelle la Voie de lait ; vous figurericz-
irousbien ce que c'est T une infinité de petites étoiles invisibles aui yeux à cause de leur petitesse, et semées si près les unes des autres , qu'elles parais- «eut former une lueur continue, ponten. Uond. %' toir. Un être pensant qui habite dans une étoile
,e la Voie lactée.... volt. Dict. philos. Religion. Selon Anaxagore, la Voie lactée était la réflexion des rayons du soleil , bailly, Ilist. aslr. p. 2U4. Aristote rangeait la Voie lactée, comme les comètes, au nombre des météores, id. ib. p. 246. Une lumière blanche, de figure irrégulière et à laquelle on a donné le nom de Voie lactée, entoure le ciel en forme de ceinture, laplace, Exp. I, )3. ||7* Voie d'une voiture, l'écartement des roues, mesuré sur le sol, du milieu des jantes dnne roue au milieu des jantes de l'autre roue. La voie des voitures d'Allemagne est plus étroite que celle des voitures de France. || Cette voiture a la voie, n'a pas la voie, ses roues ont, n'ont pis entre elles la distance réglée par les ordonnances ou par les usages. Il Voie d'un pont militaire, la largeur comprise entre les poutres de guindage. || 8* Voie ferrée, chemin do fer. jj La voie, l'espace compris entre les deux rails. || Voie de garage, voie située en dehors de la voie ferrée principale. || 9* La voie d'une scie, ouverture que fait transversalement la scie dans un morceau de bois, dans un bloc de pierre. Il La voie d'une scio,récai-temenl qu'ont entre elles les dents de la scie. || 10* Moyen de transport par lequel les personnes , les marchandises cheminent d'un lieu à un autre ; mode de transport. Aller par .a voie de terre, par la voie de mer. Faire tenir une lettre par la voie de la poste, des ballots par la voie du roulage. Envoyez-moi cela par la voie de M. un tel. Je m'en irai par la voie du messager. J'ai trouvé aujourd'hui une voie siire dont j'ai profité pour vous envoyer mon petit journal, GENLis, Ad. et Th. t. u, p. 427, dans pougens. ||U° Une voie de quelque chose, est ce qui peut être porté dans un seul voyage, ou d'une seule fois, par voiture ou autrement. À Paris la voie de bois était d'environ deux stères (4 stère 9 dixièmes). La voie de bois pesait moyennement 764 kilogrammes, coiLOMB, Instit. ilém. se. t. ii, p. 389. || Voie de charbon, sachée de charbon, telle qu'un homme peut la porter. La voie de charbon en contient douze boisseaux. || Voie de charbon de terre, quantité dont le volume est d'un mètre cube et le poids d'environ 1200 kilogrammes. || Voie de coke, * 6 hectolitres, ou un mètre cube et demi. |{ Voie de pl&tre, quantité do douze sacs, qui contiennent chacun deux boisseaux et demi. || La voie de pierre en est une charretée, qui en contient environ quinze pieds cubes. || Voie d'eau, nom donné i Paris à la quantité d'eau qu'un homme porte ordinairement dans ses deux seaux et qui est évaluée à 30 litres. Il 12' Voie d'eau, ouverture accidentelle faite à la carène d'un navire, et par laquelle l'eau s'introduit dans ce bâtiment. Comme on calfate des vaisseaux qui ont des voies d'eau, volt. Lett. à Cather. u, 20 juiU. 1770. Un marin, voyant l'eau gaf,'ncr son vaisseau, n'oublie pas de faire chercher et boucher la voie, i. j. rouss. Écon. 3. IH3- Terme d'anatomie. Ensemble de conduits ou série d'organes que parcourt un fluide ou une matière quelconque dans l'économie animale. Les voies biliaires. Les voies urinaires. Les voies digestives. Il Premières voies, l'estomac et les intestins. Secondes voies, les vaisseaux lactés. Troisièmes voies, lés vaisseaux sanguins. || 14* Voie de calandre, se dit de huit tours que l'étofl'c passe »ous la calandre. || Donner une voie de chardon à une étofle, la brosser avec des chardons, pour en tirer le poil. || 15' Fig. En termes de dévotion, le chemin pour le salut ou pour la perte de l'âme. La voie du paradis. Qu'il [Jésus] enseignerait aux homme? la voie parfaite, pasc. Pem. xviu, -to, éd. havet.
DlCT. DB LA LANGUE FRANÇAISE.
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SaIntPaul a ditque ceux qui entreront dana labonne voie, trouveront des troubles et des Inquiétudes en grand nombre, id. Leit. à MU» de Roannex, e. C'est là ma dévotion [résignation à la Providence]... et, si j'étais digne de croire que j'ai une voie toute marquée, je dirais que c'est là la mienne, sév. 48 mai «esu. U faut respecter ces chemins peu battus de la Trappe et des Camaldules, et croire que Dieu, qui prend les élus où il lui platt, leur marque aussi les voies par où il veut les faire marcher, id. 4 6 sept. 4 8«l. Sachez que la souveraine puissance vous est accordée d'en haut, afin que la vertu soit aidée, et que les voies du ciel soient élargies, Boss. Reine d'Anglet. Je suis touché au vif quand je considère tant d'honnêtes gens que je chéris..., marcher dans la voie des ténèbres, ID. 8* term. pour une vtture, t. Les routes par où on s'égare tiennent toujours au grand chemin; et, en considérant où l'égarement a commencé, on marche plus siirement dans la droite voie , 10. tlist. ir, 9. Jésus-Christ est I0 médecin des &mes, et vous en êtes le corrupteur ; il est leur voie, et vous êtes leur piège, uass. Pet. carême, Vices et vert, des gr. Vous êtes dans la voie de mort et de perdition, id. Carême, Évid. de la loi. || La voie étroite, la voie du salut. Si jamais l'on peut dire que la voie du chrétien est étroite, c'est durant les persécutions, boss. Reint d'Anglet. || La voie large, le chemin de la perdition. Il 16" En termes de l'Écriture, les lois, les desseins, les commandements de Dieu. Il [le Seigneur] a fait connaître ses voies à Moïse, et ses volontés aux enfants d'Israël, saci. Bible, Psaumes, on, 7. J'ai gardé les voies du Seigneur, et je n'ai point commis d'infidélité contre mon Dieu, w. ib. Rois, II, 22, 22. Vous avez aujourd'hui choisi le Seigneur, afin qu'il soit votre Dieu, afin que vous marchiez dans ses voies, id. 16. Deutéron. x.yvi, 4 7. Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers, id. ib. Év. selon St Matthieu, 3. Elle [la mère de M. de Montausier] employa ses premiers soins à lui apprendre les principes d'une fausse religion [le protestantisme]; égaré dès qu'il entra dans les voies de Dieu, nourri depuis par les maîtres mêmes de l'erreur, fléch. Duc de Montausier. Que vos miséricordes sont infinies, ô mon Dieu , s'écrie-t-elle [une âme fidèle] avec le prophètel.... vous avez suivi de près toutes mes voies, uass. Àvent, Bonh. des justes. Il Moyens dont Dieu se sert pour conduire les choses humaines. Faisons taire la raison humaine; entrons dans les voies de Dieu, boss. 4" sermon, (Juinquagés. i. Je ne connais pas les voies secrètes que Dieu a tenue», bourdal. Carême, i, PrédesUn. 382. Les voies de Dieu sur nous sont pleines d'équité et de sagesse, mass. Carême, Tiéd. 2, L'ermite soutint toujours qu'on ne connaissait pas les voies de la Providence, et que les hommes avaient tort de juger d'un tout dont ils n'apercevaient que la plus petite partie, volt. Zadig, 20. |j Terme de mystique. Voies intérieures, moyens de parvenir à la perfection. || 17° Terme de l'Écriture. La voie, les voies des hommes, leur conduite morale. La sagesse de l'homme habile est do bien comprendre sa voie; l'imprudence des insensés est toujours errante, saci. Bible, Prov. de Salom. xiv, 8. Les yeux de Dieu sont sur les voies des hommes, et il considère toutes leurs démarches, m. ib. Job, xxxiv, 21. Il marcha dans les voies des rois d'Israël, comme la maison d'Achab, ro. 16. Rois, IV, 8, 4S. Je tejugerai selon tes voies, et tu sauras que je suis le Seigneur, boss. 2* sermon, Impéntt. 2. Comme les peuples marchaient chacun en sa voie, ID. Hist. 1, 3. 0 mon Dieul vous avez vu ses voies; vous l'avez rappelé, lorsqu'il était éloigné, mass. Or. fun. Conti. || L'impie s'est égaré dans ses voies, il a suivi son sens réprouvé. Je t'ai ramenée des extrémités de la terre, des lieux les plus éloignés, des voies détournées où tu te perdais, abandonnée à ton propre sens, boss. Anne de Gom. || Toute chair avait corrompu sa voie, les hommes s'étaient abandonnés à toute sorte de crimes. Tous les états ont corrompu leur voie, mass. Carême, Vocal. 1118» Fig. Moyen dont on se sert. Soufl^rcz qu'un chevalier vous venge par les armes; La voie en est plus sûre, corn. Cid, m, î. X lui rendre service elle m'ouvre une voie, id. Serlor. 11, 5. Ne faites rien par la voie de la violence, saci. Bible, Ecclésiastique, X, 6. Des biens gagnés par une voie illégitime, PASC. Proi;. VIII. Vous ne prenez pas les voies naturelles pour faire croire un point de fait, m. ib. xviii. Croyez-vous que les rois puissent employer d'abord la violence pour soutenir leurs
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prétentions, sans avoir tenté toutes les voies d« douceur et d'humaniti? r^N. Tél. xxtn. L'ambition, dont les voies sont toujours longues et pénibles, MASS. Pêl. carême, Purificat. Toutes les voies furent bonne* pour parvenir à l'empire, uo.ntesq. Rom. il. Si vous ne trouvez pas une voie, vous qui habitez U superbe ville de Paris, comment voulez-vous qu« j'en trouve, moi qui suit chez les antipodes, dant un désert entouré de précipicesT volt. Lett. d'Argental, 4" avr. 477a. Il ne me paraît de vrai dan* tout cela [dispute fur les forces vives, sur la moindre action] que l'ancien axiome, que la nature agit toujours par les voies le* plus simples; encore cette maxime demande-t-elle beaucoup d'explications, ID. Mél. litt. à M. Kônig. Celui qui m'« ofl'ensé par faiblesse retrouvera toujours une vois pour rentrer dans mon cœur; un coquin n'en trouvera jamais, id. Lett. en vers et en prose, &7. Ce nouveau contrat servit d'hypothèque i un emprunt de 12 millions de livres en rente* viagères i dix pour cent, et par voie de loterie, ràTnal, Hitt. phil. IV, 27. On commença i prévoir qu'un génie ardent, inquiet, accoutumé aux voies courtes, n'attendrait pas huit mois [à Witcpsk], quand il sentait >on but i sa portée [Moscou], siovR, Hist. de Nap. v, 4. Il Être dans la bonne voie, employer les moyens convenables. || Être dans la bonne voie, signifie aussi se conduire bien. On est siir d'être dam la bonne voie, dès qu'on a choisi celle que le monde condamne, mass. ParUgyr. St Louis. \\ Préparer la voie, les voies, lever les premiers obstacles. Je veux par ce récit vous préparer la voie, corn . /e Jf erW. m, ». Ce qu'il y avait de plus beau dans cette loi [de* Hébreux], c'est qu'elle préparait la voie 4 imo loi plus auguste , boss. Uist. u, s. Voilà comme on prêche la réforme; c'est ainsi qu'on met en pièces le christianisme, et qu'on prépare la voie à l'Antéchrist, id. Var. zv, 421. Nous l'avons bien servi [l'abbé de Prades], le marquis d'Argens et moi, en préparant les voies; c'est, je crois, la seule foi* que j'ai été habile, volt. Lett. Mm» Denis, ( 9 aoiit 4 7^2. || Tenter la voie, faire le premier essai. || Être en voie d'accommodement, de s'accommoder, en vole de faire quelque chose, y travailler, s'y disposer, être entrain de, prêt à.... Il 19'Termede jurisprudence. Voies de droit, recours i la justice dans les formes légales. || Voie de droit, moyen indiqué par la loi pour l'exercice d'un droit oupourl'exécution d'un acte. || Voie de fait, au singulier, tout acte par lequel on s'empare violemment d'une chose surlaquelle on n'a pas de droit reconnu. Comme un usurpateur qui, par violence et par voie de fait, se rendrait maître d'un héritage, bol'roal. Ezhort. Charité envers les pauvres, i, p. (. || Voies de fait, au pluriel, actes de violence, duel, mauvais traitements. Le régent défendit les voies défait au duc de Richelieu ou au comte de Bavière, qui, cyant eu ensemble quelques paroles vives, avaient pris un rendez-vous, duclos, (Euv. t. v, p. 123. || Par voie parée, en forme exécutoire. || 20* Terme d'administration et de finances. Voies et, moyens, les revenus de tout genre dont l'F.tal dispose. Il 21* Terme de chimie. Manière de faire quelques opérations, jj Voie sèche, nom des procédés qtii consistent à traiter les corps par le feu. || Voie humide, nom des procédés qui consistent à traiter les corps - par l'eau ou par quelque autre liquide. Il 22° Claire voie, voyez claire- voie, qui est le mode d'écrire aujourd'hui usité. Que ce soit un bonnet mince à claire voie, i. j. roi;ss. Ém. 11.
— lilST. XI* s. Entre en sa voie, si s'est acheminez, Ch. de Roi. xxvi. Tantchevalcherent cveiese chemins, ib. xxx. || xn* s. De haute honor sui ea voie. Quant en tele [dame] ai mon cuer mis, Couei, p. 4 20. De maint ennui (j j ai puis esté servis, Et eschapez de périlleuse voie, ib. p. 424. ||xiii* s. Li joui-s que ele dut sa voie avoir emprise, Berte, VI. Car je n'i sai la voie, s'ele ne m'est monstrée, ib. XLVi. En la voie [il] la met, à Dieu l'a commandée, ib. Car Diex maint dcsvoyé bien i voie ramaine, ib. l. Il m'enseigna la voie [le chemin], ib. Liu. Diex, fait-ele en son cuer, tenez m' [moi] en droite voie, ib. en. Si s'en vont la voie ferrée, Et tant ont le chemin tenu.... Ren. 5744. M?s s'il vos plest, biax amis chiers. Un petit avant mangeroie; 11 a jusqu'à la corl grant voie, ib. 2/794. Va ta voie, fet il, bricon, ib. t. m. p. 48. Et nous vous ferons voie i nos brans acérés ; Qui nous encontrerons moult iert mal asenés, Ch. d'Ant. vin, 4 36. C'est max [mal] de destorber ciaus qui sunt en voie de bien fere, beaum. iiv, 25. Et par ce que noz avons dit du ceval loué por fere une certaine voie ib. xixvm, 6. Il ont deus voies de lor droit
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porcaoler, id. ii, 5. Oui erre contre le [la] foi, eomme en mescreance, do lequelo il no veut venir i voie de vérité.... il doit cslro ars [brûle].... id. XXX, 4(. De la voie [voyage] que il [Louis IX] fisl à Thunes [Tunis], ne weil je riens conter ne dire, joiNv. 300. Il xiv* ». Un homme est cause <ifi ses en- Tans en voye de nature, et est cause de ses operacions en voye de meurs, oresme, Élh. 7i. Ne plaingnicz tel avoir; de maise [mauvaise] voie vint, De pute part rêva, Boud. d$ Seb. vm, 33. MichauU fu condampné par la loy de Tournay en une amende de Lx livres, et à faire une voie à saint Ja.ques en Calice, DU CANQE, via uKromorino. || iv s. Si leur avint que les mareschaux de l'ost cX les coureurs trouveront entre voies une bonne ville et grosse et bien fermée de fossés et de palis, si l'assaillirent fortement, froiss. i, l, )50. Lors se recuillircnt tous ses compagnons et se mirent i pied, et chassèrent leurs chevaux en voie, car ils les sentoient trop foulés, id. i, i, 327. Et veez ci venir le chevalier au rivage; on lui fit voie, on le mena devant le roi qui estoit en une chambre, n>. ii, ii, • 08. [Ils] portèrent oudithostel douze voies d'eaue, lesquelles ilz mistrent dedens une cuve à l'entrée de l'huis, Bibl. det eh. 6« série, t. i, p. 247. Entre les gens de guerre avoit eu paroles, de telles manières que, gueres ne s'en falloit, alloient jusques à la voie de faict, juven. «380. Tout bon conseil ils ont degecté, et cherché toutes voies qui leur estoient nuysibles, comm. v, ». || xvi' s. Mon Dieu, guide-moy et convoyé.... Et dresse devant moy ta voye. Que ne fourvoyé, maeot, iv, 234. Détester toute voye de tromperie, mont, i, 24. Hz appaisoient les différents avec la raison par voye d'appointement, ne permeltans point, s'il leur estoit possible, que l'on vinst à la voye de faict et des armes, amïot, Numa, 2t. Prit un collet ouvert à rare voye. Entre-broché de fils d'or et de soie. Rare, subtil, i replis bien tissus, rons. 038. i Paris, une voye de bois, c'est autant que si on disoit une chartée de bois, h. est. Précell. p. I43. En longue voye paille poise, gékin. Récriât. t. n, p. 23». S'il [Calvin] eust tourné son esprit à la bonne voye, il pouvoit cstre mis au parangon des plus signalés docteurs de l'eglisc, pasquier, Recherches, vin, B6.
— ETVM. Norm. Date; wall. voie; prov. csp. et it. via; du lat. via, ou, dans le parler des gens de la campagne, t)«ho, osque «eio, chariot, qui se rapporte kvehere; sanscr. vah, porter(voy. véhicule).
VOILX. (voi-là; vêla dit par quelques-uns au XVII' siècle, et condamné par Chifflet, Cramm. p. îot ;c'est pour rendre cette prononciation, qui n'a pas disparu complètement, que Beaumarchais fait dire à Figaro : la v'iàl la v'iàl Barb. de Sév. i, «; vêla se disait aussi au xvi* siècle d'après H. Estienne), loc. prépot. qui est formée de l'impératif du verbe voir et de l'adverbe là : vois là. Il 1' Il sert i désigner, i indiquer une personne ou un objet un peu éloigné de la personne à qui l'on parle, par opposition à voici. Parions à ce rival, le voilà qui s'avance, corn. Sertnr. n, 3. Pleurez donc ce grand capitaine, et dites en gémissant : voilà celui qui nous menait dans les hasards.... Boss. Louis de Bourbon. La voilà donc, Girot, cette hydre épouvantable, boil. Lutr. iv. Voilà Ulysse lui-même ; voilà ses yeux pleins de feu, et dont le regard était si ferme; voilà son air d'abord froid et réservé, qui cachait tant de vivacité et de grâces, fén. Tél. a. Le défunt n'est pas mort; le voilà que je vous amène, dancouht. Mari retrouvé, se. 23. Il [Charles XII] dit tout haut après la conférence [avec Stanislas] ; voilà un homme qui sera toujours mon ami; et on s'aperçut bientôt que ces mots signifiaient : voilà un homme qui sera roi, volt. Charles XII, 3. Monsieur croit donc que l'on arrive là Comme chez tout le monde, en disant: me voilà, a. duval, Fille d'honneur, n, 8. || i' Il se dit des choses dont il est question dans le discours, se rapportant toujours à ce qui vient d'être dit, au lieu que voici le rapporte à ce qui va être dit. Valeur, magnanimité, bonté naturelle, voilà pour le coeur; vivacité, pénétration, grandeur, et sublimité de génie, voilà pour l'esprit, boss. Louis de Bourbon. Voilà donc deux mortelles maladies qui affligent le genre humain : juger les autres en toute rigueur, se pardonner tout à soi-même, id. Sermons Jugem. hum. Préamb. Jetez les yeux de toutes paris, voilà tout ce qu'a pu faire la magnificence et la piété pour honorer un héros: des titres, des inscriptions.... id. Louis de Bourbon. Voilà, voilà le* cris que je craignais d'entendre, u>.
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Iphig. IV, 6. Si ma religion était fausse, je l'avoue, voilà le piège le mieux dressé qu'il soit possible d'imaginer, la bruy. xvi. || Voilà où, voilà le point, l'endroit où. Voilà où elle [la sévérité chrétienne] est plus austère, parce que c'est là qu'elle fait un plus grand sacrifice; voilà où elle est plus méritoire, puisque le mérite croit à proportion de la difficulté, bourdal. Domin. 3* dim. après la Pentec. Sur la sévérité chrétienne, p. 347. Il Voilà comme, voilà la façon suivant laquelle. Voilà comme Pyrrhus vint s'offrir à ma vue, RAC. Andr. m, 8. || Vous lui remettrez cette lettre et ce paquet, voilà tout, c'est-à-dire voilà tout ce que je vous prescris de faire. || Voilà ce que c'est que de, il est ainsi de. Voilà ce que c'est que du monde, mol. Préc. 4 8. || Familièrement. Voilà ce que c'est que de faire l'impertinent, tels sont les désagréments, les traitements fâcheux auxquels on s'expose quand on est impertinent. ||Fig. Voilà l'homme, tel est le caractère de l'homme. Pour dire la vérité, quoique je n'eusse aucun ressentiment contre ce seigneur, je ne fus pas fâché de lui rendre ce bon office; voilà l'homme, lesage, Gil Blas, xi, 6. || 8' Il s'emploie pour marquer un état prochain ou actuel, une action qui a lieu présentement. Laisse là tes moutons, viens conduire des hommes; Je te fais juge souverain : Voilà notre berger la balance à la main, la font. Fabl. x, to. L'autorité est belle, et te voilà bien appuyé, mol. Critique, s. Voilà M. de Turenne tué : voilà une consternation générale; voilà M. le Prince qui court en Allemagne; voilà la France désolée, sÉv. «9». La justice que tu croyais endormie, s'est éveillée contre toi; la voilà qui est à la porte, boss. 2' sermon, Impénit a. Les voilà comme des bêtes cruelles qui cherchent à se déchirer; le feu brille dans leurs yeux.... FÈN. Tél. XVI. Comme il prononçait ces paroles en poussant de profonds soupirs.... voilà la base de la montagne qui s'ouvre.... volt. Blanc et noir. Voilà donc enfin Marmontel de l'Académie, d'alemb. Lett. à Voltaire, 8 déc. (703. Il Voilà.... à, voilà la personne dont il s'agit, se mettant à. 'Voilà Madame à crier, à pleurer [pour la mort de son père].... sév. <8 sept. (680. Il 4" Voilà qui..., voilà ce qui. Voilà qui le brouillera [M. d'Aleth] avec M. votre père [Arnauld d'AndiUy], siv. à Pompcme, (604, 1. 1, p. 435, édit. RÉGNIER. Il Voilà qui est fait tout à l'heure, cela ne tardera pas à être fait. || Voilà qui est bien, c'est assez. Il Voilà qui va bien, qui marche bien, cela va bien et promet d'aller bien pour la suite. Il B° Que exclamatif peut se mettre devant voilà. Ha, que voilà bien le monde I sÉv. (44. || 6' On met le conjonctif que entre des noms et voilà ou voici. L'homme que voilà. Les sentiments humains, mon frère, que voilai mol. Tart. i, «. ||7' Voilà peut être suivi de que. Voilà qu'il arrive. Ainsi est mort le père Bourgoing; et voilà qu'étant arrivé dans la bienheureuse terre des vivants, il voit et il goûte.... boss. Bourflot'nj. || Voilà que, marque souvent ce qu'une chose a d'inopiné, de subit. Le voyageur s'éloigne : et voilà qu'un nuage L'oblige de chercher retraite en quelque lieu, la font. Fabl. ix, 2. Voilà qu'un corsaire de Salé fond sur nous et nous aborde, volt. Candide, ii. Il 8* Voilà se construit avec la préposition de qui alors est prise partitivement. Et puis voilà de ma dévotion; Voilà mes saints, la font. Diable. Voilà de tes discours, mol. le Dép. i, (. Voilà de mes damoiseaux flouets qui n'ont non plus de vigueur que des poules, id. Avare, i, 6. || Il se construit avec en. Vous voulez de lafgent, en voilà. Il Absolument. En voilà, signifie c'en est assez, la chose est entendue, terminée à partir du moment dont il est question. Et en voilà jusqu'à ce qu'un nouveau dégoût vous rappelle encore de l'ivresse des passions, pour vous faire encore rentrer dans les voies de la justice, mass. Carême, Inconstance. \\ On dit de même : n'en voilà que trop. Ahl n'en voilà que trop I c'est trop me faire entendre. Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés, RAC. Brit. m, 7. H 9« M'y voilà, je suis rendu au lieu dont il s'agit. Si j'avais consulté M. Fagon, il m'y aurait envoyée[auxeaux], etm'y voilà, SBv. 20 sept. (087. Il Nous y voilà, se dit pour exprimer qu'on arrive à la question, au point intéressant. X cette ouverture que crut me faire H. de Dorsan, et à laquelle il ne douta pas de me voir prendre part, je ne répondis que par un : nous y voilà, je m'y attendais, mariv. Pays. part). 7* part. Ahl vous y voilà, dit le baron, et cette phrase voua latisfait, genlis. Vœux témér. U u,
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p. 2(8. Il 10* Ne voilà pas, ou voilà pas, sorte d'exclamation de surprise. Hc bien I ne voilà pas mon enragé de maître! mol. J'tft. v, 7. Eh bienl ne voilà pas de vos emportements I id. Tari, v, i. Ne voilà pas de mes mouchards, qui prennent garde à ce qu'on fait? id. l'Av. i, 3. Voilà pas le coup de langue T m. Bourg, gent. in, (2. || On dit aussi ne voilà-t-il pas, voilà-t-il pas. Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà, mol. Tart. i, i. Voilà- s t-il pas le patriarche Sergius qui vient de faire 1 décider dans un concile à Constantinople que * Jésus avait deux natures et une volonté I volt. Dict. phil. Volonté. Ne voilà-t-il pas cet abominable homme qui me cite Newton... î m. Quest. miracl. (7. Ne voilà-t-il pas mon homme d'esprit qu'un rien distrait, qu'une niaiserie occupe, tandis qu'on agite une question sérieuse? boisst, Franc. 4 Londr. (8. || La seule tournure correcte est: ne voilà pas; l'autre est un barbarisme introduit par l'usage, td, qui est dans voilà, ne comporte pas le ( eupbui.:que. Le barbarisme consiste à avoir traité voxld comme un verbe (par exemple comme va-t-il), et y avoir joint le ( euphonique et Vil des verbes impersonnels. || U* Voilà construit avec un infinitif, comme voici. C'est le coup, scélérat, par où tu m'expédies; Et voilà couronner toutes tes perfidies, mol. Tart. v, 7. Voilà bien instruire une affaire! rac. Plaid, m, 3. Celte tournure, correcte en soi, peut être imitée. || On a, d'une façon analogue, construit voilà avec im participe passé. Mais cependant voilà passées une dizaine d'années sans beaucoup de carnage dans le monde, p. l. cour. Collection de lettres et articles au rédacteur de la Quotidienne.
— REM. 1. Pour la différence entre voici et voilà, voy. voici. Il 2. Ne dites pas : le voilà qu'il vient, mais le voilà qui vient ou voilà qu'il vient. Voilà est pour vois là; ce qui indique la construction. Il 3 Molière a omis ce après voilà. Voilà, voilà que c'est de ne voir pas Jeannette, mol. l'Ét. IV, 8. C'est un archaïsme tombé en désuétude.
— HIST. xni* s. Sire, ves là Jehan, qui, à tort et sans reson. Vint en tel liu et m'a fet tel forche, bf.aum. VI, ». Il xv s. Voylà le roy et tout ce peupldsaillir de la ville, comm. i, ((.||xvi's. Je m'escure tout le poulmon, et voy me là prest à boyre, RAB. Garg. i, 4(. Soyez résolus de ne servir plus, et vous voylà libres, la boétie, 24. 0 le beau garson que voylà I mont, i, 227. Voylà cinq esclaves, mange les, id. i, 229.
— ÉTVM. Vois, impératif do ro:r, et Id;Berry, velà; picard, v'io; bourguign. vslai.
i. VOILE (voi-l'), I. m. Il 1° Pièce d'étoffe destinée à cacher quelque chose. Voile épais. Voile clair. Un premier voile qui couvre l'Isis des Égyptiens a été enlevé depuis un temps; un second, si l'on veut, l'est aussi de nos jours; un troisième ne lésera pas, s'il est le dernier, font. Ruysch. Cette chevelure que Dieu jeta comme un voile sur les épaules du jeune homme, et comme une couronne sur la tête du vieillard, chateaubh. JfarJ. iv. Il 2° Terme de liturgie. Se dit du morceau d'étoffe qui couvre le calice. Vous lui donnerez pour notre église un voile de calice que je vous envoie, et que j'ai brodé moi-même, oknlis. Mères riv. t. ni, p. 76, dans pouGENS. Il Par assimilation. Pièce d'étoffe servant à recouvrir quelque meuble. Voile de fauteuil, de lampe. [| S* Morceau d'étoffe dont les femmes se couvrent le visage. Voile de mousseline. Ecarter son voile. Que ces vains ornements, que ces veiles me pèsent I rac. Phèdre, i, 3. Autrefois toutes les femmes en France s'attachaient un voile sur la tète; celui de la femme d'un gentilhomme lui descendait jusqu'aux talons, au lieu qu'il était ordonné que le voile d'une bourgeoise ne lui passât pas la ceinture, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. î7S , dans pougens. N'avexvous pas levé votre voile aujourd'hui?.... L'air d midi m'a suffoquée : Mon voile un instant s'est ou vert, V. HUGO, Orient. ((. || Le pied d'un voile, dit, dans les voiles de dentelles eu d'imitatio du bord du voile en haut; il se fait maintenant a jour pour y passer la coulisse ou le ressort. {| Plus particulièrement, morceau carré ou arrondi de dentelle, de tulle, ou même de gaze ou de crêpe, que les femmes attachent à leurs chnp^aux pour se garantir la figure du vent, du froid ou du soleil, ou bien pour être moins vues. Les voiles de crêpe ne se portent qu'en deuil. Voiles ronds. Voiles carrés. || Fig. Avcrir un voile devant les yeux, être aveuglé par les préjugés ou les passions- 1| 4* Couverture de tète tjue portent les religieuses. Bénir le voile. Les professes portent 1» voila ooir. Ello
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est encore novice et n'a que le voile blanc. La petite du Janet ne me quitta point; elle a le voile Liane depuis trois jours; c'est un prodige de ferveur et de vocation, sÉv. 5 janv. tcso. Le sacré pontife vous attend avec ce voile mystérieux que vous demande!; enveloppez-vous dans ce voile, vivez cachée i vous-même aussi bien qu'à tout le monde, boss. la Valiière. N'est-ce pas aller bien vite que de donner le voile au bout de deux mois T MAINTENON, Lttt. à Mme delà Viefcille, i nov. ilM. Ce jour même, elle prit le voile noir, dernière cérémonie de sa consécration i la vie religieuse, HiccoBOM, Œuv. t. II, p. 7<, dans poucens. Le Toile, comme la mort, nous plonge dans l'oubli, ID. 16. t. IV, p. 20», Il Prendre le voile, entrer au noviciat, prendre le voile que portent les novices. Il b' Par extension, l'étofte dont se font les voiles des religieuses à qucl(|ue usage qu'on l'emploie. Un habit de voile. Manteau de voile. US" Grand rideau. Lorsqu'il se reposait sur moi do tout l'Klat, Que mon ordre au palais assemblait le sénat, Kt que derrière un voile, invisible et présente, J'étais de ce grand corps l'âme toute-puissante, hic. Brit. I, i. Venez, derrière un voile écoulant leurs discours. De vos propres clartés me prêter le secours, ID. Esth. Il, 8. Permettez un moment que ce voile vous couvre, id. Alhal. v, 4. || Voile du temple, voile d'étofTe précieuse suspendu, dans le temple de Jérusalem, à deux colonnes; il séparait le sanctuaire ou saint des saints, dans lequel était l'arche, d'avec le reste de l'enceinte, nommée le saint. Il T Fig. Ce qui est comparé i un voile jeté sur la personne. Je ne sais, ma fille, comment vous pouvez dire que votre humeur est un nuage qui cache l'amitié que vous avez pour moi;ii cela était dans les temps passés, vous avez bien levé ce voile depuis plusieurs années, sÉv. 473. Jetant, comme Moïse, un voile de douceur et de tempérament sur l'éclat de sa personne et de sa dignité, MASS. Panégyr. SI Louis. Elle enveloppait tout cela d'un voile de pudeur infiniment aimable, VOLT. l'Ingénu, b. Le voile de la mort se répand sur sa vue, ID. Ilenr. viii Un voile sombre de tristesse et de consternation a couvert son visage, J.j. Rouss. Hél. 1,65. Il Poétiquement. Les voiles de la nuit, les ténèbres do la nuit. Le feu des étoiles Commence i pAlir; La nuit dans ses voiles Court s'ensevelir, BERNis, Poés. div. Descrip. poél. mat. Et la nuit dans son voile humide Dérobe tes bords i mes yeux, BÉRANO. Jf. Stuart. \\ 8* Fig. Apparence, prétexte, dont on se sert pour tenir une chose cachée. Henriette entre nous est un amusement. Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère, X couvrir d'autres feux dont je sais le mystère, mol. Femm. sav. 11, 3. Ce pécheur, cette pécheresse, pour éviter de se cacher, tâche plutôt de cacher son crime sous le voile de la vertu, boss. Sermons, Intégr. de la pénil. 2. Ces âmes artificieuses, qui, sous le voile d'une dévotion apparente, cachent, ou le venin d'une doctrine corrompue, ou le dérèglement d'une conduite criminelle, bourdal. Domin. 7* dim. après la Pentec. Sur l'hypocrisie, p. 61. Je ne viens point, armé d'un indigne artifice, D'un voile d'équité couvrir mon injustice, rac. Andr. iv, 6. Elles [les insinuations dangereuses de l'adulation] se couvrent du voile du bien public, HASs. Pel. carême, Écueils. \\ 9' Fig. Ce qui nous dérobe la connaissance de quelque chose. Il faut lever le voile, et faire voir i toute la France l'emportement de quinze ou seize religieuses, PATRU, Plaid, ta. Il [Dieu] est demeuré cache sous le voile de la nature qui nous le couvre, jusques à l'incarnation; et, quand il a fallu qu'il ait paru, s'est encore plus caché en se couvrant de l'humanité, PASC. Letl. i Mlle de Roannei, a. Toutes choses couvrent quelque mystère; toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu, ID. 16. Je sens de la pitié et de l'horreur peureux [les Juifs], et je prie Dieu avec l'Église qu'il leur ôte le voile qui les empêche de voir que Jésus-Christ est venu, SÉV. 26 juin (089. On voit clair au travers de mes paroles, et je ne veux mettre aucun voile au devant des sentiments que j'ai pour vous, id. à Ifme de Criff non, 24 avr. 4971. Jésus-Christ mfme se voyait contraint [parmi les protestants anglais] de chercher d'autres voiles et d'autres ténèbres que ces voiles et ces ténèbres mystiques dont il se couvre volontairement dans l'eucharistie, BOSS. /(«17K d'Anglel. Il [M. do Lamoignon] leva les voiles qui couvraient ce mystère d'iniquité, FLÉca. Lamoif/non. Quand sera le voile arraché Qui sur tout l'univers jette une nuit si sombre? RAC. Esth. u, 9. Aux faiblesses d'aulrui loin
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d'être inezorahla, Toujours d'un voile favorable Tu t'elTorces de le» couvrir, id. Cantiq. spirit. i. I^ voile est déchiré, je m'étais mat connu, volt. Adil. du Cu«ic(. V, i. Je meurs; le voile tombe; un nouveau jour m'éclaire, id. Alx. t, 7. Le temps peut lever bien des voiles, ). j. louss. Conf. vi. U y 1 plus de deux mille ans que Socrate, étendant un voile au-dessus do nos têtes, avait prononcé que rien de ce qui se past^ait au delà du voile no nous importait, raynal, Uist. phil. xix, 14. Son péché [de l'homme] s'étend comme un voile entre lui et l'univers, chateaubr. Génie, I, m, s. Il Jeter un voile sur, tirer un voile sur, cacher, condamner à l'oubli. Il faut tirer le voile sur ces premiers temps, mass. Uijstéres, ferveur. Mon ami, me dit-il, nous l'avons aimé vous et moi ; ne pensons qu'à cela; jetons un voile sur tout le reste, marmontel, Uém. vii. Oui, libre enfin, que le momie respire ; Sur le passé jetons un voile épais, BÉRANO. Sainte AH. || Jeter, mettre un voile sur, suspendre l'action de. Il y a des cas où il faut mettre pour un moment un voile sur la liberté, uontesq. Bsp. m, <». || 10* Terme de musique. Pièce d'étoffe que l'on jette quelquefois sur les peaux des timbales, pour diminuer la sonorité de l'instrument. ||11* Terme de botanique. Membrane très-mince qui, dans la jeunesse, unit les bords du chapeau des champignons avec le stipe, et se déchire par l'effet de la croissance. || 13* Terme d'anatomie. Voile du palais, cloison musculo-membraneute, à peu près quadrilatère, dont le bord supérieur est fixé au bord de la voilte palatine, et dont l'inférieur, libre et flottant au-dessus de la base de la langue, présente dans sa partie moyenne un prolongement appelé luette ; ses bords latéraux se continuent avec la langue et le pharynx par deux replis de chaque cAté, que l'on nomme ses piliers. On l'appelle aussi septum staphylin, parce qu'il sépare la bouche du pharynx. || lî" Terme de peinture. Prendre au voile, prendre le trait, calquer un tableau i l'aide d'un voile de soie noire, pernett, )767.
— HiST. XII* s. A la foiz siet la tristece, et atunbret par un voil de dolor tote la bone œvre ke la pense [la pensée] avoit commenciet par bone entencion. Job. p. 446. || xv* s. Maisau dessoubz [do la taille] faut faire voile. Depuis les reins jusques au pied, Du cul de robe qui leur chiet [tombe, aux femmes] Contreval comme uns fons de cuve, e. DESCii. Po^siei mss. ^4»^. Le voelle du temple fut fendu en deux parties depuis le sommet jusques au bas, Perceforest, t. vi, f* )23. || xvi* s. Le voile ou bannière sacrée en la quelle estoient les images des dieux, ahyot, Dimétr. 4 3. Pensant mettre sur sa teste certaines voiles qu'en quelques lieux on appelle le psautier, u. est. Apol. pour Uérod. ch. si. Hal monsieur le légat, vous estes descouvert, le voile est levé, il n'y a plus de charmes qui nous empeschenl de veoir clair, Sal. Uén. Disc, de d'Aubray.
— ETYM. Prov. t>«I; esp. et it. velo; portug. ti«o,du latin, vélum, que l'on rattache au sanscr. lor, couvrir, d'où le grec lX-uTp«v (voy. élttre).
a. VOILE (voi-l'), ». f II 1° Assemblage de laizes ou de portions de laizes de toile ou autres tissus, que l'on attache aux vergues des mât» pour prendre, recevoir le vent. Le vent enfle nos voiles. Ses trois vaisseaux en rade avaient mis voile bas, corn. Pomp. II, 2. Poursuivie par ses implacables ennemis, elle n'avait ni assez de vents ni assez de voiles pour favoriser sa fuite précipitée, BOSS. Ueine d'Anglet. Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie, RAC. Iphig. III, 3. Son ouvrage contient deux déterminations difficiles et importantes, l'une de la situation la plus avantageuse de la voile par rapport au vent et à la route, l'autre.... font. licnau. Un vaisseau qui a le vent contraire plie ses voiles, BRissoN, Traité de phys. t. i, p. 83. Les voiles des Taîtiens sont composées de nattes étendues sur un carré de roseaux, dont un des angles est arrondi, bouoainv. Voy. t. 11, p. 98. Nous fiimes forcés de faire portera nos bâtiments toute la voile que les mâts et le côté des frégates pouvaient supporter, afin de moins dériver, la pérolse, Yoy. t. m, p. 80, dans poucens. On perd d'abord de vue le corps du bâtiment [qui s'éloigno de la terre], puis ses basses voiles, puis le haut de ses mâts, et enfin il disparait entièrement, BiOT,/nilil. Mém. Acad. scienc. t. m, p lxxv. || Voile latine, voile d'une figure triangulaire. || Voile d'eau, voile attachée assez bas pour traîner dans l'eau. || Voiles d'étai, voile» attachées sans vergue aux étais. || Grand'voile, voile enverguée sur la grand'vergue d'un navire gréé à traits carrés. || Fausse voile, voile aurique dan» les
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bâtiment» carré». On dit »urtout: fausse voile d'étai de hune. || Être fin de voile, se dit d'un navire bon voilier. || Régler »es voiles, proportionner ses voiles au vent. || Faire de U voile, augmenter »a voilure; faire petite voile, la diminuer. Loraque nou» fume» enfin atteints par la brise, nou» fîmes de la voile, pour nous écarter d« la cAtc, LAPilOUSK, Voy. t m, p. )8u. Nous naviguâmes avec plus de précaution, faisant petites voiles la nuit, ID. ib. t. II, p. it». Il Mettre les voiles au vent, mettre un navire i la voile, et, absolument, mettre à la voile, partir du port, de la rade, commencer i naviguer. || Être à la voile, naviguer actuellement. La flotte, qui était i la voile par un temps admirable, air. 478. Le roi d'Angleterre est i U voile du 47, et arrivé en Irlande le <9, ID. 23 mar* 1689. Il Sous voile, en naviguant actuellement, lit campagne, qui sera de près de quatre an», pendant laquelle nous aurons été au moins trente-huit mois sous voile, ce qui est peut-être sans exemple parmi les navigateurs, la ptROLSE, Voy. t. iv, p. 49t. Il Faire voile, naviguer. J'ai d'Ithaque en ces lieux fait voile en diligence, UOL. Prine. d'Êl. I, 4. Il fit voile pour revenir en Crète, rtM. Tél. v. Il [Alexandre] nomma pour amiral Néarquc, qui de tous les officiers fut le seul qui osa se charger de cette commission [naviguer de llndus au golfe Persique], extrêmement dangereuse, parc« qu'il s'agissait de faire voile sur une mer absolument inconnue, rollin, Uist. anc. Œuv. t. vi, p. 644. Il Faire force de voiles, forcer de voiles, mettre toutes voiles dehors, déployer toutes »•* voiles pour marcher plus vite. Je fis route, toutes voiles dehors, sur la terre avec de petits vents de l'ouest, la péRoi'SE, Voy. t. n, p. 142. || Fig. Mettre toutes le» voiles au vent, aller a voiles et i rames, faire tous ses efforts. Il y va i voile» et i rames. Il Diminuer de voiles, rétrécir la turface donnée au vent. Ce plan dicté par le» circonstances.... ne me permit pas de diminuer de voiles pour attendre environ cent cinquante pirogues qui se détachèrent de la côte, LA PÉROI'SE, Voy. t. 11, p. tu.
11 Fig. Caler la voile dans quelque affaire, rabattre de ses prétentions. || A pleines voiles, i voiles déployées, se dit d'un navire dont toutes les voiles sont gonflées par le vent et qui marche sous cette impulsion. Le vent que Neptune faisait souffler les fit entrer â pleines voiles dans une rade, fén. Tél. IX. Le bruit que faisaient les gens de don Alvar, était causé par la vue d'un gros vaisaeau qui venait fondre sur nous i voiles déployées, lesacs, Diabl. boit. <6. ||Fig. Quand la faveur à pleines voiles. Toujours compagne de vos pas.... halb. nr, 6. Quand le sujet porte l'auteur [Corneille], il vogue à pleines voiles; mais, quand l'auteur porte le sujet.... alors tous ses efforts sont inutiles, voir. Comm. Corn. Rem. Othon. Préface. Il Fig. X pleines voiles, de tout coeur. Si je ne tremblais point toujours sous la main de la Providence, je goiitcrais à pleines voiles les plaisirs de l'espérance, sév.
12 août 4886. Une réconciliation.... que je souhaitais pour la satisfaction et la consolation du père, et en vérité pour l'honneur du fils, et pour pouvoir l'estimer i pleines voiles, id. a« août 4 876. Il Fig. On lui a proposé cette affaire, il y a donné k pleines voiles, de tout son cœur. || Voguer à pleines voiles, voguer avec un vent fort et favorable. Il Fig. Voguer â pleines voiles, avoir la fortune favorable. Il Fig. Mettre voile au vent, s'esquiver,
s'enfuir ah I ma sœur la mutine, Vous traitex
donc ainsi l'amour à la sourdine. Tête à tête de nuit, et vous faites complot De mettre voile au vent tous deux sans dire mot ? Tii. corn. D. Derir. de Cigaral, v, 0. || i' Par synecdoque de la partie pour le tout. Navire, vaisseau. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. Enfin avec le flux nous fit voir trente voiles, COR14. Cid, nr, ». Apre» de longs pi<paratifs, l'armée, forte d'environ cent mille hommes, se rassembla au port d'Aulide; et près de douze cents voiles la transportèrent sur les rives de la Troade, BARtniL. Anach. Introd. part. I. C'est de là qu'il obser\'ait au loin les voiles espagnoles dont il craignait l'approche, raynal, llisl. phil. zii, 40. Ce tourbillon sombre et rapide, Qui roule une voile en ses plis, v. nuco. Feuillet d'automne, ». || 3* Terme de charpentier. Surfaces de voiles, sorte d'assemblage do planchers, dans lequel les pootrelles sont taillées en dessous de manière qu'elles forment une surface courbe. Il 4° Terme de zoologie. Voile déployée, roulée, espèces de coquilles du genre trombe. || Voile latine, espèce de poulpe. || B* Train de bois de construction sur la Meuse.
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— REM. Le genre de voile a. varié; c'est arbitrairement, mais non sans quelque avantage, qu'on l'a •iparé de l'autre l'oiJe. On le trouve masculin dans Corneille : Il venait à plein voile, Pomp. m, t.
— HiST. XII* s. Amont la Sebre font les voiles turner, Rone. p. ats. ||xm' s. Et si vessel sont au port prest, Et si voile sont jà drecié, Lai, du Con^ seil. Li marinier qui par mer nage, Cerchant mainte terre sauvage, Tout regarde-il à une estoile. Ne queurt-il pas tous jours d'un voile, la Rose, 7690. Et il escria aux notonniers : faites veilles de par Dieu, et il si firent, joinv. ho. Il XV* s. Voulcntiersen ce point feroie, De confort la voile tendroie, ch. d'orl. Bail. (*(. || xvi* s. Chascun se retira en sa nauf, et, en bonne heure, feirent voille on vent grec levant, bab. Pant. iv, ). Voguant à rames et à vêles, id. «6. iv, 3. Il envoya une (lotte de cent voiles au Peloponese, amyot. Férié. 65. Pericles se mettant à la voile, alla.... id. ib. «7. Il meil voiles au vent, et s'en retourna honteusement en Afrique, id. Timol. 30. Son intention estoit d'aller à la guerre à- pleines voiles, en manière de parler, id. Cat. 7. Puisqu'il trouve en mes vers le vent si à propos, Fay luy enfler le voile, et luy romp le repos Qui le tient paresseux au rivage d'Epire, rons. 32) .
— Etvm. Provenç. espagn. portug. et ital. vêla ; du lat. vélum, voile.
i. VOILÉ, ÉE (voi-lé, lée), part, passé de voiler <. Il 1° Couvert d'un voile. J'ai vu près de l'autel une femme voilée, volt. Scythes, ii, 6. La coiffure des femmes arabes, quoique simple, est galante; elles sont toutes à demi ou à quart voilées, BUFF. Suppl. à l'hist. nat. Œuvr. t. xi, p. 26). Il Fig. La tristesse voilée d'un doux sourire n'en est que plus amère à mon coeur, j. j. bouss. Hél. 1, 3). Il Terme de botanique. Se dit du fruit, quand le calice, sans adhérer à l'ovaire, persiste autour de lui d'une manière lâche, et n'entoure le fruit qu'en partie. || 2* Fig. Couvert comme d'un voile, caché Les prophètes ont dit clairement qu'Israël serait toujours aimé de Dieu, et que la loi serait éternelle ; et lisent dit que l'on n'entendrait point leur sens, et qu'il était voilé, pasc. Pens. xvi, 7, éd. HA VET. Persécuteur voilé de tout parti opposé, il [le P. Lachaise] en parlait avec modération, en louait même quelques particuliers, duclos, Œuvr. t. v, p. HO. Il y a quelque chose de contenu, de voilé dans le caractère de lord Nelvil.... STAËL, Corinne, iv, *. || 8° Fig. Dont l'éclat est amoindri. Je l'ai trouvé, seigneur, au bout de cette allée Où la clarté du ciel semble toujours voilée, Con.N. Rodog. v, 4. Un brun roux, voilé d'une teinte verditre, BtFP. Ois. t. v, p. 427. Il abonde en traits vifs, mais voilés, j. j. rouss. Confess. xi. Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, X ses regards voilés je trouve plus d'attraits, lamart. ilédit. l'jlufomn*. Il Voix voilée, voix qui n'a pas tout son timbre, tout son éclat. || On dit de même: un organe voilé. || Terme de manufacture. Porcelaine voilée, celle dont la blancheur est ternie par la flamme ou par toute autre cause.
a. VOILÉ, ÉE (voi-lé, lée), part, passé de voiler 2. Terme de marine. Qui porte une certaine voilure. Au lieu d'être entièrement voilée en goélette, l'Invincible porte sur son mât de misaine un phare complet de voiles carrées, Xavier EATMOND, Rev. des Deux-ilondes, i" janv. (8ti4, p. (43. Il Navire bien voilé, navire qui a des voiles convenables ou une bonne voilure.
t 3. VOILÉ, ÉE (voi-lé, lée), po«. poM^ de voiler 3. Qui est gauchi. Il ne reste plus qu'à dresser ces feuilles de fer étamées avec des maillets de bois, parce qu'elles se sont courbées e' voilées par la chaleur de l'étain fondu, buff. Jfin. t.iv, p )"o. 4. VOILER (voi-ler), v. a. || 1° Couvrir d'un voile. Voiler les images d'une église. Agamemnon.... Ou, pour cacher ses pleurs, s'est voilé le visage, BAC. Iph. T, B. Il Fig. Mais, hélas 1 ta passion t'a voilé les yeux, boss. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, Préamb. || »• Par extension. Dérober la vue de quelque chose en le couvrant comme d'un voile. Des nuages voilaient le soleil. Tantôt la nymphe plonge, et le frais élément Voile, sans le cacher, cet objet si charmant, delille. Trois régn. m. 0 combien la nature est plus sage que toi! En nous voilant la mort, elle en bannit l'effroi, ro /masin. vi. Et la nuit peut voiler un odieux mystère, lu. ib. n. Des pleurs voilent son sourire (d'une mère], Et son regard semble dire.... lamart. Uarm.n,i. Des nuits sereines dont les tcnèbres transparentes voilent tout et ne cachent rien, ca. UtCqui. Sct«nc« du beau. t. ii, p. 40e!
VOI
Il 8* fig. Cacher comme sous un voile. Ils avalent voilé leur révolte du prétexte de la religion. Une des principales raisons pour lesquelles les prophètes ont voilé les biens spirituels qu'ils promettaient sous les figures des biens temporels.... PASC. Figur. 2, éd. faugère. Epaississons la nuit qui voile sa naissance, volt. Fanât, iv, 4. Il n'y a que le délire de la passion qui puisse me voiler l'horreur de ma situation, j. j. rouss. Hél. 1, 3B. 11 [PythagoreJ n'a point écrit; il voilait sa doctrine, nœER. Opinion des anc. philos. (Pythagorisme). || 4° Absolument. Cacher sous des paroles convenables. Voilez, voilez. Voiler et peindre est un art difficile, marmontel, Polymn. ch. 2. || B" Perdre sa transparence, prendre de mauvaises teintes. .... La flamme du bois qui ternit la blancheur de la porcelaine; lorsque ce dernier accident arrive, les ouvriers appellent cela voiler, Dict. des arts et met. Porcelaine. Ces substances [minérales] se réduisent en vapeurs par la violence du feu, elles s'attachent à la surface dos pièces do porcelaine renfermées dans les gazettes, et leur donnent des couleurs désagréables à la vue ; c'est ce que les ouvriers appellent encore voiler, ib. || 6° Se voiler, V. réfl. Se couvrir d'un voile. Dans les pays mahométans les femmes se voilent. || Devenir sombre. Le ciel se voile et veut punir, v. nuoo, Odes, i, i. Il Fig. Être caché. Enfin jamais l'amour ne fut moins imprudent, Ne sut mieux se voiler dans l'ombre du mystère, volt. Tancr. 11, t.
— HIST. XII* s. Miex vosisse estre ancele [j'aimerais mieux être servante], Nonne velée dedens une chapele, floouJ de C. 4. || xvr s. Elle entra en la religion de sainte Claire, où elle fut reçue et voilée, MARC. Nouv. xix. Ay je pas veu en Platon ce divin mot, que nature n'est rien qu'une poésie ainigmatique, comme, peultestre, qui diroit une peincture voilée et ténébreuse, entreluisant d'une infinie variété de fauls jours à exercer nos conjectures? MONT, n, 280.
— ÉTYM. Lat. velare, de vélum (voy. voile t).
\ 2. VOILER (voi-lé), V. a. Garnir un bâtiment de ses voiles.
— REM. L'Académie a voilé comme adjectif, et n'a pas le verbe voiler.
— ÉTYM. Voile 2.
t 3. VOILER (voi-lé), v. n. ou VOILER (SE), V. réfl. Prendre une forme convexe comparée à celle d'un voile ou d'une voile gonflée. Les mords sont toujours bien carrés, plus droits, et empêchent les livres de voiler, comme cela arrive sonvent quand les membrures ne sont pas parfaitement droites et unies, lesné, la Reliure, p. 4B9.... Oue du bois d'ailante employé bien sec prenait un beau poli, résistait comme parquet après neuf années d'usage et de fatigue, et ne se voilait pas, Journ. officiel, 8 sept. 1869, p. (200, 3* col. || Terme de métallurgie. Voiler ou se voiler, se tourmenter à la trempe. Une feuille de métal se voile lorsque, par suite des efforts auxquels elle est soumise, elle perd la forme qu'elle doit avoir ou se déjette.
— ÉTYM. Voile.
VOILFRIE (voi-le-rie), s. f. Terme de marine. Atelier où l'on fabrique, où l'on répare les voiles. Il Art de confectionner les voiles.
— ÉTYM. Voile 2.
1 1 . VOILETTE (voi-lè-f), î. f. Espèce de petit voile que les femmes portent sur leur chapeau.
— ÊTYM. Dimin. de voile (.
t 2. VOILETTE (voi-lè-t'), s. f. Terme de marine. Petite voile latine qu'on grée sur la vergue de mestre, dans les mauvais temps.
— ÊTYM. Dimin. de voile 2.
f VOILEUR (voi-leur), s. m. Marinier qui conduit l'espèce de train appelé voile (voy. voile (,n* 6).
VOILIER (voi-lié), s. m. \\ 1* Terme de marine. Celui qui coupe, coud, garnit, répare les voiles. Maître voilier. X chaque instant nos manœuvres se rompaient, et nos voiliers ne pouvaient suffire à réparer les toiles qui étaient presque entièrement usées, la pébouse, Voy. t. n, p. 297. Il 2° Voilier emballeur, celui qui, au déliarquement, ouvre les balles ou sacs de marchandises, les répare ou en confectionne de neufs, ou qui fournit des tentes ou des bâches pour abriter les marchandises déposées sur les quais, Tarif des patentes, (858. Il 8° Voilier, voilière se dit, mais toujours avec une épithète, d'un bâtiment, par rapport à sa marche, à sa vitesse. Un navire est bon voilier, fin voilier, quand il a une marche rapide; mauvais voilier, quand il marche mal. Frégate une voilière. Cette corvette est mauvaise voilière.
VOI
Les proportions que les Tyriens avaie^it gardées dans la construction d'un vaisseau presque neuf, qui était, disait-on, par cette proportion si exacte de toutes ses parties, le meilleur voilier qu'on eût jamais vu dans le port, pén. Tél. m- M. Renau avait fait construire à Brest un vaisseau de 54 canons parfaitement selon ses vues, et il voulait l'essayer contre les meilleurs voiliers anglais, fonten. flenau. Quand ils [les Anglais] daignent les prendre [nos vaisseaux, dans la guerre de Sept ans], ils se plaignent que nous ne leur donnons que de mauvais voiliers, volt. Lett, Mme du Defjant, (» oct. (759. Il Un voilier, un navire à voiles (se dit depuis la navigation à la vapeur). Un voilier norvégien, Joam. offx. (9 février '(872, p. (227, (" col. i| 4° Voilier, espèce de poulpe. Broussonnet a employé ce mot pour terme générique des istiophores. || 5* S. f. Terme de géométrie. Voilière, courbe que forme une voile enflée par le vent. || 6° Adj. Oiseau voilier, celui dont le vol est très-étendu. || Ailes voilières, ailes épaisses, massives, arquées (oiseaux de proie). || Substantivement. Grand voilier, nom des oiseaux de mer dont les ailes sont très-longues et qui peuvent entreprendre de longs voyages.
— ÉTYM. Voile 2.
(. VOILURE (voi-lu-r'), s. f.\\i' Terme de marine. L'ensemble des voiles d'un navire. || Avoir la voilure d'un brick, d'une goélette, etc. être voilé en brick, en goélette, etc. || 2° Quantité de voile» que porte un bâtiment. Changer de voilure. Nous passâmes le reste de la nuit à petite voilure, bord sur bord, la pérouse, Voy. 1. 11, p. 379
— ÉTYM. Voile 2.
t 2. VOILURE (voi-lu-r'), ». f. État d'une feuille de métal qui s'est voilée. || Terme de métallurgie. Courbure de l'acier lorsqu'on le trempe.
— ÉTYM. Voiler 3.
VOIR (voir), je vois, tu vois, il voit, nous voyons, vous voyez, ils voient; je voyais, nous voyions, vous voyiez; je vis, nous vîmes; je verrai; je verrais; vois, qu'il voie, voyons, voyez; que je voie, que nous voyions, que vous voyiez ; que je visse, qu'il vît; voyant; vu, v. a. || 1° Recevoir les images des objets par le sens de la vue. || 2° 11 se dit par rapport à l'action ou à l'état d'une personne ou d'une chose. {| 3" En un sens étendu, être témoin, soit qu'on voie de ses yeux, soit qu'on ne fasse qu'entendre parler. ||4* Voir le jour, au propre et au figuré. ||5° Regarder avec attention. || 6° Observer avec précision. || 7° Remarquer, faire des observations en lisant. Il 8° Voir une femme, avoir avec elle un commerce charnel. || 9* Dominer, en parlant de quelque hauteur d'où on aperçoit un objet inférieur. || 10» Dans le langage élevé et poétique, il se dit des choses qui sont témoins. || 11° Voir quelqu'un, lui faire une visite, jl 12" Fréquenter. Il 13* Voir en songe, imaginer en dormant. || 14" S'informer. 1| 15° Apprécier par quelqu'un des sens. || 16° Éprouver, essayer. || 17° Inspecter avec autorité. || 18° Mettre de l'attention, de l'application à examiner une chose. || 19" Acquérir des connaissances par les voyages ou la fréquentation des hommes. || 20° Il se dit de Dieu. Il 21° Fig. Voir des yeux de l'esprit. Voir tout en Dieu. Il 22* Comprendre, s'apercevoir. || 23° Juger, apprécier. ||24° Fig. Ne voir que..., faire tout céder à une considération. || 25" Terme de pratique. Assigner pour voir dire et ordonner. || 26° Pour voir, pour exemple, pour faire comprendre. Il 27' Faire voir, montrer. || 28" Laisser voir, montrer de manière qu'on entrevoie. || 29' Je vois, à la bouillotte. || 30" Le médecin demande à sa cliente si elle voit. || 31- Un beau venez-y-voir. Il 32° V. réft. Se voir, se regarder soi-même. Il 33° Se trouver ensemble. Se fréquenter. Avoir une rencontre, un duel. || 34° Être vu. 1(85° Fig. Porter un jugement sur soi-même. || 36" Etre jugé, apprécié, en parlant des choses. !| 37° Arriver, survenir. Être évident. || 38° Être, se trouver. || 39° Se voir, suivi d'un verbe actif à l'infinitif, être ce qu'indique ce verbe. || 40° Se faire voir, se montrer. Il Proverbes.
i° Recevoir les images des objets par le sens de la vue. Mais enfin je l'ai vu, vu de mes yeux, vous dis-je, LA FONT. Fabl. ix, ( . Je vous di Que j'ai vu de mes yeux un crime si hardi.... Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu. Ce qui s'appelle vu, MOL. TarJ. V, 3. De quels yeux le regardions-nous, [Louis XIV], lorsque, aux dépens d'une santé qui nous est si chère, il voulait bien adoucir nos cruelles inquiétudes par la consolation de le voir? BOSS. Louis de Bourbon. Je le vis, je rougis, je pâli» à sa vue, bac. Phèdre, i, s. Celle-ci, j'en suis sûre.
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n'allait et venait par le monde que pour se montrer, que pour dire: voyez-moi; elle ne vivait que pour cela, Marivaux, Marianne, T part. Nous savons que du fond d'un puits très-profond l'on voit les étoiles en plein jour, bufk. Hi$t. min. Introd. t. viii, p. «67. Qui est-co qui a vu DieuT c'est RaphaSl, c'est le Guide; qui est-ce qui a vu Moïse? c'est Michel-Ange, dideh. Pensées sur la peint. Œuv. t. xv, p. 229, dans pougens. Si, pendant une belle nuit et dans un lieu dont l'horizon soit à découvert, on suit avec attention le spectacle du ciel, on le voit changer à chaque instant, laplace, Exp. I, t. L'heureuse invention du télescope... en nous faisant voir les étoiles au moment même où le soleil est le plus élevé, id. ib. Il Comme je vous vois, se dit pour affirmer qu'on a tris-réellement et très-bien vu quelque objet. Élise : Vous avez vu le diable. — Folidor : Oui, comme je vous vois, legrand, l'Amour diable, se. B. Il Voir des chandelles, voy. chandelle. Il Je le vois d'ici, se dit quand une personne se représente vivement quelqu'un ou quelque chose qui est hors do sa présence. Nous avons ri aux larmes de votre madame de la Charce et de Philis, sa fille aînée, âgée de trente-neuf ans; je la vois d'ici, sÉv. Sl5.il Dans un sens analogue. Votre lettre m'apprend que vous êtes en Italie; je suis étonné de vous y voir. Vous serez étonné de voir si loin [au fond de l'Espagne] un homme qui prend si peu do plaisir à courre, et qui avait tant de hàle do se rapprocher de vous, voit. Leit. 30. IjFig. Le chien tie perd pas l'objet de sa poursuite; il voit, de l'odorat, tous les détours du labyrinthe, toutes les fausses routes où on a voulu l'égarer, BUFF. Chien. || Absolument. Voir distinctement, confusément. Voir clair. Voir double. Voir mal. Il ne voit goutte. Je vois de loin, j'atteins de même, I.A FONT. Fabl. IV, 19. Un astrologue un jour se laissa choir Au fond d'un puits; on lui dit : pauvre bêle. Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir, l'enses-tu lire au-dessus de ta tête? id. ib. Il, 13. Ni le désir devoir, ni celui d'être vue Ne me font visiter une cour inconnue, id. Psyché, ii, p. 196. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler; Je sentis tout mon corps et transir et brûler, RAC. Phèdre, l, 3. Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir, Peuple ingrat? m. Athal.i, (.Quand on ne veut point voir, madame, on ne voit point, fagan. Rendes -vous, se. b. Quand il [l'aveugle de Cheselden] commença à voir, les objets lui parurent toucher la surface extérieure de son œil ; la raison en est sensible, coNDiL. Traité sens, m, 5. Voir, c'est avoir; allons courir, héhano. Bohimiens. || En cet emploi, il se construit avec y. Il n'y voit pas. Il n'y voit goutte. Il Ne pais voir comme les autres, avoir une particularité dans la vision. || Fig. Je ne vois pas comme les autres hommes ; il y a longtemps qu'on me l'a reproché, J. i. houss. Kmile, Préf. Il Fig. Voir de loin, voir bien loin, avoir de la pénétration, de la prévoyance. || Fig. Il ne faut pas voir de si loin, il ne faut pas tant s'inquiéter de l'avenir, l'eut-être que ce projet changera, il ne faut point voir de si loin, sÉv. 678. \\ Fig. Il no voit pas plus loin que son nez, que le bout de son nez, il est sans prévoyance, sans intelligence. Il Fig. Voir de bon œil, de mauvais œil, voir d'un autre œil, 'voir des mêmes yeux, voy. œil, n' 4. Il Fig. Il à vu la mort de près, il a été sur le point de périr. J'ai vu de près le Styx, j'ai vu les Euménides, chauueu, Au marquis de la Fare. \\ i' Il se dit par rapport à l'action ou à l'état i'une personne, d'une chose. Je l'ai vue [Mme la Palatine] dans la faction, je l'ai vue dans le cabinet, et je lui ai trouvé partout également de la sincérité, RETZ, Mém. t. I, liv. u, p. 30), dans pougens. Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler et le monde rouler autour de vous, boss. ie Tellier. Elle que j'avais vue si attentive pendant que je rendais le même devoir à sa mère, m. Duch. d'Orl. U me semble que je vois encore tomber cette fleur [un fils de Louis XIV mort dans l'enfance], id. Jfar.- Thér. Elle avait plus d'envie de le voir saint qu'elle n'avait de joie de le voir maître du monde, FLÉcii. Ilist. de Théodose, m, 60. J'ai vu mon père mortel nos murs embrasés; J'ai vu trancher les jours de ma famille entière, Et mon époux sanglant traîné sur la poussière, rac. Àndr. m, 8. || Fig. Et résigné à la Providence, il vit sans inquiétude frémir à l'entour les Ilots irrités, boss. le Tellier. Il En cet emploi, voir est quelquefois suivi d'un
verbe actif avec le sens passif ; par exemple : j'ai vu tirer un coup de feu par cette fenêtre; ce qui peut s'interpréter ainsi: j'ai vu qu'un coup de feu a été tiré par cette fenêtre. Que l'on voie ébranler par la fureur de l'onde Les fondements du monde, racan, Ps. xlv. Ton bonheur n'est couvert que d'un peu de nuage. Et tu n'as rien perdu pour le voir différer, corn. Cid, ii, 3. L'autre [Jules César], tout débonnaire, au milieu du sénat, A vu trancher ses jours par un assassinat, id. Cinna, II, 4. Il Voir quelque chose à quelqu'un, voir qu'il a cette chose. J'ai pitié de vous voir la confusion que vous avez, mol. Festin, i, 3. Quoique tu sois dans un équipage bien difl'érent de celui que je te vis à Bruxelles, bamilt. Gram. 6. || X cAté de : je l'ai vu faire cela, on dit aussi : je lui ai vu faire cola. Une certaine scène d'une petite comédie que je leur ai vu essayer, molière, Sicilien, S. Là on lui verra mépriser l'Allemagne con jurée... BOSS. Louis de Bourbon. Ce ris dédaigneux qu'excitent les personnes simples, lorsqu'on leur voit croire des choses impossible», id. ilnne de Conx. On leur voyait [aux solitaires de la Thébaïde] multiplier leurs oraisons, inclinations ou génuflexions jusqu'à cent fois,jusqu'àdeux cents fois, et même beaucoup plus souvent pendant le jour, ID. Et. d'orais. vi, 40. Il l'aime ; mais enfin cette veuve inhumaine N'a payé jusqu'ici son amour que de haine; Et chaque jour encore on lui voit tout tenter Pour fléchir sa captive ou pour l'épouvanter, RAC. Andr. i, i. || Se voir quelque objet, voir à soi, voir que l'on a cet objet. Je me vois un amant qui, sans se rebuter, Applique tous ses soins à me persécuter, MOL. D. Garde, iv, 8. || Familièrement et par menace. Faites cela, et vous verrez, c'est-à-dire vous verrez que je vous en ferai repentir. || Fig. Voir venir quelqu'un, pénétrer ses desseins. |t Voir venir quelqu'un, signifie aussi attendre ses ouvetures. Voyons-le venir, et jouons serré, beaum4.ii;u. Mar. de Fig. m, &. || Absolument. Voir venir, laisser les choses se faire pour se décider en conséquence. Toutes les mesures de précaution sont prises, il faut voir venir. || Familièrement, comme par défl . Je voudrais bien voir cela. C'est ce qu'il faudra voir. Nous verrons bien. Voyons s'il osera. U vous a sans doute contenté ; j'aurais bien voulu voir qu'il ne l'eût point fait, reprit avec impatience mon financier, Marivaux, Paysan parvenu, 6' partie. Il Familièrement. Je voudrais bien vous voir à ma place, je voudrais bien vous y voir, se dit, quand on est dans ime position embarrassante, à quoiqu'un qui nous donne de vains conseils. || Ironiquement, il fait beau voir, il ferait beau voir, c'est, ce serait un spectacle ridicule. Il fait beau vous voir, à votre âge, vous amuser à ces bagatelles-là. Il 3* En un sens étendu, être témoin, soit qu'on voie de ses yeux, soit qu'on ne fasse qu'entendre parler. Je sais que de Néarque il doit voir le supplice, corn. Poly. m, 3. Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, la félicité sans bornes aussi bien que les misères.... boss. Reine d'Angleterre. Avant lui [Louis XIV], la France presque sans vaisseaux tenait en vain aux deux mers; maintenant on les voit couvertes, depuis le levant jusqu'au couchant, de nos llottes victorieuses, m. Uar.-Thér. Je vis une affliction sans mesure [chez le roi et la reine après la mort d'un enfant]; mais je vis aussi des deux côtés la foi également victorieuse ; je vis le sacrifice agréable de l'âme humiliée sous la main de Dieu.... id. ib. Avec cette prodigieuse compréhension de tout le détail et du plan universel de la guerre, on le voit toujours attentif à ce qui survient, m. Louis de Bourbon. Le voyezvous, ce conquérant, avec quelle rapidité il s'élève de l'Occident comme par bonds et ne touche pas à terre? m. ib. X quatre attaques différentes, on vit tout ce qu'on peut soutenir et entreprendre à la guerre , id. l'b. Ces trois grands hommes [Judas, Jonathas et Simon Machabée] virent les rois de Syrie et tous les peuples voisins conjurés contre eux, et, ce qui était le plus déplorable, ils virent à diverses fois ceux de Juda même armés contre leur patrie et contre Jérusalem, ID. Ilist. Il, 6. (J'a été dans notre siècle un grand spectacle de voir dans le même temps et dans les mêmes campagnes ces deux hommes [Condé et Turenne].... tantôt à la tête de corps sépnrés , tantôt unis... id. Louis de Bourbon. ô paroles qu'on voyait sortir de l'abondance d'un cœur qui se sent au-dessus de tout, paroles que la mort présente et Dieu, plus présent encore, ont consacrées, id. Dueh. d'Orl. Nous avons vu toute la
race royale presque éteinte.... le roi , qui avait passé d'une minorité orageuse au règne le plu* glorieux. ...retomber de cette gloire dans des malheurs presque supérieurs i ses anciennes prospérités, MASS. Or. (un. louis U Grand. Ce prince [Louis XIV] ... qui vit un si long cours de prospérité finir par des disgrâces, id. Or. /un. Jfadamt. Vous me verrez, sinon tel que je suis, au moins tel que je me vois moi-même, i. j. «otist. Ém. IV. Il Être beau i voir, se dit de gens ou d'objets qui méritent d'être vus. Nous étions beaux à voir autour d'un bol en feu, Buvant sa flamme, c. delavione, Knfanlt d^ Edouard, a, S. Il Je ne le verrai pas, nous ne le verrons pas, je serai mort, nous serons morts quand cela arrivera. Il Que vois-je? se dit dans le style oratoire et poétique pour se représenter vivement quelque chose. Que vois-je durant ce temps [l'agonie de le Tellier)? des enfants percés de douleur.... que voi".-je encore? une femme forte, pleine d'aumônes et de bonnes œuvres.... boss. U Tellier. Les objets qu'il [Lamotte] parcourt ne sont liés que par des que voi»-je et que vois-je encore? c'est une galerie de tableaux, et, qui pis est, de tableaux mal peints, marmontel, Œuv. t. iz, p. 38. Il Que vois-je? Qu'est-ce que je vois? Sert aussi i exprimer la surprise. Que vois-je? mon rival et Trufaldin ensemble! mol. l'Êt. u, ». ô heureux Idoménéel s'écria-t-il encore, que voi». je! quels malheurs évités I quelle douce paix au dedans I fén. Tél. ix. Vertu de mes ancêtres I qu'est-ce que je vois? un homme ici! c. delat. le Cons. rapport, n, 4.||0n dit dans le même sens: Qu'ai-jo vu? Rodrigue apercevant la chaîne: Qu'ai-je vu? c. delav. la Fille du Cid, u, ». || On n'a jamais vu pareille chose, une pareille chose, on n'a jamais rien vu de pareil, cela n'est jamais arrivé, n'a jamais été. On ne voit guère Les hommes en ce siècle accueillir la misère, pir. Métrom. V, 4. Il Vit-on jamais rien d'égal? se dit par indignation, par étonnement, par admiration. || On dit de même : Qui vit jamais rien de si extraordinaire? Voyez l'insolence ! Voyez quelle insolence I Voyez la langue I mol. Tart. i, *. || Vois, voyez, se dit aussi pour attirer l'attention. Mais voyez donc ce morveux, comme il est joli! beaumarcii. Mar. de Fig. n, 6.|| Voir se dit d'un temps qu'on ape> çoit à une date plus ou moins prochaine. Comme M. de Grignan doit être parti pour l'assemblée, nous commencerons à voir le jour de votre départ, SÉV. it oct. 1676. Il J'ai vu le temps que l'on faisait..., dans un temps dont j'ai été témoin, l'on faisait.... Il J'ai vu que, j'ai vu le temps oii. Mais on ne parle plus qu'on fasse de romans; J'ai vu que notre peuple en était idùl.ttre, corn, la Gai. du Pat. i, 6. J'ai vu que les procès ne donnaient point de peine; Six écus en gagnaient une demi-douzaine, rac Plaid, i, 8. || Je vis l'heure que..., je vis le moment où une chose allait se faire, peu s'en fallut. Je vis l'heure avant hier au soir que M. le cardinal lui en ferait donner [des coups de bâton à Beaiitrii], retz, ii, *47. J'ai vu l'heure que le parterre allait vous siffler, baron, Homme i bonnes fort, iv, 6. || 4* Voirie jour, voir qu'il est jour. Brinon, mon ami, lui dis-je avec un grand soupir, fermez le rideau [du lit], je suis indigne de voir le jour, hamilt. Gram. 3. || Poétiquement et fig. Voir le jour, la lumière, l'astre qui nous éclaire , être en vie. Tu vois le jour, Cinna; mais ceux dont tu le tiens., .corn. Cmna,v, I . Il voit l'astre qui vous éclaire, rac. Esth. u, ». Bientôt de Jézabel la fille meurtrière, Instruite que Joasvoit encor la lumière.... m. Athal. iv, 3. Je reçus et je vois le jour que je respire. Sans que père ni mère ait daigné me sourire, id. Iph. a, <. il II n'est pas digne de voir le jour, il a fait quelque action infâme, il n'est pas digne de vivre. Il En parlant des ouvrages de l'esprit, être publié. La censure a empêché cet écrit de voir le jour. Il 5° Regarder avec attention. Voyez ce tableau. Ce spectacle mérite d'être vu. Voir un objet au microscope. Voyez comme elle frappe cette poitrine innocente, comme elle se reproche les moindre» pi'chés, comme elle abaisse cette tête auguste devant laquelle s'incline l'univers, boss. Ilar-Thér. Voyez si mes regards sont d'un juge sévère, rac. Andr. lU, 7. Voyez que les femmes du peuple portent des habits de soie, et qu'il n'y a plus de maisons neuves sans de grands trumeaux de glace, d'argenson, Jf^iii. Bibl. eliév. t. v, p. 3C8. || Ironiquement, voyez un peu. Voyez un peu l'habil» homme, avec son benêt d'Aristote, mol. Méd. maigri lui, i, (. 1| Voyons, sorte d'exclamation par
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laquelle on prie ou enjoint. Voyons, soyez plus raisonnable. |) Familicrcment. Voyez-vous, vois-tu, te disent sans ajouter au sens et seulement pour attirer l'attention. Vois-tu bien, tu ne me persuaderas pas. Voyez-vous, madame, le silence m'est mortel I paron, llomm. à bonn. fort, i, 4. J'y ai fait tant de corrections [au Triumvirat].... voyezvous, je cherche par un travail assidu à mériter vos bontés, volt. Leit. d'Àrgental, (8 avr. (704. Ah I ouicbe 1 on ne l'aura [un ruban] , vois-tu, qu'avec ma vie, beaumarcii. Mar. de Fig. i, 7. Il Familièrement. Il faut voir comme je Tai rembarré, comme je l'ai relevé, je n'ai pas manqué à le rembarrer, à le relever. || 11 faut voir..., espèce de refrain que plusieurs femmes de la cour mettent au commencement de tout ce qu'elles disent, DE CAiLLiÊBES, (690. || 6* Observer avec précision. S'il y a peu d'hommes qui sachent voir un fait avec toutes ses circonstances, il y en a moins encore qui sachent voir les opinions telles qu'elles sont, condil. IJist. anc. m, 2. On n'a pas communément bien vu quand on n'a pas tout vu, SENNEBiER, Ess. art d'observ. t. i, p. 230, dans POUGENS. Il Absolument. Il avait été si longtemps à ne faire que voir qu'il n'avait pas eu le loisir de songer tant à deviner; mais on doit convenir qu'il n'y a pas moins de sagacité d'esprit à bien voir en cette matière qu'àdevincr,FONT. If^ry. Tout le monde ne sait pas voir; on prend pour l'objet entier la première face que le hasard nous en a présentée, ID. Dodart. L'art de voir, cet art si utile, si universel, n'est pas commun; je renvoie aux mémoires sur les insectes et à l'histoire des polypes tous ceux qui n'en possèdent pas les règles, BONNET, Contempl. nal. Œuv. t. viii, p. 259. Dans un siècle oii l'on cherchait, où l'on commençait à voir, Descartes vit mal la nature, parce qu'il voulut la voir seul, parce qu'il voulut la voir tout entière, bailly, llist. asir. mod. t. 11, p. 201. Il 7" Remarquer, faire des observations en lisant. Oii avez-vousvu ce passage? Voyez combien, dans Euripide, le caractère de Polynice devient intéressant par celui d'Étéocle son frère; et, dans Sophocle, le caractère d'Electre par celui du Chrysothémissa sœur, barthél. Anach. ch. 7(. || Voyez, se dit pour indiquer un renvoi. Voyez ci-dessous. Voyez la note ci-contre. Ce philosophe, trop injuste ennemi de la monarchie, qui , chargé , dans un dictionnaire de morale, de l'article citoyen, voulait 2e réduire à ces deux mots : Citoyen, voyez répuàlique, d'alemb. Élog. l'ab. de St-P. note 8. || Voir »e dit à l'infinitif dans un sens analogue. Voir sur cette matière tel auteur. || 8° Voir une femme,, avoir avec elle un commerce charnel. (Louis XI] cuuyUt tant de chagrin de la mort de son premier fils Joachim, qu'il fit vœu de ne plus voir d'autre femme que la reine, et l'on prétend qu'il a gardé ce vœu, DUCLOs, Œuv. t. m, p. 349. || 9» Dominer, en parlant de quelque hauteur d'où on aperçoit un objet inférieur. Cette hauteur voit la place. Chargé de m'emparer d'une hauteur voisine Qui voit le camp romain, le serre et le domine, B. SAURiN, Spartac. iv, (. || Cette hauteur voit tel ouvrage à revers, de cette hauteur on voit l'ouvrage et on peut le battre par derrière. || Absolument. Avoir vue sur. Celte maison voit sur un jardin, sur la rue. || 10° Dans le langage élevé et poétique, il se dit des choses qui sont témoins de. Ce prince victorieux triomphait dans Babylone , dont il fit la plus gsande ville, la plus forte et la plus belle que le soleil eût jamais vue, Boss. llist. a, 4. Mais le jour fatal était venu : c'était le dixième d'août, qui avait déjà vu brûler le temple de Salomon, id. ib. u, 8. Je tomberai comme une fleur Oui n'a, vu qu'une aurore, rac. Esth. i, 6. J'ai visité l'Elide, et, laissant le Ténare, Passé jusqu'à la mer qui vit tomber Icare, id. Phèdre, I, I. Beaux arbres, qui m'avez vu naître. Bientôt vous me verrez mourir I chaul. Louanges de la vie champ. 17)0. Ce port d'Aigues-Mortes, devenu aujourd'hui une plage inutile, vit partir la flotte la plus nombreuse et la mieux pourvue qui ail jamais vogué sur les mers, volt. Panég. St Louis. L'Europe vil avec étonnement des flottes russes pénétrer du fond de la mer Baltique auprès des Dardanelles, cl brûler les flollcs turques vers Smyrnc, id. Frag. sur l'hist. 22. || Fig. Celle mer a vu bien de» naufrages, il y a eu bien des naufragei sur cette mer. || If Voir quelqu'un, lui faire une visite. || Sous l'ancienne monarchie, on disait : il n'a point encore vu le roi depuis son retour, il ne s'est pas présenté devant le roi depuis son rclour. U a vu lo roi dans son cabi-
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net, il a eu une audience particulière du roi. Il Aller voir quelqu'un, aller chez lui pour lui rendre visite. Cet empereur.... Qu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux, boil. Épit. l. \\ En ce sens, un aveugle même dirait : j'irai vous voir. Il Voir ses juges, les solliciter. On va chez les présidents, chez les conseillers; en trois jours on voit vingt-deux juges; on crie, on fait du bruit, sÉv. 631. Avez-vous eu lo soin de voir mon secrétaire? Allez lui demander si je sais votre affaire, RAC. Plaid. 11, to. Il Voir un malade, lui donner des soins en qualité de médecin. De plus j'ai été àRuel voir un malade, mol. Am. méd. 11, 3. Allez voir vos malades, et me laissez en repos, haijterociiE, Crisp. médec. 11, ). || On dit la même chose d'un directeur ou d'un confesseur qui, pourlo spirituel, donne des soins à un malade. || 12° Fréquenter. Voir ijonne compagnie. Aucune des femmes que je vois ne me fait oublier que je ne vous vois pas, mainten. iett. à Jfin« de Yentadour, 5 juiU. 17(2. Depuis cinq ans entiers chaque jour je la vois. Et crois toujours lavoir pour la première fois, rac. B^r^ji. II, 2. Tout jeune que j'étais, ce maréchal [Tourville] me voyait, st-sim. 7, 92. Ces curiosités passagères ne sont pas si glorieuses pour lui que l'assiduité constante de ceux qui voulaient véritablement le voir, et non pas seulement l'avoir vu, FONTEN. ilalebranche. J'ai assez vu la plupart des Mécènes et des grands pour n'avoir point à m'en louer, et assez peu pour n'avoir point à m'en plaindre, d'alemb. Œuv. t. m, p. (03. ||Ce n'est pas un homme à voir, ce n'est pas une femme à voir, c'est un homme, une femme de mauvaise réputation qu'il ne faut pas fréquenter. || Je ne le vois pas, je ne le vois plus, j'ai rompu avec lui. Il Ne voir personne, vivre dans la retraite. || Ne voir personne , se dit d'un homme qui ne reçoit p.'s, qui a défendu sa porte. 1| On dit dans le mej.3 sens : il est malade, on ne le voit pas, on ne le verra pas aujourd'hui, personne ne peut le voir. Eh bien I mon oncle est-il en état d'être vu? — Ah! monsieur, depuis hier il est encor déchu, REGNARD, le Légat, i, 2. || Personne ne peut le voir, se dit aussi d'un prisonnier. 1113" Voir en songe, imaginer en dormant. Ce fut un songe admirable [qui fit la conversion de la princesse palatine], de ceux que Dieu même fait venir du ciel par le ministère des anges, dont les images sont si nettes et si démêlées, où l'on voit je ne sais quoi de céleste, Doss. Anne de Gom. || 14» S'informer. Voyez s'il est chez lui. Je vais voir s'il est revenu. Il Familièrement. Allez voir si j'y suis, se dit à une personne, ordinairement inférieure, dont on se débarrasse. Taisez-vous, péronnelle; Rentrez; et là dedans allez voir si j'y suis, reonard, le Distr. I, 4. Il 15° Apprécier par quelqu'un des sens. Voyez si ce vin est bon. Voyons si cet instrument est d'accord. 11 faut voir si cela n'est pas trop chaud. Voyez si c'est la même odeur. Il 16* Éprouver, essayer. Voyez si cet habit vous va bien. Voyez si vous pourrez résoudre ce problème. Je m'en vais voir si ces mains toutes-puissantes [Dieu] me seront favorables ou rigoureuses, boss. Ann. de Gonx. Voyons si, par mes soins sur le trône élevé , U osera trahir l'amour qui l'a sauvé, RAC. Bajax. iv, 4.||Nous allons voir, nous allons essayer. Arganto : Tous leurs discours seront inutiles. — Scapin, à part : Nous allons voir, mol. Scapin, i, 6. Lisette : L'apprivoiser, monsieur? vous perdrez votre temps. — Le chevalier : Nous allons voir; suis-moi, reonard, le Distr. i, 7. Il 17° Inspecter avec autorité. Qu'avez-vous à voir dans ma maison? Dans ces misères-là je n'ai plus rien à voir, El je sais là-dessus tout ce qu'on peut savoir, gresset, le Véch. v, 8. || Fig. N'avoir rien à voir, avec un nom de chose pour sujet, n'avoir rien de commun avec. La fade galanterie n'a certainement rien à voir dans cette pièce, volt. Letl. Thibouville , 22 févr. (773. || Absolument. Allez voir aux ouvriers. Voyez à la dépense. Il 18° Mettre de l'attention, de l'application à examiner une chose. Il faudra voir ce qu'il y a à faire là dedans. Cette affaire a été vue par d'habiles gens. Le rapporteur n'a pas encore vu mon procès. Mettez-vous en ma place, et voyez ce que je puis faire, mol. VAv. iv, (.||Ceci esta voir, il faut l'examiner, le vérifier. || Je verrai, nous verrons, il faut voir, se disent lorsqu'on prend un délai pour se décider dans une affaire. Mme de Lyonne m'a dit: je verrai, je parlerai, du ton dont on dit le contraire, maintenon , Letl. d Mme de Chantalou, 28 avril (ooo. On avait promis à cet officier la croix de Saint-Louis et un avancement;
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le cardinal lui dit brusquement qu'on verrait, DUCLOS, Œuv. t. VI, p. ( 25. Il ne répondit à l'exposé qu'elle lui fil de sa situation et de celle de sa fille, que par de durs monosyllabes : je verrai.... nous verrons.... avec le temps.... bernard. de st-p. Paulel Virginie. || Voir que, veillera ce que (avec le subjonctiQ. C'est à vous de voir qu'il ne lui manque rien. Toutefois voyez que, sans y songer, vous n'ayez donné peut-être à sa délicatesse quelque raison particulière de craindre votre éloignement, }. 1. Rouss. Lett. à M. le comte de h. 28 janv. (765. Je vous conjure de voir que cet argent soit employé selon sa destination, lo. Lett. à d'Ivernois, 29 janv. (708. j|On dit dans le même sens : voir à. Voyez à nous faire souper, à nous loger. Parlons à votre femme, et voyons à la rendre Favorable.... mol. Femm. sot). 11, 4.|jOn dit encore : voir de. Surtout, madame, voyez délirer ce profit de votre dommage, que la fortune, qui vous a surprise, vous trouve mieux préparée à l'avenir, malh. Lettres, i, ((. Parlons à cœur ouvert, et voyons d'arrêter.... mol. Jfii. 11, (. En attendant que je sache mieux sur quoi compter, voyez de cacheter plus soigneusement vos lettres, et je verrai de mon côté de m'ouvrir avec vo« correspondants une communication directe, ;. . Houss. Lett. à d'Ivernois, 3( ma/s (768. |.|19* Acquérir des connaissances par les voyages ou la fréquentation des hommes. Voir beaucoup de pays. Il a vu toutes les cours de l'Europe. Il n'a pas vu le monde. De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, El qui, caquetant au plus dru. Parlent de tout et n'ont rien vu, la font. Fabl. IV, 7. J'ai tout vu, tout fait, tout usé, beaumarcii. ttar.-de Fig. y, 3. || Absolument. Quiconque ne voit guère. N'a guère à din aussi, LA FONT. Fabl. IX, 2. Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu, id. ib. i, 8. |iC( soldat n'a pas encore vu le feu, il n'a pas encore assisté à des combats contre l'ennemi. || Fig. Voir du pays, voy. pays, n* 1. 1| Nous en avons vu bien d'autres, cela ne nous étonne pas, nous nous défendrons bien. Monsieur [Ch. de Sévigné] se vante d'un rhumatisme, quand il n'est pas devant moi ; car ma présence l'embarrasse, et, comme non? en avons bien vu d'autres ensemble, il ne se plaint qu'à demi, sÉv. 323. || N'avoir rien vu que par le trou d'une bouteille , voy. bouteille. || 20" Il S( dit de Dieu. Dieu voit le fond des cœurs. La postérité les verra [les actions de Lamoignon] quand...cependant Dieu les voit, et il en est lui-même la récompense, flécii. Lamoignon. \\ Absolument. Dieu voit, les anges voient. Dieu connaît, les anges connaissent. || Il se dit aussi de la vue que les bienheureux ont de Dieu. La béatitude consiste à voir Dieu. Les bienheureux voient Dieu face à face, dans toute la majesté de sa gloire. Qui considérera que le visage du prince fait toute la curiosité du courtisan, qu'il s'occupe et se remplit pendant toute sa vie de le voir et d'en être vu, comprendra un peu comment voir Dieu peut faire toute la gloire et tout le bonheur des saints, la brut. vin. Il 21° Fig. Voir des yeux de l'esprit. Comme je ne vois pas dans le fond de son cœur, CORN. Sertor. m, 2. C'est contre cette autorité [celle de l'Église] que les libertins se révoltent avec un air de mépris; mais qu'onl-lls vu ces rares génies, qu'ont-ils vu plus que les autres...? boss. Ann» de Gonx. Nous voyons ces vérités éternelles toujours les mêmes, el nous les voyons être devant [avant] nous, id. Connaiss. iv, b. Ce qui se fait par un abrégé où l'on voie, comme d'un coup d'œil, tout l'ordre des temps, id. Hisl. Dessein général. Il est indubitable que ce n'est pas en soi-même ni pour soi-même que l'esprit voit l'existence des choses, mais qu'il dépend en cela de quelque autre chose, malebb. Rech. vérité, m, II, 5. Tacite, qui abrégeait tout, parce qu'il voyait tout, MONTESO. Esp. XXX, 2. |1 Voir tout en Dieu, expression du système de Malebranche : nos perceptions ne peuvent être causées par les objets ; elles ne viennent pas de nous-mêmes ; il faut donc que ce soit Dieu qui nous les donne; or Dieu est le lieu des esprits, et les esprits subsistent en lui ; donc c'est en lui que nous avons nos idées, el que nous voyons toutes choses. Quand même ces mots : sentir el voir tout en Dieu formeraient en nous une idée distincte, je demande ce que nous y gagnerions, et en quoi nous serions plus savants qu'auparavant, volt. Traité mélaph. 3. ,1 22° Comprendre, s'apercevoir. Vois mieux ce que lu dis, quand tu parles ainsi, cor». Sertor. i, ( . Si un soldat à l'armée, ou un gentilbomm* i
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U cour, se trouye en état de perdre son honneur ou sa fortune s'il n'accepte pas un dui'l, je ne vois pas que l'on puiss condamner celiu qui le reçoit pour se défendre, pasc. Prov. th. Quand je vois que toutes les entreprises sont inutiles contre sa personne , boss. Heine d'Anglet. Quand ils [les riches] verront que dans un moment leur gloire passera i leur nom, leurs titres i leurs tombeaux.... id. i« Tellier. Je vois que rien n'échappe i votre prévoyance, hac. Bajax. D, t. Je vois ce que jamais je n'ai voulu penser, ID. Iphig. n, i. Il est impossible , me dit-on, que la matière pense ; je ne vois pas celte impossibilité, VOLT. Traité m^taph. b. Vois l'homme en Mahomet, conçois par quel degré Tu fais monter au ciel ton fantôme adoré, id. Uahom. l, 4.|{A1:solument. Voir clair dans une affaire. || 23* Juger, apprécier. Il est facile de voir que cela est faux. Oui, c'est à vous de voir si, par des nœuds si doux. Madame, vous vouler m'attacher tout à vous, mol. Ift'i. V, s. Parmi les difficultés que ses inlcrcts [de Condél apportaient au traité des Pyrénées, écoutez quels furent ses ordres, et voyez si jamais un particulier traita si noblement ses intérêts, BOSS. louis de Bourbon. Pensent-ils [les esprits forts] avoir mieux vu les difficultés à cause qu'ils y succombent, et que les autres qui les ont vues les ont méprisées? id. Anne de Gonx. Elle [l'âme] ne voit plus qu'avec mépris les erreurs qui l'avaient autrefois si tristement abusée, mass. Carême, Inconst. C'est ainsi qu'il [Alexandre] fit ses conquêtes : voyons comment il les conserva, montesq. Esp. X, u. Après avoir satisfait aux objections, voyons les raisons qui peuvent servir de preuves à notre explication, buff. Hist. anim. iv. Ce qu'elle ne voyait pas en mal, elle le voyait en ridicule, cl son ami Margency n'était pas excepté, J. J. Rouss. Conf. X. Ce grand observateur Linneus est, à mon gré, le seul avec Ludwig qui ait vu jusqu'ici la botanique en naturaliste et en philosophe, id. ib. XII. Voilà du moins comme je vois la chose, d'alembeht, Lett.à Voltaire, ijuill. (770. || Ne voir rien à, ne pouvoir rien juger, déterminer dans. Vous neverrez rien à votre destinée que lorsque votre famille sera toute ensemble, sÉv. 26 août 4680. Il Voir tout en beau, se faire une idée riante, heureuse des choses qui se présentent. || Voir noir, avoir de fâcheux oressentiments. Voilà ce que le cœur me dit; et mon cœur voit souvent noir, et rarement faux, oauani, Corresp. 2 févr. 177). Il Voir tout par ses yeux, ne s'en rapporter qu'à soi. Et qui, seul, sans ministre, à l'exemple des dieux, Soutiens tout par toi-même et vois tout par tes yeux, boil. Disc, au roi. Une étendue de connaissances qui fait que le prince voit tout par ses yeux, LA BRUT I. Il Ne voir que par les yeux de quelqu'un, avoir une pleine confiance en ses paroles. Le prince faible et ignorant ne verra que par les yeux d'un favori passionné, ou d'un ministre flatteur, inquiet et ambitieux, fén. Tél. xxi. Il Absolument. U voit juste, il voit faux, il voit mal, il voit bien dans cette affaire. Souvent il voit mal, il se prévient, riccoboni, Œuv. t. vi, p; 130, dans pouoens. Mail, avant tout, il faudrait bien voir, je veux dire, voir sans préjugés, et voilà ce qui est difficile, surtout aux souverains, CONdill. Traité des tytt. <6. ||A voir, si l'on juge, si l'on réfléchit sur. X voir la manière dont il est vêtu, on le croirait dans la misère. Que croira-t-on de vous, à voir ce que vous faites? rac. Andr. m, *.\\li' Fig. Ne voir que..., faire tout céder à une considération. Ne considérez point si j'aime ou si l'on m'aime ; En matière d'honneur ne voyez que vous-même, corn. Agés, n, b. U enlève Dina, et ne voit plus que sa passion, uass. Carême, Enf. prod. Mon époux, inflexible en sa fidélité, N'a vu que son devoir, et n'a point hésité, volt. Orphel. III, s. N'espérant plus de victoire entière, il [Napoléon] se résolut à une retraite précipitée ; depuis ce moment, il ne vit plus que Paris , de même qu'en partant de Paris il n'avait eu en vue que Moscou, sÉoua, Hitl. de Nap. ix, 6. || 25° Terme de pratique. Assigner pour voir dire et ordonner.... pour être présent quand on dira, quand on ordonnera. Il 26" Familièrement. Pourvoir, pour exemple, pour faire comprendre. Maître Jacques: Elle est faite.... elle est faite comme une cassette. — Le commissaire : Cela s'entend; mais dépeignez-la un peu, pour voir, mol. l'Av. v, a. Colombine : Oh I je ne m'y fie plus. —Arlequin: Si tait, si fait, flez-vous-y pour voir, kariv. Surpr. de l'amour, m, t. Il Faites donc pour voir, .se dit à celui qu'on défie. Ayez recours, pour voir, à tous les
détours des amants, mol. C. Dand. i, «. Je voudrais bien, pour voir, que vous ne le trouvassiez pas boni reonahd, Sérén. 8. I| 17* Faire voir, montrer. Il fit voir sa blessure au chirurgien. La foi, qui pénètre jusqu'aux cieui, nous la [la reine] fait voir aujourd'hui dans cette bienheureuse compagnie, BOSS. Mar.-Thér. Il suffit do lui faire voir en éloignement [i un jeune prince] le trAne où il doit être assis, flêcii. Due de Mont. U [Pluton] a pour que ce dieu [Neptune].... D'un coup de son trident ne.... Et par le centre ouvert de la terre ébranlée Ne fasse voir du Styx la rive désolée , BOiL. tonjin. Subi. ch. vu. Abner : De quel crime un enfant peut-il être capable? — Mathan : Le ciel nous le fait voir un poignard i la main : Le ciel est juste et sage et ne fait rien en vain, RAC. Athal. n, b. || Faire voir, faire visiter. U faudrait aussi voir ou faire voir M. de Bie, qui est le meilleur homme du monde, rac. Lett. à VoiUau, 30 mai 1693. || Faire connaître, démontrer. Je veux, dans un seul malheur déplorer toutes les calamités du genre humain, et di'.nsune seule mort faire voir la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines, boss. Duch. d'Orl. Dieu fait voir aux rois, en leur retirant sa puissance, que toute leur grandeur est empruntée, id. Reine d'.i4nglet. Il Par menace. Je lui ferai bien voir à qui il se joue, à qui il a affaire, je lui ferai bien connaître, je lui apprendrai bien.... Et, pour prendre un époux. Je vous ferai bien voir que c'est à votre père Qu'il vous faut obéir, non pas à votre mère, mol. Femm. sav. v, 2. || 28* Laisser voir, montrer de manière qu'on entrevoie. Il m'a laissé voir qu'il ne serait pas éloigné de terminer celte alTaire. Il a laissé voir ses ressentiments. Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs, RAC. Phèdre, i, 8. Alors elle appréhenda de laisser voir son trouble, fén. Tél. l. jj Laisser regarder. C'était la marraine d'un roi. Dont elle créait les ministres, Braves gens, soumis à la loi, Qui laissaient voir dans leurs registres, bérano. Pet. fée. Il 29* X la bouillotte, je vois signifie : je joue le jeu. || S0° Le médecin demande à sa cliente si elle voit, c'est-à-dire si elle a ses règles. Il Cette femme ne voit plus, l'époque de la vie où les règles cessent est arrivée. H 81° Un beau venez-y-voir, voy. venir, n' 43. || 82' Se voir, v. réfl. Se regarder soi-même. Se voir dans un miroir. Il Fig. Avoir la vue de soi-même. Nous nous voyons de trop près [pour connaître no» défauts] ; l'œil se confond avec l'objet, et nous ne sommes pas assez détachés de nous pour nous regarder d'un regard distinct et nous voir d'une pleine vue, BOSS. Sermons, Charité fratem. 2. || Se regarder mutuellement. Ils se voient avec étonnement. Ils se virent sans se reconnaître. j| 83° Se trouver ensemble. Comment se sont-ils vus? depuis quand? dans quels lieux? bac. Phèdre, iv, 6. Ne vaudraitil pas mieux cent fois se voir un seul instant et puis mourir? J. t. rodss. Hél. l, ï4. ||Se fréquenter. Ils se voyaient depuis quelque temps avec assez d'honnêteté, fén. Tél. xiii. || Ces personnes ne se voient pas, elles sont en mauvaise intelligence, ou, seulement, elles veulent rester étrangères l'une à l'autre. || Dans le sens contraire. Je les ai reconciliés, et ils se sont toujours vus depuis. Nous nous voyons souvent. f|Se voir signifie aussi avoir une rencontre, un duel. Vadius : Je te défie en vers, prose, grec et latin. — Trissotin : Eh bien I nous nous verrons seul i seul chez Barbin, MOL. F. sav. m, s. Si vous avez du cœur, nous nous verrons horsde la ville, boissï. Franc, à Lond. se. 17. |{3i* Être vu. Cette montagne se voit de loin. D'où vient que les premiers chrétiens étaient si touchés des persécutions visibles, et que nous le sommes si peu des persécutions invisibles? c'est que les unes se voyaient par les yeux du corps, et que les autres ne s'aperçoivent que par les yeux de la foi, nicole, Ess. mor. 3* traité, ch. b. |135° fig. Porter un jugement sur soi-même. On se voit d'un autre œil qu'en ne voit son prochain, la font. Fabl. i, ■>. || Se figurer. Je me voyais pendant un mois Courant pour disputer les voix, BÉRANO. Acad. et Cav. || Juger, apprécier sa position. Se voir perdu. Se voir à la veille de perdre un procès. 1| 36° Être jugé, apprécié, en parlant des choses. Ne croyez pas que nous voyions si fort les choses autrement que vous; tout' ce qui touche la gloire se voit aiisez également par tout pays, SÉV. 15 déc. 1078. Il 37* Arriver, survenir. Cela se voit tous les jours. || Cela ne s'est jamais va, ne s'est point encore vu, n'est jamais arrivé. || Impersonnellement. U se voit, il arrive, il se présente.
Il ne s'est jamais vu fille mieux élevée, boubsault, Fabl. d'Ésope, tu, l. Il ne se voit rien où le goût inique se fasse mieux remarquer, la brut. Dise. I. Théophrasie. \\ Il se voit, il est évident. U se voit donc que les sensations, d'elles-mêmes, ne font point partie de la nature spirituelle, Bou. Conn. V, 13. 11 38* Élre, se trouver. L'Océan étonné de se voir traversé tant de fois en do» appareils si divers, bosb. B«in« d'Anglet. Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... tu te verras attaquée (wn» tes murailles, ro. Mar.-Thér. 'irsqu'on se voit tout d'un coup élevé aux places les plus importantes, n>. le Tellier. Jamais plante ne se vit plus tAt couronnée de fleurs et de fruits que U princesse Anne, id. Anne d» Goni. Comme ils se virent rebutes, ils résolurent de pa'sser malgré les Romains, rUcH. Hist. de Théodose, m, et. Junie.... S'est vue en ce palais indignement traînée, rac. Brit. I, s. De sorte que Pierre se voyait maître, par ses armes et par les traités, du premier royaume de Cynis, volt. Huxri», n, |«. Dois-je me voir toujours froissée par l'injustice de chacun? BRAUMARcn. Mère coupable, u, i«. Il 89* Se voir, suivi d'un verbe actif i l'infinitif, être ce qu'indique ce verbe. Ce qui désespérait le plus de si braves hommes, c'était de se voir assommer comme des bêtes prises dans un piège, sans pouvoir venger leur mort, vauoel. Q. C. V, 4. 1140' Se faire voir, se montrer. Seigneur, s'il en décide, il se fait voir mon maître, corn. Tite et Bit. v, 4. Allons vous faire voir [au tribun&l des maréchaux], mol. Mis. n, 7. || Proverbes. Si vous ne le croyez pas, allez-y voir, se dit i une personne qui doute de ce qu'on lui dit. || J'aime mieux le croire que d'y aller voir, se dit d'une chose dont on doute, mais qu'on ne veut pas se donner la peine de vérifier. || II, elle a vu le loup, voy. LOUP. Il Qui ne l'a pas vu n'a rien vu, se dit par exagération et pour louer eitrémemenl quelque chose. 1| Va-t'en voir s'ils viennent, expression familière et moqueuse pour dire qu'on ne croit pas un mot de ce qui est annoncé, promis, raconté. Un Breton qui ne borl point. Un Gascon tout bête. Un Normand franc de tout point. Un Picard sans tête; Va-t'en voir s'ils viennent, Jean , Va-t'en voir s'ils viennent, lamotte, C/»anson faite aux eaux de Forges.
— REM 1. On met le subjonctif après voir, quand voir est pris négativement ou interrogativement. Je ne vois pas qu'il s'en mette fort en peine. Voyez-vous qu'il s'en mette en peine ? Mais on dira avec l'affirmative, ou avec l'interrogation négative : Je vois qu'il s'en met en peine; ne voyez-vous pas qu'il s'en met en peine?||8. Des grammairiens distinguent ne voir goutte et n'y voir goutte: le premier signifiant être aveugle, et le second ne pas voir par une cause accidentelle, par exemple dans l'obscurité. || 8* U vaut mieux dire voir clair que y voir clair. Cependant on trouve y voir clair : Ne dites pas : y voir clair, mais : voir clair. On pèche contre cet usage dans ces vers: Le lynx humilié, se traînant de son mieux. Tâche, pour y voir clair, de fermer les deux yeux, Almanach des muses, pour 1794, p. (02. 114. Â la première personne je vois, les portes écrivent, pour la rime, je voi. Ce n'est pas une licence, c'est un archaïsme, ces premières personnes ne prenant pas d'« dans l'ancienne langue. Sans doute il est sacré, ce livre dont je ,oi Tant de prédictions s'accomplir devant moi, L. rac. Relig. ch. III. H B. Molière a fait voient de deux syllabes. De quoi vous fâchez-vous, pourvu que vos souhaits Se trouvent par mes soin» pleinement satisfaits. Et voient mettre à fin la contrainte on vous êtes? MOL. le Dép. m, 7. Ceci est une ancienne prononciation, qu'on entend encore fort souvent. Aujourd'hui voient est d'une seule syllabe. Il 6. Quand on emploiera la locution : je lui ai vu faire cela, au lieu de : je l'ai vu faire cela, il faudra bien prendre garde à l'amphibologie des pronoms. Je lui ai vu donner un soufflet, peut signifier j'ai vu qu'on lui donnait un soufflet, et qu'il donnait un soufflet. || 7. Au commencement du xvir siècle, Régnier a dit je voirois: Et ne la voiroit-on si fière ni si belle, Élég. in. Il 8* U y a une façon de parler fort ordinaire parmi les bourgeois de Paris, et même parmi le» courtisans qui ont été élevés dans la bourgeoisie, c'est lorsqu'ils disant: voyons voir, au lieu de dire: voyons, cailuères. Bon et mauv. usage, u.
— HIST. XI* S. Se il ne pot [peut] derainer [prouver] par deux entendables homes del plaid,
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oam et veant, que il ne l'avrad dit.... Loit de Guill. S8. L'ost des Français verrei sempros desfere, Ch. de Roi. iv. Desfi les en fje les défie pour cela], sire, vostre veiant, ib. xxiv. Je ne vus vei ; veied vus dame Deus, tb. CXLVII. |1 xii* s. Cist virent les maus que l'en fesoit al pople de Juda, Kachab. i, ''.. Quant il se voit sor son cheval corsier, Ronc. p. 40. Et fil] voit venir ccle gent paienor, ib. p. 44. RoUant vos niés [votre neveu] jamais ne vous verra, tb. p. 86. De vergogne fje] trcssue quant de mes oils [yeux] le voi, ib. p. 199. La merciz m'est tant obscure, Que je ne la puis yeoir, Couci, iv. Unpetiz biens vaut mieux, si Diei me voie. Qu'on fait courtoisement. Que cent greignor fait eniousement, tb. xvi. Li doux semblant qu'en ma dame fje] veoie, M'ont plus grevé qu'el ne me veuille aidier, tb. xxi. Ne sai se jà [vous] verres mais mon retor, tb. xxii. Le vieil Huon du Maine [vous] verrez premièrement, Sax. XXI. Il ont vcû du Mans la tour et lo donjon, ib. xxn. Herupois sont mandé pour voir le vos devis [votre proposition], ib. xxiv. Il ne verra passer le quint mois ne le quart.... ib. xxix. Il ert [sera] mis en prisun, ne verra mais sun pié, Th. le Mari. 35. E Heli fud lores de grant eage, de quatre vinz ans e dise-uit; perdue out la veue, et gute ne vedeit, flots, p. <o. Pur ço Saiil, dès cel jur en avant, ne pout David de bonoil veer, l'b. p. 70. 11x111* s. Il estoit vi'els homs, et, se biaus ielx avoit en sa teste, si n'en veoit il goûte, viLLEH. XL. Que le livre as histoires [il] me montra, où je vi.... Berle, i. Danses, baus et caroles [vous] veîssiez comencer, tb. xi. [Elle] Bien voit qu'il l'ont traïe et qu'il l'ont enganée, tb. xvi. Quant si bêle [ils] la voient, prennent à 1ermoier, tb. xix. Cil Dame Diex, fait-ele, qui haut siet et loin voit, ib. xxvin. [Elle] Prist une chandelle, qu'on [car on] n'i pooit veïr, tb. cxxii. Par amitié s'entr'apeloient Oncle et neveu, quand se veoient, Ren. no. Chascuns cler i verra, la Rose, 7236. Comment l'amant, sans nul termine, Prent congié d'amis et chemine, Pour savoir s'il pourroit choisir Chemin pour Bel acueil veïr, ib. (ou46. Et par cel jugement pot on veir c'on pot bien perdre par delaier.... beaum. ix, 7. Dame, ù irai quant jo n'i voi? Partonop. v. USI. Tant getoit [lo feu grégeois] grant clarté, que l'on veoit parmi l'ost comme se il feust jour, joinv. 222. Il chevauchèrent tant que il virent lor enomis ans yex, id. 270. Il xiV s. Pource que il a peu veu d'expérience, et si est plus tempté des désirs corporels, oresme, Éth. m. Hé Dieux ! ce dit Bertran, qu'est ce que je voi là? Avez à vo voisin Englois si près de ça? Guescl. 17387. Ahi I Jherusalem, com 11 me doit peser Que li cristien t'ont ensi à gouverner 1 E ! royne Calabre, bien i veîstes cler 1 Baud. de Seb. rv, 484. Il XV s. Philippe.... issit hors de son pavillon pour venir voir et mettre au voir [vrai] ce que la demoiselle disoit, fhoiss. 11, 11, 192. Le duc de Bourgogne qui estoit sage froid et Imaginatif, et qui sur ses besognes veoit ou long.... m. m, rv, 30. Le roi vint vers elle [Isabelle de Bavière].... et la regarda de grand manière ; en ce regart plaisance et amour lui entrèrent au cœur.... et si avoit grand désir du voir et de l'avoir, id. ii, 11, 229. Nous esloignasmes nostre chemin, et fut nonne à l'endemain, avant que nous vissiemes les batailles, id. 11, m, 39. Donques ne doit il [le sage] femme prendre. Qu'à l'estude et à elle entendre Ne puet, ne à tous deux servir A sa femme et aux livres vir, id. Poésies mss. ^ 496. Quant vint à bouter en la mine, la tour fut toute inclinée comme on peut ancoirre voier, fenin, 1412. Il leur sembloitàvoirque s'ils n'estoient cette nuit là logez en ladite ville, qu'ils seroient en grand danger, MATii. DE coucï, Hist. de Charles VU, p. 894, dans LACUBNE. Et bailla la bannière de Nostre Dame, par droict d'armes, commeà celuy qui plus avoitvu.... à messire Pierre de Grassay, Bouciq. 1, 30. Damoisellc, dist il, je suis esmeu comme ung simple homme, et qui peu av veu et moins retenu, Pereeforest, t. iv, f Ul Ft veoit [avait vue] ladite chambre sus la cour, louis xi, A'oub. ilix. Il XVI* s. Ceste année, les aveugles ne voirront que bien peu, les sourdz oyront assez mal, rab. Progn. Panl. 3. Advenluriers Veîssiez, en leurs ordres parquez, Teus presu en ung moment de donner cl chocquer, j. makoi, v, uo. Je diray, afin de nestre veu [de ne paraître] examiner les choses •1 ngorsusement sans cause, que.... dubkll. 1 22 verio. Cyrus, qui veoit lo dire de Selon confirmé par un si noUble exempl».... amyot. Sol. 5». S* sépulture H veoit encore sur U place de Magnésie,
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m. Thém. 58. C'estoit une œuvre singulière et très digne de veoir [d'être vue], id. Aratus, 15. Tu vois (un dieu void tout,) combien j'ay de tristesse, RONs. 141. Comme on void une esloile esmeue. Qui tombe, ou qui tomber est veue [paraît], id.
428 le peuple désarmé Aime tousjours son roy,
quand il s'en voit aimé, id. 662. Toutesfois je ne voy par quel chemin je sorte. Tant la mort me rempestre au labyrinth d'amour, ID. 198. Dosplie le, et regarde voir que c'est, desper. Cymbal. 187. Mais ils se trompent, veu que.... mont, i, "0. Nous luy voyons forcer les règles de la nature, id. i,M0B. Il gaigne sa vie à se faire veoir, id. i, i09. Au veu d'un chasoun, id. i, 111. Les plus belles victoires que le soleil aye oncques veu de ses yeuli, ID. I, 243. Pompeius le feut veoir et s'excusa de.... id. i, 30I. Je voiray, tu voiras, il voira, nous voirons, vous voirez, ils voiront; on escrit aussi, je verray, tu verras, robert est. Gramm. franc, p. 60, dans i.acurne. Les anciens disent que, quand l'œil voit ce qu'il n'a jamais vu, le cœur pense ce qu'il n'a jamais pensé, mont- Luc, Mém. t. II, p. 604, dans lacurne.Jb sçay bien ce que j'en vis dire à Monseigneur [ce quej'entendis Monseigneur dire], brant. Sur les duels, p. 326.
— RTVM. Wallon, veï; Bresse, vay; franc-comtois, voë; bourguign. voi; picard, Dtr ; norm. veir, prononcé tantôt vére, tantôt t;^; provenç. vexer; catal. veurer ; espagn. ver; ital. vedere; du latin vidëre; comparez le grec tlSeiv; goth. veila ; sanscr. vid.
VOIRE (voi-r*), adv. ||1* Vraiment (sens qui est le sens propre et qui a vieilli). Et, comme les Normands, sans lui répondre voire, régnier, Sat. m. Que l'on dresse un lit à ce gentilhomme : voire, qui en aurait, dit l'hôtesse; il ne m'en restait qu'un que je viens de donner à un marchand du Bas-Maine, scarr. Rom. com. 1, 6. ||2' Même. Je puis faire arriver en six jours, voire en six heures, ce qui s'est passé en six ans, corn. Sertor. Au lecteur. Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines. Voire chapitres de chanoines, la font. Fabl. II, 2. Résolue de demeurer veuve, voire de mourir plutôt que de tenter un second hasard, m. Psyché, II, p. 128. Il II se joint souvent au mot môme. Ce remède est inutile, voire même pernicieux, Dict. de l'Acad. On s'y instruit de choses qui ne se trouvent pas dans les livres les plus graves, voire même dans l'Encyclopédie, arnault. Loisirs d'un banni, t. 11, p. 104, dans pougens.
— lllST. XI* s. S'il volt ostages, il en aurat par veir, Ch. de Roi. vi. |l xu* s. Au mont n'a [au monde il n'y a], voir, si cruel traïson Qu'un bel semblant et courage félon, Couci, ix. || xm* s. Je l'eiisse gehi [avoué]. Voire le premier jour que je oncques vins ci, Bertc, cxvin. Bien s'en vestiroient as festes Empereor, ou roi, voire ange, la Rose, 20 435. ||xv° s. Au dire voir, ils [les nobles] n'estoient qu'une poignée de gens dedans, au regard de la communauté du royaume d'Angleterre, froiss. i, 1, 32. Prince, aujourd'hui fje] voy tout anientir. Le voir cesser, et régner le mentir, e. desch. Poésies mss. f* 118. ||xvi* s. Voire mais, comment seroit-il possible de trouver un taureau si grand, dit l'estranger ? amyot, Lyc. 31 . Je voys au moins de loing après fces auteurs], disant que voire [disant oui, approuvant], mo.nt. i, 155.
— KTVM. Picard, voire, vrai, oui-da; bas-norm. vère (dans l'arrondissement de Valognes, dit le Dict. franco-normand de Métivier, Londres, 1870, les enfans jouent à un jeu qui consiste à répondre à toutes les questions sans se servir des particules négatives et affirmatives, et ils disent en commençant : Je te défends de dire ni oui ni non ni vére, jusqu'à ce que je sois repassé de la feire); bourguig. voy, vrai: dy mey uoir, dis-moi vrai ; du latin verus, vrai. Foir ou tjoire signifiait vrai, et il a été pris adverbialement pour vraiment.
VOIRIE (voi-rie), s. f. || 1* Partie de l'administration publique qui a pour objet la police des rues, des chemins, l'alignement et la solidité des édifices, etc. || Grande voirie, celle qui s'occupe des grandes voies de communication. || Terme de féodalité. Charge héréditaire de certains fonctionnaires qui devaient veiller à la sûreté des routes. 112* En administration et en hygiène publique, dépôt des débris que fournissent les villes. Il ne voulut jamais qu'il [son cheval] fût à la voirie, boubsault, Lett. nouv. t. 11, p. 294, dans pougens. C'était dans cette vallée [Topîiel] qu'on précipitait le bouc émissaire; c'était la voirie où l'on laissait I pourrir les charognes des suppliciés, volt. Dict. phil. Tophtt. Louis XIV avait eu bien de la peine
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à empêcher que celui [Molière] qui était supérieur à Plante et à Térence ne fût jeté à la voirie, n>. Lett. Champfort, 27 sept. 1769. U ne faut pas être jeté à la voirie, comme j'y ai vu jeter la pauvre Lecouvreur, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 1" juillet 1778. Il 3" Par extension. Débris d'animaux morts, ordures. Ces froides horreurs de l'enfer, Cette nuit, ces vieux lits de fer Où se vont coucher les Furies, Ce gros chien qui jappe au portai, Ces grandes plaines de voiries Sont leur éternel hi"pital, THÉOPHILE, Œuvr. i" part. p. 29. Ce fut un grand travail que de dessécher ce cloaque [Marlyjdc tous les environs qui yjetaient toutes leurs voiries, st-sim. 410, 152. Le loup dévore les voiries les plus infectes, buff. Xore. choisis, p. 235. || Terme de boucherie. Toutes les ordures et (oui ce qui ne vaut rien de la bête tuée. Mettre la voirie dans les baquets. || Fig. et très-familièrement. Personne digne de tout mépris, d'être jetée à la voirie. Qui nous a fait recevoir parmi nous Cette voirie? la pont. Psaut.
— HlST. XIII" s. Aucun sont qui ont justice ez quemins qui vont parmi lor terre et parmi l'autrui, et ce sont cil qui ont lor voierie, le [la] quele il tiennent de segneur en fief et en homage, beaum. XXV, 5. Il XIV* s. Nul mesureur en faisant son dit office ne pourra entreprendre sur les voiries, sur peine de dix sols, mais les garder toujours en largeur, c'est assavoir les voiries du roy de seize ou dix-huit pieds du moins, et les autres selon l'ancien usage, et pareillement les sentiers à pied et à cheval, Ordonn. des rois, t. n, p. 391. Ladite chambre deffent.... de jetter ou faire jetter en la rivière de Seine sur le quai ou bord d'icelle... aucunes ordures et immondices, et de y faire voirie sur peine de bannissement de ce royaume, tb. p. 386. Il xvi* s. Comme ils furent en un petit pont de voirie, qui depuis a esté changé, Fervacques commença tel langage, d'aub. Mémoires, p. 34. Il ne faut faire sa demeure près des cemctieres, ny près des voiries, escorchcries, etc. paré, xxiv, 10. Nous mesmes, qui sommes de I.1 voierie du peuple... mont, iv, 197. L'ordure et la voirie du monde, charron. Sagesse, p. 562^ dans LACUBNE. Les seigneurs ayant seulement basse justice foncière et simple voierie qui est tout un, Coust. gén. t. 11, p. 11 8.
— P.TYM. Fote.
t VOIRINE (voi-ri-n') , t. f. Ancien mot qui signifiait verre, usité dans : double de voirine, voy. DOUBLE, n* 10.
— HIST. xrv* s. Voirine [pierre fausse faite avec du verre], du cange, rerrinx.
— ÉTVM. Dérivé de voirre, verre (voy. verre).
VOISIX, INE (voi-zin, zi-n'), adj. \\ l*Qui est proche, qui demeure près de. Nation voisine. Pour rendre vos Etats plus voisins l'un de l'autre, L'Euphrate bornera son empire et le vôtre, rac. Bérén. m, 1. Fusses-tu par de là les colonnes d'Alcide, Je me croirais encor trop voisin d'un perfide, id. Phèd. IV, 2. Il est rapporté dans Vittorio Siri qu'on n'avait pas manqué, à la naissance de Louis XIV, de faire tenir un astrologue dans un cabinet voisin de celui où la reine accouchait, volt. Fie de Molière. Il Voisin à, au lieu de voisin de, construction poétique et archaïque (voy. l'historique). Le vent redouble ses efl"orts, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, la fo.st. Fabl. I, 22. Il Substantivement. Voisin, voisine, celui, celle qui demeure près d'un autre. Nous sommes vos voisins, nos filles sont vos femmes, CORN. Wor. I, 4. J'ai le bien d'être de vos voisins, Et j'en dois rendre grâce à mes heureux destins, MOL. Èc. des mar. 1, 5. U observe les mouvements des cnnemi-s, il relfve le courage des alliés, il ménage la foi suspecte et chancelante des voisins FLÉcii. Tur. De toutes parts pressé par un puissant voisin, Que j'ai su soulever contre cet assassin, rac. Ath. II, 5. Souvenez-vous que tous les hommes doivent s'entr'aimer; que la terre est trop vaste pour eux; qu'il faut bien avoir des voisins, et qu'il vaut mieux en avoir qui vous scient obligés de leur établissement, fén. Tél. xxi. Padonnez : je songeais que de votre héritage Vous avez beau vouloir élargir let confins; Quand vous l'agrandiriez trente fois davantage. Vous aurez toujours des voisins, J. B. rouss. Odes, 111, 6. || %• Il se dit de ce qui est près dans le temps. Tous le» auteurs du temps ou des temps voisins gardent un pareil silence, boss. Déf. For. I" dise. 63. || 3* Fig. Qui a de l'analogie, qui est sur le point de. Tout vaincu que je suis et voisin du naufrage, Je médite un dessein digne de mon courage, rac. Milhr. II, 2. Les gobe-mouches, dont le genre est très-voi-
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sin de celui des fauvetles, bufp. Ois. t. ix, p. 137.
^'il est arrivé à mes idées d'être voisines des vôtres, c'est comme un lierre à qui il arrive quelquefois de mêler sa feuille à celle du chêne, di- ■BER. Lett. sur les sourds-muets. |{ Proverbes. Qui a bon voisin, a bon matin, qui a un bon voisin, vit en repos. Il Bon avocat, mauvais voisin, on est en danger d'être chicané quand on a pour voisin un homme de pratique. || Grand chemin, grande rivière, grands seigneurs sont très-mauvais voisins. || Voisin sait tout.
— HIST. XII* s. En ces deus orent paien mauvais voisin, Ronc. p. &t. Ilxiii* s. Por ce dist on : qui a félon voisin Par maintes feiz en a mavez matin, LEROUX DE UNCT, Prov. t. II, p. <08. [Ma fille] Se fait ainsi haïr fde] gent voisine et lointaine, Berte, Lxxiv. Ce que voisin set, ce sevent tuit. Ce dit li vilains. Proverbes du vilain, ms. de St Germ. f* 76, dans LACURNE. Il XIV* s. Selon justice, les parens iloivent à leur filz unes choses, et les frères ensemble unes autres, et les citoiens ou voisins ensemble unes autre?, oresme, Éth. 245. || xV s. Et estoient plentureusemont pourvus de tous vivres qui leur venoient tous les jours de Valenciennes et du pays de Hainaut voisin à eux, froiss. i, i, (16. Le pays de Cécile est voisin au royaume de Naples, d'une lieue et demie, comm. viii, te. Si tost que le chevalier ouyt ce, le cueur luy revint par ung peu d'espoir, pour ce que les paroUes avoient esté si voisines [favorables] à ses amours, Perceforest, t. vi, f° 63. || xvi* s. En chose voisine [analogue], mont, i, 16. Un roy de nos voysins, m. I, Î2. Nous estions le taille fort voisine, ID. i, 95. Ces nations sont ei<— res fort voisines de leur naîfveté originelle, id. . î36. Pour grasse que soit la geline, Elle a besoing de sa voisine, cotgrave. Tenir ne faut pour bon voisin Un ami de table et de vin, iD. L'on est dit voisin de laditte ville en vue des trois manières qui s'ensuivent : c'est à sçavoir quand aucun est fils ou fille natif de laditte ville; secondement, quand un estranger se vient marier en laditte ville et prend une fille en mariage d'un voisin ou voisine de laditte ville, ou fille estrange se vient marier avec un voisin au fils de voisin, et demeurent et habitent ensemble en laditte ville; ticrcement, quand un estranger ou estrangere veut habiter en laditte ville, et ledit maire et conseil l'admettent et reçoivent voisin de grâce, Coust. gén. t. ii, p. 721.
— ÊTVM. Bourguig. l'Oison; norm. vésin; provenç. vezin, veii ; catal. le/ii; espag;n. vecino ; portug. vicinho; ital. l'i'ctno; du latin vicinus, dérivé de vicus (archaïque, veicus) , rue, qui se rattache à oîxo;, sanscr. vëça, maison.
VOISINAGE (voi-zi-na-j'), s. m. || 1* Terme collectif. Les voisins. Ah! je devais du moins lui jeter »on chapeau.... Faire au larron d'honneur crier le voisinage, MOL. Sgan. 16. Il est, parbleu! grand jour; déjà de leur ramage Les coqs ont réveillé tout noire voisinage, regnard, le Joueur, I, l. || Les lieux voisins. La grêle a désolé tout mon voisinage. C'est une chose, à mon gré, très-curieuse que les procès-verbaux faits juridiquement concernant tous les morts qui étaient sortisde leurs tombeaux pourvenirsucer les petits garçons et les petites filles de leur voisinage, VOLT. Die. phil. Vampires. Je compte avec impatience les minutes qui s'écoulent jusqu'à mon retour dans ma patrie, ou du moins à son voisinage, j. I. rouss. lett. à Ternes, * avr. 1767. ||i' Proximité d'une localité, d'une personne, d'une chose, à l'égard d'une autre. Le voisinage du chemin de fer donne de l'importance à celte ville. C'est le voisinage de la lune qui fait paraître cet astre aussi gros que le soleil. L'amour du repos, de la solitude, le désir d'être oublié pour mourir en paix, me font redouter de me rapprocher des grandes villes où mon voisinage pourrait réveiller une sorte d'attention qui fait mon tourment, J. j. bolss. Lelt. à M. de Mirabeau, Corresp. t. il, p. Ui3, dans poucens. Le voisinage -de deux nations actives et industrieuses causait de Yive» inquiétudes aux Espagnols, raynal, Ilist. phil. I, 7. Il Fig. Les pénitences du P. Bourgoing l'ont souvent avancé dans le voisinage de la mort, comme pour la lui faire observer de près, boss. Bourgoing. Rien n'est si dangereux pour le vrai et ne l'expose tant à être méconnu, que l'alliage ou le voisinage de l'erreur, d'alemb. Œuv.X. i, p. 188. Il 3* Fig. Analogie. La ressemblance du cri de cet 4^merillon du P. du Tertre avec le cri de notre crécerelle est encore un autre indice du voisinage de ces espèces, buff. Ois. t. ii, p. 66.
— HIST. XM* s. Maint bien m'a fait icil bon sire;
CICT. DK LA LANGUE FRANÇAISE.
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Li vlsnages le sait bien dire, Quole vie J'I al me> née, OAUTIEH d'arras, lllc et CJalron, Il xm- ». Et [une femme qui avait les veux malades] aloit par soi, ja soit co que elo vio.xt innlvoicmcnt, & l'oglise et par le visnage. Miracles St Loys, p. 475. Et cil dudit pals sont nostrc proisme [nos prochains], par reson de voisinage et de nascion [naissance] , BEAUMAN. Prologue. Il XIV* s. Mais, »acliiés, de cbeste okoison Le blamoit moult tous SCS vinagcs, j. oecondet, t. n, p. 2. || zvi* s. Pour troubler tout un voisinage, 11 ne fault point d'autre furie, DUBELL. vu, 48, oerto. Il y avoittousjours entre ces deux citez, à cause de leur voisinage, quelques hargnes et quelques querelles i demes- 1er, AMYOT, Démosth. 25.
— Etv.m. Koi'si'n; wallon, coixinefli ; provenç. «esiage. L'ancienne langue disait aussi voisinetet, et, au XVI* siècle, {e voisiné.
t VOISINANCE (voi^i-nan-s'), «. f. Ancien synonyme de voisinage. Comme il est avantageux à l'un et à l'autre État de vivre en bonne voisinance, paix et amitié, I.elt. de Louis .XI Y à Cromwell, ddinsaviiOT, llist.de la républ. d'Anglet. 1. 1, p. 259.
— HIST. XVI* s. Les surprises do nuict sont fort communes en ces quartiers pour la voisinance des villes et chasteaux, lanoue, 697. Traitté de monsieur de Lorraine qui convertit sa trêve en une paix, confédération et bonne voisinance avec le roy et la France, sully, Mém. t. n, p. 445.
— ÉT^M. Voisin.
VOISINER (voi-zi-né), t). n. Visiter souvent ses voisins. Dans les petites villes on aime à voisiner. Il II n'est voisin qui ne voisine, on fréquente ordinairement ses voisins, et aussi ce n'est pas être bon voisin que de ne pas voir ses voisins. {| Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. ivi* s. U s'en alla voir un sien voisin, selon la coutume qu'ils avoient de voisiner en leurs maisons, desper. Contes, Lxxiv. Les Rochelois la regardoient d'un mauvais œil, comme ils font toutes les fortifications qui les voisinent, d'aob. Ilist. II, 297. Si, l'os estant gasté, la chair qui le voisine prend la couleur du plomb, c'est un très mauvais signe, pahé, t. m, p. 046.
— ËTYM. Voisin; norm. vésiner; wallon, vihné. f VOITURAGE (voi-tu-ra-j'), s. m. Action de
voiturer. C'est uniquement le service du tran.sport qui rentre dans la catégorie de l'industrie du voiturage, baudrillart, JfanueJ d'icon. pol. ix.
— HIST. XIV* s. Pour voiturage et autres menus frais, la Cloche des ouvriers (communiqué par M. Caffiaux).
VOITURE (voi-tu-r'), ». f. \\ 1* Moyen de transport. La voiture des rouliers est la moins chère des voitures par terre. Voiture par eau. Le carrosse, la litière, le bateau sont des voitures fort douces. Votre voiture doit être la litière jusqu'à Roanne, et la rivière jusqu'à Briare, SKV. 9 oct. 1670. Toute entreprise de voitures publique» de terre ou d'eau, à service régulier, pourra désormais.... loi du 25 mars 1817, art. ii5. || Fig. Le Saint-Esprit vint dans une valise, dit fra Paolo, au concile de Trente ; la députalion [aux états de Bretagne] est venue par une lettre de cachet à M. de Rennes; ces voitures sont également extraordinaires, sÉv. 6 nov. 1C89. Il Voiture à bras, voiture traînée par un homme. || Par plaisanterie, la voiture des cordeliers, des capucins, la marche à pied. Nous partîmes de grand matin de Salamanque par la voiture des capucins, portant tour à tour sur nos épaules un sac où était notre linge, LESAGE, Est. Gonx. 46 || %' Particulièrement, cai3.se ou espèce de plaie-forme montée sur des roues et qui sert à transporter des personnes, des marchandises, etc. Voiture douce, rude. Voiture suspendue. Voiture à deux, à quatre places. Le phaéton d'une voilure à foin Vit son cha/ embourbé, la font, h'abl. vi, 18. Quand on dit d'une rude voiture que c'est une voiture de diable , lesaoe , "Diabl. boit. 3. Je me rends à l'endroit où l'on prend les voilures, MARIV. Pays. par». 4* part. En allant à Londres dans une petite voiture découverte, elle versa et se blessa dangereusement à la têle, riccoboni, Œuv. t. m, p. 181, dans pougens. Nous avons une voilure de suite dans laquelle sont nos femmes, oenlis, Ad. et Th. t. ii, p. 176, dans pouoens. || Fig. et par plaisanterie. Adieu la voiture, se dit lorsqu'on voit quelque chose qui va tomber. || Fig. X la première voiture, à la première promotion, à la première fournée. Il [le duc du Lude] sera maréchal de France à la première voiture , sÉv. îaoiîtl675. Je vous souhaite encore un petit
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k. Laurens [un prédicateur], qu'on dit qui lera placé à la première voiture [i la première nomination d'évêques], id. 24 sept. <675. || Voiture publique, synonyme de diligence, de transport de voyageurs d'une ville i une autre moyennant un certain prix. C'est i la concurrence librement exercée dans l'établissement des voitures publiques que nous devons leur perfectionnement, Inslit. Mém. seitne. t. rtl, p. 436. || Voiture particulière, voiture appartenant i un particulier et ne servant qu'à lui. || 8* Plus particulièrement encore, carrosse. Monter en voiture. Descendre de voiture. Il n'est pas assez riche pour avoir voilure. Voyez si cette vie [de malade] est compatible avec le s^ jour d'une ville où il faut promener, la moitié du temps, son corps dans une voiture, et où l'âme est toujours hors do chez elle, volt. Lett. Mme du Défiant, 4 mai 1772. Napoléon avait assigné aux bagages leur place; il fit publier l'ordre de brûler toutes les voitures qu'on verrait au milieu des troupes.,., la voiture du général Narbonne, son aide de camp, s'étant trouvée sur son passage, U y fit mettre le feu lui-même devant ce général, et sur-le-champ, sans permettre qu'on la vidât, sÉgur, Ilist. de Nap. vu, 3. || Il a mis bas sa voiture, il a mis voiture bas, à bas, il a ces.<ié d'avoir une voiture et des chevaux. || Voiture de place, un fiacre. Mais il fait un temps affreux. — Madame prendra une voiture de place, a. duval, Jeun, de Richelieu, ut, 11. Il Voiture de remise, voiture qu'on loue ordinairement au mois ou i la journée. || 4* Les choses ou les personnes que l'on transporte. Avoir voiture complète. Il a sa voilure. Il n'a que demivoiture. Il Voilure de charbon, de vin, de sucre, voiture chargée de ces marchandises. {| B* Le port, le transport des marchandises, des personnes, etc. On a payé tant pour la voiture de nos marchandises. Il Lettre de voiture, écrit qui contient le rôle des marchandises dont le voiturier est chargé. Il 6* Charge, fardeau. Du baudet, en cette aventure. On lui fit [au cheval] porter la voilure, Et la peau par- dessus encor, la font. Fabl. vi, 16. Il 7* Voiture à vapeur, voiture dont les roues tournent par un mécanisme dont le moteur est la vapeur. Il 8" Voiture de chevaux, se dit d'une quantité de chevaux que les marchands conduisent dans quelque endroit pour êitre vendus ou livrés. Il 9* Envoi, expédition, occasion (emploi qui ne se trouve que dans Mme de Sévigné). Je me trouvai hier chez Mme de Montglas, qui avait reçu une de vos lettres, et Mme de Gouville une autre ; je croyais en trouver une chez moi; mais je fus trompée dans mon attente, et je jugeai que tous n'aviez pas voulu confondre tant de rares merveilles ; j'en suis bien aise, et je prétends avoir un de ces jours ma voilure à part, sEv. à Bussy, 14 juillet, 1666. Et joindre ces quatorze cent» francs avec vos mille francs de reste ; vous ferez venir celte petite voilure dans son temps, m. à cTllerigoyen, 20 août 1687. |1 10 Voiture d'enfantL sorte de jouet représentant une voiture.
— HIST. xiu* s. Une voiture doit estre plus quiere [chère] louée en aoust, en vendanges ou en mars qu'en autre saison, beaumah. xxxvni, 5. Il XV* s. Si firent trousser tout leur barnois et mettre à voilure, fhoiss. i, i, 142. || xvi* s. Il se feit porter sur un chariot triumphal, Iraini par quatre coursiers blanc» : ce que nul autre capi- Uine paravant luy n'avoit ozé faire, ny depuis luy aussi, pource que l'on estime que ce soit une voiture sacrée et proprement destinée au roy et père des dieux, amvot, Cam. 14. Ses chevaux et autres bestes de voiture, id. Colon, 12. La voiture des vivre» en son camp par la mer estoit longue, dangereuse et de grande despense, n>. Marius, 26. Miroirs, tableaux où j'estois en peinture. Masque», banquets, et coches de vecture, El s'il y a de consumer son bien Autre» moiens, n'estoient comptez pour rien, dubell. vu, 61 verso.
— ÊTYM. Ital. vettura ; du latin vectura, de tehere (voy. véhicule).
VOITURE, ËB (voi-tu-ré, rée), part, passé de veiturer. Des comédiens ambulants voiture» de ville en ville.
VOITURER (voi-tu-ré), V. a.\\f Transporter d'une façon quelconque. Voiturer par mulets. Voiturer des denrées, des marchandises. Nous vou» voiturerons par l'air en Amérique, la font. Fabl. I, 3. Pour l'avoir sans relâche un an s;ir sa parole Habillé, voiture, coiffé, chaufTé, ganté, REGNARU, le Joueur, u, 4. La même nef, légère et vagabonde. Oui voiturait le saint oiseau sur l'onde. Portait aussi deux nymphe», trois dragons... obesset,
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Ttr-vert,iu. Lamousse.... offre.... une chaude litière au renne, qui voiture et nourrit le Lapon, bkrnahd. PB ST-p. ttarm. liv. i, Tahl. génér. Les nuages fue le vent alizé voiture dans le ciel à des distances égales comme son sourfle, devinrent plus rares, lo. Harm. aq. air, liv. m. || Absolument. Examiner si l'on ne pourrait pas mettre le payement de tous ces péages en un seul droit, pour épargner aux barques qui voiturent sur le Rhdne la peine qu'ont les conducteurs de raisonner en tous les bureaux où ces péages se lèvent, Corresp. de Colbert, n, «3». || 2' Particulièrement. Mener quelqu'un dans sa voiture. Voiturez-moi jusque-là.
— HIST. XIII* s. Encor est des preudomes tant Oui bien porroient voiturcr [aller en terre sainte],
BAUDOUIN DE CONOé, t. I, p. 41.
— ÊTYM. Voiture.
VOmjRrER (voi-tu-rié ; \'r no se prononce jamais; au pluriel, 1'» se lie : des voi-tu-rié-z actifs), (. m. Il 1* Celui qui fait son métier de voiturer. Il Voituriers par eau, conducteurs des barques, bateaux et trains de bois. Les voituriers par terre et par eau sont assujettis, pour la garde et la conservation des choses qui leur sont confiées, aux mêmes obligations que les aubergistes. Code eiv. art. 4782. Il Proverbe. X batelier et voiturier, ne s'y faut jamais fier. || 2* Àdj. Voiturier, voiturière, qui a rapport au voiturage. De l'industrie locomotive ou voiturière et des voies de communication, BAUDRILLABT, Manuel d'iton. polit, ix.
— HiST. xni* s. Et en après si vint uns voituriers de Batpaumes qui aportoit une charge d'encens, Àrch. des missions scient, v série, t. n, p. 307. s'il fist mener denrées à le [la] bonne vile, pour vendre à voituriers estranges, beaum. xxix, 48.
— ÊTYM. Toiture. On trouve aussi voituron. VOITURIN (voi-tu-rin), t. m. || 1° Celui qui loue
à des voyageurs des voitures attelées et qui les conduit; il ne se ditquepour le midi de la France et pour l'Italie. Le voiturin conduit les voyageurs d'étape en étape avec les mêmes chevaux ; il se charge aussi de leur logement et de leur nourriture. Voici les personnages, les équi pages, les choses et les objets que l'on rencontre péle-méle sur les routes de l'Italie.... des voiturins, des courriers la tête enveloppée d'un réseau comme les Espagnols; des enfants tout nus.... CHATEAUBR. Italie, Yoyage de Naples, si déc. Il 2' La voiture même que conduisent les voiturins. Prendre le voiturin.
— ÊTYM. Voiture; ital. vetturino.
VOIX (vo! ; \'x se lie : une voî-z aiguë), s. f. Il 1° En général et dans l'acception physiologique, production d'un son dans le larynx. La voix est produite par le passage de l'air dans le larynx, par suite de l'impulsion que communique à la colonne aérienne le mouvement d'expiration; elle est destinée à mettre l'animal en relation avec les êtres doués du sens de l'ouïe. || 2* Particulièrement. Son qui est produit par le larynx humain. Il n'y a pas moins d'éloquence dans le ton de la voix, dans les yeux et l'air de la personne, que dans le choix des paroles, la ho- CHEFOUC. Maximes, au mot éloquerue. Une traîtresse voix bien souvent nous appelle, la pont. Fobi. vm, 84. Le ton de voix impose aux plu» sages, PASC. Feni. m, 3, édit. havet. Ma triste voix était donc réservée & ce déplorable ministère, Boss. Duch. d'Orl. Elle crut entendre une voix douce et paternelle qui lui disait : Je t'ai ramenée des extrémités de la terre, des lieux Its plus éloignés, id. Anne de Gonz. Il [Louis XIV] assemble dans un temple si célèbre ce que son royaume a de plus auguste, pour y rendre des devoirs publics à la mémoire de ce prince, et il veut que ma faible voix anime toutes ces tristes représentations et tout cet appareil funèbre, id. louis de Bourbon. Le prince se souvint de toutes les fautes qu'il avait commises, et, trop faible pour expliquer avec force ce qu'il en senUit, il emprunU la voix de son confesseur pour en demander pardon au monde, & ses domestiques, à •es amis, id. ib. Je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une VOIX qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint ro Louis de Bourbon. D'une voix entrecoupée de sanglots.... Ils s écrièrent : Comment «st mort cet bommepuissantT pUcn. Tur. Avant que tous les Grec» vous parlent par ma voix, bac. Andr. i a il m'a dit d'une voix qu'il poussait avec peine': S'il «n est temps encor, cours et sauve la reine, id. Mithr. V, 4. Vian», reconnais la voix qui frappe ton
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oreille, ro. Iphig. 1, 4. J'entends Théodecte de l'antichambre; il grossit sa voix à mesure qu'il s'approche, LA BRUT. V. Sa voix est douce et modérée, mais forte et insinuante, pén. WJ. xxiv. On l'apprivoise sans peine [le cabiai]; il vient i la voix, et suit assez volontiers ceux qu'il connaît et qui l'ont bien traité, buff. Quadrup. t. v, p. 478. Sa voix est sonore, flexible et légère, RiccoBom, Œuv. t. IV, p. ï7, dans pouoens. Cette voix argentée de la jeunesse qui fit toujours sur moi tant d'impression, qu'encore aujourd'hui je ne puis entendre sans émotion une jolie voix de fille, j. j. rouss. Conf. V. L'honnne a trois sortes de voix, savoir : la voix parlante ou articulée, la voix chantante ou mélodieuse et la voix pathétique ou accentuée qui sert de langage aux passions, et qui anime le chant et la parole, id. Ém. n. Une fig:ure imposante, une voix forte et, pour ainsi dire, impérieuse, donnaient à Charpentier toute la confiance nécessaire dans ces circonstances critiques, d'a- LEMB. Êlog. Charpentier. Dans les commencements, lorsque Lysis [un enfant] parlait, qu'il lisait, ou qu'il déclamait quelque ouvrage, j'étais surpris de l'extrême importance qu'on mettait à diriger sa voix, tantôt pour en varier les inflexions, tantôt pour l'arrêter sur une syllabe ou la précipiter sur une autre, bahthél. Anach. ch. 26. Cléomède remarqua que, lorsque le roi de Perse porta la guerre dans la Grèce, on avait placé des hommes de distance en distance qui pouvaient entendre leurs voix, et faisaient passer des nouvelles d'Athènes à Suze, baillt, Hist. astr. anc. p. 144. inexprimable émotion que la voix de ce qu'on aime, stael, Con'nn«, xvii, ». D'autres buveurs, francs, militaires. Chantent l'amour à pleine voix, bérano. Aveug. de Bagn. Il [Dieu] prête sa parole à la voix qui le nie ; Il compatit d'en haut à l'erreur qui le prie ; X défaut de clartés il nous compte un désir; La voix qui crie Allah, la V0'>< qui dit mon père. Lui portent l'encens pur et l'eacens adultère; A lui seul de choisir, lamart. Harm. i, 6. || Voix cuivrée, voix éclatante et dont le timbre a quelque chose de celui de la trompette. || Voix fêlée, celle qui ne se tient pas aux environs du son médium, et qui fait entendre des sons d'un diapason tout différent. Il Avoir des larmes dans la voix, avoir une voix qui semble entrecoupée de larmes et par conséquent dispose les auditeurs à l'attendrissement. Mlle Gaussin y avait souvent triomphé [dans Bérénice] à l'aide d'une mélodie perpétuelle et de cette musique, de ces larmes dans la voix, dont l'expression a d'abord été trouvée pour elle par La Harpe lui-même, SAINTE-BEUTE, Rev. des Deux-Mondes, 4 6 janv. 4844, p. 362. Il X demi-voix , en baissant sa voix. Puis il [le prêtre] récita une prière à laquelle les chrétiens répondaient à demi-voix de toutes les parties de l'édifice, chateaubh. Mart. v. || De vive voix, avec la parole, par opposition à par écrit. Durant ces temps malheureux les prophètes faisaient retentir de tous côtés , et de vive voix et par écrit, les menaces de Dieu et le témoignage qu'ils rendaient à sa vérité, BOSS. Hist. n, 4. || Fig. Elever la voix, parler avec plus de hauteur, plus d'assurance qu'on n'en a le droit; faire valoir ses droits. Il ne vous convient pas d'élever ici la voix. Il Fig. Élever la voix pour quelqu'un, en faveur de quelqu'un, contre quelqu'un, parler hautement pour quelqu'un ou contre quelqu'un. Ma soeur, pour la triste innocence Qui voudrait élever la voix? RAC. Athal. m, 8. || Dans un sens analogue : Crois-tu que quelque voix ose parler pour lui? ID. Esth. II, 4. Il Fig. Apprendre quelque chose par la voix de la renommée, l'apprendre par le bruit public. Il Poétiquement. La déesse aux cent voix, la Renommée. Il Fig. La voix de la guerre, les appels guerriers. Et, lorsque la trompette et la voix de la guerre Du Nil au Pont-Euxin font retentir la terre, volt. Zaïre, i, 2. || 8" 11 se dit, en médecine, des modifications pathologiques de la voix. Il Voix croupale, altération de la voix qui caractérise le croup. || Voix convulsive, névrose de la voix qui consiste dans la difficulté de parler, puis dans la succession de sons discordants que l'on s'efforce en vain de ramener au ton naturel ; affection qui paraît dépendre des muscles du larynx. || Voix chevrotante, l'égophonie. || Voix thoracique soufflée, voix qui ne se produit que lorsqu'il existe une respiration avec souffle bronchique ou caverneux dans la partie du poumon où la voix soufflée est perçue. || 4* Il se dit de certains animaux. La voix du perroquet. X ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ; Et, pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa
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proie, LA POKT. Fabl. i, 2. Une voix extraordinaire retentit; c'est celle de cette grenouille qui irait» les mugissements du taureau, chateaubr. Voy. en Amer. Journal sans date. Toi qui donnes »» voix à l'oiseau de l'aurore. Pour chanter dans le ciel l'hymne naissant du jour, lamart. Harm. i, 4. Près de leur nid, des vives hirondelles J'entends déjà les matinales voix, p. lebrdn, Poés. t. i, 47. Il 6' Terme de chasse. Aboiement. La voix de»
chiens Quand aux bois Le bruit des cors, celui
des voix N'a donné nul relâche à la tremblante proie, LA pont. Fabl. x, 4. || Donner de la voix, aboyer. En hiver, le renard ne cesse de donner de la voix ; il est presque muet en été, buff. Jforceau» choisis, p. 244. Il 6° Faculté de parler. Il demeura sans voix et sans mouvement. Mais voici ce qui glacera le cœur, ce qui acnèvera d'éteindre la voix, BOSS. Anne de Goni. Le zélé Gilolin, qui prend part à sa gloire, Pour lui rendre la voix fait rapporter à boire, boil. Lutr. i. J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue, rac. Brit. ii, 2. Tant do coups imprévus m'accablent à la fois. Qu'ils m'^ tant la parole et m'étoufîent la voix, id. Phèdre^ IV, 2. Peut-être, si la voix ne m'eût été coupée. L'affreuse vérité me serait échappée, id. ib. iv, b. 117° La voix modifiée pour le chant. Voix juste. Voix fausse. Voix étendue. Voix de basse-taille. Josquin [célèbre musicien du xvi* siècle] a fait voir qu'une voix inflexible et mauvaise peut chanter sa partie; car, ayant promis à Louis XII, dont il était musicien, de lui faire chanter sa partie, quoiqu'il eiltla voix discordante et très-mauvaise.... mersenne. Traité de la voix, i, 3B. M. Dodart découvrit que, dans la voix du cLant, il y a de plu» que dans celle de la parole uB a:ouvement de tout le larynx, duclos, Œuv. t. c^p. 343. Entre le son le plus grave de la voix de basse et le son le plus aigu de la voix de premier dessus, il n'y a que vingt-trois notes ou degrés; chaque voix a de onze à treize notes ou sons, busset, la Musique simplifiée, t. i, p 29. Les prêtres ont brisé leurs voix dès l'âge le plus tendre, en voulant suivre le ton des chantres, qui est en dehors de la portée ordinaire des voix humaine», Danjou, Hev. de la mus. relig. février 4846. On peut, en ne sachant pas la musique, avoir une voix très-souple, très-sonore et beaucoup de goiit, ?. galin. Expos, d'unenouv. méth. p. 42. La voix se distingue entre les instruments comme en étant un dont tout le monde sait jouer, id. ib. p. 43. Si vous possédez une bonne voix, n'hésitez pas un moment à la cultiver, en la considérant comme un des plus beaux don» que le ciel vous ait accordés, franz LisTZ, Trad. des conseils aux jeunes musiciens de Rob. Schumann. || Avoir de la voix, avoir des dispositions naturelles pour le chant. Te montrer la musique I as-tu de la voix? dancourt, Coméd. des eomid. ni, 7. || Être en voix, n'être pas «n voix, avoir, n'avoir pas le gosier disposé à chanter. Il Voix de poitrine, étendue des sons produits par la situation naturelle des organes de la voix, avec la poitrine pleine et la bouche ouverle, à la différence de ces sons plus aigus que l'on appelle voix de tête ou fausset. || Voix de tête, espèce de voix surlaryngienne nommée anciennement fausset, qu'un homme fait entendre lorsque, sortant à l'aigu du diapason de sa voix naturelle dite voix de poitrine, il imite la voix de femme ou d'enfant. Les ressources de la voix de tête et de la voix mixte étaient tout à fait inconnues [au temps de Rameau], et les notes les plus élevées s'exécutaient toujours à plein gosier, ad. adam, Soutien, d'un music. Un musicien au xviii* sitcle. || Voix blanche, se dit de certaines voix de ténor, claires, ouvertes, mais manquant de timbre et de mordant. M. Viteaui, qui débutait le même soir, a une voix blanche assez agréable, et qui convient au rôle d'Elvino, TH. GAUTIER, Feuilleton du Jfom't. urne. 47 juin I8B7. Il Voix blanche se dit aussi d'un même chanteur par opposition à voix voilée ou sombrée. Prendre la voix blanche. || Voix humaine, jeu de l'orgue qui imite la voix de l'homme quand il chante. || Voix humaine, se dit, en Italie, du cor anglais. || S'est dit dans le même pays du violon d4 concerto. || Voix angéliquc , jeu d'orgue qui donne l'octave au-dessus du jeu appelé voix humaine. Il 8° Partie vocale d'une pièce de musique. Un canon à trois voix. || Voix principale, partie d'une composition qui en exprime plus particulièrement le caractère propre ; toute voix qui, dans un morceau, se distingue des autres par une mélodie qui lui est propre. || Voix extérieures, nom de» voix principale» le» plu» aigués ou lea
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flus graves d'une composition musicale ; on dit, par opposition, voix intermédiaires. || Voix solo, voix principale d'un morceau de musique exécute par une seule personne. || 9° Un chanteur ou une chanteuse. Zadig envoya & ce seigneur un maître de musique avec douze voix et vingl-quatre violons, VOLT. Zadig, 8. Une très-belle voix que Dieu nous a envoyée dans nos déserts, nous a chanté des morceaux d'Iphigénie et d'Orphée, qui nous ont fait un extrême plaisir, in. Leit. Delisie, *0 juin. (774. Cafarclli disait, en parlant de Farinelli, qu'il avait été premier ministre en Espagne, et ajoutait : il le méritait bien, car c'est une voix admirable, duclos. Œuvres, t. vu, p. I70. Il On dit simplement une voix pour dire un homme possédant une belle voix, i notre époque les voix sont rares. Lablache et Tamburini n'étaient pas seulement des artistes d'un très-grand talent ; c'étaient aussi deux voix de premier ordre. || 10' Terme de marine. Se dit pour commandement. || Être i portée de voix d'un bâtiment, pouvoir s'en faire entendre avec un porte-voix. || 11* Terme de grammaire. L'air vocal devenu pleinement sonore, pleinement appréciable à l'oreille, et susceptible d'être soutenu dans toute sa plénitude pendant un temps plus ou moins long, jullien. Voix articulée. Voix nasale. 11 ne faut pas confondre la voix et la voyelle; la voix est le son; la voyelle est le signe destiné à représenter la voix. {| 12° Fig. et dans le langage élevé et poétique. Bruit, son. La voix de l'orage. La voix argentine d'une cloche. La voix de votre tonnerre a éclaté pour renverser les roues des Égyptiens, saci. Bible, P/aum. lxxv:, is. Une lyre aux sept voix lui faisait écouter Les sons que Pausilippe est fier de répéter, a. chénier, Elégies, i, t2. Par intervalle, il [le fleuve Meschacebé] élève sa voix en passant sous les monts, et répand ses eaux débordées.... chateaubr. Atala, Prologue. Le bruit de la foudre qui gronde Et s'éloigne en baissant la voix. Le sifflement des vents sur l'onde. Les sourds gémissements des bois, la- MART. Worm. I, 8. Si la voix du torrent qui gémit dans l'abîme Et se brise en sanglots do rocher en rocher, ID. ib.i, 1 1 . Entendez-vous la voix delà foule lointaine. Que l'air calme du soir à notre oreille amène? P. lebrun, le Cid d'And. ii, 3. |1 13' Dans le langage biblique. Ce qui semble parler. Allez présentement en la grande ville de Ninive, et y prêchez, parce que la voix de sa malice s'est élevée jusqu'à moi, SACI, Bible, Jonas, i, î. Malgré la voix du sang qui parle à ma douleur... voit. Alz. V, 6. Pourquoi y a-t-il une voix dans le sang, une parole dans la pierre? ciiateaubr. Génie, 1, VI, 2. Il 14" Fig. Suggestion intérieure. La voix de la raison. Résister à la voix des passions. La voix de la conscience. Écoutez un peu mieux la voix de la nature, rac. Théb. I, 6. La fortune t'appelle une seconde fois; Narcisse, voudrais-tu résister à sa voix?iD. Brit. ii, 8. La voix de tes bien- •■aits est encore entendue, volt. Alx.y, 6. Conscience 1 instinct divin, immortelle et céleste voix! j. j. Rouss. Ém. V. Il 15" Conseil, avertissement, appel, supplication. Ne soyez pas sourd à la voix des malheureux. Dans cet oubli profond et de Dieu et d'elle-même, où elle [l'âme] s'était plongée, ce grand Dieu sait bien la trouver; il fait entendre sa voix, quand il lui plaît, au milieu du bruit du monde, Boss. la ValUére. Crois-tu qu'ils [les janissaires] me suivraient encore avec plaisir. Et qu'ils reconnaîtraient la voix de leur viiir?RAC. Baj. i, ). La porte du sérail à ma voix s'est ouverte, ID. ib. ni, 2. N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressante Nous a tous appelés aux campagnes du Xanthe? ID. Iphig.i, 3. Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse, m. Alhal. IV, 3. Ou l'orageux forum d'un peuple de héros. Dont la voix des tribuns précipitait les flots, LAMART. Harm. u, 3. || 16" Suffrage, vote. Recueillir les voix. Aller aux voix. A la pluralité des voix. Il l'a emporté de tant de voix. Seigneur, votre suffrage a réuni les nôtres; Votre voix a plus fait que n'auraient fait cent autres, corn. Pulch. II, 2. Donnez-moi votre voix pour me faire élire provincial, pasc. Prov. xii. U y a un cardinal vénitien, nommé Barbarigo, évéque de Padoue, qui avait plus de voix qu'il ne lui en fallait au scrutin pour être pape; mais l'accessit gâta tout, sÉT. 68g. Un autre conseiller nous a dit que nous avions gagné tout d'une voix : tout d'une voix est une circonstance qui nousafait plaisir, ro. 46mars 4 08«. Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix [de Claude], Qui de ses affranchis mendièrent les voix, HAC. Brit. IV, 2. U vaudrait mieux.
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s'il était possible, peser les roiz que de les compter, c'est-i-dire qu'il vaudrait mieux suivre l'avis de ceux qui sont les plus savants et les plus sensés, que de se laisser entraîner au tentiment aveugle du plus grand nombre, duhars. Trop, i, ». Il y a un sénat i Londres dont quelques membres sont soupçonnés, quoiqu'i tort sans doute, de vendre leurs voix dans l'occasion, comme on faisait à Rome ; voilà toute la ressemblance, VOLT. Dict. phil. Parlement d'Angleterre. Il [Socrate] eut deux cent vingt voix pour lui; cela fait présumer qu'il y avait deux cent vingt philosophes dans ce tribunal; mais cela fait voir que, dans toute compagnie, le nombre des philosophes est toujours le plus petit, ro. Dict. phil. Socrale. J'ai répondu que cette place [à l'Académio française] devait vous être destinée, et que je me ferais un honneur de vous céder le peu de suffrages sur lesquels j'aurais pu compter, si votre mérite ne vous assurait de toutes les voix, id. Lett. la Chaussée, 2 mai «7So. Elle [l'Académie française] arrêta d'une voix unanime que cette lettre [du roi de Prusse] serait insérée dans ses registres, comme un monument honorable pour vous et pour les lettres, d'alemb. lett. à Voltaire, u août 4 770. Il Fig. Donner sa voix à quelque chose, y consentir. Je ne saurais nier.... Que tu ne sois Sosie, et j'y donne ma voix, mol. Amph. i, 2. || 17» Droit de suffrage. Voix délibérative. La république des Lycicns était une association de vingt-trois villes : les grandes avaient trois voix dans le conseil commun ; les médiocres, deux ; les petites, une, mon- TESQ. Esp. IX, 3. Si les sénateurs n'ont pas voix comme tels à la diète, j. j. rouss. Pologne, 6. || Il a voix consultative, on entend son opinion, mais on ne la compte pas. || Voix active, le pouvoir d'élire; voix passive, la capacité d'être élu. Il n'a que voix active. Il a voix active et passive. || Fig. et familièrement. Avoir voix au chapitre, en chapitre, avoir du crédit dans une compagnie, dans une famille. Dans ces occasions-là les mères n'ont pas beaucoup de voix au chapitre, sÉv. Lett. à Bussy, 28 août IS08. Il Fig. Ni l'honneur, ni la conscience n'ont plus de voix au chapitre, doisouillsb. f ao<um de la France, 1. 1| 18* Sentiment, jugement, opinion. Le ton d'aujourd'hui, c'est l'innocence des nommées [dans l'affaire despoisons]et l'horreur du scandale; peut-être que demain ce sera le contraire ; vous connaissez ces sortes de voix générales, SBV. 31 janv. 1680. La voix publique et celle de votre prince, c'est pour vous la voix de Dieu, bourdal. Domin. <o« dim. après la Pentec. État de vie, p. 207. Et, si de ses amis j'en dois croire la voix, RAC. Bérén. i, 4. Vous-même vous m'avez avoué mille fois Que Rome le louait [Néron] d'une commune voix, id. Brit. u, a. J'eus soin de vous nommer par un contraire choix Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix, id. ib. iv, 2. Je n'entends pas ici par voix publique celle de la populace qui est presque toujours absurde; ce n'est point une voix, c'est un cri de brutes ; je parle de cette voix de tous les honnêtes gens réunis qui réfléchissent et qui, avec le temps, portent un jugement infaillible, ID. Pol. et lég. la Méprise d'Arras. Toutes les voix s'unissaient pour louer le comte Ernest, RiccoBONi, Œuv.t. v, p. 4 30, dans POUGENS. Il Absolument. La voix publique, se dit quelquefois pour approbation. Il a la voix publique, il La voix publique signifie encore la commune renommée. Tous veulent qu'il soit mort, et c'est la voix publique, corn. Olhon, v, 3. || U n'y a qu'une voix sur, tout le monde est d'accord sur. U n'y avait qu'une voix sur mon compte, à commencer par celle de l'ambassadeur, j. i. rouss. Confess. vu. Il n'y a qu'une voix sur le compte de Mlle votre sœur, genlis, Théât. d'éduc. la Curieuse, ii, e. Il n'y eut qu'une seule voix dans l'assemblée pour qu'on laissât le merveilleux serpent s'échapper, CHATEAUBR. Génie, I, m, 2. jj N'avoir qu'une voii, être unanimement d'accord. Ces divers sentiments [à l'égard des Horaces et des Curiaces prêts à en venir aux mains] n'ont pourtant qu'une voix ; Tous accusent leurs chefs, tous détestent leur choix.... CORN. Hor. m, 2. Les chrétiens et les païens qui nous ont transmis son histoire et ses malheurs [d'Hypatie], n'ont qu'une voix sur sa beauté, ses connaissances et sa vertu , dider. Opin.des anc. philos. {Éclectisme). || N'avoir qu'une voix, signifie aussi avoir toutes les voix, tous les suffrages. Le Cid n'a eu qu'une voix pour lui à sa naissance, qui a été celle de l'admiration, la bruy. I. Il 11 n'y a pas deux voix différentes sur ce personnage, tout le monde en porte le même juge-
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ment || it* Terme de grammaire grecque et latine. Nom donné i différentes formes du verbe employées pour marquer si le sujet fait l'action du verbe ou la reçoit. Voix active. Voix passive. Voix moyenne. La voix ou forme du verbe : elle est de trois sortes: la voix ou forme activa, la voix pas- •'ve et la forme n%itre, oumars. Œuv. t. iv, p. 68. )|20' Terme de monnayage. Son que rendent les pièces jetées sur le tas, et d'après lequel on les apprécie. Voix sourde. Voix fêlée. || Proverbe. La voix du peuple est la voix de Dieu, le sentiment général est ordinairement bien fondé.
— REM. Corneille l'a employé pour promesse, parole donnée. Œdipe: La parole des roii doit être inviolable. — Thésée : Elle est toujours sacrée et toujours adorable. Mais Us ne sont jamais esclaves de leur voix. Et le plus puissant roi doit quelque chose aux rois, corn. Œd. i, S.
— IIIST. XI* s. Hait sunt li pui, et la voiz [du cor] est mult lunge, Ch. di Roi. cxxxi. Puis si s'escriet [Charlemagne] à sa voiz grand e halle, ib. ccxii. Sunent ces graisles, les voiz en sunt mult cleres, ib. ccxl. || xu' a. La douce voix du loussignol sauvage, Couci, xix. Il parla hautement, bien fist oîr sa voi't, Scuc. zviii. Li rois s'assist tantost, que finéeotsavois, ib. xxxiii. Purço que tu es inobedientàla voiz nostre Seigneur,... Rois, p. 328. Il xni* s. X cest mot cbet (tombée pasméc sans vois et sans haleine, ai;defb. le bast, AomarKero, p. is. Ciaus [ceux] qui n'ont vois ni respons en court, Ass. de Jerus. oo. Bien pou [peu] vaut la voix qu'on n'escoute, leroux de unct, Pror. t, n, p. 2&o. Il XIV* s. Et pour ce que il est voix et commune renommée que.... Ordonn. des rois, t, v, p. a«9. Ceulx qui se csjoissent et delettent superhabundamment et trop en mélodies de vois humaines et de vois faites par instrumens, oresme,£(/i. 82, La vois d'un commun peuple, qui par le monde va, Que c'est la vois de Dieu qui le monde créa, Guescl. V. 0G78. Il XV* s. L'evesque de LincoUe, qui là estoit présent, leva sa voix et dit.... froiss. i, I, 81. La voix estoit toute commune aval Londres, que il [le comte de Bourquinghem] estoit avec ce peuple, id. II, n, loo. El firent si grand bruit de sonner de leurs grands cors tout à une fois, et de huer après tout à une voix, que.... ID. i, i, 42. Il fit courir une voix [bruit] en ses pays, qu'il avoit bulles du pape, math, de cocct, Hist. dé Charles VU, p. 604, dans lacorne. Voix de peuple, voix de Dieu ; mais je dis que souventes fois est voiz de diable, Bouciq. m, 14. ||xvi* s. Je voudrois savoir à qui mademoiselle Oisille donnera sa voix [passera la parole]. — Je la donne, ditelle, à Simontault, lequel, je sais bien, n'épargnera personne, uaro. Xouv. xxxii. Sans espandreni voix ni pleurs, mont, i, ». D'une voiz tremblante, id. I, 127. Cette syllabe frappoit trop rudement leurs aureitles, et cette voiz [le nom de la mort] leur sembloit malencontreuse, iD. i, 72. La voix [la faculté de parler] que la nature lui avoit refusée, ID. i, 03. Il faut juger ces choses par la voye de raison, non par la voix commune, id. i, 230. Voix gresic, cassée, féminine, paré, Introd. 7. Ils ont la voix pleine, claire cl douce, id. ib.... Ont le lit nuptial trois fois environné : Puis d'un charme à sous-vois l'ayant empoisonné. Et fasciné la chambre en tournant leurs caroles.... rons. 824. Sans, durant ce long temps, avoir onques ouy ny vent ny voix de son mary. Nuits de Straparole, t. n, p. 64. 0 combien d'efficace a la voix qui console, Quand le conseiller joinct l'exemple à la parol-.'f d'aub. Tragiques, Us feux.
— ÊTYM. Provenç.vofi, eourx; cal. mu; espagn. et portug. cox; ital. voce; du lat. eocem ; zend, vaks; sanscr. râk, voix; grec, d"!», irèj, avec le digamma For pour fox.
t VOJET (vo-jè), t. m. Nom donné par Adanson à une coquille rapportée avec doute par Gmclin au triton piléaire (univalvcs), qui se trouve principalement aux Antilles, leooarant.
I. VOL (vol), s. m. Il 1" Mode de locomotion propre à tous les animaux qui, étant pourvus d'ailes ou d'organes aliformes, se soutiennent dans l'air. Le vol d'un oiseau, d'une mouche. Le vol de la chauve-souris, du poisson volant. Là [La Nuit et le hibou] s'élançant d'un vol que le vent favorise, boil. Luir. III. Pensez-vous qu'en effet, au gré de leur demande [des prêtres) , Du vol de leurs oiseaux la vérité dépende? volt. Œdipe, iv, t. Le vol est son état naturel [de l'hirondelle], je dirais presque son état nécessaire ; elle mange en volant, elle boit en volant, et quelquefois donne i manger i ses petits en volant, boff. OU. t. xii, p. 276. U Oi-
VOL
leau de haut vol, oiseau qui vole dans les hautes régions de l'air. Un oiseau de haut vol peut parcourir, chaque jour, quatre ou cinq fois plus de chemin que le quadrupède le plus igile, BUFP. Où. t. I, p. <B. Il Tirer, tuer un oiseau au vol, le tirer pendant qu'il vole. || X vol d'oi.seau, loc. adv. En ligne droite. De Paris \ Rouen, il n'y a que vingt lieues à vol d'oiseau. Il Vue à vol d'oiseau, vue d'une ville, d'un espace représentés comme les verrait un oiseau planant au-dessus. Paris vu à vol d'oiseau. || Par extension et fig. D'en haut, superficiellement. 11 est toujours en l'air sur son Pégase, et ne voit les objets qu'à vol d'oiseau, bonnet, Lett. div. QCuv. t. XII, p. 224, dans pougens. || 2° L'étendue et la longueur du vol qu'un oiseau fait en une fois. Un long vol. Au premier vol, au second vol de la perdrix. On a du remarquer, en comparant les dimensions relatives du jaseur, qu'il avait beaucoup plus de vol à proportion que notre merle et nos grives, buff. Ois. t. vi, p. 192. Il Demi-vol, vol d'un oiseau qui va s'abattre non loin de l'endroit d'où on l'a fait partir. || Terme de coutume. Vol du chapon, étendue de terre qui appartenait à l'aîné, outre le Jianoir principal, dans un partage noble avec ses frères, et qui était évaluée à l'espace qu'un chapon pourrait franchir «n volant, c'est-i-dire la valeur d'un arpent. 113" Distance entre les deux bouts des ailes d'un oiseau lorsqu'elles sont étendues, dite envergure dans le langage de l'histoire naturelle. Cet oiseau a tant de pieds de vol. || 4° Quantité d'oiseaux qui arrivent en même temps en un lieu. On y voit, en certains temps, des vols d'oiseauï qui, après un séjour de quelques mois, retournent à l'est, d'où ils étaient arrivés, BVFt. Note justif. Ép. nat. t. xiii, p. 328. Il Par extension. Un vol de saut.;reUes, une quantité de sauterelles qui arrivent. Un vol considérable de sauterelles a traversé le cercle de Djelfa [Algérie], Journ. of/ic. IB mars (872,p. i828, »• col. Il S" Le gibier à plume.... Les ortolans. Les perdrix rouges et les cailles Et mille autres vols succulents. Nous firent horreur des mangeailles Dont Carbon et tant de canailles Vous affrontent depuis vingt ans, Voy. de Chapelle et Bachaumont. || 6° Terme de fauconnerie. Chasse au vol, ou absolument, vol, équipage des oiseaux de proie et des hommes qui servent à prendre du gibier. Ce prince entretenait des vols pour toute sorte d'oiseaux. || Vol pour le gros, celui qui se fait sur les oiseaux de fort et de cuisine. || Vol à la renverse, se dit quand on lâche l'oiseau de manière qu'il rencontre la perdrix. || Vol à la source, se dit quand on lâche l'oiseau au moment où la perdrix part. || Vol à la couverte, se dit lorsqu'on s'aTpproche du gibier, à couvert d'une haie. || Vol à la toise, se dit lorsque l'oiseau part du poing à tire-d'aile, pour suivre la perdrix au moment où on l'entend. || Chasse qu'on fait avec les oiseaux de proie. J'ai assisté à un vol. La chasse du héron était autrefois parmi nous le vol le plus brillant de la fauconnerie, buff. Ois. t. xiv, p. 57. Il 7° Au théâtre, l'action d'une machine par laquelle un ou plusieurs acteurs montent ou descendent en fendant l'air, comme s'ils volaient. Il ne faut point de vols, ni de chars, ni de changements aux [tragédies de] Bérénices et à Pénélope, la bruy. i. Il n'y a peut-être que quelque machiniste caché dans le parterre qui s'inquiète d'un vol qui lui aura paru extraordinaire, et qui veut absolument démêler comment ce vol a été exécuté, font. Mondes, 4" soir. J'ai vu Mars descendre en cadence; J'ai vu des vols prompts et subtils; J'ai vu la Justice en balance Et qui ne tenait qu'à deux fils, pan- NABD, Œuv. Descrip. de l'Opéra. || 8° Par extension, il se dit de certaines choses qui sont poussées en l'air avec une grande vitesse. Le vol des (lèches, des dards. || 9" Fig. et poétiquement. Le vol du temps, la fuite rapide du temps. Il a plu à notre grand Dieu, pour consoler les misérables mortels de la perte continuelle qu'ils font de leur être par le vol irréparable du temps, que ce même temps, qui se perd, fût un passage à l'éternité qui demeure, boss. Yolande de Uonterby. ô temps, suspends ton vol, respecte ma jeunesse, Thomas, Ode au temps, ô temps, suspends ton vol ; et vous, heures propices. Suspendez votre cours, LAMART. Médit. I, lï. || 10' Fig. Essor. Le vol de mon dessein ne s'étend point si haut, béonier, Soi. m. Toutes les comparaisons tirées des chose.s humaines «ont les effets comme nécessaires de l'effort que fait notre esprit, lorsque, prenant son *M reri le ciel, et retombant par son propre poids
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dans la matière d'où il veut sortir.... boss. «* avert. 44. Je mesure mon vol à mon faible génie, boil. Disc, au roi. L'ode.... Elevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, id. Art p. n. 11 [Villars] a toujours pris la route et le vol de tous ceux qui arrivent, M"' DE GRiGNAN, 5 février <703, dans sÉv. t. X, p. 475, édit. RÉGNIER. Cette vie cachée n'empêchait pas le voi de son nom et de sa réputation, bayle, Dict. Spinoza. Le vol que les bâtards avaient pris tenait fort au cœur à M. d'Elbeuf, st-sim. 30, 98. Si Descartes ne s'était pas écarté, dans ses inventions, de son guide, la géométrie, si Maletranche avait su s'arrêter dans son vol.... volt. Lelt. Fougères, -t mai i77a. Co fut là qu'ayant eu part au mariage de la princesse de Parme avec Philippe V, il [Alberoni] prit le vol qui l'éleva si haut, DUCLOS, Œuv. t. v, p. 230. || Prendre un vol trop haut, s'élever plus qu'on ne doit, prendre des manières trop hautes pour la condition dont on est, faire plus de dépense qu'on ne peut. Je crains bien qu'il n'ait pris un vol qu'il ne pourra soutenir, MAINTEN. Lett. à Mme de St-Géran , (5 avril «091. Il II y est parvenu de plein vol, se dit d'un homme qui a été élevé à une dignité supérieure sans passer par les degrés ordinaires. Il Prendre un vol hardi, se dit d'un écrivain, d'un poète qui s'élJive à de grandes compositions. || Etre d'un vol...., avoir une portée d'esprit.... L'intérêt que je prends à lui [M. d'Orbe] ne m'empêche pas de voir qu'il n'est pas du vol des deux autres [Saint-Preux et milord Edouard], j. J. Rouss. Ilél. I, 6B. Il Avoir le vol pour telle ou telle chose, être propre à telle ou telle chose (locution qui vieillit). Il a été employé dans plusieurs affaires importantes, il a le vol pour les négociations. Quant à lui [Vervins], c'était un grand homme fort bien fait, de l'esprit, quelque lecture, et fort le vol des femmes, st-sim. <39, 32. || 11» Terme de blason. Nom qu'on donne à deux ailes d'oiseau réunies comme lorsque l'oiseau vole. || Demi-vol, la représentation d'une seule aile d'oiseau. || Vol banneret, vol qui se met au cimier et qui est fait en bannière.
— mST. XII* s. Il [l'épervier] prit son vol, qu'ainz ne se voult targer, Ronc. p. tei. Si lui cheî [tomba] tout à un vol La lance et li escus del col, la Charrette, 76B. Il XIII* s. Renart tint le covercle haut, Et Tybert saut hors de plain vol, Ren. 2808. || xiv* s. L'esprevier ne faict pas tant de si beaux vols aux oyseaulx qu'il prent en yver comme il fait en esté, Modus, t° icv, verso. \\ ivi* s. L'on n'a pas accoustumé d'entrer de plein vol en la maison d'autruy sans frapper à la porte, amyot, Curios. e. Les presbtres, qui par le vol des oyseaux cognoissent et prédisent les choses à advenir, id. Anton. 7. Vous oirrez tout le ciel rebruire aux environs D'un aigle dont le vol [envergure] est plus long qu'avirons, RONS. 845. Quand quelquefois je pense au vol de ceste vie. Et que nos plus beaux jours plus vistement s'en vont, despobtes, Œuv. chrestiennes. Sonnets, (4.
— ÊTYM. Voy. VOLER i; provenç. vol; espag. vuelo; portug. vôo ; ital. volo.
2. VOL (vol) s. m. Il 1* Action de celui qui prend la chose d'autrui pour se l'approprier. Vol de grand chemin. Vol domestique. Le vol, l'assassinat, et tout ce qu'on déteste, corn. Poly. v, 3. Je ne saurais douter que toute la théorie des lois romaines sur le vol ne fût tirée des institutions lacédémoniennes, montesq. Esp. xxix, )3. i Rome, lorsqu'un impubère avait été surpris dans le vol, le préteur le faisait battre de verges à sa volonté, comme on faisait à Lacédémone, id. ib. xxix, 4 3. La tyrannie de mon maître [en horlogerie] finit par me rendre insupportable le travail que j'aurais aimé, et par me donner des vices que j'aurais haïs, tels que le mensonge, la fainéantise, le vol, ;. j. rouss. Conf. I. Quiconque a soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol. Code pénal, art. 378. || Vol simple, vol commis sans circonstances aggravantes, par opposition à vol qualifié. Il Vol qualifié, le vol commis la nuit, avec effraction, escalade ou fausses clefs, à main armée, dans une maison habitée, avec violence. || Vol public, celui qui est fait sur les deniers publics. || Vol au poivrier, vol pratiqué à l'aide de substances narcotiques jetées dans le verre de la victime. || Vol au bonjour, vol pratiqué dans les chambres d'hfitcl : le voleur fait semblant de s'être trompé, s'il trouve la chambro habitée. Il Vol à l'américaine, escroquerie où l'un des complices se fait passer pour Américain; le plus souvent il s'agit d'un prétendu change de |
billets ou d'or pour de la monnaie. |{ Vol à la tire, vol dans les poches. || Fig. C'est trop peu de Jason.... tu veux encor ma robe.... Il en faut un. hommage à tes divins attraits, Et des remercîmcnts au vol que tu me fais, corn. Médée, iv, (. Ce qu'il [Alceste] me rend de soins, outrage ses attraits [d'Arsinoé] ; Elle veut que ce soit un vol que je lui fais, mol. Mis. m, 3. Je voudrais être avec vous; je n'aime aucun lieu sans vous, et moins la Provence qu'un autre; c'est un vol [un voyage à Marseille sans Mme de Grignan] que je regretterai, sÉv. <673, V m, p. <84, édit. Régnier. Dieu.... Permit que, des bourreaux trompant l'œil vigilant, Josabeth dans son sein l'emportât [Joas] tout sanglant. Et, n'ayant de son vol que moi seul pour complice, Dans le temple cachât l'enfant et la nourrice, rac. Alh. iv, 3. Ils [les devanciers] ont dit, il est vrai, presque tout ce qu'on pense. Leurs écrits sont des vols qu'ils nous ont faits d'avance, piRON, Métrom. tu, 1. \\ 1° La chose volée. Receleur d'un vol. Dix mille écus; le vol est considérable! MOL. l'Av. V, ). Mais voyez quelle insolence de vouloir retenir le vol qu'il m'a fait I id. ib. v, 3. Il Parextension. J'ai une tragédie qui me presse; Lefranc m'a volé mon sujet et toutes mes situations ; il s'est hâté de bâtir sur mon fonds, et est allé proposer son vol aux comédiens; c'est voler sur l'autel, volt. Lelt. en vers et en prose, 49.
— ÊTVM. Voy. voler 2.
VOLABLE (vo-la-bl'), adj. Qui peut être volé. Des effets volables. Comment diantre voulez-vous qu'on fasse pour vous voler? êtcs-vous un homme volahle, quand vous renfermez toutes choses et faites sentinelle jour et nuit? mol. V Avare, i, 3
— étym. Voler 2. Dans l'anc. langue, valable signifiait qui peut voler dans l'air : oiies volables.
VOLAGE (vo-la-j'), adj. || 1° Qui est changeant et léger. ...Ceux qui cherchent vainement Cette fille du Sort [la Fortune] de royaume en royaume. Fidèles courtisans d'un volage fantôme, la font. Fabl. vn.«2. Et l'on craint.... Qu'il n'entraîne aprè» lui tout un peuple volage, rac. Phèdre, i, 4. [Thésée] Volage adorateur de mille objets divers, ID. ib. n, B. Une femme inconstante est celle qui n'aime plus... une volage, celle qui ne sait si elle aime et ce qu'elle aime, la bruy. m. Que m'importe à présent ce peuple et son outrage. Et sa faveur crédule, et sa pitié volage? volt. Tancr. v,
3 Pourtant il faudrait, entre nous. Ou n'être
point volage on n'être point jaloux , collin d'harlev. Chdt. en Esp. n, 3. La vie eut bien pour moi de volages douceurs; Je les goiitais à peine, et voilà que je meurs, A. chénier. Élégies, i, ». Il Substantivement. Personne changeante. Vengezvous d'un ingrat, punissez un volage, corn. Uor. n, B. Que je verrais, Albin, ma volage punie, St de ces grands apprêts pour la cérémonie.... Elle n'avait que l'ombre et qu'une autre eîit le fruit, ID. Tite et Bér. i, 3. J'assure à mon volage un retour plus facile, la chaussée. Préjugé à la mode, IV, 3. || 2* Terme de marine. Navire volage, navire qui manque de stabilité, et plie aisément sous ses voiles. || Compas ou boussole volage, dont l'aiguille a une trop grande mobilité. || En termes d'artillerie de mer, on dit qu'un canon e»t volage quand il a un recul très-vif. || 3° Ancien terme de médecine. Feu volage, sorte d'éruption qui vient au visage et aux lèvres, surtout chez les enfants. || Fig. Tout cela [discours de piété sans pratique] n'est qu'un feu volage qui se dissipe de lui-même, boss. Méd. sur VÉv. la Cène, 89* jour.
— HIST. XII* s. Car pleOst Deu qui fit oisel volage.... Ronc. p. 66. Onques vers li [elle] n'oi [je n'eus] faus cuer ne volage, Couci, xix. || xni* s. Li uns dit qu'ele [la dame] n'est pas sage; Li autres la tient à volage. Lai du conseil. Jone escuier au poil volage. Trop me plaing de vostre folage, Qu'i nul bien faire n'entendeiz, Ne de rien ne vos amendeiz, ruteb. (ib. Fous est qui à escient Vuet sor gravelle semer ; Et cil plus , qui entreprent Volage feme à amer, Hist. litt. de la Fr. t. xxm, p. 759. Il xiT* s. Qui fiert de paume, ou de poing, de verge, ou de legier baston, et sancs issoit volages, le ferour [celui qui a frappé] ne doit que trois sols, Ordonn. des rois, t. 11, p. 348. Trois ••ompaignons volages [de passage] et dont ladite Marguerite ne scet les noms, vinrent en ladit» ville de Neuvis ou baillage de Troies, du cange, volagius. Lequel Huart est homme ancien et homme lunatique et insensible, et par plusieur» fois comme volage et ydiot, id. ib. \\ xvi* s. Je ne veux point de trop volage amie, Ny ne la veur aussi trop endormie, st-gei.ais, 2S0. Ils esgarent
VOL
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çà et là les poures âmes en spéculations voiages, CALV. Inslit. 417. Les plus volages et plus prompts i entreprendre toutes choses témérairement sui- Toient les espérances de Cxsar, àhtot, Crassus, 43. Il [Eudoxus] veulti au prix de sa vie, acquérir une science de laquelle l'usage et possession luy soit quand et quand ostée, et, pour cette soubdaine et volage cognoissance, perdre toutes aultres cognoissances qu'il a, hont. ii, 343.
— ETYM. Provcnç. volatge ; du lat volaticus, qui vole, volage, de volare (voy. voler *).
t VOLAGEMENT (vo-la-je-man), adv. D'une mamière volage.
— HIST. XIII' s. Je ne ser pas volagement, Mais de bon cueur sans tricherie, Mss. de poésies franc, av. «300, t. I, p. 360, dans lacurne. ||xv* s. Quoiqu'il eust parlé volagement de chaud sa:ig à l'encontre des trêves, si n'en avoit point ouvré de fait, FROiss. m, 4, et. || xvi* s. Si j'ay jusques icy vollagement erré. De mille traits divers à toute heure enferré. Ce sont des tours communs de l'aveugle jeunesse, desportes, Am. d'Ilipp. Lxxxviii.
t VOL-iGETÉ (vo-la-je-té), «. f. Disposition de celui qui est volage.
— HIST. XVI' s. Volageté, cotorave.
VOLAILLE (vo-lâ-ir, {{ mouillées, et non vo-lâ-
ye), ». f. Il 1° Terme collectif. L'ensemble des oiseaux qu'on nourrit dans une basse-cour. La volaille est chère. Tandis qu'au procès on travaille, Ma partie en mon pré laisse aller sa volaille, rac. Plaid. I, 7. Les Déliens ont trouvé les premiers le secret d'engraisser la volaille, bartiiél. Anach. ch. 76. L'on donne le nom général do volailles aux gros oiseaux domestiques que l'on élève dans les basses-cours, ge.nlis. Maison rust. t. I, p. 2(0, dans pouoENS. || 2° Un de ces oiseaux de bassecour, et, le plus souvent une poule , un chapon. Une belle volaille. Mettre une volaille au pot. Il Fi g. et familièrement. Volaille morte, personne d'une chétive santé. Ce n'est pas à vous ni à Mme de Blacy, qui êtes deux volailles mortes, que je m'adresse; il vous est permis d'élre malades tant qu'il vous plaira, dider. Lelt, à Mlle Voland, 8 oct. )768.
— IUST. xiii' s. Je connui toutes les voleilles dou ciel, Psautier, f 6). Si vint la volaille menue, Oui de bien faire les argue, Fabliaux, barbazan, t. IV, p. 87. Il puet par droit vendre tout avoir de pois, se ce n'est cire ouvrée, toute poulaiUe, toute sauvagine, toute volile, sel et pain et poisson de mer, Liv. des met. 36. Et volilles et venison. Lardés de cerf et de sengler, FI. et Bl. 4 678. || xvi' s. Vous appliquerez dessus iceux intestins une volaille vive tranchée par le milieu, paré, viii, 35. Jésus-Christ dict : Considérez la volaille du ciel.... le père céleste les entretient, bonivakd, Amartigenée, p. ti4.
— ÈTYM. Prov. volatilia ; du pluriel neutre lat. volalilia, les volatiles, de volare (voy. voler ().
t VOLAILLER (vo-lâ-llé. Il mouillées), s. m. Il 1* Marchand de volaille. || 2" Lieu où l'on tient la volaille. Le volailler qui fournissait à mes observations, et dont le niveau du sol était tfès-bas, PLOURENS, Instit. Mém. scienc. t. i, p. 621.
f VOLAIN (vo-lin), s. m. Serpe courbée par le bout et très-tranchante, employée par les cercliers.
— ÊTYM. Le même que volant 3.
i . VOLANT, ANTE (vo-lan, lan-l'), adj. || l' Qui a ia faculté de voler, quoique appartenant à une classe d'êtres qui ne jouit pas de ce pouvoir. Un poisson volant. Un dragon volant, ô dieux ! ce char volant, disparu dans la nue, La dérobe à sa peine, aussi bien qu'à ma vue, corn. Médée, v, 8. Qu'une volante escorte Vous conduise au travers Des noires vapeurs des enfers, quin. Akeste, iv, 5. 11 Terme de blason. Se dit d'un oiseau représenté jes ailes étendues dans toute leur largeur. || Fig. Pistole volante, voy. pistole. || 2" Fusée volante, fusée attachée à une baguette et qui s'élève d'elle-même en l'air quand on y a mis le feu. Il 3' Terme de peinture. Draperie volante, draperie légère, qui paraît agitée par le vent. |l 4° Qui se meut avec rapidité comme s'il volait Ces sortes d'ennemis volants ou invisibles [les protestants poursuivis lors de la révocation de redit de Nantes] donnent des peines infinies.... car ils disparaissent en un moment, et, dès qu'on a le dos tourné, ils ressortent de leurs tanières , sÉv. «6 mars t689.|| Terme de guerre. Camp volant, petite armée chargée de faire des courses sur les ennemis, ou de les observer. Je trouve un si grand mouvement partout, que le camp volant de Bcuf- Oers ne demeurera pas sans rien faire, sÉv. 680.
Il Fig. et familièrement. (Ure en camp volant, n'avoir pas de demeure, de situation fixe, être exposé à se déplacer à tout moment. || 6° Terme de guerre. Artillerie volante, nom donné autrefois à l'artillerie à cheval. Il Pont volant, corps Rottant retenu i l'extrémité d'un cordage fixé, en amont, au milieu de la rivière; il passe d'une rive i l'autre par l'action du courant, auquel on le présente obliquement. || Sape volante , tranchée pour l'exécution de laquelle on place une file de gabions jointifs qu'on remplit de terre. || 6* Il se dit do certaines choses qu'on place et qu'on déplace à volonté, ou de choses qui n'ont point de place fixe. Escalier volant. || Table volante, petite table qu'on déplace i volonté, et qu'on appelle aujourd'hui table à ouvrage. || Assiettes volantes , assiettes qui ne font pas partie du service et sur lesquelles on apporte quelques mets légers. || 7' Terme de marine Se dit de toutes les parties du gréement qui ne sont placées et employées que momentanément. Manœuvres volantes. Cabestan volant. || 8* Feuille volante , feuille d'écriture ou d'impression qui n'est attachée à aucune autre. Nous ne voyons pas assez l'abbé Bigorre; il vous enverra ce soir une belle feuille volante, sÉv. 604. Le parlement tâcha de se venger, en faisant écrire sur une feuille volante de registres secrets et fugitifs, qu'il n'avait ni pu ni dû opiner au lit de justice, st-sim. 6I8, 126. Ce n'est pas un grand ouvrage, mais c'est l'ouvrage d'un grand peintre ; ce qu'on peut toujours dire des feuilles volantes de Voltaire; on y retrouve le signe caractéristique, l'ongle du lion, DIDER. Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. 25i, dans POUOENS. J'ai ouï dire qu'Addison , Pope, Steele, etc. s'amusaient aussi à faire des feuilles volantes; on les recevait le matin, on les lisait à déjeuner; et les feuilles n'ont été ni brûlées ni dispersées, genlis, Yeill. du chdt. t. m, p. )02. Les harangues de Cicéron parurent en feuilles volantes, p. L. COUR. Pamphletdes pamphl. || Fig. Voilà [le sable] la faveur sur quoi l'on bâtit, et voilà la feuille volante à quoi l'on s'attache, SÉv. )9 août 4676. Il Par extension, brochure très-mince. Une cargaison de petites pièces comiques, d'opéras, de feuilles volantes m'est venue; ah! mon ami, quelle barbarie! quelle misère! la nature est épuisée, volt. Lett. Thiriot , 24 sept. 1735. Il 9- Escadron volant, voy. escadron. || 10» Petite vérole volante, voy. petite vérole. || 11° Cachet volant, voy. CACHET.
— HIST. XV' s. Lequel Besson, qui estoit Breton et compaignon volant [homme de passage], qui n'avoit femme ne enfans ne rien que son corps, DU CANGE, volagius. II veoit la bannière qui reluysoit pour l'or et l'argent des vestures de l'ymage et des escussons volans qui estoient en la champaigne, J'ercc/bresJ, t. i, f i:'8. ||xvi' s. Rentes constituées à prix d'argent, communément dites volantes, Coust. gén. t. il, p. (076. Si quelque philosophe voilant, pour se moquer de la simplicité de nostre foy, dist.... calv. Instit. I04K
— ÊTYM. Toler \.
2. VOLANT (vo-lan) , ». m. || 1' Petit cône de bois, de liège, etc. percé de plusieurs trous où l'on fait entrer des plumes, et que l'on lance en l'air avec des raquettes. Ils [les enfants] sont contents, pourvu qu'ils changent de place; un volant ou une boulesuffit, fén. Éduc. filles, 5. IJOn donne aussi ce nom au jeu dans lequel on lance le volant avec des raquettes. Songez que vous entendrez dire à votre enfant : J'ai dansé toute la nuit avec Mme de la Fayette, j'ai joué au volant et à mille petits jeux. .. siv. 600. Quand un enfant joue au volant, il s'exerce l'œil et le bras à la justesse, j. j. Rouss. Ém. II. Il 2° Aile de moulin à vent. Un des quatre volants est cassé. Nous voyons ces messieurs les galants Marcher écarquillés ainsi que des votants, mol. Éc. des mar. i, t. |l 3' Terme de mécanique. Masse pesante animée d'un mouvement de rotation et destinée à prévenir les écarts de vitesse d'un mécanisme, lorsque la force qui le meut ou la résistance qui est i surmonter n'est pas constante. || Volant à ailettes, modérateur qui met en jeu la résistance de l'air. || 4° Terme de métallurgie. Caisse supérieure d'un souffiet, celle qui est mise en mouvement. || 6* Terme de chasse. Se dit de perches pliantes sur lesquelles les oiseleurs tendent des gluaui. || 8' Nom donné par les Arabes à certaines compositions formées de salpêtre, de soufre et de charbon, qui avaient la propriété de se mouvoir en brûlant, et qui étaient analogues à nos compositions de poudre à canon. ||7* Bande d'étoffe plissée ou froncée posée
comme garniture sur une jupe, un mantelet, un fichu, etc. Pas de suaire en toile fine. Mais drapez-moi dans les plis blancs De ma robe de mousseline. De ma robe i treize volants, m. Gautier, limaux et camées, Coquetterie posthume. || 8' Anciennement, habit en forme de surtout, dont la plus grande partie était sans doublure, pour le rendre plus léger. Le M juillet <7&6, il était arrivé chez elle deux hommes..., l'un.... vêtu d'un volant cannelle.... Pièces du procès dt Damiens, dans fr. MICHEL, argot. Satire sur les cerceaui, paniers, criardes et manteaux volants des femmes, et sur leurs autres ajustements, avec la réponse des femmes , dans fr. hicrel, l'b. || 9* Volant d'étang, nénuphar. || Volant doré, espace de lépidoptère nocturne.
— HIST. XIII' s. Et de tant qu'il muet [moud] i un volant, de tant doit paier Ii censsier demie censse, tailliar. Recueil, p. 462.
— RTY.M. Voter I.
t 3. VOLANT (vo-lan), ». m. Terme d'agriculture et de jardinage. Nom de la faucille dans les environs de Genève, et du croissant ordinaire des jardiniers dans quelques cantons. Faucilles le cent pesant estimé 4u livres, faux ou volants le cent pesant estimé <o livres, Déclar. du roi, nov. 4640, tarif.
— HIST. XIV' s. Vol in, DU GANGE, tioiana. ||xf' s. Loys Bonneau ayant un baston ferré appelé volant.... frappa du bout du manche de sondit volant, m. ib. Guillaume Dalmas tenant en sa main ung voulain, autrement dit goyart, u>. ib. Vollain ou petite serpe, ID. ib.
t VOLA RDS (vo-lar), ». m. plur. Terme de pèche. Rames ou menues branches d'arbres avec lesquelles on fait les clayonnages.
t VOLATEtlR (vo-la-teur), j. m. Terme de zoologie. Oiseau doué d'une grande puissance de voler. Ces échassiers [les grues d'Australie] sont d'excellents volateurs. Presse scientifique, tsii, t. ii, p. 584
— f.TYM. Voler I.
VOLATIL, ILE (vo-la-t-il, ti-1'), adj. || i' Qui a la faculté de voler. L'espèce volatile. Les insectes volatils. Il Fig. Il n'eut jamais pour vous qu'une estime stérile. Un petit feu léger, vagabond, volatile, REGNARD, le JoucuT, II, 2. ||2' Terme de chimie. Qui est susceptible de se réduire en gax ou en vapeur, soit à la température ordinaire, soit par l'action d'une chaleur plus ou moins élevée. Les parties les plus volatiles des matières combustibles.... obéissant sans effort à ce mouvement expansifqui leur est communiqué, s'élèvent en vapeurs, bufp. llist. min. Introd. t. vi, p. 37. Les produits volatils disparaissent par l'évaporation dans les changements de vaisseaux, par l'absorption dans les milieux qu'ils traversent, sennebieb, Ess. art d'observ. t. m, p. h 8.
HIST. xiï* 8. Parton l'eu si cbault qu'il ard gent.
Guides tu finer vif argent. Cil qu'est volatil et vulgal, El non cil dont je faiz métal? A'a/. à l'aleh. err. 29. || xvi' s. Blanc d'œul, farine volatile, incorporez ensemble, paré, vi, 15. Les animaux, tant terrestres qu'aquatiques et volalilles, ID. Ànim. i.
ÊTYM. Provenç. et espagn. volatil; ital. r*-
latile; du lat. volatilis, de coiare (voy. voler 4).
VOLATILE (vo-la-ti-l'), s. m. || 1' Animal qui vole. Dans une ménagerie De volatiles remplie, la font. Fabl. m, 4 2. Je ne suis qu'un volatile, répliqua l'autre [le phénix] ; mais je naquis dans le temps que toutes les bêles parlaient encore, volt, l'rinc. de Babyl. m. Celui-ci [le moqueur' est, si l'on en croit Fernandez, Nurcnberg et les Américains, le chantre le plus excellent parmi tous les volatiles de l'univers, sans même en excepter le rossignol, bufp. Ois. t. v, p. 454. Rien de plus admirable que ces légions de volatiles qui, à temps marqué, passent d'un pays dans d'autres très-éloignés; quel instinct les rassemble? quelle boussole les dirige? quelle carte leur trace la route ? bonnet, Contempl. nat. xi, 4 3. || 2* Il est souvent féminin, bien que l'Académie ne donne pas ce genre. La volatile échappe à sa tremblante main; Entre les pieds des dieux elle cherche un asile, la font, l'hil. et Bauc. Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde, et d'un coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse, id. Fabl. ix, 2.
— HIST. xiii' s. E mainte voletille, peisson de mar [mer], Gérard de Ross. p. 32o. Quiconques est polaillier à Paris, qui vent polaille et voletille sanz autre regraterie ou sanz autre denrées, Liv. des met. 4 78. Ne sans lor char ne voloit vivre.
VOL
Ainz en voloit ostre mangierres, Tant est deh- 1 cieus lechierres , Tant ot les volatiles chieres, la Rose, ao365. || xvi- s. Moutons, poulaïUos, et autres volatiles, paré, xxiv, «.
ÊTYM. Volatil.
VOLATILISATION (vo-la-ti-li-za-sion; en vers, de sept syllabes), ». f. || f Opération chimique qui consiste à transformer un corps solide en gaz ou en vapeur. La volatilisation se dit de l'opération var laquelle on réduit en vapeur, on fait pour ainsi cfire voler, par l'action du feu, les substances qui en sont susceptibles, fourcroy, Conn. chim. t. I, p. »<• Il i" Action de se volatiliser. Celte dilatation n'est-elle pas l'indice d'un commencement de séparation qu'on augmente avec le degré de chaleur jusqu'à la fusion, et qu'avec une chaleur encore plus grande on augmenterait jusqu'à la volatilisation ? bufp. Hist. min. Introd. t. vi, p. 59. — ÉTYM. Volaliliser.
VOLATIi.ISÉ, ÉE (vo-la-ti-li-zé, zée) , part, passé de volatiliser. Du camphre volatilisé. || Fig. Je me rappelai une historiette où la même pensée se trouve bien moins subtilisée ou volatilisée, comme parlent les chimistes, p. l.cour. Lelt.i, io. VOLATILISER (vo-la-ti-li-zé), V. a. Réduire en vapeur ou en gaz. J'ai fondu ou volatilisé au miroir ardent plusieurs matières que ni le feu des fourneaux de réverbère, ni celui des plus puissants soufflets n'avait pu fondre, bufp. Ilist. min. Introd. VI, p. 90. j| Se volaliliser, «. réft. Etre réduit en vapeur ou en gaz. Celte ammoniaque s'est volatilisée. On conçoit que les eaux doivent sans cesse se volatiliser, retomber en déluge, se précipiter en torrents, sillonner la surface, se creuser des lits, en changer.... bailly, Hist. astr. mod. t. II, p. 729.
REM. Le terme volatiliser, employé' à l'égard
des liquides comme des solides, est le seul qu'on puisse appliquer aux solides.
— HIST. xvr s. Volatiliser, cotgrave.
— ÉTYM. Volatil.
VOLATILITÉ (vo-la-ti-li-té) , ». ^ || !• Ancien
terme de physique. Qualité de ce qui est susceptible d'une expansion subtile. La volatilité du feu. La lumière, quoique douée. ... d'une volatilité qu'on croirait lui être essentielle, duff. Hist. min. Introd. t. VI, p. <6. || 2° Terme de chimie. Faculté dont jouissent certains corps solides ou liquides de se transformer en vapeur, en gaz. [Le tellure] remarquable par son extrême fusibilité, sa volatilité qui égale presque celle du mercure, fourcroy, èonn. chim. t. i, p. cxx.
— ÉTYM. Volatil.
VOLATILLE (vo-la-ti-U' , Il mouillées, et non
vo-la-ti-ye), ». /. || 1° Terme collectif. Petites espèces d'oiseaux bons à manger. Il leur donna à manger de la volatiUe. || 2* Il s'est dit aussi pour volatile. Nous croyons après Pythagore, Qu'avec les animaux de forme nous changeons, Tantôt milans, tantôt pigeons. Tantôt humains, puis volatilles. Ayant dans les airs leurs familles, la font. Fabl. xii, ) 2.
— ÊTYM. Autre forme de volatile.
t VOLATINE (vo-la-li-n'), s. f. Terme de musique. Trait de chant rapide et léger.
VOL-AU-VENT (vo-Iô-van), s. m. Pâtisserie feuilletée, à bords élevés, uans laquelle on met de la viande ou du poisson, et qui se sert chaude. Ce vol-au-ventest délicieux. || Àuplur. Des vol-au-vent.
— ÉTYM. Voler, au, et vent, à cause que la pâtisserie en est si légère qu'elle semble voler. Aussi des grammairiens trouveraient plus raisonnable d'écrire vole-au-vent, car c'est le verbe voler, et uon le substantif voi, qui est en composition.
VOLCAN (vol-kan), s. m. ||1« Gouffre ouvert, le plus souvent dans les montagnes, et d'où sortent des tourbillons de feu et des matières en fusion. Un volcan est un canon d'un volume immense, dont l'ouverture a souvent plus d'une demi-lieue, BUFF. Hist. nat. preu». th. terr. t. ii, p. 291. Il y i en Europe trois fameux volcans : le mont Etna en Sicile, le mont Hécla en Islande, et le mont Vésuve en Italie, près de Naples, id. ib. t. ii, p. 294. Si l'on voulait mettre au nombre des volcans toutes les montagnes qui fument, ou desquelles il s'élève même des flammes, on pourrait en compter plus de soixante, m. ib. t. n, p. 304. Un volcan soui^marin ne peut agir que par insunts • un volcan terrestre ne peut durer qu'auUnt qu'il est voisin des eaux ; c'est par cette raison que tous les volcans actuellement agissants sont dans les lies ou près des côtes de la mer, ro. 4* ^p. nat. Œuv. t. xa, p. <»a. 11 semble.... oui>lier sa ven-
VOL
geance, Pareil à ces volcans qui paraissent dormir, p. LEBRUN, Poés. t. I, 37. || Volcans éteints, volcans qui étaient en activité avant l'état actuel du globe. Le nombre des volcans éteints est peutêtre cent fois plus grand que celui des volcans actuellement agissants, bupf. Add. th. terr. t. xin, p. )32. ||Fig. Volcan éteint sous les cendres qu'il lance. Après vingt ans, ce peuple [français] se rendort, BÉBANG. Déesse. || Il y a des volcans d'eau, c'est-à-dire, des montagnes qui vomissent des ruisseaux d'eau, telles que celles de Guatimala, en Amérique. || Volcan de Lémeri, volcan artificiel produit à l'aide d'un mélange de fleur de soufre, de limaille de fer et d'eau. Lémeri, à qui l'on doit d'avoir découvert la réaction du fer, du soufre et de l'eau, a prétendu que ce mélange jouait un grand rôle dans les volcans; il l'a même nommé volcan artificiel, thenard, Traité de chim. t. i, p. B07, danspouGENS. Il 2'Fig. Un lieuoù une nombreuse artillerie fait un feu terrible. On avait placé sur la rive gauche du Dnieper une batterie formidable ; les Russes nous en avaient opposé deux plus terribles encore; à chaque instant nos canons étaient écrases, nos caissons sautaient; ce fut au milieu de ce volcan que le roi [Mural] poussa son cheval, ségur, Hist. deNap. n, 4. Pendant que cette charge décisive de cavalerie s'exécutait, le vice-roi était près d'atteindre, avec son infanterie, la bouche de ce volcan [la grande redoute russe, à la Moskowa], id. ib. vu, n. Il 3" Fig. Imagination ardente, impétueuse. Nos sensations sont d'une vivacité dont rien n'approche ; mon imagination est un volcan, cazotte. Diable amoureux, xin. || 4° Fig. Intrigues sourdes, dangers imminents, mais cachés. Dormir sur un volcan. Nous dansons sur un volcan, lfo( de U. de Salvandy, dans un bol à la veille de la révolution de 4830.
— ÉTYM.Prov. t)olco;esp. coîcon/porl.eokdo; it. »uJcano;dulat.Fuiconia,dieudufeu (voy. vulcain). t VOLCANICITÉ (vol-ka-ni-si-lé), s.f.\\ 1° Terme de géologie. Incandescence du centre de la terre. |{ 2° Réaction de l'intérieur incandescent de la terre sur sa croûte extérieure, ou action des volcans. L'extinction graduelle de la volcanicité, autrefois énergique sur certains points, moreau de jONNÈs, Ethnogénie caucasienne, p. 287. || 3° État ou condition des substances d'origine volcanique. Ce n'est assurément pas aux Montdore que la fameuse question de la volcanicité des basaltes sera jamais l'objel d'une discussion sérieuse, ramond, Inslit. ilém. scienc. (8(3, 48U et (8)b, p. 26. ||0n dit aussi vulcanicité.
— ÉTYM. Volcanique.
VOLCANIQUE (vol-ka-ni-k'), adj. \\ 1' Qui appartient aux volcans. Sous le nom de matières volcaniques, je n'entends pas comprendre toutes les matières rejetées par l'explosion des volcans, mais seulement celles qui ont été produiles ou dénaturées par l'action de leurs feux, buff. àlin. t. m, p. 66. Il Terrain volcanique, terrain formé par les éruptions des volcans. |{ Terme de botanique. Se dit quelquefois des plantes qui croissent au milieu des déjections volcaniques. || 2* Fig. Ardent et impétueux comme un volcan. Tête, imagination volcanique. Un jeune homme.... un peu gros, mais spirituel et possesseur d'un cœur vierge et volcanique, CH. de bern. Une aventure de magistrat.
— ÉTYM. Volcan.
\ VOLCANlSATION{vol-ka-ni-za-tion), s. f. Voy. vulcanisation.
VOLCANISÊ, ËE (vol-ka-ni-zé, zée), adj. Il se dit des lieux où il y a des volcans, où il reste des traces d'anciens volcans. Les observations de M. Faber et de M. le baron de Dietrich sur les matières volcaniques et volcanisées, buff. Min. t. m, p. 1(8. L'Irlande est en face, et l'on trouve, à une petite distance, les écueils du canal Saint-Georges qui sont aussi volcanisés, id. Min. t. ix, p. 22. Le mont sur lequel la ville de Preneste est située, s'avance comme un promontoire sur la plaine volcanisée qui comprend les cratères des environs de Rome, PETIT radel, Instit. Mém. inscr. et belleslett. t. T, p. (89. Il Fig. C'est dans cette terre volcanisée [la ville de Rome] que poussaient les grands hommes et les grands orateurs avec une énergie sans égale, villehain, dans le Dict. de dociiez. — ÉTYM. Volcan.
t VOLCANISME (vol-ka-ni-sm') , ». m. Action des volcans. Une terre tourmentée par le volcanisme, uoKEAu Ds jONNis, Bthnogénie caucatitnnt, p. <02.
VOL
t VOLCANISTE (vol-ka-ni-sf), t. m. Naturaliste, dit aussi plutoniste, qui explique les révolutijni du globe par l'action du feu.
t VOLCANITE (vol-ka-ni-t"), ». (. Terme de minéralogie. Augite ou pyroxène noir des volcans.
VOLCELET ou VOLCELEST (vol-se-lêl'), ». m. Terme de vénerie. Ton du cor que l'on sonne quand on revoit la bête qui va fuyant.
— ÉTYM. Abréviation de vois-le, ce l'ett.
VOLE (vo-l'), ». f. Terme de jeu de cartes. Toutes les mains, toutes les levées. Faire la vole. Puis sur une autre table, avec un air plus sombre. S'en aller méditer une vole au jeu d'hombre, boil. Sot. X. X la vole Dieu sait comme l'on vous étrille, do CERCEAU, Poésies, Contre le jeu de quadrille.
— ÉTYM. Origine incertaine. Bien que populairement on dise faire la volte, ce qui est un vice de langage, on ne peut y voir l'italien volta, qui n'a pas ce sens. On a songé au latin vola, la paume de la main {vole en ce sens se trouve dans Rabelais : le muscle de la vole qui est on dessoubs le poulce, Pant. 11, <9). Mais peut-être faut-il y voir le verbe voler; du moins Rabelais a employé voler dans le sens de subir la vole : Pour ce jeu nous ne voilerons pas, car j'ai fait un levé, Garg. i, 5.
i. VOLfi, ÉE (vo-lé, lée), part, passé de voler I. La perdrix volée par le faucon.
2. VOLÉ, ÉE (volé, lée), por(. passé de voler 2. Pris par larcin. La bourse volée. || Populairement et fig. Être volé, être trompé dans son attente. Il Proverbe. Bien volé ne profite pas, c'est-à-dire on le dissipe,ou l'on est forcé de le restituer.
t 3. VOLÉ, ÉE (vo-lé, lée), adj. Qui a subi la vole (voy. vole).
VOLÉE (vo-lée), ». f. Il 1* L'espace que parcourt un oiseau sans s'arrêter (sens propre, indiqué par la finale qui est celle d'un participe passé). On dit que les hirondelles traversent quelquefois la Méditerranée tout d'une volée. De la première volée. U a si loin d'ici sa valeur signalée. Que l'aigle pour le suivre a forcé sa volée, rotr. Bélis. m, 5. Il Fig. U [Prévost-Paradol] ne se hâta pas de suivre ses camarades dans leur volée vers les régions profanes, c. rousset, Disc, à l'Àcad. Joum. offic. 3 mai 1872, p. 2962, 3' col. Il Donner la volée à un oiseau, permettre à un oiseau captif de s'envoler. Il Fig. Aux femmes du sérail je donne la volée, fa- VART, Soliman II, m, 40. || Prendre sa volée, s'envoler. Il Fig. Prendre sa volée, partir inopinément, sans annoncer son départ. {{ Prendre sa volée, se dit aussi d'un jeune homme qui de bonne heure s'affranchit de tutelle et de surveillance. || 2' Collectivement. Troupe d'oiseaux qui volent tous ensemble. C'est alors que l'on voit, autour des lieux habités, des volées nombreuses, composées de toutes les espèces de corneilles, se tenant presque toujours à terre pendant le jour, errant pêle-mêle avec nos troupeaux et nos bergers, duff. Ois. t. v, p. 63. || En parlant des pigeons, volée de mars, volée d'aoiit, les pigeons éclos en mars, en aoiit. || Terme de chasse. Compagnie d'oiseaux éclos d'une même couvée. Il 3° Fig. Gens qui sont de même âge, de même profession, de même condition ; compagnie de personnes. Au lieu de quatre amis qu'on attendait le soir. Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées, boil. ÉpU. vi. On sait que, dans ce tempslà même, une volée de philosophes revenait du cercle polaire, sous lequel ils avaient été faire des observations dont personne ne s'était avisé jusqu'alors, VOLT. Microm. t. J'ai lu dans une gazette suisse que vous avez été présenté au roi danois avec une volée de philosophes, tels que les Saurin, les Diderot, les Helvetius, les Duclos, les Marmontel, et que les Ribaudier n'en étaient pas, m. Letl. à d'Alembert, (2 déc. ("68. Une volée de religieuses autrichiennes qui sont venues vous demander un asile, d'alehr. Lett. au roi de Prusse, (3 déc. <782. ||4' Fig. Rang, qualité, élévation, mérite. On est au désespoir, on n'a pas un sou, on ne trouve rien à emprunter, les fermiers ne payent point.... jouissez du plaisir d'être présentement le seul homme de votre volée qui puisse se vanter d'avoir du pain, sÉv. à Bussy, 24 avr. 4 672. Le frère de Mme de Châtillon avait auprès de M. le Prince le mérite d'avoir suivi sa fortune jusqu'au bout, qu'il partageait avec fort peu de gens de sa volée, sT-sm. 4 6, 4 89. Je ne doutai pas que ce ne fût une dame de la première volée, lksage, Guxm. d'Alf. Il, 6. Une centaine d'êtres pensants de la première volée sont venus dans nos cantons, volt. Lett. Mme du DeffarU, 4 s août 4 773. J'avais, aa même village de Sainl-Brice, le libraire Guérin, homme d'esprit, lettré^ aimable, et de la haute
VOL
Tolée dans son état, J. ;. rouss. Confett. z. || 5* Pig. Décharge de plusieurs canons faite en même temps (par comparaison à une volée d'oiseaui). Une volée de notre canon avait failli i tuer ce général [Montecuculli], et rasé le nez de son cheval, qui, s'emportant et se cabrant, fut bien près de le jeter par terre, pelusson, Leti. hist. t. ii, p. »»0. Toutes les volées de canon jusques alors avaient passé fort haut par-dessus nos tètes, lo. ib. t. i, p. 97. Une des premières volées du canon moscovite [à Pultawa] emporta les deui chevaux du brancard de Charles [blessé] ; il en fit atteler deux autres; une seconde volée mit le brancard en pièces et renversa le roi, volt. Charlet Xll, ♦. Il Une volée de canon se dit aussi d'un seul coup de canon. 11 eut la tête emportée d'une volée de canon. || 6° Partie d'un canon ou d'un obusier qui est en avant des tourillons. || Tirer à toute volée, tirer une pièce sous le plus grand angle qu'on puisse lui donner et avec la plus forte charge de guerre que comporte son calibre. || 7* Branle des cloches. Sonner une, deux, trois volées. C'était Dieu même qui commandait à l'ange des victoires de lancer les volées qui publiaient nos triomphes, CHATEAUBR. Génie, IV, I, <. Du pieux carillon les légères volées Couraient en bondissant à travers les vallées, laxart. Jocelyn, 1. 1| Sonner à toute volée, mettre les cloches tout à fait en branle. || 8° Mouvement d'un projectile qui, lancé, n'a pas encore touché la terre. Le canon ne pouvait incommoder les ennemis de volée, mais seulement de bonds, ST-sm. 43, 436. || Au jeu de paume, de balle et de ballon. Jouer de volée, prendre de volée, à la volée, renvoyer la balle avant qu'elle ait touché à terre. || Cet homme a la volée bonne, la volée silre, il est adroit à prendre la balle de volée et à la placer. || Au jeu de paume seulement, donner de volée dans la grille, dans l'ais, donner dans la grille, dans fais, sans que la balle touche ni à terre ni au tambour. |{ Prendre une balle, prendre un coup entre bond et volée, prendre la balle dans le moment qu'elle est près de s'élever après avoir touché à terre. || Fig. et familièrement. Obtenir une grâce, une faveur tant de bond que de volée, l'attraper entre bond et volée, l'obtenir en saisissant une conjoncture heureuse. || Fig. Tant de bond que de volée, d'une façon quelconque, comme on peut. Soit de bond ou de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis] , comme dit ce père au même lieu? pasc. l'rov. ix. Il 9° Mouvement des ailes du moulin à vent. Il 10* Dans le battage d'une pièce, série de coups de mouton se succédant à de courts intervalles, et suivie d'un temps de repos. |l Action de plusieurs hommes rangés de front qui battent un terrain pour l'unir. Il Fig. et familièrement. Une volée de coups de bâton, ou, simplement, une volée, un grand nombre de coups de bâton donnés de suite. On lui a donné une volée. Maillard reçut plusieurs volées de coups de bâton, hetz, m, 332. I| 11* Pièce transversale d'une voiture, i laquelle sont fixés les traits des chevaux. Volée de derrière, celle qui est fixée au devant de la voiture; volée de devant, celle qui est au bout du timon. Un cheval de volée. || Dans une diligence, chevaux de volée, ceux qui sont en avant. || 12° Terme de métallurgie. Volée d'un marteau, la distance qui se trouve entre son point le plus élevé et l'enclume. Une pièce de fer qui avait reçu quatre volées de coups de marteau et par conséquent toutes les chaudes nécessaires peur être entièrement et parfaitement forgée, BUFF. Hist. min. Inlrod.t.vm, p. 48. || 13° Terme de construction. Volée d'un escalier, la portion comprise entre deux paliers successifs. || li* Dans une carrière, bancs de volée, ceux qui se détachent d'eux-mêmes ou à l'aide de coins, lorsqu'on a sapé le lit inférieur. Il 15" \ la volée, loc. adv. En l'air, au passage. Je lui jetai ma bourse, il la saisit à la volée. Il Très-promptement, en profitant du moment favorable. Jevous écris dans les moments de repos qu'il faut prendre i la volée, maintenon, Lett. au duc de ffoail. 7 janv. 4 704. Autant que j'ai pu juger par quelques mots lâchés à la volée, I. j. rouss. Conf. ii. C'était à qui saisirait le plus vite, et comme à la volée, le moment de placer son mot, son conte, son anecdote, harhontel, Mém. rv. || Inconsidérément, à la légère. Monsieur, dans ces matières-là, il faut procéder avecque circonspection, et ne rien faire, comme on dit, à la volée; d'autant que les fautes qu'on y peut faire sont, selon notre maître Hippocrate, d'une dangereuse conséquence, mol. im. méd. n, t. Quand la volonté, à la volée et
sans discussion, s« porte à vouloir.... pa«c. Prov. IT. Il 18* Terme d'agriculture. Semer à la volée, semeren jetant les graines par poignées. {| 17' Trempe & la volée, trempe d'une pièce d'acier, par opposition i trempe en paquet. || 18* X volée de bonnet, se disait quand une affaire se jugeait tout d'une voix et sans délibérer, les juges ne faisant qu'opiner du bonnet. Cinquante ou soixante voix le désavouèrent d'une volée; et je crois qu'elles eussent été suivies de beaucoup d'autres, rbtz, Mém. t. m, liv. iv, p. 209, dans pouoens.
— HIST. xin* s. Tantost le faucon deslaça. Les gex lascba sanz demorée. Et il se mist i la volée, Ren. 36932. En tant com il se dementoit, Lieve sa teste et venir voit Une cornaille i la volée, ib. 2284 4. Sire, dist Buiemons, c'est parole gaslée; Par foi, n'i monteroie pour la tour d'or comblée; Car jà me rêveries jus cheïr i volée, Ch. d'Ànt. VI, 671. Ces huit sarrazins traioient à la volée parmi nostre ost, et blecerent plusieurs de nos gens et de nos chevaus, joinv. 234. Ne drois ne raisons ne comande C'on doinst le sien si à volée, BAUDOIN DE CONDK, 1. 1, p. 24. || XIV' S. Et mainte trompe y ot à celui jour sonnée. Et maint haut instrument sonné à la volée, Guetcl. 24 607. Une grant volée de pertrix, Modus, t" cxxix. Avoir enquis aux compaignons du pais où sont les volées de perdris, Ménagier, m, 2. Et n'aura [la balance] de volée du fort au feble [denier] que deux grains, DU CANGE, volatus. || XV' S. Bruit de ville et renommée qui dit tout à la volée, soit vray ou soit faulx, GERSON, Harengue au roi Charles TI, p. 49. Il n'attendit nuUui, ainçois s'en vint au marché de Valenciennes, et fit sonner les cloches du beffroy à volée, froiss. i, i, 400. Et je respons à la volée : Dame, dame, trop afolée Est ma science en plusieurs lieus, m. Buiss. de Jonece. Ni de saillir à la volée Es rues pour ouir le bruit, E. desch. Miroir de mariage, p. 40. Ce jour revint le prevost, c'est assavoir le Borgne de la Heuse, et fut remis en sa prevosté, et l'autre déposé ; et aussi ouvroit fortune à la voilée en ce royaume, qu'il n'y avoit ne gentil ne autre qui sceut quel estât estoit le meilleur, Journ. de Paris sous Charles VI et ¥11, p. 48. Et de cestç volée furent deffaitz [cassés] le seneschal d'Agenelz, qui avoit cent lances et la compagnie de Robinet du Quesnoy.... Bibl. des ch. 4* série, t. ii, p. 669. Gentil chevalier, eslendez cmont le bras, d'autant que ie coup viendra de haut, et tant sera il plus puissant ; levez vous sur vos estriers pour avoir plus grant voilée, Perceforest, t. IV, f* 4 37. Le suppliant se appuya contre la volée du windas estant sur le rivage d'icelluy kay, DU CANGE, volatus. B. S'il vient basart en ung banquet. — M. Le prendre entre bont et volée, VILLON, Baillev. et Malepaie. jlxvi's. Inconsidérément et à la volée, calv. Inst. 777. Il inventa engeins à tirer gros traits d'une longue volée et impétuosité, mont, i, 384. Tirer trois ou quatre volées d'artillerie, lanoue, 670. Ils [les Spartiates] s'accoustumoient à ne dire jamais parole à la volée et en vain, soubs laquelle il n'y eust toujours quelque intelligence secrette, amyot, Lgc. 43. Hz conseillèrent à Pompeius de tourner arrière et s'eslargir en haulte mer, pendant qu'ilz estoient encore hors la volée du traict, id. Pomp. 409. Il disoit encore qu'il les dissiperoit et escarteroit comme une volée de petits oyseaux, id. Démétr. 20. L'ame prenant hors du corps sa volée. En souspirant aux enfers est allée, iD.Comm. lire les poêt. 7. De ceste voilée [en passant, de ce temps] se présente l'accident d'Oileans, d'aub. Hist. i, 203. Jantian, Hervet et autres docteurs de ceste voilée, id. ib. I, 66. Perdre la volée pour le bond, cotghave. Meschante parole jectée va partout à la volée, id. Les deux Saint André.... et d'autres jeunes seigneurs ses compagnons [de Vieilleville], tous d'une volée et courants une mesme fortune, carloix, i, 4 9.
— ÊTYM. Voler 4; wallon, volaie; provenç. volada; ital. volata.
t VOLEMKNT (vo-le-man), ». m. Action de voler, de se mouvoir dans l'air.
— HIST. xiv s. Aucuns par le chant et par le vol ou volement des oiseauli devinoient en pronosticant d'aversité et do prospérité, ohesme. Thèse
de MEUNIER.
— Etym. Voler 4.
4. VOLER (vo-lé) r. n. || l" Se soutenir, se mouvoir en l'air par le moyen des ailes, ô Dieu, que la gloire couronne. Dieu, que la lumière environne, Oui voles sur l'aile des vents, Et dont le trône est porté par les anges, rac. Esth. i, 6. Buratini, maître de U monnaie du roi de Pologne,
VOL
apporta an France, dans la xvif siècle, le modèl« d' ne machina penr Totor, richelet. L'art da voler no fait encore que de naître. Il se perfectionne, et quelque jour on Ira jusqu'à la luue, roimsN. Moiut. t* <oir. Les alf^toa «n général, volent beaucoup mieux que les vautours, lorr. Ois. U t, p. il5. Les oiseaux qui na peuvent voler sa réduisent à sept ou huit espèces; le» qiiadruptdos qui volaot à cinq ou six, iu..i^,.t. il, p. ilu. Il [le merle varl de la Caroline] vole les pieds ètendui en arrière, comme font ceux de no* oiseaux qui ont la queue très-courte, id. ib. I. vi, p. 97. Ven l'an a6, sous Néron, Simon, étant i Rome, entreprit de roler, et vola, dit-on, quelques moments; mais, saint Pierre et saint Paul s'étant mis en prière, il fut précipité et mourut de sa chute; ce fait est encore bien suspect, condil. Hist. anc. xv, t. || Fig. [Toi] Oui par tant de succès viens de te signaler Jusqu'où notre aigle encor n'avait osé voler, ROTR. Bélis. I, t. Il Tirer un oiseau en volant, le tirer pendant qu'il vole, ô Dieul la belle proie X tirer en volant!.. . mol. C^I. i, «. || l'ig. Il le faut tirer en volant, se dit d'un homme i qui on ne peut parler qu'en passant, i la hite. || Fig. Attraper en volant, saisir une chose, pendant qu'on ne fait qu'aller çà et li. C'était une folie de prétendre attraper vos lettres, en volant, par les villes où je ne suis qu'un moment, s£v. 44 mai 46ho. ||Fig. Voler de ses propres ailes, agir sans le secours d'autrui. || 11 ne faut pas voler avant d'avoir dei ailes, il ne faut pas tenter quelque chose, avant d'avoir les moyens de réussir. || 2' Il se dit de ce qui flotte et semble voler. Ce char semblait voler sur la face des eaux paisibles, fén. Tél. iv. L'appareil, inouï pour ces mortels nouveaux. De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux, volt. XJjr. i, 4. Il 3* Il se dit des choses qui sont poussées dans l'air avec une grande vitesse comme les traits, les pierres, etc. U mit l'épée à la main, et en moins de rien il fit voler à terre deux épées, SCARR. Roman com. i, 3. Quand la force attaque la grimace, quand un simple soldat prend le bonnet carré d'un premier président et le fait voler par la fenêtre, pasc. Pensées diverses, 482, édit. paugère. Le plomb vole à l'instant, Et pleut de toutes parts sur l'escadron flottant, boil. Èpttre iv. L'intrépide Hippolyte Voit voler en éclats tout son char fracassé, RAC. Phèdre, v, e. Le jeu devint orageux; les cartes volèrent par la chambre, uamilt. Crom. 3. Il Faire voler la tête de quelqu'un, l'abattre. Et du haut d'un balcon, pour calmer la tempête. Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête, CORN. Sicom. v, 6. Elle [Elisabeth d'Angleterre] savait se faire craindre et faire voler les têtes, FÉN. Dial. des morU mod.Dial. 4e. ||4* Courir avec une grande vitesse. Ce cheval vole. Va, cours, vole et nous venge, corn. Cid, i, 8. Le voyez-vous comme il vole ou i la victoire ou à la mortT ROSS. Louis de Bourbon. Marchez, courez, volez où l'honneur vous appelle, boil. Lutr. m. On vous voit moins souvent.... Tantôt faire voler un char sur le rivage.... bac. Phèdre, i, 4. Le peuple cependant, que ce spectacle étonne. Vole de toutes parts, se presse, l'environne, id. BnC. v, 8. Seigneur, vous entendez : quelque prix qu'il en coûte, U veut voler à Troie et poursuivre sa route, ID. Iphig. i, 3. Cet ordre redoubla encore ma reconnaissance pour elle; je n'allai pas, je volai, mahiv. Pays. parv. 4"part. !| Fig. En vain les services d'un illustre frère, le mérite et le crédit d'un neveu, qui vole si rapidement à la gloire et aux honneurs, lui laissent entrevoir des espérances toujours fatales à l'honneur du sacerdoce, mass. Or. /'un. Kiifari. Il Fig. et poétiquement. Faire voler le trépas, répandre au loin la mort. Ses anges devant lui font voler le trépas, lamaht. Mèd. I, 23. || 6' Fig. Changer souvent, rapidement, ne pas s'atUcher. Je suis chose légère et vole i tout sujet ; Je vais de fleur en fleuret d'objet en objet, la font. Poésies mêlées, LXix. II [un protégé du duc de Richelieu] vole d'objet en objet, sans s'arrêter à aucun, volt. Lett. Richelieu, »s avril 4767. || 8* 11 se dit des bruits et de la renommée. La renommée la fait voler [cette nouvelle] de bouche en bouche dans toute la grande ville de Tyr, fén. Tél. viii. Du retour de son roi la nouvelle semée, Volant de bouche en bouche, a changé les esprits, volt. Mérope, v, 8. || 7* Fig. Il se dit des mouvements qui entraînent l'âme fortement et rapidement. Et mon cœur tout entier vole à votre secours, cors. Héracl. 1, 4. J'écrirais jusqu'à demain ; mes pensées, ma plume, mon encre, tout vole, sév. 26 fév. 4 88». Je vois voler partout les cœurs à mon pas-
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sage, BAC. Brit. iv, 3. Mon coeur pour le chercher volail loin devant moi, id. Iphig. li, 3. Vous voyez déjà tous les cœurs voler après vous, Sire, mass. Pet. carime, Grand, de J. C. Un vain peuple, qui vole après la nouveauté, volt. Mérope, iv, 5. Que notre âme épurée Vole à ces vérités dont elle est éclairée, id. ÉpU. xuv. Pouvez-vous former un désir qu'il soit en mon pouvoir de satisfaire, sans que mon cœur vole au-devant de vos vœux? RiccOBONi, Œuvr. t. II, p. B5, dans pougens. Il 8° Passer rapidement, en parlant du temps. Le temps vole, et bientôt amènera le jour Où le nom des Hébreux doit périr sans retour, rac. Esth. i, 3. 1) 9°Fig. Il se dit de ce qu'on personnifie pour le représenter comme volant. Les Parthes.... tantôt vainqueurs, tantôt presque enfoncés, Sur l'une et l'autre armée également heureuse, Virent longtemps voler la victoire douteuse, corn. Rodog. i, 6. Si la victoire volait devant lui [le roi], les vœux de la reine avaient volé devant la victoire, fléch. Mar.-Thér. Quelqu'un a dit que la gloire réside au haut d'une montagne; les aigles y volent, et les reptiles s'y traînent, volt. Lelt. la Harpe, <9 oot. (705.1110° Fig. S'élever dans l'ordre moral, intellectuel. Miton voit bien que la nature est corrompue, et que les hommes sont contraires à l'honnêteté; mais il ne sait pas pourquoi ils ne peuvent voler plus haut, pasc. Pens. xxv, 92 his, éd. IIAVET. Il 11° Y. a. Terme de fauconnerie. Il se dit de certains oiseaux de proie qu'on dresse à poursuivre et à prendre d'autres oiseaux ou quelque autre sorte de gibier. Cet oiseau vole la perdrix, il Voler en long, voler en droite ligne. || Voler en coupant, couper le vent en le traversant. Il Voler en pointe, s'élever rapidement ou descendre de même. || Voler pour bon, se dit des oiseaux de proie qui sont bien affaités. || Il se dit aussi des personnes qui se servent de ces oiseaux pour chasser. Voler la corneille, le héron. Les meutes et les chasses à courre sont inconnues en Espagne ; mais tirer, voler, et des battues aux grandes bétes sont les chasses ordinaires, sx-sm. 89, <65. Sur une route, je rencontrai un de leurs chefs qui volait avec des faucons, legrand d'aussy, InsUt. Mém. se. mor. et pol. t. v, p. B2B.
— ursT. X' s. In figure de colomb volât [elle vole] à cie\, Eulalie. || xi* s. Plus est isnels [rapide] que n'est oisel ki volet, Ch. de Roi. cxxi. Cunlre 1* ciel volet li fous [étincelle] touz clairs, ib. ccLXXxvi. Il XII* s. Pierres et Hors en volent [du casque] en sablon [sur le sable], Ronc. p. 88. Le primerain [il] fiert si de l'espée d'acier, La teste en fait voler à tout le henapier, Sax. xi. E nostre sires muntad sur chérubin et volad, Rois, p. 206. Il xilf s. De grans festes dient pluseurs helas, Et des deliz de chacier ensement, Et de voler et de tournoiement, Lai de l'ombre. Mais parole une fois volée Ne puel [peut] plus eslre rapelée, la Rose, le 747. On pot bien savoir que les denrées ne volèrent pas d'un lieu en autre.... beaum. XXIX, (8. Endementiers que [tandis que] il venoient, il sembloit que la galio volast par les nageurs qui la contreingnoient aus avirons, JOINV. 215. Une grant route [troupe] de Turs vint hurter à nous, et ine portèrent à terre, et alerent par desus moy, et volèrent [firent voler] mon escu de mon col, id. 226. || xiv s. Jehan le croit trop de legier; Trop pou savoit du bas voler, Et par ce fut il habusé, Liv. du bon Jeh. 007. Si, après le baing, tu trouves l'esprevier en bon coraige, tu en pues [peux] bien voler l'endemain au vespre, Mudus, 1° xcix, verso. Tu scez, sire, que les jours passent en volant sans jamais retourner, Ménagier, I, 6. Il XV" s. Le roi [anglais] issit de son vaissel, et du premier pied qu'il mit à terre, il chey si roidement que le sang lui vola hors du nez, froiss. i, I, Ï86. Vous avez ouvré de votre volonté et cru cet evesque de Norduich qui cuidoit voler ainçois qu'il ait des ailes, id. ii, n, 212. || xvi* s. En y allant la corneille esvolée (Pour sçavoir tout) après luy est (rolée, marot, iv, 84. Les lances rumpues, meirent la main aux espées, et soy chamaillèrent 1 ung l'aultre, si brusquement que leurs espées volèrent en pièces, rab. Sciomachie. Uses donques hardiment des verbes et participes, qui ilJ^Z "?'^".">' P°'"» 'i'infinilifs après eux, M vnl. . 'Jî""' '/'• '=°"'"' '"mblant de mourir et volant d'y aller, pour craignant de mourir e se hasunt d'y aller, dubell.^, 32, verto l'^ 1 oiseau, qu. le soleil contemple, D'un faible vol •u ciel savanturer.... Je le vy croistre, et d'un voler plus ample Des plus hauts monts la hauteur mesurer, id. vi, 62, r«c<o. Les Gaulois haïssoient
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ces armes traistresses et volantes, mont, i, S83. Ce prince faisoit voiler des cailles à un emerillon dans sa chambre, d'acb. Hist. 11, (84. Levé plus haut ta veue. Je veux faire voler ton esprit sur la nue, ID. Tragiques, éd. lalanne, p. <23. Et elle ne croyoit pas du commencement que vos desseins volassent si haut, Sat. Mén. Disc, de d'Aubray. Ton ame, volée au troisième ciel, puisse reluire entre les estoilcs, YVER, p. 593. Tel pense voler qui ne sauroil bouger, cotgrave.
— ÉTYM. Wallon, «oirf.provenç. et espagn. »oJor ; ilal. volare; du lat. volare.
2. VOLER (vo-lé), v.a. Il 1* Prendre furtivement ou par force la chose d'autrui. Voler de l'argent, des bardes, les deniers de l'État. Je ne veux point sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions.... et furètent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler, mol. l'Av. i, 3. Je crois qu'ils se font signe l'un à l'autre de me voler ma bourse, ID. ib. I, B. 11 prit envie à M. Verrat [un des compagnons de Rousseau], qui n'avait pas beaucoup d'argent, de voler à sa mère des asperges dans leur primeur, et de les vendre pour faire quelques bons déjeunes, J. j. bous. Conf. i. ij Fig. Dès sa première enfance elle [une dame] vola la blancheur à la neige et à l'ivoire, et aux perles l'éclat et la netteté, VOIT. Lett. 69. Il Absolument. On vole dans ce quartier. Voler sur les grands chemins. || Fig. Voler jusque sur l'autel, n'avoir rien de sacré. J'allai répandre mon chagrin dans le sein de Mme Harenc: • Assurément, dit-elle, c'est bien là voler sur l'autel, ■ marmontel, Mém. m. || Fig. et familièrement. Il ne l'a pas volé, il a bien mérité ce qui lui est arrivé. 112° Voler quelqu'un, lui prendre quelque chose qui lui appartient. On m'a volé au sortir du spectacle. Ah ! qu'un homme comme cela mériterait bien ce qu'il craintl et que j'aurais de joie à le voler ! mol. l'Av. i, 3. Ce petit manège [voler des asperges pour le compte d'un autre] dura plusieurs jours, sans qu'il me vînt même à l'esprit de voler le voleur, et de dîmer sur M. Verrat le produit de ses asperges, j. 1. rouss. Conf. I. |l On dit de même : Voler la diligence. Le coquin dans le bois a volé quelque coche, REGNARD, Démoc. I, 2. || Fig. De son astre opposé telle est la violence Qu'il [Sertorius] me vole partout, même sans qu'il y pense. Et que, toutes les fois qu'il m'enlève mon bien. Son nom fait tout pour lui, sans qu'il en sache rien, corn. Sert i, t. Il 3° Fig. S'emparer d'une façon quelconque d'un bien qui appartient à un autre. Suréna, de l'exil lui seul m'a rappelé. Il m'a rendu lui seul ce qu'on m'avait volé. Mon sceptre.... corn Sur. m, ). Et si quelque insolent lui volait sa conquête [Hélène], KKC.Iph. I, 3. Il Voler un nom, un titre, s'attribuer un nom, un titre. Mais conniver en lâche à ce nom qu'on me vole, Quand son père à mes yeux au lieu de moi l'immole! corn. Héracl. iv, ). C'est un titre qu'en vain il prétend me voler, rac. Iphig. V, 2. Il 4* Fig. S'approprier les pensées et les expressions des autres. Voler des pensées à un auteur. Voler des phrases. Il a volé cela dans tel livre. Voler ceux [auteurs] de son siècle en s'appropriant leurs pensées et leurs productions, c'est tirer la laine au coin des rues, c'est voler les manteaux sur le Pont-Neuf, la motiie le vaïer, lettre citée par bayle, Dict. art. Éphores. Je vous supplierai de me renvoyer votre dernière copie [de Tancrède] avec la première.... car il faut confronter; quand il n'y aurait qu'un vers heureux à se voler à soi-même, il ne faut rien négliger, VOLT. Lett. d'Argental, 27 oct. it60. |! 6'Fig. Se réserver, comme par un vol, un moment. Je volais un moment à mes douleurs, pour tâcher d'être plaisant dans ce moment-là, volt. Lelt. d'Argental, 5 aoiit (776. Il 6' Se voler, v. ré/l. Se voler soimême. Ciell à qui désormais se fierl il ne faut plus jurer de rien; et je crois, après cela, que je suis homme à me voler moi-même, mol. l'Av. v, 2. || Se voler l'un l'autre. Ces deux coquins se sont volés.
— HIST. XTi" s. Voler, volare ; voler aucun, pecuiotum facere, expilare, Trésor des mots français, Rouen, (597 (petit dictionnaire français-lalin sans nom d'auteur).
— ÊTYM. Mot récent pour lequel on disait embler, rober, larroner, et qui ne s'est introduit que vers la fin du XVI* siècle. D'après Dier, c'est une abréviation du lat. tniîoJarc, voler, dérober, que les étymologisles latins, à tort ou à droit, expliquent, non, comme il dit, par roI<ifu rapere, mais par vola, la paume de U main : mettre dans la paume de la
VOL
main. Hais comment se fait-il que involare, qui a donné embler, ait donné aussi voler par aphérèse; et surtout comment se fait-il que ce mot ne se trouve pas dans les anciens textes, quand ce n'est guère que dans l'antiquité que l'aphérèse a pu se faire? Il n'y a pas lieu de sortir de la forme du mot : voler, au sens de dérober, est simplement une dérivation figurée de voUr, chasser à l'oiseau; on le dit à l'actif: «oler une perdrix.
VOLEREAD (vo-le-rôj , s. m. Petit voleur, voleur maladroit, inhabile. Mal prend aux volereaui de faire les voleurs, la font. Fabl.u, («.
— étym. Diminutif tiré de voleur 2.
1 . VOLERIE (vo-lè-rie), s. f. Terme de fauconnerie. La chasse pour laquelle l'oiseau est dressé à voler d'autres oiseaux. L'électeur de Bavière suivit le roi à la volerie, et s'en retourna le soir à Surênes, st-sim. 344, (6. || Haute volerie, celle du faucon sur le héron, sur les canards et sur les grues; celle du gerfaut sur le sacre, sur le milan, etc. Basse volerie, celle du laneret et du tiercelet de faucon sur la perdrix, la pie, etc. Il avait haute et basse volerie.
— IIIST. XV* s. Si vous montrerai chasses de cerfs et volerie de faucons bons et beaux, avant que vous départiez de moi, froiss. n, m, (08. Il XVI* s. Avertis par leurs femmes et amis de gaigner la campagne sous couleur d'aller à la voUerie, d'aub. Ilist. n, (22. Laissant la haute volerie pour les plus grands, le bas voler sera pour le simple gentilhomme, o. de serres, 994
— ÊTYM. Foleur ( . On trouve dans E. Deschamps volerie au sens de volatile.
2. VOLEUIE (vo-le-rie), s. f. Larcin, pillerie. De là vient que les voleries publiques sont des habiletés, et que prendre des provinces injustement s'appelle faire des conquêtes, la rocbefouc. Prem. pens. 69. Un continuel malheur et un continuel bonheur [au jeu] n'est pas une chose naturelle; il n'y a pas longtemps qu'on m'avoua le fudon [trois cartes semblables à certains jeux] ; vous souvient-il de cette volerie? sÉv. 30 mars (672. Que prétendez-vous, ô pécheur, dans ces plaisirs que vous recherchez, dans ces biens que vous amassez par des voleries ? boss. 4 vétiire, (. Toutes les voleries qu'on peut faire dans une maison en quinze ans, GENLis, Thédt. d'éduc. March. de modes, se. 9. Il Fig C'est ainsi que toute la vie N'est qu'un cercle de volerie, lamotte, Fabl. i, 2.
HIST. XVI' s. U [le roi de Portugal, assignant
aux Juifs bannis trois ports de passage], esperoit, que.... la difficulté de se commettre, comme leurs compaignons, à la volerie des mariniers.... mont. I, 298. Nous avons veu, de nostre temps.... des hommes de maison convaincus de plusieurs horribles voleries, id. ii, 72. Ils le convierentàquelques voUeries sur les chemins, d'aub. Hist. n, î4«.
— ÊTYM. Voleur 2 ; wallon, volreie.
VOLET (vo-lè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, 1'» se lie: des vo-lè-z enlr'ouverts), s. m. || 1° Terme de liturgie. Morceau de carton, garni d'une étoflTe précieuse, qui sert à couvrir le calice sous le voile (le sens propre est celui de morceau d'étoffe flottant). Il Terme de blason. Large ruban attaché au sommet du casque. || 2° Par assimilation, petit ais ou tablette qui sert à faire le triage des choses menues, comme graines et autres semblables. Il Fig. Trié sur le volet , d'élite, de premier choix. Tous les hommes en crédit, triés comme sur le volet parmi ceux qui ont contre moi quelque animosité secrète, pour concourir au commun complot, J. J. ROUSS. 2* prom. \\ 3° Panneau de menuiserie qui, s'ouvrant et se fermant suivant le besoin, sert à garantir, en dedans de la chambre, les chissis d'une fenêtre, par opposition à contrevent qui les garantit en dehors. Une chambre haute Où, malgré les volets, le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été, boil. Sat. m. Des filous effrontés, d'un coup de pistolet. Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet, id. ib. vi. || Volet brisé, ou de brisure, volet qui peut se plier dans le sens de sa hauteur, j] Volet de parement, celui qui est tout d'une pièce, par opposition à volet de brisure. Il 4* Il se dit par abus pour contrevent. Volets verts. Ouvrant mes deux volets pour respirer à l'aise Les brises de la nuit dont la fraîcheur m'apaise, LAMART. Joe. VI, 235. || Il se dit aussi de la fermeture extérieure de façades de boutiques. Il 6° Espèce de pigeonnier, dont l'ouverture se ferme par un petit ais. Autrefois on permettait l'usage du volet à ceux qui ne possédaient pas assez de terres pour jouir de ce qu'on appelait droit de colombier. || L'ais qui sert à fermer le vo-
VOL
let ou pigeonnier. Abaisser le volet. || L'ais qui est fixé horizontalemenl à l'entrée du volet ou pigeonnier. Les pigeons se moUcnt au soleil sur le volet. Il 6* Se dit des ailerons ou petites planches qui font tourner la roue d'un moulin à eau. Il 7" Terme de marine. Boussole portative, dont on se sert à bord des embarcations. |1 8' Terme de pèche. Au plur. Gaules menues et pliantes, sur lesquelles les pêcheurs montent le filet de leur liouteux ou grande truble. || 9* Terme de botanique. Nénuphar. Il Terme de zoologie. Nom donne à deux des trois pièces dont se compose le masque des larves des libellules.
— HlST. XIV* s. Des sains corporaus des yglises Faisoicnt volez et chemises, Communément à leur meschines, En despit des euvres divines, 0. GuuRT, dans du cange, mischinus. Le suppliant prinst.... un voulet de soyo, du canoë, voietus. Il XV* s. Le voulet ou cuevrechief, id. ib. Un quevrechief ou voleté, id. ib. Le suppliant.... tira d'un arc... une sayette ou volet, id. ib. Et avoit levé sa visière le plus avant qu'il le peut faire, et cstoil celle visière couverte d'un volet bien délié, ol. de LA MARCHE, Mém. I, p. 19), dans lacurne. Estoient leurs visages couverts d'un volet et voile si délié qu'elles pouvoient voir au travers, math, de coucv, Hist. de Charles Vil, p. 678, dans lacurne. Il XVI* s. Esleus, choisis et triés comme beaux pois sur le volet, rab. m, 30. 0 illustres assistants choisis et triez au volet pour la dignité de cette notable assemblée, Sat. Mén. p. 71.
— f.TYM. VoJerl,à cause que ce morceau d'étoffe vole, flotte. On serait tenté d'y voir un diminutif de voile, mais les formes ne s'y prêtent pas. De plus volet au sens de flèche indique visiblement le verbe voler.
VOLETER (vo-le-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je volette, je voletterai), V. n. Volera plusieurs reprises, à la manière des petits oiseaux. Et les petits, en même temps, Voletants, se culebutants, Délogèrent tous sans trompette, la pont. Fabl. iv, 22. Lorsque leurs ailes [des petits de la cigogne] commencent à croître , ils s'exercent à voleter au-dessus du nid, BUFF. Ois. t. xiii, p. 380. || Fig II fiiudrait un peu de cette liberté anglaise qui nous manque.... nous sommes de jolis oiseaux à qui on a rogné les ailes; nous voletons, mais nous ne volons pas, VOLT. Leti. M" du Deffani, <» août <7aa. ||llse conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xn* s. Li aigles purvocans [provoquant] à voler ses pulcins, et sur ois volitanz, Lib. p$alm. p. 243. Il xiii* s. Si come aigle apele à voler ses polcins et seur eus voletanz, Psautier, f* 187. Come l'aigle voleté seur ses oisiax por euls garder, ib. Li cuers li muet molt et voleté, Partonop. T. 1307. Il XIV* s. Quant l'esprevier sera plus fort et qu'il volletera, Ménagier, m, 2. |1 xvi* s. Le vent par coups ses membres descouvroit. Et voleter faisoit ses vestemens, marot, iv, 40. Comme un papillon, voletant de fleurette en fleurette, yver, p. B3I . Oyseaux qui voletez par ces lieux solitaires, DESPORTES, Angélique, l. On le veoit [l'Arioste] voleter et saulteler de conte en conte, comme de branche en branche, mont, n, 104.
— ETYM. Provenç. volitar; du lat. volitare, fréquentatif de volare, voler l.
t VOLETTE, s. f. ||1* Petite Claie Bur laquelle on épluche la laine, || 2° Se dit d'une frange de cordelettes, dont on borde le réseau qui couvre le cheval en été, afin qu'en le secouant, il chasse les mouches.
— ÉTYM. Autre forme de volet.
t VOLETTEMENT (vo-lè-te-man), ». m. Action de voleter.
— ÉTYM. XVI* s. Voletement, oudin, Dict.
fi. VOLEUR (vo-leur), s. m. Terme de fauconnerie. Se dit des faucons et autres oiseaux de proie. Il Bon voleur, oiseau qui vole «virement.
— ÊTYM. Voler 1.
2. VOLEUR, EUSE (vo-leur, leû-z'), ». m. et f. Il l'Celui, celle qui a volé, qui vole habituellement. Une troupe de voleurs arabes qui avaient fait une irruption dans le camp, avaient tué tous ses frères, saci. Bible, Paralip. n, 22, 4. Jésus- Christ vient, dit-il, comme un voleur, toujours surprenant et impénétrable dans ses démarches: c'est lui-même qui s'en glorifie dans toute fon Ecriture, Doss. Mar.-Thér. Comme un voleur, direz-vous, indigne comparaison! n'importe qu'elle toit indigne de lui, pourvu qu'elle nous effraye, et qu'en nous effrayant, elle nous sauve? id. ib. Car, sitôt que du soir les ombres pacifique» D'an
DICT. DE LA LAMOUI rRAKCAISB.
VOL
double cadenas font fermer les boutiques.... Les voleurs à l'instant s'emparent de ta ville [Paris], DOIL. Sat. VI. On obligeait le voleur d'un chien de chasse à faire trois tours sur la place publique, en lui baisant le derrière, saint-foix, JÏ«. Pari», (Kuvr. t. IV, p. 24, dan» pol'Oens. La loi des Douze Tables permettait de tuer le voleur de nuit, aussi bien que le voleur de jour qui, étant poursuivi, se mettait en défense, uontesq. Esp. xxix, 15. En vérité, en lisant l'histoire des York, des Lancastre et de bien d'autres, on croit lire l'histoire des voleurs do grands chemins, volt. Lett. H. Walpole, 16 juillet 1708. En Angleterre, les voleurs sont trèsrarement meurtriers, parce qu'ils ne sont pas forcés au meurtre par une loi qui n'aurailpas assez distingué la rapine et l'assassinat, id. Pol. et lég. Prix de la just. et de J'/ium. ii. || Fig. C'est une beauté fort différente de celle de la reine Épicharis; mais, si elle n'est pas si égyptienne qu'elle, elle ne laisse pas d'être pour le moins aussi voleuse : dès sa première enfance, elle vola la blancheur à la neige.... voit. Lett. 69. Le jour fatal est proche, et vient comme un voleur, boileao, Ép. m. || Familièrement. Être fait comme un voleur, avoir ses vêtements en désordre, en mauvais état. || Au voleur! cri pour appeler du secours contre un voleur. Au voleur! au voleur! à l'assassin! aumeurtrier! justice, juste ciel! je suis perdu; je suis assassiné I mol. VAv. iv, 7. || Fig. Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur ; Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur! mol. Prée. 10. ||a* Par exagération. Celui qui exige plus qu'il ne devrait demander. Ce marchand est un voleur. || 3* Il se dit des conquérants, des mauvais princes. Les successeurs d'Alexandre volent aujourd'hui pour eux les provinces qu'il avaient volées pour leur maître voleur, VOLT. Dial. xxix, 1. Un prince qui, sans forme de justice et sans justice, emprisonne ou fait périr des citoyens, est un voleur de grand chemin qu'on appelle Votre Majesté, m. Pensées sur le gouverrt. 1752.
— HIST. XVI* s. Quant au mot de voleur, l'ordonnance du roy François premier faite contre eux nous enseigne l'origine, quand elle dit qu'il y avoit des meschans hommes, lesquels, faisant semblant de voler l'oyseau, aguetoient des marchands sur les chemins; si cela n'est vray, il est bien trouvé, PASQuiER, Rech. vin, p. 7l 9, dans lacurne. Les voleurs qui se sont engraissés de la substance du peuple et qui ont pillé à toutes mains ies meubles des présents et des absents, Sat. Mén. Disc, de d'Aubray.
— ÉTY!«. Voler 2.
VOLIÈRE (vo-liè-r"), s. f. || 1' Lieu ordinairement fermé de fll d'archal où l'on nourrit des oiseaux. Avoir une volière dans son jardin. Diphile commence par un oiseau et finit par mille; sa maison n'en est pas infectée, mais empestée ; la cour, la salle, l'escalier, le vestibule, les chambres, le cabinet, tout est volière, la bbuï. xiii. La meilleure exposition pour les volières est celle de l'orient; c'est une expérience constante que les nids réussissent mieux là que partout ailleurs, genlis, Maison rust. t. i, p. 423, dans pougens. Il Édifice qui fait partie d'une ménagerie et qui est destiné à renfermer et à conserver des oiseaux, ordinairement des oiseaux rares. 112" Particulièrement, grande cage qui a plusieurs séparations pour mettre différentes sortes d'oiseaux. || S* Lieu où l'on nourrit des pigeons. Pigeons de volière.
— HIST. XV* s. Champaigne a Meaulx et Trois sa justiciere, Vitri, Chaumont; par ces quatre liens Ou par les deux est Brie en volière, e. desch. Poésies mss. f» 232. Les femmes me plaisent bien autant et plus que vos chasses et volières, louis xi, Kouv. XXVI. Il XVI* s. Chants de tous oisillons domestiques et nourris en des voliers, yver, p. 82B.
— KTYM. Voler i ; wallon, voHr.
VOLIGE (vo-li-j'), ». f. Planche mince de sapin ou d'autre bois blanc. Chaque volige, ayant beaucoup plus de largeur qu'une latte, a été dite bilatte et par corruption belette, nom donné à la volige dans plusieurs départements, legoarant. || Latte dont on se sert pour les couvertures en ardoises. Il Adjectivement. Latte volige, celle qui sert à porter l'ardoise. Il On trouve aussi dans les dictionnaires de métiers volice, voliche et volille. Pour chacun millier de lattesvoliUes, à quarante bottes par millier. Tarif des droits, 1680.
— ÊTYM. Voy. vouNS ou vous, dont voligB paraît être une forme.
t VOLIGEAGE (vo-li-ja-j'), s. m. Action de voliger, de garnir de roliges. On vient de terminer la mise en place de la charpente métallique de ces pa-
VOL
villons, et l'on procède activement au voli gcago et leur toiture, jronit.univ. 17 mars 1868, p. 452, ;i*col.
t VULIGER (vo-li-jé. Le g prend un e devants et 0 : voligeant, voligeons), v. a. Garnir un toitda voliges.
t VOLINS (vo-lin) ou VOLIS (vo-ll), t. m. pL Synonyme de rompis.
— BTYM. Volint, volis, seraient-ils pour vaulint, vaulit (voy. oaoli, où l'on trouve la forme dialectale vaule) T
VOLITION (vo-li-sion), ». f. Terme de psychologie. Acte par lequel la faculté de vouloir te détermine i quelque chose. Une volition déterminée par une suite de causes k l'infini, conoil. Traité des syst. ch. 10. Le» perceptions et volitioni de l'àme, bonnet, Paling. phil. vu, 7.
— SVN. VOLITION, VOLONTÉ. La volonté est la faculté de vouloir; la volition est un acte de la volonté.
— ÊTYM. Mot tiré du lat. vol, radical dans volo, je veux.
t VOLITIONNEL, ELLE (vo-lJ-»io-nel, nè-l'), adj. Qui a rapport à la volition.
+ VOLNAY (vol-nè), ». m. Vin du bourg de co nom (Crtle-d'Or).
VOLONTAIRE (vo-lon-té-r"), od;. ||1* Il «e di» do tout ce qu'il est en notre pouvoir de faire ou de ne pas faire. Mouvement volontaire. Eh bien, dismoi, l'amour est-il si volontaire? Tristan, Panthée, m, ». Afin qu'une action soit volontaire, il faut qu'elle procède d'homme qui voie, qui sache, pénètre ce qu'il y a de bien et de mal en elle, PASC. Pro». IV. IITerme de physiologie. Nerfs volontaires, ceux qui se rendent au tissu musculaire, et qui, par leur intermédiaire, le soumettent à l'influence de la volonté; ils n'ont pas de corpuscules ganglionnaires. || Muscles volontaires, ceux qui exécutent les mouvements volontaires , ou muscles de la vie animale, muscles rouges à faisceaux striés non ramifiés. || î* Qui se fait sans contrainte, de pure volonté. Une erreur volontaire, corn. Médée, iiyd. Plus elle [la mort] est volontaire, et plu» elle mérite, ID. Po?v. n, 6. Malheurvolontaire,«OTR. StGen. v, 7. Elle /la grâce] est malheureusement vaincue, destituée .le l'effet qu'elle voulait, par la seule défection très-volontaire et très-libre de U volonté dépravée, boss. Avert. tur le livre Itéflex mor. m. Cet aveu que je te viens de faire, Cet aveu si honteux, le crois -tu volontaire? rac. Phèdre, n, 6. Trompant là surveillance, ou peutêtre trompé lui-même par une inattention volontaire de la police autrichienne, il [Hontrond] parvint à s'introduire dans les jardins de Schœnbrunn. viLLEMAiN, Souien. contemp. Les Cent-Jours, ix. Il 8* Qui agit par sa propre volontâ sans y être contraint, en parlant des personnes. Pourquoi, de mon tyran volontaire victime , Précipiter vos jours pour me noircir d'un crime? corn. Hérael. iv, 4. Pour obtenir les privilèges des ju risconsultes, il suffisait d'avoir de quoi les acheter.... et les fortunes des particuliers tomt>aient entre les mains de ces ignorants volontaires i qui le pouvoir de les défendre était un droit pour les ruiner, fléch. Is Tellier. D'une lâche indolence esclave volontaire, boil. Épit. xi. Les dames avaient chacune un amant d'obligation, sans les volontaires, dont le nombre n'était pas limite, hahilt. Grain. 4. ||i* Qui ne veut faire que sa volonté. Il est trop volontaire, il n'apprendra rien. || Substantivement. Cet enfant est un petit volontaire, vous n'en ferez rien. C'est un petit volontaire [un officier] qui sert les dames par quinzaine, damcourt, VÉtédes coquettes, se. 14. ||Termedemanéf,'e.Sedit d'un cheval désobéissant et d'un cheval do tirage qu'on appelle aussi badinant. || B° 5. m. Celui qui sert dans une armée, qui prend part à une expédition, sans y être obligé. Il était défendu aux volontaires d'aller à. l'attaque, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 177, Un volontaire no dort pas en repos, s'il n'a essuyé les premiers coups qu'on tire, hahilt. Gram. 2. J'ai parlé de ces volontaires qui, chez let Geruiains, suivaient les princes dans leurs entreprises, montesq. Esp. XXXI, 4. Il résulte de tout ce que nous avons remarqué que l'Athénien Xénophon, n'étant qu'un jeune volontaire, s'enrôla sous un capitaine lacédémonicn, au service d'un rebelle, VOLT. Dict. phil. Xénophon. 11 [Marlborough] avait fait autrefois ses premières campagnes, volontaire sous ce général [Turenne], id. Louis XIV, 18. Il On dit à peu près de même : Cet officier n'était pas commandé, il alla à cette action comme volontaire, il y alla volontaire. Du Pas se fit tuer, un an après, au siège de la petite ville de Grave, cù il servit volontaire, tolt. iout» XIV, it. || Non
VOL
donné à des gentilshommes de treize à quatorze ans qu'on admettait à servir sur les vaisseaux du roi, Ordon. de Louis XV, M sept. «704. Les volon- Uir'es furent supprimes par un décret du 17 sept. 4792. Il 6' Se dit des soldats do difTérents corps formés par des enrôlements volontaires pendant les premiers temps de la révolution française. Six cent mille volontaires inscrits veulent marcher à la fronlibre.... ils restent tous marqués d'un signe qui les met à part dans l'histoire ; ce signe, cette formule, ce mot n'est autre que leur simple nom: Volontaires de 92, miciielet, Ilist. de la Révolution, t. III, p. 494.
— HIST. XIV' s. Félicite, qui est souverain bien, est acquis et gardé par œuvres volentaires , ORESME, Éth. VI, 10. Il montre plus à plain que chose faite par paour [peur] n'est pas proprement volontaire, ID. ib. 40. ||xv' s. Le sire de Commegines, qui estoit adonc jeune et voulontaire, dit qu'il vouloit chevaucher hors de ce village, FROiss. I, p. 247, dans LACunNE. Les princes sont plus enclins en toutes choses volualaires que les autres hommes, comm. Prol. \\ xvi' s. Qui est-ce qui arguera le péché n'estre point volontaire en l'homme, pour ce qu'il est sujet à nécessité de peché?CAi.v. Instit. 2n. Nostre liherté volontaire n'a point de production qui soit plus proprement sienne que celle de l'amitié, mont, i, 208. La plus volontaire mort c'est la plus belle, id. i, 25. Et comme ils ont authorité de leur commander, aussi leurs fils sont fort volontaires à leur obéir, langue, 634. Celui-là [inconvénient] n'est pas moindre d'avoir à manier des gens volontaires [des volontaires], ID. B77. Il les accoustumoit à employer aux voluptez, délices et choses superflues et vouluntaircs l'argent qui leur restoit après avoir satisfait à leurs nécessitez, amyot, Cat. 7. Je la fis reconnoislre [une barricade] par mon volontaire, qui estoit un jeune garçon de seize ans qui cnireprenoit des travaux hasardeux au siège de Monlauban que les soldats ne vouloient point accepter, lUém. de Bassompierre, t. m, p. 57, dans laclrne. El peut ledit juge émanciper les femmes mariées, comme quand les maris sont prodigues, voluntaires et de mauvais gouvernement, Coust. gén. t. Il, p. 285.
— ÉTVM. Prov. voluntairi; esp. voluntario ; ital. volontario; du lat. volunlarius (voy. volonté). L'ancienne langue avait volenteis , très-usité.
VOLONTAIREMENT (vo-lon-tê-re-man), adv. De bonne volonté, san.s contrainte. N'imaginons pointde vains prétextes, pour nous priver volontairement d'un bien que nous avons au milieu de nous, bour- DAL. Domin. Dim. dans Voct. du St-Sacrem. Fréq. commun, p. 335. Il me semble que nous agissons toujours nécessairement quoique volontairement : c'est très-volontairement que je ne m'empoisonne pas, d'alemb. Lett. au roi de Pr. i" févr. I77i.
— IIIST. xiv° s. Il venoit voluntairement et sans nécessité, Bibl. des ch. ISTI, p. asi.jjxv s. Oue le suppliant avoit gouverné volontairement [arbitrairement] et s'estoit enrichi des biens et revenus d'icelle ville [Hesdin, dont il était maire], DU CANOE, voluntarium. || xvi* s. L'homme, après avoir esté corrompu par sa chute, pèche volontairement, et non pas maugré son coeur, CALV. Inslit. 212. Sans aucune contrainte chacun se bridoit volontairement pour ne commettre point ce que souventesfois l'horreur des supplices ne peut empescher, lanoue, 57).
— ÊTVM. Volontaire, et le suffixe ment; provenç. voliintieraitient.
i VOLONTARIAT (vo-lon-ta-ri-a), s. m. État de celui qui sert volontairement, qui est volontaire. Le saint-père a beaucoup recommandé de ne lui enrôler que des soldats bien pensants et de bonne conduite ; mais, en général , le volontariat militaire.... EBDAN, dans le Temps, 2o févr. (866. || Dans les pays où le service militaire est obligatoire, engagement volontaire par lequel un jeune homme obtient de faire, avant l'âge voulu, une partie de son service.
— RTYM. Volontaire.
VOLONTÉ (vo-lon-té), I. f.\\l' Puissance intérieure par laquelle l'homme et aussi les animaux le déterminent à faire ou à ne pas faire. Et rien n'est tant à nous que notre volonté, rotb. Vencesl. n, ». La volonté nous détermine, Non l'objet ni rinstincl; je parle, je chemine, Je sens en moi ecrtoin agent; Tout obéit dans ma machine X ce principe inlclligent, la font. Fabl. x, I. Quand la volonté, i la volée et sans discussion, se porte à vouloir ou abhorrer, pasc. Prov. iv. L'esprit croit aaturellement, et la volonté aime naturellement m
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Pens. VII, ) I, éd. havet. Personne n'ignore qu'il y a deux entrées par où les opinions sont reçues dans l'àme... l'entendement et la volonté, in. Géométr. H. Le sage Locke n'ose prononcer le nom de liberté; une volonté libre ne lui parait qu'une chimère; il ne connaît d'autre liberté que la puissance de faire ce qu'on veut, volt. Phil. Newt. i, 4. Notre volonté est une force qui commande à toutes les autres, lorsque nous la dirigeons avec inlclligence, BiJFF. Ilist. min. Introd. t. vi, p. 164. Il n'est point de volonté où il n'est point de raison de vouloir, Ess. anal, dme, 12. Il n'y a point de véritable volonté sans liberté, J. J. noiss. Ém. iv. Dans un sens plus général, la volonté se prend pour une faculté qui embrasse toutes les opérations qui naissent du besoin, condil. Œuv. t. v, p. xcviii. Il Terme de manège. Volonté gagnée, se dit lorsque le cheval est devenu obéissant || 2" Particulièrement, la volonté considérée comme agissante, et, par extension, les actes mêmes de la volonté; ce qu'une personne veut, prescrit ou désire. Comment l'appellerai-je? — Ami de volonté, Ennemi seulement par la nécessité, du ryer, Scévole, IV, 5. Il s'en faut bien que nous connaissions toutes nos volontés, la rochefouc. Hé/l. mor. n" 293. Comme il a volonté.... De me déterminer à l'hymen d'Hippolyte, mol. l'Ét. ii, 9. Il y a deux principes qui partagent les volontés des hommes, la cupidité et la charité, pasc. Pens. xv, 7, Je ne fais pas sur cela ma volonté, sÉv. ))6. Je trouve qu'elle doit être louée d'avoir la volonté avec le pouvoir; car les deujc choses sont quasi toujours séparées, id. 284. Corbinelli est ravi de ces deux volontés, qu'on trouve si bien en soi, sans qu'il soit besoin de les aller chercher si loin, m. 294. Doux obstacles presque invincibles nous empêchent d'être les maîtres de nos volontés, l'inclination et l'habitude, boss. Sermons, sur lapénitence, 2. Vos bons désirs, vos volontés imparfaites, vos commencements de vertu, ID. Méd. sur i'fivanff.Pern. sem. du Sauveur, 69' jour. Comme, si vous ne pouvez pas ce que vous voulez, votre volonté n'est pas satisfaite, de même, si vous ne voulez pas ce qu'il faut, votre volonté n'est pas réglée, id. Sermons, Ambition, i. Le faible des grands politiques et leurs volontés changeantes, id. Anne de Gonx. Le sénat chaque jour et le peuple, irrités De s'ouïr par ma voix dicter vos volontés, rac. Brit. iv, 2. Bientôt ils [les flatteurs] vous diront.... Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même, m. Ath. IV, 3. Quoique, en jouant du luth, je ne songe pas à tous moments à remuer les doigts, et que je n'aie qu'une volonté générale, il a pourtant fallu que j'aie eu une volonté particulière, ou en commençant cette pièce, ou quand j'ai appris d'abord à jouer du luth, ce qui suffit, FONTEN. Œuv. t. IX, p. 340. La volonté de l'homme est bien ambulatoire, rkgnaed, le Distr. v, 10. Avoir une volonté , c'est préférer un objet à un autre objet, une situation à une autre situation, BONNET, Ess. anal, âme, <o. Ceux qui ne sont plus ne peuvent nous entendre, et leur volonté sans force porte un caractère touchant et sacré, STAËL, Cort'nne, XX, 3. Il En volonté, en voulant. ...S'approche, plus savante, en volonté de lire, RÉGNIER, Sat. m. Il Demi-volonté, volonté faible. S'il eût borné toutes les opérations de sa grâce à votre égard, à ces demi-volontés dont le monde est plein, MASS. Profes. relig. Sermon 4. Le grand défaut de presque tous ceux qui gouvernent, est de n'avoir que des demi-volontés et des demi-moyens, VOLT. Dict.phit. Vénalité. || Toucher la volonté, toucher l'esprit, lecteur. Misérable! je puis adoucirdes taureaux.... L'enfer tremble, et les cieux, sllfit que je les nomme. Et je ne puis toucher les volontés d'un homme! CORN. ir^d. m, 3. j) Acquérir, gagner les volontés, se concilier les cœurs. Cette grâce si charmante dont vous gagnez les volontés de tous ceux qui vous voient, voit. Lett. 3. Mon bonheur d'ordinaire M'acquiert les volontés de la fille et du père, Si bien que, de tous deux également chéri, L'un me veut pour son gendre, et l'autre pour mari, corn. Méd. i, i. || Avoir de la volonté, être d'un caractère ferme qui tient à ce qu'il veut. Nous avons plus de force que de volonté ; et c'est souvent pour nous excuser à nous-mêmes, que nous imaginons que les choses sont impossibles, LA ROCHEFOUC. Max. 3U. {| Par exagération. Cet homme n'a point de volonté, il est toujours de l'avis desaulres. Il Avoir une grande volonté, une volonté forte, bien de la volonté, avoir beaucoup d'ardeur pour ce qu'on entreprend. Il faut marquer en celte affaire ce qui ne se trouve pas dans les gazettes,
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la grande volonté des troupes et des officiers pir l'espérance de voir bientôt le roi à leur tête, pel^ lisson, Lett. hist. t. m, p. 3«o. || Il n'en fait qu'à sa volonté, il est entêté, opiniâtre. ||8' La volonté de Dieu, ses ordres, ses décrets. Que la volonté de I Dieu soit faite. La volonté du ciel soit faite en toute chose! KOL.Tart. iv, ). Il fautjugerdecequiestboa ; ou mauvais par la volonté de Dieu qui ne peut être I ni injuste, ni aveugle, et non pas par la nôtre ' propre, qui est toujours pleine de malice et d'cr- ■ reur, pasc. Pens. xxiv, (3 bis. L'essence du péché j consistant à avoir une volonté opposée à celle que nous connaissons en Dieu, ID. Lett. à Mlle de Aoanneï, 6. Si nous ne suivons cette doctrine [le mystère des desseins de la Providence], nous aurons le déplaisir de voir que, rien dans le monde n'étant quasi dans l'ordre, tout s'y passera contre la volonté de celui qui l'a fait, sÉv. 44 6. Saint Augustin dit sans I hésiter que les volontés humaines ne peuvent pas résister à la volonté de celui qui fait tout ce qu'il luiplaîtdans le ciel et dans la terre, BOSs. jluert. sur le livre Iliiflex. mor. v. || On dit de même : la volonté du ciel, des cicux. Il a fait assembler ceux qui savent le mieux Lire en un songe obscur les volontés des cieux.... rac. Esth. n, i. |{ Dieu en a fait sa volonté, se dit d'une personne qui est morte. Il 4° Les dernières volontés d'une personne, ce qu'une personne veut qui soit fait après sa mort. Il Acte de dernière volonté, un testament. || B" Particulièrement, au plur. Fantaisies, caprices. On ne doit pas laisser suivre à un enfant toutes ses volontés. Telle est la liberté de l'homme pécheur.... qui, pour trop faire ses volontés, par une étrange contradiction de désirs, s'empêche lui-même d'être ce qu'il veut, c'est-à-dire, heureux, BOSS. 4* serm. y^fure, I. Il 6"Bonne, mauvaise volonté, disposition favorable, défavorable, où l'on est pour quelqu'un, pour quelque chose. La reine connut bien par l'embarras de Son Altesse Royale que sa conduite était plutôt un effet de sa faiblesse que de sa mauvaise volonté, RETZ, Idém. t. ii, liv. m, p. 490, dans pougens. Je vous prie de bien remercier M. Tribolet, et de me conserver toutes ses bonnes volontés, SÉV. ie janv. 4 094. Priez-la de vous conserver sa bonne volonté, BOss. Lett. Corn. 67. || Dans un autre sens, bonne, mauvaise volonté, disposition à faire tous ses efforts, à ne faire aucun effort. Cet enfant est rempli de bonne volonté. J'ai bonne volonté ; mais je ne puis encore rien déterminer, BOSS. Lett. Corn. 43. Les Polonais, qui formaient son aile droite [d'Auguste, roi de Saxe], s'enfuirent tous dès le commencement de la bataille, les uns par terreur, les autres par mauvaise volonté, volt. Charles XII, 2. || Cet officier, ce soldat est de bonne volonté, il est prêt à exécuter les ordres qu'on lui donne, à s'offrir dans les occasions périlleuses. On demanda des hommes de bonne volonté. || De bonne volonté, se dit aussi, en mauvaise part, des personnes qui se prêtent à des actes malhonnêtes. [Un matelot] achète les faveurs de la première fille de bonne volonté qu'il rencontre, sur les ruines des maisons détruites [dans le tremblement de terre à Lisbonne], volt. Cand. 5. || X volonté, loc. adv. X son gré, quand il semble bon. Ce ressort joue i volonté. Il Billet payable à volonté, billet payable quand celui à qui il est-dii voudra être payé. || Voiture à volonté, service à volonté, voiture, service de domestique qu'on loue quand on en a besoin. Il Arme à volonté, commandement militaire de porter l'arme comme il sera plus commode. Il Proverbe. Les volontés sont libres, se dit quand quelqu'un refuse de faire quelque chose qu'on lui propose. Monsieur, les volontés sont libres; que m'importe? mol. lÉt. m, ». B : Ne dit-on pas tout les jours : les volontés sont libres? — A : Un proverbe n'est pas une raison, volt. Dict. phil. Liberté. — HIST. XII* s. Ainz me convient otroier et graer Les volentés de mon cuer sans défaire. Coud, ii. Et si [je] me sui mis à sa volenté [de ma dame], Que nus travaus mon dosir ne refraigne, ib. xiv. Mais il convient qu'à sa volenté [je] soie, ib. xxi. Toute lor volentei or en iert [sera] accomplie, Sax. XX. Quant vit qu'il ne purra faire ses volcnlez, Th. le mart. 25. ||xiii' s. La volenté du duc fu tele que il refusa, villeh. xxv. Li rois fist de la serve toute sa volenté [jouit d'elle], Berte, xv. Le roy dist à l'amiral [l'émir] que il deist sa volenté, joiNV. 259. Il XIV" s. La mort et les plaies donneat grans Iristcsces à celi qui est fort, combien que il les soustienne de volenté, oresme, Èth. 90. Comment! ce dit li rois, ne sui-je rois nommez, D'Espaigne et de l'onnour sires et couronnez? Ne puisje pas bien faire toutes mes volentex ? Gutsclin,
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M95. Bonne volenlé doit pour œvre eslro contée, Baud. de Seb. m, 908. || xv s. lA furent pris ledit messiro Hue le père et le comte d'Arondel, et amenés par devant la roine pour faire d'eux sa pure volonté, FROiss. I, I, 20. Et tantost les Anglois les envahirent et assaillirent de grand volonté, ID. i, i, S9«. Si entendit-il sccrclcmcnt que le roi estoit en volonté de faire prendre sa sœur, son fils... et de eux remettre au roi d'Angleterre, m. i, i, )2. Cette obstinée Toulenté ne dura pas gramment, louis xi, Nouv. Je connois lavollonlé que mes parens vous portent, qui vous sont tout forts amys, et l'estime on laquelle ils vous ont, l'Amant ressuscite', p. 4 i •-•, dans LACURNE. % la mienne volonté que [je voudrais quel de mon sang se pust assouvir, t'b. p. 391. ||xvi's. Seigneur Dieu, ta siincto voulcnté soyt faicte, HAB. Pant. IV, SI, Rien n'est en nostro puissance que la volonté, mont, i, 30. Déclarer quoique haineuse volonté envers le proche, m. i, 31. Dernière volenté, m. ib. Un excellent moyen de gaigner le cœur et la volonté d'aullruy, id. i, 435. Ma volenté de son vouloir est faite; Je vis en elle, elle vit dedans moy, Ce n'est qu'un cœur, qu'une ame et qu'une foy, rons. 755.
— ÊTYM. Berry, voulantéiVOulonté ; norm. voulenté ; provenç. voluntat; espagn. volunlnd; portug. vontade; ital. volontà ; du latin voluntatem, de t3o(o. je veux (voy. vouLOim)- Volonlé estrefaitsur le latin; l'ancienne forme est volenté, où l'on remarque le changement de un ou on en en ou on, comparable au changement de o on a; domina, dame, occasio. achoison, etc.
VOLONTIERS (vo-lontié; l's ne se lie que dans la prononciation soutenue : vo-Ion-tié-z il eût fait....), adv. I! 1* Do bon gré, de bon cœur. Je soufTrirai la mort plus volontiers qu'un maître, ROTR. Bélis. II, K. Je le priai do me l'expliquer [l'expression grâce actuelle]. — Très-volontiers, dit-il, car j'aime les gens curieux, pasc. Prov. iv. Aussitôt Pluton prononça : que Phryné ne se mêlerait que de son mélior; et elle en faisant une grande révérence répondit: très-volontiers, font. Jitg. de Plut. Il 2' Facilement, aisément. Volontiers on fait cas d'une terre étrangère ; Volontiers gens boiteux haïssent le logis, la font. Fabl. x, 3. Il était passablement prompt et volontiers brutal, HAMiLT. Cram. *. || Il se dit, dans le même sens, des choses inanimées. Les petites rivières débordent volontiers dans cette saison Volontiers
vos seules passions Sans suite et sans dessein font Cfes impressions, mairet, Soph. n, 3.
— REM. Les puristes du xvii* siècle avaient voulu ôter le mot volontiers comme vieilli : • Ce mot de volontiers est si ancien que ceux qui suivent le beau style ne s'en servent plus, • marq. BUFFET, Observ. p. C6.
— Hl.ST. XI' S. Li boens sergaiiz kil [qui le] serveit volenliers. Si Alexis, utvni. Qui souloit faire messages volenters , Ch. de Bol. cutxxix. || xii* s. Amors me tient et m'a volontiers pris, Couci, ix. Ilxiii's. Lors revint unenouvele en l'ost, qui moult volentiers fut oie, villeh. uv. Tant plus volentiers te rendras, Et plus tost à merci vendras, la Rose, 4897. Il xv s. Mal volontiers y demeuroient les François, comm. vm, 9. L'yssue voulentiers [d'ordinaire] n'en est pas brève, id. iv, 4.||xvi' s. L'honneur que les vicieux Font aux dieux, Aux dieux volontiers n'aggrée, du bellay, iv, 33,
reeto Car de peu suffisance A volentiers ce-
luy qui fait peu de despence, id. viii, 36, verso. Vous le cherchez volontiers [à bonne intention], puisque vous parlez françois. — Nous le cherchons pour le prendre, ce meschant-là , carloix, v, 20.
— RTVM. Bourguig. volonlei, volantai; wallon, volti; Berry, i-ou(en(i>rî, ordinairement: j'ai volontiers la migraine à la suite d'une grande émotion ; ital. vnlentieri. Volontiers, foJend'eri sont des pluriels; l'j du français montre que c'est un cas régime, et tJo/erUieri représenterait le latin voluntariM ; ily a la préposition de sous-entendue, laquelle est quelquefois exprimée -.di ic.qgi'eri, aisément, en italien (comparez certes, et voy. léger, n' 24).
t VOLTA (vol-U), s. f. Terme de musique. Mot italien qui veut dire fois. Il s'emploie sur les partitions, dans ces expressions : prima volta, secunda volta, première roi3,sccondefois, première, seconde reprise, etc.
— ETYM. Voy. VOLTE.
t VOLTAÏOL'E (vol-ta-i-k'), adj. Terme de physique. Se dit de la pile électrique et de ses effets. Pile, courant voltaîque. Couple voltatque. D&s que j'eus reconnu que deux conducteurs voltaîques agissent l'un sur l'autre, tantôt en s'attirant, tantôt en
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se repoussant, Inst. Mém. tcienc. 482S, t. vi, p. 480.
— ÊTYM. Voila, célèbre physicien italien, qui a inventé la pile.
t VOLTAÏOUEMKNT (vol-ta-i-ke-man), adv. Au moyen de l'élpctricitc voltaîque.
t VOI.TAIHIANISMK (vol-tè-ri-a-ni-sm'), J. m. Esprit d'incrédulité railleuse à l'égard du christianisme.
t VOLTAIRIEN, lE.NSE (vol-tè-riin, riè-n*), adj. Oui a rapport à Voltaire. || Qui tient de Voltaire. Il Substantivement. Un voltairien, un homme enclin au voltairianisme.
f VOLTAÏSME (vol-ta-i-sm'),». m. Électricité développée par le contact do substances hétérogènes.
— ÊTYM. Voy. VOI.TAÏQUE.
t VOLTAMÈTRE (volta-mè-tr'), t. m. Terme de physique. Instrument destiné à mesurer l'énergie du courant de la pile de Volta.
VOLTE (vol-f), s. f. Il l" Terme d'escrime. Mouvement pour éviter les coups de l'adversaire. Les deux champions firent des passes et des voltes avec tant d'agilité.... tolt. Zadig, 49. || Fig. Mettre quelqu'un sur ses voltes , l'engager à prendre garde à lui, à se tenir sur ses gardes. Je ne laissai pas d'essayer de la mettre sur ses voltes, lesagr, Cu:m. S.ilf. VI, 4. Il 2° Terme de manège. Mouvement que le cavalier fait exécuter au cheval en le menant en rond. Dans la volte, le cheval plie les reins, le dos et les membres supérieurs, trousse les jambes do devant et chasse les hanches sous le ventre. Faire des voltes. Manier sur les voiles. Tous deux alors d'une volte soudaine Semblent se fuir.... MILI.F.V. Charkm. à Pavie, v. 1| Espace le plus souvent circulaire, quelquefois carré, situé dans un manège ou dans un champ de manœuvres, autour duquel on exerce le cheval pour le dresser ou pour l'instruction particulière du cavalier. En maniant un cheval autour de ce terrain^ la volte ou le carré est formé par la première piste du cheval. |1 Voltes renversées, celles que le cheval fait ayant la têto tournée vers le centre de la volte. Il Voltes de piste, celles que le cheval parcourt sans aller do cûté. || Voltos de deux pistes, celles où le cheval va de côté. || Serrer la volte) s'approcher du centre de la volte. On dit par opposition : élargir ou embrasser la volte. || Demi-volte, la moitié de la volte, le demi-rond que fait le cheval; un des sept mouvements que l'on fait exécuter au cheval. On place ordinairement au centre de la volte un pilier fixant les limites de la demi-volte. |1 Volte, exercice que font les commençants sur un cheval de bois. || 3° Ancienne danse originaire d'Italie, dans laquelle le cavalier fait tourner plusieurs fois sa dame, et termine en l'aidant à faire un bond en l'air, jl Air à trois temps sur lequel celte danse se règle. || 4* En termes de marine, prendre telle volte se dit pour prendre telle route, ou virer de bord dans telle direction. Il 5° Terme de fauconnerie. S la volte, cri pour faire entendre qu'on voit le héron.
— REM. On dit souvent faire la volte, dans les jeux de cartes, pour faire toutes les mains; mais c'est vole qu'il faut dire : du moins c'est la décision de l'usage.
— HIST. XIII' s. Arondele est uns petiz oisiaus, mais ne volera jà droite voie, ains vole à voltes et à tor diversement, drun. latini. Très. p. 210. ||xiv" s. Arnault do la Forge malicieusement toucha de sa main sur la poitrine ledit barbier, et lui donna une volte [soufflet], du cange, voila. Ainsi que Jaquin Chifllot et l'exposant buvoient ensemble, et que ledit Jaquin s'estoit levez de son escot pour aler faire une voulte d'œfs [omeletle], id. t'b. Il XV* s. Après l'escadre roule, Mectons à saquement Annuyeulx pensement. Et sa brigade toute; Il crye : volte route. Râlions noslre gent, CH. d'orl. Hond. De décoction de vendange Recipe trois voltes, et plus No songe tant à tes escus, BASSEL. Vau de Vire, (2. || xvi» s. Et jà marchoient Vénitiens vassaux [vaillants] Jusqu'à Cassan, faisans voustes et saulz, 3. marot, v, 80. Ses mariniers firent telle diligence de lever l'ancre, et faire, comme dit est, force et volte, que.... CARLOIX, I, 37. Leur cœur est inconstant, légère est leur pensée, Comme une girouette à tous vents élancée. Et qui s'en va tournant à volte de cerveau. Comme dedans les flots le débile roseau, scevole
de STE MARTHE, diUS DUVERDIKR, Bibl. p. 4 144.
Après ce premier [assaut], les plus foibles [galères] se decramponnerent , et, reprenant la voile jusques au second assaut ... bhant. Capit. franc, t. ii, p. 4 9. La voile, la courante, que les sorciers ont amenée d'Italie en France, outrs les
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mouvements Insolens et impudiques, ont cela de m.ilhcur qu'une infinité d'homicides et advortements en adviennent, faisans mourir et tuans ceui qui ne sont point en vie, aovcuET,^Seréei, p. >»», dans LACORNE. Jean d'Estrée, joueur de hautbois du roy, a mis en notes de musique quatre livres de danseries.... gaillardes, pavanes, ballet»,
voltes.... DOTEROIER, BibUolh. p. tM.
— ÉTYV. liai, voila, tour, révolution, action de tourner, volte, de volrjere, tourner, dérivé du latin tolrere, rouler; romparez n-jw (/(Vûâ), tourner.
t VOLTÉ, RE (vol-té, tée), adj. Terme de bitson. Double.
VOLTE-PACE(vol-te-ra-s'),f. A || !• Visage tourné, au lieu de tourner le dos. Fort bien, la volte-face et les jambes en l'air; Ferme en avant, jamais il ne faut reculer, dancourt. Pivert. d« j'/nfonnu, acte V. Puis, faisant volte-face, assez loin de ce lieu. D'un grand coup de chapeau je lui fis mon adieu, montfleury, Femme juge et part, t, J. Il 2° Fig. Dans le langage politique et familier. Changement d'opinion subit ou très-rapide. Une crise de cabinet vint mettre à l'épreuve mon talent pour les volte-face, BETBAUD,y<r. Po(uro»,i, 44. Il Au plur. Des volle-face, comme des tourne-face,
— REM. Quelques-uns le font masculin, i tort.
— ETVM. VoUer. et face.
VOLTER (vol-té), V. n. Il !• Terme d'escrime. Changer de place pour éviter les coups de l'adversaire. Il %' Ancien terme de marine. Changer de route. Les autres patrons [de navires] l'imitèrent, A gauche comme lui voilèrent, scabb. Virg. m. Il 3" Par extension. Faire des pas, des démarches. M. de Montfort, do très mauvaise humeur d'être obligé de voiler pour arranger cette affaire, Silvestre à Des friches, 4 avril 1 7e3, dans j. dumesnil, Hist. des amateurs franc., t. m, p. 460. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ovoir.
— HIST. XVI* s. Soit que poulain rebelle Ne veuille point tourner, ou soit que façonné Tu le faces voiler d'un peuple environné, rons. 856.
— f.TVM, Volte.
t VOLTI (vol-ti). Terme de musique. Mot italien qui signifie tourne. On l'emploie sur les partitions, dans les expressions : volti subito, volti preslo, pour marquer qu'il faut tourner la page promplcment. || S. m. Volti presto, pupitre à musique au moyen duquel lès pages se tournent facilement et rapidement.
— ETYM. Ital. vollare, tourner, dérivé de voUo, tourné, qui dérive du lat. volvere, tourner, rouler.
VOLTIGE (vol-ti-j'), t. f. Il !• Terme de manège. Sorte d'exercice que l'on fait sur un cheval avec ou sans élriers. Calon le censeur enseignait à son fils les éléments des belles-lettres, les lois et la gymnastique, c'est-à-dire l'équilalion, la voltige, le maniement de toute espèce d'armes, la lutte, la natation, naudet, Instil. Mém. Acad. inscr. t. ix, p. 423. || f Corde lâche pour faire des tours; on l'oppose & la corde roide. La voltige cassa. Il Danse, exercice sur la corde lâche. Exercices de haute voltige. Ils donnaient un divertissement composé do danses, de sauts et de voltiges, LESAGE, Bachel. de Salam. 4t. || Fig. et néologisme. Pensées, paroles que l'on compare à des sauts périlleux. Cette audacieuse voltige où le cœur et la logique souffrent également, Rev. des Deta-Mondet, 4 5 fév. <«72, p. 76».
— ETYM. Voy. VOLTIGER.
t VOLTIGEANT, ANTE (vol-ti-jan, jan-t'), adj. Oui voltige sans cesse. Votre esprit sera délivré de toutes ces petites images voltigeantes par l'air, nommées des espèces intentionnelles, qui travaillent tant l'imagination des philosophes, DESc.Di'opfr. I. L'hirondelle donne la chasse aux insectes voltigeants, BUFF. Hirondelle.
VOLTIGEMENT (vol-ti-je-man), t. m. || !• Mouvement de co qui voltige. Le voltigement d'un papillon, d'un rideau. Leur mouvement dans l'air [des chauves -souris] est moins un vol qu'une espèce de voltigement incertain, qu'elles semblent n'exécuter que par effort et d'une manière gauche, BUFF. Quadrup. t. n, p. 333. || J* Manière dont voltige un danseur de corde.
— HIST. XVI' s. Mascarades, sauts, voltigomcnts, jeux de théâtre, yvër, p. «03.
— ETYM. Voltiger.
VOLTIGER (vol-ti-jé. Le g prend un « devant a et o: voltigeant, voltigeons),», n. ||1° Faire des exercices pour s'accoutumer à monter à cheval sans élriers. Luttait, saula.t et voltigeait. Jouait i la paume, nageait, scarr. Virg. vu. Les exercices athlétiques leur tenaient lieu de ce qu'est à l'égard
de notre noblesse la danse, l'art de faire des armes, de voltiger, de monter à cheval, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 63, dans pouoens. || Se dit aussi de l'action de sauter sur le cheval soit en place, soit au trot, soit au galop. || 2' Faire des tours de souplesse et de force sur une voltige. Il 8* Courir à cheval çà et là. Ce général [Philopémen], voltigeant dans les intervalles de l'infanterie, encouragea ses gens en peu de paroles, mais très-fortes, bollin, Hisl. anc. Œuv. t. viii, p. 471, dans pouGENS. La route était pénible; et des corps de Russes voltigeant dans ces quartiers rendaient la marche dangereuse, volt. Russie, I, 4 7. Il [Napoléon à Moscou] se plaignit bientôt de ce qu'une guerre irritante de partisans voltigeait autour de lui, séour, IHst. de Nap. viii, 40. Il 4° Par confusion de radical et comme si voltiger venait do voler, voler à petites et fréquentes reprises sans direction déterminée. Il remarque [dans les enfers] les ombres légères qui voltigent autour de lui, fén. ïVi. xviii. Vous souvenez-vous d'avoir vu un merle qui voltigeait dans la chambre? VOLT. Princ. de Bobylnne, i. Elles [les alouettes pipi] fréquentent les bruyères et les plaines, et voltigent plutôt qu'elles ne volent; car elles ne s'élèvent jamais beaucoup , bufp. Ois. t. IX, p. B7. Il Fig. Les B, les F voltigeaient sur son bec; Les jeunes sœurs crurent qu'il parlait grec, gress. Ver-vert, iv. || 5° Par extension, flotter au gré des vents. Des voiles, des cheveux, des étendards qui voltigent. || Fig. Comme les pensées noires voltigent assez dans ces bois ici, j'ai voulu être en peine de vous, sÉv. 8 déc. 4 676. Comme un éclair, la flatteuse espérance Brille à mes yeux et semble voltiger, mar- MONTEL, Fausse mag. se. 4 4. || 6' Fig. Être inconstant et léger. Voltiger de belle en belle. Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, boil. Sal. VIII. Il 7° Fig. Ne pas s'arrêter sur. Nous voltigeons sur d'autres livres, nous avons un peu retâté de l'Abbadie, sÉv. 23 nov. 4689. M. Jurieu rappelle ici [à propos de la bigamie du landgrave deHesse] tout son esprit pour excuser les réformés le mieux qu'il peut; et lui qui ne fait que courir ou, pour mieux dire, voltiger sur les autres variations des protestants, prend un soin particulier de défendre celle-ci, boss. 4' avert. 2. L'esprit ne fait que voltiger sur les matières, il n'en prend que la fleur, boissy, Franc, à Lond. 4 6.
— HIST. xvi" s. Chacun doit reputer à son endroit que son estât lui est comme une station assignée de Dieu, à ce qu'il ne voltige et circuisse çà et là inconsidérément tout le cours de la vie, calv. Inst. 667. Voltigeant de branche en branche, yveh, p. 626. Le fils d'un gentilhomme, lequel sçauroit bien picquer et voltiger un cheval, et courir la bague, PARÉ, Introd. 27. Lesquelz, en chevauchant et voltigeant parmy la plaine, remuèrent les monceaux de sable jusques au fond, amyot, Crassus, 47. [Gargantua] montoytsurun coursier.... le faisoyt voultiger en l'aer.... rab. i, 23. Et voir de ma maison la flame voltiger Dessur ma cheminée, et jamais n'en bouger, bons. Bocage royal, 4" pari. Dial. tntrt les muses. Le dancer, le voltiger, m j.\t. h, 64.
— ETYM. Ital. voUeggiare, de volta, volte. V0LT1GF,UR (vol-ti-jeur) ». m. || l- Celui qui
voltige sur un cheval. Combien de mouvements très-compassés, très-ordonnés, très-variés tout en- «emble un musicien, un danseur, un voltigeur n'exécutent-ils pas sans réflexion? bonnet, Ess. fsychol. 39. Il Maître qui enseigne à voltiger. il Cavalier qui apprend à monter, à voltiger sur un cheval. || Cheval dressé pour la voltige, [j 2- Celui qui voltige sur une corde lâche. Ce voltigeur fait des tours étonnants. || Àufémin. Voltigeuse, femme qui voltige sur une corde lâche. || 8* Terme militaire. Soldats de petite taille, formant autrefois une compagnie d'élite à la gauche du bataillonet destinés à »e porter rapidement de côté et d'autre. Ceux-ci lies lanciers russes] repoussés rencontrèrent, en tournant, sur leurs pas les deux cents voltigeurs parisiens que la fuite du seizième de chasseurs à cheval avait laissés seuls entre les deux armées; Ils les assaillirent ; tous les regards se fixèrent »ur ce point; des deux côtés on jugeait ces fantassins perdu».... siouB, //,«. de Nap. rt, 8. || Par imiUtion do 1 armée. Voltigeurs, dans la garde nationale. Jérôme [le capitaine do cette compagnie] jurerait comme un sacripant, qu'il n'en aurait que plus d'empire sur les voltigeurs, betbaud, Jér. Paturol, n, ï. ||Sou» la Restauration, volligsur da
VOL
Louis XIV, émigré rétabli sur les cadres de l'armée. Il 4° Le grand voltigeur hollandais, navire imaginaire dont les marins du siècle dernier parlaient dans leurs fables du gaillard d'avant, et qu'on supposait porter une nation entière dans ses flancs, sous la direction de Satan. || 6° Voltigeurs, se dit à Paris des chiffonniers non médaillés. || 6'Àdj. Terme de zoologie. Se dit des animaux qui ont les bras conformés en ailes.
— ÊTYM. Voltiger.
— IHST. XVI* S. Au reguard de fanfarer et faire les petits popismes sur ung cheval, nul ne le feit mieulx que lui ; le voltigeur de Ferrare n'estoyt qu'ung cinge en comparaison, bas. Garg. i, 23.
t VOLUBILAIRK (vo-lu-bi-lê-r';, s. f. Terme de botanique. Genre d'algues marines.
— F.TYM. Voy. VOLUBILE.
t VOLUBILE (vo-lu-bi-r), adj. Terme de botanique. Qui se roule en hélice autour des corps voisins. Il Tiges volubiles, tiges qui, trop grêles pour se soutenir sans aide, cherchent dans les objets voisins, un appui, et, s'entortillant en hélice autour d'eux, s'élèvent de la sorte plus ou moins haut. La tige du houblon est volubile. || S. f. Genre de plantes convolvulacées à fleurs en clochettes, synonyme vulgaire d'ipomée. On dit aussi volubilis.
— ÊTYM. Lut. volubilis, qui s'enroule, de volvere, tourner (voy. volume).
t VOLUBILIS (vo-lu-bi-lis), s. m. Voy. volubile.
t VOLUBILISME (vo-lu-bi-li-sm'), ». m. Propriété qu'a une plante d'être volubile.
VOLUBILITÉ (vo-lu-bi li-té), s. f. || f Facilité de se mouvoir ou d'être mû en rond. Cela tourne avec une grande volubilité. || 2" La volubilité de la langue, la facilite de la langue à se mouvoir de çà et de là. La volubilité de la langue dispose la voix à la vivacité des roulements, comte de caylus, Œuvr. t. XII, p. 4 60. Il Fig. Volubilité de langue, ou, absolument, volubilité, habitude de parler trop et trop vite. Tout ce que j'ai pu comprendre de la volubilité de son discours, c'est qu'il faut renoncer à Léonor, regnard, la Sérén. se. v. Les paroles ne lui coiitaient rien; quelle volubilité de languel lesage, Gil El. III, 4 0. Sa volubilité, qui n'a point de pareille, Est un torrent qui part et ravage l'oreille, BOISSY, BabillardjSC.iy. || 8* Fig. Articulation nette et rapide. Parleravec volubilité. || Volubilité de discours, langage, style qui marche rondement. Il [Homère dans l'Odyssée] n'a plus cette même force, et, s'il faut ainsi parler, cette même volubilité de discours, boil. Longin, Sublime, vu. || 4* Fig. Facilité, propension au changement, en parlant de l'esprit, du cœur. Rien n'arrête la volubilité de notre esprit, pasc. Pens. xxiv, 34, éd. havet. Cassien conserve toujours dans les plus parfaits contemplatifs ce qu'il appelle volulatio cordis, c'est-à-dire la succession et la volubilité des pensées et des mouvements du cœur, boss. Et. d'orais. vi, 43. Ils [les doutes] croissent, ils diminuent, ils s'éclipsent, ils reparaissent, ils sont dans la même volubilité et toujours dans le même degré que leurs passions [des incrédules], mass. Carême, Doutes sur la relig.
— HIST. XVI* s. Pour la volubilité et soupplesse de nostre ame, les plus foibles [passions, penchants] par occasion regaignent encores la place, mont. 1,269. Celte contrariété et volubilité d'opinion si soubdaine qu'ils nous feignent, sent pour moy au miracle, id. i, 307. Contradictions où ils se treuvent empestrez par la volubilité et incomprehensibilité de toute matière, ro.ii, 244.
— ÊTYM. Ital. volubilità, du lat. volubilitatem, de volubilis (f oy. volubile).
t VOLUBLE (vo-lu-bl'), adj. Il 1° Terme de botanique. Synonyme de volubile. || ï" Fig. Qui a de la volubilité de langue. Les Lithuaniens fuyaient quelquefois à notre approche; les Juifs restaient... on les reconnaissait à leur prononciation grasse, à leur élocution voluble et précipitée, à la vivacité de leurs mouvements, séour, fft'st. d« Wop. vi, 4.
— HIST. XVI* s. Voluble, cotgrave.
— f.TYM. Le même que volubile.
t VOLUE (vo-lue), s. f. Petite fusée qui tourne dans la navette, et qui porte la tissure.
VOLUME (vo-lu-m'),i. m. || 1" Terme d'antiquité. Il se dit des livres qui étaient des feuilles roulées autour d'un bâtonnet arrondi de cèdre, de buis, d'ivoire ou d'os ; ce bâtonnet portait le nom d'ombilic, qu'on donnait aussi aux deux bouts saillants ou boutons de ce bâtonnet. Ptolémée Philadelphe, en mourant, la laissa [la bibliothèque d'Alexandrie] composée déjà de cent mille volumes ; les princes de cette race qui le suivirent l'augmentèrent encore, de sorte qu'enfin il s'y trouva
VOL
sept cent mille volumes, bollin, Hist. une. Œuv. t. vu, p. 300, dans pougens. |1 2* Chez les modernes, livre relié ou broché, imprimé ou manuscrit. Il a fait relier les deux tomes en un seul /olume. Après mille discours dignes d'un grînd volume, RÉGNIER, Sat. X. Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais d« ma plume. Donna, pour mon malheur, un trop heureux volume, boil. Épit. vi. A l'avènement de Louis XIV à la couronne, on n'y trouva [à la bibliothèque du roi] que cinq cents volumes; il y en avait environ soixante-dix mille après la mort de ce prince, mairan, Élog. Bignon, Je suis plus fâché que vous de donner l'histoire de Pierre le Grand volume à volume, comme le Paysan parvenu; mais ce n'est pas ma faute, volt. Lelt. d'Àrgental, t" nov. 4 70O. Il [Arnaud] combattit contre les jésuites et contre les réformés jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans; on a de lui cent quatre volumes, id. Louis XIV, 37. [] Par exagération. Il faudrait des volumes..., il serait tr's-long d'exposer par écrit... Il faudrait des volumes pour vous raconter toutes ses fautes, dont les moindres étaient d'une importance extrême, retz, ilém. t. Il, liv. I, p. 435, dans pougens. || Un volume de lettres, une liasse de lettres. Elle [Madame] revint à Paris en litière; et, comme elle y montait, Montalais lui jeta un volume de lettres du comte de Guiche, la fay. Hist. Henr. d'Àngl. || Par exagération. Un volume, des volumes, une très-longue lettre. Pour celle [la lettre] de madame de Chaulnes, c'était un volume, elle ne finissait point, sév. 6 nov. 4 689. Venez me voir, venez ra'ôter la plume des mains, voilà le moyen d'empêcher mes volumes, id. 24 sept. 4 67G. Quoique Madame n'eût jamais guère vu cette tante, elle lui écrivait des volumes deux et trois fois la semaine, si-sim. 53, 442. Je voudrais bien épargner à vos bontés ces volumes d'écriture, et vous consulter de vive voix, volt. Lett.d'Argental, 23 juill. 4744. |1 Travail qui fournit la matière d'un volume. J'amasse de tes faits le pénible volume, boil. Éptt. viii. Il Volume in-folio, livre où la feuille de papier fait deux feuillets. || Volume in-quarto, celui où la feuille fait quatre feuillets. || Volume in-octavo, in-douze, in-seize, etc. celui où la feuille pliée fait huit, douze, seize feuillets, etc. || 3" Fig. Développement, ampleur. La forme du soulier, au volume près , était égale pour les hommes comme pour les femmes, Hist. des Vestales, dans DESr'ONTAiNES. || Fig. La plupart des changements qu'un homme fait à son état pour le rendre meilleur, augmentent la place qu'il tient dans le monde, son volume, pour ainsi dire; mais ce volume plus grand donne plus de prise aux coups de la fortune, fontbn. Bonh. Œuv., L m, p. 265. N'y a-t-il pas mille occasions où la sagesse même doit jeter en avant un volume d'espérance au défaut d'une masse de bien réel? bufp. Ess. arithm. mor. t. X, 4 34. Il ne serait pas impossible qu'en ne s'occupant que du désir d'obliger, on se fît une réputation tout opposée, parce que le volume des bienfaits ne peut jamais égaler le volume des besoins, DUCLOS, Consid. mœurs, vu. || Fig. En grand volume, en petit volume (locution familière à madame de Sévigné ; c'est un archaïsme, voy. l'historique), en grande quantité, en petite quantité, avec beaucoup de force, avec peu de force. Ecrivez-moi en petit volume, sÉv. 8 avril 4C89. Je n'aime point votre petit torticolis; c'est toujours une douleursensible et importune, quoique en petit volume, id. 5 nov.4676. Je l'ai vu [le cardinal de Retz] fort possédé de l'envie de vous témoigner en grand volume son amitié, quand il aura payé ses dettes, id\ 26 juin 4875. Vous avez eu des temps enragés, et nous aussi; un froid extrême, et de la neige en grand volume, comme vous savez, id. 2î févr. 1695. Le plaisant caractère [de madame de Montbrun] I toute pleine de sa bonne maison, qu'elle prend depuis le déluge.... M. de Sottenville en grand volume, in. 2 oct. 4689. Il 4* Il se dit de la masse d'eau que roule un fleuve, une rivière. Pour rendre intarissable la source des eaux du canal et en mesurer le volume, sans jamais le faire dépendre du cours des rivières voisines, marmontel, Mém. vu. Il 5* Terme de musique, par comparaison avec un volume d'eau. Masse de son que donne une voix ou un instrument sur chacun des degrés de soa diapason. Cette voix éclatante, qui remplissait la salle de son volume harmonieux, marmontel, Conl. mor. Soliman, ii. !| 6* Terme de géométrie et de physique. L'espace occupé par les corps. Le volume d'un corps est égal à son poids divisé
VOM
VOM
Mr sa deniit^. Cela est d'un gros volume et lï'uii pfltit poids. Les pesanteurs spécifiques des inOlaux et des denrdes, sous un volume égal , VOLT. Tadig, 10. Il [le rhinocéros] approche de l'éléph.Tnt pour le volume et la ma.sse, duff. Quadrup. t. iv , p. 3(8. Ou sait qu'un corps plongé dans l'eau déplace un volume d'eau parfaitement épal au sien, bhisson, Traité de pliijs. t. i, p. 273. A un volumed'caudccinq pouces cubes ajoutez un pareil volume de cendre, le volume du mélange ne sera que de six pouces cubes, id. tb. 1. 1, p. M . Il 7" Il se dit do la grosseur des organes du corps vivant. La comparaison du volume du cerveau. Le volume que ce viscère (le foie] avait acquis venait d'une tumeur qui s'était formée à la face concave, BABATiER, Itislit. item, scienc. <807, S'sem. p. I34. Il 8* Terme de miroitier. Tout morceau de glace, de quelque dimension qu'il soit.
— HIST. xm* s. Je métrai en une petite somme ce qu'ilz ont espandu en divers volumes, J. de MEUNG, Yégice, i, 8. ||xiv» s. Il entrèrent de nuit en la maison du bedel de l'estude de Tholouse, et prindrcnt en icelle un volume et unes viez concordanses de théologie, du cangp, eoiumen. || xv« s. Et fit retailler à un chacun son glaive [lance] au volume de cinq pies, FROiss.i,p. 224, dans lacurne. Il XVI' s. En Hollande on s'exerce en grand volume en telle espèce de chasse, o lb serres, 986.
— ETYM. Provenç. ro2um;espagn. l'oîumen; ital. volume; du lat. vnlumen, repli, volume, det'oli-ere rouler, le même que le grec iXÛM (fcVJto). Les anciens nommaient volume un livre, parce qu'un livre était une longue page de papyrus «nroiilée autour d'une baguette. Volume, dans
10 français, a pris le sens de grosseur à cause de l'idée de pli et repli qui y est attachée. Aux xiv et XV' s. on disait volumer pour composer, écrire.
t VOLUMÈTRE (vo-lu-mè-tr'), s. m. Terme de physique. Espèce d'aréomètre à l'aide duquel on détermine la densité exacte des liquides, au moyen des volumes déplacés.
— Etym. Volume, et (isTpov, mesure.
t VOLUMÉTRIQUE (vo-lu-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la mesure de volume. L'analyse volumétrique du fer contenu dans le sang. Les rapports Tolumétriques dans lesquels les gaz se combinent.
t VOLU.MÉTRIQUEMENT(vo-lu-mé-tri-ke-man), adv. Suivant les règles volumétriques. Doser l'ozone volumétriquement.
'VOLUMINEtrX, EUSE (vo-lu-mi-neû, neù-z'), adj.
11 1° En parlant d'un ouvrage, qui a un grand nombre de volumes. Comme ses ouvrages [de Wolf] sont volumineux, et que nous ne lisons rien, volt. Facéties, Diatr. doct. Akakia. Il Qui a fait beaucoup de volumes. Auteur volumineux. || 2° Fort étendu en tous sens; qui occupe beaucoup de place. Ce paquet est volumineux. Les grandes robes de la magistrature et leurs plis volumineux, DiDER. Salon de 1765, Œuvr. t. xni, p. 334.
— Etym. Lat. voluminosus, qui fait des replis, de volumen (voy. volume).
■VOt.UPTÉ (vo-lu-pté), s. f. Il 1° Plaisir corporel, plaisir des sens. Il y a de la volupté à boire quand on a soif, ô douce volupté, sans qui dès notre enfance Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux; Aimant universel de tous les animaux, Oue tu sais attirer avecque violence I Par toi tout se meut ici-bas, la font. Psyché, ii, p. 24 5. C'est un des malheurs de ces pays [la Turquie] que la plus grande partie de la nation n'y soit faite que pour servir à la volupté de l'autre, montesq. Èspr. IV, <2. Il Par antiphrase, la volupté de souffrir, le plaisir que l'on goûte à de vertueuses souffrances. Afin, dit TertuUien, qu'il [Jésus] mourût rassasié pleinement de la volupté de souffrir, Boss. 2' sermon, Wécessité des souffr. l. L'affliction devient la volupté lugubre d'une âme infortunée, DIDER. Cl. et Nér. ii, 44. || Absolument, au sing. ou au plur. Source délicieuse, en misères féconde, Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? corn. Poly. IV, 2. 'Volupté, volupté qui fut jadis maîtresse Du plus bel esprit de la Grèce [Épicure], la FONT. Psyché, II, p. 2)0. Si Bourdaloue, un peu févère. Nous dit : craignez la volupté; Escobar, lui dit-on, mon père. Nous la permet pour la santé, BOIL. Poésies div. iv. La volupté lâche et infâme, qui est le plus horrible des maux sortis de la boite de Pandore, amollit les cœurs, et ne souffre ici aucune vertu, fén. Tél. iv. D'autres vinrent annoncer aux hommes que la volupté était le souverain bien, mass. Carême, Vérité de la religion. Il paraît que le mot volupté mal entendu rendit Epicure odieux, dideh. Cl. et Nér. n,
A». Il Particulièrement. Les plaisira de l'amour. La vertu de ce prince [Philippe le Don, duc de Bourgogne] n'excluait pas en lui la volupté et l'amour des femmes, qui ne peut jamais être un vice que quand il conduit aux méchantes actions, volt. Mceurs, 80. Les premières voluptés sont toujourt mystérieuses ; la pudeur les assaisonne et les cache, j. j. ROi'ss. fin. IV. Il S> Il se dit aussi des jouissances de l'âme. Quelle pure volupté on trouve dans la vertu I Toute volupté naît, ou de la sensation d'un objet présent, et elle e.st sensuelle; ou do l'attente d'une chose, de la prévoyance des fins, do l'importr.nce des suites, et elle est intellectuelle, DIDER. Opin. det aru. phil. (hohhisme).
— IIIST. XV" s. Les superflues voluptés qui empeschent la liberté des sens, cuhist. de pisan, i, 13. Il XVI' s. Passion violente et volupté, qui attire â soy l'entendement mesme, charron, Sagesse, i, <5. Pour ne souiller le mariage qui estoit nom de dignité, et non pas de volupté, pasquier, Ménophile, p. 7), dans lacurne. Il n'est en somme aulcune si juste volupté en laquelle l'oxcez et l'intempérance ne nous soit reproohable, mont, i, 227.
— ÊTYM. Provenç. voluptat; ital. voluttà; du lat. voluptatem, de volop , vnlup, agréable, rattaché au grec {)»ro(iai, espérer (pour féXr.o[>.(u). La commune racine est le sanscrit var, choisir, désirer, qui a fait felle et poûXcdôst.
■yOLUPTUAlRE (vo-lu-ptu-ê-r'), adj. Terme de droit. Il se dit des dépenses consacrées aux constructions, aux embellissements do luxe ou de fantaisie. Si le vendeur avait vendu de mauvaise foi le fonds d'autrui, il sera obligé de rembourser à l'acquéreur toutes les dépenses, même voluptuaires ou d'agrément, que celui-ci aura faites au fonds, Code civ. art. < 035.
— lIIST. xvi* s. Rembourcer la moitié do toutes les impenses, encore qu'elles fussent utiles seulement ou voluptuaires, Coust. gén. t. t, p. 488. Actes lubriques et voluptuaires, pasquier, Ménophile, p. 71, dans lacurne.
— ETYM. Lat. voluptuaris, de voluptas, volupté. ■VOLUPTUEUSEMENT (vo-lu-ptu-eû-ze-man), adj.
Avec volupté. Ce sont des hommes làclies... qui ne savent que vivre voluptueusement, sans règle, sans morale, mass. Carême, Voûtes tur la religion.
— HIST. XVI* s. Ny qu'on produisist stupidement des enfants par les doigts ou jiar les talons, ains, parlant en révérence, plustost qu'on les produisist encores voluptueusement par les doigts et par les talons, mont, iv, 303.
— ETY.M. Voluptueuse, et le suffixe ment. "VOLUPTUEUX, EUSE (vo-lu-ptu-eû, eù-z'), adj.
Il 1» Qui procure la volupté, en parlant des choses. Un séjour, un repas, un parfum voluptueux. Loin d'envisager la royauté comme un rang qui j ustifie des mœurs voluptueuses et toutes sensuelles.... mass. Panégyr. St Louis. Nous sommes très-portésàcroire que c'est à un commencement d'asphyxie qu'il faut attribuer les sensations voluptueuses que plusieurs individus paraissent avoir éprouvées en Angleterre par la respiration du gaz oxyde d'azote, fourcroï, Instit. Mém. scienc. t. vi, p. S3I. ||2" Qui exprime la volupté. Une langueur voluptueuse. Mes tableaux voluptueux auraient perdu toutes leurs grâces, si le doux coloris de l'innocence y eût manqué, j. :. rouss. Conf. ix. US" Qui aime, qui cherche la volupté, en parlant des personnes. Fénelon, Montausier, Bossuot ont fait un long séjour dans une cour voluptueuse et dissolue, dider. Cl. et Nér. r, 40. || Substantivement. Othon, Sénécion, jeunes voluptueux, rac. Bril. iv, a. Il [le mondrl ne réussira jamais à faire des voluptueux tranquilles et déterminés, qu'il n'en ait fait auparavant des incrédules, mass. Carême, Vérité d'un avenir. Les voluptueux indolents .sont pour la plupart trèsdoux dans la société et du meilleur commerce du monde, volt. Dict. phil. Ventres.
— HIST. xiv s. Et pour ce aiment il vie voluptueuse plaine de tielx deliz [de tels plaisirs], ORESME, Éth. V, 9. Juno note la vie attive, Et Pallas la contemplative. Venus vie voluptueuse Qui est pessime et curieuse De querre tout charnel délit [plaisir], PU. de vitri, dans Ilist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 7(5. Il XV' s. Délit [plaisir] voluptueux, paresseux et oiseux, oebson, Harengue d Charles VI, p. (5. ||xvi' s. Si nous approchons de la maison d'un homme voluptueux et luxurieux, nous entendrons dès l'aube du jour une menestriere qui sonnera l'aubade, amyot, Comm. refréner la colère, 40. Ce que notre esprit tire de la science, ne laisse pas d'estre voluptueux, encores
qu'il ne soit ny alimentant ny salutaire, kont. n,
— Etym. Lat. voluptuotut, de voluplat, volupté, t VOLUPTUOSITE (vo-lu-ptu-A-7.i-té), ». f. Caractère voluptueux des personnes ou des choses.
— HIST. XV* s. Lequel pour la [une fille] attraire à voluptuosité, DU cakoe, voluptuotitat,
— ÊTYM. Voluptueux.
VOLUTE (vo-lu-f), f. (. Il t* Terme d'archilecture. Ornement en forme de spirale d'un chapiteau de colonne ionique, corinthienne ou composite. Il 1' Se dit de toute espèce d'enroulement semblable à ceux de la volute du chapiteau ionique. Les palmes s'entrelacent dans l'intervalle det colonnes, et leurs volutes naturelles dérobent aux yeux séduits l'épaisseur de l'entablement, mar- MONTEI., Cortt. moT. Heur. div. Chacun d'eux [végétaux] a sa grâce et son utilité; Volutes, chapiteaux, fuseaux, navette, aiguilles, Quelles formes n'ont pas leurs nombreuses famillesl Partout le grand artiste a varié son plan, delille. Trois régne$, VII. [Un lierre qui].... recourbant en arc sa volât* rustique. Fait le seul ornement du champêtre portique, I.AMART. Harm. m, 2. ||8" Terme de charpcntcrie. Nom que l'on donne i la partie ronde du bas d'un limon d'escalier, sur laquelle pose le pilastre de la rampe en fer. ||4° Terme d'histoire naturelle. Coquille univalve tournée en cAne pyramidal. Exisle-t-il aucune espèce comparable à ces grandes volutes pétrifiées [cornes d'Ammon], dont le diamètre est de plusieurs pieds, et le poids de plusieurs centaines de livres T buff. Ifin. t. vn, p. 222. jl Dans le genre volute, on distingue : la volute figuline, dite vulgairement filcuse ; la volute hispidule, appelée goutte bleue et neigeuse; la volute cymbion ou volute gondole, dite char de Neptune et robe bigarrée; elle habite l'océan Atlantique où elle atteint une longueur de deux décimètres ; on ne doit pas la confondre avec la volute couronne, mentionnée ci-après; la volute pertuse, nommée tiare bâtarde; la volute couronne, ou volute éthiopienne de Lamarck, dite vulgairement couronne d'Ethiopie, et dont quelques auteurs ont fait le type d'un genre cymbion; la volute couronne habite l'océan Africain et le golfe Persique, legoarant.
— HIST. XVI' s. Sur lequel l'on monte, tournoiant en volute l'entour de la montaignete, de la
! main gauche à la droite, jusques au sommet,
j 0. DE SERRES, 601.
— ÊTYM. Lat. eoîufa, volute, de volulus, rouK, part, passé de volver».
I + VOLUTfi, ÉE (vo-lu-té, tée), adj. Terme d'his-
J toirc naturelle. Qui est contourné en volute.
! t (. 'VOLUTER (vo-lu-té), V. n. Faire des volutes. t *• VOI.LTER (vo-lu-té), 0. o. Dans la soierie, dévider le fil des fusées.
! VOL'VA (vol-va), t. m. Terme de botanique. Membrane en forme de bourse qui enveloppe entièrement certains champignons pendant leur jeunesse. Il On dit aussi quelquefois volve.
I — ÉTYM. I.at. volva ou vulva (voy. tclve).
! t VOLVACfi, ÉE (vol-va-sé, sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une bourse, d'un volva.
I t VOLVE (vol-v'), t. f. Voy. voLVA.
I t VOLVE, ÉE (vol-vé, véo), od;. Terme de botanique. Qui est muni d'un volva.
+ VOLVOCE (vol-vo-s'), ». m. Genre d'animalcules infusoires. L'infiniment petit, monstrueux et féroce, Et, dans la goutte d'eau, les guerres du volvoce Avec le vibrion, v. ntoo. Châtiments, m, 6.
— ETY.M. Lat. volvox, sorte de chenille. On a donné ce nom à des infusoires toujours en mouvement, parce qu'on a pensé à volvere.
t VO.MER (vo-mcr), s. m. Terme d'anatomie. 0» impair qui forme la partie postérieure de la cloison des fosses nasales.
— ETYM. Lat. vomer, soc de charrue, à cause de la forme de cet os.
VO.MI, lE (vo-mi, mie), port, passé de vomir. Rejeté par le vomissement. EÏxaminer les matières vomies. || Fig. Nous avons donné des exemples do ces torrents de bitume vomis parles volcans, BtnFT. Uin. t. m, p. 76.
t VO.MICINE (vo-mi-si-n*), s. f. Terme de chimie. Principe toxique qui se trouve, avec la strychnine, dans la noix vomique.
— ETYM. Tomique i.
+ VOMI-PURGATIF, IVE(vo-mi-pur-Ka-tif, ti-y'), adj. Terme do médecine. Qui est à la fois vomitif et purgatif. || Substantivement. Un vomi-purgalit —ÊTYM. Vomir, et purgatif.
VOM
t. VOMIQCE (vo-mi-k'), adj. f. Noix vomique, baie globuleuse, fruit du vomiquier; poison violent.
— ÉTYM. Lat. vomicut, dans vomicus morbuï, de romere, vomir (la noix vomique fait vomir). L'adjectif vomique se trouve : xiii* s. Qu'elo n'en eûst mal au cucr, Com s'cle cûstvomico [vomitif] prise, Fabliaux mus. p. <90, dansLACURNE.
a. VOMIQUE (vo-mi-k'), s. f. Terme de médecine. Collections purulentes, enkystées ou non, formées dans la poitrine, susceptibles de se faire jour par les bronches et d'être évacuées par une sorte de vomissement.
— ÊTYM. Lat. vomica, de vomere, vomir.
t VOMIQUIEK (vo-mi-kié), s. m. Arbre qui produit la noix vomique, strychnos nui vomica, L. lagoniacées.
— Etym. Vomique t.
VOMIR (vo-mir), v. a. \\ 1° Rejeter par la bouche les matières contenues dans l'estomac. Vomir de la bile, des aliments. || Populairement, vomir tripes et boyaux, voy. tripes. || Fig. Dans le style biblique. Parce que vous êtes tiède et que vous n'êtes ni froid ni chaud, je suis prêt de vous vomir de ma bouche, saci. Bible, St Jean, Apocal. m, 16. Il Absolument. Ce malade a vomi toute la nuit. Son mal [de Fouquot] a été des convulsions et des maux de cœur sans pouvoir vomir, sÉv. 416. J'eus un grand mal do cœur, je craignis les suites, je revins sur mes pas, je vomis beaucoup, ID. 58. Il Envie de vomir, nausées, soulèvements de cœur. || Fig. Cela fait vomir, est à faire vomir, cela est fort dégoiitant, fort ignoble. Le mariage du Péché et de la Mort [dans le Paradis perdu de Milton] et les couleuvres dont le péché accouche, font vomir tout homme qui a le goût un peu délicat, VOLT. Candide, 25. ||S faire vomir, se dit de ce qui excite le dégoût moral. Une lettre chargée de louanges à faire vomir, m°* du deffant, Lett. à H. Walpole, t. iv, p. 90, dans pougens. Une épîtreau comte d'Ayen qui est à faire vomir, VOLT. Lett. en vers et en prose, 7. [, 2" Par extension, il se dit de tout ce qui est rejeté par la bouche, bien que cela ne vienne pas de l'estomac. Les tuberculeux vomissent souvent du sang. Je poussai ma lance contre sa poitrine, et je lui lis vomir, en expirant, des torrents d'un sang noir, FÉN. Tél. I. Il é" Par extension, lancer, jeter, pousser au dehors. Et par cent bouches horribles. L'airain sur ces monts terribles Vomit le fer et la mort, «CIL. Ode i. L'onde approche, se brise et vomit à nos yeux Parmi des flots d'écume un monstre furieux, rac. Phèdre, v, 6. Aussitôt le mont Etna cessa de vomir des tourbillons de flammes, FÉN. Tél. II. Des îles incendiées, dont une, celle de Stromboli, vomit, sans relâche et dans tous les temps, des laves, des pierres ponces, et jette des flammes qui éclairent la mer au loin, BUFF. Min. t. IX, p. 26. Là, l'Achéron bouillonne, et, roulant à grand bruit. Dans le Cocyte afl"reux vomit sa fange immonde, delille. En. vi. || Fig. Il vomira avec son âme les richesses qu'il avait iévorées, mass. Carême, Impénit. /In. ||4° Terme de fontainier. Jeter beaucoup d'eau, en parlant d'une figure ou d'un masque de fontaine. || B°Terme de marine. Les coulures vomissent, se dit quand l'étoupe s'est échappée par suite de la fatigue que le bâtiment a éprouvée. || On dit aussi : Le vaisseau vomit des étoupes. lie» IFig. Rejeter hors de son sein. Quoi I lorsque, les chassant du port qui les recèle, L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle.... RAC. Iphig. v, 4. Lorsque j'entends parler de ces prodigieuses armées que l'Orient vomit de son sein, et de leur étonnante magnificence, volt. Princ. de Babyl. n. Le ciel qui les vomit [les anges déchus] , ne les recevra plus, delille, Parad. perdu, VII. Il 7'" Fig. Proférer des choses odieuses, injurieuses, violentes. Ici dispensez-moi du récit des blasphèmes Ou'ils ont vomis tousdeux contre Jupiter mêmes, corn. Fohj. m, 2. Grand homme [Luther] comme vous voyez, qui vomit des impiétés et des blasphèmes qu'on n'entendra peut-être pas dans l'enfer même, boss. ï' avert. b. Roxane avala du poison, en vomissant mille imprécations et mille injures contre Mithridate, rollin, llist. anc. Œuv t. X, p. »««, dans POUGENS. On voyait de toutes parts [lors des funérailles de Louis XIV] le peuple danser, chanter, boire, se livrer à une joie scandaleuse • et plusieurs eurent l'indignité de vomir de» injures en voyant passer le char qui renfermait le corps «UCLO», Œuv. t. V, p. an. Il Vomir feu et flamme! proférer des paroles violentes. Chacun vomit feu «l flamme contre l'audacieux, lbsagk, Diable boit.
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<9. Il Vomir son venin contre quelqu'un, dire de lui tout le mal possible.
— REM. Vaugelas dit: «Vomir des injures; celte phrase ne passe pas seulement pour bonne parmi les bons écrivains, mais aussi pour élégante. Cependant les femmes de la cour la reçoivent mal, et la trouvent peu délicate. Ceux qui veulent leur plaire doivent donc l'éviter. • î quoi Th. Corneille répond dans ses Notes à Vaugelas : • Vomir des injures est une phrase qui exprime tant, qu'on a peine à croire que les dames poussent leur délicatesse jusqu'à la vouloir bannir. •
— liisr. xn" s. X boire li duna, mais ne sai quel, de fi; Guaires ne demura que li frères chaï [tomba] ; Venim e pureture grant merveille vomi. Th. le mart. 95. || xiir s. Car on voit plusours fois esclore Un grant mal, qui lues ne ciet mie [ne tombe pas vite]. D'une parole lost vomie, Baudouin DE CONDÉ, t. l, p. 66. || xvi* S. [Dans les amphithéâtres] crevasses représentant des antres qui vomissoient les bestes destinées au spectacle, mont. IV, <3. Il veoid une sienne terre ensepvelie sous les sables que la mer vomit devant elle, id. i, 232. C'est maulvays signe qu'il vomyt ou gomyt ainsy,
PALSCR. p. 652.
— ÊTYM. Wallon, vomi, gômt; picard, garnir ; provenç. lomiV; ital. vomire; du lat. vomire, par changement de conjugaison; grec, êiieïv ; sanscr. et zend, vam, vomir. Remarquez la forme gomir.
VOMISSEMENT (vo-mi-se-man), s. m. || 1° Acte par lequel les substances solides et liquides contenues dans l'estomac sont rejetées au dehors. Vomissement des matières alimentaires. Vomissement de sang ou hématémèse.Elle tomba le dix de ce mois dans des vomissements si extrêmes et si violents que nul remède n'a pu la secourir, sÉv. 622. Il Vomissements incoercibles pendant la grossesse, vomissements opiniâtres, rebelles à toutes les médications, qui amènent, au bout d'un certain temps, de la fièvre et un état fort grave, et qui se terminent quelquefois par la mort, sans qu'aucune lésion de l'estomac ou de l'utérus explique ni la persistance de ces vomissements ni leur conséquence funeste. || 2° Matières vomies. Les vomissements furent abondants. || Fig. dans le langage biblique, retourner à son vomissement, retomber dans ses désordres (image prise du chien qui revient à ce qu'il a vomi). On les regardait comme des animaux immondes, cent fois revenus à leurs vomissements, et devant lesquels il ne fallait plus jeter les choses saintes, mass. Carême, Inconst. || 3' Il se dit aussi de ce qui est rejeté par la bouche, sans venir de l'estomac. Vomissement de sang ou hémoptysie.
— HisT. xm* s. ladite Marote vomi moût; et après ce vomissement.... Miracles St Loys, p. 423. C'est li mastins qui gloutement Retourne à son vomissement, la Rose, 12)72. ||xiv" s. Gémissement, du cange, vomere. || xvi* s. Les premiers mortiers ne semblans assez maniables ny assez cruels par un simple vomissement de fer et de feu.... paré, ix, Préf.
— ÉTYM. Vomir.
VOMITIF, IVK (vo-mi-tif, ti-v'), adj. Terme de médecine. Qui fait vomir. Drogue vomitive. || S. m. Les vomitifs, les agents médicamenteux doués d'une propriété vomitive constante et inhérente à un principe particulier.
— HIST. XVI* s. Je n'approuve point les vomitifs en ceste fièvre, paré, xx, u.
— RTYM. Vomir.
VOMlTOIRE(vo-mi-toi-r'), t. m. ||l'Termo de
médecine. Synonyme vieilli de vomitif. || Fig. Il lui prépare un excellent vomi toire pour lui faire rendre toutes ses usurpations, j. bruslé, Lucien en belle humeur, t. i, p. 40. || 2' Dans les théâtres des anciens Romains, larges issues par oit le peuple sortait. || Se dit particulièrement des issues, des portes par lesquelles les spectateurs se répandaient sur les gradins. On entrait par le corridor au haut du théâtre, et l'on descendait dans la salle par les vomitoires, chateaubr. Italie, llerculanum, Portici, Pompeie, it janv. || Terme de maçonnerie. Petits degrés ou marches, taillés dans l'épaisseur du cordon ou des murs en gradins au pourtour d'un bassin pour y descendre.
— HlST. xvi* s. En la contusion du talon, il donne purgation vomitoire dès le mesme jour, PARÉ, X, 3.
— ETY.M. I^t. vomitorixts. de vomere, vomir. tVOMirURlTION (vo-mi-tu-ri-sion), s. f. Terme
de médecine. Vomissement assez fréquent, mais sans grandes secousses et évacuant peu de matières. || Particulièrement, cette espèce de vomissement avorté dans lequel les matières remonlent
VOT
de l'estomac dans l'œsophage, mais ne sont pa» rejetées au dehors.
— ÉTYM. Substantif d'un verbe vomiturire, qui, s'il était latin, signifierait avoir envie de vomir.
t VOQUER (vo-ké), V. a. Terme de potier. Tourner la terre entre les mains; l'apprêter avant de la mettre en œuvre sur la roue. || On dit aussi voguer.
VORACE (vo-ra-s'), adj. Qui dévore, qui mange avec avidité. Quoique tiès-vorace, il [le vautour] peut supporter l'abstinence pendant quatorze jours, BUFF. Ois. t. i, p. 224. || Homme vorace, homme qui mange goulûment, avec avidité. Il Estomac vorace, estomac qui a besoin de beaucoup de nourriture.
— ÉTYM. Lat. voracem, de vorare, dévorer ; grec, pof è:, mangeur, popà, nourriture ; racine sanscrite gar, avaler.
voit AGITÉ (vo-ra-si-té), ». f. || l'Avidité à manger. La voracité des oiseaux de proie. Autrement il [Louis XV] ne se retiendra jamais sur sa voracité, MAINTENON, Lett. à Mme de Ventadour, <4juin 17<6. La voracité n'exclut pas toujours ua appétit de préférence, buff. Ois. t. m, p. 414. Il 2° Fig. Cupidité comparée à la voracité. L'esprit économique est très-contraire à la voracité des courtisans, bachaumont, Mém. t. xxxv, p. 367. Il 3* Fig. Avidité de lecture. Deux volumes de six cents pages chacun! votre voracité en viendrait à bout en deux jours, m"'de lespinasse, Letl. 1. 1, p. ) 0) .
— HIST. xiv* s. Ouelque soit sa voracité Et son aspre faraelité.... Trait, d'alch. (77. || xvi" s. Il se peut bien faire que le sage use de viande précieuse et délicate sans appétit desordonné et sans voracité, le Bureau du concile de Trente, p. 29».
— ÉTYM. Lat. voracitatem, de vorax, vorace.
I VORTEX (vor-tèks), s. m. Terme d'anatomie. Disposition en cercles concentriques offerte par certains vaisseaux, qui simulent plus ou moins grossièrement les lignes circulairesd'un tourbillon.
— ÉTYM. Lat. vortex, tourbillon, de vertere, tourner (voy. version).
■f VORTICELLE (vor-ti-sè-l'), s. f. Genre d'infusoires.
— ÉTYM. Lat. vortex , tourbillon, à cause de» mouvements de ces infusoires.
t VORTICULE (vor-ti-ku-1') , ». m. Petit tourbillon (système de Descartss).
— HIST. Dimin. du lat. vortex, tourbillon. VOS (vô; l's se lie : vô-z amis) , plur. de votre. t VOSGIEN, lENNE (v6-jiin, jiè-n'), adj. Terme
de géologie. Se dit d'une espèce de grès rougeàtr» et arénacé.
— ÉTYM. Les Vosges , chaîne de montagnes en France.
VOTANT (vo-tan), ». m. Celui qui vote. Il y avait trente votants. || Il peut aussi se dire au féminin. Une votante. Les votantes. 1| Un votant, sous la Restauration, un homme qui avait voté dans le procès de Louis XVI. || Adj. Les membres votants.
VOTATION (vo-ta-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\l' Action de voter. Nous qui savons qu'il est physiquement impossible de s'assurer d'avoir obtenu le vœu national autrement que par la votation par tête, Mirabeau, Collection, t. i, p. t9t. Mettre un décret à la votation, id. ib. t. v, p. 380. Il 2° L'énoncé même du vote. Votation de J. F. Baraillon, membre de la convention nationale, dans les séances des 15, < 6, )7 et «9 janvier 4 793, imprimée par ordre de la convention nationale. || 3° Terme de bourse. Système de répartition des voix dans les assemblées d'actionnaires; les voix sont souvent réparties suivant le nombre d'actions ; plus on a d'actions, plus on a de voix à donner. j| 4° Anciennement, dans l'ordre de Malte, action de donner son suff'rage.
— ÉTYM. Voter.
VOTE (vo-t'), ». m. Vœu exprimé dans un corp» politique, dans une assemblée délibérante, dans une compagnie quelconque ||Vote par ordres, manière de prendre les décisions, qui avait lieu dans les états généraux, lorsque, pour délibérer, les représentants des différents ordres se séparaient eu trois chambres, dont chacune avait son vote indépendant des deux autres. On dit par opposition vote par tête. || Double vote, privilège qu'avaient les électeurs des grands collèges de voter une seconde fois dans les petits (loi de 4820). || Le vote est acquis, se dit dans une assemblée délibérante, quand on refuse de remettre en délibération un objet su; lequel on a voté.
— ÉTYM. C'est le lat. t(iJMm francisé (voy. vœo). VOTÉ, ÊE (voté, tée), part, passé de voter. Une
loi votée par les chambres.
VOT
VOT
vou
VOTER (vo-té), V. n. ||1« Autrefois, voter «lait employé dans les couvents, et signifiait donner sa voix au chapitre. Il Plus tard, quelques historiens s'en servirent en parlant des afTaires d'Angleterre ou à l'imitation des affaires d'Angleterre, pour sif^nifier donner sa voix dans une assemblée. La manière de donner son avis dans le concile, ce qu'on appelle autrement voter, Hist. du concile de Trente, de Fra Paoh, trad. de le Courayer (1736), t. I, p. 339. Ils [les membres du parlement sous Charles I"] votèrent que la fameuse loi llabeas corpus, la gardienne de la liberté, ne devait jamais recevoir d'atteinte, volt. Mœurs, )"». |( C'est de là qu'il a passé dans l'usage actuel avec le sens de donner sa voix , son suffrage dans une élection, une délibération. Nelbroun pour le ministre a voté quelquefois, c. delat. Popularité, 1, J. J'écoutais les raisons sans penser aux personnes, Et votais pour les lois quand je les trouvais bonnes, ID. ib. Oui, mon cher: c'est la plaie du système représentatif que cette foule de députés qui veulent penser par eux-mêmes, voter, comme ils disent, en connaissance de cause, reybaub, Jér. Paturot, n, 20. || a° F. a. Exprimer, au moyen du vote, son consentement à. Voter une loi, le budget. Voter une adresse, des remercîments. || Dans le langage général, voter des remercîments, se dit sans qu'il y ait aucune espèce dévote. Je commencerai par voter des remercîments au traducteur, destL'Tt- TBACY, Instil. Mém. se. mor. et pol. t. iv, p. 544.
— ETVH. Vole.
VOTIF, IVE (vo-tif, ti-v'), adj. Qui appartient au vœu. Il Tableau votif, tableau offert pour acquitter un vœu. Il Terme d'antiquité. Se dit d'objets de toute espèce qu'on suspendait dans les temples, en mémoire de quelque faveur obtenue des dieux. Je ne penserai pas, comme quelques antiquaires, qu'Homère ait donné lieu à la coutume des boucliers votifs ou commémoratifs par la description de celui d'Achille, quatremère de quincy, Instit. Mém. hist. litt. anc. t. iv, p. (30. Les offrandes votives, ainsi que les boucliers enlevés à l'ennemi dans le cours de la guerre médiquc, étaient suspendus en dehors de l'édifice, ciia- TEAUBH. Ilin. part. ). || Messe votive, messe dite dans une intention particulière, et qui n'est pas de l'office du jour.
— HiST.xiv's. Votist, astraintpar veu, ducange, votivus.
— f.TYM. Lat. votivus, de votum (voy. vœu). VOTRE (vo-tr'), aa pluriel VOS (vô; Vs se lie :
v6-z amis), adj. poss. || 1* Il répond au pronom personnel vous, se met toujours devant le subilan iif, et se dit en parlant à une personne ou à plusieurs. Philinte : Dans vos brusques chagrins je ne vous puis comprendre; Et, quoique amis enfin, je suis tout des premiers.... — Alccste : Moi, votre ami? rayez cela de vos papiers, mol. Mis. i, t. Quoiqu'il soit votre fils et même votre ouvrage, Il est votre empereur, rac. Brit. iv, 2. Votre Oresto au berceau va-t-il finir sa vie? ID. Iphig. I, ). D'ordinaire ces messieurs-là [les lutins] sont brusques; ils ouvrent vos rideaux, tirent votre couverture, vous donnent quelques soufflets, et on ne sait ce qu'ils deviennent, font. Lett. gai. 12. Adieu, Tithon et l'Aurore; aveivous gagné vos soixante-neuf ans au mélier de Tithon ? volt. Lett. Moncrif, 27 mars 4 757. Ce mot de Mme de Sévigné à sa fille : J'ai mal à votre poitrine; expression de génie, si l'on peut appeler ainsi ce que le cœur a inventé, marmon- TEL, Œuv. t. VII, p. 474. Il 2° Il se dit quelquefois non pas de ce que vous possédez, mais de ce dont vous parlez, de ce qui tient à vous d'une façon quelconque. Que voulez-vous dire avec votre bon visage? Monsieur l'a fort mauvais, mol. Mal. imag. n, 3. Astarbé vous défend do découvrir au roi quel est votre étranger, fén. Tél. m. Et parbleu 1 vous rêvez ; Pour connaître vos gens, mettez mieux vos lunettes, regnard. Bal, se. (3. Vous voulez rire avec vos quatre millions, volt. Mél. hist. Quelqttes niaiseries, u. Votre Malebranche, lui dit un jour l'Ingénu, me paraît avoir écrit la moitié de son livre avec sa raison, et l'autre avec son imaginationetses préjugés, ro.r/ngénu, (O.Le marquis: Je vous ai parlé du chevalier de Villars. — Délie: Eh bien? — Le marquis: Eh bien, c'est votre inconnu, GENLIS, Thédt. d'éduc. Zélie, m, 2. Relisez votre Molière, picard. Capitaine Delronde, m, 3. |1 8° Avec un nom de personne, il se dit souvent par dédain ou par colère. Voici votre Achorée, corn. Pomp. ï, 2. Revenez à moi, me dit-elle, et je me moquerai de votre Monsieur [le frère de Louis XIII],
quiestledernier des hommes, RETZ, Mém.i. n, llv. m, p. 365, danspouGBKS. Voici votre Mathan : je vous laisse avec lui, nKC.Ath.u,*. ||4" Votre, vos, placé devant les adverbes comparatifs fait le superlatif. Votre plus grande dépense. Vos moins chers volumes.
— HEM. Au xvn' siècle, on répétait volontiers votre devant un second adjectif, quand il y en avait doux : Renoncer à ce qui devrait être votr» souveraine et votre unique consolation, iioi'rdal. Domin. 5' dimanche après Pdquet, Prière, t. 11, p. (99. On dirait aujourd'hui : Votre souveraine et unique consolation.
— HIST. XI' s. Je jetai voz choses de la nef pur poiir [peur] de mort, ioi'i de Cuill. 3H. Branche d'olive en vos mains porterez, Ch. deBol. v. Dunt bien purrez voz soldeiers luer, ib. IX. Vostre curages est mult pesmes e fiers, 16. xviii. || xii' s. [Je] Proi vous, dame, par vo très grantvalois. Que vous amez [aimiez] vostre loial ami, Couci, vn. Mais quant vostre oil [vos yeux] me veulent regarder. Et je remir le vostre biau cors gent, ib. x. Et vos [votre] douz front qui plus est clair que glace, ib. XI. Il xiii* s. Seigneur, j'ai bien veues vos lettres, et bien sai tout certainement que vostre soigneur sont liplus haut home qui soient, villeii. xi. Fille, ce dist li rois, ressemblez [à] vostre mère, Berte, IV. Mère, ce distAlisle, Diex oie vo prière, ib. xil. Bien est vos traisons vette et esprouvée, ib. xvi. Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée, ib. XLvi. Quant pour vostre marastre vo père avez perdu, ib. li. Vo marastre vous a et férue et laidite, ib. Lix. ||xv* s. Hz se recommandent à vous comme vostres chevaliers, Perce/bresf, t. vi, f* I05. Il XVI" s. Et votre amour [l'amour que je vous porte] m'excuse, Qui troubla tant mes douloureux esprits,
— ÊTVM. Berry, route ;«orm. voie; picard, t'o; provenç. vostre, vostra ; espagn. vuestro , vuestra ; portug. vosso, vossa; ital. vostro, vostra: dn hl. uesfer, dérivé de «o«, vous; grec, <rçéTepoç,iiç(<>Û£po;, dérivé de oçiùî, (j;<5, vous deux. Dans l'anc. franc. vostre s'emploie au pluriel, mais seulement au nominatif; vos, qui en est l'apocope, s'emploie au singulier et au pluriel ; au nominatif singulier, il peut devenir vo. Votre, étant enclitique, a pris l'o bref, mais il reprend l'o long quand il n'est plus enclitique : le vôtre.
VÔTRE (LE, LA) (V(^-tr'), adj. possessif sa.m son substantif. || 1° Il se dit de la personne ou de la chose qui est à vous, et dont il vient d'être parlé. Délogez souvent, changez de nom, si vous ne l'avez déjà fait; ou plutôt n'en changez point du tout, vous ne sauriez être moins connu qu'avec levAtre, rac. 2' lett. à l'auteur des Imagin. réplique OUI deux réponses. Rome a ses droits, seigneur; n'avez-vous pas les vôtres? ID. Bérén.iy, 6. Mon cœur se met sans peine en la place du vôtre, ID. Iph. I, 6. J'ai mon Dieu que je sers ; vous servirez le vôtre, ID. Ath. 11, 7. Le marquis ; Serviteur ; vous et moi nous en valons deux autres; Je suis de vos amis. — Valère : Je ne suis pas des vôtres, regnard, le Joueur, in, t3. On ne lit plus Descartes; mais on lira son éloge, qui est en même temps le vôtre, volt. Lett. Thomas (qui avait envoyé son éloge de Descartes), 22 sept. 4 765. Il On supprime quelquefois l'article. Les raisons sont aisées à déduire, et elles seront plus vôtres, si.... DISC. Diopt. 5. Pouvez-vous me donner, si je ne suis pas vôtre ? th. corn. D. Bertr. de Cigarral, IV, 4. M. de la Harpe, avec qui j'ai le plaisir de pa'rler souvent de vous, pourra vous dire combien je vous suis attaché, et combien je suis vôtre à la vie, à la mort, d'alemb. Lett. à Voltaire, 28 janv. (768. Il Je suis vôtre, se dit quelquefois pour s'excuser, pour refuser. Messire Damon, je suis vôtre; Commandez-moi tout, hors ce point, la font. Coupe. Il 2° S. m. Ce qui vous appartient. Vous en serez du vôtre, vous perdrez tout ou partie de ce qui vous appartient. || Ce qui vient de vous. Vous y avez mis du vôtre. H 8" Les vôtres, vos parents, vos amis, vos adhérents, les personnes de votre compagnie, do votre pays. Vous et les vôtres. Lettre que je vous prie de lui écrire et de lui envoyer par un des vôtres, scarr. Œuvres, t. i, p. 227. Punissez les délits des vôtres plus sévèrement encore que les délits des indigènes, batnal, Hist. phil. IV, 33. Il Cette personne est des vôtres, elle est de votre parti, de votre compagnie. Nous ne sommes pas aujourd'hui des vôtres ; nous avons une invitation. Tous les mécontents seront des vôtres. Tenez-moi des vôtres, mon cher, mol. Impromptu, 3. Je suis des vôtres; çà, du vin.
laiiottk, Odei, t. 1, p. 4(3, dans pouoens. Lui est-il [i Dieu] plus difficile de reipucr tous les hommes que d'en remuer quelques-uns? sorait-il Dieu que pour votre petite secte? il l'est pour moi, qui ne suis point des vôtres, volt. Philos, de l'dm», 6. Il Familièrement. Je suis bien le v6tre, je suis tout vôtre, je n'en suis pas moins le vôtre, s'emploie par forme de salutation, pour: je suit bien votre serviteur. Monsieur, je suis tout vôtre, MOL. l'Él. I, 4. Il 4* Familièrement. Vous faites de* vôtres, se dit de quelqu'un qui fait des folies, da bons tours, ou mémo des actions répréhensiblei, et aussi qui agit à sa guise. Uadùne Sealiger [.Mme d'Argentdl], vous avez sans doute taillé et rogné [dans l'Écossaise] ; vous avez fait des vôtres, volt. Lett. d'.irgental, septembre <760. ||6' J'ai reçu la vôtre du <3 juin.... en commençant une lettre, ne vaut rien; il faut dire j'ai reçu votre lettre, OB caillières, (OOO. Quand on est fnrt éloignée, on no se moque plus des lettres qui commencent par : J'ai reçu la vôtre.... sÉv. ««.
— HIST. xi* 8. Nel di [je ne le dis] pur ce, de» vos iert [sera] là martire, Ch. d» Roi. xliii. Ce camp [champ de bataille] est vostre, mcrcit Deu, e le mien, 16. clix. || xii* s. Et que mes cuers [mon cœur] al vostre s'umelie, Couci, a. Car vostre sui, et serai à tous dis, ib. xvn. || ziii* s. Voiliez [ô Dieu] que cors et ame et quanque j'ai soit vo, B«r(e, xxxii. Et lui faites du vostre [de votre bien] si largement doner.... l'b.cxxxix. Issicz tost fors de cest palais, Vos et li vostres, las chotif, BAHBAZAN, Fobliaux, t. IV, p. 84. Il xiv S. La force en soit vostre [que voussoyez les plus forts], Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 626. || xv s. Je vous prie, mon père, que le m'accordez. Guillaume, rcspondit le comte, vous estes vostro; faictcs ce que vous voudrez, froiss. iv, p. 91, dans lacuhne. || xïi' s. Vostre tant vostre qu'il n'est plus sien , fin d'une lettre de François I" à sa dame, dans duverdieb, Biblioth. p. 357, dans lacurnb.
— ÊTYM. Picard, el veure, le vôtre, la vôtre ; du lat. vester (voy. votre).
VOUÉ, ÉE (vou-é, ée), part, passé de vouer. Consacré par un vœu. Il était à Dieu ; sa vie était vouée à Dieu.... il a donc fait ce qu'il avait voué; il a achevé l'œuvre que Dieu lui avait donnée à faire, PASC. Lett. sur la mort de son pire. || Enfants voués, enfants voués à porter des vêtements bleus, blancs. il Fig. Et dont la main vouée au crime Ne connaît rien de légitime Que le meurtre et l'iniquité, j. B. Rouss. Odes,i, 8. Simple organe de ses confrères en cette circonstance, et réduit à exprimer leurs sentiments, lors même qu'ils ne sont pas les siens, il [l'académicien qui en reçoit un autre] est, au moins pour ce moment, voué, ou, si l'on veut, condamnéi l'éloge, comme le récipiendaire l'estàla timiditéet à la modestie, d'alemb. Apol. de Clerm. Tonn.
t VOUÈDE (vouè-d'), i. f. Voy. guède.
VOUER (vou-é), je vouais, nous vouions, vous vouiez; que je voue, que nous vouions, que vous vouiez, V. a. ||1* Promettre par vœu. Vouer un tableau à la Vierge. Fais donc, et je te voue un temple magnifique Comme au restaurateur des affaires d'Afrique, mairet, Sophon. ni, S. La Parque à filets d'or n'ourdira pas ma vie, Je ne dormirai point sous do riches lambris ; Mais voit-on que le somme en perde de son prix?... Je lui voue au désert de nouveaux sacrifices, la font. /■'oW. xi, 4. Le religieux, fidèle observateur de la pauvreté qu'il avouée, s'en tient au pur nécessaire, bourdal. Pensées, Sur l'état relig. t. n, p. 495. || Absolument. C'est selon cette loi [du vœu] qu'il est dit que Jephté égorgea sa propre fille, et il lui fit comme il avait voué, VOLT. Philos, déf. mil. Bolingbr. »i . |l 2' Particulièrement, consacrer à Dieu. Ses parents l'ont voué à Dieu. Ce parricide [Jephté] qui ordonnait que tout ce qui serait voué serait massacré sans rémission, volt. Mél. hist. Un chrétien contre six juifs, 28. Il On dit par extension, mais toujours par rapport à Dieu : Vouer sa fille à la Vierge. Vouer un entant à saint François. On l'assujettissait à tous les régimes [une malade], on la vouait à tous les saints, on la menait à tous les pèlerinages, RiccoBONi, Œuv. t. V, p. 487, dans pouoens. Il Vouer un enfant au blanc, le vouer à être toujours vêtu de blanc jusqu'à tel âge. || 8' Fig. Promettre d'une manière particulière et avec une sorte do solennité. Quand je lui vouai mon servies, FaiUis-jeen mon élection? malh. t,23. Je lui vouai dès lors une amitié sincère, bac Théb. n, ». Je t'ai voué mes jours, ils te sont consacre», VOLT. Oreste, ni, 8. Ennemi déclaré de toutes les erreurs qui avilissent et dévorent le»-
VOU
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pèce humaine, il [l'abbé d« Saint-Pierre] avait voué & la religion musulmane une aversion particulière, d'alemb. Élog. l'ab. d» St-P. || 4" Employer «veczèie, avec suite. Il a voué sa plume à la défense de la religion. || 6* Se vouer, v. réfl. Se consacrer. Se vouer au service do Dieu. || Absolument. Stérilité régnait en mariage.... Encor bien que léans On se vouât pour obtenir enfants, la font. Féronde. \\ Fig. Ne savoir à quel saint se vouer, ne savoir à qui recourir, quel moyen employer. Lélie : Las I si de ton secours ta colère me prive, X quel saint me vouerai-je? — Mascarille : Au grand diable d'enfer, mol. l'Et. m, 42. M. de Luxembourg a été deux jours sans manger; il avait demandé plusieurs pères jésuites, on les lui a refusés; il a demandé la Vie des saints, on la lui a donnée : il ne sait, comme vous voyez, à quel saint se vouer, sÉv. 3( janv. <680. ||0n dit à peu près dans le même sons ; se vouer à tous les saints.
— SYN. VOUER, CON.SACRER. Pour vouer on emploie un vœu ; pour consacrer, des cérémonies.
— HlST. XII* s. Si cume il jurad al Segnor, vot voadal Deu de Jacob, Liber psalm. p. 207. Par Mahomet, oui j'ai mon chief [ma têlej voé. Bal. d'Aleschans,\. 63io. [Amour] Méfait chanter de la plus debonaire Qu'on puistau mont [monde] ne voer [désirer] ne trover. Coud, n. ||xin' s. Je vous.... ici.... vouer Un vœu que je tenrai.... Berte, xliii. Cil Mêlions un [vœu] en voa, Que à grant mal li atorna. Lai de Melion. Geste amor, combien que profite, N'a los, ne blasme, ne mérite ; Ne font à blasmer, n'a loer ; Nature les i fait voer, la Rose, 6802. Je voil amer, comment qu'il aille, La rose où je me sui voés, 16. 7251. Si comme quant il ont volenté d'entrer en religion ou de vouer casteé [chasteté], beaum. xviii, h. Sitost comme il devinrent prophès en l'Eglise, et il se furent voué au service Nostre Seigneur, il renoncèrent de fet à toutes les cozes temporex dehors lor églises, id. lvi, i. Toutes ordres sont bonnes, bien gart chascuns la soue; Cbascuns fait grant proesce, s'il fait bien ce qu'il voue, j. de meung. Test. 1058. Ilxv's. Thoison d'or, herault de l'ordre du duc, portant un faisant rosti moult noblement paré, le présenta au duc pour entremet, disant à tel présent appartenoit de vouer. Le duo lui repondit que Toirement c'estoit bien raison, et en présence de tous voua et promit à Dieu le père, à Dieu le fils, et à Dieu le benoist Saint-Esprit, un seul en trois personnes, que.... il iroit à toute sa puissance où le grand Turc seroit, et le combattroit de son corps contre le sien, monstrelet, t. in, p. 56, dans lacuhne. Je voue à Dieu ; ils n'y demeureront pas, Hist. d'Artus lit, connest. de France, p. 787, dans lacurne. Monseigneur du Bouschage et moy le vouasmes [Louis XI malade] à monseigneur sainct Claude.... incontinent la paroUe lui revint, comm. vi, 7. Hxvi* s. Celui qui voue ce qui n'est point en sa puissance, ou qui répugne à sa vocation, est téméraire, calv. Instit. (009. C'est icy un livre de bonne foy, lecteur.... je l'ay voué [destiné] à la commodité particulière de mes parents et amis, mont. Au lect. Vouant et promettant, si ceste esmeute et ce trouble se pouvoit doulcementappaiser, défaire édifier un temple do concorde, amyot. Corn. 72. Il choisit entre tous les anciens sénateurs romains Q. Fabius Maximus, auquel il se voua et dédia du tout, id. Caton, 7. Il a donné le gouvernement d'Irlande à un autre parent, qui luy est du tout voué [dévoué], carl. ii, 3.
— ETYM. Provenç. «odor ; espagn. et portug. votar; ital. volare; du lat. votare (quicherat. Addenda), dérivé de votum, vœu.
t VOUGE(vou-j'), I. m. \\ i° Nom d'un épieu de vénerie. Il 2" C'est aussi celui d'une serpe attachée à un long manche, pour divers usages des champs et des jardins. || 3° Anciennement, sorte de lance dont le fer long et large était aigu et tranchant d'un côté, et qui armait les compagnies devougiers.
— HlST. XII* s. Hauce un voouge que entre ses mains tint, Le bras senestre li a copé parmi, DU CANGE, vanga. \\ xv s. Qui luy donna d'ung voulge parmy l'estomac, comm. i, t. \\ xvi* s. Et comme ils furent joignant les chevaux, ils dressèrent les fors de leurs vouges et javelots contremont, amyot, Pomp. <02.
— ÊTYM. Origine inconnue.
t VOtJGF,OT(vou-jo), t. m. ClosVougeot, grand Yin de Bourgogne. || Crème de Vougeot, ratafia de cassis qu'on prend habituellement avec de l'eau.
t VOUGIER (vou-jié), ». m. Voy. vouoe, n* 3.
t VOULANT, AOTE (voulan, lan-t'), adj. Qui Teut. [La grâce toute-puissante] qui flicbit les
cœurs Us plus obstinés, et les fait voulants de non-voulants qu'ils étaient, boss. Averl. sur le livre ttéflex. mor. vi.
— HIST. xiv s. Et quant il fait tele chose non voulant, il ne fait adonques ne juste ne injuste, oresme, Eth. < 57.
< . VOULOIR (vou-loir), je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent; je voulais; je voulus; je voudrais; veuille, qu'il veuille, veuillons, veuillez, qu'ils veuillent ; que je veuille, que tu veuilles, qu'il veuille, que nous voulions, que vous vouliez {voy. sur ces deux dernières formes la remarque 2), qu'ils veuillent; que je voulusse; voulant ; voulu, v. a. || 1" Être en volonté de. Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos, malh. vi, is. Qui veut également tout ce qu'on lui propose. Dans le secret du cœur souvent veut autre chose, corn. Othon, v, <. Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé, ID. Poil/. IV, 3. M. de Beaufort et Mme de Montbazon ne voulaient proprement rien à force de tout vouloir; et ces sortes d'esprit assemblent toujours dans leurs imaginations des choses contradictoires, RETZ, Mém. X. II, liv. m, p. 221, dans pougens. [Louis XIV] Voulant la paix, quoiqu'il fasse la guerre Avec succès, depuis plus de trente ans, LA font. Poés. mêlées, lxxii. Célimène : Voulonsnous nous asseoir? — Arsinoé : Il n'est pas nécessaire, MOL. Mis. m, 6. Elle [une religieuse] sort quand elle veut; mais elle ne le veut guère, parce qu'elle a principalement dans la tête de vouloir aller en paradis, sÉv. 322. La profonde obscurité du cœur de l'homme, qui ne sait jamais ce qu'il voudra, qui souvent ne sait pas bien ce qu'il veut, BOSS. Anne de Gonz. 6 mon Dieu, dit-il, vous le voulez ; que votre volonté soit faite; je me jette entre vos bras, id. Louis de Bourbon. Saint Thomas a dit que la volonté était naturellement réfléchissante sur elle-même, qu'on aimait à aimer, qu'on voulait vouloir, id. États d'orais. v, 5. D's que l'âme veut que le bras soit mû, le bras est mû, quoiqu'elle ne sache pas seulement ce qu'il faut faire pour le remuer, malebr. Bech. vér. n, i, 6. Laissez faire, ils ne sont pas au bout; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout, RAC. Plaid. 1, 7. Moi, je ne veux rien ; c'est ma femme qui veut, destodch. Fausse Agnès, i, 1. Puisque madame le veut, que Suzanne le veut, que vous le voulez vous-même, il faut bien que je veuille aussi, beaumarch. Mar. de Figaro , II , 20. Vous me donnez l'espérance d'un temps plus heureux ; je veux espérer, letourneur, Trad. de Cl. Ilarl. Lett. lxxxii. || Absolument. Si tout est fait pour nous, s'il ne faut que vouloir. Que n'employons-nous mieux ce souverain pouvoir? Que ne régnons-nous sur nous-mêmes? desiioul. t. i, p. (32. Et vous reconnaîtrez mes soins, si vous voulez, RAC. Andr. iv, 3. Encore une fois, il faut vouloir; le célèbre curé de Saint-Sulpice voulut, et il bâtit sans aucun fonds un vaste édifice [Saint-Sulpice], volt. Pol. et lég. Embell. de Paris. On ne peut vouloir qu'en conséquence de ce qu'on sent ou de ce que l'on a senti, bonnet. Ess. anal, âme, xix. J'ai toujours la puissance de vouloir, non la force d'exécuter, J. J. Rouss. Ém. iv. Dès lors elle [l'âme] ne se borne plus à désirer; elle veut; car on entend par volonté, un désir absolu, et tel, que nous pensons qu'une chose désirée est en notre pouvoir, condil. Traité sens. 1, n, 9. || Terme de turf. Comme il veut, exclamation que pousse souvent la foule au moment où le cheval gagnant va atteindre le poteau, et signifiant qu'il lui est facile de gagner sans efl'ort. || Vouloir ou en vouloir, se dit, en termes de haras, d'une jument qui paraît disposée à soufl'rir l'étalon. || Tu l'as voulu, vous l'avez voulu, se dit par forme de reproche à quelqu'un qui a fait quelque faute contre laquelle il avait été prémuni.Vous l'avez voulu; vous l'avez voulu, Georges Dandin, vous l'avez voulu; cela vous sied fort bien, et vous voilà ajusté comme il faut, MOL. G. Dand. i, 0. \\ On dit : Je voudrais au lieu de: je veux, pour exprimer modestement sou désir. Je voudrais vous entretenir en particulier. Il Par une sorte de défi. Je voudrais bien voir qu'il osât l'entreprendre. Je voudrais bien voir cela. Il II ne sait ce qu'il veut, se dit d'un homme irrésolu, qui ne sait pas se décider. || Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout ce qu'on veut, avoir un grand empire sur ses sentiments, sur ses actions. Un roi n'a qu'à vouloir; on fait de cette nation-ci [la française] tout ce qu'on veut, volt. Dict. phil. Courtisan lettré. || Cet homme veut ce qu'il veut, il l'exige, il le veut fortement. || Familièrement. Que
veux-tu, que voulez-vous (sous-entendu, qu'on dise, qu'on fasse) ? et signifiant il en est ainsi. Que veux-tu, mon pauvre nourricier? il faut bien obéir à notre maître, MOL. If^d.ma/jrrfJui, 1,5. Que veuxtu? mais, s'il faut ne te rien déguiser. Mon innocence enfin commence à me peser, hac. Andr. m, 4, Que voulez-vous? ila les préjugés de son pays, ceux de son parti et les siens propres, volt. Dial xvi. Le comte: Je ne te reconnaissais pas, moi; te voilà
si gros et si gr.is — Figaro : Que voulez-vous,
monseigneur! c'est la misère, beaumarcu. Barb.de Sév. I, 2. Il Dieu le veuille 1 se dit pour marquer qu'on souhaite qu'une chose arrive ou qu'on en doute. Il II veut que cela soit, veuille Dieu, veuille diable, se dit d'un homme qui veut venir à bout de quelque chose à quelque prix que ce soit et par toutes sortes de moyens, justes ou injustes. || On dit dans le même sens: Veuille Dieu,veuillé samère. Il 2° Vouloir, avec un nom de personne pour complément, avoir la volonté que la personne soit telle ou telle, ou qu'elle se présente. Je vous veux raisonnable. Mascarille : Voulez-vous deux témoins qui me justifieront? — Albert : Veux-tu deux de mes gens qui te bâtonneront? mol. Dép. amour, in, 4 0. Dieu vous voulait où vous êtes, mainten. Lettre à Mme de Bouju, t. v, p. 207, dans pougens. || Vouloir une femme, en désirer la possession. Je sais que les ans lui mettront Comme à toi les rides au front. Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux : Mais voilà comme va le monde, Je t'ai voulue, et je la veux, malh. iv, 46. Il 3° Commander, exiger avec autorité. Il a dit : Je le veux, désobéirez-vous? corn. Cid, il, 4. Je veux moins de valeur et plus d'obéissance, bac. Iphig. IV, 6. Sa fière autorité veut de la déférence, volt. Sémiram. i, 4. Je le veux, je le veux.... comme il dit çà, ce monsieur! je le veux.... ah! le roi dit bien : nous voulons, collé. Part, de chasse, m, 7. Obéissez, je le veux. — Ma foi, il a dit : je le veux, comme un homme qui y est habitué, A. duval, Menuis. de Livonie, m, 3. Il 4" Souhaiter, désirer. Qu'est-ce que vous voulez, mon papa? ma belle maman m'a dit que vous me demandez, mol. Mal. imag. n, 4 4. Je voudrais que toutes les âmes éloignées de Dieu fussent présentes à ce discours, boss. Anne de Gonzague. Voulez-vous du public mériter les amours. Sans cesse en écrivant variez vos discours, boil. Art p. i. Cependant, quand je veux oublier cet outrage, Et cacher à mon cœur cette funeste image, Vou» osez à mes yeux rappeler le passé ! rac. Mitlir. iv, 4. Je viens vous rappeler qu'on me veut pour lordmaire, c. delav. Popularité, l, 8. Je voudrais m'emparer de toute la nature, p. lebrdn, Marie Stuart, m, 4. || B" Consentir à. Oui, je le veux bien. Il faut vouloir tout ce que vous voulez. Veut-elle bien céder à la nécessité? cobn. Médée, m, 2. Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'étonnent, id. Hor. m, 5. Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi? ID. Nicom. iv, 3. Ij Par civilité, veuille, veuillez, aie, ayei la bonté, la complaisance. Veuille me dire au plus tôt ce que tu penses de tout cela. Veuillez vous souvenir Que les événements régleront l'avenir, corn. Pomp. 11, 4. Veuillez être discret. Et n'allez pas, de grâce, éventer mon secret, mol. Éc. des femmes, 1, 6. Il Voulez-vous bien? est quelquefois une formule impérative. Voulez-vous bien vous taire? taisezvous. Voulez-vous bien finir? finissez. Voulezvous bien n'être pas joli comme çal bealmarch. Mar. de Fig. 11, 6. H Je veux bien a quelquefois une signification hautaine comme de supérieur à inférieur. Je veux bien que vous sachiez que vous n'avez rien à ordonner ici. Si vous ne le savez, je veux bien vous l'apprendre, corn. Nicom. n, 3. Il Anciennement, vouloir bien, ne pas craindre de. [Condé, répondant à la harangue du président de Maisons, dit] qu'ayant appris de la bouche de la reine que Sa Majesté ne leur avait permis de s'assembler que pour le tarif et les rentes, il voulait bien leur dire qu'il ne soufl'rirait point leur désobéissance ni leurs entreprises, m*« df. motteville, Mém. à la date de <fi48. Je quittai un mari qui m'aimait, pour me jeter enire les bras d'un jeune homme qui avait bien voulu depuis peu de temps me faire savoir que je lui étal» devenue odieuse, scarron. Nouvelles, VAduUèrt innocent. Cela [la perruque exprimée en vers] est dit en quatre Vîrs que je veux bien vous écrire ici, afin que vous me mandiez si vous les approuvez, boil. Lett. à Maucroix, 29 avril <695. Il 6* Il s'emploie pour marquer la concession que l'on fait, pour admettre bypothétiquement une
vou
ehoie. }e veux que cctto oflTense attaque votre gloire; Hais qui l'osa commettre a pu no pas le croire, rotr. Antig. iv, 6. Ils regorgent de biens et (l'Iionniurs, jo le veux, bourual. i" avent, sur la récompense du saints. Qu'il soit doui, complaisant, officieui, sincère; On le veut : j'y souscris, et suis pr£t à mo taire, boil. Sat. ix. Mais je veux qu'on vous laisse une part dans la gloire ; Que produit pour l'Ëlat cette noble victoire? c. DELAV. Vtpr. sicil. I, a. Il Familièrement. Je veux bien que cela soit, je veux que cela soit, je suppose que cela soit, quoique je n'en convienne pas, ou quand cela sérail vrai. || Si vous voulez, si vous l'admettez. Quand on veut parler d'un grand conquérant, chacun pense à Alexandre; ce sera donc, si vous voulez, ce même Alexandre qui nous fera voir la pauvreté des rois dans leurs conquêtes, Boss. la ValUère. Le corps qui avait concentré dans ses mains tous les pouvoirs, manqua aux engagements qu'il avait pris avec ^es sujets, ou, si l'on veut, avec ses esclaves, raynal, Hist. phil. IV, 31. il Que voulez-vous qu'il ait dit...? comment imaginez-vous qu'il ait pu dire...? Que voulez-vous, mon pfcre, que j'aie fait? mol. Fourber. a, s. || 7» Prétendre. Chacun veut en sagesse ériger sa folie, boil. Sat. iv. Cette inclination qu'on veut que vous ayez pour le jansénisme, MAiNTEN. Leit. au card. de Noailles, 2o nov. I70ï. Je ne sais; il veut absolument Que j'aie eu quelque part à cet enlèvement, baron. École des pères, IV, '2. Oui, grand Dieu, c'est en vain que l'humaine faiblesse Sans toi veut se parer du iiom de la sagesse, L. RAC. la Grâce, i. Savicz-vous que c'est moi que ce couplet veut ridiculiser? genlis, Thédtr. d'éduc. le Méchant par air, iv, 8. US" Vouloir de, avec un substantif pour complément, rechercher, accepter. Je ne veux point d'un trône où je sois leur captive, corn. Olhon, m, 3. Vous avez dit qu'il était bien aisé de quitter le monde, quand le monde ne voulait plus de nous, mass. Avent, Afflictions. Que le public veuille ou non veuille De tous les charmes qu'il accueille.... volt. Lelt. en vers et en prose, I4. Si Mlle Gothon veut bien de monsieur, il n'y a pas à aller par quatre chemins, CARMONTELLE, Prov. la Guinguette, se. 6. Je ne veux pas d'un monde où tout change, où tout passe, LAMART. Médit, i, (8. || Populairement. Kn veux-tu? en voilà, abondamment, en grande quantité. C'était un bal magnifique : il y avait des glaces en veui-lu? en voilà. || 9" Demander un prix d'une chose qu'on veut vendre. Il veut cent mille francs de sa terre. Combien voulezvous, que voulez-vous de votre voilure ?|| 10° Fig. Se dit des choses qui ont de l'autorité. La loi veut que.... La raison voulait qu'on prît ce parti. Ce qu'il [Calvin] pouvait [dans la conjuration d'Amboise]? rompre absolument l'entreprise, en la faisant déclarer au roi ou à la justice; l'ordre des empires le veut; la loi éternelle l'ordonne, BOSs. Déf. Var. t" dise. t». ||Le malheur, le bonheur a voulu que..., il est arrivé par malheur, par bonheur que.... Puisque mon malheur veut que je sois cette victime publique, balz. liv. i, lett. 6. Son bonheur voulut que les Turcs ne l'altaquas- »ent pas dans ces funestes conjonctures, volt. Ann. Emp. Ferdinand II, (C34. || 11» Fig. Être d'un caractère à exiger l'emploi de (avec un nom de personne pour sujet). Il y a des enfants qui veulent être menés par la crainte. Ils vous diront.... Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné. Et d'un sceptre de fer veut être gouverné, RAC. Athal. IV, 3. Il 12° Fig. Demander, réclamer, avec un nom de chose pour sujet. Un si rare service.. . Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant, corn. Ilor. v, 2. Comme en un grand dessein et qui veut promptitude.... ». Sert, v, 6. Un intérêt pressant veut que je vous implore, rac. Bsth. II, 7. El pour être approuvés De semblables projets veulent être achevés, id. Mithr. m, I. Les ouvrages qui veulent être faits avec une certaine légèreté, J. J. rouss. Conf. m. L'histoire de ses maux voudrait un long discours, delille. En. i. L'amitié ne veut pas qu'on lente l'impossible, abnault. Oscar, i, ». || Il se dil, dans un sons analogue, des cas régis par une préposition, par un verbe, des modes exigés par une conjonction. Quoique veut le subjonctif. Ce verbe veut l'accusatif. Cette préposition veull'ablalif. || 13" Kig. .Se prêter i, avec un nom de chose pour sujet. Cette machine ne veut pas marcher. Ce n'est pas seulement la propriété d'avoir qu'on a attribuée à des itres inanimés et à des idées abstraites, on leur a aussi attribué celle de vouloir ; on dit : Ce bois ne
DICT. DE Là LANOUS VRANCiISB.
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veut pas brûler; cette clé ne veut pas tourner, etc DUUARS. TVop. Il, t. Il li* Être disposé de maniÈrc à. La disposition et la décoration de ces jardins [de Colbert i Sceaux] voulaient rappeler en petit ceux de Versailles, ). nuuESNiL, Histoire dtsamat. franc. L ii, p. 32». |{ 16* Vouloir du bien, vouloir du mal à quelqu'un, avoir de l'alTcction ou de la haine pour lui. Peuple, qui mo veux mal, et m'imputes i vice D'avoir.... malii. v, 4. C'est mo vouloir du bien d'une étrange manière I mol. Mis. IV, 3. L'amour par lequel on se veut du bien et on désire en général sa béatitude, Boss. Préf. sur l'instr. past. de SI. de Camdrai, n, 7l. Mlle d'Hauiillon ne lui voulut aucun mal de la promplitude dont il obéissait au roi son maître, hauilt. Gram. H. Le pauvre garçon est sensible, et on lui en veut du mal, maiiiv. Pays. parv. 6« pari. Je me trouve bien confuse de voir que vous m'ayez tant aimée, vous qui devez me vouloir tant de mal, id. Warionne, 4' part. J'ai l'âme aimante, et je me suis toujours attaché aux gens, moins i proportion du bien qu'ils m'ont fait que de celui qu'ils m'ont voulu, j. j. rouss. Conf. m. || Particulièrement. Vouloir du bien à quelqu'un, être disposé à le proléger, à l'avancer. J'honore sa valeur, j'estime sa personne. Et penche d'autant plus à lui vouloir du bien, Que, s'en voyant indigne, il ne demande rien, corn. Iléracl. I, 2. Je le gronde quelquefois; mais je lui veux du bien, goldoni. Bourru bienfais. ii, 2. || Que le mal que je lui veux m'arrive, me puisse arriver, se dil pour exprimer qu'on est bien éloigné de souhaiter du mal à quelqu'un. Je no l'aime guère; que le mal que je lui veux m'arrive ! of.nlis, Thédire d'éduc. la Lingère, I, 2. Il Fig. Vouloir du mal, vouloir mal à une chose, la condamner, en être irrité. Je suis sotte, et veux mal à ma simplicité De conserver encor pour vous quelque bonté, MOL. ifi's. iv, 3. Que l'éclat de la plus belle victoire parait sombre [à côté d'une mort chrétienne] 1 qu'on en méprise la gloire et qu'on veut de mal à ces faibles yeux qui s'y sont laissé éblouir! BOSS. Louis de Boiirbmi. Il Se vouloir du bien, du mal, avoir de l'affection, de l'inimitié l'un pour l'autre. Deux personnes qui se voulaient tant do bien, hahilt. Gram. s. Je n'ai vu jamais aucun do ceux qui l'entouraient se vouloir du mal l'un à l'autre, i. :. rouss. Confess. v. Il Fig. Se vouloir mal de quelque chose, s'en faire des reproches. Je l'aime et le dédaigne, et, n'osant m'attendrir, Je me veux mal des maux que je lui fais souffrir, corn. Tite et Berén. i, ). Laissez ; je me veux mal d'une telle faiblesse, mol. D. Gare, n, 6. Je me veux mal de mort d'être de votre race, id. Fem. sav. n, 7. || Se faire bien vouloir, mal vouloir de quelqu'un, gagner son affection, s'attirer son inimitié. || 18' Vouloir le bien de quelqu'un, vouloir lui être utile. Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres, est qu'ils veulent leur bien, vauven. Jii'/I. (00. Il 17* En vouloir à quelqu'un, avoir contre lui un sentiment de rancune. Ne m'en veuille pas trop d'avoir agi sans te consulter. Leur secte [des chrétiens] est insensée, impie et sacrilège.... Mais sa fureur ne va qu'à briser nos autels, Elle n'en veut qu'aux dieux, et non pas aux mortels, corn. Poly. i, 3. 11 faut que l'on en veuille à Mlle de Muiçai à la poste, ou que son écriture indéchiffrable en veuille aux yeux des commis, MAINTES. Lelt. à Mme de Villette, 3 fév. 1682. Comme il [Harlsocker] était accusé d'en vouloir toujours aux plus grands hommes, tels que MM. Huyghens, Leibnitz, Newton, il se justifie par en parler plus librement que jamais, ponten. ilartsneker. Aristophane en voulait à Euripide; il va dans cette pièce jusqu'à lui reprocher qu'il était fils d'une vendeuse d'herbes, id. Rem. sut Aristoph. Les anciens peignaient Jupiter prenant le tonnerre composé de trois flèches brûlantes dans la patte de son aigle, et le lançant sur ceux à qui il en voulait, VOLT. Dict. phil. Tonnerre. Il En vouloir à la vie de quelqu'un, avoir formé le projet de le tuer. Je ne suis plus son fils, s'il en veut à vos jours, CORN. Héracl. I, 4. Va, César est bien loin d'en vouloir à ta vie, volt. M. de Ces. i, a. || En vouloir à, avec un nom de chose comme complément, être irrité contre cette chose, la condamner. Voilà, mon père, comme agissent ceux qui n'en veulent qu'aux erreurs, et non pas aux personnes; au lieu que vous, qui en voulez aux personnes plus qu'aux erreurs, vous trouvez que ce n'est rien de condamner les erreurs, si on ne condamne les personnes à qui vous les voulez imputer, pasc. Prov. zviu. EUle [l'hérésie] n'en voulait d'abord
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parmi nous qu'aux abus prétendus du culte; cIU a depuis attaqué le culte liii-iiii^mc, mass. Petit carême, Obslaclei. || S'en vouloir, se reprocher un tort. Non, laissez -moi. Je m'en veux de vous avoir écouté si longtemps, riCARO , Collatéral, v, 1. |l En vouloir i, avoir des prétentions sur. Cousine, il te connaît, et t'en veut tout de bon, coin, lé MerU. III, 6. Puisque Jason en veut à la toison dorée, id. roi'i. d'or, iv, I. Quand l'ennemi se prcseniant. Comme il en voulait i l'argent, Sur le mulet du fisc une troupe se jette, la pont. Fabl. I, 4. Un certain drôle qui, dit-on, en veut à ma nièce, iiauterociik, Cocher supposé, se. 10. J'en veux à votre cœur, non pas i votre bourse, MONTPLtuRT, Femme juge et partie, n, 2. Marlon, quel est donc cet homme qui vient de me saluer si gracieusement, et qui passe sur la terrasse? est-ce à vous à qui il en vout?iiARiv. Faust, confia, l, 6. Je sais bien qu'en amour il n'est pas mal d'avoir te consentement de la personne i qui on en veut, volt. l'Ingénu, 6. || En vouloir à, diriger une attaque sur. D'autres disaient qu'on en voulai t i quelque petite ville du pays de Trêves, PELUssoN,ieM. hist. t. i, p. 403. Ouais I il me semble que j'entends un chien qui aboie; n'est-ce point qu'on en voudrait à mon argent? mol. l'Av. I, 7. M. de Louvois est parti pour voir ce que les ennemis veulent faire : on dit qu'ils en veulent à Maestricht, siv. a«3. Toujours la calomnie en veut aux gens d'esprit, GREssET, le Méch. i, a. Il En vouloir signifie aussi quelquefois chercher, désirer de rencontrer. Je ne te cherchais pas, j'en voulais à ton maître, iiau- TEROciiE, Esp. foll. V, <3. Il X qui en voulez-vous T qui prétendez-vous attaquer? et aussi, qui demandez-vous? qui cherchez-vous? Étes-vous de cette maison, ma bonne dame? — Oui, monsieur; à qui en voulez-vous, vous dis-je? lamotte. Magnifique, II, 4. Il X qui en veut-il? de qui se plaintil ?|| Fig. Le bonheur en veut à..., la chance est pour.... Le bonheur en voulut à mon père; Vardes tomba et fut désarmé, st-sim. (o, <2u.|| Le malheur lui en veut, la chance est contre lui. Hélas I la pauvre flile, le malheur lui en voulait, ce jourlà, MARiv. Pays. parv. t" part. || 18* Vouloir dire, signifier. Que veut dire ce mot, ce procédé? Equut veut dire en français cheval, j) Bntendre ce que parler veut dire, comprendre à demi-mot. || Que veut dire cet homme? que prétend cet homme? que demande-t-il?|| Que veut dire cela? Que veut dire ceci ? s'eo'.ploie quelquefois pour marquer UD simple ctonnement. || Qu'est-ce que cela veut dire? affirme un sentiment mêlé d'improbation. || Que veut dire cotte clause? elle ne signifie rien. || Que veulent dire ces vers? on n'en comprend pas le sens. Il 19° Au zvii* siècle, quand vouloir était suivi d'un verbe réfléchi, on mettait souvent le pronom personne! avant le verbe vouloir; cela peut encore être employé. Je me suis voulu jeter dans le hasard, CORN. Iléracl. II, a. Les examinateurs s'étant voulu écarter un peu de cette méthode, pasc. Prot. m. Et Mignot aujourd'hui s'est voulu surpasser, boil. Sat. m. Comme cette affaire fit alors un fort grand bruit, et que les ennemis de Port-Royal s'en sont voulu prévaloir dans la suite contre ce monastère, BAC. PoriBoyol, i. X propos de la paix de Ryswyk, ne trouvez-vous pas qu'elle est si glorieuse aux alliés et nommément au roi Guillaume, qu'on ne peut assez admirer que la France se soit voulu assujétir à une mortifications! honteuse? bayle, Lett. à Constant, M nov. 4697. Il Dans ces cas, l'usage du XVII* siècle était de ne pas faire accorder voulu, malgré la forme réfléchie. |j Proverbe. Ce que femme veut, Dieu le veut, les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent, et viennent i bout de l'obtenir.
— REM. 1. L'impératif est veuille, veuillons, veuillez. Cependant l'Académie dit: veux, voulons, voulez, quand on engage à avoir une volonté ferme. On en trouve en effet des exemples dans les auteurs modernes : Ne m'en veux pas (v. auoo); Veux-le bien (cousin. Fragments, p. 2(1, (833)." Voulons le faire (bonipaci, Gramm. n'S63); Voulez sortir (lo.). Ces exemples sont rapportés et condamnés par M. Jullien, Gramm p. 117, qui recommande de dire : Ne m'en veuille pas, veuillezle bien, veuillons le faire, veuillez sortir. C'est là, il ne peut y avoir de doute, le véritable impératif. Les autres formes sont récentes et à peine intelligibles. || 2. U. Jullien dit : «Au présent du subjonctif le Dictionnaire de l'Académie donne voulions, vouliez. Je crois que c'est i tort. Fiéchier, à la fin de son Traité du jeum de i.'iAiWw, écrit : Ne croyez que «ou» veuiliions vous eUiayer.
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Le grammairieRCl. Irson [xvn* s.) n'admettait que ces formes. Hégnier Desmarais remarquait que l'usage do voulions, vouliez, contraire à l'analogie, commençait à s'introduire, et, de fait, Mme de Sévigiié emploie le plus souvent ces formes. Une épigramme de Piron {Œuvres complètes, vi, p. 605) porte : Pourvu que vous m'en veuiUiez croire. ■ La forme dont M. JuUien prend la défense est certainement la meilleure. Vouloir est un verbe oii l'i, qui appartient au subjonctif roman, a modifié l'o, l'ou du radical (commel'odans vaille, de valoir); et c'est un barbarisme assez récent et désormais autorisé par l'usage que de dire voulions, vouliez; mais c'est un meilleur usage de dire veuiliions, veuiUiez. |{ 3. Molière a fait quelquefois voudriez do deux syllabes : Mais le mal c'est.... que monsieur votre père Est un autre vilain qui ne vous laisse pas, Comme vous voudriez bien , manier ses ducats, mol. l'^l. I, 2. C'est un archaïsme : dans l'ancienne langue ce mot et les mots analogues n'étaient que do deux syllabes. Aujourd'hui ils sont de trois. — Ilisr. x* s. Voldrent la veintre li Dco inimi fies ennemis de Dieu], Eulalie. X ezo nos voldret concrcidrc li rex pagiens, ib. [Elle] Volt lo seule [siècle] lazsier, si ruove krist, ib. || xi* s. Kil [Qui le bétail] voldrad clamer emblet, e il volge doner wage.... Lois de Guill. 26. [Je vous donnerai] Tcres e fiez tant cum vos en vuldrez, Ch. de Roi. y. Adcmplir [je] voeiU vostre comandeuient, ib. xxii. Mais li quens Guenes iUoec ne volsist estre, ib. XXV. Voillet o non, tut i laisset sun tens [sa vie], ib. cix. Il XII* s. Et Dieus pour quoi le consent [pourquoi Dieu y consent-il]. Qu'il se veut [qu'on veuillel si bien mentir? Couei, iv. Quel guerredon de me voudra rendre, ib. v. Et s'il est riens qui m'en puisse partir. Ne quier je [je ne demande pas] ja savoir, ne Diex le vueille! ib. viii. Je ne doi pas [i 1'] amors grant mal vouloir, ib. ix. Ou Teuil ou non, servir la [la servir] me convient, ib.
XXI. Ne me vout [voulut] pas Diex pour neianl doner Touz les soula? qu'ai eus en ma vie, ib.
XXII. Du tort et de la honte me vorroie vengier, Sax. XVI. Li plus hardis des trois vossist [voudrait] estre à Paris, ib. xxiv. || xiii* s. En celé nuit li empereres Alexis prist de son trésor quanqu'il en pot porter, et enmena de gent ce qu'il en pol mener et qui aler s'en vodrent avec lui, villeii. Lxxxiii. Si, comme Diex vout, [ils] desconérenl les Grieus, et les commencierenl à abaître et à ocirre, ID. cxxxvii. Rien que la vielle vueille, [elle] no li veut contredire, Berte, xiv. Vueillez que cors et ame et quanlquc j'ai soit vo [vôtre], ib. xxxii. Je veuil pour vous mon cor travailler et pener, ib. XLlil. Je veus par vostre amour ici endroit vouer.... ib. XLii. Micus [je] voudroie estre morte, si me soit Diex sauvere [sauveur].... ib. cxiii. Car certes el [l'Envie] ne vorroit mie. Que biens venist, neis [même] à son père, la Rose, 258. Gars, pourquoi es-tu si hardis. Qui bien velz estre d'un garçon Dont j'ai mauvese soupeçon? ib. 3647. L'une veut d'un, l'autre veut d'autre; Ce que fait l'une, ne fait l'autre. Contenance des femmes. || xiv s. El par conséquent il lui veult très grans biens corne à home, oresue, Éth 242. Adont 11 bers Bertran hautement dit li a : En volez vous encores? or ne me celez jà, Guescl. (808. || xv* s. Or veuille-je raconter et retourner aux messages d'Angleterre, FROiss. I, i, 66. [Son cheval] l'emporta, voulust ou non, droit en-my le logis des Anglois, id.
I, I, 91. Si escripsit devers messire Jean d'Armignac que à ce besoin il ne lui voulsist faillir, id.
II, II, I. lÀ furent laits plusieurs chevaliers.... qui estre le voiront, m. 11, 11, S8. Tous cous faisoient du roi ce qu'ils vouloient, et le menoient et le demenoient ainsi comme il leur plaisoit, ro. u,
III, so. El quand il fut assailly, alors il dit : que voulez-vous que je vous dieî Jeh. de Saint, cb. 3. Puisque le cueur de moi avez. Le vostre fault que me laissiez; Car sans cueur vivre ne pourroye; Faictes en, comme vous vouldrez. Ma seule souveraine joye, eu. d'orl. Bal. 2. Et le roy.... faisoit te qu'on voulnit: aussi estoit-il aucunement em- ^e^bé de maladie, juven. Charles VI, (407. Aucuns ont voulu dire que ledit conte du Hayne avoil Intelligence avec euli, comi. i, 3. U conte de Charoloii vouloit dire que le roy ne les devoit rachapler jcerUines villes], luy ramenlevant combien il estoit tenu à sa maison durant qu'il estoit fugitifde son père, id. i, 42. || xvi- g. Je ne suis point voulu passer oultre jusques i ccste heure, marquer. Utt. Lvui. OÙ est l'ami que tant bon on reclame, Qui pour l'ami voulust bailler ton uneT maiot, i,
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2<5. Compter vous vueil un débat qui m'esveille, 10. I, 399. Chante qui veut, balle qui veut baller; Ce seul plaisir seulement je vousisse.... id. ii, 393. Balaam, vousisl-il ou non, ne se peut tenir de dire que Dieu n'est pas semblable aux hommes, pour mentir, Calvin, Instit. (67. La raison le veult ainsi, iiAB. Garg. i, 28. Si par nous oust esté pourté faveur à les malvouluz, id. i, 3(. Ce que j'en dy, ce n'est pas mal que je vous vueille.... id. Pont, m, 3( . Un obstiné, qui une mesmo chose Veutet deveut cent fois en un instant, st gelais, 4. Nostre langue n'est tant irreguliore , qu'on voudroit bien dire, DUBELL. I, <<, verso. Que pleust aux muses, pour lo bien que je veux à nostre langue, que.... id. I, 35, recto. Quasi touts desestimez et mal voulus, MONT. IV, 24. Ceux à qui nous ne voulons point de bien, LANGUE, 74. Son auclorité le rendoit mal voulu, à cause qu'il estoit homme superbe, amyot, Thésée, 22. Ils estoient tous deux bien voulus de leurs semblables, id. Rom. 7. Ils sont plus tourmontés sans comparaison do leurs douleurs quand il veut pleuvoir, que lors qu'il fait beau temps, PARÉ, IX, 6. Je suis de tel advis : me blasme de ceci. M'estime qui voudra, je le conseille ainsi, rons. (26.
— ÉTYM. Bourg, veloi; wallon, voleur; provenç. voler; ital. volere; du lat. fictif volêre, dérivé de l'indicatif latin vola, je veux; grec, 6o0).o|jiai, 66).o|iat ; golh. viljan ; ail. wollen; angl. to will; radical sanscr. var, «rt, choisir.
'i. VOULOIR (vou-loir), s. m. || l" Acte de la volonté, action de vouloir. Une infinité do corps qui pourraient y être [sur la terre], si c'eût été le vouloir de Dieu de les y mettre, desc. Mélh. vi, 3. Pourvu que leur vouloir se range sous le nôtre, CORN. Gai. du Palais, iv, 8. Oh ! bien, bien ; tout cela sera le mieux du monde; Mais rien n'ira pourtant que selon mon vouloir, i. B. Rouss. Vlatt. v, 7. Nos pensées, nos perceptions, nos vouloirs ou volontés, et nos sentiments de plaisir ou de douleur, DUMARS. (Eut), t. V, p. 304. Il 2* Malin vouloir, intention maligne. Intention do nuire. Ce doucet est un chat, Qui, sous son minois hypocrite, Contre toute ta parenté D'un malin vouloir est porté, LA FONT. Fabl. vi, 6. De vos malins vouloirs voilà la digne issue, id. Florentin, se. (4. J'ai soupçonné que, dans toute cette affaire, il y avait e.i qwelque malin vouloir; ot vous pouvez en général me mander si je me trompe, volt. Letl. d' Arpentai, (7 mars (770. || S" Mauvais vouloir, bon vouloir, disposition défavorable, favorable à. Son mauvais vouloir est visible. De votre bon vouloir nous sommes assurés, corn. Nicom, i, 3.
— REH. • Le vouloir pour la volonté est un Icrme qui a vieilli, et qui n'est plus reçu dans la prose, encore employé dans la poésie par ceux mêmes qui excellent aujourd'hui en cet art, ■ taugel. Rem. t. II, p. 748, dans pougens. Voltaire, de son côté, dit : Joins le vouloir des dieux... le vouloir n'est plus d'usage, volt. Comm. Corn. Hem. Théod. I, (. Mais l'usage a annulé ces décisions.
— HIST. xii* s. Ne Diex voloir ne m'en doinst ne puissance, Couci, xvii. Puis qu'ele m'a du tout à son vouloir, ib. Tel poesté ne puet nul chardenaus aveir; Par mei n'aura nul d'ols de derraisun poeir, E poesté du pape n'aura par mun voleir, Th. le mart. 58. || xiii* s. Moult avoit grant désir d'accomplir son vouloir, Berte, lxv. Ors ne lion n'est ne beste sauvage. Qui, tel foiz est, no fraigne son voloir De fere mal et ennui et damage, eust. le peintre, dans Couci, p. 99. Dites, fait-il, vostre voloir, la Rose, 2909. || xv's. J'ay bon vouloir envers vous; mais tristesse M'a si longtemps en son dangiernourry Que j'ay du tout joye mis en oubli, en. d'orl. Bail. 41. Il XVI' s. Si vous condescendez à mon vouloir, vous ne bougerez jamais de ma compaignye, hae. Pant. II, 9. Pour avoir la liberté, il n'a besoing que d'un simple vouloir, la boétib Ser»t(. vol. p. 20.
— ETYM. Vouloir (.
VOULU, UE (vou-lu, lue), part, passé de vouloir. Il 1" Demandé par la volonté. Comme si le salut était autre chose que Dieu voulu comme bien, bonheur et récompense, boss. Réponse à quatre lettres, i. || i° Qu'on a cherché à obtenir. Arriver au résultat voulu. || Terme do beaux-arts. So dit de ce qui est fait dans une intention expresse et avec un soin particulier. Effet voulu. L'éducation des petits-fils de Clotilde est le seul do ses treize tableaux [d'un peintre] qui révèle des qualités recommandables ; il est moins tourmenté, moins surchargé, moins voulu que les autres , uaximk DU CAMP, Bec. des Deux- U ondes, ("juillet I8C7, p. (»( . Il 8* Commandé. Les formalités voulues par la loi. Il 4* Bien voulu, mal voulu, pour qui on a de
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bonnes, de mauvaises dispositions. U n'est plu» temps d'illuminer les aveugles; le Christ en fut mal voulu, poussin, Lett. a juin I847. J'en .serais mal voulu des hommes el des dieux, corn. Uélite, II, 8. Moi, je n'ai rien qu'un talent mal voulu. Honni des sots, et qu'on prend pour satire, volt. Lett. en vers et en prose, 25. Lo même homme qui pendant quarante ans a vécu estimé, bien voulu de tout le monde... J. J. ROUss. ("dt'al.
VOUS (vou; l'fse lie : vou-z-êtes), pronompers. jilur. de la seconde personne. || 1* Il se dit quand on adresse la parole à plusieurs personnes. Messieurs, je vous adjure.... Vous et celui qui vou» mène, vous périrez, fén. Tél. 1. 1|2" On s'en sert aussi au singulier par civilité, et alors ce qui s'y rapporte se met au singulier. Ils so disent vous l'un à l'autre. Qu'elle me parle de vous, et quoi encore? de vous, et toujours do vous, sÉv. 50. Agrippine : Brilannicus est mort : je reconnais le» coup»; Je connais l'assassin. — Néron : Et qui, madame? — Agrippine : Vous, bac. Bril. v, 6. Ce ne fut que longtemps après lui [César] que les hommes s'avisèrent de so faire appeler vou3 au lieu de tu, comme s'ils étaient doubles, volt. Dict. phil. Quakers. Vous, le frère de la belle Cunégonde! vous qui fuies tué par les Bulgares I vous, le fils de M. le baron! vous, jésuite au Paraguay! il faut avouer que le monde est une étrange chose, id. Candide, i4. Je dois des remerciements à tout le monde et, vous, monsieur, à qui j'en dois le plus, êtes celui à qui j'en fais le moins, 1. j. rouss Lett. à Davenport, 7 févr. (767. Et vous êtes un père de famille, vous? dider. Père de famille, m, (0. Il 3* Vous, régime direct ou indirect, se place avant le verbe dont il est lo complément. Il vous aime. Il vous fait du bien. || Cependant, quand il est régime indirect, on peut, pour marquer plus de force, le mettre après le verbe avec à. Je ne sais s'ils me blâment do vous aimer; mais siiroment ils ne me blâmeront pas d'êlrc dévouée à vous, quand je vous aime.STAEL, Corinne, viii,(. Il k l'impératif, vous régime se place après le verbe. Soignez-vous. Mais, quand il y a deux verkes de suite à l'impératif, si le second est réfléchi, on peut mettre vous avant le verbe. Aspirez aux clarté» qui sont dans la famille, Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs.... mol.F. sav. i, (. Il Dans les interrogations, vous, sujet, se met après le verbe, et vous, régime, se met avant. Que faitesvous? D'oii venez-vous? De quoi vous êtes-vous avisé do charger les enfers d'une si dangereuse créature? BOiL. J!^s héros de romoni. || 4° Après votre, à vous se mot quelquefois pour indiquer d'une façon expressive la possession. Votre régiment à vous, continua M. de Germond, ne sera pas mis en activité de sitôt, stael, Corinne, vi, ♦. || 5' Vous devant le verbe être exprime quelquefois des liens de parenté ou d'amitié. J'ai bien des raisons, monseigneur, pour bien vivre avec eux ; mais ce qu'ils vous sont en serait une suffisante pour moi , maintenon. Lettre au Cardin, de Noadles, 24 oct. (700. Il 6» Dans un sens indéfini. Elle est si belle que vous ne sauriez vous empêcher de l'admirer. Ahl que pour ses enfants un père a do faiblesse! Peut-on rien refuser à leurs mots de tendresse? Et ne se sent-on pas certains mouvement» doux. Quand on vient à songer que cela sort de vous? MOL. Mélic. Il, 5. C'était un homme âgé, mais grand, d'une belle figure et de bonne mine, d'une physionomie qui vous rassurait en la voyant, qui vous calmait, qui vous remplissaitde confiance, MARiv. Harianne, «• part. || 7° Vous explétif. Plein d'un juste courroux. Il vous prend sa cognée, il vous tranche la bête, la font. Fabl. \i, (3. Le rustre, on paix chez soi, Vous fait argent de tout, convertit en monnaie Ses chapons, sa poulaille,.... ID. ib. XI, 3. U vous eût arrêté le carrosse d'un prince; U vous l'eiit pris lui-même, rac. Plaid. I, 5. Le chameau se rengorge, il vous fait le gro» dos, lamotte. Fables, iv, (4. Ils vous créent un monde aussi aisément que l'abbé de l'Atlaignant fait une chanson, volt. i«H. Thiriot, (6 sept. (768 C'est un petit cheval qui, au moindre coup d'éperon, vous court au grand galop, id. LelU d'Argental, 5 févr. (772. || Vous est aussi explétif dans celle phrase de Mme de Sévigné : Je vous embrasse, très-chère petite, et vous baise vo» belles joues, à Mme de Grignan, i juill. (67(. Il 8* Uni avec même, il marque plus expressément la personne. Vous-même», ou, quand il s'agit d'une seule personne, vous-même. Vous en allez juger vous-même tout i l'heure, boil. Héros de romaru. Avocat, De votre ton vous-même adoucissez l'éclati
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«AC. Plaid, ni, » Il Vous êtes, vous n'êtes pas vousmême, vous reste/., vous d« restez pas tidèlo à votre caractère. Je ne vous connais plus ; vous n'êtes plus vous-même, rac. Andr. m, t. Mes mânes sont contents ; soyei toujours vous-mêmes. De vos rois, de l'État, défenseur» glorieux, 011.B. Ode OUI officiers, sur la mort de Louis X¥. || Vous deux, se dit de deux personnes i qui l'on parle. Ce n'est pas vous [Boissonade] qui succédez à M. Ameilhon, ni Coral non plus? il y a en France quelqu'un plus habile que vous deuxT p. L. cou». Lett. n, 67. Il Un autre vous-même, voy. h£me, n* 12. Il 9' De vous à moi, entre nous et sans que ce que je vous dis aille plus loin. || De vous à moi, signifie aussi entre nous deux , qui nous connaissons. Hernani : Quoil vous portiez la main sur cette jeune fillel C'était d'un iiùprudent, seigneur roi de CastiUe, Et d'un lâche! — Don Carlos : Seigneur bandit, de vous à moi Pas de reproche ! v. huoo, Hernani, n, 3. Il 10* Chez vous, votre maison, votre famille. Je vous prie de faire mes compliments chez vous. Il 11" Pour l'emploi de vous comme pronom réfléchi, voy. se, rem. 3, 4, 6, 7, 8, 9 et 10.
— REM. 1. Quand vous est joint à un sujet de •• personne, le verbe se met à la seconde personne du pluriel, et on répète vous; cependant on peut aussi le supprimer. Vous et lui, vous partirez ensemble; TOUS et lui, partirez ensemble. || 2. Quand il y a plusieurs verbes, les vous qui suivent le premier peuvent être supprimés. Ainsi votre forêt prend un aspect moins rude; Vous charmez son effroi, peuplez sa solitude, Animez son silence, et goûtez à la fois Les charmes d'un bienfait et le charme des bois, DEULLE,Jard. II. || 3. C'est vers la fin de l'empire romain qu'on a commencé à dire vous au lieu de tu. De là cette forme de langage est devenue générale. Au reste il y avait déjà tendance chez les Latins à dire vos à une seule personne, quand avec cette personne on pouvait joindre par la pensée celles qui l'accompagnaient : Vos, 0 Cal- Uope, precor, adspirate canenti, viro. jEn. ix, 525.
— HIST. XI* s. E dist al rei : or ne vus esmaiez, Ch. de Roi. III. Il XIII' s. Seigneur, fait il, escoutés, jevous loeroie [conseillerais] une chose, se vous vos i accordez, villeh. xxv. Si qu'à Dieu et au siècle la bonté de vous pore [paraisse], Berfe, iv. ||xv's. Ces gens d'armes vous commencèrent à abatre ces Flamands, PROiss. n, 2, 184. Lettres du roy scellées de son grant seel, données ce dict jour, 7* jour de juillet, ainsi signées : Jean Millet, soubs la congrégation de ceux qui avoient esté audit conseil, c'est i sçavoir le duc de Bourgogne, le connestable de France, vous le chancelier d'Acquitaine, lochancellier de Bourpongne et plusieurs autres [en ces lettres, vous le chancelier signifie le chancelier],
MONSTREL. t. I, ch. 105, dans LACURNE. || XVI* S. Et à TOUS rien que vous ne se doit égaler, desportes, ÉWgies, I, t7. Si j'avols la force de mcsme le couraige, je vous les plumeroys comme ung canart,
«AD. Garg. i, 42. Elle vous avoit un corset ma-
«OT, I, 201. Donc puis qu'amour m'a voulu arrester Pour vous servir, plaise vous me traiter, Comme Tondriez vous-mesme csire traitée, Si vous estiez par amo»r arrestée, ID. i, 36(. Vous me povez faire heureux devenir, En vous daignant vous souvenir, BAi.vT-GELAis, )25. Quant au trespas, sça' vous [sa- Tez-vous] quand ce sera? du beix. vii, 2», verso. Quelle raison av'ous [avez-vous], quant à ce poinct, De commander qu'on ne vous ayme point? m. vn, 30, vi-rso. Pourquoy foulez-vous mon peuple, et froissez la face des pauvres? lanoue, i*.
— Etym. Wallon et bourg, vo; picard, vos; prov. esp. et port, vos; ital. voi; du lat. vos; grec, açtSe, vous deux ; sanscr. vas.
t VOOSIEU (Vou-zieu), t. m. Un des noms vulgaires du lérot.
VODSSF,AD (vou-sô) ou, plus ordinairement, VOUSSOIR (vou-soir), ». m. Terme d'architecture. Toute pierre qui forme la voûte proprement dite. La voûte de cette belle galerie [la cloaca maiima, i Rome] est à triple rang de voussoirs, mayeh, Monit. Il juin 1807, p. 718, 4» col.
— FTVM. Koy. VOUSSURE.
t VODSSOVER (vou-so-ié), t». a. User du mot vous en parlant à quelqu'un. Il tutoie sa femme et Toussoie ses enfants.
— HiST. iiv s. Vosoier, du canoë, vosare. Il XVI' s. Touchant à l'inventeur de vousicr, je ne l'ay treuvé ; mais j'hay bien treuvé que cela estoit desjà en cours, du temps de l'empereur Trajan, aux epistres de Pline deuxième qui le vousioit luy escrivant, bonivard. Noblesse, p. 242.
— fiTYH. Vous. On a ditpoufoyfr (decourcoaup,
Souv. de la marq. de Créquy, i. m, ch. vi); mais te mot c&t mal formé; couine peut amener la syllabe roi/, tandis que tutoyer est fait de tu et loi. VOUSSURE (vou-su-r'), ». f. || l' Terme d'architecture. Courbure et élévation d'une voi)te, d'une arcade. Je couvrirai plafonds, voûte, voussure. Par cent maKOts travailles avec soin, volt. Temple du Goût. Il Terme de menuiserie. Toute partie cintrée en élévation, ou en plan et en élévation, revêtant le haut d'une baie. || Arrière-voussure, partie supérieure d'une baie de porte ou de croisée, dont le cintre de face est différent de celui du fond. || 1* En anatomie, convexité surmontant plus ou moins une surface courbe. || Voussure précordiale, un des signes de certaines pértcardites chroniques. Voussure thoracique, un des signes de certains emphysèmes.
— HIST. XIII' s. Icest paleis aveit en sei Entur une entière parei Faite à piliers e à arches,! vousures e à wandiches , marik, Purgatoire, «h7. Ilxiv s. La vossure dou grant art [arc] de la dicte •roissiée, Ifibl. des ch. 5' série, t. m, p. 235. Icellui poura ediffier depuis l'escourtemcnt des voulsures de l'arche en amont, du canoë, t'ojsuro. Il XVI' s. Les terres sont divisées par grands sillons de cinq à six pas de large, enfermés au milieu de deux lignes parallèles, la terre d'entre-deux emmoncelée en voulceure ou rond, 0. DR serres, 81.
— ÊTYM. Fouj»iir« suppose un verbe »oui»er, vosser, qui existe dans le wallon, et qui représenterait, d'après Scheler, une forme fictive voltiare, tirée de lolulu» (voy. voûte).
VOCtE (vôu-l'), ». ^. Il i' Construction en maçonnerie sur des cintres, laquelle recouvre un certain espace, et dont les éléments se maintiennent en équilibre et supportent une surcharge, en transmettant les pressions sur des points d'appui. Xces cris, Jérusalem redoubla ses pleurs; les voûtes du temple s'ébranlèrent, fléch. Tur. Il me semble déjà que ces murs, que ces voûtes Vont prendre la parole.... raC. Phèdre, m, 3. Il traite, tant en géomètre qu'en architecte, dgs voûtes anciennes des Romains et d'une voûte nouvelle qu'il avait inventée, et qu'il nommait florentine, fonten. Ft- «tont. On emploierait, dans la construction des voûtes, des scories volcaniques de l'Auvergne; ces voûtes seraient plus légères et plus solides, peybe, Inst. Mém. litt. et beaux-arts, t. iv, p. 407. || Voûte en berceau, voûte dont l'axe est horizontal et dont les plans de tête sont normaux i cet axe. || Voûte plate, voûte dont l'intrados est un plan horizontal. Il Voûte d'arête et voûte en arc de cloître, voûtes résultant de l'intersection de plusieurs berceaux ayant même plan de naissance et même montée; dans la voûte d'arête, chaque berceau n'est conservé qu'extérieurement aux lignes d'intersection; dans la voûte en arc de cloître, c'est le contraire. Il Voûte d'arête en tour ronde, voûte résultant de l'intersection d'un berceau tournant et d'un berceau conoïde. || 2' Clef de voûte, pierre du milieu, qui ferme la voûte et sert de soutien aux autres voussoirs. || Fig. Point capital d'une affaire. La société ressemble à une voûte ; si la clef ou le premier voussoir pèse trop, l'édifice n'est tôt ou tard qu'un amas de ruines, dider. Cl. et Nér. 11, 37. Il 3' Par analogie, partie supérieure et en forme de cintre. La voûte d'une caverne, d'un antre. Un rocher en demi-voûte lui servait de toit, fén. Tél. XXI. I! <• Terme de métallurgie. Voûte d'un fourneau à réverbère, partie supérieure qui est léchée par la flamme, et qui réfléchit la chaleur sur la sole. ||Terme de marine. Voûte d'arcasse, ou, simplement, voûte, prolongement du pont à l'arrière des vaisseaux. Il Petite voûte, saillie située au-dessus de la voûte d'arcasse. || 6* Fig. Une voûte de feuillage, de verdure, berceau formé par des plantes grimpantes. Là, sous les orangers, sous la vigne fleurie. Dont le pampre flexible au myrte se marie. Et tresse sur ta tête une voûte de fleurs, lamart. Kéd. I, 12. Il 6' Fig. La voûte du ciel, la voûte azurée, la voûte bleue, étoilce, céleste, le ciel. Louis, qui du plus haut do la voûte divine Veille sur les Bourbons, volt. Henr. x. Vents, conduisez Pandore aux voûtes éternelles, id. Pandore, acte n. Dis quel art a des cieux courbé l'immense voûte, de- LiLLE, Paradis perdu, vu. Celte voûte bleue à laquelle les astres nous semblent attachés, est fort près de nous; elle n'est que l'atmosphère terrestre au delà de laquelle ces corps sont placés à d'immenses distances, laplace, Exp. I, 14. Un monde est assoupi sous la voûte des cicux, lamart. Jlarm. II, 4. ô vastes cieux, 6 profondeurs sacrées ! Morne sérénité des voûtes azurées! v. hugo , Burgrates, a, 3. || 7* En anatomie, tout ce qui est con-
vexe et arrondi par la surface extérieure, concave et arqué parsa surface intérirure. || Voûteducrine, partie supérieure de la boite osseuse qui représente les os du crine. || Voflte palatine ou voûta du palais, cloison qui forme It partie supérieure da la bouche et inférieure des cavités nasales. || Voûta à quatre piliers , trigone cérébral de Chaussier, voûte à trois piliers de Winslow, bandelette géminia de Reil, nom donné i une partie interne du cerveau. Il 8* Terme de maréchalerie. La voûte du fer i cheval, la partie Intérieure de l'arc de ca mtma fer, laquelle est opposée i la pinça.
— HIST. XII' s. Un pilier ot iluec, la volte td lo*tenue. Qui del saint arcevesque lur toli la v«ûa, Th. le mart. U7.||xni* s. Maison pour hostelar, chambre à voûte, na salle, Berte, xxvti. || xvi' s. Petit front et gros yeulx, nez grant, taillé à vosia, Estomac plat et lorg, hault dos à porter hota, J. marot, t, 155.
— ETYM. Prov. oolfa, voûta, cota ;it.vo(ta, du lat. coltitu», contracté en eoltiu , de volvere, rouler.
VOCtC, fiK (vou-té, tée), part, pasti de voûter. Il 1' Fait en voûte. Un passage voûté. || Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une voûte. || I" Il se dit du corps humain qui se courbe. Un homme noir, assez mal mis, le dos voûté, la tête pencbéesur une épaule, l'œil hagard, les mains fort sales, volt. l'Homme aux quarante écus, scélérat chassé. Il Par extension. Il [le savacou] marche le cou arqué et le dos voûté, dans une altitude qui paraît gênée, BUFF. Ois. t. xiv, p. los. || Absolument. Courbé par l'âge. 11 est déjà un peu voûté.
VOCTER (vou-té), o. o. Il 1' Faire une voûte qui termine le haut d'une construction. Voûter una église, une cave. || 2' Terme de maréchalerie. Voûter un fer, frapper sur l'une des branches du fer i cheval, en posant l'autre sur l'enclume, à l'effet da le resserrer. || 8° Se voûter, ». réfl. Être en forma de voûte. Le diaphragme, qui est une cloison charnue dans son tour et membraneuse à son centre, dont l'usage est d'allonger la concavité de la poitrine en se bandant, et d'accourcir la même concavité en se reliichant et se voûtant de bas en haut, Boss. Connatî. 11, 2. Sous un loîl d'arbrisseaux, Dont les rameaux fleuris se voûtent en berceaux, delille, Parad. perdu, ix. ||4' Se dit des personnes dont la taille commença i se courber. Les personnes de grande tailla sa voiitent plut promptement que les autres.
— HIST. zm' s. Fu roi Charles Martiaux en la sale voutie, Berte, n. Li puis qui ert voilé da piastre, ilen. 16827. ||xiv« s. Le capitaine vint sur une tour antie; Bien perçoit roy Henry à sa large votie : Que volez-vous, dit-il, en ycelle partie? Guescl. 14833. Il xv s. Qu'est devenu ce front poly, Ces cheveulx blonds, sourcilzvoultyz? villon, B^Wi heaulmière. || xvi' s. Sur deux soleils (deux beaux yeux], deux petits arcs voûtez, dubell. 11, 26, rer»o. Avez imité l'arc qui se laisse voulter. Fui» d'un effort plus grand tout soudain se devoulta. Vendant le mal receu plus cher qu'il ne lui cousta, id. III, 85, verso. L'hyver.... Voulte leur corps devant le temps, id. iv, 65, reclo. Les colomnes, les arcs, les haults temples vouliez, id. vi, 47, recto. Ceux qui sont voûtés, ayant l'espine courbée, paré, xvii, 8. Presque droit d'un costé, courbe et voussé de l'autra, selon la rondeur del'arbre, 0. DR serres, 885.
— ETYM. Koilte; wallon, toit*. L'ancienne langue avait un adj. très-usité voUix, en forme de voûte.
t VOCtiS (vou-tl) , ». m. Terme de marine. Parti* extérieure de l'arcasse.
t VOUTZ (vouts'), ». m. Voy. wootz.
t VOVAN (vo-van), ». m. Coquille du genre pétoncle.
t VOVEIDK (vo-vè-d'), ». f. Voy. ouèdb.
VOYAGE (vo-ia-j' ; quelques-uns disent voi-ltj' ; au xvir siècle, plusieurs prononçaient veaga, ce qui est condamné par Vaugelas et par Cbifllet, Grnmm. p. 201), ». m. |H' Chemin qu'on fait pour aller d'un lieu à un autre lieu qui est éloigné. Le vrai secret pour avoir df la santé et de U gaieté est que le corps soit agiic il que l'esprit sa repose ; les voyages donnent cela, voit. Lelt. 44. Vous me semblez tous deux fatigués du voyage, LA FONT. P/iil. et Baue. Hé bien, Agnès, je suis de retour du voyage : En êtes-vous bien aise? mol. Éc. des f. 1, 4. Les voyages usent le corps, comme les équipages, sÉv. 355. ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer! Boss. Reine d'Anglet. Ne pensez pas que je veuille, en interprète téméraire des secrets d'Rtat, discourir sur le voyage d'Angleterre, id. Duch. d'Orl. Ua voyage tranquille [de Louis XIVj devient tout à
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eoup une etp^dition redoutable à ses ennemis, m. Mor.-Thér. Il fallait lui souhaiter un bon voyage, HAMILT. Cram. 9. Le sage Mentor m'aima jusqu'à me suivre dans un voyage téméraire que j'entreprenais contre ses conseils, pén. Tél. i. Vous m'avez parlé d'un voyage que vous fîtes dans la Bétique, depuis que nous fûmes partis d'Egypte, id. ib. nu. C'est mal raisonner que de conclure que les voyages sont inutiles, de ce que nous voyageons mal, J. }. Rouss. Ém. y. C'est une belle chose, mon ami, que les voyages; mais il faut avoir perdu son père, sa mfcre, ses enfants, ses amis, ou n'en avoir jamais eu, pour errer, par état, sur la surface du globe, DiDER. Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. »87, dans POUGENS. Un homme qui passerait sa vie en voyage ressemblerait à celui qui s'occuperait du matin au soir à descendre du grenier à la cave et à remonter de la cave au grenier , id. Letl. à Mlle Voland, u oct. 4 700. ô quel bonheur de se retrouver dans sa patrie après deux ans d'absence I voilà le plus grand plaisir que les voyages puissent procurer, genlis, Ad. et Th. t. ni, p. 89, dans POUGENS. Le chevalier Chardin , aprbs avoir fait trois fois le voyage de Tchehelminar, et après y avoir conduit deux fois un peintre persan ... MONGEZ, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. ni, p. Î62. Bazar du voyage; nécessaires de voyage; pharmacies de voyage, Almanach Didot-Hottin, p. 4 390, I" col. Il Cheval de voyage, cheval propre i transporter un cavalier d'un endroit à un autre, assez rapidement, et pendant plusieurs jours de suite. Il Fig. et familièrement. Faire le voyage de l'autre monde, le grand voyage, mourir. Le mari fait seul la voyage, la font. Fabl. vi, 21. Elle ne songe plus qu'à son grand voyage, sÉv. H4. 11 est bien pressé de faire le voyage de l'autre monde, DANCOURT, la Parisienne, se. 2. Il Fig. La vie est un voyage, nous ne faisons que passer sur cette terre. Mon beau voyage encore est si loin de sa fin ! a.chén. la Jeune captive. En avançant dans notre obscur ▼oyage. Du doux passé l'horizon est plus beau ; En deux moitiés notre âme se partage , Et la meilleure appartient au tombeau, lamart. Ilarm. n, I. Il 2* Terme de marine. Campagne, navigation plus ou moins longue. Le Mercure galanr écrit quelquefois nos voyages si bizarrement, sur quelques relations de vaisseaux, que je croirais, monsieur, qu'il n'en devrait rien dire que suivant vos ordres , d'estrées , à Seignelay , ie août (880, dans jal. Neuf voyages sur mer entrepris par une princesse malgré les tempêtes, Boss. Reine d'Anglet. Les voyages des divers navigateurs anglais, en étendant nos connaissances, avaient mérité la juste admiration du monde entier, LAPÉROUSE, Voy. t. Il, p. 6, dans pougens. Les voyages de mer ne peuvent s'entreprendre sans une méthode pour trouver à chaque instant le lieu du vaisseau, et pour diriger sa marche dans ces grandes plaines de l'Océan, où les routes ne sont point tracées, èailly, llist. astr. mod. t. ii, p. 634. Il Voyage de long cours, les longs voyages sur mer. Il n'y a guère que quatre sortes d'hommes qui fassent des voyages de long cours, les marins, let marchands , les soldats et les mislionnaires, j. j. rouss. Inég. note i. || Voyages d'outre-mer, les voyages que les chrétiens entreprenaient autrefois pour conquérir la terre sainte, pour faire la guerre aux musulmans. || 3» Relation des événements d'un voyage (on met une majuscule). Ces Voyages sont fort intéressants à lire. Recueil de Voyages. || Voyage pittoresque, relation d'un voyage accompagnée de vues, de gravures. ||4° Allée et venue d'un lieu à un autre. J'ai fait deux voyages à Versailles. J'ai fait Tingl voyages chez lui sans le trouver. Depuis que j'ai écrit ce commencement de lettre, j'ai fait un fort joli voyage; je partis hier assez matin de Paris, j'allai dîner à Pompone.... SÉV. 48. || 5' Course, commission d'un homme de peine. Il faut payer les voyages de ce conducteur, de ce charretier. Il Ce que transporte un homme ainsi employé. Un Toyage de boi* ,o charbon. || 6° Séjour dans un lieu où l'on ue fait pas sa demeure habituelle. Mon voyage i ma terre sera de six semaines. Le ▼oyage de la cour i Compiègne. |1 7» Anciennement, frais qu'on allouait à une partie ou i des témoins. Taxer les voyages.
— HIST. XI* Pois [puis] est monlel [i chevall, eniret en «un veiagc, Ck. de Rot. u. || xm- s. S'il avenoil par aventure que nous ne peussions mie aler en vcagc de U croix, bu cance, «iosium. Et s'cles [les dauies] font, par mal conseil , folage, X la$- «hes guis al mauvais le feront; Car tuit li bon
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Iront en cest volage [croisade], quesnes, Jlomone. p. 94. Il sait bien que vos avés mis cl volage Dieu, et que vos estes povres, villeh. li. || xiv* s. Par les desers s'en va son volage akoeiliir , Mais deux jours chemina, je vous di sans falir, Ains qu'il trovast ostel, Baud. de Seb. x, M45. || xv* s. En ce temps fut proposé et conseillé en Angleterre de faire un voyage de guerre en Irlande, fhoiss. iv, p. 488, dans LACURNE. De terme en terme durant les viages [le temps de vie] desdils et le dernier vivant tout tenant, du cange, viagium. Sur chacun voiage do sel passant par la rivière du Rosne, ID. voiagium. \\ xvi's. Si celuy qui s'appresteàfaire un long voyage, Doit croire cestuy là qui a jà voyagé, dubell. vi, io, verso. Ce qui faisoit s'esbahir davantage de ce larcin, estoit que, pour tout emporter, il lui avoit convenu faire six ou sept voyages, desper. Contes, cxi. Ceux qui diront ou feront injure aux mayeur et eschevins leur devoir faisant, ou pour chose en dépendante, en seront corrigez par prison, voyage [pèlerinage imposé par justice]... Nouv.eoust.gén. t. Il, p. 277.
— . ÉTVM. Berry, voyage ; wallon , voyeg ; bourg. viaige; maçonnais, vioge; norm. vidge; provenç. viatge ; espagn. viage; portug. viagem ; ital. viaggio, du lat. viaticum, qui signifie provisions de voyage, mais qui est déjà pris au sens de voyage dans Venantius Fortunatus; de via (voy. voie).
t VOYAGEABLE (vo-ia-ja-bl'), adj. Où l'on peut voyager. Peupler le globe de la race européenne, qui est supérieure à toutes les autres races d'hommes; le rendre voyageable et habitable comme l'Europe, HENRI de ST-siMON,(Ettt). choisies, t. II, p. 293.
I. VOYAGER (vo-ia-jé; quelques-uns disent voi-ia-jé. Le g prend un « devant o et o : voyageant, voyageons), t). n. IH* Faire voyage, aller en pays éloigné. J'employai le reste de ma jeunesse à voyager, à voir des cours et des armées, à fréquenter des gens de diverses humeurs et conditions, DESC. Méth. I, 14. Il lui prit aussi envie [à Ésope] de voyager e^ d'aller par le monde , s'entretenant de diverses choses avec ceux que l'on appelait philosophes, la font. Vie d'Ésope. Certes, dit-il, mon père était un pauvre sire; Il n'osait voyager, craintif au dernier point, id. Fabl. viii, 9. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager, Que ce soit aux rives prochaines, id. ib. ix, 2. Ce n'est qu'avec de la sagesse et de la prévoyance qu'on voyage bien, sÉv. (6 janv. (074. Les anciens voyageaient rarement au delà de l'équateur, mai- HAN, Élog. de llalley. Voyager pour voyager, c'est errer, être vagabond ; voyager pour s'instruire est encore un objet trop vague; l'instruction qui n'a pas un but déterminé, n'est rien, j. j. rouss. Ém. v. Quand on ne veut qu'arriver, on peut courir en chaise de poste ; mais, quand on veut voyager, il faut aller à pied, id. i6. Voyager est, quoi qu'on en puisse dire, un des plus tristes plaisirs de la vie, STAËL, Corinne, i, 2. || U se dit aussi des oiseaux. Les grues se mettent en ordre pour voyager. Il Fig. Chaque soleil est le centre de plusieurs planètes qui voyagent continuellement autour de lui, VOLT. Dial. ib. Enfin, portant les yeux jusqu'aux extrémités du globe, je vois ces glaces énormes qui se détachent des continents des pôles, et viennent comme des montagnes flottantes voyager et se fondre jusque dans les régions tempérées, BUFP. Théorie de la terre, 2" dise. Voyageons dans leur âge [des anciens], où, libre, sans détour. Chaque homme ose être un homme, et penser au grand jour, a. chénier, l'Invention. Et vous me demandez, sollicitude amère : > Où donc ton père? où donc ton fils?où donc ta mère?» —Ils voyagent aussi I Le voyage qu'ils font n'a ni soleil ni lune, V. HVGO, Feuilles d'automne, àun voyageur. ||2*Étre transporté, en parlant d'objets. Cette lettre voyagera toute la nuit, LETOURNEUR, Trad. de Cl. Harl. t. VII, p. 4 67. Il Proverbes. Qui veut voyager loin, OU, plus souvent, qui veut aller loin, ménage sa monture, il ne faut pas faire d'excès, il faut user avec ménagement. Qui veut voyager loin ménage sa monture, hac. Plaid, i, 4. || Avec le latin, le roussinet le florin, on peut voyager par tout le monde, c'est-à-dire celui qui sait le latin, qui a un bon cheval et de l'argent, peut aller partout. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HlST. XV* s. Les marchans gaignoient. Nobles voyageoient , Et chascun planté de monnoye, AL. CIIART. Biblt.
— ETYM.FotfOje.
t 2. VOVAGIîn, RrE (vo-ia-jé, jè-r"), adj. Qui est en voyage. Au milieu de l'Eglise militante et voyagèro, arnauld, dans pasc. Prov. xvi. || Ce mot
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n'est pas usité présentement; cependant ici il ne pourrait être remplacé par voyageuse.
— HIST. XV' s. Et lournoier [prendre part aux tournois] voulentiers. Et estre grant voyagiers, E. DEScii. Poésies mst. f 400. ||xvi*s. Mais je ne puis aimer un vieillard voyager. Qui court de çà de là, et jamais ne s'areste, du Bellay, vi, 4 4, recto. Quelque bonne compaignie... resseante ou voyagere, mont, ni, 30».
— f.TVM. Koi/of/e.
VOYAGKUR, ÉCSE (vo-ia-jeur, jeû-z' ; quelquesuns disent voi-ia-jeur), ». m. et f. || 1* Celui, celle qui est actuellement en voyage. Et, détachés de vos biens, vous vous tenez aussi prêts à les quitter, qu'un voyageur empressé à déloger de la tente où il passe une courte nuit, boss. le Tellier. Un jour, dit un auteur, n'importe en quel chapitre. Deux voyageurs à jeun rencontrèrent une huître, boil. Epit. u. Les voyageurs, s'environnant toujours de leur» usages, de leurs habitudes, de leurs préjugés, de tous leurs besoins factices, ont, pour ainsi dire, une atmosphère qui les sépare des lieux où ils sont, comme d'autant d'autres mondes différents du leur, I. J. ROUSS. Ém. V. Mais quoi I les voyageurs font bientôt connaissance, collin d'harleville, Chdt. en Espagne, n, 40. || 2* Particulièrement, celui qui fait ou a fait de grands voyages. 11 savait parier aux voyageurs de ce qu'ils avaient découvert ou dans la nature, ou dans le gouvernement, boss. Louis de Bourbon Les voyageurs français Chardin et Tavernier nous ont appris quelque chose de ce grand prophète [Zoroastre], par le moyen des guèbres ou parsis qui sont encore répandus dans l'Inde, volt. Dict. phil. Zorooj(r«. Un voyageur ne connaît d'ordinaire que très-imparfaitement le pays où il se trouve; il ne voit que li. façade du bâtiment; presque tous les dedans lui sont inconnus, ro. Mél. litt. à if*** Il 3" Fig En termes de dévotion. Le fidèle qui vit sur la terre, par opposition aux saints qui jouissent du bonheur éternel. Le chrétien ne mérite pas de se réjouir dans le ciel, s'il n'a auparavant appris à gémir dans ce lieu de pèlerinage ; car, pour être vrai chrétien, il faut sentir qu'on est voyageur, boss. Pauégyr. Ste Thér. 2. Nous sommes en ce monde comme des voyageurs bannis de notre patrie... or cet état de voyageur consiste à s'avancer dans les voies de Dieu, et iien n'y répugne tant que de demeurer oisif, flécu. Sermon pour la Toussaint. \\ i° Adj. Les oies voyageuses se portent fort avant dans les terres méridionales du nouveau monde, buff. Ois. t. xvni, p. 96. Cette espèce n'est pas voyageuse, et se trouve toute l'année à Balsriver, id. Quadrup. t. il, p. 4 74. Comme la vague orageuse S'apaise en touchant le bord. Comme la nef voyageuse S'abrite à l'ombre du port, lamart. Ilarm. i, 8. L'eau du saint fleuve [Jourdain] emplit sa gourde voyageuse, v. hugo. Odes, I, 9. Il Fig. Quand le vent sème au loin un poison voyageur, v. hugo. Odes,}, 4 4. || Commis voyageur, commis qui voyage pour les affaires d'une maison de commerce.
— HIST. XVI* s. Xenomanes le grand voyaigeur, et traverseur de voyes périlleuses, rab. Pant. 4, t.
— ÈTV5I. Voyager.
VOYANT, ANTE (vo-ian, ian-t'; quelques-uns disent voi-ian, ian-t'), adj. n 1° Qui voit. || X l'ho» pice des Quinze-Vingts, frères voyants, ceux qui voient clair et qui sont mariés à une femme aveugle. Il Sœurs voyantes, les femmes qui voient clair et qui sont mariées à des aveugles. || Substantive~ ment. Si vous ne voyez pas de témoin qui puisse vous reprocher votre lâcheté dans le monde, si vous avez tendu vos piégts si subtilement qu'ils soient imperceptibles aux regards humains, vous dites : Qui nous a vus ! vous ne comptez donc pas parmi les voyants celui qui habite aux cieuxT boss. Sermons, ^écess. de trav. à son salut, t. Il 2° Terme d'hrppiatric. Se dit d'un cheval affecté de myopie. Il 3° Au sens passif, qu'on voit, en parlant des couleurs, des étoffes éclatantes. Une couleur voyante. Une robe voyante. || 4* S. m. Terme de l'Écriture. Prophète. Celui qui s'appelle aujourd'hui prophète, s'appelait alors le voyant, saci. Bible, Rois, i, ix, ». De toutes parts le peuple de Dieu vient à Silo consulter le voyant, mass. Panégyr. St François de 7'auic. ||Nom donné aux gnostiques et à d'autres sectaires, pour exprimer leurs prétentions i des connaissances surnaturelles. Il 6* Plaque de tôle ou de bois, moitié noire, moitic blanche, et dont la ligne qui sépare les deux couleurs est horizontale. On emploie lo voyant dans les opérations du nivellement pour déterminer la cote de chaque point, en faisant glisser la
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Toyant, au moyen d'uno lige, le long d'une rtgic graduée, leooarant. || 6° Terme do marine. Sorte de réflecteurs qu'on place sur des bouées à l'entrée des ports ou dans des passages difficile», et qui servent à guider les navigateurs. Voyants prismatiques formés par des miroirs qui réfléchissent la lumière du soleil ou des phares voisins.
— Hisr. XVI' s. Il n'y a point de prophète entre nous; il n'y a plus do voyant, Calvin, Insiit. 378.
t VOYE (vo-ye), s. f. ferme de pèche. Se dit, dans quelques endroits, de la bouée qui sort à retrouver les filets tendus par fond.
— ÉTYM. Voir.
VOYELI.K(vo-iè-r; quelquos-uns disent voi-iè-l'), ■». f. Il 1' Terme de grammaire. Lettre qui représente une voix. Los lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles parce qu'elles expriment les voix; et en consonnes, ainsi appelées consonnes, parce qu'elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulalions des voix, MOL. Bourg, gent. n, fl. Les voyelles sont ainsi appelées du mot voix, parce qu'elles se font entendre par elles-mêmes ; elles forment toutes seules un son, une voix , dumars. Œuv. t. iv, p. 3ii4. Cigît maître Jobelin, Suppôt du pays latin.... Endoctriné de tout point Sur la virgule, le point, L'u voyelle et l'u consonne, piron, lipitaphe d'un grammairien. || Voyelle simple, celle qui s'écrit avec un seul caractère, paropposilionàvoyelle composée. Il 8" Le son même, la voix qui est représentée par la voyelle, et qui est produite dans la glolte, sans le concours du reste du tuyau vocal, concours nécessaire à la production des consonnes Doux voyelles prononcées ensemble forment une diphtliongue. Ramus avait déjà remarqué dix voyelles dans la langue française, duclos, Œuv. t. ix, p. 5. il 3' Semi-voyelle, nom donné arbitrairement à certaines lettres. Chez les Grecs, les semi-voyelles {/lemip/iodo) étaient la sifflante s, les liquides, l, m, n, r, et les doubles ;;,Ç et ■^. Chez les Latins, c'étaient les consonnes dont le nom commençait par une voyelle, f, l, m, n, r, s, x. Chez nous, ce sont les voyelles commençant la diphthongue, lesquelles en efl'et ne forment pas syllabe : t dans pied, fiole ; % dans huile; ou dans ouais. ||4* Points-voyelles, voy. POINT I, n° 31. Il Au mot point l'Académie écrit points voyelles, sans trait d'union.
— HiST. XV' s. Comment, en metrifiant, deux voieulx ensuivant l'une l'autre manguent la moitié d'une silabe, e. desch. Poésies mss. f° 390.
— ÉTYM. Prov. vocal; du lat. foca/iî, de eoi, voix. *. VOVEK (vo-ié; quelques-uns disent voi-ié;
l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des voié-z intelligents), s. m. Officier préposé à la police des chemins et à celle des rues. Les voyers de tel lieu, de telle ville. Le duo de Sully est le premier ministre qui, depuis la fondation de la monarchie, ait connu de quelle importance étaient les chemins pour le commerce intérieur du royaume; il créa une charge de grand voyer, et en fut revêtu, rRÉRON, Année littér. t. vi, p. )2i. || Adj. Commissaire voyer. Architecte voyer. || Agents voyers, agents chargés par la loi du St mai (830 d'entretenir et de construire les chemins de vicinalilé.
— UEM. L'expression commissaire voyer est abandonnée. On dit agent voyer pour les campagnes, et architecte voyer dans les villes.
— HIST. H* s. Li rcis cumandet un soen veeir Basbrun, Ch. de Roi. ccxc. jj xui* s. Quiconques veut avoir travail hors de son hoslel, il convient qu'il en ayt le congié du voier de Paris, Liv. des m^J. 45. Il XVI' s. Le bas justicier, qu'on appelle simple voyer, a cognoissance sur ses sujets et estrangers de toutes actions personnelles civiles dont lesamendcs n'excèdent point la somme de sept sols six deniers tournois, Coust. gén. t. ii, p. 260.
— ETYM. Lat. eioriuî relatif aux roules, adjectif dont on a fait un substantif, de via (voy. voie).
t 2. VOVER (vo-ié), «. o. Terme do métier. Faire couler ou écouler.
t VOVETTE (vo-iè-t'), ». f. Grande écuelle emmanchée pour la lessive.
t VOYEUR, -BUSE (vo-ieur, ieû-z'), ». m. et f. Il 1" Celui, celle qui regarde, qui assiste à.... comme curieux, curieuse. La multitude des voyeurs, le nombre de ceux qui étaient à table n'empêchèrent pas la promptitude [du service], st-sim. 343, 24». Aucune d'elles [les princesses du sang] ne le vit [Pierre I"] que par curiosité, en voyeusc, id. 40", U3. Il St-Simon a aussi dit au pluriel voyeux, comme le peuple de Paris prononce ces finales. M. de Lorraine passa entre une double haie de Yoyeui et de curieux de bas étage, id. ''2, *83.
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Il a* Petit siège, tabouret. Mme Elisabeth était & genoux sur une voyeuse, près de la reine, m"campan, Mém t. II, p. 10».
— HIST. xvi's. Duquel sera fait estimation devant lejuge ordinaire par douze tcsmoins voyeurs des plus notables de la paroisse, Coust. gén. 1. 1, p. 4036.
— ETYM. Voir.
t VOYOC (vo-iou), ». m. Se dit populairement, i Paris, d'un enfant du peuple, malpropre et mal élevé. La race de Paris, c'est le pile voyou, Au corps chétif.... auo. barbier, ïambes, la Curi'e.
— ÉTYM. Ce paraît être un dérivé de voie; pourtant M. Ch. Nisard, écartant cette étymologic, y voit une altération de voirou, qui s'est dit pour garou (loup-garou), Rev. de l'inslr. publ. ï9 nov. 1800; cela n'est pas probable.
t VBAC (vrak), VRAGL'E (vra-gh*), VRAQUE (vra-k'), ». m. |{ 1* Terme de marine. Jeter en vrac, jeter sans soin et comme au hasard des objets qu'on rangera plus tard, ou qui peuvent faire un voyage dans le fond d'un navire, sans être mis dans des sacs, des barils, des caisses, etc. || 2" Terme de pêche. Poisson en vrac, poisson mis en barils sans êlre rangé. Morue.... d'Islande se vend en vrac, Tableau annexé à la loi du 13 juin I800 concernant les usages commerc. || On dit de même harengs salés en vrac. || S* En vrac se dit aussi des expéditions par le roulage ou par les chemins de fer. Les pommes de terre se chargent ordinairement en vrac. Les chargements de tabacs exportés en vrague doivent être enveloppés de deux bâches solides, de dimensions suffisantes et sans pièces, munies d'œillets pratiqués dans le rebord de l'élofTe, à l'exclusion d'anneaux en fer ou en corde cousus à l'étoffe, Circulaire des conirib. indir. et tabacs, 16 juill. 1851, n° 487. || <• Rentrer le foin en vrac, l'engranger sans le botteler.
— ÉTYM. Holl. wrak, objet de rebut; suéd. vriika, jeter, rejeter (comparez vabec).
VRAI, AIE (vrè, vrê), adj. || 1' Conforme à la réalité, à ce qui est. Ah 1 Octave, est-il vrai ce que Silvestre vient de dire à Nérine, que votre père est de retour, et qu'il veut vous marier? mol. Scapin, i, 3. 11 y a quelque chose de vrai dans ce que vous dites; mais je trouve que vous appuyez un peu trop sur l'argent, id. Bourg, gentil, i, l. Chaque chose est ici [sur la terre] vraie en partie , fausse en partie ; la vérité essentielle n'est pas ainsi ; elle est toute pure et toute vraie ; ce mélange la dcshoiiure et l'anéantit, pasc. Peru. VI, 60, éd. HAVET. Voilà votre roi, s'il est vrai que vous désirez de faire régner chez vous les lois du sage Minos, fén. Tél. n. Vrai ou non, Pompéia porta la peine de cette intrigue. Exil de Cieér. dans desfontaines. Je dis ici des choses nouvelles; mais, si elles sont vraies, elles sont très-anciennes , montesq. Esp. xxnu , 4. L'anecdote qu'on vous a contée de Mérope et de Lanoue, est comme bien d'autres anecdotes: il n'y a pas un mot de vrai, volt. Lett. Laharpe, 25 oct. 1777. Il n'est pas vrai que les rayons du soleil, plus ou moins perpendiculaires, plus ou moins obliques, décident du gouvernement que chaque peuple doit avoir, et le portent à l'établir sans qu'il s'en aperçoive, condil. Étud. hist. i, 7. Galilée trouva le vrai système du monde, il en fut quille pour la prison, p. L. COUR. ietl. à M. Renouard. || Il n'est que trop vrai, il est trop vrai, se dit pour affirmer une chose qu'on regrette, qu'on déplore. Ma fille, il est trop vrai, j'ignore pour quel crime La colère des dieux demande une victime, RAC. /p/iig. iv, 4. Cette horreurde sang-froid [le massacre de Thessalonique, par Thcodosc], qui n'est que trop vraie, volt. Pol. et lég. Paix perpél. ai. || Aussi vrai qu'il fait jour, vrai comme il faut mourir, aussi vrai que nous sommes ici, etc. se disent pour affirmer énergiquement quelque chose. {| Il est vrai de dire, ou, simplement, il est vrai, s'emploie lorsqu'on veut expliquer, restreindre, modifier. C'est la seule .personne que j'aie vue, qui exerce, sans contrainte, la vertu de libéralité.... il est vrai qu'elle a vingtcinq mille écus de rente et qu'à Paris elle n'en dépense pasdix, skv. 284. Uest vrai, messieurs, que Dieu, par un miracle de sa grâce, se plaît à choisir, parmi les rois, de ces âmes pures; tel a été saint Louis.... Boss. Mar.-Thér. Il commence, il est vrai, par où finit Auguste; Mais crains que, l'avenir détruisant le passé, 11 ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé, hac. Brit. i, l.|| Toujours est-il vrai de dire, ou, simplement, toujours est-il vrai, néanmoins. Il a quelques moments d'humeur, toujours est-il vrai qu'il est aimable. || 2' Une per- I sonne vraie, une personne qui ne perd jamais rien
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(le son naturel, qui est soi, r. .n que soi. M"' de I.afayetto aimait le vrai en toutes choses ei sans dissimulation ; c'est ce qui a fait dire i H. de la Rochcfoucault qu'elle était vraie ; façon de parler dont il est auteur et qui est assez en u.s:>ge, S8- GRAis, Hém. t. II, p. 34. Vous médites trop do bien de mes lettres, ma bonne ; je cnmp'e sûrement sur toutes vos tendresses; il y a longtemps que je dit que vous êtes vraie.... ahl qu'il y a peu de personnes vraies 1 rêvez un peu sur ce mot, vous l'aimerez ; je lui trouve, de la façon que je l'entends, une force au delà de la signification ordinaire, sir. 4* juillet <67l. Il 3* Qui parle et agit sans déguisement. Il [M. de Barillon] nous contait.... combien il [Turenne] était vrai, siv. 3S août lt7t. Vous louez Revel par où Je l'ai loué , en disant que je l'avais trouvé vrai et loin de toute vaniti, 10. 21 sept. 4 08«. Si vrai dans ses procédés qu'on ne l'eiit pas pris pour un homme de cour, iiauilt. Cram, e. Le premier mérite d'un auteur est d'être vrai ; être éloquent n'est que le second, o'alemb. $log. Saci. Je veux avant tout que vous soyez vraie ; c'est la première de toutes les venus, GEN- Lis, Thédt. d'éduc. Enfant gâté, ii, t. Mais ferme dans ma roule, et vrai dans mes discours. Tel je fus, tel je suis, tel je serai toujours, u. i. ciiékieb. Essai sur la Satire. || 4* Terme de littérature et d'art. Qui rend, qui exprime avec vérité les pensées, les objets. Un style vrai. Puisqu'une pensée n'est belle qu'en ce qu'elle est vraie , et que l'efl'et infaillible du vrai, quand il est bien énoncé, c'est de frapper les hommes, il s'ensuit que ce qui ne frappe point les hommes, n'est ni beau ni vrai, ou qu'il est mal énoncé, boil. Préface VI, pour l'édition de I7ul. Une mademoiselle Camille, grande, bien faite, belle voix, l'air noble, le geste vrai, va se présenter pour les rôles de reines, volt. Lett. d'Argental, 8 juillet i:7>. Animaux vrais, peints et éclairés largement, dideb. Salon de 1767, Œuv. t. xiv, p. 499, dans pougens. Il 5° Terme d'astronomie. Temps vrai, jour vrai, voy. temps, n" 7, jour, n° 3. || Lieu vrai, celui où les astronomes verraient un astre s'ils étaient placés au centre de la terre. || Conjonction vraie, celle qui a lieu quand deux corps célestes se trouvent dans le même degré do longitude et de latitude. || Terme d'ancienne algèbre. Racine vraie, racine positive. Il Terme de marine. Réduit, corrigé, en parlant de la longitude, de la latitude, etc. || 6" Terme de botanique. Verticille vrai, celui dont toutes les pièces, feuilles normales ou florales (bractées, sépales, pétales), parlent du pourtour de l'axe à la même hauteur. || Terme do zoologie. Coquille vraie, celle qui résulte de lames appliquées les unes au dedans des autres, de manière que la plus nouvelle, qui est la plus grande, se trouve aussi la plus intérieure. Il 7' Qui est réellement ce qu'on annonce, ou ce qu'il doit être. Le vrai Dieu. Un vrai diamant. Ainsi, par mon hymen, vous avez assurance Que mille vrais Romains prendront votre défense, CORN. Sertor, i, 3. Milan, revois ton prince, et reprends ton vrai maître, m. Perthar. v, &. Théodore de Bèze en est le vrai auteur [la Vie de Catherine de Médicis], OUT patin, Lett. 28 oct. 1663. La vraie épreuve de courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt, la font. Fabl. vi, a. Pour les religions il faut être sincère : vrais païens, vrais juifs, vrais chrétiens, pasc. Pens. xxv, 9«. La vraie éloquence se moque de l'éloquence; la vraie morale se moque de la morale, is. ib. vu, S4. Je disais pendant mon grand mal que, si vous eussiez été libre, vous étiez une vraie femme, sachant l'étal où j'étais, à vous trouver un beau malin au chevet de mon lit, sÉv. à, If— de Grignan, 8 mars 1070. Une vraie fille de l'Église, non contente d'en embrasser la sainte doctrine, en aime les observances, BOSS. Mar.-TMr. Quelle cause les fil arrêter [Condé et les deux autres princes] T si ce fut ou des soupçons, ou des vérités, ou do vaines terreurs, ou devrais périls.... ID. le Tillier. Tous nos vrais citoyens avec vous sont unis, volt. Fanât, i, t. Encor si ce banni n'eiit rien aimé sur terre 1 Mais les cœurs de lion sont les vrais coeurs de père, v. hugo, Chants du crépuscule, 5. Il On dit de même en mauvaise part: C'est un vrai fripon, une vraie bohémienne, etc. || Par exagération. Cet homme est un vrai lion, un vrai cheval, un vrai singe, il a le courage du lion, quelque chose de la nature du cheval, du singe, etc. || On dit de même: C'est un vrai supplice, un vrai martyre, etc. || 8' Unique, principal, essentiel. Voilà le vrai motif de son action. Et le vrai esprit de la loi était prêt i se peiw
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dre, Boss. Ilist. ii, 6. || 9* Convenable. Cest là votre vraie place. La vraie manière de s'y prendre. Voilà le vrai temps de commencer la campagne, si\. H nov. 1688.1110° S. m. Le vrai, conformité avec la réalité, ou condition des choses produisant une impression par laquelle nous percevons que ces choses sonlconformes à d'autres choses connues de nous ou à leur type conservé dans notre esprit. Mon âme en toute occasion Développe le vrai caché sous l'apparence, la font. Fabl. vu, )8. Prendre [d'après Montaigne] le vrai et le bien sur la première apparence, sans les presser, parce qu'ils sont si peu solides, que, quelque peu qu'on serre les mains, ils s'échappent entre les doigts et les laissent vides, pasc. Entrelien avec M. de Saci. Il y a bien des gens qui voient le vrai, et qui n'y peuvent atteindre, ID. Pens. xxiv, 65. Rien [sur la terre] n'est purement vrai ; et ainsi rien n'est vrai, en l'entendant du pur vrai, D. ib. vi, 60. En toute matière, les premiers systèmes sont trop bornés, trop étroits, trop timides; et il semble que le vrai même ne soit le prix que d'une certaine hardiesse do raison, font. Cassini. Le vrai a besoin d'emprunter la figure du faux, pour être agréablement reçu dans l'esprit humain; mais le faux y entre bien sous sa propre figure, car c'est le lieu de sa naissance et de sa demeure ordinaire, et le vrai y est étranger, ID. Dial. 5, i/ortsonc. 11 faut s'accoutumer à chercher le vrai dans les plus petites choses; sans cela, on est bien trompé dans les grandes, VOLT. Hél. hist. mens. impr. su. L'amour du vrai, qui conduit à ces recherches [astronomie], BAiLLY,//is(. os(r. onc. p. H. Il 11° Ce qui est opposé à l'erreur, ce qui est conforme à la vérité. Le pyrrhonisme est le vrai ; car, après tout, les hommes, avant Jésus-Christ, no savaient où ils en étaient, ni s'ils étaient grands ou petits, pasc. Pens. xxiv, i . Vous trouvez, ce me semble, la cour bien orageuse, vous avez raison d'être étonnée de Mme de S***; personne ne sait le vrai decettedisgrâce, sÉv. 399. Dès que le roi a su le vrai de l'aventure, iD. 25 sept. «676. En interprétant selon ma passion, en imaginant, en publiant le faux pour le vrai, bourdal. Domin. ll° Dim. après la Pent. Sur la médisance, t. III, p. 204. Le gros des hommes peut bien, durant quelque temps, prendre le faux pour le vrai et admirer de méchantes choses; mais il n'est pas possible qu'à la longue une bonne chose ne lui plaise, BOiL. Préface vi, pourl'édit. denoi. L'âme, sans expérience avant l'âge de la rédoxion, reçoit avec une égale docilité le vrai et le faux en matière d'opinion, raynal, Hist. phil. ix, 28. Le vrai, c'est qu'il n'est que vain, faible et borné, geni.is, Ad. et Th. t. I, p. 331. dans pol'Oens. Effronté personnage... il y a du vrai dans ce qu'il vient de dire, picard, Alcade de Mol. v, )0. || Dire vrai, dire la vérité. Quoi! même en disant vrai vous mentiez en effet? corn, le Ment, v, 4. Quelque défiance que nous ayons de la sincérité de ceux qui nous parlent, nous croyons toujours qu'ils nous disent plus vrai qu'aux autres, la rociiefouc. ftéfl. mor. n° 36C. Elle dit qu'elle veut être religieuse : mais elle ne dit pas vrai, maintenon , Lett. à M. de Villette, 30 janv. (68.1. Il On croirait que.... on croirait vrai, on ne se tromperait pas si on croyait cela. Géronte :
Comme le voilà faiti à sa mine On croirait
qu'il viendrait, dans la forêt voisine, De faire un mauvais coup. — Hector à part : On croirait vrai de lui : Il a fait trente fois coupe-gorge aujourd'hui, REONARD, le Joueur, I, 7. {| i dire vrai, à ▼rai dire, à dire le vrai, locution qui sert à affirmer. X vous dire le vrai, cette hauteur m'étonne, CORN. Tois. d'or, m, 4. Tous deux ont grand mérite, et tous deux grand courage ; Mais ils sont, à vrai dire, ici comme en otage, id. Attila, ii, i. ô hommes, vous vouliez des dieux qui ne fussent, à dire vrai, que des hommes, et encore dos hommes vicieux I boss. Hist. ii, n.jj 12* Terme de littérature et de beaux-arts. Fidèle imitation de la nature. Il faut [dans les œuvres d'esprit] de l'agréable et du réel; mais il faut que cet agréable soit luimême pris du vrai, pasc. Pens. vu, 27. Rien n'est beau que le vrai; le vrai seul est aimable, boil. Bpitre IX. Il faut exprimer le vrai pour écrire naturellement, fortement, délicatement, la bbuy. i Qu est-ce donc que le vrai de la scène? c'est la conrormité des actions, des discours, de la figure, de la voix, du mouvement, du geste, avec un modèle idéal, imaginé par le poète et souvent exagéré par le comédien, didkr. Hém. Parad. comAJ. Si le vrai seul est aimable, il faut avouer qu'il ne l'est pas toujours ; il est donc imporunt de choisir, dans la nature, dos dcUiU dignes do
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plaire, et dont l'expression naïve et simple n'ait rien de grossier ni de bas, marmontei^ Œuv. t. vu, p. 92. Le beau.... c'est la splendeur du vrai,cii. lévêque. Science du beau, t. li, p. 32l. Demi-vrai, conformité imparfaite avec la réalité. 11 fautduvrai pour plaire à l'imagination; mais elle n'est pas difficile à contenter, il ne lui faut souvent qu'un demivrai, fonten. Disc, sur l'églog. Œuv. t. iv, p. )43. Il 13° En anciens termes de finance, état au vrai, le tableau exact du produit des revenus de l'État et de SCS dettes. {| Par extension. Je vous envoie un mémoire du vrai de la terre [du Buron], sÉv. à Revol, 4 août (687. Il 14* Vrai, pris adverbialement, vraiment. Vous avez dit cela, vrai? Cela est conclu, vrai? Cela m'oblige, vrai. Vrai, continua-t-il sans m'entendre , c'est un de mes étonnements.... p. l. cour. Pamphlet des pamphlets. \\ fm vrai? n'est-il pas vrai? Un joli bijou, pas vrai? a. duval, les Suspects, se. 2. Mais dérange tout, pas vrai, dans ce moment? v. hugo, fluy Blas, iv, 7. || 15° Au vrai, Joe. adv. Selon le vrai, conformément à la vérité. Bien que je sache au vrai tes façons et tes ruses, RÉGNIER, Élég. II. On saura cela plus au vrai, PELLissoN, Lelt. hist. t. i, p. 365. Voilà, au vrai, tout ce qui s'est passé en cette expérience, pasc. Expér. du Puy-de-Dôme, p. I86. Je crois que ce fut en cette visite qu'il lui découvrit sa passion; on n'en sait pourtant rien au vrai, fuhetière, Itoman bourgeois, i. || 16° De vrai, adv. Même sens. Ce qu'elle me disait est , de vrai , fort étrange, corn. Ment, v, 6. Le ciel défend, de vrai, certains contentements, mol. Tart. iv, 5. C'était, de vrai, deux enfants qui n'étaient ni laids, ni sots, ni méchants, o. sand, la Petite Fadette. Il 17° Pour vrai, loc. adv. En vérité. Pour vrai l'Éternel est en ce lieu balz. le Prince, 24. Il 18° Dans le vrai, loc. adv. Véritablement. Et, dans le vrai de la chose, est-il un esprit si afiamé de plaisanterie, qu'il.... mol. Critique, 3. Et, dans le vrai, c'était la moindre chose Que cette troupe, étroitement enclose.... Eût, pour le moins, un pauvre perroquet, ghesset , Yer-vert, n. Est-il rien, dans le vrai, qui ne fasse causer? desmahis, l'Impertinent, se. 3.
— SYN. 1. VBAJ, véritable. Véritable a rapport à l'allégation, à l'affirmation, ou au récit qu'on fait d'une chose, ainsi qu'à l'effet produit sur l'esprit de ceux qui l'entendent. Une chose est vraie quand l'idée que nous en avons est conforme à la réalité, à ce qui est. Une chose est véritable quand on nous la représente ou qu'on nous la rapporte telle qu'elle est ou a eu lieu, de manière à ne point nous tromper. Un fait vrai est ou s'est passé tel que nous le concevons; l'idée que nous en avons n'est point fausse. Un fait véritable nous est attesté par un homme qui dit vrai, qui ne ment pas; son témoignage n'est pas faux. || 2. l'homme vrai, l'homme franc. L'homme vrai dit fidèlement ce qui est; l'homme franc dit librement ce qu'il pense. L'homme vrai dit seulement les choses comme elles sont; l'homme franc, libre dans ses discours, dit son sentiment sur les choses à cœur ouvert.
— HIST. XI* s. Deus [Dieu] nus a mis en plus verai juïse , Ch. de IXol. ccxliv. || xii* s. Qu'ai siècle [je m'] anuie et perde amor veraie. Coud, vin. Conment porrai avoir Vraie merci, que tant aurai requise? ib. xvii, p. (24. Qui en ceste vengeance iert [sera] pèlerins verais, Quites sera et mondes de trestous ses mesfaiz, Sax. xv. Il xiii* s. Hom vrais est cil qui tient le mi entre celui qui use ventance et monstre qu'il face grans choses et se hauce plus qu'il ne doit, et entre celui qui se despise et humilie, brun, iatini. Trésor, p. 2!)). Quant Berte ot pris congé à son père au cuer vrai. Perte, v\i. \\ xiv° s. Lesmaistres et vrais escholiers lisans et estudians en quelqueconque faculté que ce soit en l'université de Paris, Ordonn. des rois, X. m, p. 458. ||xv's. Adont [l'homme mûr] cognoist et scol demonstrer les causes du vray, CHRIST. DE PIS. Charles V, i, 13. Mais qu'en sachiez tant seulement le vray, CH. d'orl. Bail. il. Dictes vous vray, sans vous mocquer, id. tb. 33, Sccz tu dont vient ton mal, à vray parler, iD.CompJ.de la France. Et pour vray, Englez tindrent celle nuit sept ou huit vilages, penin, ui6. Put la place merveilleusement battue de canons; et, qu'il soit vray, advint une fois que aucuns compaignons de ceux du siège.... j. lefevrk de st-remy, Hist. de Charles Ff, p. (42, dans lacurne. Enfans, retenez-en autant; Notez: car elles sont utiles; Je ne veulx pas tenir pourtant. Qu'elles soient vraies comme évangiles, coquil. Droits nouveaux. Et di soient aucuns que.... toutelTois je no le sais pas
VM
I de vray, comm. i, «. |l xvi' s. Et Samblançay fut si ferme vieillart. Que l'on cuidoit pour vray qu'il menast pendre X Monfaucon le lieutenant Maillart, MAROT, Epigr. du lieutenant criminel et de Semblançay. Vray est que le plus souvent nous n'usons pas du pronom.... h. est. Conformité, édit. feuoère, p. 96. Pardonnez moy si je suis contrainct mettre moy-mesmes mes louanges r puisque j'écris ma vie, je la veux escrire au /ray, MONTLUC, v. Un collège est une vraye geaule de jeunesse captive, mont, i, )83. Les vrayes et parfaicles amitiez , id. i, 208. Cette remontrance est très vraye [juste, fondée]; mais.... id. m, 74. De vray, ou la raison se mocque, ou elle ne doibt viser qu'à.... id. i, 09. Quand il serait vrai véritablement, Lett. de Louis XU, t. 11, p. 28, dans lacurne. Ce sont les pires bourdes que les vrayes, cotgrave. Beau service fait amis, vray dire ennemis, ID. Tout vray n'est pas bon à dire, id. Mais ces hommes, cuidans avoir bien arrcsté Le vrai par un bâillon, preschcnt la vérité, d'aub. Tragiques, p. 147.
— ÊTYM. Provenç. verai ; du bas-lat. veragut qui se trouve dans un texte du viii* siècle, et qui provient du latin verus. L'ancienne langue disait aussi voire (voy. ce mot).
VRAIMKNT (vrè-man), adv. || 1° En effet, effectivement. Je t'ai vraiment traitée avecque barbarie, Tristan, Marianne, v, 3. Rapport vraiment funeste, et sort vraiment tragique, corn. Rodog. v, 4. Il n'appartient qu'aux ouvrages vraiment solides et d'une souveraine beauté, d'être bien reçus de tous les esprits et dans tous les siècles, la font. Contes, Préface. Que le monde voit peu de ce» veuves qui, vraiment veuves et désolées.... boss. Anne de Gonx. Mais un roi vraiment roi, qui, sage en ses projets.... boil. Épitre 1. 1| 2° Il sert à affirmer plus fortement. Miracle I criait-on ; venez voir dans les rues Passer la reine des tortues. — La reine? vraiment oui, je la suis en effet, LA font. Fabl. X, 3. Vraiment les larmes me vinrent bien aux yeux, en apprenant ce que le roi lui a dit [à Pompone] sur ce sujet (ia brillante action du chevalier de Pompone, à Fleurus], sÉv. <2 juin. 1690. Mais vraimentc'est un usurierque ce marchand-là, dancouht, Cur. de Comp. se. 8. Vraiment notre victoire des Calas est bien plus grande qu'on ne vous l'a dit, volt. Lett. Richelieu, 30 mars (763. Il 3° 11 exprime l'étonnement. Je pars demain. — Vraiment 1 1{ 11 se dit aussi par ironie. Vraiment vous êtes un joli garçon I Ah 1 vraiment oui, je vous en croirai.
— HIST. XII' s. Et sachiez bien, Amors, veraiement. Se nus [nul] morist [mourût] pour avoir cuer dolent.... Coud, xxii. ||xm' s. Et commencierent si grant gens à issir, que ce sembloit vraiement tous li mondes, villeh. lxxx. Et sachiés veraiement que par la terre de Babiloine ou par Grèce est recouvrée la sainte terre d'outre-mer, id. lu. Le roy pensa longuement et me dit : vraiement oyl, joiNV. 288. Il XVI' s. Pour vraiement la manière comprendre.... marot, i, 295. Roy vray'ment.... se peut dire l'homme, dubell. v, ( 7, rfcto.
— ÉTYM. Vraie, et le suffixe ment. L'ancienne langue disait aussi voirement, que plusieurs patois ont gardé.
VRAISE.MBLABLE ( vrè-san-bla-bl'), adj. Qui paraît vrai, qui a l'apparence de la vérité. Il n'est ni vrai ni vraisemblable, qu'Andromède, exposée à un monstre marin, ait été garantie de ce péril par un cavalier volant, qui avait des ailes aux pieds.... CORN. (" dise. Vous savez comme Brancas m'aime: il y a trois mois que je n'ai pas appris de ses nouvelles; cela n'est pas vraisemblable, mais lui, il n'est pas vraisemblable aussi , sÉv. 8 juillet (67(. Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable, boil. Art p. m. Il est prouvé que la gravitation, dont le nom seul semblait un si étrange paradoxe, est une loi nécessaire dans la constitution du monde ; tant ce qui est peu vraisemblable est vrai quelquefois , volt. Phil. Sewt. III, 6. 11 n'est ni vrai ni vraisemblable qu'il [Napoléon] se soit laissé aller à de telles illusions [que les salines russes de Smolensk lui rapporteraient vingt- quatre millions], ségur, Hist. i\ap. vi, 6. Il Substantivement, Puisque la fonction du vraisemblable dans la tragédie est d'empêcher l'esprit de s'apercevoir de la feinte, le vraisemblable qui le trompe le mieux est le plus parfait, et c'est celui qui devient nécessaire, fon' en. Rffl. poét. Presque toutes ses actions [de Charles XII], jusqu'à celles de sa vie privée et unie, ont été bien loin au delà du vraisemblable, volt. Charles XII, 8. Il éuit vraisemblable que la France allait per-
VRA
VU
VUE
dre deui provinces, mais le vraisemblable n'arrive pas toujours, id. Louis IIV, ï). 11 esl vraisemblable, comme disait le poëlo Agallion, qu'il survienne des choses qui ne sont pas vraisemblables.... c'est de ce vraisemblable extraordinaire que quelques auteurs ont fait usage pour dénouer leurs pièces, barthél. Anach. ch. ~>.
— HIST. xiv s. Persuasion est raison vraysemblable non pas évidente, et induit i soy assentir à la conclusion, oresme, Éth. iv. || ivi* s. S'il est acousiumé du faire et s'il est vraysemblable qu'il y doive rencheoir, Rozier hislor. i, 3. C'est une lotte presumption d'aller desdaignant et condamnant pour Taulx ce qui ne nous semble pas vraysemblable, UONT. I, 200. Cette ancienne et ferme haine des Anglois contre les Escossois, qui, vraisemblable, paiivoit causer quelque empescbcment ou retardement au roy d'Escoase à la couronne d'Angleterre, Mém. de Villeroy, t. v, p. 139.
— Etym. Vrai, et semblablt. L'ancienne langue disait voiresemblahle.
VRAISK.MBLABLEMENT (vrèsan-bla-ble-man), adv. Il 1* Apparemment, selon la vraisemblance. Vraisemblablement il arrivera aujourd'hui. Il %' D'une manière qui fait croire. Je savais que.... la philosophie donne moyen de parler vraisemblablement de toutes choses, et se faire admirer des moins savants, desc. Méth.i, 7. On ne saurait vous dire avec combien d'esprit tout cet endroit [la révolte du prince de Condé] fut conduit, et quel éclat il [Bourdaloue] donna à son héros, par cette peine intérieure qu'il nous peignit si bien et si vraisemblablement, sÉv. à Bussy, 25 avril (687.
— HIST. xv« s. Avecqucs ce [en faisant cesser le schisme] mettrez vostre pueple en plus grant union et plus grant obéissance que ne pourroitvraisemblablement estre, se ce discortne fine, oerscn, dans 7/iJ(. litt. de la Fr. t. xxiv, p. 377. || xvi* s. Je m'en voys y fournir vraysemblablement cinquante vicieuses intentions, mont, i, 285.
— ÉTYM. Vraisemblable, et le suffixe ment.
VRAISEMBLANCE (vrè-san-blan-s'), s.f. || !• Apparence de vérité. S'ils veulent savoir parler de toutes choses et acquérir la réputation d'être doctes, ils y parviendront plus aisément en se contentant de la vraisemblance, qui peut être trouvée sans grande peine en toutes sortes de matières, qu'en cherchant la vérité, qui ne se découvre que peu à peu en quelques-unes, et qui, lorsqu'il est question de parler des autres, oblige à confesser franchement qu'on les Ignore, desc. Kéth. VI, 8. Ces deux conversions [de Félix et de Pauline, dans Polyeucte], quoique miraculeuses, sont si ordinaires dans les martyres, qu'elles ne sortent point de la vraisemblance, corn. Poly. Examen. La découverte du vrai dans la plupart des choses dépend de la comparaison des vraisemblances, NICOLE, Bss. morale, l" traité, ch. 9. Il y a si peu de vraisemblance à cette conduite, qu'elle ne doit être regardée que comme un, aveuglement, SÉV. I" août (686. Les esprits ordinaires sentent bien la différence d'une simple vraisemblance avec une certitude entière, fonten. Mond. »' soir. Grégoire VII, se croyant alors, non sans vraisemblance, le maitre des couronnes de la terre, écrivit dans plusieurs lettres, que son devoir était d'abaisser les rois, tolt. Mœurs , 46. Cette lorte d'esprit qui tient les vraisemblances pour des démonstrations, id. Jenni, 7. Je vois le matin la vraisemblance à ma droite, et l'après-midi elle est à ma gauche, dider. Mém. Entre!. d'Alemb. Il 2* Ce qui rend vraisemblable. L'on y [dans le Testament politique de Richelieu] trouve la source et la vraisemblance de tant et de si grands événements qui ont paru sous son administration, LA bruy. Disc, de réception. || 3" Les apparences, les convenances de la société. Continuez à l'éviter [Mme de Mailly] avec le plus de vraisemblance qu'il se pourra , iiaintenon , Lelt. à Urne de Caylus, 16 févr. I7t6. Écoulez; conservons toutes les vraisemblances; On ne se doit lâcher par des impertinences Que selon le besoin, selon l'esprit des gens, obksset. Méchant, ii, 7. ||4° Vraisemblance drmmttique : elle consiste en ce que les diverses parties de l'action se succèdent de manière i ne heurter en rien la croyance ou le jugement des spectateurs, eu égard aux préliminaire» de la pièce. 11 fallait inventer une fable qui fût plus vraisemblable; toutefois le défaut de vraisemblance laisse souvent subsister l'intérêt , TOLT. Comm. Corn. Rem. Poly. i, 4. Vous ririez bien plus de l'auteur, s'il eût tiré deux vrais amis de l'Œil-de-Bœuf [l'antichambre du roi, où se
réunissaient les courlisansj ou des carrosses; il faut un peu de vraisemblance, même dans les actes vertueux, ueaumarch. Mariage de Fig. Préf.
— HIST. XVI* s. Cette opinion me semble avoir eu plus de vraysemblance et plus d'sicuse, hont. II, 345. Ces fables sortent un peu trop audacicusomcnt hors des bornes de la vraysemblance, amyot, Thés. (.
— ETYM. Vrai, et l'ancien français umblancê (voy. semblant).
t VRf.DELÉE (vré-de-lée), ». f. Terme de pêche. Filet dont les deux bouU sont montés sur deux perches.
t VREII.LE (vrè-ir , U mouillées), i. f. Lis«ron des champs.
t VRIDDUI (vri-ddi), ». {. Terme de grammaire sanscrite. Renforcement d'une voyelle à l'aide de l'insertion d'un a long. La vriddhi de 1'» est ât. (Vriddhl veut dire augmentation.)
VRILLE (vri ir , (I mouillées, et non vri-ye), i. f. Il !• Outil de fer terminé par une espèce de vis, qui sert à percer le bois. J'ai trouvé la vrille ordinaire, celle qui est terminée en vis conique et produit une poussière semblable à la sciure, dans les dessins des anciens manusi;rils d'Hésiode, MONOEZ, Instit. VJm. hist. et litt. anc. t. m, p. 56. Il Voleur i la vrille, voleur pénétrant dan» les maisons en pratiquant aux volets une ouverture carrée à l'aide de quatre trous de vrille entre lesquels il fait jouer une scie très-fine. || Des yeux percés en vrille, de petits yeux que l'on compare à une ouverture faite avec la vrille. || 2* Terme de botanique. Production filamenteuse en forme de tirebouchon, au moyen de laquelle les plantes grimpantes et sarmenteuses s'attachent aux corps qui les environnent. Le lierre élend ses bras; la vigne qui serpente Montre ses fruits de pourpre et sa vrille grimpante, delille, Porad. perdu, vu.
— HIST. XIV* s. X l'aide d'un sisel de fer et d'une viille de tonnelier, du cange, eii/itio. Comme l'uis de la chambre eust esté percié en deux lieux, au droit du perle [pêne], d'une visle à percier vin... id. t'b. Un foret ouveiilette, id. ib. Pertuisque tu feras d'une bien déliée villette, Modus, f cxx.
— ÉTYM. Origine incerlaine. Diez le tire du latin ««ru, broche, disant qu'il est pour veriUê, et le fait est que Richelet nomme varillei les enlJej delà vigne ; d'après cela le sens de foret serait le premier, et celui de main da la vigne serait secondaire. Au contraire, Schcler est porté à croire que le sens de main de vigne est le primitif, et à le rapporter à un radical germanique vrig ou vric qui signifie chose tournée, tortue. M. Brachet, dans son Dict. étym., le tire de vericula, dérivé de vericum qui se trouve dans du Gange, et qui vient de veru. Mais ce qui complique la question, c'est que la forme primitive parait n'avoir pas d'r, viile, visle, veille. Dans l'état actuel, il est impossible de se prononcer.
t VRILLÉ, ÉE (vri-llé, liée, {( mouillées), part, passé de vriller. || 1* Percé avec une vrille ou comme avec une vrille. Des bois vrillés par les termites. ||J' Qui a une disposition en forme de vrille. Il Laine vrillée, se dit de la laine des mérinos, il 8* S. f. Vrillée, le liseron. Il Vrillée bâtarde, renouée liseron et renouée des buissons.
t VRILLER (vri-llé, Il mouillées). H I* F. o. Faire des trous avec une vrille. || J* F. n. Prendre la forme de vrille. || Pirouetter en montant, suivant un mouvement hélicoïdal, comme cer* taines pièces d'artifice.
t VRILLERIE (vri-lle-rie, H mouillées), ». f. Art de faire des vrilles. || Atelier où l'on fabrique des vrilles. || Nom donné par les taillandiers à tous les menus ouvrages et outils de fer qui servent aux orfèvre», aux armuriers, aux menuisiers et autres artisans, tels que Limes, poinçons, forets, ciseaux, enclumes, marteaux, burins, vrilles, etc.
t VRILLETTE (vri-Uè-f, Il mouillées), ». f. Genre de coléoptères. || Vrillette commune, voy. horloge, n" 7.
t VRILLIER (vri-llé, H mouillées), ». m. Celui qui fait des vrilles et autre» menus outils de fer ou d'acier.
t VRILLIFERE (vri-lli-fè-r' , (( mouillées), adj. Terme de botanique. Qui porte des vrilles.
t VRILLO.N (vri-llon, H mouillée»), t. m. Sorte de petite tarière.
t V. S. En musique, abréviation qui signifie volti subito (voy. volti).
VU, UE (vu, vue), part, passé de\oir. || 1* Perçu par l'œil. Un spectacle vu de loin. || Familièrement. Ni TU ni connu, se dit d'une chose dont on ne sait
rien. Les juges au prévenu Disent : ni vu ni connu, BÉRANO. Trestaillon. || Fig. X boule vue, voy. boule. Il 1* Fig. Examiné. Une allaire vue par d'habiles gens. Un fait bien vu est une connaissance précieuse; il y an a peu qui soient connu» dans tous leurs détail», siNNtBm, Kit. art d'obstrv. t. I, p. 378, dans pouoENS. ||Tout est vu, la chose est examinée. Que faut-il donc voir? est-ce que tout n'est pas vuT habit. Marianne, s* part. Le commandeur : Allons, nous verrons. — Saint-Albin : Tout est vu, DIDEROT, Père de famille, n, u. || On dit aussi : c'est tout vu, comme réponse i ceci : il faudra voir, examiner avant de se déterminer. Il 8* Terme de banque. Cette lettre de change est payable i lettre vue, celui sur qui elle est tirée doit la payer dès qu'elle lui sera présentée. || On dit plus ordinairement : payable à vue. || 4* Fig. Bien vu, se dit de quelque chose qui est conçu avec justesse. Rien o'esi mieux vu; ce grand chimiste a ici constaté la simplicité de la nature, il a senti qu'il n'y avait qu'un seul principe salin, bupp. lfir>. t. m, p. 209. Il 6* Bien tu, mal vu, reçu avec approbation, désapprobation. Il est bien vu de ses chefs. Au reste, mon amour, quand je l'ai fait paraître, N'a point été mal vu des yeux qui l'ont fait naître, mol. l'Ét. i, 2. ||6' Vu s'emploie d'une manière invariable dans certaines formules de pratique, de chancellerie et d'administration. Vu par la cour les pièces mentionnées, les pièces mentionnées ayant été vues par la cour. Vu les ordonnances précitées. Vu les raisons et allégations de part et d'autre. || 7* Eu égard à. Et qui m'empéchcra de mettre en notre étable,Vu le prix dont il [porc] est, une vache et son veau î la font. Fabl. VII, (0. Il 8* Vu que, Joe. eonj. Attendu que, puisque. Ce discours me surprend, vu que, depuis le temps Qu'on a contre son peuple [d'Albe] armé net combattants, Je vous ai vu pour elle autant d'indifférence Que si d'un sang romain vous aviez pris naissance, corn. Ilor. i, *. Glocester : Vous auriez mis, dit-on, seigneur de haut lignage. Pour cent livres sterling tous vos aïeux engage. — Tyrrel : C'est pure calomnie, et milord le sent bien. Vu que sur des aïeux un juif ne prête rien, c. nRLAV.£'n/'on(sd'^douard,ii,3. || 9"Vu,en termes de pratique, est quelquefois substantif. Le vu l'un arrêt, le vu d'une sentence, ce qui est exposé dans un arrêt, dans une sentence rendus sur les productions respectives; les pièces, les raisons qui y sont énoncées avant le dispositif. || Terme d'administration. Sur le vu des pièces, sur l'examen des pièces. || 10* Au vu de tout le monde, à la connaissance de tout le monde. Cette chose s'est faite au vu de tout le monde. || Au vu et au su de tout le monde, au grand jour, ostensiblement.
VUE (vue), s. f. Il 1* Étendue de ce qu'on peut voir du lieu où 1 on est. || 8* Manière dont les objets se présentent au regard. ||S* Tableau, dessin, estampe qui représente un lieu, un palais, une ville, etc. || i* Ce qu'on voit, ce qui se présente au regard. Aspect, présence. || 8* Faculté de voir, celui des cinq sens dont l'oeil est l'orgmne. || 6* Le regard même. \\1' Les yeux, l'organe de la vue. Il 8" Vue grasse, on parlant d'un cheval. |t 9* En termes de chas.se, chasser à la vue ou à vue. Il 10* En terme de marine, en vue ou i vue. Nonvue. Il 11* Lunette de longue vue. || 18* Seconde vue. Il 13* Fenêtre, ouverture d'une maison par laquelle on voit sur les lieux voisins. || 14* Partie du casque où sont ménagées des fentes correspondant aux yeux de l'homme d'armes. || 15* Inspection des choses qu'on voit. X première vue. || 16* Vue, en termes de banque et de commerce. |l 17* La vue de Dieu, état des bienheureux qui voient Dieu. Il 18° Fig. Il se dit de l'esprit qui voit le* choses intellectuelles, comme le corps voit les choses matérielles. || U* Il se dit de Dieu en un sens analogue. 1180* Fin qu'on se propose, considération. Il 81* Projet, dessein. || 88* Manière de voir, opinion. || 88* Action d'envisager, de prévoir. Il 84* Aperçu, idée. || 85* Point de vue. || 86* X vue. Il 87" X vue d'oeil. || 88* X vue de pays. Il 29* De vue. || 80* Perdre de vue. || 81* X perte de vue. || 38* En vue.
1* Étendue de ce qu'on peut voir du lieu où l'on est (sens p*"pre , à cause de la forme de participe passé pris passivement). Cette terrasse n'a qu'une vue bornée. Vue rasante. Une échappée de vue. J'avais vu votre chambre chez Mme de Rochebonne ; mais je ne savais pas qu'elle eût une si belle vue, sÉv. 376. Et la vue, autrefois de toutes parts grimpante. Du côté de ce bois est maintenant plongeante, dahcourt, Mme Artus, «, s. 11 l'em*
VUE
prisoiina dan^ une chambre qui n'avait point de vue sur la campagne, lksage, niable boit. 9. Oh ! madame, si vous pouviez jouir de nos belles vues 1 il n'y a rien de pareil en Europe, volt. Lett. à Urne du Delfanl [qui était aveugle], 18 juill. 1709. Tavernier disait que la vue de Lausanne sur le lac de Genève ressemble à celle de Constanlinople , ID. Lett. Thiriot, 26 mars (767. J'aimais à me rendre dans ce lieu-là, où l'on jouit à la fois d'une vue immense et d'une solitude profonde, bebn. de st-p. Paul et Virg. Il Avoir de la vue, être dans une situation d'où l'on découvre une grande étendue de pays. Nous avons abattu les bois de la maison de campagne, sous prétexte d'avoir de la vue, re- ONAHD, Bel. impr. 4. || 2" Manière dont les objets le présentent au regard. Vue de face. Une vue de côté. Une vue de haut en bas, de bas en liaut. Voici le lieu le plus avantageux, et qui reçoit le mieux les vues favorables de la lumière que nous cherchons [pour faire un portrait], mol. Sicil. 12. Il Plan à vue d'oiseau, un plan do bâtiment, de jardin, de campagne vu do haut en bas. Nos plans à vue d'oiseau, qui sont si longs, si difficiles à faire avec exactitude, ne nous donnent que des notions imparfaites de l'inégalité relative des surfaces qu'ils représentent, buff. Ois. t. i, p. U. || On dit qu'un édifice est en belle vue, pour exprimer qu'il s'aperçoit de fort loin, d'un grand nombre de points, et que cette manière d'être vu lui est favorable. Il 3° Tableau, dessin, estampe qui représente un lieu, un palais, une ville, etc. Vue de Paris. Vue de Rome. Dos vues de Grèce, d'Italie, de Suisse. J'ai l'honneur de vous envoyer par une occasion les vues des environs d'Autun que j'ai dessinées d'après nature, oenlis, ilêres riv. t. n, p. 357, dans POUGENS. On range les tableaux paysages en trois classes : les vues ou représentations exactes, espèces de portraits de sites donnés.... BOUTARD, Dict. des arts du dessin, paysage. Il Vue perspective, par opposition à vue géométi aie, la vue d'un édifice où sont rendus les effets de la perspective, id. ib. Perspective. \\ Fig. Horace, Tibulle, Properce, Ovide, ont crayonné quelques vues de la nature, chateaubr. Génie, ii, iv, t. Il 4" Ce qu'on voit, ce qui se présente aa regard. Ah! quelle cruauté, qui tout en un jour tue Le père par le fer, la fille par la vue ! COBN. Cid, III, *. Il Aspect, présence. Sa vue embarrassait ; il fallut s'en défaire ; Il fut de la maison chassé comme un corsaire, boil. Sat. X. Que ma vue à Oolbert inspirait l'allégresse, H). Èp. X. Il X la vue de, en présence de. Je vous écris à la vue de la terre de Barbarie, et il n'y a entre elle et moi qu'un canal qui n'a au plus que trois lieues de largeur, voit. Lelt. 39. Méditons, à la vue de cet autel et de ce tombeau, la première et la dernière parole de l'Ecclésiaste, l'une qui montre le néant de l'homme, l'autre qui établit sa grandeur, Boss. Duch. d'Orl. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue, rac. Phèdre, i, 3. Le nom du duc d'Enghien éclipsait alors tous les autres noms ; il assiégea Dunkerque à la vue de l'armée espagnole, et il fut le premier qui donna cette place à la France, volt. L. HV, 3. || Fig. 11 excite son humilité à la vue de son néant; il anime ses espérances à la vue de la bonté et de l'éternité de Dieu, fléch. Dauphine. \\ A la vue de signifie aussi d'une manière publique , patente. Vous avez fait cette action en secret ; mais, pour moi, je la ferai à la vue de tout Israël, saci, Bible, Hoii, II, «2, 12. Le contraire paraît à la vue de tout Paris, PASC. Prov. xi. Elle avait envie d'être la maltresse du roi [Charles II]; elle l'est; il passe quasi toutes les nuits avec elle à la vue de toute la cour, se v. 216. ||S° Faculté de voir; celui des cinq sens dont l'œil est l'organe et par lequel nous distinguons les couleurs (sens dérivé qui vient de la transition du participe passé vu du sens passif au sens actiO. Avoir la vue perçante. Mauvaise vue. Vue tendre. Toute la conduite de notre vie dépend de nos sens, entre lesquels celui de la vue étant le plus universel et le plus noble, il n'y a point de doute que les inventions qui servent à augmenter sa puissance ne soient des plus utiles qui puissent être, desc. Dinptr. i. Avoir le pouvoir prochain de voir, lui dis-je, c'esi avoir bonne »ue et être en plein jour, pasc. Prov. i. Dans les dernières années de sa vie, il perdit la vue, malheur qui lui a été commun avec le grand Galilée, et peut-être par la même raison ; car le» observations subtiles demandent un grand effort des yeux. rONTEN. Castini. Dans l'oiseau, la vue est le premier [sens], l'ouïe est le second, le toucher est
VUE
le troisième , le goût et l'odorat les derniers, DUFF. Ois. t. i, p. 67, Un milan qui s'élève à une liauteur si grande que nous le perdons de vue, voit de là les petits lézards, les mulots.... ID. ib. t. 1, p. 9. Des pluies continuelles nous tiennent renfermés ; Mme d'Holbach s'use la vue à broder, DiDER. lett. à Mlle Voland, t6 oct. <760. De tous les sens, la vue est celui qui fournit à l'âme des perceptions plus promptes, plus étendues, plus varices; il est la source féconde des plus riches trésors de l'imagination ; et c'est à lui principalement que r&me doit les idées du beau, de cette unité variée qui la ravit, bonnet, Contempl. nat. V, 9. La paix des passions éteintes se mêlait, sur le front de Chactas, à cette sérénité remarquable chez les hommes qui ont perdu la vue, chateaubr. Naleh. i. || Vue diurne, voy. héméhalopie. Vue nocturne, voy. nyctalopie. || A la vue simple, avec l'œil non armé d'un verre grossissant. Je vois, à la vue simple, les fameuses anguilles du blé rachitiqnc.... BONNET, Observ. 32, Insect. || Vue longue, se dit des yeux qui discernent les objets à une grande distance. Les Hottentots ont la vue si longue, qu'ils découvrent des vaisseaux à une distance où nous ne les apercevons qu'avec des lunettes, condil. llist. anc. i, B. || Vue courte, vue basse, se dit des yeux qui ne discernent les objets qu'à une courte dislance. Son tempérament se fortifia depuis et devint même assez robuste; mais sa vue, qui était si basse qu'à peine pouvait-il écrire, demeura à peu près dans le même état, MAIRAN, Êlog. de l'abbé Bignon. J'avais lu que le maréchal Schomberg avait la vue très-courte, J. t. rouss. Confess. iv. Pauvre garçon, s'enflammer de si loin quand on a la vue basse, picard, Petite ville, II, 3. Il Fig. Les vues courtes, je veux dire les esprits bornés et resserrés dans leur petite sphère, ne peuvent comprendre cette universalité de talents que l'on remarque quelquefois dans un même sujet, la bbuy. ii. || Avoir la vue trouble, ne pas voir clair. T'as été au trépassement d'un chat, t'as la vue trouble. — Palsanguionne, ai-je fait, je n'ai point la vue trouble, ce sont des hommes, mol. Don Juan, ii, i. \\ Tant que la vue se peut étendre, jusqu'où les yeux peuvent apercevoir. || Dans le même sens on dit: Jusqu'où la vue peut porter; ma vue ne porte pas jusque-là. Il 6° Le regard même. Vous suivant de la vue au milieu de la presse, rotr. Bélis. v, b. Ebloui d'un éclat si fort, je suis contraint de baisser la vue, BOSS. i" serm. Naliv. de la sainte Vierge, Grandeurs de Marie, 2. C'est par d'autres attraits qu'elle plaît à ma vue, rac. Bajax. i, ). Cet illustre fugitif, arrivé sur le bord d'une colline d'où l'on voyait Babylone, tourna la vue sur le palais de la reine, volt. Zadig, s. \\ Fig. Ouoi ! de quelque côté que je tourne la vue, La foi de tous les cœurs est pour moi disparue ! rac. Mithr. in, ♦. Non que pour ce héros mon âme prévenue Prétende à ses défauts fermer toujours ma vue, volt. Adiil. du Guescl. i, ). Il Fig. Jeter la vue sur, examiner, considérer. Jetons la vue sur les fortunes galantes de Son Altesse, hamilt. Gram. 8. || Fig. Revenir devant la vue, se représenter au souvenir. Les services d'Hispal en ce même moment Lui reviennent devant la vue, LA FONT. Fianc. || Tout d une vue, d'une seule vue, d'un seul et même regard. On y voit [en Andalousie] tout d'une vue les montagnes chargées de neige et les campagnes couvertes de fruits, voit. Lett. 39. X Pompone.... où ils trouveront cinq garçons tout d'une vue, sÉv. 389. || Fig. Qui m'aurait fait voir tout d'une vue tout ce que j'ai souffert [dans une maladie], je n'aurais jamais cru y résister, et jour par jour me voilà, sÉv. 24 mars 1676. Ils ont l'esprit plus libre pour envisager d'une seule vue le gros de l'ouvrage, fén. Tél. xxii. Il Kig. Avoir la vue sur quelqu'un, veiller actuellement sur sa conduite. ||7' Les yeux, l'organe de la vue. La troupe des chasseurs, au héros accourue. Par des cris redoublés lui fait ouvrir la vue, LA font. Adonis. Dedans l'esprit il me vint aussitôt, De l'étrangler, de lui manger la vue, id. Coc. Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée [d'une laide femme], Ni sa masse de chair bizarrement taillée, BOIL. Sat. X. Un nuage confus se répand sur ma vue, ID. Traité du îuW. vin. || Le soleil me donne dans la vue, il me frappe l'œil et me gêne. Il Fig. Donner dans la vue , frapper par un éclat agréable. Les filles aiment mieux ce qui donne dans la vue, j. j. rouss. Ém. v. || Fig. Donner dans la vue, exciter l'attention, le désir, l'ambition. Je donnai dans la vue aux deux filles du roi, CORN. Illusion, il, t. Grâces i Dieu, je crois
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avoir de quoi Donner encore A quelqu'un dans la vue, LA FONT. Gag. Ils n'auront pas l'avantage de se servir de nos habits pour vous donner dans la vue; et, si vous les voulez aimer, ce sera, ma foi, pour leurs beaux yeux, mol. Préc. 1 6. Ce monsieur le comte qui va chez elle lui donne peut-être dan» !a vue, lo. Bourg, gent. m, 9. A l'exception de votre beauté que je ne dispute pas, et qui m'a donné dans la vue... mariv. Iforiunne, 6" part. Un bel habit noir qui m'avait donné dans la vue, J. I. ROUSS. Conf. V. Il 8" Terme de vétérinaire. Ce cheval a la vue grasse, sa vue se charge et s'obscurcit de temps en' temps || 9* Terme de chasse. Chasser à la vue, ou à vue, voir la bête en la poursuivant. Nous coupons dans la plaine où nous chassons à vue, dancourt, Céph. et Procris, i, a. Il Aller à la vue, aller à la découverte, pour savoir s'il y a des bêtes courables dans le pays. || Vue, nom d'une fanfare que l'on sonne lorsqu'on voit l'animal par corps. || 10" Terme de marine. Tenir un navire en vue ou à vue, combiner sa route ou ses manœuvres pour ne pas cesser de le voir. Il Périr par non-vue, périr faute d'avoir eu assez de temps ou de jour pour apercevoir les côtes ou les rochers. || Vue par vue et cours par cours, se disait lorsqu'on réglait sa navigation par les remarques de l'apparence des terres. || 11" Lunette de longue vue, ou longue-vue, voy. long, n« 3. Il 12" Seconde vue, prétendue faculté que, dans les pays du Nord, on attribue à certains individus, de voir, par l'imagination, des choses qui existent en dos lieux éloignés. || 13" Fenêtre, ouverture d'une maison par laquelle on voit sur les lieux voisins. Faire boucher des vues. Je stipule de mon voisin qu'il ne pourra m'empêcber mes vues, patru. Plaid. IV. Voilà des fenêtres d'où l'on peut nous voir ; et en effet il y avait de l'autre côté dos vues sur nous, mariv. Pays. pari'. B" part. Par des jalousies qui avaient vue sur toutes les cellules, VOLT. Zadig. ib. || Vue de servitude, de souffrance, celle qu'on doit souffrir en vertu d'un titre. || Vue droite, colle qui est directement opposée à l'héritage du voisin; vue oblique, celle qui est par côté. On ne peut avoir des vues droites ou fenêtres d'aspect.... sur l'héritage de son voisin, s'il n'y a 19 décimètres de distance entre le mur où on les pratique et ledit héritage, Code civil, art. G78. On ne peut avoir des vues par côté ou obliques sur le même héritage, s'il n'y a 6 décimètres de distance, ib. 679. Il 14" Partie du casque où sont ménagées des fentes ou des trous correspondant aux yeux de l'homme d'armes. |i Terme de blason. Se dit des grilles qui ferment un casque. || 15" Inspection des choses qu'on voit. Regardez ces étoffes, la vue n'en coûte rien. || D'une première vue, à la première vue, la première fois qu'on voit. Ce palais, ces meubles, ces jardins, ces belles eaux vous enchantent, et vous font récrier d'une première vue.... LA BRUY. VI. Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants; ils les saisissent d'une première vue, m. xi. Ce contraste se remarquait à la première vue des deux armées, anquet. Ligue, ii, 320. || Juger d'une chose à la première vue, la première fois qu'on la voit. X force de subtilités et de raisonnements.... il en viendra souvent à autoriser ce qu'il condamnait d'une première vue, lorsqu'il n'y voyait point son intérêt engagé, bourdal. Domin. llomél. sur l'aveugle-né, t. iv, p. 4»4. On ne connaît pas les hommes à la première vue, baintenon, Lett. à madame de la Viefville, 13 déc. (7(0.||En un autre sens, à la première vue, la première fois que l'on se rencontrera, que l'on se verra. X notre première vue, je vous montrerai plus particulièrement le dessein de tout mon ouvrage, bali. liv. i, lett. H. Nous parlerons de vos quittances i la première vue, sÉv. )2 juill. 1 690. || Déchiffrer un morceau à la première vue, et, par abréviation, à première vue, le jouer, le chanter sans l'avoir éiudié préalablement. J'étais en état de lire un air de première vue, J. J. bodss. Conf. iv. || Anciennement. Se trouver à une vue, se transporter sur un héritage contentieux pour le montrer à l'œil à sa partie, et l'assurer de ce qui lui est demandé. Je devais vous trouver à une vue, mais mon fils est malade, malh. U Traité des bienf. de Séuèque, IV, 3B. Il 16" Terme de banque et de commerce. Payable à vue, au moment de la présentation. Comme une bonne lettre de change bien acceptée, payable à vue, que je loucherais quand il mt plairait, siv. a95. Craignant que je ne vinsse à manquer d'argent, il [l'ambassadeur de France i la Porte] me permit de tirer sur lui des lettres d«