‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 259 sur 754 · VIK · texte numérisé non relu

VIK

VUE

VUE

ehanjM à vue, ciiATRAunn. llin. part. i. \\ Fig. et par plaisanterie. Une promesse de mariage pure •l .simple, payable i vue dans quatre mois, dancouBT, les Agiot. v, >. jl Payable à tant de jours de vue, payable tant de jours après présentation. Il 17* Terme de théologie. La vue de Dii'U, état des bienheureux qui voient Dieu. Cette vue sera suivie d'un amour immense, d'une joie inexplicable et d'un triomphe sans fin, Boss. Ilist. il, 8. || Fig. La vue de Dieu, le souvenir incessamment présent de Dieu. Sainte Thérèse accompagna toutes ses actions d'une secrète vue de Dieu, flécu. Saintr. Thér. Il 18" Fig. Il se dit de l'esprit <jui voit les choses intellectuelles, comme le corps voit les cho.ses matérielles. Si cette rcli};ion se vantait d'avoir une vue claire do Dieu, et de la posséder à découvert et sans voile, pasc. Préf. genér. éd. PAUGÈRE. On pèche sans avoir la vue que l'on fait mal, 10. Prov. iv. La vue de notre esprit est à peu près semblable à celle de notre corps; je veux dire qu'elle est aussi superficielle et aussi bornée, mcoLE, Ess. mor. 1" traité, ch. 8. Les mouvements de pénitence qu'ils ressentent dans la vue de leurs fautes, id. t'b. i' traité, ch, 3. Nos vues sont trop courtes pour savoir ce qui nous est propre, BOSs. Lett. 72. Et sa faible raison (de l'ignorant] de clarté dépourvue Pense que rien n'échappe à sa débile vue, BoiL. Art p. iv. J'ai détourné ma vue Des malheurs qui dès lors me furent annoncés, bac. Brit. IV, 2. La longue expérience des choses passées et l'habitude du travail leur donnaient de grandes vues sur toutes choses, fén. Tél. v. Pourrions-nous bien nous figurer quelque chose qui eût des passions si folles et dos réflexions si sages, une durée si courte, et des vues si longues [que l'homme]? font. Mond. 2* joi'r. || 19* Il se dit de Dieu en un sens analogue. Rien n'est caché à la vue de Dieu. Comme s'il [Dieu] avait, à notre manière, des vues générales et confuses, et comme si la souveraine intelligence pouvait ne pas comprendre dans ses desseins les choses particulières qui seules subsistent véritablement, Boss. ilar.ihér. Il 20* Fin qu'on se propose, considération. Au reste, ma fille, sachez-moi gré, si vous voulez; mais ie me fis hier saigner du pied, dans la vue de vous plaire, sÉv. t9l. N'est-ce pas Dieu qui a tourné son cœur [lie madame de la Sablière].... n'est-ce pas Dieu qui lui donne la vue et le désir d'ëlrc à lui ? ID. 21 juin 1C80. Certxiines vues d'honneur qui lui faisaient craindre jusqu'aux moindres soupçons de changement [de religion] et d'inconstance, flécii. Due de Mont. Va mépris de l'honneur dans la vue (j'uu vil intérêt, la bruy. Théophr. ix. On ne ferait plus d'actions héroïques. — Pourquoi? on les ferait par la vue de son devoir; c'est une vue bien plus noble, FONTEN. Dial. Lucrèce, Barbe. Ces hommes (les apôtres] se seraient de sang-froid, sans vue, sans intérêt, sans motif, dévoués aux tourments les plus affreux et à une mort soulTerle avec une piélé héroïque, seulement pour aller soutenir la vérité d'un fait dont ils connaissaient eux-mêmes la fausseté I MASS. Carême, Vérité de la religion. L'ouvrage [le Siècle de Louis XIV] pouvai t être beaucoup meilleur, mais il ne pouvait être fait dans une vue iiieilleure, ToLT. Uél. hist. Suppl. au Siècle de Louis .XIV, 3. Il En vue de, dans l'intention de, en considération de. On lui accorde cette récompense en vue des services qu'il a rendus. Vous voyez tout ce qui s'y passe [dans mon cœur], vous découvrez que la plus grande partie de mes actions se fait en vue de vous être bonne à quelque chose, sÉv.. M4. Il [Erichthon, qui inventa l'usage de l'argent pour la monnaie] le fit en vue de faciliter le commerce entre les îles de la Grèce, fén. T('l. xix. L'auteur a eu en vue d'attaquer le système de Hobbes : système terrible, qui, faisant dépendre toutes les vertus et tous les vices de l'établissement des

lois que les hommes se sont faites montesq. Déf.

Esp. lois, part. 1. 1| Avoir une chose en vue, se la proposer pour objet. Dieu, en vous imposant l'obligation de veiller sur la conduite de vos domestiques, a eu en vue votre utilité propre, bourdal. Dominic. Serm. pour le 2* dim. ajrrès Paq. Soin des domest. t. ii, p. 46 et «8. Il faut bien s'en servir pour un temps [des méchants]; mais il faut aussi avoir en vue de les rendre peu à peu inutiles, fén. Tél. xnv. Il On dit aussi: Borner sa vue à telle chose, n'avoir pour objet que telle chose. Il Avoirquelqu'unen vue, faire une chose à l'intention de quelqu'un, soit enbien, soit en mal. Enfin, ce traité [de morale] «it faitpourbien du monde, mais je crois principalement qu'on n'a eu que moi en vue, sÊv.»8. C'était nous [catholiques] qu'il [Jurieu] voulait sauver;

ce n'étaient pas les enfants qu'il avait en vue, BOSS. 3* avert. I«. || Avoir quelqu'un en vue, faire allusion k lui. Je sais bien que Despréaui avait en vue Héraclius dans ces vers: Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue. D'un divertissement nous fait une fatigue, volt. Leit. Thiriot, s mars 1738. Il Avoir quelqu'un en vue, vouloir donner i quelqu'un un emploi, une faveur. Le grand maréchal de Pologne a écrit au roi, que, s'il voulait faire quelqu'un roi de Pologne, il le servirait de ses forces; mais que, s'il n'a personne en vue, il lui demande sa protection, sÉv. I8u.|| Avoir des vues pour quelqu'un, avoir dessein do lui procurer quelque avantage et que M. de Chaul-

nés lui-même me dit d'accepter à cause des vues qu'il disait qu'il avait pour moi, SÉv. t>Hî. Il Avoir des vues sur quelqu'un, avoir l'intention de l'employer à quelque chose. || Avoir des vues sur quelque chose, souhaiter de l'obtenir. {| Jeter ses vues sur quelqu'un, sur quelque chose, songer à capter quelqu'un, à gagner quelque chose. Las do courtiser les beautés des environs, M. le comte Almaviva veut rentrer au château, mais non pas chez sa femme ; c'est sur la tienne, entends-tu, qu'il a jeté ses vues, bealmarcu. if or. de Fig. i, i. 1121* Projet, dessein. Dites-moi donc un peu sincèrement vos raisons et vos vues pour cet hiver, SÉv. 4 mai 1678. Rien n'est égal à l'amitié de cette bonne duchesse (de Chaulnes] pour moi, et aux vues qu'elle a pour me faire plaisir, id. 7 sept. 4688. Il [Louvois] savait l'union qui était entre les deux rois ; et cela lui suffisait; les vues fort éloignées ne sont pas de son goût, H"' de la fayettk, Hém. cour de Frarice, Œuvres, t. ii, p. 387, dans pouoens. Protésilas entre maintenant dans toutes vos vues sur le bien public, fén. Tél. xui. Ce roi [Agésilas] avait de grandes vues, et il ne songeait à rien moins qu'à aller attaquer Artaxerce dans la Perse même, rollin, Ilisl. anc. (Euvr. t. iv, p. 244, dans pouGKNS. Le roi (Louis XIV] avait résolu de faire un désert du Palalinat.... il avait la vue d'empêcher les ennemis d'y subsister.... volt. Louis XIV, 16. Il 22* Manière de voir, opinion. Tous ces auteurs ont des vues très-différentes, BOss. Nouv. myst. I . Ma vue est que vous trouviez les réponses dans la vérité, ID. ift. abb. «38. Si les conjectures ou même lessimples vues sont permises sur un objet qui, par sa profondeur.... buff. Jfi'n. t. ix, p. 45. Il 23* Action d'envisager, de prévoir. Ayeziinevue du Canada [M. de Grignan avait désiré d'être gouverneur du Canada] comme d'un bien qui n'est plus à portée; M. de Frontenac en est le possesseur, SÉv. 0 juin 1872. Quand j'aurai passé encore quelques jours à Livry, je reviendrai, pourvu que j'aie la vue de vous attendre, ID. isnov. IC76. Je vous ai mandé sur cela [le voyage de Mme de Grignan à Vichy) tout ce que j'ai pensé : ou venir ici avec moi, ou rien; car quinze jours ne feraient que troubler mes eaux par la vue de la séparation, ID. 16 avr. 1875. Dans celte vue (l'héritage royal], on approcha d'elle tout ce que l'Espagne avait de plus vertueux et de plus habile, boss. Uar.-Thér. Il 24* Aperçu, idée. Votre lettre sur la langue et sur la musique est bien précieuse; elle est pleine (le vues fines et d'idées ingénieuses, volt. lett. Chab%ru>n, 8 janv. I773. || 25* Point de vue, le point sur lequel la vue se dirige ou s'arrête. H Point de vue, ou, simplement, point, le degré de longueur qu'il faut donner à une lunette pour que la vision soit distincte. Mettre une lunette à son point de vue, à son point. || En parlant des lunettes à lire, elles sont, elles ne sont pas à mon point, la distance à laquelle elles font converger les rayons lumineux convient ou ne convient pas à ma vue. Il Assemblage d'objets sur lesquels la vue se dirige et s'arrête dans un certain éloignement. Rencontréjo un beau point de vue, je m'arrête et j'en jouis, DiDER. Claude et Néron, i, i. \\ Fig. L'âme n'a qu'un point de vue, qui est le ciel; hors de là, rien ne l'inquiète, bolrdal. Pensées, t. I, p. 6). Le point de vue où il se plaçait était toujours fort élevé, et de là il découvrait toujours un grand pays dont il voyait tout le détail d'un coup d'oeil, font. Leibnilx. En lui montrant, comme réunis en un point de vue, cet amas monstrueux de crimes, mass. Averti, Bonh. des jus/eî. || Terme de perspective. Point do vue, endroit précis où il se faut placer pour bien voir un objet; celui où l'objet doit être placé pour être bien vu. H Point de vue, le point que le peintre ou le dessinateur choisit pour mettre les objets en perspective et vers lequel il dirige tous les rayons qui sont censés partir de l'œil du spectateur. Vous n'êtes pas dans le point de rue, au point da

vue. Tout ressemble i ces ouvrages da perspective où des figures, dispersées ci et ii, vous forment, par exemple, un empereur, si vous les regardez d'un certain point; changez le point de vue, ers mêmes figures vous représentent un gueux, pontkn. Uial.t, Uorltanc. elmod. Nousmarcbons, et le* autres planètes marchent aussi, mais plus ou moins vitequa nous; cela nous met dans dilTérenls points de vua àleurégard, et nous fait paraître, dans leur cours, des bizarreries dont II n'est pas nécessaire que ja vous parle, ID. Mondes, i" soir. || Fig. Les diffèrcntos manières dont un homme ou une alTaira peut ou doit être considérée. 11 faut se faire honneur réciproquement, et croire que chacun dit bien selon son poiM de vue, stv. I7t. Sa femme [de M. d« Chaulnes], fermant la porto i ce point de vue si brillant (l'ambassade i Rome], ne l'ouvrit qu'à la crainte qu'un si grand voyage ne fut malheureux i la vie de son mari, id. 4 sept. <08». Voilà, ma chère sœur, le point de vue où vous devez vous placer aujourd'hui, MASS. Prof, relig. Serm. i. La vie privée est presque toujours le point de vue le moins favorable à leur gloire (des grands], id. Or. (un. Madame. Voilà l'histoire des miséricordes du Seigneur sur votre âme et les trois points de vue par où voua devez envisager.... le bienfait signalé qui vous consacre aujourd'hui i Jésus-Cbrist, m. Prof, relig. Serm. 1. 1| Fig. et familièrement. C'est Ii son point de vue, c'est à cela qu'il aspire. || De avec point de vue. J'ai prié la Harbeuf de le marier là; il ne se verra jamais [on ne le verra jamais] d'un si beau point de vue que cette année, sÉv. 377. Voyez-vous de ce point de vue toute la grandeur de ce bienfait t MASS. Prof, relig. Serm. i.||/Miuavec point de vue. Il [Bourdaloue dans son oraison de Condéj a pris le prince dans ses points de vue avantageux, SÉV. <6 déc. 1883. A mesure que Richelieu s'éloigna de nous, il est mieux dans son point de vue, fén. t. XXI, p. (29. J'ai le malheur de n'entrevoir pas ordinairement les objets dans un point de vue agréable,

M'"*DE SIMIANE, dans SÉV. t. XI, p. 145, édit. RÉGNIER.

Pour mettre cette vérité dans un point de vue qui nous la montre tout entière, mass. Pel. carême. Fausseté de la gloire humaine. Nous ne nous envisageons jamais que dans le poinlde vue que notre état présent nous offre, ID. ivfnJ, Jugem.univ. Jele regarde [l'avenir] dans un point de vue différent, LZ- SAGEjio Tonline, se. (2. Les chrétiens ne regardent pas le mariage dans ce point de vue, MONTtSQ. Lett. pers. 1 10. Ce n'est pas à moi, qui ne suis point sur les lieux, à savoir précisément dans quel point de vue on doit présenter des objets au public, volt. Leit. d'Argental, <4 mars <764. Aristote et Descaries n'ont considéré la formation du fœtus que dani le point de vue relatif i leur système, buff. Animaux, Systèmes sur la g- nérat. 11 est difficile de se mettre dans un point de vue d'où l'on puisse Juger ses semblables avec équité, i. i. rolsseau, Ém. IV. Il 5ouiavec point de vue. L'on réunit, sous un même point de vue, les préceptes et les exemples que l'Écriture nous fournit, boss. Polit, x, a. Il Sout se trouve avec point de vue, dans un emploi différent, par exemple : Ces connaissances et les actions vertueuses qui en éuient la suite, |>euvent être envisagées sous un double point de vue, ROLLIN, Hist. anc. xxvi, ii, i, 2. Il nous place sous un point de vue d'où il nous met sous les yeux les royaumes du monde et toute leur gloire, mass. Confér. Ambition des clercs. Ils voient le sujet sous un point de vue, et l'auteur l'a envisagé sotu un autre, volt. Leitr. Chabanon, <s janv. 4 766. La matière considérée sous ce point de vue, buff. Comp. des anim et des végét. Sous ce double point de vue nous trouvons entre eux tant de rapports.... j. j BOUSSEAU, im. V. Il Ce dernier emploi, qui ne date guère que de Rollin et de Hassillon, est aujourd'hui très-usité; cependant il ne parait pas exact. Pour voir bien une chose, il ne faut pas être sous le point de vue, il faut être au point de vue, il faut la considérer du point de vue. Il y a lieu de distinguer : si l'on considère l'objet, il peut être placé sous le point de vue, et il sera bien vu; da cette façon, la phrase de Bossuet avec toux est exacte. Si au contraire on considère l'observateur, il ne faut pas le placer sous le point de vue, car alors il ser.iit hors des limites do la vision distincte, il faut le placer au point de vue, dans le point de vue. Il 26' X vue, loc. adv. En conservant le regard sur. On tremblait de son désespoir, on le gardait i vue, VOLT. Ingénu, 20. || Garder un prisonnier & vue, le garder de manière i ne pas cesser de le voir. Il n'en fallut pas davantage pour le faire garder i vue BAHILT. Gram. 4. || X vue de, i dis-.

VUE

tanc« oh l'on aperçoit. Nous étions i vue du cap de Bonne-Espérance. Nous mouillâmes à vue de terre. || 27' X vue d'oeil, autant qu'on en peut juger par la vue seule. Il y a une lieue à vue d'œil. Il À vue d'œil, d'une manière visible, sensible. Et le mal qui, caché, nous ôte l'embonpoint. Qui nous tue à vue d'oeil, et que l'on ne voit point, Régnier, Sat. VI. Ma fille, notre chapelle s'élève à vue d'œil ; cela occupe l'abbé et me divertit un peu, sÉv. 60. La faveur de Mme de Maintenon croit toujours; celle de Quanto [Mme de Montespan] diminue à vue d'œil, m. 432. Elle m'assura que M. le Landgrave en prenait [du thé] quarante tasses tous les matins : f Mais, Madame, ce n'est peut-être que trente. — Non, c'est quarante; il était mourant, cela le ressuscite à vue d'œil, • ni. t oct. (084. J'avais des dispositions si heureuses que je profitais à vue d'œil sous ces excellents maîtres, le- 8AGE, Guxm. d'Alf. II, 2. Ouelle fut notre joie de le voir revenir i vue d'œil et se ranimer comme une plante desséchée et mourante que l'on arrose I MARMONTEL, Mém. X. \\ 28' X vue de pays, en se dirigeant, sans savoir la route de l'endroit où l'on va, sur l'aspect des lieux. Marcher, se conduire à vue de pays. ||Fig. À vue de pays, en se réglant sur ce qu'on sait, sur ce qu'on imagine. X vue de pays, je connais à peu près le train des choses, MOL, Festin, i, ). Il me semble à vue de pays qu'elle [Pauline] serait mille fois mieux là qu'à Aix, où vous n'irez plus, sÉv. 9 juin )680. Tout ce que j'en dis n'est point pris sur des observations fabuleuses et faites à vue de pays, vaub. Dime, p. t63. X vue de pays, il y a bien quelques bêtises par-ci par-là dans mon ami Pline, dider. Lett. à FalcoTtnet, mars 1766. || Fig. Juger à vue de pays, juger en gros et sans entrer dans le détail. X vue de pays on juge bien où tout ceci peut aller, sÉv. 88. Je juge à vue de pays que notre nation a été toujours légère, quelquefois très-cruelle, qu'elle n'a jamais su se gouverner par elle-même, et qu'elle n'est pas trop digne d'être libre, volt. Lelt. Richelieu, 20 mai mi. {{ 29* De vue, avec la vue. || Connaître quelqu'un de vue, le connaître pour l'avoir vu seulement, le connaître de visago. La connaistu, voisine? — Oui, quelque peu de vue; Quant au reste, elle m'est tout à fait inconnue, corn. Caler, du Pal. j, 6. Il Fig. C'était un homme [saint Paul] qui ne m'était pas inconnu; mais je vous avoue que je ne le connaissais que de vue, balz. liv. v, lett. 22 Il 30' Perdre une personne, une chose de vue, ne plus l'apercevoir. X tout coup, en me bernant, ils me perdaient de vue, et m'envoyaient plus haut que les aigles ne peuvent monter, vojt. Lett. 9. Il fallait, poursuit saint Augustin, que les apêtres perdissent Jésus-Christ d« vue, pour pouvoir être remplis du Saint-Esprit, bourdal. Myst. Pentecôte, 1. 1, p. 466. Une flotte égyptienne nous rencontra comme nous commencions à perdre de vue les montagnes de la Sicile, PÉN. Tél. il. Bientôt Cador, plongé dans l'étonnement et dans la douleur, perdit son ami de vue, VOLT. Zadig, vm. || Ne pas perdre quelqu'un de vue, le surveiller soigneusement. La jalousie ne lui permit jamais de perdre de vue les deux amants, fén. Tél. vu. Télémaque ne l'avait point perdu de vue, et il ne cessait d'observer ses pas, m. l'b. xziv. Il Fig. Cette mère ne perd point sa ÛUe de vue, elle la surveille attentivement. || Fig. Perdre de vue une personne, cesser de la voir, de la fréquenter. || Perdre quelqu'un de vue, être longtemps sans en entendre pa/ler. Fixé dans cette ville, je l'ai perdu de vue, tl non pas oublié, picard, Bntréedans le monde, i, 8. || Fig. Perdre de vue une affaire, cesser de s'en occuper. || On dit de même : quitter de vue. Je ne pourrais pas vivre en repos, si je quittais de vue un seul moment ma chère Providence [si je ne me soumettais pas sans réserve à ses décrets], bév. » févr. (683. || Fig. Perdre un •ujet de vue, faire une digression. Ils n'osent un moment perdre un sujet de vue, boil. Art p. ii. Il Fig. Perdre de vue, ne pas suivre en idée un objet. Chose si subtile et si fine qu'on la perd de vue, Boss. Préf. inttr. past. de Cambrai, 6. || Fig. On ne peut le suivre, on le perd de vue, se dit d'un homme qui tient des discours difficiles à suivre, à comprendre. Prenez bien garde si je m'égare ou t ils me perdent de vue, balz. liv. i, lett. 17. || Fig Peidrele ciel de vue, ne pas s'occuper des afl'aires de ton «alut. Nous perdons, en nous éloignant le ciel de vue, boss. «•• lerm. pour le 3' dim. de carême. Amour du plait. t.\\ Fig. Se perdrede vue.cesser d exercer la surveillance sur soi-même, de se connaître. Le tumulte des sens fait que nous nous perdoo» de vue, mam. Carémt, Vocation. || Se per-

VUE

dre de vue, être perdu do vue, cesser d'être aperçu, d'être pris en considération. Plus les religions vieillissent, plus leur objet se perd de vue, les subtilités se multiplient, on veut tout expliquer, tout décider, tout entendre, J. J. Rouss. Lett. à l'archev. de Paris. || 31° X perte de vue, si loin qu'on ne peut distinguer les objets. Quatre allées à perte de vue, et bornées de part et d'autre par des sphinx.... servent d'avenues à quatre portiques dont la hauteur étonne les yeux, boss. Hist. m, 3. || Fig. Jamais il ne fut une telle dissipation [dépense, à Grignan] : on est quelquefois dérangé; mais de s'abîmer et de s'enfoncer à perte de vue, c'est ce qui ne devrait point arriver, sÉv. ( févr. («90. Des spéculations, bahl à perte de vue, picard. Manie de briller, m, 4. || X perte de vue se dit aussi de choses qui ne finissent pas. Ne vous amusez point à écrire des volumes, ni à répondre aux discours à perte de vue que je vous écris dans mon loisir, SÉV. 8 oct. (6H4. On vit plusieurs autres histoires supposées de la vie de Charlemagne, pleines de fables à perte de vue, huet. De l'origine det romans, p. (22, dans POUGENS. Après la messe, M. Venture reçut de» compliments à perte de vue des chanoines et des musiciens, j. i. rouss. Conf. m. Il Fig. et familièrement. Raisonner à perte de vue, faire des raisonnements vains et vagues qui n'aboutissent à rien. S'égarer à perte de vue après des recherches inutiles, pasc. Art de persuader, édit. FAUGÈRE. Des principes féconds dont on tire des conséquences à perte de vue, montesq. Lett. pers. 97. Il On dit de même des raisonnements à perte de vue. || 82° En vue, de manière à être vu, aperçu. Ces marchandises sont bien en vue. Mettre une chose en vue. Et leur dévotion, ou viritable ou feinte. Sera partout en vue à ce Dieu tout puissant, RACAN, Psaume 36 Si je faisais une comédie qui décriât les hypocrites, et mit en vue, comme il faut, toutes les grimaces étudiées de ces gens de bien à outrance, «iol. Tart. <" placet. L'hypocrite, démasqué à ce jugement redoutable, sera forcé malgré lui de demeurer en vue, bourdal. Domin. Serm. p. le 24° diin. après la Pentec. Jugem. de Dieu, t. rv, p. 460. || Être en vue, pouvoir être aperçu. Les deux armées étaient en vue l'une de l'autre, étaient en vue. Tel bâtiment est en vue. || Terme de jeux. Être en vue, se dit quand, de l'endroit où est la boule, le joueur voit en plein l'archet de passe.

— REM. 1. Pour la locution : sous un point de vue, voy. ci-dessus le n* 2b || 2. Voltaire a écrit : Elle a jeté sur moi sa vue épouvantée, Oreste, m, (. La Harpe remarque avec raison que l'expression est défectueuse, disant que jeter la vue, porter ia vue sont des phrases faites qui n'admettent aucune idée d'attribution.

— HIST. XI" s. L'oie pert e la veùe tute, Ch. de Roi. cxlviii. Il xni* s. Perdue avoit la vue par une plaie qu'il avoit eue el chief, villeh. il. Se jors de veue est assignés à aucun, cil qui doit fere le [la] veue doit estre garnis au jor d'aucune personne qui soit envoies de par le [la] cort à veir faire le [la] veue, beaum. ix, 6. Li droiz des teneures de citez est tel : d'élever sa meson plus haut, et de peticier [diminuer] la voiue son voisin ou non, Liv. de just. (ss. || xv* s. Secrètement et non à vue, car autrement ne l'osoit faire [Robert d'Artois conseillant et confortant Ysabelle], froiss. i, i, ( 2. Si grand foison de gens d'armes que vue d'yeux ne les pouvoit comprendre, m. n, n, 2(2. Peu d'années après que nostre roy fut couronné, et avant le bien public, se fist une vue du roy de France et du roy de Castille, cohm. ii, 8. Il les avoit trouvez en petit nombre, lequel croissoit à vue d'œil, id. i, 3. Petite vue [ouverture, jour] qui estoit au long des degrez, juv. ees ursins, Hist. de Charles VI, p. 200, dans lacurne. Et la geita [la visière de sa salade] loing de luy en arrière, et demoura le visage moult fort découvert, et ce fît il pour ce qu'il estoit homme de courte vue et la vouloit desempescher, ol. de la marche, Mém. i, p. 3(8, dans LACURNE, au mot visière. \\ xvi* s. Après l'avoir regardé si longuement, que le jour qui se couchoit en emportoit la vue avecques soy, elle.... MARO. iVouv. ZLiii. Pour rendre une veue plaisante, MONT. I, 2t. J'en veoy la mort d'une veue beaucoup moins effrayée, ro. i, 8(. Cette salle a une belle veue, id. ii, 358. J'ay li veue longue, saine et entière, id. m, 68. Celui qui doit une rente foncière ou autre droit seigneurial, pour raison d'aucun héritage, en doit faire vue [de l'héritage] oculaire à son seigneur, une fois en sa vie, ou lui assigner M renie sur héritage valable, et lui fournir de

VUL

déclaration, loysel, 627. Vues et egouts n'acquisrent point de prescription sans titre, id. 737. Les lobes des poulmons sont le plus souvent séparés â veue d'œil, autrefois obscurément, paré, ii, 9. En un tesmoing de veue a plus de foy, qu'en dix d'ouye — à Diodore Sicilien nous donnons foy e» choses d'Egypte ; car il escrit de veue, m du bell. ProJ. Il receut un coup de lance dsdans la veue [visière], qui lui donna entre le nez et l'œil, id. 607. Ce nonobstant il [le pape] ne désista de se» propos touchant l'entreveue du roy et de luy, ains proposa en plain consistoire sa délibération et arrest pour ladite veue, id. 196. Courtisants, qui jettez vos desdaigneuses veûes Sur ce cbieo délaissé mort de faim par les rues , Attendez c* loyer de la fidélité, d'aub. Sonnet, dans sa Vit,

édit. LALANNE, p. 60.

— ET YM. Ku; wallon, i;eyoi«,t!eyotc, vuw ; B«rry, vûte : il a perdu la viXte; ital. vedula.

t VULCAIN (vul-kin), i. m. || 1° lerme du polythéisme. Le dieu du feu, fils de Jupiter et de Junon et mari de Vénus, qui tenait ses forges dans l'île de Lemnos. || On a dit Vulcan. Mais si du dieu nommé Vulcan Vous suivez la bannière.... la pont. Coupe. Il 2* Fig. Forgeron. Un afl"reux serrurier, laborieux Vulcain, Qu'éveillera bientôt l'ardente soif du gain, BOIL. Sat. vi. || 3' Espèce de papillon. Il 4° Ces nouveaux venus [les rats gris, vers (647] étaient de couleur gris de fer, et, à cause de cette teinte de leur pelage, on les appela vulcains, éd. FOURNiER, Rues de Paris, vin.

— ETVM. Lat. Vulcanus, que l'on compare ait sanscr. védique ulkd, feu, incendie.

t VULCANALES (vul-ka-na-l') , s. f. pi. Terme d'antiquité romaine. Fêtes en l'honneur de Vulcain.

— ÉTYM. Lat. BuJcanalto, de Vulcanus, Vulcain. t VULCANICITÉ (vul-ka-ni-si-té), s. f. Voy. voi^

CANICITÉ.

t VCLCANIEN, lENNE (vul-ka-niin , niè-n'), adj. Se dit de l'hypothèse qui attribue au feu la formation de la terre, ainsi que les principales révolutions qui en ont modifié la surface. || Substantivement. Les vulcauiens, les géologues qm sont partisans de cette hypothèse.

t VULCANIQUE (vul-ka-ni-k'), adj. Terme de géologie. Qui appartient à l'incandescence centrale de la terre.

t VULCANISATION (vul-ka-ni-za-sion), s. f. Combinaison d'une petite quantité de soufre avec le caoutchouc. La vulcaniiation du caoutchouc consiste à en immerger les feuilles dans un bain de soufre fondu, qui, se combinant en petites portions avec la substance résineuse, la rend aussi insensible aux chaleurs tropicales qu'aux hiver» les plus rigoureux, et permet d'en fabriquer avantageusement des tuyaux de toutes dimensions, des robinets, des fils, des ressorts, legoarant. Il On dit aussi volcanisation.

t VULCANISER (vul-ka-ni-zé), v. a. Faire subir au caoutchouc la vulcanisation.

t Vl'LCANISME (vul-ka-ui-sm'), s. m. Hypothèse qui attribue au feu la formation de la croiite du globe.

t VULCANISTE (vul-ka-ni-sf), ». m. Partisan du vulcanisme.

t VULCANITE (vul-ka-ni-f), s. m. Substance inattaquable par les acides et les dissolvants ordinaires; elle ne peut se déformer, malgré toutes les infiuences auxquelles on la soumet. Elle est composée de gutta-percha et de caoutchouc vulcanisés, auxquels on ajoute du soufre et de la silice.

VULGAIRE (vul-ghê-r'), od;. || 1* Qui se voit communément parmi les hommes. Opinion vulgaire. Préjugés vulgaires. X tous événements le sage est préparé; Guéri par la raison des faiblesses vulgaires. Il se met au-dessus de ce» sortes d'affaires, mol. Fem. sav. v, (. Cette interprétation est vulgaire, dira M. de B., j'en conviens ; mais elle a du moins un avantage, c'est qu'on peut la comprendre, condil. Traité anim. *. Il Ère vulgaire, voy. ère. || Plantes vulgaires, celle» qu'on rencontre à chaque pas. || Médicament vulgaire, celui qu'on emploie fréquemment. ||2' Langues vulgaires, se dit des langue» vivantes par opposition à langues savantes i.i langues mortes. Les traductions de la Bible en langues vulgaires. Cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques; et l'autre, pour la vulgaire et la maternelle, MOL. Mar. forcé, 6. Ce fut dans des temps si malheureux que la langue hébraïque cessa d'être vulgaire, BOSS. Hist. i, 8. ||0n dit de même : l'idiome vulgaire. ||8* Qui ne s'élève, ne«e distingue

VUL

{>ar rien. Cest aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, X brûler constamnient pour des beautés sévères, mol. Mis. m, l. Mais, pour te bien louer, une raison sévère Me dit qu'il faut sortir do la route vulgaire, boil. ÉpU. i. Le sujet ne veut pas de vulgaires efforts, m. ArC p. iv. Et sans vous rapporter des exemples vulgaires, Soliman.... rac. Bajax. n, <. Je ne vous tiendrai point de ces discours vulgaires Que dicte la mollesse aux amants ordinaires, VOLT. Œdipe, il, 3. || 4* Qui appartient aux classes que rien ne distingue, en parlant des personnes. C'est aux hommes vulgaires un trop grand effort que celui de... Boss. /« Tellier. || 6''Trivial, bas. Pensées, sentiments vulgaires. El do vous marier vous osez faire fêieîCevulg.iirc dessein vous peut monter en tête ? mol. Fem. sav. i, ( . Le dégoiil qu'on ne peut s'empêcher de sentir pour ce qui est vulgaire en tout genre, stael, Corinne, m, 3. Il 6* Sans distinction, en parlant des personnes. Esprit, poète vulgaire. Mon Dieu! que vous êtes vulgaire I UOL. Préc. S. On s'ennuie aux exploits d'un conquérant vulgaire, BOiL. Àrtp.m. Le peuple napolitain, à quelques égards, n'est point du tout civilisé ; mais il n'est point vulgaire à la manière des autres peuples, STAEL, Corinne, ii, 2. || 7' S. m. Le commun des hommes. Que j'ai toujours haï les pen- «ers du vulgaire 1 Qu'il me semble profane, injuste, téméraire I la font. Fabl. viii, 2«. Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré. En cent lieux contre lui les cabales s'amassent, doil. ÉpUre vu. Je sais rendre aux sultans de fidèles services, Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices, hac. Haj. I, 4. On le plaint |Morangiès] autant qu'on s'était déchaîné contre lui; toutes les opinions ont changé ; tel est le petit et le grand vulgaire; tels sont les hommes, volt. Pal. et lég. Précis du procès Morangiès. Quelqu'un a remarqué avec raison qu'au lieu du mot do public, tant prodigué à tort et à travers dans les conversations et dans les écrits, on ferait souvent très-bien d'employer celui de vulgaire que la langue française nous fournit si heureusement pour exprimer cette multitude qui a tant de langues et si peu de têtes, tant d'oreilles et si peu d'yeux, d'alemb. Élog. Boiss. note 3. Il 8° Il se dit de ceux qui dans une classe ne se distinguent pas. Le vulgaire des auteurs. Autant il faut connaître les grandes actions des souverains qui ont rendu leurs peuples meilleurs et plus heureux, autant on peut ignorer le vulgaire des rois qui ne pourrait que charger la mémoire, VOLT. Mœurs, Avant-propos. Il y a le vulgaire des grands et le vulgaire du peuple, m. Philos, l'hilotopke ign. 33. Un grand exemple était du à ce Tulgaire des classes aisées qui prend l'affreux pour le sublime, et dont le faible esprit avait été comme «ubjugué par.... cahrel, Œuv. t. iv, p. 4l».fi9'Ce qui est sans distinction. Donner dans le vulgaire. Il 10° Le vulgaire, nom donné aux langues romanes (langue d'oïl, langue d'oc, italien et espagnol), par opposition au latin qui était la langue savante.

— HlST. XVI* 8. L'italien, dont la faconde Pas.se les vulgaires [les langues vulgaires] du monde, HAROT, III, 68. Lors Tigranes... dit une parole qui est assez vulgaire [connue, célèbre]... ahyot, Lucull. 50. Je n'estime pourtant nostre vulgaire [langue vulgaire] tel qu'il est maintenant, estre si vil et abject, comme font ces ambitieux admirateurs des langues grecque et latine, dubell. I, 8, verso. Il faut se descharger des humeurs vulgaires et nuisibles, hont. i, 80. Aulcuns siècles passez, ausquels il esloit vulgaire... de veoir un homme modéré en ses vengeances... id. ui, 64. Les enfants, le vulgaire, les femmes et les malades sont plus subjects à estre menez par les aureilles [par ce qu'on leur dit], id. i, 20o. Les crimes plus obscurs n'ont pourtant pou se faire, Qu'ils n'esclaltent en l'air aux bouches du vulgaire, d'aub. Tragiques, édit. lalanne, p. 4oa.

— ÊTYM. Provenç. volgar, vulgar; espagn. vuU gar; ital. volgare; du latin, vulgaris, qui vient de vulgus, foule populaire; comp. sanscr. varga, troupe, multitude. L'ancienne langue disait vulgal, et, à l'adverbe, vulgaument.

VULGAIREMENT(vul-ghê-re-man),od». Il !• Communément. On dit vulgairement que,. Ka 4 24»,

le roi Jean, vulgairement nommé Jean uns Terre, et plus justement sans vertu, volt. Dict. phil. Donations. [\ 2* D'une manière vulgaire, triviale. Apprenez, sotte, à vous énoncer moins vulgairement, mol. Préc. 7.

— illST. zvt* s. S'il rencontre quelque lourdault qui ait un peu le cuir gros, et, comme l'on dit vulgairement, qui soit un peu de grosse paste, ahyot, Comm. dise, le flali. 2&. La conjugaison est divisée vulgairement en quatre espèces, par les terminaisons du présent infini, p. hauus, dans uvet, Gram. franc, p. 226.

— firvM. Vulgaire, et le suffixe mtnt.

t VULGARISATEUR (vul ga-ri-za leur), f. m. Néologisme. Celui qui rend quelque chose vulgaire, qui en répand l'usage. Les grands naturalistes que le mouvement intellectuel de 89 a fait surgir en France n'étaient pas des vulgarisateurs. Il i4d;. Talent vulgarisateur.

t VULGARISATION (vul-ga-ri-za-sion),«. f. Néologisme. Action de vulgariser.

t VULGARISER (vul-ga-ri-zé), r. o. Néologisme. Rendre vulgaire. Vulgariser la science. || Se vulgariser, V. réfl. Devenir vulgaire. Ces connaissances se vulgarisent.

— ÊTYM. Lat. vulgaris, vulgaire.

t VULGARITÉ (vul-ga-ri-té), s. f. Néologisme. Caractère, défaut de ce qui est vulgaire, sans distinction. Le style représente, pour ainsi dire, au lecteur le maintien, l'accent, le geste de celui qui s'adresse à lui ; et, dans aucune circonstance, la vulgarité des manières ne peut ajouter à la force des idées ni à celle des expressions, stael. De la littérature, i, 4 9. Je sais bien que ce mot la vulgarité n'avait pas encore été employé, mais je le crois bon et nécessaire, m. ib. en note. J'ai employé la première un mot nouveau, la vulgarité, trouvant qu'il n'existait pas encore assez de termes pour proscrire à jamais toutes les formes qui supposent peu d'élégance dans les images et peu de délicatesse dans l'expression, id. ib. Préface de la V édition. C'est elle [Mme de Stael] qui a risqué ce mot pour la première fois ; il devenait indispensable pour désigner l'habitude sociale nouvelle... le mot urbanité avait été mis en circulation, et était entré dans la langue au commencement du xvii* siècle; il était juste que le mot vulgarité y entrât à la fin du xviii', stk-bbdve , Chateaubriand, 2' icfon.

— REM. A son insu Mme de Stael avait été précédée dans l'emploi de vulgarité par un auteur obscur du xvi* siècle.

— HlST. ivi» s. Vulgaritez [choses vulgaires, triviales], Quintilien censeur, p. 49», dans la-

CURNB.

— ÉTYM. Lat. vuUjaritatem, de vulgaris, vulgaire.

VULGATE (vul-ga-f), ». f. Version latine de la Bible, qu'on croit faite de l'hébreu, vers la fin du quatrième siècle et le commencement du cinquième, et qui est autorisée par le concile de Trente (avec un V majuscule). Saint Jérôme, prêtre retiré dans la sainte grotte de Bethléem, entreprit des travaux immenses pour expliquer l'Écriture, en lut tous les interprètes, déterra toutes les histoires saintes et profanes qui la peuvent éclaircir, et composa sur l'original hébreu la version de la Bible que toute l'Église a reçue sous le nom de Vulgate, boss. Hist. i, 4 4. || Adj. La version vulgate de la Bible.

— ÊTYM. Lat. vulgatus, rendu vulgaire, public.

t VCLGIVAGUE (vul-ji-va-gh'), adj. Qui se livre à l'amour banal, qui se prostitue. Le mariage qui est le plus grand frein de l'impudicité vulgivague, VOLT. Philos. Ex. mil. Bolingbr. 37. Des sophistes, ou plutôt des raisonneurs imprudents, ont prétendu que l'existence des femmes vulgivagues était utile et nécessaire pour le maintien de l'ordre politique et la tranquillité des citoyens, comte de

CAYLUS (gROSLEY), (t'UV. t. ZII, p. 4 4 4, dans ?OUQENS.

N'y a-t-il donc que la Vénus vulgivague ou millionnaire qui puisse être appréciée par vousT PROUDiiON, Du principe de l'art, p. 24 3.

— ETYM. Lat. vulgivagus,da vulgus, le vulgaire, et vagari, errer.

VUL

TULNI^RABLB (Tul-né-ra-bn, adj. Qui peut étr« blessé. Il a trouvé le i^té vulnérable.

— f.TYM. Lat. t'utnerabilù, de vulnerare, h\etser, qui vient de rulnuj, blessure, qu'on rapproche de l'allem. Wunde ; goth. wund; isl. und ; grec, oùXii ; sanscr. vrana , plaie.

VULNÉRAIRE (vul-né-rê-j ), adj. \, l« Qui e« propre à la guérison des plaies ou des blessurea. Plante vulnéraire. || Eaux vulnéraires, eaux extraites des herbes vulnéraires. || 1* S. m. McJibament bon pour les plaies et blessures. Un bon vulnéraire. Il Vulnéraire suisse, voy. faltranx. Il 8* S. f. Plante légumineuse, 1 fleurs jaunes, bonne pour les plaies et les blessures récentes, anihylliê vulneraria, L.

— lilST. xv[« s. Faut ordonner au patient potion vulnéraire, paré, vin, 32.

— F.TYM. Lat. tulnerarius, qui se rapporte aui plaies ; do vulnerare (voy. vulnérable).

t VUI.NF.RANT, ANTE (vul-né-ran, ran-t*), adj. Qui blesse. L'Instrument vulnéraot.

— MisT. XVI* s. S'opposant contre les choseï vulnerantes, comme un bouclier et defensoire, PARÉ, i, 9.

— f.TYM. Lat vulnerare (voy. vulnérable).

t VULNÊRATION (vul-né-ra-sion), s. (. Terme de chirurgie. Blessure. Lésion par vulnération, se dit par opposition i plaie par ulcération.

— ETYM. LaL Duln«r(Uion<m, de vulnerare, blesser.

t VULPIN, INE (vul pin, pi-n"), odj. || 1* Qui tient du renard. || 1* S. m. Terme de botanique. Genre de la famille des graminées (alop«curtu, L.). ||Vulpin, nommé aussi racouet, plante ainsi dite du latin vulpi'x, parce que l'épi est comparée une queue de renard.

— HlST. XV* s. Et me destruit par la queue vulpine, E. DESCH. Poésies mss. f* 36. || xvi* s. Les vulpines ruses et cauteleux deportements dont il a tousjours uséjusques icy, carloix, iv, 7.

— ETYM. liai, volpino; du latin vulpinus, de vulpis, renard.

t VULPINB (vul-pi-n") ou VULPULI.NE (vul-puli-n'), s. f. Terme de chimie. Principe colorant jaune citron tiré du lichen vulpinus, L, evemi» vulpina, Acharius.

t VULPINIQUE (vul-pi-ni-k') ou VCLPIQUB (vul-pi-k'), adi. Terme de chimie. Acide vuiplnique, acide tiré de la vtilpine.

t VULTUEUX, ECSE (vul-tu-eû , eû-z") , adj. Terme de médecine. Se dit de la face quand elle est bouffie et vermeille à l'excès, et que les joues et les lèvras sont gonflées, le teint enluminé, le* yeux saillants, et leur blanc plusju moins injecté.

— ËTYM. Lai. vultuosus, qui a le visage sévère, de vuUut, visage.

t VUI.VAIRE (vul-vê-r*), adj. || 1* Terme d'anatomie. Qui appartient i la vulve. La muqueuse vulvaire. || t' S. f. Terme de botanique. La vul vaire, plante qui est commune dans les champs, qui répand une odeur de poisson et qui était recommandée autrefois dans les affections hystériques (e/ienopodtum vulvaria, L).

— ETYM. Kull'«.

VULVE (vul-v'), 1. f. Il 1* Terme d'anatomie Partie externe de l'appareil de la génération chez la femme. || Se dit aussi pour les femelles de certains animaux, comme la jument. || Ouverture sans issue que l'on trouve dans le cerveau au-dessous de la commissure antérieure, au devant de l'adossemenl des couches optiques, précisément audessous du pilier antérieur de la voûte. || t' Terme de zoologie. Dépression longue et peu large à la partie dorsale de certaines coquilles bivalve* (Linné).

— HlST. zvi* s. Il s'apparoist ulcères i la verge ou i la vulve, paré, xvi, i.

— ËTYM. Lat. vulta, sanscr. ult-a; comparez voLVA ; la racine sanscr. est trt, var, couvrir, envelopper.

t VULVITK(vul-vi-t'), ». A. Terme de médecine. Inflammation de la vulve. || Vulvite folliculeuse, inflammation des glandes de l'orifice vulvaire o« de la muqueuse vulvaire.

— ETYM. Vulve, et la finale ite qui indique ia> Oammatioa.

Page 1