‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 261 sur 754 · MOUT · texte numérisé non relu

MOUT

t WERNÊRITE (ver-né-ri-f), ». f. Substance vitreuse ou lithoïde résultant de la combinaison des deux silicates de chaux et d'alumine (de Wemer, célèbre naturaliste allemand).

t WESLEVEN (ouè-siè-iin), ». m. Nom d'une seclo protestante, dite aussi méthodiste, qui dut

son origine à l'Anglais Wesley, dans la première

moitié du xviii' siècle.

WIIIG (ouigh), ,ç. m. etf.\\l' Celui, celle (pii, en Angleterre, appartient au parti faisant profession lie défendre la liberté. Un whig. Une wliig. Les wliigs sont opposés aux lorys. Souvent, pour empêcher une pièce nouvelle de paraître , pour la faire tomber.... on emploie plus d'intrigues que les whigs n'en ont tramé contre les torys , VOLT. iell. Albergati , 23 déo. neo. \\Adj. L'opinion wliig. Le p.'irli whig. Les ministères whigs. 112'' Aux Kl.-it-;-Uni3, on appelle whig ou fédéraliste le parti opposé à celui des démocrates.

— ÉTYM. Ce nom, dont on ignore l'origine, fut d'abord donné à quelques sectaires de l'ouest de l'Ecosse, qui s'assemblaient dans les champs et qui ne buvaient presque pasd'autre liqueurquedu lait aigre; ensuite il s'est étendu à ceux qui ne reconnaissaientpas l'Église anglicane; plus tard il devint le nom du parti contraire aux jacobiles.

t WIIIGGISME (oui-ghi-sm'), s. m. Parti, opinion des whigs.

WIIISK (ouisk), s. m. Voy. whist.

WIIISKKY ou WHISKY (oui-ski), ». m. Nom vulgaire de l'eau-de-vie de grains dans les basses terres d'Ecosse répondant à usquebaug dt-s hautes terres. Le whisky se fabrique en Ecosse et en Irlande avec l'orge et l'avoine , après les avoir soumises à la fermentation. Le whisky ordinaire contient lin à 7-'> pour )00 d'alcool.

— r.TYM. C'est la première partie du mot usquebauq, abrégé par l'usage (voy. ce mot).

WiriST (ouisf), s. m. Sorte de jeu de cartes qui se joue à quatre personnes, deux contre deux, ou à trois, avec un mort. Apôtre de la raison jusqu'au bout, on peut dire que Voltaire est mort en combattant; la fin de sa vie n'a pas ressemblé à tine partie de whist où l'on gagne en calculant, SAINTE-BEUVE, Kouv. lundis,xu, Talleyrand. || Quelques-uns disent wisk. Mes voisins et mes voisines jouent après dîner un jeu anglais que j'ai beaucoup de peine à prononcer, car on l'appelle whisk , VOLT. l'Homme aux 40 écits, Proportinns.

— ÉTYM. Anglet. whist, interjection qui signifie silence, à cause que ce jeu exige en effet silence et attention.

f WIIITÊRITE (oui-té-ri-f), ». f. Minéral qui est un carbonate de baryte.

t WICUE (oui-che), ». f. Wiche des rouleaux, nom donné, dans les fabriques de basse lisse, à une longue perche de bois, à laquelle on arrête les de'ix extrémités de la chaîne.

t WICLfiFIS.ME (oui-klé-fi-sm'), s. m. Doctrine de Wiclef, hérésiarque anglais du xiV siècle; il enseigna que l'Église romaine n'est point le chef des autres Eglises; que le clergé ni les moines ne peuvent posséder aucun bien temporel, et que, vivant mal, ils perdent tous leurs pouvoirs spirituels.

t WICLÊEISTE (oui-klé-fi-sf), s. m. Partisan de Wiclef.

f WIGWAM (ouigouam'), ». m. Village des sauvages de l'Amérique du Nord. || Chaumière, hutte chez ces sauvages.

•l-WILLIS(ouil-lis'), s. /.Jeunes filles condamnées, d'après une légende do Bohême, à sortir, après leur mort, du tombeau et à danser toute la nuit.

WISKEY, fausse orthographe. Voy. whiskey.

WISKl (oui-ski), ». m. Cabriolet élevé et léger. Les rapides wiskis, les magnifiques chars, IjELILle, Jard. II.

f WODANICM (vo-da-ni-om') , ». m. Terme de chimie. Métal qu'on croyait nouveau , mais que l'on a reconnu être du nickel impur, mélangé avec du cobalt, du cuivre, du plomb, de l'antimoine, de l'arsenic et du soufre.

f WOLFRAM (vol-fram'), S. m. Synonyme de TUNGSTÈNE. || Wolfram blanc, nom donné par quelques minéralogistes au tungstate de chaux.

t WOMBAT (ouon-ba), s. m. Mammifère de la Nouvelle-Hollande, appartenant à la famille des marsupiaux, phascoloma wombat.

t WOORALl (ou-ra-li) ou WOORARI, (ou-ra-ri), s. m. Autres formes de curaie.

t WOOTZ (vouU'), ». m. Nom de l'acier indien.

WOR

WRI

WUR

obtsnu en jetant du fer concassé en petits morceaux dans de* creusets de grandeur médiocre, pèle-mfle avec du bois sec de cassia auriculata et quelques reuilles vertes de Vasclepias gigantea, j.CLAvÉ, fleu. des Deux- .tfoniieî, )5avr. I8fl7,p. 870. t W0U.M1EN (vor-miin), adj. m. Terme d'analomie. Os wormiens, petits os très-variables quant tu nombre ou i la forme, qui sont placés ordinairement aux angles des sutures de la voùle du crine, et parliculicrement dans la suture lambdoïdale.

— ËTYM. Wormius, médecin de Copenhague, qui les a décrits lo premier.

t WOUÈOË (oui-d'), I. f. Le même que avktis.

t WRIGHTIE (raye-tie), (. f. Terme de botanique. Nom de plantes apocynées dont une espèce fournit l'indigo, vrrightia tinctoria, R. Brown, nerium linctoriiim, Roxburgli.

t WKIT (rit'), f. m. Terme anglais de droit. Ordonnance, acte judiciaire.

— £tym. Angl. participe passé de lo wrilê écrire : chose écrite.

t WlILFP..\ITe (rul-fé-ni-f), i. f. Minéral qui est du plomb molybdaté.

t WURST (vurst'), I. m. Nom d'un ancien eaisson d'artillerie. || Sorte de caisson qui sert aux chirurgiens de l'armée pour transporter les malades et les médicaments.

— ETYM. Allem. Wurtt, boudin, Toiture loo> gue

XAN

X (iks', ou, suivant l'épellation moderne, ksc), ». m. Il 1° Lettre consonne qui est la vingt-lroisifcine de l'alpliabet. || Jambes en X, se dit des genoux tournés en dedans et se touchant. ||a°X, dans les chiffres romains, vaut H); XI, H; xii, 12; xni, 13 ; xiiuou xiv, ( 4, etc. XX ; 20 ; xxx, 30 ; xxxxouxL, 40, etc. Surmonté d'un Irait, dans cette forme X, il vaut looou; couché, il se prenait pour »ooo. || 3° Dans le comput ecclésiastique, marque le dimanche. || 4' Sur les monnaies de France, indique qu'elles ont été frappées à Amiens, selon l'Encyclopédie, à Aix selon le dictionnaire de Trévoux. || 5' En marge des anciens manuscrits, X est une note critique qui indique une expression inusilce ou une figure trop hardie. Il II sert aussi quelquefois à noter les endroits remarquables. Il 6* X ou a; s'emploie d'ordinaire, en algèbre, pour désigner l'inconnue ou une des inconnues. || 11 se dit quelquefois figurément, dans le langage philosophique, d'une chose que l'on cherche. Il Familièrement, les x, l'algèbre, les mathématiques. Fort eu x, fort en mathématiques. Des JT redoublés admirant la puissance. Il croit que Varignon est seul utile en France, volt. Ép. BO. Il Nom donné familièrement aux élèves do l'école polytechnique. || 7° Un x ou un ixe,chez les tapissiers, est un petit tabouret dont les pieds croisés offrent la figure de cette lettre. || 8' Poinçon d'acier au bout duquel se trouve gravé un x, pour frapper ou imprimer cette lettre. || 9° X, espèce de phalène.

— REM. 1. J a tantCt la prononciation de ks, comme dans extrême; tantôt celle degz, comme dans exercice; tantôt celle de k, comme dans exception. Au reste la prononciation en est marquée en particulier, à chaque mot de ce dictionnaire Il 2. Dans quelques noms de lieux, x se prononce comme s : Auxerre, Bruxelles, dites ô-sc-r', Brusè-l'. Il 3. En certains mois, il sonne z: deuxième, sixième, etc. || 4. A la fin des mots où il n'est pas muet, il se prononce comme, ks : préfix, sphinx, etc. Il 6. Dans la plupart des mots x final est muet et ne sert qu'à rendre plus grave le son de la voyelle: paix, choix, généreux. |i 6. Cet x final se lie et prend le son de z : Baux à longues années, bô-z à.... Un choix heureux, choi-z heureux; une paix inattendue, pê-z inattendue. || 7. Dans certains mots, X final sert à marquer le pluriel : choux, oiseaux, etc. 11 remplace aussi quelquefois l's radicale finale, comme dans jaloux. Dumarsais, Œuv. t. IV, p. ICI, suppose que cela vient des maîtres d'écriture, qui ont préféré l'a; à l's, l'x offrant à la main la liberté de faire ces figures inutiles qu'ils appellent traits. Cet usage est bien plus ancien que les maîtres d'écriture auxquels Dumarsais fait allusion; il appartient au moyen âge, dont l'orthoeraphe variable substitua souvent l'x à 1$ finale.

— Etym. Lat. x; grec, i, lettre double composée de x et de 0.

t XANTIIE (gzan-f), s. m. || !• Terme de zoolo- |ic. Genre de crustacés. |! !• Terme de botanique. Genre de plantes qui rendent un suc blanc ou jaune.

— f.TY.M. Saveà;, jaune, répondant au sanscr. chandra, brillant, couleur d'or,et au lat. candidus.

t XANTIlP.NE (gzan-tè-n'), ». f. Terme de minéralogie. Espèce de pierre précieuse.

t XANTIIINE (gzan-ti-n'),». f. Terme de chimie. Matière colorante de la garance. ]| Xanthine azotée, oxyde xanthique, principe découvert dans quelques calculs urinaires de l'homme, et qui parait exister aussi en grande quantité dans le guano.

— ÊTYM. SavOo;, jaune.

XER

tXANTniOUE(gzan-ti-k'),odj. Terme de chimie. Qui concerne la couleur jaune. || Acide xanthique, sorte d'acide. || Oxyde xanthique, voy. xanthine.

t XANTUOPIIVLLE (gzan-to-fi-l'), ». f. Terme de chimie. Matière colorante jaune qui se développe dans les feuilles des arbres pendant l'automne au moment de leur chute.

— ETYM. Hav6o;, jaune, et çO>Xov, feuille.

t XANTlIGHlCniTE ( gzan-to-pi-kri-t') , ». /. Terme de chimie. Substance jaune, d'une saveur amcre et slyplique, qui a été isolée du xanlhoxyium fraxineum, Willdenow, ou coraïfceum, Gaerlner, ou bois des Caraïbes, xanthpxylées.

— F.TYM. ïïvOoc, jaune, et picrite.

tXANTlIOPROTElOUE(gzan-to-proté-i-k'), adj.

Terme de chimie. Acide xanUioprotéique, acide jaune, un des produits non crislallisablesde la décomposition des substances organiques azotées par l'action de l'acide niilrique.

— rrYM. SavOo,-, jaune, et protéine.

tXANTII()limifiP;(gzan-to-rrée), ». f. Terme de

botanique. Genre de plantes monocotylcdoncs, voisines des asphodèles, toutes de laNouvelle-Hollande. t XANTHORIdlIZE (gzan-to-rri-z'), adj. Terme de botanique. Qui a les racines jaunes. || S. f. pi. Genre de renonculacées.

— ETYM. ïavOoc, jaune, et ^(Ça, racine.

t XANTUOSE (gzan-tô-z'), ». f. Terme de chimie. Matière d'un jaune safrané ou d'un jaune orange qui se trouve par taches irrégulière» et peu étendues dans le cancer.

— ETYM. ZavOi;, jaune.

t XANTHOXYLE (gzan-to-ksi-n, adj. Terme de botanique. Quia le boisd'une couleur jaune. || S. m. Arbusle qu'on nomme aussi frêne épineux, ian(/ioxylum frajineum, Wild. famille des xanthoxylées.

— ETYM. Hav66;, jaune, et ÇJ),ov, bois. tXANTI10XYI,ÊES (gzan-to-ksi-lée), ». f. plur.

Terme de botanique. Tribu de la famille des rutacées, considérée par quelques auteurs comme une famille à part.

t XKMPLE (gzan-pl') , ». m. Le même que semple.

tXf,NAGIK{kso-na-jie),s./'.Synon.desyntagme.

— ETYM. Sévo«, soldat étranger, et àyeiv, conduire.

t XÉNARQUE (ksé-nar-k'), s. m. Commandant d'une xénagie.

XÉNÊLASIE (ksé-né-la-zie), ». f. Chez les anciens, interdiction faite aux étrangers du séjour d'une ville. Une des plus célèbres lois attribuées à Lycurgue, un usage du moins dont on ne peut nier l'existence, était celui do la xénélasie ou bannissement des étrangers, lévesque, [nslit. Mém. se. mor. et pol. t. m, p. 37«.

— ETYM. HevTi)iaa£a,deÇivo«, étranger, et IXoûvm, iXiiô, chasser.

t XfiRANTIlÈME (ksé-ran-lê-m'), ». m. Terme de botanique. Genre de la famille des composées.

— ÊTYM. Stipo;, sec, et dvjr.n», floraison (icause des écailles scarieuses de l'involucre).

Xf^RASIE (ksé-ra-zie), ». f. Terme de médecine. Maladie des cheveux et des cils qui les empêche de croître, et les rend semblables à un duvet couvert de poussière.

— ETYM. Zripaisia, sécheresse, de Çir;pè«, sec. t XÉUES (ke-rès*), t. m. Vin de la ville de ce

nom (Espagne).

t XEKOPHAGE (kso-ro-fa-j"), ». m. Celui qui pratiquait la xérophagie.

XfîROPIlAGIE (ksé-ro-fa-jie), ». f.\\l' Dans la

XYL

primitive Église, abstinence des chrétiens, qni pendant le carême ne mangeaient que des fruits secs avec leur pain. || 1" Terme de médecine. Diète sèche, voy. diète.

— ETYM. Hrifoça-yia, de fnf^, sec, et f«- Y«tv, manger.

Xl^ROPIITUALMIR (ksé-ro-fUl-mie), ». f. Terme de médecine. Ophthalmie sèche, caractérisée par l'aspect mat de la sclérotique, qui est ridée autour de la cornée : il y a suspension de la sécrétion lacrymale, et les rides de la conjonctive sont l'effet de la sécheresse de cette membrane.

— EtYM. Sr)poç6aJ(i(a, de Çrip4«, sec, et èçOoi- (jLO!, œi!.

t XP.KOTRIUIE (ksé-ro-tri-bie), ». f. Terme d« médecine. Friction sèche.

— ETYM. Hrp4:, sec, et Tp(6tiv, frotter. XIPUIAS (ksi-fi-as'), ». m. Genre de poisson*

acanthoptcrygiens dans lequel plusieurs ichthyologistes ne placent qu'une seule espèce, le xiphias glaive (Méditerranée et Atlantique), appelé vulgairement épée de mer et espadon. Ce sont les o* frontaux, et non la mâchoire, qui se trouvent prolongés en forme de lame tranchante des deux c4tés et terminée en pointe aiguè ; cette sorte d'épée sert d'arme offensive, legomiant. || Terme d'astronomie. La Dorade, constellation australe.

— ETYM. Zifta;, de (ifO(, épée; radio, sanscr. kchip, lancer

t XIPIMSTERNAL (ksi-fi-stèr-nal), ». m. TeroM d'anatomie. Pièce du sternum des tortues.

— ETYM. ïiço:, épée, et »lema(.

t XIPIIODV.ME (ksi-fo-di-m"), adj. Terme de tératologie. Monslresxiphodymes, monstres composés de deux corps distincts supérieurement, dont les thorax sont confondus en bas, mais séparés en haut, et qui ont deux membres pelviens.

XIPIIOYde (ksi-fo-i-d'), adj. m. Terme d'anatomie. Appendice xiphoîde, appendice allongé cartilagineux, qui termine inférieuremcnt le ster^ num. Quel plaisir je vais prendre à faire sur son corps une incision cruciale, cl i lui ouvrir le Ventre depuis le ca tilage xiphoîde jusqu'aux os pubis I HAUTER. Cri'spj'n médecin, îl, 4,

— II1ST. XVI* s. Le cartilage xiphoîde, dit U fourchette, paré, i, î.

— ETYM. EiçoeiSr,;, qui ressemble à une épée, deÇiço:, épée, et eUo;, forme; ainsi dit icause do sa forme en pointe.

t XIPHOÏDIEN, IENNE (ksifo-i-diin , diè-n*), adj. Terme d'anatomie. Oui a rapport i l'appendice xiphoîde. || Ligament xiphoîdien ou costoxiphoïdien, ligament étendu du cartilage do la septième côte i la face antérieure de l'appendice xiplioîile, où 11 s'insère en s'cntre-croisanl avec le ligament du côté opposé.

t XIPHOPAGE (ksi-fo-pa-j'), adj. Terme de tératologie. Monstres xipbopages, monstres qui résultent de la réunion de deux individus depuis l'extrémité inférieure du sternum jusqu'à l'ombilic commun. Les frèresSiamoisappartiennent à ce cas.

— F.TYM. Xil'hnide, et rraifei;, réuni.

t XIPHOPUVLLE (ksi-fo-fi-r), adj. Terme de botanique. Oui a des feuilles cnsiformes.

— ETYM. Siço;, épée, et çûXXov, feuille.

t XYl.ftXE (ksi-lè-n"), ». m. Terme de chimie. Carbure d'hydrogène liquide bouillant à 1 30*, retiré de l'esprit de bois brut.

— ETYM. EO)ov, bois.

t XYLUARMO.MCON (ksi-lai^mo-m- kon), ». m.

XYL

XYL

XYS

Initrument de musique inventé récemment et qui ressemble à l'euphone.

— ETYM. ïûXov, bois, et harmonie.

t XYLITE (ksi-li-t'), J. f. Terme de chimie. Produit de la distillation do l'esprit de bois.

— ETYM. HùXov, bois, et la finale ite. fXYLO.... Mot qui sert de préfixe dans plusieurs

termes techniques, et qui est le grec ÇùXov, bois de charpente, de menuiserie, de ÇOeiv, racler.

t XYLOBALSAME iksi-lo-bal-sa-m'), s. m. On donnait autrefois ce nom, dans les officines, aux jeunes rameaux de l'amyris opobalsamum.

— Ety.m. Xylo..., et balsamum (voy. baume).

t XYLOCAUPE (ksi-lo-kar-p'), adj. Terme de botanique. Oui a des fruits ligneux.

— ETYM. Xylo..., et xapTtè;, fruit.

t XYLOCOPE (ksi-lo-ko-p'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui coupe le bois. Abeille xylocope, abeille perce-bois.

— ÉTYM. EuXoxôJtoc, de (ûXov, bois et xôtiteiv, couper.

t XYLODIE (ksi-lo-die), s. f. Terme de botanique. Genre de fruits ligneux, analogues à la noisette, mais sans cupule.

— ÉTYM. Su).(iSiri;, ligneux, de ÇùXov, bois.

t XYLOGÈNE (ksi-lo-jê-n'), s. m. Terme de chimie. Substance lignifiante caractérisée par sa solubilité facile et complète dans la potasse caustique, et, au contraire, par son insolubilité ou très-difficile dissolution dans l'acide suifurique. Le xylogène se trouve dans la paroi primaire des cellules de plantes, et dans les couches d'épaississement de toutes les cellules lignifiées.

— ETYM. Xylo..., etyevvqiv, engendrer.

t XYLOGUAPUE (ksi-lo-gra-f), ». m. Graveur •ur bois. Il Celui qui s'occupe de xylographie.

— ETYM. Voy. XYLOGRAPHIE.

t XYLOGRAPHIE (ksi-lo-gra-fie), ». ^. ||l"Chez les anciens, écriture sur des tablettes de bois. Il i° Art de graver sur bois. || Art d'imprimer avec des caractères de bois, ou avec des planches de bois dans lesquelles sont taillées les lettres. Nous regarderons comme des productions plus anciennes et do la xylographie et de 1» même ville de Harlem quelques livres sans figures, et surtout certains livres composés de textes et d'images, daunou, Instit. Mém. te. mor. et pol. t. iv, p. 469. Quel-

ques historiens qui ont partie de cet ouvrage {Spéculum salulis, conservé à l'hôtel de ville de Harlem), disent qu'il est imprimé en xylographie; ce qui dénoterait tout au plus que Coster était tailleur [graveur] de bois, P. dupont, Uist. de l'imprimerie, p. 66, en note.

— ETYM. E'jXoypiçeiv, écrire sur bois, de |\j)iov, bois, et Yoiçeiv, écrire.

t XYLOGRAPHIQCE (ksi-lo-gra-fi k'), adj. Qui concerne la xylographie. On appelle xylographique l'impression opérée par des planches de bois, daunou, Inslit. Mém. se. mor. et pol. t. iv,p. 449. L'impression tabellaire ou lylographique continue d'être en usage [en Chine], p. dupont, Hist. de l'imprimerie , p. 47. Fatiguant les uns et les autres de mes recherches lylographiques, cuampfleuhï, Uist. de l'imagerie populaire, Préface, p. XLVi.

t XYLOÏDE (ksi-lo-i-d'), adj. Qui ressemble à du bois, qui provient d'un corps ligneux.

— ETVJi. ïuXo£tS)^;,de ÇûXov, bois, et elSo;, forme. t XYLOÏDINE (ksi-lo-i-di-n'), ». f. Terme de

chimie. Matière très-combustible, obtenue en traitant à froid les principes neutres végétaux par l'acide azotique.

— ÉTYM. Xyloïde, et la finale me, qui indique un principe.

t XYLOTDIOCE (ksi-lo-i-di-k'), adj. Terme d'architecture. Type xyloïdique, type supposé d'architecture en bois d'après lequel se serait faite l'architecture gothique.

— ETYM. Xyloïde.

t XYLOLATRE (ksi-lo-lâ-tr"), ». m. Celui qui adore des idoles de bois.

— ÉTYM. E-jXoXiTpTi;, de lùXov, bois, et Xa- Tptûeiv, adorer.

tXYLOLATRIE (ksi-lo-lâ-trie),t.^. Idolâtrie de» xylolâtres.

t XYLOLITHE(ksi-lo-li-t'), f. f. Bois pétrifié, bois fossile.

— ETm. Xylo..., et XîSoç, pierre.

t XYLOLOGIE (ksi-lo-lo-jie), t. f. Traité, histoire des bois.

— ETYM. Xylo..., et Xô^o;, traité.

■f XYLOMANXIE (ksi-lo-man-sie), ». f. Divination par présages tirés de la disposition de certains morceaux de bois sec, qu'on rencontre en son ::ilimiu.

— ETYM. Xylo..., et (iavieia, divination.

t XYLOMYCE (ksi-lo-mi-s"), adj. Terme de botanique. Se dit des champignons qui croissent sur le bois.

— ETYM. Xylo..., et (tOxri;, champignon.

t XYLON (ksi-Ion), ». m. Terme de chimie. Cellulose du bois et des enveloppes des fruits durs.

— ETYM. ïjXov, bois.

t XYLOPALE (ksi-lo-pa-l'), ». m. Voy. quartz.

XYLOPHAGE (ksi-lo-fa-j'j, ». m. Terme d'entomologie. Insecte coléoptère qui vit dans les vieux bois. Il Adj. Oui ronge le bois. Quand on voit les dommages que causent chez nous les chenilles, les vers blancs ou les insectes xylophages, qui, creusant leurs galeries entre l'ccorce et le bois, provoquent le dépérissement de massifs entiers, on peut se figurer le mal qu'ils peuvent faire dans ce climat humide et brûlant [l'Inde].... j.a.jLyé,Rev.des Deux-ilondes, 16 avril iS67, p. 869.

— ÉTYM. Eu).o<fifoc, de ÇûXov, bois, et ç«yeiv, manger.

t XYLOPUAGIE (ksi-lo-fa-jie), t. f. Action de l'insecte qui ronge le bois, qui se nourrit de bois.

t XYLOPHONE (ksi-lo-fo-n'), ». m. Terme de musique. Instrument composé d'un clavier de bois de sapin reposant sur des coussinets de paille, dont on frappe les touches avec une baguette, et qui rend un son très-singulier et d'une qualité toute particulière.

— ETYM. EJXov, bois, et çwvTi, voix.

t XYLOPUORE (ksi-lo-fo-r'), s. m. Chacun des prêtres juifs qui allumaient et entretenaient le feu sacré.

— ETYM. EuXofôpot, de (OXov, bois, et <fipetv, porter.

t XVLOTO.ME (ksi-lo-to-m'), adj. Terme d9 zoologie. Oui coupe le bois.

— ETYM. EjXot6|io«, de ÇOXov, bois, et ti- (ivttv, couper.

). XYSrE(ksi-st'),». m. Terme d'antiquité. Chez les Grecs, portique couvert, dans la palestre. || Chez les Romains, lieu découvert servant de promenade.

— ETYM. Lat. xystum, du grec Jucttov, Çuaià;, lieu couvert, proprement lieu aplani, de {Oeiv, racler.

t t. XYSTE{ksi-st'), ». m. Terme d'entomologia. Genre de diptères.

— ÉTYM. EuoTo;, raclé.

I. Y (i-grèk, et, selon l'épellation moderne, i), t. m. Vingt-quatrième lettre de l'alphabet. L'i final était trop simple et mal propre à recevoir l'ornement des paraphes ou bravoures dont la queue de l'y grec est susceptible, la mothe le TAYER, la Promenade, Dial. i. (] 8* Dans les lettres numérales employées au moyen âge, Y valait IfcO; surmonté d'un trait, il valait tso uoo. || 3* Sert souvent en algèbre à désigner une inconnue. || 4* Est un signe qui se met (rarement aujourd'hui) à Paris sur les boutiques, pour indiquer qu'on vend à prix fixe. Il 6* Sur les anciennes monnaies de France, marque celles qui ont été fiappées à Bourges. Il 6* Poinçon d'acier au bout duquel est empreint un ï, pour frapper ou imprimer celle lettre. || ?• Outil des glaciers. Il 8* Espècede papillon. ||9* Embranchement en forme d'y. Cette grande chaîne qui, en s'abaissant graduellem'înt, vient aboutir à la Méditerranée, se divise là comme un y grec en deux branches inégales, saussube, Yoy. Alpes, t. v, p. 222. Placés à l'y du carrefour, nous hésitions entre les deux routes, la. oautier, l« Bien public, <o mars I87ï.

— REM. t. Dans les transcriptions de mots grecs V repond à l'u grec, que les Grecs modernes prononcent 1. On le conserve aussi dans quelques mots empruntes des langues étrangères. || 2. r a deux prononciations : tantôt 11 représente le son simple r "?* '; "^'"'°.' ^'"" physique, hypocrisie, etc., Untai le son de deux i comme dans appuyer (aopui-ié). Quand il est précédé d'un a, il donne 4 cet a le son d'un i, et garde celui d't : pays payer, etc. Quand il est précédé d'un e, il donne à «et « le toui : grasseyer. Quand U Mt précédé

d'un o, la prononciation n'est pas fixée : les uns, et l'Académie est de ce nombre, donnent à cet o le son de ot et à y le son de l't : si-toi-iin, roi-ial, em-ploi-ié, etc.; les autres laissent à l'o le son qui lui est propre : si-to-iin, ro-ial, em-plo-ié; c'est la prononciation ancienne, celle que l'Académie ellemême recommandait en 4694, celle qui doit être préférée. || 3. Dans certains mots l'y initial ne reçoit pas l'élision de l'article : le yatagan. || 4. Voici une règle empirique, qui peut être d'une grande utilité pour savoir quand il faut un y ou un t dans certains mots tirés du grec. Une foule de gens écrivent Hyppolite, Hyppocrate. Toutes les fois qu'il y a deux p à hip, il ne faut pas d'y grec; au contraire, il en faut un quand il n'y a qu'un p : Hippolyte, Hippocrate, Hippias, et hypothèse, hyperbole, hypothèque.

— HIST. XIV' s. Un petit fermail d'or, a un y grégeois m milieu, et autour a x perles, de labohdE, Émaux, p. 546.

— ETY.M. Lat. y, répondant à l'u grec.

2. Y (i). Ce mot est l'objet de la même discussion que en. Le Dict. de l'Académie le nomme adverbe relatif; M. Jullien y voit un nom de lieu qui, rationnellement, est le cas attributif du nom abstrait ce, ceci, cela. Le fait est que y, représentant le latin ibi, est, d'abord et étymologiqucment, un adverbe de lieu, ou, si l'on veut, plus exactement, un nom de lieu pris adverbialement. Après cette signification primitive, y, par extension, est employé à exprimer toute sorte de rapports.

1* En cet endroit-là. Voulez-vous y allerT Rendezvous-y. J'y cours. La Provence «stmon pays depuis

que vous y êtes, sÉv. 22 nov. )67i. De son temps [un conquérant], les hommes venaient ici [dans les enfers] tous les jours par trente et quarant» mille; jamais personne n'y en a tant envoyé, son.. //i!roi de romans. Ici I vous y pourriez rencontrer votre perte, rac. Uithr. i, 3. Il y aura demain trois semaines que je ne suis sorti de Paris ; et je pourrais bien y en demeurer encore autant, lo. Lellret à son fils, 2 mai (698. On ne recevait plus de nouvelles de la Suède, eton ne pouvai t y en faire tenir, voLT.Charle» J//,4. J'ai empêché, autant que je l'ai pu, que le petit Avis entrât en France ; mais plusieurs voyageurs y en ont apporté des exemplaires, ID. ietl. Damilaville, »7 déc. I7«6. Eh non, reprit un autre, il [Diogène] est de Sinope ; les habitants l'ont condamné à sortir de leur ville. — Et moi je les ai condamnés i y rester, barthël. Ànach. ch. 18. Il Y avec s'en retourner, s'en aller, s'en venir. J'ai ici un honnête homme de Lyon, qui s'y en retournera après Pâques, oui patin, Lettres, l. n, p. «97. D. Juan : Je veux souper en repos, au moins, et qu'on ne laisse entrer personne. — Sganarelle : Laissez-moi faire, je m'y en vais moi-même, mol. D. Juan, IV, n. || J- Du sens d'adverbe de lieu, y passe au rôle de pronom (comme où qui, du râle d'adverbe de lieu, passe au rôle de pronom relatif dans: lo bonheur où j'aspire), et signifie en ce, en ceci, en cela, en cette chose, en ces choses. Pour toutes les opinions que j'avais reçuesjusquej alors en ma créance, je ne pouvais mieux faire que d'entreprendre une bonne fois de les an ôter, afin d'y en remettre par après ou d'autres meilleure* ou bien les mêmes... desc. Méth. n, s. Riea

n'y contredit (dans cette tragédiel l'histoire, corn Cinna, Bxamen. Et, pour se bien conduire en ces difficultés, Il y faut, comme en tout, fuir les extrémités, «CL. Éc. des f. IV, «. Écritures qu'on a

conservées avec tant de religion, qu'on n'a pas cru pouvoir sans impiété y altérer une seule lettre, Boss. Uist.n, (3. En même temps que pour prier on se met dans l'esprit cette première vérité.... on doit encore s'y en mettre une autre.... lo, If^d. sur VÉv. 2' partie, T jour. Mon trône vou-î est dû : loin de m'en repentir, Je vous y place même avant que de partir, rac. Hithr. ni, 6. Une mouche, ayant vu un jour une hirondelle, qui, en volant, emportait des toiles d'araignée, en voulut faire autint, elle y fut prise, volt. Dict. jihil. Pierre le Grand. || Il se dit dans le même sens avec un nom do personne. Je ne distinguo rien en celui qui m'offensf; Tout y devient l'objet de mon courroux, uoL.Àmph. Il, a. Et encore que ces sentimonls n'aient pas été assez vifs, ni assez, suivis dans les païens, nous y en voyons des vestiges qui... boss. Libre arb. iv. L'on me dit tant de mal de cet homme, et j'y en vois si peu, que je commence à soupçonner qu'il n'ait un mérite importun, et qui éteigne celui des autres, la bruy. viii. || 3° Il se dit aussi pour: à ce, à ceci, à cela, à celte chose, i ces choses. Dure à jamais le mal, s'il y faut ce remède! corn. Hor. i, 3. Ici l'honneur m'oblige, et j'y veux satisfaire, ID. Poly. iv, o. Il faut toujours garder les formalités, quoi qu'il puisse arriver. — Pour moi, j'y suis sévère en diable, mol. Am. méd. ii, 3. Je me vois, ma cousine, ici persécutée Par des gens dont l'humeur y paraît concertée, ID. Mis. V, 3. Par ma foi, il mériterait qu'elle lui fît dire vrai; et, si j'étais en sa place, je n'y marchanderais pas, id. G. Uand. i, 7. Promettezmoi donc... que je pourrai vous parler cette nuit. ^ J'y ferai mes efforts, iD. ib. ii, (o. Accablez-moi de noms encor plus détestés : Je n'y contredis point, je les ai mérités, m. Tart. m, e. Le loi donne cent mille francs à Brancas pour marier sa fille au duc de Brancas son neveu; et Brancas y ajoute cent mille écus, sÉv. 20 avril 48So. Aussitôt qu'il sera temps d'agir, je n'y perdrai pas un seul moment, m. t» août (175. Sensible jusques à la fin i la tendresse des siens, il ne s'y laissa jamais vaincre; et au contraire il craignait toujours de trop donner i la nature, boss. tours de Bourbon. Aimons-nous, tout nous y convie, 0LiN.i4rmide,v,«. Il [le czar] acheva de conquérir la Livonie et l'Ingrie, et y joignit la Finlande et une partie de la Poméranie suédoise, ponten. Ciar Pierre!". Les Guyon, les Gauchat, les Chaumeix en seront peutêtre fâchés ; mais je ne peux qu'y faire, volt. Lett. Lebrun, a janv. 1 78 1. 1| Fiez-vous-y, se dit quelque fois par antiphrase et signifie : ne vous y fiez pas (ne vous fiez pas à cette personne, à celte chose). Il II se dit d'une façon analogue avec un nom de personne. Le pauvre M. du Bois [mort], j'y ai un regret extrême, sÉv. 20 juill. (694. Rien ne peut me distraire de penser à vous ; j'y rapporte toutes choses, ID. 17 mars (680. J'ai le cœur et l'imagination tout remplis de vous [de sa fille]; je n'y puis penser sans pleurer, et j'y pense toujours, id. teo. T se dit quelquefois des personnes : avez-vous pensé à moi? je n'y ai pas pensé; y, c'est-à-dire à vous, coNDiL. Gramm. ii, (8. || 4* remployé pour à lui, à elle, à eux, à elles, en parlant de personnes. Pour ébranler mon cœur, Est-ce peu de Camille? y joignez-vous ma sœur? corn. Wor. ii, 6. Qu'il se donne à Mandane, il n'aura plus de crime. — Eurydice : Qu'il s'y donne, madame, et ne m'en <*•"" rien, m. Sur. iv, î. Prince, n'y pensez plus . ja Laodice], si vous pouvez m'en croire, ID. Aïcom. IV, 5. Vadius : Oui, oui, je le renvoie à l'auteur des satires. - Trissotin : Je t'y renvoie aussi, MOL. Femm. tav. m, ». Tous ceux qui la voient [Mme de Grignan], et qui y prennent quelque intérêt, SÉv. 27 mai 4 878. Il En parlant de choses. Ils [les amants] comptent les défauts pour des perfections, Et savent y donner de favorables noms, mol. Mis. II, s. Les passages étant catholiques, il fallait que la proposition y fut contraire pour être hérétique, PASC. Prov. m. Mes pauvres lettres n'ont de prix que celui que vous y donnez en les lisant comme vous faites, sÉv. 24 juill. 109). Le mal de Urne de Chaulnes n'est pas à négliger; ces eaux y sont bonnes, ro. 22 sept. 1687. Ce cuir ne vaut rien, on y adonné un mauvais apprêt. Ciel. deTAcad. à appr^I. Il [le mot caryophyllées] se dit des fleurs de l'œillet et de toutes celles qui y ressemblent par leur structure, id. au mot earyophylUes. Mauvais, avec la négative,... sigaiSe souvent assez bon, ou même

fort bon, selon le ton qu'on y donne, ro. au mot rnaut;ai>. C'est un homme qui abuse de la parole de Dieu, en y donnant des explications forcées, ID. au mot parole. || L'usage moderne tend beaucoup à restreindre cet emploi dey; il devient trèscapricieux, et vraiment on no voit plus pourquoi, disant : y répondre en parlant de lettres, de raisons, on ne dit pas: y ressembler en parlant de choses qui sont semblables l'une i l'autre. Au mot y, l'Académie ne donne aucun exemple de ces emplois, et ceux qui sont cités ci-dessus sont pris dans lo cours de son dictionnaire ; il s'ensuit que ces exemples appartiennent aux anciennes rédactions, et que la nouvelle les a systématiquement écartés. C'est un tort ; il faut au contraire protéger l'emploi do w, qui reste si commode. || 5* Y représente quelquefois une locution tout entière. C'est assez mériter d'être réduit en cendre. D'y voir réduit tout rislhme....C0BN. Jf^d. I, «.Mascarille : Quoi ! Lucile n'est pas, sous des liens secrets, X mon maître? — Albert : Non, traître, et n'y sera jamais, mol. Dép. am. III, 8. Je romps avecqne vous, et j'y romps pour jamais, lo. Dép. am. iv, 3. Vivez, vivez contente, et bravez ma mémoire Avec lo digne époux qui vouscomble de gloire. — Oui, traître, j'y veux vivre, iD.Sgan. 20. J'achève tous les livres, et vous les commencez ; cela s'ajusterait fort bien si nous étions ensemble.... ah I ma bonne, c'est dommage que nous n'y sommes quelquefois au moins, sÉv. 8 juill. <67(. Mme de Fontevrault fut bénite hier; MM. les prélats furent un peu fâchés de n'y voir que des tabourets, ID. 9 fév. (871. La raison qu'il en apporte, c'est qu'il [le roi] juge selon la justice: ce n'est pas qu'il y juge toujours, mais c'est qu'il est réputé y juger, BossuET, Politique, iv, », 2. Vous voulez vivre à votre manière, vous y vivrez, baron. Coquette et fausse prude, i, 4. Il ne me sert donc de rien d'avoir voulu troubler ces deux amants, en déclarant que je veux être de cette chasse? non, je n'y irai pas; ils n'y iront pas eux-mêmes, je saurai les en empêcher, FÉN. Tél. vil. X Annecy, j'étais dans l'ivresse, à Chambéryje n'y étais plus, j. j. rouss. Confess. v. Je suis en repos, je veux tâcher d'y rester, id. Lett. à M. d'Tvernois, Corresp. t. vi, p. 293, dans pod- GENS. Il 8° F représente chez quelqu'un, auprès de quelqu'un, avec quelqu'un. Je vois ce qu'il prétend auprès de l'empereur ; De ce qu'il me demande il m'y ferait un crime, cobn. Poli/, v, 4. Je sais bien par les registres de l'Académie, qu'on no commença d'y parler du Cid que le (6 juin («37 ; que ce fut après qu'on y eut lu une lettre de M. Corneille, pelusson, Hisi. Acad. t. i, p. (28. Pour l'aimable comtesse Meurt tous les jours Quelque amant qu'elle laisse Sans nul secours, Et cependant la presse Y est toujours, segrais dans MALiiKRBE, éd. MÉNAGE, p. 27*. Je VOIS Ume do Villars; je m'y plais, parce qu'elle entre dans mes sentiments, SEV. (8 fév. (87(. Ma nièce de Bussy est veuve ; son mari est mort, à l'armée de M. de Scliomberg, d'une horrible fièvre; la maréchale de Schomberg veut que je l'y mène après dîner, id. 293. On se fait un plaisir de vivre avec les comédiens, et on ne veut pas y [avec eux] être enterré, volt. Lett. Damilaville, (8 juill. (782. J'ai déjà soupe avec vous.... j'y souperai encore bien ici,!D. Pr. de Babyl. 4. Vous avez connu M. Dorneville? — Un brave homme ; j'y dînais tous les mercredis, picard et mazIre, les Trois quartiers, ii, (6. Le roi passa le reste de la soirée chez Mme de Montespan, y fut triste et rêveur, GENLis, Urne de Maintenon, t. I, p. 50, dans pouGENS. || 11 y est, il n'y est pas, se dit d'une personne qui est ou qui n'est pas à son logis. Voyez pour quel sujet le sot nous interrompt ; Dis qu'elles n'y sont pas. — Champagne : J'ai dit qu'elles y sont, boursault, Ifofs d la mode, se. 9. Il Je n'y suis pour personne, je ne reçois personne, je me renferme chez moi, sans vouloirrecevoirpersonne. || 7' Y, en termes de pratique ou dans un langage analogue, se construit avec un participe passé ou un adjectif. Lisez l'acte; les personnes y nommées. Les pièces y afférentes. Assurez-vous, je vous supplie, que les corrections y marquées [dans une épreuve] auront été faites très-exactement, j. i. ROUSS. f.elt. d Vuchesne, (» oct. (76(.||8' Il est quelquefois explétif. Il n'y voit pas, il n'y voit goutte. Quand déjà l'on n'y voit guère, Quand on a peine à marcher, bérano. Cemure. || Il y a, voy. AVOIR (, au n* (8. Il II y va, voy. aller, n* 2». C'est peut-être cette raison de l'énergie qui a consacré le pléonasme on certaines façons de parler, comme quand on dit: C'est une affaire oii il y va du salut de l'État, ce qui est mieux que si l'on disait: C'est uoe afï'i'^lrfl où il va etc. en supprimant y qui est

inutile i cause de oii, oumahs. (Buv. t. t, p. l*. Il 9" Vous n'y êtes pas, vous ne l'entendez pas, el aussi mus n'aurez pas ce que vous pensez. || Vous y êtes, vous avez deviné. Fairo tirer des fusées, dos feux d'artifices? — Vous n'y êtes pas, dancourt, Gai. jard. se. (.11 aura sans doute été occupé d« quelque aventure galante, dit Zambullo. — Vous < êtes, reprit Asmodce; j« vais la détailler, lesagÏ, Diable boit. ». Vous y Atcs, Sacrée Majesté ; la grâce opère déjà, tolt. Diâl. «7. || Vous y êtes, j'y suis, vous êtes, je suis au point voulu; vous y voilà, m'y voilà, vous voilà, me vnilà au point voulu. Elle.... [la grenouille) se travaille Pour égaler l'animal [lo bœuf] en grosseur. Disant: regardei bien, ma sœur: Est-ce ascz, dilcs-moi? n'y suis-jo point encore? — Nenni. — M'y voici donc? — Point du tout. — M'y voilà, la font. Fabl. i, S. Il 10* Dans le langage des classes, on dit qu'un ver* n'y est pas, pour exprimer qu'il piche contre les règles de la versification.

— RF.M.l. F se place avant le verbe: il y va; y estil? X l'impératif il se place après ; allons-y, excepté quand la phrase est négative : n'y allons pas. Cependant, même dans une phrase affirmative, s'il y a deux impératifs qui se suivent, un second y peut être mis avant le verbe. Allez présentement en la grande ville de Ninive, et y prêchez, saci. Bible, Jonas, i, 3. || 2. Il se met après les pronoms personnels. Je vous y conduirai. Fiezvous-y. Nous nous y rendrons. Mcncz-nous-y. Menez-les-y. Mène-l'y, menez-l'y. || 8. Il faut observer que, quand y est placé immédiatement après la seconde personne du singulier de limpéralif, on ajoute à cette seconde personne une (euphonique, comme dans vas-y, donnes-y tes soins, cucilles-y des fruits. Sur quoi Legoarant ajoute : i D'après le principe donné ici par l'Académie sur l'impératif suivi du pronom y, on no se douterait pas que c'est une faute de le faire précéder d'une t dans : va y donner des ordres, va y prendre mon habit, etc. En effet alors y appartient non à va, mais à donner, àprendre.» || 4. X l'impératif, quand y se trouve avec mot et (01, on ne peut dire, à cause de l'hiatus trop dur : mène-moi-y, confie-loi-y, ce qui serait la forme régulière ; alors on dit : mènes-y-moi, menez-y-moi, confies-y-toi. Tiens-y-loi I sur la terre J, comme un étranger Qui, dans l'ardeur de voyager, N'a point de cité permanente, corn. Imit. i, 31. Préparcs-y-toi sans ennui, ID. Imit. i, 23. Te voilà bien, cadet; tiens-y-toi,Tn. corn. foml. d'orff. v, ». M.iis on dit aussi et mieux : mène-m'y, confie-l'y. Ne te compare pas aux autres, mais à moi [Dieu].... si tu m'y trouves [dans les autres], compare-l'y, PASC Pens. XXV, 7, éd. havet. Tu as déjà prêté un serment : tiens-t'y, ch. de Bernard, Centilh. camp, it, 28. Il 6. y se met toujours devant en et non après. Il faut dire : Il y en a, et jamais il en y a, comme l'on disait anciennement. Il y en apporta, etc. Il 8. On dit : il n'y a pas de soieries en cette ville; on y en expédiera. X l'impératif, on dira : expédiezyen, li 7. Dans les verbes s'en retourner, s'en aller, s'en venir, etc. on dit à l'impératif : retournez-vousy-en, allez-vous-y-en, etc. Les plus exquises choses qui soient au monde sont là assemblées comme en abrégé; venez-vous-y-en, je vous en prie, car je n'ai garde d'y aller sans vous, f roneinn, ix, p J«7. Retourne-t'yen, boil. Héros de romans. Va-t'y-en, toi, dancourt. Col. ;ard, se. (o. Il n'y a aucune raison pour ne pas s'exprimer comme ces auteurs Il 8. Toutes les fois qu'y est construit avec un impératif, il prend un trait d'union. || S.Vaugelas: «—J'ai remis les bardes de mon frère à un tel, afin qu'il les y donne, pour dire afin qu'il les lui donne. C'est une faute toute commune parmi nos courtisans. ■ La remarque de Vaugclas est juste, et, dans l'exemple qu'il a cité, y est une faute. Hais il n'en est pas moins vrai que y s'emploie aussi en parlant de personnes, voyez les exemples. Toutefois c'est une des choses les plus dilficiles que d'indiquer la nuance qui permet ou défend cet emploi. En général, il semble que y ne peut pas être mis quand il s'agit d'une action matérielle, ainsi on ne dira pas : j'y donne, pour : je lui donne, j'y prends, pourjc lui prends. Mais, pour peu que l'action puisse être considérée au sens moral ou abstrait, y peut être employé. || 10. Dos grammairiens ont dit que, quand le verbe qui suit y commence par un i, on supprime ce pronom pour éviter la rencontre de deux i, qui formerait un son désagréable, et qu'ainsi, au lieu de : Il m'a dit qu'il y irait, il faut : il m'a dit qu'il irait. C'est une vaine délicatesse d'oreille. Du reste, voici des exemples de cette suppression : On m'écrivit

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