DE serres, 67t
f RÉENTENDRE (ré-an-tan-dr') , v. a. Entendre de nouveau. On repeuple les portiques.... on réentend les rumeurs quotidiennes, le bruit des chars.... aubryet, Journ. offic. 27 sept. <809.
I t RÉENTER (ré-an-té), v. a. Enter de nouveau.
— HIST. XVI* s. Sous lesquels jettons recouper» on le tronc, lorsqu'il sera question d'en enter l'arbre, si jà ne l'a esté dès la bastardiere, ou de le reenter pour plus d'affranchissement, o. de serres, 65t.
t RÉENTERRER (ré-an-tè-ré), V. a. Enterrer de nouveau. Ces bons franciscains s'avisèrent de vouloir déterrer la défunte, pour forcer le veuf à faire rcenterrer sa femme en leur tsire sainte, en les payant mieux, volt. Dict. phil. Vision.
RËER (ré-é), v. n. Le même que haire.
t RÉÉRECTION (ré-é-rè-ksion), s. f. Érection nouvelle. La prétention de l'ancienne érection de Piney était éteinte; le rang de sa réérection fait
en )662.... ST-SIM. 299, 91.
— ÉTYM. fle..., et érection.
t RÉESCOMPTE (ré-è-skon-f), ». m. Nouvel escompte. La banque s'étant privée de la ressource du réescompte, Courr. du dimanche, 22 févr. 1 86;i, p. 'i.
t RÉESCOMPTER (ré-è-skon-té), v. a. Escompter de nouveau. Ce serait.... aux grands capitalistes.... que la Banque trouverait à réescompter ses valeurs, DE WARU, Enquête sur la Banque, (867, f" 472.
— ÉTYM. Re..., et escompter.
f RËEXUALER (ré-è-gza-lé), v. a. Exhaler de nouveau. Ces murs exhalent d'eux-mêmes, lors des changements de l'atmosphère, le méphitisme dont ils sont pénétrés; à combien plus forte raison doivent-ils le réexhaler, lorsqu'ils sont imbus d'eau qui tend à s'évaporer I genlis, Maison rust. t, l. p. 86.
f RÉEXISTENCE (ré-è-gzi-stan-s'), s. /". Existence reprise, renouvelée. Notre renaissance [de nous ducs] , notre réexistence des anéantissements passés, cent vues à la lois nous dilatèrent le cœur d'une manière à ne le pouvoir rendre, st-sim. 512, 21.
— ÉTYM. fle..., et existence.
f RÉEXPÉDIER (ré-èk-spé-di-é), v. a. Expédier de nouveau. Si, après avoir fait décharger son n.ivire à Lorient, il était obligé de le faire revenir sans fret dans son port d'armement, et de le réexpédier après cette surcharge de dépenses et de périls... MIRABEAU, Collection, t. m, p. 4 10.
t RÉEXPÉDITION (ré-èk-spé-di-sion) , s. f. Action de réexpédier. La réunion des retours dans un seul port est évidemment un obstacle à la réexpédition des mêmes marchandises pour tous les ports de l'Europe, Mirabeau, Collection, t. m, p. 4 1 1 . Les correspondances réexpédiées par suite du changement de résidence des destinataires ne doivent pas, à raison de cette réexpédition, être soumises à une taxe supplémentaire. Commission internationale des postes, Paris, \ 863, p. 69.
RÉEXPORTATION (ré-èk-spor-ta-si-on), f . A Action de réexporter.
RÉEXP0RTI5, ÉE (ré-èk-spor-té, tée), part, passé. de réexporter. Marchandises importées, puis réexportées.
RÉEXPORTER (ré-èkspor-té), v. a. Transporter hors d'un État des marchandises qui y avaient été importées.
— ÉTYM. He..., et exporter.
t RÉEXPOSER (ré-èk-spô-7.é), v. a. Exposer de nouveau, exposer pour la seconde fois.
fREFACUER (re-fâ-ché), t!. o. Fâcher de nouveau. Il Serefàcher, v. réfl. Se mettre de nouveau en colère. [Les éclaircissements] Il faut toujours avouer à leur honte qu'ils sont au moins les effets d'une mauvaise cause, et que, s'ils l'ôtent pour quelque temps, quelquefois ils laissent une certaine capacité de se refàoher tout de nouveau, qui, sans diminuer l'amitié, en rend le commerce moins agréable; Lett. de Mme de Longueville. Cela me raccommode avec ces pestes de femmes, et puis c'est le diable de me refâcher contre elles, mariv. Surpr. de l'amour, i, 2.
■[ REFAÇON (re-fa-son), s. f. Nouvelle façon.
— HIST. XVI* s. Refaçon, cotgrave.
t REFAÇONNER (re-fa-so-né), v. a. Donner une nouvelle façon.
— HIST. XVI* s. Si jamais il fut nécessaire de refaçoner les gens de pied, c'est à présent, lanouk, 264. Ayant ouy dire qu'il y avoit en Italie un maistre refaiseur de nez perdus, s'en alla le trouver qui le lui refaconna, pake, xvii,2.
RÉFACTION (ré-fa-ksion), s. f. \\ 1° Action de refaire, de réparer. S'il y a des réfactions ou réparations auxquelles la Jarie est obligé par son bail, il y en a aussi qui doivent être faites par ma mère, CH. DE sÉv. t. VII, p. 627, dans sÉv. éd. Régnier. Il 2° Terme de commerce. Diminution du prix qu'un acheteur est en droit d'exiger d'un vendeur, lorsque les marchandises ne se trcfuvent pas de laqualité, ou les pièces de là longueur ou de la largeur, sur quoi on en a réglé le prix, p. girauleau, la Banque rendue facile, p. X. || 3* Terme de douane. Remise faite aux
REF
marchands de l'excédant de poids que certaines marchandises ont lorsqu'elles ont été mouillées.
— ETYMr Refaire,
f REFAGOTER (re-fago-té), v. a. Fagoter de nouveau. Il Fig. LaTroche a si bien repétri et refagoté sa fortune, qu'elle s'est établie dans cette bonne ville, y Élisant le siège de son empire, sév. h déc. (675.
REFAIRE (re-fê-r'), V. a. 11 se conjugue comme Siire. Il 1° Faire ce qui a déjà été fait. Refaire un travail, un voyage. Il est vrai que nous ne voyons point qu'on jette par terre toutes les maisons d'une ville pour le seul dessein de les refaire d'autre façon, et d'en rendre les rues plus belles, desc. Méth. ii, a. Je n'ai jamais donné cet ouvrage [la Sophonisbe] que comme celui de Mairet, un peu retouché, pour engager les jeunes gens à refaire les belles pièces de Corneille, comme Attila, Agésilas, Pertharite..., VOLT. Lelt. d'Argental, 3( janv. 1774. Je me .souviens ([u'après la bataille de Zorndorf, où Votre Majesté avait assommé soooo Russes, un grand Danois me disait froidement : Il n'y a pas de mal, il est si aisé à Dieu de refaire des Russes, d'alemb. Lelt. au roi de Pr. t* févr. 1774. Il [Locke] l'entreprit [son livre sur l'Entendement] par occasion, et le continua de même; el, quoiqu'il prévît qu'un ouvrage composé de la sorte ne pouvait manquer de lui attirer des reproches, il n'eut, comme il le dit, ni le courage ni le loisir de le refaire, condill. Conn. hum. Tntroduct. Voyez-le [l'homme] se créer des dieux de fantaisie; Ses malheurs, ses succès, sa haine, son amour, Font, défont et refont ces déités d'un jour, DELiLtE , Imag. vin. || Absolument. Pour contracter une habitude, il suffit de faire et de refaire à plusieurs reprises ; et pour la perdre il suffit de ne plus faire, condill. Log. I, 6. Il 2° Faire, même pour la première fois, une chose analogue à une chose qui a déjà été faite. Et tu pourras à Paphos et Cythère De cette Iris refaire une Vénus, la font, [mitât. d'Anacréon. Un homme d'esprit qui lit avec réflexion les ouvrages de Richardson, refait la plupart des sentences dos moralistes, et avec toutes ces sentences il ne referait pas une page de Richardson, dideb. Élog. de Jiichards. \\ 3° Remplacer un ami perdu par un nouvel ami. Le petit Dubois [employé à la poste] est parti.... et je m'aperçois déjà de son absence ; je passai hier à la poste pour tâcher d'y refaire des amis, sÉv. 20 avr. <672. Il prétend qu'on refait aussi aisément un ami perdu, que Phidias une statue brisée ; je n'en crois rien, niDER. Cl. et Nér. II, *. Je perds tous les jours quelque ami, et on n'en refait plus à mon âge, d'alemb. Lett. au roi de l'r. 3 juill. 1778. || 4* Réparer, raccommoder une chose gâtée, ruinée. Refaire un habit. Vous dites de celui qui travaille une poutre : il est charpentier ; et de celui qui refait un mur : il est maçon, la bbuy. XII. Il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté de penser; c'est d'oublier tout ce <|ue nous avons appris, de reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération, et de refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain, condjli,. Log. II, I. Cette Aglaure que vous refaisiez sans cesse et qui était toujours à refaire, diderot. Salon de 4787, Œuv. t. XIV, p. 3)3, dans pougens. || 5» Terme de cuisine. Refaire de la viande, l'accommoder en la faisant revenir sur la braise ou dans l'eau chaude. || 6° Reproduire, en parlant des dents, des plumes. Ces huppes.... à demi engourdies, vivant de peu, et pouvant à peine refaire les plumes que la mue leur avait fait perdre, buff. Ois. t. xii, p. 139. Lorsqu'ils ont refait leurs premières dénis, qui tombent à six mois, et lorsqu'ils ont acquis de la force, des armes et des talents pour la rapine, m. Quadrup. t. ii, p. 194. || Terme de vénerie. Refaire sa tête, se dit du cerf, du daim ou du chevreuil, quand ces animaux se retirent pour reproduire tranquillement leur bois. || 7° Redonner de la vigueur, remettre en bon état. Refaire un malade par un bon régime. L'exercice, la bonne nourriture le refirent. Il Refaire des troupes, les délasser, les rafraîchir. || 8° Populairement, tromper, duper. On l'a refait, il s'est laissé refaire. || 9° V. n. Recommencer. Je serais bien fâché que ce fût à refaire, rac. Plaid. II, 3. Glocester: Buckingham vit, Tyrrel. — Tyrrel : Il s'est bien défendu. — Glocesler : Tu l'as mal attaqué. — Tyrrel : J'affirme le contraire; Mais après tout, miloril, coup nul : c'est à refaire , c. DELAv. Enfants d'td. lit, 4. || Familièrement. Avec cet homme-là on n'a jamais fini, c'est toujours à refaire. || Au jeu de cartes, redonner des cartes. Je donne, il en prend six et demande à refaire, liOL. Fâch II, 2. Il lO" Se refaire,», réfl. Être refait, reproduit. Quoi I l'homme à qui je confierai mes
pensées les plus secrètes.... cet homme se refait en un jour, en un mois, en un an I eh ! malheureusement la durée de la vie y suffit à peine, dider. Claude et Ncr. ii, 2. || U» Réparer ses forces, reprendre sa vigueur, ils trouvèrent abondance de vivres, et se refirent après les misères qu'ils avaient souffertes, vaugel. Q. C. vu, 3. L'armée y passa deux jours à se reposer et à se refaire de ses fatigues, bollin, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 395, dans POUGENS. Je me refis si bien dans cette maison.... LESAGR, Gil Btas, VIII, 1. Il y avait longtemps que je faisais mauvaise chère, j'avais besoin de me refaire, J. J. Houss. Conf. IV. Il Fig. Il est en voie de se refaire, de rétablir sa forlune, de regagner ce qu'il a perdu. || 12° Se donner un nouveau caractère. Que voulez-vous, mon oncle 1 je ne me referai point, FAGAN, Pupille, se. 11. Il Proverbe. X une femme et à une vieille maison il y a toujours à refaire.
— lilST. XII* s. E tuit li règne d'envirum. Par poi [presque] scnz habitaliun, Comencerent à restorer, E à refaire e à pupler, benoît, i, v. 2i>63. Montons ore por neteer le temple e refaire, Machab. I, 4. Or me refait Aniors à li entendre, Couci, v. Au jour du jugement.... Or ont li pecheor grant gaaing de lor fais; Qui ce pourra conquerre, gariz iert [sera] et refais, Sax. xv. Bien savez qu'il nus ad fait vos leis flois] confermer, E or nos volt refaire trestuz deslealer jêtre déloyaux]. Th. le mart. 42. Il XIII* s. Il refisent les murs de Jherusalem, et retornerent Israël en son premier estât, brun, la-
TiNi, Trésor, p. 61 Dont li chaïrent [tombèrent]
aus pies tout en plorant ; et li marchis refist tout autretel, et dist que moult le fera volontiers, villeii. xxvii. Si refont [répondent] li baron : Nous loons que.... ID. XLViii. Je sai bien que de cest afaire Vourroies [tu voudrais] qu'il fust à refaire , Bl. et Jeh. 122B. Il XIV* s. Li tribuns furent refaiz et continuez, BERCHEURE, f* 68, rccto. [Des Coquillages] lavés très bien, et eschaudés, et puis refais en cauc froide, Uénagier, ii, e>. || xv" s. 11 n'est chose qu'argent ne face, Et ne desface, et ne refasce, froiss. Le dit dou florin. Tout est rompu, c'est à reffairo, CH. d'orl. Bail. 66. Il xvr s. Il logea son armée es garnisons pour la refreschir et refaire, amyot, P. Mm. 46. Ce qui fut se refait ; tout coule comme une eau. Et rien dessous le ciel ne se voit de nouveau, BONS. Hxjmmes, ii, 9. Il maintenoit que les huitres, desi|uelles on rejettoit la coquille en la mer, se refaisoient comme auparavant, d'aub. Fxn. m, 6. Cliasteau abattu est à demy refaict, cotgrave. Robbe refaict moult l'homme, m.
— ÉTYM. JJe..., et faire; picard, erfoère, refaire, duper; wallon, rifé ; provenç. refar ; catal. refer; espagn. rehacer; ital. rifare.
t REFAISEUR (re-fè-zeur), s. m. Celui qui refait.
— HIST. xvi" s. Ayant ouy dire qu'il y avoit en Italie un maistrerefaiseurde nez perdus, paré, xvii, 2.
1. REFAIT, AITE (re-fè-, fè-f), part, passé de refaire. |l 1° Fait de nouveau. La tète des pluj vieux cerfs n'est encore qu'à moitié refaite vers le milieu du mois de mai. || Terme de marine. Cordage refait, cordage qui a été commis deux fois. || Bois refait, bois de charpente bien équarri et dressé sur toutes les faces. || 2° Qui a repris vigueur et embonpoint. Marquis, tu n'en serais plus gras, ni plus refait, RÉGNIER, Sat. m. Les voyez-vous refaits et gras. Ces Phrygiens que Dieu confonde? scahh. Yirg. IV. Au sortir de table, ils [les seigneurs] trouvèrent leurs chevaux prêts, aussi refaits qu'ils l'étaient eux-mêmes, st-sim. 15I, 199. Le pauvre diable [un parent de Mlle Corneille] arrive mourant de faim.... quand il est un peu refait, il dit son nom et demande à embrasser sa cousine, volt. Letl. d'Argental, 9 mars 1763. || En mauvaise part, cheval refait, cheval ruiné qu'on a engraissé et laissé reposer quelque temps. || 3° Familièrement. Etre refait, ou fait au môme, éprouver la même contrariété qu'on a fait éprouver à un autre.
2. REFAIT (re-fè; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. \\ 1° Terme de jeu. Coup ou partie qu'il faut recommencer. || Refait de trente-un, se dit, au trente et quarante, du coup qui fait gagner au banquier la moitié de l'argent que les joueurs ont exposé. || 2* Terme de vénerie. Le nouveau bois du cerf. || Se dit aussi du daim et du chevreuil. J'ai été témoin d'un coup de fusil dont la balle coupa net l'un des côtés du refait de la tête qui commençait à pousser, buff. Chevreuil.
— HIST. XVI* s. On avoit bien veu refaire et recommencer des parties, que ceux qui en demandoient le refait, les perdoient le plus souvent, brant. Cap. estrang. t. u, p. 56, dans lacurkb.
— ÉTYM. flefaiH.
REF
REFAUCIllî, ftE (re-f«-ché, chée), part, paisé do refauchor. Un pré refauché en la saison.
REFAUCHEK (re-fô-ché), v. a. Faucher de nouveau.
— f.TYM. Ke..., et faucher.
RÉFECTION (ré-fè-ksion ; en vers, de quatre syllabes),». ^. || t° Action de refaire, de remettre à neuf. Les frais d'exploitation d'un chemin de fer, y compris les dépenses de réfection. || Terme de charpentier de marine. Se dit du travail fait à un mât à huit pans sur une hauteur d'environ 3o mèircs Il 2° Réparation d'un bâtiment (terme vieilli). U a plu à notre Sauveur, qui a éubli son Église, qu'il y eût toujours quelques réfections à faire dans le corps du bâtiment, boss. Uourgoing. \\ 3° Dans les couvents, repas. Mangez et buvez ce qui est convenable pour votre réfection, le p. simon mars, Syst. du roy. deDieu, p. 451, dans pougens. Il ne songe à prendre sa réfection, que lorsqu'il sent que la nuit approche, boss. Panég. SI Franc, de P. 1. 1|4° Familièrement. Ce qui suffit, pour le boire, le manger, le dormir. Manger sa réfection. Lorsqu'on ne dort pas sa réfection, mol. Princ. d'Él. Prol. so. 2. Il 5° Rétablissement des forces non-seulement par le repos, mais aussi par la nourriture.
— HIST. XII* s. Donkes li geiines del cors est H onctions del chief, et li poverteiz de la char li réfections del cuer, stbern. p. 665.De cerezoit elle [l'âme] la pasture de réfection, ke [de sorte que] la force del amor eist [sort] fors parmei les larmes.... Job, p. 470. Il XVI* s. Hz dirent à Marins qu'il valoit mieulx qu'il descendist en terre pour prendre sa réfection, et refreschir un peu sa personne, amyot, ifarius, 67. Il faut contribuer à la réfection [réparation] de ce qui est commun, loysel, 382. Attendant la réfection des ponts qui furent achevez sur la minuit, castelnau, 234.
— ÈTYM. Prov. refectio; espagn. refecsion; ital. rifeiione ; du lat. refeclionem, de reficere, refaire, de re, et facere, faire.
t RÊFECTIONNER (ré-fè-ksio-né), v. n. Terme du langage familier. Prendre sa réfection, manger. La salle à manger oii l'on trouvait toujours des gens qui réfectionnaient soit au bulfct, soit sur de petites tables.... Souvenirs de la marquise de Créqiiy. t. VI, ch. 13.
RÉFECTOIRE (réfè-ktoi-r'), s. m. Lieu où l'on prend les repas dans les communautés, les collèges, etc. U [le cardinal de Retz] mange au réfectoire les jours maigres, sÉv. 199. A l'égard du repas en réfectoire avec le roi, on a dit ailleurs ce qui l'a fait supprimer, st-sim. 417, 19. Suivant les lois de Sparte, tous les citoyens devaient prendre leurs repas en commun dans des réfectoires nommés syssities, lévesque, Inslit. lîém. scicnc. mor. et pol. t. m, p. 363. Il Fig. Jean fut un saint... qui... D'un rocher creux faisait son réfectoire, volt. Poés. mêl. 69. Il L'heure du réfectoire, l'heure où l'on est au réfectoire. Mais j'entends l'heure du réfectoire qui sonne, montf.sq. Lett. pers. 133.
— HIST. xu' s. U (les moines] sont laiens el refreitûir entré, Bat. d'.ileschans, v. 3912. Dune rova [il demanda] qu'um fesist les povres enz venir ; Les tables en flst l'um del refrictur emplir. Th. le mart. 47. Il XIII* s. Dortor et refretor [ils] avoient, belle yglise, Vergiés, praiaux et troilles, trop biau leu à devize, rcteb. i84.
— ÉTYM. Prov. refeclor, refeitor; espagn. refeetorio; ital. refettorio ; du nas-lat. refectorium, de reficere, refaire. Au xvii* siècle, on écrivait indifféremment réfectoire et refectoir; Ménage veut qu'on prononce réfectoi.
t RÉFECTORIER, 1ÈRE (ré-fè-kto-rié, riè-r'),#. m. et f. Se dit, dans les séminaires, du domestique chargé des soins qui concernent le réfectoire. || Che» les religieuses, réfectorière, celle qui prend soin du linge de table et de la vaisselle.
— HIST. XII* s. Fai moi parler au mestre cuisinier, Ou au prior ou au refroiturier. Bat. d'Aleschant,
t REFÉER (re-fé-é), v. a. Féer de nouveau. Les vieux contes reproduisent souvent cette formule. Je vous fée et refée, Dict. de l'Acad. au mot féer.
HEFEIVD (re-fan), s. m. \\ 1° Action de fendre, de partager. {| Mur de refend, ou, simplement, un refend, mur qui sépare les pièces de dedans d'un bâtiment, au lieu que les gros murs en font le contour. Diviser une chambre en deux au moyen d'un refend. || Pierre de refend, pierre angulaire. || Bois de refend, bois scié de long, par opposition à bois de brin. || Terme de menuiserie. Morceau de bois ou tringle enlevée à un ais trop large ou à une planche. Il 2'" Lignes plus ou moins creuses qui, sur le»
REF
bâtiments, marquent les assises des pierres et les joints verticaux. Murs à refends.
— ÉTYM. Voy. REFENDRE.
f REFENDERET (re-fan-de-rè), «. n». Coin de fer à l'usage des ardoisiers.
— ÉTYM. Refendre.
t REFENDOIR (re-fan-doir), t. m. Outil du fabricant de cardes.
REFENDRE (re-fan-dr'),t>. o. Il se conjugue comme fendre. || !• Fendre de nouveau. Tu nous promis alors... Que pour t'en retourner tu refendrais les eaux, Quand Carthage en son port n'aurait plus de vaisseaux, maibet, M. d'Asdr. i, s. || 2° Terme d'arts. Scier en long, fendre en long. Des pièces équarries qui paraissaient très-saines et que l'on n'a reconnues attaquées de celte gelivure que quand on les eut refendues pour faire des planches, duff. Exp. sur les végét. 4« mém. || 3° Diviser en plusieurs épaisseurs une peau corroyée. || 4° Ouvrir, dans une pièce de bijouterie, l'espace où doit entrer une autre pièce. Il 5° Terme de peinture en bâtiment. Dégorger les moulures par le moyen de fers courbés en forme de crochet. || 8' Fig. Ancien terme de palais. Recommencer un partage entre des frères, lorsque les cadets ne sont pas contents de celui qui leur est offert par l'aîné.
— HIST. XVI' s. Des petits canaux de rozeaui refendus, 0. DE SERRES, 441.
REFENDU, UE (re-fan-du, due], part, passé de refendre. Du bois refendu.
t REFENTE (re-fan-f), s. f. Terme de construction. Action de refendre, ou, simplement, de fendre. Là, au milieu de fragments de toutes formes, se trouvaient quelques gros blocs de marbre dont la refente en plaques était ébauchée, daux, Ulique et ses environs, dans Moniteur universel, ^o oct.
4868, p. (369, 2« col.
— HIST. XVI" S. Chesne de refente, o. de serres, f 83.
— ÉTYM. Refendre.
RÉFÉRÉ. ÉE (ré-fé-ré, rée), part. passé de référer.
Il l" Rapporté à une autre chose. Cet article référé au chapitre précédent. || i'S. m. Recours au juge, qui, dans les cas d'urgence, a le droit de statuer provisoirement. Plaider un référé. Plaider en référé. Les ordonnances sur référés ne feront aucun préjudice an principal, Code procéd. art. 809.
t RÉFÉRENCE (ré-fé-ran-s'j , s. f. \\ 1° Action de se référer ou de renvoyer à un article, à un passage, à une chose ayant quelque rapport. Théorie de la formation des mots en sanscrit, en grec et en latin, avec références aux langues germaniques, F. baudry, Gramin. comparée des langues classiques. \\Oa\rsLges de référence, ouvrages que l'on consulte, tels que dictionnaires, recueils, etc. Il 2" Particulièrement. Renseignement sur une maison d'affaires. Les commerçants qui se laissaient prendre recevaient toujours d'excellentes références sur cette agence, Journal de Charleroi, c\lé dans le Moniteur universel, 20 juin <867, p. 783, 3« col.
RÉFÉRENDAIRE (ré-fé-ran-dê-r'), s. m. \\ 1° Anciennement, officier qui faisait le rapport des lettres royaux, pour qu'on décidât si elles devaient être signées et scellées. || 2° Au ministère de la justice , certains officiers attachés à la division du sceau. Il 3° Dans la chancellerie romaine, référendaires de l'une et de l'autre signature, prélats institués par Alexandre VI, qui rapportent les suppliques devant le pape, pour la signature de grâce et pour celle de justice. 114° Pendant la première race de nos rois, le grand référendaire était un officier de l'État qui avait la garde du sceau royal, et qui faisait rapport au roi, suivant la signification du mot, des requêtes et des placets qui lui étaient présentés. Sous les Capétiens, le chancelier de France se nommait grand référendaire; cette charge n'était alors que la cinquième ou la sixième de l'État; à peine en <224 voulait-on lui accorder voix délibérative dans l'assemblée des pairs, et durant longtemps il n'eut place au parlement qu'après les princes et les évéques, SAi.NT-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 80, dans pougens. Il Dans la monarchie parlementaire, grand référendaire de la chambre des pairs, celui des pairs de France qui apposait le sceau de la chambre à tous les actes émanés d'elle. || Sous l'empire, sénateur chargé de tout ce qui concerne l'administration, la comptabilité, la sûreté, et le service intérieur du sénat. || En Pologne, grand référendaire, grand officier au-dessous du chancelier. || 6° Adj. Conseillers référendaires à la cour des comptes, conseillers chargés de faire des rapports sur des pièces de comptabilité. || Anciennement, tiers référendaire se disait, parmi les procureurs, de celui qu: était appelé en tiers pour la taxe des dépens
REF
— HIST. XV* S. Trop longue narracion souventefoiz tourne aux oyans et refferendaires â ennui, CHRIST. DE piSAN, Charles V, i, 36. Pour ce que ilz [des commissaires du prévôt de Paris] ne sont que référendaires, ilz n'osent congnoistre, mais renvoient tous iceux debas par devant vous, no cange, referendarius. Car telz gens [les hérauts] sont référendaire De dire le bien et non taire Ce qui leur a esté donné, e. desch. Poésies mss. f" 653.
— ÉTYM. Lat. referendarius, de referendus, devant être rapporté : celui qui est chargé de ce qui doit être rapporté.
t RÉFÉRENDARIAT (ré-fé-ran-da-ri-a), s. m. Charge, fonctions de conseiller référendaire.
RÉFÉRER {ré-fc-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je réfère, excepté au futur et au conditionnel : je référerai), t>. a. Il 1" Rapporter une chose à une autre. On référa la citation à l'original. || 2° Attribuer. Je vous en réfère tout l'honneur. L'autre [âme] m'en fait toujours un hommage fidèle [des honneurs reçus]; Et sur ceux qu'on lui rend son zèle s'élevant Me les réfère tous sans en vouloir pour elle, corn. Imit. III, 54. Vous comprenez comment vous pouvez les référer [les afflictions] à Dieu, en y reconnaissant sa volonté, bourdal. Instruct. sur laprud. du salut, xiii. Il 3° Terme de jurisprudence. Référer le serment à quelqu'un, s'en rapporter au serment de quelqu'un qui voulait s'en rapporter au nôtre. Le serment lui avait été déféré, mais il le référa à la partie adverse. Le serment déféré d'office par le juge à l'une des parties ne peut être par elle référé à l'autre. Code Nap. art. 4368. || Référer à quelqu'un le choix d'une chose, lui laisser le choix de la même chose dont il nous donnait le choix. || 4° V. n. Terme de palais. Faire rapport. Il faut en référer à la chambre. || Au passif et impersonnellement. Il en sera référé! || 5° Se référer, v. réfl. Avoir rapport à. C'est à quoi.... les signes du ciel se doivent référer, MAiRET, Solim. II, 2. Ces paroles ne doivent pas se référer où vous voulez qu'elles se réfèrent, PATBU>PJaido!/cr4 2,dans hichelet. || 6" S'en rapporter à. Se référer à quelqu'un, à l'avis de quelqu'un.
— MlST. xiv* s. Et à ceste [chose] doit l'en référer toutes les autres, obesme, Elh. 28. Et convient entendre et resguarder as œuvres, rapporter ou référer les paroles à la vie, iD.ti). 322. ||xvi' s. Pourtant nous ne nous arresterons à référer particulièrement l'opinion d'un chacun, calv. Inst. 4 83. Accident que l'on ne sçauroit référer ailleurs qu'à la faveur des dieux, amyot, P. Mm. 39. Hz vouloient que toutes choses se référassent à la grâce et au bon plaisir des dieux, id. Marcel. 4. Lorsque quelque chose est remise au serment, il devra estre accepté ou référé en la forme et manière qu'il aura esté déféré, Nouv. cousl. gén. t. i, p. 484.
— ÉTYM. Prov. referre; espagn. referir; ital. riferire ; du lat. referre, de re, et ferre, porter.
REFERMÉ, ÊE (re-fèr-mé, mée), pari, passé de refermer. L'abîme refermé sur le navire et les passagers.
REFERMER (re-fèr-mé), t'. O. |1 1* Fermer do nouveau. 11 ouvre un œil mourant qu'il referme soudain, rac. Phèdre, v, 6. || 2° Terme de chirurgie. Refermer une plaie, en rejoindre les chairs de telle sorte qu'il n'y ait plus d'ouverture. || 3° Se refermer, V. réfl. Être refermé. Ce n'étaient que quelques faibles rayons de cette science qui s'échappaient, et les nuages se refermaient aussitôt, fon- TEN. l'Hôpital. J'accompagnai mon père à son dernier asile ; la terre se referma sur sa dépouille, CHATEAUBR. René. Il Fig. Ne pas aller plus avant dans des confidences. Quand la reine vit que je n'y répondais que par des termes généraux, elle se referma, non pas seulement sur la matière, inais encore sur la manière dont elle m'avait traité auparavant, RETZ, IV, 261.
— HIST. XIII' s. Et cil qui guencbirent vers la lor, cil de l'ost les tindrent si tost qu'il ne porent les portes refremer, vil»eh. lxxii. Je vous le monstrerai; alez l'uis refermer, Berte, xvii. || xiv s. Le chastel d'Argent [il] referma [refit] que li dux Gaifiers avoit abatu, du cange, refermare. || xv' s. Ainsi se confortoit le chevalier, et se relfermoit [raffermissait] en ses amours, Perceforest,t. v, f" 72.
— ÉTYM. Re..., et fermer, qui avait aussi le sens de affermir.
REFERRË, ÉE (re-fè-ré, rée), part, passé de referrer. Un cheval referré.
REFERRER (re-fè-ré), v. a. Ferrer de nouveau, appliquer un autre fer sur le pied du cheval.
— HIST. xiii* s. Un mois i sejornerent, s'ont lor cors aaisiés, Et lor elmes burnis, lor haubers re-
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mailliés. Et firent referrer lor auferans destrleri, Ch. d'Ant. n, 978.
— ÉTYM. Re..., et ferrer.
f REFESSER (re-fè-sé), v. a. Fesser de nouveau.
C'est nous qui fessons, et qui refessons Les jolis petits, les jolis garçons, bérang. Rév. Pères.
— HIST. xvi* s. Refesser, cotgrave.
t REFËTER (re-fê-lé), v. a. Fêter de nouveau. Il Rétablir la fête d'un saint qui avait été supprimée dans la liturgie.
t REFECILLEMENT (re-feu-lle-man , Il mouillées), s. m. Terme de charpentier. Feuillure faite sur place dans une pièce de charpente.
t REFEUILLER (re-feu-llé , Il mouillées), v. a. Terme d'architecture. Faire deux feuillures en recouvrement, pour loger un dormant, pour recevoir les vantaux d'une porte ou les volets d'une croisée.
t REFEUILLETER (re-feu-lle-té , Il mouillées), 1). a. Il se conjugue comme feuilleter. Feuilleter de nouveau. Vous louez tellement mes lettres au-dessus de leur mérite, que, si je n'étais fort assurée que vous ne les refeuilletterez ni ne les reUrez jamais, je craindrais tout d'un coup de me voir imprimée par la trahison d'un de mes amis, sév. 4 5 févr. 4 690. Relisant Juvénal, refeuilletant Horace, BOiL. Épigr. XXXV. || Fig. 11 fixe le passé pour lui toujours présent. Et sait, de se connaître ayant la sage envie, Refeuilleter sans cesse et son âme et sa vie, A. CHÉN. Élég. xxi.
— HIST. xvr s. Si tu sçavois qu'ils [les vers] coustent à escrire, Si tu avois autant que moi sué, Refueilleté Homère et remué, bons. Élég. 32, Ils connoissent mal la nature de Dieu, estant certain que plus nous refeuilletons le livre de la recepte de ses dons, que plus il nous donne alors, langue, 454.
t REFEUILLURE (re-feu-llu-r' , H mouillées), s. f. Terme d'architecture. Action de refeuiller.
f REFICHER (re-fi-ché),«.o. || 1° Ficher, enfoncer de nouveau. || Fig. Mme de la Fayette me mande que Guenani est refichée à Maubuisson [abbaye près Pontoise], et qu'elle est aimable, sans être belle, sÉv. 24 juin 4676. Il 2° Terme de maçonnerie. Reficher et rejointer les vieilles assises, remaçonner les joints dans une muraille.
— HIST. xili' s. Renart.... Les grans galos s'en va arere, Si se refiche en sa tesnere, Ren. 4 27GO.
t REFIGER (SE) (re-fi-jé), v. réfl. Se figer da nouveau.
— HIST. XVI' s. Refiger, cotgrave.
f REFILER (re-fi-lé), tJ. o. Filer de nouveau.
— HIST. XVI' s. Quand elle [la vie] dort en un tombeau reclus, C'est fait, les sœurs ne la refilent
plus, RONSARD, 632.
t REFILTRER (re-fil-tré), ». a. Filtrer de nouveau. Il Fig. Se refiltrer, v. réfl. S'insinuer de nouveau comme par un filtrage. Nettoyer le sein de la nation de tout l'ancien levain qui voudrait se refiltrer dans ses organes, mibabeau. Collection, t. iv, p. 35o.
f REFIN (re-fin), s. m. Sorte de laine très-fine. ....Draps, savoir la première sorte, nommés refins Irentesisains, pour les couleurs doubles, et vingthuit ou trentains, pour les couleurs simples. Arrêt du conseil, 4 5 mai i676.
— ÉTYM. Re..., et fin i.
t REFLAIRER (re-fiê-ré) , ». a. Flairer de nouveau.
— HIST. xvi* S. Refiairer, cotgrave.
t REFLAMHOYER (re-flan-bo-ié) , ». n. Flamboyer de nouveau.
— HIST. XIII' s. Regardés, empereres, là fors, devers ceschans; Voies quex garnimens à or reflamboians, Ch. d'Ant. n, 4 92. || xv* s. Grand beauté esloit à voir ces bannières, ces pennons de soie ventiler au vent et reflamboyer au soleil, froiss. m, IV, 4 5.
t REFLATTER (re-fla-té) , v. a. Flatter de nouveau. Il Flatter à son tour. Je flattais ton image, elle me reflattait; Je lui faisais des vœux, elle les acceptait, curn. Clit. v, 4. Les députés de Bordeaux ont ici parlé bien haut à M. le duc d'Orléans, qui s'en est mis en colère, et deux heures après il les a renvoyé reblandir et reflatter par M. Letellier, secrétaire d'Etat, GUI PATIN, Lett. t. ii, p. 36.
— HIST. XV' s. Comment que la chose se rapaise et que le bonhomme la reflatte, car femme veut toujours être flattée. Les 4 6 joyes du mariage, p. 401, dans LACUHNE. Il XVI* s. L'autre disoit que bon signe c'estoit Quand un chat blanc son maistre reflatoit, RONS. 945. Adonc il commença à reflatter encore de plus en plus le commun peuple par ediots nouveaux, amyot, Gracques, 23.
RÉFLÉCHI, lE (ré-flé-chi, chie), part, passéàeréfléchir. Il l' Renvoyé en arrière, en retour. L'air dans le vent direct n'agit que par sa vitesse et sa mass«
RÉF
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ordinaire; dans lèvent réfléchi la vitesse est un peu
diminuée, mais la masse est considérablement augmentée par la compression que l'air soufTre contre l'ol)stac!o, BUFF. Add. el corr. Ihéor. terre, Œuv. t. XIII, p. (6. La lumière, en tombant sur les corps, n'est pas, à beaucoup près, entièrement réfléchie; il en reste en grande quantité dans la petite épaisseur de la surface qu'elle frappe, iD. Hist. nat. Intrnd. i" part. Œuv. t, vi, p. 63. Le mouvement réfléchi est celui d'un corps qui rencontre un obstacle impénétrable pour lui, bhisson. Traité de phys. t. I, p. 72. Le mercure et l'étain, l'un sur l'autre étendus, Recueillent les rayons surpris à leur passage. Et des traits réfléchis vous présentent l'image, DELiL. Trois règ. iv. || Fig. Nos sens facilement peuvent être charmés Des ouvrages parfaits que le ciel a formés; Ses attraits réfléchis brillent dans vos pareilles, mol. Tart. m, 3. La lumière vraie et directe de l'expression, et la lumière réfléchie de la métaphore, dicer. /,eM. sur les aieug. Ce lustre réfléchi qu'elle prêtait au caractère de son époux, ne faisait que donner au sien plus de relief et plus d'éclat, MARMONTEL, Mém. IX. Il i° Terme de botanique. Se dit des organes dont la partie inférieure est verticale et la supérieure déjetée en dehors. Etamines réfléchies. Il Limbe réfléchi, limbe d'une corolle monopélale qui se renverse en dehors. Il 3° Terme de grammaire. Verbes réfléchis, verbes dans lesquels l'action faite par le sujet a pour objet ce même sujet. || Verbes réfléchis directs : Pierre se félicite. Il Verbes réfléchis indirects : Pierre se donne un habit. || Verbes réfléchis passifs : Cette histoire se raconte diversement. || Verbes réfléchis neutres : Elle se meurt, elle s'écrie. || Verbes réfléchis essentiels, ceux qu'on ne peut employer sans l'un des pronoms complétifs me, te, se, nous, vous. On dit par opposition verbes réfléchis accidentels. || On donne aussi quelquefois aux verbes réciproques le nom de verbes réfléchis. || Substantivement. Les réfléchis, les verbes réfléchis. || Pronom réfléchi de la 3« personne, nom donné par quelques grammairiens au pronom «e, soi, employé dans la conjugaison des verbes réfléchis. || 4° Qui a le caractère de la réflexion. Au lieu de cette hardiesse à concevoir une mauvaise action, et de cette impétuosité à la commettre, on ne vit plus régner que les vices des âmes faibles et des crimes réfléchis, montesq. Rom. «7, Quoique cet animal [le glouton] ait de la finesse et mette en œuvre des ruses réfléchies pour se saisir des autres animaux, buff. Quadr. t. vi, p. 220. L'animal n'a ni nos aversions réfléchies, ni nos haines durables, ni nos amitiés constantes, lu. Nature des anim. Les objets dont notre âme s'occupe, sont ou spirituels ou matériels, et notre tme s'occupe de ces objets ou par des idées directes ou par des idées réfléchies, d'alemb. Disc, prélim. Encyd. Œuv. t. i, p. 235, dans pougens. Ce spectacle si grand des vrais biens de la vie Occupait ma pensée, et portait dans mon cœur Un plaisir réfléchi, le calme et le bonheur, st-lamb. Sois. II. Il 6° Qui a l'habitude de la réflexion. Un esprit réfléchi. Devenez plus réfléchi, parlez moins, écoutez davantage, genlis, YeilL du chdt. t. i,
p. 656, dans POUGENS.
t REFLÉCHIR (re-flé-chir). 111° Y. a. Fléchir, courber de nouveau. || 2° Y. n. Céder de nouveau.
— HIST. XVI' s. Subit le pouce se relournoit à réfléchir comme auparavant, paré, xvii, 10.
RÉFLÉCHIR (ré-flé-chir), t>. o. || 1° Renvoyer en arrière, en retour, par un choc. La montagne ré- Héchissant le bruit du canon. La lumière s'affaiblit quand elle a été réfléchie par quelques corps, fon- TEN. Mondes, 2' soir. Cette lumière éclatante que nous recevons du soleil et que la terre réfléchit sur la lune, ne doit plus être qu'une lumière blanchâtre quand elle y est arrivée, lu.ib. L'air ébranlé est sujet à des répercussions qui le réfléchissent, qui, produisant des échos, répètent la sensation, j. j.rouss. Ém. II. Les glaces étamées, lorsqu'elles sont polies avec un peu de soin, réfléchissent plus puissamment la lumière que les métaux les plus polis, buff. Hist. min. Introd. Œuv. t. vu, p. u*. Plus loin, c'est un beau lac qui réfléchit les cieux, deulle, Jard. IV. L'eau te réfléchit grande et belle. Ton sein forme un heureux contour, béhang. Pmonn. Oui, bientôt d'un ciel pur Vos yeux, brillants d'ivresse, Réfléchiront l'azur, iD. Orage. \\ Fig. La gloire des grands hommes réfléchit son éclat sur leurs descendants, Dict.de VAcad. Malgré moi, du passé le cruel souvenir Réfléchira son ombre affreuse Sur les derniers moments de mon triste avenir, saubin, Beverlei,u, 7. La source de mes jours comme eux |ruiss«aui] l'est écoulée Mais leur onde est lim|)ide^ et mon
flme troublés N'aura pas réfléchi les clartés d'un beau jour, i,ahart. Méd. 1, e. Il faut, pour réfléchir cet astre tutélaire [la liberté]. Que, pur dans tous ses flots, le fleuve populaire Coule à l'ombre du trône appuyé sur les lois, v. hugo, Odes, 11, «. Il 2° Y. n. Rejaillir, être renvoyé, répercuté. La chaleur du feu réfléchit de la plaque dans la chambre. Quoi! si je lance un trait, 0 rigoureuse loi, Pour me percer le cœur il réfléchit sur moi, TRISTAN, Jf. de Chrispe, v, 6. || Fig. Ces placards pouvaient intimider le roi, et, par contre-coup, réfléchir sur Mme de Pompadour, duclos, Œuv. t. x, p, 244. Dans le cas où le mari, ayant vendu le bien propre de la femme sans son consentement, est garant de la vente, et dans tous les autres cas où l'action de la femme réfléchirait contre le mari, Code ffap. art. 2256. La honte de celte action réfléchit sur tous ceux qui y ont participé, Dict. de l'Académie. || 3° Fig. Penser mûrement et plus d'une fois à quelque chose. Réfléchissez sur les propositions qui vous sont faites. Réfléchissez-y mûrement. Réfléchir c'est recevoir, au-dessus des mouvements corporels et au-dessus même des sensations, une lumière qui nous rend capables de chercher la vérité jusque dans sa source, boss. Connaiss. v, 8. Rien ne conserve mieux l'habitude de réfléchir, que d'être plus content de soi que de sa fortune, j. j. rouss. Ém. iv. Réfléchir n'est qu'une certaine manière de sentir, c'est la sensation transformée, condil. Art de rais. 1, 3. Dans un être qui réfléchit, la liberté est essentiellement la même que dans un être qui ne réfléchit point; mais, dans un être qui réfléchit, la liberté est plus étendue, bonnet, tiss. anal, âme, <6. t|4°Se réfléchir, v. réfl. Etre réfléchi, renvoyé en arrière, en retour. Comment la lumière se réfléchissait des planètes et des comètes vers la terre, desc. Méth. v, 2. La cavité intérieure de l'oreille paraît être un écho où le son se réfléchit avec la plus grande précision, buff. De route. Ce vent qui vient frapper contre les hautes montagnes des Cordillères doit se réfléchir à d'assez grandes distances dans les terres, id. De l'homme, Variétés. Le mouvement de réflexion est une preuve certaine de la compressibilité des corps; car ces corps ne peuvent pas se réfléchir, si aucun d'eux n'est élastique, brisson, Traité de phys. t. i, p. 26. La lumière, comme les corps élastiques, en tombant sur ces surfaces, se réfléchit sous un angle égal à celui de sa chute, bailly, Hist. aslr. mod. t. II, p. 46). Les étoiles étincelaient au ciel et se réfléchissaient au sein de la mer, qui répétait leurs images tremblantes, bernard. de st-p. Pa<il et Yirginie. \\ Avec suppression du pronom personnel. J'entrepris.... d'ajouter quelque chose du soleil et des étoiles fixes, à cause qu'elle [la lumière] en procède presque toute ; des planètes, des comètes et de la terre, à cause qu'elles la font réfléchir, besc. Méth. V, 2. Il Fig. Il [Jésus] se cache encore en luimême [dans le sein de Marie], mais il se réfléchit sur saint Jean [dans le sein d'Elisabeth], boss. t" sermon, Visitation,, 2. Il y aune espèce d'insensibilité cruelle à sacrifier sans nécessité ceux [animaux] surtout qui nous approchent, qui vivent avec nous, et dont le sentiment se réfléchit vers nous en se marquant par les signes de li douleur, nuPF. Quadrup. t. 11, p. )38. C'est une idée lumineuse d'Aristole que la croyance que l'on donne à un fait se réfléchit sur l'autre, quand ils sont liés avec art, MAHMONTEL, Œuv. t. VIII, p. 477. || 6" Terme de grammaire. L'action du verbe se réfléchit sur son sujet, par exemple : il se tourmente; alors le verbe est dit réfléchi. || 6° Dans le langage de la botanique, devenir réfléchi, recourbé en arrière, en dehors. Lesétamiuesde cette corolle se réfléchissent. Il Dans le langage de l'anatomie, revenir sur soimême. Le péritoine se réfléchit en cet endroit.
— REM. Bouhours, Nouv. remarques, dit: Beaucoup de gens font réfléchir neutre. Afin... qu'ils n'eussent pas seulement le loisir de réfléchir sur l'état présent des choses, st-réal. Ce n'est pas parler fort purement. Tous nos bons auteurs disent toujours faire réflexion. » 11 se retracte p. 462 de la Suite des Remarques.
— HIST. XIV* S. Le diaphragme se reflecist en haut vers les costes, et s'ahert [s'attache] duc [jusqu'] à la darreniere coste, b. be mondeville, f" 26. Il xvi* s. Les vaisseaux se réfléchissent en plusieurs replis faits en forme de varice, paré, i, 27.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. reflectir; ital. rifletlere; du lat. reflectere, de re, et flcctere, fléchir. Le sens de penser, méditer, se rattache à l'expression latine reflectere animum, reporter son esprit •ur quelque chose.
t RÉFLÉCHISSANT, ANTE (ré-né-chi-san,san-t'), adj. Il 1° Terme de physique. Qui occasionne la réflexion de la lumière ou du son. Surface réfléchissante. Il Pouvoir réfléchissant, faculté plus ou moins grande que les corps possèdent de réfléchir la lumière, le calorique. En général, plus un corps a de poli, et plus son pouvoir réfléchissant est grand, et ses pouvoirs émissif et absorbant sont faibles, thenard. Traité dechim. 1. 1, p. 29, dans pougens. Il 2° Qui réfléchit, médite sur les choses, qui pense. 11 est véritable qu'on ne cesse pas de réfléchir en disant [les mystiques] qu'on ne réfléchit pas, et quand celte &me non réfléchissante dit tout court.... Doss. États d'orais. v, 3. Saint Thomas n'a pas prétendu afl'aiblir les actes de la volonté lorsqu'il a dit qu'elle était naturellement réfléchissante sur ellemême, qu'on aimait à aimer, qu'on voulait vouloir, ID. ib. v, 6. Des ruisseaux de sang ont coulé en France , parce que la nation est souvent peu réfléchissante et très-promple dans ses jugements, VOLT. Dict. philos. Supplices, ii. Cotte nouvelle métamorphose étonna tout le monde, hors le réfléchissant Mambrès, id. Taureau blanc, xi.
RÉFLÉCHISSEMENT (ré-flé-chi-se-man), s. m. Répercussion, rejailhssement. Le réfléchissement du son par l'écho.
— ÉTYM. Réfléchir.
t RÉFLÉCHISSEUR (ré-flé-chi-seur), ad;, m. Qui réfléchit, médite. Passant réfléchisseur, qui vois ce monument.... chapelle, Épitaphe d'un chien.
RÉFLECTEUR (ré-llè-kteur), adj. m. Terme de physique. Qui réfléchit la lumière. Miroir réflecteur. Il S. m. Un réflecteur. Augmenter l'éclat d'une lumière par le moyen d'un réflecteur.
— ÉTYM. Lat. reflectere, réfléchir. I
t RÉFLECTIF, IVE (ré-flè-ktif, kti-v') , adj. Il 1° Terme de physiologie. Action réflective, même sens que action réflexe (voy. ce mol). || 2' Terme de philosophie. Qui résulte de la réflexion. || Facultés réflectives, se dit, dans le système phrénologique de Spurzheim, de la comparaison et de la causalité.
— ETYM. Lat. reflectere, réfléchir.
REFLET (re-flè; le (ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie : des re-flè-z argentés), s. m. Il 1" Réflexion de la lumière ou de la couleur d'un corps sur un autre. Les reflets des nuages sur les champs. Tous deux ont la tête garnie de petites plumes à demi relevées en huppe noire, à reflets verts et violels, buff. Ois. t. viii, p. 326. Ce sont ces reflets infinis des ombres et des corps qui engendrent l'harmonie, dider. Essai sur la peint, ch. 3. Nos pensées sont susceptibles de différents coloris : séparées, chacune a une couleur qui lui est propre ; rapprochées, elles se prêtent mutuellement des nuances, et l'art consiste à peindre ces reflets, condil. Art d'écr. ii, 6. Tels, dans l'airain brillant où flotte une eau tremblante, Le soleil..., croise son jeu mobile.... Et des murs aux lambris rapidement promène Des refleis vagabonds la lueur incertaine, deulle. En. viil. Le perfide reflet [de la lune sur les armes] les a trahis tous deux, id. ib. IX. Le reflet c'est la lumière renvoyée fiappant dans la demi-teinte un corps solide, et il ne faut pas que le jour ait l'air de passer à travers la toile, th. GAUTIER, Feuilleton, lloniteur universel, 9 mai (868. Il Fig. Saisir, dans les caractères, tous les reflets des vertus sur les vices, et des vices sur les vertus, MARMONTEL, Œuv. t. IV, p. 4)1. La littérature, qui n'est que le reflet des mœurs, laharpe, Cours de Ht. t. vu, Introd. p. 64, dans pougens. Le siècle de la reine Anne ne fut qu'une espèce de prolongement ou de reflet [du siècle de Louis XIVJ, chateaub. Génie, n, m, b. || 2° 11 s'est dit dans le sens de réflecteur. Je vous supplie d'engager M. le duc d'Aumont à ne pas faire mettre de lustres sur le théâtre [de Fontainebleau]; nous avons ici l'expérience que le théâtre peut être très-hien éclairé avec des bougies en grand nombre et des reflets dan les coulisses, volt. Lett. d'Argental, 4 oct. <748.
— ÉTYM. Voy. REFLÉTER. Reflet n'est pas dans l'édition du Dictionnaire de l'Académie de )696; il n'apparaît que dans celle de <7(8 sous l'orthogra phe reflex, et avec la remarque que quelques-un» liisentreflès ou reflet. Reflets, au pluriel, est comme terme de peinture dans Furetière, 2' éd. )70(. Dans ces circonstances, on reconnaît qu'un moment il y a eu influence de l'italien riflesso, de riflettere (voy. réfléchir).
REFLÉTÉ, ÉE (re-flé-té, tée), part, passé de refléter. Une vive lumière reflétée sur le fondde ce tabieau.
REFLÉTER (re-flé-té. La syllabe fié pre..d un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je reflète, excepté au futur et au conditionnel : je re^