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ration do pierre de taille en l'air [on bâtissait à GrignanJ, qui fait mourir tout le monde à Maintenon, iD. t" nov. <688. La respiration, qui nous fait vivre, faisait mourir à tous moments M. de Monlausier, fléch. Duc de Mont. Bientôt à la poussière se joint une fumée épaisse qui troublait l'air et qui filait la respiration, fén. Tél. xvi. 11 était comme un homme qui dans un songe est oppressé jusqu'à perdre la respiration, et qui, par l'agitation pénible de ses lèvres, ne peut former aucune voix, iD. ib. XXIV. Il Fig. Ce sera une paix qui donnera de la respiration au peuple après de si longues défaillances, ealz. Disc, à la régente. La multitude des soins qui leur viennent de toutes parts [aux rois] ne leur laisserait pas la respiration libre; la foula des affaires les étoufferait.... id. De la cour, I" dise. Il 2» Terme de physiologie. Fonction caractérisée par l'absorption et l'expulsion simultanées des gaz venus du dehors et des gaz produits dans l'organisme. || Respiration artificielle, respiration employée chez les personnes asphyxiées, et consistant en insufflation d'air dans le larynx et en mouvements communiqués simultanément à la poitrine. Il 3° Respiration des plantes, fonction par laquelle toutes les parties vertes des plantes exposées à la lumière solaire absorbent de l'acide carbonique et exhalent une quantité égale d'oxygène; à l'ombre et dans l'obscurité elles absorbent de l'oxygène et dégagent de l'acide carbonique, mais en quantité moindre.
— ÉTYM. Prov. respiracio ; espagn. respirarion ; ital. respirasione; du lat. respirationem, de re^pirare, respirer.
RESPIRATOIRE (rè-spi-ra-toi-r'), od;. Terme de physiologie. Qui sert, qui a rapport à la respiration. Mouvements respiratoires. || Aliments respiratoires, les substances alimentaires neutres, telles que l'amidon, le sucre, les corps gras, etc. dans lesquels l'hydrogène et le carbone prédominent, et que l'on suppose fournir la plus grande partie des éléments sur lesquels agit l'oxygène de l'air dans la respiration. || Bandelette respiratoire, bandelette étroite de substance nerveuse blanche, située derrière le corps olivaire et descendant le long de la moelle allongée. || Appareil respiratoire, appareil au moyen duquel on peut pénétrer impunément dans les lieux remplis de gaz méphitique.
— ÉTYM. Tiespirer.
RESPIRÉ, ÉE (rè-spi-ré, rée), part, passé de respirer. Attiré dans la poitrine par la respiration. Des Tapeurs dangereuses respirées imprudemment.
RESPIRER (rè-spi-ré), V. n. || 1° Attirer l'air dans sa poitrine, et le repousser dehors. Approchons-nous pour voir si sa bouche respire, mol. Sganar. *. L'auditoire qui paraissait pendu et suspendu à tout ce qu'il disait [un prédicateur], d'une telle sorte que l'on ne respirait pas, sév. à Bussy, 25 avril (687. Il [Condé mourant] attendait sa miséricorde [de Dieu] et implorait son secours, jusqu'à ce qu'il cessa enfin de respirer et de vivre, Boss. Louis de Bourbon. X peine osait-on respirer, de peur de troubler le silence, fén. Tél. viu. Comme ils [les amphibies] ont le trou ovale ou cœur ouvert, ils ont la faculté d'y rester longtemps [dans l'eau] sans avoir besoin de respirer, bufp. Quadrup. t. xi, p. < 94. Sa course avait été si rapide, qu'en arrivant dans la chambre d'Oswald elle ne pouvait plus respirer ni prononcer un seul mot, STAËL, Corinne, viii, 4. ||Fig. Elle [l'âme pénitente] se met des bornes de tous côtés.... ainsi, resserrée de toutes parts, elle ne peut plus respirer que du côté du ciel, boss. la YalHère. \\ Il ne respire plus, il est mort. Il respire encore, il n'est pas encore mort. Il 2° Vivre. Je t'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi, corn. Cid, m, 4. Tant qu'il [Britannicus] respirera, je ne vis qu'à demi , rac. Brit. IV, 3. Seigneur, vous pouvez tout : ceux par qui je respire [mes parents] Vous ont cédé sur moi leur souverain empire, id. kithr. ii, 4. Tout se meut, tout respire, et tout existe en Dieu, volt. Phil. Tout en Dieu. Sais-tu jusqu'à quel point ton amant qui ne respire que pour toi, peut te faire aimer la vie? j. j. Rouss. Hél. III, 48. Il Respirer en quelqu'un, se dit do celui en qui une personne semble revivre. Que dis-jeî Il [Thésée] n'est point mort puisqu'il respire en vous, RAC. Phèd. II, 5. 118° Fig. Se manifester. La sensibilité, l'indulgence, ta charité, qui dirigeaient et qui animaient le vertueux prélat [Fléchier] dans la conduite de ce malheureux diocèse, respirent encore dans les mandements et les lettres pastorales qu'il adressait aux réformés, d'alemb. Éloges, Flécliier. li 4° Avoir quelque relâche après un travail, une épreuve pénible. Durant quelques moments
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souffrez que je respire, corn. Ci'nno, l, t. Vous .a replongerez [Rome], en quittant cet empire, Dans les maux dont à peine encore elle respire, id. Cinna, ii, t. Jusqu'à quand différerez-vous de m'épargner et de me donner quelque relâche, afin que je puisse un peu respirer ? saci, Bible, Job, vu, 19. Vous ne donnez pas le temps de respirer, mol. Tart. IV, B. Et jusqu'au douze qu'elle mourut à midi, elle n'a pas eu un moment pour respirer, SÉV. B22. 11 est donc vrai que vous vous portez mieux.... vous pouvez vous représenter si je respire d'espérer que vous allez vous rétablir, id. 14 juin, 1677. X l'arrivée de la reine, la rigueur se ralentit, et les catholiques respirèrent, boss. Jlcine d'Anglet. Hercule, respirant sur le bruit de vos coups. Déjà de son travail se reposait sur vous, bac. Phèdre, m, B. La nation semblait respirer au sortir d'une longue oppression, hamilt. Gramm. 6. Un intervalle que nous mettons entre le monde et nous, pour y rentrer avec plus de goût, et respirer un peu de la fatigue, du dégoût, de la satiété, MASS. Carême, Temps, Les Turcs avaient laissé respirer la Hongrie pendant la guerre da trente ans, qui bouleversa l'Allemagne, volt. Mœurs, (92. Les moutons, comme vous savez, respirent un peu, quand les loups et les renards se déchirent, id. Lett. d'Alemb. 16 juillet t764. Notre pauvre France aura vraisemblablement encore un an à respirer, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 22 sept. (777. Il 5° Respirer après quelque chose, souhaiter quelque chose ardemment avec passion. Elle respire après le retour de son fils. || Respirer de, avec ne ....que et un infinitif, se dit dans le même sens. Je meurs d'envie de savoir de vos nouvelles; dès que j'ai reçu une lettre, j'en voudrais tout à l'heure une autre ;'je ne respire que d'en recevoir, sév. <8 févr. 1671.11 [Saint-Aubin] ne souhaite que l'éternité, il ne respire plus qued'être uni à Dieu, id. 47 nov. 1688. Il On a dit aussi : respirer à, avec un infinitif. Votre Majesté sent et plaint les maux de ses peuples ; elle ne respire qu'à les soulager, boss. Panég. sainte Thérèse, 3. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 6° Activement. Attirer par la respiration. Le premier air que nous respirons nous sert à tous indifféremment à former des cris, eoss. Gornay. De quel front cet ennemi de Dieu Vient-il infecter l'air qu'on respire en ce lieu? bac. Athal. iv, b. Il Par extension. Énée en ce moment, couvert d'épais rameaux, Respirant la fraîclieur et de l'ombre et des eaux, delille, Enéide, viii. || Fig. Arrachezvous d'un lieu funeste et profané Où la vertu respire un air empoisonné, rac. Phèdre, v, t. C'est dans le vide et dans le silence de sa maison qu'une femme de mon âge respire le poison de l'ennui, marmontel. Contes mor. Bon mari. \\ Aller respirer l'air natal, retourner dans le pays où l'on est né. Il Poétiquement. Respirer le jour, avoir la vie. Albe, où j'ai commencé de respirer le jour, corn. Hor. I, 1. Quoi! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire.... bac. Brit. 1, 4. |{ 7" Exhaler. La Provence odorante et de Zéphyre aimée Respire sur les mers une haleine embaumée, a. chén. Hymne à la France. Des lèvres demi-closes Respirent près de nous leur haleine de roses, is. Élég.n, 4.||Fig. Mes crimes désormais ont comblé la mesure; Je respire à la fois l'inceste et l'imposture, rac. Phèdre, iw, 6. || 8° Avoir la vive apparence de, annoncer. Je fus une heure dans cette chambre [de Mme de Montespan, qui venait d'écarter une rivale]; on n'y respire que la joie et la prospérité, sôv. (4 juin 4677. Je voulais parier, quoique tout respirât la noce [entre Mademoiselle et Lauzun] , qu'elle ne s'achèverait pas, id. 3| déc. 4 670. Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour, Respire la douceur, la tendresse et l'amour, BOiL. Art poét. II. Tout respire en Esther l'innocence et la paix, bac. Esth. 11, 7. Tout respirait les bons mots et les contes agréables, hamilt. Gramm. s. Quelques odes galantes d'Horace respirent les grâces, comme quelques-unes de ses épîtres enseignent la raison, volt. Dict. phil. Grâce. Son livre du Traité des études [de Rollin] respire le bon goût et la saine littérature presque partout, id. Temple du G€Ût. Il $• Souhaiter avec ardeur. Au bout de trois jours, à Vitré, je ne respirais que les Rochers, sÉv. 16 mars 4672. Il disait en parlant de cette prison malheureuse, qu'il y était entré le plus innocent de tous les hommes, et qu'il en était sorti le plus coupable ; Hélas 1 poursuivait-il, je ne respirais que le service du roi et la grandeur de l'Ëtat, BOss. Louis de Bourbon. On ne respire à Saint-Cyr que simplicité, obéissance, humilité, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 26 févr. (702. Une cour qui ne respirait que les fêtes et la galanterie, ha-
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milt. Gramm. 6. Les Lacédémonlens ne participèrent point à cette délibération : ils ne respiraient alors que la paix, les Athéniens que la guerre, bartiiél. Anach. Introd. part. 11, sect 2. || Il se dit quelquefois avec un pronom personnel pour régime. Nous avons ri du soin que vous prenez de me dire d'envoyer quérir la Garde et l'abbé de Grignan : hélas I les pauvres gens étaient au guet et ne res-t piraient que moi, sév. 2 nov. 1673. Chacun, plein de mon nom, ne respirait que moi, boil. Lulr. vi. Il 10» Se respirer, ». réfl. Être respiré. Le bonheur se respire autour de vous, comme s'il était dans l'air qui vous environne, stael, Dict. de dochez.
— UEM. D'Olivet (Item. Rac. § 34) prétend qu'au sens de souhaiter, respirer ne se dit guère qu'avec la négative, et qu'on ne dirait pas aussi correctement : vous respirez les plaisirs, vous respirez la guerre. Fausse remarque, comme le prouvent les exemples suivants : Ton ardeur criminelle à la vengeance aspire, Ta bouche la demande, et ton cœur la respire! CORN. Hor. IV, 5. On m'en veut plus qu'à vous; c'est ma mort qu'ils respirent, id. Pomp. iv, b. La fille le veut bien, son amant le respire, rac. Plaid. III, 4. De toutes les tragédies françaises, "ithridate étiit celle qui lui plaisait davantage [à Charles XII], parce que la situation de ce roi vaincu et respirant la vengeance était confcjrme à la sienne, volt. Charles XII, f>. Pourquoi, fils de Morni, ton âme respirait-elle les combats? chateaubr. Gaul.
— SYN. respirer, soupirer APRÈS. Ces mots désignent figurcment le désir, l'ardeur, la passion dont le cœur est si plein qu'il semble l'exhaler, ou par une respiration forte, ou par des soupirs répétés. Mais respirer marque un désir plus ardent, une passion plus violente, que ne fait soupirer après.
— HIST. XIII* s. La force de l'odeur du moust qui e-toit es tonniax qui respiroient [exhalaient] et separoient les mouz. Miracles St Loys, p. 143. Ledit enfant gisoit estendu à terre ausi corne mort, ne ne la veoiton respirer, ib. p. 144. Ijxvi* s. Ctiascun pour sauver sa vie et respirer une ame précaire se faisoit bourreau de son compagnon, d'aub. Ilist. 11, 122. Me voiant exilé de France, j'ai pris à deux mains les occasions qui se sont présentées pour me faire respirer l'air auxquel je suis nai, id. ib. 11, t3i. 11 y eut bien de la peine à faire partir du glste Lanoue, ne respirant que la bonté de Monsieur, les bons désirs du roi, ID. ib. 11, 239. La reyne mère du roy, qui ne respirait que le bien du roy et de l'estat.... cas- TELN. 4 49. Tenir tous-jours ses tonneaux très-bien bouchés, sans respirer aucunement, 0. de serres, 204 les vaisseaux et recipiens bien lûtes ensemble, à fin que l'esprit ne respire [s'évaporej, PARÉ, XXVI, 12.
— ETYM. Berry, respirer se dit d'une terre perméable à l'air ; cette terre est trop compacte, elle ne peut respirer ; proyen^. et espagn. respirar; ital. respirare; du lat. respirare, de re, et spirare, souffler (voy. esprit).
t RESPLENDEDR (rè-splan-deur), s. f. Éclat de ce qui resplendit.
— HIST. XII* s. Contre soleil jette grand resplendor, Bonc. p. 79. || xvi* s. Acousti-e et cein sur ta robuste cuisse Ton glaive aigu, qui est la resplendeur Et l'ornement de royalle grandeur, ma- ROT, IV, 287.
— ÉTYM. Voy. besplendir ; provenç. resplendor; port, resplandor; ital. resplendore.
RESPLENDIR (rè-splan-dir), v. n. Briller d'un vif éclat. Quand du fer, de l'airain le brillant appareil Eclate et resplendit aux rayons du soleil. Le soldat avecjoie affronte les tempêtes, delille, Imag. IV. Il Fig. Le visage d'Antoine, à ce discours, parut resplendir d'une joie douce etsereine, volt. Facéties, Supplém. du dise, aux Velches. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— illST. XII* s. De la clarté tous li moustiers resplent, Ronc. p. 4 73. ||xiu*s. Resplendir par équité de droiture, et entendre diligemment à faire abbaies. Légende en prose de Girart, dans J. des savants, avril isco, p. 202. De joiaus, de richesses trestous Paris resplent, Berte, ix. Tel clarté de la pierre yssoit, Que richece en resplendissoit Durement le vis [visage] et la face, la Rose, 4 1 H . || xiv* s. En telles grans adversités reluist et resplendist et sa monstre le bien de la personne, oresme, Eth. 25. Il XT* s. Us allumèrent grands feux, si que le clarté en resplandissoit dedans la cité de Venues, froiss. 1, I, 4 99. Vostre sang valereux [de Charles V], de qui Testât resplendit par tous pays, christ, de pisan,
Charles V, m, 4.||xvi' s Que de tant plus son
règne fleurira, Vostre Paris tant plus resplendira,