‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 54 sur 754 · MAROT, U · texte numérisé non relu

MAROT, U

RES

— Rttm. Provenç. resplan dre, resplandir ; espagn . resplandeeer ; ital. mp/cndfre; du lai. resplendere, iere, etsplendere, briller (voy. splendeuii).

RESPLENDISSANT, ANTE (rè-splan-di-saii, sanf), adj. Oui resplendit, lin vous faisant voir au milieu de cette troupe resplendissante [des bienheureux] et dans ces états glorieux une mère si chérie et si regrettée, Boss. Mar.-Thér. Quatre belles ailes couvraient un corps majestueux et resplendissant de lumière, volt. Zadig, 20. La nature toujours également vivante, la terre également peuplée, et toujours également resplendissante de la première gloire de celui qui l'a créée, buff. Bœuf. Resplendissante de jeunesse et de beauté, stael, Corinne, iv, 2.

— HiST. XII' s. [Il] Fiert le sor l'eume à or resplendissant, Rone. p. (39. Il XIV* s. 0 esloille de malin plus resplendissant que le soleil, Ménagier, i, t. Resplendissant si comme pierre précieuse, lan- FRANC, f° Lxvii. Il XVI* S. Une arme trenchanle et resplendissante, mont, iv, 18.

RESPLENDISSEMENT (rè-splan-di-se -man) , t. m. Grand éclat formé par l'expansion, par la réflexion de la lumière. Le resplendissement d'un phare dans l'obscurité.

— lllST. XIII* s. Li solaus resplent ses rais parmi ces nues, et fait de son resplendissement un arc de quatre colors diverses, brun, latini. Trésor, p. H 8.

— ÊTYM. Resplendir.

RESPONSABILITÉ (rè-spon-sa-bi-li-té) , s. f.

Obligation de répondre, d'êlre garant de certains actes. La responsabilité des minisires. Le prisonnier est sous ma responsabilité; on ne me l'enlèvera pas, PICARD, Akade de Mol. m, t&. Les légions romaines des plus mauvais temps de Rome, l'Italique, la Rapace, troupes sans loi, sans frein, sans responsabilité devant Dieu ni devant l'homme, villemain, Souv. contemp. les CentJours, viii. || Responsabilité médicale, degré de responsabilité que peuvent encourir les médecins envers les particuliers ouïe public, à l'occasion de l'exercice de leur profession.

— ÉTYM. Responsable.

RESPONSABLE (rè-spon-sa-bl'), adj. Qui répond, qui est garant de quelque chose ou de quelqu'un. Etre responsable envers quelqu'un. Tout notre corps [des jésuites] est responsable des livres de chacun de nos pères; cela est particulier à notre compagnie, PAsc. Prov. IX. Non-seulement vous vous égarerez, mais, au jugementdeDieu,vous deviendrez responsable de vos égarements, bourdal. Pensées, t. 11, p. 4(iO. Ils [les grands] leur sont responsables [aux petits] de leur obscurité, de leur pauvreté, de leur infortune, ou du moins ils leur paraissent, la brut. IX. Vous vous rendriez responsable de tous les malheurs domestiques de vos citoyens, fén. Tél. xxiii. La générosité souffre des maux d'autrui, comme si elle en était responsable, vauven. Max. CLXxm. Jamais on n'a vu tant de zèle et tant d'intrépidité [que chez les Français à Prague]; chaque soldat semble être responsable de la glo:re de la nation, ïolt. Leit. Mme de Solar, 2 sept. <742. Nous avons pris une si grande habitude de le gouverner [Saint-Preux], que nous sommes un peu responsables de lui à notre propre conscience, j. j. Rouss. Hét. IV, 8. Croyez-moi , je ne suis pas responsable de moi-môme, stael, Corinne, xvii, 2.

— msT.xiv's. Responsable, du cange, responsalis.

— ETYM. Provenç. responsable ; du lat. responsum, supin de respondere (voy. répondre) .

t RESPONSAL (rè-spon-sal), t. m. Celui qui rendait à l'empereur les réponses ecclésiastiques au nom du pape ; on le nommait aussi apocrisiaire (œnôxpioiç, réponse). L'apocrisiaire du pape, ou, ce qui est la même chose, son responsal, celui qui répondait en son nom à l'empereur sur les affaires de l'Église, boss. Déf. trad. comm. 11, 23.

— ÉTYM. Lat. responsum, supin de respondere, répondre.

RESPONSIF, IVE(rè-spon-sif,si-v'), adj. Il l°Terme de palais. Qui contient une réponse. Sur les lettres du docteur Jean Piscalor, professeur à l'académie d'Herborne, responsives à celle du synode de Gap, le Synode de la Rochelle, en <607, dans boss. Var. XII. Il Écritures responsives, se disait des écritures qui se font en réponse de celles qui ont été produites. Il 2" Terme de grammaire. Il se dit de ce qui répond à une interrogation. Le responsif, dit-on, doit être au même cas que rinterrogatif,DUMARS.Œuw. iv, p. .126.

— HIST. XVI* s. 11 luy présenta les lettres de la royne de Hongrie, responsives à celles qu'il luy avoit poi tées de sa part, carl. vi, 4 i .

— ÉTYM . Lat. responsivus, de respondere, répondre.

tRESPONSlON (rèspon-sion), ». f. Ancien terme

d'ordres militaires. Charge, redevance. Une corn-

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manderle paye & son onlrc telle somma de responsion plus ou moins, suivant sa valeur.

— ÊTYM. Lat. responsionem , de respondere, répondre.

RESSAC (re-sak), 1. m. Retour tumultueux des vagues sur elles-mêmes, quand, s'avançant de la grande mer dans un certain ordre régulier, elles viennentà rencontrer une chaîne de rochers. || Terme de pêche. Nom des embarcations qu'on amène à Terre-Neuve pour aider à faire la pêche.

— ÉTYM. C'est sans doute le substantif de l'anc. verbe resacher, retirer, de re, elsacher, tirer.

RESSAIONÉ, ÉE (re-sè-gné, gnée), part, passé. de ressaigner. Le malade ressaigné peu de temps après une première saignée.

RESSAIGNER (re-sè-gné). || 1* Y. a. Pratiquerune nouvelle saignée. || 2" V. n. Se dit du sang qui recommence à couler. La plaie ressaigna.

— HIST. XVI* s. Je fus encore d'advis le resaigner, PARÉ, VIII, li.X plusieurs leurs playes rcsaignoient, voire en plus grande abondance qu'à l'heure qu'ils furent blessés, lu. t. m, p. 709. Il falut resaigner les finances pour despescher le duc de Joieuse en Poictou, d'aub. Hist. m, 4i.

— ÉTYM. Re..., et saigner.

RESSAISI, lE (re-sé-zi, zic), part, passé de ressaisir. Dont on a repris possession. Le sceptre ressaisi. Il Remis en po.ssession. Par là do nos trois cœurs l'amitié ressaisie En déracinerait et haine et jalousie, corn. Othon, 11, 4.

RESSAISIR (re-sé-zir), v. a. \\i° Saisir de nouveau, reprendre. Tel, le tigre en jouant, dans sa barbare joie. Mord, lâche, ressaisit et dévore sa proie, DELIL. Pitié, m. Si les traités leur arrachèrent leur proie, ce fut sans étouffer peut-être l'ambition de la ressaisir, lorsque l'occasion s'en présenterait, RAYNAL, Hist. phil. V, )5. Cependant nos soldats.... X mon premier signal ressaisissant leurs lances, briff. Atnus 11, 11, 6. || Par extension. Il n'en reste au réveil qu'une légère trace [d'un songe], Et j'aurais maintenant peine à le ressaisir, coLLiN d'harlevili.e , Optimiste, i, 3. || Fig. La crainte de mourir et le désir de vivre Ressaisissent une âme avec tant de pouvoir, cobn. Po(y. m, 4. Il 2° Rentrer en possession d'une chose. Et sur une rivale, et confuse, et trompée. Ressaisir avec gloire une place usurpée, cobn. Tois. d'or, 11, b. Il [Charles XIIJ espérait que sa nouvelle alliance avec le czar le mettrait bientôt en état de ressaisir toutes ses provinces perdues, volt. Charles XII, 8. || Fig. Comme si, sentant déjà la vie qui m'échappe, je cherchais à la ressaisir par ses commencements, J. J. ROUSS. Confess. i. || 3° Être ressaisi, être remis en possession. Et puisque de sa foi vous êtes ressaisie. Faites cesser l'aigreur de votre jalousie, coBN. Perthar. v, 3. || 4° Se ressaisir, v. réfl. Se saisir de nouveau, reprendre.... La vague en courroux semblait prendre plaisir A feindre de le rendre et puis s'en ressaisir, id. Pomp. v, i. Le même Allemand [Leibnitz] se ressaisit alors de moi, il m'endoctrina, m'apprit clairement ce que c'est que mon âme, VOLT. Phil. Ign. 27. |1 Se rendre de nouveau maître. Je vous demande donc sûreté tout entière Contre la violence et contre la prière. Si par l'une ou par l'autre il veut se ressaisir De ce qu'il ne peut voir ailleurs sans déplaisir, corn. Sert, i, 3. Ressaisissons-nous autant qu'il est possible d'un droit si important, fonten. Bonheur. H y a je ne sais combien de sottises que nous dirions si elles n'avaient pas été dites.... cependant il y a encore quelquefois des modernes qui s'en ressaisissent, peut-être parce qu'elles n'ont pas encore été dites autant qu'il faut, iD. Ane. et mod.

— HIST. XIII* s. Et s'il prenl le mien, s'il ne le fet par le jugement de mes pers, il est tousjors tenus à moi resaisir avant que je responde à riens que il me demant en plet, beauu. xxviu, 4. || xv* s. [Nous] Qui querons er.tre resaisis Des biens ... E. DESCH. Poésies mss. f- 347. || xvi* s. Le fort mal razé, Lurbigni s'en retourna; l'armée du duc le veint resaisir, redresser et agrandir, d'aub. Hist. in, soi.

— ÉTYM. fle...,et saisir.

t RESSANGLER (re-san-glé), v. a. Sangler de nouveau un cheval ou une autre bête de somme à qui on a ôté la sangle.

— HIST. XII* s. Les seles mêlent, fort les ont recenglés, R. de Cambrai, i70. || xv* s. Sans arrester, fors que pour son cheval ressangler, froiss. i, 1, 38.

— ÉTYM. Re..., et sangler.

RESSASSÉ, ÉE (re-sâ-sé, sée), part, passé de ressasser.|| 1* Sassé de nouveau. || Fig. Pour arriver à celle connaissance [des tours de la langue latine], il faut avoir vu ces mots, ces tours et ces phrases.

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maniés et ressassés, si je puis ainsi parler, dans mille occasions différentes, d'alemb. Latin des mod. Œuv t. III, p. 123, dans pougens. || Fig. Passé au ;as, critiqué. Le roi, au retour de la campagne de I6G7, ayant été harangué par les compagnies supérieures, alla ensuite à la chasse; et, comme il penncu tait qu'on l'entretînt librement au débotté, lei harangues du matin y furent toutes ressassées l'une après l'autre, d'olivet, Hist. Àead. I, t. || i' Redit à s:itlétc. Des arguments cent fois ressassés.

RESSASSER (re-sâ-sé), v. a. || 1* Sasser de nouveau. Ressasser de la farine. |i 2* Mêler de nouveau. Un des noms reste encore, et le prélat par grâce Une dernière fois les brouille elles ressasse, boil. Lutr. 1. Il 8° Fig. et familièrement. Examiner à plusieurs reprises. Ressasser un compte. On écrit, on plaide, on retourne sur une affaire depuis le déluge, on la ressasse, sév. I6 mars (689. n Ressasser un ouvrage, l'examiner arec soin pour en découvrir jusqu'aux moindres défauts. || Ressasser quelqu'un, ressasser la conduite de quelqu'un, examiner sa conduite avec soin, pour voir si l'on n'a rien à lui reprocher. || On disait autrefois : ressasser les gens d'affaires, les traitants, faire des recherches contre eux. Les financiers avaient profité du temps qu'on avait eu besoin d'eux, jusqu'à passer tout ce qu'ils voulaient; Noailles et Rouillé voulurent les ressisser, st sm. 425, (38. || 4» Familièrement. Répéter sans cesse. 11 ne fait que ressasser les mêmes choses. Et ce faux bruit, tant soit-il insensé, Ne manquera d'être encor ressassé, J. B. ROLSS. Ep. I, 3. S'il y avait eu une seule vérité cachée dans vos amas d'arguments qu'on ressasse depuis tant de siècles, on l'aurait découverte sans doute, volt. l'Ingénu, )4.

— ÉTYM. Re..., et sasser.

f RESSASSECR (re-sâ-seur), *. m. Celui qui ressasse, qui revient sans cesse sur les mêmes idées. En qualité de pauvres compilateurs par alphabet, de ressasseurs d'anecdotes, d'éplucheurs de minuties.... VOLT. Dict. phil. Samson. Maudit géomètre, triste ressasseur d'à et d'y, d'alemb. Lett. au roi de l'r. 3 janv. i77t.

RESSAUT (re-sô), s. m. \\ 1° Terme d'architecture. Saillie formée par quelque partie en dehors d'une ligne ou d'une surface. Selon lui [M. de la Gardette], le temple fut couvert en métal, attendu, ajoute-t-il, que, si l'on se fût servi de dalles de pierre, d'après la position avérée des entailles, les tuiles de pierre auraient fait ressaut sur le comble en pierre du fronton, quatremèrk de quincy, Inst. Mém. hist. et litt. anc. t. m, p. 271. || On dit d'un escalier, qu'il fait ressaut, si l'appui n'est pas continué sur une même ligne suivant sa rampe. Il Par analogie. Les ressauts d'un rocher, {j 2° Passage brusque d'un plan horizontal à un autre. Nous franchîmes un des ressauts de la plaine, chateaub. Itin. part. m. Les chaînes parallèles du Jura [vues du Mont-Blanc], semblables à de légers ressauts de terrain, CH. martins, Rev. des Deux-Mondes, (805, t. Il, p. 400. Il 3° Terme de couvreur. Nom des bourrelets que l'on fait à l'extrémité des nappes de plomb d'un chéneau. || 4° Fig. Décousu des propos. Je profilais du peu de suite et des ressauts ordinaires de sa conversation [de Villeroy] ST-sm. 392, 61.

— ÉTYM. Re..., et saut; provenç. ressaut, resaut; calai, ressalt; espagn. resalto; ital. risalto.

RESSAUTÉ, ÉE (re-s6-lé, tée), part, passé de ressauter. Le fossé sauté et ressauté.

RESSAUTER (re-sô-lé). || 1° Y. a. Sauter de nouveau. Ressauter un fossé. {| f V. n. Il sautait et ressautait par-dessus la corde. || Terme d'architecture. Faire des ressauts. Corniche qui ressaute.

— HIST. xvi* s. Ces entrechoquements et cheutes, où l'on ne se fait point de mal, et puis qu'on ressaute incontinent à cheval, comme si on estoit devenu léopard, langue, <46. Ces gens estans râliez combatent à pied et à cheval, meslent à coups d'espée, font resauter la barrière, suivent leur pointe 400 pas, et laissent )00 hommes sur le pavé, d'aub. Hist. m, 2n9.

— ÉTYM. Re..., et sauter; prov. ressautar, resautar; catal. ressaltar; esp. rwa/lar ; ital. risaltare,

f RESSAYER (rè-sè-ié), v. a. Il se conjugue comme essayer. Essayer de nouveau.

— HIST. xiii* s. Li quins [le cinquième] autrement le ressaie : Il la sert [sa dame], et done joiaus. Lai du conseil. Puis les li oste, puisressoie Cum li siet bien robe de soie, la Rose, 21201.

— ÉTYM. Re..., et essayer.

t RESSÉANT, ANTE (re-sè-an, an-t'), adj. Ancien terme de coutume. Qui réside, domicilié. El qu'ils auront donné caution resseante et solfable de

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rapporter un certificat en bonne forme du déchargement, Ordonn. 22 juill. joui.

— HIST. XVI' s. Le parlement n'estoit lors resseant en la ville de Paris, ains suivoit la cour du roi, PASQUiER, Hech.liv. vui, p. 723, dans lacubne.

— ÉTYM. Le même que résident.

t KESSEL (re-sèl), s. m. Se dit, à Bordeaux, du sel qui reste au fond des vaisseaux dans lesquels on a chargé le poisson.

— ÉTYM. Re..., et sel.

t RESSELLER (re-sè-lé), v. a. Remettre la selle i un cheval. li n'eut pas sitôt dessellé le cheval qu'il fallut le resseller.

— ETYM. Re, et seller.

RESSEMBLANCE (re-san-blan-s'), s. f. || 1° Degré plus ou moins parfait de conformité entre les personnes ou les choses. Seigneur, nous n'avons pas si grande ressemblance, Qu'il faille de bons yeux pour y voir différence, corn. Nicom. iv, 3. Même un singe en cette occurrence. Profitant de la ressemblance [avec l'homme], Lui pensa [au dauphin] devoir son salut, la font. Fahl. iv, 7. Mon bras saurabien tantôt Châtier cette insolence, Et je vais m'égayer avec lui comme 11 faut, En lui volant son nom avec sa ressemblance, MOL. 4 mp/i. i, 2. Quelque ressemblance que la nature créée ait avec son créateur, Paso. Lelt. à Mme Périer, (•' avr 1648. Deux visages semblables, dont aucun ne fait rire en particulier, font rire ensemble par leur ressemblance, m. Pens. VII, 38, édit. havet. Ce grand Dieu qui l'avait fait [l'homme] à sa ressemblance, boss. Hist. II. t . Le plaisir de la société entre les amis se cultive par une ressemblance de goût sur ce qui regarde les mœurs, et par quelque différence d'opinions sur les sciences, la brut. v. Il se trouvait entre leurs caractères (M. de Malezieu et M. de Court] toute la ressemblance, et de plus toute la différence qui peuvent servir à former une grande liaison, fonten. Ualexieu. Et votre ressemblance Avec votre jumeau passe la vraisemblance, regnabd, Ménechm.m, \. Nous ne devons pas douter que les différences ou les ressemblances que nous apercevons entre les objets ne soient des différences et des ressemblances certaines et réelles dans l'ordre de notre existence par rapport à ces mêmes objets, buff. Hist. anim. ch. i. C'est bien partout [sur le théâtre] l'air de la vérité, sa ressemblance, mais jamais sa copie, mar- MONTEL, Œuv. t. vu, p. 43. Des vieillards qui avaient connu Pisistrate croyaient le trouver dans le jeune Périclès; c'étaient, avec les mêmes traits, le même son de voix et le même talent de la parole; il fallait se faire pardonner cette ressemblance;, bartiiél. Anach. IrUrod. part, ii, sect. 3. || Ressemblance à. Cette scène de la duchesse d'Irton avec Elisabeth a quelque ressemblance à celle d'Atalide avec Ro.vane, VOLT. Comm. Corn. Rem. Comte d'Es.iex, m, 4. Les pétales de l'asphodèle ont quelque ressemblance à des fers de pique, i. J. rouss. Lelt. à Du Peyrou, looct. 1764. Il Ce fils est la vraie ressemblance de son père, est toute la ressemblance de son père, il y a beaucoup de ressemblance entre eux. || Se tromper à la ressemblance, prendre pour la même chose ou pour la même personne deux choses, deux personnes qui se ressemblent. || 2° Terme de peinture, de sculpture, etc. Conformité entre l'imitation de l'objet et l'objet imité. Attraper la ressemblance. Ce peintre saisit la ressemblance. || 3» Apparence. Il doit éviter la mine même et la ressemblance de la révolte, BALZ. Disc, à la rég. L'homme de Dieu était à pied, portantdans la simplicité de son maintien la ressemblance d'un prophète, mass. Confér. Usage des re». ecclés. Il Sans aucune ressemblance, ne ressemblant à rien, invraisemblable; locution aujourd'hui hors d'usage. Voilà de ces vérités exactes [sur la bataille de Hochstedt], mais sans aucune ressemblance, et que la postérité ne croira pas, st-sim. 135, 248.

— HIST. xvr s. [Sorte d'] apprentissage et ressemblance [image] de la mort, mont, i, 69. La ressemblance des enfants aux pères.... ressemblance d'humeurs, iD. ii, 298. Ils ont grande abondance de poisson et de chairs qui n'ont aulcune ressemblance aux nostres, id. i, 236.

— ÊTVM. Re.isemhlant.

RESSEMBLANT, ANTE (re-san-blan , blan-t'), adj. Qui ressemble. Des pieds jusqu'à la tête il est comme moi fait. Beau, l'air noble, bien pris, les manières charmantes; Enfindeux gouttes de lait Ne sont pas plus ressemblantes, mol Amph. n, l. Vous m'avez dit que vous ne me causiez que des inquiéiudes et des douleurs.... c'est une belle idée et bien ressemblante aux sentiments que j'ai pour vous, SÉv. 4 3 août 1677. Je ne puis comprendre qu'un infini réel hors de moi ait du imnrimer en

moi, qui suis borné, une image ressemblante à la nature infinie, fén. existence, ii, i. Idée de l'infini. Après avoir ainsi traité celte compagnie ll'Académie française raillée dans les Lettres persanes], il [Montesquieu] fut loué par elle, à sa réception, du talentde faire des portraits ressemblants, volt. Oict. phil. Contrad. 1. 1| Voilà deux hommes bien ressemblants, ils se ressemblent beaucoup. || Ce portrait est ressemblant, il représente exactement le modèle.

— SYN. ressemblant, semblable. Les objets ressemblants ont un degré plus ou moins parfait de similitude. Les objets semblables ont la similitude entre eux.

RESSEMBLER (re-san-blé), ». n. || 1° Avoir de la ressemblance avec quelqu'un ou quelque chose. Il [Héphestion] était de son âge [d'Alexandre], et ne lui ressemblait pas mal de visage, vaugel. Q. C. m,

1. Ils [les indiscrets] ressemblent, dit le Sage, à une ville sans murailles, qui est ouverte de toutes parts, Boss. Duch. d'Orl. Nous mourons tous.... et nous allons sans cesse au tombeau ainsi que des eaux qui se perdent sans retour ; et en effet nous ressemblons tous à des enux courantes, boss. Duch. d'Orl. Son myrte armé de fer qui dans ses mains légères Fait ressembler la lance au sceptre des bergères, delille, En. vu. || 2° Il se dit de la ressemblance morale ou intellectuelle. Le caractère de Valens ressemble trop à celui de Félix dans Polyeucte, et a même quelque chose de plus bas, CORN. Théod. Examen. Quand sur une personne on prétend se régler. C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler, mol. Fem. sav. i, t. Que Dieu et la nature lui rendent [à la fille de Mme de Montausier] ce qu'elle a fait pour l'un et pour l'autre, et lui donnent des enfants.... qui lui ressemblent et qui aient pour elle ces sentiments tendres et respectueux qu'elle a conservés pour son incomparable mère 1 fléch. Duch. de Jfont. Chacun croit que l'on lui ressemble, quinault, Cadmus, lit, t. On connaît bien des personnes à qui on serait bien fâché de ressembler pour la probité, mass. Carême, Culte. Mais toi, Crotoniate grossier, crois-tu que se vanter de porter un bœuf, ce ne soit pas se vanter de lui ressembler beaucoup ? fonten. Vial.

2, iforls ane. Tout homme est capable de faire du bien à un homme ; mais c'est ressembler aux dieux que de contribuer au bonheur d'une société entière, MONTEfQ. Lett. pers. 89. Si on pouvait le comparer [Turenne] à quelqu'un, on oserait dire que, de tous les généraux des siècles passés, Gonsalve de Cordoue, surnommé le grand capitaine, est celui auquel il ressemblait davantage, volt. Louis IIV, (2. Je ressemble au père Simon, à qui l'archevêque de Paris demandait à quoi il s'occupait pour mériter d'être fait prêtre : monseigneur, répondit-il, je critique la Bible, volt. Lelt. Chauvelin, 25 août <763. L'affectation de ne ressembler à personne fait souvent qu'on ne ressemble pas à soi-même, mar- MONTEL, Œuv. t. VI, p. tB9. 11 est rare que les hommes célèbres aient des enfants qui leur ressemblent; le nôtreena plusieurs d'un mérite distingué, d'alemb. Éloges, Bernoulli. Je conviens qu'à la vérité la génération passée ressemblait beaucoup à ma pièce; que la généialion future lui ressemblera beaucoup aussi ; mais que, pour la génération présente, elle ne lui ressemble aucunement; que je n'ai jamais rencontré ni mari suborneur, ni seigneur libertin, ni courtisan avide, beaiimarch. Préf. du Mar. de Fig. Ces tableaux qui représentent dans Brutus les vertus qui ressemblent au crime, stael, Corinne, ym, i. L'on est si souvent lassé de soimême, qu'on ne peut être séduit par ce qui nous ressemble, iD. ib. XVI, < . Il Je n'ai pu croire telle chose de vous, cela ne vous ressemble pas, cela n'est pas conforme à tout ce que l'on connaît de vous. || En un sens opposé, cela lui ressemble, je le reconnais à cela. Je n'ai point su qu'il [le maréchal de Gramont] ait dit les méchantesplaisanteries qu'on vousa mandées; elles lui ressemblent pourtant assez, sÉv. 27 juin (678. On m'a mandé que M. de Luxembourg, voyant la victoire assurée [à Fleurus], chanta entre ses dents : Sangaride, ce jour est un grand jour pour vous [Àtys, de Quinault, i, 6]; cela m'a fait rire, et lui ressemble en vérité, id. 12 juill. 1690. Il Familièrement. Cela ne ressemble à rien, se dit, le plus ordinairement en mauvaise part, de quelque chose de mauvais goût, bizarre; et rarement, en bonne part, de quelque chose d'un goût original, nouveau. || Cela ressemble à tout, se dit d'une chose commune, banale, sans caractère. Il 3» Terme d'arts. Offrir l'imitation exacte d'un objet. Ce portrait vous rissemble beaucoup. Ce peintre a le talent de faire ressembler. Copie qui ne res-

semble pas à l'original. || 4" Se ressembler, ayolr d« la ressemblance l'un avec l'autre. Ces deux sœur» se sont ressemblé dans leur enfance. Newton a dit que la nature se ressemble partout, volt. Oreilles, 2. Les animaux se ressemblent, en général, beaucoup moins que les plantes; et c'est cette ressemblance entre les plantes qui fait la difficulté de les reconnaître et de les ranger, buff. Hist. anim. cl. i. La nature, qui n'a pas voulu que deux feuilles se ressemblassent, a mis encore plus de divers té dans les âmes, stael, Corinne, \ii, <.||Ces deux personnes se ressemblent comme deux gouttes d'eau, leur ressemblance est parfaite. |{ On se ressemble de plus loin, se dit quand on explique que la ressemblance entre deux personnes tient à leur parenté. On se ressemble de plus loin, c'est mon lils. Il II se dit de la ressemblance morale ou intellectuelle. Nos fiertés pour cela ne se ressemblent pas, COBN. Attila, m, 4. Mon Dieu, marquis, ce n'est pas à toi que je parle; c'est à une douzaine de messieurs qui déshonorent les gens de cour par leurs manières extravagantes, et font croire parmi le peuple que nous nous ressemblons tous, mol. Critique, 6. Tous les hommes se ressemblent si fort, qu'il n'y a point de peuple dont les sottises ne nous doivent faire trembler, fonten. Orig. fabl. Il y a des hommes qui se ressemblent si fort, que ce n'est pas la peine de les étudier séparément; qui a vu dix Français les a tous vus, j. j. rouss. Ém. V. On compare ordinairement Malebrancbe et Locke, sans doute parce qu'ils ont tous deux écrit sur l'entendement humain; d'ailleurs on ne peut pas se ressembler moins, condil. Traité des syst. ch. 7. Nous sommes nés pour ne nous ressembler jamais, et pour nous convenir toujours, genlis. Ad. et Th. t. II, p. 108, dans pougens. Ainsi tout se ressemble, ainsi l'erreur voyage. Passe d'un monde à l'autre, et vole d'âge en âge, delil. Imag. viii. Il Cela ne se ressemble pas, se dit de deux choses fort différentes. || Ressembler à soi-même, conserver les mêmes qualités ou défauts. Pour bien faire, Néron n'a qu'à se ressembler, rac. Bril. i, 2. Les hommes et surtout les enfants ne se ressemblent pas toujours à eux-mêmes : ce qui est bon aujourd'hui est dangereux demain, kên. Éduc. des jdles, V. Je souhaiterai que vous ressembliez toujours à vous-même, et que les autres rois vous ressemblent, VOLT. Lett. au pr. roy. de Pr. 26 août 1736. Vous, avez sûrement entendu dire comme moi que M. C... ne se ressemble plus.... rien ne métamorphose comme un portefeuille, musset-pathat. Contes hislor. p. 128. ||Ce peintre, ce musicien se ressemble, il se rép'te, ses ouvrages manquent de variété. || Cela se dit aussi des ouvrages eux-mêmes. Les pièces de Saint-Foix se ressemblent encore plus que celles de Marivaux, qui du moins a mis dans les siennes toute la variété que pouvait lui permettre le cercle étroit qu'il s'était tracé, d'alemb. Éloges, Marivaux. || Proverbes. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, le bonheur ni le malheur ne durent pas toujours. Il lui représente [Solon à Crcsusj que la vie de l'homme est ordinairement composée de soixante et dix années, qui font en tout vingt-six mille deux cents jours, dont aucun ne ressemble à l'autre, bollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p, 117, dans pougens. || Tous les doigts de la main ne se ressemblent pas, tous les frères ne sont pas de même caractère, de même mérite. Il Qui se ressemble s'assemble, les personnes de même caractère se recherchent mutuellement. Cela se dit d'ordinaire en mauvaise part. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— REM. 1. Ressembler quelqu'un, qui est resté populaire, est aujourd'hui complètement hors d'usage. On le trouve dans Malherbe, dans Régnier, dans Bossuet : Et ses pleurs, qui tantôt descendaient mollement. Ressemblent un torrent.... malh. i, 4. Dont la maussade mine Ressemble un de ces dieux des couteaux de la Chine [sorte de couteaux dont le manche était en forme de marmouset], Régnier, Sut. X. Cette majesté infinie [de Dieu], toute resserrée en elle-même, cachée dans ses propres lumières, séparée de toutes choses par sa propre étendue, qui ne ressemble pas les grandeurs humaines où il y a toujours quelque faible, boss. 3* sermon, Annonc. 2. Il 2. L'usage ne veut pas qu'on dise : Ce portrait ressemble ; mais ce portrait est ressemblant.

— illST. xt* s. Par tels paroles vous resemblei enfant, Ch. de Roi. cxxxii. || iiii' s. Ha Dox ! com mar le ressambloient cii qui as autres pois ierent aie eschiver le péril! villeh. xl. Fille, ce dist li rois, ressemblez vostre mère, Berte, iv. Et s'escrieut (restait ensemble : Sire Hoouel, il resemble

RES

RES

RES

[semblel Que Tosaiez chaoïez les lous, lien. <87«0.

IirRéduit) resembloit une painlure,Tanl ère [était] biaus ei acesmés [orné], El de tous mnmbres bien formé'!, la Rose, 816. ixv's. (Edouard II] qui point ne le ressembla ]Édouar(l I] de sons ni de prouesse, FBOiss. I, I, 2. Il XVI' s. Il en treuve les actes beaux, et désire ressembler àceulx(]ui les font, amyot, Péric. 1. Ildisoit aussi que les Romains ressembloient un troupeau de moutons, id. Cat. < 6. Se ressemblant de faces, Comme on voit les trois Grâces, du beli.. V!ii, 4, reclo. I.e jeune Ciceron, qui n'a ressemblé son père que de nom, mont, ii, io8. Les paroles du soir ne ressemblent pas à celles du matin, cotgbave.

— ÊTYM. fle..., et sembler; picard, rojsaner, restaner, ersianer; wallon, rissoné, russoU; provenç. ressemhlar , ressfmlar ; ital. risembrare.

RESSEMELAGE (re-se-me-la-j'), s. m. Action de ressemeler; résultat de cette action. On peut dire à ton honneur que tu fais bien des ressemelagns à crédit,™. LKCi.Enco, Prou. 1. 1, p.256,dans pougens.

RESSEMELÉ, ËE (re-se-me-lé, lée), part, passé de ressemeler. .Souliers ressemelés.

RESSEMELER (re-se-me-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : je ressemelle, je ressemellerai), ». o. Mettre de nouvelles semelles à une vieille chaussure. || Fig. L'ami Lantin [Voltaire lui-même] ne s'est amusé à ressemeler Sophonisbe que pour montrer qu'il y avait du tragic|ue avant le raisonneur [Corneille], volt. Lett. l.aharpe, 37 juillet <770. Il Se ressemeler, v. réfl. Être ressemelé. Ces bottes ne peuvent se ressemeler.

— ÉTYM. Re..., et semelle; wallon, rismelé. RESSEMÉ , ÉE (re-se-mé, mée) , part, passé de

ressemer. Des pois ressemés dans un champ.

RESSEMER (re-se-mé. II se conjugue comme semer), t). o. || 1° Semer de nouveau. Ressemer un champ. Les plus avisés ressemèrent des orges dans les terres où il y avait eu du blé, st-sim. 223, 256. Quand je trouvais les semences de quelque végétal utile, je les ressemais, bebn. de st-p. Chaum. ind. Il Fig. Pour vous [enfants] sa main [de Dieu] ressème Les champs de l'avenir, bébanq. Orage. || 2" Se ressemer, v. réfl. Être ressemé. Il est bien remarquable que le blé ne se ressème point de lui-même, BEBN. DE ST-P. IlaTm. liv. I. Tabl. génér.

— HIST. XVI* s. Les bleds resemez jusques à trois fois estoient mangez la nuit par une sorte de limaçons qui se cachoient de jour en terre, d'aub. his't. m, 96. Ce vieil capitaine se souvenoil de Dreux et de son peu d'hommes ; ainsi se contenta de resemer son arquebuserie aux endroits les plus cachés du bas, id. ib. i, 324.

— ÉTYM. Re..., et semer; wallon, rissemi. RESSENTI, lE (re-san-ti, tie), part, passé de

ressentir. Il 1° Qu'on a senti, éprouvé. Une douleur subite ressentie dans le gros orteil. || 2° Terme d'arts. II se dit des formes, des traits que l'artiste a rendus avec force et caractère. Ou les parties sont trèsressenties, ou elles ne le sont point du tout, dider. Salon de 1767, (Eut), t. xv, p. (46, dans pougens. Il Par extension. [Chez le cygne] coupe de corps élégante, formes arrondies, gracieux contours, tlancheur éclatante et pure, mouvements flexibles et rebs.>ntis, buff. Ois. t. xvii, p. 6.

RESSENTIMENT (re-san-ti-man), «. m. || l'Action de ressentir. Ils (les hommes] ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l'occupation au dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles, pasc. Pens. iv, 2, éd. havet. Il 2° Particulièrement. Faible renouvellement d'un mal, d'une douleur. Je vous ai dit la vérité quand je vous ai assurée que je n'avais eu aucun ressentiment de néphrétique, sÉv. 42(. Ces ressentiments de folie sont sans conséquence, vauven. Justesse. Il II se dit, dans un sens analogue, de souffrances morales. Ce n'est |ias que je souhaite que vous soyez sans ressentiment [de la mort de Pascal le père]; le coup est trop sensible, pasc. Lett. d Mme Périer, 4 7 oct. 1651. Selon fut louché d'un ressentiment [douleur de la mort de son fils] si vif et si cuisant qu'il commença à déchirer ses habits, fBn. Soion. Il 3° Souvenir d'une action morale dont nous avons été l'objet. Dieux, garants de la foi que Jason m'a donnée.... S'il me peut aujourd'hui chasser impunément, Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentiment, CORN. Hédée, I, 4. Il Autrefois, sentiment de reconnaissance, souvenir reconnaissant (ce sens a rieilli, mais, bien placé, il pourrait encore être employé) . Un acte par lequel je pusse témoigner à tout le monde et la grSce que vous m'avez faite, et le ressentiment avec lequel je l'ai reçue, voit. Lett. 174. Je me trouve bien embarrassé dans la pensée que j'ai, que, si je ne remercie pas M. le procureur

général autant que mon ressentiment me le conseille, il ne me soupçonne de n'en avoir guère; et, si je le reniercie autant que j'en ai envie, qu'il ne croie que j'ai l'àme fort intéressée, sgarb. Lett. (liuv. t. i,p. •.'43, dans POUGENS. Madame, je viens.... vous témoigner avec mes transports le ressentiment où je suis des bonté» surprenantes.... mol. Pr.d'Él. IV, 4. L'honneur imprévu de votre présence [le maréchal Schomberg] est pour moi une rencontre si favorable,que jenepuisvous en dissimuler mon ressentiment, Boss. Panég.Sl. Gorgon, Préamb. Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée, Est-il juste, seigneur, que seule, en ce moment, Je demeure sans voix et sans ressentiment? bac. Bér. il, 4. Gardant du bienfait seul le doux ressentiment, DELiLLE, Trois règn. viii. || Aujourd'hui, souvenir d'une injure avec désir de s'en venger. Ils ne montrèrent aucun ressentiment de la mort de leurs compagnons, vaugel. Q. C. x, t. Noirs enfants du dépit, ennemis de ma gloire, Tristes ressentiments, je ne veux plus vous croire, corn. Sertor. m, 4. Elle a toujours sacrifié ses ressentiments, et n'a jamais voulu nuire, non pas même à ceux qu'elle pouvait croire ses ennemis, ou, pour mieux dire, ses envieux, flécii. Duch. de Montaus. Tandis.... Que vos ressentiments se perdront en discours, 11 n'en faut point douter, vous vous plaindrez toujours, BAC. Brit. 1, 4. Il [Phalante] conservait un ressentiment de tout ce qui s'était passé entre Télémaque et Hippias, fén. Tél. xvii. Hessentiment n'est plus employé que pour exprimer le souvenir des outrages, et non celui des bienfaits, d'o- LivET, Rem. Rac. § <8. Un injure blesse, et le ressentiment est la blessure même, volt. Comm. Corn. Rem. Rod i, 7.

— HIST. XVI* s. [Gallion s'amusait en exil] ils le rappelèrent pour accommoder leur punition à son ressentiment, mont, i, 228. Ce ressentiment bien vif qui est naturellement en moi [de la poésie], id. i, 266. Offenser un homme sans sentiment [mort] plus tost que d'encourirle hazard de son ressentiment, iD. m, < I2.

— ÉTYM. VOy. RESSENTIR.

RESSENTIR (re-san-tir) , v. O. Il se conjugue comme sentir. || 1° Sentir, éprouver. Il a ressenti des douleurs dans les articulations. Ressentir du bienêtre, du malaise. Quelqu'un dira peut-être qu'elle n'a pas ressenti de ces douleurs aiguës qui font qu'on regarde la mort comme une consolation, FLêCH. Duch. de Mont. Quel peuple ennemi de la France n'a pas ressenti les effets de sa valeur ? id. Turenne. Le peuple lève sans ce.sse les mains vers lui [Dieu], et vous doutez même s'il existe, vous qui seuls ressentez les effets de sa libéralité et de sa puissance, mass. Pet. carême, Vices et vert, des Gr. Il Fig. Avec un nom de chose pour sujet. Tout ressent de ses yeux les charmes innocents, bac. Eslh. m, 9. Il 11 s'emploie d'une manière analogue au sens moral. L'ayant cherché longtemps afin de divertir L'ennui que de sa perte il pouvait ressentir, coBN. llod. v, 4. Mes sens par son excès [de ma douleur] sont demeurés perclus ; Pour la trop ressentir je ne la ressens plus, rotb. Àritig. m, 2. Revenue d'une si longue et si étrange défaillance, elle se vit replongée dans un plus grand mal [le regret de ses péchés], et, après les affres de la mort, elle ressentit toutes les horreurs de l'enfer, boss. Anne de Gom. Je ressens tous les maux que je puis ressentir, rac. Bér. v, 6. || 2° 11 se dit de l'âme saisie par un sentiment. Ressentir de l'amitié pour quelqu'un. C'est déjà ressentir l'amour Que de commencer à le craindre, quin. Proserp. l, 3. Tout ce que la reconnaissance, l'amitié, l'amour peuvent inspirer de plus tendre, de plus passionné, je le ressens, je l'éprouve pour vous, genlis, Théât. d'éduc. l'Amant anonyme, v, 2. || 3* Témoigner ressentiment, sympathie. Si votre affliction est une affliction publique, et si elle touche généralement tout ce qu'il y a d'honnêtes gens en France, je pense que vous ne doutez pas que je ne la ressente extrêmement, moi que vos bontés.... voit. Lett. 156. Le roi-prophète, qui ressentait le bien d'autrui comme le sien propre, fléch. Sermons, Envie. Il ressent mes douleurs beaucoup plus que moi-même, rac. Iphig. Il, 5. Je reconnais l'erreur qui nous avait séduits. Et ressens votre joieautant que je le puis,iD. Ipliig. m, 4. Il Témoigner ressentiment, désir de vengeance. Plus on doit ressentir les coups de cette offense, MOL.D. Gare, i, ). Plus l'offenseur m'estcher, plus je ressens l'injure, rac. Théb. i, b. Jupiter près de vous m'envoie en diligence Vous annoncer le pardon d'une offense Qu'il ressentit avec trop de chaleur, dancourt, Uilemps, m, H. Le roi [Charles VIJ

voulait empicher ses chevaliers de relever le gant, et de ressentir ces insultes particulières, ciutkaitb Génie, iv, v, 4. || Témoigner res.seiiiinienl, roconnais.sance. Je ne suis pas moins gciiér' ux i r^ ssentir cette faveur, que vous l'avez été à me la faire, VOIT. Lett. 46. Ressentez donc aussi cette félioiié, rac. EsJh. III, 4. Il 4* Reconnaître, apercevoir. On ressentait dans ses paroles [de Condé] un regret sincère d'avoir été poussé si loin [à la révolte) par ses malheurs, boss. Louis de Bourbon. || 5" Porter le caractère de. Tout ce qu'ils [les auteurs des .Sacramentaires] composaient était fait sur le iiio lole de ce qu'avaient fait leurs prédécesseurs; le style même ressent l'antiquité, et les choses la re.ssejitent encore plus, Boss. Erplic. de la messe, I9. Quoique tout ce qu'il [Jacob] dit des frères de Judc soit exprime avec une magnificence extraordlnaireK et ressente un homme transporté hors de lui-même par l'esprit de Dieu.... id. Ilist. ii, 2. Il en usa de la sorte par une prudence qui ne fut ni humaine ni lâche, et qui ne ressentit point le courtisan, mais le prophète, bourdal. 8* dtm. après la Pentec. Doniinic. X. m, p. <28. Avec quelle sévérité sainte Thérèse défendit elle qu'il y eût rien d.ms les bâtiments de son ordre qui ressentit la vanité! fléch. Panég. Ste Thérèse. Vous voyez en quels lieux vous l'avez amenée [votre fille]; Tout y ressent la guerre et non pas l'hyménée, bac. Ipfiig. m, l. Cette opinion [l'émission de la lumière] est démontrée de plus d'une façon, et, loin de ressentir la vieille philosophie, elle y est directement contraire, volt. Phil. Newt. II, 2. Il 6* Se ressentir, v. réfl. Sentir un reste d'un mal qu'on a eu. Il a eu la fièvre chaude, il s'en ressent encore. Il s'est ressenti de sa goutte ces jours derniers. || 7* Porter le caractère de. Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs eu soient héro'iques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie, rac. Bérén. Préf. La statue du dieu, haute d'environ trente coudées, est d'un travail grossier, et se ressent du goût des Égyptiens, barthél. Ànach. ch. *i.||8* Éprouver une influence fâcheuse. Son ouvrage se ressent de la précipitation avec laquelle il l'a composé. Sa maison a été brûlée, et les maisons voisines s'en sont ressenties. Tu te ressentiras des maux qu'on nous prépare, mairet, Mort d'Asdrub. iv, 4. Peut-on raisonnablement espérer que, dans un air tout corrompu, vous ne vous ressentiez jamais de sa corruption? boubual. 5* dm. après l'Épiphan. Domiinc. t. I, p. 242. Il ne fut pas le seul qui se ressentit de cette bizarrerie, hamilt. Gramm. 4 4.||ll m'a fait un tour, mais il s'en ressentira, il en portera la peine. || 9° En sens contraire, éprouver une influence favorable. Si je fais une grande fortune, mes amis s'en ressentiront. La grâce n'est donnée dans l'oraison qu'afin que toute la vie s'en ressente, boss. Et. durais.\in, 16. Dansune république, tout se ressent de la liberté publique, montksq. Esp. xvi, ». || 10° Se souvenir, avec amertume et avec désir de se venger, d'un tort, d'une offense, etc. Us se ressentirent des outrages qu'ils avaient reçus, vaiîg. Q. C. iv, 8. Je nesuis pas incapable de me venger, si l'on m'avait offensé et qu'il y allât de mon honneur à me res.sentir derinjure,LA rochef. Portrait. lisse sont ressentis du traitement que vous leur avez fait, mol. les Préc. xviii. Un homme qui a reçu un soufflet sans s'en ressentir est accablé d'injures, pasc. Petis. V, (4, éd. HAVET. Le célèbre vizir Achmet Couprougli avait traité le fils d'un ambassadeur de France avec outrage, et, ayant poussé la brutalité jusqu'à le frapper, l'avaitenvoyé en prison, sans que Louis XIV, tout fier qu'il était, s'en fût autrement ressenti qu'en envoyantun autreministie à la Porte, volt. Russie, ii, t. || Absolument. Les dieux, qui tôt ou tard savent se ressentir. Dédaignent de répondre à iiui les faitmentir, corn. Œd. i,6. || 11° Être senti, aperçu. Vous le voyez : cette nouvelle vivacité qui animait ses actions se ressent encore dans ses paroles, boss. Anne de Goni.

— HIST. xvi* s. Parquoy si tu as cueur de te ressentir jamais des dommages que t'ont fait tes ennemis, sers toy maintenant de mes calamilez.... AMYOT, Cor. 3B. Combien qu'à sa poursultie et par ses menées il eust esté banny d'Athènes, neantmoins i! no s'en voulut point ressentir lorsqu'il en eut l'occasion et le moyen, id. Arist. 6*. Les collations qui s'en ensuivent sont censées illicites et do nulle valeur, comme resentant simonie, p. pithod 66. La terre, ce semble, s'en ressentira d'avantagt. si elle est remuée en ceste saison, là. bobtie, 22».

RES

RES

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Nous avons poursuyvi avecques résolue volonté .a vengeance d'une injure, et ressenti un singulier contentement de la victoire, mont, i, 271.

— ÉTYM. Ré..., et sentir; provenç. et espagn. resenlir; catal. ressentir; ital. risenlire.

RESSERRÉ, Ce (re-sè-r6, ée),part. passé de resserrer. Il 1" Enfermé en des limites plus étroites. Comme il [le tourbillon de la vie de Rennes] était plus resserré, il en était plus violent, sév. t* août, )68(i. Ce pays [U France], beaucoup plus resserré qu'il ne l'est aujourd'hui, affaibli par les divisions du gouvernement féodal, volt. Ànn. Emp. Louis V, 1336. Le fleuve resserré en cet endroit les porta avec une rapidité et un bruit horrible, id. Candide, XVII. Il Terme de botanique. Se dit de la gorge d'une fleur monopétale, quand elle est moins large que le tube. Il Involucre resserré, celui qui se rétrécit de plus en plus vers son orifice. || Terme de zoologie. Nymphe resserrée, celle où l'insecte est à l'étroit. Il 2° Oui a peu d'étendue. Voyez-moi dans un logement resserré, triste. M"' biccoboni, Œuv. t. IV, p. 65, dans pougens. Démosthènes, qui commanilail l'arrière-garJe composée de sii mille hommes, s'étant égaré dans sa marche, fut poussé dans un lieu resserré, barthél. Anach. Introd. part. II, sect. 3. || Substantivement. Revenant avec le roi de la messe, Dumont, dans le resserré de la porte du petit salon, me tira par mon habit, stsiM. 285, (20. Il 3° Empêché, gardé étroitement. Louis XI, resserré dans ses forteresses et environné de ses gardes, ne sait à qui confier sa vie, boss. Panég. St François de Paule, t . Ils se voient traités comme des criminels, méprisés, déshonorés, resserrés dans une prison qui seula leur tient lieu de supplice, BOURDAL. Exliort. char, envers les prisonn. t. 1, p. 6B. Dans son palais il la tient resserrée. Loin de tous les plaisirs qui naissent à la cour, Perrault, Grisélidis. Depuis ce temps, ce père des chrétiens, Resserré loin de nous, blanchi dans ses liens, Gémit dans un cachot, volt. Zaïre, ii, i . Pourquoi suis-je en un point resserré par le temps? id. 6* dise. Il 4° Fig. Oui est retenu, limité. Cette douleur qu'elle [Sainte Thérèse] ressentait de se trouver resserrée par les bienséances de son sexe et par les règles de sa profession, elle qui eût voulu porter par tout l'univers les vérités de l'Évangile, fléch. fanégyr. Ste Thérèse. Ouelquefois dans sa course un esprit vigoureux. Trop resserre par l'art, sort des règles prescrites, boil. Art p. iv. Quand mes sentiments, resserrés, pour ainsi dire, autour de mon coeur par ma destinée, n'allaieut point s'évaporant au dehors.... j. J. Rouss. Promen. 8. il B° Absolument. Qui n'a pas d'étendue intellectuelle ou morale. Faibles esprits, ou plutôt cœurs étroits et entrailles resserrées, que la foi et la charité n'ont pas assez dilatées pour comprendre toute l'étendue de l'amour d'un Dieu, BOss. Anne de Gonz. L'esprit rempli d'idées magnifiques.... s'ennuie des qu'il se trouve renfermé en lui-même et resserré en un petit nombre d'objets languissants qui ne le frappent que faiblement, fléch. Duch. de Mont. Il Physionomie resserrée, physionomie qui ne laisse rien voir. On ne s'explique point en ce lieu-là [la Bastille]; et tous les gens qui vous abordent ont une physionomie si resserrée, qu'on ne s'avise pas de leur faire la moindre question, staal, Mém. t. ii, p. 94. Il 6° Ventre resserré, se dit quand les selles ne sont pas libres. || Absolument. Être resserré, être constipé. Comme il [le roi] devint, la dernière année de sa vie, de plus en plus resserré, Fagon lui fit manger beaucoup de fruitsàlaglace, st-sim.4o.3,252.

RESSIiRREMENT (le-sê-re-raan), s. m. \\ l' Action par laquelle une chose est resserrée. Un de nos faiseurs de dictionnaires a fort loué resserrement dans le sien, et je m'étonne qu'il y ait oublié brisement; l'un vaut bien l'autre, bouhouks, Suite des Uem. p. 327. La plupart des anciens croyaient que l'âme est dans la poitrine.... c'est qu'en effet, dans tous nos sentiments un peu violents, on éprouve, vers la région du cœur, une dilatation ou un resserrement qui a fait penser que c'était là le logement de l'âme, volt. Diet. phil. Késurrection, i. [En hiver] le resserrement de la terre par le froid supprime une partie des émanations de la chaleur intérieure, bufp. Théor. Urr. part. hyp. Œuv. t. IX, p. 341. Il Étranglement d'un filon ou d'une couche, partie plus resserrée. |ia° Fig. Le resserrement de l'argent, sa moins grande circulation, causée par les craintes qu'éprouvent les capitalistes dans les temps de discrédit. H 3° Fig. Il se dit de l'âme, de l'esprit. Je demeurai près de deux heures dans ce resserrement de joie, à laquelle je ne pouvais me résoud'4 de laisser prendre un plein essor.

ST-siM. 6)2, 2t. Quel resserrement d'esprit, quelle absurde grossièreté de dire : le chaos était éternel, et l'ordre n'est que d'hier! volt. DiaJ. 26. \\i° Empêchement à l'expansion morale. 11 y avait dans le jansénisme un principe concentré, énergique, mais qui devint vite stérile et qui tendait au resserrement; il n'avait rien d'expansif, sainte-beuve , Port-Hoyal, 3* édit. t. i, p. 294. || 5° Resserrement se dit quelquefois pour constipation.

— ÊTYM. Resserrer.

RESSERRER (re-sè-ré), ». a. || 1" Replacer, remettre une chose en son lieu. Resserrez cette vaisselle dans l'armoire. Monsieur du Maine ayant eu commandement du roi de resserrer au Château- Trompette toute l'artillerie de son gouvernement, MALH. Lett. II, 28. Il i° Serrer davantage ce qui s'est lâché. Resserrez ce cordon, ce nœud. Ses beaux cheveux pendants Oue le turban et l'art resserraient au dedans, mair. Solim. m, 9. Sur ses membres gonflés la corde se replie. Et comme un long serpent resserre et multiplie Sa morsure et ses nœuds, V. lufGO , Orient. Uaseppa. || Par extension. X cette heure que vous avez eu quelque loisir de resserrer le débordement de vos larmes, et de recueillir vos esprits dissipés en la nouveauté de cet accident, MALH. Lett. I, H. Il Fig. Vous avez brisé mes liens. Seigneur, on ne me verra plus en resserrer les funestes nœuds, mass. Carême, Rechute, ( . Le sang du duc de Norfolk resserra les chaînes de cette princesse malheureuse [Marie Stuart], volt. Mœurs, te». || 8' Rendre étroit, plus étroit. Le froid resserre les pores. || Ce pays est fort resserré par la mer, il n'a pas d'étendue en largeur à cause du voisinage de la mer. {| 4" Resserrer un prisonnier, le garder très-étroitement. Les amis de Mme Guyon savent que vous l'avez vue. Monseigneur, et que vous lui avez porté la lettre du P. de la Combe ; ainsi la nécessité de resserrer cette femme augmente, maintenon, Lett. ou card. de Noailles, 29 mai 1697. || Cette place est fort resserrée, est resserrée de très-près, les assiégeants l'entourent de si près qu'il est bien difficile d'y faire rien entrer et d'en faire rien sortir. La ville est investie, et le blocus de la capitale de la Livonie est resserré, volt. Russie, i, <9. || On dit dans un sens analogue : Cette garnison est fort resserrée. Il 6* Resserrer son argent, le retirer de la circulation, le garder par devers soi. Les personnes prudentes, qui ne voulaient pas jouer leur argent, au hasard de le perdre, le resserraient; elles attendaient le moment d'en faire usage avec moins de risque, et le commerce en souffrait, con- DiL. Comm. gouv. ii , ». || 6° Rendre le ventre moins libre ou moins relâché. Les coings resserrent le ventre, et, absolument, resserrent. Il 7" Fig. Renfermer dans des bornes plus étroites. Ces événements connus où il ne nous est pas permis de rien changer, qu'autant que la nécessité indispensable de les réduire dans la règle, nous force d'en resserrer les temps et les lieux, CORN. Sertor. Au lecteur. Pour l'unité de lieu et d'action, ce sont deux règles que j'observe inviolablement; mais j'interprète la dernière à ma mode, et la première, tantôt je la resserre à la seule grandeur du théâtre, et tantôt je l'élends jusqu'à toute une ville, id. la Veuve, Au lecteur. Le tempérament et la coutume mettent des difl'érences infinies entre les hommes, et resserrent ordinairement beaucoup leurs qualités, vauven. Justesse. Les Polonais, qui, sans beaucoup de murmure, ont vu resserrer ce droit par la diète de 4768, j. j. rouss. Gouv. de Pologne, ch. 9. ô homme I resserre ton existence au dedans de toi, id. Ém. ii. 11 se peut que la superstition litiéraire et le préjugé aient trop resserré les limites des beaux-arts; mais ce n'est pas non plus par des dissertations qu'on pourra étendre ces hmites, d'alemb. Eloges, Lamotte. || 8» En parlant d'un ouvrage d'esprit, abréger. Je n'ai rien trouvé ni à resserrer, ni à étendre; cet ouvrage me parait digne du siècle qu'elle [Catherine II] fait naître, volt. Lett. prince Galitiin, n avril 4767. Que de faits inutiles il faut retrancher de l'histoire, et que je me sais bon gré d'avoir resserré celle de Charles XII I 10. Fragm. sur l'htst. xi. ||I1 se dit, dans le même sens, des auteurs eux-mêmes. On ne lit jamais l'un sans être tenté de l'étendre; l'autre, sans être tenté de le resserrer, dider. Claude et Nér. Il, 10. Il Terme de musique. Resserrer l'harmonie, en rapprocher les parties les unes des autres dans les moindres intervalles possibles. || $• Fig. Empêcher l'expansion morale. Il y a des passions qui resserrent l'âme et qui la rendent immobile, et il y en a qui l'agrandissent et la font répandre en dehors, pasc. Pass. de l'amour La médiocrité de sa

fortane ne resserrait pas son cœur, m'"* riccoiio.m, Œuv. t. III, p. 236, dans pouoens. 1| 10° Fig. Hendre plus étroite l'union. Il [M. d'Amon] est envoya du roi de Prusse, il vient resserrer les liens il' s deux nations, volt. Lett. Mme d'Argental, 8 aie. (750. Je resserre nos nœuds par l'hymen d'Octavic, ID. Triumv. i, 3. Pour resserrer de plus en plus l'amitié, Mme des Orsins so fit nommer, ou se constitua elle-même gouvernante des enfants, luclos, Œuv. t. V, p. 80. Il 11° Se resserrer, v. réfi. Se rétrécir, devenir moins étendu. Ce pays, ce terrain se resserre. Il [les tatous] se resserrent en boule, et, pour les faire étendre, on les met près du feu, BUFF. Quadrup. t. iv, p. (23. |) Les pores se resserrent, ils deviennent moins ouverts. |{ Devenir plus dense. Les fentes perpendiculaires qui se trouvent dans les montagnes ont été formées presque en même temps, c'est-à-dire lorsque ces matières se sont resserrées par le refroidissement, buff. Not. just. Ép. nat. Œuv. t. xiii, p. 248. || Le ventre se resserre, il devient moins libre ou moins relâché. Il Le temps se resserre, il devient plus froid. || 12° Fig. Se mettre en des limites plus étroites. Pourquoi nous resserrer dans le cercle étroit d'une petite société isolée, quand notre société doit être celle de l'univers? VOLT. Phil. Sermon de J. Rossette. \\ IS" U se dit de l'éme qui éprouve un sentiment comparé à un resserrement. Mon cœur s'est resserré à leur égard , parce que leur âme m'a été infidèle, saci. Bible Zac. XI, 8. C'est alors, disons-nous, que le cœur, qui se resserre dans l'inquiétude du besoin, reprendra sa liberté tout entière dans la commodité et dans l'aisance, boss. Sermons, Impénit. ( . Le moyen qu'un homme soit uni de cœur au prochain, tandis qu'il se resserre en lui-même, boubdal. )2" dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 284. Mon cœur de crainte et d'horreur se resserre, HAC. Esth. m, 3. Il 14° Se resserrer, retrancher de sa dépense. Les temps sont mauvais, les plus riches se resserrent. || Dans un temps de discrédit, les bourses se resserrent, l'argent se resserre, on fait moins de dépense, on prèle moins. |{ 15° Se restreindre à, se borner à. Je me resserrerai dans ma réfutation des nouvelles impostures que vous employez pour la justification de ces casuistes, PASC RéftUat. de la rép. à /o ( 2° Utt.

— HlST. XV' s. La damoiselle resserra le guichet, et s'en retourna en sa chambre, louis xi, Nouv. XXXI. Il xvi' s. Elle fut estroittement resserrée, sans que personne hantast ni parlast avec elle, amyot, Rom. 4. Elles se plaignoient d'une si estroitte et si resserrée despense ordinaire, id. Pcrie. 35. Hz furent contraints de soy retirer et resserrer au dedans de leurs Alpes, id. Fab. 4. Je ireuve que c'est injustice.... de ne retrencher et resserrer nos commoditez pour pourveoir aux leurs [des enfants], mont. II, 71. Pour jouir de l'or qu'il avoit resserré, id.

IV, 22. U fault rebattra et resserrer, à bons coups de mail, ce vaisseau qui se desprend, id. iv, 206. Nos forces nous faillent [dans la vieillesse] ; retirons les et resserrons en nous, id. i, 279. Cela resvcilla le mareschal pour le resserrer au parti, d'aub. Uist.

— ÉTYM. Re..., et serrer; wallon, risseri; Berry, rasserer, rassarrer.

t RESSERREUR (re-sè-reur), s. m. Celui qui resserre.

— IIIST. xvr s. Le muscle triangulaire interne, ou resserreur des cartilages, paré, iv, (8.

\ RESSERVIR (re-sèr-vir), v. n. Servir de nou- " veau, être de nouveau utile, employé. Cet ustensible peut resservir. || Reprendre de l'emploi, une fonction. Cet officier désire de resservir. || Se resservir,

V. réfi. Employer de nouveau. On a vu ce qui sa passa entre le roi, Catinat et Chamillart, quand le roi voulut se resservir de Catinat, st-sim. (88, (

— HIST. xiii* s. Il convient de servir ou reservit à celui qui a fait grâce ou courtoisie, oresme, ElK (60. ||xvi' s. Ce sucre-ci, rendurci comme devant, reservira au sécher d'autres confitures, o. db

SEhRES, 873.

— ÉTYM. Re..., et servir.

RESSIF (ré-sif), s. m. Voy. recif.

(. RESSORT (re-sor; le ( ne se lie pas; un re-

sor élastique; au pluriel, \'s ne se lie pas : des re-sof élastiques; cependant quelques-uns la lient : des re-sor-z élastiques), s. m. || 1°. Propriété naturelle qu'ont certains corps de se remettre en l'état d'où on les a tirés par quelque efl"ort. Quand un corps à ressort va frapper un autre corps à ressort qui est en repos ou qui se meut dans le même sens que lui, brisson. Traité de phys. t. i, p. (35. Le ressort d'une même masse d'air augmente de q[uautités dif-

RES

rérentes, suirant les diiïérents degrés de chaleur auxquels elle se trouve exposée, id. ib-. t. ii, p. fîo. X mesure que le fluide atmosphérique s'élève audessus du corps , il devient plus rare, en vertu de son ressort qui le dilate d'autant plus, qu'il est moins comprimé, LA PLACE, Bxp. IV, 10. || Faire ressort, se dit d'un corps qui, cessant d'être comprimé ou tiré, se remet dans le premier état où il était. Quand on les abandonnait à elles-mêmes, elles [des feuilles] faisaient ressort, et reprenaient brusquement leur première situation, bonnet, Us. feuilles, 6* mém. Il Faire ressort, rebondir. Une balle fait ressort en tombant sur une pierre, volt. Feu, i, m, 2. || 2° Morceau de métal fait de telle faijon qu'il se rétablit dans sa première situation dès qu'il cesse d'être comprimé, et qui, pressant d'autres pièces, leur donne du mouvement. Ce ressort joue bien, joue mal. Kn poussant un ressort, on ouvre cette boite. Notre Vénus a fait des merveilles, et l'admirable ingénieur qui s'est employé à cet artifice a si bien disposé tout.... si bien caché ses fils de fer et tous ses ressorts.... qu'il y a peu de gens qui n'y eussent été trompés, mol. Âm. magn. iv, 4. Ils sortent à l'instant, et, par d'heureux efforts. Du lugubre instrument [une crécelle] font crier les ressorts, boil. UUr. iv. Il démontra qu'un corps qui ferme ou bande un ressort avec une certaine vitesse, peut avec une vitesse double fermer tout à la fois, ou successivement, quatre ressorts semblables au premier, d'alemb. Éloges, Bernoulli. Les horlogers mettent sous le marteau destiné à frapper le timbre de l'horloge un petit ressort, qui le relève sitôt qu'il l'a frappé, et l'empêche de conlinuer de le loucher, brisson. Traité de phys. t. II, p. <6i. Il Ressort à pompe, celui qui est roulé en forme de spirale. || Ressort de voiture, tout mécanisme destiné à affaiblir les secousses qu'éprouve la caisse des voitures. Le dernier degré de recuit est celui dans lequel l'acier a été chauffé au point de paraître d'un rouge sombre dans l'obscurité ; c'est le recuit que l'on donne aux ressorts de voitures, a. brononiart. Traité de min. t. II, p. 392. Il Terme de métallurgie. Ressort de marteau, pièce de bois ou de fer sur laquelle frappe l'extrémité du manche du marteau des affineries, et qui le repousse à la manière d'un ressort. || Terme d'horlogerie. Ressort vibrant, appliqué pour la première fois au balancier en t674, et qui fut dans ses oscillations un principe de régularité nouveau et excellent, Presse scient, t se i, t. m, p. 7)5. Au troisième degré de recuit, qui est celui des ressorts de montre, l'acier devient bleu, A. BRONGNiAHT, Traité de min. t. ii, p. 392. IJFÎg. On dirait qu'un esprit anime mille corps; C'est bien là [à la cour] que les gens sont de simples ressorts, la font. Fabl. vm, U. ||3« Il se dit du mécanisme qui meut les êtres vivants, un empire, le monde, etc. Le peuple doit regarder comme un avantage de trouver son souverain tout fait (par l'hérédité], et de n'avoir pas, pour ainsi parler, à remonter un si grand ressort, boss. 5* avert. 66. Que verrons-nous dans notre mort [si nous croyons l'âme mortelle', qu'une vapeur qui s'exhale, que des esprits qui s'épuisent, que des ressorts qui se démontent etsedéconcertent...?iD. D.d'Ori. Car de penser alors qu'un Dieu tourne le monde. Et règle les ressorts de la machine ronde... boil. Sot. i. Un gouvernement modéré peut, sans périr, relâcher ses ressorts, mon- TESQ. Esp. m, 9. Les armées sont devenues des espèces de machines régulières qui se meuvent comme par des ressorts, volt. Mœurs, 6. Sa joie en nous voyant, par de trop grands efforts, De ses sens affaiblis a rompu les ressorts, id. Zaïre, m, 4. Souffrez tout plutôt que d'user le ressort des lois; car, quand une fois ce ressort est usé, l'Ëtat est perdu sans ressource, J. i. rouss. Gouv. de Polog. lo. Il Familièrement. Cette personne ne se remue que par ressort, tous ses mouvements sont étudiés et contraints. Il semble que tout son corps soit démonté, et que les mouvements de ses hanches, de ses épaules et de sa tête n'aillent que par ressorts, mol. Critique, 2. || Cette personne n'agit que par ressort, elle n'agit que par le conseil; l'impulsion d'autrui. || 4° Fig. Force comparée à la force matérielle d'un ressort. Donner du ressort à l'estomac et aux fibres. Mme de Richelieu commence à subir les effets de la dissipation ; les ressorts s'affaiblissent visillement; elle présente tout le monde, et ne dit plus ce qui convient à chacun, sEv. 8 avr. 4680. Ce travail [des champs] pour lequel il faut plus de constance que d'ardeur, plus de poids que de ressort, buff. Jforc. choisis, p. 164. Il n'appartient pas à tout le monde da sentir quel ressort l'amour des choses honnêtes

DICT. DE LA LAMOUB FRANÇAISI.

tlËS

peut donner à l'âme, i. i. bouss. Em. y. Son âme avait encore tout son ressort, id. t6. iv. Mon âme, que les délices de Paris, d'Avenay, de Passy, de Versailles avaient trop amollie, avoit besoin que l'adversité lui rendit son ancienne trempe et le ressort qu'elle avait perdu, marmontel, Mém. vu. Maintenant, je n'ai plus de ressort en moi-même, je reste abattue, je ne puis me relever, stael, Delph. 6» part. Il 5* Terme de beaux-arts. Se dit quelquefois de la vivacité d'action d'une composition et de la puissance d'effet d'un tableau. Cela manque de ressort. Il 6* Fig. Ce qui fait agir. Ils [les stoïciens] ôtent à nos cœurs le principal ressort, Ils font cesser de vivre avant que l'on soit mort, la font. Fabl. xii, 20. Je lis rArianisme^ je n'en aime ni l'auteur ni le style ; mais l'histoire est admirable, c'est celle de tout l'univers ; elle tient à tout, elle a des ressorts qui font agir toutes les puissances, sév. 8 déc. 1688. Conduisezvous, gouvernez-vous, si vous eimez votre cher fils, votre maison, votre mari, votre maman, vos frères; enfin vous êtes l'âme et le ressort de tout cela, ID. d Mme de Grignan, 6 déc. <688. Voulez-vous voir remuer l'intérêt, ce puissant ressort qui donne le mouvement aux choses humaines? boss. Hist. u, 1 2. Je sais par quels ressorts on le pousse, on l'arrête [Assuérus], hac. Esth. m, ». L'amour et l'ambition, les ressorts invisibles des intrigues et des mouvements de toutes les cours, hamilt. Gramm. 5. Il [le système moderne de la tragédie] met en jeu tous les ressorts du cœur humain , marmontel, Œuvres, t. x, p. silH?" Moyen dont on se sert pour faire réussir quelque dessein, quelque affaire. Les grands événements ne sont pas toujours produits par les grandes causes; les ressorts sont cachés, et les machines paraissent ; et, quand on vient à découvrir ces ressorts, on s'étonne de les voir si faibles et si petits, BALz. De la cour, 3' dise. Je ne doute point, sire, que les gens que je peins dans ma comédie ne remuent bien des ressorts auprès de Votre Majesté, MOL. Tart. 2* placet. Certaines âmes créées pour être maîtresses des autres et pour faire mouvoir ces ressorts dont la Providence se sert pour élever ou pour abattre, fléch. Aiguillon. [Au théâtre] Le secret est d'abord de plaire et de toucher ; Inventez des ressorts qui puissent m'attacher, boil. Art p. m. Juste ciel, c'est ainsi qu'assurant ta vengeance. Tu romps tous les ressorts de ma vaine prudence , bac. Iphig. 1, 5. Par quels secrets ressorts, par quel enchaînement Le ciel a-t-il conduit ce grand événement? iD. Esth. I, t. Pour vous perdre, il n'est point de ressorts qu'il n'invente, id. Athal. i, <. Ainsi vont les choses parmi les hommes; on y voit de grands mouvements, mais les ressorts sont en général assez ridicules, fonten. Dial. iv, morts anc. Depuis que je travaille pour tous, les ressorts de mon esprit emprunteur sont diablement usés, regnard, la Sérénade, 1 1 . Des avocats m'ont mandé qu'on avait fait jouer dans celte affaire [le supplice du jeune la Barre] des ressorts abominables, volt. Lett. Richelieu, t9 août 47«6. Un esprit supérieur dédaigne les petits ressorts, il n'emploie que les grands, c'est-à-dire les simples, duclos, Consid. mœurs, <3. Il Faire jouer tous ses ressorts, employer tous les moyensdont on dispose. Ne nous demandez point tous les ressorts que nous ferons jouer, mol. Poure. i, 3.

— HIST. xiv s. Lequel Moinginot prist une selle de bois, et la jetta contre ledit Jehan Mel; et ne scet se, de droit cop ou de ressourte, il en fu féru, DU GANGE, ressortire. ||xv* s. Du rejault ou ressort qu'elle [la flèche] fist contre ledit arbre, id. ib. Pource que à celle heure, qui estoit bien basse, on veoit très peu, le suppliant, en ferant icelui Boutemie, eust féru de ressort [de contre-coup] ledit Gauteron, qui se mettoit entre deux pour despecier la noise, id. ib. || xvi* s. Je ne sçais gueres par quels ressorts la peur agit en nous, mont, i, 61. J'en trouverois incontinent le ressort [le motif de ces actions], id. i, 2i4. Un poinct lequel est le secret et le resourd de la domination, la boétie. Servit, vol. On a dit que le roi lui voulut porter cette parole rudement, contre l'opinion de ceux qui vouloient lui faire digérer la nouveauté à plusieurs ressorts [reprises], d'aub. Jlist. m, 4 63. Pour cet effet il fit jouer tous les ressorts de plusieurs princes, id. ib. m, 443. L'air implanté aux resorts, infractuosités, ou petits labyrinthes contenus en la cavité mastoïde (nommée d'aucuns tabourin), paré, ivi, 40. Le grand ressort doitestreen acier trempé, id. xvii, ti.

— ETVM. Ressortir l ; prov. ressort. Le sens propre est rejaillissement, rebondissement, contrecoup. C'est celui qu'a aussi ressortir t (voy. rbssortir 4 , à l'étymologie)

RES

3. RESSORT (re-sor; le ( ne s« Me pas), s. m. Il 1° Ëtcndue de juridiction. Le ressort d'un bailliage, d'un parlement. Cette affaire est du ressort de la cour impériale de Paris. Le ressort trop étendu du parlement de Paris, qui contraignait les citoyens de venir de cent cinquante lieues se consumer devant lui en frais qui souvent excédaient le capital, VOLT. Dict. phil. Parlement de France. || On dit aussi l'étendue du ressort. Celui qui acquiert do bonne foi et par juste titre un immeuble en prescrit la propriété par dix ans, si le véritable propriétaire habite dans le ressort du tribunal d'appel dans l'étendue duquel l'immeuble est situé, et par vingt ans, s'il est domicilié hors dudit ressort, Code Nap. art. 2266. || Ressort se dit, en un sens analogue, de la nature des affaires qui ressortissent à un tribunal. Ces distinctions du ressort civil et du ressort ecclésiastique sont claires et fondées non-seulement sur la loi, mais sur la raison, J. J. rooss. Lett. de la Montagne, 6. || 2° Juger en dernier ressort, juger souverainement et sans appel. Il [Servius] établit la loi qui permet d'appeler au peuple, et lui attribue en certains cas les jugements en dernier ressort, boss. Hist. m, 7. Le parlement jugea en dernier ressort de presque toutes les affaires du royaume, montesq. Esp. xxviii, 39. N'était-il pas horrible d'être obligé de s'aller ruiner, en dernier ressort, â cent lieues de chez soi, devant un tribunal qui n'entend rien au commerce? volt. Lett. Veymerange, 25 fév. 4770. || On dit quelquefois par opposition : juger en premier ressort. 1| On dit aussi : jugement en premier ressort, en dernier ressort. Il Par extension. U [Jurieu] se vante de pouvoir montrer qu'en toutes sortes de gouvernements le peuple est le principal, ou plutôt seul souverain en dernier ressort, boss. 5* avert. 36. Voici ce qui décide en dernier ressort la difficulté, id. Serm. quinq. 2. || 3' Justice de ressort, tribunal auquel on peut appeler. U [saint Louis] établit le premier la justice de ressort ; et les sujets, opprimés par les sentences arbitraires des juges des baronies, commencèrent à pouvoir porter leurs plaintes à quatre grands bailliages royaux créés pour les écouter, volt. Mœurs, 58. || Fig, Être du ressort, appartenir à, relever de, être de la compétence de De tels esprits voient toujours plus loin

que les autres dans les choses de leur ressort, vauven. Profondeur. Son érudition était immense : histoire civile et littéraire, ancienne et moderne, connaissance des livres et des auteurs, critique, philologie, tout était de son ressort, d'alemb. Eloges, la Monnoie. Mais i présent, mon cher habit, Tout est de mon ressort, les airs, la suffisance, se- DAiNE, ép<(r« d mon habit. Tout ce qui regarde l'économie , la propreté , le soin de préparer un repas champêtre, fut du ressort de Virginie, bern. ob ST-p. Paul et Virg. || Cela est du ressort de la physique, de la jurisprudence, c'est à la physique, à la jurisprudence â traiter de cette matière, à en décider. Il N'être pas du ressort de, se dit dans un sens contraire. Si le magistrat est persuadé qu'il n'a point d'autorité sur la religion, ou, comme parlent les tolérants, que la conscience n'est pas de son ressort, boss. 8' avert. 92. Cet asile que vous vous préparez contre la fortune est encore de son ressort, id. Sermons, .4mour des plaisirs, 2. L'inoculation n'est pas plus du ressort de la théologie, que les matières de la prédestination et de la grâce ne sont du ressort de l'arithmétique et de la médecine, d'alemb. Réfl. sur l'inoc. Les mœurs ne sont pas du ressort des lois, marmontel, Bélisaire, ch. 4 3.

— HIST. xin' s. Cil de la franchise de la ville da Vauquelour n'averont reclain ne resort.... fors qu'à nous et à nostre commendement, Bibl. des ch. 6* série, t. vu, p. 598. Et à che pot on entendre que toute coze qui est tenue comme justice laie, doit avoir resort du segneur lai, beaum. xi, (2. Ne demore pas por ce, que le [la] justice temporel et la [la] garde temporel ne soit du resort du baron lai, ID. XLvi, 4 0. Et 11 miens cuers [cœur] prent son resort En celle vertu qui tout vaint, Lay d'amours, JUBINAL, t. II, p. 4 98. || XIV» S. C'est mes avoirs et mes trésors. C'est mes chastiaus, c'est mes ressers ; Par eulx sui sires de mon règne, machaut, p. 2«. Et, moy vivant, sont trestuit mi ressort X ceste (leur que près de mon cuer port. Pour ce que c'est de m'onneur le droit port, id. p. 4 28. || xv* s. Le roi d'Angleterre, en qui main ces convenances et alliances estoient dites et jurées â tenir fermes et estables, qui comme ressort les devoit appaiser, proiss. I, I, 4 25. Bien disoient [les Gantois) que ils vouloient eux mettre en l'obéissance du roi de France très volontiers, afin que ils fussent tous tenus du domaine de France pour avoir ressorts à Paris, id.

U. - aïo

RES

U, n, 204. Pour ce, ma voulenté est telle, Et sera jusques à la mort, De tousjours tenir la querelle De loyaullé, où mon ressort J'ay mis ; mon cueur en est d'acoort, ch. d'orl. Bal. î8. || xvi* s. Dedans le ressort de Toulouse, y avoit un fameux bandouliQr.... desper. Contes, lxxxiv. Resort [lieu de retraite, prononcé re-zor], palsgeave, p. 3«.

— ETYM. Voy. RESSORTIR 2 ; provenç. ressort ; ital. risorto. Le sens propre de ressort est recours, retraite, refuge.

RESSORTI, lE (re-sor-ti, tie), part, passé de ressortir ( . Entré, puis ressorti.

i. RESSORTIR (re-sor-tir), v. n. Il se conjugue comme sortir. || 1° Sortir de nouveau . U ressortait pour la troisième fois de prison. Griffard : Hé bien, Lisette, ta maîtresse est-elle venue? — Lisette : Oui, monsieur, et elle est ressortie même, oancourt. Bourg, à la mode, m, 9. || 2° Sortir après être entré. Il est entré dans sa chambre, et il en est ressorti un moment après. Tout ce qu'on jetait dans la caverne la plus proche de la source allait ressortir par l'autre embouchure de la rivière, vahgel. Q. C. VI, 4. Cependant il faut boire [à Vichy], et les eaux leur ressortent par la bouche et par le dos, eév. S66. La terre a repris sa couleur, et le soleil, ressortant de son trou, fera que je reprendrai aussi le cours de mes promenades, id. 609. || 3" Fig. Paraître avec plus de relief, en parlant de choses que leur opposition avec d'autres rend plus saillantes. Ces ornements ne ressortent pas assez. || Les ombres font ressortir les lumières, de légers défauts semblent donner un certain relief à d'heureuses qualités. Il 4° Fig. Découler de, résulter. Il ressort de cet examen que.... || Il se conjugue avec l'auxiliaire être.

— HIST. XVI* s. Ces figures apparoissoient enlevées totallement, moyennant la diverse et plaisante lumière, laquelle dedans contenue ressortissoyt par la sculpture, bab. Pant. v, H. Ceuli qui s'esloient jetiez en leurs maisons estoient contraints par le feu d'en resortir, amyot, Dion, 85. U fut à la fin rembarré d'un coup d'estoc qui luy donna droit dedans la bouche par telle violence, que la pointe de l'espée luy vint à ressortir par derrierre au chinon du col, iD. César, 50. Ce sinistre présage sembloit lui pronostiquer que son voyage ne ressortiroil pas à telle issue comme il desiroit, id. Agêsil. 8. S'efforçant de faire tousjours ressortir à efl'ect les prédictions des devins, lo. Alex. 47.

— ÈTYM. Be..., et sortir t. Le sens ancien et propre de ressortir est repousser, rejaillir, comme celui de sortir est jaillir; voici les exemples : xii* s. E il meïsmes, ço dient, les [les lois] estovra tenir; Car il les graanta [octroya] ; ne s'en deit resortir, E serement en fist.... Th. le mart. 40. || xiii* s. Por nos pechiés, furent li pèlerin resorti de l'assaut, viLLEH. cm. La gent Gerart est arier resortie, Gerardde Vienne, v. (629.U tentsonarc, sitraistàll.... La sajete ressort ariere, marie, Gugemer.\\xY' s. L'en luy donne bien d'une masse [à un homme mal vêtu]. Quant il s'avança en poure habit. Si grand coup qu'il s'en ressortit [retire, recule]. Tout confus et à sa grant honte, e. desch. Poésies mss. f° 553.

2. RESSORTIR (re-sor-tir), je ressortis, turessortis, il ressortit, nous ressortissons, vous ressortissez, ils ressortissent; je ressortissais ; ressortissant, v. n. Être du ressort de quelque juridiction. L'afl'aire a ressorti à tel tribunal. Toutes les causes ecclésiastiques ressortirontà lui [au pape], volt. Mœurs, M. Il s'agira de voir si M. le vice-chancelier voudra qu'on ôte à ce parlement une affaire qui lui ressortit de plein droit, m. Lettr. Damilaville, 16 mars (765. Il Fig. Il n'y a pas dans l'Océan une seule goutte d'eau qui ne soit pleine d'êtres vivants qui ressortissent à nous, BERN. DE ST-p. Paul et Virg.

— HIST. XVI' s. Ces choses ressortissent jugement par devant un sage, cotghave.

— ÉTYM. Le sens de ressort 2 étant retraite, refuge, le sens de ressortir est se retirer, s'enfuir, chercher refuge ; il vient de re, et du latin sortiri, obtenir. Diez explique l'enchaînement des sens : ressortir est proprement obtenir de nouveau, de là prendre refuge, recours ; de là enfin le sens de recourir à une juridiction, d'y appartenir.

RESSORTISSANT, ANTE (re-sor-ti-san, san-t'), adj. Qui ressortit à une juridiction. Tribunaux ressortissants à une juridiction supérieure. Il a plu à M. l'abbé Terrai de les déclarer [certains habitants] ressortissants de Belley, quoique Belley soit à plus de quinze lieues, et que Gex ne soit qu'à une, VOLT. Lett. Fargès, 26 janv. (776.

— ÉTYM. Bessortir 2.

RESSOUDÉ, ÉE (re-sou-dé, dée), port, passé de ressouder.

RES

RESSOUDER (re-sou-dé), e. a. Souder de nouveau, refaire une soudure. || Se ressouder, v. réfl. Se réunir, être soude ensemble. Le nord et le sud [de l'Allema;,'nc] finiront par se ressouder, nul ne se fait illusion à cet égard, DE laveleye, Bev. des Deux-Mondes, (867, novembre, p. 4(.

— HIST. xni' s, Nule euvre, puisque ele est brisie, ne doit estre resoudée ; car, se ele l'estoit, ele seroit fausse et mauvaise, Liv. des met. 363. Il XIV' s. Pour avoir rappareillé et mis à point une couppe d'or pour le roy, appellée la couppe saint Loys, laquelle il a ressoudé, de laborde. Émaux, p. 48(. Despense pour recouvrir, ressoder et mettre de nouvel plusieurs tables de plomb sur les chappelles.... Bibl. des chartes, 6' série, t. m, p. 240. Il XVI* s. Je ne crains point qu'on me desmembre ; Car je suis, comme vif argent, À me resouder diligent, DU BELLAY, VII, 78, terso. Mon ame.... ne lairroit jamais ressouder et consolider la playe qui l'auroit percée, mont, iv, 4.

— ÉTYM. Re..., et souder; wallon, r'sodt. fRESSOUDCRE (re-sou-du-r'), s. f. Seconde soudure.

t RESSOUFFLER (re-sou-flé), v. a. Souffler de nouveau.

— HIST. xvi* s Me resouflant en chasque

veine La vie par sa douce haleine, rons. (76.

— ÉTYM. ne..., et souffler.

t RESSOUFFRIR (re-sou-frir) , v. a. H se conjugue comme souffrii. Souffrir de nouveau.

— HIST. xiii' s. Por resoufrir autel [telle] paine, RUTEB. 296. Il XVI' S. Et d'où lour vient ce furieux amour Que de revoir encore un coup le jour. Se revestant de muscles et de veines Pour resoufirir tant de nouvelles paines ? rons. «44.

— ÉTYM. Be..., et souffrir.

RESSOURCE (re-sour-s'), s. f \\ i' Ce qu'on emploie pour se tirer d'un embarras, pour vaincre des difficultés. Les Tarquins demeurèrent sans ressource, Boss. Hisl. I, 8. François de Paule remontre au roi Louis XI, qu'il est mourant, et mourant sans ressource, fléch. Panég. de saint François de Paule. Ils ne devaient plus avoir d'autre ressource que leur travail, fén. Tél. xiv. Vous voyez le fils d'un roi qui est réduit à demander la servitude comme son unique ressource, lu. ib. iv. Les Anglais assiégeaient alors la ville d'Orléans, la seule ressource de Charles, et étaient prêts de s'en rendre maîtres, yolt. Mœurs, 80. Ceux qui n'ont qu'une ressource se rendent toujours très-savants dans l'art qui leur est nécessaire, m. Bussie, ii, (2. Je trouve que le plaisir de secourir les hommes est la seule ressource d'un vieillard, id. Lett. Damilaville, (7 mai (766. Il chérissait et honorait votre personne, et vous regardait comme la ressource et l'espérance de la vérité et de la raison, d'alemb. Lelt. au roi de Pr. (•' juill. (778. J'approche de cinquante ans ; je comptais sur la pension de l'Académie comme la seule ressource de ma vieillesse ; si cette ressource m'est enlevée, il faut que je songe à m'en procurer d'autres, id. iett.d Voltaire, 30 juin (765. Il [l'abbé DubosJ ne sut point, à la vérité, suppléer au mérite par le manège et par l'intrigue; il n'avait pas besoin de cette méprisable ressource, id. Éloges, l'abbé Vubos. Désespérant enfin de rentrer en grâce, après ses vaines et mortifiantes tentatives, il embrassa, comme tant d'autres de ses pareils, l'obscure ressource de la dévotion, id. Éloges, Babutin. || 11 y a de la ressource avec les gens d'esprit, on peut se tirer d'affaire avec eux plus facilement qu'avec les autres. Il aimait la poésie, et il y a toujours de la ressource avec les princes qui aiment las vers, volt. Zadig, 4. Il Une ville de ressources, ville où l'on trouve aisément tout ce dont on a besoin. || Fig. L'Angleterre avait de grandes ressources en beautés, hamilt. Gramm. ». \\ 2° Il se dit des forces de l'esprit, du caractère, auxquelles on a recours au besoin. L'un [Turenne], par la profondeur de son génie et les incroyables ressources de son courage, s'élève audessus des plus grands périls, boss. iouts de Bourbo7i. La vieillesse n'a plus rien de souple ....elle n'a plus de ressource contre ses défauts, FÉN. Tél. XVI. La vanité a bien des ressources, fon- TEN. Dial. 1, Morts anc. et mod. Il y a pour des cœurs bien nés des ressources inépuisables dans le courage et dans la vertu, marmontel, Cont.mor. Fem. com. peu. Il Un homme de ressource, plein de ressources, qui a des ressources dans l'esprit, homme fertile en expédients, en moyens de réussir. J'avais de la pénétration, du courage, de la ressource dans l'esprit, FÉN. Dial. des morts mod. Louis XI, le cardin. Bessarion. Ce jésuite [le Tellier], fils d'un procu-

RES

reur de Vire en basse Normandie, avait dans l'esprit toutes les ressources de la profession de son père, VOLT. Dict. phil. Bulle Unigenilus. || Ressource ou ressources en soi, dans l'esprit, faculté qu'on a de se soutenir moralement par soi-même. L'homme a bien peu de ressource dans soi-même, la brut. VIII. N'ayant nulle ressource en moi-même, j'en ai cherché dans une dissipation qui pouvait seule m'arracher à l'ennui, genlis, Thédt. d'éd. Dangers du monde, m, 6. Je m'aperçus avec le temps qu'il avait peu de ressources dans l'esprit, stael, Corinne, XIV, 4. Il Ce cheval a de la ressource, après une longue fatigue on lui trouve encore de la vigueur. Il 3° Les ressources d'une langue, les moyens qu'elle offre à l'écrivain pour rendre sa pensée. L'auteur connaissait trop bien les lois du style et les ressources de la langue.... d'alemb. Éloges, Girard. Il 4° Moyens pécuniaires. U a tant dépensé qu'il est maintenant sans ressource. Ils seront sans ressource, dépouillés d'une portion de leur héritage, patru. Plaid. 4. || Faire ressource, se procurer un moyen de réparer ses affaires. J'ai tout perdu, je suis sans un sol, sans uns obole, et prête à vous égorger, si vous ne me prêtez de quoi faire ressource, DANCOURT,Zes .^giot. II, 13. Il Faire ressource, signifie aussi se procurer de l'argent en vendant. U a vendu ses tableaux pour faire ressource. || Faire ressource de tout, vendre tout ce qu'on possède.

— HIST. XV' s. La seigneurie rommaine plus par eulx mesmes que par estranges ennemis est decheue du tout sans ressourse, a. chahtier, Œuv. p. 422. X la ressourse et adresse dudit royaume désolé, monstrel. t. III, p. (09, dans lacurne. Il xvi* s. Les galères furent cause de la ressource d'Athènes, amyot, Thém. 7. De la prévarication de l'ame raisonnable incorporée, de sa ressource, les Triomp. de ta noble dame, Ép. aux lect. En vieille hesten'ya point de resource, cotgrave. La première [maladie].... me meltroit sans ressource, mont, iv, 4.

— ÉTYM. Bourg, resorse; ital risorsa. Substantif de l'ancien verbe resourdre, dont le participe passé était ressours, ressourse, se relever, surgir de nouveau, du lat. resurgere, de re, et surgere, se lever, surgir (voy. sourdre et surgir). La ressource est proprement une seconde ou dernière source, une chose qui relève, un moyen qui fait sortir d'embarras.

t RESSOUVENANCE (re-sou-ve-nan s'), s. f. Synonyme de ressouvenir 2.

— HIST. XVI' s. Ressouvenance, monet, Dict.

t RESSOUVENEUR (re-sou-ve-neur) , s. m. Celui qui fait ressouvenir. Je viens de perdre mon ami Sersale, qui est mort ce matin ; je l'avais fait venir exprès ici [à Naples] pour être mon ressouveneur de Paris, GALiANi,Le«. àMmid'Épinay, 9janv. (773,

(. RESSOUVENIR (re-sou-vs-nir), «. n. tmpers. Use conjugue comme souvenir. || 1° Se dit de ce qui revient à la mémoire. S présent il m'en ressouvient. Vous en ressouvient-il? Il doit lui en ressouvenir. Il 2° V. réfl. Se rappeler une chose, soit qu'on l'eût oubliée, soit qu'on en eût conservé le souvenir. Quand je songe que vous et elle me faites l'honneur de voui ressouvenir de moi, voix. Lelt. 25. Vous ne vous ressouvenez pas que j'ai eu le bonheur de boire je ne sais combien de fois avec vous ? mol. Pourc. i, 6. Et vous ressouvenez que, hors d'ici, je ne dois plus qu'à mon honneur, id. Don Juan, m, 6. J'ai été rosière, il y a aujourd'hui vingt ans, je m'en ressouviens comme d'hier, genus, Thédt. d'éduc. Bosière, I, 2. Il Par manière de menace. Je m'en res-souviendrai quelque jour, je m'en vengerai. Vous vous en ressouviendrez tôt ou tard, vous en serez puni.|| Faire ressouvenir quelqu'un d'une chose, la lui rappeler. .4u besoin faites-le ressouvenir de sa promesse. Je vous forai ressouvenir des exemples que vous-mêmes rapportez, pasc. Prov. xviii. || Absolument. C'est offenser que de faire ressouvenir. || 3° Considérer, faire réflexion. Ses soldats, voyant ce triste spectacle [la mort de Brutus], et se ressouvenant qu'ils n'avaient plus de chef, coeffetfau, dans vaugklas, Bemarques. Sur quoi, me ressouvenant que la croix de Jésus-Christ avait pris la place des aigles roppaines. et qu'alors les empereurs étaient devenus domestiques de la foi et membres de l'Eglise, balz. De la cour, (" dise. Instruisez-le d'exemple, et vous ressouvenez Qu'il faut faire à ses yeux ce que vous enseignez, corn. Cid, l, 6. Méritez les lauriers qui vous sont réservés. Et ressouvenez-vous quel prélat vous servez, boil. lutr. m.

— REM. L'emploi impersonnel est l'emploi ancien et correct (voy. souveni n) . L'emploi réfléchi est un barbarisme auquel l'usage a fini par donner droit de cité.

— HIST. xu' s. Jà te deùst resovenir De la charete où tu montas, la Charrette, 2694. |{ xiii* s. MoU

RES

RES

RES

l'a li mors (la mort] mis en efTroi, Et molt le [la] doule cl molt le crient, El moll souvent l'en resouvient, OUI DE CAMBRAI, BoH. et Jos. p. 28. Des bons vers Gautier de Sagnies Resovint un bon bachelier [il ressouvint à un bon bachelier des bons vers de Gautier], Hist.lin.delaFr.t.xxm,f. eoo. 11 11 doit resouvenir de l'amor qu'il perdirent, quant il perdirent lor mère, iieaum. lvii, 7. || xvi* s. Et de ce sçavoir, il fauldroit qu'elles [les âmes] se ressouvinssent encores.... mont, li, 29S Et quelque

temps après estans desenchantez, chacun s'en alla où il voulut, sans se ressouvenir de ce qui estoit

passé, LANGUE, («2.

— ÊTYM. iie...,et souvenir; bourguig. rejsfltjent; wallon, s'rissovnl.

2. RESSOUVENIR (re-sou-ve-nir), s. m. || !• Idée que l'on conserve ou que l'on se rappelle d'une chose passée. 11 [le roi] l'avait [le coeur] assez percé par le tendre ressouvenir d'un amour qu'il trouvait toujours également vif après vingt-trois ans écoulés, Boss. Mar.- Thér. Quel ressouvenir Tout à coup vous arrête et vous fait revenir? rac. Mithr. ii, '. J'avais néanmoins encore je ne sais quelle aversion pour le sage Ulysse, par le ressouvenir de mes maux, FÉN. Tbî. xv. N'avez-vous d'une mère aucun ressouvenir? volt. Olymp. il, 3. Et mieux que leur foyer, de leurs jeunes amours Le doux ressouvenir réchauffe leurs vieux jours, delille, Trois règnes, i. Ces doux ressouvenirs et ces tendres pensées, Parqui le cœur jouit des voluptés passées, id. Imag. u. Les longs ressouvenirs conviennent aux longs malheurs, stael, Corinne, iv, *.\\1' Sentiment d'une douleur physique qui se renouvelle. Il a gardé des ressouvenirs, un ressouvf lir de sa dernière maladie, des souffrances qu'i a endurées sur mer. || 3° S'est dit aussi d'un p it morceau de papier qu'on attache sur sa manc e pour servir de mémento.

— HiST. xiii* s. Biens faillis est mors à resovenir, hâtzner, p. 83. Il XVI* s. Lareyne mère du roymonstra lors le ressouvenir qu'elle avoit de ses services, castelnau, (47. Oue ce que nous apprenions n'estoit qu'un ressouvenir de ce que nous avions sceu, mont. II, 298.

— ÊTYM. Ressouvenir I.

BESSDAGE (re-su-a-j') , *. m. || 1* Action, état d'un corps qui ressue. || 8° Une des opérations qui concourent au traitement du cuivre argentifère, consistant à dégager du cuivre, après la liquation, les dernières portions de plomb et autres métaux qu'il peut contenir. || 3° Aclion de faire sortir, à coups de marleau, le laitier interposé entre les parties d'une loupe de fer. || 4° L'opération par laquelle ou fait ressuer la graine de cacao.

— ÉTYM. Ressuer.

RESSUER (re-su-é), V. n. U se conjugue comme suer. Il 1° Suer de nouveau. || 2» Rendre son humidité intérieure. Quand il dégèle, les murailles ressuent. Il On dit que la graine du cacaoyer ressue, quand la masse de ces graines mises en tas se couvre d'une espèce de moisissure grisâtre, et laisse échapper une quantité considérable de suc. Il 3° Faire ressuer le creuset, c'est faire fondre l'argent qui y est attaché. || 4* terme de métallurgie. Faire ressuer, séparer à l'aide du plomb l'argent contenu dans le cuivre, ou, par la chaleur, le plomb du cuivre. Si on expose les pains (de cuivre], devenus poreux et bien moins fusibles qu'ils n'étaient, à l'action d'une plus haute température pour les faire ressuer, on en sépare une nouvelle quantité de plomb, thenabd, Traité de chim. t. n, p. 704, dans pouoF.NS. Il Dégager le fer des corps étrangers qui sont dans la gueuse.

— HlST. XIV' s. Lesquelz varletz du mareschal avoient appareillié et ressue une coignie, du cange, recamare. \\ xv* s. Les autres [des Escots], qui tous engelés estoient et tous mouillés, faisoient grands feux pour eux ressuer et réchauffer, froiss. ii, II, 17. Il xvi* s. L'humidité qui resude du bois verd bruslant ressemble à l'eau, et la cendre à la terre, paré, Introd. 4.

— ÉTYM. Ce verbe est-il une autre forme de ressuyer, ou composé de re et suer? Il est certain que l'exemple de Froissart appartient à ressuyer; mais le sens le plus général appartient à suer; provenç. resudar, rexudar; espagn. resudar; ital. risudare.

RESSUI (rc-sui), s. m. || 1" Terme de vénerie. Lieu où U'S bêtes fauves et le gibier vont se sécher après la pluie ou la rosée du matin. || On dit qu'un cerf est au ressui, lorsqu'il se met sur le ventre au bord du bois pour y rester peu de temps. || Se dit aussi lorsi|u'il se repose et laisse sécher sa sueur. Il X l'égard du gibier à plume, on lui donne du

ressui en le plaçant dans un parc où il trouve du

sable. Il 2* Défaut d'une poterie humide qui, en séchant, fait couler l'or appliqué.

— ÊTYM. Voy. BKSSUYEB.

t RESSUIEMENT (rè-sui-man), ». m. Terme rural. Perte d'une partie de l'humidité naturelle des grains ou d'une terre. D'où résulte cet effet qu'on nomme le ressuiement, c'est-à-dire que, suivant l'expression familière du cultivateur, le blé a jeté son feu, GENLis, Maison rttst. t. m, p. 37, dans pobgens.

— f.TYM. Ressuyer.

t RESSOIVRE (rc-sui-vr'), t;. o. Suivre en revenant, suivre de nouveau. Il faut ressuivre ce chemin.

— HIST. xvr s. Et un penser qui me suit et resuit, BONS. 80. Beauvoisin avec sa troupe avoit resuivi ceux de Castel-jaloux jusques à leurs gens qui estoient à pied, d'aub. Uist. u, 287.

— ÉTYM. lie. . . ,et suture; Berry, ressuivre, ressuvre. t RESSUSCITANT, ANTE (rè- su-si-tan, tan-t'),

adj. Qui ressuscite. Ce pauvre homme [Vardes].... s'abandonnant enfin à M. Sanguin; d'abord ses remèdes ressuscitants l'avaient comme ressuscité, sÉv. S sept. (688.

t RESSUSCITATIF, IVE (rè-su-si-U-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de ressusciter.

— HIST. XVI" s. Puis mist à l'entour [de la plaie] ung peu d'ung onguent qu'il appeloit ressuscitatif, RAB. Pant. a, 30.

t RESSCSCITATION (rè-su-si-ta-sion), «. f. Action de ressusciter.

— HIST. XVI* s. Puis enfans et espouse L'ont mis en choeur de sa fondation, Où il attend ressuscitation, HAHOT, ni, 247.

RESSUSCITÉ, ÊE (rè-su-si-té, tée) , part, passé as ressusciter. Ramené à la vie Avant Jésus-Christ, on avait vu des hommes ressuscites, mais ressuscites par des hommes , bourdal. Myst. Résurr. de J. C. t. I, p. 32B. Tous chantent de David le fils ressuscité, bac. Ath. v, 6. Sa vie [de Jésus] glorieuse et ressuscitée, mass. Carême, Pâques. || Substantivement. [Le renard] Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes. Puis contrefit le mort, puis le ressuscité, la pont. Fabl. xit, (8. Tous ces morts [préparations anatomiques de Huysch], sans dessèchement apparent, sans rides, avec un teint fleuri, et des membres souples, étaient presque des ressuscites, FONTEN. Ruysch.

t RESSUSCITEMENT (rè-su-si-te-man), s. m. Action de ressusciter; résultat de cette action.

— HIST. XIII* s. Là nous feront nos yex [yeux] aperte ostencion De la divinité, de l'incarnation, De ia nativité et de la passion, Du ressucitement et de l'ascension, J. de meung. Test. (886.

RESSUSCITER (rè-su-si-té), V. a. || l* Réveiller, faire sortir de sa torpeur (sens latin, qui n'est pas usité). Après un ton si relevé.... pourrais-je me rabaisser à vous supplier de ressusciter M. Boucard sur toutes les choses dont je lui écris sans cesse T SÉV. à Mme de Guitaut, i" janv. (694. ||2* Kig. Ranimer, rendre force. Mme de Monlglas vous oblige de le rompre [le portrait satirique de Mme de Sévigné par Bussy], et puis son mari rejoint tous les morceaux ensemble, et il le ressuscite, sév. à Bussy, i8 août «668. J'ai eu dessein de ressusciter notre commerce à mon retour, et je commence ici, ID. à Bussy, 24 janv. 1672. Je vous réponds qu'elle rétablira et ressuscitera cette maison, id. à Moulceau, 29 avril (686. Pie IV, qui se disait de la maison de ces grands négociants et de ces grands princes les Médicis, ressuscite le concile de Trente, VOLT. Mœurs, (72. Anatolius qui ressuscite le péripatétisme, dider. Opin. des anc. pkilos. {Jésus- Christ). \\F)g. Ressusciter quelqu'un, lui rendre l'espérance, le courage, la force, etc. Enfin par ce dessein vous me ressuscitez, corn, la Place roy. m, 6. N'ya-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent ? mol. l'Avare, iv, 7. Il 3" Particulièrement. Ramener de la mort à la vie. Jésus-Christ ressuscita Lazare. Quelques-uns disent qu'il [saint François Xavier] ressuscita neuf morts; mais le R. P. Ribadeneira, dans sa Fleur des saints, se borne à dire qu'il n'en ressuscita que quatre, volt. Dict. phil. Église. Pélops, ayant été haché en morceaux par son père, fut ressuscité par les dieux, id. Dict. phil. Résurrection, (. (| Absolument. C'est Dieu qui voulait montrer qu'il donne îa mort et qu'il ressuscite, qu'il plonge jusqu'aux enfers et qu'il en retire, boss. Anne de Goni. Du tombeau, quand tu veux, tu sais nous rappeler; Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites, rac. Athal. m, 7. Il Cette liqueur, ce vin serait capable de ressusciter un mort, se dit par exagération d'une liqueur, d'un vin qui a beaucoup de chaleur et de

qualité. || Ressusciter un mort, se dit aussi de ce qui fait rire. Vous ressusciteriez un mort. — Dandinet : Je suis plaisant, n'est-ce pasT jovial, legband, foirt St-Laurent, se. v. || Par extension. Ce remède l'a ressuscité, l'a guéri d'une maladie qui paraissait mortelle. Le remède fut énergique. Et son homme ressuscita, scarr. Éii. vu. Je vois très-souvent M. de Lorme [un médecin] chez Mme de Montmort qu'il ressuscite, sfiv. 202. || Fig. Cette bonne nouvelle l'aressuscité, l'a tiré d'une douleur »»rlelle.||4*Faire renaître par la poésie, par les lelft-es. Bientôt, ressuscitant les hérosdes vieuxâge», Homère aux grands exploits anima les courages, boil. Art p. iv. Uk théâtre français l'honneur et la merveille, Il [Racino] sut ressusciter Sophocle en ses écrits, id. Poésies dit), xix. (| 6° Renouveler, faire revivre. Ce discours d'un guerrier que la colère enflamme Ressuscite l'honneur déjà mort en leur àme, boil. itp. IV. Le cardinal Bibiena, le pape Léon X, l'archevêque Trissino ressuscitèrent, autant qu'ils le purent, le théâtre des Grecs, volt. Mil. lilt. Chang. à l'art trag. U ne faut ressusciter les vieux mots que quand l'oreille les adopte, lahabpe. Cours de litt. t. vui, p. 423, dans pouoens. ||8" V. n. Revenir de la mort à la vie. La déplorable Rome est-elle en liberté. Ou l'illustre Scévole est-il ressuscité? DU RYEB, Scévole, n, 2. Le pendu [un chat qui semblait pendu et mort] ressuscite, et, sur ses pieds tombant. Attrape les plus paresseuses [souris], la font. Fabl. III, (8. Le corps ayant touché les os d'Elisée, cet homme ressuscita et se leva sur ses pieds, SACI, Bible, Rois, iv, xiii, 24. Le corps et l'âme doivent souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel et seoir à la dextre, pasc. Lett. à Mme Périer, (7 cet. (661. Athées: quelle raison ont-ils de dire qu'on ne peut ressusciter? id. Pens. xxiv, 20 bis, éd. havet. Jésus-Christ devait naître, mourir, ressusciter spirituellement dans ses fidèles; mais il devait aussi naître, mourir et ressusciter en effet et selon la chair, boss. For. m, <2. Tout est résurrection dans le monde ; les chenilles ressuscitent en papillons; un noyau mis en terre ressuscite en arbre.... volt. Princ. de Babyl. iv. Les Égyptiens inventèrent une autre folie : ils imaginèrent qu'ils ressusciteraient au bout de trois mille ans, ID. Pol. et lég. Fragm. sur l'Inde, 24. || Par exagération. Revenir d'une maladie jugée mortelle. Mme de Puisieux est ressuscitée; mais n'est-ce point mourir deux fois bien près l'une de l'autre ? car elle a quatre-vingts ans, sév. 24( . || Fig. Peut-être mon esprit, prompt à ressusciter, Du temps qu'il a perdu saurait se racquitter, boil. Ép. viii. || 7* Se dit, à la tontine, pour rentrer au jeu, au moyen du gain de plusieurs jetons reçus du joueur placé à droite, quand celui-ci amène un as. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'acte : Lazare a ressuscité à la voix de Jésus ; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état: Lazare était ressuscité. || 8" Se ressusciter, v. réfl. Se ramener soi-même de la mort à la vie. Le double miracle, et de ressusciter et de se ressusciter, bodbdal. Myst. Résurrect. de J. C. t. i, p. 326. \\9° Revenir à la vie. La Marbeuf s'est ressuscitée; voilà une succession qui vous est échappée, stv. d Mme d» Grignan, i févr. (686.

— HIST. xiii* s. Le jor y fust morz et tralz, Que jà n'en fust resuscitez, Ren. (7983. Moult riches pierres [j'j en aport, Qui fout ressusciter le mort, ruteb. 262. Nulz homs plus douce chose ne nous puet enditer. Que nous avec les nostres doions [devions] resusciter, j. DE MEUNG, Test. 93(.||xlV*S. Pèlerin.... Qui dévoient aler au temple Salomon, Où Diex resuscita, pour no rédemption , Baud. de Seb. VIII, 707. Il XV* s. Vostre père Jacques d'Artevelle ressuscite maintenant en celle ville par la bonne mémoire de lui, fboiss. ii, ii, (0(. (| xvi* s. U fut rappelé par nouveaux troubles et guerres civiles qui se ressuscitèrent de rechef entre les Grecs, AMYOT, Cimon, 36. Ils ne pensèrent pas estre tirez de prison, mais estre ressuscitez et retournez en une seconde vie, id. Lucul. 32. Taschant de ressusciter la guerre de nouveau, id. Nieias, 47. Qu'estce que pourroit avoir un mort pour estre resuscité en vie? calv. Inslit. 600. Il estoit tumbé si grande abondance de sang dans mon estomach, que, pour l'en descharger, nature eut besoin de resusciter ses forces, MONT, n, 53. Est-ce pas de quoy resusciter de despit, qui m'aura craché au nez pendant que j'estois, me vienne frotter les pieds quand je commence à n'esira plus ? id. m, 4 78.

— ÉTYM. Lat. resuscitare, réveiller, ressusciter, de re, et suscitare (voy. susciter).

t RESSUSCITEUR (re-su-si-teur), t. m. Celui qui

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ressuscite. Celui qui serait le ressusciteur des morts, BALZ. Barbon. Et du tonnejre dont il fronde [lupiter]. Mit ce ressusciteur [Esculape] du monde Dans le fond d'enfer pour jamais, scarh. Yirg. vu.

— ÊTVM. Lat. resuscitatorem, de resuscilare, ressusciter.

t KESSCYANT (re-sui-ian), adj. m. Terme de ciiasse. Vent ressuyant, vent sec, aigre et piquant.

RESSUYÉ, ÉE (rè-sui-ié, iée), port, passé de ressuyer. Un mur ressuyé. Quand le caillé est suffisamment ressuyé et qu'il a acquis la consistance d'un fromage en forme, on le sépare de l'éclisse, GF.NLis, Maison rust. t. ii, p. 57, dans pougens. Il Terme rural. Se dit d'une terre qui a perdu la surabondance d'eau dont elle était imprégnée.

RESSUYER (rè-sui-ié),». o. Il se conjugue comme essuyer. || 1° Séclier. || Fig. Il y a des gens qui sont nés pour dépenser partout ; il n'y a aucun lieu de repos pour eux, ni qui puisse les ressuyer, sév. u sept. (680. Il 2" Chauffer la pierre à chaux, ou toute autre substance, pour lui enlever l'humidité. Il 3° Se ressuyer, v. réfl. Se sécher. Se ressuyer au soleil. Le chemin se ressuie. Peu à peu elles [les terres] se sont durcies et ressuyées, et, en se desséchant, elles ont diminué de volume, buff. Hist. nat. 2* dise. Œuv. t. i, p. <66. || Avec ellipse du pronom personnel. Il faut laisser ressuyer ce mur.

— HIST. XIV' s. L'esprevier s'en iroit haignier, puis se ressuieroit sur un arbre, Ménagier, m, 2. Maria Magdalene, quant à lui [Jésus] ot ploré. Quant de ses larmes ot son digne cors lavé. Et de ses biaus cheveux en après ressué, le Bastard de Buillon, p. 86), dans Hist. litt. t. ixv, p. 597.

— ÊTYM. Re..., el essuyer.

RESTANT, ANTE (rè-stan, stan-t'), adj. || 1° Qui reste. Le nombre restant. Il est le seul restant de quatre frères. [| Poste restante, voy. poste. || Les cent livres restantes, et, plus ordinairement, restant. Il 2° S. m. Ce qui reste d'une somme, d'une quantité. Je vous payerai le restant avec les intérêts. Le restant de sa fortune. {] On dit plus ordinairement le reste.

RESTAUR (rè-stor), (. m. Ancien terme de commerce maritime. Recours que les assureurs ont les uns contre les autres, suivant la date de leur assurance, ou contre le maître, si l'avarie est de son fait (voy. ristorne).

— HlST. XIII' s. li secons cas en coi nul restors ne doitestre fes [fait], beadm. xn,47. ||xiv's. Li dui maréchal de France priseront et estimeront loialment les chevals mors et les chevals de nos gens, et DOS en fera nosdis sires plain restour selon leur prisie, nu cangb, restaurum.

— ÊTYM. Voy. RESTAUREE.

RESTAURANT, ANTE (rè-stô-ran, ran-t'), adj. Il 1" Qui restaure, qui répare les forces. Aliment restaurant. Potion restaurante. ||S. m. C'est un bon restaurant que le vin. || Particulièrement. Consommé fort succulent. Le père tout tremblant le fait reposer; on lui fait prendre des restaurants, VOLT. Jenni, 7. || Fig. Chacune de vos conquêtes est mon restaurant, volt. Lett. Catherine, 63. {| 2° Etablissement d'un restaurateur. Tenir un restaurant. Dans la rue des Poulies s'ouvrit en <7«5 le premier restaurant, qui fut ensuite transféré à l'hôtel d'Aligre ; c'était un établissement de bouillons, oîi il n'était pas permis de servir des ragoûts comme chez les traiteurs, mais où l'on donnait des volailles au gros sel, des œufs frais, etc.; Boulanger, le maître, avait pris pour devise, copiant l'Evangile : Venile ad me omnes qui stomacho laboralis, et ego vos restaurabo, fournier. Pan» démoli, introd. p. xxxix. Il Restaurants des pieds humides, nom populaire des cuisines en plein vent des halles et marchés de Paris.

— HIST. XVI* s Le maigre h la fosse courant.

Et dont la vie est hors de restaurant, marot, iv, 263. L'on ne m'a fait manger que restaurants et les meilleures viandes que je mangeai jamais, harg. Nouv. XLix. Lequel [Henri IV], pour les paier [ses soldats] des labeurs intolérables de la guerre, pensoit leur avoir donné un restaurant en leur promettant une bataille, d'aub. Hist. m, 289.

RESTAURATEUR, TRICE (rè-stô-ra-teur, tri-s'), s. m. et f. Il 1' Celui, celle qui restaure, répare. Il Restaurateur de tableaux, artiste, ouvrier dont la profession est de réparer de vieux tableaux. || 2° Celui, celle qui rétablit, refait, en parlant de villes, de monuments. Gênes, célèbre du temps des Romains, regardait Charlemagne comme son restaurateur ; cet empereur l'avait rebâtie, quelque temps après que les Goths ra\ aient détruite, volt. Mœurs, 43. Il 11 se dit des compagnies, des établissements qu'on remet sur pi»d. Il [Fléchier] fut le restaura-

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teur et presque le second fondateur de l'Académie qui subsiste encore à Nîmes, d'alemb. Éloges, Fléchier. Iphitus de l'Élide, législateur de sa patrie, restaurateur des jeux olympiques, vin* siècle avant J. C, BARTHÉL. Anaeh. t. vu, table 6. || 8° Fig. Celui, celle qui rétablit, remet en vigueur. Il fut le restaurateur de cette observance, patru. Plaidoyer i 6, dans richelet. Fais donc, et je te voue un temple magnifique Comme au restaurateur des affaires d'Afrique, mair. Sophon. m, s. la gloire de restaurateur du publie fut sa première idée [de M. le Prince], celle de conservateur de l'autorité royale fut la deuxième, retz, ii, 479. Nous croyons voir que vous serez la restauratrice de cette maison de Grignan, sév. à Mme de Grignan, a» juin \6l\. Ce fut la vénérable mère Françoise.... que nous pouvons appeler la restauratrice de la règle de Saint- Benoit et la lumière de la vie monastique, uoss. Anne de Gonx. Le grand Galilée, le restaurateur et la victime de la raison en Italie, ce premier maître de la philosophie que Descartes eut le malheur de ne citer jamais, volt. Irène, Lettre. Ce sont deux esprits originaux [Thompson et Young] que je choisis, deux de ces hommes que je vais tout à l'heure signaler comme les restaurateurs de la poésie anglaise, viLLEMAiN, Littér. du xvni* siècle, 2» partie, 2* leçon. Il 4" S. m. Celui qui donne chez lui des repas (déjeuners, dîners, soupers) par portions et pour des prix convenus. Un restaurateur est celui dont le commerce consiste à offrir au public un festin toujours prêt , et dont les mets se détaillent à prix fixe sur la demande du consommateur, BRILLAT-SAVARIN, Physiol. du goût. Médit. ZXVIII.

— SYN. TRAITEUR, RESTAURATEUR. Le traiteur est proprement celui qui prépare et porte en ville ce qu'on lui a commandé. Le restaurateur reçoit les consommateurs chez lui, et leur offre ce qu'il a. Dans les petites villes , il y a plutôt des traiteurs. Dans les grandes, le restaurateur est en même temps traiteur.

— HlST. XII' s. Or est la joie trespassée, Que l'om aveit de vos [vous] menée ; Kar de ceo fuissez restoriere Que l'om perdi en vostre père, benoît, ii, IS989. Il XV' s. Ha! seigneurs, ne vous deconfortez mie pour monseigneur que nous avons perdu; ce n'estoit qu'un seul homme ; veez ci mon petit enfant, qui sera, si Dieu plaist, son restorier, froiss. I, I, U8. Il xvi* s. Au lieu de dire le Bearnois et le bastard , ils (les prêcheurs de la Ligue après le triomphe d'Henri IV] le nommoient restaurateur et noble présent du ciel, d'aub. Hist. in, 287.

— ÊTYM. Provenç. restauraire, restaurador; espagn. re«(ourador ; ital. reîtourotore, ristoratore ; du lat. restauratorem, de restaurare, restaurer. En français restauriere, en provençal restauraire est le nominatif (du lat. restaurâtor) ; restaurateur, restaurador est le régime (du lat. restauratorem).

+ RESTAURATIF, IVE (rè-stô-ra-tif, ti-v'), adj. Terme de médecine. Qui a la vertu de restaurer. Des remèdes restaurât! fs.

— HIST. xvi' s. Nostre débilité appelé plus tost choses restauratives que celles qui purgent avec violence, langue, (9B. Les eaux alimenteuses et restauratives, paré, xxvi, 7.

— ÉTYM. Restaurer; provenç. restauratiu; espagn. restaurativo;itSi\. ristorativo.

RESTAURATION (rè-stô-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Rétatilissement, en parlant d'une ville, d'un monument public. La restauration de Thèbes fut l'ouvrage de Cassandre, et appartient au commencement de la cxvi' Olympiade, raoul-ro- CHETTE, Instil. Mém. inscr. et belles-tettr. t. vi, p. 223. Il 2° Réparation. La restauration d'une statue. L'administration du Musée central des arts, qui, par ses lumières, a perfectionné l'art de la restauration, ne négligera sans doute rien pour conserver l'art réparateur dans toute son intégrité, guy- TON, etc. Instit. Mém. Hit. et b'aux-arts, t. v, p. 4B6. Il Particulièrement, en architecture, travail fait d'après les restes d'un édifice antique, p^ur en rétablir les parties que le temps a détruites. || 3' Fig. Nouvelle existence donnée à certaines choses morales. La restauration des lois, de la discipline, de l'État. M. de Maucroix emploie restauration en un moyen style, c'est-à-dire dans le Schisme d'Angleterre, où il dit travailler à la restauration de la foi catholique, vaugel. Rem. Observ. de M*'*, p. 120, dans poDGENS. j! 4' Rétablissement d'une dynastie sur le trône qu'elle avait perdu. Je paye partout; j'ai payé ma restauration , je payerai encore la vôtre [de Ferdinand VII, en Espagne], parce que j'ai beaucoup d'argent et beaucoup de complaisance aussi pour les souverains étrangers, p. l. cour. Pièce diiflomatique. \\ Il se dit particulièrement delà

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restauration des Stuarts au zvii' siècle et des Bourbons au iii*. En Angleterre la restauration comprend les règnes de Charles II et de Jacques 11, en France ceux de Louis XVIII et de Charles X. Sous la restauration. Pendant la restauration. L'Allemagne [de Mme de Staël] , ce livrejeté au pilon sous l'empire, et que la restauration venait de nous rendre comme une des libertés qu'elle apportait avec elle, villemain, Souvenirs contemp. les Cent- Jours, chap. t.

— HIST. XIV' s. La restauration des jeux, ber- CBF.URE, f° 40, verso. Et se gise le malade, tant que la restauration [après la réduction d'une luxation] soit bien ferme, lanphanc, p. I08.

— ÊTYM. Provenç. restauracio ; espagn. restauracion; ital. restauraiione , ristorazione ; du lat. restaurationem , de restaurare. restaurer. L'ancienne langue avait aussi restorement.

RE.STAURÉ, ÉE (rè-stô-ré, rèe), part, passé de restaurer. Il 1° Remis en bon état. Tableau restauré. Restauré dans l'hypothèse de M. Quatremère de Quincy, le monument (tombeau de Porsenna] devient possible; mais il reste toujours invraisemblable, letbonne, Jnst. Mém. Acad. inscr. t. ix, p. 374. || 2° Qui a repris sa vigueur. Restauré par une bonne nourriture. Il Populairement et par plaisanterie, le voilà bien restauré, se dit d'un homme qui n'obtient qu'un faible dédommagement pour un grand sacrifice , une grande perte. || 3° Remis sur le trône. Les Bourbons restaurés après vingt ans d'exil. || Fig. Te voilà donc restaurée. Chanson, mes amours, bérang. Restaur.

RESTAURER (rè-stÔ-ré), v. a. || 1' Réparer, rétablir, en parlant des ouvrages d'architecture, de sculpture, de peinture. Restaurer une église, une statue, un tableau. Pour restaurer, je le crois hors d'usage, bien que M. Richelet l'emploie dans son Dictionnaire, où il dit : restaurer une figure de bronze ou de marbre; car ce pourrait être en cette occasion un terme d'art, vaugel. Nouv. Rem. observ. de M.*", p. <2(, dans pougens || Il se dit aussi de livres en un sens analogue. Vous [Juifs] vous étiez idolâtres sous vos rois, vous n'avez été fidèles à un seul Dieu qu'après qu'Esdras eut restauré vos livres volt. Dict. phil. Juifs. Il 2' Remettre en bon état, en vigueur. Restaurer les forces , la santé. Remède qui restaure l'estomac. Il [Ch. deSévigné] voulait que Pecquet le restaurât ; il disait les plus folles choses du monde, et moi aussi : c'était une scène digne de Molière, SÉV. 37. || 8° Fig. Il se dit des lettres, des lois, de la discipline , du commerce et choses analogues auxquelles on rend leur première vigueur. Restaurer l'État, les arts, les lettres, le commerce. || 4' Remettre sur le trône une dynastie qui en est tombée. En Angleterre, Monk restaura les Stuarts. Je ne vous demanderai point les frais, comme on m'a fait ; c'est une vilenie de mes alliés ; au contraire, en vous restaurant, je vous donnerai de l'argent, ainsi qu'à vos sujets, tant que vous en voudrez, p. L. cour. Pièce diplomatique, 116' Se restaurer, v. réfl. Rétablir ses forces par une bonne nourriture. Quel spectacle charmant de vous voir appliquée à votre santé, à vous reposer, à vous restaurer I sév. à Mme de Grignan, 22 nov. 1679. M. Mansart.... ne re.'ipire que de se restaurer des extrêmes évacuations de Vichy, id. 7 oct. (687.

— HIST. xii* s. Li religius prince, qui volt bonté amer, Deit noveles iglises drescier et alcver. Celés qui sont chaùes [tombées] e creistre e restorer. Th. le mart. 73. Que les leis qui estoienl abatues fussent restorées od [avec] l'aide de nostre seignor, Machab. Il, 2. Il XIII' s. Que tout lor dommage leur seront restorei souffisamment, tailliar. Recueil, p. 327. Cil rois Cyrus délivra de la prison les Juis por restorer le temple, brun, latini, Trésor, p. 52. Se on demande comment ces eures qui ja sont trespassées puent [peuvent] estre restorées por faire un jor el quart an.... Comput, f. 6. Qui piert un si preudome corne il est, chou [ce] est damages sans restaurer [réparer], H. de vai.enc.iv. || xiv's. Sili jeun'estoient par grant magnificence restauré, bercheure, f 4o. Il xvi* s. Il convient de discourir du moyen de restaurer ces vieilles ruines, langue, 234. Je fis des mots nouveaux, je restauray les vieux, bons. 974.

— ÉTYM. Prov. et esp. restaurar; ital. restaurare, ristorare; du lat. restaurare, de re, et le iTimilir itaurore, fortifier; comparez le sanscr. sthùra, fort.

RESTE (rè-st'), s. m. || 1° Ce qui demeure d'un tout, d'une quantité quelconque. Le reste de la jour.iée. Je finirai ce soir le reste de ma tAche. Les restes d'un festin. Ils mangeront, et il y en aura de reste, saci. Bible, Rois, iv, iv, 43. Je serais bien fâchée, ma chère enfant, d'être capable de laire ce que je fais pour avoir de l'argent de reste, je craindrais l'avarice qui est ma bête, sSv. 667. Le comble

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s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement; mais, qu'on remue ces ruines, on trouvera, ddus les restes de ce bJlimenl renversé, et les traces des fondations, et l'idée du premier dessin, et la marque de l'architecte, Boss. la Yallière. Je suis très-sensible à tout ce qui se passe : c'est de quoi passer un reste de vie bien triste, maintenon, Leit. à Urne de Caylus, 25 mars 47(8. J'adorerais un dieu sans force et sans vertu. Reste d'un tronc par les vents abattu I bac. Esth. 11, 9. Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que l'âge avait glacé , m. Andr. iv, R. Les Iles Canaries pourraient bien être des restes de l'Atlantide, volt. Dict. philosoph. Chang. globe. Plus de la moitié de ma vie est écoulée ; je n'ai plus que le temps qu'il faut pour en mettre à profit le reste, et pour effacer mes erreurs par mes vertus, J. J. bouss. Ém. iv. 11 veut que par ses mains soient offerts à la reine Les restes somptueux de la grandeur troyenne, delille, Enéide, 1. || Fig. Ses deux enfants [de Mme de la Fayette] sont horsde Paris.... tous ses restesd'amis à Fontainebleau, s6v. 9 juin I68O. || Laisser de reste, laisser disponible. Le temps que la fièvre me laisse de reste est si court, balz. liv. I, lett. 4. || Devoir du reste, demeurer redevable. Et quand vous m'auriez donné une fois la vie et avec elle tous les biens du monde, vous me devrez toujours beaucoup de reste, tant que vous ne m'aimerez pas, voit. Lett. 30. Voilà justement où je vous en demande une preuve [de votre amitié] ; voilà sur quoi je vous devrai du reste, si vous voulez bien, pour l'amour de moi, avoir beaucoup soin de vous, sÉv. à Mme de Grignan, 9 août 467(. || Il donne un sou à un pauvre, et demande son reste, se dit d'un avare. |{ Fig. Il ne demande pas son reste, il s'en va sans demander son reste, il se retire promptement, sans mot dire, après avoir reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais compliment ou traitement. Dès que j'eus la clef des champs, je ne demandai pas mon reste, lesage, Guzm. d'Alf. m, 4. || On dit dans le même sens : il n'a pas attendu son reste. Il Être en reste, devoir encore quelque chose sur une somme. Il [le roi de Prusse] m'a fait payer il y a un mois ma pension de )7B8; vous voyez qu'il n'est en reste avec personne, d'alemb. Leit. à Voltaire, 24 févr. 4759. || Fig. La fille d'un maréchîl de Domfront ne doit pas demeurer en reste de soltises, LESAGE, Tiircaret, v, 9. Je lui jetai les bras au cou et l'accablai de remerctments; de son côté, il ne demeura point en reste de politesse avec moi, ID. Gusm. d'Alf. iv, 4. Il y a de la justice dans le monde; et, pour peu que vous soyez poli, vous trouvez à coup sûr des gens fort polis qui ne sont pas en reste avec vous, volt. Mél. litt. Honnet. litt. 44. Il Voici le reste de notre écu, de nos écus , se dit familièrement quand on voit venir dans une compagnie quelqu'un d'importun. Mme Jourdain, apercevant Dorante et Dorimène : Voici justement le .'este de notre écul je ne vois que chagrin de tous cotés , mol. Bourg, gent. v, 1 . Il î° Absolument. Au plur. Ce qui reste d'un repas. Manger les testas. || 3° Terme d'arithmétique. Résultat d'une soustraction, dit aussi excès ou différence. || Il se dit aussi dans la division, quand on retranche les produits du diviseur par chaque chiffre du quotient, des dividendes partiels ou du dividende ti'tal. En 38 combien de fois 7? 5 fois, avee 3 pour reste || i' Terme de marine. Lieu du rrste, lieu de la 'i^i:iière décharge des marchandises lorsque le voyage est fini. || B* Fig. 11 se dit des choses que l'on compare à une quantité. S'il est arrivé que la république soit demeurée ferme sous telles puissances failles, elle était peut-être obligée de son repos aux bons et solides fondements qui avaient été posés de longue main; ce n'était pas tant un fruit du gouvernement présent que les restes de l'beureuse conduite du passé, balz. De la cour, 6' dise. Le sanglier, rappelant les restes de sa vie, Vient à lui [archer], le découd, meurt vengé sur son corps, la pont. Fabl. vm, 27. Ce saint [Augustin] avait une si grande capacité d'aimer, qu'après avoir aimé Dieu de tout son cœur, il trouvait encore des restes pour aimer Paulin, sév. 22 juin 4690. Tout devint pauvre dans sa maison et dans sa personne ; elle voyait disparaître avec une sensible joie les restes des pompes du monde, boss. inné de Gom. Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leur pensée, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peut 1 id. Mar.-Thér. Il fallait un homme qui.... sût se conserver de la créance dan« tous les partis, et ménager les restes

de l'autorité, id. le Tellier. Le croirai-]e, seigneur, qu'un reste de tendresse Vous fasse ici chercher une triste princesse? bac. Andr. 11, 2. Je tremble qu'Athaîie..,. N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes, El d'un respect forcé ne dépouille les restes, m. Athal. i, 4. Et n'êtes-vous pas trop heureux que le Seigneur, toujours bon et miséricordieux, veuille bien accepter les re.^tes languissants de vos passions et de votre vie? uass. Carême, Mot. de conv. Il s'était formé une secte d'hommes austi'res et rigides, qui voyait avec indignation dans l'Eglise d'Angleterre un reste do la hiérarchie et des cérémonies de la religion romaine que la reine Elisabeth y avait conservées, condil. Étud. hist. Il, i>. Et tu veux qu'éveillant encore Des feux sous la cendre couverts. Mon reste d'âme s'évapore En accents perdus dans les airs? lamart. Médit. XI. Il 6° 11 se dit de ce qu'une personne conserve de sa première apparence. On veut ménager des refîtes de beauté ; cette économie ruine plutôt qu'elle n'enrichit, sév. 320. C'était une dame d'environ trois cents années ; mais elle avait encore de beaux restes; et on voyait bien que vers les deux cent trente à quarante elle avait été charmante, volt. Princ. de Babyl. 4. Une femme d'environ quarante ans, qui avait encore des restes de beauté, sans avoir jamais eu d'agréments, duclos, Œuv. t. vm, p. 409. Mme Roger : J'étais tout de même en ma jeunesse. — Lisette : Mais vous en avez encore de beaux restes, genlis, Thédt. d'éduc. l'Intrigante, i, 4 . || Ce n'est plus qu'un reste, un beau reste, se dit d'un homme ou d'une femme qui a eu de la beauté, mais qui a vieilli. || Des restes d'hommes, des hommes vieillis ou mutilés. Et vous.... pauvres honteux, malades, impotents, estropiés, restes d'hommes, pour parler avec saint Grégoire de Naziancc, boss. Mar.-Thér. Mais que vois-je? où vont-ils ces fils de la victoire. Ces guerriers mutilés, chargés d'ans et de gloire, Restes d'hommes, jadis l'effroi de nos rivaux? gilb. le Jubilé. || Un reste de lui-même, se dit d'une personne qui a perdu ce qu'elle avait de bien au physique ou au moral. Qu'est-ce que l'homme?... est-ce une énigme inexplicable, ou bien n'est-ce pas plutôt, si je puis parler de la sorte, un reste de lui-même? boss. la Vallière. Ceux qui ne succombaient pas à la maladie [la peste d'Athènes] n'en étaient presque jamais atteints une seconde fois ; faible consolation 1 car ils n'offraient plus aux yeux que les restes infortunés d'eux-mêmes, barthél. Anaeh. Introd. part. 2, sect. 3. Il Un reste de cheval, un cheval à qui le temps a ôté de sa vigueur et de sa beauté, mais qui en conserve encore. || 7° Ce qui reste d'une nation, d'une troupe, d'une famille. Pour perdre et exterminer entièrement toutes les troupes d'Israël et les restes de Jérusalem, saci. Bible, Machabées,

1, III, 36. On ne voit plus aucun reste ni des anciens Assyriens, ni des anciens Mèdes, ni des anciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même des anciens Romains, boss. Hist. 11, 7. C'est une précieuse, Reste de ces esprits jadis si renommés. Que d'un coup de son art Molière a diffamés, boil. Sot. x. Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux Ce jeune enfant était un reste précieux? rac. Athal. v,

2. Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, id. Phèdre, iv, 2. Il est du sang d'Hector, mais il en est le reste; Et pour ce reste enfin, j'ai moi-même, en un jour, Sacrifié mon sang, ma haine, mon amour, id. Andromaque , iv, 4. Napoléon, soulevant sa tête, fit tomber toute celte fougue [de Murât], en disant que c'était assez de témérités, qu'on n'avait que trop fait pour la gloire, qu'il était temps de ne plus songer qu'à sauver les restes de l'armée, séguh, Hist. deNap. ix, 4. || 8* Ce qui était encore à faire, à dire. Je n'ai pas le temps de vous en écrire davantage ; le porteur vous dira le reste. Le chantre, s'arrêtant à cet endroit funeste , A ses yeux effrayés laisse dire le reste, boil. Lutr. IV. Viens m'engager ta foi, lo temps fera le reste, rac. Bajai. v, 4. Elle [Clytemnestre] règne avec lui [Êgisthe] ; l'univers sait le reste, volt. Oreste, 11, 2. Le monde apprit sa fin, la tombe sait le reste, delille. Pitié, m. || Et le reste, formule qui annonce qu'on abrège une énumération, un récit, une citation. Hélas ! dirai-je, il pleut : Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, Bon souper, bon gîte et le reste? LA font. Fabl. IX, 2. Je ne manque point de livres qui m'auraient fourni tout ce qu'on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie , l'étymologie de toutes deux, leur origine, leur définition, et le reste, mol. Prie. Préf. {| Fig. Le porteur vous dira le reste, phrase dont on se sert pour se moquer d'une lettre qu'on a faite beaucoup trop longue.

Il •* S. m. pi. Dépouille mortelle Je l'homme. Ses restes glacés. Ce tombeau contient ses restes. Tant i! est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes, boss. Duch. d'Orl. || Il se dit aussi au singulier, en poésie, ô vous, à ma douleur objet terrible et tendre, Éternel entretien de haine et de pitié, Reste du grand Pompée, écoutez sa moitié, corn. Pomp. v, (. Je jure donc par vous, ô pitoyable reste, Ma divinité seule après ce coup funeste.... De n'éteindre jamais l'ardeur de le venger, ID. ib. Il 10* Le reste signifie les autres, par rapport aux objets dont on parle. Les Macédoniens aiment le monarchique, El le reste de* Grecs la liberté publique, cdrn. Cinno, 11, 4. Le reste [des conspirateurs avec Cinna]ne vaut pas l'honneur d'être nommé, id. ib. v, 4 . Hors ceux-là [les termes primitifs], le reste des termes qu'elle [la géométrie] emploie y sont tellement éclaircis et définis, qu'on n'a pas besoin de dictionnaire pour en entendre aucun, PASC. Esprit géom. 4. Quand on voit dans l'Évangile la brebis perdue préférée par le bon pasteur à tout le reste du troupeau, boss. Mar.-Thér. 11 [Dieu] les épargne si peu [les princes], qu'il ne craint pas de les sacrifier i l'instruction du reste des hommes, id. Vueh. d'Orl. || 11» Ce que quelqu'un a refusé ou abandonné. Il n'a eu que vos restes, que votre reste. Et beaucoup, attrapés par un maintien modeste. Pensent prendre en plein drap, qui n'achètent qu'un reste, th. corn. U Galant doublé, 1, 4. || Les restes d'un rival, en parlant de rivalité d'amour, une femme qui a appartenu à un autre homme. Dans l'àme il hait Félix et dédaigne Pauline, Et, s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui Les restes d'un rival trop indignes de lui, CORN. Poly. v, 4. || Fig. C'est un reste de gibet, il a mérité d'être pendu, c'est un coquin. Il Un reste d'esclavage, un ancien esclave. Du moins de votre gloire ayez un soin égal. Et ne me préférez qu'un illustre rival; J'en mourrai de douleur ; mais je mourrais de rage , Si vous me préfériez un reste d'esclavage, corn. Othon, iv, 4. Il 12° Terme de jeu. Faire son reste, mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi. || Kig. Jouer de son reste , employer ses dernières ressources, hasarder tout. S'attaquer aux esprits, c'est jouer de son reste, hauteroche, Esp.foU. m, 2. Ce que voyant messer Scrgeste, 11 voulut jouer de sou reste, scarr. Virg. v. Je m'en vais d'Orléans jouer de mon reste, et me mêler de vous dire encore des nouvelles, sév. 24 6. Courage, courage, monsieur Serrefort; vous faites bien de jouer de votre reste, dancourt, Chev. à la mode, 11, 2. || Il se dit aussi de celui qui, n'ayant plus que peu de temps i rester dans une place, en remplit négligemment les fonctions. Il joue de son reste. || Au jeu du quinze, être de reste, perdre son enjeu. Ils ne cavaient d'abord que trois ou quatre pistolcs, comme pour badiner; mais Caméran ayant été trois ou quatre fois de reste, il cava au plus fort, et le jeu devint sérieux ; il fut encore de reste, et il devint orageux, les cartes volèrent par la chambre, hamilt. Gramm. 3. Il 13" Terme de jeu de paume, de volant. Donner le reste à quelqu'un, lui pousser la balle, le volant, de telle sorte qu'il ne puisse le renvoyer. Je lui ai donné son reste, jj Fig. Familièrement. Donner son reste à quelqu'un, le battre, le corriger. U ne fera plus le tapageur, on lui a donné son reste. || Il signifie aussi : l'emporter en quelque chose. Je vienf de lire Bérénice; vous m'aviez préparé à tant d". tendresse, que je n'en ai pas tant trouvé; du temps que je me mêlais d'en avoir, il me souvient que j'eusse donné là-dessus le reste à Bérénice, Lettre de Bussy, citée dans bayle, Dict. art. Bérénice. Vous avez beau raisonner; monsieur est frais émoulu du collège, et il vous donnera toujours votre reste, mol. Mal. imag. 11, 7. C'est un homme qui a un nez au visage, ot qui vous a diablement donné votre reste, guerardi, Thédt. ital. Fille savante, t. I, p. 230. Il H' De reste, loc. adv. Plus qu'il n'est nécessaire pour ce dont il s'agit. J'étais dans ce tracas embarrassé de reste, hauterociik, Soup, mal apprêté, 4 . La maison à présent, comme savez de reste. Au bon monsieur Tai tuiïe appartient sans conteste, mol. Tart. v, 4. Deux jours de repos me donneront de la force de reste, eév. 3B9. Il faut de l'esprit de reste, pour en vouloir fourrer partout, comme lu prétends l'aire, hamilt. Gramm. 3. Eh oui vraiment, tu es servante, je suis valet, nous nous connaissons de reste, la motte, Matr, d'Éphèse, se. 4 3. Je ne le crois pas riche. — Hé bien I j'en ai de reste, piron, Métrom. 11, 2. {| On dit aussi, familièrement : que de resta. Avez-vous en-

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core de la besogne? Que de reste. Vous trouvera que de reste de quoi vous en dédommager, vadé Nicaise, 7. || 16° Au reste, du reste, loc. adv. Au surplus, d'ailleurs, cependant. C'a été au reste un grand bonheur pour moi de n'avoir vu ce témoignage de son esprit qu'en un temps où j'en ai un autre de sa civilité, voit. Lelt. 30. Il [Ilypéride] a beaucoup de piai.santetde comique, et est tout plein de jeux et de certaines pointes d'esprit qui frappent toujours où il vise; au reste il assaisonne toutes ces choses d'un tour et d'une grâce inimitable, boil. Traité du subi. ch. xxviii. Du reste il n'a rien fait que par votre conseil, bac. Esth. m, ).||16° Au reste, dans le sens de : parlons d'autre chose. N'en parlons plus; au reste , on a vu dix vaisseaux De nos vieux ennemis arborer les drapeaux, corn, le Cid, n, 7. Cette formule de transition est blâmée par Voltaire dans son Commentaire.

— REM. 1. Le reste suivi d'un nom au pluriel se construit avec le verbe au singulier ou au pluriel, suivant l'idée : Le reste des naufragés a péri ou ont péri. Puis-je vivre dans la mollesse et dans l'inutilité.... tandis que le reste des hommes ont chacun une occupation dans la société? mass. Confér. Fuite du monde. || 2. Reste a été des deux genres. Au commencement du XVII* siècle, les grammairiens le disaient masculin excepté dans cette phrase qui n'est plus usitée : à toute reste.

— SYN. AU RESTE, DU RESTE. Ces locutions sont très-voisines, et, dans beaucoup de cas, elles se confondent. Dans cette phrase : Je vous ai dit ce que je pensais de cette affaire ; du reste consultez des personnes plus habiles que moi, on dira aussi bien au reste. Mais, quand le sens exige plutôt d'ailleurs que après tout, du reste est préférable à ou reste : Cet homme est bizarre, emporté, du reste brave et intrépide; mais non pas ou reste.

— HIST. XV' s. S'il donnoit, aux jours de feste, A deux povres un denier, Ce n'estoit sans reschigner, Encor demandoit son reste^ basselin, xliv. Toute la reste de villes, comm. i, B. || xvi* s. Ce qui fut cause que tout le reste de ses serviteurs et amis l'abandonna, amyot, P. j^m. 37. Tout le reste de sa vie, id. ib. 62. Et au reste, ceste bonne encontre ne servit pas seulement pour le présent, ains fut aussi utile à l'advenir, m. Timol. 24. Vous aurez le reste de l'histoire à ces foires de Francfort prochainement venantes, bas. ii, 34. Homme docte, expert, joyeulx on reste, bon compaignon, et raillard si oncques en feut, id. m, 28. Il avoyt parmy la teste et le reste du cors autant d'au reilles comme jadyz eut Argus de yeulx : on reste estoit aveugle, m V, 31. Et ainsi du reste, mont, i, 68. Le reste de la France prend pour règle la règle de la court, id. I, 338. Tant qu'il y a un doigt d'espérance de reste, ID. n, 30. Tant que nous vivrons enfermez en ceste prison de nostre corps, les restes et reliques du péché habiteront en nous, calv. Instit. <OBB. Â i'escart lui estant venu encor un roy, il fit son reste, disant : fils de putain qui ne le tiendra pas, tout fut tenu, et.... d'aub. Fwn. iv, 10. Le reste de ses actions paroistront en leur endroit, ID. Hist. il, 483. Le reste se sauva dans les fossez de la ville, id. 469. Un soir, jouant à la prime, le roi aiant cinquante-cinq fit sa reste qui estoit de quatre mille pistoles, il la tint.... id. ib. m, 467. Celui qui attaque les opinions reçues ressemble au hibou, lequel se monstrant.... tous les autres oiseaux le viennwiit becqueter et courir sus à toute reste, paré, Mumie et lie. Dédie.

— ÉTYM. Voy. rester; wallon, rest; prov. et ital. resta, pause, repos. L'allem. rast, l'angl. rest, repos, ne paraissent être pour rien dans la {ormation du mot roman.

RESTÉ, ÉË (rè-sté, stée), part, passé de rester. Il 1° Qui est de reste. De tous ses amis morts un seul ami resté, noiL. Artp.:v. || 8* Se dit des choses qu'on laisse en un certain lieu ou état. Mme la princesse, craignant peut-être alors qu'on ne songeât à revenir contre la transaction restée entre ses mains, la fit homologuer auparlement, sTAAL,lf^m. 1. 1, p. 309.

t RESTKNCLE (rè-stan-kl'), s. m. Un des noms vulgaires du lentisque, pistacia lentiscus, L.

RESTER (rè-sté), v. n. || 1° Demeurer, par opposition à s'en aller (sens le plus voisin du latin, qui est s'arrêter). L'armée se mit en marche, et il resta deux bataillons pour garder le défilé. Restez à votre place. Reste, ahl reste; ne reviens jamais; tu viendrais trop tard; je ne dois plus te voir; comment soutiendrais je ta vue? J. j. rouss. Hél. i, ii. On dit qu'un des fils d'Onésicritc, étant venu à Athènes, ne voulait plus retourner à Égine, ne pouvant se résoudre à quitter un lieu où il avait le plaisir d'entendre Dioi;ène ; le père envoya son autre 61b,

qui fut retenu par les mêmes attraits; enfin il les vint chercher lui-même, et il resta comme ses fils, coNDiLL. Hist. anc. m, is. Napoléon [à Moscou] ne se décide encore ni à rester ni à partir; vaincu dans ce combat d'opiniâtreté, il remet de jour en jour à avouer sa défaite, siîgur, Hist. deNap. viii, H. ||Ce verbe, qui se conjugue d'ordinaire avecl'auxiliaire^fre, prend l'auxiliaire o«>oir quand on veut exprimer que le sujet n'est plus au lieu dont on parle, qu'il n'y était plus, ou qu'il n'y sera plus à l'époque dont il s'agit. Il a resté ieux jours à Lyon. J'ai resté sept mois à Colma.' sans sortir de ma chambre, volt, dans girault-duviviER. L'engourdissement où ils ont resté si longtemps , j. j. ROUSS. Ém. I. Il Les exemples suivants sont incorrects; il faut l'auxiliaire être. Si j'avais resté trop longtemps avec elle , j. j. rouss. Conf. i. Comme s'ils allaient se délasser d'avoir resté assis au salon, id. Hél. vi, to. || Fig. Il y est resté pour les gages ou pour gage, se dit de quelqu'un pris ou tué dans une affaire d'où les autres se sont tirés. Il II est resté sur la place, ou, absolument, il y est resté, il a été tué sur le champ de bataille. la perte des Romains dans cette bataille fut d'environ sept cents hommes; les Macédoniens y perdirent treize mille hommes, dont huit mille restèrent sur le champ de bataille , et cinq mille furent faits prisonniers, BOLLiN, Hist. anc. Œuvr. t. vin, p. 277, dans pouGENS. ||a°Ëtre de reste (sens qui est une déduction du premier sens). Voilà vingt francs qui restent de votre argent. Ô ciel I et ne pourrai-je enfin i mon amour Donner en liberté ce qui reste du jour? CORN. Pomp. m, 3. Dans un si grand revers que vous reste-t-il? — Médée:Moi, id. Médée, i, 6. Que restait-il à une âme qui, par un juste jugement de Dieu, était déchue de toutes les grâces, et ne tenait à Jésus-Christ par aucun lien?... il restait la souveraine misère et la souveraine miséricorde, Boss. Anne de Gom. Il restait seul de notre famille, RAC. Esth. m, 4. Les vertus guerrières restèrent après qu'on eut perdu toutes les autres, mon- TESQ. Rom. iO. Amis, que faut-il faire, et quel parti nous reste ? volt. Tancr. v, 4 . Henri te reste à raincre après tant de guerriers, iD. Henr. ix. Rien ne lui reste plus queles chagrins et l'âge, delille, ^n. V. Il Impersonnellement. Si vousétiezen ma place, je suis assuré qu'il ne vous resterait pas plus de loisir qu'à moi, VOIT. Letl. 68. Je ne sais pas si j'ai encore beaucoup de temps à vivre ; mais il me semble qu'il me reste beaucoup d'années à vous aimer, ID. ib. 30. Il ne reste plus à l'homme que le néant et le péché, pour tout fonds le néant, pour toute acquisition le péché, boss. Anne de Gont. Vous avez perdu ces heureux moments où vous jouissiez des tendresses d'une mère.... mais il vous reste ce qu'il y a de plus précieux, l'espérance de la rejoindre dans le jour de l'éternité, in. t6. Sénèque le philosophe nous apprend que Virgile n'avait pas mieux réussi en prose que Cicéron ne passait pour avoir réussi en vers; cependant il nous reste de trèsbeaux vers de Cicéron, volt. êsï. poés. ép. 3. {] Il reste.... à, et un infinitif. Dieu a des remèdes pour vous guérir ; et il ne reste qu'à les obtenir par des vœux continuels, boss. Anne de Gong. Que restaitil à la reine à demander au ciel, ou à désirer sur la terre? fléch. Mar.-Thér. Avant de se jeter dans le péril, il faut le prévoir et le craindre; mais, quand on y est, il ne reste plus qu'à le mépriser, FÉN. Tél. I. Il me reste à parler des guerres que les Carthaginois soutinrent en Sicile du temps de Pyrrhus en Epire, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. i, p. 299, dans POUGENS. ||11 reste.... de, et un infinitif. J'ai fait voir combien vous leur aviez imputé d'hérésies l'une après l'autre , manque d'en trouver une que vous ayez pu longtemps maintenir; de sorte qu'il ne vous était plus resté que de les en accuser, sur ce qu'ils refusaient.... pasc. Prov. xviii. Si nos cœurs s'endurcissent après un avertissement si sensible , que lui reste-t-il autre chose [à la Providence] que de nous frapper nous-mêmes sans miséricorde? BOSs. Duch. d'Orl. Vous ne démentez point une race funeste.... Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin Que d'en faire à sa mère un hoiTible festin, BAC. Iph. iv, 4. || Il reste que, et un subjonctif. Il resle que nous expliquions l'article de la suprématie, boss. Var. 10. || Avec ellipse de il. Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne dont les gros bataillons serrés.... demeuraient inébranlables, BOSs. Louis de Bourbon. Reste à trente-deux consumés par les flammes, volt. Phil. II, 81. Il Reste tel article à examiner, reste à faire attention, reste à savoir, etc. il reste à examiner tel article, à faire attention, à savoir, etc.

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Il Reste, ainsi employé, se construit aussi arec d». Reste donc de conclure que la foi de la plus grand» partie des chrétiens.... bourdal. Pensées, 1. 1, p. 180. Il Dans une soustraction, de sept ôtez cinq , il rest* deux, ou reste deux (non à deux, comme on le dit quelquefois fautivement). || Bossuet a conjugué rester avec avoir, bien que la conjugaison ordinaire soit avec l'auxiliaire être : Tant qu'il a resté aux Romains tant soit peu de considération pour les Juifs, jamais ils n'ont fait paraître les enseignes romaines dans la Judée, Hist. 11, 9. 118° Se rester à soi-même, conserver une juste estime de soimême, une juste confiance en soi-même. 11 n'est pour le vrai sage aucun revers funeste ; Et, perdant toute chose, à soi-même il se reste, mol. Fem. sav v, 4. Il 4° Persévérer dans telle ou telle situation. Il est resté stupéfait. Il resta sans appui. Viens, Girot, seul ami qui me reste fidèle, boil. Lutr. iv, La seule Roiane est restée dans le devoir, et con' serve de la modestie, montesq. Lett. pers. m. Je resterai dans mon opinion, et vous dans la vôtre, tJiDEH. Mém. t. IV, p. 84, dans pougens. Je resterai proscrit, voulant rester debout, v. hdgo, Ultimaverba. Il Fig. et familièrement. Rester sur la bonne bouche, s'abstenir de tout après avoir pris quelque chose qui flatte le goût; et fig. s'arrêter après quelque chose d'agréable. || 5° Il se dit aussi des choses qui demeurent. La victoire reste indécise entre les deux armées. Cela m'est resté dans la mémoire. Son bras, est resté paralytique. Quand j'ai voulu prendre cet, outil, le manche m'est resté dans la main. Ruiné depuis deux ans, il ne lui est resté que l'espérance. Je sais ce qu'il en coûte , et qu'il est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir : La cicatrice en reste, volt. Tancr. v, 3. jj il se conjugue aussi avec l'auxiliaire avoir. Il a tout perdu, mais il lui a resté l'espérance, lavkaux (qui admet cet exemple, quand on veut parler du moment où un homme a tout perdu). On ne sait pas comment les choses auraient resté dans cet état, hamilt. Gramm. <0. || 6» Rester à quelqu'un en pariant d'un parent, d'un ami que l'on conserve. C'est d'ici que je date ma première connaissance avec mon vieux ami Gauffecourt qui m'est toujours resté, malgré les efforts qu'on a faits pour me l'ôter; toujours resté! non, hélas; je viens de le perdre, J. J. ROuss. Conf. V. Il 11 se dit aussi des choses que l'on garde. Le nom lui en est resté. Edouard, après deux victoires remportées en deux jours, prit Calais, qui resta aux Anglais deux cent dix ans, volt. Mœurs, 76. || 7° Demeurer dans le souvenir des hommes, garder sa renommée. La mode est aujourd'hui de mépriser Colbert et Louis XIV; celte mode passera, et ces deux noms resteront à la postérité avec Racine et Boileau, volt. Lettr. à Mme du Defjant, A" nov. 1773. L'ouvrage de Bayle est resté, et Pierre Jurieu [avec ses prophéties] n'est pas même resté dans la bibliothèque bleue avec Nostradamus , id. Dict. phil. Prophéties. L'avantage unique qui le distingue [le Panégyrique de Trajan, par Pline le jeune], d'être le seul panégyrique de prince qui soit resté après la mort du prince et de l'orateur, d'alemb. Éloges, Saci. || 8° En rester à, se borner à. Quand il aura obtenu quelque avancement, il n'en restera pas là, il voudra avancer encore. Il S'arrêter, ne pas poursuivre. Reprenons notre discours où nous en étions restés. J'en étais resté à vous dire que.... La dédicace de vos ouvrages, que vous me faites l'honneur de m'offrir, n'ajouterait rien à leur mérite.... je ne dédie les miens qu'à mes amis ; ainsi , monsieur, si vous le trouvez bon, nous en resterons là, volt. Lett. Guiot, novembre (764. L'occasion que j'avais perdue ne revint plus, et nos jeunes amours en restèrent là, J. J. Bouss. Conf. II. Il 9° Terme de musique. Faire une tenue. Rester sur une note, sur une syllabe. Il 10° Terme de manège. Rester dans la main, se dit du cheval qui se retient afin d'éviter la pression du canon sur les barres. || 11° En termes de mer, on dit d'un objet quelconque qu'il reste à telle aire de vent ou par telle aire de vent, lorsque, relativement à un autre, il est dans la direction de cette aire de vent, jal. Le lundi, 20* dudit décembre (1688), à sept heures du matin, le cap de Palos me restait à 0. S. 0. environ quinze lieues. Journal de la route, dans jal. || Rester de l'arrière, marcher moins vite que d'autres bâtiments qui précèdent. Il Rester à l'ancre, ne pas quitter l'endroit où l'on est retenu par ses ancres.

— REM. 1. Rester à avec un infinitif ne se dit que dans le sens d'être de reste : La chose qui reste à faire; mais c'est une faute de dire :Nos amis restent bien à venir (il faut : tardent bien}; Les maçons

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restèrent deux ans à bâtir cette maison (il faut : employèrent). Il 2. C'est aussi une faute de se servir de rester au lieu de loger ou demeurer. On dit ; 11 demeure dans telle rue, et non : il reste dans telle rue.

— HIST. XV* s. En toute la salle ne peut appercevolr homme; ja soit qu'il ne restoit pas qu'il n'y cust plusieurs hommes et femmes devisans les uns aux auhres , Percefor. t. vi, f" 27. || xvi* s. Ma comédie est preste, il ne resle qu'à y adjouster les vers, MONT. I, 490. Que iuy reste il à désirer? id. i, 326. Le fol reste après la feste, cotgrave.

— f.TYM. Prov. et esp. restar; ital. restarc; du lat, reslare, rester, demeurer, de re, et stare, être debout (voy. stable).

t RESTIACÉES (rè-sti-a-sée), s. f. pi. Famille de plantes monocotylédones voisines des typhacées et des cypéracées, habitant surtout l'Afrique tropicale, ainsi dite du genre type reslio.

t RESTIFORME (rè-sti-for-m'), adj. Terme d'anatomie. Corps restiformes, la partie supérieure des cordons postérieurs de la moelle qui forme les pédoncules inférieurs du cervelet.

— Etym. Lat. restû, corde, et forme.

RESTITUABLE (rè-sti-tu-a-bV) , adj. || 1° Que

l'on doit rendre. Somme restituable aux héritiers. Il 2" Terme de palais. Qu' peut être remis en son premier état. Le mineur n'est point restituable contre les conventions portées en son contrat de mariage , lorsqu'elles ont été faites avec le consentement et l'assistance de ceux dont le consentement est requis pour la validité de son mariage, Code Nap. art. <309.

— ÉTYM. Restituer.

RESTITUÉ, ÉE (rè-sti-tu-é, ée), part, passé de restituer. || 1° Rétabli en son premier état. Texte restitué par la critique. || Dont on a fait la représentation, en parlant d'un monument détruit. Le tombeau d'Osymandyas restitué d'après les données mêmes u'u texte de Diodore , letronne, Inst. viém. Acad. inser. t. IX, p. 323. || Médaille restituée, voy. restitution. Il 2" Rendu à qui de droit. Un bien mal acquis et restitué à la mort.

RESTITUER (rè-sti-tu-é), je restituais , nous restituions, vous restituiez; que je restitue, que nous restituions, que vous restituiez , v. a. || 1° Rétablir, remettre dans son premier état; il se dit surtout de textes. Une nuée de commentateurs qui restituaient des passages, et qui compilaient de gros volumes k propos d'un mot qu'ils n'entendaient pas, VOLT. Temple du Goût. Nous avons tâché de restituer l'antique idiome des Romains, bouchaud, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. v, p. 83. || Restituer un ouvrage perdu , le refaire d'après les indications qui en restent. M. Viviani, laissant Aristée pour quelque temps, songea à restituer de la même manière le cinquième livre d'Apollonius, fonten. Viviani. || Terme d'architecture. Restituer un monument, un édifice, faire le plan, la représentation d'un édifice en ruine. || 2° Terme de palais. Remettre une personne dans l'état où elle était avant un jugement, avant un acte qui est annulé. Se pourvoir par requête civile pour être restitué contre un jugement. Se faire restituer contre son obligation, contre sa promesse. Lorsque les mineurs, les interdits ou les femmes mariées sont admis, en ces qualités, à se faire restituer contre leurs engagements, le remboursement de ce qui aurait été, en conséquence de ces engagements, payé pendant la minorité, l'interdiction ou le mariage, ne peut être exigé, à moins qu'il ne soit prouvé que ce qui a été payé a tourné à leur profit, Code Map. art. (3(2. || 3° Rendre ce qui a été pris ou ce qui est possédé indikment. Je te restituai d'abord ton patrimoine, corn. Cinna, v, 1. Va, va restituer tous les honteux larcins Que réclament sur toi les Grecs et les Latins, mol. l'emm. sav. m, 6. Escobar fait cette règle générale : les biens acquis par des voies honteuses, comme par un meurtre, une sentence injuste, une action déshonnête , sont légitimement possédés, et on n'est point obligé à les restituer, pasc. Prov. viii. Il [Lamoignon] fit restituer à ces malheureux ce qu'ils croyaient avoir perdu, FLÉCH. Lamoignon. \\ Absolument. Il [le jésuite] m'en apprit tant la dernière fois, que j'aurai bien de la peine à tout dire : vous verrez des principes bien commodes pour ne point restituer, PASC. Prov. VIII. Il Restituer l'honneur à quelqu'un, lui rendre l'honneur. Cet arrêt lui a restitué l'honneur. Il 4° Les lieux donnés à loyer doivent être restitués par le locataire tels qu'il les a reçus, ils doivent être remis, rétablis et rendus dans le même état. || B° Se restituer, ». réft. Être remis en son premier état. Lorsque cotte situation s'est resti-

tuée, DEsa. Foetus , b. || 8° Revenir auprès de. Vous ne doutez pas , bonnes amies, que je ne sois aussi pressé de me restituer à ceux qui mo sont cbers, ((u'ils peuvent l'être de rae revoir, dider. dans le dict. de nocHEZ.

— HIST. xiv s. Si se commença à restituer et à restablir la bataille, bercheure, f" 88. Pour roquerre le sénat que les biens leur fu.ssent restituez, iD. f" 28, verso. Le ressuscita de son couralge aussi comme se il fust restitué d'enfer, Chron. de Saint- Denis, 1. 1, f" 40. Il XV* s. Son coursier lui fut rendu et restitué, froiss. i , i, !H. Jusques à tant qu'il seroit restitué de certaine somme qu'il avoit preste,

MONSTREL. t. I, ch. 97, p. (67, dans LACUBNE. Pour

ce que icellui suppliant ne voult lui restituer ledit calice ou argent, du cange , retornare. || xvi* s. Maintenant, toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées.... rab. Pant. ii, 8. Et furent d'advis que l'on envoyas! ambassadeurs devers Iuy, pour Iuy faire entendre , comme ses citoyens le rappeloient et le restituoient en ses biens, amyot. Cor. 46. Pour avoir restitué aux Siciliens la franchise et liberté de vivre à leurs loix, id. Timol. 63.

— ÉTYM. Prov. et esp. restiluir; ital. rcsttluire; du lat. restituere, de re, et stituere, pour statuere, dans les verbes composés, placer (voy. statuer).

t RESTITUTEUR (rè-sti-tu-teur) , s. m. Se dit quelquefois des antiquaires, des savants, qui ont retrouvé quelque passage d'un ancien auteur, ou qui l'ont rétabli. || Terme de numismatique. Se dit des empereurs qui ont fait frapper des médailles en mémoire de leurs prédécesseurs.

— HIST. XV* s. Qu'ils soient restituteurs [qu'ils fassent restitution], e. desch. Poés. mss. f° 340.

— ÉTYM. Lat. restitutorem, de restituere, restituer. RESTITUTION (rè-sti-tu-sion ; en vers, de cinq

syllabes), s. /". ||1° Action de rétablir, de remettre une chose en son premier état. C'était un homme qui ne voyait rien dans ce monde de quelque importance en comparaison de la restitution d'un passage, DIDER. 5. les caractères. Pour l'amateur de l'antiquité, la restitution d'un ancien texte a toujours quelque chose dépiquant, caussin, Inst. Mém. inscr. et belles-lett. t. vi, p. 4(. || 2° Terme d'architecture. Représentation d'un monument en ruine. Poleni a tenté assez heureusement la restitution du temple d'Ephèse, d'après les documents imparfaits de Pline, quatremère ns qdincy, Inst. ilém. hist. et litt. anc. t. iv, p. 324. || S-Terme de numismatique. Médailles de restitution , ou médailles restituées, ou, simplement, restitutions, celles qui reproduisent des médailles précédemment frappées, et qui portent le nom de celui qui les a renouvelées, ou qui rappellent le souvenir d'une ancienne famille ou de quelque empereur. J'ai une restitution de Gallien. 1| 4° Terme de palais. Jugement qui relève quelqu'un d'un engagement qu'il avait contracté. || Restitution en entier, réhabilitation complète d'un condamné gracié auquel on rend son état civil. || En droit romain, on nomme restitution en entier la rescision que le préteur accordait au mineur, de tout acte où le mineur était lésé. Il 5° Action de restituer, de rendre ce qui est possédé indûment. Si le roi [Philippe de Macédoine] vous [à vous Athéniens] veut rendre l'île [de Samothrace] et que le mot de rendre soit porté par le traité, je vous conseille de la recevoir; mais non pas, s'il prétend de vous la donner, et s'il appelle bienfait la restitution de ce qui a été usurpé sur vous, balz. De la cour, 6" dise. Que s'il nesetrouve personneàquicette rostitutionse puisse faire, ils la donnerontau Seigneur, et elle appartiendra au prêtre, SACi, Bible, Nomb. v, 8. Vousavez bien trouvé des expédients pour rendre la confession douce; maisvousn'enavezpointtrouvé pour rendre la restitution agréable, pasc. Prov. xii. || Par extension. Tous les phosphores naturels rendent la lumière qu'ils ont absorbée, et cette restitution.... se fait successivement et avec le temps, buff. Introd. à l'hist. des min. 4" part. || Fig. Ils sont tenus à restitution de leur réputation mal acquise, balz. liv. m, lett. 8. Il Populairement et bassement. Faire restitution, vomir. |1 6° Terme de forestier. Somme à laquelle tout délinquant doit être condamné en sus de l'amende, pour la réparation du dommage. || 7° Usage oii est le pape de donner le chapeau de cardinal à un des parents du pape dont il l'avait reçu lui-même. || 8° Terme d'astronomie. Retour d'une planète à son apside. || Période qu'on croyait ramener tous les événements dans le même ordre. || 9° Terme de physique. Mouvement de restitution, action par laquelle un cor*)s élastique se rétablit dans son premier état.

— HIST. xm* s. Fere entérine restitution, bbaum. Lxviii, 8. por cause de restitution, Bibl. det ch. »' série, t. m. p. 602. jj xiv* s. Il dcmandoient la resliiucion des dessus dites choses, bebcheuhe, f° 28, verso. Il XV' s. [les Calé-siens furent forcés après la prise de leur ville de l'abandonner sans rien emporter] et si n'en eurent oncques restitution ni recueuvrement du roi de France, pour qui ils avoiont tout perdu, froiss. i, i, 323. ||xvi* s. Et Iuy promettoit réhabilitation et restitution de tous ses tiiens, amyot, Sertor. 34. Le peuple d'Israël ayant esté transporté en Babylone.... on no lui pouvoit faire accroire que ce ne fust fable et mensonge tout ce que lui promettoit Ezocbiel de sa restitution, calv. Inst. 338.

— ÉTYM. Provenç. restilutio ; espagn. restitueion; ital. resti(ui!iorie; du ia.t. restitulionem, lie restituere, restituer.

t RESTITUTOIRE (rè-sti-tu-toi-r"), adj. Qui sort à restituer, qui a rapport aux restitutions. Arrêts, décisions restitutoires.

t RESTOUPAGE (rè-stou-pa-j'), s. m. Action de restoupor.

t RESTOCPER (rè-stou-pé), v. a. Raccommoder à l'aiguille les trous d'une toile neuve.

— ETYM. lie..., et l'allem. stopfen, bourrer, boucher.

t RESTRAINT (rè-strinf), t. m. Mot emprunté aux aliénistes anglais et exprimant l'emploi de» moyens mécaniques de contention durant le traitement delà folie; par opposition à non-restraint, qui est la suppression de ces moyens. Il n'y a pas de contrôle [dans la loi française sur les aliénés] sur ce point important, le restraint, dumesnil, Ànn. médico-psyeh. 4 869, p. 17».

— ÉTYM. Angl. restraint, contrainte, qui vient du français restreindre.

I RESTREIGNANT, ANTE (rè-strè-gnan, gnan-t'), adj. Qui restreint. Quand Ferdinand III fit élire en (C64 son fils Léopold, âgé de dix-sept ans, roi de Hongrie, on lui fit signer une capitulation aussi restreignante que celle des empereurs, volt. Ànn. Emp. Ferdinand III, Tableau.

RESTREINDRE (rè-strin-dr'; dans son édition de Malherbe, Ménage a. imprimé rétreindre ; ce qui montre qu'alors on ne prononçait pas \'s: Mais voyant tous les jours ses chaisnes se rétraindre. Désolé que je suis ! Que ne dois-je point craindre. Ou que puis-je espérer? malh. v, 24; aujourd'hui encore, on ne prononce pas l's en Normandie), je restreins, tu restreins, il restreint, nous restreignons, vous restreignez, ils restreignent ; je re>treignais : je restreignis; je restreindrai; je restreindrais; restreins, qu'il restreigne; que je restreigne, que nous restreignions, que vous restreigniez; que je restreignisse; restreignant; restreint, v. a. || l' Resserrer (sens propre qui est peu usité). Restreindre un lien. || Absolument. Médicament qui restreint. Il 2° Fig. Réduire à des limites plus étroites. J'eus honte de brûler pour une âme glacée, l't, sans me travailler à lui faire pitié. Restreignis mon amour aux termes d'amitié, malh. vi, 32. Se soumettant aux sévères lois de la pénitence chrétienne, et ne songeant qu'à restreindre et à punir une liberté qui n'avait pu demeurer dans les bornes, boss. Anne de Goni. Je restreins les crimes contre la tranquillité aux choses qui contiennent une simple lésion de police, montesq. Esp. xii, 4. Est-il bien vrai qu'on va restreindre le ressort du parlement de Paris à l'Ile de France? volt. Lett. d'Alemb. 43 février 4774. La nature a pourvu à conserver et à restreindre les espèces; elle ressemble aux Parques, qui filaient et coupaient toujours; elle n'est occupée que de naissances et de destructions, in. bictionn. phil. Population. L'autorité cherche toujours à renverser les barrières qui la restreignent, ID. Mœurs, (64. Nous aurions restreint celui-ci (un oiseau] sous la loi du climat, et n'aurions pas cru sur une simple dénomination qu'il se trouvât au Sénégal, si.... buff. Ois. t. xvi, p. 2C0. Ils étendent ou restreignent mal à propos la signification des mots, condill, An de pens. ii, 5. Les fortunes divisées restreignent les sciences et les arts à l'utile, dider. Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. 465, dans pouGENS. Les gouvernements.... ont cru que des sociétés fondées la plupart sur l'intérêt particulier d'une nation ou d'un seul homme devaient restreindre il leur métropole toutes les liaisons de leurs colonies, baïnal, Hist. phil. xiv, 47. Celui qui a formé une demande excédant cent cinquante francs ne peut plus être admis à la preuve testimoniale, même en restreignant sa demande primitive, Code Nap. art. 1343. || 3* Se restreindre

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«. réfl. Être serré davantage (sens peu usité). Des chaînes qui se restreignent. || Fig. Ce désir se restreint à ceux qui nous plaisent, Boss. Sermons, Char, fratern. 4. H*" Se réduire, se borner à. Mais, dira-t-on, pourquoi vous restreignezvous & dire que les erreurs seront toujours exterminées dans l'Église? hoss. 4" instr. past. 7. D'où nous pouvons conclure sans rien craindre, Qu'au présent seul l'homme doit se restreindre, J. b.rouss. Ép. II, 6. Il Absolument. Réduire sa dépense. Les temps sont durs, il faut se restreindre.

— HIST. XIII' s. Il apert qu'il restraint les dix livres àcentsaus [sous], beaom. xii, 42. Le [la] deerraine procuration qui vient en cort, restraint le première se ele en fait mention, id. iv, 40. Des prelas vous dirai ; mais qu'il ne vous anuit, Diex leur a commandé veillier et jor et nuit. Et restraindre leur rains, et porter fuelle et fruit, Et lumières ardans ; mais ne sont pas tel tuit [tous], huteb. 237. Generaument plus sont de cils qui se repentent de trop doner que de trop restreindre, brun, latini, Trésor, p. 4I8. || xiv s. Bien pourveu de tout ce qu'est mestier à restraindre le (lus de sanc, h. de MONDEV. f" 4 00, verso. Il XV* s. Adonc ressanglerent leurs chevaux, et restreignirent leurs armures, et chevauchèrent tous serrés, froiss. i, i, 79 Mais quant ce vint au fait de la despense. Il restraingnit eufs, chandelle et moustarde, e. desch. Admin. de l'hostel du prince. \\ xvi* s. Geste sédition fust bien tost sortie en évidence, n'eust esté la guerre des alliez qui survint là dessus, et la restraignit pour un temps, AMYOT, JfartKS, t>8. Pourtant l'effusion du sang se restraignit un peu quand il fut couché, ID. Anton. 99. Cete jalousie nous rend plus espargnants et restrains envers nos enfants, mont, ii, 74. Pourquoy Dieu auroit-il restreint ses forces à certaine mesure ? id. 11,261. La vertu d'asseicher ou restreindre, id. ii, 3B8. Cela estoit dissiper et rompre l'unité de Dieu et restreindre son infinité, calv. Inst. 69 Estans prests de commettre toute vilenie et turpitude, sinon que l'horreur de la loy les restreint, id. ib. 263. Ceux qui ont mestier [besoin] de bride pour estre restreints, id. ib. 264. L'amitié que nous portons à nos femmes, elle est très légitime; la théologie ne laisse pas de la brider pourtant et de la restreindre, mont, i, 225.

— ÉTYM. Wallon, roitretnd, serrer, plier; norm. ritreint, resserré, constipé; provene. restrenher ; catal. restrenyer; espagn. restrinir; ital. ristringere, ristrignere ; du lat. restringere, de re, et ttringere (vov. étheindre) .

RESTREINT, EINTE (rè-strin, strin-t') , part. possf! de restreindre. Borné, limité. Notre faible raison, restreinte à certains objets, boss. Conn. v, 2. La règle étant ainsi restreinte, elle n'en devient que plus facile à retenir, d'olivet, Ess.gramm. i, 2. Les louanges [dans une oraison funèbre de Louis XVJ sont un peu restreintes; il n'y a que celles-là de vraies, VOLT. Lett. Bichelieu, .'ii mai 4 774. Quelquefois cet asile était général, quelquefois il était restreint, BAYNAi., Hist. phil. VI, 4 3. Restreint dans mon ambition, marmontel, Mém. i.

t RESTREINTE (rè-strin-f), i. f. Terme de chiromancie. Ligne qui se forme, en pliant un peu le poignet, à la jonction de la main avec le bras.

RESTRICTIF, IVE (rè-stri-ktif, kti-v'), adj. Qui restreint, qui limite. Une clause restrictive. Mesures restrictives de la liberté de la presse.

— inST. XV' s. Ce n'est qu'un restraintif d'amour, CH. d'orl. Rondel, b&. || xvi' s. Appliquer remèdes repei cussifs et restraintis du flux du sang, paré, viii, 4.

— ÊTYM. Provenç. restrictiu; espagn. reîlrtctitio; ital. restrittivo; du lat. restrictum, supin de restringere, restreindre.

RESTRICTION (rè-stri-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Condition qui restreint. Entendez toujours, s'il vous plaît, mademoiselle, les louanges que je vous donne, avec la restriction que je dois mettre, vous connaissant comme je fais, voit. Letl. 30. Qu'ils [les protestants] n'ont aucune raison de les limiter [les promesses sur lesquelles l'Eglise est fondée], et qu'ils n'y apportent que des restrictions arbitraires, boss. 3* avert. 33. Les grands mots portent leurs restrictions dans leurs propres excès, id. Nouv. myst. 6. II est vrai que l'oracle se réservait une restriction obscure pour se pouvoir sauver en cas de besoin, ponten. Oracles, u, ». Théodore de Cyrène niait sans restriction l'existence des dieux, hoilin, 7/ij(. anc. liv. xxvi,chap. m, I. i. L'évêque de Meaux triompha [dans l'affaire du quiétisme] ; mais l'archevêque de Cambrai tira un plus beau triomphe de sa défaite : il se soumit sans restriction et sans réserve, volt. Louis Ilv, 38.

RES

Dans l'attestation donnée pour la sortie |d'un aliéné guéri], j'avais ajouté une restriction et fait craindre une nouvelle rechute, à moins de grands ménagements pour l'éviter, pinel, Inst. Mém. scienc. 4 807, I" sem. p. 4 97. Il Restriction mentale, réserve qu'on fait d'une partie de ce que l'on pense pour tromper ceux à qui l'on parle. Savez-vous bien comment il faut faire quand on ne trouve point de mots équivoques? — Non , mon père. — Jem'en doutais bien, dit-il, cela est nouveau ; c'est la doctrine des restrictions mentales, pasc. Prov. ix. Surtout on leur avait inspiré une extrême horreur pour toutes ces restrictions mentales, et pour toutes ces fausses adresses inventées par les casuistes modernes , dans la vue de pallier le mensonge et d'éluder la vérité, bac. Hist. Port-Royal, 2* part.

— HIST. XV* s. Es grans gaages [il] ne mit provision, Ne sur les gens dont l'ostel a grevance. Sur les petiz fist la restrinction , Qui monte à pou.... E. DESCH. Admin. de Vhôt. du prince. \\ xvi' s. Pour vous montrer que les restrictions Que contre amour Pallas vous a faict faire Sont pour le monde abolir et defîaire, saint-gel. 52. Il y a un autre jusne temporel, quand nous restraignons nostre vivre outre ce que nous avons accoustumé d'en prendre; ceste restriction gist en trois choses, au temps, en la qualité des viandes et en la mesure, CALv. Inst. 998. Ces restrictions [à l'usage du vin], en partie empruntées des Carthaginois.... mont, ii, 4 9.

— ÊTYM. Prov. restriccio; esp. restriccion; ital. restrizione; du lat. restrictionem , de restringere, restreindre. L'ancienne langue avait restrendement, restreinture, restreinte.

RESTRINGENT, ENTE (rè-strin-jan, jan-t'), adj. Terme de médecine. Qui a la propriété de resserrer une partie relâchée. Une eau restringente. || S. m. Un bon restringent.

— ÉTYM. Lat. restringentem, de restringere, restreindre.

RÉSULTANT, ANTE (rè-zul-tan, tan-t'), adj. Il 1' Qui résulte. Lebien résultant du mal. || Terme de procédure. Les cas résultants du procès. || 2° Terme de mécanique. Force résultante, mouvement résultant, force , mouvement qui provient de la composition de plusieurs forces , de plusieurs mouvements. Il 3'Termedechimie. Affinité résultante, nom donné par BerthoUet à l'affinité d'un corps composé, qui lui permet d'agir comme un corps simple et sans que ses éléments se désunissent, par exemple, quand l'eau dissout un sel. || 4" S. f. Terme de mécanique. Résultante, force unique qu'on admet comme représentant plusieurs forces appliquées à un point donné. On peut, à deux forces composantes, substituer leur résultante ; et, réciproquement, on peut, à une force quelconque, en substituer deux autres dont elle serait la résultante, laplace, Exp. lu, 4 . La résultante de toutes les actions du fluide sur ce corps passe par le centre de gravité du volume de fluide déplacé, id. ib. m, 4. || Terme d'algèbre. Équation qui représente une fonction quelconque des racines d'une équation proposée. On sait en algèbre, que, si l'on cherche à déterminer une fonction quelconque des racines d'une équation proposée, la résultante qui la donne s'élève au degré marqué par toutes les permutations que ces racines pourraient offrir sous la fonction que l'on considère, poinsot, Instit. Uêm. scienc. 4 84 3, p. 382.

RÉSULTAT (ré-zul-ta ; le « ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des ré-sul-ta-z excellents), t. m. Ce qui résulte d'une action, d'un fait, d'un principe, etc. Les résultats de cet événement sont incalculables. Connaissez-vous le résultat de la délibération? Un principe fécond en résultats. Mon âme est le résultat de tous mes sens; c'est une affaire difficile à concevoir et par conséquent à expliquer, VOLT. Hemmius, 3' lettre. Nous sommes plus faits pour voir les résultats des choses que les principes des choses, bonnet, Ess. anal, âme, Œuv. t. xiii, p. 26, dans pouGENS. || V.n physiologie, nom donné I des phénomènes qui , n'appartenant pas à des tissus ou à des appareils particuliers, sont l'attribut de l'ensemble de l'organisme considéré comme un tout. La production de la chaleur chez les animaux est un résultat.

— ÉTYM. Mot scolastique formé de resullatum, supin fictif de resultare, résulter.

RÉSULTER (ré-zul-té), «. n. Il n'est usité qu'à l'infinitif et à la 3' pers, des autres temps. || 1° S'ensuivre, en parlant d'induction, de conséquences. Il est résulté de la discussion que.... Les faits qui résultent des informations. On les a comparées entre elles [tes nations], et il en a résulté de grands biens, MONIBSQ, Esp. XX, 4. {| 2° Se dit des suites de

RÈS

certains événements, des effets de certaines causes. De ces dissensions il résulta une guerre civile. Quel plus sublime cantique Que ce concert magnifique De tous les célestes corps!... Quelle divine harmonie Résulte de leurs accords I j. b. rouss. Odes, I, 2. De ces méditations résulta le discours sur l'inégalité, ouvrage qui fut plus du goût de- Diderot que tous mes autres écrits, j. j. houss. Confess. vin. Que résultait-il de cette grossièreté de mœurs, demanda Lysis? — Ces hommes grossiers, répondit Pbilotime, battirent les Perses et sauvèrent la Grèce. — Nous les battrions encore. — J'en doute, barthél. Anach. ch. 26. || Il se conjugue avec l'auxiliaire asoir quand on veut marquer l'action : Du mal en a résulté ; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : Il en est résulté du mal.

— HIST. XVI' s. Il se tint plusieurs conseils à la Rochelle, qui tous resultoient à faire leurs efforts par mer, d'aub. Hist. ii, 295.

— ÉTYM. Lat. resultare, qui signifie sauter en arrière, rejaillir, fréquentatif de resilire, de re, et salire, sauter (voy. saut).

RÉSUMÉ, ÉE (ré-zu-mé, mée), part, possède résumer. Il 1° Resserré en peu de mots. Une leçon résumée avec précision. || 2° S. m. Ce qui estresserré en peu de paroles. Voici un petit résumé de tous les changements faits à la pièce, afin que, s'il en est échappé quelqu'un dans votre copie, vous puissiez aisément le remplacer, volt. Lett. Lekain, 4 4 mars 4 767. La règle générale que prescrit Cicéron pour le résumé de la cause, c'est de n'y rappeler que les points importants, et de donneràchacun d'eux le plus de force, mais le moins d'étendue qu'il est possible, MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 242. Toutes SOS raisons [du procureur du roi] .... furent encore étendues, développées, amplifiées dans le résumé très-prolixe qu'en fit M. le président, p. l. courier. Procès. Il 3° Précis, abrégé. Un résumé de l'histoire de France. || 4' Au résumé, en résumé, loc. adv. En résumant, en récapitulant tout.

RÉSUMER (ré-zu-mé), v. a. \\ 1° Resserrer en peu de paroles ce qui a été dit ou écrit plus longuement. Résumer une discussion. Quand il [Jésus] résumait la loi et les prophètes, c'était bien plus dans des actes de vertu que dans des formules de croyance, J. J. ROuss. Lett. à l'archev. de Paris, || 2° Se résumer, V. réfl. Reprendre brièvement ce qu'on a dit.

— HIST. xiv* s. Celui qui a lessié aller et jatée une pierre, il ne lui est pas possible de la résumer, arrester ou rettraire, oresme, Eth. 74. Donques en résumant nous dirons.... ID. t6. 77. Nous avons devant proposé aucunes doubtes et est bien de les résumer, id. Thèse de meunier.

— ÉTYM. Lat. resumere, de re, et sutnere, prendra

(voy. SOMPTUEUX.)

RÉSUMPTE (ré-zon-pf) , t. f. Ancien terme d'école. Acte qui se faisait par le nouveau docteur en théologie pour avoir suffrage aux assemblées de la faculté et jouir des droits de docteur; elle se soutenait d'une heure à six.

— ÉTYM. Lat. thesis resumpta, thèse reprise, de resumere, reprendre (voy. résumer).

RÉSUMPTE (ré-zon-pté), adj. m. Docteur réïumpté, docteur qui a fait sa résumpte.

RÉSUMPTION (ré-zon-psion), s. f. Terme didactique peu usité. Action de résumer. La résumption d'un argument.

— ÉTYM. Lat. resumptionem,<ieresumere, résumer.

t RÉSUPINATION (ré-zu-pi-na-sion), s. f. Terme de botanique. Etat d'une fleur résupinée.

t RÉSUPINÉ, ÉE (ré-zu-pi-né, née), adj. Terme de botanique. Qui ofl're en haut les parties dont la situation devrait être en bas.

— ÉTYM. Lat. resupinus, de re, et supinus, couché sur le dos (voy. supination).

t RÉSURE (ré-zu-r'), s. f. Terme de pêche. Synonyme de rogue. Faisons défenses aux pêcheurs d'employer de la résure pour attirer la sardine.... qu'elle n'ait été visitée et trouvée bonne, Ordonn. août 4681.

— ÉTYM. Peut-être est-ce une altération pour rasure, raclure.

t RÉSURRECTIF, IVB (ré-zu-rè-kUf, kti-v"), aij. Qui ressuscite, qui rend la vie. Le premier président acheva d'entendre cette lecture si accablante pour lui, si résurrective pour nous, st-sim. 6I6, 9i. Je me réjouis fort de votre vertu résurrective, ga- L1ANI, Lett. à Mme d'Épinay, 9 juin 4784.

— ÉTYM. Voy. RÉSURRECTION.

RÉSURRECTION (ré-zu-rè-ksion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Retour de la mort à la vie. Paul.... s'écria dans le conseil: je suis pharisien, fils de pharisien ; je suis tiré en cause pour l'espérance et pour la résurrection des morts ; et, quand,

RÉT

RÉT

RET

Il put dit cela, il s'éleva une discussion entre les pliaiisiens et les sadiicéens... car les saducéens iliient qu'il n'y a point de résurrection, ni d'ange, pi d'esprit ; mais les pharisiens soutiennent l'un et l'autre, Actes des Apôtres, xxiv, «, 7 et 8. Apres la résurrection les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils seront comme les anges dans le ciel, saci, Hible, Évang. St Matth. xïu, 30. Ou'ont-ils à dire contre la résurrection T PASC. Pent xiiv, ao, éd. havet La part que nous avons aux souffrances <,a Jésus-Christ nous assure que nous avons part à sa résurrection, Boss. Euckar. u, 7. Elle professait hautement la foi catholique et la résurrection des moils, cette précieuse consolation des fidéled mourants, ID. Duch. d'Orl. Quand il se leva, je crus voir la résurrection du Lazare; imaginez-vous un corps si sec, qu'en le voyant à nu on aurait fort bien pu apprendre l'ostéologie, lbsage, Gil Blas, iv, 7. Je compris à la réponse du pasteur et à quelques signes d'intelligence, qu'un des points ci-devant contestés entre eux était la résurrection des corps, t. 1. RODSS. Hél. VI, H. J'étais venu à envisager la mort comme une sorte de développement, et la résurrection comme un second développement, bonnet, (But), mêlées, t. xvui, p. 33, dans pougens. || Fête que l'Église célèbre en mémoire de Jésus-Christ ressuscité. Il Tableau ou estampe qui représente la résurrection de Jésus-Christ. Une belle Résurrection (avec une majuscule). \\i' Par exagération, guérison surprenante et inattendue. C'est une résurrection, une véritable résurrection. Elle [Mme de MaintenonJ témoigna beaucoup de tendresse à cette pauvre malade [Mme de Coulanges], et bien delà joie de sa résurrection, sAv. 2 oct. t«78. Il 3° Fig. U se dit d'un ouvrage qui, mis de côté, reparaît dans la publicité. Oserais-je demander encore celte grice [une faveur pour un médecin] à Votre Majesté le propre jour de la grande résurrection de Tartuffe, ressuscité par vos bontés? mol. s* placet au roi. || La résurrection des lettres et des arts, se dit des lettres et des arts qui reprennent vie et sortent de leur décadence.

mST. xiv*s. Lepapeprioitl'empereurqu'ilallast à Rome, et qu'il fust à la résurrection, C/ir. de

St-Denis, t. i, f i«4, dam lacurne. ||xvi* s Et

de la chair la résurrection, mabot, iv, 342.

— ÉTYM. Provenç. resurrectio; espagn. resurreccion; ital. resurrexione; du lat. resurreetionem, de resurgere, de re, et surgere, se lever (voy. sukoir).

t RÉSURRECTIONMSTE (ré-zu-rè-ksio-ni-sf), (. m. Se dit de certains hommes qui en Angleterre font métier de déterrer furtivement des cadavres pour les vendre aux anatomistes. || Fig. U se dit de ceux qui exhument, veulent rétablir de vieilles choses.

— ETYM. Résixrreclion.

RETABLE (re-ta-bl'), s. m. Terme d'architecture. Lambris de devant de l'autel, et qui renferme ordinairement un tableau. Magnifique retable d'autel à tourner la tête à tout un petit couveat de religieuses, DiuER. Salon de 1767, (Eue. t. xiv, p. 488.

— ETYM. Scheler dit f)ue l'ancienne forme est rejtaule, que cela exclut table, et le rattache à un adjectif latin restabiUs, avec le sens de fixé contre (de re, et stare; voy. stable).

RÉTABLI, lE (ré-ta-bli, b\\e) , part. fossi de rétablir. Il 1° ftemis dans son premier et bon état, en parlant des personnes. Ainsi voilà M. de Maisons, jadis en disgrâce, tout rétabli, gui patin, Lelt. t. u, p. 244. On croit que Ouanto [Mme de Montespan] est toute rétablie dans sa félicité, S6v. 2« août <«76. Comme nous [Louis JCVIII], rétabli après vingt ans d'exil et la mort de son père, il [Charles II] déclara.... p. L. coim Pièce diplomatique. \\ Il se dit aussi des choses. Sa faveur [de Mazarin], attaquée par tant d'endroits, est si hautement rétablie, que tout devient faible contre elle, Boss. le Tellier. Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli, ID. Reine d'An- (jlel. J'ose croire que l'Astrate deQuinault, le Scévole de du Ryer, l'Amour tyrannique de Scudéry, bien rétablis au théâtre, pourraient faire de prodigieux effets, volt. Sophon. Épit. || 2° Il se dit de la santé. Que) dommage que vous prodiguiez vos inquiétudes pour une santé toute rétablie, et qui n'a plus à craindre que le mal que vous faites i la vôtre! SÉV. 333. Il Remis en santé, en parlant des personnes. Je me llatle qu'il est bien rétabli, puisqu'il m'a écrit de sa main, volt. Lelt. Richelieu, » janv. i787.

RÉTABLIR (ré-ta-hlir), v. a. \\ 1" Établir de non veau. On fut contraint, sous le consulat de Hirtius et de Pansa, de rétablir les tributs, montesq. fiom. 16. Il 2" Remettre une personne en son premier ou dans un meilleur étal. Son jeune frère qu'il rétablit dans le trône, corn. Pomp. Examen. Les lois

mCT. DS LA LANGUE PAANÇAISS.

qu'il [Charles II] a protégées, l'ont rétabli presque toutes seules, boss. Reine d'Angt. Le» roi» de Perse, qui les rétablirent [les Juifs], ID Uisl U, 10. Endurcis dans leur crime, il [Dieu] ne les peut plus supporter, et les chasse de la Terre promise, sans espérance d'y être jamais rétablis, m. tb. u, 4. Je ne vous oublierai pas, ô prince |de ContiJ, son cher neveu.. . ni la lettre qu'il [Condé] écrivit en mourant pour vous rétablir dans les bonnes gricesdu roi, ID. L. de Bourbon. Nous juron».... De rétablir Joas au trône de ses pères, rac. -4 th. iv, 3. On le rétablit dans tous les droits dont il était déchu, mass. Carême, Enf. prod. || Ancien terme de jurisprudence. Rétablir un homme dans sa bonne fâme et renommée, effacer, par un jugennent, l'infamie dont il avait été noté. || S* U se dit des choses en un sens analogue. Vous lui conterez un peu [à l'alibé de Bruc| l'état de nos affaires et tout es que vous faites pour les rétablir, sÉv. à d'Hérigoyen, 23 avr. 1687. Enfin, fléchi par ses vœux et par son humble patience [delà reine], il [Dieu] a rétabli la maison royale, soss. Heine d'Anglet. Quand on regarde la facilité incroyable avec laquelle la religion a été ou renversée, ou rétablie par Henri, par Edouard, par Marie, par Elisabeth, iD. fleine d'Anglet. U [Turenne] les arrête (les ennemis] par des coups hardis, quand il faut rétablir la réputation ; par la modération, quand il ne faut que la conserver, pléch. Turenne. Le discernement de ce cardinal [Mazarin] fit reconnaître la prudence de H. le Tellier, et la prudence de H. le Tellier servit à rétablir l'autorité de ce cardinal, ID. le Tellier. Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage. Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, BOiL. Lutr. IV. Puisse-t-il rétablir l'amitié dans leur cœur! RAC. Théb. u, t. Les rois de Perse avaient détruit les temples des Grecs, des Babyloniens et des Égyptiens : Alexandre les rétablit, ID. Esp. x, <4. Vers l'an 228 de notre ère, un simple soldat persan, qui prit le nom d'Arlaxerce, enleva ce royaume aux Parthes, et rétablit l'empire des Perses, dont l'étendue ne différait guère de ce qu'elle est de nos jours, volt. Sœurs, 6. Il est remarquable que deux femmes aient rétabli les images ; l'une est l'impératrice Irène, veuve de Léon IV, et l'autre, l'impératrice Théodora, veuve de Théophile, id. Mœurs, 29. Le célèbre Monk, officier général sous* Cromwell, fut celui qui rétablit le trône,». Mœurs, 182. Ce mariage rétablirait ses affaires et payerait ses dettes, saijBin, Mœurs du temps, i. Lorsqu'il [Vsrtérien] fut pris par les Perses en 26», Gallien, son fils, rétablit la paix; et l'Église en jouit jusqu'en 302, la dix-huitième année de Dioclétien, condil. Bist anc. XV, 8. Law promit de rétablir les finances, et fit aisément goûter à ce prince [le régent], dissipateur et ingénieux, un plan qui lui faisait espérer de l'argent et de la gloire, ratnal, Uist. p/iij. iv, 18. Il Rétablir une terre, la remettre en valeur. Une terre.... qui vient à rien, si la' capacité de l'abbé Charrier et ma présence ne la rétablissent, SEv. 48 févr. 188». Il Rétablir la bataille, le combat, les affaires, redonner l'avantage à des troupes qui l'avaient perdu. Je sais que sa brigade, à peine descendue. Rétablit à nos yeux la bataille perdue, CORN. Tois. d'or, i, l . La gendarmerie de la maison du roi a rétabli les affaires, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 344. Il 4* Rétablir un passage d'un auteur, le restituer, le remettre dans l'état où il était avant d'avoir été altéré par les copistes. || 6° Rendre ce qu'on avait ôté. M. le duc d'Orléans rétablit au roi devenu plus grand les 6000 livres par mois qui lui avaient été retl-anchées depuis quelque temps, stsiM. 607, 480. Il 6° Remettre en santé. Le lait l'a rétablie, sév. (29. Ils continuaient à mettre paisiblement leurs malades à terre , où la salubrité de l'air, l'excellence des fruits, des vivres et de l'eau les rétablissaient bientôt, raVnal, Hist. phil. m, S'.!. 1! Guérir. On espère que le temps rétablira ce désordre [causé par une maladie du foiej , sév. 2U sept. 1696.117° Se rétablir, v. réfl. Revenir à son premier éiat. Le crédit commence à se rétablir. Le bois a un ressort qui se rétablit jusqu'à un certain point, bufp. Ihst. nat. Introd. Œuv. t. vin, p. 236. Il 8° Reprendre le crédit, la laveur dont on jouissait. Metopbis avait eu l'adresse do sortir de prison, et de se rétablir auprès du nouveau roi, FÉN. Tél. II. Il 9° Recouvrer la santé. Mon mari se rétablira; vous n'ignorez pas qui nous sommes et le besoin extrême que nous avons de votre protection, MARiv. Paysan parrenu, *' part. || Il se dit, dans le même sens, de la santé. En revenant de la campagne oii j'avais été passer quebjues semaines pour rétablir ma santé, qui ne se rétablit guère, d'alkmb. Lett. au roi de Pr. aa sept; «777.

— HIST. XII* ». Sire, rejtablij b meic anenie [mon âme] de U malignitet d'els, Lib. ptalmorurn, p. 44. La sainte mère iglise.... Restablissiez del tut k ceie dignité B en icel estât.... Qu'el out as ancessurs e par antiquité, Th. le mart. 80. || xiii* s Paien uslent et braient, grans i fu la bondie; La perte qu'il ont faite n'iert jamais rétablie, Ch. d'Ànt m, <8a. En moût de menieres avoit l'en domage, en ce que l'en n'estoit restablir. des choses don aucuns estoit mis en sesine sanz droit qu'il il eust, Liv. de josl. 410. Quikonques emmaine feme d'aucun home, il doit estre banis sept ans ; et, se puis revient, ilconvenra qu'il restaulisse à l'orne toutes les coses qu'il emporta avœkes se [sa] feme, tailliar, Recueil, p. 6«. Et furent jespiez [d'un infirme) dessevrez [séparés] et ses genouz l'un de l'autre, et ses autres membres restabliz h leur office, Miracles St Loys, p. 184. Il xiv* s. Je ne soufferoy point que l'en me continue ou que l'on me restablisse en consulat, BiHCHEORB, ^ 58, reclo.

— REM. fle..., et établir; provenç. restablir; espagn. restablecer : ital. rislabilire.

RÉTABLISSEMENT (ré-la-bli-se-man), ». m.

Action de rétablir; étal d'une personne ou d'une chose rétablie. Le rétablissement de la santé. Non que si jusques-là Rome pouvait renaître, Qu'elle fût en état de se passer de maître. Je ne me crusse digne, en cet heureux moment, De commencer par moi son rétablissement, corn. Othon, m, 3. Il souhaitait le rétaldissement du ministre [Mazarin], comme un soutien nécessaire de la réputation et de l'autorité de la régence, boss. le Tellier. Qui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brûlait pour le rétablissement de cette foi [catholique] dans le royaume d'Angleterre 1 ID. Duch. d'Orl. Charles fut rappelé dans ses États par les Anglais, sans qu'un seul potentat de l'Europe »e fût jamais mi» en devoir, ni d'empêcher le meurtre du père, ni de servir au rétablissement du fils, volt touu IIV, 6. Le rétablissement de» sciences et des arts a-t-il contribué à épurer ou à' corrompre les mœurs? i. ). Rouss. Disc, rétabl. des sciences. On travaille au rétablissement de Platée et de rhespies démolies par lesThébains, barth£l. .inac/i.ch. a<. || Absolument. Retour à la santé. Son rétablissement est lent.

— HIST. xiii* s. Mais ce porroit fere li sous aagiés [mineur], et demander restablissement de le [la] coze, braoh xvi, 3. De restablissemez [en rubrique], lie. dejost. p. 4io. i| xv" s. Les gens du comte [de Flandre] ramenèrent le prisonnier de Erelo, et le rendirent par la voie de rétablissement, ainsi que ordonné estoit, à la ville de Gand, proiss. 11, 11, 63. Il XVI' s. En simple saisine ne se fait aucun rétablissement [restitution provisoire], ains un simple ajournement, et n'y k lieu de recreance ni séquestre, lotsel, 7«3.

— ÉTYM. Rétablir.

RETAILLE (re-ta-U', Il mouillées, et non reta-ye), t. f. Ce qu'on retranche d'une chose en la façonnant, {j Hachure ou strie d'une meule.

— ÊTYM. Voy. RKTAILLER Au xvi" siècle, on trouve retailleure. La Monnoye, Niils bourguignons, xiv, emploie retaille dans le sens de morceau qui reste d'une étoffe : J'ai quelque retaille Prôjm ai l'ammaillôlai.

RETAILLÉ, ÉE (re-ta-llé, liée; U mouillées), porl. passé de retailler. Une plume retaillée pour écrire en gros.

t RETAILLEMENT (re-ta-lle-man , U mouillées), ». m. Action de retailler.

— HIST. XVI* s. Au bout de d«ui an» l'on les retaillera [les aubépines], afin de les faire renforcer du pied; ce retaillement se fera en leur coupan. tous les nouveaux jetions, o. de serres, 743.

RETAILLER (re-ta-llé, U mouillées, et non reta-yé), V. a. || 1» Tailler de nouveau. 11 faut retailler ces arbres, ils ont été mal taillé». |j 2" ferme de menuiserie. Démonter et refaire un ouvrage. Il 8» Terme de vitrier. Couper des carreaux pour les mettre à une autre mesure.

— HIST. xir s. [Us] reuillerent (circoncirent] les enfanz qui n'estoienl mie retaillez, Machab. i, a. Il xur s. Mai» Diex, qui tous biens gouverne et tous maux punist, li retailia de son propos; et monte uns grans orages eu mer, Chr. de Rains, IM.|| xv* s. Il ne lui vient point de bon acquest, mai» de pillages et de roberies, et de retailler les gages des povres chevaliers et escuyers du royaume de France, khoiss. m, IV, 30. Il XVI* s. Le» coulonnas furent taillées en la ((uarriere du marbre penleliinie ; depui» «Um fueul retaillées e' repolies à Rome, amyot, PkW. it. En semant les questions et les retaillant, on faict foisonner le monde en querelles, «ont. iv, 234.

RET

— ÊTYM. Re. ., et tailler; provenç. retalhar ; calai, retallar; espagn. relajar ; ital. ritagliare.

t RCTALER (ré-ta-lé). v. a. Étaler de nouveau. Il Éteiiilre une peau.

ÉTYM. i:e. ., et étaler.

t RÉTAMAGE (ré-ta-ma-j'),i. m. Action de rétamer.

f KÉTAHKR (ré-ta-mé), i'. a. Praiiquer de temps à autre sur les casseroles qui en ont besoin l'opération de rétamage.

- ÉTYM. fifi..., et étamer.

t RÉTAMEUR (ré-ta-meur), ». m. Ouvrier ambulant qui rétame.

t RETANCER (re-tan-sé), «. o. 11 se conjugue comme tancer. Tancer de nouveau.

— BIST. XIII" s. Et de ceste meîsme cDse Retence dans Koukiers et cose Marin.... du cange, Gloss. franc, au mot retericer. || xvi* s. Là l'espieu dans la main, courageux je devance Ha chasse de vingt pas ; je la tance et retance, Je la presse et la bue allant tout à l'entour, bons. 670.

RETAPÉ, ÉE (re-ta-pé,pée),parJ. passé de retaper. Cheveux retapés. Il avait les cheveux nattés avec un chapeau retapé, et surmonté d'un vieux plumet feuille-morte, LESAGE, Est. Gonï. t. || S. m. Un retapé, une coifl'ure en cheveux retapés. Ses cheveux sans frisure sont beaucoup plus jolis à voir que ce retapé serré, genlis, Thédt. d'édue. la Lingère, i, 7. || Populairement, un retapé, homme qui, comme un chapeau retapé, veut faire croire à des qualités qu'il n'a pas.

RETAPER (re-ta-pé), V. a. \\i' Kepousser en tapant. M. le duc d'Orléans fit ce qu'il put pour arrêter ses larmes, et pour bien retaper ses yeux, sT-siM. 293, 239. || 2* Anciennement, retrousser les bords d'un chapeau en les serrant contre la forme. Il Aujourd'hui, remettre un chapeau à neuf. || Fig. et familièrement. U a été bien retapé, Il a été fort maltraité. Il 3° Terme de perruquier. Retaper une perruque, la friser et la poudrer. || Retaper des cheveux, les peigner à rebours et les faire renfler.

RETARD (re-tar; ledne se lie pas: au pluriel, l's ne se lie pas : des re-tar ennuyeux; cepemlani quelques-uns la lient : des re-tar-z ennuyeux) ,s.m.\\i° Il se dit de ce qui est ou se fait trop tard. Un débiteur qui est en retard de payer. Voyez l'heure qu'il est; vous êtes en retard. Ma montre est en retard sur l'horloge du chemin de fer. Vos retards ont fait manquer l'affaire. || Retard des marées, l'espace de temps dont la marée d'un jour retarde sur la marée correspondante de la veille, et qui est de 48 minutes, en moyenne. || 2* Le retard d'une montre, d'une pendule, partie du mouvement qui sert à la retarder ou à l'avancer. || 8* Terme de musique. On désigne par retard, en harmonie, le délai momentané que l'on met à frapper l'une des notes d'un accord, en prolongeant quelques instants la note de l'accord précédent, note dont celle qui est retardée forme la résolution ; pour exprimer ce fait, on emploie indifféremment le mot retard, qui s'appliijue à la deuxième note, ou le mot prolongation qui s'applique à la première; il y a des doubles, des triples retards.

— ÉTYM. Voy. RETAHDEB.

RETARDATAIRE (re-tar-da-tê-r'), adj. Il se dit des contribuables en retard de payer des conscrits qui ne se rendent pas à temps sous es drapeaux. Il S. m. Les retardataires, les cont) Ibuables, les conscrits en retard. || U se dit aussi faniUièrementde ceux qui arrivent trop tard à quelque chose. Les retardataires n'auront pas de place k ce concert.

— ÉTYM. Rftnrder.

t RETARDATEUR, TRICE (re-tar-da-teur, tri-s'), adj. Terme de physique. Qui rend plus lent le mouvement des corps. Pourquoi aurions-nous recours à ce principe dont tout le monde fait usage aujourd'hui, que la force accélératrice ou retardatrice est proportionnelle à l'élément de la vitesse? d'alemb. TraiU de dynam. Œuv. t. iiv, p. 2M, dans pouGENs. Le frottement retardateur émanant des parois solides entre lesquelles les fluides s'écoulent, Acad. des se. Comptes rendui, t. lxvjii, p. 583.

— REM. Le dictionnaire de l'Académie ne donne que le féminin retardatrice.

— ËTVM Retarder.

t RETARD ATIF, IVE (re-tai -datif, ti-v'), adj. Oui tend à retarder, propre à lalre retarder. 11 sait ne pas réussir par cette démarche; mais c'est pour lui un moyen retardatif, legoahant.

RETARDATION (re-tar-da-sion), ». m. Terme de' physique. Ralentissement du mouvement d'un corps. La relardation du mouvement est ici en ordre inverse de celui de l'accélération, buff. Uist. min. Introd. Œuv. t. vi, p. 13. Les retardations imonmét's à la comète ont égalé les accélérations, dAioki, Uiit. attr. mod. t. m, p. iw.>.

— HIST. XVI' S. Si la dite retardation [du cal] vient par faute des alimens.... paré, xiu, 3o.

— ÉTYM. Lat. retardationem, de retardare, retarder.

RETARDE, ÉE (re-tar-dé, dée), part, pais^ de retarder. || 1" Remisa im autre temps. Le ciel pourra venger ses ordres letardés, cohn. Œdipe, m, 2. Leur liberté fde captifs), par moi trop longtemps retardée, VOLT. Zaïre, i, 4. || 2° Se dit du mouvement, lorsque l'action continue de la force ou des forces qui sollicitent le mobile tend à le ralentir.

RETARDEMENT (re-tar-de-man), s. m. || 1° Action de rendre tardif. C'est un motif pressant qui m'oblige à cette visite; et ce que j'ai à vous dire ne veut point du tout de retardement, Hoi.. Fesl. iv, 9. Faites-lui écrire [à un march nd) queUjue honnêteté ; il ne faut pas joindre le silence avec le long retardement, sfiv. 27 mai 1672. Je ne suis pas de trop bonne humeur sur le retardement de la paix, qu'on croit pourtant immanquable, maintenon, Lelt. à Mme de Bouju, t v, p. 268, dans pougens. Tous vos retardemenls sont pour moi des refus, bac. i4ndr. iv, 3. Pour retourner sans retardement en notre pays, FÉN. Tél. I. Il 2' État de ce qui est en retard, de ce <iui tarde D'où peut venir ce retardement de mon fdstsACi, Bible, Tohie, x, t. J'espôre.... que vous serez guérie pour jamais des inquiétudes que donnent les retardemenls de la poste, sÉv. 25 mai (680. Le roi (Charles XII], qui n'avaitpoint encore éprouvé de revers, ni même de retardement dans ses succès, croyait qu'une année lui suffirait pour détrôner le czar, VOLT. Charles XII, ». Cette accéléraiion et ce retardement du mouvement de la lune sont un effet de l'attraction du soleil combinée avec l'allraclion de la lune, condil. Art de rais, m, 7. Rœmer osa conclure que le retardement des éclipses [des satellites de Jupiter] est le temps que la lumière emploie à traverser cet orbe [de la terre]; et, comme le retardement, lors(|u'il est le plus grand, lui parut d'environ onze minule.s, il annonça aux savants que la lumière.... parcourait le diamètre de l'orbe de la terre en onze minutes, bailly, Uist. astron. mod. t. II, p.^4i7.

— HIST. XV' s.. Comme le retargement soit moult périlleux et nullement à souffrir, monstrel. t. ii,

■p., 74, dans. LACURNE. Il xvi* s. Il émeut une sédition entre les Sabins, qui fut cause du retardement rie ceste guerre contre les Romains, amyot, l'ubl. 38. Nostre retardement et séjour au bourg de Faye la Vineuse, langue, 684. Elle apporta reluriloment au procès, d'aub. Hist. i, <03.

— ETYM. Retarder; prov. retardamen; port, retardamento; ital. ritardamento. Ou trouve aussi retardance.

RETARDER (re-tar-dé), e. o. || 1» Remettre à un autre temps. Retarder le jugement d'un procès. Il mande à ses agents dans la conférence, qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté sait retardée davantage A sa considération, boss. Louis de Bourbon. Je puis d'une heure cncor retarder mon départ, VOLT. Rrutus, m, 8. || Fig. Que n'ai-je point souffert pendant deux ordinaires que je n'ai point eu de vos lettresl... je m'accommodais mieux d'avoir été un peu retardée dans votre 'souvenir, que de porter l'épouvantable inquiétude qiie j'avais pour' votre santé, sÉv. 2i juin 167). || Etre cause qu'une chose soit remise à un autre temps. Je ne puis différer plus longtemps à vous supplier très-humblement.... de m'apprendre quel accident m'a jusques ici retardé ce bonheur [d'a\oir une lettre de vous], VOIT. Lett. 60. Avec ces soins et cette imitation du christianisme, Julien, s'il eût vécu, eût apparemment retardé la ruii.e de sa religion, fonten. Orac. II, 4, Il i' Rendre plus lent, emjècher d'agir immédiatement, en parlant des personnes. N'en parlons glus; en vain votre amour me retarde, CORN, fléracl. iv, t. Mais quels soins désormais peuvent me retarder? rac. Phèdre, m, 5. || Il se dit des choses. Cruel auteur des troubles démon âme, Que la pitié retarde un peu tes pas, j. b. houss. Cantate, Circé. D'un siège encor douteu^ la lenteur ordinaire Peut relarder ina course et borner ma carrière, volt. Fanât, u, 4. La raison n'est jamais retardée dans ses progrès, que par les vices du gouvernement, CONDIL. Uist. anc- m, 9. La passion pour le cliangeuient corrompt la musique au delà (les Alpes, et une timidité superstitieuse en retarde les progrès parmi nous, u'alemb. Lib. de la musique, Œuv. t. m, p. 367, dans pougens. || 8" Retarder une horloge, une montre, faire qu'elle marque une heure moins avancée. || Faire qu'elle aille moins vite. Ma montre dvance toujours; j'ai besoin de la retarder. || 4* Tetue de musique. Un retarde, dans

RET

un accord, une note consonnante par une n' i prise dans l'accord précédent. |!5° V. n. Renicltiv un autre temps. Le roi dit qu'il y avait cinq ■' ■ qu'il retardait de venir à Chantilly [chez le prin de Condé}, parce qu'il comprenait l'excès de cet embarras, sÉv. 26 avr. 187). Il 6° Aller trop lentement, en parlant d'une horloge, d'une montre. Ma nyntre retarde de dix minutes. || On dit dans le même sens : je retarde de cinq minutes, d'un quart d'heure. Zoé, votre mère, entre nous. Dirait de combien le relarde, Quand vient l'heure du rendez-vous, bF.rang. Passex, j. filles. Il Fig. Sa montre retarde, en parlant de quelqu'un qui est resté attaché à des Idées surannées. I! La lune retarde tous les jours de trois quarts d'heure, paraît tous les jours trois quarts d'heure plus tard. || On dit dans le même sens : la marée retarde. || La fièvre retarde, se dit d'une fièvre intermittente dont l'accès vient plus tard qu'il n'était venu le jour précédent. || 7° Se retarder, v. réfl. Être retardé. Le coadjuteur.... qui est engagé de marier sa cousine d'Harcourt.... cette affaire s'est retardée d'un jour à l'autre, et ne se fera peut être que dans huit jours, sÉv. )3.

— HIST. XIII* 8. Les quereles lesqueles ne poent [ne peuvent] finer^sans serementde vérité, seroient autrement [si on n'excusait pas un témoin en certains cas] trop retardées, beaum. m, 3. Si en ont aucun jugement esté rttarglé, m. lxvii, .'u. ||xiv' s. Empeechemens qui retardent la cure des plaies,

H. DE MONDLviLLE, f" 35 l'incisioii qui est à faire

ne puisse estre retargie, m. f* loo, rerso. Li bons siibgésse doit ce qu'il peut retarder De nuire à son seigneur, sa foi li doit garder, Girart de Rusi. V. 4067. Sediclus 11 centurion les retarda [les soldats], et leur fist atendre et delaier jusques à la nuit, BEBCHEURE, ^ ii3,verso. Il xvi* s. Cesse, amour, tes rigueurs, mets fin à ta poursuite ; Voy que devant ton vol je retarde ma fuite, Et retourne au chemin que j'avoy délaissé, desportes. Diverses amours, xl, stances pour Charles IX. Ilsemeit un débat entre les chefs, qui fut cause de retarder un peu le combat, amyot, Timol. 42. Faisant jetter tout le bagage emmy le chemin au devant de l'ennemy pour le retarder, id. l.ucul. 48. De quoi Demetrius ne se trouva aucunement troublé, ains seulement retarda un peu sbn pas, id. Démélr. 49. Les Espagnols se mutinèrent, ce qui retardit les affaires dn duc [d'Albe], d'auk. Hist. u, 209.

— ÉTYM. fie..., et tarder; bourg, retadai; wallon, restarqi; prov. et espagn. retardar ; ital. ritardare.

IRETATER (le-tâ-té), V. a. || 1° Tâter de nouveau. L'aveugle lâla el retâta l'objet qui était sous sa main. Il 2° Manier plusieurs fois, remanier, corriger. Et certainement 11 faut avouer qu'elle [la Sophonisbe de Mairet] a des endroits inimitables, et qu'il seiait dangereux de relater après lui, corn. Sopfion. ou lecteur. || 3" Fig. S'enquérir avec précaution. Je veux la relMer sur ce fâcheux mystère, MOL. Àmph. m, 1. Il 4" V. n. Goûter une seconde fois. Nous vol ilgeons sur d'autres livres, nousavons un peu retâté de l'Abhadie, sEv. 23 nov. )689.

— HIST. xm's. Tasteel relasteet lire et sache.... Ren. )0358. Il XVI' s. Somme, il fit tant, en tastant et retastanl, qu'il vint à bout de cette médecine et la but toute, desper. Contes, xci. Je ne me veois et retaste plus universellement en nulle autre posture [qu'en jouant aux échecs], mont, i, 377. Cependant qu'il liiicte avecques sa mémoire et qu'il la retaste.... in. iv, 88.

t RETëILLEU (re-tè-llé, Il mouillées), v. a. Teiller une seconde fois. || Fig. Reteiller ses chènevottes, modérer sa dépense, devenir ménager,

RETEINDRE (re-tin-df), v. a. Il se conjugue comme teindre. Teindre de nouveau. Sa robe était bleue, elle l'a fait reteindre en brun.

— HIST. xiii' s. Nus [nul] chapelier de feutre ne doit retaindre nus [nul| chapiaus viez |vieux] de feutre.. ..il» des met. 248.

RETEINT, EINTE (re-tin, tin-f), part, passé de reteindre. Etoffe reteinte. Drap reteint.

t RÉTENDEIIR (ré-tan-deur), *. m. Celui qui étend les étoffes au sortir de la foulerie ou de la teinture. Aprèsque la visite aura été faite, et la marque du bureau apposée surlesdits droguets en toile, les nœuds en seront coupés avant que d'être portés au foulon, parles marchands (jui les achèteront en toile, ou par les rétendeurs qui lesTont apprêter pour le compte des fabiicants, Arrêt du Cons. IB août )724.

t KÉTENUOIR (ré-tan-doir), ». m. Outil du facteur d orgues.

RETENDRE (re-tan-dr'), v. a. Il se conjugue comme tendre. Tendre de nouveau. Retendez le piège. Retendre une corde.

RET

RET

mST. xvT ». Nous relaschons les cordes des

arcs.... afin que nous les puissions retendre puis après, AMYOT, Comme il faut nourrir les enfants, ad.

— ÊTYM. fie..., et tendre, ». a.

t RftTKNDKE (ri'-len-dr'), v. a. Il se conjugue comme tendre. Éleiidre une seconde fois. Ce n'est qu'aprè.>î avoir été retendu par des poids convenables et pendant plusieurs jours qu'un fil î métallique] acquiert cette force constante qui doit le caractériser, pûmi.LET, Acad. des se. Compt. rtndiis,

t. LXII, p. 258.

— HiST. xiif s. Ouant ce vient l'endemain, il r'esteiident leurs pelices au soleil et les conroicnt [corroient), joinv. î30.

— ÊTYM. Ile..., et étendre.

IIETKNDU, UK (le-tan-du, due), par», pasaé de retendre. Un cordage retendu.

KETENIR (re-te-nir), B. a. Il se conjugue comme tenir. || 1° Tenir encore une fois, ravoir. Je voudrais bien retenir l'argent que je lui ai prêté. || Il voudrait bien retenir ce qu'il a dit, il voudrait ne l'avoir pas dit. || 2° Garder par devers soi ce qui esta un autre. Retenir le bien d'autrui. On lui a retenu cinq francs sur sa piye. C'est toi qui as retenu ma montre? mol. Scapin, ii, B. On allait vendre ou du moins retenir son linge et ses bahits, quand celte femme dont je parle h payé pour elle, MARiv. Marianne, ti' part. || 3- Ne point se -dessaisir d'une chose, la garder toujours. Cinna, par vos conseils je retiendrai l'empire ; Mais je le retiendrai pour vous en faire part, corn. Cinna, \\, i. La possession d'un cœur est fort mal assurée, lorsqu'on prétend le retenir par force, mol. Sicil. se. «. Brulus et Cassius me suivront en Asie; Antoine retiendra la Gaule et l'Italie, volt. If. de César, I, 3. Il Terme de palais. Donner et retenir ne vaut, une donation n'est pas valable, si l'on ne sedessaisit pas en cITot de ce que l'on donne ; c'est ce qu'on appelle un brocard de droit. || 4" En parlant des habitudes, des qualités bonnes ou mauvaises, des observances, ne point perdre. Retenir l'accent de son pays. Ils retenaient encore beaucoup des mœurs de leur pays, vaugel. Q C. 4iiu. Dans la suite, on se dispen.sa de cette loi. mais l'était l'intention de Romuhis qu'elle fût gardée, et .0" en retint toujours quelque chose, hoss. Ilist. m, 7. Je puis être à lui (Dinu], et retenir toute mon indignité, parce que je puis être à lui et n'en être pas meilleur, bourual. Purif de la Vierge, Myst. t. ii, p. 26;). Il n'est pas moralement possible que ce chrétien retienne la fri'quente communion, sans être puissamment et continuellement excité à purifier son cœur, m. Dirn. Ocl. du St-Sacrement, Dominic. t. Il, p. 3'if,. Vous vous faites à vous-même un plan de conduite dont vous ne bannissez que vos malheurs passés; vous retenez tout ce qui peut vous y conduire par d'autres routes, mass. Carême, Pâques. Il fl'yrrhon] ne retint de la doctrine de ses maîtres que les principes qui favorisaient son pen chant naturel à ce doute, diueu. Opin. des anc. philos. Pyrrhonisme philos. || 6" l'réiever, déduire d'une somme. En me payant il a retenu la somme qu'il m'avait prêtée. Sur cette somme annuelle, on retenait une partie pour les habits, les armes et les tentes, rollin, Hist. anc. Œuv. t. xi, )" part. p. 371, dans pouoENS. || 6° Réserver. 11 a donné son bien, mais il en a retenu l'usufruit. Il a afl'ermé sa terre, mais il a retenu les bois et les vignes. || 7° Terme de procédure. Retenir une cause, se dit des juges qui décident qu'une cause est de leur compétente. 1111 signifie aussi : la conserver au rôle pour qu'elle soil jugée à son rang et sans délai. || 8° Teriue d'arithmétique. Retenirunou plusieurs cliifl'ies, les réserver pour les joindre aux chiffres de la colnnne qu'on doit calculer après : je pose 7 et retiens a ; ou, elliptiquement: pose 7 et retiens 2. En (45, je pose 5 et retiens tl. 119° S'assurer par précaution de ce qu'un autre aurait pu prendre. Ce jour là, les comédiens avaient été retenus poui- représenter une comédie chez un des plus riche.s bourgeois de la ville, SCARR. Rom. com. i, I9. Les violons sont retenus, le festin est commandé, et ma fille est parée pour vous recevoir, mol. Mar. forci, 14. J'ai déjA retenu quatre laquais qui jouent parfaitement du violon, Bnuevs, Grondeur, ii, (B. Cet appartement, j'irai dfs ce soir le retenir pour vous, mariv. Marianne, part. ■i. .le lui avais retenu un intendant, qui devait aujourd'hui entrer chez elle ; et ceiiendant elle en a pris un autre, ID. lausses confia, ii, 4. Il [HaciiieJ était bien pardonnable d être un peu IJché contre ceux qui envoyaient leurs laquais battre des mains à la Phèdre de Pradon, et qui retenaient les loges à la Phèdre de Racine, pour les laisser vides et pour faire

accroire fpi'pllp était tombée, volt. MH. Mtt. ffonnH. lut. prfamÀntte. Knfin, quoiqu'il n'eût pas besoin de secrétaire. En cette qualité monsieur l'a retenu, collin p'iuhi.ev, Oplim. i, a. || Fig. Attendez que nous partions ensemble, quand je me verrai prêt à mourir, je vous manderai, si je puis, le jour que j'aurai retenu ma place au coche, d'alkmb. Lett. à Volt. a& janv. i770. |{ Familièrement et ironiquement. Je vous retiens, je le retiens, se dit à propos de quelqu'un qui dit ou fait une sottise. Je vous reliens pour faire des commissions, se dit à quelqu'un qui s'en est mal acquitté. || Populairement. Je retiens part, j'en retiens part, se dit, quand on voit quelqu'un ramas-er quelque chose, pour signifier qu'on prétend avoir part à ce qu'il a trouvé. Je n'ai pu résister au plaisir de me vanter de vos bontés, et un passant a dit : j'en retiens part, volt. Leit. à d'Argenson, 7 mars 4739. Je lui dirai, comme les gens du peuple : j'en retiens part, tant ses satires me paraissent redoutables, d'alemb. Lett. à Voltaire, 4 déc. <77o. Il Retenir date, indiquer à quel (|u'un un jour, une époque où l'on exigera de lui telle chose. || Retenir une date en cour de Rome, (irendre une date, s'assurer d'une date en cour de Rome. I! Dans l'ancien style parlementaire, ce conseiller a retenu le bureau, il s'est assuré d'un jour fixe pour rapporter le procès dont il est chargé. HJe retiens croix, je retiens pile, se dit, au jeu de croix ou pile, pour signifier que l'on gage que le côté de la pièce de monnaie qui paraîtra sera croix, sera pile. || On dit dans un sens analogue, quand on joue à pair ou non : je retiens pair, je retiens non. || Les enfants disent de même dans leurs jeux : je retiens de jouer le premier. Il 10° Ne pas laisser aller, en parlant des choses qu'on arrête, qui sont arrêtées. S'il retient les eaux, tout deviendra sec; et, s'il les lâche, elles inonderont la terre, saci. Bible, Job, xii, U. lisse sont creusé des citernes entr'ouvertes, des citernes qui ne peuvent retenir l'eau, id. ib. Jirémie, ii, I3. C'est une chaussée qui suit les bords de la Loire et retient cette rivière dans son lit, la font. Lettres, 7. Le cœur vole au plaisir que l'instant a produit, Et cherche à retenir le plaisir qui s'enfuit, delili.e, Hom. des ch. i. \\ Garder dans sa bouche. La première chose que je fis en mettant pied i terre fut d'entrer dans le lac [la mer Morte] jusqu'aux genoux, et de porter l'eau à ma bouche; il me lut impossible de l'y retenir; la salure en est beaucoup plus forte que celle de la mer, chateaubr. llinér. 3' part. || Garder dans son corps. Retenir son urine. Retenir son eau,|| 11° Retenir son haleine, ne pas la laisser sortir. 11 [Fox, fondateur de la secte des quakers] se mit à trembler, à faire des contorsions et des grimaces, à retenir son haleine, à la pousser avec violence; la prêtresse de Delphes n'eût pas fait mieux, volt. Dicl. phil. Quakers, 2. Ils [les Prussiens] se lèvent, ils l'entourent [d'Assas], lui mettent vingt ba'ionnettes sur la poitrine : si vous criez, vous êtes mort ; il retient son soultle un . moment pour crier plus fort : à moi, d'Auvergne, les voilà, et il tombe percé de coups, id. Lett. Choiscul, 12 nov. 1768. || On dit de même : retenir ses soupirs, ses larmes. Et vous, madame. Retenez des soupirs dont vous me percez l'àme, cenN. Nicom. IV, I. Nous ne pûmes, en le remerciant, retenir nos larmes, fén. Tél. vi. Il ne la faut donner [la tragédie des Scythes] que quand Mlle Durancy sera sûre de son rôle, et qu'elle aura appris à répandre et à retenir des birmes, volt. Lett. Florian, 4 mars (767. || Fig. Que de fois dans ce cœur, honteux de la tromper. Je retins mon secret qui voulait m'échapperl c. DELAV. Paria, l, 1. 1| Retenir le rire, s'empêcher de rire. Elle confesse qu'elle avait tellement perdu les lumières de la foi, que, lorsqu'on parlait sérieusement des mystères de la religion, elle avait peine à retp;iir ce rire dédaigneux qu'excitent les personnes simples, lorsqu'on leur voit croire des choses impo.ssibles, Boss. Anne de Gant. Il Retenir sa langue, ne pas se laisser aller à parler, à trop parler. Pourquoi ces retraites, ces veilles, ces jeûnes, ces cjntlnuelles prières, si nous ne laissons pas avec cela de nous damner en ne retenant pas notre langue? boubdal. h* rftm. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 256. || 12° Arrêter, ne pas laisser aller, en parlant des personnes. Je suis encore ici, M: et Mme de Chaulnes font de leur mieux pour m'y retenir, sÉv. 76. Il ne m'a retenu que pour parler de vous, bac. Bérén. m, 3. Et qui s'honorerait de l'appui d'Agrippine, Lorsque Néron lui-même annonce ma ruine, .. .Quand Burrhus à sa porte ose me retenir? id. Bri(. i, 2. Il était tous les jours retenu pour quelque repas, bauilt.

Grnmm. t. El de voir qu'on retint «n prison une bi'Pe d ime et deux amis pour un crime qu'il n'avait pas fait, voi.T. Zadig , 4. Au lien que le roi [Charles XII] avait renvoyé tous ces prisonniers moscovites qu'il ne craignait pas, le czar retint les Suédois pris i Pultava, i». Charles .XII, 4. Il voulut s'en aller, elle le retint : Vous êtes de mes amis, lui dit-elle, et l'un de ceux que je vois avec plus de plaisir, j. j. Bni;ss im. vi, 4(. Il me retint par ma robe, en me suppliant de lui accorder un moment d'entretien, oenlis. Ad. et Th. t. ii, p. 337, dans poi:gens. |{ Retenir à, avec un infloitif, garder quelqu'un pour qu'il couche, dîne dan» la maison. Mme de la Fayette me retint i coucher, sêv. ibï. Je retins mon frère à dîner, mabit. Pays parv. part. 6. Il Je ne vous retiens plus, se dit à une personne qu'on renvoie, à qui on permet de prendre congé. Monsieur, peut-être ailleurs êtis-vous attendu; Je ne vous retiens point, boursault, Fabl. d'Es. m, 4. Je ne te retiens plus, sauve-toi de ces lieux, RAC. Andr. iv, 5. || Il se dit aussi des choses qui font séjourner, qui arrêtent. Ce rhume l'a retenu dans sa chambre. La goutte le retient au lit. La bonté du terroir y retint ceux du pays, vahg. 0- C. vin, 2. La cour ne le retint guère (le duc d'Enghien], quoiqu'il en fût la merveille, BOSS. tout's de Bo'irbon. Ne prétendrais-tu point, par tes fausses couleurs, Dégtii.ser un amour qui te retient ailleurs? rac. Baj. v, 4. Pourrai je m'arracber de ce séjour plein d'illusion, où rien ne m'attache, où tout me retient? oenlis. Mme de Maintenon, t. I, p. 2B7, dans pougkns. || Fig. Vos périls me retiendraient à la vie, Kxil de Cicéron, dans DESFONTAiNES. Un ami mourant a souvent voulu que son ami lui prît la main, pour le retenir dans la vie, tandis qu'il se sentait entraîné par la mort, CHATEAtJBR. Italie, Tivoli. || 18° Empêcher de sortir. Des faveurs de l'hiver redoutez le danger. Et retenez vos fleurs qui se pressent d'éclore, J. h. bouss. Sur un arbrisseau. |{ Fig. Renfermés dans leur criminelle timidité, ils gardent un profond silence : ils retiennent la vérité dans l'injustice, mass Avent, Épiphctnt'e. Il Empêcher d'avancer, de cheminer. J'ai bien tSché [pendant le temps que je viens de passer avec vous] à retenir tous les moments, et ne les ai lais-és partir qu'à l'extrémité, sev. d Mme de Grignan, (0 nov. 4 673. Le temps vole et m'emporte malgré moi; j'ai beau vouloir le retenir, c'est lui qui m'entraîne ; et cette pensée me fait grand'peur, lo. à Bussy, 12 juillet i89t. Les jours vont si vite, et les mois et les années, que, pour moi, mon cher cousin, je ne puis plus les retenir, id. ib. || 14° Fixer, empêcher de toint)er, de retomber. Corinne souleva le rideau, et le retint pour laisser passer lord Nelvil, 9TAEL, Corinne, iv, 3. || Retenir une poutre, l'attacher avec un lien de fer pour l'empêcher de tomber. Il 15° S'opposer à l'effet prochain d'une action. Il serait tombé dans le précipice si je ne l'eusse retenu. Reviens me rendre compte, et voir s'il faut hâter Du retenir les coups que Je dois lui porter, volt. fanal, ii, 4. Mérope allait verser le sang de l'assassin; Ce vieillani, dites-vous, a retenu sa main, tu. Mériipe , iv, i. \\ Fig. Le bruit de son trépas D'un vainijueur trop crédule a retenu le bras, bac. Alex. tv, 4 II 16° Réprimer, modérer, empêcher, en parlant des personnes. La crainte des peines les retient, patri;. Plaidoyer, 6. Mon père, retenez des femmes qui s'emportent, corn. Hor. u, 8. Leur sexe aime à jouir d'un peu de liberté ; On le retient fort mal par tant d'austérité, mol. Ëc. des maris, i, 2. En vain les rois d'Angleterre ont cru les pouvoir retenir [les esprits] sur cette pente dangereuse [de la liberté religieuse] en conservant l'épiscopat, boss. Reine d'Angle erre. Il [Théodose] épouvanta les hérétiques sans les punir ; il les retint dans l'obéissance, fléch. Hist. de Théodose, m, 26. Par combien de liens il était retenu (dans le protestantisme] ! id. Duc de Mont. I.a raison pourquoi le cardinal Mazarin différait tant à accorder les grftces qu'il avait promises, c'est qu'il était persuadé que l'espéiance est bien plus capable de retenir les hommes dans le devoir que non pas la reconnaissance, bac. t'ragm. hist. Ne me retenez point, monsieur le marquis, ne me retenez pçint, lesaoe, Turcaret, v, ». Ce n'est plus le besoin que j'ai de lui qui me retient; c'est moi que je ménage, mariv. Fausses ronfid. ii, (2. Vous êtes pour moi le démon de Socrate ; mais .son démon se bornait à le retenir, et vous m'inspirez, volt, Lett. d'Argental,iiaLVT. (760. On peut éclairer celui qui s'abu.se; mais comment retenir celui qui se vend? J. J. bouss. Gouv. de Poing, ch. 7. Il a autant liesoin d'être pous.sé que l'autre d'être retenu, id. Projet d'éduc. Il U se dit des sentimeols que l'on contient.

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Si celhomineestâvou8,iinposez-lui silence, Madame, et retenez une telle insolence, corn. Nicom. i, i. Il e'-l aisé de conclure que, parmi cette foule de pécheurs qui provoquent la colère du ciel, il y a quelques justes cachés qui la retiennent, plSch. Panégyr. Franf. de Paule. Je sais.... que la force peut agir.... pour assurer la paix, pour protéger l'innocence, pour arrêter la malice qui «e déborde, et pour retenir la cupidité dans les bornes de la justice, iD. Turenne. II allait porter son encens avec peine sur les autels de la fortune, et revenait chargé du poids de ses pensées qu'un silence contraint avait retenues, id. Duc de Montausier. Je m'observe sans cesse pour retenir mon impatience, et pour empêcher qu'on ne s'aperçoive que je la retiens, HAiNTENON, Lett. à Mme de Glajiion, 3i juillet 17 u. Rendez grâce au seul nœud qui relient ma tolère ; D'Iphigénie encor je respecte le père, BAC. Iph. IV, 8, C'est TOUS qui retenez mes passions .mpétneuses, fén. Tél. xvu. Cette dignité qui retient Ips saillies du tempérament, cette humanité qui rend plus sen..ilileaui; impressions de la grâce, mass. Pet. carême, Vie. vert. dr.i grands. \\ Retenir avec de et un infinitif. Vous-même êtes-vous sûr que ce nœud la retienne D'ajouter, s'il le faut, votre perte à la mienne? CORN. Oth. n, 4. Bien des raisons doivent me retenir de parler, haintenon , Lett. au card. de Noailles, i3 août nti. Cette considération ne m'a jamais retenu de faire ce que j'ai cru bon et utile, j. I. Rouss. Lett. à Moultou, 2b avr. (762. Il Retenir avec que et le verbe au subjonctif. Et le retiennent qu'il n'y fonde Ou son amour ou son espoir, corn. /mif. r, 4 2, éd. 4 66). || 17° Retenir dans, imposer, prescrire. La crainte de renouveler vo.s peines et, plus que tout, la confiance que vous connaissez mon cœur, m'a retenu dans un silence que je.crois que vous avez entendu, sÉv. à Pompone, 24 nof. I89B. Il Absolument. Retenir quelqu'un, lui faire observer la discrétion, des ménagements. Vous ne pouvez le retenir que par la confiance, genlis, Ad. et Th. t. II, p. 4*8, dans pougens. il 18° Mettre, garder dans sa mémoire. Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu, la font. Fabl. i, 8. J'ai ouï dire, il y a longtemps, une parole d'un ancien que j'ai toujours retenue, mol. Scapin, ii, 8. Elle retient comme un éloge admirable ce que vous dites de M. Rouillé, que la justice est sa passion dominante, sfiv. I78. Non-seulement elle [la religion! a été bien enseignée par les apôtres, mais encore elle a été bien retenue par ceux qui les ont suivis, Boss. t" avert. 5. Ce qui est sûr, c'est que j'ai toujours retenu leurs visages. Je les vois encore, je les peindrais, Marivaux, Marianne, part. I. Le véritable éloge d'un poète, c'est qu'on retienne ses vers, volt, iouis XIV, 32. En général, nous retenons plus facilement les idées qui ont le plus de rapport aux matières qui nous ont souvent occupés, BONNET, Ess. anal, dme, 25. || Absolument. Pourquoi parle-t-on [dans la chaire], sinon Dour persuader, pour instruire, et pour faire en sorte que l'auditeur retienne? pén. Dialogues sur l'éloquence, 1. || Retenir que. Retenons bien que les objets extérieurs ne renferment rien d'agréable ni de fâcheux, malebr. Rech. vér. i, <7. || Familièrement. Retenir quelqu'un, retenir ce qu'il dit. Pour de la logique, si nature vous en avait départi, à égale mesure, il n'y aurait plus qu'à vous écouter et vous retenir par cœur, DinEROT, Lett. à Falconet, .sept. <7«8. {| 19» Il se dit absolument pour être fécondées en parlant des femelles des animaux. Il serait mieux, pour avoir d'excellents chevaux, de ne laisser couvrir les juments que de deux années l'une ; elles dureraient plus longtemps et retiendraient plus sûrement, buff. Quadrup. t. 1, p. 85. Il ÎO" Absolument. Se dit des chevaux qui sont au timon ou dans les limons, et qui empêchent la voiture d'aller trop vite à une descente. Ce cheval a les reins bons, il retient fort bien. Il 21" Se retenir, v. réfl. S'empêcher de tomber. Il se retint aux crins du cheval. Il [le hérisson] monte sur les arbres, et se relient aux branches avec la queue, BUPP. Qtiadrup. t. vi, p. 46. y 22" S'arrêter avec effort. Il se retint au bord du précipice. Dès qu'une fois on a commencé à glisser ou à rouler avec un peu de vitesse, cette vitesse s'accélère continuellement, et il devient impossible de se retenir, SAUSSURE, Voy. Alpes, i. IV, p. 32, daus PouGE^s. Il 11 se dit des chevaux qui ne veulent point se porter librement eu avant. || Terme de manège. Un cheval se retient ou reste derrière la main, lorsque, par capric«, il ralentit son allure. || Il se retient, quand au lieu d'avancer, il saute, et ne part pas facilement de la main. Il U* Kig. Se modérer.

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Allons.... je ne pourrais me retenir, et il vaut mieux quitter la place, mol. G. Dand. 11, 4. Cela me parut si horrible que j'eus peine â me retenir, pasc. Pror vu. Ne vous retenez point quand votre plume veut parler de la Provence: ce sont mes affaires, sBv. .!2 déc. 4676. Retenez-vous sur le jeu, vous avez été souvent témoin des malheurs que l'amour du JRii attire, maintenon, lett. à Mme d'Havrincourl, 24 févr. 4706. J'ai peine à me retenir, quand je parle de cette horrible aventure [l'exécution du chevalier de la Barre], volt. Lett. d'Argental, 24 oct. 4 774. Il II se dit des sentiments dans le même sens. Croyez-moi, les épanchements de l'amitié se retiennent devant un témoin quel qu'il soit, /. I. Booss. Hél. IV, 7. Il 24° Différer de satisfaire aux besoins, aux mouvements naturels. Retenez vous, vous ne pouvez pleurer ici. Tâchez de vous retenir jusqu'à ce que vous soyez chez vous. Je l'aimais aussi moi, madame, et j en pleurerais, je crois, si je ne me retenais, picarh, liicochets, l, (6. Il 25° Etre gardé dans la mémoire. Ces préceptes se retienneni facilement.

— HIST. XI* s. De la viande ki de l'herberc vint Tant an retint, dunt son cors en suslint, St Alexis, Li. Blanc ai le chef et la barljp lanuthi' [chenue] ; Ma grant honur [fief] t'aveie retenue, tft. lxxxii. Ki retient le dener saint Perc, le dcner rendra per la justice de sainte église, Lois de Guill. 20. Retenez les [gardez-les avec vous], c'est vostre salvement, Ch. de Roi. lxi. || xii* s. Se [elle] ne me veut retenir ou quiter, Couci,yi Puizque mescuers[mon cœur] ne s'en veut revenir De vous, dame, pour qui il m'a guerpi, Aumosne aurez, sel daigniez retenir, id. ix. le lo [conseille] bien que il [les mes.sagers] soient et retenu et pris, Sax. xxvi. || xiii* s. Jacques d'Avesnes retenoit lo siège [continuait à assiéger] Corinthe, si com U marchisliavoit laissié, villeh.cxxxv. Li maistres perd sa poine toute, Ouand li disciples qui escoute, Ne met s'entente au retenir. Si qu'il l'en puisse sovenir, la Rose, joos. Habiz de chasteé est aquis par usage de retenir soi contre ses covoitises, brun. LATlNi, Trésor, p. 267. On osle trente et retient le sorplus, Comput, f. 9. Kt tei cozes qui les retient à soi, li sires l'en pot sivir comme d'cspave concelée, BBAUM. XXV, 2). Et s'ele [la procuration] estsoufisans, le justice le [la] "relient par devers li,iD. iv, 24. En toutes ces choses que nous avons ordenées pour le proufit de nos subjez et de nostre royaume, nous retenons à nous pooird'esclaircir, d'amender, d'ajousler et d'amenuisier, selonc ce que nous aurons conseil, JOINV. 297. Sire clerc, fist le roy, vous avez perdu à estre prestre par vostre proesce, et pour vostre proesce je vous retieing à mes gages, m. 209. Bien retient ce c'onli enseigne, flcn. ) 5 1 8.1 . || xiv* s. Que ce soit retenu en mémoire de ceux qui emprès nous vendront [viendront[, bercheure, f°73, recfo. En son ostel a vilain oste Qui mauvais conseillier retient, J. DE CONDK, t. n, p. 47. Et sont et seront tenu lesdits religieux de retenir [entretenir] bien et souffisammem lesdites voies, du cangb, retinere. Il IV" s. Je le remercie grandement des beaux presens qu'il m'a présentés ; mais ce n'est mie l'aise ni la paix du roi d'Angleterre mon seigneur que je les retienne, froiss. i, i, 300. Et en y eut bien de morts quatre mille huit cens, et retenus [faits prisonniers] quatre cens, qui furent amenés à St-Omer et mis en prison, id. liv. 4", p. 79, dans lacurnf.. Il xvi» s. Les aultres plantes ont retenu le nom des régions desquelles feurent ailleurs transpourtées, rab. Pane, m, 60. Madame a reienu ce porteur, jusque» à ce qu'elle .se trouve' si bien que le savoir vous en fist contentement, maro. Lett. xxxii Qui aura leu diligemment, bien entendu et fidèlement retenu les histoires.... amïot, Préf. iv, 29. Ceste lecture relient et arreste tellement les bons esprits, qu'elle leur fait bien souvent oublier tous autres plaisirs, ID. Préf. xv, 42. U les gaigna, leur promettant qu'il se reliendroit la siipti intendance de la guerre, et la garde des loix seulement, id. Thésée, 28. Il estoit fort retenu et réservé en son parler, id. Péric. IV. Les Tuvcs en retiennent quelque chose [de cet usage|, mont. 1, 48. La jeunesse, qui est désireuse de nouveauté et ardante en ses affections, ne se peut retenir qu'elle n'aille gousier, voire se saouler de ces douces poisons, lanoue, 120. L'ame bien reigléene se retient pas seulement de mal faire pour crainte de punition, mais.... calv.

Instit. 6 Pour nous monstrer que c'est à dire,

li^r et de«lier ; assavoir de retenir les péchez et les remettre, ID. «6. 885. Donner et retenir ne vaut, loysel, 659. Il estoit bourgeois de Paris; Et de faict par un long usage U retenoit du badaudage, Sat. Ménippée, l'Asne ligueur.

RET

— ÉTVM. Re..., et (emr; wallon, ritaî; génev. ratenir ; provenç. retener, retenir ; espagn. retenir , portug. reter; ital. ritenere.

t RETENTER (re-Un té), V. a. Tenter de nouveau; faire de nouvelles tentatives.

— HIST. XVI* s. Nous fusmes si mal avisez que de vouloir trois jours après retenter le mesme dessein, lanoue, B90. Qui retentera son estre et ses forces n'y verra. .. mont. 11, 306.

[ RÉTÊNTEUR, TRICE {ré-tan-teur, tri-s'), adj. Qui retient, qui exerce un effort p9ur retenir. Le pouvoir rétenteur d'un muscle, d'un ressort, le-

GOARANT.

— HIST. XVI* s. La faculté retentrice est celle qui garde et retient ce qui a esté attiré, paré, hitrod. 8

— RTYM. Voy. RéTENTION.

t RÉTENTIF, IVE (ré-tan-tif, ti-v'), adj. Terme didactique. Oui a la vertu de retenir. Force retentive.

— HIST. XIII* s. Et la terre, qui est froide et sèche, fait la vertu retentive, ce est qui retient la viande, bron. latini. Trésor, p. 109.

— ÊTYM.Voy. rétention; provenç. refendu,- ital. retentivo.

RÉTENTION (ré tan-sion ; en ver», de quatre syllabes), s. f. Il 1° Action de retenir. la rétention ou l'empreinte de ces idées dans la mémoire, desc. De l'Iiomme. |{ Terme de jurisprudence. Droit de rétention, faculté, accordée à certains créanciers, de retenir la chose qui est entre leurs mains, jusqu'à parfait payement de ce qui leur est dû. || 2° Action de retenir un chiffre pour le joindre aux chiffres qui doivent venir après. Tu sais, comme en opérant par la plume [dans les calculs], on est à tout moment obligé de retenir ou d'emprunter les nombres nécessaires, et combien d'erreur» se glissent dans ces rétentions et emprunts, à moins d'une trèslongue habitude , pasc. Mach. arithm. || 3° Réservation, réserve. Rétention d'une pension sur un bénéfice. {| 4° Terme de palais. La rétention d'une cause , l'action des juges qui, décidant que la connaissance d'une cause leur appartient, la retiennent. Il On dit dans le même sens : un arrêt de rétention. Il La rétention d'une cause se dit aussi de la décision par laquelle une cause est. retenue, conservée au rôle et en son rang. {{ 5° Terme de médecine. Accumulation d'une substance solide ou liquide dans les conduits destinés à son excrétion ou dans le réservoir qui est naturellement destiné à la contenir, mais où elle ne devrait séjourner que momentanément. Le repos, les passions de l'esprit, les excrétions et rétentions, Ëcole de Salerne, Préface, dans ïOUGENS. |{ Rétention d'urine, ou, simplement, rétention, accumulation de l'urine dans la vessie. Un vice de conformation dans la vessie me fit éprouver durant mes premières années une rétention presijue continuelle, j. J. Bouss. Confess. viii.

— HIST. XVI* s. Le locataire peut user de rétention de ses louages pour réparations nécessaires, LOYSEL, 480. Y apjiosant des retentions, courvées et autres conditions , selon la portée de son domaine, 0. DE SERRES , 57. Des soies seront aussi emploiées en habits , mais avec rétention [retenue] , de peur d'abuser de matière tant précieuse, id. 884. 11 perdit connoissance et raison , avec rétention des excremens, paré, viii , 23. De la suppression ou rétention d'urine, id. xv, Bi. Il ne m'en souvient [de ce que j'ai su] ; et, si je suis homme de quelque leçon, je suis homme de nulle rétention, mont, ii, 98.

— ÉTYM. Provenç. retentio; espagn. reteucion; ital. rilenxione: du lat. retentionem , de retenium, supin de retinere, retenir.

RÉTKNTIONNAIRE (rè-tan-sio-nê-r') , s. m.

Il 1* Terme de jurisprudence peu usité. Celui qui relient entre les mains ce qui appartient à d'autres. Il 2° Ouvrier à façon , qui retient pour lui les matières qu'on lui confie.

— tT\M.. Rétention.

RETENTIR fre-tan-tir), r. n. || 1° Rendre, renvoyer un .son éclatant. Saint Jean-Baptiste.... ay;pela tous les pécheurs à la pénitence, et fit retentir de ses cris tout le désert, boss. Hist. ii, 6. Alors les cris redoublèrent, et durant deux heures la plac» publique retentissait de ces mots : La grande Diai/f des Éphési'jnsI ID. ib. ii, 4 2. Le Jourdain sv troubla , et tous ses rivages retentirent du son ds ces lugubres paroles : Comment est mort cet homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël? fléch. Turenne. De nos cris douloureux la plaine retentit, RAC. Phéd. V, 6. Salomon multiplie les concerts, et son palais retentit de toutes parts de chants de volupté et de réjouissance, mass. Carême, knfant prod. L'occasion d'entendre quelques-uns des prédicateurs qui font retentir les églises de Rome

RET

pendant le carême, ptaf.l, Corinne, x, ï. I| Flg. Le P. Boiii'going était sjr ses bancs [de l'école de théologie], faisant retentir toute la Sorlionne du bniil (le son psprit et de sa science, noss. Bourgning. Les provinces qu'elle a autrefois édifices par sa piété et par les aiimflnes qu'elle y a répandues, retentissent du bruit de ses louanges, flécu Duch. de Hont. l,a terre a retenti assez de la simonie qui valut à ce Borgia la tiare, volt. PoI. et lég. Droits des hommes, acquisitions. \\ On dit de niéme : Tout nlentit du bruit de ses exploits. Et déjà dans le port Tout retentit de nos prouesse?, MOI.. Amph. I, i.ll 2° Faire ou produire un bruit éclatant. Ce coup de tonnerre a retenti avec une grande force dans la montagne. Ils firent retentir les trompettes avec un grand bruit, saci , Bihle, Machab. i, m, 64. ô nuit désastreuse, nuit effroyable où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : M.idame .se meurt. Madame est mortel Boss. Duch. d'Orl. Appelez tout le peuple au .secours de son roi. Et faites relentir jusques à son oreille De Joas conservé l'étonnante merveille, rac. Ath. v, 3. |i Eig. Ses louanges retentissent partout. Les prophètes faisaient retentir de tous côtés.... les menaces de Dieu, Boss llist H, 4. Toutes ces trompeuses invitations à jouir du beau temps de la jeunesse, qui retentissent partout dans'les poésies [de Quinault], id. Comédie, 3. Je voudrais que le récit de toutes les injustices retentît sans cesse à toutes les oreilles, volt. Pol. et lég. la méprise d'Arras. Quoi! du siècle passé le fameux satirique Aura fait retentir la trompette héroïque! id. Fontenoi. C'est à Bernoulli qu'on doit Euler, dont le nom retentit aujourd'hui dans toute l'Europe et à juste titre, d'alemb. Éloges, Bernoulli. Des noms célèbres pendant leur vie, mais qui retentissent plus faiblement de génération en génération, STAËL, Corinne, xviii, 3. || 8° Fig. Retentir dans l'âme, dans le cœur, se dit de paroles, de cris qui font une forte impression sur l'âme. Chacune de ses paroles retentissait jusqu'au fond de mon cœur, et me causait des tressaillements, genlis, V(euxtémér. t. il, p. <2B, dans pougens. Et le cri de la mort*etentit dans .mon âme, delil. Parad. perdu, XI. || Il se conjugue avec l'auxiliaire oi;otr.

— HIST. XII' S. Desoz les piez est li mons retentis, Ronc. p. 7i. Il iiii' s. De la noise que il menoient, Trestoz li airs retentissoit, Et toz li cielz en fremissoit , Ren. H876. Ferai ci-près te! cornerie, Que tôt entor moi, sanz mentir, Ferai bois et plain retentir, ib. )698i. || xv s. Elle estoit tant blanche de chair, qu'il estoit advis que celle blancheur retentist par sa beauté àl'encontre de ses vestements, qu'estoient d'un vermeil samit, Perceforest , t v, f 9. Il XVI' s. Il (un chienj se prit à japper à pleine gorge, et feit retentir tout ce quartier là du bruit de son abboy, amyot, Aratus, 9. Au retentir d'un va- Ion, le son d'une trompette semble.... mont, ii, 362.

— ETYM. Re..., et l'ancien verbe lenlir, qui vient, indirectement et par tinnilus, du lat. tinnire; prov. retentir, retmdir; esp. relinir ; portug. retinnir.

RETENTISSANT, ANTE (re-tan-ti-san, san-i'), adj. Oui retentit. Voûte retentissante. ;rout est lui; parle-t-il? le moi retentissant Dans sa bouche en une heure est cent fois renaissant , millf.v. Jalous. lillér. Des mots retentissants résonnent en leurs bouches : Gloire, honneur, liberté, grandeur, droit des humains.... lamart. Haroid, xi.

RETENTISSEMENT (re-tan-ti-se-man), s. m. Son renvoyé avec éclat. Les voûtes des .sanctuaires [cliez les païens] augmentaient la voix, et faisaient un retentissement qui imprimait de la terreur, fontkn. Oracl. 1 , 42. Le retentissement de mes pas sous ces immenses voûtes me faisait croire entendre la forte voix de ceux qui les avaient bâties, J. J. Rouss. Cortfess. VI. L'office des morts est un chef-d'œuvre : on croit entendre les sourds retentissements du tombeau, chateaub. Génie, m, i, 2. Cette triste réorganisation [des régiments réduits] se fit à la lueur de l'ineendie de Viazma et 'au bruit successif des coups de canon de Ncy et ds Miloradowitch, dont les retentissements se prolongeaient au travers de la double obscurité de la nuit et des forêts, ségur, llist. de Nap. ix, lO. {| Fig. Cet événement a eu un , t'rand retentissement.

— lllST. XVI" s. Le son estoit si confus pour le retentissement des rochers et des monts, que l'on ne sçavoit certainement discerner dont il procedoit, AMYOT, Aratus, 26.

— ÊTYM. Retentir.

tRÉTENTIvrrfi (ré-tan-ti-ïi-té), s. f. Faculté de l'esprit humain par laquelle il conserve une impression soit au delà de la durée immédiate de

RET

l'impression, soit pendant un temps indéfini \ l'aide de la mémoire.

— f.TVM. Réienlif.

RETKNTUM (ré-tin-lom'), s m. || !• Ancien terme de procédure criminelle. Article que les juges n'exprimaient pas dans un arrêt, mais qui ne laissait pas d'en faire partie et d'avoir son exécution. L'arrêt portait qu'il serait rompu vif; mais il y avait un retentum qu'il serait étranglé auparavant, Dict. rie l'Aead. Je ne sais si ce commandement s'eiïectuera, et s'il n'y aura pas quelque retentum , quelque .se cret caché, gui patin, ielt. nouv. t. i, p. 307, dans P0UGENS. Il 8° Dans le langage familier. Ce que l'on réserve en soi-même par duplicité, lorsqu'on traite avec quelqu'un. La scène qu'il' [Maisons] me donna chez lui pour m'aveugler, et par moi M. le duc d'Orléans, car la course qu'il me fit faire à Paris pour m'y apprendre ce qui fut le soir même public à Marly, était, sans ce retentum, parfaitement inutile, ST-SIM. 401, 234.

— HIST. XVI" S. Fut le 16" janvier )B23 prononcé l'arrest contre le duc de Bourbon par le chancelier du Prat, et quelques jours après celuy de Saint- Valier, portant condamnution de mort, au-dessus duquel estoit un retentum, qu'avant de l'exposer au dernier supplice, il seroit appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, pasq. Rech. liv. viii, p. 7<), dans lacurne.

— f.TYM. Lat. retentum, part, passif neutre de retinere, chose retenue (voy. retenir).

RETENU, 0E (re-te-nu, nue), part, passé de retenir. Il 1° Conservé, gardé. Comme si les Juifs renonçaient eux-mêmes à leur espérance, ils oublient précisément en ce temps la succession des familles, jusques alors si soigneusement et si religieusement retenue, boss. Hist. ii, lo. Ijî" Imprimé dans la mémoire. Des paroles fidèlement retenues. Il 3° Maintenu en place. Un corps pesant qui n'est pas retenu tombe. Des bois retenus par une seule de leurs extrémités, buff. Hist. nat. part. exp. (Eut), t. viii, p. 184. Il 4° Arrêté, qu'on ne laisse pas aller. Retenu au lit par la goutte. Et la foudre qui va partir. Toute prête à crever la nue. Ne peut plus être retenue Par l'attente du repentir, corn. Poly. IV, 2. Quand la reine Cléopatre vit son mari pris et retenu par les Parllies, rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 338, dans pocoens. Quel indigne soldat voudrait briser sa chaîne, Alors que dans les fers son chef est retenu? volt. Zdire, ii, i. Il 5° Empêché de s'étendre, de se manifester. La violence du parti réformé , retenue sous les règnes forts de François I"' et de Henri II, boss. 6" ai-erf. B. Tout ce qu'aux cœurs l'un de l'autre contents Inspirent des transports retenus si longtemps, bac. Bér. i, B. Ce torrent retenu peut s'ouvrir un passage, volt. Fanât, ui, s. ||6° Cheval retenu, cheval qui ne part pas franchement de la main, et qui saute au lieu d'avancer. || 7° Fig. Modéré, sage, circonspect. Le débauché se rit des sermons de son père. Et, dans vingt et cinq ans, venant à se changer. Retenu, vigilant, soigneux et ménager. De ces mêmes discours ses (ils il admoneste, nÉ- GNIER, Sat. v. Et puis je suis plus retenu à cette heure; car il me souvient que vous m'avez reproché beaucoup de fois, que je vous engage toujours avec des amants que vous ne voulez pas, voit. Lett. 59. Il m'a paru, seigneur, si froid, si retenu, corn. Suréna, m, ) . Y eut-il jamais homme plus sage et plus prévoyant, qui conduisît une guerre avec plus d'onlre et de jugement.... qui fût plus agissant et plus retenu...? FLÊCH. Turenne. En comparaison de tous mes confrères les satiriques, j'ai été un poëte fort retenu, BOIL. Disc, sur la satire. Non, non, dans leurs discoursilssont [les Romains] plusretenus,RAC. Brit. IV, 4. Marie elle-même lusques-là si retenue sur les merveilles que Dieu avait opérées en elle, mass. Myst. Visitation. \\ Retenu à, avec un infinitif. Il faut être extrêmement circonspect et très-retenu à prononcer sur les ouviages de ces grands hommes, rac. Iphig. Prif. M. Méry était si retenu à former ou à adopter des systèmes qu'il hésitait à.... fonten. Héry. Auguste fut fort retenu à accorder le droit de bourgeoisie romaine, montesq. Rom. i3. || Substantivement, .le fais le retenu aussi bien que vous, BALZ. liv. V, lett. 20. Il II se dit aus.si des sentiments, des manières. Écbaufi'ez mes transports trop lents, trop retenus, rac. Phèd. iv, 4. Le jeu retenu [au théâtre] demande une vive expression dans les yeux et dans les traits , marmontbl, Œuv. t. VI, p. :I23.

RETENUE (re-te-nue), t. f. || 1' Terme de marine. Cordage employé à maintenir dans sa position un bâtiment abattu en carène, un objet qui

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pourrait se renverser. || ''fthle de retenue, câble employé à retenir à l'ancre un navire. Son pavillon en 11 rne, quatre câbles sur son avant, et un de retenue sur son arrière, bkrn. oe st-p. Paul et Virg. Il 2" Espace entre deux écluses, où l'eau est retenue. Il nelenue de chasse, vaste espace fermé par une eclii.se, qu'on ouvre à la mer montante d.ins les hautes marées, et qu'on ferme aussitôt que la mer commence à baisser, pour la rouvrir tout à coup quand elle sera toulà fait l(a.s.se; l'eau, se précipitant alors avec une grande violence, chasse le galet ou les .sables qui obstruent l'entrée des ports. || Réservoir où l'on retient de l'eau. Il faut , lorsqu'on est forcé d'avoir recours à ces eaux pour l'irrigation, avoir des retenues où on les fait séjourner assez longtemps pour s'échauffer, oenlis. Maison rustique, t. m, p. i38, dans pougf.ns. || 3' Terme de collège. Punition qui consiste à retenir l'élève, c'est-à-dire à le priver de récréation ou de sortie. Mettre un écolier en retenue. 11 est en retenue. Il 4" Terme de finance. Ce qu'on retient en vertu de la loi ou d'une stipulation sur un traitement, sur une rente, sur un salaire. Je vous suis très-obligé, mon.sieur, de votre belle consultation sur la retenue du vingtième, volt. Letl. à Jf. /-« Riche, 16 janv. (768. Il Une pension sans retenue, exempte de retenue, une pension sur laquelle on ne retient aucune imposition. || B° Anciennement, brevet de retenue, grâce que le roi accordait, quand, sur une charge qui n'était point héréditaire, ii assurait par un brevet au titulaire une somme payable par celui qui lui succéderait dans la charge. Harlay avait I oo ooo écus de retenue sur sa charge de premier président, st-sim, 20, 234. Boufflers ne servit pas cette année ; le roi tâcha de l'en consoler par une augmentation de 200 ooO livres de brevet de retenue sur sa charge, id. i30, (84. || 6° Ancien terme de jurisprudence. Faculté que le seigneur avait, en vertu de quelques coutumes, de retenir l'héritage qui était dans la censive et qui avait été vendu par le censitaire, moyennant restitution du prix de la vente à l'acquéreur. || 7" Fig. Acte moral par lequel on se retient, on se contient. Il faut écrire avec tant de retenue, qu'étourdi comme, je suis, je ne prends jamais la plume que je ne tremble de peur d'en trop dire, voit. Lett. 2). C'est trop de retenue, il est temps que j'éclate, corn. Pulch. m, 4. Je mange bien, mais avec retenue, sÉv. 264. Elle savait donner de la retenue aux langues les moins modérées, boss. Toi. de Monierby Ces airs mondains et affectés, si contraires à la pudeur et à la retenue de votre sexe, boubdal. Myst. Pentec. t. I, p. 462. On vit paraître en elle ce que nous avons depuis admiré, la retenue qu'inspire la solitude, la politesse que donne l'usage du monde.... FLÈCH. Dauphine. Quoi I ta rage à mes yeux perd toute retenue, rac. Phèd. iv, 2. La ville de Marseille , qui, par un heureux mélange, joint à la politesse des Grecs la simplicité et la retenue des provinces, rollin, llist. anc. Œuv. t. ix, p. 217, dans pooGENS. Fi donc, petit badin, un peu de retenue, regnard, le Joueur, 11, 4. Les femmes, qui ont à cet égard [l'usage îles boissons fortes] une retenue naturelle, montesq. Esp. ivi, 2. Voyez comme Josabeth parle à Athalie; elle lui fait sentir tout ce qu'elle pense ; cette retenue habile et touchante fait beaucoup plus d'impression que des injures, VOLT. Com. Corn. Rem. Iléraclius, i, 2. Nous tâcherons d'entrer dans les détails avec cette sage retenue qui fait la décence du style, buff. Hist, nat. homme, t. iv, p. 2ui. Dans une audience particulière qu'il [lord Stairs] eut de ce prince [Louis XIV], il lui parla avec peu de retenue sur les travaux qui se faisaient à Mardick, et qui pouvaient, disait-on, suppléer au port de Dunkerque, DUCLOS, Œuv. t. v, p. 110. Il 8° Ce que la mémoire retient. Cet endroit [une plaisanterie d'une lettre) fera un bel effet dans les retenues de vos lectures, SÉV. 25 janv. 1690. Il 9» Ancien terme de marine. Retenue de poupe, gentilshommes désignés sur les galères pour défendre avec le capitaine la poupe et l'étendard. Que le général et les capitaines fassent leur retenue de poupe en la galère, où ils pourront retenir tel frère qu'ils voudront.... et que ceux ainsi retenus ne puissent durant le combat sortir de la poupe sans en avoir ordre exprès dudit général ou du capitaine. Statuts de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, xx, 34, dans jal.

— SVN. RETENUE, MODESTIE. L'homme qui a de la retenue se retient, se contient; l'homme qui a de la modestie se garde de faire valoir les avantagea qu'il possède.

— HIST. XIII* s. Se Bla [la veuTe douairière] lais-

RÉT

«oit courre le [la) partie [le partage] sans fere retenue, ele n'aroit nul rester des teres plaines, beaum. iiii, 24. Il XV' s. Le vicomte.... fit lettres escrire et envoyer hastivemenl aux chevaliers et escuyers de France et de Picardie de sa connoissance et retenue (suite], FBOiss. ni, rv, U. Lé trop d'officiers remue [congédie]. Que tu as, comme oiseaulx en mue... ris ont sans cause retenue [gages, salaires], e. dfsch. Poésies mss. f " :i20. El le loy lui eust donné, Â sa vie, certaine pension ; Qu'il vous plaise, seigneur très-redoubté. Retenue ait et confirmacion, in. Svjypl. au roi. De si bon engin et de si grant retenue [mémoire], Perceforest, t. vi, f° h. 3. Anciens edifices'dont la couverture estoit [lourrie par deffaulle de retenue, ib. t. v, V 94. || xvi' s. Le retrait (droit <le rachat] soigneuria! est censuel ou féodal, et s'appelle coutumierement droit rie retenue, loy- SKL, 423. Lignager sur lignager n'a droit de retenue [la vente ayant lieu entre parents, le droit de rachat lomhe], in. 4 30. [Des dames se tenant toujours nien en leurs rangs dans une danse très-compliquée] Tant ces dames avoient le jugement solide et la retenue [mémoire] lionne, bhant. Dames ill. p. 81. Le père ou la mère de mineurs aura la retenue [disposition), le maniement et le profit des biens de leurs enfants, sans rendre compte, Nouv. coiist. gén. t. i, p. «39.

— ÉTYM. Ketenu: wall. ritnowiproy.retengiida. Retenue au sens de suite a donné l'angl. retinue

t RETENUEMKNT (re-te-nu-man), adv. D'une manière retenue.

— HIST. xvi'.s. Nostre condition faultiere nous debvroit faire porter plus moderéement et retenuement en nos changemens, mont, ii, 32».

— Etym. Retenue, et le suffi.xe ment.

RETERÇAGE ou RETI RSAGE (re-tèr-sa-j'), s.

m. Terme d'agriculture. Aciion de reterser; résultat de cette actfon.

RETERC6 ou RKTERSÉ.ÉE (relèr-.sé,sée),par(. passade retercerou reterser Vigne retersée.

RETERCER ou RETERSER (retèr-sé), v. a.

Terme d'agriculture. Tercer de nouveau.

— KEM. L'Académie n'a que reterser; mais à terser, elle écrit terser ou tercer, dernière orthographe qui d'ailleurs est meilleure.

— ETYM. Be..'., et tercer.

RÉTIAIRE (ré-si-ê-r'), s. m. Terme d'antiquité. Gladiateur qui combattait armé d'un filet, avec lequel il tâchait d'embarrasser son adversaire.

— ÉTYM. Lat. retiarius, de rete, filet (voy. bkts). RÉTICENCE (ré-ti-san-s*), s. f. \\ 1* Suppression

ou omission volontaire d'une chose qu'on devrait dire ; la chose même qu'on n'a pas dite. La réticence sur des faits si intéressants n'est point pirdonnable, volt. Fragm. sur l'hist. te. 11 n'y aurait donc qu'en France c|u'il ne serait pas peirais de faire paraître l'éloge de Louis XIV et de la France! et cela, parce que je n'ai eu ni la bassesse ni la sottise de défigurer cet éloge par de honteuses réticences et par de lâches déguisements, ID. Lett. hénault, t" févr. <752. Cette réticence discrète, marmontel, Mém. u. Divers genres de réticences rendaient ses lettres plus courtes, stael, Corinne, xvii, 2. [| 2° Figure de rhétorique. Sorte de prétérition où, commençant l'expression de sa pensée, on s'arrête avant de l'avoir achevée : le devrais sur l'autel où ta main sacrifie Te.... mais du prix qu'on m'ofl'ie il faut me contenter, rac. Atti. v, B, fst un exemp e de réticence. La réticence consiste à passer sous silence des pensées que l'on fait mieux connaître par ce silence, que si on parlait ouvertement, DUMARS (But), t. v, p. 288. Euclide s'étendit sur les divers ornements du discours, il me cita des réticences heureuses, des allusions fines, des pensées ingénieuses, des reparties pleines de sel, BABTHÉL. Anach. ch. 68.

— HlST. XVI* s. Je r'envoye les curieux aux li- «res faicts exprès pour la description do ces misées, afin qu'il paroisse en moi phistost de la réticence que de laireclation, d'aub, //i.v(. i, 262.

— ÉTYM. Lat. relicenlia, de relicere, taire, de re, et tacere (voy. taire)/

RÉTICCLAIRE (ré-li-ku-lê-r'), adj. |j 1° Terme didactique. Qui est en forme de réseau. Memlirane réticulaire. Une meinbrane réliculaire observée dans des feuille» d'e pied-de-veau, bonnet. Us. feuilles, V «uppirfw». Il Terme d'anatomie. Tissu réticulaire, le derme sous^;orné du pied du cheval, comprenant le tissu feuilleté correspondant à la paroi, et le tissu velouté qui s'unit A la sole et à la fourchette. || 2° S. f. Genre de champignons voisin des lycoperdons, institué par Bulllard. Il 3° S. m. pi. Tribu de polypes.

— BTYM. Lat. relicuUm (voy. bâticulb).

RÉT

t RÉTICDLATION (ré-ti-ku-la-sion), i..f. Terme d'histoire naturelle. Etat d'une surface réticulée. Feuilles fossiles dont la forme et la réticulation sont ben conservées.

- ÉTYM. Voy. RÉTICULÉ.

t RÉTICULE (ré-li-ku-r), s. m. || 1* Terme d'antiquité romaine. Petit réseau dans lequel les femmes romaines serraient leurs cheveux. || 2° Nom donné, sous le Directoire, aux petits sacs que les femmes por:aient avec elles, et qui, par corruption, ont été dits ridicules. Je vous ai déjà dit que les femmes avaient repris l'usage des sacs à ouvrage que les antiquaires a|ipellint réticules, attendu que ceux des dames romaines étaient formés en filet de réseau; mais les bourgeoises qui les portent disent toujours des ridicules, decouçchamp. Souvenirs de la marquise de Créquy, t ix, ch. v. || 3° Terme d'as- .tronomie et d'arpentage. Assemblage de fils croisés, servant à mesurer les diamètres des astres, les angles, etc. Dépourvus de lunettes et de réticules, les anciens avaient imaginé des méthodes ingénieuses, mais inexactes, pour cette détermination du disque solaire qu'ils n'ont jamais bien mesure, nELAMBHE, Abrégé d'oslron.3' leçon. \\i' Terme de botanique. Gaine fibreuse qui entoure la base des feuilles, dans les palmiers.

— ÉTYM. Lat. reticulum, diminutif de rele, filet (voy. rets).

RÉTICULÉ, ÉE (ré-ti-ku-lé, lée), adj. || 1" Terme d'architecture et d'antiquité. Maçonnerie rc ticulée, maçonnerie en forme de réseau, fort en usage dans les derniers temps de la république romaine. Il 2* Tasses en porcelaine réticulée, tasses composées de deux enveloppes; la première est pleinn comme une tasse ordinaire, elle est enveloppée d'une seconde tasse décou(/ée à jour et formant une sorte de réseau qui enveloppe la première. Ces tasses servent à mettre des boissons ou liqueurs chaudes, et peuvent être prises à la main sans brûler. || 3' Terme d'histoire naturelle. Marqué de lignes entre-croisées en manière de réseau. || Terme de minéralogie Qui imite un réseau par l'arrangement do ses fibres. Il Se dit des cristaux aciculaires quand les aiguilles se croisent. || 4° S. m. pi. Les réticulés, section de polypiers lapidescents

— ÉTYM. Lat. reticulatus, de reticulum (voy. kètigile).

RÉTIF, rVÈ (ré-tif, ti-v'), adj. || 1» Se dit d'un cheval ou autre bête de monture qui refuse d'obéir à celui qui le monte ou qui le conduit. Pour lui Phébus e.st .sourd et Pégase- e.st rétif, boil. Art p. 1. Il 2" Fig. Difficile à conduire, à persuader. Il y a ....des tempi'raments ennemis de toute résistance, des naturels rt'tifs que la vérité fait cahror, mol. l'Av. I," 8. Vous êtes rétive aux remèdes, inais bous saurons vous soumettre à la raison, id. Méd. m. lui, II, 7. Un jeune homme... Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, Rétif à la censure, et fou dans les plaisirs, bhil. Art p. m. Je ne suis point rétif, point opiniâtre, point amoureux de ma statue; quand je ne corrige pas, c'est que je ne trouve pas, volt. Lett. d'Argcntal, 27 juill. 1763. Il Substantivement. Faire le rétil. || 3° Fig. Il se dit des choses qui n'obéissent pas. U y a des enfants en qui la mémoire paresseuse et rétive refuse d'abord tout service, rollin, Traité des Et. i, 3. Il (Âbel frappé] veut du moins tomber aux pieds de sa famille; Mais ses genoux rétifs trompent sa volonté, gilb tforl d'Abet, viu.

. — HIST. XI' s. Vos cumpagnuns [nous] feruns trestuz restifs [arrêtés, vaincus], Ch. de Roi. xciu. Il xiii" s. Se un home achate une bcste restive^ et que le vendeur li dit : ceste beste est reslive, et je por restive la vous vens.... Ass. d.' Jérus. i, 183. Il XVI' s. Les Allemans, (]ui nous dcsdaignent, seroyent-ils restifs de (lents à venir à une telle proye? lanoue, 23. On ne trouve point par escrit qu'ils ayeiit jamais fait les reslifs de oomiiatre, id. 42). Un cheval reslif et poulsif, mont, m, 46.

— ÉTYM. l'rov. resliu; ital. resiio; du lat. restare, résister, de re, et stare, se tenir deboui (voy. stable). On remarquera le sens de r^(i/dans la Chanson de Roland.

t RÉTIFORME (ré-ti-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un nsoau.

— HIST. XVI' s. La tunique de Ihumeur vitreux, nommée en grec anipliiblistoide ou retiforme, PARÉ, m, 8.

~ ÉTYM. Lat. rete, filet (voy. rets), el forme.

t RÉTINACLE (ré-ti-na-kl'), s. m. Terûie de botanique. Crochet qui soutient les graines des acanthacées. attachées aux parois du fruit. || Glande qui fixe au gynostème l'appareil (caudicule) qui sou-

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tient les masses de pollen solide, comme dans le ^enre orchis.

— ÉTYM. Lat. relinacutum, lien, de retinere (voy. retenir).

t RÉTINALITE (ré-ti-na-li-f), t. f. Minéral d'aspect gras analogue à celui de la serpentine, qui provient lUi bas Canada.

t RÉTINASPHAI.TE (ré-ti-na-sfa-lf) , ». m. Minéral résineux que l'on trouve dans certains lignites.

RÉTINE (re-ti-n'j, s. f. Terme d'anatomie. U plus intérieure des tuniques de l'oeil, membrane de substance nerveuse, qui embrasse le corps vitré et se trouve placée entre lui et la choroïde ; c'est à elle que l'œil doit la faculté de recueillir les images, et d'en transmettre la perception au centre commun, par l'intermédiaire du nerf optique. Les tableaux que la lumière trace sur la rétine, volt. Dial. 25. Ces rayons |i1b lumière], avant de parvenir à la rétine, souffrent trois réfractions, la premièie en passant de l'air dans l'Iiumour aqueuse, la seconde en passant de l'hurneur aqueuse dans le cristallin, et la troisième en passant du crisiallin dahs l'humeur vitrée, BRissoN, Traité de ptiys. t. u, p. 424.

— HIST. xiV s. De la substance nerveuse du nerf oblique est engendrée la rétine, laquelle est plus soutille que nulle des autres [tuniques], et aviriinne sans moien les humours, h. de mondeville, f' <7, La rectine, lanfhanc, f° 73.

— ÉTYM. Prov. rethina; espagn. et ital. retina; du lat. rete, filet (voy. kets).

t RÉTINERVE (ré-ti-nèr-v'), adj. Terme de botanique. Oui est à nervures réticulées. Feuilles rétinerves.

~ ÉTYM. Lat. rete, filet, et nerxure.

t RÉTI.NIEN, lENNE (ré-ti-niin, niè-n'), o</j. Qui appartient .1 la rétine. La cliromatoscopie rétinienne.

t I. RÉTINITE (ré-ti-ni-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la rétine.

— ÉTYM. Rétine, et la finale médicale t(e, indiquant inflammaliop.

t 2. RÉTINITE (ré-ti-ni-f), s. f. Terme de géolo^ gle. Lave vitreuse, à éclat moins vif que l'obsidienne, d'un vert noirStre, ressemblant à un verre, mais ayant un aspect résiijeux comme la poix.

-7- ÉTYM. "PïiTivri, résine.

t RÉTINNAPHTK (ré-tina ff), s. f. Terme de chimie. Substance désignée aussi sous le nom de toluène, sorte d'hydrucarbure découvert parmi les produits huileux piovepant du iraiiement du goudron ou de diverses résines. L'essence de ténbentliine, distillée, laissa passer entre i;io el 180« un produit connu sans le nom de vive essence, qui, suivant MM. Pelletier et Walter, se compose de rétinnaphte et de réiinnyle. À 280« lessence de térébenthine donne par la distillation l'huile fixe, qui, par un grand nombre de rectifications, fournit UD troisième hydrocarbure, le rétinole.

f RÉTINOSCOPE (réti-no-sko-p), j. m. Terme de médecine. Synonyme d'ophthalmoscope.

— ÉTYM. Rétine, et oxonciv, examiner.

RETIRADE (re-ti-ra-d'), s. f. Ancien termp de

fortification. Esiièce de retranchement qui se fait dans le corps d'un ouvrage, pour disputer le terrain, lorsque les premières défenses ont été rompues

— ÉTYM. Retirer. Le suffixe ade semble indiquer une origine espagnole ou provençale.

t RETIRAGE (re-ti-ra-j'), s. m. Action de retirer le linge du cuvier de lessive pour le porter à la rivière, Gi-.NLis, Maison rtist. t. 11, p. 23, dans pougens.

HETIUATION (reti-ra-sion), s. m. Terme d'imprimerie. Action d'imprimer le verso d'une feuille ■ le papier.

— fTYM. Retirer.

RETIRÉ, ÉE (re-ti-ré, rée), part, passé de retirer. Il 1" Ramené en tirant. Un homme retiré vivant de dessous les décombres. || 2° Tiré en arrière, contracté. Ma peau est toute sèche et toute retirée, saci. Bible, Job, vji, 5. Les pattes toutes brûlées et toutes retirées du pauvre Raton embrassent les mains des heureux Bertfands , volt. Lett. d'Alembert, 7 nov. (774. Nous trouvâmes celte charmante créature pâle, livide, agitée de convulsions, les lèvres retirées, id. Jenni, 6. || S" Kn termes de vénerie, on dit qu'un cerf est retiré, lorsiiue, lorcé, il est, pour ainsi dire, desséché, ce qui fait qu'il ne peut plus souffler ni tirer la langue. || 4» Il se dit des choses qu'on rentre pour les mettre à l'abri. Les récolles retirée» dans les granges. || Kig. Tout la savoir du monde est chez vous retiré, HOL. Tart. 1, 6. Il il se du des eaux qui rentrent dans leur lit. Les eaux étaient alors retirées, puisque les deux grands continents [Asie et Aiiiérique| étaient unis vers le nord, et également peuplés d'éléplianl»,.

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BUPP. «• ép. nat. ffluiî. l. xii, p. 234. || 8" Qui a quh'é un lieu, un séjour. Aujourd'hui même encor de deux sens affaibli, Retiré de la cour et non mis en oubli.... BiiiL. ^p. I. Il 6" Établi en un lieu de retraile. Retire dans la province de SaintouKe, où se formaient déjà des factions, il les arrêta par sa vigilance, FLECH Duc de Uoiit. Ê»rard seul, en un coin prudemment retiré. Se croyait à couvert de l'insulte sacré, BoiL iulr. v. Là, depuis trente hivers, un liihou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré, lo. ib m. l'n secrétaire de la reine Marie de Médicis, nommé Chalons, retiré & Rouen dans sa vieillesse, conseilla à Corneille d'apprendre l'espagnol, et lui proposa d'abord le sujet du Cid, volt. Comm. Corn. Cid, Préface. || Être retiré, vivre relire, mener une vie fort retirée, vivre loin du commerce des hommes. Non, me répondit elle, en rougissant un peu; tu te trompes, je ne suis pas si dévole que retirée, mahiv. Pays. parv. part. iv. Je ne l'ai point encore vu, parce que je vis fort retiré, ii'alkmiIert, l.ett. au roi de Prusse, 2» avril )777. Il En un sens analogue. Nous blâmâmes ensemble la manière retirée dont les femmes sont obligées de vivre en Espagne, comme éprouvant par nousmêmes q e nous perdions quelque chose de n'avoir pas la liberté entière de nous entretenir, la jfAï. Zayd. Œuv. t. i, p. H2, dans pougens. Je pense qne le signe le plus assuré du vrai contentement d'esprit est la vie retirée et domestique, J. i. booss. Hél. IV, 10 II 7» Elie retiré, se dit d'une personne qui est chez elle le soir et qui ne reçoit plus de visite. Et, retiré chez lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et com()ter son argent, boil. Sat. vi. Il Oui a quitté le salon, le cabinet pour s'aller coucher. Je l'écris [ma lettre] aujourd'hui, samedi au soir ; il n'est que dii heures, tout est retiré, sÉv. i"oct. i«8l.|| 8° Oui se plaît à la retraite. Que, pendiint ces discords, j'ai de fois désiré Le repos retiré De qui tant de grands saints nous ont montré l'exemple! hacan , Pi^aum. xxvi. La piété consiste dans les sentiments intérieurs d'une ànle retirée en elle-même et occupée de Dieu, bourdal. Ëxhnri. Char.env. les paue. t. i, p. 23. Hé as! il n'est plus que quelques âmes retirées, des solidaires pénitents, MASS. Carême, Jeûne. Alors un petit juif [Spinosa], au long nez, au teint blême. Pauvre, mais satisfait, pensif et retiré, Esprit suliiil et creux, moins lu que célébré.... volt, les Systèmes. \\ Il est toujours retiré en lui-même, il est taciturne et peu communicatif. Il 9" Oui a cessé d'exercer une profession. Un médecin retiré. || 10° Solitaire, peu fréquenté. Allez; que l'on me laisse en ces lieux retirés, volt. Oreste, i, 3. J'ai acheté à deux lieues de mes Délices une terre encore plus retirée, oii je compte finir mes jours dans la tranquillité, ID. Lett. Diderot, 16 nov. (758. Nous sommes dans le quartier le plus retiré, dans la rue de la Grosse-Tour [à Bruxelles], m. Lett. au pr. roy. de Pr. mai (738. Au fond de cette chapelle retirée, voici quatre écuyers de marbre, chateaubr. C.énie, iv, ii, 8.

RETIREMENT (re-ti-re-man) , s. m. || 1° Action de retirer, de reprendre une chose, || 2" Terme de chirurgie. Synonyme neu usité de contracture. Le retirement des muscles de la jambe.

— HIST. xvi' s. La patience dont j'ay usé, le retirement de mon armée , le commandement que je leur ay fait d'entrer eu garnison pour ne troubler l'espérance de paix.... m. dd bell. 285.

— ETVM. Retirer.

RETIRKU (re-ti-ré), v. a. ||l°Tirer de nouveau. |] 2° Tirer à soi, tirer en arrière. I! 3° Faire aller en arrière, faire reculer. || 4° Causer un retirement, une contraction. || 5° Ôter une chose, une personne de l'endroit où elle était. || 6° Prendre en retour, en parlant d'objets d'échange. || 7" Ôler de l'affiche une pièce de théâtre. |l 8° Donner asile, retraite, refuge. Il 9* Mettre à l'abri. || 10° Percevoir, recueillir, en parlant de revenus. || 11° Fig. Ôter. (| 12° Rétracter. Il lî° Fig. Faire sortir de, tirer de. || 14° Recueillir, obtenir, en bonne et en mauvaise part. {| 15° Rentrer dans la propriété d'un bien. || 16° V. n. Tirer 'le nouveau. Il 17* La mer retire. || 18° V. réjl. Se leiirer, s'en aller, s'éloigner, s'écarter. || 19° Rentrer chez soi. || 20° Ne pas paraître à quelque concours, exposition, etc. || 21° Se retirer de quelqu'un. Se retirer de queU^ue chose. || 22* Ouitler un étal, une profe.ssion, un genre de vie. |1 23° Se mettre en retraite religieuse. || 24° Aller en un lieu pour s'y établir, après avoir quitté un autre heu. Il 25" Se réfugier, se mettre en un lieu de sûreté, il 26° Faire retraite, en parlant d'une troupe armée. Il 27° Fig. Être reporté en arrière, se concentrer, en parlant de choses. || 28° Se raccourcir, se

raccornir. || 29° Rentrer dans le lit, en parlant d'eaux débordées. || 30° Être retiré, en parlant d'une promesse.

1° Tirer de nouveau. Retirer une loterie qui avait été mal tirée. || 2° Tirer à soi, tirer en arrière ce qui avait été poussé dehors , porté en avant. On retire souvent le liras pour mieux frapper, coBN. Viéod. IV, ). .Soit au'il [Dieu] élève les trônes, soit qu'il les abaisse ; soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à luimême, et ne leur laisse que leur propre faiblesse, Bos.s. Reine d'.tngtet. J'ai vu l'assassin Retirer son poignard tout fumant de son sein (de Koxane|, kac. Baj. V, t4. Ne lui tendez pas la main en signe de paix; mais ne la relirez pas non plus, mahiv. Serm. ii.discr. v, 6. lis [les râles) ne retirent pas leurs pieds sous le ventre en volant, comme foni les autres oiseaux; ils les laissent pendants, bukf. Ois. t. IV, p. 224, Il Retirer une claf, l'flter de la serrure. Elle ferme la porte sur nous, ôte la clef que nous lui entendîmes retirer, mariv. Pays, parv. 6* part. || Par extension. Retirons nos regards de oet objet funeste, coriN. Ilor. v, i. || Familièrement. Retirer son haleine , faire rentrer de l'air dans sa poitrine. i| 3° Avec un nom de chose pour sujet. Faire aller en arrière, faire reculer. Une chose, il est vrai, fait souvent balancer. Attiédit en plusieurs l'ardeur de s'avancer. Et dès les premiers pas les retire en arrière, cohn. Imit. i, 25. 114° Causer un , retirement, une contracture. Les convulsions lui ont retiré la jambe droite. || Absolument. La maladie se juue de nos corps : là elle étend, là elle retire, boss. Serm. Résurrect. dern. 2. Il 6° Faire sortir une chose, une personne de l'endroit où elle était. Retirer un homme de prison, une fille du couvent. Retirer des papiers de chez un avoué, de l'argent de chez un banquier. Ouoi I ce n'est pas encor beaucoup D'avoir de mon gosier retiré votre cou! LA FONT Fabl. m, ». Il [Ch. de Sévigné) me montra des lettres qu'il a retirées de cetie comédienne (Champmesié] , sÉv. n avr. 167). Un jour une méchante cab.ine où il [Tournefort] couchait tomba tout à coup ; il fut deux heures enseveli sous les ruines , et y aurait péri , si l'on eut tardé encore quelque temps à le retirer, fonten. Tournefort. On dit que ce fut Criton qui le relira [,Socrate] de la boutique de son père, ayant admiré la beauté de son esprit, rollin, Uisl. anc. Œuv. t. iv, p. 349 , dans POUGENS. Cet article (d'un traité] se réduisit à retirer les troupes russes des frontières, volt. Russie, ii, t. Chacun pensa avoir perdu la moitié de son bien, et retira le reste, bainal, Hist. phil. IV, 18. Il Absolument. Il [le destin] plonge dans l'abîme et bientôt en retire , volt. Oreste, iv, 2. Il Fig. Retirer du tombeau, sauver la vie. [Il] Dit qu'on l'avait retiré du tombeau, Conte son cas, reprend force et courage, la font. Orat's. || Dieu l'a retiré de ce monde , il est mort. Ce prince [Théodose] ne jouira pas longtemps du fruit de sa victoire, et Dieu le retirera bientAl de ce monde, flF.cii. Hist. de Théodose, iv,65. || Fig. Retirer son épingle du jeu, se dégager, sans dommage, sans perte, d'une affaire , d'une intrigue dangereuse. || Retirer son enjeu, reprendre ce qu'on avait mis au jeu Il Fig. Retirer son enjeu, se retirer sans perte d'une affaire où l'on courait des risques. || 6° Prendre en retour, en parlant d'objets d'échange. La compagnie [hollandaise] y envoie [à Kupan, dans Timor] tous les ans quelques grosses toiles; elle en retire de la cire, du caret, ilu bois de sandal, baynal, Hist. phil. II, 9. Il 7° Retirer une pièce de théâtre, l'ôter de l'affiche, du répertoire. L'indisposition d'un acteur force à retirer la pièce, genlis, Veill. du chdt. t. m, p. 155, dans pougens. |] 8° Donner asile, retraite, refuge. Ouand vous l'avez banni, le ciel l'a retiré, botr. Bélis. v, 8. Ils s'assirent en la place de la ville, sans qu'il y eût personne qui voulût les retirer et les loger chez lui, saci. Bible, Juges, XIX, I5. Savez-vous quel serpent inhumain Iphigénie avait retiré dans son sein? bac. Iph. v, 4. 11 dit hardiment.... qu'il veut s'en défaire [de sa maison], seulement parce qu'elle est trop petite pour le grand nombre d'étrangers qu'il retire chez lui, la bkuï. Théoph. x.xiii. Je l'ai laissé malade, ou du moins très-indisposé dans le village prochain, chez un paysan qui nous a retirés, mariv. Marianne, part. )0. On m'enseigna dans la rue de Pô la femme d'un soldat, qui retirait à un sou par nuit des domestiques hors de service, j. J. rouss. Conf. n. Il 9° Mettre à l'abri. Ils retirèrent dans la ville les biens de là campagne, d'ablanc. Arrien, i, <o. Il 10° Percevoir, recueillir, en parlant de revenus. Il a retiré une grosse somme de sa charge. Savez-

vous combien il retire de cette ferme? Je connais des marchands, et puis bien vous promettre D'en retirer l'argent qu'elle [une esclave] pourra coûter, MOL. l'ih.i, ». H consacra ce qu'il retirait tous les ans du travail actuel du palais, à la sub» sistance des pauvres, riàcH. Lamoigmm. Il n'y a rien à perdre; ce sont des enfants de famille dont on retirera plus que son argent, dancouht, la Galette, se. ). || 11* ôter. La lune , qui du ciel voit leur démarche altièru, Retire en leur laveur sa paisible lumière, boil. Luir. n- Le soleil, qui de.scend de nuage en nuage, X mesure qu'il baisse et retire le jour.... lamabt. Harm. iv, H.||Fig. Retirer son amitié, sa confiance, sa protection. Kt pour te faire choir, je n'aurais aujourd'hui Qu'à retirer la main qui seule est ton ai'pui, cokn. Cinna, v, i. Il [Dieu] leur fait voir [aux rois] en la retirant [sa puissance] , que toute leur majesté est empruntée, boss. Reine d'Anylel. \\ Dans le langage de la dévotion, en un sens analogue. Dieu retire ses grâces. Son Père même [de Jésus], en qui seul il avait mis son espérance, retire toutes les marques de son affection, boss. Hist. n , 6. || 12° Kig. Rétracter. J'ai à vous reprendre une fausse nouvelle... je vous retire encore les vacances de la chambre de l'Arsenal; ils se sont remis à travailler au bout de quatre jours, SÉv. 28 fév. i88o. |{ Retirer son compliment, ne pas faire un compliment qu'on voulait faire, ou le rétracter après l'avoir fait. |{ On dit dans un sens analogue : retirer sa prière. Si cela fait la moindre difficulté, je retire ma trèshumble prière, volt. Lett. Schomberg, ta mars (77). Il Retirer sa parole, se dégager d'une promesse. Vous vous êtes engagé avec moi pour épouser ma fille, et tout est préparé pour cela; mais, puisque vous voulez retirer votre parole, je vais voir ce qu'il y a à faire, mol. Uar. forcé, M.|| 13° Fig. tL'e quitter, éloigner de. Ouvrez enfin les yeux , mon père; et, si vous n'avez point été louché par les autres égarements de vus casuistes, que ces derniers vous en retirent par leurs excès, pasc. Pruv. x. Je voudrais que vous l'eussiez entendue [Mme de la Bédoyère].... de quelle manière habile et miraculeuse les capucins la retirèrent de celle agonie, SÉv. 2» avr. )«»5. Devinez ce que c'est que la chose qui vient la plus vite et qui s'en va le plus lentement, qui vous fait approcher le plus près de la convalescence et qui vous en retire le plus loin.... c'est un rhumatisme, id. 3 févr. 1676. Le plus solide témoignage que vous puissiez donner à un époux d'un véritable amour, est de le retirer du vice et de le porter à Dieu, bouiiual, 2* dim. après l'Épiphan. Dominic. t. i, p. 72. Qui pourrait exprimer la douleur qu'elle ressentit, lorsque la providence de Dieu la retira de cet emploi [gouvernante du Dauphin!, où elle était autant liée par l'inclination et par la tendresse que par la fidélité et par le devoir? flécii. Duch. de Mont. Dieu m'a retirée, par sa grâce, des misères d'une vie mortelle, lo. ib. Je vous ai retirée de la misère, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. »7, dans pougens. || 14* Fig. Recueillir, obtenir, en bonne et en mauvaise part. Retirer de la gloire de quelque chose. Il n'a retiré que de la honte de sa conduite. Constance a de ce mal retiré mille biens, thistan, M. de Chrispe, V, 5. Il 15" ferme de palais. Rentrer dans la propriété et possession d'un héritage, d'un bien aliéné, en rendant à l'acheteur le prix qu'il en avait payé. II a retiré cette terre sur un tel. Il retira tous les biens qui avaient été aliénés par ses ancêtres. Il 16° V. n. Tirer de nouveau. Retirer au sort. Retirer à la loterie. || 17° La mer retire , elle est dans

10 reflux. Il 18° Se retirer, v. réfl. S'en aller, s'éloigner, s'écarter. La foule se relira devant lui. Les jeunes gens me voyant se retiraient par respect, et les vieillards se levant se tenaient debout, SACi, Bible, Job, xxix, 8. Elle prie Monsieur de se retirer, parce qu'elle ne veut plus sentir de tendresse que pour ce Dieu crucifié qui lui tend les bras, boss. Duch. d'Orl. Vous, Narcisse, approchez; et vous, qu'on se retire, hac. Brit. Il, s.

11 est temps de nous retirer, moi [SocrateJ pour mourir, et vous pour vivre; qui de nous jouira d'un meilleur sort? la divinité seule peut le savoir, barthRl. Anach. ch. 87. |{ Avec ellipse du pronom pei-sonnel. Retirez-vous d'ici, vcus dis-je , ou je Vous en ferai retirer d'une autre manière, MOL. Pr. d'Èl. IV, 6. Vous plairait-ilde faire retirer VOS gens? baron. Homme à bon. fort, iv, 7. Il Au jeu. Ce joueur se retire, il quitte le jeu. || Se retirer sur sa perte, sqr son gain, quitter le jeu après avoir perdu, après avoir gagné. Savez-voai quel est mon avis? c'est de nous retirer sur nopa

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gain ; une pièce [Rome sauvée] romaine el si peu parisienne ne peut longtemps attirer la foule, volt. Mme Denis, <e mars nti. || Fig. et familièrement. Se retirer sur la bonne bouche, quitter la conversation, le jeu, etc. aprèis avoir obtenu un petit succès, et sans attendre un changement, un retour. Il 19° Rentrer chez soi. Ils se retirèrent chacun chez eux. Seigneur, qu'osez-vous direV - Qu'il faut, prince , qu'il faut que chacun se retire, rac. Iphig. l, i. Il Particulièrement. Rentrer dans sa chambre, dans son cabinet. Il s'est relire dans son cabinet et ne veut recevoir personne. || Absolument. Rentrer le soir dans son appartement pour n'en plus sortir que !e lendemain. Que faites-vous les soirs avant qu'on se retire T mol. Éc. des mar. i, 5. Me retirer à dix heures, el faire la prière avec mes domestiques, MAiNTENON.... Lett. à l'abbé Gobelin, (« mars 1676. Ne craignez rien pour ma santé ; nous nous relirons de bonne heure, nous ne soupons presque pas, DIDEROT, Lett. à Mlle Voland, th juin (774. Je me retirai à six heures du matin, excédé de fatigue, et fort mécontent de moi-même et de ma soirée, GENLis, ieilL duchdt. t. i, p. 298, dans POU - GENS. Il 20° Ne pas paraître à quelque concours, exposition, etc. Si les grands maîtres se retirent, les subalternes se retireront, ne fût-ce que pour se donner un air de grands maîtres , dider. Salon de t767, Œuv. t. XIV, p. 6, dans pougens. ||21' Se retirer de quelqu'un , s'en éloigner, rompre la liaison jvec lui. Je ne sais d'où vous êtes : retirez-vous de moi, vous tous qui vivez dans l'iniquité, saci, Bible, Évang. St Luc, xiii, 27. Les frères du pauvre le haïssent, et ses amis se retirent loin de lui , ID. ProK. de Salom. xix , 7. Nous vous ordonnons, leur disait-il [saint Paul], de vous retirer de tous ceux d'entre vos frères qui tiennent une conduite déréglée, boubdal. 6' dimanc. après l'Épiph. Dom. t. 1, p. 228. D'elle à la fois chacun se retira, volt. Poèmes , Bégueule. \\ Fig. Maintenant ce génie poé- j tique [l'habitude de parler en vers chez les anciens hommes] s'est retiré des hommes, FONTEN. Oroc(. ii,5. Il Dieu se retire, il n'accorde plus sa grâce. Il [Samson] ne savait pas que le Seigneur s'était retiré de lui, SACI, Bible, Juges, xvi, 20. Tout A coup, Il Saint- Esprit se retire, les ténèbres s'épaissis^ent, la foi s'éteint, Boss. Anne de Gonz. Dieu même, disentils, s'est relire de nous, rac. Athal. i, (.jjSe retirer de quelque chose, y renoncer. Il s'est retiré de l'entre[irise. Non, vierges, non, je me retire De tous ces frivoles discours, malh. m, 3. [Richelieu] eut un moment la pensée de se retirer des affaires , GiNLK , Mlle de la Fayette , p. 4 26 , dans pojugens. Il 22* Quitter un état , une profession, un genre de vie, une situation. Il s'est retiré du service, du barreau. Se retirer du désordre, de la débauche. Fuyez-en le péril et vous en retirez, rotr. Vencesl. \u,,i. Sédécias se retirade l'obéissance qu'il rendait au roi de Babylone, saci. Bible, Rois, iv, xxiv, 20. On se retire du monde , mais on est bien aise que le monde le sache, bourdal. Sévérité évang. 2' avent, p. 444. Tous les hommes qui se retirent de la grande société sont utiles précisément parce qu'ils s'en retirent , j. J. houss. Em. v. || Avec ellipse du pronom personnel. Les mauvais traitements qu'il me faut endurer. Pour jamais de la cour me feraient retirer, mol. Fâcheux, m, 2. ]| Absolument. Il s'est retiré, il s'est tout à fait retiré , il a quitté le commerce du monde , ou bien il mène une vie moins dissipée. Ma fille me pria de demander pour récompense de mes services qu'il me fût permis de me retirer, la pont. Psyché, ii , p. < 28. Il Cet officier se relire, il quitte le service. I! 23* Se mettre en retraite religieuse. Je veux me retirer ce soir; je fais demain mes pàques, sÉv. 8 avril («89. Il 24° Aller dans un lieu pour s'y établir, après avoir quitté un autre lieu. Se retirer en province, dans son pays. Il s'est retiré dans ses terres. Nous nous retirâmes au désert, avec peu de suite, sans équipage, n'emportant que quelques livres, afin que notre fuite fût plus secrète, la fo^it. Psyché, II, p. 428. 11 [François de Paulel se relira dans les déserts de la Calabre pour se dérober aux yeux des hommes, fléch. Panégyr. Franc, de Paule. Charles s'embarque pour l'Espagne , el va se retirer dans l'Estramadure au monastère de Sainl-Just, de l'ordre des hiéronymites, volt. Ann. Emp. Charles-Quint, 4656. || Il se dit quelquefois simplement pour venir. Mais as-tu vu mon père? et peut-il endurer Qu'ainsi dans sa maison tu t'oses retirer? cohn. Ilor. i, 3. || Fig. Se retire'r (Ml soi-même , n'avoir plus de commerce qu'avec >xii-même. Je me suis retiré au dedans de moi , «l, vivant entre moi et la nature, je goûtais une

douceur infinie à penser que je n'étais pas seul, J. J. Bonss. t" dial. Cette aimable demeure porte insensiblement à réfléchir , à se retirer en soimême, riccoboni, Œuvr. t. i, p. 236, dans pougens. Il 25° Se réfugier, se mettre en lieu de sûreté. L'ennemi se retira dans ses retranchements. Les bétes se retirent dans leurs tanières. Je pourrais vous la représenter dans ces tristes demeures où se retirent la misère et !a pauvreté, fléch. Mmed'Ainuillon. Le peuple, mécontent des patriciens, se retira sur le Mont-Sacré, montesq. Rom. 8. Aristote fut très-sage dé se retirer à Chalcis, lorsque le fanatisme dominait dans Athènes, volt. Comm. œuvr. aut. Henr. Quand Saumaise voulut écrire librement, il se relira en Hollande ; quand Descartes voulut philosopher, il quitta la France, ID. Lett. Damitaville , I4 mars 4764. Il Fig. S'il est vrai que la Justice se soit retirée parmi eux [les dieux), la pont. Psyché, u, p. 4 55. Il Terme de procédure. Se retirer par devers un juge, un magistrat, s'adresser à lui pour avoir justice. Il 26° Faire retraite, en parlant d'une troupe armée. Il [Mortier] avait ordre de défendre le Kremlin, puis, en se retirant, de le faire sauter et d'incendier les restes de la ville, sêgur, Hist. de Nap. IX, 6. Que là il [Davoust] avait fait k de misérables Cosaques l'honneur de se retirer devant eux, pas à pas et par bataillons carrés, comme s'ils eussent été des mamelouks, id. ib. u, 9. |l 27° Fig. Être reporté en arrière, se concentrer, en parlant de choses. Le voici ; vers mon cœur tout mon sang se retire ; J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire, rac. Phèdre, ii, 5. Toute ma temlresse s'est retirée sur toi, ma chère nièce, Diderot, Père de famille, m, 4. Comme un reste de vie se retire vers le coeur, k mesure que la mort s'empare des extrémités, SÉGUB, Hist. de Nap. ix, 6. || 28° Se raccourcir, se raccornir. Le parchemin se retire au feii. J'étais auprès de son lit [de Madame mourante]; elle mp dit : Madame de la Fayette, mon nez s'est déjà retiré; je ne lui répondis qu'avec des larmes; car ce qu'elle me 'lisait était véritable, la fay. Hist. d'Henr. d'Anglet. Les grosses dents lui percèrent [au duc du Maine], en lui causant des convulsions si terribles, qu'une de ses jambes se retira beaucoup plus que l'autre. M"" uecaylus. Souvenirs, p. 78, dans POUGENS. || Avec suppression du pronom personnel. On a dit que l'application d'un fer chaud aurait fait retirer en tout sens chaque feuille de vélin, daunou, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. IV, p. 523. Il 29" Rentrer dans le lit, en parlant d'eaux débordées. 11 est très-vrai que d'anciens ports sont comblés, que la mer s'est retirée de Rosette, de Ravenne, d'Aigues-Mortes, volt. Singul. nat. xi. || La mer se retire , la marée descend. Il 30° Être retiré. Une parole donnée ne doit point se retirer.

— HIST. xv° s. Il ne se retira point plus loing [qu'Arras], et puis tira vers la rivière de Somme, comm. m, i. Il xvi's. Or' que tout dedans moy je me suis retiré, desportes, Œuvres chrest. xvm, Prière. J'ai tousjours aimé la vie retirée, le repos et l'estude, amtot, JVuma, ». Quand les ambassadeurs se furent retirez, !d. ib. 10 Que chascun advisasl de retirer

quelque part en lieu de seureté sa femme, ses enfans el ses esclaves, id. Thém. 4 8. Taschans à retirer leurs hommes de la marine, et les accoustumer à vivre sans hanter la mer, id. «6. 38. Et y avoit des sergens tenans des basions en leurs mains, pour faire retirer la presse, id. P. jEm. 55. Gisco à son arrivée retira à sa soude quelque nombre de soudards grecs, lo. Timol. 4i. Pour un petit d'argent que j'en pourrois retirer en les vendant.... iD. Colon, 4 1. L'orage retiré, Chacun joye demeine, mabot, IV, 3)9. Ayant retiré [obtenu] cette promesse, mont. 1, 47. Son eniiemy s'en estoit fuy et retiré ' au Pa!s bas, id. i, 30. Dernièrement que je me retiray chez moi, id. i, ï2. Nostre vie retire [ressemble] à la grande el populeuse assemblée des jeux olympiques, id. i, i74. Luy conseillant de se retirer de cette ambition du monde à quelque vie solitaire, id. i, 354. Dieu l'ayant retiré à soy bientost aprez.... id. i, 252. Le train d'uu seigneur retiré et casanier, id. i, 333. Si le pécheur se retire de son iniquité, calv. Inst. 5H. Pour attaquer Oatazene à ce qu'il n'y eusl plus personne qui relirast [abritât, donnât retraite à] ses ennemis, d'adb. Hist. i, 36. Le roi de Fiance retirera toutes ses forces de toutes les villes et chasteaux qu'il tient en Toscane, id. ib. i, 46. Une villette retirée d'un .quart de lieue dans la mer,iD. ib. I, 486. Donc [messieurs] ayde? i ce pauvre innocent, retirez à vous ce pénitent, afin.... m. du bell. 34». Il fait boc gagner quelque chose-, cette année

que tout est si retiré [cher]. Moyen de parv. p. 2lt4, dans lacurne. Qui ne reMre de sa vache que li queue ne perd pas tout, cotgrave.

— ËTVM. Re..., et tirer; provenç. et espagn. retirar; ital. rilirare. Re.... ^giiifie ici UniAt de nouveau, et tantôt en arrière.

t RETIRONS (re-ti-ron), t. m. pi. Laine oui reste dans le peigne aijrés le premier peignage.

— RTVM. Retirer.

t HETIROTE (re-ti-ro-f), i. f. S'est dit, en plaisantant, delà retraite forcée d'un corps de troupes, d'un générai. On dit que l'on ne part plus [pour aller dégager M. de Luxembourg], et que l'armée de M. de Monterey a fait la retirote; voilà le même mot que dit avant-hier Sa Majesté, sÉv. 8 janvier (674.

— ÉTYM. Retirer. Au xvi° siècle, on adit retirade. [ RETIRORE (re-ti-ru-r'), ». f. Creux qui se

forme dans une pièce d'étain jetée en moule.

— ÉTYM. Retirer.

t RETISSER (le-ti-sé), t). o. Tisser de nouveau.

— HIST. xvi' s. Rctisser, cotgrave.

t RÉTIVETÉ (ré-ti-ve-té) , ou RÊTIVITË (ré-tivi-té), s. f. ||1° Défaut consistant à être rétif, en parlant d'un cheval L'expérience a obligé l'adininistration de la guerre à stipuler danstous les achats la garantie pour cas de méchanceté ou de rétivité, BAYLE-MouiLLABD, Projet de Code rural, sess. 4 88» du corps législatif, p. loo. || 2° Humeur rétive.

— HIST. xiir s. Se il n'a fait chose par quoi elle [la bêle] ait ceste restiveté, Ass. de Jérus. i , 4 84. Il xvi° s. Aux chevaux restifs, il ne laut que leur pendre un chat à leur queue.... et perdront la restiveté, DESPEK. Contes, lzviii.

— ETYM. Rétif.

t RÉTOILE (ré-toi-r), s. f. Nom que les pêcheurs français donnent à la baleine franche, par corruption du nom anglais righlwhale (baleine francbe).

t RÊTOIRE (ré-toi-i') , s. m. Nom que les vétérinaires donnent vulgairement aux caustiques potenliels.

— ÉTYM. Est-ce une forme analogue au bourguignon rotJore, ratière, par une comparaison de la ratière au caustique qui prend, saisit comme elleT

RETOMBÉ, ÉE (re-lon-bé, bée), port, passé de retomber. || 1° Oui a fait une seconde chute. || Fig. Prince, vous savez mal combien charme un courage Le plus frivole espoir de reprendre un volage. De le voir, malgré lui dans nos fers retombé. Échapper à l'objet qui nous l'a dérobé, cohn. la Toison d'or, II, 5. Les voilà retombés en main sûre et chrétienne [les princes de Conli et de la hoche-sur-Yon, dont leur mère léguait l'éducation à Mme de Longueville], SÉV. 5 fév. 1872. Eh bien, maman, nous voilà donc retombés dans les contes de féesT genlis, Yeill. du chdt. l. u, p. 22, dans pougens. || 2° Tombé après s'être élevé. Un petil parvenu retombé n'inspire pas une grande considération, j. j. bouss. Em. V. Il 3° Redevenu malade. Mes divins anges, je suis un peu retombé; mais Tronchin dit toujours que je me relèverai, volt. Lett. d'Argental, 4 9 mai 4 762. Il i'S.m. Terme de danse. Un retombé, chute du corps par son propre poids, après qu'on s'est élevé de terre.

RETOMBÉE (re-ton-bée), t. f. || 1° Terme d'architecture. Portion d'une voûte ou d'une arcade qu'on peut poser sans cintre. || 2° Dans l'impression de la musique, manœuvre par laquelle les notes tombent exactement dans la portée. Il y a eu une grande difficulté à vaincre : la retombée exacte des notes sur la ligne ou entre les lignes, selon que les notes doivent être placées, camus, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 302.

ÊTYM. Retombé.

RETOMBER (re-ton-bé), t). n. || !• Tomber de nouveau. Un enfant qui, commençant à marcher, tombe et retombe. Et soudain Tous les pieds des chevaux qu'un même ordre rassemble Vont tombant, remontant et retombant ensemble. Et, d'un essor égal battant le champ poudreux. D'un tourbillon de sable obscurcissent les cieia, delil. En. viii. || 2° Tomber après s'être élevé. La balle est retombéeen cet endroit. Une des choses qui m'effrayaient le plus était que, lorsque j'étais bien haut [élant berné] el que je regardais en bas, la couverture me paraissait si petite, qu'il me semblait impossible que je retombasse dedans, voit. Lett. 9. Ce sont de gros nuages qai flottent en l'air, où ils sont des corps étrangers, jusqu'à ce qu'ils retombent en pluies, fonten. Mond. 3* soir. La paix te suit, les flots séditieux, Quand tu parais, retombent et s'apaisent. L'aquilon fuit, les tonnerres se taisent, malfil. Nare. i. Ricard et ses quinze cents soldats étaient en tète; Ney les lance contre l'ennemi ; celte division plonge ave«

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la route dans le ravin, en ressort avec plie, et j retcimbe écrasée par la première ligne russe, stooR, Hist. de ffnp. x, 8. Ainsi parfois, quand l'âme est triste, nos pensées S'envolent un moment sur leurs ailes blessées. Puis retombent sou'lain, v. nuGo, Rayons et ombres, 34. || Fiy Retomber dans l'oubli, eue oublié de nouveau. Et tous ce» demi-dieux que l'Europe en délire A depuis cent hivers l'indulgence de lire Vont dans un juste oubli retomber désormais,GiLB. leJFW'î. Il 8» Tomber après avoir Tait un mouvement pour se dresser. Elle 6t un mouvement pour se lever, et retomba dans son fauteuil, CENLis, Ad. et Th. t. m, p. j4», dans pougkns. Il 4° Il se dit de draperies, de cheveux qui pendent. Le mausolée, jusque près de la voûte, est couvert d'un dais en manière de pavillon encore plus haut, dont les quatre coins retombent en guise de tentes, SÈV. 10 mars 1687. Ses longs cheveu.x, retombant sur son visage, en cachaient une partie, GENtis, VeiU. du chdt. t. II, p. 270, <lans pougens. || 5° Être attaqué de nouveau d'une maladie dont on se croyait guéri. Une véritable crainte de retomber dans mon rhumaiisme, SÉV. 307. KUe [Mme de Grignan] est retombée dans ces incommodités qui me paraissent très-considérables, parce ((u'elles sont intérieures, 10. à Guilaul, 5 avr. i680. Après de grandes maladies causées par de grands travaux, on voyait revivre cet ardent désir de reprendre ses exercices ordinaires, au risque de retomber dans les mêmes maux, boss. te Tellier. || On dil dans le même sens : retomber malade. Elle frémissait en songeant que la nécessité le contraindrait à travailler, au risque de retomber malade, geniis, VeiU. du chdt. t. I, p. 120, dans pougens. {| On a dit aussi : retomber à. Vous retomberez dans un moment à la douleur dont vous sortez, qui est tout ce que nous avons au monde à éviter, sÉv. 2 févr. 1680. || Absolument. On dit que le président Hénault est fort malade; il semble qu'il retombe bien souvent ; cela fait peine, volt. Lett. d'Argental , 30 juill. i76;i. Il 6° Tomber de nouveau en de mauvaises situations. 11 est retombé dans la misère. Cet État est retomné dans la barbarie. Après la mort de Colbert, les affaires retombèrent dans le chaos, J'où son ap plication et ses talents les avaient fait sortir, raynal, Hist. phil. IV, (7. Il 7» Éprouver une seconde chute, en des choses morales. Ceux qui retombent toujours dans les mêmes crimes, pasc. Prov. xvi. Mentor vit bien que Télémaque allait retomber dans toutes ses faiblesses, fen. Tél. vu. Elles n'auraient évité une idolâtrie que pour retomber dans une autre plus condamnable , mass. Àvent, Divin, de J. C. Quand ils furent une fois retombés dans leurs murmures, id. Carême, Rechute. Si l'on sortit de l'ignorance, ce fut pour y retomber, iionthsq. Esp. xxi, 8. || On dit : retomber de. De là vient qu'autrefois ceux qui avaient été régénérés par le baptême, et qui avaient quitté les vices du monde pour entrer dans la piété de l'Église, retombaient si rarement de l'Église dans le monde, PA.SC. Covlparaison des chrétiens. || Retomber à, avec un infinitif, commettre de nouveau la faute de. Quand il [le jeune Grignan] retombe quelquefois ou à être distrait, ou à faire des questions mal tilacées, s&v. 22 déc. 1688. Vous retombez toujours à confondre le prix infini du Verbe avec le prix borné que l'ouvrage de Dieu a en lui-même, pBn. t. m, p. 169. 1) Absolument. Cent fois en moins d'un jour je guéris et retombe, corn. Pulch. ii, t. Elle éprouva que Jésus-Christ n'a pas dit en vain : l'état de l'homme qui retombe devient pire que le premier, BOss. Anne de Gons. Voulez-vous donc ne plus retomber, mes frères? mass. Mystères, Résurrection. Il Commettre la même méprise. J'ai tort, mais tu lui ressembles si fort.... Eh ! Monsieur, pardon, je retombe toujours, ui^Riv. l'Épreuve , se. 42. Il 8° Se rejeter sur pour attaquer. Bajazet, laissant derrière lui Constantinople, comme une proie sur laquelle il devait retomber, s'avance au milieu de la Hongrie, volt ifœurs, .82. jj 9* Retomber sur quelqu'un, recourir de nouveau à lui. Tout d'un coup, après avoir voulu le ménager, je retombe sur lui, et lui fais plus de mal que tous les autres; c'est un ami inépuisable, sÉv. 23o. Il 10' S'en prendre à, attribuer à. J'ai entendu louer jusqu'aux nues les charmes qu'on trouve dans votre amitié, et retomber sur le peu de mérite qui fait qu'on n'a pu conserver un tel bonheur, sÉv. à Mme de Grignan, 22 sept. t6»o. || 11' Retomber sur soimême, sur sa conscience, être mis en présence de «e qu'on ressent, de ce qu'on éprouve. Quand même ... il ne devrait y avoir qu'un seul pécheur de cette assemblée du côté des réprouvés ....qui

de nous ne retomberait d'abord sur sa conscience, 1 pour examiner si ses crimes n'ont pas mérité ce châtiment? MASS. Carême, Pet. nomb. des élus. Il est tant de moments oii nous nous sommes à charge à nous-mêmes; ....où nous avons besoin de diversions et d'amusements qui nous détournent de la vue intérieure et humiliante de nos propres défauts, et nous empêchent de retomber sur nous-mêmes, IB. Carême, Dang. des prospér. temp. Alors cette âme affaissée retombe douloureusement sur ellemême, et ne voit plus que le désert qui l'environne, et le dessèchement qui la flétrit, o'alemb. Tomb. l'Espin. Il Retomber sur le cœur, se dit de quelque chose de douloureux qui revient nous affliger. Malheureux I lui rendant tout â coup sa douleur. L'affreuse vérité retombait sur son cœur, dblil. /maj'. ch. II. Il 12" Retomber dans, se confondre avec. Par quelle l'atalilé le système de Malebranche paraît-il retomber dans celui de Spinoza T volt. Poèmes, Systèmes, notes. Le malheur de presque toutes les pièces dans lesquelles une amante est trahie, c'est qu'elles retombent toutes dans la situation d'Ariane, lu. Zulime , lett. \\ 13" Tomber de nouveau sous l'autorité d'autrui. Ainsi ce fugitir retombe dans sa chaîne. Et vous pouvez, seigneur, ordonner de sa peine, cobn. Perth. v, 4. Le peuple, eu abaissant les patriciens, ne dut point craindre de retomber dans les mains des rois, montesq. Esp. ïl, 13. Il 14° Il se dit de quelque mal, de quelque dommage, de quelque charge, de quelque blâme, etc. Vous ferez retomber la perfidie du coupable sur sa tête, et vous vengerez le juste , SACi, Bible, Paralip. ii, vi, 23. Il vous semble qu'il n'y a qu'à dire des injures aux personnes, sans penser sur qui elles retombent, pasc. Prov. XII. Votre dessein était de faire retomber un jour cette condamnation indéterminée [ de JauséniusJ sur la doctrine de la grâce efficace, in. Prov. xviii. Dût tout cet appareil retomber sur ma tête, Il faut parler, rac. Iph. m, 6. Vos censures insecsées retombent sur vous-mêmes, mass. Carême, Mélange. Deux malheureux que la reine Arsinoé a subornés pour l'accuser faussement elle-même, et pour faire retomber la calomnie sur Nicomède, volt. Comm. Corn. Hem. Nicom. m, 4. Et sûrement le roi trouvera fort bon que les dépens du procès [de Sirven] retombent sur lai, ID. Lett. d'Argental, 29 nov. 1769. Le mal que l'homme fait, retombe sur lui, sans rien changer au système du monde , j. j. Rouss. Ém. IV. Il Le sang qu'il a versé retombera .sur sa tête, il sera puni du meurtre qu'il a commis. Et le sang de Laïus est retombé sur nous, volt. Œdipe, ii, ï. {| Par imprécation. Puisse leur sang retomber sur lui, sur sa tête I Que mon sang retombe sur vous ! || 18° Retomber, en un sens contraire, se dit de choses favorables. Ce malheur semble moindre, et moins rudes ses coups. Voyant que tout l'honneur en retombe sur nous, CORN. Hor. V, 3. Heureux, si.... Elle [votre faveur) pouvait sur moi, madame, retomber, mol. Mis. iv, I. On dit des merveilles de notre bon pape, et cela retombe en louanges sur le cardinal de Retz, sÉv. 30 ôct. 1676. Il Proverbe. Qui crache contre le ciel, il lui retombe sur le visage, il ne faut pas se prendre au ciel des malheurs qui nous arrivent. ,1 II se conjugue avec être, pour marquer l'état; et avec avoir, pour marquer l'action : En se relevant il a retombé.

— HIST. XVI* s. 0 Seigneur, à qui je m'adresse, Ne souffre, helasi que ma jeunesse Retombe plus en ceste erreur, desportes. Œuvres clirest. xviii, Ode. Elles retumboient en leurs premières maladies, AMYOT, Lucull. 14. Nous aurions double coi^lpe, si ayans connu les erreurs précédons, nolis y retotr bions, lanoue, 4 h. Plusieurs, voulans s'eslever tr ip haut, sont retombez en bas, ainsi i|ue fit Icarus, iD. 462. Nous retumbons tousjours de fiebvre en chauld mal, mont, i, i8;i.

— ÊTYM. Wallon, ritoumé ; bourg, retumbé; provenç. retombar ; espagn. et portug. retumbar. On trouve, au xiii* siècle, retombir, avec le sens de retentir: Une liue environ la terre en retombi, Ch. d'Ant. vni, t05). Ce retombir, s'il est correct, n'a rien de commun avec retomber.

t RETOMBET (rc-ton-bè) , s. m. Gros retombel, un des noms vulgaires du paiserina tartonraira, daphnacées

I RETONDEUR (re-ton-deur) , ». m. || 1° Ouvrier qui retond. || 2° Nom donné sous Charles VII à des bandes de soldats qui, chargées de purger le pays de brigands, retondaient, comme dit 01. de la Marche {Mém. liv. I, p. iBJ), et happaient toui ce que les premiers avaient failli de happer.

RBTO^œSB (re-ton-dr') , v. a. H se conjugue comme tondre. || 1* Tondre de nouveau. Le pcil de ce drap est encore trop long, il faut le rftondre. Il %' terme d'architecture. Retrancher les ornements de mauvais goût. || Retrancher, recouper de» ornements pour rendre les arêtes plus vives. || Parfaire la surface d'un édifice, repasser sur le travail avec des fers dits <â retondre, abattre ou retrancher les saillies. |{ Couper le parement d'une pierre pour le dresser ou pour Faire disparaître une épaufrure.

— HIST. IV' s. Je retondray le superflu, chastil. Eloge de Charles le Hardi.

— Rtym. Re..., et tondre; pmvenç. retondre. RETONDU, DE (reton-du, due), part, paiti de

retondre.

t RETONNER (re-to-né), v. n. Tonner de nouveau.

— HIST. ivi" s Refont mourir Didon par les

vers de Virgile. ... ou de fredons plus hauts De Guineet de Calais retonnenl les assauts, rors. 8«7

t RETORCUEB (re-tor-cbé), v. a. Torcher de nouveau.

— HIST. xv s. Il en eut grant despit, et en commença à retorcher [essuyer] ses yeui, Percefrirest, t. IV, f* 16.

t RETORDAGE (re-lor-da-j'), s. m Synonyme de relordement

RETORDEMENT (re-tor-de-man), $. m. Terme île manufacture. Action de retordre ; résultat de cette action; il se ditsurtout en parlant des soies. Et seront lesditcs soies.... filées de deux points de retordement, Stat.des march. de draps d'or, 9 juill. t««7, art. 7o.

— ÊTYM. Rc(ordre.

t RETORDERIE (re-tor de-rie), X. f. Lieu où l'on pratiqv^ le retordement

t RKTORDEUR (re-tor-deur), ». m. Ouvrier qui retord les fils.

— HIST. XVI* s. 6* rang, qui sont les petits mestiers: poupetier retordeur de laine, fil et soye, rentrayeur, Edit avril (597. ^

fRETORDOIR (re-tor-doir), ». m. Machine qui sert à retordre les matières filamenteuses.

RETORDRE (re-tor-d'), v. a. Il se conjugue comme tordre. {{ 1" Tordre de nouveau. Tordre et retordre du linge mouillé. || 2° En parlant du fil ou de la ficelle, tordre deux ou trois brins ensemble.

Retordre des fils de chanvre, de soie Alizon qui

retordant du fil.... Régnier , Sat. i. {| Fig. Du fil à retordre, voy. fil, n* l.

— HIST. XVI* s. Je [ClothoJ retors la plus belle vie Qu'onques retordirent mes dois, aoNS. 3t». En cent façons retordent leurs cheveux, id. 624.

— ETYM. Re..., et tordre; wallon, rt'itoid. RETORDU, CE (re-tor-du, due), part, paise de

retordre. Du lil letordu. De la soie retordue.

t RÉTORQUABLE (ré-tor-ka-bl'), adj. Susceptible d'être rétorqué.

— HIST. XVI* s. Retorquable, cotgrave.

RÉTORQUÉ, ÉE (ré-tor-ké, kée), part, possède

rétorquer. Les raisons qu'il alléguait, rétorquées aussitôt contre lui.

RÉTORQUER (ré-tor-ké), je rétorquais, nous rétorquions, vous rétorquiez ; que je rétorque, que nous rétorquions, qu'ils rétorquent, ». a. || 1° Tourner contre son adversaire les raisons, les arguments dont il s'est servi. De sorte que tous les jours on réU rque contre lui [Balzac] ce même vers <{ue Mainard a fait autrefois k sa louange : II n'est point de mortel qui parle comme lui, boil. Longin, Subi, léfl. 7. Il 2° Se rétorquer, t). réfl. Être rétorqué. jObjections] qui se rétorquaient par d'autres objections non moins fortes dans le système opposé, i. l. Hooss. 3* prom. Ce qu'on a dit contre les angus de Milton peut se rétorquer contre les dieux d'Homère, chateaub. Génie, ii, iv, 4.

— HIST. ziv* s. Et retorquoit chascuns la besongna en soy meïsmes, bercheure, f" 27. || xvi* s. La malignité de ceux qui contre luy rétorquent la propre coulpe dont ils se voient attains, m. du pell. «97.

— ÊTYM. Lat. retorquere, der«, et torquere, tordre. Rétorquer est la forme latine du verbe dont la forme française est retordre.

RETORS, ORSE (re-tor, tor-s'), adj. || 1* Qui a été retordu. Au côté du midi il y avait des rideaux de fin lin retors dans l'espace de cent coudées, SACi, Hible, Exode, xxxviii, 9. La partie de la soie la plus voisine du ver ne peut se démêler; mais ce qui est retors est de lOS pieds, pén. t. xix, p. 470. || Kig. Sens retors, signification alambiquée, recberché> . Là, point d'épithëte en rime, De pointe, de sens retors Ne vient former les accords De ce sec et dur i sublime Pour qui Rot fait tant d'efforts, cuauubu, I Corrup. du style. 1| Terme de pêthe. Se dit des fils ' oui sont simolemenl roulés les uns sur les autres.

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Il s. m. Lt retors, le second tors donn* au fll.

ijl» Qui fst tordu en forme de crochet Mais le

peuple vautour Au bec retors, i la tranchante serre, LA FONT. Fabl. vu. 8. Il Fig. Le maraud [la Baumelle] a quelquefois le bec retors et la griffe trancliante, volt. Lell. d'Argenlal, i» oct. (768. |i 3" Fig- Un homme retors, un homme fin, artificieux, par comparaison au fil qui a été retordu. La première chose que je fis hier en arrivant [à la Haye] fut d'aller chez le plus retors et le plus hardi libraire du pays, vuLT. LeU. au roi de Pr. 20 juiU. (74». ||Siilistantivement. Un vieux retors, tel que Clénard, la HARPE, Cours de Utt. t. xiii, p. 4(7, dans pougens.

— MIST. xiii' s. Fil retuers, Liv. des met. 90. Pour ce que la soye n'est pas filée ne retorse, ib. 385. Prendre un fil ritors, et loier [lier].... ale- BRANT, C 29. Il XIV s. Ele [avarice] a cousu d'un fil retori Tous les cuers [cœurs] où ele s'est prise, j. DE coNDÉ, l. ni, p. (68. Il ivi* S. 0 beaux cheveux, d'argent mignonnement retorsl dd bellav, VI, 25, verso

— ÊTYM. Retori est le participe régulier et ancien de retordre.

t RÉTORSIF , IVE (ré-tor-sif, si-v'), adj. Terme de dialectique. Qui consiste à rétorquer; qui renferme une rétorsion. Ceci sert déjà de réponse à l'objection rctorsive que j'ai prévenue, J. J. Roass. Lelt. de la Montagne, 3.

— ÉTYM. Voy. RÉTORSION.

RÉTORSION (ré-tor-sion ■. en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Terme de dialectique. Action de rétorquer. La rétorsion que j'ai prétendu qui se peut faire contre M. Cudworth, baïlk, Lett. à Des Uaileaiix, (6 oct. (705. Les objections graves et sérieuses, les rétorsions et les arguments ad homi nem, Anal, de Bayle, t. m, p. 2(5. I! faut surtout, dans le dilemme, dans les autres raisonnements, se mettre à l'abri de la rétorsion, dumars. Œuv. t. v, p. 379. Il 2° Sorte de représaille qui consiste à établir, à l'égard des étrangers résidant chez nous, ou ayant des rapports avec nous, la même législation qîie le gouvernement de ces mêmes étrangers établit dans son pays à l'égard de nos nationaux.

— ÊTYM. Lat. retortum, un des supins de retorquere, rétorquer.

RETORTE (re-tor-t'), s. f. Synonyme vieilli de cornue. L'huile qui passe est en si petite quantité, qu'elle se dessèche dans le col de la retorte, Proust, Inst. Mém. phys. et math. Sav. étrang. t. I, p. («7.

— mST. xvr s. Toutes les huiles des gommes ^nt tirées par un vaisseau appelé retorte, et cornemuse des François, à la semblance de laquelle est faite la retorte, paré, xxvi, (4.

— ÈTYM. Lat. retortus, part, passif de retorquere, retordre.

1 RETORTILLER (re-tor-ti-llé. Il mouillées). Il 1* V. a. Tortiller de nouveau || Retortiller la gourmette, raccourcir. || 4° V. n. Revenir souvent sur un même sujet. Je ine doutais bien, ma bonne, que nous étions ridicules de tant retortiller sur -ce livre (du carrousel], sév. (7 juin (685.

— HIST. xvi* s. Colique qui se fait par les vers qui s'entortillent dedans le boyau colon, qu'ils occupent ensemble, retortillent et replieut le boyau, PABB, XV, 66 bis.

t RETORTDRER (re-tor-tu-ré), e. o. Torturer de nouveau.

— HiST. xvi" s. Que l'on ne debvoit reterlurer ung homme sur une information prinse après sa prinse, bonivabd, Chron. de Gen. m, (7.

RETOOCHE (re-tou-ch"), s. f. |J 1" Terme de peinture. Partie repeinte d'un tableau. Un mauvais portrait très-informe qui aurait grand besoin d'être retouché ; mais la retouche devient presque impraticable, GRIUM, Corretp. t. I, p. 93. Il J« Terme de gravure. Reprise au burin des tailles i demi usées. RETOCCITÉ, ÉE (re-tou-ché, chée), port, passé de reloucher. Corrigé par de nouvelles touches. Endroit retouché dans une pièce de vers. Tableau retouché

RETOUCHER (re-tou-ché) , v. n. || 1* Toucher de nouveau. Ne touchez plus à cela; si vous y retouchez, vous aurez affaire à moi. Un revenu qui étant une fois dlmé, on ne peut plus y reloucher, vaub. Dime, p. 235. Il Kig. Au lieu de retoucher à ces funestes armes [de parler de la bataille de Phar.iale], Laissons pénr la plainte et dévorons nos larmes, BHÉBKUF, Phars. vu. I) Il s'emploie aussi activement. Et j°ai souffieté, moi, son faquin de valet ... Je pourrai bien encor lui retoucher la face, scarr. Jodelet duell. Il, 4. Elle ajouta une chose dont je sentis la justesse, et qui me fil rsDonoer à retoucher jamais la même corde, ). j. rooss. Conf. xi. || 3* Rendre

mieux fait, en taillant. Pendant qu'elle parlait , j'essuyais la pliîmeque j'avais taillée; elle n'allait pas à ma fantaisie, et j'y retouchais pour allonger un entretien qui m'amusait beaucoup, mariv. /'oyi. parv. part. 3. || 8" Corriger par de nouvelles touches. L'empereur faisait retoucher à son livre, Boss. Vor. viii. Elle [l'Église] n'a jamais retouché à ses décisions, jamais délibéré de nouveau sur des matières une fois résolues, m. Var. xv, (24. J'ai déjà retouché i tout cela, mais je ne veux point l'achever que je n'aie reçu vos remarques, BOIL. iett. à Racine, 6 juin (893. || 4" V. a. Terme de peinture. Revenir sur un tableau, le corriger, y faire des changements. L'ouvrage est rapporté dans l'atelier de l'artiste, et le jour pris pour le retoucher, DiDER. Salon de (767, Œuk. t. xiv, p. 38, dans POUGENS. Il Terme de gravure. Retoucher une planche, repasser le burin sur une planche gravée qui commence à être usée. || Use dit, dans le même sens, des œuvres littéraires ou autres. Je voudrais que quelqu'un se voulût divertir à retoucher le Cid, ou les Horaces, avec autant de retenue pour ma conduite et pour mes pensées que j'en ai eu pour celles de M. Mairet, cohn. Sophonisbe, Examen. Tous les jours, malgré moi , cloué sur' une page. Retouchant un endroit, effaçant un passage, boil. Sat. II. Je trouve qu'il est fort indigne du prêtre qu'il passe sa vie dans son cabinet à arrondir des périodes, à retoucher des portraits, fên. t. xxi, p. 104. Platon, à l'âge de quatre-vingts ans, retouchait encore sesdialogues, d'olivet, Pros. franc, v, 2. C'était à moi qu'il avait recours pour retoucher un peu son style, MABMONTEL, i/iTO. v. || Absolument. 11 faut avec un soin extrême Corriger, expier sa facilité même. Retoucher en un mot, collin d'harlev. Artistes, I, 3. Il B° Revenir sur. On [le fils de Mme de Sévigné] a retouché toutes les affalires, et partages, et comptes de tutelle, tout cela sans aigreur, mais avec désir de savoir le fond de notre conduite, sév. Mercr. des cendres, (6«0. M. Jurieu voudrait faire entendre que ce sont ici des choses rebattues qu'il ne faudrait plus retoucher, boss. 5* avert. 34.

— HIST. XVI' S. Enfin tout ce long discours n'aboutit à rien, et le monarque, se trouvant mieux le lendemain, ne voulut plus qu'on retouchast cette matière, d'aub. Vie, Cl.

t RETOnPER (re-tou-pé), t). a. Reprendre un ouvrage de poterie qui a été manqué.

RETOUR (re-toiir), s. m. || 1" Tour contraire, tour multiplié. || 8* Action du cerf qui revient sur les mêmes voies. || 8° Action de revenir, de retourn<T. Il 4° Arrivée au lieu d'où l'on était parti. Il 5° Retour de chasse. Retour de noces. || 6° Il se dit d'exilés qui rentrent dans leur pairie. || 7° Réimportation de marchandi.ses iiivei.dues. || 8° En termes de banque, com;.te de retour. || 9' Au trictrac, jan de retour. || 10" Encoignure, angle formé par un bâliment en saillie. || 11° Choc en retour. || 18° Ficelle qui sert à hausser ou baisser les maillons de la chaîne du ruiianier. || 13° En marine, retour d'un cordage. || 14° En jurisprudence, droit en vertu duquel les ascendants succèdent aux immeubles qu'ils ont donnés à leurs descendants. || 15' Répétition. Il IS" Fig. Action de repasser d'une chose à une autre. Action de revenir. || 17° Il se dit des choses qui reviennent. || 18°,Rentrée dans les emplois. || 19" ftf-tour d'une &me à Dieu. || 20° Retour sur soi-même, sérieuse réftexicjn sur sa conduite. || 21° Réflexions, vue rétrospective. || 22° Changement, vicissitude des affaires ||23° Il se dit des maladies qui rétrogradent, qui tendent à guérison. || 24° Changement physique. Il 25° L'âge .le retour; retour de l'âge, il 26° Ce qu'on ajoute pour rendre un troc égal. || 27' Réciprocité de sentiments, de services, {j 28° Actes par lesquels on manifeste son désir de réconciliation, d'être en amitié || 29" Argument par lequel on rétorque. Il 80° Sans retour. {| 81° Proverbes.

1° Tour contraire, tour multiplié; en ce sens il ne se dit qu'au pluriel et joint d'ordinaire au mot

tour. Les tours et retours d'un labyrinthe C'est

ligne circulaire Kt courbe que ceci; je t'oulonne d'en faire Ligne droite et sans nuls retours, la PONT. Ch. imp. Cette importune [l'inquiétude] s'attache a vous jusque dans votre cabinet et dans votre Ut, où elle vous fait faire cent tours et retours, BOES. Sermons, Amour des plaisirs, 2. Il Fig. Après maint entretien , maints tours et maints retours, béonieb, Sat. x. || Terme militaire. Hetouis de la tiaiichée, coudes et obliquités que forment les lignes de la tranchée. Il 2° Terme de vénerie. Action du cerf qui revient sur les mêmes voies, pour dérouter les chiens. Il KIg. et par analogie. Ruse, artifice L'amour-pro-

pre abonde en retours. Ce sont \h les retours des co<|ueHes du temps, mol. Tart. i, (. || 8° Action de revenir, de retourner. Je songe k mon retour. S mon retour je le trouvai en chemin. Je pre.sse mon départ pour hâter mon retour, qlin. Proserp. I, 7. Il Retour de vêpres, action de se rendre chez soi, en sortant des vêpres. || Esprit de retour, voy. esprit, n° 23. Il Être sur son retour, être près de partir pour retourner. || Terme militaire. Retour offensif, se dit d'un corps de troupes qui, battant en retraite, s'arrête et attaque à son tour. Blûoher n'est sauvé que.... par un retour de ses escadrons qui ramènent les cuirassiers [français], chahbas, Waterloo, VIII. Il Terme de marine. Retour de la marée, mouvement de la mer qui , après avoir été entraînée par le reflux, est ramenée au rivage par le flux. || 4* Arrivée au lieu d'où l'on était parti. Le retour d'un courrier. Le retour de l'aurore. Le retour des hirondelles. Ma fille et moi nous allâmes nous promener à l'Arsenal.... je voulus au retour envoyer quenr Madame Robinet [sage-femme], sév. 5. Au retour de ce voyage fameux d'où vous [duchesse d'Orléan.s] aviez remporté tant de gloire et de si belles espérances, boss. Duch. d'Orl. De ton retour [de la paix] le laboureur charmé Ne craint plus désormais qu'une main étrangère Moissonne avec io temps le champ qu'il a semé, RAC. Idylle tur la paix. Mon retour va bientôt dissiper vos alarmes, 10. Brit. v, (. Hector; Vous ne me parlez point, monsieur, de votre amour. — Valère : Non. — Hector : Il m'en parlera peut-être à son retour, heonard, i« Joueur, m, I3. || Être de retour, être revenu. Je suis de retour dans un moment: que l'on ait bien soin du logis, et que tout aille comme il faut, mol. Har. forcé, (. Enfin me voilà de retour à la bonne ville, sÉv. (O avr. i876. Il Elliptiquement. De retour chez moi, je trouvai votre lettre. De retour dans la Hongrie, il [Louis de Hongrie] y acquit une vraie gloire , car il fut juste, V01.T. Mœurs, l(9. De retour à Madrid, je voulus essayer de nouveau mes talents littéraires, beao- MARCH. Barbier de Sév. i, 2. || Faire son retour, se dit d'un navire qui revient au lieu de son départ. Ses navires ont dû faire toujours leur retour dans une rarle anglaise, ravnal, Hist. phil. m, 34. I] 5° Retour de chasse, repas qu'on fait après la chasse. Le duc de Noailles donna à M. de Lorraine un grand retour de chasse au Val, st-sim. 48i, :i3(. Il Retour de noces, repas offert aux mariés dans les jours qui suivent les noces. Mme Lhery était allée faire le retour de noces de sa fille à la ferme de Pierre Blutty, g. sand, Valentine. \\ 6° Il se dit d'exilés, de bannis qui rentrent dans leur patrie. Plus de retour pour lui : l'esclave des Césars Ne doit rien posséder dans une république, volt. Trnicr. I, (. On a vu la démocratie abolie dans la ville de Thèbes, parla perte d'une bataille; dans celles d'IIéraclée, de Cumes et de Mégare, par le retour des principaux citoyens, que le peuple avait proscrits pour enrichir le trésor public de leurs dépouilles, babthél. Anach. ch. 82. || 7° Terme de douanes. Réimportation de marchandises invendues. Il Terme de commerce maritime. Les retours d'un navire, les marchandises qu'il a rapportées, en échange de celles qu'il avait portées, et les bénétices qui en résultent. Les retours ont été avantageux. Los Chinois gagnent 1000 pour cent sur le sucre et quelquefois autant sur les retours, montesq. Esp XX, 9. C'est avec ces retours qu'ils conserveront leur avantage dans la balance du commerce, RAYNAL, Hist. phil. XIV, 47. Il Vivres de retour, ceux qui restent dans un bâliment à la fin d'un voyage. |i Terme de pêche. Venir à retour, avoir f^it une mauvaise pèche. || 8° Terme de banque. Compte de retour, compte qui accompagne une retraite et qui comprend le principal de l'effet prolesté plus les frais. || Retour sans frais, indication qui se placé au bas d'un effet de commerce, pour éviter les poursuites en cas de non-payement. Il 9° Terme de jeu de trictrac. Jan de retour, voy. Jan. Il Par un jeu de mots entre jan et Jean. Plus d'un mari se nommait Pierre, Qui s'est trouvé Jean de retour, panard, Œuv. t. m, p. 3f>9, dans pougkns. Il 10" Terme d'architecture. Encoignure d'un bâliment, angle lormé par une partie de construction qui fait saillie en avant d'une autre. On y voit [au cap deSunium] un superbe temple consacré à Minerve, de marbre blanc, d'ordre dorique, entouré d'un péristyle, ayant, comme celui de Thésée auquel il ressemble par sa disposition générale, six colonnes de front et treize de retour, babthél. A nach. ch. 59. La cuisine sera à l'un des liouls du bâtiment dans quelque iiaviUon ou dans le re-

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tour en aile, mtis à portée de la s;ille k manger, CRNi.is, Matton rust. t. i, p. «», dans iougkns. Il Profil d'un entableœont, J'une corniche qui ressaule. Il Retour d'équcnc, retour à angle droit. Les eaux de la mor baignaient le pied du phare et d'une autre longue fabrinue adjacente, en retour d'équerre, qui s'enfuyait dans le lointain, mnp.H. Salon de <787, Œuv. t. xiv, p. 226, dans pougens. Il Kn retour, se dit, dans le langage général, de ce qui est disposé comme un retour d'équerre. Ce couvert [de M. de Guise dinant avec sa femme) se mettait en retour au bout de la table, st-sim. S5, (46, Il 11" Terme de physique. Choc en retour, se dit de l'effet de la foudre, qui part non du nuage électrique mais de la terre, l'électricité contraire s'y étant assez développée par l'influence du nuage électrique pour produire une décharge. || lï° Ficelle qui sert à hausser ou baisser les maillons de la chaîne dans un métier de rubanier. || 13° Terme de marine. Kslour d'un cordage, toute partie de ce cordage qui, en passant dans une poulie, a pris une nouvelle direction. || Poulie de retour, poulie- sur laquelle un cordage se replie pour revenir sur lui-même. !l Filer un cordage à retour, le faire passer sur un taquet, une bitte, etc. pour diminuer par le frottement l'effort nécessaire pour le retenir. \\ Contrecourant, reflux. Il 14° Terme de jurisprudence. Droit en vertu duquel les ascendants succèdent aux immeubles qu'ils ont donnés à leurs descendants, lorsque ceux-ci viennent à mourir sans enfants. Il Faire retour, revenir par droit de retour. La dot fait retour. Il Douaire sans retour, douaire stipulé payable à la femme, pour lui appartenir en toute propriété. || Retour conventionnel, la réversion qu'un donateur stipule à son profit, pour le cas de (irédécès du donataire. || Retour ou soulle de partage, ce qu'on ajoute au lot d'un des cohéritiers pour le rendre égal aux autres. L'inégalité des lots en nature se compense par un retour soit en rente, soit en argent, Code Nap. art. 833. || 15" Répétition. Le retour d'une modulation. Le retour des mêmes sons. Il Terme de jeux. Faire un retour, se dit à l'hombre pour indiquer que l'on joue une carte de la même couleur que la précédente. |1 16° Fig. Action de repasser d'une chose a une autre. Uu courroux à l'amour si le retour est doux, On repasse aisément de l'amour au courroux , cohn. Olhon, IV, 7. Il Action de revenir à. 11 [le troisième acte] est soutenu de la seule narration de la moit é du combat des trois frères, qui est coupée trèsheureusement pour laisser Horace le père dans la colère et le déplaisir, et lui donner ensuite un beau retour à la joie dans le quatrième, cohn. Uor. examen. Si tu daignes m'écouter, que d'amour, que de respects ne dois-tu pas attendre de celle qui te devra son retour à la vie? J. J. Rouss. Hél. i, 4. Il 17° Il 86 dit des choses qui reviennent. Le retour du printemps. Le retour d'un mal de dents. Mais si pour son pays Scévole a de l'amour, S'il veut y voir les biens et la paix de retour, du ryeh, Scévole, V, 'i. Et toi, que me veux-tu, Ridicule retour d'une sotte vertu ? corn. Rod. v, 1. Mme de Coulanges a des retour» de lièvre dont elle est fort chagrine, sÉv. 21 oct. (676. Triompher des inclinations perverses de la nature , des mauvaises dispositions du tempérament , des retours importuns de l'habitude, boubdal. Dim. ocl. du saint sacrement, Dominic. t. 11, p. 320. Calchas, par tous les Grecs consulté chaque jour. Leur a prédit des vents l'infaillible retour, rac. Iph. i, 3. Que nai-je point tenté'/... Tendresse, châtiment, retour de nies bontés.... volt. Oresle, a, B. Une opinion généralement reçue fait regarder la manie et la mélancolie comme peu sdsceplibles d'une guenson solide et comme sujettes sans cesse à des retouis, piNEL, Inslit. Uém, tcienc. <807, )" sem. p. i92. Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu,'i.AMART. ilédit. i'/lu(omne. Il Retour de jeunesse, ce qui ragaillardit une personne âgée, lui rappelle ses jeunes années. J'ai eu avant-hier un petit retour de jeunesse, genlis, Ad. et Th. t. m, p. 173, dans pougens. |{ Un retour de conscience, un remords de la conscience. 1118° Rentrée dans les emplois. Le retour des whigs au ministère. Son retour aux affaires. J'ai bien envie de savoir comme vous aurez trouvé le retour de M. de Pompone dans le ministère, SÊV. '.I août 1691. Il 19° Rétour d'une âme à Dieu, action d lin pécheur qui se convertit. Comment serai-jc avec DieuT ....la crainte, la nécessité feront-elles mon retour vers lui? sèv. ns. Dans le monde tous les retours sont pour Dieu, dans le couvent tous les retours sont pour le monde, UAiNriiNon, IMI à

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rahbé Cobelin, 2» Juillet «87e. Du cneur ingrat qui l'abandonne II (Dieu) attend le retour, rac. Esth m, ». Il Faire un retour & Dieu, vers Dieu, se convertir. ||iO° Retour sur soi-même, sérieuse réflexion sur sa conduite. Quels retours ne fit-elle point sur ellemême ! I.A f-AY. l'rine. Clrves , Œuv. t. 11, p. i2l , dans pocoENS. Un pécheur qui, durant ses désordres, n'aurait jamais eu de retour sur lui-même et sur son salut, mass. Carême, Impén. /in. Un retour équitable sur moi-même me fit faire d'utiles réflexions sur les calomnies dont j'étais l'objet, oen- Lis, Mères riv. t. in, p. 203, dans pougens. H Retour sur soi-même signifie aussi le sentimenl personnel qui nous approprie ce <|ui arrive aux autres. S'il voit battre un autre enfant, et s'il voit son sang couler, il crie, il pleure, il appelle au secours, sans aucun retour sur lui-même, volt. Dial. xxix, 6. Il Retour sur soi-même signifie encore satisfaction intérieure de soi. 11 y a des réflexions et des retours sur soi-même d'un orgueil grossier, comme celui du pharisien pour vanter ses oeuvres, Boss. ^I. d'oraii. V, ». |l 81° Réflexions, vue rétrospective. Que le moindre retour vers nos belles années Jette alors d'amertume en nos âmes gênées! corn. Pulch. 11, 1. Avec quelle barbarie ils [les gens de Bretagne] souhaitent que je passe le reste de ma vie aux Rochers, sans jamais faire aucun retour que l'on peut trouver quelque société plus délicieuse que celle de Mlle du Plessis! sÉv. 22 déc 1876. Il [saint Paul expliquant l'impression de la piété] se sent aller sans aucun retour d'araour-propre, BOSS. El. d'oroM. V, H. Il faut aller droit à Dieu, avec le moins de retour qu'il est possible; les considérations ne feraient que vous casser la tête, id. letl. Alb. i2t. L'amour a cela de commun avec les scrupules , qu'il s'aigrit par les réflexions et les retours que l'on fait pour s'en délivrer, la brut. iv. Ce n'est pas tant ce qu'il voit, que son retour sur ce qu'il a vu, qui détermine le jugement qu'il en porte, J. J. R01.SS. l'.m. IV. N'étant pas nistrait par ces cruels retours sur ma situation qui me forçaient de la cacher, iD. Con(. iv. || Regret. Ces irrésolutions et ces retours vers la vie qui font la peine de ceux qui meurent, et dont les plus désespérés ne sont pas exempts, la font. Psyché, 11, p. 109. L'amour, dans son transport, parle toujours ainsi ; Des re* tours imiiortuns évitons le souci; Rien n'use tant l'ardeur de ce nœud qui nous lie Que les fâcheux besoins des choses de la vie, mol. F. tav. v, 6. L'élévation de ses idées avait complètement banni de son imagination tous les retours secrets vers le monde et les vains plaisirs, gknlis , Mlle de Lafayette, p. 336, dans pougens. || 22° Changement, vicissitude des affaires. Mais, comme la fortune est souvent journalière, Il en faut redouter de funestes retours, corn. Toison d'or, i, 2. Ces éclatants retours que font les destinées, m. Attila, i, 2. Craignez [Romains].... que.... [le ciel] mettant dans nos mains par un juste retour Les armes dont se sert sa vengeance sévère, Il ne vous fasse en sa .colère Nos esclaves â votre tour, la font. FaU. xi, 7. Juste retour, monsieur, des choses d'ici-bas, Vous ne vouliez point croire, et l'on ne vous croit pas, MOL. Tari, v, 3. Depuis ce malheureux moment [un siège infruclueux], tout alla visiblement en décadence, et les affaires furent sans retour, boss. Reine d'AngUt. La bonne caused'abord suivie de bons suLcès, et depuis, des retours soudains, des changements inouïs. II), ib. Mais sa muse |de Ronsard].... Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, BoiL. Art p. 1. Les plus grandes prospérités ont toujours ici-bas des retours à craindre, mais. Pet. carême, Triomphe. On a vu plus d'un roi, par un triste retour, Vainqueur dans les combats, esclave dans sa cour, volt. Henr. lii. Vous [Elisabeth] fûtes malheureuse et prisonnière un jour : Craignez du sort tengeur le sévère retour, p. lkbrun, Utirie St. m, 4. Il 23° Il se dit des maladies qui rétrogradent, qui tendent â guèrison. La pneumonie est sur son retour. Cela [des accès de fièvre] est ordinaire aux retours des grandes maladies, sÊv. ai oct. (67*. Il Râle de retour, voy. rAlb. || 24" Changement physique. Par un retour que je n'atteiida;» pas, Atliénaïs devint Tirésias, malfil. Narcisse, m II Changement moral , changement de dispositions. Il no songeait plus qu'à Psyché ; Psyché devait faire son unique joie, résolutions d'un nouvel amour; les maris ont de ces retours, mais ils les font peu durer, la font. I^syché, 11, p. 202. le connais l'inconstance aux hommes ordinaire; J'attends, sans m'ébranler, les retours du vulgaire, volt. CtHil. y, 3. Il Jletour de l'opinion , change-

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ment dans l'opinion qui devient plus favorable à une [lersonne ou k une choie. || Familièrement. Avoir de fâcheux retours, être bizarre, quinteux. Il 15' L'âge de retour, période de la vie humaine oCt la vigueur commeoce i décroître et la vieillesse à approcher. || On dit de même : le retour de l'âge. Bien qu'elle ait de l'esprit, elle a suivi le ' mauvais exemple de celles qui, étant sur le retour de l'âge, veulent remplacer de quelque chose ce qu'elles voient qu'elles perdent, moi. Critique, ». Il Être sur le retour, sur son retour, commencer à déchoir, à vieillir. Ces chênes sont sur leur retour. Dans le déclin et sur le retour, la force commence

I manquer, Boss. Sermons, Ferveur de lapénit. ». Au commencement de la seconde guerre punique, on peut dire en quelque sorte que Carthage était sur le retour; sa jeunesse, sa fleur, sa vigueur étaient déjà flétries, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. 1 , p. 481, dans pouoKNS. Et vous voyant déjà, ma sœur, sur le retour. N'ayant, comme je crois, nul penchant pour l'amour, reouabd, Ménechm. i. 5. Guerrier dans sa jeunesse , philosophe sur son rétour, RiccoBONi, tkuvr. l. IV, p. 151, dans -POUGBNS.

II 28° Ce qu'on ajoute pour rendre un troc égal. Que me donnerez-vous de retour, en retour? Sera-ce trop s'il donne son mulet Pour le retour? la font. Troq. Et j'en ai refusé cent pistoles, crois-moi. Au retour d'un cheval acheté pour le roi , mol. l-dch. Il, 7. La greffière : Tu lui feras entendre, Lisette, que je lui donne plus que je ne lui dérobe. — Lisette : Vous devriez demander du retour, dancourt. Fêle de vill. II, e. Il Familièrement. Il semble qu'on lui doive du retour, se dit d'une personne qui reçoit froidement des civilités, ou qui montre peu de reconnaissance de services rendus. || 27° Fig. Réciprocité de sentiments , de services , etc. Je t'ai donné la vie et tu me rends ma gloire; Et, d'autant que l'honneur m'est plus cher que le jour, D'autant plus maintenant je te dois de retour, cobn. Cid, m, 8. N'aimer personne sincèrement, et, par un retour qui est infaillible , n'être aimé sincèrement de personne, BOURDAL. (2* dt'm. après la Pentec. Domin. t. m, p. 285. Sans espoir de retour Je nourrissais encore un malheureux amour, bac. Milhr. i , 2. ....Vous co'aimez, vous me le soutenez; Et cependant je pars, et vous me l'ordonnez.... Que me sert de ce cœur l'inutile retourt lo. Bérén. v, 5. 11 y a un commerce ou un retour de devoir du souverain à ses sujets, et de ceux-ci au souverain, la brut. x. Ils [les grands] aiment bien mieux du respect qui ne demande point de retour, montesq. Leit. pers. 120. Je ne te parle point du sceptre qu'il me donne; Non, la reconnaissance est un faible retour, Un tribut offensant, trop peu fait pour l'amour, volt. Zaïre, i, I. Bien plus, je vous réponds du plus tendre retour, langue, Coquette corr. 1, t. || Mettre à retour, obliger à payer de retour. En quoi que mon service orilige votre amour, Vos seuls remerclments me mettent à retour, cohn. la Veuve, v, 1. 1| 28° Actes par lesquels on manifeste son désir de réconciliation, d'être en amitié. Un mot d'amitié, un reiour, une douceur me ramène et ma fait tout oublier, sev. t. V, p. 620, édit. RiGMiER. Vous avlez eu sujet de me trouver bien innocente, en voyant le reiour de mon cœur pour vous, id. à Butsy, a« juill. «688. J'attendais en secret le retour, d'un parjure, bac Andr. iv, 5. Mais sitôt que l'amour s'envole, Il ne connaît plus de retour, j. b. bouss. Cantates. Circé. Soyons amis comme auparavant, même plus, s'il est possible ; c'est l'effet que doit produire un vrai retour entre honnêtes gens, j. 1. bouss. Lelt. à Panckoueke, 28 mai 17«&. || Il n'y a poiut de retour avec lui, c'est un homme avec qui il n'y a point de retour, »e dit d'un homme qui conserve sans fin ses rancunes, ses resseouments. L'offense est trop mortelle; I! n'est point de retour, et je romps avec elle, MOL. Mis IV, 2. Il 29° Argument par lequel on rétorque. Il y a quelquefois de ces retours qui sont justes, raisonnables, ingénieux. Logique de Port- Royal, III, (6. Il 30° Sans retour, loc. adv. X jamais, pour toujours. L'orgueil des Chaldéens.... est abattu sans retour, boss. Hist. u, 4. Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour, ID. Duch. d'Orl. Il n'a pu sortir de ce triste séjour [les enfers] , Et repasser les bords qu'on passe sans retour, bac Phèdre, u, 1 . Un exil sans retour, volt. Oreste, u, 4. || Sans retour, se dit aussi de passions violentes dont on ne le dépouille jamais. L'ainé avait nom Saint-Far brutal .sans retour, s'il yen eut jamais au monde, scahb Rom. corn, i, 13. Amant avec transport, mais Jaloux sans retour, kac. Milhr. i, 5. ||Sans retour, sans ré- D(ii> '-.i 's r le sujet dont on uarlo Jaus une lettre.

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Tout ceci entre nous, s'il vous plaît, et sans retour, SÉT. 24juill. (680. Il 81° Proverbes. Le retoursera pire, sera pis que matines, ou. Ironiquement, vaudramieux que matines, se dit d'une affaire peu heureuse qui ■en suivie d'une plus malheureuse. || On dit dans le sens opposé :1e retour vaut bien matines, vaut mieux que matines. || On est sage au retour des plaids, en revenant d'un procès on fait la résolution de ne plus plaider. || A beau jeu beau retour, se dit pour eiprimerjqu'on aura ou qu'on a eu sa revanche. Aussi bien, m'a-t-on dit, à. beau jeu beau retour, corn. la Veuve, ii, ♦.

— msT. XII* s. Et mi desconfort greignor, Dont je mourrai sang retor, Coud, i. [Je] Ne sai se jà [vous] verrez mais mon retor, l'b. xii. Forment en fu trublez li huem nostre seignur. Ses sumiers fist chargier en la puinte de jor, Rova [demanda] qu'il se mesissent erranmenl el retur, Th. le mari, h 7. {| xiii* s. Parole volent sans retour, BHON. LATiNi, Trésor, p. 354. Pire est cest mal que fièvre ague; N'est pas retor [guérison] quand on en sue, Blanchandin, Ms. de St-Germain, !" ( 80, dans lachrne. Si comme se li sergans conte si grans parties de despenses, que li sires li doit de retour à grant somme d'argent, beaum. ixix, 46. Pou douteiz la porfonde tour Dont li prison n'ont nul retour, Où par paresce descendeiz, bdteb. 62. Il xiv* 8. Afin que, pour l'ennui des choses présentes, le retour du premier estât leur venist en désir, BKECHEUBB, f" 62, «erso. ||xv' s. 11 ne l'a pas fait pour fort ne maison de paix, mais en a fait un fort et retour de larrons, pillars et meurtriers, FROiss. liv. IV, p. 68, dans laccrne. Quant on mènera deux bateauli accouplez ensemble.... se pour passer aucun pont.... il fault descoupler lesdits bateaulx et passer l'un après l'autre, les bateliers qui laboureront ou batel qui premier sera passé, iront aider & ceulx du dernier, et est ceste coutume appellée d'ancienneté retour, du cange, relomus. Une autre lingne qui faict retour depuis ladite arreste jusques à une bonne [borne].... Soutien, de la Flandre wallonne, juill. et août, p. «08. Considérez, Quand vous serez Tout seul un jour, Et confrontez En deux costez Peine et séjour; Puis àl'entour Faites maint tour, Calculant tant que vou? voudrez; Tousjours serez vous à retour [vous serez en reste, en perte] ; Que pour un bien que donne amour. Cent mille maux y trouverez, le Blason des faulces amours, p. 247, dans lacukne. || xvi* s. C'est une danse en laquelle il 7 a plusieurs tours et retours, k l'imitation des tournoyemens du Labyrinthe, AMYOT, Thésée, 26. Quand il fut de retour, il feit une procession, iD. il. 27. Non seulement il chassa les personnes des tyrans hors de Rome, mais aussi leur osta toute espérance de retour, id. Solon et Publ. 6. Je crains le retour et la continue de la guerre, id. Phoc. S2. Au retour trouva sa place saisie, MONT. I, 28. 11 se servit à cela d'un sien escuier, qui, au lieu de travailler & retours, la mena droit [la tranchée], d'aub. Hist. m, 134. Douaire en meubles retourne aux hoirs du mari après le décès de la femme, sinon qu"il soit accordé sans retour, LOTSEL, 4 48. Comme un lièvre, pressé d'une importune suite De chiens, par mainte ruze entrecoupe sa fuite Maintenant d'un destour, maintenant d'un retour. Pour tromper les chasseur» amusez à l'entour, BONS. 843. Lesquels vaisseaux font plusieurs retours et révolutions et replis, comme cajjreoles de vignes, paré, Jfviu, Préf. L'on dit qu'il n'y a rien tant à craindre que le retour de matines , c'est à dire que, quand un religieux porte quelque inimitié à un autre, il lui est lors plus aisé de le surprendre, pour l'obscurité de la nuit qui le garantit des tesmoins, PASQUiER, Recherches, \tii, p. 70), dans LACURNE. Styx, des morts l'éternel séjour. Qui n'est plus passable au retour, Sot. Mén. l'Asne ligueur.

— ÈTYM. Re..., et tour, s. m.; bourg, retor; prov. relom: espagn. relorno; ilal. riiomo.

t RETOUBNAGE (re-tour-na-j'), s. m. || 1° Action de faire retourner, de ramener un objet. Droits sur les foins : pour un bateau en chaland de huit toises est dû, savoir : debâcleurs, metteurs à port, retournage de bateau, Décl. 22 oct. ni6 , Tarif. Il 2* Action de retourner des boyaux ou autres objets semblables.

RCTOURNE(re-tour-n'),s. f. Carte qu'on retourne à certains jeux. De quelle couleur est la retourne T La relourne est de pique, de cœur

— 8rYM. Voy. RETOURNER.

KETODRNÉ, ÉE (re-tuur-né, née), port, passé de retourner. || 1° Tourné en un autre sens. || Terme de botanique. Se dit des folioles d'une feuille composée, lorsque, pendant le sommeil de la plante, elles font

un demi-tour sur elles-mêmes. || 2° Idées retournées de différentes manières, idées qui ont été l'objet de redites. On désapprouve aujouid'bui cet amas de sentences, ces idées générales retournées de tant de manières, volt. Com. Corn. Rem. Hor. i, 4. Il 3° Dont on a mis l'envers à l'endroit, en parlant d'étoffes. Un manteau de fine écarlate. Qui pe.urtant était retourné, scarr. Yirg. vu. On prétend (\ue le Mécène ne doit donner qu'un habit .'etourné, quand on ne lui dédie qu'une seconde édition, d'alemb. Éloges, Houyer. || Fig. On a beau y réussir [dans une traduction] et avoir fait des merveilles; ce n'est jamais qu'un habit retourné, et l'honneur est toujours au premier ouvrier, lesage, Guim. d'Alfar. Préface. Il 4" Revenu là d'où il était parti. On est tenté de croire que la pénitence est préférée à l'innocence même, et que le prodigue retourné reçoit plus de grâce que son aîné, qui ne s'est jamais échappé de la maison paternelle, boss. Mar.-Thér. Voyez de vos vaisseaux les poupes couronnées Dans cette même Aulide avec vous retournées, bac. Iphig. i, 5. Plusieurs d'entre eux [élèves de du Verney], retournés dans leur pays, ont été de grands médecins, de grands chirurgiens, ponten. du Verney.

t RETOURNEMENT (re-tour-ne-man) , s. m.

Il 1" Action de retourner, de tourner en un autre sens, et résultat de cette action. Après ces deux expériences, je n'ai presque pas douté que la lumière ne soit la cause du retournement des feuilles, bonnet, Vs. feuilles, i' mém. De quel avantage peut être au polype une propriété dont il ne saurait faire usage sans le secours de l'homme 1 je veux parler de l'opération du retournement, lo. Contempl. nat. m, 46. || Terme de géométrie. Polyèdre symétrique par retournement autour d'une arête. Il 2° Terme de balistique. Tendance qu'a une balle conique, lancée par une arme à feu, à se retourner, c'est-à-dire à arriver au but par son gros bout au lieu d'y arriver par son petit bout. || 3* Terme de chemin de fer. Action de retourner un rail fabriqué de telle façon qu'il puisse servir des deux côtés. Il 4° Terme d'astronomie. Opération par laquelle on vérifie l'exactitude d'un quart de cercle, en observant une étoile située près du zénith, avec le limbe de l'instrument tourné alternativement vers l'est et vers l'ouest. || Se dit aussi en parlant de la rectification d'une lunette.

— HIST. XV" s. Qui s'en paît (de la cour], au retournement Luy fault nouvel recointement, e. desch. Poésies mss. ^ 66.

— ÉTYM. Hetourner; provenç. retomamen ; ital. ntornamenlo.

RETOURNER (re-tour-né). || 1° V. a. Tourner dans un autre sens. Retourner une rôtie. || Retourner un habit, le découdre et le refaire en mettant en dehors l'envers du drap quand l'endroit est usé. Il 2' Aux jeux, retourner une carte, tourner une carte de manière qu'on en voie la figure. || Retourner cœur, pique etc. se dit, à certains jeux, de la carte qu'on retourne, après que tous les joueurs ont eu les cartes qu'ils devaient avoir. Il Impersonnellement et neutralement. Il retourne cœur. Le coup précédent il a retourné pique. Qu'est-ce qui retournef De quoi retounie-t-il? Il Fig. et familièrement. Vous ne savez pas de quoi il retourne, vous ne savez ce qui se passe , quel est l'état des affaires. Je lui demanderai nettement de quoi il retourne, Mirabeau, Lett. orig. t. m, p. 294. Il Voyons de quoi il retourne, voyons de quoi il est question, voyons ce qui se passe. || Populairement. De quoi il retourne, ce qui se produit de nouveau. Voici de quoi il retourne pour le quart' d'heure. || 8" Terme de tailleur de pierres. Retourner une pierre, lui faire un second parement opposé au premier, de sorte qu'ils soient parallèles entre eux. Il 4" Retourner la salade, remuer la salade dans le saladier, jusqu'à ce qu'elle ait bien pris tout l'assaisonnement. Il lie me reste que six mois à retourner la salade avec les doigts [au xvin* siècle les jeunes dames retournaient la salade avec leurs doigts], J. J. Rouss. Hél. VI, 2. || B" Terme d'agriculture. Retourner le sol, le bêcher profondément. Le père mort, les fils vous retournent le champ Deçà, delà, partout; si bien qu'au bout de l'an II en rapporta davantage, l* font. Fabl. v, 9. Car le manant avec peine el sueur La retournait [la lerrejet faisait son labeur, id. Papefig. Vois-tu d'ici ces gens dont la fortune Est dans leurs bras, qui, la bôche à la main. Le dos courbé, retournent ce jardin? volt. Enf. prodigue, m, 4. ||0n dit dans le même sens : retourner de la luzerne, du gazon, bêcher un terrain semé de luzerne, de gazon. || 6' Donner une ^ecoIlde trempe à U chandelle & la baguette. || 7* Tourner

I en arrière. Je retournais souvent la tête pour revoir encore le jeune homme que je laissais derrière moi ; mais je ne croyais pas me retourner pour lui, mariv Harianne, 2* part. || 8° Fig. et familièrement. Retourner quelqu'un, lui faire changer d'avis, de parti. Il On dit de même : il s'est laissé retourner. |1 Tourner et retourner quelqu'un de tous sens, premlre difl'érents biais pour le faire parler. Je lui donnai votre lettre; elle montra la plus grande surprise en la voyant, et nia formellement le fait; je la retournai de toutes les manières, genlis, Ùères riv. t. 11, p. 48, dans POUOENS. Après avoir examiné strictement cet homme comme espion, et l'avoir retourné en tout sens, en lui faisant peur... Ciirresp. du général Klinglin, i, 455. || Retourne> quelqu'un, signifie aussi lui causer une vive émotion. Votre récit m'a tout retourné || 9° Tourner et retourner quelque chose, l'examiner à différents points de vue. Plus je tourne et retourne cette idée [que Dieu peut communiquer la pensée à la matière], plus elle me paraît vraie, volt. Lett. Formont , avril (734. il 10° Retourner une chose, la redire de plusieurs façons différentes. Quand les gens coupables tiennent une pauvre petite vérité pour eux, ils la retournent de cent façons, et sont insupportables, sEv. 4 48. Il dit et il retourne en quatre vers sans force, qu'il fera un sujet fidèle, volt. Lett Thibouville, 8 févr. 177:1. Il 11° Rétorquer. Celui qui se sert d'un dilemme doit prendre garde qu'on ne le puisse retourner contre lui-même. Logique de Port-Royal, V, (5. Il Familièrement. Retourner à quelqu'un les paroles dans la bouche, se servir contre lui des mêmes raisons que celles dont il se sert contre nous. Il 12° Terme de commerce. Retourner des effets de commerce, des marchandises, les renvoyer à un correspondant. || 13° V. n. Aller de nouveau dans un lieu. Retourner en arrière. Vous êtes déjà allé à Lyon; retoiirnez-y. || Aller là d'où on était venu. Retournez à l'armée, et, pour me protéger. Montrez cent mille bras tout prêts à me venger, cobn. Nicom. I, 4. Il lui fallut à jeun retourner au logis, Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, LA FONT. Fabl. I, 18. Le soleil baisse fort, et je suis étonné Que mon valet encor ne soit point retourné, MOL. Fdch. II, t. Je SUIS bien aise da les venir voir [M. et Mme de Chaulnes à Rennes].... mais il faut que l'espérance de retourner dans mon repos [aux Rochers] me soutienne, SÉv. 20 juill. 4 «89. Acomat, c'en est fait, Vous pouvez retourner, je n'ai rien à vous dire, bac. Baj. u, 2. U me faut sans honneur retourner sur mes pas, m. Iphig. u, 6. Retournez, consolez ce vieillard que j'honore, volt. Tancr. iv. 4. Je vous défends de retourner sans mon ordre, J. J. ROUss. Hél. 1, 46. Il Retourner, avec un infinitif. Retournez dès ce jour apprendre à Corbulon Comme on reçoit ici les ordres de Néron, crébillon, Rhadamiste, n, 2. ||14° Il se dit de ce qui est comparé à un retour. Rome, depuis trois ans, par ses soins [de Néron] gouvernée. Au lemps de ses consuls croit être retournée, rac. Brit. 1, 4. Relcwrnez, retournez à la fille d'Hélène, ID. I, ♦. || Retourner en arrière, renoncer à une entreprise dont on est rebuté. || Retourner à Dieu, se convertir. Suivezla [une âme pénitente] dans tous les pas qu'elle fait pour retourner à lui [Dieu], uoss. la Vallière. Il En un sens opposé. Un Achab, qui, averti par Elle, tantôt se couvre de cendre et de cilice, puis retourne à ses idoles, mass. Carême, Inconsl. || Retourner i son vomissement, voy. vomissement. || 15° Retourner à. Recommencer à. Retourner au travail, au combat. Je le prie [M. de Grignan].... de prendre soin d'accourcir les lignes que je veux de vous ; il me parait que vous l'avez trompé.... je vous demande tendrement de n'y plus retourner, sÉv. 2 févr. 4 680. Ce serait une folie impardonnable à son âge ; mais il n'y retournera plus, madame ; et je vous demande pardon de sa témérité, pont de vesle. Somnamb. 4 8. Il Retourner à, avec un infinitif. C'est ce qui fait que je retourne encore à tous envoyer une de ces lettres, sèv. à d'Hérigoyen, 23 avr. 4687. |! Par manière de réprimande. N'y retournez plus, ne retombez plus dans la même faute. Si vous y retourner, on vous apprendra le respect que vou« devez à votre femme, mol. G. Dand m, 44. Il 16° S'occuper de nouveau de , penser à , parler de. Elle [Mademoiselle] retourna sur la maison et sur les bonnes qualités de M. de Lauzun, sÉv. 42. Je ne veux point retourner sur tout ce que j'ai souffert pendant mon grand mal, m. 4 5 mars 1676. Cette Providence me retient; car, sans cela, on n'aurait jamais fait de retourner sur le passé ; c'est un éclieveau qui ne finirait point, iD. 24 juill. 4689. |! 17° Retourner sur, retomber sur. Et souvent \» perfidie

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Rnlouine sur son auteur, la font. Fob». iv, i«. .e ne compremls que trop toutes vos peines ; elles retoiinieiit sur moi, de sorte que je le,* sens de deux côtés, sÉv. 17 avril )88». ||Dans un sens oppose. Toutes les louanges que je lui donne retournent à Dieu, qui pn est la source, flécii. Turenne. || 18° Être renvoyé, être répété, être mentionné dans une réponse. Parlez moi de vous, de vos aflaires.... tout est sur, rien ne se voit, rien ne retourne, sêv. 2» nov. (684. Je suis bien aise que vous ayez vu le dessous des cartes du procédé de M. de Pompone et de Mme de Vins, et que vous soyez entrée dans leur poliliijue, sans en avoir rien fait retourner à Paris, II). <« fév. <«76. Voilà bien des folies que je ne voudrais dire qu'à vous.... je vous prie que cela ne retourne jamais, lu. (9 janv. 4674.|)19° Être restitué à, faire retour à. Terres qui doivent retourner au propriétaire qui en a disposé. Cette terre est retournée depuis à la maison de Luxembourg, DUCLOS, ffiur. t. m, p. 294. || 20° Terme de maçon. Retourner d'équerre, établir une perpendiculaire en un point d'une ligne droite réelle ou fictive. Il Retourner, e. n. se conjugue avec Hre ; rarement avec oiotr; cependant il y en a des exemples . J'ai retourné depuis à Versailles avec Mme de Verneuil, pour faire ce qui s'appelle .sa cour, sev. 7 août )67B. 1(21" Se retourner, v. rifl. Se tourner dan^ un autre sens. Il est si faible qu'il ne peut se retourner dans son lit. Horace, les voyant l'un de l'autre écartés. Se retourne, et les croit déjà demidomptés, COBN. flor. iv, 2. La Molhe le Vayer se retourna vers lui [Saint-Sorlin, qui lui reprochait de n'avoir point de religion], et daigna lui dire : Mon ami, j'ai tant de religion, que je ne suis pas de ta religion, volt. Poème, Lisbonne, préface. Il [le moyen duc] se retourne sur le dos, pour se défendre quand il est assailli par un ennemi trop fort, BUFF. Ois. t. II, |i. <38. J'ai coupé à des feuilles de vigne quelques-unes des principales nervures , elles n'ont pas laissé de s ; retourner, bonnet, Us. feuilles, 2" mém. || Fig. Dégoûtés du monde et de nous-mêmes, nous nous sommes souvent retournés vtrs le Seigneur, mass. Carême, Inconst. \\ 22° Fig. et familièrement. Prendre d'autres mesures. Et je voulus après cette aventure Me retourner vers la magistrature, VOLT, le Pauvre diable. || Absolument. U saura bien se retourner. Une longue et cruelle indigence, de grands airs et un grand usage du monde lui avaient [à de Guiche] appris à se retourner, st-sim. 421, 75. Il 23° Se retourner d'équerre, mener une perpendiculaire sur une ligne eflective ou supposée. Il 24° S'en retourner, s'en aller. Il eut permission de faire rapporter les coffres chez lui, et il s'y en retourna aussi avec Raymond, Audebert et Hortensius, qui avaient toujours été présents, Francion, liv. XII, p. 632. Je n'ai qu'à m'en retourner d'où je viens, mol. Festin, 1, -i. Et, dès devant l'aurore, Vous vous en êtes retourna, m. Amph. 11, '-i. Pour moi je suis ravie, et, si vous en doutez, écrivez- lemoi à Lyon, afin que je m'en retourne sur mes pas, SÉV. 154. Si vous me retirez la main qui me protège. Tel que je suis venu, tel m'en retournerai-je, BOL'HSAULT, Es. à la cour, v, 2. Et de leur vain projet les chanoines punis S'en retournent chez eux éperdus et bénis, boil. Lutr. v. Ostorius : On m'a vu à l'hôtel de Bourgogne. — ....Pluton : Ketournet-y-en, boil. Héros de romans. Je m'en retournerai seule et désespérée, hac. Iph. iv, 4. |i S'en retourner comme on est venu, faire un voyage, une visite, une tentative inutiles. || Proverbe. C'est le ventre de ma mère, je n'y retourne plus, se dit d'une chose qu'on se repent d'avoir faite.

— REM. Ne dites pas : je me suis en retourné; mais : je m'en suis retourné.

— HiST. IX* s. Si io [jej returnar non l'int pois [ne l'en puis détourner]. Serment. || xi' s. Si l'orrat [ou:ra] Charles, 'i returnerat l'ost, Ch. de Roi. lxxxi. jl xii" s. 11 quereient lui, e returnowent, e le matin venejent à lui, Liber psalm. p. ui8. luz murrums, et sûmes cume l'ewe ki esculurge sur la terre et puis ne returne, flots, p. (69. El à Rome vouloit aler. Mais Mordret l'en a retourné [détourné]. Brut, f* 98, dans LACURNE. Comment que longue demeure [interruption] [}'] Aie faite de chanter, Ore est bien raison et heure Que mi iloie retorner, Couci, iv. Quant de la terre sauvage |je| Ne voi nului retorner, Ou cil est qui m'assoage Le cuer, quant j'en oi [ouisj parler, Dame de Faiel, dans Couct. II est en pèlerinage ; Moult (j'] atent son retorner, 16. || xiii' s. Pour ce di-je qu'amors ne vaut néant. De néant vient et à néant relorne , quesnks. Romancero, p. 88. Li serjant s'en retournent, n'i font arestoison, Berte, xxui. Que trestous lor malices lor retourne à

contraire, l'b. lui. Vers la maison Simon [elle] a son vis |vi,sage| retourné, 16. cxiv. Ll Commain et li Grieu et li Blac relornerent arriéres, viixeh. clvii. Sire dieux, retorne à mes anemis leur maus, /'soulier, f" 64. Et enilementieres que [pendant que) je aloie à Blechicourt , je ne voz [voulus | onques retourner les yex vers Joinville, joinv. 209. il XIV" s. LequelJehan, qui s'estoit mis en franchise ou cimitlire de St-Goudart , fut gité hors dudit cimittire, et le retournèrent en In prison, nu canoë, retornare. Lessons ceste question , et retournons à la première, oresmk, Élh. 23. Telz espargne le sien et est bien enfermez, (Jui pour moy aïdier retournera ses clefs, Guescl. <346u. || xV s. II commença à varier et ne repondit point bien à leurs projios ; ils le retournèrent [le pressèrent" de questions], et lui dirent ^ju'il convenoit qu'il vinst parler à leur seigneur, FROiss II, m, n». A ce parlement qui fut à Gand , eut plusieurs paroles dites et retournées; et conseillèrent adonc les seigneurs que.... ID. i, 1, 97. Si sommes chargés de vous dire que vous retournez arrière [restituiez] à messire Olivier de Clisson son héritage... m. liv. m, p. 2)^, dans lacubne. Croire vous vueil sans plus doubter , Et tout le courroux et soussy Qu'il m'a convenu endurer. En joye le vueil retourner, ch. d'orl. Bal. 57. Item fi.t piins messire Pierre Des Essars qui estoit prevost de Paris et avoit eu gouvernement vers le duc Jehan, et moût avoit tenu son party ; mais il se retourna ....FENIN, >H3. Ainsi faut conclure que ce voyage fut conduit de Dieu, tant à l'aller qu'au retourner, COMM. VII, Prol. Lors toutes les joies du temps passé retournent en tristesses. Les I5 joyes du mariage, p. <04. Vat-en, mon ami, ne retourne Jamais, poiir serjent qui tajourne, Patelin. ||xvi' s. La dame, ces propos achevez , se retourna vers ses gentilzhommes et leur dist.... rab. Pant. v, 23. Ri tournons arrière; je meurs de ma! paour, in. ib. v, 36. Mais que sert tant le peine, 0 mortels insensez ? 11 faut tous à la fin retourner à la terre, desportes, Œuvres chresliennes , sonnets, t. Jamais Pantasilée ne feut receue en tel honneur, lequel procède de vous à qui je le retourne [renvoie], ma kg. Lett. (27. Vous pouvez estre seur que,'sy vous esteij malade, je retourneray à vcius, ID. ib. <28. Avecques vostie lecire sa santé est retournée, et, combien quelle garde le lict, je n'y voy point de dangier de la lesser, iD. t6. (04. Nous sentons un plaisir singulier à escouter ceuh qui retournent de quelque loingtain voyage, amïot, Préf. XIV, 42. Parquoy, estant retourné en sa convalescence, il donna congé aux médecins, lu. ib. xv, 43. Ayant occis le Minotaure, il s'en retourna dont il estoyt party, m. Thés. 22. Le vaisseau sur lequel Theseus alla et retourna, estoit une galiotle à trente rames, ID. ib. !I7. Ils fouyoient tousjours, et n'y en avoit pas un qui ozast se retourner, ID. Rom. 28. Sertorius feit un tel effort qu'il retourna toute l'armée des Romains entièrement en fuite, in. Sertor. 27. Aussi facilement que le timon fait retourner la navire, mont. 11, (95. Lésâmes particulières en esioient extraictes [de l'âme du monde), et s'y en relournoient, id. ii, 295. Qu'est-ce que promet Moyse au peuple, quand il se retournera à Dieu après avoir décliné en idolâtrie? calv. Insl. 831. 11 craignoit aussi la retraite de quelques soldats françois, qui aux adversitez sont assez prompts de retourner leur robbe, langue, B99. Ces coups sont bons à faire une fois, et n'y retourner pas souvent, pour le hazard qu'il y a, id. 65 (. Nos ans sans retQurner s'en-volent comme un trait, ions. 792. Si ces verrues retournent après estre guéries, paré, v, 2«. Il n'est chance qui ne retourne, cotgrave. Il ne va pas du tout à honte, qui de demie voye retourne, id. Qui mieux ne peut à sa vieille retourne, id.

— ÉTYM.Be..., et tourner; bourg, retonnat ;Berry, ratourner, artourner; wallon, ritourné; provenç. et espagn. retomnr ; ital. ritornare.

t KETOCRNEUR (re-tour-neur), s. m. Celui qui retourne, en parlant d'idées, qui ressasse. Il nous faut aujourd'hui des penseur, des têtes rhûres, pour captiver notre suffrage, et non des retouriieurs d'idées et de paroles, grimm, Corresp. t. 1, p. (6».

t RETOURNURE (re-tour-nu-r'), s. f. Seconde trempe qu'on donne à la chandelle à la baguette.

— ETYM. Retourner.

RETRACÉ, ÉE (re-tra-sé, sée), part, passé de retracer. Dont on renouvelle la mémoire. Sion... Puissé-je demeurer sans voix, Si dans mes chants la douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée! rac. Èsth. il, ». Relracerai-je le tableau de la Saint-Barthélcmy, si souvent relraeé?

volt. Pol. « lég. Comm. Ksp. des lois, Hat. franf. Et dans ses souvenirs le présent retracé Lui montrant !';"'enir écrit dans le passé, delil. Trois règn.'i.

t REIRACE.HENT (retn-SR-man), j. m. Action de retracer. Ceux dont toute la vie n'est qu'un retraceinent littéral de celle de Jésus-Christ, Phrase citée dans bouuours, Souv. remarq. Reiraccmi'nt, effacement : ces deux mots se trouvent plus d'une fois dans des livres fort bien écrits, ID. .Suite des remarques, p. 336 (U les trouve commodes, mais doute qu'ils réussissent à s'établir).

RETRACER (re-tra-sé. Le c prend une céilillc devant o et 0 ; retraçant, retraçons), v. a. || 1° Tracer de nouveau ou d'une manière nouvelle. Cette allée est mal tracée; il faut la retracer. || 2° Fig. Rappeler le souvenir, renouveler la mémoire. Dans un temps... où chacun, retraçant dans son esprit les sujets qu'il a de s'en louer ou de s'en plaindre [des défunts], fait leurèpitaphe à sa mcxie, fléch. Duch. de Mont. Retracez-lui d'Esther l'histoire glorieuse, rac. Eslh. Prologue. D'adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre, m. Athal. i, K C'est une succession si rapidement variée que, si l'on peut tout sentir, je crois impossible de tout retracer, ha- Biv. Pays. parv. part. 6. C'est à la réflexion à graver les idées dans la mémoire, c'est à la mémoire à les retracer à la réflexion, condil. Gramm. Motif des étud. Tel est le médecin philosophe qu'Hippocrate comparait à un dieu, sans s'apercevoir qu'il le retraçait en lui-même, bahthél. Ànach. ch. 73. Les souvenirs qui retracent l'enfance sont délicieux ; c'était le temps de la paix, de la joie naïve et pure, de l'innocence, genlis, itères riv. t. 111, p. 289, dans pouGENS. i| 8° Se retracer, retracer à soi, rappeler dans sa mémoire. Je me retraçais toutes les traverses que j'avais essuyées, mauiv. Pays. parv. T part. Nous ne flmes plus que nous retracer l'beureux temps où la Popeliinère était pour nous uc hôte aimable, marmontel, Mém. vu. |i 4° Se retracer, V. réfl. Être rappelé dans la mémoire. Ces sortes de douleurs se retracent bien aisément, quand on se laisse la liberté d'y penser, sÉv. 7 fév. t680. Quelquefois même nos idées se retracent sans que nous y ayons part, et se présentent avec tant de vivacité.... condil. Conn. hum. u, 2. La nuit affreuse qui suivit se retrace encore à ma mémoire, obnlis. Vœux témér. t. i, p. (89, dans pougens.

— HIST. xv° s. Ces tentations retracent peu à peu ce qui plaisoit, gerson, dansle Dict. de dochkz. Il XVI' s. Retracer son los [répéter souvent son propre él0ge|, C0TGRAVE.

— ÉTViu. Re..., et tracer; provenç. retrassar. RÉTRACTATION (ré-tra-kta-sion ; en vers, de

cinq syllabes), s. f Désaveu formel de ce qu'on a fait, dit ou écrit. Je vous supplie de le disposer à recevoir mes rétractations, qui parlent d'un cœur vériUiblement pénitent, balz. liv. v, lett. (7. En signant ces articles [34 articles qui condamnent le quiélisme], elle [Mme Guyonj signait visiblement dans le fond la rétractation de ses erreurs, boss. El. d'orais. x, 2). Le roi fut payé du courage qu'il avait eu de se rétracter, et marqua à l'auteur de sa rétractation combien il en était satisfait, foucten. Benau. Ceux qui se plaisent à transcrire le soir dans leur cabinet ce qu'ils ont entendu dans le jour, devraient, comme saint Augustin, faire un livre de rétractations au bout de l'année, volt. Dict. phil. Ana. Les rétractations déshonorent s«uvent; mais elles sont rarement utiles, parce qu'elles ne prouvent guère que la faiblesse ou l'intérêt de celui qui se rétracte, duclos, Œuv. t. 11, p. (32.

- HKST. XIV" s. Sainct Augustin en ung livre de retractation où il rappella plusieurs choses qu'il avoit escript en ses autres livres et volumes. Songe du vergier, i, 5».

— ÊTYM. Provenç. reiractoJto ; espagn. retractacion ; ital. relronaitone ; du lat. retractationem, de retraclare, rétracter. On trouve re<radcme««.' retractement de conventions, oresme, Thèse de meunikr.

(. RÉTRACTÉ, ÉE (ré-tra-kté, tée), part, passé de rétracter < . Qu'on a désavoué. Une amante irritée D'une offre en moins d'un jour reçue et rétractée, CORN. Oth. IV, I. Daignez vous expliquer davantage; dites-moi précisément de quoi il faut que je me rétracte, et tenez-le déjà pour rétracté, i. J. Rouss. À Mme de Luxembourg, mercredi soir (76(.

t ^. RÉTRACTÉ, ÉE iié-tra-kté, ktée), part, passé de rétracter 2. Rac'uurci par une contraction. Des muscles rétractés. |{ Kii botanique, se dit de la radicule quand elle semble s'être retirée en arrière.

( . RÉTRAf TER (lé tra Kté), v. a. || 1° Déclarei qu'on n'a plus ioy uiou qu'on avait avancée ; désavouer,

RFJ

soiiédire. Pourl'obligeràréliaclersesdociriiies, pa»c. Ptov. xm. Je rdtrflcte ce que j'avais «lit en courant et sans y penser, sÉv 436.11 fautijue, lui, il rétracte JBserrcuis, iiois. Lelt (jntV(. 44«. Je ne rétracterai jamais len promesses que mon Âme.... vous fait, mass. Cartme, Vorat. Le petil-fils et la mère, encouragés par un homme qui l'ut autrefois ,ivocat, rétractent leur aveu, volt, Pol. et lig. Probab. en fait de just. Nouv probalirlUét. Il ( le pape Jean XXII J avait des opinions singulières qu'il fut obligé de rétractiir, m. Ann. Emp. Lmds Y, i;i24. Je viens, mimsieur, rétracter hautement les discour» injurieux que l'ivresse m'a lait tenir en votre prcsei/ce, I. j. BODSS. Ilél. I, (iii. 118" Hovenir sur une résolution (emploi vieilli). Sans doute il [Pompée] aurait pu tenter d'autres combals, Contre un sort infidèle essayer d'autres bras, Kl lorcer les destins à rétracter sa perte, bbRbeuf, Phanale, vu. Pardonnez, dieux puissants, pardonnez à la terre.. . Pourquoi tout renverser et pouiquoi tout détruire 1 Rétracter mon bonheur, c'est assfS! me réduire, ID. ib. \\ Rétracter un don, annuler un don qu'on avait fait. Guillot, sachant ce don, L'avait fait rétracter pour plus d une raison, la pont. Cas Ses affaires [d'un prince indien) s'éiant rétablies avant que ses engagements eussent été remplis, il rétracta le don qu'il avait fait [de Kariltal à la compagnie des Indes], raynal, Iliat. phil. IV, 30. Il 3" Se rétracter, v. réfl. Se dédire, faire une rétractation. Son texte [de saint Augustin] n'a pas le privilège d'être canonique ; il s'est bien rétracté lui-même de beaucoup de propositions, la moths LE VAYEB, Vertu des païens, i, Arant-propos. Bien loin de .se rétracter d'aucune de ses erreurs, boss. Var. t. Rien n'était plus connu que son équité.... il pouvait instruire sans se rétracter et sans se condamner soi-même, fléch. Duc de Mont. Il n'y avait nulle apparence que Métellus se rétractât des motifs qui l'avaient fait agir étant tribun, Exil de Cicéron, dans desfontaines. Le légat , extrêmement déconcerté, fit ramener en prison le grand maître [des templiers] et le frère du Daujiliin d'Auvergne, qui s'était aussi rétracté, saint-foix, fe's». Ports, (Èhv. t. m, p. '272, dans pougbns.

— HIST. xi\' s. Et ycelles (lettres] voulons estre tenues et gardées perpetuelment, sans les relraittier ou enfraindre comme que soit, du canoë, re- Iractare. || xv s lit quand lu l'as et tu la tiens. Au monde rie te fault plus riens. Paradis tu en peux gaigner; Je ne t'en doy plus retracter [reparler], la l'ont. 222, Il XVI* s. Saint Augustin mesme, se retractant de l'au ire sentence, maintient fort et ferme que.... CALV [nslit. 2','5. Qu'il ne soit loisible à aucun, disent-ils, de rétracter le jugement de notre siège, iD. tb. 9H. A quoy Sa Majesté replicqua qu'il ne pouvoit pas retracter sa parolle, carl, ix, 22.

— ÉTYM. Lat. reiractare, dénominatif de retractum, supin de retrahere , de r«, et Irahere, tirer

(VOy, rRMRE).

t 2. RÉTRACTER (SE) ( ré-tra-kler) , v. réfl. Terme de médecine. Devenir raccourci par une lésion persistante des muscles, des tendons.

— KTYM. Voy. RÉTRACTION.

t Rï!Tl(ACriBLE (ré tra-kti-bl'), adj. Sjnonyme de rétractile. Des ongles crochus et rétractibles, BUFF Quadrup. t. vu, p. 268.

t RÉTRACTIF, IVE (ré-tra-klif, kti-v'), adj. Il l" Qui exerce ou tend à exercer une rétraction. Force rétractive, || 2° Fig. Qui retire, qui rétracte. Des requêtes explicatives ou rétiactives qui ont été envoyées en Sorbonne [par les jésuites], gui patiw, Lett. t. il, p. 3»7.

— ETYM Voy. réthaCtioi».

RÉTRACTILE (ré-tra-kti-l') , adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la faculté de se retirer, de rentrer en dedans. Les ongles des animaux du genre chat sont rétractiles. Des pelotles rétractiles, la BiLLARDifcRE, Instit. Mém. scient. 18(7, t. ii , p. 404. Il On dit dans un sens analogue : force, mouvement rétractile.

— ETYM. Voy. RÉTRACTION.

UfiTRACTILITÉ (ré-trac-kti-li-té), s. (. Qualité d'une partie qui est rétractile.

RÉTRACTION (rélra-ksion; en vers, de quatre syllabes), s. f. || i° Terme d'histoire naturelle, Ëlat d'une partie rétractile, d'une partie retirée, rentrée en deilans. Une substance qui se dilate par la chaleur, éprouve en se refroidissant une contraction'; lorsqu'une force qui tend une corde d'instrument vient à casser, la corde se relire ou éprouve une rétraction, LKGOABANT. ||a",'lerme de médecine Etat d'une partie qui est revenue sur elle-même, et qui a perdu par U une partie de ses dimensions normales,

— HIST. zvi* s. Les perlui Imitons de l'auie pru-

RET

duisent de merveilleijx effets en nos corps, par la refraction et condensation , rétraction et effusion des humeurs et des esi'rits, paré, Introd. î5.

— ÉTYM, Lat. relraclionem, de retrarAum, supin de retrahire, retirer, de re , et troheie, tirer (voy. thairk). On trouve au xii* siècle relracion, avec la sens de blAme , et au xvi* retractement, avec le sens de réiraciion.

t RETRADUIRE (re-tra-dui-r') , v. a. Traduire de nouveau, La lettre que M. Ëlie de Bcaumont a adressée à H. Hourovsky , et que nous retraduisons en français d'après la traduction russe, Journal offic. 27 sept. (869, p. (278, 4" col. {| Se retiaduire, v.réfl. Se traduire une seconde fois. Vous trouverez peut-être as,!ez plaisant que je suis un auteur traduit par mes compatriotes [Voltaire avait écrit en anglais), et que je me sois retraduit moi-même, volt. Letl. BrossHte, 22 nov. I7:i3.

tRETltAÎNER(re-trên-('),t>.a. Traînerdenouveau.

— HIST. XVI* s. [Le sej-peiil blesséî Plis dessus plis, en cent ondes retors, Reiraine, tire et retourne son corps, bons. 63e.

RETRAIRE're-trê-r'), v.a. Il se conjugue comme traire. Terme de jurisprudence. Exercer un retrait. Retraire un héritage, des fonds. || On dit' plus souvent retirer.

— HIST. XII* s. Il velt de nostre terre la franchise retraire [6ter|, Sax. xxxi. Je ne m'en puis mie ariere retraire, Couci, ii.|lxiii' s. Poi estoit eure que on ne feist .saillies ; mais je ne vos puis mie tout retraire [raconter], villbh. lxxvi. Bien avez oy dire et mainte fois retraire, Que traïson et meurtre convient qu'en la fin paire jparaisse] , Berte, ixix. Aprfts fu Viellece portraite, Qui estoit bien ung pié retraite [diminuée; De tele cum el soloit estre, la Rose, 340. Ne puent as vilains retraite [ils ne peuvent tenir des inclinations des vilains] For noreture qu'il en aient; A lor gentiUece reliaient. Roi Guillaume, p. 84. Le' VII rivières s'eàpandent par le pais et cuevrenl es terres pieinues; el quand elles se retraient.... joinv. 2is. || xv* s. Or me veux retraire à la droite inafiere commencée, froiss. i, i, 4. Quelque petit chasteau-rocher où il se sera rctraict, COMM. V, (8. Il XVI* s. Il redoubtoil fort le peuple, pource qu'il sembloit relraire un peu de visage à Pisisliatus, AMYOT, Péric. (i. Il jeta en terre devant luy un cuyr tout sec et retrait de grande sécheresse, puis.... ID. Alex. (08. Voyez-vous bien là cesle rose Qui s'est toute retraicte et close Vers le soir? ma- ROT, IV, (73. Si le lignager retrait [exerce le droit de rachat] sur le seigneur, il lui paie.-a ses droits, LOYSKL, 426, Et seront frottées principalement les parties relraictes (rétractéesj, paré, vu, (u.

— ÉTYM. Provenç, retraire; espagn. retraer; portug. retrahir; ital. ritrarre ; du lat, retrahere, de re, et trahere, tirer (voy. traire).

t 4. RETRAIT (re-trè), s. m. Retrait de la mer, tendance graduelle qu'a la mer, dans certains parages, à abandonner les côtes.

— HIST. XIV* s. Au retrait de none [à la fin de none, lorsqu'on se retire de l'église], du cahge, re- (rohere.

— ÉTYM. Relraire (voy. l'historique). !

t 2. RETRAIT (re-trè), s. m. Retrait de mou--

ture , le résidu grossier de la mouture. Le premier aliment que l'on donne aux oisons nouveau-nés est une pâte de retrait de mouture ou de son gras, pétrie avec des chicorées ou des laitues , buff. Ois. : t. xvii, p. 65.

— HIST. xv s. Ils [les seigneurs] ont les vins, les espices et les bons pains; et nous avons le seigle, le retrait [farine dont on a tiré la fleurj, la paille , et buvons de l'eau [Jean Bulle aux serfs anglais],

FROISS. Il, II, (06.

ÉTYM. Relraire.

3. RETRAIT (re-trè) , s. m. \\ 1° Synonyme peu usité de lieu d'aisances. Dites que le suisse entre Pour traîner cette infâme au centre d'un retrait, maItre ADAM uiiLAOT, Œuvr. p. (4, dans pougens. ij2° Dans le moyen âge, appartement retiré, réservé, cabinet privé où on faisa'it sa toilette et où on déposait les chaises de retrait, de laborde, Émaux, p 48B. Le retrait où dit ses heures Monsieur Louis de France, v. hugo, Notre-Dame de Paris, x, 5.

— HIST. xiii* s, Ains fuit vers un caisne [chêne] à retrait [refuge], Boi Guillaume, p. *». ||xiv* s. Douze barilles d'eau roze de Damas mis ou retrait de la royne, de l.\bohdr , Emaux , p. 486. || xv* s. S'iett [ma femme sera] le reiret de ma jonesse, S'iert le baston de ma vieillesse, s. descii. Hiroir de mariagt, p. (i. Et après sa messe, il [le comte de Foii] les fil tous entrer dans sa chambre de retrait [cabinet], fsoiss. u, m, i8. Adouo se tire

RET

cha.scuns par devers son relraict |logisj, si que en peu d'heure la compaignie fut toute vuide de chevaliers, Percefor. t. i, f" (32 || xvi' s. Heliogabalus feut tué en un relraict [latrines], most, t , 24». Ils n'ont pas seulement leur relraict pour retraicte [les grands], id. m, 2S9. Rome est l'esgoui el le retrait incspuisable de toutes ordures et vilaiuies du monde, sleidan, f (9.

— ETYM. Retrait 1. Le sens général est lieu où l'on se retire, demeure, et, en particulier, latrines.

4. RETRAIT, AITË (re trè, trè-t'), participe posté do retraire. || 1* Repris par droit de retrait. Héritage retrait. US" S. m. Tei me de jurisprudence. Retrait, action de retirer un héritage qui avait été vendu. Faire, exercer un retrait || Retrait ligiiag<'r, action par laquelle un parent du côté et ligne d'où était venu à un vendeur l'héritage par lui vendu, pouvait, dans un délai fixé, rentrer en possession de cet héritage, en remboursant le prix de l'achat. Il Retrait féodal, celui qui s'exerçait par le seigneur d'un fief sur un héritage vendu dans sa mouvance. Il Retrait conventionnel, dit aussi réméré, celui qui se fait en vertu des clauses portées par le contrat de vente de l'héritage dont il s'agit, || 3* Ao lion de retirer un projet présenté i une a.ssemblée. Helrait d'un projet de loi. || 4° Action de retirer une somme placée à la caisse d'épargne. U y a eu cette semaine beaucoup de retraits. || 6° Retrait d'emploi, suspension d'emploi , à l'égard d'un officier.

— HI8T. XVI* 3. Il y a trois sortes de retraits [rentrées en possession], conventionnel, lignage! "it seigneurial, loysf.l, «22.

B. RETRAIT, AITE (re-trè, trè-t'), adj. || 1* Qui s'est retiré, contracié. Il ne se dit que dans les locutions suivantes, || Bois reirait, bois dont les fibres se retirent par le dessèchement, || Blé retrait, blé qui, non encore mûr et surpris par une température trop chaude et trop sèche, se resserre et demeure imparfait. Il Terme de blason. Se dit des pièces qui n'avancent pas jusqu'au boril de l'écu. |{ Terme de vénerie. Lorsqu'un cerf est forcé, qu'il ne feut souffler ni tirer la langue, on dit qu'il est retrait, qu'il sera bientôt pris. || î° S. m. Retrait, rapprochement des molécula- d'un corps, et, consé luemmenl, diminution de son volume, par l'action de la chaleur. On attribue généralement à la perle d'une portion d'eau le retrait qu'éprouve l'argile à une haute température, thenard, Traité de chim. t i, p. 46, dans POUOENS. I| On dit aussi retraite.

— ÉTYM, C'est le participe passé de l'ancien verbe rc(r(ïtre, retirer (voy. retraire, à'I'historique).

(. RETRAITE (re-lrè-f), s.f.\\V Action de sa retirer. Ce n'était qu'un prétexte à faire sa retraite, CORN. Gai. du Pal. ni, lO. Monsieur, il faut faire retraite, MOL. Uis. IV, 4 Le peuple... fit cette retraite fameuse au mont Aventin, boss. Hist. m, 7. Cellf visite que vous rendez, vient de su.spendre une querelle dome,stique, qui n'attend que votre retraite pour recommencer, la bhuv. v. En arrivant à Métiers, j'avais écrit à milord Keith, gouverneur de Neuchîltel, pour lui donner avis de ma retraite dans les États de Sa Majesté [le roi de Prusse], 1. J. Rouss. Confess. xii. La Providence n'avait permis cette retraite de Moïse chez les Arabes que pour y porter la connaissance du vrai Dieu et de sa religion , diuer. Opin. des anc. philos. Arabes. Je l'ai prié d'engager Mme la comtesse à me laisser sortir à l'instant, sans m'obliger à m'expliquer sur les motifs de ma prompte retraite, M"* biccoboni, Œuv. t. iv, p. («7, dans POUOENS. || Kig. Son chagrin, à ce que je vois, A fai't une prompte retraite, mol. Amph. 11, &. || Terme d'escrime. Mouvement en arrière, par lequel on se met hors de l'atteinte des bottes que porte l'adversaire. Il 2° Particulièrement. Marche rétrograde d'un corps de troupes qui se retire devant l'ennemi. Ils gajnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles.... Font retraite en tumulte, corn. Cid, iv, 3. Les sièges, les assauts, les savantes retraites, id. Sertor, m, 2. La constance de Fabius Maximus , qui , se mettant au-dessus des bruits populaires, faisait la guerre en retraite, fut un rempart à sa pairie, boss. Uisl. 1, 8, Ce lieu couvert d'un bois el d'une rivière. C'est le poste où il rassurait ses troupes effrayées après une honorable retraite, flécu, Turennu. Pensez-vous que ces cœurs, tremblants de leur défaite. Fatigués d'une longue et pénible retraite,..? bac. Kithr. m, I. Le roi Guillaume fit toujours de belles retraites, et, quinze jours après une bataille, il eût fallu lui en livrer une autre pour être le maître de la campagne, volt. Louis IIV, (6. il se Oatle que Schwartzenberg, Régnier, Durutte et vingt mille hommes répartis à Minsk, tirodno el Vilna, que soixante-dix mille hommes enfin "« laisseront paj

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snliUnte mille Russes s'emp»rer de aes tnaf^nslns et lui couper sa retraite, ssoun, Hist. de Nay. iv, s. Depuis Viazma, ce maréchal |Ney] avait commencé à soutenir cette retraite, morlelle pour tant d'autres et pour lui immortelle, in. ib. ix, 4 2. || Ketraite desdix mille, retour des dix mille Grecs qui étaient k la solde de Cyrus le jeune (401 avant J. C. ). Cette retraite [des dix mille), selon les bons connaisseurs et les gens du métier, est l'entreprise la plus hardie et la plus sagement conduite que nous fournisse l'histoire ancienne, hollin, llist. anc. lïuv. t. lï, p. (38, dans pougens. Si j'osais attaquer ■e prSjugé, j'oserais préférer la retraite du maréchal de Belle-lsle à celle des dix mille : il est hloijué dans PraRue par soixante mille hommes, il n'en a pas treize mille.... volt. Dict phil. Xénophon. Il Battre en retraite, se retirer. || Se hattre en retraite, se hattreen faisant retraite. || Fig. et familièrement. Hattre en retraite, céder. Entre nous, le desespoir de la maîtresse commence à battre en retraite, LAMoiTK, Malr. d'Êphèse, se. ta. Il 3° Obligation où sont les gens de guerre de rentrer à une certaine heure; signal qu'on leur donne en conséquence. L'heure de la retraite. Le tambour a battu la retraite. Sonner la retraite. || Fig. Sonner la retraite, donner le .signal de se retirer. Comte, je me porte un peu mieu»; Mon mal a .sonné la retraite, iiaIthe ADAM BiLLAUT, (Uuvr. p. (66, dnns pou- OKNs. Nous continuâmes à nous divertir jusqu'à la nuit; alors la veuve du docteur Garcia fil sonnor la retraite, lesaGe, Guîm. d'Alf. vi, 4. Ma bonne fée, au seuil du pauvre barde, Oui, vous sonnez l.i reti«ile i propos, bérang. Adieu chansons. || A bord des vaisseaux, batterie de tambour qui annonce le commencement du service de nuit. || Dans les porls, coup de canon tiré par le vaisseau amiral, par le stalionnaire sur une rade, à la fin Hu jour et à l'heure où va commencer le service de nuit. Il arriva un soir qu'un de mes canonniers n'ayant [las pris garde qu'il y avait un boulet dans le canon qui devait tirer le coup de retraite, le boulet alla passer entre les mâts de l'amiral anglais; j'envoyai aussitôt un officier lui en faire des excuses, ilém de VtLleUe ((686), p. 93, dans jal, ||4° Terme de vénerie. Fanfare composée pour la retraite. || Sonner li, retraite, rappeler les chiens. || On dit qu'un chien est de bonne retraite, quand il rentre régulièrement au chenil les jours de chasse. B" Il se dit des eaux qui rentrent dans leur lit. Celte retraite des eaux ne s'est pas faite tout à coup, mais par une longue succession de temps, buff. t' pp. nat. (Eur. t. XII, p. tiis.lie" Action de se retirer du monde, de la cour, des affaires, des emplois, du théiitre, etc. Croyez que j'approuve extrêmement le des.sein que ?ous faites de vous désabuser de la fortune et de la quitter comme une dangereuse maltre.sse.... quand vous voudrez faire cette retraite, je vous accompagnerai, VOIT. Letl. 44. Tircis, il faut songer à faire 1.1 retraite, La course de nos jours est plus c|ii'à demi faite, RACAN, Pastorale. Mme de la Vallière ne parle plus d'aucune retraite, sÉv. 475. L'épreuve en est hasardeuse [quitter les affaires] pour un homme d'État, et la retraite presque toujours a trompe (.■«ux qu'elle fiattait de l'esiiéranco du repos, BOss. le Tellier. Après la mort de Turenne et la retraite du prince de Condé, le roi n'en contii;ua pas la guerre avec moins d'avantage contre l'Empire , l'Espagne et la Hollande, volt. Louis XIV, I3. Dieu fit la douce illusion Pour les heureux fous du bel âge. Pour les vieux, fous l'ambition, El la retraite pour le sage, m. Ep. »8. Mon peu de santé a presque éteint le peu d'ardeur et de génie que la nature m'avail donné, et il faut, que je songe à faire retraite, d'alemb. Letl. au roi de Pr. (2 sept. (766. Il n'y a point de malheurs réels ou fictifs qu on ne leur impute [aux philosophes], depuis l'cxpiiLsion des jésuites jusqu'à la retraite de Mlle Clairon, id. Œuv. t. v, p. 213. Il s'en plaignit au roi, et lui demanda décidément ou sa retraite ou celle de Sartines, MARMONTEt., tfém. xii. || 7° Létal d'une personne retirée des affaires, éloignée du monde, vivant à la campagne. Si j'o.sais ajouter au mot de l'interprète, J'inspirerais ici l'amour de la retraite, la font. Fabl. XI, 4. Ces gens [faux dévots].... Qui, brûlants et priants, demandent chaque jour, Et prêchent la retraite au milieu de la cour, moi.. Tari, i, 6. Vous me louez trop, ma chère enfant, de la douce retraite que je fais ici [aux Rochers], sÉv. 21 déc. ieb9. Des grilles affreuses, une retraite profonde, une clôture impénétrable [dans un couvent], boss. la Vallière. La ciur le rappelle en vain; il persiste dans sa paisible retraite. Uni que l'état des affaires le put .souffrir, ID Le Tellier. Ne croyez pas, madame, que la

retraite ni la séparation entière du monde menant en repos, MAiNTRNON , Lett. à Kme de Dangran. 14 fivr. 17(6. L'éducation chrélieiine e.st uiieéducilion d.> retraite, de pudeur, de modestie, de haine du monde, ma.ss. Carême, Pet. nomb. élus. Comptez qu'il n'y a que la retraite qui soit lo .séjour de l'ucoupation, V01.T. Letl. Mme du Delfant, (6 sept. t"6(. Vous savez que j'ai toujours envisagé la retraite comme le port où il faut se réfugier après les orages de cette ue, Letl. hichelieu, !> jaiiv. (754. Heureux qui sait vivre dans la retraite; cela n'est pjis aisé aux grands de ce monde, mais cela est trèsfacile pour les petits, m. Letl. Mme de Craffigni, ii mars 47!,ti. Je n'avais point d'idée, du bonheur réservé à la vieillesse dans la retraite, id, Lett. Urne du Deffanl, B mars (761. Il faut uneâme saine pour sentir les charmes de la retraite, j. j. Rocss. Bel. v, i. Le néant de l'ambition et de la gloi)-e, les consolations de la retraite, et le bOnheur de l'obscurité, d'alf.mb. Éloges, flosiuef. La retraite sans solitude. Avec le repos sans ennui, desmahis, Po('sies, p. (29, dans poiji!KNS. || 8° Éloignemeni, momentané du monde, pour se livrer à des exercices de piété. Les retraites ne réussissent pas toujours ; il faut les faire sans les dire, sÉv. .t02. Faites votre retraite durant cette octave, boss. Lett. Corn. («s. Que fait-on dans ces retraites? on écouta Dieu parler, on converse familiirement et paisiblement avec lui , bourdal. Serm. iT dim. après la Pent. Dominic. t. iv, p. 7i. J'ai passé une mauvaise nuit, et, pour me reposer, je dis que je suis en retiaite, afin de n'être point interrompue, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, n sept. 4716. Elle se confesse tous les trois mois, et passe le carême entier en retraite, genlis, Ad. et Th.. t. Il, p. (08, dans pougens. 119" Le lieu même où l'on se retire. 11 s'est bâti une petite retraite. La retraite que nous choisîmes était fort cachée, i.A PONT. Psyché, II, p. 1 28. Et, si tous mes efforts ne me donnent à vous. Il est une retraite [couvent| où notre flme se donne, Qui m'empêchera d'être à toute autre personne, mol. Fem. sav. iv, 8. Une retraite honnête, agréable, convenable, qui serait bonne au salut comme aux affaires, si je savais en profiter, SÉv. 45 févr. 4690. J'entends une retraite isolée et profonde. Et non celle où toujours le voisinage abonde, collin d'harlev. Chat, en Esp. III, 2. Il Ifr' Lieu de refuge. Eusses-tu pour retraite un roc inaccessible, Tigresse, tu mourras, corn. Médée, v, 8. La racaille dans les trous Trouva sa retraite prête, LA font. Fabl. iv, «. Les lies de la mer Adriatique servireni de retraite contre sa fureur [d'Attila |,B0ss.flts(. I, 4 4 . La Pologne .se voit ravagoe par le rebelle Cosaque.... la reine n'a plus de retraite, ID. Anne de Gonz. Un sexe.... dont l'infirmité naturelle demandait la sûre retraite d'une maison bien réglée, m. Comédie, s. Sortez de ces retraites où la misère et la honte vous cachent, familles infortunées, et dites-nous par quelles adresses il l.t couler jusqu'A vous ses assistances imprévues, fléch. Duc de Mont. Qui n'a de retraite que pour quelques jours peut bien dire qu'il n'en a point, mariv. Marianne, 3* part. Lorsqu'on n'eut plus que de mauvaises armées.... on eut plus de places et moins de forces, plus de retraites et moins de sûreté, mon- TESQ. ifom. 20. Charles VI s'était contenté de donner une retraite au prince [Alexiovitz]; et on l'avait renvoyé, quand le czar, instruit de sa retraite, l'avait redemandé, volt. Russie, n, 4 0. Des retraites honnêtes pour la vieillesse et pour les infirmités, voilà ce qui est nécessaire, et voilà ce qu'on n'a pas seulement tenté, VOLT. Po\. et lég. Lett. d'un ecclés: Il Parextenjiion. Et nos soldats trahis ne l'ont point achevé! Dans leurs rangs à ce Iftche ils ont donné retraite! cobn. //or. m, 6. || Fig. La guerre, les périls sont vos seules retraites, rac. Mithr. m, 4. Il 11" Lieu où l'on se cache, se dérobe. Le monde ne serait plus, selon l'expression de l'Ëvangile, qu'une retraite île voleurs, roubdal. Serm. 2ti' dim. après la Pentec. Doinin. t. iv, p. 364. Par vous aurait péri le monstre de la Crète, Malgré tous les détours de s» vaste retraite, bac. Phèdre, ii, 6. Cette caverne était la retraite des bêtes farouches, fén. Tél. XV. Je l'ai conduit seize ans de retraite en retraite, volt. Mér. m, 6. Les retraites d'amour, au fond des bois perdues, v. hugo, Rayons et ombres, 3). Il Fig. Esprit humain.... tu as des conduites si enveloppées, des retraites si profondes et si tortueuses.... BOSS. Sermons, Prédication, 2. || 12" Emploi tranquille, ou pension , ou récompense qu'on accorde à quelqu'un qui se retire d'un service ; il se dit surtout en parlant des militaires et des employés d'administration. Prendre sa retraite. Êlre admis à la reiiaiie. Une bonne retraite. La misç

à la retraite. || On dit de même : pension de reiraiie. || Caisse des retraites, caisso qui fournit les foudt, pour payer les retraites. || Il se dit aussi de la pension qu'on donne à un domestique à la fin de ne» services Donner une retraite A un dome3ii(|u«. || 13" Terme d'architecture. Ouantité dont nn diminue l'épaisseur d'un mur dont la face extérieure peut être verticale. La retraite de ce mur sera de deux décimètres à chaque étage. La retraite se prend généralement à l'intérieur d'un mur dont la face extérieure peut êlre verticale, ou avoir du fruit. Quant i la retraite d'un mur sur les fondations, comme elle eist généralement pratiquée, on la sous-entend ; et, lorsqu on du qu'un mur a une, deux , troi.i retraites, i^c. c'est toujours i partir de son épaisseur au niveau du sol, i.eooarani. Il On dit qu'une partie est en retraite sur une autre quand elle est en deilans du plan de cette dernière. Cinq pierres brutes de couleur noire, épaisse» de cinq pieds, formant les quatre murs et la couverture , au ilessus de laquell»' deux autres pierres sont posées en retraite, bakthkl Anach chap. 44. Une retraite d'un pouce six lignes do profondeur prise dans l'épaisseur de l'i nlabiernenl de l'atlique, RAYMOND, Inst. Mi'm. litl. et beaux-arts, t. m, 4o7. Il 14° Battre en retraite , se dit de l'exploitation qui se fait d'une houillère en enlevant les piliers et abandonnant les galeries au fureta mesure. || 16" Diminution de volume d'un corps qui se sèche. L'on sait que le plâtre, en se séchant, au linu de faire retraite, prend de l'extension, buff. Min. t. ii , p. 67. Au feu, l'argile pure prend de la retraite, id. Min. t. m, p. 2"7. Les formes régulières des basaltes volcaniques proviennent d'une retraite occasionnée par le refroidissement, Saussure, Voy. Alpes; t. II , p. (46, dans pougens. Comme toute porcelaine prend une retraite à mesure qu'elle cuit, RAYNAL, Hisl phil. V, 27. On s'oppose en parlie à la retraite des pièces d'argile et, par conséquent, à la plupart des inconvénients qui en résultent, en mêlant à l'argile «les terres qui ne .soieni pas susceptibles de celte dimiiiulion de volume, A. BRONONIART, Traité de min. t. i, p. 532. || 16° Faux cristaux ou cristaux par retraite, cristaux dans lesquels ne régnent pas la constance des angles et la netteté des arêtes. La retraite prismaiique est une prouriélé qui paraît commune aux pierres formées sous l'eau et à celles qui ont été formées par le feu, BBONGNiAiiT, Traité de min. t. i, p. 469. || 17° Melire les cuirs en retraite, chez les tanneurs, les retirer de la fosse pour quelques jours ; cliez les hongroyeurs, les laisser tremper queh(ues jours dans la cuve. Il IS" Longe de cuir liont les charretiers se servent pour mener le cheval de devant. {| 19' Terme de marine. Cordage qui sert à retrousser un hunier. Il Synonyme de recul, en parlant d'une bouche à feu. Il Abri pour les embarcations. || Sabords de retraite, ceux qui sont percés dans le tableau de la poupe; on y passe des. bouches à feu dites de retraite. !! 20" Terme de maréchalerie. Pointe de clou demeurée dans l'ongle du cheval.

— HIST. xni« s. Isnelement li reçoit sore [sur], Met pié avant, jeté retrete [sorte de coup porté) ; Mes durement Renan se guole, /(e)i, (4033. 11 fut jiigic que en aquest n'aroit point de retraite |relrait|, se cil qui avoit aquesté le revendoit, bkalm. xLiv, 2. ||xiv' s. Et certes [elle] bien scet et voit Que mes vrais cuers autre amtr ne porroit; Mais c'est retraite et semblance d'oubli, be legier croire encontre son ami, machaut, p. «4. Quant ce vint à la nuit, la retraite on sonna, Guesc. ian. Et convint que Gaufrois sonnast ses oliphans Pour fere le [la| retrete, Baud. de Seb. x, ao8. || xvr s. A la diane et à la relraicte, une cloche .sonne.... mont, i, 4U7. La retiaicte des Grecs, de Babylone en leur pays, est fameuse.... id. i, 261. Poury establir nostre principale retraicte et solitude, id. i, 277. Elle avoit, au dernier butin, caché une cuilliere qu'elle pen>oi d'argent , mais elle fut trouvée dans la retraite de son buse, d'aub. Fœn. m , 3 Mouy faisoit la retraitte [l'arrière-garde] avec une Irouppe choisie et gaillarde, ii>. Hist. i, 220. Ces deux eschelles furent er.iboitées et apUquées à six pas l'une de l'autre dans une retrete de muraille, où il y avoit deux carneaux in. ib. m, 465.... Flanquée pour le mousquet seulement, de la courtine de deux ravelm» sans espaule , sans retraite, sans oreiUon..., lu. ib. 21,8. Relraittede loup, tournant tousjours le visage, brant, Capil. franc, t. u, p, 282.

— ÊTYM. Retrait I.

2. RETRAITE (re-trè-f), ». f. || 1" Ternw de commerce. Traite faite après le protêt d'une lettre de change sur le dernier endosseur. ll S° Lettre .1»

f60fi

cliange qu'un né«rociant tire sur un autre négociant qui vient d'en tirrr une sur lui. Il faut entendre par le mot de retraite, nne lettre de change qu'un riApociant tire sur un autre négociant qui en avait tiri5 une autre sur lui , au moyen de laquelle il se renihourse non-seulement de ce qu'il a déboursé, mai» encore de sa [irovisioii, cvirtap;» et pnrl de lettres; pour l'ordinaire les retraites sont ruineuses k ceux qui les font faire, p. giraduead, la Banque rendue fncHe, p. Y.

— f.TYM. Hé..., et traite.

RETRAITE, ÊB (re-trc-t«, tée), adj. Oui est à la retraite, qui a une pension de retraite. Cent mille militaires retraités, réformés, offraient encore vingtcinq ou trente mille précieux auxiliaires pour le service des places frontières, charbas, Waterloo, il.

t 4. RETHAITKR (re-liè-té), v. a. Terme d'administration. Mettre à la retraite.

— ÊTYM. Retraite t.

fî. RETRAITER (re-trè-té), v. a. Traiter une seconde fois une matière. Matière retraitée par le même auteur.

— HIST. XII* s. Fait li bucns reis de France : .«e tut ert retraitié E de ci e de là, n'i aureit amistié, Th. le mort. M t .

— i-vrYM. [Jt. reiraetare, de re, et tr(utare (voy. traiteb).

RETRASCHfi,ÉE(re-tran-ché, chée), part. passe de relranclier. || l" Sépare il'un tout. Pour l'ordinaire [à Kome] on ne complaît plus les prisonniers parmi les citoyens, et on les laissait aux ennemis comme des membres retranches de la république, BOSS. Hi.ït. m, 6. Le tronc toujours vif que les branches retranchées laissaient en son entier, m. ib. Il, I 2. Un mois retranché du cours de nos études n'est pas digne de nos regrets, mabmontel, Kém. I. Un homme banni de son pays et retranché de la société, «■• DE TENciN, (Euti. t. lï, p. <63, dans PdiiGENS. Il 1° Défendu par des fortifications. Camp retranché. Bien qu'ils combattissent dans un lieu retranché naturellement et avantageux pour de l'infanterie, la chapellk-milon. Relation de la campagne de Roeroi. Il Fig. Savez-vous, ô prédicateurs, que ce divin conquérant [Jésus] veut régner sur les cœurs par votre parole? mais ces cœurs sont retranchés contre lui, boss. Bourgoing. Tirésias dans un profond silence Devait toujours se tenir retranché; Mais il sent peu la triste conséquence De son récit.... MALFiL. Narcis.^e, n. \\ 8* Que retranché, voy. OHE 2, n" 6.

RETRANCHEMENT ■ (re-tran-che-man), s. m.

Il 1* Suppression de quelque partie d'un toiit. Il serait à souhaiter que les destins nous eussent accordé une vie plus longue ou plus heureuse; mais, puisque quelque démon envieux a raccourci notre félicité par le retranchement de nos jours, il faut tâcher de la faire durer le plus que nous pouvons, n'ABLANC. Lucien, les Amours. l.e maréchal de Bellefond est à la Trappe pour la semaine sainte ; il parla fort fièremont à M. de Louvois, qui voulut faire quelque retranchement sur sa charge de général, sous M. le Prince, SÉv <3i. Sa Majesté, qui donne à Mme la Daiiphine le temps qu'il ilunnaità Mme de Montespan; juge7.de l'efTet que peut faire un tel retranchement, m. I7 mars 1680. Le relrancbenieiit du buis superflu ne faisait que rendre les fruits meilleurs, BOSS. f/i>'(. n, i2.Dausles opérations que l'on fit sur les monnaies du temps de la république, on procéda par voie de retranchement, mun- TESQ. Esp..rxn, u. Celte scène [du pauvre], convenable au caractère impie de don Juan, mais dont les esprits faibles pouvaient faire un mauvais usage, fut supprimée à la seconde représentation, et ce retr.mchement fut peut-être cause du peu de succès de ta piè.ce, volt. Vie de Molière. \\ S° Terme de marine. Pane de discipline (voy. betbanciier, n*7). || 3* Il se dit quelquefois pour suppression totale. Le retranchement de sa pension le réduit à la misère. Le retranchement des abus. Une mort chrétienne, préparée par des infirmités sensibles et humiliantes, par un retranchement des plaisirs et des consolations humaines, FLÉCH. Duch. de Mont. || 4' En grammaire, terme générique par lequel on désigne toute suppression de lettres ou de syllabes dans un mot, de mots dans une phrase. ||6"" P,conomie, réduction Oo dépense. 0 Dieu, quel changement, quel retranchement, quelle économie dans cette maisoni huit enfants, n avoir pas eu le temps d'obtenir la moindre grâce ! sSv. 384. Que n'aver-vous fait un équipage proportionné à celui des autres, à la misère du temps, au.... retranchement dont le roi donne l'exe.-nplet id. mars («90. Et [ils] trouvent dans leur frugaliU mâme de quoi faire des retranche-

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ments de piété et A", pénitence, mass, Carême, Jeûne. || Particulièrement, réduction dans les rentes que l'Rtat payait. Encore au lieu de payement, On parle d'un retranchement, hêcnieb, Ép. m. Vous mn retranchez tout net neuf années dans votre derni're lettre ; jamais notre contrôleur général n'a fait de si gr.inds retranchements, volt. Letl. aurai de Pr. )" fév. )77;i. || 6° Suppression de certaines avances ou saillies dans les rues et sur les chemins publics. || 7° Espace retranché d'un plus grand. Son domestique couche dans un retranchement. Elle poussa une porte qui n'était couverte que d'une tapisserie, et par où l'on entrait dans un petit retranchement où je me mis, MARiv. Pays. parv. part 5. || 8° Ternie de guerre. Disposition employée pour couvrir les défenseurs d'une position et arrêter les assaillants (ainsi dite parce que les retranchements forment un espace coupé dans un plus grand). Un bois impénétrable, dont le fond est un marais, et, derrière des ruisseaux, de prodigieux retranchements, iioss. Louis de Bourb. On remarquera l'éminence qu'occupa ce grand capitaine, et le ruisseau dopt il se couvrit .sous le canon du retranchement de Selestadt, iD. th. Après beaucoup de pertes et de marches ruineuses, le czar, poussé vers le Pruth, n'avait pour tout retrancliemenl que des chevaux de frise et des charriots, VOLT. Charles XII, 6. \\ Se dit aussi d'un obstacle naturel, comme un ravin, un bois, un cours d'eau, etc. servant à se retrancher. || 9" Fig. Les défenses, les arguments dont on use. Elle (Mme de Bury, dans son procès avec la maison de Grignan] croyait bien nous jeter dans le labyrinthe des semestres.... c'était un très-bon retranchement pour la quintessence de la chicane, sÉv. t"juin (689. Il ne lui resta aucun retranchement à son erreur, Boss. far. )6. Il vous faut un homme qui n'aime que la vérité et vous.... qui vous dise la vérité malgré vous, qui force tous vos retranchements, PÊN. Tél. XIV. Elle (la moquerie] attaque l'homme i<aiis son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de soi-même, la bbuy. ii. Comme il se vil pressé, il fut obligé de sortir de ses retranchements, et il commença à dire force sottises, mon- TESQ. Lett. pers. <oi.|| Forcer quelqu'un dans ses retranchements, dans ses derniers retranchements, dans son dernier retranchement, détruire ses plus fortes raisons.

— HIST. xvC s. Le retranchement de la superfluité de la dépense, amvot, Pomp. 26. J'eusse soulagé mon lecteur par les retranchements que j'apporte aux longues harangues, mais.... d'aub. Hist. II, 245. L'usage des retranchemens, qui est un remède merveilleusement utile, peu pratiqué par le passé; mais en nos guerres civiles on a appris d'en très bien user, langue, 404.

— ÉTYM. Retrancher.

RETRANCHER (re-tran-ché) , t>. a. || 1° Oter quelque chose d'un tout. Quelques-unes des branches ont été letiancht-es, noss. Hist. n. 7. II ne fallait aux Komains que panem et cirt;en--:es: nous avons retranché panem. il nous suflil du circenses, c'està-diie de l'opéra comique, volt. Lettre citée par orimm, Corr. t. vi, p. S7o. Il [un arbrisseau] rampe près (ie terre, où ses rameaux penchés Par la dent des chevreaux sont toujours retranchés, lamart. Haim. iv, t«. || Il se construit avec la préposition de ou à. Retrancher des ■•ameaui à un arbre. Le Scythe l'y trouva [un sage dans son jardin] qui, la serpe à la main, De ses arbres à fruit retranchait l'inutile, Êbranchait, émondait.... la font, i-'abl. m, 20. Quand il n'en faudrait retrancher [de la vie] ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, ni les maladies où l'on ne vit point, BOSs. te Tellier, Si je retranchais de votre gloire ce qui ne vous en appartient pas, si je donnais à vos soldats, à vos capitaines, au hasard même, la part qui leur en est due, fontk.n. Dial. ( . Jfor(i- anc Un jour, paraissant rêveur dans une assemblée oii il [Phocion] se préparait à parler, on lui en demanda la cause : je songe, répondit-il, si je ne puis rien retrancher de ce que j'ai à due, rollin, Bist. anc. Œuv. t. vi, p. 86, dans pouGKNS. Le musicien Timothée ayant ravi les Spartiates par la beauté de ses chants. Un iphore 8'appiocha de lui. tenant un couteau dans sa main, et lui dit : Nous vous avons condamné à retrancher quatre cordes de votr« lyre ; de quel côté voulez-vous que je les coupe? barthél. .-{naeh. ch. 45. Il On ne se sert que de d quand le régime indirect est une personne. Celui à qui on ne peut rien retrancher n'a rien dit que de parfait, fên. Dial. des morte anc. [Dcmosthènes, Cicéron). Nos ordcnnances ont retranché aux accusés tant d'avan-

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tage», qu'il est bien juste de leui conserver e^ nul leur reste, volt. Louis XV, 42. || a« Ater entièrement. Je ne sais s'il n'est pas mieux de travailler* rectifier et adoucir les passions des horami^s, que de vouloir les retrancher entièrement, mol. Tart. préf. Vous ne devez pa« être honteuse de retrancher vos tables, puisque le roi même.... a retranché celles de Marly, sÊv. )3 déc. <688. J'ai retranché le souper entièrement pour jamais, m. 8 mars («76. On a retranché toutes les pensions et gratifications k la moitié, ID. (B déc. (675. Retrancher par la mortification évangélique toutes les délicatesses des sens et de la chair, bourdal. Exhort. sur la flagell. de J. C. t. II, p. S7. Quels scandales ont-ils retranché»? ID. Domin. i. Par. de Dieu, 287. Ce mot me semble froid, Je le retrancherais, hoil. Art p. i. Le roi (Charles XIIJ retrancha de sa main tout ce qui (dans le récit de la bataille de Narva] était trop avantageux pour lui et trop injurieux pour le czar, volt. Charles XII. 2. |] Absolument. Pluson retranche en prose, en vers, en tout genre, excepté en finance, moins on fait de sottises, volt. Letl. Lekain, juillet (764. Il Les médecins lui ont retranché le vin, ils lui ont interdit l'usage du vin. || 3' Il se dit quelquefois des amputations chirurgie lies. Retrancher un doigt surnuméraire. Elle [une salamandre] reproduit conslammf'nt une partie égale et semblable à celle qui a été retranchée, bonnet, Coftempl. nat. Œuv. t. viii, p. 263, dans pougens. |I4° Faire des réductions, des économies. Retrancher une dépense. Plus pâle qu'un rentier  l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, boil. Sat. m. |( Absolument. Et : Je serai forcé de retrancher sur ce que je donne, était la seule crainte qu'il confiât à ses amis, lorsque des circonstances imprévues le menaçaient de quelque perte ou de quelque retardement, condorckt, d'Alembert. || Kig. et absolumint. Quanci on s'aime et qu'on prend intérêt les uns aux autres, je pense qu'il n'y a rien de plus agréable que de parler de soi : il faut retrancher sur les autres pour faire cette dépense entre amis, sRv. 6 janv. 1675. |( S" Se retrancher quelque chose, retrancher, fiter quelque chose à soi-même. Je me suis retranché les dîners du roi [Frédéric II] ; il y a trop de généraux et trop de princes, volt. Lett. Mme Denis, ( 3 oct. (760. Il 6° Retrancher quelqu'un, le supprimer, le faire disparaître. Les impies seront retranchés de dessus la terre, et ceux qui commettent l'injustice en seront exterminés, SAci, Bible, Prov. de Salom. !i, 22. Ils [de mauvais écrivains] ont bien ennuyé le roi, toute la cour. Sans que le moindre édit ait, pour punir leur crime, Retranché les auteurs, ou supprimé la rime, boil. Sat. li. Dieu rejeta sa race [de Cambyse], Le retrancha lui-même et vous mit en sa place, bac. Esth. m, 4. Que m'importe après tout que depuis six années Ce roi fût retranché [iharlesX] des têtes couronnées? V. HUGO, Voix, ii. || Retrancher de la communion des fidèles, excommunier. Vous ne me retranchez de l'Église que parce que vous croyez que mes lettres vous font ton, pasc. Prov. XV. Il 7» Terme de marine. Retrancher un homme à bord d'un bâtiment, le priver d'une paiiie de sa ration pour le punir de quelque faute. (| 8° Réduire à, borner à. Je retranche mon chagrin aux appréhensions du blâme qu'on pourra me donner, mol. L'Av. I, (. Il 9° Terme de guerre. Fortifier par des retranchements. Cette saillie aiguë [la pointe d'un plateau] est entourée parla Kologlia et par un ravin profond et marécageux; sa crête élevée, sur laquelle grimpe la grande route, en sortant de Borodino, est fortement retranchée, ségur, Hist. de Nap. vu, 6. Il 10° Se retrancher, v. réfl. Se réduire à, se restreindre a. Il s'est, retranché à ne plus voir que peu de monde. Et lorsqu'on se retranche au langage des yeux, cobn. Agësil. iv, 6. Et si l'on se retranchait à me dire que c'est la mort après tout qui décide du sort éternel des hommes.... boubdal. Pensées, t. i, p. (37. Retranchons-nous maintenant à examiner comment on peut réparer la passé, FÉN. Tél. X. || 11° Absolument. Se retrancher, faire des économies. La piété ingénieuse à se retrancher pour avoir de quoi se répandre dans l'exercice de la charité, pasc. Prov. xii. Si vous n'avez le courage de vous retrancher.... vous rendrez inutile le secours que la Providence vous adresse, sÉv. (» janv. (68». On se retranche, on s'abstient, on se mortifie en secret, boubd. Avent, sur l'Évang. 4(7. Que de prétextes pour ne pas payer des dettes qu'on accumule, et ne pas se retrancher sur mille profusions, ou inutiles, ou criminelles I MASS. Profess. relig. serm. 2. En tout pays, lorsqu'une marchandise est chère, on en achète moins; on se retranche sur toutes les dé-

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penses, volt. Pol. et leg. Au roi en son conseil. Il 12" Terme de Rucrre. Se forlilicr par des relianchements. Il [Pyrrhus] leur ajipril [aux Romains] à se retrancher, à choisir et à di-posor un camp, MONTESQ. Hom. *. Il On dit de même : se retrancher deiTilre une haie, derrière un mur, derrière un fossô, dans un village, etc. Ouclque avantage que prenne un ennemi habile autant que hardi, et dans queUjue .nlTreuse montagne qu'il se retranche, Boss. Louis de Bourbon. || 13" 11 se dit aussi d'une position que l'on prend comme une espèce de fortification. Il se retrancha dans le fond de l'apparteinent. Son ciiien se retrancha contre la porte par laquelle son maître était sorti, buff. Quadr. t. xii,

p. 272. Il Fig dans l'épaisse nuit où vous vous

retranchez, corn. Swéna, v, 1. 1| 14° Fig. Borner sa défense, son altitude à.... Ces dragons de vertu, ces honnêtes diables.ses, Se retrancliant toujours sur leurs sages pioucsses, mol. h'c. des f. iv, 8. C'est en vain que vous vous retranchez sur une fausse modestie, id. Comtesse, i. 11 [l'amour-propre] se dédomrnage, en petits détails, des sacrifices qu'il a faits en gros ; il se retranche dans un meuble, dans un habit, un livre, un rien qu'on n'oserait nommer, BOSS. Sermons, Oblig. et. relig. 2. On quitte ces vices qui font horreur, on se retranche dans une vie moins criminelle mais toujours lâche, fén. t. xviii, p. 33. Un caractère sérieux dans lequel il se retranche, la bhuï. ix. Vous et vos soeurs les vertueuses. Vous vous retranchez sur l'esprit, dancourt, Céphale et Procris, prologue. Comme ce qui paraît de leurs actions doime d'ordinaire peu de prise à la malignité el à la censure, on se retranche sur leurs intentions, mass. Carfme, Injust. du monde. Le reste du jour, il se retrancha dans la dignité du silence, uarmontei., Mém. il. Peut-être la meilleure manière dont une femme d'un esprit supérieur peut reprendre sa froideur et sa dignité, c'e^t lorsqu'elle se retranche dans la pensée comme dans un asile, stael, Corinne, vi, 3.

— HIST. x:i' s Corsoll d'outre la rouge mer.

Le plus fort home que l'en oïst parler ; Cil retrancha à Guillaume son nez, Li coronen ens Looys, t. I, p. 9 II XV' s. Ce grandement les desavance, El retrence leur dons parmi, Fnoiss. Buiss. de joiiece. Ces escuiers et chevaliers françois retrenchoient [taillaient eu pièces] à la fois et ruoient jus les fourageurs anglois, id. liv. Ii, p. 87, dans lacubne. Il ivi* s. Et aussi ne retrancha il pas le mal au vif, AMYOT, Solon,23. En quoy faisant, Valerius n'abaissa pas tant sa dignité, comme il se retrancha d'envie, ID. Publ. <9. 11 veoil, de son règne, sa dignité ravallée et sa gloire retranchée [diminuée], id. Agésil. 62. Je retranche en ma maison autant que je puis de la cerimonie, mo.nt. i, 61. La mer a retrenché la Sicile d'avecques l'Italie, id. i, 23i. Ce meslange [de l'utile, dans une récompense d'honneur], au lieu d'augmenter l'estimation, il la ravale et en retrenche, id. ii, 61. Les limites de l'honneur ne sont pas retranchez du tout si court , ID. iii, 337. D'abordée il battit la basse ville (qui n'estoient que des maisons retranchées) de neuf pièces de batterie, d'aub. Uist. II, 275 canal qui retrenche le territoire de Hulst, id. ib. m, 439.

— ÉTYM. Re..., et trancher; provenç. retronchar.

\ RETRANSCRIRE (re-tran-skri-r') , ». a. Transcrire de nouveau. Je fais transcrire et retranscrire mon coquin de prophète [Mahomet], volt. Lctt. d'Argental, m févr. (74i.

j RETRANSPORTER (re-tran-spor-té), v. a.

Transporter de nouveau.

— HIST. XV' s. Incontinent après ce, nous et nostre dit lieutenant nous retransportasmes sur le lieu où le cas [le meurtre du duc d'Orléans] estoit advenu, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 218.

RETRAVAILLÉ, ÉE (re-tra-va-Ué, liée, Il mouillées), part, passé de retravailler.

RETRAVAILLER (re-tra-va-llé, Il mouillées, et non re-tra-va-yé). Il 1» Y. n. Travailler de nouveau. Racine va retravailler à une autre tragédie, sÉv. 2» févr. 1689.112° Y. a. Corriger, refaire par un nouveau travail. Retravailler une pièce d'argenterie. La tragédie d'Eriphile que j'ai retravaillée avec beaucoup de soin, volt. Lett. Cideville, 2» mai 1733.

— HIST. lui* s. Et puis après se retravaille De repondre le chanteor, foblioujt mss. p. 262, dans

LACIRNE.

t RETRAVERSER (re-tra-vèr-sé), V. a. Traverser de nouveau. L'empereur, pour remonter sur le trône [en 1815], avait dû relraverser le peuple, de HÉMUSAT, Rev. des Oeux-Uondes, I866, t. vi, p. lo.

RETILAYANT, ANTE (re-lrè-ian, ian-f), s. m. elf. Terme de pratique. Celui, celle qui exerce un retrait.

— ÊTYM. Part, présent de reiraire (voy. ce

mol) .

RfiTRE (rè-tr'), ». m. Voy. reItre.

t R'EtrE (rê-tr'), v. n. Terme vieilli. Être de nouveau. Il se conjugue comme être.

— HIST. XII' s. Que re.soions ensemble si garni [armés] qu'il i paire [paraisse], Sax. xix. H xv s. Quand les dix escus refurent en la main dont ils estoicnt partis, Loois xi, Nour. xvni. || xvr s. ....car dès le jour que j'en refu blessée, rons. 85.

— ÊTYM. Re..., et être.

RftTRÉCI, lE (ré-tré-si,sie), part, passé de rétrécir. Il 1' Rendu plus étroit. Le canal de la rivière rétréci entre deux coteaux. 1| Terme de minéralogie. Se dit d'une variété dans laquelle, la forme primitive étant un prisme rliomboïdal, les arêtes verticales contiguës à la petite diagonale sont interrompues par des facettes qui font paraître le prisme diminué dans le sens de sa largeur. || i' Qui n'a pas assez d'étendue, île développement. Il trouva la partie politique trop rétrécie, et il m'engagea à l'étendre, MARMONTEL, Mém. vm. Il 3' Fig. Qui a peu de portée, d'étendue. Il [Sénèque] n'eut pour ennemis.... parmi les modernes que des têtes rétrécies par un fanatisme détracteur des vertus païennes, du^er. Claude et Kcr. II, 108. Votre âme rassasiée, vide, flétrie et rétrécie deviendrait incapable de tout, condil. Étud. hisl. II!, 5. Les peuples naturellement musiciens reçoivent, par l'harmonie, des sensations et des idées que leur situation rétrécie.... ne leur permettrait pas de connaître autrement, staf.l, .4l(em. i, 2, ilaurs.

RÉTRÉCIR (ré-tré-sir), t). o. || 1° Rendre plus étroit. RiHrécir une rue. 11 a maigri, il a fait rétrécir ses habits. || Terme de manège. Rétrécir un cheval, le faire travailler, en resserrant de plus en plus le terrain. || 2° Fig. Donner moins de portée, moins d'étendue. On a besoin de tout le monde ; on a un procès, il faut solliciter, il faut se familiariser ....il faut rétrécir son esprit d'un côté et l'ouvrir de l'autre, SÉv. 5 juin 1069. Ils [ceux qui gouvernent par le détail] sont toujours entraînés par l'affaire du jour où ils sont; et cette affaire étant seule à les occuper, elle les frappe trop, elle rétrécit leur esprit, FÉN. Tél. XXII. Cette occupation de nous-mêmes rétrécit notre cœur, id. t. xviii, p. 329. Il n'y a point de génie qu'on ne rétrécisse, lorsqu'on l'enveloppera d'un million de scrupules vains, montesq, Déf. Espr. des lois, part. S. Il me semble qu'en n'admettant qu'un certain nombre de principes mécaniques, ils [certains philosophes] n'ont pas senti combien ils rétrécissaient la philosophie, buff.

Ilist. anim. m l'horizon, voilé par les brumes

glacées. Ainsi que mes regards rétrécit mes pensées, LAMAFiT. Joc. IX, 280. || 3" V. n. Devenir plus étroit. Cette toile a rétréci au blanchissage. Ce passage va en rétrécissant. || 4° Se rétrécir, v. réfl. Devenir plus étroit. C'est où l'Asie se rétrécit le plus, VAUGEL. Q. C. III, dans richelet. L'empire, c'est-àdire le pays habité, se rétrécissait toujours, et l'Italie devenait frontière, montesq. Rom. (9. Il Terme de manège. Votre cheval se rétrécit, il ne parcourt plus autant de terrain. || B° Fig. Avoir moins de portée, d'étendue. Mandez-moi ....si votre esprit ne se rétrécit point, comme dit M. Nicole, par l'éloignement des objets qui le mettent en mouvement, SÉV. à Bussy, 27 janv. (692. Ils [les directeurs] doivent se rétrécir en se proportionnant à ceux qu'ils veulent animer de l'esprit de Dieu, fléch. Sermons, Jour des rois. Des gens dont l'esprit s'est rétréci dans les détails, et qui, par l'habitude des petite» choses, sont devenus incapables des plus grandes, montesq. Lett. pers. 48. Il [Gedouin] croyait que l'esprit de toutes les nations s'était rétréci, et que la grande poésie et la grande éloquence avaient disparu du monde avec la raytholo- (;ie des Grecs, volt. Louis XIV, écrivains, Gedouin.

— HIST. XIV' s, Retroicissant le double type, Traité d'alch. 92.

— ÊTYM. Re..., et étrécir; wallon, rastreuti. RÉTRÉCISSEMENT (ré-trè-si-se-man) , s. m.

Il 1' Action par laquelle une chose est rétrécie; état d'une chose rétrécie. Le rétrécissement d'une pièce de toile. Le rétrécissement des terres et l'élargissement des mers vers les régions australes, buff. 2' ^p. nat. Œuv. t. xu, p. 127. || Fig. Le rétrécissement des vues, des idées. C'est un étrange rétrécissement d'esprit que d'aimer une science pour haïr toutes les autres, volt. Lett. en vers et en prose, 6). Il 2° Terme de médecine. Resserrement, diminution d'une cavité ou d'un conduit. || Absolument. 11 se dit du rétrécissement du canal de l'urètre. 11 est affecté d'un rétrécissement

— HIST. XVI* s. Des pandiculations, baaillemens,

restrecissemens des parties, pasleur au visage,

PAIIÊ, XX, 17.

— ÊTYM. Rétrécir.

t RETREINDRE (re-trin-drT , v. a. Modeler une plaque de cuivre au marteau, de manière i en former un vase d'une forme demandée. Lorsqu'un métal est embouti, c'est-à-dire quand on l'a battu pour en faire un cylindre , un cène, une calotte sphérique, etc. et qu'on en veut diminuer le volume ou l'un des diamètres, il faut le retreindre; mais on devrait dire enfoncer pour augmenter la surface occupée par le métal, et retreindre quand il s'agit de la diminuer; dès Ion emboutir deviendrait uo terme générique pour exprimer l'une ou l'autre opération, leooabant.

— ÊTYM. C'est le m*me mot que restreindre, altéré dans le langage technique, et qu'on devrait prononcer retreindre.

t RETRELNTE (re-trin-f) , ». /. Action de retreindre. Il .Modification subie par le métal rctreint. Cette retreinte est bien faite. Dans la retreinte le métal s'épaissit.

— ÊTYM. Retreindre.

t RETRE.MPE (re-tran-p'), ». /. Nouvelle trempe de l'acier.

RETREMPÉ , ÉE (re-tran-pé , pée) , part, passé de retremper. Le vers de Virgile cent fois retrempé au fêu des Muses, chateaubb. Génie, 11, i, 2.

RETRE.MPER (re-tran-pé), v. a \\\' Tremper de nouveau. Retremper du linge pour le blanchir. Retremper de l'acier qui a été mis à la forge. |{ 2* Fig. Donner une nouvelle trempe, une nouvelle vigueur. L'adversité a retrempé son âme. D'un autre Sinal fais flamboyer la cime. Retrempe au feu du ciel la parole sublime, lamart. llarm. iv, (2. || 3° Se retremper, v.réft. Reprendre delà force, de l'énergie. 11 s'est retrempé dans les épreuves qu'il a subies.

— HIST. xiii* s. Et l'autre lui retrempe de fresche eaue en son vin [lui verse de l'eau fraîche en son vin] , Uerte , Lv. {| xvi' s. Ces matières, retirées du feu, seront repassées par un linge, et retrempées dans l'eau roze, o. de serres, 908.

RÉTRIBUÉ, ÉE (ré-tri-bu-é, ée), part, passé de rétribuer. Rétribué convenablement.

RÉTRIBUER (ré-tri-bu-é), je rétribuais, nous rétribuions, vous rétribuiez; que je rétribue, que nous rétribuions, que vous rétribuiez, v. a. Donner à quelqu'un le salaire, la récompense qu'il mérite. Rétribuer un médecin, an avocat.

— HIST. XIV» s. Quant les filz rétribuent à leur parens ce que appartient, et les parens font à leur filz ce que il doivent, adonques est l'amislé permanente, oresme, Éth. 241. Et quant il ont rétribué punicion et pris venjance, id. ib. 4 29. || xvi' s. Le loyer qui nous vient n'est pas ainsi appelé pource qu'il soit deu i nos mérites , mais pource qu'il est rétribué aux grâces qui nous avoyent esté auparavant conférées, calv. Inst. 230.

— ÊTYM. Provenç. et e.spagn. relribuir; ital. retribuire ; du lat. retribuere ; de re, et tribuere, accorder (voy. tribut).

t RÉTRIBUTEUR (ré-tri-bu-teur) , ». m. Celui qui rétribue.

— HIST. XV' s. Vous, l'ung des plus nobles du monde, Prince, 1res redoublé seigneur, À Blois m'avez accreu d'honneur.... Dieu vous en soit retributeur, CH. d'orl. ilondeau.

— ÊTYM. Lat. re/ri'6utorem, de re/riiuere, rétribuer. RÉTRIBUTION (ré-tri-bu-sion ; en vers, de ciuq

syllabes), s. (. Salaire, récompense d'un travail, d'une peine, d'un service. C'est à cette extraordinaire et admirable piété, madame, que la Fiance est redevable des bénédictions qu'elle voit tomber sur les premières armes de son roi ; les heureux succès qu'elles ont obtenus en sont les rétributions éclatantes, corn. Poly. À la reine régente. Il y a plus de rétributions dans les paroisses pour un mariage que pour un baptême, et plus pour un baptême que pour la confession, la brcy. xiv. 11 leur fallait savoir quelle serait pour les gens de lettres la rétribution du travail, et ils venaient savoir ce que je voulais pour le mien , marmontel, ilém. ix. Il Fig. Etudiez le cœur humain, et vous trouverez que cette délicatesse [en amourj.... que vous [Juliette] estimez tant, n'est qu'une espèce de rétribution orgueilleuse; on ne veut rien devoir, fonten. Dial. Solim. Jul.

— HIST. xiv s Quant on fait au corduennier rétribution condigne pour ses chaucemens, et au drapier pour ses draps, oresme , Éth. 247. Et pour co est deu au prince loyer et retribucion, et ce est honeur et gloire, id. t6. (65. ||xvi' s. On ne cherche autre chose sinon que les hommes servent i

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Dieu pour rétribution, et soyent comme mercenaires qui lui vendent leur service, calv. Inslit. 629.

— ÉTYM. Provenç. relribucio; espa«n. retribucion; ital reiribuzione; du lat. retributionem , de relribuere, rétribuer.

f RETRIÉ (re-tri-é), t. m. Papier trié une troiliéme fois. Gros retrié.

— ETVM. Re..., et trier.

) RËTRILLKR (ré-tii-Ué, M mouillées), v. a. Ëtrilrerde nouveau. On rétnlle un cheval quand il a sué.

— f.TYM. Be..., Rt étriller.

f RÉTRO, mot latin qui entre dans plusieurs mots compo-és, et qui signifie en arrière, de re, marquant itération, recul, et le suffixe Jro ; rétro est un ablatif.

RÉTROACTIF, IVE (ré-tro-a-ktif, kti-v'), adj. Qui agit sur le passé. Une connaissance acquise comme par liasard aura une espèce d'effet rétroactif qui détruira ou modifiera lieaucoup des connaissances précédentes qu'on croyait absolument sûres, font. du Verney. 11 voyait, pour ainsi dire, une ignominie rétroacti\e pour ses aïeux, lesage, Cil Blas, vu, <2. Nul engagement ne peut avoir un effet rétroactif, J. I Rouss. Hél. m, (9. Ce qui est une espèce de mensonge rétroactif, ID. Ém. il. La loi ne dispose que pour l'avenir; elle n'a point d'effet rétroactif, Cude Nap. art. 2.

— ÉTYM. Voy. BÉTROAOIB.

RÉTROACTION (rétro-a-ksion ; en vers, de cinq syllabes), t. f. L'action d'une chose dont le pouvoir ou l'influence remonte au passé.

— ETYM. Voy. FÉTBOAGIR.

t RÉTROACTIVEMKNT (ré-tro-a-kti-ve-man ), adv. D'une manière rétroactive.

RÉTROACTIVITÉ (ré-tro-a-kti-vi-té) , s. f. Qualité de ce (|ui est rétroactif. La rétroactivité d'une loi.

— ETYM. Hi'troactif.

f RF.TROAGIR (ré-tro-a-Jir), V. n. Opérer rétroactivement ; avoir une force rétroactive.

— ÉTYM. Lat. letroagere , qui veut dire pousser en arri^re, de re(ro, et agi-re (voyez agir)

f RÉIROCÉUANT, ANTE (ré-tro-sé-dan, dan-f), t. m. et f. Se dit de la personne qui fait une rétrocession.

RÉTROCÉDÉ, ÉE (rc-tro-sé-dé, dée), port, paisi de réinicéiler. Une créance rétrocédée.

RÉTROCÉIIER (rétro-sé dé), ». o. Il se conjugue comme céder. Terme de jurisprudence. Céder, par un nouvel acte, quelque droit qu'on avait acquis par transport, et qu'on rend à celui de qui on l'avait reçu. Votre Majesté n'oblige aucun des engagistes à se sioumettre à cette décision, s'ils préfèrent d'exiger le remboursement de la finance qu'ils ont fournie, en rétrocédant les domaines qui leur ont été aliénés, necker. Compte rendu au roi, janv.

— ÉTYM. Lat. retrocedere, qui veut dire aller en arrière, de rétro, et cedere (voy. céder).

t RÉTROCESSIF, IVE(rétro-sè-ssif, ssi-v') , o<i;". Terme de jurisprudence. Par où l'on opère une rétrocession. Acte rétrocessif.

RÉTROCESSION ( ré-tro-sè-sion ; en vers, de cinq syllabes) , t. f. || 1° Terme de jurisprudence. Acte par lequel on rétrocède. La rétrocession du privilège exclusif du commerce de Saint-Domingue, EAïNAL, llist. phil. IV, 26. (| 2° Terme de médecine. Action de se tourner en arrière, en dedans, en parlant d'une maladie dont le transport se fait sur un organe intérieur. La rétrocession d'un exanthème. Il Terme d'obstétrique. Rétrocession du travail de l'accouchement, nom donné, ainsi que celui de fausses eaux, de faux travail, à des cas où Is travail commencé pendant le cours de la grossesse, s'est tout il coup buspendu pour ne reprendre et ne se terminer qu'au terme normal de l'accouchement.

— ETY.M. Voy. rUtrocéder.

■t RÉrROCKSSIONNAIRE (ré-tro-«è-sio-nê-r'), adj. Terme de jurisprudence. Se dit de la personne à qui l'on fait une rétrocession.

tRÉTROFLÉCUl, lE (ré-tro-flé-chi, chie) , ad;. Terme de botanique et de chirurgie. Qui se fléchit ou se courbe en arrière.

— ETYM. l.at. re(ro, en arrière, et fléchi.

t RÉTROFLEX10.\^ré-tro-nc-ksion),«. f. Terme de chirurgie. Inllexion en arrière. || Uétroflexion de ;uUrus, déplacement dans lequel le fond de l'utérus s« fléchit en arrière, sans que l'orifice utérin son ]porié en avant.

— ETYM. Ut. re<ro, en arrière, et flexion. RÊTIIOGRADATION (rc-tro -gra-da-sion), t. f.

Ij !• Mouvement rétrograde, mouvement en arrière! Un coup de pied qui le Ht choir, après une réirogra- Uon fort précipitée, scarr. «om. corn, i, «o.

RHrr

Il 2" Terme d'astronomie. Action de rétrograder, c'est-à-dire d'aller contre l'ordre des signes du zodiaque. La rétrogradation de Jupiter. |{ 11 se dit aussi du mouvement des équinoxes. La rétrogradation des points équicioxiaux vient de ce que les pôles de la terre tournent d'orient en occidentautour des pôles de l'édiplique dans un cercle d'environ 47 degrés de diamètre, BRissoN, Traité de pftyr. l. m, p. 30. || t' Fig Mesure, tendance poliiique par laquelle on cherche à rélabhr un passé incompatible avec le présent.

— HlST. xvi« s. Il n'y a pas plus de rétrogradation, trépidation... aux astres et corps célestes, qu'ils [les philosophes] en ont forgé en ce pauvre petit corps humain, mont, ii, 28t.

— ETYM. Provenç. retrogradaeio ; espagn. retrogradaciort; ital. reirogradatione ; du lat. reiroffrodatinnem, de retrngradare, rétrograder.

RÉTROGRADE (ré-tro-gra-d'), adj. || l-Qui va en arrière. Marche rétrograde. Ordre rétrograde. La déclinaison fde l'aiguille aimantée] est quelquefois rétrograde, et par conséquent son mouvement ne produit pas une révolution entière, buff. ilfin. t. ix, p. 2(8. Il Terme de mécanique. Action par laquelle un corps se meut en sens contraire de sa direction primitive. Il Terme de minéralogie. Se dit dune variété de chaux carhonatée dont l'expression renferme deux décroissemenls mixtes qui sont tels, que les faces qui en résultent semblent rétrograder du côté de l'axe opposé à celui qui regarde la face sur laquelle ils naissent. || Phrases ou vers rétrogrades, phrases, vers qui présentent les mêmes mots quand on les lit à rebours, par exemple ce vers : Rama tibi subito motibus ibit amor. || 1' En parlant des corps célestes et du mouvement des équinoxes. Oui va ou paraît aller contre l'ordre des signes. Le soleil et la lune ne sont jamais rétrogrades. || 3° Fig. Qui veut rétablir le passé. Politiiiue rétrograde. Une mesure rétrograde, Mirabeau, Collection, t. v, p. 307. || Substantivement. C'est un rétrograde.

— HlST. XIV* s. L'un [mètre] est de rime serpentine. L'autre équivoque ou léonine. L'autre croisée ou rétrograde, uachaut, p. ». Il recapitule par ordre rétrograde ce qui est dit aux trois premiers chapitres, oresme, Eth. iv. || xV s. S'il faisoit trop galoper, le cheval deviendroit rétrograde, Prouffitt champ, et ruraulx, ix, 7. || xvi* s. Faut delaier à remettre ces arbres-ci à l'aer, jusqu'à ce que, la crainte du péril passée, par le rétrograde des froidures et gelées, ils demeurent en toute asseurance,

— ÉTYM. Ital. reJrojrodo; du lat. retrogradus, de rpiro, en arrière, et gradi, aller {voy. grade).

RÉTROGRADER (ré-tro-gra-dé), «. n. || 1° Retourner, marcher en arrière. L'armée fut obligée de rétrograder. Il 2* Suivre un ordre rétrograde. Mon père lui demanda ce qui lui avait fait chercher (la 32* proposition d'Euclide, à Pascal âgé de 12 ans]; il dit que c'était qu'il avait trouvé telleautre chose, et sur cela, lui ayant fait la même question, il lui dit encore quelques démonstratioiisqu'il avait faites, et enfin en rétrogradant il en vint à ses définitions et à ses axiomes, m'°*périkr, Yie de Pascal. Que le feu, se condensant, se changeait en air ; que l'air devenait eau, et qu'enfin l'eau devenait terre, et qu'en rétrogradant, la terre, se raréfiant, se changeait en sau, d'eau en air et d'airen feu, pén. l'hil. Heraclite. Mon imagination, qui dans ma jeunesse allait toujours en avant et maintenant rétrograde, compense par ces doux souvenirs l'espoir que j'ai pour jamais perdu, J. J. rouss. Conf. vi, ('• part. il 3° Terme d'astronomie. Se mouvoir contre l'ordre des signes du zodiaque, c'est-à-dire d'orient en occident. 11 y a des comètes qui sont rétrogrades. || On dit que les planètes sont rétrogrades lorsque le mouvement de la terre, plus rapide que le leur, fait qu'elles semblent aller en arrière, contre l'ordre des signes. Il 4° Fig. Perdre ce qu'on avait acquis, appris. Cet écolier, qui avait fait des progrès, rétrograde maintenant. Il est un terme de la vie au delà duquel on rétrograde en avançant, J J. Houss. Ém. ii. On vit cette nation [les Portugais] rétrograder et s'attirer le mépris des peuples dont elle avait excité l'émulation et provoqué la jalousie, raynal, Hisl. phil. IX, 27. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HlST. XV* s. Equivocation retrogiadée [mise sous forme de vers rétrograde', B. dkscii. Poésies m.9s. t° 3»7. Il XVI* s. Quel estoit l'ancien parler gaulois du temps de César, il y a plus de seize cens ans, sans rétrograder plus loin en arrière jusques i la tour de Babel, vioenêrk, Comm. de J. César, p. 07.

— ETYM. Prov. et espagn. retrogradar ; ital. re- (riigradore ; du lat. retrogradare , de retrogradus

(voy. KiTROOKADS).

RET

t RÊTROGRESSIO.V (ré-tro-grè-ssion) , #. f. Il 1° Néologisme. Mouvement en arrière. || 2* Se di' d'une figure de rhétorique plus généralement »ppe lée réversion.

— ETYM Lat. rétro, en arrière, et gressut, pas.

t RÉTROÏTION (ré-tro-i-sion), ». f. Terme de médecine. Se dit des dents qui sont repoussées par d'autres en arriére de la place qu'elles devraient occuper.

— ÉTYM. Lat. rétro, en arrière, et ire, aller.

t RETROMI'ER (re-tron-pé), p. a. Tromper de nouveau.

— HlST. XVI* s. Non, Muret, non, ce n'est pas du jour d'huy Que l'archerot qui cause nostre ennuy Cause l'erreur qui retrompe les hommes, bons. U8.

t RÉTROPENNÉ, ÉE (ré-tro-pè-nné, nnée), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille pennée, dont chaque foliole se prolonge au-dessous de son point d'insertion sur le pétiole.

— ÉTYM. Lat. rétro, en arrière, et penné.

t RÉTROPULSION (ré-tro-pul-sion), t. f. Terme de médecine. Synonyme de répercussion.

— ETYM. Lat. rétro, en arrière, et pulsum, supin de pellere, pousser.

I RETROOUER (re-tro-ké). V. n. Troquer de nouveau. Compère Cille eut regret à sa soute; Il ne voulut retroquer toutefois, la font. Troq.

— HlST. XVI* s. Tous deux posent, l'un l'escalade à propos, et l'autre le pétard, et ainsi crient ville gagnée des deux costez; il fallut de là à douze jours, et par les entremises de la dame de Biron, retroquer place, meubles et prisonniers, D'At;B. Hist. II, 281.

t RÉTROSPECTIF, IVE (ré-tro-spè-klif, kti-v'), adj. Néologisme. Qui regarde en arrière. |{ Qui décrit des événements passés, en partant du présent. Revue, méthode rétrospective.

— ÊTYM. Lat. relro.vpirere, regarder derrière soi, de rétro, en arrière, et specere, regarder (voy. spectacle) .

t RÉTROSPECTIVEMENT (ré- tro-spè-kti-veman), adv. D'une manière rétrospective.

t RETROTTER (re-tro-té), v. n. Trotter de nouveau.

— HIST. XIV" S. Et li sergans respont : sour sains vous puis jurer. Se pluschaiens [céans] me faites venir ne relroter. De centsolz, pourmapainne,jevous ferai panner [contribuer], Baud. de Seb. vin, 848.

t RETROUBLER (re-trou-blé), v. a. Troubler de nouveau. Cet objet, après avoir calmé mes sens, les retrouble, dufrény, Réconc. norm. n, 8.

I RETROUER (re-trou-é), v. a. Trouer de nouveau.

— ETYM. XVI* s. Retrouer, cotgrave.

t RETROUSSAGE (re-tiou-sa-j'), s. m. Terme rural. Quatrième façon de la vigne, qui se donne 1 5 jours ou un mois avant la vendange.

— ÉTYM. R' trousser.

t RETROUSSE (re-trou-s'), s. f. Seconde serre que l'on donne au pressoir à vin.

— ÉTYM. Voy. retrousser.

RETROUSSÉ, ÉE (re-trou-sé, sée), port, passé de retrousser. || 1° Replié, relevé en haut. Que faitesvous, entre autres choses, de ce cocher à barbe retroussée ? dancourt, C/iei>. à la mode, li, 2. Après lui [l'évêque de Senlis, dans une procession de la Ligue] venait le prieur des Chartreux, suivi de tous ses moines, l'habit retroussé, le capuchou abattu, un casque en tête, volt, llist. pari ixxii. || Avoir le bras retroussé jusqu'au coude, avoir ses manches r> troussées, de manière que le bras soit nu jusqu'au coude. Car en enfer on marque votre place ; Des noirs démons les bras sont retroussés, bErano. Gohier. || 2° Nez retroussé, nez dont le bout est un peu relevé. Quelquefois je me figure que vous êtes blonde [il s'agit d'une dame inconnue]; et d'autres fois que vous êtes brune ; tantôt grande , tantôl petite, avec un nez aquilin et aiec un nez retroussé, VOIT. Lett. 78. Il 3" Ce cheval a les flancs retroussés, il a les flancs creux. || 4° 5. m. pi. Champignons du genre agaric.

RETROUSSEMENT (re-trou-se-man), s. m. Action de retrousser ; résultat de cette action. Le retroussement de la barbe était autrefois à la mode. || Absolument. Action de retrousser la robe. Le retroussement étant devenu à la mode, il est temps de perfectionner les jarretières, galiani, Lett. à Urne d'Ëpiiiay, 28 janv. i7"5.

— HlST. XVI* s. Retroussement, uonbt, JMc*.

— ÉTYM. Retrousser.

RETROUSSER (re-trou-sé), v. a. || l* Relever en haut ce qui est détroussé. Retroussez votre manteau. Il 2° Il signifie quelquefois simplement relever. Retrousser ses cheveux. 11 retroussait sa moustache. Mlle de la Fayette, ainsi que ses compagnes, re-

RET

RET

RÉU

troussa tes manches, genlis, Mlle de la Fayette, p. (32, d»ns pouGENS. Il 8* Terme de paveur. Helever la forme en sable d'une chaussée. || 4* Se retrousser, V. réjl. Hetrousser ses vêtements. Il y a de la boue, retroussez-vous.

— BIST. XV* s. Et mangèrent et burent tout  loisir ; puis relrousserenl poU, barrils et leurs pourreances sur leurs charriots.... fboiss. i, i, 2»4. Il XVI' s. Il av.iil le nez beau et long, autant ijue Maistre Jacques l'avoit court et retroussé, desper.

Contet, L Sa robe purpurée Se relroussoit d'une

agraire ilorée, du bellat, iv, 40, recto. Si vous ne retroussez vostre robbe, vous serez crotté sans pitié, PALSOBAVE, p. 781. Œil retroussé [œil dont les paupières sont renversées par quelque lésionl, COTGBAVB. En manière que, si vous retroussiez cet enfant imparfait (il s'agit de deux enfants joints ensemble par moiistruosité], vous voyiez au dessous le nombril de l'autre, mont, m, (36.

— ÊTYM. He..., et trousser; wallon, 1'trots^.

RETROUSSIS (re-trou-sl), s. m. \\ 1" Partie retroussée du bord d'un chapeau à l'ancienne mode, à la Henri IV. |H° Partie retroussée des pans ou basques d'un uniforme. Un habit bleu avec des retroussis jaunes. Les replis qui formaient quelquefois les bonlures des habits [chez les anciensl, n'étaient pas le retroussis et le renversement de l'étoffe sous le bord du vêtement auquel elle était attachée par une coulure, mongez, Inslit. Mém. hitt. et lut. anc. t. iv, p. 270. || 3° Pièce de cuir jaune rabattue sur le haut des bottes. Bottes à retroussis ; on dit plus souvent bottes à revers.

— f.TYM. Retrousser.

t RfiTRO-CTÉRLV, INE (ré-tro-u-té-rin, ri-n'), ttdj. Terme d'anaiomie. Siégeant en arrière de l'utérus. Tumeur rétro-utérine. Abcès rétro-utérin.

— ËTYM. Lat. rétro, en arrière, et utérus. RETROUVÉ, ÉE (re-trou-vé, vée), part, passé

de retrouver. Cet heurrui retour du prodigue retrouvé, Boss. Uar.-Thér.

RETROUVER (re-trou-vé), V. a. \\ f Trouver de nouveau. Je l'ai retrouvé dans le même état. Je ne puis retrouver dans Bossuet une expression que j'y ai lue. Je saurai bien toujours retrouver le moment De punir, s'il le faut, la rivale et l'amant, rac. Baj. IV, 4. Je te retrouve encore avec ceux des Romains Dont j'ai plus souficonné les perfides desseins, volt. Uorl de Ces. ii, 5. La réflexion peut toujours retrouver les choses qu'elle a sues, parce qu'elle sait comment elles les a trouvées; la mémoire ne retrouve pas de même celles qu'elle a apprises, parce qu'elle ne sait pas comment elle apprend, condil. t. V, p. cxxxi. |l Kig. et poétiquement. Je le veux, je l'ordonne; et que la fin du jour Ne le retrouve pas [Pallas] dans Rome ou dans ma cour, rac. Brit. u, t. Il 2" Trouver une personne, une chose qui avait été perdue. Ce sénateur breton demanda à Destin des nouvelles d'Angélique, et lui témoigna d'avoir du déplaisir de ce qu'elle n'était point retrouvée, SCABB. Bom. corn, ii, 8. Candide caressait son mouton : Puisque je t'ai retrouvé, dil-il, je pourrai bien retrouver Cunégnnde, volt. Candide, 20. A peine le jugement fut-il rendu qu'on retrouva le cheval et la chienne, id. Zadig, 3. || Fig. Si la foi dans son coeur retrouvait quelque place, rac. ilndr. ii, t. Il Trouver ce qu'on a oublié, perdu de vue. Retrouver son chemin. C'est un grenier, point ne veux qu'on l'ign re ; lA fut mon lit bien chétif et bien dur ; Là fut ma table, et je retrouve encore Trois pieds d'un vers charbonné sur le mur, bérang. Grenier. || 3° Trouver une personne dont on a été longtemps séparé. Oui, puisi|ue je retrouve un ami si fidèle. Ma fortune va prendre une face nouvelle, bac. Àndr. i, l. Elle retrouvera dans l'autre monde son mari, et elle recommencera avec lui un second mariage, montesq. Lett. pers. fib. ô vous [mes "enfants] qu'en expirant mon cœur a retrouvés, volt. Fanât, iv, 5. La plus grande consolation de mon âge est de retrouver de vieux amis, ID. Lett. Maillet du Bnulay, 20 nov. (768. || 4° Reprendre, regagner. J'ai retrouvé toute ma vigueur, fén. Tél. XV. Là ]e m'enivrerais à la source où j'aspire, Là je retrouverais et l'espoir et l'amour, lamart. Médit, I. Il 6' Trouver une personne ou une chose qui dédommage, qui tient lieu de celle qu'on a perdue Chère épouse.... Je te laisse mon fils pour gage de ma foi : S'il me perd, je prétends qu'il me retrouve en toi, RAC. Andr. lit, 8. || 6° Avec aller, il signifie retourner vers quelqu'un. Allons retrouver Calypso, FÉN. Tél. iv. || 7° Fig. Reconnaître. On ne retrouve presque plus ce poète dans les ouvrages de sa vieillesse. On le retrouve toutes les fois qu'il s'agit d'honneur. Belle âme.... il

[votre épouxj a la consolation de retrouver encore quel(]ue chose de vous dans l'esprit et dans les actions de cet admirable enfant qu'il élève [le Dauphin, dont Mme de Montausier avait été gouvernante], flëch. Duch. de Mont. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père, rac. Phid. I, S. Il 8* Se retrouver, v. réfl. Etre retrouve. La montre ne s'est pas retrouvée. Ce sont des pensées si délicates et qui dépendent tellement du tour et de la finesiie d'expression, qu'après avoir charmé dans le moment, elles ne se retrouvent pas aisément dans la suite, fén. Dial. sur l'éloqnetiee, t.\\l\ se dit quelquefois simplement pour être trouvé, se rencontrer, en parlant d'objets vus ailleurs. Le loup, le renard, le glouton et les autres animaux qui habitent les parties du nord de l'Europe et de l'Asie ont pas.sé d'un continent à l'autre, et se retrouvent tous' en Amérique, buff. Quadrup. t. vi, p 2i2. Il 9' Être de nouveau dans un certain état. Nous nous retrouvons dans le même embarras. Comme il n'y a point de plainte ni de sujet véritalile, je crois qu'il n'y a qu'à causer ensemble avec quelque loisir, pour se retrouver bons amis, sÉv. 2J sept. t«80. Il 10" Revenir, reparaître en un lieu. Lorsque la troisième heure aux prières rappelle, Retrouvez-vous au temple avec ce même zèle, rac. Alli. I, I. Il Se trouver avec une personne dont on était séparé. Tant y a, ma fille, je suis fort persuadée que nous nous retrouverons, et je ne vis que pour cela, SÉV. 409. Quand on est loin, on songe qu'on se retrouvera, m. 22 sept. 1680. Par trois divers chemins retrouvons-nous ensemble, volt. OresTe, IV, <.||11* Retrouver son chemin après s'être égaré. Ne sachant où je suis, comment me retrouver? hauteroche, Esp. fotl. III, 3. Et Phèdre, au labyrinthe avec vous descendue. Se serait avec vous retrouvée ou perdue, rac. Phèdre, n, B. || 12» Fig. Revenir de son trouble, se remettre. Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas Est-ce quelque dédale où ta raison perdue Ne se retrouve pas? malh. vi, «8. L'âme, si longtemps égarée dans les choses extérieures, s'est enfin retrouvée, mais c'est pour s'élever au-dessus de soi-même et se donner tout & fait à Dieu, BOSS. la Vallière. Je n'étais plus à moi, je ne me ressouvenais plus de rien ; j'allais, je venais, j'ouvrais les yeux, j'étais étonnée, et voilà tout; je me retrouvai pourtant dans la longueur du chemin, et alors je jouis de toute ma surprise, mahiv. Marianne, part. I . X présent me voilà seul, à présent je me retrouve, et toutes mes blessures vont se rouvrir, STAËL, Corinne, ix, 3. || 13' Se reconnaître. Il n'y a que la vraie valeur qui aime à se retrouver dans un ennemi, et qui s'y respecte, fonten. Czar Pierre l".

— HIST. xiii* s. Pour savoir se de Berte seroit riens retrouvée, Berte, civ. Et de moult de sa gent fu li rois [qui s'était égaré] retrouvés, ib. cxxi. Ce est Berte ma fille que j'ai ci retrouvée, ib. cx.xxvi. Il XIV* s. Et vous desfens aussi à trestous, en osant, Qu'à l'ost ne revenez jamais en vo vivant ; Se je vous y retruis.... Guescl. t482. Gentilmenl fay; ce qu'en feras. Et encor le retrouveras ; Car bonté faite autre requiert, machaut, p. )lD.||xv« s. Les excès qu'on fait en jeunesse, De boire, manger ou saulter, Us se retreuvent en vieillesse, Et viennent les corps tourmenter, Jiec. de farces, p. 409. {| xvi* s. Il desiroit se retrouver en sa maison avec sa femme et ses enfants, amyot, Pomp. 6i. Tu estois mon pays, mon père et mon espoux, Et tous perdus en toy je les retrouvois tous, bo.ns. 674.

t RÉTROVERSION (ré-tro-vèr-sion), s. f. Terme de chirurgie. Renversement en arrière. || Rétroversion de la matrice, renversement en arrière de la matrice ; le col est porté en avant, à la différence de la rétroflexion, où le col n'est pas déplacé.

— ÉTYM. Lat. relro, en arrière, et rertere, tourner (voy. version).

KETS (rê), s. m. Il 1» Filet pour prendre du poisson, du gibier. Il s'élevait bien quelquefois une petite vapeur de la rivière voisine, qui l'enveloppait comme dans un rets, balz. le Prince, Av.-prop. Ceux qui viendront après nous liront en notre histoire que le cardinal de Richelieu a démoli la Rochelle et abattu l'hérésie, et que par un seul traité, comme par un coup de rets, il a pris trente ou quarante de ses villes pour une fois, voit. Lett. 74. l'endant qu'à la plumer l'autour est occupé. Luimême sous les rets demeure enveloppé, la font. Fabl. VI, IB. Un rets d'acier par ses mains [de Vulcain] est forgé; Ce fut Momus, qui, je pense, en fut cause, id. Fragm. du songe de Vaux. Comme des oiseaux privés chantent pour attirer dans les rets de l'oiseleur les oiseaux sauvages, ciiateai;br.

Génie, iv, XT, «. || Pans de rets, filets avec lesquels on prend ordinairement les grosses bêtes. || Rets saillant, sorte de filet composé de mailles i losanges, et qui sert à prendre des pluviers, des canards et de plus petits oiseaux. || 1* Fig. Tout ce qui sert à saisir, à prendre l'esprit, le coaur, comme fait un rets. Que Zéphire en ses rets surprend Flore U belle, RÉGNIER, SaU xv. Us [les philosophes] quitteront les rets de leurs vaines et dangereus<is subtilités, où ils tâchaient de prendre les âmes ignorantes et curieuses, BOSs. Panég. St André, t. Il [Jésus] tend ses rets sur cette mer du siècle, mer immense, mer profonde, mer orageu.se et éternellement agitée, ID. ib. La parole est le rets qui prend les âmes, id. ib. Tandis que mon cœur ouvert et confiant s'épanchait avec des amis et des frères, le» traîtres m'enlaçaient en silence des rets forgés aa fond des enfers, l. >. Rouss. 3* promen. || Fig. Prendre quelqu'un dans ses rets, le faire tomber dans un piège. || 8° Terme d'anatomie. Rets admirable, voy. RÉSEAU. Ces petites branches d'artères qu'on a nommées le rets admirable, desc. Fcelut, 4. il 4" Rets marin. Nom vulgaire des masses Je coques d'œufs de mollusques, que l'on trouve dans la mer.

— HIST. xiii* s. Les rois dont [ils] soelent les pors [sangliers] prandre. Environ le bois [ils] ont fait tendre. Lai de Melion. Et i puet l'en sa nef ariver et ses cordes lier as arbres qui sont nés, et sechier sa raiz, et destroser sa nef, et mètre à terre sèche, Liv. de jost. 64. Avant que le flum entra en Egypte, les gens qui ont accoustumé à ce faire, getent leur roys desliées parmi le flum au soir, joiNV. 220. Il XV* s. Les deux seigiieurs.... escheirent dedans les mains de leurs ennemis, et furent mieux pris qu'à la roix, froiss. i, i, lus. Le pescheur prist en sa rez une table d'or, christ, de pis. Charles V, m, (4. || xvi* s. L'Evangile est une rets pour attirer toute sorte de poissons, calv. Intt, 1089. Ainsi qu'on peut voir au rets admirable,

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