‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 56 sur 754 · REU · texte numérisé non relu

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de Dieu.... tout s'était réuni i cette unique passion,

SÉV. 6 août 1084.

— h;st. xvi* s. Ce seroit un beau commencement, pour venir à ce poinct principal de reunir les volontez, lanoue, 390.

— f.TVJi. Re..., et unir; ital. riunire. tRÉUNISSAGE (ré-u-nisa-j'), s. m. Action de

réunir les (ils, dans les filatures de coton.

t RIÎUMSSEL'SE <ré u-ni-seû-z"), t. f. Terme de filature. Machine à réunir.

RfiUSSI, lE (ré-u-si, sie), part, passé de réussir. Qui a eu un heureux succès. M. le président Janin, à qui tous les services, toujours très-fidèlement faits et toujours trîs- heureusement réussis.... malh. le XXXÛI' liv. de Tite Lite, au duc de Luijnes. || Terme de beaux-arts. Se dit d'une composition dont l'exécution répond bien à l'idée première. Cette figure est bien réussie.

RÉUSSIR (ré-u-sir) , v. n. |1 1° Être produit par, sortir de (ce qui est le sens propre). Si M. Chapelain est le conseil du P. Lemoine , le P. Lemoine réussira un des grands personnages du temps , BALZ. liv. XX, lett. (0. De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée; cela est impossible et d'un autre ordre, pasc. Pens. xvii, 1, édit. iiAVET. Il en réussira [du châtiment des mauvais anges] cette utilité, que ces esprits malfaisanls, malgré la haine qu'ils ont contre nous, profiteront à noire salut, aoss. 2' sermon, Démens, Prcam!)!(/e. Il Advenir. Soyez, s'il vous plaît, madame, extrêmement satisfaite de ce que vous avez fait pour moi, sans vous soucier de ce qui en réussira, ni du fruit que me produiront vos lettres, VOIT. Lctl. (6. Il faut savoir ce qui réussira de cette conspiration, corn, i" discours. Voyons ce qui pourra do ceci réussir, mol. Tart. ii, 4. 112° Avoir un succès bon ou mauvais. Il faut voir comment ce projet réussira. Don Lope : Vous êtes notre juge, il faut vous adoucir. — Carlos : Vous y pourriez peut-être assez mal réussir, corn. D. Sanche, 1, 4. Il me semble qu'en les joignant ensemble [la lecture d'Épiclète et celle de Montaigne), elles ne pourraient réussir fort mal, parce que l'une s'oppose au mal de l'autre, pasc. Enlret. avec M. de 'Saci. |{ Il a mal réussi , il n'a point eu de succès. || On dit de même : cela lui a mal réussi, lui réussira mal. || 3° Particulièrement. Avoir un succès heureux. Par vous-même en ce trouble il pense réussir , corn. Héracl. v, 2. Il faut maintenant m'éclaircir Si dans sa perfidie elle a su réussir, RAC. Baj. IV, 4. Vous réussirez toujours quand vous aurez des louanges à donner, maintenon , Lett. au card. de Noailles, (9 juillet 1698. Vous ne réussirez point auprès de celles qui ne sont point mariées, hamilt. Gramm. «. Si par ton artifice Tu ne peux réussir à t'en faire un complice , volt. Calil. ii, 4. Je me souviens que, dans la nouveauté de celle tragédie [Brutus] , feu Bernard de Kontenelle et compagnie prièrent l'ami Thiriot de m'avertir sérieusement de ne plus faire de tragédies; ils lui dirent que je ne réussirais jamais à ce métier-là, in. Lett. Damilaville, 23 mars 1763. Ce fut [Frédéric II] de tous les empereurs celui qui chercha le plus à établir l'empire en Italie , et qui y réussit le moins, ayant tout ce qu'il fallait pour y réussir, id. Ann. Emp. Frédéric II, (25). On est assez sûr de réussir quand on parle aux passions des gens plus qu'à leur raison, id. Zaïre, Lett. || Absolument. Avoir du succès dans le monde, dans un salon. Elle a fort bien réussi à Versailles [à la cour] , sév. (98. On lui dit mille fois.... qu'il fallait, pour y réussir [dans les cours], savoir selon les temps ou déguiser ses passions ou fiatter celles des autres, fléch. Duc de Mont. Le duc de Fronsac va épouser votre cousine ; jamais homme n'a mieux réussi à la cour, UAiNTENON, Lett. au duc de Noailles, I2 janv. <7t i. 11 ne faut rien de moins dans les cours qu'une vraie et naïve impudence pour réussir, la bruï. VIII. Ils étaient jeunes, bien faits; ils avaient de l'esprit, et faisaient de la dépense; dans quel pays du monde ne réussit-on pas avec de tels avantages ? HAMILT. Gramm. 4. Je vis que je réussissais, et cela me fit réussir davantage, i. j. rouss. Conf. ii. Le jeune Valancé n'a point réussi chez Mme de Martigues , on l'a trouvé froid et grave, u»' biccùboni , Œuv. t. VI, p. 149, dans pougens. |1 4« En parlant des choses, avoir une heureuse issue. Seigueur, ma diligence enfin a réussi, cor.n. Héracl. iv, 6. Quand je vois que toutes les entreprises sont inutiles contre sa personne, pendant que tout réussit d'une manière surprenante contre l'Élat, boss. Heine d'Angleterre. Tout vous a réussi ; que Dieu voie et nous juge, bac. Ath, u, 7, Lucien dit

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qu'Alexandre, étonné d'abord de voir la dlrinrté d'Êphestion réussir si bien, la crut enfin vraie luimême , et se sut bon gré de n'être pas seulemc. t dieu, mais d'avoir encore le pouvoir de fai e des dieux, fonten. Oracl. n, n. On sait qu' u théAtrc il faut peu de chose pour faire réussir ce qu'on méprise à la lecture, volt. Vie de Molière. Il 5° Venir bien, en parlant des arbres, des plantes. Les pommiers réussissent dans ce terrain. || Los blés, les vignes ont bien réussi cette année, la récolte a été bonne. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il 6° F. a. Terme de peinture. Exécuter heureusement. Réussir un tableau , une figure. {| Proverbe. Rien ne réussit comme le succès.

— REM. Au commencement du xvii* siècle, on di.sputait pour savoir si réussir se conjuguait aussi avec l'auxiliaire être. C'est l'auxiliaire aïoir qui l'a emporté.

— HIST. XVI* s. Qu'est-il reusci de tout cela autre chose, sinon un embrasement de convoitises en gênerai? langue , 488. Les desseins que firent sur icelles [villes] ceux qui prirent la charge de s'en saisir reuscirent vains, id. 6I2 Laquelle intention ne reuscit non plus que l'autre, id. 6(7. Il n'en pouvoit réussir que la totale ruine des sujet» de Votre Majesté, d'aub. Uist. ii, 263. Espérant que le tout reuscira à bien, cahl. iv, lO. Cependant M. de Gonnor estoit aux escoutes de ce qui reussiroit de ce ccatraste, id. vi, 35. J'ay usé, de propos délibéré, en ce lieu, de ce mot accorl, qui est emprunté de l'italien, aussi bien que réussir; mais le teaips nous les a favorisés, pasquibb. Lettres, t. i, p. (05.

— ÉTYM. Ital. riuscire, de ri ou re, et uscire, sortir, qui correspond au vieux français issir, dérivant comme lui du latin exire (voy. issue).

RÉUSSITE (ré-u-si-f), t. f.\\l° Issue ; bon ou mauvais succès. Il faut voir quelle sera la réussite de cette affaire. Il 2° Particulièrement. Bon succès. Pour moi, je m'en tiens assez vengé par la léussite de ma comédie, mol. Éc. des fegimes, préface. Les hommes, sur la conduite des grands et des petits indifféremment, sont prévenus, charmés, enlevés par la réussite, la bruy. iii. Il néglige les menus détails, dont dépend cependant la réussite de presque toutes les grandes affaires, mgntesq. Lett. pers. ( iB. Il 3° Se dit familièrement d'une combinaison de caries, que des personnes superstitieuses essayent, pour augurer du succès d'une entreprise, d'un vœu, etc. Faire une réussite.

— UF.M. On a dit réussit au masculin : Nature glorieuse de son réussit ne put gouster modérément sa joie, CYR. de behg. Pédant joué, i, (.

— SVN. 1. réussite, issue. Ces deux mots ont le même radical (lat. eiire, sortir), et ne diffèrent que par le préfixe re. Aussi le sens ne diffère guère, et il est difficile de sentir une nuance entre : Je ne sais quelle sera la réussite de cette affaire, ou l'issue de celte affaire. || 2. réussite, succès. Réussite ne se dit que des petits succès. Succès se dit des grandes choses comme des petites. D'après Bouhours, qui le déclare un mot nouveau, réussite ne se disait proprement que des ouvrages d'esprit. Cet usage restreint a disparu.

— ÉTYM. Ital. riuscita, de riitseire (voy. réussir). On a dit au xvi* siècle reussissement : Craignant un mauvais reussissement de cette affaire, carl. ii, 9. De CaiUières prétend que r(!ussi(e est dû à un homme de la cour vers (670, dit pour cela par les plaisants M. de la Réussite. C'est un conte; l'exemple de Molière est de 1662; c'est l'italien qui a fourni le uiot.

t REVACCINATIOX (re-va-ksi-na-sion), s. f. Action de revacciner.

t REVACCINER (re- va-ksi-né), v. a. 'Vacciner une seconde foi.^.

t REVALE-NTa, (re-va-lin-ta), s. f. Substance alimentaire qui a po'V base la farine de lentilles décortiquées, avec des. ^Proportions variables de farines de pois, de maïs, etc.

— ÉTYM. Composé barbare du lat. ervum, ers, et lens, lentille.

t REVALIDATION (rc-va-li-da-sion), t.f. Terme de pratique. Action de rovalider.

HIST. ivi* s. Quant aucuns auront leurs lettres

rompues ou perdues par caducité.... ils en pourront faire remonstiance en nostre ditle cour, afin d'avoir rsvalidation ou nouvelles lettres, A'ouv. coust. gêner, t. II, p. "5.

t REVALIDER (re-va-li-dé), v. a. Terme de pratique. Conférer une nouvelle validité.

— HIST. XVI* s. Por ordonner lesdites lettres estre revalidées, JVoui'. coust. génér. t. ii, p. 75.

REVALOIR (re-va-loir), v. a. Il se conjugue comme valoir. || 1° Compenser. Pour trouver lesadou-

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cissements qui rêvaient bien à la loi ce qu'ils lui coûtent, BOLLiN, Wiï(. anc. Œuv. t. ii, p. 667, dans PonoFNS. Il J° Rendre la pareille en bien. Mon cher monsieur, lui dis-je; je vous remercie du conseil; quelque jour je vous le revaudrai, si je puis, mamv. Pays. part), part. 3 || Rendre la pareille en mal. Si vous me trahissez, je vous le revaudrai, DANCOURT, Moul. Jav. sc. 28. Il laissa les Sabins maîtres de la campagne, bien sûr de leur revaloir dans peu leur brigamiage.... il revalut aui Sabins le pillage qu'ils avaient fait.... lk p. catrou, dans

DMF0NT.4INKS.

— HIST. XV' s. Or lui revaudra [au comte de Flandre] l'alliance qu'il avoit au duc de Bourgogne, lequel a sa fille pour femme, froiss. ii, li, I6l.

REVALU, L'E (re-va-lu, lue), part, passé de revaloir.

REVANCHE (re-van-ch'), t. f. || !• Action de rendre la pareille pour un mal qu'on a reçu. Ne triomphez point tant ; vous ne tarderez guère à me faire avoir ma revanche, mol. les Amants, ii, t. Annibal : Je vous ai fait passer de mauvais jours et de mauvaises nuits. — Fabius : Il est vrai ; mais j'ai eu ma revanche, fén. Dial. Fabius, Annibal. La vengeance n'est plus qu'une revanche ; on la prend comme un moyen de réus.sir, et pour l'avantage qui en résulte, duclos, Consid. mœurs, 4. Quoique j'eusse assez beau jeu pour prendre ma revanche, j. J. Rouss. ConÇ. 1. Il 2° Il se dit quelquefois en bonne part pour reconnaissance, retour. Il m'a rendu un bon office, j'aurai ma revanche. Si la revanche était indubitable, quelle gloire y aurait-il de faire plaisir ? malh. Traité des bienf. de Sénèque, I, I. Eh ouil voire réception Me touche, me pénètre; elle est et noble et franche : Ne pourrai-je chez moi prendre un jour ma revanche? colli j d'haflev. Chdt. en Espagne, il, 4. || 3» Terme de jeu. La seconde partie entre deux joueurs, que le perdant joue pour se racquitter. Jouer la revanclie. Donner la revanche. Partie, revanche et le tout. Quand vous [mari] perdez au jeu , l'on [l'amant de votre femme] vous donne revanche ; Même votre homme écarte et ses as et ses rois, la fo.nt. Coupe enchantée. Je lui gagnai paitie, revanche et le tout dans un clin d'oeil , hamilt. Gramm. in. Il Fig. J'ai vu M. de GarviUe, je ne l'ai point assez vu, j'étais très-malade, mais j'espère qu'il me donnera ma revanche, volt. Lett. Ùarmontel, » •août < 773. Il Fig. Je trouve que nos gouverneurs ont gagné, dans toute cette manœuvre, la partie, la revanche et le tout, sév. 8 juillet t08&. || Fig. Prendre sa revanche, réussir après avoir éprouvé un insuccès. M. le vicomte n'a pas encore eu le temps de déployer toute son éloquence; mais laissez-le faire, il prendra sa revanche, genlis, Thédt. d'dduc. le Voyageur, i, 1 . || 4° Toute reprise de jeu que demande un joueur qui a perdu. J'ai perdu au piquet; voulez-vous me donner ma revanche au trictrac? 116" En revanche, loc. adv. En compensation, en récompense. Si jamais je t'aimai, cher Rodrigue, en revanche Défends-toi maintenant pour m'ôter à don Sanche, corn. Cid, v, l. Je n'en dissimulerai point les défauts, et en revanche je me donnerai la liberté de remarquer ce que j'y trouverai de moins imparfait, II). i" dise Qui rit d'autrui Doit craindre qu'en revanche on rie aussi de lui, mol. Ëc. des femmes, i, (.

— lllST. xvi* s. Je ne veux point mespriser. Ne mesdire en ma revanche : Mais j'aime mieux estre blanche, uarot, u, 355. X tin que nous ne nous en allions pas sans revenche, mo.nt. i, 28. Je suis prodigue de bonnelades, et n'en receols jamais sans revenche, ID. m, 3). On doit avoir desplaisir, voire honte de si rigoureuses revanches, langue, 582. Les frères nous ont pris sans verd à ce coup, mais nous aurons quelque jour nostre revanciie, id. 6)3. Et moi en revanche je vous promets un livret à quoi un de mes voisins travaille, d'aub. Fœn. m, 2t. ....Que le seul moyen de faire cesser les barbaries des ennemis est de leur rendre les revanches, lu.

Uist. I, 165.

— ÉTYM. Voy. revancuer; bourg, revainche; Berry, revenche.

REVANCHE, ÉE (re-van-ché, chée), part, passé de revancher. Bien revanche par son ami.

REVANCUER (re-van-ché), v. a. || 1° Terme familier. Venger, en le secourant et le défendant, quelqu'un qui est attaqué. Il a revanche son camarade, Diclionn. de l'Acad. || 2" Se revancher, V. réfl. Se défendre. Il m'a attaqué, je me suis revanche. Il 3° Rendre la pareille en mal. Je veux d'un si bon tour Me revancher... laVont. Fais. Les jésuites, ainsi pinces sur leur morale d'Europe et d'A-

sie, s'en revanchèrcnt sur le temporel, st-5;m. 78 , 9, Il Fig Les sons abusent la raison par de fausses apparences, et cette même pipcrie qu'ils apportent A la raison, ils la reçoivent d'elle à leur tour : elle s'en revanche, pa.sc. Pens. m, to, édit. havp.t. Il Rendre la pareille en bien. Kt, puisque mon trépas conserve voire gloire. Pour vous en revancher conservez ma mémoire , corn. Cid, v, 7. Tel que soit un bienfait et quoi qu'il en coûte, lorsqu'on l'a reçu à ce titre , on est obligé de .s'en revancher, VAUVEN. Max. 673. Pour vous en revancher conservez ma mémoire : Le mot revancher est devenu

bas; on dirait aujourd'hui : pour m'en récompenser, VOLT. Comm. Corn. Rem. Cid, v, 7.

— iiiST. XIII' s. De revengier les mors et les chetis Qui pour vous sont et pour s'amour [de Dieu] occis, QC'ESNRS, homanccro, p. loo. Ainsinc Pecune se revanche, Comme dame roïne et franche. Des sers qui la tiennent enclose, la Hose, 522 1. ]| xiV s. Car cilz qui se revenge depuis qu'il est souspris, Et par son grant orgueil ne veut crier mercis, S'il muert en cel estât, je di qu'il en vaut pis , Guescl. 21160. Il xv s. Pour ayder à revancher la trahison que les Lyegeois lui avoient faicte, comm. ii, 9. Print vouloir au roy de se revencher du duc de Bourgongne, id. m , l . || xvi* s. Revent;e-moi , pren la querelle De moi. Seigneur, par ta merci, marot, IV, 285. Les loix de l'honneur condemnent un démenti souffert, celles de la justice un démenti revenche, mont, i, ii9. Ayant esté desvalisé par les ennemis, il feit sur eux, pour se revencher, une belle entreprinse, id. h, 6. Celle piperie des sens, nostre ame parfois s'en revenche de mesme, m. u, 307.

— ÉTYM. Re..., et venger. Revancher est aussi correct que le serait revenger ou que l'est venger ; la finale icare donnant souvent cher, comme un le voit pour pencher, de pendicare ; Berry, reranger.

REVANCUEUR (re-van-cheur) , s. m. Celui qui revanche quelqu'un.

— HIST. XVI' s. Revangeur, cotghave.

— ÉTYM. Reiaiicher.

RÊVASSER (rê-va-sé), v. n. \\ 1° Avoir des rêveries fréquentes et diverses dans un sommeil agité. Il a eu la fièvre et n'a fait que rêvasser toute la nuit. Il Fig. Je n'ai pas rêvassé, ce n'est pas une vaine imaginalion. L'almanach n'a pas rêvassé , Quand il a dit que, cette année, La France serait gouvernée Aussi mal que par le passé, Dial. de l'Hôpital et de Ilayard, dans richelet. || 2' Terme familier. Penser vaguement à quelque chose. Mais si longtemps il rêvassa, Que plus d'un Troyen s'en lassa, SCARR. Virg. vu. J'ai rêvassé sur ces poussières, dont la structure est si admirable, bonnet, Lelt. div. Œuv. t. xii , p. 404 , dans pouge.ns. Il est resté là un bon bout de temps à rêvasser, les yeux fixés en terre, genlis, Tkédt. d'éd. la Rosière , u, 4. Je m'en rapporte à votre confrère, qui est là rêvassant, BEAiMARCH. Barb. de Sév. m, 5. ||I1 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— IIF.M. Au commencement du xvii' siècle, on disait aussi ravasser : El là , malgré mes dents, rongeant et ravassant, Régnier, Sal. xv.

— HIST. XVI' s. Ayant longuement resvé et resvassé , je me trouve bien perplex pour pouvoir juger et discerner, pasquier, dans le Dict. de dochez.

— ÉfiM. Rêver, avec la finale péjorative asser; wallon, rdvlé , rêvasser, rdvleg, rêve agité.

RÊVASSERIE (rê-va-so-rie), s. f. \\ 1° Action de rêvas.ser; état d'une personne qui rêvasse. Ce malade est dans une rêvasserie continuelle. Les rêvasseries de la lièvre. || 2° Kig. Terme familier. Il se ilit d'idées comparées à des rêvasseries. C'est un homme qui débite bien des rêvasseries. J'ai l'air de me moquer de tout ce qui lient à la rêvasserie. M'"' du deffant, Corresp. t. ii, p. i4o, dans pougens.

— HIST. XVI' s. Les plus grossières et puériles ravasseries, mont, ii, 2ai.

— ÉTYM. fle'iasser.

RËVASSEUR (rô-vaseur) , s. m. Terme familier.

Celui qui rêvasse , iiui est livré à des idées comparées à des rêvasseries. Quand cela sera fait, vous aurez votre sublime rêvasseur René [un écrit con tre les systèmes de Descartes], volt. Lett. Thiriot, 6 sept. 1736.

— ÉTYM. iîeiojiser.

t REVAUTRER (re-vôtré), V. a. Vautrer de nouveau. Il Se revautrer, v. réfl. Se vautrer de nouveau. Quel plaisir de laver une truie sale et vilaine qui va aussiiôt se revautrer dans le bourbier ? le p. sim. mars, ilyst. du roy. de Dieu, p. 278, dans pougens.

1. RÊVE (rè-v'), ». m. Il !• Combinaison involontaire d'images ou d'idées, souvent confuses, parfois très-nettes et très-suivies, qui se présentent à

l'esprit pendant le sommeil. Non-seu le.oient ils [les ro.ssignols] dorment, mais ils révent, et d'un lêve de rossignol, car on les entend gazouiller à demivoix et chanter tout bas, bufp. Ois. t. ix, p. <6I. Je demande que chacun rélléchisse sur les rêves, et tâche de reconnaître pourquoi les parties en sont si mal liées, et les événements si bizarres ; il m'a paru que c'était principalement parce qu'ils ne roulent que sur des sensations et point du tout sur des idées, ID. Duc. nat. animaux, Œuv. t. v. p. 3-n. Si les organes .seuls produisent les rêves de la nuit, pourquoi ne produiraient-ils pas seuls les idées du jour ? volt. Dict. phil. Somnambules. C'est un étai bien singulier que celui du rêve, aucun philosophe que je connaisse n'a encore assigné la vraie différence de la veille et du rêve, ninER. Salon de i767, Œuv. t. xiv, p. 253, dans pougens. Elle croit aux .songes ; quand elle a fait un mauvais rêve, la voilà de mauvaise humeur pour toute la journée, genlis, Thédt. d'éduc. la Tendresse malern. sc. t. Ainsi de nos pensers nos rêves sont l'écho, delil. Imag. i. Le rêve du méchant est son premier supplice, ID. ib. Là jamais ne s'élève Bruit qui fasse penser; Jusqu'à ce qu'il s'achève. On peut mener son rêve Et le recommencer, lamart. Uarm. m, 10. ||Fig. et familièremeift. U a fait un beau rcve, se dit d'un homme qui a joui d'un bonheur très-court, qui s'est bercé d'un espoir trompeur. || Il se dit aussi d'un succès, d'un bonheur que rien ne pouvait faire attendre. Être d'un siècle entier la pensée et la vie, Émonsserle poignard, décourager l'envie. Ebranler, raffermir l'univers incertain , Aux sinistres clartés de la foudre qui gronde. Vingt fois contre les dieux jouer le sort du monde, Quel rêve!... et ce fut ton destin , lamabt. Méditât, ii , 7, Bonaparte, Il Fig. et familièrement. Les histoires que vous nous contez là sont de beaux rêves, elles n'ont pas plus de suite, de vraisemblance que si elles étaient des rêves. || Fig. et familièrement. C'est un rêve que de vous voir ici, on s'y attendait si peu qu'il semble qu'on rêve. || Fig. Le rêve de quelqu'un, ce à quoi il songe toujours. Sans vieillir, accablé de jours, La fin du monde est mon seul rêve, eé- RANO. Juif errant. || 2° Fig. Il se dit de tout ce qui est comparé à un rêve. Ce n'est pas là un système de philosophie [la physique de Descaries], c'est le rêve d'un homme en délire, volt. Vial. xiix, lo. Délires insensés I fantflmes monstrueux I Et d'un cerveau malsain rêves tumultueux ! A. chén. l'Inlenl. De ce rêve enchanteur je goûtais le mensonge, m. j. ciiÉN. Féncibn, li, 3. Vous m'avez délaissé, doux rêves de la vie, id. la Prom. .Nos guerriers, instruits par vos leçons. Comme un rêve insensé méprisent mes soupçons, G. delav. Vép. sicil. m, 3. La gloire est le rêve d'une ombre, lamart. hédit.i, i l .

— SYN. iiÊVE, rêverie. Le rêve est d'un homme endormi; la rêverie est d'un homme éveillé.

— ÉTYM. Voy. RÊVER. Il est singulier que ce mot n'ait aucun historique.

\ 2. RÊVE (rê-v'), s. f. Impêt qui se prélevait sur les marchandises, à leur sonie du royaume. En Normandie il se levait quatre deniers pour livre delà valeur des marchandises, à la sortie du royaume, sous le nom de rêve ou domaine forain dont l'établissement est fort ancien, Édit. sept. 1684.

— HIST. xiV s. Pour recevoir la rêve et imposicions qu'il pourront devoir pour l'issue du royaume, DU CANGE, rem. || xv s. En regard de l'imposilion foraine et resve qui se levé tant à Paris que ailleurs dedans le royaume, godefhoy , Observations sur Cluirles VIll, p. 417, dans l.\cuhne.

— ÉTYM. D'après du Cangc, reio est une forme pour roga, demande, du latin rogare; d'après Demenard, c'est le nom de Pierre la Rêve, nom qui passa à l'imfiôt, comme celui de Paulet à la paulette.

RÊVÉ, ÉE (rê-vé, vée), part, passé de rêver. Ne prenez point ceci pour un conte rêvé, hauterociie, l'Auiant qui ne flatte point, m, 7. j| Désiré comme dans un rêve. La fortune rêvée par cet ambitieux.

REVÊCUR (re-vê-ch'), adj. || i° Qui est comme à rebours, jl On dit du fer, qu'il devient revêche, lorsque, élant mis au feu pour être travaillé, il s'endurcit au recuit. || Diamant revêche, diamant auquel on ne peut faire prendre le poli dans toutes ses parties. || On dit dans un sens analogue : marbre revêche. Il y a des marbres revèches dont le travail est très-difficile; les ouvriers les appellent marbres fiers, parce qu'ils résislent trop aux outils, buff. If in. t. II, p. 18. Il 2° Âpre au goût. Du vin revêche. Des poires revèches. || 3° Fig. Peu traitable, rébarbatif. Revêche à mes raisons, il se rend plus mutin, Régnier, Sat. XV. Il s'était défié de Callisthène comme d'un esprit revêche, vauoel. Q, C. vi i, 6. Et vous, es-

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priU revéohes, humeurs grossière» et fâcheuse», apprenez à TOUS vaincre, Boss Inttr. aux ursul. lur le silence, ii. C'est un ami que je veux conserver ; et vous avez quelquefois le ton dur et revêche, Liselle : il valait mieux le laisser dire, MABiv. k/.egs, se. 6. Catherine était grande, maigre, mise blanchement, et portant sur sa mine l'air d'une dévotion revêclie, en colère, et ardente, ID. Pays. paru. part. t. EAe a un certain air revêche qu'on est fia' té d'apprivoiser, M"' DU DEFFANT, Lett. à H. WalpoU, t. I, p. »3, dans poi GENS. Le singe est indocile autant au'extravagant ; sa nature est en tout point extrêmement revêche, buff. Quadrup. t. iv, p. <69. Il est vrai que l'encens était habilement préparé pour chatouiller la modestie revêche du Calon rigide [le duc de MontausierJ à qui Despréaux avait besoin de plaire, d'alemb. Eloges, /Jesfir^aHi. || Substantivement. Il fajt y joindre encorla revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri. Gronde, choque, dément, contredit un mari, uoiL. Sat x. || 4* S. f. Anciennement, étoffn de laine, espèce de ratine frisée à poil long. Revêches non croisées, façon d'Angleterre, Tabl. annexé aux lett. pat. du 22 juillet 1 7S0. Il On a dit aussi reverse : pinchinats ou reverses, Tabl. ann. aux lett. patent, du 18 sept. <7ho, Auch.

HiST. xiu' s. La felonnesse, la revesche Airo-

pos qui tout ênnpeesche, la Rose, 20002. Des qu'as nues lassus amont Saillent et volent les flamesches; Lors est si fiers et si revesches Li grant brasier et la grant flame ... Gautier decoincy, p. 24». || xv s. Plus lui fist de dérision Sa femme crueuse et perverse. Et plus son couraige reverse. Que chose qu'il eust à souffrir, E. desch. Poésies mss. f° 632. X laquelle chose il mit moult grand'peino ; car moult le trouvoit dur et revesche, Boucic. i, 27. || xvi' s. Ce Tissaphernes, qui au demeurant estoit homme revesche, se laissa si bien aller à ses flatteries.... AMTOT, Âlc. «7. Vin revesche, cotgrave. Le lieu de l'exécution estoit dans la salle, au milieu de la quelle on avoit dressé un echafaut large de douze pieds en quarré, et haut de deux, tapissé de mcschante revesche noire, brant. Dames illust. p. U7, dans LACURNE. Des bons draps unis et forts, des burats, des reverches, des cordillats, 0. de serres, 883. — ÉTYM. Poitev. roueinche, revêche, âpre au goût; portug. revesso ; selon Diez , du lat. reversus, retourné, contraire; l'historique, où revesche, reverse, reverche sont pris l'un pour l'autre, montre que cette étymologie est bonne. Revesche est l'équivalent de l'ital. rivescio, l'envers, qui représente le lat. reversus.

t RÊVE-CREUX (rê-ve-kreû), s. m. Synonyme de songe-creux. Un moraliste, un rêve-creux, BOissï, Français à Lond. se. <6.

t REVÉCU, REVÉCUS, REVÉCUSSE, voy. revivre.

RÉVEIL (ré-vèll. Il mouillées), f. m. || 1° Passage du sommeil à l'état de veille. Un songe.... Oui d'un amas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains

objets que le réveil détruit, gorn. Poly. i, t X

«on réveil il trouve L'attirail de la mort alentour de son corps, la font. Fabl. m, 7. Les réveils de la nuit ont été noirs, et le matin je n'étais point avancée d'un pas pour le repos de mon esprit, sév. 14. Quoi I tandis que Néron s'abandonne au sommeil, Faut-il que vous veniez attendre son réveil ? 8AC. Brit. 1, t. Comme une grande image Survit seule au réveil dans un songe effacé, lamabt. Jf^d. :, 8. Quand son œil s'entr'ouvre pareil Au rayon de l'aube première, D'un enfant le premier réveil Est moins pur aux yeux de sa mire, p. le- BHUN, Poés. II, II, 36. Il Fig. Dans un sommeil profond ils ont passé leur vie, Et la mort a fait leur réveil, J. b. rouss. Odes, i, 42. || Batterie de tambour, ou sonnerie de trompette qui annonce l'heure du lever. |1 Fig. Il a eu un fâcheux réveil, se dit d'un homme qui a été détrompé d'une illusion flatteuse. || 2° Poétiquement. Le réveil de l'aurore, le point du jour. Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil, de laphade, la Chanson de l'alouette. H Le réveil de la nature, le printemps, époque où la nature semble renaître. ||8" Il se dit de la sortie hors du sommeil de la tombe. De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge Que leur restera t-ilî ce qui resta d'un songe Dont on a reconnu l'erreur; A leur réveil (ô réveil pleiu d'horreur I).... «*c. Àth. u, ». Toute la vie n'est peut-être qu'un »onge continuel; peut-être que le moment de la mort sera un réveil soudain, fém. Dial. des morts ane. Dial. xxviu. Ce n'est qu'un paisible sommeil. Que, par une conduite sage, La loi de l'univers engage X n'avoir jamai» de réveil, cbaul. à la duch. ie Bouillon. Mouron»; que craindre encor quand

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on a cessé d'être? La mort, c'est le sommeil.... c'est un réveil peut-être! Ducis, Hamlet, iv, ). Là [dans un cimetière] tout dit : espérance ; Tout parle de réveil, LAMART. Ilarm. m, to. 114° Fig. Mouvement moral comparé à un réveil. Dès que le moment de ce réveil terrible sera venu; des qu'ils [les peuples] auront pensé qu'ils ne sont pas faits pour leurs chefs, mais que leurs chefs sont faits pour eux, baynal, Hùt. phil. xviii, 3». En quel insensible sommeil, Europe, restes-tu plongée I Le cri de la Grèce égorgée Ne hâte-t-il pas ton réveil? P. Lebrun, Voy. de Grèce, Prologue. \\ 6° Machine d'horlogerie pour éveiller, dite aussi réveille matin. U faut mettre le réveil à telle heure. || 6" Nom que l'on donnait à un canon de 96 livres de balles. || 7° Espèce d'euphorbe, dite plus souvent réveille-matin.

— HIST. XVI' s.... Par ambassades, missives, réveils [sérénades] et aubades, despeb. Contes, cxxviii. Las I ce qui m'a tant pieu n'estoit rien qu'un faux songe, El mon mal au contraire est un ferme réveil, desportes, Imit. de l'Arioste.

— ÉTYM. Re..., et^eeti; provenç. revelh. On trouve dans Froissart et dans Perceforest resveil au sens de divertissement, maisceparatt être une confusion avec l'ancien substantif reieJ qui a ce sens.

tRÉVEILLABLE (ré-vè-Ua-bl', Il mouillées), adj. Oui peut être réveillé.

— HIST. XVI" s Et d'un sommeil profond,

Toutefois reveillable.... bons. 802.

RÉVEILLÉ, ÉE (ré-vè-llé , liée, Il mouillées), port, passé de réveiller. Tiré du sommeil Réveillé en sursaut. || Fig. Ces larmes que nous arrache l'image de nos passions si vivement réveillées [par le théâtre] , boss. Coméd. xii. Enfin la cour de Madrid, réveillée par les cris de tout un peuple, chargea Velasquezdu salut public, baynal, Ilist. phil. vi, )3.

t RÉVEILLÉE (ré-vè-llée, U mouillées) , *. f. Le temps pendant lequel on travaille sans interruption dans un four de glacerie.

— ETYM. Réreillé.

RÉVEILLE MATIN {ré-vè-lle-ma-tiii , H mouillées), s. m. Il 1° Petite pièce sur laquelle on fait du bruit pour réveiller les religieux, afin d'aller à matines. Il Celui qui sonne tous les matins la cloche dans une communauté. || 2° Horloge dont la sonnerie réveille à l'heure sur laquelle on a mis l'aiguille en se couchant. || Familièrement. C'est un fâcheux rcveille-matin, se dit du bruit que fait le matin, dans le voisinage, un serrurier, un maréchal, etc. Il Fig. Un agréable, un fâcheux réveille-matin, une bonne, une mauvaise nouvelle apprise en s'éveillant. Il 3° Se dit du coq, qui chante de grand matin. Le réveille-matin eut la gorge coupée, la font. Fabl. v, 6. Il 4* Espèce d'euphorbe, euphorbia helioscopi'o, L. Il Au plur. Des réveille-matin.

— BEM. Béranger a écrit réveil-matin : Oui, pour vous doit briller encor Le jour de la victoire; J'en serai le réveil-matin, Vivand.

— HIST. XVI* s. Cest arrest ici devroit estre suffisant pour servir de reveille-matin aux oppresseurs, LANOUE, 14. Ce qui me fait d'autant plus esbahir qu'ayans de tels resveille-matins nous soyons si endormis, ID. 389.

— ÉTYM. Réieiller, et matin.

fRÉVEILLEMENT (ré-vè-Ue-man, Il mouillées),

t. m. Action de réveiller.

— HIST. XV* s. Kt sonnèrent parmi la ville leurs trompettes de reveillement, froiss. ii, ii, 229.

RÉVEILLER (ré-vé-llé, Il mouillées, et non révè-yé), t). a. || 1° Éveiller de nouveau; sens propre qui n'est pas usité ( réveiller n'ayant ce sens qu'au fig ). Il 2° Faire cesser le sommeil. Qui vous réveille donc avant que la lumière Ait du soleil naissant commencé la carrière? roth. Vencesl. iv, 4. On sait que le lendemain [jour de la bataille de Rocroy], à l'heure marquée, il fallut reveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre, boss. Louis de Bourbon || Réveiller queUju'un d'un assoupissement, d'une léthargie, l'en tirer. || Fig U ne faut pas réveiller ou éveiller le chat qui dort, voy. chat. Il Absolument. Tenir éveillé. Uien ne réveille tant qu'une extrême joie, ou que l'attente certaine d'un grand bonheur, mariv. lUarianne, prt. 4. |1 3° Fig. Exciter, animer, appeler l'attention, avec un nom de personne pour régime. 11 n'est rien qui si fort nous réveille l'esprit, hégnier, Sat. x. Je souhaite.... que 1 amitié que vous avez pour moi fasse un effet qui est de vous réveiller sur le soin que vous devez avoir de vous , sÊv. 26 déc. 1679. Il [le jeune Grignan] est sensible à tout ce que vous f.iites pour lui.... il n'est pas même besoin de le réveiller làdessus, iD. te fév. 1689. Mon fils a bien de l'esprit, et d'un esprit cultivé, qui réveille le mien , id. à

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Butty, H juin i»M. Quand, pour punir les scandales ou pour réveiller les peuples et les pasteura, il [Dieu] permet â l'esprit de séduction de tromper l'S âmes hautaines, boss. Reine d:'Angleterre. C'est une chose étrange que les hommes aient besoin d'être réveillés sur cela [la différence entre l'homme et la bête], id. Conn. v, «. Qu'il [le poète dramatii|ue] soit aisé, solide, agréable, profond; Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille, BOIL. Art p. m. Cela [une remarque sur ses procédés] le réveilla; car il ne s'en serait jamais aperçu, hamilt. Gramm. iv. || Absolument. La description que vous me faites.... est une chose divine; elle réveille malgré qu'on en ait,sev. 20 juin (672. || 4" Fig. Éveiller de nouveau, renouveler, ranimer, avec un nom de chose pour régime. Il y a une grande différence entre lire un livre toute seule, ou avec de? gens qui relèvent les beaux endroits, et qui réveillent l'attention, SÉV. 68. Votre souvenir.... m'a réveillé tout l'agrément de notre ancienne amitié, id. d Ménage, 23 juin (666. Si vous aviez la bonté de le voir [M. Guillart], et de réveiller l'affection qu'il avait pour moi, II). l"raai I69l. Les saintes prières des agonisants réveillent sa foi ; son âme s'épanche dans le» célestes cantiques, boss. le Tettier. Il (Cyrus] sut réveiller la jalousie des peuples voisins contre l'orgueilleuse puissance de Bahylone, id. Hist. m, 4. Et 1» honte en leurs coeurs réveillant leur audace, bac. Mithr. v, 4. Ceux mêmes dont ma gloire aigrit l'ambition. Réveilleront leur brigue et leur prétention, ID. Iphig. i, (. De Troie en ce pays réveillon» les misères. Et qu'on parle de nous ainsi que de nos pères, ID. Andr. iv, 3. Les objets qui réceilleront les plaies anciennes de votre cœur, mass. Carême, Prière r Faut-il errer dans les tombeaux d'Athène, Ou réveiller la cendre des Latins? gbesset, ÉpUre ilxis réveiller les feux sous la cendre assoupis, DELILLE, En. v. Il 5" Susciter de nouveau. Je crnis qu'il n'y a qu'à lui laisser entre les mains [& M. Guillart] les papiers de cette aflaire ....j'espère qu'elle ne sera jamais réveillée, puisqu'elle ne l'a point été, SÉV. 4 août t69i. Des traitants inventaient de nouveaux offices, de nouveaux droits sur les consommations, réveillaient d'anciennes prétentions domaniales , volt. Henr. vu , notes. Je ne réveille point les bruits sur Mme de Soubise [qu'elle était la maîtresse de Louis XIV], qui fortifia souvent les soupçons par son affectation à le» écouter, duclos , Œuv. t. v, p. I8i. || Reveiller un procès, le recommencer. || 6* Faire naître. C'est Phocion, me dit-il ; et ce nom doit à jamais réveiller dans votre esprit l'idée de la probité même; sa naissance est obscure ; mais son âme est infiniment cleiée, HARTiiÉL. Anach. ch. 7. || 7° Terme d» marine. En parlant de la rose des vents, presser un peu du bout du doigt la glace de la boussole contre cette rose, afin de la mettre en mouvement lorsqu'elle s'arrête. || 8" Se réveiller, ». réjl. Cesser de dormir. J'ai crié, mais en vain, et, fuyant sa fureur [d'un dragon en un rêve]. Je me suis réveillé plein de trouble et d'horreur, boil. Lulr. iv. Elle [la mort] ressemble au sommeil comme deux goutte» d'eau ; ce n'est que l'idée qu'on ne se réveillera plus, qui fait de la peine, volt. Lett. Mme du Deffant, 9 mai (764. [la tombe] Où pour l'éternité l'on croise les deux bras, El dont les endormis ne se réveillent pas, A. DB MUSSET, Don Paex. || Par extension. Pécheurs, disparaissez: le Seigneur se réveille, bac. Athal. m, 7. Il Se réveiller de son assoupissement, de sa léthargie, cesser d'être assoupi , d'être en léthargie. || Fig. Se réveiller de son assoupissement, sortir de son inaction, de son indolence, de son erreur. Le» peuples se réveillent d'un si long assoupissement, boss. Uisl. Il, 13. Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement, et quand aussi se doit réveiller le monde, ID. flfine d'Anglet. || 9° Fig. Se ranimer, en parlant des personnes. On ne se soucie point des choses publiques; on ne se réveille que pour les grands événements, sÊv. 8 juill. (671. Ma fille, ses belles-filles, le coadjuteur même, tout cela se réveille à votre nom , et vous demande la continuation d'un souvenir qui leur est bien cher, id. à Moulceau, •"juin t684. ô âme, réveille-toi, reviens à Dieu, boss. ia laHiére. Cependant Voltaire se réveille : le Pauvre diable, le Russe à Paris, la Vanité, une foule de plaisanteries en prose se succèdent avec une étonnante rapidité, cundorcet, Vie de Voltaire. || 10° Fig. Être renouvelé, ranimé, avec un nom de chose pour sujet. Son mérite particulier a beaucoup servi à ce choix [menin du Dauphin] : une réputation distinguée, de l'honneur, de la probité , de bonnes mœurs, tout cela s'est fort réveillé, sSv. 23 févr. I68O. Au

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seul nom de l'Eglise , toute la foi de la reine se ré- Teillait, Boss. Kar.-TMr. La jalousie s'était réveillée entre les patriciens et le peuple, ID. Ilist. i, 8. Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille? RAC. Phèd. IV, 6. Les trois anciennes factions s'étaient réveil ées, et formaient trois partis différents, FOLLiN, Ilist. anc. Œuv. t. ii, p. 676, dans poigens. Ma tendresse s'est réveillée, montosq. Lett. pert. vi. Je sentais de temps en temps se réveiller en moi le désir de rentrer dans la carrière littéraire, mar-

MONTEL, Jfl'm. V.

— HiST. xiii* s. Mais li fols negligens se veut touz temps dormir; Et, quant il se resveille, de manger a désir, Six manières de fols. Un dous penser qui me resveille, Poéiie^ mss. avant )300, t. Il, p. 7*8, dans LACUHNE. Amis , la nuit en mou couchier. En dormant, [je] vous cuid emlirassier; Et quant j'i faille au resveiUer, Nule riens ne m'i peut aidier, Romancero, p. *3. || xiV s. Le chien qui dort [il] a fait laidement revellier, Guescl. 7748. Il XV* s. Le seigneur de Coucy reveilla chevaliers et escuyers d'Artois, de Vermandois, de Picardie, et fit son mandement à l'eronne en Vermandois, kroiss. II, n, 65. L'empereur, messire Charles de Bohême, ne dormit pas sur celle besogne, mais sa reveilla tellement que je le vous dirai, lo. ii, m, 93. Je n'ai nulle puissance [il s'agit d'un lutin de nuit] de faire autre mal que de toi reveiller et deslourber, quand on devroit le mieux dormir, id. il, m, 22. Kt lui fut dit qu'il reveillast son droit envers la duchesse de Brabant, ID. n, m, 9t. Les nouvelles s'espandirent par le pais d'Auvergne, que grand secours leur venoit de France; si en fut tout le pais bien reveillé et rejoui, iD. liv. iv, p. 62, dans la- CUBNE. L'entente et emprise devenir reveiller [attaquer] les compaignons françois qui de lans se tenoient, iD. liv. m, p. 244.'|-| xvi* s. Lui esveillé, tous les autres esveilla, chantant à pleine voix la chanson : ho, Regnault, reveille toi, veille, o Regnault, reveille-loi, BAB. i, 41. Tant dort le chat qu'il se resveille, cotorave.

— ETYM. fle...,et éveiller; bourg. revaiUé; prov. revelhar ; ilal. risvegliare.

tRÉVEILLKUR (ré-vè-Ueur, Il mouillées),», m. Il 1" Celui qui réveille. || Se disait d'un garde de nuit qui, dans certaines villes de France, parcourait les rues la nuit, en annonçant les heures, et en criant : Réveillez-vous, gens qui dormez ; Priez Dieu pour les trépassés I || Celui qui réveille lej ouvriers dans certains ateliers. || Religieux qui était chargé de réyeiller les autres à certaines heures de la nuit. Il 2° Espace d'oiseau qui crie toute la nuit, le cassican réveilleur, coracias strepera, L^iham (genre des pies-grièches).

— HIST. XVI' s. Et eust dormi encor autant, n'eust esté que ceste nuict le crieur des trespassez, qu'on appelle le resveilleur, passant par sa rue, le resveilla par son cri, bouchet, Serées, liv. i, p. 40.

RÉVEILLON (ré-vè-llon. Il mouillées, et non réfè-yon), s. m. i| 1° Repas extraordinaire que l'on fait dans le milieu de la nuit. Voulez-vous que dès cette nuit je vous fasse faire réveillon avec elle? DANCOL'RT, Fête du cours, se. n. || Particulièrement. Le repas qu'on fait la nuit de Noël. Le réveillon de la nuit de Noël. Ces sortes de repas qu'on appelle réveillons ont lieu dans toutes les classes, même les plus pauvres, marchangy, Tristan le voyageur, XLiv. Il 2" Terme de peinture. Certaines touches claires et brillantes qui servent à faire ressortir la lumière. Les artistes appellen.t réveillons des accidents de lumière qui rompent la monotonie d'un endroit de la toile, dider. Pensées sur la peint. Œuv. t. XV, p. 209, dans pougens.

— HIST. XVI* S Et voici un pastc de veau; là

prenez que vous soiez en une trenchée — Bous dittes vien [c'est un Gascon qui parle] ; quand nous estions en Saboye, nous troublons de tels rebellions 00 la tente de Monsur de Bord, d'aub. Fxn. i, 6.

— Etym. Réveiller : peut-être l'impératif réveilîon», pour réveillons nous.

RÉVÉLATEUR, TRICE (ré-vé-la-teur, tri-s') , J. m. et f. Celui, celle qui fait une révélation. 11 a été le révélateur du complot. || Adjectivement. Indice révélateur. Circonstances révélatrices.

— HIST. xvi* s. Révélateurs [ceux qui révèlent les secrets d'une compagnie] , Anc. coust. de Normandie, f° 38, dans LACUBNE.

— Etym. Lat. revelatorem, de rerc/are, révéler. t RÉVÉLATIF, IVE (ré-vé-la-lif, ti-v), adj. Qui

a la vertu de révéler. Des expériences plutôt confirmatives de ce que l'on sait que révélatives de ce qu'on ne sait pas.

RÉVËLATION (ré-vé-la-sion ; en vers, de cinq

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syllabes), i. f. || 1* Action de révéler. La révélation d'un complot. Ces mémoires contiennent de curieuses révélations. L'on peut avoir la confiance de quelqu'un sans en avoir le cœur; celui qui a le coeur n'a pas besoin de révélation ou de confiance, tout lui est ouvert, la bbuy. iv. Toute révélation d'un secret est la faute de celui qui l'a confié, iD. v. Au Japon où les lois renversent toutes les idées de la raison humaine, le crime de non révélation s'applique aux cas les plus ordinaires, montesq. Esp. XII, 17. La révélation de la confession de Philippe V faite au duc d'Orléans régent par le jésuite d'Aubenton, VOLT. i?». Richelieu, 16 avr. 1769. || En termes d'ofiicialité : on publia des monitoires pour avoir révélation de telle chose. || Fig. C'est toute une révélation, se dit d'un fait qui, connu, en découvre une infinité d'autres. Ce peuple de figures nouvelles, sorties des fouilles de Sakharah [en Egypte], est toute une révélation; car la sculpture du temps îles pyramides n'était encore connue que par des échantillons rares et peu soignés, de bougé, Archives des missions scientif. 2* série, t. I", p. 170. Il 2° L'inspiration par laquelle Dieu fait connaître surnatuiellement certaines choses. Vous n'aurez pour vision qu'une nuit sombre, et pour révélation que des ténèbres, SAci, Bible, Michée, III, 6. Le Seigneur, le Dieu des armées, m'a fait entendre cette parole dans une révélation, lo. ib. Isaie, XXII, 14. Dans la bataille où ses affaires [de Magnence] furent ruinées, Valens, évêque arien, secrètement averti par ses amis, assura Constance que l'armée du tyran était en fuite, et fit croire au faible empereur qu'il le savait par révélation ; sur cette fausse révélation, Constance se livre aux ariens, BOSS. Ilist. I, II. Il 11 se dit aussi des communications supposées avec les dieux, dans le paganisme. En autorisant les révélations de Socrate, on introduirait tôt ou tard le fanatisme dans un pays où les imaginations sont si faciles à ébranler, barthél. Anach. 67. Il Fig. Savoir une chose par révélation, la savoir sans l'avoir apprise. Quoique ce ne soit pas la coutume de savoir les affaires par révélation et qu'il faille les apprendre par expérience, balz. De la cour, 2* dise. || Révélation intérieure, suggestion intime qu'on rapporte à une origine divine. Une révélation intérieure qui nie donnerait sans ce.sse la plus forte persuasion de la certitude d'un état futur, bonnet, Paiing. xviii, l. \\ 3" Absolument. La révélation divine ou la religion révélée. L'autorité de l'Ecriture sainte est fondée sur la révélation, Dict. de l'Acad. Une religion pour vous conduire et une révélation pour vous éclairer, montesq. Esp. XXV, 13. Une classe de philosophes contemplatifs qui faisait profession d'une sorte de déisme et n'admettait aucune révélation, s. de sacy, Inst. Uém. Acad. inscr. t. ix, p. 25. || On dit quelquefois les trois révélations, en parlant de la religion juive, de la religion chrétienne et de la religion musulmane. Dans les trois révélations, les livres sacrés sont écrits en des langues inconnues aux peuples qui les suivent: les Juifs n'entendent plus Ihébieu, les chrétiens n'entendent ni l'hébreu ni le grec, les Turcs ni les Persans n'entendent point l'arabe et les Arabes modernes eux-mêmes ne parlent plus la langue de Mahomet, J.J. rouss. Ém.iv.\\i' Chose révélée. Les révélations de saint Jean.

— HIST. XII* s. Après tant halle révélation, Job, 508. Il xiii's. Ou se Uiex par tex [telles] visions Envoie revelacions, la Rose, 18710. Ke plusurs aimes [âmes] veirement Voient ke lur ert à venir.... Plusurs par revelaciun, E d'autres par avisiun, marie, Purgatoire, 62.

— ETYM. l'rovenç. revelacio ; espagn. revelacion; ital. rivelatione ; du lat. revelationem, derevelare, révéler.

t RÉVÉLATIONISTE (ré-vé-la-sio-ni-sf), s. m. Se dit, dans la philosophie catholique, de ceux qui veulent qu'une révélation extérieure et positive soit la source de la parole et de la pensée ; synonyme de traditionnalisle.

— ETYM. Révflaiion.

RÉVÊLÉ, ÉE (ré-vé-lé, lée), part, passé de révéler. Il 1° Qui, étant caché, est venu à connaissance. Un secret révélé. || î° Connu par une communication divine. Ayant appris comme chose très-assurée que le chemin du ciel n'est pas moins ouvert aux plus ignorants qu'aux plus doctes, et que les vérités révélées qui y conduisent sont au-dessus de notre intelligence, desc. Méth. i, ii. S'il s'agit d'une chose surnaturelle, nous n'en jugerons ni parles sens ni par la raison, mais par l'Écriture et par les décisions de l'Église ; s'il s'agit d'une proposition non révélée et proportionnée à la raison naturelle, elle

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en sera le propre juge, pasc. Pror. xviii. || Absoliiment. La religion révélée, le christianisme.

RÉVÊLER (r*vé-lé. La syllabe vé prend un ac cent grave quand la syllabe qui suit est muette : je révèle, excepté au futur et au conditionnel : je révélerai), V. a. Il 1* Tirer comme de dessous un voile, faire savoir ce qui était inconnu et secret. Les deux révéleront son iniquité, et la terre s'élèvera contre lui, sAci, Bible, Job, xx, 27. Ne redites pointée que vous avez entendu dire, et ne révélez point ce qui est secret, id. t6. Ecclétiastiq. xlii, i. La mort révèle les secrets des cœurs, boss. le Tellier. Les commencements de la princesse Anne étaient heureux; les mystères lui furent révéliîs; l'Écriture lui devint familière, id. Anne de Gonx. Je ne révèle pas même ici tant de grandes actions qu'elle a t&ché de rendre secrètes, plêch. Urne d'Aiguillon. Qui peut de vos desseins révéler le mystère. Sinon quelques amis engagés à se taire 7 rac. Bajux. iv, 7. De quel nom cependant pouvons-nous appeler L'attentat que le jour vient de nous révéler? lo. Brit. l, t. Il n'est point de secret que le temps ne révèle, m. Brit. IV, 4. Comme j'ai des choses à diie qui sont de la dernière importance pour la mémoire du défunt, je serais bien aise do ne les révéler qu'à sa discrète veuve, lesaoe. Diable boit. iv. De Thou, à qui on ne reprochait que d'avoir su la conspiration, et qui l'avait désapprouvée, fut condamné à mort pour ne l'avoir pas révélée, volt. Uœurt, i'6. J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence; Il a vu mes pleurs pénitents, gilb. /mil. des psaumes. Il Révéler que. Seigneur, tous vos soldats refusent de partir.... Pharnace leur révèle Que vous cherchez à Rome une guerre nouvelle, rac. Mithr. iv, 6. || Révéler se dit aussi en parlant des personnes. Révéler ses complices. Un serment solennel par avance les lie [les lévites] X ce fils de David qu'on leur doit révéler, bac. Alh. I, 2. || 2* Particulièrement. 11 se dit de l'inspiration par laquelle Dieu fait connaître. Dieu nous a révélé que lui seul il fait les conquérants, et que seul il les fait .'^ervir à ses desseins, boss. Louis de Bourbon. Ainsi tous les temps sont unis ensemble, et un dessein éternel de la divine Providence nous est révélé, m. Ilist. ii, )3. Il [Dieu] venait révéler aux enfants des Hébreux De ses préceptes saints la lumière immortelle, rac Alh. i, 4. Ô Dieu, révélez-nous donc qu'il faut être humain et tolérant, volt. Poëme, Lisbonne, notes. \\3' Se révéler, v. réft. Être manifesté. On entre dans le heu sacré où se révèlent tous les secrets des f;imilles, et où les actions les plus cachées sont mises au grand jour, montesq. te», pers. 86. Les cœurs qui se révèlent par degrés aux regards observateurs STAËL, Corinne, xvi, 4. |{ Faire connaître ce qu'on est intimement. Marie-Antoinette est souvent fîère, jamais vaine ; elle ne se loue jamais , elle se révèle; sa correspondance trahit le secret de sa nature délicate, cuviLLiEH-FLEURY, /. dcs débals, 6 déc. t8«4.

— HIST. XII* s. i Deu ai reveled mun duel [deuil], Boit, p. 4. Il XIII* s. L'en le pert [l'amour] par orguel, par ire, Par reproiche, par révéler Les segiés qui font à celer, la Rose, 496). || xiv* s. Pour ce qu'il ne les vouloient pas révéler [des secrets chirurgicaux], comment que [quoique] il les seussent, H. de mondeville, f" 33, rerso. De trayson en cuer [ils] portoient la baniere ; Du conseil reveloient aux Anglois la matière, Compl. s. la bat. de Poitiers, Bibl. des chartes, 3* sér. t. ii, p. 262. Et à ceulx qui révélèrent la besongne [une conjuration d'esclaves], donna l'en X mille deniers d'arain, ber- CHEUHE, f*9o, verso. Il XV* s. Oralez par afermemen. Révéler de cuer proveQ Partout, quar vous m'avez veû, Resurrect. de S. S. || xvi* s. La terre révélera le sang qu'elle a receu, et ne cachera point plus longuement les morts qu'on y a ensevelis, calv. Inst. 338. Qui leur a révélé qu'ils pourront garder chasteté toute leur vie Tin. ib. to09.

— ETYM. Proveuç. et espagn. revelar; ital. rivelare; du lat. revelare, de re et vélum, voile : tirer le voile.

I. REVENANT, ANTE (re-ve-nan, nau-t'), adj. Il 1* Qui revient, qui est reproduit. Je suis fort aise que vous ayez compris la coiffure.... on marque quelques boucles ; le bel air est de se peigner pour contrefaire la petite tête revenante [où les cheveux commencent à repousser], sitv. 16 avr. «671. Il 2° Fig. Qui plaît, (|ui revient. Ce canevas fut brodé par moi de toutes les couleurs que je crus les plus revenantes à ceux à qui je les faisais voir, RETZ, m, 244. Quelquefois pourtant, nombre de gens ont estimé que j'étais un garçon assez revenant, MARiv. le Legs, 3. Un jeune bachelier de mes parents, de la plus grande espérance, plein d'esprit, de sentiments, rie talents, et d'une figure fort

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revenanle, beaumarcb. Barb. de Sév, il, ». || II s'est dit suhstantivement. Ce terme est encors fort 6n usage et nouveau : quand une femme a quelque chose d'agréable, on dit : elle a bien du revenant, iiiRO. BVTf ET, Observ. p. 34, (608.

— Hisr. XV s. En effet, il n'avoit rien de revenant.... ilém. s. du G. cil. I.

i. REVENANT (re-ve-nan), *. m. Esprit qu'on supposait revenir de l'autre monde. Nous avons un revenant dans le village qui fait toutes sortes d'espiigleries , genlis, Mères riv. t. ii, p. 27o, dans POCGENS. Dans mon enfance, ayant entendu conter beaucoup d'histoires de revenants, j'avais la tôle absolument tournée par celle espace de frayeur la plus absurde de toutes, iD. Ad. et Th. t. Il, p. MO. Revennnts, lutins, noirs esprits. Sorciers, malignes influences, A tout croire on m'avait appris, BÉBANG. F. follets. \\ Fig. Avoir peur des revenants, craindre que ce qui paraît détruit, éleint, ne reparaisse. On les croyait [les jésuites] si peu anéantis, malgré leur dispersion, qu'un supérieur de séminaire à qui on ofl'ril leur maison du noviciat, réponflit qu'il n'en voulait pns, parce qu'il avait peur des revenants, d'ai.emb. Œuv. t. v, p. HO.

— ÊTV.M. lievenir.

REVENANT-BON (re-ve-nan-bon), s.m. \\ 1° Profit casuel et éventuel provenant d'un marché, d'une charge, d'une affaire. Sa maîtresse n'a pas lieu de se plaindre; elle fait souvent de bonnes affaires dont tous les revenants-bons sont pour elle, dancourt. Femme d'intrigues, iv, 4 4. Je voulais faire imprimer la pièce, et donner le revenant-bon de l'édition à l'avocat, ainsi que j'ai donné depuis vingt ans le profit de tous mes ouvrages, volt. Lett. Richelieu, 26 mai 1772. On dit que le contrôleur général a fait retrancher les pensions sur la cassette, supprimer les tables des officiers de la maison, et diminuer les revenants-bons des financiers, ID. Lelt. Damilatille, <& févr. 1761. || 2' Les deniers qui restent à un comptable après qu'il a rendu ses comptes. Il On dit aujourd'hui de préférence boni. Il 8° Fig. Tout avantage, tout profit accidentel. La cavalerie était trop maltraitée depuis que les extrêmes besoins avaient engagé à retrancher les bons quartiers d'hiver et mille autres revenants-bons, ST-siM. 309, 100. Courage, allons; j'aime assez les querelles : C'est un revenant-bon pour moi, fa- VART, Soliman II, u, (2. || C'est le revenant-bon du métier, se dit des profils attachés à telle profession, à telle situation. || Il s'emploie aussi en un sens ironique. Ce n'esl pas le premier tour de celte espèce qu'on m'a joué; c'est, Dieu merci, le seul revenantbon de la littérature, volt. Lett. d'Argental, ts cet. 1767. Un do ses revenants-bons [de la profession d'homme de lettres] est que, chaque année, on m'a imputé quelque ouvrage ou bien impertinent ou bien scandaleux, id. Lett. Marin, 24 nov. 1764. Il i" 11 s'est dit adjectivement. Il n'a maintenant devant les yeux que l'argent du roi, le profit d'une charge et les deniers revenants-bons de la guerre, B.vLZ. De la gloire. || Au pluriel. Des revenants-bons.

— ËTYM. Revenir, et bon.

t REVENDAGE (re-van-da-j') , s. m. Profession, métier de revendeur. || Action de revendre.

— HIST. XVI' s. Et supposé que en une seule lettre, sous un seul scel, soient contenus un vendaige, la reprinse dessus et le revendaige.... du cange, revcnditio.

i REVENRANGER (re-van-dan-jéj, v. a. Vendanger de nouveau.

— HIST. xvr s. Revendanger, p. peluer, Trad. de Philon, n'n, in-f° p. 4 64.

REVENDEUR, EUSE (re-van-deur, deû-z*), s. m. et /. Il 1° Celui, celle qui revend, qui achète pour revendre. Ils [les Juifs] firent le métier de courtiers, de revendeure, ainsi qu'autrefois à Babylone, i Rome et dans Alexandrie, volt. Mœurs, (03. Un vieux pirate, un revendeur De la féminine denrée, ID. Troii manière*. X Paris, les revendeuses des halks payent cinq sols d'intérêt par semaine, pour Un écu de trois livres; cet intérêt renchérit le poisson qu'elles vendent dans les rues, mais le peuple »ime mieux acheter d'elles que d'aller aux halles se pourvoir, conml. C'/mm. gouti. i, 18. || i' Revendeuse, femme qui achète de vieilles bardes pour les revendre. Elle a acheté ce vieux jupon à une revendeuse. Il Revendeuse à la toilette, femme qui porte dans les maisons des harde», des bijoux & vendre Aurais lu deviné que U Turcaret eût une sœur revendeuse à la toilette? lesage, Turcaret, iv, 4».

— HIsr. XV s. Revendeurs de pommes, coqÙiltA»T, p. (72, dansLACLHNE. || xvi' S. Un revendeur de bestial, ahïot, Piric. i\t.

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— ÉTYM. Betiendre; prov. revendeyre, revendedor; espagn. rerendedor ; ital. revenditore.

t REVENDICATEUR (re-van-di-ka-teur), t. m. Celui qui revendique.

REVENDICATION (re-van-di-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. \\i' Terme de jurisprudence. Action de revendiquer. La revendicalion d'un terrain. L'iiction en réduction ou revendicalion pourra être exercée par les héritiers contre les tiers détenteurs des immeubles faisant partie des donations et aliénés par les donataires, Code Nap. art. 930. Il Saisie-revendication, voy. saisie. || 2" Dans le langage général. Action de réclamer ce que l'on regarde comme un droit. La revendicHtion de la liberté, des droits politiques.

— HIST. XVI' s. Revendication, cotgrave.

— ÉTVM. Revendiquer.

REVENDIQUIÎ, EE (re van-di-ké, kée), pari. passti de revendiquer. Un héritage revendiqué.

REVENDIOL'ER ^re-van-di ké), je revendi luais, nous revendiquions, vous revendiquiez; que je revendique, que nous revendiquions, que vous revendiquiez, V. a II 1' Réclamer une chose qui nous appartient et qui est entre les mains d'un autre. Louis XIII revendiquait le duché do Milan, parce qu'il comptait parmi ses grand'mères une sœur d'un Visconti, lequel avait eu celle principauté, volt. Mœurs, HO. Celui qui a perdu ou auquel il a été volé une chose, peut la revendiquer pendant trois ans, à compter du jour de la perte ou du vol, contre celui dans les mains duquel il la trouve, Code Nap. art. 2279. || Saisir- revendiquer, voy. saisir. Il 2* Il se dit d'un magistrat qui réclame pour soi le jugement d'une affaire ou d'une personne. Le procureur impérial a revendiqué une cause qui était portée à un autre tribunal. Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, qui était du parti du roi d'Angleterre contre son roi légitime, revendique la Pucelle comme une sorcière arrêtée sur les limites de son diocèse, VOLT. Dict. phil. Arc. ',\ 3° Par extension. Réclamer comme sien ce qui est attribué à d'autres. Il n'y a nulle apparence que M. Dsspréaux ait eu la moindre part à ces endroits-là; et, quand il les revendiquerait positivement, on ne le croirait pas si l'on connaissait son style, fonten. Lett.au Journ. des sav. Œuvres, t. m, p. 3«9, dans pougens. Des peuples qui sont leurs aînés [des Grecs], les Egyptiens, revendiquent ces institutions [le jugement des morts], bailly, l'Atlantide, p. a40. L'homme qui revendiquerait les droits de l'homme périrait dans l'abandon ou dans l'infamie, baïnal, Hist. phil. XVII, 4. Il Fig. Enfin la physique et la médecine le revendiquèrent [Tournelort] avec tant de force sur la théologie, qui s'en était mise injustement en possession, qu'il fallut qu'elle le leur abandonnât, fonten. Tournefort. Les femmes pensent que vous vous devez tout à l'amour; la poésie vous revendique.... VOLT. Lett. HeMtius, 14 mars I739. Trop tôt, hélas 1 les soins pénibles. Les bienséances inflexibles Revendiquent leurs tristes droits.... gres- SET, Ép au P. Bougeant.

— ÉTY5I. Re..., et le lat. vindicare, réclamer (voy. venger). Montaigne, iv, 4B7, a vendiquer.

REVENDRE (re-van-dr'), v. a. 11 se conjugue comme vendre. || 1° Vendre ce qu'on achète. Un marchand m'acheta et me mena à Tunis; il me vendit à un autre marchand qui me revendit à Tripoli ; de Tripoli je fus revendue à Alexandrie, volt. Candide, 12. || Par extension. Les hommes en place vendent le peuple au prince, qui le revend à ses voisins par des traités de guerre ou de subside, de paix ou d'échange, raynai., Ilist. phil. xix, 14. Il Absolument. C'est une illustre ....Qui prête, vend, revend, brocante, troque, achète, regnard, le Joueur, v, 2. Je revends à la toilette, et me nomme Mme Jacob, LESAGE, Turcarel, iv, (2. || ferme de procédure. Revendre à la folle enchère, vendre de nouveau une chose, aux risques et périls d'un premier adjudicataire qui n'en a pas payé le prix. !i 2° Avoir d'une chose à revendre, en avoir abondamment et de manière à pouvoir en trafiquer. Depuis quatre ans, on en avait [des bestiaux] à revendre aux étrangers, volt. Louis IIV, 30. || Fig. Quelques dames croient qu'avec un peu de rudesse brutale.... elles ont de l'honneur à revendre, scarr. Rom. com. u, I9. Il [un bûcheron] n'avait pas des outils à revendre; Sur celui-ci [la cognéej roulait tout son avoir, la font. Fabl. v, 4. Je trouverai partout des femmes à revendre, th. corn. D. Cet. d'Avalos, i, 5. Et nous ne manquons point d'épouseurs. Dieu merci ; Car, de quelque façon que l'on puisse le prendre. Il nous en restera tou- 1 jours deux i revendre, lkqrano, Aveugle clair-

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voyant, se. b. || Avoir de la santé â revendre, de l'esprit à revendre, se portor fort bien, être fort spirituel. Il 3° Fig. et familièrement. En reVBLdre, attraper. En revendre de cette façon-là, pour s'enfuir avec un jeune freluquet! genlis, TMâl. déduc, la Lingère, il, 4. || Il vous en revendrait, il est plus fin que vous.

— HIST. xiii* s. Vilains offices est à ceisqui achalent de marcheans pour revendre maintenant, brun. LATiNi, Trésor, p 377. Il xV s. Plus n'en dy, mieux vault que me taise; Car j'en ay à vendre et revendre; Ung chacun doit son fait entendre, CH. d'orl. Rondeau. \\ xvi' s. Si quelcun ayant de la haine à revend' e.. lanoue, 76. De pauvres chrestiens qu'ils [les Ottomans) prenent par ci et par là chasque année en leurs courses, et puis les revendent de façon que le père s'en va d'un cosié, l'enfant de l'autre, ID. Î8G. i trop acheter n'y a que revendre, cotgrave.

— f;TV.M. Jie..., et vendre; prov. revendre; espagn. rerender; ital. rivendere.

REVENDU, UK (re-van-du, due), part, passé de revendre. Une terre revendue en détail.

t RKVKNKZ-Y (re-ve-iié zi), s. m. Terme familier. Mets auquel on aime à revenir. Donnez moi encore de ce ragoût; c'est du revenez -y. || Action de recommencer. Il m'a joué un tour; mais je l'attends au revenez-y. || Un revenez-y de tendresse, un retour de tendresse. || Il n'y a pas de revenez-y, on ne peut recommencer.

— ÉTVM. Revenir, et y.

REVENIR (re-ve-nir), v. n. Il se conjugue comme venir. || 1" Venir une autre fois, de nouveau. Je reviens pour vous dire... Revenez, nous causerons. Souris de revenir, femme d'être en posture [pour

les guetter], la font. Fabl. u, t8 Le petit enfant

qui va, saute et revient. Et joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient, boil. ^Irl p. m. Le Temps, d'une aile prompte et d'un vol insensible. Fuit et revient sans cesse à ce palais terrible [des Destins], VOLT. Henr. vu. || Revenir à la charge, retourner au combat après avoir été repoussé, battu. || Fig. Revenir à la charge, réitérer ses instances. Il ne s'embarrassait pas de tous mes chagrins; il revenait opiniâtrement à la charge, fénel. Télém. xiii. Il 2" Se rendre au lieu d'où l'on était parti. Non, je ne reviens pas, car je n'ai pas été; Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté, mol. le De'p. i, 4. M. de la Trousse [prisonnier] reviendra sur sa parole, sÉv. 2I6. M. de Sanzei reviendra le jour d'Enoch, d'Êlio, de saint Jcan-Baptisie, du feu marquis de Piennes et du marquis d'Estrécs ; quelle folie de douter de sa mort! m. 214. Ah! si quelques générations, que dis-je ? si quelques années après votre mort vous reveniez, hommes oubliés, au milieu du monde, Boss. le Tcllier. Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour ; mais, il faut le dire, il y voulait revenir trop tôt, m. ib. Tel fut cet empereur.... Qu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux, boil. Ép. i. Mithridate revient; ah I fortune cruelle ! rac. Mithr. i, b. Cette idée [que le soleil plongé dans l'océan rêva à son lever par des routes inconnues] ressemble beaucoup à celle du baron de Féneste, qui dit que, si on ne voit pas le soleil quand il revient, c'est qu'il revient de nuit, vqlt. Di'c(. phil. Ciel matériel. Il a fait beaucoup d'ouvrages de théologie, et disputé beaiicoup sur les usages de la Chine contre les jésuites qui en revenaient, id. Louis XIV, Écriv. Alexandre. Je sais ce que ferait le sage; 11 ferait à Dresde un voyage.... Mais, retenu parles merveilles Qui soumettent à leurs appas Le cœur, les yeux et les oreilles, Le sage ne reviendrait pas, id. Lett. en vers et en prose, 97. || Fig. Hermione elle-même a vu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sous ses lois, HAC.A ndr. i, i . || Revenir de, avec un verbe à l'infinitif, revenir après avoir fait....D'Hacqueville est revenu de poignarder la maréchale de Grammont [lui annoncer la mort de son fils], sÉv. 4 5 déc. 4 673. Il La maison d'où l'on ne revient pas, le tomb.au. Adieu, fragile enfant, échappé de nos bras; Adieu, dans la maison d'où l'on ne revient pas, A. CHÊN. Sur la mort d'un enfant. ]| Revenir du»paysoù tout le monde va, échapper à une grave maladie. Vous m'apprenez, mademoiselle, que vous revenez du pays où j'irai bientôt; si j'avais su votre maladie, je vous aurais assurément écrit, volt. Lett. Mlle Clairon, 48 oct. 4767. ||Fig. Revenir au giron de l'Église, rentrer dans le sein de l'Ëglise catholique. Il Revenir sur ses pas, revenir après s'être éloigné. Ne vous éloignez pas; Peut-être on vous fera revenir sur vos pas, bac. Baj. ii, 4. L'astre du jour a vu ma course vagabonde Jusqu'aux

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lieux oit, cessant d'éclairer nos climats, Il ramène Vannée, et revient sur ses pas, volt. A'i. Ii, <. || Kig. Revenir sur ses pas, abandonner un sentimenl. Excellents! admirables [des bonbons à propos desquels Figaro dit d'abord ne pas savoir de quoi on lui parle] ! Oui sans doute, monsieur le liarbier, revenez sur vos pasl vous faites U un joli métier, BEAUMARcii. Barbier de Sév. m, 5. || En un autre sens, revenir sur ses pas, récapituler, résumer. U faut donc revenir sur nos pas, et fixer nos idées sur dos faits incontestables, BARTHÊL. Anach. ch.Bi. || Kevenir sur l'eau, reparaître à la surface de l'eau, il Fjg. Revenir sur l'eau, rétablir sa fortune, reprendre faveur. Notre bourse est à fond ; et, par un sort nouveau, Notre amour recommence à revenirsur 1 eau, REGNARD, le Joueur, IV, U. Il On dit : avoir l'air de revenir de Pontoise, pour avoir l'air étonné mal à propos d'une nouvelle, être ahuri, ne pas comprendre. Il Kig. Revenir de Poitiers, s'est dit pour mentir, à la suite de la pièce de Corneille, Je Uenteur, où te menteur est un jeune bomme qui arrive de la faculté de droit de Poitiers. De sorte qu'aujourd'hui presque en tous les quartiers On dit, quand quelqu'un ment, qu'd revient de Poitiers, corn. Suite du Ment, i, 3. || S'il revenait au monde, se dit pour exprimer ce qui arriverait si un mort reparaissait parmi les vivants. Si Luther et Calvin revenaient au monde, ils ne feraient pas plus de bruit que les scotistes et les thomistes, volt. Pol. et leg. la Voix du sage. Que dirait Archimède, s'il revenait à Syracuse'? mais que diraient les Trajan et les Anlonin, s'ils revenaient à Rome? id. Lelt. llamilton, 17 juin (773. Il Fig. Il revient de l'autre monde, se dit d'un homme qui ne sait pas les nouvelles, les événements récents que tout le monde connaît. Il 8° S'en revenir, retourner au lieu d'où l'on était parti. Il s'en est revenu par le plus court chemin. Je m'en revins en France par la Pologne, bern. de ST-P. Paul et Virg. Vie de l'aut. \\i" Revenir sur soi-même, se dit des choses sinueuses qui se replient. Ce ruisseau revient plusieurs fois sur luimême. 115° Avoir lieu, ou se faire sentir de nouveau, se présenter de nouveau. C'est un besoin qui revient tous les jours. Mon trouble se dissipe, et ma raison revient, corn. Cinna, l, 4. Du moment qu'il l'a vue, S'-s troubles ont cessé, sa joie est revenue, ID. Sophon. Il, I. On espère que son rang (de l'évèque de Laon] pourra revenir [pour être fait cardinal], sÉv. <•' mars (673. Quand tout cédait à Louis, et que nous crûmes voir revenir le temps 4es miracles, où les murailles tombaient au bruit des trompeites, boss. Uar.-Thér. La santé de M. le maréchal d'Harcourt revient, depuis qu'il se repose, «AiNTENON, Lelt. au duc de Noailles, 2 août (7(0. 11 passe les jours, ces joursqui échappent et qui ne reviennent plus, à verser du grain [à des oiseaux], LA BRUY. XIII. Quand une fois l'autorité violente est méprisée, il n'en reste plus assez à personne pour la faire revenir, montesq. Letl. pers. 80. Ces temps [des persécutions religieuses] ne reviendront plus, je le crois, mes frères ; mais c'est afin qu'ils ne reviennent plus qu'il faut en rappeler souvent la mémoire, volt. Phil. Homélie 6. Le temps arriva où l'on célébrait une grande fête, qui revenait tous les cinq ans, id. Zadig, 6. Les ans, les mois, les jours, par une sage loi, Tout revient ; mais le jour ne revient pas pour moi [Milton aveugle], DtxiL. Parad. perdu, m. || La parole lui est revenue, se dit d'un malade qui avait perdu la parole, et qui recommence à parler. || Revenir sur la tête, retomber sur la tête. Tout ce qu'il [l'homme] fait et dit reviendra sursa tête, corn. /mit. m, 24. || 6° Croître de nouveau, repousser. Ses cheveux, ses ongles reviennent. Ces bois que l'on avait coupés reviennent bien. Les premières dents de cet enfant sont tombées; il lui en revient d'autres. || 7° En parlant -des esprits, des morts, des âmes, sortir de la tombe «t apparaître. Le peuple s'est mis dans la tête que ion âme revient la nuit tout en feu dans l'église, <]u'ii erre, qu'il jure, qu'il menace; et là-dessus ils veulent jeter le corps à la Toiris, sÉv. <42. Ce doit être sans doute un esprit qui revient, th. corn. l). Bertr. de Cig. m, 6. On raconte aux enfants que !es morts reviennent la nuit sous des figures hideuses ; tout cela n'aboutit qu'à rendre une âme faibleet timide, fén. t. xvii, p. (2. D'où vientque les humains, malgré l'arrêt du sort, Reviennent à mes jeux du séjour de la mort? volt. Sémir. m, 2. \\ Impersonnellement. Il y revient des lutins lutinants..,. begnard, Ret. impr. 13. || Impersonnellementet absolument. On prétend qu'il revient dans ce «hâteau, on prétend que des esprits y apparaissent. Il 8° En parlant des aliments, causer des rapports.

L'ai) revient. Le boudin que j'ai mangé me revient. Il 9" S'olTrir de nouveau i l'esprit. Ces coups de bâton me reviennent au cœur; je ne sauiais les digérer, MOL. Méd. malgré lui, i, &. Et puis cette Providence me revient; car, sans cela, on n'aurait jamais fait à retourner sur le passé, sév. 24 juill. i«89. Les douceurs célestes qu'elle avait goûtées sous les ailes de Sainte-Kare, étaient revenues dans son esprit, boss. Anne de Go'ix. Monime, qu'en tes mains mon père avait laissée. Avec tous ses attraits revint en ma penfée, rac. Uilhr. i, t. Mille choses de lui maintenant me reviennent. Qui véritablement engagent et préviennent, pm. ililrom. ii, 6. Il Cela me revient dansl'esprit, à l'esprit, cela me revient en mémoire, dans la mémoire, à la mémoire, je m'en ressouviens â l'instant même. || Absolument. Ce nom ne me revient point, je ne m'en ressouviens plus. C'élaitdansun village de la Manche dont le nom ne me revient pas, comte de caïh s (orosleyI, Œur. t. xii , p. 99, dans pougens. || Ce mol me reviendra, je le retrouverai dans ma mémoire. Pour être de votre académie, il ne faut que plaire à deux hommes, M. de Sacy et M. Quatremère de Quincy, et, je crois, encore à un troisième dont le nom me reviendra, p. L. cour, t.elt. à VAcad. des inscr. Il Retenir se dit en ce sens avec un infiniiif. Hélasl l'étal horrible où le ciel me l'offrit [Joas], Revient à tout moment effrayer mon esprit, rac. Ath. I, 2. Du temps.... Où de nos attentats la mesure passée Revient avec horreur effrayer la pensée, volt. Olymp. I, 2. Il 10' Faire retour, revenir en la possession. On vante beaucoup la pierre précieuse attachée à l'anneau de Polycrate, tyran de Samos, qu'il jeta dans la mer, et qui lui revint par un bonheur fort singulier, holun, Hist. anc. Œuv. t. xi, t" part. p. 78, dans pougens. L'emploi me reviendra; je le donnerai à un autre pour le même prix, LESAGE, Turcaret, m, 8. || 11* Recommencer à dire, à faire. Et toujours Xipharès revient vous traverser, rac. Uithr. u, 4. Le refus de ma mère fut si absolu, et ses résolutions étaient toujours si fermes , qu'il n'y avait pas à y revenir, duclos, Œuv. t. i, p. 62. Il Y revenir, faire quelque chose qui excite plainte ou blâme. Qu'il y revienne de sa vie. Disait l'autre, il aura son tour, la font. Tabl. Quoil ma cousine, vous y revenez, destouch. Fausse Agnès, m, ( i . Mon petit ami , cela va fort bien, mais n'y revenez plus, J. I. Rouss. Ém. 11. Il lî" Revenir sur, s'occuper de.... à nouvelles reprises. En faisant successivement ses études, on ne fait que revenir continuellement sur un même fond d'idées, condil. Œuv. t. v, p. 4 38. Le peintre revient sur son travail, et le corrige tant qu'il lui plaît, dider. Observ. sur la tculpl. Œuv. l. XV, p. 309, dans pougens. || Revenir sur une matière , sur une affaire, en reparler, la traiter de nouveau. Il Revenirsur soi, faire des réflexions sur ce qu'on est, sur ce qu'on fait. Que peut-on attendre de précis de celui qui n'a aucune habitude de réfléchir et de revenir sur lui-même? dider. Letl. sur les aveugles. \\ 13° Revenir sur, changer de langage, de sentiment. Il revient sur ce qu'il a dit. Il Revenir sur ses engagements, les rompre. || Revenir sur le compte de quelqu'un, quitter l'opinion qu'on avait de quelqu'un pour en prendre une autre. Je savais bien que vous reviendriez sur son compte, d'allainval. Ecole des Bourgeois, m, I. Il Terme de palais. Revenir sur quelqu'un, exercer contre lui une action en garantie. || Terme de procédure Revenir par opposition contre un jugement , par requête civile contre un arrêt, se pourvoir en justice contre un jugement, contre un arrêt. Revenir par voie de rescision contre un traité, contre un contrat. Pour les traités contre lesquels on est tenté de revenir par des raisons de jurisprudence particulière, il faut observer trois choses, fën. t. XXII, p. 293. N'y a-t-il pas moyen de revenir contre cet acte-là, monsieur Turcaret? lesage, Turcaret, IV, 8. Il 14° Revenir à, reprendre à. Je reviens à ma première idée. Chacun a son défaut, où toujours il revient, la font. fabl. m, 7. Lui-même [Bcrenger] avait été élevé dans cette foi [à la présence réelle]; après l'avoir changée, il y était revenu par deux fuis, BOSS. t" instr. part. 30. Je suis revenu plus d'une fois à cette remarque, et je ne pouvais trop y revenir, pour qu'on ne prît pas le change sur le genre et le but de mon travail, bonnet, Paling. xx, 3. Il Revenir à son sujet, le reprendre après une digression. Revenons à Despréaux; il sut se procurer à la cour une protection plus puissante que celle du duc de Montausiei, celle de Louis XIV lui-même, u'alehb. Eloges, Despréaux. || Je reviens à ce que nous disions, pour en revenir à ce que nousdisions, au sujet dont il était question, se dit quand, après

une digression ou une Interruption, l'on reprend son sujet. Il J'en reviens toujours là, qu'il faut..., je persiste à penser, jo préten'ts qu'il faut ... Et j'en reviens à dire qu'il y a des sortes de devoirs dont on ne p>-ut se dispenser sans une grossièreié pleine d'ingratitude, sEv. 306. Dieu le conserve, il laut toujours en revenir là, ID. 666. J'en reviens toujours à cette Providence, qui nous a rangés comme il lui a plu, id. (9 juin )«80. Vous en revenez toujours à vouloir que je vous charge de pratiques. BOSS. Letl. Corn 9. || Revenir i ses moutons, voy. mouton. Il Revenir à l'avis de quelqu'un , quitter l'avis qu'on a pour se ranger à l'avis de quelqu'un. Tout le monde revint à son avis, et la paix fut acceptée, ROLLm, llist. anc. Œuv. t. i, p. *'«, dans POUGENS. Il IS* Revenir à, r^rendre ce que l'on avait quitté. Quand on a une fois détruit l'autorité, on n'y peut plus revenir : on aura éternellement contre eux [les protestants] le même droit qu'ils ont usurpé contre l'Églis- lorsqu'ils l'ont quittée, BOSs. <" instr. patt. <9. Ennemi du tumulte et des embarras, il [Héraclide] revint des affaires publiques à l'étude de la philosophie, diuer. Qpin. des anc. phil. liéracl. Il Revenir à, réussir à. Telle autre femme à qui le désordre manque pour mortifier son mari, y revient par sa noblesse.... la bkot. iil. || Revenir à la vie, recommencer i vivre, après une grave maladie, de vicTients chagrins, etc. || 16° Revenir à soi, ou, simplement, revenir, reprendre ses esprils. Elle revient enfin; Clothon pour l'amour d'elle Laisse i Pyrame ouvrir sa mourante prunelle , la font. FUI. de Uinée. Elle [la princesse de Conti] est sans pouls et sans parole ; on la martyrise pour la faire revenir, sÉv. 3 ffev. (672. Encore un coup, vivez et revenez à vous, rac. Esth. n, 7. Cela me (il revenir, je repris mes sens, volt. Candide, 8. || Familièrement. Le vin , les liqueurs , etc. font revenir le cœur, le vin, les liqueurs, etc. réparent, rétablissent les forces. {| Fig. 11 [CorbinelliJ a fait une épitre contre les loueurs excessifs : elle fait revenir le cœur, SÉV. 6 juillet (676. || Revenir à soi, prendre de meilleurs sentiments, sortir d'erreur. Sans qu'une si longue captivité les fasse revenir à eux [les Juifs], BOSS. llist. 11, 10. L'àme, délivrée parcesréflexionsde la captivité des sens, et détachée de son corps par la mortification, est enfin revenue à elle-même, id. la Vuliiére. D'où pouvez-vous savoir si la honte même de voir sa faute publique ne l'a pas fait revenir à lui? MASs. Carême, Médis. || Revenir à soi signifie aussi se calmer. 11 eut un vif emportement, mais il revint à lui presque aussitdt. || 17° Revenir en, dans, se rétablir, être rétabli dans l'état où l'on était auparavant. Revenir en état de grâce. Revenir en faveur auprès du prince. J'espère que quelque jour vous reviendrez dans ce bon sens qui était si agréable et si droit, sEv. à Bussy, 9 juin I6«9. Il 18" Revenir d'une maladie, guérir d'une maladie, s'en rétablir. Il est bien revenu de sa maladie. Je vis hier Mme de Verneuil, qui est revenue de Verneuil et de la mort, sÉv. 4" avr. (672. || Fig. L'aimable comédie, avec lui [Molière mort] terrassée. En vain d'un coup si rude espéra revenir, BoiL. Ép. vu. Il Absolument. Il revient à vue d'œil. Mon visage, depuis quinze jours, est quasi tout revenu, SÉV. 8 mars 4676. || En revenir, même sens. On est persuadé que Langlade en reviendra, sév. 466. Sa tête est frappée d'une manière effrayante; il croit qu'il n'en reviendra pas, genlis. Vœux témér. t. m, p. 200, dans pougens. || En revenir, échapper à quelque danger. C'est un miracle qu'il en soit revenu (de la bataille de Senef, où son escadron fut exposé huit heures durant au feu de l'ennemi], SÉV. 6 sept. 4 674. || 11 eii est revenu d'une belle, il a été dans un grand danger et il en est échappé. Il Revenir de, se dit aussi de peines morales. Si mon cœur se livre et se trompe, je n'en reviendrai de mes jours, I. J. Bouss. Bm. v. || Revenir de loin, échapper à quelque grand mal. Nous avons ri de ce que vous avez dit d'elle [Mme de Coulanges très-malade], et de la Garde [manquant de faire un mauvais mariage], comparant l'extrémité où ils ont été tous deux, et d'où ils sont revenus : cela fait voir que la sagesse revient de loin , comme la jeunesse, sêv. 32». Elle [l'âme pénitente] est revenue de bien loin, boss. la Valliere. J'admire les gens qui disent : la maison d'Autriche va être bien puissante ; la France ne pourra résister; eh, messieurs, un archiduc vous a pris Amiens ; Charles-Quint a été à Compiègne; Henri V d'Angleterre a été couronné à Paris; allez, allez, on revient de loin, volt. Lett. Choiseul, 43 juill. 476i. ||La jeunesse revient de loin, les jeunes gens guérissent souvent même des maladies les plus dangereuses, ou fig. la jeu>

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nesse peut revenir de grandes erreurs, de grands égarements. |l 19' Revenir d'un élat moral quelconque, sortir de cet état et reprendre ses esprits. C'est ce qui jette dans toutes les facultés de mon âme une terreur dont je ne puis revenir, boubdal. Serm. <»' dim. après la Pentec. Dominic. iv, p. SOI. Mais lorsque, revenant de mon trouble funeste. J'admirais sa douceur, son air noble et modeste.... BAC. Athal. II, 6. Télémaque , écoutant ce discours, était comme un homme qui revient d'un profond sommeil, fén. Tél. xxu. Dès qu'il fut un

f)eu revenu de son étonnement, hamilt. Cramm. 9. I Absolument. Je n'en reviens pas , je suis fort surpris. Voilà, je vous l'avoue, un abominable homme; Je n'en puis revenir, et tout ceci m'assomme, mol. Tart. IV, 6. Il y a ici un religieux italien, homme d'esprit et de mérite, qui ne revient point de cette atrocité, d'alemb. IM. à Volt. lO juill. (766. Il 20° Revenir de, changer ses mœurs, ses opinions, sa conduite, ses sentiments. Je suis revenue, grâce au ciel, de toutes mes folles pensées, mol. Festin, IV 9. Toujours de ma colère on me voit revenir, lu. l'Ét. IV, ). Il m'a forcé de revenir de cet injuste jugement, sév. 539. On remarque que c'était [le manichéisme] une de celles [sectes] dont on revenait le plus difficilement, boss. Var. xi, 278. Luther était revenu des excès qui lui faisaient dire que la présence de Dieu mettait le libre arbitfe en poudre dans toutes les créatures, iD. ib. m, i». L'âme [pénitente] se dépouille des choses extérieures; elle revient de son égarement, id. la Yallière. On veut jouer, et c'est un principe qu'on a tellement posé dans le système de sa vie que nulle considération n'en fera jamais revenir, bourdal. 3« dim. après Pâq. Dominic. t. Ii, p. 96. Puisque je l'ai jugé, je n'en reviendrai point, rac. Plaid, m, 4. Plutôt que d'avouer qu'on s'est trompé, et que de se donner la peine de revenir de son erreur, il faut se laisser tromper toute la vie, fên. Tél. xiii. Quand on a unefoisconçu dans le monde une opinion des gens, on n'en saurait revenir, fonten. à Lucien. Avec le tact le plus fin qu'il soit possible d'avoir, avec la plus profonde connaissance des hommes, il se laisse abuser quelquefois, et n'en revient pas, j. j. Rouss. Confess. xn. Molière, par les chefsd'œuvre comiques qu'il avait osé écrire en prose, avait forcé le public à revenir d'une prévention [sur la comédie en vers] si contraire à son propre plaisir, d'alemb. Éloges, iamotte. || Se dégoiller de, se désabuser de. Je suis bien revenu des choses de ce monde. Ces compliments de main, ces rudes embrassades. Ces salutsqui font peur, ces bonjours à gourmades, Ne reviendrez-vous point de toutes ces façons ? Qvis. Uèrecoq. i, 3. Je suis revenu des femmes; dans la prévention où je suis contre elles, aucune jamais ne deviendra la mienne, lesage, Eslev. Gont. a. |lil° Revenir à quelqu'un, lui redevenir favorable, reprendre pour lui des sentiments d'amitié, d'amour, de confiance. Je ne puis penser qu'elle [la fortune] vous ait entièrement abandonné, et c'est assez qu'elle soit femme pour croire qu'elle ne vous peut haïr, et qu'elle reviendra bientôt à vous, voit. Lett. a.'s. Et tant que je serai maîtresse de ma foi. Je me dois toute à lui, s'il revient tout à moi, corn. Sertor. i, i. Je savais que le peuple revenait à nous, mais je n'ignorais pas qu'il n'y était point revenu, retz, Mim. t. II, liv. m, p. <06, dans pougens. Mme la comtesse de Soissons demandait si elle ne pourrait point faire revenir [par des sortilèges] un amant qui l'avait quittée, SÉV. 3| janv. 1680. U [Louis XIV] ne trouvait guère de femmes qui lui résistassent, et revenait toujours à celle [la Vallière] qui par sa douceur.... volt. Louis IIV, 20. Les hommes auraient beau revenir à moi, ils ne me retrouveraient plus, J. J. Rouss. t" promen. Duclos, ravi de voir d'Alembert revenir à lui, marhontel, Xim. vu. Il Revenir à Dieu, se convertir, reprendre des sentiments de piété. La nécessité de revenir à Dieu , les conséquences de ce retour , le prix infini du salut, bourdal. Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 282. Il Revenir pour, reprendre du goût pour. Je suis bien aise que vous reveniez pour ma fille ; demandez à M. de Corbinelli combien elle est jolie, sév. d Busty, « juill. t87o. ||2Î' Absolument. Revenir, renoncer k une opinion qu'on avait. C'est un homme opiniâtre qui ne revient point, qui ne revient jamais. Esprit roide, incapable de revenir quand il avait une fois pris un parti, anquet. Ligue, I, «I. Il S'apaiser, se réconcilier. Je reviens la première, parce que je suis de bon naturel, sév. d Bussy, • juin, 1688. Ma sœur est vive, agissante, gaie, décidée, prompte k s'offenser, lente à revenir' DIOER. Lett. à Mlle Yoland, 31 juill. 1769. 11 était

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aussi prompt à revenir qu'à s'offenser, d'alemb. Éloges, IfontouJT. || Il se dit des sentiments d'affection qui reviennent. N'espérez pas faire revenir un mari par les plaintes, les chagrins et les reproches, MAiNTENON, Atis à la Duch. de Bourg. Lett. t. m, p. 206, dans POUGENS. Il II se dit du public qui renonce à un sentiment défavorable contre quelqu'un ou quelque chose. Molière.... sachant qu'il faut ménager les hommes quand ils ont tort [l'insuccès de l'Avare], donna au public le temps de revenir, et ne rejoua l'Avare qu'un an après, volt. Vie de Ifolière. Si vous avez fait cette démarche, elle contribuera à faire revenir le public , id. Lett. Uorangiés, 30 oct. 1772. || Se convertir, se tourner vers Dieu. Vous y admirerez avec consolation, jusqu'où va la bonté de Dieu envers un péclieur qui revient, mass. Carême, Prodigue. || 23" Être mentionné fréquemment. Les vaudois et les albigeois et Jean Wiclef et Jean Huss et tous les autres de cette sorte reviennent partout dans les nouvelles interprétations [des protestants] comme de fidèles témoins de la vérité persécutée par la bêle, boss. Var. xni, 37. li ii' S'ajuster avec, convenir à. Voici une stance.... qui revient merveilleusement bien à ce qu'on pourrait dire de l'état où se trouve M. le surintendant [Fouquet] , SÉV. )C64, t. i, p. 483, édit. Régnier. Ayez toujours avec vous un homme saint dont l'âme revienne à la vôtre, et qui vous aide à vous redresser, boss. Polit, x, iv, 9. Si la vie est misérable, elle est pénible à supporter; si elle est heureuse, il est horrible de la perdre; l'un re- 'yent à l'autre, la brut. 11. || On dit dans le même sens : cela revient au même. Ne reviendrait-il pas au même de renoncer à toute hauteur et à toute fierté 7 la bruy. xi. Lisette : Elle m'a dit de vous prier de ne point vous obstiner à l'aimer. — Le comte : Non plus qu'à la voir, sans doute? — Lisette : Mais je crois que cela revient au même, ma- Riv. Sec. surpr. de l'am. m, 4. Je comptais mourir en servant l'État; et, mort ou aveugle, cela revient au même, marmontel, Bélis. 1. H Cela ne revient à rien, cela n'a pas le sens commun. Le duc d'Orléans nous tint des propos qui ne revenaient à rien, el qui étaient ordinaires quand il était mécontent, st-sim. 271, t60. Il 25° II se dit des sommes d'argent qu'on retire de quelque chose. Le commandeur : Sais-tu ce qui te revient du bien de ta mère? — Saint-Albin : Je n'y ai jamais pensé, et je ne veux pas le savoir, dider. Père de famille, 11, 8. Je suis bien certain qu'il ne revient rien au roi de ces retranchements-là, collé. Part, de chasse de Henri IV, i, 2. |1 26° Résulter à l'avantage, au désavantage de quelqu'un. Que te revienilrait-il de m'enlever mon nom. Et peux-tu faire enfin, quand lu serais démon, Que je ne sois pas moi, que je ne sois Sosie? MOL. Amph. i, 2. Nous avons ici, madame, un ballet qui nous revient, que nous ne devons pas laisser perdre, id. Bourg, gent. v, 2. Que ne lui promit-on point dans ces besoins? mais quel fruit lui en revint-il, sinon de connaître par expérience le faillie des grands politiques...? BOSs. Anne de Gonx. Quel fruit me reviendra d'un aveu téméraire? RAC. Bérén. i, 2. Tant qu'il ne doit nous revenir aucun dommage de nos infidélités par leur légèreté, nous ne craignons pas de lui déplaire [au Seigneur], mass. Carême, Tiéd. 1 . Il ne revient rien au genre humain de cent batailles données; mais les grands hom.nes dont je vous parle [Poussin, Descartes, Bossuet, t le] ont préparé des plaisirs purs et durables auxhonimes, VOLT. Lett. Thirio», 15 juill. )73&. La petite personne m'accable d'amitiés dont je ne suis pas la dupe, et dont je ne prends pour moi que ce qui m'en revient, J. J. ROUss. Ém. v. || Eue de reste ou de profit. Il nous revient beaucoup de temjis et de papier, puisque nous ne parlerons plus de cette pauvre jambe [malade], sÉv. u fév. 1685.1127" Être dit, être rapporté. Voici ce qu'il dit tout de suite à Bayard, et qui me revint ensuite, SÉv. 289. Il faut faire en sorte que cela lui revienne par divers endroits, boss. Lett. quiét. 353. Je ne vous y parle point des nouvelles publiques; elles vous reviennent de tous côtés, maintenon, Lett. au Cardin, de Noailles, 26 nov. I7oo. Comptez que tout revient, et qu'on ne peut trop veiller sur ses paroles, id. Lett. à U. d'Aubigné, 15 juill. 1674. Il Impersonnellement. Il nous revient ici que vous perdez tout ce que vous jouez lun et l'autre, sév. 55. Il me revient que vous dites tout à l'abbé Têtu, maintenon, Lett. à l'albé Gobi lin, 27 juin 1676. Quand il vous est revenu certains discours tenus en votre absence, mass. Carême, Hédis. 11 m'est revenu qu'on vend dans votre ville de Paris une petite brochure.... volt. Lett. d'Alembert,

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28 sept. 1783. Il lui était revenu des propos stir M. Badoulard, picard, Noce sans mariage, i, 2. Il 28° Plaire. Cette logique-là ne me revient point, MOL. Bourg, gent. 11, 6. Si le maître vous revient, le valet ne me revient pas moins, et je souhaileiaii que notre mariage se pût faire à l'ombre du leur, ID. 16. III, 7. Si ce mari ne plait pas à celte femme, si cette femme ne revient pas à ce mari, ils n'en sont pas moins liés ensemble, boi.rdal. 2° dim. après VÉpiphan. Dominic. t. 1, p. 82. J'étais poli à tout le monda, mais tout le monde ne me revenait pas, st-sim. los, 157. Je ne la connais pas; mais j'aime son minois. Et mon air lui revient, à ce que j'aperçois, destouches, Homme siiig. 11, 2. Une espèce de voyageur qui avait l'air d'arriver à l'instant; il ne m'est pas revenu du tout cet homme-là, picard, Z)u/iou(cours, m, 6. || Absolument. Je n'étais jamais de son avis, je le brusquais volontiers ; il y a des gens qui ne reviennent point , mariv. Pays. par», part. 4. 29° Coûter. Cet habit me revient à tant. || Ces deux sommes réunies reviennent à celle de.. , elles font ensemble la somme de.... || 30° Terme de cuisine. Faire revenir de la viande, lui faire prendre de la couleur en la mettant dans un va.se sur le feu avec du beurre. Fais revenir aussi ces oiseaux de rivière, Et pique promptement ces pigeons de volière, BARON, Ecole des pères, m, 6. || On dit aussi : faire revenir des légumes dans de la graisse, dans du beurre. Il 31* Se dit des fromages qui, après avoir été affinés et durcis, sont placés dans des endroits humides pour s'y amollir. || Il se conjugue avec l'auxiliaire être. \\ Proverbe. Â tout bon compte revenir, il ne faut point craindre de recompter, même après un compte bien fait.

— SYN. revenir, retourner. On revient au lieu d'où l'on était parti On retourne au lieu où l'on était allé. On revient dans sa patrie : on retournedans son exil.

— HlST. X* s. Revenir, Fragment de Valcnc. p. 407. Il XI' S. Li quens [le comte] Rollans revient de pasmeisuns, Ch. de Roi. cLXiii. || xii* s. Quant il revint [d'évanouissement], [il] garda vers orient, Ronc. p. <00. Lors lui revint et vigors et membrance, ib. p. 146. Puiz que mes cuers ne s'en veut revenir. De vous, dame, pour qui il m'a guerpi. Coud, IX. Car s'il [mon cœur] revient à moi, a-il failli, ib. Commencement de douce saison belle Que je voi revenir, th. xviii. Jà n'en revanra pieds [homme] se nous estions cent, Sax. xxi. || xiii" s. Revenez là à moi, moût vous convient haster, Ber<e, XVII. X Bertain [je] revenrai [dans mon récit] qui ert [était] au bois ramu, 16. xxiv. Por çou que tos jors i a flors, L'apele on l'arbre d'amors ; L'une revient quant l'autre ciet [tombe], FI. el Bl. 2047. Cil qui sunt en religion.... ne poent pas revenir au siècle, BE.iuM. Lvi, ). Et revendons à nostre matière et disons ainsi.... joinv. 205. Je leur diz le vendredi : Seigneurs, je m'en voiz [vais] outremer, et je ne scé se je revendre, id. 208. Lors la royne sa mère oy dire que la parole li estoit revenue [au jeune Louis IX], et elle en fist si' grant joie comme elle pot plus , id. ib. Li noevismes [neuvième] offices [de l'amitié] est à faire tost sa prière [de l'ami] ; Salemons dit : ne di pas à ton ami : va et revien demain, brun, la- TiNi, Trésor, p. 430. Et ne convient mie tant mangier com li saveurs de le [la] viande lor reviegne à le [la] bouche, alebrant, f° 4. || xiv" s. Et pour ce l'incontinent après la passion ou temptacion s'en revient de legier, oresme, Eth. 2)3. || xv* s. Or me veux je taire de monseigneur Jean de Hainaut, jusques à tant que point sera, et revenrai au jeune roi Edouard d'Angleterre, froiss. i, i, 27. Quand revendra [viendra] le temps por mi. Que par amours porai amer, id. Espinelte amour. U se revenoit tousjours à la fin à ce qui luy estoit nécessaire, comm. m, tt. Il XVI' s. U y trouvera advertissement,poursoy modérer en prospérité, et reconfort pour se revenir et soustenir en adversité, auïot, Préf. iv, 29. Romulus commenceoit desjà à se revenir du coup qu'il avoit receu, et vouloit retourner au combat, ID. floin. 28. L'ondisoit qu'il y revenoit des esprits, id. Solon, 19. Quelques uns se resveillerent en sursault, et revenans à soy prirent les armes, id. Cam. a. Leur remonstrantqueles arbres taillez et couppez revenoient en peu de temps, id. Péric. 82. Soudain qu'il apperceut qu'ilz se repentoient du tort qu'ilz luy avoient fait, il se revint aussi, id. AU. et Cor. 4. Il n'en revint pas à chaque soudard' plus de unze drachmes d'argent, id. P.-jEm. 49. Force pasturages, taillis et bois revenans, id. Caton, 45. Et comme on voit un haranc sur la grille Se

REV

revenir, el un chappon en mue, Ainsi j'engraisse.... ST-GELAis, 94. Leur ayant faict revenir le courage par cette honte, mont, i, 66. Il jure qu'il faulsist revenir à la première façon, m. i, too. Un paon et deux faisands revenoient à cent ducats, ID. i, 393. Estant revenus à eulx, ils en transissent d'estonnement les premiers, m. ii^ 22. il tomba en esvnnouissement; on le Mt revenir, ID. 11, (29. Je me harpe *vec si grande faim aux accointances qui reviennent à mon goust.... id. m, 278. A la proportion de ces ossements, leur stature revenait à 20 palmes, ID. IV, 25. C'est assez parlé des fruits qui reviennent de 1.1 concorde domesticjue, lanoue, 47. Tout bien conté, il revient autant d'inconveniens, que de profits, de tels voyages, id. 126. 11 lui laissa pour le bastiment du temple cent mille talensd'or et un million de talens d'argent : ce qui revient à six vingts millions d'escus, selon la supputation de Budée, ID. 476. N'estimant y avoir beaucoup de contrées où les terres reviennent [rapportent] gueres davantage, o. de serres, 8». Et -'ous, thym, anis et mélisse. Vous soyez les bien revenus, bons. 49S.

— ETYM. Picard, reiitr, venir; wallon, rumt ; Berry, arrenir ; provenç. et espagn. retenir; ital. rivenire ; du lat. revenire, de re, et rentre, venir.

t REVENOIR (re-ve-noir), s. m. Outil de l'horloger. Il Outil pour donner diflérents recuits, ou faire prendre la couleur bleue à l'acier.

— ÉTYM. Revenir.

REVENTE (re-van-f) , t. f. Seconde vente , nou- Telle vente. Soit que lesdits ouvrages soient vendus par les ouvriers d'iceux, ou par ceux qui en font trafic et revente , Rèylem. génér. sur les aides , 40 oct. (624. Il Anciennement. De revente, qui a déjà servi. Nous faisons chercher un tapis de revente ; car, s'il le faut acheter chez le marchand, il vous coûtera avec la frange d'or et d'argent plus de quatre cents francs, sÉv. (9 août <676. || Revente à la folle enchère , nouvelle vente d'un bien dont le premier adjudicataire n'a pas payé le prix.

— HIST. xiii" s. Et selonc ce que noz avons dit des ventes et des reventes, ueaum. lu, 26.

— Etym. Revendre.

t REVENTEU OU RÉVENTER (ré-van-té), V. a. Terme de marine. Faire porter dans une voile le vent qui frappait dessus.

— Etym. Re..., et tenter ou éventer.

i. REVENU, UE (re-ve-nu, nue), part, passé de revenir. || 1* Qui s'est rendu au lieu d'où il était parti. Revenu à Paris. Revenu de Lyon. || 2° Terme de vénerie. Cerf revenu de tète, cerf chez qui le bois a repoussé || S" Qui s'est montré de nouveau. Dieu merci, voilà mon caquet bien revenu, sÉv. ïl juin (67). Il i° Revenu à soi, qui a repris ses esprits, son calme. Que l'homme, élant revenu à soi, considère.... pasc. Pens. i, 2, édit. havet. || 6" Revenu de, qui a renoncé à, désabusé de, qui n'est plus possédé par. Me voilà revenu de mon beau mariage, scABB. Japh d'Arm. m, t7. Oui, vous me voyez revenu de toutes mes erreurs, mol. Festin , V, *. Vous voilà donc revenu du café, sÊv. 273. Qui sait si, étant revenue de ses erreurs prodigieuses touchant la royauté, elle [l'Angleterre] ne poussera pas plus loin ses réflexions...? boss. Reine d'Anglet. Ce père [saint Augustin] revenu du manichéisme, ID. )■• instruct. past. 47. Hamilton, que toutes les vérités de cette harangue frappaient à mesure qu'il y faisait attention, parut comme revenu de quelques songes, HAMiLT. Gramm. t). De bonne foi , dit la marquise, je trouve à présent les mondes, les cieux, et les corps célestes si sujets au changement, que m'en voilà tout à fait revenue, font. Mond. 5* soir. Quand je le vis revenu de sa furie, je lui fis mes adieux en peu de mots, j. j. rocss. Conf. vu. Il 6° Qui a changé d'opinion sur. Ma sœur sur son chapitre est, dit-on, revenue, gresset, Méch. v, 6.

2. REVENU (re-ve-nu), s. m. || f Ce qu'on retire annuellement d'un bien, d'une pension , d'une rente. Jean s'en alla comme il était venu. Mangeant son fonds avec son revenu, la font. Épilaphe. N'imite point ces fous dont la solte avarice Va de ses revenus engraisser la justice, Bon.. Ép. II. Leibnitz avait un revenu trèsconsidérable, et vivait toujours assez grossièrement, FONT. Leibnitz. N'avais-je pas sujet de concevoir l'espérance d'une merveilleuse fortune , en m'établissant un revenu sur les sottises d'autrui? n. Dial. I, Morts anc. etmod. Les ilotes, qui étaient une espèce d'esclaves , cultivaient leurs terres [des Lacédémoniens], et leur en rendaient un certain revenu, rollin. Traité des Et. v, 3» part. ch. 2. Un astrologue, un moine, vn chimiste elfronté Se font un revenu de sa crédulité du public], volt. Ép. 46.

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Cette république [Genève] fabriquait pour plus de dix millions de montres par an; et c'est avec ce produit bien économisé qu'elle a acquis pour six millions de nvenus sur les finances de Votre Majesté, m. Pol. et lég. Au roi en ton conseil. \\ Fig. À la fin j'ai connu Que la fidélité n'est pas grand revenu , béonieb, Sat. II. Il Dans l'ancien langage précieux. Cette proposition peut-elle être avancée par une personne qui ait du revenu en sens commun? mol. 6'ril. S.llî" Revenus casuels, certains profits qui ne sont pas compris dans les revenus ordinaires. || 3* Revenus publics , ou revenus de l'État, tout ce que l'Etat relire des contributions et de ses propriétés. Les revenus de l'État sont une portion que chaque citoyen donne de son bien pour avoir la sûreté de l'autre, montesq. Esp. xiii, <. L'avantage d'un Etat libre est que les revenus y sont mieux administrés, iD. fiom. 4. La sottise, la folie et les vices font partout une partie du revenu public, volt. Mœurs, 102. Ce roi [Louis XIIj n'avait environ que treize millions de revenu; mais ces treize millions en valentenviron cinquanted'aujourd'hui.iD. Mœurs, (14.

— HIST. xvi* s. L'augmentation du revenu publicque, mont, m, 25 (.

— Etym. Kercnu 1. Autrefois on disait rei'cnue .- XIV* s. Toutes les revenues de ladite ville, du cange, accensare. Wallon, rivnow, s. f.

t 3. REVENU (re-ve-nu), s. m. || i' Terme de chasse. Se dit de la queue qui revient aux faisandeaux, aux perdreaux, du bois qui renaît i la tête du cerf, du daim, des chevreuils. || 2° Recuit de l'acier. Donner le revenu aux aiguilles.

— Etym. Revenu t.

REVENUE (re-ve-nue), s. f. || 1» Chemin qu'on fait en revenant. L'allée et la revenue. || 2° Terme de vénerie. Heure où les bétes sortent du bois pour pâturer. ||3° Terme d'eaux et forêts. Le jeune bois qui revient sur une coupe de taillis. Une belle revenue.

— HIST. XIII* s. Et s'on voit qu'il [le bois] vaille mains [moins] par malvès teroir ou par malvese revenue, beaum. xxvii, (2. En cest cas seroit il atendus tant c'on saroit sa mort ou se [sa] revenue, ID. xxxiv, 65. Il XIV* s. L'aprentis demande quel est le déduit de traire à aguet à la revenue [du gibier], Modus , f° 60. Seront gardées et dedendues les revenues copées à taille et à ordon, jusques elles aient accompli le temps de quatre feuilles, du CANGE, revenuta. \] xv* s. Vous faites paistre chacun jour ses herbes, et manger le revenu et bourgon de ses bois à vos bestes, du cange, revenuta. Il XVI* s. Pour la conservation des lejecls et revenues jusqu'à ce que les bois se puissent deifendre suffisamment, Coust. génér. t. i, p. 423.

— Etym. Revenu t.

t REVENURE (re-ve-nu-r'), s. f. Terme rural. Seconde pousse de la vigne après la gelée.

— ETYM. Revenu t.

RÊVER (rê-vé), ». n. || 1° Faire des rêves en dormant. Si nous rêvions toutes les nuits que nous sommes poursuivis par des ennemli et agités par ces fantômes pénibles, pasc. Pens. m, (4, éd. havet. Tel peut-être veille comme un sot et rêve comme un homme d'esprit, dider. Salon de n6l,Œuv. t. xiv, p. 2B7, dans pouGENS. Il Familièrement. Cet homme rêve tout éveillé, rêve les yeux ouverts, son imagination enfante des chimères. Si elle [l'âme] était née avec des idées métaphysiques, comme l'ont dit tant d'écrivains qui rêvaient les yeux ouverts, volt. Dict. phil. Somnambules. Ce sont des hommes qui rêvent éveillés, et qui sont fort surpris, lorsqu'on ne rêve pas comme eux, condil. Art de raison, iv, 2. Il II me semble que je rêve, je crois rêver.... se dit pour exprimer qu'on croit être dans un rêve, non dans la réalité, quand.... Il me semble que je rêve quand j'entends.... pasc. Prov. v. Je crois rêver en l'écrivant, sÊv. 304.112' Avoir le délire, dans un accès de fièvre ou dans quelque autre maladie. La fièvre tierce avec des accès qui la font rêver [Mme de la Fayette], sÉv. (S mai (672. Il y a des gens qui rêvent toujours pendant la fièvre, ID. (7 mai 1076. Il 3° Dire des choses déraisonnables. C'est un vieux radoteur, il ne fait que rêver. Ménechme : Nous rêvons, vous ou moi ; quoi 1 vous me ferez croire Que j'ai vu votre fiUeî en quel temps? comment? où? — Démophon : Tout à l'heure, en ces lieux. — Ménechme : Allez, vous êtes fou, REGNARD, les Ménechm. m, 8. Platon refait beaucoup, et on n'a pas moins rêvé depuis; il avait songé que la nature humaine était autrefois double, et qu'en punition de ses fautes elle fut divisée en mâle et en femelle ....les rêves alors donnaient une grande réputation, volt. Songe de Platon. Il Rêver noir, avoir des idées tristes. Ou vous

RÈV

rêvez noir, ou il tous faut de la conversation, sév. 8(1. Il 4' Penser d'une manière vague. Elles [les Muscs] en sont autrefois descendues [du Parnasse], pour venir rêver aux bords du Tibre, godeau. Dise, sur Malherbe. Qu'on rêve avec plaisir, quand notre âme blessés Autour de ce qu'elle aime est toute ramassée! CORN. Pulch. II, i. Comme s'ils n'étaient juges que pour être de temps en temps assis sur les fleurs de lis, où ils vont peut-être rêver à leurs divertissements passés, flecii. Lamoignon. Callimaque rêvait sur ses malheurs en menant son troupeau, fkn. t. xix, p. 3o. Notre plaideur, qui était assez taciturne, et qui rêvait plus qu'il ne parlait, HARiv. Pays. parv. part. 4. Virgile abandonnait les fêles de Capoue Pour rêver sur les bords des marais de Mantoue, i.ernis, Éptt. v. Amour patr. L'oisiveté me suffit, et, pourvu que je ne fasse rien, j'aime encore mieux rêver éveillé qu'en songe, j. j. Bouss. Conf. XII. Quel amoureux ennui Me rend cher ce bocage où je rêve de lui ? *. cnÉN. Mnaxile et Chloé. Rêver que je suis libre et que je suis heureuse, p. lf.brun, Marie Stuart, m, * Au printemps sous l'ombrage. Un jour mon cœur rêvait, BÉBANO. Rêverie. Revenez, revenez, ô mes tristes pensées; Je veux rêver cl non pleurer, lamart. Harm. iv, (0.||6" Être distrait. Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles; Jour de Dieu I je saurai vous frotter les oreilles, «oi.. Tart. 1, 4. Sa femme [de la Fontaine] dit qu'il rêve tellement , qu'il est quelquefois trois semaines sans croire être marié, tallemart des réaux. Historiettes, de la Fontaine. || 6* Penser, méditer profondément. Il [l'empereur Léopold l"qui avait la bouche très-grande et toujours ouverte] se plaignait un jour au prince de Porcie son favori, jouant aux quilles avec lui [la pluie étant survenue], de ce qu'il pleuvait dedans, le prince de Porcie (bel effort de génie!), après y avoir rêvé quelque temps, lui conseilla de la fermer, Mém. du maréchal de Gramonl, t. LVII, p. 20. C'était à l'oraison funèbre de Mme de Longueville qu'elles pleuraient M. de la Rochefoucauld ; ils sont morts dans la même année; il y avait bien à rêver sur ces deux noms, sÉv. 41». Je vous laisse rêver sur ce grand événement [Jacques II es.'sayant de reprendre l'Angleterre], id. 24 déc. (688. Je me promenais dans mon jardin d'Auteuil, et rêvais en marchant à un poëme que je voulais faire contre les mauvais critiques de notre siècle, BOJL. Discours sur la satire xii. Et, sans aller rêver dans le double vallon, La colère suffit et vaut un Apollon, m. ib. 1. Il se mit à rêver à son projet, HAMILT. Gramm. 2. J'y étais quand il les lit [ces vers], il était dans un souper, et il ne rêva pas un moment, montesq. Lett. pers. 51. || Anciennement. Rêver à la Suisse, avoir l'air de penser à quelque chose, et ne penser à rien. || 7" V. a. Voir, imaginer enrêve. Si nous rêvions toutes les nuits la même chose, elle nous affecterait peut-être autant que les objets que nous voyons tous les jours, pasc. Pens. m, (4. Un songe le fait roi, lui donne des sujets; Il rêve des trésors, des scepires, des palais, oelille, Imagin. i. [Que] Bien ou mal mis, Tous amis, Dans l'ivresse endormis, Nous rêvions les vendanges, bêrang. Grande orgie. || On dit, sans article : rêver mariage, rêver mort, rêver querelle. || Vous avez rêvé cela , se dit i quelqu'un qui raconte des choses que l'on ne croit pas. Une visite que vous avez apparemment rêvée comme tout le reste, hamilt. Gramm. 4. Il 8* Voir par la pensée comme dans un rêve. Ils voyaient comme en songe l'univers se former A leurs yeux; ils rêvaient les principes des choses, leurs essences, leur génération , et ils ne s'éveillaient point, condil. llist. anc. m, (. Par la pensée encor je jouirai des cieux. Je rêverai les bois, les monts, la terre et l'onde; Et dans mes souvenirs j'habiterai le monde, delille. Trois règnes, ch. I, Autour de ces paroles éteintes [une traduction française d'une ode de Sapho], sous les changements du temps et des idiomes, rêvez le ciel de Lesbos, l'harmonie des vers et celle ds la lyre.... viLLEMAiN, Ess. SUT le génie de Pindare, ch. vi, à la fin. Il 9° Méditer sur, songer à. Allons sur le chevet rêver quelque moyen, corn. lfen<. m, 0. L'un est sans doute mieux rêvé, Mieux conduit et mieux achevé; Mais je voudrais avoir fait l'autre, id. Sur let sonnets de Job et d'Uranie. Il faudrait rêver quelque incident, mol. Crit. 7. || 10° Dans la langage élevé, poétique. Désirer quelque chose ardemment, avec passion. Le soldat aujourd'hui ne rêve que la guerre, RÉGNIER, Sat. IX. Quand ils sont nés à peine, ils rêvent un empire, u. ;. chén. Tibère, m, 2. Cett« carrière de gloire et d'honneur que j'avais rêvée.

RÉV

commence donc par l'antichambre [par les sollicitations), scHiHK, le Prix de la vie, dans les Historiettes et proinbes. . , . , , ... .

— REM. B«ver est suivi de la préposition de quand il s'agit de rêve : J'ai rêvé de vous cette ouït; de la préposition à quand il s'agit de méditation : J'ai rêvé toute la nuit à cet incident.

— HIST. xiii* s. Mais sul de cele gent Stigand L'arceveske s'en va gabant, Ki s'est turnez en une part, E dit que reeve li vieillars, Edouard le con- (es. v. 3783. Cuidiés que dame à cuer vaillant Aint [aime] ung garçon fol et saillant, Qui s'en ira par nuit resver, la Rose, 7776. Nou< venions l'autrier de joer, Et de resver, Moi et mi compaing et mi per, DU GANGE, dans le Gloss. français. \\ xiV s. Comme Fouquet Hodierne fust alez avec trois compsignons charreliers esbatre et resver de nuit, du CANOË, revenlare. \\ xV s. Sire chevalier, vous resvez, ce me :einble; car vos raisons sont toutes contraires à cesl achèvement que tant desirez à avoir, Percefnrest, t. v, f* *i.

ETVM. Origine incertaine. Parmi les langues

romanes, jusqu'à présent on ne connaît river que dans le français. Le P. Labhe, Ampère et Génin ont supposé une parenté entre rêver et deîier (voy. en- DÊvER). On a indiqué l'anglais /o rave, avoir le délire; mais le mot anglais parait venir du français, non le français de l'anglais ; il en est de même du flamand re'ven, revelen, et du moyen haut-allemand reben. Diez conjecture que rêve est une forme dialectique pour rage, et représente le latin rabiex. Cette conjecture ne satisfait ni à la forme {rabies ayant déjà donné rage), ni au .sens (r«i'er signiliant essentiellement vagabonder, faire le vaurien). On satisfait mieux à l'une et à l'autre en s'adressant au danois rœve, angl. lo rave, errer, vagabonder, faire le bandit, d'où, en anglais, avoir le délire, et, en français, faire un rêve.

t RÉVERBÉRANT, ANTE (ré-vèr-bé-ran, ran-t), ad)- Oui a la propriété de réverbérer; qui produit la réverbération. Surfaces réverbérantes, ramond, Inst. Uém. scienc. <8u9, p. 516.

RÉVERBÉRATION (ré-vèr-bé-ra-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1* Réflexion de la lumière et de la chaleur par un corps qui ne les absorbe pas. La réverbération des rayons du soleil. Ces réverbérations terrestres doivent être assez communes dans l'atmosphère des montagnes, bern. de st. -p. Harm.aqimt.oir, liv. III. Il S'estdit de la répercussion du son. ]| Fig. N'admirez-vous pas l'éclat et la puissance que donne la réverbération du soleil [le roi]?... n'aurons-nous jamais un rayon ? SÉV. 322. || 2" Fig. Refl''». Je ne me vante pas d'être amie de M. le Premier [Béringhen] ; mais je l'ai vu assez souvent; il me trouve avec se:! amis, et vous savez les sortes de réverbérations que cela fait, sÉv. Il sept. 16/B. Je n'étais son amie [de Mme du Plessis-Guénégaud] que par réverbération.... mais nous étions selon son goût, iD. «0 août 1677. Figurez-vous une quatrième, uno cinquième réverbération de Voltaire, si l'on peut parler ainsi ; supposez une série d'imitations successives qui vous auraient fait descendre i une pièce de Dubelloy, villemain, Littér. Tabl. du xviii' siècle, i' partie, 2« leçon.

— HIST. XIV' S. Le basilique, quant il voit sa figure ou [au] miroir, meurt pour la réverbération du venin que li miroir li rent, ii. de mondeville, f" 88, 1 crjo. Puis tu fais pour ta fixion Feu de réverbération. Voire si très chault que tout fond, Nat. à l'alchim. 46. || ivi* s. Le rayon par le moyen de la réverbération prent corps de feu et force d'enflammer, AMYOT, Numa, xvii. La réverbération des rayons de la lune, qui donnoit contre les boucliers, id. Sieias, xxxix. La faculté auditive faite par la réverbération de l'air, de laquelle sont faits les sons, PABÉ, m, 8. 11 [l'homme mordu par un chien enragé] craint l'eau et toutes choses transparentes et luisantes, ayans quelque réverbération [faisant miroir), ID. xxiii, t8. •

— ETVM. Provenç. reverberatio ; espagn. reverberacion ; ital. reverberaiione ; du lat. reverberalionem ; de reverberare, réverbérer.

t RÉVERBÉRATOIRE (ré-ïèr-bé-ra-toi-r'), adj. Fournaise réverbératoire, fournaise disposée en réverbère.

RÉVERBÈRE (ré-vèr-bè-r'), s. m. || 1- Miroir destiné à rcllechir dans une direction ilélerminée la lumière ou la chaleur. || Fig. Les fleurs ont des réverbères ou des pétales pour réflccbir la lumière de l'astre du jour, hebn. de st-p. Ilarmon. liv. i, TuW. génér.[\%' Par extension, lanterne munie d'une lampe et d'un ou de plusieurs réflecteurs, et qui sert à éclairer une rue, une place, etc. À la

REV

clarté, à la lueur d'un réverbère. Les voleurs de nuit redoutent les réverbères, o'alehb. Éloges, duc d'Estr. Quand les voleurs ne sont pas réprimés, il faut allumer les réverbères ; les réverbères de l'ordre social sont les journaux, français de Nantes, dans BAILLY, Notice, p. 78. || 3° Chasse au réverbère, ch.isse aux canards sauvages, faite la nuit au moyen d'une lanterne placée en avant du bateau qui porte les chasseurs. || 4" Nom qu'on donne aux parois d'un fourneau destinées à réfléchir la chaleur. Quatre onces de poudre d'anlimoine calcinées quelques heures au fourneau du réverbère, volt. Feu, 1, ». Il Feu de réverbère, feu dont on fait rabattre la flamme sur les matières que l'on expose à .son action.

— ËTYM. Voy. BÉVERBÉBER.

RÉVERBÉRÉ, ÉE (ré-vèr-bé-ré, rée), part.passé (le réverbérer. Les rayons du soleil réverbérés par la muraille.

RÉVERBÉRER (ré-vèr-bé-ré. La syllabe W prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il réverbère; excepté au futur et au conditionnel : il réverbérera), v. a. || 1* Renvoyer, en parlant de la lumière et de la chaleur. Des plaques de fer qui réverbèrent la chaleur du foyer dans la chambre, jj J" Ancien terme de chimie. Réduire les corps en chaux par un fru violent. H 3° F. n. Etre réverbéré. Les rayons du soleil réverbèrent contre cette muraille. || Fig. L'amitié qu'il [du Coudray] a pour vous réverbère sur moi, SÊV. I9avr. ie<t4.

— HIST. XV' s. Ne vueillez réverbérer [regimber] à l'esguillon, Perceforest, t. iv, f' 47. || ivi' s. Elle le vit contre une muraille blanche, où reverberoit la clarté de la chandelle, marg. Nouv. liv. Pour réverbérer la lumière et la flamme sus la matière à calciner ou à distiller, paré, xxvi, 2. Je ne puis pas ici endurer, les rays du soleyl se réverbèrent si

fort, PALSGR. p. 682.

— ÉTVM. Lat. reverberare, de re, et verberare, frapper.

j RKVERCHER (re-vèr-ché), v. a. Boucher les trous d'une pièce de poterie d'étain avec le fer à souder.

— ÊTYM. Dans l'anc. franc, revercher ou reverchier signifie examiner, visiter ; il représente probablement une forme reverliare , dérivée du lat. reverlere, retourner : retourner pour examiner.

Ri;VERDI, lE (re-vèr-di, ilie), part, passé de reverdir. Rc'levenu vert. Sa feuille renaissante et ses bras reverdis, delille, En. xn. || Fig. Qui semble rajeuni, en parlant d'un vieillard. Je l'ai trouvé tout reverdi.

I REVERDIE (re-vèr-die) , j. f. Nom donné en certains lieux de la Bretagne aux grandes marées qui arrivent au défaut ainsi qu'au plein de la lune.

— ÊTYM. Reverdi, par une figure dont il y avait des analogues dans l'ancienne langue : xiii* s. La douçor et la mélodie Me mist ou [au] cuer grant reverdie, la Jîose, 7)2.

REVERDIR (re-vcr-dir), v. a. || 1" Repeindre en vert. Ces barreaux ont perdu leur couleur, il faut les reverdir. || 2° V. n. Redevenir vert. Ce que vous dites des arbres qui chan^jent est admirable ; la persévérance de ceux de Provence est triste et ennuyeuse : il vaut mieux reverdir que d'être toujours vert, SÉV. 7 juin i675. A ses accords les chênes reverdisaent, J. B. Bouss. Allég. l, 5. || Fig. et populairement. Planter là, laisser là quelqu'un pour reverdir, le laisser en quelque endroit et ne pas aller le retrouver. Et le laissa là non pas pour reverdir, mais pour maudire cent fois son malheur, qui ne lui venait que de trop bonne fortune , scarr. ilom. corn, i, 9. La dame gagna la guérite. Et le laissa pour reverdir, id. Virg. iv ||3' Fig. Se ranimer. Frappe 1 et ces bords [la Grèce], au gré du ciel vengeur, Keverdiront d'abondance et de gloire, BÉRANG. Anocr. Ainsi, noués en gerbe, Reverdiront mes jours, v. hugo, Odes, v, 25. || Familièrement. Reprendre du crédit. Melfort se fit catholique, et reverdit en crédit et en confiance à St-Germain [la cour de Jacques 111], st-sim. t46, )28.

— HIST. xif s. Quant li estes et la douce saisons Font foille et flor et les prés raverdir, Couci, xiii. X la d >uçor du lens qui raverdoie Chantent oisel et florissent vergier, ib. xxi. || xiii* s. Que erbelete poignenl et pré sont reverdi, Berle, i. Ce fu en mai en cel termine Que la flor monte en l'aube-espiiie, Prez reverdissent et li bos, l-.t oisiel chantent sans repos, lien. 4867. Toz reverdis et e^prandans, [elle] Li a geté ses iex es suens [aux siens]. Lai de l'ombre. Il XV* s. Et aucunes fois avicnt que pour les malles noises qu'il li maine, et aussi qu'il la bat, qu'elle se va, et plante son mary pour reverdy, Les 1 5 joyes

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de mariage, p. Bî.jjxvi's. May qui portoit rob» reverdissante, mabot, m, 98. La mesme haine qui y estoit se reverdit de jour à autre, PASQuirB, Recherches, IV, p. 438, dans lacurne.

— ETYM. Ite..., et verdir; Berry, rerard'xtr ; provenç. reverdir, rei:erdeiar ; ital. riverdire.

t REVERDISSEMENT (re-vèr-di-se-man), ». m. Action de reverdir. État de ce qui reverdit.

— REM. Ce mot n'est pas un néologisme ccmtie on l'a dit, il est dans le Dictionnaire de l'Académie de 46«6, mais avec la note qu'il doit être effacé. Furetière l'admet dans son Dictionnaire saiu aucune observation.

— HIST. XVI' s. Tant s'en faut que ce soit apporter remède à la maladie qui s'olîre, qu'au contraire c'est un rangregement et reverdissement de la plaie, PAEQUIER, Kxhortalion aux princes, cité par feu- GÈRE dans son Glossaire d'Ét. Pasquier.

t REVERDOIR (revèr-doi r) , s. m. Dans les brasseries, petite cuve placée sous la cuve dite matière, et 'lui est munie d'une pompe à chapelet.

RÉVÉRÉ, ÉE (ré-vé-ié, rée), pari, passé de révérer. Traité avec révérence. Je ne suis point, mon frère, un docteur révéré, mol. Tart. i, 6. Son autorité révérée autant par le mérite de sa personne que par la majesté de son sceptre, Boss. Ilist. n, 43. Surtout qu'en vos écrits la langue révérée En vo» plus grands excès vous soit toujours sacrée, boil. Art p. I.

RÉVÉREMMENT (ré-vé-ra-man), adv. D'une manière révérenle. Les hommes sont accoutumés, il y a longtemps, à manquer au respect qu'ils doivent à Dieu, et à traiter peu révéremment les choses sacrées, BO.-s. Serm. 3' dim. après Pdq. préambule.

— HIST. XV S. En la maison d'un roy on doit faire le service divin très reveremment, Bibl. des ch. 6' série, t. ii, p. )4«. ||xvi' s. Avoir reveremment sirvi un maistre, mont, i, i3. Elle saluèrent fort reveremment, carl. iv, 20. Luther traite pea reveremment le pape, sleidan, f. 25.

— ÊTYM. Révèrent, et le suffixe ment; prov. reverenmen; esp. reverentemente ; ital. rivertntemente,

RÉVÉRENCE (ré-vé-ran-s'), s. f. \\ 1° Grand respect mêlé d'une sorte de crainte. Depuis aux bons sergents j'ai porté révérence, Régnier, Sat. vin. Ou vous les exécuterez [les décrets] avec révérence, ou vous nous manderez la raison que vous croyez avoir de ne pas le faire, pasc. Pro». xviu.Les spectacles et les jeux publics, où la révérence de l'ordre sacerdotal est ravilie, boss. Ordonn. synodale^ 1691. Que peuvent des évêques qui ont anéanti euxmêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession , en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusqu'à la source même de leur sacre? id. Reine d'Anglet. Il assistait tous les jours au saint sacrifice; et son attention et sa modestie imprimaient le respect aux âmes le» moins toucht^es de la révérence du lieu et de la sainteté du culte, fléch. Duc de Mont. Il [Euchidas] se purifia d'abord, s'aspergeant d'eau sacrée, se couronna de laurier, s'approcha de l'autel, y prit avec révérence le feu sacré.... rollin , Ilist, une. Œuv. t. III , p. 270, dans pougf.ns. Ayez pour la grammaire un peu de révérence, regnard, le Distr. m, 3. 0 révérence des temps passés et des contrées éloignées, combien tu nous fais dire de sottises! RAYNAL, ilist. phil. i, 2). || Fig. L'histOire, des grands cœurs la plus chère espérance , Que le temps traite seule avecque révérence , rotb. St- Grn. I, i. Il 2° Populairement. Révérence parler, parlant par révérence, sauf votre révérence, excuse dont on se sert quand on dit quelque chose qui pourrait déplaire ou blesser. Et moi , monsieur, que j'ai mon haut-de-chausse tout troué par derrière, et qu'on me voit, révérence parler.... mol. l'Av. m, 2. Ce damoiseau, parlant par révérence. Me fait cocu, madame, avec toute licence, id. Sgan. <6. Mais dépenser son bien pour acheter du mal. Révérence parler, c'est être un animal, roub- SAULT, Fabl. d'Ésope, il, 0. Sa vie [de Frédéric II] et, révérence parler, la mienne, sont de plaisants contrastes; mais enfin il avoue que je suis plus heureux que lui; c'est un grand point et Ui e belle leçon, VOLT. Lett. d'Argental, 8 nov. (757. 113- Titre d'honneur qu'on donnait à certains religieux. Il n'y a pas même jusqu'aux religieux, qui , nonobstant les continuelles humiliations auxquelles leurs règles et leur proiession les obligent , ne se traitent entre eux de Votre Révérence, caillières, Muts à la mode, 2' convers. Il dit Votre Révérence à un prince du sang et Votre Altesse à un jésuite, la bmuy. II. Il En cet emploi, Révérence prend une majuscule. || Populairement. On a bien parlé à Sa

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Révérence, on l'« bien réprimandé, on l'a bien gourmé. || i° Mouvement du corps pour saluer , qu'on fait soit en s'inclinant, soit en pliant les genoux. Un jeune homme bien fait, qui, rencontrant ma vue , D'une iiumble révérence aussitôt me salue : Moi , pour ne point manquer à la civilité , Je fis la révérence aussi de mon côté , mol. Éc. det f. II, 6. Apprenez-moi comme il faut faire une révérence pour saluer une marquise ; j'en aurai besoin. — Le maître à danser : Une révéreno pour saluer une marquise ? lo. Bourg, gent. ii, I . ô ciel I quelle ignorance! Ne savoir pas encor faire la révérence Depuis trois ans et plus qu'elle apprend â danser! hegnard, te Disir. i, 4. Aux cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit et à celles du parlement, on fait les révérences comme on les faisait anciennement , comme les femmes les ont toujours faites, SAIN r-FOix, Ess. Paris, lEuv. t. iv, p. 288 , dans pouGiiNS. La vérité de l'histoire ne permet pas de tîire qu'elle faisait mal la révérence; mais elle dansvt comme les fées, chantait comme les sirènes.... Vi.'LT. Zarfi'j, (6. Il [Voltaire] disait: j'ai les reins peu flexibles; je consens à faire une révérence; Dais deux de suite me fatiguent, condorcet, Vie de Voltaire. Mais d'où vient donc, dis-moi, quelque part qu'on s'arrête, en Calabre ou ailleurs, tout le monde se met à faire la révérence, et voilà une Citar; c'est instinct de nature, nous naissons valetaille, r. L. COUR. Lettres, 25 juin <8o«, || Fig. Et faisant révérence à ma bonne fortune, Régnier, 5aMi. Il Familièrement. Tirer sa révérence à quelqu'un, le saluer. Çuand il passa, je lui tirai ma révérence. Il Familièrement. Tirer sa révérence, saluer en s'en allant, s'en aller. Je lui dis ce que j'avais à lui (ire, et lui tirai ma révérence. || Fig. Tirer sa révérence, se dit pour refuser, ne pas se prêtera. Ne oomptez pas sur moi en cette affaire , je vous tire ma révérence. || Particulièrement. Faire la révérence, sa révérence à quelqu'un, lui présenter ses hommages, et le saluer pour la première fois ou quand on a été quelque temps sans le voir. Donner commission de lui faire la révérence de notre part, PA.sc Prov. vl. Il [le jeune Grignan] partit le jour de Noël pour aller coucher à Claye , et faire en passant la révérence à Livry, sÉv. 27 déc. «688. Quelle folie de s'appeler monsieur et madame de Grignan, et le chevalier de Grignan [des Grignans non de l'rovence, mais de Salon], et vous venir faire la révérence ! qu'est-ce que ces Grignans-là? pourquoi n'ètes-vous pas unique en votre espèce? ID. Il oct. <87(. Il Fig. Je fais une révérence à la sainte et modeste sépulture de Mme de Guise, dont le renoncement à celle des rois ses aïeux mérite une couronne éternelle, id. 29 mars I69«. |{ Fig. Faire la révérence, s'esquiver, déserter. Il y eut des vedettes qui, sur de pareilles remontrances, firent une révérence aux leurs, et se rendirent à ucus, pELLissoN, Lell. hisl. t. m, p. 2i4. || Terme de tcanége. Faire la révérence, se dit d'un cheval qui fait un faux pas. || 5" Sorte d'hommage rendu à un souverain, en certaines occasions. Le roi a reçu les révérences. Les voyages de Noisi sont plus fréquents que jamais, les révérences y sont plus réglées, les fontanges tout à fait établies, uàintenon, Lett. à M. d'Auhigné,! avril 1085.

— HIST. XII' S. E depeschad [brisa] le serpent de arain queMoyses fist faire, pur ço que la gent jesqiie k cel tens li eurent ported révérence plus que faire lie dussent e fait oblatiuns, Bois, 406. || xiir s. Ma mère est : si la crieng d'enfance, Ge li port moult grant révérence, la Rose, 10794. Et prioit par grant révérence Nostre-Seigneur, que par les mérites du benoict saint Loys le délivras! de si grant langueur, Miracles SI Loys, p. 137. Révérence est celé vertus qui nos fait honor rendre as nobles persones et à celles qui ont aucune seignorie, BRUN. LATINI, Trésor, p. 432. j| xiv* s. Lequel, oïz les noms des legiz, et le don, et le dieu à qui il estoit tramis, commença à avuir révérence à la bezongne, BEBC1IEURE, f" 107, verso. Il ïV s. Adono se montra ledit roi à tout le peuple qui là estoit assemblé; et, quand ils le virent venir, tous s'inclinèrent confie lui et lui firent la révérence, froiss. m, iv, 52. Fist le roy d'Angleterre encores une plus grant révérence [salutation], comm. iv, (0. Ge vous prie que vous veuil'.iez vestir mon habit de révérence, Perceforest, t. I, f° i.iQ. Il xvi* s. 11 eut en si grande révérence la gravité vénérable de ses propos et de sa conversation, que.... AMYOT, P/iilop. 27. Révérence à [pour] la religion, mont, i, I7. ils regardent à sa révérence, à son maintien et à ses bottes quel homme il est, id. I, U7. Je vis du jour à la journée, et, parlant en révérence, ne vis que pour moy, id. m, 2au.

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— ÊTYM. Provenç. r«r«rencta,re«erfn»o;espagn. rererrncio; ital. riverenxa, du lat. reverentia, de revreri, révérer.

nÊVÉRE.NCIELLE (ré-vé-ran-si-è-l"), adj. f. Il n'est usité que dans celte locution : Crainte révérencielle, la crainte respectueuse que les enfants doivent avoir pour leur» pères et pour leurs mères. La seule crainte révérencielle envers le père, la mère ou autre ascendant, sans qu'il y ait eu de violence exercée, ne suffit point pour annuler le contrat, Code Nap. art. m4.

— HIST. xvi* s. Par une reverentiale honte de la pauvre nature humaine, amyot, Ctmon, 5. On leur enjoinct une appellation estrangiere, comme plus reverentiale, mont, ii, 78.

— ÊTYM. Révt'rence.

t RÊVEUE.\C1ER (ré-vé-ran-si-é), v. n. Faire la révérence. À la fin, M. le duc d'Orléans révérencia aussi, et tous deux [lui et Guiche j, à bout de se dire, se complimentaient de gestes, st-sim. 509, 244.

— HIST. xvi* s. L'alloient en toute humilité reverencier, voir et admirer ses valeurs et vertus, brant. Cap. franc, t. u, p. 352.

— ÊTYM. Rhérence.

RÊVÉRENClEUSEMENT(ré-vé-ran-si-eû-ze-man),

adv. D'une manière révérencieuse. Père Ytier vous salue très-révérencieusement, sév. 49. U [Claudien] peint les facéties des mystères de Gérés telles qu'on les jouait encore révérencieu'^ement en Grèce jusqu'à Tliéodose II, volt. Dict. phil. Initiation.

— ÊTYM. Révérencieuse, et le suffixe ment. RÉVÉRENCIEUX, EUSE (ré-vé-ran-si-eû, eû-z'),

adj. Il 1° Humble et cérémonieux. Discours révérencieux. Une vraie femme de chambre extrêmement révérencieuse, mariv. Marianne, part. «. Comme il était révérencieux, et comme, un moment après, il était violent, emporté, bourru, impoli! DIDEROT, Lett. à ilUe Voland, ib nov. i760. Il 2° Par moquerie. Qui affecte de faire quantité de révérences. Voilà un homme bien révérencieux.

— HIST. ivi' s. Reverentieux, oudin, Dict.

— ÊTYM. Révérence; ital. riverenzioso.

RÉVÉREND, ENDE (ré vé-ran, ran-d'), adj.

Il 1° Digne d'être révéré (vieilli en cet emploi). (ju'Archiménide vienne, il aura son paquet, Fût-il plus révérend cent fois qu'il ne nous semble, la FONT. l'Eunuque, v, 2. || 4* Titre d'honneur qu'on donne aux religieux et religieuses. Révérend père en Dieu messire N. Le révérend père un tel. La révérende mère supérieure. Moins révérend qu'aimable père. Vous dont l'esprit, le caractère. Et les airs ne sont point montés Sur le ton sottement austère De cent tristes paternités, gress Épit. au r. Bougeant. || Substantivement. Mon révérend. Mes révérends.

— REM. 1. Il n'y a guère plus de deux siècles que le titre de révérend père se donnait aux évoques ; mais, depuis qu'ils ont pris celui de Monseigneur, et que Votre Grandeur a succédé à Votre )tévérence, les prêtres des ordres religieux ont pris celui de révérends pères au lieu de celui de frères. Il 2. La Fontaine a mal dit révérente : Très-révérente mère en Dieu, Oui révérente n'êtes guère. Et qui moins encore êtes mère, On vous adore en certain lieu, D'où l'on n'ose vous l'aller dire, Poés. mêlées, ix.

— HIST. xiv s. Et de Bourgogne aussi le bon duc révèrent. Et le conte de Blois que Dieux gart de tourment, Guescl. 19559. || xv* s. [que le roi Charles soit] Riches sur tous, reverens et adrois; Or lui doint Dieux bien achever sa guerre, e. desch. S. le nom du roi Charles. Je sceu les loys et les decrez entendre.... J'estoie adonc reverens, id. Son éducation.

— ÊTYM. Prov. réfèrent; du lat. reverendus, qui doit être révéré, de reieren.

RÉVÉRENDiSSlME (ré-vé-ran-di-ssi-m') , adj. Titre d'honneur supérieur à celui de très-révérend, et que l'on donne aux archevêques, aux évèques et aux généraux d'ordres, etc. Le révérendissime père général des capucins. La révérendissime mère générale.

— HIST. xvi' s. Au regard de la nouvelle invention des superlatifs latins en issime, comme révérendissime.... MLiGRET, dans uvET, la Grammfranc, p. 73.

— ETYM. Superlatif, à forme latine, de révi'rend.

RÉVÉRER (ré-vé-ré. La syllabe vé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je révère, excepté au futur et au conditionnel : je révérerai), V. a. Honorer avec un sentiment de crainte respectueuse. Ils [mes amants] m'ont su révérer si fort jusqu'à ce jour, Qu'ils ne m'ont jamais ilit un mot de leur amour, uoi. F. tav. u, 3. Ell$ [l'ÉgUse

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catholique] défend expressément de croire aucune divinité ou vertu et efficace dans les images, pour laquelle elles doivent être révérées, ni d'y mettre >'t atiacher sa confiance, Boss. Proj. de réun. det prolest. Explic. des points de conlrov. Je veux confondre le monde par ceux que le monde même révère le plus... et ne lui veux donner pour le convaincre que des docteurs assis sur le trâne, lO. Puch. d Orl. De quoi vous plaignez-vous, madame? on vous révère, rac. Brit i , 2. Les cieux instruisent la terre A révérer leur auteur, l. B. Rouss. Odes, i, 2. Locke est révéré dans toute l'Europe comme un sage, VOLT. Dict. phil. Superstition. || Il se dit des choses en un sens analogue. Alexandre révérait la vertu et la véritable gloire, vaugkl. Q. C. viii, u. Pendant que le prince se croit le plus grand objet sur ia terre des regards du genre humain, il en doit révérer l'attention, et considérer, dans chacun des hommes qui le regardent, un témoin inévitable de ses actions et de sa conduite, iioss. Polit. X, VI, ». Les sujets ont cessé d'en révérer les maximes |de la religion], quand ils les ont vues céder aux passions et aux intérêts de leurs princes, id. Iteine d'Anglet. Souvenez-vous de ces cabinets [la maison de Mme de Kambouiilet] ....où l'esprit s« purifiait, où la vertu était révérée sous le nom de l'incomparable Arténice.... fléch. Duch. de Mont. Je l'ai vu révérer la cendre de mon père, volt. Oreste, iv, 3.

— HIST. XII* s. Altresi les destrenche e tue, Cum fait la fauz l'erbe menue; Nés [ne les] redute ne nés revire, Od [avec] le cler brant en fait martire, BENOIT, II, 1 1 15. Il XVI* s. Chemine droit et révère justice, AMYOT, Ctmon, U. La constance et la foy, de moy tant révérée, desportes, Épitaphet, Diane, 7. Je ne vouldrois importuner une personne que j'ay à révérer et craindre, mont, m, 372.

— ÊTYM. Ital. rivenre; du lat. revereri, de re, et verni, craindre.

RÊVERIE (rê-ve-rie), ». f. || 1* Idée chimérique semblable à un rêve. Est-ce une illusion, est-ce une rêverie T corn. Théod. v, 7. Les indépendants.... parmi lesquels on voit les trembleurs, gens fanatiques, qui croient que toutes leurs rêveries leur sont inspirées, boss. Reine d'Anglet. Et cent autres rêveries que je m'étonne qui n'aient perdu de réputation toute l'antiquité, fonten. Mondes, I" soir. Les rabbins ont débité sur Adam tant de rêveries.... volt. Dict. phil. Adam. Quand on renouvelle de si vieilles rêveries, on n'a pas trop bonne grâce à se moquer des vieilles vérités, la- HABPE, Cours de Htt. t. ix, p. 386. || Faire une rêverie, concevoir une idée étrange, avoir une distraction. Je veux savoir si vous n'avez point ri de la rêverie naturelle que je fis à Vitré, en priant ce gentilhomme de basse Bretagne de nous faire vilement dîner, sÉv. 4 oct. t67t. J'ai fait depuis peu une rêverie sur un certain sujet ; mais je bais de la dire ; car il semble qu'on veuille contrefaire Brancas [le célèbre distrait], id. M juill. «677. Il 2° Délire causé par une maladie, par la fièvre. Les cheveux hérissés, j'entre en des rêveries De contes de sorciers, de sabbats, de furies, saint» amand, les Vtsions. Dans mes rêveries de ma grande maladie, je trouvais, et je croyais, et je disais que j'avais une cuisse bleue, SÊv. 23 oct. <679. Corbinelli est demeuré à Paris avec une fièvre tierce et une rêverie qui fait peur, m. 21 sept. «677. || 3* État de l'esprit occupé d'idées vagues. Par le travail, on charmait l'ennui, on ménageait le temps, on guérissait la langueur de la paresse et les pernicieuses rêveries de l'oisiveté, boss. Anne de Gom. 11 faut aimer pour ressentir Le charme de la rêverie, QUINAHLT, P/iai«/ion, 1,3. 11 se peut que la vue de toutes ces étoiles semées confusément et disposées au hasard en milles figures différentes favoiise la rêverie et un certain désordre de pensées où l'on ne tombe point sans plaisir, fonten. Mondes, 1*' «oir. Ma muse, pour vous attendrie, D'une charmante rêverie Subit déjà l'aimable loi, gresset, ÉpU. au P. Bougeant, Dans la rêverie on n'est point actif; les images se tracent dans le cerveau, s'y combinent comme dans le sommeil sans le concours de la volonté, s. J. rouss. 2* dial. Elle s'abandonne à cette rêverie vague et délicieuse qu'inspire une musique expressive, cenlis, Vœux iémér. t. I, p. 8«, dans pouGENs. De ces lieux s'exilent pour toujours La douce rêverie et les disciets amours, delille, Jard. It. Cette rêverie, sans calcul et sans but, qui mène si loin la pensée, stakl, Corinne, iv, 8. La rêverie est plutôt le partage des feiumes, de ces êtres faibles et résignés dès leur naissance, lu. ib. XVI, 4. Ce sentiment de tristesse religieuse, cette

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rêverie de l'âme qui n'a point de place dans la composition dramatique où le poète s'efface et disparait, avait aussi presque manqué à la poésie de nos deux grands sicxles, villem. Litl. fr. xviii* siècle, î'part. a» leçon. Il Titre de certains morceaux de poésie ou de musique. || 4° Pensées riantes ou tristes auxquelles se laisse aller l'imagination. Éveiller son esprit troublé de rêverie, hêcnier, Sot. xv. Ne revenez donc plus, tragiques rêveries, tuistan , H. de Chrùpe, l, l . Les rêveries sont quelquefois si noires qu'elles font mourir : vous savez qu'il faut un peu glisser sur les pensées, sév. 37. J'ai quelquefois des rêveries dans ces bois d'une telle noirceur, que j'en reviens plus cliangée que d'un accès de fièvre, ID. 67. Quelquefois mes rêveries finissent par i> méditation, mais plus souvent mes méditations fliissent par la rêverie, J. J. Rouss. T prom. JlB" Produit de l'action de rêver, de méditer. J'occupe ma raison d'utiles rêveries, boil. Éptt. vi. Dans peu vous allez voir vos froides rêveries Du public exciter les justes moqueries, lo. ib. x.

— HIST. XI"* s. Et faisoient leurs resveries, Leur caroles, leur chanteries. Leur regars, leur ris, leur manières, Leur demandes et leur prières; Ainsi chascuns se deduisoit, machaut, p. 44. || xvr s. Il trouva remède à ceste resverie par une aullre resvcrie [à une pensée qui l'obsédait], mont, i, 94. De toutes les resveries du monde, la plus universelle est le soing de la gloire, id. i, 320. Les resveries qui sont les songes des veillants, et pires que songes, ID. II, 369.

— ÉTVM. Rêver.

+ REVÉRIFIER (re-vé-ri-fi-é), v. a. Vérifier de

— HIST. XVI* s. Vérifier et revérifier toutes les parties couchée ; et employées..., fromenteau, Finances, I, p. H3.

t REVERNIR (re-vèr-nir), v. a. Vernir de nouveau; couvrir d'un nouveau vernis.

REVERQUIER (re-vèr-kié), s. m. Voyez revertier. REVERS (re-vêr),ï. m. || 1' La partie, le côté opposé à ce qu'on est convenu de considérer comme le côté principal, le mieux fait, le plus naturel ou celui que l'on regarde le plus habituellement. Le revers d'une tajiisserie. Le revers d'un coteau. Voyons qui de nous deu.r, plus aisé dans ses vers. Aura plus tôt rempli la p.ige et le revers, boil. Éptt. 11. Nous avons, au huit de mai, plus de cent pieds de neige au revers du mont Jura, volt. Lett. d'Argental, 8 mai 1773. Les revers de l'Arabie heureuse sont, comme partout ailleurs, plus escarpés vers la mer d'Afrique, c'est-à-dire vers l'occident, que vers la mer Rouge, qui est à l'orient, buff. Add. théor.

terr. Œuv. t. xii, p. 404. || Fig ôlez d'entre les

hommes La simple foi, le meilleur est Ôtc; Nous nous jetons, pauvres gens que nous sommes, Dans les procès en prenant le revers, la fo.nt. Belph. 11 est juste maintenant de considérer Id revers des choses, et de montrer que l'histoire moderne pourrait encore devenir intéressante, si elle était traitée par une main habile, chateaub. Génie, ii, m, 5. Il 2' Le revers de la main, le côté opposé à la paume. Puis me donnant deux petits coups du revers de main sur la joue, il me dit d être sage, j. j. eolss. Confest. II. Marthe I dis-je, est-il vrai? — Se levant i ma voix. Et s'essuyant les yeux du revers de ses doigts: Trop vrail lamart. Joc. prol. || Un coup de revers, ou, simplement, un revers, coup porté avec le revers de la main. Ha 1 que ne puis ■ je d'un revers Accompagner ces petits vers 1 scarr. tlatarinades, t. i, p. 296, dans pougens. Fort bien, pour châtier son insolence extrême. Il faut que je lui donne un revers de ma main, mol. Tart. ii 2. Il Fig. Juges aveugles et précipités, que n'attendezvous la fin du combat avant d'adjuger la victoire? viendra le revers de la main de Dieu, qui brisera comme un verre, qui fera évanouir en fumée toute ces grandeurs que vous admirez, boss. Sermons, Visitât. 3. Il Un coup de revers, un revers, signifie aussi coup donné de gauche à droite avec un instrument, avec une arme quelconque tenue de la main droite. Le héros d'un revers coupe en deux l'animal, n font. Fiane. || Frapper de revers, frapper de gauche i droite avec une arme, un bâton, etc. que l'on tient de la main droite. || Kig Donner des coups de revers, donner des revers faire manquer quelque chose, châtier quelqu'un' N allez pas.... Donner de vos revers au projet nue je lente, mol. l'Ét. ii, i . Quand on veut forcer 1,. nature et Dieu même pour lui dire en face qu'on [les mystiques) ne se soucie pas du bonheur qu'on trouve en lui, il donne des coups de revers terribles à ceux qui osent lui dire que c'est là l'ai-

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mer, boss. Lett. quidt. 270. Ce n'est pas qu'à mon tour je n'aie un nombre infini de désagréments, et que tous les jours ces femmes ne cherchent à renchérir sur ceux que je leur donne; elles ont des revers terribles, montesq. Lett. pers. 9. || Un revers de satire, satire qui retombe sur celui qui l'a faite. Car enfin il faut craindre un revers de satire, mol. Éc. des f. i, (.IIS" Revers de fortune, ou, simplement, revers, événement malheureux qui change une bonne situation en une mauvaise. Ce cœur si généreux rend si pou de combat. Et du premier revers la fortune l'abat I corn. Cinna, iv, 6. Mais moi.... Qui, d'emplois en emplois, vieilli sous trois sultans. Ai vu de mes pareils les revers éclatants, bac. Bajaz. iv, 7. Les revers de la fortune épargnent souvent, lorsqu'on les craint 11 plus; et souvent ils accablent, lorsqu'on les mérite et qu'on les prévoit le moins, hamilt. Gramm. 8. Ce fut là le dernier de trente ans de revers, volt. Zaïre, il, ). Souvent la vie passagère de l'homme s'use dans les revers, STAËL, Corinne, n, 3. Les revers ont souffié sur la fieur de son âge, masson, Ilelvét. vi. || Demirevers, revers, insuccès qui n'est pas complet Si elle [une pièce] avait eu un plein succès, j'aurais déclaré qu'elle était de vous; si elle avait eu un demi-revers, je l'aurais prise sur mon compte, MARMONTEL, Cont. moT. Connaiss. \\ 4° Les revers d'un habit, les deux parties d'un habit qui se croisent sur la poitrine, et dont le haut est renversé. A ton revers j'admire une reprise. C'est encore un doux souvenir, bérang. Jfon habit. \\ Se disait de la partie des manches qu'on retrousse, et qui s'appelle aujourd'hui parement. || 5° Revers de botte, le haut de la tige d'une botte, lorsqu'il paraît se rabattre et montrer le côté du cuir qui n'est pas noirci. Bottes à revers. || 6° Dans les monnaies et les médailles, le côté opposé à celui oii est la tète. Le czar s'empressant de la ramasser [une médaille frappée devant lui à la Monnaie de Paris], il se vit gravé sur cette médaille, avec une Renommée sur le revers, posant un pied sur le globe, et ces mots de Virgile si convenables à Pierre le Grand : vires acquirit eundo, volt. Russie, ii, 8. || Fig. Le loup paraît être modelé sur la même forme que le chien; cependant il n'offre tout au plus que le revers de l'empreinte, buff. Uorc. choisis, p. 233. || Fig. et familièrement, le revers de la médaille, le mauvais côté d'une chose, d'une personne. || Le revers de la médaille, renversement oii ce qui était en devant est mis en arrière. Nostradamus.... a prédit dans ses vers , Qu'en l'an deux mil , date qu'on peut débattre, De la médaille on verrait le revers, EÉRANO. tfostrad. || Toute médaille a son revers, toute chose a un mauvais côté. || 7° Revers de pavé, partie inclinée du pavé, depuis les maisons jusqu'au ruisseau. || Double revers, se dit d'une route ou d'une rue pavée qui a son ruisseau dans le milieu. || 8° Terme de fortification. Revers de la tranchée, côté opposé à celui qui regarde la place. Il Revers du fossé, bord extérieur opposé à celui de l'enceinte. Les Russes se firent tuer pendant une demi-heure sans quitter le revers des fossés, volt. Charles XII, 2. || On appelle quelquefois, mais improprement et par abus, revers de la tranchée, le côté extérieur du parapet. || Revers de lorillon, partie de l'orillon vers la courtine. || 9° Terme de guerre. On voit, on prend, on bat à revers ou de revers une troupe, un ouvrage de fortification, quand on est passé en arrière du prolongement du front ou de la face de cette troupe, de cet ouvrage. Ayant observé des endroits d'où l'on voit à revers une bonne partie de leurs dehors, pellisson, Lelt. hist. t. l, p. 301. Le prince de Conli prit à revers le retranchement du front, st-sim. (2, t39. 11 (le duc d'Orléans] acheva de découvrir sur les Ueux à revers tout ce qu'il avait déjà aperçu eu éloignement, m. (62, (32. || Prendre de revers, occuper une position d'où l'on dirige obliquement son feu contre le dos de l'ennemi || 10° Terme de marine. Manœuvres de revers, celles qui sont placées sous le vent. || Partie de la muraille d'un bâtiment qui est en surplomb. || Palan de revers, celui qui fait effort sur le garant d'un autre palan. || Revers d'arcasse, portion de voûte de Lois faite à la poupe d'un vai.^eau, soit pour un simple ornement, ou pour gagner de l'espace. || Revers de l'éperon, la partie de l'éperon comprise depuis le dos du cabestan jusqu'au dos de la cagouille.

— HIST. xv s. Il demanda aux aultres deux s'ils

vouloient jouster.... telle fut leur adventure que

Lyonnel les abatit à revers enmy la prée, Verce-

forest, t. H, f» 35. Le suppliant respondi à icellui

I Mace, qu'il faisoit que revers paillart, de ce qu'il

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l'appelloit revers gars, du cange, reversatui. Il montoit au revers d'une grande eschelle dressée contre un mur tout au plus hault, sans toucher des pieds, mais seulement sautant des deux mains ensemble d'eschelon en eschelon, armé d'une cotte d'acier. Boude. l, 6. Mais je luy tranchy une jambe D'ung revers jusques à la hanche, villon, Arth. de Bagn. || xvi* s. Ils se couvrent les testes aulcunes foys de bonnetz à quatre gouttières ou braguettes ; aultres, de bonnetz à revers ; aultres, de mortiers, hab. Pant. v, il. Luy qui esloit advisé, tascha de s'asseurer par le revers de ce qui l'avoit cuidé ruiner, amyot, Eum. 3. Je n'estime pas que.... mais au revers je pense que.... id. Corn, rcfrén. la col. 26. Trois mil et plus les champs furent couvers Des corps meurdris de tailles et revers, j. marot, v, 135. Le revers [l'opposé] de la vérité a cent mille figures, mont, i, 37. Ce nom lui sembla trop revers [dur, difficile à prononcer], id. i, 344. Tout ce qui vient au revers du cours de nature, id. IV, 287. Elle [Claude de France] donna un terrible revers à l'espérance du poure comte de Sault, et la renversa du tout, cahl. vi, 37. 11 jouoit très bien à la paulme ; aussi disoit on les revers de M. de Nemours, BRANT. Cap. franc, t. m, p. 2, dans lacl'RRE.

— ÊTYM. Provenç. revers, inverse, rebours, envers; espagn. rererso; ital. rifcrio; du lat. reversus, retourné, de re, et versus, tourné (voy. version).

RÉVERSAL, ALE (ré-vèr-sal, sa-l'), adj. Il s'est dit d'un acte d'assurance donné à l'appui d'un engagement précédent. Diplôme reversai. Lettres révcrsales, ou, substantivement, réversales. 1| Lettres reversâtes, ou réversales, se dit aussi de lettres par lesquelles on fait une concession en échange d'une autre.

— ÉTY5I. Lat. reversum, supin de reverlere, retourner, de re, et vertere, tourner (voy. version).

REVi:RSÉ, ÉE (re-vèr-sé, sée), part, passé de reverser i . Le vin versé fut bu ; le vin reversé fut bu aussi.

t REVERSEAU (re-vèr-sô), s. m. Terme de construction. Pièce de bois placée au bas d'un châssis, d'une porte-croisée, en saillie sur le seuil, pour empêcher l'eau d'entrer dans sa feuillure. || On dit aussi rejeteau et jet-d'eau.

— ÊTYM. Reverser, et eau.

I. REVERSEMENT (re-vèr-se-man), ». m. Ancien terme de marine. Action de reverser. || On dit aujourd'hui transbordement.

— ETYM. Reverser t.

f 2. REVERSEMENT (re-vèr-se-man), s. m. Action de la mousson, de la marée qui reverse. Nous nous exposions, en courant ainsi vent en arrière vers le fond de ce golfe, à nous alTaler de manière à être obligés d'attendre le reversement de la mousson pour en sortir, la pérolse, Yoy. t. m, p. 63, dans pougens. || On dit aussi renversement.

— ÉTVM. Reverser 2.

I . REVERSER (re-vèr-sé) , v. a. || !• Verser de nouveau. Reverser à boire. || 2° Verser une liqueur dans un vase d'où on l'avait tirée. Reversez l'huile dans la burette. || 3° Ancien terme de marine. Transporter la cargaison d'un bâtiment dans un autre. Il On dit aujourd'hui transborder. || 4" Transporter par un versement une somme d'argent. Écus sur lesquels il y avait à gagner en les reversant en France, volt. Louis XIV, 30. || Terme de finance. Reporter d'un compte sur un autre. Cet excédant sera reversé sur tel chapitre. || 5* Fig. Faire retomber sur. Cette flétrissure [imprimée par les magistrats aux livres et aux personne.sj, est-ce que vous ne savez pas que le temps l'enlève et la reverse sur le magistrat injuste? la ciguë valut un temple au philosophe d'Athènes, dider. Claude et Nér. ii, 109.

— HIST. ivi* s. Ne vois-tu que le jour se passe? Je ne vy point au lendemain; Page, reverse dans ma tasse; Que ce grand verre soit tout plein, bons. 407.

— ÊTYM. Re..., et verser.

t 2. REVERSER (re-vèr-sé), v. n. || 1° Terme de marine. Agir sur les manœuvres de revers. || Reverse I commandement d'une manœuvre qui a pour but d'accélérer le changement des amures, lorsqu'un bâtiment vire de bord. || i° Une marée^im courant, une mousson reverse, quand la direction devient opposée à celle qu'ils avaient précédemment. X huit heures trois quarts, la marée ayant reversé, la pêrouse, Foy. t. ii, p. I74, dans pougens. Je pars lo 8 avril, quoique la mousson du nord est ne soit pas reversée, id. ib. t. iv, p. (86.

— HIST. xil* s. Sun lit unt, vcant luz, enr el mustier porté, Delries le grant autel e fait e aturné, Le covertur un poi par desus reversé, Th. le mort. 48. Les trêves donnent devant midi sonnant ; Par

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la bataille vont les mors reversant [retournant!, Baoïll de C. 120. || xin' s. Li rois ouvre la cire, la letre reversa [déplia], Berle, cxxii. À un grant arbre [il] s'est heurtez, Arere chet tut reversez. Lai dcl désiré. || xv s. Ceux qui montoienl sur ces eschelles ....estoient à la fois reboutés et reversés tout jus, FROISS. Il, III, 88.

■ - f.TYM. Hevcrs; provenç. reveriar ; espagn. revejnr; ital. riversare.

REVFKSI, ou, suivant une orthographe usitée aussi, IIKVERSIS (re-vèr-si), s. m. Jeu de cartes dans lequel gagne celui qui fait le moins de levées, et où le valet de cœur, appelé le quinola, est la carte principale ; il se joue à quatre. Il [Louis XIV, au camp] trouve le temps non-seulement d'expédier toutes les affaires de l'État, comme à Saint- Germain et à Versailles, mais même de voler la pie et de jouer au reversis, pellisson, I.elt. hisl. t. lu, p. 41. Mon fils me mande qu'il s'en va jouer au reversi avec son jeune maître [M. le Dauphin]; deux, trois, quatre cents pistoles s'y perdent fort aisément, sÉv. 437. Il X ce jeu, coup qui consiste à faire toutes les levées, et qui, contrairement à la règle ordinaire, procure le gain d'une partie. Faire le reversi, ou faire reversi. Rompre le reversi.

— HIST. XVI' s. Pour moy, je suis d'un naturel dispos et gaillard ; j'aime toujours mieux jouer au reversis qu'au piquet; je ne me pique jamais au jiu, pourveu que d'autre part on ne passe trop avant dans les bornes de l'honneur. Caquets de l'accouchée, p. 186, dans LACURNE. Jouer au reversis [se laisser renverser], oudin, Dicl.

— ÉTVM. Sorte de triomphe renversée, que le duc de Savoie apporta en France, il y a quelques dix ans, coTGnAVE. Reversis, ce qui est la meilleure orthographe, vient donc de reverser, renverser. Ce jeu fut, comme on voit, apporté en France dans le courant du xvi' siî'Cle.

RÉVEUSIBILITË (ré-vèr-si-bi-li-lé), s. f. Terme de jurisprudence. Qualité de ce qui est réversible. La réversibilité d'une pension. || Terme de féodalité. Réversibilité des fiefs, retour des fiefs au seigneur, à la mort des vassaux qui ne laissaient aucun parent mâle. Il Terme de théologie. La réversibilité des pênes ou des récompenses, les mérites des saints imputables pour diminuer les peines et augmenter les récompenses.

— ÊTVM. Réversible.

RÉVERSIBLE (ré-vèr-si-bl'), adj. \\ 1° Terme de jurisprudence. En parlant d'un bien, d'une terre, qui peut retourner au propriétaire qui en a disposé. La suzeraineté de Commercy, réversible après la mort de M. de Vaudemont et de sa femme, au duc de Lorraine, st-sim. 178, 131. || Se dit des rentes constituées sur plusieurs têtes, ou qui passent à d'autres personnes après la mort du titulaire. La pension de milord Maréchal, dont les deux tiers étaient réversibles à Thérèse après ma mort, J. J. rouss. Conf. xii. Il Par extension. On pourrait dire que c'est un honneur réversible à nous-mêmes, puisque les citoyens sont nos collègues, miras. Collection, t. II, p. 289. Il 2° Terme de draperie. Envers réversible, envers d'une étoffe tel qu'il peut être retourné. Drap à envers réversible.

— ÉTYM. Voy. RÉVERSION.

RÉVERSION (ré-vèr-sion), t. f. \\ 1° Terme de jurisprudence. Droit en vertu duquel les biens dont une personne a disposé en faveur d'une autre, lui viennent quand celle-ci meurt sans enfants. Par le traité d'Utrecht, le roi était également garant et du repos de l'Italie et de la réversion de la Sicile à la couronne d'Espagne, st-sim, 602, 87. Le cardinal de Fleury se contenta d'abord du Barrois, que le duc de Lorraine devait donner au roi Stanislas, avec la réversion à la couronne de France, volt. Louis XV, 4. Il 8° Terme de rhétorique. Figure de style qui consiste à faire revenir sur eux-mêmes, avec un sens différent et souvent contraire, certains mots d'une même proposition. || 8° Terme de biologie. Retour, à la suite de générations plus ou moins nombreuses, d'individus croisés, au type de l'espèce primitive.

— ÊTYM. Provenç. retiersio; espagn. reversion; du lat. reversionem , de revertere, retourner, de re, et tertere, tourner (voy. version).

REVERSIS, s. m. Voy. nEVERSl.

I REVERSOIR (re-vèr-soir) , s. m. Barrage établi sur un cours d'eau, par-dessus lequel le liquide s'écoule en nappe; pertuis à la surface d'un réservoir.

— ÊTYM. Reverser i.

REVERTIER (re-vèr-tié), ». m. Sorte de jeu où l'on emploie le trictrac; chacun des joueurs empile

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ses dames dans le coin i gauche de son adversaire; le but ([ue chacun d'eux se propose est de faire faire à ses dames le tour du trictrac pour les faire revenir à la place d'où elles sont parties. || On disait autrefois reverquier.

— ÊTYJi. Lat. revertere, retourner, parce que les dames reviennent.

REVESTIAIRE (re-vè-sli-ê-r'), t. m. || !• Terme vieilli. Lieu séparé dans l'église, où les prêtres se revêtent des babils sacerdotaux pour l'office divin. Il 2° Somme que chaque religieux prenait en certaines communautés pour son entretien d'habits, de linge.

— ÉTYM. Revêtir.

REVÊTE.MENT (re-vê-te-man), I. m. \\i' Ce qui revêt. Le revêtement de la peau par du poil, de la plume, des écailles, des têts, des coquilles, buffon. Des sens. Les vallées étaient étroites et boisées ; quelques-unes me rappelèrent, mais sur une moindre échelle, le site de la grande Chartreuse et son magnifique revêtement de forêts, chateaubr. Itin. p'art. I. Il Fig. J'ai touché les raisons pour lesquelles le maréchal [de Boufllers] ne l'aimait pas [Chamillart], entre lesquelles son revêtement de Mme de Maintenon, pour ainsi parler de son dévouement pour elle, st-sim. 237, I6B. ||2* Terme d'architecture. Espèce de placage, etc. qu'on fait aune construction pour lui donner plus de solidité ou d'a.spect. Du temps d'Hérodote et de Philon, il [ce monument, la grande pyramide d'Egypte] était recouvert d'un levètement de pierres polies, qui a été détruit, girard, Inst. Mém. scienc. mor. et pol. t. V, p. 08. On emploie cette pierre [la chaux sulfatée] à Milan pour eu faire des tables et des revêtements do cheminées, al. brongniart. Traité de min. t. I, p. 186, dans pougens. || Dalles de revêtement, celles qui se rapportent au droit de la retraite d'un mur. || Revêtement ou lambris de revêtement, se dit aussi du lambris qui couvre un mur. Il 3" Ouvrage de pierre, de brique, etc. servant à retenir les terres d'un fossé, d'une terrasse. Le revêtement d'un fossé. |{ Particulièrement, en fortification, les revêtements ont pour but de consolider ou de soutenir les talus raides des ouvrages, ou les batteries d'artillerie. Revêtements en gazon, pisé, fascines, gabions.... || Demi-revêtement, paroi d'un fossé de fortification dont la maçonnerie n'atteint qu'à la hauteur du niveau de campagne.

— HIST. xvi* s. Les ingénieurs diront que l'on ne se fortifie que de terre, sans y adjousler leurs revestements de pierre ou de brique, langue, 336. Sont telles formes de successions communément dites et appellées revestement de lignes, Coust. génér. t. ii,

— ÉTYM. Voy. revêtir ; provenç. rereslimen. REVÊTIR (re vê-tir), V. a. Il se conjugue comme

vêtir. Il 1° Donner des vêtements à quelqu'un qui en manque. Il [Tobie] nourrissait ceux qui avaient faim, revêtait ceux qui étaient nus, s\ci, Bible, Tobie, i, 20. C'est là [dans les hospices] que la faim est rassasiée, que la nudité est revêtue, FLÉCH. Lamoignon. || Fig. Tandis qu'il revêt de beauté le lis qui croit dans les plus profondes vallées, au milieu des épines, mass. Carême, Prosp. lemp. Aimable d'innocence et belle de candeur, Son corps [d'Eve] est revêtu de sa seule pudeur, deulle, Parad.perd. v. || Fig. et absolument. C'est par cette dernière grâce que la mort change de nature pour les chrétiens, puisqu'au lieu qu'elle semblait être faite pour nous dépouiller de tout, elle commence, comme dit l'apôtre, à nous revêtir, et nous assurer éternellement la possession des biens véritables, Boss. Duch. d'Orl. \\ 2° Terme de peinture et de sculpture. Revêtir des figures, les habiller. || 3° Mettre sur soi ou sur quelqu'un un vêtement. Revêtir un habit. Il Particulièrement, il s'emploie quand il est question d'habits de cérémonie. Deux aumâniers revêtirent ce prélat de ses habits pontificaux. Il commanda qu'on le revêtît de la pourpre, qu'on lui donnât le collier d'or, que tout le peuple le révérât et lui obéit, bourdal. 4* dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. (43. Il 4° Fig. Use dit des emplois, des charges, des dignités qu'on reçoit, dont on est décoré. La place de bibliothécaire du roi n'avait jamais été si brillante, ni revêtue d'autant de titres et de prérogatives qu'elle l'a été en la personne de M. l'abbé Bignon, MAIHAN, Éloges, l'abbé Bignon. La cour avait cru devoir revêtir son représentant d'un titre imposant et d'une autorité très-étendue, raïnal, Hist. phil. vu, 7. || 6' Terme de jurisprudence. Mettre à un acte tout ce qui est nécessaire pour qu'il soit valide. Cet acte est revêtu de toutes les formes requises. 11 faudra revêtir cet écrit, cet acte de

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ilfH

la signature de telle persoime. || 6* Fig. Couvrit comme d'un vêlement. L'idolàtHe.... il ne fallait que la revêtir de quelque apparence, et l'expliquer en parole dont le son fût agréable i l'oreille, pour la faire entrer dans les esprits, boss. Ilist. a, 4ï. Pour porter le joug de Jésus -Christ, pour être revêtus de Jésus -Christ, bourd. Serm. 20- dim. après la Penlec. Domiti. t. iv, p. 223. Accoutumés de bonne heure à nous dépouiller de nos sensations pour en revêtir les objets, nous ne nous bornons pas à juger que nous avons des sensations, condill. Art de penser, i, 2. || Revêtir set pensées d'un style poétique, les exprimer poétiquement. Il Revêtir le mensonge des apparences de la vérité, donner au mensonge l'air de la vérité. Il 7° Fig. Prendre, recevoir telle ou telle apparence, telle ou telle qualité. N'est-ce pas [Eusèbe] un témoin qui dans cet ouvrage [la Vie de Constantin) revêt partout le caractère de panégyriste plutôt que celui d'historien T volt. Dict. phil. Vision de Constantin. En même temps que les feuilles de l'acacia revêtent la forme d'une gouttière, chaque foliole la revêt aussi, mais d'une manière moins sen- .sible, BONNRT, Us. feuilles, 2* mém. Revêts la forme humaine et deviens l'homme-Dieu, deul. Parad. perdu, m. Il On dit dans un sens analogue : revêtir un personnage. || Revêtir un caractère, faire connaître laqualitc, l'autorité qu'on possédait sans la montrer. Il ne passait que pour un voyageur, mais il a depuis peu revêtu un caractère d'envoyé , Dict. de l'Acad. Il 8* Terme de féodalité. Se disait des héritages et des fiefs. Revêtir un vassal de sa terre. || 9" Couvrir, recouvrir, enduire. Les poils qui revêtent extérieurement les animaux. Les lames d'or qui revêtaient extérieurement les portes du Capitole. Revêtir l'aire d'une grange d'une couche de sable. . ....Celui dont l'art industrieux Des trésors d'Amphitrite a revêtu ces lieux, la font. Psyché, 1, p. <7. Le velouté qui revêt la base du bec, buff. Ois. t. xviii, p. 71. Il 10° Faire un revêtement. Revêtir un fossé. Revêtir une terrasse de gazon. Vauban était d'avis de le raser; mais M. le Prince sauva la vie à ce pauvre fort, et l'on résolut, au lieu de le raser, qu'on le ferait revêtir, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 28. Il Couvrir de boiseries ou de planches les murs d'une chambre. || Placer les poteaux et tournisses dans un pan de bois. || 11° Se revêlir, V. réfl. Mettre un vêlement. Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrible fête Que l'impie Aman nous apprête, rac. Esth. i, 6. Enfin je l'étoufl'ai [un lion] entre mes bras; et les bergers, témoins de ma victoire, voulurent que je me revêtisse de la peau de ce terrible animal, fén. Tél. II. Il Fig. Tâche à t'en revêlir [de ma gloire] , non à m'en dépouiller, cobn. Hor. iv, 7. Mesdames, revêtez-vous de ces sentiments, BOSs. Sermons, Sepluag. I. De quel front aujourd'hui vient-il, sur nos brisées. Se revêlir encor de nos phrases usées? boil. Ép. I. La victoire se déclare pour eux [les Antoine, les Sérapion, les Macaire, les Pacôme] ; le Seigneur se revêt de l'Egypte , comme un berger de son manteau, cbateaub. Kart. xi. || 12* Prendre une charge , une dignité. Après avoir désarmé la multitude, il [Pisislrate] se revêtit de l'autorité suprême, BARTHÉL. Anach. Introd. part. 2, sect. 1. Il 13° Prendre telle ou telle apparence, telle ou telle qualité. C'est en se revêtant d'une nature semblable à la nôtre, et en se faisant homme, que le Verbe divin est venu sur la terre, bourd. Instruct. pour l'Avent, Exhort. t. 11, p. 211. || En parlant des choses. Les formes dont la pensée se revêt.

— REH. La conjugaison de ce verbe est souvent l'occasion de fautes : On parle en soi-même un langage humain et on revêtit ses pensées de paroles.... BOSS. Et. d'orais. v, 20 ; lisez revêt. En te revôtissant d'une forme dernière, le baillt. Fables, let Uitamorphoses du singe \ lisez revêtant. C'est d'après celte conjugaison fautive que Bossuet a fait le barbarisme ref^(isie>nen( ; De même que nos parole» sont une espèce de corps et de revêtissenient que nousdonnonsà nos pensées, 6* ai-eri. 8». Voy. vêtir.

— HIST. xu* s. De tout son fié [d'un baron moi t] Tient estre ravesti , Raoul de C. 36. || xiir s. [Berte avoit] La povre gent souvent chaucie et revestue. Bette, cil. Moût refu Blanchefieurs de joie revestie, 16. cxxviii. Et si demoura encore li cuens en sa baillie, et fu raviestus des roiaus gonfanons, 11. de valenc. XXI. Paumée est senefiance que l'en revest l'achateor par bone foi de marcbié, Lie. de jost. 8. Il XV' s. [La reine] leur fit osier [aux six bourgeois de Calais qui s'étaient clferts à la mort] les cbevestres d'enlour le cou , et les emmena avec li en sa chambre, et les feit revestir et donner à diner tout

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aise.... [les bourgeois étaient arrivés en chemise] , FBOiss. 1,1, 321. Il rvi' s. Ils avoient les proues re- Testues et armées de grosses poinctes d'airain, AMYOT, Anton. 8<. Dieu est revestu de i'Iiuiuaine figure, MONT. II, î7». Quelque ingénieur pourra dire que l'eau mine les fondemens d'un rempart, et que de dix ans en dix ans ils versent ou s'escouient: eequi n'avient quand ils sont revestus, langue, 840. X fin que plus aisément ils puissent se revestir des affections qu'ils doyvent avoir aux choses générales, m. 300. La sucrée dignité, dont il est reveslu, ID. 311). Paon revestu, cotgrave.

— ÉTYM. ne.... et vêtir; provenç. revestir, rivestir; espagn. revestir; ital. rivestire.

REVÊTU, DE (re-vê-tu, tue), part, pansi de re-

Têtir. Il !• Couvert d'un vêtement Quand un

cliarlatan relève son langage Et, de coquin, faisant

le prince revêtu.... régnikr, Sal. v. Ils marchent,

I di^iit ^ifelinti 'avec moi, revêtus de blanc, p;irce

qu'ils en sont dignes, Biss. Mar.-Thér. L'âme re garde le corpsau|uel elle est unie; elle le voit revêtu de mille ornements étrangers , id. la Yallière. Je l'ai trouvé [Mardochée] couvert d'une affreuse poussière, Revêtu lie lambeaux, tout pâle.... rac. Esth. II, 4. Le cardinal de Bouillon tout revêtu arriva de sa sacristie et dit la messe, st-si.m. 3, 66. || Par extension. Il [Jésus-Christ] s'y met [sur la sainte table] revêtu des signes représentatifs de sa mort, Boss. Projet, Explic. etuharist. \\ Familièrement. Un gueux revêtu , un homme de néant qui de pauvre est devenu riche et arrogant. Ah! gueuse revêtue. Les plumets [les militaires] donc aussi vous donnent dans la vue, th. corn. l'Amour à la mode, II, 6. M.iis lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, boil. Sat. ix ||0n dit de même : un sot revêtu. Elle s'était déchaînée sans réserve depuis sa disgrâce contre Mlle Stewart qu'elle en accusait, et contre l'imbécillité du roi , qui , pour une idiote revêtue, la traitait avec tant d'indignité, rahilt. Gramm. xi. Nargue des vertus I On n'en sait que faire ; Aux sots revêtus Le tout est de plaire, BtiuNG. Scand. \\ i° Fig. Oui a reçu une dignité , une charge. Que fait-il cet homme revêtu de la puissance et de l'autorité de son souverain seigneur? bourdal. 3' dim. après Paq. Dominic. t. il , p. 30. Un homme revêtu des plus grandes dignités de l'Etat, m"' de CATLUS, Souvenirs , p. 1 23. Tous les gouvernements du monde, une fois revêtus de la force publique, usurpent tôt ou tard l'autorité souveraine, J. J. ROuss. Contr. soc. m, 18. || 8» Fig. Qui a reçu ce qu'il faut pour être valide. Les faits revêtus de leurs circonstances, BOSS. Hist. ii, <3. ||4° Fig. Orné, décoré, fortifié. L'ambition, l'orgueil, l'intérêt, l'avarice. Revêtus de son nom [du roi], nous donnèrent des lois, CORN. Sonnet sur la mort de Louis llll. Certaine Bile.... Noble d'ailleurs, mais d'un orgueil extrême. Et d'autant plus que de quelque vertu Un tel orgueil paraissait revêtu , la font. Belph. Et si de probité tout était revêtu. Si tous les coeurs étaient francs, justes et dociles, mol. Mis. v, (.On sait que ce pied-plat, digne qu'on le confonde. Par de sales emplois s'est poussé dans le monde. Et que par eux son sort de splendeur revêtu Fait gronder le mérite et rougir la vertu, lo. ib. i, 4. De ce même pinceau dont j'ai noirci les vices Et ptint du nom d'autour lant de sots revêtus, boil. Sat. ix. Il faut être revêtu de justice et de sainteté, hass. Àvent, Dispos, à la comm. L'arc des puissants est brisé, et les faibles sont revêtus de force , id. Car. Prospér. temp || B» Garai, muni. Ces tristes dépouilles d'une illustre morte, les larmes de ceux qui la pleurent, des autels revêtus de deuil, fléch. Aiguillon. On referma (à la Bastille] les énormes verrous de la porte épaisse , revêtue de larges barres, VOLT. Ingénu, ». Une grande salle revêtue de marbre de Paros, oenlis, Veill. du chdt. t. ii, p. 28, dans POUOENs. || Particulièrement. Muni d'un revêtement. Ces deux bastions sont bien revêtus , et de pierres de Uille, pellisson, Lett. hist. t. ii, p. su. BËVEDR , EUSE (rè-veur, veû-z') , adj. || !• Qui rêve, qui s'entretient de ses imaginations. Sa tête sur un bras laiiguissamment penchée , Immobile et rêveur, en malheureux amant.... corn. Rodog. v, ♦. InquiMe, rêveuse, insensible aux douceurs Que par un plein succès lamour verse en nos cœurs m. Surina, ii, t. Que dis-tu de m'y voir rêveur, capricleur. Tantôt baissant le front, tantôt levant les yeux... boil. Épit. xi. Philosophes rêveur», qui pensez tout savoir, m. Poésies div. i. Effectivement TOUS me paraissez rêveur, inquiet, mahiv. ie Legs, iO. Les tmes rêveuses, que la mort occupe autant fue la via, se plaisent i contempler celte campagne

de Rome où le temps présent n'a imprimé aucune trace, stael, Corinne, v, i.|| J» Qui exprime ou qui a le caractère de la rêverie, en parlant des choses, ô bois hospitaliers, mes rêveuses douleurs N'ont pas lonK'temps, hélas I à jouir de votre ombre, ber- TiN, les Amours, Élég. m , 20 La peinture ne saurait se contenter d'une expression aussi rêveuse et aussi vaKue que celle des sons, stap.l, Corinne, viii, 3. Ses pas, en sortant du temple, étaient plus l^nts, et ses regards plus rêveurs, id. t6. iv, 2. L'amour réveille souvent dans notre âme des idées rêveuses et tristes , id. Kéft. sur le but moral de Delphine. Il n'y avait rien que de suave et d'un peu rêveur dans son esprit [d'Amélie], chatkaub. René. Fénelon.... offrit aux imaginations rêveuses le monde antique, l'Egypte et la Grèce comme les modèles de la perfection et des vertus sociales, AUG. THIERRY, Considér. sur l'hist. de France, m. 113' Il se dit qur-lquefois de celui qui médite. Quel est auprès rie lui cet homme si rêveur? C'est Descartes, ce grand génie. Qui purgea la philosophi£ Des préjugés et de l'erreur, Diverliss. de Sceaux, dans RICHELF.T. Tous les sauvages ont l'air rêveur, quoiqu'ils ne pensent à rien, bufp. Hist. nat. Ilom. Œuv. t. v, p. 187. 114° Substantivement. Celui, celle qui rêve. Mais pour moi, de Paris citoyen inhabile. Oui ne lui puis fournir qu'un rêveur inutile, Il me faut du repus.... boil. Ép. vi. La rêveuse dont la langueur La rend encore plus touchante ; Qui se plaint d'un mal qui l'enchante, Dont le remède est dans son cœur, bernis, Êptl. H, Grâces. Il 6° Celui qui poursuit des idées chimériques, les jansénistes disent au contraire que les péchés commis sans grâce actuelle ne laissent pas d'être impuiés; mais ce sont des rêveurs, pasc. Prov. iv. Ce rêveur poursuit toujours sa chimère ; en nous donnant un élève de sa façon, il ne le forme pas seulement, il le crée, j. j. rouss. Éin. iv. Ces espèces de rêveurs qui se prennent pour des personnages, parce qu'ils ont la manie de s'occuper de grandes choses, RAYNAL, Hisl. phil. xii, 30. || C'est un rêveur, c'est un vieux rêveur, se dit d'un homme qui fait ou qui dit des choses extravagantes, dont les idées sont hors du sens commun; et, dans les sciences, de celui qui fait des systèmes sans fondement. || 6° Celui qui médite. Ce fut [Malebranche] un rêveur des plus profonds et des plus sublimes, niDER. Opin. des anc. philos. (Malebratichisme). Il Corneille a dit : Un rêveur de musique, un musicien qui rêve et qui crée des airs fantasques : Cent vers lui coûtent moins que deux mots de chanson; Son feu ne peut agir quand il faut qu'il s'explique Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique , Excuses à Ariste. \\ 1° Un distrait. Un garçon de belles-lettres et qui fait des vers , nommé la Fontaine, est encore un grand rêveur, tallemant des RÉAUX, Hisl. de la Fontaine.

— HIST. xiii' s. Nus mestre ne doit souffrir entour li valet qui ne soit bons et loiaus, ne reveeur ne mauves garçon de quelque lieu qu'il soit , soit de Paris, soit d'ailleurs , Liv. des met. ai. Que nus ne nule dudit mestier ne soustiegne en leur mesons ou estuves boidiaus de jour ne de nuit, mesiaus ne meseles, rêveurs ne autres genz diffamez de nuit, tb. 489. Il XIV* s. Larrons, murdriers, robeurs, resveurs de nuict et autres malfaicteurs , do cange, revenlare. \\ xv s. Ponsard qui estoit un homme de mauvaise vie, rêveur de nuit, brigueur.... du CANGE, reventare. || xvi* s. Au visago de Demosthenes on lisoit tousjours une activité, un chagrin resveur et pensif qui ne le laissoit jamais, auyot, Cicér. et Démoslh. ii.

— ÊTYM. Rêver; bourguign. raivou. Le sens ancien de rêveur est vagabond, comme celui de rêver est vagabonder.

t REVIliAGE(re-vi-da-j'), s. m. Action de revider.

t REVIUER (re-vi-de). ». o. || 1° Terme de bijouterie. Agrandir un trou. || 2° Terme dont les brocanteurs se servent pour exprimer la coutume où ils sont de se compenser les uns aux autres le surplus du prix que l'un d'eux a payé pour enlever un objet à un bourgeois dans une vente aux enchères.

— ÊTYM. Re..., et «Jider.

f REVIENT (re-viin), s. m. Prix de revient, ou, simplement, le revient, prix auquel un objet fabriqué revient, coûte au fabricant. Dans une usine il faut bien se rendre compte du prix de revient. Le revient est de tant.

— ÊTYM. BeBcnir.

REVIRADE (re-vi-ra-d") , i. f.\\l' Action de revirer, de se retourner. Comme vous êtes ingénieux à. trouver des souplesses et revirades contre l'honneur de l'EgUse , sakassi , Rech. des rech. p. 237,

dans LACURRB. Il »• Au jeu de trictrac, emploi des dames d'une case déjà faite pour une case avancée.

— HIST. xvi- s. Jay aultrefois employé, à la nécessité et presse du combat, des revirades qui ont faict faulsée oultre mon desseing et mon espérance,

mont. IV, 56.

— ÊTYM. Revirer.

REVIREMENT (re-vi-re-man), ». m. i|l° Terme de marine. Action de revirer. jj On dit plutôt virement. || i* Retour ou reversement en parlant des marées || 8" Terme de finances. Revirement de parties, de fonds, de deniers, ou, sim|ilement, revirement, manière de s'acquitter au moyen du transport d'une créance équivalente à la somme due. Il 4° Fig. Changement du tout au tout. 11 y a un grand revirement dans l'opinion.

— ÉTYM. Retirer.

REVIRER (re-vi-ré),». n. || 1° Ancien terme dfm»rine. Virer de bord. M. le maréchal d'Estrées s'opiniâtra à sortir du Tage par un vent contraire ; cela ne se pouvait faire qu'en louvoyant ; mon vaisseau ayant manqué à revirer, je fus obligé à mouiller près des Cachopes [écueilsj, Uém. de Villelle, («77, p. 61, dans j*L. Il Aujourd'hui, virer de nouveau. J'avais reviré sur la terre à quatre heures du matin, et je l'aperçus à une lieue et demie au sud-est, lapérouse, Voy.t. ii, p. 226, danspouGENS. Il Fig. et familièreaaent. Revirer de bord, changer d'opinion, de manière d'iigir. Depuis la mort d'une cei^ taine dame [Pompadour], qui n'aimait pourtant pas les philosophes, le parti jésuitique commence à revirer tant soit peu de bord, d'alumb. Leit à Voltaire, «juillet (784. il 2 Revirer, au jeu de trictrac, faire une revirade. |{ 3" Se revirer, v. réfl. Faire un tour sur soi-même. Cette boule étant fort ronde, il peut arriver que, lorsqu'elle est poussée un peu fort par les deux R et T, elle se revire en pirouettant autour de l'essieu, desc. Météor. viii.

— HIST. iiii* s. Sire, dist-elle, quex noveles ? Qui vous fait ainsinc sospirer, Et tressaillir et revirerî la Rose, («606. Il XVI' s. Et quand j'euz bien viré et reviré Dedans mon lict, et beaucoup souspiré, harot, i, 366. Commentqu'ils tournent et revirent les paroles de saint Jaques, calv. Insl. 643. Deux mois après on vit bien un autre revire marion [un coup sur la joue] de fortune, brant. Capit. franc, t. m, p. 2(4, dans lacubne. Se revirer contre son ennemi, cotgrave.

— ÉTYM. Re..., et virer; provenç. rertrar. REVISÉ, ÉE (re-vi-zé, zée), port, passé de reviser. Un compte revisé.

RKVISER (re-vi-zé), v. a. Examiner de noiTveau. Reviser un règlement. Reviser la législation pénale. Reviser une feuille avant de l'imprimer.

— HIST. xiir s. Et quant la cartre [le papier] [il] revisa. Et espieli et devisa, pu. uouskes, mss. p. (08, dans LACURNE. Il XVI* s. Ils révisèrent deux fois 1». compaignie d'un bout à l'aultre, carl. m, i6. Les estrangiers, après l'avoir bien revisée [Paris], res pondent.... id. m, 20. Et le tout bien pensé et revisé, n'en sçeust imaginer ung plus propre.... n>. m, 27. Or il est temps que ce propos je change Pour reviser au blanc de ta louange, rons. 692.

— ÉTYM. Re..., et viser.

RÉVISEUR (ré-vi-zeur), s. m. Celui qui révise, qui revoit après un autre. Il ne laissa pas que d'embrasser tendrement son réviseur pour le remercier de ses corrections, et, dès qu'il eut mis la lettre an net, il l'envoya à CoUantine, fuhetièrk, Roman bourg, liv. ii, p. 248. Qu'on établisse aujourd'hui ces mêmes docteurs pour réviseurs généraux de tout l'ouvrage [l'Encyclopédie], etqu'on nousdonu» par ces moyens des entraves intolérables, c'est à quoi je ne me soumettrai jamais, d'alemb. Lett. à Voltaire, 20 janv. (758. jj Juge commis pour revoit un procès. || Terme de chancellerie romaine. Officier de la daterie, chargé de réviser et corriger les suppliques, les dispenses, etc.

— REM. Il faut retrancher l'accent aigu, i moins de le placer aussi sur le premier « de reviser, lb-

COARANT.

— ÊTYM. Reviser.

RÉVISION (ré-vi-zion; en vers, de quatre syllabes), s. f II 1* Action par laquelle on revise, on examine de nouveau. Esdras mit en ordre les livres saints, dont il fit une exacte revision, boss. Hist. i, 8. Il [Aristarque] s'appliqua extrêmement à la critique, et il fit une révision des poésies d Homère avec une exactitude incroyable, mais peut-être trop magistrale, rollin, Hist. anc. Œuv. t. xi, 2* part, p. 684 Donner.... quelques moments seulement à la révision de la conscience, mass. Carême, Confess. La révision de ce grand ouvrage [le Dictionn.iire de l'Académie], mais révision bien plus longue et

REV

REV

RÉV

bien plus pênibU qu'une première façon, ne commença qu'en (673, et il fui achevé d'imprimer en 4694, p'ouvET, HisJ.ilcad. t. II, p. 4t, danspouGENS. Il En imprimerie, faire la réTision d'une feuille, la Teviser pour s'assurer qu'il n'y reste plus de fautes. Il J" Il se dit de comptes publics qui sont soumis à l'examen d'une autorité. Révision de comptes. Il 3° Action de soumettre un jugement à une nouvelle autorité. Calvin.... s'objectapt à lui-même que, par la doctrine qu'il enseignait, tous les jugements àe VÉgiisa.... devenaient sujets i la révision, boss. *' avert. ni, s. || Particulièrement, en matière de procès, action de soumettre à un tribunal supérieur une aiïaire après condamnation prononcée et exécutée. En 1668 l'électeur de Mayence le fit [Leibrjitz] conseiller de la chambre de révision de sa chancellerie, FONTEN. Leibnitx. On me mande que le premier président est allé parler au roi pour prévenir cetie révision [du procès de Lalli] ; je doute en ellet qu'elle soit obtenue; la famille de Thou demanda en vain une révision pareille, volt. Lett. Richelieu, 3 mars «777. || Fig. 11 est dit que Dieu juge ces dieui de la terre [les juges], parce qu'il se fait devant lui une perpétuelle révision de leurs jugements, ID. Polit, viu, I, I. Il 4° Conseil de révision, tribunal militaire qui revise les jugemedts rendus par les conseils de guerre. || Conseil de révision, se dit aussi des conseils chargés, lors du recrutement de l'armée ou de la garde nationale, de statuer sur l'aptitude des sujets présentés.

— HlST. xvi* s. Prenez un peu de patience, que j'aye fait révision de ce vieil et grand vaisseau que les orages et tempestes ont jeté sur l'arène, langue, 367.

— Etym. Lat. revisionem, de revisum, supin de revidere (voy. hevojr).

t REVISITER (re-vi-zi-té), V. a. Visiter de nouveau. Du nid de la colombe à la niche du chien Je revisitais tout et je n'oubliais rien, lamart. Joc. i, 60. Il Soumettre à une nouvelle visite de douane.

— HlST. IV s. Le pape Grégoire onzième.... s'avisa que il iroit revisiter Rome, froiss. ii, ii, 20. Il XVI" s. Puys soigneusement revisite les livres des médecins grecz, arabes et latins, rab. Pant. ii, is. Ainsi les disposant, les lards se salent très bien, moiennant le remuer et le revisiter, o. de serres, 839.

t REVIVAL (re-vi-val), t. m. Nom donné, dans les États-Unis, à une suite d'assemblées religieuses et de prédications que les ministres des dilTérenles sectes font à des époques à peu près périodiques, 1 l'effet d'entretenir la ferveur des fidèles, de raviver la foi des tièdes, de réveiller les indifférents, et de convertir les impies. |{ Au plur. Des revivais.

— ETYM. Angl. revival, retour à la vie, renouvellement, dérivé de lo revive, qui est le latin revivere

(voy. REVIVRE).

I REVIVALISTE (re-vi-va-li-sl'), t. m. Celui qui prend part à un revival.

RÉVI'ViFICATlON ( ré-vi-vi-fi-ka-sion ) , t. f. Il 1° Action de faire renaître la vie. {| Révivification des plantes et des animaux, se dit du retour des manifestations vitales après la dessiccation, le sommeil hibernal ou la mort apparente. Il 2° Terme de chimie. Synonyme de réduction. |{ Révivification d'un métal, retour de l'oxyde à l'état métallique. || Révivification du noir animal, opération par laquelle on le met en état de servir de nouveau.

— ÊTYM. Uévivifier.

RÉVIVIFIÉ, ÉE (ré-vi-vi-fi-é, fi-ée) part, passé de révivifier. Révivifié par des cordiaux et par la chaleur. Il Ramené à la forme métallique. Cette platine {ce platine] révivifiée que l'on nous donne pour la plus pure, BUFF. Iftri. t. v, p. 469.

RÉVIVIFIER (ré-vi-vi-fi-er), je révivifiais, nous révivifiions, vous révivifiiez; que je révivifie, que nous revivifiions, que vous révivifiiez, etc. v. a. |1 1° Vivifier de nouveau. 11 avait les pieds gelés; on les a révivifiés en les frottant avec de la neige. || Fig. En révivifiant ses États, en y faisant régner le commerce, l'agriculture, en y créant un nouveau sol, en le couvrant d'un nouveau peuple, j. i. rouss. Confess. xii. || Terme de théologie. La grâce revivifie le pécheur, elle lui donne une nouvelle vie spirituelle. || 2' Terme de chimie. Révivifier le mercure, le remettre en son état métallique.

— HlST. xvi« s. Il n'y a rien qui conforte plustost les vertus, et qui augmente et revivifie les esprits, comme fait le bon vin, paré, xxiv, ï3.

— ËTYM. Lat. revivificare, de r«, et vivi/icare, vivifier.

t REVIVISCENCE (ré-vi-vi-ssan-s') , ». f. || 1" Action de revivre. Mais peut-être que Démocrite, tout anatomiste qu'il était, a conservé encore l'animal, <car il enseignait une reviviscence.... leibnitz, Opéra

DI-.T. DE I.A LANGUE FRA^•CAISK

phil. t. II, p. «78, éd. brdmaiir. Il I* Terme de physiologie. Faculté de reprendre les manifestations de la vie après les avoir perdues par une dessiccation plus ou moins complète.

— ÉTYM. Réviviscent.

t RÉVIVISCENT, ENTE (ré-vi-vi-ssan, ssan-f), adj. Qui peut être ranimé par l'humectation, après avoir perdu, par la dessiccation, toutes les apparences de la vie. Les rotifères sont réviviscents.

— ÈTYM. Lat. reviviscentem, de reviviscere, revivre, de re, et l'ttijccre, dérivé inchoatif de «itère, vivre.

t RÉVIVISCIBLE (ré-vi-vi-ssibl'), adj. Qui est doué de reviviscence.

«.REVIVRE (re-vi-vr'), v. n. Il se conjugue comme vivre. || 1' Revenir à la vie. La main de Dieu qui donne la vie et la mort.... semblait l'immoler et la faire revivre plusieurs fois, pour la disposer à son dernier sacrifice, flêch. Duch. de Mont. Qu'ils [les suicides] voudraient bien revivre et revoir la lumière I Recommencer cent fois leur pénible carrière I delille, Enéide, vi. || Par exagération. Voilà du vin capable de faire revivre un mort. || En langage de la dévotion. Pour revivre à la grâce, il faut mourir au péché, il faut renoncer entièrement au péché, si l'on veut recevoir les dons de la grâce. || Faire revivre une personne, prétendre que, crue morte, elle est encore vivante. On en fait revivre un [fils de Maurice] au bout de vingt années, corn. Iléracl. i, « . C'est ce même comte de Moret qu'on a fait revivre depuis, et qu'on a prétendu avoir été longtemps ermite; vaine fable mêlée à ces tristes événements, volt. Xœurs, 1 76. Il 2° Se ranimer. Ces cœurs.... Revivront pour me suivre, et, blâmant leurs murmures. Brigueront à mes yeux de nouvelles blessures, rac. Alex. V, 1. Il Faire revivre une personne, lui rendre des forces, de la vigueur, la rendre à l'espérance, à la joie. Le remcde qu'on lui a donné l'a fait revivre. Cette heureuse nouvelle le fera revivre. Il 8° Fig. Vivre pour ainsi dire de nouveau. S'il [Annibal] ne revivait pas au prince Nicoinède, COBN. Nie. m, 2. Par cette pratique [en suivant les saints avis des personnes que nous avons perdues], nous les faisons revivre en nous en quelque sorte, puisque ce sont leurs conseils qui sont encore vivants et agissants en nous, pasc. Lett. à Urne Parier, «7 oct. 4861. On vit revivre Néron en la personne de Domitien, BOSS. Hist. I, 10. Mais peut-iêtre que, prêt à mourir, on comptera pour quelque chose cette vie de réputation ou cette imagination de revivre dans sa famille, qu'on croira laisser solidement établie, id. (e Tellier. Quoi donc! as-tu pensé qu'Andromaque infidèle Pût trahir un époux qui croit revivre en elle? rac. Andr. iv, i. Vous qui lanciez la foudre et qu'ont frappé ses coups, Revivez dans nos chants quand vous mourez pour nous, VOLT. Fontenoi. Ici [dans un temple] revivront à jamais Périclès, Phormion, Iphicrate, Timothée, et plusieurs autres généraux athéniens; leurs nobles images sont mêlées confusément avec celles des dieux, bartbél, Anach. ch. (2. || Reparaître, revenir au souvenir, à l'imagination. Ton illustre audace Fait bien revivre en toi les héros de ma race, corn. Cid, m, 6. Et vous, princesse, qui gémissez en lui rendant ce triste devoir, et qui avez espéré de la voir revivre dans ce discours, BOSs. Anne de Gnm. \\ 4" En parlant des choses, renaître, se renouveler. Mon repos m'abandonne et ma flamme revit, corn. Cid, ii, 5. Ma jeunesse revit en celte ardeur si prompte, id. ib. i, ". Son orgueil.... ne laissa pas de revivre dans ses successeurs, BOSS. Hist. m, 4. Il sent toute son ancienne amitié revivre dans son coeur, fén. Tél. xiv. Et nos espérances revivent de nos projets môme renversés, mass. Or. fun. Dauphin. Si vous êtes libre d'ambition pour vous-même, vous la sentez revivre pour vos enfants, iD. Profess. relig. Serm. I . Le courage des premiers âges de la république revivait en lui dans un temps de lâcheté et de corruption, volt. Mœurs, 28. Les donations ainsi révoquées ne pourront revivre ou avoir de nouveau leur effet, ni par la mort de l'enfant du donateur, ni par aucun acte confirmatif. Code Nap. art. 964. Il Faire revivre, renouveler, faire renaître. Dans la solitude de Sainte-Fare.... dans cette sainte montagne.... où les épouses de Jésus-Christ faisaient revivre la beauté des anciens jours, boss. Anne de Gonx. Il rétablit les études, et fit revivre dans les écoles de droit ces exercices publics et solennels et ces rigoureuses épreuves qui feront refleurir les lois et l'éloquence de nos pères, fléch. le Tellier. Tout ce qui environne le lit de sa mort [du pécheur] fait

revivre aans son souvenir quelque nouveau crime, MASS. Avent, Uort du péch. On dirait que l'on fait revivre ce qu'on découvre, et que le passé reparaît sous la poussière qui l'a enseveli, stabl, Corinne, iv. 6. Il II fait revivre en lui la gloire de ses ancêtres, il imite les grandes actions do se» ancêtres. || Faire revivre des droits, des prétentions, etc. les faire valoir de nouveau. Pierre faisait revivre les anciennes prétentions des czars sur la Livonie, volt. Russie, I, 4 9. Il 5° Il se dit d'une charge qui, éteinte ou supprimée, est rétablie. Faire revivre une charge. Si le bon plaisir de Votre Majesté est tel que lesdites provisions aient lieu et que ledit office revive, CORN. Au roi et à Nosseigneurs de son conseil. Il 6' Terme de peinture. Se dit en parlant de l'effet du nettoyage d'un tableau, du lavage d'une peinture. Il Le vernis fait revivre les couleurs, il leur donne un nouvel éclat. || La noix du galle fait revivre les vieilles écritures, elle les fait reparaître, les rend lisihles. || il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il 7° Activement. Revivre sa vie, recommencer le cours ds sa vie. Qu'un autre, s'eihalant en regrets superflus. Redemande au passé ses jours qui ne sont plus. Pleure de son printemps l'aurore évanouie. Et consente à revivre une seconde vie, LAMART. Jf^di(. I, u. Et de ceux que j'aimais l'image évanouie Se lève dans mon âme, et je revis ma vie I id. Harm. iv, «t.

— HIST. xii* s. Là fait Deus [Dieu] cius [les aveugles] veeir, suri oîr, muz parler; Lepruz mun-

der, lesmorze revivree aler, Th. lemart. i3i Ll

reis qui ert [était] mors e perdus. Tes fiz e sires est trovez e revescuz, ib. 72. || xiii* s. Et se devant moi moriés, Tous jors ou mien [cœur] revivriés. Après vostre mort par mémoire, la Rose, 8t84. Dangier ....n'avoit pas cuer de coart, Ains sembloit estre Renoart Au tinel qui fust revescus, ib. 15649. Maistre, bien sai que je morrai. Fis [certain] sui de mort, mais je ne sai S'apriès ma mort porai revivre, GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 48. Molt est malvaise ceste vie, S'on sans revivre chi [ici] devie, ID. ib. p. 29. Chacun jor la vodroit confondre [l'hypocrisie]. Se chacun jor pooit revivre, butes. II, 76. Il iiv* s. Et quant on recorde une geste, Moult de gens en ont si grant feste. Qu'il semble qu'il voient ceulz vivre Que leur grans valeurs fait revivre, j. de CONDÉ, t, III, p. 231. Il XV* S. Dont euli [les hommes] et leur succession Fussent péris, tant se forfirent. Se ne fust l'incarnation Du filz Dieu par qui revesquirent, Jfgr». de St Etienne. || xvi* 8. Celé mort qui faict ainsi revivre N'est qu'un dormir.... marot, II, 323. Quand je veins à revivre et à reprendre mes forces, qui fe>;t deux ou trois heures apreï [une chute], mont, a, 68.

— ÊTYM. Prov. reliure ; catal. retîiurer ; espagn. revivir; portug. reviver; ital. revivere; du lat. revivere, de re, et vivere, vivre.

t 2. REVIVRE (re-vi-vr'), s. m. Regain. Regain ou revivre, vauban, Dlme, p. t93.

— HIST. XV* s. Leurs prez qui estoient en foins de regains, que on dit reviore selon le langage du pays [Auvergne], du cangb, reviore. || ivi* s. Sinon que le pré porte revivre, Coust. génir. t. i, p. 884.

— ÉTYM. On doit prendre revivre pour re et le verbe ïiure ou le substantif «nres ; même l'ancienne forme rettore ne doit pas en empêcher. En effet la forme reviore, comme on voit, appartient à l'Auvergne ; elle peut donc, par voisinage, être rattachée au prov. rei'iure, qui est l'infinitif de reticr*. Celte coïncidence est décisive.

t RÉVOCABILITÉ (ré-vo-ka-bi-li-té), s. f. Néologisme. Qualité, état de ce qui est révocable.

RÉVOCABLE (ré-vo-ka-bl'), adj. || l" Qui peut être révoqué. Une procuration est révocable. || i^Qui peut être destitué. Un préfet est révocable.

— HIST. ivi* s. Les charges et commissions sont revocables à volonté, loysel, 664.

— ÊTYM. Prov. et espagn. revocable; port, revogavel; ital. rivocabile; du lat. r«;ocobii«m, de revocare, révoquer.

RÉVOCATION (ré-vo-ka-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. |j l'Action de révoquer. La révocation d'une disposition. La révocation d'un employé. Une des raisons qui me donnaient tant d'aversion pour le chapeau, était la difficulté de fixer la nomination, parce qu'elle peut toujours être révoquée, et je ne sache rien de plus fâcheux; car la révocation met toujours le prétendant au-dessous de ce qu'il était avant d'avoir prétendu, retz, Mém. t. ii, liv. III, p. 226, dans pougens. || Acte écrit par lequel on révoque. || 2* Révocation de l'édit de Nantes, édit de Louis XIV, par lequel, révoquant l'édit de Nantes, qui accordait aux protestants la liberté de

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