II. — S
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conscience, il entreprit de les forcer à se faire catholiques; ce qui entraîna l'oppression, les supplices, •'émigration en masse et la guerre civile. La pluie de la révocation de l'édit de Nantes saigne encore en France, volt. Lett. Schouvalof, 30 sept. (767.
— IIIST. xiv s. Revocacions de tous dons à vie OU à héritage depuis le temps du roi Philippe le Bel.... LeU. de Charlet Y, Bibl. des chartes, 4' série, t. m, p. 4Î8. Il XV' s. Veula revocation faite par ladite dame défenderesse, de ne servir jamais amours, elle ne tiendra court ne cognoissance de ceste matière, Aresta amorum, p. 24 5, dans la- CURNE. Il XVI' s. Pericles résista plus que nul autre i la revocation du décret, amvot, Péricl. 67. Ayant le peuple receu et aulhorizé bien vouluntiersce décret de la revocation de Metellus, id. Marins, 56.
— ÉTYM. Prov. révocation; espagn. revocacion; ital. ryvocaxione; du lat. revocationem, de re»o-
3T«7révoquer.
RÉVOCATOIRE (ré-vo-ka-toi-r'), adj. Terme de Jurisprudence. Qui révoque. L'édit de 1686, révocatoire de l'édit de Nantes.
— illST. XVI* s. Lectres revocatoires, bonivafd, Chr. de Gen. iv, 24.
— ÊTYM. Lat. revocatorius, de revocare, révoquer.
REVOICI (re-voi-si), REVOILÀ (re-voi-là), locutions adverbiales qui expriment réduplication. Voici, voilà de nouveau. Trois jours n'étaient passés entièrement, Que revoici chez Alis notre belle, la FONT. Confid. Il Us s'emploient souvent avec les pronoms me, te, le, la, les, nous, vous et en, qui toujours sont placés devant Les revoilà sur l'onde ainsi qu'auparavant, la font. Fianc. Me revoilà dans mes lamentations du prophète Jérémie, sév. tï. Adieu, ma chère enfant.... hélasl nous revoilà dans les lettres, id. 5 oct. (673. Ces bonnes Vesins, d'Assé et Varennes ne m'ont point quittée, et m'ont fait une grande collation; et les revoilà encorequi viennent me direadieu, lo. 20 sept. I684. Par la mort de je ne sais qui, Vous n'étiez plus que neuf et trente; Grâce à M. l'abbé Séguy, Messieurs, vous revoilà quarante, pi bon, Êpigr. contre l'abbé Séguy. son concurrent à l'Âcadimie française, qui avait été nommé.
— HIST. xvi* S. Revoici, des accords, Bigarrures, IV, p. 38, dans lacurne.
— ÊTYM. 71e..., et voici, voilà.
REVOIR (re-ïoir), ». o. Il se conjugue comme voir. Il 1° Voir de nouveau. M. le chevalier vous doit mander ce que dit le roi au roi d'Angleterre, en lui disant adieu : Monsieur, je vous vois partir avec douleur; cependant je souhaite de ne vous revoir jamais, SÉV. s mars (689. Après la rigueur extrême D'un fatal éloignement. Que c'est un plaisir charmant De revoir ce que l'on aimel quin. Amad. I, 2. Mes yeux sont tblouis du jour que je revois, RAC. Phèdre, i, 3. Une femme inconnue. Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue , id. A.thal.\i, 7. Leur profession [de certains hommes de cour] est d'être vus et revus, et ils ne se couchent jamais sans s'être acquittés d'un emploi si sérieux et si utile à la république, la bruy. vin. Il II se dit avec un infinitif. C'est vous, s'écria-t-il [Mornai],que je revois paraître, volt. Ilenr. ix. Il Substantivement. Adieu jusqu'au revoir, ou, simplement, au revoir. || Je ne vous reverrai de ma rie, se dit à une personne avec qui l'on rompt irrévocablement. Elle est sortie impétueusenient, en criant qu'elle ne me reverrait de sa vie, genlis, Ad. et Th. t. m, p. 44:i, dans pougens. || 2° Revoir un lieu, y retourner après en avoir été absent ou exilé. Je reierrai ces campagnes si chères; J'irai pleurer au tombeau de mes pères, rac. Esth. m, 9. Lesvents et les marées secondèrent son impatience, et il revit Londres avec transport, hamilt. Gramm. XI. Moins il doit espérer de revoir sa patrie.... volt. Tancr. I, 4. ô France, France aimée et qu'on pleure toujours. Je ne reverrai pas ta terre douce et triste. Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours, v. iiooo, Vliima verba. || Revoir une pièce de théâtre , retourner au théâtre pour la voir. Cest maintenant [la tragédie de Britannicus] celle des miennes que la cour et le public revoient le plus volontiers, rac. Brit. î' y>réf. || 8' Examiner de nouve.iu. Revois tes actions, tes discours, tes pensées; Peut-être y verras-tu, malgré ton bon dessein, X chaque occasion mille offenses glissées Contre le grand monarque ou contre le prochain, COBN. Imit. I, I». Je relis vos lettres, en disant', comme i Livrj : voyons et revoyons un peu ce que ms fille me disait il y a huit ou neuf jours, sév. 4Si. Elles [les poésies d'Homère] furent apportées tout entières d'Ionis par Lycurgue, et données au
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public par Pisistrate, qui les revit, boil. Longin, Subi. Béfl. 3. Il [Assuérus] revoit tous ces ternis si remplis de sa gloire.... rac. Esth. n, l. Quand Virgile partit pour la Grèce dans le de<;sein d'employer le repos qu'il y allait chercher pour revoir son Enéide, BOLLiN, Hisl. o/iC. liv. XXV, ch. I, II, i. J'ai toujours cru que Pascal n'avait jeté ses idées sur le papier que pour les revoir et en rejeter une partie, volt. ielt. s'Gravesande, \" juin 1738. || Absolument. [Dans l'étude de l'histoire naturelle] on doit commencer par voir beaucoup et revoir souvent, buff. Viéorie delà terre, t" dise. Avec mesure et poids il faut qu'on examine : Voyons et revoyons, boissy. Impatient, II, 7. || Elliptiquement. A revoir, pour dire qu'un nouvel examen d'un compte, d'un écrit, etc. est nécessaire. || 4° Il se dit des procès, des affaires soumises .\ une nouvelle juridiction. Selon voulut que l'Aréopage revît l'allaire, montesq. Esp. VI, 5. La plus grande grâce qu'elle [la famille de Lalli] espérait était de faire revoir, s'il était possible, le procès par un autre parlement, volt. Pol. et lég. Frngm. Inde, (9. || Fig. Vous me condamnâtes sans miséricorde, et toute la sollicitation de d'Hacqueville ne put pas même vous obligera revoir mon procès, sÉv. 32. Il viendra un temps où votre procès sera revu par la raison, et où vos infâmes juges seront condamnés avec horreur à son tribunal, volt. Lett. d'Étalonde, 6 oct. )7fi7. || 5° V. n. Terme de vénerie. Revoir d'un cerf, avoir des indices du cerf par le pied, les fumées, les abattures, etc. Le cerf a passé par ici, j'en ai revu. || Revoir de bon temps, trouver une trace fraîche et de la nuit. || S. m. Empreinte laissée par le pied d'un animal que l'on chasse. Un beau revoir. || 6° Se revoir, v. réft. Se voir de nouveau. Qu'on nous vienne faire l'abominable compliment de nous dire, avec toute sorte d'agrément, que, pour être fort bien, il ne faut nous revoir jamais, sév. à Mme de Grignan , 30 juin 1677. Mais nous nous reverrons; adieu, je sors contente, bac. Ath. il, 7. Des pères et des enfants qui se revoient après une longue séparation, bollin, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 397, dans pougens. Il 7° Se trouver de nouveau, être de nouveau en un certain lieu. Enfin, je me revis avec ma chère Léonore, scarr. Rom. corn, l, )8. Je me flattai que j'allais me retrouver dans mon couvent, où j'avais tant d'impatience de me revoir; mais je n'étais pas encore au bout de mes voyages, staal, Mém. t. i, p. (48.
— REM. Il ne faut pas confondre à revoir et au revoir, i revoir indique qu'il faut revoir, corriger une chose. Au revoir est une formule d'adieu exprimant l'espoir qu'on se reverra bientôt.
— HIST. XI' s. [Ils] Ne reverrunt lur mères ne lur femes, Ch. ae Roi. cvii. || xii' s.[ Je] Ne sai se jà [vous] verrez mais mon retour ; Aventure est que jamais [je] vous revoie, Couct, xxii. || xiii' s. Ainçois que [il] la revoie, [elle] sera moût esmarrie, Berte, Lxxii. Une ymage qui vilonie Avoit non, revi devers destre, la Rose, 157 Le soiail que nous
voion i main [au matin] lever vers orient, E couchier devers occident, E puis après à l'andemain Le reveon nous si au main, ïmage du monde, ii. Mouvement du ciel. || xvi' s. Je me suis mis à revoir ce que de longtemps j'avoye traduit de grec en françois des Vies de Plutarque, amïot, Épit. Voyant de loin la voile noire, et n'espérant plus de revoir jamais son filz, il [Egée] se tua, id. Thés. 25. Après avoir bien veu et reveu le tout, id. Solon, 56. Je le laisse en sy bonne santé et ses affaires en sy bon train, que je ne puis espérer que ung heureux revoir, MABG. Lett. 125. De pauvres chrétiens qu'ils [les Ottomans] prennent par-ci par-là.... et puis les revendent de façon que le père s'en va d'un costé, l'enfant de l'autre.... pour estre esclaves toute leur vie, sans espoir de se revoir jamais, langue, 386. Et si pourtant ne scaurois reveoirsi souvent le tumbeau de cette ville [Rome] si grande et si puissante, que je ne l'admire et révère, mont, iv, 139.
— ÊTYM. Berry, ortotV; picard, revir; provenç. reveser; espagn. rêver; ital. rivedere; du lat. revidere, de re, et videre, voir.
t REVOITURER (re-voi-tu-ré), v. a. Voiturer de nouveau.
— KTYM. Be..., et voiturer. L'Académie, qui n'a pas revoiturer à son rang, l'a au mot remener : Reniener, en parlant des choses qui se voiturent, signifie les revoiturer où elles étaient auparavant.
REVOLER (re-vo-lé), v. n. \\ i' Voler de nouveau, retourner quelque part en volant. Le corbeau donc vole et revole, la font. Fabl. xii, )6. Mais la nuit aussitdt de ses ailes alTreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses. Revole vers
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Paris.... BOIL. Lutr. m. Si on l'arrachait [l'alouette)' de dessus ses petits, elle revolait à eux dès uu'ell© était libre , sans jamais songer à prendre sa volée, comme elle l'aurai t pu cent fois, buff. O/'s. t. ix, p. ) 3. Les dieux qu'au bel âge on adore Voudraient-ils revoler vers moi? bkrano. Lampe. || FIg. Je sais.... Que je verrai mon âme, en secret déchirée, Revoler vers le bien dont elle est séparée , rac. Kiihr. ii, 6. Il i" Par extension, revenir avec rapidité d'un lieu à l'autre. Notre flotte est toute revenue paisiblement par Belle-Ile, et M. de Seignelai revole à Versailles, sÉv. 7 sept. (689. Va rassembler mes chefs, et revole en ces lieux, volt. Fanât, v, (. Il Fig. Sion! quitte ce deuil ; vois tes enfants rebelles Dans ces temps de pardon revoler dans tes bras , GiLB. Jubilé. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 3° Archaïquement. S'en revoler, s'en retourner parle vol. X l'ouïr parler, s'il ne retenait la religion ici-bas, elle s'en seroit revolée au ciel, BALZ. le Prince, chap. 20.
— REM. Revoler n'est dans lo Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 835.
— HIST. XVI' s. En la mort.... l'ame demeure entière, Franche et libre du corps, et s'en revolle aux cif'ux, desportes. Amours d'ilippolyte, lxxxvui. Stances Et tous les jours passez les plus noirs de ma vie, Comme oiseaux de la nuit, devant moi revoloient, id. Élégies, n, 6. Puis en tirant et sautelant, de là Ce faux garçon [l'Amour] dans le ciel revola,
— ÉTYM. Re..., et voler.
REVOLIN (re-vo-lin), ». m. || !• Terme de marine. Effet du vent renvoyé par un objet quelconque. Le flambard de pêche Eugénie, monté par trois hommes.... en virant de bord , il a été surpris par un revolin et a chaviré. Moniteur universel, 7 septembre (866. || Cette voile fait revolin, elle est enflée par le revolin d'une autre voile. Il 2° Se dit aussi d'un tournant d'eau en pareil cas. Ils se noyèrent, ces imprudents, pprès avoir été aveuglés par le revolin des vagues, qui leur fouettait le visage à y laisser des traces sanglantes, eus. SUE, P/i7t et Plok, ch. 7.
— ÉTYM. C'est probablement un mot formé i& revoler : voler contre, voler en sens inverse.
RÉVOLTANT, ANTE (ré-vol-tan, tan-t'), adj. Qui révolte, qui choque, qui indigne. Il y a ici un luxe révoltant et une misère affreuse ; Paris est le rendez-vous de toutes les folies, volt. Leit. Florian, 15 mars (778. L'orgueil est toujours révoltant; la vanité, toujours ridicule, d'alkmb. Sijnon. Œuv. t. m, p. 326. Si, vénal, il parle de droiture, dissolu, de décence, vendu à la faveur, de zèle pour le bien public, il semble qu'il doive être ou ridicule ou révoltant, marmontel, Œuv. t. ix, p. (28.
RÉVOLTE (ré-vol-f), s. f. \\ 1° Soulèvement contre l'autorité établie. Par le droit de la guerre il fut toujours permis D'allumer la révolte entre ses ennemis, COBN. Nicom. V, ~. Magas, gouverneur de la Cyréna'i |ue et de la Libye, ayant levé l'étendard de la révolie contre Ptolémée, son maître, rollin, Uist. anc. Œuv. t. vu, p. 433, dans pougens. Lorsque Auguste avait les armes à la main, il craignait les révoltes des soldats, et non pas les conjurations des citoyens, MONTESQ. ilom. (3. Ce qui dans un temps est une entreprise de héros, devient dans d'autres une révolte de séditieux, volt. Mœurs, 36. De tous ceux que Marie [d'Angleterre] fit exécuter vifs dans les flammes, il n'y en eut aucun qui fût accusé de révolte; la religion faisait tout, ID. ib. (36. Il 2° Fig. II se dit d'un trouble moral comparé à une révolte. Je crains ce dur combat et ces troubles puissants Que fait déjà chez moi 1& révolte des sens, corn. Poly. i, 4. Tu sens une révolte en ton cœur mutiné Contre la patience où tu l'as condamné, id. Imit. m, 12. Les révoltes du cœur, I. B. Rûuss. Ép. i, 5.
— ÉTYM. Ital. rivolta , de ri ou re, et vulta : proprement l'action de faire volte , de tourner la face contre. On peut voir à l'historique de révolter que ce verbe a sjuvent le sens de faire volte-face, do changer de parti.
RÉVOLTÉ, ÉE (ré-vol-té, tée), part, passé de révolter. Il l" Qui est mis en révolte. Un pays révolté par un chef ambitieux. La piété affaiblie dans vos frères par vos exemples ; leur docilité révoltée par vos murmures, mass. Carême. Voc. \\ Qui est en révolte. Une province révoltée. Moi qui, contre l'amour fièrement révolté, Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté, rac. Phèd. n, 2. Ils étaient révoltés contre l'insolente autorité du ministre , hamilt. Gramm. a. || Substantivement. Réduire les révoltés. Il 2° Choqué, indigné, soulevé. Kll»
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(Mme de Vins) m'a écrit une lettre fort vive et fort jolie ....elle est jalouse de ce que j'écris à d'autres.... je n'ai jamais vu un fagot d'épines si révolté, slïv. 3 nov. 1075. L'Académie en corps a beau le censurer [le Cid], Le pviblic révolté s'obstine à l'admirer, BOIL. Sat. IX. Kévollé de voir un homme plus jeune que moi vouloir à toute force me gouverner lomme un enfant, J. t. Bouss. Confess. ix. Comme .\ [Las Cases) était plus homme que prêtre, il fut plus révolté des barbaries qu'on exerçait contre eux [les Américains) que de leurs folles superstitions, RATNAL, llist. yhil. vu, 15.
t BÉVOLTEMENT (ré-vol-te-man) , S. m. Action de se révolter.
— HIST. XVI* s. Le rcvoltement qu'avoyent fait les Galatiens de l'Esvangile, n'estoit pas une legiere faute, calv. Inst. sas.
RÉVOLTER (ré-vol-lé), V. a. || 1° Porter à la révolte, mettre en révolte. Comme un ennemi qui se déguise pour entrer dans une place qu'il veut ré- ToHer contre les puissances légitimes, BOss. la Vnllière. Lorsque Arbace révolta les Modes contre Sardanapale, ID. llist. i, 7. C'est lui [le destin] qui m'a ravi l'amitié de mon père, Oui le fit mon rival, qui révolta ma mère, rac. ilithr. iv, 2. || 2° Fig, Soulever contre. Un feu que la raison n'avait pas encore modéré le révoltait contre la discipline et la contrainte, FLÉcn. Duc de Uont. Contre un si juste choix qui peut vous révolter? bac. Uilhr. m, 6. Si l'aiguillon de Satan révolte la chair contre l'esprit, MASS. Carême, Prière 2. Cette situation [l'obéissance dans le cloître] paraît révolter d'aliord tous les penchants les plus raisonnables de la nature, id. l'rofess. rehg. serm. 3. \\ 3° Choquer excessivement, indigner, irriter. Dès le premier chapitre du livre iv, le ministre [Jurieu] croit révolter contre moi tous les esprits, en disant.... BOSS. 2* instr. past. 2. Ces ridicules admirateurs de l'antiquité vous ont révolté contre tout ce que l'antiquité a de plus merveilleux , boil. Lett. à Perrault. Il vous paraît déraisonnable de se laisser révolter par des riens, MASS. Carême, Pardon. Il [Louis le Débonnaire] <;ommença à venger les crimes domestiques avant d'.être arrivé au palais, et à révolter les esprits avant d'être le maître, montesq. Esp. xxxi, 2o. U faut dans la chaire montrer l'homme à lui-même, moins pour le révolter par l'horreur du portrait, que pour l'affliger par la ressemblance, u'alemb. Éloges, ilassillon. \\ Absolument. Cela révolte. || Il se dit aussi de choses que l'on choi]ue. Cela révolte le bon sens. De ces républicains la triste austérité De son cœur généreux révolte la fierté, volt. Brutus, III, 3. Il 4° Se révolter, v. réfl. Se soulever contre l'autorité établie. C'est contre cette autorité [l'Église] que les libertins se révoltent avec un air de mépris, boss. Anne de Gont. Qui? moi, que contre un père osimtme révolter. Je mérite la mort que j'irais éviter? bac. Iphig. v, 2. Mes nymphes se sont révoltées contre moi, fén. Tél. vu. Les strélitz, excités par la princesse Sophie, qui espérait plus d'autorité sur Jean son frère de père et de mère, et incapable do tout, se révoltèrent en faveur de Jean, FONTEN. Pierre I". || Fig. Mon fils vous dira le bon état où je suis ; il est vrai qu'une petite plaie que nous croyions fermée a fait mine de se révolter, SÉv. 28 janv. (685. Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure? bac. Iphig. i, 3. Contre moimême enfin j'osai me révolter, id. Phèd. i, 3. Notre condition est meilleure quand nous nous y soumettons de bonne grâce, que quand nous nous révoltons inutilement contre elle, fonten. Bonh. Œuv. t. m, p. 2ti7, dans pougens. il Avec suppression du pronom per.-onnel. C'est lui qui a fait révolter la province. || En langage de dévotion. Le péché a fait révolter lachaircontre l'esprit. || On l'a employé avec la préposition, de. Dans ce siècle, presque tous les «sprits se révoltent de la foi, balz. Liv. i, lett. ii Il 6° S'indigner, s'irriter. Elle se révolte aisément contre les moindres choses, sÉv. 374. X présent que je suis assis dans la chaire de Jésus-Christ.... si j'allais vous enseigner quelque erreur, je verrais tout mon auditoire se révolter contre moi, boss. la Yallière. La reine était à la tête de ceux qui se récriaient contre un scandale si public et un si horrible désordre, et qui se révoltaient contre l'impunité si criante [lord Slirewsbury, tué en duel par Bucliingham, amant de sa femme], hamilt. Gramm. xi. On s'est révolté contre le terme de réfraiigibililé, aussi bien que contre celui d'attraction, de gravitation; eh qu'impoite le terme, pourvu qu'il indique une vérité? VOLT. Phil. Newt. ii, 8.
— HIST. xvi" s. Il se révolta et changea de party, «ONT. I, 44, Nous sommes tous apostats en nous re-
ToUant d'un seul dieu, calv. Instit. sa. Se révolter de l'obéissance de la loy, lo. ib. (018. Le roy de Navarre s'esloit révolté [retourné, avait f.iit une volte, avait repris la religion catholique], langue, B2J. D'Ai.bigné, i|ui avoit coutume de ne dire adieu qu'à ceux qui estoient prêts à mourir ou à se révolter [apostasier], dit adieu au ministre du Ferrier, d'auu. Vie, cxxiii. Les frégates l'ayant pris, le bâcha le receut honorablement avec grandes ofTies pour le révolter, id. llist. i, ((7.
— RTVM. Ital. rivoltare ; voy. bévolte. RÉVOLU, VE (ré-volu, lue), adj. \\ 1° Il se dit du
cours des astres lorsqu'ils sont revenus au point
dont ils étaient partis L'astre des nuits vient
me délivrer.... après un mois révolu de son cours, bebn. de st-p. Mort de Socr. ||2° Achevé, complet, en parlant des périodes de temps. Il [Platon] est inhumé auprès de l'Académie; il avait quatrevingts ans révolus, barthêl. Anach. ch. 61. Tout rentra dans la nuit des siècles révolus, v. iu;go, Oites, I, S. Il Fig. En vain les vagues des années Uoulentdans leur flux et reflux Les croyances abandonnées Et les empires révolus, lamart. Ilarm. il, (l.
— HIST. xvi' s. Après l'an révolu, quand ce vint h départir les provinces au sort, il luy escheut l'Hespagne, AttiYOT, Darius, 7.
— Etym. Lat. revolutus, supin de revolvere, de re, et volvere, tourner (voy. volume).
t RÉVOLUTÉ, ËE (ré-vo-luté, tée), adj. Terme de botanique. Qui est roulé en dehors et en dessous; par opposition à involuté. Feuille révolutée.
— ÊTVM. Lat. revolutus, retourné (voy. révolu). t RÊVOLUTIF, IVE ( ré-vo-lu-tif, ti-v' ), adj.
Terme de botanique. Oui produit la disposition révolutée. Préfoliation révolutive.
RÉVOLUTION (ré-vo-lu-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Retour d'un astre au point d'où il était parti. Les observations astronomiques apprennent que les carrés des temps des révolutions des planètes sont entre eux comme les cubes de leurs dislances du centre commun de leur révolution, halebr. Reth. vir. éclaire, sur la lune, t. iv, p. 381, dans POUGENS. Toutes les planètes font certainement leurs grandes révolutions autour du soleil ; mais ces révolutions sont inégales entre elles, selon les distances où les planètes sont du soleil, FONTEN. Mond. 6' sotV. La révolution de Mars se fait autour du soleil en deux ans et en 24 heures autour de son axe, condil. Art deraisonn. v, (O. Kepler n'a pénétré les lois des révolutions, Dominique Cassini n'a fondé une nouvelle et vaste astronomie. Descartes n'a créé une puissante géométrie, que pour fournir les instruments et les matériaux du grand édifice que devait élever Newton, bailly, llist. astr. mod. t. m, p. 328. Ceux qui ont lu le Système du pjonde du profond Lambert, savent qu'il peut y avoir des astres qui n'achèvent leur révolution qu'au bout de plusieurs milliers d'années, BONNET, Paling. phil. vi, 6. || Temps qu'un astre emploie à décrire son orbite, à tourner sur son axe. Il 2° État d'une chose qui s'enroule. Le fil [de soie] ne fait pas proprement des révolutions autour de la coque; il y trace une infinité de zigzags, qui composent dilTérentes couches de soie, bonnet, Contempl. nat. xii,4. || 3° Terme de géométrie. Se dit d'un mouvement de rotation qu'une ligne ou un plan déterminé décrit autour d'un axe immobile. Il Surface de révolution, surface engendrée par une courbe quelconque qui tourne autour d'une droite fixe, de manière que chacun de ses points décrive un cercle dans un plan perpendiculaire à l'axe. Il Solide de révolution, tout solide que l'on peut considérer comme produit par le mouvement d'un plan déterminé autour d'une ligne droite qui forme l'un des côtés de ce plan. |{ 4° Action des roues les unes sur les autres par le moyen des engrenages. Il 8" U se dit des périodes du temps. La révolution des siècles, des saisons. La révolution fatale des temps à qui tout cède, mass. Or. [un. Villars. Il Terme d'eaux et forêts. Le nombre d'années fixé pour l'exploitation d'une forêt, et formant un cycle à l'expiration duquel les mêmes parties reviennent en tour d'exploitation. || 6° Ancien terme de médecine. Révolution d'humeurs, mouvement extraordinaire dans les humeurs. || Absolument. Trouble passager à l'occasion d'une impression quelconque. Sa présence excita en moi une révolution qu'on éprouve à l'aspect d'un objet effrayant, biccoboni, Œuv. t. m, p. 384, dans pougens. Je lui opposai le danger de te causer une révolution, i. 3. houss. Hél. Il, (4. La scène d'hier lui a fait une révolution qui, dans son état, peut être bien funeste, oenlis. Veillées du château, t. i, p. 320, dans pouoens. || 7* Fig.
Changement dans les choses du monde, dans les opinions, etc. Quelle malheureuse révolution a troublé cotte harmonie et renversé ce bel ordre? BouROAL. Pensées, t. ii, p. 38B. Si je venais déplorer ici la mort imprévue de quelque princesse mondaine, je n'aurais qu'à vous faire voir le monde avec ses vanités et ses inconstances..., cette révolution de conditions et de fortunes qui commencent et qui finissent, qui ae relèvent et qui retombent, flëch. Dauphine. Les événements mûrissent, et voilà les révolutions, montesq. fjp. xxviii, 39. Il arrive tous les dix ans des révolutions qui précipitent le riche dans la misère, et enlèvent le pauvre avec des ailes rapides au comble des richesses, m. Lett. pers. «8. i quoi tiennent les révolutions? un coup de pierre un peu plus fort que celui qu'il [Mahomet) reçut dans son premier combat, donnait une autre destinée au monde, volt. Dict. phil. Alcoran. Certes, il se forme une grande révolution dans l'esprit humain, vous mettez de belles colonnes à cet édifice nécessaire, id. Lett, Chastellux, 7 iléc. (772. Je n'ai assurément aucune part dans cette révolution qui s'est faite depuis quelques années dans l'esprit humain, ID. Lett. d'Argénial, 26 sept. (766. Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement, et dont je n'aurai pas le plaisir d'être témoin; les Français arrivent tard à tout, maisenfin ils arrivent, id. Lett. Chauvelin, 2 avril (764. Bacon proposait une méthode trop parfaite, pour être l'auteur d'une révolution ; Descartes devait mieux réussir.... condill. l'Art de p«ns. u, 7. Les révolutions des opinions suivent les révolutions des empires, ID. llist. anc. xv, 2. H fera époque dans l'histoire des sciences, parce que son nom s'est trouvé lié avec cette révolution dans les esprits qui a dirigé plus particulièrement les sciences vers l'utilité publique, condobcet, Duhamel. L'ouvrage où M. de Haller publia ces découvertes fut l'époque d'une révolution dans l'anatomie, id. Haller. Une grande révolution se prépare dans le commerce de l'Europe, et elle est déjà trop avancée pour ne pas s'accomplir, raynal, llist. phil. xiv, 47. On a écrit les révolutions des empires; comment n'a-t-on jamais pensé à écrire les révolutions des arts, à chercher dans la nature les causes physiques et morales de leur naissance, de leur accroissement, de leur splendeur, de leur décadence? mabmontel, Œuv. t. ix, p. 297. || 8* Changement bru.sque et violent dans la politique et le gouvernement d'un État. Toutes nos histoires sont pleines de guerres civiles sans révolutions ; celles des États despotiques sont pleines de révolutions sans guerres civiles, montesq. Esp. v, ((. Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions; qui peut vous répondre de ce que vous deviendrez alors? j. j. Rouss. Ém. lu. Ce n'est pas l'amour de la liberté, c'est l'ambition ou l'inquiétude des différents partis qui occasionnait des révolutions, condill. llist. anc. I, 7. L'histoire de la Grèce est, en quelque sorte, un abrégé de toutes les révolutions possibles, in. ib. i, (O. Il est fort pressant d'apprendre à ceux qui ont osé traiter les couleurs nationales de hochets, que les révolutions ne sont pas des jeux d'enfants, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 2«5. || Demi-révolution, révolution incomplète. || Révolution de palais, celle qui se passe dans l'intérieur d'une cour, d'un palais, sans aucune participation du peuple. Il Absolument. La révolution la plus mémorable d'un pays : en Angleterre, celle de I688; en Suède, celle de (772; en France, celle de (789. Histoire de la révolution française. Pendant la révolution. Faut-il que la révolution, quoique préparée au foyer des lumières et des besoins, ne puisse être consommée sans que des milliers dejnartyrs périssent pour elle, sans que l'etfusion de leur sang généreux tourne en délire le ressentiment actuel des villes et des campagnes contre les anciennes oppressions? MIBAB. Colleclion, t. lU, p. (95. La révolution leur criait: volontaires. Mourez pour délivrer tous les peuples, vos frères! v. hugo, l'Obéissance passive. || La première révolution, la grande révolution, celle de 89. Pour les autres on dit : la révolution de juillet, de février. || D'une façon abstraite, la révolution, système d'opinions composées d'hostilité au passé et de recherche d'un nouvel avenir, par opposition au système conservateur. Il 9° H se dit des événements naiurels qui ont bouleversé et changé la face du globe. Nous voyons dans les Alpes la preuve ocrlaine de la catastrophe ou de la dernière scène du grand drame des révolutions de notre globe, sa ')ssure, Voy. Alpes, U vni, p. 242, dans pougens. Des révolutions du globe
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détachèrent et coupèrent en lies de» portion» du lontinent, J. J. houss. Inég. i' part.
IIIJT, XIV' s. La première utilité est que 1 air
■ui passe par ces permis [les oreilles] soit altéré, qu'il ne blece le cervel, et que l'air soit desgradé par moult de cevolulions, h. de mondeville, f u. Il XVI* s. 11 y a une certaine révolution et prefixion de temps, oultre lequel l'homme sage ne se doibt plus entremettre des affaires de la chose publique, AMYOT, LucuU. 77. Quelque fatale destinée et révolution des araires avoient prefii et arresté le but dernier de la liberté des Grecs à ce temps-là, ID. Démosth. 20. Le duodénum a esté ainsi nommé, à cause qu'il est sans révolution, reply ou enlourtilleure, selon la longitude de douze doigts, pabB, i, 16. La révolution et vicissitude de la fortune, hont.
U, ÎM.
— ÉTYM. Provenç. revolucio; espagn. revolucion; ital. rivoluzione: du lat. revolutionem, de revolutus, retourné (voy. bévolu) .
RÉVOLUTIONNAIRE (ré-vo-lu-sio-nê-r'), adj.
Il l'Qui a rapport, qui est favorable aux révolutions politiques. Gouvernement révolutionnaire. Après les crises révolutionnaires, il est des hommes fatigués et vieillis sous l'impression du malheur, dont il faut en quelque sorte rajeunir l'âme, talleyrand, Instit. Uém. se. mor. et jiol. t. 11, p. 290. Quand Athènes fut soumise au despotisme des trente, le scrutin découvert fut mis en usage au tribunal révolutionnaire dont ils étaient les maîtres absolus; et Lysias, témoin oculaire, assure que personne n'était absous, t-ÉvESQUE, Instil. ilém. se. mor. et pol. t. iv, p. 268. IJ Mesures révolutionnaires, mesures prises en temps de révolution, avec un caractère violent, extralégal. Il 2* Substantivement. Partisan des révolutions. Un ardent révolutionnaire.
.r- ÉTYM. Révolution.
t RÉVOLU riONNAniE.MENT (ré-vo-Iu-sio-nê-reman), adv. D'une manière révolutionnaire; comme dans les temps de révolution.
I RÉVOLUTIONNÉ, ÉE (ré-vo-lu-sio-né, née), part, pusse de révolutionner. Changé par une révolution. Comment et à quelles conditions la France a repassé de la monarchie révolutionnaire de Bonaparte à la monarchie révolutionnée des Bourbons,
CARBEL, ŒUV. t. V, p. 243.
t RÉVOLUTIONNER (ré-vo-lu-sio-né), V. o. Néologisme. Mettre en révolution, agiter par des idées révolutionnaires. Révolutionner un pays. || Fig. C'est à lui qu'il appartient de révolutionner la langue, MORELLET, Mém. t. II, p. JiB, dans pougens. Il Neutralement. Carrier, qui a moins révolutionné que Fréron lui-même, son délateur, babœup. Pièces, 1, tuo. Il %' Fig. et familièrement. Mettre en révolution, causer une vive émotion. Cela m'a tout révolutionne.
t REVOLVER (ré-vol-vèr), t. m. Pistolet à un seul canon et plusieurs culasses, dont chacune, au moyen d'un engrenage, vient à son tour coïncider avec le canon, au moment où le marteau passe au cran du bandé. Il y a aussi des revolvers à plusieurs canons.
— ETYM. Angl. revolver, du verbe ta revolve, retourner, qui est le latin revolvere (voyez bêvolu).
REVOMI, lE (re-vo-mi, mie), part, passé de revomir. Quand pourrai-je.... Rouler avec la vague au sein des noirs abîmes , Et , revomi cent fois par les gouffres amers , Flotter comme l'écume au vaste sein des mers! lamart. ilédit. 11, if,.
REVO.MIR (re-vo-mir), v. a. || !• Vomir ce qu'on avait déjà vomi. Ce chien a avalé ce qu'il avait vomi, et il l'a revomi. || 2" Vomir ce qu'on avait avalé. Il a revomi son dîner. Ceux qui prennent médecine lorsque la lune est sous ces constellations, sont en danger de la revomir, Logique de Port- Royal (qui combat cette superstition), p. 4. || 3° Vomir de nouveau. En se levant il vomit, un peu plus tard il revomit. || 4* Rejeter ce qui a été reçu, englouti. [CharybdeJ Et puis trois fois le revomit Vers le ciel, lequel en frémit, scarr. Virg. m. L'autre [Cbarybde], dans sa soif renaissante. Engloutit la mer mugissante, Qu'elle revomit à l'instant, la- HOTTK, Odet, t. i, p. 324, dans poucens. || Fig. Combien d'bApitaux ruinés revomissaient leurs pauvres à la charge publique I st-sim. 23 a, 26» . || 6» Fig. Rendre gorge, restituer par force. Ce fut là [Bribuega oii il fut fait prisonnier] où Stanhope, si triomphant dans Madrid, revomit les tapisseries du toi d'Espagne qu'il avait prises dans son palais
•T-SW. t. vin, p. 438, édit. CHItRUBU '
— ETYM. Wallon , rivimi; du lat. revomere, de re, et vomert, vomir.
RÉVOQUÉ, ÉB (ré-TO-ké, kée) , part, pasti de révo-
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quer. || 1* Rappelé, destitué. Un ambassadeur révoqué. Il 2* Annulé. Enfin, l'édit de Nantes ayant été révoqué en 1685, l'exercice de la médecine fut interdit aux prétendus réformés, ponten. Lemery. La sentence de mort prononcée (par Athènes] contre les habitants de Mitylène, et révoquée le lendemain, BOLUN, Ilist. ane. Œuv. t. iv, p. f>8i, dans poucens.' RÉVOQUER (ré-vo-ké), je révoquais, nous révoquions, vous révoquiez ; que je révoque, que nous révoquions, que vous révoquiez, v. a. || 1° Rappeler, destituer d'une fonction. Révoquée un préfet. Il 2° En parlant des choses, annuler, déclarer nul. De grâce, révoquez une si dure loi,conN. Ci'd, v, 7. J'ai ouï dire.... qu'il [le cardinal de Richelieu] fut très-fâché de cette élection [de Porchières-Laugier, qu'il baissait]; qu'on lui offrit de la révoquer, et qu'il eut celte modération de se contenter d'un règlement pour l'avenir, pellisson, Ilist. Acad. v. Il [le roi d'Angleterre] révoque les lettres circulaires qu'il avait déjà envoyées pour assembler son parlement au mois de novembre, iD. Lett. hist. t. m, p. 379. Vous aurez vu sans doute l'édit par lequel le roi révoque celui de Nantes; rien n'est si beau que tout ce qu'il contient, et jamais aucun roi n'a fait et ne fera rien de plus mémorable, SËV. à Bussy, 28 oct. I68B. Et forcez votre père à révoquer ses vœux, rac. Phèdre, v, i. Il arriva que la cour voulut révoquer les dons qui avaient été faits; cela mit un mécontentement général dans la nation, montesq. Esp. ixxi, t. S'il était question de révoquer aujourd'hui l'édit de Nantes, personne n'oserait proposer une injustice si funeste, VOLT. Pol. et lég. Paix perp. 3. L'indignation qu'il [Louis XIV] conserva toujours dans son coeur contre les excès auxquels le parlement s'était porté dans sa minorité, le détermina même à venir dans la grand' chambre pour y révoquer les privilèges de noble.sse accordés aux cours supérieures par la reine sa mère, ID. Ilist. pari. Lviii. Ne so.\ez point prodigue en refus [à l'égard des enfants], mais ne les révoquez jamais, j. J. rouss. Ém. u. || On ne peut révoquer le passé, on ne peut faire qu'une chose qui a été faite ne l'ait point été Je lui dis qu'on ne pouvait révoquer le passé, qu'il y avait aussi des choses que je voudrais n'avoir jamais été faites, villemain, Littér. franc. I8' siècle, i" leçon. Il 8° Révoquer en doute, contester, mettre en doute. Vouloir révoquer en doute le rapport des sens, PASC. Prov. XVIII. C'est bien en dire assez.... de révoquer en doute s'il y a eu des oracles où les démons aient eu part, fonten. Oracl. Prcf. \\ 4" Se révoquer, V. réfl. Etre révoqué. Mais, puisque le passé ne peut se révoquer.... corn. Pomp. iv, 2.
— HIST. XIV* s. Camillus fut révoqué de exil du commandement du peuple, berciie'jre, f» ti4. Il XV' s. Si révoqua ce pape toutes grâces en devant faites, FBOiss. 11, 11, 21. Mais en lieu de mon bailliaige Me fist l'en trésorier sauva ige Qui fors huit jours ne me dura. Révoquez fu ; avisez là Comment et à qui vous servez, E. desch. Poésies mss. (' 339. Ung roy ne doit riens aliéner de son demaine. et, s'il l'a fait, le doit révoquer, Bibl. des ch. a' série, t. 11, p. i4i. Elle congneut que la pucelle au cercle d'or ne se revoqueroit [rétracterait] en nulle manière, ainçoys soustiendroit la partie. Perce forest, t. vi, f° 8i. ||xvi' s. Ils revocquoyent en usage l'antique jeu des taies, bab. Garg. 1, 24. La ferveur de tes estudes requeroyt que de longtemps ne te revocasse de cestuy philosophicque repous, ID. ib. I, 29. Et fut ordonné que les heraults revoqueroient les exécrations qu'ilz avoif nt fulminées encontre luy [Alcibiade], amyot. Aie. «8. On révoqua le superbe tiltre de Capitolinus qu'on avoit auparavant donné à H. Manlius, hont. IV, (60. Mais quel besoin est-il de cercher de grandes preuves et confirmations de ceci, veu que nul ne le révoque en doute? lanoue, t lO. Poltrot mené à Paris est tenaillé et tiré à quatre chevaux, ayant révoqué sa première déposition, d'aub. Ilist. 1, I8l.
— ÊTYM. Prov. et espagn. rei'ocar; port, reiogar; ital. rivocare; du lat. revocare, de re, et vocare, appeler (voy. voyelle).
t REVOULOIR (revou-loir), v. a. 11 se conjugue comme vouloir. || !• Vouloir de nouveau. Mais si mon cœur encor revoulait sa pri.son, mol. Dép. am. IV, 3. Il 2° Terme de vénerie. Se dit d'un chien qui ne peut pas suivre les voies qu'il abandonne, parce qu'elles sont trop vieilles.
— HIST. xii' s. Et se nuls revolsist en Engleterre aler. Th. le mart. 67. || im' s. Vers mon signor ai molt mesfait; Car jou ne sai que jou ai fait De sa terre, de son avoir, Ke mes sires revelt avoir, gui DE CAMBRAI, Barl. et Joi. p. 76.
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t REVOYAQER (re-vo-ia-jé), ». n. Faire un nouveau voyage, se remettre en route. J'aime mieux être ermite et brouter des racines, Revoyager vingt ans, nus pieds, sur des épines. Que de vivre avec vous; adieu.... begnabd, Démocr. iv, 7.
t REVOYANCE (re-vo-ian-s'), s. f. Action de revoir, de se revoir. Jusqu'à revoyance (locution de la Bretagne).
t RÉVOYEUR (ré-vo-ieur),j. m. Bateau-machine servant au curage d'un canal.
— ÊTYM. Probablement re..., et voie : qui refait la voie.
REVU, UE (re-vu, vue), port, passé de revoir. Il 1° Vu de nouveau. Un ami revu après une longue absence. 1| 2* Examiné de nouveau. Un compt'e revu avec soin. |I II se dit particulièrement des livres, des éditions. Voilà les maximes de M. de la Rochefoucauld revues, corrigées et augmentées; c'est de sa part que je vous les envoie : il y en a de divines; et, à ma honte, il y en a que je n'entends point, sÉv. 113.
REVUE (re-vue), s. f.\\l° Action de revoir; usité seulement dans celte locution familière : Nous sommes gens de revue, nous avons souvent occasion de nous revoir. || 2" Recherche, inspection exacte. Je m'avisai de faire une revue sur les diverses occupations qu'ont les hommes en cette vie, pour tâcher à faire choix de la meilleure, desc. Méth. m, 5. Le dernier [précepte était] de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre, ID. ib. Il, 10. Mais quoi! l'homme aux cent yeux n'a pas fait sa revue, la font. Fabl. iv, 21. Anne faisant passer ses péchés en revue, m. Cas. J'ai fait une revue sur toute ma conduite d'hier, et je n'y trouve rien à me reprocher qui ait dû l'obliger à changer la sienne, boursault, Lett. nouv. t. u, p. 416, dans pougens. Quelle revue il [Bossuet dans son Histoire universelle] fait de la terre! il est en mille lieux à la fois, chatealb. Génie, m, m, «. Il 3° Inspection d'hommes, de troupes, que l'on fait ranger pour les examiner et les faire défiler. Le roi fit en deux jouri la revue générale de son armée, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 293. Il me fit passer en revue parmi les soldats cypriens, fén. Tél. m. De là ce goût de revues, qu'il [Louis XIV] poussa si loin que les ennemis l'appelaient le roi des revues, ST-SIM. 406, 76. Me voici dans Potsdam ; c'était sous le feu roi une place d'armes.... des revues pour tout spectacle, la liste des soldats pour bibliothèque, VOLT. Voy. à Berlin. Le roi [Louis XI] , voulant passer en revue les habitants de Paris, les fit ranger vers la porte Saint-Antoine, le long de la rivière jusqu'à Conflans.... il s'y trouva quatre-vingt mille hommes, parmi lesquels trente mille ayant armes, jaques et brigandines, ddclos, Œuv. t. 11, p. 320. Les récompenses que dans les revues journalières [à Moscou] renipereur leur [Todiguait [aux soldats] n'étaient plus reçues qu'avec une joie grave, mêlée de quelque tristesse; les places vides qu'on allait remplir étaient encore toutes sanglantes, sEouR, Hist. de Nap. viii, H.||La revue de l'empereur, dugénéral, etc. celle que fait l'empereur, le général. Il Terme de forestier. Revue des gardes, inspection que fait le conservateur, l'inspecteur. || Terme de marine. Espèce de visite qu'un commissaire fait de l'équipage d'un bâtiment de l'Étal qui doit bientôt partir ; il y a aussi des revues ou inspections passées par les officiers. J'ai reçu vos lettres.... ensemble les revues de toutes les galères, que je trouve en bonne forme, colbert, d Arnoul, * juill. i67o, dans jal. Il Par analogie. Satan.... Faisait passer ses sujets en revue, la font. Belph. Je connais la force de la coutume ....mais je sens néanmoins que j'aurais l'impudence de me promener au Cours, et d'y passer ea< revue avec une personne qui serait ma femme, la bruy. XIV. Il Fig. Faisant passer tout l'enfer en revue, Les B, les F voltigeaient sur son bec, ohess. l'ervert, IV. Il 4° Titre de certains écrits périodiques. Les revues paraissent à des intervalles plus ou moins éloignés. 1| Quand on cite une revue en particulier,, on met une majuscule. La Revue des Deux-Mondes, La Revue de Paris. La Revue d'Edimbourg.
— HIST. XVI' s. La revue et monstre des chevaliers romains, amyot, P.-jEm. 6I. À la reveue faite par l'admirai le lendemain, ne fut trouvé de perte en. son armée, que do 2200 hommes, d'aub. hisl. 1, i~o.
— ÉTYM. Revu.
t RÉVULSER (ré-vul-sé), v. a. Terme de médecine. 11 se dit d'une maladie dont on s'efforce de déplacer le foyer. Révulser une irritation.
— ÊTYM. Voy. RÉVULSION.
t RÉVULSEUB (ré-vul-seur), 1. m. Terme de mé-