‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 562 sur 754 · MAM · texte numérisé non relu

MAM

adj. Néologisme. Qui est en butte à la malchance Impossible de peindre le désespoir de ce malcban ceux aérenaute [dont l'aérostat s'était échappé] le Petit Parisien, (O nov. (878, 3' page.

t MALDER (mal-dé), s. m. Sorte de mesure pour les grains. Le malder d'avoine de Thionville contient vingt-trois boisseaux de Paris, Joum. de Metz, (776, cité par l'Intermédiaire, n" (0-4(, 7«, col. 667.

t MALDOUX (mal-doû), s. m. Nom, dans le Jura, d'un cépage noir, les Primes d'honneur, Paris, (889, p. 284.

t MAL-EGAL (ma-lé-gal), s. m. Terme de métallurgie. Inégalité sur une pièce de métal. Enlever à la meule un mal-égal sur un canon de fusil.

t MÂLEMENT (mâ-le-man), adv. D'une manière mâle. Je n'ai jamais rien connu en lui qui tint de cette faiblesse, que quelques hommes, d'ailleurs assez mâlement agissants.... h. hulst, dans Mém. inéd. sur l'Acad. de peint, pub. par Dussieux, etc. t. u, p. (27.

t MALENTENTE (ma-lan-tan-f), s. f Désunion, mauvaise intelligence, delboulle, Gloss. de la vallée d'Téres, p. 2(6.

— HIST. XIII* s. Dame diex lor envoit tous trois si maie entente. Que de lor faus marchié viengent à droite vente, Berte, v. 2055.

— ETYM. Mal, et entente. Ce mot, usité dans l'ancienne langue et aujourd'hui encore en Normandie, mérite d'être repris.

t MALFiL (mal-fil), s. m. Sac de laine dans lequel on met les pains d'acide gras pour les soumettre à la presse hydraulique. Lorsqu'au bout de cinq à six heures la presse verticale a épuisé son action, les malfiis sont vidés et les pains sont mis dans des sacs en crin appelés étreindelles, et soumis au pressage à chaud, p. poiré. Notions de chimie, p. 286.

MALICE. |! Sacàmalices, voy. sac au Supplément.

MALINGRE. Ajoutez : — REM. Malingre se trouve comme nom propre dans le xui* siècle : Robers Malingres et Maroie se fenme, Charte du Yermondot'î, dans Bt'W. desch. (874, t. xxxv, p. 466.

MALLE. Ajoutez : — REM. Faut-il écrire des malles-poste ou des malles-postes? Il est certain qu'une malle-poste est une malle de la poste ; par conséquent il est bien préférable de mettre poste au singulier : des mjilles-poste.

MALOTRU. Ajoutez : — REM. Voici un exemple de la fin du xvu* siècle, oîi malotru est pris dans son sens étymologique de maie instructus : En la ville nouvelle d'Amsterdam, il y a un amphithéâtre assez malautru, dont la scène est fixe et sur lequel on jouoit des mommeries qui ne sentaient ni sel ni sauge, Sorberiana, éd. de Toulouse, (69(, p (8.

t MALTERIE (mal-te-rie), s. f. Usine ovi l'or, convertit l'orge en malt.

t .MALTHUSIANISME (mal-tu-zi-a-ni-sm'), s. m. Nom du système de Malthus recommandant do restreindre la procréation des enfants, parce que la production des choses nécessaires à la vie va moins vite que l'accroissement de la population. En dehors du malthusianisme, une autre cause contribue gravement à la diminution du nombre des naissances, LÉON lefoht, Rev. des Deux-Mondes, (5 mars (870, p. 366.

MALVEILLANCE. — HIST. Ajoutez : XII* s. Entr'eus n'aveit n'ire n'esmais. Dissension ne mauvoillance, benoît. Chronique, t. n,p. (66, v. 20243.

MALVOISIE. Ajoutez : — REM. Ordinairement les noms de vin sont du masculin: le Champagne, le bourgogne, etc. Malvoisie est du féminin par tradition; il était féminin dans le moyeu âge, à cause que Malvasia, nom de la ville d'où on le tirait, était féminin.

KLAMAN. Ajoutez : — HIST. xvi* s. N'orras tu point un enfant qui t'appelle mam-ma...? debracu. Imitations, f 4, recto.

MAMELLE. — HIST. || XVI* S. AjOtUex : Afin d'empescher qu'elle [l'armée] n'apportast aucune vexation au peuple de la campagne, duquel vous aviez tousjours un soin merveilleux, disant souvent au roy que le labourage et pasturage estoient les deux mamelles dont la France estoit alimentée, et les vraycs mines et trésors du Pérou, SULLY, Œcon. royales, ch. «2, p. 2«3.

t MAMELLE, ÉE (ma-mèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a des mamelles. Le nombre des différences, soit physiques, soit morales, qui se remarquent entre l'homme et les animaux mamelles, est beaucoup plus grand que la somme de leurs ressemblances, adanson, Cours d'htsi. nat. ((771), éd. de Payer, Paris, (846, 1. 1, f. (I6.

MAN

MAN

MAN

Il SubstantiTement. Il [Linné] admet six classes d'animaux : les animaux à mamelles ou les mamelles, mammalia... ID. ib p. 28.

MAMELON. — Hisr. Ajoutez : xiv s. Kt que à chacun lot [sorte de pot] et demy lot soit mis en fachen de clou d'eslain ung mameillon pour monstrer qu'ils tiennent leur mesure, Rec. des monum. inédits de l'hist. du tiers àtal, t. iv, p. 328.

MAMELUK. — HlST. Ajoutez : xm' s. Si li envola un cheval.... par un sien memeloc, Hist. occid. des croisades, t. ii, p. 4 95.

MAMMOUTH. Ajoutez : — ÈTYM. Russe, mdmaute, mâmoute et aussi mdmonte.

t MANABLE (ma-na-bl'), adj. Maison manable se dit en Normandie, chez les notaires et sur les affiches, d'une maison d'habitation, par opposition à maison à usage de grange, d'écurie, etc. Propriété manable, maison manable, h. moisy, Noms de famille normands, p. 3)0.

— ÊTYM Lat. manere, demeurer, habiter.

i. MANCHE. S. m. Ajoutez : || 9" Fig. Se mettre du cdté du manche, se mettre du côté le plus fort.

— ÊTY.M. Ajoutez : Toutefois il faut noter que le latin classique manubrium, avec l'accent sur nu, était représenté dans la langue d'oïl par manoir, qui est une dérivation correcte : xii" s. Quant icil Gothes talhievet la spessece des roinces, li fers saillanz fors du manoir chalt el bruec [au lac], Jt Dialoge Grégoire lo pape, <87a, p. «;.

2. MANCHE, s. f. Il 8* Ajoutez : \\ Faire la manche. Chantant à la porte des cabarets et faisant la manche, c'est-à-dire quêtant après avoir chanté, PH. AUDEBRAND, V Illustration, 27 janv. <877, p. 5). Il 12° Ajoutez : || Au xvii* s. Le bataillon était partagé en trois manches ou sections. [Sous Louis XIV] Le bataillon se disposait sur six rangs, partagés en trois manches, les piquiers au centre,... e. de Barthélémy,/ounv. ojjic. 26 mars)876, p. 2<35, 3« col.

t I. MANCHEKON. Ajoutez : \\ 2' Celui qui tient le mancheron de la charrue. Il [Gousset, cardinal archevêque de Reims] avait commencé par être mancheron, travailleur de ferme, Honit. univ. du

30n0V. 1887, p. U83, i'COl.

MANCHETTE. Ajoutez ; || 11* Nom à Rouen d'un pain en forme de couronne.

t2. MANCHETTE (man-chè-f), j. f. Coutelas sans gaine et à poignée de bois que les nègres portent toujours suspendu à une corde en sautoir. Le sang des colons coule à flots sous le couteau, la manchette ou le sabre des nègres, Joum. ojfie. 7 fév. (877, p. 982, 1" page.

— ÊTYM. C'est probablement une corruption de l'esp. machele, sabre, coutelas.

t MANCONE (man-kô-n'), s. m. Arbre de l'Afrique tropicale (erythrophlxum guineense), de la famille des légumineuses, dont l'écorce est employée par diverses peuplades à empoisonner les flèches et à préparer des liqueurs d'épreuve qui sont administrées aux criminels, Aead. des scienc. Comptes rendus, t. lxxx, p. i22t.

MANDARIN. Ajoutez :\\a° Canard mandarin, canard originaire de Chine, à beau plumage. ||4° Fig. Tuer le mandarin, commettre une mauvaise action, dans l'espérance qu'elle ne sera jamais connue. Cette locution provient de cette phraseci attribuée à J. J. Rousseau par Balzac et Protat, voy. Courrier de Vaugelas, i" oct. <876, p. 66 : S'il suffisait, pour devenir le riche héritier d'un homme qu'on n'aurait jamais vu, dont on n'aurait jamais entendu parler, et qui habiterait le fin fond de la Chine, de pousser un bouton pour le faire mourir, qui de nous ne pousserait ce bouton et ne tuerait le mandarin? Le même Courrier de Vaugelas cite une phrase très-analogue de Chateaubriand : Je m'interroge, je me fais cette question : si tu pouvais, par un seul désir, tuer un homme à la Chine et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction surnaturelle qu'on n'en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir? Génie du christ, f part, vi, 2.

t MANDARINAT. Ajoutez: || Fig. Bonaparte, qui était fait plus que personne pour apprécier les avantages d'un mandarinat suprême dans tout despotisme bien organisé, lanfrey, Hist. de Napoléon I", m, 74. « Voici qu'un mandarinat vient usurper au nom de l'État l'autorité morale la plus délicate, prétendre à la haute police des âmes et des intelligences » Iparoles de Montalembert en (844] : l'organe le plus éloquent du parti catholique vient de nous dire que le monopole universitaire lui apparaissait tantôt comme une douane universitaire et tantôt comme un mandarinat, de PRBSSENSÉ, Joum. offic 9 janv. (873 p. (31, 3' col.

t MANDATEMENT {man-da-le-man), i.m. Action de mandater, de délivrer un mandat, d'ordonnancer un payement.

MANDILLE.— ÊTYM il;ou(eï : Espagn. mandti, de l'arabe mondU, d'après M. Dozy, qui ajoute que le mot arabe lui-même est le bas-grec |i«vSr)- Xiov, qui vient du lat. manlile.

). MANDRIN. — ÊTYM. Origine inconnue, est-il dit dans le Dictionnaire ; à quoi M. Bugge, Romania, n* lo, p. (64, oppose l'article suivant : • Dans Paulus, l'abréviateur de Festus (éd. MUller), p. (32, se trouve la glose suivante : mahpuur appellatur loro eircumvolutum mediocris longitudinis lignum rolundum, quod circumagunt fabri in operibus tornandis. Selon moi, mamphur est le primitif de mondrtn, lequel est issu d'un prototype mamfurinum ou manfurtnum. De la même manière, coussin pour culcttinum a remplacé son primitif lat. cukita. Manfrin, man'rin a régulièrement passé en mandrin ; comparez poudre pour pol're, polv're, et ladin cusdrin, du lat. consobrinus. Le sens du mot français est essentiellement le même que celui du mot latin. Comparez parmi les nombreuses acceptions de mandrin surtout celles que je citerai ici d'après Littré : 2' Terme de tourneur. Morceaux de bois de différentes formes, entre lesquels on fait tenir les ouvrages délicats qui ne peuvent être tournés entre les pointes. 3* Cylindre de bois sur lequel l'artificier et le canonnier roulent le papier des cartouches. 4» Cylindre do fer sur lequel on contourne une ferrure. 6* Outil qui sert à tourner certaines pièces d'horlogerie. » La conjecture de M. Bugge est tout à fait plausible. Malheureusement, nous n'avons pour mandrin aucun texte ancien.

t MANDUBI (man-du-bi), s. m. Espèce de vanille du Paraguay, Journ. ofUc. du 24 déc. 487(,

p. 5235, 3* col.

t MANÊGER (ma-né-jé ; le g prend un e devant o et o : manégeant; la syllabe né garde l'accent aigu devant l'e muet : je manège), v. a. Manéger un cheval, l'exercer au manège.

f MANETfE. Ajoutez :\\3' Petit manche, petite poignée qu'on saisit pour faire mouvoir un mécanisme. Tout ce système [du nouveau télescope] est si bien équilibré, rendu si complètement docile, qu'avec le bout du doigt posé sur une manette, nous avons pu faire tourner cette grande aiguille monstre, H. DE PARVILLE, Joum. offic. 24 OCt. (875,

p. 8830, (" col. Il *• Manette de la manivelle de culasse d'un canon, la partie de la manivelle qu'on saisit pour ouvrir la culasse des canons. || 5' Au plur. Les manettes, nom, en Dauphiné, d'une poignée à deux anses, dont on se sert pour enlever les marmites au bec de la crémaillère, quand l'anse de la marmite est trop chaude.

t MANGANÈSE, ÉE (man-ga-né-zé, zée), adj. En quoi on a fait pénétrer du manganèse. Un barreau d'acier manganèse, Ae.des se. Compt. rendus, t. Lxxxiii, p. 8(6.La production des fontes manganésées, Joum. offic. 30 mars (877, p. 2563, 2' col.

t MANGANÉSIFÈRE (man-ga-né-zi-fè-r'), adj. Qui contient du manganèse. Les minerais de fer manganésifères, Joum. offic. 30 mars (877, p. 2563, 2* col.

t MANGANIQUE (man-ga-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide manganique, acide dérivé du manganèse, qui s'obtient en calcinant du peroxyde de manganèse avec de la potasse caustique.

(. MANGER. Ajoutez : || 22" Le manger (infinitif pris substantivement), l'action de manger. Une libéralité n'est pas sitôt en leurs mains qu'ils n'en attendent une autre, comme si le manger leur faisait venir la faim, malu. Lexique, éd. L. Lalanne. Il En Normandie, le manger, ce qu'on mange. Mon manger m'a fait du mal.

— HIST. Il XII' s. Ajoutez : Ciz qui cuidoit valor [valoir] Rolant, Vit son frère maigre el crolant, Bien an cuida maingier tieu quatre, Ocirre lou cuide et abatre, Romania, janv. (877, p. 32.

MANGERIE. Ajoutez : — HEM. Dans les vallées vaudoises on dit mangeance. Ne vivez pas pour la mangeance.

( . MANGE-TOUT. Ajoutez ■• — HiST. xvi" s. Que tout ce qui est né Vestu d'os et de nerfs soit quelque jour la proye De la mort mange-tout, ronsakd, Œuvres, éd. de («23, p. ((84.

MANGEUR. Ajoutez : || 7» Mangeur de vipères, nom d'un pitre chez deux célèbres charlatans du Pont-Neuf, l'Orviétan et Bary, du tempa de la jeunesse de Molière. Tu [Molière] briguas chez Bary le quatrième emploi; Bary t'en refusa, tu t'en plaignis à moi ; El je m'en souviens bien qu'en

ce temps-là mes frères T'en gaussaient, t'appelant le mangeur de vipères, Élomire.

t MANGOSTAN. Ajoutez : — ÊTYM. Malais, mongusta.

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