‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 6 sur 754 · TRIENNAL · texte numérisé non relu

TRIENNAL

t QUADRIÉPOINTÊ, ËE (koua-dri-é poin-té, tée), adj. Terme de minéralogie. Dont chaque angle solide est remplacé par quatre facettes.

— ÉTYM. Quadri..., etépointé.

t QUADRIFASCIË, ÉE (koua-dri-fa-ssi-é, ée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte quatre bandes colorées.

— ÉTYM. Quadri..., et lat. faseia, bandelette.

QUAURIFIDE (kou-a-dri-fi-d'), adj. Terme de botanique. Qui a quatre divisions étendues à peu près jusqu'au milieu de la longueur. Calice quadrifide.

— ÉTYM. Lat. quadri/idus, de quadri..., et findere, fendre.

t QDADRIFLORE (koua-dri-fio-r'), adj. Qui porte ou renferme quatre fleurs.

— ÊTYM. Quadri..., et flore.

t QUADRIFOLBE, ÉE (koua-dri-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui se compose de quatre feuilles ; qui a les feuilles disposées quatre par quatre.

— ÉTYM. Quadri.... et lat. folium.

t QUADRIFOLIOLÉ, ÉE (koua-dri-fo-li-o-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est composé de quatre folioles.

— ÉTYM. Quadri..., et foliole.

t QUADRIFORME (koua-dri-for-m'), adj. Qui présente quatre formes. Le génie du Verseau... il a quelquefois quatre visages; c'est le Janus quadriforme, lalandb, Inst. mém. sciene. t. v, p. 8.

— tT^ti. Quadri..:, et forma.

+ QUABRIKURQUÉ, ÉE (koua-dri-fur-ké, kée) , adj. Divisé en quatre branches.

— ÉTYM. Quadri..., et le ]a.X.furca, fourche.

QUADRIGE (koua-dri-j'), s. m. Terme d'antiquité. Char monté sur deux roues et attelé de quatre chevaux de front. Je pense que le Soleil, placé au centre sur un quadrige, est plus d'accord avec les paroles d'Homère, quatremêre de quincy, Inst. mém. Htt. anc. t. iv, p. 1 60. Toi qui de la victoire as conduit les quadriges, v. bugo, Applauditsement.

— ÉTYM. Lat. quadrigœ, quadr-igx, de quadr-.., et lat. agere, conduire (voy. agir).

t QUADRIJUGUÉ, ÉE (koua-dri-ju-ghé, ghée), adj. Terme de botanique. Dont le pétiole porte quatre paires de folioles.

— ÉTYM. Quadri..., et lat. ;'«ga(iM, joint par un joug, de jugum, joug.

QUA

r ODADRIJCMEAUX ^koua•dH-fn-m«). Ofif. m plur. Terme d'analomie. Tubercules quadrijumoaux, éminences de la moelle allongée, au ootnbre de quatre.

— Rtym. (}uadri..., el jumeaux.

] QUADRILATÉRAL, ALK (koua-dri-la-té-ral j ra-l'), adj. Qui offre quatre côtés.

— ÉTYM. Quadri..., et latéral.

QUADRILATÈRE (koua-dri-la-tè-r'), s. m. Terme

oe géométrie. Figure qui a quatre côtés. {| Il s'est dit, en ces derniers temps, de l'espace quadrangulaire, défendu par quatre places fortes, qui protégeait contre les Italiens la Vénétie occupée par les Autrichiens.

— ÉTYM. Lat. quadrilaierus, de quadri..., et latus, côté (voy. latéral).

t QUADRILLAGE (ka-dri-Ila-j', Il mouillées), s. m. Assemblage de carreaux. Un corridor dallé en quadrillage blanc et noir, th. Gautier, Cap. Fracasse, I. L'objection du glissement des chevaux sur les chaussées bitumées est-elle fondée? et faut-il en chercher la réponse dans un quadrillage profond des chaussées bitumées ou même dans une modification du ferrage des chevaux ? Rapport du Préfet de la Seine sur le budget de la ville de Paris, décembre I80O.

— ETYM. Quadrille î.

I. QUADRILLE (ka-dri-II', Il mouillées, et non ka-dri-ye), s. f. |{ 1° Troupe de cavaliers pour un carrousel ou pour un tournois, qai, appartenant au même parti, avaient un arrangement déterminé et une parure uniforme. Nous courons après notre livre du carrousel que nous avons prêté, afin de voir la quadrille que vous lui destinez [à Ch. Sévigné], sÉv. 1" juil. I68B. Vous aurez de la peine à donner, pour les couches de Mme la Dauphine, un spectacle aussi noble et aussi galant que celui qu'on prépare à Berlin : un carrousel composé de quatre quadrilles nombreuses, carthaginoises, persanes, grecques et romaines, conduites par quatre princes.... volt. leK. d'Argental, 7 août (7B0. On entendait par quadrille non-seulementquatre, mais six, huit et jusqu'à douze danseurs vêtus uniformément ou même de caractères différents, qui formaient des troupes particulières, lesquelles se succédaient et faisaient aussi succéder le cours de l'action, caiicisac. Dans. anc. el mod. 2* part, i, a. |{ L'usage tend à le faire masculin. Voici des couplets de M. de Rulhières qui ont été chantés au bal chez la reine où il y avait un quadrille de troubadours, laharpe, Correspond. le/f.x. Sur cette place de Grenade passaient les quadrilles superbement vêtus de brocards, chatealbh. D. Abencér. ||2° Terme de danse. Se dit d'un nombre pair de couples qui exécutent des contredanses dans un bal; en ce sens l'usage actuel ne connaît plus le genre féminin, et fait constamment quadrille masculin. Former un quadrille. Un quadrille qui suspend toutes les autres danses déplaît ; bien envié s'il est joli, bien critiqué tout bas, il est toujours reçu avec de gi-andes acclamations, genlis, Uèr. riv. t. ii, p. 46, daus pougens. || 3° Réunion des figures' qui doivent être aansées sans interruption. Ces figures sont au nombre de cinq : savoir, dans le quadrille ancien ou ordinaire : ie pantalon, l'été, la poule, la pastourelle et la finale ; lians le quadrille des lanciers, les Uroirs, les lignes, *es moulinets, les visites et les lanciers ; le quadrille croisé n'est autre que le quadrille ordinaire, seulement le second couple partant deux mesures plus tard arrive toujours au point occupé par le premier au moment où celui-ci le quitte. |{ 4° Terme de musique Ensemble des morceaux de musique qui correspondent aux figures qu'on exécute dans un quadrille. |1 Recueil de quadrilles, recueil de contredanses. I) Quadrille de Gustave, de la Dame Blanche, etc. réunion d'airs tirés des opéras de Gustave, de la Dame Blanche, etc. et arrangés de manière à former des contredanses.

— ÉTYM. Ital. quadriglia. 11 faut remarquer que quadriglia signifie petite troupe, sans désignation e nombre, et que quadrille, qui vient de l'italien et qui est aussi féminin, n'implique pas le nombre quatre, et désigne simplement une troupe de chevaliers dans un carrousel. Ménage rapporte sur la foi du père Ménétrier que, cinquante ans auparavant, ou diult esquadrille, et il pense que quadriglia et par sUi-5 nuadrille est une corruption île squadriglia , dimmutif de squadra , qui signifie ••«.'••'e, troupe (voy; esoadre, ESCADhON).

-. QUADRILLE (ka-dri-ll', il mouillées, et non ka-dri-ye) , »•. m. Espèce de jeu d'hombre qui se joue à quatre. Vous savez que les alliés sont comme les amis qu'on appelait de mon temps au quadrille :

QUA

on changeait d'amis à chaque coup, volt. uett. Choiseul, 13 juin. t78l lu joueur adroit au quadrille Jamais ne cause n ne babille; Il cache ses cartes si bien, Que son ennemi n'y voit rien, pan-

NAKD, ŒUV. t. III, p. 355.

— ÉTYM. liai, quadriglia, dit aussi quartriglio, qui est dérivé du latin quadri quatre.

i 3. QUADRILLE (ka-dri-U', Il mouillées), s. m. Nom des jours en losanges formés par les fils d'une frange en coton ou en laine, que l'on noue ou que l'on passe dans un coulant. Les étaraines rayées et à quadrilles auront, sur le métier, la longueur de 25 aunes, Lelt. pat. 22 juill. (780, Champagne.

— ÉTYM. Bas-Iat. quadriUus, carreau.

t *. QUADRILLE (ka-dri-U, U mouillées), s. f. Nom vulgaire de l'asiiepias carnosa, L.

i QUADRILLÉ, ÉE (ka-dri-llé, liée, «mouillées), adj. Se dit des étoffes à carreaux. Il Terme de conslruction. Systèmes quadrillés, systèmes composés de pièces parallèles entre elles reliées transversalement par d'autres pièces également parallèles entre elles. Il Papier quadrillé, papier réglé en petits carrés.

— (TYM. Quadrille 3.

\ QUADRILLIO.V (ka-dri-li-on), t. m. Nom des unités de la sixième tranche d'un nombre. Le quadrillion vaut mille trillions.

— HIST. XVI* s. Un quadrillion vaut mille milliers de trillions, de la roche, Arismetique, f° 7,

~— ÉTYM. Voy. billion, pour la formation de ce mot, qui est par rapport à quadri comme billion est à bi, et pour l'explication de la valeur que l'on donnait, au xvr siècle, à ces expressions, et qui est 1000 fois plus grande que celle que nous leur donnons.

t QUADRILOBE, ÉE (koua-dri-lo-bé, bée), adj. Qui est partagé en quatre lobes.

— ÉTYM. Quadri..., et lobe.

t QUADRILOCULAIRE (koua-dri-Io-ku-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui est partagé en quatre loges.

— ÉTYM. Quadri..., et lat. locuhis, loge.

t QUADRUMANES (koua-dri-ma-n'), t. m. pi. Troisième section de l'ordre des coléoptères pentamères, famille des carnassiers.

— ÉTYM. Quadri... et le lat. manut, main.

t QUADRINGENTESIMO(koua-drinjin-té-zi-mo), adv. Ouatre-cenlièmement. Il s'emploie pour désigner le quatre-centième objet d'une série, 400", quand on a commencé à compter par primo, secundo, tertio, etc. On dit ensuite quadringentesimo primo, quadragintesimo secundo, etc.

— ÉTYM. Lat. riuadringentesimo loco, au lieu quatre-centième, de quadringenti , quatre cents.

QUADRINÔ-ME (koua-dri-nô-m'), s. m. Terme d'algèbre. Expression algébrique composée de quatre termes.

— ÉTYM. Voy. BINÔME, mot formé avec bi, comme quadrinAme l'est avec quadri.

t QUADRIPARTI, IE (koua-dri-par-ti, tie) ou QUADRIPARTITE (koua-dri-par-ti t'), adj. Terme de botanique. Qui est divisé en quatre parties.

— ÉTYM . Quadri. . , préfixe, et lat. parlitus, partagé. tQUADRIPARTITION(koua-dri par-ti-sion), s. f.

Terme didactique. Partage d'une chose en quatre.

— KTYM. Voy. QUADRIPARTI.

t QUADRIPLOMBIQUE ( koua-dri-plon-bi-k' ) , adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel de plomb qui contient quatre fois autant de base que d'acide.

— ETYM. Quadri..., et plomb.

+ QUADRIPONCTUÊ, ÊE (koua-dri-pon-ktu-é, ée), adj. Terme de zoologie. Qui est marqué de quatre points colorés. -~

— ÉTYM. Quadri..., et ponctué.

t QUADRIRÈME(koua-dri-rè-m'), s. f. Nom d'un navire de l'antiquité, auquel les critiques ont attribué quatre rangs superposés de rameurs, quatre groupes de rames, quatre rameurs par aviron, ou encore quatre rames par banc; toutes hypothèses qui n'ont pas expliqué ce qu'était la quadrirème, jal.

— ÉTYM. Lat. quadriremis, de quadri.., et remus, rame.

t QUADRISAÏEUL , EULE (koua-dri-za-ieul , ieu-1'), s. m. et f. Le père, la mère du trisaïeul ou de la trisaïeule. Henri IV était le quadrisaïeul de Louis XV. On sait assez que son grand-père [de Charles-Edouard] avait été détrôné par les Anglais, son bisaïeul condamné à mourir sur un échafaud par ses propres sujets, sa quadrisaleule livrée au même supplice par le parlement d'Angleterre, volt. Louis XV, 24.

— ÉTYM. Mot formé ({.ar analogie de trisaïeul) de quadri..., et aieul (avec interposition d'une s euphonique).

t QLADUlSEt lk'"'U>-dri-»«l),. I. m. Terme de

QUA

chimie. Sel renfermant quatre proportions d'acide pour une proportion de base, c'est-à-dire quatre fois la quantité d'acide contenue dans le sel neutre, la proportion de la base étant la même que dans ce dernier.

— ÉTYM. Quadri..., et sel.

t QUADRISULFURE (koua-drl-sul-fu-r'), s. m. Terme de chinùe. Sulfure contenant quatre fois autant de soufre qu'une autre combinaison de 1« même base.

— ÉTYM. Quadri..., et sulfure.

t QUADRISYLLABE (kouadri-sil-la-b'), s. m. Terme de grammaire. Mot composé de quatre syllabes.

— ÉTYM. Ouodri'..., et syllabe.

t QUADRISYLLABIQUE (koua-dri-sil la-bi-k'), adj. Oui est composé de quatre syllabes.

t QUADRIVALVE (koua-dri-val-v') ou QUA- DRIVALVÊ, ÉE (koua-dri-val-vé, vée) , adj. Terme de botanique. Oui se partage en quatre valves.

t QDADRIVALVCLfi, ÉE (koua-dri-val-vu lé , lée), adj. Qui a quatre petites valves.

t QUADRIVIUM (koua-dri-vi-om') , î. m. La division supérieure des sept arts dans l'université du moyen âge, division qui venait après le trivium el qui comprenait l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie.

— HIST. xiu* s. Cil trois sevent [savent] trive, cadruve, Bat. des sept arts, p. 26.

— ÉTYM. Lat. quadrivium, proprement carrefour, de quadri..., préfixe, et lat. via, voie.

f QUADROXALATE (koua-dro-ksa-la-f), *. m. Terme de chimie. Sel qui contient quatre fois autant d'acide qu'un oxalate simple.

— ÉTYM. Quadri..., et oxalate.

■f QUADROXYDE (koua-dro-ksi-d') , s. m. Terme de chimie. Oxyde qui contient quatre fois autant d'oxygène qu'un autre.

— ÉTYM. Quadri..., et oxyde.

QUADRUMANE (koua-dru-ma-n'), adj. Terme

d'histoire naturelle. Oui a quatre mains. Que le lamentin n'est que bimane, que la chauve-souris n'est que bipède, et que le singe est quadrumane, buff. Quadrup. t. ii, p. 24. || S. m. Les quadrumanes, second ordre des mammifères, caractérisé par la disposition en forme de main des quatre extrémités. Cet ordre, qui comprend les animaux les plus voisins de l'homme, est divisé en deux familles : les singes, et les makis ou lémuriens.

— ÉTYM. Lat. quadrumanus, de quadru.... ou quadri..., et manus, main.

QUADRUPÈDE (koua-dru-pè-d'), adj. || 1" Qui a quatre pieds. Les animaux quadrupèdes sont, après l'homme, les êtres dont la nature est la plus fixe et la forme la plus constante, uuff. Quadr. t. m, p. 236. Si nous comjrtons deux cents espèces d'animaux quadrupèdes dans toute la terre habitable ou connue, nous en trouverons plus de cent trents dans l'ancien continent, et moins de soixante-dix dans le nouveau, m. t6. t. m, p.' I78. || Qui marcho à quatre pieds. Il y a divers exemples d'hommes quadrupèdes, et je pourrais entre autres citer celui de cet enfant qui fut trouvé en 4 344 auprès de Hesse, où il avait été nourri par dçs loups, j. j. Rouss. Inégal, note c. || i" S. m. Un animal à quatre pieds. Le quadrupède |un lion] écume, et son œil étincelle, la pont. Fabl. ii, ». Tous les quadrupèdes domestiques de l'Europe ont été portés en Amérique par les Espagnols, baynal, Hist. phil. XI, 25. Il Les quadrupèdes, nom donné, en général, à tous les animaux pourvus de quatre pieds, mais plus spécialement réservé aux mammifère» terrestres. Les vrais quadrupèdes sont les solipèdes et les pieds fourchus; dès qu'on descend à la classe des fissipèdes, on trouve des quadrumanes ou des quadrupèdes ambigus, qui se servent de leurs pieds de devant comme de mains, et qui doivent être séparés ou distingués des autres, buff. Quadrup. t. vil, p. 26, Il Le quadrupède ailé, Pégase. Je rêve assis au bord de cette onde sonore Qu'au penchant d'Hélicon, pour arroser ses bois. Le quadrupède ailé fit jaillir autrefois, a. chén. Élég. 3t.

— ÉTYM. Prov. quadrupedi; espagn. quadrupedo ; ital. quadrupède; du lat. quadrupedus, de quadru.... ou quadri..., et pes, pied.

QUADRUPLE (koua-dru-pl'). || f Adj. Qui vaut quatre fois autant. Une somme quadruple. Pour réduire cette question à l'énoncé le plus simple, il s'agit de savoir si la force d'un corps qui a une certaine vitesse devient double ou quadruple, quand sa vitesse devient double, u'alemb. Éloges, Bernoulli. Il Quadruple alliance, traité entre quatre puissances. [[ Se dit prticuliëremeDt d'un trAilé entre la France, l'Angleterre, l'Autiicha m la HoU

QUA

lande, dont le but était d'assurer la couronne de France au régent en cas de mort du jeune roi (en 1718). L'ambassadeur de Krance et l'envoyé d'Angleterre allèrent.ansemble communiquer aux États généraux le projet de la quadruple alliance, ST-siM. 4i)3, 184. Il Se dit aussi d'un traité conclu en (834 entre la France, l'Angleterre, l'E-spagne et le Portugal, pour maintenir le gouvernement constitutionnel dans ces deux derniers États. |{ Se dit enfin d'une alliance formée entre la Russie, l'Angleterre, la Prusse et la l'orte ottomane, contre le pacha d'Egypte (en 1 840). || Terme de musique. Quadruple croche, figure de valeur moderne dont le vrai nom devrait être huitième de croche, puisqu'au lieu de valoir quatre croches, elle ne vaut en réalité que la huitième partie d'une seule croche. Il Terme de chimie. Sel quadruple, sel formé de Jeux autres sels, ainsi dit parce qu'il a quatre éléments simples, ie muriate mercuriel a la propriété de former avec le nitrate de soude un sel quadruple, BERTHOLLET, Instit. Mém. scicnCy t. in, p. 235. Il 2° S. m. Quatre fois autant. Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire ; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire; Le mal se rend chez vous au quadruple du bien, la font. Fabl. VIII, ». Quelque valeureuses qu'on ait éprouvé ces troupes [gendarmes et mousquetaires], on ne peut espérer qu'elles puissent battre leur quadruple, ST-siM. 476, 230. Le voleur manifeste fut condamné au quadruple, et on continua à punir du double le voleur non manifeste, MONTESQ. Bsp. xxix, fi. Il 8' Double pistole d'Espagne. Pour tirer un beau quadruple d'un de ses goussets, hamilt. Gramm. J. Il La pièce d'or qui , en Espagne et dans ses anciennes colonies, est appelée doblon, et aussi on*o, parce que son poids approcha de celui de notre ancienne once, ne se vend en France que de 82 fr. à 8.'!, 60 c. ; mais la valeur en est de 16 piastres fortes, soit 86 fr. 40 c, et dans le commerce français elle est appelée quadruple, dont le genre est féminin. Une quadruple espagnole. Ces quadruples nous sont venues de Lima, legoarant. Il 4° Pièce de quatre louis qui n'a jamais eu cours forcé, et qui depuis longtemps n'est plus en usage. Il 6" Terme de musique du moyen âga. Nom donné à des morceaux à quatre parties; nous dirions quatuor.

— HIST. XIII' s. Uns dyametres qui double à un autre fait l'aire quadruple à l'aire de celui, Comput, f° )8. ||iiv* s. Ceux qui ont la plus cleie gueule Chantent la tresbie sans demeure, Et les plus petits le quadrouple, gage de la buigne, dans Uisi. litt. de la France, t. xxiv, p. 75i.||xvi*s. Les doublons et les quadruples de fin or du Pérou sont esvanouis, Soi. Mén. p. 1 72. Trouver deux nombres en proportion quadruple, est. oe la roche, Arismetique, t° 60, verso. Il [le véritible ami] est marry qu'il ne soit double, triple ou quadruple, et qu'il n'ayt plusieurs âmes ... pour les conférer toutes à ce subject, mont, i, 2(8.

— ÉTYM. Lat. qundruplus , de quadru.... ou quadri..., et un radical plus, en grec ttioo;.

QUADRUPLÉ, ÊK (koua-dru-plé, plée), part, passé de quadrupler. Un nombre quadruplé.

t QUADRUPLEMENT (koua-dru-ple-man) , odt!. D'une manière quadruple. Dix-huit petits-enfants provenant d'une même union doublement germaine, et nstamment les six quadruplement consanguins jouissent, comme leurs pères et mères, de la belle santé commune à la famille, bourgeois, Acad. des te. Comptes rendus, t. lvi, p. <8i.

— nisT. XVI» s. Quadruplement, cotorave. QUADRUPLER (Icoua-dru-plé) , v. a. Multiplier

par quatre, prendre quatre fois la même quantité. Les richesses, auparavant resserrées par la défiance, circulèrent avec profusion (au commencement de Law] ; les billets doublaient, quadruplaient ces richesses, volt. Louis IV, 2. || F. n. Être augmenté au quadruple. X mesure qu'ils [l'or et l'argent] sont devenus communs, depuis la découverte de l'Amérique, tout a doublé, triplé, quadruplé de prix, ratnal, Hist. phil. viii, 34.

— HIST. xvi' s. Doubler, tripler, quadrupler tous nombres, de la roche, Arismelique, (° is.

— ETYM. Lat. quadruplare, de quadruplut, quadruple.

t QUADRUPLICATION (koua-dru-pli-ka-sion) , s. f. Action de quadrupler. La quadruplication d'un nombre.

— HIST. xiii* s, Et après il baillent quadruplication (pièce judiciaire] au demandeur contre les triplications au défendeur, bkaum. vi, t.

— ÉTYM. Lat. quadruplicationem, de quadruplicare, quadrupler, autre forme de quadiiuplare.

QUA

QUAI (kè), s. m. Ijl» Levée ordinairement revêtue de pierres de taille, et faite le long d'une rivière. La commodité des quais sur les bords des grosses rivières, bollin, llist. anc. Œuv. t. u, p. 4(», dans potiGENS. Ohl lorsqu'un lourd ïoleil chaufTait les grandes dalles Des ponts et de nos quais déserts, a. barbier, la Curée. \\ Les quais sont à Paris un lieu où beaucoup de bouquinistes étalent. Qui, sur les quais, sans avoir été lu, Voit expirer son livre vermoulu, J. B. Hoi'ss. Èptt. i, t. Il i' Rivage d'un port oïl l'on décharge les marchandises. || On dit d'un navire, qu'il est à quai, lorsqu'il est le long d'un quai pour faire son chargement ou son déchargement. |{ 3* Se dit des berges dans un embarcadère de chemin de fer.

— HIST. XV* s. Ils trouvèrent fà LécluseJ une nef appareillée, et l'achetèrent à leurs deniers, et se départirent, et vinrent arriver au quay de Londres, FBOiss. Il, II, 206. Il XVI* s. Deux grandes salles, l'une au dessoubz élevée neantmoins sur un quay de huyct degrés, et l'autre au dessus, Roman d'Alector, p. tïs, dans lacurne.

— ÊTYM. Bas-Iat. caium , quai, dans une charte de Philippe Auguste; espagn. cayos, écueils; portug. caes, qudi ; holland. kaai; angl. kay ; glose d'Isidore kai , cancelli, barreaux; du celtique: kimry, kae, haie, barrière; bas-breton, kaé, haie et quai. Les diverses significations caium, cayos et la glose d'Isidore se tiennent par un fil de significations que l'on suit sans peine. Diez se demande en présence de ces formes pourquoi le français n'a pas dit chai, et il se répond que sans doute c'est un mol qui fut emprunté au picard. La réponse est bonne, si l'on y ajoute que le mot fut emprunté avec le sens restreint; car chai ou chais est dans le français et signifie cellier, en bas-latin, cayum.

QU^IAGE (kè-ya-j'j, s. m. Voy. quatage.

QUAICHE (kè-ch'), *. f. Terme de martpe. Petite embarcation des mers du Nord. La quaiche est montée en fourche comme le yacht.

— ETYM. Angl. ketch ; holland. kits.

QUAKER ou QUAKRE (koua-kr"), s. m. Membre

d'une secte chrétienne, qui s'éleva, en Angleterre, vers 4 650, et qui compte des prosélytes dans ce pays, aux Etats-Unis et en Hollande ; elle enseigne que Dieu donne à tous les hommes une lumière intérieure, qui dispense de l'intervention des prêtres ou pasteurs; et qu'il n'est permis ni de faire aucun serment, ni de plaider en justice, ni de faire la guerre, ni de porter les armes. C'est ainsi que Fox, un m'isérable paysan, établit de nos jours la secte des quakers parmi les paysans d'une de nos provinces, volt. Philos. Enam. Bolingbr, (O. Ceux que l'on appelait alors anabaptistes sont les pères de ces quakers pacifiques dont la religion a été tant tournée en ridicule, et dont on a été forcé de respecter les mœurs, id. mœurs, (36. Les enfants [des quakers], enrichis par l'industrie de leurs pères, veulent jouir, avoir des honneurs, des boutons et des manchettes; ils sont honteux d'être appelés quakers, et se font protestants pour être à la mode, ID. Dict. phil. Quakers. L'enthousiasme qui naissait et des méditations et de» discours irrita dans ces sectaires la sensibilité du genre nerveux, au point de leur occasionner des convulsions ; c'est pour cela qu'on les appela quakers, qui signifie en anglais trembleurs, raynal, Hist. phil. xviii, 3. || Au féminin, quakeresse. Elle [la princesse palatine Elisabeth] eut plusieurs conférences avec eux [les quakers] ; ils prêchèrent souvent chez elle ; et, s'ils ne firent pas d'elle une parfaite quakeresse, ils avouèrent au moins qu'elle n'était pas loin du royaume des cieux, VOLT. Dict. phil. Quakers, 2.

— ÉTYM. Angl.' quaker, trembleur, de to quake, tremble>, un tremblement les saisissant quand ils se sentent excités par une inspiratioc à prêcher.

tQUAKERISME(koua-ke-ri-sm'), s. m. Doctrine des quakers. Guillaume Penn, chef de la religion qu'on nomme très-improprement quakerisme, donna son nom et ses lois à cette contrée [la Pensylvanie], vers l'an (680, volt. Uœurs, (53.

t QUALIFIABLE (ka-li-fî-a-bl') , adj. Qui peut être qualifié, legoarant.

QUALIFICATEUR (ka-li-fi-ka-teur), s. m. Théologien appartenant au tribunal de l'inquisition, qui est consulté au sujet des propositions déférées. Laurent Brancati.... consulteur et qualificateur du saint office, boss. Exp. doctr. calh. Avertiss.

— ETYM. Bas-lat. qualificatorem, de quali/icare, qualifier.

QUALIFICATIF, IVE (ka-li-fi-ka-tif, ti-v'), adj. Il 1» Terme de grammaire. Qui exprime la qualité, la manière d'être. Bon, grand, sont des adjectifs

QUA

qualificatifs. || 5. m. Mot qui qualifie. Il faut bien distinguer le qualificatif spécifitjue adjectif, du qualificatif individuel: une tabatière d'or, voilà un qualificatif adjectif, une tabatière de l'or que, etc. ou d'un or que, c'est un qualificatif individuel, uu- MARS. Œuv. t. IV, p. Ï08. Il a* Terme de chimie. Analyse qualificative, voy. qualitative.

— ÉTYM. Qualifier.

QUALIFICATION (ka-li-flka-sion; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Attribution d'une qualité, d'un titre. Qualification de comte. Quand on écrit contre un auteur, et qu'on s'irrite contre lui, il faut prouver les qualifications par les choses, et non pas les choses par les qualifications, uontesq. Esp, défense, part. ii. L'envie ne saurait se cacher; elle a des qualifications énormes pour les moindres fautes, VAOVF.N, Max. cclxxxiv. || 2° Dans le langage ecclésiastique, manière d'apprécier lespiopositions. Ce qu'on appelle qualification est un terme par où l'on exprime ce qu'il faut croire de chaque proposition censurée; tel est le terme d'hérétique, d'erroné, de scandaleux ou de téméraire, et ainsi des autres, boss. Et. d'orais. x, (. || Qualification» respectives, celles qui se réfèrent respectivement aux textes sans les énoncer. Les qualifications respective», inconnues aux premiers siècles, ont été fort usitées dans l'Église, depuis que le concile de Constance en a donné le premier exemple... on ne peut nier que les qualifications précises ne soient plus instructives, Boss. Et. d'orais. x, 4.

— ÊTYM. Bas-lat. qualificationem, dequalificare, qualifier.

QUALIFIÉ, ÉE (ka-li-fi-é, ée), pan. passé de qualifier. || l°Oui a reçuuneattribution, une qualité. Une proposition qualifiée d'erronée. H 2" Qui a un caractère déterminé. Je travaille à une censure qualifiée, boss. Lett. quiét. 3oo Des bézoards que l'on appelle occidentaux, qui sont encore plus solides et peut-être au^ qualifiés que les orientaux, buff. Quadrup. t.vi, p. 89. Il Sur le turf, cheval qualifié, cheval qui a satisfait à toutes les conditions du règlement pour la course. || Autrefois, crime qualifié se disait pour grand crime. || 3° Qui a des titres de noblesse. Les Genevois eurent la hardiesse de faire pendre treize officiers qualifiés, volt. Jfcfurs, (66. Dans tous les procès de sortilège on ne voit que bien rarement le nom d'un homme un peu qualifié, id. Philos. Bible expl. Uvit. Il Une personne qualifiée, une personne de qualité. S'il arrive qu'une personne qualifiée nous fasse visite.... il faut l'aller recevoir au carro.sse ou le plus loin que nous pourrons, courtin. Traité de civilité (xvii* siècle). || Il est qualifié, fort qualifié, il est de qualité, de grande qualité. || Les personnes les plus qualifiées d'une ville, les personnes les plus considérables. Les plus qualifiés d'entre les Perses, VAUGEL, Q. C. (92. Ils s'approchent quelquefois de l'oreille du plus qualifié de l'assemblée, la bbuy. v.

QUALIFIER (ka-li-li-é), v. a. Je qualifiais, nous qualifiions, vous qualifiiez; que je qualifie, que nous qualifiions, que vous qualifiiez. || 1* Marquer de quelle qualité est une chose. Toute profession s'estime dans son cœur, Traite les autres d'ignorantes, Les qualifie impertinentes, la font. Fabl. xi, 6. Qualifiant les choses comme il nous plaît, traitant de bagatelles et de rien ce qui est essentiel au salut, bourdal. Serm. 24* dim. après la Pentecôt. Domin. t. iv, p. 444. De celte sortie séparée, Harlay a fait naître une indécence que je m'abstiens de qualifier, st-sim. 374, 24. Les jurisconsultes de l'Europe et surtout le célèbre marquis Beccaria n'ont jamais qualifié ces jugements [de Calas, de Lalli, de Labarre] que d'assassinats, volt. Lett. IHchelieu, 20 mai (771. L'homicide commis volonia»rément est qualifié meurtre, Code pénal, art. 295. La soustraction frauduleuse est qualifiée vol, ib. art, 379. Il II se dit des personnes dans le même sens. Qualifier quelqu'un de fourbe. Il [Pythagore] admettait, dit-on, une âme répandue dans toute la nature... principe éternel dont nos âmes .sont émanées, et qu'il qualifiait du nom de Dieu, barthél. Anach. ch. 79 (note 1). Personne moins que moi, n'aime à qualifier durement ceux avec qui nous sommes en guerre, villemain, Souveri. contemp. les Cent-Jours, ch. viii. || 2» Terme de grammaire. Exprimer la qualité. L'adjectif qualifie le nom. Il 3" Attribuer un titre, uneijualité à une personne. Il Dans cette acception, il se construit ordinairement sans de. L'arrêt le qualifie prince, duc, etc. Il On le dit aussi avec de. On le qualifie de duc, de baron. || 4° Se qualifier, ». réfl. S'attribuer une qualité, un titre. Il se qualifie docteur. Il se qualifie de marquis. || 8° Se rendre capable de. I isez l'Hisioire ecclésiastique, vous dis-je, pour vom ijua*

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lifier dans votre métier, volt. Facéties, Quest. tur Us mir. (7.

- HIST. IV' S. Je me saisy (qui fut le bon), Quand la voix me fut proférée, De la saincture de [du duc de] Bourbon Pour mieux calliffier le don; Mais elle n'étoit pas ferrée, de laborde, Rmaux, p. «97. Il xvr s. Et n'y a doute que plusieurs se voyans priez par des colonnels qualifiez ne fussent incitez d'accepter les charges qu'ils eussent autrement desdaignées, LANOUE, 277. Le Sage des philosophes enuores qu'ils l'ayent par leurs discours qualifié et formé, n'est pas pourtant trouvé, ic. 470. De sa seule et privée authorité, il [le duc de SomraersetJ s'estoit qualifié protecteur d'.\ngleterre, carl. ii, t. Quelle cueillette que misérable pouvez-vous espérer des bleds mal qualifiés, semés en vos terres? o. DE serres, «02. Kurt [vol] qualifié sera puny à mort, Coust. gén. t. ii, p. 790. Nul ne pourra exercer l'estat d'advocat en nostre dite cour, qu'il n'ait preallablement esté trouvé capable et à ce qualifié par examen, Nouv. coust. gén. t. ii, p. 98.

— ËTYM. Bas-lat. qualificare, de qualis, quel, et facere, faire.

t QUALITATIVE (ka-li-ta-t'-v'), adj. f. Terme de chimie. Analyse qualitative, celle qui détermine la nature ou qualité des composants.

— ÊTYM. Lat. qualitatiims, de qualitas, qualité. QUALITÉ (ka-li-té), s. /". || 1* Ce qui fait qu'une

chose est telle. Bonté, méchanceté, blancheur, rougeur sont des qualités. La bonne qualité des aliments. La mauvaise qualité de ces eaux. Les qualités de son style sont la précision et la clarté. Nous ne sentons ni l'extrême chaud, ni l'extrême froid ; les qualités excessives nous sont ennemies, et non pas sensibles, pasc. Pens. i, « , éd. havet. Une qualité est ce qui fait qu'on appelle une chose d'un tel nom ; on ne peut le nier à Aristote; car enfin cette définition est incontestable, halebr. Rech. VI, 11, 2. La qualité supérieure de leur sol, l'avantage d'exploiter des terres neuves, ratnal, Hist. phil. XIV, 6. Il 2° Terme didactique. Manière d'être des corps en vertu de laquelle ils font sur nos sens une impression particulière qui nous donne les idées de figure, de couleur, de grandeur, etc. Il Terme de philosophie. Qualités premières des corps, celles sans lesquelles ils ne pourraient exister ni être conçus; qualités secondes, celles qui ne sont nullement essentielles à la conception des corps. Ces livres de science et principalement ceux qui traitent de la physique, de la médecine, de la chimie, sont tous pleins de raisonnements fondés wr les qualités élémentaire» et sur les qualités secondes, comme tes aitractivei, les rétentrices, les concoctrices, et autres semblables, malebr. Rech. m, II, 8. Il Qualité occulte, propriété des corps dont la cause est inconnue. Il faut commencer par avouer que toutes les qualités que le grand Être nous a données, à nous et aux autres animaux, sont des qualités occultes, volt. De l'dme, 2. || Terme d'alchimie. Les quatre premières qualités : la chaleur, la froideur, la sécheresse et l'humidité. || 3° Disposition morale bonne ou mauvaise. L'innocence, la jeunesse et la beauté, pour lesquelles vous dites que vous les estimez [les femmes], sont des qualités que l'on n'a jamais vues ici ensemble, voit. Lett. »3. Daignez considérer le sang dont vous sortez . Vos grandes actions, vos rares qualités, corn. Poly. IV, 3. L'art de savoir bien mettre en œuvre de médiocres qualités, donne souvent plus de réputation que le véritable mérite, la hochefouc. Prem. Pens. n' 49. Le même orgueil qui nous fait blâmer les défauts dont nous nous croyons exempts, nous porte à mépriser les bonnes qualités que nous n'avons pas, iD. Réfî. mor. n° 462. Ce n'est pas assez d'avoir de grandes qualités ; il en faut avoir l'économie, ID. Mat. (69. Vous donnez sottement vos qualités aux autres, UOL. Fem. sav. m, 6. Si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on, moi? non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre, moi.... on n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités, vasc. Pens. V, «7, éd. HAVET. Il faut qu'on n'en puisse dire [d'un homme], ni il est mathématicien, ni prédicateur, ni éloquent ; mais il est honnête homme ; cette qualité universelle me plaît seule, ID. ib. vi, 1 5 ter. Cet oubli que cause l'amour et cet attachement à ce que l'on aime fait naître des qualités que l'on n'avait pas auparavant, m. Pciss. de l'amour. Ce grand roi [Louis XIV], plus capable encore d'être touché par le mérite que par le sang, ne se lassait point d'admirer les excellentes qualités de Madame, boss. Duch. d'Orl. Tout ce que peuvent fairt non-seulement la naissance et iafor-

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tune, mais encore les grandes qualités de l'esprit pour l'élévation d'une princesse, se trouve rassemblé et puis anéanti dans la nôtre, id. ib. Une grande qualité naturelle prend le nom d'un grand vice ou d'une grande vertu, selon le bon ou mauvais usage qu'on en fait, dideh. Opin. des anc. philos. (Éclectisme). De toutes les qualités de l'âme, la pluséminente est la sagesse, la plus utile est la prudence, BARTHÉL. Anach. ch. ï«. Les qualités de l'âme, quand elles sont vraies, ont toujours besoin d'être devinées, stael, Corinne, ii, 2. |t*4° Absolument. Bonne qualité. Il a des qualités. Ce serait une injustice que de ne lui reconnaître aucune qualité. Je vois des choses en vous plus grandes et plus éclatantes que votre fortune, et des qualités avec les quelles vous ne sauriez jamais être un homme ordinaire, VOIT. Lett. 34. Il II se dit aussi des choses. J'aime mieux la qualité que la quantité. Il ne faut pas que la quantité l'emporte, mais la qualité, d'ablancoort, Lucien, Toxaris. || Ce vin a de la qualité, il a un goût, .une sève qui le distinguent des vins communs. || Terme de charpenterie. Bois ae qualité, celui qui est d'une grosseur au-dessus de l'oi-dinaire et qui porte au moins 0",33 sur ses deux faces, ou qui a «0" de longueur. || Terme de marine. Qualités se dit d'un bâtiment qui marche bien, porte bien la voile, évolue avec facilité, obéit à son gouvernail, etc. Il ne doit pas manquer défaire visiter lesdits vaisseaux en présence des capitaines qui les commandent, et de les obliger à donner par écrit le rapport de leurs bonnes ou mauvaises qualités, SEiGNELAT à de Vauvré, ïo avr. 4 680, dans jal. 115" Noblesse distinguée. Un ancien gentilhomme d'une maison illustrée se nomme un homme de qualité. On avait approuvé ce que j'avais dit d'elle et de Mlle de Guise, qu'elles étaient des beautés de qualité; on n'était point étonné en les voyant, de les trouver princesses, retz, Mèm. t. i, liv. I, p. 69, dans pougens. Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris, bol. Préc. 4 0. Tout est naturel en vous: vos paroles, le ton (le votre voix, vos regards, vos pas, votre action et votre ajustement ont je ne sais quel air de <i[ualité qui enchante les gens, in. Critique, 3. Un homme de sa qualité ferait une action si lâche? m. Festin, I, 4 Jamais on ne le voit sortir du grand seigneur.... La qualité l'entête; et tous ses entretiens Ne sont que de chevaux, d'équipage et de chiens, ID. Mis. II, ^ Une personne de qualité Ravit mon âme, m. Comtesse, se. 46. C'est un grand avantage que la qualité, qui, dès dix-huit ou vingt ans, met un homme en passe.... pasc. Pens. v, 46. Mon fils « plus de qualité qu'il n'en faut [pour la députation de Bretagne], mais Ii s a quitté le service, bév. 4 9 oct. 4 889. Elle était née dans une cour où la majesté se plaît à paraître avec tout son appareil, et d'un père qui sut conserver, avec une grâce comme avec uie jalousie particulière, ce qu'on appelle en Espagne les coutumes de qualité et les bienséanjces du palais, BOSS. Mar.-Thér. Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, boil. Sal. ix. Il a commencé par dire de soi-même : un homme de ma sorte ; il passe à dire : un homme de ma qualité, il se doime pour tel, LA broy. vi. Ce M. le comte ne t'épousera point, ma cousine; il est de qualité, ijancoort, i'Opero de village, se. 9. Savez-vous qu'il [Anne du Bourg] fut exhorté à cette héroïque constance par une jeune femme de qualité, nommée Mme de la Caille, qui fut brûlée quelques jours après lui?v0LT. Phil. Cous. rais. 23. L'homme de qualité qui n'a que ses aïeux pour mérite n'est tout au plus aux yeux de la raison qu'un vieillard en enfance qui aurait fait autrefois de grandes choses, d'alemb. Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuv. t. m, p. 69, dans POUGENS. Il est né de bonne condition, mais non pas de qualité, decoukchaup, Soutien, de la marq. de Créquy, t. ii, ch. 6. || 6° Titre que l'on port» en raison de sa naissance, de sa cliarge, de sa profession, de sa position, etc. La qualité de citoyen, de juré, d'électeur, d'huissier, d'avoué. J'évite les mépris qu'il recevrait de moi, S'il tenait de ma main la qualité de roi, cohn. Nieom. m, 2. Et qu'il faille ajouter à vos titres d'honneur La noble qualité de mauvais suborneur, m. ib. m, 7. Ils [les princes] vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni prince, ni roi, ni toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les hommes , boss. Duch. d'Orl. Gentilhomme de nos parents, et digne de cette qualité par son indigence, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 4 4 juin 4 74 7. Votre vertu m'a plus liée à vous que la qualité de fille de Saint-Cyi , m. Lett. à

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Mme de la ViefviUe, ^* oct. 4To». Une marquise! dit à son tour l'aubergiste qui joignait les mains d'étonnement, ahl mon Dieu, cette chère damel que ne m'a-t-elle ar''ris sa qualité I Marivaux, Marianne, 4 4» part, r 'ar plaisanterie. Valère : Ahl te voilà, bourreau! — Crispin : Parlons sans emportements. — Valf i-e : Coquin I — Crispin : Laissons-là, je vous prie, nos qualités, lesage, Crispin rival, 4. Il 7° En jurisprudence , titre qui rend habile t exercer quelque droit. La qualité de légataire. Pendant la durée des délais pour faire inventaire et pour délibérer, l'héritier peut être contraint i, prendre qualité. Code Nap. art. 797. || Avoir qualile pour faire un acte, avoir capacité pour le faire. Il Fig. et familièrement. Avoir qualité pour faire une chose, être autorisé k la faire. Vous n'avez pas qualité pour nous parler de la sorte. Le roi dit : je n'ai qualité Que pour guérir les écrouelles, BÉ- RANG. Contrat de mariage. || 8° Terme de pratique. Qualités, conclusions des parties. Poser qualité». Il Qualités du jugement, acte rédigé par l'avoué de la cause qui veut obtenir l'expédition du jugement ; cet acte contient les noms, professions et demeures des parties, les noms des avoués, les conclusions et les points de fait et de droit; il passe dan» la rédaction du jugement et en devient la première partie. || 9° En qualité de, loc. prép. Comme, à titre de. En cette qualité [de fils de roi] vous devez reconnaître Qu'un prince votre aîné doit être votre maître, corn. Nicorn. i, 2. Il apprit l'art de la guerre en qualité de simple soldat, fléch. Turenne. Un aussi grand prélat que M. Huet, dont, en qualité de chrétien, je respecte fort la dignité, et dont, en qualité d'homme de lettres, j'honore extrêmement le mérite et le grand savoir, boil. Longin, Sublime, réfl. 4 0. Colombo avait déjà fait trois voyages en qualité d'amiral et de vice-roi, cinq ans avant qu'Améric Vespuce en eût fait un en qualité de géographe, volt. Moeurs, 446.

— HIST. xiii* s. Li juges de qui l'en [l'en] apele porra attemprer le terme selonc la loigneté [éloignement] des lieus et des contrées et selonc la qualité des tens, Li ordinaires, f» 3. || xvi* s. C'est la qualité d'un portefaix, non de la vertu, d'avoir les kras.... MONT, I, 242. Inscrire les lettres d'une légende de qualitez et de tiltres, id. i, 293. Si le mal n'est mal de Soy, ains que notre fantasie luy donne cette qualité, id. i, 294. Les femmes de qualité, on le» vjiomme dames, lo. i, 387. Parmy vos aultres bonnes qualitez.... m. ii, 68.

— ETYM. Prov. qualitat ; espagn. cualidad; ital. qualità ; du latin qualitatem , de qualit, quel; mot fait par Cicéron : Qualitates igitur appellavi, quas TtoiôTWTaç Graeci vocant, quod ipsum apud Grsecos non est vuigi verbum, sed philosophorum, Àcad. I, 7.

t Ql'AMOCLIT (koua-mo-kli), s. m. Genre de la famille des convolvulacées, dont l'espèce type, ipomœa quamoclit, L. , se cultive comme plante d'ornement.

ÇUAND (kan ; le d se lie et se prononce ( .• quand on a, kan-t on a), conj. \\ 1° Dans le temps où. J'irai vous trouver, mais je ne puis dire quand. Mais quel autre intérêt Nous fait tous deux aînés quand et comme il vous plaît? corn. Rodog. iv, ». Amour! amour I quand tu nous tiens, On peut bien dire : adieu prudence, la font. Fabl. iv, 4. Quand Pompée vient s'emparer de Jérusalem, quand Crassus pille le temple, quand Pompée fait passer le roi juif Alexandre par la main du bourreau, quand Antoine donne la Judée à l'Arabe Hérode, quand Titus prend d'assaut Jérusalem, quand elle est rasée par Adrien, il ne se fait aucun miracle, volt. Dict. phil. Miracl. Quand on voyage de Saint-Dizier à Moyenvic, on dit : c'egt le cardinal de Fleury qui a donné toutes ces terres à la France, m. Met. hist. Mens. impr. test. Âlbéroni. || f II marque quelquefois, ainsi que lorsque, une simple corrélation entre deux membres de phrase. Je sens ce que je perds, quand je vois ce qu'il vaut, cobn. Cid, iv, 2. On ne se trompe pas quand on attribue tout à la prière, BOSS. Mar.-Thér. \\ 8° Lorsqu'il y a dans la phrase deux ou plusieurs verbes régis par quand, on peut mettre que devant le second, au lieu de répéter quand; on a soin de ne pas changer le mode. QuanQ un livre au Palais se vend et se débite, Que chacun par ses yeux juge de son mérite, Que Bilaine l'élale au deuxième pilier. Le dégoût d'un censeur peut-il le décrier? boil. Sat. ii. Quand j'aurai reçu de vo« nouvelles, que vous m'aurez dit que vous m'aime» toujours, que M. le maréchal m'aura dit la ijiêma chose, je serai tranquille sur tout le reste, j.-j. Kous»- Lett i Mme de luacenMurg, «7 juin I7a«.

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Il 4* Il se construit avec jusqu'à. Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement, et quand aussi doit se réveiller le monde, Boss. Reine d'Anglel. Il 5° InteiTOgativement. Quand? dans quel temps? Quand la marierons-nous, quand aurons-nous dos gendres? la font. Fahl. iv, 4. Nous voulons être à Dieu, mais quand? toujours pour l'avenir et jamais pour le jour présent, bourdal. Purif. de la Vierge, Myst. t. Il, p. 294. Petit-Jean: Quand je vois.... — L'Intimé; Quand aura-t-il tout vu? bac. Plaid, m, 3. Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts Et de les tours les magnifiques faîtes? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à les fêtes? II). E.ith. I, 2. Quand Dieu par plus d'effets monlra-t-il son pouvoir? iD.^Jft. i, f.jyion très-cher ange, si vous êtes à Lyon, j'irai à Lyon; si vous êtes à Paris, j'irai à Paris; mais quand? je n'en sais rien, volt. Lett. d'Argental, 20 mai I76i.||ll se construit avec les prépositions l'i.de, depuis, pour, jusque. X quand la partie est-elle remise? Depuis quand est-il ici? Pour quand est la réunion? Jusqu'à quand le sanctuaire et le pouvoir de Dieu seront-ils foulés aux pieds? saci, Bible, Daniel, viii, 13. Je connais Don César. — La chose est difficile; D'où? comment? et de quand? th. cohn. D. Ces. d^Aial. V, I. Et depuis quand, seigneur, tenezvous ce langage? bac. Iph. i, (. Jusqu'à quand soufTre-t-on que ce peuple respire? id. Esth. li, <. Fantôme horrible, arrjte! Arrête! Hé depuis quand, couverts de leurs lambeaux, Ces spectres déchaînés sortent-ils des tombeaux? bucis, ilacbeth, iv, 4. Ij quand, suivi d'un infinitif, équivaut à quand

avec le verbe au futur de l'indicatif Miiis enfin à

quand rendre [quand est-ce que vous rendrez]? COBN. Suite du Meut. ii,G. || 6° Quand, quand même, quand bien même, dans le sens de bien que, encore que; ainsi employé, il sert i opposer entre les deux sens une condition qui, même accomplie, n'empéclic pas ce qui est exprimé dans le principal des deux membres d'avoir lieu; il se construit avec le conditionnel. Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours seraitce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque cbo.se, la font. Fabl. vi, 7. Enfin quand il (le ciel] exposerait à mes yeux un miracle d'esprit, d'adresse et de beauté, et que cette personne m'aimerait avec toutes les tendresses imaginables, je vous l'avoue franchement, je ne l'aimerais pas, mol. Pr. d'Él. ni, 4, Quatre-vingt-trois ans passés au milieu des prospérité, quand il n'en faudrait retrancher ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, ni les maladies où l'on ne vit pas, ni tout le temps dont on a toujours tant de sujet de se repentir, paraîtrontils quelque chose à la vue de l'éternité? bcss. le Tdlier. Quand la nature n'aurait pas donné à Mme Montausier tous ces avantages de l'esprit, elle aurait pu les recevoir de l'éducation, fléch. Mme de Mont. Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas, BAC. Phèdre, ii, 5. Quand je n'aurais d'autre preuve de l'immatérialité de l'àme que le triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, cela seul m'empêcherait d'en douter, j. j. Booss. Emile, iv. 1| Quand même se dit aussi avec l'indicatif. J'ai trouvé votre rondeau bien joli; tout ce que vous touchez est toujours d'un agrément qui ne se peut comparer à nul autre, quand même voire cœur n'est pas de la partie, sÉv. d liussy, 2 sept. 1687. Il On trouve quand en ce sens dans Corneille avec le futur de l'indicatif; cela n'est plus usité. Mais, quand Sertorius ne l'épousera pas. Un autre hymen vous- met Jans le même embarras, CORN. Sertor. ii, 4.||7° Quand et quand, loc. adv. Avec, en même temps (locution vieillie). Quand on dira: César fut maître de l'empire, Qu'on dise quand et quand : Brute le .sut occire; Quand on dira: César fut premier empereur ; Qu'on dise quand et quand : Brute en fut le vengeur, j. gbf.vin, César, II, I. Ainsi vous ne cherchiez que l'honnêteté, et vousavez trouvé quand et quand le délectable, balz. liv. v, lett. )5. La faveur que me font trois si excellentes personnes me soulage de toutes mes peines, et m'en donne quand et quand une nouvelle de ne pouvoir jamais m'en rendre digne, voit. Lett. 25. Nos prières partirent l'une quand et quand l'autre, mabiv. Pays. parv. part. 2. Quand je n'avais plus rien, je renvoyais ma crosse et ma croix se promener dans les rues de Marseille, afin d'y trouver un acheteur de porte en porte; on me les a toujours rapportées quand et quand des boisseaux d'écus. Paroles de M. de Behunce, évêque de Marseille, dans les Sou», de la maïq. de Créquy, t. ii, ch. 8. Il 8° Quand et, avec (locution vieillie). Comme ils s'en revenaient menant leur bijtin quand et

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eux.... MALH. Le xxxm' livre de Tite ifie, chap. 37, Cambyse (it mourir sa sœur^ venue quand et lui en Egypte, p. l. coub. Trad. d'Ilérod.

— HIST. X' S, Une edre fun lierre] sor son cheue [chef, tête], quant umbre li fesist, Fragm. de Yalenc. p, 468. Il XI» s. Quant chascuns ert [sera] à son meillor repaire.... Ch. de flo/. iv. || xii" s. Ah! douce riens cruels, tant mar [je] vous vi, Quant pour ma mort nasquites sanz merci, Couci, ix, || xiii" s. Si [elle] me dit par félonie : Quant irez vous outre mer? AU-

BOINS DE SF.ZANNB, RomonC. p, <26. || Xv° S. Et

rendirent grands grâces à Dieu de la belle journée qu'ils avoient eue, quand une poignée de gens qu'ils cstoient, environ mille combattants,,,, en avoient déconfit plus de dix mille, froiss. i, i, 23|, Si se repentoit trop le duc de ce que si simplement s'en estoient partis, quand ils n'avoient ars ou abattu le chaste!; mais amender ne le pouvoit, id, i, i, 254. Et feit marcher l'armée (juant et quant, comm. vi, 5. Il XVI' s. Car quand il pleut, et [que] le soleil des cieux Ne reluit point, tout homme est soucieux, marot, n,399. Que chault il quand ce soit, puisque...? mont. I, 83. Tout vieillit quand et vous, id. i, 88. [L'extérieur] se façonne quand et quand l'ame, ID.I, 183, J'avoi-s une santé ferme, et quant et quant un naturel doulx, id. i, 195. Quand je voy l'ennuy que l'on a de les perdre [ses fils], je me contente (le n'en avoir point, marg, Lett. 132, Hz ont achevé leurs jours quant et la liberté de leur païs, amyot. Déni. 7, Je vous gardois ces joyeux propos à quand la paix seroit faite, i.esper. Contes, i. Je proteste que, quand il n'y auroit [s'il n'y avait] autre mal, je laisserois couler les choses doucement, paré, ix, I5,

— ÉTYM. Génev. tupartiras quand nous; norm. quand nous, à quand nous, quand et nous, à quant ei nous; wallon, quufil; picard, quat,quaind, qicandque; provenç. quan, cari; catal. quand; espagn. cuando ; ilal. quando ; du lai. quando, que Corssen croit représenter quam-die, comment au jour? l'î étant tombé comme dans pridem.

QCANQUAM (kouan-kouam'), s. m. Ancien terme de collège. Harangue latine que prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie.

— ÉTYM. Lat. quamqwam, quoique; parce que ces harangues commençaient d'ordinaire parce mot latin.

QUANQUAN (kan-kan), s. m. Vo^, cancan.

1. QUANT, ANTE (kan, kan-t'), adj. [\ 1° Combien grand. De cet adjectif si usité jusque dans le XVI' siècle et si utile, il ne reste plus que quantes, qui lui-même a vieilli. || i" Quantes fois, combien de fois (locution qui a vieilli). Quantes fois, lorsque sur les ondes Ce nouveau miracle flottait, Neptune en ses caves profondes Plaignit-il le feu qu'il sentait? MALH. m, I , Il 3° Toutes et quantes fois que, ou toutes fois et quantes que, autant de fois que. Toutes fois et quantes qu'il s'y trouve plusieurs gouttes d'eau, DESc. Mctéor. s. Toutes fois et quantes que je le trouverais à propos, boss. Lett. rel. 63. || Absolument. Je ferai cela toutes fois et quantes, c'est-àdire autant de fois qu'il faudra. || Toutes ces locutions ont vieilli.

— HIST. xi° s. Contes et dus i a bien, ne sai (juanz, Ch. de Bol. clxxxvui. || xiip s. Seigneur, ce dictli bers [le preux, le vaillant], franche gent seigneurie, Quant sommes nous cascuns en nostre compaignie? Ch. d'Ant. vi, 7ii. Et à quans ans enfant sont en aage por tere tenir, beau.\i. xv, 1. Il xiv s. Quant plus y en vendra [viendra], et plus y en morra, Guescl. 15580, || xV s. Et luy deman- Jay quantes batailles il avoit gaignées, il me dist neuf où il y avoit esté en personne, comm, iv, lo. Il xvi" s. Quantes heures sont? — Neuf heures et (ladvantaige, rab. Pant. iv, 64. Quantes et quelles conditions seroient requises à le faire saige? id. ib. V, ProJ. Quantes fois s'est il vanté àmoy de..,, mont. Il, 7». Al. Severus, toutes et quantes fois qu'il avoit à délibérer de quelque chose de conséquence, appeloit tousjours ceulx qui estoient renommez de sçavoir bien les histoires, amyot, Préf. viii, 34.

— Ktym. Quant, quan; espagn, cuanto; ital. quanlo ; da ]ait. quanlus, combien grand, combien de, que Bopp, Gramm. comp. § 409, explique par le sanscr, ka~vant , de ka, qui, et vont, suffixe signifiant pourvu, possédant,

2. QUANT (kan; le t se lie : quant à moi, dites kan-t à moi), adv. qui est toujours suivi de à. Il 1" Pour ce qui est de. Donnons ordre au présent; et, quant à l'avenir. Suivant l'occasion nous saurons y fournir, corn. Sertor. ii, 4. Quant à l'heureux Sylla, je n'ai rien à vous dire, id. ib. m, 2, Il n'est, pour voir, que l'oeil du maître; Quant à moi, j'y

QUA

mettrais encor l'œil de l'amant, la font, Fabl. iv, 21. C'est [une réfutation] ce qui m'oblige à me délier de tout ce ([ue je viens de proposer; l'abbé de Saint-Pierre disait qu'il ne faut jamais avoir raison, je suis de son opinion, quant à présent, volt. Dict. phil. Influence. \\ 2" S. m. Le quant-à-moi, le quantà-soi, l'indépendance, la fierté qu'on se réserve. 11 ferait trop du quant-à-moi ; Il me ferait couper ma jupe, scarb. Yirg. iv. Je suis trtis-aise, madame, que vous approuviez mon quant-à-moi sur le sujet de M. de Guitaut; et en effet, quand, avec le cordon bleu, il aurait encore l'ordre de la Toison et celui de la Jarretil're, il n'y aurait pas de comparaison de lui à moi, nussv, Lett. à Mme de Sév. du 14 oct. 1678, dans sév. t, v, p. 494, éd. Régnier. Celui qui le premier a mis les colonies dans le cas (le prendre leur quant-à-moi, est un fou, diderot, l.eft. d'un fermier. \\ Tenir, garder son quant-àsoi , ou son quant-à-moi, se tenir sur son quant-àsoi, ou son quant-à-moi, tenir sa gravité et sa fierté, prendre un ton, un air qui marque de l'autorité, faire le renchéri. Et quelétaitle personnage Qui gardait tant son quant-à-moi? la font, Joc. Quand nous avons quelque différent ma sœur et moi, si je fais la froide et l'indifTèrente, elle me recherche; si elle se tient sur son quant-à-moi, je vas au-devant, id. Psyché, u,\t. (4o. Voyez comme en silence il tient son quant-à-moi, Tii. corn. D. Ces. d'Aralos, v,4.Jene vous dis pas qu'il faille être sévère, et garder son quant à-soi avec ses enfants, OENLis, Thédt. d'édur,. la Lingère, i, 7. || Se mettfe sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, faire le suffisant, le hautain. Même aux plus avancés demandant le pourquoi. Il se mit sur le pied et sur le quant-à-moi, Régnier, Sat. x.

— REM, Ménage dit : « M. de Vaugelas permet quant à nous, quant à vous, et condamne seulement (;iAn( à moi, à cause de se mettre sur son quant-àmot. Je suis plus sévère : toutes ces façons de parler ont vieilli, et ne sont plus du bel usage. » L'usage a rétabli ce que l'usage avait détruit, si tant est que Vaugelas et Ménage fussent ici les véritables interprètes de l'usage.

— HIST, ix" s. In quant Deus savir et podir me dunat [donne]. Serment. || xiii's, Mèscontiaignance pas n'y fait. Ne quant à soi ne quant as hommes, la Rose, 17573, Quant à ce que ja plus en sache Nus hom,,,, rb. 4299. Si tost comme il est pris de celé maladie [lèpre], il est mors quant au siècle, iiEAUM. Lvi, 2. Il xiv s. Et quant à présent soit déterminé de science en ceste manière.,,, ohesme, R/i.i 74. Quant cstdepoliticques, c'est la science par quoy l'en sçait .... m, ib. Prol. \\x\' s. Je treuve, quant à moy, que les gens sont bien bestes, Quijne se font plustost au vin rompre les testes, Qu'aux coups de coutelas, en cherchant du renom, dasse- LIN, 19, Il xvr s. Quant est de vostro renson, je vous la donne enMerement, rab. Garg. i, 46. Quant est à moy, je suis bien d'advis que..,, amyot, Sertor. 14, Il faisoit bien le quant à moy, Contes d'Eutrapel, p. 104, dans lacurne,

— ÉTYM, Provenç, (jua/it, quan, con(; espagn. cuanto; ital. quanto ; du lat. quantum (voy.

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