RICHELET
— IilST. XIII' S. Li sentiers de rime est plus estroiz et plus fors [que la prose], si comme cil qui est clos et fermez de murs et de paliz, ce est à dire de poinz et de numbre et de mesure certaine, de quoi on nepuet ne ne doit trespasser, bru.-», latini. Trésor, p. 48i. X fere ce qui me délite [plaît]. Une aventure à mettre en rime, Lai de l'ombre. ||xv' s. U n'y a rime ne raison En tout quant que vous rafardez, Palhelin. Le chevalier, qui entendoit ccste rime [les affaires d'amour] comme celuy qui y avoit esté versé, Perceforest, t. iv, f* (7. Lequel Guillaume respondi qu'ils ne cesseroient point et feroient la rime [le tapage] et tout le pertinent à chalivaly, du cange, rima. Rigme liatelée, brisée, enchaînée, à double queue, rigme en forme de complainte amoureuse, uenri de croï, dans Uist. lia. de la France, t. xxiv, p. 46(. A la porte de mon logis et de ma chambre me firent plus de cent croix blanches et dos rymes contenant que le roy de France et le conte de Varvic estoicnt tout ung, coMH. m, 6. Il XVI' s. Pétrarque aussi, le Romant de la rose. Sont les messels, bréviaire et psautier, Qu'en ce saint temple on list, en rilhme et prose; Et les leçons, que chanter on y ose. Ce sont rondeaux, ballades, virelais, Mots à plaisir, rithmes et triolets, marot, i, (84.
— ÉTYM. Prov. rim, s. m. rima, rime, poème, anc. cat. rim; espagn. portug. et ital. rima. On hésite entre le latin rhythmus, rbythme, et l'ancien haut-allemand rim, nombre; allcm. mod. Reim, rime (le mot £e trouve aussi dans le celtique : anc
RIM
Irl. rim; kymri, rhil). Dier s« prononce pour l'étymologie allemande, vu que rhythmut ne peut donner en italien rima; il aurait donné rimmo ou remmo, tandis que toutes les formes romanes sortent sons peine du germanique ou celtique rtm.
RIMÉ, ÈE (ri-mé, mée), pari, passé de rimer. Il 1' Oui a des rimes. Ce n'est que de la prose rimée. Pièce de fers bien rimée, mal rimée. || Boutsrimés, voyez bouts-bimés. || 2* Mis en vers. Cette anecdote rimée par un plaisant.
XIMER (ri-mé), c. n. || 1° Avoir le même son, en parlant des finales des mots. C'est par l'honneur qu'il [TrissotinJ a de rimer k lalin, Qu'il a sur son rival emjiorté l'avantage, mol. Femm. sav. iv, 7. Ouand je veux d'un galant dépeindre la figure, Ma plume pour rimer trouve l'abbé de Pure, boil. Sal. u. Une brève, à la rigueur, ne doit rimer qu'avec une brève, ni une longue qu'avec une longue, d'outrt. Prosodie franc v, 1. 1| Rimer à l'oreille, aux oreilles, se dit de deux finales dont le son est le même. || Rimer aux yeux, se dit de deux finales qui ont même orthographe et non même son. Monsieur et seigneur riment aux yeux, et non à l'oreille. || Fig. et familièrement. Ces deux choses ne riment pas ensemble, elles n'ont aucun rapport. Il se trouve aujourd'hui que leur cœur et leur convention ne riment pas ensemble, et qu'on est fort embarrassé de savoir ce qu'on fera de vous, m*biv. Serm. indiscr. iv, 3. || Cela ne rime i rien, ne signifie rien, est dépourvu de sens, j! 2° Il se dit aussi en parlant du poêle occupé à faire rimer les mots. Ce poète rime bien, rime mal. C'est des Arabes, à mon avis, que nous tenons l'art de rimer ; et je vois assez d'apparence que les vers léonins ont été faits à l'exemple des leurs, huet, Di l'origine des romarts, p. )», dans pougens. Il faut que ceux qui ne sauraient pas que le poète a été obligé de rimer ne s'en «perçoivent pas ; et que ceux qui le gavent soient surpris de ne pas s'en apercevoir, FONT. Héfl. pnH. Œuv. t. m, p. 203, dans pougens. Autrefois, quand je faisais des vers, je ne rimais pal trop pour les yeux, mais j'avais grand soin de l'oreille, volt. Lett. de Boissy, 7. déc. «770. || Rimer en Dieu, jurer, blasphémer. C'est là que l'on rime très^richement en Dieu, scahr. Rom. com. i, 3. Il 8° Faire des vers. Et, lorsque d'en mieux faire [des vers] on n'a pas le bonheur, On ne doit de rimer avoir aucune envie, Qu'on n'y soit condamné sur peine de la vie, mol. ifii. iv, i. Il est vrai, s'il [Chapelain] m'eût cru, qu'il n'eût point fait de vers; Il se tue à rimer ; que n'écrit-il en proseT boil. Sol. IX. Tout D'en irait que mieux, Quand de ces médisants [les satiriques] l'engeance tout entière Irait, la tête en bas, rimer dans la rivière, m. »b. Persuadé que l'harmonie Ne verse ses heureux présents Que sur le matin de la vie. Et que, sans un peu de folie, On ne rime plus à trente ans, gresset, Charir. El Despréaui rima contre les plats rimeurs, delil. Troti règ vu. || 4' V. a. Faire rimer. S'ils font quelque chose. C'est proser de la rime, et rimer de la prose, xioNiBR, Sal. ix. Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers.... boil. Dinc. au roi. || 5" Mettre en vers. Puis dessus le papier mes caprices je rime, KÉORIER, Sal. XII. Certain conte, Que j'ai rimé comme vous allez voir, la font, itaiet. Muse, c'est donc en Tain que la main vous démange ; S'il faut rimer ici, rimons quelque louange, boil. Sal. vu. Et pourrimer ici ma pensée en deux mots, id. ib. iv. Marot bientftt après fit fleurir les ballades. Tourna des triolets, rima des mascarades, lo. iirl p. i. Seul en un coin, pensif et consterné. Rimant une ode et n'ayant point dîné, volt. le pauvre diable.
— HiST. un' s. Qui bien voudra rimer, il li convient conter totes las syllabes de ses dix, en tel manière que li vers soient acordables en nombre, et que li uns n'ait plus que li autres; après ce convient il amesurer les deux derraines sillabes dou vers en tel manière que totes les letres de la derraine siUabe soient semblables, et au mains [moins] la vocal syllabe qui va devant la derraine; après ce li convient il contreposer l'accent et la voix, si que les rimes s'accordent à ses accens; car jà soit ce que lu accordes les letres et les sillabes, certes U rime n'iert [ne sera] droite se li accens se descorde, BRUM. LATiNi, Tr^jor, p. 481. Cesle sentence ci rimée Troverai «scripte en Thimée De Platon qui De fu pas nices, la Hôte, 7iaa 1| xiv s. Une chan- •on damourt.... Que Ulance li avoil apris nouviellement; Vt clerc l'avoit riméo Uni grasieusement, Baud de Seb. v, 1«» . || xv i. Si empris-je assez hardiment, moi issu de l'escole, à rimer et à dicter les guerres desiui dites, raous. ProJ. || xvr s. En m'esba