RIO
— HIST. XIII- s. Luxure emboe tout et gaste, et riens ne rince, j. de meong. Test. («05. Cil netoye l'aiguë et raince Le bon vessel, et molt l'amende, guyot de PROVINS, Bible, v. 2417, dans méon, Fabl. et contes. || xiv* s. Jehan le Vasseur dist audit Regnaudin qu'il le rainseroit [baltrail] autre part, nu cange, ramo. Recensire, rinser comme un voirie, in. recenstre. || xv* s. En rainçant nos gosiers, avalons nos miettes, basselin, xjii. Bon vin et verre bien raincé. Boire d'autant; c'est ma devise, m. lui. Il XVI» s. Cicero, ce me semble, avoit accoustumé de rincer le nez [se nettoyer, se gratter le nez], qui signifie un naturel mocqueur, mont, m, 3i. Je rainceray ces drapeaulx que j'ay ici en la jatte , et après je feray la lessive, palsgr. p. «91.
— ÉTYM. Picard, rechincher. U y a deux étymologies : (° bas-lat. resineerare, nettoyer, proprement rendre intact, remettre en son état, de re et sincerus, intact (voy. sincère) ; 2* d'après Diez, l'ancien Scandinave hreitisa, nettoyer, gotli. hrains, pur, ail. rein. Il est difficile de prononcer ; le mot germanique est plus près par la forme, mais en général une étymologie latine prévaut sur une étymologie allemande ; en tout cas, le picard rechincher vient non du germanique, mais de resineerare. Ch. Nisard croit que rt'ncer dans le sens de battre vient de rainsel, rameau, branche; mais, tandis que la métaphore de battre est possible avec rincer, rainsel aurait donné rainceler.
f RINCETTE (rin-sè-f), t. f. Terme populaire. Nouveau coup de vin qu'on se fait donner, soi-disant pour rincer le verre; petit coup d'eau-de-vie qu'on ver.«e dans la tasse quand on a bu le café.
t RINC.EUR, EUSE (lin-seur, seû-z"), 1. m. et f. Celui, celle qui rince. Rinceur de gobelets. Et que ton chien de corps soit à cent pas sous terre. Maudit rinceur de verre, panard, Œuv. t. m, p. 43t.
— mST. xvi* s Rinseur, cotgrave.
I RINÇOIU (rin-soir), «. m. || 1* Vase contenant
l'eau qui sert à rincer. || i' Lavoir spécial contenant de l'eau très-propre pour servir au rinçage du linge. Quand on n'a pas de rinçoir, on renouvelle l'eau du lavoir pour opérer le rinçage.
RINÇUUE (rin-su-r') , t. f. || 1° Eau qui a servi i rincer un verre, une bouteille, etc. Il Par exagération. De la rinçure de verre, ou, absolument, de la rinçure, du vin dans lequel on a mis trop d'eau. Il Fig. Tout montrait en elle [Mme Sforze] une rinçure de Mme des Ursins ; mais, perçant cet épiderme, vous ne trouviez que sagesse, mesure, bonté.... st-sim. 390, 34. Il 2° Dans les pays vignobles, boisson faite avec l'eau qui a servi à rincer les toi;neaux , quand on soutire le vin ; c'est de la lie délayée avec de l'eau.
— HIST. xiv s. Et illec laissiez reposer et rasseoir vos rainsscures, Ménagier, 11, B.
— ÉTYM. Rincer.
t RINFOUZANUO (rin-for-tsan-do), adv. Terme
de musique. Mot italien qui veut dire en renforçant, et qui indique qu'il faut passer du piano au forte par une gradation progressive. || Fig. Le mal [la calomnie] est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable, beaumabch. Barb. de Sév. 11, 8. {{ Substantivement. Un rinforzando. Le rinforzando diffère du crescendo; il porte le plus souvent sur une seule note, tandis que le crescendo porte sur plusieurs mesures.
— ÉTYM. Ital. rinforxare (voy. renforcer). f RINGARD (rin-gar), t. m. jj 1" Barreau que
l'on soude à un morceau de fer pour le manier plus commodément à la forge et sur l'enclume ; c'est une pièce postiche. || 2° Tige cylindrique de fer adaptée par une de ses extrémités à un manche de bois, aplatie et recourbée à angle droit à l'autre ; on s'en sert pour attiser le feu et autres usages.
f RINGEAD ou RINGEOT (rin-jo), s. m. Terme de marine. Pièce de bois qui termine la quille àl'avant d'un grand bâtiment.
t RINGENTE (rin-jan-l"), adj. Terme de boUnique. Corolle ringente, corolle à deux lèvres béantes.
— ÉTYM. Lat. rmjnr, être entr'ouvert.
KINGRAVE, s. f. Voy. bhinohavb.
t RIO (ri-o), s. m. Le même que réa.
t RIOCIIER (ri-o-ché), v. n. Voy. riotbr.
t RIOLÉ, ÉE (ri-o-lé, lée), adj. Riolé piolé comme la chandelle des rois, tout bigarré, locution que donne l'Académie en (<»6, mais qui est tout à fait tombée en désuétude.
— HIST. xvi* s. Ayant des taches séparées les unes des autres, riolces piolées, c'est à dire de diverses couleurs, comme un tapis velu, paiiê, xxiii, 26.
— ÉTYM. Riolé parait dérivé de l'incien français ruilc, riule, raie, règle; quant à piolé, voy. ce mol.
RIP
RIP
RIR
f RIOLITE (ri-o-lit) OU RIONITE (ri-o-ni-f), ». (. Séléniurc de zinc découvert par M. del Rio.
t R10I.OZIOUE (ri-o-lo-zi-k), adj. Terme de chimie. Acide riolozique, matière tinctoriale fort belle, en paillettes jaunes, extraite, d'après Ramon de la Sagra, du dumerilia llumboldiii, Lesson.
— ËTVM. 7iio de la Loia, chimiste mexicain, qui aanalvsé cette matière.
RIOTER (ri-o-té), v. n. Rire un peu, rire dédaigneusement. Le musicien riotant : Ahl monsieur a tout l'air d'un chantre de lutrin, HAUTBnociiE, Crispin musicien, ii, )0. || Saint-Simon a dit riocher : Saumery ne parlait plus qu'à l'oreille, ou sa main devant sa bouche, souvent riochant, et s'enfuyant toujours des rieurs qu'il ramassait mystérieusemeni, 230, 80. Il Kn Normandie on dit riocher, et non rioter. || Il se conjugue avec l'auxiliaire aeot'r.
— F.TVM. Diminutif de rire.
RIOTEUR, EUSE (ri-o-teur, teû-z'), s. m. et f. Terme populaire. Celui ou celle qui ne fait que rioter.
t RIOTTE (ri-o-t'), s. f. Terme vieilli. Queiclle, dispute. Il est surprenant de voir qu'ayant de l'agrément l'un pour l'autre, et un bon fond, il arrive de temps en temps des riottes entre nous deux, Bussv, Lett. à Urne de Sc'vigné, a avr. (670. Riottes entre amants sont jeux pour la plupart, la font. l'Eunuque, v, 2. Rien n'avait pu diviser la maison d'Autriche depuis Charles-Quint, quoique si souvent pleine de riolles domestiques, stsim. 82, 70.
— IIIST. XIII* s. Il i a vie trop grevaine, Pleine de travail et de peine, Et de contens et de riotes Par les orguelz des famés sotes, la Rose, 8609. Il XVI' s. Il y a naturellement de la brigue et riotte entre les femmes et nous, mont, m, 325.
— ËTYM. Provenç. riola; ital. rt'oKo; angl. riot; d'origine inconnue. Il était aussi masculin, riol.
t RIPAGE (ri-pa-j'), s. m. Terme de maçonnerie. Action de polir la pierre avec la ripe. Résultat de cette action.
— ÉTVM. Riper i .
RIPAILLE (ri-pâ-ir , Il mouillées, et non ripâ-ye), ï. f. Grande chère, débauche de table. Nos ripailles pendant le carnaval. Je te baillo [à toi, mon cheval] Pour ripaille. Plus de paille. Plus de son, V. HUGO, Bnll. <2. || Faire ripaille, faire grande chî^re. Que les milords et la canaille, Pour lui plaire, auraient fait ripaille, maItre adam billaut, Œuvr. p. 2B2, dans pougens. Ils [les chiens] firent tous ripaille. Chacun d'eux eut part au gâteau, la FONT. Fabl. VIII, 7. Maljçré la bataille Qu'on donne demain, Çà, faisons ripaille, Charmante Catin, l'abbé BAUGENOT, l'Amant grenadier (chanson célèlire du siècle dernier). || Fig. Lorsque deux rois s'entendent bien. Quand chacun d'eux défend son bien. Et du bien d'aulrui fait ripaille, volt. Ép. 61.
— HIST. XVI' s. Çà, ça, ripaille, vie de goulus; à la soupe, garçons, cotgbave. Le petit flageolet pour faire ripaille au soir, comme ils parlent en Anjou, et resjouir les compagnons, noel do fail, Contes d'Eulrap. ch. xxi.
— Etym. Ripaille, château sur le bord du lac de Genève où Amédée duc de Savoie, qui fut depuis antipape sous le nom de Félix V, se retira et fut accusé de se livrer à la bonne chère, d'où faire ripaille : Ripaille, je te vois, ô bizarre Amédée, Estil vrai que dans ces beaux lieux, Des soins et des grandeurs écartant toute idée, Tu vécus en vrai sage, en vrai voluptueux. Et que, lassé bientôt de ton doux liermitage. Tu voulus être pape et cessas d'être sage ? volt. Èp. 76. Ripaille est l'augmentatif de ripa, rive (ainsi dit « pour ce qu'il est à la rive du lac, ■ BONivARD, Chr. de Genève, ii, «).
t RIPAILLEL'R (ri-pâ-Ueur , Il mouillées), t. m. Celui qui fait ripaille.
— HiST. XVI' s. Aucuns pourront dire, la reserve ■de ce peu de solde ne suffi roit pas pour faire seulement un jour bonne chère, et crier ripaille; à la vérité, je confesse que des ripailleui trouveront ce soulier trop peiit pour leur pied, langue, 279.
RIPE (ri-p'), s. f. Outil de m.içon ou de sculpteur, pour gratter un enduit, de la pierre, etc. || Auge circulaire dans laquelle se meut une meule verticale.
— Ety.M. Voyez ripeb t.
RIPÉ, ÉE (ri pé, pée), part, passé de riper t.
t RIPEMENT (ri-pe-man), s. m. Bouillonnement de la mer produit par la rencontre de deux courants sous-marins. Le ripement de marée est un bouillonnement des eaux qui agite la surface avec un bruit particulier ; dans certains parages, eu bouillonnement vient souvent effrayer le navigateur qui se croit au milieu de dangereux récifs ....ce phénomène singulier est du à deux courants sous-marins •e rencontrant dans les profondeurs et s'épanouis-
sant l'un sur l'autre à leur point de rencontre, bavt, Acod. det se. Comptes rendus, t. Lxvtii, p. B2«.
— f.TYM. Riper 2.
i. RIPER (ri-pé), V. a. ||1' Ratisser avec la ripe. Il i" Terme de marine. Riper une pièce de bois, la faire glisser sur le corps qui la supporte. || 8' V. n. Terme de marine. Glisser, se déplacer. La cargaison ayant ripé.
— ÊTYM. Allera. rippen, riben, forme populaire de reiben, frotter, gratter.
t 2. RIPER (ri-pé), V. n. Produire le ripement. Les vagues ripent quand elles s'épanouissent l'une sur l'autre en produisant le bouillonnement et le bruit appelés ripement comme quand elles s'étalent sur la rive, savt, Àead. det te. Comptes rendut,
t. LXVUl, p. 524.
t RIPICOLE (ri-pi-ko-l*), adj. Terme de zoologie. Qui vit sur le bord des eaux.
— ÉTYM. Lai. ripa, rive, et colère, habiter.
t RlPlKNISTE (ri-pié-ni-sf), s. m. Musicien qui exécute les parties de remplissage pour renforcer les tutti. Les ripiénistes infiniment précieux de l'ancien temps, je voudrais qu'on nous les rendit, c. BLAZR, llist. de l'Acad. de musique, ch. xxvii.
f RIPIENO (ri-pié-no), s. m. Terme de musique. Mot italien qui veut dire plein, rempli, et qui répond au mot français remplissage ; il s'emploie dans la musique, pour exprimer qu'un passage doit être chanté en chœur ou exécuté par tous les instruments. Les ripieni se taisent penilant les soli.
t RIPOIRE (ri-poi-r'), t. m. Terme de marine. Cordage de chanvre et de crin, entre les torons duquel on fait passer les fils qui sortent du goudron, pour en retirer tout ce qu'ils ont enlevé de trop.
— ÊTYM. Ri'p^r t .
RIPOPÉE(ri-po-pée),s. f. || 1' Terme familier et de
mépris. Mélange que les cabaretiers font des différents restes de vin. Ce n'est que de la ripopée. Il 2° Mélange de dilTérentes sauces, de différentes liqueurs. Quelle ripopée fiites-vous li? || 8° Fig. et familièrement. Ouvrage, écrit composé d'idées communes, incohérentes, etc.
— REM. Il était autrefois masculin : J'en [de l'antimoine] porterai quatre prises avec moi, que je veux faire prendre à Mme la duchesse d'Aiguillon, car il n'y a point de ripopé qui fasse de si bons effets, VOIT. Lett. 97. Il On a dit du café ripopé, pour du marc de café sur lequel on a versé de l'eau.
— HIST. xv* s. Celui qui a grand soif boit d'ung petit rippopé. Les 15 joyes du mariage, p. «a. Il XVI* s. Une très bonne médecine, Boire devez du ripopé, La vraye médecine qui guérit de tous maux, dans FR. MICHEL, Argot.
— ÉTYM. Origine inconnue. On le trouve aussi écrit npaup^. A-til quelque rapport avec popote, et l'italien poppare, sucer, s'imbiber?
RIPOSTE (ri-po-st'), ». f.\\i' Réponse vive et prompte pour repousser quelque raillerie ou quelque attaque. Hé bien, ne suis-je pas habile à la riposte? CYR. DE BERG. Pédant joué, V, 6. Il est homme qui a toujours la riposte en main, mol. Bourg, genl. iv, ). Lorsqu'ils ont délibéré s'ils joueraient le Portrait du peintre, sur la crainte d'une riposte, quelques-uns d'entre eux n'ont-ils pas répondu.... ID. Impromptu, 3. Je vous prie de recommander à mon neveu de faire un bon procèsverbal, si faire se peut [dans l'affaire du libelle la Voltairomanie].... cela tient le crime en respect, prévient la riposte et finit tout, volt. Leit. d'Argental, 25 janv. (739. || 2° Par analogie et passage à un sens physique. Ce qui se fait sur-le-champ pour repousser quelque injure. Coups de fouet de son cocher [de Vardes], et riposte de celui de mon père, ST-siM. 10, (2u. ||8' Terme d'escrime. Botte portée en parant. {| 4* Terme de manège. Action du cheval, qui rue quand il sent l'éperon, quand on le châtie. Il B' Terme de jeux. Se dit au trédille, quand l'hombre fait la bête et que l'un des deux autres joueurs ne gagne pas codille.
— ËTYM. liai, risposta, de Hspnndere (voy. répondre), qui a donné rispote (comme écrit Richelet), prononcé risposte.
RIPOSTER (r!-po-sré), t. n. || 1* Répondre vivement pour repousser une raillerie, une attaque. Fort bien, fort bien, ma foi t Riposter prestement c'est un talent femelle, dufrény, Mar. fait et rompu, n, 6. Sitôt qu'il m'en citait un [passage], sans disputer sur la citation, je lui ripostais par un autre du même genre et qui souvent l'embarrassait beaucoup, J. J. Rouss. Conf. II. Il En ce sens, il s'emploie quelquefois activement. Si vous le fichez, il vous ripostera quelque chose de désagréable. || 2° Quelquefois il lignifie simplement répondre par quelque chose
de pareil. Allons, la petite, ripostons par deux révérences, et parlons ensemble, mariv. Préj. lai'ncu, se. 1. Moi, j'ai par un sonnet riposté galamment, PIBON, Mélrom. ii, (.||8* Repousser vigoureusement une attaque, rendre un coup, etc. Je suis assurée que Barbantane ne lu! jettera jamais un cornet à la tête, en jouant au trictrac, comme au P. d'E***, qui lui riposta du chandelier : l'épée i la main, grand désordre, et le chevalier de Vassé tué en les séparant, sBv. î« juin (C89. || 4* Terme d'escrime. Parer et porter la botte du même mouvement. || Il se conjugue avec l'auxiliaire axoir.
— ÉTYM. Riposte.
RIPOAIRE (ri-pu-ê-r'), adj. Il se dit des anciens
peuples germaniques fixés sur les liords du Rhin et de la Meuse. Les Francs ripuaires, ou, subslantivement, les Ripuaires. La tribu des Francs ripuaires s'élant joints, sous Clovis, à celle des Francs salien», M0NTE?Q. Esp. xxviii, (. || La loi lipuaire, la loi qui régissait ces peuples. La loi des Francs ripuaires se contentait des preuves négatives, momtesq. Eip. xxviit, (3.
— ÉTYM. Bas-lat. ripuarii, de ripa, rive, et, particulièrement, la rive du Rhin, où ces peuplades habitaient. L'u provient peut-être de l'influence du changement de p en t; qui a fait de ripa, rire.
t RIQCET (ri-kè), ». m. Un des noms vulgaire» du grillon.
t RIQUET X LA HOUPE (ri-kè-ta-la-ou-p'), ». m. j] l" Se dit d'un bossu, par allusion au personnage principal d'un conte de Perrault. |{ 2* Espèce de poisson, lophia tricornis, acanthoptérygiens.
— ETYM. On dit qu'en normand riquel veut dire contrefait, bossu.
t RIQL'IQUI (ri-ki-ki), ». m. Terme populaire. Eau-de-vie. Un doigt de riquiqui.
RIRE (ri-r'), je ris, tu ris, il rit, nous rions, vous riez, ils rient; je riais, nous riions, vous riiez; je ris, nous rimes ; je rirai; je rirais; ris, rions, riez; que je rie, que nous riions, que vous riiez; que je risse, que nous rissions ; riant, ri, v. n. || 1° Faire un certain mouvement de la bouche causé par l'impression qu'excite en nous quelque chose de gai, de plaisaiil. Je vous assure qu'elle fit bien rire toute la compagnie, et quej'en ai bien ri depuis, soit qu'il y eût véritablement de quoi en rire, ou que je sois de celles qui rient de peu de chose, scarr. Rom. com. II, i. N'avez-vous pas vu Niqueilouille, qui ne saurait rire sans montrer les dents? cyr. dk bf.rg. Pédant joué, II, 2. Qu'un pape rie, en bonne foi, Je n'ose l'assurer; mais je tiemlraisun roi Bie.i malheureux s'il n'osait rire, la font. Fabl. xii, (2. Vienne l'an neuf, ballade est destinée; Qui rit ce jour, il rit tout l'année; Or la ballade a cela, ce dit-on, Qu'elle fail rire, ou ne vaut un boulon, id. Poésies mél. ix. Horace : Je ne puis y songer sans de bon cœur en rire, El vous n'en riez pas assez à mon avis. — Arnolphe : Pardonnez-moi, j'en ris tout autant que je puis, MOL. Ée. des femm. m, «. Je fus sur le point d'éclater de rire, pasc. Proi). viii. Vous ai-je mandé que H. le président Barantin mourut à sa place du grand conseil, il y a deux jours? sa femme, qui rit toujours, rira-t-elle de cette aventure? sÉv. 625. El toi [Lamoignon].... Viens d'un regard heureux animer mon projet. Et garde-toi de rire en ce grave sujet, BOiL. Lutr. I. Mais un auteur malin qui rit et qui fait rire.... ID. Sat. vu. Il n'est pas ordinaire que celui qui fail rire se fasse estimer, la brut. v. Il faut rire avant que d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri, id. iv. Lorsque nous voulons nous empêcher de rire, notre nre redouble à cause du contraste qui est entre la situation où nous sommes et celle où nous devrions êlre, monte.sq. CoilJ, det beautés qui résultent d'un embarras de l'dme. On s'est avise de jouer à Lyon le Dépositaire; on y a ri de tout son coeur, et il a fort réussi; les Lyonnais apparemment ne sont point gâtés p.ir La Chaussée ; ils vont à la comédie pour rire, volt. LeU. d'Àrgental, 5 sept. (772. Toute joie ne fait pas rire ; les grands plaisirs sont sérieux; les plaisir» de l'amour, de l'ambition, de l'avarice n'ont jamais fait rire personne, id. Dict. pitil. Rire. L'homme est le seul animal qui pleure et qui rie, lo. ib. Comme nous ne pleurons que de ce qui nous afflige, nous ne rions que de ce qui nous égayé; les raisonneurs ontprélendu que ce rire naît de l'orgueil, qu'on se croit supérieur i celui dont on rit.... quiconque rit éprouve une joie gaie dans ce moment-là, sans avoir un autre sentiment, id. ib. L'Égypiien, en riant d'un sot rire, se relira dans son quartier, id. Pr. dt Dabyl. 4. Us l'appelaient tous monseigneur, et il» riaient Ijuand il faisait des contes, id. Candide, I. Celui qui ne riait pas aux comédies de Regnard, nV
RIR
Tait pas la drol liarireaux comédies de Molière, di- DE». Salon de nos, Œuv. t. xiii, p. IS3, dans pou- OENS. Commo il me faisait rire, il croyait m'amuser; On ne sait pas toujours faire la dillérence Des ris de la pitié d'avec ceux du plaisir, la chaussh'e, Retour imprévu, », 8. || Rire de, avec un infinitif. Je riais de le voir avec sa mine étique, Son rabat jadis blanc et sa perruque antique.... boil. Sat. m. il Rire aux larmes, rire si fort que les larmes coulent des ypux. Nous avons ri aux larmes de votre Mme de la Cliarce et de Phills, sa fille aînée, âgée de trente-neuf ans, sév. 215. La belle dame est encbantce de cette réponse ; et le roi en a ri aux larmes, MAINTENON, l.elt à Mme d'IIaudlcour, 24 déc. I«72. IIRire à gorge déployée, rire comme un fou, rire extrêmement. Je suis assuré que, si Tcrence et Cicéron revenaient au monde, ils riraient à gorge déployée des ouvrages latins des Fernel, des Sannazar et des Muret, boil. Lett. à Brossette, xix. Lorsqu'elles m'eurent reconnu, elles se mirent à rire comme deux folles, en me voyant ajusté comme je l'étais, LESAGE, Est. Gnnx. 43. || Avoir le mot pour rire, dire habituellement des choses plaisantes, qui font rire. ... Il parle livre, il a le mot pour rire, BÉGNiER, Sol. xiii. Il 11 n'y a pas le mot pour rire, on ne trouve pas le mot pour rire dans cet ouvrage, se dit d'un ouvrage qui a été' fait pour amuser, et où il n'y a rien d'amusant, ou même d'un ouvrage sérieux où l'on cherche mal à propos l'amusement. |I Par extension. Il n'y a pas le mot pour rire au crime, j. j. rolss. Ilél. a, 17. || Pincer sans rire, voy. pincer, h' t. |{ Et de rire, se met quelquefois à la fin d'un récit, et signifie : on se mit à rire. La duchesse de Bouillon alla demander à la Voisin un peu de poison pour faire mourir un vieux mari qu'elle avait qui la faisait mourir d'ennui, et une invention pour épouser un jeune homme qui la menait sans que personne le sût; ce jeune homme était M. de Vendôme, qui la menait d'une main, et M. de Bouillon de l'autre; et de rire, sév. 31 janv. 1680. Il Mourir de rire, être saisi d'un rire tel qu'on se pâme. Elle en pensa mourir de rire, HAMILT. Gramm. xi. || Mourir de rire, signifie aussi éprouver un vif sentiment de moquerie. J'ai reçu une lettre de Dumesnil; ils me font tous mourir de rire avec leurs demandes, u'"' de chateauroux, Corresp.t. Il, p. 89, danspouGENS. {| Creverde rire, même sens. Il y a trois mois que je crève de rire en me levant et en me couchant, volt. Utt. Thiriot, 11 août t7«o. Plutarque à présent me fait crever de rire : je ne crois plus aux grands hommes, p. l. cour. Lett. à M. de Saetj, 3 oct. 1810. || Etre à mourir de rire, exciter la risée, être très-ridicule. Il esta mourir de rire avec ses idées romanesques, genlis, Théât. d'éduc. Fausses délicat. 11, H.JlSe fiire rire, chercher les occasions, les motifs de rire. Celui-ci, qui ne demandait pas mieux que de se faire rire encore, recommença tout de nouveau son histoire, et y ajouta de plu&, comme pour me désespérer, la tnienné, lesage, Guxm. d'Alfar. 1, 6. || Se chatouiller pour se faire rire, tâcher de rire sans en avoir sujet. || 2° Fig. Rire du bout des dents, du bout des lèvres, ne rire que du bout des dents, du bout des lùvres, rire jaune, se dit d'une personne qui ne rit pas de bon cœur, qui cache sous un rire forcé son déplaisir, qui rit par contrainte, grimace ou politesse. Je te promets, marquis, qu'il fait dessein d'aller sqr le théâtre rire, avec tous les autres, du portrait qu'on a fait de lui. — Parbleu! ce sera du bout des dents qu'il rira, UOL. Impromptu, S. Je dissimulais, et, riant du bout des dents, je lui dis que je trouvais celte aventure plaisante, lesage, Guzm. d'Alf. v, 4. US» Fig. Rire sous cape, rire dans sa barbe, éprouver une satisfaction maligne qu'on dissimule. Au grand plaisir de mes sergents et du geôlier, qui étalent présents et qui riaient sous cape, id. ib. iv, 7. || Rire intérieurement, éprouver un sentiment de joie qui ferait rire, mais que l'on ne manifeste pas. |{ Rire aux anges, voy. ANGE. IIRire i son mérite, laisser paraître sur sa figure le contentement qu'on a de son propre mérite. Cet indolent état de confiance extrême. Oui le rend en tout temps si content de soimême, Qui lait qu'à son mérite incessamment il rit, mol. Fem. tav. i, ». || 4- il n'y a pas à rire pour tout le monde, se dit en parlant d'une chose qui donne de la joie i certaines personnes, mais qui en afflige d'autres. || On dit dans le même sens : il n'y a pas trop à rire pour vous, de quoi rire pour vous, il n'y a pas Unt à rire. || Nous n'avons pas sujet de rire, il n'y a pas l,i de quoi rire, se dit d'une chose qui afflige ou inquiète. || On dit de même : n'avoir pai «nria de rire. Oui, vraiment, nous avons fort
RIR
envie de rire, fort envie de rire nous avons, mol. Bourg, genl. m, ^. || B° U se dit de l'aspect que prend la physionomie d'une personne qui rit. Vous auriez dit qu'il sortait de la convers,i.tion la plus badine, sa bouche et ses yeux riaient tncore, hariv. Jeu de l'am. et du haï. i, f. Il Fig. Loe certaine audace qui lui rit, qui le venge de son peu de relief et de l'inaction dans laquelle il passe la journée, MARiv. dans despontaines. || Fig. Le cœur me rit, j'éprouve un doux contentement. Le cœur me rit, et il me semble que je me ranime au projet d'aller partager avec vous celte retraite charmante, J. J. Fouss. Lett. à Verncs, 24 juin I76l. || 6° Fig. Avoir un aspect gracieux, qui plaît, comme est celui d'un visage riant. La terre ne lui rit plus [à l'homme] comme auparavant, boss. Ilist. 11, 1. Et les Alpes de loin , s'élevant dans la nue, D'un long amphithéâtre enferment ces coteaux, Où le pampre en festons rit parmi les ormeaux , volt. Ép. à Horace. C'est une chose bien singulière que mon imagination ne se monte jamais plus agréablement que quand mon état est le moins agréable, et qu'au contraire elle est moins riante lorsque tout rit autour de moi, j. j. rouss. Confess. iv. Quand tout rit de bonheur, d'espérance et d'amour, delille, Jard. i. Le long de cette haie, de ces sillons où rit la première verdure des blés, chatealb. Wart. X. 11 [le soleil] gonfle de ses feux les trésors dont l'automne En riant se couronne, delav. Paria, I, 6. Il 7° Èlre favorable. L'occasion vous rit, et vous en userez, corn. Pomp. 11, 3. Par ses soins tout nous rit, tout fleurit, tout succède, rotr. Yenced. v, 9. La fortune vous rit, et ne rit pas toujours, id. ib. Il, l.Tout riait au chevalierdans la nouvelle tendresse qui l'occupait, hamilt. Gramm. 7. Les heureux du monde à qui tout rit, ma'^s. Pet. carême, Hum. || 8° Rire à quelqu'un, lui sourire avec bienveillance, lui faire un accueil flatteur. On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue, mol. Mis. i, I. Le monde est plus dangereux, lorsqu'il nous rit, que lorsqu'il nous maltraite, mass. Carême, Prosp. lemp. Le monde, qui jusqu'ici vous a ri, vous aura bientôt oubliée, id. Prof, relig. 4. Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux, A. che.n. la Jeune captive. || Fig. La fleur nouvelle Rit aux zéphirs, QUIN. Thés. IV, 7. Il 9° Plaire, être agréable. Cela rit à l'imagination. Il me vient un projet d'une grande importance, Et qui me rit, Collin d'harlev. Inconst. m, <2.||10" Pétiller. Casaux.... Du plaisir de sa chute a fait rire nos yeux, malh. ii, 6. Elle voit le barbier, qui, d'une main légère, Tient un verre de vin qui rit dans la fougère (voy. foi gère, n. î), BOIL. iMlr. m. || 11° Se moquer de, plaisanter de. Mme de Coëtquen est grosse; voudriez-vous en rire? riez-en, sév. 370. Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire! On sera ridicule, et je n'oserai rirel boil. Sal. ix. Le théâtre perdit son antique fureur; La comédie apprit à rire sans aigreur, id. Art p. m. Le fanatisme était si puissant, et Cromwell si respecté, que personne ne rit d'un pareil discours [où Harry disait de Cromwell qui venait de mourir, qu'il serait assis à la droite (le Jésus-Christ], volt. Mœurs, (81. Elle rit, et avec raison, des sottises des hommes, dont je ferais bien de rire aussi, et dont je rirais comme elle, si je digérais et si je dormais mieux, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 3 nov. I780. || Rire de quelqu'un, se moquer de lui. Ceux-là me parlent de vous, et nous rions un peu de notre prochain, sEv. 76. || Rire au nez de quelqu'un, se moquer de quelqu'un en face. Ragotin se mourait de dépit de ne pouvoir trouver à quereller avec un homme qui lui riait au nez, et lui faisait mille révérences, scarr. Rom. corn, u, (6. Laissez passer les personnes sans leur rire au nez, MOL. Pourc. I, 5. Il veut parler, elle lui éclate de rire au nez, carmontelle, Prov. posth. Visite du jour de l'an, se. 17. J'aurais dû leur rire au nez pour toute réponse, je fus assez bête pour me piiuer, j. i. ROUSs. Conf. XII. Il Apprêter, ofl'rir à rire, se dit de quelqu'un qui donne sujet qu'on se moque de lui. Ceux de qui la conduile offre le plus à rire, Sont toujours sur autrui les premiers à médire, mol. Tari. 1, t. N'apprêtons point à rire aux hommes, En nous disanl nos vérités, id. Amph. Prologue. Il Faire rire, exciter les moqueries. Ce mariage doit être heureux, car il donne de la joie à tout le monde, et je fais rire tous ceux à qui j'en parle, mol. Mar. forcé, 3. Il Vous me faites rire, se dit à quelqu'un qui dit ou fait des choses peu pertinentes. Vous me faites rire; est-ce qu'il faut être belle pour se croire charmanteÎGENLis, Thédt. déduc. la Hère riiale, i, i.||12* Absolument. Se divertir, se réjouir. Mais, de retour enfin, que prétendez- vous faire.— Alors,
RIR
cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourroni rire i. l'aise, et prendre du bon temps. — Eh 1 seigneur, dès ce jour, sans sortir de l'Êpire, Du matin jusqu'au soir qui vous défend de rire? boil. Ép. 1. Rions, chantons, dit celte troupe impie ; De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs, Promenons nos désirs, bac. Ath. il, 9. On ne rit point entre les peines présentes et un anéantissement prochain, volt. Lett. d'Argcntal, 8 mai 1 773. Hélas I je ris et je n'en ai guère envie, d'alemb. Lell. à Voltaire, 28 déc. 1778. Il Rire aux dépens d'autrui, se divertir à relever les défauts, les ridicules d'autrui. || 13° Badiner, ne pas parler ou ne pas agir sérieusement. Est-ce que vous riez, ou si c'est tout de bon ? Ces parole.s, quoique dites en riant, firent une vive impression dans l'esprit de Madame de Clèves; elle» lui donnèrent du remonls, la fat. Princ. de Ctèvei, Œuv. compl. t. Il, p. 107, dans pol'oens. Ces hommes, en apparence frivoles, qui détruisent tout en riant, ciiateaubh. Génie, 1, l, *. Dès que le sang coule, on ne rit plus, on blâme, c. delav. Ée. des vieillards, iv, 6. || Familièrement. Vous voulez rire, se dit à une personne qui fait une proposition peu convenable, ou qui dit des choses incroyables. Ils [des laboureurs à qui on adressait des questions métaphysiques] ont cru que je voulais rire, et ont continué à labourer leurs champs sans me répondre, VOLT. Phil. Ignor. 3. || C'est pour rire, ce n'est pas sérieusement dit ou fait. Si vous la blâmez, c'est pour rire ; SI vous l'aimez, c'est tout de bon, pannard, Œuv. t. m, p. 4ob. Ne voyez-vous pas bien que c'est pour rire tout ce qu'ils vous disent? lomé- NIE DE BR1ENNE, ilim. inéd. t. II, p. 401. Il Pour rire, non effectivement. Un roi pour rire En vrai» apprentis qui ne le sont pas pour rire, j. 1. rouss. Em. 111. Il 14° Ne point se soucier de quelque chose, n'en tenir compte. Après tout cependant, riez de ma faiblesse, corn. Médée, 11, 5. Félix, dans la prison j'ai triomphé de toi. J'ai ri de ta menace, ID. Poil/. IV, I. Mon âme jouira de ton inquiétude. Je rirai de ta peine, id. Iléracl. iv, B. Elle a cru me braver ; mais je n'en fais que rire, ID. la Veuve, 11, 6. Cependant Athalie, un poignard à la main. Rit des faibles remparts de nos portes d'airain, rac. Ath. v, i. Je vais écrire i M. le maréchal de Richelieu, qui ne fait que rire de toutes les choses qui sont très-essentielles pour les amateurs des beaux-arts, volt. Lett. d'Argental, w avril 1767. Il IB" Se dit, par plaisanterie, d'une chose qui se fend, qui s'entr'ouvre. Cet habit, cette muraille rit. 1| Rire comme un cofl"re, rire à bouche très-ouverte, parce qu'un coffre qu'on ouvre semble présenter une grande bouche. || 16° Se rire, V. re'/î. Se divertir, se jouer. Si quelqu'un après boire avait laissé aller une parole un peu libre, si un autre en se riant avait dit quelque chose de naïf, tout était mis aux tablettes, malh. le Traité des Bienf. de Sénèque, m, 26. || 17° Se moquer de, ne tenir aucun compte de, mépriser. Ils se sont ri, elles se sont ri de tous ces projets. Le débauché se rit des sermons de son père, régnier, Sat. v. On se rirait de vous, Alceste, tout de bon. Si l'on vous entendait parler de la façon, mol. Mis. i, 1. L'esprit d'impiété se rit de ce qu'il y a de plus sacré, PASC. Prov. II. Les sages les prévirent [les malheurs qui suivraient la réforme en Angleterre] ; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties? BOSs. Reine d'Anglet. Le perfide triomphe et se rit de ma rage, pac. Andr. v, 1. 1| Proverbes. C'est le vieux jeu, on n'en rit plus, se dit d'une plaisanterie usée. Il Plus on est de fous, plus on rit. || Rira bien qui rira le dernier, se dit en parlant de quelqu'un qui se flatte du succès en une affaire où l'on compte l'emporter sur lui. || Tel qui rit vendredi dimanche pleurera (rac. Plaid. 1, 1), souvent la tristesse succède en peu de temps à la joie. || Marchand qui perd ne peut rire. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. • Je ris et pleure, pour je ri et pleure « non pas que ny t, ny s soit à telle personne, mais pourtant qu'il plaist ainsi à l'oreille » RAMUS, dans livet, Gramm. franc, p. 2(2. Quoi qu'il en soit de ce dire de Ramus, l's, à la i" personne du singulier du présent de l'indicatif, est, partout où elle n'est pas radicale, une faute que l'ancienne langue ne commettait pas, mais que la moderne s'est appropriée.
— HiST. XI' s. Quant ce veit Guenes qu'ore s'en rit Rolanz, Ch. de Roi. xxil. Mort il l'abat, qui qu'en plurt ou qu'en rie, ib. ccxliv. || xu* s. Quant de moi [elle] rit, et je l'ai tant plorée, Couci, vi. ||xiu' s. Moût fut la vieille aaise, de joie prist i rire, Berle, xtv. Ainsinc cum en tel point estoient
RIR
RIS
RIS
Han et Venus qui s'entr'amolent, Des diex i ot mains qui vosissent Que li autres diei se risissenl En tel point cum il font de Mars, la Bote, («Sfi*. Dont aucun furent qui disoient Que li petit enfanchon l'oient |le bruit des sphCres célestes], Quant il rient en leur dormant, Qu'il dient qu'il oient chantant Les angles Deu en paradis, Qui les ont en tel joie mis, Hist. litt. de la Fr. t. xxiii, p. 3|4. Taux [tel] rit au main Ici au soir pleure, Renart le nouvel, 3250. Il iiv* s. Et entendent plus et resgardent à ce que il facent rire les gens, que il ne font à dire choses avenans et honnestcs, oresmb, Elh. (36. Il XV' s. Quand on les ot lues et entendues pes lettres de Philippe d'Artevelle à Charles vi], on n'en fit que rire, froiss. ii, u, («6. Car se le dire Atrayoit à soy l'esconduire [amenait qu'on fût éconduit], Il n'y auroil plus de quoy rire, a. chart. Livre des quatre dames, p. 699. Jehanne s'en va riant à sa dame : de quoy vous riez -vous, Jehanne? fait la dame, te» ( 5 joyes du mariage, p. 62. Ils se prindrent si fort à rire, qu'on les eust peu tous nuds desTestir, Perceforest, t. i, ^ t3o. Souvent mon cueur de joye rit, CH. d'ohl. Bal. viii. Vous qui devez la loy garder, Faictez le prendre sans tarder: Sy le faictez tenir de rire, la Pass. de N. S. J. C. Nostre roy [Louis XI] commença à dire au roy d'Angleterre en se ryant...cOMM. iv, (0.||xvi's. Lycurgus n'estoit point si austère que l'on ne le vist jamais rire : ce fut luyqui dédia la petite image du Ris qui est à Lacedaemone, ayant voulu entremesler le rire parmi leurs convives et autres assemblées, AMïOT, Lyc. 54. Pour lors fortune luy rioit, ID. Démélr. 31. Au partir de là, comme ses familiers se rissent ensemble et se moquassent de luy, il leur dit... ID. Alex. 22. Rire un ris acheté à prix d'argent à des baladins, iD. De la tranq. d'dme , 40. Mieulx est de ris que de larmes escripre, Pour ce que rire est le propre de l'homme, rab. Garg. aux lecteurs. La poésie ne rid point ailleurs comme elle faict en un subject folastre, mont, i, 22S. Y meslant quelquefois des mots pour rire, id.
I, 296. Si ma santé me rid et la clarté d'un beau jour.... ID. II, 323. Ce que nous rions en elle [une aveugle qui croyait que c'était le jour qui manquait], je te prie de croire qu'il advient à chascun de nous, id. m, I06. Le prevost lui dit en riant, mais c'etoit un rire d'hostelier [un rire du bout des dents].... DESPER. Contes, Lxxxiii Je luy appris à rire du coin des dents, ou comme un chien à qui on présente de l'ail, à parler de la gorge.... d'aub. Conf.
II, ).... Et de rang verse à la troupe Du vin qui lit dedans l'or, rons. 334. Bien dire Fait rire. Bien faire Fait taire, leroux de lincï, Prov. t. ii, p. 248. Rire sans propos est propre aux fols,iD. ib. p. 4t3. Sa mère qui rioit sous son chaperon, Nuits de Straparole, t. Il, p. 42, dans lacurne. Femme rit quand elle peut, et pleure quand elle veut, cotgrave. Tel rit qui mord, id.
— ÊTYM. Provenç. rire, rir; catal. riurer; espagn, reir ; portug. rir ; ital. ndere; du lat. rtdere. Notre verbe rtVe suppose une forme vulgaire ridëre au lieu de ridêre.
2. RIRE (ri-r'), s. m. || 1° Action de rire, ou, dans le langage de la physiologie, série de petites expirations saccadées, plus ou moins bruyantes, dépendant, en grande partie, de contractions du diaphragme, et accompagnées de contractions également involontaires des muscles faciaux. Le rire va quelquefois jusqu'aux convulsions ; on dit même que quelques personnes sont mortes de rire ; j'ai peine à le croire, et sûrement il en est davantage qui sont mortes de chagrin, volt. Dict. phil. Rire. Ceux qui cherchent des causes métaphysiques au rire ne sont pas gais ; ceux qui savent pourquoi cette espèce de joie qui excite le ris, retire vers les oreilles le muscle zygomatique, l'un des treize muscles de la face, sont bien savants, m. ib. Mais le rire vous prend, et cela ne vaut rien, piron, Mitrom. m, 8. Le rire et les pleurs sont des signes particuliers à l'espèce humaine pour exprimer le plaisir ou la douleur de l'âme, buff. Hist. nat. Homme, Œuvr. t. iv, p. («3. Qui de vous n'a pas regretté cet âge où le rire est toiijouis sur les lèvres? j. j. Rouss. Ém. ii. Au ton dont il s'explique, X son air où l'on voit, dans un rire ironique, L'estime de lui-même et le mépris d'autrui, greslET, Méchant, i, 5. Lycurgue.... n'était pas un cénobite misanthrope qui prît plaisir à tourmenter les hommes; il a élevé des autels au rire et à la gaieté, condil. Étud. hist. i, i. Le rire bien franc et bien naturel vaut mieux pour eux [les enfants] que tous les médicaments du monde, genlis, Uaiton rust. t. II, p. 245, dans pougens. Pour ces
penseurs profonds le rire est trop bourgeois, c. de- LAV. Comi'd. i, 7. La tristesse a deux manières de s'exprimer, le rire et les larmes; et de ces deux formes de la tristesse, les larmes ne sont pas toujours la plus triste, louis blanc. Temps du 9 janv. 1884, sur r/iack(Toy. Il Fou rire, ou rire fou, rire doDt on n'est pas le maître. J'ai eu dans la journée deux fous rires pour des causes trèsdiverses. Oubliant tout jusqu'à leurs chaînes. Nos gens poussent des rires fous, bérano. || Un rire inextinguible, un rire qui ne peut être arrêté. Il Un gros rire, un rire bruyant et prolongé. Le gros rire qui lui prit, de la frayeur de tout le peuple, ne se peut exprimer, comte de caylus. Féeries, Œuv. t. vm, p. 365, dans podgens. || Un rire homérique, voy. homérique. |1 i' Il se dit aussi des contractions semblables au rire qu'excitent le désespoir, une douleur qui déchire. Ce rire du désespoir est l'efiet le plus difficile et le plus remarquable que le jeu dramatique puisse produire, STAEL, Corinne, xvii, 4. Ce rire déchirant qui suppose ou l'ignorance de tous les maux de la vie, ou tant de douleur au fond de l'âme, qu'aucune forme de la mort ne peut plus épouvanter ! id. ib. 1,4. Il 3° Terme de médecine. Rire sardonique ou sardonien, sorte de spasme convulsif dans les lèvres et les joues, ainsi appelé parce qu'on l'observait, disait-on, chez les individus qui mangeaient une espèce de renoncule qui croît en Sardaigne. || Fig. Un rire sardonique se dit d'un rire à contre-cœur et par grimace, ou, plus souvent, d'un rire amer. Le rire sardonique, qui est la grimace de ceux qui meurent de faim, u'alemb. Leit. à Voltaire, * août (767.11 Rire sardonique, se dit aujourd'hui pour rire ironique.
— HIST. xvi* s. Je ne puis tantost plus arracher un pauvre rire de ce meschant corps, mont, m, 307.
— ÉTYM. Rire i.
t. RIS (rî), s. m. Il 1" Synonyme de rire 2. Ce ris
dédaigneux qu'excitent les personnes simples, lorsqu'on leur voit croire des choses impossibles, boss. Anne de Gonx. Le sage n'a jamais parlé avec plus de sens que lorsqu'il a dit dans l'Ecclésiaste, qu'il réputait le ris une erreur, et que la joie était une tromperie, id. Sermons, a'dim. après Pâques, Provid. préambule. Elle [l'ode] peint les festins, les danses et les ris, boil. Art p. ii. Elle (l'altération des traits] est plus grande dans un ris immodéré, que dans la plus amère douleur, la bruy. i. Je doute seulement que le ris e.icessif convienne aux hommes qui sont mortels, id. xi. Le ris malin.... c'est la joie de l'humiliation d'autrui, volt. Dict. phil. Rire. [Elles] S'approchaient, me montraient avec un ris farouche, DUCis, Macbeth, ii, 8. Défigurant son beau visage par des ris aussi forcés que bruyants, genlis. Ad. et Th. t. i, p. 89, dans pougens. Il Ris de saint Médard, ris niais, contraint. D'un ris de saint Médard il lui fallut répondre, RÉGNIER, Sat. VIII. Il Un ris qui ne passe pas le nœud de la gorge, ris contiaint. || a'Ris sardonique, voy. RIRE 2, n" 3. Il 3' Ris de Pâques, bon conte que les prédicateurs avaient coutume de faire à leur auditoire le jour de Pâques. || 4° S. m. pi. Divinités qui, chez les anciens, présidaient à la gaieté ; en cet emploi il prend une majuscule. Que dirais-je des traits où les Ris sont logés. Des yeux aux brillantes merveilles...? la font. Psyché, i, p. 84.
— HIST. xiil* s. Je si sovent me tormente, Ke je n'ai ne jeu ne ris, Damede Faiele, dans Couci. Ris et soûlas et joie m'ont bien clamée quite, Berte, xxxvii. Quant la serve l'entent, s' [si] en jeta un faus ris, Semblant fait qu'en fust lie, ib. lxxv. Li riis du mund [monde] turna en lerme, Edouard le conf. V. 3436. Il XV* s. Le roy de France en eut bon ris.... froiss. ni, p. 360, dans lacurne. Li autres rit si très orriblement Qu'il semble folz; tant li siet son ris mal. Que ce semble le ris d'un cardinal, E. desch. Poésies mss. t" 2i8. || xvi* s. Avec grands ris et batemens de mains, amyot, Timol. 27. De là estoit venu qu'on dit : c'est un ris d'hostellier, il ne passe pas le bout des dents ou plus tost des lèvres, BOOCHET, Serées, i, p. 26, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. ris ; portug. et ital. riio; du lat. risus, qui vient de rtsum, supin de ridere, rire.
2. RIS (rî), s. m. Terme de marine. || 1* Proprement, les plis que fait une voile dans la partie qu'on en soustrait au vent, lorsqu'on en diminue la surface, trop large pour la circonstance. Le corsaire défit le ris de ses basses voiles, afin de s'éloigner avec plus de vitesse, d'estrées à Seignelay, 22 mai 1680, dans ]AL. Je tins toujours deux ris dans le grand hunier, bougainvillf, Koy. t. 11, p. 386. Il Prendre des ris, diminuer la surface de la voile,
en ployant contre la vergue la partie supérieure d* cette voile comprise entre la ralingue et la première, la seconde ou la dernière bande de ris. jj Fig. et familièrement. Prendre, larguer des ris, se mettre i l'aise dans ses vêtements. || Bande de ris, bande de toile cousue sur la ligne parallèle à la têtière. Il 1° Par extension, partie de la voile comprise entre le câté qu'on attache à la vergue et une ligne parallèle à la têtière. Le premier ris, le second ris.
— HIST. xn' s. Solunc l'oré portent les voiles ; X deus ris curent u à treis, Brut, t. 11, p. < 4 1 , note a.
— ÊTYM. Danois, riv, rift, ris ; suéd. re^; angU reef; comparez le danois reep, anglais, rope, corde.
3. RIS (rt), t. m. Corps glanduleux placé à U gorge du veau ; c'est un manger délicat. L'un* [assiette] de champignons avec des ris de veau, Boa. Sat. m. J'avoue que mon estomac ne s'accommode point de la nouvelle cuisine : je ne peux souffrir un ris de veau qui nage dans une sauce salée, laquelle s'élève quinze lii^nes au-dessus de ce petit ris de veau, volt. Lett. d'Autre, « sept. <765.
— ËTYM. On dit que c'est une altération pour ridei de veau. Mais on trouve au xvi* siècle ri>^e pour fressure : Le maistre du porceau va assurer son voisin.... qu'il lui en bailleroit une bonne risée, BOUCHET, Serées, u, p. 85, dans lacurne. Au doit tenir à ris^e ; mais qu'est risée ?
RISBAN (ri-sban), s. m. Terme de fortification. Terre-plein garni de canons, pou r ladéfense d'un port.
— ÊTYM. Ail. Rissbank : banc d'arrachement.
t RISBERME (ri-sbèr-m'), s. f. Terme de construction. Intervalle entre les pieux jointifs et le bàtardeau. |{ Espace réservé au pied de la jetée d'un port, pour assurer les fondations. || Talus établi pour protéger le pied de quelque ouvrage hydraulique. Il Terme de fortification. Retraite garnie de fascinage, au pied d'un mur de terre.
— ÉTYM. Berme d'arrachement, de l'ail. Riu, arrachement, et befme.
RISDALE (ri-sda-l'), s. f. Voy. rixdale.
RISËE (ri-zée), s. f. \\ l' Eclat de rire. X tous les éclats de risée [du parterre], il haussait les épaules, MOL. Critique, 6. Ils ne sont pas joyeux.... Vous ne les voyez pas jeter une risée, gresset, Sidn. i, 8. Il Particulièrement. Éclat de rire de plusieurs personnes qui se moquent. Elle envoya emprunter un jour toute la parure de Mme de Soubise, ne doutant point d'être comme elle dos qu'elle l'aurait mise; ce fut une grande risée, sÉv. 307. Que vous dirai-je? hélas I leurs têtes exposées Du vainqueur insolent excitent les risées, volt. Orp/iei. 1,3. Il 2» U signifie aussi moquerie simplement. C'est une grande atteinte aux vices, que de les exposer à la risée de tout le monde, MOL. Tari. préf. Confondre avec risée leur égarement et leur folie, pasc. i'roi'. xi. Là vous aurez à essuyer la risée et les railleries des libertins, BOss. 4" avert. 21. U en revint couvert de honte et de risée, boil. Sat. i. Qui, moi ? j'aurais voulu, honteuse et méprisée. D'un peuple qui me hait soutenir la risée ? rac. Bérén. iv, 6. || 3* Objet de la moquerie. Genest, dont cette secte [le christianisme] aussi folle que vaine A si longtemps été la risée et la haine, rotr. 51 Gen. v, 5. Us demeurent la risée des peuples et l'objet de leur aversion, boss. Hist. u, 10. Combien de fois Isaïe a-t-il été la risée du peuple et des rois! id. ib. 11, 4. Il est honteux que les hommes de génie s'exposent par cette petite guerre [satires de Boursault et de Molière] à être la risée des sots, volt. Vie de Molière. 11 4° Terme de marine. Augmentation subite et peu durable de la force du vent. Sur le midi, le vent a calmé, y ayant quelques risées dépendantes du N. E. jusqu'à l'est, Joumalde la route, 1689, dansJAL.
— HIST. XIII* s. Pierres qui de saint Clost fu nez, S'est tant travailliez et penez Par proiere de se* amis, Que il nos a en rime mis Une liée et un gabet De renart qui tant set d'abet, Ren. 4855. A iceste parole i ot moult grant risée. Qui puis lor fu à honte et à dolor tournée, Ch. d'Ant. v, 836. Il iiv* s. Ainsi li singes [à la cour du roi Lion] s'appareille A faire choses desgisées. Pour le roy servir de risées, ;. decondé, t. m, p. 78. |{ xv* s. Et faisoit on grant risée, pour ce que c'estoient tous gens de povre estât, FENiw, 14I8. Il luy eschappa ung mot de risée touchant les vins.... comm. iv, io. Nous ne voulons autre servant que vous ; les autres s'en voisent [s'en aillent] ; si dirons nos risées plus hardiement, Perceforest, t. i, f* 124. || xvi* s. [Auguste] se jouant et mettant en risée.... mont, u, I88.
— ÉTYM. Ris t.
t RISER (ri-zé), v. a. Terme de marine. Amener une voile pour qu'elle prenne peu de vent et fasse peu d'eflet sur la marche du navii« ; par ce moyeo
RIS
dit Romme, on produit k peu près le même effet qu'en prenant direclemeat des ris.
KTYM. Ris -■
f BISETTE (ri-xè-f), t. f. Terme enfantin. Petit éclat de rire d'un enfant. Faites une risette & votre mère.
ÊTYM. Dimin. da ru ); provenç. ruet, s. m.
RISIBILITÉ (ri-zi-bi-li-té), ». Mil" Terme didactique. Faculté de rire. La risibilité qu'on dit être une propriété de l'homme, Logique de Ponroyal, p.- 28, dans podgens. || i' Qualité, eut de ce qui est risible.
— ÊTYM. I at. risibilitatem, de risibilit, risible. RISIBLE (rizi-bl'), o4;. i| f Qui a la faculté de
rire. 11 était plutôt animal envieux qu'animal risible, scARR. Rom. eom. i, H. Apres que les auditeurs eurent ri de toute leur faculté risible, le baron de Sigognac voulut que son page reparût sur le théâtre, id. ib. il, 3. Il est vrai que l'homme, qui est un animal risible, est aussi un animal orgueilleux, VCLT. Dict. phil. Rire. \\ V Qui est propre i faire rire. Ce quiproquo est risible. || 3" Qui est digne de moquerie. C'est un homme risible. Caractère puéril et fanfaron et que le monde lui-même a toujours regar.lé comme le dernier, le plus vil et le plus risible de tous les caractères, mass. Carême, Doutes.
— mST. xiv* s. Et ceulx qui ne dient oncques aucune chose risible, oresmk, Eth. I3e. ||ivi' s. S'il est ainsi, comme dit IMutarque, qu'en quelque endroit de l'Inde il y aje des hommes sans boucbe.... il Jl'homme] n'est plus risible [capable de rire], mont, ii, 283. Nostre propre et peculiere condition [de nous hommes] est autant ridicule que risible, id. i, 37».
— ÉTYM. Lat. rùiî>t7«, de risum, supin de ridere, rire.
t EISlliLE.\lEN"T (ri-zi-ble-man), adv. D'une manière risible. D'abord leurs escoffions ont volé par la place, Et, laissant voir i nu deux têtes sans cheveux. Ont rendu le combat risiblement affreux,
MOL. VÉt. V, 1 1.
RISQC.\BLE (ri ska-bl"), adj. || !• Où il y a des risques à courir. Un projet risquable. || S* Qu'on peut risquer avec quelque chance de succès. Cette affaire est risquable.
— ÊTYM. Risquer; Berry, chemin mqt»a6I«, chemin dangereux.
RISQUE (ri-sk'), *. m. || !• Péril dans lequel entra l'idée de hasard. Encore même qu'on ne coure nul risque de la vie, pasc. Prov. xiv. Quand on a la poitrine attaquée.... on se met en risque de ne pouvoir plus se rétablir, sev. 31 janv. 1680. Qui sait même s'ils [les esprits forts] n'ont pas déjà mis une sorte de bravoure et d'intrépidité à courir tout le risque de l'avenir? la bhdt. xvi. Le risque n'était point égal entre ces deux rivaux, volt. Hist. de Russie, I, 18. C'est un excellent moyen de bien voir les conséquences des choses , que de sentir vivement tous les risques qu'elles nous font courir, J. j. eouss. Bel. I, n. Il Fig. Il n'y a plus que le mot prochain qui court risque, pasc. Proi'. 1. 1| Au risque de, en s'eiposant à. Jurons, au risque du trépas. Que pour l'ennemi de la France Nos voix ne résonneront pas, BÊRANG. Ma dem. chanson. || Faire une chose à ses risques et périls, à ses risques, périls et fortunes, au hasard de tout ce qui peut en arriver. Ce sera à leurs risques et fortunes, je les en avertis, DlDKR. Pensées philos. § 43. Ennuyé d'être spectateur oisif, je me lançais quelquefois dans l'arène à mes périls et risques, et j'y recevais des leçons de modestie un peu sévères, marmontel, Mém. vi. ||X tout risque, à tout hasard. L'insupportable chaleur, l'espace étroit, l'impossibilité d'y marcher, la vermine me firent préférer le lazaret à tout ris^ que, J. J. EO'Jss. Conf. vii. || 2' Se dit, dans les sociétés d'assurance, de chaque édifice, mobilier, navire ou cargaison, que l'on assure.
— REM. Le genre de risque a été longtemps incettain: le xvi* siècle le faisait féminin; et, jusqu'en nti, l'Académie, tout en faisant risque masculin, conservait le féminin dans la locution à toute risque.
— HlST. XVI* s. La risque [coup de main] de Monbrun, Mirahel et autre», avec 4oO chevaux, B'adji. Ilut. I, 315. Je luy appris encore à dire sou- Tent, maxime d'Estal, maladie d'tsui, courir risque, symboliser.... lo. Conf. ii, i. Tenter la risque, BtÀNT. Dames gai. t. I, p. 3ii, dans lacornb.
— ÉTYM. Espagn. riesgo; iul. Htico, rUco; lat. da moyen âge, risicus, riiigut. Diez le lire de lespagn. risco, écueii, rocher escarpé, et risco, du lat. rtsecare, coup«r, appuyant cette éiymologie sur ce lue, dans le provençal modem*, rtttgut veut dire
RIS
danger et rexega couper, et que dans le dialecte de Milan resega signifie scie et danger.
BISQUÉ, ÉK (ri-ské, kée),porr. po?»^ de risquer. Il 1* Mis au hasard d'un danger, d'une perte. Sa vie risquée inutilement. Une grosse somme d'argent risquée à propos. || 2° Tenté hasardeusement. Le passage du fleuve risqué par le général. || 3° Fig. et familièrement. Qui peut ne pas plaire, en parlant de paroles, de phrases,d'actes. Une phrase risquée.
t RISQUE-TOUT (ri-ske-tou), s. m. Homme téméraire qui ne doute de rien. Un risque-tout. Des risque-tout.
RISQUER (ri-ské), je risquais, nous risquions, vous risquiez; que je risque, que nous risquions, que vous risquiez, v. a. || 1* Exposer au hasard d'un péril. Risquer sa vie, son honneur. Il risqua de nouveau le gain qu'il avait fait, la font. Fabl. vil, 14. Sachez que d'une fille on risque la vertu. Lorsque dans son hymen son goût est combattu, mol. Tart. il, 2. S'il (un aveu] fait peine à l'orgueil qui vous fit trop oser. Songez qu'on risque tout à me le refuser, th. corn. Essex , ii, «. || Risquer le tout pour le tout, tout hasarder dans un cas désespéré. Il Absolument. Vous ne sauriez faire cela sans risquer. Je n'en dois rien [de ma fortune] qu'à moi, qu'à mes soins,qu'au ta'.enl De risquer à propos, et bien placer l'argent, la font. Fabl. vu, 1 4. || 2' Courir la chance de. Risquer le combat. Vous risquez qu'on vous vole votre argent. || 3° Tenter, avec une idée de péril, d'insuccès. Sans rentrer dans des détails, je risque seulement quelques idées sur.... j. j. rouss. Pologne, lo. En Angleterre, on peut tout risquer, si la nature l'inspire, stael, Corinne, xvii, 4. || Fig. et familièrement. Risquer le paquet, tenter la fortune. Il Fig. et familièrement. Risquer l'abordage, hasarder une démarche, une proposition embarrassante. Il 4° Se risquer, v. réft. Se hasarder, s'exposer. Se risquer dans une affaire. || Proverbialement. Qui ne risque rien, n'a rien.
— HlST. xvi* s. Qui ne se risque jamais ne sera riche, le«oux de linct, Pror. t. ii, p. 400.
— ÊTYM. Risque; ital. risicare.
t RISSE (ri-s'), s. f. Cordage dont on se sert pour attacher sur le pont la chaloupe ou une autre embarcation. Il On dit aussi saisine.
— ÊTYM. U se rattache probablement à ris 2.
t RISSER (ri-sé) , v. a. Attacher avec une ou plusieurs risses.
RISSOLE (ri-so-l"), ». f. Viande hachée, enveloppée dans de la pâte, et frite. Rissoles de boeuf à la purée de noisette, decolrchamp, Souv. de la marq, de Créquy, t. rv, ch. 6. || On fait aussi des rissoles avec de la chair de poisson, des œufs, des légume», des crèmes, des fruits.
— HlST. xm* s. Artocreas dicuntur roissole , ab arlos, panis, et créas, caro. Parti sous Philippe le Bel, par GÉRAUD, p. 692. Por quere le moule as roisoles, Hist. de Sie Leocade, m». deSt-Germ. f° se, dans lacl'Rne.
— ÊTYM. Génev. ritole , rtxole. Malin croit que rissole est dit pour roussole et vient de roux (faire un roux, en termes de cuisine). Diez rejette cette opinion, et le tire d'un mot germanique : danois, riste, rôtir; suéd. riil, rôt.
RISSOLÉ, ÉE (ri-so-lé, lée), part, passé de rissoler. Viande rissolée. US. m. Du rissolé, de la viande rôtie assez pour être croquante sous la dent. || Fig. et familièrement. Il a le visage rissolé, son visage est hâlé, brûlé par le soleil.
RISSOLER (ri-so-lé) , v. a. Cuire, rôtir de manière à faire prendre une couleur dorée à ce que l'on prépare. || Fig. Il vous l'a envoyée pour la faire travailler au jardin, et lui faire bien rissoler le teint au soleil, autreau, imant ignor. i, 2. || Se rissoler, c. réft. Prendre une couleur dorée. || Avec ellipse du pronom : Faire rissoler de la viande.
— ÊTYM. Rissole; norm. roussoler; génev. bresoler, brisoler, qui est sans doute un autre mot se rapportant à brésiller.
t RlSSOLETIE (ri-so-lè-t"), ». f. Sorte de meU, rôtie de pain garnie de viandes hachées j q,\M l'on fait passer au four.
— Ety'M. Dimin. de rissole.
t BISTE (ri-sf) , ». m. Ancien nom d'une espèce de fil de chanvre et d'une espèce de toile, dans le midi de la France. Riste ou chanvre long , Tabl. annes. aux lelt. pat. 31 déc. i7So, Provence.
BISTOBNE (ri-stor-n') ou BISTOURNE (ristourn') , t. f. Terme de droit maritime. Nom donné à un droit de demi pour cent, payable par un assuré qui veut faire annuler son contrat d'assurance, soit qu'avant le départ du navire il renonce à l'expédition des objets qu'il avait fait assurer, soit qu'il ap-