‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 70 sur 754 · RIT · texte numérisé non relu

RIT

prenne que des articles assurés par lui l'avalent été précédemment par un de ses correspondants, lbooarant.

— ÉTYM. Ital. rûtomo, action de détourner, de re, ex, et tornare.

i BIST0BNI':b (ri-stor-né), e. o. Faire une ristome.

RIT(rit') ou RITE (ri-f), ». m. || !• Ordre prescrit des cérémonies qui se pratiquent dans une religion. Il II se dit surtout de ce qui regarde la religion chrétienne. Le rjt de l'Eglise romaine est différent de celui de l'Église grecque. Le rite latin. Le rite grec. || On écrit toujours rites au pluriel. Le» législateurs de la Chine firent plus : ils confondirent la religion, les lois, les mœurs et les manières; tout cela fut la morale; tout cela fut la venu; les préceptes qui regardaient ces quatre points furent ce qu'on appela les rites, montisq. Fsp. xix, 17. Les rites sont comme des guides qui nous conduisent par la main dans des routes qu'ils ont souvent parcourues ; les lois, comme des plans de géographie où l'on a tracé les chemins par un simple trait, et sans égard à leurs sinuosités, baptiiél. Anach. ch. 80. Il 2' Au plur. U se dit quelquefois des cérémonies mêmes d'un culte. Les rites du paganisme. Nos rites, nos mystères Ne peuvent point changer, ne sont point incertains. Comme ces faibles lois qu'inventent les humains, volt. Olymp. n, t. Sénéque arrive à Rome sous Auguste; il était dans l'âge de l'adolescence, au temps où les rites judaïques et écyptiens furent proscrits, la cinquième année de Tibère, wder. Cl. et Nér. i, 9. || Contre l'usage on trouve rits au pluriel. L'ancienne foi, l'ancien culte, les anciens usages, les anciens rits des chrétiens, Boss. 1" t'njlr. posl. 42. Et par des rits impurs, des fêtes criminelles Profanaient de Sion les pompes solennelles, dellile, Por. perd. i.

— ÉTYM. Lat. rt(us, rite, cérémonie religieuse, rattaché au sanscr. rîti, allure, disposition, usage, de rî. aller.

t RITARDANDO (ri-tar-dan-do), adv. Mot italien employé en musique; il veut dire en retardant, et signifie qu'on doit ralentir progressivement la mesure. Il S. m. Un rilardando. || Au plur. Des ritardando.

RITE (ri-f). I. m. Voy. bit.

RITOURNELLE (ri-tour-nè-I'), ». f. || !• Court motif instrumental mis en tête d'un air dont il annonce le chant, ou mis à la fin pour imiter ou assurer la fin du même chant. Il vous faudra trois voix, un dessus, une haute-contre et une basse, qui seront accompagnées d'une basse de viole, d'un théorbe et d'un clavecin pour les basses continues, avec deux dessus de violon pour les ritournelles, mol. Bourg, genl. il, <. Mais attends donc la ritournelle, avant de dire ton solo. M"' Sophie gay, le Maître de chapelle, 1, se. dem. || Il y a aussi des ritournelles au milieu d'un chant, pour renforcer l'expression, embellir le morceau, et donner au chanteur le temps de se reposer. |1 2° Fig. et familièrement. Répétition fréquente des mêmes choses, des mêmes idées. Conservez-vous, ma chère bonne, c'est ma ritournelle continuelle, sév. 29 avril I67i.

— REM. J. J. Rousseau, Dict. de mus. au mot rigaudon, nous apprend que, de son temps, ritournelle avait vieilli. Il est aujourd'hui pleinement usité.

— ÉTYM. Ital. ritomello, ritournelle, dimin. de ritorno. retour (voy. retour).

t RirTAGE (ri-ta-j'), ». m. Action de ritter.

f RITTK (ri-t'), ». f. Sorte de charrue sans oreilles. || Instrument dont l'effet a quelque analogie avec celui de l'exlirpaleur.

t RITTER (ri-té), t'. o. Labourer avec la ritte.

I RITTON (ri-ton), ». m. Soc recourbé en forme de sabre, dont on arme la ritte.

t BITUALISME (ri-tu-a-li-sm'), ». m. Ensemble des rites d'une église.

— ÊTYM. Rituel.

BITUALISTE (ri-tu-a-li-st'), ». m. |1 !• Auteur qui traite des différents rites. |, 2' Dans l'Église anglicane, les ritualistes, ceux qui aiment à se parer d'ornements pompeux, et qui ont tendance à se rapprocher de l'Église romaine.

— ÉTYM. Rituel.

RITUEL (ri-tu-èl), I. m. Livre qui contient les rites ou cérémonies qu'on doit observer dans l'administration des sacrements et la célébration du ser vice divin. Le rituel romain. Le rituel de Pari». C'est [dans la défense de la comédie] un prêtre, c'est un confesseur qu'on introduit pour nous assurer qu'il ne connaît pas les péché» que des docteurs trop rigoureux attribuent à la comédie; on affaiblit les censures et l'autorité des rituels, boss. Comédie, t. Elle [l'Église] condamne le» comédiens, et croit par là défendre assez la comédie : U

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décision en est précise dans les rituels, la pratique en est constante, ID. t'b. «(. || Fig. Je suis étonné qu'on n'ait pas fait de l'amitié un précepte de religion ; j'ai envie de l'insérer dans notre rituel, volt. Dial. XV, B.

— HIST. XVI* S. hitual, COTGRAVE.

— ÉTVM. La t. ritualis liber, livre rituel, derttiw, rit. RIVAGE (ri-va-j'), *. m. || !• Partie de la terre

attenant à celle qui sert de limite à une masse d'eau quelconque, mer, lac, fleuve, rivière ou ruisseau. Sera réputé bord et rivage de la mer tout ce mi'elle couvre et découvre pendant les nouvelles et pleines lunes et jusques où le grand flot de mars le peut étendre sur les grèves, Ordonn. août, (681. Les rivages, lais et relais de la mer, Code Kap. art. 638. Semblable à ces fleuves qui.... ne perdent rien de l'abondance ni de la pureté de leurs eaux , encore qu'ils aient changé de lit et de rivage, FLécK. Lamoignon. J'aurais trop de regret si quelque autre guerrier Au rivage troyen descendait le premier, bac. Iph. i, 2. Il n'y a point de riv.tge que le temps n'ait éloigné ou rapproché de la mer, volt. Moeurs, Intr. Changem. globe. Quand on est dans un bateau qui se meut avec beaucoup d'uniformité et sans secousses, le rivage et tous les lieux d'alentour paraissent se mouvoir et fuir, pour ainsi dire, en sens contraire, brissoh, Traité de phys. t. II, p. 436. Ceux qui sont sur le rivage de la mer s'imaginent qu'elle s'élève à proportion qu'ils lixent leur vue à des parties de la mer plus éloignées, ID. «6. p. 435. Tout i coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé [d'un lac] frappèrent les échos, lamaht. Médit, i, )3. ||Fig. Dieu merci.... vous voilà sur le rivage avec nous; vous n'êtes plus dans l'agitation de l'incertitude, sÉv. 30 mars (689. Dès qu'on est dans le fil de l'eau, il n'y a qu'à se laisser aller ; on fait sans peine une fortune immense ; les gredins qui du rivage vous regardent voguer à pleines voiles, ouvrent des yeux étonnés, volt. Jeannot et Colin. || Droit de rivage, octroi levé sur les bateaux qui abordent au rivage d'un fleuve, d'une rivière. || Le noir rivage, le rivage des fleuves des enfers. Ils [les arbres] iront assez tôt border le noir rivage, la font. Fabi. XII, îo. Il On dit dans le même sens : le rivage des morts, le rivage sombre. On dit... Qu'avec Pirithoûs aux enfers descendu, Il [Thésée] a vu le (.:ocyte et ses rivages sombres, hac. Phèdre, u, t. On ne voit pas deux fois le rivage des morts, m. ib. 11,6. Ili" Par extension, contrée, pays. Tantôt, comme une abeille ardente en son ouvrage. Elle [l'ode] s'en va de fleurs dépouiller le rivage, boil. Art p. II. Voyage infortuné ! rivage malheureux, Kallaitil approcher de tes bords dangereux I rac. Phèd. i, 3. Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour? lamaht. Médit. I, 43.

— HIST. xii* s. Li reis de Egypte assembla si très gmnz genz corne est le sablon qui est el rivaige de la mer, Machab. i, t ( . Demain [je] les ferai pendre (les messagers] par desur cest rivage. Ou saillir de la tour du plus hautain estage, Sax. XXVI. Il xm* s. Dame, veschi la galie qui vous atenil au rivage, Chr. de Hains, p. 8. Or prions Deu que il l'amaint [amène] i droit port et à droit rivage, Qu'en la lin se liegne por sage, Laidtt conseil. Or volons en ceste seconde partie tretier des chausies, des tonlius, des travers, des conduis, des rivages, des lialages, des pois, Liv. des mél. 275. Se hom de Paris achate vin en Grève, et il le metensoncelier, ildoit obole de rivage, ib. 30i. Malars et ennetes [femelles de canards] sauvaiges. Butors et moreillons rivaiges [de rivage]. Bat. de caresme et de charriage.

— ETYM. Provenç. et calai, rihatge ; ital. rivaggio; du bas-lat. ripaticum, rivalicus, ribaticus, qui vient du lat. ripa, rive.

RIVAL, ALE (ri-val, va-l'), t. m. et f. || V Celui, celle qui a.spire, qui prétend aux mômes avantages qu'un autre. Corrival.... est devenu vieux ; on ne dit plus que rival, qui aussi est bien plus doux et plus court, vaugel. Hem. t. ii, p. 577, danspouoENS. L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage. Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, bOiL. Lutr. v. Il sait que, le premier, lui donnaiit mon suffrage, Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux, hac. Iphig. m, 8. Quand deux amis sont dans des postes qui naturellement les rendent rivaux, il ne faut plus leur demander des preuves d'équité, de droiture, ni même de générosité, fonten. Chaielles. Nous voilà donc rivaux confidents l'un de l'autre, it concurrents de l'abbé Delille, mahmontel, Mém. Yil. Il Fig. Comme nous agissons plus d'après cas

DICT. DE Lk LANOUS FRANÇAISE.

sensations que d'après nos réflexions, les talents de l'imagination auront toujours plus d'attraits pour nous que les conseils de la raison sa rivale, barthél. Anach. ch. 80. || Sans avoir de rivaux, sans avoir personne qui partage la bonne opinion qu'on a de soi. Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux Passait dans son esprit pour le plus beau du monde, LA FONT. Fabl. i, <(. Il Adj. Les Romains et les Parthes furent deux puissances rivales, qui combattirent, non pas pour savoir qui devait régner, mais exister, iiontesq. Esp. xxi, (8. Ce fut comme nation rivale, et non comme nation commerçante, qu'ils [les Romains] attaquèrent Carthage, id. ib. xxi, I ». Il %' Particulièrement, il se dit de celui qui dispute le coeur d'une amante, de celle ()Ui dispute le coeur d'un amant. Comme entre deux rivaux la haine est naturelle, corn. Poly. m, t. Qui pourrait cependant t'eiprimer les cabales Que formait en ces lieux ce peuple de rivales? bac. Eslh. i, i. Un mari n'a guère un rival qui ne soit de sa main, et comme un présent qu'il a autrefois fait à sa femme, la brut. ilt. C'est un spectacle bien agréable qu'une rivale qui, s'humiliant à vos pieds, demande pardon et se justifie en même temps, hahilt. Gramm. xi. Dans la plupart des liaisons de galanterie, l'amant hait bien plus ses rivaux qu'il n'aime sa maîtresse, J. J. Rouss. ^m. v. || 3" Celui, celle qui est égale en œuvre, en mérite, en renom, émule. Ces deux rivaux d'Horace [Racan et Malherbe], héritiers de sa lyre, la font. Fabi ili, ). C'est le fils et le rival d'Achille, rac. Andr. ii, 5. Marseille fut d'autant plus jalouse, qu'égalant Carthage sa rivale en industrie, elle lui était devenue inférieure en puissance, mqntesq. Esp. xxi, u. Florence, rivale de Rome, attirait chez elle la même foule d'étrangers, qui venaient admirer les chefsd'œuvre antiques et modernes dont elle était remplie, volt. Mœurs, 4 86. || Sans rival, sans chose ou personne qui égale.

— HIST. xvi' s. Rivaux, que nous appelions corrivaux, pasqijier, Rech. vin, p. 684, dans lacorne.

— ÊTYM. Lat. rivalis, proprement riverain, et, comme les riveiains ont souvent dispute, rival, du lat. rivus, ruisseau.

RIVALISER (ri-va-li-zé), v. n. \\ 1" Disputer de talent, de mérite, etc. avec quelqu'un. Des couleurs de style qui auraient fait rivaliser la langue française avec celle des poêles de la Grèce et de Rome, laharpe. Cours de litt. t. xv, p. »6, dans pougens. Ces vers miraculeux Qui, citoyens obscurs de notre grand domaine, Rivalisent d'adresse avec la race humaine, delil Trois règnes, vu || Fig. I.a nature, la poésie et l'histoire rivalisent ici de grandeur [dans la campagne de Naples], stael, Corinne, xm, 4. |{ Use conjugue avec l'auxiliaire avoir. |] 8* F. a. Entrer en rivalité avec quelqu'un. Je réponds à ces princes qu'on les trompe, en les faisant regarder comme un appui une oligarchie qui les a si longtemps rivalises, comte de sëgub, Galer. mor. t. ui, p. 6, dans POUGENS.

— ÊTYM. Rival.

RIVALITÉ tri-va-li-té), ». f. Concurrence de personnes qui prétendent à la même chose. Passons sur ce point-là, noire rivalité N'est pas pour en venir à grande extrémité, mol. Oép. aux. i, i. Le ciel semble avoir balancé à dessein la rivalité martiale des Français et des Espagnols, par le génie difTérent qu'il leur a départi, le p. courbeville, dans DESKONTAiNES. Les véritables gens de lettres en France n'ont jamais connu cette rivalité hautaine et pédantesque, cet amour-propre révoUanl qui .se déguise sous l'amour de son pays, volt. Irène, Lett. Toutes les rivalités étaient entre Marie et Elisabeth, rivalité de nation , de couronne, de religion, celle de l'esprit, celle de la beauté, m. Mœurs, (69. Plusieurs célèbres écrivains, à la tête desquels étaient Fontenelle et Lamolle, et qui unissaient la philosophie aux charmes de la littérature, l'urbanité aux talents, l'estime réciproque à la rivalité, d'alemb. Éloges, Saci. || Par extension. La rivalité des armes, des talents.

— REM. On prétend que le mot rivalité est de la création de Molière, et iiu'encore n'osa-t-il le risquer que dans la bouche d'un valet.

— ËTYM. Lat. rivaiitatem, de rivalis, rival. RIVK (ri-v'), s. f. || 1° Le bord d'un fleuve, d'une

rivière, d un lac, d'un étang. Que je peigne en mes vers quelque rive fleurie, la pont. Fabi. ii, ♦. Un poêle : Halle-là ; on ne dit point en notre langue, sur la rive du fleuve, maii sur le bord de la rivière, BoiL. Fragments de dialogue. C'est un de ces captifs à périr destinés. Des rives du Jourdain sur l'Euphrate amenés, «ac. Esth. lu, 3, Ses rives.

moins riches que celles des lacs de Genive et d« Neufchâtel, j. :, ROUSS. Conf. xil. Un escarpement à pic [sur le Dnieper] s'upposa i ce qu'on prit terre; beaucoup furent rejelés sur la glace, iju'ils brisèrent, ou dont ils furent brisés ; i les entendre, le fleuve et cette rive russes semblaient ne s'être prêtés qu'à regret, par surprise et comme forcément à leur aalut, sÊouii, Uitt. de Nap. *i '■ Il ^^S- ^0 esprit ne pouvait se contenir dans ses rives, pontenelle, dans desportaini^s. || Fig. C'est une afTaire, une question qui n'a ni fond ni rive, c'est une afTaire, une question fort embrouillée. Il On appelle rive droite ou rive gauche d'un cours d'eau, la droite ou la gauche d'une personne qui est censée marcher dansie flouve,dans la rivière, etc. en tournant le dos à la source. || 2* En poésie, il se dit aussi des bords de la mer. Nous avons pour partir un vaisseau sur la rive, corn. Cin. iv, e. Et des rives du Pont aux rives du Bosphore Tout reconnut mon père, hac. Mithr. i, «. La rive au loin gémit blanchissante d'écume, m. Iph. v, e. Sur un écueil battu par la vague plaintive, Le nautonier de loin voit blanchir sur la rive Un tombeau près du bord.... lamabt. 2" Méditations, Bonaparte. Il Fig. L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive; Il coule, et nous passons, la- HART. Jf^d. i, 43. Il 8* On dit aussi quelquefois, en poésie, rive pour contrée. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager? Que ce soit aux rives prochaines, la font. Fabi. ix, ï. Le ciel porta vos pas aux rives de la France, volt. Zaire, u, 2. || 4* Chemin de halage d'une rivière ou d'un canal. |{ 5* Par extension. La rive d'un bois, le bord, la lisière d'un bois. || 6* La rive d'un four, le bord d'un four. {| Pain de rive, pain cuit sur la rive du four, et qui, n'ayant point touché les autres pains, se trouve cuit et doré tout à l'entour. Un pain de rive à biseau doré, relevé de croûte partout, croquant tendrement sous la dent, hol. Bourg, gent. iv, (. 117" Nom donné, dans les papeteries, aux bords d'une feuille de papier. |1 8* Terme de paveur. Se dit des deux faces latérales de chaque pavé lorsqu'il est placé.

— HIST. XI* s. Desur la rive sunt Franceis berbergiez, Ch. de Roi. cxcvi. || xm* s. Enfers est hideus et parfons. Il n'i a ne rive ne fons, Voie de Paradis. Trois serors sor rive mer Chantant cler, dans coLSSEMAKEii, l'Art harmonique, p. 342. Et je, qui cesle chanson fis. Sur la rive de mer, pensis. Romane, p. 45. Vous aurez, fait-il, tant deniers, Comme vous de moi vourrez prendre. Mais que vous me voeilliés ateudre i ceste rive |'de la merj, nuit et jour, Bl. et Jeh. 2438. || xv* s. Il entra en sa barge, aocompaigné d'aucuns chevaliers, et nagèrent à rive pour venir contre la Tamise sur le rivage, FROiss. II, p. ( 37, dans lacorne.

— ÊTYM. Bourg, give; provenç. et calai, rtfca. ital. rira, ripo; du lat. ripa, que Corssen (Ausspr. 2* éd. t. I, p. 534) rapporte à la racine sanscr. ri. répandre, avec un sufûie pa, comme dans stu-pa.

RIVÉ, ÉE (ri-vé,vée), pari, possède river. Don» on a abattu la pointe. Le fer de son épée est rivé par le bout, dancoort, Sancho Pança, v, (. || Fig. Fixé comme un clou dont on a rivé la pointe, en chaîné. L'eunuque rivé pour jamais à la porte où il est attaché, «ontesq. Lett. pers. 34.

•|- RIVEMENT (ri-ve-man), ». m. Action de river, Le rivement d'un clou.

— HIST. ivi* s. Rivement, cotobave .

RIVER (ri-vé), c. o. || 1* Abattre la pointe d'un clou sur l'autre côté de l'objet qu'il perce, et l'aplatir pour le fixer. || Fig. Hiver à quelqu'un son clou, faire qu'il ne puisse résister, répliquer. Quand l'un d'eux [César] De ces roches du ciel voisines Descendra, pour aller trouver Son gendre [Pompée], et son clou lui river, scarr. Yirg. n. Vous avei fort bien fait de lui river son clou ; C'est bien i faire à lui de vous appeler fou I Et vous deviez encor lui mieux laver la tête, reonard, le Distr. iv, 7. Il 2* Fig. Fixer, comme on fixe un clou. Ne craignons point de répéter ce qu'il est nécessaire de savoir; il y a des choses qu'il faut river dans la lêl» des hommes à coups redoublés, volt. Lett. d'Argental, 12 mai <76«. L'homme naît, vit. meurl avec toi : Chacun des anneaux de sa vie, 0 Christ, est rivé par ta foi, lahart. Warni. m, 5. jj River lei fers, les chaînes de quelqu'un, rendre son esclavage plus assuré. Au défaut de la foi, la politique même Ne t'apprit-elle pas à river dans le ciel La chaîne qui retient l'indocile mortel ? massok, Uelvétiens, v. Le marteau de la tyrannie Sur les autels rive nos fers, bérang. Escl gaul. On proscrit pour confisquer; et les mains des confiscaleurs,

Il — «I»

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teintes de tang, pleines d'or, rivent les fers de la nation, viuemain, Soutien, cont. les Cent-Jours, XV. HIST. XIII' s. Li pieur anemi (les pires ennemis] de tous sunt li privé, Et cil trois [ennemis] sunt i nous si joint et si rivé, El de nous décevoir siduit et abrivé.... J. de meuno. Test. U24. Audolereus giiet d'enfer Où sera pris et mis en fer, Rivés en aniaus pardurables Devant le prince des deables, la Rose, (9473. Il XV* s. Disans que les Bourguignons estoient fiers en leurs parolles, mais qu'ilz leur avaient bien rivé le clou, comm. iv, h.||xvi's. .... d'avoir si bien rivé les clous au duc de Sommerset en plain conseil d'Angleterre, leur roy présent, sur l'honneur de la nation françoise, carl. II, 6. Rivez ce clou, et alors il tiendra ferme,

PALSGR p. 690.

— ÊTYM. Berry, river le lit, replier la couverture en dedans. Diez pense qu'il vient du germanique : ancien Scandinave, rlfa; danois, rive, passer le râteau, c'est-à-dire ôler tout ce qui est saillant. Le sens n'est pas très-satisfaisant. Il y avait un autre river, en provenç. ribar, qui signifiait arriver : La barge fu moult bien rivée, Blancandin. C'est de ce river que Rob. Eslienne (Cromni. franc, p. H«, dans lacurne) faisait venir riuer «n clou; sens qui n'est pas non plus satisfaisant.

RIVERAIN (ri-ve-rin), ». m. || 1° Celui qui habite le long d'une rivière, d'un fleuve, d'un lac. Il n'y eut aucune communication suivie entre les riverains du Tibre et ceux de la Tamise jusqu'au règne de Claude, qui la soumit sans combattre, PAs- TORET, Instit. Ùém. inscr. et belles-lelt. t. vu, p. •♦*. lia» Celui qui a une propriété le long d'une forêt, d'un chemin. || 8° Se dit de ceux qui occupent les maisons bordant les rues de chaque côté. Les riverains de chaque rue sont tenus de briser la glace dans les ruisseaux, de balayer les neiges et glaces sur les trottoirs, et d'y répandre du sable, des cendres et autres matières analogues. || 4* Àdj. Les propriétaires riverains. Les propriétés riveraines. Les habitant riverains des forêts, forfait, Instil. Mém. scienc. t. v, p. 316. || 6° Terme d'histoire naturelle. Que l'on rencontre sur le bord des rivières. Les plantes riveraines.

— ËTYH. Hivere ou rivière, dont le sens propre est terre de rive.

t RIVESALTES (ri-ve-ial-f), ». m. Variété de raisin. Il Sorte (le vin muscat. Boire du rivesaltes.

— ETVM. Rivesaltes, ville des Pyrénées-Orientales. r RIVET (ri-vè), s. m. || !• Clou dont la pointe

ou l'extrémité est refoulée sur elle-même, de manière i former un clou à deux tètes qui ne peut plus soriir. Les feuilles de tôle dont sont formées les chaudières des machines à vapeur sont unies entre elles par des rivets. || i' Terme de maréchalerie. Pointe du clou broché dans le pied du cheval, rivée sur la paroi. || Noyer un rivet, l'enfoncer dans la corne.

— HIST. XV' s. Un savetier qui mettoit à point ses formes et ses rivets, froiss. ui, p. 40, dans lacurne. Nul serrurier ne pourra faire serrure dont les clefs en soient foirées ne creuses, si la broche n'est rivée à deux rivectz en couverture, Ordonn. août U89. Il XVI' s. Tirer au rivet [tirer à la courte

paille], COTGRAVE.

— ÊTVM. River.

t ï. RIVET (ri-vè), I. m. Il 1' Bord d'un toit qui se termine à un pignon. || 2° Se dit aussi des bords du fer d'un cheval.

— ÊTYM. Rive.

t RIVETIER (ri-ve-tié),ï.»n. Outilde ceinturonnier et de cordonnier, pour fairedes œillets de métal.

— ÊTYM River I.

t RIVEUR (ri-veur), «. m. Ouvrier qui enfonce les rivets sur un chemin de fer.

— ÊTVM. flii'er.

RIVIÈRE (ri-viè-r'), t. f. || 1» Cours d'eau, navigable ou non , formé primitivement soit d'une source unique, soit par la réunion de ruisseaux ou de torrents , alimenté par une ou plusieurs autres rivière» moins considérables et qui se jette luimême dans une rivière plus grande, dans un fleuve ou dans une mer, legoarant. Quelques rivières ont aussi leur embouchure dans un lac sans autre issue, ou se perdent dans les sables. De même que CCS neuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mélia dans l'océan avec les rivières les plus inconnue», soss. Duch. d'Orl. |{ La rivière est marchande, se dit d'une rivière sur laquelle peut se faire le transport des maicliandises. || !• En général, tout 'ours d'eau, plus grand qu'un ruisseau, sans considérer s'il va ou ae va pas i la mer. Il rencontra sur «00 passage Un* riviire dout It cours , Image d'un

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sommeil ooui, paisible et tranquille, Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile, la font. Fabl. vjii, 23. Les rivières sont des chemins qui marchent, et qui portent où l'on veut aller, pasc. Pens. viii, 37, édit. HAVET. Ce lieu couvert d'un bois et d'une rivière, c'est le poste où il rassurait ses troupes effrayées après une honorable retraite, flèch. Turenne. Tout n'irait que mieux. Quand de ces médisans l'engeance tout entière Irait la têleen bas rimer dans la rivière, boil. Sat. ix. Par ce calcul, on a reconnu que le tiers d'eau et de neige qui tombe sur la terre est plus que suffisant pour fournir aux fontaines et aux rivières, rollin, Traité des Et. v, art. ï et 4. Cette rivière [des Amazonesl la plus large de l'univers, buff. Hist. 7!0(. preuv. th. terr. Œuv. t. ii , p. 147. Quand on considère l'évaporation des eaux de la mer comme la source des rivières, sennebieh, Ess. art d'obs. t. n, p. 76, dans pougens. Longtemps avant de l'apercevoir [le Borysthène], nos regards le cherchèrent avec une ambitieuse impatience ; nous rencontrâmes une rivière étroite et encaissée entre des bords boisés et incultes; c'était le Borysthène qui se présentait à nos yeux avec celte humble apparence , ségur , llist. de Nap. vi, 1. Il Par exagération. Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières. Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières, boil. Sat. vi. || Cette ville est sur telle rivière, elle est située sur les bords de telle rivière. || Fig. Porter de l'eau à la rivière, porter une chose en un lieu où elle abonde. || Fig. Il ne trouverait pas de l'eau à la rivière, se dit de celui qui ne trouve pas les choses faciles à trouver. Il 8* Oiseaux de rivière, les canards sauvages et autres oiseaux qui fréquentent les rivières. || Veaux de rivière, les veaux qui sont élevés en Normandie dans les prairies voisines de la Seine. || Vins de rivière , les vins de Cham|)agne récoltés sur les bords de la Marne. ||4° Il se dit de ce qui coule comme une rivière. La rivière de feu qui tombait du Vésuve, rendue visible par la nuit, frappa vivement l'imagination troublée d'OswalJ , stael, Corinne, XIII, I. Il Fig. Grande abondance. Et fit de sang chrétien couler tant de rivières, boil Sat. xii. Un seul particulier, dans un après-midi. Perd des sommes d'argent qui forment des rivières , Et feraient subsister dix familles entières, boisst, Deh. tromp. IV, I. Il 6* Se dit quelquefois de vallées étroites et sinueuses où coulent seulement quelques faibles sources. || 6' La rivière de Gênes , la côte de l'ancien État de Gênes. Frédéric leur donne en fief [aux Génois] ce qu'on appelle la rivière de Gènes, depuis Monaco jusqu'à Porto-Venere , volt. Ànn. Emp. Frédéric l", H62. || 7° Terme de blason. Fasce ou pièce ondée du bas de l'écu. || 8° Terme de joaillier. Rivière de diamants, collier de diamants enchâssés dans des chalons. |{ Proverbe. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, en amassant peu à peu on devient riche.

— HIST. XII' s. Li reis de Egypte se tint tut coi en sa terre; car li reis de Babilonie out conquis desur lui tute la terre dès la rivière de Egypte jes(|ue el llum de Eufraten , Rois , p. 432. Aspre mestier et dur a en chevalerie; Plus soef ert assez rivière et vénerie, flou, ms, p. I2i, dans laccr.ne. Il xiil' s. [Un château qui] Entre deux grans rivières siet moull très noblement , Berle , ix. Si comme se une rivière a corrumpu le cemin qui estoit sor les rives, beaum. xxiv, 32. Or veons donques de cix qui sunt trové noie en rivières, ou en viviers, ou en fossés, ID. LXIX, 13. Ilxiv s. Ses buefs lesquels, passé le fleuve du Tybre, il faisoit paistre en la rivière qui estoit herbue, bercheure, f" 9. Celles sont tenues rivières royales qui sont chemin royal et portant gros navires, boutillier. Somme rural, n, I, p. «51, dans lacurne. Doit avoir la moyenne rivière quatorze pieds de large, à prendre les sept pieds au milieu de la rivière, et la petite rivière sept pieds, à prendre les trois pieds et demy au milieu de celle rivière, ib. tilre 93, p. 428. || xV s. [.a rivière du bassinet [haume] abatlue, attachée et arrestée, FROiss. ii , ii ,8i. Et puis, une autre journée, Sera la chasse cornée; Une autre, en rivière yray [j'irai chasser les oiseaux aquatiques sur le bord de l'eau), E. DESCH. Poésies mss. f° 200, Echo parlant, quant Druyt on maine Dessus rivière ou sus eslan, VILLON, Ballade des dames du temps jadis. || xvi' s. En petite rivière ne se prend grand poisson, COT- GRAVE. Les petites rivières ne sont jamais grandes, LEROUX DE LINCV, Prov. t. I, p. «3. Ceux [les protestants à la Saint-Barthélémy] qu'on tiainoil, non sur Ile pavé, mais sur le sang qui cerchoit la rivière, d'aubigné, Hist. II, 30.

— ÊTYM. Berry, riviie; bourg, rtneire; proveny.

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