‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 72 sur 754 · ROC (rok), t. m. Anciennement, la tour au jet d'échecs · texte numérisé non relu

ROC (rok), t. m. Anciennement, la tour au jet d'échecs

— HIST. iii* s. Il a son roc par force en roie mis, Et d'un poon a un chevalier pris, Raoïtl de C. 83. Il XIII' s. Fox, chevaliers, fierges [dames], ne ros, la Rose, 701. ||xvi' s. Il n'epargnoit (comme on dit en commun proverbe) ni roi ni roc, despeh. Contes, cxxv. Nos ennemis nous ont donné deux mauvais eschecs ayant pris nos rocs (entendant Rouen et Bourges) ; j'espère qu'à ce coup nous aurons leurs chevaliers, s'ils sortent en campagne, langue,

— ÉTYM. Prov. roc ; ital. rocco ; de rokh,' nom d^tiné par les Persans au chameau monté par des archers et, par assimilation de forme, à la tour des échecs ; elle a été jadis figurée par un éléphant portant une tour. C'est de roc que vient roquer, conservé dans le langage du jeu d'échecs.

ROCAILLE (ro-kâ-ir. Il mouillées, et non rokâ-ye), s. f. Il 1" Amas de petites pierres. Et que le poisson étourdi S'allait cachant dans les rocailles, SCABR. Virg. 1. 1|2' Ouvrage fait avec des coquillages et des cailloux incrustés dans des pierres brutes. Six masques de rocaille, à grotesque figure. Songes de l'art, démons bizarrement forgés.... la FONT. Psyché, 1, p. t7. Vous m'avez ci-devant envoyé des rocailles et coquilles pour les grottes de Versailles, Lett. etc. de Colbert, v, 334. (Jn avantcorps de logis bâti de rocailles et de coquillages, et tout couvert de gazon, lesage, Gil Blas, iv, ». Il y a, dans l'Isola Bella, des grottes en rocailles d'une grandeur et d'une fraîcheur précieuse dans la saison où l'on vient visiter ces jardins, Saussure, Yoy. Àlpet, t. VI, p. 346 dans pougens. Ahl ahl dit-il d'un ton moqueur, une rocaille et des treillages ; je m'y attendais, genlis, Vceux téméraires, t. i, p. 2A, dans PouGENS. C'est Bôllger et la manufacture de Meissen, qui ont créé le goût de la rocaille et le s;yle du dix-huitième siècle, que l'on appelle à tort le style de Louis XV, demmin, Guide de Vamat. des 'aienc. •( porcH. p. iae. || Adjectivement. Genre

ROC

rocaille. Francfort et Mayence sont deux cités gothiques déjà plongées dans la renaissance, et même, par beaucoup de côtés, dans le slyle rocaille et chinois, V. HUGO, le tthin, Lett. xxiii. || 3' Synonyme do fondant pour l'email. || 4' Nom donné, en Normandie, aux homards, langoustes et tou.'teaux, ainsi dits parce qu'on les prend dans les ruches. Vendre de la rocaille.

— F.TYM. Roc I, et la finale aille.

ROCAILLEUR (ro-kà-Ueur, H mouillées, et non

ro-kâ-yeur), s. m. Celui qui travaille en rocaille.

— ÊTYM. Rocaille.

ROCAILLEUX, EDSE (ro-kâ-lleû , lleû-z', Il mouillées, et non ro-kà-yeil, yeû-z'), adj. Plein de petits caillo.ix. L'espèce de chaussée rocailleuse que le pied du rocher formait en se prolongeant, uiDEH. Salon de (767, (Eut), t. iiv, p. (7», dans POUGENS. Une forteresse élevée et triangulaire [à Moscou], dont la vaste et double enceinte d'une demi-lieue de pourtour renfermait l'une plusieurs palais, plusieurs églises et des espaces incultes et rocailleux; l'autre un vaste bazar.... ségur, i/ivtoire de Nap. viii, ). ||Fig. Style rocailleux, slyle dur.

— ÊTYM. Rocaille.

ROCAMBOLE (ro-kan-bo-l'), î. ^. || 1* Nom vulgaire de l'ail d'Espagne (liliacées),oJitum «corodoprasum , L. reconnaissable aux bulbilles qui garnissent son ombelle, à la place des fleurs. La rocambole réveille l'appétit. || %' Fig. et familièrement. Ce qu'il y a de plus piquant dans quelque chose. X tout péché la loi qui l'interdit Est un attrait, est une rocambole, du cerceau. Poésies, la Nouvelle Eve. Le souvenir des peines passées est la rocambole des plaisirs présents, legrand, fleure d'oubli, se. 2. Il 3° Populairement. Et toute la rocambole, et tout le reste. C'est de la rocambole, c'est du bavardage.

— ÊTYM. Allem. Rockenbollen, de Rocken, seigle, et Bollen, bulbe, oignon; est-ce à cause des bulbilles comparées à des grains de seigle '/

t ROCAR (ro-kar) , t. m. Nom vulgaire du turdus rupestris (insectivores), qui est le merle rocar de certains auteurs.

t ROCCELINE (ro-kse-li-n'), s. f. Terme de chimie. Principe extrait du roccella tinctoria, Achar.

t ROCCELLE (ro-ksè-i'), s. f. Genre de lichens ayant pour type \e roccella tinctoria, dit orseille des Canaries, plante tinctoriale dont on extrait l'orseille, et qui nous est surtout expédiée des Canaries et des Iles du Cap Vert.

— ÊTYM. Rocca, roche : plante croissant sur les rochers.

f ROCU (rok), t. m. Nom d'un saint né à Montpellier en 4 296 (en latin, jRaco, Raconis) ; atteint de la peste, il se réfugia dans une forêt où il allait succomber s'il n'y avait été découvert par le chien d'un gentilhomme. || C'est saint Koch et son chien, se dit de deux personnes qui sont toujours -".nsemble. Il Donner des bénédictions de saint Roch, maudire quel<i|u'un, ou en dire du mal.

f ROCUAGE (ro-cha-j'), s. m. Action de rocher.

— ÊTYM. Rocher a.

t ROCHAO (ro-chô), ». m. Un des noms vulgaires du spare clavière, ainsi dit parce qu'il se tient dans les roches.

t. ROCHE (ro-ch'), î. f. Il 1° Bloc considérable de pierre très-dure, en masse ou isolée. Je cours longtemps en vain ; mais enfin, d'une roche. J'en découvre le tronc [du corps de Pompée] vers un sable assez proche, corn. Pomp. v, i . Tant qu'une fontaine se conserve dans son canal, telle qu'elle est sortie de la roche qui lui a donné sa naissance, Boss. 4' sermon, Profeaion, Préambule. De l'autre côté du Capitole est la roche Tarpéienne ; au pied de cette roche l'on trouve aujourd'hui un hôpital appelé l'Hôpital de la consolation, stael, Corinne, iv, 4. Les Gaulois se retirèrent |de Rome].... ilsavaient peu d'intérêt de conquérir la roche du Capitole, lévesque, Instit. Jfi'm. sc.mor. etpol. t. tu, p.228. Il Les marins ne disent pas roc ou rocher, mais toujours roche. || Eau de roche, eau qui sourd d'une roche et qui est très-limpide. Clair comme de l'eau de roche. {] Fig. Il y a anguille sous roche, voy. ANGUILLE. Il Fig. Cœur de roche, cœur dur, insensible. Avec ce beau visage avoir le cœur de roche! CORN. Suivante, m, 2. Et son cœur, croyez-moi, n'est point roche après tout, mol. l'Ét. m, 2. j| De roche se dit aussi quelquefois pour indiquer la constance, la fermeté. Et bien, où maintenant est ce brave langage? Cette roche de foi'f cet acier de courage? halb. i, 4. Dites-moi qu'elle est sans reproche, Que sa constance est une roche, ts. t, 23.

ROO

Il I* Terme de minéralogie. Il sa dit des substances minérales considérées en masse. Roches volcaniques. Le schiste est une roche feuilletée. Les premières et les plus hautes montagnes, qui tiennent, par leur base, à la roche intérieure du globe, buff. Add. théor. terre, (Euv. t. xii, p. 447. || Roches aqueuses, roches formées par les matières que les eaux ont déposées. Il Roche molle, se dit des cayes. |l Roche noii e, se dit quelquefois des basaltes, des traps et des roches de serpentine. || Roche morte, nom que donnait BufTon au roc vif qui a perdu sa dureté et sa consistance par l'impression des éléments humides à la surface de la terre, Min. t. i, p. 66. || Terme de géologie. Masses minérahs de la croûte terrestre, qu'elles soient molles ou qu'elles soient pierreuses; le sable et l'argile sont compris sous cette dénomination. Il 8' Pierre de roche ou, simplement, roche, pierre la plus dure d'une carrière. Les fondations sa font avec la pierre de roche, avec la roche. || 4" Roche d'émeraudes, de topazes, etc. roche contenant des émeraudes, des topazes, elc. |l Turquoises de la vieille roche, turquoises qu'on retire de l'ancienne mine, par opposition à turquoises do la nouvelle roche, lesquelles proviennent de mines plus récemment découvertes et qui sont moins belles et moins vives. Il Fig. Un homme de la vieille roche, un homme d'une probité antique, d'une vertu éprouvée. Dieu, non pas des nouveaux venus, Mais un dieu de la vieille roche, scabr. Virg. vu. Balzac, Voiture, Corneille, Racan, Chapelain, Desmarets, d'Ablancourt et les autres académiciens de la vieille roche, phretière, Factums, t. 1, p. (os. Il n'y a point d'esprits ni de cœurs sur ce moule [l'archevêque d'Arles, qui venait de mourir].... il n'y en a plus de cette vieille roche, sÉv. 18 mars I68». (Bignon) C'était un magistrat de l'ancienne roche pour le savoir, l'intégrité, la vertu, la modestie, st-sim. 43, 256. Les gueux de la vieille roche, ceux qui se font un point d'honneur de marcher sur les pas de leursancêtres, qui les ont élevés dans la gueuserie, lrs»GE, Cuxm. d^Alf. m, 1. Il Noblesse de la vieille roche, de vieille roche, noblesse ancienne. || Amis de la vieille roche, amis sûrs, éprouvés. || 5° Cristal de roche, pierre transparente, qui est une cristallisation du quartz, ou de la silice pure. |{ 6' Gravier que l'on trouve dans une pierre précieuse. Il Masse de pierres à cliaux ou de tuiles qui se sont collées ensemble par l'action du feu. || 7" Sorte de fontaine faite en rocaille. || 8" Fromages de roche, fromages ronds du poids de deux livres, que l'on tire de Roanne.

— HIST. xi* s. Les roches bises, les destreiz merveillus, Ch. de Roi. lxiv. || xii' s. Chi tresturnad la pierre en estangs d'ewes et la roche en fontaines? Liber psalm. p. <76. || xm' s. Au Seigneur qui delà roche fist sordre eve ou [au] desort, Psautier, f' 79. A esgardé, si a choisi [vu] Trois cens hermiles et molt plus, Ki en la roke là desus Menoient vie d'ermitage, GUI DE cambrai, Barl. et Jos. p. I3I. Et après cou n'orent guieres nagiet, quant li vens les porta à une roche et pcçoia toute la barge, Chr. de Rains, p. 47. De celle place là où les 'Turs estoient, descendoit une roche taillée en la cité, joinv. 276. Sire, la haute roche que tu as esgardée. C'est une fermeté qui moult est redoutée, du cange, rupis. Il XIV s. L'endemain s'en revont par ces eslroits sentiers. Plains de roiches, d'espines, de ronces, d'esglantiers, Girart de Ross. v. 2J87. Icellui Jehan avoit trouvé ladite exposant en sa roiche ou cave, DU GANGE, roco. Il XV' s. Il arriva en une roche [montagne] en laquelle avoit une petite chapelle, Lancelot du lac, t. m, f° m, dans lacurne. ;|ivi' s. Des roches haultaines, marot, i, 222.

— ÊTYM. Provenç. roco, rocha; espagn. roco; portug. rocha; ital. rocct'o et rocco; bas-lal. rocca, dans un texte de 767, où il paraît signifier une retraite parmi le? roches : muUas roccas et speluncas conquisiiit. Le mot se trouve dans le celtique : bas-bret. roc'h; gaêl. roc, roc; kymri, rhwg, quelque chose de proéminent. Il se trouve dans l'anglais : rock. On a voulu le tirer de roc, ancien nom delà tour aux échecs (voy. roc 2); mais il est trop ancien pour cela. D\e/. propulse, par conjecture, une forme rupeo, dérivée du latin rupes, rocher, qui rendrait raison de l'ital. roccia, et une forme rupica qui rendrait raison de rocca. Mais, vu la présence du mot dans tous les dialectes celtiques, on peut croire que c'est de li qu'il vient dans les langues romanes.

t 2. ROCHE (ro-ch'), s. f. || !• Un des noms du borax impur. || Terme d'artillerie. Roche à feu, artifice d'une combustion lente destine à iiicendier; on en place dans des projectiles creux. || >* Alun da

ROC

roche, alun de Syrie, i. est en masses transparentes et à cassure vitreuse.

ÊTYM. Hache, en arabe rakka, nom moderne

de la ville d'Êiipsse, d'où l'on tire l'alun de roche et sans doute aussi le borax dit roche.

t. ROCIIEU (ro-ché; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l'i se lie : des ro-ché z escarpés; au XVI' siècle, Palsgrave, p. 63, écrit rochier et prononce l't et l'r), s. m. || 1" Masse de pierre, ordinairement élevée et escarpée. Le pied d'un rocher. Comme un oiseau ravissant qu'on irait chercher parmi ses rochers et dans son nid, BOss. Mar.-Thér. Les cris que les rochers renvoyaient plus affreux, BAC. Kilhr. il, 3. Ariane aux rochers contant ses injustices (de Thésée], ID. Phèd. I, t. Sur un rocher désert, l'eltroi de la nature, Circé, pâle, interdite et la mort dans les yeux.... j. b. rouss. Cantate, Circé. Cette Samolhrace, qu'on appelle aujourd'hui Samandrochi, est un rocher recouvert d'un peu de terre stérile, habitée par de pauvres pêcheurs, VOLT. Dict. phil. Samolhrace. Ce rocher, qui est impénétrable au fer de vos instruments, est un crible percé de plus rie trous qu'il n'a de matière, ID. Dict. phil. Apparence. X environ neuf kilomètres de Tcbi-el-Minar l'ancienne Persépolis, on voit des figures gigantesiiues sculptées en demi-relief sur un rocher taillé à pic dans toute sa hauteur, HONGEZ, Inst. Mém. lill. et beaux-arts , t. iv, p. 193. L'Ile d'Ormus, à l'embouchure du golfe Persique, paraît être un rocher de sel, al. bbongniart, Traité de min. t. I, p. (33. ||Fig Parler aux rochers, parler à des gens qui ne sont point touchés de ce qu'on dit. J'eus un aveu formel sur chaque article ; toutefois je parlais aux rochers, st-sim.3(i4, si*. || Kig. Coeur de rocher, 9 me de rocher, personne dure, insensible. Parler de l'byménée à ce coeur dérocher.... cobn. Uél.i, I. Une âme de rochcrne s'en fût pas sauvée. Tant elle avait d'appas... iD.(e Hent. ii,6. || Fig. Un rocher, une âme insensible. Je suis plus rocher que vous n'êtes, De le voir, et n'être pas mort, malh. v, 20. Non que j'espère encore amollir ce rocher Que ni respects ni vœux n'ont jamais su toucher, corn. Perthar. iv, i. J'ai peint votre respect, votre amour, votre ennui; Mais le plus dur rocher est moins rocher que lui, botr. Antig. v, 2. || Fig. et familièrement. Faire fendre les rochers, être très-pathétique. Nous nous écrivions d'un pathétique à faire fendre les rochers, J. 3. Bouss. Conf. I. Il 2' Rocher artificiel, amas de pierres qui imite un rocher naturel. || 3* Il se dit quelquefois d'une citadelle située sur un rocher, sur une montagne. Un seul rocher ici lui coûte plus de têtes.... BAC. Alex. Il, 2. || 4* Terme de marine. Petit îlot. Il 6° Rocher d'eau, fontaine qui figure un rocher. || 6" Terme d'anatomie. Une des trois portions de l'os temporal, ainsi dite à cause de sa dureté. Il 7° Terme d'alchimie. Rocher des philosophes, fourneau chimique. || 8" Genre de coquilles univalves (synonyme de murex). || Rocher trompette, un des noms vulgaires du triton émaillé, qui était le murex triton de Linné, dit aussi trompette marine et conque de triton (mollusques). || 9" Masse de mousse qui s'étend sur la bière quand cette liqueur commence à fermenter. || 10° Rocher de confitures, assemblage de plusieurs filets confits d'écorce de citron et d'orange.

— HIST. xu* s. Rochiers e derubes [précipices] esteient merveillus puignanz et tranchanz, par unt Jonathas dut venir al ost, Rois, p. 45. || xvi* s. Ceuimesmes qui estoient tombez du rocher retournèrent à l'eschalade, d'aub. Ilisl. ii, 264. Elle [la baleine] va errant çà et là, et souvent se froissatit contre les rochiers, comme un vaisseau qui n'a point de gouvernail, mont, il, <»5.

— ÊTYM. Rocher représente une forme latine roccarius, de mcca, roche; provenç. rochier, rocat.

f 2. ROCHER (ro-ché, v. a. || 1* Environner de borax les parties qu'on veut souder. {| 2" V. n. L'argent roche, se dit lorsque, laissant refroidir à l'air l'argent qui a absorbé de l'oxygène, au moment de !a solidification du métal, le gaz, en se dégageant, détermine une projection d'argent qui se solidifie en formant une sorte de végétation. || 8* Mousser, en parlant de la bière qui fermente, par assimilation avec le rochage de l'argent.

— ÊTYM. Jloche î.

t ». nociIKR (ro-ché), *. m. Nom donné en Normandie aux ovaires des poules. Une cuisinière dit qu'une poule qu'elle a vidée a le rocher bien garni.

— ÊTYM. Se rattacherait-il àroyue, œufs de poisson? I . HOCHET (ro-chè ; le ( ne se prononce pas et ne

lelie pas; au pluriel, l'i se lie : des ro-chè-z écla- Itnls; rochcts rime avec traits, succès, paix, etc.) f. m. Il 1* Surplis i manches étroites, que portent les

ROC

évéques et plusieurs autres ecclésiastiques. Tu dors! attends-tu donc que, sans bulle et sans titre. Il [le chantre] te ravisse encor le rochet et la mitre? boil. Luir. I. M. d'Embrun se .soutint très-dignement contre la prétention du nonce Altoriti, qui lui disputa l'Excellence et le rochet découvert devant lui, ST-siM. 46, 27. Dammartin, le voyant un jour [le cardinal B.alue] en rochet et en camail faire une revue, dit au roi (Louis XI] : Sire, je vous supplie de m'envoyer à Èvreui ordonner des prêtres, DU- CLOS, Œur. t. Il, p. 371. Les profès [chez les jésuites] ont renoncé à toute dignité ecclésiastique ; ils ne peuvent accepter la crosse, la mitre ou le rochet que du consentement du général, dider. Opin. des anc. philos, (jésuites]. \\i° Les rochets, les évêques. Je me flatte que le triste événement de la mort de M. le Dauphin arrêtera, pour quelque temps, la guerre des rochets et des robes noires [Iss, parlementaires], VOLT. Lett. Damilaville, 28 déc. 1765. Il 3° Se dit des mantelets de cérémonie des pairs d'Angleterre.

— HIST. XIII* s. Et puis li tiesti on le rocket qui est blans, qui senefie caastet [chasteté], Chr. de Rains, p. )ù4.||xiv*s. Lequel Thevenin lui [à cette femme] dessira son roquet ou cotte, qu'elle avoit vesiue pour aler aus champs, du cange, rochelum. || xv* s. Par dessus celte cotte elles avoient en manière de rochet de Brabant un gentil habillement de si fine toile qu'on voyoit la cotte cramoisie parmy, math, de couci, tlist. de Charles VII, p. 67», dans LACiRNE. |l XVI* s. Pourtant, prelatz, tournans à Dieu voz faces. Convertissez vos roquetz en cuyraces, j. mahot, v, 64. Leur roquet [des Parques] pendoit jusqu'aux hanches, bons. 368.

— ETYM. Bcrry, rochet, blouse, petit manteau; bourguig. riicM, vêtement de vigneron ; espagn. requête; ilal. roccfteHojdiminutifdu bas-lat. rocxis, qui vient du germanique : anc. h. allem. hroch,rocch, allem. mod. Rock, robe, casaque ; comparez froc.

2. ROCHET (ro-chè), s. m. || 1* Terme de mécanique. Roue à rochet, roue garnie de dents recourbées. Il a° Bobine sur laquelle on dévide la soie, le fil d'or, etc. Ne pourront les maîtres teinturiers défaire ni diviser les pantines de soies crues ou teintes mais les rendront en la forme qu'ils les auront reçues.... même les rochets et bobines sur lesquelles elles seront dévidées, lesquels rochets seront à cet effet marqués par le maître auquel les dites soies appartiendront, Règlem. sur les manuf. août 1669, Teinturiers en soie, laine et fil, art. 85. Il 3° Terme d'horlogerie. Roue dont les dents ressemblent à celles d'une crémaillère de cheminée. Il 4" Terme de rubanier. Petit instrument de bois avec des rebords à chaque bout, sur lequel les rubaiiiers mettent leur soie. || 5° Anciennement. Arme du genre de la dague.

— HIST. XIV" s. Car il l'ataint dessous l'oye De son bon rochet bien tempré, Chaslel. de Couci, y. 1656. Ij XV" s. Et y esloit le duc Jehan, lequel feit peindre.... deux lances, dont l'une avoit fer de guerre et l'autre fer de roquet, fenin, (407. Il XVI* s. [Extrémité dentée d'un ressort courbe, dont les dents sont arrêtées par un cliquet] b, le resort qui poise sur la gaschette et arreste les dents du rocquet, paré, xvii, i 2. Les lances avec lesquelles l'on jousloit en ces tournois, avoient des rochets ou mornes rondes, plus larges que la paulme de la main, semblables à celles que les bateliers ont au bout de leurs longues piques, lorsqu'ils joustent sur la rivière de Seine, lacolombj3re, Thédt. d'honneur, t. i, p. 233, dans lacurne.

— ÊTYM. Probablement de l'anc. haut-allem. roMO, ail. mod. Rocken, fuseau; ainsi dit par assimilation de forme.

t ROCHETTE (ro-chè-f), t. f. Espèce de soude qui vient du Levant.

— ÊTYM. Diminutif de roche i.

j ROCHEUX, EUSE (ro-cheil, cheû-z'), ad;. Terme de géologie. Qui est couvert de rochers, de roches. Il Les Montagnes Rocheuses nom d'une chaîne de montagnes, dans les Ëtî.*s-Unis.

— ÊTYM. Roche i.

t 1. ROCHIER (ro-chié), adj. Voy. faucon.

t 2. ROCHIER (ro-chié), s. m. Le scyllion catule, poissons sélaciens, dit aussi chat-rochier et petite roussette.

— ÊTYM. M. Roulin, remarquant que ce poisson n'habite pas parmi les roches, conteste que le nom en vienne de roche i , et le rattache à l'allemand rauh, signifiant rude, la peau de ce poisson étant recherchée pour polir à cause de sa rudesse. Il se pourrait aussi (lue rochier tint à l'allemand Roche, la raie.

' t KOCUOIR (ro-choir), s. m. Petite boîte dans

ROD

laquelle les ouvriers fondeurs ou les serruriers mettent le borax.

— ÊTYM. Roche 2.

ROCK (rok), I. m. Oiseau gigantesque et fabuleux dont parlent les Mille et une Nuits (arabe, rokh). L'une d'elles [statues] aune tête d'aigle, et il nous paraît très-vraisomblablc qu'elle nous offre l'image vulgaire du nnsrokh, l'aigle tout-puissant, divinité primordiale de la théogonie assyrienne, le prototype de l'oiseau fabuleux des contes arabes, de cet aigle gigantesque qui a conservé le nom de rock, finale du nom primitif de ladivinité oubliée, saulcy, le Musée assyrien du Louvre , dans la Revue det Deux-Mondes, 1847, t. xx, p. 457.

t ROCOCO (ro-ko-ko), adj. invar. Le genre rococo, ou, substantivement, le rococo, style d'architecture, d'ornementation, d'ameublement, qui régna en France dans le xviii* siècle, caractérisé par les façades hérissées, courbes, et frontons recourbés et brisés, par la profusion des ornements insignifiants, par la préférence donnée aux rocailles, par les guirlandes de fleurs enlacées d'une manière affectée. Me permettra-t-on un mot bas? le Bernin fut le père de ce mauvais goût désigné dans les ateliers sous le nom un peu vulgaire de rococo, a. beyle. Promenades dans Rome, t. i, p. 244. || Fig. Il se dit de ce qui tient aux vieilles traditions, aux vieilleries. Rien n'est plus rococo.

— ÊTYM. Mot formé de rocaille, à cause de la rocaille qui figurait dans le rococo.

ROCOU (ro-kou), s. m. Pâte sèche et dure, brunâtre à l'extérieur et rouge au dedans, en mottes d'un kilogramme environ, enveloppées de feuilles de rcseau ; elle est préparée par fermentation avec les semences du bixa orellana en Amérique 5 cette matière colorante est employée pour teindre en jaune ou en jaune orangé la soie et quelques produits. Il On dit aussi roucou. On a dit rocourt, raucourt et même rancourt. La couleur du rocourt étant plus chère et n'étant si belle ni si assurée que celle qu'on peut faire avec la bourre... parce que c'est une drogue étrangère, Instruct. génér. pour la teinture, 18 mars 1671, art. 142. |{ 8° Il se dit aussi quelquefois pour rocouyer.

t ROCOUfi, ÉE (ro-kou-é, ée), port, passé.

f ROCOlIEU;ro-kou-é), v. a. Teindre enjauneavec du rocou. Il Se rocouer, t).r^/l. Se teindre, se colorer avec du rocnu. Les sauvages aiment à se rocouer.

t ROCODEUIE (ro-kou-rie) , s. f. Exploitation où l'on produit le rocou.

tROCOUIER ou ROCOUYER (ro-kou-ié), f. m. Arbre qui produit le rocou (bixinées).

■f RODAGE (ro-da-j'), s. m. Terme d'opticien Rodage à l'émeri, polissage d'une pièce de terre qui se fait à l'émeri.

— ÊTYM. Roder.

t RODER (ro-dé) , t). a. Frotter deux pièces de métal ou de cristal l'une sur l'autre, pour qu'elles s'adaptent exactement. Les parties rodées et frottantes sont maintenues à une température convenable, Acad. des scienc. Comptes rendus, t. Lvi, p. 617.

— ÊTYM. Lat. rodere, ronger.

RÔDER (rô-dé), v. n. || 1° Aller, courir çà et là. 11 [Anchise] m'a suivi malgré son âge Par tous les lieux où j'ai rôdé, scarr. Yirg. vi. Toute la nuit il rôde ainsi qu'un loup-garou, Il ne nous permet pas de fermer la prunelle, begnard. Fol. am. l, 1. 1| Activement. Collinet, plus que jamais, rôda les rues avec un vêtement fort riche, qui ne le faisait prendre que pour quelque baron, Francion, vi, p. 246. Depuis plus de vingt ans je rôde l'univers, Où je fais admirer l'effet de mes concerts, regnard, le Bal, 7. Eugène de Savoie, sorti de France depuis un an ou deux, rôdant l'Europe sans obtenir d'emploi nulle part, st-sim. 4i, 23;i. || 2° Aller çà et là, avec l'intention d'épier, de chercher. Et moi. Morille, je rôdais autour d'ici, pour voir si je pourrais te rencontrer, hauterocue. Cocher supp. se. 1. Le voilà qui vient rôder autour de vous, mol. G. Dand. n, 4. Les Écritures nous le dépeignent [Satan] comme un ennemi toujours vigilant qui rôde sans cesse aux environs, pour tâcher de nous dévorer, boss. i" sermon sur les démons, 2. 11 y a assez longtemps que je rôde autour du Parna,sse, boursault, iell. nouv. t. Il, p. 287, dans POUGENS. Alors, battant ses flancs, la lionne inhumaine Quitte ses lionceaux et rôde dans la plaine, delil. Géorg. ui. || 3° Terme de marine. Rôder sur son ancre, se dit d'un bâtiment qui, étant mouillé dans un courant violent, se meut de part et d'autre de la direction du courant, en manœuvrant convenablement son gouvernail. || Il se conjugue avec l'auxiliaire aeotr.

— HIST. XV" s. Après qu'ilz eurent tous soupe e»

ROD

ROG

ROG

)oué et raudè les ungs avecques les autres, du canok, eollatio. Atant se mist le loy à chemin tout courant, affin que Norliot ouyst; mais peu leur valut, car toute la nuit raudiient sans en avoir nouvelle, Perceforesl, t. vi, ^ 107. Elles s'esbaltenl et se raudent ensemble, Les quinze joyes du mariage, p. (26. Ainsi se raudent et moquent du bon homme, t'b. p. 428. Il XVI' s. Il s'en alla rodant à l'entour des isles de Oos et de Gnidos, amïot, Àlc. Be. Nous n'allons pas; nous rodons plustost, et tournoyons çà et là sur nos pas, mont, iv, U. Aprez avoir rodé le» yeuli par tout, je me trouvai en pourpoinct, id. IV, 206. Il avoit huit galères qui raudoient par toute cette mer, carl. i, 7. Il avoit raudé tout ce p;ûslà, par plusieurs fois, pour mieux en recognoisire les advenues, id. v, 1 1, Pour courir à clos yeux aux hasards de la guerre. Chercher toutes les mers, rauder toute la terre, desportes, Élégies, i, ii. Te baille ton pore exhibition à l'université pour aller rauder de nuyct? palsgb. p. B70.

— ÊTVM. Génev. se roder; picard, raudir, rôder; provenç. rodar, rogar, rouler, tourner, arrondir, rôder; espagn. et portug. rodar: ital. rotare; du lat. rotare, tourner, de ro(o (voy. boue). Cette étymologie est assurée par la phrase roder les yeux, de l'historique. Seulement il faut remarquer que rôder provient d'une influence provençale ou du moins des contrées avoisinant la langue d'oc; la forme vraiment française est rouer ou roer : iv" s. Se aucun vient de nuit en nostre jardin, ou roer entour notre hoslel, du cange, rotulare.

f RODET (ro dè),s. m. Sorte de roue hydraulique.

RÔlUiUR (rô-deur), «. m. Celui qui rôde. Un rôdeur de nuit. Il Adj. Son piège [du fourmilion] est tendu à tous les petits insectes rôdeurs; et malheur à celui que son imprudence entraîne dans le précipice I bonnet, Contempl. nat xii, 42.

— HiST. xvi* s. Rôdeur, cotgrave.

•w ÉTVM. Hôder.

] ROUILARD (ro-di-lar) ou RODILARDDS (rodi-lar-dus'), s. m. Nom d'un chat dans les Fables de la Fontaine. Un chat nommé Rodilardus, la font, Fcibl. II, 2. Dès l'abord, leur doyen (des rats], persOLte fort prudenie, Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard, Attacher un grelot au cou de Rodilard, id. ib. ii, 2.

— HiST. xvi* s. Le voyant ainsi esmeu.... egratigné des grypbes du célèbre chat Rodilardus, rab. IV, 67. La bataille fantastique des grands roys Rodilardus et Croacus,traduction du latin d'ElisiusCalen tins.

— ÉTYM. Lat, rodere, ronger, et lardum, lard.

f RODOIR (ro-doir), s. m. \\ l' Instrument servant à opérer le rodage. || 2» Instrument employé, dans la fabrication des vis, pour unir le dessous de leur tête. || 3" Petit tonneau dans lequel on lustre et arrondit les grains de plomb. j| Cuve de tanneur qu'on appelle aussi coudiet.

— ÉTVM. Roder.

] RODOLPHINES (ro-dol-fi-n'), adj. f. pi. Tables rodolphines, tables du mouvement des planètes, dédiées par Kepler à l'empereur Rodolphe. On dit aussi Tables rudolphines.

ROUOMONT (ro-do-mon), s. m. Terme familier. Fanfaron qui vante sa bravoure, pour se faire valoir et se faire craindre. C'e^t un rodomont. Le cavalier qui faisait tant le rodomont se nommait don Luc do Ribera, lesage, Guzm. d'Alf. vi, t. En partant pour la guerre. Un rodomont fait peur, pannard, Œuv. t. m, p. Ï4I. Il Celui qui parle, agit avec hauteur comme s'il était au-dessus des autres. J'ose dire qu'il n'y a guère de gens à qui il convienne moins qu'à Terlullien de faire le rodomont. Analyse de Bayle, t. i, p. 24 9. Il faut que je sois bien possédé du démon. Pour souffrir les hauteurs d'un pareil rodomont, destouch. Glor. m, to.

— HIST. XVI' s. Ils [les Espagnols] sont tous rodomones de piafe encore que gars de courage pour la pluspart, Pèlerin d'amour, t. ii, p. 7i7, dans lACURNE. On l'appeloit en Piémont un des rodomones de là [brave militaire], brant. Dames gai. t. il, p.

261, dans LACURNE.

— ETYM. Rodomont, personnage créé par le Boiardo et adopté par l'Ariosle, et qui est renommé par sa vaillance et son caractèie altier et insolenl dans Ips guerres fictives de Charlemagne et des Sarrasins d'Afrique. Le Boiardo le nomma d'abord Rotomonle, signifiant, d'après Scheler : qui roule des montagnes, de rotare, rouler, etmor.le, montagne.

RODOMONTADE (ro-do-mon-ta-d'), s. f. Parole, langage de rodomont. Entre toutes ces rodomontades et autres que chacun inventait pour plaire à cet homme [Xeriès marchant contre la Grèce] , UJiUi. le TraiU du bienf. de Sénèque, vi, 34 . Elle

[une favorite] répondit avec une flerti digne de sa nation [espagnole] et du pays d'oil nous sont venues les rodomontades.. .. balz. De la cour, t dise. Il faut l'avouer, la philosophie est bien fanfaronne ; ses armes sont plus dures et plus luisantes qu'elles ne sont fortes; tous ces grands mots do Sénèque ne sont que des rodomontades d'un Espagnol qui était longtemps avant Rodomont, costar, t. I, Leit. »4, dans RICHELET. La roi (Louis XI], qui n'employait jamais de rodomontades, et qui les craignait encore moins, duclos, Œuv. t. m, p. 46.

— HIST. XVI' s. Rodomontade, cotgravb. Rolomontade, monet, Vict. J'accuse , aux querelles, ceulx qui bravent ot se mutinent sans partie ; il faut garder ces rodomontades où elles portent, mont, m, (46. Les rodomontades espaignoUes, certes elles surpassent toutes les autres , de quelque nation que ce soit; d'autant qu'il faut confesser la nation espaignoUe.... fort prompte d'esprit et de belles paroles prononcées à l'improviste, brant. Discours d'aucunes rodomontades.

— ÉTYM. Rodomont.

f RODOUL (ro-doul), s. m. Voy. bedoul.

I ROFFRIR (ro-frir), V. a. Il se conjuguecorame offrir. Offrir de nouveau. || Se rofTrir, v. réfl. Se présenter dis nouveau. Oserai-je jamais me rofïrir à sa vue? LA font. Cruche.

— ÉTVM. Re..., el offrir.

ROGATION (ro-ga-sion; en vers, de quatre syllabes), s. /■. Il 1' Terme d'antiquité romaine. Projet de loi présenté au peuple. Tiberius Gracchus fit ordonner qu'on les prendrait (les juges] dans l'ordre des chevaliers : changement si considérable, que le tribun se vanta d'avoir, par une seule rogation, coupé les nerfs de l'ordre des sénateurs, montesq. Esp. II, (8.112° Àuplur. Terme de liturgie catholique. Prières publiques et processions pour les biens de la terre, pendant les trois jours qui précèdent l'Ascension (il s'écrit avec une majuscule). Aujourd'hui ils m'ont donné un si magnifique repas en maigre à cause des Rogations, que le moindre poisson paraissait la signora Balena, sÉv. 429. J'ai toujours remarqué que les prières des Rogations n'étaient bonnes à rien, qusnd l'année était mauvaise, volt. Lett. Ume de Si Julien, 29 mai (776. Il Proverbe. Telles Rogations, telles fenaisons.

— HIST. xni' s. Si revendras après la pasque, Le joedi de revoisons, Ren. <3i93. Mult ert la dame en croisons, Tant com duroient rouvoisons, ruteb. II, (78. Ilxiv s. Â la rogasion [demande] du roi de Navare, Chron. de St Denys, t. u, f° 207, dans LACURNE. Il XVI' S. Après pasques et les rogations, fy de prestre et d'oignons, cotgrave.

— ÉTYM. Poitev. ies rouîons; provenç. rogaxo, roaxo; espagn. rogacion; ital. rogaxione ; à\x lat. rogalionem, de rogare, demander, iiui, dans l'ancien français, avait donné rover, et qui se rattache à i-çiéyu>, sanscr. rij, s'étendre vers, désirer.

ROGATOIRE (ro-ga-toi-r'), adj. || 1° Terme d'antiquité romaine. Qui concerne une rogation. || 2° Terme de procédure. Commission rogatoire, commission qu'un juge adresse à un autre juge, pour l'inviter à faire quelque acte de procédure dans l'étendue de son ressort.

— f.TYM. Voy. ROG.ATION.

ROGATON (ro-ga-ton), s. m. || 1' Terme familier. 11 s'est dit par plaisanterie pour requête, supplication. Scarron a fait quelques rogatons en vers: Kogaton à M. de Lionne pour être payé de sa pension. Il Un porteur de rogatons, celui qui porte des vers, des sonnets, des placets à de grands seigneurs pour t&cher de tirer d'eux quelque présent. || 2° Par extension, en termes de littérature, petits ouvrages de rebut. Lorsqu'à Pluton le messager Mercure Eut apporté le Banquet de Platon, 11 fit venir le maître d'Épicure, Et lui dit : tiens, lis-moi ce rogaton, j. B. Rouss. Épigr. i, (6. J'ai demandé à Marin si je pouvais vous faire tenir par lui le six et septième volume des rogatons alphabétiques [Dictionnaire philosophique] que je vous prie de mettre dans votre bibliothèque, volt. Leil. d'Alembert, (4 nov. (77(. Je vous supplie, mon cher ami, de donner à Thiriot les rogatons de vers qui sont dans le paquet ; cela peut servir à sa correspondance, ID. Lett. Damilaville, 9 oct. (707. || 3° Bruits de ville, nouvelles du jour, de peu d'importance. Vous savez comme j'aime à ramasser des rogatons pour vous divertir, sÉv. (4 oct. (676. Sa curiosité sera pleinement satisfaite; il avait reçu sur ce sujet mille rogatons qui ne valaient rien, ID. 4 janv. (690. Il 4" Petites choses bonnes à manger. Te voilà ravi.... d'emplir tes poches de cédrat, de pistaches et d'autres rogatons, dont tu farcis la pauvre fille, malgré

qu'elle en ait, hamilt. Gramm. 4. || S* Restes dr viandes. Ce mendiant avait sa besace pleine de rogatons. |{ Plat composé de choses qui ont déji été servies. Il ne nous a donné à dtner que des rogatons. Il Par extension etavec un sensde dénigrement qui est le plus ordinaire. Remarquez que tous ces musiciens étrangers appelés pour enrichir le répertoire académique (de l'Opéra) nous apportaient des rogatons déjà servis sur les tables de nos voisins, CASTIL blaze, Acad. de musiq. n* xix.

— HIST. xiv* s. Jehan du Parc, lequel estoit porteur de rogaton en la cour de l'oflicial de Constances, Lett. de remission, dans lachrne. Icellui bastard fist semondre par un rogaton le suppliant en l'evescliié du Mans, du canoë, rogatum. || xvi' s. J'en reviens à ce mot, lequel appelle porteurs de rogatons ceux que Maillard nomme porlatores reliquiarum et inàulgentiarum et bullalores, H. est. Apolog. d'Ilérod. p. 65, dans LACURNE. Appelez porteurs de rogatons, pour ce qu'ils ne vivent que des aumônes des gens de bien et de grammercis, m. tfc. p. sa». Saint Augustin.... se complaignant d'aucuns porteurs de rogatons, qui déjà de son temps exerçoient foire vilaine et deshonneste, portant çà et là des reliques de martyrs, calvin, Avert. sur les reliques. Cafars. cagots,... papelardz.... patespelues, porteurs de rogatons, RAI). IV, Atu:. prol.

— ÉTYM. Lat. rogatum, demande (qu'au moyen âge on prononçait rogo(on), de rogore, demander. Après le sens do demande, le rogatum prit celui de ce qui était demandé, ramassé, en retour des indulgences distribuées; et finalement il devint une chose de peu de valeur.

t ROGER-BONTEMPS (ro-jè-bon-tan), s. m. Personne qui vit sans aucune espèce de souci. Autrefois on ne voyait pas tant de crocbeteurs par le monde.... de nourrices avant le temps, de plaisans, derogers-bontemps, Le donuei-rous garde du temps quicourt, vers (OiB. Je suis encore une jeunesse.... et d'humeur folichon ne, un roger-bontemps, mariv. l'Épreuve, se. 2.

— HIST. XVI' 8. Estoit devenu si gras et en flambé qu'il ressembloit un droit Roger Bontems, Nuits de Slraparole, t. ii, p. 24. Roger bon temps, que nous pratiquons pour dénoter l'homme de bonne chère, est ainsi dit par abus, au lieu de rouge bontemps, PASQ. Rech. vui, p. 763, dans lacurne.

— ÉTYM. Roger, de la maison des Bonlempt, fort illustre dans le Vivarez, dans laquelle le nom de Roger était toujours affecté à l'aîné. Le chef de cette famille fut un homme fort estimé pour sa valeur, sa belle humeur et sa bonne chère; on tint à gloire de l'imiter, et plusieurs se firent par honneur appeler Roger Bontemps.

fROGNAGE (ro-gna-j'j, s. m. Action de rogner, de couper les sarments de vigne à quelque distance des grappes.

t ROGNAUD (ro-gnô), s. m. Nom vulgaire, en Berry, de l'année, inula helenium, L.

ROGNE (ro-gn'), s. f.\\i' Gale Invétérée. Vous pouvez avec lui [l'orviétan] braver en assurance.... La gale, La rogne, La teigne, La fièvre, La peste, La goutte.... MOL. Am. mid. u, 7. || 2° Terme rural. Un des noms vulgaires de la cuscute. Il Mousse qui vient sur le bois et qui le gâte. |l Excroissance qui se développe sur les branches de l'olivier.

— HIST. xiii* s. Ou (qu'elle] ses mains en ses gans repoingne [remette]; Si n'i perra [paraîtra] bube ne roingne, la Rose, v. (3B32. ||xvi* s. Je croy qu'il s'en est mors la langue, car Calvin lui gratta bien sa rogne, bèze , Vte de Calvin , p. (60. La rongne qui tient de lèpre; je dis de lèpre, pource qu'elle fait des mesmes accidents aux chiens que la ladrerie fait aux hommes, charies ix, Chaste roy. xviii. Quand on pensoit avoir guéri le Poictou d'une de ses rongnes, il en renaissoit deux autres, d'aub. Hist. m, 345. De la lèpre des Grecs, diste du vulgaire mal sainct Main, qui est une rongne : rongne est une aspérité du cuir, ou une ulcération légère conjointe avec un prurit.... paré, xxii, <4.

— ETVM. Wallon, rogii, s. f.; génev. gratter la rogne à quelqu'un, le flatter d'une manière vile; provenç. ronha, runha; catal. ronya; espagn. roiia; portug. ronha; ital. rogno; du lat. robiginem, rouille, d'après Ménage, approuvé par Uiez, quoique la contraction soit bien forte.

ROGNÉ, ÉE (ro gné, gnée), part.passé de rogner. ECU rogné, écu dont on a enlevé, par fraude, quelque parcelle. X l'échelle chaque hébreu monte, Fraudant eau-de-vie et tabac, Des écus rognés dans un sac, BÉRANG. Échelle.

t ROGNE-CUL (ro-gne-ku), s. m. Terme de chandelier. Syr onyme de rognoir.

ROG

t ROGNEMENT (ro-gne-man), ». m. Action de rogner. || Effet de cette action.

— lllST. xvi's. En ce roignement [épamprement] l'on ira retenu jusques là que de n'en coupper par

trop. 0. DE SERRES, p. I7B.

BOGNE-PIED (ro-gne-pié), s. m. Terme de maréclialerie. Instrument avec lequel le maréchal abat uu pied, c'est-à-dire enlève une partie de corne inutile sur la face inférieure du sabot. Le rognepied consiste ordinairement en une portion de lame de sabre sur laquelle on frappe avec le brocboir. Il Au plur. Des rogne-pied.

— Rtym. Rogner, et pied.

ROGNER (ro-gné), V. a. || 1» Retrancher sur la longueur, sur la largeur, sur les extrémités. Rogner du papier. Rogner la marge d'un livre, ou rogner un livre. Permettez donc [vous, lion] qu'à chaque patte On vous les rogne [les ongles] ; et pour les dents Qu'on vous les lime en même temps, la FONT, l'abl. IV, t. Il [le chantre) saisit, en pleurant, ce rochet qu'autrefois Le prélat trop jaloux lui rogna de trois doigts, boil. Lulr. iv. Ne pourrait-il pas me dire, comme Diogène à celui qui lui reprochait d'avoir roKné les espèces : il est vrai ; ce que tu es à présent, je le fus autrefois, mais tu no deviendras jamais ce que je suis, dider. Claude et Kér. i, 22. || Fig. Rogner les ongles à quelqu'un, les lui rogner de près, lui diminuer, lui retrancher son pouvoir, son profil, sa fortune. Les opérations de finances .... m'ont rogné les ongles, M"* nu def- FANT, LeU. à H. Walpole, t. :v, p. 307, dans pou- OENS. On a rogné jusqu'au vif les griffes de l'inquisition; elle n'est plus qu'un fantôme, volt. Lett. d'Argentat, 6 mai 17r.8. Si Balthazar Beker s'en était tenu à rogner les ongles au diable, id. Dict. phil. Beker. || Fig. Rogner les ailes, empêcher d'agir, de s'élever. Si je ne vous fais pas aussi bonne chère que je voudrais, c'est la faute de monsieur votre intendant qui m'a rogné les ailes avec les ciseaux de son économie, mol. l'Av. v, 2. l'uisque vous êtes, monsieur, à portce de rendre service aux belles-lettres, ne rognez pas de si près les ailes à nos écrivains, volt. M'U. Utt. À un premier commis. Platon dit que les âmes avaient autrefois des ailes ; je crois qu'elles en ont encore aujourd'hui, mais on nous les rogne, id. LeU. Chabanon, 28 sept. (770. Il Fig. et absolument. Taillez et rognez comme il vous plaira, je vous laisse le maître absolu. Que chacun taille, rogne et glose sur mes vers, RÉGNIER, Sat. xu. Je me mis à tailler et à rogner à ma fantaisie; et tout ce que je fis fut trouvé fort bien, lesage, Guzm. d'Alf. m, ». Lui seul dans la maison taille, rogue, gouverne, J. B. Rouss. Flatteur, i, i.\\2° Terme rural. Couper des branches, des racines. j| 3" Rogner le pied d'un cheval, abattre la mauvaise corne. || 4° Fig. et familièrement, ôler, retrancher à quelqu'un une partie de ce qui lui est dévolu. M. de Louvois, à la mort du duo du Lude, voulut rogner l'office du grand maître de l'artillerie en faveur de sa charge de secrétaire d'État, ST-siM. 23, fi. Le lansquenet défendu va rogner ses rentes et son équipage, dancourt, Oésol. des joueuses, se. 4. || Il se dit aussi pour dépenser, entamer. Mon fils par vous accoutumé À rogner ce grand héritage, volt. ^p. 59.

— lllST. ïW s Toi ne autrui ne prisent un denier ; Ainz te manascent la teste à rooigiiier. Se il te puent [peuvent] ne tenir ne baillier, Haoul de C. B7. Il xni's. Conques me faites rooignier [tonsurer], Tien. «082. Les chevaliers qui se combatent por murtre ou por homecide se deivent combatre à pic et sans coites, les testes roigniées à la reonde, Ass. de Jér. i, I66. La quarte manière de fax monniers [monnayeurs], si est quant aucun rongnent monnoie, car le [la] nionnoie en pert son pois, beaum. XXX, 12. Ses ongles [il] roongnoit aus denz, ruteb. M, t22. Il xiv s. Quelconque personne qui sire soit do ce chastol [Montereau] se peut bien vanter que ces viUains de Paris sont en son dangier [sous son autorité], et que bien près leur peut rongnier les ongles, Leit. de Marcel, dans llist. de Flandre, t 11, p. 390. Il xvi' s. Le premier Scipion, qui leur osla clrongna [aux Carthaginois] pour l'amende une bonne partie de leur empire, amïot, Caton, 63 Res- •cmliler la monnoye rongnée, cotghave. Qui fief rongne fief pert, iD.

— ETYM. Wallon, rogtit; Berry, reugner, rougner; prov. rrdonhar, reionor, reioynàr, rogner, t jndrc, couper ; du lat. rolutidiu, rond : proprement couper en rond. Ilofundujr avait donné dans le provençal redon, et dans le vieux français reon, roon; le vieux français dit rooignier, en trois syllabes. i BOGNEUIK (ro-gue-rie), t. f. Action de rogner

ROG

les pièces d'or et d'argent. En cas que vous ayez quelque avis certain de quelque fabrication effective de fausse monnaie ou de rognerie.... Lett. etc. de Colbert, t. vi, p. 65.

ROGNEDR, EUSE (ro gneur, gneû-z'), s. m. et^. Il 1° Celui, celle qui rogne. |{ Celui qui rogne le papier. Il 2° En mauvaise part, celui, celle qui rogne les pièces de monnaie. Les rogneurs et les faux monnayeurs Le rogneur d'espèces, yoLj. Dict. ph. Adam.

— f.TYM. Rogner.

ROG.NECX, EUSE (ro-gneû, gneû-z'), odj. Quia la rogne. Le tout pour un âne rogneux. Pour un mouton pourri, pour quelque chien hargneux Dont j'aurai passé mon envie, la font. Fabl. x, o. || Fig. De qui l'esprit rogneux de soi-même se grate, Régnier, Sat. X. Il Substantivement. Un rogneux.

— HIST. XIII' s. Tiex [tel] espreviers doit estre bons par raison, meismement se il a les jambes aussi comme roigneuses, brun, latini. Trésor, p. 201. 11 devient froit et sec, baveux et roupieux, Roingncux et grateleux et merencolieux, j. demeijng, Test. 182. Il XVI* s. Si on y trouve [dans l'urine] de petites escailles furfureuses, la vessie sera rongneuse, PARÉ, XV, 52. Cheval rongneui n'a cure qu'on l'estrille, cotgrave. Mère piteuse fait sa fille rongneuse, ID. Mestier n'avons de pastissier rongneux, id.

— ÉTYM. Rogne ; provenç. rognos, ronhos, runhos ; catal. rang os ; espagn. rono.ço; ilal. rognoso.

t ROGNOIR (ro-gnoir), s. m. Appareil pour rogner le carton, le papier, les feuilles d'élain, etc. Il Plaque de cuivre chaude, sur laquelle on rogne le pied des chandelles.

— ÉTYM. Rogner.

ROGNON (ro-gnon ;Ménage,OI)î. I" part p. **i, écrit roignon, et dit qu'il se prononce comme éloigner, oignon), s. m. || 1° Le rein d'un animal, surtout en parlant de ceux dont les reins sont bons à manger. Des rognons de mouton sautés à la poêle. Il [le bœuf] ■ se couche ordinairement sur le côté gauche, et le rein ou rognon de ce côté gauche est toujours plus gros et plus chargé de graisse que le rognon du côté droit, buff. Quadrup. t. i, p. <99. Moi qui déjeune toujours avec des rognons à la brochette et des coquilles à la financière, scribe, llislcriettes et proverbes, le Téte-à-téte. || Rognon de veau, se dit de toute la partie de la longe où se trouve le rognon. || 2° Populairement, il se dit des reins et de la région des reins, chez l'homme 6 mes fidèles compagnons, Que j'aime plus que mes rognons, scarr. Virg. v. \\ Tenir, avoir, mettre la main, les mains, les poings sur les rognons, mettre la main sur les hanches, attitude que prennent souvent les gens qui se querellent. Ayant, ainsi qu'un pot, les mains sur les rognons, Régnier, Sat. viii. Ses mains sèches sur le rognon, scarr. Virg. VI. Il 3" Testicule, en parlant de certains animaux. Des rognons de coq. |{ Rognon de coq, espèce de haricot, de prune et de raisin. || 4° Terme de minéralogie. Se dit de petites portions de roche irrégulièrement arrondies, englobées dans des couches de terre ou dans d'autres masses minérales. Les ardoises de nos montagnes renferment souvent des rognons solides beaucoup plus durs que les lits feuilletés dans lesquels ils ont été formés, Saussure, roy. Alpes, t. iv, p. II4, dans pougens. || Mine en rognons, celle qui se trouve en masses détachées, et non par couches ou par filons suivis. || 5° Rognon des arbres, espèce de champignon.

— HIST. Xii* s. Jà de Gautier ne prendrai raençons. Tant que li mete le fer par les roignons, Raoul de C. (63.||xiu* s. Levez vos sus, dame Hersent, Fêtes li un petit de haste [broche] De deus roignons et d'une rnte, Ken. 210. |ixv* s. Va, luy dirent ses compaignons, Et esguise tout ton engin X nous recbaufl'er les rongnons, villon, Francbesrep. Il XVI' s. Si les rongnons sont offensés, le malade a difficulté d'uriner et pisse du sang, paré, viir, 34. Demeurant au monde sans estre du monde, comme le roignon couvert et fermé de gresse et n'en tient rien, charron. Sagesse, 11, t.

— ÉTYM. Berry, avoir les rognant couverts, être dans l'ai.sance, par comparaison avec l'état d'un animal de boucherie bien gras; prov. renho, ronho, runho ; catal. rony; espagn. riiion; du lat. ren (voy. rkin), avec une finale augmentalive et péjorative. La forme correcte est le provençal renho ; les autres ont altéré la voyelle.

ROGNONNER (ro-gno-né), v. n. Terme populaire. Gronder, grommeler entre ses dents. M. de Monaco y était ardent [à l'affaire du pas], sauf ses parties et sa bourse, encore payait-il bien en rognonnant, st-sim, «8, S40. || Il se conjugue avec \ l'auxiliaiie arotr.

ROG

— HIST. XVI' S. L'heresie est proprement en no« âmes ce qu'est un chancre en nos corps, qui les rongnonne petit à petit jusques à la gangrené, pas- QUIER, Lettres, t. 11, p. 6O6. Et parce qu'elle [la fourmi] fait son réservoir dedans terre, elle rognonne le grain qu'elle y veut cacher, afin qu'il n? germe point, iD.tb. 1. 1, p. 69l. La seigneurie de Venise les a chassez [les jésuites), et m'asseure que quelque jour la ville de Rome n'en fera pas moins, et trouvera qu'elle nourrit dedans son sein un ver qui à la longue rongnonnera son estât, id. Recherches, m, p. 289, dans lacurne.

— ÉTYM. Fréquentatif, ainsi que l'indique l'historique, de rogner, qui a pris le sens figuré de trouver à redire, gronder.

ROGNURE (ro-gnu-r"), j. f. || 1' Ce qu'on enlève quand on rogne quelque chose. D'une rognure de l'ongle de son pouce, il [Micromégas] fit sur-lechamp une espèce de grande trompette parlante comme un vaste entonnoir dont il mit le tuyau dans son oreille, volt. Micromégas, B. Le plu! grand nombre des médailles ont perdu de leur poids primitif par la rognure, indépendamment du frai, MONOEZ, Inttit. Mém. Acad. inscr. t. ix, p. 223. || Se dit particulièrement des débris de peaux qui servent à faire de la colle. || Fig. De la rognure il a fait des gants, se dit d'une personne qui fait quelque chose avec des restes. || 2° Au plur. Fig. et familièrement. Matériaux qui ne sont point entrés dans un grand ouvrage, ou ce qu'on a retranche. Cette volumineuse compilation.... n'est qu'un ramas d'insipides rognures, niDER. ietl.ôlf. le Breton. \\ Par analogie. Guillaume [d'Orange] ne destinait à celle-ci [la France], pour ainsi parler, que des rognures [de l'Espagne, dans un partage], si-siu. 77, 26). Un contrat social où l'on montre le pouvoir souverain comme résultant de toutes les petites rognures de la liberté de chacun, dider. Leit. de Ramsay.

— HIST. XIII' s. Le corcet que l'en m'avoit fait en la prison des rongneures de mon couvertouer [couverture], JOiNV. 263. || xvi' s. Les rongneures du temps que nous desrobbons et prenons pour no» affaires, cotgrave.

— ÉTYM. Rogner; wallon, rongeurr, s. f. ROGO.MME (ro-go-m'), s. m. Terme populaire.

Eau-de-vie ou autre liqueur forte. J'avons pris la liberté, Dauphine, en fiolant l'rogomme, De boire à votre santé, Sans oublier monsieur votre homme, Chans. pois, sur le mar. de M. le Dauphin, dans FR. MICHEL, Argot. Toi seule as la pomme, Toi seule as ma foi ; Et jamais rogomme Ne fut bu sans toi, La Tulipe à Catin, dans Mercure, déc. <735. || Voix de rogomme, voix rauque de celui qui abuse des liqueurs fortes. Il On a écrit rogum. M. le Duc ayant demandé des dés, on lui avait refusé, et ayant demandé un rogum, on n'avait voulu ni qu'il bût, ni qu'il mangeât, maintenon, Lett. au card. de Noailles, mars )700.

— ÉTYM. Origine inconnue. Y aurait-il quelque affinité avec rum ?

I. ROGUE (ro-gh'), adj. Terme familier. Arrogant avec une nuance de rudesse en plus. M. d'Elbeuf, qui, selon le caractère de tous les gens faibles, était rogue et fier, parce qu' il se croyait le plus fort, RETZ, Mém. t. 1, liv. 11, p. 280, dans POUGENS. Je voudrais bien que les gens qui sont si fiers et si rogues sur leurs paillers voyageassent un peu dans l'Europe, volt. Lett. Chardon, 6 avril 1767. Il II se dit du ton, des manières. De qui la mine rogue et le parler confus.... Régnier, 5a(. x. Est-il d'un esprit doux ou rogue? scarr. Virg. m. Vous avez le ton bien rogue , monsieur Remy , MARiv. Fauss. confii. m, 5.

— HIST. xiu' s. Et des siegesaiment as tables Les plus haus, les plus honorables. Et les premiersas synagogues, Comfiersetorguilleuset rogues, laRose, H 833.

— ÉTY'M. Dioz le tire de l'islandais hrok, insolent, et croit que le mot a été apporté par les hommes du Nord qui s'établirent dans la Neustrie; il regarde l'équivalent celtique comme emprunté au mot Scandinave. Cependant la plupart des dialectes celtiques ont le mot : bas-bret rok, rog, fier ; gaél. rucas, fierté; irl. rucas, rocas, fierté. Cela rend douteuse l'opinion de Diez. Dans l'anglais. rogue signifie coquin et aussi espiègle.

12. ROGUE (ro-gh'), s. f. || 1* Nom collectif désignant les oeufs de poisson , le frai. || 2" Œufs de poisson salés, dont on se sert comme d'appât, pour pêcher les sardines. Dépôt de salaisons liquides connues sous le nom de rogues, Tabl. des établissemenli insalubres et incommodes, annexé au décret impér. du si décemb. <86«.

— ETYM Danoi», rogn : holland. rogheti angl.

ROI

ROI

ROI

roe; allem. rogen, œufs de poisson, peut-être dit ainsi, d'après M. Baudry, de l'ail. Roggen, suédois rog, seigle, à cause dos grains.

t ROGUfi. ÉE (ro-ghé, ghée), adj. Terme de pêche. Se dit d'un poisson qui contient des œufs. Harengs rogués.

— P.TYM. Rngue 2.

t UOGUEMENT (ro-ghe-man), <idv. D'une manière logue.

— HIST. XVI' s. Roguement, cotgbave.

t ROGUERIE (ro-ghe-rie), s. f. Humeur rogue. Le solide (lu ministère apprivoisa la roguerie de M, de la Rochefoucauld, st-sim. *i, <0.

— ÊTYM. Rogue I.

t ROUART (ro-ar) , t. m. iTOire des morses , de rhippopolame.

— HiST. XIV» s. Un coustel à un vieil manche de rohart, de laboroe, ^mawa;, p. 480. ||xv' s. L'ivire et le rochal et les pierres précieuses, du canoë, rohanlum (où il interprète, probablement i tort, rochal par cristal de roche). ||ïvi' s. Par quoy luy en faut adapter d'autres [dentsj d'os ou ivoire, ou de dents de rohart, qui sont excellentes pour cest effet, PARÉ, XVII, 3.

— ÉTVM. Probablement, corruption de rorqual. t ROHRIE (rô-rie), s. f. Voy. tapure.

t. ROI (roi), s. m. (1 1° Chef souverain de certains Étals. De grands rois tous les jours la fortune se joue, TRISTAN, M. de Chrispe, l, 3. Les rois ne sont jamais de faibles ennemis , cokn. Iléd. m , 3. Pour être plus qu'un roi, tu te crois quelque chose! ID. Cinna, m, 4. Un roi, quoique vaincu, garde son caractère, iD. Perthar. v, 2. Qui sert le mieux son roi ne fait que son devoir, id. Agésil. v, 7. Un grand roi pèse tout d'un contre-poids égal. Rend le bien pour le bien et le mal pour le mal, rotr. Antig. IV, t. 11 prendra la dîme de vos troupeaux, et vous serez ses serviteurs , vous crierez alors

contre votre roi, saci, Bible, Rois, i, viii, il Tout

compté, mieux vaut en bonne foi S'abandonner à quelque puissant roi. Que s'appuyer de plusieurs petits princes, la font. Fabl. viii, )8. Déliez-vous des rois; Leur faveur est glissante; on s'y trompe; et le pire. C'est qu'il en coûte cher.... id. ib. x, 40. Le perroquet dit : sire roi, Crois-tu qu'après un tel outrage Je me doive fier à toi ? id. ib. x, 4 2. Tout ce qu'il y a de grand sur la terre s'unit contre le christianisme naissant, les savants, les gages, les rois; les uns écrivent, les autres condamnent, les autres tuent, pasc. Pens. xviii , (2, édit. HAVET. Oui aurait eu l'amitié du roi d'Angleterre, du roi de Pologne et de la reine de Suède [tous princes dépossédés] , aurait-il cru pouvoir manquer de retraite et d'asile au monde? id. ib. vi, 36. 11 faut parler aux rois à genoux ; il faut se tenir debout dans la chambre des princes ; c'est une sottise et une bassesse d'esprit que de leur refuser ces devoirs, ID. Condit. des grands, ii. Par les soins d'un si grand roi [Louis XIV], la France entière n'est plus, pour ainsi parler , qu'une seule forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable, boss. Uarie-Thér. Les rois, non plus que le soleil, n'ont pas reçu en vain l'éclat qui les environne, id. ib. La gloire du roi et sa dignité est la multitude du peuple ; sa honte est de le voir amoindri et diminué par sa faute, id. Politique, x, i, (2. Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire , la majesté et l'indépendance , est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons, id. Reine d'Angleterre. 11 est nécessaire de lui donner tout ensemble [à un Dauphin] les vertus d'un roi et celles d'un particulier, fléch. Duc de Mont. Alexandre : Comment prétendez-vous que je vous traite? — Porus : En roi, rac. Alex, v, 3. Je puis faire les rois, je puis les déposer, id. Bérén. us, i. Nommer un roi père du peuple, est moins faire son éloge que l'appeler par son nom ou faire sa définition, la brut. X. Les bons rois sont très-rares et la plupart sont si méchants que les dieux ne seraient pas justes si, après avoir souffert qu'ils aient abusé de leur puissance pendant la vie, ils ne les punissaient après leur mort, fén. Tél. xix. Un roi qui verse le sang de tant d'hommes, et qui cause tant de malheurs pour acquérir un peu de gloire ou pour étendre les bornes de son royaume , est indigne de la gloire qu'il cherche, id. ib. xiv. Deux rois n'étaient tolérables qu'à Lacédémone : ils n'y formaient pas la constitution ; mais ils étaient une partie de la constitution, monteso. Etp. XI ,to. Quand les Romains ne Toulaient point de roi, cela signifiait qu'ils voulaient garder leurs manières, et ne pas prendre celles des

peuples d'Afrique et d'Orient, id. ib. xix, s. J'ai dans la tête que la guerre offensive a fait les premiers rois, et que la guerre défensive a fait les premières républiques, volt. Dial. xxiv, 6. Le roi est précisément et à la lettre l'économe de toute la nation, id. iPoJ. et Kg. Embelliss. de Paris. Le premier qui fut roi fut un soldat heureux, m. Mérope, I, 3. Vous ressemblez à un marquis gaulois que j'ai connu dans mes courses [le marquis de Lassayj; il a fait des mémoires dans lesquels il dit : plus je me suis examiné, plus j'ai vu que je n'étais propre qu'à être roi, id. Vial. xxix, 8. Je vous envoie une épître qui contient l'apologie de ces pauvres rois, contre lesquels tout l'univers glose, en enviant cent fois leur fortune prétendue, l.ettri' du roi de Prusse à Voltaire, 6 mars (749. Toute l'occupation des rois, ou de ceux qu'ils chargent de leurs fonctions, se rapporte à deux seuls objets '.étendre leur domination au dehors, et la rendre plus absolue au dedans, J. J. Rouss. Paix perp. Nous sommes dans l'usaL-e de nommer rois les chefs des peuples barbares qui ont pillé et ensuite envahi les provinces de l'empire romain ; cependant ils n'étaient pas rois proprement : c'étaient d'ordinaire des chefs qui marchaient à une entreprise à la tête d'une peuplade qui les avait choisis, ou qui les suivait librement, condil. Hist. anc. i, 4. || Fig. Les grands hommes sont mes rois, monsieur; mais la converse n'a pas lieu ici : les rois ne sont pas mes grands hommes, volt. Lett. Maupertuis, 22 juin i"4o. || Faire le roi, exercer une autorité comparée à l'autorité royale. Et on leur plaindra [aux gouverneurs de provinces] un honneur, une distinction, une occasion de faire plaisir à des gens de qualité dans une province 1 et pourquoi veulent-ils être aimés et honorés, et faire donc les rois? n'est-ce pas pour le service du vrai roi? sÉv. 6 nov. <689. || Fig. Vivre en roi, faire une dépense de roi , vivre, dépenser magnifiquement. Il II a un cœur de roi, c'est un homme généreux, libéral.|| Être heureux comme un roi, comme un petit roi, être extrêmement heureux dans sa condition. Etre heureux comme un roi, dit le peuple hébété; Hélas ! pour le bonheur que fait la majesté ? volt. 1" dise. Il Parler en roi, faire le roi , trancher du roi, être impérieux et hautain. Qui tranche trop du roi ne règne pas longtemps, corn. Nicom. m, ). Il Par exagération. Se croire le roi du monde, être au comble du bonheur. Il releva la tête que l'attendrissement avait fait pencher, et se crut le roi du monde puis(iu'il régnait sur un cœur qui renfermait tous les trésors de la vie, stael, Corinne, vu, 3. Il C'est un plaisir de roi , c'est un grand plaisir. Il Un manger de roi, un morceau de roi, un morceau digne de la bouche d'un roi, se dit d'un mets

exquis, délicieux. || Fig Je sais que la vengeance

Est un morceau du roi ; car vous vivez en dieux, LA FONT. Fabl. X, <2. Ma foi , Colette est un morceau de roi, id. Berc. || Souhait de roi, fils et fille. Il Jouer au roi dépouillé, se dit quand plusieurs personnes sont après quelqu'un pour le piller, le ruiner. Il Roi détrôné, jeu d'enfants qui consiste en ce que, l'un étant monté sur un banc, un tas de feuilles ou de paille, un tertre quelconque, d'autres tâchent, en le tirant ou le poussant, de le faire descendre et de prendre sa place. Jouer au roi détrôné. Il Fig. En parlant de deux ou plusieurs personnes qui s'enlèvent successivement ou réciproquement une position regardée comme avantageuse. Ils jouent au roi détrôné. || C'est un roi en peinture, un roi de cartes, un roi de carreau, se dit d'un prince faible qui ne sait pas user de son autorité. Un duel met les gens en mauvaise posture, Kt notre roi n'est pas un monarque en peinture, MOL. fdch. i, 10. Il Fig. C'était du temps du roi Guillemot, c'était dans l'ancien temps. G&timents du temps du roi Guillemot, comme celui-ci! oh I ce que j'en ai déjà vu ne me plaît point du tout, DANCOUHT, Yacances, se. ». || 2* Le roi Catholique, le roi d'Espagne. || Anciennement. Le roi Très-Chrétien, le roi de France. La reine d'Espagne crie toujours miséricorde.... elle arrêta l'autre jour le roi par delà l'heure de la messe, il lui dit: Madame, ce serait une belle chose que la reine Catholique empêchât le roi Très-Chrétien d'aller à la messe, sÉv. 374. Et malgré les serments que Louis de Valois, Que le roi Très-Chréiien a prêtés sur la croix, c. delavigne, Louis XI, n, il. \\ Roi des Romains, titre que l'on doimait dans l'empire germanique à celui qui était désigné par les électeurs pour succéder à la dignité d'empereur. || Roi de Rome, titre que Napoléon 1" avait donné à son fils, jj Terme d'histoire ancienne. Le grand roi, le roi de Perse. Leur ambition [des monarques persansj se bornait à

porter seuls le titre fastueux de grand roi et de roi des rois, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 478, dans poi'OENS. Il Roi des Juifs, se dit, dans l'Ëcriture, de Jésus-Christ. || Roi d'ïvelot, nom que prenaient les seigneurs d'Yvetot, terre dans le pays de Caui, en Normandie. Il était un roi d'Yvetot Feu connu dans l'histoire, Se levant tard, se couchant tôt, Dormant fort bien sans gloire, bârano. iioï d'^vetoi. || 8° Roi des rois, se dit d'un roi qui , par prééminence, commande à d'autres rois. Ce nom de roi des roit et de chef de la Grèce Chatouillait de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse, rac Iphig. I, <. || Fig. Le roi des rois , Dieu. Il y a cette différence entre les rois de la terre et le roi des rois, que les princes ne rendent pas leurs sujets fidèles, mais qu'ils le* trouvent tels ; au lieu que Dieu ne trouve jamais les hommes qu'infidèles, et qu'il les rend fidèles quand il le faut, pasc. Lett. à Mlle de Roannti, v. La terre, son origine et sa sépulture, n'est pas encore assez basse pour la recevoir ; elle voudrait disparaître tout entière devant la majesté du roi des rois , Boss. Mar.-Thér. Je vais au roi des rois demander aujourd'hui Le prix de tous les maux que j'ai soufferts pour lui, volt. Zaïre, ii, 3. {| Le roi du ciel, Dieu. Il nous avertit que, pour trouver à la mort quelque reste de nos travaux.... avec le roi de la terre il faut encore servir la roi du ciel, boss. Louis de Bourbon. || 4° Quand on dit absolument le roi, on entend le roi qui règne dans le pays où l'on est. Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met

en peine mol. Mis. il, 7. Les Écossais, à qui il

[Charles I"] se donne, le livrent aux parlementaires anglais , et les gardes fidèles de nos rois trahissent le leur, boss. Heine d'Anglel. || Le feu roi , le prédécesseur du roi régnant. || Servir le roi, se disait pour être militaire , servir dans les troupes du royaume. || Dans la marine, bitiment du roi , liâtiment armé par le gouvernement et monté par des officiers et des marins de la marine royale. l{ Il est noble comme le roi , se dit d'un homme de noblesse ancienne. || Cela est vrai ou le roi n'est pas noble, se dit pour affirmer une chose. {| Le roi n'est pas son cousin, se dit de quelqu'un qui est fier ou glorieux, ou qui vient d'obtenir quelque grand succès. Il Être sur le pavé du roi , être dans la rue. Il Loger dans la maison du roi, être en prison. Il Être au pain du roi, manger le pain du roi, se disait des soldats et aussi des prisonniers. Il Qui aura de beaux chevaux, si ce n'est le roi? se dit quand quelqu'un s'étonne de voir un homme riche bien logé, bien meublé, etc. jj Pour se moquer de celui qui dit d'un ton absolu : je veux, on répond : le roi dit : nous voulons. || Populairement. Aller où le roi va à pied , ne va qu'en personne, n'envoie personne, aller à ses nécessités. || 5° Le roi ne meurt pas, se disait en France pour signifier qu'à la mort du roi, son parent mâle le plus proche est dans l'instant, et par le seul droit de sa naissance , en possession de l'autorité royale, jj De par le roi, voy. par, n* )7. || Vive le roi ! acclamation publique pour la longue vie et la prospérité du ni. Il La maison du roi, voy. maison, n* t». || La bouche du roi, ou, simplement, la bouche, les officiers qui apprêtent le manger pour le roi, et les offices où ils travaillent. || Commissaire du roi, homme du roi, celui qui a commission du roi pour quelque affaire relative au service du roi ou du public. || Procureur du roi , avocat du roi, se disait quand la France était en royaume, voy. procureur, avocat. || On disait de même au palais : les gens du roi. || Lieutenant de roi de telle place , celui qui en a le commandement en l'absence du gouverneur. || 6" Anciennement. Main du roi, la puissance et l'autorité du roi interposées dans les procédures judiciaires entre particuliers. || Dans l'ancien stylo de la procédure, mettre quelque chose sous la main du roi, saisir quelque chose en justice au nom du roi. Il 7' Anciennement. Les ordres du roi, les ordres de chevalerie de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Il L'ordre du roi, l'ordre de Saint-Michtl, pris séparément. Il 8* Anciennement. Coin du roi , morceau de fer trempé et gravé pour marquer la monnaie. Il Taux du roi, le prix d'une chose réglé par l'autorité du roi (on dit aujourd'hui taux légal). || Poids du roi, et, plus ordinairement , poids de roi, le lieu où l'on pèse les grosses marchandises (on dit aujourd'hui poids public). {| Les deniers du roi, le produit des impositions. || Les coffres du roi, les finances du roi. Il Pied de roi, ancienne mesure, la sixième partie de la toise, ou 325 millimètres, jl 9* Vraiment roi, prince qui accomplit tous les devoirs de la royauté. Mais un roi vraiment roi qui, sage en ses projets,

ROI

Dubonheurdu public ait cimenté sa gloire, Il faut, pour le trouver, courir toute l'histoire, boil. Épitre I. Il Le plus roi, le prince qui porte le plus le caractère de la royauté. L'estime que le plus grand, ou, pour parler avec M. Pellisson, le plus roi entre les rois [Louis XIV) a conçue do votre mérite, Leibnitj à Bossuet, dans boss. f rojel de réunion, Lett. viii. Il Être moins roi, sortir un peu de la dignité royale. Le plaisir d'un roi qui mérite de l'être, est de l'être moins quelquefois.. .. LA bhuy. i. |{ Le moins roi, le prince qui a le moins les défauts des rois. Il n'y a que le roi de Prusse que je mets de niveau avec vous, parce que c'est de tous les rois le moins roi et le plus homme , volt. Lett. Jfoupertuis, t740. HIO' Le Livre des Rois, les quatre livres de l'Ancien Testament contenant l'histoire des Hébreux depuis Samuel jusqu'à la captivité de Babylone. || 11° Celui qui commande aux choses comme fait un roi à ses sujets. Roi de ses passions, il a ce qu'il désire, racan , Bergeries , dans richklET. L'homme rie la nature est le chef et le roi, BOiL. Sat. VIII. Il Fig. L'avare , d'autre part , n'aime que la richesse. C'est son roi, rëgnier, Sat. ix. Il 12' Fig. et familièrement. Le premier, le principal, le meilleur en son genre. J'ai le roi des maris, Il n'en est pas de meilleur dans Paris, la font. Gag. Je sais.... Qu'on te peut appeler le roi des serviteurs, mol. l'Él. l, 2. Dansez vite, obéissez donc, Il est le roi du rigodon , bérang. Uénétr. de Meudon. || C'est le roi des hommes, se dit d'un homme excellent qui aime à obliger, à faire plaisir. 11 Le roi des fous, l'homme le plus fou qu'il y ait. Je soutiens, moi, qu'il faut être le roi des fous Pour se faire prier d'épouser une fille Jeune, riche héritière et de noble famille, DESTOucn. Phil. mar. iH, 3. Il 13' Roi d'armes, le chef des hérauts d'armes. Il Le roi du bal, celui qui donne le bal , ou en l'honneur de qui on donne le bal et qui ouvre la danse. 1| Le roi de la basoche, celui d'entre les clercs du palais qui présidait une certaine juridiction qu'ils tenaient autrefois. || Le roi des pèlerins, celui d'entre eux qui a vu le premier le clocher du lieu où ils vont en pèlerinage. || Le roi de l'oiseau, celui des tireurs d'arbalète qui abat l'oiseau. IJChez les anciens, le roi du festin, celui qui présidait  un festin. Nous tirâmes au sort le roi du festin ; il devait écarter la licence, sans nuire à la liberté, BARTHÉL. Ànach. ch. 25. Il 14° Titre qui se donnait à tous les chefs de corporation jouissant de quelque privilège public. Roi des barbiers, des merciers, etc. Il Roi des violons , le chef des vingt-quatre violons du roi et de tous les violons de France, sans la permission duquel il n'y avait pas de violon qui osât jouer publiquement, ricuelet. || 16° Roi, titre que l'on donnait , i Malte, au plus ancien des chevaliers embarqués sur une des galères de l'ordre; il commandait la garde, et avait à sa charge les armes du navire. 11 16° Roi de théâtre, l'acteur qui fait les rois. Tiens-toi un peu, enfonce ton bonnet en méchant garçon; campe-toi sur un pied; mets la main au côté; fais les yeux furibonds; marche un peu en roi de théâtre, mol. Scapin, i, 7. || Fig. Ub roi de théâtre, synonyme de roi en peinture, voy. plus haut, n'i . |1 Roi de théâtre se dit aussi d'un prince qui veut toujours se montrer, se produire en public. || 17° Chez les catholiques , le jour des Rois (avec une R majuscule), l'Epiphanie. Où j'étais résolu.... De boire et de manger comme aux Teilles des Rois, réonier, Sat. x. H Faire ou tirer les Rois, dîner ou souper en société ou en famille • le jour des Rois, et partager entre les convives un gâteau où il y a une fève. Mon fils est retourné en basse Bretagne faire les Rois, sév. 397. Le roi fil i YinalUes de magnifiques Rois avec beaucoup de damsj, ïT-siM. )90, 38. 1| Gâteau des Rois, le gâteau où il y â une fève, ce jour-là. 1| Chandelle des Rois, voy. CHANDELLE. || Le roi de la fève, voy. fève. Ce fut un tel qui fut roi. || Le roi boit, cri que poussent les convives pendant que le roi de la fève boit. Il 18" Roi se dit de certains animaux qu'on regarde comme le» plus nobles de tous. Le roi des animaux, le lion. De par le roi des animaux , Qui dans son antre était malade, Fut fait savoir à ses vassaux, Que chaque espèce en ambassade Envoyât gens le visiter, la font. Fabl. vi, u. || Le roi des oiseaux, l'aigle. Il Roi des animaux se dit quelquefois de l'homme. Ce maître prétendu qui leur donne des lois, Ce roi des animaux, combien a-t-il de roisT BOIL. Sat. VIII. Il Par extension, le roi des forêts le chêne. Quand le roi des forêts, victime désignée Doit fatiguer enfin le fer de la cognée, uasson' lleltét. III. Il 19''Roideschevrotains, nom donné à l'antilope pygmée de Pallas, ruminants (Cap). || Roi des

ROI

cailles, le râle des genêts. {| Roi de a mer, la ooryphène hippure (poissons acanthoptérygiens), appelée dauphin. |1 Roi des rougets, l'apogon commun. |{ Le roi, nom vulgaire du papillon grand nacré. On dit aussi roi des papillons. |1 Roi du sud, belle variété de cône (coquilles). |1 20° Le roi des abeilles, voy. ABEILLE. Il 21° Les Trois Rois, nom de trois étoiles placées sur une même ligne dans la constellation d'Orion. On les appelle aussi le baudrier d'Orion, le râteau, la ceinture d'Orion, le bâton de Jacob. Il 22° Au jeu de cartes, la carte figurant un roi dans chaque couleur. Ou, querellant tout bas le ciel qu'elle regarde, X la bête gémir d'un roi venu sans garde, boil. Sat. x. || Se dit absolument du roi de cœur, à la guimbarde. || Roi appelé, celui qui est avec l'ombre au quadrille. H Roi qui parle, sorte de jeu de cartes qui se jouait du temps de Louis XIV. (0 septembre : Monseigneur fit jouer vingt-huit personnes au roi qui parle, dangeau, I, 220. Le 2* : dans l'appartement, il y eut un roi qui parle, où trente personnes jouèrent à la même table, ID. tb. p. 223. |1 23° Aux échecs, la principale pièce du jeu. On ne prend point le roi, il faut lui donner échec et mat pour gagner. Si les petites choses peignent les hommes, il est permis de rapporter qu'il [Charles XU] faisait toujours marcher le roi à ce jeu [les échecs] ; il s'en servait plus que des autres pièces, et par-là il perdait toutes les parties, VOLT. Charles J II, f>. \\ 24° Dans l'ancienne minéralogie , le roi des métaux, l'or. H 25° Terme d'alchimie. Le roi, le soufre ou l'or minéral. 1| Le roi et la reine, le soufre et le mercure qu'on doit faire cuire ensemble. 1| 26' Roi d'été, variété de poire. Il Proverbes. Un Dieu, im roi, une loi, se dit pour combattre les hérésies. H Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, voy. aveugle. 11 C'est la cour du roi Pétaud, voy. pétaud.

— SYN. roi, TYBAN, prince, SOUVERAIN, EMPE- REUR. Le roi se distinguait du tyran dans l'antiquité en ce qu'il possédait légitimement l'autorité ; depuis le moyen âge, il se distingue des ducs, comtes, princes, souverains aussi, en ce que le roi a été dans l'origine suzerain de ces ducs, comtes et princes; enfin il se dislingue de l'empereur, en ce que l'empereur est un titre dérivé de l'empire romain.

— HlST. x* s. Chi [qui] rex eret à cels dis sovre pagiens, Eulatie. || ii* s. E qui enfraint la pais le rei. Lois de Guill. i. Charles li reis, nostre emperere magne, Ch. de Bol. i. H xu* s. Que roi [l'amour] me fait de folie, Couci, m. Car cil qui voit tel amor desevrer [séparer].... A assez plus de duel [deuil] et de pesance Que n'auroil jà li rois s'il perdoil France, ib. xxiv. Raoul ol droit, si con je ai apris ; Le tort en ol li rois de Saint Denis, Baoul de C. 33. 1| xiii° s. [11 y] Avoit un roi en France de moult grant seigneurie, Berte, ii. Ha! Diex, fait-ele, sire, vréii rois, vrai gouveriiere, tb. XLiv. [Dieu] C'est li rois souverains en cui du tout [je] m'afi, tb. lix. Ha ! Diex, con je seroie rois [quelle satisfaction j'aurais]. Se le pooie as poins tenir [un putois] X mon chief por le froit covrir, Por ce que il bone pel a! Ren. 2616. Por ce qu'il ne vost porter corone d'or là ù le rei des reis Jhesu Crist le flz de Dieu porta corone d'espines, Àss de Jér. i, 22. Mais on a conté maintes fois : Où vient li rois, là va li lois, PH. MousKES, ms. p. 73B, dans lacurne. Il xiv* s. Cellui n'est pas roy, qui n'est de soy et par soy suffisant en touz biens, onEs.\iE, Éth. 248. Il advint une fois que beaucoup de chevaliers et de dames jouoyent au roy qui ne ment , pour dire vérité du nom de s'amie, le chev. he la tour, Instr. à ses filles, dans lacurne. L'an mil trois cent trente et ung, bourgnis de Tournay emprendrent une très noble et belle feste de trente ung roys pour jouster l'an trente et ung.... et principalement Jacques de Cobry l'esmeut et commencha, prendant grand peine et supportant grandz fraiz pour restaurer, lequel fut nommé pour ceste feste le roy Ghalot, qui jadis conquist trente roys, cafkiaux, Bégence d'Aubert de Bavière, p. 48. || xV s. Car comme uns asnes couronnez Est uns rois terriens sans lettre, E. DESCH. Poésies mss. f° 660. Maleureus suis par toute lettre. Voire, par Dieu, roy des mescheans [ceux qui ont mauvaise diance], m. ib. f° 382. Cent mille foiz vous doy remercier, Chiere dame, de vostredoulz octroy; Car vous m'avez fait plus riche d'un roy, lo. Art de faire des chansons. Comme homme soit si notable chose, que chascun soit un roy et chascun soit un monde, ciir. de pisan, Charles V, i, 1 2. |1 xvi° s. Les ephores eondemnerent à l'amende leur roy Archidamus, à cause qu'il avoit espousé une petite femme, disans qu'il leur engendreroit des roytelets, non pas des roy», amxot, Agi-

ROI

sil. II. Il n'y a dignité temporelle en France qui entre en comparaison avec celle du roy; et neantmoins il n'y a parole en laquelle nos devanciers se soient tant licentieusement desbordés qu'en cette ci : roy des merciers, roy des barbiers, roy d'armes, roy des ribaux.... pasquier, Rech. viii, p. 720, dans lacurne. Il n'y a rien qui soit tant à craindre, iiue quand un royaume tombe entre les mains d'un enfant; chacun en son particulier veut jouer au roy despouillé, ID. tb. VI, p. 636. Quand quelquesfois je pense à ma première vie , Du tans que je vivois seul roy de mon désir, desportes. Amours d'Hip- P'ilyte, XX. De meschant homme bon roi, cotgravb. Il [Dieu] mit des cœurs de rois au sein des artisans, Et aux cervaux des rois des esprits de paysans, d'aub. Tragiques, Feux. Samuel tient son rang, juge et prophète sage, X qui ce peuple sot, friand de son dommage. Demande un roi : lui donc, instituant les rois. Annonce leurs défauts que l'on prend pour des droits, id. tb. la Chambre dorée. Soubz roys l'on vit en plus grand abandon [licence] que soubz loys, bonivart, Chion. de Gen. m, 28.

— ÉTYM. Bressan, ray; prov. roi, rey, re; esp. rey; ital. re; du lat. rêgem; comparez le gothique reiks, le kymrique rix, l'irl. rig, et le sanscr. rdjan.

2. KOI (roi), s. m. Terme du jeu du piquet à écrire. Nom d'une division de la partie qui comprend deux ides. Une partie complète est de douze rois ou vingt-quatre ides.

— ÉTYM. D'après Rabelais, voy. son G/osjatr«, rote était la marque , la rate servant à noter les coups, les parties dans divers jeux, notamment aux cartes ; il faudrait écrire : jouer en six roiVx, en douze roies, et non rots, comme fait l'Académie (jaubert, ciossot're).

ROIDK (roi-d') ou RAIDE (rè-d*. La prononciation rèd' a presque entièrement fait disparaître la prononciation roi-d'), adj. \\ 1° Qui ne plie pas quand on veut le fléchir. Roide comme une barre de fer. Il a eu des rhumatismes, et son bras est resté tout roide. Un tas d'anguilles toutes sèches et roides de froid sur le rivage, desc. Uéléor. i. Morel, le laquais de César, prend dans ses bras ce petit paysan, en disant : il est bien roide, je le crois mort, genlis, VeiU. du chdt. t. i, p. 4 39, dans pougens. Des rangées circulaires de soldats étendus raides morts marquèrent les bivouacs, sêgur, Hist. de Nap. ix, a. |J Ce linge est tout roide d'empois, il est empesé trop roide, il est trop ferme, trop dur, parce qu'on y a mis trop d'empois. |1 Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une partie qui , bien que grêle ou mince , oppose de la résistance à la flexion. || Être tué roide, tomber roide mort, demeurer roide mort sur la place , être tué, mourir tout d'un coup. Ils [les Hollandais, au pa.ssage du Rhin] font une décharge ou M. de Longueville est tué tout roide; on lui a trouvé cinq coups de mousquet, pellisson, LeU. hist. t. i, p. M3. Et non moins bon archer que mauvais raisonneur, Roide mort étendu sur la place il le couche, la FONT. Fabl. viii, )0. Le fils de Saint-Hilaire se jette à son père, et se met à crier et à pleurer: Taisez-vous, mon enfant, lui dit-il; voyez, en lui montrant M. Turenne roide mort; voilà ce qu'il faut pleurer éternellement; voilà ce qui est irréparable, SÉV. 203. II [le duc de Nemours] tira le premier, apparemment comme l'ofTensé , et voulut ensuite fondre l'épée à la main sur M. de Beaufort qu'il avait manqué, et qui le tuâ roide de trois balles dans l'estomac, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 2B4, dans POUGENS. Il 2° Qui est fort tendu. Cette corde est roide, n'est pas assez roide. H 8° Qui manque de souplesse , de grâce. Une attitude roide. Des mouvements roides. Mme d'Aubigné toute honteuse, Mlle de Mérode toute roide, Mlle de la Barge tout endormie, maintenon, Lett. à Urne la marquise de Dangeau, tt juill. 4707. 1| Se tenir roide, se tenir le corps droit sans fléchir d'aucun côté. Il Fig. et familièrement. Se tenir roide, tenir bon dans une résilution. Quoi que jaie pu lui dire, il s'est tenu roide. || Se tenir roide, signifie encore montrer une rigidité excessive. Ce sera donc à Auguste , monsieur , à qui j'adresserai mon Aristippe, ou à quelque autre homme de ce sièclelà, puisque les gens de celui-ci se tiennent si roides sur le point d'honneur, balz. Lett. à Chapelain, 22 fév. 4644, dans pellisson, Hist. de lAcad. m. Il Dans le langage des arts d'imitation. Des contours roides. Des draperies roides. |1 4° Fig. Qui ne se relâche pas de ses idées, de sesprélentions,de ses principes. 11 est sûr qu'il ne se trouve plus de ces âme» vigoureuses et raides de l'antiquité, font. JfonfaïsftK», Socrale. Il fut étrange que M. de Rohan se montrât si r»ide pour la récusation [du premier prési-

ROI

dent], ST-siH. 30, 49. Messieurs les hidalgos étant ordinairement roides en fait d'alliance, et gens à observer les longues et les brèves, lesage, Est. Gonx. 38. Il Substantivement. Sa société (du P. Tellier, jésuite] pour l'ardeur de son naturel et son roide avait été obligée de le renvoyer en France, st- 8IM. SI7, 179. Il 11 se dit des clioses en un sens analogue. (Suivant les réformés] il n'y en avait jamais eu (de libre arbitre] ni parmi les hommes ni parmi les anges.... jamais les stoïciens n'avaient fait la fatalité plus roide et plus inflexible, Boss. Yar. xiv, < . Les idées qu'on y prend [dans la vie retirée] sont plus roides et inflexibles, faute d'être traversées, pliées par celles des autres, fonten. If^ry, Les principes lesplusraidesdesa secte [stoïcienne], dideb. Claude et lier. 11, 88. 116" Difficile à monter, escarpé. Une côte roide. Il entre dans cette grotte souterraine, et descend un escalier excessivement roide, gemlis, Yeill. du chdt. t. i, p. bis, dans pouoens. ||6° Oui a un mouvement rapide et fort. Les pigeons ont l'aile fort roide. Le cours de cette rivière est roide. || Fig. et familièrement. Faire ce jeune homme si vite capitaine, cela était un peu raide. || Par extension. Cela est raide, se dit de quelque chose , parole ou acte , qu'il est difficile d'accepter. || 7° Adverbialement. Vite, vivement, avec force, la Rancune se mit à pisser si largement et si roide, que le bruit seul du pot de chambre eût pu réveiller le marchand, SCARR. Rom. com. i, 8. || Raide comme balle, très-rapidement, sans hésiter. {| Terme de vénerie. Découpler raide, découpler les chiens d'un relais, aussitôt que l'animal est passé, sans attendre la meute. Il Fig. et familièrement. On a mené cette affaire bien roide, on l'a poussée fort vivement. Il Dans le même sens. On a mené cet homme bien roide. Je le mène un peu roide, regnakd, Ret. impr. vi.

— HiST. XII' s. X tels jà e suef et dulz estre devez, En pur ço que vous estes e enuins et sacrez, E reddes as pluseurs pur le brant que portez. Th. le Mart. 78. [Une lance] Qui moult fut roide et le fer acéré, Ronc. p. lOO. E hanste fort e rade à cel mestier, Gérard de Ross. p. 316. ||xm* s. Les iei [yeux] [il] ot clos et le corps roide. Et en plusieurs lieus la char froide. Blonde et Jehan, v. ^17). Et se il [un ouvrier] est si foz et si roides et si aboutiz que il ne vueiUe obéir au commendcment le mestre [du métier], Li». des met. 198. La coste estoit si roite queàpeinnes'i pooit tenir chevaus,joiNV. 278. Â justices tenir et à droitures soies loiaus et roide, sans tourner à désire ne à senestre, id. 30 i . Bone justice et roide, et qui n'espargnast plus le riche home que le poure, id. 297. || xiv* s. Homme de très rede seigneurie et de très sur et aspre empire, ber- CHEURE, f» 84, verso. Les âmes des christiens reçoi en ta grant sale , Dont li corps sont cy mort , tuit froit , tuit roit , tuit pale , Girart de Ross. v. 4082. Il XV* s. Par dessous cette montagne couroit une rivière forte et roide, froiss. i, i, 4t. Ces Flamands qui descendoient orgueilleusement et de grand volonté, venoient roids et durs, id. n , ii, «97. Se ce meschant [le médecin] j'eusse creu, Lasl je seroy, mort tout roide,* Se seulement j'eusse beu Sa lisanne et son eau froide, basselin , xlviii. ||xvi' s. C'est la qualité d'un portefaix, d'avoir les bras et les jambes plus roides, mont, i, 242. Roides, transis et immobiles du froid, id. i , 282. Un roide jousteur, ID. IV, 35. Et leur commandèrent qu'ilz s'en courrussent le plus roide qu'ilz pourroient vers Megares, AMYOT, Pyrrhus, m, *

— ÉTYM. Wallon, reu; picard, rade, ride, vite; provenç. rege , lexe, rede, rot; du lat. rigidus (voy. RIGUEUR). Ce mot fait difficulté. Au sens de qui ne plie pas, il vient de rigidus qui donne roit, ou roide dans le dialecte du centre, et redde ou rede dans le dialecte normand. Mais roide a aussi le sens de rapide ; et rapidus avait donné rade ou ratde. Y a-t-il eu confusion, et a-t-on mêlé les formes rotde de rigidus et raide de rapidus? Cela est incontestablement possible pour le normand, entre rede et raide ; mais cela ne l'est pas pour le dialecte du centre; là raide n'a pu être pris pour roide, du moins dans les hauts temps et avant la fin du xiii' siècle et le xiv siècle. Mais, à partir de ce temps, la confusion a pu se faire. Le seul cas de confusion que l'on pourrait alléguer serait celui de Gérard de Rossillon, au xii* siècle, où rode est dit pour rigidus; mais ce poëme, écrit sur les confins entre la langue d'oc et la langue d'oïl, ne peut pas faire autorité. X ce point, si les lois phonétiques n'admettent pas la confusion , dans le dialecte du centre, entre roide, de rigidus, et raide, de rapidus, reste la difficulté de savoir comment rigidus a pu prendre le sens de rapide. C'est l'idée de tension

ROI

qui aura servi d'intermédiaire : ce qui est tendu a

paru escarpé; et ce qui est escarpé a paru rapiile

t nOIDKMENT ou RAIDEMENT (rè-de-man) ,

adv. D'une manière roide.

— HIST. xiit' s. Se il moToit une verge roidement en l'air, elle soneroit et plieroit, bkun. lati NI, Trésor, p. tl7. Oui roideœent esgarde les rais dou soleil, il entenebrit si que il ne volt goule, iD. ib. p. 369. Il xiv* s. Si l'esprevier va querre l'aloe roidement en tirant à contre mont, que c'est belle chose à regarder I Mndus, f" ci. || xv« s. Si en fut tout joyeux, et csperonna aussi moult roidement vers lui, froiss. i , i, 99. |{ xvi* s. Commander roi' dément [durement], amyot, Cam. 32.

— ÊTYM. Roide, et le suffixe ment; provenç. reidament.

ROIDECR (roi-deur) ou RAIDEUR (rè-deur ; la prononciation rè-deur est de beaucoup la plus usitée aujourd'hui) , ». f. || 1" Propriété par laquelle les corps résistent efficacement aux puissances qui tendent à altérer ou à rompre la cohésion de leurs parties en en changeant la direction par la flexion La roideur d'une corde tendue. La roideur d'une articulation, à la suite d'un rhumatisme. || 1' Il se dit de ce qui n'est pas souple , aisé. La roideur des mouvements, des contours. La maîtresse de la maison n'avait rien de cet air emprunté et gauche , de cette roideur , de cette mauvaise honte qu'on reprochait alors aux jeunes femmes d'Albion, volt. Princ. de Babylone, 8. Froids, monotones, morts, du fer qui les mutile Ils [les arbres taillés en ifs] semblent avoir pris la roideur immobile, delil. Jard. I. Il On l'applique aussi au style. Un stylo simple sans négligence, plein sans roideur, noble sans faste, élégant presque sans parure, marmontel, Œuv. t. XVII , p. 32. Il 3* Fig. Fermeté qui ne cède pas, sévérité qui ne se laisse pas fléchir. Cette grande roideur des vertus des vieux âges Heurte trop notre siècle et les communs usages, mol. Jfis. I, I. Votre monsieur Purgon.... est un homme.... qui, avec une impétuosité de prévention, une roideur de confiance , une brutalité de sens commun et de raison , donne au travers des purgations et des saignées et ne balance aucune chose, mol. Mal. imag. m, 3. Cette immobilité et cette roideur inflexible qui paraît en quelques actions n'est qu'une dureté produite par le vent des passions qui enfle comme des ballons ceux- qu'elles possèdent, nicole, Ess. mor. t" traité, ch. 13. Un homme d'esprit, et qui est né fier, ne perd rien de sa fierté et de sa roideur pour .se trouver pauvre, la brut. v. Un vain entêtement de noblesse et cette raideur de caractère que rien n'amollit, ont fait vos malheurs et les siens, J. J. Rouss. Ilél. m, 7. Je ne lui connais d'autre force dans l'âme que l'inflexible raideur avec laquelle il exige que tout plie sous ses volontés passagères, barthEl. Ànach. ch. 33. Daru vint à son tour [dans la délibération si on marcherait sur Moscou] ; ce ministre est droit jusqu'à la raideur et ferme jusqu'à l'impassibilité, ségub, Uist. de Napol. v, 2. 1| 4° Rapidité de mouvement. Une balle lancée avec roideur. Le fidèle émoucheur ■Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur, Casse la tête à l'homme en écrasant la mouche.... LA font. Fabl. VIII, 10. Il m'enseigna.... Comme on louait un sot auteur en place ; Comme on fondait avec lourde raideur Sur l'écrivain pauvre et sans protecteur, volt. Pauvre diable. \\ 6° Pente rapide. La roideur d'un escalier, d'une côte. Des brèches moins défendues encore par leur roideur que par la bravoure, anquet. Ligue, i, 3ii8.

— HIST. XII* s. E se s'espée tranche , la meie [la mienne] ad grant reidur. Th. le Mart. 37. Tant tendrement les fols ama, que reddement nés [ne les] chastia ; par bel les reprist e par amiir, nient par destresce ne par reddur, cume apent [appartient] à maistre e à pastur, Rois, p. 9. Hxiii* s. Li pors [le sanglier] li vint de tel redor.... Ren. 22515. Roidors [sévérité] est une vertus qui restraiiit le tort fait par digne torment, brun, latini , Trésor, p. 408. [Un malade] ne set que il eust puis roideur ou chaleur de fièvre ou doleur do chief, Mir. de St Louis, p. 166. Etotroi de requesteest plusde grâce que de redor de droit, Lt». de jostice,21. |j xivs. Eux apuians et traians et soulevans si comme la roisteur du lieu le requeroit, bercheure , f" 1 14. Froit est mordant des ulcères, et fait doleur sans boe [pus], et reddeur, et froidures fiévreuses et spames, LANFHANC, f* 10. || xvi* S. Des chevaux.... courants de toute leur roideur, mont, i, 368.

— f.TYM. Tloide.

ROIDI (roi-di) ou RAIDI, lE (lè-di, die), part, vatsé de roidir ou raidir. Des membres roidis par

ROI

le froid. || Fig. Il [Napoléon] croit que ces bommei [les boyards de Moscou], ou raidis d'orgueil, ou paralysés de frayeur, restent immobiles sur leurs foyers, séoua, Hiit. de Nap. viii, 4.

HOIDILLON (roi-di-llon) ou RAIDILLON (ri-dilion ; Il mouillées, et non rè-ili-yon ; la prononciation rè-di-llon, est à peu près la seule usitée),

1. m. Il 1* Petite élévation qui se trouve dans un chemin. Les chevaux peinent à monter ce roidillon. Il Particulièrement, sentier raide et raccourci que prennent les piétons, pour éviter les circuits des grandes routes dans les côtes. || 2* Fig. et populairement. Un homme raide, difficile i manier. C'est monsieur raidillon.

— ÊTYM. floidir.

ROIDIR (roidir) ou RAIDIR (rè-dir. La prononciation rè^dir est aujourd'hui la plus usitée de beaucoup), 0. o. Il 1* Tendre ou étendre avec force. Roidissez le bras. || Terme de charpenterie. Raidir un étai, l'amener à une pression propre i soutenir un mur. || 1* Rendre roide, incapable de mouvement. Lors(|ue la vieillesse me courbera le dos et me raidira les jarrets, marhontkl, Mém. n. Leurs habits mouillés [dans la retraite de Moscou] se gèlent sur eux ; cette enveloppe de glace saisit leurs corps et raidit tous leurs membres, sÊoi'B, Hist. de Nap. ix, H. || 3* Fig. Rendre ferme, roide. Ce fut [l'intérêt de Mme de Maintenon et d'Harcourt] ce qui les roidit à soutenir Mme des Ursins, sT-siH. 122, 9». Il [Colomb] avait, comme tous ceux qui forment des projets extraordinaires, cet enthousiasme qui les roidit contre les jugements de l'ignorance, raynal, Uist. phil. vi, 3. Il 4° V. n. Devenir roide. Le linge mouillé roidit par la gelée. || Fig. Gauche, mal à l'aise, souffrant dès 89 sous les risées de la Constituante, il [Robespierre] avait raidi de haine, et s'était comme dressé sous l'applaudissement du peuple, hicrelst, Hist. Rérol. IX, 4. Il 6° Se roidir, v. réfl. Devenir roide. Le linge mouillé se roidit par la gelée. Ses bras se roidissent, la pâleur de la mort couvre son front, GENLis, Ad. et Th. t 11, p. 60, dans pougens. 1| Se tenir roide. Faisons comme les enfants et les ivrognes, qui ne se cassent jamais ni jambes ni bras quand ils tombent, parce qu'ils ne se roidissent pas pour ne pas tomber, ;. i. rouss. Corresp. du Peyrou, t. m, p. 337, dans pouoens. Pour m'arrêter je me roidis; Hais le tourbillon me dit : passe, BÉRANO. Juif errant. || Se dit d'un cheval qui, par fantaisie, refuse d'avancer. |j 8* Fig. Tenir ferme, ne vouloir point se relâcher. L'âme doit se roidir plus elle est menacée, corn. Méd. i, 6. Il faut avouer que la religion a quelque chose d'étonnant; c'est parce que vous y êtes né, dira-t-on; tant s'en faut, je me roidis contre par cette raison-là même, de peur que celte prévention ne me suborne, pasc. Pensées, Religion, I8, édit. paugEre. Hais, ma chère bonne, il y a des extrémités où l'on romprait tout, si l'on voulait se raidir contre la nécessité, sÉv. (5 nov. (684. Je viens.... vous faire admirer un homme qui ne se détourna jamais de ses devoirs; qui, pour maintenir la raison, se roidit contre la coutume, fléck. Duc de Montant. S'il survient un grand événement, il [le diplomate] se roidit ou il se relâche selon qu'il lui est utile ou préjudiciable, LA BRur. z. Il faut.... que nous nous roidissions sans relâche contre nous-mêmes, mass. Carême, Tiéd.

2. Le roi s'était roidi â n'excepter aucun de ceux qui entraient dans le service, de passer une année dans une de ses deux compagnies de mousquetaires, st-sim. I, 12. Le cardinal Hazarin, qui ne se raidissait pas contre les difficultés comme Richelieu, volt. i/is(. porj. LV. Il Avec ellipse du pronom personnel. Ouelle est votre pensée, et quel bourru transport Contre vos propres vœux vous fait roidir si fort? mol. le Dép. m, 9.

— HIST. XII* s. [Il] Roidist la jambe, si s'aflehe as estrez [étriers], Ronc. p. 67. || xiii* s. [Les femmes] Sanglent eslroit leur testes d'un las ou d'un chapel, Pour leur frons defroncier et pour redir la pel. Contenance des femmes. || xiv* s. Le mette?, [le lièvre] harler sur le greil, id est roidir sur bou feu de charbon, Uénagier, 11, 6. jj xv* s. Les aucuns sont mortz et roydiz ; D'eulx n'est-il plus rien maintenant, villon. Grand teslam. || xvi* s. Ce n'est pas assez de luy roidir l'ame, il luy fault aussi roidir les muscles, mont. 1, (66. Cettuy cy se peine, se roidit et se tend, pour.... id. h, 105. Ils accomodent bien la reigle de justice, la faisant ployer à leur profit, et la roidissant à la ruine d'autrui, la- NoiiE, 240. Elle le vit, froid et terni, roidir entra ses bras, tver, p. 693.

— ÉTYM. Roide; Berry, redtir.

RÔL

t ROiniSSEMENT (rûi-di-se-man) ou RAIDIS- SEMENT (rè-di-se-man), t. m. Action de roidir ou de se roidir.

— HIST. ivi* ». Le froid endurcit la peau, 11 fait des tensions de nerfs, roidissemens et des convulsions, PARB, t. III, p. «46.

t ROINES (roi-n'), t. f. pi. Fortes pièces de bois qui forment les deux c4tés du châssis dans les métiers de basse lisse.

t ROISSE (roi-s'), ». f. Terme d'exploitation des mines. Couche fortement inclinée (Nord).

ROITELET (roi-te-lè; le t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, 1*« se lie : des roi-telè-z impuissants; roitelets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1* Par dénigrement. Le roi d'un très-petit État. Clovis tua un roitelet de Cambrai qui lui montrait ses trésors, volt, tireurs, M. Oui croirait que, pour exclure Henri IV de son héritage, on citait l'exemple d'un roitelet juif, nommé Ozias, que les prêires avaient chassé de son palais parce qu'il avait la lèpre? id. Mœurs, \H. \\%° Un roi de petite taille. Les éphorcs condamnèrent à une amende leur roi Archidamus, parce qu'il avait épousé une femme fort petite; car, disaient-ils, elle ne nous donnera pas des rois, mais des roitelets, rolmn, IHst. anc. Œuv. t. IV, p. 237. Il 8" Fort petit oiseau ; c'est le nom vulgaire : du régule cristé de Vieillot, qui est la motacille régule de Gmelin et la sylvio régule de Latham ; et du troglodyte européen, insectivores, dit aussi bérichon, fourre-buisson, ralelet, petit rat. Si bien qu'ils [les poètes] font comme le roitelet, qui, pour monter aux nues, se cache sous les ailes de l'aigle, Francion, v, p. I8«. Un roitelet pour vous [roseau] est un pesant fardeau, la font. Fabl. I, 22. Le roitelet est si petit qu'il passe à travers les mailles des filets ordinaire»; qu'il s'échappe facilement de toutes les cages, buff. Ois. t. x, p. 62.

— HIST. XIII* s. Si r'avoit aillors grans escoles De roietiaus et torteroles, De chardonneraus, d'arondeles, la Rose, 652. || xv* s. Mais par où cuide cil roytiaulx entrer en Flandre? fboiss. h, ii, (74. Il xvi' s. Le petit roytelet, se resjouyssant plus que de coustume, sautelant et plaisamment chantant, dénote ta pluye advenir, paré, Ànim. 2. César appelle roytelets touts les seigneurs ayants justice en France de son temps, mont, i, 333. H y a une société entre le petit oyseau qu'on nomme le roytelet, et le crocodile; le roytelet sert de sentinelle à ce grand animal, id. ii, <9s. Comme un petit roytelet est aussi bien souverain en son petit destroict, que le grand en un grand Estât, charron, De la sagesse, I, II.

— ÉTYM. Dimin. de roieCel ou roitel, anc. dim. de rot; wallon, rôietai.

t ROITELETrK (roi-te-lc-f), s. f. Femelle du roitelet. On m'a dit que votre roitelet Est bien soûl de sa roiteletle. Et que ce petit drôle ne fait Des soupirs que pour la fauvette, Rec. de pièces galantes, dans RICHELET.

{ RÔLAGE (ro-la-j'), s. m. Action de mettre le

tabac en rôles Dans les ateliers suivants, savoir :

écôtages et filage des rôles menu-Hlés

rôlages et pression; pressions des carottes.... Instr. sur le serv. des manuf. des tabacs, 3o juin 1832,

t ROLAND (ro-lan), ». m. Paladin des chansons de geste, célèbre par sa vaillance, qui mourut à Roncevaux. Moi, chamailler, bon Dieu ! suis-je un Roland, mon maître, Ou quelque Ferragus? mol. le Dép. V, 1. Il F g. Faire le Roland, faire le brave.

— HIST. XV* s. Si je mouroye tout maintenant. Je mourroye da la mort Rolant [de soif], Rec. de farces, p. i89.

— ETYM. Ancien haut-allem. hruod, hrod, gloire, et land, terre.

ROLE (rô-1*), ». m. Il 1° Rouleau, sens propre qui n'est conservé que dans quelques termes de métier. On comprime ces cannes entre deux rouleaux qu'on appelle rôles, faits d'un bois très-dur, et qui tournent en sens contraire, genlis, ifaison rust. t. m, p. 3i>4, dans pouGKNS. || Pelote de tabac ou boudin roulé plusieurs fois sur lui-même. Leur enjoignons de faire leur déclaration de tout le tabac qu'ils auront fabriqué, filé et mis en rôle, Ordonn. 22 juill. l«8l. ||î' Anciennement, une ou plusieurs feuilles de parchemin, de papier, etc. collées bout à bout, sur lesquelles on écrivait les actes, les litres. Grand rôle, petit rôle. || Rôle d'Oléron, règlement pour la maiine. || En Angleterre, rôles du parlement, les registres manuscrits des actes de celte assemblée. Chambre des rôles, un li.cu où les archives et registres de chancellerie sont gardés. Maître des

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