‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 724 sur 754 · FEL · texte numérisé non relu

FEL

Sa

F^nnÈGUE. Plante dont les feuilles ressemblent à celles du serpolet. (Littré, Add. an Dut.^ Esp. tdj'ahega, alliabega, alahetra, albahaca; porlug. alfabiica (basilic OU autre lierbe odorante). C'est l'arabe i^y^ al-hahaq, plante fort mal définie par les dictionnaires, car c'est tantôt le basilic, tantôt le pouliot, ou la marjolaine, la mélisse, la germandrée, l'armoise, la citronnelle, etc.

II faudrait bien se garder de rattacher à ces mots, comme étyinologie,/â&<^o ou fabagelk , plante africaine et asiatiq::e ainsi nommée par le botaniste Dodonée, à cause d'une certaine analogie de structure avec la fève.

Fabrcguier, nom donné quelquefois au micocoulier, n'a non plus aucun rapport avec la fabrègue.

Fagarieb. Genre de plantes de la famille des xanthoxylées, qui tire son nom du fagara. Le fagara, dans Avicenne (^Sjiiifâgliara), est un fruit qui ressemble au pois chiche et au mahalep, et qu'on apporte, dit-il, de Sofala (iJUuJt 0.* J-t^y, c'est-à-dire de quelque endroit de la mer des Indes. Le voyageur Linschot^ dit que ce mot désigne à Java le fagarier du Japon. La lettre /n'existant pas en javanais non plus qu'en malais , fagara ne peut être un terme de ces langues, où l'on trouve seulement ^^IS pcgar, haie, qui paraît être étymologiquemeat le même mot.

Falaqce. Instrument de supplice usité au Maghreb. Portiig. falaca. De l'arabe mX» J'alaqa. (Voy. Dozy, Gloss. p. 262.)

Falque ou Fahgde. Petits panneaux placés sur les bords des bateaux pour les exhausser. Esp. falca, qui, d'après M. Dozy [Gloss. p. 263), est un dérivé de la racine arabe ^]jJL^ halaq, entourer, d'où halq, clôture, mur d'enceinte, dans Ibn-Djobaïr.

FANÈcnB. Mesure de capacité pour les liquides, dans la péninsule Hispanique. Esp. fcmcga, portug. fanga. De l'arabe HjUH fanïqa, grand sac. (Voy. Dozy, Gloss. p. 266.)

Faquir ou Fakir. Transcription de l'arabe j/Jii faqîr, pauvre. On a proposé ce mot comme étymologie de l'italien yâcc/iino, portefaix-, qui est noire faquin , es^p. faquin, portug.yâjwmo (balayeur delà Patriarchale de Lisbonne). Le changement de r en n ne ferait pas grande difficulté (voy. Anafin), mais nous manquons d'arguments à l'appui de cette conjecture.

Farde. Bordage d'un navire, est identique à falque ou fargue. Farde, balle de café moka pesant 1 85 kilogrammes, est le primitif de yârt/eau. (Voy. ce mot.)

Fardeau. Esp. fardo , fnrdiUo (ballot), fardel (hnvrc-sac, besace); forlug.firdn,firdv! (même sens); ilal. fardt-Uo {\Mii\n<it),fard(iggio (bagage). On voit que le vrai sens est ballot, paquet, et c'est aussi celui de notre vieux mol fardel, sens qui du reste a persisté jusqu'au dernier siècle, comme le montre, par exemple, un tarif de 1737 indiquant les droits de péage pour Bléré, sur le Cher: f.Vour fardeau cordé de draps de laine, pesant 600 livres 12 deniers; pour fardeau cordé de feutres, pesant 600 livres, 20 sols; pour fardeau cordé de tapis, etc.'.»

Fardel, fardeau est un diminutif de farde. Or, le mot fards, au sens général de ballot, est usité depuis longtemps dans tout l'Orient : Bocthor, le Gazophylacium ling. Pert. la Fabrica ling. arabic. traduisent ballot par i^^ farda. Il est vrai que S. de Sacy* pense, sans donner ses raisons, que ce mot 'is>^ farda, bien qu'employé par les Arabes, est étranger à leur langue. Et en effet, il semble au premier abord impossible de rattacher »*-* ballot, à la racine i-» farad. Muis on va voir combien au contraire la relation est facile à établir. i>^fard signifie resuna, pars parit altéra, chacune des deux parties d'un objet unique, mais double, d'une feuille pliée en deux, par exemple, chacun des deux côtés de la mâchoire; a:>~»farda, qui ne se trouve dans Freytag qu'avec le sens précité de ballot, sarcina mercium, marque de plus : chacun des deux battants d'une porte **, chacune des deux étrivières d'une ?elle*, chacun des deux arbalétriers d'une ferme (en espagnol alfarda''). Quoi de plus naturel que de voir le même mot signifier «chacun des deux ballots formant la charge d un chameau»? hn farde en effet est la demi-charge du chameau, comme on le voit dans ce passage du voyageur La Bor|ue, cité par S. deSacy * : «C'est là que les Arabes de la campngno viennent apporter leur calé dans de grands sacs de natle : ils en mettent deux sur chaque chameau. » Chacune de ces balles, ajoute l'illustre orientaliste, pèse un peu moins de U quintaux (4oo livres), c'est-à-dire le poids cidessus indiqué pour la farde.

Le mot Siiyi farda est donc arabe, non-seulement par l'usage, mais aussi par l'étymologie. Quant a farde, fardeau, et leurs correspondants des langues européennes, on n'a pu leur découvrir aucune étymologie sérieuse dans le latin, le grec ni le germanique. Tout prouve que nous avons emprunté ce mot à l'Orient, comme nombre d'autre» termes de commerce.

Farsange. Mesure itinéraire. Du persan 2iJ^yiferseng, en arabe £j»farsakk, le même mol que parasange [tro.pa-

aalyyvs).

Fellau. Transcription de l'arabe ^^felllh, laboureur,

• Édit. de Rome, p. 286.

» Voy. T)kl. d'hitl. ho(. de Déterville, l. XI, p. 31.

' Hintoire de C/icnOHcmiu:, par l'abbé Clicvalier, 1868, p. fl8.

• Chrest.ar. l. 111, p. 879.

* Dicl. de nocliior, à baUant.

* Clierbonnc: 11, iuMrn. «MioJ. i"sein. i8&9,p. 546. ' Voy. Dozy, Ghss. p. io().

* Chrut. arab. L lil, p. 878, 879.

TEL

nom do mélier du verbe ^ falah, fendre (la terre), labourer.

Felouque. Petit navire à voiles et à rames. Esp.yâ/acrt, falua, falitcho [\)<.i[le barque); porlug. /«/ua; ko], fcluca, JiUica,Jilucca. Bocthor traduit ce mot par ïS^faloûka. La plupart des tHymologistes rattachent tous ces termes à l'ancien arabe iàXifouIlc, navire. Mais M. Dozy affirme que cette élymologie doit être wrejelée immédiatement et sans réserve, car Aii n'appartient pas à la langue qu'on parlait au moyen âge; c'est un vieux mot qu'on rencontre bien encore quelquefois chez les poètes, parce que ceuxci recherchenl précisément les termes surannés, mais jamais chez les prosateu.'S, ni dans la signification générale de navire, ni comme le nom d'une certaine espèce de vaisseau. Le peuple et les marins ne le connaissent pas; il ne peut donc avoir passé dans les langues romanes, car il va sans dire que tous les mots arabes qu'elles ont admis appartiennent à la langue telle qu'on la parlait '. » Il est permis à un savant de la valeur et de la vaste érudition de M. Dozy d'être ainsi affirmatif; et nous n'avons qu'à nous incliner devant ce jugement sans appel. Je me contenterai de faire remarquer que les traducteurs de la Bible en arabe n'ont pas craint de choisir ce terme même JJU foull: ou folk pour désigner l'arche de Noé'^, et le P. Germain de Silésie a noté le mot avec ce sens dans son dictionnaire italien-arabe (1637).

M. Dozy, rejetant tout rapport entre faîuca , felouque , iiS^ et l'ancien >àlifolk, n'attribue pas moins à ces vocables une origine arabe. Il les regarde comme des altérations, Run peu fortes à la vérité, » d'un autre mot iH'il^ hai-ruca, qui a signifié «une barque de dessus laquelle on pouvait lancer des matières incendiaires sur les vaisseaux ennemis.» On peut voir son argumentation, p. 26.5 et 966 de son Glossaire. Mais j'ai bien peur que les étymologistes ne se laissent pas convaincre et persistent dans leur opinion première.

Fi;i\.\£c. En arabe kiLii, que les dictionnaires prononcent Janch, fiiiek, ou même founk. Si ce petit animal ne nous est bien connu que depuis le Voyage de Bruce eti Abyssinie^, h nom du moins a été porté longtemps auparavant en Europe; car on lit dans le testament d'Arnaud, archevêque de Narbonne (ann. 11^9) : «Laxo coopertorium martrinum et pelles mCiis de alfanex 7> ; et plus loin : «cooperlorium unum de alfanex»; et dans une charte espagnole de 10^8 ** : «una pelle alfanehen (dans Du Gange).

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