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Nos dictionnaires et les traducteurs d'écrivains arabes rendent jhi fanek par /ouî'ne. C'est la traduction adoptée par Silvestre de Sacy, dans la citation d'un curieux passage de Maçoudi sur les fourrures qui proviennent dei» environs du Volga 5. Sans vouloir m'arrêter au rapport étymologique des deux mots, je ne suis pas éloigné de croire que dictionnaires et traducteurs ont eu raison dans un grand nombre de cas. Les fourrures dont les Orientaux se faisaient des vêtements et auxquelles ils attachaient un si grand prix, provenaient en grande partie de l'Europe. A la fin du xvn" siècle, la dépouille des fouines de France avait encore un grand débit à Smyrne, en même temps que celle des fouines de Moscovie, d'Arménie, de Géorgie ^ A la fin du ix' siècle ou au commencement du x% le médecin Razi, dans son chapitre des vêtements, mentionne cinq sortes de fourrures : «ïUSl AjJô\ t^ljùll jjj^l J*oi^,la martre-zibeline, le renard, lefanele, l'hermine et al-liaouâsiV . Fanek est-il le véritable fennec? C'est, semble-t-il, l'opinion du tunisien Ibn al-Hachchâ, qui, dans son dictionnaire explicatif des termes employés par Razi, dit que le fanek est connu dans le Saliara d'IJriqiya^. Mais on peut voir, dans l'intéressant article alfnnequc du Glossaire de M. Dozy, que le mol s'est dit certainement de la fourrure d'animaux tout autres que le petit quadrupède abyssinien'.
Le double n que nous écrivons dans notre /ennec est du fait de Bruce. C'est par un système orthographique analogue que le célèbre voyageur appelle Kennouz, par deux n, la peuplade africaine des ^onoMî^y^"'.
Fetfa ou Fetva. C'est l'arabe isyifetwà, que les Turcs, de qui nous l'avons pris, prononcent /c/m. Un fetva est la décision d'un jurisconsulte ou muftx (nom dérivé de la même racine).
Fez. La coiffure ainsi appelée tire son nom de la ville marocaine de Fez ^j«L», où elle se fabrique. Le terme militaire/^c/ ou fhéà (képi) est un adjectif de même provenance, ,^\ifici, de Fez. Inutile de chercher yèî, féci (ni même képi) dans le Dictionnaire français- arabe pour la conversation en Algérie, de M. Cberbonneau.
FiLALi. «Industrie particulière de la côte méditerranéenne de l'Afrique et dont le siège principal est Taflet, dans le Maroc; elle a pour objet la préparation des cuirs et maroquins, la fabrication des chaussures, brides, selles, etc. On trouve des ouvriers en filali dans toute l'AlgiM-ic. »
' Glots. p. 26Û, 965.
• Genèse, cil. ti, vers. i4 el 8uiv.
' Tonio V, dans l'cdil. franc, de Panckouke.
' K!if;(>lmann, qui empriinle à Du Gange la moine rilntion, donne la dale io84; c'est une méliilhèsc des deux derniers diiflrcs. ' Clivent, m: l. II, p. 17.
• Voy. Toiirneforl, Voy. du Levant, t. III, p. 873. A propos de fouine, on lit dans d'HcrheloI qu'après la niorl du calife Vatliek ( Ji'j), nne/o!(»ie lui ron(jca l'œil (ftibliolh. oiient. éà. de 1697, P- 9''i)- Le Nigwislan, auquel l'auleur dit avoir emprunte l'anecdolc, porte ^yt moûchl, mot qui, je pense, ne peut s'appliquer à la fouine cl désijjnc une espèce de rat. (Voy. raan. suppl. persan, n" 1080.)
' Man. sup. nr. n° ioo5 de la Bilil. nal. fol. 45 verso. J-ol^^ est le pluriel de Âi-o^j». Iiaoufalc, nom d'un oiseau aquatique qui , dans l'histoire des
animaux de Démiri, paraît être le cormoran, ainsi nommd A cause de la poche volumineuse placée sous son bec (en arabe haoufala). V. Defrémery, Journ. des sav. seplemb. 1871, p. û 47. — On sait que le grèbe (voy. ce mot) sert encore à fabriquer certaines fourrures.
' V. Dozy, Gloti. p. io4. L'affirmation d'Ibn al-Hachchâ a ét<5 re'cemmeot confirmée par M. Gaston Lemay, qui, en décembre 1875, rencontrait le fennec non loin de Ghadamès : «Le chamelier nous apporte. . . deux petils renards lillipiiliens appelés /enefc, de la grosseur d'un chat, qu'il a pris dans leur terrier de sable. [Le Rappelda i" mars 1876.)
' D'après M. Pavet de Courleille (Dict. turc-oriental) , les Persans appellent .Axifenek (voy. l'art, ci-dcss. cité de M. Defrémery) le petit renaid de Tartarie, désigné par les naturalistes sous le nom de' coni» coriak,en turc oriental ijfUf^U qûrsûq.
'• Voy. S. de Sacy, Chrett. ar. t. Il, p. 3a, 33.