‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 76 sur 754 · I. MAROT, V · texte numérisé non relu

I. MAROT, V

— ÊTYM. nompre; prov. rumpement; catal. rompiment ; espagn. rompimiento ; ital. rompimento.

t ROMPEUR (ron-peur), ». m. Celui qui rompt. Us sont fâcheux de la même manière, Qu'un picoteur ou rompeur en visière, scarr. Pois. div. (Euv. t. vu, p. )70.

— HIST. XV* s. Violence romperesse de justice, juv. DES uRsiNS, Hist. de Charles VI, p. 29o, dans lacorne. Il XVI* s. Rompeur de chanson, cotgrave.

— ÊTYM. Rompre; provenç. rompador; espagn. rompedor; ital. rompilore.

t ROMPIS (ron-pî), ». m. pi. Terme de forestier. Arbres que les vents ont brisés par la moitié ou aux deux tiers, ou dont seulement les maîtresses branches sont détachées.

— ÊTYM. Rompre, avec la finale t», comme dans abatis; le même que l'anc. franc, rompet», qui signifiait terre nouvellement défrichée.

ROMPRE (ron-pr'), je romps, tu romps, il rompt, nous rompons, vous rompez, ils rompent; je rompais; je rompis, nous rompîmes; je romprai; je romprais ; romps, qu'il rompe, rompons, rompez ; que je rompe, que nous rompions; que je rompisse, qu'il rompît; rompant, rompu, v. a. Il 1° Mettre en fragments, enfoncer, démolir. 112"" Déchirer. Il 3î Rompre le pain, faire la cène. || 4' Rompre une lance. || 6" Rompre un condamné. || 6° Gâter des voies de communication. || 7° Fig. Rompre ses fers, ses chaînes. || 8° Rompre la glace. || 9* Rompre la paille. {| 10° Rompre la tête, les oreilles. || 11" Rompre une troupe, l'enfoncer. Rompre ime ligne de vaisseaux. || 12* En termes militaires, rompre les divisions, les pelotons. || 13* Congédier, renvoyer. Il 14* Au trictrac, rompre son plein. || 1S° Arrêter, détourner le mouvement droit d'une chose. Rompre un coup. Rompre le dé. |1 16" En termes d'escrime, rompre la mesure, la semelle. || 17* Romjire les chiens. || 18° Réfracter. || 19' En peinture, rompre les couleurs. 1| 20' Rompre une terre, la labourer après un long chômage. || 21° En brasserie, rompre la couche. |1 22° Rompre la laine , en draperie. Il 23° Interrompre. |1 24° Rompre charge, transborder, il 25° Rompre la mesure d'un vers. || 26° Empêcher d'avoir lieu. || 27° Détruire. || 28° Faire cesser, mettre fin à. || 29° Rendre nul, en parlant d'amitiés, de relations, de paix, de traité, etc. || 30' Manquer aune obligation, à un engagement. || 31° Fatiguer extrêmement. Il 32° Dresser, accoutumer. || 33° F. n. Se casser, se briser. || 34° En termes militaires, passer de l'ordre en bataille à l'ordre en colonne. Il 35° En escrime, reculer. || 36° Renoncer aux relations d'amitié avec quelqu'un. || 37° Se dit du vin qui, laissé à l'air, change de couleur. || 88" V. réft. Se rompre, être rompu. || 39° Être réfracté. || 40° Être brisé, se briser, en parlant des eaux, des flots. Il 41° Perdre son ordre, son arrangement. || 42° Être défait, changé, rendu nul. || 43° S'accoutumer à. Il 44° X tout rompre.

1° Mettre en fragments , enfoncer , démolir. 11 m'a rompu les dents, sans m'en laisser une seule sACi, Bible, Jérém.Lament. m, l«. Aussitôtil [Sam son] rompit ces cordes comme on romprait un filet, ID. ib. Juges, xvi, 12. Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble, la font. Fables, iv, tB. Depuis plus d'une semaine Je n'ai trouvé personne à qui rompre les os ; La vertu de mon bras se perd

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aans le repos, mol. Amph. i, a. el Hercule filant rompait tous ses fuseaux, boil. Lulr. v. [AlhalieJ Rit des faibles remoarts de nos portes d'airain; Pour les rompre elle attend les fatales machines, id. Alh. y, t. Il faut vingt-six milliers pour rompre une pièce de dix pieds de longueur sur huit pouces d'écarrissage, bukk. Ilist. nat. part. exp. Œnv. t. viii, p. <77. Le Nil rompait ses digues; il se fit des ou- Tertures qui submergèrent une grande partie de la contrée, dider. Opin. des anc. phil. [Égyptiens). Rien que pour toucher sa mantille, De par tous les saints de CastiUe, On se ferait rompre les os, a. DB MUSSET, l'Àndalouse. \\ Se rompre un bras, une jambe, se les fracturer. H Se rompre une veine, éprouver la déchirure d'une veine. Il [Valentinien] se rompit une veine, et tomba demi-mort entre les bras de ses officiers, fléch. Ilist. de Théodose, i, 33. Il Se rompre le cou, faire une chute dans laquelle on S3 tue ou se b'.esse grièvement. Le traître assurément a reçu de l'argent de mes débiteurs pour me faire rompre le cou, mol. l'Av. ni, 14. J'ai dix ou douze charpentiers en l'air.... qui sont à tous moments sur le point de se rompre le cou, sév. 96. Il Fig. et familièrement. Rompre le cou à quelqu'un, lui faire perdre ses espérances de fortune, d'avancement. Il On dit dans le même sens : se rompre le cou par sa mauvaise conduite, par son imprudence.

BFig. Rompre l'anguille au genou, voy. anguille. 11 rompra tout si on ne le marie, se dit ironiquement d'un fanfaron. || 2° Déchirer. Le traître, l'autre jour, nous rompit de ses mains Un mouchoir qu'il trouva dans une Fleur des Saints, MOL. Tart. I, 2. Notre ami [Corbinelli] était sur un testament qu'il [Vardes] a rompu, sÉv. d Moulccau, i sept. )688. Elle a trois fois écrit, et, changeant de pensée , Trois fois elle a rompu sa lettre commencée, nAC. Phèdre, v, b. || Terme d'imprimerie. Rompre une forme, séparer les lettres qui la composent, et les remettre dans leurs cassetins. Il Aujourd'hui on dit de préférence distribuer. Il Terme de gravure. Rompre une planche, la briser ou la rayer de manière qu'elle ne puisse plus servir. Il 8» Terme de l'Écriture. Rompre le pain , faire la cène, la communion. Ayant rompu les pains, il les donna à ses disciples, afin qu'ils les présentassent au peuple, saci. Bible, Évang. St Marc, vi, 4t. On dit que vous avez communié avec lui [Jacques Clément] en rompant tous une hostie, fén. Dial. Henri m, la duch. de Montpensier. || Kig. Rompre le pain de la parole de Dieu aux fidèles, prêcher la parole do Dieu. || 4° Dans les tournois et les anciens combats, rompre une lance, rompre la lance, briser une lance en courant ou en combattant contre quelqu'un. Il Fig. Rompre une lance avec quelqu'un, contre quelqu'un, disputer en règle avec lui sur quelque sujet. Tessé avait, des l'arrivée de Catinat, rompu lance contre lui, st-sim. 96, 20. || Fig. On vit les dialecticiens aller d'école en école rompre des arguments, comme alors les chevaliers allaient ia tournoi en tournoi rompre des lances, conoil. Disc, de récep. || Fig. Rompre une lance pour quelqu'un, prendre son parti dans une conversation, dans une dispute. || Rompre en visière, briser une lance dans la visière. || Fig. Rompre en visière à quelqu'un, lui dire en face et brusquement quelque chose. Je ne romps jamais en visière aux gens pour le bien, non plus que pour le mal que j'en veux dire, BussT, Lelt. t. iv, p. 221, dans pougens. Ce chevalier était le même qui m'avait surpris chez la Remy, et qui semblait né pour me rompre partout en visière, mariv. Pays. part;. 6« part. || 5" Rompre un condamné, rompre avec une barre de fer les os des bras et des jambes à un condamné. Le vieillard Martin est rompu vif en attestant Dieu de son innocence jusqu'au dernier soupir, volt. Dict. phil. Certain. Aussi peu que je croirais l'histoire de la force de l'imagination de cette femme qui, ayant vu rompre les membres à un criminel, mit au monde un enfant dont les membres étaient rompus, buff. Bist. anim. ch. xi. || Absolument. On ne fait ici que pendre et rompre, 001 PATiN,L««.t. n, p.tso. ||6°Gâler des voies do communication. Les chemins sont tout rompus des torrents, vadgel. Q. C. vi, 4. L'on sait il y a quelques jours que les impériaux ont rompu leur pont sur le Moin, pellisson, Lett. hisJ. t. u, p. 74 . Il y pleut sans cesse [à Livry|, et je crains fort que vos chemini.... ne soient rompus, sév. 27 mai 1675. Il suffirait de rompre deux ou trois chaussées près de la ville [BourgneufJ pour en rendre toutes les avenues Impraticables, ch. de sév. dans sév. t. xi, p. xxxvi, édit. RÉGNiEB. Il Fig. 11 faut penser, chrétiens, que nous étions nés pour ne mourir pas; et, si notre O'ime nous a séparés de cette source de vie immor-

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telle, il n'a pas tellement rompu les canaux par lesquels elle coulait avec abondance..,, boss. {"sermon, Purification, t. || Rompre les ponts, les passages, les gués, etc. les rendre impraticables pour ne pas être poursuivi par l'ennemi. || 7° Fig. Rompre ses fers, ses chaînes, s'échapper de prison. Mais où garder des lions [Condé et Conti] toujours prêts à rompre leurs chaînes? boss. h Tellier. Rompez vos fers, Tribus captives, rac. Eslh. m, 9. || Rompre ses fers, ses chaînes, ses liens, se dégager d'une passion, d'un attachement. || 8° Rompre la glace, la casser, afin de faciliter le moyen de cheminer. || Fig. Je vous ai souhaité un lot à la loterie, pour commencer à rompre la glace de votre malheur; cela se dit-il T sÉv. à Bussy, 3 avril )68l. || Fig. Rompre la glace, affronter, surmonter les premières difficultés que présente une affaire. Boufflers.... rompit glaces et lances , et ne donna aucun repos au roi , sr-siM. 234, 120. Il Rompre la glace se dit aussi pour faire trêve à la froideur, aux compliments, et commencer à s'entretenir familièrement, confidentiellement. Il 9° Fig. Rompre la paille, voy. paille, n' 4. Il 10° Fig. Rompre la tête, les oreilles à quelqu'un, le fatiguer par trop de bruit, ou l'importuner par des discours hors de saison. D'assez d'autres propos il me rompit la tête, régnier, Sat. viii. Ne me rompez pas davantage la tête, mol. Mis. iv, 3. Je vous écrivis, mercredi, ma fille, assez confusément au milieu de deux ou trois personnes qui me rompaient la tête, sév. 42i. bandin : Retirezvous, vous êtes une bête. — Chicaneau : Monsieur, voulez-vous bien.... — Dandin : Vous me rompez la tête, BAC. Plaid. 11, it. Madame est malade; je ne veux pas lui rompre la tête de ces bagatelles , GENLis, Thédt. d'éduc. l'Amant anonyme, iv, 2. Il Se rompre la tête à quelque chose, s'y appliquer trop fortement et inutilement. || Rompre la tête, se dit aussi des choses qui fatiguent la tète. Hébert me mandait.... qu'elles [mes affaires] vous avaient bien rompu la tête, sév. d Mme de Guitaut, 26 août <693. Un pauvre homme avec une Hiiîtoire générale sur les bras, et trente ouvriers qui lui rompent la tête, n'est guère en état de parler longtemps à ses amis, volt. Lett. Thiriot, 22 juill. )75B. Il 11» Terme de guerre. Rompre une troupe, l'enfoncer, la mettre en désordre. S'il vous souvient encor du combat où les Perses Eurent sitôt rompu les escadrons romains, rotr. Bélis. v, b. Trois fois le jeune vainqueur s'efforça de rompre ces intrépides combattants, boss. Louis de Bourbon. Dans cette fameuse bataille [de Chéronée], pendant qu'il [Philippe] rompait les Athéniens, ID. Ilist. I, 8. Pyrrhus voyant que les Romains étaient rompus par ces animaux [les éléphants], ROLLiN , Hist. anc. Œuv. t. vu , p. 37B , dans pougens. Il Terme de marine. Rompre une ligne de vaisseaux, en détruire la disposition, y mettre le désordre. 11 [Tourville] présuma avec capacité que le vent.... obligerait les vaisseaux [ennemis] qui étaient à l'île d'Ouessant de sortir de ce poste, parce qu'il les repoussait et les rompait contre l'île, sÉv. 0 août 4689. Il 12° Terme militaire. Rompre les divisions, les pelotons , partager les divisions en pelotons et les pelotons en sections dans une colonne qui est en marche. || Rompre le carré, reformer en colonne une troupe qui formait le carré. || Rompre les rangs , ses rangs , ne plus garder les rangs. La foule rompt ses rangs quand les chevaux sont passés, stael, Corinne, ix, l.||13° Congédier, renvoyer. Rompre une assemblée, une diète. |1 Rompre le camp, renvoyer les troupes dans leurs quartiers. Il Rompre une armée, en renvoyer les différents corps. Le duc d'Anjou rompit son armée à la fin de juin, ANQUET. Ligue, i, p. 303. || Rompre une partie de jeu, la quitter. || Rompre sa maison, son train, congédier son train, sa maison. || Rompre sa table, cesser de tenir table. || Rompre son ménage , cesser de tenir ménage. {| Être cause qu'une société se disperse. Un incident assez singulier rompit cette joyeuse société, marmontel, Mém. vi. || Dans un sens analogue, rompre un nombre de personnes, le diminuer, l'entamer. M. de la Vieuville est mort... il a rompu le premier le nombre des chevaliers [de l'ordre du Saint-Esprit], sÉv. 4 févr. <«89. || li» Au trictrac, rompre son plein, être obligé de lever une des deux dames qui complètent chaque case du plein. Il 15° Arrêter , détourner le mouvement droit d'une chose. Rompant tous ensemble le cours de l'eau, pELLissoN, Lelt. hist. t. i, p. (4). Elle [une tour] n'était point mise là pour rien ; c'était un paravent, et èlio rompait.... la première impétuosité [da la bise], sév. t" juin (689. Pour rompre la violence de ses eaux trop impétueuses [de l'Eupbrate],

Boss. Hist. m , 4. Ils rompaient l'effort du béliei avec des cordes qui en détournaient le coup , rol- LiN , Hist. anc. Œuv. t. in , p. 628 , dans pougens. Il [Charles Xll] s'élance dans la rivière, suivi de son régiment des gardes; cette foule rompait l'impétuosité du flot; mais on avait de l'eau jusqu'aux épaules, volt. Russie, 1, 48. Nous savons, par notre art, diriger et rompre les efforts de l'eau, buff. 4* époque nat. Œuvr. t. xii, p. 201. Batavia est situé dans l'enfoncement d'une baie profonde couverte par plusieurs îles de grandeur médiocre , qui rompent l'agitation de la mer, raynal, Hist. phil. II, 49. Il Par extension. Toute votre chambre me tue ; j'y ai fait mettre un paravent tout au milieu, pour rompre un peu la vue, sév. 24. || Rompre un coup, en amortir l'effet. Leurs jambes roides et paresseuses [de l'unau et de l'ai] n'ont pas le temps [dans une chute] de s'étendre pour rompre le coup, BUFF. Quadrup. t. vi, p. 84. ||Aux jeux de dés, rompre le coup, arrêter, détourner une chance des dés en les empêchant de rouler librement. || On dit de même : rompre le dé. ||Fig. Rompre le dé, interrompre. Tout le monde ensemble ne retiendra pas un grand parleur auprès d'un autre qui lui aura rompu le dé , scarr. Rom. com. 11, 4 0. || Fig. Rompre un coup, le coup, empêcher d'avoir lieu ,

prévenir Et que le plus souvent ils [les dieux]

nous secourent si à propos qu'ils rompent le coup à de grands inconvénients qui étaient préparés pour nous arriver, malh. le Traité des bienf. de Sénèque, iv, 4. Il faut rompre ce coup qui me serait fatal, CORN. Poly. V, I. Le cardinal de Tournon rompit habilement un si dangereux coup, mézeray, Abr. de Vhist.de France, (534. || 16° Terme d'escrime. Rompre la mesure à son adversaire, le mettre hors d'état de porter le coup qu'il voulait. Il Rompre la mesure, reculer en parant. || Rompre la semelle, reculer de la longueur du pied. || 17° Rompre les chiens, les rappeler et leur faire quitter ce qu'ils chassent. Les clefs de meute parvenues X l'endroit où pour mort le traître se pendit, Remplirent l'air de cris : leur maître les rompit. Bien que de leurs abois ils perçassent les nues, la FONT. Fabl. XII, 23. Le 46 janv. IC8C: Monseigneur courut le loup, et fit rompre les chiens à dix grandes lieues d'ici ; il revint assez à temps pour être à la comédie, dangeau, i, 282. || Fig. et familièrement. Rompre les chiens , interrompre un discours qui pourrait avoir quelque inconvénient. Il a heureusement rompu les chiens. || Il se dit aussi pour ne pas accepter, ne pas croire. Mais le mari, qui se doutait du tour, Rompait les chiens, ne manquant au retour D'imposer mains sur Mme Féronde, LA font. Féronde. || 18° Terme de dioptrique. Synonyme de réfracter. Tous les corps tran.sparents ont la propriété de rompre les rayons de lumière qui les traversent. || 19° Terme de peinture. Rompre les couleurs , les mêler pour en adoucir l'éclat. Il 20° Terme rural. Rompre une terre, la labourer pour la première fois après un long chômage. Rompre un pré. Il 21° Terme de brasserie. Rompre la couche, remuer les grains dans le germoir. || Rompre trop jeune, retirer le grain du germoir avant qu'il soit assez avancée. || 22° Rompre la laine, faire le mélange des laines de différentes couleurs que l'on veut employer à la fabrication des draps mélangés. Il 23° Interrompre. J'ai rompu vos discours d'assez mauvaise grâce. Vous le pardonnerez à l'aise de vous voir, corn, le Ment, i, 6. Mon abord importun rompt votre conférence, m. Gai. du Palais, m, 4. Il rompt l'ordre commun, et devance le temps, mol. Mélic. I, 4. Ce passage pensa rompre notre entretien, PASC. Prov. VIII. Une affaire qui survint au dervis rompit notre conversation jusqu'au lendemain, MONTESQ. Lett. pers. 4 34. || Rompre un têteà-tête, survenir dans la compagnie de deux personnes. Que penseraient les domestiques, s'iù la voyaient recevoir un homme sans la demoiselle de compagnie qui n'est chez elle que pour rompre les tête-à-tète î oenlis, Mme deMaintenon, 1. 11, p. 4 72, dans poucENs. || Rompre le sommeil de quelqu'un, éveiller quelqu'un, troubler son sommeil. || Rompre le fil de son discours, passer tout d'un coup d'un sujet à un autre. || Vous rompez, vous avez rompu le fil de mon discours, se dit à un interrupteur. Il Rompre la silence, mettre fin au silence. Un effort de douleur rompant enfin ce long et morne silence, fléch. Turenne. \\ Rompre le silence, signifie aussi cesser de se taire. Tu frémiras d'horreur si je romps le silence, rac. Phèd. i, 3. Qu'attendez-vous ? rompez ce silence obstiné, in. Andr. m, «. || Rompre quelqu'un, l'interrompre Tu n'es pas supportable De me rompre sitAt.... cobn. Méi, u, *. l»

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maréchal de Villeroy voulut le rompre [le duc de Gesvies) en p.irlant à quelqu'un, st-sim. 73, 190. Il Rompre la monotonie, empêcher que quelque chose ne soit monotone. Si l'arlisto introduit une façaile dans son tableau, il ne manqui-ra pas d'en rompre la monotonie par quelque arlilice, didkb. Pensées fur la peint. Œuv. t. xv, p. )09, dans POUOKNS. Il Rompre l'eau à un cheval, l'empêcher de lioire tout d'une haleine. || 24° Terme de commerce maritime. Rompre charge, transborder. Sans rompre charge, sans transbordement. || 25° Rompre la mesure, faire qu'un vers n'ait pas sa mesure. Et malheur à tout nom qui, propre à la censure, Put entrer dans un vers sans rompre la mesure, BoiL. Art p. II. Il 26° Kmpêcher d'avoir lieu. Ce prompt retour me perd et rompt votre entreprise, CORN. Nie. I, 4. Le ciel rompt le succès que je

m'étais promis, ID. Cinna, v, 2 Ce qu'on diiïère

esta demi rompu, ID. Poly. i, i. J'en suis fâche, car cela rompt une pensée qui m'était venue dans l'esprit, MOL. l'Av. iv, 3. Je sais un sûr moyen Pour rompre cet achat où tu pousses si bien, m. l'Ét. 1, 10. Cet homme me rompt tout, id. Éc. des f. 111,4. Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos jours, De rompre des méchants les trames criminelles, hac. Esth. III, 4. Sachons ce qui peut rompre ou servir ses projets, I1ELII.LE, Parad. perdu, vi. || Rompre les desseins, les mesures de queliiu'un, empêcher qu'il ne les mette à exécution. Jaloux des bons desseins qu'il tâche d'ébranler, Quand il [le démon] ne les peut rompre, il pousse à reculer, corn. Poly. i, (. Allons, madame, allons employer toute chose Pour rompre le dessein que son cœur se propose, MOL. Mis. y, s. Si vous aviez été à Piiris.... vous auriez rompu toutes mes mesures, je le sens, sÉv. 13 nov. <689. Quand Assuérus, surpris par les artifices d'Aman, voulut exterminer tout le peuple juif, Dieu rompit ce dessein impie, Boss. Politique, vi, m, 2. Que l'amour, qui semble aussi le vouloir troubler [le mariage de Marie-Thérèse et de Louis XIV], cède lui-même.... il y a des mesures prises dans le ciel qu'il ne peut rompre, id. Mar.-Thér. \\ Rompre un enchantement, en détruire l'eflet. Les prières de l'hermite Pierre et le mérite de la contrition de Renaud rompent l'enchantement [d'Armide], volt. Ess. poés. ép. vu. || Rompre un voyage, un départ, une promenade, une partie, les empêcher. Elle vient me prier de souffrir que sa flamme Puise rompre un départ qui lui percerait l'âme, MOL. Éc. des mar. m, 2. A rompre un rendezvous qui dans ce lieu l'appelle, id. les Fdch. m, 4. 8 janvier <686 : on assure qu'il a changé de résolution et que son voyage est rompu, dangeau, i, 279. 4 mai (686 : la pluie rompit cette promenado-là, ID. I, 3i9. Je rompis cette partie, où elle aurait élé appréciée au-dessous de sa valeur, dider. S. la princ. dAshkow. || Rompre son dessein, son entreprise, y renoncer. Je crois que Brute même, à tel point iiu'on le prise. Voulut plus d'une fois rompre son entreiiriso, corn. Cinna, m, 2. Je m'en vais réparer l'erreur que j'ai commise, Et, dès ce mûme pas, rompre mon entreprise, mol. l'Ét. i, iO. Il Rompre son voyage, ne pas faire le voyage qu'on avait projeté. Je crois qu'il [Coulanges] n'en rompra pas [à cause du voyage de Rome] le voyage de Grignan, sÉv. )8sept. <680. Me voilà coupable encore pour n'avoir pas deviné son voyage, et n'avoir pas en conséquence rompu le mien, j. j. rouss. Lett. à Urne Lnlour, 25 déc. (763. || 27° Détruire. 11 [Dieu] a rompu leurs pièges, malh. i, 2. Un amant dédaigné souvent croit beaucoup faire, Quand il rompt le bonheur de ce qu'on lui préfère, corn. Sur. u, ). Des crimes qui rompent la société, qui abrègent la vie, et qui déshonorent Dieu en toutes manières, malebr. ilech. vér. Éclaire, liv. i, t. iv, p. UO, dans poucens. Lui seul réunissait les gens de bien, rompait les liaisons des factieux, boss. le Tellier. Arnauld, des novateurs tu découvres la fraude. Et romps de leurs erreurs les filets captieu.\, boil. Ép m. || 28* Faire cesser, mettre fin à. Sa fureur à la fin rompit sa modestie, RÉGNIER, Élég. IV. Je t'ai voulu sur l'heure apprendre cet amour, Pour te tirer de peine et rompre ta colère, corn, la Place Roy. v, 6. Mon amour généreux Qui d'un si grand héros rompt le sort malheureux, id. ilédde, ii, B. Comme la douceur, selon l'Écriture, rompt la colère, on peut dire aussi que l'humilité dissipe l'envie, fléch. Sermons, Envie. Ô Christ, 6 soleil de justice. De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement, rac. Hymnes, Aies diei nuncius. Pour revenir, il faut rompre des inclinations que le temps a fortifiées, mass. Carême, Fausse conf. \\ 29° Rendre nul, en parlant d'amilié, de relations, de paix, de traité, etc. Et soyez sûr que même le trépas Ne peut rompra des nœuds que

l'amour ne rompt pas, corn. Rod. n, *. [Que] La Perseait osé rompre une paix si profonde, roth. Bélis. 1,6. Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommus sacrés rompit riiilelligence, boil. Lutr. I. Que celte âme renonce tout d'un coup à ses plaisirs, romp;! les attachements les plus vifs.... MASS. Carême, Lazare. C'est le seul traité [de G. Penn] entre ces peuples [les sauvages d'Amérique et les chrétiens] qui n'ait point été juré, et qui n'ait point été rompu, voit. Dict. phil. Quakers, u. Entre tous les liens qui serrent les hommes, un des plus difliciles à rompre est celui du bienfait dont l'amour-propre est flatté, mnER. Claude el Si!r. i, 66. Il Rompre un mariage, rompre un projet de mariage. Argante: Cela m'aurait donné plus de facilité à rompre ce mariage. — Scapiq : Rompre ce mariage? — Argante : Oui. — Scapin : Vous ne le romprez point, mol. Scapin, i, 6. || 30° Manquer à une obligation, à un engagement. Je romps une foi due aux secrets de ma reine, cohn. Rodog. ui, i. Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes, RAC. Andr.m,T. Rompez, rompez tout pacte avec l'impiété, id. Alh. i, t. En faisant ses vœux [de chanoinesse], elle [Mme de Tencin] songea aux moyens de les rompre, et son directeur fut l'instrument aveugle qu'elle employa pour ses desseins, DucLOS, Œuv. t. V, p. 418. Il Faire rompre. HélasI je ne craignais que tes beautés de Grèce, Et je vois qu'une Scythe a rompu ta promesse, corn. Toison d'or, m, 3. Leur devoir violé doit-il rompre le mien ? ID. Œdipe, II, 4. Il Rompre le jeûne, enfreindre la loi du jeilne, en mangeantavanl l'heure prescrite, ou en mangeant quelque chose de défendu. Ces petites incommodités qui vous ont servi de raison autrefois pour me le faire rompre [le carême] , sÉv. tt févr. (690. [| Rompre le jeûne, signifie aussi cesser de jeûner, manger après le jeûne. Les premiers fidèles qui ne le rompaient [le jeûne] qu'après le soleil couché, mass. Carême, Jeilne. || Rompre sa prison, s'évader. La Babylone dont il faut rompre les prisons pour entrer ou pour retourner à notre patrie, c'est le monde avec ses plaisirs et ses vanités : c'est U que nous sommes captifs et errants, boss. fUst. ii, o. Il Rompre son ban, sortir des lieux où l'on était relégué. Il 31° Fatiguer extrêmement. J'ai fait quelques efforts pour me relever; efforts inutiles qui m'ont rompu et ne m'ont pas soulagé, boss. ("sermon, Conception, i. \\ 82° Dresser, accoutumer. Rompre quelqu'un au travail, aux affaires. Rompre la main d'un enfant à l'écriture. Il le faut rompre à l'âpreté des exercices, J. J. Bocss. Ém. u. Il Rompre l'humeur, le caractère d'un enfant, le rendre doux et docile. || Rompre un cheval, l'assouplir. Il Rompre le cou d'un cheval, l'obliger à plier l'encolure à droite et à gauche pour la ren'lre flexible, afin que l'animal obéisse aisément aux deux mains. || 33° Y. n. Se casser, se briser. Mon épée en ma main en trois morceaux rompit, corn. It Ment. II, 6. Les vents me sont moins qu'à vous [chêne] redoutables; Je [le roseau] plie et ne romps pas, la font. Fabl. i, 22. Un pressoir que l'on serre jusqu'à ce que la corde rompe, sév. (3 nov. (676. Notre essieu rompit hier dans un lieu merveilleux, id. 8 mai (B8o. Il se peigne, il s'aiipréte ; L'ivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tête, BOIL. Lutr. v. Les poiriers rompent de fruits cette année, la brut. iiii. Des poutres qui avaient chacune supporté, sans se rompre, pendant un jour entier neuf milliers, avaient rompu au bout de cinq ou six mois sous la charge de six milliers, buff. Expér. sur les régét. (" mém. Des pièces do bois ainsi chargées n'ont pas rompu, mais elles ont plié considérablement, id. ib. || Les greniers rompent, ils sont pleins au point de s'enfoncer sous le poids. Si nous mettions dans nos travaux la moitié de cette constance [les courtisans], nos greniers chaque année rompraient, p. h. cour. Simple discours. || Fig. Il rompra plutôt que de plier, il périra plutôt que

de céder c'est un joug qu'à peine il recevra. —

Je l'y forcerai bien; s'il ne plie, il rompra, tristan, M. de Chrispe, m, 6. || il vaut mieux plier que rompre, il vaut mieux céder, obéir que de se perdre. Il On verra beau jeu si la corde ne rompt, se dit de grandes espérances , de belles promesses. Il 34° Terme militaire. Passer de l'ordre en bataille à l'ordre en colonne. Rompre par divisions, par pelotons. Rompre à droite, à gauche. || 35° Terme d'escrime. Reculer. Rompez. Ilrompitd'une semelle. Il 36° Renoncer aux relations d'amitié avec quelqu'un. Quel astre, de votre heur et du nôtre jaloux. Vous a précipité jusqu'à rompre avec nous? corn. Sophon. IV, 9. On a bien de la peine à rompre i|uand on ne s'aime plus, la rocuefouc. Uax. »6t. Ces

passages me firent tant d'horreur, que Je pensai rompre là-dessus, pasc. Pror. i. Il [l'abbé de Valbelle] m'a dit.... que l'archevêque de Reims rompait à feu et à sang avec le coadjuteur [l'Arles], s'il ne venait avec vous, sev. l( janv. «874. Il (allait se réformer [dans l Église, au xvi* s.] T qui ne le reconnaît? mais il était encore plus nécessaire de ne pas rompre, boss. Var. zi, 2oa. Ni les cou* seils do la Providence, ni l'état de la princesse ne permettaient qu'elle partageai tant soit peu lou cœur.... il fallait ou tout à fait rompre, ou se rengager tout à fait avec le monde, id. Anne de Gonx. La patience nous échappa de part et d'autre, el nous rompîmes i l'amiable, lesaob. Cil Bl. vu, ï. Nous romprons avec lui quand il n'aura plus rien, DESTOUcit. Diss. 1, 2. Toutes les mortifications qu'un roi de France peut donner i un pape sans romprt de communion avec lui, volt. Louis XIV, <4. j'ai rompu avec le genre humain pendant plus de six semaines, je me suis enterré dans mon imagination, ID. Lett. Mme du Deffant, (2 avr. 1760. Résolu de rompre avec Diderot pour jamais, je ne délibérai plus que sur la manière, 1. j. souss. Confest. x. Au lieu de dénouer insensiblement, je rompis, ce fut une très-grande faute, marhontel, Mém. IT. Souvenez-vous qu'il est plus prudent de dé.ier que de rompre, genli«. Ad. et Th. t. m, p. 243, dans pouoENS. Il Fig. Il est vrai que c'est mon ancien ami [le serein, Mme de Sévigné l'aimait beaucoup], et que j'ai peine à rompre tout à fait avec lui, SÉv. 363, Pourquoi m'es-tu donné, 6 corps mortel, fardeau accablant, soutien nécessaire, avec lequel je ne puis avoir ni guerre ni paix, parce qu'à chaque moment il faut s'accorder, et à chaque moment il faut rompre? Boss. Bourgoing. Il resta [auprès des bagages abandonnés] les plus faibles, les moins déterminés, ou les plus avares ; ceux qui ne surent point rompre avec leur butin et quitter la fortune qui les quittait, ceux-là furent surpris [par les cosaques] dans leur hésitation, SÉOUR, Ilist. de Nap. ix, (3. || Rompre à tout, briser toutes relations. Ils n'ont pas la force de se faire un désert du monde lui-même, nous leur disons qu'il est aisé de rompre.à tout quand on le veut; et ils soutiennent qu'en le voulant ils n'en sauraient être les maîtres, mass. Prnfess. relig. Serm. t. || 87° Rompre, se dit du vin qui, laissé à l'air, change de couleur. Il 88' Se rompre, v. réfl. Être rompu. Ils prirent une si grande quantité de poissons, que leur filet se rompait, saci, Bible, Évang. St-Luc, v, «. L'essieu crie et se rompt, hac. Phèd. v, 6. Ce morceau de fil do fer a porté, avant de se rompre, 48» livres, BUFF. Ilist. min. introd. Œuv. t. vii, p. 62. i deux postes d'ici ma chaise s'est rompue, boisst, Impatient, n, B. Il 39° Être réfracté. Les rayons se rompent en passant de l'air dans l'eau. Un Irait de lumière qui passe à travers un prisme se rompt el se divise de façon qu'il produit une imago colorée, composée d'un nombre infini de couleurs, bupf. Ilist. min. introd. Œuv. t. vu, p. 7. || 40° Etre brisé, se briser, en parlant des eaux, des flots. Les flots bruyants se rompaient eu plusieurs endroits, vau- GEL. Q. C. vui, (3. N'entendez-vous pas la vague qui se rompt contre ces autres rochers? pén. Tél. IX. Il 41° Perdre son ordre, son arrangement. Les astres font leur cours, la ciel ne se rompt pas, ROTR. Ilerc. mour. m, 3. Les bataillons du régiment des gardes, l'épée à la main, rompirent un grand bataillon des ennemis; mais, en le rompant, ils se rompirent eux-mêmes, pellisson, Lett. hitt, t. m, p. 290. 11 lui [à la phalange macédonienne] faut des lieux propres, et pour ainsi dire faits exprès, et, à faute de les trouver, elle s'embarrasse ellemême, ou plutôt elle se rompt par son propre mouvement, BOSS. Uist. m, 6. Il 42° Être défait, changé, rendu nul. C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt. De nous vendre un peu cher les grands biens qu'ils nous font, corn. Cinna, u, (. La ligue se romprait.... id. ib. m, t. Mandez-moi d'où vient que le marché de votre terre s'est rompu, sév. 28 mai (678. Ces mariages qui se rompent ou qui se concluent dans les comédies, boss. Comédie, e. Celte grande société que forment les vanneaux i leur arrivée, tend à se rompre dès que les premières chaleurs du printemps se font sentir, buff. Oi$. t. XV, p. 82. Il 43° S'accoutumer i. Se rompre à la fatigue, aux afl^aires, au travail. La main se rompt à écrire ou à jouer d'un instrument, c'eslà-dire qu'elle corrige une roideur, qui tenait les doigts comme engourdis, BOSs. Conn. v, 4. H 44° X ton' rompre, loc. adv. Tout au plus (sens qui a vieilli). A tout rompre, on ne lui doit pas raille écus. Il e»" vrai de dire qu'encore qu'elle [l'Académie française] U. — 23U

fasso un dictionnaire grammatical, il n'y a que deux ou trois de ces messieurs, à tout rompre, qui tachent la grammaire française et les premiers éléments, FUBETiÊRE, Factums , t. I, p. <88. IIAvec éclat, avec transport (sens actuel). Applaudira tout rompre.

— HIST. XI* s. L'osberc [il] li rompt entresque à la charn, Ch. de Roi. xciv. || xii' s. De totes par» la mer l'asaut, Rompent cordes, li très [mâtj lor faut, WACE, Vierge Marie, p. ♦. Puis i ont mis dou feu tout rasé [rasl un tonel ; Les douves sont enprises, si rompent li cercel, Sax. ix. |{ xiu* s. [Épines] Oui m'ont toute ma robe depecie et rompue, Berte, lu. Tant qu'ainsinc Faussemblant raisonne, Amors de rechief l'araisonne, Et dist, en rompant sa parole.... la Itose, )H24. Et s'il y a bcste liée, et cle ront son lien et va en damace, BEAUM. XXX, 67. Li devant dit home doivent rompre [labourer] et gaagnier les terres aus us et aus coustumes dou païs, do cange, rumpere. Vous avez une goûte vive; Saint Ladres a rompu la tri- Te, Si vous a féru el viaire, buteb. 2(3. Cil qui sont «or le mur aval esgardé ont, L'eschiele virent roule [rompue], Ch. d'Ant. vi, 723. Quant nous venimes là, nous trouvâmes que un vent fort ot rompues les cordes des ancres de sa nef, joinv. 2(2. || xiv' s. Adonques est l'amisté dissolue et roupte, puisque les choses ne leur sont faites pour lesquelles il amoient, obesme, Eth. 268. Grans roches tresbucherent et rompirent de montaignes, Chr. de St-Denis, ^ 47, dans LACUBNE. Il XV* s. Et beaucoup de gens de bien estoient d'opinion qu'on atlendist, cuidans rompre le coup, juvén. Charles TI, <380. Mais, au dorrain, ne sçay comment Mon fait est venu au contraire; Et à parler ouvertement Tout est rompu, c'est à refiaire, eu. d'ohl. Bal. 65. Le mareschal dist : Monseigneur, ne rompez point l'alaine de vos gens, le Jouvcncel, t° 67, dans la- CURNE. Ledit Morvilier lui rompoit tousjours la paroUe, coMM. i, i. Les hommes d'armes bourguignons rompirent leurs [propres] archiers et passèrent par dessus.... ainsi rompirent eulx-mesmes la fleur de leur armée, id. i, 3. Hz font un payement de trois mojs, et puis rompent leur armée [licencient], ID. IV, I. Et taschoient à luy rompre ses vivres, qui venoient par eaue du pays de Gueldres, contremont la rivière, id. iv, 2. Et si luy fut rompue la pension qu'il prenoit de nous, id. v, )8. Le cardinal rompit [empêcha] que je ne m'en meslasse point, m. viil, 3. Il XVI* s. Chascune de leurs trouppes, cuidanl que les autres fussent en leur entier, se rompoit quand on l'alloit assaillir, amyot, Publ. S9. Le peuple leur rompoit le cueur de pitié, quand.... id. Cam. 61. Il feit forger salades et morrions tous do fer bien polis par dehors, afin que les espées glissassent au long, ou se rompissent en frappant dessus, id. ib. 68. Hz leurs remonstrerent que l'occasion se presentoit de rompre [entamer] la guerre contre les Romains; eulx respondirent qu'ilz auroient honte de la rompre, attendu qu'il y avoit trefves jurées entre eux pour deux ans, id. Cor. 41. Si me semble que ce fut chose merveilleuse et de grand heur pour les Romains, que ceste guerre gauloise ne vint point à 80 rompre [éclater] du temps que celle des Carthaginois duroit encore, id. Marcel. 3. Vous le voyez aller par la ville avec une pauvre robbe toute rompue et usée, id. Arist. 62. On les voyoit incontinent recreuz et rompus du travail, id. Caton, <o. La glace se rompoit et trenchoit les nerfs de leurs pieds, id. Lucul. 63. Le chemin rompoit de joyaux d'or et d'argent, et de chevaux que l'on y envoyoit, ID. Artax. aï ce propos dur et triste En cest endroit rompray pour le présent, marot, ii, 63. 11 chut du haut d'une échelle et se rompit [se donna une hernie], DESPER. Conlet, xvu. Il y aura beau jeu, si a chorde ne rompt, rab. iv, 6, Il le fault rompre à la peine et aspreté des exercices, mont, i, 466. Se tourmenter et rompre la teste des affaire» d'aultruy, ID. I, 278. Il n'osa les poursuyvre touts rompus et effroyoz, iD. r, 361. Rompre un marché, id. iv, 43. Rompre la teste k tout le monde de ses généalogies, ID. IV, 45. Lor» aura-on bon marché de rompre [labourer] les prairies, o. de serres, 73. Après cette prise de Saint-Jean, il vouloit bien passer plus outre et suivre messieurs les princes jusques en Gascogne el Languedoc, mai» la reyne rompit ce coup BHANT. Ut grands capit. franc. Charles IX. Combien avons nous veu depuis force huguenots s'estre convertis et faits bon» catholiques I les chemins en rompent, id. t'i». t. ui, p. 472. Nous disons communément rompre la paille ou le festu avec quelqu'un, quand nous nous disposons de rompre l'ami-

ROM

tié que nous avions contractée avec luy, pasqbier, Recherch. viii, 68.

— ÉTYM. Wallon, rompi ; patois des Fourgs, rontre; provenç. rompre, rumpre; catal. romprcr; espagn. ramper; ital. rompere; du lat. rumpere; sanscrit védique, rup, devenu en sanscrit classique htp, lumpâmi, je romps.

t RO.MPT-PIERRE (ron-piè-r'), i. m. Nom vulgaire du genre saxifrage.

ROMPU, CE (ron-pu, pue), part. passé de rompre. Il 1° Mis en fragments. Dont le rabat est sale et la chausse rompue, régniek, Sat. li. On a trouvé, dans les fossés de la place, un de nos soldats qui y était

demeuré avec une jambe rompue nu, exposé à

l'air et sans manger, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 361. Je ne vous demande point.... si votre montre va bien ; vous me diriez qu'elle est rompue, sév. 27 oct. <677. Suspendez par la palle un oiseau de rivière sur un buffet, au-dessous supposez des biscuits entiers et rompus, dider. Salon de (766, Œuv. t. xiii, p. (26. Il Fig. C'est ainsi qu'ils [les frères de Bohème] se séparèrent des calixtins; voilà comme, ils sont disciples de Jean Hus; morceau rompu d'un morceau, schisme séparé d'un .schisme, Boss. Var. xi, (74. || Terme de blason. Se dit des armes ou des pièces brisées, et des chevrons dont la pointe d'en haut est coupée. || 2° Terme de marine. Bâtiment rompu, bâtiment très- arqué. Il 3° Termed'équilation. Trainrompu, allure qui tient du traquenard et de l'aubin. || 4* Qui est gâté, détruit, en parlant de voies de communication. Nous avons eu ici des glaces et des neiges insupportables; les rues étaient de grands chemins rompus d'ornières, sév. 27 févr. (679. Le lendemain elle ordonna à son neveu d'accompagner les voyageurs jusqu'à un pont qui, étant rompu depuis peu,étaitdevenu un passage dangereux, volt. Zadig, 2U. Il 6° Mis en déroute, défait. Nos ennemis communs attendent avec joie Qu'un des partis défait leur donne l'autre en proie, Lassé, demi-rompu, vainqueur, mais, pour tout fruit. Dénué d'un secours par lui-même détruit, corn. Uor. i, 4. Un soldat romain devait vaincre ou mourir: par cette maxime les armées romaines, quoique défaites ou rompues, combattaient et se ralliaient jusqu'à la dernière extrémité, BOSS. Ilist. III, 6. Il 6' Détruit, rendu nul. Et quand tout notre effort se trouvera rompu, corn. Pomp. V, 4. L'étoile est changée, le sort est rompu pour les Grignans, sév. 26 juin (680. Par l'arrivée des Romains, tout équilibre fut rompu, montesq. Rom. 6. Il 7" Vin rompu, vin qui a perdu sa finesse et son bouquet. |{ 8^ Il se dit d'un mariage, d'un projet, d'une partie qui ne se font pas. Le mariage de l'abbé d'Elfiat n'est point fait, comme on me l'avait mandé ; il demande du temps pour y penser, et je crois cette affaire rompue, sév. (*' nov. I87i. Le voyage do Villers-Cotterets est rompu, id, 2I oct. (676. Je suis consolée d'une partie de Trianon rompue, puisque vous n'y auriez pas été, maintenon, Lelt. à Mme de Caylus, t. vi, p. 87, dans pougens. Le comte a si bien fait que tout était rompu, destouche, Glorieux, v, (.|| Avoir une cûte rompue se trouve dans Mme de Sévigné en parlant d'un mariage manqué, par allusion à la côte d'Adam. 11 avait envie d'être amoureux d'une Mlle de la Coste; il faisait tout ce qu'il pouvait pour la trouver un bon parti; mais il n'a pu; cette affaire a une côte rompue, sév. 20 oct. (678. || 9° Réfracté. Les rayons sont diversement, ou réfléchis, ou rompus, malebr. Rech. vir. Éclaire, sur la lum. t. iv, p. 388, dans POUGENS. Il 10° Terme de peinture. Ton rompu, celui qui s'élève ou se dégrade, pour figurer l'ombre avec plus ou moins d'intensité. Couleur rompue, celle qui participe d'une autre couleur, en vertu d'un reflet. || 11° Terme de littérature. Saccadé, en parlant de l'harmonie du style. 11 n'y a rien qui rabaisse davantage le sublime que ces nombres rompus, et qui se prononcent vite, tels que sont les pyrrhiques, les trochées et les dichorées qui ne sont bons que pour ladanse, boil. Longin, Subi. ch. 33. Le style.... impétueux dans la colère, rompu dans la fureur, marmontel, Œuv. f. v, p. 20». 1| 12° Interrompu. Tout commerce est quasi rompu [à cause des mauvais chemins] dans cette province, sév. 8 fév. (690. Il n'estpas besoin de remonter plus haut [que le schisme des évêques anglais qui ont gardé leurs sièges] ; dès ce moment, la chaîne est rompue, le caractère de séparation est ineffaçable, boss. ('* im(r. past. 1 3, || Propos rompus, voy. propos, n* 5. Il 13° Dispersé, clos avant le temps. L'assemklée de Cologne [un congrès] n'est point rompue, SÉV. (0 nov. (673. g 14° Terme d'arithmétique. Anciennement, nombre rompu, d-action. Nous avons

RON

remarqué que toute quantité peut être considérée comme un nombre entier ou comme un nombre rompu : un sou, nombre entier par rapport au denier, est un nombre rompu par rapport à la livre, CONDIL. Lang. cale, il, (o. || Puissances rompues, puissances fractionnaires. On ne peut exprimer les puissances rompues ou les racines f , j, ^ etc. de plusieurs nombres que par des suites infinies, bufp. Ess. arith. mor. Œuv. t. x, p. (84. || 15° Bâtons rompus, pièces de compartiment dans les vitres et dans d'autres ouvrages. || Sorte de tapisserie représentant plusieurs bâtons rompus et entremêlés. || X bâtons rompus, loc. adv. Voy. dAton. || 16° Être rompu de fatigue, être extrêmement fatigué. On va bien loin, dit-on, quand on est las; mais, quand on a les jambes rompues, on ne va plus du tout, sÉv. 88. Il 17° Fig. Exercé. Le vieux .Spada, rompu et corrompu dans les affaires, betz, t. iv, liv. v, p. 44, dans POUGENS. La facilité que vous trouver en elle [Pauline] à vous servir de petit secrétaire, avec une main toute rompue, une orthographe correcte; sÉv. (( mai (689. Quand ils [les écoliers] seront un peu rompus par l'habitude dans les premiers éléments, rollin, Traili des Et. 1, (. Ces artisans, ces soldats, qui assistaient à toutes les délibérations publiques [h Athènes], étaient rompus dans les affaires et entendaient à demi-mot, id. Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 683, dans poi'Geks. [Le marquis d'Acy] C'étoit un homme sans nulle pédanterie et fort rompu au grand monde, st-sim. 24, 29. Il Être rompu aux affaires, y être fort exercé. [Zélis] Protège l'univers, et, rompue aux affaires, Fournit vingt financiers d'importants secrétaires, GILB. LeXVlll's. Il On dit de même : être rompu à faire une chose.

t ROMPURE (ron-pu-r"), t. f. Terme de fondeur en caractères. L'endroit où se rompt la lettre, et l'action de l'ouvrier qui la rompt.

— ÉTYM. Rompre. Rompure était usité dans l'ancienne langue pour rupture.

RONCE (ron-s'), s f. |j 1" Genre de la famille des rosacées. || Arbuste épineux et rampant dont le fruit, assez agréable, est nommé muron ou mûre sauvage, rubus fruticosus, L. Il croîtra des ronces et des chardons sur leurs autels, saci, Bible, Osée, x, 8. Les ronces dégouttantes Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes, rac. Phèdre, v, e. L'humble ronce embrassant la colonne superbe, delille, Jard. IV. Il 2° Fig. Tout ce qui pique, nuit comme la ronce. Oh! que de mon esprit tr;ste et mal ordonné. Ainsi que de ce champ par toi si bien orné, Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines! boil. à son jardinier. Chacun trouve ses voies semées de ronces et d'épines, uass. Avetit, Afflict. Les plaisirs sont les fleurs que notre divin maître Dans les ronces du monde autour de nous fait naître, volt. 4* dise. Ma carrière est difficile, semée de ronces el d'épines; j'ai éprouvé toutes les sortes de chagrins qui peuvent affliger l'humanité, le roi de Pr. Lett à Voltaire, 24 févr. (760. || 3° Ronce framboise, le framboisier, rubus idxus, L.\\i° Espèce de raie Il B° Se dit des veines orbiculaires qu'on voit sur le» lames de Damas et sur les bois noueux.

— HIST. xu* s. Molt i ot voie felenesse, De ronces et d'espines plainne, crestien de troyes, Chev. au lyon, v. 18O. Mais à voz letres puis e veeir e sentir, Que ne puis pas les grapes des espines cuillir. Ne des runces les fiches.... Th. le mart. 86 Il xiu* s. Kar il s'entreheient de mort ; Li uns fu runce, l'autre espine, E issu de maie racine, Édouord le conf. v. 41 1(. Il XV s. Enrossiné [piqué] d'une ronsse, du cange, runciœ. || xvi's. Et les quatre pilliers du petit bastiment [une cage] Sont d'une gross» ronce en quatre parts fendue, rons. 738. Un rochier à l'escart, emmy des ronces, mont, i, i76.

— Êtym. Wallon, ronh; poitevin, ronde; provenç. rôtie, s. m. et ronser, s. m. Diez le tire du lat. rumex, rumicem, qui signifiait une sorte de dard, alléguant rumec qui en languedocien signifie ronce, et les formes analogues, pon«e de pumicem, pouce de pollicem, etc. Cela est fort possible. Pourtant le sens n'est pas tout à fait satisfaisant; eld'autre part le baslatin donne une série de mots très-voisins de ronce; c'est runcalis ou runco, lieu couvert de ronces; c'est runcxu, runchus, ronchus, ronce; c'est ronjcher, dans un texte du xiv* siècle (du Cange, runcare); tous mots rattachés au latin runcore, arracher les mauvaises herbes, les ronces.

t RONCER (ron-sé), t). o. Terme de marine. Pousser une pièce de bois, quand elle est étendue sur un plan, dans une direction perpendiculaire à sa longueur.

t RONCEBAIK (ron-se-rô), ». f. Lieu rempli de ronces.

RON

— mST. ini* s. lUuec près a un buissonnai, SI espès comme un roncherai, do canoë, runcalis.

— ÊTYM. flonfe.

t RONCETTE (ron-sè-f), I. f. Traquct, oiseau.

■f RONCEUX, EUSE (ron-seû, seû-l') , adj. Il 1° l'iein de ronces. || 2° Se dit de l'acajou, lorsque, débité, il contient certaines dispositions veinées qui se trouvent non i la racine de l'arbre, mais à U fourche des branches principales.

— f.TYM. Jionee.

t RONCIN (ron-sin), s. m. Se disait, au moyen âge, du cheval de charge, par opposition au coursier ou cheval de guerre.

— ETYM. Voy. Roussm.

t RO.NXINÉ, ÉK (ron-si-né, née), orfj. Terme de botanique. Se dit des feuilles pinnatifldes oblongues, dont les lobes aigus se dirigent vers la base.

— ÊTYM. Lat. runcina, rabot : fait en forme d'outil à gratter.

+ RONCINELLB (ron-si-nè-l'), «. f. Genre de plantes rosacées.

4. ROND, ONDE (ron, ron-d'), arf;. |1 1* Quiestde telle figure que toutes les lignes droites tirées du centre à la circonférence sont égales. Un cercle est rond, une sphère est ronde. Table ronde. Rond comme une boule. Qu'un autre aille chercher.... Comment, tout étant plein, tout a pu se mouvoir, Ou que Dernier compose et le sec et l'humide Des corps ronds et crochus errant parmi le vide, boil. Ëp. V. Péronnelle faisait une danse ronde le long d'un clair ruisseau avec ses compagnes, fen. t. xix, p. 6. De petites mains, une bouche ronde, qui seraient un agrément en Europe, sont presque une difformité chez ce peuple [les sauvages de la baie d'Hudson], parce qu'on n'y voit que l'effet d'une faiblesse d'organisation, raynal, Ilist. phil. xvii, 6. Il La machine ronde, le globe terrestre. Pour peupler la machine ronde, Qu'on est fou de mettre du sien I BÉRANG. Âge fut. \\ Chevaliers de la table ronde (voy. table). || Terme de boucherie. La pièce ronde, morceau de tranche grasse. || 2" Cylindrique. Un bâton bien rond. Une barre de fer ronde. Un bras rond et potelé. || 3» Fil rond, fil un peu retordu. Toile ronde, faite avec du fil retordu. \\i° Une bourse ronde, une bourse bien remplie. Avec toi, Dieu me damne, et cette bourse ronde. Pour te plaire, dit-il, j'irais au bout du monde, BOissY, Impalient, v, ï. || La pièce ronde, une pièce de monnaie d'argent. Pour gagner la pièce ronde, BÉRANG. PgiUasse. |[ Fig. Une fortune ronde, une fortune assez considérable. Ma fortune est assez ronde, vous le savez, collind'harleville. Vieux célib. 11,8. 116° Figures de ronde bosse, celles dont les différentes parties ont tout leur contour. La sculpture de ronde bosse me paraît autant au-dessus de la peinture, que la peinture est au-dessus de la sculpture en bas-relief, dider. Observ. sur la sculpture, Œuv. t. XV, p. 311, dans pougens. || 6° Terme de pêche. Morue ronde, morue qui n'est fendue que jusqu'à l'anus. || Filet rond, filet qui a la forme d'un entonnoir. Il 7' Lettre rondo, ou, substantivement, la ronde, sorle d'écriture à la main dont les jambages sont presque perpendiculaires ; ainsi dit à cause de la rondeur affectée aux caractères, qui sont composés surtout de lignes courbes et aussi larges que hauts. Écrire en lettre ronde, en ronde. Il B rond, nom que les Italiens donnent au bémol. Il 8° En Angleterre, tête ronde, se dit des partisans de Cromwell, des puritains, à cause de leur manière de se coiffer. Voici nos têtes rondes, V. HUGO, Cromujell, i, 8. (| 9° Terme d'anatomie. Le muscle grand rond, ou, substantivement, le grand rond, muscle étendu de la partie inférieure et du bord axillaire de l'omoplate à la coulisse bicipitale de l'humérus. || Ligament rond, ligament de l'articulation radio-cubitale moyenne, qui s'étend de l'apophyse coronoïde au bas de la tubérosité du fadius. Il Ligaments ronds de la matrice, ceux qui fixent la matrice dans sa position. || lO" Par exagération. II est tout rond, il est rond comme une boule, il est gros et court. || Familièrement, une per- •orne un peu ronde, une femme enceinte. Certaine personne un peu ronde Réclame ses secours savants [du médecin], bérang. Doct. et mal. \\ Populairement. Il est rond, bien rond, il a bu ou mangé avec excès. Ces trois grands coquins de frères S'en donnent jusqu'au meuton.... Puis ronds comme des futailles.... Chamon du frère Etienne. || 11° Fig. et familièrement. Rond, tout rond, sans façon, plein de sincérité. Et [je] suis homme fort rond de toutes les manières, mol. Dép. amour, i, <. M. le duo de Berry, qui était tout bon et tout rond, st-sim. 368, 497. Je n'ai même encore aujourd'hui foi qu'en

RON

quelques bonnes imes d'hommes tout ronds et de femmes sans prétention, DIDEROT, L<fl. dMlle Voland, 20 déc. «786. Il Rond en afTairei, qui traite les affaires largement, sans chicanes ni petites difficultés. Oh ! des billets, de l'argent, de bon papier, de bonnes signatures.... moi, je suis rond en affaires, PICARD, Duhautcours, v, 4i.||ll se dit aussi du parler, de la mine. Un discours aussi rond Fait taire l'éloquence et l'art de Cicéron, regnard, Distr. iv, 0. Le ton rond et sans fard de Mme de Fécourt, et cette façon d'être la première à me demander mon amitié, mariv. Pay. parv. «• part. L'autorité qu'il se concilie n'est due qu'à des grâces, à sa modération et à une physionomie ronde qui est tout à fait persuasive, volt. L'homme aux 40 écus, grande querelle. || 12' Fig. Terme de musique. Voix ronde, voix pleine et égale. || 13° Terme de littérature. Période ronde, période nombreuse et d'une agréable cadence. || 14° Fig. Compte rond, compte sans fraction Quatre, c'est compte rond, la font. Psaut.

Il On dit de même : nombre rond, la rapidité d'un rayon de soleil est, en nombre rond, 4 880 800 fois plus forte que celle d'un boulet de canon, volt. Phil. newt. n, s. Il 16° Terme de marine. Vent rond, vent de force uniforme et assez vif.

— HIST. III* s. Soissante ans vesquit touz entiers, Et vint filz ot de vint moillers [femmes], Et trente filles en roont, Brut, v. )577. ||xiii* s. Encore i a autre raison por quoi il apert que la terre est reonde : que s'il n'eust sus la face de la terre nul empeschement, si que uns hom poist aler partout, certes il iroit tout droitement environ la terre, tant que il revenroit au leu meisme dont il seroil meuz, brun, latini. Trésor, p. H4. S'unsleus [loup] avoit chape roonde. Si resamieroit il provoire [prêtre], ruteb. (54. ||xv* s. Li homs qui vit en leesce et en joie, Sanz soi troubler des fortunes du monde, Vit longuement s'il maine vie ronde, E. DESCH. Poés. mss. f" 330. || XVI* S. Martius a tousjours esté tenu pour homme rond de sa nature, simple, sans fart ni artifice quelconque, amïot, Cor. et AU. comp. 2. Quand il [Artaxerce] eut ouy ses propos [de Pélopidas], qu'il trouva plus graves que ceulx des Athéniens, et plus ronds que ceulx des Lacedaemoniens.... id. Pélop. 55. Un parler sec, rond et crud, mont, i, 292. Vaisseaux ronds, pour porter vivres et chevaux, LAN0tiE,4i8. Au fond, vieil Gaulois et d'une ronde probité, d'aub. Hist. m, 81. X ronde table n'y a débat pour eslre assis au premier plat, génin. Récréât, t. ii, p. 234. Le seigneur bannier est tenu de tenir son moulin en point rond et bien cloz, sur peine d'amende arbitraire, Coust.gén. t. i,p. 887.

— Rtym. Provenç. redon, redun ; catal. red(5, rodô ; espagn. redondo ; ital. rotondo, ritondo ; du lat. rolundiiï, qui vient de rotare, dénominatif de rota, roue; il en est le participe en dus.

2. ROND (ron; le d ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des ron-z agréables), s. m. Il 1° Figure circulaire. Depuis que je l'ai vu, trois quarts d'heure durant, cracher dans un puits pour faire des ronds, je n'ai pu prendre bonne opinion de lui, MOL. Mis. v, 4. Il compte des plafonds les ronds et lis ovales, boil. Àrl p. i. Il y avait un homme [Pascal] qui, à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques, chateaub. Génie, m, ii, 6. || Périmètre circulaire. [Il] Doit bientôt conquérir tout le rond de la terre, TRISTAN, Panlhée, m, 8. {| 2° Rond d'eau, grand bassin rond rempli d'eau et servant quelquefois de décharge ou de réservoir. Les lieux que j'ai dépeints, le canal, le rond d'eau. Parterres d'un dessin agréable et nouveau, LA FONT. Psyché, I, p. 104. Il 3° Rond de serviette, anneau de diverse matière, dans laquelle on passe sa serviette rephée après avoir mangé. || 4" Terme de danse. Rond de jambe, mouvement de la jambe décrivant un demi-cercle. Il 6* Rond de plomb, grande plaque de plomb, pour maintenir un chapeau en état. || Rond de cuir, bourrelet de cuir à la jonction de deux tuyaux. Il 6° Terme de marine. Courbure extérieure que l'on donne à certaines voiles. || 7° Terme de treillageur. Petit cercle de bois de fente. || 8° Demirond , couteau demi-circulaire à l'usage des corroyeurs, pour décrotter les peaux. |{ 9* Terme de vétérinaire. Être mis au rond, se dit, chez le bœuf, du bord supérieur des incisives caduques, quand elles forment une courbe régulière. || 10° Quart de rond, voy. quart 2, n* 16. || 11* En rond, loe. adverb. Circulairement. Vous ne couperez point vos cheveux en rond, et vous ne raserez point votre barbe, saci. Bible, Lévit. xix, 27. Mais, pour mieux l'écouter, il faut s'asseoir en rond, th. corn. Berger extrav. u, 6. Nous vîmes à la porte d'un beau

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chftteau des paysans de l'un et l'autre sexe qui dansaient en rond et se réjouissaient, lesagb. Cil ni. VI, s. Les rois boiront Tous en rond; Les lauriers serviront D'échalas à nos vignes, BiRAXo. Grande orgie. || Vuler en rond, sa dit du bucon quand il tourne autour de sa proie.

— HIST. xiii* s. Boucle, mordant, reons [boutons] touz dorés, lu cangb, rota. \\ xvi* s. S'estans toutes ces dames arrangées en rond à l'entour d'elle [Valeriaj, amtot. Cor. 53. La ville est comme en ovalle, circule d'une mauvaise muraille, qui n'a que huict meschantes tours en tout son rond, d'aub. Uist. u, 54. Le ciel ravy, qui si belle la voit. Roses et liz et guirlandes pleuvoit Tout au rond d'elle au milieu de la place, sons. 8o. Manier de pié coy, en rond ou en carrière. Ce cheval ombrageux.... r. belleao, Œuv. p. 03, dans lacurnb. Abelard avait le rond et accomplissement de toutes sciences, pasquibr, Recherch. vi, p. 5I9, dans lacurne. Je suis tout saoul, je danserois bien un rond, cotgràvk.

— ÊTYM. Rond t.

RONDACUE (ron-da-ch"), ». f. \\ 1* Ancien bouclier circulaire, employé par les hommes à pied. Qui casse le museau ; qui son rival éborgne ; Qui jette un pain, un plat, une assiette, un couteau ; Qui pour une rondacho empoigne un «scabeau, RÉGNIER, Sat. X. Il [le roi] a fait porter à la tranchée deux grandes machines en forme de rondaches, pour mettre à la tête du travail, et dont on se sert en Espagne à cet usage, pellisson, Lelt. hist. t. I, p. 471. Un chevalier.... Le casque sur le front, surmonté d'un panache. Sur ses yeux la visière, à son bras la rondacbe, delillb, Imag. iv. || Par extension. Les gens raisonnables attendent quelque folle étrangère qui défasse nos dames de ces immenses rondachcs de paniers insupportables en tout à elles-mêmes et aux autres, st-sim. 340, 207. Il 2» Terme de botanique. Feuille en rondache, feuille peltée. || Terme d'entomologie. Se dit d'une forme que prennent certains articles et de taches en croissant dont la convexité est plus marquée que l'échancrure.

— ■ mST. XVI* s. Et s'ils vouloyent avoir un casquet et un rondache à preuve, pour les assauts et escarmouches, LANGUE, 287. Dom Ferrand, assisté des meilleurs capitaines de gens de pied, donna de fort bonne grâce dans le bois, ayant à sa teste cent rondaches et plus, qui pour piafes avoient les bras nuds jusques au coude, d'alb. Ilist. l, 22. Puiguion, aiant levé son pistollet par dessus le rondache du gouverneur d'Argenton, qui menoit les autres, le tua, m. t6. m, 46l. Avec leurs rudachcs et espées nues, CARL. VI, 32. Une rondache pendue au col. Sot. Ilén. p. 4 2.

— ÊTYM. Rond, et la finale ache. Pourtant d'où vient la forme rudachel

4. RONDE (rond'),». /■. || 1* Visite de nuit autour d'une place de guerre, dans un camp, etc. Faire la ronde. Officier de ronde. || Ronde simple, ronde de capitaine, lieutenant, sous-lieutenant ou sous-officier. Il Ronde-major, celle que fait le major de la place ou un officier supérieur. Ronde de commandant de place, d'officier général. || Chemin de ronde, chemin destiné à faire la ronde. || Chemin de ronde est aussi, en divers systèmes de fortification, un chemin ménagé à la partie supérieure de l'escarpe, au pied du talus extérieur du parapet. Il Ronde se dit, en un sens analogue, dans la marine militaire. Il y a de.i embarcations armées pour fiiire les rondes. |{ 2* Visite nocturne des employés des douanes et des octrois. En vain les gardes font la ronde; J'ai bon repaire et trois fusils, bérano. Jeanne la rousse. || 3* La troupe elle-même qui fait la ronde. Reconnaître une ronde. La ronde passe. Prenez garde qu'il est surpris par la ronde qui survient ; la voilà qui le mène en prison, lesagb, Diabl» boit. 4 0. || 4* Fig. Faire la ronde, tourner autour de quelque lieu pour observer si tout est en ordre; visiter l'intérieur d'une habitation. (Le mari] Hors la maison fait le guet et la ronde, u FONT. Gag. Je prie Deville de faire tous les soiri une ronde, pour voir si le feu est éteint partout, SÊV. 20. Les eunuques qui font la ronde autour de ces redoutables lieux [le sérail], montesq. Lelt. pert. «7. Il Faire sa ronde, se dit pour exprimer un examen habituel. Là-dessus le maître entre et vient faire sa ronde, la font. Fabl. iv, (2. || Se dit quelquefois des animaux. Le chien veille, il fait la ronde, il sent de loin les étrangers, bupp. Ifore. chois. p. 4 28. Il X table, faire sa ronde, boire à la santé de chacun des convives l'un après l'autre ; locution peu usitée. || Faire la ronde, passer de main en main, en parlant d'une chose. J'ai appris avec une

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wWme édification que, soupant liier chez M. de Vueilleranes, lu laissas faire la ronde à six bouteilles, après le repaie, sans y toucher, J. I- Rouss. Ilél. I 52. Il S" Terme de jeu. Impôt que chaque joueur paye pour les caries , avant de se mettre au jeu. J'ai payé ma ronde. Il n'y a qu'à faire un fonds pour l'amende, en augmentant les rondes pour la payer, dancourt, Déroute du pharaon, se. 18. Et dont, tous les hivers , la cuisine se fonde Sur l'impôt établi d'une infaillible ronde, regnahd, le Joveur, I, to. || 8* Chanson qu'une personne chante •eule, et dont le refrain est répété par tous en dannant en rond. La fête [des fiançailles] se terminait par une ronde dans la grange voisine , chateaub. Génie, i, i, (0, || Ronde de table, ou , simplement, ronde, chanson à refrain, où chacun chante à son tour. Il Par extension, troupe de personnes qui dansent en rond. Notre foule en s'ouvrant forme une ronde immense, lamart. llarold, 26. Les mains cherchent les mains : soudain la ronde immense. Comme un ouragan sombre, en tournoyant commence, y. HUGO, Odes et ballades, la Ronde du Snbbol. Il 7" Ustensile de blanchisseuse, qui sert à dresser le linge. |j 8° Nom spécifique d'une tortue. 119" Dans les sucreries, faire des rondes, remplir graduellement les formes, en différentes fois, mais »ans interruption, de manière que les diverses qualités de sirop contenues dans les rafraîchissoirs soient également mélangées. || 10° X la ronde, Joe. adv. alentour. J'ai Iu,dis-je, en certain auteur Que ce chat exterminateur. Vrai cerbère, était craint une lieue à la ronde, la font. Fabl. m, I8. On a bu & la santé du petit bambin à plus d'une lieue à la ronde, sÉv. toi. En Géorgie, on dit d'un seigneur, pour le louer, qu'il sait aussi bien pendre ou décapiter qu'aucun autre seigneur à trente lieues à la ronde, sai.nt-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 322, dans pouGENS. Cessez [vous ThélèmeJ de courir à la ronde, Après votre amant échappé; Car, si l'on ne m'a pas trompé. Ce bonhomme [Macare, le bonheur] est dans l'autre monde, volt. Théième et Mac. Le blé vaut plus de cinquante francs le setier, depuis un an, à trente lieues à la ronde, id. Lctt. d^Argental, M nov. f 77U. Il Boire à la ronde, boire tour à tour, les uns aprfts les autres. Il commande qu'on verse du vin & la ronde, vaugel. Q. C. vu, 4. || Porter des verres i la ronde, en porter aux convives suivant le rang dans lequel ils sont assis. Un si galant exploit réveillant tout le monde, On a porté partout des verres à la ronde, boil. Sat. m. || Populairement. X la ronde mon père en aura , se dit en faisant passer quelque chose de main en main.

— HlST. XIII* s. [Amour] Tout son pooira assemblé.... Fuis est venue assallir Blonde, De toutes pars à la reonde, Bl. et Jeh. 983. Sauverai je nostre roonde [chape à forme ronde] ; Baillez la moi apertement, du cange, rondellus. || xiv s. Connoistre pues [tu peux] certainement. Que Renars court par tout le monde; Tant comme il dure à la reonde, A espandu sa renardie, i. de condé , t. m, p. 8). Il XV* s. Premier dois sçavoir de certain, Que, depuis nostre mère Evain, J'ai gouverné trèstout le monde, Si grant qu'il est à la reonde, la fon(. (UI3) 372.||xvi*s. Un de ceulx c]ui faisoient la ronde, luy donna un coup de dague, amyot, A'c. 6). Avec défense de le recevoir à couvert à cinq cents milles à la ronde de toute l'Italie , id. Cicér. 41. 11 ne faut que trente deux bestes durant un jour, qui font, parlans en termes de l'art, deux rondes ; chacune de huict liens, et chaque lien de deux bestes [pour battre le blé], o. dk seri-es, )32. Je prends plaisir de veoir.... Brutus desrobber à ses rondes quel |ue heure de nuict, pour lire et breveter [abréger] Polybe, mont, iv, 298.

— ÊTVM. Rond i.

i. RONDE (ron-d"), ». (. Terme de musique. Figure de durée moderne qui vaut la moitié d'une maxime, deux blanches, quatre noires, huit croches; elle a la (igure d'un 0 incliné à droite (0). On voit communément en Italie des mesures à quatre et i deux contenir deux et quelquefois quatre rondes, j. j. Roijss. Dissert, sur la musique mod.

— ETYM. Ilonct 1.

8. ROMiE (ron-d'), ». f. Sorte d'écriture, Toy. •OItD < , n* 7.

i. RO.NDEAU (ron-dô), ». m. || 1 Petit poëme nommé aussi triolet, où le premier ou les premiers ver» reviennent au milieu et i la fin de la pièce. On a de ces rondeaux de Froissart et de Charles d'Orléans, lia* Autre petit poème particulier à la poésie française, composé de trei/e vers coupés par une pause au cinquième et une au huitième, dont huit sont sur une rime et cinq sur une autre ; le

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premier mot ou les premiers mots se répètent après le huitième vers et après le dernier sans faire partie des vers ; on voit facilement que ce rondeau est une modification du précédent: au lieu de répéter le vers entier, on n'en a reproduit que les premiers mots, auxquels on a même tâché de donner des sens différents. C'est lui [Voiture] qui renouvela en notre siècle les rondeaux, dont l'usage était comme perdu depuis le temps de Marot, pellissoN, Uist. Acad. iv. Tout poëme est brillant de sa propre beauté; Le rondeau né gaulois a la naïveté, BOiL. Art p. II. Il 3° Rondeau redoublé, pièce de poésie de vingt vers, disposés par cinq quatrains, en sorte que les quatre vers du premier quatrain font l'un après l'autre le dernier vers des autres quatrains; à ces quatrains on ajoute sous le nom d'envoi un sixième quatrain, qui doit être suivi de la répétition du premier mot ou de l'hémistiche du premier vers de l'ouvrage. || 4* Improprement, petite pièce de poésie qu'on met ordinairement en musique, et dont le premier vers ou les premiers vers sont répétés à la fin. ||6° En musique, rondeau, rondel ou rondo, air dont le thème principal se reprend plusieurs fois. Beaucoup d'airs, dans nos opéras modernes, sont de véritables rondeaux, bien qu'ils n'en portent plus le nom. Parmi les formes d'airs qui ont eu le plus de succès, le rondeau, qui consiste à reprendre plusieurs fois la première phrase dans le cours du morceau, tient la première place; son invention paraît appartenir à un compositeur italien nommé Buononcini, qui vivait au commencement du xviii* siècle, fétis, la Musique, ii, i8. ||Un des mouvements ou parties de la sonate. Comme la symphonie ou le quatuor, la sonate se divise en plusieurs morceaux, qui consistent en un premier mouvement, un adagio et un rondo, id. ib. ii, 18.

— HIST. XIII* s. Je lordi fine vérité. Si le prœve d'auctorilé D'un rondet dont c'est ci li dis : Sa biele fcoucete par un très dous ris A mon cuer en sa pri- .son mis, Baudouin de condé, t. i, p. 272. || xiv* s. Je me recommande à vous tant que je puis, et vous envoie ce rondel, machaut, p. (36. ||xv* s. Rondeau simple, jumeau, double, h. de croy, dans Hist. litt. de la France, t. xxiv, p. 451.

— ÉTYM. Rond t , à cause du retour que fait le rondeau.

f 2. RONDEAU (ron-dô), ». m. || 1° Support où l'on place la poterie pendant la cuisson. || 2° Plaque de métal d'un niveau parfait sur laquelle l'opticien façonne les vers plats. || 3° Pierre dont l'horloger se sert pour diminuer les verres de montre. || 4° Planche ronde sur laquelle les pâtissiers dressent les pains bénits.

— HIST. XIV* s. Une grosse pièce de bois appellée rondeau pour casser les bloches [dans une pièce de terre], du cange, rondellum. || xvi* s. Comme d'une pierre jettée en l'eau, dont nous voyons par l'agitation d'icelle des cercles et rondeaux ou circonvolutions s'estendre en rond dedans l'eau, paré, iv, io. Jamais l'equierre ou le cordeau N'y traça [en un lieu] portail ne rondeau [sorte d'ornement], perrin, Poésies, p. 368.

— ETYM. Bond t.

t RONDEL (ron-dèV), ». m. Voy. RONnEAD », n" 5.

I. RONDELET, ETTE (ron-de-lè, lè-f), adj. Terme familier. Qui est rond, arrondi par embonpoint. Chère petite main rondelette et potelée, je vous prends sans marchander, MAiiv. J. de l'am. et du has. m, e. Un ventre très-rondelet et une face lunaire qu'il a rapportés de son voyage, dider. Lett. à Mlle Yoland, I8 oct. (769. Jeune, gentille et bien faite. Elle est fraîche et rondelette, bérano. Jean. || Fig. Bourse rondelette, bourse passablement pleine. Ma bourse commençait à devenir rondelette, LEïAGE, Est. Gonx. 8. Il Soies rondelettes, les soies les plus communes.

— HIST. XIV* s. Se l'esprevier a teste petite et rondelette, Modus, t' xcvi. || xvr s. Après fay luy sa rondelette oreille.... rons. h 9.

— ÉTYM. Dimin. de rondel, qui est lui-même un diminutif de rond \.

t 2. RONDELET (ron-de-lè), ». m. Bâton dont le bourrelier se sert pour enfoncer la bourre.

— ÊTYM. Rondelet t. On a dit rondelet dans le sens de rondeau: Chansons, lettres et rondelez, E. DESCH Poésies mss. f" 499.

t RONDELETTE (ron-de-lè-f), ». f. Asaret. Il Lierre terrestre.

RONDELETTES (ron-de-lè-f), ». f. pJ. Toiles à voiles, qui se fabriquent en Bretagne.

t RONDELETTINE (ron-de le-li-n'), ». f. Soie I formée de deux bouts très-tordus.

RON

t RONDELIER (ron-de-lié), ». m. Anciennement, soldat armé d'une rondelle ou rondache.

— HIST. xvr s. Tout freschement, les Hongres les meirent [les chariots de guerre] très utilement en besongne contre les Turcs; en chascun y ayant un rondelier et un mousquetaire.... mont, iv 6

RONDELLE (ron-dè-1'), ». f.\\l' Synonyme de rondache. || 2' Terme d'arts. Certaines pièces rondes de métal ou de cuir, etc. percées dans le milieu, et qui entrent dans la construction de plusieurs machines. || Rondelles fusibles, plaques d'alliage destinées à remplacer au besoin les soupapes d'un» chaudière. || 3" Claie en osier grossier non pelé, de 70 à 80 centimètres de diamètre, ayant un rebord peu élevé, pour sécher les fruits au four. || 4* Petite tète de chardon, qu'on réserve pour tirer à poil les étoffes de laine de peu de valeur. ||6° Se dit, dans les départements du nord, d'un petit tonneau à bière. i| 6° Instrument de sculpteur, qui est une espèce de ciseau arrondi. || 7" Outil de fer avec lequel les maçons grattent et arrondissent les membres d'architecture. Il 8* Asaret. || 9" Poisson de mer du genre chétodon ; grondin.

— HIST. XIV* s. Une espée à croez [croix] et à rondelle davant la mein, du cange, rondellus. Deux rondelles [barils] de sel,lD. rondella. || xv* s. Messire Jaque de Lalain estoit armé de plusieurs rondelles, l'une sur la main, l'autre sur le coude du bras de la bride.... 0. de la marche, Mém. liv. i, p. 269, dans LACURNE. Doit avoir ladite masse une petite rondelle bien clouée devant la main, pour icelle guarantir, la colombièhb. Théâtre d'honneur, t. 1, p. 57, dans LACURNE. Il XVI* s. Seleucus, ostant son armet seulement, prit une rondelle sur son bras, amyot, Démélr. 70.

— ÉTYM. Rond t.

RONDEMENT (ron-de-man), adv. || l' Uniment, également. Travailler rondement. || 2" Promptement, vivement. Ils avaient devant eux chacun trente pistoles, pour le moins; et je remarquai qu'ils jouaient rondement, lesage, Guzm. d'Alf. iv, 8. Enfin l'impression fut reprise et marcha rondement, J. J. rouss. Confess. xi. Donner le change aux petites passions de M. le comte, étriller rondement M. du Bazile, beaumarch. Mar. de Figaro, i, 2. || Mener rondement une affaire, la conduire avec suite et activité. Il 3* Fig. Sans façon, sans ambiguïté. J'avoue que j'ai besoin de toute ma patience, pour m'empêcher de dire à M. Bossuet ses vérités tout rondement, JURIEU, dans boss. i" avert. 40. Qh I qui va rondement Ne daigne pas entrer en éclaircissement, piRON, Métrom. 11, 4. Dans le petit chapitre des billets de confession et des querelles parlementaires et épiscopales, j'ai dit assez rondement la vérité, VOLT. Lett. Damilaville, 2 janv. l?63. Ces messieurs sont-ils donc avec ces tournures amphibologiques moins menteurs que ceux qui mentent tout rondement? J. J. ROUSS. I" Dial.

— HIST. XIII* s. H convient que li orbis [le monde] ait forme et figure toute reonde , et que toutes choses qui sont encloses dedans lui, i fussent mises et establies reondement, en tel manière que l'une environne l'autre, brun, latini, Trésor, p. IH. || xv's. Messeigneurs, je suis bien certin. Que ce sont François voirement. Et viennent à nous pour butin À nous donner aucunement. Que y [ils] cheminent rondement Droit ci et en grant ordonnance, Myst. du siège d'Orléans, p. 888. Autres vouloient la prinse rondement sans cerymonie [vouloient qu'on fît Louis XI prisonnier, quand il était au château de Péronne], comm. ii, 9. || xvx* s. Et pour parler rondement, c'est.... LANGUE, 639. L'ou deschausse l'arbre un pied dans terre, là on le couppe rondement [en rond], puis.... 0. de serres, 673. Tousjours avec instrumens bien trancheans taillera-on les arbres, tant rondement [nettement] qu'on pourra, sans en rien esclaler ni escorcer, faisant la tronche fort unie et pendante d'un costé.... m. 723. Il me respondit et confessa tout rondement.... mont, n,

— ÉTYM. Ronde, et le suffixe ment; provenç. redondamens ; cat. rodonament ; espagn. redondamente ; ital. rt(ondom<7ile.

t RONDETTE (ron-dè-f), t. ^ [Espèce de lierre terrestre.

RONDEUR (ron-deur), ». m. || 1* Qualité de ce qui est rond, sphérique, circulaire, cylindrique. La rondeur de la terre, d'une assiette. Elle [la sagesse de Dieu] qui a compté les étoiles, qui a borné l'étendue du ciel dans une rondeur finie, boss. Sernions, jubilé, pénitence, ni. Sa taille avait pris un peu plus de rondeur, J. i. rouss. Conf. v. Les rondeurs de la joue et celles d'un beau sein, deulu!, Imag,

RON

RON

RON

Il Son armia était réduite, il est Trai, mais saine, souple, nerveuse, telle que ces corps virils qui, Tenant de perdre les rondeurs de la jeunesse, montrent des formes plus mftles et plus prononcées, SÉOUR, llist. de Nap. vu, 7. || Circonférence. Et remplir de votre grandeur Ce que la terre a de rondeur, malh. iv, 6. Si l'univers dans sa rondeur N'a rien digne de vos mérites, bacan, Ode au roi. Il >• Kig. Kn parlant du style. Harmonie qui roule avec une facilité comparée à celle d'un corps rond. L'impatience de donner à mon livre plus de rondeur et une meilleure forme , la bruy. les Caract. Je n'ai pas eu le temps de donner à mon discours patriotique [Lettre à l'Académie sur Shakespeare] la rondeur et la force dont il a besoin, volt. Lett. La Harpe, <b août (776. Cette harmonie douce et flexible, cette rondeur et cette mollesse d'expression et de cadence, cette diction toujours noble et facile [dans Cicéron], d'alemb. Ëloges, .San/. Sentir la rondeur périodiiiue des vers, marmontel, Œuvr. t. i, p. 476. Il 3* Fig. Franchise, sans-façon, naturel. Si la vanité est contraire à l'humilité, l'artifice, l'affélise [Vafféterie] et feintise est contraire à la rondeur et simplicité, saint François de sales, p. 498. La rondeur de ce procédé le toucha [Bezons], st-sim. 254, 166. Il Ce comédien a de la rondeur, iljoue avec franchise et naturel.

— HIST. X vr s. Presque toute la rondeur de la terre habitable estoit en lamentations, amyot, Anton. 74. Ceste rondeur [pourtour] de la ville [Paris assiégé], quand Chastillon eut commencé vers St-Marceaut, lut esprise debluettes de feu, d'aub. llist. iii, 235. Une tumeur de grosseur et rondeur d'un bien gros œuf de poulie d'Inde, paré, ivm, 4t. Combien que la liberté, rondeuret fidélité heurte et offense pour l'heure ceux auxquels elle s'oppose, après elle est révérée et estimée, CHARBON, Sagesse, p. 4 1 1 , dans lacurne. Bel esprit doué de toutes les grâces, gentillesses, courtoisies et rondeurs que l'on peut souhaiter, pasquier, Lettr. t. I, p. 507.

— ËTYM. Rond I . L'ancienne langue disait rondesce. t RONDIES (ron-die), s. f. pi. Cylindres pour

arrondir les tables de plomb dont on veut faire des tuyaux.

RONDIN (ron-din), s. m. || 1* Morceau de bois de chauffage qui est rond, c'est-à-dire qui n'est pas fendu, et qui se dit par opposition à bois de quartier. Des rondins de hêtre. Un pâté sur un rondin de bois, avec un verre à moitié plein de vin, didur. Salon de (765, Œuv. t. xiii, p. <25, dans podgens. Il i' Gros bâton. Il a reçu des coups de rondin. Il 8° Cylindre de bois, sur lequel le plombier arrondit les tables de plomb.

— HIST. xvi* s. Rondin, cotghave.

— ËTYM. /fond.

RONDINfi, ÉE (ron-di-né, née), port, passé de rondiner. Rondiné d'importance.

RONDINER (ron-di-né), ». a. Terme populaire. Battre à coups de rondin, de canne. Qu'il prenne garde à lui ; on le rondinera,

— ÊTYM. Bondin.

f RONDINETTE (ron di-nè-t'), s. f. Poisson fossile du genre des exocets.

t RO.VDIR (ron-dir). |1 U Y. n. Prendre une forme ronde. Nous suivîmes la côte environ à trois lieues d'éloignement ; elle rondissait insensiblement, BOUGAiNviLLB, Yoy. t. Il, p. 9t». || 1' V. a. Tailler l'ardoise.

— ÊTYM. Rond ».

f RONDO (ron-do), s. m. Voy. bondead, n° S.

— ETYM. iLil. rondd ; c'est le français rondeau, car il s'accentue, comme on voit, rondo.

RONUON (ron-don), s. m. Terme de fauconnerie. II n'est usité que dans cette locution : fondre en rondon, s'élancer avec impétuosité.

— ÊTYM. Altération de l'anc. franc, randon, qui signifiait mouvement impétueux, et qui, d'après Diez, dérive du provenç. randa, point extrême, de l'anc. h. allem. rond, extrémité, lisière.

t ROXDOTTE (ron-do-f), ». f. Nom vulgaire du barbarea vulqaris, R. Br. (voy. terrette).

ROND-POINT (ron-poin), s, m. || 1° Terme d'architecture. Partie demi-circulaire qui fait l'extrémité opposée au grand portail. || 2° Grande place circulaire, à laquelle aboutis.sent plusieurs avenues ou allées. |{ Au plur. Des ronds-points.

— ÊTYM. flond I, et point.

t RONE (ro-n'), ». m. Nom spécifique d'un labre.

RONFLANT, ANTE ( ron-flan, flan-t'), adj. Il 1° Qui fait un bruit comparé, pour la force, au ronflement. Un instrument ronflant. Une voix ronflante. La plus grosse contre-basse rend un son moins ronflant sous l'archet, bupf. Ois. t. xiv,

p. tBi. IITerme de médecine. Râle ronflant, râle bronchique, caractérisé par un bruit musical grave, ressemblant au ronflement d'un homme endormi, ou plutât au son que rend une corde de basse sous l'archet qui la frotte. || i° Par extension, qui emplit l'oreille, en parlant de mots, de phrase». Un style ronflant. Des phrases emphatiques et ronflantes, laborieusement et péniblement construites, OENLis, Hères riv. t. ii, p. (6i, dans poioens. Les yeux en l'air le bonhomme Hésiode Cherchait jadis des dieux à noms ronflants, bérano. le Vin de Chypre. || Kig. Promesses ronflantes, grandes et vaines promesses.

t RONFLE (ron-fl'), ». f. Ancien jeu de cartes semblable à la triom|ihe. || Fig. et par calembour. Jouer à la ronfle, dormir.

— HIST. IV* s. Jouerau jeu delà ronfle, DU CANOË, ronflare (il donne aussi ronfler, au sens de renvier).

RONFLE.MENT (ron-fle-man), t. m. || !• Bruit que produit quelquefois pendant le sommeil la vibration du voile du palais lorsque l'air traverse l'arrière-bouche, particulièrement pendant l'inspiration. Je n'ai ouï dire ni criement ni pleurement ; mais ronflement ne me semble pas mauvais, et je ne crois pas qu'il doive être mis au nombre des barbarismes, vaugel. Rem. not. Th. Corn. t. ii, p. <04. Un ronflement de basse-taille aussi nourri qu'il en soit, mariv. Arleq. poli par l'amour, se. t. Il 2* Fig. Tout bruit qui a une sorte de rapport avec celui d'un homme qui ronfle. Le ronflement d'une toupie. Le ronflement de l'orgue. Les mâles [des lions marins] ont un mugissement semblable à celui du taureau, et, lor.iqu'ils sont irrités, ils marquent leur colère par un ronflement, bufp. Quadr. t. XI, p. 232. C'est un beau tournoi de paroles [une scpne de mélodrame entre deux acteurs] ; l'un fait sonner toutes Ips r, l'autre toutes les s; il arrive un moment où le débit s'échaufTe au point qu'on n'entend plus qu'un ronflement d'un côté et qu'un sifflement de l'autre, th. Gautier, Hist. de l'art dramatique, t. i, p 24.

— HIST. XVI* s. Ronflement, monet, Dict,

— ÊTYM. Ronfler.

RONFLER (ron-flé), V. n. || !• Faire le bruit nommé ronflement. Tout ronflait et de bonne sorte, SCARR. Virg. ii. Il n'y avait pas longtemps qu'il dormait, ronflant comme une pédale d'orgue, id. ftom. com. Il, (6. Il dort le jour, il dort la nuit et profondément, il ronfle en compagnie, la bruy. vi. J'entends ronfler autour de nous, dit Leandro Perez, et je crois que c'est ce gros homme que je démêle dans un petit corps de logis, lesage, Diable boit. (6. Je n'osai jamais interrompre ma lecture, et continuai de lire tandis qu'il continuait de ronfler, j. J. Rouss. Confess. ix. || 2* Il se dit d'un cheval à qui la peur, la colère, etc. fait faire un certain bruit des narines. Il 8* Fig. et familièrement. Faire un bruit prolongé, en parlant de certaines choses bruyantes. Le canon ronflait de ce côté. Une toupie qui ronfle. Il faut entendre aussi ronfler les violons. Et je veux avec vous danser les cotillons, begnard, le Légat, ii, 4. Et les échos de ces sauvages bois Où le dieu Mars fait ronfler son tonnerre, MARMONTEL, Polt/m. ch. I. || Fig. Faire ronfler des vers, les déclamer avec emphase. Ils ne savent pas faire ronfler les vers, et s'arrêter au bel endroit, mol. Préc. lO. Vingt poètes épris Sur de sublimes tons font ronfler Melpomène, volt. Ép. «04. Il II se dit de ce qui est ronflant. Je conviendrai qu'en effet, lorsqu'un vers ronfle bien dans la bouche d'un acteur, quelquefois le parterre ne demande rien de plus, d'olivet, Rem, Rac. 75. || H se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIV* s. Mais ceulx dormant à qui il s'aloit desraignant [parlant]. Nul mot n'ont respondu; aincois vont fort ronflant, Guescl. (9474. ||xv* s. Et le cheval qui devant le duc alloit atout les deux escuyers, quand il sentit iceux derrière lui, il commença à ronfler et à avancer, monstrel. i, S6. Il ivr s. 11 ne vouloit point de soudards qui ronflassent plus fort en dormant, qu'ilz ne crioient en se battant, amyot, Caton, il. ...Puis en le caressant [Bucéphale] un peu de la voix et de la main tant qu'il le veit ronflant et soufflant de courroux ... ID. Alex. 9. Ils faisoient ronfler leur contrat et ordonnances bien hautement de ceste qualité, carl. m,

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