Après avoir faict ronfler [tirer] son artillerie
ID. IV, 14. Barbare peuple, arrogant et volage, Vanleur, causeur, n'ayant rien que langage, Qui, jour et nuict dans un poisle enfermé. Pour tout plaisir se joue avec un verre, Ronfle à la table ou s'endort sur la terre, desportes. Diverses amours, XLiii, Adieu à la Poloigne. [Caton^ prêt à se tuer] se
print si profondément à dormir, que ses valets d« chambre l'entendoient ronfler, mont, i, 340.
— ÊTYM. Provenç. ronflar ; toscan, ronfiare; sicilien, runfuliari; vénél. ronflar; ce sont, d'aprè» Diez, des onomatopées. On a dit ronehier, qui vient de rhoncare : xiu* s. Vos me ronchlez lez l'oie, Cant je dor leis vos costeiz, Arch. miss, scient. 2* série, t. y, p. 240.
t RONFLERIB (ron-fle-rie), ». f. Synonyme de ronflement. Le bruit de cette ronflerie, 8EV. » fév. tB»S.
RONFLEUR, ECSE(ron-neur, fleû-z"), ». m. et f. Celui, celle qui ronfle, qui a l'habitude de ronfler. Il Ad}. Je m'imagine le voir réveiller ses auditeurs en leur criant: Ronfleuse assemblée, prêtez l'oreille aux belles paroles que je vous annonce, furetiêre, 3* factum, t. I, p. 313.
— HIST. XVI* s. Espiant, et gardant que quelque vray amy N'esveille ce ronfleur si long temps endormy, dubell. viii, 38, terso. Le bon rouûeur Eolus, rab. IV, 43.
— étym. Ronfler.
RONGE (ron-j'), ». m. Terme de vénerie. Il n'est usité que dans cette locution : le cerf fait le ronge, il rumine.
— HIST. XVI* s. M. de Vendosme, auquel ce langaige revenoit souvent au runge [qui le ruminait souvent], carl. m, 24. Ce vieillard [Coligny blessé apr's Moncontour], pressé avec la fièvre, enduisoit tous ces points et plusieurs autres, qui lui venoyent au ronge, plus cuisans que sa fascbeuse playe, d'aub. llist. I, 308.
— ÊTYM. Puitev. ringe, action de ruminer. Voy. ronger, dont le sens primitif est ruminer. Le rongi ou la ronge se disait pour rongement, action de ronger.
RONGÉ, ÉE (ron-jé, jée), part, passé de ronger. Il 1* Entamé avec les dents ou le bec. Mais, quoique incessamment rongé, 11 [le foie de Titye] ne sera jamais mangé, scaiir. Virg. vi La .''ouïe innombrable De tant d'écrivains divers. Chez Coignard rongés des vers, boil. Épigr. xxviii. Vous pourrez voir.... vos écrits.... Parer, demi-rongés, les rebords du pont Neuf, m. Sat. ii. Les mets demirongés, et son odeur impure [de la harpie], delille, En. m. Il Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une partie dont les bords présentent des découpures inégales, qu'on dirait faites avec les dents. || 2° Par extension, en proie à quelque maladie qui consume. Presque aveugle et rongé de vapeurs et d'ennui, marmontkl, ilém. vu. || 3° Fig. En proie à quelque sentiment fâcheux qui consume. Il est moins flatté de laisser tant d'hommes derrière lui, que rongé d'en avoir encore qui le précèdent, mass. Pet. carême. Malh. des gr. [Un envieux] Rongé par sa propre malice, Il a nos beautés pour supplice, Et nos fautes pour aliment, la motte. Odes, t. I, p. 270, dans pougrns.
t RONGEANT, ANTE (ron-jan, jan-t'), adj. Susceptible de ronger, de miner. Chancre, ulcère rongeant. Il Fig. Les souc'e rongeants, les embarras, la gêne, J. J. ROUSS. Conf. II. || Vaches rongeantes, celles qui rongent la crèche, le râtelier, et en général les corps qui ont un goût salé; cette <lépravalioa du goût les fait maigrir et tomber dans le marasme. Il S. m. Un rongeant, synonyme de rongeur, n* 4.
t RONGE-BOIS (ron-je-bol), ». m. Cossus, insecte nuisible. \\ Au plur. Des ronge-bois.
t RONGE-MAILLE (ron-jemâ U', H mouillées), ». m. Nom ijue la Fontaine donne au rat. Hongemaille (le rat eut à bon droit ce nom) Coupe les nœuds des lacs.... la font. Fabl. xii, (5. ||/(d;. Un chat, perfide et fin matois. Qui déjà, dans mainte bataille, Contre le peuple ronge-maille Avait fait cent divers exploits, l'abbé heybe, Fabl. i, 8.
— ÊTYM. Ronger, et maille.
f RONGEMENT (ron-je-man), ». m. Action de ronger ; état de ce qui est rongé. Le café fort, et beaucoup, me ressuscite; il me cause une cuisson, un rongement singulier qui n'est pas sans plaisir. Lettre de Napoléon au docteur A rnott. (| Kig. Un rongement d'esprit. Ce souvenir était pour lui un rongement perpétuel. Oh I n'est-ce pas assez de la pâle vieillesse. De tousles rongements de la vie en faiblesse?... barbier, îomi«, l'Amour de la mort.
— HIST. XVI* s. Les malades sentent un rongement d'intestins, avec grande pesanteur et ardeur d'estomach, paré, xxiii, 44.
RONGER (ron-jé. Le g prend un e devant o et o; rongeant, rongeons), r. o. || 1* Couper avec les dents ou avec le bec à plusieurs reprises. Un chien qui longe un os. Les vers rongent le bois. Un furieux oiseau de proie Sans cesse lui ronge le foie, scahr. I Virg. VI. N'étant pas de ces rats qui, les Uvres ron-
RON
géant», Se font «arants jusques aux dents, la font. Fabl. VIII, 9. Cette guenon avait rongé une petite parlie de sa queue, bufk. Quadrup. t. xii.p. 92. || Ronger ses ongles, se dit du geste que l'on fait, pendant que l'on m<<dite, que l'on réfléchit. Attendez un peu que j'y songe. Pendant que mes ongles je ronge, scabr. Poé$. dit). Œuv. t. VII, p. 23, dans pouoens. || Fig. Se ronger les poings de quelque chose, en concevoir une vive irritation, un vif regret. Sa femme s'en ronge les poings de fureur, dider. Lett. à Mlle Yoland, i" oct. <769. || Par exagération. Ronger sa litière, en être réduit à manger ce qui ne
vaut guère mieux qu'une litière j'étais résolu,
faisant autant que trois. De boire et de manger comme aux veilles des Rois; Mais, à si beau dessein défaillant la matière. Je fus enfin contraint de ronger ma litière, Régnier, Sal. x. || Fig. Donner un os à ronger à quelqu'un, lui donner quelque emploi qui l'aide à vivre, ou lui faire quelque légère grâce pour se délivrer de ses imporlunités. |1 Par allusion à cette locution. Je crains bien que notre mariage ne se rompe.... et, si l'on veut donnera ronger l'espérance d'un duc qui ne viendra point, Mlle d'Alerac a bien l'air d'en être la victime, SÉV. 4" oct. 1684. Il On lui a donné un os à ronger, on lui a suscité quelque alTaire qui l'occupe fort et qui l'empêche de nuire à autrui. || Ce cheval ronge son frein, il le mord, il le mâche. || Fig. Ronger son frein, dissimuler son dépit. Jeanne, rongeant son frein, de mine s'apaisa, Régnier, Sat. xi. Elle ronge son frein, Trouve le jour obscur, quoiqu'il soit fort serein, bolhsault, Fabl. d'Ésope, ii, 3. Je ronge mon frein et mon âme bien tristement loin de mon cher ange, volt. Leit. d'Àrgental, 7 mars tm. Il î* Par extension, consumer, corroder, entamer. L'eau-forle ronge les métaux. Un ulcère lui a rongé le nez. La goutte le ronge. Les restes de l'ancien pays que l'océan a rongé et couvert peu à peu, bufp. Hist. nat. Pr. th. terr. Œuv. t. ii, p. (I7. La salive est connue depuis longtemps comme rongeant ou oxydant assez promptement le fer et le cuivre, FOURCROY, Conn. chim. t. jx, p. 365. || Absolument, L'Arve, à force de ronger, s'est creusé un lit qui côtoie les jardins, SAUSSUBE, Voy. Alpes, t. i, p. (6, dans POUGENS. || 8° Fig. Consumer le bien d'autrui Cet avoué ronge ceux qui ont affaire à lui. Si je connaissais sa maîtresse, j'irais lui conseiller de le piller, de le manger, de le ronger, de l'abîmer, le- SAOE, Turearet, iv, «2. ||4* Fig. Exercer sur l'âme une action comparée à un rongement. Cet animal [le lièvre] est triste, et la crainte le ronge, la font, Fabl. Il, M. Un songe, me devrais-je inquiéter d'un songe? Entretient dans mon cœur un chagrin qui le ronge, rac. Ath. ii, B. Les noirs soucis qui rongeaient son cœur, fén. Tél. vu. Là, Télémaque aperçut des visages pâles, hideux et consternés ; c'est une tristesse noire qui ronge ces criminels, id. ib. zviii. Un horrible soupçon me tourmente et me ronge, c. delav. Yépr. sicil. iv, t. || Se ronger le cœur, se laisser aller à des inquiétudes, à des chagrins qui tourmentent. Je me ronge le cœur, ie n'ai point de repos, régnier, Élég, n. Je ne îrois pas qu'il puisse être content d'une personne qui ne lui donne pas tous les jours sujet de songer creux et de se ronger le cœur, FONT. Lett. gai. ii, 1B.||5* Y. n. Détruire les couleurs. || 6° Terme de vénerie. On dit que le cerf ronge quand il rumine. || 7' Se ronger, v. réfl. Exercer sur soi un rongement. Et de quelque souci qu'en veillant je me ronge, malu. v, si. Son orgueil [d'une âme mélancolique] fait son supplice ; elle se ronge, dans la solitude, du dépit secret d'être méprisée et oubliée, volt. Dict. phil. Homme. || Être rongé. Sentir son âme, usée en impuissant effort, Se ronger lentementsous la rouille dusort,LAMART. Uéd. ii, (5. — HIST. XII* s. Mais par tel serement quida Deu enginnier [il crut tromper Dieu]; Mais dedenz cel an porent sa char li ver rungier, Th. te mart. 32. Il xiii* s. Sovent li menbre [souvient] des jelines, [poules], Dont il seit rungier les eschines, Ren. 46I9J. [Je] Puis chascun jurrunger les os, Dunt je me fas e cras e gros, marie, Fable 34. Li tans ki range ceste vie, gui de cambrai, Barl.et Jos. p. 48. El quant il i a grant quantité de forage devant eux [les boeufs], il mangent lour [leur] saûlée, et puis soient et ronngent, Bibl. des chartes, 4« série, t. n, p. »68. Il XIV s. Si comme aucuns qui rugentasdens leur uiigles, oresme, Eth. 203. Et passe l'espreuve [la sonde] duc à 1 os [jusqu'à l'os], elle treuve aspre aussi comme se il fust rungié.n. demondeville f"9o. Il XV* s. Puisqu'il me faut ainsi ronger mon frain" E. D8SCB. Poétiet nu*. ^ 4 79. i| xvi* s. Triste et rongé du soiog qui plus me nuict.DO bell. it, 8«, terso.
ROQ
— ÊTYM. Berry, roûger; poitev. ronger; picard, rogner. Ronger veut dire ruminer, et, étant composé comme songer de somniari, représente rumniare, altération de ruminare, ou la forme latine peu usitée rumigare (voy. rdminer). De ruminer à ronger, le passage est facile; carie bœuf ronge ce qu'il rumine.
RONGEUR, EUSE (ron-jeur, jeû-z'), adj. || 1» Oui ronge. Et de ces vers rongeurs qui dévorent nos bois, delille, Trois règnes, viii. Tel un fruit tourmenté par l'insecte rongeur Mûrit avant le temps et tombe de lui-même, masson, Ilelv. 11. Tous ces rocs, calcinés sous un soleil rongeur, a. chén. Idylles, la Liberté. || 2° Fig. Oui inquiète, tourmente. Chaque jour dans son sein verse un poison rongeur, delille, Pit. m. Et des remords rongeurs l'escorte vengeresse, id. En. vi. Ma mère redoutait pour moi la monotonie, l'uniformité et l'oisiveté, plus rongeuse que la douleur, de la maison paternelle et de la vie de Mâcon, lamart. dans le Dict. de DOCHEz. Il Le ver rongeur, le remords du coupable, et aussi une peine qui assiège constamment l'esprit. L'importance lui tournait la tête [à Pontchartrain]; son ver rongeur était de n'être point ministre, st-sim. 306, 234. Je porte toujours dans mon cœur le ver rongeur qui me déchire depuis l'aventure du grand Barmécida [le duc de Choiseul], VOLT. Lett. Mme de St-Julien, 42 jum 4776. || Par plaisanterie. Ver rongeur, un fiacre pris à l'heure qui vous attend à la porte. || 3° S. m. pi. Les rongeurs, ordre de la classe des mammifères renfermant ceux dont les inoisives, au nombre de deux à chaque mâchoire, sont longues et fortes, et donnent à l'animal une grande facilité pour ronger. |{ 4° 5. m. Corps qui a la propriété de détruire les couleurs organiques.
— IllST. XVI* s. Si un homme estoit traduit en justice, ou accusé d'un fait criminel, le bailli pourroit faire saisir ses biens, et y establir deux rongeurs ou .sergents, aux despens des biens, à huit sols par jour, Nouv. coust. gén. t. i, p. 74 2.
— ÉTYM. Ronger. Au xvi* siècle on disait ronjeard. t RONGEURE (ron-ju-r'), s. f. Ce qui reste des
choses rongées.
— liiST. XVI* s. Renouveller et remettre en lumière ce que, par longue rongeure de tems et envie de vieillesse, a esté caché et presque du tout estaint. Les triomph. de la noble dame, Ép. dédicatoire.
t RONRON (ron-ron), s. m. \\ 1* Sorte de petit grognement continu produit par le chat, et qui marque le contentement. Minette fait son ronron. Il 2* Par extension , bruit monotone comparé au ronron du chat. Figurez-vous [à l'opéra] un charivari sans fin d'instruments sans mélodie, un ronron traînant et perpétuel de basses; chose la plus lugubre, la plus assommante que j'aie entendue,
J. J. BOUSS. Uél. II, 2S.
— ÉTYM. Onomatopée.
t RONRONNER (ron-ro-né), V. n. Faire le ronron. Je me levais le matin à la cloche du beffroi; je descendais à la cuisine.... où Jaunisson [nom d'un chat] ronronnait près de l'âtre flambant, theuriet, dans Revue des Deux-Mondes, 4 5 oct. 4 869, p. 873.
ROQUEFORT (ro-ke-for), s. m. Fromage trèsestimé, qui tire son nom d'un lieu du Languedoc où il se fabrique; il est fait de lait de brebis.
t ROQUELAURE (roke-16-r'), s. f. Ancienne espèce do manteau, qui se boulonnait sur le devant et qui tirait son nom du duc de Roquelaure; elle a fait place aux redingotes.
t ROQUELLE (ro-kè-l"), s. f. Grosse bobine horizontale dans le moulin à dévider la soie.
— ÉTYM. Même radical qu'à roquet 2.
ROQCENTIN (ro-kan-tin), s. m.\\ 1* Nom donné
à de vieux militaires en retraite qui jouissaient d'une demi-paye dans les châteaux, les citadelles, les lieux forts. Les roquentins furent institués par François 4*'. Le soir à la veillée chaque roquentin chantait sa vieille chanson. 1| 2* Chanteur de chansons qu'on nommait aussi roquentins et qui étaient des espèces de vaudevilles satiriques, la plupart du temps en quatre vers. Il n'y a que les roquentins, LesJodelet, les Picotins, Qui, malgré la grande famine. Font des farces sur la voisine, éd. fouhnier, Yariétés hist. et litt. t. VIII, p. 338. Ces garçons font mille courses. Et cinq sous n'auront en bourses Bien souvent pour le certain; C'est l'avis du roquentin, £e cabinet des chansons (1634), p. 7l.||3* Terme familier. Vieillard ridicule et qui veut faire le jeune homme. Ah I ce vieux roquentin fait donc l'opiniâtre, onERABDi, Thédt. ital. t. l, p. 877. Ahl vieux roquentin, disais-je entre mes dents, chien de lambin, veux-tu donc me faire enragerî lesage, Cuim. d'Alf. II, 3. Il me souvient d'avoir oui dire à ce vieux roquentin qu'il voulait danser aux noces de
ROQ
sa fille, BRUETS, le Grand, u, 18. II se promène avec un vieux roquentin qui a la barbe plus longue que ma chevelure, destouch. Tambour noctttrne, m, 2.
— ÉTYM. Roc 4 , dans le sens de forteresse sur un lieu élevé (voy. roquette 3, pour la confirmation de cette étymologie). On écrivait la plupart du temps rocantin.
ROQUER (ro-ké),t>. n. je roquais, nous roquions, vous roquiez ; que je roque, que nous roquions, que vous roquiez. Terme du jeu des échecs. Mettre le roc, la tour, auprès du roi, et faire passer le roi de l'autre côté de la tour, lorsqu'il n'y a aucune pièce entre eux. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÊTVM. Roc 2.
4 . HOQUET (ro-kè ; le ( ne se prononce pas et ne se lie p»s; au pluriel, l'j se lie : des ro-kè-z aboyants), s. m. \\ 1* Sorte de petit chien à oreilles droites. Un petit roquet des plus gentils qu'elle a pris en amitié, lesage, Diabl. boit. 4 6. Le roquet est un double métis qui vient du doguin et du petit danois, buff. Quadrup. t. i, p. 374. || 2° Fig. et familièrement. Homme comparé à un petit chien. Cinquante freluquets. Comme autant de roquets. Cherchant à mordre. Sont contre moi lâchés, fav. Ninette, 11, 9. Mme.... trop entourée de ses jeunes roquets, n'avait guère le temps de m'agacer, j. i. Ronss. Conf. vi. Les roquets de la littérature le recherchaient beaucoup, grimm, Corresp. t. 11, p. 29*. Il C'est un roquet qui aboie, se dit d'un homme sans valeur qui profère des paroles insultantes. Depuis Œdipe, il [St-Hyacinthe] m'a toujours suivi comme un roquet qui aboie après un homme qui passe sans le regarder, volt. Lett. Berger, 4 6 févr. 1739.
— ÉTYM. Chevallet le tire de l'anc. allem. rakel, reckel, chien. Etymologie douteuse. Faut-il en rapprocher le poitevin roquer, faire un bruit de mâchoires, 2.
t 2. ROQUET (ro-kè), s. m. Bobine qui reçoit le fil d'argent (voy. rochet, instrument).
t 3. ROQUET (ro-kè), s. m. Fusée de guerre qu'on appelle souvent par corruption raquette.
— HIST. XVI* s. Ayez un baston creux et rond de la longueur de trois ou quatre pieds, dedans lequel bois vous mettrez un de ces petitz canons [rouleaux de papier remplis de poudre], et donnerez le feu par un bout, et incontinent s'en ira en l'air faisant grand bruit; et si le dict canon ou roquet.... Livre deCano^ nerie, dans rein add et favé, Du feu grégeois, ■p. 437.
— ÉTYM. Angl. rocket; aJl. Rakete ; bas-lat. rocchetta, racheta, rochetus (dans des textes du xii* siècle), qui signifiait fusée, et qui vient de roche 2.
t ROQUETIN (ro-ke-tin), *. m. Petite bobine qui reçoit le fil d'argent. || Petite bobine au milieu de laquelle est une moulure à deux bords, pour recevoir ce qu'on veut y dévider. || Nom donné à de petits rouleaux ensouples à freins ou poids de tirage, et dont l'ensemble constitue une sorte d'ourdissoir postérieur, dans la fabrication des velours.
— ÉTYM. Diminutif de roquet 2.
t ROQUETS (ro-kè), s. m. pi. Terme de pêche. Petites roches, peu élevées sur le fond, où se retirent plusieurs espèces de poissons.
— ÉTYM. Diminutif de roc 4.
4. ROQUETTE (ro-kè-f) , *. f.\\i' Nom d'un genre de crucifère dans lequel on distingue l'espèce désignée par l'Académie , qui est appelée roquette cultivée, eruco sativa, lamarck, ou brassica eruca, i.., plante de saveur foi te, et jouissant de propriétés antiscorbutiques. || Roquette sauvage, sisymbrium sylvestre, L. \\ 2° Roquette bâtarde, réséda gaude.
— HIST. XVI* s. Eruca, autrement dite roquette, PARÉ, VIII, 20.
— ÉTYM. Espagn. ruqueta ; ital. rucchetta ; dimin. du provenc. et ital. ruco; dulat. eruca, sorte de chou.
f 2. ROQUETTE (ro-kè-f), *. f. || 1° Molécules raboteuses et dures qui se trouvent dans les cendres du Levant. || 2* Synonyme de fondant pour l'émail.
— ÉTYM. Probablement un diminutif de roche a. f 3. ROQUETTE (ro-kè-f) , s. f. Nom qui a été
donné à de petites forteresses.
— HIST. XVI* s. U feit édifier de nouveau un chasteau à Pignerol, où estoit l'ancien chasteau, composé de quatre boulleverts et quatre courtines, laissant au milieu ledit ancien chasteau pour servir de roquette, M. DU BELL. 478.
— ÉTYM. Diminutif de roc 4 ou roche. Cette princesse qui s'estoit retirée dedans la roque de Cbasteau-Neuf, et. pasquier, Recherches , vi, %t.
4. ROQUILLE (ro-ki-ir, U mouillées, et non roki-ye), (. f. Ancienne mesure de vin, valant le quart du setier.
— HIST. XVI* s. Roquille de vin , cotgrave. Ch» jour les compagnons des bandes de la ville Assail-
ROS
ROS
ROS
lirent les vaches pour avoir leur roquille [leurs vivres] ; C'estoit aux pauvres gens quy se vivoient du laict ; Le seigneur de Vervins ordre mist à ce laict, HORIN, Siège de Boulogne, p. 21.
— ETYM. Origine inconnue.
t 2. ROQUILLE (ro-ki-ir, H mouillées), ». f. Sorte de confiture d'ccorce d'orange.
t RORAGE (ro-ra-j'), s. m. Exposition & la rosée, son résultat. On blanchit des toiles par le rorage. Il Dans certains pays le rouissage du chanvre est remplacé par le rorage.
— F.TYM. Lai. ros, roris, rosée.
t ROniFÈRE (ro-ri-fè r'), ad;'. Terme d'histoire naturelle. Qui envoie, qui apporte, qui retient la rosée.
— ETYM. Lat. ros, roris, rosée, et ferre, porter.
t RORQUAL (ror-koual), t. m. Espèce de baleine. Il Au plur. Des rorquals.
— ETYM. Suéd. rosr, tuyau, et qval, baleine : baleine à tuyaux, à cause des plis de la peau sous la gorge et la poitrine, d'après Cuvier.
t ROS (rô), s. m. Terme de tisserand. Espèce d'échelle couchée dans le battant du métier à tisser, entre les échelons de laquelle passent, de deux en deux, tous les fils d'une chaîne, conservant ainsi leur position respective. || On l'a écrit aussi rot. Les lames et rots servant à la fabrique desdites serges seront réformés et mis en état de contenir ledit nombre de fils. Arrêt du conseil, 28 août I7ui. Les serges impériales seront de (» portées de 96 fils chacune, et passées dans des peignes ou rots de quatre pans moins un doigt, j6. 3 oct (716.
— HiST. xiii's. Nus toisserans, quelque drap qu'il tisse, ne doit laissier que vingt ros wis [vides] que d'une part que d'autre, Liv. des met. (19. || xiv* s. Toutes les tiretaines et les sarges que l'on fait doivent avoir trois quartiers en ros ou plus, du cange, ros. Comme Hcnnequin de Tournay eus achaté deux roz de draps, ID. th. |{ xv" s. Les dits jurez auront pour leur peine d'aller visiter ledit mestierdedix rox.... Ordonn. sept. 4485.
— ETYM. C'est l'ancien radical ros, qui signifiait roseau (voy. roseau) ; les dents ou échelons de cet instrument ayant été faits en roseau.
ROSACE (rô-za-s'), s. ^. || 1° Figure symétrique terminée à une circonférence et présentant plus ou moins d'analogie avec une rose. || 2° Ornement d'architecture qu'on place dans le renfoncement des caissons d'une voûte ou d'un plafond. {| 3° Vitraux disposés en rosace dans les églises.
— HIST. XVI* s. Rosace, cotghave.
— ETYM. Lat. rosaceus, de roso, rose.
ROSACÉ, ÉE (rô-za-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui est disposé à la manière des pétales d'une rose. Une fleur rosacée. || S. f. pi. Les rosacées, famille de plantes dont la rose est le type.
— ETYM. Lat. rosaceus, de roso, rose.
t t. ROSAGE (rô-za-j'), s. m. Action de verser, dans de l'eaii, du savon blanc, une livre et demie de sel d'étain et six à huit onces d'acide nitrique, à l'effet de donner de la vivacité et de l'éclat au coton teint en rouge.
— ÊTYM. Soser.
2. ROSAGE (rô-za-j'), t. m. Un des noms du rhododendron. Rosage des Alpes, rhododendron ferrugineum, L.
— ETYM. Rose 4.
t. ROSAIRE (rô-zê-r'), s. m. || 1» Grand chapelet que l'on dit à l'honneur de la Vierge. Saint Dominique fut le premier instituteur de cette pratique de piété qu'on a appelée rosaire, et qui consiste à réciter quinze dizaines d'avé avec un pater au commencement de chaque dizaine, en l'honneur du mystère de l'incarnation. J'aperçus sur la terre un chapeau renversé sur lequel il y avait un rosaire à gros grain, lesage, Gil Blas, i, 2. Stuart chassé par les Anglais Dit son rosaire en Italie, volt. l'oés. mêl. 90. Il Fig. C'est là [lasoumission à la Providence] ma dévotion, c'est là mon scapulaire, c'est là mon rosaire, sÉv. 48 mai 468o. ||a° Coquille du genre volute. Il 3° Herbe à rosaire, voy. larmes de job.
— ETYM. Rose 1, vu que les gros grains de ce chapelet étaient dits des roses.
t 2. ROSAIRE (rô-zê-r"), s. m. S'est dit d'un vaisseau servant à la distillation.
— HIST. xvi« s. L'eau distillant plus dru que d'ung rosaire De mes deux yeulx.... marot, v, 356.
— ETYM. Probablement ros^e.
■f 4. ROSALIE (r6-za-lie),s. f. Terme de musique. Phrase de chant qui se répète en montant chaque fois d'un degré.
— ETYM. Grétry conjecture que ce nom est celui de la chanteuse qui, la première, mit i la mode ce genre d'ornement vocal.
t 2. ROSALIE (rô-za-lie). t. (. Nom vulgaire du cèrambyz alpin de Linné, devenu le eallichrome alpin de certains auteurs, coléoptères.
t ROSAMLINE (rOza-ni-li-n'), s. f. Terme de chimie. Substance cramoisie obtenue de l'aniline.
ROSAT (ro-za, le ( ne se prononce pas et ne se lie pas), adj. des deux genres. || 1° Il si dit de quelques compositions où il entre des roses rouges. Onguent rosat. Huile rosat Des flots de vinaigre
rosat, BOiL. Sat. m. \\i' S. m. Rosat s'est dit d'une espèce de bois. Bois rouge et rosat, le cent pesant, à dix livres, Décl. du roi, nov. 4640, Tarif.
— HIST. XVI* s. Vinaigre rosat, paré, v, 20.
— ÉTYM. Lat. rosolwm, de roso, rose.
ROSBIF (ro-sbiO,s. m. Morceau de bœuf rôti, qui
est en général le faux filet. Vous [inquisiteurs] avez plutôt fait cuire un de vos frères, que nous ne faisons rôtir un rosbif à Londres, volt. Jenni , 2.||Fig. C'est [un pamphlet de Voltaire] un rosbif anglais, très-difficile à digérer par beaucoup de petits estomacs de Paris, volt. Lett. Mme du Deffant, 26 déc. 4 708. Il Les cuisiniers donnent aussi ce nom à la partie de derrière d'un mouton^ d'un agneau , d'un chevreuil, etc.
— ETYM. Angl. roast-beef, de roast, rôti (voy. rôtir), et heef, qui est le français bceuf.
4. ROSE (rô-z'), s. f. Il 1° Fleur odoriférante, ordinairement d'un rouge un peu pâle, et qui croît su r un arbuste épineux. Rose simple ou rose sauvage. Rosedu Bengale. Rose des quaire saisons ou de Damas. Mais elle était du monde oi"i les plus belles choses Ont le pire destin. Et rose elle a vécu ce que vivent les roses. L'espace d'un matin [la première leçon était : Et ne pouvait Rosette être mieux que les roses Qui ne vivent qu'un jour, édit. lalanne, t. i, p. 39], MALH. VI, 4 8. La rose de Fontenelle, qui disait que, de mémoire de rose, on n'avait vu mourir un jardinier, DiDEa. Uém. Rêve d'Alembert. Si l'on veut rendre d'un beau vert, sans la flétrir, une rose qu'on vient de cueillir, on la couvrira entièrement de tabac bien naturel, qui ne soit pas trop sec, genus. Maison rust. t. ii, p. 398, dans pougens. || Fig. Si.... tu t'allais engagera polir un écrit Qui dît, sans s'avilir, les plus petites choses, Fit des plus secs chardons des œillets et des roses, boil. Ép. xi. Je meurs : Avant le soir j'ai fini ma journée ; X peine ouverte au jour ma rose [vie] s'est fanée, a. chên. Élcg. vu. J'avais bien des amis ici-bas, quand j'y vins, Bluel éclos parmi les roses de Provins, hégésippe moreau, la Fou/zte. Il Rose pompon, voy. pompon. || Rose mousseuse, voy. mousseux. || Rose de chien ou cochonnière, rosier sauvage. || Fig. C'est la plus belle rose de son chapeau, c'est le plus grand honneur, le plus grand avantage qu'il ait obtenu. Pour M. de Lavardin.... c'était une fort jolie contenance que de tenir les états [de Bretagne] ; mais c'était ôter la plus belle rose du chapeau du maréchal [d'Estrées], SÉV. 24 sept. 4 689. || Le pot aux ro.ses, le pot dans lequel on met les roses, l'essence de rose. ||Fig. Découvrir le pot aux roses, découvrir le fin, le mystère de quelque affaire secrète. Pontchartrain n'avait rien à opposer aux faits et aux preuves qu'il venait d'essuyer en face, et le pot aux roses était pleinement découvert, st-sim. 425, 436. || Roman de la Rose, poëme allégorique du xiu* siècle. Il La rose, ayant sur les autres fleurs une supériorité marquée pour la forme, la couleur, l'odeur, est dite la reine des fleurs. De là lexpression : mériter la rose, en parlant de celui qui, entre plusieurs rivaux, l'emporte sur les autres. || Parmi les roses on distingue : la rose jaune, rosa lulea, Mill. ; la rose capucine, roso punicea, Mill. ; la rose muscate, rosa muscata, Ait.; la rose noisette, rosa noisetliana, Ser. ; la rose du Bengale, roso bengalensis, Pers.; la rose de Provins, roso gallica , L. dont les pétales astringents servent à faire la conserve de rose et le miel rosat ; rose à cent feuilles, rosa centifolia, L. dont les pétales distillés donnent l'essence et l'eau de roses; la rose mousseuse et la rose pompon en sont des variétés; la rose pimprenelle, pimpinellxfolia, Ser. ; la rose des Alpes, rosa alpina, L. qu'il ne faut pas confondre avec le rhododendron ferrugineux ; rose de cannelle, roso cinnamomea, L.; rose de chien, églantine, roso canina, t.; rose des quatre saisons, rosa damascena, Mill. dite aussi à Paris rose de Puteaux parce qu'on la cultive en grand près de ce village. || 2" Eau de rose ou, plus communément, eau rose, eau qu'on tire des roses par la distillation. Saladin fit laver avec de l'eau rose la mosquée changée en église, voltaire. Mœurs, 66. || Fig. Que dira de moi Votre Altesse Royale 1 on va jouer une tragédie nouvelle de ma
façon [Zullme].,.. c'est une pièce toute d'amour, toute distillée à l'eau rose des dames françaises, VOLT. Lett. au pr. roy. de Pr. 4*' juin 4739. Après »TOir combattu avec succès contre toute l'Europe, Il serait bien honteux de perdre par un trait de plume ce que j'ai maintenu par l'épée; voilà ma façon de penser; vous ne me trouverez pas à l'eau rose, l.elt. du roi de Pr. à YoUaire, S2 sept. 4 76». Il Lit do roses, couches de feuilles de roses qu'on étend pour en tirer de l'essence. || 8' Roses pâles, nom donné en pharmacie aux feudles de diverses espèces qu'on emploie, particulièrement celles de la rose des quatre saisons, mais quelquefois aussi celles de la rose à cent feuilles et de la rose de chien. Il Sirop de roses pâles, sorte de sirop fait avec les feuilles de ces roses ; il est légèrement laxatif. Il 4" Fig. Il se dit de ce qui est aussi agréable que l'est la rose. Tu ne devrais jamais marcher que sur des roses, tristan, Jfarianne, v, 3. Les plus cruels tourments n'auront été que roses, bo- TROU, St Gen. m, 2. J'entrerais dans les feux comme en un lit de roses, ID. Anlig. v, ». Tout chemin qui conduit à un précipice est elTroyable, fût-il couvert de roses, pês. t. ii, p. 4 81. Des roses de la tendresse Venez semer mes jours, bér\no. Récrie. Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie, la- MART. 2" médit. XI. Il Être sur des roses, être couché sur des roses, sur un lit de roses, vivre dans la mollesse, jouir d'une félicité parfaite. Gens que l'on pend sont sur des lits de roses [à côté de certaines soufl'rances], la font. Or. Et moi , lui dit l'empereur [du Mexique, brûlé par les Espagnols], suis-je sur des roses? mot comparable à tous ceux que l'histoire a transmis à l'admiration des hommes, raynal, W«'s(. phil. VI, 14. Il 5° Fig. Il se dit d'un mélange de blanc et d'incarnat que présente le teint du visage. Voyez si de son teint les roses et los lis Dans l'hiver de la mort sont bien ensevelis, mair. Sophon. v, 8. Il ne demeure, ô cieux ! Ni roses à son teint, ni lumière à ses yeux, rotr. Bélis. iv, 8. Le temps aux plus belles choses Se plaît à faire un affront. Et saura faner vos roses Comme il a ridé mon front, cobn. Stances à une marquise. Je trouvai Mlle de Scepaux très-belle, le teint du plus grand éclat du monde, des lis et des roses en abondance, betz, i, 6. [Une dame] Dans quatre mouchoirs de sa beauté salis Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, BOiL. Sat. X. Les femmes ont coloré leur visage, lorsque les roses de leur teint se sont flétries, bupf. More, choisis, p. 89. || Des lèvres de rose, des lèvres vermeilles. Ne livre plus les roses de ta bouche Aux baisers morts d'un fantôme impuissant, bébano. Ocfavi'e. Il Poétiquement. L'Aurore aux doigts de rose. Incontinent l'Aurore aux doigts de rose Ayant ouvert les portes d'orient, la font. Remède. Il 6" Nom de diverses fleurs ressemblant plus ou moins à la rose. Rose des Alpes, un des noms donnés au rhododendron ferruginé. || Rose du ciel, agrostemma cceli rosa, L. caryophy liées. || Rose de Gueldre, houle de neige. || Rose d'Inde, œillet d'Inde. || Rose du Japon, camélia. || Rose de Jéricho, anasiatica /»ieroc7iun«ina, plante hygrométrique qui semble revivre et écarter ses rameaux quand elle trempe dans l'eau. || Rose de Noël ou d'hiver, ellébore noir. Il Rose de Notre-Dame, pivoine officinale. Il Rose pivoine, voy. pivoine. || Rose rubis, espèce d'adonide, l'adonide estivale, renonculacées. |1 Rose de Sérane, pxonia peregrina, pivoine voyageuse. Il Rose trémière, voy. trSmière. || Pomme de rose, jambosier, plante dont le fruit a une saveur de rose. Il T Bois de rose, bois à odeur de rose et d'une couleur rouge, dont on se sert pour faire des meubles; il provient, à ce qu'on croit, du physocalymnia floribunda. \\ 8* Rose d'or, figure de rose en or que le pape a coutume de bénir à la messe du quatrième dimanche de carême, qu'il porte à la proces.sion, et qu'il envoie après à quelque prince souverain. Il 9° La Rose blanche, symbole de la maison d'York; la Rose rouge, symbole de la maison de Lancastre (avec des majuscules). Guerres des deux Roses, guerres longues et sanglantes par lesquelles ces deux maisons se disputèrent le trône d'Angleterre. Et comme mon aïeul, Richemond, autrefois, De» deux Roses en lui réunissant les droits. Termina pour jamais vos discordes royales. J'espérais réunir deux couronnes rivales, p. i ebrun, Iforie SI. i, 7. Il 10" Terme de joaillerie. Rose de diamants, de rubis, rubis, diamants montés en forme de rose. Il Diamant en rose, ou, simplement, une rose, diamant taillé par-dessus en facettes, et plat en dessous. Ce n'est pas un brillant, c'est une rose. Il 11" Dans la bijouterie du moyen âge, sorte de médaillon, dblaborde, i^mou«,p. 48». || 12" Terme
ROS
d'arcliitecluro. Petit ornement à feuilles et circulaire qu'on (ilace dans les plafonds des corniches ou dans le milieu de l'abaque du chapiteau corinthien. Il Grands vitraux circulaires et à compartiments, placés dans les églises gotliif|ue3, dits aussi roses de moderne. || Rose de compartiment, ornement tome au milieu d'un pavé de marbre ou d'un parquet de menuiserie , et entouré d'une figure circulaire. || Rose de serrurerie, ornement à jour qui se trouve dans les panneaux des grilles, etc. Il 13° Rose de luth, rose de guitare, l'ouverture qui est au milieu de la table d'un luth ou d'une guitare. || Il y a aussi des roses sur la table des clavecins, des téorbes. || 14° Terme de marine. Rose de compas, rose des vents, plaque qui porte une circonférence partagée en trente-deux divisions égales , avec des lignes ou rayons qui vont du centre à chacune de ces divisions. || 15° Il s'est dit d'un ornement en forme de rose que les femmes portaient à leurs souliers. En vérité, monseigneur, ce n'est pas une bataille qui est aujourd'hui la plus belle chose du monde à gagner; et vous m'avouerez vous-même qu'il y a telle rose de soulier [telle dame] qui vaut mieux que neuf cornettes impériales, VOIT. Letl. 60. Il 16° Disposition en forme de rose. Taches dont les anneaux ou roses sont plus marqués et plus terminés dans les unes que dans ■es autres [peaux de léopards], bupf. Quadr. t. m, f. 2S6. Il IV" Tache jaune, orangée ou bleue que l'acier présente quelquefois au milieu de sa cassure. Il 18° Marque ronde que le teinturier laisse au bout de l'étoffe pour distinguer les couleurs qui ont servi de fond. Tous teinturiers laisseront au bout de chaque pièce une rose de la grandeur d'un écu d'argent, des couleurs qui auront servi de pieds et de fonds, Itèglem. sur les manuf. août (689, Teinturiers en laine, art. 34.||19° Ornement de vélin qui entre dans la composition d'une frange. Il 20° Cheville tournée qu'on met à un râtelier. Il 21° Grande rose, espèce de linge damassé que l'on fabrique en Flandre et en basse Normandie. Il 22° Terme d'alchimie. Rose minérale, poudre rouge qui se produit pendant la sublimation de l'or et du mercure. || Proverbes. 11 n'est point de roses sans épines, d ■ plaisir sans peine. Mais on voit rarement des roses sans épines, tristan, Marianne,!, 3. || lln'y a point de si belle rose qui ne devienne grattecul.
— REM. M. Legoarant veut qu'on écrive le pot au rose, disant que découvrir le pot au rose, c'est découvrir le pot où une dame met le rose qui lui sert à se colorer le teint. La conjecture est ingénieuse; mais dès le xv* siècle on écrit pat aux roses, et une conjecture ne peut prévaloir contre une trailiiion.
— HiST. xii° s. Dame, mar [à malheur] [je] vi le clair vis et la face Où rose et lis florissent chascun jour, Couci, XI. Il xiii* s. Entour la saint Jehan que la rose est fleurie, Bertc, n. Elle est plus gracieuse que n'est la rose en mai , ib. lvii. Mais li François, s'on dire l'ose. Sont de tous cevaliers la rose, pu. mous- KES, ms. p. B9I dans lacurne. || xiv' s. Au plus aventuieus c'onques chainsist [ceignit] espée. Fleur de chevalerie et vertu esprouvée , Roze de hardement, car plus qu'achier [acier] trempée, Daud. de Stb. viu, 400. Une rose d'or, où est esmaillié le roy à genoux devant monseigneur saint Denis et l'evangiliste saint Jean, delaborde, Émaux, p. 480. Pour certaine maladie dont il estoit entachiez, c'est assavoir du mal des roses nostre dame, du cange, morbiw. ||xv s. De tes lèvres Ips portes closes Penses de saigement garder ; Que deûors n'eschappe parler Qui de.^couvre le pot aux roses, ch. d'ohl. Rond. Et se baignoit le roy Loys en roses, ce luy «ambloit, d'oyr ceste bonne aventure, o. chastel, Chr. des d. de Bourg, m, <89. Ce ne sont certes que roses de vostre accident, si vous l'approchez et en faites comparaison avec ma fortune, filmant
ressuscité, p. bo4, dans lacurne Meung docteur
très-sage Nous a décrit, que, pour cueillir la rose, Riche amoureux a toujours l'avantage, vill. Bail. Ilxvi* s. Enay: vous avez de.s roses [rosettes] en hyverT — Fineste : Sur les deux pieds traînantes à terre, aux deux jarrets pendantes à mi jambes, BAtjB. Fxn. 1, 2. Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain; Cueillez dès aujourd'hui les roses de la Yle, BONS. 281. Outre ces roses-ci, y en a de jaunes et rouges.... aucuns pour avoir des roses vertes «ntent des roziers blancs sur des lauriers o. ijE BEBRBS, fc62. Eau de planuin, de roses, paré v 9 Fleurs de roses de Provins, id. xxi, î. Kose ne nâist sans piquerons, lehoui de unct, Prov. t. i, p. 84. Truye aime mieux bran [son] que roses, cotobavk! Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise Voua aTei esjouy l'automne de l'Eglise, d'aubi-
ROS
GNé, Tragiques, les Feux, edit. lalanm&, p. ici.
— ÉTYM. Bourg, reuse ; wallon, rdx ; provenç. espagn. et ital. rosa; du lat. rosa ; grec, ^65ov et ppôSov ; anc. persan, vrada, sanscr. vrad, se courber, être lloxible.
2. ROSE (rô-z'), adj. \\ 1° Qui est de la couleur de la rose. Des rubans roses. Des écharpes roses. 1 2 S. m. Couleur rose. Cette robe est d'un joli rose. Le rose va bien à celle femme. || Fig. et familièrement. Voir tout couleur de rose, voir tout en rose, voir tout en beau. HOnditdans le même sens: Tout lui paraît couleur de rose ; il n'a que des pensées couleur de rose.
— IllST. xvi* s. Mutation de couleur naturelle en la face, comme goutte rose , saphyrs , chute de
poil.... PARÉ, XXII, 1).
— ÉTYM. ilose (.
ROSÉ, ÉE(iô-zé, zée), adj. Qui est d'un rouge faible, approchant de la couleur de la rose. Teint rosé. Couleur r05ée. || Il se dit de la couleur de certains vins. Champagne rosé.
— HIST. XIII* s. Sa couleurs rosée, tendre, Oel vair et face rians, Ifî. de poésies franc, avant 1300, dans LACURNE. Il XV* s. La belle et douce et débonnaire sa femme, la face toute rosée, se print à trembler, LOUIS XI, Nouv. c.
— ÊTYM. Rose 2.
ROSEAU (ro-z6), ». m. || 1° Plante dont la tige, lisse et droite, e^t creuse et remplie de moelle. Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau, la font. Fabl. i, 22. Un appui de roseau soulageait leurs vieux ans, id. Phil. et Baucis. Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, Troubler dans ses roseaux le Danube supeibe? BOiL. Sat. IX. Et s'il ne m'est permis de le dire au papier. J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier. Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Midas, le roi Midas a des oreilles d'àne, id. ib. La couverture de roseau dure quarante à cinquante ans, GENLis, Maison rust. t. i, p. 39, dans pougens. On fabriquait des vêtements et des nattes avec les roseaux, principalement avec le papyrus, mongez, Instit. Mém. hist. et lilt. anc. t. iv, p. 24«. || 2° Fig. Il se dit de l'être humain comparé pour sa faiblesse au roseau. L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant, PASC. Pens. I, 6, édit. havet. Comme un chêne est le confrère d'un roseau, le roseau, en levant sa petite tête, dit au chêne : Ceux de Dodone n'ont jamais mieux parlé, volt. Lett. prince de Beauvau, 5 avr. 1771. Avouez qu'il est plaisant que j'aie attrapé ma soixante et seizième année en ayant tous les jours la colique; mon ami, nous sommes des roseaux qui avons vu tomber bien des chênes, id. Letl. Thiriot, 9 aoûl, t769. Ce bras [de Dieu].... Soutiendra ce roseau plié par les orages, iD. Zaïre, m, 4. Je me vis seule au monde, en proie à mon effroi. Roseau faible et tremblant, n'ayant d'appui que moi, id. Tancr. i, 4. Qui appuiera ce roseau [la femme], si la religion n'eu soutient la fragilité? CHATKAUBR. Génie, I, VI, 6. Il C'est un roseau qui plie à tous les vents, se dit d'un homme qui cède à toutes les impulsions. || S'appuyer sur un roseau, mettre sa confiance en quelqu'un qui n'a ni force ni crédit, etc. Sur quel roseau fragile a-t-il mis son appui? RAC. Eslh. li, 1. 1| Roseau peint en fer, esprit qu'oc croit ferme et qui est faible. || 3" Roseau des étangs ou de la passion, roseau à quenouille, ainsi dit parce que son épi a l'air d'une quenouille nommé aussi roseau canne ou rosea i des jardins, l'orundo donax, graminées. |{ Roseau à balais, arundo phragmites, L. \\ Roseau des Indes, bambou. Il Roseau odorant, acore. || 4° Terme d'architecture. Se dit de certains ornements dont on remplit par le bas les cannelures des colonnes rudentées.
— HIST. XII* s. E nostre sires ferrad [frappera] Israël, e croler le frad si cume fait li rosels par celé rivière, Bots, p. 29.3. Cez de Egypte ki sunt cume bastons de rosel pesceed, [rompu], Sur qui si l'um se apuied, tost falsedet depiesced, ib. 408. || xvi* s. Appuiez-vous, après Dieu, sur ces espaules fermes, et non sur ces roseaux tremblans à tous vents, d'aub. 7/isl. lU, 184. Estançonnerle mensonge d'un roseau, coTORAVB. Ung vaisseau d'argent doré, de forme ronde, de la longueur de près d'une aulne de Paris, dedans lequel estoit le roseau qui fut baillé à N. S. Jesus-Crist, quant Pilate dict aux Juifs : Ecce homo, de laborde, Émaux, p. 478.
— ÉTYM. Wallon, rotai; prov. rauxel, rauxeu; d'un radical ros ou raus qui se trouve dans l'ancien français et dans le provençal ; Berry, rouc/ie, roseau ; norm. ros; du golh. raus. Jonc; allem. mod, ito/ir.
EOSE-CKOIX (rô-ie-krol), ». (. || 1* Confrérie de
ROS
la rose-croix, secte illuminée du commencemen* du XVII* siècle, qui prétendait posséder la sagesse et la piété au suprême degré, forcer à son service les esprits et les démons, et procurer la prochaine instauration de toutes les choses de ce monde en un meilleur état (voy. naudé, itosc-crot'i, iv, ï). L'an 1616, Jean Bri-ngern imprima à Francfort un livre en allemand contenant deux opuscules, intitulés manifeste et confession de foi des frères de la rosecroix, NAUDÉ, Rose-croix, iv, 2. Descartes, qui a désiré trouver ks frères de la rose-croix, prétendus sages dont on débitait des merveilles incroyables et absurdes, bailly, llist. aslr. mod. t. ii, p. (83. Il S. m. Un rose-croix, un individu appartenante la confrérie de la rose-croix. Un inconnu lui prédit qu'il se marierait à 35 ans, et quelques autres choses particulières que l'événement a justifiées ; il y aurait dans cet inconnu de quoi faire un devin, si l'on voulait, ou un rose-croix qui courait le monde, fonten. Oxanam. || 11 s'est dit pour toute espèce d'hommes usant d'enchantement. Nos rosecroix [Enée et Acliate rendus invisibles par Vénus], bien assurés De n'être pas considérés, Dans ce superbe temple entrèrent, scarr. Virg. 1. 1| 2° 11 s'est dit, au XVII* siècle, d'un lieu de dévotion, de retraite. Je suis retourné aussi confus qu'édifié de votre Désert [lieu de retraite de Port-Royal] ; et, quand je vous examine tous l'un après l'autre, je trouve que le vieil homme est pendu dans votre rose-croix en tant que mort s'en suive, et que chez moi, il n'est pendu qu'en effigie, le camus, Lett. dans STE-BEUVE, Port-Royal, t. iv, p. 529. || 8° S. m. Titre d'un grade de la franc-maçonnerie, qui est audessus de celui de maitre. || Au plur. Des roses-croix.
— ÉTYM. On dit que ce mot vient de Rosenkreui, Allemand, né en 4 388, à qui cette confrérie se rattacha.
ROSÉE (rô-zée), s. f. || 1* Couche d'humidité qui, sous forme de gouttelettes liquides, se dépose à la surface des corps pendant la nuit, quand le ciel est serein; cet effet est dû au refroidissement produit par le rayonnement. Telle tous les matins l'aurore Sur le sein émaillé de Flore Verse la rosée et le jour, CORN. Tuis. d'or, ii, 4. Un jour Qu'il [le ]ipin] était allé f lire à l'Aurore sa cour Pamii '.* thym et la rosée, la font. Fabl. vu, i6. Élie aux éléments parlant en souverain. Les deux par lui fermés et devenus d'airain. Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée, bac. Àth. i, l. De sang montagne arrosée. Séjour de trouble et d'effroi, Gelboé, que la rosée Ne tombe jamais sur toi ! le- FBANC DE P0.V1P. Cantiques sacrés. Puisque les rosées rendent les plantes si susceptibles de la gelée du printemps, buff. Exp. sur les végét. 4* tni^m. Jusqu'à l'heure où l'aurore humide de rosée.... de- LiLLE, Imag. iv. Tu marches, et, des plis de ta robe flottante Secouant la rosée et versant les couleurs. Tes mains sèment les fruits, la verdure et les fleurs, ID. Homme des champs, iv. || Fig. Ma générosité, qui répand la rosée de ses faveurs sur les grands comme sur les petits, volt. Charles XII, 6. Il [le souverain] trouva en une heure par leur moyen [des financiers] ce qu'il n'aurait pas eu en six mois par les voies ordinaires: il vit que ces gros nuages, enflés de la rosée de la terre, lui remlaient en pluie ce qu'ils en recevaient, id. Babouc. i 2° Fig. et familièrement. Tendre comme la rosée, comme rosée, se dit d'une substance alimentaire fort tendre. Cette viande, cette salade est tendre comme rosée. || Elliptiquement, dans le même sens. C'est de la rosée. || 3" Il se dit d'autres goutelettes que la rosée. Ses yeux s'allumèrent et se couvrirent d'une légère rosée, à travers laquelle on entrevoyait des traits de flamme, volt. Jenni, i. ]i Terme de vétérinaire. Gouttelettes de sang qui sortent de la sole du cheval, lorsqu'on pare le pied trop près du vif. Le pied a été paré jusqu'à la rosée. || 4* Rosée mielleuse, voy. miellat. || 6° Terme d'alchimie. Rosée des philosophes, l'ouvrage de la pierre des sages, lorsqu'on y travaille. || 6° Rosée-du-soleil, voy. rossûlis.
— HlST. XI* s. Pluie n'i chet, rusée n'i adeise, Ch. de Roi. lxxvi. || xji* s. [Le temps] Que naist la rose, et le lis. Et la rousée au vert pré, Couci, xii. E vus, munz de Gelboé, rusée ne pluie ne vienge sur vus, iiois, p. 122. Sicume la roscde chi descendit el mont de Syon, Liber psalm. p. 2o8. || xui' s. [Beauté] Tendre ot la char comme rou.sée. Simple fu cum une espousée, la Rose, <003. Tels resons ne sont que rousee ; Ne vous en devez desconfiie; Toutes resons se lessent dire,RUTEB.ii, (92. ||xv*s. Et n'avoit depuis l'entrée d'avril nulle douceur descendue du ciel, ni pluie, ni rosée; mais estaient les herbes toutes arses, raoïss. u, m, »s. Adouo
ROS
ROS
ROS
«ommencerent i tirer l'uDg contre l'autre de tel «ueur, que la rosée de la sueur qui d'euli yssoit fist en pou d'heure une grant bruine autour d'eux, Perceforest, t. ii, (' 128. Pour la moisteur de la rosée du serain, 16. t. 11, f" n4. || ivi' s. Or ça, ditil, tendre rousée, Vous ay-je Taict du mal ainsi? UAROT, 111, < t3. Entre ceux (|ui à son gré se signalèrent en cet affaire, nous ne lui avons oui sur-estimer que le duc de la Trimouille et celui d'Ëlbosuf qui se joignit à l'autre pour abatre la rosée devant le roi, o'aub. IIùI. m, 364.
— ÊTYM. Provenç. rosada, rozada; catal. rosada; ital. rugiada. C'est le participe passé féminin d'un verbe espagnol rociar; calai, ruxar, arroser; lequel verbe, d'après Diez, dérive du latin roscidus, plein de rosée, par la syncope du d, comme l'espagnol limpiar de limpidus. Roscidus vient de ros, qui est pour vros (comparez le grec Jp<j>), èfépim), sanscr. varsha, pluie.
t ROSHLKT (ro-ze-lè), t. m. Hermine. La belette à queue noire s'appelle hermine lorsqu'elle est blanclie, roselet lorsqu'elle est rousse ou jaunâtre, BUFP. Hermine.
— ÉTYM. Dimin. de rose a.
f ROSKMN (ro-ze-lin), ». m. Merle couleur de rose.
t ROSÉOLE (rô-zé-o-r),j. f. Terme de médecine. Sorte d'éruption cutanée ou d'efflorescence de fort peu d'importance, qui survient quelquefois, comme simple épiphcnomène, dans le cours d'affections internes plus ou moins graves, entre autres dans ie choléra.
— ÉTVM. Mot fait avec rose 2, comme rougeole l'est avec rouge.
t ROSER (lô-zé), V. a. Donner le rosage. L'urine donnait à la pourpre une teitite plus foncée, elle la rosait, pour me servir d'une expression technique, AMEiLHON, Insdt. Ui'm. lilt. et beaux-arts, t. m, p. 378. Il Se roser, v. réfl. Prendre la couleur rose.
— ÉTYM. Rose 2.
ROSERAIE (rô-ze-rê), ». f. Terrain plantéde rosiers.
— ÊTYM. Rosier. On a voulu entendre roseraie <l'un lieu planté de roseaux; mais roseau ne peut donner rvseraie, il donnerait roselaie.
t ROSEREAUX (ro-ze-rô), ». m. pi. Espèces de fourrures venant de Moscovie. Hermines ou rosei^aux, le 100 pesant payera comme pelleteries, 3 liv. Tarif, <8 sept. )66i.
— HiST. XIII* s. Loire, roseruel conreé ou à conreer, se il i a queue, Liv. des met. 325.
— ÉTYM. Ce paraît le même que roselet.
4. ROSETTE (rô-zè-f), s. f. || 1» Petite rose (inu- »ité en ce sens). {[ Terme de botanique. En rosette, se dit de la disposition de feuilles nombreuses étalées, disposées en cercle, rapprochées, et dont l'ensemble termine une tige souterraine ou rhizome, ou des rameaux aériens, cas dans lequel la rosette prend plus particulièrement le nom de fascicule. Il Organe composé par l'ensemble des feuilles en rosette. Il Bouquet de petites feuilles qui termine la tige de certaines mousses. || Cellules qui se trouvent à la partie supérieure du nucelle chez les conifères. || 2" Ornement fait en forme de rose, qui s'emploie dans la broderie et dans la sculpture. Il 3* Nœud de rubans en forme de rose. Ii Insigne que les officiers de la Légion d'honneur portent au-dessus de la croix ou à leur boutonnière. Il 4° Ornement de tôle, ciselé en forme de ro.se, au milieu duquel passe la tige d'un bouton de porte. Il Rosette en cuivre, ornement qu'on rapporte sur les croisillons d'un balcon, etc. || 6° Petits fleurons de métal que les couteliers emploient pour monter les rasoirs, les lancettes, etc. i( 6° 'ferme de rel eur. Les rosettes sont des fers qui, d'un seul coup, forment un dessin sans le secours d'aucun autre fer ; elles se placent sur les dos, dans les entre-nerfs, ou sur les plats, dans les angles des bordures, LESNÊ, (o Reliure, p. 2(7. || 7° Un diamant à •rosette, synonyme de diamant en rose. || 8° ferme d'horlogerie. Petit cadran pour avancer ou retarder le mouvement d'une montre. |l 9° Réseau qu'une lingère fait aux petits trous qu'un accident a causés dans le linge. || lO" .Synonyme de rose, en parlant d'un luth, d'une guitare. || It" Terme de menuisier. Hosette de portemanteau, cheville portant tête de champignon venant s'adapter sur la traverse. Il U" Ahération circulaire et fendillée dans le cœur d'un arbre. || 13" Fil tortillé que l'on remarque dans la matière d'une glice après qu'elle est étamée || On nomme aussi rosettes des parties qui dans le tain sont plus blanches que les a.jtres. Il 14" Ancien terme de te nture. Synonyme de rose *, n' is. Les rosettes, dont la simple vue montre la force ou la faiblesse du pied qu'on aura donné à
DICT. DB LA LAMOUK FRANÇAISE
l'étofTe, Inttruet. gén. Teint. )8 mars (87). art. »2l. Il 16* Terme de marine. Rosettes ou roses, femelots des ferrures du gouvernail. || 16' Terme de danse. Sorte de spirale que l'on décrit avec vitesse, en tournant sur la pointe du pied. || 17* Nom d'une toile ouvrée, qu'on faisait en Flandre et en basse Normandie. || 18* Terme de marine. Rappeler la rosette, ajouter un peu de poids vers l'extrémité de l'aiguille aimantée opposée à celle qui s'incline, en faisant tomber dessus quelques gouttes de cire; l'aiguille subissant l'inclinaison quand on va de l'équaleur au pôle, ce qui l'empêche de demeurer horizontale et lui dte une partie de sa stabilité, brisson. Traité de phys. t. m, p. fil.
— ETYM. Dimin. de rose ) ; provenç. et espagn. roseta; liai, rosetla.
i. ROSETTE (rô-zé-f) , ». f. || 1* Sorte d'encre rouge faite avec du bois de Brésil. Régler du papier avec de la rosette. || 1* Sorte de craie teinte en rouge, qui sert à peindre. || 3* Cuivre de rosette, ou, simplement, rosette, cuivre rouge pur. Rosette ou cuivre, le cent pesant estimé 30 livres, Déclar. du roi, nov. (640, Tarif. Rosettes ou clous à selliers, ib. nov. (640, Tarif. Le cuivre coule dans ces bassins, d'où on l'enlève sous forme de plaques rondes et couvertes d'aspérités, plaques auxquelles on donne le nom de rosette ou de cuivre rosette, thenard, Traité de chim. t. 11, p. 703, dans pouoENS.
— HIST. XVI* s. Cuivre, rosette, potin, culot, SULLY, Hém. t. IV, p. 78.
— ÉTYM. Rose 2.
t ROSETTIEU (rô-zè-tié), ». m. Sorte d'emportepifece avec lequel le coutelier fait des rosettes.
ROSIER (rô-zié; I r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des rô-zié-z en fleur), s. m. Genre de la famille des rosacées dont le rosier est le type. I| Arbuste qui porte des roses. Monsieur Jourdain, votre cœur soit toute l'année comme un rosier fleuri ; ce sont façonj de parler obligeantes de ces pays- là, mol. Bourg, gent. iv, 8. Madame, je vous souhaite toute l'année votre rosier fleuri, ID. t6. v, B. || Rosier du Japon, le camélia.
— HlST. XII* s. Et Ii rosier en mai florist et graine,Couci, XIV. || xm's.Honizsoitquicroirajamès por nule chose, Que desouz simple abit n'ait mauvestié enclose ; Quar tels vest rude robe où félons cuers repose : Li rosiers est poingnans et s'est souef la rose, ruteb. (78. ||xiv*s. Un rosier d'or, à tenir en sa main... et est la rose que le pape donne, le jour de la mi caresme, au plus noble, OE laborde. Émaux, p. 487. Il XV* s. Ung arbre d'or, en manière d'un rosier, où il y a au dessus une rose et dedens ung saphir, ID. ib. p. 487. || xvi* s. Les roziers sont distingués en quatre principales espèces : une de rouges, autre d'incarnates, ou escarlatines et deux de blanches. Les rouges sont celles de Provins propres à l'aire la conserve, 0. de serres, 66(.
— ÊTYM. Rose (; wallon, rôzi; provenç. roser, rosier; ital. rosaio. Le lat. rosarium veut dire roseraie.
ROSIÈRE (rô-ziè-r'), s. f. Jeune fille qui, dans un village, obtient la rose destinée à être le prix de la sïigesse. La rosière de Nanterre.
— ÉTYM. Rose l.
t ROSIÉRISTE (rô-zié-ri st'), s. m. Terme d'horticulture. Celui qui s'adonne à la culture des rosiers. La médaille de vermeil a été donnée à M. Granger, rosiériste à Suisnes, pour sa collection de roses en 270 variétés. Revue horticole, (808, (•' août, p. 297.
■j- ROSINE (ro-zi-n'), s. f. Ancienne pièce d'or de Toscane valant environ 21 fr.bo c. ; la demi-rosine, valait 10 fr. 75 c.
t ROSIR (rô-zir), v. n. Prendre la teinte rose. Ainsi Psyché devait rosir sous le premier baiser de l'Amour, TH. GAUTIER, FeuHUton du Moniteur universel, 2( oct. (868.
t ROSNir (rô-ni), s. m. Arbre qui fut planté dans chaque commune par ordre de Sully, qui portait le nom de Rosny.
t ROSOIR (rô-zoir), ». m. Outil pour faire le trou de la rose d'un clavecin.
+ ROSOLIQUE (rô-zo-li-k'), odj. Terme de chimie. Acide losolique, masse rouge orange, obtenue par décomposition du styrul et donnant des laques avec les bises.
ROSO.V (rô-zon), s. m. Synonyme de rosace.
t ROSOYER (ro-zo-ié), v. n. Ancien verbe inusité lomber en forme de rosée. De la douce liqueur rosoyante du ciel, béonier, Sat. v.
— ÉTYM. Rosée.
f ROSSANE (ro-sa-n') , s. f. Terme de cuisine. Manière d'apprêter les lapins et les lapereaux : on
les eoup« par quartiers qu'on larde, puis on les saute à la casserole.
ROSSE (ro-s'), ». f. Cheval sans force, sans vigueur La postérité d'Alfane ft de Bayard, Quand
ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard, boil. Sat. v. Il Fig. et populairement, il se dit, par injure, des personnes. Va, crève, vieille rosse, baro.n. Ecole des pères, iv, 3. || Proverbe. Il n'est si bon cheval qui ne devienne rosse, il n'est point d'homme, si vigoureux de corps ou d'esprit, qui ne s'affaiblisse par l'ige. || En un sens contraire : Jaoïais bon cheval ne devint rosse.
— HIST. ivi* s. Un cheval généreux ne devient jamais rosse, rons. tst.
— ÊTYM. Provenç. et catal. ro»»a ; iul. roixa. Il semble naturel de tirer ce mot de l'allemand ilos», cheval ; mais les xi de l'italien ne peuvent représenter les »> de l'allemand, selon Diez; cela fait une difficulté qui jusqu'à présent n'est pas levée. Le provençal rossa fait remonter haut la préiience de ce mot dans les langues romanes.
ROSSÉ, ÉE (ro-sé, séej, pari, po»»^ de rosser. Vigoureusement roi-sé.
t ROSSÉE (ro-sce), ». f. Terme populaire. Grêle de coups.
— ÉTYM. Rossé.
ROSSER (ro-sé), v. a. || I* Terme familier. Battre quelqu'un violemment. Si je prends un b&ton, je vous rosserai d'importance, mol. l'Av. m, ». Je suis Mercure Oui, ne sachant que faire, ai rossé tant soit peu Celui dont j'ai pris la figure, id. Àmph. m, (0. Notre instinct nous porte d'abord à rosser notre frère qui nous chagrine, si nous sommes colères, et si nous nous sentons plus forts que lui, VOLT. Dict. pliil. Instinct. Vous, pages et varlets, Guerre aux vilains, et rossez-les, bérang. Carabat. Il Absolument. Ils ne payent point de gages, ils querellent, ils rossent quelijuefois, beonaru. Sérénade, xii. Il 2' Il se dit familièrement pour battre en bataille. Quoi 1 votre &me occupée à rosser le grave Moustapha.... VOLT. Lett. à Catherine 11, (4 .mv» (772. Ceux-là ont pris Gaête ; nous, on nous a rossés, p. L. COUR. Lctt. 1, (61.
— ÊTYM. Prov. rosscgar, arossar, rosser, que Raynouard tire de rossa, rosse; ce parait être en effet la vraie étymologie ; mais Diez s'y refuse, proposant diverses conjectures : le flamand rossen, passer l'étrille, un mot latin fictif rupliare. Toutefois le provençal parait montrer que le sens vrai est traiter comme un cheval.
ROSSIGNOL (ro si-gnol) , ». m. || 1* Petit oiseau à bec fin et à plumage grisâtre, dont le chant est fort agréable, dit aussi rossignol franc et petit rossignol, qui est la lusct'nia philoinela, insectivores, de Ch. Bonaparte. Tous les rossignols ne chantent pas également bien; il y en a dont le ramage est si médiocre que les amateurs ne veulent point les garder, buft. Ois. t. IX, p. (27. Le rossignol blanc : cette variété était fort rare à Rome ; Pline rapporte qu'on en fil présent à Agrippine, femme de l'empereur Claude, et que l'individu qui lui fut offert coûta six mille sesterces, id. ib. p. (64. Je l'ai vu [J. J. Rousseau] faire deux lieues par jour durant presque tout un printemps pour aller écouter à Berci le rossignol i son aise, 1. J. Rouss. 2* dial. On proposait un jour à ce dernier (Agésilasj d'entendre un homme qui imitait parfaitement le chant du rossignol : j'ai entendu le rossignol, répondit-il, bartiiél. Anach. ch. 70, note 4. || Familièrement. Cette femme a un gosier, une voix de rossignol, cette femme a la voix pure et très-flexible. Carie Vanloo, ce grand dessinateur et ce grand coloriste, et sa femme qui, la première, avec sa voix de rossignol, nous avait fait connaître les chants de l'Italie, mabmontel, Mém. iv. Il On dit dans le même sens ; C'est un rossignol. || En un autre sens figuré, personne qui charme et sait se faire écouter. X l'égard de la canaille, je ne m'en mêle pas.... il faut bien qu'il y ait des crapauds; ils n'empêchent pas mes rossignols de chanter, VOLT. Leit. d'Àlemb. 4 juin (767. || a* Grand rossignol, luscinia major de Brisson. || Rossignol d'hiver, un des noms vulgaires de Vaccentor modulaire, appelé encore fauvette d'hiver. |i Hossignol de muraille, un des noms de la Sylvie ruuge queue, insectivores, dite aussi rouge queue et rubiette. Il Hossignol des Antilles, moqueur. || Rossignol de rivière, nom donné à la rousserolle, parce que le mâle chante la nuit comme le jour, tandis que la femelle couve. || Ironiquement. Un rossignol d'Ar^ cadie, un âne. || 3° Sorte de petite flûte à piston, qui se fait ordinairement avec un tuyau d'écorce détaché d'une branche de bois vert dans le temps de la sève. Les enfants jouent du rossignol. || 4* Au
ROS
plur. Les rossignols, un des jeux de l'orgue. |i 5» Terme de marine. Petit sifflet des maîtres d'équipage. 118° Sobriquet donné par les lil)raires aux ouvrages qui ne se vendent pas, qui restent perchés sur les casiers. || Nom donné par les marchands de nouveautés aux étoffes passées de mode. Ils ressemblent aux marchands de nouveautés, qui comptent sur les visiteurs de l'exposition pour écouler leur vieux fonds de rossignols, p. sarcey, Opinion nationale, t" avril )8«7. ||7° Maladie des ouvriers tanneurs, consistant en un petit trou capillaire qui se forme par l'action corrosive de la chaux à l'extrémité de la pulpe des doigts, et ainsi dite parce qu'elle leur fait jeter des cris de douleur. Il 8° Arc-boutant des fourches qui soutiennent l'arbre de la grande roue d'une carri&re. || Coin de bois qui sert à serrer les pièces de charpente. Il 9° Terme de serrurerie. Crochet dont on se sert pour ouvrir toutes sortes de serrures. Les voleurs ont ouvert son secrétaire à l'aide d'un rossignol. Il 10° Terme de maréchal. Nom donné à un trou percé entre l'anus et l'origine de la queue du cheval poussif par des maréchaux ignorants, dans la fausse idée de faciliter la respiration.
— HlST. xii* s. Et lousseignolz me semont de chanter, Couci, vi. La douce voiz du louseignol sauvage, ib. xix. || xiii* s. Li rossignos lores s'efforce De chanter et de faire noise, la Rose, "4. Kn ung leu avoit rossigniaus. En l'autre gais et estorniaus, ib. 649. Il XVI* s. Luscignol, ou, selon la prononciation corrompue des Parisiens, rossignol, CH. de BOuvELLES, De ritiis linguarum vu!g. p. 66. Un rossignol à crocheter, d'aub. Fxneste, m, 3. Rossignol de marets [grenouille], oudin, Dict.
— f.TYM. Berry, roussignol, roussigneux ; wallon, rdskignou, raskigno; picard, oursignot ; bourg. rossiynô ; provenç. rossignol , rossinhos, et rossignola ; catal. rossinyol ; espagn. riiiseiior ; portug. rouxinol ; ital. rusignuolo. La forme correcte est dans l'anc. franc, lousseignol, du lat. lusciniola ou lusciniolus, dimin. de luscinia, rossignol. C'est par corruption que l'I s'est changé en r.
t ROSSIGNOLADE (ro-si-gno-lad'), s. f. Se dit quelquefois pour chant du rossignol. || Roulade.
— ÉTYM. Rossignoler.
t ROSSIGNOLE (ro-si-gno-l') , s. f. Se dit, par plaisanterie, de la femelle du rossignol. Le miracle est qu'un rossignol fasse un rossignolet à sa rossignole et non pas à une fauvette, volt. Oreilles, 2.
t RO.SSIGNOLEMENT (ro-si-gno-le-man), s. m. Action de rossignoler.
— HIST. XVI' s. Le doux rossignolement des asnes et des truyes, Sat. Mén. p. si.
ROSSIGNOLER (ro-si-gno-lé), v. n. Terme familier. Imiter le chant du rossignol. Il n'était point d'agréable partie, S'il n'y venait briller, caracoler, Papillonner, siffler, rossignoler, gress. Ver-vert, i. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XII' S. Quant ele ot [entend] canter l'oselet Ki deseur l'ente lousegnole, Lai d'ignaurèt. Ijxvi's. Rossignoler, cotgrave.
— ÉTYM. Rossignol.
t ROSSIGNOLET (ro-sl-gno-lè), s. m. Jeune rossignol.
— HIST. iiu* s. Encores est leens sans doute Déduit orendroit qui esooute X chanter gais rossignolès, la Rose, 6 1 3 . || xvi' s. Le chantre rossignolet Nouvelet Courtisant sa bienaimée, ronsard, à un Aubespin.
— ÉTYM. Dimin. de rossignol.
t ROSSIGNOLETTE (ro-si-gno-lè-f), J. f. Femelle du rossignol.
ROSSINANTE (ro-si-nan-f), i. m. || 1° Nom donné par Don Quichotte à son coursier. || i' S. f. Mauvais cheval maigre et efflanqué.
— ÉTYM. Cervantes a formé ce mot de rocin, rosse, haridelle, qui est le même que roncin, rouslin (voy. ces mots).
t ROSSINIEN, lENNE (ro-ssi-niin, niè-n'), adj. Qui appartient à Rossini ; qui tient de sa manière. Que de partisans forcenés de Grétry, qui d'abord rtpoussèrent avec horreur les brillantes innovations rossiniennesl pétis, la Mus. à la portée de tout le mondf, XIX.
t ROSSINISME(ro-38i-ni-sm'), s. m. Système mutical de Rossini. Il [Rossini] entendait modifier en partie sa manière dans le sens du goût du public français, et en même temps modifier ce goût dans le sens du système mélodique et vocal qui est l'essence du rossinisme dans toutes ses manifestations kttyt.oo, Rossini, Sa vie et tes autres, xxv.
t ROSSINISTE (ro-ssi-ni-sf), ( m. Partisan de la musique de Rossini. Le soir de la première apparition de Matilda [di Shabran], il y eut lutte au tliéA-
ROT
tre Apollo entre les rossinistes et les derniers survivants du parti de l'ancienne musique, AzévÉoo, Rossini, xvil.
ROSSOLIS (ro-so-11), s. m. || 1° Liqueur composée d'eau-de-vie brûlée, de sucre, et de jus de quelque fruit doux, tel que celui de cerises, de mûres, etc. le rossolis du roi [Louis XIV], breuvage composé d'eau-de-vie faite avec du vin d'Espagne, dans laquelle on faisait infuser des semences d'anis, de fenouil, d'anet, de chervis, de carotte et de coriandre, à quoi l'on ajoutait du sucre candi, dissous dans l'eau do camomille et cuit en consistance de sirop, SAiNTK-BEUVE, Nouveaux lundis, t. ii, Journal de la santé de Louis XIV. || 2° Genre de plantes habitant les prairies tourbeuses et les lieux humides, de la famille des droséracées [Spouepèç, humide de rosée], dont ce genre forme le type. || On écrit aussi rossoli.
— ÉTYM. Lat. ros solis, rosée du soleil ; ainsi dit, le breuvage, à cause de son excellence supposée; la plante, à cause que, môme sous les rayons du soleil, elle garde des gouttes de rosée.
t ROSTAGE (ro-sta-j'), s. m. Terme de passementerie. Garniture de points de soie ou de métal qui embrasse toute la hauteur d'un bouton.
t ROSTELLE (ro-stè-l'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Petit bec. || Prolongement en forme de bec.
— ÉTYM. Lat. rostdlum, dimin. de rostrum, bec (voy. rostres).
t ROSTELLE, ÉE (ro-stèl-lé, lée), adj. Qui se termine en forme de petit bec.
— ÉTYM. Rostelle.
t ROSTER (ro-sté), V. a. Terme de passementerie. Garnir un bouton de points d'or ou d'argent. || Terme de marine. Rester, rouster, rousturer, lier deux pièces de bois par une corde roulée autour et formant des anneaux très-rapprochés.
ROSTRAL, ALE (ro-stral, stra-l') , ad/. || 1° Terme d'antiquité romaine. Couronne rostrale, couronne donnée à celui qui ava't gagné une victoire navale, ou qui s'était élancé le premier dans une galère ennemie. || Colonne rostrale, colonne érigée à Rome, en l'honneur do Duillius, après la victoire qu'il remporta sur la flotte carthaginoise ; colonne ainsi dite parce qu'elle était ornée des becs ou rostres des galères prises dans le combat. || Par extension, il se dit de toute colonne à l'imitation de celle de Duillius. Sur la place de la Concorde, à Paris, les becs de gaz sont posés sur des colonnes rostrales. Il 2° Terme de zoologie. Qui s'insère sur un rostre. Qui a la forme d'un bec.
— ÉTYM. Lat. rostralis, de rostrum, bec, éperon de navire.
ROSTRE (ro-str'), s. m. \\ 1° Terme d'histoire naturelle. Bouche prolongée en forme de bec. || Siphon de certaines coquilles. {| Avance de la partie antérieure du test de quelques crustacés. |1 2° Se dit des extrémités des capuchons dans les corolles irrégulières. 1| 3° Terme d'antiquité. Le bec ou éperon qui armait l'avant des navires de guerre. Une proue munie du rostre. || 4° Au plur. X Rome, les rostres, la tribune aux harangues, dont la base était ornée de becs ou éperons de navires. || S° Terme d'architecture et de sculp, ifl. Ornements qui ont la forme des becs ou éperons de navires antiques.
— REM. Lamartine a dit rostre au singulier pour tribune aux harangues : C'est l'heure de monter au rostre ensanglanté.... Ilarm. à Nc'mésis. Cela ne peut se dire; ce mot est nécessairement du pluriel.
— HIST. xiv s. Rostres estoit un lieu de Uoume où l'en avoit mis jadis les becs des galées que l'en avoit gagné en mer, bercheure, f» 3.
— ÉTYM. Lat. rostrum, bec, ro.stra, tribune aux harangues.
t ROSTRE, ÉE (ro-stré, strée), adj. Terme d'histoire naturelle. Allongé en forme de bec.
— ÉTYM. Lat. rostratus, de rosirum, bec.
t ROSTUICORNE (ro-stri-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a les antennes portées sur une sorte de bec.
— ÉTYM. Rostre, et corne.
t KOSTRIFORME (ro-stri-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un bec.
— ÉTYM. Rostre, et forme.
t ROSTCRE (rostu-r') ou ROUSTURE (rou-stu-r') ,
s. f. Terme de marine. Se dit de plusieurs tours de
corde qui servent à lier ensemble différentes pièces de
bois. Mâteraux réunis par des cercles de cuivre et des
rostures, lapérouse, Foy. t. m, p. 2, dans pougkns.
i ROT (ro ; le I ne se prononce pas et ne se lie
pas), ». m. Vent qui sort de l'estomac avec bruit. Ce
I grand rot fit du bruit autant Et plus même que le
I tonnerre, scarr. Typh. iii. || Le terme médical est
ROT
éructation j rot est bas, et l'on évite de s'en servir.
— HIST. XV* s. Pour eulx je feisse petz et rotte» Voulentiers, si ne fusse assis, villon, Gd. testam. Ballade où il crie merci. || xvi* s. Rots aigres et puants, degoustement, nausée, paré, Intr. 14.
— ÉTYM. ProT. rot; ital. rulto; du lat. ruetus. Le wallon reupp, s. f. et le picard rèpe, reupe, paraissent venir du germanique : ancien sai. ropiz6n; ancien haut-allem. rofazôn; ail. revpsen.
t 2. ROT (ro), s. m. Voy. ROS.
RÔT (rô ; le J ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Il 1° Viande rôtie à la broche. L'un me brûle mon 'ôt en lisant quelque histoire; L'autre rêve à desTi rs quand je demande à boire, mol. F. sav.u, 7. Il Gi /; rôt, grosse pièce de viande rôtie. || Petit rôt, met « rôt, les poulets, bécasses, etc. || Du rôt de chien, des c»ups de bâton. Il faut qu'il ait du rôt de chien, ciiEviiLiER, Désol. des filous, se. <i, dans pougens. Il Maiger son pain à la fumée du rôt, envier quelque chose de bon qui est apprêté pour un autre, être témoin de quelque plaisir auquel on ne peut pretdre part. || Il est à pot et à rôt dans cette maison, il y mange matin et soir, il y est très familier. Il 2° Dans les festins et dans les grandes tables, service qui suit immédiatement celui des potages et des entrées, que le repas soit en gras ou en maigre. On est au rôt. J'allais sortir enfin quand le rôt a paru, boil. Sat. m. \\ 3° Il s'est dit pour repas en général. Le bruit cesse, on se retire ; Rats en campagne aussitôt; Et le citadin de dire : Achevonstout notre rôt, la font. Fabl. i, ». Deux perroquets, l'un père et l'autre fils, Du rôt d'un roi faisaient leur ordinaire, iD. ib. x, (2.
— lliST. xin' s. Cil amainent pocins en rost. Fabliaux, BARBAZAN, t. IV, p. 98. Et en l'iave et en rost ont la char cuisiné, Ch. d'Ant. v, )6. || ivi' s. Qui est celuy de nous si aspre, qu'il batte et fouette sonval'et, pour avoir il y a cinq ou sis jours bruslé le rostT amvot, Comm. refrén. la col. 28.
— ÉTYM. Voy. rôtir; prov.rnust; ancien catal. roî(.
t ROTACÉ, ÉE (ro-ta-sé, sée), adj. Terme de botanique. Oui a la forme d'une roue, qui s'épanouit en un limbe ouvert et plan. Corolle rotacée.
— ÉTYM. Lat. rota, roue.
t ROTAGE (ro-ta-j'), t. m. Voy. hostage.
ROTANG (ro-tangh'), s. m. Synonyme de rotin.
ROTATEUR, TKICE (ro-ta-teur, tri-s'), adj. Il 1" Qui fait tourner, qui meut en rond. Force rotatrice. Il 2* Terme d'anatomie. Muscle rotateur, ou, substantivement, rotateur, nom donné à certains muscles dont l'action est de faire tourner sur leur axe les parties auxquelles ils sont attachés. || 3* S. m. pi. Classe d'animaux microscopiques rangés autrefois parmi les infusoires, mais constituant la dernière classe du sous-embranchement des vers, et réellement annelés.
— HIST. xvi' s. Rotateur, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. rotatorem. de rolare, faire tourner, de rola, roue.
t ROTATIF, IVE (ro-ta-tif, ti-v'), adj. Qui agit en tournant, au moyen d'un mouvement de rotation. Il Outils rotatifs, outils agissant à la manière d'une fraise annulaire. || Qui est mû en rond. Lessiveurs rotatifs.
— ÉTYM. Voy. R0TATEDR
ROTATION (ro-la-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Terme de mécanique. Mouvement d'un corps autour d'une ligne droite qui prend le nom d'axe de rotation. Nous avons dit en plusieurs endroits de nos histoires, et principalement en (701, quelle est la méthode dont on se sert pour découvrir, par les taches d'une planète et par les circonstances de leur mouvement, l'axe de sa rotation, F0NTEN. Bianchini. Galilée découvrit le premier les satellites de Jupiter, les taches du soleil, et sa rotation sur son axe, volt. Disc. Velches. On a conclu de l'observation suivie des taches, que la durée de la rotation du soleil est d'environ vingt-cinq jours et demi, laplace, Exp. i, 2. La rotation de la terre ne peut être sensible à sa surface que parles effet» de la force centrifuge, qui aplatit le sphéroïde terrestre aux pôles, et diminue la pesanteur à l'équateur, ID. ib. il, 4. || 2° Terme d'anatomie. Action par laquelle un organe tourne sur son axe; la rotation peut avoir lieu en dedans ou en dehors. Il 3° Terme de manège. Action de tourner sur place. Il 4* Terme d'agriculture. Assolement, série périodique des cultures, qui se succèdent sur un même terrain.
— ÉTYM. Lat. rotationem, de rotare, mouvoir en rond, de ro(o (voy. houe).
t ROTATOIRE (ro-ta-toi-r') , ad>. || 1" Terme de mécanique. Qui est en forme de rotation. Mouve-
ROT
ments rotitoires, bonnet, Lett. div. Œuv. t. xii, p. 433, dans pouGRNS. Il 2° Terme de physique. Pouvoir rotaloire, la propriété dont est doué un corps de modifier le plan primitif de polarisation de la lumière polarisée qui le traverse. || 3° 5. m. pi. Famille d'infusoires.
UOTE (ro-f), s. f. JuridictioQ de la cour de Rome, composée de douze docteurs nommés auditeurs de rote, et pris dans les quatre nations d'Italie, de France, d'Iispagno et d'Allemagne. La rote est un tribunal qui juge les causes importantes de l'Etat ecclésiastique et quelques autres qui y viennent par appel des États catholiques de l'Europe ; le tribunal est composé de douze juges qu'on nomme auditeurs.... ces douze auditeurs se partagent en trois bureaux.... quand une cause a été jugée par un de ces bureaux, on la porte devant le deuxième et ensuite devant le troisième, et l'aflaire n'est pas jugée définitivement qu'il n'y ait trois sentiments conformes, et qu'elle n'ait passé et comme roule par ces trois petits bureaux; c'est ce qui fait que tout le corps de ces juges, entre lesquels on fait ainsi rouler les causes, se nomme en italien la rola [la roue], dangeau, i, 373.
— ÉTYM. Ital. rota, roue, à cause de la succession des jugements.
t ROTEI.LE (ro-tè-l'), ». f. Genre de coquilles qui répond au genre bouton.
t ROTENGLh (ro-tan-gl'), s. m. Nom spécifique d'un poisson de la division des ables.
BOTER (ro-té), t). n. Terme bas et dont on évite de se servir. Faire un rot, des rots. Et, s'il [Tartuffe] vient à roter, il [Orgon] lui dit : Dieu vous aide, mol. le Tari, i, 2. C'était l'homme du monde qui rotait le plus discrètement, gherardi. Théâtre ital. t. II, p. 380. Il Terme de manège. Roter sur l'avoine ou sur la besogne, se dit d'un cheval dégoûté ou paresseux. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ■«loir.
— HiST. xui' s. Li miens cuers rota bone parole [eructavil cor meum «erbum bonum], Psautier, f" 65. Et li saveurs dou router sera ausi com de vin aigre, alebrant, f° 16.
— ÉTYM. Rot t. Le wallon reupé, rcupt, le picard riper, rewpcr sont d'une autre origine (voyez rot t).
t ROTEUR (ro-teur), s. m. Celui qui rote.
— HIST. xvi* s. Ce petit dieu indigeste et roteur, tout boutfy de la fumée de sa liqueur [Bacchusj,
i. RÔTI, lE (rô-ti, tie), part, poss^ de rôtir. Cuit à la broche. Poulet rôti. || Grillé sous la cendre ou autrement. Marrons rôtis.
2. RÔTI (rô-ti; quelques-uns prononcent vicieusement ro-ti), t. m. Il 1" Viande rôtie. Aussitôt de chez eux tout rôti disparut ; Le pain bis renfermé d'une moitié décrut, boil. Sat. x. Lorgnant du coin de l'oeil ce rôti qui avait si bonne mine et qui sentait si bon, je ne pus m'abstenir de lui faire aussi la révérence, et de lui dire d'un ton piteux : adieu rôti, J. 1. Rouss. Conf. i. X son doux tic-tac [du tourne-broche] un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis, béramo. ï'ournebr. || Fig. La fumée du rôti, voyez rôt. Le marquis, quoique malade et grondeur, ét^it un assez bon homme, mais qui n'aimait pas trop à manger son pain à la fumée du rôii, J. J. Bouss. Conf. vi. || Fig. On a accommodé cet homme tout de rôti, on l'a fort maltraité. Il Fig. et familièrement. S'endormir sur le rôti, négliger ce qu'on a à faire. || 2° II se dit quelquefois pour le service du rôt. Il y eut quelques tables où le rôti manqua, à cause de plusieurs dîners où l'on ne s'était point attendu : cea saisit Vatel; il se dit plusieurs fois : je suis perdu d'honneur, sÉv. 26 avril 4674. Le rôli fut composé de faisandeaux, de perdreaux, de gelinotes , de cailles et d'ortolans, avec quatre salades, volt. Taureau, blanc, 6.
— HIST. XIV' s. Quarante rostis pour le disner, tténagier. Il, 4.||xvi's. Mais celuy là qui jamais n'est content Que son rosty ou bouilly le soit tant... . AMYOT, Com. refrén. la col. 3t. J'avois veu trop de rosti et bouilli [j'avais trop d'expérience], montluc, JUém. t. II, p. 391, dans lacubne.
— ÉTYM. Rôli I.
I . RÔTIE (rô-tie), s. f. Il 1* Tranche de pain qu'on fait rôtir devant le feu. Mettre des rôties sous des bécasses. |1 II y a aussi des rôties de viandes hachées. Rôties de rognons, de bécasses, etc. || 2° Par extension, tranche de pain sur laquelle on a étendu des confitures, du beurre, etc. Une rôtie de miel, de beurre. On dit mieux en ce *ens une tartine. Il 3° Nom marchand d'une ooquillo du genre rocher.
— HIST. xiii' s. Quant ces moissons sont cueillies, Que pastouriaus font rosties.... Uni. litt. de la
RÔT
ROT
France, t. xxiii, p. 695. Une petite rostie trempée en bon vin, paré, xxiv, 24.
— ÉTYM. Il6li I ; lierry, roûtie.
t 2. RÔTIE (rôtie), t. f. Exhaussement pratiqué sur un mur mitoyen, de la demi-épaisseur de ce mur.
t ROTIER (ro-tier), I. m. Celui qui fabrique des ros ou peignes de tisserand.
— ETYM. Rnt 2.
t ROTIFERE (ro-ti- ft-r'), adj. Terme de zoologie. Qui porte un organe do rotation semblable i une roue. Il S. m. pi. Genre de rotateurs qui, au lieu de vivre et de ramper dans l'eau comme les autres, vivent dans les mousses humides, se dessèchent sans périr, roulés en boule pendant les sécheresses, et reprennent le mouvement quand il pleut. Le mouvement rotatoire des bouches du rotifère est seulement le mouvement très-prompt de quelques pointes qui les bordent, et qui s'agitent de bas en haut, sennebieh, Ess. art d'obs. t. i, p. (7J, dans pouGENS. La résurrection des rotifères desséchés depuis plusieurs mois ou même depuis plusieurs années, bonnet, Consid. corps organ. Œuv. t. vi, p. 225, dans POUGENS. La véritable patrie du rotifère est dans les ruisseaux et dans les eaux croupissantes; il est un animal aquatique; on ne saurait douter que les rotifères des toits n'y aient été transportés par le vent, id. ib. p. 226.
— ÉTYM. Lat. rola, roue, et ferre, porter.
t ROTIFOR.ME (ro-ti-for-m'), adj. Terme de roologie. Qui a la forme d'une roue.
— ÉTYM. Lat. rota, roue, et^orme.
ROTIN (ro-tin) ou ROTANG (ro-tangh), «. m. Il 1° Genre de la famille des palmiers, composé d'arbrisseaux vivaces, à tige grêle; pouvant acquérir, dans le rotang à cordes, une longueur de îoo mètres. Des rotins qui serpentaient i son orée [d'un bois] couvraient le pied de ces arbres, bern. DE ST-p. Chaum. ind. || 2' Partie de la tige du rotang qui sert le plus ordinairement de canne. Leur maître [des nègres] se piomenait au milieu d'eux, une pipe à la bouche et un rotin à la main, bern. DE ST-p. Paul et Yirg. Des groupes de mendiants qui, malgré les coups de rotin, sollicitaient, aux portes des palais, quelques débris de leurs festins, iD. C/iaum. ind.
— ÉTYM. Malay, rôtan.
RÔTIR (rô-tir; quelques uns prononcent vicieusement ro tirl, ti. a. Il 1" Faire cuire de la viande à la broche. Rôtir de la viande. || Fig. Il n'est bon ni à rôtir ni à bouillir, il n'est propre à rien. Voiture lui dirait [à Mlle Clairon, dans le rôle d'Olympie] qu'on ne lui reprochera pas de n'être bonne ni à rôtir ni à bouillir, d'alemb. Lell. à Voltaire, 6 avril (764. Il Un feu i rôtir un bœuf, un trèsgrand feu. Ce feu pris à matière scctie.... Devint grand à rôtir un bœuf, scarr. Virg. 1. 1| Fig. Rôtir le balai, voy. balai. || 2" Rôtir au four, faire cuire de la viande dans le four. || 3° Griller, faire cuire sur le gril ou autrement. Rôtir du poisson sur les charbons. || Il se dit aussi de certaines choses qu'on fait cuire dans la braise et dans les cendres. Rôtir des marrons. Il 4° Par exagération, chauffer trop forlement. On n'a chaud en hiver que dans les pays froids; vos petites cheminées de Paris, où l'on se rôtit les jambes pour avoir le dos gelé, ne valent pas nos poêles [de Berlin], volt. Lett. Urne Denis, 18 janv. (762, 115° Causer un effet comparé à la brûlure, en parlant de la chaleur du soleil. Après une gelée, il arrive souvent que le soleil rôtit les jeunes bourgeons. 1| 6° Il se dit, avec un sens d'ironie, du supplice du feu. Si vous pensez que les âmes de ces grands hommes [de l'antiquité] soient éternellement rôties par les diables, volt. Dial. xxvi, ) [Un sauf-conduit] sauvegarde rarement efficace, depuis que l'empereur Sigismond, ayant protégé Jean Huss, le laissa rôtir par le pieux concile de Constance, lo. Quest. mir. xiv. || 7" F. n. Être cuit à la broche, ou sur le gril, ou dans la braise. Le gigot rôtit. Nos deux maîtres fripons Regardaient rôtir des marrons, la FONT. Fabl. IX, 17. Il ne leur manque que la parole [aux bétes].... quel est le barbare qui pourrait faire rôtir un agneau, si cet agneau nous conjurait par un discours attendrissant de n'être point à la fois assassin et anthropophage? volt. Uict. phil. Viande. Il 8° Recevoir une trop vive chaleur. Ce sont des sables brûlants, tout y rôtit. Que faites-vous là au soleil à rôtir ? Il 9" Se rôtir, v. réfl. Être rôti. Prenez garde que votre poulet ne se rôtisse trop. || Familièrement. Se chauffer de trop près. Vous vous rôtissez. || Eprouver l'action d'un soleil ardent. 11 se rôtit au soleil.
— HIST. xni' s. Aui|uans en vit [il en vit quelques uns] mis en espeiz [épieux], E rostis od soufre e od peiz [poix] ; Li diable les rostisseient, harib,
Purgatoire, t. »o«8. Qub nulz ne cuise ou roslisse oues [oies], ou vel, agniaui, chevraux ou couchons, se il no sont bons, loyaux et souflisans pour manger
et pour vendre, Liv. des mit. «7« Tybert le chat
qui se gisoit Sor une roche, et rostissoit Sa pane» encontre le soleil, Hen. 20664. || xiv ». Un varlet de chevaux vint en la cuisine dudit hostel, et li se despoilla pour soy tester ou rostir, dd canok, rostum. Icellui Perrin dit audit Gillet par manière de moquerie : un tel rosti comme tu es, est bien tailli de saillir ces deux fosses, id. «6. Après [à la table d'Amour] a on un mes livré Et tramis à plusieurs personnes; Il fu de rosties ramprones (reproches, querelles] X la sausse de jalousie, i. dk coNDt, t. m, p. <6. ||ivi* s. Hutius eslendlt sa main droicte sur le feu, en regardant franchement Porsenna entre deux yeulx, pendant que la chair de sa main se rostissoit, AMYOT, Publ. 33. Il n'y a que telles gens qui ayent les bonnes grâces des grands ; si c'eust esté quelque homme qui eu!-t eu de la doctrine, on l'eust envoyé rostir le balay. Moyen de parvenir, p. 114, dans lacubne. Ils [les sauvages de l'Amérique] le rostissent [un prisonnier de guerre], et en mangent en commun, «ont. i, 239.
— ÊTYM. Berry, rofllir ; wallon, rosti ; provenç. rauslir ; catal. et anc. espagn. rostir; de l'anc. haut-ail. rosljan, mot d'ailleurs commun au celtique : bas-bret. ros(a; kimry, rhostiaw; gaélique, rois(.
t RÔTISSAGE (rô-ti-sa-j'), ». tn. Action de faire rôtir ou de rôtir quelque chose.
RÔTISSERIE (rô-ti-se-rie ; quelques-uns prononcent vicieusement ro-ti-se rie), s. f. Le lieu où les rôtisseurs vendent leurs viandes. Nous fûmes d'avis d'aller jusqu'à la rôtisserie du Petit Pont; le cuistre acheta un chapon, et, voulant encore un aloyau, il alla voir chez tous les rôtisseurs, Francion, liv. IV, p. (63.
— HIST. XV* s. Il vint à la rostisserie En marchandant de la viande, villon, Rep. fr. Comm. Ht eurent du rôt. || xvi* s. Us allèrent en une rostisserie, où ils saisirent des broches, des coupperets et cousteaux de cuisine, auïot, Crass. 44.
— ÉTYM. Rôtir.
RÔTISSEUR, ECSE (rô-ti-seur, seû-z'; quelques uns prononcent vicieusement ro-ti-seur), s. m. et ^. Il 1" Celui, celle qui vend des viandes rôties, f demeure à deux pas de chez elle un fameux rAtij seur qui nous fournira de ce que nous voudroa avoir, lesage, Guim. d'Àlf. v<, 6. Pythagore aval été coq.... personne n'y trouva à redire; sa sectt fut chérie et révérée de tout le monde, excepté dei rôtisseurs et de ceux qui avaient des fèves à vendre, VOLT. Dicl. phil. Âme. Je ne regarde l'aventure de l'Encyclopédie que comme une défense aux rôtisseurs de Paris d'étaler des perdrix pendant le carême ; je suis persuadé qu'après Pâques on fera très-bonne chère, id. Lett. Lacombe, juin )770. La corporation des rôtisseurs est considérable, mar- CHANGY, Tristari le voy. lxviii. || Rôtisseur en blanc, rôtisseur qui vend et fournit les viandes lardées prêtes i rôtir, mais qui ne les vend pas toutes rôties. Il 2° Par plaisanterie, celui, celle qui met le feu. Toute cette troupe effarée. Qui devant craignait la marée. Ces rôtisseuses de vaisseaux [les froyeunes qui avaient mis le feu atix vaisseaux d'Enée], scakb. Virg. V.
HIST. xn' 8. Comme un rostisseur qui lave
oye, MAROT, m, t. Payez moy, disoit le rostisseur au gueux qui mettoit son pain sur la fumée du rost, NOEL DUFAiL, Coiifes d'Eulrap. ch. xxxi, f- <7fl, dans POUGENS. Les grands, pour plus de commodité, ont des offices distinguez de potagers et de rostisseurs,
UONT. m, 219.
— ÉTYM. Bi5(ir; wallon, rostiheu.
RÔTISSOIRE (rô-ti-soi-r'; quelques-uns prononcent vicieusement ro-li-soi-r'), t. f. Ustensile de cuisine qui sert à rôtir la viande.
HIST. xV s. Ung rotissoir d'argent blanc, à
rôtir rôties, armoié au milieu des armes de Monseigneur, DE LABORDK, ÉmOUX, p. 487.
— ÉTYM. Rôtir.
ROTONDE (ro-ton-d'), s. f\\V Terme d'architecture. Edifice de forme ronde par dedans et par dehors, et surmonté d'une coupole, d'après Notre- Dame de la Hotonde, église de Rome qui est l'ancien Panthéon. || 2° Abri formé d'une petite coupole, porté par des colonnes et ordinairement placé dans un jardin. La rotonde du Palais-Royal. || 3" Espèce de collet à dentelle qu'on portait autrefois
comme on porte aujourd'hui la cravate Il montre
sa rotonde; Cet ouvrage est-il beauî... régnieh, Sat. vm II Aujourd'hui, partie d'un manteau. Ci
ROT
manteau [des élèves de Saint-Cyr], confectionné en drap bleu foncé, se compose d'une rotonde et d'un collet droit se relevant ou se rabattant à volonté, Journal officiel, 20 fév. (869, p. 220, 5» col. || 4' Caissc jituée sur le derrière de certaines diligences.
— ÊTYM. Ital. rotondo, rond (voy. rond ))• ROTONDITÉ (ro-ton-di-té), t. f. Terme familier.
La rondeur d'une personne fort grosse. J'aurais un bon carrosse à ressorts bien liants; De ma rotondilé j'emplirais le dedans, begnard, le Joueur, i, l . Denise vous salue, elle n'attend que le moment d'accoucher, et souffre beaucoup; comme elle n'a pasd'intéiêt à dissimuler sa rotondité, elle est monstrueuse, genus. Mères riv. t. i, p. 32o, dans pougens.
— HIST. XVI* s. La teste [de l'enfant] estant demeurée seule, pour sa rotondité tourne en la matrice, PARÉ, XVllI, 33.
— ÉTYM. Provenç. rotonditat; espagn. rolunditat; ital. rotondild ; du lat. rotunditatem, de rotundus (voy. rond i).
t ROTOQUAGE (ro-fo-ka-j'), s. m. Terme d'eaux et forêts. Rétablissement de la marque des futaies coupées.
t KOTOQUER (roto-ké), t. a. Terme d'eaux et forêts. Faire le rotoquage.
— ÊTYM. Ce semble une corruption de retoucher. ROTULE (ro-tu-r) , t. f. Il 1" Terme d'analomie.
Petit os plal, court, épais, triangulaire, à angles arrondis, situé à la partie antérieure du genou. Il s'est fracturé la rotule. La rotule du genou est un 03 d'une figure à peu près ronde, qui est mis tout exprès dans la jointure, pour la remplir et la défendre, quand les os se replient pour le fléchissement du genou, FÉN. Exist. i, 34. || 2° Pièce du corselet des insectes. || 3° Genre d'oursins. || Genre de champignons.
— HlST. xvi' s. La rotule ou palette du genouil est un os extérieurement cartilagineux.... paré, iv, 36.
— ÊTYM. Lat. rotula, petite roue; ainsi dite à cause de sa forme.
t ROTCLÉ, ÉE (ro-tu-lé, lée), adj. Terme de loologie. En forme de petite roue.
— ÉTYM. Lat. rotula, petite roue.
f ROTDLECX, ECSE (ro-tu-leû, leû-z'), adj. Garni d'étoiles en forme de petites roues.
— ÊTYM. Voy. ROTULE.
t ROTCLIEN, lENNE (ro-tu-liin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la rotule. || Ligament rotulien, faisceau fibreux très-fort, qui assujettit la rotule et qui se porte de son extrémité inférieure à la partie antérieure et supérieure du tibia.
— ÉTYM. notule.
f ROTUNDIFOLIÉ, ÉE (ro-ton-di-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Oui a des feuilles rondes.
— ÉTYM. Lat. rotundus, rond, et folium, feuille. ROTCHE (ro-tu-r'), s. f. || 1* État d'une personne
ou d'un héritage qui n'est pas noble. Terre en roture. Posséder en roture. X se croire d'un rang d'éclat environné , Quoiqu'en pleine roture on soit quelquefois né, hauter. Bourg, de quai, i, 5. Les Suisses s'offensent d'être dits gentilsliommes, et prouvent la roture de race pour être jugés dignes de grands emplois, PASC. Pens. v, 8, éd. havet. 11 s'en trouve qui, nés à l'ombre des clochers de Paris, veulent élre Flamands ou Italiens, comme si la roture n'était pas de tout pays, la bruï. xiv. On la trouve encore [la coutume de faire héritier le dernier des mâles qui reste avec le père] en Bretagne, oti elle a lieu pour les rotures, montesq. Espr, xviii, S) . Les Trublet, se trouvant très-illustrés de l'ancienneté sans tache de leur roture , n'ont jamais eu la sotte vanité, comme tant d'autres, de se faire, de bourgeois anciens , gentilshommes nouveaux , d'aleiib. Éloges, Trublel. Lorsqu'un fief tombe en roture, malheur si commun de nos jours.... p. l. COUR. Lett v. Il Fig. Mais enfin par le temps le mérite avili Vit l'honneur en roture et le vice ennobli, BOiL. Sat. V. Vous me peignez un fat qui met l'esprit en roture, la br. m. Puisque l'amour et la nature. Avec le sens commun, sont tombes en roture, lachaussék, Retour impr. i, ). |12° Collectivement. Les roturiers. La fatuité égale la roture aux meilleurs noms, vauven. Nouv. max. ne. Aslujeltie i tes emplois, Jadis l'opulente roture N'osait aspirer à nos droiU, bernis, Ép. i% Moeurs. Si la roture en France n'eût jamais dérogé, ni la jaleur dégénéré en gentilhommcrie, jamais nos femmes n'eussent entendu battre vos tambours (de YOU», ennemis], p. l. coubier, 2. Utlre au censeur.
— HIST. ivi* s. Quand droit de relief est du pour roture ou cotterée, il est coutumierement du double du cens ou de la rente, loysel, 647.
— Stym. Ut. ruptura , rupture , pris dans le
ROU
moyen igc au sens de champ défriché , fendu par le soc, et de là héritage de vilain ; on trouve dans un ancien texte terram in ruptura , terre en roture (voy. DU CANGE, rupturo). L'archiviste de la Manche, M. Dubosq, rencontrant en des documents du moyen âge rentes rotulieres, redditut rotulares, a pensé que roturier venait de là, et signifiait proprement celui qui était inscrit sur un rôle, rotulus, pour le payement des redevances envers le seigneur. Il est vrai que roturier pourrait provenir de rutulier; le changement de l'I en r ne ferait pas une grosse difficulté ; mais de rotulier ou roturier on n'aurait jamais tiré roture, tandis que de roture on tire facilement rofurtcr. Au reste , cette étymologie par roturier avait déjà été proposée par l'auteur des Dissertations sur l'origine des Francs, Paris, 1748, p. (47.
ROTORIER, 1ÈRE (ro-tu rié, riè-r'), adj. || 1° Qui n'est pas noble. Homme roturier. Femme roturière. Biens roturiers. Le diable cependant doit être roturier, HAUTEHOCHE, Deuil , sc. 4. L'on a trouvé le moyen de distinguer les naissances illustres d'avec les naissances viles et vulgaires, et de mettre une différence infinie entre le sang noble et le roturier, comme s'il n'avait pas les mêmes qualités , et n'était pas composé des mêmes éléments, boss. Gornay. \\ Fig. Qu'on ne méprise plus la pauvreté et qu'on ne la traite plus de roturière; il est vrai qu'elle était de la lie du peuple; mais le roi de gloire l'ayant épousée, il l'a ennoblie par cette alliance, boss. Sermons, Septuag. 3. || 2° Qui appartient à la roture. Gardez votre petite réflexion roturière, et servez-nous, si vous voulez être de nos amis, MARiv. Fauss. confid. i, fO. Les vrais gent.lshommes ce sont les honnêtes gens, il n'y a que le vice de roturier, boisst, Français à Lond. 8. Des vertus roturières, L'égalité d'humeur, la modeste bonté, LANGUE, Coquette corr. m, 3. Qu'il [le drapeau tricolore] prouve encore aux oppresseurs Combien la gloire est roturière, bérang. V. drap. Il 3° Qui tient du roturier, qui est grossier (emploi vieilli). Cet homme a l'air roturier. Des façons roturières. || 4° S. m. et f. Un roturier, une roturière. Toutes les personnes qui habitent le royaume sont ou gens d'épée, ou de robe longue ou courte, ou roturiers, vaiiban, Dtme, p. 67. Les roturiers sont ou bourgeois vivant de leurs biens et de leurs charges quand ils en ont, ou marchands,ou artisans, ou laboureurs, ou manouvrierset gens de journée, ID. ib. p. 67. Ceux qui n'ont eu pour père ni échevin, ni conseiller, ni homme apobli,ont été désignés par des noms qui sont devenus des outrages; ce sont les noms de vilain et de roturier, volt. Mœurs, 88.
— IIIST. XIV* s. Roturiers [qui semble pris dans le sens de routiers, ceux qui font commerce], du CANGE, rotulare. \\ xv s. Aussi je laisse la bière Aux Anglois et Allemans Et Flamans, Qui ont l'ame roturière, basselin, xxix. Il XVI' s. Les roturiers sont bourgeois ou vilains, loysel, 26. Toutes les autres renies sont roturières, ores [encore] qu'elles soient vendues et constituées sur fief, id. 617. Quand, balançant d'une main équitable Le droit douteux, juge non corrompa'ole, Faisois justice, et sans esgard d'aucun Rendois la loy roturière à chacun, hons. 692. Tout vieil roturier de prudence et de conseil qu'il [le cardinal de Tournon] estoit, ma foy, la reyne [Catherine de Médicis] en sçavoit plus long que lui, brant. Dames ill. p. b«, dans lacubne. Six ans roturiers [six ans consécutifs, ainsi dit parce qu'il s'agissait de terres de roture], Nouv. coust. gen. t. ii, p. (29.
— ÉTYM. Roture. Ce qui confirme encore l'étymologie de roture, c'est que, comme on voit par l'exemple de Brantftme, on a confondu rolurt'er et routier, qui vient de ruptarius.
ROTURIÈREMENT (ro-tu riè-re-man), adv. || !• X la manière des roturiers , selon les lois qui con'"ernent la roture. Posséder une terre rotuiièrement. Il 2° D'une manière basse et digne de la roture (sens vieilli). Cet homme là pense roturicrement.
— HIST. XVI* s. Que tous les vassaux et autres gens de quelque auctorité qu'ils soient, tenans noblement et roturierement dudit duché de Longueville, godefroy, Rem. sur Vliistoire de Charles VU, p. 816, dans lacurne.
— ÉTYM. Roturière, et le suffixe ment.
t «. ROUABLE (rou-a-bl'), adj. Digne d'être roué. J'ai oublié, monsieur, de vous répondre sur le chapitre du roué ou rouable que vous croyez être à Lausanne et y avoir pris votre nom (du Barri, surnomme le roué, réfugié en Suisse, .sous le nom, disait-on, duchevalierDelisle],voLT.te«.X)eJi'ile,(0 juin. (774.
t ». HOUABLE (rou-a-bl'), i. m. OutU servant à la
ROU
récoltedusel, Enquête sur les sels, <868, t.i,p. Bit.
— ÊTYM. Lat. rutabulum, spatule fourgon.
ROUAGE (rou-a-j'), s. m. || 1° Terme de charron. Bois de rouage, celui qu'on emploie à faire des roues. |1 2" Terme d'artillerie. On dit qu'une batterie en prend une autre en rouage, quand les lignes de tir de ses pièces sont parallèles ou à peu prés au front de cette batterie. || 3 La réunion, l'ensemble des roues d'une machine. Il faut raccommoder le rouage. || 4° Il .■■e dit quelquefois des roues mêmes. Les rouages de cette machine sont trop nombreux. Les rouages n'ont pas toujours le même jeu; l'huile épaissie ou changée, la chaleur, le froid ont une influence assez grande pour y être aperçue et même appréciée, sennebier, Ess. art d'observ. t. i, p. 212, dans pougens. |1 Débit du rouage, quantité dont chemine un rouage dans l'unité de temps. || B° Fig. Moyens, ressorts. Les rouages de cette administration sont très-compliqués. Il 6° Nom d'un droit seigneurial qui se prenait sur le vin transporté par charroi.
— HIST. xvi* s. Dès le soir les assiégez, sans beaucoup de pêne , abrierent le rouage [les affûts] de fascines gouildronnées, d'aub. Hist. m, 179. Le nombre de l'artillerie sur rouaige.... carl. vu, b. ....Pour avoir des chevrons pour mettre soubs le rouage, et faire passer ladite pièce, M. du bell. <B6.
— ÉTYM. Roue. Dans l'ancienne langue, rouage venait du bas-lat. rotaticum et signifiait le transport sur roues, sur voilures.
ROUAN, ANNE (rou-an, a-n'), adj. Il se dit d'un cheval dont le poil est mêlé de blanc, de gris et de bai. Les chevaux sujets à perdre la vue plutôt que les autres sont les gris sales, les gris étourneaux, ceux de fleur de pêcher et les rouans, ce.nlis, Maison rust. t. 1, p. (88, dans pougens. 1| Robe rouanne, mélange, en proportions diverses, de poils noirs, rouges et blancs. || Substantivement. Rouan vineux, cheval rouan sur la robe duquel le bai domine. Il Rouan cap de more, cheval rouan dont la tête et les extrémités sont noires. |! On dit de même : rouan clair, rouan foncé, rouan ordinaire.
— REM. L'Académie dit qu'il n'est usité qu'au masculin. Mais les vétérinaires l'emploient au féminin : jument rouanne, robe rouanne.
— ÉTYM. Origine inconnue. Espagn. ruano; ital. rovano, roano.
ROUANNE (rou-a-n'), t. f. \\ 1* Instrument dont les commis aux aides jadis, et aujourd'hui les employés des contributions indirectes se servent pour marquer les pièces de vin. On les prit par les cheveux [les commis], on leur arracha leur rouanne, sonde, giblet et bougie. Arrêt du conseil d'État, 20 déc. (729. Il La rouanne fait aussi partie de l'outillage des tonneliers. || 2° Instrument pour marquer les bois de charpente. || 3° Compas du formier. Il 4° Terme de marine. Espèce de tarière à longue tige, pour percer les corps de pompe.
— HIST. XIV* s. La lenticle 0 [avec] la roisne [nigine, rouanne], a. de mondev. t' 64, terso.
— ÉTYM. Féminin de rouain, marque d'une roue, ornière (du Cange, roucrio, texte du xv* siècle) ; poitevin, rouan, ornière ; la rouanne fait une marque circulaire en forme de roue. Roisne n'est qu'une mauvaise orthographe du même mot (voyez ROUANNER, à Ihistorique).
ROUANNE , ÉE (rou-a-né, née), part, passé de rouanner. Barrique rouannée.
ROUANNER (rou-a-né), v. a. || 1° Marquer avec la rouanne. Seront les futailles rouaimées par les commis à l'exercice desdites entrées pour être représentées un mois après, s'ils en sont requis. Règlement du 6 mars (638. || 2* Terme de marine. Percer un corps de pompe avec la rouanne.
— HIST. XVI* s. Quatre clers et commis pour veoir, visiter, inventorier, enregistrer, roysner, marquer et certifier les vins vendus en détail es tavernes et hostelleries, Édit, ♦ avril (Bi3.
— ÉTYM. Rouanne.
ROUANNETTE (rou-a-nè-f), f. f. jfl* Petite rouanne. Il 2° Instrument dont les charpentiers s» servent pour marquer les bois.
— ÊTYM. Dimin. de rouanne.
t ROUANT (rou-an), adj. m. Terme de blason. Se dit du paon qu'on représente faisant la roue.
— ÊTYM. Roue ; rouant était un adjectif fort employé pour dire tournant.
t ROUBINE (rou-bi-n'i, s. f. Voyez robine.
(. ROUBLE (rou-bl'), s. m. Monnaie d'argent de Russie, qui vaut environ quatre francs de France. Il II y a un rouble papier qui vaut environ un franc.
— ÉTYM. Russe, roubili, couper, l'ancien roubJe étant un morceau coupé dans une barre d'argent.
ROU
ROU
ROU
f s. ROUBLE (rou-br), i.m. Outil du briquetier. ROUC (roiik), t. m. Voyez rock.
I. ROUCUE (rou-ch'), *. f. Terme de marine. Carca.'ise d'un navire sur le chantier.
— RTYM. C'est le niSme que ruche.
\ a. ROUCIIE (rou-ch'), s. f. Nom vulgaire des laiches, du roseau et de l'iris des marais.
— Etym. C'est le radical ros ou raus de roseau (voy. ROSEAU) ; poitevin, touche, l'iris des marais.
t ROL'CUEROLLE (rouche-ro-l'), s. f. Espèce de grive.
ROCCOU, ROrCOCER, voy. ROCOU, HOCOUES.
t ROUCOULANT, AXTE (rou-kou-lan, lan-t'), adj. Oui roucoule. Rentrer déjà! disait Edmond de celte voix roucoulante que les amoureux empruntent aux tourterelles, CH. de Bernard, le Paratonnerre.
ROUCOULÉ, ËE (rou-kou-lé, lée), part, passé de roucouler. Des plaintes tendrement roucoulées.
ROUCOULEMENT (rou-kou-leman), s. m. Bruit que font les pigeons et les tourterelles en roucoulant. Ils [les ramiers] ont un roucoulement plus fort que celui des pigeons, mais qui ne se fait entendre que dans la saison des amours et/lans les jours sereins, BUFF. Ois. t. IV, p. 368. Écoutez du pigeon épris de sa maîtresse Le doux roucoulement exprimer sa tendresse, delille, Trois règn. viii.
— IIIST. xvi' s. Roucoulement, cotgbxve.
— ÊTYM. Roucouler.
ROUCOULER (rou-kou-lé), V. n. ll 1° Il se dit du murmure doux et tendre que font entendre les pigeons et les tourterelles. Des tourterelles blanches et des pigeons bleus voltigeaient et roucoulaient dans ces arbres, chateaub. Itin. part. i. || 2° Fig. et familièrement. Tenir à une femme des propos tendres et langoureux. 11 roucoulait aux pieds de sa maîtresse. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il 3' V. a. Roucouler une romance plaintive.
— HIST. XVI* s. Us jargonnent comme les jars, ils roucoulent comme colombes, paré. Animaux, 25.
— ÉTYM. Onomatopée.
ROUCOUYER (rou-kou-ié), s. m. Voy. ROCOUYEn.
ROUDOU (rou-dou), RODOUL (ro-doul), REDOUL (re-doul), s. m. Arbrisseau du midi de l'Europe {coriaria myrtifolia, L.) (coriariées), dont les feuilles réduites en poudre .servent à la teinture des étoffes et au tannage des cuirs. Sous le nom de galle seule, on doit entendre aussi le sumac, le rodoul et le fovic, qui sont trois ingrédients servant à engaller, Instr. gén. pour la teinture, I8 mars <67t, art. 219. .... Et le rodoul et le fovic étantdes feuilles de petits arbrisseaux, qui ne se cultivent pas.... th. art. 306.
— ÊTYM. Provenç. rodor.
ROUE (roue), s. f. || 1° Machine de forme circulaire qui, en tournant sur son essieu, sert à mouvoir quelque chose. Carrosse à quatre roues. Les grandes roues, les petites roues. D'un carrosse, en tournant, il accroche une roue, Et du CiWC le renverse en un grand tasdeboue, BOJi.Sal vi. Comme une mère.... Qui voit, devant ses pas, un enfant jeune et beau Tomber sous une roue ou s'engloutir sous l'eau, p. Lebrun, Voy. de Grèce, vin, 7. || Pousser à la roue, pousser une roue po;ir aider les chevaux à tirer la voiture. {| Fig. Pousser à la roue, aider quelqu'un à réussir dans une affaire. Le duc de Noailles, qui songeait à s'assurer la dépouille de M. de Beauvillier, poussait incessamment à la roue [pour le renverser], st-sim. 56, I79. toussant trop à la roue il peut tout renverser, boissy, Impatient, IV, H. Il Fig. Mettre, jeter des bâtons dans les roues, susciter des obstacles, entraver une affaire. Il Cela sert comme une cinquième roue à un carrosse, cela est tout à fait inutile. || On dit dans le même sens : c'est une cinquième roue à un carrosse. Châteauneuf avait le talent de rapporter les affaires au conseil des dépêches, mieux qu'aucun magistrat; du reste, la cinquième roue d'un chariot, ST-sm. 77, 259. Pontchartrain fort contraire à M. le duc d'Orléans; la Vrillière dont la charge et l'emploi étaient la cinquième roue d'un chariot, ID. 3«3, 70. Il Fig. et populairement. Des roues de derrière, des pièces de cinq francs en argent, ainsi dites parce qu'elles sont nos plus grosses pièces de monnaie. || 2' Terme de marine. Roue de gouvernail, roue dont les rayons se prolongent au delà de la jante; ces prolongements sont les leviers au moyen desquels les timoniers font tourner la roue pour agir sur la barre du gouvernail. || 3" Faire la roue, se dit des sauteurs qui font le moulinet avec leur corps, posant les mains en terre et levant les jambes en l'air, puis retombant sur les jambes et levant les mains
en l'air, et ainsi de suite. || Faire la roue sur soimême, tourner sur son aie. Tandis que le soleil fait la roue sur lui-même, volt. Oreilles, a. || En parlant du paon, du dindon, déployer sa queue en rond. Ce paon fait la roue. C'est, ce semble, pour étaler à nos yeux toutes ses beautés qu'il [le paon] fait cette pompeuse roue qui les met en évidence, ROLLIN, Traité des Et. v, art. 3 et ♦. |1 Fig. et familièrement. Cet homme fait la roue, il se pavane. Gardez-vous.... Des systèmes dorés aux plumages changeants Oui dans les carrefours s'en vont faire la roue, V. HUGO, Crép. n. || 4° Terme de mécanique. Pièce en forme de roue qui entre dans la composition d'une machine et qui sert à la mouvoir. Dents d'une roue. Les roues d'une horloge, d'une montre. Mainte roue y lient lieu [dans une montre] de tout l'esprit du monde ; La première y meut la seconde; Une troisième suit : elle sonne à la fin, la font. Fabl. X, <. Il Par extension. Des ignorants qui n'en ont examiné qu'une roue [de la nature], dont ils connaissent à peine quelques dents, forment des conjectures sur leur engrenure dans cent mille autres roues, dont ils ignorent le jeu et les ressorts, DIDER. Mém. Prom. scept. \\ Fig. La crainte, cette grande roue des gouvernements arbitraires, y tenait lieu de morale et de principes, raynal, Uist. phil. VI, 12. Il Terme do mécanique. Roue d'angle, roue dentée dont les dents sont sur une surface conique, et qui sert à transmettre le mouvement à un arbre qui n'est pas parallèle à celui sur lequel elle est calée; le plus souvent ces deux arbres sont à angle droit. Il Roue de champ, celle qui a ses dents perpendiculaires au plan. || Rouepersique, roue employée à élever l'eau. || Roue à eau ou hydraulique, roue mue par l'eau. || Roue à sabots, roue destinée à l'irrigation. Il La maltresse roue, la roue principale d'une machine. || Fig. Toute la cour comprit qu'elle [la duchesse de Bourgogne] pourrait bien vouloir et se mettre en état de devenir la maîtresse roue de la machine de la cour et peut-être de l'Êlat, ST-SIM. 206, 28. |1 5° Roue-archet, roue pleine frottée de colophane, qui dans la vielle tient lieu d'archet. Il 6° Sorte de pupitre tournant qui se plaçait dans les anciennes bibliothèques (celle de Charles V, au Louvre, par exemple), ji 7" Terme de marine. Roue de cordage, cordage cueilli ou plié plusieurs fois sur lui-même, en rond. || On dit aussi pli de cordage. Il 8" Terme de loterie. Roue de fortune, tambour en forme de roue, où l'on enferme les numéros pour les tirer au sort. || 9" Fig. La roue de la fortune, ou, simplement, la roue, les vicissitudes dans les événements humains. Sort, voilà de tes jeux, et la roue a tourné, rotr. YencesL iv, 6. Qu'à son gré désormais la fortune me joue ; On me verra dormir au branle de sa roue, boil. Ep. Y. 11 y a mille André dans le monde auxquels il n'a manqué qu'un tour de roue de la fortune pour en faire des hommes d'un vrai mérite, volt. l'Homme aux 40 écus, le Bon sens de M. .indré. Lorsque la fortune à sa roue Attache mille ambitieux, bérang. Tournehr. || Êlre au haut, au plus haut de la roue, être dans une grande élévation, dans la plus grande élévation. Aujourd'hui gros, enflés, sur le haut de la roue.... Régnier, Sal. xiv. Ainsi de la vertu la fortune se joue : Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de la roue.... boil. Sat. 1. 1| Être au bas, au plus bas de la roue, êlre dans un grand abaissement, dans le plus grand abaissement. || 10° Anciennement, genre de supplice ddns lequel, après avoir rompu un condamné, on l'attachait sur une roue. Un des assassins [d'Albert I], nommé Rodolphe de Varth, seigneur considérable, est pris, et c'est par lui que commence l'usage du supplice de la roue, VOLT. Ànn. Ewp. Henri VU, (309. Étendre un homme sur une croix de Saint-André, lui casser les bras et les cuisses, et le mettre en cet état sur une roue de carrosse, nous paraît une barbarie qui offense trop la nature humaine, ID. Dial. xxiv, I5. Quand on l'eut conduit [Patkul] au lieu du supplice, et qu'il vit les roues et les pieux, il tomba dans des convulsions de frayeur, et se rejeta dans les bras du ministre, qui l'embrassa en ie couvrant de son manteau et en pleurant, lo. Charles XII, 3. Le pauvre homme [un vieillard nommé Martin] a expiré sur la roue, et le tout par une méprise; qu'on me dise à présent quel est l'homme qui est assuré de n'être pas rouél id. Lett. d'Alemberl, ai janv. 1770. La pauvre veuve Calas n'a point encore reçu du roi de dédommagement pour la roue de son mari ; je ne sais pas au juste la valeur d'une roue : mais je crois que cela doit être cher, id. Lelt.d'Argental, i"'avr. (766. || Fig. Etre sur la roue, souffrir de grandes douleurs physiques ou morales. Le roi a
souffert aujourd'hui sept heures de suite, comme s'il eût été sur la roue, uaintenon, Lett. à Mme de Brinon, I6s«, t. ii, p. «87, dans poucens. Voilà les dangers inévitaMes des langueurs affreuses que le sort nous fait subir; je serai sur la roue jusqu'à de* main, où j'attends le retour du.... Corresp. du gén. Ktinglin, i, m. \\ 11" Marque en forme de roue. La concile de Latran ordonna qu'ils [les Juifs] portassent une petite roue sur la poitrine, pour les distinguer des chrétiens, volt. Kaurt, t03 (Toy. ROUELLE, à rhistoriijue). || H* Terme de couture. Roue, faux ourlet en étoffe rapportée, placé au bas d'une jupe. || 13° Terme ii'alchimie. Roue élémentaire des sages, la révolution d'une année; la conversion des éléments.
— HlST. xiii* s. De fortune me tourne diversement la roe, Berte, xxxiii. Ouant sus sa roe [la fortune] les fait estre, la Rose, 4873. || xiv* s. De deux rocs la pire est celle qui braira , Huescl. 30842. Jacquei de Parvis et Jean Grosbois, huchiers, pour leur peine d'avoir Ressemblé tous les bancs et deux rojs qui estoient en la librairie du roy au palais, DE LABORDE, Émaux, p. 486. Il xv« s. Anglois avoient fait ouvrer et charpenter deux beffrois de gros merrains à trois estagcs et séant chacun beffroi sur quatre roes, froiss. i, i, 237. Or voeil parler del estât del orloge ; La premeraine roe qui y loge. Celle est la mère et li commencemens Qui fait mouvoir les aultres mouvemens, id. Orloge amoureux. Sire chevalier vous avez aujourd'hui fait la roue[parcouru] par le tournoy,et tant que vous en avez grant bruit; maisvousne passerez parici.... Perceforest,t.v, f" H . Il m'est aJvis que je suis la quinte roue du chariot, qui ne sert de riens, ib. t. i, f" (22. Et n'est nulle chose plus vraye, Que telz prelaz moult se resjoicnt, Quant grosses tourbes de gens voient Après eulx, là monstrant leur roe, E. desch. Poés. mss. f' 522. Comme iceulx compaignons se feussent mis à jouer pour le vin à un jeu appelle le jeu des roes de fer en place commune et publique, du cange, rota. Il xvi' s. Et falloit bien peu poulser à la roue pour faire trébucher le tyran en totale ruine, amyot, Pélop. 63. Si fut attaché et lié à la roue où l'on gehennoit les criminelz, id. Nicias, 63. Il gaigne là dedans cinquante pièces [de canon] sur roues, et force poudres, d'aub. Hisl. ii, 85. Si tost que ce cheval eut les deux pieds de devant à terre, il fit une roue qui escarta ceux qui environnoient le batteau, id. ib.
11, 451 Sa peine est plus cruelle Que s'il tour-
noit là bas la rou' continuelle, rons. Mj. L'heur du monde n'est rien qu'une roue inconstante. D'un labeur éternel montant et descendant, desportes. Œuvres chrestiennes, Sonnets, (2. Les bœufs qui servoient aux jardins royaux de Suse, pour les arrouser et tourner certaines grandes roues à puiser de l'eau, mont, ii, (73.
— ETYM. Bourguig. reue; picard, reue, reule; provenç. et portug. roda; espagn. rueda; ital. rota, ruola; du lat. rota; sanscr. ralha, du radical ri, aller (le th est inorganique, pour ().
ROUÉ, ÉE (rou-é,ée), par», passade rouer. || l'Qui est en forme de roue, il Ternie de manège. Encolure rouée, encolure qui s'élève et s'arrondit insensiblement, du garrot à la nuque. Quand, dans le siècle dernier, est venue la mode des chevaux à tête busquée et à encolure rouée, les éleveurs de la Normandie ont importé des étalons des rives méridionales de la mer Baltique, uagne. Séance du 20 mai (868. Bull, de la Soc. d'agric. de France, 3' série, t. m, p. 573. Il Terme de vénerie. Tête rouée, tête de cerf, daim ou chevreuil dont les merrains sont courbés en dedans; elle est rouée du haut, quand la courbure est prés de l'empaumure. |{ 2» Qui a subi le supplice de la roue. L'histoire de cet abbc roué est affreuse ; il était de fort bonne maison ; demandez àCorbinclli, sEv. 28 févr. (686 (| Substantivement. Il lui faisait donner place commode dans les lieu:: publics pour voir les pendus et les roués qu'il faisait exécuter, kuhetiêre. Roman bourg, u, p. 249. Voudraient-ils faire souffrir.... un plus grand supplice que ne sont ceux des roués î SKV. à Guitaut, ■2 déo. 1671. Il 3' Par exagération. Roué de coups, battu violemment. Battu peut-être, du côté de M. Grichard; roué à coup sûr, du côté de Mondor, bkueys. Grondeur, m, t. \\ Roué de fatigue, extrêmement las. Il 4* Nom donné sous la régence à des hommes sans mœurs, compagnons des désordres du duc d'Orléans, ainsi dits parce qu'ils étaient dignes de figurer sur la roue. La compagnie scélérate dont il [le duc d'Orléans] avait fait sa société ordinaire de débauche , et que lui-même ne feignit pas de nommer publiquement ses roués, chassa la bonne, st-sim. 3»o, 20. Se»
ROU
«oupers fdu régent] étaient toujours en compagnie fort étrange : ses maltresses, quelquefois une fille de l'opi^ra, souvent Mme la duchesse de Berry, et une douzaine d'hommes, tantôt les uns, tantôt les autres, que sans façon il ne nommait jamais autrement que ses roués, ID. 438, 61. Un petit bourgeois éclos d'hier qui se mêle de parodier les roués de la régence, en. de Bernard, les Ailes d'Icare, xvi. || En général. Un homme sans principes etsans mœurs. C'est un roué qui ne respecte rien. ROUELLE (rou-è-l'), s. f. || l» Tranche de certaines choses coupées en rond. Des rouelles de pommes, d'oranges. |{ 2" Rouelle de veau, partie de la cuisse du veau au-dessus du jarret jusqu'un peu avant le dessous de la queue. La belle avait sur le front un banieau enduit de cire et d'huile, préservatif de rides; deux petites rouelles de veau cru couvraient ses joues, genlis, Mères riv. t. ii, p. 8, dans POUGENS. Il 8° Un certain nombre de rangées de cerceaux. || 4" Terme de vétérinaire. Séton en cuir qui a la forme circulaire.
— HlST. XII* s. Faire cauper le [la] racine en roieles et cuire en lessive, alebrant, f" 34. Mais quant sunt puis entr' espousé. Si cum ci raconté vous é, Lors est tornée la roele, Que cil qui soloit servir celc, Commande que celé le serve, la Kose, 9507. Et grant hace tranchant, et roele [bouclier] vergie, Ch. d'Ànt. ii, 485. Une charrue sanz rouelles [roues], joiNV. 21». || xiv* s. Oignons couppés par rouelles, Ménagier, li, 5. Icellui Pelotin fery le suppliant sur l'espaule de la rouelle d'icelle picque, DO GANGE, roslellus. Que tous Juifs, do quelque estât qu'il soient et en quelque terre qu'ils demourront dores en avant, porteront une grant rouelle bien notable, de la grandeur de notre grant seel, partie de rouge et de blanc et telle que l'on puisse bien appercevoir ou vestement dessus soit mantel, ou autre habit, en tel lieu qu'il ne la puis- .scnt musser, de laborde, Émaux, p. 487. || xvi" s. Et facilement seront charriés [les orangers] par le moien de roueles mises dessous les caisses rendans la charge moins pesante, o. de serres, 7ia. Une rouele de veau, id. 966. Les rouelles ou vertèbres, paré, m, 12. La rouelle du genouil se peut delouer en dedans, en dehors, en dessus, endes.sous, et non jamais en derrière, parce que les os qu'elle couvre ne le permettent, id. xiv, 5(. Concombres mis par tranches et ruelles, id. xx, 2i.
— ÉTYM. Berry, ruelle : des ruelles de veau; prov. et espagn. rode la ; catal. rodella; ital. rotelta; du lat. rolella, diminutif de rota, roue.
ROUENNEUIE (rou-a-ne-rie), s. f. Toiles de co^ ton peintes fabriquées à Rouen ou, par imitation, dans d'autres fabriques. 'Vendre de la rouennerie, des rouenneries.
— ETYM. Rouen.
t ROUENNIER (rou-a-nié) ,s. m. Nom donné, à Rouen, aux fabricants et marchands de rouenneries.
ROUER (rou-é), je rouais, nous rouions, vous rouiez ; que je roue, que nous rouions, que vous rouiez, t>. o. || 1° Terme de marine. Plier un cordage plusieurs fois .«ur lui-même en rond. Rouer à tour, le plier de gauche à droite; rouer à contre, le plier de droite à gauche. || 2' Infliger le supplice de la roue. On roua hier tout vif à Rennes un homme qui confessa avoir eu le dessein de le tuer [M. de Chaulnes] ; c'est le dixième qui a eu ce dessein, sÉv. )» nov. (675. Comme les magistrats, aprts avoir fait rouer quelques malfaiteurs, ordonnent que l'on exposera en plusieurs endroits écartés, sur les grands chemins, leurs membres écartelés, pour faire frayeur aux autres scélérats, boss. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. On fait savoir que l'ordre très-exprès ds Sa Majesté, notre seigneur très-clément, est que cet homme [Patkul], qui est traître à la patrie, soit roué et écarlelé pour réparation de ses crimes et pour l'exemple des autres, VOLT. Charles 111, 3. L'intendant du Daupbiné fit rouer le petit-fils du pasteur Chamier, qui avait dressé l'édit de Nantes, id. Louis IIV, 36. Il Absolument. Les honnêtes gens, en passant par la Grève où l'on roue , ordonnent à leur cocher d'aller vite, et vont se distraire à l'opéra du spectacle alTreui qu'ils ont vu sur leur chemin, volt. Lell. Pinto, ît juin. (762. Il [le bourreau] s'applaudit, II dit dans son cœur : nul ne roue mieux que moi, j. de maistre. Soirées de St-Pétersbourg, 1" entretien. \\ 8- Ecraser entre les roues ou sous les roues d'une ch:irreile, d'un carrosse. On leur a dit taux recrues de Bretagne] qu'il ne fallait pas branler ni aller et venir quand ils sont dans leurs rangs : ils sa laissaient rouer l'autre jour par le carrosse de Mme de Chaulnes sans vouloir se retirer d'un seul pas, siv.
ROU
16 mai <689. Moi donc, qui dois souvent en certain lieu me rendre.... Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer [dans un embarras de voitures]. Je me mets au hasard de me faire rouer, boil. Sat. VI. Il i' Fig. et familièrement. Rouer de coups, battre excessivement. On vous viendra rouer de coups, scARR. Virg, iv. Et pour le coquin de Silvestre, je le rouerai de coups, mol. Scapin, i, 6. Te voyant ces habits, on te rouera de coups, th. corn. Geôlier de soi-même, i, B. || 5* Fig. et familièrement. Fatiguer extrêmement. Les cahots de cette voiture m'ont roué. Il est tout roué d'avoir passé une nuit sans dormir.
— niST. XIII* s. Puis va tant roant par la sale.... la Rose, 6167. || xv* s. Mais tant rouay, Qu'ung tel qui me plaisoit trouvay. Que loyal et bon esprouvay, AL. cnART. le Liv. des quatre daiyies. Et son procès fait, [le bfltard de Bourb m] fut condamné à estre roué et jeté dedans un sac à la rivière, MONSTnEL. Il, 253. |1 XVI* S, 11 alloit çà et là rouant par les isles, et demandant de l'argent aux habitans, AMYOT, Thém. 40. 11 le suivoit à la trace, et rouoit à l'entour deluy, id. Fab. H. Manger, boire, dormir ; boire, dormir et manger : nous rouons sans cesse en ce cercle, mont, ii, 387. D'un horrible regard rouant ses-yeux ardents. Et d'un horrible son faisant cracquer ses dents, du bell. m, 6i, verso. Joyeux de voir du sommet d'une tour Rome brusler, et rouer tout au tour Des grands palais la flamme qui ondoyé, m. v, 5, recto. Astres qui dans le ciel rouez vostre voyage, bons. tes.
— ÉTYM. 'Wallon, rouwé; prov. rodar, rogar; espagn. rodar; ital. rotare; du lat. rolare, mouvoir circulairemeni, de rota, roue. Dans le moyen âge, rotare se disait, en latin, pour infliger le supplice de la roue; et roer, en français, pour tourner, aller à l'entour.
ROUERIE (lou-rie) , s. f. Action , tour de roué. C'est une rouerie, une vraie rouerie. Germain d'origine, il [Boson] surpassait en habileté pratique, en talent de ressources et instinct de rouerie, si ce mot peut être employé ici, les hommes les plus déliés parmi la race gallo-romaine, aug. thierry, Récits des temps mérovingiens, s* récit.
— ÊTYM. Roué.
ROUET (rou-è, le t ne se lie pas ; au pluriel, Y s se lie : des rou-è-z ornés; rouets rime avec traits, succès, paix, etc), î. m. || 1° Machine à roue qui sert à filer. Elle [Catherine II] se joue d'un empire de deux mille lieues, et fait mouvoir cet énorme machine aussi aisément qu'une autre femme fait tourner un rouet, volt. Lett. Richelieu, * mars (774. Nous surprimes une de ces femmes tournant rapidement un rouet, et prononçant des paroles mystérieuses; son objet était de rappeler le jeûna Polyclète, qui avait abandonné Salamis, une des femmes les plus distinguées de la ville, barthél. Anach.ch.35. || Fig.On l'amisau rouet, onl'adéconcerté, il ne sait plus que dire ni que faire. || 2° Platine à rouet, ancienne platine d'arme k feu portative ; une roue d'acier reçoit d'un ressort un rapide mouvement de rotation, une pierre à feu vient appuyer sur cette roue et en détache des étincelles qui déterminent l'inflammation de la charge ; cette platine, qui date du commencement du xvi* siècle, est originaire d'Allemagne. Arquebuse, mousquet, pistolet à rouet. || 3" Roue dentée placée sur l'arbre d'un moulin à eau ou à vent, laquelle engrène avec les fuseaux de la lanterne. Il 4° Terme de marine. La partie de la poulie qui tourne dans la chape. || 6° Assemblage de charperte ayant à peu près la forme de la partie inférieure d'un puits et servant à en établir la fondation. 116° Dans une serrure, petit fer rond oii passe la première ouverture de la clef. |{ 7° Au mail, jouer au rouet, jouer pour soi.
— HIST. xiir s. Et les dames et les puceles Qui souvent sont encolorées, Appareillies et mirées Et affublées au rouet, Vnicorne et serpent, jubinal, t. II, p. 4 22. Il XIV* s. Une povro fille qui estoit fileresse de laine au rouet, Ménagier, i, 9. |{ xvi* s. Cette contention de l'ame trop bandée et trop tendue, la met au rouet, la rompt et l'empesche, mont. I, 4(. En nostre pistole il y a plusieurs pièces, la pouldre, la pierre, le rouet, lu. i, 362. Pour vérifier cet instrument, il nous y fault de la démonstration ; pour vérifier la démonstration, un instrument : nous voyià au rouet, id. ii, 375. Pistoles, qui sont petites arcbuzes qui n'ont qu'environ un pied de canon, et tire l'on avec une main, donnant le feu avec le rouet, M. du bell. 688. La graine d» la couronne impériale est dentelée, ressemblant au-
I cunement le rouet d'un moulin, o. es serres, 578.
ROU
— ÉTYM. Dimin. de roue. La locution mettre au rouet, que Montaigne emploie aussi, semble indiquer que le rouet était une sorte de supplice.
t ROUETTES (rou-è-f), t. f. pi. Terme de forestier. Brins de taillis dont on fait des liens.
— HIST. XVI* s. La sentinelle n'ouit point de bruit, pour ce que les rouetes [petites roués] de la première pièce [de l'échelle J estoient feutrées, d'aub. Hist. III, 4 55.
— ÊTYM. Dimin. de roue ; le lien est tordu en rond. t ROUF (rouf), s. m. Terme de marine. Petit
réduit en forme de cabane dans l'arrière d'un petit bâtiment.
— ÉTYM. Angl. roo^, toit.
t ROUFIGNER (rou-fi-gné), e. n. Se dit, dans quelques provinces, du chat qui fait entendre son murmure de contentement.
(.ROUGE (rou-j'), adj. \[ l"Qui est d'une couleur semblable à celle du feu, du sang, etc. J'étais tout rouge de honte d'avoir à traverser toute u!2e ville avec tant d'appareil, scarr. Rom.com. i, (8. Ayant pris la ville par la volonté du Seigneur, il [Judas Maohabée] y fit un carnage incroyable, de sorte que l'étang d'après, qui avait deux stades de large, était tout rouge du sang des morts, saci. Bible, Machab. u, xii, te. M. de Pompone sortit avec les yeux un peu rouges, sÉv. 403. Je reviens aux dames : je trouve d'abord trois ou quatre de mes belles-filles [demoiselles entre qu. Ch. de Sévigné cherchait une femme], plus rouges que du feu, tant elles me craignent I id. e août (680. La timide Aricie est alors arrivée.... Elle approche, elle voit l'herbe rouge et fumante, rac. Phèdre, v, 6. 2. Elle est devenue rouge comme un coq, th. le- CLERCQ, Prov. t. I, p. 243, dans pougens. || Les diverses nuances s'expriment de la manière suivante : rouge ordinaire, pur, rouge sanguin, rouge pourpre, rouge carmin, rouge de cinabre, rouge coquelicot, rouge incarnat, rouge de feu, rouge safrané, rouge orangé, rouge de chair, rouge rosé ou rose. || Perdrix rouge, espèce de perdrix qui a les pieds et le bec rouges. || Maladie rouge, mal rouge, voy. maladie, n* 3. Il Terme de marine. Escadre rouge, celle des divisions d'une flotte qui est distinguée parle pavillon rouge (voy. escadre, aux additions et corrections). || Fig. Avoir le collet rouge, avoir la tête tranchée. Cinq-Mars n'y joua pas bien son rôle [auprès de Louis XIII], et voulut tromper son maître [Richelieu] qui l'avait mis là ; aussi en devint-il mauvais marchand, et en eut le collet rouge à Lyon, l'an (642, gui patin, Lett. t. ii, p. 363. Il 2° Drapeau rouge, voy. drapeau. [Dans la lévolution] le drapeau rouge flotte aux remparts des cités ; la guerre est déclarée aux nations, chàteaub. Génie, m, m, (. || Chapeau rouge, chapeau de cardinal. I! Les enfants rouges, s'est dit quelquefois des mousquetaires. || Anciennement. Livre rouge, livre sur lequel on enregistrait les défauts prononcés à l'audience. Il Fig. Il est écrit sur le livre rouge, il est écrit en lettres rouges, il est en danger d'être recherché pour quelque faute qu'il a faite. C'est lui qui vous attire l'attention de la justice; il n'y est pas en bon prédicament, et l'on m'a fait voir un petit registre où il est marqué en lettres rouges, dakcourt. Déroute du pharaon, se. 22. Il Fig. Les rougos charpentiers, voy. charpentier. Il 3° Terme de jeu. Se dit, au trente et un, à la roulette, etc., de la couleur opposée à la noire. On dit -substantivement : la rouge et la noire. |{ 4° Fer rouge, fer chauffé au point de devenir rouge. La chaleur du fer rouge, qui est à très-peu près égale à celle du verre en incandescence, e»t huit fois plus grande que la chaleur de l'eau bouillanie, et vingtquatre fois plus grande que celle du soleil en été, BUFF. Théor. terr. part. hyp. Œuv. l. ix, p. 96. ,1 Rouge obscur, rouge cerise, rouge blanc, se dit des différents degrés de chaleur dans le fer que l'on forge. Il Bouletrouge, voy. boulet. || Fig. Tirer à boulet rouge ou à boulets rouges, voy. boulet. || 5- Un rouge bord, un verre de vin plein jusqu'aux bords (lotion vieillie). Un laquais effronté m'apporte un rouge bord, BOiL. Sat. m, || On a dit dans le même sens : boire à rouge bord. || 6° Race rouge, se dit des Indiens de l'Amérique du Nord. On dit souvent : Peaux rouges. Il 7° Extrêmement roux. Cheveux rouges. I Familièrement. Il est méchant comme un âne rouge, il est très-méchant. {] 8° Adverbialement. Se fâcher tout rouge, se fâcher sérieusemeni. Puis les tient-on fâchés tout rouge, avec un brin d'intrigue on les mène où l'on veut, beaumarch. ifor. de Fig. n, 2. Il Fig. Voir rouge, être animé de passions violentes, sanguinaires. || 9° S. m. Couleur rouge. Un beau rouge. Un rouge vif. Rouge d'écariate. Drap
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teint en rouge. Les rouges de teinture, c'est-à-dire les matières colorantes rouges qu'on peut extraire dos végétaux, FOoncROY, Conn. chim. t. viii, p. 70. Les principales substances dont on se sert pour obtenir les rouges sonlla garance, la cochenille, le bois de Brésil el le carlhame, thbnahd, Traité de chim. t. m, p. 320, dans poiJGENS. |{ 10° Certaines substances de couleur rouge. Rouge de montagne. || Rouge des Indes ou d'Andrinople, sorte de couleur roug& solide et brillante que l'on donne aux étoffes de coton. Il Rouge cinchonique, corps analogue au tannin, qu'on trouve dans les écorces de quinquina. Il Rouge végétal, matière rouge du carthame précipitée par un acide. || Rouge à polir, dit aussi rouge indien, rouge de Prusse, colcothar, substance dont on se sert pour polir les métaux, les pierres dures, les glaces, etc. || 11* Prendre le rouge, pousser le rouge, se dit des jeunes dindons, lorsque, à l'âge de six semaines ou de deux mois, la chair glanduleuse et les barbillons qui entourent leur bec commencent à se développer. Les dindonneaux lorsqu'ils poussent le rouge, bdff. Ois. t. iv, p. 36. Ce n'est qu'après trois mois passés que les jeunes perdreaux poussent le rouge; car les perdrix grises ont aussi du rouge à côté des tempes entre l'œil et l'oreille, m. ib. t. iv, p. (82. || 12° Maladie du pêcher. Il Maladie des vers à soie. || Maladie des chiens et des oiseaux. || 13° Fig. Le sang, la colère , la honte qui montent au visage. Au visage sur l'heure un rouge m'est monté, mol. Fdch. i , I . Le rouge au visage et le feu aux yeux sont un signe de la colère, comme l'éclair qui nous avertit d'éviter la foudre, Boss. Connaiss. v, 5. || 14° Fard rouge à l'usage des femmes. On veut parier que la princesse d'Harcourt ne sera pas dévote dans un an, à cette heure qu'elle est dame du palais, et qu'elle remettra du rouge ; car ce rouge c'est la loi et les prophètes; c'est sur ce rouge que roule tout le christianisme, sÉv. isf . Si c'est aux hommes qu'elles fies femmes] désirent de plaire, si c'est poureux qu'elles se fardent et s'enluminent, j'ai recueilli les voix, et ie leur prononce de la part de tous les hommes, ou de la plus grande partie, que le blanc et le rouge les rendent alfreuses et dégoûtantes ; que le rouge seul les vieillit et les déguise , la brut. m. Les Perses.... commencèrent à leur imitation [des Mèdes] à se peindre les yeux et à se mettre du rouge au visage, afin d'avoir l'œil plus vif et le teint plus vermeil , bolun , Hist. anc. (Euv. t. il , p. 28». Auprès d'un pot de rouge on voit un Massillon, VOLT. Gertrude. Dès que le rouge est quitté et que, par un extérieur d'éclat, une femme est déclarée dévote, DUCLOS, Œuv. t. viii, p. 55. Lise a quitté le rouge, et l'on se dit tout bas Qu'elle ferait bien mieux de quitter Lycidas, grf.ss. 2e Méch. m, 9. Tout au contraire des autres femmes, ce qu'elle avait de moins frais était le visage , et je crois que le rouge le lui avait gâté , j. j. aouss. Confess. vi. [Sur le théâtre] on voit Cornélie en pleurs avec deux doigts de rouge, ID. Ilél. ii, t7. Les Athéniennes peignent leurs sourcils en noir, et appliquent sur leur visage une couche de blanc de céruse avec de fortes teintes de rouge, barthél. Anach. ch. 20. Aussitôt qu'on a été vue de toute la salle, que le rouge se raye, que la coiffure se dérange, on bâille, on se plaint du chaud, et l'on va se coucher, genlis, Ad. et Th. t. m, p. 417, dans pougens. C'est avec le carthame qu'on prépare le rouge dont les femmes se «ervent pour la toilette, thenard. Traité de chim. t. m, p. 303. || Par exagération. Cette femme a un pied de rouge, elle a du rouge comme une roue de carrosse. || Fig. Vous mîtes du rouge à Virgile , Mettez des mouches à Hilton , h. j. cuénier, Epitreà Delille. || 15° Répubiicain avancé acceptant le drapeau rouge pour symbole (voy. drapeau). Les Rouges. || Proverbe. Rouge au soir et blanc au matin, c'est la journée du pèlerin.
— HIST. xii° s. Recordez en quel manere nos père furent sauvé en la mer roge, Machab. i, 4. Il XIII* s. Qui est cil qui met fin en pechier [péché], puisque la rouge color s'en est alée une foiz de son front? BRUN, latini. Trésor, p. 40t.||xv*s. J'ay par ma convoitise Tout perdu , argent et chemise. Pour vingt francs que je vi si rouges; Mettre les cuiday en mes bouges, B. desch. Poésies mss. f° 376. Un jour vint que le roy le mena à la chasse, et recueillirent une rouge teste laquelle courut longuement.... MONSTBEL. t. m, p. 89, dans lacurne. Il ïvr s. Là dessus les batries que nous avons designées, firent brèche, et, les maisons estans à descouvert, plusieurs baies rouges y furent jetées, qui mirent en peine les assiégez, d'aub. Hist. m, 437. On usera du rouge d'Kspagne, paré, xxv, 44. Ce fut
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un grand exploit et un grand heur de guerre ; dont ils en vinrent si rouges et si ln.solens, qu'ils mesprisoient toutes nations et pensoient battre tout le monde, brant. Capit. franc, t. I, p. 291. Les plus rouges [les plus malins] y sont pris, cotorave, Rouge visage et grosse panse ne sont signes de pénitence , ID. Ainsi donc, pour venir à conclure, c'est à toy, cardinal [le cardinal do Lorraine], plus rouge de nostre sang que d'autre teinture.... Régnier DE la plancui, De l'Estat de France sous François II.
— Etym. Wallon, rog ; provenç. rog, au fém. roja ; cnU rolj i espag. rojo , rubio ; ital. roggio, robbio; du lat. rubeus, d'où rouge, comme rage, de rabies. Rubeus correspond au sanscrit rudhira, sang rouge, grec é-pu6poç.
2. ROUriH (rou-j'), s. m. Oiseau de rivière qui ressemble à un canard et qui a les pieds rouges; c'est le canard souchet, anas clypeaia.
— ÊTVM. Itouge I.
t ROnGE-AlLE (rou-jèl'), S. m. Mauvis ou grive. Il Au plur. Des rouges-ailes, prononcé comme au singulier.
t ROUGEASSE (rou-ja-s'). s. f. Variété de raisin.
ROUGEATRE (rou-jâ-tr'), ad;. Il 1° Qui lire sur le rouge. Ce sang qu'à la couleur il pourrait reconnaître, N'est plus qu'une eau rougeâtre, rotrou. Hercule mour. n, 2, Au travers d'un gros brouillard, la lumière d'un flambeau.... paraît toute rougeâtre, FONTEN. Mondes, 3° soir. Des rochers rougeâtres, tapissés de sauge et de baume sauvage, chateaubr. Itinér. 2° part. |{ 2° S. m. Petit agaric de la section des bulbeux. || Tortue d'Amérique.
— ÉTYM. Rouge, avec la finale péjorative dtre; wallon, rogedtt,
ROUGEAUD, AUDE (rou-jô,jô-d'),od;". || l°Terme familier. Qui a le visage rouge, haut en couleur. 11 [Mazarin] est enflé, bouffi, exténué, décoloré; bref il n'est plus tantôt ce Mazarin si rougeaud, et qui était si bel homme, gui patin, Lettr. t. v, p. 200, dans pougens. On dirait, à vous voir, que vous venez de noce; Tant vous avez le teint rougeaud et l'œil serein, hadter. l'Amant qui ne flatte point, v, t. Il Substantivement. Un gros rougeaud. Une grosse rougeaude. || 2° S. m. Terme rural. Maladie du raisin causée par une trop forte chaleur et qui empêche le grain de se développer.
— ÉTYM. Rouge 1.
ROUGE-GORGE {rou-je-gor-j'), s. m. |1 1° Petit oiseau à bec fin, qui a la gorge et la poitrine rouges; c'est une fauvette , motacilla rubecula, L. Il 2° Nom vulgaire de l'iguane. || Au plur. Les rouges- gorges.
— REM. Laveaux et Génin contestent la correction du pluriel rouges-gorges que donne l'Académie : le rouge-gorge étant un oiseau qui a la gorge rouge, le pluriel tombe sur le mot sous-entendu : les (oiseaux] rouge-gorge.
— ÊTYM. Rouge, et gorge.
t ROUGE- NOIR (rou-je-noir), s. m. Espèce de gros-bec.
ROUGEOLE (rou-jol'), s. f.\\i° Maladie fébrile, contagieuse, caractérisée surtout par une phlegmasie cutanée légère, précédée et accompagnée de fièvre, de coryza, d'angine, de larmoiement et de toux; d'ordinaire on ne l'a qu'une fois. On me mande qu'il y a de la rougeole à Livry, sÉv. 78. La pauvre Sanzei a la rougeole bien forte ; c'est un feu qui passe vite, mais qui fait peur par la violence dont ilest, ID. 6janT. )674. La maladie qui emporta le Dauphin duc de Bourgogne, sa femme et son fils, était une rougeole pourprée épidémique, volt. Louis XI V, 27. Il 2° Rougeole du porc, rouget, mal rouge, typhus charbonneux, maladie dangereuse à laquelle le porc est sujet. || 3°Terme rural. Maladie du seigle. Il 4° Nom marchand d'une coquille du genre des porcelaines. || 5° Nom d'une plante, voy. cornette 2.
— iiiST. XVI* s. Autres auront la petite veroUe ou rougeolle, paré, xix, 3.
— ETYM. Diminutif de rouge t ; wallon, raivioul; picard, rougé, routt'u.
f HOUGEOT (rou-jo), s. m. Nom donné, en Bourgogne, au canard millouin, anas ferina, L.
t ROCGEOTTE (rou-jo-f), I. f Mollusque ou ver marin qui sert d'appât pour la morue.
ROUGE-QUEUE (rou-je-keue), s. m. Espèce de pie-grièche. || Grand rouge-queue, le merle de roche. Il Au plur. Des rouges-queues (voy. pourtant la remarque à rouoe-goroe).
— ÊTYM. Rouge, et queue.
t K ROUGET, ETTE (rou-jè, ]è-t'), adj. Un peu rouge.
— HIST. un* s. Les lèvres pour baisier grossetes;
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Si [elle] les avoit un peu rougetes, Ft. el fit. v. 2893. Il xvi's. Qui cstl'ouvrierqui proprement t'a mis Dessus ton teinct ceste couleur rougetle? roms. <70.
— F.TYH. Diminutif de rouge '..
2. ROUGET (rou-jè; le ( ne se prononce paj et ne se lie pas; au pluriel, l't se lie : des rou-jè-z-excellents), (. m. || 1* Nom vulgaire d'un poisson de mer, dit aussi barbeau de mer, barbarin et barborin, mullus barbatus. || Nom donné, dans plusieurs localités, à la trigle grondin ou rouget grondin, trigla eucultts. \\ 2' Synonyme de rougeole du porc. Il 3* Nom donné dans la campagne, i cause de si couleur, au lepte automnal, arachnides trachéennes, qui est l'acare automnal de certains auteurs, |{i° Pollen altéré dans les alvéolei d'un g&teau d'abeilles. || B° Variété de pomme.
— HIST. XIII* s. Hellans et rouget, barbazar. Fabliaux, t. IV, p. 88. ||xiv* s. Pourboulezet rosticiez vos rougets, Ménagier, 11, 6.
— ÊTYM. Rouget 1. Rouget s'est dit, auxvi* siècle, comme grisons, d'une espèce de valets, et aussi des mois des femmes.
ROUGETTE (rou-jè-f), s. f. Terme d'histoire naturelle. Espèce de chauve-souris (le ptérope rubrical). Il Genre de mousses, nom français donné par Bridel à son genre discelium.
— ÊTYM Rouget 1.
ROUGEUR (rou-jeur) , s. f. || 1* Couleur rouge. La rougeur des lèvres. La rougeur du ciel, quand le soleil se lève. La rougeur des yeux quand on a pleuré. L'on voit dans un boulet rougi au feu l'incandescence se conserver dans les parties voisines du centre longtemps après que la surface a perdu cet état d'incandescence et de rougeur, buff. Époq. nat. t. XII, p. 13. Il 2* La coloration que font apparaître sur le visage divers sentiments. Ma rougeur trahirait les secrets de mon cœur, corn. Rod. i , 7. Le trouble dans les yeux et la rougeur au front, th. corn. Ariane, m, 4. Et tout le peuple même, avec dérision. Observant la rougeur qui couviait mon visage. De ma chute certaine en tirait le présage, bac Esth. III, t. Ces mots ont fait monter la rougeur sur son front, id. Alhal. m, 3. Une rougeur que la honte imprime comme le plaisir, iiA- Riv. Pat/son port). 8* part. Les applaudissements qui s'élevèrent autour d'elle lui faisaient monter au visage une rougeur, et lui causaient un embarras charmant, dider. Lettre à Mlle Voland, 15 sept. 1780. Voyez la rougeur de ce coupable : en a-t-il un pied sur les joues I. beaumarch. Jfar. de Fig. II, 4. La rougeur inspirée par la délicatesse et la bonté peut intéresser à tous les âges, stael, Corinne , vu , 2. Il a* Il se dit des taches rouges qui viennent sur la peau, au visage. Avoir le visage plein de rougeurs. Il lui est venu une rougeur à la joue , à l'épaule. || 4* Terme de médecine. Coloration qui est un des phénomènes constants de l'inflammation. Il B° Terme de vénerie. On revoit d'un cerf par les rougeurs , c'est-à-dire par le sang que le bois refait laisse aux branches. || 6* Au plur. Terme de meunerie. Synonyme de recoupette. Il 7* Terme de menuiserie. Taches qui annoncent la pourriture prochaine du bois.
— HIST. xiti* s. Il avoit la face si grosse et si enflée.... ne ilecques n'avoit rogeur , Miracles St Loys, p. t52. Il xiv s. Douleur, rougeur, enfleure, n.DEMONDEviLLE,f*45,i;erso. Nen'est dolouracreue enla plaie, ne rogueur, ne enfleure, id. t"**, verso.
— ÉTYM. Rouge i; wallon, rogeur; provenç. rogor; catal. rojor.
ROUGI, lE (rou-ji,]ie),port. passade rougir. Rendu rouge. La Phrygie Cent fois de votre sang a vu ma main rougie, rac. Andr. i, 4. || De l'eau rougie, de l'eau où il n'y a que fort peu de vin. [Le marquis de Mansera mangeait] à dîner trois onces de viande seule et de l'eau rougie pour boisson , st-sim. 90, 1 77.
t ROUGIE (rou-jie) , s. f. Bougie d'écarlate , ou , simplement, rougie, la seconde opération de la teinture de la laine en écarlate par la cochenille.
t ROUGILLON (rou-ji-llon, Il mouillées), ». m. Espèce de champignon.
ROUGIR (rou-jir) , v. a. \\ 1* Rendre rouge, peindre ou teindre en rouge. Rougir une porte. Ils rougissent le mors d'uiTe sanglante écume, rac. Phè' dre, v, 8. Jamais le sang humain n'a rougi cette terre, fén. Tél. viu. Je découvrais au loin la mer de l'Archipel avec toutes ses Iles; le soleil couchant rougissait les côtes de Zea, chateaubr. Itin. part. t. Il Ne faire que rougir son eau, mêler à beaucoup d'eau peu de vin. || Donner une façon aux cuirs en leur appliquant un rouge composé de bois de Brésil et de chaux. || 2° Fig. Rougir ses mains de sang, tuer quelqu'un. || Par extension, exercer
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des proscriptions sanglantes. || 3* F. n. Deyenir rouge. Songe aui fleuves de sang où ton bras s'est baigné, De combien ont rougi les champs de Macédoine, Combien en a versé la défaite d'Antoine, CORN. Cinna , iv, 3. i peine son sang coule et fait rougir la terre.... hac. Iph. v, 6. Le cuivre et le fer rougissent longtemps avant de fondre, brisson, Traité de phys. t. ii , p. 2*8. Les cerises commençaient à rougir, et déjà dans les bois on pouvait cueillir des fraises, GENLis, ¥HU.duchdl.i.i,p. 446, dans pouGENS. || Faire rougir un fer au feu. Il 4* Familièrement. Devenir cardinal. Deux ans après avoir rougi de la sorte, il [l'archevêque de Rouen] fut chancelier de l'ordre par la mort de Cheverny, stsiM. Ht, 76. Il S° Les yeui rougissent, ils deviennent rouges pour avoir pleuré. Mme de Vins s'attendrit en parlant de la bonlé de votre cœur, et tous nos yeux rougirent, sév. 394. 11 me fit croire que les yeux me rougissaient d'un tel souvenir, id. 4<4. \\6' Il se dit des personnes. Et dans un même mstant par un effet contraire Leur front pâlir d'horreur et rougir de colère, cobn. Cinna, i, 3. Elle rougit, et n'en fut que plus belle, la font. Con/îd. Elle rougissait de tout, sans rien faire dont elle eût à rougir, hamilt. Gramm. 9, La décence est une autre gêne pour les poètes comiques; une mère veut pouvoir mener sa fille au spectacle, sans avoir i rougir pour elle, si elle est innocente; et sans la voir rougir, si elle ne l'est pas, uarmontel, Œuv. t. IX, p. 4U2. Malheureusement, ne rougit pas qui veut, GENLIS, Ad. et Th. t. ii, p. (73, dans pougens. Nous avons regardé Mlle Aline, qui a rougi jusqu'aux oreilles, id. Thédt. d'éduc. la Lingère, i, 5. Plus d'une fois Sa Majesté rougit jusqu'au blanc des yeiu, LOMÉNiE UE BRiENNE, Mém. inéd. t. ii, p. 42, ïans PODGENS. Vous mentirez pour moi, je rougirai pour vous, DELiLLE, Conversat. ii. || 7° Fig. Avoir aonte , confusion. Dans les affaires pressantes, les particuliers et les républiques vouaient à Vénus d«s courtisanes, et la république ne rougissait pas ^'attribuer son salut aux prières qu'elles faisaient i leur déesse, Boss. Hist. ii, 6. La vie de celui dont je viens vous entretenir a été telle par sa grâce [de Dieu], que je ne rougirai point de la célébrer en présence de ses saints autels et au milieu de son église, id. Bourgoing. Si tu ne rougis pas de pécher , rougis au moins de ne pas rougir en péchant, BOURDAL. Exhort. sur la flagellât, de J. C. t. II, p. 83. Il fuyait lés acclamations populaires, il rougissait de ses victoires, il venait recevoir des éloges comme on vient faire des apologies, flécii. Turenne. Si l'homme savait rougir de soi, quels crimes, non-seulement cachés mais publics et connus, ne s'épargnerait-il pas? la bruï. xi. Que dira la postérité, lorsqu'il lui faudra rougir de la honte de ses pères? montesq. Letl. pers. (46. J'ai une pension du roi, je rougirais de la recevoir tant qu'il y aura des officiers qui souffriront, volt. Lett. Thiriot, 31 janv. I76i. l'ourquoi des malhonnêtes gens rougiraient-ils de l'être, quand on ne rougit pas de leur faire accueil? luclos, Consid. mœurs, 4. || Fig. Ses instructions [d'un prédicateur] ne rougissent pas de sa conduite, mass. Carême, Mélange. Notre raison rougit tout bas de la faiblesse de nos penchants, iD. Carême, Pécheresse. |j Absolument. Mais, pour moi, dont le front trop aisément rougit, Ma bouche a déjà peur de t'en avoir trop dit, boil. Sat. I. N'osez-vous sans rougir être père un moment? RAC. Iphtg. Il, 2. Il Faire rougir, couvrir de confusion. Qui ne nous touche point ne nous fait point rougir, corn. llor. v, 3. Adieu; ce mot lâché me fait rougir de honte, m. Cid, v, t. M pourrait faire rougir la Sorbonne, si les corps rougissaient, VOLT. Lett. Damilavi le, to avril 1767.
— HIST. xii* s. Par les escuz ù l'or rugist, Se passent les grans fers dacier, benoIï, ii, 5206. Car um veist le sanc el blanc corvel rouir. Le cervel ensement el vermeil sanc blanchir, Th. le mart. 461. D'ire et de mautalent [il] roigil come cerise, Soi. xxiii. Li uns rouir, altres pâlir, ilou, v. ui46. Iliiii* 8. Tybers, qui gardoil l'huis, de paour en rougi, Berte, lxxxix. Cil aient honte et s'en régissent, Oui por mes dolors s'esjoissent, Piaumes, dans Ltber psalm. p. 284.||xiv' s. Ceulx qui ont verconde rougissent, et ceulx qui ont paour de mort palhssent, obesme, Éth. U8. ||xv' s. Yeulx rougis, pUins de piteux pleurs, ch. d'obl. Bal. 88. Tant chaufTe on le fer qu'il rougist. villon. Ballade. Jl XVI' g. Ne rougissant non plus d'estre rencontré «n cela, que si on l'eust trouvé plantant des aulx, MONT. Il, 36t. J'en ai rougi pour vous, quand l'acier .de mes vers Burinoit votre bistoirr aux yeux de l'univers, d'aub. Tragiques, princes.
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— ÊTYM. Rouge i ; wallon, rogi ; norm. faire rouir des oignons, les faire cuire dans le beurre roux; provenç. rogir. L'ancienne langue avait le verbe roujoier, roujeier, présenter des teintes rouges.
t RODGISSANT, ANTE (rou-ji-san , san-f ) , adj. Qui devient rouge. Des nuages rougissants au lever du soleil.
t ROCGISSDRE (rou-ji-su-r'), s. f. Maladie des fraisiers. || Couleur du cuivre rouge.
ROCl, lE (rou-i, ie), port, passé de rouir. || !• Qui a subi le rouissage. Il [le chanvre] est suffisamment roui, quand l'écorce s'enlève aisément dans toute sa longueur sur la chènevotte, sennëbier, Ess. art d'ohs. t. III, p. 2a2 , dans pougens. Toute tige végétale rouie est une sorte de squelette fibreux débarrassé par une altération putride de tout ce qui l'entourait, POURCROY, Conn. chim. t. viii , p. 232. || Par extension. C'est sur les vieux bois qui ont été longtemps exposés à l'action du soleil et de la pluie et qui ont été en quelque sorte rouis, que nos industrieuses mouches vont se pourvoir de la matière dont elles fabriquent leur papier, bonnet, Contempl. nat. XI, 23. Il 2° S. m. Action de rouir. La chaleur hâte le roui. || Cette viande sent le roui, elle a un mauvais goût provenant de la malpropreté du vase où elle a été cuite.
RODILLE (rou-ir. Il mouillées, et non rou-ye) , s. f. Il 1" Oxyde qui se forme par l'action de l'humidité atmosphérique à la surface du fer. Le fer décomposé et réduit en rouille, buff. Min. t. ii, p. (48. Les plumes d'un roux de rouille, id. Ois. t. xiv, p. 103. De tous les acides, je ne connais que l'oxalique qui dissolve complètement la rouille, sans affecter l'étoffe , chaptal , Inst. Mém. scienc. t. VI, p. 493. |] Fig. Le péché, cette rouille invétérée de notre nature , boss. 2* sermon pour le jour de Pâques, i. Cesse de t'étonner, si l'envie animée. Attachant à ton nom sa rouille envenimée, La calomnie en main quelquefois te poursuit, boil. Ép. vu. Je suis fâché qu'Amyot qui, dans son siècle, a fait tant d'honneur à la littérature , ait terni un peu sa gloire par cette rouille de l'avarice, rollin. Traité des Et. V, I" part. Solide gloire. C'est là un trésor qui ne craint ui les vers, ni la rouille, mais. Panég. St Bcrn. Ces vers [ceux de Corneille].... Parés de leur rouille adorable, dlcis, le Ménage des deux Corneille. Il 2° 11 se dit aussi de ce qui se forme sur le cuivre et sur quelques autres métaux et les altère. La rouille du cuivre ou vert-de-gris. La simple décomposition du cuivre en rouille verte, entraînée par la flltralion des eaux , forme des stalactites vertes , buff. Jf in. t. v, p. 78. Il Rouille de plomb, blanc de plomb. Il 3* Il se dit des parties d'une glace dont le tain est altéré. 11 y a des taches de rouille à cette glace. Il Se dit aussi de taches dans le verre lui-même. Il 4° Fig. Traces d'ignorance et de grossièreté qu'on remarque dans certains siècles et dans certains écrits. La philosophie ne put, il est vrai, effacer la rouille scolastique; mais Corneille commença, en 1636, par la tragédie du Cid le siècle qu'on appelle celui de Louis XIV, volt. Mœurs, t76. La rouille de la barbarie était si forte, que des hommes ne savaient pas goûter des plaisirs honnêtes , id. Dict. phil. Bouffon. Partout on voit des institutions antiques, mais dénaturées par la barbarie, et couvertes de la rouille des siècles, bailly, Atlantide, p. 448. Ce nom [du Créateur], caché depuis sous la rouille des âges, En traits plus éclatants brillait sur tes ouvrages, lamart. Méd. i, 28. || 6° Maladie consistant dans la présence de petits champignons à la surface des tiges et des feuilles de beaucoup de plantes et principalement des céréales ; ces champignons appartiennent presque tous aux genres urcdo, puccinia et sclerotium. La plupart des agriculteurs se plaignent de la rouille des blés; Fontana a décrit le premier l'état des plantes attaquées de cette maladie; il a montré les clavaires microscopiques qui étaient la cause du mal, sennëbier, Ess. art d'obs. t. I, p. 282, dans pougens. || Une maladie semblable attaque quelques arbres. || Se dit aussi de taches rouges formées par des dépôts limoneux à la surface des plantes, dans les plaines tourbeuses ou sujettes aux inondations. || 6° S. m. Terme de teinture. Le rouille, nom vulgaire, dans la teinture en noir, d'un mordant qui est un sel ferrique que l'on combine ensuite avec les acides gallique , tannique, etc. Préparer le rouille. || Bain de rouille, ni- Irosulfate de fer, employé à charger la soie, c'està-dire à lui restituer le poids perdu par le décreusage.
— HIST. xu's. Il duna à ruil le fruit d'els, et les lur travalz à salterele , Liber psalm. p. i09. Il xiii* s. Or s'i puet la mille embatre , Sans oîr marteler ne batre, la Sose, <»77(. Preueiz ....Et
ROU
de la pourr* [bourre] de l'eslrille , Et du rayl de U faucille, ruteb. 264. || xv s. Votre sainteté, qui, jusqu'à maintenant a esté en bonne réputation es sainte Eglise et sans tache, cherra par cette œuvre en suspection ou rouille, monstbel. ii, (06. || xvi's. Les maux et desordres sont attachez au corps universel de la France, ainsi que la rouille est attachée au fer, lanole, t04. Et certes qui verroit aussi bien la rouille des ennuis qu'engendrent les richesses dedans les cœurs comme leur esclat et splendeur, elles seroient autant haies comme elles sont aymées, charron , Sagesse , i, 22 Viendra jamais le temps Que le rouil mangera les haches émoulues? vaoqoelin df. la fbesnaye , Art poétique.
— ÉTYM. Berry, le rouil; génev. le rouille; provenç. roill, ruil, ruyiha, et roiilh, ruxil ; catal. rovell; espagn. robin; ital. ruggine. L'espagnol et l'italien viennent du lat. robiginem, rouille; cela est certain Les autres formes romanes sont considérées par Diez comme des diminutifs de robiginem. Ru-il, ru-i-lle, ainsi prononcés comme on le voit par les vers, conduisent à rubigilum (ru-il), et rubigila (ru-i-lle). M. Boucherie tire rouiller de rutilare, être rouge; mais rutilusne s'accommode pas aux formes provençales ou catalanes. Rôbtgo se rattache à rûber, rouge, avec renforcement de la voyelle.
ROUILLÉ, ÉE (rou-Ué, liée. Il mouillées) , part, passé de rouiller. || 1° Qui est Couvert de rouille. Des armes rouillées. Je suis assez semblable aux girouettes qui ne se fixent que quand elles sont rouillées, volt. teM. d'Albaret, tu avr. i769. Qu'un soc longtemps rouillé brille dans le sillon, delille, Géorg. i. Il Fig. Arme rouillée, chose qui n'a plus d'effet, de puissance. Tu devrais savoir que cette arme rouillée [l'aocusationd'athéisme] dont tes pareils [de Needham] se sont tantde foisservis, estaujourd'hui aussiabhorrée qu'inutile, volt. Quest. miracles, 3* lettre. \\ 2° Fig. Qui a perdu sa force, son éclat, comme du fer rouillé. On ne peut être moins rouillé que vous l'êtes; vos lettres font nos délices, sÉv. à Guitaut, t. VII, p. 341, édit. RÉGNIER. Lauzun [revenu de l'armée à la cour] fit l'homme rouillé et l'aveugle qui ne discerne pas deux pas devant lui, st-sim. 149, 174. Quoique je sois un peu rouillé sur ces matières-là [l'article Géométrie de d'Alembert], volt. Lett. d'Alembert, i» janv. 1757. || 3° Couleur de rouille. || Crachats rouilles, crachats expectorés au début, à la fin de la pneumonie. |1 4' Attaqué par la rouille, maladie végétale. De l'avoine rouillée. ||B° S. m. Un rouillé, nom spécifique d'un labre. Il 6* S. f. Une rouillée, phalène de l'aubépine.
1. ROUILLER (rou-Ué, Il mouillées, et non rou-yé), v. a. \\ i' Produire de la rouille sur un corps. L'humidité rouille le fer. || Fig. Sur nos fers qu'il rouille Le temps écrit l'âge d'im vin si doux, BÉRANO. Escl. joui. Il 2" Produire sur les végétaux la maladie dite rouille. Un temps humide et froid a rouillé nos blés. On dirait qu'en ces jours où l'automne décline , Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt, v. HUGO, Orient. 36. || 3" Fig. En parlant des facultés de l'esprit, altérer, faute d'exercice. L'oisiveté rouille l'esprit. Je trouvai mon ami Florbel attristé et moins aimable; le commerce d'une femme sans usage du monde, sans instruction et dépourvue d'esprit, l'avait rouillé, genus. Parvenus, t. m, p. 237, dans pougens. || Absolument. Rien ne rouille promptement comme le vin, lorsqu'on s'y abandonne sans réserve , genlis , Mères riv. t. II, p. 14 , dans pougens. || i° Se rouiller, v. réft. Contracter de la rouille. Le fer et l'airain, n'étant plus polis par les cyclopes, commençaient à se rouiller, fén. Tél. ii. Le fer.... attire l'humide de l'air, s'en pénètre et se rouille, c'est-à-dire se convertit en une espèce de terre sans liaison, sans cohérence, BUFF. Uist. min. introd. Œuv. t. vu , p. »4. Il Par extension. Quelle peine a-t-on d'arracher une aumône à cet homme, dont l'argent, soigneusement accumulé, se rouille presque dans ses coffres? FLÉCHiER, Sermons, Pentecôte. || Fig. Ces armes [des arguments] se rouillèrent quand on ne combattit plus, voltaire. Louis ÎIV, 35. || Avec ellipse du pronom personnel. [Mon bisaïeul] ....Laissant rouiller sa cuirasse. Joua noblement tous les jeux, bébano. Enf. de b. maison. || 6° Fig. Perdre sou activité, sa force, oublier ce qu'on sait. Oisif en ta maison se rouille ton courage, Régnier, Éptt. 1. Quoique Bondin [un médecin] aimât son métier, il s'y rouilla tout à fait, parce qu'il ne prenait plus la peine de voir ses malades, st-siu. 286, 143. Cette méthode [relire les bons livres] rafraîchit la mémoire, et empêche le goût de se rouiller, VOLT. Lett. Mme du Velfant, it mars I7«». Dites-
ROU
RÔU
ROU
moi s! l'aUemand [Voltaire écrit de Potsdaml a pSté mon français, et si je me suis rouillé comme Rousseau, 10. Letl. d'Argenlal, 28 nov. I750. Irais-je, accompagné d'une fumme importune , Me rouiller dans ma terre et borner ma fortune T grksset, le Méch. II, 7. Lisons tant que nos yeux nous le permettront, et tâchons d'être au moins les égaux de nos enfants; plutôt s'user que se rouiller, dider. Claude et lier, ii, 7». |{ Avec ellipse du pronom personnel. Il n'est que trop commun de rencontrer dans le monde des personnes de trente ans qui ont laissé rouiller de beaux talents, oenlis, Emploi du tempt, p. 29, dans pol'gens.
— HIST. xvr s Cest aage de fer, de vices tout
rouyié, du bkllay, vi , 46, verso. Si on laisse le corps rouiller et durcir par le mal gouverner.... LABOÉTiE, 335. Pour ce, estranger, la richesse mesprise. Ne rouille point ton cœur de convoitise, lo. 626. Les armes se rouillent, si elles ne sont souvent nettoyées, lanooe, t79. [Un homme] entré en desespoir , n'ayant aultre chose i se tuer, se saisit d'un vieux clou de charrette rouillé, mont, ii, t28.
— ÊTYM. Rouille; prov. roillar, roilhar , rouelar, 1 2. ROUILLER (rou-llé. Il mouillées) , V. a. Terme
aujourd'hui inusité qui ne s'employait qu'avec œil et qui s^i)/nifiait rouler les yeux, les faire aller çà et là. Ce philosophe, duquel vous vous êtes ressouvenu si à propos qu'il fait quelquefois les petits yeux, a rouillé les yeux en la tête, quand je lui ai lu cet
endroit de votre lettre, voit. Lett. 68 Comme il
rouille les yeux I Madame, sauvez-moi de ce fol furieux, QOINAUI.T, Comédie sans comédie, il, 6.
— HIST. xir s. Vers l'apostoille commence à reoillier, Guill. au court nex, v. 604. || xiu' s. [Il] Fronce le nez, les yex rooiUe, la Rose, 3745.
— ÊTVM. Berry, railler, regarder avec curiosité. On pourrait croire que c'est une forme de rouler ; mais, si l'on considère que rouler est dissyllabique et reoiller trissyllabique, on pensera qu'il est formé de re, et oetl. À la vérité, on doit convenir que le lat. rotulare, d'où vient rouler, aurait pu donner un mot trissyllabique, si, au lieu de se changer en rotler, il s'était changé en rooler; mais il n'aurait pas le sens qu'a primitivement reoillier, qui est regarder autour de soi {voy. l'historique).
t ROUILLECX, KUSE (rou-lleii, lleû-z', U mouillées), adj. Oui a la couleur de la rouille.
— ETVM. Rouille; provenç. roiUos,rouillos. ROUILLURE (rou-llu-r*, U mouillées, et non
rou-yu-r'), s. f. Effet de la rouilla sur les métaux ou sur les végétaux. La rouillure du fer. La rouillure des blés.
— HIST. XVI* s. La vermine et la rouilleure gastera tous lès arbres et les fruits de ta terre, lanoue, 4 0. Il faut verser de l'huile dessus la rouilleure pour la ronger, et puis après fourbir et nettoyer soigneusement le fer, ID. 404 Qu'aussi il
les faut ordinairement employer [les armes], à fin que les courages par la rouillure de lascbeté ne se gastent, ID. (79.
— ÊTYM. Rouiller,
ROUIR (rou-ir), v. a. || !• Faire tremper pendant un certain temps dans l'eau les plantes textiles, afin de séparer la partie filamenteuse utilisable, de la matière gommo-résineuse qui en unit les diverses fibres. Rouir du lin, du chativre. || 2° Y. n. Du chanvre rouit dans ce ruisseau. Les habitants du mont Cassiana, aux environs de Pise, font rouirle genêt pour en retirer des fils, ameilhon, Instit. Mém. lill et beaux-arts, t. li, p. 619. {| Fig. L'abbé de Mailly rouit longtemps dans ce petit état, enviant celui des soldats à qui il voyait monter la garde, st-sim. 150, <85.
— HIST. xiir s. Roure, dans une Charte de Tart, voy. mionard, Vocab. bourg. |{ xiv s. Pour avoir leur usage commua pour aroer lins et chanvres, DU CANGE, aroagium. \\ xvi* s. Finalement la racine du bonis est bouillie dans l'eau claire en grant chauiieron, pour la rendre propreà ouvrer; préparation aci;omparableau rouir ou naiser des chanvres et lins, 0. deserres, 555. Quenul nemeltelinsne chanvre rauwir en rivière courante, Cousf.p^n. 1. 1, p. 833.
— ÊTYM. Berry, roui, macéré, linge roui, mains rouies à force délaver; du germanique, d'après Diez : anc. haut-allem. rozxen; allem. mod. rosten; holl. rotten, pourrir, faire pourrir. D'après M. Baudry, on pourrait penser à l'ancien rouir, signifiant devenir rouge ou roux; mais la forme o-roer s'accommode mieux de la dérivation germanique, de même que le dérive rouloir, bas-latin rolorium.
ROUISSAGE (rou-i-sa-j'), t. m. Action de faire rouir les plantes textiles.
— ÊTYM. Rouir. On a dit aussi rouissement.
t ROUISSOIR (rou-l-80ir), t. m. Lieu où l'on fait rouir le lin et le chanvre. Il est bon de porter le lin au rouissoir, aussitôt qu'on a séparé la graine, GENLis, Maison rust. t. m, p. 89, dans pouoens.
— HIST. XVI» s. Rouissoir, cotorave.
t ROULABLE (rou-la-bl'), adj. Terme de botanique. Oui est susceptible de sa rouler en cornet ou en entonnoir.
ROULADE (rou-la-d'), *. /. || !• Terme familier. Action de rouler du haut en bas. Nous avons fait une belle roulade. || 2* Terme de cuisine. Sorte de mets composé d'une tranche de viande roulée et farcie. ||3° Terme de musique. Ornement de chant composé de plusieurs notes faites rapidement et légèrement sur une seule syllabe. Faire des roulades. Mlle Astrua est la plus belle voix de l'Europe; mais fallait-il vous quitter pour un gosier à roulades et pour un roiT VOLT. Lett. Mmt Denis, 26 déo. <75o.
— ÊTYM. Rouler.
ROULAGE (rou-la-j*), *. m. || !• Action de rouler. Il Facilité de rouler. Aplanir les chemins pour le roulage des voitures. || 2" Transport des marchandises sur des voitures à roues. Roulage accéléré. Il Établissements où l'on se charge de ce transport. Mettre un colis au roulage. |{ 3* Terme rural. Action de briser les mottes de terre et de plomber le terrain avec un rouleau. |j 4" Terme de marine. Jeu des vergues d'un bâtiment, par l'effet du roulis.
— HIST. XVI' s. Gabions de roulage, sollt, Uém. t. IV, p. ui.
— ÊTYM. Rouler.
t ROULAISON (rou-lê-zon), i. f. Ensemble des travaux qu'exige la fabrication du sucre.
— ÊTYM. Rouler, dans le sens d'une rotation de travaux.
ROULANT, ANTE (rou-ian, lan-t'), adj. || !• Qui roule. Il Terme de chemin de fer. Matériel roulant, les wagons et les locomotives. || 2" Oui roule aisément. Un carrosse bien roulant. || Avoir un carrosse bien roulant (locution vieillie), avoir un carrosse bien entretenu. || Chemin roulant, chemin commode pour les voitures. || Chaise roulante, voiture à deux roues, traînée par un cheval de brancard et par un ou deux chevaux de côté. À votre aise vous en parlez, Et vous avez, la belle, une chaise roulante, Où par deux bons chevaux, en dame nonchalante. Vous vous faites traîner partout où vous voulez, MOL. Àmph. Pro/ojue. Il 3" Terme de chirurgie. Veine roulante, vaisseau roulant, veine, vaisseau qui change de place quand on met le doigt dessus. Il 4» Qui se meut en rond. Ces yeux roulants, ce front sanctifié, J. B. rouss. Allég. i, t. || 6» Terme de guerre. Feu roulant, feu continu. Elle [la baïonnette] est devenue plus menaçante que meurtrière; le feu soutenu etroulanta prévalu, volt, tout'i .ïiK, (8. Il Fig. et familièrement. Feu roulant de saillies, d'épigrammes, saillies et épigrammes qui étincellent et frappent comme fait un feu roulantdemousqueterie. || 6° Terme de marine. Boulet roulant, boulet qui n'est pas ensaboté. || 1' Terme d'imprimerie. Presse roulante, presse qui est en activité. Cette imprimerie a tant de presses roulantes. Dans la maison de Breitkopf, on voit habituellement dix à douze presses roulantes pour la musique, camus, Instit. Mém. lilt. et beaux-arls, t. v, p. 307. ||8' Terme de commerce. Fonds roulant, fonds destiné à faire face aux besoins courants. On distingua deux espèces de fonds : le premier, appelé constant, fut destinéà l'acquisition de tous les eiïets que l'ancienne compagnie avait en Europe et en Asie ; on donna le nom de roulant à l'autre, ratnal, Ilisl. phil. V, 3. Il 9" Fig. Qui roule sur, qui a pour objet. Tous ces discours sur l'amour seul roulants, boil. Sat. x. |{ 10° Qui fait entendre un roulement. Le tonnerre roulant.
f ROULE (rou-l'), s. m. Voy. rouleau, n° 20.
— ÊTYM. Le même qxiérôle, du lat. rotulus, rouleau, et radical de rouleau.
BOULÉ, Ce (roulé, lée), part, passé da rouler. Il 1° Qui a avancé en tournant sur soi-même. Un tonneau roulé jusqu'à l'entrée de la cave. || 1 erme de minéralogie. Se dit de roches, de cailloux qui ont été ballottés et arromlis par l'action des eaux; se dit aussi des coquilles. Des fragments de granit roulés, buff. Min. t. I, p. (83. Ces pierres arrondies, étrangères entre elles et au sol qui les porte, sont bien certainement roulées; elles sont même accompagnées du sable et du gravier qui complèlent la preuve de leur origine, Saussure, Voy. Alpes, t. v, p. )55, dans pouoens. Il 2' Qui est plié en rond sur soi-même. El j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, boil. Sat. m. {| En chirurgie, bande roulée, bande pliée sur elle-même en rond , pour les pansements. || Terme da botanique. Se dit des orga-
nes qui sont tourne* sur eux-mêmes, et quelquefois des feuilles qui se roulent par l'effet de la dessiccation. Il Koulé se dit d'une coijuille univalve dont la cAne spiral se contourne presque transversalement. Il 3* Terme de cuisine. Épaule roulée, épaule désossée et roulée en rouleau pour être ainsi bouillie. Il 4* Terme de forestier. Bois ruulé ou roulis, bois d'un arbre dont le coeur se forme comme en rouleau, et qui ne peut guère être employé au travail. Il B* S. m. Roulé de charbon, charbon qu'on tire d'un fourneau pour l'éteindre et le mesurer.
ROULEAU (rou-lô), ». m. || !• Cylindre don> l'axe est beaucoup plus long que le diamètre, et considéré comme pouvant rouler. Un rouleau de louis. Lâ-dessus M. de Soire prend un grand rouleau, et, se faisant aider i le dérouler, l'étend tout le long de la chambre et lui fait voir [à M. de Chauvry] qu'il remontait et finissait deux de ses branches par des télés couronnées, sfiv. 6u4. Au lieu de mettre sur une carte au pharaon cent setiers de blé, cent bœufs, mille moutons et deux cents sacs d'avoine, je joue des rouleaux d'or qui représentent ces denrées dégoûtantes, volt. l'Homme aux 4u écus. Désastre. Le poète arrive.... un rouleau sous le bras, dider. s. Térence. || Fig. Être au bout da son rouleau, avoir épuisé tous ses arguments; être à bout de ressources. || 2" Se dit d'une longueur de huit mètres de papier de tenture roulé sur lui-même. Ce papier coûte tant le rouleau. || 3° Se dit des manuscrits anciens, qui étaient formés d'une longue bande de parchemin ou da papier roulée sur un cylindre d'ivoire ou de bois. || Terme du moyen âge. Rouleaux des morts {roluli mor(uorum), rouleaux de parchemin par lesquels les communautés religieuses avaient l'habitude de communiquer la mort de leurs membres et de leurs bienfaiteurs à un grand nombre d'églises et spécialement aux maisons avec lesquelles elles avalent conclu des associations spirituelles. Il 4* Anciennement, nom donné au ruban de fil. Il 5* Terme d'architecture. Enroulement, volute des modillons et des consoles. || 6* Bande à demi-roulée, qui sort de la bouche des figures, ou qui entoura leur tête, dans certains tableaux du moyen âge, et sur laquelle on lit le nom du personnage ou les paroles qu'il est censé prononcer. || 7* Terme de numismatique. Petit cylindre que l'on voit, sur les médailles, dans la main des empereurs et des consuls du Bas-Empire, à partir d'Anastase. ||8° Un rouleau d'orgeat, de sirop de guimauve, etc. une fiole cylindrique contenant do sirop d'orgeat, de guimauvb, etc. Il 9" Cylindre de bois, de pierre, etc. servant i divers usages. || Bâton tourné dont les pâtiiisiers se servent pour étendre la pâte. || Morceau de bois tourné sur lequel on enroule une carte de géographie. Il 10" Terme d'imprimerie. Cylindre qui sert à étendre l'encre sur les formes. || 11° Instrument agricole composé d'un cylindre en bois, en pierre ou en fonte, uni ou armé de pointes et d'un timon et d'un axe destinés à le mettre en mouvement; instrument qui sert tantôt à briser les mottes, tantôt à tasser la terre ou même à battre les grains. || 12° Pièce de bois cylindrique qu'on place sous un corps pesant pour aider à son déplacement. Transporter un bloc de marbre à l'aide de rouleaux. |{ 13* Terme de charpente. Rouleau sans fin, espèce de machine fonctionnant au moyen de leviers. || 14° Terme de couvreur. Coussinet. Il 16° Masse de terre i potier mauiCe en cylindre. Il 16° Espèce de console d'or ou d'argent, qu'on met dans le corps des bagues || 17° Ensouple du métier de l'ourdisseur. || 18° Rouleau de plomb, table de plomb roulée sur elle-même. || 19° Terme de manufacture de tabac. Synonyme de rôle, n* t. Vente et distribution du tabac en feuille, corde, rouleau, parfumé et non parfumé, Arrêt du conseil, 29 juin (680. Il 20' Partie du corps d'un arbre destinée à être débitée en planches, dite aussi tronce, roule, billp, bil-
lon En rouleaux pour être débiles par les scieurs
de long, DRALET, Traité des forêts darbret résin. p. 20.1. il 21° S'est dit des coquillages qu'on nomme aujourd'hui volutes, ji 22° Genre de ser[)ents.
— HIST. XV* s. X ung charreter qui lut envoyé courant avecques une charrete au Plesseys quérir des roulleaux, pour charroier la cage.... Bibl. des chartes, 3' série, t. iv, p. 393. Un rooUeau d'argent doré pour eschauffer mains, db laborde, Ém. p. 487. |l XVI' s. Ce petit rouleau de parchemin s'appelle aussi bien scytale comme le rouleau de bois, AMYOT, Lysand. 36.
— ÊTYM. Diminutif de rôle ou roulle (voy. rôle); wallon, rôlai; Berry, ro/eou, roliau.
fl. ROULÉE (rou-lée), s. f. Terme populaire. Vigou^eu^e correction manuelle.
— ÊTYM. Rouler.
ROU
t ». ROUl-ÉE (roulée), ». /. Terme da pêche. Napi)e de filet dont on se sert pour prendre des lamproies dans la Loire.
f J. BOULfiE (rou-lée), i. f. En quelques provinces manière d'accommoder une épaule de mouton.
— HlST. xiv* s. Rouillce de bœuf, Uénagier, ti, 5.
— ÉTYM. Bouler.
t ROCLEFEU (rou-le-feu), i. m. Terme de marine. Cylindre de tôle contenant de la braise, pour sécher les entreponts.
ROOLEME.NT (rou-le-man), t. m. \\ i° Mouvement de ce qui roule. Le roulement d'une voiture »ur le pavé. || i° Roulement d'yeux, mouvement par lequel on tourne les yeux de côté et d'autre, en sorte que la vue parait égarée. Les roulements d'yeux de ce maniaque. || Il se dit d'un mouvement d'yeui où se voit de raftectalion. Ouelqua baissement de tête, un soupir mortifié, et deux roulements d'yeux rajustent dans le monde tout ce qu'ils [les faux dévots] peuvent faire, mol. le Festin, v, 2. Kt ses roulements d'yeux et son ton radouci N'imposent qu'à des gens qui ne sont pas d'ici , ID. Mis. I, 2. IIS" Terme de musique. Tons difTérents poussés d'une même haleine, soit en montant, soit en descendant. Un beau roulement de voix.|14° Bruit d'un ou plusieurs tambours que l'on bat à coups égaux et pressés, de sorte que le son semble continu i l'oreille. Faire un roulement. || 6° Il se dit du bruit continu du tonnerre , ou d'un bruit comparé i. celui du tonnerre. Le cri des aigles, le ramage entrecoupé de quelques oiseaux, et le roulement des torrents qui tombent de la montagne, 3. 3. Bouss. 5* promen. Déjà le tonnerre faisait entendre ses lugubres roulements, lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée du vallon, behn. de st-p. Chaum. ind. [Dans une chute d'acrollthes] ils entendirent tout à coup dans l'air un bruit de tonnerre extraordinaire, accompagné d'un roulement semblable à celui d'un grand feu dans une cheminée , biot, Inst. Mém. sciene. 1 808, 2' sem. hist. p. 240. À peine l'empereur avait-il passé le fleuve [Niémen], qu'un bruit sourd avait agité l'air ; bientôt le jour s'obscurcit, le vent s'éleva et nous apporta les sinistres roulements du tonnerre, SÊGOR, Hist. de Nap. iv, S. || 6° Fig. Terme de commerce. Circulation ordinaire des espèces. || Roulement de fonds, circulation rapide d'une certaine quantité d'argent. [) Fonds de roulement, fonds destiné à pourvoir aux dépenses courantes. {| 7° Fig. Action de se remplacer alternativement dans certaines fonctions, etc. Il se fait un roulement annuel dans les tribunaux entre les chambres dont ils sont composés. Il 8" Terme de métallurgie. Campagne d'un fourneau, temps que dure le travail depuis la mise en feu jusqu'à la cessation.
— HIST. XV* s. Heureux.... qui se laisse mollement rouler aprez le roulement céleste! mont. Ili, 84.
— ÊTY.M. Rouler.
ROCLER (rou-lé) , v. a. || 1° Faire avancer une chose en la faisant tourner sur elle-même. Rouler des pierres du haut d'une montagne. Rouler une boule. N'examinons donc plus la justice des causes. Et cédons au torrent qui roule toutes choses, cosN. Pomp. 1, I. De même que.... les rivières qui arrosent la surface de la terre ont toutes cela de commun qu'elles viennent d'une petite origine; que, dans le progrès de leur course, elles roulent leurs flots en bas par une chute continuelle.... boss. Gorn. De ces flots confondus [une foule] le flux impétueux Rouleet dérobe Égistheetsamèreà mes yeux, VOLT. If^r. V, 8. Les dehors [de Larisse] sont embellis par le Pénée, qui roule auprès de ses murs des eaux extrêmement claires, barthél. Ànach. ch. 36. Ces pas, ces voix, ces cris, cette rumeur immense Seront déjà rentrés dans l'éternel silence; Les générations rouleront d'autres flots, lamart. Barm. 1, 10. Il [le fleuve] va, grand, mais troublé, déposant un vain nom , Rouler au sein des mers sa gloire et son limon, id. 16. 11, <2. Là, pour marquer la place où vous m'allez coucher, Roulez de la montagne un fragment de rocher, m. 16. m, 2. Il 1* Populairement. Rouler carrosse, avoir un carrosse à soi. Je devrais faire dans Paris une autre figure ; je devrais rouler carrosse, ma chère dame, LESAOE, Turcarel, iv, 12. || Mme de Genlis, Hétn. v, p. »i,édit. de «825, a blâmé rouler carrosse comme une expression née dans la Révolution ; cette expression est bien plus ancienne. || Rouler un tour, deux tours, faire, en tombant, un, deux tours sur soi-même. Si quelqu'un m'assurait que je ne me ferais point de mal [en versant], je ne haïrais pas à rouler quelquefois cinq ou six tours dans un carrosse ; cette nouveauté me divertirait, sEv. 1 1 août
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<87<. Il Rouler un étage, tomber du haut d'un étage en roulant de degré en degré. Ce garçon qui est tout froissé, qui a roulé un étage, je m'étonne qu'il ne soit pas au lit, uariv. le Legs , se. u. || Fig. Rouler doucement sa vie, passer sa vie dans une fortune médiocre. || Rouler sa vie comme on peut, mener une vie assez pauvre , assez malheureuse. Il 3° Rouler les yeux, les tourner de côté et d'autre avec violence ou afTectalion. Il mange haut et avec grand bruit, il roule les yeux en mangeant, la BBUY. XI. Roulant tour à tour surles objets qui l'environnent des regards troublés et confus, où l'amour et la haine, l'indignation et la pitié se combattent et se succèdent, maruontel, Cent. mor. Lausus et Lydie. || 4° Rouler sa voix, faire des roulades, des roulements de voix. L'un [chat] miaule en grondant comme un tigre en furie; L'autre roule sa voix comme un enfant qui crie , boil. Sal. vi. Il 8° Fig. Agiter en diverses manières quelque chose en son esprit. Des rivaux de Léon il est le plus jaloux, Et roule des projets qu'il ne dit pas à tous, CORN. Pulc/i. II, 3. Il prenait des mesures secrètes pour le grand dessein qu'il roulait dans son esprit, rollin, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 333, dans pouGENS. Le cœur plein de ressentiment, et roulant dans son esprit mille projets de vengeance, LESAGE, Diabl. boit. 6. Je roulais dans ma tête une épitre à l'humanité, volt. Lett au Pr. roy. de Pr. octobre ("38. || 6" Plier en rouleau. Bouler un tableau , une carte de géographie, une pièce d'étoffe. Mais sous l'aquilon qui les
roule [les nuages] En mille plis capricieux
LAMART. Harm. i, )0.|lEn chirurgie, rouler une bande, la plier en rond sur elle même. || Rouler une bande autour d'un membre, recouvrir en spirale de tours de bande une partie. |1 7* Arrondir le plomb dans le moulin, en l'y remuant avec vitesse. || 8° Fig. et populairement. Duper, mystifier , battre. Notre homme fut si bien roulé qu'il ne reparut plus. Toute une révolution s'était faite dans le goût public; le bourgeois, longtemps roulé par le rapin , l'avait roulé à son tour, AS- SELIKEAU, Uélang. tirés d'une petite bibliolh. romantique, p. *o. Il 9° Y. n. Avancer en tournant sur soi-même; se dit au propre d'un corps rond comme une roue, un cylindre, qui s'avance sur un plan, et, au figuré, de tout ce que l'on y compare, comme les eaux qui cheminent, la vie qui passe, etc. L'abondance des pleurs roulant sur mon visage A fait évanouir cette funeste image, tristaw , M. de Chrispe, m, i. Tellement qu'il [le sang dans les artères] est forcé , par le nouveau sang qui survient sans ces.se, d'aller toujours en avant et de rouler sans fin par tout le corps, boss. Connaiss. 11, 8. Tous les hommes commencent par les mêmes infirmités; dans le progrès de leur âge, las années se poussent les unes les autres comme des flots ; leur vie roule et descend sans cesse à la mort par sa pesanteur naturelle, id. Gornay. L'autre esquive le coup, et l'assiette volant S'en va frapper le mur, et revient en roulant, boil. Sot. m. Un torrent débordé, qui, d'un cours orageux, Roule , plein de gravier, sur un terrain fangeux, id. Art p. i. [Deux champions frappés par un infortiat] .... du bois et des clous meurtris et déchirés , Longtemps loin du perron roulent sur les degrés, ID. Lutr. v. Noricus à ses pieds roule en se débattant , saurin, Spartacus, V, 9. Déjà dans les chemins les cailloux commençaient à rouler après moi, lancés cependant encore d'un peu trop loin pour pouvoir m'atteindre, J. J. Rouss. Confess. xii. Pour Julie, je remarquai que les larmes lui roulaient aussi dans les yeux , mais qu'elle n'osait pleurer de peur de nous alarmer davantage, id. Hél. vi, n. Ainsi l'ancre s'attache où paissaient les troupeaux, Ainsi roulent des chars où voguaient des vaisseaux, delil. Hom. des ch. m. Mais quand le char funèbre a roulé dans la ville, M. I. CHÉN. Tibère, 1, 3. Tandis que la foule Autour de lui roule, Satan joyeux foule L'autel et la croix, v. hugo. Odes, la Ronde du Sabbat. Il U fait beau rouler, le chemin est uni, commode pour les voitures, pour le charroi. || Nous roulâmes toute la nuit, nous fîmes route en voiture durant toute la nuit. || 10° Terme d'imprimerie. Une presse roule lorsqu'elle est en pleine activité. || Fig. Faire rouler la presse, faire imprimer des ouvrages. Il 11° Il se dit du ràouvement circulaire apparent du ciel et des astres. Le soleil roule dans les cieux d'un mouvement éternel, boss. i*' serm. Conception, 1. Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler et le monde rouler autour de vous, id. le lellier. Ju-
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piter et Saturne roulent dans ces espaces immenses, volt. l'Ingénu, ]i.|| 12° Il se dit de portes qui tournent. D'un formidable bruit le temple est ébranlé, Tout à coup sur l'airain ses portes ont roulé, c. dela v. Vêp. sicil. v, 2. En effet, des cachots la porte à grand bruit roule, v. hugo, Odes, i, 1. 1| 13° Il se dit du mouvement violent et égaré des yeux. Les yeux lui roulaient dans la tête. Toutes ses grâces étaient effacées : ses yeux éteints roulaient dans sa tête et jetaient des regards farouches, fén. Tél. vm. Il 14° Terme de marine. En parlant d'un navire, se mouvoir de droite à gauche et de gauche à droite, autour de sa quille , de telle façon que les deux plans s'immergent alternativement. Ce vaisseau roule beaucoup. || Nous roulâmes toute la nuit, notre vaisseau roula toute la nuit. || 15° Terme de manège. Rouler à cheval , éprouver des déplacements sur le cheval , bien qu'il ne fasse que des mouvements très-ordinaires. || 16° Errer sans s'arrêter. En toutes les neuf années suivantes, je ne fis autre chose que rouler çà et là dans le monde , tâchant d'y être spectateur plutôt qu'acteur en toutes les comédies qui s'y jouent , dksc. Meth. m , 6. || Fig. Alors, de son destin sentant toute l'horreur, Son cœur tumultueux roule de rêve en rêve, d bulle , Imag. iv. || 17° Passer, en parlant du temps, de la vie. Douze lustres et plus ont roulé sur ta vie, la font. Pues. mêl. lxix. Un philosophe vous dira en vain.... que vous vous êtes assez vus rouler vousmêmes et passer avec le monde, bo ss. le Tellier. Il 18° Il se dit des bruits qui se prolongent. Chemin faisant, nous crûmes entendre rouler le tonnerre, BERN. DE st-p. PouI et Virginie. Les bruits majestueux qui roulent Du sein orageux des cités, lamart. Harm. i, <o. Ces accents, ces soupirs animés par la foi. Vont.... Roulant de monde en monde, Retentir jusqu'à toi [Dieu], id. ib. 1. 2. Il Roulez, tambours! commandement de battre le tambour. Il 19° En parlant des choses, des événements, aller. Pensez-vous faire croire, à voir comme tout roule , Que votre seul mérite attire cette foule?MOL. Ifi's. m, 6. || Î0° Fig. Rouler sur l'or et sur l'argent, être fort riche. Pourquoi I cette demande est bonne , maintenant Que vous allez rouler dessus l'argent comptant, begnabd, le Bal, <3. Tu paraissais bien moins compatissant, Quand tu roulais sur l'or et sur l'argent, volt. Enfant prod. m, '2. Il L'argent roule dans ce pays, l'argent circule dans le commerce , il passe fréquemment d'une main à l'autre. Qu'on juge du peu d'argent qui roulait dans un royaume tel que la France, VOLT. Mœurs, 84. U n'est point de ces magnifiques seigneurs qui d'un trait de plume peuplent Paris d'un million d'habitants, et vous font rouler quinze cents millions d'espèces sonnantes dans le royaume, lu. l'Homme au quarante écus, Lett. La vente de la royauté est devenue en Pologne la plus grande source de l'argent qui roule dans l'État, id. Mœurs, H 9. || L'argent roule dans cette maison, l'argent y est en abondance. On voit rouler chez vous tout l'or de la Castille, Chapelain décoiffé, dans les œuvres de Boileau. L'argent y roule, et on commence à en convenir, maintenon, Lelt. à d'Aubigné, 7 avril 1685. Je ne m'étonne plus si céans l'argent roule. Et si des emprunteurs il attire la foule, DESTOLiCH. Dissip. 11, 4.|121° Fig. Être agité par l'esprit. Cent sortes de chagrins me roulent par la tête, mol. le Dép. 11, 6. Assurément quelque chose d'extraordinaire lui roule dans l'esprit, boursault, Lett. nouv. t. 11, p. 4I8, dans pou- GENS. Pendant que ces pensées roulaient dans mon esprit, FÉN. Tél. 11. Déjàdans mon cerveau roule un épitlialame, piron, Métrom. 11, M. || 22" Fig. Avoir pour sujet, pour objet, pour base. Vous êtes si vive au milieu de nos cœurs, ma chère fille, et toutes nos actions, nos pensées roulent si fort sur vous.. sÉv. 22 déc. 4 688. Toutes les conversations avec son Éminence [Retz] qui ont toujours roulé sur dire que vous aviez de l'aversion pour lui.... voilà ce qui cause ses agitations, et sur quoi roulent toutes ses pensées, id. d Mme de Grignan, t. v, p. 617, éd. Régnier. Elle [la réforme] roulait principalement sur deux points, sur celui de la justification et sur celui de l'eucharistie, boss. Var. u, t. Comme la religion et le gouvernement politique sont les deux points sur lesquels roulent les choses humaines, id. Hist. Dessein général. Les affaires qui roulent sur l'argent ont toujours quelque chose de sale, maintenon, Lett. à d'Aubigné, 25 juin 1684. Il y a peu de règles générales et de mesure» certaines pour bien gouverner; Ton suit les temps et les conjonctures, et cela roule sur la prudence et sur les vues de ceux qui régnent, la bbuï. x.
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Let eritlquei qui se font aux enTers doivent Sire plus solides, Il faut qu'elles roulent sur les choses et non pas sur les mots , font. Jug. de Plut. Qui de nous, à juger des mœurs anciennes par les nôtres , s'attendrait à voir rouler les propos de table parmi de grands guerriers, non-seulement sur des affaires de politique, mais sur des matières d'érudition? rollin, Uist. ane. Œuv. t. vu, p. S90, dans pougens. Nos mœurs jusqu'ici n'ont peut-être roulé que sur ces tristes alternatives do repentir et de crimes , mass. Carême, Inconst. Si cette incertitude ne roulait que sur l'heure, sur le lieu ou sur le genre de votre mort, lo. Carême, Mort. Il y a quatre éjiUrcs de faites; voilà les deui prcmibres : l'une roule sur l'égalité des conditions; l'autre, sur la liberté, volt. Lelt. au Pr. roy. de Pr. 23 janv. t738. L'ancien adage : On ne doit appeler personne heureux avant la mort, semble rouler sur de bien faux principes, id. Dict. phil. Heureux. Son chant [d'un oiseau] n'est ni varié ni brillant, il ne roule que sur quatre ou cinq notes, BUPF. Ois. t. X, p. 12. La conversation ne roula d'abord que sur des choses absolument indifférentes, GENi.is, Vaux téméraires , t. m, p. 5, dans POUGENS. Il Tout roule là-dessus , c'est là le point principal , l'affaire principale dont tout le reste dépend. Tout roula sur ce point, SÉV. 403. En promettant de tout définir, on a seulement oublié les mots sur lesquels on convient que tout roulait, Boss. Pré[. sur Vinstr. de M. de Cambrai, iv, 44. Il L'affaire roule sur lui , il en est principalement chargé, ou il y a la principale influence. M. le Duc pleura ; c'était sur Valel [qui venait de se tuer] que roulait tout son voyage de Bourgogne, sÉv. 28 avr. 1671. N'aviez-vous pas Tortenson, Bannier et le duc de Weimar, sur qui tout roulait? FÉN. Dial. des morts mod. Richelieu, Oxenstiern. Les grandes affaires qui avaient roulé sur lui, HAiBAN, Élog. du cardin. de Polignac. C'est sur lui [le bœuf] que roulent tous les travaux de la campagne, uuff. Quadrup. t. i, p. (84. || Tout loule sur lui dans cette maison, il y est chargé de toutes les affaires. Je vois avec plaisir que tout roule sur moi, et qu'à tous les instants je suis nécessaire, montesq. Lelt. pers. 9. |i23° Fig. Avoir alternativement un service à faire , une fonction à remplir, en parlant de personnes qui se remplacent. Le roi a r^^glé que, partout où il y aura plusieurs maréchaux de France, l'ancien commandera, sans rouler avec les autres, comme on l'avait fait jusqu'ici , pellisson , Letl. hist. t. ii , p. 384. Un jour que Varron commandait, car le commandement roulait de jour à autre entre les deux consuls, tout se prépara au comliat des deux côtés [bataille de Cannes], rollin, Uist. anc. Œuvr. t. i, p. 4:î3, dans pougens. Ces maréchaux en second n'étaient proprement à l'armée que des lieutenants généraux qui ne roulaient point avec les autres, ST-S)M. c, 70. Il 24° Fig. et familièrement. Subvenir à ses dépenses. Pour l'argent, mon frère en veut bien payer 2000 livres.... après cela, roulez doucement; on ne prétend pas que vous diminuiez ce qui est essentiel, boss. Lett. quiêt. 3U6 (à son neveu, à Rome). Mon père.... En mourant me laissa, pour rouler et pour vivre , Un revenu léger et son exemple à suivre, ioil. Ép. v. Il ne laissa pas de rouler encore, tant par le crédit qu'on lui fit, que par quelques pistoles qu'il emprunta, LESAGE, Diable boit. 20. Ces sortes de poèmes entraînent la multitude, entretiennent le luxe des comédiens, et font rouler tout doucement les auteurs, ID. Cil Bl. II, 9. On s'accoutume, on roule, et l'on pousse la vie; On va, l'on vient, on voit, on babille, on se plaint, lachaussée, Préj. à la mode, V, 3. Il Le revenu de sa terre, de son emploi roule, bon ou mal an, entre telle ou telle somme, il monte i une somme moyenne entre telle et telle somme. Il 25° Circuler, être répandu. Il y a un mois que la défaite de M. de Schomherg roule en ce pays.... on la croit fausse, sÉv. 26 oct. (689. || 26° Se rouler, V. rêft. Se tourner de côté et d'autre étant couché. De rage et de douleur le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant , Se roule, et leur présente une gueule enflammée, bac. Phèd. V, 6. Je me roulais de désespoir sur le sable du rivage comme un insensé, fén. Dial. des morts anc. Achille, Chiron. Ils se roulaient dans la poussière, déchirant leurs habits, et ne s'expliquant que par des gémissements et des sanglots entrecoupés, BOLLIN, Hist. anc. Œuv. t. i", p. 533. 11 fut blessé en plusieurs endroits, et même renverse par le loup, avec qui il se roula longtemps sur la terre, MARiv. Pays. parv. 4* part. Us [les lutteurs] se dé-
pouillèrent de tout vêtement, et, après s'être frottés d'huile, ils se roulèrent dans le sable , afin que leurs adversaires eussent moin.s de prise en voulant les saisir, barth^.l. Anach. ch. 36. Quand il s'est dans ses nœuds roulé comme un reptile, V. HUGO, Orientales, Jfax(>ppa. || Fig. H se roule dans ses propres horreurs; il se tourmente, il s'agite pour fuir la mort qui le saisit, mass. Àvent, Mort du péch. || Proverbe. l'ierre qui roule n'amas-se pas de mousse, il faut être constant dans une profession pour y faire fortune.
— HIST. XIII* s. (Sisyphe] Ou rolera la mole à terre De la roche, et puis l'ira querre, Kt de rechief la rolera, Ne jamès jor ne cessera, la Rose, 10495. Celé nuit sejornerent François en la cités, Si ont burnis les elraes, les haubers ont rollés, Ch. dAnt. ni, 684. || xv« s. Ha! ribault, es-tu là? tu me fais desplaisir, mais je te roUerai [battrai], nu CANGE, roiila \\ xvi* s. Mon Daurat, nos ans coulent Comme les eaux qui roulent D'un cours sempiternel, BONS. 482. Pour bien bander, il faut que la bande soit roulée estroittement, paré , xii , 2. La force de tout conseil gist au temps; les occasions et les matières roulent et changent sans cesse,
— fiTYM. Bourguign. rôlai; wallon , r6U; Berry, roler, roller; provenç. rolar, roilar ; catal. rotolar ; espagn. roilar; portug. rolar ; ital. rotolare ; du bas-lat. rotulare; du lat. rolulus (voy. rôle). Il y avait aussi un verbe mêler, roeler, de même sens : L'anrae de tes enemis iert [sera] ruelée e turnée cume la pierre de frunde. Rois, p. 100. Mais celui-ci a une autre origine, à savoir rolella, petite roue, d'où rouelle et rueler, roeler.
I ROULET (roulé) , s. m. Fuseau de bois pour fouler les chapeaux.
1. ROULETTE (rou-lè-f), s. f. \\ 1» Petite roue ou petite boule de bois, de fer, etc. fixée au pied d'un lit, d'un fauteuil, d'une machine quelconque, et servant à les faire rouler. Un lit à roulettes. Les roulettes d'un fauteuil. J'ai vu de très-gros livres sous lesquels on avait mis des roulettes, lesné, la Reliure, p. (39. Il Fig. et familièrement. Cela va comme sur des roulettes, cette affaire marche facilement, sans obstacle. || 2° Roulette d'enfant, machine roulante qui est une planche percée à son milieu et portée sur quatre pieds et quatre roulettes; l'enfant est placé dans le trou, debout, ne pouvant tomber, et il marche en faisant rouler la machine. Il 3° Petit lit fort bas qu'on peut mettre sous de grands lits. Hi» Voy. vinaigrette, chaise à porteurs. Il 5° Petite roue de fer dentelée, à l'usage du cirier et du pâtissier. || 6° Terme de reliure. Tout fer qui a la figure d'une roulette, et qui sert à pousser de simples filets ou des dessins plus ou moins variés. || 7° Petite roue à l'usage de l'imprimeur sur porcelaine et sur faïence. || 8° Instrument dit aussi marguerite, employé pour assouplir les cuirs. Il 9° Marteau du tailleur de pierres à fusil. || 10° Curseur d'un métier à bas. || 11° Terme de géométrie. Roulette ou cycloîde, chemin que fait en l'air le clou d'une roue, quand elle roule de son mouvement ordinaire, depuis que ce clou commence à s'élever de terre, jusqu'à ce que le roulement continu de la roue l'ait rapporté i terre, après un tour entier achevé; supposant que la roue soit un cercle parfait, le clou un point dans sa circonférence, et la terre parfaitement plane, pasc. Hist. de la roulette. Le feu P. Mersenne, minime, fut le premier qui la remarqua environ l'an (6I6, en considérant le roulement des roues, ce fut pourquoi il l'appela roulette, m. ib. \\ 12° Bécassine. || 13° Genre de coquilles univalves établi par Lamarck. || 14° Nom, à Rouen, d'un petit pain au lait.
— ÈTYM. Féminin de roulet, qui est un diminutif de l'ancien roule, qui signifiait rouleau (voy. rôle); wallon, rôlett.
2. ROULETTE (rou-lè-f), s. f. Jeu de hasard qui se joue sur une table, avec une petite boule, poussée le long d'une rigole; d'oii, sortant entre diverses petites buttes contre lesquelles son mouvement la fait heurter, elle va se rendre dans un des portiques noirs ou blancs, qui font gagner s'ils sont de la couleur de la boule, et perdre s'ils n'en sont pas. Mme de Vaudemont fut avec le roi voir la roulette où Mme la duchesse de Bourgogne allait, ST-siM. (78, 127.
— ËTVM. Rouler, à cause que les boules roulent sur la table.
ROULEUR (rou-leur), s. m. || V Celui qui roule les tonneaux. Déchargeurs, routeurs et chargeurs de tonneaux, pour leurs droits sur les vins d'étape, Déclarât. 22 oct. (7(5, Tarif. On inventa la dignité
des conseillers du roi rouleurs de vin, volt. Louis XIV, 30. Il V Ouvrier qui transporte dans une brouette la terre préparée pour fair» des briques. Il Ouvrier employé au transport du minerai. On parviendrait, avec 200 piqucurs et (00 rouleurs, i extraire (2 000 tonnes de minerai brut, Jfom(. uni». 22 et 23 avril (867, p. »»7, 6* col. ||3° Terme de marine. Vaisseau qui a du roulis plus qu'un autre. Un gros rculeur, un vaisseau qui a beaucoup de roulis. Il Grand ruuleur, grand marcheur, un navire qui, avec beaucoup de roulis, a une marche rapide. Il 4° Celui dont la fonction consiste i présenter les ouvriers aux maîtres qui veulent les embaucher et à consacrer leur engagement. || Adj. Ouvrier rouleur, ouvrier qui travaille tantôt dans un atelier, tantôt dans un autre. || 6* Nom de plusieurs inseo tes qui roulent les feuilles de la vigne, du peuplier, etc. Le rouleur s'est mis dans nos vignes. \\6' S. m. pi. Famille de lépidoptères nocturnes, ceux dont les ailes sont roulées autour du corps, ou très-inclinées dans l'état d'inaction de l'animal.
— Etym. Rouler.
ROULEUSE (rou-leû-r"),». f. Nom d'une chenille qui fait prendre aux feuilles la forme d'un tuyau cylindrique ou conique; c'est là qu'elle file sa coque.
— ÉTYM. Rouleur.
ROULIKR(rou-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l't se lie : des rou-lié-z attardés), ». m. Voiturier par terre, qui transporte les marchandises sur des chariots. || Adj. Qui a rapport au roulage, au roulier.
— HIST. xvi' s. Eumenes estoit filz d'un roulier, qui pour sa pauvreté se mesloit de voitures ea la demy-isie de Thrace, amtot, Eum. t.
— ÊTYM. Rouler.
t ROULIERE (rou-liè-r'), t. f. Blouse des rouliers ou des conducteurs de grosses messageries.
— ÊTYM. Roulier.
ROULIS (rou-lî), s. m. || 1° Terme de marine. Agitation d'un vaisseau qui penche alternativement à gauche et à droite. La moitié des passagers affaiblis, expirants de ces angoisses inconcevables que le rouUs d'un vaisseau porte dans les nerfs et dans toutes les humeurs du corps agitées en sens contraire, VOLT. Candide, (6. Comme sur l'océan la vague au doux roulis.... lamart. Harm. 1, 5. || Par extension. On entend les gémissements des malades et le roulis des caisses et des meubles qui se heurtent dans les flancs du brick, lamart. Voyage en Orient, 3i avril (833, Départ de /a/pi. || Roulis au vent, se dit lorsqu'on s'incline du côté du vent Il 2° Roulis d'yeux, s'est dit comme roulement d'yeux. Mme d'Alègre me prenait les mains, et, les appuyant sur mes genoux avec des roulis d'yeux : Tout cela, monsieur.... ST-sm. «75, (00.
— f.TVM. Rouler. Roulis ou roullit se trouve dans les anciens textes, mais avec le sens de rouleau.
ROULOIR (rou-loir), s. m. || 1* Outil de cirier, qui sert à rouler sur une table les bougies et les cierges. || 2* Cylindre pour effacer les plisderla toile. Il 3° Rouleau d'un métier à bas, sur lequel l'ouvrage s'enroule à mesure qu'on le fabrique.
— ÊTYM. Rouler.
fROULON (rou-lon),t. m.\\l' Chacun des petits barreaux d'un râtelier, lorsqu'ils sont tournés. Il 2° Petits cylindres en bois, placés verticalement, et qui remplacent, dans certaines voitures, les planches de côté. Bois de charronnagc.... pour une voie composée de 52 bottes de roulons de quatre pieds de long, venant par eau, Déclar. 22 oct. (715, Tarif. \\ 3° Petit balustre des bancs d'église.
— ÉTYM. Rouler; provenç. rutlo, rutlon. On trouve dans les anciens textes roullon, mais avec le sens de roulette.
\ ROULOTTE (rou-lo-f), s. f. Terme d'argot. Voleurs à la roulotte, nom donné aux vuleurs qui cherchent à dévaliser les voitures de roulage, celles qui sont chargées de colis, etc.; ainsi dits, parce que, en .Trgot, une voilure se dit roulotte, de rouler.
t ROULOTTIER (rou-lo-tié), s. m. Terme d'argot. Synonyme de voleur à la roulotte.
t ROULURE (rou-lu-r'), *. (. \\ 1° ÉUl de ce qui est roulé sur soi-même. La roulure des feuilles de bois scié au sortir de la machine. || 2° Terme rural. Maladie des arbres qui consiste dans la séparation entière ou partielle (ie leurs couches ligneuses. Les arbres, restant isolés, se trouveraient exposés à la roulure, à la gelivure et aux ravages du ver noir, DRALET, Traité des forêts d'arbres résineux, p. 1 3». Il 3* Nom sous lequel on a désigné parfois le genre cadran, univalves.
— ÊTYM. Rouler.
t ROUMAIN, AINE (rou-min, mô-n") , adj. Qui appartient aux Principautés danubiennes, jl S. m.
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Le roumain, langue de ces principautés; c'est un idiome néo-latin.
t ROUPB (rou-p'), s. f. Sorte de blouse en drap fendue par devant, dont se servent surtout les bergers transhumants (DrCme).
— ÉTYM. Ane. portug. roupa; espagn. ro'pa; le même que le français robe.
t. ROUPIE (rou-pie), s. f. Humeur qui découle des fosses nasales, et qui pend au nez par gouttes. La jeune paysanne crache sur son menton; elle a au nez une roupie gluante qu'elle essuie avec sa manche, FâN. t. xix, p. 6.
— HIST. xm' s. Meuz [mieux] vaut rubye par b, Ke ne fet rupie par p ; Se bourse eOst taunt de rubies Cume li nez ad de rupies. Riche sereit....
WALTER DE BIBLESWORTH, dans PALSGRAVE, p. Ï8.
Il XVI* S. Frère Jan, oustez ceste roupye qui vous pend on nez, rab. i, 4u. Une multitude de singes cornus.... lesquels ont toujours la roupie au bout du nez, comme nouveaux mariés, alcrippe, Nouv, fabrique des excellents traits de vérité, p. 35.
— ÉTYM. Berry, ruiche, rouiche; poitev. ruise ; bas-lat. ropi'do, dans un texte du iiv'siècle. Origine inconnue.
2. KOCPIE (rou-pie), *. f. Monnaie des Indes orientales. La roupie d'or des Indes vaut environ Ï8 fr. 70 c; celle de Perse, 36 fr. 76 c. Les roupies d'argent varient de 2 fr. 36 c. à 2 fr. 75 c.
— ÉTYJI. Persan, roûpieh, qui vient du sanscrit rùpya, argent.
ROUPIECX, EUSE (rou-pi-eû, ed-z'), odj. Qui a souvent la roupie au nez.
— HIST. xin" s. Il devient froit et sec, i)areux et roupieux, j. de meuno, Test. )8i.
— ÉTYM. Roupie I.
t ROUPILLE (rou-pi-ir, Il mouillées), s. f. Sorte de manteau dont les i;spagnols s'enveloppaient pour dormir. La transmontaine faction A fait, par subtil monopole. Du manteau de religion Une roupille à l'espagnole, le Miroir du temps passé, 1625.
— HIST. XVl' s. Roupille, COTORAVE.
— ÉTYM. Espagn. ropilla, dimin. de ropo, roupe (voy. ce mot).
ROUPILLER (rou-pi-llé, II mouillées, et non roupi-yé), V. n. Sommeiller à demi. Il roupille après son dîner. |{ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il Activement. Apres avoir bu deux coups d'une main et autant de l'autre, je vais chercher à roupiller un somme dans le jardin à la belle étoile, comte DE CATLUS, Uist. de K. Guillattme, Œuv. t. x, p. 50.
— ÉTYM. Dérivé de roupiIIe,'casaque : s'envelopper dans sa casaque et dormir.
ROUPILLEUR, EUSE (rou-pi-IIeur, lleûz'. Il mouillées, et non rou-pi-yeur), s. m. et f. Celui, celle qui a l'habitude de roupiller. C'est un vieux roupilleur.
— ÉTYM. Roupiller.
t ROUPT (rou), adj. m. Ancien terme de mathématique. Nombre roupt, fraction.
— HIST. ivi" s. Je voudrais aussi que nostre architecte fust prompt à entendre les nombres roupts, appeliez des mathématiciens fractions, pu. de l'orue, 2* livre de l'architecture, Prologue.
— ÉTYM. Lat. ruptus, rompu, de rumpere (voy. rompre).
t ROUQUE (rou-k.'), t. m. Nom donné quelquefois à des individus qui, dans les académies de jeux, font profession de prêter de l'argent. Là les rouques se rassemblent les soirs pour fumer, pour boire, et pour s'éprouver les uns contre les autres, c'est-àdire pour tâcher de s'entr'enlever les profits de la journée ; or ces rouques sont proprement ce qu'on appelle capons ou piqueurs en France; gens qui portent toujours de l'argent pour en offrir à ceux qui perdent au jeu, moyennant une rétribution qui n'est rien pour les joueurs et qui ne va qu'à deux pour cent à payer le lendemain, bauilt. Gramm. zi.
— ÉTYM. Angl. rook, fripon.
t ROUQUET (rou-kè), t. m. Lièvre mâle.
ROURE (rou-r'), t. m. || 1* Voy. rouvre. Il 1° Roure des corroyeurs, le rhut coriaria, térébinthacées, ou sumac.
t ROUSSABLE (rou-sa-bl'), *. m. Atelier où l'on fume les harengs.
t ROCSSAILLE (rou-sâ-ll', II mouillées) , s. f. Toute espèce de roussailles, c'est-à-dire de poissons qui n'arrivent jamais k une grosseur considérable, CENLis, Uaison rutt. t. m, p. «o7, dans pougens.
t ROUSSANNE (rou-sa-n'), t. f. Cépage de la Drfime, dit roussette dans l'Ardèche; il sert à la fabricalion du vin blanc do l'Ermitage.
t ROCSSARU (rou-sar), t. m. Espèce de pigeon. Il Métis du faisan commua et du faisan doré. || Sorte
ROU
de grès roussâtre. 1| S. /. Roussarde, espèce de carpe.
— ÉTYM. Dérivé de roux.
ROUSSATRE (rou-sà-tr'),od;. Tirant sur le roux. Un poil roussâtre. Les couvertures inférieures de la queue et des ailes [du rossignol] d'un blanc roussâtre, plus roussâtre dans les mâles, buff. Ois. t. IX, p. <oo. Il S. m. Espèce de tortue d'eau douce.
— ÉTYM. floux, avec le suffixe dire.
t ROUSSE (rou-s'), s. f. \\ l» Nom vulgaire d'une couleuvre et d'une grenouille. {{ 2° En argot, la roiisse, la police.
ROUSSEAU (rou-s6), s. m.\\ !• Homme qui a les cheveux roux. Tu as l'air d'un vilain rousseau [Caton] ; du moins, je crois que tu l'as été dans ta jeunesse, fén. t. xix, p. 278. {| Adj. D'ailleurs le meilleur jouvenceau , Qui jamais ait été rousseau, SCABR. Virg. vil. Il 2° 5. m. Kspèce de pigeon. Il 3" Nom donné au tourteau, crabe.
— HIST. XV' s. Car li serpent plains de desloiauté, Roussiaulx et fel, quant il se voit garis.... e. desch. Poésies mss. t° ». j| xvi* s. Le rousseau bien fâché S'en vint à la rousselle , st-gelais, 40. Ce faulx rousseau Porcius aux yeux pers, Qui harassoit et mordoit tout le monde, amyot, Caton, 2.
— ÉTYM. Dimin. de roux: roussel, rousseau; wallon, rossci. Roussel se trouve avec le sens d'une sorte de garance.
t ROCSSÉE (rou-sée), s. f. Raie bouclée. On dit à Rouen ruchon.
t ROUSSELAN (rou-se-lan), s. m. Un des noms vulgaires du fringilla laponica , granivores, dit aussi grand montain et passerine grand montain; c'est la passerine laponique de Vieillot, legoarant.
ROUSSELET (rou-se-lè), s. tu. || 1° Variété de poire qui a la peau rougeâtre, où l'on distingue surtout le rousselet de Reims. || 2° Cépage des Bouches-du-Rhdne. || 3° Espèce de champignon du genre agaric.
— ÉTYM. Dérivé de roussel ou rousseau, qui dérive de roux; génev. poire rousseleUe.
t ROUSSELINE (rou-se-li-n'), s. f.\\ i' Nom donné par Buffon (Ois. t. ix, p. 86) à l'alouette des marais, parce que la couleur dominante de son plumage est un roux plus ou moins clair. || 2" Variété de poire.
t ROUSSEROLLE (rou-se-ro-l'), s. f. Sous-genre du genre fauvette désignsuit surtout le sylvia turdoides de Temminck.
t ROUSSET (rou-sè), s. m. Espèce de sarigue. Il Espèce d'agaric.
— ÉTYM. Diminutif de roux. Roussel se trouve comme adjectif : pain rousset.
t ROUSSE- TÊTE (rou-se-tê-f), s. f. Espèce de fauvette d'Afrique.
ROUSSETTE (rou-sè-f), t. f. \\ 1° Variété de poire, dite aussi roussette d'Anjou , besi de quessoy , ou simplement quessoy, attendu qu'elle tire son origine de la forêt du Quessoy, département des Côtes du Nord, legoarant. || 2- Voy. roussanne. Il 3° Espèce d'agaric (l'agaric controversé). || 4" Nom d'un genre de sélaciens dans lequel on distingue : la grande roussette, qui a fait partie des squales de Linné ; elle est au.ssi appelée absolument roussette et chien marin ou chien de mer [scyllion canicula] ; la petite roussette connue encore sous les noms de rochier ou rocher, chat rochier, chat des rochers, parce qu'elle se plaît entre les rochers {scyllion catula). La peau des roussettes sert aux menuisiers et aux ébénistes pour user et polir la surface des bois durs, fourcroy, Conn. chim. t. x, p. 330. Il 5° Ancien nom du genre de chiroptères, chauves-souris, appelé maintenant ptérope. || Grande chauve-souris, appelée aussi rougette {ptérope ru- Èn'cal). Il 6° Un des noms vulgaires de l'accentor modulaire, dit aussi fauvette des bois.
— ÉTYM. Dimin. de roux.
ROUSSEUR (rou-seur), I. f. \\ 1* Qualité de ce qui est roux. La rousseur du poiL || 2° En particulier, taches rouges qui viennent sur le visage et sur les mains. Il a des rousseurs, des taches de rousseur.
— HIST. XIV* s. L'aloe toute rousse de rousseur cendrée, Hénagier, m, 2.
— ETYM. Roux; provenç. rossor.
1. ROUSSI, lE (rou-si, sie), pari, pckssé de roussir. Il 1* Devenu roux. Une étoffe roussie au feu. Une traînée de spectres [les soldats revenant de Moscou] couverts.... de sales manteaux roussis et troués par les feux, ségur, llist. fiap. xi, 3. Il Absolument. Légèrement brillé. 11 n'importe à qui des deux Bertrands bienfaisants le Raton aux pattes roussies écrive, volt. Un. d'Alembert, 9 déc. (774. Il 2° S. m. Exhalaison d'une chose près de brûler. Odeur de roussi. Qui, sur ce fameux rivage Où
ROU
d'Etna le voisinage Répand un goût de rousii, Kt ployer l'orgueil du Tage, desiioul. Poés. t. l,p. <2». Il Fiji. Les philosophes aussi Déjà sentent le roussi, bérang. Ilissiomi.
2. ROUSSI (roi>-si), s. m. Cuir teint en rouge ou en brun, et qui vient de Russie. Les Phrygiens vinrent aussi En grosses bottes de roussi, scarr. Yirg. IV. Il On dit aujourd'hui : cuir de Russie.
— ÉTYM. Russie.
t ROUSSIE (rou-sie), s. f. Terme rural. Réservoir où se rendent les eaux des fumiers.
t ROUSSILLE (rou-si-U'i II mouillées), t. f. Espèce de bolet.
t ROUSSILLER, V. n. Mot que les éditions attribuent à Mme de Sévigné : vin qui roussille et réjouit toute une âme, 3) oct. <684; mais c'est une mauvaise lecture pour réveille, que M. Régnier a rétabli dans son édition.
ROUSSIN (rou-sin), t. m. ||1* Cheval entier un peu épais et entre deux tailles. £tre monté sur ua roussin. ||2° Fig. et familièrement. Un roussin d'Arcadie, un âne Le roussin d'Arcadie Craignit qu'en perdant un moment II ne perdît un coup de dent, la font. Fabl. viii, 17.
— HIST. XI* s. Il n'en perdrai ne runcin ne sommier [bête de somme], Ch. de Roi. lviii. || xiii* s. Si veïssiés maint bon chevalier et maint bon serjant aler encontre, et mener maint bon destrier et maint roncin, villeh. lvi. S'il avient qu'aucuns tiegne en bail et il y a homes de fief, par le [la] raison du bail li home ne sont pas tenu à paier ronci de service à celi qui le bail tient, beaum. xv, 15. Li autre [chevaux] sont roncin porsomes porter, BRUN. LATiNi, Trésor, p. 241. Il XV* s. Et très bien montés sur fleur de roncins et de gros coursiers, FROiss. 1, I, (39. Il XVI* s. Homme mutin, brusque roussin, flascon de vin prennent tost fin, cotgrave. Qui a florin, latin et roussin, partout il trouve le chemin, id. Un de mes gents, grand et fort, monté sur un puissant roussin, mont, ii, 62.
— ÉTYM. Wallon, ronstn, cheval entier; provenç. rossi, roci, roiicin ; cat. roci ; espag. rocin ; port. rocim ; ital. romino; bas-lat. runciniis. Origine incertaine. On l'a tiré de l'allemand /iojs, cheval ; mais cela n'est pas sûr, attendu que les formes dénotent plutôt un ;( ou un c que deux ss. On a indiqué le bas-allemand rutit, cheval hongre, d'où ruin-c-inus ; mais ni le sens ni la forme n'y vont bim. D'autres y voient un dérivé de roiii ou ros : un ros arabi, un cheval roux d'Arabie, se trouve souvent; mais rien n'indique que le roncin ait été primitivement un cheval roux.
ROUSSIR (rou-sir), v. a. || 1° Rendre roux. Roussir du linge en passant un fer trop chaud. || 2" V. n. Devenir roux. Les perruques roussissent avec le temps. Il 2° Se roussir, v. réfl. Devenir roux. Le papier se roussit au grand air. || Se brûler légèrement. Après m'être plongé avec 'Thaïes dans l'eau dont il faisait son premier principe, après m'être roussi auprès du feu d'Empédocle, volt. Phil. ignor. 24.
— HIST. xiu* s. Do larrecin ot ung bordon Qu il reçut de Barat pour don. De triste pensée roussi; Escharpe ot plaine de soussi, la Rose, 12283. Il XIV* s. Aucuns mettent le congre roussir sur le gril, Ménagier, ii, 5. Friolez au lart et au beurre tant qu'il soit cuit, et dressiez tantost, car il roussiroit, ib. \\ xv* s. J'estoie jà tains et roussis Des grans anuis et des soussis, froiss. Poésies mss. p. 203, dans lacurne.
— ETYM. Roux.
t ROUSSISSAGE (rou-si-sa-j'), s. m. Action de roussir, de teindre d'une couleur rousse.
t ROUSTER, ItOUSTURE, voy. ROSiEB, BOSTDRE.
ROUT (roui', et, plus souvent, raout'), s. m. Assemblée nombreuse de personnes du grand monde. Je pris à l'Arsenal un jour pour recevoir du monde; mais heureusement les routs n'étaient pas encore introduits en France, genlis, Mém. t. v, p. <88, dans POUGE.NS. N'allez-vous pas au rout de Mme d'Alvimare? ca. de behnard, la Femvte de 40 ans, vi.
— ÉTYM. Angl. rout, dérivé de l'ano. franc, routf, troupe, bande, division, qui vient du lat. rupto, chose rompue ( voy. rompre). L'allemand Rolte, bande, vient du roman.
ROUTAILLÉ, ÊE (rou-tâ-Ué, liée, U mouillées), part, passé de routailler.
ROUTAILLER (rou-tâ-Ué; U mouillées, et non roulà-yé), V. a. Terme de vénerie. Suivre une bète avec limier, pour la faire tirer par les chasseurs.
— ÉTYM. Probablement roule : suivre par les percées des bois.
ROUTE (rou-f), s. f. Il l* Grande allée percée dan» ajlâ furet, pour la commodité du charroi, de U
ROU
chasse, de I» promenade (cela est le sens propre). Ouvrir des routes dans une forêt. On a percé une route dans ce bois. Ces spéculatifs qui visent d'ordinaire au delà du but, qui quittent les chemins pour prendre les routes, qui s'égarent pour arriver plus tôt où ils vont, BALZ. De la cour, 3« dite. Comme on voit qu'en un bois (jue cent roules séparent. Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent, boil. Sal. IV. Il Terme de vénerie. Une bète va à la route quand elle suit le graml chemin. || 2° Voie pratiquée pour aller d'un lieu à un autre. Une route dégruléo, enfoncée, mal pavée. Je pris une route de traverse pour ne pas me retrouver dans le^ mêmes auberges où j'avais séjourné avec lord Clarendon, genlis. Vœux timér. t. i, p. 239, dans pougens. À Smolensk, il [Napoléon] se trouve au nœud des routes de Pétersbourg et de Moscou, à vingt-neuf niarcbes de l'une de ces deux capitales, et à quinze de l'autre, sÉGtin, llisl. de .\ap. vi, 9. || Route royale, impériale, route entreprise et exécutée aux frais de l'Etat, par opposition à route départementale. Il faut nécessairement, lui <lit [à un prince] celui qui les enseignait [les matliomatiques], que votre Altesse se donne la peine d'étudier pour savoir; car il n'y a point de route royale en mathématiques, stael, Allemagne, m, 6. Il La grande route, ou la grand' route, se dit de la route principale. La grande route, afin d'éviter les marais formés par les divers affluents du Dnieper, se détournait à gauche, cherchait les hauteurs, et s'éloignait du bassin de ce fleuve, SÉ- GUB, Hist. de Nap. vi, 7. || Fig. La grande route, les errements connus, vulgaires. Tendre mère qui sus t'écarier de la granle route, J. j. bolss. Èm. i. Il Routes militaires ou stratégiques, chemins qui ont été percés pour faciliter les opérations des troupes, et aux travaux desquels on a fait concourir des corps de l'armée. Routes militaires de l'Ouest, de la Vendée. Il 3° Direction qu'on suit pour aller en un lieu. La route de Paris à Bordeaux. Il [Alexandre] ramena soxi armée par une autre route que celle qu'il avait tenue, soss. Ilist. iir, 5. D'Argos, dans un moment, TOUS reprenez la route, bac. Iphig. ii, 5. Ce fut dans ces circonstances que Pierre et son ambassade prirent leur route, au mois d'avril )697, par la grande No- Togorod, VOLT. Russie, l, ». || Fig. Si j'approchais autant de la jeunesse que je m'en éloigne, j'attribuerais à cette agréable route la cessation de mille petites incommodités que j'avais autrefois, sÉv. 22 nov. (688. Il Mettre en route, faire partir. Mais une ardeur importune En route met chaque humain, BÉBANQ. Ad. à des amis. \\ La route de tel lieu à tel autre est très-bonne, très-mauvaise, dangereuse, peu sûre, etc. on trouve sur cette route des commodités, des incommodités, des dangers, peu de sûreté, etc. Je n'y suis pas encore [à Rome], La route en est mal sûre, à tout considérer, cohn. Nicom. iv, 4. Il Fig. Être sur la route de quelqu'un, lui faire obstacle. Quoi que vous en disiez, vous n'êtes sur la route de personne, maintenon, Lett. d M. d'Àubigné, t. I, p. <66, dans pougens. || 4° Terme de marine. Chemin que fait ou doit faire un navire dans une direction donnée. Je suis bien aise d'apprendre.... que les vaisseaux commandés par le sieur de Beaulieu aient mis à la voile par un vent favorable pour leur route, colbert, d Leiasseur, 3 nov. (678, dans JAL. Je ferai que le pilote perdra sa route, et qu'il s'éloignera d'Ithaque où il veut aller, fén. Tél. ix. On voit que c'était la route qu'avait tenue la flotte d'Alexandre, montesq. Esp. XXI, 9. Il En route, à la route, commandement fuit au timonier pour l'avertir de ne pas dévier de la route qui lui a été indiquée, ou de reprendre la route dont on s'est momentanément écarté. || Faire route, naviguer. || Faire fausse route, s'écarter à dessein de la route qu'on avait prise ou s'écarter de son droit chemin sans le vouloir. || Fig. Faire fausse route, se fourvoyer, employer des moyens contraires au but qu'on se propose. || Donner la route, prescrire à quelle aire de vent l'officier de quart doit f.iire gouverner. || Etre en route, avoir le vent favorable. Il Faire valoir la roule, manœuvrer le mieux possible. Il Porter à la route, se diriger exactement sur un endroit. Il Chef de route, se disait, dans la marine marchande, d'un officier ayant à peu près les fonctions de chef d'escadre. ||5° Terme de chirurgie. Fausse roule, accident qui a lieu lorsque, en sondint un malade, l'instrument s'écarte de la direction du canal de l'urètlire, et s'enfonce plus ou moins dans les parties environnantes, après avoir percé les parois uréthrales. || 6° Terme de guerre. Chemin et logementqu'on marque aux gensdeguerre en voyage. Donner une route à des troupes. Indemnité de route. || Feuille de route, ou, simplement,
ROU
route, écrit déterminant le chemin que doit suivre et les logements que doit occuper une troupe ou un militaire qui voyage isolément. Une feuille de route pour trente hommes. La feuille do route tient lieu de passe-port. |{ Demander route, se di.sait d'une troupe militaire qui demandait à être renvoyée chez elle. Les Suisses demandent de l'argent.... sinon, ils s'en veulent aller, et même ont demandé route qu'on leur a accordée et promise, gui patin, Lett. t. ii, p. 11. Il 7° Fig. Espace que parcourent les astres, les eaux, etc. La route du soleil. La route d'un fleuve. Zéthès et Calais, ces héros emplumés. Qu'aux routes des oiseaux leur naissance a formés, corn. Tois. d'or, IV, 4. La lune est dans le ciel, et le ciel est sans voiles.... Elle éclaire de loin la route des étoiles, Et leur sillage blanc dans l'océan d'azur, LAMART. //arm. i, lo. ||8°Fig. Ce que l'on suit pour arriver à quelque résultat, comme on suit une roule pour arriver au terme du voyage. Je ne m'endors pas auprès de Mme de Coulanges et de l'abbé Têtu ; cette route est bien disposée et fort en notre main, sÉv. I3 nov. t673. Il avait acquis, par ses lectures continuelles, des habitudes dans tous les pays et dans tous les siècles.... il connais.sait toutes les routes de la vertu et de la gloire ancienne et nouvelle, fléch. Duc de Mont. Chacun suit dans le monde une route incertaine. Selon que son erreur le joue et le promène, boil. Sol. iv. C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, m. ib. viii. De cette passion [l'amour] la sensible peinture Est pour aller au cœur la route la plus sûre, m. Art p. m. Entre ces deux excès la route est difficile, id. ib. ii. ô Dieu, par quelle route inconnue aux mortels Ta sagesse conduit ses desseins éternels 1 bac. Eslh. m, 8. Je me tins dans la route de la nature, en attendant qu'elle me montrât celle du bonheur; il s'est trouvé qu'elle était la même, et qu'en n'y pensant pas je l'avais suivie, j. j. Rouss. Ém. v. Forcé de parcourir la route où je suis entré sans le savoir, comme j'en sortirai sans le vouloir, je l'ai jonchée d'autant de fleurs que ma gaieté me l'a permis, BEAUMARCH. Mar. de Fig. v, 3. i la faveur do cette méthode, l'art, élevé à la dignité de la science, marcha d'un pas plus ferme dans la route qui venait de s'ouvrir, barthél. Anach. ch. 73. Ne porte point envie à ceux qu'un autre vent Sur les routes du monde a conduits plus avant, lamart. llarm. il, <2. Il 9° A. vau-de-route, voye:: vao-dr-route.
— SYN. VOIE, CHEMIN, route. Voie est le terme général ; 11 se dit de tout ce qui mène en quelque lieu : il n'est pas besoin que la main de l'homme y soit intervenue. Le chemin et la route sont toujours des voies frayées par la main de l'homme. Le chemin est une voie de terre. La route, dont le sens primitif ne se fait pas sentir, se dit aussi des voies par mer et des voies célestes. En général, ces trois mots sont employés indistinctement au sens tropique.
— HIST. XIII* s. Ge oi [j'eu.«] envie seur les félons, veanz la pais des pecheours ; par poi que ne ting leur route. Psautier, 1° 86. J'ai ma route perdue, s' [si] en ai le cuer dolent, Berle, ex. n xiv s. Lesdiz religieus avoient vendu les rouptes [bois rompu] et les lignes [bois tombé] et laies.... Charte datée de Paris, Arch. impér. jj 84, p. 491 (M. Sim. Luce). Il xvi's. Après diverses opinions conclud de marcher contre les ennemis ; si furent mis espies par chemin, coureurs par la campaigne, cliarois en voye, piétons en marche, hommes d'armes en la route, et les vivres en erre, j. d'auton, Annales de Louis XII, p. 36, dans lacurne. Il est vray que les gens de bois et de forests appellent routes ces longues allées et tranchis faits au travers des forests, comme celle que le feu roy François 1" fit faire au partir de Ville-N'eufve St-George, pour tirer à Melun au travers de la foresl de Senars, pauchkt, Des origines, it, p. 104, dans lacurne. Hz ne laissoient point, pour son hault crier, de fouir toujours aval de roupie, amyot, Hom. 28. Mille routes desvoyent du blanc : une y va, mont, i, 37. Il n'y a route que de vieux regnards, cotgrave.
— ÉTYM. Bourguig. r6te;d{i bas-lat. lia rupta, voie rompue, voie qu'on a faite en rompant la forêt et le terrain (voy. rompre). Il ne faut pas confondre ce mot avec l'ancien route qui signifiait bande, ni avec route ou roupie qui signifiait délaite et qui vient aussi de rupta, de rumpere. Si la dérivation latine n'était pas si bien établie, on aurait été tenté d'accepter une étymologie celtique : Roto-magus, Rouen, très-probablement la ville du passage, de rod, rut, roto, gué, passage, chemin ; en vieil armoricain, rvi, rit, ryt; même sens en cambrien ; rod, voie, route, en irlandais.
ROU
t. ROUTIER (rou-tlé; \'r ne se lie jamais; au pluriel, l'ise lie : des rou-tié-z exacts), ». m. Livre qui enseigne les chemins, les routes. || Àdj. Carte routifre, carte où les routes sont marquées. || Particulièrement. En terme» de marine, livre contenant, avec des cartes marines, des instructions utiles aux pilotes et aux capitaines pour la navigation dans certains parages. Routier est l'adressement des chemins par mer, et aussi par terre; de là le livre des adresses de mer porte ce titre : Routier et pilotage de mer, le p. rrki! François, («îi, dans jal. (Les professeurs d'hydrographie] tiendront quatre jours au moins de chaque semaine leurs écoles ouvertes, dans lesquelles ils auront des cartes, routiers, globes, sphères, boussoles, arbalètes, astrolabes, etc. Ordonn. d'août l«8l, l, vm, 3. Les parties des cartes qui représentent les mers, ou seulement les cAtes, ont encore leurs difficultés particulières; on ne peut trop ramasser, trop comparer de journaux de pilotes et de routiers, fontbn. Delitle.
— ETYM. Route.
3. ROUTIER (rou-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'î se lie : des rou-tié-z exercés), s. m. Il 1" Celui qui sait bien les routes (sens propre, peu usité). Il Terme de forestier. Anciens g.irdes supprimés en 1669, Il 2" Fig. Celui qui a île l'expérience, qui connaît les finesses. Je dois être routier à la guerre d'amour, Régnier, Épil. n. Le sultan fit venir son visir le renard. Vieux routier et bon politique, LA font. Fabl. XI, t. Un rat sans plus s'abstient d'aller fiairer autour; C'était un vieux routier; il savait plus d'un tour; Même il avait perdu sa queue à la bataille, lo. ib. m, I8. Le vieux maréchal de Vilieroy, grand routier de cour, st-sim. I3.T, 225. Tout Toutier qu'il était, il ne se défiait nullement d'elle, lesage, Guim. d'Alf l, 2.
— HIST. XV* s. Et plusieurs autres grans seigneurs et capitaines et routiers de guerre, fleur de droictes gens d'armes, qui par très long temps avoient suivi la guerre, monstrel. t. ii, p. (96, dans lacurne. || xvi* s. Quand ce vint au squadron des vieux routiers Macédoniens, là fut le plus fort de la meslée, amvot, P. /Cm. 36. Incontinent après s'y estre ralTraiscliy, il alla en vray et routier courtisan trouver M. de Guyse pour le remercyer,
CARL. Vlll, 9.
— ÉTYM. Route.
t 3. ROUTIER (rou-tié), s. m. Nom donné dans le moyen âge, tantôt à des bandes de pillards, lantfit à des troupes légères. Souvent même ces routiers eurent des chefs d'un courage et d'un talent distingues, que les rois se trouvèrent fort heureux d'engager à leur service, legrano d'ausst, tnstit. Mém. scienc. mor. et pol. t. n, p. 325.
— HIST. xiii* s. Puis ala tant par le pals. Qu'en Pulle vint, si fu routiers. Et tint sergans et cevaliers. Tant que toute Pulle conquist, pu. mousses, ms. p. 446, dans lacurne. || xv* s. C'estoit fait de lui, si en celle heure, par aucune infortune, il fust escheu es mains des routiers qui aval Bruges estoient, FBOiss. liv. n, p. I82, dans lacurne.
— ÉfYM. Bas-lat. ruplarius, de rupta, troupe, bande, division, de ruptus, rompu (voy. rompre).
t ROUTIN (rou-tin), s. m. Terme de chasse. Petit sentier dans un bois. Un lapin qui traverse un routin.
— Êtvm. Diminutif de roule.
ROUTINE (rou-ti-n'), s. f. || 1* Faculté de faire ou de connaître acquise par l'usage plus que par l'étude et les règles. La Mousse m'a priée qu'il pût lire le Tasse avec moi.... ma routine et les bons maîtres que j'ai eus me rendent une bonne maîtresse, SÉv. 24 juin 1671. Il n'avait pour tout esprit qu'une routine d'expressions, hamilt. Gramm. 6. Il [Frédéric IIJ a plus d'imagination que moi, mais j'ai plus de routine que lui [dans l'art d'écrire], VOLT. Lett. d'Argental, 20 août 1T50. Pour contracter la routine du calcul, non-seulement il faudrait .s'exercer sur beaucoup d'exemples, il faudrait encore s'exercer continuellement ; autrement on oublierait bientôt tout ce qu'on croirait avoir appris, CONDILL. Lang. cale, n, 5. Dorine : Vous jouez trèsjoliment du clavecin. — Lucie : Hélasl cela se borne à trois ou quatre pièces que je sais de routine, GENLIS, TIMl. d'îduc. l'Enfant gàti, i, 3. Il 2° Procédé en quelque sorte mécanique pour faire ou apprendre quelque chose. La routiue que je propose épargnera bien de la fatigue aux uns [professeurs] et bien des larmes aux autres [écoliers], DUMABS. Œuv. t. I, p. 26. Quand ma besogne, devenue une espèce de routine, occupa moins mon esprit, il reprit ses inquiétudes, ). i. rouss. Conf. v. Il 3* Usage, consacré depuis longtemps, de faire
ROU
une chose toujours de la même manière, sans s'éclairer par la théorie. Continuant de faire la besogne au hasard ou plutôt par routine, la quiniiNYR , Jardins , i , «.Il est bien plus commoile de suivre la routine qu'on trouve établie dans les forges, que de chercher à en perfectionner l'art ; pourquoi vouloir faire du bon fer? disent la plupart des maîtres de forges ; on ne le vendra pas une pistole au-dessus du fer commun, buff. IHst. min. introd. Œuv. t. viii, p. H. Il cherche partout à bien constater quelle est la meilleure pratique, i la réduire à des règles fixes qui la séparent de la routine, coNDORCET, Duhamel. Physicien d'un esprit sûr, également éloigné de s'asservir timidement à la routine ou de s'égarer dans les hypothèses et les paradoxes, id. Bucquet. L'usage, malheureusement trop général, d'abandonner la fabrication des mortiers à la routine d'ouvriers insouciants, vicat, Instit. Mém. Acad. scicnc. t. m, p. clxii. || 4° Fig. Il se dit d'usages , d'habitudes comparées à une routine. Il me semble qu'il ne faut point faire changer de place aux vieilles amours, non plus qu'aux vieilles gens; la routine fait quelquefois la plus forte raison de leurs attachements; quand on les dérange, ce n'est plus cela, sÉV. 3i2. Elle [Mme de Maintenon] en a remercié [d'une lettre du pape] M. de Chaulnes avec un air de reconnaissance qui passe la rouline des compliments, ID. 23 avr. (690. C'est une routine qu'ils ont tous prise de dire que je suis belle, m. 20 nov. t073. Quelle folie de se contraindre pour des routines de devoirs et d'affaires I id. 21 août t675.
— IllST. XVI" s. Il s'est trouvé des capitaines qui, pa'r la seule vigueur de leur nature aidée de longue rotins d'usage, ont fait de belles et grandes choses, AiiTOT, Préf. X, 37. Toute son elo(iuence n'estoit qu'une rotine acquise' par long exercice , id. Cicér. et Démosth. 3. Me voicy devenu grammairien, moy qui n'apprins jamais langue que par routine, et qui ne sçais encore que c'est d'adjectif, conjunctif et d'ablatif, mont, i, 358.
— ÉTVM. Dimin. de route : proprement petite route qu'on prend, toujours la même, par habitude.
ROUTINE, ËE (rou-ti-né, née), part, passé de routiner. Elle est roulinée à tricoter.
ROUTINlvU (rou-ti-né), V. a. Apprendre à quelqu'un à faire quelque chose par routine. On l'a routine à calculer. |j Se rouliner, t- . réfl. Se rompre à une certaine chose. Prendre des mots pour des choses, des formules pour des arguments, et se routiner vers un certain ordre d'idées, sans revenir jamais à examiner l'inintelligible définition qu'on a prise pour un axiome, mirabeau, Coîlect. t. i, p. 336.
— HIST. xvr s. Ecrivains ambigus, esprits hermaphrodites, Oui routinez partout cette antique chicane, garasse, Rech. des recherches, p. 677.
— ÉTVM. Routine.
BOCTINIlîn, lÊUE (rou-ti-nié, niè-r'), s. m. et /. H 1" Celui , celle qui agit par routine. Ce médecin est un routinier. || Terme de musique. Celui qui joue ou chante de routine sans avoir appris la musique. Il 2° Adjectivement. La sottise routinière, j. j. ROLSS. Projet de paix perpétuelle. Je l'ai vu mener par goût une vie égale, simple et routinière, sans s'en rebuter jamais, m. 2* dial. Il a conservé pour le travail une sorte de facilité routinière qu'il prend pour le talent, laharpe, Corresp. t. vi, p. )8. Cette classe estimable qui, au milieu du tourbillon parisien, conserve au fond du Marais les habitudes pacifiques et routinières de l'ancienne bourgeoisie, CH. DE BERNARD, le Gendre, § to. Les Français [sont].... vains, railleurs, ambitieux, à la fois routiniers et novateurs, chateaubr. Génie, m, m, B.
— f.TVM. J!ou(ïne.
j ROUTINIÈREMENT (rou-ti-niè-rc-man) , adv. Par routine, d'une manière routinière.
ROUTOIR (rou-loir), s. m. Lieu où l'on opère le rouissage du chanvre, à l'aide de l'eau. On laisse le chanvre dans le routoir plus ou moins longtemps luivant sa qualité, celle de l'eau, la température de l'air, SENNEWER, Ess. art d'observ. t. lu, p. 232, dans pouGENS.
— Etym. Rouir.
t ROUVERDlîJ (rou-vèr-din) , s. m. Nom vulgaire du tangara girole, oiseau granivore.
ROUVERIN (rou-ve-rin), adj. m. Terme de métallurgie usité seulement dans cette locution : fer rouverin, fer qui se casse à chaud sous le marteau, et qui est par conséquent difficile à forger. Les deux mauvaises sortes do fer sont celles qu'on nomme (er cassant à chaud et fer cassant à froid ; le premier est aussi appelé fer de couleur ou rouverin a. BiONONUBT, Traiti dt min. t. n, p. saa.
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— ÉTYM. Peut-être dérivé du lat. ruber, rouge, à cause de la couleur de ce fer. L'ancienne langue avait rouvelent : Quant Pépin voit son vis [de Berte] vermeil et rouvelent, Berte, ex.
ROUVERT, ERTE (rou-vêr, vèr-f) , part, passé de rouvrir. Ouvert de nouveau. Une plaie rouverte.
f ROUVET (rou-vè) , 1. m. Nom vulgaire de l'osyride blanche.
tROUVEZEAn(rou-ve-z6),s.m. Espècedepomme.
ROUVIEUX ou ROUX-VIEUX (rou-vieû) , s. m. Terme de vétérinaire. Gale qui a son siège sur la partie supérieure de l'encolure du cheval, à la naissance des crins. || Il se dit aussi de la gale que l'on observe à la région du dos du chien. || Adjectivement. Un cheval rouvieux. Un chien rouvieux.
— IIIST. xiv s. Il [mon cheval] a les quatre piez rouviaus [et non nouviaus, comme on a imprimé] ,
MACHAUT, p. 80.
— ÉTYM. Ail. Rufe; holl. rof, croûte (comparez rufien). De la sorte, l'orthographe roux-vieux est vicieuse.
t ROUVRAIS (rou-vrê) , s. f. Lieu planté en rouvres.
ROUVRE (rou-vr') ou ROURE (rou-r'), s. m. Espèce de chêne moins haut que le chêne commun.
— HIST. XVI' s. Le nom de chesne a esté particulièrement donné au quercus, estant le robur, appelé roure, et l'ilex, l'yeuse. — Le roure est le vrai bois de chauffage. — II a le tronc fort et robuste, duquel mot son nom est tiré, 0. de serres, 794.
— ÊTYM. Provenç. roire, roure; espagn. robre, roble; ital. rorere, roiero; du lat. robore , pris par le bas-latin pour accusatif.
ROUVRIR (rou-vrir), ». a. II se conjugue comme ouvrir. || 1° Ouvrir de nouveau. Claude même, lassé de ma plainte éternelle. Éloigna de son fils tous ceux de qui le zèle Pouvait du trône encor lui rouvrir les chemins , rac. Brit. iv, 2. X ses cris, à nos voix elle rouvre les yeux, volt. Olymp. iv , 8. La passion de rouvrir cette source d'opulence [la culture de Saint-Domingue où les indigènes avaient été anéantis] inspira la pensée d'aller chercher des esclaves en Afrique, raynal, IHst. phil. xii, 8. Fils d'Anchise, pourquoi, souillant des mains si pures, Viens-tu troubler mon ombre et rouvrir mes blessures? DELILLE, En. III. Il Fig. Rouvrir une plaie, une blessure , renouveler un chagrin. Quand je devrais rouvrir toutes les plaies de votre cœur, Boss. Louis de Bourbon. Hélasl suis-je destiné à rouvrir toutes les plaies de votre famille? et de combien de morts faut-il vous renouveler le souvenir à l'occasion d'une seule? fléch. Duch. de Montaus. Elle sentit qu'il rouvrait toutes les plaies de son cœur, FÉN. Tél. vu. || 2° Se rouvrir, v. réfl. S'ouvrir de nouveau. Les défauts de l'âme sont comme les blessures du corps; quelque soin qu'on prenne de les guérir, la cicatrice parait toujours, et elles sont à tout moment en danger de se rouvrir, LA RocuEFOuc. Réfl. moT. n" 4 94. Le sérail à ma voix pourra-t-il se rouvrir? volt. Zaïre, u, K Cette porte [du paradis] ne se rouvrira plus pour moi, GENLis, Thédt. d'éduc. Mort d'Adam, m, ).
— HIST. XVI' s. Et fermera ses greniers lors que le prix du bled se ravalera, pour les reouvrir quand il sera à prix raisonnable, 0. de serres, t37. U se fit une nouvelle fiuxion et inflammation sur la cicatrice, en sorte qu'elle se rouvrit, paré, xiii, 9.
— ÉTYM. Re..., et ouvrir; wallon, ridrotii. ROUX, OUSSE (roù, rou-s'), adj. \\ 1° Qui est
d'un rouge un peu teinté de noir. Ce papier est devenu roux à la fumée. Commandez aux enfants d'Israël de vous amener une vache rousse qui soit dans la force de son âge et sans tache, saci, Bible, Nombres, xix, 2. Ce diable habillé d'écarlate. Bossu, louche et roux, bérang. ff. rouje. |)Termede vénerie. Bêtes rousses, se dit des cerfs, daims et chevreuils. Il Chevillières rousses, rubans grossiers de fil roux. Il 2" Un homme roux, une femme rousse, un homme, une femme qui a les cheveux roux- U était roux, d'une mine avantageuse, et il avait le visage fort beau, SACi, Bible, Rois, i, xvi, 12. Mme la marquise de Senantes passait pour blonde ; il n'eût tenu qu'à elle de passer pour rousse ; mais elle aimait mieux se conformer au goût du siècle, que respecter celui desanciens, hamilt. Gramm. iv. || Substantivement. Un roux. Une rousse. Les Persans veulent des brunes, et les Turcs des rousses, buff. IHst. nat. hom. Œuv. t. V, p. (03. Il 3° Beurre roux, beurre fondu de telle sorte qu'il devient roux. Des œufs au beurre roux. Il i' Terme d'agriculture. Vents roux, ou roux vents , vents d'avril froids et secs, ainsi nommés parce qu'ils roussissent la jeune végétation. || Lune rousse, I lunaison qui commence en avril. D'après Arago
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les effets attribués à la lune rousse résultent du refroidissement nocturne , refroidissement qui est sensible principalement quand le ciel est serein, c'est-à-dire quand la lune est visible. Tant que dure la rousse lune, Mes fruits sont sujets i fortune. Calendrier des bons laboureurs, pour (628, dans LEROUX de lincy, Prov. 1. 1, p. (08. Voilà qu'eu une nuit un vent du nord excité par l'influence de la lune rousse, ainsi qu'ils l'appellent dans ce pays, avec une grande quantité de neige, vient repousser le beau temps, pou.ssm, Lett. (4 mars (642. Ils [les jardiniers] assurent avoir observé que la nuit, quand le ciel est serein, les feuilles, les bourgeons exposés à cette lumière [de la lune d'avril] roussissent, c'est-à-<iire se gèlent, quoique le thermomètre, dans l'atmosphère, se maintienne à plusieur» degrés au-dessus de zéro, aragc, Astron. popul. xxt, 32. Il 6° S. m. Couleur rousse. Il est d'un roux ardent. Celte pie-grièche est très-aisée à reconnaître par le roux qu'elle a sur la tête, buff. Ois. t. 11, p. 78. 116° Sauce faite avec du beurre ou de la graisse qu'on a fait roussir. Faire un roux. N'ayez ni roux ni friture; que le beurre, ni le sel, ni le laitage ne passent point sur le feu, ;. j. nouss. Ém. i. Il 7° .V. m. Espèce de campagnol. || Proverbe. X barbe rousse et noirs cheveux, ne t'y fie si tu ne veux.
— HIST. xii* s. U celcs [coutumes] al rus rei [Guillaume le Roux], ki ot poi de saveir, U à vieil rei Henri, ki fu de grant poeir, Th.lemart. 92.||xin's. Entre rous poil et félonie S'entreportent grant compagnie, leroux DE LINCV, Prov. t. II, p. 490. jj XIV'S.
Ung court mantel de rousse couleur, Ifoduî, cxxxii. Il XVI' s. Le rousseau bien fâché S'en vint à la rousselle. Et lu y trouva caché Un bouc sous son aisselle.... Onques puis roux ne rousse N'eurent accord parfaict, st-gf-l. 40. Dès son enfance il avoit esté surnommé Pyrrus, qui vault autant à dire comme roux, amyot, Pyrrh. 2. 11 estoit un peu roux de visage, et avoit les yeux pers.... ID. Caton, 2. Quatre chandelles de roux [de cire jaune], d'aub. Fsen. m, 3.
— ÉTYM. Provenç. et cat. ros ; portug. ruf 0 ; ital. rosso ; du lat. russus, qui est un ancien participe de rubeo, comme jussus de jubeo.
ROUX-VIEUX (rou-vieû), s. m. Voy. bouviedi.
ROYAL, A LE (ro-ial, ia-l'; plusieurs prononcent roi-ial ; au xvi' siècle, Bèze recommande la prononciation roi-ial, contre ro-ial), adj. \\ 1° Qui appartient, qui a rapport à un roi. Que si vous me demandez comment tant de factions opposées.... ont pu si opiniâtrement conspirer ensemble contre le trône royal, BOSS. Reine d'Anglet. Le pape saint Grégoire a donné dès les premiers siècles cet éloge singulier à la couronne de France, qu'elle estautant au-dessus des autres couronnes du monde, que la dignité royale surpasse les fortunes particulières, id. Reine d'Anglet. Je vis [lors de la mort d'un fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse].... deux victimes royales immoler d'un commun accord leur propre cœur, id. Mar.-Thér. Le respect qu'on inspirait aux Perses dès leur enfance pour l'autorité royale, allait jusqu'à l'excès, puisqu'ils y mêlaient de l'adoration, et paraissaient plutôt des esclaves que des sujets soumis par raison à un empire légitime, id. Hist. III, B. Elle eut de quoi satisfaire à sa noble fierté, quand elle vit qu'elle allait unir la maison de France à la royale famille des Stuarts, id. Reine d'Anglet. Ces sentiments élevés qui distinguent les âmes royales d'avec les âmes du commun, FLÉCH. Duch. de Mont. Que du bandeau royal sa tête soit ornée, bac. Athal. m, 6. De tout le sang royal il ne reste que nous, id. Tliéb. v, 3. Ces rogatons lies trois Empereurs, le Lion et le Marseillais] pourrontamuser votre royal correspondant [le roi de Prusse], à qui je n'écris plus depuis près dune année, volt. Lett. Thiriot, (" mars (76». Il Maison royale, tous les princes et toutes les princesses du sang royal. On écrit d'étranges choses de ces deux sonnets [sonnets qui occupaient le» beaux esprits] ; on me mande qu'ils ont partagé la cour; qu'ils ont divisé la maison royale-... balz. Dissert. crit. 9. On remarque dans l'Écriture que Dieu donne aux maisons royales certains caractères propres, BOSs. Mar.-Thér. || Famille royale, les enfants et les petits-enfants du roi régnant ou du roi défunt. || Prince royal, titre de l'héritier de la couronne, dans quelques Etals. || Altesse royale, litre qui se donne à cerUins princes et à cerUine» princesses. Son Altesse royale le duc de.... la duchesse de.... Il Par abréviation on écrit S. A. R. il La ville royale, Paris. La religion s'intéresse dans ses infortunes [du cardinal de Retz] ; la ville royale s'émeut, et Rome mfime menace, boss. U TelUer. Il 2° Festin royal, banquet royal, festin qu'un mo-
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narque fait en certaines occasions solennelles, et oA tous les grands ofliciers remplissent les fonctions de leurs charges. || 3° Terme d'ancienne cliancelle rie. Lettres royaux, ordonnauces royaux, lettres, ordonnances émanées de l'autorité royale. Une compagnie qui n'agissait jamais que sur le fondement d'accorder les ordonnances royaux avec la guerre civile, RETZ, IV, 47. Il Royaux n'est point ici au masculin ; mais, suivant la ri-gle de l'ancienne langue, les adjectifs dérivés des adjectifs latins en is, dont le masculin était semblable au féminin, faisaient aussi les deux genres semblables. || i° Cas royaux, voy. cas, n" 2. |{ B" Almanach royal, livre contenant, quand la France était un royaume, les noms de la famille royale et des maisons souveraines de l'Europe, et ceux des hommes attachés à la cour et de tous les fonctionnaires civils et militaires. Il 6° Il se dit de certains établissements qui étaient sous la protection d'un roi. Le musée royal. La Société royale de Londres. || 7° Digne d'un roi. Elle eut une magnificence royale ; et l'on eût dit qu'elle perdait ce qu'elle ne donnait pas, boss. Reine d'Anglet. || C'est un royal homme, une royale femme, c'est un homme, une femme dont les excellentes qualités inspirent l'affection et le respect (locution vieillie). Parbleu, mes amis, voilà une royale femme que Mme Abraham, d'allainval, Éc. des Bourg, m, i B. || 8" Cour royale, aujourd'hui cour impériale, cour de justice qui prononce sur les appels des tribunaux inférieurs de son ressort. Il Chemin royal, route royale, se disait, quand la France était en royaume, des grands chemins, des grandes routes qui mènent d'une ville à une autre et dont l'entretien est à la charge de l'Etat. || Collège royal, nom des lycées sous la Restauration et sous Louis-Philippe. || Collège royal a été le nom du Collège de France (voy. coLLéoE). Hardion aurait dit en grec et en latin, chez le Dauphin, qu'il faut bien se donner de garde de me donner une chaire au collège royal, volt. Lell. d'Argenlal, *: mars 4 752. || 9° Terme de fortification. Bastion ro'jïl, grand bastion. || Parapet royal, parapet de l'enceinte de la place. |{ 10°Armée royale, celle qui était en état d'assiéger une place forte, et qui marchait avec du canon. || 11° Fig. Tigre royal, aigle royal , tigre , aigle de la plus grande espace. Il 12° Herbe royale, la mâche. || 13° Chant royal, ancienne espèce de poésie française, composée de cinq stances de onze vers, dont le dernier sert de refiain; on y ajoute un envoi de cinq à sept vers, qui a le même refrain. || 14* Terme d'antiquité. Papier royal, le papier d'Egypte le plus blanc et le plus fin. Il 15° S. m. pi. Les royaux, les troupes royales. Il 16° S. m. pi. Terme de marine. Se dit quelquefois des cacatois et des papillons. || 17° S. m. Un royal, monnaie d'or frappée sous Philippe le Bel et ses successeurs. |] 18° Marbre de Belgique dont le fond est rouge, mélangé de blanc et quelquefois de bleu. Il 19° S./". Royale, religieuse reçue gratis dans une abbaye, et nommée par le roi, dans certaines circonstances. || 20° Variété de pêche, de prune, de laitue et de rose, de qualité supérieure. Il 21* Grosse royale, petite royale, se dit, chez les fondeurs, de deux espèces de petit plomb. || 22° X la royale, à la manière royale. Une personne vêtue de blanc, et par-dessus à la royale, belle, blonde et fort éclatante, l'appela [le maréchal ferrant qui avait eu des révélations] par son nom,ST-siM. 68, lïo. Le roi d'Israël et le roi de Juda étaient..,, chacun sur son trône, vêtus à la royale, volt. Phil. Bible, les Rois, Élie. \\ 23° À la royale, sedisaitd'une manière d'apprêter certains mets. Boeuf à la royale. || Il se dit aussi d'autres choses que la cuisine. Un décroteur à la royale, Du talon gauche estropié. Obtint pour grâce spéciale. D'être boiteux de l'autre pied, Épigr. contre les miracles de Saint-Médard. — HIST. XII* s. Cil de saint Waleri Renais i est Tenuz ; Henris li fiz Gerold, qui ert des reaus drus [ami]. Th. le mari. 65. Et ore si veirement cume Deu vit, ki m'ad assis et afermed al sied real mun père David, Rois, p. 230. |J xiii's. Mal semble que je soie de lignage roial, Berie, xzvi. Et quant li roial l'apierchurent, si li coururent sus et le navrèrent moult durement, Chr. de Bains, (40. Ne te chaut de grand maison ; car en petite maison pues tu [tu peux] mener roial vie, brun, latini, Tréi:or,p. 442. Il XIV* s. Et ly autre s'enfuient hors du palais royel, Hugues Capet, v. 932. ||xv* s. Leur sire [des Flamands] qui avoit esté nourri entre les royaux de France, fboiss. i, i, 3io. Descendue de royal lignée, ID. I, I, 4 7. Ne demeura gueres que li roy Gadifer fut apporté illec à très grant honneur ; car il n'y «ut celui qui le vist, qui ne lui fist la révérence
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royalle [s'agenouiller], Perceforeit, i. iv, f" «. Il XVI* s. A tout le moins vous y vueille esmouvoir Royal promesse, en qui toute asseurance Doit consister, UAROT, II, 4 07. La grandeur royale et les façons de prince qu'il avoit de nature, amyot, Agésil. 4. Depuis, Lysander espia tousjours les moyens de faire oster aux deux maisons royales le privilège qu'elles avoient de la royauté, id. ib. 4 ( . Ceux qui avoient moyen portoienl des royales [sorte de vêtement], mais les gens de pieds furent contraints de les laisser, ou rougner , car à tous coups les espérons s'engagoient dedans et faisoient faire des parterres, d'aub. Fxn. iv, 3. On se demandoit : Estu de la ligue? Es-tu roial T id. Ilist. m, 275. L'autre faict le royal , et, flattant les deux parts. Veut trahir les Bourbons et tromper les Guisards, id. Tragiques, Princes. J'aime à coucher dur et seul, voire sans femme à la royale, un peu bien couvert, MONT. t. III, p 5C9, dans laci'Rne.
— Etym. 'Wallon, royau voie, grand chemin ; provenç. reial, rial ; espagn. et portug. real; ilal. regale, reale; du lat. regalis, de rex, roi.
ROYALK (ro-ia-r-, plusieurs disent roi-ia-l'), s. f. Bouquet de barbe laissé sous la lèvre inférieure; dénomination qui vient probablement de ce que Louis XIII, qui rasait bien, coupa un jour la barbe à ses officiers et ne leur laissa qu'un petit bouquet au menton.
ROYALE.MENT (ro-ia-le-man ; plusieurs disent roi-ia-le-man), adv. D'une manière royale, noblement, magnifiquement. || Familièrement et par ironie. Il est royalement bête.
— HIST. xin* s. Si le face [que le chevalier fasse le service de Dieu] si roiaumenl. Que Dius ne l'en sache mais [mauvais] gré, bauoouin de condé, 1. 1, p. 61. Il XVI* s. Alexandre lui demanda comment il le traitteroit. Porus luy re^pondit qu'il le traitast royalement, amyot, 4!ex. 4 03.
— ÊTYM. Royale, et le suffixe ment.
t ROYALISER (ro-ia-Ii-zé), v. a. Néologisme. Rendre royaliste. Des députés royalistes, envoyés dans tous les départements, royalisaient la république, BABŒUF, Pièces, II, p. 4 07. Désir des princes de voyager, afin de royaliser la France [août 4844], thiers, Hist. du Consulat, lv (en vedette).
— ÉTYM. Royal.
ROYALISME (ro-ia-li-sm'; plusieurs disent roiia-li-sm'), s. m. Parti du roi, esprit monarchique. Le royalisme de la Vendée pendant la Révolution.
— Etym. Royaliser.
ROYALISTE (ro-ia-li-sf; plusieurs disent roi-iali-st'), adj. Oui est partisan delà royauté; qui est attaché au parti du roi. Le parti royaliste. Les opinions royalistes. || Fig. Être plus royaliste que le roi, se dit de celui qui prend les intérêts d'un autre plus que cet autre ne les prend lui-même ou ne veut qu'on les prenne. || Substantivement. Un royaliste. Dans les guerres de religion, les royalistes et les ligueurs. En Angleterre, durant la révolution, les royalistes et les parlementaires. En France, durant la Révolution, les royalistes et les républicains.
— ÉTYM. Royaliser.
t ROYAN (ro-ian), s. m. Nom, à Bordeaux, de la sardine, ainsi dite du petit port de Royan, où on la pêche.
ROYAUME (ro-iô-m'; plusieurs disent roi-iô-m' ; au XVII* siècle, quelques-uns disaient ré-ô-m', condamné par Chiffiet, Gramm. p. 201 ; au xvi*. Palsgrave, p. 62, dit qu'on écrivait royalme etqu'on prononçait royame), s. m. Il 1° État gouverné par un roi. Paris et tout le royaume, avec un fidèle et admirable empressement, reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages, BOSS. le Tellier. Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, n'était-ce pas assez que l'Angleterre pleurât votre absence, sans être encore réduite à pleurer votre mort? id. Duch. d'Orl. Quoique le roi d'Angleterre [Charles II].... sût que la princesse sa sœur, recherchée de tant de rois, pouvait honorer un trône, il lui vit remplir avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde, id. ib. L'auguste maison d'Autriche, où, durant l'espace de quatre cents ans, on ne trouve que des rois et des empereurs et une si grande alfluence de maisons royales avec tant d'Ëtats et de royaumes, qu'on a prévu il y a longtemps qu'elle en serait surchargée, lu. Uar.- Thir. Un royaume n'est que comme une grande famille, dont les membres sont liés au chef et en dépendent, BOURDAL. 2* dim. après Pâques, Dominic, t. Il, p. 14. Si c'est assez d'avoir à répondre do soi seul, quel poids, quel accablement que celui que
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donne tout a„ royaume I la brut. x. || Anciennement t o rnyaume des lis, la Friince. || Par exagération et lamilièrement. Je ne ferais pas cela pour un royaume, je n'irais pas li pour un royaume, je no ferais cela, je n'irais là à aucun prix. || t* Les trois royaumes ou le royaume uni, se dit de la Grande-Bretagne, depuis la réunion de l'Irlande et de l'Ecosse. Une reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, Doss. Rein» d'Anglet. |{ 8° Terme de l'Écriture. Le royaume des cieux, le royaume de Jésus-Christ, le paradis, le règne de Dieu. Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour m'empècher de tomber entre les mains des Juifs, saci. Bible, Étang. St Jean, xvui, 36. Seigneur, votre royaume est dans vos fidèles ; et je le trouverai dans moi-même, si j'y trouve votre esprit et vos sentiments, pasc. Bon usage des maladies. Saint Paul est venu apprendre aux hommes.... que le royaume de Dieu ne consistait pas en la cliair, mais en l'esprit, id. Pens. XV, 3 bis, édit. iiAVET. Le même qui leur a prédit leura peines et leurs adversités s'est engagé à leur donner son royaume, et, dans ce royaume céleste, une félicité parfaite, bourdal. 4' dim. après l'épip. Dominic. t. 1, p. 208. || 4* Le royaume sombre, les enfers. Mais ne négligeons rien, et du royaume sombre Faisons par Tirésic évoquer sa grande ombre, CORN. Œdipe, i, ». || Populairement. Le royaume des taupes, le cimetière, le tombeau. || 5° Fig. et par plaisanterie. Le royaume du code, tout ce qui concerne le droit et son étude. Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier? Comme il est malaisé qu'au royaume du code On apprenne à se (aire un visage à la mode. J'ai lieu d'appréhender.... corn. Meni. 1, 4. Il 6° Caisse, dite aussi loupe, qui sert aux peintres de décor à s'asseoir ou à s'élever. Il Proverbe. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois (voy. aveugle).
— HIST. XI* s. X grant dolur [je] tendrai puis mun reialme, Ch. de Roi. ccv. || xii* s. Mais en iert [sera] li roiaumes en larmes et en plors, Sax. xxvii. Li prélat del reaume. Th. le mart. 84. Mais Oeus ad, bien le sai, celé ire desturnce Qu'il aveit al reaime et al pueple aprestée, tf». 4B3. ||xiii*s. Et le drap [du manteau] en fut fait au reaume de Frise, Berte, xxxi. Et cest establissement commande il à tenir par tout le roiame de France.... BEAUX, xiu, 4 2. Et disoit que il [un cordelier] ne trouvoit ne es creans ne es mescreans, que onques reaume se perdist, mez que par defaute de droit, joiNV. 489. Semiramis, sa mère [de Ninus], tint le règne et le roiaume toute sa vie, brun, latiki. Trésor, p. 33. || xv* s. Le roi défendit, sur peine de perdre le royaume [d'être banni], qu'il ne (ust nul qui.... FROiss. I, i, 10. Le mireor liement pris; Si le boutai dedans mon sein.... Ne l'euisse rendu arrière Pour le royalme de Bavière, id. Espinette amour. \\ xvi* s. La succession au royaume appa^ tenoit au filz aisné, auyot, Agesil. 4.
— ÉTYM. Provenç. reyaJme, recUme; ancien espagn. reaime, reame ; ital. reame ; mots qui supposent une forme regalimen, de regalis, royal.
ROYAUTÉ (ro-iô-té ; plusieurs disent roi-ifl-té), s. f. Il 1° Dignité de roi. Quelque condition qu'on se figure, si l'on assemble tous les l^ens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, pasc. Pens. iv, 2, édit. bavet. Jamais prince ne fut plus capable [que Charles I*'] de rmdra la royauté non-seulement vénérable et sainte, mais encore aimable et chère à ses peuples, Eoss. Reine d'Anglet. Qu'est-ce que l'épiscopat, quand il se sépare de l'Ëglise, qui est sou tout, aussi bien que du saint-.Mége, qui est son centre, pour s'attacher contre sa nature à la royauté comme à son chef? id. ib. Il [Dieu] voulait découvrir par un grand exemple tout ce que peut l'hérésie, combien elle est naturellement indocile et indépendante, combien faule à la royauté et i toute autorité légitime, id. 16. C'est de là [l'hérésie] que nous est né ce prétendu règne du Christ, inconnu jusques alors dans le christianisme, qui devait anéantir toute la royauté et égaler tous les hommes, id. ib. La très-chrétienne maison de France, qui, seule dans tout l'univers et dans tous les siècles, se voit, après sept cents ans d'une royauté établie, dans sa force et dans sa fleur, id. Mar.-Thér. Les princes alliés eurent d'abord quelque répugnance à mettre Polydamas [un simple particulier] dans la royauté, fên. Tél. xxi. Si l'on trouve des vestiges de quelque royauté parmi eux [peuples du Nord], c'est qu'on a pris pour des roi» les chefs des armées ou des républiques, uontssq.
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ItU. p«f. *3l. On peut être étonné de voir que la royauté continua de subsister à Sparte, après quelle eut été détruite dans toute la Grèce, lévïSQUE, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. m, p. 3B3. Il 2° Il se dit en parlant du roi de la fève. La royauté de la Teve ne dure que le temps du repas. Il 11 a payé sa royauté, il a donné un repas à ceux avec qui il avait fait les Rois.
HIST. xii* s. Mi quinze frères tôt sont roi co-
ronei; N'i a celui n'ait quatre reautez, Bal. d'Aleschans, V. 464i.||xiii* s. Au roi Ninus et à sa reaulé; car lui font les estoircs chief des premiers rois, BRUN. LAtm, Trésor, p. 33. Et s'ele n'avoit nul trésor, Fors que sans plus sa grant biaulé. Si seroit une royauté, Bl. et Jeh. 570. || xV s. Le samedy veille de la ïiphaino [Epiphanie], après ce que le suppliant et son plus prouchain voisin orent faitleur royaulté [fête des llois],Du canoë, rejaKtoî. ||xvi' 8. La loy exemple et dispense deceste subjectlon les enfans qui doivent succéder à la royauté, AMYOT, Agésil. 1. La royauté [c'est Charles IX qui parle] me nuit et me rend misérable; Jamais à la grandeur amour n' est favorable , desportes. Diverses amours, xl. Stances pour Charles II.
— ÈTYM. Bas-lat. regalitalem, de regalis, royal, t ROYOC (ro-iok), s. m. Plante exotique qui
donne une couleur jaune, la morinde royoc, famille des rubiacées.
t ROZANE (ro-za-n'), s. f. Variété de pêche.
t. RU (ru), s. m. Canal fourni par un petit ruisseau. Il n'y a que le ru entre ces deux maisons. Il Dans la basse Bourgogne, ruisseau provenant de source.
— HIST. XIII' s. Or est ainsi que, quant ces deux ruz de ces deux fonteinnes viennent ensemble, ce appelé l'en le flueve de Jourdain là où Dieu fu bauptizié, joinv. 276. Le ru de la fonteinne couroit parmi le courtil, m. 285.||xiv' s. Comme my devanchier eussent mis ou fait mettre une huche à mettre poisson en un rieu de Somme.... du cange,
n'oie. Il XV* s Il y avoit un petit ru d'eau, ils le
passèrent tout bellement et se fortifièrent, froiss. u, 111,31. Au petit ru boit tourterelle. Plus aise qu'en rivière isnelle, e. desch. Poes. mss. f° 286.
— ÉTYM. Wall, reio, ri; provenç. riu; espagn. rio; itaL rivo, rio; du latin rivus, pour srivus, radical sanscrit sru, couler.
t 2. RU (ru), s. m. Dans les danses (branles) du xvi* siècle, on nommait ru de vache une secousse donnée de côté par la jambe à la manière des vaches et des veaux quand ils jettent de côté leur jambe de derrière.
— HIST. ivi" s. Et si l'un des pieds est eslevé à coustiere de l'aultre et non en devant comme la grève [mouvement de la jambe en avant dans les danses], ny en derrier comme la ruade, ce mouvement s'appelle ru de vache, parce que les vaches ruent de cette mode à cousté et non en derrier comme les chevaulx, thoinot arbeau (tabourot), Orchesographie, {• 46, recto.
— ÉTYM. Ruer.
RUADE (ru-a-d'), s. f. || t* Action par laquelle le train de derrière subitement enlevé permet à l'animal de lancer vivement en arrière les membres postérieurs, pour frapper, ou pour compléter un saut en franchissant un obstacle. L'autre [le cheval].... lui lance [au loup] une ruade Qui vous lui met en marmelade Les mandibules et les dents, la fo.nt. Fables, v, 8. Je voulus monter sur ma mule, qui me lança une ruade dont j'aurais été peut-être estropié toute ma vie , si j'eusse reçu le coup de plus loin, LESAGE, Guzm. d'Alf. l'i, 8. L'âne lui détachait des ruades pour le faire retourner, volt. Taur. t. Si le cheval veut se défendre par des ruades, c'est-à-dire avec les pieds de derrière il est perdu sans ressource ; car l'ours lui saute d'abord sur le dos, et le serre si fortement qu il vient à bout de l'étouffer et de le dévorer, buff. Quadr. t. vin, p. 69. || 2' Kig. Emportement, violence, brutalité inattendue. Charles X croit que la révolution qui l'a renversé est une conspiration creusée, mince, chauffée de longue main; erreur, c'est tout simplement une ruade du peuple, v. tniao, Journal d'un révolutionnaire de l83o, septembre. Il 8' Se disait autrefois, dans la danse, du mouvement par lequel le danseur lançait le pied en arrière
— HIST. xvr s. Ruade seiche , cotgrave. Et ce que les lulicns disent qu'en la bataille de Fornuove, le cheval du roy [Charles VIIIJ le deschargea, à ruades et coups de pieds, des ennemis qui le pressoient.... uoht. i, 358
— ETYM. fliier.
EUBACE (ru-ba-«') ou RCBACEJLLB (ni-ba-tè.
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I'), t. f. Il 1' Terme de joaillier. Rubis d'une couleur claire. || On dit aussi rubicelle. || 2* Variété de quartz hyalin, teinte artificiellement par l'introduction de dissolutions colorées dans les fissures que l'on fait naître à l'intérieur de leur masse en la chauffant au rouge et la plongeant subitement dans l'eau froide, legoarant.
— ÈTYM. Dérivé du lat. ruber, rouge.
RUBAN (ru-ban), ». m. |l !• Tissu de soie, de
fil, de laine, etc. plat, mince et étroit. Beaucoup de pauvres ©»ivriers faiseurs de rubans se plaignent fort Je cet édit [qui défendait des passements d'or, etc.] , GUI PATIN, Lettres, t. ii, p. 207. X quoi servent tous ces rubans dont vous voilà lardé depuis les pieds jusqu'à la têteî mol. VAv. i, B. Le maréchal de Bcllefond totalement ridicule, parce que, par modestie et par mine indifférente, il avait négligé de mettre des rubans au bas de ses chausses de page, sév. 602. L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense; Chacun de tes rubans me coûte une sentence, bac. Plaid, i, 4. Habits, cornettes, pièces de toiles et rubans de toutes couleurs, et le ruban lui seul est un terrible séducteur de jeunes filles, mariv. Pays. parv. t" part. \\i' Ruban qui se porte à la boutonnière et qui indique qu'on appartient à un ordre de chevalerie. Le ruban de la Légion d'honneur. Régner, c'est n'être point avare De lois, de rubans, de grands mots, BÉRANG. Uath. Brun. Pour des rubans la France entière Fut en proie à de longs débats, in. Ifon habit. Il 3" Ruban de queue, voy. queue, n* 14. Il 4° Fig. Ce qui présente l'aspect d'un ruban. Il [le zèbre] a la robe rayée de rubans noirs et blancs,
BUFF. More, choisis, p. 180 ce ruban frisé
qui va s'amincissant Sous le rabot léger qui l'enlève en glissant, delille , Imag. vui. Un éclair brille dans la nuée fendue par le tonnerre , et parcourt de ses rubans de feu les nuages épars dans la région de l'air , bern. de st-p. Prol. à l'Arcad. Ce banc est un plâtre distribué par petits lits, dans les intervalles desquels on voit des rubans de cristaux gypseux, DESMABEST, Instit. Mém. scienc. t. v, p. 37. Il Toute bande étroite que l'on distingue sur la superficie d'une coquille. || 5° Terme de filature. Ruban, action de donner à la filasse la forme d'un ruban. || 6* Terme d'architecture. Ornement en forme de ruban tortillé. || 7* Terme d'anatomie. Rubans de la glotte ou rubans vocaux, l'un des noms des cordes vocales. {| 8" Terme de blason. Bande très-étroite. || 9' Canon à ruban, canon d'arme portative, formé par une lame de métal, qu'on plie en ruban autour d'une broche et qu'on soude le long de la spirale de jonction. || 10* Bande de pâte dont on entoure certaines pâtisseries. {| 11° Cire réduite en petits filets plats. {| 12° Ruban-d'eau , sorte de plante aquatique, spar^anium ramosum, typhaoées, à qui ses longues feuilles ont fait donner ce nom. Il Ruban panaché, variété du roseau cultivé.
— HIST. XV* s. Ung riban garni d'une lerme d'or d'un bout et d'une esguille de l'autre bout, Bibl. des Ch. 6- série, t. i, p. 427. || xvi* s. Je voudrois estre le riban Qui serre ta belle poitrine, bons, 608. Petits rubans de filet, semblables à ceux dont les femmes entortillent et lient leurs cheveux, pare,