‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 8 sur 754 · QUART I · texte numérisé non relu

QUART I

i QUART-BISCUITÉ (kar-bi-skui-té), adj. Se dit du pain de munition qui est quatre fois moins cuit que le biscuit.

— ÉTYM. Quart i , et biscuit.

QUARTE (kar-f), s. f.\\ 1° Ancienne mesure contenant deux pintes. Il 2" Terme de mathématique et d'astronomie. La soixantième partie de la tierce. Il S. f. pi. Parties de l'hémisphère visibles entre le méridien et le premier vertical. || 3° Terme de musique. L'intervalle qui suit la tierce et qui précède la quinte, dans la nomenclature des intervalles par ordre d'acuité. Quand quatre ondes d'une note entrent dans l'oreille en même temps que trois ondes d'une autre, l'intervalle entre les deux notes est une quarte. De la quarte : cette consonnance est la plus malheureuse de toutes, et jamais on ne la fait entrer dans la musique, si ce n'est par accident et avec l'appui des autres, dbsc. Musique, de la quarte. \\ Quarte juste, intervalle formé de cinq demi-tons, c'est le renversement de la quintejuste.il Quarte augmentée ou superflue, intervalle formé de six dcmi-tofls; c'est le renversement de la quinte diminuée. || Quarte diminuée ou fausse quarte, intervalle formé de quatre demitons; c'est le renversement de la cjuinte augmentée. Il Quarte doublement augmentée, intervalle formé de sept demi-tons; c'est le renversement de la quinte doublement diminuée. || Quarte doublement diminuée, intervalle formé de trois demi-tons; c'est le renversement de la quinte doublement augmentée. Il Quarte majeure; M. Fétis et quelques autres théoriciens désignent ainsi la quarte augmentée. || Quarte préparée, celle dont une des notes fait partie de l'accord précédent. || Quarte résolue, celle dont une des notes fait pariie de l'accord suivant. Il Quarte de nazard, jeu d'orgue qui fait partie des jeux de mutation. |l 4" Terme d'escrime. La m.inière de parer un coup d'épée en tenant le poignet en dehors; c'est une des quatre gardes générales opposée à la seconde. Oui ; mais tu me pousses en tierce, avant que de pousser en quarte, et tu n'as pas la patience queje pare, mol. Bourg, gent. m, 3. il 5° Au jeu de piquet, quatre cartes de même couleur qui se suivent. On dit aujourd'hui quatrième. i] 6° Terme de droit romain. Quarte Falcidie ou Falcidienne, le quart des biens que peut retenir l'héritier surchargé de legs, et quarte Trébellienne ou Trébellianique, le quart qui doit demeurer i un hériiier chargé de rendre l'hérédité à un autre. Il 7° Terme d'art vétérinaire. Quarte, voy. seime. Il 8° Terme d'ancienne coutume. Banlieue qui comprenait une étendue de quatre milles, ou qui était composée de quatre villages.

— HIST. XIII* s. Et chascun jor, de vin à chacun et à chacune des convers et converse.s, une quarte de vin, se la poent boire, du cange, quarta. Nul poissonnier ne peut achater poisson dans la quarte [banlieue, quatrième mille] d'Angiers, pour vendre à regrat, ID. ib. || xiv s. Une quarte dorée et esmaillée d'aymaux vers, à oiselès, avec l'aiguiere de meismes, pesant viij marcs, vi onces, de labohde, Émaux, p. 475, Huile vendue par quartes, Liv. des met. ) CD. Il XVI' s. Une place de gentilhomme de la

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chambre des ordinaires, à 3oo francs par quarte [par quartier], carl. vi, 38.

— ÉTVM. Lat. quartus (voy. quart i).

t QCARTE-FAGOT (kar-te-fa-go), s. m. Sorte de basson, de quarto fagotto, nom ilu basson en italien.

t QCARTENAIRÈ (kar-te-nê-r'), adj. S'est dit quelquefois pour quaternaire (voy. ce mot). Dans l'échelle quartenaire où l'on n'emploirait que les quatre caractères 0, ) , 2 et 3, uuff. Ess. arith. mor. Œuv. t. x, p. )06. ||S.to. Comme les membres qui composent le sacré quartenaire produi.sent, en se réunissant, le nombre dix, devenu le plus parfait de tous par cette réunion même, il fallut admettre dans le ciel dix sphères, quoiqu'il n'en contienne que neuf, darthél. Ànach. ch. 3o.

— HIST. xvi' s. Si vous remplissez un quartenaire [malade affecté de fièvre quarte] de viandes melancholiques, l'accès anticipera, paré, xx, 18.

QUARTENIER (kar-te-iiié), s. m. Officier préposé dans une ville à la surveillance et au soin d'un quartier. M. de Mayenne se servit, quoique couvertement, des Seize, qui étaient les quarteniers de la ville, RETZ, II, 260. Il On dit aussi quartinier. Ayant été syndic de ma commune, je pouvais prétendre à être quartinier et par suite échevin, picard, Provinc. à Paris, m. 8,

— HIST. XIV' s. Jehan Eschart pour lors quartenier du qualriesme des vins vendus à détail, nu cange, quartanerius. |1 xV s. Lesquelz sont en nombre seize et nommez quarteniers, ayant charge expresse , chacun en son quartier, de regarder au fait de la dite ville, Ordon/i. janv. 1484. || xvi' s. A Paris seize quarteniers, S Montfaucon seize pilliers. C'est à chacun son bénéfice, Sat. lien. p. 2ii3.

— ÉTYM. Bas-lat. quartanerius, de quartanus

(voy. QUABTAINl).

t. QUARTERON (kar-te-ron) , s. m. || 1° Poids qui est la quatrième partie d'une livre. || 2° La quatrième partie d'une livre dans le.s choses qui se vendent au poids. Un quarteron de beurre. || 3° La quatrième partie d'un cent dans les choses qui se vendent par compte. Un quarteron de noix. || Le quarteron est de 26 à Paris, et de 32 dans qualques villes de France. || 4" Demi-quarteron, la moitié du poids d'un quarleron. il La moitié d'un quarteron au poids ou en compte. || 5° Terme de batteurs d'or. Petit livre de papier carré, qui contient vingt-cinq feuilles d'or ou d'argent battu. || 6° Outil du papetier. Il Outil dont l'épinglier se sert pour trouer le papier. |{ Proverbes. Il ne faut point tant de beurre pour faire un quarleron, il ne faut pas tant de paroles. Vois-tu, il ne faut point tant de beurre pour faire un quarleron : si tu veux, tu seras ma femme, je serai ton mari, mol. G. Dand. 11, ). || Il n'y en a pas trois douzaines au quarteron, se dit d'une chose qii'on estime, qu'on ménage.

— HIST. XIII' s. Appireillier et mettre par quarterons [le chanvre], por faire peser au pois le roi, Liv. des met. as. ||xiv' s. Six livres de froment et quarterons de vin, bercheure, f" H 4. |i xv' s. Mentez, menteurs à quarterons, cii. d'orl. Rond. [Des brigands] courrurent le pays de Flandres par cens et par quarterons, 0. de la marche, liv. m, p. 31 1 , dans LACURNE. Il XVI' s. Trois quarterons d'espingles. d'aub. Fxn. m, 3. Quarteron de terre [sorte de me sure agraire], Coust. gén. t. 11, p. 584.

— ÉTYM. Bourguig. qualeron; provenç. cartayron, cartairo ; espagn. ciia)-(cron ; ital. quarterone ; de quart 1 , avec le suffixe eron comjiosé de er et do on, qui est augmentatif, diminulif, péjoratif, etc.

2. QUARTERON, ONNE (kar-te-ron, ro-n'), s m. elf. Homme ou femme provenant de l'union d'un blanc avec une mulâtresse, ou d'un mulâtre avec une blanche.

— ÉTYM. Le même que le précédent.

I QUARTETTE (kouar-tè-f), s. m. C'est l'italien quartette francisé.

t QUARTETTO (kouar-tè-tto), s. 1». Terme de musique. Mot italien qui signifie petit quatuor. |l Au phir. Quartctti.

QUARTIDI (kouar-ti-di), s. m. Le quatrième jour de la décade républicaine.

— ÉTYM. Lat. quartus (voy. quart 1), et di'ci, jour. QUARTIER (kar-tié; l'r ne .se prononce pas et

ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des kar-tié-z éloignés), s. m. \\ 1° La quatrième partie de certains objets. Il 2" En boucherie, poids en quatre quartiers. En tannerie, dresser un cuir de quatre quartiers. || 3» Nom de divers instruments d'observation. Il 4" La qualrième partie d'une aune. || 5° Ce qu'on paye de trois mois en trois mois. || 6° La quatrième partie du cours de la lune. |] 7° Portion d'un tout qui n'est pas divisé exactement en quatre par-

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lies. Il 8' Quartiers de pierre. || 9° Quartier, dans les arts de construction. !l 10° Quartier de soulier. Il 11» Quartier, dans le langage des vétérinaires. Il 12" Certaines parties d'une ville. |i 13" Au plur. Environs, en parlant des provinces et de la campagne. Il 14° En termes de guerre, le bâtiment dans une ville où une troupe est casernée. H 15° Le campement ou le cantonnement d'un corps de troupes. Il 16° Quartier d'hiver. || 17° En termes de marine, quartier des classes. || 18° Endroit désigné pour quelque chose, comme logement des veneurs, des chiens. || 19" Résidence. || 20° Dans les collèges, salle d'étude. Il 21° Espace de trois mois, quart d'année. Il 22° Chaque degré de descendance en une famille noble. Il 23° La quatrième partie d'un écusson écartelé; franc-quartier. || 24° Vie sauve ou traitement favorable fait aux vaincus. || 25° En architecture, quartier tournant. || 26° Morceau de métal laminé. Peau qui doit être ajoutée à un soufflet. |i 27° Krancquartier,dans une ardoisière. || 28° A quartier, àpart. 1° La quatrième partie de certains objets. Un quartier de mouton, de pomme. L'attaquer [un chien], le mettre en quartiers, Sire loup l'eût fait volontiers, LA FONT. Fabl. 1 , 5. Leurs complices ajoutaient qu'ils avaient assassiné la Dupin par son ordre [de Lesage], qu'ils l'avaient coupée en quartiers, et jetée dans la rivière, volt. Louis XIV, 26. || Son corps a été mis en quartiers, en quatre quartiers, se dit d'un supplicié dont on expose les membres en différents endroits. Frère Oldecorn et frère Carnet furent mis en quartiers à Londres pour la fameuse conspiration des poudres, volt. Facéties, Balance égale. || Fig. Je me mettrais en quatre quartiers pour lui, ou, par ellipse, je me mettrais en quatre pour lui, c'est-à-dire il n'y a rien que je ne fisse pour lui. Si je ne les refuse, il me faut mettre en quatre, conN. l'Illusion, m, 3. || 2° Terme de boucherie. Poids des quatre quartiers, poids net d'un animal abattu, c'est-à-dire poids des parties débitables par le boucher. || Terme de tanneur. Dresser un cuir de quatre quartiers, le plier en prenant les quatre pieds. Il Le dresser des quatre faux quartiers, le plier des quatre coins, un peu en biaisant. || 3° Terme de marine. Quartier de réduction, carton gradué dont on se sort pour réduire les routes obliques, c'est-à-dire celles dont la direction n'est ni un méridien ni un parallèle à réi]uateur. Le quartier de réduction n'eM plus d'usage que sur quelques petits navires de commerce; partout ailleurs on le remplace par des tables calculées d'avance, lf.goahant. Il Quartier sphérique, instrument nautique à l'aide duquel, connaissant la latitude du lieu et la déclinaison ilu soleil, on trouve l'heure de son lever, de son coucher, etc. Le quartier .sphérique est également abandonné, et on lui substitue de même l'emploi des tables. || Quartier de réflexion, voy. octant. Il Quartier anglais, synonyme de quart de nonante. Il 4° La quatrième partie d'une aune (acception vieillie). Un quartier d'étoffe. Un quartier de ruban. Plus de coiffures élevées jusqu'aux nues.... les princesses ont paru de trois quartiers moins hautes qu'à l'ordinaire; on fait usage de ses cheveux, sÉv. 15 mai 1C9I. i|5» Ce qu'on paye <le trois mois en trois mois pour loyers, rentes, pensions. Il doit deux quartiers de son loyer. Il a mangé d'avance un quartier de .sa pension. Plus pftle qu'un rentier X l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, noiL. Sat. ni. 11 [Kichelieu] fut obligé de retrancher trois quartiers d'arrérages que le roi devait aux rentiers de l'hôtel deville, volt. Ilist. pari. un. || 11 se dit quelquefois de la demi-année lorsqu'il s'agit de payements. On n'a pas encore payé le premier quartier des rentes sur l'État. || 6" La quatrième partie du cours de la lune. Tout change dans votre pays à chaque quartier de lune, volt. Lelt. M. delà Carpe, 25 oct. (777. Les astronomes disent alors que la lune est dichotome, c'est-à-dire coupée p:ir ie milieu; cette phase s'appelle aussi le premier quartier.... le 22" jour, la lune est de nouveau dichotome, c'est ce qu'on nomme le dernier (juartier, delambre, Abr. astron. ti' leçon. || 7° Portion d'un tout qui n'est p.is divisé exactement en quatre parties. Un quartier de gâteau. Un quartier d'orange. Coupant un morceau de viinde qu'il met sur un quartier de pain, LA iiRUY. Théophr. ix. On emploie six et jusqu'à huit bœufs dans les terrains fermes et surtout dans les friches qui se lèvent par grosses mottes et par quartiers, buff. Bœuf. l\ Un quartier de terre, un champ d'une certaine étendue. Tu nous étales quelques quartiers de terre que tes parents ont possédés auprès de Besançon, volt. Mél. lilt. Lelt. à Xonotte. || Bois de quartier, bois à brûler fendu en quatre, il Échalas de quartier, échalas faits de

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bois de chêne fendu, par opposition à ceux de Dois blanc. Il Quartier de lard, grande pièce de lard tirée de dessus un cochon. || 8° Quartiers de pierre, gros morceaux de pierre dont une ou deux font la charge d'une charrette à quatre chevaux. || On dit de même : quartier de rocher, quartier de marbre. La ville est ornée d'édifices superbes; d'énormes quartiers de marbre forment son enceinte , BARTHÉL. Anach. ch. 7o. Il Absolument. J'y écris maintenant cette lettre sur un quartier que les glaces ont détaché du rocher voisin, J. J. Rouss. Hél. I, 26. Il Quartiers de pierre, se dit aussi des pierres de taille dont il y a un certain nombre au mètre cube. || 9° Dans l'art des constructions, donner quartier à une pièce de bois ou à une pierre de taille qui repose sur un plan horizontal par une de ses f ices, c'est la faire tourner autour d'une des arêtes adjacentes, de manière à la faire reposer sur une des faces perpendiculaires à la première. Il En stéréotomie, c'est effectuer les constructions graphiques à l'aide desquelles la pièce de bois ou la pierre de taille se trouvera représentée dans sa nouvelle position. || Ancien terme de marine. Chacune des trois parties en lesquelles les charpentiers partageaient un navire en construction. || 10° Quartier de soulier, la pièce ou les deux pièces de cuir qui environnent le talon. || Quartiers d'un habit, les quatre morceaux principaux qui, quand ils sont assemblés, forment le corps et les basques. || Terme de sellier. Les quartiers d'une selle, les parties sur lesquelles portent les cuisses du cavalier. || ll°'l'erme d'art vétérinaire. Partie latérale tant interne qu'externe du sabot du cheval. || Faux quartier, le quartier du sabot du cheval dont la corne est inégale, rugueuse, fendillée. I| On dit d'un cheval à qui l'on a coupé ou qui a perdu un des quartiers de la corne, qu'il fait quartier neuf. || 12° Certaine partie d'une ville. Commissaire du quartier, de quartier. La populace de son quartier tint conseil, hamilt. Gramm. ix. Ce quartier [le Palais- Royal], qui est à présent un des plus peuplés de Paris, n'était que des prairies entourées de fossés, lorsque le cardinal de Richelieu y fit bâtir son palais, volt. Comm. Corn. Rem. Menteur, ii, 6. Il y a des quartiers entiers à Londres qui ne formaient autrefois qu'un seul couvent, et qui sont peuplés aujourd'hui d'un très-grand nombre de familles, iD. Mœurs, I34. Les nations, dit Cicéron, devraient ne se regarder que comme les différents quartiers d'une même cité; la nature a établi une société générale entre tous les hommes, condil. Étud.. hist. i, 5. || Aujourd'hui, Paris est divisé en arrondi.ssements, et chaque arrondissement en quatre quartiers. || Une certaine étendue de voisinage. Un quartier solitaire. Je suis ravie qu'il soit ici ; je voudrais qu'il y pût demeurer, du moins il ne quittera pas le quartier, SÉv. 462. Ce perruquier superbe est leffroi du quartier, Et son courage est peint sur son visage altier, boil. Lutr. i. Chez des femmes de bien dont l'honneur est entier. Et qui de leur vertu parfument le quartier, begnard, le Distrait, i, 6, M. de Fontenelle, qui n'a jamais recherché que les habitants de son quartier, me voyait alors fort souvent, staal, Mém. t. I, p. 295. || Faire les visites du quartier, faire des visites de quartier, faire visite aux personnes qu'on veut voir parmi celles qui demeurent dans le quartier où l'on vient s'établir. Il C'est le plaisant de son quartier, le plaisant du quartier, se dit de celui qui est regardé dans son quartier comme un homme réjouissant. || C'est la gazette du quartier, se dit d'une personne qui rapporte toutes les petites nouvelles, toutes les médisances qu'elle entend dire. || Nouvelles, bruit de quartier, certaines nouvelles, certains bruits qui n'ont guère cours hors du quartier où on les débite. Malebranche disait qu'il ne faisait pas plus de cas de I histoire que des nouvelles de son quartier, VOLT. Mél. litt. Observ. mém. Noailles. || Médecin de quartier, médecin dont la clientèle est circonscrite dans son quartier. || Tous ceux qui demeurent dans un quartier. Le quartier était en émoi. Il 13° ^u plur. En parlant des provinces et de la campagne, environs, voisinage. Que son bien la plupart n'est point en ces quartiers, mol. L'Él. II, 3. Plus d'un savant persiste à croire qu'il n'y avait aucune ville fermée de murailles dans ces quartiers [la contrée de Jéricho], volt. Philos. Bible expl. Josué. || Il se dit aussi, au pluriel, du voisinage dans une même ville. Une jeune personne qui loge depuis peu en ces quartiers, mol. l'Av. 1, 2. Il Villenon fermée, où il y a de la troupe en garnison. Être en quartier. Nous tenons garnison en tel endroit, ce n'est pas une place de guerre, ce

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n'est qu'un quartier. || 14° Terme de guerre. Dans une ville, le bâtiment où une troupe est casernée. Quartier de cavalerie, d'infanterie. 11 est tombé sur un quartier de huit cents dragons suédois, les a défaits, et a encloué le canon qu'il ne pouvait emmener, pf.lusson, Lett. hist. t. ii, p. 348. || Aujourd'hui , quartier se dit d'un local occupé par des troupes achevai; le mot caserne est réservé pour le local occupé par dos troupes à pied. il 15° Le campement ou le cantonnement d'un corps de troupes. 11 sera en état de prendre des quartiers en Allemagne, et ne manquera de rien pour vivre, PKLLissoN, Lett. hist. t. ii, p. 226. || Quartiers de campement , les emplacements qu'occupent dans un camp les corps qui le composent, les parcs d'artillerie, des vivres et fourrages, les ambulances, etc. Il Quartiers de cantonnement, différents lieux, comme petites villes, bourgs et villages, à portée les uns des autres, dans lesquels on partage l'armée. Il Le corps de troupes lui-même, qui est campé ou cantonné. Quatre jours après que M. le Prince eut taillé en pièces quatre quartiers de l'armée du roi.... RETZ, IV, 12.j, M. do Luxembourg a assemblé ses quartiers, et son armée est de seize mille hommes ou environ, pellisson, Lett. hist. t. ii, p. 32. Il Quartier de siège, campement sur l'une des principales avenues d'une place que l'on assiège. Veux-tu que nous te menions au quartier de M. de Turenne [au siège d'Arras] ? hamilt. Gramm. 6. I! Quartier des vivres, le lieu où est logé l'équipage des munitions de bouche. || Quartiers de fourrage, espèces de quartiers de cantonnement où l'on met les troupes lorsqu'elles ne. peuvent pas rester ensemble, au commencement ou à la fin de la campagne, à cause do la disette de fourrage. || Quartier du roi, quartier impérial, quartier du général, et, plus communément, quartier général , lieu choisi au centre du camp ou de la position, et où est établi le logement du roi ou du général qui commande en chef. Je vais demain au quartier général, HAMILT. Gramm. 3. La plus grande mortification qu'ils eurent fut d'être obligés de le suivre au quartier du roi de Suède, volt. Charles XH, 3. Plusieurs imprudences venaient d'être commises : on ignore par quel ordre, au quartier impérial, on avait osé retenir à leur passage, et pour la garde, plusieurs convois de vivres qui appartenaient à d'autres corps, SÉGLR, Hist. de Nap. v, 2. || Le quartier général est aussi la réunion des officiers qui composent l'état-major général. Le quartier général arrive ici demain. Il Quartier d'assemblée, le lieu où les troupes se rendent pour de là marcher en corps, et aussi où les différents corps doivent se rendre toutes les fois qu'il faut prendre les armes, et en cas d'alarme. |i Le quartier d'assemblée est aussi une ville où les soldats d'un corps se rendent pour y passer la revue. || Mettre l'alarme au quartier, avertir les troupes qui composent le quartier de se tenir sur leurs gardes. || Fig. Mettre ou donner l'alarme au quartier, débiter quelque nouvelle qui donne de l'inquiétude à ceux qui y ont intérêt. Il On dit de même : l'alarme est au quartier. il 16° Quartier d'hiver, l'intervalle de temps entie deux campagnes. |' Le lieu où on loge les troupes pendant l'hiver. Voilà tout le l'alatinat et quasi tout le Rhin à nous, voilà de bons quartiers d'hiver, voilà de quoi attendre en repos les résolutions de l'empereur et du prince d'Orange, sév. Lett. à Bussij, 3 nov. 11)88. M. de Turenne a bien envie de revenir, et de mettre l'armée où se trouve mon fi's dans les quartiers d'hiver, in. fca. ,1e ne sais si tout ce que dit Tite Live des suites funestes qu'eurent les quartiers d'hiver passés par l'armée carthaginoise dans cette ville délicieuse [Capoue] est bien juste et bien fondé , rollin , Ilist. anc. Œuvr. t. i, p. 446, dans pol'Oens. Il Fig. La philosophie est entrée en quartier d'hiver; Dieu veuille qu'on l'y laisse respirer! n'ALEMB. Lett. à Voltaire, i8 oct. I7S0. il Quartier de rafraîchissement, le lieu où des troupes fatiguées vont se remettre pendant que la campagne dure encore. Leur armée [des ennemis] est entre Diest, MalinesetLouvain, et ils la vont mettre en des quartiers de rafraîchissements, pellisson, Lett. hist. t. Il, p. 344. Il 17° Terme de marine. Quartier des classes, se dit de certaines divisions de la population maritime. Les arrondissements maritimes sont divisés en sous-arrondissements, et ceux-ci en quartiers. Il Sur les galères, chacune des trois parties de la chiourme, ramant à son tour. Quartier de proue. Quartier du milieu. Quartier de poupe. Il 18° Endroit désigné pour quelque chose, comme logement des veneurs, des chiens et de l'équipage de chasse, massé, 1766. || 19 ' Résidence.

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....Ayez soin qu'on la mène Comme fille royale au quartier de la reine , mairet , Sol. m, 9. Prépare ton départ, et pense à ta retraite; Pour en délibérer et choisir le quartier, Be grâce ma bonté le donne un jour entier, corn. Ife'd. ii, 2. Leroiscythe.... remercia son libérateur, et, après l'avoir tendrement embrassé, rentra dans son quartier pour appliquer le dictame sur ses blessures, volt, la Princ. de Bahyl. 1. 1| Rentrer au quartier, rentrer chez soi, se retirer. Bacchus m'appelle et je rentre au quartier, bébang. Ode à la gloire. \\ Il se dit aussi, en termes de chasse, du lieu où est la bête. 30 octobre «686 : Le roi, au soriir de table, alla tirer en volant ; il trouva, en cherchant des perdrix, un gros sanglier dans son quartier; il mit une balle dans son fusil et le tua, dangeau, i, 407. Il 20° Dans les collèges, les salles d'étude des écoliers. Le quartier de rhétorique. || Maître de quartier, maître chargé de surveiller les écoliers dans leur quartier. || Les élèves d'un quartier. Le quartier de seconde se révolta. || 21° Espace de trois mois, quart d'année, servant à désigner des fonctions où l'on se relève de trois en trois mois. L'année est divisée en quatre quartiers. Les quartiers de janvier, d'avril, de juillet, d'octobre. Le duc de Noailles arriva pour servir son quartier de capitaine des gardes, st-sim. 189, 30. Il Cet officier est de quartier, ou en quartier, il sert actuellement les trois mois pendant lesquels il est obligé de servir. Le roi régla que le poêle serait tenu par l'évêque nommé de Metz, et par l'aumônier du roi du quartier qui se trouverait de jour, st-sim. 51, <06. Il Fig. 11 [M. de Grignan] devrait bien.... renvoyer toutes les fantaisies ruineuses qui servent chez lui par quartier, sév. b juin )680. |jOn dit dans le même sens : entrer en quartier, sortir de quartier. Il Officiers de quartier, ceux qui servent par quartier, par opposition à ceux qui sont ordinaires et qui servent toute l'année. || Médecm par quartier, médecin qui sert auprès d'un souverain par quart d'année. || Fig. et par plaisanterie. Un sien amant étant lors de quartier, la font. Gag. || Fig. Avoir des amants par quartier, avoir des amants qui n'occupent chacun qu'une partie du cœur. L'on ne doit point avoir des amants par quartier; Alidor a mon cœur et l'aura tout entier, CORN. Place Roy. i, 1.1122" Terme de généalogie. Chaque degré de descendance dans une famille noble, tant du côté paternel que du côté maternel. Il faudrait ramasser en deux mots tout ce qu'on trouve de grand dans toutes les histoires qui parlent do l'illustre maison de Bavière, passer de même les cent vingt-quatre quartiers dont les preuves paraissent dans un livre nouvellement imprimé, m"' de scudéry, les Conversations, dialogue. Eh bien je m'adoucis, votre race est connue; Depuis quand? répondez; depuis mille ans entiers, Et vous pouvez fournir deux fois seize quartiers, hoil. Sat. V. Le besoin d'argent a réconcilié la noblesse avec la roture, et a fait évanouir la preuve de quatre quartiers, la druy. xiv. Vous, insolent! répondit le baron, vous auriez l'impudence d'épouser ma sœur, qui a soixante-douze quartiers, volt. Candide, 16. Un baron allemand, un écuyer d'un abbé de Fulde n'eût point épousé Catherine; mais Pierre le Grand ne pensait pas que le mérite eût auprès de lui besoin de trente-deux quartiers, ID. Itn.isie, anecdotes. || 23° Terme de blason. La quatrième l'artie d'un écusson écartelé. Il porte au premier quartier de.... au second de.... etc. On place dans le premier quartier les armes de la maison principale, et dans les autres quartiers les alliances. Je suis persuadé que vous ne désavoueriez pas pour parents les princes de ces maisons, que vous en porteriez le deuil quand ils viendraient à mourir, et que vous mettriez leurs armes dans vos quartiers, CA1LLÊRES, Bon et mauv. usage, convers. ^. || Parties d'un grand écusson qui contient des armoiries différentes, bien qu'il y en ait plus de quatre. Ce prince porte dans ses quartiers les armes de plusieurs royaumes. Des chitTres à l'entour et de grands éeussons, Qui par divers quartiers nous marquent les maisons Des illustres aïeux dont est sorti Lisandre, iiauterochk. Bourg, de quai, i, 2. Il Franc-quartier, premier quartier d'un écusson, à droite du chef, et qui offre quelques autres armes que celles de l'écu. || 24° Vie sauve ou traitement favorable fait aux vaincus. Il vaut mieux prendre quartier que de s'exposer à une mort certaine, DESC. Pass. 211. Ils ne donnaient point de quartier, et ne faisaient point de prisonniers, peri\ot. Tac. 457. Vivant de rapt, faisant peu de quartier, la font. Cal. On lui demanda s'il voulait quartier; il dit

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que non, sÉv. 214. Il avait le mousqueton haut, et lui criait de loin bon quartier, hamilt. Gramm. 5. Il Fig. et familièrement. Demander quartier, demander grâce. L" chevalier de Vendôme a demandé quartier de plaisanterie à M. de Vivonne, qui ne s'épuisait point sur l'horreur qu'il avait de se battre; l'accommodement s'est fait, sév. 15 déc. i«73. Vous êtes malade, ma chère enfant.... cette pauvre tête si bonne, si bien faite.... vous demande quartier, m. 1" avr. 1689. Ne veillez plus, n'imprimez plus, le public vous demande quartier, la briiy. viii. Il Fig. Point de quartier, sans quartier, d'une façon inexorable. Point de quartier; immuable est la loi, MOL. Amphitr. m, 7. Sied-il bien de tenir une rigueur si grande, De vouloir sans quartier les choses qu'on demande? in. Tart. iv, 6. || Fig. Ne point faire de quartier, ne pas épargner. Je respecterai toujours, comme de raison, la religion, le gouvernement, et même les ministres ; mais je ne ferai point de quartier à toutes les autres sottises, et assurément j'aurai de quoi parler, d'alembert, Lett. à Voltaire, 27 fév. 1765. || L'origine de cette locution n'est pas certaine. De Brieux dit qu'elle vient de ce que les Hollandais et les Espagnols étaient autrefois convenus que la rançon d'un officier ou d'un soldat se payerait d'un quartier de sa paye ; de sorte que, quand on ne voulait point recevoir à merci, on disait à l'ennemi : c'est en vain que tu offres un quartier de tes gages, on n'en veut point, il faut mourir. Cela ne paraît pas vraisemblable, à cause que les intermédiaires manquent. Si l'on prend en considération les anciennes locutions prendre quartier, donner quartier, donner bon quartier, on sera porté à croiie que quartier au sens de vie sauve provient de quartier au sens de logis, résidence; donner quartier, serait donc recevoir en son logis, à sûreté. || 25° Terme d'architecture. Quartier tournant, les marches qui sont dans l'angle d'un escalier et qui tournent autour du noyau. || Quartier de vis suspendue, portion d'escalier destinée à raccorder deux appartements qui ne sont pas de plain-pied. || 26° Morceau de métal laminé que le batteur d'or soumet à l'action du marteau. || Peau qui doit être ajoutée à un soufflet. || 27° Terme d'ardoisière. Franc-quartier, banc où se tient l'ardoise de bonne qualité. 1128° X quartier, loc. adv. A part. Je pouvais demeurer à quartier, et regarder le combat sans être de la partie, malh. le Traité des hienf. de Sénèque,

IV, 12 Écoute Quatre mots à quartier.... corn.

Mélite, V, 6. Un fourneau que les ennemis avaient fait à l'un des bastions, n'a fait aucun mal, parce que les soldats virent la terre branler et se jetèrent à quartier, pellisson, Lett. hist. t. ii, p. 316. Elle m'a dit tout bas Qu'à vous prendre à quartier je ne manquasse pas, th. corn. Baron d'Albikrac, iv, i. Monsieur ViUot (vous savez qui c'est) y était aussi à côté de la porte, où il se tenait comme à quartier, et dans une humble contenance, marivaux, Marianne, Part. 6. Il Tirer à quartier, prendre à part. Mais un page du roi tire Osman à quartier; Ne désespérons pas; il lui donne un papier, maihet, Soliman, v, ». Voilà ton maître et la marquise qui s'approchent ; tire-le à quartier, lui, pendant que je m'éloigne, marivaux, l'Heur, stratag.ni, 2. || Mettre à quartier, mettre de côté, écarter. On ne prend point pour incroyables les incidents de ces deux tragédies [Héraclius et Nicomède]; et ceux qui savent le désaveu qu'en fait l'histoire la mettent aisément à quartier pour se plaire à leur représentation, corn. Disc, tragéd. Mettons à quartier les généalogies de tous ces dieux, aussi fausses que celles qu'on imprime tous les jours des hommes, volt. Bict. phil. Polythéisme. \\ Nd rien laisser à quartier, ne rien omettre. Ne m'importunez point de votre tablature; Sans vos instructions, je sais bien mon métier, Et je n'en laisserai pas un trait à quartier, corn, la Suiv. ii, 1.

— HIST. XII* s. fU] Fiert [frappe] l'amoraive [l'émir] sur l'escu de quarter, Ronc. p. 62. Dedans [il] l'en [lui en] boute [de la lance] une aune et un quarter [quart], ib. p. 97. Cuivers, bastars, je ne l'en quier mentir; A mon quartier te convient revenir. As escuiers te covient revertir, Raoul de C. 89. || xiii" s. Quiconques est liniersàParis, il puetet doit vendre seulement en gros par poignées, par pesiaus, par cartiers, l.iv. des met. 145. Jehans proposa contre Pierre, et dist à Pierre qu'il li devoit un quartier de blé, BEAUM. XXVI, 2. Il xiv s. Regardez si le cheval a pies gras et combles, pies fendus, faulx quartiers, Ménagier, il, 3. Et seroient payés tous ceux qui en ce voyage iroicnt pour un quartier d'an, FROiss. Il, m, 18. Ils firent tendre et traire les voiles

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contre mont, et vinrent au vent de quartier [vent qui souffle un peu à côté de la pouppe], sur destre, pour avoir l'avantage du soleil, id. i, i, 12. Si tost que ie chevalier vit le pillier, il le recongneut ; car aultreffois avoit esté au quartier, Perceforest, t. vi, f" 56. Si chevauchèrent tout le jour jusques sur le vespre ; car le soleil estoit entré en son dernier quartier, ib. t. 11, f° 38. Le chemin estoit trop malaysé pour le secourir, pour ce que en ce quartierlà sont tous rochiers, comm. ij, 3. Si fît tailler une robe qui lui trainoit plus de trois quartiers [trois quarts d'aune], LOUls xi, Nouv. xciv. ||xvi« s. Il [un habit] n'estoit pas si neuf comme il l'avoit prins; car il l'avoit fait servir ses trois quartiers, desper Contes, XXVI. Ledict marquis, voyant mettre le feu [à im canon], se lancea à quartier [à l'écart], mont. 1,49. Au quartier par où les Portugalois escornerent les Indes, m. i , 54. Un gentilhomme de ce quartier de Gascoigne, lu. i, 344. On l'estrangla, puis on le meit à quartiers, ID. 11, 130. C'est l'orgueil qui jecte l'homme à quartier des voyes communes, 10. 11, 224. Un bon quartier [étendue] de pays, langue, sd». Quelques soldats rapportèrent que, vers le quartier des lansquenets, on n'y faisoit pas trop bonne mine, ID. 600. La cavallerie alla prendre quartier ailleurs, ID. 667. Il fallut affermir !e marels à force cailloux et gros quartiers, que l'on jetta au fond à pierre peidue, amyot, Cimon, 24. La beste estoit desja immolée, et les quartiers dessus l'autel, ID. Age'sil. 8. Les mutins se saisirent d'un quartier de la ville, où est le temple de Diane, m. ib. 52. Si le feit fortifier [son camp] de tranchées, et départir par quartiers, id. Eum. 30. Grombac fut mis vif à quatre quartiers, d'aub. Hist. 1, 235. Les cinq navires qui suivoient celui du comte, voulant prendre à quartier [se retirer] du combat, s'eschouetit, m. ib. u, 210. Ayant commandé aux valets de se tenir aussi en bataille, le long de la dite compaignie, un peu à quartier, et non derrière comme on a accoustumé, cabl. m, 15. Il faut la levée de mil arpens ou quartiers de bois taillés pour entretenir lesdites fournaises, pa- LissY, 259. Au quartier [dans le coin] dudit théâtre et joignant le costé de l'autel y avoit une table dressée,

BELLIEVRE et SILLERY, lUém. p. 412, dans LACURNE.

Tous le trouvèrent bon, et ne voulurent pas faire quartiers [se séparer], mais que tous deux iroient ensemble, MON! LUC, Me'm. t. ii, p. 402, dans lacubne. Avoir un quartier de la lune en la teste, cotgbave.

— ÉTVM. Bourguig. catei; provenç. quartier, Cartier ; du \3.l.quarlarius, qui est proprement une certaine mesure, dérivé de quarlus (voy. quart i).

QUARTIER -MAÎTRE (kar-tié-mê-tr') , s. m.

Il 1" Officier du rang de lieutenant ou de capitaine, qui est chargé du logement, du campement, des subsistances, des distributions, de la caisse et de la comptabilité d'un corps de troupes, et qui fait partie de l'état-major. Le quartier-maître dans chaque corps d'un ou plusieurs bataillons ou escadrons, et le capitaine commandant dans les autres corps, rempliront les fonctions d'officiers de l'élat civil. Code Nap. art. 89. || Quartier-maître général, s'est dit d'un officier chargé de faire choix des lieux de campement, et d'en distribuer le terrain, de transmettre les ordres de mouvement et d'en surveiller l'exécution. Il se mit en embuscade dans un fond au milieu de ces villages, et fit un détachement de sa petite troupe, avec ordre d'enlever les quartiers-maîtres, à mesure qu'ils arriveraient pour faire le logement, pellisson, ie«.Ws(. t. ii, p. 2i2.|| 2°Terme de marine. Sous-officier qui, dans les équipages de ligne, a le rang de caporal des troupes de terre, et porte comme lui deux galons de laine sur les manches de sa veste. Le quartier-maître est inférieur de position au contre-maître; il est patron dans' les embarcations, chef dans les hunes, et commande partout où il n'y a ni maîtres ni contre-maîtres.

— ÉTYM. Quartier, et maître.

QUARTIER-MESTRE (kar-tié-mè-str'), s. m. Nom

que l'on donnait autrefois au maréchal des logis d'un régiment de cavalerie étrangère.

— ÊTYM. Quartier, et mestre, maître,

t QUARTIL (kouar-til), adj. Voy. quartile.

QUARTILE (kouar-ti-1'), adj. Terme d'astrologie. Quartile aspect, aspect de deux planètes éloignées l'une de l'autre de la quatrième partie du zodiaque ou de quatre-vingt-dix degrés.

— REM. Pourquoi l'Académie donne-t-elle à cet adjectif la terminaison féminine dans quartile aspect, tout en écrivant octil, quintil, sextil aspect? legoarant.

— ÉTYM. Dérivé de quartus, quatrième (voy quart 1).

t QUARTINE (kar-ti-n'). s. f. Terme de bota-

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nique. Une des enveloppes de l'ovule végétal, existant quelquefois entre la nucelle ou tercine et le sac embryonnaire ou quintine.

— ÉTYM. Quart i .

QUARTINIER (kar-ti-nié), s. m. Voy. quartenier.

t QUARTO (kouar-to), adv. Quatrièmement. Il s'emploie pour désigner le quatrième objet d'une série, 4°, quand on compte par primo , secundo, tertio.

— ÉTYM. Lat. quarto Inco, au quatrième lieu, de quartus (voy. quart )).

QUARTO (IN), î. m. Voy. in-quarto.

t QUARTO -DÉCIMAN, ANE (kouar-to-dé-siman, man'), adj. Qui a rapport au quatorzième jour du mois juif de nisan, jour auquel, suivant les Évangiles synoptiques, Jésus fit la Cène, et auquel, dans les temps primitifs du christianisme, les Eglises d'Asie célébraient la Pâque. La coutume quaito-décimane doit-elle être considérée comme une trace et un indice de judéo-clnistianisme'? Plus tard, la fête pascale fut fixée au premier dimanche qui suit le quatorzième jour de la lune de mars, et tout vestige quarto-déciman disparut. || S. m. pi. Les quarto-décimans, les chrétiens qui voulaient qu'à l'imitation des Juifs on célébrât la fête de Pâques le quatorzième jour de la lune, à quelque jour de la semaine qu'elle pût tomber.

— ÉTYM. Bas-lat. quartodecimanus, du lat. quartus, quatrième (voy. quart l), et der.imanus, dixième, de decem, dix (voy. dix).

QUARTZ (kouarts'), s. m. Terme de minéralogie. Nom de l'acide siliciiue , ou silice, ou matière des cailloux plus ou moins pure et cristallisée. Le quartz, qui forme la roche intérieure du globe, BUFF. Min. t. i, p. 127. On scie, on taille, on polit le quartz comme toutes les autres pierres dures; il y a eu pendant longtemps à Briançon un établissement dans lequel on sciait et on polissait cette pierre, a. brongniart. Traité des min. t. i, p. 289, dans pouGKNS. |1 Quartz hyalin, celui qui a un aspect vitreux; quartz hyalin limpide, le cristal de roche. || Quartz hyalin violet, l'améthyste des lapidaires; le quartz hyalin jaune verdàtre, dit la fausse chry.solithe. || Le quartz résinite, sous-espèce de quartz comprenant toutes les variétés qui renferment de l'eau, dont l'éclat est résineux, et qui sont fragiles au point de ne pas faire feu avec le briquet, synonyme de silex résinite, opale résinoïde et xylopa'.e, lkgoarant. || Quartz ferrugineux jaune, substance minérale trouvée en Saxe, et que les Allemands appellent Eiscn-Kiesel (c'est-à-dire caillou de fer). Il Quartz sapbirin ou quartz bleu, sidérite, appelée encore sapiur quartz et pseudo- saphir. ;'; Quartz-agate, le quartz chatoyant, variété de l'agate traversée de filets d'amiante qui reflètent les couleurs du spectre solaiie. || Quartz pulvérulent, le sable ordinaire. |] Quartz cubique, nom donné, à tort, au borate de magnésie.

— ÉTYM. Ail. Quars, qui existe en allemand depuis le xiii" siècle, et qu'on explique en le rapprochant de Warze, mamelon ; ce serait la pierre mamelonnée. M. Baudry incline plutôt à y voir le lat. quadratus germanisé; ce serait la pierre carrée, à cause des angles du cristal.

QUAUTZEUX, EUSE (kouar-tseû, tseû-z'), adj. Qui est de la nature du quartz. La nature brute du l'oc vif et quartzcux, buff. Min. t. i, p. )52. || Réfraction quartzeuze , double réfraction qui a lieu quand le rayon extraordinaire est rapproché de l'axe et situé entre lui et le rayon ordinaire, parce que le quartz la possède ainsi.

t QUARTZIFËRE (kouar-tsi-fè-r'J , adj. Qui contient du quartz, qui est composé de quartz,

t QUARTZIFORME (kouar-tsi-for-m'), adj. Qui emprunte la forme du quartz ou d'une de ses variétés.

t QUARTZITE (kouar-tsi-f), s. f. Quartz hyalin grenu, ou en roche.

f QUAS (kouas'), s. m. Voy. kwas.

i . QUASI (ka-zi), adj. || 1° Presque, à peu près.... Comme il me souvient que je n'ai quasi jamais eu l'honneur de vous voir chez vous, qu'il n'y ait eu cinq ou six personnes dans votre chambre , voit. Lett. 3o. Des lettres oîi vous ne me parlez que de vos amies et ne me dites quasi rien de vous, m. ib. 25. Figurez-vous donc que Télèbe, Madame, est de ce côté ; C'est une ville, en vérité. Aussi grande quasi que Thèbe, mol. Amph. i, 1. On ne fait quasi plus de réflexion sur un aussi grand bienfait [le baptême], parce qu'on ne l'a jamais souhaité.... parce qu'on ne se souvient pas même de l'avoir reçu, pasc. Compar. des chrét. Quasi sans exemple, ib. Lett. à Mlle de Hoannei, 3. Je me doutais quasi bien que vous auriez prévenu ma prière, sÉv. à Ménage, 22 oct. 4064. Les choses n'arrivent quasi jamais

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comme on se les imagine, id. 3 juill. I680. Heureusement nous sommes à la campagne, et nous y menons quasi une vie pastorale ; tout cela convient à l'astronomie, fontkn. Mondes, 4" iotV. || 2° Mot qui se joint à un grand nombre d'autres, pour indiquer que la qualité exprimée par ceux-ci n'est qu'approximative, ou est soumise à certaines conditions. Quasi-liberté. Quasi-républicain, etc.

— REM. Les puristes du xvii' siècle déclaraient quasi un terme vieilli, bien qu'employé par les meilleurs auteurs. Aujourd'hui l'usage n'est pas complètement revenu en sa faveur ; toutefois il ne faut pas hésiter à s'en servir.

— HIST. xvr s. Je n'en recognois quasy trace en moy, mont, i, 33. Je n'ay quasi du tout point d'intelligence du grec, id. i, 4 95. Cette isîe touchoit quasi l'Espaigne, id. i, 232. Et quand et quand les effects de guerre s'en veirent quasi aussi tost, que les nouvelles s'en ouirent, amyot, Cam. 68.

— ÉTYM. Bressan, quosi; proveno. quais, cais; anc. catal. quaix ; espagn. casi ; ital. quasi; du lat. quasi, de quam, que, et st. Quasi en français est un mot moderne qui paraît appartenir au xvi" siècle ; il a été tiré probablement de l'italien ; s'il était d'origine dans la langue, il aurait reçu une forme analogue à celle du provençal.

2. QUASI (ka-zi), s. m. Terme de boucherie. Un quasi de veau, un morceau entre la queue et le rognon.

QUASI-CONTRAT (ka-zi-kon-tra), s. m. Terme de jurisprudence. Fait purement volontaire dont il résulte un engagement envers un tiers, sans convention ni consentement préalable. Les engagements qui naissent d'un fait personnel à celui qui se trouve obligé, résultent ou des quasi-contrats, ou des délits ou quasi-délits, Code Nap. art. 4370.

QUASI-DÉLIT (ka-zi-dé-li), s. m. Terme de jurisprudence. Dommage causé involontairement ou par négligence.

t QUASI-LÉGITIMITÉ (ka-zi-lé-ji-ti-mi-té), s. f. S'est dit de la famille d'Orléans qui se rattachait par une très-proche parenté à la dynastie dite légitime et chassée du trône.

— ÉTYM. Quasi, et légitimité.

t QUASIMENT (ka-zi-man), adv. Terme populaire, synonyme de presque, de quasi Ils m'ont quasiment écrasé ; je suis brisé, favart, Ninette, II, 9. J'en ai eu une veste neuve quasiment perdue, SCRIBE et ALPHONSE, Une chaumière et son cœur, ii, 7.

— ÉTYM. Mot formé en donnant à quasi une forme adverbiale.

QUASIMODO (ka-zi-mo-do), s. /".Terme de liturgie (avec un Q majuscule). Le dimanche qui suit Pâques. Le dimanche do la Quasimodo. Après la Quasimodo ou après Quasimodo || Renvoyer les gens à la Quasimodo, demander un long terme.

— HIST. -\vi= s. 11 falloit plustost armer le diable de toutes pièces... et faire l'ange tout nud avec une robbe de quasimodo, Moyen de parvenir, p. 90,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Quasi modo, qui sont les deux premiers mots de l'introït de la messe du dimanche après Pâques, et qui ont.servià désigner, dansle langage vulgaire, ce dimanche.

t QUASI-RESTAURATION (ka-zi-rè-stô-ra-sion) , s. f. Gouvernement qui diiïère peu d'une restauration ; s'est dit du gouvernement de Louis-Philippe par rapport à celui de la Restauration.

1 QUASSIA (koua-ssi-a), s. m. Voy. Q'jassier.

j QUASSIER (koua-ssié), s. m. Genre de la famille des simarubées où l'on distingue le quassia amara, L. qui fournit une écorcc très-amère dite aussi quassia.

I QUASSINE (koua-ssi-n'), s. f. Voy. quassite.

t QUASSITE (koua-ssi-f), s. f. Terme de chimie. Principe non azoté, retiré des quassia amara, L. et quassia stmarouba, L. ; dit d'abord quassine.

t QUATER (koua-tèr), adv. Quatre fois. Il s'emploie quand on a commencé à compter par semel, bis, ter. La page 4, 4 bis, 4 ter, 4 quater.

— ÉTYM. Lat. quater.

QUATERNAIRE (koua-tèr-nê-r'), adj. \\ 1° Qui vaut quatre, ou qui est divisible par quatre. Le nombre quaternaire. || Substantivement. Deux binaires font le quaternaire, et dix dizaines une centaine, PASC. Esprit géom. 1. 1| 2" Terme de chimie. Se dit des composés qui renferment quatre corps simples. I! 3" Terme de minéralogie. Se dit d'une variété qui résulte d'un décroissemcnt par quatre angles. 114° Terme de géologie. Terrain quaternaire, ensemble de roches qui comprend toutes les formations supérieures au calcaire d'eau douce jusqu'aux cailloux roulés et aux blocs erratiques, ou environ la moitié supérieure du terrain supercré-

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tacé. IIL'homme quaternaire, l'homme contemporain du terrain quaternaire. L'homme quaternaire habitait des cavernes. || 6° Terme de botanique. Se dit d'un organe répété quatre fois.

— ÉTYM. Lat. quaternarius, de quaternus (voy. quaterne).

QUATERNE (ka-tèr-n'), s. m. || 1° Combinaison de quatre numéros pris ensemble à la loterie, et sortis au même tirage. Il a gagné un quaterne à la loterie. Il 2° Terme du jeu de loto. Quatre numéros marqués sans interruption sur une même ligne horizontale.

— ÉTYM. Lat. quaternus, de qitatuor, quatre.

t QUATERNE, ÉE (koua-tèr-né, née) , adj. Terme de botani(]ue. Se dit de parties disposées quatre par quatre. Feuilles quaternées. || Terme de minéralogie. Qui offre des faces disposées quatre à quatre, ou qui résulte d'un assemblage de quatre prismes.

— ÉTYM. Lat. quaternus (voy. quateune).

t QUATERNIFOLIÉ, ÊE (koua-tèr-ni-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a les feuilles quaternées.

— ÉTYM. Quatemé, et feuille.

t QUATERNITÉ (koua-tèr-ni-té), s. f.\\ l' État d'une chose qui est composée de quatre parties. Il 2° Il s'est dit, dans la controverse, de quatre personnes, comme trinité se dit de trois. Quelques théologiens et même le fameux Pierre Lombard ont été accusés d'avoir donné par leurs explications l'idée d'une quaternité en Dieu.

— HIST. xvi" s. Ils se trompent en une autre illusion, c'est qu'il leur semble que nous establissons une quaternité, calv. Instit. 95.

— ÉTYM. Lat. quaternitatem, de quaternus (voy. quatf.rne).

QUATORZAINE (ka-tor-zè-n'), s. f. Terme de pratique ancienne. Espace de quatorze jours, qui s'observait de l'une à l'autre des quatre criées des biens saisis réellement.

— ÉTYM. Quatorze.

QUATORZE (ka-tor-z'), adj. numéral. || 1° Dix et quatre. Avecque quatorze ans écrits sur le visage, Il vous ferait beau voir prendre un air sérieux; Ne renversez point l'ordre établi par l'usage; Hé que peut-on faire de mieux Que de folâtrer à votre âge? deshoulières, Lett. à Mme Dusse, t. ii, p. 76. Voici la recherche curieuse qui fut faite sur le nombre quatorze par rapport à Henri IV : il naquit quatorze siècles, quatorze décades et quatorze ans après la nativité de Jésus-Christ; il vint au monde le quatorze de décembre, et mourut le quatorze de mai ; il a vécu quatre fois quatorze ans, quatorze jours, quatorze semaines, et il y a quatorze lettres en son nom, Henri de Bourbon, saint- FOJX,Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 404, dans pougens. On prétend qu'il [Mélanchthon] changea quatorze fois de sentiment sur le péché originel et sur la prédestination, volt. Mél. litt. Lett. au prince de ***, VI. On peut parier 14 299 contre 85, ou t;i2| contre 4 , qu'un enfant de quatorze ans vivra un an de plus, EUFF. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 296. il Chercher midi à quatorze heures, chercher des difficultés où il n'y en a pas. Notre petit maître est un chercheur de midi à quatorze heures; il a toujours le nez fourré partout, la font. Coupe enchant, se. 4. Cette purgation des capucins où il n'y a point de séné me paraît comme un verre de limonade.... c'est un remède pour ûter le superflu qui ne va point chercher midi à quatorze heures, sÉv. 502. La moralité s'en présente bien plus vite et plus agréablement, on ne va point chercher midi à quatorze heures, ID. 363. Vous qui vivez en ces demeures, Étes-vous bien? tenezvous-y. Et n'allez pas chercher midi X quatorze heures, volt. Inscripl. pour un cadran solaire. Il Faire en quatorze jours quinze lieues, marcher, voyager lentement, et fig. faire peu de besogne chaque jour. || 2° Quatorzième. Louis Quatorze. Livre, chapitre quatorze. 1| On écrit ordinairement Louis XIV, Clément XIV. || Rente au denier quatorze, rente du quatorzième du capital. 113° S. m. Quatorze multiplié par deux donne vingt-huit. || On dit de même : le nombre quatorze, le numéro quatorze. Il 4° Le quatorzième jour d'une période. Le quatorze du mois, de la lune. Il y a vingt-trois jours que j'en suis malade ; depuis le quatorze, je suis sans fièvre et sans douleurs, sÉv. 3 févr. 1676. Il Renvoyer de sept en quatorze, ajourner indéfiniment. Il bans la doctrine des crises, !e quatorze de la fièvre était regardé comme un jour décisif en bien ou en mal. Il [un certain jour] est le quatorze de Mme de Coulanges : les médecins n'en répondent point encore, sÉv. 3)6. ||6° Terme du jeu de piquet. Quatre cartes égales, quatre as, quatre rois.

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quatre dames, quatre valets, quatre dix, ainsi appelées parce que )e joueur qui les a compte quatorze, si l'adversaire n'a pas un quatorze supérieur au sien. Quatorze d'as, de rois, de dix. Sans cesse au jeu, dont il fait son étude, Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, boil. Sat. iv. [] Fig. et familièrement. Avoir quinte et quatorze, avoir dans une affaire tous les avantages.

— REM. Chercher midi à quatorze heures a pour origine l'usage, encore en vigueur dans plusieurs villes de l'Italie, de compter les heures de l à 24, à partir du coucher du soleil. D'après cette notation, midi peut se trouvera )6 lieures, à 17, à 48 et 20 ; mais il ne peut jamais se trouver à t4. Le vrai sens de cette locution est donc : chercher une chose impossible.

— niST. XI" s. Par serment nommé, ço est à savoir quatorze homes leals par nom. Lois de Guill. 46. Ilxii" s. Quatorze rois i ot à heure de souper, Sax. XIII. Il xiir s. De deux mille .Turs que il y mena, il ne l'en demeura que quatorze vint, quant il se parti du champ, joinv. 271.

— ÉTYM. Bourguig. quelorxe; provenf. quatorze; catal. ca(0Me; espagn. catorce; ital. quattordici; du latin quatuôrdècim , de quatuor, quatre, et decem, dix.

QUATORZIÈME (ka-tor-ziè-m'), adj. || 1° Nombre ordinal de quatorze. Le quatorzième siècle. \\3° La quatorzième partie, chaque partie d'un tout qui en a quatorze. || 3" S. m. Le quatorzième jour. Le quatorzième de la lune. Et qu'avec un vi- . sage tlême On oit [entend] quelqu'un qui dit tout bas : Mourra-t-il, ne mourra-t-il pas? Irat-il jusqu'au quatorzième? voit. Poés. Œuv. t. il, p. 4 97, dans pouGENS. || 4° La quatorzième partie d'un tout. Les dix quatorzièmes. Il est dans cette affaire pour un quatorzième. Il [le mercure] ne perd qu'un quatorzième de son poids dans une eau dent le pied cube est supposé peser 72 livres, uuff. ilin. t. v, p. 3(6. Il 5° Personne ou chose qui occupe le quatorzième rang. 11 est le quatorzième de sa classe. Il 6° S. f. Terme de musique. Réplique ou octave de la septième.

— Hisr. xiii* s. Rois quatorsimes par escris Est nombres cis Thcodoris, ph. mouskes, ms. p. 46, dans LACURNE. || xv s. Tant d'impositions, treziesme et quatorziesme.... menard, Hist. de Guescl. p. 458, dans LACLRNE. Il xvi' s. Ilest du quatorzième benedicite [c'est un imbécile], oudin, Curios. franc.

— ÉTYM. Quatorze ; ]>Tovenç. quatorcen, catorzen; catal. calorsé; anc. espagn. catorceno; ital. quattordecimo.

QUATORZIÈMEMENT (ka-tor-ziè-meman), adv.

En quatorzième lieu.

— ÉTYM. Quatorzième, et le suffixe ment.

4. QUATRAIN (ka-lrin), s. m. [\ 1° Petite pièce de poésie de quatre vers. Lisez-moi comme il faut, au lieu de ces sornettes. Les Quatrains de Pibrac et les doctes Tablettes Du conseiller Mathieu, mol. Sgan. 4. D'un caustique quatrain barbouiller mon tombeau, CHAUL. EpUre à Lafarc. •] 2° Quatre vers faisant partie d'un sonnet, d'une stance, etc. [Apollon] Voulut [dans le sonnet] qu'en deux quatrains de me'sure pareille La rime avec deux sons frappât huit fois l'oreille, boil. Art p. 11.

— HIST. xvi" s. Tant en quatrins, dixains, rondeaux, ballades, marot, 11, 223.

— ÉTYM. Quatre.

f 2. QUATRAIN (ka-trin), s. m. Petite monnaie qui valait à peu près un liard. || On écrit aussi et mieux quatrin. i peine en aurait-on un quatrin à Venise,

RÉGNIER, Sat. VI.

— HIST. XV» s. Faisant sa cavalcade, jelloit, par toutes les rues où il passoit, monnoye, c'est à savoir deniers qu'on appelle quatrins et mailles de Florence, monstrelet, t. i, ch. 62. || xvi's. En vain tendons la main vers le nautonnier sourd.... Nous n'avons un quatrin pour payer le,naulage, dubell. VI, S , recto.

— ÉTYM. Ital. quattrino, de quattro quatre,

f 3. QUATRAIN (ka-trin), s, m. Nom vulgaire de l'espèce de chardonneret qui a quatre plumes de la queue terminées par une marque blanche.

QUATRE (liatr'), adj. numéral des deux genres. Il 1° Deux fois deux. Je ferai venir contre Élam les quatre vents des quatre coins de la terre, saci, Bible, Jérémie, xlix, 36. Nous sommes quatre à partager la proie, la font. Fabl. j, 6. A table comptez moi, si vous voulez, pour quatre, mol. le Dép. V, 4. Vous avez un homme pâle et livide [Guillaume d'Orange].... que l'on croirait jeter à terre au moindre souffle, il fait néanmoins plus de bruit que quatre autres, la bruy. xii. KUc a du bien

pour nous deux, moi de l'amitié pour quatre, MARiv. Pays. parv. part. 3. On peut parier 4 2968 contre 509, ou environ 25 4/2 contre 4, qu'un enfant de quatre ans vivra un an do plus, buff. Prob. de la vie, Œuvr. t. x, p. 267. Pour m'agrandir m'irai-je battre? Trois arpents sont assez pour moi : Alcinoûs en avait quatre. Mais Alcinoiis était roi, p. lebrun, Poés. t. 11, Vallée de C7iamprosa!/. Il Quatre au cent, les quatre unités que la coutume est d'ajouter à un cent que l'on vend. Le sieur Dupont.... s'élève contre l'usage qui consiste à obliger le cultivateur vendant certains de ses produits, à livrer à l'acheteur quatre unités en sus de la centaine; en d'autres termes, il demande la suppression de l'usage des quatre au cent, baron de LADO0CETTE, au Sénat, Moniteur, 6 avril 4 867, p. 413, 2' col. Il Cela est clair comme deux et deux font quatre, cela est évident. |[ Terme do danse. En avant quatre, se dit, à la danse, de quatre danseurs, deux cavalers et deux dames qui s'avancent au-devant les uns des autres. [| Terme de musique. Morceau à quatre mains, composé pour être exécuté par deux personnes sur un mêaie piano. ;| Tirer un criminel à quatre chevaux, écarteler un criminel, à l'aide de chevaux dont chacun est attaché à l'un de ses membres. |i Fig. et avec un jeu de mots. Il [Marin le gazetierj a tant fait par ses journées, qu'enfin nous avons vu de nos jours le corsaire allant à Versailles, tiré à quatre chevaux sur la route, beaumarch. 4« mémoire. || Etre tiré à quatre épingles, être ajusté avec soin. || Fig. Couper du fil en quatre, s'occuper de choses petites et futiles. Il Fig. Fendre un cheveu en quatre, être trop subtil. Il Fig. N'y pas aller par quatre chemins, voy. CHEMIN, n° 4. Il Les quatre épices, voy. épices. Il Quatre épices se dit aussi de la poudre du fruit du myrlus pimenta. || Quatre-fleurs, voy. fleurs. il Vinaigre des quatre voleurs, voy. vinaigre. || Les quatre fruits, voy. fri'Its. || Les quaire jeux, espèce de jeu de cartes. || 2» li s'emploie quelquefois pour un petit nombre indéterminé. X quaire pas d'ici je te le fais savoir, corn. Cid, 11, (4. Parbleu, pour un moment laissez-nous en repos. Afin que nous puissions nous dire quatre mots, hauterocue, les Appar. tromp. i, 9. J'écris quatre lignes à Mme de la Fayette : appelez-vous cela écrire? sév. 7 oct. 4687. Je vous envoie un morceau d'une lettre de votre frère; vous y verrez en quatre mots l'état de son âme, id. 432. Si je croyais mon cœur, j'enverrais paître toutes mes petites affaires.... et, pour quatre jours qu'on a à vivre, je vivrais à ma mode et suivrais mon inclination, id. 24 aoiit 4 675. Un homme qui ne rougit pas de se donner pour savant, tombe dans une erreur qu'un théologien de quatre jours aurait évitée, boss. i"' avert. 4 2. Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, boil. Sat. 11. Je conclus que, pour faire la plus petite fortune, il valait mieux dire quatre mois à la maîtresse d'un roi que d'écrire cent volumes, volt. Mém. Volt. Ma houtique à quatre pas d'ici, peinte en bleu, vitrage en plomb, trois palettes en l'air, beaumarch. Barb. de Sév. i, 6. Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent! id. lUar. de Figaro, v, 3. Il 3" X quatre, quatre ensemble. Sur le pauvre arbre ils se mettent à quatre, la font. Gag. || 11 faut le tenir à quatre, se dit d'un fou, d'un furieux qui ne peut être contenu que par les efforts de plusieurs personnes; et aussi d'un homme qui se débat, qui fait une grande résistance. Ce Frangipany se trouva si incapable de .supporter la mort en public, qu'il le fallut traîner au supplice, et le tenir à quatre; voilà justement tout comme je ferais, SÉV. 58. Il Fig. Il faut le tenir à quatre, on a delà peine à le contenir, à l'arrêter. Il fallut tenir Monseigneur à quatre; il voulait être à la tranchée, SÉV. 472. Il Fig. Se tenir à quatre, faire un grand effort sur soi-même. 11 fautque je me tienne à quatre pour ne pas vous dire en bon français ce que je pense, m"" nu deffani, Leit. à Walpole, t. 11, p. 232, dans POUGENS. || Se faire tenir à quatre, opposer la plus vive résistance, le refus le plus déterminé. MM. deNovion et Bellièvre menèrent M d'Elbœuf, qui se faisait encore tenir à quatre dans la seconde chambre, betz, 11, 214. Je considère qu'il ne se faut pas faire tenir à quatre, quand les gens reviennent de bonne grâce, bussv, dans sév. 20 janv. 4678, édit. Régnier. Voici bien un autre embarras I L'auteur, dans les foyers, se fait tenir à quatre; 11 ne veut point laisser jouer sa pièce.... REGNARD, Fol. amour. Prologue, 3. || En un autre sens. Se faire tenir à quatre, faire le furieux et le

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méchant, et au fond ne l'être pas beaucoup; témoigner en apparence qu'on se veut battre, et au fond n'en avoir pas grande envie. Je me ferais tenir à quatre Comme quand on va pour se battre, scarr. Virg. II. Il 4° Descendre, monter un escalier quatre à quatre, avec une grande vitesse (locution elliptique : quatre marches par quatre marches). Ce jeune monsieur qui était avec vous? le voilà qui descend les montées quatre à quatre, dancourt, Femm. d'intr. IV, 9. i| Quatre à quatre et le reste en gros, se dit d'une chose faite à la hâte, sans grand examen. 115° Fig. et familièrement. Comme quatre, beaucoup, excessivement Non pas le moi d'ici. Mais

le moi du logis qui frappe comme quatre, mol. Amph. II, 4. Que j'aurai là une habile femme! elle a de l'esprit comme quatre, in. G. Dand. 11, G. J'ai jeté tout par terre et couru comme quatre, id. Princ. d'Él. i, 2. || Comme les quatre chats, d'une façon très-peu soignée. J'aime mieux être dans ces bois faite comme les quatre chats (hélas! vous en souvient-il?) , que d'être à Vitré avec l'air d'une madame, SÉV. 240. Il 6° En quatre, de façon qu'il y ait quatre parties. Feuille plice en quatre. || Terme de marine. Cordage en quatre, dans le commettage duquel il entre quatre torons. || Populairement et fig. Du fil en quatre, de la mauvaise eau-de-vie de cabaret, ainsi dite probablement parce qu'elle est forte comme est fort du fil en quatre, c'est-à-dire à quatre brins. || Fig. Se mettre en quatre, voy. quartier, n° 4. Il 7" Avoir la tête en quatre, l'avoir comme si elle était fendue en quatre, l'avoir extrêmement fatiguée. Hélas! je les ai lues [ces belles choses], quoique j'aie la tête en quatre, sÉv. 47 déc. 4664. il 8° Faire le diable à quatre, faire beaucoup de bruit, causer beaucoup de dé.sordre (locution qui provient d'une représentation scénique du moyen âge qu'on appelait la grande diablerie à quatre personnages ; celle où il n'y en avait que deux se disait la petite diablerie). || fl y a faille diable à quatre, il s'est beaucoup tourmenté pour.... || 9° Courir les quatre coins et le milieu de là ville, faire bien du chemin pour quelque affaire. Je suis excellé de fatigue : j'ai fait aujourd'hui les quatre coins de Paris, et j'ai vu, je crois, toute la terre, dider. Mém. Est-il bon? est-il méchanll 11, 3. || 10° Marcher à quatre pattes, marcher sur les mains et les pieds. Il 11° Entre quatre yeux (prononcez entre 'quatrez-yeux), tête à tête. Je lui dirai cela entre quatre yeux. Il 12" De quatre parties, loc. En totalité, tout à fait (locution vieillie). Si les médecins n'avaient des soutanes et des mules, et que les docteurs n'eussent des bonnets carrés et des robes trop amples de quatre parties, jamais ils n'auraient dupé le monde, PASC. Pensées, m, 3, édit. havet. || 13° Quatre pour quatrième. Henri Quatre (on écrit ordinairement Henri IV). La page quatre. Chapitre quatre. Il 14° S. m. Quatre multiplié par deux donne huit. Il On dit de même : le nombre quatre ou de quatre. 11 m'a parlé d'un peuple de Thrace tellemenC grossier qu'il ne peut compter au delà du nombre quatre, barthél. Anach. ch. 3(.||Le quatre du mois, le quatrième jour du mois. La ville sera prise vers le quatre ou le cinq de ce mois, maintenon, Lett. à Mme de Yeillhant, mai 4 692. || 15° Caractère qui marque en chiffre le nombre quatre. Le chiffre quatre. Un quatre de chiffre, un quatre en chiffre, ou, simplement, un quatre. || Il ne prend point l's au pluriel. Quarante-quatre s'écrit par deux quatre. Il On dit de même : numéro quatre. || Quatre de chiffre, piège pour prendre des rats, des souris, des oiseaux, etc. ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec un quatre chiffre. Un poids de cinq livres posé sur un quatre de chiffre, volt. Lett. Maupertuis, 22 juin 4 740. || 16° Terme de jeu. Le quatre, carte marquée de quatre cœurs, de quatre trèfles, etc. Il II ne prend point d'jï au pluriel.' J'ai tous les quatre dans mon jeu. (| 17" Face de dé marquée de quatre points. ||18° ferme de généalogie. Être du cinq au quatre, voy. être 4, n° 8. ||19° Le quatre à la livre, variété de cerisier.

— HlST. XI' s. D'or et d'argent quatre cenz mais chargez, Ch. de Bol. m. 1| xv" s. Mais on ne vous tient pas si saige Des quatre pars comme on souloit. Patelin, «. || xvi" s. Mais, monseigneur, ce que demander j'ose, Des quatre pars n'est pas si grande chose, MAROT, Êp. au Dauphin. La grande diablerie à quatre personnages estoit bien [le diable était] en ce que possible n'estoit longuement les reserver [les tripes], rab. i, 4.

— ÉTYM. Wallon et bourguig. quate; Berry, quat (t prononcé); provenç. quatre, cafre; espagn. cualro; ital. qualtro ; du lat. quatuor; comparez le grec TÉo-uapeç ou TÉTTapeç, l'éolien wiaupE:, le gothique

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■rit'or, le persan tchehdr, le russe tchetire, le sanscrit catuT.

t QUATRF.-COUNES (ka-tre-kor-n'), s. m. Le quatre-cornes, espèce de chabot.

t QUATUE-NATIONS (ka-tre-na-sion), s. f. pi. LcsOiiatre-Nations.ou le collège des Qjatre-Naiions, collège fondé à Paris par Mazarin, pour l'cduc;)tion et l'entretien de 80 enfants originaires des pays conquis par Louis XIV.

f QDATRE-OEIL (ka-treuU, (2 mouillées), ». m. La sarigue.

t QUATRE-PIEDS (ka-tre-pié) , t. m. Instrument dont le chaufournier se sert pour charger la chaux.

t QDATRE-QUINT (ka-tre-kin) , î. m. Terme de coutume. Espèce de légitime des biens propres, dont il n'était pas permis de disposer au préjudice de ses héritifrs.

t QUATRE-QUINZE (ka-tre-kin-z') , s. m. Le quatre-quinze, se dit, à la paume, de quatre coups de raquette, pour chacun desquels on compte (|uinze. QUATRE-TKMPS (ka-trc-tan), s. m. pi. Les trois jours où l'Église ordonne de jeûner en chacune des quatre saisons de l'année; c'est toujours le mercredi, le vendredi et le samedi. L'un dit que vous faites imprimer des almanachs particuliers où vous faites doubler les Ouatre-Temps et les Vigiles, afin de profiter des jeûues où vous obligez voire monde, MOL. l'Avare, m, 5. 1| Il prend deux majuscules : Quatre-Temps.

— JETVM. iQuatre, et temps, saison, t QDATRE-VINGT (ka-tre-vin), voy. quatrevingts.

QUATRE-VINGTIÈME (ka-tre-vin-tiè-m'), adj.

Nombre ordinal de quatre-vingts. Quatre-vingtunième (on ne l'ail pas sentir le ( en liaison). Quatre-vingt-deuxième. Il La quatre-vingtième partie d'un tout, chaque partie d'un tout qui eu a quatrevingts. Un tableau des mines de Sibérie, par lequel il paraît qu'en cinquante-huit années on a tiré d'une seule mine d'argent i aie uoo livres de ce métal, qui tenait environ une quatre-vingtième partie d'or, BUFF. Min. t. V, p. 39. Il Substantivement. Personne, chose qui occupe le quatre-vingtième rang. Il est le quatre-vingtième.

QUATRE-VINGTS (ka-tre-vin ; \'t se lie ; ka-trevin-z hommes), adj. numéral. |{ 1° Quatre lois vingt. Il On disait autrefois octante. || i° Quatre-vingts s'écrit avec une s, toutes les fois qu'il précède le substantif. Quatre-vingts hommes. Quatre-vingts beaux hommes. J'ai connu un homme qui commença à voyager à quatre-vingts ans, parce qu'il ne voulait pas savoir, disait-il, où il serait enterré, SAiNT-r-oix, Esi. Paris, Œuv. t. iv,p. 284, dans pougens. On peut parier 54u contre <23, ou 4 2/2* contre t, qu'une personne de quatre-vingts ans vivra un an de plus, BUFF. Prob. d« la vie, (fut. t. x, p. 449. || L'j se met aussi quand il est censé suivi d'un substantif. Nous sommes partis cent hommes, et nous sommes revenus quatre-vingts. Je les ai trouvés au nombre de quatre-vingts. || 3° Quatre-vingt s'écrit sans s, quand il s'agit de la date des années. L'an mil sept cent quatre-vingt. || 11 s'écrit encore sans *, quand il précède un autre nom de nombre auquel il est joint. Quoi donc 1 quatre-vingt-trois ans passés au milieu des prospérités-, quand il n'en faudrait retrancher ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, ni les maladies où l'on ne vit point.... boss. le Tellier. Pourquoi ne vais-je point avec elle [Mme Denis, qui allait consulter Tronchin]? cest que j'ai quatre-vingt-deux ans, quatre-vingts maisons à finir, et quatre-vingts sottises à faire, volt. Lett. d'Argental, 27 août * 776. |! Il s'écrit enfin sans s dans les ioculions où quatre-vingt peut être remplacé par quatre-vingtième. La page quatre-vingt. || 4° Quatrevingt-neuf, la première année de la révolution française. Les principes de quatre-vingt-neuf. Je croyais qu'on allait faire Du grand et du neuf, Même étendre un peu la sphère De quatre-vingt-neuf; Mais point! on rebadigeonne Un trône noirci, bérang. Restaurai, de la chanson. \\ 6« Quatre-vingt-dix , quatre-vingt-onze, etc. quatre fois vingt et dix et onze, etc. de plus. On peut parier 2 contre 3 qu'une personne de quatre-vingt-dix-neuf ans ne vivra pas un an de plus, c'est-à-dire en tout cent ans révolus, BUFF. Frob. de la vie, Œuv. t. x, p. 482. Il Oualre-vingt-tVeize, l'année où la violence de la révolution fut au |ilus haut point. Sombre quatrevingt-tieize, épouvanUible année, De lauriers et de sang grande ombre couronnée, A. bahiueb, ïambes, Qi/atre-viniji-lreiie. \\ Autrefois on disait : nouante, nonante el un, nonante-deux, etc. jj 6° S. m. Quatro- »ingts, sorte de chien, voy. issois

CICT. DE LA LANOUG rHANÇAlSB'

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— REM. L'habitude de compter par vingt (sixvintffs, sept-vingts) a fait traiter vingt comme cent, et mettre une s quand il est multiplié par un autre nombre. Cela se conçoit. Mais la suppression de l's dans certains cas n'est qu'une abréviation ortliograpliique et n'a rien de syntaxique.

— HIST. xiii* s. Le saint roy fut à Corbeil à une Penthecouste, là où il ot quatrevins chevaliers,

JOINV. ISB.

— lîTYM. Quntre, et ringt.

QUATRIÈME (ka-tri-è-m"), adj. \\ 1° Nombre ordinal de quatre. Vos enfants seront assis sur le trône d'Israël jusqu'à la quatrième génération, SACi, Bible, Rois, iv, xv, 12. Si quelqu'une de vous louche à la quatrième [part], la font, h'ahl. i, «. Toute la Russie reconnut ce Michel, et la ville de Pleskow lui livra le quatrième Demetri, qui finit par être pendu, volt. Ucbuts, (90. Je crois vous avoir mandé que le roi de Danemark venait de se mettre dans le rang de nos bienfaiteurs; j'ai brelan de roi quatrième ; mais il faut que je gagne la partie, id. LelL Damilaville, 9 février 1787. Cet homme singulier [Colomb] qui avait étonné l'Kurope en ajoutant une quatrième partie à la terre, raïnal, Ilist. phil. VI, 7. Il 2° La quatrième partie d'un tout, chaque partie d'un tout qui en a quatre. || 3° Terme de vénerie. Quatrième tête, celle d'un cerf ou d'un daim de cinq ans. || 4* Personne ou chose qui occupe 'le quatrième rang. 11 est le quatrième.

*n 5* S. m. Le quatrième du mois, le qualrième jour du mois. Le quatrième de la lune. || On dit plus ordinairement : le quatre du mois. || 6° Etre dans une affaire pour un quatrième, y êtie d'un quatrième, y être intéressé pour un quart. 1| 7° Le quatrième étage. Loxer au quatrième. Monter à un quatrième Tomber d'un quatrième. || 8° En parlant du jeu,- vous venez à propos, nous attendions un quatrième, c'est-à-dire un quatrième joueur. || 9° Anciennement, droit que le roi levait en Normandie sur les boissons. || 10" S. f. Terme de collège. La

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uoy

quatrième, la quatrième classe, ainsi dite parce que j et m'r, homme

quatre cents, de quatlro, quatre, et eenlo, cent, iiiille l'st sous-entendu.

QUATUOR (koua-tu-or) , ï. m. || 1° Terme de musique. Morceau de musique écrit pour quatre voix ou pour quatre instruments. Parmi les quatuor vocaux, le quatuor de Tom Jones (Philidor), celui d'Iphigénie en Aulide (Gluck), celui de l'Irato (Méhul), celui de Charles VI (rialévy), de Rigoletto (Verdi) , etc. sont célèbres. Quand on parle du quatuor vocal, on ne compte pas l'accompagnement qui s'y ajoute. Il S'il s'agit des instruments, à moins que ceux-ci ne soient désignés nominativement, on entend toujours deux violons, alto et basse. Le quatuor instrumental est un genre de composition qui a fourni à beaucoup de grands compositeurs, tels que Haydn, Mozart et Beethoven, l'occasion de déployer les ressources du génie et du talent.... fétis, la Musique, Dict. Quatuor. |l 2° Dans un orchestre, l'ensemblo des premiers violons, deuxièmes violons, altos, violoncelles et contre-basses qui ne font que doubler et renforcer les basses, de sorte qu'il n'y a que quatre parties. Un morceau à grand orchestre qu'on étudie, avant d'être répété généralement, l'est ordinairement au quatuor. Un bon quatuor, un quatuor bien nourri est la base fondamentale de l'orchestre, de môme que la science et l'habileté d'un compositeur se reconnaissentsurtoutàl'importance qu'il donne au quatuor et à la façon dont il le traite dans chacune de ses parties, reyer, dans le Journal des Débats, 4 nov. («68. SI Au plur. Des quatuor, d'après l'Académie.

— £:tym. Lat. quatuor, quatre.

f QUATUORVIR (koua-tu-or-vir), s. m. Terme d'histoire romaine. Nom de quatre magistrats chargés à Rome de l'entretien du pavé. || Titre des magistrats chargés de conduire une colonie. || Voyers de l'empire chargés de la réparation des routes. Il Quatuorvir du trésor, titre des magistrats provinciaux qui administraient les deniers publics dans les colonies et les municipes.

— ÈTYM. Lat. quatuorviri, de quatuor, quatre,

c'est la quatrième des classes en comptant de la rhétorique (rhétorique, seconde, troisième, quatrième). Professeur de quatriime. Étudier en quatrième. Il 11 fait sa quatrième, .se dii d'un écolier qui étudie en qualrième. Il lait la qualrième, se dit d'iui professeur de quatrième. || 11° Terme du jeu de pi

t QUATUOR VIRAL, ALE (koua-tu-or- vi-ral, a-l'), adj. Qui appartient aux quatuorvirs.

— ETYll. Lat quatuorviralis, de quatuorviri.

t QUATUOKVIUAT (koua-tu-or-vi-ra; le t ne se prononce pas et ne se lie pus), s. m. Dignité de quatuorvir. || Fig. Autorite, domination de quatre

quet. Quatre cartes de même couleur qui se suivent. '. hommes. C'est donc uu quatuorvirat dont nous som- Une quatrième majeure, celle qui comprend l'as, le ] mes nommés, d'argenson, Mémoires, t. ii, p. 337 roi, la dame et le valet. Une quatrième basse, celle ^ (iu-s-, 1887).

qui comprend le dix, le neuf,. le huit et le sept, Il 12" La quatrième des enquêtes, la quatrièn.e chambre des enquêtes au parlement de Paris.

— REM. Conformément à l'usage antique, Malherbe a encore fait qualrième de trois syllabes : X peine la quatrième lune Achève de faire son tour, MALH. lit, 2. Voy. la rem. à R.

— HIST. XV' s. Ce sont impositions, gabelles, subsides, dimes, quatrièmes et tçules extorsions sur le peuple, froiss. m, iv, bo. Moult de grandes aventures.... lesquelles je ne pourrois mie nommer, ni la quatrième partie escrire ni recoi-der, id. i, i, 30». Il XVI' s. La sœur du roy a la tierce partie; Toy la quatriesme; o( ils donnent leurs dioiots X ton mary.... hahot, ni, 289. Et si Paris qui veid en la vallée La Cypiienne, et d'elle fut espris T'eust veu quatriesme, il t'eust donné le prix, rons. 43. Cela est de son cru; il n'en doit point le quatriesme, cotgrave.

— ÊTYM. Quatre; bourg, quatreime.

QUATRIÈMEMENT (ka-tri-è-me-man), adv. En

quatrième lieu.

— ÉTYM. Quatrième, et le suffixe ment.

QUATRIENNAL, ALE (ka-tri-è-nnal, nna-l'), adj.

Il 1° Il se dit d'un office, d'une charge qui s'exerce de quatre années l'une. Entre autres édits, celui du mois d'août tii45 portant création des offices quatriennaux dans toutes les charges où il y avait des anciens, alternatifs et triennaux, lidit, déc. (663. PII se dit de l'officier qui exerce cette fonction. "Trésorier quatriennal. I| S. m. L'office qui s'exerce de quatre années l'une, l'officier qui l'exerce. On a supprimé les quatriennaux. || 2° Qui dure quatre ans. Assolement quatriennal Rotation quatriennale. |{ On dit aussi quadriennal.

— ETYM. Lat. quadricnnalis , de quatuor , quatre, et anniiï, année.

t QUATRILiJON (koua-tri-llon. Il mouillées) , s. m. Vuy. QUADRiLLioN> I5e/.out a écrit quatrillion.

t QUATRlN(ka-lrin),s. m. Voy. quatrain 2.

t QUATTROOENTISTF (koua-ttro-3in-ti-st'),f. m. Se dit des écrivains italiens du xV siècle.

— fiTVM. Ital. quatroeentista, de quattrocento,

— ErYM. Lat. quatuorviratus, de quatuorviri. QUAYAGE (kè-ia-j'), s. m. Droit que payent le»

marchands pour élàler leurs marchandises sur un quai, sur un port.

— lliST. XIV' s. Et à lui appartiegne et doie appartenir le droit de prendre le kayage et le proffit desdiz kais et de la vase, du cange, kaagium.

— ElYM. Quai.

t. QUE (ke), pron. relatif, ou mieux conjonctif. Il 1° Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Il ne s'emploie que comme régime ; il est des deux genres, et des deux nombres; l'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Ces hommes que vous avez vus. Cette femme que vous connaissez. Les livres que vous lisez. Les choses qu'on vous a dites. Il Que construit avec un verbe suivi d un verbe à l'infinitif dépendant lui-même de ce que. Des disputes théologi.|ues que l'on a toujours remarquées devenir frivoles à mesure qu'elles sont plus vives, MONTESQ. Rom. 22. || 2° Que, d'après la construction ordinaire, ne doit pas être séparé de son antécédent; cependant il est quelques cas où cela peut se faire : c'est le goût et l'oreille qui en décident ; mais il ne faut pas que la clarté en souffre. Et j'ai des gens en main que j'emploierai pour vous, MOL. Mis. m, 7. N'allez point présenter un espoir à mon cœur, Qu'il recevrait peutêtre avec trop de douceur, m. Mélic. 11, 3. Nous perdons des moments en bagatelles pures, Qu'il faudrait employer à prendre des mesures, id. Tart. v, 3. Il 3° Que se dit arcliaïquement pour ce que, représentant le latin neutre quod. Le roi [Henri IV manqué par Chatel] vit, et ce misérable.... Qu'. n'avait jamais éprouvé Que peut un visage d'Alcide, MALH. u, 4. Il En cet emploi il se dit surtout avec les verbes avoir, savoir, pouvoir (joints i ne). Mon esprit satisfait n'aura que désirer, bacan,

l'saume l C'est demain (|u'elle [Médée] sort de

nos terres; Nous n'avons désormais que craindre de sa part, coiiN. Hidée, 11, 4. Surpris, ravi, confus, je n'ai que repartir [répondre], id. Suxv. m, 'O. L'autre aussitôt de s'excuser. Alléguant un grand rhume; il ne pouvait que dire Sans odorat.... la

QUE

PONT. Fabl. VII, 7. Les traits du visage très-beauï et si bien proportionnés qu'on n'y trouvait que reprendre, m. Psyché, 11, p. (63. Ne sachant que conjecturer du dessein de son mari, ni à quelle mort se résoudre, ID. ib. Il, p. 112. Madame, je suis votre sœur, autrefois l'épouse de Cupidon, maintenant esclave, et ne sachant presque que devenir, ID. ib. p. (48. S'il faut agir, je ne sais que faire; s'il faut parler, je ne sais que dire, j. j. bouss. Confess. i. Il ,Ie n'ai que faire, je n'ai rien à faire. Oui n'a point de procès, au palais n'a que faire, bégnier, Sat- XVI, Il Je n'ai que faire de, je n'ai aucun besoin de. 11 a été affermi dans son pouvoir par une force étrangère... qui n'a que faire des bonnes maximes pour produire les bons succès, balz. Socrate chrétien, viii. Je n'ai que faire de votre aide, MOL. Méd. m. lui, i, 2. Je n'ai que faire de vos dons, ID. l'Àv. IV, 5. Il Je n'ai que faire de vous dire.... il n'est pas nécessaire de vous dire... || Je n'ai que faire à cela, je n'ai aucun intérêt à cela. || Je n'ai que faire là, je ne suis pas nécessaire là. Vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n'avez que faire, mol. Méd. m. lui, i, 2. || Je ne puis que faire à cela, je n'y puis, je n'y sais que faire, je ne peu» qu'y faire, il ne dépend pas de moi d'y rien faire, d'y remédier. || 4" Faire que fou, que sage, agir en fou, en sage; en remplissant l'ellipse on a : faire [ce] que f ferait un] sage. Disant qu'il ferait que sage De garder le coin du feu, la font. Fabl. v, 2. Il 5° Que, construit avec un adjectif et -ie verbe être, fait une sorte de locution qui signifie étant (que est ici adjectif conjonctif; voyez les exemples : la cruelle laquelle elle est; innocent lequel il était). La cruelle qu'elle est [la mort] se bouche les oreilles, Et nous laisse crier, malh. vi, '8. Innocent qu'il était, il [Jésus] voulut endurer, cobn. Imit. ii, (. Comme un petit fou qu'il était, scarr. Rom. cotn. i, i. David, tout roi qu'il était, instruit d'un secret si important, envisageait comme une béatitude l'attachement à cette loi, bourdal. Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. (65. Infortunés que vous êtes, vous avez abandonné la loi de votre Dieu, et c'est co qui vous a perdus, ID. ib. p. (68. Aveugle quej'étaisi je crus voir la nature.... volt. Temple du Goût. Le libertin, mon Dieu, que c'était là! lo. Enf. prod. i, (.||I1 s'emploie en ce sens avec un autre verbe que être, pourvu que ce verbe suppose le verbe être. Habile qu'il se jugeait, il accepta la mission. Innocent qu'il se savait, il avait la tête haute. il Avec un participe il signifie après que. Arrivé qu'il fut, il se mit à la besogne. Établi qu'il eut son monde en un bon endroit, il songea à lui. j| Après un adjectif et avec le subjonctif, daps le sens de quelque.... que. Ma crainte toutefois n'est pas trop dissipée; Et doux que soit le mal, je crains d'être trompée, mol. Sgan. 22. Aujourd'hui on dirait : si doux que soit, ou tout doux qu'est. || 6" Que je crois, locution familière et elliptique pour : à ce que je crois. Vous n'êtes pas d'ici, que je crois, MOL. fi. Dand. l, 2. [Il] Verra, que vous croyez, la promesse accomplie... id. Sgart. 2». On aura, que je pense. Grande joie à me voir api-ès.dix jours d'absence, id. Éc. des f. i, 2. Et ce sera bientôt? — Cremante : Ce sera, que je crois, Dans huit jours au plus tard, quin. Uère coq. v, 4. || On dit de même : que je sache, à ce que je sache. Il n'est point de destin plus cruel, que je sache, MOL. Amph. m, (. ||7* Ce que c'est, quelle chose c'est. Il ne sait que par ouï dire Ce que c'est que la cour, la mer, et ton empire, Fortune.... la FONT. Fabl. vu, 12. Je ne sais point, seigneur, ce que c'est que d'aimer, regnard, Démocr. m, 3. Il Familièrement. Ce que c'est que de nous! voyez quelle est la condition des humains. Ce que c'est que de nous ! moi, cela me confond, regnard, le Légat, v, 7. || Archaïquement on supprimait c«. Je ne sais que c'est de flatter personne, balz. liv. i, lett. 3. Le roi ne sait que c'est d'honorerà demi, cohn. Hor. IV, 2. Voilà, voilà que c'est de ne voir pas Jeannette, Et d'avoir en tout temps une langue indiscrète, MOL. l'Ét. IV, 8. Il 8" Ancienne construction de que, très-usitée au xvii' et au xviii* siècles, dans laquelle le membre où est que est rattaché par gui à un membre suivant et dépendant. Et que pourra faire un époux Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous? la font. Fabl. vu, 2. Sur les éloges que l'envie Doit avouer qui vous sont dus. Vous ne voulez pas qu'on appuie, id. ib. viii , 4. Mais pour guérir le mal qu'il dit qui le possède.... mol. Éc. des

f. II , 6. Toutes choses qu'on voit bien qui sont

Boss. Corinaiss. iv, 2. On fit au comte d'Estréesune grande opération qu'on n'expliqua point, m;iis qu on prétendit qui l'empêclierait d'avoirdes enfants,

QUE

ST-siM (13, 238. Le silence de l'Ecriture sur ces démons que l'on prétend qui président aux oracles.... FONTIN. Oracles, i, 6. Si nous attendons.... nous attendons ce que Jésus-Christ a prédit qui n'arriverait jamais^ mass. Confér. Zèleconlro les scandales. Voici cette épître qu'on prétond qui lui attira tant d'ennemis, voir. Comment, sur l'ép. à Ariste (de Corneille). {| Cette construction a été employée, comme on voit, par les meilleurs écrivains; elle est vive et très-commode ; il serait fort utile de la remettre en honneur. || 9° Que, interrogativement, quelle chose? Qu'est-ce-oi, mes enfants? écoutezvous vos flammes? corn. Hor, u, 7. Qu'est ceci? dit-il à son monde; Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers, la font. Fabl. iv, 2(. De sorte que, ne voulant pas dire : je ne sais, il [Montaigne] dit: que sais- je? dont il fait sa devise , pasc. Entret. avec M. de Saci. Hé I que puis-je au milieu de ce peuple abattu? rac. Athal. (, i. Que vous semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes? id. Eslh.u, ». Que ne quitteraiton pas Pour plaire au maître du monde? qui- NAULT, Proserp. i, (i. Que sera-ce, s'il faut que je voie, que j'entende ce oue je n'ose imaginer sans frémir? montesq. Lelt.pers. 1 65. J'étais malheureux; que suis-je donc aujourd'hui? j. j. roi^ss. //^i. m, t». Il 11 se construit avec l'infinitif. Que devenir? Mais quand nous serions rois, que donner à des dieux? LA font. Phil. et Bauc. Le héraut du printemps lui [au milan] demanda la vie : Aussi bien, que manger en qui n'a que le son? id. Fabl. ix, (8. || Familièrement. Que diable? quelle chose, avec diahie pris d'une façon exclamative. Si vous n'êtes pas malade, que diable ne le dites-vous donc? uoL.Héd.m. lui, 11, 9. Que diable est-ce là? les gens de ce paysci sont-ils insensés? id. Pourc. i, (2. || Que interrogatif employé par redondance avec le verbe savoir. Que sait-on ce qui arrivera? Dicl. del'Acad. au mot SAVOIR. Que sait-on s'il le voudra? ib. Que savonsnous ce que la Providence garde à M. de Vardes? sÉv. (7 avr. (682. Il 10" Qu'est-ce? quelle chose estce? Qu'est-ce de moi? faible est ma main.... béonier. Stances rdig. Qu'est-ce là? lui dit-il— Rien. — Quoi! rien! — Peu de chose, la font. Fabl. i, 5. WQu'est-ce que...? même sens. Qu'est-ce que tout cela, qu'un avertissement...? la pont. Fabl. viu, i. Dieux I qu'est-ce que j'entends? rac. Phèdre, ii, 6. Qu'est-ce qu'un livre de Jean-Jacques contre la comédie? Jean-Jacques est-il devenu Père de l'Eglise? volt. Letl. Thiriot, (7 sept. 1768. Qu'estce que ce Confucius dont on parle tant, si on le compare à Sidney et à Montesquieu ? raïnal, Hist. phil. i, 2(. Il If Que dans les phra-ses interrogatives, suivi de que, et signifiant quelle chose.... si ce n'est.... Et que puis-je espérer qu'un tourment éternel, Si je poursuis un crime, aimant le criminel? CORN. Cid, m, 3. Que fais-tu, Jupiter, que du haut de la nue Tu n'en perdes la race [des puces], afin de me venger? la font. Fabl. viu, 5. Mais quoi 1 que feras-tu que de l'eau toute claire? mol. l'Ét. m, ( . Que peut-on donc avoir que de l'estime pour uue religion qui connaît si bien les défauts de l'homme ? PASC. Pens. XI, ((, edit. havet. Qu'ont été durant tout ce temps les Alboin, les Astolphe et les Didier, que des ennemis de Rome et de l'Église romaine? BOSs. Var. xiii, 34. Hélas ! et qu'ai-je fait que de trop vous aimer? rac. Bérén. v, b. Que font les obstacles que piquer vos désirs? mass. Carême, Prière 2. Qu'y entendons-nous que des peintures vagues et superficielles? id. Carême, Confess. Que restait-il à un guerrier qu'à demander raison du tort qu'on lui faisait? montesq. Espr. xxvui, (4. || 12° Que, pourquoi, à quoi? Que parlez-vous ici d'Albe et de sa victoire? cokn. Hor. iv, 2. Que tardez-vous, seigneur, à la répudier? bac. Brit. u, 2. || Que sert de se flatter, de dissimuler, etc.? à quoi sert-il de se flatter, de dissimuler, etc.? Du zèle de ma loi que sert de vous parer? skc. Athal. i, (.j|En ce sens il se construit souvent avec ne. Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est oet avantage Pour les ruines du visage? la font. Fabl. viii, B. Si le choix est si beau, que ne le prenezvous? mol. Femm. sav. m, 7. || Que, en quoi? Que peut vous offenser sa flamme ou sa retraite. Puisque vous n'aspirez qu'à vous eu voir défaite? corn. D. Sanchc, ni, 6. Que te peut nuire enfin une telle tempêle? id. Imit. m, 46. Que lui était [à Dieu] nécessaire le témoignage d'aussi faibles créatures que nous le sommes? buurdal.- Serm. pour le dim. dans l'oct. de l'Ascension, u. || 13° 0«eeiclamatif et dans le sens de combien (en cet emploi, gîte est é'juivalent au relatif latin quand il est exckœatif : 0 qui luarum pinriarum en uitor l Phèdre.) Mon

QUE

Dieu, mon créateur, Que ta rnagnificence étonne tout le monde! malh. i, (.Que bien plus aisément j'en saurais triompher 1 corn. Rodog. iv, 3. Que c'est un sort cruel d'aimer par politique? ID. Serlor. i, 3. Qu'il est partout de traîtres! Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres 1 id. Mcom. v, 8. Ah ! mon fils, que la tendresse d'un père est aisément rappelée, et que les offenses d'un fils s'évanobissent vite au moindre mot de repentir! mol. Festin, v, (. Que ses douleurs l'ont rendue savante dans la science de l'Evangile! boss. Reine d'Anglet. Que nous nous pardorjnons aisément nos fautes, quand la fortune nous les pardonne! m. ib. Ô mon pauvre tyran, que tu as perdu à être si riche, et que Diogène a gagné à ne posséder rien! pénel. IHal. des morts anc. 27. Que les Français sont grands quand leur maître les guide ! volt. Fnntenoi. Qu'aimable et tendre doit être un mari qui peint sa femme sous des traits si charmants! j. i. Houss. Lett. au comte de B. 26 janv. (76B. Qi^e vous prenez de soins superflus! ID. Hél. m, ai. Qiie de fous et de méchants dans ce meilleur des mondes possibles ! d'alemb. Lett. à Voltaire, (( aoilt (766. Qu'aimable est la vertu que la grâce environne I a. chékier , l'Aveugle. Il 14* Que, avec un nom de temps, signifie durant lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Le jour suivant, que les vapeurs de Bacchus furent dissipées, Xanthus fut extrêmement surpris de ne plus trouver son anneau, la font. Vie d'Ésope. Il perdit la voix Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines [l'argent], !D. Fabl. vin, 2. Et moi-même Au moment que je fais cette moralité.... id. ib. viii, 4. Du temps que les bêtes parlaient, ID. ib. iv, (. Un certain loup, dans la saison Que les tiôdes zéphyrs ont l'herbe rajeunie. Et que les animaux quittent tous la maison, id. ib. v, 8. L'argent dans une bourse entre agréablement; Mais, le terme venu que nous devons le rendre, C'est lor.s que les douleurs commencent à nous prendre, mol. l'Ét. i, 6. Je ne m'ennuyais point cet hiver que je vous avais, SÉv, 28 août (67B. Vous devez prendre désormais quelque intérêt à mes affaires, tout au moins pour un an, qui est le temps que vous avez affermé le Buron, ID. à d'Hérigoyen, ^OjuiU. (686. J'y serai [à Grignanj jusqu'au mois de septembre, que j'irai à Bourbilly.... ID. à Bussy, iB juill. (673. Le temps n'est plus, ma chère fille, que ce m'était une grande consolation de recevoir une grande lettre de vous, iD. (7 janv. (6811. Cette pauvre diablesse de Voisin, qui est à l'heure que je vous parle, brûlée à petit feu à la Grève, id. 2( février (680. Où est le temps que vous ne mangiez qu'une tête de bécasse par jour, et que vous mouriez de peur d'être trop grasse? ID. « janv. (672. C'est un infortuné... qui ne se croit formé que pour les jours rapides qu'il paraît sur la terre, MASS, Carême, Prière -2. Au commencempnt que l'évêque avait seul entre les mains tout le revenu de son Église, en était-il plus fastueux? id. Confér. Us. des reven. ecclésiast. Uiienuu que j'étais dans cet état tranquille où l'âme, plus à elle-même, semble être délivrée de la chaîne qui la tient assujettie, montesq. Temple de Gnide. Au mois de juillet... que le pays [Montmorency] est plus agréable, J. J. bouss. Lett. il Matesherbes. Qu'elle soit toujours coiffée en cheveux jusqu'à l'âge de trt nte ans, qu'une pareille coifl"ure devient indécente et ridicule dans une femme, id. Lett. d Mme Roguin, 3( mars (764. Dans ma jeunesse, que je croyais trouver dans le monde les mêmes gens que j'avais connus dans mes livres, iD. ï* lett. à M. de Malesherhes. Je joue de la harpe ou du clavecin jusqu'à huit et demie, que nous soupons, genlis. Ad. et Th. 1. 1, p. 3( , dans POUGENS. Il Par assimilation on a fait maintenant que, à présent que, sorte de conjonctions composées qui signifient en ce temps où, et qui sont formées comme pendant que, alors que. L'Espagne pleurait seule; maintenant que la France et l'Espagne mêlent leurs larmes et en versent des torrents, qui pourrait les arrêter? boss. Mar.-Thér. Il 15° De la même façon on a fait, avec toutes sortes de substantifs et qwe, des composés où que signifie, selon lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. De la façon enfin qu'avec toi j'ai vécu. Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu, corn. Cinna, V, (. On se défend d'abord, mais de l'air qu'on s'y prend On fait entendre assez que notre cœur se rend, MOL. Tart. IV, 5. Elle [Mme de la Fayette] vous remercie tendrement de la manière que vous comprenez sa douleur, sEv. (2 avr. (680. Commencez par décider... si je vendrai mes grains à Noël prochain au prix qu'ils se trouveront, id. à Mme de Guiiaut, 22 nov. I6i)î. Elle [Mme de Fontevrault]

pensa mourir de douleur en !e voyant fson père] en l'état qu'il est [frappé d'apoplexie], ID. 42 juin 4876. Les écrits (]ue vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer n'envisagent point la matière du côté que je la regarde ici, »oss. Luttres , 237. Me voyait-il de l'cp.il (|u'il me voit aujourd'hui? rac. Andr. ii, i. Comme un arbre plus d'une fois mort et déraciné, selon l'expression d'imapôtre, vous allez rester pour toujours sur le côté que vous tomberez, mass. Carême, hiconst. Je tournai la tête du côte que partait la voix, LESAGE, Gil Blas, 1, I . Le public ne prendrait pas le mot de secte dans le sens que je l'avais écrit, j. J. ROUPS Leit. à il. de Basliile, (6 juin I760. Pardonnez si je ne puis voir les périls qui vouseffrayent du même œil que les voit une mère, id. Letl. à Mmf de Créqui, 43 oct. I7B8. pe- En dépit qu'il on ait, voy dépit 4, n" 2, et la remarque 2.

— REM. 1. On dit: Faites ce que bon vous semblera, et non ce qui bon vous semblera. La constructiqn est: Faites ce que bon vous semblera de faire. Il 2. Que signifiant combien est un adverbe de quantité qui ne peut modifier un mot précédé d'un des alvnrbes bien, très, fort, extrêmement. Ainsi il y aura faute dans les vers suivants: Hélas ! après les pleur» que j'ai versés pour vous, Que cet heureux instant me doit être bien douxl chébillon, dans

GIRAULT-nUVIVlER.

— HIST. IX' S. Si Lodwighs sagrament quse son fradre Karle jurât, conservât... Serment. In o quid il mi altresi fazet, ib. || x' s. E de cel péril que super els raetreiet, Frag. de ValeiiC. p. 468. Cel edre [ce lierre] sost que [sous lequel] cil sedebat, t'j. p. 468. Il XI' s. Ce dist Rolans ; compainz, que faites-vous? Ch. de Roi. civ. Qu'est devenus Il gascons Engelers, ib. CLXXin. Respont Rolanz : jà fereie que folz, ib. Lxxxi. Deus, dit li quens [le comte], or ne sai je que face, ib. cxlti. Eh! reis amis, que [pourquoi] vous ici nen estes? th. cxxvi. An la sameine [semaine] qued il s'en dut aler, St-Àlexis, nx. || xii' s. Mult fait l'amours que vilaine Oui comence por faillir, Cnuci, iv. Quant [je] voi venir le bel tanz et la flour, Que l'erbe vers resplent aval la prée, ib. xvii. Sire, ce dist Sébile, savez que [ce dont] je vous prie? Sax. vu. Il un* s. Tout droit en ce termine que je ici vous di, lierte, i. Diexl que ne savent or qu'ele est famé Pépin? il). LV. Moi ne chaut qu'on en fasse, ib. xvi. Je ne sai que penser, ib. xliii. Pour le bien que il voient que Diex leur a rendu, ib. cxxxvii. Que m'est-il avenu? qu'ont ces gens empensé? t'b. xv. F-n temps doux et joli Que erbelete peignent et pré sont raverdi, ib. l. Entour la Saint Jeiian que la rose est fleurie, ib. ii. L'eure soit beneoite, que je onques vous vi, ib. Lix. || xiv s. Il n'y a rien que mètre ne que ester [aux œuvres bien faites], oresme, Eth 44. Qu'est-ce que de fortune quant à tourner se prent, Cellui n'est mie sages qui s'y fie forment, Guesel. 9780. Et que n'y allez vous ? dit li prince briefment, ib. 43544. ||xv' s. Pour voir qu'on [ce qu'on] voudroit faire du roi, qui en prison estoit [Edouard II |, froiss. i, i, 2B. Et lui recorderent que une poignée de gens que ils estoient, avoient déconfit le roi d'Escosse et toute sa puissance, id. I, I, 307. Ils trouvèrent les nefs et les vaisseaux tousprests qu'on leur avoit amenés d'Angleterre, m. I, I, 29. Avoit mis en délibération s'il feroit mourir ses bostages, ou qu'il en feroit, comm. ii, 4. Voicy que je feroie, iD. m, s. Sans nul besoin qu'il en soit, ib. i, B. Il me ferit une fois ou deux; dont il fist que foui, car j'en fis pis que d'avant. Les *6 joyes de mariage, p. 24. || xvi* s. Dont dist Gar^-antua : Que diantre! vous estes maulvais chevaulcheurs , BAB. Garg.i, 12. Un jour de vendredy, quetoutle monde s'estoit mis en dévotion, iD. Pant. 11, 2. Beu que il eust, et rendu le hanap, lu. ib. iv, B4. Esmerveilloz vous dadvanlaige de la queue des béliers de Scythie, que pesoyt plus de 30 livres, lo. 16. i, 48. Là son précepteur repetoyt ce qu'avoyt esté leu, ID. ib. I, 23. Tout ce (jue leur estoyt servy à table, ID. ib. i, 23. Que feit-il? — Qu" il feit, mes bonnes gens? escoulez, id. ib. 11, 4. Que dyable de languaige est ceci? m. ib. il, fl. Mais qu'esi-ce que je mets si grand peine à réfuter cesle rage brutale? CALv. Instit. 470. Qu'est-ce à dire que Dieu ne voit point les péchez, sinon qu'il ne les punit point? ID. ib. B4 4. Un grand vouloir de ne me souvenir D'homme que vive, marot, i, 381. Qu'estoy-je avant qu'entrer en ce pa.ssage?... Qu'est-ce qu'aymer et s'en plaindre souvent? ...Que suis-je donq' lorsque mon cœur en fend?... dubell. m, 55, recto. Qu'ay je fait, que trop aymer? id. iv, 34, verso. A ce dernier roole, il n'y a plus que feindre, mont, i, 67. Je ne suis ans bon naturaliste, qu'ils disent, id.

QUE

I, 64. Elle les a estably er régions que bon !uy a semblé, id. i, ioo. Qu'est-il plus farouche que de veoir.... [qu'y a-l-il de plus.... que de....]?iD. i, 118. Les voulez-vous [les philosophes] rendre juges des droicts d'un procez, des actions d'un homme? Ils en sont bien prests : ils cherchent encores s'il y a vie ; que c'est qu'agir et souffrir, id. i, 440. i treize ansque je sorti du collège, j'avois achevé mon cours... id. i, 4 98. Sçavoir comnumder aux passions qu'il faut, la boRtib', 463. Elle monta mille fois les degrés D'une grand' tour qui descouvroit la plaine. Et les forests et chemins qu'elle pense Qu'on peut venir à Montaulban de France, id. 488. Qu'est-ce qu'on pense qui donna à 8i petit nombre de gens.... le cœur de.... ID. 47. Qu'est-ce qui engraisse plutost un cheval? l'œil de son maistre, id. 2I4. Je vous laisse à penser que, en lieu et avecques la compaignie qui y est, peull faire ou dire vostre cousine, MABG. Lett. 4. Ils ne sçavent que dire, id. th. 36. Que te semble de ce qu'un tel a l'ait? amyot, Lyc. 36. L'année que Phsedon fut prevost à Athènes, m. Thésée, 44. Du costé que passe la rivière d'Anapus, id. Timol. 31 . Il reprit le chemin qu'il e.stoU venu, d'aub. f/t.ç*. II, 475. Les princes penchent ai.sement du costé que leur inclination naturelle les conduit, id. ib. 11, 250. t'encre qu'on escrit [à écrire], paré, x, 8.

— ÉTYM. Lat. quod, neutre de qui {voy. qui). On peut penser que que représente quem, qnam, qusc aussi bien que quod; mais la forme qued nous ramène à quod. Dans quelques cas qui n'ont pas prévalu, on a dit que pour qui, comme l'italien ehe.

2. QUE ike) , eonj. \\ 1° Sert à unir deux membres de phrase; ce qui distingue ce que du que relatif qu^unit un nom et un membre de phrase, c'est que celui-ci peut se tourner par quoi ou par lequel, laquelle, accompagné du nom qu'il rappelle, tandis que tjue conjonction ne le peut pas. Vous liites qu'il viendra. Je crois qu'avec cela , mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi, mol. Mis. m, 4 . || Dans ces locutions : Je dis que oui. Il soutient que non, oui et non représentent des propositions. || Après certains verbes qui veulent de avec un substantif, on peut aussi mettre que. Je vous instruis, je vous informe que votre frère est arrivé. Je vous avertis qu'il est temps de partir. || On a dit aussi que après supplier. Si j'ai oublié dans ma première lettre de faire mention du prélat, je vous supplie que je répare ce défaut dans celle-ci, sÉv. à Bussy, 27 févr. 467». Il 2° Après certains verbes et certaines constructions qui Impliquent possibilité, doute, négation, interrogation, commandement, on met le subjonctif. Je ne crois pas qu'il vienne. Il suffit que vous le disiez. 11 faut qu'il parte. C'est dommage qu'il ait ainsi parlé. Est-il possible que vous partiez? 'Voilà qui m'étonne, qu'en ce pays-ci les formes de la justice ne soient point observées, mol. Poure. m, 2. Et ne croyez pas que ce fût sur des matières.... masS. Carême, Vérité de la relig. 0 Dieu ! en permettant que la sagesse humaine tombât dans des égarements si monstrueux, id. Carême, Vérité delà religion. Il Cependant on peut mettre aussi l'indicatif; mais le sens est un peu différent. Croyez-vous qu'il suffit d'être sorti de moi ? corn, te Ment, v, 3. C'est dommage, Garo, que tu n'es point entré Au conseil de celui que prêche ton curé, la font. Fabl. ix, 4. Ah ! madame, il suffit pour me rendre croyable. Que ce qu'on vous promet doit être inviolable, MOL. D. Gare, i, 3. Est-il possible que toujours j'aurai du dessous avec elle ! id. G. Dand. 11, 43. Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins? id. Mal. imag. ni, 3. || 3° El que, continuant une pensée commencée par un infinitif. Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats , Et que seuls désormais en vain ils se défendent, cobn. Cid, iv, a. J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire. Et que sa haine injuste augmentant tous les jours.... id. Pomp. m, 2. Considérant l'état des choses, et qu'il serait peut-être difficile au roi son ma!tr« de conserver ni Dunker(}ue ni les autres places de F!andre, PELLissON, Hist. de Louis XIV, liv. 1, 4662. Néère, ne va point te confier aux flots, De peur d'être déesse, et que les matelots N'invoquent au milieu de la tourmente amère La blanche Galatée et la blanche Néère, A. chén. Fragments d'idylles. || Que s'emploie semblaldement, sous-entendu disant, exposant. M. de Pompone ne put retenir quelques larmes, en lui parlant [au roi] du malheur qu'il avait eu de lui déplaire; que, pour sa famille, H l'abandonnait aux boutés de Sa Majesté; que toute sa douleur était.... SÉv. 7 févr. 4880. |i 4° Dans une phrase où se trouvent deux propositions en regard

QUE

l'une de l'autre, l'une régissant, l'autre régie, quand la première est au passé, on doit mettre la seconde au présent, si elle exprime une chose vraie indépendamment de toute époque, une action qui se fait ou peut se faire «n tout temps, ou bien encore lorsqu'il s'agit de quelque cho.se qui existe au moment où l'on parle. Vous m'avez dit, tout franc, que je dois accepier Celui que pour époux on me veut présenter, mol. Tart. II, 4. Qu'est-ce que vous me voulez, mon papat ma belle maman m'a dit que vous me demandez, ID. Mal. imag. 11, 44. On m'a dit qu'on ne connaît plus certaines planètes qui tournent autour de Jupiter, auxquelles Galilée donna en mon honneur le nom d'astres de Médicis, font. Dial. de Coi<me de Médicit et de Bérénice. Il concluait que la sagesse vaut mieux que l'éloquence, volt. Taureau blanc. Il Cependant mettre l'imparfait n'est pas une faute; seulement la pensée e.st un peu différente; l'imparfait se dit quand on veut exprimer

quelque chose de relatif Je t'ai déjà dit que

j'étais geiMlhomme, Né pour chômer et pour ne rien savoir, la font. Papefig. Son père Antonin lui avait appris [à Marc-Aurèle] qu'il valait mieux sauver un seul citoyen que de défiiire mille ennemis, Boss. Hist. I, 40. Je n'ai pas oublié, prince, que ma victoire Devait à vos exploits la moitié île sa gloire, BAC. B^^n.iii, 4. Il On met l'imparfait du subjonctif après un temps passé. Je craignais, j'ai craint, j'avais craint qu'il ne vînt. || On le met aussi après le conditionnel passé. J'aurais voulu qu'il ne vint pas. !! Après le conditionnel futur, on met le présent ou l'imparfait. Je voudrai» qu'il vienne ou qu'il vînt; voy. la remarque î. || On pourrait, après le pré.sent, mettre l'imparfait du subjonctif dans une phrase de cette espèce : On craint que la guerre, si elle éclatait, n'entraînât des maux incalculables. || C'est de la sorte que Racine a dit : Hélas I on ne craint point qu'il venge un jour son père; On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère, Andr. 1, 4. ||6° Que retranché, nom que l'on donne, dans certaines grammaires latines, à la tournure latine qui exprime par le verhe à l'infinitif et le nom à l'accusatif ce que nous exprimons par que entre deux verbes; Burnouf l'appelle proposition infinitive. C'est donc par l'idiotisme de l'une et de l'autre langue qu'il faut expliquer ces façons de parler, et non par les règles ridicules du que retranché, DUMABS. Œuv. t. IV, p. 82. Il 6' En tête d'un chapitre ou d'une section d'un livre, on met que pour indiquer de quelle matière il y est traité. Que Dieu s'est voulu cacher, pasc. Pens. xi, b, éd. havbt. Ij 7° Par inversion, la proposition où est que peut se mettre avant l'autre. Que cela soit, j'y consens. Que l'on veuille agir ainsi, c'est ce que je ne crois pas. Mais que tous, tant que nous sommes. Nous mentions, grand et petit. Si quelque autre l'avait dit. Je soutiendrais le contraire, la font. Fabl. ix, 4. Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme, id. th. vu, 2. Que ce soit l'homme ou la femme qui ait introduit le péché dans le monde, c'est la même chose, .selon saint Augustin, malebr. Rech. Éclaire, liv. i, t. IV, p. 4 26 dans pougens. Que tous les hommes presque se sauvent, la foi nous défend de le croire, MASS. Carême, Élus. Que ce consul [Cicéron] ait été un bon poète, un philosophe qui savait douter, un gouverneur de province parfait.... ce n'est pas là le mérite dont il s'agit ici, volt. Rome sauv. Préf. Il Que ainsi placé équivaut quelquefois à soit que. Que sa prétention fût ou non légitime, Encor ce traitement paraît-il inhumain, rotr. Antig. iv, 4. Du reste, que vous réussissiez ou que vous ne réussissiez pas, c'est un soin dont il vous décharge, bourdal. F.xhorl sur Cobéiss. relig. t. i, p. 283. Tout ce que nous faisons, que nous pleurions, que nous nous réjouissions, il doit être d'une telle nature , que nous puissions du moins le rapporter à Jésus-Christ, mass. Cor^me, ^ius. || Ainsi placé , que équivaut encore à s'il arrive, s'il arrivait, s'il fût arrivé. Qu'il fasse le moindre excès, il est malade, «'il arrive qu'il fasse le moindre excès, il en est malade. Que Nicias eût envoyé le plus petit détachement pour s'opposer à l'approche de Gylippe, il était maître de Syracuse, et tout était fini, bollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. 867 , dans pougkns. Que son mattre [du chien] paraisse, et ses sens sont calmés, DELiL. Trois règ. viii. || Que s'emploie de même pour il faut que. Que je vous retrouve à mon retour modeste, douce, timide, docile, maintenon, Lett. à Mlle d'Àubigné, 4 4 mai 4693. Que je vous gronde; vous douiez de mes sentiments, parce que vous n'en T'îvez pas de marques, id Lett à Mme de ftrt'non,

QUE

t. n, p. 533, dans pougens. Que je vous conte une réponse qui m'a fait plaisir, parce qu'elle m'a paru au-dessus de son âge [d'un enfant], id. I.ett. à Mme de Uontespan, (677, t. i, p. 65. i; Dans une phrase exclamative il équivaut à ; faut-il? Qu'il se soit oublié à ce point! Bon Dieu ! que la tiédeur des clirétiens ait réduit voire Église à leur faire une loi de la participation à votre corps et à votre sang ! qu'il ait fallu des menaces pour les conduire à l'autel, et les obliger de s'asseoir à votre table I mass. Avent. Disp. à la comm. \\ 8° Il exprime le souhait, l'imprécation, le commandement, le français ne possédant l'impératif qu'aux secondes personnes et à la première du pluriel, et y suppléant avec que et le subjonctif; dans ces locutions, que, bien que en tête de la phrase , n'en est pas moins entre deux propositions dont la première est sousentendue : je prie que, j'ordonne que, etc. Que je meure si.... Qu'il parte aussitôt. Que la foudre à vos yeux m'écrase si^e mens! cobn. le Ment, ni, b. Que puissiez-vous avoir toutes choses prospères! MOI., le Dép. \n, 4. Que maudit soit l'amour, et les filles maudites Qui veulent en tâter, puis font les chaltemites! iD. ib. v, 4. Le pauvre homme! allons vite en dresser un écrit. Et que puisse l'envie en crever de dépit! m. Tart. m, 7. Élevez maintenant, ô Seigneur, et mes pensées et ma voix; que je puisse représenter à cette auguste audieace l'incomparable beauté d'une âme que vous avez toujours habitée I Boss. Mar.-Thér. Que son nom soit béni; que son nom soit chanté; Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà des temps et des âges, Au delà de l'éternité! rac. Esth. m, ». Salut, père élranper, et que puissent tes vœux Trouver le ciel propice à tout ce que tu veux I A. chén. \,e Mendiant. Il 9" Que s'emploie seul et représente difTixentes locutions conjonctives. || Il représente ; atin que. Que se met pour afin que, M. dAblancourt disant dans son Lucien : Monte vite, que je t'attache, vau- GEi.. A'oui;. Rem. Observ. de Jf*** p. 18f>, dans pougens. Faites, faites entrer ce héros d'importance, Que je fasse un essai de mon obéissance, corn. Sertor. u, 2. Rendez-vous propre mon expérience: que j'aie vécu pour vous et pour moi, maintenon, Lett. à M. d'Aubiftné, 25 juin 1684. || Dans une phra,se intenogative, il représente : qui fait que, pour que. Mais que vous a-l-il fait, que pour lui seulement Vous vous rendiez rebelle à mon commandement? CORN, la Suiv. V, 8. Qu'est-ce que l'homme, ô grand Dieu, que vous en faites état et que vous en avez souvenance? boss. Sermons, Quivquag. i. Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point? boil. ScU. m. || Aixompagué de ne, il représente : de peur que. Fuyez, qu'à ses soupçons il ne vous sacrifie, corn. Uédée , i, i. Cliton, ne raille point, que tu ne me déplaises, iD. Ment. V, 4. Il 11 représente : avant que. Je pensai.... que je ne devais point entreprendre d'en venir à bout [établir des principes de la philosophie], que je n'eusse atteint un âge bien plus mûr que celui de vingt-trois ans que j'avais alors, D se. Méth. II, «3. Ne venez point ici que vous n'ayez de mes nouvelles, sev. à Ménage, I680. Il n'y a point au monde de si pénible métier, que celui de se faire un nom : la vie s'achève que l'on a à peine ébauché son ouvrage, la bbuy. ii. |{ 11 représente : et néanmoins. L'ennemi semblerait dispersé, que l'on devrait vjiller encore. De telles nouvelles seraient indubitables, que je ne les tairais pas moins. On est souvent un fort honnête homme, qu'on n'est pas un très-bon chrétien, sév. 4 oct. iG77. || Il représente: pendant que. La voiture aux provisions est venue, que j'étais malade, i. j. rouss. Lett. à M. de Lorenzy, 3 nov. (760. || Il représente : si bien, de telle façou que. J'ai une tendresse pour mes chevaux, qu'il me semble que c'est moi-même, mol. VAv. m, 6. Par un prompt désespoir souvent on se marie. Qu'on s'en repent après tout le temps de sa vie, id. Femm. sav.v, 5. Je suis dans une colère, que je ne me sens pas, id. Mar. forcé, e. Il sera berné.... qu'il n'y manquera rien, rfgnabd. Attendez-moi sous l'orme, n. || On dit de même : Que c'est une bénédiction. Elle engraissait, que c'était une bénédiction, hamilt. Gramm. 10. Quand le Camus disait mon frère le cardinal, il se rengorgeait que c'était un plaisir, st-sim. 281, "2. || Que signifiant de ce que. Nous faisions la guerre au bonhoumie d'Andilly, qu'il avait plus d'envie de sauver une âme qui était dans un beau corps qu'une autre, sÉv. (9 aoiît i«76. Il Çiie signifiant à ce que. Je comprends qu'en ellet vous perdez un peu que je ne sois plus à Paris, SÉv. I7 mai 1680. || Que signifiant lorsjue. La vie est trop courte, et la mort nous

prend, que nous sommes encore tout pleins de nos misères et de nos bonnes intentions, sÉv. 27 juin 1679. Vous croyez avoir résisté jusqu'au sang et remporté la victoire, qu'il faut recommencer le combat, MASS. Mystères, Résurrect. Je n'avais aucune idée des choses, qiLe tous les sentiments m'étaient déjà connus, j. j. rousS. Conf. i. || Que signifiant puisque. Sans doute vous avez été malade, qu'on ne vous a vu depuis Six mqjs. Vous êtes donc brouillé avec lui, que vous ne lui parlez plus? Comment voudriezvous qu'ils [vos chevaux] traînassent un carrosse, qu'ils ne peuvent pas se traîner eux-mêmes? mol. l'Av. m, 6. Il 11 représente : depuis que. Il y a dix ans qu'il est parti. || Il représente : autant que. Kîtesvous jamais la cuisine? — Non, dit-elle, qu'il me souvienne, p. l. cour. Conversation chez ta comtesse d'Albany.\\ Que.... ne signifiant sans ciue. Et ce bien, par la fraude entré dans ma maison. N'en sera point tiré que dans celte sortie II n'entraîne du mien la meilleure partie, mol. le Dép. m, 3. Je vous donne avis qu'il n'avouera jamais qu'il est médecin, que vous ne preniez chacun un bâton, et ne le réduisiez à force de coups, id. Méd. mal. lui, 1, B. Il aime quelquefois sans qu'il le sache bien, Et croit aimer aussi parfois, qu'il n'en est rien, id. Mis. iv, <. || 9° Il est corrélatif de tel, quel, même, autre. Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure, corn. Cid, i, B. Montretoi digne fils d'un père tel que moi , id. ib. l, b. El moi, ma fille, je vous aime avec la même inclination que ce fleuve [le Rhône] va de Lyon à la mer ; cela est un peu poétique, mais cela est vrai, SÉV. 30 juill. 1677. Quel grand homme que ce Guillaume prince d'Orange ! volt. Dict. phil. Venise. Il On trouva quelquefois, dans ces phrases, après que l'ellipse de celui, celle, ceux, celles. Mon père, trop sensible aux droits de ia nature, Quitta tout autre soin que de sa sépulture [de mon frère] , corn. Médée, m, 3. 1| Il est corrélatif aussi des adverbes de comparaison et des comparatifs. Il est plus heureux que sage. Rien ne l'a tant réjoui que d'apprendre.... Si peu que rien. Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'^imour, la bochefouc. Max. 324. Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même, la font. Fabl. iv, 22. Les rois non plus que le soleil n'ont pas reçu en vain l'éclat qui les environne, BOSs. Marie-Tliér. La reine pleine de foi ne se propose pas un moindre modèle que Marie, ID. ib. Notre reine heureuse par la naissance qui lui rendait la piété aussi bien que la grandeur comme héréditaire. .. id. ib. || Que bien que mal, en partie bien, en partie mal. La volatile malheureuse.... Droit au logis s'en retourna : Que bien, que mal elle arriva Sans autre aventure fâcheuse, la font. Fabl. IX, 2. Il On dit aujourd'hui plutôt : tant bien que mal. ||St.... ç«e, dans le sens de assez... pour. Je fus si heureux que de f.iire d'abord amitié avec lui, BALZ. à la reine de Suède. \\ lO" Que signifiant si ce n'est, autre que, autrement que. Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes?... Que par ces enragés? MALH. u, < 2. Combien de divers automates ou machines mouvantes l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces! DESC. Méth. V, 9. Le chasser, c'est vous faire un puissant ennemi, Sans obliger par là le vainqueur qu'à demi, CORN. Pomp. i, l. Et sa manne cachée estdilficile à voir Qu'à ces yeux épurés que la grâce illumine, id Imil. i, l. Le désir de savoir est naturel aux hommes; Il naît dans le berceau sans mourir qu'avec eux, id. ib. I, 2. C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix.... Eh! qui connaît que vous les beautés et les grâces? la font. Fabl. vu, Dédie, à Mme de Montespan. Hélas, suisje en pouvoir de faire des résolutions? et, dans la dépendance où je me vois, puis-je former que des souhaits? MOL. l'Av. iv, 1. Ont-elles répondu que oui et non à tout ce que nous avons pu leur dire? id. Préc. t. Descendons-nous tous deux que de bonne bourgeoisie? m. Bourg, gent. m, 12. Il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement, qu'en la réylant par la vue de ce point [l'immortalité de l'âme], qui doit être notre dernier objet, PASC. Pins, ix, . i, édit. havet. Hien ne donne l'assurance que la vérité, m. ib. xxiv, 21. La pratique générale et universelle défendait de communier les pécheurs qu'après l'accomplisser.ient de leurpéhitence, arnauld, Fréq. communion, '^^ part. ch. <5. Il ne; dit pas une parole qu'en italien, :iêv. 2 sept. <676. Point de lièvre, qu'intérieure et imperceptible, ID. 17 nov. (688. À quoi peut-il aboutir qu'à noire perte? bodrdal. Carême, m, 3, Pas. de Dieu, I9. D'où lui peut venir cette force que de Dieu? ID. Dominic. i, Sainteté et force de la loi,

QUE

242. Après qu'il eut perdu toute espérance d'en pouvoir obtenir que de l'amitié; flkchikr, Grands jours d'Auvergne, p. 13", 2' édit. Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, la bruy. VIII. Vos esclaves médisent que vous êtes enfermé, et qun vous ne pouvez me recevoir que d'une heure entière, m. vi. Pourquoi le temps vous est-il donné, que pour demander à Dieu qu'il oublie vos crimes? MASS. Carême, Prière 1. Et la supériorité que lui donnait le rang et le mérite, l'aperceviez-vous que dans le soin aimable qu'il avait de l'oublier? id. Or. fun. Prince de Conti. Ai-je fait un seul pas que pour te rendre heureuse? volt. Alz. I, 4. Il 11" Que précédé de pas ou rie point, et signifiant si ce n'est. Ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu. Et ne l'auront point vue obéir qu'à son prince, corn. //or. m, a. Je jure les rayons du jour qui nous éclaire Que tu ne mourras [loint que de la main d'un père, id. le Ment, v, 3. Le sujet est simple et du nombre de ces événements connus, où il ne nous est pas permis de rien changer qu'autant que.:.. ID. Sirt. Au lecteur. M. d'Ormesson n'a point découvert cela que lorsqu'il n'y a plus eu de remède, sÉv. <l,déc. I664. Mardi ils [les juges de Fouquet] s'assembleront tous dès le malin, et ne se sépareront point qu'après avoir don né un arrêt, id. tW Nous n'avons point de roi que César,, boss. Hist. 11, (0. L'Egypte n'avait point vu de grands édifices que la tour de Babel, quand elle imagina ses pyramides, ID. ib. III, 3. Il Cette locution a vieilli, et c'est dommage. En tout cas, il faut se garder de la confondre avec la locution vicieuse où ne.... que est joint à pas ou à point : Je n'ai pas que cela à faire (voyez cidessous la remarque i). {{ 12° Ne pouvoir pas.... que.... ne, c'est-à-dire il est impossible que.... ne. Dans le fond, je suis de votre sentiment, et vous na pouvez pas que vous n'ayez raison, mol. l'Av. i, 7.

I] On dit de même : il n'est pas que ne.... Il n'est

pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire, m. l'Avare, v, 2. || 13° Non que..., c'est-à-dire il ne faut pas dire que.... Non que pour cela j'osasse entreprendre d'abord d'examiner toutes celles [difficultés) qui se présenteraient, desc. Méth. u, I3. ||14"iVe.... (jTue signifiant seulement. Je ne veux que le voir. Je n'ai de volonté que la tienne. Je ne possède de maison que celle que j'habite. On n'entend que des cris, on ne voit que des larmes, cobn. Cid, m, 6. Je ne vous reproche pas de craindre les juties, mais de ne cnindre que les juges ; c'est cela que je blâme, pasc. Prov. xni. Inconnu dan? l'église, ignoré dans ce lieu, Je ne pourrai donc plus être vu que de Dieu, boil. Lutr. iv. Ce n'est que dans le siècle de Jésus-Christ qu'on a commencé à parler de tous ces messies, boss. Hist. u, )0. Je serais au désespoir qu'on me soupçonnât d'avoir été le traducteur de ce livre hardi [l'ABC], dans mon jeune âge; car, en I762, je n'avais que soixante-neuf ans, volt. Lett. Mme du Deffant, 26 déc. <78S. Allons; et pour Camille elle n'a qu'.i dormir, a. chén. Élég. XVII. Il A'e.... que, avec un comparatif ou avec trop, sert à affirmer plus fortement. Il n'y a que trop longtemps que vous trompez le monde, et que vous abusez de la créance qu'on avait en vos impostures, PASC. Prov. XV. Vos conseils sur mon cœurn'ont eu que trop d'empire, rac. Iphig. i, 3. L'auteur n'est pas l'ami du comte de Lalli; il s'en faut beaucoup; son témoignage n'en est que plus recevable quand il atteste les mêmes griefs qui faisaient le désespoir de Lalli, volt Louis XV, 34. || Ils ne font que sortir, ils sortent à chaque instant. || Ils ne l'ont que de sortir, ils viennent de sortir. |{ Ife.... que s'explique par une ellipse : Il n'y a que lui, il n'y a [autre] que lui; il n'est que blessé, il n'est [autre chose] que blessé, j| 15° Il n'est que de, voy. être i, n° 44. Il 16° Il sert à former un grand nombre de locutions conjonctives : avant que, après que, afin que, dès que, loin que, sans que, soit que, etc. Il 17° Il lemplace comme, quand, si, lorsqu'à des propositions qui commencent par ces mots, on en joint d'autres de même nature. Comme nous avons déjà dit, et que nous le verrons plus clairement ailleurs, noss. Connaiss.i, il. Si, selon la doctrine du grand apôtre, on trouve la sainteté dans les emplpis les plus bas, et qu'un esclave s'élève à la perfection, id. le Tellier. Quand tout cédait à Louis et que nous crûmes voir revenir le temps des miracles où les murailles tombaient au bruit des trompettes..,, in. Mar.-Thér. \\ Que , remplaçant comme et quand, veut l'indicatif. Remplaçant si, il veut le subjonctif; cependant, par exception, on trouve aussi l'indicatif. Si je n'ai pas eu des sentiments humbles, et que j'ai élevé mon âme. Seigneur, ne me regardez pas.... boss. Polit, x. vi,

QUE

43. Il Que remplaçant pourquoi. C'est pourquoi il [Jésus-Christ] a souffert et est mort pour sanctifier la mort et les souffrances, et que, comme Dieu et comme lioimne, il a été tout ce qu'il y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject, pasc. I.ett. sur la mort de son prre. Pourquoi avez-vous tous conspiré contre moi, et que personne ne m'avertit où est le fils il'Isaïe? Boss. Pal. m, ii, lO. Pourquoi dit-on prêter l'oreille, et que prêter les yeux n'est pas français? VOLT. Cotnm. Corn. Rem. Roilog^ v, :i. [Réaumur m'apprendra-t-il] Pourquoi l'aspic affreux, le tigre, la panthère N'ont jamais adouiù leur cruel caractère, Et que, reconnaissant la main qui le nourrit. Le chien meurt en léchant le maître qu'il chérit? II). Sur la modération. \\ Que remplaçant jusques à quand. Jusques à quand juger<- vous avec injustice, et que vous regarderez, en jugeant, non le droit . mais les persoimes? boss. Polit, viu, i, <. Il 18° Que précède éléKaniment la conjonction si au commencement d'une [ihraso. Détale vite et cour.s; Que si ce loup t'atteint, casse-lui la mâchoire, la FONT. Fabl. VIII, (7. Que si le mort n'était convaincu d'aucune faute, on l'ensevelissait honorablement, BOSS. Ilisl. m, 3. Que si son rang la distinguait, j'ai eu raison' de vous dire qu'elle était encore plus distinguée par son mérite, ID. Ducli. d'Orl. Il 19° Que corrélatif de ce. Si je ne vais plus chez vous, c'est que je crains d'y rencontrer votre cousin. C'est là que ceux qui étaient autrefois enchaînés ensemble ne souffrent plus aucun mal, SACi, Bihle, Job, m, '8. C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix, L* font. Fabl. vu, à tlme de Hontespan. S'il [l'enfant] n'a l'oiseau, c'est fait que de sa vie, id. Fauc. \\ En cette construction, que de se met souvent devant un infinitif. Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux : Cet honneur a souvent de mortelles angoisses, LA FONT. Fabl. XII, n. C'est donner que de faire un marché de cette sorte, sÉv. i87. Dans quelque prévention où l'on puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c'est une chose bien sérieuse que de mourir, la bruy. xvi. || On supprime quelquefois le de. C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser, corn. Ilor. v, 2. ô l'utile secret que mentir à propos! iD. Ment, n, 6. C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien Sans qui les autres ne sont rien, la font. Fabl. iv, I3. || Souvent, dans ces tournures . que s'emploie pour donner plus de force à ce qu'on dit. Tant c'est chère denrée Qu'un protecteur ! la kout. Fabl. viii, 18. Boni voilà ce qu'il nous faut,''qu'un compliment de créancier, mol. D. Juan, iv, 2. La douce chose que d'ainuT, lorsque l'on ne voit point d'obstacle à ces aimables chaînes dont deux cœurs se lient ensemble! 10. Scapin, m, i. C'est peut-être la décision de la destinée de Mlle de Grignan que ce voyage, SÉv. )2 mai icso. Ce m'est une religion que la véiu ration que j'ai pour cette maison, m. 22 mai 1682. C'est un malheur inscparab'p' du bien qu'a produit l'imprimerie , que cetie foule de pièces scandaleuses publiées à la honte de l'esprit et des mœurs, volt. Chartes XII, Lelt. Norberg. Étonnant mystère que l'amour 1 stael, Corinne, xviii, 5. Il 20" Familièrement. Si j'étais que de vous, ou si j'étais de vous, voy. être *, n° (2. Le duc de Créquy, en parlant au maréchal de Clérambault, lui dit dans la chaleur de la conversation : Monsieur le maréciial, si j'étais que de vous, je m'irais pendre tout à l'heure. Hé bien, lui répliqua le maréchal, soyez que de moi, Opusc. lang. franc, p. 256, dans pouGENS. || 21° Cela ne laisse pas que d'être inquiétant, voy. laisser, n° 20. || 22° Oh que non, que non, que non pas, se dit dans le langage familier, pour : non. Vous bavarderez: oh que non! Louis : Répondez : n'avez-vous pas vos maux. Partant des médecins? — Marcel : Oui-da! pouf nos troupeaux ; Mais pour nous, que non pas ! c. lelaviGNE, Loui.s XI, m, 3. |j Que si, que non, querelle, dispute. Sur le que si, que non tous deux étant ainsi, la font. Fabl. ix, U. On la reçut [la Discorde] à bras ouverts, Elle et que si que non, son frère, Avecque tien et mien, son père, lu. ib. vi, 20. Il Être toujours sur le que si, que non, être toujours prêt à contrarier. || Que non pas, correspondant à un comparatif. Tout ce que vous m'avez drt, je l'aime mieux une feinte, que non pas ui.e vérité, MOL. Princ. d'Él. v, 2. Cette tournure a vieilli; pourtant elle est indispensable quand la construction amènerait deux que de suite : il vaut mieux tuer le diable, que non pas que le diable nous tue (voy. NON, n° 5).

— REM. 1. « X Rome, il n'y avait pas que les esclaves qui fissent Icmétier de gladiateurs. Construc-

QUE

tion barbare, bien que fort usitée aujourd'hui. On n'en trouverait pas un seul exemple dans toute la littérature française avant la fin du xviii" siècle. Le plus ancien quej'aie rencontré est de Maurice Dupin, petit-fils du marcchal de Saxe et père de Mme Sand C'est dans une lettre qu'il écrit à sa mère en <798. Je ne connais, avant cette date, aucun exemple de pareille faute dans les écrivains français. Grammaticalement, cette construction signifie précisément le contraire de ce qu'on veut lui faire dire quand on l'emploie aujourd'hui. Je n'en veux peur preuve que les vers de Corneille (voy. ci-dessus, n" t< : Ils ne l'auront point vue obéir qu'à son prince, c'est-à-dire si ce n'est à son prince). Tel est le sens français et correct de cette tournure, quoique aujourd'hui un grand nombre de personnes et même d'écrivains l'emploient fréquemment dans le sens opposé. Pour eux, le vers de Corneille voudrait dire : ils ne l'auront point vue obéir seulement à son prince; c'est justement tout le contraire. Voici d'où vient la contusion : ils s'imaginent que cette tournure il n'y o pas que, est l'opposé de tl n'y a que; tandis qu'au fond, soit grammaticalement, soit logiquement, ces deux tournures ne sont qu'une; témoin le vers de (Corneille. En effet, en ajoutant simplement le mot pas à la tournure il n'y a qu^e, on croit ajouter une seconde négation à la première, ce qui serait nécessaire pour que l'une des tournures signifiât le contraire de l'autre; mais, en réalité, on n'y ajoute rien du tout, si ce n'est le mot pas, mot purement explétif, qui, soit qu'on le mette, soit qu'on l'omette,, fait virtuellement partie de la première négation, et ne saurait, à lui tout seul, en constituer une seconde (voy. ci-dessous un exemple de Marotoù pas joue exactement le rôle que lui attribue M. Deschanel en cette locution). JVe tout seul,, ou, à volonté, ne pas n'est qu'une seule et même négation. Corneille a bien dit ce qu'il voulait dire; mais les auteurs d'à présent, se servant de la même tournure pour signifier le contraire, font un barbarisme de phrase et un non-sens, » DKscnANEL, Journ. des Débats, 23 août )8(i0. En place de la construction vicieuse : Il n'y a pas que lui qui ait fait cela, on dira : Il n'y a pas seulement lui qui a fait cela, ou mieux H n'est pas le seul qui ait fait cela; Je n'ai pas vu que lui, dites : Il n'est pas le seul que j'aie vu. C'est par une autre tournure heureuse et juste que la Fontaine a exprimé ce que nous rendons par cette locution barbare de ne.... pan.... que : Moins d'ennemis attaquent leur pudeur [des femmes du monde]; Les autres [les cloîtrées] n'ont pour un seul adversaire: Tentation, fille d'oisiveté! la font. ilaset. Il 2. Je voudrais qu'il vienne ou qu'il vint. L'imparfait exprime une contempoianéilé : Quand j'avais de l'argent, je le dépensais. .Semldablement, le conditionnel exprimant une contemiioranéité avec la condition, on met à l'imparfait le verbe du membre où la condition est exprimée : Si j'avais de l'argent, je le dépenserais. Semblablement enfin on met l'imparfait du subjonctif dans le membre subordonné : Si j'avais de l'argent, je le dépenserais de manière qu'il profilât. Mais cela est une pure affaire d'oreille; la syntaxe n'y est pour rien; bien plus l'idée est non d'un passé, mais d'un futur ; et il serait peu usité, mais non fautif de dire : de manière qu'il profite. Cette liberté devient encore plus efi'ective quand le conditionnel est pris absolument et sans condition exprimée; alors il est non-seulement permis de mettre le présent du subjonctif, mais, la plupart du temps, cela vaut mieur que l'imparfait et est moins apprêté et moins puriste : Je voudrais qu'il vienne ou qu'il vint; il me serait agréable que cela se fasae ou se fil ; je désirerais que vous passieg chet moi, et non que vous passassiez, etc.

— HiST. x's. Elle n'out escoltet les mais conseilliers, Qu'elle Deo ranciet [renie], Eulalie. El li enorle, dont lei non(|ue chielt [dont elle ne se soucie], Oued elle fuie le nom christien, ib. Dune si rogavit Deus ad un verme, que percussist cel edre [ce lierre], Fragm. de. Valenc. p. 408 Preielz [priez] li que decest periculo nos libérât, ib. p. 469. ;| XI* s. Par le sien Deu, qu'il ait mercit de mei, Ch. de Roi. vi. Jà [ il ] ne verrat passer cest premer meis Que jel suivrai.... ib. Sa coustume e^t qu'il parole à leisir, ib. Se Deus ce done que je de là repaire.... ib. xx. Pierre n'i a que toute ne seit neire, ib. lxxvi Al champ estez, que ne seions vaincuz, ib. lxxx. Sa hanste est fraite, [il] n'en a que un tronçon, ib. civ. Quant tu es mors, dolur est que je vif [vive], ib. cxlix. || xii* s. Entre ci que as portes n'i ot arrestoison [de l'ennemi], Sax. viii. Que Dex par sa vertu vous ramaint sauvementl ib.

QUE

XXI. Plus [ils] ont paor de mort que n'aient de prison, ib. xxii. Il parla hautement, que l'oiient plusors [plusieurs], tb. xxvii. || xiii' s. Bien i ot vint mile home que femes que enfans, villeii. clxv. La quarte bataille fist li quens Looys de Blois et de Chartain, et moult ert grans et redoutée, que [car] moult i avoit de bone gcntetbons chev.iliers, lo. LXix. Tant chevaucha li empereres Alexis, qu'il fu près de nostre gent, si que bien porent traire des unes batailles aus autres, id. lxxxii. Charles Martiaus saut sus, que i! plus ne detrie [retarde], Berte, u. La clarté [elle] fait ester, qu'on n'i put rien choisir [voir], tb. xiii. Car encor cuidoit-ele que ce fust amisté, tb. xv. Puis [elle] dist entre ses dens, que nuls ne l'a oït.... tb. lui. Si soit m'ame assolue, que c'est Berte vo [votre] femme ! tb. cxxiv. Après ce que Symons fu ainsi adoubés. Et que li rois li ot donné grans hérités, tb. cxxxii. Puis qu'ainsi est la chose et venue et alée. Et que.... tb. cxv. Que vont querant cil fol bergicr. Qu'il ne vieiient à ma dame servir? hues de la perte. Romane, p. (84. Et li homme estoient si baigniè, que tout estoient tout ensi comme mort quede lagielée, que du froit, H. de valenc. xxviii. Si m'en esters [m'en tirai) au miex que poi [je pus], Retenuz i fusse à bien poi; Mes que fniant, que deffendant.... Maugré tresloz mes anemis Fis-je tant que el bois me mis, Ren. 8723. J'atens par vous joie et santé; Que jà par autre ne l'auré, la Rose, i92i. Que se il ne respondeit, il n'i poreit avoir esguart, Ass. de J. 76. Le rei dou roiaume de Jérusalem ne tient son roiaumo que de Dieu, tb. i, 29. Que ce soit voirs [vrai] que escuiers pot avoir, quant il se combat, capel de fera visière et les autres, armes que noz avons dites, il apert par la bataille qui fu.... beaum. LXi, 63. Quant le roy vit que il n'avoit pooir d'ilec demeurer, que [sans que] mourir ne le convenistli et sa gent, il ordena et atira [disposa].... joinv. 237. Il XIV* s. Ainsi furent ils trois jours et trois nuits sans pain.... et après, par l'esi^ace de quatre jours, qu'il leur convenoit acheter un pain mal cuit six esterlins, qui ne dust valoir qu'un parisis.... froiss. I, i, 39. Poiir garder les destroits et les passages contre les Anglois, qu'ils ne passa.ssent d'Angleterre par deçà la mer pour venir en France, id. i, i, 78. El fit garder le Havre et le port de Calais, si près que rien n'y pouvoit entrer ni issir, que tout ne fust confondu, id. i, i, 3|&. Estoyent bien six mille hommes, qu'uns qu'autres, id. liv. I, p. ^o^, dans LACURNE. Car leur langue mal parliere Tourne que [comme] moulins à vent, id. Poésies mss. p. 22, dans LACURNE. Mais trop fort esprouvé ai De son regàrt Comment li rai Sont trencant que [comme] fers de haste, tb. p. (45. U n'est qu'un roy qui ait titre certain. Et tous règnes procèdent de ce roy : C'est un seul Dieu, qui est le souverain, e. desch Hatl. Amour de Dieu. Il les fist demeurer devant l'bostel de la ville, et qu'ilz le attendissent, comm. h, 4. Quant ilz furent joinctz, cclluy qui estoit dessus l'arbre demanda à son compaignon par serment ce que l'ours liiy avoit dit en l'oreille, que si long-temps lui avoit tenu le museau contre l'oreille, id. iv, 3. Et depuis le traicté d'Arias avoient peu veu de guerre qui eust duré, et à mon advis qu'ilz avoient esté en repos plus de trente-six ans, id. i, 2, Entre les Bourguignons lors c'esloient les plus honorez que ceulx qui descendoient avec les archiers, id. I, a. Us venoient à nous dix hommes, vi-ngt hommes, que de pied que de cheval, ii). I, 4. Incontinent que les nouvelles vindrent, à grant peine .se peurent ilz sauver qu'ilz ne feusseiit prins, id.' v, 2. Il ne falloit que tenir encorestroi.^ jours qu'ilz ne eussent eu du secours, id. v, 5. Et qu'il luy diroit chose qu'il ne vouidroit pour une duché qu'il ne le seust, id. v, 6. Ainsi que fut ledit Pierre à Florence, tout homme luy fit mauvais visage, id. vu, 8. || xvi" s. 0 que bien heureux feut celluy qui.... hab. Pant. n, .2. Â quoy luy feut respondu que ouy, id. tb. ii, lO. 0 le bon compagnon (jne c'est I id. tb. i, 39. Mis ordre qu'elle eut à ces choses, elle monte à cheval, BEAUGDiî, Guerre d'Ecosse, l, 14. Que l'on choisisse la quelle qu'on voudra de ces dtiux définitions, CALV. Inst. 1027. Tant s'en falloit, que les femmes feussent si faciles, comme l'on dit qu'elles furent depuis, que l'on ne sçavoit anciennement en 1/ ville Sparte, que c'estoit que d'adultère, amyot, tyc. 31. Mais qui dirons nous, luy demanda lors Artabanus, que tu sois? m. Thém. 49. Ilzestimoient estre plus expédient que leurs officiers eussaot en révérence les ceripaonies du servi>;e des dieux, que qu'ilz vainquissent en bataille leurs ennemis, id. Uarcel. iv. Il la feit transporter, qu'elle estoit encore vivante, en une autre maison, id. Sylla, H.

Des cachettes que personne ne sçavoit que luy, iD. hueul. 64. Sa gravité estoit meslée d'une manière (le crainte, qu'il [de sorte qu'il] semliloit qu'il redoulitast la présence du peuple, i». tiicias, 3. Caesar leur command i qu'il?, s'en saisissent sans tuer ny blecer personne, et sans esmouvoir tumulte, que le moins qu'il leurseroit possible, id. César, 41. Il tua sur le champ cinquante mille hommes de ses ennemis, sans perdre que cinquante soudards, m. ib. S», Us renvoyèrent le mesme messager par le mesme chemin qu'il estoit venu, id. Cam. 45. 0 que cela me vient bien mal à poinctl ntiBELi.. m, b5, recto. Qu'est plus sainct entre les roys Que les droicts De ceste charge honnorable? id. m, 56, verso.... Et que le mal qui en pourroit venir Ne pourroit pas tumber que sur la teste Du mal parlant, quitropsemonstra beste, MAROT, 1,366. Vous vous plaingnez que rien je ne vous donne, Kt je me plains que je n'ay que donner, id. m, 79. N'osant parler, que de sa gorge n'ysse Mugissement, comme d'une génisse, id. iv, 53. 11 y a si long temps que nous n'avons eu que malades icy, que je n'eusse sceu escripre que mauvaises nouvelles, mahg. Lett. xiv. Croyésque jamais je ne congneus que c'est d'ung frère que maintenant, m. ib. xxxiii. J'espère, si le temps sladoulcist ou qu'elle [la malade] fasse une pierre [un calcul], que ce sera la guerison, id. ib. xl. Ils ne le feront pas, que le médecin ne leur ayt.... mont, i, 72. Pourtant est à Socrates action divine que la génération, ID. I, 99. Pauvre fol que tu es, id. i, 7ï. 0 le beau garçon que voilà, id. i, «27. Bien crains-je que nous lui aurons [au nouveau monde] très- fort hasté sa ruine par nostre contagion, et que nous luy aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts, id. m, 6. Il faut que les seigneurs s'esveiUent avant que ceux qui sont à leurs services, et qu'ils.... la BOÉTiE, 87. C'estoit une conspiration contre vérité, que ce qui fut arresté en leur assemblée [des évêques ariens] , et non pas une saincte union de volontés, LANGUE, 66. Tu es un hérétique; et, à la vérité, c'est un mot qui est aujourd'hui fort commun en la bouche de plusieurs, et s'en trouvent que, si on leur avoit osté l'usage de ceste parole.... ils seroient aussi estonnez qu'un avaricieux qui a perdu sa bourse, id. 71. Envieiili par les blessures gui lui perçoient le visage, et mosmes qu'il en avoit dans la bouche, d'aub. Hist. ii, 334.

— ÉTYM. Picard, efl, eque ; provcnç. et espagn. que; ital. che; du lat. quod (voy. que <).

+ 3. QUE (kué), s. m. Terme d'imprimerie. Petit que, c'est-à-dire lo point et virgule {;), ainsi dit de la manière d'écrire le mot latin que, dans les manuscrits (q;).

t QUÉBOT (ké-bo), s. m. Nom donné, dans certaines localités, au gobie noir (poissons acanthoptérygiens), appelé ailleurs boulerot noir.

QUEL, QUELLE (kèl, kè-l), adj. || l" Il s'emploie pour exprimer la qualité, et répond au latin qualts. La façon dont il a vécu avec moi montre assez quel il est, vaugel. Q. C. 368. Voilà quelle je suis et quelle je veux être, corn. Héracl. i, 2. Allez, allez, vous pourrez avec eux [les médecins] avoir quel mal il vous plaira, mol. l'Av. i, 8. Qu'ils apprennent au moins quelle est la religion qu'ils combattent, avant que de la combattre, pasc. Pens. IX, < , éd. HAVET. En voici la preuve, me dit-il, et Dieu sait quelle ! c'est Escobar, id. Prov. v. Tout est à l'armée; quand on voit un homme dans les rues avec une épée, les petits enfants crient sur lui ; voilà quel est Paris présetitement, sbv. 6 juin (672. Le matin elle fleuris.sait, avec quelles grâces, vous le savez, boss. Duch. d'Orl. Mettez-vous dans quelle situation il vous plaira, la prière l'adoucit.... MASS. Carême, Prière 2. Ils ont supposé dans les conquérants un droit, je ne sais quel, de tuer, MONTKSQ. Espr. X, 3. Il II s'emploie en ce sens interrogativernent Quelle réponse t'a-t-on faite? MOL. l'Av. Il, ». Quels honneurs n'a-t-on pas rendus à M. Corneille et à M. Racine? boil. Utt. à Perrault. Quels courages Vénus n'a-t-elle pas domptés? RAC. Phèdre, i, i. Quelle raison a-t-on pour croire que la séparation de l'âme et du corps ne puisse se faire sans une douleur extrême» bdff. Hist. nat. homme, Œuv. t. iv, p. 373. Quel homme est-ce? — C'est un beau, court, jeune vieillard..., rusé, rasé.... heaumarch. Barb. de Sév. I, 4. Il II s'emploie en ce sens exclamativement. Au reste, égalant les plus belles, Et surpassant les plus cruelles. N'ayant trait qui ne plût, pas même en ses rigueurs : Quelle l'eùt-on trouvée ;iu fort de ses faveurs! la font. Fabl. xiii, 26 Quel homme! MOI.. Mis. 1, I. Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Vous mourûte» aux bords où vous fûtes

QUE

laissée! rac. Phèdre, i, 3. Joas : Quel père Ja quitterais! et pour.... — Athalie: hé bien?— Joas: pour(|uelle mère! in. Athal. ii, 7. Moi-même, plein d'un feu que .sa haine réprouve, .Quel il m'a vu jadis, et quel il me retrouve ! m. Phèdre, m, 6. Quel devins-je au récit du crime de ma mûre! id. Mithr. 1, t. Il 2° Il se dit aussi pour exprimer la nature de la personne ou de la chose, et répond au latin quis, qmsnam. Je vous ai légué d'Rtallonde [un des condamnés d'Amiens], comme je ne sais quel Grec donna en mourartt sa fille à marier à je ne .sais quel autre Grec, volt. Lett. d'Alembert. 29 oct. <774. Personne ne doute, dit Peiia, scolle 47, qu'il ne faille faire mourir les hérétiques, mais on peut demander quel genre de supplice il convient d'employer, m. Dict phil. Inquisition. \\ Il s'emploie interrogativement en ce sens. Quel est donc , lui dis-je, ce vieillard si modeste avec tant d'amour-proprp, etsi malheureux avec tant de bonheur? C'est, me dit-il, Isocrate, barthél. Anach. ch. 8. Berger, quel es-tu donc? qui t'agite ? a. CHÉN. Idylles, la Liberté. \\ Quel de, pour lequd. Quels de vos diamants me faut-il lui porter? corn. Suite du Ment, n, 3. Quel des deux voulez-vous, ou mon cœur ou ma cendre? Quelle des deux aurai-je, ou la mort ou Cassandre? rotrou, Venceslas, II, 2. Quelle de mes tristes pensées Avec tes (lots n'a pas coulé? lamart. Harm. ii, 5. 113° Il se dit pour combien grand, et répond au latin quantus, et pour combien de, et répond au latin quot, La reine [d'Espagne] parla au peuple avec tant de grâce, de force et de courage qu'il est incroyable avec quel succès, st-sim. 282, 85. || Il s'emploie en ce sens interrogativement et exclamativement. Quel charme de s'ouïr louer par une bouche Qui, même sans s'ouvrir, nous enchante et nous touche! la font. fui. de Minée. Madame la Dauphiiie est accouchée hier jeudi à dix heures du soir d'un duc de Bourgogne : votre ami vous mandera la joie écl.Ttante de toute la cour, avec quel empressement <iii la témoignait au roi, à Monsieur le Dauphin, à la reine; quel bruit, quels feux de joie, quelle effusion de vin, quelle danse de deux cents Suisses autour des portes, quels cris de vive le roi! quelles cloches sonnées à Paris; quels canons tirés, quel concf)urs de compliments et de harangues, sÉv. 7 août i682. Il n'a manqué à Molière que d'éviter le jargon et le barbarisme , et d'écrire purement : quel l'eu ! quelle naïveté I quelle source de bonne plaisanterie I quelle imitation des mœurs I quelles images et quel fléau du ridicule ! LA BRUY. I. Si l'on juge, par le passé, de l'avenir, quelles choses nouvelles nous sont inconnues dans les arts, dans les sciences, dans la nature, et, j'ose dire, dans l'histoire I m. xii. Quelle ville qu'Athènes I quelles lois! quelle police I quelle valeur! quelle discipline 1 quelle perfection dans toutes les sciences et dans tous les arts I mais quelle politesse dans le commerce ordinaire et dans le langage, id. Disc, sur Tft^opftr. Il 4° Il s'emploie pour indiquer l'ordre, le rang, et répond à l'ancien adjectif quantième. En quel siècle sommes-nous? Dans le xix*. En quelle année vivons-nous? En (869. Quel jour du mois est-il aujourd'hui ? Le trois. || 5" Quelle heure est-il? Il est deux heures, huit heures. De même on dit: Quel âge avez-vous? etl'on répond : soixante-huit ans. Dans les deux cas la réponse renferme une elli|ise : il est [l'heure de] huit heures; j'ai [l'âge de] soixante-huit ans. || 6" Tel quel, voy. TEL. Il 7° Quel que, quelle que, voy. quelque à son rang alphabétique. || Proverbe. Quel pour moi, tel pour toi.

— REM. 1. Cet adjectif interrogatif, suivi d'un substantif, peut être avec ce substantif le régime direct du verbe qui le suit : et alors le participe «st variable, d'après la règle générale qui veut que le participe s'accorde quand il est précédé de son régime direct. Quelle nouvelle m'avez-vous apportée ? Il 3. De Paris à Lyon quelle est ma route? peut signifier trois choses : la route en tant que désignant les lieux par où je passerai ; la route par rapport à ses qualités: agréable, variée, triste, la route par rapport à sa longueur. Quelle est votre maison? peut signifier laquelle de ces maisons est la vôtre, ou de quelle façon est votre maison. Le sens de quel est devenu très-confus : la cause en est dans la perte que la langue a faite de plusieurs excellentes tournures: on ne peut plus dire qui au sujet, en parlant d'une chose ; qui est celte maison i' n'est plus français; l'aidjeclif quant, quantes^ péri; quantième n'est plus que substantif. De la sorte, quel en est venu, bon gré mal gré, i remplacer tous ces mots.

— HIST. XI* s. En quel mesure en pourrai estre

QUE

fiz [certain]? Ch. de Roi. x. Oez, seignur, quet pechet nous encombre, ib. ii. || xii' s. Mais [je] ne sai pas encor certainement Quel guerredon ele me voudra reinlre, Couci, v. Par quel forfait et par quel mcsprison M'avez, Amoi*, de vos si esloigné? ID. VII. Quant il sauront queus inrt [sera] li guerredons, m. xiii. Il leur a demandé : qex [quelles] nouvelcs, baron ? Sar. xxii. Parole à David, si II di que il esjised de treis choses quele que il volt mielï que joli face.... E li prophète vint al rei,si li dist de part nostre seignur, et ruvad [rogavit] que il eslei.st quel membre que il volsist. Rois, p. 217. || iiii' s. [Elle] Ne sut quel part aler, toiisjours .se traist en sus, Berte, xxiv. Quel deable ont la voie [à] Blaijchefleur ci aprisefib. lxxvi. || xiv* s. Et par conséquent queles sont les parties ou les commun icacions politiques, teles .sont les amistés, obesme, Eth. 246. Il XVI* s. Ayant aesles cartilagineuses (quelles sont es souris chaulves), fort longues et larges, bab. Pant. iv, 3 Quel' rancune te touche? MABOT, II, 5. Adjoustaiis, quels, combien d'hommes, quelles armes.... mont, i, 24. Ils envoyoient devant les plus grossiers, pour voir quel il y faisoit , casteln. 7î. Les corps secs et durs, quels sont les membranes, ne sont altérés que par medicamens forts, paré, viii, is.

— ÉTVM. Berry, quext, queuUe, queux au pluriel; bourguig. quei; provenç. quai, cal; espagn. cual; ital. guale; du lat. qualis, formé du relatif, et de lis, que Bopp, Gr. comp. § 4)9, rapproche du suffixe ).ixoç, signifi.'uit ressemblance; ainsi qualis serait : semblable à qui.

QUELCONQUE (kèl-kon-k'; du temps de Chifflet, Gramm. p. 2Sl, il était mieux de ne pas prononcer ri), adj. Quel que ce soit, quel qu'il soit, quelle qu'elle soit. Il n'y a homme quelconque qui ne sache cela. Cherchez des prétextes quelconques. Donnez-lui une récompense quelconque. On peut à une force quelconque en substituer deux autres dont elle serait la résultante, laplace, Earp. m, i. Il Terme de palais. Nonobstant opposition ou appellation quelconque, {j II se met toujours après son substantif.

— HIST. m* s. Tûtes genz quelesquunques tu fesis, vendrunt [viendront], e aororunt devant tel. Liber psalm. p. (22. || xin* s. Cil jurèrent sur sains au conte Baudoin de Flandres.... qu'il assembleroient à l'est de Venise et à lui, en quelconque lieu qu'il croient fouïroient] dire qu'il touineroit, villeu. XXX. Il XIV* s. lit quelconques choses sont faites ou pour paour de plus graiiz maix éviter, ou pour aucun grant bien obtenir, oni:sMB, lith. 48. Et nul n'esluit félicité pour les choses dessus -dites, ne pour autres quelconques, in. t'b. viii, 14. ifxvi* s. En te! train d'estudc le nieit, que il ne perdoyt heure quelconque du jour, BABEL. Garg. i, 2-i. Par nostre art et industrie, ou par quelconque autre forme que ce soit, CALV. Inslit. 725. 11 n'y a nu! conseil, ne parlement, ny assemblée, quelconque qu'elle soit, qui n'ait son président ou gouverneur, id. ib. 888.... Le baptesme n'est piint d'homme mais de Dieu, par quelconque il ait esté administré, id, ib. «059. C'est à nous à faire de nous rendre sujets et obeissans à quelconques supérieurs qui domineront au lieu où nous vivrons, id. ib. H96.

— ÉTYM. Lat. qualis cunque , de qualis, et eunque signifiant partout, n'importe où. Cunque se décompose en quum, ancien accusatif de qui, et que, où, loque! vient aussi de qui.

QUELLEMENT (kè-le-nian), adv. Il ne se dit que dans cette locution : Tellement quellemenl, ni bien ni mal, mais plus mal que bien. File se délit tellement quellement d'une visite qui l'assiégeait, ha- MiLT. Gramm. 8. Il [l'abbé de Saint-Pierre] n'avait point pour principe, disait-il, ni de laisser aller le monde comme il veut, ni de dire toujours du bien de M. le prieur, ni de faire son devoir tellement quellement, d'alemb. Éloges, l'ab.de St-P. note 8.

— IIIST. xiv* s. Et ne leur chaut ou ne curent quelconque personne, ne quellement ils contristent, ORESME, Eth. <3o. Il XVI' s. Â la fin j'en suis venu à bout tellement quellement, amyot. Mor. Ëpttr. p. I5. ' — ÉTYM. Quelle, et le suffixe ment.

QUELQUE (kèl-ke), QUELLE QUE (kè-le-ke), adj. Il 1" Avec le subjonctif, se dit quand on doute de quelle manière, de quelle e.spèce est la personne ou la chose dont il s'agit ; il ne s'emploie jamais que séparé de son substantif, à la différence de quelque.... que, qui se construit avec son substantif. Newton, plus timide ou plus modeste , a commencé sa marche par s'appuyer sur les phénomènes pour remonter aux principes inconnus, ré.solu de les admettre, quels que les pût donner l'encbai-

QUE

nement des conséquences, fonten. Newton. Ils croyaient qu'un monarque unirait leurs desseins.... Et qu'enfin, quel qu'il soit, le Français veut un maître, volt. Ilenr. vi. Les mortels, quels qu'ils soient, sont égaux devant elle [la loi], lo. toi natur. 4" part. Quels que soient les humains, il faut vivre avec eux, ghesset, Sydn. ii, 2. || Dans cette construclion, quel s'accorde toujours avec son substantif. De plus on remarquera qu'il est toujours séparé de son substantif; dès qu'on le joint à un substantif ou à un adjectif, ce n'est plus quel qu'il faut dire, c'est quelque. {| On peut, dans certains cas particuliers, séparer quel de que. ijuel de ces deux partis que vous choisissiez, i J. Bouss. Lett. au Pr. de Virtembery, to nov. (763. ||a' Quel.... que au lieu de quelque.... que. En quel lieu que ce soit je veux suivre tes pas, mol. Fâch. m, 4. || C'est un arch.iïsme qui est aussi un provincialisme déjà condamné par Vaugelas. Pourtant l'ancienne manière de dire, qu'on trouvera dans l'historique, est seule correcte : En quel lien que ce soit et non en quelque lieu que ce soit.... car il y a là manifestement un que de trop Quelque.... que est une corruptioli de quel.... que, qui est d'origine. C'est vers le xiv siècle que cette faute commence à s'introduire.

— IIIST. XI* s. Quel part qu'il aille, ne puet mie cheïr [tomber], Ch. de R. cxlix. || xu* s. Je m'en vois [vais], dame; à Dieu le creator [je] Gommant TO cors [votre personne], en quel heu que je soie, Càuci, xxii. Quel qu'il seient, serjant sunt en la Deu maisun [les clers sont serviteurs en la maison de Dieu], Th. le mart. 30. En mi se colent par Tamise, Ne lor nut[nuit] tant nord, est ne bise, Qu'en Danemarche n'arrivassent, Queirmer orrible qu'il trovassent, benoît, 27650. Et Deus garda David, quel part qu'il alast, fioù, p. ns. ||xm"s. Très bien vous servirai, quel peine que j'en aie, Berte, tviii. En quel onques liu que je soie, la ViolcUe, p. 44. Car de chose, quel qu'ele soit, N'ert joianz.... la Rose, 6579. Et toutes les autres paroles, Que qu'el soient, sages ou foies, ib. I06a4. £t je ne sui que un seul hom, et vostre sui, quel que je soie, Chr. de Rains, 24. || xv s. si bout^ sa teste hors d'une basse fenestre qui là estoit, et fit signe qu'il vouloit parler au quel que fust de l'ost, fboiss. i, i, 242. Et que chacun suist [suivit] la bannière messire Douglas, quel part qu'il voulsist aller id. i, i, (44, Il xvi* s. Viande ne feust appourtée, quel que feust, en laquelle n'y eust abundance de farce magistrale, BAB. Pant. IV, 5(. Les evenemens, quels qu'ils soient, sont gouvernez par le conseil secret de Dieu, CALV. /nstit. (33, Jamais homme ne désira si ardemment chose quelle qu'elle soit, comme lui desiroit se trouver en bataille contre Hannibal, amyot, Maicel. 46. Par quel qu'il soit de ces deux chemins [de castration] , le taureau souffre grandes douleurs, o. nE SKHBES, 2ao. Que chacun, en quel lieu qu'il habite, quelle aage et quelle complexion qu'il ait, pense à éviter tels périls [les temps de peste], id. «45,

— ÊTYM. {*««', et que.

QUELQUE (kcl-ke ; d'après Chifflet, Gramm. p. 23(, il était mieux de ne pas prononcer Vi), adj. indéfini. || 1° Un ou plusieurs, entre un plus grand nomCre. Est-il échappé queUiue indiscrétion à sa jeunesse? ?LÉCH. Lamoign. Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes, rac. Phèdre, IV, 2. Vois s'il s'offre à tes yeux quelque grand de ma cour, in. Esth. a, *. Trouvez quelque autre chose qui vous satisfasse? m. Lett. à Bail. 42. J'aimerais mieux m'aller cacher dans quelque Ile déserte, que de me charger de gouverner une république, PÊN. Dial. de Difrri, et de Gélon. || Elliptiquement. Quelque sot, c'est-à-dire je ne suis assez sot pour cela; en remplissant l'ellipse : qbeique sot le ferait, le dirait, 'lu te vas emporter d'un courroux sans égal. — Moi, monsieur? quelque sotl la colère fait mal, mol. l'Êt. ii, 7. Orgon : Certes, je t'y guettais.— Donne : Quelque sotte, ma foil id. Tart. n, 2. !| 2° Et quelques, s'ajoute après un nom de nombre pour indiquer que ce nombre est un peu dépassé. Nous étions à ce concert quarante et quelques. Il 3° Un petit nombre , une petite quantité. Il en coûtera quelques écus. Prenez de votie sort tous deux quelque pitié, cohn. Uéracl. i, 4. i quelque temps de là, la cigogne le prie, la font. Eabl. i, (8. Ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles, FLÉCH. Tur. D'adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers jours nous retracer quelque ombre, bac. Alh. i, (. J'avais de quelque espoir une faible étincelle, volt. Mérope, ii, 2. Après l'accouchement on lave l'enfant avec quelque MU tiède, j. j. Houss. Ém. 1.114° Quelque chose,

voy. cHOSR, n" 9. || Familièrement, cela dit quelque chose, cela parle à l'esprit, au cœur. || Il y a quelque chose à faire, se dit pour exprimer la nécessité de quelque entreprise, de quelque innovation. || On met de devant un adjectif. Quelque chose de bon. || Autrefois la règle était différente; Vaugelas admettait (|u'on pouvait supprimer le de; c'est ce qu'a fait Molière en ce vers ; Je crains fort pour mon fait quelque chose approchant, Amph. ii, 3. |1 5° Quelque peu, c'est-à-dire un peu. Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal, la font. Fabl. vu, t. || 6" Adverbialement. Environ, à peu près. Celle qui n'était point voilée paraissait avoir quelque Irente-cinq ans, SCABR. flom. corn, i, (3, À mesure qu'une compagnie grossit, elle a besoin de quelque plus grand nombre de statuts, pour éviter la confusion et le désordre, pp.llisson, Hisl. de l'Acad. ii. De l'autre côté se sont trouvés quatre-vingts docteurs séculiers, et quelque quarante religieux mendiants, PASC. Prov. X. 11 y en a eu quelque trente-six [vaisseaux] qui ont trouvé moyen d'entrer dans le port, BAC. lett. à M. Bonrepaux. Et quel âge avezvous? vous avez bon visage. — Hé ! quelque soixante ans, ID. Plaid, i, 7. Plutarque vivait quelque cent ans après Jésus-Christ, et il a fait un dialogue sur les oracles qui avaient cessé, fonten. Oracles, ii, (. Mlle Bauval, actrice du temps de Corneille, de Racine et de MoMcre, me récita, il y a quelque soixante ans et plus , le commencement du rôle d'Emilie, volt Dirt. phil. Chant. Charles XII ajouta à ces bandits quelque mille Valaques, id. Charles XU, 4. Si un sauteur saute dix pas, tous ceux qui viendront après lui sauter quelque cinq ou six- pas, fussent-ils dix mille, ne feront rien, p. L. CO0R. Lett. II, 207. Il Autrefois, en ce sens, quelque ét^it adjectif, ce qui se comprend en considérant le substantif avec son nom de nombre comme un terme unique ; c'était d'ailleurs la forme ancienne (voy. l'historique). Attendez, il y peut avoir quelques huit jours, corn. Clit. u , 2. "Vous allez épouser quelques cent mille écus , dorât. Feinte par amour, i, s. || 7" Quelque.... que, voy. QUELQUE QUE immédiatement ci-dessous.

— REM. L'e final de quelque ne s'élide que devant un, une : quelqu'un, quelqu'une.

— IIIST. XIII' s»' Ou nuisent par detràccion, Ou par faulce accusacion. Ou parquiexque malaventures, la Rose, 6493. || xv s. Se je dis huy aultre parole S vous n'a quelque aultre personne.... Pathel. Quelques trois jours après, comm. i, (. Il povoit bien avoir quelque six vingts hommes, id. i, 6. ||xvi' s. Pantagruel, quelque jour, se pourmenoyt vers les faulx-bourgs St-Marceau, rab. Pont. Il, (5. Je l'attribue à quelque sienne dévotion, mont, i, (7. Touts deux [Montaigne et La Boétie] hommes faicts, et luy plus de quelque année, id. i, 2(3. Il envoya devant quelque [une certaine] bouteille empoisonnée, id. i, 262. Il n'y a si grande maladie en laquelle il ne reste à un malade quelque espoir de salut, lanoue, 2i. Caton suada au sénat de gaigner le menu populaire en !uy faisant distribuer quelque bled, amyot, Cat. d'Ul. S. Tu es quelque démon ou quelque ange des cieux, RONS. 268. Tu penses estre quelque habile homme, H. est. Conformité, p. i9.

— ÉTVM. Quel, et que; picard, quite; Berry, queuque; norm. queuque, quèque; bourguig. quieque; provenç. quatque, calque; espagn. cualque ; ital. qualche.

QUELQUE.... QUE, adj.\H'U s'emploie avec le subjonctif pour indiquer que l'on doute de quelle manière, de quelle espèce est la personne ou la chose dont on parle. Quelques grands avantages que la nature donne, ce n'est pas elle seule, mais la fortune avec elle qui fait les héros, la rocue- FOL'C. Max. 63. Mais quelque effort que fassent les hommes, leur né.int paraît partout, boss. Ilist. m, 3. Quelque faiblesse que les rois puissent avoir, l'homme se cache, pour ainsi dire, sous le monarque; et, quelque bonté qu'ils aient, ils ont toujours l'éclat et la pompe de la royauté, fléch. Duc de Mont. Mais, quelques vains lauriers (}ue promette la guerre, On peut être héros sans ravager la terre, boil Épitre i. Princes, quelques raisons que vous me puissiez dire. Votre devoir ici n'a point dû vous conduire, rac. Mithr. n, 2. (| Le membre de phrase où est quelque.... que peut être le régime d'une préfiosition ou d'un verbe. Gorgias fut le premier qui osa se vanter dans un nombreux auditoire, qu'il était prêta répondre sur quelque matière qu'on voulill lui proposer, rollin, Hist. anc. Œuv. t. xi, 2* part. p. 765, dans pougens. Un citoyen ne satisfait point aux loi» en se contentant de ae pas

QUE

agiter le corps de l'État; il faut encore qu'il ne trouble pas quelque citoyen que ce soit, montesq. Esp XXV, 9. Il Quelque.... qui sert de sujet. Quelques fameux lauriers qui lui couvrent laléte, malh. v, 23. Quelque industrie qui paraisse dans ce que font les animaux.... Boss. Connaiss. v, 2. C'est pourquoi, quelque perte qui fût arrivée, le sénat, toujours instruit de ce qui lui restait de bons soldats, n'avait qu'à temporiser, et ne se laissait jamais abattre, id. Hist. m, 6. Il La Fontaine a dit : Amusez les roi» par des songes. Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges : Quelque indignation dont leur cœur soit rempli. Ils goberont l'appât; vous serez leur ami, Fdbl. viu, 14. On a blâmé cette phrase; mais, puisqu'on dit quelque.... qui au sujet, pourquoi ne diraiton pas gue2(jMe....don( au régime? De la même façon on justifiera cette phrase de Bossuet : Quelque part où vous soyez, passez outre, Panég. St Benoit, 3. \\2' Quelque que.... pris adverbialement devant un adjectif; il signifie à quelque point que, à quelque degré que. Quelque méchantes et quelque dignes de punition qu'elles fussent, la font. Psychi', n, p. ( 45. Mais dans quelque haut rang que vous soyez placé.... TH. corn. Essex, i, 3. Quelque honorée qu'elle ait été, flécu. Dauph. Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes; Quelque élevés qu'ils soient, ils soit ce que nous sommes, J. B. Rouss. Odes, I, 3. Quelque ordinaire que fût la terra qui porte le nom du comté d'Auvergne, et i|uelque totalement distincte qu'elle fût de la province d'Auvergne, M. de Bouillon la youlut avoir, st-sim. (67, 240. Il II se construit aussi avec un adverbe. Quelque fort qu'on s'en défende. Il y faut venir un jour, MOL. Princ. d'Él. v, 5» intermède. Les fausses couleurs, quebiue industrieusement qu'on les applique, ne tiennent pas, boss. Duch. d'Orl. Quelque vite que nous marchions dans la \oie de Dieu, MASS. Prof. rel. 2,

— REM. 1. On notera l'accord dans ; quelques bonnes raisons qu'il ait données, tandis qu'il faut écrire, sans accord : quelque bonnes que soient les raisons qu'il ait données. Au xvi* siècle cette distinction n'était point admise, comme on peut voir à l'historique, et l'on aurait écrit : quelques bonnes que soient les raisons ; c'est ce que Corneille a fait encore dans ces vers: ....Et n'oser de ses feux. Quelques ardents qu'ils soient, se promettre autant qu'eux [les rivaux], Pulch. n, (.Dans l'usage actuel il y a un moyen, qu'on peut dire matériel, de reconnaître si quelque devant un adjectif s'accorde ou ne s'accorde pas : quelque est indéclinable toutes les fois que l'adjectif est construit avec le verbe être, ou avec des verbes qui permettent de sousentendre être ; Quelque beaux que je les trouve ; Quelque faux que vous les jugiez (trouve être ; jugiez e'tre). || 2. Si l'on essaye de pénétrer dans la nature et les rapports de quel que et quelque ...que, l'ancienne langue nous apprend aussitôt que c'est un seul et même mot, qu'autrefois on disait quel.... que et non quelque.... que, et qu'à une certaine époque une erreur de langage ajouta indûment un que à quel, et produisit le barbarisme quelque..:, que. L'usage acceptant le fait accompli consacra la nouvelle locution, et en tira devant les adjectifs un certain parti, une distinction : quelque devint adverbe ; et, tandis que quel que resté adjectif ne pouvait signifier que quelque soit, quel que ....que devenu adverbe signifia, si l'on peut parler ainsi : quellement que. Aussi des grammairiens ont-ils dit, non sans fondement, qu'il fallait distinguer : quelque désobligeantes paroles que vous m'ayez dites, et quelques paroles désobligeantes que vous m'ayez dites; que le premier signifie : quellement désobligeantes que soient les paroles ; et le second : quelles que soient les paroles désobligeantes.

— IIIST. XIV' s. En quel que lieu que la vaine [veine] tende.... ii. de mo.ndeville, f" 22, verso. En quelque manière que ce fust, bercheure, f. i, verso. Il xvi* s. Gargantua ne pouvoit dormir, en quelque faczon que il se meist, rab. Garg. i, 4(. Il ne laisse poipt de continuer sa libéralité si longtemps envers les pécheurs, quelques misérables qu'ils soyent, calv. Inst. (9. Quelques subterfuges que les philosophes se soient subtilement forgez.... lu. ib. B(. Quelques rudes assauts et violence qu'elles ayent à soustenir, elles en viennent tousjours à bout, ID. ib. 452. Mon cousin, qiielque mine que l'on me fasse, si sont ils si estonnés, que ne savent que dire, marg. Lett. xxxv. Ils quittoient luuis maisons pour les insolences des parti.sans, pluf que pour la crainte des ennemis, quelque grande' fust elle, d'aub. Uist. 11, 276. Quelques viles et lasche» satisfactions qu'où lui offrist, hont, i, i.

QUE

Somme, de quelque costé qu'on se tourne, on n'oit retentir que reniemens de Dieu, langue, 7. Une œuvre, quelque belle apparence qu'elle puisse avoir, si elle n'est faite en droite conscience, n'est pas bonne, id. 79. Quelques malheurs qui lui survinssent, ny ne le veit on jamais plorer, ny.... amyot, PéHc. 69. Quelque part qu'il ira, les œillets et les roses, Et fust-ce au jour d'hyver, luy naissent sous tes pas, BONS. 744.

— ÉTYM. Quelque, et que.

QUELQUEFOIS (kèl-ke-fol), adv.\\i° De fois à autre. Accessible, accueillant, honnête, M. le Tellier savait employer son temps, et quelquefois môme le perdre, pour compatir à des misérables à qui il ne re.ste de consolation qUp de red'ire ennuyeusement leur misère, fi.éch. ^ Tellicr. Quelquefois il vous plaint, souvent mème'^il vous vante, RAC. Athal. I, t. Quelquefois honnête et quelquefois fripon , REGNARi), Fol. amotir. i, 6. Le public est soupçonné quelquefois d'être injuste et ingrat, vot.T. Letf. Tabareau, octobre I7(i8. L'avenir du présent se venge quelquefois, deliu.k, Pit. iv. Il 2° Quelquefois que, un certain nombre de fois où. je récuse les pendules ; elles ne peuvent pas ellesmêmes être tout à fait justes; et, quelquefois qu'elles le seront en marquant qu'un tour de vingtquatre heures sera plus long ou plus court qu'un autre, on aimera mieux les croire déréglées que de soupçonner la terre de quelque irrégularité dans ses révolutions, fonten. Mondes, 6' noir.

— HIST. XVI' s. Mais quelquefoys [une fois] qu'ung grand ours que nourrissoyt son père escbappa, et luy venoyt lescher le visaige, il.... raB. Pant. 11, 4. Saint Pierre dénonce que les fidèles sont appelez, à ce qu'ils soyeflt quelquefois [un jour] participans de la nature divine, calv. Instit. 806.

- ÉTYM. Quelque, et fois.

QUELQU'UN, UNE{kèl-kun, ku-n' ; d'après Chifflet, Gramm. p. 23 1, il était mieux de ne pas prononcer VI), au pluriel quelques-ijns (kèl-ke-zun), QUELQUES-UNES (kèi-ke-zu-n'), s. m. et f. || 1° Un, une entre plusieurs. Quelqu'une de vos compagnes. Est-il quelqu'un de vous de si peu de vertu,... Qu'il puisse regretter César et l'esclavage? volt. M. de César', m, 7. || Quelques-uns, quelques-unes, plusieurs dans un grand nombre Ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement, corn. Bodog. 11, 2. Quelques-uns vous diront, au besoin, Quels dieux du haut en bas renversent les profanes, m. Nicom. III, 2. 4veo quel zèle exhortait-il quelquesuns'de ses domestiques à rentrer comme lui dans le bercail de Jésus-Christ (quiiter le protestantisme] ? PLÉCH. Duc de Uont. || Hé quelqu'un ! holà quelqu'un ! se dit pour appeler des gens qui sont à portée de la voix, et particulièrement des serviteurs. Qui voit-on aujourd'hui , distingué du commun , Appeler de ses gens, qui ne dise : he quelqu'uni B0URSAULT, Mots à la mode, se. 3. Ija- Absolument, quelqu'un s'emploie pour les deux genres et signifie une personne Si j'aimais quelqu'un, je n'aurais point de plus grand plaisir que de le voir aimé de tout le monde, mol. le Sicil. 7. Quand on a eu dessein de faire plaisir à quelqu'un, on est aise de savoii: qu'on y a réussi, sêv. 24 nov. <675. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, boss. Ueine d'Anylet. Mais à grands pas vers vous je vois quelqu'un marcher, RAC. Esth. III, t. Il Le féminin quelqu'une cependant n'est pas sans exemple. Et j'ai [Louis XIV représenté en Apollon] mieux aimé la détruire [la révolte] Que de courir après Daphné; Toutefois il le faut, c'est une loi commune, Qui veut que tôt ou tard je coure après quelqu'une; Et, tout dieu que je suis, je m'y vois condamné, ben- SEKADK, dans righelet. Il 3° Il se construit quelquefois avec l'adjectif démonstratif. X ce plaisant objet si quelqu'une recule, Celte quelqu'une dissimule, LA FONT. Tabl. Puisqu'il n'observe pas que c'est être indiscret Que de chasser quelqu'un qui sait notre secret, Surtout si ce quelqu'un est d'un sexe qui penche Au plaisir de jaser et d'avoir sa revanche, DESTOUCHES, Phil. marié, i, 4. Quelqu'un, vous le savez, est en date avant vous; ce quelqu'un me presse.... J. J. rouss. Lett. à la marécK. de LuremO. p. 63, dans fougbns. || 4' Quelqu'un se dit pour désigner, sans la nommer, une personne déteririinée. Quelqu'un qui n'est pus votre épcjux, Et pour qui cepen lant, soit dit .sans vous déplaire, Vous sentez quelque chose et de vif et de doux, DKSiioiJLiàRES, Lett. li Mlle d'Ussé [fille de Vaubanj. Voilà pourquoi, je gage, À quelqu'un que je sais l'esprit vint avant l'âge, c. delav. Enf. d'Éd. i, a.

QUE

Il B* Quelqu'un se dit quelquefois, dans le langage familier, pour personnage de quelque importance. Cet air n'est pas tant sot, ce port est peu commun. Et, la coiffe abattue, on me prend pour quelqu'un , TH. CORN. l'Amour à la mode, ii, 6. Barlholo : Comment ! je vous demande à tous deux s'il est entré quelqu'un chez Rosine, et vous ne me dites pas que ce barbier.... — L'Eveillé : Est-ce que c'est quelqu'un donc, M. Figaro? beaumahch. liarb. de Sév. Il, 7. Mais ne voyez-vous pas qu'il a l'air de quelqu'un? collin d'harleville , Malice pour malice, II, (6. Avec quinze mille livres de rente on est toujours quelqu'un, h. malot. Tout Paris, Siècle, 7 avril 1867.

— HlST. XV* s. Dit alors à quelcung de ses privez, COMM. 1, 3. Il XVI* S. En tous siècles il y en a eu quelcuns, qui par la conduite de nature ont aspiré en toute leur vie à vertus, calv. Instit. 2(i8. Ayons ce but de prévenir les scandales, et, s'il y en a desja quelcun, de l'abolir, lu. ib. 976. Si quelqu'un de ces bannis venoit, mont, i, 46. Quelqu'un s'en offense : qu'y feroy-je? in. i. bi. Ils y ont envoyé quelqu'un de leur compagnie, H. est. Conformité, p. 2).

— ÉTYM. Quelque, et un ; bourg, quécun ; norm. queuqu'un.

t QUÉMAND, ANDE (ké-man, man-d'), s. m. et f. Terme vieilli. Celui, celle qui mendie, qui gueuse. Plus ijue pauvre et quémande ou voit la poésie, Régnier, Sat. iv.

— HIST. XIV* s. Un homme querant et demandant i'aumosne, qui estoit vestuz d'un manteau tout plain de paleteaulx, comme un coquin ou calmant, DU GANGE, coquinus. Il XV* s. Hola, hola, soupir, on vous oit bien; Vous vous cuidez. embler trop coyement. Contrefaisant ung peu le cayement, CH. d'ohl. C/1071.S. 36. Il fist Semer par cayemans et par tavernes faulses mençonges de la royne et du duc d'Orléans, virivili.e , Geste des nobles, p. 109.

— ETYM. Origine inconnue. Le mot est de trois syllabes, comme on le voit par le vers de Charles d'Orléans. Les ètymologies, si on en rencontre, doivent satisfaire i cette condition.

QUÉMANDER (ké-man-dé), v. n. Mendier, soUiciler clandestinement, aller importuner les gens dans leurs maisons. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM Quémand; norm. et picard, caimandcr. t QUÉMANUERIE (ké-man-de-rie), s. f. Habitude de quémander.

QUÉMANDEUR, EUSE (ké-man^deur, deû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui quémande.

tQUENAlLLE (ke-nâ-ll' , Il mouillées), s. f. Terme populaire en certaines provinces. Canaille. Et renfermer dedans cent sortes de queuaille, Régnier, Sat. VI. Les puces et les poux et telle autre quenaille, id. ih. x. || La petite quenaille, les enfants.

— HIST. XVI* s. Quenaille, cotgrave.

— ÉTYM. Ce paraît être une autre prononciation de canaille. Mais M. Boucherie, d'Angoulême, le tire du saintongeois quener, vagir.

QU'EN-DIRA-T-ON (kan-di-ra-ton), s. m. Ce qui peut se dire dans le public au sujet de ceci ou de cela. Ne nous reprochons rien ; et le qu'en dira-ton. S'il est impertinent, traitons-le de chanson, HAUTEROCHE, Nobles de province, m, 3. La richesse d'une belle-fille, de quelque réputation qu'elle fût, parut à M. de Soubise mériter le mépris du qu'endira-t-on, stsim. 2), 25i.

— ÊTYM. Que, en, dira, on.

t QUENELLE (ke-nè-P), s. f. Terme de cuisine. Boulettes dont on garnit un pâté chaud. Quenelles de volaille, d'esturgeon, etc. Ces morceaux de pâte cuits ont la forme, l'apparence et le goût des quenelles les plus délicates, genlis. Maison rust. t. n, p. 96, dans pougbns. jj La difl'érence entre boulettes et quenelles est que ce qui se met dans les quenelles est toujours passé au tamis, tandis que la boulette se fait avec des choses hachées ou écrasées.

— ÉTYM. Origine incertaine. M. Boulin le tire de l'ail. KnoUen, tumeur; anglo-sax. knyll, frapper.

t QUENNON (ke-non), s. m. Bouche a feu de petit calibre, du commencement du xiv* siècle, qui lance un trait d'arbalète de forte dimension, muni d'ailettes et nommé garrot.

— ÉTYM. C'est une autre forme de canon,.

f QUÉNOT (ké-iio), s. m. Nom vulgaire du prunus' mahaleb, arbre de Sainte-Lucie

QUENOTTE (ke-no-f), s.f. \\ 1° Terme très-familier. Uentdes petits enfants. J'ai songé foute la nuit à Marotte, Etn'ai pu faire dodo; Mamaii, qui me croit mal à ma quenotte, Pour m'apaiser me fait du lolo, coulanges, Recueil de chansoM choisies, 1. 1, p, 43,'

QUE

Paris, t608. Ijll se dit quelquefois des dents de» animaux. Belle petite bouche |d'un ours] ! petites quenotes jolies! mol. Pr. d'Élide, 4*' intermède, 3. Mais donne-lui cuir et poil de Judas, Deux yeux de chien, gueule à triple quenotte, piron, Épigr. Il 2° Nom marchand d'une coquille univalve, dite aussi quenotte sanglante (du genre nérite).

— HIST. XIII" s. Par barat pre'is son fromage. Et tu^ de lui eUs tel gage, Que tu lui estas à tes canes Quatre de ses plus bêles panes, Ren. 4 a67B. Prendre le volt, mes il failli, Et neporquant qatre des pennesL'en remistrent [restèrent) entre les quennes, ib. 7344.

— ÉTYM. Diminutif, comme on voit par l'historique, de l'anc. fr. quenne ou cane ; de l'isl. kenna , mâchoire. Dans un texte de <238 cité par du Cange, un mot quenneya, kenée, signifie un coup sur la joue. Il faut donc rejeter l'étymologie par le saintongeois quener, vagir.

QUENOUILLE (ke-nou-lP, Il mouillées, et nen ke-nou-ye), s. f. \\ 1* Sorte de petite canne faite le plus souvent, dans le midi de la France, avec la tige d'un roseau {arundo donax] , et dont une extrémité est entourée de soie, de chanvre, de lin, de laine, etc. pour filer. La quenouille était plus souvent qu'aujourd'hui entre les mains des femmes : de là on dit en plusieurs occasions lance pour signifier un homme, et quenouille pour marquer une femme, DUMARS. Tropes, n, 2 Pline nous apprend que c'était à la quenouille et au fuseau que les plu» habiles mains filaient les laines propres à la fabrication des étoffes les plus riches, uesmarest, Instit. Mém scienc. 1806, 2* sem. p. tbi. Une femme est debout, de beauté ravissante, Pieds nus ; et sous ses doigts un indigent fuseau File, d'une quenouille empruntée au roseau, Du coton floconneux la neige éblouissante, p. lebrun, Voy. de Grèce, u, 6. On connaît cette loi des Ripuaires qui ordonnait d'offrir à la jeune fille libre qui s'était unie volontairement à un esclave, une quenouille et une épée; si elle choisissait la quenouille, elle restait esclave avec lui, ou il fallait qu'elle prit l'épée, et qu'elle le tuât, NAUiiET, Irutit. Mém. inscr. et bell. lett. t. vm, p. 564. ||Fig. Avoir des étoupes en sa quenouille, être embarrassé, avoir des difficultés. || Fig. Cette maison est tombée en quenouille, une fille en est devenue héritière. || Le royaume de Francene tombe pas en quenouille, les femmes ne succèdent point au trône de France. || Tout l'esprit de cette famille est tombé en quenouille, les filles de cette famille ont plus d'esprit que le> garçons. || 2° .Soie, chanvre, lin, laine, dont une quenouille est chargée. Filer une quenouille. || Fig. Allez filer votre quenouille, se dit à une femme qui veut se mêler des affaires qui regardent les hommes. || 3° Quenouilles de Jit, les colonnes, les piliers qui sont aux quatre coins de certains lits. A une ruelle du lit de la duchesse de Bourgogne était le jeu ; à l'autre , au chevet, Mme de Maintenon dans un grand fauteuil; à la quenouille du pied du lit, du même côté, visà-vis de Mme de Maintenon, le roi sur un pliant, ST-siM. 97, 2B. Il Se dit des piliers sur lesquels s'appuie un dais. || 4° Terme de jardinage. Nom donné au poirier qui sort de la pépinière pour faire une pyramide. || La quenouille est aussi une forme dont le plus grand diamètre est située vers le milieu de sa hauteur, tandis qu'à la pyramide la base doit avoir le plus grand diamètre. || 5" Se dit de plusieurs objets qui ont la forme d'une quenouille. Quenouilles de maïs. Les naïades du ruisseau plantent autour d'elle [la poule d'eau] leurs quenouilles de roseau, chargées d'une laine empourprée, chateaub. Génie, 1, v, 7. || 6° Chez lescordiers, perche de deux à trois mètres, au bout de laquelle les fileurs attachent une queue de chanvre, en l'ajustant sur leur côté, à peu près comme les femme» font de leur quenouille. || 7° Nom vulgaire de la massette, typha latifolia, L. \\ 8° Coquille univalve du genre fuseau.

— HIST. XIII* s. Jà conperrez [vous le payerez], se Dex me saut. Se ma conoiUe ne me faut, Ben. 21810. Cloto, qui la quenouille porte, la Rose, <9968. Et besche et coloigiie et fusel Leur aporta pour labourer [travailler], dd cange, con«cuto. || xiv* s. Ledit Guioi print une quelongne de cane, de laquelle il la feri plusieurs coups, id. i6. || xV s. Hasples, ne fuseaus, nekeneules, phoiss'. Le dit dou florin. Quand il vit venir cet appareil, pensez qu'il eut bien des estoupes en sa quenouille [fut bien embarras.-.é], louis xi, Nouv. lu. || xvi* s. En danger de porter deux quenouilles et une mitre, peine ordinaire de ceux qui ont eu deu.Kifeojmes tout à la fois, yver, p. 843. Cher Monsieur, c'estoit le capitaine qui avoit passé la corde à la qucnouiiie du fiel, il tiroit d'uoa

QUE

main et frappoit de l'autre, d'aub. F«ft. n, *. Les Portuguais.... jaloux de cette loi mentale, en faveur de laquelle, pour fuir la quenouille, ils aTOient fait des rois bastards, ID. Hist. ii , 397.

— ÊTYM. Génev. Cologne; wallon, fcmoie ; namur. coraoïe; Hainaut. quéneule; Berry, quenoille, quouneille; bourguig. quelogne, quenoille; ital. conocchia; bas-lat. conucula et colurula, diminutif de colus, quenouille. On voit que, parmi les formes, «elles qui ont 17 sont les plus voisines du lalin.

OUENOUILLÊE (qu-nou-llée. Il mouillées, et non ie-nou-yée), f. f. La quantité de laine, de chanvre, etc. nécessaire pour garnir une qupnouille. La quenouillée est d'un beau lin. Plus blanc que la niMge et si fin Qu'à l'deil il est imperceptible, piron. Contes en vers, la Quen. unique et merveilleuse.

— ÉTYM. Quenouille; bourguig. quelongnde.

f QUEiv'OCILLÈUE (ke-nou-llè-r', Il mouillées), f. f. Dans les fonderies de canons, instrument au moyen duquel on arrête l'écoulement du métal liquide au moment où il est au niveau de la bouche du moule. Quand le métal liquide est pr;es(]ue auj niveau de la bouche du moule, on arrête l'écoulement au moyen d'une quenouiUère, a. boillot, Honil. univ. 6 avr. 1868, p. 489, 4' col.

— ÉTYM. Ainsi dit de quenouille, par assimilation de forme.

t QUENODILLETTE (ke nou-llè-f, Il mouillées), *. f. Il l" Petite quenouille. Quand la bergère vient des champs. Sa quenouillette va filant, Chanson, dans RiCHELET. Il 2° Synonyme de quenouiUère. Il 3° Terme de marine. Montant de poupe qui forme la séparation des croisées d'un grand bStimeut. Il Bout de bois placé entre les étais et les faux étais des bas mats. || Quenouillettes de trelingages, petites barres de fer rondes et recouvertes de toile goudronnée. Il 4° Genre de plantes à fleurs composées.

— KTYM. Diminutif de quenouille.

QUËKABLE (kè-ra-bP), adj. Terme de jurisprudence. Rente ou redevance quérable, celle que le créancier doit aller chercher (voy. portable).

— ÉTYM. Quérir.

tQDERCE (kèr-s'), i. f. Sorte de couteau de pierre avec lequel le maroquinier façonne les peaux du côté de la fleur.

t QUERCICOLE (kuer-si-ko-l'), adj. lerme d'histoire naturelle. Qui vit sur le chêne.

— ÉTYM. Lat. quercus, chêne, et colère, habiter, ■f QrERCINE (kuèr-si-n'), s. f. Terme de chimie.

Matière cristalline, voisine de la salicine, et trouvée dans l'écorce du chêne ordin.ùic.

— ÉTYM. Isii. quercus , chêne.

t QUERCITE (kuer-si-t'), s. f. Terme de chimie. Espèce de sucre retiré du gland de chêne.

— ÉTYM. Lat. quercus, chêne.

IQL'ERCIÏRIN (kèr-si-trin),i. ni. Terme de chimie. Matière colorante jaune et crislallisable, retirée de l'écorce du quercitron, et employée en teinture.

QUERCITRON (kèr-si-tron), s. m. Grand chêne, dit aussi chêne jaune (amentacées cupulifères), qui croît dans les forêts de la Pensylvanie (quercus tincloria, L.).

— ÉTYM. Lat. quercus, chêne, et citron. QUERELLE (ke-rè-l'), i. f. || 1° Dispute animée où

il y a combat soit de corps ou de parole, soit de plume. Le temps guérit les douleurs et les querelles, pnrce qu'on change, on n'est plus la même personne, pasc. Péris, vr, 42, édit. havi-t. Voyez les apôtres du Fils de Dieu ; autrefois ils étaient toujours en querelle au sujet de la primauté, aoss. 2' sermon, Pentec. i. Une misérable querelle de littérature dans un café fut la première origine de ce fameux procès de Jean-Baptiste Rousseau le poète , volt. Dict. pliil. Quisquis. Je ne me mêle point de ces querelles [des parlements]; je songe à celles que nous avons avec la nature, id. Letl. Mme du Deffanl, 8 août i770. Si l'on comptait les meurtres que le fanatisme a commis depuis les querelles d'Atfianase et d'Arius jusqu'à nos jours, m. Mœurs, iso. Il ejt vrai que Fonlenelle avait auprès de De.spréaui et de Racine un tort irrémissible, celui d'être le complice de Charles Perrault dans la querelle sur les anciens, d'alemb. Éloges, J. TexL de Mauroy, note 4. Tel est le naturel des hommes : s'ils n'ont pas de grands sujets de querelles, ils s'en font (les petits qui ont les effets des grands, anquetil, Instil. Mém. scienc. mor. et pol. t. l, p. )9. Delaunay et Mlle Kavart [deux acteurs] sont charmants dans celte querelle. d'amoureux vieille comme le monde et toujours jeune, th. gautieh, Monit univ. 30 nov. (868. || Chercher querelle à quelqu'un , entamer une querelle avec lui, le provoquer. Quand est-ce que je m'en suis moqué? tu cher-

DICT. 0£ LA LANGUE FRANQAISK

QUE

ches querelle, fén. Dial. detmorts, Dial. xiv {îlérodote, tucien). Il Prendre querelle, avoir un démêlé avec quelqu'un. Il passa par Poitiers, où nous primes querelle, CORN, le tient, iv, l. lia pris querelle contre quelqu'un, mol. le Uar. forcé, 6. il a pris querelle pour des femmes. — L'Olive : Non pas, madame, il n'est pas si bête; ce sont des femmes qui ont pris querelle pour lui, oancourt. Foire de f!esons, se. 12. || Faire querelle, même sens que chercher querefle. Peut-être qu'orgueilleux d'être avec cette belle. Il serait assez vain pour me faire querelle, cOBri.iWus.com. ti, 2. Alcippe cependant m'accuse d'inconstance. Me fait une querelle où je

ne comprends rien, id. le Ment, m, 3 vous aimez

les gens pour leur faire querelle, mol. Ilis. u, t. C'est lui qui.... s'ingère de recueillir l'argent de chacun des spectateurs, et qui fait querelle à ceux qui, étant entrés par billets, croient ne devoir rien payer, la bruï. T:iéophr. vi. Le public, qui, soit humeur, soit justice (car nous ne voulons ici lui faire ni compliment ni querelle), ne joint pastouours sa voix à celle des académiciens [dans les choix], d'ale.vib. Éloges, St-Aulaire. \\ Entrer dans une querelle, y prendre parti. || Querelle d'Allemand, querelle faite sans sujet. Kn me faisant, mais trèsinjustement. Quoique Français, querelle d'Allemand, SC/>«R. Poés. div. Œuv. t. vu, p. 93, dans poLGENS. Si cela nous ennuie [de nous écrire sans nous gronder], nous serons toujours sur nos pieds pour nous faire quelque petite querelle d'Allemand, SÉV. d Busiy, 16 févr. 167) . || Terme de droit romain. Querelle d'inofficiosité, voy. inofficiosité. Il 2" Use dit de la querelle considérée en un seul côté, et comme le parti d'un des querellants. Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire... Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi! cohn. le Cid, I, 7. Chimène, remets-tu ta querelle en sa' main?iD. t6. IV, 8. S'il fallait aujourd'hui ven^'er votre querelle, ID. D. Sariche,u, 4. Il est temps que d'autres mains s'arment pour sa querelle [de la grâce efficace], pasc. Prov. II. Voilà donc quels vengeurs s'arment pour la querellé, Des prêtres, des enfmts, ô Sagesse éternelle! RAC. ilt/iai. III, 7. Il Embrasser, épouser la querelle de quelqu'un, prendre parti pour lui contre ceux avec qui il a querelle. Si quelque audacieux embrasse sa querelle, Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle, rac. Athal. v, 6. || Prendre querelle pour quelqu'un, faire de sa querelle la sienne, et aussi se faire son champion, malmener ceux qui sont contre lui. Elle [Rome] vous a banni, j'ai pris votre querelle, corn. Sertor. iv , 2. Britannicus mourant excitera le zèle De ses amis, tout prêts à prendre saquerelle, bac. Brit. iv, 3.|; 3°Débatsentre les peuples, entre les souverains, guerres. Rome aujourd'hui m'a vu père de quatre enfants, Trois en ce même jour sont morts pour sa querelle, cobn. //or., v, 3. Amour, tu perdis Tioie; et c'est de toi que vint Cette querelle envenimée Où du sang des dieux même on vit le Xantlie teint, la font. Fabl. vu, <3. Se peut-il rien de plus plaisant, qu'un homme ait droit de me tuer parce qu'il demeure au delà de l'eau, et que son prince a querelle contre le mien, quoique je n'en aie aucune avec lui? pasc. Pens. III, 8. Ce roi [Mithridate] qui.... Vengeait de tous les rois la querelle commune, rac. Mithr. i, (. Il y avait ilans ces temps-là comme deux mondes séparés ; dans l'un combattaient les Carthaginois et les Romains; l'autre était aj,'ité par des querelles qui duraient depuis la mort d'Alexandre, montesq. Rom. 6. La bataille de Platée qui termina la grande querelle de la Grèce et de la Perse, barthél. Anach. ch. 52. Louis calme la terre; il me rend à moimême: Je ne vends plus mon temps aux querelles des rois, st-lambert, Élégie.

— HIST. xur s El aussi en pesa au soudant; car il avoit plus en la queriele que tout li autre, Chr. deRains, 99. Et il otroia la dite court, sauf carelle de sanc et carelle de quoi l'en pei t vie, Ass. de J. I, ;;6. Et souvent avient que les .vimples gens qui ont bonnes querelles et loiax, laissent perdre lor querelles, porce qu'il ne les ozent maintenir par devant tex baillis, por lor félonie, por doute de plus perdre, BEAUM. I, 4. Il XV' s. Artevelle, qui preschoit sa querelle de déshériter le comte Louis leur naturel seigneur.... et hériter le fils du roi d'Angleterre, fboiss. I, I, 247. Il Car j'ay laissé Marion esplorée Dedans son parc, où l'humble pastorelle Fait (j'ensuis seur) lamentable querelle (plainte], marot, i, 3(3. Il restoit à trouver une querele d'Alemagne pour collorer ce nouveau changement, d'aub. Hist. i, 34 1.

— ÉTYM. Bourguig. quairaille, quairelle; pro- ■venç. querela, querella ; ila.\. querela; du lat. querela, plainte, de queri, se plaindre, avec le suffixe

QUE

ela formant des noms d'action et de chose agissante, Inquela, sequela, candela, etc.

QUERKLLlî, ÉE ( ke-rè-lé, lée ) , part, passé de quereller. || l- A qui on a fait quereKe." Et je ne puis souffrir, sans me mettre en courroux. De le voir querellé par un fou comme vous, mol. Tart. i, i. \\2° Réprimandé, grondé. Je suis confus de vos bontés, et je suis trop heureux d'avoir été querellé, MABiv. Fausses conjid. i, (2.

QUERELLER (ke-rè-lé), u. a. \\\' Faire querelle à quelqu'un. II ne vous suffit que votre libelle me -déchire en public ; vos lettres me viennent quereller jusque dans mon cabinet, corn. Letl. apolog. C'est pour me quereller donc, à ce que je voi. Que vous avez voulu me ramener chez moi? mol. ilis. n, l. Non, je n'ai de ma vie eu tant d'envie de quereller quelqu'un, uasiv. Sec. surpr. de l'am. ii, 7. || S'emporter contre. Querellez ciel et terre, et maudissez le sort, COBN. Hor. a, 4. Et, de tous les soldats les âmes étonnées Craignant de voir contre eux retourner leurs coignées [coupant un bois sacré] , Il [César] querelle leur crainte, il frémit de courroux, BRÉB. Phars. m. Surpris, je l'avouerai, de leur fureur commune. Querellant les amants, l'amour et la fortune, J'étais de ce palais .sorti désespéré, rac. Bajai. m, 2. Vous, qui, de l'Asie embrassant la conquête. Querellez tous les jours le ciel qui vous arrête, id. Iphig. iv, 6. |1 2" Provoquer, entamer une querelle (sens vieilli). Mais ce n'est pas ici qu'il faut le quereller , corn. Ment. II, 4, Quereller signifie aujourd'hui reprendre, faire des reproches, réprimander; il signifiait alors insulter, défier et même se battre, volt. Comm. Corn. Rem. Ment, n, 4. || 3" feruie d'ancienne coutume. Porter plainte en justice; attaquer un testament, une convention. || De là vient le sens de disputer à, sens qui a vieilli et n'est plus usité. Ne lui querelle point un bien que tu possèdes, CORN, la Suit). IV, 8. Vous ne lui voulez pas quereller CélidéeT id. Caler, du Pal. v, 6. ||4° Gron der, réprimander. C'est toi, pendard, qui m'as bu mon vin d'Espagne, et qui as été cause que j'ai tant querellé la servante, croyant que c'était elle qui m'avait fait le tour, moi.. Scapin, ii, 6. || 6° il se dit absolument, soit dons le sens de faire querelle, soit dans le sens de gronder. Je ne querelle point, MOL. Mis. n, ). A r gante : Laisse-moi un [leu quereller en repos. — Scapin : Vous voulez quereller? — Argante : Oui, je veux quereller. — Scapin : Hé I qui , monsieur? — Argante : Ce maraudlà, ID. Scapin, 1, 6. Oh bienl querellez donc, si cela peut vous plaire, destouch. Phil. marié, n, 5. C'est un amant qui querelle avec sa maîiicsse; n'allez pas prendre un moment d'humeur pour une rupture, dider. Claude et Nér. ii, 5. JIB" Se quereller, V. réfl. Disputer l'un contre l'autre avec des paroles aigres. Se sont-ils querellés? corn. Polij. m, 2; Hé quoil toujours se quereller! vous n'aurez pas la paix dans votre ménage? mol. la Jalous. du Barb. 6. Nous nous parlions quelquefois, mais pour nous quereller, mariv. Pays. parv. 4* part. ; Avec ellipse du pronom personnel. Et tant mieux ! j'aime à voir quereller les méchants. C'est un repos du moins pour les honnêtes gens, coi-lin d'harleville , Vieux célib. v, i.||Fig. (aussi avec ellipse du pronom personnel). Ils ne savent jamais que se charger de chaînes.... Et faire quereller les sens et la raison, uoil. Art p. n.

— SVN. quereller, gronder. On querelle ceux qu'on n'a pas le droit de gronder; on gronde ses amis, ses enfants, ses gens. Gronder suppose une sorte d'autorité, de supériorité, ou du moins de droit; il faut que celui que l'on gronde soit au moins censé avoir tort. Pour quereller, il suffit d'avoir de l'humeur; on querelle son égal et même son supérieur : » On querelle les malheureux, dit Vauvenargues, pour se dispeiLser de les plaindre. » Celui qu'un gronde ne peut répondre que par des excuses, celui que l'on querella peut quereller à son tour (guizot).

— HIST. XII" s. Cil qui mesfait as clers, Deus le het e querele, Th. le mari. 74. Se clers de tenement volsist lai [laïque] quereler [faire procès à un laïque pour fief]....t6. su. De mainte chose l'a li reis achaisuiié [accusé], E il aveit le rei durement querele, ib. II5. ||xv' s. Le roy luy restitua toutes ses terres et toutes celles qu'il quorellojt, comm. v, IB. Ilxvi* s. Pallias, querellant le patronage du pais d'Attique à rencontre de Neptune, produisit l'olivier, amyot, Thém . 38. Il les encouragea jusques à ne pas eeder facilement la victoire, mai» aussi à la dcbalre et quereller vertueusement, id. Pelop- el Marcel camp. 3.... Ainsi en prend à ceux

QUE

Oui veulent quereller à gens plus vaillans qu'eut, BONS. 855. Quereller en mariage n'accroist grain, bien, n'heritage, leroux de lincy, Prov. t. il, p. 379.

— ÊTYM. Prov. qucrrlhar ; espagn. querellar ; ital. querelare; du lat. qurrelare, de querela (voy.

QUEBELI-E).

QUERELLEUR, EUSE (ke-rè-Iour, leû-z'), adj. Oui fait, qui cherche souvent querelle aux gens. Il vaudrait mieux demeurer en un coin sur le haut de la maison, que d'habiter avec une femme querelleuse dans une maison commune, saci, liiide, Prov. de Salom. xxi, 9. Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, Au dire de chacun étaient de petits saints, la font. Fabl. vu, 4. Nous réservant d'éloigner [de chez les curés] les plus proches parentes, si elles sont immodestes, querelleuses ou mondaines et de mauvais exemple, boss. Ordonn. lynodale, <698. La charité, qui n'est ni querolleuse, ni soupçonneuse, ni contredisante, ID. Passages éclairés, Avert.\\TeTme de chasse Chien querelleur, se dit d'un chien courant qui est hargneux et pillard. || Substantivement. C'est un querelleur. C'est une querelleuse perpétuelle. || Il se dit aussi de celui qui est enclin au duel.

— HIST. xiir s. Querelleres [eelui qui a un procès], DU CANGE, querela.

— ÉTYM. Querelle.

IQUERELLEUX, EUSE (kp-rè-leû, leû-z'), adj, Oui se plaît à chercher querelle (mot qui vieillit). Il vaut bien mieux avoir un faible ennemi à combattre qu'un ami querelleux à conserver, balz. à Richelieu. Le fond du cœur de tous les hommes les rend violents, injustes, cruels, ambitieux, flatteurs, curiïux, insolents, querelleux, nicole, Ess. t. m, p. «î4, dans pouGENS.

— HIST. XIII* s. Et certe pour moi conseille je, que chascun laisse avant de sa raison, que il soit riotous ne querelous, Ass. de J. lO^i. || xvi" s. Afin que quelque quereleux ne prenne matière de combatre encore contre nous.... calv. Instit. <i57. La querelleuse et séditieuse envie, amyot, Pélop. 8. L'injurieux et querelleux refus que Bajazet feit des présents que Ternir luy envoyoit, mont, iv, 97.

— ÊTYM. Querelle. L'ancienne forme querelous prouve que querelleux n'est pas une simple prononciation différente de querelleur.

QUÉRIMONIE (ké-ri-mo-nie), s. f. || 1° Terme d'officialité. Requête présentée au juge d'église, pour obtenir la permission d'adresser un monitoire. Il 2° Familièrement. Il s'est dit pour plainte en général. Finissez, finissez votre quériraonie, scabr. Jodelel, v, 2. Après une longue et furieuse quéririmonie, Mme de Roquelaure commença à découvrir le fait , ST-SIM, (99, (B9.

— HIST. xvi* s. Les querimonies pleines d'indignations, par lesquelles Dieu accuse souvent l'ingratitude des Juifs, CALV. Inst. 5<6.

— ETYM. Lat. querimonia, de quert, se plaindre (voy. querelle).

QUERIR (te-rir, ou, populairement, kri), v. a. qui n'est plus usité qu'à l'infinitif et avec les verbes aller, envoyer, venir. Chercher avec mission d'amener, d'apporter. Va quérir un peu d'eau, mais il faut te hâter, cohn. Hélite, iv , 4. Dites aux gens de monsieur le marquis qu'ils aillent quérir des violons. MOL. Prée. 12. Il envoie quérir trois médecins dans les villes voisines, pasc. Pror. il. En y allant, elle trouva un gentilhomme qui la venait quérir de la part de madame la Dauphine, la fav. Princ. de Clèves, Œuv. t. ii, p. )77, dans poigkn.s. On les trouvait [les sénateurs romains] occupés du labourage et des autres soins de la vie rustique, quand on les allait quérir pour commander le« armées, boss. Hist. m, 6. |{ Proverbe. 11 serait bon à aller quérir la mort, se dit d'une personne lente.

— REM. L'infinitif ancien de ce verbe était çuerre, qui se trouve encore dans la Fontaine : Messieurs, dit-il, en ce lieu n'ont que querre; Les augustins «ont serviteurs duroi. Ballade des Augustins. Querre est la forme régulière, du lat. quxrere, qui a l'accent sur quee. Quérir ne se montre que dans le xy' siècle. La conjugation régulière était : je quier, je queroie, querant, quis.

— HIST. XI' s. Que il querreient que Rolans fust ocis, Ch. de Bol. xxx. Pour que [quoi] je quis sa mort et son destreit, ib. cclxxiii. || xii* s. Un don [je] vous quier, c'est le corde Rollant, Bonc. p. 39. [Mes yeux] Qui souvent ont esgardé. Là où je n'ai mie osé Dire que j'estoie quis, Coud, xii. || xiii* s. Ainsi fu envoies querre le marchis, et il vint au jor que il li orent mis, villeh. xxvi. Par grant tra- Tail [ils I quierent richeces, la Rose, 6)46 || xv* s.

QUE

Si fut tasté et quis, et la lettre trouvée sur lui, FROiss. I, I, 228. IJngTieil gentilhomme de Luxembourg appelle Anthoine le Breton le vint quérir ot luy (iist, COMM. I, 4. Il XVI' s. Dond venez vous? oil allez vous? que querez vous?rah. Pant. ii, 9. Chacun quiert son semblable, H. est. Précell. p. (7«. Quiers tu meilleur pain que de froment? cotoravk. '— ÊTYM. Wallon, quéri; namur. qufre; Berry el norm. kri; provenç.querer, qncrir, qufrre; espagn. qucrer; ital. chiedere; du lat. quxrere, quxs-itum; sanscr. çish, chercher.

1 1 . QUERRE (kê-r'), infinitif de quérir (voy. quérir, à la remarque).

t 2. QUERRE (kê-r'), s. f. Terme aujourd'hui inusité. Coin d'un carré. Les quatre querres ou côtés qui joignent ces quatre faces, desc. Météor. 3.

— HIST. xiii" s. Si vous di qu'en cole fontaine Luit uns charboncles merveillables Sur toutes merveilleuses pieres, Trestous reons et i trois quierres, la Rose, 20730.

— ÊTYM. Le même que carre.

t QUERTIN (kèr-tin), s. m. Nom donné par les paysannes des environs de Valenciennes à un panier large et profond, dans lequel elles apportent au marché leurs légumes.

— HIST. xiv s. Pour un crétin... en quoy on porta les juyaus dessus dis.... cafpiaux, Bégence d'Auberl de Bavière, p. 73.

t QU'ES-ACO ou QU'ES-AQUO (kè-za-ko), mots provençaux qui s'emploient pour qu'est-ce? Le tout embrassé d'une soutanelle doub!<^e de gazettes, el surmonté d'un bonnet carré, avec cette légende à la houppe : Qu'es-aco, Marin? beauharch. 4* mémoire. Et qu'es-aco, de par le diable, est-ce ici la journée des tapes? m. tlar. de Fig. v, 8. Le fameux qu'es-aco, qui termine le portrait satirique du gazetier devint le sobriquet du nom de Marin [il était Provençal], qu'il caractérisait plaisamment en rappelant à la fois son mot favori et sa prédilection pour la langue de sa province, michal'd, Biographie, Marin. || Bonnet à la qu'es-aco, sorte de coiffure de femme. Les procès de Beaumarchais avaient amené les bonnets à la qu'es-aco, feuillet de con- CHES, Cous, d'un cur. t. ii, p. !97. X la qu'es-aco, qui eut sa vogue pendant que Marie-Antoinette était encore Dauphine, succéda le pouf au sentiment.... m. i6. p. 269.

— ÉTYM. Prov. que, que, es, est, aco ou aquo, ceci.

t QUESNELLISME (kè-nè-li-sm'), s. m. Doctrine, condamnée par l'Eglise, de Pa.squier Quesnel, prêtre de l'Oratoire, qui enseignait que la grûcc de Dieu est l'opération de sa toute-puissance , à laquelle rien ne peut résister.

QUESTEUR (kuè-steur), s. m. \\i° Terme d'antiquité romaine. Magistrat chai-gé de l'administration des finances. |{ 2° Aujourd'hui, dans certains coi-ps, membre chargé de surveiller les dépenses.

— HIST. xiv s. Vous serés moût boins amparliers [avocat].... Car moût savés parler parfont Ensement que cil quester [avocats] font, j. de condet,

— ÉTYM. Lat. quasslorem, de quxstum ou qusesitum, de quxrere (voy. quf.rir).

QUESTION (kè-stion; en vers, de trois syllabes), s. f. \] 1° Demande à l'eflet de s'informer de quelque chose'. Il m'a fait à l'abord cent questions frivoles, MOL. Fdch. 1, 4. lisait vous embrasser, prendre part à votre joie, vous faire coup siir coup des questions empressées sur votre santé, sur vos affaires, LA BRDT. viii. Dans l'usage ordinaire, la première question qu'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle" belle? la seconde, a-t-elle de l'esprit? il arrive rarement qu'on fasse une troisième question, font. Dial. 3, Morls anc. Je suis venu voir votre pays, pafrce que j'aime assez les Français, quand ils ne font pas trop de questions, VOLT.' l'Ingénu, i . Qui es-tu? d'où viens-tu? que faistu? que deviendras-tu? c'est une question qu'on doit faire à tous les êtres de l'univers, mais à laquelle nul ne répond, id Philos, ignorant, 4 . Docteur, vous éludez plutôt mes questions que vous n'y satisfaites, diokr. Mém. t. iv, p. 204, dans pougens. 11 faudrait l'interroger avec adres.se [un aveugle-né opéré de la cataractej, et éviter toutes les questions qui indiquent la réponse, condil. Traité sens. III, 6. Il Ironiquement. Quelle question! Éelle question ! se dit d'une question inutile ou ridicule. Corbinelli me faisait l'autre jour une belle question... 6Év. 437. Il 2° Interrogation que l'on adresse à un élève pour s'assurer s'il sait les matières qu'il a étudiées. On lui a fait des questions difficiles. lia mal répondu sur les questions d'histoire. || 3° Proposition

à examiner, i disbuter. On examine deux questions, l'une de fait, l'autre de droit : celle de fait consiste à savoir si ,M. Arnaud est téméraire pour avoir dit... PASC. Prou. I. 11 est très-informé des questions du temps, et il .sait parfaitement le secret des jésuites, chpz qui il est à toute heure, id. ib. ii. Ce n'est pas qu'ils ne traitent des questions assez curieuses, lu. ib. IX. C'est sortir de la question, id. ib xiil. Sans entrer dans la question, si Dieu a résolu de toute éternité... boss. Éi. d'or, iv, 4. Ne croyez pas que ce soit seulement la question de l'épiscopat, ou quelques chicanes sur la liturgie anglicane, qui aient ému les communes, m. Reine d'Anglel. Comme II est impossible (dans l'administration de la justice] qu'il no se trouve des difficultés et des questions compliquées, id. Poltl. vm,' m, 6. Quelque temps après, l'empereur Héraclius entreprit de décider 'la question [desmonothélitesjde son autorité, lu. Ilist. I, n. On demandes!, en comparant les conditions.... on n'y remarquerait pas une espèce de compensation de bien et de mal.... celui qui est puissant, riche, et à qui il ne manque rien, peut former cette question; mais il faut que ce soit un homme pauvre qui la décide, la suit. ix. Knsuite on proposa la seconde question en ces termes : Quel est le plus malheureux de tous les hommes? fén. Tél. v. Lorsque ces deux grands pré!,its [Bossuet et Fénelon] furent brouillés par une question subtile et délicate, qui ne pouvait guère être une question que pour d'habiles théologiens, fonten. Malezieu. Une malheu- , leuse question d'académie qu'il [J. J. Rou.sseau] lut dans un Mercure vint tout à coup dessiller ses yeux, débrouiller ce chaos dans sa tète, lui montrer un autre univers, j. j. rou.ss. 2* dialogue. Toute discussion philosophique ou oratoire suppose un doute à éclaircir, et l'objet du doute est la question, le point de la question, marmontel, Œuv. t. ix, p. 642. Toujours dans les questions douteuses, l'ignorant croit, le demi-savantdécide, l'homme instruit examine, biot, Insl. Mém. scienc. l«06, 2" sem. [hist.], p. 226. Il Une question bien posée est à moitié résolue, se dit en adage pour exprimer que, quand la question est claire et précise, les difficultés de la solution sont diminuées. || Aborder la question, expression née pendant la Révolution, et blâmée par Mme de Genlis, Mém. t. v, p. 91, édit. 4825. || Être en question, être l'objet d'une discussion. Ce qui est en question entre nous, c'est de savoir... boss. Euch. m, 3. J'admire comme cet écrivain soutient la vérité par des bévues continuelles, et suppose toujours -ce qui est en question, volt. Lett. Morellet, 22 janv. 4768. îi Mettre en question, révoquer en doute. Vous ne mettez pas mon apostasie en question, pasc. Prov. XVII. On ne met guère en question dans le monde, si la loi (le Dieu nous fait un précepte de l'aumône, MASS. Caiéme, Aumône. || Fig. Mettre en question, compromettre, ébranler. Cela mit en question l'existence du ministère. || Venir en question, être soumis au doute. Tout jusqu'aux articles les plus importants, jusqu'à celui de la Trinité, viendraient l'un après l'autre en question, boss. i" avert. 39. Il C'est une question , la chose est douteuse. || 4° Il est question de, il s'agit de; il n'est pas question de, il ne s'agit pas de. Il n'est pas toujours question des propositions d'Euclide pour se casser la tête; un certain point d'épuisement fait le même effet, sÉv. 24 avr. 4689. Rien ne se tourne du côté de la paix; ainsi vendons nosgrains... tout le monde me le conseille... il est présentement question de le pouvoir, ID. 25 janvier 4 693. Il n'est pas ici question d'examiner si ces idées [du gouvernement républicain] sont aussi solides que spécieuses, boss. Bist. m, 5. Idoménée est dans les sentiments où je suis sûr que vous voudriez qu'il fût; il n'est question que de vous en persuader, fén. Tél. xi. Je crus qu'il n'était question que d'un peu d'esprit et que j'étais impératrice, FONTEN. Athénaïs. Il était question de déterminer la courbe décrite par un projectile dans un milieu résistant, suivant une certaine loi qui renfermait une infinité de cas, et dont un seul jusqu'alors avait clé résolu, d'alemb. Éloges, Bernaulli. || il n'est point question que, avec le subjonctif. U n'est point question qu'elle [une huile] guérisse si promplement, pourvu qu'elle guérisse, sÉv. 29 janv. I685. || On ditde même: voici la chose, la personne dont il est question, dont est question. W L'affaire en question, l'affaire dont il s'agit. L'Ile en question est formée par le confluent de l'Isère et du Rhône, hollin, Hist. anc. Œuv. t. i" , p. 392, dans pouokns. ;| L'homme en question , l'homme dont on parle. Nous étions prêts de nous mettre à table, quand on nous annonça l'ecclésiastique en question, UARit. Pays, pore.' 2» part. || U est question de, on parla

QUE

àe ; il n'est pas question de, on ne parle pas de. Il n'en est plus question présentement, sÉv. 24. 11 est fort question de vous dans sa lettre, id. 676. Il fut question de ce que je deviendrais; et, pour en causer plus à loisir, elle me retint à dîner, j. j. Bouss. Confess. il. || Qu'il n'en soit plus question, qu'on n'en parle plus, que ce soit chose mise de côté. J'y vais et pour y aller, et pour y être un peu, et pour y avoir été et qu'il n'en soit plus question, sÉv. 4I6. Ne connaissons-nous pas une princesse qui se dépêcha de marier son amant, afin qu'elle n'eût plus envie de l'épouser, et qu'il n'en fût plus aucune question? id. 30juin 1680. Il 6° Dans les assemblées déllLérantes, la question préalable, question préliminaire pour savoir si on délibérera oui ou non sur la chose proposée. Demander la question préalable sur une proposition, c'est demander qu'on n'en délibère pas. Cette proposition fut écartéepar la question préalable. {| Question de cabinet, se dit d'une proposition faite par les ministres aux chambres, en déclarant qu'elle esta leurs yeux d'une importance assez grande pour leur faire » quitter le portefeuille si elle est rejetée. Il 6° Question pour l'ami, cause problématique st que l'on peut décider, par faveur, daos un sens ou dans l'autre, sans trop blesser l'équité. || 7° La torture infligée aux accusés et aux condamnés pour leur arracher des aveux. Question préparatoire, question ordonnée sur de simples indices. Question définitive, question ordonnée pour découvrir les complices, lorsque le criminel est condamné à mort. La question définitive est ou ordinaire ou extraordinaire, c'est-à-dire plus ou moins violente. Appliquer, mettre à la question. Après cette confession, on n'a pas laissé de lui donner [à la Voisin], dès le malin, la question ordinaire et extraordinaire; elle n'en a pas dit davantage, sÉv. 21)6. La question est une invention merveilleuse et tout à fait sûre pour perdre un innocent qui a la complexion faible, et sauver un coupable qui est né robuste, la brl'y. xiv. On dit que les Cappadociens s'accoutumaient dès l'enfance à résister aux tourments, et qu'ils se donnaient la question les uns aux autres, pour s'endurcir contre les peines à quoi leurs faux témoignages les pourraient un jour exposer, rollin, Ihst. anc. Œuv. t. ix, p. 568, dans pouGBNS. J'ai toujours présumé que la question, la torture, avait été inventée par des voleurs qui, étant entrés chez un avare, et ne trouvant point son trésor, lui firent souffrir mille tourments jusqu'à cequ'il ledécouvrlt, volt. IHct.phil. Question. Pena nous apprend que les inquisiteurs n'emploient ordinairement que cinq espèces de tourments dans la question, quoique Marsilius fasse mention de quatorze espèces, iD. Dict. phil. Inquisilion. 11 faut dire un mot de la torture, autrement nommée question, c'est une étrange manière de questionner les hommes, lo. Dict. phil. Torture. On a tant dit que la question est un secret presque sûr pour sauver un coupai lie robuste, et pour condamner un innocent d'une constitution faible, que ce raisonnement a enfin persuadé des nations entières, in. Pol. et législ. Fragm. des inslr. 4. Le courage avec lequel il [Machiavel] résista aux tourments de la question qu'il subit, lui sauva la vie, dider. Opin. des anc. philos, {machiavélisme). L'accusateur peut demander qu'on applique à la question les esclaves de la partie adverse ; conçoit-on qu'on exerce une pareille barbarie- contre des hommes dont il ne faudrait que tenter la fidélité? BAHTHBL. /InOC/l. ch. t8. Les Francs ne subissaient pas l'épreuve honteuse de la question ; ils n'étaient point passibles de châtiments serviles, naudet, Iristit. Mém, inscr. et belles-lett. t. viii,"p. 467.||Fig. Il se dit, par exagération, de quelque souffrance. Figurez-vous la question qu'au sire On donna lors, la font. itm. Il 11 ne faut pas lui donner la question pour lui faire dire tout ce qu'il sait, il parle légèrement et dit ses secrets.

— HIST. xu« s. Et quant il aveit bien solu se» questions. Th. lemart. 58. ||xiii' s. Chascuns doit obéir simplement, sans noise et sans question, BRUN. LATim, Trésor, p. 433. || xiv* s. En tex [tels] cas et semblables, il est double et question se telles choses doivent estre dites voluntairra ou involuntaires, ouESME, Eth. 48. Ce de quoy estoit la question, c'est assavoir.... id. ib. 2*. Et félicité, de quoy nous faisons question [traitons], est propre à homme ou à nature humaine, id. ib. a, <6. Dame, vous devez commencer. — Non fais, dit-elle, par raison Que par vous must [fut soulevée] la question, Ifodus, f* cv, verso. Si se esmut entre eus une question de >eur famés, bercueuhe, ^ i6, verso. |j xv* ». 11 y

QUE

avoit eu aucunes question» [différeûds] entra lesdits roy et duc de Bourt;ogne, Math, de cot;cY, Hist. de Chartes Yll, p. 723, dans lacurne. || xvi' s. C'est se desborder par trop, de mettre en question ce que chacun volt à l'œil, calv. Instit. 42. Qui plus est, la response de l'ange en ostetoute question [doute], id. ib. 78. Seulement je leur demaiideray une question, ID. ib. 943. S'il eust souhaité monter es eieux dedans un chariot flamboyant comme ilelie.... l'eust il impetré? c'est une question, rab. iv, Prologue de l'autlieur. On leur faisoit des questions sur le jugement des hommes et de leurs actions, mont, i, (5t.

— ÊTYM. Provenç. questio, question; espagn. question; ital. questions; du lat. quxstionem, de quxstum, supin de qvxrere (voy. quérir).

t I. QUESTIONNA UtE (kè-stio-nê-r') , s. m. Il 1° Ouvrage ou partie d'ouvrage dans lequel se trouvent formulées les questions que l'on peut adresser à des élèves sur les objets de leurs études. Il 2° Série de questions que l'on pose pour servir de guide à une enquête. M. le président a préparé un questionnaire portant sur tous les points a élucider. Enquête sur le taux de l'intérêt de l'argent, Imprimerie impériale, 1865, t. i, p. (0.

— ÉTYM. Question.

2. QUESTIONNAIRE (kè-stio-nê-r'),». m. Celui qui donnait la question aux accusés et aux condamnés. Bronte le questionnaire, la bhut. m.

— HIST. XVI' s. Il fut six sepmaines prisonnier dans un engein de bois poinctu par le bas, que les questionnaires appellent chausse d'hypocras, d'alb. Hist. I, 75.

— ETVM. Lat.9U,rsttonon'us,de qusestio, question, t QUESTIONNANT, ANTE (kè-stio-nan, nan-t'),

adj. Qui questionne. Matante, Vousêtes aujourd'hui d'humeur questionnante, hauteroche. Nobles de province, m, a.

QUESTIONNÉ, ÉE (kè-stio-né, née), part, passé de questionner. Â qui on fait des questions. J'arrive tout présentement, ma chère fille; je suis chez ma tante, entourée, embrassée, questionnée de toute ma famille et de la siaane, sÉv. 105.

QCESTIONNEK (kèstio-né; en vers, de quatre syllabes), v. a. [[l" Adresser des questions. Napoléon, en revoyant cette route connue [celle par laquelle il était allé à Moscou], s»-rassurait, quand, vers le soir, un chasseur russe prisonnier lui fut envoyé par Davoust ; d'abord il le ^questionna négligemment; mais le hasard voulut que ce Moscovite eût quelque idée des routes, des noms, des distances, sÉGi H, Ilisi. de Nap. ix, 7. || Par extension. La plupart de ces messieurs [les voleurs] sont encore dans l'usage de serrer les pouces, de brûler lés pieds, et de questionner par d'autres tourments ceux qui refusent de leur dire où ils ont mis leur argent, volt. Dict. phil. Torture. || Fig. Je suis si bien aujourd'hui, que je prendrai le parti qu'ils me conseillent, qui est de mépriser ma jambe, et de ne la point questionner à tout moment, sÉv. t" juill. 1686. Il 2° Y. n. Faire -les questions. Le bon ton du supérieur est de quest.jnner souveni ; le bon ton de l'inférieur est de ne qi-cstionner jamais, ou le plus rarement possible, makmontel, Œuv. t. x, p. 258. Il En mauvaise part. Faire des questions importunes. Il ne fait que questionner. || 3° Se questionner, V. réft. Se faire réciproquement des questions.

— SYN. questionner, interroger. Questionner se dit surtout quand on veut obtenir des renseignements : un espion questionne les gens; un général questionne un prisonnier pour savoir ce que fait l'ennemi. Interroger se dit surtout quand les réponses qu'on peut obtenir sont un moyen d'apprécier celui qui les fait : un juge interroge un accusé; u*n professeur interroge un élève.

— HIST. xiii* s. Et ge si le questionai, De gramaire li demandai, Ren. 2 H 37.

— ÊTYM Question; provenç. questionar; ital. questionare.

QUESTIONNEUR, EUSE (kè-slio-neur, neu-z'; en vers, de quatre syllabes), î. m. et/. Celui, celle qui fait sans cesse des questions. Vous me direz que je suis un grand questionneur; mais vous répondrez ce qu'il vous plaira, on ne vous force à rien , volt. Lett. J'Argenial, <» janv. 177). Au bout de ■quelques minutes leur attention [des enfants] se lasse; ils n'écoutent plus ce qu'un obstiné questionneur leur demande, et ne répondent plus qu'au hasard, j. J. bouss. Érn. a. Un sot questionneur, Mal;{ré nous introduit, trouble notre bonheur, de- LiLLE, Convers i. Y a-t-il longtemps que vous êtes marié? avez-veus des enfants? .sont-ils gentils? — Pierre [à part] : Oh! quelle questionneuse! al. du- VAL, Menuisier de Ltonie, i, to. \\Adj. Le petit Ra-

QUE

got à qui j'avais affaire était aussi questionneur que l'autre, hahilt. Gramm. 3

— ÉTYM. Questionner.

QUESTURE {kuè-stu-r'), s. f. || 1" Terme d'histoire romaine. Dignité, charge de questeur, jj Durée des fonctions de questeur. || 2° Aujourd'hui, dans les assemblées délibérantes, bureau des questeurs.

— ÊTYM. Lat quxstura (voy. questeur).

t QDET (kè), s. m. 'ferme de papeterie. L'assemblage et le nombre de 26 feuilles de papier avec leur» feutres s'appellent un quel, Diet. des arts et met. Papetier.

1. QUETE (kê-f), t. /.||1» Action par laquelleon cherche. Ils conviennent de prix et se mettent en quête [de l'ours, pour en avoir la peau], la font. Pabl. V, 20. Si bien qu'à votre quête ayant perdu mes peines, mol. l'Ét. v, 14. La violence de mon amour et les sévérités de son père me firent pren;lre la résolution de m'introduire dans son logis, et d'envoyer un autre à la quête de mes fiarents, id. l'Av. v, 5. On conçoit qu'un animal abandonne le pays qu'il habite, en quête de nourriture et d'abri, ciiaTeaobr. Gf'nie, 1, v, 9. || i° Terme de chasse. Action d'un valet de limier qui va détourner une bête pour la lancer. || Le canton destiné à un valet de limier pour y trouver et détourner les bétes. Il L'action d'un chien qui démêle la voie d'un cerf, d'un sanglier, etc. ou qui cherche les perdrix. Aller en quête. Un limier bon pour la quête. || 11 se dit aussi du loup qui chasse. Le loup retourne au fond des bois, se met en quête, bufp. Morceaux choisis, p. 2:12. Il Tons que l'on sonne pour faire quêter les chiens. || Use dit de même en parlant de la chasse du gibier à plume. Un épagneul bon pour la quête. Ce chien a la quête brillante, a une fort belle quête. Lorsque le Chien rencontre un râle, on peut le reconnaître à la vivacité de sa quête, au nombre de faux arrêts^, buhf. Ois. t. xv, p'. 230. Les chasseurs en font de nombreuses captures [des canards sauvages] soit à la quête du jour ou à l'em buscade du soir, soit aux différents pièges et aux grands filets, id. «6. t. xvn, p. 17B. || 3° L'action de demander et de recueillir des aumônes pour les pauvres ou pour des oeuvres pieuses. Ayant recueilli, d'une quête qu'il fit faire , douze mille drachmes d'argent, il les envoya i Jérusalem, saci. Bible, Machab. 11, Xii, 43. L'on compte quatre-vingt-dixhuit ordres monastiques dans l'Église; soixantequatre qui sont rentes, et trente-quatre qui vivent de quête, sans aucune obligation, disent-ils, de travailler ni corporellement ni spirituellement pour gagner leur vie, mais seulement pour éviter l'oisiveté, VOLT. Dict. phil. Quêle.\\h% produit de la quête. La pucelle était fort dévote; Les dimanches elle quêtait. Et la quête aux pauvres portait. scAHHON, Yirg. va. || 4° Anciennement, dans le droit coutumier, terres de quête, celles qui devaient une rente levée par une collecte que les habitants faisaient sur eux-mêmes. || Droit de quête, cens à 1» quête, droit que le seigneur pouvait faire demander, mais qu'on n'était pas obligé de porter chez lui.

— HIST. Jtiii' s. Et s'ele [la demande] est niée, li sires puet [peut] fere enquerre de sa autorité, et par sa queste fere le amender, Liv. de just. 42. Il XIV' s. Si te diray les quatre manières d'aller en queste [à la chasse], Modus, f* x. Et lors le doit son mestre fere mener le limier en queste au matin après luy, gaston phébus. Livre de chasse, ch. 2». Il XV' s. Je m'en irai costoyant ces vallées pour ouïr et savoir si j'aurai nulles nouvelles de Geronnet, qui nous a mis en celle queste, froIss. a, ai, 09. Il xvi" s. Pourtant, plaideurs aux amoureuses questes, Allez ailleurs présenter vos requestes, mahot, I, 388. Sa queste [de la vertu] est scabreuse et laborieuse, MONT. I, 70. Les oyseaux vont à la quesie du grain, id. 1, 142. Il tendit les filets, un autre prist la queste, rons. 689. Celuyqui a taille ou quesie es quatre cas peut tailler ses sujets : quand il va en voyage d'outremer visiter la terre sainte, quand il est prisonnier des ennemis, quand il marie sa fille, et quaiid il est fait chevalier, Coust. gén. t. Il, p. 43'.

— ÉTYM. Provenç. 5ufs(o,5Uis(o;espagn.qi«eifo; ital. chiesta; du lat. quxsilus, cherché (voy. quebir).

2. QUÊTE (kê-f), s. m. Terme de marine. Quantité dont s'écarte de l'extrémité postérieure de la quille d'un vaisseau une perpendiculaire abaissée du sommet de l'éUmbot sur le prolongement d« la face inférieure de la quille.

— ÉTYM. On écrivait aussi chete, chette, qui, d'après Jal, est équivalent de chute, choite.

QUÊTÉ, ÉE (kê-té, tée), part, passé de quêter, Un lièvre quêté par le chi«i.

QUE

QUÊTKR (kê-té), V. a. || 1° CliercliPr; peu usité en ce sens qui eut le sens propre. J'eus le plaisir de revoir un de mes anciens amis; c'était le père Wolf que j'envoyai quêter dans cinq ou six maisons de jésuites là autour, et qu'on trouva à Haguenau, ST-siM. 22, 256. Ils se laissent mourir d'inanition plutôt que de quêter leur subsistance, buff. Ois. t. IV, p. 308. Il 2° Terme de chasse. Chercher. Quêter un sanglier. Quêter des perdrix. Le lièvre était glté dessous un maître chou; On le quête, on le lance.... LA font. Fabl. iv, 4. Su r-le-champ, comme si ce pauvre animal (un chien] m'eût entendu, il s'est mis '•■■ quêter vos pas, bf.pn. de st-p. Paul et Virg. Il ALsolument. Nous avons quêté tout le matin sans rien trouver. De là, Fidèle toujours quêtant, m'a mené sur le morne de la rivière noire, bebn. DE ST-p. Paul el Virg. || 3° Demander et recueillir des aumônes. Elle Va pour les malheureux quêter dans les maisons, bdil. Sat. x. Lamela, chargé d'une grande besace qu'il n'avait point oublié d'acheter, alla pour la première fois quêter dans la ville de Cuença, lesagb, Gil Bl. v, (. La dignité épiscopale [d'un moine grec] ne permettait pas de faire le mendiant, et de quêter aux particuliers, j. j. Roiiss. Conf. IV. Il Se faire quêter, faire faire une quête pour soi. Que dirait M. le comte du Luc, si je donnais lieu de croire aue ceux qu'il protège ont besoin de se faire quêter*, j. b rouss. Lett. à ISreteuil, 20 juill. 4712. Il Fig. Quêter des louanges, des suffrages, etc. chercher k se faire donner des louanges, des suffrages, etc. Vous allez penser que je quête des louanges, m"* do deffant, Lell. à H. Walpole, t. Il, p. 247, dans POUGENS. Je crois vous avoir déjà dit qu'elle quêtait l'amitié comme une quêteuse de paroisse, iD. ib. t. m, p. 223. On ne quête pas les suffrages du public, j. j. rouss. t" dial. Quand on peut se suffire à soi-même, mort de ma vie ! il ne faut pas aller quêter des humiliations, th. leclercq, Prov. t. IV, p. m, dans pougens. || On dit de même : quêter des voix, des suffrages pour quelqu'un.

— HIST. XV' s. Pourront quester et sur eux faire quesle [sorte d'impôt] en quatre cas, du cange, auxiHum. || xvi* s. Questant tou.sjours jusques à l'origine de cette opinion, mont, i, «47. Us vont questant les aumosnes pour l'offrande de leur sacrifice, iD. I, 239. Je priserois bien autant des grâces naturelles que celles que j'aurois esté mendier et quester de l'apprenti-ssage, id. ii, 467.

. — ÊTYM. Quête I.

QUÊTEUR, EUSE (kê-teur, teû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui quête, qui recueille des aupaônes. Ce quêteur. Cette quêteuse. || Adj. J'ai mes pauvres que j'affectionne ; cet argent qu'on m'oblige à donner leur appartient; la dame quêteuse le leur ravit, GF.NLis, Ad. et Théod. t. m, p. 293, dans POUGENS, Il Dans les ordres mendiants, frère quêteur, ou, substantivement, quêteur, celui qui quête pour le couvent. Théodoric de Niem^ secrétaire de ce pontife [Boniface VIII], nous apprend que Boniface envoya des quêteurs en divers royaumes pour vendre l'indulgence.... VOLT. Ûict. phil.Taxe. || i' Adj. Chien quêteur, celui qui quête, qui cherche le gibier.

— HIST. XV* s. De uului nous n'aurons confort, Ne plus que ung povre questeux, Myst. du siège ^ d'Orléans, p. 748. || xvr s. Six administrateurs du commun des pauvres, avec pareil nombre de questeurs des aumosnes en chacun quartier, Nouv. coust. ffén. t. I, p. 554.

— ETYM. QuHer ; bourguig. quaiteur.

t QUETSCHE (kouè-tch"), *. f. Sorte de prune.

— ÉTYM. AUem. Qucische ou Zwetsehe.

f QUESTCHE-WASSER (kouê-tcbe-va-sr') , s. m. Eau-de-vie de prune que l'on débite quelquefois pour du kirsch-wasser.

— ÊTYM. AUem. Questche, et Wasser, eau.

t QUETSCHIER (kouè-tchié, Vr ne ?e prononce pas et ne se lie pas), s. m. Sorte de prunier, variété du prunus insititia, L.

I . QUEUE (keue), s.f.\\ 1° Partie qui termine par derrière le corps de la plupart des animaux. C'est dans cette Ile [Mindoro] que Sttuys dit avoir vu de ses propres yeuï un homme qui avait une queue longue de plus d'un pied, toute couverte d'un poil roux.... Bujf. Flist. nat. hom. Œuv. t. v, p. 48. Il Fig. Cela n'a ni queue ni tête, cela est en dépit du bon sens. || Fig. Tirer le diable par la queue, voy. DIABLE, n" 2. 112° Chez les quadrupèdes, prolongement plus ou moins étendu qui termine postérieurement le tronc d'un grand nombre d'animaux, et qui a pour base les os coccygiens. Le malheureux lion se déchire lui-même, Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs, Bat l'air qui n'en peut mais.... la font. Fabl. n, 9. Un vieux renard....

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