‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 84 sur 754 · SABOTIÈRE (sa-bo-tiè-r'), s. f.\\l' Atelier · texte numérisé non relu

SABOTIÈRE (sa-bo-tiè-r'), s. f.\\l' Atelier

d'un sabotier. || 2* Danse qu'exécutent des gens en sabots. Danser la sabotière.

— ETYM. Saboter.

t 2. SABOTIÈRE (sa-bo-tiè-r'), ». f. Corruption

de sarbolière. Les sabotières se mettent dans un seau à compartiments, genlis, Uaison rustique,

t. II, p. 4 38, dans POUGENS.

t SABOULAGE (sa-bou-la-j'), ». m. Action de sabouler. Il y a un petit homme qui s'est vanté de s'être soustrait à votre saboulage ; vous aviez assez envie de lui marcher sur le haut de la tête ; mais n'avez-vous point peur d'être excommuniée î

SÉV. 29 déc. 4 675.

SABOULÈ, ÉE (sa-bou-lé, lée), part, passé de sabouler. Saboulé d'importance par son père. || Fig. Mal arrangé, comme si on avait été saboulé. Eussions-nous jamais cru que Figuriborum [le comte d'Avaux] eut fait une figure ? jamais homme n'a été saboulé comme lui, sÉv. 29 déc. 4 676.

t SA ROULEMENT (sa-bou-le -man), ». m. Synonyme de saliouKige.

— lll-iT. XVI* 1. Comme IIî estolenl en ce sab'i-.ileroent. leur» chevaux s'onfouirent de dossoubs enlx, et eulx tumborent tous deux en terre, amyot, Euvriif, 13

SABOULKR (sa-bou-lé), v. a. \\ !• Terme populaire. Houspiller, tirailler, malmener. Otez-moi mes coiffes; doucement donc, maladroite; comme vous

SÂB

me saboulez la tête avec vos mains pesantes t MOL. Comt. d'Escarb. se. 3. || Fig. Mal arranger. Oui, moi, de l'amertume, parce que j'ai pris le parti du troisième acte [de Tancrède], et que j'ai cru que Lekain me l'avait saboulé I volt. Lett. d'Argental, 8 oct. 4 70O. || 2° Fig. Réprimander avec véhémence. Voilà trois parlements du royaume que j'ai un peu saboulés, volt. Lett. d'Argental, 7 nov. 4 763. Il 3° Se sabouler, «. réft. Se houspiller l'un l'autre. Et puis c'est à se sabouler, à se patiner, à plaquer les mains sur les joues, ctr. dk beho. Pédant joué, II, 3.

— HIST. XVI* s. Le père que le fils tirassoit et sabouloit emmy la rue.... mont, i, 4 4 5. Le peuple poulse et saboulé le meurtrier au travers ta presse vers Timoleon, ID. I, 256. L'admirai attendra l'armée du roy, en son option de combattre, ou de bazarder mil ou douze cens chevaux, pour les sabouler parmy les gens de pied, voir s'il les pourra entamer, castelnau, 443. Le bruit couroit que vous aviez eu deux chevaux tués entre les jambes, esté porté par terre, saboulé et pétillé aux pieds des chevaux de plusieurs escadrons, sully, Mém. t. i, p. 354. Incontinent la poeterine Tu crieras et aussi le ventre, Faignant que ton cœur en pleur entre. En te chaboulant comme un veau, le Médecin et le badin, dans Recueil de farces, etc. Paris, Techener, 4 837, t. m, p. 4 6.

— 6TYM. Origine inconnue. Serait-ce une forme irrégulière de saboter, secouer; prov. sabotar.' Dans l'argot, sabouler veut dire décrotter; Fr. Michel croit que c'est le sens propre et il le tire du lat. sabulum, sable. Cette étymologie, quoi qu'il en soit du sens, n'est pas possible.

SABRE (sa-br'), s. m. || 1* Arme d'estoc et de taille, dont la lame présente une courbure, convexe du côté du tranchant, plus ou moins prononcée selon la nature du service auquel elle est destinée. Les sabres orientaux ont une courbure très-forte. Les sabres actuellement en usage dans l'armée française sont droits, ou ne présentent qu'une légère courbure. Les députés [aux diètes de Pologne] y décident souvent leurs affaires le sabre à la main, comme les anciens Sarmates, dont ils sont descendus, volt. Charles XII, 2. || Coups de sabre, coups donnés avec le tranchant. || Coups de plat de sabre, coups appliqués avec le plat de la lame. || Par dénigrement. Un traineur de sabre, militaire qui affecte de mépriser le civil, et qui veut que tout cède à la force armée. Il [Courier] ne s'était point déclaré avec les militaires contre les avocats, ni avec ceux-ci contre les traîneurs de sabre, arm. carrel. Œuvres, t. v, p. 494. || Fig. et par dénigrement. Manches à sabre, militaires considérés comme des machines à tuer. Les intérieurs d'âmes que j'ai vus dans la retraite de Moscou, m'ont à jamais dégoiité des observations que je puis faire sur les êtres grossiers, sur ces manches à sabre qui composent une armée, bevle (Stendhal), Corresp. 24 mai 4843. ||2° Sabre-briquet, sabre court qui était à l'usage de l'infanterie et de l'artillerie à pied. || Sabre-poignard, à fourreau de cuir, sorte de sabre qui a été en usage dans l'infanterie. Il Présentement, sabre-baïonnette, sabre court, dont la lame a la forme de celle des yatagans, et qui peut être placé à l'extrémité du canon des fusils, de manière à y remplir le rôle de baïonnette. Les élèves de l'Ecole [de Saint-Cyr] destinés à l'infanterie portent maintenant, au lieu du sabre-poignard à fourreau de cuir d'autrefois, le sabre-baïonnette à fourreau de fer en usage dans les bataillons de chasseurs à pied. Moniteur universel, 25 avril 4807, p. 494, 4* col. Il 3* Sabre de bois, sorte d'exclamation familière dont on se sert pour intimider les enfants, par allusion à la latte d'arlequin. {| 4" Instrument pour tondre les haies et les palissades. || 5* Lame de cuivre, montée sur un manche de bois,doiit se sert le fabricant de glaces.jl 6° Haricot sabre, voy. haricot, n' 4. Il 7* Terme de pêche. Espèce de truble. US" Nom de plusieurs poissons. || Genre de coquilles.

— ÉTYM. Espagn. sable; ital. sciabola, sciabla; Venise, sobolo ; de l'ail. Sàbel, qui vient d'autres langues : hongrois, szdblya ; serbe, sablja.

SABRÉ, ÉE (sa-bré, brée), part, passé de sabrer. Tué ou blessé à coups de sabre. Un carré sabré par la cavalerie.

SABRENAS (sa-bre-nâ), ». m. Terme vieilli. Artisan qui travaille malproprement, grossièrement. Il On dit aussi sabrenaud.

— ÊTYM. Origine inconnue.

SABRENASSfi, ÉE (sa-bre-na-sé,sce), part, passé

de sabrenasser. Comme cela est sabrenassé I

SAC

SABRENASSER (sa-bre-na-sé) ou 8ABRENAD-

DER (sa-bro-nô-dé), v. a Termes vieillis. Travailler mal quelque ouvrage que ce soit.

— ÉTYM. Sabrenas. Faut-il en rapprocher It chiabrena des pucelles, hab. ii, 7, el faisant bien le chiabrena, des Contes d'Eutrapel, 32?

t SABRENAUD fsa-brc-nô), J. m. Voy. sabrenas.

SABRER (sa-bré), v. a. \\ 1* Donner des coups de sabre. Francisque, viens, sabrons tous ces vilains avec leur Benjamin [Constant], p. L. coua. Lettre particulière. \\ Absolument. Il sabrait adroite et à gauche. Il 2* Fig. et familièrement. Sabrer une affaire, l'expédier précipitamment, sans soin. Il Sabrer de la besogne, la faire vile et mal. || Absolument. Mais fuyez cependant l'odieuse tactique De sabrer pour garder une bonne pratique, lesné, la Reliure, p. 33. || 3" Fig Biffer, effacer. Vous verrez peut être avec regret que j'ai sabré de longues tirades, BUFP. Lett. à Bexon, Recueil de M. Nadaud de Buffon. || 4° Fig. Critiquer à tort et à travers. Il y a un grand nombre d'imbéciles, capables de rien, qui se donnent des airs d'hommes de goût, critiquent tout, sabrent tout, cahmontelle, Prov. Entr'acles, t. iv, p. lxvi, dans pougens.

— ETYM. Sabre.

SABRETACUE (sa-bre-ta-ch'), ». ^. Espèce de sac

plat qui pend à côté du sabre de certains cavaliers

— ÉTYM. AUem. Sàbeltasche de Sàbel, sabre, et Tasche, poche.

SABREUR (sa-breur), ». m. Terme familier. Militaire sans grande connaissance de l'art de la guerre, mais brave et se battant bien. C'est un sabreur. Ce général n'est qu'un sabreur. || Fig. Un sabreurde besogne, un homme qui fait vite et mal.

— ÉTYM. Sabrer.

t SABULAIRE (sa-bu-lê-r'), adj. Terme de zoologie. Qui vit dans le sable.

— ËTYM. Lat. sabulum, sable, t SABULICOLE (sa-bu-li-ko-1'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui habile ou qui croît dans ie sable.

— ÉTYM. Lat. sabulum, sable, et colère, habiter t SABURON (sa-bu-ron), s. m. Nom donné par

Adanson à la coquille du casque saburon, univalves.

SABURRAL, ALE (sa-bu-rral, rra-1'), adj.

Terme de médecine. Qui tient aux saburres gastriques. Il Etat saburral, accumulation supposée de saburre dans l'estomac, cause d'un grand nombre de maladies, selon les médecins humoristes.

SABURKE (sa- bu-r'), s. f Terme de médecine. Matières que l'on a supposées retenues et amassées dans l'estomac à la suite des mauvaises digestions. Le lait cuit et la farine crue font beaucoup de saburre, j. J. Rouss. Ém. i.

— ÉTYM. Lat. saburra, lest d'un navire, ce qui en occupe la sentine ; même radical que sabulum. On a dit savoure, sabourre, pour lest, fond de vaisseau : xiii* siècle. Les nefs qui viennent du Levant leur apportent arain que il mettent en leur nef pour savoure, matw pol, p. 653.

4 . SAC (sak ; au xvi* s. le pluriel se prononçait saz, c'est-à-dire sa, palsgrave, p. 25), ». m. Ijl* Espèce de poche en toile, en cuir ou étoffe, ouverte par le haut et cousue par le bas et par les côtés. Un sac de crin. X la gueule du saa L'entrée, l'ouverture du sac. Nous ne rougissons point d'avouer hautement la mauvaise fortune d'un de nos confrères, ni de montrer au public le sac et le bâton d'un Diogène, quoique nous soyons dans un siècle où les Diogènes sont moins considérés que jamais, fonten. Poupart. Mettez du blé dans les sacs de ces gens-là [les fils de Jacob, en Egypte], et l'argent de chacun d'eux à l'entrée de leurs sacs ; et mettez une coupe d'argent dans le sac du plus jeune, rollin. Traité des Et. liv. v, 2* part, ii, 4 . J'ai caché en terre un sac de cuir où il y a vingt mille francs, regnard. Retour impr. se. 4 3. La pauvreté prive souvent un homme de tout ressort et de toute vertu ; il est difficile à un sac vide de rester debout, FRANKUN, cité par sainte-beuve. Causeries, t. vu, p. 4 4 5. Chaque soldat portait en bandoulière un sac de toile contenant deux pains, chacun de trois livres, ségur, Hist. de Nap. vu, 4. || Course e'n sac, divertissement public, dans lequel on fait courir, pour iin prix, des gens dont les bras et les jambes sont enfermés dans un sac. || Cet habit ressemble à un sac, c'est un sac, se dit d'un habit, d'une robe qui vont mal et sont trop larges. || On dit de même : On est dans cet habit comme dans un sac. Il Fig. Tirer d'un sac deux moulures, tirer double profit d'une même affaire. || Prendre quelqu'un la main dans le sac, le surprendre au moment ou il commet quelque vol, quelque infidélité. || Par exten*

SAC

SAC

SAC

«ion. Prendre quelqu'un la main dans le sac, trouver chez quelqu'un qui a commis une erreur ou dit une sulliso, la cause do son erreur ou do sa sottise qu'il voudrait dissimuler. || Fig. Le sac est plein, il a comblé la mesure, il faut qu'il soit puni. || C'est un sac percé, on ne saurait l'enrichir, se dit d'un prodigue. |{ Fig. Avoir la tête dans un sac, ne rien voir, ne rien entendre, être dans une ignorance complète do ce qui arrive. J'emporte l'inquiétude de mon Tils [qui était à l'armée] : il me semble que je m'en vais avoir la têle dans un sac pendant dix ou douze jours; et vous jugez bien que, sans de bonnes raisons, je ne quitterais pas Pans dans ce temi)3 de nouvelles, sÉv. 6 sept. 1075. Il Fig. Mettre quelqu'un au sac, le mettre hors d'état de répondre aux objections. Dans un exercice public, un pédant de collège, tout gonflé de son savoir, fut mis ce qu'ils appellent au sac par un capucin qu'il avait méprisé, uidehot, llém. Hêve de d'Alembert. || Fig. et populairement. Un sac à vin, un ivrogne, un buveur déterminé. Infâme sac à vin, insolent, effronté, Tu te repentiras de ta témérité, SCARR. Jodelet ou le maitre val. m, <2. Madame la princesse de Conti, se tournant à Mme de Chàtillon, lui dit qu'elle aimait mieux être grave [sérieuse] que sac à vin, st-sim. 32, (22. Il i' Sac de papier, sorte de poche de papier, en forme de sac, dont le bas et les côtés sont collés, et qui sert à mettre des épiceries, des drogues, des bonbons, etc. || 3° Sac à blé, sac à charbon, sac à avoine, sac à terre, sac à mettre du blé, du charbon, de l'avoine, de la terre. || Sac à poudre, sac dans lequel les perruquiers mettent leur poudre. Il 4" Sac de blé, de charbon, d'avoine, de plâtre, de farine, de pommes de terre, etc., sac plein de blé, de charbon, d'avoine, de plâtre, de farine, de pommes de terre, etc. || 5° Petit sac de grosse toile dans lequel on met l'argent. Un sac d'argent. Un sac de mille francs. || Un sac d'écus, ou, trèsfamilièrement, un sac, un sac plein d'écus. Avezvous le sac ? || 6" Sac de blé, sac de farine, une certaine mesure de blé, de farine. Le fournisseur a livré tant de sacs de blé. ||7* Terme d'artillerie. Sac à étoupillcs, p. til sac en cuir destiné à renfermer des étoupilles. || Sac à charge, sac en cuir qui sert, dans les batteries de campagne, à porter les charges du caisson à la bouche à feu. Il Sac à terre, sac en toile qu'on remplit de terre et qu'on utilise dans la construction des batteries, des retranchements. Batterie en sacs à terre. Sape en sacs à terre. Revêlement en sacs à terre. Sacs à terre, artillerie et autres choses nécessaires, pel- LissoN, Lett. hist. t. i, p. ti){. || Sac à feu, espèce de bombe ou de carcasse. On prétend, quand nos établissem'nts seront faits, désoler la place par les bombes ou sacs à feu do la nouvelle manière, pel- LissoN, Lett. hist. t. m, p. (58. || Terme d'artificier. Sac à poudre, enveloppe qui contient la chasse des pots à feu ou à aigrette. || 8° En Angleterre, lord siégeant sur le sac de laine, le lord chancelier, président de la chambre des lords. {| 9° Autrefois, sac de procès, et, absolument, sac, le sac qui contenait toutes les pièces d'un procès; on dit aujourd'hui les pièces ou le dossier. Le bon homme Broussol avait vieilli entre les sacs, dans la poudre de la grand'chambre, avec plus de réputation d'intégrité que de capacité, retz, Mém. t. i, liv. ii, p. 200, dans pouoENS. Il vous en faudra [de l'argent] pour les consultations et plaidoiries des avocats, pour le droit de retirer le sac, et pour les grosses d'écritures, mol. Scapin, ii, 8. Jamais, contre un renard chicanant un poulet. Un renard de son sac n'alla charger Rollet, boil. Sot. viii. Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique. Hurle tous les matins une sibylle étique, m. Lutr. v. Que de sacs ! il en a jusques aux jarretières, rac. Plaid, i, 4. Il 11 faut trois sacs à un plaideur, un sac de papier, un sac d'argent et un sac de patience. {| Sac commun, celui où sont les pièces de rebut d'une partie qui n'ont pas été produites. || Fig. C'est la meilleure pièce de son sac, c'est la chose la plus favorable au succès, ou la personne qui a le plus d'influence. Elle fera do ce nouvel ami, Alexandre VIIl, tout ce qu'on en peut faire, et ce sera pendant quelque temps la meilleure pièce de son sac, SÉv. 605. Je pense souvent, aussi bien que vous, à nos soirées de l'année passée, nous en pourrons refaire encore; mais la meilleure pièce de notre sac y manquera, id. i" mai 1070. || Fig. Vider son sac, dire tout ce qu'on pense sur un sujet. || Fig. Le fond du sac, ce qu'une affaire a do plus secret. Toujours le fond du sac ne vient en évidence, itÉGNiES, Sat. II. Sans voir le fond du sac ils pro-

noncent l'arrêt, id. ib. v. J'ai voulu fOUs le confier à vous seule, pour vous faire voir le fond du sac, SÉV. 591. Il Le fond du sac se dit quelquefois pour signifier ce que quelqu'un possède en fait de ressources. Pourquoi songez-vous aux Adhémars [pour fournir à la dépense du jeune Grignan], quand vous savez le fond de leur sac T sÉv. mai-s (000. Il Fig. Juger sur l'étiquette du sac, voy. étiquette, n* 2. Il Juger sur l'étiquette du sac, signifie aussi juger uno question qui no présente point de difficulté. Cela peut se juger sur l'étiquette du sac. Il Fig. L'affaire est dans le sac, on est assuré qu'elle réussira. Valèrc : Mais crois-tu... î — Carlin: Laissez-moi, l'affaire est dans le sac, reonard, le liistr. v, 8. Il 10* Petite malle dans laquelle le fantassin renferme tous les objets à son usage et qu'il porte sur son dos. Chacun de ces sacs [dans le corps de Davoust, expédition de Russie], réduit au strict nécessain; quant aux vêtements, contenait deux chemises, deux paires do souliers avec des clous et des semelles de rechange, un pantalon et des demi-guêtres de toile, quelques ustensiles de propreté, une bando à pansement, de la charpio et soixante cartouches; dans les deux côtés étaient placés quatre biscuits, de seize onces chacun ; au-dessous et dans le fond un sac de toile, long et étroit, était rempli de dix livres de farine ; le sac entier, ainsi composé, ses bretelles et la capote roulée et attachée par-dessus, pesait trentetrois livres, douze onces, ségur, Hist. de Nap. vu, t. Que les régiments, trop souvent recrutés, manquaient d'ensemble.... que lo premier rang cachait en vain la faiblesse des deux autres ; que déjà, faute d'âge et de santé, beaucoup succombaient dans les premières marches sous le seul poids de leurs sacs et de leurs armes, id. ib. ii, 2. || 11 y a aussi de ces sortes de sacs pour les marins. || Sac analogue à celui des soldats, à l'usage des voyageurs à pied. Quand l'argent nous manquera, nous regagnerons la France à pied gaiement etlo sac sur le dos, PICARD, Voy. interrompu, i, i.l|ll''Le sac et les quilles, les quilles avec le sac pour les enfermer quand on ne joue plus. || Fig. Trousser son sac et ses quilles, prendre son sac et ses quilles, prendre ses bardes et s'en aller. || Donner à quelqu'un son sac et ses quilles, mettre quelqu'un dehors, s'en défaire. || Fig. Avoir son sac et ses quilles, être chassé. Si je n'obéis pas, j'ai mon sac et mes quilles boursault, Lett. nouv. t. m, p. 350, dans POUGENS. Il Fig. Ne laisser aux autres que le sac et les quilles, prendre le meilleur et laisser aux autres ce qui ne vaut rien, proprement prendre l'argent du jeu et ne laisser aux autres que les quilles et leur sac. Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui.... Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui. Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles, la font. Fabl. ix, 9. || 12- Sac de nuit, sac qui sert en voyage à serrer les bardes de nuit. 1113° Sac à ouvrage, ou, absolument, sac, sorte de pocho que les dames portent avec elles, et où l'on a disposé ce qu'il faut pour coudre, broder, faire de la tapisserie. Mme Durillon avait bien un sac de velours avec des galons, dancourt, les Agiot. a, 5. Il Sac d'église, sac où les femmes mettent leurs livres dj dévotion et de prières pour aller à l'église. Il 14* Terme de marine. Sac, se dit quelquefois pour hamac. ||Sac d'ccubier, sorte de matelas pour boucher les écubiers. || Embarqué en sac, se dit des marins qui font un voyage à Terre-Neuve, et qui sont engagés seulement pour travailler à la pèche. Il Cette voile fait le sac, son fond a trop d'ampleur. Il Un mât de huno est dans le sac, quand il casse. Il Sac à terre, enveloppe de maçonnerie qu'on établit autour des soutes aux poudres pour les préserver. Il Nom donné, sur les bancs des galères, à une espèce de matelas ou long sac, rempli de bourre ou de laine, sur lequel les rameurs couchaient. Il 15' Terme d'astronomie. Sac du charbonnier ou sac à charbon, trouée sans étoiles qu'on aperçoit en certaines parties de la voie lactée dans l'hémisphère austral. || 16" Habit simple et grossier, qui sert de signe et d'instrument do pénitence cl d'affliction. Alors David dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui : Déchirez vos vêlements, couvrez-vous de sacs, et pleurez aux funérailles d'Abner, saci. Bible, Rois, II, iii, 31. Finir sa vie sous le sac et sur la cendre, sÉv. B aoiit lest. Mardochéc.... leur faisait voir [aux Juifs] une espérance assurée de protection en la personne de la reine Esthor, en sorte qu'il ne leur restait qu'à prier Dieu, dans le sac et dans la cendre, qu'il conduisît les desseins de cette reine, Boss. 5* avert. 24. On voyait [à un autodafé] au milieu des alguazils et des grands environ quarante per-

sonnes couvertes de sacs sur lesquels on avait peint des diables cl des llammes, volt. Voyage de Scarmeritado. Louis [le Débonnaire] fui enfermé un an dans une cellule du couvent de Saint-Médard de Soissons, vêtu du sac de pénitent, sans domestiques, sans consolation, mort pour le reste du monde, 10. Kœurs, 23. Un sac était l'habit ordinaire des prophètes.... ils vivaient dans la pauvreté, séparés du peuple, occupés à la prière, au travail, i l'instruction, à l'étude, coNDiL. Hitt. ane. Contid. sur let Juifs, ch. 2. Il Grande robe dont se couvrent les pénitents dans leurs cérémonies, dans leurs processions. Les pénitents étaient revêtus de sacs noirs. Il Fig. Se couvrir d'un sac mouillé, se servir d'excuses, faire l'hypocrite (voy. mouillé, n« i). || L'ordre du Sac, voy. sachet, n* 2. || 17* Terme do botanique. Corps formé par la soudure des étamines, qui, dans les asclépiadées, recouvre l'ovaire comme un capuchon. || 18* Terme d'anatomie. Se dit de certains organes. La rate est à l'opposite du foie; c'est uno espèce de sac spongieux où le sang est appoité par uno grosse artère.... BOSs. Connais. II, 4. Il Cavité plus ou moins grande, entourée par des parois membraneuses, souvent distinguée d'une autre cavité analogue par une simple dépression des parois. C'est dans ce sens qu'on dit : les sacs de l'estomac, les sacs du rumen. || Sac lacrymal, voy. lacrymal. Quel rapport y a-t-il entre une idée triste et cette liqueur limpide ot salée, filtrée par uno petite glande au coin externe de l'œil, laquelle humecte la conjonctive et les petits points lacrymaux, d'où elle descend dans le nez et dans la bouche par le réservoir appelé sac lacrymal ? volt. Dict. phil. Larmes. Il 19° Ancien terme de médecine. Dépôt d'humeurs, de matières. Quand une plaie est mal pansée, il s'y forme un sac. || Terme de chirurgie. Sac herniaire, enveloppe renfermant les organes qui consliluentla hernie. || 20° Fig. et familièrement. L'estomac, le ventre. J'ai pris des eaux, et le bon abbé aussi, pour vider un peu son sac, qu'il avait trop rempli à Époisse, sÉv. 26 sept. (077. || Remplir son sac, manger beaucoup. || En avoir plein son sac, être complètement ivre. || Vider son sac, se purger. Je ne voulais plus qu'une douzaine de médecines pour vider le fond du sac, mol. Ual. imag. m, o. Le bon ahbé prend des eaux pour vider son sac qui est plein, sÉv. 359. || 21° Fig. et familièrement. Esprit, souvenir, mémoire. Le renard au chat dil enfin : Tu prétends être fort habile ; En saistu tant que moiî j'af cent ruses au sac... Une meute apaisa la noise. Le chat dit au renard : Fouille en ton sac, ami, la font. Fabl. ix, (4. Mme de Fontanges pleure de n'être plus aimée [du roi] ; les grands établissements ne la peuvent consoler ; voilà qui est bon pour mettre dans notre sac aux réflexions, sÉv. 30 juin 1080. Vous avez dono ri.... de tout ce que je vous mandais d'Orléans.... c'était le reste de mon sac, qui me paraissait assez bon, ID. 6 oct. (075. Il ne manqua pas de tirer de son sac deux ou trois contes qu'il débita d'un air imposant ot bien étudié, lf.sage, Cil. Bl. m, ((. Il Mettre dans son sac, dévorer un aifiont sans pouvoir le venger. || 22° Sac à noir, petite chambre où l'on brûle de la poix-résine, pour faire le noir de fumée. Il 23° Terme rural. Quantité de marc qui reste après un pressurage de cidre ou de vin. Il 24° Terme do pêche. Espèce de filet pour lo petit poisson. Il 25° Crêpons ou sacs [étoffe de laine], Tabl. annexé oua; lett. pat. (8 sept. (780, Auch. Il 26° Terme d'exploitation minière. Sorte de filon disposé comme un sac. Ces sacs ou nids de mine de fer ne s'étendent pas horizontalement, mais descendent presque perpendiculairement, buff. 3* époq. nat. Œuv. t. xii, p. (73. Dans les minières qui sont on sacs perpendiculaires, la partie supérieure est toujours la plus pure, id. JUin. t. iv. p. (I(.||27° Gens de sac et de corde, scélérats. C'est avec ce ramassis de snc ot de corde [la cabale du président d'Oppède] qu'on servait sa Majesté, SÉV. janvier (074. On enfermait ces malheureux dans un sac lié par lo haut avec une corde ; de là vient l'expression proverbiale de gens do sac et de corde, saint-foix, Ess. Paris, Œuvr. t. m, p. "7, dans pouGENS. Qu'est-ce que ces philosophes? a dit une grande dame ; un homme grave a répondu : madame, ce sont des gens de sac et do corde, qui examinent dans quelques lignes d'un livre on vingt volumes in-folio [l'Encyclopédie] si les atomee sont insécables ou sécables, volt. Odes,xii. || 28° Culde-sac, voy. CUL, n° 1 1. ]| Fig. Être enfourné dans un cul-de-sac, être engagé dans une affaire dont l'issue est difficile. || 29° Sac à papier, juron qui

SAC

est un euphémisme pour un juron plus grossier. Il Proverbes. Cependant le bonhomme n'a pas son sac, se dit quand quelqu'un paye de belles paroles un autre à qui il fait tort. || Il ne saurait sortir d'un sac que ce qui y est, un sot no peut dire que des sottises, un méchant no peut faire que des méchancetés. Il Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans, c'est-à-dire les receleurs et ler voleurs méritent une égale punition. || On frappe «u^ le sac, pour que l'âne le sente.

— Hisr. XI' s. « Cambre [chambre] , dist ele, jamais n'eslras parede [parée], Ne jà ledecc [liesse] n'ert antei demcncde »; Sas i fait pendre, curtines deramcdes, St Alexis, xxix. S'il [l'objet volé] est trové dedenz sache et soohe [dans une terre ayant droit de sac et de soc].... Lois de Guill. 3). ||xii* s. Dune curaandad li rois à Joab et à tut le pople, k'il désirassent lur guarncmenz [déchirassent leurs vêtements], e vcstissent sei de sacs et feissent lur plainte devant le cors Abner, Bots, p. 432. ||xiii*s. Autant tient poche comme sas, lehoux de lincy, Prov. t. II, p. 179. Deus ait[a] ma doleur ahaissie, Si l'ait en joie convertie, Mon sac do poverleit tranchait [il trancha]. Psaumes en vers, dans Lib. psalm. p. 279. Si faite gent [les bavards] sont tropdiviers; De lor bouces font sas ouvers Oii on ne puet riens esconser, Baudouin de condé, t. i, p. 69. (| xiv* s. Les unes [tumeurs] sont dans un sac [kyste], les autres non, h. de mondeville, f" tôt. 11 ne vous faut que tendre vo sac, s'iert tous emplis [il sera tout rempli], Guesclin,y. 24 078-2)690. jjxv' s. Et troussez vos sacs et vos quilles, en. d'orl. Rondel.

^-Aussitost muert homs qu'on puet dire clac; Que devendra la poure ame esbahie ? Car nul ne tent qu'à remplir son sac, e. desch. Bail. Chacun ne pense qu'à soi. Tout y alloit contre poil et contre ongle; y avoit ung roy assis en chaicro ; autant y eust fait un sac de laine que l'on traîne par les rues, CHASTEL, Chr. des ducs de Bourg, iir, 490. Et esloient les deux frères et le roi comme trois testes en ung sac toujours ensemble, id. ib. m, 66. Il XVI" s. Puis après il les exhorte de courir au sac et à la cendre, à pleurs et à jusnes, calv. Inst. 097. Ces bons valets-là ne sont pas encore trop mal habiles de se couvrir d'un sac mouillé de borme heure, et de laisser toute la coulpe à leurs maistres, LANGUE, 24 7. Il [le père de d'Aubigné] demeura malade à Amboise d'un sac qui se fit en sa playe ; là il mourut, d'aub. Yie, 4 bc3. Le roi establit l'ordre et les processions des penitens, entroit lui mesmedans le sac deux et trois fois la semaine, lu.Hist. Il, 330. Sacs de peau de veau pour la poudre et les boulets, id. ib. m, 87. Aux petits sacs sont les meilleures espices, lerqux de lincy, Prov. t. ii, p. 479. Avarice rompt le sac, id. ib. Il lui a laissé son sac et ses quilles [il l'a renvoyé], ib. p. 480. Le sac ne fut oncques si plein Qu'il n'y entrast bien un grain, ID. ib. Sacplcin dresse l'oreille, id. t'b. p. 444. D'un sac à charbon ne peut sortir que de la poussière noire, cotgbave. Chasoun ira au moulin avec son sac, iD.On lie bien le sacavsuit qu'il soit plein, id.

— ÉTYM. Wallon, seg ; Berry, sa, au plur. sd ; bourg, say; provenç. soc; espagn. soco; ital. sacco; du lat. saccus, qui vient du grec aâxoi;, oâxxo;, qui paraît être dérivé des langues sémitiques : hébreu, schak; chaldcen, sak.

2. SAC (sak), s. m. Pillage entier d'une ville. L'avarice s'assouvit au sac de Persépolis, vaugel. ('. C. V, 6. On a de lui [le peintre Aristide] cet admirable tadjleau (c'est toujours Pline qui parle), où dans le sac d'une ville est représentée une mère qui expire d'un coup de poignard qu'elle a reçu dans le sein, et un enfant qui se traîne jusqu'à la mamelle pour la teter, bollin, Uist. anc. t. XI, 4" part. p. 480, dans pougens. Le sac do Panama en 4 670 par le pirate anglais Jean Morgan, BAYNAL, Uist. phil. VII, 32. Polygnote avait figuré sur les murs du temple de Delphes le sac de Troie, chateaubr. Génie, m, i, 4.

— HIST. xv s. Mettre la ville à sac, qui est à dire la courir et piller et eux en aller à tout la proie, Bouciq. m, 22. || xvi* s. On dit que la richesse qui fut lors enlevée au sac de Syracuse n'estoit pas moindre que celle de Carthage, qui depuis, non gucres après, fut saccagée, amyot, Marc. S8. Criant à sac, à sac, et lue, tue, id. Sylla, 34.

— ETVM. Espagn. et port, soco; iul. socco. Origine controversée. Schelcr y voit un substantif verbal de l'ancien verbe lacher, tirer ; pourtant, se ravisant, il trouve plus vraisemblable l'étymolôgie par l'ancien baut-allem. scah, pillage. X cela Diez objecte que se allemand ne peut se transformer en « simple. Il est de fait que waA t'est introduit dans

SAC

l'ancienne langue, mais il y a donné non tac, mais eschac. Diez pense que dans sac, pillage, on a simplement sac, dans le sens de gros paquet; ce qui a pris le sens de butin. Cette étymologie paraît la plus probable. Bas-lat. saccomannus, pillard; ancien franc, saquement, même sens; flamand, soc/cmann, voleur.

t SACATRA (sa-ka-tra), s. m. Nom donné à l'homme do couleur qui se rapproche le plus du nègre.

SACCADE (sa-ka-d'), ». f.\\i' Mouvement subit communiqué aux rênes par les mains du cavalier ou du conducteur. Le cheval ayant levé la tête pour une furieuse saccade que l'imprudent lui donna, scahr. Rom. corn, i, 4 9. Son maître a beau tourner la bride, donner des saccades, serrer les genoux, appuyer des éperons..., volt. Blanc et noir. Il Terme de vénerie. Donner une saccade au limier, tirer brusquement le trait lorsqu'il se rabat sur de mauvaises voies ou que l'on voit qu'il veut crier. Il 2" Secousse violente qu'on donne à quelqu'un. Il le prit au collet, cl lui donna deux ou trois saccades. || Fig. Jusques à ce qu'il fut dompté [le duc d'Orléans], il ruait et donnait des saccades, RETZ, III, 407. Il 3° Mouvement irrégulier et violent. N'aller, n'avancer que par des saccades. || Fig. Partout l'enchaînement naturel des objets, dont l'un vous conduit à l'autre sans saccade, la uarpe, Coui'S de Utt. t. X, p. 390. Il 4° Fig. Rude réprimande, correction rude. Il a eu une vigoureuse saccade. Il a semblé bon.... de vous supplier de donner une saccade et un coup d'éperon au cheval qui a rué contre la Tolérance [ouvrage de Voltaire], VOLT. Lelt. à d'Alemb. 4 5 déc. 4 703.

— HIST. XVI" s. Piqué par un gentil-homme, qui lui disoit en donant la sacade [coup de pied] dans les fesses : Vous estes philosophe : l'autre respond : Et vous picque-philosophe, d'aub. Fxn. m, 22.

— ÉTYM. L'ancien verbe soquer, sacher, qui veut dire tirer. Quant à saquer ou sacher, les opinions se divisent. Diez pense qu'il vient de soc, et que du sens de mettre en sac que ce verbe a en effet, on a produit le sens contraire de tirer hors du sac. Scheler ne peut admettre ce passage d'un sens à son opposé ; et il propose deux conjectures : l'une, que sacher représente l'italien scaccare , détacher; l'autre, qu'il provient de l'anglo-saxon scdcan, secouer; anglais to shake. Mais la forme des mots s'oppose à l'une et à l'autre conjecture. L'origine de sacher reste incertaine ; pourtant la conjecture de Diez est fort probable.

SACCADÉ, ËE (sa-ka-dé, dée), part, passé de saccader.|| 1" Un cheval saccadé par un cavalier inexpérimenté. || 2" Qui va par saccades, qui est irrégulier. Mouvements saccadés. || Terme de vétérinaire. La respiration est saccadée dans la pousse, parce qu'elle est interrompue, tantôt dans l'inspiration, tantôt dans l'expiration, par un instant d'arrêt qui fait que les mouvements de dilatation ou de resserrement s'exécutent en plusieurs temps. || Fig. Style saccadé, style dont les phrases sont courtes et désagréables à l'oreille.

SACCADER (sa-ka-dé), v. a. Terme de manège. Donner des saccades, à un cheval.

— HIST. XVI" s. Saccader, cotgravb.

— ËTYM. Saccade.

SACCAGE (sa-ka-j'), s. m. ||1" Bouleversement, confusion. Ces enfants ont fait un saccage horrible dans le jardin. || 2° Populairement. Amas confus. Un saccage de meubles cassés.

— ÈïYM. Soc 2.

SACCAGÉ, ÉE (sa-ka-jé, jée), part, passé de saccager. Clément VII, bâtard de Julien de Médicis, venait de voir Rome saccagée par l'armée de Charles-Quint, volt. Mœurs, 4 36.

SACCAGEMENT (sa-ka-j e-man), s. m. Action de saccager. Le saccagement de Rome par les troupes de Charles-Quint, le pape Clément VII prisonnier au château Saint-Ange, volt. Dict. phil. Grégoire VII. Il n'y eut plus après tant de saccagemonts [guerres de religion] que ces petites épines [disputes judiciaires entre les deux religions], id. Louis Xir, 30.

— MiST. XVI" s. Oubliance d'amitié, violences, pillcries, degasts de païs, saccagemens de villes, bruslemens d'édifices, langue, 66.

— ÈTYM. Saccager.

SACCAGER (sa-ka-jé ; le g prend un « devant a et o : saccageant, saccageons), v. a. || 1" Mettre à sac, mettre au pillage. Avoir au soldat étranger Offert la France à saccager, scarb. Maiarinades, Œuv. t. I, p. 292, dans pougens. Il n'y a point de petite ville qui ne cherche à prouver qu'elle a eu

SAC

l'honneur autrefois d'être saccagée par quelque consul romain, volt. Triumv. préf. \\ Familièrement et par exagération. On a tout saccagé chez lui, on y a tout bouleversé. Fermez aussi le potager ; Si vous n'y prenez garde, ils vont tout .'-accager, favart. Minette, 1, 4.||2"Par extension, arracher, détruire. La jeune saccageait les poils blancs à son tour, la font. Fabl. i, 47.

— IIIST. XVI' s. Je pense que, à ce matin, ayt eslé l'isle des chevaulx prez Escossc par les seigneurs de Termes et Dessay saccagée et sacmentée, avecques tous les Angloys qui l'avoyent surprinse, RAB. Vant. IV, 07. Ils s'armeront pour saccager les nobles et les riches, langue, 62. Après avoir saccagé toutes les richesses qui y estoyent..., id. 407. Il y eut soixante et dix villes toutes pillées et saccagées, amyot, p. Mm. 49.

— ÉTYM. Saccage ; ital. saccheggiare.

\ SACCAGEUR (sa-ka-jeur), s. m. Celui qui saccage. Vous savez que, chez moi, les grands hommes vont les premiers, et les héros les derniers ; j'appelle grands hommes tous ceux qui ont excellé dans l'utile ou dans l'agréable ; les saccageurs de provinces ne sont que héros, volt. Lelt. Thiriol, 46 juin. 4736.

— HIST. XVI" s. Ce furieux et saccageur de villes,

DU BELLAY, IV, 68, reCtO.

— ETYM. Saccager; ital. saccheggiatore

t SACCATIER (sa-ka-tié), s. m. Celui qui transporte le charbon do terre en sac, dans les forges.

t SACCUARATE (sa-kka-ra-f), s. m. Terme de chimie. Nom donné à certaines combinaisons que le sucre fait avec les oxydes métalliques. Saccharate de chaux. On dit aussi sucrate (voy. ce mot), et mieux; car saccharate semble indiquer une combinaison avec l'acide saccharique.

— ÉTYM. Lat. saccharum, sucre (voy. sucre).

t SACCHAUEUX, ELSE (sa-kka-reii, reû-z'), adj. Terme de chimie. Qui tient de la nature du sucre.

t SACCHARIDES (sa-kka-ri-d'), s. m. pi. Famille de corps qui comprend les diverses espèces de sucre.

t SACCHARIFÈRE (sa-kka-ri-fè-r'), adj. Qui produit ou donne du sucre. Liquide saccharifère.

t SACCUARIFIABLE (sa-kka-ri-fi-a-W), adj.

Qui peut être saccharifié.

t SACCUARIFIANT, ANTE (sa-kka-ri-fl-an, ant'), adj. Qui est susceptible de saccharifier.

t SACCHARIFICATION (sa-kka-ri-fi-ka-sion), s. f. Conversion d'une substance en sucre. Dans nos climats du Midi, où la végétation est plus hâtive, vainement on a essayé d'extraire du sucre de la betterave arrachée en automne; il paraît que dans cette saison l'époque de la sacchariiication est passée, ciiaptal, insiit. Mém. scienc. t. i, p. 357.

t SACCHARIFIER (sa-kka-ri-fi-é), v. a. Convertir en sucre.

t SACCUAUIGËNE (sa-kka-ri-jè-n'), adj. Il se dit des corps tels que la cellulose, la fécule, les gommes, qui donnent des sucres en s'hydralant.

— ÉTYM. Lat. saccharum, sucre, et lafinale gène. t SACCHARI.MËTRE (sa-kka-ri-mè-tr'), s. m.

Instrument pour apprécier la quantité de sucre contenue dans un liquide.

— ÉTYM. Lat. socc/iorutn, sucre, et (UTpov, mesure.

t SACCUARI.MÉTR1E (sa-kka-ri-mé-trie), s. f. Dosage de la quantité de sucre contenue dans une liqueur.

t SACCUARIMÉTRIQUE (sa-kka-ri-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la sacchaiimctrie. Un titre saccharimétrique.

t SACCUARIN, INK (sa-kka-rin, ri-in'), adj. Il l'Qui contient du sucre, qui en a les caractères. La richesse saccharine des betteraves. Lorsque la betterave a terminé sa végétation saccharine, si je puis m'exprimer ainsi, il se forme du nitrate de potasse aux dépens des principes constituants du sucre, CIIAPTAL, Instit. Mém. scienc. t. i, p. 358. Il 2" Qui concerne le sucre. Industrie saccharine. Appareil saccharin. |{ 3* Acide saccharin, ancien nom de l'acide saccharique.

— ÊTY^M. Lat. sacchoniin, sucre.

t SACCUARIQUE (sa-kka-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide saccharique, acide incristallisable produit par la réaction de l'acide azotique sur le sucre, arrêtée avant la transformation de ce dernier en acide oxalique; dit aussi oxalbydrique et oxysacchariquc.

t SACCIIARITE (sa-kka-ri-f), s. m. Minéral grenu de Sibérie, silicate tripl • d'alumine, do soude et de chaux, ainsi dit à cause de son apparence grenue.

SAC

SAC

SAC

t SACCHARO-GLYCOSE (sa-kka-ro-gli-kô-z"), », f. Produit do l'action des acides étendus sur le sucre de canne.

\ SAC.CIIAROÏDK (sa-kka-ro-W), adj. Terme Je minéralogie. Qui a l'apparence du suorc. Cassire saccharolde, cassure grenue comme du sucre.

— ÉTYM. Lat. saccharum, sucre, et eî5o;, forme.

t SACCUAROKALI (sa-kka-ro-ka-li), s. m. .Mélange de sucre et de bicarbonate do soude coloré par do la laque carminée, qu'on emploie commeabsorbant dans la cardialgie et le pyrosis.

t SACrUAROLÉ (sa-kka-ro-lé), s. m. Terme de pharmacie. Médicament pulvérulent qui résulte du mélange exact du sucre en poudre avec d'autres substances également pulvérisées.

t SACCUAROI.OGIE (sa-kka-ro-lo-jie), ». f. Traité sur le sucre.

t SACCHARORU U ÉE (sa-kka-ro-rée) , s. ^.Termc de médecine. Synonyme de glycosurie, diabète sucré.

— ÉTYM. Sàxx.o'pov, sucrc, et ^eïv, couler.

t SACCIURURE (sa-kka-ru-r'), s. m. Terme de pharmacie. Médicaments qu'on obtient en versant une teinture alcoolique ou éthérée sur du sucre blanc cassé en morceaux, dépouillant d'alcool ou d'étUor le mélange, et le réduisant en poudre grossière.

t SACCIFÈBE (sa-ksi-fè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte un sac, ou quelque organe en forme de sac.

— ÉTYM. Lat. saccxis, et ferre, porter.

t SACCIFOUME (sa-ksi-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un sac.

— ÉTYM. Lat. saccus, sac, et forme.

t SACCOMYS (sa-kko-mis'), s. m. Genre de rongeurs d'Amérique de la taille des lérots (oônxo;, sac, et |iO;, rat).

t SACCOPHORE (sa-kko-to-r'), adj. Qui porte un sac. Il S. m. Nom de certains sectaires qui se couvraient d'un sac en signe de pénitence.

— ÉTYM. ïàïxoç, sac, et çopèç, qui porte.

t SACCULAIRE (sa-kku-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au saccule. Nerf sacculaire.

t SACCULE (sa-ku-l'), s. m. Terme d'anatomie. Une des deux vésicules du vestibule membraneux de l'oreille moyenne, logée dans la fossette ronde vestibulaire. Le saccule communique avec l'autre vésicule el est tapissé d'ocotooie.

— ÉTYM. lat. saceulus, petit sac.

t SACCltLlNE (sak-ku-li-n'), s. f. Nom d'un parasite adhérent à la queue de certains crustacés, et notamment du cancer mœnas.

SACERDOCE (sa-sèr-do-s'), s. m. || 1" Ministère de ceux qui avaient le pouvoir d'offrir des victimes à Dieu chez les Juifs. Eléazar et Thamar exercèrent les fonctions du sacerdoce du vivant de leur père Aaron, saci, BiUe, Nomb. m, 4. Aaron est choisi pour être souverain pontife ; et le sacerdoce est rendu héréditaire dans sa famille, Boss. llist. II, 4. Â ces changements se mêlèrent des disputes pour le souverain sacerdoce qui était la dignité principale de la nation, m. ib. ii, 5. || 2' Il se dit aussi de ceux qui, dans le polythéisme, avaient charge d'offrir les sacrifices aux dieux. {[ 3" Chez les chrétiens, prêtrise. La préparation pour le sacerdoce n'est pas, comme plusieurs pensent, une application de quelques jours, mais une étude de toute la vie, boss. Bourgoing. Jésus, vivant éternellement, a un sacerdoce éternel; c'est pourquoi il peut toujours sauver ceux qui s'approchent de Dieu par lui, id. Sermons, Ascension, t. Le sacerdoce aujourd'hui se trouve comme abandonné à toutes les convoitises des hommes, bourdal. Exhort. Dign. et dev. des prêtres, t. i, p. 357. Un prêtre, de cela seul qu'il est marqué de ce caractère auguste et honoré du sacerdoce chrétien, quelque place qu'il occupe dans l'Eglise, est toujours chargé des intérêts du peuple devant Dieu, mass. Confér. Kxcell. du sacerd. \\ Fig. Il savait.... que la judicature est une espèce de sacerdoce où il n'est pas permis de s'engager sans l'ordre du ciel, fléch. Lamoignon. || 4" Le corps ecclésiastique. Le christianisme donna son caractère à la jurisprudence ; car l'empire a toujours du rapport avec le sacerdoce, montesq. Esp. X.XIII, 2). Le sacerdoce et l'empire doivent concourir au maintien de l'ordre, comme s'ils n'étaient qu'une seule et même puissance, CONDILL. Comm. gouv. i, <0.

— ÉTYM. Lat. sacerdotium, de sacerdos, prêtre, qui, d'après Corsscn, Nachtrscge, p. 25< , est : celui qui offre aux dieux les sa^ra, les sacrifices, de sacer, et dot représentant soit dare, donner, soit dhi, faire. Mais cela est seulement probable ; car lion le mot devrait être sacridos comme sacrievlo, sacrificium.

OICT. DE LA LANQUE FRANÇAISE.

SACERDOTAL, ALE (sa-sèr-do-tal, ta-n, adj. Appartenant au sacerdoce. Les prêtres se prosternaient au pied de l'autel avec leurs robe» sacerdotales, SACI, Bible, Machab. ii, m, t5. 11 entra, sans délibérer, dans le dessein glorieux de l'Oratoire de Jésus, aussitôt qu'il vit paraître cette institution, qui avait pour fondement le désir de la perfection sacerdotale, boss. Bourgoing. C'est déjà un grand avantage [pour la noblesse] qu'il ait plu à notre Sauveur de naître d'une race illustre par la glorieuse union du sang royal et sacerdotal dans la famille d'où il est sorti, iD. Gomay. La vraie marque sacerdotale, le vrai ornement du grand prêtre, c'est la doctrine et la vérité, m. l'anég. St Hem. Préambule. Mathathias, de la race sacerdotale, homme vénérable et fort zélé pour la loi de Dieu, ROLUN, llist. anc. Œuv. t. viii, p. 626, dans pougens. Ils [les prêtres égyptiens] présidaient à la répartition des impôts, et les livres sacerdotaux qui contenaient leur science étaient au nombre de dix, DiUER. Opin. desanc. philos. [Égyptiens]. En ÉgyP'^) l'ordre sacerdotal n'aime que la considération et le crédit : aussi protége-t-il le despotisme, qui le protège à son tour, bahthél. Anach. ch. 75. La famille sacerdotale des Eumolpides [présidant aux mystères de Cérès, dans Athènes], ID. ib. ch. 2).

— HIST. xvr s. Sel sacerdotal, cotgrave.

— ÉTYM. Provenç. et espagp sacerdotal; ital. sacerdotale; du latin sacerdotaiis, de sacerdos, prêtre (voy. sacerdoce).

SACHE (sa-ch'), subj. et impér. du verbe savoir. SACIIf.E (sa-chée), ». f. Ce qu'un sac peut contenir. Une sachée de pommes de terre.

— HlST. XV* s. Et furent les chars déchargés et les sachées de pain données et départies par connestablies, froiss. ii, ii, I66.

— ÉTYM. Sac i ; wallon, secheie.

f SACHEM (sa-chèm'),ï. m. Se dit des vieillards qui forment le conseil de la nation parmi les peuplades de l'Amérique du Nord. Depuis la chasse du castor où le sachem aveugle raconta ses aventures à René, chateaubr. René.

1. SACHET (sa-chè; let ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des sa-ché-z odoriférants; sachets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. ||1° Petit sac. Poncer avec un sachet rempli de chai'bon. Pour les sachets, ils sont employés dans l'Ordre romain [de Saint-Grégoire] à rompre dedans l'oblation sainte ou le pain sacré qu'on allait distribuer au peuple; on empêchait par ce moyen les particules de tomber à terre, boss. Déf. trad. comm. II, 18. Il Petit sac rempli d'avoine qu'on attache au cou des chevaux. Il 2" En artillerie, sac en serge dans lequel est renfermée une charge de poudre. Il 3° Petit sac de toile ou de taffetas, rempli d'espèces grossièrement pulvérisées ou de poudres interposées entre des cardes de coton, qu'on met en contact avec diverses parties du corps. Vous pouvez leur envoyer [à vos amis] par la poste un sa chiH de l'apothicaire Arnoud contre l'apoplexie, et il est reçu plus infailliblement qu'il ne les guérit, VOLT. Dict. phil. Poste. \\ 4" Petit coussin où l'on met des parfum». Un sachet d'odeurs. Ces perdreaux sont tous nourris de thym, de marjolaine et de tout ce qui fait le parfum de vos sachets, sÉv. 9 sept. 1004. Il n'est personne qui puisse reconnaî tre à l'odorat tout ce qui compose un sachet, CON DiLL. Traité des sens, i, ii, § 42.

— HIST. XIII* s. Dame, fet-il, en un sachet Avoit Lietard mucié son chien. Quant je ving là.... Ren. 17562. Teiz [tel] vent poivre et coumin et autres espices, qui n'a pas autant de sachez com il [les vendeurs de place] ont, ruteb. 256. || xiv* s. Les touailles pour faire sachez à pain de bouche, de laborde, Émaux, p. 488. || xvi* s. Pour la colique venteuse, on donne clystere carminatif et on applique sçachets résolutifs, paré, v, 16. Ces tumeurs ont un kystis ou sachet, id. v, 18. [Pièce d'artifice' les sachets, les traînées, les fuzées, m. ix, Préf.

— ÉTYM. Dimin. (le sac f ; wallon, séchai ; provenç. saquet ; espagn. saquete ; ital. sacchetto. L'ancienne langue avait au.ssi le diminutif sachel.

t 2.*SACUET, ETTE (sa-chè, chè-t'), ». m. et f Membre de l'ordre du Sac ou do la Pénitence de Jésus-Christ.

— HIST. XIII* s. Nostre frère [nos frères] sachier, RUTEB. < 72. L'ordre des sas est povre et nue, m. (62.

— ÉTYM. Sac i.

SACOCHE (sa-ko-ch'), s. f.\\ l' Nom qu'on donne à deux bourses de cuir jointes ensemble par une courroie, et dont les courriers et autres personnes se servent en voyageant. || 2° Sac de toile forte ou de peau dans lequel les porteurs d'argent des mai-

sons de banque et de commerce mettent les espèces. Il U se dit du sac et de ce qu'il contient. Une lourde sacoche. || 8' Dans le harnachement militaire, poche en cuir, fixée i la selle et destinée à renfermer différents objets. || 4" Flacon de Yerre, dans lequel se vend au détail l'eau de fleur d'orange.

— HIST. ivi* s. Avoir la sacosse pleine de palBj

UERLIN COCCAÎE, t. OU, p. 234, dans LACURNI.

— ÉTYM. Ital. saccoccia, dérivé de tacco, sao.

t SACRAMENTAIRE (sa-kra-man-tè-r') ». m.

Ancien livre d'église, où sont renfermées les cérémonies de la liturgie ou de la messe et de l'administration des sacrements. Le premier qui ait rédigé un sacramentaire est le pape Gélase, mort en 480, Dans un sacramentaire de Saint-Remy de Relm*, de l'an mille ou environ, BOSs. D(f. trad. comm. il, il.

— ÉTYM. Lat. »acramen(um, de »airare, sacrer, 2. SACRAMENTAIRE (sa-kra-raan-tê-r'), ». m.

Nom donné quelquefois aux réformés qui ont publié des opinions contraires à celles des catholiquea sur l'eucharistie. Il [Henri VIII] voulut bien être le rival du pape, mais non luthérien ou sacramentaire; l'invocation des saints ne fut point abolie, mais restreinte, votT. Moeurs, t36.\\Adj. Ce mariage [de Luther] se fit en «525, c'est-à-dire dans le fort des guerres civiles d'Allemagne, et lorsque les disputes sacramentaires s'échauffaient avec le plus de violence, boss. Yar. ii, )3.

— HIST. ivi* s. Peu après le prevost de Paris fut rechargé d'informer et punir de mort les sacramentaires, CASTELNAU, 9.

— ÉTYM Voy. SACRAMENTAIRE <.

SACRAMENTAL, ALE (sa-kra-man-tal, U-V) OU SACRAME.NTEL, ELLE ( sa-kra-man-tèl, tè-1' ) , adj. Qui appartient à un sacrement. Le prêtre prononce au nom de Jésus-Christ, à la messe, les paroles sacramentelles, fén. t. xviii, p. (76. ||Fig. et familièrement. Mots sacramentaux, paroles sacramentelles, les mots essentiels pour la conclusion d'une affaire, d'un traité. Je suis aussi assuré de M. de Longueville que vous l'êtes de M. de Larochefoucauld ; les paroles sacramentales sont dites, RETZ, III, 56. Pour peu qu'on ait suivi la marche des opinions diplomatiques, on sourit en lisant à la tête des traités ces mots devenus sacramentaux : il y aura paix perpétuelle entre les puissances contractantes, anquetil, Inst. Mém. sciene. mor, et pol. t. I, p. <2.

— HIST. ivi* s. Saint Augustin parle bien autrement des paroles sacramentales [dites pour les consécrations], calv. Instit. <028. Le manger sacramenlal [pas opposition à spirituel] n'emporte autre chose que le manger visible et extérieur du signe, iD. ib. <I32. Le mot sacramcnlal [des pyrrhoniens], c'est ini/M, c'est-à-dire je sousliens, je ne bouge, mont, ii, 234.

— ÉTYM. Lat. sacramentum, sacrement.

SA(;RAMENTALE.>1ENT (sa-kra-man-ta-le-man)

ou SACRAMEKTELLEMEXT ( sa-kra-man-tè-leman), adv. D'ime manière sacramentelle. Nous confessons [disent les Eglises protestantes de la Suisse] que Jésus-Christ est présent dans la sainte Cène à tous ceux qui croient véritablement, c'està-dire q! 'il y est présent sacramentellement et par la commémoration de la foi, boss. Eucharistie, ii, 2.

— HIST. xvr s. Le corps de Jésus Christ est pris des infidèles; mai» c'est sacramentalement [par opposition à spirituellement], Calvin, Instit. (133.

— ÉTY5I. Sacramentale, et le suffixe mtnt.

(. SACRE (sa-kr'), ». m. {| 1* Action par laquelle on sacre un roi. Le sacre n'est qu'une cérémonie, mais elle en impose au peuple, volt. Hist. Parlem. xixiv. Quoique Philippe n'eût encore que sept ans, la cérémonie de son sacre se fit à Reims le 23 mai, jour de la Pentecôte (059, du vivant de son père, qui mourut l'année d'après, bhial, Kém. hist et lit. anc. t. IV, p. 490. Il Fig. [Napoléon] Des porteclefs anglais misérable risée. Au sacre du malheur il retrempe ses droits, v. hugo. Orient. 40. || 2° L'action par laquelle on sacre un évêque. Pour dire un mot do moi en particulier et sur un fait dans le fond très-indifférent, étais-je indigne d'être invité par M. de Cambrai à faire son sacre, moi qu'il appelait, quoique indigne, son père et son maître? boss. Remarques sur la rép. de M. de Cambrai, Avant propos. || 3* Se dit de la procession de la Fête- Dieu Le sacre d'Angers.

— lllST. XII* s. A tel sacre ne dut prodome mètre destre. Th. le mart. (27. ||iv* s. Ceux de la cité de R ims doivent le sacre du roi, froiss. ii, II, 74. De ce sacre sont tous les roys de France Oint et sacré, et non autre lignée, b. desch. Sur

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quels points àott durer ce royaume. Encore ay-je d'autres veûs Jurer le sang que Dieui jecta, Et par le ventre Dieu le plus, Par le sacre que Dieux gacra, Par cil ,qui sa mort pardonna, a. Poés. mss. f 32. La veille du sacre [de la Fête-Dieu], llist. d'Ârtus III, p. 748, dans lacurne. |{ xvi' s. De son bon gré ta gent bien disposée Au jour très saint de ton sacre courra, barot, iv, 32(.

— ÉTYM. Voy. sacrer; provenç. et ital. sagra; espagn. sacra.

2. SACRE (sa-kr'), s. m. || !• Grand oiseau de proie du genre faucon, falco sacer, Schl. Le sacre n'est point, comme le dit M. Brisson, une variété du faucon, mais une espèce différente qu'il faut considérer à part, buff. Ois. t. ii, p. 2). || 2° Ancien canon, pesant environ 2850 livres ; il lançait un projectile de B livres.

— HIST. XIV* s. Autres faucons y a qui sont de Flandres et sont des faucons sacres, et sont entre le gentil et le vilain, Hénagier, m, 2. || xvi* s. Couleuvrines, sacres, faucons.... noms pris des animaux les plus ravissans, comme des sacres et faucons, PARÉ, IX, Préf. Cependant qu'il [le duo do Savoie] estoit après cestuy affaire de se venger sur ce poure personnaige, l'on luy apportoit tous les jours des nouvelles que le marquis de Montfcrrat lui faisoit mille esgarades en son pays de Piedmont ; mais il aimoit mieulx plumer le poucin que de se garder d'être plumé du sacre, bonivard, Chr. de Gen. m, 17.

— ÉTYM. Portug. sacre; de l'arabe foçr, épervier. M. Dozy rejette l'opinion de Diez qui voit dans sacre la traduction de UpaÇ, épervier (de tepài;, sacré), attendu que çaqr est un mot ancien dans l'arabe.

t 3. SACRE (sa-kr'), s. m. Homme capable de toutes sortes de rapacités et même de crimes. Ce maréchal de Joyeuse était une manière de sacre et de brigand, qui pillait tant qu'il pouvait, st-sim. 278, 6. L'abbé Dubois.... était en plein ce qu'un mauvais français appelle un sacre, mais qui ne se peut guère exprimer autrement, id. 390, is.

— lllST. xvi* s. Notre langage se sert, par métaphore, du nom d'un autre oiseau de proye, à sçavoir, du sacre ; car nous disons : c'est un sacre, ou c'est un merveilleux sacre, de celuy qui, en quelque lieu qu'il puisse mettre les mains, happe tout, racle tout, et en somme auquel rien n'échappe. Et en ceci nous ne parlons pas sans raison, car aucuns tiennent le sacre pour le plus hardi et vaillant entre les oiseaux de proye, h. est. Project du livre irUitulé De la précellence du langage françois.

— ÉTYM. Sacre 2, par allusion à la rapacité de cet oiseau de proie.

SACRÉ, ÉE (sa-kré, krée), part, passé de sacrer. Il 1° Qui a reçu le sacre. Charles X sacré à Reims. Il i" Qui est consacréà un emploi spirituel, en parlant des personnes ou des choses. Recevez des mains de l'Église le dévot habit du grand saint Bernard, ou plutôt représentez-vous la main de Jésus invisiblement étendue; c'est lui qui vous couvre de ce sacré voile, qui sera le rempart de votre pudeur, Boss. 3, Téture, 2. Quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence î boil. Lutr. I. Si l'on dit qu'une personne, un édifice sont sacrés, cela signifie qu'ils sont consacrés, employés à des usages spirituels, volt. Dict. phil. Droit canonique. Il Vases sacrés, vases servant au culte dans les diverses religions. Balthazar fait apporter lesvaisseaux sacrés enlevés du temple de Jérusalem, et mêle la profanation avec le luxe, boss. Hist. u, 4. (| Ordres sacrés, la prêtrise, le diaconat et le sous-diaconat, par opposition aux ordres mineurs. |1 Les livres sacrés, l'Ancien et le Nouveau Testament. || Les lettres sacrées, l'étude et la connaissance de ces livres et de la religion. || L'histoire sacrée, l'histoire du peuple de Dieu, par opposition à l'histoire profane ou des gentils. Il Le sacré collège, le collège des cardinaux. Il La sacrée faculté, la faculté de théologie. || Le Sacré-Coeur, voy. CŒUR, n* <. ||3' Il se dit, par antiphrase, de ce qui, étant sacré de sa nature, est détourné à une mauvaise fin. [Les faux dévots] D'autant plus dangereux dans leur âpre colère Qu'ils prennent contre nous des armes qu'on révère. Et que leur passion, dont on leur sait bon gré, Veut nous assassiner avec un fer sacré, mol. Tort. I, «.Les sacrés attentats qu'on ose préparer, VOLT. Lois de Minos, i, 1. 1| 4- Qui concerne la religion et le culte des dieux, chez les polythéistes. Le boeuf sacré des Égyptiens. Furieuse elle vole, et sur l'autel prochain Prend le sacré couteau, le plonge dans son sein, rac. Iphig. v, se. dern. || Feu sacré, feu qui chez les Romains et

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d'autres peuples anciens était constamment entretenu. Le feu sacré de Vesta. Qu'un Perse ait conservé le feu sacré cent ans. Le pauvre homme est brûlé quand il tombe dedans. Vers de Sadid, dans VOLT. Dict. phil. Zoroastre. \\ Fig. Le feu sacré, voy. FEU i, n* 4. Il Les livres sacrés des Indiens, les Védas; les livres sacrés des parsis, le Zend-Avesta. Il Guerre sacrée, se dit de trois guerres entreprises par les Grecs pour la défense du temple de Delphes. Il Bataillon sacré, voy. bataillon, n' a. || Cette dénomination s'est appliquée à des corps d'élite, chez plusieurs nations modernes, et surtout à ceux qui se formèrent dans des retraites et des déroutes. L'empereur rassembla autour de lui tous les officiers de cette arme [cavalerie] encore montés ; il appela cette troupe d'environ cinq cents maîtres, son escadron sacré, ségur, Uist. de Nap. xi, 3. Le bataillon sacré, seul devant une armée. S'arrête pour mourir, c. delavigne, Messéniennes, Waterloo. 1 1 Année sacrée, année pendant laquelle on célébrait des jeux périodiques. || Nouvelle ou première année sacrée, s'est dit de celle de l'avènement de l'empereur régnant; les suivantes s'appelaient, seconde année sacrée, etc. || Danse sacrée, danse faisant partie du culte. || Poulets sacrés, poulets dont on observait à Rome la manière de manger pour en tirer des augures. Un autre fit plus, et, voyant que les poulets sacrés ne mangeaientpoint,illesjeta dans la mer, disant : Qu'ils boivent donc, puisqu'ils ne veulent pas manger, rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2* part. p. 44), dans pougens. Nos poulets sacrés et nos augures dont vous [Cicéron] vous moquez avec tant de grâce dans votre traité de la Divination, volt. Lett. de Uemmius, 2. Un homme qui avait fait à Rome un argument contre les poulets sacrés se regardait peut-être comme un philosophe, VAUVEN. Réft. et mai. 325. || La voie Sacrée , nom d'une rue de l'ancienne Rome. || 5° Langue sacrée, langue dans laquelle sont écrits les ouvrages qui traitent d'une religion. Le sanscrit est la langue sacrée chez les Indiens. Je suis trèsétonné qu'aucun de nos Français n'ait eu la curiosité d'apprendre à Bénarès l'ancienne langue sacrée, comme ont fait M. Holwell et M. Dow, volt. Lett. Bailly, 27 févr. 4777. || 6° Sacré a été dit de quelques maladies qu'on attribuait à une influence surnaturelle. Vous devez savoir qu'il y avait beaucoup de maladies diaboliques, qu'on appelait sacrées chez presque toutes les nations, et que l'on croyait guérir avec des exorcismes, volt. ilél. hist. Un chrétien contre six Juifs, 37. |1 Particulièrement, la maladie sacrée, l'épilepsie. || Feu sacré, sorte de maladie (voy. bouquet 2). || T Consacré à. Ohl que j'aime la solitude ! Que ces lieux sacrés à la nuit, Éloignés du monde et du bruit, Plaisent à mon inquiétude I st-amand, Ode à la solitude. Il 8* U se dit des choses qui méritent d'être vénérées inviolablement. Consultons des grands dieux la majesté sacrée, corn. Hor. m, 2. Enfin, dans une heureuse vieillesse, prêt à rendre avec sa grande âme le sacré dépôt de l'autorité si bien confié à ses soins, boss. le Tellier. La société conjugale était sacrée parmi eux [les Grecs], id. Hist. Il, 6. Déjà se formaient dans le ciel ces nœuds sacrés qui devaient unir éternellement son cœur à celui de l'incomparable Julie, fléch. Duc de Uont. Lors même qu'on rend à Dieu de solennelles actions de grâces, et qu'on pend aux voûtes sacrées de ses temples des drapeaux déchirés et sanglants qu'on a pris sur les ennemis, id. Turenne. ô rives du Jourdain 1 ô champs aimés des cieux 1 Sacrés monts, fertiles vallées, rac. Esth. i, 2. Non, vous n'espérez plus de nous revoir encor. Sacrés murs, que n'a pu conserver mon Hector ! id. Andr. i, 4. Fais-je de ma maison en vain fermer l'entrée? Et ne savez-vous pas que la nuit est sacrée ? p. le- BBUN, U Cid d'And. ii, 8. || Sacré à, digne d'être respectd par. Les intérêts des Juifs déjà me sont sacrés, rac. Esth. m, 5. Venez, les malheureux me sont toujours sacrés, volt. Oreste, ii, 2. Ainsi, quand sur les bords du lac qui m'est sacré, Séduit par la douceur de son flot azuré, J'j.bandonne ma barque à l'onde qui dérive, lamaht. Ép. à C. Delavigne. Crois-tu donc que les rois, à moi, me sont sacrés? v. hugo, //em.ii,3. || Sacré signifie aussi Iquoi on ne touche pas. Uleur distribuait [aux pauvres] par la miséricorde ce qu'il avait acquis par la justice ; cette portion de son bien lui était sacrée, fléch. Lamoignon. \\ Par plaisanterie. Venez, prenez mes cantiques sacrés ; Sacrés ils sont, car personne n'y touche , volt. Pauvre diable. I II C'est un homme pour lequel il n'y a rien de sacré, I qui n'épargneryvt pas ce qu'il y ade plus sacré dans

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le monde, au monde, il n'est retenu par aucune considération de religion ni de morale. Près de leurs passions [des princes] rien ne me fut sacré, RAC Ath. m, 3. La fière ambition dont il est dévoré Est inquiète, ardente et n'a rien de sacré, volt. Hér. 1, 2. Il n'y a rien de sacré pour la sottise, la méchanceté et l'envie, dider. Lett. à Mlle Voland, 25 nov. 4700. || 9" Il se dit des personnes que leur qualité rend inviolables. A Rome la personne des tribuns du peuple était sacrée. Ceux qui l'avaient ouï parler [le prince de Condé] si souvent de ce grand roi [Louis XIV] dans ses entretiens familiers, pouvaient assurer que jamais ils n'avaient rien entendu de plus respectueux et de plus tendra pour sa personne sacrée, boss. Louis de Bourbon. Toutefois épargnez votre tête sacrée, rac. Mithr. III, 4 . Faut-il que je me mette à vos sacrés genoux î ID. Athal. V, 2. Il Sacrée Majesté, titre qu'on donnait à l'empereur d'Allemagne, et qu'on donne à l'empereur d'Autriche quand on lui parle. Je vous entends, Sacrée Majesté, quand vous vous êtes levé ici de bon matin, vous y trouvez la journée bien longue, fén. Dial. des morts mod. {Charles- Quint, un jeune moine). Que l'empereur est le général-né, le défenseur, l'avoué de l'Eglise, principalement contre les infidèles ; et que de là lui vient le titre de Sacrée Majesté, fonten. Leibnitx. Un petit moine de Saint-Just disait à Charles- Quint : Sacrée Majesté, n'êtes-vous pas lasse d'avoir troublé le monde? faut-il encore désoler un pauvre moine dans sa cellule? volt. Lett. au roi de Pr. 24 avr. 4760. || Le titre de Sacrée Majesté s'est donné jadis à d'autres souverains que l'ancien empereur d'Allemagne. Dans le fameux traité de Munster, on nomme Sa Sacrée Majesté Impériale, Sa Sacrée Majesté Très-Chrétienne, et Sa Sacrée Majesté Royale de Suède, volt. Ann. Emp. Ferdinand III, paix de l'estph. \\ Fig. L'èpîire sur Sa Sacrée Majesté le Hasard a bien un grand fond» de vérité, et, si cette épître était rabotée, je la regarderais comme le meilleur de vos ouvrages, VOLT. Lett. au roi de Pr. 30 mars 4 759. || 10° Sacré est une épithète qui s'ajoute à des termes d'injcre pour leur donner plus de force ; mais cela en fait des blasphèmes, et n'est tout au moins que d'un emploi bas et grossier. || Populairement. Sacré chien, de l'eau-de-vie très-forte. Un petit verre de sacré chien. || 11° Terme d'anatomie. Qui appartient à l'os sacrum. Nerfs sacrés. || Trous sacrés, trous dont huit antérieurs, situés sur la face pelvienne du sacrum, quatre de chaque côté de la ligne médiane, les uns au-dessus des autres, et huit postérieurs, placés à la face spinale du même os, et présentant la même disposition que les antérieurs avec lesquels ils correspondent. Il 12° S. m. Ce qui est sacré. Il parait ici depuis peu un poëme anglais intitulé le Paradis perdu et qui a été traduit en français par une main habile, où l'on a été généralement blessé d'un mélange du sacré et du profane qui s'y rencontre, rollin. Traité des Et. ii, 4 .

t SACREDIRE (sa-kre-di-r'), v. n. Jurer. Sacrebleu, disait le comte de Caylus, qui sacredisait toujours..... Sou», de Mme de Créquy, t. m, p. 65. — ÉTYM. Sacré, et dire.

SACREMENT (sa-kre-man), s. m. || 1° Acte religieux institué de Dieu pour la sanctification des âmes. Les sacrements de l'ancienne loi, de la nouvelle loi. La circoncision était un sacrement de l'ancienne loi. ||2» Chez les chrétiens, cérémonie destinée à la consécration religieuse des diverses phases de la vie privée des fidèles ; les sacrements sont au nombre de sept. Les Grecs n'ont point d'autre mot pour signifier sacrement que celui de mystère ; et les Pères latins appellent souvent le mystère de l'incarnation le sacrement de l'incarnation et ainsi des autres, BOSs. For. iv, 4 0. Sacrement, dans notre usage ordinaire, veut dire un signe sacré ; mais, dans la langue latine, d'où ce mot est venu, sacrement veut dire souvent chose haute, chose secrète et impénétrable, id. ib. iv, 40. Les sacrements de la nouvelle alliance ne sont pas seulement des signes sacrés qui nous représentent la grâce, ni des sceaux qui nous la confirment, mais des instruments du Saint-Esprit, qui servent à nous l'appliquer, et qui nous la confèrent ed vertu des paroles qui se prononcent, et de l'action qui se fait sur nous en dehors, pourvu que nous n'y apportions aucun obstacle par notre mauvaise disposition, id. Expos, doctr. cath. ». Que ce n'est point pour les sacrements que Dieu a formé les hommes, mais que c'est pour les homme» qu'il a institué les sacrements, boubdal. Dim. ocl. du St-

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SacremerU, Dominie. t. ii, p. S(B. ||Flg. Contentons-nous quelquefois du sens littéral ; ne cherchons pas un sacrement sous chaque syllabe et sous chaque point, balz. De la cour, 3* dise. || Priver des sacrements, refuser les sacrements, peine spirituelle que l'Eglise inflige quelquefois, la décision en est précise dans les rituels, la pratique en est constante : on prive des sacrements, et à la vie et à la mort, ceux qui jouent la comédie, s'ils ne renoncent à leur art, Boss. Comédie , * ) (cette proposition est aujourd'hui reconnue fausse, depuis que MgrAfTre, archevêque de Paris, sollicité à ce sujet par un comédien, a fait faire des recherches et s'est assuré que l'Église n'avjit jamais excommunié les comédiens). Bientôt après, les billets de confession reparurent; de nouveaux refus de sacrements irritèrent tout Paris, volt. Louis XV , 38. Il S'approcher des sacrements, se confesser et communier. L'humble princesse [après son retour à la foi] ne crut pas qu'il lui fût permis d'approcher d'abord des saints sacrements, boss. Anne de Gonx. || Fréquenter les sacrements, se confesser et communier souvent. || Il a eu, il a reçu tous les sacrements, on lui a donné tous les sacrements, les derniers sacrements, se dit d'un mourant qui a reçu le sacrement de la pénitence, l'eucharistie et l'extrême -onction. Après qu'elle [la duchesse d'York] eut reçu ses sacrements avec une piété et un zèle incomparable, pellisson, Lett. hisl. t. II, p. 25). Tout chrétien doit présumer le salut de son prochain, quand il est mort dans le sein de l'Église avec tous ses sacrements, sÉv. 3 sept. 1888. Qu'elle nous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s'imaginent avancer leur mort quand ils préparent leur confession; qui ne reçoivent les saints sacrements que par force ; dignes certes de recevoir pour leur jugement ce mystère de piété qu'ils ne reçoivent qu'avec répugnance 1 boss. Vueh. d'Orl. Luxembourg reçut ses sacrements, et témoigna de la religion et de la fermeté, st-sim. XXVI, 43. Il [l'abbé Houteville] fut secrétaire de ce fameux cardinal Dubois, qui ne voulut jamais recevoir les sacrements à la mort, et dont la vie a été publique, volt. Phil. Déf. Bolingbroke, préambule. Il On dit dans un sens analogue : demander les sacrements. Elle [Madame] demande elle-même les sacrements de l'Église, la pénitence avec componction, l'eucharistie avec crainte.... boss. Ùuch. d'Orl. Il Populairement et fig. Avoir tous les sacrements, se dit d'une chose à laquelle on a fait tout ce qui était à faire, et d'une personne qui a bien mangé et bien bu. || 3' Le saint sacrement de l'autel, ou, absolument, le saint sacrement, l'eucharistie. Porter le saint sacrement à un mourant. 2= exemple sur le sujet du saint sacrement.... l'hérésie d'aujourd'hui [les calvinistes], ne concevant pas que ce sacrement contient tout ensemble et la présence de Jésus-Christ et sa figure, et qu'il soit sacrifice et commémoration de sacrifice, croit qu'on ne peut aamettre l'une de ces vérités sans exclure l'autre, pasc. Pensées, xxiv, 42, éd. havet. Le membre de la Convention qui a la plus grande idée de lui-même, c'est Saint-Just ; on voit dans sa démarche et dans son maintien qu'il regarde sa tête comme la pierre angulaire de la république, et qu'il la porte sur les épaules avec respect et comme un saint sacrement, Camille desmoulins, Lettre à A. Villon, p. 52. Il Fille du Saint-Sacrement, membre d'une communauté de femmes, dont l'institution avait pour but principal l'adoration du saint sacrement de l'autel. || 4° L'ostensoir, le soleil d'or ou d'argent destiné à renfermer l'hostie. Donner un saint sacrement à une église. Partout se présentaient.... des sairi^s sacrements de vermeil dessinés par les Bertrand et les Cotte, chateaubr. Génie, iv, I, 2. Voici la lettre que l'on m'adresse : Monsieur, vous dites que vous avez vu en vente, chez un marchand d'habits, un saint sacrement en cuivre argenté; vous avez fait une étrange métonymie : vous avez indiqué le contenant pour le contenu ; l'objet qui renferme le saint sacrement, l'hostie consacrée, s'appelle ostensoir, alph. karh, les Guêpes, mars (844. || Malgré cette critique, la métonymie est reçue par l'usage. || 6° Absolument et par plaisanterie. Le sacrement, le mariage. Ils s'adorent l'un l'autre, et ce couple charmant S'unit longtemps, dit-on, avant le sacrement, boil. Lutr. i. Ici, c'est un miracle, quand une fille écoute sur un autre ton que celui du sacrement, hamilt. Gramm. vi.

— HIST. XII* s. 0 naissance pleine de sainteit, néant encerchable as angeles por la profondesce del saint sacrement, st-bern. 530. De Deu as poesté •t lun coruncment ; De prince ne de lai ne l'as se-

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culennent ; Car as prelaz apent e ordre e sacrement, Th. le mari. 76. Li clerc forfait serunt i l'evesque livré ; En quel guise e cornent serunt dcsordené T Cornent serunt li mot del sacrement ostéT ib. 30. Il xiii* s. Nous vcons que se uns bons ou uns clers qui ne seroit pas ordenés à prestre, disoit une messe et toutes les paroles du sacrement, por riens qu'il feit et deist, il ne porroit fere sacrement, tout deist il ices paroles mcismes que li prestres dist, BEAUH. XI, 26. Li sains homs la messe canta ; Et quant ce vint au sacrement. Que le corps Dieu tint en présent.... du cange, sacramentum. \\ xiv* s. Beaux sires, gransmercis ; car, par mon sacrement I Je ne vous en faudrai, sachicz-le vraiemcnt, Guescl. 4 686. [Bertran] Moult bien se confessa, reccut son sacrement, Et disoit mains rcgrez, ib. 22684. Au sacrement [sacre] du roy ot noble baronic, tb. 4960. Il XVI* s. Sacrement est un signe visible de la chose sacrée, ou une forme visible de la grâce invisible.... partout où le translateur commun du nouveau testament a voulu exposer en latin ce mot grec, mystère, il a dit sacrement, calvin, Jnstit. 4027. Que les habitants dudit lieu [Rcilhé près Baugé] estoient quotizez à la taille et impositions, et aussi y prenoient tous leurs sacremens, Coust. gén. t. II, p. 36.

— ÊTVM. Wallon, jocromoi'n; provenç. satrament, sagrament ; esp. sacramento ; ital. sacramento; sagramento; du lat. sacramentum, de sacrare, sacrer.

4. SACRER (sa-kré), v. a. Conférer au moyen de certaines cérémonies religieuses un caractère de sainteté. Samuel prit l'urne pleine d'huile, et il le sacra [Saùl] au milieu de ses frères, saci, Bible, Rois, I, XVI, 4 3. Il [Fénelon] se récrie contre ce fait, comme s'il était au-dessous de lui d'être sacré de mes mains, boss. Rép. Rem. Quiétisme, Avantpropos. Ce grand saint et ce nouveau Samuel [saint Rémi] , appelé pour sacrer les rois, sacra ceux de France en la personne de Clovis, comme il le dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l'Église et des pauvres, id. Polit, vu, VI, 44. David gardait les brebis quand Samuel l'envoya chercher pour le sacrer roi, fleuby, Mœurs des Israél. tit. vi, part, ii, p. 60. Philippe I*' est celui qui a commencé à se faire sacrer à Reims, saint-foix, Fss. Paris, Œuv. t. v, p. 387, dans POUGENS. Pépin n'est pas le premier roi de l'Europe qui se soit fait sacrer avec de l'huile à la manière juive ; les rois lombards avaient pris cette coutume des empereurs grecs, volt. Ann. Emp. Charlemagne, 754. Nicolas de Thou, évêque de Chartres, oncle de l'historien, eut l'honneur de sacrer le plus grand roi qui ait gouverné la France [Henri IV], id. Hisl. pari, xxxiv. ||Fig. De quel divin parfum, de quel pur diadème La gloire aurait sacré ton front I lahart. Méd. il, 7.

— HIST. XII* s. L'arcevesque Rogiers, qui nel volt refuser, L'aveit enuint [oint] à rei ; nel se deûsl penser : Car cil de Cantorbire deit tuz les reis sacrer, Th. le mart. os. En cel cuntemple, fud une cité Sylo, de part Efl'raîm, que Deu out à sun oes [à son service] saisie et sacrée, Rois, p. 2. || xiii* s. Et fu sacrés à Reims à roi, et fu li pires rois qui onques feust, CIvr. de Reims, p. 4 30. Il doit vivre d'autre labor. Puis qu'il est à prestre sacrez. Tien. 20873. jlxvi* s. Avec le gland qui leur tomboit à gré Du large chesne à Jupiter sacré, marot, iv, 47. N'estimant rien, comme dit Horace, sinon ce que la mort a sacré, du bellay, i, 24, recto. Humiliez vous devant sa sacrée face, et recongnoissez vos imperfections, rab. Pant. iv, A^ouii. prol. Je vous ferai faire plus de signes de croix de ce que je sais des femmes, que l'on n'en fait à sacrer une c glise, MARG. iVou». XX. C'est la vertu qui sacre et couronne les roys, Sol. Mén. p. 244. Secondement les artères crurales font les sacrées, lesquelles s'en vont à la mouelle de l'os sacrum, paré, i, 25.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. sagrar ; ital. sagrare; du lat. sacrare, rendre sacré, de sacer, sacré.

2. SACRER (sa-kré), v. n. Terme familier. Jurer, blasphémer. Do leur côté les bateliers juraient, Rimaient en Dieu, blasphémaient et sacraient, GRESSET, Ver-vert, m. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. C'est sacrer 4, détourné de son sens de la même façon que jurer en un emploi analogue.

SACHET (sa-krè; le t ne se lie pas), s. m. 1|1* Tiercelet, le mâle du sacre. || 2° Ancien canon un peu moins lourd que le sacre; son boulet pesait 4 livres.

— HIST. XVI* s. Arcbuses à croq, sacrets, passevolans, et autres petites pièces, m. du bellay, 385.

— ETYM. Sacre 2.

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t SACRIFIABLE (sa-krl-fl-a-bl'), adj. Que l'oo peut sacrifier.

— HIST. xvi's. Ces pauvres genti aacri fiables [dans les sacrifices humains, au Mexique], mont, i, aa».

SACRIFICATEUR (sa- kri -fi- ka- leur), ». m. Il 1" Chez les Hébreux et chez les polythéiste», ministre préposé aux sacrifices. Les sacrificateurs et les lévites, enfants de Sadoc, qui ont gardé les cérémonies de mon sanctuaire, pendant l'erreur des enfants d'Israël, seront toujours devant ma face, BOSS. 2*tnt<r. patloraU, sur Ut prom. de J. C. 24. Melchisédech, qui n'était point Juif, était sacrificateur de Dieu, volt. Pol. et lég. Toléranu, $t l'intolérance fut de droit divin. || Chez les Hébreux, grand sacrificateur, titre du souverain prêtre, choisi dans la famille d'Aaron. Ce lieu si caché [le saint des saints, dans le temple de Jérusalem), si imp^ nétrable, était ouvert une fois l'année ; mais il n'était ouvert que rarement et à une seule personne, qui était le grand sacrificateur, boss. Sermons, Ascension, 4. || 2* Sacriflcatrice, celle qui sacrifie; prêtresse qui offre les sacrifices. || Adj. Vénus Sacrificatrice, surnom de Vénus dans des inscription.

— HIST. XVI* s. Les sacrificateurs, estaas choisis de la lignée de Levi, entroyent au sanctuaire, calv. Instit. 267. Il prend en premier lieu ce qui avoit esté dit par le prophète touchant la sacrificaturede Jésus Christ; car, puisque le père l'a constitué sacrificateur éternel, il est certain que la sacrificature levitique est ostée, id. tb. 343.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. sacrificador ; ital. jacri/îcolore ; du lat. scterificatorem , de saerijicare, sacrifier.

^ SACRIFICATOIRE ( sa-kri-C-ka-toi-r" ) , adj. Qui appartient au sacrifice.

— ÉTYM. Lat. tacrificare, sacrifier.

SACRIFICATURE (sa-kri-fi-ka-tu-r'), t. f. Cher

les Hébreux et les polythéistes, la dignité, la fonction de sacrificateur. Que l'ordre de la sacrificature d'Aaron sera réprouvé, et celle de Melchisédech introduite par le Messie, pasc. Perxs. ixi,éd. HAVET. Les prêtres étaient de la famille d'Aaron et il n'y avait que ceux de cette famille qui pussent exercer la sacrificature , rac. Alhal. Préf. Ce dernier [Sanaballal] obtint de Darius Nothus.... la permission de bâtir sur le mont Garizim, près de Samarie, un temple semblable i celui de Jérusalem, et d'en donner la sacrificature à son gendre Manassé, rollin, hisU aru. Œuv. t. vi, p. 306.

— HIST. XVI* s. Le lignage esleu et la sacrificature royale, calv. Inst. 256.

— ÉTYM. Lat. sacrifieare, sacrifier; provenç. «acrificadura.

SACRIFICE (sa-kri-fi-s'), ». m. || 1* Chez les Hébreux, offrande faite à Dieu avec certaines cérémonies et consistant en des victimes ou des dons. Que les sacrifices des païens seront reçus de Dieu, et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices dei Juifs, PASC. Pens. xxi, édit. havet. Qu'on lise le Vieil Testament en cette vue [qu'il est figure du Nouveau Testament], et qu'on voie si les sacrifices étaient vrais, si la parenté d'Abraham était la vraie cause de l'amitié de Dieu.... id. ib. xvi, 4 6 bis. Selon la loi des sacrifices, quiconque mange la victime est assuré par cette action qu'il a part à l'oblation qu'on en a faite, Boss. Euchar. n, 7. Voici comme ce Dieu vous répond par ma bouche.... Quel fruit me revient-il de tous vos sacrifices? Aije besoin du sang des boucs et des génisses? rac. Athal. I, 4. Le peuple fuit, le sacrifice cesse, ID. ib. II, 5. Un Dieu n'a pas besoin de nos soins assidus; Si l'on peut l'offenser, c'est par des injustices ; Il nous juge sur nos vertus , Et non pas sur nos sacrifices, volt. Pour etcontre. || Sacrifice perpétuel, sacrifice par lequel on offrait tous les jours quatre agneaux en holocauste, deux le malin et deux le soir. Depuis le temps que le sacrifice perpétuel aura été aboli , et que l'abomination de la désolation aura été établie, saci, Bib Je, Doniei, XII, 44. Il Sacrifice de jalousie, cérémonie à laquelle le sacrificateur soumettait une femme dont le mari suspectait la fidélité. Quesi elle n'a point été souillée , elle n'en ressentira aucun mal, et elle aura dei enfants ; c'est là la loi du sacrifice de jalousie, saci, IHUe, Nomb. v, xxviii, 29. || Terme de l'Ecriture. Offrir unsacrificede louanges, célébrer les louange* de Dieu. ||En un sens analogue. Un sacrifice de larmes, de prières. Ceux dont elle a présenté les vœux ou les plaintes, offrent pour elle de tous côtés les sacrifices de leurs larmes ou de leurs prières, fléch. J/me de Montaus. \\ Faire d'une vertu son sacrifice du matin et du soir, la pratiquer avec une constance inviolable. Il en faisait [de ladmi-

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nistration de la justice] son culte perpétuel , son lacriHce du matin et du soir, selon cette parole du Sage : La justice vaut mieux devant Dieu que de lui offrir des victimes, Boss. le Tellier. || 2" Chez les chrétiens, le sacrifice de Jésus-Christ, la mort de Jésus-Christ sur la croix pour la rédemption du genre humain. || Son sacrifice continuel, sa présence perpétuelle dans l'hostie consacrée. Pour considérer ce que c'est que la mort, et la mort en Jésus-Christ, il faut voir quel rang elle tient dans son sacrifice continuel et sans interruption, et pour cela remarquer que dans les sacrifices la princi-

Îiale partie est la mort de l'hostie , pasc. letlre sur a mort de son père. Les prêtres ofi^rent pour elle le sacrifice de Jésus-Christ sur les autels, fléch. Duch. de Montaus. \\ Le saint sacrifice de la messe, ou, simplement, le saint sacrifice, le sacrifice do la messe. Ah 1 nous pouvons achever ce saint sacrifice pour le repos de Madame avec une pieuse confiance, BOSs. Duch. d'Orl. Il [Montausier] assistait tous les jours au saint sacrifice ; et son attention et sa modestie imprimaient le respect aux âmes les moins touchées de la révérence du lieu et de la sainteté du culte, fléch. Duc de Montaw. Quels chStiments réservez-vous donc, grand Dieu, aux sacrifices indignes, aux oblations profanes, aux mystères souillés? MASS. Confér. Excell. du sacerd. Il Absolu=:e!it Le sacrifice, le saint sacrement. Les chrétiens ne coanaassent plus la sainte frayeur dont on était saisi autrefois à la vue du sacrifice; on dirait qu'il eût cessé d'être terrible, comme l'appelaient les saints Pères, boss. Louts de Bourbon. Il 8* Use dit de ce qui était offert aux dieux, dans le polythéisme. Mais nous devons aux dieux demain un sacrifice, corn. Uor. v, 3. Vous armez contre Troie une puissance vaine. Si, dans un sacrifice auguste et solennel, Une fille du sang d'Hélène De Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel, rac. Iphig. I, <. On fit des sacrifices à Jupiter et aux autres grands dieux, fén. Tél. vi. Il offrait tous les jours le sacrifice d'une brebis blanche et sans tache, ID. ib. XVII. Homère décrit assez au long les cérémonies des sacrifices, dans le i"livre de l'Iliade et dans le m* de l'Odyssée, rollin, Traiié des Et. II, 2. Comme le sacrifice de bœuf est le plus estimé, on fait pour les pauvres de petits gâteaux auxquels on donne la figure de cet animal, et les prêtres veulent bien se contenter de cette offrande, BARTiiÉL. Anach. ch. 21. Il Fig. Faire sacrifice, sacrifier. Et je n'ai pas moins qu'elle à rougir d'un supplice Qui profane l'autel où j'ai fait sacrifice, CORN. Théod. III, 6. Il Fig. Un sacrifice, une victime. Ptolémée à César par un lâche artifice , Rome, de ton Pompée a fait un sacrifice, corn. Pomp. V, ). Il 4° Sacrifices humains, sacrifices dans lesquels la victime est un être humain. Nous serions amplement dédommagés des fatigues extrêmes de cette campagne, si nous pouvions parvenir à détruire l'usage des sacrifices humains, qu'on dit être généralement répandus chez les insulaires de la mer du Sud, la pérouse, Voy. t. ii, p. 12, dans pougens. || Sacrifices sanglants, sacrifices dans lesquels on immole des victimes. || S' Il se dit de la consécration à la vie religieuse. Allez à l'autel, victime de la pénitence , allez achever votre sacrifice , BOSS. la Vallière. \\ 6" Fig. Abandon, privation, perte à laquelle on se résigne. Un sacrifice d'argent. Il a fait de grands sacrifices pour l'éducation de son fils. Que ces sacrifices particuliers [de nos affections] honorent et préviennent le sacrifice universel où lanature entière doit être consommée par la puissance de Jésus-Christ, pasc. Lettre sur la mort de son père. Je veux, dit-il, m'arracher jusqu'aux moindres vestiges de l'humanité; reconnaissez-vous un chrétien qui achève son sacrifice, qui fait le dernier effort, afin de rompre tous les liens de la chair et du sang, et ne tient plus à la terre? boss. le Tellier. Vous offrîtes à Dieu le sacrifice de vos cheveux , id. Lett. abb. 20. J'irai pour mon pays m'offrir en sacrifice, rac. Esth. i, 3. Mais le roi, qui le hait [Achille] , veut que je le haïsse ; Il ordonne & mon cœur ce cruel sacrifice, m. Iph. v, i. 11 [Cromwell, dans son alliance avec le gouvernement français contre l'Espagne] traita véiitablement en supérieur, en obligeant le roi de France do faire sortir de ses Etats Charles II et le duc dTork.... on ne pouvait faire un plus grand sacrifie* de l'honneur i la fortune , volt, touij XIV 6. U est doux pour un véritable amant de faire des'saerifices qui lui sont tous comptés, j. j. rouss. Ilél. I, U. Tel est, mon ami, l'effet assuré des sacrifices que l'on fait & la vertu ; s'ils coiitent souvent à faire, il est toujours doux de les avoir faits, id.

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ib. I, 44. Non, madame, dit-il, restez; il n'est plus temps; je ne veux point de sacrifices, marmontel, item. viii. L'homme n'agit qu'en vue de son bonheur, il ne cesse point de s'aimer, et il ne s'aime jamais plus que quand il fait les plus grands sacrifices, bonnet. Causes prem. iv, <7. Le sacrifice des forces navales fut jugé, mal à propos peut-être, indispensable, raynal, Hisl. phil. xiil , 68. Il y a une certaine gloire attachée aux grands sacrifices, qui du moins satisfait un peu l'amour-propre, genlis. Vœux témér. t. ii , p. 245 , dans pougens. Un sacrifice absolu est plus facile à obtenir qu'un demi-sacrifice, ID. Ad. et Th. t. Ii, p. 292. Depuis la veille, quatre mille traîneurs et trois mille soldats étaient morts ou égarés; les canons et tous les bagages perdus; à peine restait-il à Ney trois mille combattants et autant d'hommes débandés; enfin, quand tous ces sacrifices ont été consommés, et tout ce qui avait pu passer réuni , ils ont marché.... ségur , Hist. de Nap. x, 9. Il 7" Terme de peinture. Artifice qui consiste à négliger certains accessoires d'un tableau, pour mieux faire ressortir les parties principales. || Proverbe. Obéissance vaut mioux que sacrifice, la prompte obéissance est particulièrement agréable. —REM. Le sacrifice est tantôt passif : le sacrifice d'Abraham, le sacrifice fait par Abraham ; tantôt actif: le sacrifice d'Isaac par Abraham, d'Iphigénie par Agamemnon.

— msT. XIV" s. Les sacrifices anciennement ordenés et teles assemblées estoient faites après ce que les fruis sont cuillis , oresme , Eth. 246. Il XVI* s. Les sacrifices qu'immoloyent pour lors les Israélites, calv. Instit. 512. Henri Cardinal, maintenant roi, craignant que Dom Antonio présent le fist déposer, comme héritier par les masles, ou craignant du roi d'Espagne ce qui parut après, lui fit un sacrifice de calicuth, c'est à dire de peur, jetta dans le feu cet arrest et touttes les pièces justificatives de Dom Antonio, d'aub. Ilist. ii, 397.

— ÉTYM. Wallon , sacrifieg ; provenç. sacrifici; espagn. sacrificio; liai, sagrifiiio; du lat. sacrificium , de sacer, sacré, et facere, faire : action de faire une œuvre sacrée. L'ancienne langue disait sacrifiemenl.

SACKIFIÉ, ÉE (sa-kri-fi-é, ée), part, passé de sacrifier. || 1° Offert en sacrifice. Un bœuf sacrifié sur l'autel. || 2° Perdu, comme l'est une victime. David veut jouir de son crime: l'élite de son armée est bientôt sacrifiée , mass. Petit carême , Tentations. Il Fig. Je vous vois la femme forte, toute sacrifiée à vos devoirs, sÉv. à Urne de Grignan, mai (690. Il 3° Se dit d'un homme rendu victime de quelque intérêt, de quelque nécessité. Dès qu'Annibal et Thoas eurent avis qu'on négociait un traité [entre Anliochus et Rome], jugeant qu'ils seraient sacrifiés.... rollin, IJist. anc. Œuv. t. viii, p. 4io, dans pougens. On regardait le duc de Trévise [laissé à Moscou] comme un homme sacrifié; les autres chefs, ses vieux compagnons de gloire , l'avaient quitté les larmes aux yeux, ségur, Ilist. de Nap.

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