IX
SACRIFIER (sa-kri-fi-é), je sacrifiais, nous sacrifiions, vous sacrifiiez ; que je sacrifie, que nous sacrifiions, que vous sacrifiiez, i;. a. || 1° Offrir quelque chose à Dieu avec certaines cérémonies. Sacrifier des victimes. Abraham allait sacrifier son fils. Il Absolument. Nous trouvons une lettre de Julien l'apostat, par laquelle il promet aux Juifs de rétablir la sainte cité , et de sacrifier avec eux au Dieu créateur de l'univers, boss. Hist. ii , <2. C'était non-seulement trop de bassesse , mais encore trop d'ingratitude au genre humain, de sacrifier à d'autres qu'à Dieu, m. ib. \\ Fig. et absolument. Ils [les faux saints] appellent zèle une colère, et, quand ils tuent, ils pensent sacrifier, balz. Lett. Il, liv. VI. Il 2' Chez les chrétiens, sacrifier le corps et le sang de Jésus-Christ, faire le sacrifice de la messe. Quel homme fut jamais plus propre à sacrifier le corps et le sang de Jésus-Christ que celui qui lui avait fait un sacrifice de tous les moments de sa vie? fléch. Panég. li, p. 110. || Absolument. Que peut-on imaginer de plus malheureux que de ne pouvoir conserver la foi sans s'exposer au supplice , ni sacrifier sans trouble , ni chercher Dieu qu'en tremblant? BOSS. Reine d'Anglet. \\ 3' Il se dit des sacrifices offerts aux dieux , dans le polythéisme. Pour obtenir les vents que le ciel vous dénie. Sacrifiez Iphigénie, rac. Iph. I, I. Les premiers hommes ne sacrifiaient que de l'herbe , MONTESQ. Esp. IV, 26. Sanchoniathon , cité par Eusèbe, rapporte que les Phéniciens sacrifiaient dans les grands dangers le plus cher de leurs enfants.
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VOLT. Pol. et lég. Tolérance, ri Vintolérance fut à» droit divin. Ensuite on sacrifia des chevaux au soleil, des cerfs à Diane , des chiens à Hécate , bar- TiiÉL. Anach. ch. 21. || Par extension. Si votre esprit [M. Barillon, ambassadeur] plein de souplesse.... Peut adoucir les cœurs et détourner ce coup [la guerre]. Je vous sacrifierai cent moutons : c'est beaucoup Pour un habitant du Parnasse, la font. Fabl. VIII, 4. Il Absolument. Ceux qui occupent des places comme la vôtre sont d'ordinaire traités comme des dieux; plusieurs les craignent; tou» leur sacrifient, voit. Lett. 34. La victime est choisie, et le peuple à genoux ; Et pour sacrifier on n'attend plus que vous, corn. Poly. 11, B. Il [le roi de Babylone] commanda que l'on fît venir des victimes et de l'encens, et qu'on lui sacrifiât, saci. Bible, Daniel, 11, 40. Cette reine d'Israël, qui.... de retour à Simarie sacrifie à ses veaux d'or comme auparavant, mass. Carême, Inconst. \\ Fig. Sacrifier aux Grâces, mettre de la grâce dans ses manières, dans ses discours, dans son style. Les Grecs recommandaient aux poètes de sacrifier aux Grâces; Milton a sacrifié au diable, volt. Dict. phil. Épopée. Thomas sacrifia toujours à la vertu, à la vérité, à la gloire, jamais aux Grâces, marmontel, Mém. VI. Il Fig. Sacrifier à, écouter, obéir. Cruel 1 c'est à ces dieux [l'orgueil et l'ambition] que vous sacrifiez , RAC. Iphig. IV, 4. En parlant de ce que le roi a fait de grand et d'utile, vous avez trouvé le secret de faire l'éloge d'un ministre votre ami [M. de Choiseul].... vous avez sacrifié à l'amitié et à la vérité, volt. Lett. Beauvau, 5 avril 4771. Il Sacrifier aux préjugés, à la mode, au goût de son siècle, s'y conformer par faiblesse avec excès. Il 4° Sacrifier àou pour, renoncer à.... pour l'amour de Dieu ou d'une personne. Sacrifier à Dieu son ressentiment. J'ai tout sacrifié pour vous. Il a sacrifié sa vie pour son pays. Je sacrifierais tout ce que je possède pour le sauver. Il est du sang d'Hector, mais il en est le reste. Et pour ce reste enfin j'ai moi-même en un jour Sacrifié mon sang, ma haine et mon amour, hac. Andr. iv, i. Ces yeux.... Qui m'ont sacrifié l'empire et l'empereur, iD. Brit. y, I. (I Absolument. Elle a toujours sacrifié ses ressentiments, et n'a jamais voulu nuire, fléch. Mme de Montaus. || 5" Perdre ou délaisser quelqu'un ou quelque chose en vue de quelque chose. Sacrifier sa fortune à son honneur. Il sacrifierait un ami à un bon mot. Et je sacrifierais à de si puissants nœuds Amis, femme, parents et moi-même avec eux, mol. Tart. v, 7. La vertu demande une vie uniforme, et sacrifie constamment à l'ordre et au devoir les inconstances d'une imagination légère et variable, mass. Mystères, Passion, 2. Dans cette année malheureuse [1757], M. de la Rochefoucauld sacrifia soixante mille francs à faire travailler tous les habitants de sa terre , Dl- DEH. Salon de 1765, Œuv. t. xiii, p. I5i, dans pougens. On avait été forcé de sacrifier tout un jour au passage de la Nara et de son marais, ainsi qu'au ralliement des différents corps, ségur, Hist. de Nap. ix, 2. 1| Sacrifier tout son temps, tout son loisir à une chose, l'y consacrer tout entier. || Sacrifier son repos, son bonheur, etc. à celui d'un autre, renoncer au repos, au bonheur, etc. pour les assurer à un autre. || Sacrifier tout à ses intérêts, faire céder toutes choses à ses intérêts. || On dit de même : sacrifier tout à sa passion, à sa gloire, à son ambition, à la vengeance, etc. ||6° Sacrifier quelqu'un, le faire périr. Dieu les frappe [les grands] poumons avertir; leur élévation en est la cause, et il les épargne si peu, qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes, boss. DtKh. d'Orl. Eugène fut pris : il fallut le sacrifier à la vengeance publique, id. Ilist. i. II. Sur le moindre soupçon il les sacrifiait à sa sûreté, fén. Tél. viii. Plusieurs des rois furent d'avis qu'il fallait, dans le doute, sacrifier Acanthe à la sûreté publique, m. 16. xx. || ?• Sacrifier quelqu'un, signifie aussi le rendre victime de quelque vue , de quelque passion, de quelque intérêt. Sacrifier quelqu'un à son ambition, à son ressentiment. || Absolument. On a sacrifié les meilleures troupes pour une attaque inutile. César n'est point à lui [Cicéron], Crassus le sacrifie, volt. Catil. il, I. Angélique : Croyez-vous, monsieur, que mon oncle veuille me sacrifier? — Dorval : Qu'appelez-vous sacrifier? goldoni , Bourru bienf. 11, il. Louis XI, cédant à la nécessité , accorda tout pour sortir du péril où il s'était engagé par son imprudence , et sacrifia les Liégeois, duclos, Œuv. t. il, p. 363. Comment, ma tante, vous iriez donner Sophie à ce vieux marin I c'est la sacrifier, a. duval, les Héri-
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fiers, go J2. Il 8* Il se dit aussi dans un sens atténué pour subordonner, mettre dans un rang inférieur. L'auteur a entièrement sacrifié ce rôle de Maxime [dans Cinna] ; il ne faut le regarder que comme un personnage qui sert à faire valoir les autres, volt. Comm. Corn. Rem. Cinna, m, 2. Il [Le Tourneur, traducteur de Sliake3[icare ] l'appelle le dieu du tbéitre ; il sacrifie tous les Français, sans exception, à son idole, id. Lett. d'Àrgental, i9 juill. <77«. Ce qui la choqua le plus [Mme du ChâteletJ, ce fut de voir que ces trois ou quatre nations puissanles sont sacrifiées dans ce livre [l'Histoire universelle de Bossuet] au petit peuple juif, qui occupe les trois quarts de l'ouvrage, id. Jfœurs, Rem. i. Jj Sacrifier un amant, le quitter pour un autre. Marion de Lorme, qui était un peu moins qu'une prostituée, fut un des objets de son amour, et elle le [le cardinal de Richelieu] sacrifia à des Barreaux, retz, Mém. t. I, liv. I, p. 16, dans pougens. US" Se sacrifier, ». réfl. S'offrir en sacrifice. Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux, LA FONT. Fabl. vu, ). 11 [le Messie] devait.... se sacrifier pour eux [les hommes], être une hostie sans tache.... pasc. Pens. xviii, <6, édit. havet. Toutes ces pieuses observances avaient dans la reine l'efTet bienheureux que l'Église même demande; elle se renouvelait dans toutes les fêles, elle se sacrifiait dans tous les jeiines et dans toutes les abstinences, Boss. Mar.-Thér. || 10° Fig. Se rendre victime de quelque intérêt, de quelque dévouement. Il mande à ses agents dans la conférence qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté soit retardée à sa considération.... qu'on lui laisse suivre sa fortune ; ah 1 quelle grande victime se sacrifie au bien public I boss. Louis de Bourbon. Je vais donc, puisqu'il faut que je me sacrifie. Assurer à Pyrrhus le reste de ma vie, hac. Andr. iv, (. Tous deux d'intelligence à nous sacrifier, Loin de moi, par mon ordre, il courait m'oublier, id. Mithr. IV, 4. Je me charge de vous excuser auprès de la marquise, n'en soyez pas en peine, et ne vous sacrifiez point, mariv. Marianne, part. 9. || Se consacrer entièrement. Un homme capable comme lui de se sacrifier entièrement à l'algèbre n'est pas un présent que la nature fasse tous les jours aux sciences, FONTEN. /ioUe. ||Se sacrifier pour quelqu'un, se dévouer à lui sans réserve.
— HIST. XII' s. E fist abatre le vergier où l'om lui soleit sacrefier [àPriape], flots, p. 302. || xiii' s. Là ot deux chats sacrefiés Et deux colombiaus.... Pour encercher la vérité. Bataille des sept arts. Il XIV" s. Comme l'en raconte d'un qui occist et sacrifia sa mère et en menga, oresme, Eth. 203. Il XVI' s. Des tyrans ont esté sacrifiez à la haine du peuple par les mains de ceulx mesmes qu'ils avoient iniquement advancez, mont, iv, 9.
— ÈTVM. Provenç. sacrijicar, sacrifiar ; espagn. sacrificar ; ital. sagrificare ; du lai. sacrificare (voy. sacrifice).
4. SACRILÈGE (sa-kri-lè-j'), s. m. || 1' Action impie par laquelle on profane les choses sacrées. La lettre que vous écrivez à voire frère est admirable; vous aviez très-bien deviné : il est dans le bel air par-dessus les yeux, point de Pâques, point de jubilé; je n'ai trouvé de bon en lui que la crainte de faire un sacrilège, sÉv. 42. Deux jeunes hommes d'Acarnanie.... étaient entrés avec toute la foule dans le temple de Cérès [lors des grands mystères], ne sachant pas que cela fût défendu; quoique ce ne fut qu'une faute d'ignorance, ils furent massacrés sur-le-champ comme coupables d'impiété et de sacrilège, rollin, Hist. ane. Œuvr. t. viii, p. 2)3, dans pougens. Si, confondant les choses, le magistrat recherche le sacrilège caché, il porte une inquisition sur un genre d'action où elle n'est pas nécessaire, mon- TESQ. Esp. XII, 4. Par le droit civil des Romains, celui qui enlève d'un lieu sacré une chose privée n'est puni que du crime de vol; par le droit canonique il est puni de sacrilège, id. ib. xxvi, 8. Les Athéniens ne sont pas plus indulgents pour le sacrilège ; les lois attachent la peine de mort à ce crime, et privent le coupable des honneurs de la sépulture, bartuél. Anach. ch. 21. ||2' Toute action contre une personne sacrée, digne de vénération, d'égards. Il paraît de tout cela que la personne des rois est sacrée, et qu'attenter sur eux c'est un sacrilège, BOSs. Politique, m, ii, 2. Votre corps, en l'état où Dieu l'a mis, ne peut plus être violé sans sacrilège, id. 2' sermon, Pâques, 3. ||Fig. et familièrement. C'est un sacrilège, ce serait un sacrilège, c'est, ce serait une action qui déparerait une chose à laquelle on attache un grand prix. Ce
serait un sacrilège d'abattre ce bel ubre, de retoucher ce tableau.
— llisr. ziii' s. Je di que cist bom a fait sacrilège, porce que il embla un cheval dedans le mostier; ce n'est pas sacrilèges, fait li autres, mais larrecins, BRUN, latini, Trésor, j>. 477. Encore peton faire sacriliegc en autre manière, si comme aucuns fiort autrui par maltalent en lieu saint, beaum. XI, 15. Il xvi' s. Que le sacrilège ne soit pire que le larrecin d'un chou de nostre jardin, mont, ii, h.
— ÊTYM. Prov. sacrileiji; espagn. et ital. sacrilegio; du lat. sacrilegium (voy. sacrilège 2).
2. SACKILIÎGE (sa-kri-lé-j'), adj. \\ 1' Qui commet un sacrilège. Les sceptres devant eux [les protestants rebelles] n'ont point de privilèges; Les immortels eux-même en sont persécutés, Et c'est aux plus saints lieux que leurs mains sacrilèges Font plus d'impiétés, malii. ii, 12. Il [saint Louis] condamna à un supplice rigoureux toutes les langues sacrilèges, flécii. Panég. SI Louis. Mathan d'ailleurs, Malhan, ce prêtre sacrilège. Plus méchant qu'Alhalie, à toute heure l'assiège, rac. A thaï, i, 1. L'homme sacrilège est celui qui se parjure sur l'Évangile, qui étend sa rapacité sur les choses sacrées, qui détruit les autels, qui trempe sa main dans le sang des prêtres, volt. Dict. philos. Blasphème. \\ Substantivement. Celui, celle qui commet un sacrilège. C'est vous qui nous assurez qu'elle [l'Église] est contente de perdre ses plus riches vases, pourvu qu'elle gagne le sacrilège, qui lesapris, balz. Lett. 1 1, liv. vi. Aurais-je laissé impunis les sacrilèges qui m'ont coupé l'or de ma chevelure dans mon temple d'Olympie ? d'ablanc. Lucien, Jupiter le tragique. C'est l'ennemi commun de l'État et des dieux.... Un traître, un scélérat, un lâche, un parricide, Un sacrilège imiiie, en un mot un chrétien, corn. Poly. m, 2. || 2' Qui a le caractère du sacrilège, en parlant des choses. [Les faux dévots] De qui la sacrilège et trompeuse grimace Abuse impunément et se joue, à leur gré. De ce qu'ont les mortels de plus saint et sacré, mol. Tart. i, 6. Ceux qui sont instruits des affaires étant obligés d'avouer que le roi [Charles I"] n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacrilèges dont nous abhorrons la mémoire... BOSS. Reine d'Anglet. Les dieux toutes les nuits Me venaient reprocher ma pitié sacrilège, rac. Iphig. I. Ainsi périrent.... du temps de Nabuchodonosor tous ceux qui se prosternèrent devant la statue sacrilège, mass. Carême, Élus.
— HIST. XIII' s. Sacrilège est qui emblo coze sacrée en liu saint ou hors de liu saint, beaum. xi, 15. Il XVI' s. Pour jeter, sacrilège, au vent ma cendre esleinte, desportes, Cléonice, xxxvii. Sacrilèges meurdriers, ronsabd, Contre les bûcherons de la forêt de Gastine.
— ETVM. Lat. sacrilegus, de sacrum, chose sacrée, et légère, prendre (voy. lire).
SACUILÉGEMENT (sa-kri-lè-je-man), ad». D'une manière sacrilège, avec sacrilège. Il [Pasquier] dit que Childéric, roi de France, s'étant réfugié vers le roi de Thuringe, devint amoureux de sa femme, laquelle, dit-il, il ravit, et, l'amenant en France, l'épousa sacrilégement, violant le droit d'hospitalité, et que de ce mariage naquit Clovis, garasse, Rech. des rech. p. 60, dans lacurne. Le pape Jean ne douta pas que Photi us ne fût intrus et sacrilégement ordonné, fén. t. ii, p. 83.
— ETYM. Sacrilège 2, et le suffixe ment. SACRIPANT (sa-kri-pan), s. m. Hl" Rodomont,
faux brave, tapageur (ce qui est le seul sens donné par le Dictionnaire de l'Académie). || 2° Un querelleur, un mauvais sujet, un homme capable d'un mauvais coup (sens plus usité à présent que le précédent). Le mari de la belle était un vieux sacripant, hamilt. Gramm. 8. 11 a l'air d'un fier sacripant, CH. de BERNARD, Un homme sérieux, § xvi.
— ETVM. Ital. Sacripants, personnage emprunté par l'Arioste au Boifardo, qui dit dans son Orlando inamorato : Era fuor de' perigli un Sacripante, Ma ne' perigli avea cara la vita. C'est par ces vers que sacripant est entré dans le langage commun, où il a signifié d'abord, d'après le Boïardo, unfaux brave.
SACRISTAIN (sa-kri-stin), s. m. Celui qui a soin de la sacristie d'une église. |{ Celui qui est pourvu du bénéfice appelé sacristie.
— HIST. XII' s. Robers li segretains.... Th. le mart. 124. || xm' s. Leens avoit un soucretain..., ruteb. i07. Il XVI* s. Varro escript que le secretain de Hercules, jeclant au sort d'une main pour soy, de l'aultre pour Hercules, joua contre luy.... mont. II, 272. Estans leurs sacristains et leurs portes-torches [des grands philosophes], en manière de nar-
1er.... ordonnez pour monstrer aux hommes les reliques de leur sapicnce, ahyot. Comment il faut nourrir les enfants, 32.
— ÉTYM. Voy. sacristie; Berry, teerétain, legrétain ; prov. tacristan, tagrestan; catal. tagritlà; espagn. tacristan; ital. tagrestano. Ménage, recommandant sacristain, dit qu'il n'y a plus que les villageois qisi disent segreiain; on voit que lee villageois retenaient l'ancienne forme.
SACRISTIE (sa-kri-stie), ». f.\\ f Lieu où sont déposés les vases sacrés, les ornements de l'église, et où les prêtres et les desservants vont se revêtir des habits en usage pour les offices. J'eus beau prendre le ciel et le chantre à partie. Il fallut l'emporter [le lutrin] dans notre sacristie, Où, depuis trente hivers sans gloire enseveli, Il languit tout poudreux dans un honteux oubli, boil. Lutrin, i. Il 2' Ce qui est contenu dans la sacristie. La sacristie de cette paroisse est fort riche. || 3' Le profit qu'on tire de ce qui est donné pour faire dire des messes, des sei^ices et des prières. Dans cette paroisse, la sacristie rapporte tant par an. {| i* OfÀce claustral et titre d'un bénéfice, dans certaines abbayes. Il 6' Interjection, sorte de jurement adouci pour ceux qui ne veulent pas jurer le nom de Dieu. Ah! sacristie ! prenez donc garde.
— HIST. xv s. Ordonnant que des messes soient diltes en de certaines églises dans les chapelles qui sont derrière les grands autels; que, si cela ne se peut, on les dira es sacristies ou autres lieux propices, GODEFR. Annot. sur l'hist. de Charles TI, p. 640, dans lacurne.
— ÉTYM. Wallon, sacristeie; prov. saeristia, sagrestia; cat. sagrislia; espagn. sacrtsho; ital. saeristia, sagreslia ; du bas-lat. saeristia, dérivé du lat. sacer, sacré.
SACRISTINE (sa-kri— sti-n'), s. f. Celle qui, dans un monastère de filles, a soin de la sacristie. La sacristine aura soin de la netteté de l'église, des vaisseaux et des linges destinés au saint sacrifice, Boss. Réglem. pour les filles propag. foi, vi, 2. Il Fig. Le Saint-Esprit éiant descendu en nous pour y demeurer comme dans son temple, la gardienne de ce temple c'est la chasteté, elle en est, dit Tertullîen, la sacristine, boss. 2' sermon, Pâques, 3.
— ÉTYM. Sacristain.
t SACRO-COCCVGIKN, lENNE, (sa-kro-ko-ksijiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au coccyx et au sacrum. || Articulation sacro-coccygienne, celle de l'extrémité inférieure du sacrum avec la facette supérieure du coccyx.
r- ÉTYM. Sacrum, et coccyx.
t SACRO-Él'INEDX, ELSE (sa-kro-é-pi-neû, neû-z'), adj. Terme d'anatomie. Oui a rapport au sacrum et à l'épine du dos. 1| Ligaments sacro-épineux, ligaments, l'un supérieur, l'autre inférieur, qui s'étendent des épines postérieure, supérieure et inférieure de l'os iliaque, aux parties latérale et postérieure du sacrum.
— ÉiYM. Sacrum, et épine.
t SACRO-ILIAQUE (sa-kro-i-Ii-a-k'), adj. Terme d'anatomie. Oui a rapport au sacrum et à l'os des iles. Il Symphyse ou articulation sacro-iliaque, celle de chaque face latérale du sacrum avec l'os iliaque correspondant.
— ÉTYM. Sacrum, et iliaque.
t SACRO-LOMBAIRE (sa-kro-lon-bê-r"), adj.
Terme d'anatomie. Qui a rapport au sacrum et aux lombes.
— HIST. XVI' s. Deux [muscles] sacrolumbaires,