ST-SIM
— REM. 1. Avec sans, la règle est que l'infinitif se rapporte au sujet de la proposition ou au régime; mais cela n'est pas absolument nécessaire quand une équivoque est impossible, et le vrai sens évident. Que l'on cherche partout mes tablettes perdues; Mais que, sans les ouvrir, elles me soient rendues, Qum. Cyrus, i, B. Il aurait beau crier : « Premier prince du monde ! Courage sans pareil 1 lumière sans seconde ! • Ses vers, jetés d'abord sans tourner le feuillet. Iraient dans l'antichambre amuser Pacolet, boil. Épdre a. || 2. Les grammairiens ont condamné la locution : sans pas ou sans point, et critiqué cette phrase de Montesquieu : César avait de grandes qualités sans pas un défaut, Rom. 1 1 . Mais, pas et point étant non des négations, mais des mots qui renforcent la négation, il n'y a aucune raison grammaticale pour condamner cette manière de parler. || 3. La préposition fan* reçoit également aorès elle ni ou et
SAN
entre deux régimes; mais dans ce dernier cas on répète sans : Sans crainte ni pudeur, sans force ni vertu; sans crainte et sans pudeur, sans force et sans vertu. La raison de cette différence, c'est que sans est exclusif par lui-même, et que ni l'est aussi, ce qui fait que ce dernier peut suppléer sans; au lieu que et, n'ayant pas le même caractère, ne dit pas ce que sans doit dire, ce qui oblige à le répéter, || 4. I/jrsque sans précède immédiatement un verbe, ce verbe doit-il être suivi de l'article contracté du, ou bien de la préposition de sans article? Doit-on dire : asseoir des impôts sans exciter de plaintes, comme on dirait : en n'excitant pas de plaintes; ou faut-il dire : sans exciter des plaintes? Quand la tournure de phrase est affirmative, on omet l'article : Ce sont des libertés où l'on s'abandonne sans y penser de mal, mol. G. Dand. m, 8. Tout sans faire d'apprêts s'y prépare aisément, boil. Art p. m. Cependant on peut aussi mettre l'article, mais cela est moins usité. Au contraire, quand la tournure est négative, on met l'article : Il ne peut parler sans faire de» fautes. Cependant l'article pourrait aussi être omis; toutefois cela est moins usité. || 6. Sans que, suivi du subjonctif, ne prend ne, ni quand la phrase principale est affirmative, ni quand elle est négative. La négation n'est pas même admise après sans que suivi de ni, aucun, personne, rien, jamais : Je reçus et je vois le jour que je respire Sans que père ni mère ait daigné me sourire, RAC Iph. n, 1. Elle n'est pas non plus admise, bien que sons soit suivi du verbe craindre : Vous pouvez traiter avec lui, sans craindre ou sans crainte qu'il vous trompe. Cependant on en trouve quelques exemples. Ces cris de toute une armée [lors de la mort de Turenne] ne se peuvent pas représenter, sans que l'on n'en soit ému, SÉT.
28 août 1075.
— Hisr. xr s. Seinz hume mort [la bataille] ne poet cstre achevée, Ch. de Roi. CCLX. || xii* s. Lors [ils] se plaignent sans dolor, Couci. i. Cil qui servent sans traïr, ib. ni. Grans fust ma joie et ma peine légère Sans point de mescheoir, it xvm. De lait, de bure et de peison Vivent et de la veneison, Dont mult il prennent e sen peine, benoît, i, v. 291. Il veoit bien, san le roi, ne se pooit mètre pais en ses choses, Machab. 11, 4. || xiii* s. Comment osas, sains mon congié. En ma cité mètre ton pié?/'artonop. V. 1 149. [Votre père] Qui vous amoit de cuer sans nul point de fainliso, Rerte, c. Nus [nul] ne s'en retourna Fors que Morant sans plus, ib. cviii. Il XV* s. La porte fut ouverte, et y entrèrent les Gantois, sans ce que nul mal y fissent, froiss. ii, n, 67. Et que chacun prist sans plus un pain et le troussast derrière lui, ro. i, i, 37. Par montagnes, par vallées, sans point de plein pays, id. i, i, 37. Et sans moyen [sans intervalle, immédiatement] estoit devant luy le filz au roy de Navarre, christ. DE piSAN, Charles Y, n, 36. Et parlerenteulx deux ensemble grant pieche, sans ce qu'il y eust nulz de leurs gens qui les peust ouïr, fenin , 1416.
Grandes dissentions y avoit spécialement
entre les gens, pour le faict des aydes et finances qu'on exigeoit sur le peuple, sans ce que comme point rien en feust mis au bien de la chose publique, JUVENAL, Charles YI, 1391. Sire chevalier, dist la pucelle, estes vous Gadiffer qui entreprint l'adventure de la roide montai gne? Par ma foy, damoiselle, ce suis je sans autre et pour vray, Percefor. t. m, f° 01. || xvi' s. La vie humaine est environnée et quasi assiégée de misères infinies, sans aller plus loin, puisque nostre corps est un
réceptacle de mille maladies calv. Instit. 154.
Nostre silence n'est pas sans ingratitude, si nous passons aucune de ses grâces [de Dieu] sans louange, ID. ib. 706. Mais quelque dieu, ou quelque astre irrité M'a, sans avoir ce malheur mérité. De vous ouïr la puissance ravie, dubellay, t, 40, recto. Mais sy se maine l'affaire dont tant vous m'avez asseurée, d'une sorte que, sans avoir [si je n'avais] la parole du roy et vostre promesse,i'aurois bien occasion de m'ennuyer, marg. Lett. 100. Ils entendent bien que, sans |à moins de) avoir paix à vous, ils sont si mal que plus ne peuvent, id. i6. 27. Sans mentir, voilà des hommes bien sauvages, mont, i, 204. U emplit la ville de Rome de meurtres sans fin et sans nombre, amtot, Sylla, 66. Je mourrois, sans aimer [si je n'aimais) leur gentille lumière Qui m'embraza le cœur d'une flame première, rons.sob. L'homme vit aisément en ce mortel séjour Sans avoir un royaume, et non pas sans amour, ro. 807.
— ÊTYM.Wallon, «ai ; picard, sins ; provenç. sens, senes. ses; ancien cat. senes; cat. moderne sent;
SAN
ancien espagn. senes, ten; espag. moderne, tin; portug. sen, sent; ital. terua. Les formes sans t dans le vieui français, dans les patois et dans plusieurs langues romanes, viennent du latin tint, que les étymologistes regardent comme provenant du préfixe se, ted, qui signifie séparation (proprement, i part soi, se, sêd étant l'ablatif du pronom réfléchi), et de ne sur lequel les étymologistes disputent (voy. Journ. de Kuhn, iix, (03). Les formes avec s, qui sont aussi fort anciennes, représentent un latin barbare sinis, formé sur le modèle de certains adverbes. Enfin l'italien sema, que des étymologistes ont rattaché à absentia, ne paraît pas devoir être séparé des autres formes romanes; mais il ne s'explique guère. Sans que s'explique, comme l'historique le fait voir, par sans ce que.
t SANSAL (san-sal), s. m. || 1° Ancien nom d'agents de banque ou de change. Les banquiers et les négociants qui remettent les lettres de change aux sansaux pour les négocier, les signent en blanc avec le jour de la remise; les sansaux les donnent de même à ceux qui les prennent, sans leur être d'aucune garantie, à moins de convention expresse ; en ce cas le sansal remplit l'ordre en sa faveur, et passe le sien à celui à qui il remet la lettre ou le billet, p. giraudeau, la Banque rendue facile, p. (.^4. \\i' Il s'est dit aussi, dans le Midi, d'intermédiaires entre le vigneron et le marchand.
SA.VSCUIT, ITE (san-skri, skri-t'), adj. La langue sanscrite, l'ancienne langue des brahmanes, langue sacrée de l'Indostan. || S. m. Le sanscrit, la langue sanscrite. Étudier le sanscrit. Il QuelquesuXs écrivent sanskrit.
— ÉTYM. Sanscrit, sanskrita, parfait, de sam, ensemble, avec, le même que àfioi, des Grecs, et krita (avec une s épenthétique), fait,de kri, faire, radical du latin creare, créer.
t SANSCRITAIN, AINE (san-skri-tin, tè-n'), adj. Oui a rapport au sanscrit. || S. m. Celui qui s'applique à l'étude du sanscrit. || On dit aujourd'hui inditniste.
+ SANSCUITIQUE (san-skri-ti-k"), od;. Relatif au sanscrit.
t SANSCRITISME (san-skri-ti-sm*), s. m. Étude du sanscrit, ensemble des doctrines philologiques et historiques dérivées de celte étude. W. Schlogel fut en quelque sorte l'agitateur du sanscritisme, ÉM. BURNOUF, Rev. dcs Veux-Mondes, 1887, p. 283.
t SAXSCRITISTE (san-skri-ti-sl'), s. m. Se dit de ceux qui se distinguent dans la connaissance du sanscrit. || On dit aujourd'hui indianiste de préférence.
t SAXS-CULOTTE (san-ku-lo-f), s. m. Nom des républicains de (793, ainsi dits parce qu'ils repoussaient la culotte courte de l'ancien régime et portaient le pantalon; ce nom exprimait le pur patriotisme de ce temps-là. De sorte que ces agioteurs font aujourd'hui cause commune avec de bons sans-culottes. Décret du 23 flor. an II, Rapp. Cambon, p. 92. || Au plur. Des sans-culottes.
t SANS CULOTTERIE (san-ku-lo-te-rie), s. f. Le parti, la classe des sans-culottes. || Républicanisme des sans-culottes.
t SAXS-CULOTTIDE (san-ku-lo-ti-d*), J. f. S'est dit des fêles célébrées pendant les jours complémentaires du calendrier révolutionnaire, et de ces jours eux-mêmes.
t SANS-CUL()TTIS.ME (san-ku-lo-ti-sm'), ». m. Opinion, système des sans-culottes.
SANS-DE.vr (san-dan), î. f. Vieille dame qui a perdu ses dents. || Au plur. Des sans-dents. S'écria lors une de nos sans-dents, la font. tun.
— REM. À l'article dent, l'Académie écrit une vieille sans dents au pluriel, et sans trait d'union.
SANS-FLEUR (san-fleur), s. f. Sorte de pomme appelée aussi pomme-figue, à fleurs non apparentes. Il Au plur. Des sans-fleur.
t SANS-GfiNE (san-jê-n'), s. m. Habitude de ne pas se gêner, de ne pas observer les règles de la civilité. 11 est d'un sans-gêne incroyable.
SANSONNET (san-so-nè; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des san-so-nè-z en cage; sansonnets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. |,|1" Oiseau noir, semé de taches fauves, qui apprend à siffler et même à parler; dit aussi étourneau, sturnus vulgaris, L., famille dos passereaux conirostres. \\ï° Poisson de mer, espèce de petit maquereau. || Nom à Paris du roblot.
— ÊTVM. Dimin. de Samson : le petit Samson, par plaisanterie. Plusieurs noms d'hommes ont été donnés à des animaux, pierrot, jacquot, etc.
SANS-PEAU (san-pA), s. f. Sorte de poire d'été variété du ruusselet. || Au plur. Des sans-peau.
SAN
t SANS-SODCI (san-sou-si), ». m. || !• Aosence de
tout souci. Le sans -souci avec lequel il prend toutes choses. Il 2* Un sans-souci, un homme qui ne se tourmente de rien. || 3* Nom d'une résidence de Frédéric II, roi de Prusse. Dans Sans-Souci certain roi renommé Fut de soucis quelquefois consumé, volt. Slancet, i«.
SANTAL (san-Ul) ou SANDAL (san-dal), ». m. Il 1* Nom, en pharmacie, de trois substances ligneuses que l'on distingue par les noms do santal blanc, santal citrin et santal rouge. Poudre des trois santaux. || Santal blanc, santalum album, arbre de l'Inde, dont le bois plaît beaucoup aux indigènes, à cause de l'odeur qu'il exhale. Le sandal n'est pas employé dans les constructions, mais on le débite en petites bûches, et on le livre ainsi au commerce, qui le recherche à cause de l'odeur aromatique qu'il dégage; cette odeur n'est pas du goût des Européens, mais elle plaît beaucoup aux habitants des îles du Pacifique, qui en parfument l'huile de coco dont ils s'enduisent le corps et les cheveux; les Chinois brûlent ce bois dans leurs temples et s'en servent comme d'encens, clavé, Rev. des Deux-Mondes, *'■> avr. (867, p. 852. || Santal rouge, pterocarpus santalinus, légumineuses papilionacées, arbre de l'Inde qui fournit un bois de teinture estimé. Il 2° Santal d'Amérique, nom que l'on donne dans le commerce au bois de l'érithalide frutiqueuse, rubiacées. || Faux santal de Crète ou de Candie, nom vulgaire du chêne abelicea, cupulifères, dit abélicea à Candie. || On appelle aussi faux santal de Candie le bois du rhamnus alaterne, legoarant.
— HiST. XVI' s. Poudre de coral, sandaulx, poudre de calamité, paré, xi, )5.
— ÉTYM. Portug. sandolo; de l'arabe sandal, qui vient du sanscrit tchandana.
t SANTALACÉES (san-ta-la-sée), ». f. Famille de dicotylédones, dont le genre santalum est le type.
t SANTA LÉINE (san-ta-lé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Principe retiré, par l'alcool, du santal rouge, pterocarpus santalinus, L.
■tSANTALlNE(san-ta-li-n'),î. /•. Terme de chimie. Principe retiré du santal rouge à l'aide de l'éther.
SANTÉ (san-té), s. f. || 1° État de celui qui est sain, qui se porte bien; exercice permanent et facile de toutes les fonctions de l'économie. Je vous pourrais servir de quelque chose si j'avais de la santé, BALZ. liv. ii, lett. 3. Je ne croirai pas qu'elle [une dame qui priait pour lui] m'aime tant qu'elle dit, ni que j'aie beaucoup de part en ses prières, si je continue à avoir si peu de santé et si peu de fortune, voit. Lett. 25. Seigneur.... vous m'aviez donné la santé pour vous servir, j'en ai fait un usage tout profane, pasc. Prière pour le bon usage des mal. Oui, Seigneur, je confesse que j'ai estimé la santé un bien, non pas parce qu'elle est un moyen facile pour vous servir avec utilité... id. «6. Une santé robuste, id. tb. Ce n'est pas vivre que de n'avoir point de santé, sÉv. 2 nov. 1679. J'ai eu bien des vapeurs, et celle belle santé, que vous avez vue si triomphante, a reçu quelques attaques dont je me suis trouvée humiliée, comme si j'avais reçu un affront, id. à Uussy, 6 août (675. Non, après ce que nous venons de voir [la mort précipitée de Madame], la santé n'est qu'un nom, la vie n'est qu'un songe, Boss. Duch. d'Orl. Quelle santé nous couvrait la mort que la reine portait dans son sein! de combien près la menace a-t-elle été suivie du coup! m. Mar.-Thér. Elle poursuit: Dieu me donnera peut-être de la santé pour aller servir cette paralytique, m. Anne de Gonz. Vous dirai-je.... qu'elle sacrifia sa santé, toute faible et tout usée qu'elle était, à l'honneur d'être auprès d'une grande reine? fléch. Duch. de Mont. Il crut que Dieu l'avait mis dans le palais comme Adam dans le paradis pour y travailler, et répondit depuis à ceux qui le priaient de se ménager, que sa santé et sa vie étaient au public, et non pas à lui, iD. Lamoignon. Quel carême saint Louis n'a-t-il pas continué, aux dépens même de sa santé, toute précieuse qu'elle était ? id. Panég. St Louis. Par mes ordres trompeurs tout le peuple excité. Du prince déjà mort demandait la santé, rac. Bril. rv, 2. ô déesse de la santé, Fille de la sobriété. Et mère des plaisirs du sage, volt. Lett. en vers et en prose, 81. Que puis-je conclure? que Pascal se portait mal, et que l'autre [son commentateur] se portait bien: Bonne ou mauvaise santé Fait notre philosophie [vers de Chaulieu], m. Mél. lut. Observations, avertissement. Une première édition n'est jamais qu'un essai... je demande seulement de la santé au ciel, comme Ajai demandait du jour, m.
SAN
Let(. CidevilU, a avr. osa. Vous êtes dans une solitude complète, vous crevez de santé, oaliani, Corretp. t. ii, p. 2)3, dans polgens. La santé peut paraître à ta longue un peu fade; Il faut, pour la sentir, avoir été malade, collin d'hahleville, Optimiste, I, 7. Elle se servait de la faiblesse de sa santé autant pour plaire que pour toucher, stael, Corinne, xii, 2. |[ Familièrement et par exagération, une santé imperturbable, insolente, une santé qu« rien n'altère. || On dit dans le même sens: une santé de crocheteur, une santé d'athlète. Peut-être, avant deux jours. Courtois et Denyau, mandés à son secours [d'une prétendue malade]... Lui sauront bien Ater cette santé d'athlèts-, uoil. Sat. x. Je bois i merveille; je mange de même; je dors comme une marmotte; voilà ma santé. — C'est une santé de crocheteur; un honnête homme serait heureux de l'avoir, HARiv. la Double turprite de l'amour, t, i. Il Une petite santé, une santé qui ne se soutient qu'à l'aide de ménagements. Pour la coquetterie la petite santé est une ressource, poinsinet, Cercle, ». Il Une grande santé, une santé solide qui n'est jamais dérangée. Que n'avez-vous un peu de ma grande santé? SEV. 25 déc. 4679. || Lui demander s'il veut cela, c'est demander à un malade s'il veut la santé. Il Chocolat de santé, chocolat propre à entretenir la santé. Il On dit de même : flanelle de santé. || 2* Au plur. Les santés, la santé de plusieurs personnes. Comme vous êtes le centre de toutes les conduites et la cause de toutes les santés, je me réjouis infiniment avec vous de tant de Ions succès, sÉv. à Mme de Grignan, 46 oct. 4689. || 3" Complexion, constitution. Aimez-vous un peu pour l'amour de nous, commencez à étudier votre santé, que vous avez jusques ici négligée, balz. liv. vin, lett. 7. Il Au plur. Même sens. Des santés qui ne se soutiennent qu'à force de remèdes. Pour les santés délicates, elles méritent qu'on y prenne confiance, SÉv. 642. Il 4* État saluhre, en parlant d'une ville, d'un pays, par opposition à maladie épidémique. La santé de lavilleest bonne malgré les chaleurs. La santé, dans ces murs tout d'un coup répandue. Fait crier au miracle, corn. Œdipe, v, 4i. ||&' Officier de santé, médecin d'un ordre inférieur, en ce sens qu'on lui demande moins de connaissances qu'aux docteurs. || 6° Service de santé, les médecins et les chirurgiens attachés au service du roi, de l'empereur, d'un prince. || 7* Maison de santé, maison où l'on reçoit des malades moyennant un prix convenu. Il 8" Corps de santé, corps chargé du service médical dans l'armée,, dans la marine. || On dit de même : service de santé. || 9° Lieu, maison de santé ou, absolument, la santé, maison désignée où l'on porte les pestiférés, et où l'on retient ceux qui viennent de lieux soupçonnés de peste (cette dénomination a vieilli, voy. lazaret). || Bureau de santé, établissement formé dans les villes maritimes pour inspecter les bâtiments soupçonnés de contagion. Il Bateau de santé, canot qui va visiter un navire à son entrée dans le port et qui y conduit le médecin. Il On dit dans un sens analogue: un garde de santé. Il Billet de santé, attestation quedes officiers ou des magistrats donnent en temps de peste, pour certifier qu'un voyageur ne vieni pas d'un lieu suspect. Il Capitaine do santé, nom, dans quelques villes, au xvir siècle, en temps de peste, d'officiers chargés de veiller à la santé publique. || 10* Au moral. La santé de l'esprit. La santé de l'àme. || 11° Action de boire à quelqu'un dans un repas, en lui souhaitant santé. Votre pâté, dès qu'il parut, Ramena les santés, et fit naître l'envie De boire à Chloris, à Sylvie, la font. Lett. xiv, à M. Simon. La divine potion pour conserver la santé spirituelle par la cure de la maladie invétérée de boire à la santé, litre d'un livre, 4 648, cité par volt. Dict. phil. Boire à la santé. Quarante gentilshommes avaient dîné en bas, et avaient bu chacun quarante santés, sÉv. 77. Votre santé a été célébrée »u plus beau repas que j'aie jamais vu, id. 42i. ira Allemand qui perdit la vie pour avoir bu, dans une débauche, trois santés avec du tabac dans son vin, lesage, Diable boit. 12. Il Porter la santé de quelqu'un, boire des santés, boire à la santé. Cependant mon hâbleur, avec une voix haute. Porte à mes campagnards la santé de notre hôte, boil. Sat. m. \\ X votre santé, façon de parler dont on se sert à table lorsqu'au moment de boire on souhaite santé à quelqu'un. Il On dit de même : à la santé de monsieur un tel. 1 la santé des absents. Boire à ta santé de quelqu'un. On but encore à la santé de l'hôte, la font. Rem. Nous avons bu à votre santé en vin blanc... Mme de Grignan a commencé, les autres ont suivi, sÉv. à M. de Chaulnts, 6 mai 4 694. I ma santé coule ub
SAP
vin généreux, bér. Bon vieill. \\ if Santé du corps, nom populaire, à Paris, du cresson de fontaine.
Hisr. xu' s. Nen est sanclez en la mcie carn
[chair], Liber psalm. p. 49. Ne se doit plaindre li homs qui santé a, Bat. D'Aleschans, v. 8030. Lores /cquist li rcis le prudume, que il Deu dcpreiast que guarisun e sancted de la mainli dunast, JRots, 287. Il xiii' s. Le diable me cuide bien avoir engané; Mais n'i aura pooir, se Diex me dont santé [jugement sain], Berte, xlv. Bien [elle] sait que «e sa fille fust en bonne santé, Qu'ele l'eiist veûe... ib. lxx.xi. Mais li espoirs d'amie avoir Lui fit tost sa santé ravoir, Bl. et Jeh. 805. Il ïiv s. De ceste hache ci li donrai tel santé. Car il ne lui chaura combien on vende blé, Guescl. io 290. Il XV' s. ...Si Dieu me donne que à santé je puisse retourner en la comté de Hainaut, froiss. II, m, 42. Si tu estoyes chose mortelle et que on te peust tenir aux mains, tuauroyes occis à ta maie santé ce preux chevalier, Perceforest, t. m, f" u. Il XVI' s. Hz faisoient festin pour lajoye du recouvrement de sa santé, amyot, Pomp. 82. Nul ne doute de la santé du séjour es forests, o. de serres, 784. La sérénité du ciel, la santé de l'air, le plaisant aspect de la contrée, id. (ooo. Souvenez-vous du proverbe qui dit: 11 n'est richesse que de santé, LANOUE, <85. Dieu Hous garde de la santé des Allemans et de la maladie des François, oudin, Curios. franc. De grande maladie vient-on bien en grande santé, cotgrave. Qui n'a santé il n'a rien ; qui a santé il a tout, m. La santé du corps, la chaleur des pieds, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 276. Netteté nourrist la santé, id. ib. t. u, p. 356.
— ÉTYM. Provenç. santat, sandat, sanitat, sanetat; espagn. sanidad; ital. sanità; du lat. sanitatem, de sanus (voy. sain).
SANTOLINE (san-to-li-n'), t. f. || 1- Genre de plantes très-odorantes et très-amères de la famille des composées. Le type en est la santoline, santolina chamxcyparissus, L. dite aussi petit cyprès, garde-robe, aurone femelle, sanguenie et saiiguenite. li 2° U se dit, à tort, pour sanlonine t.
SANTON (san-ton), s. m. || 1° Sorte de moine mahométan. La façon de vivre des santons est toute contraire à celle des derviches; il semble qu'ils fassent une profession particulière d'être d'autant plus sales et négligés que les autres sont polis, les Voyages du sieur du Loir, Paris, (864, p. 4 67. Il 2° En Algérie, petite chapelle ou monument contenant le tombeau d'un sanlon.
— HIST. xvi' s. Hypocrites, patcnostriers, chattemittes, santorons, cagotz, hermites, rab. iv, 64. Les hermites et sanctorons des Turcs, le loyer, Discours et histoire des spectres, Paris, ( «06, p. 804, Les saintons.... et autres, comme religieux et penitens, les Voyages du sieur de Villamont, m, 9 (< 604).
— ÉTYM. Espagn. santon, santon, hypocrite, de tanto, saint.
t *. SANTONINE (san-to-ni-n'), s. f. Vartemisia tantonica, L., composées, dont les semences et sommités sont vermifuges.
— ÉTYM. X-at. santonica herba, sorte d'absinthe, de Santones, la Saintonge.
t 2. SANTO.MNE (san-to-ni-n'), t. f. Terme de chimie. Matière cristallisable, amère et acre, isolée des sommités fleuries de la santonine et du semen-contra.
SANVE (san-v»^, s. f. Nom populaire du sénevé sauvage, sinapis arvensis, L.
— ÉTYM. Lat. tinapi, avec changement d'accent tinapi.
SAOUL (sou), SAOULER (sou-lé), voy. soûl et
SOËLER.
t SAP (sap), s. m. Se dit dans la marine et aussi dans le peuple pour bois de sapin.
— ÉTYM. Voy. SAPIN.
SAPA (sa-pa), s. m. Terme de pharmacie. Moût, suc de raisin évaporé jusqu'à consistance de miel ; raisiné.
— HIST. rvi' s. Contre la toux, prendre au matin une once et demie de sape de coin; qui se fait sans sucre, ni miel, en bouillant le jus exprimé de
coins, o. DE SERBES, «00.
— ÉTYM. Lat. sapa, vin cuit, qui a donné sève.
SAPAJOU (sa-pa-jou), s. m. Tous ceux [les singes du nouveau mondej dont la queue est préhentlle sont en gênerai désignés sous le nom collec- Uf de sapajous, milne edwards. Éléments de xoologie. Pans, (834, p. 278. U petit Nicolet, sapajou de Mme de Pompadour, avait dérobé ce billet et l'avait jeté par la fenêtre, decourchajip Souvenirs de la marquise de Créquy, t. m, chap. s! Il Le sapajou proprement dit ou sajou est le genre
SAP
■ cebus. Il Fig. et familièrement. Petit homme laid et ridicule. Les dames l'avaient à leur suite comme un petit sapajou, J. J. ROU.ss. Confess. iv. || Terme d'injure. Ce sapajou de juge de paix était toujours fourré au milieu de nous, eu. de Bernard, le Gentilhomme campagnard, u, 20.
— ÉTYM. Cayouvassou, mot brésilien qui se prononce sajououassou, buff. Quadr. t. tu, p. 439.
SAPAN (sa-pan), s. m. Bois du Japon, propre à la teinture.
t SAPATE (sa-pa-f), $. m. I| 1" Présent considérable, donné sous la forme d'un autre qui l'est beaucoup moins, un citron par exemple, et il y a dedans un gros diamant; cela se pratique en Espagne et en Italie. Je voudrais bien vous pouvoir dépeindre au naturel un écran que M. le cardinal d'Estrées a donné à Madame de Savoie en forme de sapate, et dont Mme de la Fayette a pris tout le soin et donné le dessin, sÉv. 43 déc. 4 079. Il 2' Nom d'une espèce de fête en usage parmi les Espagnols, qui la font le 6 décembre, veille de la Saint-Nicolas ; elle consiste à faire à ses amis des présents, sans qu'ils sachent d'où ils leur viennent. On nommait sapate cette partie du ballet; il y avait des ballets entiers qui portaient ce nom ; c'étaient ceux qui -n'avaient pour objet que les présents qu'on voulait faire, cahusac, Dans. anc. et mod. II, I, 6.
— ÉTYM. Espagn. xapato, soulier; c'est comme le soulier mis à Noël dans la cheminée.
SAPE (sa-p'), s. f.\\ 1° Terme rural. Espèce de petite faux, qui est usitée en Belgique et dans le nord de la France. || 2" Par extension du nom d'outil au travail même, ouvrage fait sous terre pour renverser une muraille, une tour, etc. Il y avait une troisième tour fort ébranlée, qui fût tombée aux premiers coups de la sape, d'ablanc. .irrien, l, 7. || Fig. Chacun a sa manière.... travaillez par la sape, tandis que j'irai avec le fer et le feu renverser et brûler tout ce qui m'opposera quelque résistance, volt. Dial. 31. || 3° Tranchée qu'on exécute dans les sièges en employant des procédés particuliers pour se mettre à l'abri de la mousqueterie et de la mitraille; c'est en général à l'aide de gabions qu'on se couvre; on emploie quelquefois des sacs à terre. Pousser la sape. Aller à la sape. Le glacis, d'où l'on prétend que l'on commencera à travailler par la sape pour percer le fossé, PELLISSON, Lett. hist. t. i, p. 4 78. ||Sape volante : les travailleurs placent sur le sol une file de gabions jointifs et piochent en arrière afin de les remplir de terre. || Sape pleine ou simplement sape : les sapeurs posent et remplissent les gabions du parapet les uns après les autres; ils sont protégés, dans la direction de la tranchée, par un gabion farci, qu'ils font rouler sur le sol. On distingue la sape simple qui n'a qu'un seul parapet, et la sape double ou sape debout qui se compose de deux sapes pleines simples. || Sape demi-pleine, sape pleine faite sans employer de gabion farci. M. le Prince avait résolu de différer jusques au soir, parce qu'on n'avait pu encore achever un autre logement, par lequel il voulait soutenir celuilà, et auquel on travaillait à demi-sape, pellisson, Lett. hist. t. II, p. 300. || Sape demi-double, celle qui n'a que la moitié de la largeur de la sape double ; l'une de ses gabionnades est remplie par des sacs à terre. || Retour de sape, changement de direction d'une sape par suite duquel son parapet change de côté. || Tête de sape; c'est son extrémité antérieure, le point où les sapeurs travaillent. Il Fagot de sape, sorte de fascine qu'on plante verticalement pour recouvrir les joints des gabions, dans les sapes. || L'ouvrage même qu'on fait en sapant. La sape est fort avancée. || 4" Terme de maçonnerie. Ouverture qu'on fait au pied d'un mur pour le faire tomber.
— HIST. xv s. Un baston ferré au bout, appelle
sappe, DU cange, sapellata. || xvi' s Pour faire
provision de pelles, hoiaux, sappcs, et autres outils
de castadoux [gastadours], m. du bell. 434 Que
le plus expédient estoit de prendre le chasteau par
la sappe Parquoy furent mis pionniers de tous
costez pour besongner à la mine Après ledit
sappement qui dura environ quinze jours ou trois sepmaines, tomba la moitié d'une tour, ro. 438.
— ÉTYM. Espagn. xapa; ital. lappa. Le latin a sappa, boyau (dans Isidore), et dans des textes anciens du moyen âge sapa. Il est vrai que le x espagnol et italien ne paraît pas représenter une s latine. Aussi Diez a-t-il songé, par conjecture, au grec oxinTtiv, fouiller, etChevallet à l'ancien hautallemand spato, bêche ; mais il ne parait pas pos-
SAP
siDie de séparer xappa ou xapa du sapa latin; voy. d'ailleurs l'espag. xajiro, et l'ital. xaf/iro, qui viennent incontestablement du lat. sapphirus. On a dilsapeau : Nous ferons délivrer.... toutes les provisions de fer et de bois et autres choses, outils, sapeaux.... Bail Boutet, Lett. pat. 27juin4080.
SAPÉ, ÉE (sa-pé, pée), part, passé de saper. Attaqué par les fondements. Une muraille sapée.
t SAPEMENT (sa-pe-man),». m. Action de saper.
— HIST. XVI' s. Sappement, cotgrave.
SAPER (sa-pé), V. a. || 1° Terme rural. Abattre
les céréales avec le fauchon ou la sape. || 2° Travailler avec le pic et la pioche à détruire les fondements d'un édifice, d'un bastion, etc. Puis, pour donner ussaut, ils sapent ses murailles, bair. M. d'Àsdrub. i, 3. || Par extension. Sur l'ennemi commun [b lutrin] ib fondent en tumulte; Us sapent le pivot, qui se défend en vain, boil. Lutr. rv. Semblable à «es terrains qui paraissent fermes et immobiles, mais que l'on sape peu à peu par dessou3,fén. Tél. XXI. Il Fig. Puissent tous ses voisin» [de Rome], enuemble conjurés, Saper ses fondements encor mal assurés, corn. Hor. iv, 6, l| 3° Terme de maçonnerie. Abattre un mur par le pied. Il Se dit aussi des Tochers qu'on veut faire ébouler et qu'on abat par sous-œuvre et par le pied. Il 4' Fig. Miner en attaquant les principes, comme on mine une muraille en attaquant les fondements. Les sentiments [d'un livre de Buchanan] sont si excessifs, qu'il a été discuté par les plus habiles gens de la réforme; mais aujourd'hui M. Jurieu en prend l'esprit ; et aussi ne lui restait-il que ce moyen-là de saper les fondements et de renverser le droit des monarchies, boss. 5' avert. 4 2. On en a vu enfin [des maux] qui ont sapé par les fondements de grands empires, la BRUY. X. Il est clair que leur système [des optimistes : tout est bien] sape la religion chrétienne par les fondements, et n'explique rien du tout, volt. Dict. phil. Bien, tout est bien.
— HiST.xvi's. J'ayparsi longtemps jeusné que les jeusnes m'ont sappé toute lachair,RAB. Pant. v, 4... X fin que tout seuls nous sappions Les haultes tour» et murailles de Troie, amtot, Com. lire les poët. 34. Quand douteusement avetques crainte et peu à peu elle [la remontrance] vient à approcher et toucher le faillant, elle sappe et mine petit à petit son vice, id. Comm. dise, le ,latt. 65. S'ils [les médecins et leur régime] ne foL.t aullre bien, ils font au moins cccy, qu'ils prepar,>nt de bonne heure les patients à la mort, leur sappant peu à peu et retranchant l'usage de la vie, mom. iv, 263.
— ÉTYM. Sape; ital. xappaye.
tSAPÈQUE (sa-pè-k'), s. /'.La fraction monétaire la plus petite en (ïochinchine. A Saigon, une piastre (5 fr. 50) vaut 3000 sapèques. C'est surtout une monnaie chinoise.
t SAPERDE (sa-pèr-d' ), s. f. Genre de coléoptères fort nuisibles.
SAPEUR (sa-peur), s. m. \\ i' Soldat du génie spécialement chargé de l'exécution des sapes. Compagnie de sapeurs. || 2" Particulièrement, soldat d'infanterie armé d'une hache, qui marcne en tête des régiments. || Hommes chargés à l'armée de couper les haies, d'aplanir les fossés et de frayer aux troupes un chemin à travers les forêts. I| 3° Sapeur-pompier, voy. pompier. || 4' Terme rural. Celui qui se sert de la sape.
— ÉTYM. Saper.
SAPIIÈNE (sa-fè-n'] s. f. Terme d'anatomie. Nom donné à deux veines de la jambe. Grande saphène ou saphène interne, celle qui naît à la face dorsale des orteils internes, et s'ouvre dans la veine crurale près de l'arcade inguinale. Sapliène externe, ou petite saphène, celle qui naît sur les orteils externes et va s'ouvrir au jarret dans la veine poplitce.
— HIST. xvi' s. Ceste veine, pourtant qu'elle peut estre toujours apparente, est appellée des Grecs saphena, et vulgairement saphène, paré, it, 31.
— ÉTYM. Portug. safena ; de l'arabe, safina, saphène. Paré le tire de (js^rivirn, visible, apparent
SAPUIQUE (sa-fi-k'), adj. Vers saphique, ou, substantivement, le saphique, vers inventé par Sapho et composé en général de trois trochées, deux ïambes et une syllabe. || Saphique hexamètre, c'est selon Plutarque un hexamètre qui commence et finit par un spondée comme le cinquième de la première églogue de Virgile. 1| Sirophe saphique, strophe trouvée aussi par Sapho : c'est une des combinaisons les plus harmonieuses que les anciens aient faites de leurs vers lyriques. Elle se compose de trois saphiques et d'un adonique ; c'est
SAP
arec la stropbâ alcalque uells qu'Horace semble le plus affectionner.
— ËTYM. Lat. tapphicus,de aanfix&{,de £aicfÂ>, Sapbo.
SAPHIR (sa-flr), s. m. || !• Pierre précieuse brillante et do couleur bleue, la plus dure des gemmes, qu'on peut regarder comme un rubis bleu. Saphir astérite ou saphir étoile. Les saphirs d'un bleu céleste sont plus estimés que ceux dont le bleu est plus foncé ou plus clair; et, lorsque ce bleu se trouve mêlé de violet ou de pourpre, ce qui est assez rare, les lapidaires donnent à ce saphir le nom d'amclhyste orientale, BL'FF. Min. t. Tii, p. 426. Il 2' Faux saphir, variété transparente et bleue de fluorine. || 3* Saphir femelle, le corindon hyalin bleu. || Saphir mâle, saphir oriental d'un bleu indigo. || Saphir occidental, la cordiérite bleue, dite aussi saphir d'eau. Il i" Saphirdu Brésil, tourmaline bleue. || 6" Espèce d'oiseau-mouche ; il a le devant du cou et la poitrine d'un riche bleu de saphir avec des reflets violets, BUPF. Ois. t. n, p. 35.
— Hisr. m* s. Pristrent sun bon cultel qui valeit une cit [cité], E sun anel où out un saSr mult eslit. Th. le mart. 163. || xiii* s. Atemprance est senefiée par le safir, qui porte celestial color, brun. LATiNi, Trésor, p. 266. Un saphir carré, très excellemment fin de couleur et de taille, assis à jour et à croisette sur une verge d'or greslette, de la- BORDE, Émaux, p. 492. Il XVI' s. Mutation de couleur naturelle en la face, comme goutte rose, saphyrs, chucte de poil, paré, xïi, 9. Une damoiselle fort couperosée au visage, y ayant de gros saphirs ou boutons, m. xxm, 36. Le saphyr est , comme dessus, une eau bien pure; mais, parce qu'elle a passé par quelque minière de saphre, elle tient un peu de la couleur et teinture dudit saphre, paussy, 62.
— ÉTYM. Provenç. saphir, sa^, safir; espagn. Xafir, xafiro ; ital. xaffiro ; du lat. sapphirus, qui vient du grec oinçeipo;.
t SAPUIRIN, INE (sa-fl-rin, ri-n'), adj. Qui ressemble au saphir.
SAPHIRINE (sa-fi-ri-n"), j. /. Calcédoine de la couleur du saphir. || Minéral du Groenland.
— ÉTYM. Saphir.
t SAPHISTRIN (sa-fl-strin), s. m. Ancien nom de
Ut topaze, DE LABORDE, Émaux, p. 492.
— HIST. 3tv* s. Demanda icellui Vincent quelle pierre c'estoit; et icellui feu Jourdain respondi que c'estoit ung saphistrin d'Almaigne ou topasse,
DE LABORDE, ÉmaXlX, p. 493.
SAPIDE (sa-pi-d'), adj. Oui a de la saveur. Si le goût physique a des préférences, de manière que ce qui est sapide pour un palais est insipide pour un autre, duclos, Œuv. t. x, p. (03. 11 n'y aurait point de goût sans salive pour dissoudre les corps sapides, sennebier, Ess. arl. d'obs. t. i, p. 194, dans POUGENS. Tous les sels insolubles dans l'eau sont insipides; ceux qui s'y dissolvent sont plus ou moins sapides, thenard. Traité de chim. t. ii,
p. 288, dans POUGENS.
— REM. Sapide n'est dansie Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1835.
— ETYM. Lat. sapidus, qui avait donné sade à l'ancieone langue (voy. saveur).
t SAPIDITÉ (sa-pi-di-té), s. {. Qualité de ce qui est sapide. Deux corps très-colorés, très-sapides ou insipides, solubles ou insolubles, fusibles ou infusibles, fixes ou volatils, prenaient, en s'unissant chimiquement, une coloration, une sapidité, une solubilité, une volatilité moyennes, fouhcroy, Connaiss. chim. t. i, p. 73.
— ÉTYM. Sapide; provenç. sapidilat.
SAPIENCE (sa-pi-an-s'), s. f. || 1- Terme vieilli
qui est synonyme de sagesse. La crainte du Seigneur est la sapience, balz. le Prince, ch. 25. Il Pays de sapience, la Normandie, ainsi dite à cause de la sagesse des lois que lui donna Rollon, ou beaucoup plutôt à cause du caractère prudent et même défiant des Normands. Près de Rouen, pays de sapience, la font. Troq. \\ La Fontaine a étendu le pays de sapience jusqu'au Maine. Près du Mans donc, pays de sapience, la font. Remède. Il 2° Terme d'ancienne chimie. Lut de sapience, celui dont on se sert pour fermer hermétiquement les vaisseaux. || 3- Absolument. U Sapience, le livre de Salomon qu'on appelle la Sagesse. || 4" Il se dit quelquefois pour le Verbe, la Sagesse. Ce Verbe qui était caché dans le sein du Père comme sapience, jurieu, dans bossuet, 6» avert. e. Jésus- Chnst étant le Verbe, et la raison, et la sapience du Père, boss. f sermon. Démons, Préambule. Un fleuve découle du trône du Tout-Puissant; il ar-
OICT. riK LA LÂHOnl FRANÇAISS.
SAP
rose le céleste Edcn, et roule dans ses flots l'amour pur et la sapience de Dieu, chateaubr. Jfart. m.
— lllST. xn* s. Tuz ces de Israël oïrent le jugement que fait out li reis; sil crienstrent [ainsi le craignirent], pur ço que la sapience nostre Seignur fuden lipurjugemenzfaire, ilot],p.237. Ybers parla par molt grant sapience, Raoul de C. <62. || xiii* s. N'a pas grant sapience enclose En moi, qant si petite chose Com est un cochet m'a boulé [trompé], Ren. 6555. Cremor de Dieu est li commencemenz de sapience, Cons. de P. de Font. 7. || xv s. Car trésor n'est qui vaille sapience; Rien ne se peut comparer à science, E. descu. Poésies mts. [' 58. Ameur de sapience, qui vault autant, en grec, comme philozophe, chr. de pis. Charles V, m, 3. Il XVI* s. Nos folies ne me font pas rire, ce sont nos sapiences, mont, m, 282.
— ÉTYM. Provenç. sapiensa ; espagn. et portug. sapiencia; ital. sapiema; du lat. sapere, être habile (voy. savoir). On rattache sopereaugrec ooçô;.
SAPIliNTIAUX(sa-pi-an-si-6), adj. m. pi. Il ne se dit que de certains livres de l'Ecriture sainte, comme l'Ecclésiaste, les Proverbes, l'Ecclésiastique. Les livres sapientiaux.
— ÉTYM. Lat. sapientialis, de sapientia, sapience. SAPIN (sa-pin), ». m. || 1° Grand arbre résineux
et toujours vert. Une vallée profonde, couverte de sapins dont la noirceur est rendue plus frappante par la brillante verdure des hêtres qui croissent au milieu d'eux, saussure, Voy. Alpes, t. u, p. 39, dans POUGENS. 11 serait très-utile de faire écorcer sur pied les sapins qu'on destine aux mâtures des vaisseaux, en les laissant deux, trois et même quatre ans sécher ainsi sur pied, buff. Hist. nat. Introd. Œuv. t. viii, p. 428. El le sapin qui croit pour affronter les mers, delille, Géorg. n. || Sapin de Norvège, abies excelsa, D. C. || Sapin de Normandie, sapin argenté, sapin blanc, abies pectinata, D. C. || Terme de botanique. Genre de la famille des conifères, voisin des genres pin et mélèze. Il 2° Bois de sapin. Une boite de sapin. C'est du sapin. || Fig. Sentir le sapin, faire pressentir une mort prochaine ( à cause que le cercueil est fait en sapin). Voilà une toux qui sent le sapin. || Il sent le sapin, signifie aussi : il n'a pas longtemps à vivre. || 3° Terme familier. Voiture de place, fiacre. 11 me pria tout haut de lui envoyer chercher un fiacre qu'il appelait un sapin, genlis. Parvenus, t. ii, p. 33, dans pougens. M. Desmoulins, l'abbé Noël, maître de Bcaumont, et Keralio avaient loué pour toute la soirée un sapin national pour se faire voir dans la promenade. Pamphlet de (789, dans LARCHEY, Excentricités du langage. Il 4" Nom donné en Lorraine à l'ustensile dans lequel on met le raisin cueilli pour le porter à la cuve.
— HIST. xir s. En un jardin [il] vait un sapin coper; Moult par est gros, el monde n'ot son p<^r, Bat. iPAleschans, v. 3619. Oî ai quanque tu me mandes, et tut frai tun plaisir de cèdres et saps, Rois, p. 243. Il xiii' s. Dirons premièrement de leurs nefs... elles sont faites de sapin, marc pol, p. 534. Il XV* s. On a planté en my un très bel pin; Si est feuillu, et plus droit que sapin, christ, de pisan, Dit de Poissy.
— ÉTYM. Lat. saptnuî; le provençal ditsop. Corssen {Ausspr. 2* édit. t. i, p. 457), rapproche sàpinuj, sàpium, sapin, résine, el sapa (voy. sève), y voyant un radical sap, dégoutter : l'arbre dégouttant la résine.
t SAPI,\DACÉKS (sa-pin-da-sée), ». f. pi. Famille de plantes ayant pour type le savonnier, sapindus saponaria, L.
SAPLNE(sa-pi-n'), s. f. || !• Planche de sapin. || Solive de bois de sapin qu'on scelle de niveau sur des tasseaux quand on veut tendre des cordeaux pour ouvrir des terres et dresser des murs. || Pièce de bois de sapin en grume, pour faire de grands échafauds. || 2° Petit baquetà savonner, en bois de sapin. || 3* Espèce de chèvre employée principalement pour soulever à de grandes hauteurs des fardeaux très-lourds. || 4" Toue sapine, ou, simplement sapine, toue en sapin. Pour une grande toue sapine, chargée de fagots ou cotterets, Déclar. du 22 ocl. )7)5, tarif.
— HIST. XIII* S. Ilfu de deux lances sapines Abatus et versés entre aus [eux], pu. mouskes, ms.
p. 59(, danSLACURNE.
— ÉTYM. Sapin.
t SAPINEAU (sa-pi-nô), ». m. Petit sapin mis comme ornement au dernier char de foin que l'on rentre, souvestre, les Anges du foyer.
t SAPINÉE (sa-pi-née), ». f. Plein un sapin; se dit en Loiraiae.
SAQ
t SAPINErTE(sa-pi-nè-t*), ». f. || 1* Sapin du Canada. Il U se dit aussi do l'épicéa. || 1* Espèce dé boisson faite avec des bourgeons de sapin. Il 3* Uièr» médicinale, antiscorbutique, qu'on prépare en faisant macérer, dans de la bière fraîche, de la racine de raifort sauvage, des feuillet de cochléaria et des bourgeons de sapia,
— ÉTYM. Dimin. de sapin.
SAPI.MP.KE (sa-pi-nic-r'), ». f. || 1* Lieu planUde sapins. Le myrtil, le buis et le sureau sont le fléau des sapinières, dralet. Traité de* forêts d'arbre» rés. p. 39. Il 2* Nom qu'on donne , sur la Loire, i un bateau de sapin plus large que le chaland.
— ETYM. Sapin. On trouve anciennement tapiru et au XVI* siècle sapinaye.
t SAPONACÉ, ÉE (.sa-po-na-sé, sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a les caractères du savon; qui peut être employé aux mêmes usages que le savon.
— ÉTYM. Lat. sapo, savon.
SAPONAIRE (sa-po-nê-r"), ». f. Plante dont on fait bouillir les feuilles dans l'eau pour nettoyer les lainages, les dentelles, etc. (soponaria officinalis, L.). || Genre de la famille des caryophyllées, dont la saponaire est le type.
— ÉTYM. Lat. sapo, savon.
t SAPONARINE (sa-po-na-ri-n"), ». f. Terme de chimie. Substance cristallisable qu'on trouve dans la saponaire.
t SAPONÉ (sa-po-né), ». m. Terme de pharmacie. Préparation de savon.
tSAPO.MKIABLE(sa-po-ni-fi-a-bl'), adj.Q\ii peut être saponifié. Les huiles sont saponifiables.
t SAPO.VIFICATIO.V (sa-po-ni-fi-ka-sion), ». f. Opération par laquelle une substance grasse se convertit en savon, i l'aide des oxydes alcalins. Un commencement de saponification, rum- FORT), Instit. Mém. scienc. <807, p. 413. || Action, art de faire la savon.
t SAPONIFIER (sa-po-ni-fi-é), je saponifiais, nous saponifiions, vous saponifiiez; que je saponifie, que nous saponifiions, que vous saponifiiez, V. a. Transformer un corps gras en savon. ||Se saponifier, V. réfl. Être transformé en savon. Toutes les huiles ou les graisses ne sont point susceptibles de se saponifier également bien, thenard. Traité de chim. t. i, p. 2(0, dans pougens.
— ÉTYM. Lat. sapo, savon, et facere, faire.
t SAPONINE (sa-po-ni-n'), ». f. Terme de chimie. Principe immédiat extrait de la racine de la saponaire. Il On la nomme aussi struthinc.
t SAPOMQUE (sa-po-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide saponique, poudre blanche, insoluble dans l'eau et dans l'éther, soluble dans l'eau et l'alcool bouillants. Il On dit aussi esculique.
t SAPONITE {sa-po-ni-t'), «. m. Minéral taJqueui, sorte de sléatite.
fSAPONULE (sa-po-nun, ». "»• Dépôt savonneia qui se forme dans une teinture chaude et concentrée de savon dur au suif, lorsqu'on la laisse refroidir.
SAPORIKIQUE (sa-po-ri-û-k'), adj. Qui produit la saveur.
— ÉTYM. Lat. sapor, saveur, ei facere, faire.
t SAPOTACÉES(sa-po-ta-sée), ». f pi. Famillede plantes dicotylédones, dont le sapolier est le type.
SAPOTE (sa-po-t') ou SAPOTILLE (sa-po-ti-U', U mouillées), ». f. Fruit du sapotier ou sapotiUicr. Guadeloupe, Mercier, médaille de bronze pour sa liqueur de sapotes, Journal offic. (" nov. 4869, p. (415, 6* col.
SAPOTIER (sa-po-tié) ou SAPOTILLIER (sa-poti-llé, {{ mouillées), ». m. Arbre des Antilles qui porte un fruit excellent, achras sapota, L.
t SAPPARE (sa-ppa-r'), ». m. Nom donné au dit" thène bleu du Saint-Gotbard par Saussure {Voy. Alpes, t. VIII, p. 233). Il On dit aussi sapparite.
t SAPRISTI (sa-pri-sti), inlerj. Sorte de jurement, corruption de sacristie.
t SAPROPUAGE(3a-pro-fa-j'), odj. Terme de zoologie. Qui vit de matières organiques décomposées.
— ÉTYM. Zancài, pourri, et çaveîv, manger.
t SAPROPYRE (sa-pro-pi-r*), ». f. Terme de médecine. Nom donné à la fièvre putride.
— ËTYM. SotTtpo:, putride, et Tiùp, fièvre, feu.
t SAQUEBUTE (sa-ke-bu-f), ». f. Espèce de trompette, à quatre branches qui se démontent, beaucoup plus longue que la trompette ordinaire ; elle sert de basse, en Allemagne, pour toutes sortes d'instruments à vent.
t SAOUER (sa-ké), r. a. Saquer une voile, c'étaitau xvir siècle la tirer au dedans du navire, la rentrer.
— ÉTYM. C'est l'anc. verbe saquer ou sachierqiù signifiait tirer.
SAR
t SAQUEf (s4-kè), ». m. Petit sac, sachet. Guénaut.... charlatan déterminé atout, pourvu qu'il y ait des écus blancs à mettre dans son saquet, gui PATIN, Lettret, t. n, p. 3)2.
— ÊTYM. Diminutif de sac.
ÎSAR, s. m. Voy. sart.
SARABAÏTE (sa-ra-ba-i-f), «. m. Genre de moines qui vivaient deux ou trois réunis, sans règle et sans pasteur, et qui ne prenaient pour loi que leurs désirs et leurs jouissances.
SARABANDE (sa-ra-ban-d'), ». f. \\ !• Ancienne danse d'origine espagnole, et dont l'air était à trois temps très-lents. Telles gens s'introduisent ordinairement i la cour par des moyens bas et quelquefois feu honnêtes; ils doivent quelquefois le commencement de leur fortune à une sarabande bien dansée, à l'agilité de leur corps et à la beauté de leur Tisage, BALz. De la cour, T discours. Les Français, qui ont aujourd'hui porté la danse à la perfection, n'avaient dans la jeunesse de Louis XIV que des danses espagnoles comme la sarabande et la pavane, VOLT. Louis XIV, 25. Il Fig. et familièrement. Danser la sarabande au-dessus du pavé, être pendu. Pour prix de leurs larcins, en public élevés, Danser la sarabande à deux pieds des pavés, regnard, le Bal. il 2' Air grave de musique à trois temps, et divisé en deux parties, dont la première est de quatre ou huit mesures, et la seconde de huit ou de douze. On trouve des sarabandes dans plusieurs opéras français du xvii* et du xvm* siècle.
— ÊTYM. Espagn. larabanda.
f SARAGOUSTI (sa-ra-gou-sti) ou SARAN- OOCSTl (sa-ron-gou-sti), ». m. Terme de marine. Mastic pour recouvrir les coutures des bordages.
SARBACANl!) (sar-ba-ka-n'), ». f. \\ 1° Long tuyau creux, dont on se sert ordinairement pour jeter des pois, de petites boules de terre ou même des balles en les poussant fortement avec l'haleine. Si l'on considère que le souffle seul est capable de pousser une balle de plomb avec violence par le moyen des sarbacanes, à cause que la force du souffle ne se dissipe point et se renouvelle sans cesse, halebr. Rech. vér. vi, ii, 8. || 2° Tuyau par lequel on transmet la voix. Voici par une sarbacane Ce que lui dit en voix de cane Lu prophétesse.... scarh. Yirg. n. Il Fig. Intermédiaire, personne interposée (vieilli en ce sens). Ceux-ci [Chevreuse et Beauvillier] étaient amis entre eux, en occasion continuelle de se voir sans se chercher, affranchis des sarbacanes par leurs places, et voyant tout immédiatement, st-sim. Î38, (62. Il 3° Tube de fer à l'usage des verriers.
— REM. La forme correcte est sarbatane qui se trouvedans Balzac : Ils [les favoris] lui font entendre [au prince], par diverses sarbatanes, que ses prédécesseurs, qui n'étaient pas plus puissants que lui, ont bien fait de plus grandes créatures, BALZ. De la cour, T dise. Le changement de sarbatane à sarbacane est dû sans doute à l'influence de canne, qu'on croyait y retrouver.
— HIST. XVI' s. Il est des peuples où, sauf sa femme et ses enfants, aulcun ne parle au roi que par sarbatane, mont, i, tu.
— ÉTYM. Esp. cerbatana, cebratana, xarbatana; port, sarabatana ; ital. cerboUana ; grec mod. (apogoxâva ; de l'arabe gabaldna, sarbacane pour tuer les oiseaux.
SARBUTIËRE (sar-bo-tiê-r'), ». f. Altération grossière de sorbetière qu'il n'y a aucune raison de conserver.
SARCASME (sar-ka-sm'), ». m. Ironie amère et insultante. Le sarcasme n'est autre chose qu'une ironie faite avec aigreur et avec emportement, nu MARS. Œuvr. t. m, p. (87. Le marquis de Vence l'appelle [le maréchal de Richelieu] l'antique'.Alcibiade ; c'est un nom que je lui avais donné dans mes goguettes, quand il n'était point antique ; le sarcasme retombe un peu sur moi, volt. Lett. d'Argental, 24 nov. «774. Ou bien, dit-il, de ce couple qui s'aime. Livrons la vie au sarcasme des cours, BÉRAMO. Cachet. \\ Fig. Alors je suis tenté de prendre l'existence Pour un sarcasme amer d'une aveugle puissance, lamart. Harm. iv, H.
— HIST. xvi- s... Comme Italiam melire jaeens, qui est proprement un sarcasme, c'est à dire une mocqucrie que le vainqueur fait sur le corps navré à mort de son enncmy, hons. 58». L'évangile, auquel est dict, Luc, iv, en horrible sarcasme et sanglante dérision au medicin négligent de sa propre santé : medicin, ô, guéris toy-mesme, rab. IV, nouv. Prol.
—ÉTYM. Provenç. portug. et ital. tareasmo ; du lat. tareatmm, qui vient de aafxxaiii;, de oapxàÇtiv, mordre i la chair, de aàp(, chair (vor. sarco....).
flAR
SARCASTIQUE (sar-ka-sti-k'), adj. Qui tient du sarcasme. Des paroles sarcastiques.
— ÊTYM. SapxauTixèî (VOy. SARCASME).
SARCELLE (sar-sè-l'), ». f. Genre de la famille des
anards {querquedula), dont le type est la sarcelle, oiseau aquatique semblable au canard, mais plus petit
— HIST. xiii* s. Deux cercelles, delille, Agric. norm. au moyen âge, p. 68. || xiv s. Quatre cerceuUes, id. >6. Espreviers d'yver prent, quand il est bon, la pie, la cercelle... Modus, l' xcv, verso. ||xvi« s. D'autre volaille nourrit-on, comme perdrix, sarcelles.... o. de serres, 345.
— ÊTYM. Picard (Vimeu), larc^, sarcelle d'hiver ; ancien liégeois, cherchelle, cerchelle; espagn. cercela ; du lat. querquedula.
t SARCECX, ECSE (sar-seû, seû-z'), adj. Terme d'anatomie. Oui tient de la chair, du muscle. || Tissu sarceux, le tissu musculaire.
— ÊTYM. làpî, chair; mot mal fait, attendu qu'on donne à un mot grec un suffixe latin.
f SARCHE (sar-ch') ». f. Cercle de bois auquel on attache une étoffe pour faire un tamis.
— ÉTYM. Forme ancienne et altérée de cercle.
t SARCINE (sar-si-n'), ». f. Terme d'histoire naturelle. Plante coriace, transparente, consistant en masses cubiques ou prismatiques, qu'on trouve quelquefois dans les vomissements des personnes atteintes d'affections chroniques de l'estomac.
— ÊTYM. Lat. sarcina, ballot.
t SARCLABLE (sar-kla-bl'), adj. Qu'on peut sarcler.
— HIST. xvi* s. Les anciens ont eu diverses opinions sur le sarcler, les aucuns tenans les bleds n'estre nullement sarclables, o. de serres, (27.
SARCLAGE (sar-kla-j*), s. m. Opération agricole, ayant pour but la destruction des mauvaises herbes et l'ameublissement de la superficie du sol. Cet excellent cultivateur avait obtenu d'abondantes récoltes en multipliant les labours, les engrais et les sarclages, raynal, Uist. phil. xiil, 23. Il n'est pas de plante qui souffre plus [que la betterave] du voisinage des herbes étrangères ; mais, en général, deux sarclages suffisent pour une récolte, CUAPTAL, Instit. Mém. scienc. t. I, p. 366.
— ÉTYM. Sarcler; 0. de Serres dit sarclement.
SARCLÉ, ÉE (sar-klé, klée), part, passé de sarcler. Débarrassé de mauvaises herbes par le sarclage. Le produit d'un arpent [de betteraves] bien sarclé est au moins double de celui qui ne l'a pas été, CHAPIAL, Instit. Mém. scienc. t. i, p. 357. Il Culture sarclée, celle qui exige une terre constamment ameublie et propre; telle est la culture des racines, du maïs, de la pomme de terre.
SARCLER (sar-klé. Tous les jardiniers maraîchers disent sacler), t). o. Débarrasserdes mauvaises herbes un terrain soit à la main soit avec le sarcloir. Toutes les montagnes qui auront été sarclées et cultivées ne craindront point les ronces et les épines, SACi, Bible, Isaïe, vn, 25. || Sarcler des laitues, bêcher la terre tout autour. || Sarcler les orges, arracher les herbes d'un terrain où l'on a semé de l'orge. Il Fig. Les Indiens, à leur tour, arrachent la vie à une foule de Français, et sarclent le champ de bataille.... chateaub. .\atch. x.
— HiST. xin* s. Je fais soier [scier], je fais sarcler, jubinal. Denier et brebis, t. n, p. 270. Se il connoist les bons des malvès, il pourra et devra les malvls sarcler et essarter des bons, beauman. i, 9. Ijxiv' s. i Sevestre Vallerin, pour la peine d'avoir sarclé les sentiers qui sont parmi les préaux, Hist. litt. de la France, t. xxiv, p. 661. || ivi* s. La mort, six jours aprez, le rencontrant, l'eust faulché et cerclé de ce monde, rab. Pant. iv, Nouv. prol.
ÉTYM. Norm. jercir, et aussi sercler ; génev. ser-
cUr; wallon, sdclé; provenç. soiciar,»ercJar; portug. sachar; ital. lorc/itore; dulat. sorcuiare, de jorculus, sarcloir, qui vient de sarrire, sarcler.
f SARCLET (sar-klè), ». m. Instrument dont les maraîchers se servent pour sarcler leurs jardins. L'instrument le plus commode pour abattre la mousse dans toutes les branches.... le sarclet des maraîchers, genus. Maison rust. t. n, p. 608, dans pouGENS.
SARCLEDR (sar-kleur), ». m. Homme de journée employé à sarcler un champ, un jardin.
— HIST. XVI* s. J'espargne les sercleurs, qui gaignent argent, les glaneurs, rab. Pant. m, 2.
— ÉTYM. Sarcler; wallon, sdcleu; provenç. »aJcloyre ; portug. »ocAodor ; ital. sarchiatore,
SARCLOIR (sar-kloir), ». m. Instrument propre à sarcler. || Terme de jardinage. Sorte de petite r&tissoire à tirer, proprtf à couper entre deux terres les mauvaises herbes dans les planches de lé-
SAR
gumes plantés en ligues, et à faire en même temps un binage.
— ÊTYM. Sarcler ; wallon, sdcleu, taûcleu. Au XVI* siècle, on a dit aussi sarceau.
SARCLURE (sar-klu-r'), ». f. Ce qu'on arrache en sarclant.
— ÊTYM. Sarcler.
t SARCO.... mot qui entre dans la composition de plusieurs termes scientifiques, qui signifie chair, et qui vient du grec oàpÇ, rattaché par les étymologistes au sanscrit trik, sang.
t SARCOBASE (sar-ko-bâ-z'), ». f. Terme de botanique. Large disque charnu qui supporte l'ovaire de quelques plantes.
— ÊTYM. Sarco..., et base.
t SARCOCARPE (sar-ko-kar-p*), adj. Terme ds botanique. Dont le fruit est charnu. || S. m. Partie du péricarpe située entre l'cpicarpe et l'endocarpe, parenchymateuse, plus ou moins charnue, quelquefois à peine visible, et renfermant tous les vaisseaux. Le sarcocarpe est très-développé dans la pomme, le melon, etc.; c'est lui que l'on mange.
— ÊTYM. Sarco..., et xapno;, fruit.
t SARCOCARPIEN , lENNE (sar-ko-kar-piin, piè-n"), adj. Terme de botanique. Qui est charnu et de la nature du fruit. || Se dit de champignons qui sont charnus au moins dans leur premier &ge.
SARCOCËLE (sar-ko-sè-l'), ». m. (ou plutôt ». f. les noms de cette espèce étant étymologiquement féminins). Terme de chirurgie. Tumeur squirrheulse des testicules.
— HIST. XVI* s. S'il y a excroissance de chair en la substance du testicule ouautourd'icelui, telle hargne se nommera sarcocele ou charneuse, paré, vi, 1i.
— ÊTYM. £apxoxf,)>»i, de oipÇ, chair (voy. sabco...), et xT.Xr,, tumeur.
SARCOCOLLE (sar-ko-ko-l"), ». f. Substance résineuse qui découle d'un végétal, et qu'on employait pour hâter la réunion des plaies.
— ÉTYM. Lat. »orcocoUo, de «rapxoxéXXa, de (jàpÇ, chair (voy. sarco...), et x6X),a, colle.
SARCOCOLLIER (sar-ko-ko-lié), ». m. Arbuste d'Ethiopie qui produit la sarcocolle, pxnea mucronata, L. famille des pénéacées.
t SARCOCOLLINE (sar-ko-kol-li-n'), s. f. Terme de chimie. Principe que l'on retire de la sarcocolle.
t SARCODE (sar-ko-d'), ». m. 1| 1° Substance homogène, sans tégument, qui, d'après Dujardin, constitue les infusoires, par opposition à l'opinion qui leur accorde la polygastricité. || 2° Substance qui sort par exsudation autour du corps des helminthes encore vivants placés sous le microscope entre deux lames de verre, ainsi qu'autour des fragments de tissu lamineux des poissons, et de divers organes mous.
— ÉTYM. Eapx(iST)i;, chamu, de aàpi, chair (voy.
SARCO....).
t SARCODERME (sar-ko-dèr-m"), ». m. Terme de botanique. Parenchyme compris entre les deux pellicules d'une graine.
— ÊTYM. Sarco..., et Sépixa, peau.
t SARCODIQUE (sar-ko-di-k'), adj. Qui se rapporte au sarcode.
t SARCODON (sar-ko-don), ». m. Arbuste de l'Ethiopie, légumineuses.
t SARCO-ÉPIPLOCÈLE (sar-ko-é-pli-plo-sè-l'), ». /. Terme de chirurgie. Hernie épiploîque compliquée de sarcocele.
— ÊTY.M. Sarco..., et épiplocèle.
tSARCO-ÉPIPLOMPHALE(sar-ko-é-pi-plon-fa 1'),
». f. Hernie ombilicale formée par l'épiploon devenu dur et charnu.
— ÉTYM. Sarco..., et épiplomphale.
t SARCO-UYDROCÈLE (sar-ko-i-dro-sè-l') , ». f. Sarcocele accompagné d'hydrocèle.
— ÉTYM. Sarco..., et hydrocèle.
t SARCOLEMME (sar-ko-lè-m'), ». I». Synonyme de myolemme.
— ÉTYM. Sarco..., et \i\ni-(i, enveloppe. SARCOLOGIE (sar-ko-lo-jie), ». f. Traité des
chairs et des parties molles du corps.
— ÊTYM. Sorco..., et liyoi, traité.
SARCOMATEUX, EUSE (sar-ko-ma-tcù, teû-z'),
adj. Terme de chirurgie. Qui tient du sarcome.
— ÊTYM. Sarcome.
SARCOME (sar-kô-m'), ». m. Terme de chirurgie. Toute excroissance ou tumeur qui a la consistance de la chair.
— HIST. XVI* s. Sarcoma, autrement dit fungus, est une excroissance de chair qui.... elle jette une sanie fort puante : les vulgaires l'appellent fil Saint Fiacre, paré, v, 24.
— ÉTYM. £ijipxu|xa, de oàp{, chair (voy.SAHOO...).
SAR
SARCOMPHALK (sar-kon-fa-l"), I. m. Terme le ohirurgie. Tumeur dure développée au nombril.
— Etym. Sarco..., et &|ifaXi<, nombril.
t SARCOMYCÈTE (sar-ko-mi-sè-f), adj. Se dit des champignons dont le tissu est charnu.
— Etym. Sarco..., et iiûxtk, champignon. SARCOPUAGK (sar-ko-fa-j"), adj. || !• Terme
de médecine. Qui ronge les chairs. Les médicaments sarcophages, ou, substantivement, les sarcophages. Il 2' Terme d'antiquité. Pierre sarcophage, la pierre dont étaient faits les tombeaux dits sarcophages. || 3* S. m. Terme d'antiquité. Tombeau dans lequel les anciens mettaient les corps qu'ils ne voulaient pas brûler, et qui était fait d'une pierre que l'on croyait avoir la propriété de consumer les corps. || 4" Aujourd'hui, le cercueil ou la représentation du cercueil dans les grandes cérémonies funèbres. {| 6° Il se dit quelquefois abusivement pour tombeau. Elle aperçut de loin le sarcophage noir élevé sur la place où les restes de lord Edgermond étaient ensevelis, STAËL, Corinne, xvii, ».
— ETYM. SapxoçàYo;, de dàfi, chair (voy. Bakco....), et «payecv, manger.
t SARCOl'UYLLE (sar-ko-fi-l"), ( f. Terme de botanique. La partie charnue ou celluleuse de la feuille.
— ETYM. Sarco..., et çijiXov, feuille
t SARCOPTE (sar-ko-pt'), J. m. Genre d'arachnides de l'ordre des acarins qui a pour type le sarcopte de la gale. Le sarcopte est la seule cause de la gale.
— Etym. Contraction de tarcocoplc, de sarco..., et xôitieiv, couper.
t SARCORAMPHE (sar-ko-ran-r), t. f. Genre de rapaces, dans lequel on distingue : le sarcoramphe papa, vulgairement roi des vautours, et moine; à Cayenne il est appelé roi des couroumous ; le sarcoramphe de Lesson, dit vulgairement condor et nommé par Buflbn vautour des Andes, legoarant.
— Etym. Sorco..., et fàij.foî, bec, à cause d'une crête charnue qui surmonte le bec.
t SARCOSINE (sar-ko-zi-n'), s. f. Substance que l'on retire d'une solution de créatine.
SARCOTIQUE (sar-ko-ti-k"), adj. Terme de médecine. Propre à accélérer la régénération des chairs.
— HIST. rvr s. Parquoy faudra user de remèdes plus secs, tels que sont les sarcoliques, paré, xi, 6.
— ETYM. lapxuTixè;, de oàpÇ, chair (voy. sarco...).
t SARCOTRIPSIE (sar-ko-tri-psie), ». f. Terme de chirurgie. Écrasement linéaire des chairs.
— ÊTYM. 5orco..., et Tpi^m;, écrasement. SARUANAPALE (sar-da-na-pa-H, ». m. |1 f Nom
d'un roi de Ninive qui vécut, dit-on, dans la mollesse et dans la volupté. 112" Il se dit, par antonomase, des princes et des grands qui mènent une vie efféminée et dissolue. Un pourceau d'Epicure, un vrai Sardanapale, qui ferme l'oreille à toutes les remontrances qu'on peut lui faire, et traite de billevesées tout ce que nous croyons, uol.D. Juan, I, I . Hébert appelait Fréron un muscadin, un Sardanapale, C. DESMOULINS, 47SO, dans LABCHET, Exeenlricités du langage.
t SARDANAPALESO0E (sar-da-na-pa-lè-sk'), ou SARDANAPALIQUE (sar-da-na-pa-Ii-k'), adj. Qui appartient à Sardanapale, à un Sardanapale.
— ETYM. Sardanapale. Au ivi' siècle on a dit tardanapalin.
t SARDANAPALISMECsar-da-na-pa-li-sm"), s.m. Vie luxueuse et efféminée.
— HIST. XVI' s. Sardanapalisme, cotgrave.
t i. SARDE (sar-d'), ». f. || 1° Un des noms vulgaires de la baleine franche ou baleine proprement dite. La permission à perpétuité de faire ou faire faire ladite pêche et fonte des baleines, sardes, chiens et loups de mer, Letl. pal. déc. <657. 112' Nom vulgaire d'une dupée indéterminée que les pêcheurs des Canaries et de Madère prennent en grande abondance sur les côtes du Brésil, et qu'ils préparent à la manière du hareng pour la consommalion des peuples de l'Archipel atlantique, LEGOARANT. 1| 3° Nom vulgaire et spécifique de la pélamide sarde, acanthoptérygiens, qui est le scombre sarde de certains auteurs.
— Etym. Sdpôa, sorte de thon, pris dans les environs de la Sardaigne, de lapôw, la Sardaigne.
t 2. SARDE (sar-d'), ». f. Nom donné par les anciens, selon Pline [sordo, de Sap^i, la Sardaigne], à une variété de calcédoine rougeàtre, différant par sa nuance de celle qu'ils appelaient sardonyx, sardoine en français; cette sarde reçoit aussi le nom d'agate rougeàtre, legoarant.
SAR
t s. SARDE (sar-d"), ». f. Variété d'orge.
t SARUINAL (sar-<]i-nal) ou SARDl.NEAC (sar* di-nd), ». m. Nom provençal des filets en nappes simples, dont les mailles sont calibrées pour prendre des sardines, des anchois, etc.
SARDI.NE (sar-di-n'), ». f. Nom sous lequel on désigne dans l'ouest de la France la clupea lardina, G. Cuvicr, ditoroyanà Bordeaux, cradeau dans nos départements du nord, et galice en Gascogne. Les sardines sont ailleurs l'aliment du peuple ; celles que nous prenons aux environs de Phalère, mériteraient d'être servies à la table des dieux, surtout quand on ne les laisse qu'un instant dans l'huile bouillante, barthél. Anach. ch. 2&. {{ Grande sardine, nom qu'on donne, dans l'Ile de France, au clupanodon. || À Cayenne, nom de Vodontognathe aiguillonné, malacoptérygiens abdominaux.
— HIST. XIV» s. Sardines effondrées, cuites en eaue et mengécs i la mouslarde, Ménagier, ii, 6.
— Etym. Lat. »ordino ; grec, oapSivii, dimin. de odipSa, sorte de thon (voy. sarde <).
t SARDINERIE (sar-di-ne-rie), ». f. Lieu où l'on prépare et confît les sardines.
tSARDIMER(sar-di-nié), ». m. ou SARDINIÈRE (sar-di-niè-r'), ». ^. Filet pour les sardines. || Adj. Bateau sardinier, bateau employé à la pêche de la sardine. || Sardinière, nom qu'on donne aux ouvrières des sardineries.
f SARDIS (sar-di), ». m. Les draps communs nommés sardis, qui se fabriquent à Bourg en Bresse, Pondcvaux, Montluel, la Charité de Micon, Cluny et autres lieux.... Letl. pat. 3< août 4718.
SARDOINE (sar-doi-n"), ». f. Quartz-agate d'une couleur brune dans une nuance orangée. La sardoine ne diffère de la cornaline que par sa couleur, qui n'est pat d'un rouge pur, mais d'un rouge orangé et plus ou moins mêlé de jaune, buff. Min. t. VI, p. 3«o. La sardoine est très-anciennement connue; Hithridate avait, dit-on, ramassé quatre mille échantillons de cette pierre, ID. ib.
— IllST. xii' s. Dirai-je : tant comme une jame [gemme, perle] Vaut de pailes et de sardines Vaut la contesse de reines? chrestien de troies, dans HOLLAND, Chrestien von Troies, p. lo. ||xiii"s. Jagonces, safirs, calcédoines, Esmeraudcs, bonnes sardoines, Romancero, p. 59.
— ETYM. Provenç. sordoyne, sardonic, sardina ; anc. calai, sardenia ; espagn. sardonix; ital. sardonico; du lat. sardonyx, de aopSôvuÇ, qui vient de oip5o;, sarde, de Sardaigne, et 6vu£, ongle : pierre à aspect corné et poli comme l'ongle (voy.